Janvier 2006

SENEGAL / RENTREE SOLENNELLE A L'ECOLE INTER-ETATS DE L'ECOLE DE MEDECINE VETERINAIRE DE DAKAR

Lundi 30 Janvier 2006

La 9ème rentrée solennelle de l'Ecole de Médécine vétérinaire de l'université Cheick Anta DIOP de DAKAR a eu lieu en présence d'éminents professeurs , des Ministres et des membres du corps diplomatique .
La Côte d'Ivoire qui y a un nombre important d'étudiants a été représentée par S.E.Madame Fatimata TANOE TOURE Ambassadeur.


SENEGAL / REMISE DU PRIX HOUPHOUET-BOIGNY POUR LA RECHERCHE DE LA PAIX A S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE

Dimanche 29 Janvier 2006

Paris, la capitale française, au mois de mai prochain, vivra un événement exceptionnel avec la remise, au président Abdoulaye Wade, du Prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.

À cette occasion, le Ministère de la Culture, sous l’impulsion du chef de l’Etat, organise une semaine culturelle sénégalaise au siège de l’Unesco, ceci pour non seulement faire découvrir le Sénégal et les facettes de sa culture, mais également accompagner le Président Wade. Ce sera l’occasion pour les créateurs de rivaliser de génie.

La conférence de presse, organisée par le Gouvernement avant-hier dans la salle de réunion de la Primature pour rendre compte des grandes décisions prises en conseil des Ministres, a été l’occasion pour le Ministre de la culture d’annoncer l’organisation à Paris d’une semaine sénégalaise à l’occasion de la cérémonie de remise du prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix au Chef de l’Etat Sénégalais.
M. Mame Birame Diouf a déclaré que dès que l’annonce lui a été faite, le Président de la République avait déjà considéré que ce prix, au-delà de sa personne, était adressé au peuple sénégalais. “ C’est la raison pour laquelle le Chef de l’Etat a pensé que la remise de ce prix ne devait pas être un événement isolé, mais que sa tenue dans la capitale française devrait permettre de faire connaître davantage le Sénégal à travers sa culture ”.
Il est heureux, selon le Ministre de la Culture que “ les créateurs et intellectuels du Sénégal aient fait le pari de mettre la ville de Paris sous l’attrait du Sénégal ”.
Ainsi, si le clou de cette manifestation sera la remise du prix qui obéit à un rituel, son soubassement sera sans conteste la semaine culturelle que le Ministère de la Culture va organiser dans les locaux de l’Unesco.
Pour le ministre de la Culture, ce sera un ensemble de salons composés des arts visuels et des arts vivants. “ Nous sommes en train de réfléchir sur le format, mais en attendant, l’enthousiasme gagne le milieu de la création.
Car, cinéastes, plasticiens et autres professionnels des arts sont déterminés à accompagner le président de la République pour aller prendre ce sésame à l’Unesco ”, a-t-il enfin soutenu.

MAMADOU CISSÉ


CAN-2006 / COTE D'IVOIRE-EGYPTE / 01-03

Samedi 28 Janvier 2006

Les PHARAONS d'EGYPTE ont eu raison des ELEPHANTS de COTE d'IVOIRE par le score de 03 à 01 lors du match qui les opposait dans le cadre des éliminatoires comptant pour la coupe de la CAN-2006.
Les ivoiriens sont tout de même qualifiés pour les 1/4 de finale

BONNE CHANCE A NOS ELEPHANTS POUR UN MEILLEUR SCORE


COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 25 JANVIER

Samedi 28 Janvier 2006

Un Conseil des Ministres s’est tenu ce Mercredi 25 Janvier 2006 au Palais de la Présidence, de 11 heures à 13 heures sous la présidence du Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO…

Après les échanges traditionnels de vœux entre le Premier Ministre et le Président de la République, le Conseil a abordé son ordre du jour.
Trois points étaient à l’ordre du jour du Conseil :
-les attributions des membres du gouvernement
-la situation militaire et sécuritaire
-les attestations administratives d’identité

DECRET

Sur présentation du Premier Ministre Monsieur Charles KONAN BANNY et après délibération du Conseil, le Président de la République a signé un projet de décret portant attributions des membres du Gouvernement.
Le Premier Ministre a rappelé à cette occasion que son gouvernement était tenu par une obligation de résultat et qu’à ce titre il était demandé aux membres du gouvernement de travailler non pas dans une vision réductrice de leurs attributions mais plutôt dans une optique de solidarité gouvernementale, d’adopter un comportement républicain en toutes circonstances, de manière à faciliter le succès de la mission à lui confiée.

Communications
Le conseil a ensuite entendu une communication du Ministre de l’Intérieur relative à la durée de validité des attestations administratives d’identité.

Délivrées par l’ONI à titre provisoire pour une durée de 06 mois dans l’attente de l’établissement de la CNI, les attestations administratives d’identité sont devenues de fait un titre d’identité pour nombre de nos concitoyens, suite à la suspension de la production des CNI.
En vue de soulager les populations tenues de solliciter périodiquement la prorogation desdites attestations, le gouvernement a donné son agrément pour porter à 12 mois la durée de validité de celles-ci. De même, le gouvernement a prorogé l’autorisation exceptionnelle permettant la délivrance des attestations administratives d’identité dans les Commissariats de police.

Enfin, le Conseil a entendu une communication conjointe du Ministre de la Défense et du Ministre de l’Intérieur relative à la situation militaire et sécuritaire sur la période allant du 1er au 23 janvier 2006. Outre la persistance des braquages de véhicules (90 dont 70 retrouvés) et des attaques contre les personnes, deux évènements notoires sont à relever :
- l’attaque du camp d’Akouédo dans la nuit du 2 janvier 2006 par des personnes non identifiées. Plusieurs morts et de nombreux prisonniers ont été enregistrés parmi les assaillants. Trois éléments de nos forces de défense et de sécurité ont malheureusement perdu la vie.

-les manifestations des 15, 16, 17, et 19 janvier qui ont fait suite au communiqué final du GTI du 15 Janvier 2006 relatif à la prorogation du mandat de l’Assemblée Nationale.

Ces manifestations qui avaient pour épicentre Abidjan, se sont également déroulées à l’intérieur du pays notamment à Daloa, San-Pedro, Guiglo, Aboisso.
Plusieurs morts et plus d’une centaine de blessés sont à déplorer à Guiglo et à Abidjan.
Des destructions de biens matériels ont été relevés.
Des locaux d’organisations internationales et humanitaires ont été saccagés.

Le Conseil déplore ces graves évènements qui ont entraîné mort d’hommes et dont les effets sont extrêmement négatifs tant sur notre économie que sur le processus de paix en cours.
S’agissant tout particulièrement de Guiglo, cette région est confrontée à ce jour à une grave situation humanitaire.
Plusieurs personnes vivant dans des camps de réfugiés et ainsi que des déplacés se retrouvent sans soutien médical et alimentaire après le départ précipité des organisations humanitaires.

Le Président de la République, le Premier Ministre et le Gouvernement adressent leur sincère compassion et expriment leur soutien à toutes les personnes victimes de ces évènements et en particulier aux familles des personnes décédées, aux blessés, à l’ONUCI et aux organisations humanitaires en service en Côte d’Ivoire.

Extrêmement préoccupé par les conséquences des évènements des 15, 16, 17 et 18 Janvier 2006 et particulièrement par la situation humanitaire à Guiglo, le gouvernement a décidé :

1°- de prendre des dispositions en vue de prévenir la répétition de telles situations à l’avenir.

2°- d’entreprendre immédiatement des discussions en vue d’œuvrer au retour des organisations humanitaires dans la zone de Guiglo.

3°- de mettre en place une cellule de crise coordonnée par le Ministre de la Défense en vue de proposer les mesures d’urgence qu’appelle la situation humanitaire à Guiglo.

Une délégation gouvernementale se rendra incessamment à Guiglo en vue de rencontrer les populations, d’évaluer l’ensemble de la situation et de faire des propositions quant au soutien à apporter d’urgence par le gouvernement en matière de santé et d’alimentation. Le Conseil a été informé par le Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique que 300 kits sanitaires ont été expédiés en urgence à Guiglo depuis hier et que d’autres vont suivre.
Le Ministre de la Fonction Publique, de l’Emploi et de la Réforme Administrative

Porte-parole du Gouvernement
Pr OULAYE HUBERT


COTE D'IVOIRE / DECLARATION DE MADAME JEANNE PEUHMOND MINISTRE DE LA FAMILLE ET DES AFFAIRES SOCIALES SUITE AUX MANIFESTATIONS DES 17 , 18 ET 19 JANVIER 2006 DES JEUNES PATRIOTES

Samedi 28 Janvier 2006

Les manifestations des 17,18 et 19 janvier 2006 ont donné lieu à une série de violences ayant causé de graves préjudices aux populations.

*Dégradation des denrées des commerçantes de vivriers
*Endettement auprès des compagnies de transports dont les véhicules ont été loués pour convoyer les produits
*Accouchements non assistés
*Absence du personnel médical dans les hôpitaux, cliniques et centres de santé
*Malades sans soins
*Elèves et enfants instrumentalisés, transportés et déversés dans les rues surchauffées
*Destructions de bien d’ONG internationales
*Menaces sur les travailleurs humanitaires et les populations
*Attaques des forces impartiales
Le tout couronné par des blessés graves et des morts.

Au cours de ces jours sombres, l’insubordination qui était de mise a conduit un journaliste de la RTI à violenter une ministre du Gouvernement de Réconciliation nationale dans l’exercice de ses fonctions.
Cet acte surprenant et scandaleux a provoqué la colère de la majorité des organisations féminines de Côte d’Ivoire qui se sont exprimées à travers des déclarations de presse.
Le ministre de la Famille et des Affaires sociales :

-lance un appel au calme à la population et lui demande de faire confiance au gouvernement de Réconciliation nationale dirigé par le Premier ministre Charles Konan Banny afin qu’il puisse remplir la mission qui lui a été confiée : conduire le pays à des élections libres ouvertes et transparentes dans un climat de paix, de réconciliation nationale et d’unité territoriale retrouvée.

-condamne toutes les violences consécutives à ces manifestations par ailleurs interdites par décret présidentiel ;

-exprime sa compassion et sa solidarité au ministre déléguée à la Communication,

-a une pensée pieuse pour la mémoire des disparus et souhaite un prompt rétablissement aux blessés,

-exprime sa compassion et son soutien aux forces impartiales, aux ONG prises à parti, aux personnes qui ont subi directement ou indirectement les conséquences de ces manifestations, en particulier les commerçantes de vivriers qui ont subi de graves dommages préjudiciables à leurs activités.

-Rappelle à toutes les populations que les violences sexistes en toutes circonstances et en particulier celles faites aux femmes et aux enfants sont passibles de sanctions pénales.

Le ministre de la Famille et des Affaires sociales voudrait recommander aux femmes de Côte d’Ivoire de savoir rester ou redevenir ce creuset d’amour et de bienveillance qu’est la femme par essence, afin de jouer un rôle prépondérant dans la quête vitale de la paix.
Notre désir légitime de revendiquer nos droits dans la société, ne doit pas nous dénaturer.
Nous devons être capables de devenir l’eau, source de vie qui éteint le feu destructeur.
Nous devons savoir être les douces conciliatrices dans les conflits qui opposent les uns aux autres et cultiver la solidarité.
Les femmes étant mère de l’humanité, nous devons œuvrer pour que la non-violence devienne la loi de notre monde.

Fait à Abidjan, le 25 janvier 2006
Le ministre de la Famille et des Affaires sociales
Jeanne PEUHMOND


COTE D'IVOIRE / DECLARATION DE M.KEBE YACOUBA DIRECTEUR GENERAL DE LA RADIO-TELEVISION SUR LES DERNIERS EVENEMENTS DES JEUNES PATRIOTES

Samedi 28 Janvier 2006

Lors de la réunion générale du personnel tenu hier matin, le directeur général de la RTI , Kébé Yacouba est revenu sur les récents événements qui ont ébranlé la maison.

"Je suis à la tête de la RTI depuis deux ans et quelques jours. Je m'étais fixé, moi-même, deux grandes priorités : Le traitement professionnel et impartial de l'information et la couverture du territoire national pour que nos programmes soient vus partout en Côte d'Ivoire.
Dans le même temps, je me devais de maintenir l'entreprise debout, en payant les salaires à bonne date, malgré la crise financière.
Il fallait également s'efforcer de contenir l'évolution de la dette, en payant les encours des cotisations sociales dont l'assurance maladie. Mais aussi, en respectant nos échéances vis-à-vis des fournisseurs.
Nous avons fait des efforts pour améliorer le cadre de travail, acheter des équipements et du matériel, acquis 16 véhicules pour permettre le fonctionnement de nos antennes etc. Nous avons créé deux nouveaux canaux d'information : RTI music et RTI sports avec pour objectif une chaîne pour le sport et la musique. Au plan de la formation, nous avons financé 364 agents en 2004 et 1704 en 2005 pour un montant global de 375 573 000 F/CFA. La formation a pris en compte 2068 Agents.
Dès la semaine prochaine, nous allons remettre des cadeaux à tous ceux qui sont allés à la retraite en 2004 et en 2005. Juste un geste symbolique pour leur dire merci, en attendant que les moyens permettent de décorer ceux qui auront mérité de l'entreprise. Je reviens sur les deux priorités énoncées plus haut.
La première dépend de nous.
Nous nous étions engagés à ouvrir nos antennes, de façon équitable et impartiale à tous les partis politiques et à tous les mouvements de la société civile mais aussi à toutes les communautés religieuses et culturelles de notre pays. J'affirme ici, haut et fort, que nous sommes restés, durant ces deux ans, conformes à notre engagement d'impartialité. Les statistiques des temps d'antenne et de parole publiées, tous les mois, par le CNCA en sont les meilleures preuves. Car les faits et les chiffres sont têtus. En effet, depuis deux ans, c'est ta galaxie patriotique et le FP qui caracolent en tête dans l'occupation de nos temps d'antenne et de parole.
Ce sont eux qui, curieusement, nous font le reproche de la partialité.
Je les renvoie vers les statistiques du CNCA.
Il n'est donc pas juste de profiter d'un fait qui s'est produit dans une situation insurrectionnelle à la RTI pour nous accuser de censure. En effet, les DGA et les directeurs qui étaient présents ont été brutalisés, insultés et expulsés manu militari de leurs bureaux en présence d'agents de la RTI complices des occupants. Dire après les avoir chassés de leur bureau, qu'ils ont abandonné la RTI est une accusation cynique. Je voudrais, à ce niveau de mon propos, élever la plus vive protestation contre l'occupation brutale et illégale de la RTI et présenter toute ma compassion à tous ceux qui ont été injustement rudoyés et insultés dans l'exercice de leus fonction.
A l'accusation de censure, nous avons expliqué au CNCA, l'environnement de violence et de menace dans lequel il faut situer l'affaire qui a amené mes collaborateurs à différer la diffusion de l'élément, le temps de le traiter après visionnage de la cassette- Et qu'en tous les cas, le compte rendu de cette conférence de presse a été diffusé dans le journal télévisé plus tard.
Nous en profitons pour dire à tous ceux qui nous sollicitent que nous n'avons pas l'obligation de diffuser intégralement les déclarations que nous enregistrons. Nous les traitons de façon professionnelle et responsable avant de les diffuser sur nos antennes. De plus, dans une période de tension extrême, nous n'avons pas le droit de relayer des propos qu pourraient mettre en péril la cohésion nationale et la paix.
Nous considérons donc extrêmement injustes et non fondées toutes ces accusations venant d'entités pour lesquelles nous pensons avoir fait le maximum qui est permis à des chaînes de radio et de télévision sans moyen technique et sans soutien financier.
Pour le deuxième point, la couverture du territoire national.
Ceux qui nous font ce procès savent bien que cette responsabilité incombe au gouvernement et non à la RTI. Nous avons élaboré et présenté au gouvernement un premier programme d'urgence en mars 2004 qui n'a pas été exécuté et un second programme, plus modeste, élaboré en mars 2005 et qui demeure lui aussi sans suite. Je redis une fois pour toutes QUE LA COUVERTURE DU TERRITOIRE NATIONAL PAR LA RADIO ET LA TELEVISION EST DE LA RESPONSABILITE DU GOUVERNEMENT. La RTI a joué son rôle d'expertise dans l'élaboration des documents. Elle a même entrepris plusieurs démarches au niveau international pour obtenir des appuis dans ce cadre.
La RTI ne peut faire plus. Alors qu'on arrête cette campagne de haine et de diabolisation contre une institution qui a parfaitement joué sa partition dans la consolidation du processus de paix et de réconciliation nationale. Mes chers collaborateurs, Vous avez été meurtris et humiliés durant ces quatre jours de crise.
Je vous demande de ne pas céder au découragement. Ceux qui font de la RTI leur unique cible à chaque crise, surtout leurs complices dans la maison, ignorent peut-être, qu'en agissant ainsi, ils tuent notre entreprise à petit feu. Nous payons encore les effets néfastes de la crise de novembre 2004. Ces quatre jours d'occupation n'ont pas permis, pour la première fois en deux ans, de payer le salaire le 25 du mois.
Sans compter les centaines de millions de contrats commerciaux que nous venons de perdre, dans le cadre de la CAN. Restons solidaires dans la défense de notre entreprise et soyons fiers car la RTI est considérée par la majorité) silencieuse et écrasante des Ivoiriens comme une institution) crédible au service de tous. Nous avons demandé au Gouvernement de renforcer la sécurité de la Télévision , de la Radio et du Centre Emetteur d'Abobo.
Nous espérons que cette fois-ci les dispositions seront prises pour nous permettre de travailler dans la quiétude et la sérénité.
Je vous remercie. "


COTE D'IVOIRE / REACTION DE LEADERS POLITIQUES APRES LA PROROGATION DU MANDAT DES PARLEMENTAIRES

Samedi 28 Janvier 2006

Anaky Kobenan (MFA) :
“Je suis encore
sous le choc”
« Juridiquement, cette décision n’a aucun fondement, car le chef de l’Etat installé par la résolution 1633 de l’ONU n’a pas ce pouvoir. On pourrait donc considérer que c’est un non évènement et ne même pas en faire un débat.
C’est a priori une décision contraire à tout ce qui a été engagé par la communauté internationale et les forces politiques pour arriver à la paix.
Le fait de prendre sur lui ce pouvoir va à l’encontre de la Résolution 1633.
Je suis encore sous le choc et j’ai de la peine à croire que le chef de l’Etat ait pu se décider à sauter ce pas même s’il était de notoriété, parce que c’est à reculons que, depuis le début, il suivait ce processus vers la paix.
La question à se poser, sinon à lui poser est la suivante :
Veut-il défier l’ONU et la communauté internationale ? Veut-il mettre en marge la Côte d’Ivoire de tout le système qui a été construit depuis les deux grandes guerres mondiales qui ont traumatisé l’humanité et après lesquelles tous se sont accordés à s’imposer un certain nombre de règles et de discipline au-dessus des lois et même de la souveraineté des Etats pour arriver à une sorte de consensus au niveau mondial dans le règlement des conflits. Dans tous les cas, il convient de lui faire cette observation. Aujourd’hui, le Conseil de sécurité dispose en Côte d’Ivoire d’une présence militaire incluant l’ONUCI et Licorne qui a actuellement plus de capacité d’offensive que les forces dont dispose l’Etat ivoirien.
C’est une simple question de réalisme et de pragmatisme. Il n’est pas tard pour se ressaisir et de revenir à la raison.
A notre avis, ce genre de prise de position relèverait plutôt d’un certain lyrisme et d’un romantisme politique de la belle période des mouvements anti impérialistes de la période des luttes d’indépendances.
Qui parmi nous dans cette jeune année n’a rêvé d’être un nouveau Lumumba ou un autre Ché Guevara plus vrai que nature ?
Il faut simplement revenir à la réalité et constater qu’entre temps, le monde a grandement évolué et qu’aujourd’hui lutter pour la libération et la dignité d’un peuple c’est d’abord et avant tout lutter pour son développement économique et de sortir de la pauvreté ».

Djédjé Mady (Secrétaire
général du PDCI-RDA) :
“Je ne suis pas informé”
« Je ne suis pas au courant de la décision donc je ne peux pas réagir. Parce que se sont des sujets suffisamment graves et sérieux pour que je me prononce là-dessus. Je me donnerai le temps de voir ce qu’il en est, l’analyser avant de réagir. Je ne peux réagir pour l’instant car je ne crois pas que ce soit la solution ».

Affi N’Guessan (Président du FPI):
“C’est une victoire
de la mobilisation patriotique”
« Nous accueillons cette décision avec satisfaction. Cela vient comme une victoire de la mobilisation patriotique du 16 au 19 janvier dernier. Nous savons que dans la résistance, c’est l’Assemblée nationale qui était en cause suite à la décision du GTI de la dissoudre.
C’est donc grâce à cette forte mobilisation que les patriotes ont permis au Président de la République d’avoir beaucoup plus de force pour prendre acte de l’avis du Conseil constitutionnel. Pour nous, c’est donc la matérialisation de la victoire politique des manifestations du 16 au 19 janvier dernier.

Jean Blé Guirao (UDPCI) :
“Que les députés n’obéissent pas à cette mesure”
« Nous lançons un appel à nos députés, ceux du RHDP, pour ne pas se salir et se clochardiser en allant siéger encore dans cette Assemblée nationale dont le mandat est fini depuis le 16 décembre. Nous en appelons à leur sens élevé de la responsabilité militante et qu’ils pensent au peuple qui n’a que trop souffert.
En tout état de cause, pour le mandat de cette Assemblée qui est terminé. Il faut leur confier d’autres missions. Si véritablement, ce sont des députés de l’opposition, qu’ils se désolidarisent de cette Assemblée et des députés du FPI sinon, ils nous trouverons sur leurs routes ».

Amadou Coulibaly (RDR)
“Le RDR ne se sent
pas concerné par
cette décision”
Le RDR ne se sent pas concerné par cette décision. Notre parti a déjà donné sa position qui est que le mandat des députés est arrivé à expiration le 16 décembre dernier et nous n’entendons pas dire autre chose.
Maintenant si certains veulent se faire abuser par une escroquerie morale qui tend à faire croire que le mandat des députés peut être prorogé, cela ne regarde qu’eux. Pour nous, le débat est clos.
Nous gardons notre position qui a été rendue publique par le président de notre parti, qui est que le mandat parlementaire est bel et bien arrivé à terme et n’a pas à être prorogé. Cela est aussi bien conforme à la position du RHDP qu’à la déclaration faite par le Groupe de Travail International.
L’escroquerie morale consisterait à vouloir extrapoler l’arrangement politique dont le GTI a parlé.
Mais les termes de cet arrangement politique sont contenus dans le communiqué publié le 15 janvier. Il y est demandé au Premier ministre, en accord donc avec le chef de l’état, d’utiliser les députés pour des missions de paix dans le processus de réconciliation. De là à faire croire que le parlement peut fonctionner avec tous ses pouvoirs est une escroquerie à laquelle nous avons été habitués depuis l’an 2000, dans ce pays.

Alain Lobognon
(Forces Nouvelles)
“Que le GTI
se prononce ici
et maintenant”
Les Forces Nouvelles ne s’en émeuvent pas. Tout au plus les Forces Nouvelles demandent à la Communauté Internationale, et plus particulièrement au Groupe de Travail International de se prononcer ici et maintenant sur cette décision de Laurent Gbagbo. Parce que c’est le GTI qui a reconnu que le mandat de l’Assemblée Nationale ne pouvait pas être prorogé. Donc les Forces Nouvelles posent la question maintenant au GTI. Que dites-vous de la décision de Laurent Gbagbo qui malgré la séparation de pouvoirs a décidé de proroger le pouvoir des députés ivoiriens.

Francis Wodié (PIT) :
“Nous n’en savons pas les motifs juridiques”
« Nous avons fait publier nos propositions sur la question en soulignant que c’est dans un souci d’apaisement et de recherche de compromis que nous pourrons résoudre ce genre de situation de crise aggravée. Ainsi, nous avons dit dans nos propositions que bien sûr le mandat de l’Assemblée nationale a pris fin le 16 décembre 2005 conformément à la Constitution. De ce point de vue, l’Assemblée nationale n’existe plus.
Du point de vue de droit, il n’y a plus d’Assemblée nationale.
Mais, nous retenions une solution politique.
Et c’est quelques jours plus tard qu’à la suite des mouvements, le Président Obasanjo a dit de trouver des solutions politiques.
Et nous avons précisé notre position en disant que dans un souci d’apaisement et dans l’esprit de la résolution 1633, nous proposons sur une base politique et d’un consensus que l’Assemblée nationale puisse poursuivre ses activités jusqu’à la fin de la transition. Nous savons également ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale.
Il y a eu des velléités de résistance ou d’opposition qui ont été de nature à paralyser ou retarder le processus.
L’Assemblée nationale étant ainsi ressuscitée, nous proposons donc que toutes ces matières qui concernent le règlement de la crise soient déléguées au gouvernement du Premier ministre.
Soit sur la base de ce compromis, soit sur la base d’une loi d’habilitation, que l’Assemblée nationale prendrait sur le fondement de l’article 75 de la Constitution. Voilà ce que nous pensons. Nous venons d’apprendre la décision du chef de l’Etat.
Nous ne savions pas encore quels sont les motivations et les motifs juridiques de cette décision. Nous nous prononcerons après ».

Propos recueillis par
Baba Coulibaly Nicolas


COTE D'IVOIRE PROROGATION DU MANDAT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE PAR LE CHEF D'ETAT LAURENT GBAGBO

Samedi 28 Janvier 2006

Après concertation avec le Premier ministre, en accord avec l’avis du Conseil constitutionnel, et le paragraphe 11 de la résolution 1633, le Président de la République a pris acte de ce que:

En application de l’article 59 de la Constitution, les pouvoirs de l’Assemblée nationale expirent à la fin de la deuxième session ordinaire de la dernière année de son mandat, soit pour la législature 2000-2005, le 16 décembre 2005.
Avant l’échéance effective de ce délai, tous les députés ont, par une déclaration conjointe datée du 12 décembre 2005 des Groupes parlementaires FPI, PDCI-RDA, UDPCI et Solidarité réunis les 9 et 12 décembre 2005 à l’Assemblée nationale, recommandé la prorogation du mandat des députés jusqu’aux prochaines élections.

Devant le risque de voir les pouvoirs de l’Assemblée nationale ne pas être renouvelés dans les délais prévus par la Constitution, le Président de la République, garant de la continuité de l’Etat, a sollicité, le 15 décembre 2005, l’avis du Conseil Constitutionnel sur le point de savoir si le défaut d’élections, dû à la situation de crise que connaît notre pays, entraîne la dissolution et la fin des pouvoirs de l’Assemblée nationale.

Cette haute juridiction, organe régulateur du fonctionnement des pouvoirs publics, a, en réponse à la question du Président de la Républiques, rendu le 15 décembre 2005 l’avis dont la teneur suit :
“ Avis n° 2005-013/CC/SG du 15 décembre 2005 demandé par le Président de la République,

Au nom du peuple de Côte d’Ivoire, le Conseil constitutionnel,
Vu la Constitution, en son préambule et en ses articles 29, 31, 32, 34, 48 et 59;

Vu la lettre du 15 décembre 2005 de Monsieur le Président de la République ;

Le Rapporteur entendu,

Considérant que par la lettre susvisée, le Président de la République sollicite l’avis du Conseil constitutionnel sur le point à savoir si le défaut d’élections, dû à la situation de crise que connaît notre pays, entraîne la dissolution et la fin des pouvoirs de l’Assemblée nationale ;

Considérant qu’aux termes de l’article 59 alinéa 3 de la Constitution, “les pouvoirs de l’Assemblée nationale expirent à la fin de la deuxième session ordinaire de la dernière année de son mandat ” ; que conformément à cette disposition, le mandat de l’Assemblée nationale arrive à expiration le vendredi 16 décembre 2005 ;

Considérant que l’atteinte portée à l’intégrité de la Côte d’Ivoire, depuis le 19 septembre 2002, n’a pas permis la tenue d’élections dans les délais constitutionnels ;

Considérant toutefois qu’à défaut d’élections dans les délais, les pouvoirs de l’Assemblée nationale ne peuvent prendre fin sans porter atteinte à des principes et règles de valeurs constitutionnels; qu’il en va ainsi :

- de la séparation et l’équilibre des pouvoirs auxquels le peuple de Côte d’Ivoire exprime son attachement dans le préambule de la Constitution, la cessation des fonctions du Parlement pouvant rompre ledit équilibre ;

- de l’exercice de la souveraineté du peuple par ses représentants élus, tel que prescrit par les articles 31 et 32 de la Constitution, le Parlement par la cessation de ses pouvoirs ne pouvant plus exprimer la volonté du peuple;

- de la continuité de la vie de la Nation, qui implique le maintien du Parlement, pouvoir public essentiel à la sauvegarde des valeurs démocratiques auxquelles le peuple de Côte d’Ivoire est attaché, comme il résulte du préambule de la Constitution; c’est du reste dans cet esprit que l’article 59 alinéa 4 prescrit le renouvellement des membres de l’Assemblée nationale avant l’expiration de leur mandat;

- Considérant par ailleurs que l’article 48 de la Constitution a été mis en œuvre par le Président de la République depuis le 26 avril 2005; qu’aux termes dudit article “l’’Assemblée nationale se réunit de plein droit ” et ce aux fins de contrôle des mesures pouvant être prises par le Président de la République ; qu’ainsi, aussi longtemps que l‘article 48 sera en application, le Parlement demeure en fonction ;

EST D’AVIS,
Que l’Assemblée nationale demeure en fonction et conserve ses pouvoirs.
Délibéré par le Conseil Constitutionnel en sa séance du jeudi 15 décembre 2005 ”.

Le Président de la République à qui cet avis a été adressé, l’a à son tour transmis au Président de l’institution concernée, en l’espèce le président de l’Assemblée nationale. C’est ainsi que l’Assemblée nationale à l’occasion de la séance de clôture de la deuxième session ordinaire de la cinquième année de la législature 2004-2005, a pris acte de l’avis du Conseil constitutionnel
C’est dans ces circonstances qu’est intervenu le communiqué sanctionnant la 3ème réunion du Groupe de travail international (GTI) qui s’est tenue à Abidjan le 15 janvier 2006, communiqué par lequel cet organisme de suivi a indiqué ce qui suit :

“ Conformément au paragraphe 11 de la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations unies relatif à l’expiration du mandat de l’Assemblée nationale, le GTI a tenu des consultations approfondies avec les parties ivoiriennes sur le fonctionnement des institutions de l’Etat. Le GTI a tiré la conclusion que le mandat de l’Assemblée nationale, qui a expiré le 16 décembre 2005 n’a pas à être prolongé”

En réaction à ce communiqué, de violentes manifestations ont eu lieu à Abidjan et dans d’importantes villes de l’intérieur du pays contre ce qui apparaissait aux yeux des manifestants être une dissolution de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire et une atteinte à la souveraineté de ce pays.

Pour aider à résoudre cette crise, Son Excellence Monsieur Olusegun OBASANJO, Président de la République fédérale du Nigeria, en sa qualité de Président en exercice de l’Union africaine, a effectué une visite de travail à Abidjan le 18 janvier 2006. Au cours de cette visite, le Président de l’Union Africaine a présidé une rencontre qui a pris les décisions suivantes

“1°) le Groupe de travail international n’a pas de pouvoir pour dissoudre l’Assemblée nationale ;
2°) le Groupe de travail international n’a pas dissous l’Assemblée nationale à l’issue de sa réunion du 15 janvier 2005 ;
3°) Invite le Président de la République et le Premier ministre à continuer leurs consultations en vue de parvenir à une solution politique...”.

Dès le départ du Président de l’Union africaine, le Président de la République et le Premier ministre ont entamé les discussions prescrites par la rencontre du 18 janvier 2006 en vue de trouver la solution politique à la question des pouvoirs de l’Assemblée nationale.
A l’issue de ces discussions, le Premier ministre a indiqué au Président de la République que la question du fonctionnement de l’Assemblée nationale ne relevait pas de sa compétence mais de celle exclusive du Président de la République.

Le Premier ministre a en outre exprimé au Président de la République la nécessité dans cette recherche de solution de voir la Constitution de la République de Côte d’Ivoire respectée et la résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l’ONU ainsi que les Accords de Linas-Marcoussis, d’Accra III et de Pretoria appliqués.
Le Président de la République, en application de la décision issue de la rencontre du 18 janvier 2006, tirant la conclusion de ses discussions avec le Premier ministre, prend acte de ce que l’Assemblée nationale demeure en fonction avec tous ses pouvoirs, ainsi que l’a dit le Conseil Constitutionnel. Il précise que les députés siégeront aussitôt que prendront fin les vacances parlementaires dont ils bénéficient actuellement, sauf s’ils sont convoqués en session extraordinaire.

Par le présent communiqué, le Président de la République informe les Ivoiriennes et les Ivoiriens de la solution politique qui vient d’être trouvée concernant les pouvoirs et le fonctionnement de l’Assemblée nationale,

Le Président de la République précise par ailleurs que conformément aux conclusions de la même rencontre du 18 janvier 2006, la solution qui vient d’être trouvée sera communiquée au GTI.

DESIRE TAGRO
Porte-parole
de la Présidence de la République


COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN BANNY PAR R.F.I.

Samedi 28 Janvier 2006

Après les actes de vandalisme des jeunes patriotes de la semaine dernière, le premier ministre a livré hier à Rfi son analyse
Est-ce que vous-vous sentez fragilisé après les manifestations de la semaine dernière ?

Pas du tout, je m’attendais à ce que la mission soit difficile mais je ne suis pas fragilisé. Je suis comme tous les Ivoiriens à la fois étonné parce que je considère que les problèmes qui se sont posés ne nécessitaient pas que le pays soit paralysé pendant autant de jours. Je vous ai dit aussi quand je suis arrivé, que je voulais bâtir ma mission sur la confiance. Donc, ce sont quatre jours de perdus surtout au niveau de la confiance. Mais on va continuer de bâtir cette confiance. Mais je ne me sens pas fragilisé.

Alors, beaucoup d’observateurs y compris l’Onu ont dénoncé la complicité entre manifestants et forces de l’ordre. La réalité du pouvoir n’est pas entre les mains de Laurent Gbagbo qu’entre les vôtres ?

Soyons réaliste, je suis premier ministre depuis cinquante jours, le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo est au pouvoir depuis cinq ans et puis comment voulez-vous, si je me mets dans votre hypothèse qu’il y ait une dichotomie entre le chef de l’Etat et le premier ministre ? Comment voulez-vous que quelqu’un qui a cinquante jours ait tous les éléments du pouvoir par rapport à celui qui a cinq ans ? Non. Je ne me vois pas dans cette perspective. Je considère que le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo et moi-même, sommes dans la même barque qui s’appelle Côte d’Ivoire. Je propose et je crois qu’il a accepté que nous fassions tandem. Il a repris ce terme lors de la présentation des vœux, cela veut dire qu’il est tout à fait d’accord là-dessus

Alors, c’est vrai, Laurent Gbagbo a dit je suis d’accord de faire tandem avec Konan Banny. Il faut que nous pédalions au même rythme. Est-ce que vous ne croyez pas qu’il pédale moins vite que vous ?

Je ne pense plus que les raisons d’accélérer de ma mission se situent dans un délai de dix mois. Ce qu’il faut craindre, c’est qu’on s’essouffle. Il a dit que la pente était raide donc, il faut effectivement conjuguer nos efforts, trouver le bon rythme et je crois que nous sommes à la recherche du bon rythme, la synchronisation.

A la suite de la visite de M. Obasanjo la semaine dernière, Laurent Gbagbo et vous-mêmes aviez trouvé une solution politique sur le problème très controversé du mandat de l’Assemblée nationale. Quelle est la solution ?

Je crois que le communiqué ne dit pas solution politique de la prolongation ou non. Il a dit que le Groupe de travail international n’a pas compétence de dissoudre une institution ivoirienne et autres institutions d’autres pays. Ce n’est pas son travail, ce n’est pas sa mission.
Il dit que le Groupe de travail international ne l’a pas fait. Ce qui est complètement juste. Mais il dit aussi par ailleurs que le 16 décembre 2005, il a considéré la fin du mandat de l’Assemblée.
Maintenant, vous verrez dans la feuille de route qui m’a été communiquée que l’Assemblée nationale n’est pas un point de la feuille de route. Ce n’est pas dans mon mandat. Je n’ai pas pouvoir de discuter de la prolongation de l’Assemblée nationale ni pas la constitution ni pas aucun texte. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Il s’agit de trouver une solution politique à partir du problème qui est posé. Comment sécuriser le groupe d’hommes et les femmes pour la mission qui nous est confiée. C’est en cela que nous travaillons le chef de l’Etat et moi-même. Comment nous allons les utiliser et quel rôle peut-on jouer.
Alors, ça va se passer forcément par des compromis. Mais je signale au passage que le premier ministre Charles Konan Banny n’a pas de compétence sur la vie de l’Assemblée nationale. Ce n’est pas une querelle dans laquelle il faudrait que le premier ministre soit entraîné ni d’ailleurs dans la vie d’autres institutions. J’ai une feuille de route à amener les Ivoiriens à se refaire confiance et à désarmer pour avoir un pays réunifié et pour cela, il faut redéployer l’administration et il faut organiser des élections propres. Voilà ma mission.

Et ce groupe d’hommes et de femmes comme vous dites peuvent-ils se réunir à l’Assemblée nationale ou préférez-vous qu’ils partent en mission à l’intérieur du pays pour sensibiliser la population ?

Vous savez, je viens des locaux de l’Assemblée nationale et moi-même, je fais de temps en temps des missions là-bas. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Ce n’est pas de ma compétence. Ce qui m’intéresse, c’est que tous les Ivoiriens s’impliquent dans ce processus et pourquoi pas eux dont le mandat vient de finir. Ce sont des leaders d’opinion dans leur localité, ils sont écoutés.

Vous leur demandez de s’impliquer dans le processus ?

Oui on va les utiliser pour s’impliquer dans le processus. Il n’y a pas mal de compétence technique également, tout cela sera mis à profit.

Autre sujet sensible Charles Konan Banny, la fabrication des listes par la Commission électorale, l’élection de son président a été annulée par une décision de justice sur une requête du parti de Laurent Gbagbo. Est-ce que ça ne va pas être l’objet d’un nouveau bras de fer ?

Vous voyez bien que ce sont des questions qui ne sont pas du ressort du premier ministre. Mais je reconnais que ce sont des questions qu’il faut résoudre. Il faut organiser cette Commission électorale indépendante. Je dois vous dire que là-dessus, je ne désespère pas qu’un compromis soit trouvé. Le haut représentant pour les élections y travaille et moi-même, nous allons nous impliquer pour trouver une solution à cette question.

Le haut représentant Montéiro a même dit que si vous n’arrivez pas à vous mettre d’accord entre Ivoiriens et bien, il tranchera lui-même ?

C’est son rôle. Moi, je lui ai dit d’arbitrer et le chef de l’Etat et moi-même, nous allons nous impliquer dans ce dossier pour faciliter l’arbitrage.

A vous écouter, Charles Konan Banny, on a le sentiment que la crise de la semaine dernière n’a pas du tout affecté la relation entre Laurent Gbagbo et vous-même. Franchement est-ce que ce n’est pas plus difficile qu’avant ?

Paradoxalement non. Ça nous a ouvert les yeux les uns et les autres. Nous sommes restés très proches.

Le leader des Forces nouvelles, Guillaume Soro était absent du conseil des ministres de ce mercredi. Est-ce que c’est un mauvais signe pour le désarmement à venir dans le nord ?

Pas du tout. Ça n’a rien à voir avec tout ça et je vous apprends que moi-même, je suis en rapport avec Guillaume Soro. Il y a des problèmes à résoudre et on va les résoudre. C’est la volonté de Guillaume Soro de participer activement au processus de paix et réconciliation à ce jour. Je n’ai aucune raison de douter.

Le comité de sanction de l’Onu s’est réuni cette semaine pour envisager des sanctions individuelles pour les fauteurs de troubles. Est-ce que vous l’y encouragez ?

Est-ce que j’ai le pouvoir d’encourager qui que ce soit ? Vous savez, dans cette crise, chacun doit jouer son rôle. Je joue mon rôle, le comité de sanction joue son rôle, je n’ai aucune influence sur ce comité et ce n’est pas à moi de le décourager ou l’encourager à sanctionner.

Le Pdci de Henri Konan Bédié continue de dire que à ses yeux, le mandat de l’Assemblée nationale n’a pas expiré en décembre dernier. Est-ce que vous n’auriez pas intérêt à parler avec le président Bédié ? Est-ce que vous ne faites pas semblant depuis que vous êtes premier ministre ?

Comment vous pouvez savoir que je ne parle pas avec Henri Konan Bédié ? Je parle avec Bédié.

Donc, les ponts ne sont pas coupés ?

Ils n’ont jamais été coupés entre Henri et moi. Voyez, je l’appelle Henri.

Il n’y a pas de froid entre vous ?

Je n’ai aucune relation froide avec qui que ce soit. Même ceux qui ne me rentrent pas tous les jours comme on le dit. Ce n’est pas possible d’avoir des relations froides avec les leaders d’opinion, les chefs de partis et de chercher en même temps une réconciliation. Chacun a son opinion. Donc, je suis en confiance. Ce qui n’est pas juste, c’est de laisser croire que les ponts sont coupés entre certains et moi-même. Ce n’est pas ma méthode, si je le fais, c’est sûr que je ne réussirai pas.

Et que le parti de Laurent Gbagbo appelle ses partisans à rester mobilisés pour les futures batailles, comment vous réagissez ?

Je suppose que c’est pour les batailles électorales.

Source Rfi


COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU JEUDI 26 JANVIER 2006

Vendredi 27 Janvier 2006

Dans son propos liminaire, le Président de la République a félicité Monsieur Charles Konan Banny pour sa désignation et sa nomination en qualité de Premier ministre du nouveau Gouverne-ment qui vient de se former.
Il l’a également félicité pour avoir institué une procédure rigoureuse de consultations, qui a abouti à la formation de ce Gouvernement.
Le Chef de l’Etat a fait observer ensuite que c’est la 2ème fois que la formation d’un Gouvernement s’effectue dans un contexte aussi particulier que celui que nous connaissons, et que le fait pour le Premier ministre Charles Konan Banny d’avoir réussi en 3 semaines 2 jours seulement à former son Gouvernement, constitue une réussite à saluer si l’on se réfère au temps passé par son prédécesseur pour former le Gouvernement de réconciliation nationale. Le Président de la République a rappelé que nommé le 25 janvier 2003, c’est seulement le 13 mars 2003 que l’ancien Premier ministre Seydou Elimane Diarra a réussi à former son Gouvernement. C’est dire qu’il n’est pas toujours aisé dans la situation actuelle et dans le contexte de crise socio-politique que nous vivons, de réussir en très peu de temps à réunir toutes les compétences et toutes les sensibilités politiques pour arriver à un Gouvernement de consensus. Une fois encore, l’opération réussie par le Premier ministre Charles Konan Banny constitue une prouesse à saluer.
Pour mettre l’accent sur la solidarité gouvernementale, le Chef de l’Etat a soutenu que le Gouvernement doit constituer une équipe nationale dont les joueurs proviennent de divers clubs, qu’il faut agréger pour en faire un groupe uni et solidaire.
Le Président de la République a souhaité vivement que Dieu bénisse cette nouvelle équipe gouvernementale et qu’il lui donne toutes les aptitudes et l’endurance nécessaire pour la bonne exécution des missions qui lui seront confiées.
Prenant à son tour la parole, le Premier ministre Charles Konan Banny a exprimé l’émotion qui l’étreint et qu’il ne peut ni cacher, ni contenir, émotion qu’il a voulue d’ailleurs partager avec tous les membres du Gouvernement. Evoquant les raisons de cette vive émotion, le Premier ministre en a donné quelques précisions :
- le fait de se retrouver dans cette situation de crise socio-politique du pays à la tête du Gouver-nement dont la mission essentielle est de ramener la paix ; cela est tout à fait significatif et chargé de symboles ;
-le fait d’être par le jeu des âges, le doyen du Conseil des ministres, est aussi émouvant ;
- les brèves mais intenses paroles prononcées par le Chef de l’Etat expliquent aussi son émotion.
Se tournant vers le Chef de l’Etat, le Premier ministre lui a adressé ses vifs remerciements pour avoir accepté sa désignation par la Commission internationale et surtout pour l’avoir nommé au poste de Premier Ministre le 05 décembre 2005. Le Chef du Gouvernement a relevé fortement qu’il ne serait pas à ce poste si le Président Laurent GBAGBO n’avait pas accepté sa désignation et qu’en conséquence, il lui doit reconnaissance et pense que la Nation entière doit reconnaissance au Chef de l’Etat. Le Premier ministre a solennellement pris l’engagement devant le Président de la République et en présence des membres du Conseil, de ne jamais trahir la confiance placée en lui par le Chef de l’Etat.
Se tournant vers les membres du Gouvernement, le Chef du Gouvernement en sa qualité de Premier ministre a salué et félicité vivement les ministres, ceux qu’il appelle les sélectionnés de l’équipe gouvernementale, pour reprendre l’expression du Président de la République. Pour lui, il s’agit bien d’une équipe qui doit relever un défi, car le Gouvernement qui vient de se former sur sa proposition est un Gouvernement de mission soumis à une obligation de résultat. Il s’agit de tout faire pour que le pays sorte de la crise et de la difficile situation qu’il traverse depuis un peu plus de trois ans. Il apparaît donc nécessaire que les ministres saisissent le sens profond de leur participation au Gouvernement.
Le chef du gouvernement a souhaité dans ce cadre, que le seul programme qui vaille la peine d’être soutenu ait pour nom, la Côte d’Ivoire.
En conséquence, il ne sera pas toléré qu’un membre du Gouver-nement y compris lui-même, prenne des distances par rapport à ce programme. Le chef du gouvernement a rappelé aux ministres les missions essentielles assignées à son gouvernement, à savoir la réconciliation nationale, la réunification du pays, le désarmement, le démantèlement des milices, le redéploiement de l’Administration ainsi que l’organisation d’élections justes et transparentes.
L’accomplissement de ces missions a en effet besoin d’une action collective et solidaire. C’est pour cela qu’il demande à tous de cultiver la culture du résultat et de traduire en actes concrets l’exécution desdites missions. Il s’agit également pour arriver à ces fins, d’exiger l’exemplarité, car on ne peut prétendre être leader si on n’est pas soi-même exemplaire.
Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de garantir la stabilité de l’Administration. Pour ce faire, il n’y a pas lieu de bouleverser les structures et de changer les agents et les fonctionnaires chargés d’animer l’appareil administratif de l’Etat, sauf si manifestement il apparaît que certains d’entre eux ont fait preuve d’incompétences ou commis des irrégularités graves. Il n’y a donc pas lieu de s’attarder sur des détails au niveau du fonctionnement de l’Administration, les objectifs assignés au Gouver-nement nécessitant une concentration des énergies et des actions portant sur l’essentiel.
Pour clore son propos, le Premier Ministre a souhaité que la Côte d’Ivoire redevienne prospère, unie, fraternelle, travailleuse et disciplinée.
Pour saluer cette intervention du Premier ministre, le Président de la République s’est dit heureux de voir enfin formé le Gouvernement tant attendu. Le Chef de l’Etat a insisté sur le fait que bien que la guerre soit finie, la crise persiste et la mission essentielle de ce Gouvernement est de réussir à y mettre fin.
Evoquant le travail gouvernemental, le Président de la République a donné quelques indications.
En ce qui est des pouvoirs du Premier ministre, le Chef de l’Etat a rappelé qu’il n’est pas nécessaire que des décrets spécifiques ou qu’un décret particulier précise le contenu de la délégation. En réalité, c’est à l’expérience et sur le terrain que les choses se préciseront ; le Premier ministre et lui en ayant convenu, a-t-il indiqué.
En ce qui est des attributions des membres du Gouvernement, le Chef de l’Etat a évoqué le cas des départements ministériels qui ont souvent eu des conflits de compétence. En demandant aux ministres de s’en tenir au contenu du décret d’attributions et à l’arbitrage du Premier ministre, il a conseillé de se référer pour la rédaction du nouveau décret portant attributions des membres du Gouvernement, aux textes actuels qui constituent des bases de données fiables.
En ce qui est de l’ordre du jour du Conseil des Ministres, le Président de la République a rappelé qu’il est en principe arrêté par lui sur proposition du Premier ministre. Il a tout de suite précisé que faisant confiance à son nouveau Premier ministre, les choses se passeront aisément. Il a également souligné l’importance du conseil de Gouvernement qui consiste à préparer les séances du conseil des ministres et dont l’ordre du jour est arrêté par le Premier ministre.
En clair, le Chef de l’Etat a constaté que tout le monde est dans de bonnes dispositions d’esprit pour participer pleinement à l’action gouvernementale.
En ce qui est du conseil des ministres, le Président de la République en a brièvement rappelé les règles de fonctionnement en insistant sur le fait qu’il sera toujours présent pour présider en personne le conseil des ministres, la présidence du conseil de Gouvernement étant l’affaire exclusive du Premier ministre.
Suite à ces indications, le Premier ministre a évoqué deux questions d’actualité :
- le départ à la Mecque des musulmans ;
- la question de l’enlèvement des ordures ménagères dans le district d’Abidjan.
Sur le premier point, le Président de la République a instruit le ministre de l’Intérieur pour prendre toutes dispositions utiles pour s’imprégner le plus rapidement possible de la situation des pèlerins et de rechercher des solutions idoines.
Sur le second point, le Chef de l’Etat a instruit le ministre de la Santé et de l’hygiène publique et le ministre de l’Environnement et des eaux et forêts, en vue d’étudier en urgence la question et de faire en sorte que le district d’Abidjan redevienne propre ainsi que d’ailleurs toutes les autres villes du pays.
A ce propos, le Premier ministre a informé les membres du Conseil que des instructions lui ont été données par le Chef de l’Etat, relativement au problème de l’hygiène publique et de l’environnement. C’est cette préoccupation qui a d’ailleurs fait que le nouveau ministère de la Santé prend en compte le volet “Hygiène Publique” dans sa dénomination.
Suite à cette précision du chef du gouvernement, le Président de la République a insisté sur la nécessité de régler au plan technique la question des décharges, celle d’Akouédo étant aujourd’hui dépassée.
Par ailleurs, relativement à l’insécurité grandissante à Abidjan, le Chef de l’Etat a évoqué la question des multiples évasions de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) qui est aujourd’hui surpeuplée, du fait de sa capacité moyenne. Conçue au départ pour 1.500 personnes, la MACA ne peut aujourd’hui recevoir les milliers de délinquants qui y sont envoyés. Il y a donc urgence à construire de nouvelles prisons dans le District d’Abidjan, ce qui permettrait une maîtrise des effectifs dans les prisons et éviterait les évasions massives qui constituent une catastrophe pour les populations.
Avant de clore la séance, le Président de la République a souhaité que la confiance et la solidarité règnent au sein du Gouvernement et que le travail se fasse comme il se doit pour que l’objectif final, à savoir la paix définitive en Côte d’Ivoire, soit atteint dans les meilleurs délais.

Fait à Abidjan, le 28 décembre 2005
Le Secrétaire Général du Gouvernement
Félix TYEOULOU-DYELA


COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DE S.E.LAURENT GBAGBO APRES LA PRESENTATION DES VOEUX DE NOUVEL AN 2006

Vendredi 27 Janvier 2006

Débutée le lundi 23 janvier dernier, la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux de la Nation au chef de l'État s'est achevée hier au Palais présidentiel du Plateau après avoir observé une pause le mercredi. Au terme de ce rituel, le Président Laurent Gbagbo a accordé un entretien à Radio Côte d’Ivoire. Nous vous proposons l'intégralité de cette interview dirigée par le directeur de la Radio, M. Eloi Oulaï.

Radio Côte d’Ivoire :
Monsieur le Président, depuis le matin, vous êtes debout pour recevoir les vœux des Ivoiriens, au cours de cette troisième et dernière journée de présentation de vœux au chef de l'État. N'est-ce pas un exercice assez éprouvant?

Laurent Gbagbo :
C'est en effet très éprouvant de rester debout comme cela. Voilà pourquoi nous avons reparti cette cérémonie sur trois jours. La première année, nous avons essayé de faire passer tout le monde le même jour. On a fini aux alentours de 17 heures. Il faut vraiment être en bonne forme physique pour exercer cette fonction.

R.C.I.: Et vous êtes en bonne forme physique?

L.G.: Oui, je n'ai pas de problème pour l'instant. Mais je constate que pour occuper cette fonction, il faut être en bonne forme physique.

R.C.I. : Au-delà du protocole, vous plaisantez avec chacun. On a l'impression que vous connaissez tous ceux qui passent. Alors, qu'est-ce que vous leur dites?

L.G. : D'abord, bien entendu, je ne connais pas tout le monde parce que je ne peux pas les connaître tous. Mais je connais beaucoup de personnes. J'ai vu des amis de l'école primaire à Gagnoa. J'ai même vu un de mes anciens maîtres de l'école primaire. Il y a eu d'autres que j'ai connus au Lycée classique d'Abidjan et aussi dans les Universités d'Abidjan, de Lyon, de la Sorbonne, de Paris, etc. Il y a aussi des gens que j'ai connus pendant que je faisais la politique…

R.C.I. : Pendant le service militaire aussi?

L.G. : Oui, il y a des gens que j'ai connus dans l'armée. Pendant deux ans, j'ai fait Akouédo, Daloa, Séguéla, Bouaké. Et il y en a que j'ai connus pendant que je parcourais le pays dans le cadre de mes activités politiques. J'ai quand même circulé dans la Côte d'Ivoire pendant 10 ans. Donc, dans mes fonctions de chef de l'État, je retrouve des visages et des noms. Alors, je dis effectivement un mot à chacun parce que c'est un métier qui est dur. Nous savons aujourd'hui que les gens sont dans des situations difficiles à cause de la crise. Souvent, vous constatez que l'eau n'arrive pas dans certaines localités d'Abidjan à cause de la surpopulation. Il y a des villes de l'intérieur où il n'y a pas suffisamment d'eau.

R.C.I. : En fait, vous échangez sur les problèmes quotidiens?

L.G. : Il faut donner un peu de joie aux gens qui arrivent devant le chef de l'État. Il faut leur donner un peu de bonheur et une perspective d'avoir demain une vie meilleure si la guerre s'arrête. On les engage en même temps à œuvrer pour que la guerre s'arrête et que nous entrions dans la paix. Mais je veux dire que le chef de l'État, sachant que les Ivoiriens vivent dans des conditions difficiles, ne peut pas avoir le visage fermé quand il les voit. Je suis obligé de leur faire partager ma foi en l'avenir, de leur donner du courage, de leur donner un peu de joie et de bonheur. Pour cela, je plaisante avec eux sur les sujets qu'ils affectionnent. Cela fait partie, à mon avis, de mon devoir.

R.C.I. : Il y a également ceux qui prennent le RDV en direct…

L.G. : Oui, c'est aussi cela la pression. Les gens ont tellement de problèmes qu'ils souhaiteraient que le président de la République puisse résoudre toutes leurs difficultés. C'est matériellement impossible. Donc, on donne quelques rendez-vous. J'en ai donné un ou deux tout à l'heure. Il y a des gens avec lesquels je vais prendre le dejeuner tout à l'heure. Pour d'autres, ce sera le soir. Il y a d'autres encore avec qui je vais déjeuner demain. Et il y en a d'autres enfin pour lesquels j'ai demandé au protocole de prendre rendez-vous pour plus tard. Je veux dire que le chef de l'État ne peut pas refuser de recevoir un Ivoirien qui a des problèmes, et qui décide de le rencontrer. Quand je peux, je les reçois. Et je fais ce que je peux. On ne peut pas, dans cette situation de crise, ne pas répondre aux sollicitations des Ivoiriens. Mais, je suis désolé parce que beaucoup posent des problèmes auxquels je n'arrive pas à trouver des solutions. Je suis vraiment désolé. J'aurai aimé avoir la capacité d'apporter des solutions à tous. Mais cela signifierait que j'aurai aimé être dans la possibilité de faire cesser la guerre.

R.C.I. : Quelle analyse faites-vous de l'absence de certains partis politiques à cette cérémonie de présentation de vœux?

L.G. : Ce n'est pas important, parce que les prochaines années, je veillerai moi-même à ce que les partis politiques ne soient pas invités. Cette cérémonie est faite essentiellement pour les corps constitués. Les syndicats sont plus importants parce qu'avec eux, on peut déceler des problèmes de fonctionnement de l'économie ivoirienne. Par contre, pour les ministres qui ne sont pas venus, je vais demander au Premier ministre pourquoi ils acceptent d'être ministres et ils refusent de faire une partie de leur travail de ministre. Parce que venir présenter les vœux au chef de l'État fait partie du travail des ministres. Mais pour les états-majors des partis politiques, ce n'est pas important.

R.C.I. : Cette cérémonie a été marquée par des échanges entre vous et le doyen du corps diplomatique d'abord et ensuite avec le chef d'état-major des armées. Ce dernier a dit que les forces de défense et de sécurité ne sont pas à vendre. Et vous avez dit que la Côte d'Ivoire a besoin de considération. Avant de rappeler la primauté de la Constitution…

L.G.: Oui, je crois que les gens oublient souvent que la Côte d'Ivoire n'est pas un pays en faillite. La Côte d'Ivoire n'est pas un pays vaincu. Une fois qu'on sait cela, tout le reste est facile. Je ne suis pas à la tête d'un Etat vaincu. La Côte d'Ivoire n'est pas un pays en faillite ou les institutions se sont écroulées. Chaque institution fonctionne. Seulement, les décisions que nous prenons n'arrivent pas à couvrir l'ensemble du pays. Donc, nous avons appelé des gens non pas pour remplacer nos institutions, mais pour désarmer les rebelles qui empêchent que mes décisions couvrent l'ensemble du pays. Je crois qu'il y a eu une incompréhension sur ce sujet-là.
Certaines personnes croient qu'on les a appelés comme au Tchad dans les années 1980 où il n'y avait pas d'institutions. Comme c'était également le cas en Somalie, où il n'y avait rien. Mais chez nous, il n'y a pas rien, il y a tout. Tout existe et tout fonctionne. Il faut faire comprendre à nos interlocuteurs que tout fonctionne. Nous leur demandons seulement de nous aider à désarmer tous ceux qui n'ont pas le droit de porter les armes.
Et c'est beaucoup. De grâce, qu'ils s'en tiennent à cela. Et que nous travaillions en bonne intelligence.

R.C.I. : Quelle analyse faites-vous de la polémique autour du fonctionnement de l'Assemblée nationale?

L.G. : Je ne fais aucune analyse. Les institutions de la Côte d'Ivoire existent. Et chacune d'elles a sa fonction. Quand le problème de l'Assemblée nationale s'est posé, j'ai écrit au Conseil constitutionnel pour demander son avis. Il a donné son avis que j'ai transmis à l’Assemblée nationale elle-même.
En même temps, les groupes parlementaires ont donné leurs avis qui continuent d'être relayés par les journaux. Donc, après la venue du Président Obasanjo et les discussions que nous avons eues sur le sujet, il était question que j'en parle avec le Premier ministre. Nous en avons donc parlé. Nous avons mandaté nos conseillers juridiques qui en ont encore discuté. Ils ont arrêté quelque chose. Et ils préparent un rapport.
Je n'ai pas lutté pour le multipartisme et la démocratie pour, une fois arrivé au pouvoir, venir supprimer les contre pouvoirs. Si je devais gouverner ce pays sans syndicats, sans associations, sans parlement, alors je quitterai immédiatement le pouvoir…
Ma vocation est de gouverner avec des contre-pouvoirs. Donc, quand les gens veulent supprimer une institution comme l'Assemblée nationale, je ne suis pas personnellement d'accord. Tout cela fait partie de ma vie. Quiconque me connaît doit le savoir. Je cherche même à faire des réformes pour renforcer le pouvoir parlementaire. Le Président Bédié avait eu l'intention de créer le Sénat. J'étais opposé à son projet parce qu'il prévoyait qu'une partie des sénateurs soient nommée par le président de la République. J'étais donc opposé à cette idée-là. Mais l'idée même d'un sénat pour représenter les régions et les départements, j'y suis favorable. Je crois qu'il faudra peut-être prendre cette décision-là pour renforcer le pouvoir parlementaire.
D'autre part, j'ai lutté dans l'opposition et au moment où la Constitution s'écrivait, nous avons lutté avec nos amis pour que l'autorité judiciaire devienne le pouvoir judiciaire. Vous pouvez vérifier auprès des magistrats, je ne suis jamais intervenu dans leurs décisions.
Bien entendu, les procureurs, eux, sont à la disposition de l'exécutif. Donc, j'appelle les procureurs pour parler avec eux. Mais les juges assis n'ont jamais reçu aucun ordre. C'est tout cela que j'appelle le contre-pouvoir. Et le supprimer ne serait pas bon.

R.C.I : Aujourd'hui, vous formez, dit-on, un tandem avec le Premier ministre. Alors, est-ce que vous pédalez au même rythme?

L.G. : Nous pédalons au même rythme. Depuis qu'il a été nommé, il n'y a pas encore eu de couac entre lui et moi. Il y a eu des couacs entre l'État et d'autres entités. Mais il n'y a rien entre le Premier ministre et moi. Je lui fais confiance pour le travail qui est le sien. Et moi je fais le travail qui est le mien. Il n'y a vraiment pas de raison pour que nous nous piétinions. Les tâches sont tellement limpides. J'ai déjà travaillé de la même façon avec Affi N'Guessan à l'époque, j'ai travaillé comme cela avec Seydou Diarra. Et je travaille comme cela avec Charles Konan Banny. Je n'ai pas de problème.

R.C.I : Cette année est présentée comme l'année de la réunification et de la paix définitive. Y croyez-vous vraiment?

L.G. : Ecoutez, j'ai un ami qui m'a dit : “Nous avons le temps mais nous n'avons pas de temps à perdre”. Cette phrase-là correspond bien à la situation. Si chacun fait son travail dès maintenant, si les Ivoiriens sont sincèrement décidés à aller aux élections dans les conditions claires, sans fraude, alors nous avons le temps. Mais nous n'avons pas de temps à perdre.

Propos retranscrits
par Faustin Yao K.


COTE D'IVOIRE / DECLARATION DE LA MOUVANCE PARLEMENTAIRE SUR LE MAINTIEN DU PARLEMENT APRES EXPIRATION DE SON MANDAT

Vendredi 27 Janvier 2006

Le Groupe de Travail International lors de sa troisième réunion du dimanche 15 janvier 2006, tout en prenant note de la fin du mandat des Députés, a préconisé une concertation entre le Premier Ministre et le Chef de l’Etat en vue de faire jouer aux Parlementaires Ivoiriens, le rôle de facilitateurs du processus de paix et de réconciliation nationale.
Prenant prétexte de ce communiqué du GTI, des manifestants instrumentalisés par des partis politiques opposés à l’organisations des élections générales, ont installé la chienlit quatre jours durant, bloquant l’ensemble des activités économiques et sociales et affectant gravement le processus de paix dans sa globalité. Malgré toutes les assurances données par le Gouvernement dès le déclenchement de la crise et communiquées par le Premier Ministre en personne au cours des négociations qu’il a engagées, les troubles se sont poursuivis à Abidjan et dans certaines villes de l’intérieur du pays. Il aura fallu finalement l’arrivée, quatre jours après le début de la crise, du Président en exercice de l’Union Africaine, le Président Olusegun Obasanjo de la République Fédérale du Nigeria pour arrêter la furie des émeutiers.

La Mouvance Parlementaire voudrait rappeler à nos compatriotes que l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, à travers le groupe parlementaire Fpi et alliés, a constitué l’élément moteur dans le dispositif de blocage du processus de paix, donnant ainsi à notre prestigieuse institution une image des plus négatives. Chacun se souvient, en effet, que le Président Gbagbo a été amené par la médiation sud-africaine à légiférer par ordonnance à partir du 15 juillet 2005, à savoir trois années après l’éclatement de la crise. La Mouvance Parlementaire estime d’une part que la question du Parlement de Côte d’Ivoire est résolue sur la base de l’accord politique indiquée par le GTI, et d’autre part que pour cette période de transition, le rôle principal à jouer par les Parlementaires ivoiriens est celui de servir de facilitateurs du processus de paix et de réconciliation nationale.

A cet égard, les parlementaires attendent du Premier Ministre de transition, en concertation avec le chef de l’Etat, toutes missions qu’il lui plaira de leur confier.

Au nom de la paix à laquelle aspire profondément le peuple de Cote d’Ivoire qu’ils représentent, les députés de la mouvance parlementaire expriment leur soutien au Premier ministre et au gouvernement de transition. Ils les invitent à engager promptement les réformes nécessaires en vue de la normalisation de la vie socio-économique et politique.

La Mouvance Parlementaire dénonce avec la dernière énergie cette autre insurrection populaire, qui, prenant prétexte d’une dissolution imaginaire de l’Assemblée Nationale, veut en réalité empêcher la Côte d’Ivoire d’aller à des élections libres, transparentes et ouvertes.

Reconnaissant que la loi reste notre boussole, la Mouvance Parlementaire s’étonne de la violation récurrente par le camp présidentiel de l’interdiction de manifester dans les rues.

La Mouvance Parlementaire invite les forces de défense et de sécurité à demeurer républicaines, à adopter des attitudes et des comportements dignes et conformes à leur vocation de soldats au service de la Côte d’Ivoire et de la nation ivoirienne.

La Mouvance Parlementaire déplore la violation récurrente des droits humains par l’utilisation abusive et criminelle de nos enfants y compris des élèves comme chair à canon pour des causes partisanes.

La Mouvance Parlementaire rappelle à tous que, durant ces journées d’horreur, l’économie de tout le pays s’est arrêtée, compromettant une fois de plus, les activités et les revenus de millions de pères et mères responsables de familles et la vie des milliers d’innocents, dans l’indifférence totale de ceux qui ne sont préoccupés que par la conservation du pouvoir.

La Mouvance Parlementaire en appelle à l’esprit civique, à la lucidité, à la clairvoyance et au sens de la responsabilité de la jeunesse de Côte d’Ivoire ; elle lui demande de refuser de se laisser manipuler contre la nation et contre son propre avenir ; elle l’engage à quitter désormais les rues pour se tourner résolument vers des œuvres utiles de formation qui feront d’elle le fer de lance de la production et de la construction de la Côte d’Ivoire de demain. Dans cette crise, le FPI et ses patriotes s’en sont encore pris à la RTI et en ont fait, comme à leur habitude, un outil d’appel au désordre, au meurtre et au suicide de jeunes gens manipulés, et un instrument de diffusion de la haine et de la violence, à l’instar de “ radio mille collines ”, instigatrice du génocide rwandais.
La Mouvance Parlementaire refuse pareille situation qui discrédite cet outil de construction de la cohésion, de la solidarité et de l’unité nationales. Aussi condamne-t-elle l’agression barbare dont Mme la ministre déléguée à la communication a été victime par un de ses collaborateurs en la personne de Zahui Gbedou Benjamin.
La Mouvance Parlementaire en appelle à la diligence de la Communauté Internationale qu’elle remercie d’avance des dispositions adéquates qu’il lui plaira de prendre pour appuyer cet élan de redressement national qui sera inévitablement confronté à la programmation d’autres blocages.
La Mouvance Parlementaire invite le peuple de Côte d’Ivoire à une vigilance accrue, à la sérénité et à la cohésion pour ramener la tolérance, la croissance et le progrès ainsi que la joie de vivre dans notre pays pour remettre ensemble notre économie sur les rails, en vue de faire barrage au désordre cultivé par les ennemis de la paix.

QUE DIEU BENISSE LA COTE D’IVOIRE !
Pour la Mouvance Parlementaire,
Le Président
N.B. : Les titres sont de la Rédaction


COTE D'IVOIRE / RETOUR A ABIDJAN DE M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA LEADER DU RDR

Mercredi 25 Janvier 2006

Après un bref séjour à Abidjan au mois de décembre dernier à l'occasion des funérailles de sa mère, le président du Rassemblement des républicains (RDR) a regagné définitivement la Côte d'Ivoire, hier, en début de soirée.
Accompagné de son épouse Dominique Ouattara et accueilli par une importante délégation des responsables de son parti et du RHDP, Alassane Ouattara a déclaré que c'est avec un cœur rempli d'amour et une volonté de contribuer au rétablissement de la paix qu'il retrouve son pays.

Retrouvailles joyeuses et chaleureuses, chaudes poignées de main, sourires, longues étreintes fraternelles, les militants du RDR et du RHDP ont réservé un accueil très cordial et familial au président du RDR Alassane Ouattara qui, en dépit des turbulences politico-sociales actuelles, a tenu à regagner son pays pour prendre sa place dans le processus de paix enclenché par la nomination d'un nouveau Premier ministre en Côte d'Ivoire.

Ont pris part à cet accueil familial au salon d'honneur de l'aéroport Félix Houphouët-Boigny de Port-Bouet, les principaux responsables du RDR avec à leur tête Mme Henriette Diabaté, les ministres RDR siégeant dans le gouvernement de Charles Konan Banny, les femmes du RDR conduites par Kandia Camara et bien entendu les jeunes du président Karamoko Yayoro.
Au titre du RHDP on notait la présence du Pr. Alphonse Djédjé Mady (PDCI), d'Alassane Salif N'diaye (UDPCI) et de Poity Chantal (MFA). Après avoir salué et remercié ce service d'accueil très select (les responsables du RDR ayant opté pour un accueil soft), le président Ouattara, contrairement à son dernier voyage à Abidjan n'a pas sevré la presse de déclaration. Bien au contraire, il a parlé et présenté sous quel registre il place ce retour. M. Ouattara a déclaré en effet ceci :

"Les jeunes craignent pour leur avenir et nous les leaders politiques devront les rassurer. Je voudrais donc lancer un appel à l'union, un appel à l'apaisement et dire que c'est avec beaucoup d'amour que je reviens sur le sol de mon pays pour participer au processus politique.
Pour participer à la réconciliation et pour dire aux uns et aux autres que le plus important doit être la préparation des élections et que bien entendu ceci passe par la réunification du pays, le désarmement des forces en présence et pour la liberté des Ivoiriens. Afin que nous puissions ensemble retrouver une démocratie dans la paix, que nous essayions de nous renforcer dans notre confiance et faire en sorte que nous sortions de cette crise" a indiqué le président Alassane Ouattara avant de conclure sa brève intervention par une adresse spéciale aux jeunes.
"Je voudrais dire aux jeunes que le plus difficile est devant nous. Car la situation économique du pays est difficile, je dirais même catastrophique en tant qu'économiste.
Je voudrais leur dire que c'est ce chantier qui doit être notre priorité et que la paix nous aidera à préparer les fondements.
Nous avons un Premier ministre qui en a les capacités et qui doit essayer de faire les premiers gestes pour nous permettre de préparer dans les semaines qui viennent une Côte d'Ivoire apaisée, une Côte d'Ivoire démocratique où les Ivoiriens choisiront librement leurs représentants et leurs leaders" a souhaité le président Ouattara avant de prendre place à bord du véhicule 4x4 blindé mis à sa disposition par l'ONUCI.

A 19h 45, il a donc pris la direction de sa nouvelle résidence sise aux environs de l'hôtel du Golf à la Riviéra.

Akwaba Saint-Clair
"Le Nouveau Réveil"


COTE D'IVOIRE / DECLARATION D U PDCI-RDA SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE

Mercredi 25 Janvier 2006

La Direction du PDCI-RDA s'est réunie le samedi 21 et le lundi 23 janvier 2006 au siège du Parti à Cocody.
Les travaux ont porté sur la situation politique nationale marquée par des scènes de violence à Abidjan et dans certaines villes de l'intérieur du pays, à la suite du communiqué final qui a sanctionné la troisième réunion ministérie11e du Groupe de Travail International (GTI) le 15 janvier 2006.

Conformément à la Résolution 1633/2005 du Conseil de Sécurité de l'ONU, le GTI a noté l'expiration du mandat des Députés de la première législature de la deuxième République, à l'échéance du 16 décembre 2005.
Tout en excluant l'hypothèse d'une prorogation dudit mandat, le GTI a recommandé que le Premier Ministre, en concertation avec le Chef de l'Etat, puisse confier aux Députés des missions spécifiques en vue de la promotion de la paix et de la réconciliation nationale.
Le Groupe de Travail International n'a donc pas dissout l'Assemblée nationale en tant qu'Institution. Son communiqué ne concerne que le mandat de la législature qui vient de prendre fin.
Cependant, prenant prétexte de ce communiqué et répondant à l'appel du FPI
qui a volontairement créé la confusion, des hordes de jeunes dits "patriotes" et des éléments de la FESCI, ont envahi les rues d'Abidjan et celles de certaines villes de l'intérieur du pays, dressé des barricades et paralysé l'ensemble des activités économiques et sociales les 16, 17, 18 et 19 janvier 2006.
Ces manifestations ont eu pour cibles les Forces de l'ONUCI, la Force Licorne, le 43ème BIMA, l'Ambassade de France, des biens publics et privés.
Une fois encore, la RTI a été prise en otage pour servir d'instrument de diffusion de la haine et d'appel à l'insurrection.
Ces actions planifiées par le régime FPI et méthodiquement exécutées par des militants manipulés et instrumentalisés, ont aggravé le climat d'insécurité, affecté lourdement le processus de paix en cours et entraîné mort d'hommes.

Le PDCI-RDA condamne avec force toutes ces formes de violence ainsi que la
prise en otage du pays par les milices organisées et encadrées par des éléments des Forces de Défense et de Sécurité à la solde du FPI qui manœuvre pour' confisquer le pouvoir d'Etat par la terreur.

Le PDCI-RDA dénonce cette énième violation, en toute impunité, par les partisans du Président Gbagbo, du décret interdisant les manifestations sur la voie publique, ainsi que celle du paragraphe 18 de la Résolution 1633/2005.

Le PDCI-RDA s'incline avec respect devant la mémoire des morts et souhaite prompt rétablissement aux blessés.

Le PDCI-RDA déplore les souffrances et désagréments infligés aux populations
et leur exprime sa compassion.

Le PDCI-RDA déplore également les lourdes pertes subies par l'économie
ivoirienne ainsi que les graves préjudices causés aux opérateurs économiques
auxquels il exprime sa sympathie et son soutien.

Le PDCI-RDA, conscient des difficultés de la mission du Premier Ministre et du Gouvernement de Transition, les assure de son soutien et les exhorte à persévérer dans leur détermination à conduire à son terme le processus de sortie de crise par des élections justes et transparentes.

Le PDCI-RDA exprime sa gratitude à la Communauté Internationale pour les
efforts qu'elle ne cesse de déployer en vue du retour d'une paix durable en Côte d'Ivoire.

Le PDCI-RDA exprime sa reconnaissance au Président Olusegun Obasanjo, Président de l'Union Africaine pour sa constante sollicitude, pour son implication personnelle et diligente dans la résolution de la crise ivoirienne et pour les clarifications apportées au Communiqué du GTI.

Le PDCI-RDA prend acte de la Déclaration Présidentielle du. Conseil de Sécurité en date du 20 janvier 2006.

Le PDCI-RDA salue la volonté du Conseil de Sécurité de prendre dans les meilleurs délais, les sanctions appropriées à l'encontre àe tous ceux qui font obstacle au processus de paix.

Le PDCI-RDA invite les Forces de Défense et de Sécurité à se conformer à leur mission républicaine de défense des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire national sans aucune discrimination

Le PDCI-RDA en appelle à la vigilance de ses militants et du peuple de Côte d'Ivoire, face aux manœuvres d'obstruction, de manipulation, de désinformation orchestrées par le FPI et ses affidés pour se maintenir au pouvoir sans élection.

Le PDCI-RDA réaffirme son engagement à œuvrer pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire par des élections crédibles qui restaurent un véritable Etat de droit.


SOMMET DE L'UNION AFRICAINE / LE PRESIDENT SASSOU N'GUESSO DE LA REPUBLIQUE DU CONGO DESINE NOUVEAU PRESIDENT DE L'INSTITUTION PANAFRICAINE

Mercredi 25 Janvier 2006

KHARTOUM - Le président congolais Denis Sassou Nguesso a été désigné mardi par consensus pour un an président de l'Union Africaine (UA) au sommet de Khartoum, a annoncé le porte-parole de la présidence congolaise, Firmin Ayebba.
Le Soudan exercera cette responsabilité en 2007 a par ailleurs affirmé à la presse le porte-parole du ministère soudanais des affaires étrangères, Gamal Ibrahim.

Le président congolais Denis Sassou Nguesso, 62 ans, est un militaire rompu à la politique et à la diplomatie, qui a déjà dirigé entre 1986 et 1987 la défunte Organisation de l'unité africaine (OUA). Aux commandes de son pays de 1979 à 1992 et depuis la victoire de ses troupes dans la guerre civile en octobre 1997, le général Sassou Nguesso y a acquis une solide expérience du pouvoir, une habileté politique reconnue ainsi qu'un goût prononcé pour les questions panafricaines.

Grand, la mâchoire carrée, souvent décrit comme autoritaire, mélangeant volontiers humour et sarcasme, ce père d'une famille nombreuse porte la moustache et préfère les élégants costumes-cravates et les bijoux en or au treillis qu'il a remisé depuis longtemps.

Né en 1943 dans le département de la Cuvette (nord) d'une famille paysanne, Denis Sassou Nguesso s'est engagé en 1961 dans l'armée congolaise. Dès lors, l'histoire personnelle du jeune officier parachutiste va souvent croiser celle, troublée et violente, de son pays. De 1963 jusqu'à son arrivée au sommet de l'Etat en 1979, il est impliqué dans divers renversements de chefs d'Etat.

Pragmatique bien que cofondateur en 1969 d'un Parti congolais du travail (PCT) marxiste-léniniste, Denis Sassou Nguesso réussit, sitôt président, à mettre à exécution un plan de développement régional qui dote le Congo de près de 1.000 km de routes et de ponts.

Sur le plan africain, il entretient alors des relations privilégiées avec les dirigeants de différents mouvements de libération nationale et avec le pouvoir marxiste angolais, tout en conservant des liens étroits avec la France dont il reste un relais important en Afrique.

Porté à la tête de l'OUA en 1986, Sassou Nguesso sort le Congo de l'isolement diplomatique dans lequel l'avait plongé son orientation marxiste. Il en profite également pour contribuer à la création d'ensembles économiques sous-régionaux en Afrique et parcourt les capitales occidentales pour plaider le traitement de la dette de l'Afrique.

En 1988 à Brazzaville, il parvient à réunir pour la première fois face à face à Brazzaville des représentants de l'Angola et du régime d'apartheid sud-africain, qui soutient alors activement les rebelles angolais de l'Unita (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola), pour discuter de la paix en Afrique australe.

Il tisse également un réseau de relations avec ses pairs d'Afrique francophone. Il entretient notamment des liens privilégiés avec le Gabonais Omar Bongo Ondimba, doyen en exercice des chefs d'Etats africains, dont il est devenu le beau-père depuis le mariage de ce dernier avec sa fille Edith Lucie en 1990.

Lors des premières élections pluralistes organisées en 1992, il perd toutefois le pouvoir au profit de Pascal Lissouba. Sur fond de contestation des différents scrutins qui suivent la présidentielle, le Congo va s'enfoncer dans un cycle de violences.

En 1997, à l'issue de cinq mois de guerre civile qui ont permis, avec le soutien décisif de l'armée angolaise, à ses miliciens de vaincre ceux de M. Lissouba, le général Sassou Nguesso reprend les rênes du pouvoir. Un nouveau conflit, marqué par des exactions contre les populations, éclate fin 1998, que remportent une nouvelle fois les forces du général Sassou Nguesso, toujours avec l'appui de l'Angola.

En 2002, il légitime son pouvoir acquis militairement en remportant une présidentielle boycottée par les principaux dirigeants de l'opposition et entreprend de redorer le blason du Congo par une intense activité diplomatique. Il préside notamment depuis 2004 la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC). Le Congo est également depuis janvier et pour deux ans membre non permanent du Conseil de sécurité de l'Onu.


CAN - EGYPTE 2006 / SENEGAL 02 - ZIMBABWE 00

Mardi 24 Janvier 2006

Les Lions du Sénégal ont remporté leur première victoire face aux Warriors du Zimbabwé .

TOUTES NOS FELICITATIONS AUX LIONS ET BONNE CHANCE !!!!!!


CAN - EGYPTE 2006 / COTE D'IVOIRE 02 - LYBIE 01

Mardi 24 Janvier 2006

La Côte d'Ivoire a remporté son 2ème match face à la Lybie .
Souhaitons bonne chance à nos Eléphants pour les prochaines compétitions .

TOUTES NOS FELICITATIONS A L'EQUIPE QUI NOUS A FAIT HONNEUR !!!!!!!


COTE D'IVOIRE / PRESENTATION DE VOEUX DE NOUVEL AN 2006 A S.E.LAURENT GBAGBO PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE / ALLOCUTIONS

Mardi 24 Janvier 2006

DISCOURS DU DOYEN DU CORPS DIPLOMATIQUE,
DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO,
GENERAL MANGOU PHILIPPE ET
DU CARDINAL AGRE

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LE DOYEN DU CORPS DIPLOMATIQUE
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Monsieur le Président de la République,
Une fois de plus, l'honneur m'échoit de vous adresser, au nom des Collègues Ambassadeurs et autres Chefs de Mission accrédités en Côte d'Ivoire, tout comme en mon nom personnel, quelques mots tout simples, mais bien sincères, à l'occasion de l'échange traditionnel des vœux, au seuil de l'année nouvelle.

Cet échange de voeux témoigne du désir de bonheur qui habite le cœur humain, car la félicité ne doit pas être envisagée comme un repli sur soi au détriment des autres; c'est ensemble qu'on peut être pleinement humains, heureux, dans un climat de liberté et de respect mutuel. En définitive, le vrai bonheur n'est-il pas d'aimer et d'être aimé?

Les vœux que nous formulons s'adressent à vous, Mr. le Président, à vos proches, mais de proche en proche, nous les formulons à tous, car tous sont importants pour nous. Tous: ivoiriens et non ivoiriens, quel que soit le Pays d'où proviennent ces derniers.

Devant vous, Monsieur le Président, voici le Corps Diplomatique accrédité en Côte d'Ivoire, qui vous remercie pour votre disponibilité et pour la gentillesse que vous manifestez toujours à notre égard.

Nul n'ignore combien elle est délicate la tâche qui incombe aux Chefs des Missions Diplomatiques ainsi que des Organisations Internationales, partout dans le monde et donc ici en Côte d'Ivoire également. Cependant une chose est certaine: la charge que nous exerçons au nom de nos Gouvernements est toujours et prioritairement une mission au service de la paix et du développement de la Nation où nous sommes accrédités. Elle est également au service du renforcement des relations bilatérales qui lient nos Pays et le Pays où nous sommes envoyés.

Comme Votre Excellence le sait bien, en notre qualité de Diplomates, nous désirons contribuer, de toutes nos forces, à la cause de la paix et du développement en servant concrètement les valeurs et les principes qui mènent à cette paix et au développement qui sont à la base du bien commun de la Nation, de la Sous-Région, et donc de la Communauté Internationale toute entière.

Monsieur le Président, chacun de nous, à l'instar de nos gouvernements, a suivi attentivement - souvent « en retenant son souffle », mais toujours avec l'espérance « qui doit être la dernière à mourir» - chacun de nous a suivi, dis-je, les divers événements qui ont marqué la vie de la Côte d'Ivoire au cours de l'année 2005, dont notamment la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, la nomination du nouveau Premier Ministre et la formation de son Gouvernement, sans oublier les efforts déployés sans cesse par les Médiateurs Africains.

Concernant les événements de ces derniers jours, nous voulons exprimer notre douleur et notre compassion aux familles de ceux qui ont perdu la vie, en même temps que nos souhaits de prompt rétablissement à tous les blessés. Nous ne pouvons que regretter ce qui s'est passé, parce que nous sommes convaincus que toute vie est sacrée.

Monsieur le Président, nous avons suivi vos discours à la Nation, tout autant que les déclarations et les propositions des divers acteurs politiques aussi bien de votre mouvance que de celle de l'opposition. Dans toutes ces interventions nous avons perçu - naturellement avec les accents particuliers de chacun des protagonistes - le désir, voire la volonté, de parvenir au plus vite à la paix si vivement recherchée, de refaire l'unité du Pays, d'effectuer le désarmement, de réaliser des élections transparentes, dans un climat serein et apaisé. La nomination du nouveau Premier Ministre et des Membres du Gouvernement confirme notre profonde espérance - qui rejoint celle de tout ivoirien - de revoir, au cours de l'année 2006, une Côte d'Ivoire unie et solidaire, pacifique et prospère.

Qui, en définitive, ne veut pas la paix? Personne. Qui veut la paix? Tous. En Côte d'Ivoire également. Aucun sujet de la vie nationale, tout comme de la vie internationale, n'est aussi essentiel, dans notre contexte historique, que celui de la paix et de l'urgente nécessité d'éliminer les tensions. C'est la valeur primordiale qui répond aux désirs toujours plus profonds et aux aspirations de tous les habitants de notre cher Pays : c'est votre désir et Votre aspiration, Monsieur le Président de la République; c'est également le vœu de Monsieur le Premier Ministre, des Ministres, des Institutions de la République, des Partis Politiques, des Forces Armées, des Forces Nouvelles, des leaders des Communautés Religieuses, des jeunes et des adultes, de tous les hommes et femmes de bonne volonté. C'était et c'est encore l'ardent désir de la Communauté Internationale. À cet égard, nous voudrions saisir cette occasion pour rendre un hommage mérité à tous ceux qui ont aidé et aident encore à retrouver définitivement la paix en Côte d'Ivoire.

La paix! Combien de fois avons-nous entendu et répété que la paix est le bien le plus précieux des hommes, des peuples et des Etats? L'expérience enseigne, et nous en sommes témoins, que sans la paix il n'est pas possible de réaliser le développement intégral des individus, des familles, de la société et même de l'économie. Elle (la paix) est un devoir pour tous.

Vouloir la paix n'est assurément pas un signe de faiblesse mais plutôt une marque de force. S'il est vrai que le droit à l'existence - et à une existence digne - doit être garantie en premier lieu à toute personne par la Société, il est indéniable également que ce droit ne peut être séparé d'une autre exigence, tout aussi fondamentale, qui pourrait être appelée le droit à la paix et à la sécurité.

La paix! Elle est aujourd'hui encore menacée dans de nombreuses régions de notre planète. Mais elle est surtout menacée là où l'homme est opprimé par la pauvreté ou soumis aux contraintes sociopolitiques ou idéologiques ; là où les droits fondamentaux sont ignorés ou foulés aux pieds ; là où le bien-être intégral de la personne humaine n'est pas reconnu, promu, sauvegardé ; là où les êtres humains ne sont pas respectés dans leur valeur unique ; là où la personne est subordonnée aux intérêts égoïstes et à l'ambition du pouvoir sous toutes ses formes ; là où les pauvres et les faibles sont exploités par les forts, les simples par des personnes habiles et sans scrupules.

"Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux" (Mt 7,12) :

Cette maxime exprime la nécessité fondamentale de la coexistence dans la différence, qui s'applique aussi bien aux rapports existant entre les fils d'un même Pays qu'aux relations entre les Pays eux-mêmes.

Lorsqu'elle provient du cœur de l'homme, la paix n'a pas besoin d'armes : ni légères ni lourdes; ni de chars ni de matériel de combat. Elle ne connaît pas de "si" ni de "mais ". La paix est la paix tout court: ainsi donc la réconciliation est une condition indispensable à la paix. Voilà pourquoi la paix ne peut s'accommoder de la division; elle est plutôt basée sur l'unité de toute la nation, de ses citoyens et de tous ses habitants sans distinction du lieu de provenance, dans le respect constant des différences liées aux traditions, aux cultures, à la religion et à la situation sociale.

Dès lors, la division d'une nation ne peut être perçue que comme une menace à la survie de la nation elle-même et de ses habitants. La paix est synonyme de justice, d'une justice sociale égale pour tous.

Les douloureuses expériences de violence que, pendant plus de trois longues années, les populations de Côte d'Ivoire ont dû subir, mettent en évidence la nécessité d'un effort ultime à faire, d'un dernier sacrifice à consentir en vue de reconstruire finalement une paix durable et vraie sous le signe de l'unité nationale et de la justice.

Nous sommes fermement convaincus, Monsieur le Président, qu'un état de droit, fondement indispensable de toute démocratie, ne peut s'imposer de l'extérieur ni s'improviser.

Au contraire, il exige, pour sa construction et son maintien, la persévérance, l'éducation, la constance, la confiance. Il exige aussi des sacrifices. Il requiert une croissance permanente ainsi que la conscience civique et sociale, tout comme une participation active de toutes les composantes du Pays à la construction du bien commun.

En particulier, il exige que toutes les structures de l'Etat soient mises au service de tous les citoyens; il requiert que se développe toujours davantage un dialogue dynamique entre toutes les composantes politiques et sociales dans la recherche du précieux bien commun, dans le respect de tous et de chacun.

Monsieur le Président, nous voulons croire - bien mieux nous sommes convaincus - que la Côte d'Ivoire a pris résolument la bonne voie et est entrain de reconquérir pleinement la paix et la stabilité, tout autant que le prestige international qui l'a toujours caractérisé. Nous ne pouvons que nous en réjouir et nous en féliciter avec vous, avec tous, sans aucune distinction. Car personne n'a le droit de prolonger davantage l'attente des Ivoiriennes et des Ivoiriens, et de tous les habitants du Pays, qui rêvent, de toutes leurs forces de réconciliation et de fraternité, d'unité et de prospérité.

Dans cette marche résolue vers des lendemains plus rayonnants rendus possibles par des élections libres, justes et transparentes, la Côte d'Ivoire peut compter sur le soutien, la franche amitié et la solidarité active de la Communauté Internationale.

Puisse cette année nouvelle, qui s'ouvre devant nous, être celle que l'histoire retiendra comme l'année de la réunification et de la paix définitive en Côte d'Ivoire. Une année au cours de laquelle nous souhaitons que la générosité l'emporte sur l'égoïsme, la solidarité sur les intérêts personnels, la disponibilité sur les replis frileux.

Montrons-nous, tous, pleinement humains et le bonheur adviendra. Les anciens Grecs disaient: «All'hotan speude tis autos, ko theos synaptetai» ("Quand quelqu'un travaille sérieusement, Dieu travaille avec lui"). Courage Côte d'Ivoire: porte à son terme ton œuvre de réconciliation, d'unité nationale et de paix pour le bien de tous !

Heureuse Année, Paix et Prospérité à Vous, Monsieur le Président, et à tous les habitants de ce beau et noble Pays! Que le Tout-Puissant nous garde et nous bénisse.

Nous vous remercions.

Mario Roberto Cassari
Nonce Apostolique Doyen du Corps Diplomatique
Abidjan, le 23 janvier 2006


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DISCOURS DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

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Excellence, Monseigneur Mario Roberto Cassari, Doyen du Corps Diplomatique,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de Missions diplomatiques, Représentants des organisations Internationales,

Mesdames, Messieurs

C'est toujours un honneur et une joie renouvelée pour moi d'accueillir, en ce Palais de la Présidence de la République, le Corps Diplomatique accrédité en Côte d'Ivoire, à l'occasion de la cérémonie traditionnelle d'échange de vœux. Merci, Excellences, pour le message plein de sagesse, d'amitié et de considération que vous venez d'adresser au peuple ivoirien, à ses dirigeants et à tous les habitants de ce pays.

Merci pour les vœux de bonheur et de paix que vous avez si chaleureusement exprimés à l'endroit de la Côte d'Ivoire. Votre message et vos vœux nous vont d'autant plus droit au cœur que notre pays, vous le savez aussi bien que nous, traverse une période difficile de son histoire, depuis plus de trois ans.

Dans cette épreuve, vous l'avez dit, et je m'en réjouis, les amis de la Côte d'Ivoire ne nous ont pas abandonnés. Je le sais, chacun de vous, chacun des pays et organisations que vous représentez, déploie des trésors d'énergie pour ramener la Paix dans notre pays. C'est pourquoi nous sommes peinés quand parfois notre espérance commune est contrariée par des événements inattendus.

Ainsi, l'histoire aura voulu que les premiers jours de la nouvelle année soient marqués par les événements consécutifs à la dernière déclaration du Groupe de Travail International; des événements que personne - je le pense - n'avait souhaité; des événements que nous déplorons tous et qui interpellent autant les Ivoiriens que les amis de la Côte d'ivoire à travers le monde.

Je salue ici la mémoire des personnes qui ont perdu la vie au cours de ces journées à Guiglo, à Duékoué, à San-Pedro, à Abidjan. Leur mort nous touche d'autant plus qu'elles sont tombées là où personne ne pouvait s'y attendre. Je souhaite un prompt rétablissement aux blessés et j'exprime la compassion de la nation ivoirienne envers tous ceux qui ont subi des dommages, en particulier envers le personnel de l'Opération des Nations Unies en Côte d'ivoire et des Organisations humanitaires internationales.

Je commence mon propos par ces événements parce qu'ils montrent combien la Paix est une denrée fragile; combien grande est la responsabilité des acteurs de la Paix, en particulier quand ils sont en mission dans un pays en crise où parfois il suffit d'un mot, d'une phrase ou d'une attitude ambiguë pour compromettre les fruits d'un effort de longue haleine.

L'action pour la Paix n'est pas une aventure solitaire. Elle se mène pour des hommes et des femmes. Elle se mène avec des hommes et des femmes dont l'adhésion et la confiance sont indispensables au succès. C'est pourquoi elle demande la patience, la compréhension et le respect mutuel. La Paix se nourrit d'amour, l'amour de la compréhension, la compréhension du respect. T out être humain, même le plus petit d'entre nous, a un besoin naturel de considération. La Côte d'Ivoire a besoin de considération.

En parlant des événements ayant marqué le début de la nouvelle année, je voudrais rappeler l'attaque des camps militaires d'Akouedo qui, pour moi, n'est pas un simple incident mais bien une manœuvre pour détourner les Ivoiriens du chemin de la Paix. Elle s'inscrit, à mon sens, dans la même logique que les attaques meurtrières de Petit Duékoué et de Guitrouzon, d'Anyama et d'Agboville.

J'en suis venu à penser, en observant attentivement l'enchaînement des faits, qu'il y a des personnes en Côte d'Ivoire et hors de Côte d'Ivoire qui ont intérêt à ce que la crise perdure. Sinon comment comprendre que chaque fois que nous sommes au seuil de la Paix, un fait survient pour détourner notre attention!

Heureusement, Excellences, ces épisodes déplorables sont de courte durée car les Ivoiriens et tous les habitants de ce pays sont fatigués de la guerre. Nous voulons la Paix. Tout simplement.

Les sacrifices consentis depuis plus de trois ans, l'implication de tous les protagonistes dans la gestion de la crise, l'application scrupuleuse, par les autorités et les institutions ivoiriennes, des différents accords de Paix, témoignent de la volonté des Ivoiriens à faire la Paix sans calcul, sans exclusion, ensemble. C'est le sens de la campagne pour la Paix que j'ai initiée l'année dernière et qui se poursuivra tout au long de cette année.

Vous venez de rappeler la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, les efforts déployés par les Médiateurs Africains, la nomination d'un nouveau Premier ministre et la formation) de son Gouvernement. Ces changements, auxquels les amis de la Côte d'Ivoire ont fortement contribué, sont voulus et acceptés- par les Ivoiriens, parce qu'ils s'inscrivent parfaitement dans le cadre du fonctionnement normal des institutions de la République.

C'est donc un abus de langage quand j'entends parfois parler d'un Gouvernement de transition en Côte d'Ivoire. La transition suppose la rupture totale dans le fonctionnement de l'Etat. La Côte d'Ivoire est en crise mais ce pays n'est pas en faillite.

L'Etat ne s'est pas effondré. Malgré l'occupation d'une partie du territoire national, les lois et les décisions adoptées, par le Président de la République et le Parlement notamment, sont valables pour l'ensemble du pays. Le sens du combat des Ivoiriens c'est précisément que l'Etat continue d'exister et de fonctionner normalement, avec les élus qu'ils ont librement placés à la tête et au sein des institutions issues de la Constitution de juillet 2000.

Les élections n'ayant pu se tenir en 2005 aux dates fixées, du fait de la guerre, les amis de la Côte d'Ivoire ont préconisé des mesures conformes aux dispositions prévues en l'espèce pat la Constitution. Le nouveau Gouvernement de la République a pour mission de réussir le désarmement, la réunification du pays, la préparation et l'organisation des élections; ce qui est sa raison d'être.

Outre cette mission essentielle, il doit veiller au fonctionnement régulier des services de l'Etat, dans le respect des institutions; ce qui est la tâche de tout Gouvernement. Le Président de la République est le garant des institutions. Il veille à leur équilibre. Le Gouvernement et le Président de la République sont donc dans un jeu de rôles. C'est pourquoi le Premier ministre et moi-même nous ne nous piétinons pas et nous ne nous piétinerons pas.

Notre mission à tous, dans cette période, c'est de tout mettre en œuvre pour réunir les conditions nécessaires à l'expression libre et souveraine de la volonté du peuple ivoirien, à travers des élections justes et transparentes. Sur cette voie, le Premier ministre a tout mon soutien. J'observe qu'il a aussi le soutien de la Communauté internationale et je m'en réjouis. Comme il l'a dit lui-même, nous sommes en tandem. La pente peut être parfois rude. C'est, pourquoi nous devons conjuguer nos efforts, pédaler au même rythme, harmoniser nos gestes et nos propos.

C'est à cette condition que nous pourrons éviter à notre pays de sombrer davantage dans la division car, malheureusement, l'intelligence humaine a parfois tendance à dresser les catégories les unes en face des autres, à opérer des classifications faciles, quand elle manque l'effort nécessaire de compréhension. On a ainsi vite fait de voir des mouvances antagonistes là où la nation, en proie à une crise sans précédent, s'interroge sur son avenir et s'inquiète de l'avenir des institutions démocratiques dont elle s'est dotées au terme d'un long combat.

Nous nous sommes battus dans ce pays, contre le parti unique, pour obtenir le multipartisme puis la démocratie. C'est pourquoi les Ivoiriens se dressent chaque fois que les tentatives de coups d'Etat, armés ou non, la guerre, l'occupation, qui sont par essence la négation même de la démocratie, viennent remettre en cause les acquis de leur lutte.

Si donc il y a bien une ligne de démarcation dans ce pays, elle n'oppose pas d'un côté les «partisans de Gbagbo », comme certains se plaisent à le dire, à des partisans d'une cause que l'on se garde bien de nommer!

La contradiction fondamentale, que la crise actuelle permet chaque jour d'observer, oppose d'un côté les partisans de la voie démocratique et, de l'autre, les partisans de la voie des armes pour conquérir et exercer le pouvoir. La démocratie doit l'emporter.

J'ai toujours refusé la dictature, c'est à dire le pouvoir par les armes mais aussi le pouvoir sans contre pouvoir. C'est une erreur de penser qu'en supprÎ111ant les contre pouvoir, on se donne plus de moyens de régler les crises. L'histoire est jalonnée d'exemples démontrant que chaque fois que l'on a procédé ainsi, les crises se sont plutôt exacerbées.

Pour ma part, malgré les alliances de cœur ou de raison que j'observe ici et là, j'ai du mal à ranger tous mes adversaires politiques dans une même mouvance que ceux qui ont pris les armes contre la République. Une chose est en effet de s'opposer à la politique menée à la tête d'un pays, de se donner les moyens démocratiques nécessaires aux changements que l'on souhaite, et une autre de prendre les armes contre son propre pays pour y opérer des changements par la force. Les Ivoiriens condamnent, dans leur grande majorité, la voie des armes.

Mais qu'importe aujourd'hui ces nuances? N'avons-nous pas, au nom de la Paix, et pour obtenir le désarmement, accepter tout le monde dans un même gouvernement? Alors, y a - t - il encore, à proprement parler, une opposition en Côte d'Ivoire? Par définition, un parti ou un mouvement ci' opposition est un parti ou un mouvement non représenté au Gouvernement. L'opposition civile et armée, représentée ou non au Parlement, est aujourd'hui au Gouvernement. Travaillons à guérir les plaies en nous gardant de transforIi1er les cicatrices en stigmates. Il faut éviter de ruser avec l'intelligence des peuples.

Monseigneur,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Vous l'avez dit, c'est ensemble qu'on peut être heureux. C'est également ensemble qu'on peut construire la Paix. Une Paix conquise ou imposée pour les uns, dans le mépris des autres, divise la nation contre elle-même. Les Ivoiriens veulent la Paix pour eux-mêmes. Ils la veulent pour tous les habitants de ce pays, pour les étrangers qu'ils ont accueillis et continuent d'accueillir et qui vivent depuis des années en harmonie avec eux. Ils veulent la Paix pour tous les pays voisins de la Côte d'Ivoire, pour l'Afrique de l'Ouest et pour tout le continent.

Je salue, à cet égard, les bonnes dispositions du Corps diplomatique accrédité en Côte d'Ivoire. Nous avons besoin de vous, de votre aide pour construire la Paix. Je forme pour chacun de vous, pour les Chefs d'Etats et responsables d'institutions que vous représentez si dignement en terre ivoirienne, les vœux sincères de bonheur personnel et de prospérité.

Que cette année 2006 voit se raffermir davantage les liens d'amitié, de coopération et de respect mutuel qui unissent la Côte d'Ivoire et les Ivoiriens à vos différents Etats et Organisations.

Il me plaît en particulier de reprendre après vous, la formule par laquelle vous avez terminé votre message : «Quand quelqu'un travaille sérieusement, Dieu travaille avec lui. »

Puisse Dieu accorder à chacun de nous le courage nécessaire pour travailler sérieusement à la Paix, afin que 2006 soit l'année du désarmement, de la réunification, des élections et de la Paix définitive en Côte d'Ivoire.

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire!

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DISCOURS DU GENERAL MANGOU

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Excellence Monsieur le Président de la République,

En Janvier dernier, devant vous, dans cette même enceinte, les Forces de Défense et de Sécurité de Côte d'Ivoire, par ma modeste voix, émettaient le vœu que l'année 2005 soit pour la Côte d'Ivoire celle de la Réunification, de la Paix et de la Communion retrouvée entre toutes ses filles et ses fils.

Une année après, notre Pays reste malheureusement toujours coupé en deux, son Economie toujours déliquescente, ses enfants toujours aussi profondément divisés que misérables.

Pour tout dire, Excellence Monsieur le Président de la République, l'année 2005 n'a pas échappé aux difficultés nées de la crise que traverse le Pays depuis trois (03) ans et dans lesquelles les Forces de Défense et de Sécurité ont encore été le point d'orgue avec notamment les attaques des localités d'Anyama, d'Agboville et celle de la caserne d'Agban.

Mais les Forces de Défense et de Sécurité ont su réagir et rester débout en 2005 accomplissant avec réussite les tâches quotidiennes tout en misant sur l'avenir.

L'on a ainsi pu noter que les différents centres de formation (FANCI ¬GENDARMERIE - POLICE - DOUANES ¬EAUX et FORETS) sont restés fonctionnels. Mieux, l'entraînement des hommes s'est même étendu aux zones opérationnelles, permettant ainsi d'accroître les qualifications et les compétences dans les unités dont certaines quasiment inexistantes depuis 2002 ont pu être relocalisées quand d'autres ont été remodelées ou mises sur pied.

Je veux parler du Gouvernorat Militaire de la Région Ouest et du Centre de Commandement des Opérations de Sécurité (CeCOS) dont les Ivoiriens peuvent chaque jour juger des résultats plus qu'honorables.

C'est à ce stade de mon propos Excellence Monsieur le Président de la République que je voudrais ici, devant vous et devant la Nation, féliciter l'ensemble des personnels des Forces de Défense et de Sécurité pour la bataille menée au quotidien afin de garantir les libertés individuelles et collectives des Ivoiriens et de tous ceux qui vivent sur ce sol de tolérance et de fraternité.

Monsieur le Commandant Supérieur de la Gendarmerie Nationale;
Monsieur le Directeur Général de la Police Nationale;
Monsieur le Directeur Général des Douanes; Monsieur le Directeur Général des Eaux et Forêts;
Officiers, Sous-officiers, Militaires du Rang des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d'Ivoire, Bravo pour votre courage et votre détermination.

Continuons à honorer la mémoire de nos martyrs tombés depuis 2002, à aimer notre pays et tenons nous toujours prêts à le servir au péril de notre vie. - L'histoire saura s'en souvenir.

Excellence Monsieur le Président de la République, le difficile démarrage de cette année 2006 caractérisé par les attaques des camps d'Akouédo et les récents mouvements de population ne doivent et ne nous ferons pas perdre espoir - Bien au contraire.

Depuis le 25 Décembre 2005, avec l'avènement du nouveau Gouvernement de Réconciliation Nationale, les Ivoiriens entretiennent de réels espoirs de paix. Des espoirs que l'ensemble de la classe politique et de la société civile ivoirienne se doivent de conforter au quotidien: Paroles, écrits et attitudes devront donc s'inscrire dans une logique de paix et de fraternité vraie.

Et c'est ici qu'il convient, Excellence Monsieur le Président de la République, d'en appeler - une fois encore avec votre permission - à la responsabilité du nouveau Gouvernement de Réconciliation Nationale.

Les ivoiriens et avec eux la communauté internationale attendent beaucoup – Je dirai même attendent énormément - de cette nouvelle équipe. Avec vous, Excellence Monsieur le Président de la République, le nouveau Gouvernement doit impérativement réussir sa mission en sortant notre pays de ce cauchemar qui n'a que trop duré, en s'attaquant au plus tôt aux tâches essentielles du désarmement et de la réunification du territoire, le tout dans un contexte apaisé.

Pour leur part les Forces de Défense et de Sécurité se tiennent prêtes à jouer leur partition aux fins d'un aboutissement heureux du processus de paix.

Nous n'aurons cesse de le répéter: les Forces de Défense et de Sécurité, qui continuent de payer le prix du sang pour une Côte d'Ivoire digne et réconciliée avec elle-même ont pris le parti de la Légalité. Est-il dès lors concevable qu'elles puissent combattre la souveraineté, la liberté et la justice, des vertus qui fort heureusement ont encore un sens pour une grande majorité d'ivoiriens ?

A ceux qui aujourd'hui par ignorance, par cupidité, par méchanceté ou par mauvaise foi combattent les Forces de Défense et de Sécurité, nous disons: "Mesdames et Messieurs, si demain, le peuple de Côte d'Ivoire décide de vous accorder sa confiance, les Forces de Défense et de Sécurité seront là pour vous protéger, pour vous permettre de gouverner en toute quiétude. Lorsque vos filleuls auxquels vous n'avez enseigné que l'amour de la Kalashnikov, de la drogue et de l'argent facile se retourneront inévitablement contre vous, parce que le chien ne change jamais sa manière de s'asseoir, les Forces de Défense et de Sécurité seront encore là pour protéger au péril de leur vie la République que vous incarnerez alors.

Tel est le sens de notre combat… et rien d'autre". Car les Forces de Défense et de Sécurité ne sont pas à vendre. Les Forces de Défense et de Sécurité ne sont pas à acheter. D'ailleurs ceux des immoraux qui n'ont pas su résister à la diabolique tentation ne font plus aujourd'hui partie de leur rang. Notre mission faut-il le rappeler est bel et bien de :

- Défendre l'intégrité du territoire en tout temps en tout lieu et en toute circonstance;
- Défendre les Institutions légalement mises en place;
- Assurer la sécurité des personnes et des biens.
Frères et soeurs, il est temps, grand temps de faire la paix; Ressaisissons-nous, sauvons notre pays, permettons à nos enfants de s'accomplir par l'éducation, dans un environnement sain, dans un environnement de paix - Car Dieu ne nous pardonnerait jamais le sacrifice à des fins égoïstes de milliers de ces enfants.

Excellence Monsieur Le Président de la République,

Je ne saurais mettre un terme à cette adresse sans une attention particulière à la Communauté Internationale.

Merci à ces hommes et femmes venus pour certains de si loin en abandonnant femmes et enfants afin de nous aider à retrouver la paix.

Chers frères d'armes, Mesdames et Messieurs, Merci de croire en nous, merci de toujours croire en la Côte d'Ivoire malgré les derniers événements douloureux; situation dont vous n'êtes pourtant aucunement responsables. Sachez que les Forces de Défenses et de Sécurité seront toujours à vos côtés, en espérant du fond du cœur que l'année 2006 constitue le couronnement de votre noble engagement.

La Côte d'Ivoire saura vous le reconnaître.

Merci à vous Excellence Monsieur le Président de la République, Merci de toujours privilégier l'intérêt national, merci de l'oreille toujours attentive accordée à vos vaillantes populations, .auxquelles nous vous demandons de bien vouloir transmettre toute notre détermination à assurer la sécurité et à œuvrer dans le sens de la réconciliation entre toutes les filles et fils de ce pays.

Bonne et heureuse année 2006 à vous Excellence Monsieur le Président de la République, à votre famille et à tous ceux qui vous sont si chers, j'ai nommé l'ensemble des populations vivant dans ce pays.

Que Dieu vous bénisse

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire et tous ceux qui lui apportent leur concours dans sa quête de paix.

Je vous remercie.

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DISCOURS DE MONSEIGNEUR BERNARD CARDINAL AGRE

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Excellence, Monsieur le Président de la République,
Fidèles à une tradition déjà ancienne, Responsables religieux de toutes les confessions en service dans le pays, nous venons vous saluer et vous présenter nos vœux fervents à l'occasion du Nouvel An.

Au-delà des simples règles de civilité nationale, notre démarche communautaire, ce jour, se veut une occasion de vous assurer de nos prières au Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux, Maître du temps et de l'histoire, pour vous, pour les membres de votre famille et pour tous vos collaborateurs, afin qu'il jette à poignée sur vous, d'abondantes grâces de santé robuste, de foi, d'espérance et d'amour pour tenir ferme et droit le ''Navire Ivoire" dans la sérénité et la transparence.

Le tournant historique pris par notre peuple dans sa quête de paix commande plus que jamais la conscience aiguë de vos responsabilités exceptionnelles.

Le monde extérieur, ainsi que les jeunes et les adultes, toutes catégories confondues, ceux de nos villes et de nos campagnes, vous regardent. Dans leur diversité et leurs motivations humaines, ils retiennent leur souffle. Ils expriment leur désir ardent de voir ce nouvel essai de règlement de la crise ivoirienne être le bon et le définitif. Aussi, prions-¬nous tous pour que vous, Monsieur le Président de la République, vous soyez, au quotidien, le père attentif de chaque citoyen et de chaque habitant de ce pays, dans la vérité, afin que, par contagion capillaire, les grands et les petits s'installent enfin dans la responsabilité constructive, au bénéfice de cette noble et belle Côte d'Ivoire.

Nous prions l'Eternel Dieu Tout-Puissant afin qu'il vous accorde ainsi qu'à vos collaborateurs à tous les échelons et à tout notre peuple, la crainte de Dieu qui est le commencement de la sagesse, le respect scrupuleux de la personne humaine qui reste sacrée, vivante ou morte, l'amour de la nation, le respect de la parole donnée, l'amour du travail bien fait, la solidarité agissante, ennemie de la haine et de la méfiance réciproque. Toutes valeurs et vertus qui font les nations fortes et rayonnantes.

Que Dieu vous bénisse, Excellence Monsieur le Président de la République, vous et tout le peuple ivoirien.

Bonne, Heureuse et
Sainte Année 2006.

Je vous remercie.

Pour les Responsables Religieux
+ Bernard Cardinal AGRE
Archevêque d'Abidjan


CAN-EGYPTE 2006 / SENEGAL 02 -ZIMBABWE 00

Lundi 23 Janvier 2006

Le Sénégal leader de la poule D après sa victoire contre le Zimbabwé (2 buts à 0)
Le Sénégal a disposé du Zimbabwé sur le score de 2 buts à 0, cet après midi à Alexandrie.
Buts de Henri Camara et de Issa Bâ. A la 59 ème minute, Barry a accéléré et trouvé Henri Camara qui élimine le gardien et frappe dans le but vide à l'entrée de la surface.
C'est fait, le Sénégal a ouvert le score! A sept minutes de la fin, sur son premier ballon, Issa Ba (qui a remplacé Diouf) pousse le ballon au fond des filets.
Henri Camara s'amuse de la défense côté droit et donne un caviard à son jeune partenaire qui conclut à 5 mètres.


COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU COMITE CENTRAL DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN

Lundi 23 Janvier 2006

SUITE A SA DECISION DE RETRAIT DU PROCESSUS DE PAIX , LE FRONT POPULAIRE IVOIRIEN PARTI AU POUVOIR A FAIT LA DECLARATION SUIVANTE

La gestion de la crise ivoirienne s’est toujours caractérisée par des hésitations, des atermoiements et une attitude incohérente de la communauté internationale. Cette attitude s’est notamment illustrée, ces derniers temps, de la plus mauvaise manière avec la position inopportune exprimée par le Groupe international de travail (GIT), au terme de sa réunion du 15 janvier 2006.
Le communiqué sanctionnant cette réunion indique en substance que « le mandat de l’Assemblée Nationale, qui a expiré le 16 décembre 2005, n’a pas à être renouvelé », outrepassant ainsi ses prérogatives telles que définies par la résolution 1633 du Conseil de sécurité des Nations Unies, notamment en son article 11.

Le Front populaire ivoirien, exacerbé :
- a été amené à prononcer son retrait du processus de paix tel que conduit par cette communauté internationale ;
- a appelé ses ministres à s’abstenir de toute activité du Gouvernement Banny ;
- a exigé le départ des différentes Forces étrangères du pays ;
- a demandé au Président de la République de mettre en place un gouvernement de libération nationale.

Cette position du FPI a eu l’adhésion massive et spontanée de tous ses militants, ainsi que la majorité de nos compatriotes, ulcérés par la duplicité de la communauté internationale visant insidieusement à atteindre à la souveraineté de notre pays en neutralisant toutes les institutions de la République.

Au lendemain de la publication de cette position, la Direction du FPI a été appelée, par la Président de la République, Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo qui, en tant que garant des Institutions et du processus de paix, a demandé aux responsables du Parti de revenir sur leur position tout en étant sensible à la pertinence des arguments développés à l’appui de celle-ci.

Par ailleurs, le FPI a été également approché par des responsables d’organisation de la société civile et de Partis politiques ivoiriens. Ces autorités ont aussi appelé à l’apaisement et à la poursuite du processus de paix.

Mais, l’événement marquant des derniers jours c’est assurément la mission d’urgence effectuée par le Président Olusegun Obasanjo, Président de la République fédérale du Nigeria, Président de l’Union africaine.
Au terme de la séance de travail que Son Excellence Monsieur le Président Obasanjo a eue avec son homologue ivoirien, en présence de Monsieur le Premier ministre Charles Konan Banny, des représentants de l’ONU, de la CEDEAO et de la médiation de l’Union africaine, il a déclaré, notamment, que :
- le GIT n’a pas le pouvoir ni la compétence de dissoudre l’Assemblée Nationale ;
- le GIT n’a pas dissous l’Assemblée Nationale au terme de sa réunion du 15 janvier 2006.

Ceci constitue incontestablement une grande victoire pour le Front populaire ivoirien et l’ensemble des patriotes ivoiriens.

Prenant en compte cette évolution encourageante de la situation :

- le Comité central du FPI exprime toute sa gratitude aux patriotes, aux Ivoiriens et aux Ivoiriennes pour leur grande mobilisation et les encourage à persévérer dans la lutte ;
- le Comité central du FPI assure le Président Laurent Gbagbo de tout son soutien et de sa disponibilité à l’aider à ramener définitivement la paix dans notre pays.
- le Comité central du FPI tient à remercier le Président Olusegun Obasanjo pour son implication prompte et courageuse dans le dénouement de la crise ivoirienne ;
- le Comité central du FPI note, hélas ! et avec une profonde amertume et indignation, que la décision du Groupe international de travail (GIT) a encore endeuillé notre pays avec la mort de plusieurs jeunes manifestants à travers tout le pays ;
- le Comité central du FPI ;
- le Comité central du FPI condamne, avec la dernière énergie, les tirs à balles réelles du contingent de l’ONUCI de Guiglo ayant occasionné la mort de 5 jeunes manifestants aux mains nues et fait 22 blessés dont 8 graves.
- Le Comité central du FPI s’incline avec déférence devant la mémoire de ces jeunes, sauvagement massacrés ; apporte sa compassion et exprime ses condoléances aux familles et amis des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux blessés ;
- le Comité central demande au parti d’entreprendre toutes les actions utiles afin de traduire les auteurs de ces crimes devant les tribunaux compétents.
- le Comité central du FPI condamne le silence coupable de l’ONU et des médias internationaux sur ces violations flagrantes de droits humains.
- le Comité central s’élève contre les exactions sur les populations civiles commises par le contingent Togolais de l’ONUCI dans la commune de Koumassi, après la levée des barrages, qui se sont traduites par 23 blessés.
- Le Comité central du FPI relève, par ailleurs, que pendant les chaudes heures que vient de vivre notre pays, nos forces de défense et de sécurité (FDS) ont, encore une fois de plus, par leur professionnalisme et surtout leur attachement aux valeurs de la République, permis d’éviter bien des dégâts.

Pour le Comité central, cette victoire n’est qu’une étape sur le long chemin des futures batailles. Celles qui nous attendent sont le désarmement, la réunification du pays et l’organisation d’élections justes et transparentes.

Le Comité central demande, par conséquent, aux militants du Front populaire ivoirien, à tous les patriotes, à toutes les Ivoiriennes et à tous les Ivoiriens, profondément attachés à la démocratie, à la liberté, à la défense de toutes les Institutions de la République, à tous les amis de la Côte d’Ivoire, de rester vigilants et mobilisés jusqu’à ce que notre pays retrouve une paix définitive et durable.

Fait à Abidjan, le 22 janvier 2006

Le Comité Central du FPI


COTE D'IVOIRE / DECLARATION DES FEMME DE COTE D'IVOIRE SUR L'AGRESSION DU MINISTRE COFFI STUDER

Lundi 23 Janvier 2006