SENEGAL / RENTREE SOLENNELLE A L'ECOLE INTER-ETATS DE L'ECOLE DE MEDECINE VETERINAIRE DE DAKAR
Lundi 30 Janvier 2006
La 9ème rentrée solennelle de l'Ecole de Médécine vétérinaire de l'université Cheick Anta DIOP de DAKAR a eu lieu en présence d'éminents professeurs , des Ministres et des membres du corps diplomatique .
La Côte d'Ivoire qui y a un nombre important d'étudiants a été représentée par S.E.Madame Fatimata TANOE TOURE Ambassadeur.
SENEGAL / REMISE DU PRIX HOUPHOUET-BOIGNY POUR LA RECHERCHE DE LA PAIX A S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE
Dimanche 29 Janvier 2006
Paris, la capitale française, au mois de mai prochain, vivra un événement exceptionnel avec la remise, au président Abdoulaye Wade, du Prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.
À cette occasion, le Ministère de la Culture, sous l’impulsion du chef de l’Etat, organise une semaine culturelle sénégalaise au siège de l’Unesco, ceci pour non seulement faire découvrir le Sénégal et les facettes de sa culture, mais également accompagner le Président Wade. Ce sera l’occasion pour les créateurs de rivaliser de génie.
La conférence de presse, organisée par le Gouvernement avant-hier dans la salle de réunion de la Primature pour rendre compte des grandes décisions prises en conseil des Ministres, a été l’occasion pour le Ministre de la culture d’annoncer l’organisation à Paris d’une semaine sénégalaise à l’occasion de la cérémonie de remise du prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix au Chef de l’Etat Sénégalais.
M. Mame Birame Diouf a déclaré que dès que l’annonce lui a été faite, le Président de la République avait déjà considéré que ce prix, au-delà de sa personne, était adressé au peuple sénégalais. “ C’est la raison pour laquelle le Chef de l’Etat a pensé que la remise de ce prix ne devait pas être un événement isolé, mais que sa tenue dans la capitale française devrait permettre de faire connaître davantage le Sénégal à travers sa culture ”.
Il est heureux, selon le Ministre de la Culture que “ les créateurs et intellectuels du Sénégal aient fait le pari de mettre la ville de Paris sous l’attrait du Sénégal ”.
Ainsi, si le clou de cette manifestation sera la remise du prix qui obéit à un rituel, son soubassement sera sans conteste la semaine culturelle que le Ministère de la Culture va organiser dans les locaux de l’Unesco.
Pour le ministre de la Culture, ce sera un ensemble de salons composés des arts visuels et des arts vivants. “ Nous sommes en train de réfléchir sur le format, mais en attendant, l’enthousiasme gagne le milieu de la création.
Car, cinéastes, plasticiens et autres professionnels des arts sont déterminés à accompagner le président de la République pour aller prendre ce sésame à l’Unesco ”, a-t-il enfin soutenu.
MAMADOU CISSÉ
CAN-2006 / COTE D'IVOIRE-EGYPTE / 01-03
Samedi 28 Janvier 2006
Les PHARAONS d'EGYPTE ont eu raison des ELEPHANTS de COTE d'IVOIRE par le score de 03 à 01 lors du match qui les opposait dans le cadre des éliminatoires comptant pour la coupe de la CAN-2006.
Les ivoiriens sont tout de même qualifiés pour les 1/4 de finale
BONNE CHANCE A NOS ELEPHANTS POUR UN MEILLEUR SCORE
COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 25 JANVIER
Samedi 28 Janvier 2006
Un Conseil des Ministres s’est tenu ce Mercredi 25 Janvier 2006 au Palais de la Présidence, de 11 heures à 13 heures sous la présidence du Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO…
Après les échanges traditionnels de vœux entre le Premier Ministre et le Président de la République, le Conseil a abordé son ordre du jour.
Trois points étaient à l’ordre du jour du Conseil :
-les attributions des membres du gouvernement
-la situation militaire et sécuritaire
-les attestations administratives d’identité
DECRET
Sur présentation du Premier Ministre Monsieur Charles KONAN BANNY et après délibération du Conseil, le Président de la République a signé un projet de décret portant attributions des membres du Gouvernement.
Le Premier Ministre a rappelé à cette occasion que son gouvernement était tenu par une obligation de résultat et qu’à ce titre il était demandé aux membres du gouvernement de travailler non pas dans une vision réductrice de leurs attributions mais plutôt dans une optique de solidarité gouvernementale, d’adopter un comportement républicain en toutes circonstances, de manière à faciliter le succès de la mission à lui confiée.
Communications
Le conseil a ensuite entendu une communication du Ministre de l’Intérieur relative à la durée de validité des attestations administratives d’identité.
Délivrées par l’ONI à titre provisoire pour une durée de 06 mois dans l’attente de l’établissement de la CNI, les attestations administratives d’identité sont devenues de fait un titre d’identité pour nombre de nos concitoyens, suite à la suspension de la production des CNI.
En vue de soulager les populations tenues de solliciter périodiquement la prorogation desdites attestations, le gouvernement a donné son agrément pour porter à 12 mois la durée de validité de celles-ci. De même, le gouvernement a prorogé l’autorisation exceptionnelle permettant la délivrance des attestations administratives d’identité dans les Commissariats de police.
Enfin, le Conseil a entendu une communication conjointe du Ministre de la Défense et du Ministre de l’Intérieur relative à la situation militaire et sécuritaire sur la période allant du 1er au 23 janvier 2006. Outre la persistance des braquages de véhicules (90 dont 70 retrouvés) et des attaques contre les personnes, deux évènements notoires sont à relever :
- l’attaque du camp d’Akouédo dans la nuit du 2 janvier 2006 par des personnes non identifiées. Plusieurs morts et de nombreux prisonniers ont été enregistrés parmi les assaillants. Trois éléments de nos forces de défense et de sécurité ont malheureusement perdu la vie.
-les manifestations des 15, 16, 17, et 19 janvier qui ont fait suite au communiqué final du GTI du 15 Janvier 2006 relatif à la prorogation du mandat de l’Assemblée Nationale.
Ces manifestations qui avaient pour épicentre Abidjan, se sont également déroulées à l’intérieur du pays notamment à Daloa, San-Pedro, Guiglo, Aboisso.
Plusieurs morts et plus d’une centaine de blessés sont à déplorer à Guiglo et à Abidjan.
Des destructions de biens matériels ont été relevés.
Des locaux d’organisations internationales et humanitaires ont été saccagés.
Le Conseil déplore ces graves évènements qui ont entraîné mort d’hommes et dont les effets sont extrêmement négatifs tant sur notre économie que sur le processus de paix en cours.
S’agissant tout particulièrement de Guiglo, cette région est confrontée à ce jour à une grave situation humanitaire.
Plusieurs personnes vivant dans des camps de réfugiés et ainsi que des déplacés se retrouvent sans soutien médical et alimentaire après le départ précipité des organisations humanitaires.
Le Président de la République, le Premier Ministre et le Gouvernement adressent leur sincère compassion et expriment leur soutien à toutes les personnes victimes de ces évènements et en particulier aux familles des personnes décédées, aux blessés, à l’ONUCI et aux organisations humanitaires en service en Côte d’Ivoire.
Extrêmement préoccupé par les conséquences des évènements des 15, 16, 17 et 18 Janvier 2006 et particulièrement par la situation humanitaire à Guiglo, le gouvernement a décidé :
1°- de prendre des dispositions en vue de prévenir la répétition de telles situations à l’avenir.
2°- d’entreprendre immédiatement des discussions en vue d’œuvrer au retour des organisations humanitaires dans la zone de Guiglo.
3°- de mettre en place une cellule de crise coordonnée par le Ministre de la Défense en vue de proposer les mesures d’urgence qu’appelle la situation humanitaire à Guiglo.
Une délégation gouvernementale se rendra incessamment à Guiglo en vue de rencontrer les populations, d’évaluer l’ensemble de la situation et de faire des propositions quant au soutien à apporter d’urgence par le gouvernement en matière de santé et d’alimentation. Le Conseil a été informé par le Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique que 300 kits sanitaires ont été expédiés en urgence à Guiglo depuis hier et que d’autres vont suivre.
Le Ministre de la Fonction Publique, de l’Emploi et de la Réforme Administrative
Porte-parole du Gouvernement
Pr OULAYE HUBERT
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DE MADAME JEANNE PEUHMOND MINISTRE DE LA FAMILLE ET DES AFFAIRES SOCIALES SUITE AUX MANIFESTATIONS DES 17 , 18 ET 19 JANVIER 2006 DES JEUNES PATRIOTES
Samedi 28 Janvier 2006
Les manifestations des 17,18 et 19 janvier 2006 ont donné lieu à une série de violences ayant causé de graves préjudices aux populations.
*Dégradation des denrées des commerçantes de vivriers
*Endettement auprès des compagnies de transports dont les véhicules ont été loués pour convoyer les produits
*Accouchements non assistés
*Absence du personnel médical dans les hôpitaux, cliniques et centres de santé
*Malades sans soins
*Elèves et enfants instrumentalisés, transportés et déversés dans les rues surchauffées
*Destructions de bien d’ONG internationales
*Menaces sur les travailleurs humanitaires et les populations
*Attaques des forces impartiales
Le tout couronné par des blessés graves et des morts.
Au cours de ces jours sombres, l’insubordination qui était de mise a conduit un journaliste de la RTI à violenter une ministre du Gouvernement de Réconciliation nationale dans l’exercice de ses fonctions.
Cet acte surprenant et scandaleux a provoqué la colère de la majorité des organisations féminines de Côte d’Ivoire qui se sont exprimées à travers des déclarations de presse.
Le ministre de la Famille et des Affaires sociales :
-lance un appel au calme à la population et lui demande de faire confiance au gouvernement de Réconciliation nationale dirigé par le Premier ministre Charles Konan Banny afin qu’il puisse remplir la mission qui lui a été confiée : conduire le pays à des élections libres ouvertes et transparentes dans un climat de paix, de réconciliation nationale et d’unité territoriale retrouvée.
-condamne toutes les violences consécutives à ces manifestations par ailleurs interdites par décret présidentiel ;
-exprime sa compassion et sa solidarité au ministre déléguée à la Communication,
-a une pensée pieuse pour la mémoire des disparus et souhaite un prompt rétablissement aux blessés,
-exprime sa compassion et son soutien aux forces impartiales, aux ONG prises à parti, aux personnes qui ont subi directement ou indirectement les conséquences de ces manifestations, en particulier les commerçantes de vivriers qui ont subi de graves dommages préjudiciables à leurs activités.
-Rappelle à toutes les populations que les violences sexistes en toutes circonstances et en particulier celles faites aux femmes et aux enfants sont passibles de sanctions pénales.
Le ministre de la Famille et des Affaires sociales voudrait recommander aux femmes de Côte d’Ivoire de savoir rester ou redevenir ce creuset d’amour et de bienveillance qu’est la femme par essence, afin de jouer un rôle prépondérant dans la quête vitale de la paix.
Notre désir légitime de revendiquer nos droits dans la société, ne doit pas nous dénaturer.
Nous devons être capables de devenir l’eau, source de vie qui éteint le feu destructeur.
Nous devons savoir être les douces conciliatrices dans les conflits qui opposent les uns aux autres et cultiver la solidarité.
Les femmes étant mère de l’humanité, nous devons œuvrer pour que la non-violence devienne la loi de notre monde.
Fait à Abidjan, le 25 janvier 2006
Le ministre de la Famille et des Affaires sociales
Jeanne PEUHMOND
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DE M.KEBE YACOUBA DIRECTEUR GENERAL DE LA RADIO-TELEVISION SUR LES DERNIERS EVENEMENTS DES JEUNES PATRIOTES
Samedi 28 Janvier 2006
Lors de la réunion générale du personnel tenu hier matin, le directeur général de la RTI , Kébé Yacouba est revenu sur les récents événements qui ont ébranlé la maison.
"Je suis à la tête de la RTI depuis deux ans et quelques jours. Je m'étais fixé, moi-même, deux grandes priorités : Le traitement professionnel et impartial de l'information et la couverture du territoire national pour que nos programmes soient vus partout en Côte d'Ivoire.
Dans le même temps, je me devais de maintenir l'entreprise debout, en payant les salaires à bonne date, malgré la crise financière.
Il fallait également s'efforcer de contenir l'évolution de la dette, en payant les encours des cotisations sociales dont l'assurance maladie. Mais aussi, en respectant nos échéances vis-à-vis des fournisseurs.
Nous avons fait des efforts pour améliorer le cadre de travail, acheter des équipements et du matériel, acquis 16 véhicules pour permettre le fonctionnement de nos antennes etc. Nous avons créé deux nouveaux canaux d'information : RTI music et RTI sports avec pour objectif une chaîne pour le sport et la musique. Au plan de la formation, nous avons financé 364 agents en 2004 et 1704 en 2005 pour un montant global de 375 573 000 F/CFA. La formation a pris en compte 2068 Agents.
Dès la semaine prochaine, nous allons remettre des cadeaux à tous ceux qui sont allés à la retraite en 2004 et en 2005. Juste un geste symbolique pour leur dire merci, en attendant que les moyens permettent de décorer ceux qui auront mérité de l'entreprise. Je reviens sur les deux priorités énoncées plus haut.
La première dépend de nous.
Nous nous étions engagés à ouvrir nos antennes, de façon équitable et impartiale à tous les partis politiques et à tous les mouvements de la société civile mais aussi à toutes les communautés religieuses et culturelles de notre pays. J'affirme ici, haut et fort, que nous sommes restés, durant ces deux ans, conformes à notre engagement d'impartialité. Les statistiques des temps d'antenne et de parole publiées, tous les mois, par le CNCA en sont les meilleures preuves. Car les faits et les chiffres sont têtus. En effet, depuis deux ans, c'est ta galaxie patriotique et le FP qui caracolent en tête dans l'occupation de nos temps d'antenne et de parole.
Ce sont eux qui, curieusement, nous font le reproche de la partialité.
Je les renvoie vers les statistiques du CNCA.
Il n'est donc pas juste de profiter d'un fait qui s'est produit dans une situation insurrectionnelle à la RTI pour nous accuser de censure. En effet, les DGA et les directeurs qui étaient présents ont été brutalisés, insultés et expulsés manu militari de leurs bureaux en présence d'agents de la RTI complices des occupants. Dire après les avoir chassés de leur bureau, qu'ils ont abandonné la RTI est une accusation cynique. Je voudrais, à ce niveau de mon propos, élever la plus vive protestation contre l'occupation brutale et illégale de la RTI et présenter toute ma compassion à tous ceux qui ont été injustement rudoyés et insultés dans l'exercice de leus fonction.
A l'accusation de censure, nous avons expliqué au CNCA, l'environnement de violence et de menace dans lequel il faut situer l'affaire qui a amené mes collaborateurs à différer la diffusion de l'élément, le temps de le traiter après visionnage de la cassette- Et qu'en tous les cas, le compte rendu de cette conférence de presse a été diffusé dans le journal télévisé plus tard.
Nous en profitons pour dire à tous ceux qui nous sollicitent que nous n'avons pas l'obligation de diffuser intégralement les déclarations que nous enregistrons. Nous les traitons de façon professionnelle et responsable avant de les diffuser sur nos antennes. De plus, dans une période de tension extrême, nous n'avons pas le droit de relayer des propos qu pourraient mettre en péril la cohésion nationale et la paix.
Nous considérons donc extrêmement injustes et non fondées toutes ces accusations venant d'entités pour lesquelles nous pensons avoir fait le maximum qui est permis à des chaînes de radio et de télévision sans moyen technique et sans soutien financier.
Pour le deuxième point, la couverture du territoire national.
Ceux qui nous font ce procès savent bien que cette responsabilité incombe au gouvernement et non à la RTI. Nous avons élaboré et présenté au gouvernement un premier programme d'urgence en mars 2004 qui n'a pas été exécuté et un second programme, plus modeste, élaboré en mars 2005 et qui demeure lui aussi sans suite. Je redis une fois pour toutes QUE LA COUVERTURE DU TERRITOIRE NATIONAL PAR LA RADIO ET LA TELEVISION EST DE LA RESPONSABILITE DU GOUVERNEMENT. La RTI a joué son rôle d'expertise dans l'élaboration des documents. Elle a même entrepris plusieurs démarches au niveau international pour obtenir des appuis dans ce cadre.
La RTI ne peut faire plus. Alors qu'on arrête cette campagne de haine et de diabolisation contre une institution qui a parfaitement joué sa partition dans la consolidation du processus de paix et de réconciliation nationale. Mes chers collaborateurs, Vous avez été meurtris et humiliés durant ces quatre jours de crise.
Je vous demande de ne pas céder au découragement. Ceux qui font de la RTI leur unique cible à chaque crise, surtout leurs complices dans la maison, ignorent peut-être, qu'en agissant ainsi, ils tuent notre entreprise à petit feu. Nous payons encore les effets néfastes de la crise de novembre 2004. Ces quatre jours d'occupation n'ont pas permis, pour la première fois en deux ans, de payer le salaire le 25 du mois.
Sans compter les centaines de millions de contrats commerciaux que nous venons de perdre, dans le cadre de la CAN. Restons solidaires dans la défense de notre entreprise et soyons fiers car la RTI est considérée par la majorité) silencieuse et écrasante des Ivoiriens comme une institution) crédible au service de tous. Nous avons demandé au Gouvernement de renforcer la sécurité de la Télévision , de la Radio et du Centre Emetteur d'Abobo.
Nous espérons que cette fois-ci les dispositions seront prises pour nous permettre de travailler dans la quiétude et la sérénité.
Je vous remercie. "
COTE D'IVOIRE / REACTION DE LEADERS POLITIQUES APRES LA PROROGATION DU MANDAT DES PARLEMENTAIRES
Samedi 28 Janvier 2006
Anaky Kobenan (MFA) :
“Je suis encore
sous le choc”
« Juridiquement, cette décision n’a aucun fondement, car le chef de l’Etat installé par la résolution 1633 de l’ONU n’a pas ce pouvoir. On pourrait donc considérer que c’est un non évènement et ne même pas en faire un débat.
C’est a priori une décision contraire à tout ce qui a été engagé par la communauté internationale et les forces politiques pour arriver à la paix.
Le fait de prendre sur lui ce pouvoir va à l’encontre de la Résolution 1633.
Je suis encore sous le choc et j’ai de la peine à croire que le chef de l’Etat ait pu se décider à sauter ce pas même s’il était de notoriété, parce que c’est à reculons que, depuis le début, il suivait ce processus vers la paix.
La question à se poser, sinon à lui poser est la suivante :
Veut-il défier l’ONU et la communauté internationale ? Veut-il mettre en marge la Côte d’Ivoire de tout le système qui a été construit depuis les deux grandes guerres mondiales qui ont traumatisé l’humanité et après lesquelles tous se sont accordés à s’imposer un certain nombre de règles et de discipline au-dessus des lois et même de la souveraineté des Etats pour arriver à une sorte de consensus au niveau mondial dans le règlement des conflits. Dans tous les cas, il convient de lui faire cette observation. Aujourd’hui, le Conseil de sécurité dispose en Côte d’Ivoire d’une présence militaire incluant l’ONUCI et Licorne qui a actuellement plus de capacité d’offensive que les forces dont dispose l’Etat ivoirien.
C’est une simple question de réalisme et de pragmatisme. Il n’est pas tard pour se ressaisir et de revenir à la raison.
A notre avis, ce genre de prise de position relèverait plutôt d’un certain lyrisme et d’un romantisme politique de la belle période des mouvements anti impérialistes de la période des luttes d’indépendances.
Qui parmi nous dans cette jeune année n’a rêvé d’être un nouveau Lumumba ou un autre Ché Guevara plus vrai que nature ?
Il faut simplement revenir à la réalité et constater qu’entre temps, le monde a grandement évolué et qu’aujourd’hui lutter pour la libération et la dignité d’un peuple c’est d’abord et avant tout lutter pour son développement économique et de sortir de la pauvreté ».
Djédjé Mady (Secrétaire
général du PDCI-RDA) :
“Je ne suis pas informé”
« Je ne suis pas au courant de la décision donc je ne peux pas réagir. Parce que se sont des sujets suffisamment graves et sérieux pour que je me prononce là-dessus. Je me donnerai le temps de voir ce qu’il en est, l’analyser avant de réagir. Je ne peux réagir pour l’instant car je ne crois pas que ce soit la solution ».
Affi N’Guessan (Président du FPI):
“C’est une victoire
de la mobilisation patriotique”
« Nous accueillons cette décision avec satisfaction. Cela vient comme une victoire de la mobilisation patriotique du 16 au 19 janvier dernier. Nous savons que dans la résistance, c’est l’Assemblée nationale qui était en cause suite à la décision du GTI de la dissoudre.
C’est donc grâce à cette forte mobilisation que les patriotes ont permis au Président de la République d’avoir beaucoup plus de force pour prendre acte de l’avis du Conseil constitutionnel. Pour nous, c’est donc la matérialisation de la victoire politique des manifestations du 16 au 19 janvier dernier.
Jean Blé Guirao (UDPCI) :
“Que les députés n’obéissent pas à cette mesure”
« Nous lançons un appel à nos députés, ceux du RHDP, pour ne pas se salir et se clochardiser en allant siéger encore dans cette Assemblée nationale dont le mandat est fini depuis le 16 décembre. Nous en appelons à leur sens élevé de la responsabilité militante et qu’ils pensent au peuple qui n’a que trop souffert.
En tout état de cause, pour le mandat de cette Assemblée qui est terminé. Il faut leur confier d’autres missions. Si véritablement, ce sont des députés de l’opposition, qu’ils se désolidarisent de cette Assemblée et des députés du FPI sinon, ils nous trouverons sur leurs routes ».
Amadou Coulibaly (RDR)
“Le RDR ne se sent
pas concerné par
cette décision”
Le RDR ne se sent pas concerné par cette décision. Notre parti a déjà donné sa position qui est que le mandat des députés est arrivé à expiration le 16 décembre dernier et nous n’entendons pas dire autre chose.
Maintenant si certains veulent se faire abuser par une escroquerie morale qui tend à faire croire que le mandat des députés peut être prorogé, cela ne regarde qu’eux. Pour nous, le débat est clos.
Nous gardons notre position qui a été rendue publique par le président de notre parti, qui est que le mandat parlementaire est bel et bien arrivé à terme et n’a pas à être prorogé. Cela est aussi bien conforme à la position du RHDP qu’à la déclaration faite par le Groupe de Travail International.
L’escroquerie morale consisterait à vouloir extrapoler l’arrangement politique dont le GTI a parlé.
Mais les termes de cet arrangement politique sont contenus dans le communiqué publié le 15 janvier. Il y est demandé au Premier ministre, en accord donc avec le chef de l’état, d’utiliser les députés pour des missions de paix dans le processus de réconciliation. De là à faire croire que le parlement peut fonctionner avec tous ses pouvoirs est une escroquerie à laquelle nous avons été habitués depuis l’an 2000, dans ce pays.
Alain Lobognon
(Forces Nouvelles)
“Que le GTI
se prononce ici
et maintenant”
Les Forces Nouvelles ne s’en émeuvent pas. Tout au plus les Forces Nouvelles demandent à la Communauté Internationale, et plus particulièrement au Groupe de Travail International de se prononcer ici et maintenant sur cette décision de Laurent Gbagbo. Parce que c’est le GTI qui a reconnu que le mandat de l’Assemblée Nationale ne pouvait pas être prorogé. Donc les Forces Nouvelles posent la question maintenant au GTI. Que dites-vous de la décision de Laurent Gbagbo qui malgré la séparation de pouvoirs a décidé de proroger le pouvoir des députés ivoiriens.
Francis Wodié (PIT) :
“Nous n’en savons pas les motifs juridiques”
« Nous avons fait publier nos propositions sur la question en soulignant que c’est dans un souci d’apaisement et de recherche de compromis que nous pourrons résoudre ce genre de situation de crise aggravée. Ainsi, nous avons dit dans nos propositions que bien sûr le mandat de l’Assemblée nationale a pris fin le 16 décembre 2005 conformément à la Constitution. De ce point de vue, l’Assemblée nationale n’existe plus.
Du point de vue de droit, il n’y a plus d’Assemblée nationale.
Mais, nous retenions une solution politique.
Et c’est quelques jours plus tard qu’à la suite des mouvements, le Président Obasanjo a dit de trouver des solutions politiques.
Et nous avons précisé notre position en disant que dans un souci d’apaisement et dans l’esprit de la résolution 1633, nous proposons sur une base politique et d’un consensus que l’Assemblée nationale puisse poursuivre ses activités jusqu’à la fin de la transition. Nous savons également ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale.
Il y a eu des velléités de résistance ou d’opposition qui ont été de nature à paralyser ou retarder le processus.
L’Assemblée nationale étant ainsi ressuscitée, nous proposons donc que toutes ces matières qui concernent le règlement de la crise soient déléguées au gouvernement du Premier ministre.
Soit sur la base de ce compromis, soit sur la base d’une loi d’habilitation, que l’Assemblée nationale prendrait sur le fondement de l’article 75 de la Constitution. Voilà ce que nous pensons. Nous venons d’apprendre la décision du chef de l’Etat.
Nous ne savions pas encore quels sont les motivations et les motifs juridiques de cette décision. Nous nous prononcerons après ».
Propos recueillis par
Baba Coulibaly Nicolas
COTE D'IVOIRE PROROGATION DU MANDAT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE PAR LE CHEF D'ETAT LAURENT GBAGBO
Samedi 28 Janvier 2006
Après concertation avec le Premier ministre, en accord avec l’avis du Conseil constitutionnel, et le paragraphe 11 de la résolution 1633, le Président de la République a pris acte de ce que:
En application de l’article 59 de la Constitution, les pouvoirs de l’Assemblée nationale expirent à la fin de la deuxième session ordinaire de la dernière année de son mandat, soit pour la législature 2000-2005, le 16 décembre 2005.
Avant l’échéance effective de ce délai, tous les députés ont, par une déclaration conjointe datée du 12 décembre 2005 des Groupes parlementaires FPI, PDCI-RDA, UDPCI et Solidarité réunis les 9 et 12 décembre 2005 à l’Assemblée nationale, recommandé la prorogation du mandat des députés jusqu’aux prochaines élections.
Devant le risque de voir les pouvoirs de l’Assemblée nationale ne pas être renouvelés dans les délais prévus par la Constitution, le Président de la République, garant de la continuité de l’Etat, a sollicité, le 15 décembre 2005, l’avis du Conseil Constitutionnel sur le point de savoir si le défaut d’élections, dû à la situation de crise que connaît notre pays, entraîne la dissolution et la fin des pouvoirs de l’Assemblée nationale.
Cette haute juridiction, organe régulateur du fonctionnement des pouvoirs publics, a, en réponse à la question du Président de la Républiques, rendu le 15 décembre 2005 l’avis dont la teneur suit :
“ Avis n° 2005-013/CC/SG du 15 décembre 2005 demandé par le Président de la République,
Au nom du peuple de Côte d’Ivoire, le Conseil constitutionnel,
Vu la Constitution, en son préambule et en ses articles 29, 31, 32, 34, 48 et 59;
Vu la lettre du 15 décembre 2005 de Monsieur le Président de la République ;
Le Rapporteur entendu,
Considérant que par la lettre susvisée, le Président de la République sollicite l’avis du Conseil constitutionnel sur le point à savoir si le défaut d’élections, dû à la situation de crise que connaît notre pays, entraîne la dissolution et la fin des pouvoirs de l’Assemblée nationale ;
Considérant qu’aux termes de l’article 59 alinéa 3 de la Constitution, “les pouvoirs de l’Assemblée nationale expirent à la fin de la deuxième session ordinaire de la dernière année de son mandat ” ; que conformément à cette disposition, le mandat de l’Assemblée nationale arrive à expiration le vendredi 16 décembre 2005 ;
Considérant que l’atteinte portée à l’intégrité de la Côte d’Ivoire, depuis le 19 septembre 2002, n’a pas permis la tenue d’élections dans les délais constitutionnels ;
Considérant toutefois qu’à défaut d’élections dans les délais, les pouvoirs de l’Assemblée nationale ne peuvent prendre fin sans porter atteinte à des principes et règles de valeurs constitutionnels; qu’il en va ainsi :
- de la séparation et l’équilibre des pouvoirs auxquels le peuple de Côte d’Ivoire exprime son attachement dans le préambule de la Constitution, la cessation des fonctions du Parlement pouvant rompre ledit équilibre ;
- de l’exercice de la souveraineté du peuple par ses représentants élus, tel que prescrit par les articles 31 et 32 de la Constitution, le Parlement par la cessation de ses pouvoirs ne pouvant plus exprimer la volonté du peuple;
- de la continuité de la vie de la Nation, qui implique le maintien du Parlement, pouvoir public essentiel à la sauvegarde des valeurs démocratiques auxquelles le peuple de Côte d’Ivoire est attaché, comme il résulte du préambule de la Constitution; c’est du reste dans cet esprit que l’article 59 alinéa 4 prescrit le renouvellement des membres de l’Assemblée nationale avant l’expiration de leur mandat;
- Considérant par ailleurs que l’article 48 de la Constitution a été mis en œuvre par le Président de la République depuis le 26 avril 2005; qu’aux termes dudit article “l’’Assemblée nationale se réunit de plein droit ” et ce aux fins de contrôle des mesures pouvant être prises par le Président de la République ; qu’ainsi, aussi longtemps que l‘article 48 sera en application, le Parlement demeure en fonction ;
EST D’AVIS,
Que l’Assemblée nationale demeure en fonction et conserve ses pouvoirs.
Délibéré par le Conseil Constitutionnel en sa séance du jeudi 15 décembre 2005 ”.
Le Président de la République à qui cet avis a été adressé, l’a à son tour transmis au Président de l’institution concernée, en l’espèce le président de l’Assemblée nationale. C’est ainsi que l’Assemblée nationale à l’occasion de la séance de clôture de la deuxième session ordinaire de la cinquième année de la législature 2004-2005, a pris acte de l’avis du Conseil constitutionnel
C’est dans ces circonstances qu’est intervenu le communiqué sanctionnant la 3ème réunion du Groupe de travail international (GTI) qui s’est tenue à Abidjan le 15 janvier 2006, communiqué par lequel cet organisme de suivi a indiqué ce qui suit :
“ Conformément au paragraphe 11 de la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations unies relatif à l’expiration du mandat de l’Assemblée nationale, le GTI a tenu des consultations approfondies avec les parties ivoiriennes sur le fonctionnement des institutions de l’Etat. Le GTI a tiré la conclusion que le mandat de l’Assemblée nationale, qui a expiré le 16 décembre 2005 n’a pas à être prolongé”
En réaction à ce communiqué, de violentes manifestations ont eu lieu à Abidjan et dans d’importantes villes de l’intérieur du pays contre ce qui apparaissait aux yeux des manifestants être une dissolution de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire et une atteinte à la souveraineté de ce pays.
Pour aider à résoudre cette crise, Son Excellence Monsieur Olusegun OBASANJO, Président de la République fédérale du Nigeria, en sa qualité de Président en exercice de l’Union africaine, a effectué une visite de travail à Abidjan le 18 janvier 2006. Au cours de cette visite, le Président de l’Union Africaine a présidé une rencontre qui a pris les décisions suivantes
“1°) le Groupe de travail international n’a pas de pouvoir pour dissoudre l’Assemblée nationale ;
2°) le Groupe de travail international n’a pas dissous l’Assemblée nationale à l’issue de sa réunion du 15 janvier 2005 ;
3°) Invite le Président de la République et le Premier ministre à continuer leurs consultations en vue de parvenir à une solution politique...”.
Dès le départ du Président de l’Union africaine, le Président de la République et le Premier ministre ont entamé les discussions prescrites par la rencontre du 18 janvier 2006 en vue de trouver la solution politique à la question des pouvoirs de l’Assemblée nationale.
A l’issue de ces discussions, le Premier ministre a indiqué au Président de la République que la question du fonctionnement de l’Assemblée nationale ne relevait pas de sa compétence mais de celle exclusive du Président de la République.
Le Premier ministre a en outre exprimé au Président de la République la nécessité dans cette recherche de solution de voir la Constitution de la République de Côte d’Ivoire respectée et la résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l’ONU ainsi que les Accords de Linas-Marcoussis, d’Accra III et de Pretoria appliqués.
Le Président de la République, en application de la décision issue de la rencontre du 18 janvier 2006, tirant la conclusion de ses discussions avec le Premier ministre, prend acte de ce que l’Assemblée nationale demeure en fonction avec tous ses pouvoirs, ainsi que l’a dit le Conseil Constitutionnel. Il précise que les députés siégeront aussitôt que prendront fin les vacances parlementaires dont ils bénéficient actuellement, sauf s’ils sont convoqués en session extraordinaire.
Par le présent communiqué, le Président de la République informe les Ivoiriennes et les Ivoiriens de la solution politique qui vient d’être trouvée concernant les pouvoirs et le fonctionnement de l’Assemblée nationale,
Le Président de la République précise par ailleurs que conformément aux conclusions de la même rencontre du 18 janvier 2006, la solution qui vient d’être trouvée sera communiquée au GTI.
DESIRE TAGRO
Porte-parole
de la Présidence de la République
COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN BANNY PAR R.F.I.
Samedi 28 Janvier 2006
Après les actes de vandalisme des jeunes patriotes de la semaine dernière, le premier ministre a livré hier à Rfi son analyse
Est-ce que vous-vous sentez fragilisé après les manifestations de la semaine dernière ?
Pas du tout, je m’attendais à ce que la mission soit difficile mais je ne suis pas fragilisé. Je suis comme tous les Ivoiriens à la fois étonné parce que je considère que les problèmes qui se sont posés ne nécessitaient pas que le pays soit paralysé pendant autant de jours. Je vous ai dit aussi quand je suis arrivé, que je voulais bâtir ma mission sur la confiance. Donc, ce sont quatre jours de perdus surtout au niveau de la confiance. Mais on va continuer de bâtir cette confiance. Mais je ne me sens pas fragilisé.
Alors, beaucoup d’observateurs y compris l’Onu ont dénoncé la complicité entre manifestants et forces de l’ordre. La réalité du pouvoir n’est pas entre les mains de Laurent Gbagbo qu’entre les vôtres ?
Soyons réaliste, je suis premier ministre depuis cinquante jours, le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo est au pouvoir depuis cinq ans et puis comment voulez-vous, si je me mets dans votre hypothèse qu’il y ait une dichotomie entre le chef de l’Etat et le premier ministre ? Comment voulez-vous que quelqu’un qui a cinquante jours ait tous les éléments du pouvoir par rapport à celui qui a cinq ans ? Non. Je ne me vois pas dans cette perspective. Je considère que le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo et moi-même, sommes dans la même barque qui s’appelle Côte d’Ivoire. Je propose et je crois qu’il a accepté que nous fassions tandem. Il a repris ce terme lors de la présentation des vœux, cela veut dire qu’il est tout à fait d’accord là-dessus
Alors, c’est vrai, Laurent Gbagbo a dit je suis d’accord de faire tandem avec Konan Banny. Il faut que nous pédalions au même rythme. Est-ce que vous ne croyez pas qu’il pédale moins vite que vous ?
Je ne pense plus que les raisons d’accélérer de ma mission se situent dans un délai de dix mois. Ce qu’il faut craindre, c’est qu’on s’essouffle. Il a dit que la pente était raide donc, il faut effectivement conjuguer nos efforts, trouver le bon rythme et je crois que nous sommes à la recherche du bon rythme, la synchronisation.
A la suite de la visite de M. Obasanjo la semaine dernière, Laurent Gbagbo et vous-mêmes aviez trouvé une solution politique sur le problème très controversé du mandat de l’Assemblée nationale. Quelle est la solution ?
Je crois que le communiqué ne dit pas solution politique de la prolongation ou non. Il a dit que le Groupe de travail international n’a pas compétence de dissoudre une institution ivoirienne et autres institutions d’autres pays. Ce n’est pas son travail, ce n’est pas sa mission.
Il dit que le Groupe de travail international ne l’a pas fait. Ce qui est complètement juste. Mais il dit aussi par ailleurs que le 16 décembre 2005, il a considéré la fin du mandat de l’Assemblée.
Maintenant, vous verrez dans la feuille de route qui m’a été communiquée que l’Assemblée nationale n’est pas un point de la feuille de route. Ce n’est pas dans mon mandat. Je n’ai pas pouvoir de discuter de la prolongation de l’Assemblée nationale ni pas la constitution ni pas aucun texte. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Il s’agit de trouver une solution politique à partir du problème qui est posé. Comment sécuriser le groupe d’hommes et les femmes pour la mission qui nous est confiée. C’est en cela que nous travaillons le chef de l’Etat et moi-même. Comment nous allons les utiliser et quel rôle peut-on jouer.
Alors, ça va se passer forcément par des compromis. Mais je signale au passage que le premier ministre Charles Konan Banny n’a pas de compétence sur la vie de l’Assemblée nationale. Ce n’est pas une querelle dans laquelle il faudrait que le premier ministre soit entraîné ni d’ailleurs dans la vie d’autres institutions. J’ai une feuille de route à amener les Ivoiriens à se refaire confiance et à désarmer pour avoir un pays réunifié et pour cela, il faut redéployer l’administration et il faut organiser des élections propres. Voilà ma mission.
Et ce groupe d’hommes et de femmes comme vous dites peuvent-ils se réunir à l’Assemblée nationale ou préférez-vous qu’ils partent en mission à l’intérieur du pays pour sensibiliser la population ?
Vous savez, je viens des locaux de l’Assemblée nationale et moi-même, je fais de temps en temps des missions là-bas. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Ce n’est pas de ma compétence. Ce qui m’intéresse, c’est que tous les Ivoiriens s’impliquent dans ce processus et pourquoi pas eux dont le mandat vient de finir. Ce sont des leaders d’opinion dans leur localité, ils sont écoutés.
Vous leur demandez de s’impliquer dans le processus ?
Oui on va les utiliser pour s’impliquer dans le processus. Il n’y a pas mal de compétence technique également, tout cela sera mis à profit.
Autre sujet sensible Charles Konan Banny, la fabrication des listes par la Commission électorale, l’élection de son président a été annulée par une décision de justice sur une requête du parti de Laurent Gbagbo. Est-ce que ça ne va pas être l’objet d’un nouveau bras de fer ?
Vous voyez bien que ce sont des questions qui ne sont pas du ressort du premier ministre. Mais je reconnais que ce sont des questions qu’il faut résoudre. Il faut organiser cette Commission électorale indépendante. Je dois vous dire que là-dessus, je ne désespère pas qu’un compromis soit trouvé. Le haut représentant pour les élections y travaille et moi-même, nous allons nous impliquer pour trouver une solution à cette question.
Le haut représentant Montéiro a même dit que si vous n’arrivez pas à vous mettre d’accord entre Ivoiriens et bien, il tranchera lui-même ?
C’est son rôle. Moi, je lui ai dit d’arbitrer et le chef de l’Etat et moi-même, nous allons nous impliquer dans ce dossier pour faciliter l’arbitrage.
A vous écouter, Charles Konan Banny, on a le sentiment que la crise de la semaine dernière n’a pas du tout affecté la relation entre Laurent Gbagbo et vous-même. Franchement est-ce que ce n’est pas plus difficile qu’avant ?
Paradoxalement non. Ça nous a ouvert les yeux les uns et les autres. Nous sommes restés très proches.
Le leader des Forces nouvelles, Guillaume Soro était absent du conseil des ministres de ce mercredi. Est-ce que c’est un mauvais signe pour le désarmement à venir dans le nord ?
Pas du tout. Ça n’a rien à voir avec tout ça et je vous apprends que moi-même, je suis en rapport avec Guillaume Soro. Il y a des problèmes à résoudre et on va les résoudre. C’est la volonté de Guillaume Soro de participer activement au processus de paix et réconciliation à ce jour. Je n’ai aucune raison de douter.
Le comité de sanction de l’Onu s’est réuni cette semaine pour envisager des sanctions individuelles pour les fauteurs de troubles. Est-ce que vous l’y encouragez ?
Est-ce que j’ai le pouvoir d’encourager qui que ce soit ? Vous savez, dans cette crise, chacun doit jouer son rôle. Je joue mon rôle, le comité de sanction joue son rôle, je n’ai aucune influence sur ce comité et ce n’est pas à moi de le décourager ou l’encourager à sanctionner.
Le Pdci de Henri Konan Bédié continue de dire que à ses yeux, le mandat de l’Assemblée nationale n’a pas expiré en décembre dernier. Est-ce que vous n’auriez pas intérêt à parler avec le président Bédié ? Est-ce que vous ne faites pas semblant depuis que vous êtes premier ministre ?
Comment vous pouvez savoir que je ne parle pas avec Henri Konan Bédié ? Je parle avec Bédié.
Donc, les ponts ne sont pas coupés ?
Ils n’ont jamais été coupés entre Henri et moi. Voyez, je l’appelle Henri.
Il n’y a pas de froid entre vous ?
Je n’ai aucune relation froide avec qui que ce soit. Même ceux qui ne me rentrent pas tous les jours comme on le dit. Ce n’est pas possible d’avoir des relations froides avec les leaders d’opinion, les chefs de partis et de chercher en même temps une réconciliation. Chacun a son opinion. Donc, je suis en confiance. Ce qui n’est pas juste, c’est de laisser croire que les ponts sont coupés entre certains et moi-même. Ce n’est pas ma méthode, si je le fais, c’est sûr que je ne réussirai pas.
Et que le parti de Laurent Gbagbo appelle ses partisans à rester mobilisés pour les futures batailles, comment vous réagissez ?
Je suppose que c’est pour les batailles électorales.
Source Rfi
COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU JEUDI 26 JANVIER 2006
Vendredi 27 Janvier 2006
Dans son propos liminaire, le Président de la République a félicité Monsieur Charles Konan Banny pour sa désignation et sa nomination en qualité de Premier ministre du nouveau Gouverne-ment qui vient de se former.
Il l’a également félicité pour avoir institué une procédure rigoureuse de consultations, qui a abouti à la formation de ce Gouvernement.
Le Chef de l’Etat a fait observer ensuite que c’est la 2ème fois que la formation d’un Gouvernement s’effectue dans un contexte aussi particulier que celui que nous connaissons, et que le fait pour le Premier ministre Charles Konan Banny d’avoir réussi en 3 semaines 2 jours seulement à former son Gouvernement, constitue une réussite à saluer si l’on se réfère au temps passé par son prédécesseur pour former le Gouvernement de réconciliation nationale. Le Président de la République a rappelé que nommé le 25 janvier 2003, c’est seulement le 13 mars 2003 que l’ancien Premier ministre Seydou Elimane Diarra a réussi à former son Gouvernement. C’est dire qu’il n’est pas toujours aisé dans la situation actuelle et dans le contexte de crise socio-politique que nous vivons, de réussir en très peu de temps à réunir toutes les compétences et toutes les sensibilités politiques pour arriver à un Gouvernement de consensus. Une fois encore, l’opération réussie par le Premier ministre Charles Konan Banny constitue une prouesse à saluer.
Pour mettre l’accent sur la solidarité gouvernementale, le Chef de l’Etat a soutenu que le Gouvernement doit constituer une équipe nationale dont les joueurs proviennent de divers clubs, qu’il faut agréger pour en faire un groupe uni et solidaire.
Le Président de la République a souhaité vivement que Dieu bénisse cette nouvelle équipe gouvernementale et qu’il lui donne toutes les aptitudes et l’endurance nécessaire pour la bonne exécution des missions qui lui seront confiées.
Prenant à son tour la parole, le Premier ministre Charles Konan Banny a exprimé l’émotion qui l’étreint et qu’il ne peut ni cacher, ni contenir, émotion qu’il a voulue d’ailleurs partager avec tous les membres du Gouvernement. Evoquant les raisons de cette vive émotion, le Premier ministre en a donné quelques précisions :
- le fait de se retrouver dans cette situation de crise socio-politique du pays à la tête du Gouver-nement dont la mission essentielle est de ramener la paix ; cela est tout à fait significatif et chargé de symboles ;
-le fait d’être par le jeu des âges, le doyen du Conseil des ministres, est aussi émouvant ;
- les brèves mais intenses paroles prononcées par le Chef de l’Etat expliquent aussi son émotion.
Se tournant vers le Chef de l’Etat, le Premier ministre lui a adressé ses vifs remerciements pour avoir accepté sa désignation par la Commission internationale et surtout pour l’avoir nommé au poste de Premier Ministre le 05 décembre 2005. Le Chef du Gouvernement a relevé fortement qu’il ne serait pas à ce poste si le Président Laurent GBAGBO n’avait pas accepté sa désignation et qu’en conséquence, il lui doit reconnaissance et pense que la Nation entière doit reconnaissance au Chef de l’Etat. Le Premier ministre a solennellement pris l’engagement devant le Président de la République et en présence des membres du Conseil, de ne jamais trahir la confiance placée en lui par le Chef de l’Etat.
Se tournant vers les membres du Gouvernement, le Chef du Gouvernement en sa qualité de Premier ministre a salué et félicité vivement les ministres, ceux qu’il appelle les sélectionnés de l’équipe gouvernementale, pour reprendre l’expression du Président de la République. Pour lui, il s’agit bien d’une équipe qui doit relever un défi, car le Gouvernement qui vient de se former sur sa proposition est un Gouvernement de mission soumis à une obligation de résultat. Il s’agit de tout faire pour que le pays sorte de la crise et de la difficile situation qu’il traverse depuis un peu plus de trois ans. Il apparaît donc nécessaire que les ministres saisissent le sens profond de leur participation au Gouvernement.
Le chef du gouvernement a souhaité dans ce cadre, que le seul programme qui vaille la peine d’être soutenu ait pour nom, la Côte d’Ivoire.
En conséquence, il ne sera pas toléré qu’un membre du Gouver-nement y compris lui-même, prenne des distances par rapport à ce programme. Le chef du gouvernement a rappelé aux ministres les missions essentielles assignées à son gouvernement, à savoir la réconciliation nationale, la réunification du pays, le désarmement, le démantèlement des milices, le redéploiement de l’Administration ainsi que l’organisation d’élections justes et transparentes.
L’accomplissement de ces missions a en effet besoin d’une action collective et solidaire. C’est pour cela qu’il demande à tous de cultiver la culture du résultat et de traduire en actes concrets l’exécution desdites missions. Il s’agit également pour arriver à ces fins, d’exiger l’exemplarité, car on ne peut prétendre être leader si on n’est pas soi-même exemplaire.
Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de garantir la stabilité de l’Administration. Pour ce faire, il n’y a pas lieu de bouleverser les structures et de changer les agents et les fonctionnaires chargés d’animer l’appareil administratif de l’Etat, sauf si manifestement il apparaît que certains d’entre eux ont fait preuve d’incompétences ou commis des irrégularités graves. Il n’y a donc pas lieu de s’attarder sur des détails au niveau du fonctionnement de l’Administration, les objectifs assignés au Gouver-nement nécessitant une concentration des énergies et des actions portant sur l’essentiel.
Pour clore son propos, le Premier Ministre a souhaité que la Côte d’Ivoire redevienne prospère, unie, fraternelle, travailleuse et disciplinée.
Pour saluer cette intervention du Premier ministre, le Président de la République s’est dit heureux de voir enfin formé le Gouvernement tant attendu. Le Chef de l’Etat a insisté sur le fait que bien que la guerre soit finie, la crise persiste et la mission essentielle de ce Gouvernement est de réussir à y mettre fin.
Evoquant le travail gouvernemental, le Président de la République a donné quelques indications.
En ce qui est des pouvoirs du Premier ministre, le Chef de l’Etat a rappelé qu’il n’est pas nécessaire que des décrets spécifiques ou qu’un décret particulier précise le contenu de la délégation. En réalité, c’est à l’expérience et sur le terrain que les choses se préciseront ; le Premier ministre et lui en ayant convenu, a-t-il indiqué.
En ce qui est des attributions des membres du Gouvernement, le Chef de l’Etat a évoqué le cas des départements ministériels qui ont souvent eu des conflits de compétence. En demandant aux ministres de s’en tenir au contenu du décret d’attributions et à l’arbitrage du Premier ministre, il a conseillé de se référer pour la rédaction du nouveau décret portant attributions des membres du Gouvernement, aux textes actuels qui constituent des bases de données fiables.
En ce qui est de l’ordre du jour du Conseil des Ministres, le Président de la République a rappelé qu’il est en principe arrêté par lui sur proposition du Premier ministre. Il a tout de suite précisé que faisant confiance à son nouveau Premier ministre, les choses se passeront aisément. Il a également souligné l’importance du conseil de Gouvernement qui consiste à préparer les séances du conseil des ministres et dont l’ordre du jour est arrêté par le Premier ministre.
En clair, le Chef de l’Etat a constaté que tout le monde est dans de bonnes dispositions d’esprit pour participer pleinement à l’action gouvernementale.
En ce qui est du conseil des ministres, le Président de la République en a brièvement rappelé les règles de fonctionnement en insistant sur le fait qu’il sera toujours présent pour présider en personne le conseil des ministres, la présidence du conseil de Gouvernement étant l’affaire exclusive du Premier ministre.
Suite à ces indications, le Premier ministre a évoqué deux questions d’actualité :
- le départ à la Mecque des musulmans ;
- la question de l’enlèvement des ordures ménagères dans le district d’Abidjan.
Sur le premier point, le Président de la République a instruit le ministre de l’Intérieur pour prendre toutes dispositions utiles pour s’imprégner le plus rapidement possible de la situation des pèlerins et de rechercher des solutions idoines.
Sur le second point, le Chef de l’Etat a instruit le ministre de la Santé et de l’hygiène publique et le ministre de l’Environnement et des eaux et forêts, en vue d’étudier en urgence la question et de faire en sorte que le district d’Abidjan redevienne propre ainsi que d’ailleurs toutes les autres villes du pays.
A ce propos, le Premier ministre a informé les membres du Conseil que des instructions lui ont été données par le Chef de l’Etat, relativement au problème de l’hygiène publique et de l’environnement. C’est cette préoccupation qui a d’ailleurs fait que le nouveau ministère de la Santé prend en compte le volet “Hygiène Publique” dans sa dénomination.
Suite à cette précision du chef du gouvernement, le Président de la République a insisté sur la nécessité de régler au plan technique la question des décharges, celle d’Akouédo étant aujourd’hui dépassée.
Par ailleurs, relativement à l’insécurité grandissante à Abidjan, le Chef de l’Etat a évoqué la question des multiples évasions de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) qui est aujourd’hui surpeuplée, du fait de sa capacité moyenne. Conçue au départ pour 1.500 personnes, la MACA ne peut aujourd’hui recevoir les milliers de délinquants qui y sont envoyés. Il y a donc urgence à construire de nouvelles prisons dans le District d’Abidjan, ce qui permettrait une maîtrise des effectifs dans les prisons et éviterait les évasions massives qui constituent une catastrophe pour les populations.
Avant de clore la séance, le Président de la République a souhaité que la confiance et la solidarité règnent au sein du Gouvernement et que le travail se fasse comme il se doit pour que l’objectif final, à savoir la paix définitive en Côte d’Ivoire, soit atteint dans les meilleurs délais.
Fait à Abidjan, le 28 décembre 2005
Le Secrétaire Général du Gouvernement
Félix TYEOULOU-DYELA
COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DE S.E.LAURENT GBAGBO APRES LA PRESENTATION DES VOEUX DE NOUVEL AN 2006
Vendredi 27 Janvier 2006
Débutée le lundi 23 janvier dernier, la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux de la Nation au chef de l'État s'est achevée hier au Palais présidentiel du Plateau après avoir observé une pause le mercredi. Au terme de ce rituel, le Président Laurent Gbagbo a accordé un entretien à Radio Côte d’Ivoire. Nous vous proposons l'intégralité de cette interview dirigée par le directeur de la Radio, M. Eloi Oulaï.
Radio Côte d’Ivoire :
Monsieur le Président, depuis le matin, vous êtes debout pour recevoir les vœux des Ivoiriens, au cours de cette troisième et dernière journée de présentation de vœux au chef de l'État. N'est-ce pas un exercice assez éprouvant?
Laurent Gbagbo :
C'est en effet très éprouvant de rester debout comme cela. Voilà pourquoi nous avons reparti cette cérémonie sur trois jours. La première année, nous avons essayé de faire passer tout le monde le même jour. On a fini aux alentours de 17 heures. Il faut vraiment être en bonne forme physique pour exercer cette fonction.
R.C.I.: Et vous êtes en bonne forme physique?
L.G.: Oui, je n'ai pas de problème pour l'instant. Mais je constate que pour occuper cette fonction, il faut être en bonne forme physique.
R.C.I. : Au-delà du protocole, vous plaisantez avec chacun. On a l'impression que vous connaissez tous ceux qui passent. Alors, qu'est-ce que vous leur dites?
L.G. : D'abord, bien entendu, je ne connais pas tout le monde parce que je ne peux pas les connaître tous. Mais je connais beaucoup de personnes. J'ai vu des amis de l'école primaire à Gagnoa. J'ai même vu un de mes anciens maîtres de l'école primaire. Il y a eu d'autres que j'ai connus au Lycée classique d'Abidjan et aussi dans les Universités d'Abidjan, de Lyon, de la Sorbonne, de Paris, etc. Il y a aussi des gens que j'ai connus pendant que je faisais la politique…
R.C.I. : Pendant le service militaire aussi?
L.G. : Oui, il y a des gens que j'ai connus dans l'armée. Pendant deux ans, j'ai fait Akouédo, Daloa, Séguéla, Bouaké. Et il y en a que j'ai connus pendant que je parcourais le pays dans le cadre de mes activités politiques. J'ai quand même circulé dans la Côte d'Ivoire pendant 10 ans. Donc, dans mes fonctions de chef de l'État, je retrouve des visages et des noms. Alors, je dis effectivement un mot à chacun parce que c'est un métier qui est dur. Nous savons aujourd'hui que les gens sont dans des situations difficiles à cause de la crise. Souvent, vous constatez que l'eau n'arrive pas dans certaines localités d'Abidjan à cause de la surpopulation. Il y a des villes de l'intérieur où il n'y a pas suffisamment d'eau.
R.C.I. : En fait, vous échangez sur les problèmes quotidiens?
L.G. : Il faut donner un peu de joie aux gens qui arrivent devant le chef de l'État. Il faut leur donner un peu de bonheur et une perspective d'avoir demain une vie meilleure si la guerre s'arrête. On les engage en même temps à œuvrer pour que la guerre s'arrête et que nous entrions dans la paix. Mais je veux dire que le chef de l'État, sachant que les Ivoiriens vivent dans des conditions difficiles, ne peut pas avoir le visage fermé quand il les voit. Je suis obligé de leur faire partager ma foi en l'avenir, de leur donner du courage, de leur donner un peu de joie et de bonheur. Pour cela, je plaisante avec eux sur les sujets qu'ils affectionnent. Cela fait partie, à mon avis, de mon devoir.
R.C.I. : Il y a également ceux qui prennent le RDV en direct…
L.G. : Oui, c'est aussi cela la pression. Les gens ont tellement de problèmes qu'ils souhaiteraient que le président de la République puisse résoudre toutes leurs difficultés. C'est matériellement impossible. Donc, on donne quelques rendez-vous. J'en ai donné un ou deux tout à l'heure. Il y a des gens avec lesquels je vais prendre le dejeuner tout à l'heure. Pour d'autres, ce sera le soir. Il y a d'autres encore avec qui je vais déjeuner demain. Et il y en a d'autres enfin pour lesquels j'ai demandé au protocole de prendre rendez-vous pour plus tard. Je veux dire que le chef de l'État ne peut pas refuser de recevoir un Ivoirien qui a des problèmes, et qui décide de le rencontrer. Quand je peux, je les reçois. Et je fais ce que je peux. On ne peut pas, dans cette situation de crise, ne pas répondre aux sollicitations des Ivoiriens. Mais, je suis désolé parce que beaucoup posent des problèmes auxquels je n'arrive pas à trouver des solutions. Je suis vraiment désolé. J'aurai aimé avoir la capacité d'apporter des solutions à tous. Mais cela signifierait que j'aurai aimé être dans la possibilité de faire cesser la guerre.
R.C.I. : Quelle analyse faites-vous de l'absence de certains partis politiques à cette cérémonie de présentation de vœux?
L.G. : Ce n'est pas important, parce que les prochaines années, je veillerai moi-même à ce que les partis politiques ne soient pas invités. Cette cérémonie est faite essentiellement pour les corps constitués. Les syndicats sont plus importants parce qu'avec eux, on peut déceler des problèmes de fonctionnement de l'économie ivoirienne. Par contre, pour les ministres qui ne sont pas venus, je vais demander au Premier ministre pourquoi ils acceptent d'être ministres et ils refusent de faire une partie de leur travail de ministre. Parce que venir présenter les vœux au chef de l'État fait partie du travail des ministres. Mais pour les états-majors des partis politiques, ce n'est pas important.
R.C.I. : Cette cérémonie a été marquée par des échanges entre vous et le doyen du corps diplomatique d'abord et ensuite avec le chef d'état-major des armées. Ce dernier a dit que les forces de défense et de sécurité ne sont pas à vendre. Et vous avez dit que la Côte d'Ivoire a besoin de considération. Avant de rappeler la primauté de la Constitution…
L.G.: Oui, je crois que les gens oublient souvent que la Côte d'Ivoire n'est pas un pays en faillite. La Côte d'Ivoire n'est pas un pays vaincu. Une fois qu'on sait cela, tout le reste est facile. Je ne suis pas à la tête d'un Etat vaincu. La Côte d'Ivoire n'est pas un pays en faillite ou les institutions se sont écroulées. Chaque institution fonctionne. Seulement, les décisions que nous prenons n'arrivent pas à couvrir l'ensemble du pays. Donc, nous avons appelé des gens non pas pour remplacer nos institutions, mais pour désarmer les rebelles qui empêchent que mes décisions couvrent l'ensemble du pays. Je crois qu'il y a eu une incompréhension sur ce sujet-là.
Certaines personnes croient qu'on les a appelés comme au Tchad dans les années 1980 où il n'y avait pas d'institutions. Comme c'était également le cas en Somalie, où il n'y avait rien. Mais chez nous, il n'y a pas rien, il y a tout. Tout existe et tout fonctionne. Il faut faire comprendre à nos interlocuteurs que tout fonctionne. Nous leur demandons seulement de nous aider à désarmer tous ceux qui n'ont pas le droit de porter les armes.
Et c'est beaucoup. De grâce, qu'ils s'en tiennent à cela. Et que nous travaillions en bonne intelligence.
R.C.I. : Quelle analyse faites-vous de la polémique autour du fonctionnement de l'Assemblée nationale?
L.G. : Je ne fais aucune analyse. Les institutions de la Côte d'Ivoire existent. Et chacune d'elles a sa fonction. Quand le problème de l'Assemblée nationale s'est posé, j'ai écrit au Conseil constitutionnel pour demander son avis. Il a donné son avis que j'ai transmis à l’Assemblée nationale elle-même.
En même temps, les groupes parlementaires ont donné leurs avis qui continuent d'être relayés par les journaux. Donc, après la venue du Président Obasanjo et les discussions que nous avons eues sur le sujet, il était question que j'en parle avec le Premier ministre. Nous en avons donc parlé. Nous avons mandaté nos conseillers juridiques qui en ont encore discuté. Ils ont arrêté quelque chose. Et ils préparent un rapport.
Je n'ai pas lutté pour le multipartisme et la démocratie pour, une fois arrivé au pouvoir, venir supprimer les contre pouvoirs. Si je devais gouverner ce pays sans syndicats, sans associations, sans parlement, alors je quitterai immédiatement le pouvoir…
Ma vocation est de gouverner avec des contre-pouvoirs. Donc, quand les gens veulent supprimer une institution comme l'Assemblée nationale, je ne suis pas personnellement d'accord. Tout cela fait partie de ma vie. Quiconque me connaît doit le savoir. Je cherche même à faire des réformes pour renforcer le pouvoir parlementaire. Le Président Bédié avait eu l'intention de créer le Sénat. J'étais opposé à son projet parce qu'il prévoyait qu'une partie des sénateurs soient nommée par le président de la République. J'étais donc opposé à cette idée-là. Mais l'idée même d'un sénat pour représenter les régions et les départements, j'y suis favorable. Je crois qu'il faudra peut-être prendre cette décision-là pour renforcer le pouvoir parlementaire.
D'autre part, j'ai lutté dans l'opposition et au moment où la Constitution s'écrivait, nous avons lutté avec nos amis pour que l'autorité judiciaire devienne le pouvoir judiciaire. Vous pouvez vérifier auprès des magistrats, je ne suis jamais intervenu dans leurs décisions.
Bien entendu, les procureurs, eux, sont à la disposition de l'exécutif. Donc, j'appelle les procureurs pour parler avec eux. Mais les juges assis n'ont jamais reçu aucun ordre. C'est tout cela que j'appelle le contre-pouvoir. Et le supprimer ne serait pas bon.
R.C.I : Aujourd'hui, vous formez, dit-on, un tandem avec le Premier ministre. Alors, est-ce que vous pédalez au même rythme?
L.G. : Nous pédalons au même rythme. Depuis qu'il a été nommé, il n'y a pas encore eu de couac entre lui et moi. Il y a eu des couacs entre l'État et d'autres entités. Mais il n'y a rien entre le Premier ministre et moi. Je lui fais confiance pour le travail qui est le sien. Et moi je fais le travail qui est le mien. Il n'y a vraiment pas de raison pour que nous nous piétinions. Les tâches sont tellement limpides. J'ai déjà travaillé de la même façon avec Affi N'Guessan à l'époque, j'ai travaillé comme cela avec Seydou Diarra. Et je travaille comme cela avec Charles Konan Banny. Je n'ai pas de problème.
R.C.I : Cette année est présentée comme l'année de la réunification et de la paix définitive. Y croyez-vous vraiment?
L.G. : Ecoutez, j'ai un ami qui m'a dit : “Nous avons le temps mais nous n'avons pas de temps à perdre”. Cette phrase-là correspond bien à la situation. Si chacun fait son travail dès maintenant, si les Ivoiriens sont sincèrement décidés à aller aux élections dans les conditions claires, sans fraude, alors nous avons le temps. Mais nous n'avons pas de temps à perdre.
Propos retranscrits
par Faustin Yao K.
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DE LA MOUVANCE PARLEMENTAIRE SUR LE MAINTIEN DU PARLEMENT APRES EXPIRATION DE SON MANDAT
Vendredi 27 Janvier 2006
Le Groupe de Travail International lors de sa troisième réunion du dimanche 15 janvier 2006, tout en prenant note de la fin du mandat des Députés, a préconisé une concertation entre le Premier Ministre et le Chef de l’Etat en vue de faire jouer aux Parlementaires Ivoiriens, le rôle de facilitateurs du processus de paix et de réconciliation nationale.
Prenant prétexte de ce communiqué du GTI, des manifestants instrumentalisés par des partis politiques opposés à l’organisations des élections générales, ont installé la chienlit quatre jours durant, bloquant l’ensemble des activités économiques et sociales et affectant gravement le processus de paix dans sa globalité. Malgré toutes les assurances données par le Gouvernement dès le déclenchement de la crise et communiquées par le Premier Ministre en personne au cours des négociations qu’il a engagées, les troubles se sont poursuivis à Abidjan et dans certaines villes de l’intérieur du pays. Il aura fallu finalement l’arrivée, quatre jours après le début de la crise, du Président en exercice de l’Union Africaine, le Président Olusegun Obasanjo de la République Fédérale du Nigeria pour arrêter la furie des émeutiers.
La Mouvance Parlementaire voudrait rappeler à nos compatriotes que l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, à travers le groupe parlementaire Fpi et alliés, a constitué l’élément moteur dans le dispositif de blocage du processus de paix, donnant ainsi à notre prestigieuse institution une image des plus négatives. Chacun se souvient, en effet, que le Président Gbagbo a été amené par la médiation sud-africaine à légiférer par ordonnance à partir du 15 juillet 2005, à savoir trois années après l’éclatement de la crise. La Mouvance Parlementaire estime d’une part que la question du Parlement de Côte d’Ivoire est résolue sur la base de l’accord politique indiquée par le GTI, et d’autre part que pour cette période de transition, le rôle principal à jouer par les Parlementaires ivoiriens est celui de servir de facilitateurs du processus de paix et de réconciliation nationale.
A cet égard, les parlementaires attendent du Premier Ministre de transition, en concertation avec le chef de l’Etat, toutes missions qu’il lui plaira de leur confier.
Au nom de la paix à laquelle aspire profondément le peuple de Cote d’Ivoire qu’ils représentent, les députés de la mouvance parlementaire expriment leur soutien au Premier ministre et au gouvernement de transition. Ils les invitent à engager promptement les réformes nécessaires en vue de la normalisation de la vie socio-économique et politique.
La Mouvance Parlementaire dénonce avec la dernière énergie cette autre insurrection populaire, qui, prenant prétexte d’une dissolution imaginaire de l’Assemblée Nationale, veut en réalité empêcher la Côte d’Ivoire d’aller à des élections libres, transparentes et ouvertes.
Reconnaissant que la loi reste notre boussole, la Mouvance Parlementaire s’étonne de la violation récurrente par le camp présidentiel de l’interdiction de manifester dans les rues.
La Mouvance Parlementaire invite les forces de défense et de sécurité à demeurer républicaines, à adopter des attitudes et des comportements dignes et conformes à leur vocation de soldats au service de la Côte d’Ivoire et de la nation ivoirienne.
La Mouvance Parlementaire déplore la violation récurrente des droits humains par l’utilisation abusive et criminelle de nos enfants y compris des élèves comme chair à canon pour des causes partisanes.
La Mouvance Parlementaire rappelle à tous que, durant ces journées d’horreur, l’économie de tout le pays s’est arrêtée, compromettant une fois de plus, les activités et les revenus de millions de pères et mères responsables de familles et la vie des milliers d’innocents, dans l’indifférence totale de ceux qui ne sont préoccupés que par la conservation du pouvoir.
La Mouvance Parlementaire en appelle à l’esprit civique, à la lucidité, à la clairvoyance et au sens de la responsabilité de la jeunesse de Côte d’Ivoire ; elle lui demande de refuser de se laisser manipuler contre la nation et contre son propre avenir ; elle l’engage à quitter désormais les rues pour se tourner résolument vers des œuvres utiles de formation qui feront d’elle le fer de lance de la production et de la construction de la Côte d’Ivoire de demain. Dans cette crise, le FPI et ses patriotes s’en sont encore pris à la RTI et en ont fait, comme à leur habitude, un outil d’appel au désordre, au meurtre et au suicide de jeunes gens manipulés, et un instrument de diffusion de la haine et de la violence, à l’instar de “ radio mille collines ”, instigatrice du génocide rwandais.
La Mouvance Parlementaire refuse pareille situation qui discrédite cet outil de construction de la cohésion, de la solidarité et de l’unité nationales. Aussi condamne-t-elle l’agression barbare dont Mme la ministre déléguée à la communication a été victime par un de ses collaborateurs en la personne de Zahui Gbedou Benjamin.
La Mouvance Parlementaire en appelle à la diligence de la Communauté Internationale qu’elle remercie d’avance des dispositions adéquates qu’il lui plaira de prendre pour appuyer cet élan de redressement national qui sera inévitablement confronté à la programmation d’autres blocages.
La Mouvance Parlementaire invite le peuple de Côte d’Ivoire à une vigilance accrue, à la sérénité et à la cohésion pour ramener la tolérance, la croissance et le progrès ainsi que la joie de vivre dans notre pays pour remettre ensemble notre économie sur les rails, en vue de faire barrage au désordre cultivé par les ennemis de la paix.
QUE DIEU BENISSE LA COTE D’IVOIRE !
Pour la Mouvance Parlementaire,
Le Président
N.B. : Les titres sont de la Rédaction
COTE D'IVOIRE / RETOUR A ABIDJAN DE M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA LEADER DU RDR
Mercredi 25 Janvier 2006
Après un bref séjour à Abidjan au mois de décembre dernier à l'occasion des funérailles de sa mère, le président du Rassemblement des républicains (RDR) a regagné définitivement la Côte d'Ivoire, hier, en début de soirée.
Accompagné de son épouse Dominique Ouattara et accueilli par une importante délégation des responsables de son parti et du RHDP, Alassane Ouattara a déclaré que c'est avec un cœur rempli d'amour et une volonté de contribuer au rétablissement de la paix qu'il retrouve son pays.
Retrouvailles joyeuses et chaleureuses, chaudes poignées de main, sourires, longues étreintes fraternelles, les militants du RDR et du RHDP ont réservé un accueil très cordial et familial au président du RDR Alassane Ouattara qui, en dépit des turbulences politico-sociales actuelles, a tenu à regagner son pays pour prendre sa place dans le processus de paix enclenché par la nomination d'un nouveau Premier ministre en Côte d'Ivoire.
Ont pris part à cet accueil familial au salon d'honneur de l'aéroport Félix Houphouët-Boigny de Port-Bouet, les principaux responsables du RDR avec à leur tête Mme Henriette Diabaté, les ministres RDR siégeant dans le gouvernement de Charles Konan Banny, les femmes du RDR conduites par Kandia Camara et bien entendu les jeunes du président Karamoko Yayoro.
Au titre du RHDP on notait la présence du Pr. Alphonse Djédjé Mady (PDCI), d'Alassane Salif N'diaye (UDPCI) et de Poity Chantal (MFA). Après avoir salué et remercié ce service d'accueil très select (les responsables du RDR ayant opté pour un accueil soft), le président Ouattara, contrairement à son dernier voyage à Abidjan n'a pas sevré la presse de déclaration. Bien au contraire, il a parlé et présenté sous quel registre il place ce retour. M. Ouattara a déclaré en effet ceci :
"Les jeunes craignent pour leur avenir et nous les leaders politiques devront les rassurer. Je voudrais donc lancer un appel à l'union, un appel à l'apaisement et dire que c'est avec beaucoup d'amour que je reviens sur le sol de mon pays pour participer au processus politique.
Pour participer à la réconciliation et pour dire aux uns et aux autres que le plus important doit être la préparation des élections et que bien entendu ceci passe par la réunification du pays, le désarmement des forces en présence et pour la liberté des Ivoiriens. Afin que nous puissions ensemble retrouver une démocratie dans la paix, que nous essayions de nous renforcer dans notre confiance et faire en sorte que nous sortions de cette crise" a indiqué le président Alassane Ouattara avant de conclure sa brève intervention par une adresse spéciale aux jeunes.
"Je voudrais dire aux jeunes que le plus difficile est devant nous. Car la situation économique du pays est difficile, je dirais même catastrophique en tant qu'économiste.
Je voudrais leur dire que c'est ce chantier qui doit être notre priorité et que la paix nous aidera à préparer les fondements.
Nous avons un Premier ministre qui en a les capacités et qui doit essayer de faire les premiers gestes pour nous permettre de préparer dans les semaines qui viennent une Côte d'Ivoire apaisée, une Côte d'Ivoire démocratique où les Ivoiriens choisiront librement leurs représentants et leurs leaders" a souhaité le président Ouattara avant de prendre place à bord du véhicule 4x4 blindé mis à sa disposition par l'ONUCI.
A 19h 45, il a donc pris la direction de sa nouvelle résidence sise aux environs de l'hôtel du Golf à la Riviéra.
Akwaba Saint-Clair
"Le Nouveau Réveil"
COTE D'IVOIRE / DECLARATION D U PDCI-RDA SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE
Mercredi 25 Janvier 2006
La Direction du PDCI-RDA s'est réunie le samedi 21 et le lundi 23 janvier 2006 au siège du Parti à Cocody.
Les travaux ont porté sur la situation politique nationale marquée par des scènes de violence à Abidjan et dans certaines villes de l'intérieur du pays, à la suite du communiqué final qui a sanctionné la troisième réunion ministérie11e du Groupe de Travail International (GTI) le 15 janvier 2006.
Conformément à la Résolution 1633/2005 du Conseil de Sécurité de l'ONU, le GTI a noté l'expiration du mandat des Députés de la première législature de la deuxième République, à l'échéance du 16 décembre 2005.
Tout en excluant l'hypothèse d'une prorogation dudit mandat, le GTI a recommandé que le Premier Ministre, en concertation avec le Chef de l'Etat, puisse confier aux Députés des missions spécifiques en vue de la promotion de la paix et de la réconciliation nationale.
Le Groupe de Travail International n'a donc pas dissout l'Assemblée nationale en tant qu'Institution. Son communiqué ne concerne que le mandat de la législature qui vient de prendre fin.
Cependant, prenant prétexte de ce communiqué et répondant à l'appel du FPI
qui a volontairement créé la confusion, des hordes de jeunes dits "patriotes" et des éléments de la FESCI, ont envahi les rues d'Abidjan et celles de certaines villes de l'intérieur du pays, dressé des barricades et paralysé l'ensemble des activités économiques et sociales les 16, 17, 18 et 19 janvier 2006.
Ces manifestations ont eu pour cibles les Forces de l'ONUCI, la Force Licorne, le 43ème BIMA, l'Ambassade de France, des biens publics et privés.
Une fois encore, la RTI a été prise en otage pour servir d'instrument de diffusion de la haine et d'appel à l'insurrection.
Ces actions planifiées par le régime FPI et méthodiquement exécutées par des militants manipulés et instrumentalisés, ont aggravé le climat d'insécurité, affecté lourdement le processus de paix en cours et entraîné mort d'hommes.
Le PDCI-RDA condamne avec force toutes ces formes de violence ainsi que la
prise en otage du pays par les milices organisées et encadrées par des éléments des Forces de Défense et de Sécurité à la solde du FPI qui manœuvre pour' confisquer le pouvoir d'Etat par la terreur.
Le PDCI-RDA dénonce cette énième violation, en toute impunité, par les partisans du Président Gbagbo, du décret interdisant les manifestations sur la voie publique, ainsi que celle du paragraphe 18 de la Résolution 1633/2005.
Le PDCI-RDA s'incline avec respect devant la mémoire des morts et souhaite prompt rétablissement aux blessés.
Le PDCI-RDA déplore les souffrances et désagréments infligés aux populations
et leur exprime sa compassion.
Le PDCI-RDA déplore également les lourdes pertes subies par l'économie
ivoirienne ainsi que les graves préjudices causés aux opérateurs économiques
auxquels il exprime sa sympathie et son soutien.
Le PDCI-RDA, conscient des difficultés de la mission du Premier Ministre et du Gouvernement de Transition, les assure de son soutien et les exhorte à persévérer dans leur détermination à conduire à son terme le processus de sortie de crise par des élections justes et transparentes.
Le PDCI-RDA exprime sa gratitude à la Communauté Internationale pour les
efforts qu'elle ne cesse de déployer en vue du retour d'une paix durable en Côte d'Ivoire.
Le PDCI-RDA exprime sa reconnaissance au Président Olusegun Obasanjo, Président de l'Union Africaine pour sa constante sollicitude, pour son implication personnelle et diligente dans la résolution de la crise ivoirienne et pour les clarifications apportées au Communiqué du GTI.
Le PDCI-RDA prend acte de la Déclaration Présidentielle du. Conseil de Sécurité en date du 20 janvier 2006.
Le PDCI-RDA salue la volonté du Conseil de Sécurité de prendre dans les meilleurs délais, les sanctions appropriées à l'encontre àe tous ceux qui font obstacle au processus de paix.
Le PDCI-RDA invite les Forces de Défense et de Sécurité à se conformer à leur mission républicaine de défense des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire national sans aucune discrimination
Le PDCI-RDA en appelle à la vigilance de ses militants et du peuple de Côte d'Ivoire, face aux manœuvres d'obstruction, de manipulation, de désinformation orchestrées par le FPI et ses affidés pour se maintenir au pouvoir sans élection.
Le PDCI-RDA réaffirme son engagement à œuvrer pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire par des élections crédibles qui restaurent un véritable Etat de droit.
SOMMET DE L'UNION AFRICAINE / LE PRESIDENT SASSOU N'GUESSO DE LA REPUBLIQUE DU CONGO DESINE NOUVEAU PRESIDENT DE L'INSTITUTION PANAFRICAINE
Mercredi 25 Janvier 2006
KHARTOUM - Le président congolais Denis Sassou Nguesso a été désigné mardi par consensus pour un an président de l'Union Africaine (UA) au sommet de Khartoum, a annoncé le porte-parole de la présidence congolaise, Firmin Ayebba.
Le Soudan exercera cette responsabilité en 2007 a par ailleurs affirmé à la presse le porte-parole du ministère soudanais des affaires étrangères, Gamal Ibrahim.
Le président congolais Denis Sassou Nguesso, 62 ans, est un militaire rompu à la politique et à la diplomatie, qui a déjà dirigé entre 1986 et 1987 la défunte Organisation de l'unité africaine (OUA). Aux commandes de son pays de 1979 à 1992 et depuis la victoire de ses troupes dans la guerre civile en octobre 1997, le général Sassou Nguesso y a acquis une solide expérience du pouvoir, une habileté politique reconnue ainsi qu'un goût prononcé pour les questions panafricaines.
Grand, la mâchoire carrée, souvent décrit comme autoritaire, mélangeant volontiers humour et sarcasme, ce père d'une famille nombreuse porte la moustache et préfère les élégants costumes-cravates et les bijoux en or au treillis qu'il a remisé depuis longtemps.
Né en 1943 dans le département de la Cuvette (nord) d'une famille paysanne, Denis Sassou Nguesso s'est engagé en 1961 dans l'armée congolaise. Dès lors, l'histoire personnelle du jeune officier parachutiste va souvent croiser celle, troublée et violente, de son pays. De 1963 jusqu'à son arrivée au sommet de l'Etat en 1979, il est impliqué dans divers renversements de chefs d'Etat.
Pragmatique bien que cofondateur en 1969 d'un Parti congolais du travail (PCT) marxiste-léniniste, Denis Sassou Nguesso réussit, sitôt président, à mettre à exécution un plan de développement régional qui dote le Congo de près de 1.000 km de routes et de ponts.
Sur le plan africain, il entretient alors des relations privilégiées avec les dirigeants de différents mouvements de libération nationale et avec le pouvoir marxiste angolais, tout en conservant des liens étroits avec la France dont il reste un relais important en Afrique.
Porté à la tête de l'OUA en 1986, Sassou Nguesso sort le Congo de l'isolement diplomatique dans lequel l'avait plongé son orientation marxiste. Il en profite également pour contribuer à la création d'ensembles économiques sous-régionaux en Afrique et parcourt les capitales occidentales pour plaider le traitement de la dette de l'Afrique.
En 1988 à Brazzaville, il parvient à réunir pour la première fois face à face à Brazzaville des représentants de l'Angola et du régime d'apartheid sud-africain, qui soutient alors activement les rebelles angolais de l'Unita (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola), pour discuter de la paix en Afrique australe.
Il tisse également un réseau de relations avec ses pairs d'Afrique francophone. Il entretient notamment des liens privilégiés avec le Gabonais Omar Bongo Ondimba, doyen en exercice des chefs d'Etats africains, dont il est devenu le beau-père depuis le mariage de ce dernier avec sa fille Edith Lucie en 1990.
Lors des premières élections pluralistes organisées en 1992, il perd toutefois le pouvoir au profit de Pascal Lissouba. Sur fond de contestation des différents scrutins qui suivent la présidentielle, le Congo va s'enfoncer dans un cycle de violences.
En 1997, à l'issue de cinq mois de guerre civile qui ont permis, avec le soutien décisif de l'armée angolaise, à ses miliciens de vaincre ceux de M. Lissouba, le général Sassou Nguesso reprend les rênes du pouvoir. Un nouveau conflit, marqué par des exactions contre les populations, éclate fin 1998, que remportent une nouvelle fois les forces du général Sassou Nguesso, toujours avec l'appui de l'Angola.
En 2002, il légitime son pouvoir acquis militairement en remportant une présidentielle boycottée par les principaux dirigeants de l'opposition et entreprend de redorer le blason du Congo par une intense activité diplomatique. Il préside notamment depuis 2004 la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC). Le Congo est également depuis janvier et pour deux ans membre non permanent du Conseil de sécurité de l'Onu.
CAN - EGYPTE 2006 / SENEGAL 02 - ZIMBABWE 00
Mardi 24 Janvier 2006
Les Lions du Sénégal ont remporté leur première victoire face aux Warriors du Zimbabwé .
TOUTES NOS FELICITATIONS AUX LIONS ET BONNE CHANCE !!!!!!
CAN - EGYPTE 2006 / COTE D'IVOIRE 02 - LYBIE 01
Mardi 24 Janvier 2006
La Côte d'Ivoire a remporté son 2ème match face à la Lybie .
Souhaitons bonne chance à nos Eléphants pour les prochaines compétitions .
TOUTES NOS FELICITATIONS A L'EQUIPE QUI NOUS A FAIT HONNEUR !!!!!!!
COTE D'IVOIRE / PRESENTATION DE VOEUX DE NOUVEL AN 2006 A S.E.LAURENT GBAGBO PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE / ALLOCUTIONS
Mardi 24 Janvier 2006
DISCOURS DU DOYEN DU CORPS DIPLOMATIQUE,
DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO,
GENERAL MANGOU PHILIPPE ET
DU CARDINAL AGRE
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LE DOYEN DU CORPS DIPLOMATIQUE
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Monsieur le Président de la République,
Une fois de plus, l'honneur m'échoit de vous adresser, au nom des Collègues Ambassadeurs et autres Chefs de Mission accrédités en Côte d'Ivoire, tout comme en mon nom personnel, quelques mots tout simples, mais bien sincères, à l'occasion de l'échange traditionnel des vœux, au seuil de l'année nouvelle.
Cet échange de voeux témoigne du désir de bonheur qui habite le cœur humain, car la félicité ne doit pas être envisagée comme un repli sur soi au détriment des autres; c'est ensemble qu'on peut être pleinement humains, heureux, dans un climat de liberté et de respect mutuel. En définitive, le vrai bonheur n'est-il pas d'aimer et d'être aimé?
Les vœux que nous formulons s'adressent à vous, Mr. le Président, à vos proches, mais de proche en proche, nous les formulons à tous, car tous sont importants pour nous. Tous: ivoiriens et non ivoiriens, quel que soit le Pays d'où proviennent ces derniers.
Devant vous, Monsieur le Président, voici le Corps Diplomatique accrédité en Côte d'Ivoire, qui vous remercie pour votre disponibilité et pour la gentillesse que vous manifestez toujours à notre égard.
Nul n'ignore combien elle est délicate la tâche qui incombe aux Chefs des Missions Diplomatiques ainsi que des Organisations Internationales, partout dans le monde et donc ici en Côte d'Ivoire également. Cependant une chose est certaine: la charge que nous exerçons au nom de nos Gouvernements est toujours et prioritairement une mission au service de la paix et du développement de la Nation où nous sommes accrédités. Elle est également au service du renforcement des relations bilatérales qui lient nos Pays et le Pays où nous sommes envoyés.
Comme Votre Excellence le sait bien, en notre qualité de Diplomates, nous désirons contribuer, de toutes nos forces, à la cause de la paix et du développement en servant concrètement les valeurs et les principes qui mènent à cette paix et au développement qui sont à la base du bien commun de la Nation, de la Sous-Région, et donc de la Communauté Internationale toute entière.
Monsieur le Président, chacun de nous, à l'instar de nos gouvernements, a suivi attentivement - souvent « en retenant son souffle », mais toujours avec l'espérance « qui doit être la dernière à mourir» - chacun de nous a suivi, dis-je, les divers événements qui ont marqué la vie de la Côte d'Ivoire au cours de l'année 2005, dont notamment la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, la nomination du nouveau Premier Ministre et la formation de son Gouvernement, sans oublier les efforts déployés sans cesse par les Médiateurs Africains.
Concernant les événements de ces derniers jours, nous voulons exprimer notre douleur et notre compassion aux familles de ceux qui ont perdu la vie, en même temps que nos souhaits de prompt rétablissement à tous les blessés. Nous ne pouvons que regretter ce qui s'est passé, parce que nous sommes convaincus que toute vie est sacrée.
Monsieur le Président, nous avons suivi vos discours à la Nation, tout autant que les déclarations et les propositions des divers acteurs politiques aussi bien de votre mouvance que de celle de l'opposition. Dans toutes ces interventions nous avons perçu - naturellement avec les accents particuliers de chacun des protagonistes - le désir, voire la volonté, de parvenir au plus vite à la paix si vivement recherchée, de refaire l'unité du Pays, d'effectuer le désarmement, de réaliser des élections transparentes, dans un climat serein et apaisé. La nomination du nouveau Premier Ministre et des Membres du Gouvernement confirme notre profonde espérance - qui rejoint celle de tout ivoirien - de revoir, au cours de l'année 2006, une Côte d'Ivoire unie et solidaire, pacifique et prospère.
Qui, en définitive, ne veut pas la paix? Personne. Qui veut la paix? Tous. En Côte d'Ivoire également. Aucun sujet de la vie nationale, tout comme de la vie internationale, n'est aussi essentiel, dans notre contexte historique, que celui de la paix et de l'urgente nécessité d'éliminer les tensions. C'est la valeur primordiale qui répond aux désirs toujours plus profonds et aux aspirations de tous les habitants de notre cher Pays : c'est votre désir et Votre aspiration, Monsieur le Président de la République; c'est également le vœu de Monsieur le Premier Ministre, des Ministres, des Institutions de la République, des Partis Politiques, des Forces Armées, des Forces Nouvelles, des leaders des Communautés Religieuses, des jeunes et des adultes, de tous les hommes et femmes de bonne volonté. C'était et c'est encore l'ardent désir de la Communauté Internationale. À cet égard, nous voudrions saisir cette occasion pour rendre un hommage mérité à tous ceux qui ont aidé et aident encore à retrouver définitivement la paix en Côte d'Ivoire.
La paix! Combien de fois avons-nous entendu et répété que la paix est le bien le plus précieux des hommes, des peuples et des Etats? L'expérience enseigne, et nous en sommes témoins, que sans la paix il n'est pas possible de réaliser le développement intégral des individus, des familles, de la société et même de l'économie. Elle (la paix) est un devoir pour tous.
Vouloir la paix n'est assurément pas un signe de faiblesse mais plutôt une marque de force. S'il est vrai que le droit à l'existence - et à une existence digne - doit être garantie en premier lieu à toute personne par la Société, il est indéniable également que ce droit ne peut être séparé d'une autre exigence, tout aussi fondamentale, qui pourrait être appelée le droit à la paix et à la sécurité.
La paix! Elle est aujourd'hui encore menacée dans de nombreuses régions de notre planète. Mais elle est surtout menacée là où l'homme est opprimé par la pauvreté ou soumis aux contraintes sociopolitiques ou idéologiques ; là où les droits fondamentaux sont ignorés ou foulés aux pieds ; là où le bien-être intégral de la personne humaine n'est pas reconnu, promu, sauvegardé ; là où les êtres humains ne sont pas respectés dans leur valeur unique ; là où la personne est subordonnée aux intérêts égoïstes et à l'ambition du pouvoir sous toutes ses formes ; là où les pauvres et les faibles sont exploités par les forts, les simples par des personnes habiles et sans scrupules.
"Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux" (Mt 7,12) :
Cette maxime exprime la nécessité fondamentale de la coexistence dans la différence, qui s'applique aussi bien aux rapports existant entre les fils d'un même Pays qu'aux relations entre les Pays eux-mêmes.
Lorsqu'elle provient du cœur de l'homme, la paix n'a pas besoin d'armes : ni légères ni lourdes; ni de chars ni de matériel de combat. Elle ne connaît pas de "si" ni de "mais ". La paix est la paix tout court: ainsi donc la réconciliation est une condition indispensable à la paix. Voilà pourquoi la paix ne peut s'accommoder de la division; elle est plutôt basée sur l'unité de toute la nation, de ses citoyens et de tous ses habitants sans distinction du lieu de provenance, dans le respect constant des différences liées aux traditions, aux cultures, à la religion et à la situation sociale.
Dès lors, la division d'une nation ne peut être perçue que comme une menace à la survie de la nation elle-même et de ses habitants. La paix est synonyme de justice, d'une justice sociale égale pour tous.
Les douloureuses expériences de violence que, pendant plus de trois longues années, les populations de Côte d'Ivoire ont dû subir, mettent en évidence la nécessité d'un effort ultime à faire, d'un dernier sacrifice à consentir en vue de reconstruire finalement une paix durable et vraie sous le signe de l'unité nationale et de la justice.
Nous sommes fermement convaincus, Monsieur le Président, qu'un état de droit, fondement indispensable de toute démocratie, ne peut s'imposer de l'extérieur ni s'improviser.
Au contraire, il exige, pour sa construction et son maintien, la persévérance, l'éducation, la constance, la confiance. Il exige aussi des sacrifices. Il requiert une croissance permanente ainsi que la conscience civique et sociale, tout comme une participation active de toutes les composantes du Pays à la construction du bien commun.
En particulier, il exige que toutes les structures de l'Etat soient mises au service de tous les citoyens; il requiert que se développe toujours davantage un dialogue dynamique entre toutes les composantes politiques et sociales dans la recherche du précieux bien commun, dans le respect de tous et de chacun.
Monsieur le Président, nous voulons croire - bien mieux nous sommes convaincus - que la Côte d'Ivoire a pris résolument la bonne voie et est entrain de reconquérir pleinement la paix et la stabilité, tout autant que le prestige international qui l'a toujours caractérisé. Nous ne pouvons que nous en réjouir et nous en féliciter avec vous, avec tous, sans aucune distinction. Car personne n'a le droit de prolonger davantage l'attente des Ivoiriennes et des Ivoiriens, et de tous les habitants du Pays, qui rêvent, de toutes leurs forces de réconciliation et de fraternité, d'unité et de prospérité.
Dans cette marche résolue vers des lendemains plus rayonnants rendus possibles par des élections libres, justes et transparentes, la Côte d'Ivoire peut compter sur le soutien, la franche amitié et la solidarité active de la Communauté Internationale.
Puisse cette année nouvelle, qui s'ouvre devant nous, être celle que l'histoire retiendra comme l'année de la réunification et de la paix définitive en Côte d'Ivoire. Une année au cours de laquelle nous souhaitons que la générosité l'emporte sur l'égoïsme, la solidarité sur les intérêts personnels, la disponibilité sur les replis frileux.
Montrons-nous, tous, pleinement humains et le bonheur adviendra. Les anciens Grecs disaient: «All'hotan speude tis autos, ko theos synaptetai» ("Quand quelqu'un travaille sérieusement, Dieu travaille avec lui"). Courage Côte d'Ivoire: porte à son terme ton œuvre de réconciliation, d'unité nationale et de paix pour le bien de tous !
Heureuse Année, Paix et Prospérité à Vous, Monsieur le Président, et à tous les habitants de ce beau et noble Pays! Que le Tout-Puissant nous garde et nous bénisse.
Nous vous remercions.
Mario Roberto Cassari
Nonce Apostolique Doyen du Corps Diplomatique
Abidjan, le 23 janvier 2006
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DISCOURS DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO
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Excellence, Monseigneur Mario Roberto Cassari, Doyen du Corps Diplomatique,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de Missions diplomatiques, Représentants des organisations Internationales,
Mesdames, Messieurs
C'est toujours un honneur et une joie renouvelée pour moi d'accueillir, en ce Palais de la Présidence de la République, le Corps Diplomatique accrédité en Côte d'Ivoire, à l'occasion de la cérémonie traditionnelle d'échange de vœux. Merci, Excellences, pour le message plein de sagesse, d'amitié et de considération que vous venez d'adresser au peuple ivoirien, à ses dirigeants et à tous les habitants de ce pays.
Merci pour les vœux de bonheur et de paix que vous avez si chaleureusement exprimés à l'endroit de la Côte d'Ivoire. Votre message et vos vœux nous vont d'autant plus droit au cœur que notre pays, vous le savez aussi bien que nous, traverse une période difficile de son histoire, depuis plus de trois ans.
Dans cette épreuve, vous l'avez dit, et je m'en réjouis, les amis de la Côte d'Ivoire ne nous ont pas abandonnés. Je le sais, chacun de vous, chacun des pays et organisations que vous représentez, déploie des trésors d'énergie pour ramener la Paix dans notre pays. C'est pourquoi nous sommes peinés quand parfois notre espérance commune est contrariée par des événements inattendus.
Ainsi, l'histoire aura voulu que les premiers jours de la nouvelle année soient marqués par les événements consécutifs à la dernière déclaration du Groupe de Travail International; des événements que personne - je le pense - n'avait souhaité; des événements que nous déplorons tous et qui interpellent autant les Ivoiriens que les amis de la Côte d'ivoire à travers le monde.
Je salue ici la mémoire des personnes qui ont perdu la vie au cours de ces journées à Guiglo, à Duékoué, à San-Pedro, à Abidjan. Leur mort nous touche d'autant plus qu'elles sont tombées là où personne ne pouvait s'y attendre. Je souhaite un prompt rétablissement aux blessés et j'exprime la compassion de la nation ivoirienne envers tous ceux qui ont subi des dommages, en particulier envers le personnel de l'Opération des Nations Unies en Côte d'ivoire et des Organisations humanitaires internationales.
Je commence mon propos par ces événements parce qu'ils montrent combien la Paix est une denrée fragile; combien grande est la responsabilité des acteurs de la Paix, en particulier quand ils sont en mission dans un pays en crise où parfois il suffit d'un mot, d'une phrase ou d'une attitude ambiguë pour compromettre les fruits d'un effort de longue haleine.
L'action pour la Paix n'est pas une aventure solitaire. Elle se mène pour des hommes et des femmes. Elle se mène avec des hommes et des femmes dont l'adhésion et la confiance sont indispensables au succès. C'est pourquoi elle demande la patience, la compréhension et le respect mutuel. La Paix se nourrit d'amour, l'amour de la compréhension, la compréhension du respect. T out être humain, même le plus petit d'entre nous, a un besoin naturel de considération. La Côte d'Ivoire a besoin de considération.
En parlant des événements ayant marqué le début de la nouvelle année, je voudrais rappeler l'attaque des camps militaires d'Akouedo qui, pour moi, n'est pas un simple incident mais bien une manœuvre pour détourner les Ivoiriens du chemin de la Paix. Elle s'inscrit, à mon sens, dans la même logique que les attaques meurtrières de Petit Duékoué et de Guitrouzon, d'Anyama et d'Agboville.
J'en suis venu à penser, en observant attentivement l'enchaînement des faits, qu'il y a des personnes en Côte d'Ivoire et hors de Côte d'Ivoire qui ont intérêt à ce que la crise perdure. Sinon comment comprendre que chaque fois que nous sommes au seuil de la Paix, un fait survient pour détourner notre attention!
Heureusement, Excellences, ces épisodes déplorables sont de courte durée car les Ivoiriens et tous les habitants de ce pays sont fatigués de la guerre. Nous voulons la Paix. Tout simplement.
Les sacrifices consentis depuis plus de trois ans, l'implication de tous les protagonistes dans la gestion de la crise, l'application scrupuleuse, par les autorités et les institutions ivoiriennes, des différents accords de Paix, témoignent de la volonté des Ivoiriens à faire la Paix sans calcul, sans exclusion, ensemble. C'est le sens de la campagne pour la Paix que j'ai initiée l'année dernière et qui se poursuivra tout au long de cette année.
Vous venez de rappeler la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, les efforts déployés par les Médiateurs Africains, la nomination d'un nouveau Premier ministre et la formation) de son Gouvernement. Ces changements, auxquels les amis de la Côte d'Ivoire ont fortement contribué, sont voulus et acceptés- par les Ivoiriens, parce qu'ils s'inscrivent parfaitement dans le cadre du fonctionnement normal des institutions de la République.
C'est donc un abus de langage quand j'entends parfois parler d'un Gouvernement de transition en Côte d'Ivoire. La transition suppose la rupture totale dans le fonctionnement de l'Etat. La Côte d'Ivoire est en crise mais ce pays n'est pas en faillite.
L'Etat ne s'est pas effondré. Malgré l'occupation d'une partie du territoire national, les lois et les décisions adoptées, par le Président de la République et le Parlement notamment, sont valables pour l'ensemble du pays. Le sens du combat des Ivoiriens c'est précisément que l'Etat continue d'exister et de fonctionner normalement, avec les élus qu'ils ont librement placés à la tête et au sein des institutions issues de la Constitution de juillet 2000.
Les élections n'ayant pu se tenir en 2005 aux dates fixées, du fait de la guerre, les amis de la Côte d'Ivoire ont préconisé des mesures conformes aux dispositions prévues en l'espèce pat la Constitution. Le nouveau Gouvernement de la République a pour mission de réussir le désarmement, la réunification du pays, la préparation et l'organisation des élections; ce qui est sa raison d'être.
Outre cette mission essentielle, il doit veiller au fonctionnement régulier des services de l'Etat, dans le respect des institutions; ce qui est la tâche de tout Gouvernement. Le Président de la République est le garant des institutions. Il veille à leur équilibre. Le Gouvernement et le Président de la République sont donc dans un jeu de rôles. C'est pourquoi le Premier ministre et moi-même nous ne nous piétinons pas et nous ne nous piétinerons pas.
Notre mission à tous, dans cette période, c'est de tout mettre en œuvre pour réunir les conditions nécessaires à l'expression libre et souveraine de la volonté du peuple ivoirien, à travers des élections justes et transparentes. Sur cette voie, le Premier ministre a tout mon soutien. J'observe qu'il a aussi le soutien de la Communauté internationale et je m'en réjouis. Comme il l'a dit lui-même, nous sommes en tandem. La pente peut être parfois rude. C'est, pourquoi nous devons conjuguer nos efforts, pédaler au même rythme, harmoniser nos gestes et nos propos.
C'est à cette condition que nous pourrons éviter à notre pays de sombrer davantage dans la division car, malheureusement, l'intelligence humaine a parfois tendance à dresser les catégories les unes en face des autres, à opérer des classifications faciles, quand elle manque l'effort nécessaire de compréhension. On a ainsi vite fait de voir des mouvances antagonistes là où la nation, en proie à une crise sans précédent, s'interroge sur son avenir et s'inquiète de l'avenir des institutions démocratiques dont elle s'est dotées au terme d'un long combat.
Nous nous sommes battus dans ce pays, contre le parti unique, pour obtenir le multipartisme puis la démocratie. C'est pourquoi les Ivoiriens se dressent chaque fois que les tentatives de coups d'Etat, armés ou non, la guerre, l'occupation, qui sont par essence la négation même de la démocratie, viennent remettre en cause les acquis de leur lutte.
Si donc il y a bien une ligne de démarcation dans ce pays, elle n'oppose pas d'un côté les «partisans de Gbagbo », comme certains se plaisent à le dire, à des partisans d'une cause que l'on se garde bien de nommer!
La contradiction fondamentale, que la crise actuelle permet chaque jour d'observer, oppose d'un côté les partisans de la voie démocratique et, de l'autre, les partisans de la voie des armes pour conquérir et exercer le pouvoir. La démocratie doit l'emporter.
J'ai toujours refusé la dictature, c'est à dire le pouvoir par les armes mais aussi le pouvoir sans contre pouvoir. C'est une erreur de penser qu'en supprÎ111ant les contre pouvoir, on se donne plus de moyens de régler les crises. L'histoire est jalonnée d'exemples démontrant que chaque fois que l'on a procédé ainsi, les crises se sont plutôt exacerbées.
Pour ma part, malgré les alliances de cœur ou de raison que j'observe ici et là, j'ai du mal à ranger tous mes adversaires politiques dans une même mouvance que ceux qui ont pris les armes contre la République. Une chose est en effet de s'opposer à la politique menée à la tête d'un pays, de se donner les moyens démocratiques nécessaires aux changements que l'on souhaite, et une autre de prendre les armes contre son propre pays pour y opérer des changements par la force. Les Ivoiriens condamnent, dans leur grande majorité, la voie des armes.
Mais qu'importe aujourd'hui ces nuances? N'avons-nous pas, au nom de la Paix, et pour obtenir le désarmement, accepter tout le monde dans un même gouvernement? Alors, y a - t - il encore, à proprement parler, une opposition en Côte d'Ivoire? Par définition, un parti ou un mouvement ci' opposition est un parti ou un mouvement non représenté au Gouvernement. L'opposition civile et armée, représentée ou non au Parlement, est aujourd'hui au Gouvernement. Travaillons à guérir les plaies en nous gardant de transforIi1er les cicatrices en stigmates. Il faut éviter de ruser avec l'intelligence des peuples.
Monseigneur,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Vous l'avez dit, c'est ensemble qu'on peut être heureux. C'est également ensemble qu'on peut construire la Paix. Une Paix conquise ou imposée pour les uns, dans le mépris des autres, divise la nation contre elle-même. Les Ivoiriens veulent la Paix pour eux-mêmes. Ils la veulent pour tous les habitants de ce pays, pour les étrangers qu'ils ont accueillis et continuent d'accueillir et qui vivent depuis des années en harmonie avec eux. Ils veulent la Paix pour tous les pays voisins de la Côte d'Ivoire, pour l'Afrique de l'Ouest et pour tout le continent.
Je salue, à cet égard, les bonnes dispositions du Corps diplomatique accrédité en Côte d'Ivoire. Nous avons besoin de vous, de votre aide pour construire la Paix. Je forme pour chacun de vous, pour les Chefs d'Etats et responsables d'institutions que vous représentez si dignement en terre ivoirienne, les vœux sincères de bonheur personnel et de prospérité.
Que cette année 2006 voit se raffermir davantage les liens d'amitié, de coopération et de respect mutuel qui unissent la Côte d'Ivoire et les Ivoiriens à vos différents Etats et Organisations.
Il me plaît en particulier de reprendre après vous, la formule par laquelle vous avez terminé votre message : «Quand quelqu'un travaille sérieusement, Dieu travaille avec lui. »
Puisse Dieu accorder à chacun de nous le courage nécessaire pour travailler sérieusement à la Paix, afin que 2006 soit l'année du désarmement, de la réunification, des élections et de la Paix définitive en Côte d'Ivoire.
Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire!
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DISCOURS DU GENERAL MANGOU
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Excellence Monsieur le Président de la République,
En Janvier dernier, devant vous, dans cette même enceinte, les Forces de Défense et de Sécurité de Côte d'Ivoire, par ma modeste voix, émettaient le vœu que l'année 2005 soit pour la Côte d'Ivoire celle de la Réunification, de la Paix et de la Communion retrouvée entre toutes ses filles et ses fils.
Une année après, notre Pays reste malheureusement toujours coupé en deux, son Economie toujours déliquescente, ses enfants toujours aussi profondément divisés que misérables.
Pour tout dire, Excellence Monsieur le Président de la République, l'année 2005 n'a pas échappé aux difficultés nées de la crise que traverse le Pays depuis trois (03) ans et dans lesquelles les Forces de Défense et de Sécurité ont encore été le point d'orgue avec notamment les attaques des localités d'Anyama, d'Agboville et celle de la caserne d'Agban.
Mais les Forces de Défense et de Sécurité ont su réagir et rester débout en 2005 accomplissant avec réussite les tâches quotidiennes tout en misant sur l'avenir.
L'on a ainsi pu noter que les différents centres de formation (FANCI ¬GENDARMERIE - POLICE - DOUANES ¬EAUX et FORETS) sont restés fonctionnels. Mieux, l'entraînement des hommes s'est même étendu aux zones opérationnelles, permettant ainsi d'accroître les qualifications et les compétences dans les unités dont certaines quasiment inexistantes depuis 2002 ont pu être relocalisées quand d'autres ont été remodelées ou mises sur pied.
Je veux parler du Gouvernorat Militaire de la Région Ouest et du Centre de Commandement des Opérations de Sécurité (CeCOS) dont les Ivoiriens peuvent chaque jour juger des résultats plus qu'honorables.
C'est à ce stade de mon propos Excellence Monsieur le Président de la République que je voudrais ici, devant vous et devant la Nation, féliciter l'ensemble des personnels des Forces de Défense et de Sécurité pour la bataille menée au quotidien afin de garantir les libertés individuelles et collectives des Ivoiriens et de tous ceux qui vivent sur ce sol de tolérance et de fraternité.
Monsieur le Commandant Supérieur de la Gendarmerie Nationale;
Monsieur le Directeur Général de la Police Nationale;
Monsieur le Directeur Général des Douanes; Monsieur le Directeur Général des Eaux et Forêts;
Officiers, Sous-officiers, Militaires du Rang des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d'Ivoire, Bravo pour votre courage et votre détermination.
Continuons à honorer la mémoire de nos martyrs tombés depuis 2002, à aimer notre pays et tenons nous toujours prêts à le servir au péril de notre vie. - L'histoire saura s'en souvenir.
Excellence Monsieur le Président de la République, le difficile démarrage de cette année 2006 caractérisé par les attaques des camps d'Akouédo et les récents mouvements de population ne doivent et ne nous ferons pas perdre espoir - Bien au contraire.
Depuis le 25 Décembre 2005, avec l'avènement du nouveau Gouvernement de Réconciliation Nationale, les Ivoiriens entretiennent de réels espoirs de paix. Des espoirs que l'ensemble de la classe politique et de la société civile ivoirienne se doivent de conforter au quotidien: Paroles, écrits et attitudes devront donc s'inscrire dans une logique de paix et de fraternité vraie.
Et c'est ici qu'il convient, Excellence Monsieur le Président de la République, d'en appeler - une fois encore avec votre permission - à la responsabilité du nouveau Gouvernement de Réconciliation Nationale.
Les ivoiriens et avec eux la communauté internationale attendent beaucoup – Je dirai même attendent énormément - de cette nouvelle équipe. Avec vous, Excellence Monsieur le Président de la République, le nouveau Gouvernement doit impérativement réussir sa mission en sortant notre pays de ce cauchemar qui n'a que trop duré, en s'attaquant au plus tôt aux tâches essentielles du désarmement et de la réunification du territoire, le tout dans un contexte apaisé.
Pour leur part les Forces de Défense et de Sécurité se tiennent prêtes à jouer leur partition aux fins d'un aboutissement heureux du processus de paix.
Nous n'aurons cesse de le répéter: les Forces de Défense et de Sécurité, qui continuent de payer le prix du sang pour une Côte d'Ivoire digne et réconciliée avec elle-même ont pris le parti de la Légalité. Est-il dès lors concevable qu'elles puissent combattre la souveraineté, la liberté et la justice, des vertus qui fort heureusement ont encore un sens pour une grande majorité d'ivoiriens ?
A ceux qui aujourd'hui par ignorance, par cupidité, par méchanceté ou par mauvaise foi combattent les Forces de Défense et de Sécurité, nous disons: "Mesdames et Messieurs, si demain, le peuple de Côte d'Ivoire décide de vous accorder sa confiance, les Forces de Défense et de Sécurité seront là pour vous protéger, pour vous permettre de gouverner en toute quiétude. Lorsque vos filleuls auxquels vous n'avez enseigné que l'amour de la Kalashnikov, de la drogue et de l'argent facile se retourneront inévitablement contre vous, parce que le chien ne change jamais sa manière de s'asseoir, les Forces de Défense et de Sécurité seront encore là pour protéger au péril de leur vie la République que vous incarnerez alors.
Tel est le sens de notre combat… et rien d'autre". Car les Forces de Défense et de Sécurité ne sont pas à vendre. Les Forces de Défense et de Sécurité ne sont pas à acheter. D'ailleurs ceux des immoraux qui n'ont pas su résister à la diabolique tentation ne font plus aujourd'hui partie de leur rang. Notre mission faut-il le rappeler est bel et bien de :
- Défendre l'intégrité du territoire en tout temps en tout lieu et en toute circonstance;
- Défendre les Institutions légalement mises en place;
- Assurer la sécurité des personnes et des biens.
Frères et soeurs, il est temps, grand temps de faire la paix; Ressaisissons-nous, sauvons notre pays, permettons à nos enfants de s'accomplir par l'éducation, dans un environnement sain, dans un environnement de paix - Car Dieu ne nous pardonnerait jamais le sacrifice à des fins égoïstes de milliers de ces enfants.
Excellence Monsieur Le Président de la République,
Je ne saurais mettre un terme à cette adresse sans une attention particulière à la Communauté Internationale.
Merci à ces hommes et femmes venus pour certains de si loin en abandonnant femmes et enfants afin de nous aider à retrouver la paix.
Chers frères d'armes, Mesdames et Messieurs, Merci de croire en nous, merci de toujours croire en la Côte d'Ivoire malgré les derniers événements douloureux; situation dont vous n'êtes pourtant aucunement responsables. Sachez que les Forces de Défenses et de Sécurité seront toujours à vos côtés, en espérant du fond du cœur que l'année 2006 constitue le couronnement de votre noble engagement.
La Côte d'Ivoire saura vous le reconnaître.
Merci à vous Excellence Monsieur le Président de la République, Merci de toujours privilégier l'intérêt national, merci de l'oreille toujours attentive accordée à vos vaillantes populations, .auxquelles nous vous demandons de bien vouloir transmettre toute notre détermination à assurer la sécurité et à œuvrer dans le sens de la réconciliation entre toutes les filles et fils de ce pays.
Bonne et heureuse année 2006 à vous Excellence Monsieur le Président de la République, à votre famille et à tous ceux qui vous sont si chers, j'ai nommé l'ensemble des populations vivant dans ce pays.
Que Dieu vous bénisse
Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire et tous ceux qui lui apportent leur concours dans sa quête de paix.
Je vous remercie.
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DISCOURS DE MONSEIGNEUR BERNARD CARDINAL AGRE
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Excellence, Monsieur le Président de la République,
Fidèles à une tradition déjà ancienne, Responsables religieux de toutes les confessions en service dans le pays, nous venons vous saluer et vous présenter nos vœux fervents à l'occasion du Nouvel An.
Au-delà des simples règles de civilité nationale, notre démarche communautaire, ce jour, se veut une occasion de vous assurer de nos prières au Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux, Maître du temps et de l'histoire, pour vous, pour les membres de votre famille et pour tous vos collaborateurs, afin qu'il jette à poignée sur vous, d'abondantes grâces de santé robuste, de foi, d'espérance et d'amour pour tenir ferme et droit le ''Navire Ivoire" dans la sérénité et la transparence.
Le tournant historique pris par notre peuple dans sa quête de paix commande plus que jamais la conscience aiguë de vos responsabilités exceptionnelles.
Le monde extérieur, ainsi que les jeunes et les adultes, toutes catégories confondues, ceux de nos villes et de nos campagnes, vous regardent. Dans leur diversité et leurs motivations humaines, ils retiennent leur souffle. Ils expriment leur désir ardent de voir ce nouvel essai de règlement de la crise ivoirienne être le bon et le définitif. Aussi, prions-¬nous tous pour que vous, Monsieur le Président de la République, vous soyez, au quotidien, le père attentif de chaque citoyen et de chaque habitant de ce pays, dans la vérité, afin que, par contagion capillaire, les grands et les petits s'installent enfin dans la responsabilité constructive, au bénéfice de cette noble et belle Côte d'Ivoire.
Nous prions l'Eternel Dieu Tout-Puissant afin qu'il vous accorde ainsi qu'à vos collaborateurs à tous les échelons et à tout notre peuple, la crainte de Dieu qui est le commencement de la sagesse, le respect scrupuleux de la personne humaine qui reste sacrée, vivante ou morte, l'amour de la nation, le respect de la parole donnée, l'amour du travail bien fait, la solidarité agissante, ennemie de la haine et de la méfiance réciproque. Toutes valeurs et vertus qui font les nations fortes et rayonnantes.
Que Dieu vous bénisse, Excellence Monsieur le Président de la République, vous et tout le peuple ivoirien.
Bonne, Heureuse et
Sainte Année 2006.
Je vous remercie.
Pour les Responsables Religieux
+ Bernard Cardinal AGRE
Archevêque d'Abidjan
CAN-EGYPTE 2006 / SENEGAL 02 -ZIMBABWE 00
Lundi 23 Janvier 2006
Le Sénégal leader de la poule D après sa victoire contre le Zimbabwé (2 buts à 0)
Le Sénégal a disposé du Zimbabwé sur le score de 2 buts à 0, cet après midi à Alexandrie.
Buts de Henri Camara et de Issa Bâ. A la 59 ème minute, Barry a accéléré et trouvé Henri Camara qui élimine le gardien et frappe dans le but vide à l'entrée de la surface.
C'est fait, le Sénégal a ouvert le score! A sept minutes de la fin, sur son premier ballon, Issa Ba (qui a remplacé Diouf) pousse le ballon au fond des filets.
Henri Camara s'amuse de la défense côté droit et donne un caviard à son jeune partenaire qui conclut à 5 mètres.
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU COMITE CENTRAL DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN
Lundi 23 Janvier 2006
SUITE A SA DECISION DE RETRAIT DU PROCESSUS DE PAIX , LE FRONT POPULAIRE IVOIRIEN PARTI AU POUVOIR A FAIT LA DECLARATION SUIVANTE
La gestion de la crise ivoirienne s’est toujours caractérisée par des hésitations, des atermoiements et une attitude incohérente de la communauté internationale. Cette attitude s’est notamment illustrée, ces derniers temps, de la plus mauvaise manière avec la position inopportune exprimée par le Groupe international de travail (GIT), au terme de sa réunion du 15 janvier 2006.
Le communiqué sanctionnant cette réunion indique en substance que « le mandat de l’Assemblée Nationale, qui a expiré le 16 décembre 2005, n’a pas à être renouvelé », outrepassant ainsi ses prérogatives telles que définies par la résolution 1633 du Conseil de sécurité des Nations Unies, notamment en son article 11.
Le Front populaire ivoirien, exacerbé :
- a été amené à prononcer son retrait du processus de paix tel que conduit par cette communauté internationale ;
- a appelé ses ministres à s’abstenir de toute activité du Gouvernement Banny ;
- a exigé le départ des différentes Forces étrangères du pays ;
- a demandé au Président de la République de mettre en place un gouvernement de libération nationale.
Cette position du FPI a eu l’adhésion massive et spontanée de tous ses militants, ainsi que la majorité de nos compatriotes, ulcérés par la duplicité de la communauté internationale visant insidieusement à atteindre à la souveraineté de notre pays en neutralisant toutes les institutions de la République.
Au lendemain de la publication de cette position, la Direction du FPI a été appelée, par la Président de la République, Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo qui, en tant que garant des Institutions et du processus de paix, a demandé aux responsables du Parti de revenir sur leur position tout en étant sensible à la pertinence des arguments développés à l’appui de celle-ci.
Par ailleurs, le FPI a été également approché par des responsables d’organisation de la société civile et de Partis politiques ivoiriens. Ces autorités ont aussi appelé à l’apaisement et à la poursuite du processus de paix.
Mais, l’événement marquant des derniers jours c’est assurément la mission d’urgence effectuée par le Président Olusegun Obasanjo, Président de la République fédérale du Nigeria, Président de l’Union africaine.
Au terme de la séance de travail que Son Excellence Monsieur le Président Obasanjo a eue avec son homologue ivoirien, en présence de Monsieur le Premier ministre Charles Konan Banny, des représentants de l’ONU, de la CEDEAO et de la médiation de l’Union africaine, il a déclaré, notamment, que :
- le GIT n’a pas le pouvoir ni la compétence de dissoudre l’Assemblée Nationale ;
- le GIT n’a pas dissous l’Assemblée Nationale au terme de sa réunion du 15 janvier 2006.
Ceci constitue incontestablement une grande victoire pour le Front populaire ivoirien et l’ensemble des patriotes ivoiriens.
Prenant en compte cette évolution encourageante de la situation :
- le Comité central du FPI exprime toute sa gratitude aux patriotes, aux Ivoiriens et aux Ivoiriennes pour leur grande mobilisation et les encourage à persévérer dans la lutte ;
- le Comité central du FPI assure le Président Laurent Gbagbo de tout son soutien et de sa disponibilité à l’aider à ramener définitivement la paix dans notre pays.
- le Comité central du FPI tient à remercier le Président Olusegun Obasanjo pour son implication prompte et courageuse dans le dénouement de la crise ivoirienne ;
- le Comité central du FPI note, hélas ! et avec une profonde amertume et indignation, que la décision du Groupe international de travail (GIT) a encore endeuillé notre pays avec la mort de plusieurs jeunes manifestants à travers tout le pays ;
- le Comité central du FPI ;
- le Comité central du FPI condamne, avec la dernière énergie, les tirs à balles réelles du contingent de l’ONUCI de Guiglo ayant occasionné la mort de 5 jeunes manifestants aux mains nues et fait 22 blessés dont 8 graves.
- Le Comité central du FPI s’incline avec déférence devant la mémoire de ces jeunes, sauvagement massacrés ; apporte sa compassion et exprime ses condoléances aux familles et amis des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux blessés ;
- le Comité central demande au parti d’entreprendre toutes les actions utiles afin de traduire les auteurs de ces crimes devant les tribunaux compétents.
- le Comité central du FPI condamne le silence coupable de l’ONU et des médias internationaux sur ces violations flagrantes de droits humains.
- le Comité central s’élève contre les exactions sur les populations civiles commises par le contingent Togolais de l’ONUCI dans la commune de Koumassi, après la levée des barrages, qui se sont traduites par 23 blessés.
- Le Comité central du FPI relève, par ailleurs, que pendant les chaudes heures que vient de vivre notre pays, nos forces de défense et de sécurité (FDS) ont, encore une fois de plus, par leur professionnalisme et surtout leur attachement aux valeurs de la République, permis d’éviter bien des dégâts.
Pour le Comité central, cette victoire n’est qu’une étape sur le long chemin des futures batailles. Celles qui nous attendent sont le désarmement, la réunification du pays et l’organisation d’élections justes et transparentes.
Le Comité central demande, par conséquent, aux militants du Front populaire ivoirien, à tous les patriotes, à toutes les Ivoiriennes et à tous les Ivoiriens, profondément attachés à la démocratie, à la liberté, à la défense de toutes les Institutions de la République, à tous les amis de la Côte d’Ivoire, de rester vigilants et mobilisés jusqu’à ce que notre pays retrouve une paix définitive et durable.
Fait à Abidjan, le 22 janvier 2006
Le Comité Central du FPI
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DES FEMME DE COTE D'IVOIRE SUR L'AGRESSION DU MINISTRE COFFI STUDER
Lundi 23 Janvier 2006
Le 19 Janvier 2006, Madame la Ministre Déléguée à la Communication, Madame Martine COFFI STUDER,
s'est rendue dans les locaux de la RTl, à l'effet de faire diffuser la déclaration de Monsieur le Premier Ministre, Charles Konan BANNY, relative aux évènements socio politiques des 16, 17, 18 et 19 janvier 2006.
Les femmes de Côte d'Ivoire ont appris avec stupeur et indignation que Madame la Ministre Déléguée à la Communication, a subi des violences physiques perpétrées par Monsieur Ben ZAHUI, Journaliste à la RTl.
- Vu l'extrême gravité des faits,
- Vu qu'il s'agit manifestement d'un cas de violence exercée sur une femme,
-Vu que Madame COFFI STUDER Ministre Déléguée à la Communication est la Ministre de tutelle de la RTl, employeur de Monsieur Ben ZAHUI,
- Vu que Madame la Ministre a été agressée dans le cadre de l'exercice de ses fonctions,
- Vu la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies relative à l'implication des femmes dans la prise de décision
- Vu qu'il s'agit d'une violation flagrante des droits humains,
. Considérant la reconnaissance des droits des femmes par les instruments internationaux et régionaux, auxquels la Côte d'Ivoire a adhéré,
. Considérant les lois nationales réprimant la violence sous toutes ses formes, . Considérant que ce n'est pas le premier cas de violence exercé sur les femmes:
des femmes en train d'être accouchées ont succombé des commerçantes de vivriers ont perdu leurs stocks de produits,
de nombreux cas de viols et d'homicides ont été signalés.
Nous, femmes de Côte d'Ivoire, de façon unanime:
- Adressons nos sincères condoléances aux familles endeuillées et notre compassion aux personnes blessées
- Exprimons notre compassion et notre solidarité à Madame COFFI STUDER bafouée dans sa dignité
- Condamnons avec fermeté cet acte d'agression rétrograde, ignoble et honteux;
- Interpellons Monsieur le Chef de l'Etat et Monsieur le Premier Ministre, sur le
comportement de Monsieur Ben ZAHUI qui porte atteinte à l'image de la RTl et à l'honorabilité de la Côte d'Ivoire, afin de prendre des mesures appropriées, pour que de tels actes ne se reproduisent plus jamais.
-Demandons d'ores et déjà, la radiation pure et simple de Monsieur Ben ZAHUI des effectifs de la RTl.
-Demandons au Chef de l'Etat de faire indemniser les femmes commerçantes de produits vivriers victimes.
Les femmes de Côte d'Ivoire se tiennent mobilisées pour défendre leurs intérêts.
Madame Salimata PORQUET
Présidente
INTERVIEW DE M.SORO GUILLAUME SECRETAIRE GENERAL DES FORCES NOUVELLES SUR LA SITUATION POLITIQUE
Lundi 23 Janvier 2006
L’inter : Monsieur le secrétaire général, on parle beaucoup de votre retour à Abidjan depuis la formation du nouveau gouvernement. A quand ce retour ?
Guillaume Soro (GS) : Laissons le temps au temps. J’ai décidé de demeurer dans le gouvernement de transition. Vous savez qu’après la dissolution du gouvernement de réconciliation nationale dirigé par le Premier ministre Seydou Diarra qui n’a pas démérité, il était question de la nomination d’un nouveau Premier ministre. Après toutes les tractations et les consultations, les Forces nouvelles ont pris acte et ont apporté leur soutien à la personne de M. Charles Konan Banny comme Premier ministre. De ce fait, dès lors qu’après avoir réclamé que les Forces nouvelles aient un statut défini dans le processus de paix, il est de mon devoir, d’assumer pleinement la nouvelle fonction qui m’échoit en tant que ministre d’Etat chargé de la Reconstruction nationale et de la Réinsertion. Le statut, vous le savez, fait de moi la deuxième personnalité du gouvernement après le Premier ministre. A partir de là, je ne peux pas me dérober à la tâche qui est la mienne. J’irai à Abidjan. J’ai déjà initié l’ensemble des rencontres nécessaires pour ma propre sécurisation dans la capitale ivoirienne. Vous avez appris tous les événements qui s’y déroulent. Les attaques de camps militaires, çà et là, le grand banditisme. Il est donc préférable que je puisse prendre des mesures sécuritaires avant de m’y rendre. J’ai contacté à cet effet les responsables de l’ONUCI (Ndlr : Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire), qui actuellement, sont en train de travailler sur un plan sécuritaire. Dès que tout sera rentré dans l’ordre, je serai à mon poste et je me mettrai au service de la réconciliation, de la paix.
L’inter : Vous aviez exigé en son temps que Yamoussoukro soit décrétée ‘’zone verte’’ pour accueillir les conseils de ministres. Tenez-vous toujours à cette exigence ?
GS : Nous avons simplement dit que la réconciliation peut avoir comme point de départ la ville de Yamoussoukro. Nous avions proposé de démilitariser cette ville et de la faire sécuriser par les forces impartiales. A partir de là, elle pourrait abriter le siège des Conseils de ministres. C’est une proposition que nous avons faite à l’Onu, à l’Union africaine et à la Cedeao (Ndlr : Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). J’espère que le Premier ministre Charles Konan Banny sera sensible à cette proposition. Surtout, que rien n’impose que les Conseils de ministres se tiennent uniquement à Abidjan. De surcroît, nous sommes dans le cadre du transfert de la capitale politique à Yamoussoukro. Autant tenir naturellement les Conseils de ministres dans cette ville. Ce serait psychologiquement sécurisant pour nous. Alors, nous serons régulièrement présents à tous les Conseils et plus personne n’aurait de prétexte pour crier la mauvaise foi des Forces nouvelles. J’imagine aussi que si les Conseils de ministres devraient se tenir à Korhogo, certains ministres du FPI (Ndlr : Front populaire ivoirien) poseraient des problèmes de sécurité. Ce qui évidemment serait normal. Il faut donc comprendre la question de la sécurité dans ce sens. Nous estimons seulement qu’il y a eu la guerre et que le Premier ministre Banny a à charge de faire revenir la confiance, de réconcilier les Ivoiriens. Cette confiance n’est pas encore là. Il faut prendre dans ce cas un minimum de précautions. C’est dans ce sens-là que les propositions faites çà et là émanant des Forces nouvelles nous apparaissent comme étant des propositions crédibles qui devraient être applicables.
L’inter : Maintenez-vous toujours votre idée d’aller à Abidjan avec certains de vos éléments pour assurer votre sécurité ?
GS : On n’est jamais aussi bien sécurisé que par soi-même. Nulle part au monde, il ne viendrait dans les circonstances pareilles à quelque leader que ce soit, d’abandonner sa sécurité aux mains de l’adversaire. Il avait été établi et convenu. C’est un dossier qui est clos que les Forces nouvelles iraient à Abidjan avec leurs propres hommes pour les sécuriser. C’est le fruit de plusieurs accords qui devraient en principe être appliqués. Je ne crois pas qu’on revienne ou qu’on remette en cause ces acquis importants pour le processus de paix. Je ne suis pas spécialiste en matière de sécurité. Le général Bakayoko a plus de talent que moi en la matière. Je sais qu’en collaboration avec les Forces de l’Onuci ils sont en train de concocter un plan de sécurité pour ma personne à Abidjan. Je vous rappelle que l’Accord de Marcoussis a indiqué que les participants à la table ronde de Marcoussis ont droit à une sécurité internationale. Je vous rappelle aussi que ce même accord indique que les ministres ont droit à une sécurité internationale. Aujourd’hui où nous sommes dans ce gouvernement en tant que ministre d’Etat, signataire de l’accord de Linas Marcoussis et n°2 du gouvernement, je comprends aisément que l’Etat mette tous les moyens à notre disposition pour maintenir notre sécurité.
L’inter : Comment appréhendez-vous vos nouvelles fonctions de ministre d’Etat, ministre de la Reconstruction et de la Réinsertion ?
GS : Pour nous, il faut voir ce ministère à deux niveaux. Il y a qu’il faut reconstruire la nation ivoirienne. Depuis 2002, la Côte d’Ivoire est divisée et coupée en deux. Entre le Sud et le Nord. Donc la reconstruction de la nation qui est un volet éminemment politique doit se réaliser. Les Forces nouvelles, faisant partie intégrante du processus de paix et de réconciliation, joueront un rôle majeur et important dans ce sens. Il s’agira pour nous de reconstruire cette nation entre le Nord et le Sud, mais aussi de participer à la reconstruction des infrastructures et autres qui auraient été endommagées du fait de la guerre et bien d’autres choses. La réinsertion, c’est la même chose. Nous avons des propositions intéressantes. Je réserve la primeur de ces discussions et de ces débats au Premier ministre qui a jugé que dans le gouvernement, j’étais la personne la mieux indiquée pour occuper cette fonction. Nous en débattrons donc et nous construirons quelque chose dans l’intérêt des Ivoiriens. Je pense aujourd’hui que les Forces nouvelles ont fait suffisamment de sacrifices pour que le processus de paix soit relancé. Nous avons fait suffisamment de sacrifices et de concessions pour que la réconciliation puisse se faire. Nous avons renoncé à beaucoup de choses. La réconciliation et la réunification de notre côté, ce sera l’abandon, la renonciation, les sacrifices à faire. Mais en même temps, ce sera l’exaltation de l’amour, de la main tendue, de la paix vers l’autre. J’espère que nous allons le réussir. Et que les uns et les autres comprendront l’étendue des sacrifices que nous faisons pour la paix. Et comme je le dis souvent, les Forces nouvelles doivent bénéficier de la considération qui est la leur.
L’inter : De quelle considération voulez-vous parler ?
GS : Quand je parle de considération, je veux simplement dire que je n’admettrai jamais qu’en tant que secrétaire général des Forces nouvelles, qui a dirigé et administré 60% du territoire, je me retrouve à Abidjan et qu’on continue de parler de rebelles, d’assaillants. Ça, ça ne marchera pas. Ce n’est pas cela la réconciliation.
L’inter : Et si d’aventure, ça continuait ainsi ?
GS : Le Premier ministre Banny m’a devancé sur ce chapitre en disant qu’il faut justement que nous renoncions à ce discours belliqueux. Vous avez constaté que depuis un bon moment, je me suis abstenu de déclaration. Nous disons tout simplement qu’il nous faut de la considération. D’abord qu’on nous considère comme des citoyens ivoiriens. Tant qu’on ne considérera pas ceux qui sont restés dans la partie nord de la Côte d’Ivoire comme des citoyens égaux en droit, ça ne fonctionnera pas. Tant qu’on ne donnera pas la considération à ceux qui ont maintenu une vie normale au Nord, qui ont maintenu l’éducation, la santé et un minimum de mécanisme économique dans ces régions, tant qu’on ne les respectera pas et qu’on ne leur donnera pas la considération pour qu’ils puissent participer à la reconstruction de la Nation, ça ne marchera pas. Nous avons un exemple au Burundi. C’est quand même le leader d’une faction rebelle qui est président de la République.
L’inter : Pensez-vous que ce soit un exemple à suivre ?
GS : Je dis simplement qu’il est possible de diriger une rébellion et de voir son combat reconnu sur le plan national. Au Burundi, ils ont pris les armes pour revendiquer la démocratie. Et le peuple leur a donné raison. Ça été possible et c’est fait. En France, De Gaulle était d’abord un rebelle avant de devenir un héros. Aux Etats unis, George Washington était un rebelle avant de devenir un héros. Nous, nous considérons qu’il faut aller dans le sens de la réconciliation. Mais, nous avons besoin de cette nécessaire considération qui nous permettra bien sûr, de tirer tout le processus vers la paix.
L’inter : Revenons en Côte d’Ivoire. Bientôt, le gouvernement doit reprendre ses activités. Pour vous, qui doit présider les Conseils des ministres ?
Je m’en tiens à la résolution 1633 du Conseil de sécurité. D’ailleurs, à cet effet, nous avons adressé un courrier au GTI. Il nous est apparu clairement, sauf erreur ou rectification de la part de la communauté internationale et du GTI que dès lors qu’évidemment M. Charles Konan Banny, est Premier ministre de transition, investi des pouvoirs de la résolution 1633 telle qu’on l’a constaté avec M. Laurent Gbagbo, maintenu comme chef de l’Etat, il nous apparaît de droit que M. Banny préside les Conseils des ministres. Nous avons à cet effet adressé une telle exigence au GTI qui se réunit demain
(Ndlr : l’interview a été réalisée à la veille de la réunion du GTI ). Nous attendons une réponse au courrier que nous leur avons adressé.
L’inter : Faut-il craindre un blocage au cas où les choses se passeraient autrement avec le camp présidentiel ?
GS : Ne parlons plus de blocage. Les blocages c’est du passé. Allons à la paix. Je pense que les Ivoiriens sont fatigués. La guerre a fait beaucoup de ravages. La pauvreté s’est accentuée, la criminalité a grandi et a augmenté. Il faut pour ce faire qu’on soit constructif, qu’on aille à la paix. Je pense que les extrémistes de tous bords devraient être mis à l’index, pour que le camp de la paix l’emporte.
L’inter : Revenons à votre ministère, qu’allez-vous entreprendre pour les milices dans la zone gouvernementale ? Sont-elles prises en compte dans le cadre de la réinsertion ?
GS : Je dois vous signaler que les attributions des ministères n’ont pas été encore adoptées. C’est donc une question qui va demeurer en suspens jusqu’à ce que les attributions soient adoptées en conseil des ministres.
L’inter : Quand vous parlez de dynamique de paix, comment entrevoyez-vous la nouvelle armée à bâtir ?
GS : Il est évident que pour nous, la nouvelle armée doit être une armée républicaine et véritablement nationale. Nous avons simplement dit, lors de nos tournées dans la sous-région, quand nous avons rencontré le président de l’Union africaine, qui a très bien compris le sens de ce que nous avons dénommé l’Etat major intégré, que tant que les deux armées seront dans un face-à-face mortel sur les lignes de front, il ne peut pas y avoir de réunification de l’armée. C’est pourquoi il faut sortir les deux armées de ce face-à-face, à savoir les Fafn (Ndlr : Forces armées des Forces nouvelles) et les FDS (Forces de défense et de sécurité) en mettant en place un Etat-major intégré, où les deux forces se retrouvent avec un commandement unique. La réunification de l’armée commence par là. Les autres questions du programme de désarmement seront plus faciles à résoudre. C’est ce schéma qui a marché au Burundi où il y a eu un état-major intégré. C’est ce schéma qui est appliqué à la République démocratique du Congo. Je ne crois pas qu’on veuille réinventer le monde.
L’inter : Qui alors pourrait prendre le contrôle de cet état-major intégré ?
GS : Il est trop tôt de le savoir. Nous sommes à la discussion sur la question de l’état-major intégré, son statut, ses attributions, etc. Ce débat pourra être mené ultérieurement.
L’inter : Récemment, il y a eu des attaques à Akouédo. Les regards se sont tournés vers vous. Qu’en dites-vous ?
GS : Nous déplorons et nous condamnons ces attaques qui ont eu lieu dans les camps militaires, mais en même temps, c’est curieux, à notre avis. Je ne crois pas que le pouvoir se trouve à Akouédo. C’est ridicule. Si ce n’est pas une simulation, c’est que le maître d’œuvre de cette attaque n’est forcément pas un brillant militaire. Nous condamnons ces attaques. Parce que nous pensons que maintenant, il faut aller à la paix et à la réconciliation. Nous l’avons démontré par l’étendue des sacrifices que nous faisons pour la paix. Je pense que cela est extrêmement important. J’espère que le message de réconciliation que nous lançons sera entendu par tous les Ivoiriens.
L’inter : Par rapport à ces attaques, il semble que vous auriez prévenu le chef de l’Etat et le Premier ministre. Est-ce vrai ?
GS : Ce serait ridicule. Depuis les accords de Pretoria, le président Gbagbo et moi, on ne s’est jamais eu au téléphone. C’est vrai que je suis en contact avec le Premier ministre. Mais, c’est bien sûr que si nous avions pris le temps de prévenir qui que ce soit, l’attaque n’aurait peut être pas eu lieu. Elle aurait été bloquée certainement quelque part. Je ne rentrerai pas dans les ragots de bas étages. Je gère un territoire qui a été aussi victime de plusieurs attaques. Nous avons su donner la riposte appropriée, nous avons su mettre un système de défense dans notre zone. Je me préoccupe plus de la sécurité de mes populations et de la stabilité de ma zone. Je peux vous assurer que c’est une tâche absorbante.
L’inter : Pour vous, quelles devront être les priorités du “ gouvernement de mission ” du Premier ministre Banny ?
GS : La priorité de ce gouvernement est sans contexte, l’identification qui est la base de la guerre en Côte d’Ivoire. Ensuite, ce gouvernement doit organiser des élections démocratiques, transparentes dans ce pays. M. Banny a donc raison de dire que c’est un gouvernement de mission. Parce qu’il faut réussir la mission d’identifier les Ivoiriens, de sécuriser l’ensemble du territoire et d’organiser des élections démocratiques et transparentes en Côte d’Ivoire.
L’inter : Guillaume Soro sera-t-il candidat à ces élections ?
GS : J’ai toujours dit que je n’étais pas candidat. Ce n’est pas, parce que je n’ai pas l’âge d’être candidat, mais, parce que ce n’est pas écrit dans mon agenda politique. Il peut se trouver des hommes capables de se battre pour un idéal, sans forcément mêler à cet idéal des ambitions personnelles. Je considère que ma satisfaction sera le jour où la citoyenneté sera reconnue à ceux qui, hier, en ont été spoliés et marginalisés.
L’inter : Quel est votre avis sur la fin du mandat des députés à l’ordre du jour ?
GS : Nous sommes contre une quelconque tentative de prorogation du mandat de l’Assemblée nationale. Cette Assemblée n’est plus représentative de l’échiquier politique de la Côte d’Ivoire. Bien pire, elle a été l’un des obstacles farouche à la paix en Côte d’Ivoire. Je crois, donc, que la communauté internationale ne peut pas s’offrir le luxe de s’encombrer avec une Assemblée nationale qui a tout fait pour tirer vers le bas le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire.
L’inter : Seriez-vous d’accord pour la mise en place d’une Assemblée constituante intégrant les Forces nouvelles et les forces politiques absentes au Parlement ?
GS : Toutes les solutions sont envisageables. Mais, je réserve la primeur de notre position au GTI à qui nous nous avons promis de transmettre un courrier écrit livrant les positions des Forces nouvelles.
L’inter :
Vous insistez beaucoup sur la réconciliation tout au long de cet entretien. Cette réconciliation peut-elle s’envisager déjà au sein des Forces nouvelles, notamment entre Soro et le major ‘’IB’’ ?
GS : Nous parlons de la Côte d’Ivoire On n’est pas dans les réconciliations entre individus. C’est comme si vous me demandiez ‘’est-ce qu’on est prêt à réconcilier Dacoury et Gbagbo ?’’. Ce n’est pas de ces petits problèmes dont il est question. On vous parle d’identification. Que je sois l’ami de “ IB ” ou pas, je ne vois pas ce que ça fait à la Côte d’Ivoire ? La Côte d’Ivoire est plus importante que nos personnes. Demain, je peux ne plus exister, la Côte d’Ivoire restera. Houphouët Boigny a été le premier président de ce pays. Il n’est plus là, mais la Côte d’Ivoire existe. Elevons le débat au-dessus de nos personnes. Regardons l’intérêt de l’Etat de Côte d’Ivoire. C’est ce qui me paraît important. La priorité principale est de reconstruire la Nation, qui est cassée en deux, de reconstruire le nord et le sud, de les réconcilier dans un élan de solidarité pour aller à la paix.
L’inter :
Si vous étiez aujourd’hui devant le président Gbagbo, que lui diriez-vous pour faire avancer la Côte d’Ivoire vers la paix ?
GS : Comme je ne fais pas de politique fiction, et que je ne suis pas devant M. Gbagbo, je ne peux pas répondre à cette question. Le jour où je me retrouverai en face de lui, bien sûr, selon l’environnement, selon le contexte et les à propos, nous pourrions discuter de notre pays.
Source :"L'INTER"
PRESENTATION DE VOEUX DE NOUVEL AN DU PERSONNEL DE L'AMBASSADE A S.E.MADAME FATIMATA TANOE TOURE
Dimanche 22 Janvier 2006
S.E.Madame Fatimata TANOE TOURE , Ambassadeur , a reçu les voeux de nouvel an de l'ensemble du personnel au cours d'une réception .
Le personnel a saisi l'occasion pour remercier le Chef de Mission pour sa disponibilité et sa constante sollicitude et particulièrement pour l'esprit de convivialité qu'elle a su instaurer au sein de l'Ambassade.
S.E.Madame l'Ambassadeur a ensuite organisé un déjeuner en sa Résidence afin de souhaiter la bienvenue à ses collaborateurs récemment mutés à DAKAR .
SENEGAL / GAMBIE / MAURITANIE / CAP-VERT / PRESENTATION DE VOEUX DU NOUVEL AN DE LA COMMUNAUTE IVOIRIENNE A S.E.MADAME FATIMATA TANOE TOURE AMBASSADEUR
Dimanche 22 Janvier 2006
La communauté ivoirienne dans ses toutes composantes a présenté ses voeux de nouvel an 2006 à S.E Madame Fatimata TANOE TOURE , Ambassadeur , lors d'une sympathique réception organisée en sa Résidence de FANN.
Ce fut le lieu aux ivoiriens résidant dans cette circonscription de saluer les actions menées par Madame l'Ambassadeur pour leur bien-être au cours de leur séjour et de lui apporter leur soutien dans le repositionnement de la Côte d'Ivoire à l'extérieur et particulièrement dans cette zone.
Il faut préciser que S.E.Madame l'Ambassadeur était entourée pour l'occasion , de tous ses collaborateurs.
SENEGAL / PRESENTATION DE VOEUX AU PRESIDENT ABDOULAYE WADE
Samedi 21 Janvier 2006
Le vendredi 20 Janvier 2006 , le Corps diplomatique conduit par le doyen a présenté ses voeux à S.E.Maître Abdoulaye WADE , Président de la République à l'instar des Corps Constitués dans une ambiance festive et de convivialité.
Une réception a été donnée au Palais au cours de laquelle les Ministres , les Parlementaires et d'autres invités ont pu échanger sur divers sujets .
S.E.Madame Fatimata TANOE TOURE , Ambassadeur , a pris part à cette cérémonie annuelle.
COTE D'IVOIRE / AVIS DES LEADERS POLITIQUES SUR LE DISCOURS DU PREMIER MINISTRE KONAN BANNY
Samedi 21 Janvier 2006
Alphonse Djédjé Mady (S.G. PDCI-RDA)
“La direction doit se réunir”
Je n’ai pas d’avis personnel.
La direction du parti doit se réunir d’abord.
Anaky Kobenan (Pdt MFA)
“Laurent Gbagbo doit dire s’il fait également tandem avec Banny”
Le Premier ministre a eu le ton juste pour expliquer de manière exacte d’où est venu le malentendu qui a été à la base de ces troubles. Ensuite, il a rassuré la population. Par ailleurs, j’ai retenu dans son message, une espèce de deal qu’il entend avoir avec le Chef de l’Etat. Il lui propose une collaboration étroite, il a décidé délibérément de faire tandem avec lui pour obtenir le retour à la paix. Le Premier ministre démontre donc par là, qu’il est de nature optimiste et volontairement positif.
La grande question cependant est de savoir si Laurent Gbagbo a décidé aussi de faire tandem avec Banny ? La question mérite d’être posée quand on sait que c’est le FPI qui a mis les enfants dans les rues. Affi N’Guessan l’a revendiqué hier en trompant les jeunes pour leur faire croire qu’ils ont gagné alors qu’ils ont perdu lamentablement. Faut-il entendre par là que Affi et le FPI sont des opposants à Banny et au Chef de l’Etat puisque Banny déclare faire tandem avec lui. Je pense par conséquent qu’un engagement franc de Laurent Gbagbo par rapport à ces questions préjugerait de la sortie rapide de la crise.
Au MFA, nous invitons le Chef de l’Etat à jouer totalement le jeu et à mettre ses partisans fanatisés au congélateur. La Côte d’Ivoire y gagnerait et lui davantage.
En tant que membre du gouvernement, je trouve que l’image de la Côte d’Ivoire assimilée à un parti politique est très bien venue. Elle s’impose à tout le monde car c’est la seule manière de sortir de la crise. Dans ce grand parti de 17 millions d’habitants, 12 millions supportent le Secrétaire général et il ne reste qu’à demander aux millions restants qui supportent le Président de rejoindre la majorité.
Mme Salimata Porquet (pdte du Forum international des Femmes pour la Paix).
“Banny a tenu un discours responsable”.
“ Pour parler des derniers évènements, je trouve que c’est dommage de la part de certains leaders politiques qui, altérant la vérité, ont mis les enfants dans la rue. Le GTI n’a jamais dit qu’il allait dissoudre l’Assemblée nationale. Je pense sincèrement que la prorogation du mandat des députés peut se faire politiquement. La résolution 1633 de l’ONU, qui a force de loi, a prorogé le mandat de Gbagbo. De la même manière, elle peut le faire pour les députés. Je suis fière de Charles Konan Banny qui a tenu un discours responsable pour rétablir la vérité. Je souhaite que la population ivoirienne l’aide à ramener la paix en Côte d’Ivoire. Qu’on arrête de faire référence à chaque fois qu’une résolution est prise, à la résolution ou au Conseil constitutionnel.
Ce n’est pas en mettant les enfants dans la rue qu’on va aller au désarmement. L’armée doit poser des actes républicains en arrêtant d’accompagner certains manifestants et refuser de le faire pour d’autres car il n’y a pas deux types d’Ivoiriens ”.
N’GOUAN PATRICK(Pdt de la LIDHO et Coordonnateur national de la Convention de la Société civile).
“ C’est un discours d’apaisement.
“Le Premier ministre Charles Konan Banny a fait une déclaration qui rassure quant à ses relations avec le chef de l’Etat. C’était une déclaration d’apaisement parce que les gens sont conscients du préjudice causé à l’économie déjà en crise et aux droits de l’homme.
Le Premier ministre est revenu sur l’idée de confiance. Nous pensons que la confiance est vraiment une valeur cardinale dans la recherche de la réconciliation et de la paix. Mais nous sommes dans une situation où les acteurs politiques sont habitués à trop de revirements de situation. Les opérateurs économiques vivent dans une incertitude et l’insécurité qui sont des éléments nocifs à l’investissement. Une partie de la population semble un peu déçue par la classe politique. Elle est aussi sceptique quant à la sincérité de la communauté internationale. Face à cela, je pense qu’une profession de foi, de confiance a besoin d’être assise sur certains facteurs qui doivent être retrouvés dans le Forum de dialogue national. Vivement que le Premier ministre convoque ce Forum ”.
Geneviève Bro Grébé(Présidente des femmes patriotes)
"Il faut qu'on arrête les jeux de mots "
A entendre le Premier ministre, on a l'impression qu'on n'a pas écouté le même communiqué du GTI. Qu'il sache à ce que les Ivoiriens sont mûrs et qu'ils comprennent l'enjeu de la crise que traverse la Côte d'Ivoire.
Il faut qu'on arrête ce jeu de mots auquel les gens se livrent. Le communiqué du GTI est très clair. C'est justement parce que nous avons senti venir ce coup, que nous avons anticipé en manifestant à l'hôtel Ivoire, le jour de la réunion du GTI. Que les gens sachent que nous n'avons pas que des ennemis au GTI, nous avons quelques amis qui ont pris le soin de nous prévenir de ce qui se préparait contre la Côte d'Ivoire. Nous avons donc démontré à la face du monde, notre capacité de mobilisation.
Aujourd'hui, tous les discours qui ne vont pas dans le sens de la défense de la patrie ne nous intéressent pas.
Nyamien Messou(Pdt du collectif de la société civile)
" Monsieur Banny est en service commandé pour la France "
Le Premier ministre devait prononcer ce discours deux jours avant. Mais je constate que monsieur Banny continue d'avoir un ton injurieux et arrogant envers les milliers d'Ivoiriens qui sont descendus dans la rue. Il nous démontre par ces faits et gestes qu'il est en service commandé pour le compte de la France. Monsieur Banny a au moins le mérite de montrer très rapidement le contenu de la mission que lui ont confié ses maîtres, les Français. Contrairement à Seydou Diarra qui a mis du temps pour se dévoiler.
Koffi Serges (SG FESCI)
‘’Le peuple attend beaucoup de lui’’
Nous tenons à dire que c’est plutôt lui qui fait une mauvaise lecture de la décision du GTI parce que nous, nous savons lire et analyser. Il faut qu’il arrête de se moquer du peuple ivoirien, pour enfin s’évertuer à réussir le tandem qu’il veut former avec le président de la République. C’’est seulement à ce prix qu’il réussira ‘’sa mission’’. Puisqu’il dit être le secrétaire général du parti unique qu’est la Côte d’Ivoire, qu’il sache que le peuple attend beaucoup de lui. A commencer par la libération de notre télévision, le désarmement et la réunification du pays. Plutôt que de faire de la censure à la télé, il devrait commencer par prendre des dispositions pour étendre la couverture sur tout le territoire. Nous voulons également dire au Président de la République que nous serons bien obligés un jour, de faire son bonheur contre son gré. Pour l’instant, nous quittons la rue, mais nos revendications demeurent. Car, après avoir tué nos camarades, l’ONUCI ne doit plus circuler librement sur notre territoire. D’ailleurs, pourquoi toutes ces forces dites impartiales refusent-elles de partir alors que nous le leur demandons ?
Mabri Toikeusse (Pdt UDPCI)
“Tous les Ivoiriens doivent se mobiliser pour la paix”
C’est une bonne déclaration. Nos populations aspirent à la paix. La mission du Premier ministre et de son gouvernement consiste à rétablir l’ordre et la sécurité. Et chaque fois que des événements de cette nature se produisent, son rôle est d’agir pour qu’ils n’empiètent pas sur la marche vers la paix. C’est donc un discours d’apaisement et d’engagement de toute son équipe. Je crois que les Ivoiriens, dans leur ensemble, doivent se mobiliser. Que l’on se respecte mutuellement pour sortir de la crise.
Kafana Koné Gilbert (Porte-parole par intérim du RDR)
“Les Forces de l’ordre doivent répondre du Premier ministre”
Nous pensons que le calme doit revenir et nous constatons qu’il est revenu. Le Premier ministre doit, au vu de ce qui s’est passé, prendre des dispositions pour exécuter les décisions du gouvernement. Il s’agit de revoir les hommes tant au niveau de la sécurité que de la gendarmerie nationale. Nous considérons que le Premier ministre ne sera établi que lorsque les Forces de l’ordre répondront de lui. Parce qu’elles sont aux ordres de réseaux manipulés. C’est la leçon que nous tirons de ces événements. Sinon il a la volonté de réussir.
Pr Léandre Koffi Kouamé(Pdt du Carrefour ivoirien de réflexion)
“Nous devons nous rassembler autour du Premier ministre”
Nous sommes tous fatigués. Depuis le début de la guerre, nous nous battons pour le retour de la paix. C’est une solution qui s’offre à nous. Par conséquent, nous devons nous rassembler autour du Premier ministre pour l’aider à réussir sa mission. Les anciens nous ont appris à être patients. Nous devons donc nous ressaisir. Que la raison domine la passion dans tous nos débats pour aboutir aux résultats et aller aux élections. Nous sommes faits pour nous aimer. Pour ma part, j’ai confiance au Premier ministre.
DJUE EUGENE ( Patriote ).
“Nous n’avons rien contre Banny ”.
“Le Premier ministre Charles Konan Banny a compris que nous avions l’intention de quitter les rues. Je pense qu’il lui appartient de tirer les leçons de ce qui s’est passé du lundi au jeudi dernier. Charles Konan Banny vient d’être nommé. S’il veut vraiment aider la Côte d’Ivoire à sortir de la crise, qu’il fasse attention. Nous lui demandons d’être très ferme avec le GTI qui veut mettre à mal, la souveraineté de notre pays. Nous n’avons rien contre Banny. Mais, qu’il sache que nous défendons les Institutions de notre pays ”.
Dr Boga Gervais (APDH)
“Le gouvernement a failli à sa mission”.
Dans une déclaration rendue publique, l’ONG “Actions pour la Protection des Droits de l’Homme” condamne les graves évènements qui ont lieu du lundi au jeudi dernier, à Abidjan et à l’intérieur du pays, suite à la troisième réunion du Groupe de travail international.
Selon son président, Dr. Boga Gervais, le gouvernement ivoirien, face à l’ampleur des manifestations, “a gravement failli à sa mission de sécurisation des personnes et des biens et du maintien de l’ordre public”. D’autant plus que, fait-il remarquer, “ces manifestations ont été organisées en violation flagrante d’un décret présidentiel qui les interdit jusqu’en juin 2006”.
L’APDH interpelle l’ONU, le Conseil de sécurité et le président de l’Union africaine sur les risques de détérioration définitive de la situation socio-politique qui pourraient naître de la difficile cohabitation entre le GTI et les Institutions de la République de Côte d’Ivoire.
Aussi le président de l’APDH demande- t-il au GTI de se conformer à sa tâche d’accompagner le gouvernement de Charles Konan Banny dans sa mission de désarmement, de réunification et d’organisation des élections. “Le GTI doit éviter toute action susceptible de mettre en doute la souveraineté de l’Etat de Côte d’Ivoire”, a-t-il dit conseillé.
Propos recueillis par
PAULIN N. ZOBO
EMMANUEL KOUASSI
Marc Yevou
Mayane Yapo
CRISE IVOIRIENNE / INTERVIEW DU PROFESSEUR ALBERT TEVOEDJRE
Samedi 21 Janvier 2006
Suite aux manifestations de rue des jeunes patriotes à Abidjan, l’ex-représentant spécial de Kofi Annan en Côte d’Ivoire a accordé une interview à Rfi. Dans cet entretien, le Pr. Albert Tévoédjré livre son analyse de la situation.
Qu’est-ce qui change en Côte d’Ivoire au terme de ces quatre jours de bras de fer ?
Les choses paraissent assez claires. La déclaration présidentielle du Conseil de sécurité reconnaît qu’en fait, il y a un groupe qui ne respecte pas la résolution 1633 du Conseil de sécurité qui essaie d’aller aux élections en octobre prochain. Je crois d’ailleurs qu’il y a un vrai problème de communication à ce sujet. Le Groupe de travail international (Gti) n’a jamais dissout l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. Le Gti a tout juste constaté que le 16 décembre, c’était la fin du mandat de l’Assemblée nationale. Le Gti a proposé que le Premier ministre, en consultation avec le chef de l’Etat, donne un mandat de travail aux anciens députés dans le sens de la réconciliation, de la paix. C’est une manière de maintenir les anciens députés en action. On n’a pas lu ce passage et on se fâche et on est dans la rue et on empêche les autres de travailler. Moi, je trouve cela absolument inacceptable.
Mais en pratique, Albert Tévoédjré, si la crise s’est cristallisée sur l’Assemblée nationale, c’est bien parce que celle-ci est un lieu de pouvoir et que le Fpi ne veut surtout pas la voir disparaître.
On sait très bien quel est le pouvoir extraordinaire que l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a aujourd’hui. Ils (les députés) n’ont pas réussi à empêcher que Thabo Mbeki ait donné la possibilité à M. Ouattara d’être candidat, ils n’ont pas réussi à imposer le référendum pour la révision de la Constitution, donc, ils n’ont réussi à rien de tout ce qu’ils devaient faire.
Donc, le maintien de l’Assemblée nationale est un combat d’arrière-garde ?
Les choses sérieuses sont ailleurs, les choses sérieuses, c’est qu’un groupe refuse d’aller aux élections ouvertes permettant de choisir de manière incontestable le président de la République. S’ils réussissent à trouver une formule pour l’Assemblée nationale, vous verrez bien que sur un autre sujet, ils vont provoquer une autre crise.
M. Tévoédjré, les choses sérieuses n’est-ce pas la liste électorale et la fiabilité de la Commission électorale ?
Je pense qu’on n’en est pas encore là. Le Gti dans son communiqué a bien demandé que cette situation soit réglée et qu’on commence à travailler sur les listes électorales. Je pense que la communauté internationale a assez patienté. Il va falloir que les uns et autres arrivent à un moment de vérité.
Les patriotes disent que le Gti n’avait pas la légitimité de dissoudre l’Assemblée nationale.
Ils ont tous accepté la résolution 1633 qui prévoyait le Gti. Je ne crois pas que mon successeur Schori, le ministre nigérian, les membres du Gti dont l’Afrique du Sud est médiateur aient voulu faire un coup d’Etat, pas du tout. Ils ont constaté que le mandat des députés venait à expirer.
Avant cette crise, Charles Konan Banny disait qu’il voulait faire un tandem avec Laurent Gbagbo.
On verra. Piloter à deux cette mission, ça sera difficile, mais je pense qu’ils n’ont pas le choix.
Au terme de ce bras de fer, qui conduit le tandem ? Est-ce M. Gbagbo ou Konan Banny ?
Il semble que de façon provisoire pour aller aux élections, la mission est confiée à Konan Banny. Il faut que le chef de l’Etat joue son rôle d’unité nationale, de chef de l’Etat. Mais il ne peut plus avoir les mêmes fonctions qu’il avait autrefois, puisqu’on a vu comment le gouvernement a été constitué.
Est-ce que Laurent Gbagbo est renforcé dans cette crise ?
Je ne sais pas qui peut être renforcé dans une crise qui empêche un pays de fonctionner.
Mais est-ce que Laurent Gbagbo n’a pas retrouvé dans la rue le pouvoir qu’il avait perdu sur la scène internationale comme il y a trois ans après la conférence de Marcoussis ?
Il n’a pas été élu pour gouverner la rue. Il a été élu pour gérer les institutions, pour gérer un pays. Ce n’est pas la rue qu’il gouverne.
Est-ce que l’attaque du siège de l’Onuci à Abidjan change la donne ou pas ?
On ne peut pas être profondément en paix lorsque Schori et tous ceux qui sont là-bas, sont aujourd’hui presque pris en otage par la rue. Il faut que les Forces de défense et de sécurité ivoiriennes fassent leur travail. Qu’elles mettent de l’ordre dans le pays et dans la ville. Je ne suis pas sûr que le Secrétaire de l’Onu puisse rester indifférent, devant une telle insulte à son autorité et aux Nations unies.
Alors le Conseil de sécurité menace de sanctions pour ceux qui font obstacle au processus de paix, mais ce n’est pas nouveau, Albert Tévoédjré ?
J’espère en effet que ça ne sera pas des menaces en l’air et j’espère aussi que pour une fois, on va finir avec les altercations et que c’est le dernier coup de sifflet. Je pense que de nombreux cas existent dans le monde pour constater que la mauvaise foi a des limites.
Vous pensez au sort qu’a connu Charles Taylor au Libéria ?
Sans aucune comparaison, je ne sais pas, mais je sais que la communauté internationale ne manque pas d’intelligence, d’imagination pour régler ce genre de problème.
Propos recueillis sur Rfi
COTE D'IVOIRE / CAN- EGYPTE-2006 / COTE D'IVOIRE 01 - MAROC 00
Samedi 21 Janvier 2006
La deuxième rencontre du groupe A, qui opposait la Côte D'Ivoire au Maroc a vu "les éléphants" l'emporter par le plus petit des scores (1-0), cet après-midi au Caire. L'unique but de la rencontre est signé Didier Drogba (38' sp).
Côte D'Ivoire:
Tizié, Eboué, Boka, K.Touré, Kouassi, Zokora, Y.Touré, Fae, Akale, Kalou (B.Koné 75'), Drogba (A.Koné 65').
Maroc:
Jarmouni, Regragui, El Kaddouri, Naybet, El Karkouri, Safri, Kharja (Boussaboune 83'), Chippo, Moha (Aboucherouane 85'), Hadji, Chamakh.
Classement du groupe A:
1. Egypte 3
-. Côte D'Ivoire 3
3. Maroc 0
-. Lybie 0
COTE D'IVOIRE / MESSAGE DU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN BANNY SUITE AUX MANIFESTATIONS DE PROTESTATION DES PATRIOTES
Vendredi 20 Janvier 2006
Le Premier ministre a profité des manifestations de rue qui ont paralysé le pays pour lancer un message de mobilisation à ses compatriotes autour de Laurent Gbagbo .
Ivoiriens, Ivoiriennes,
Mes chers compatriotes.
A la suite du communiqué final qui a sanctionné la réunion le dimanche 15 janvier 2006, du Groupe de Travail International (GTI), maintenant communément connu sous le sigle GTI, certains de nos frères et sœurs, certains de nos jeunes, de nos enfants, bref une frange importante de notre population en Abidjan plus précisément, a cru comprendre que ce Groupe de travail avait dissous l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire.
Cette frange a décidé, par conséquent, de protester contre cette supposée décision. Pour ce faire, elle a érigé, depuis le 16 janvier 2006, des barricades et barrages sur diverses voies de la ville d’Abidjan et celles de quelques villes de l’intérieur du pays, empêchant ainsi la population civile, dans son immense majorité, de vaquer à ses occupations.
Cette situation a eu pour conséquence, entre autres, la paralysie de la vie de la Côte d’Ivoire et plus précisément de l’activité économique de notre pays, en passant par le rationnement de l’approvisionnement des populations et, plus grave encore, l’impossibilité pour beaucoup de malades de recevoir des soins.
Je ne veux pas multiplier les conséquences.
Mais les mamans qui, en ce moment-là, sont en train de donner vie à des Ivoiriens, ces bébés ont-ils vraiment à souffrir de nos querelles? Plus grave, ces troubles ont entraîné directement des morts et de nombreux blessés à Abidjan, Guiglo, San Pedro et certainement dans d’autres villes de l’intérieur du pays.
Avant de continuer mon propos, je voudrais m’arrêter un instant pour adresser mes condoléances les plus attristées aux familles ainsi plongées dans le deuil.
Je voudrais m’associer à leur douleur. Je souhaite également de tout cœur un prompt rétablissement aux blessés.
Mes chers compatriotes, dès l’éclatement de la crise, j’ai eu un entretien très approfondi avec le Chef de l’Etat, à l’issue duquel nous avons décidé que le gouvernement ferait connaître sa position. C’est ainsi qu’un communiqué du gouvernement vous a été lu à la télévision ivoirienne. Par la suite, j’ai eu une séance de travail, je devrais dire plusieurs séances de travail avec les grands commandements des Forces de défense et de sécurité de notre pays. J’ai poursuivi ces entretiens et ces séances de travail avec les porte-parole des manifestants, conformément à ma méthode que je vous ai exposée.
J’ai expliqué à mes frères et sœurs ainsi révoltés contre une décision qui n’existe pas, que le Groupe de travail international n’a pas dissous l’Assemblée Nationale; il n’en a ni la compétence, ni le pouvoir. D’ailleurs, je voudrais dire au passage que je ne l’aurais pas accepté en tant qu’Ivoirien et en tant que chef du gouvernement.
Le GTI a simplement constaté, comme vous et moi, comme tout le monde que la fin du mandat de l’Assemblée nationale actuelle est arrivée, le 16 décembre 2005, comme du reste le prévoit notre Constitution.
Ensuite le Groupe de travail, constatant ce fait et ça c’est important pour nos compatriotes de le savoir, a recommandé que le Premier ministre et le Chef de l’Etat se concertent en vue de confier à nos députés des missions de paix pour la promotion de la paix et de la réconciliation nationale.
Alors que cette concertation qui avait débuté un mois auparavant entre le Chef de l’Etat et moi-même, alors qu’elle était en cours, les troubles ont éclaté et se sont aggravés.
Préoccupées par cette situation, l’Union africaine et les Nations Unies ont mandaté le Président Olusegun Obasanjo, Président de la République fédérale du Nigeria, Président en exercice de l’Union africaine qui a tenu le mercredi 18 janvier 2006, à Abidjan, une réunion avec les autorités ivoiriennes, plus précisément le Chef de l’Etat et le Premier ministre assistés d’ailleurs par d’autres autorités ivoiriennes.
Permettez-moi de citer tout simplement le président de l’Assemblée nationale (Mamadou Koulibaly, ndlr) et le président du Conseil économique et social (Laurent Dona-Fologo, ndlr).
Le communiqué final de cette réunion a confirmé que le GTI n’avait pas dissous l’Assemblée nationale parce qu’il n’en a ni la compétence, ni le pouvoir, ni même la volonté; mais que ce Groupe avait tout simplement, comme je l’ai dit, constaté la fin du mandat des députés, conformément aux prescriptions de notre Constitution.
Mais plus important, le Groupe s’est félicité de l’étroite collaboration entre le Chef de l’Etat et le Premier ministre pour trouver toutes solutions aux problèmes qui ne manqueront pas de se dresser sur la voie de la paix que nous poursuivons obstinément, mais aussi plus précisément à la question de l’Assemblée nationale dans l’intérêt de notre pays, la Côte d’Ivoire.
Si donc la principale raison des troubles que nous subissons maintenant et qui paralysent le pays, est la supposée dissolution de l’Assemblée nationale, comme certains esprits ont laissé entendre pour tromper les uns et les autres, je voudrais dire que le GTI ne l’a pas fait et je voudrais dire à nos frères et sœurs qui l’auraient cru de bonne foi peut-être, certainement même pour certains, qu’il n’en est rien et que, par conséquent, leur présence dans les rues n’a plus aucune justification.
Car enfin est-ce que nous oserions remettre en cause ou douter de la parole d’une personnalité aussi éminente que le Président Olusegun Obasanjo? Est-ce que le Président Olusegun Obasanjo peut nous tromper? Je veux bien que par manque de confiance entre nous Ivoiriens, nous ne croyons pas à ce que nous nous disons les uns aux autres, mais est-ce que nous avons le droit de douter de la parole d’une personnalité aussi éminente et qui a montré tant de disponibilité et qui a fait tant d’efforts pour nous aider à nous sortir de cette triste situation ?
Chers frères, chères sœurs, chers enfants, vous pouvez, par conséquent, rentrer chez vous. Je voudrais rassurer non seulement nos enfants, nos sœurs, nos frères qui manifestent, mais aussi toute la population ivoirienne. La vie doit reprendre son cours, la Côte d’Ivoire n’a que trop souffert. Et nous le disons souvent: nous sommes fatigués.
Je fais appel à la responsabilité de tous. Le gouvernement que j’ai l’honneur de diriger est déterminé, malgré ces difficultés, à conduire son action de paix et de réconciliation. Je ne varierai pas, je ne m’écarterai pas du chemin que j’ai délibérément, volontairement décidé d’entreprendre: le chemin de la paix, de la réconciliation, des retrouvailles fraternelles, de l’unité nationale et de la reconstitution de l’unité territoriale par le désarmement, par la démobilisation, par la réinsertion, mais plus important, par les retrouvailles et la confiance entre Ivoiriens.
Je compte, par conséquent, sur chaque Ivoirienne et chaque Ivoirien pour aider le gouvernement, pour le soutenir, pour l’accompagner à accomplir sa mission dans le dialogue, par le compromis dynamique sans compromission.
Des instructions ont été données à nos Forces de défense et de sécurité pour assurer la protection et la libre circulation des personnes et des biens. En tout état de cause, force doit toujours rester à la loi et l’ordre doit être rétabli sur l’ensemble du territoire de notre pays. Nous avons beaucoup à faire, nous avons à construire et à reconstruire la nouvelle Côte d’Ivoire.
Je ne saurai terminer mon propos sans vous remercier, vous tous Ivoiriens pour votre patience, sans remercier une fois de plus le Président Obasanjo pour sa disponibilité constante pour tout ce qui touche notre pays. Laissez-moi dire un mot au Chef de l’Etat de Côte d’Ivoire avec qui j’ai délibérément décidé, pour aider notre pays, de faire tandem pour avancer sur le chemin difficile de la paix. Je l’ai dit au Conseil des ministres, chaque ministre doit laisser à la porte du Conseil dès lors qu’il a accepté d’être ministre sa bannière politique.
Je voudrais le répéter devant la nation. Un seul drapeau, une seule bannière: le drapeau de Côte d’Ivoire; un seul parti dont le Chef de l’Etat est le président: c’est le parti Côte d’Ivoire; le secrétaire général étant le Premier ministre Charles Konan Banny, les militants étant les habitants de la Côte d’Ivoire et tous ceux qui ont décidé de vivre avec nous pour retrouver la paix dans la réconciliation.
Je vous remercie.
Propos recueillis par
Auteur: Bi Bally Maurice FERRO
COTE D'IVOIRE / FIN DES MANIFESTATIONS DES PATRIOTES ET REPRISE GENERALE DES ACTIVITES
Vendredi 20 Janvier 2006
Tous les barrages érigés par les manifestants pro Gbagbo à Abidjan depuis quatre jours avaient été levés vendredi matin permettant une reprise générale des activités dans la capitale économique ivoirienne.
De bonne heure les transports en commun ont commencé à circuler, les autobus étaient bondés et les taxis, très utilisés par les Abidjanais, étaient très nombreux comme à l'accoutumée. Les forces de sécurité, qui ne sont pas intervenues pendant les manifestations, se sont redéployées dans la ville.
Les nombreux barrages dressés dans tous les quartiers depuis lundi avaient disparu. Les commerces rouvraient, leurs propriétaires exprimant leur satisfaction. "Nous sommes très contents, cela devenait pénible, on ne pouvait continuer plus longtemps", a affirmé un petit commerçant du quartier populaire d'Adjamé. Au Plateau, le quartier administratif et des affaires, les employés et les fonctionnaires se rendaient à leur travail.
Le quartier avait été envahi par les "patriotes" de Charles Blé Goudé, le "ministre de la rue", comme il est appelé en Côte d'Ivoire, qui avait tenu un sit-in depuis lundi devant l'ambassade de France. Charles Blé Goudé avait appelé ses sympathisants à "quitter la rue", jeudi en fin d'après-midi. Dans la partie sud de la ville dans le secteur de Treichville et de Marcory, les activités ont également repris. Les commerces de l'artère principale le boulevard Valéry Giscard d'Estaing, qui mène à l'aéroport, ont rouvert.
Ces manifestants protestaient contre la décision dimanche du Groupe de travail international (GTI) de ne pas prolonger le mandat de l'Assemblée nationale, arrivé à expiration. Cette décision est, selon eux, une "atteinte à la souveraineté nationale" ivoirienne.
Le président nigérian Olusegun Obasanjo, président en exercice de l'Union africaine (UA), avait assuré mercredi soir à Abidjan, après avoir rencontré le président Gbagbo et le Premier ministre Charles Konan Banny, que le GTI, chargé de suivre le processus de paix, "n'avait pas le pouvoir de dissoudre" l'assemblée nationale, assurant qu'il "n'en avait pas l'intention". M. Banny avait affirmé jeudi soir, alors que les barrages étaient en cours d'être levés, que "la vie doit reprendre son cours" à Abidjan.
"Vous pouvez rentrer chez vous. Je voudrais rassurer toute la population ivoirienne: la vie doit reprendre son cours, la Côte d'Ivoire n'a que trop souffert et nous le disons: nous sommes fatigués", avait lancé M. Banny à la télévision nationale.
Source"AFP"
COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DE LA RENCONTRE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO -OBASANJO OLUSEGUN DU NIGERIA SUR LA SITUATION POLITIQUE
Mercredi 18 Janvier 2006
Une rencontre a réuni ce jour, mercredi 18 janvier 2006, le Président de la République Fédérale du Nigeria, SEM Olusegun Obasanjo, Président en exercice de l'Union Africaine, et SEM Laurent Gbagbo Président de la République de Côte d'Ivoire.
Outre les deux chefs d'Etat, ont participé à cette réunion:
- Monsieur le Premier Ministre Charles Konan Banny,
- Monsieur Pierre Schori, Représentant Spécial du Secrétaire Général de l'ONU
- Monsieur Silumko Sokupa, Représentant Spécial du Médiateur de l'Union Africaine,
- SEM Raph Uwechue, Représentant du Secrétaire Exécutif de la CEDEAO.
Prenant note du paragraphe 1l de la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l'ONU et de la fin du mandat de l'Assemblée Nationale le 16 décembre 2005 ; Prenant également note des discussions entamées par le Président de la République et le Premier ministre au sujet de l'Assemblée Nationale, décide:
1. Le Groupe de Travail International n'a pas de pouvoir pour dissoudre l’Assemblée Nationale
2. Le Groupe de Travail International n'a pas dissout l'Assemblée Nationale à l'issue de sa réunion du 15 janvier 2006 ;
3. Invite le Président de la République et le Premier Ministre à continuer leurs consultations en vue de parvenir à une solution politique dans les jours à venir;
4. Cette solution sera communiquée à la Nation et au Groupe de Travail International;
5. Le Président Obasandjo, le Président de la République et le Premier Ministre demandent à la population de se retirer des rues et de regagner leurs domiciles;
6. Le Président de la République et le Premier Ministre invitent la population, sur toute l'étendue du territoire national, à reprendre le travail dès demain 19 janvier 2006.
Le Président de la République, le Premier ministre, les Présidents des institutions et le Gouvernement remercient le Président Obasandjo pour sa disponibilité constante pour tout ce qui touche à la Côte d'Ivoire.
Fait à Abidjan, le 18 janvier 2006
FRAT-MAT
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU RDR PARTI D'OPPOSITION DE M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA
Mercredi 18 Janvier 2006
En réaction à cette déclaration et malgré le décret du Chef de l’Etat interdisant toute manifestation de rue, des jeunes proches du Front Populaire Ivoirien (FPI) ont déclenché depuis le 16 janvier 2006 des manifestations violentes à Abidjan et dans certaines villes du pays.
Le RDR déplore que de telles manifestations interdites également par la Résolution 1633, bénéficient ici et là de la complicité active de certains éléments des Forces de Défense et de Sécurité.
Le RDR condamne avec force ces actes de violence et de vandalisme qui ont pour cibles, entre autres, le siège et le personnel de la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire ainsi que l’Ambassade de France.
Le RDR en appelle au sens des responsabilités des dirigeants du Front Populaire Ivoirien (FPI), afin qu’ils mettent un terme à ces agissements qui bloquent le processus de paix devant conduire à des élections démocratiques en octobre prochain.
Le RDR demande à la communauté internationale, suite à cette grave violation, de prendre les sanctions prévues en vue de maintenir un climat de sécurité propice à l’application effective de la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l’ONU.
Le RDR fidèle aux engagements qu’il a pris devant la communauté internationale d’œuvrer en faveur de la paix, renouvelle son soutien au Premier Ministre Charles Konan BANNY, à son Gouvernement et à la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l’ONU.
Le RDR apporte, enfin, son appui aux conclusions des travaux du Groupe de Travail International.
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DES FORCES NOUVELLES SUR LA SITUATION POLITIQUE
Mercredi 18 Janvier 2006
Suite à la réunion du Groupe de travail international (GTI) qui s’est tenu le dimanche 15 janvier 2006 à Abidjan, les extrémistes du FPI, le parti de Monsieur Laurent Gbagbo ont entrepris, à l’issue des conclusions de ladite réunion d’organiser une insurrection visant le renversement du Gouvernement de transition dirigé par le premier Ministre Charles Konan Banny.
L’implication évidente de hauts cadres du FPI et la manipulation de jeunes gens dénommés « jeunes patriotes » concourent à la réalisation de cette insurrection appuyée par une frange de l’armée et des forces de défense et de sécurité, qui au cours de sa réunion du lundi 16 janvier 2006 à 17h a décidé de l’organisation d’un coup d’état.
Les Forces nouvelles informées de cette entreprise funeste visant le renversement du Gouvernement de transition en appellent au soutien et à la solidarité de la communauté nationale et internationale pour préserver et sauvegarder la continuité du processus de paix en Côte d’Ivoire.
Les Forces Nouvelles demandent à l’Onu, à l’Union africaine et à la Cedeao de faire montre de la plus grande fermeté à l’endroit des auteurs et commanditaires, militants du Fpi, et de s’opposer par tous les moyens à cette nouvelle déstabilisation projetée par la frange partisane de l’armée qui mettrait un frein fatal à l’espoir de paix dans notre pays.
Les Forces Nouvelles se mettent en alerte et prendront leur responsabilité quant à la stabilité du pays, au cas où ces militaires envisageraient de mettre en œuvre le projet de prise du pouvoir à Abidjan. Les Forces Nouvelles apportent leur soutien total au premier Ministre Charles Konan Banny dans sa difficile mission de réconciliation nationale.
Fait à Bouaké le 17 janvier 2006
KONATE SIDIKI
Porte-parole
INTERVIEW DE M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA PRESIDENT DU RDR (parti d'opposition°
Mercredi 18 Janvier 2006
Alassane Dramane Ouattara parle à nouveau. A quelques jours de son retour définitif en Côte d’Ivoire, l’ancien Premier ministre donne ses recettes pour relancer la Côte d’Ivoire et redonner le sourire aux Ivoiriens. Nous publions l’interview qu’il a accordée au journaliste Erwan Gueho du quotidien régional français « Nord Eclair », édité dans le Pas-de-Calais.
Vous êtes réfugié en France depuis trois ans. Pourquoi décidez-vous aujourd’hui de rentrer en Côte d’Ivoire?
Je suis arrivé en France en décembre 2002 après le déclenchement de la crise du 19 septembre et la tentative d’assassinat dont j’ai été l’objet. Grâce au Président français, j’avais pu trouver refuge dans la résidence de France à Abidjan, avant de gagner le Gabon puis Paris. Pour rentrer en Côte d’Ivoire, il fallait qu’une normalisation s’amorce. Il y a quelques semaines, j’ai perdu ma mère qui vivait à Abidjan. Je suis donc retourné une première fois en Côte d’Ivoire pour les funérailles et j’ai alors commencé à organiser mon retour. Il m’a fallu trouver un toit car ma résidence avait été pillée et détruite. J’ai également vérifié que les conditions de ma sécurité seraient remplies. Mais au-delà de ces conditions matérielles, j’estime que ma place est de nouveau en Côte d’Ivoire pour des raisons politiques. Dans le cadre de la Résolution 1633 de l’ONU, un nouveau gouvernement multipartite et de transition a été mis en place et doit conduire au désarmement des parties en présence et à l’organisation d’une élection présidentielle transparente en octobre 2006.
Serez-vous candidat ?
Oui, je serai candidat. Il reste dix mois pour mobiliser les soutiens à mon parti, le Rassemblement des Républicains, et mener la campagne.
Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui?
Je rentre serein parce que je pense que la Côte d’Ivoire a entamé un nouveau chapitre. Les dernières années ont été très difficiles. Des choses simples que nous avions demandées, liées à la vie démocratique n’ont pas été respectées. C’est ce qui a conduit à cette crise. Aujourd’hui, l’espoir renaît. L’égalité des citoyens, le respect de la propriété terrienne, une armée républicaine, c’est-à-dire les valeurs que nous défendons depuis toujours au sein du RDR, sont de nouveau au cœur du débat ivoirien depuis les accords de Marcoussis, d’Accra et de Pretoria. Mais maintenant, il faut aller plus avant dans ce processus. Il faut que les Ivoiriens puissent choisir dans de bonnes conditions leur prochain président. Je rentre donc avec beaucoup de sérénité, mais aussi avec beaucoup de volonté et d’espoir pour l’avenir de la Côte d’Ivoire.
A titre personnel, vous devez également être soulagé de pouvoir enfin rentrer ?
Je suis bien sûr soulagé et j’espère que les conditions de sécurité vont s’améliorer. A titre personnel, je serai protégé par l’ONUCI. Mais je pense surtout à la sécurité du peuple ivoirien qui est très perturbée par la situation actuelle.
Quel regard portez-vous sur l’évolution de votre pays depuis la mort d’Houphouët-Boigny en 1993 et plus particulièrement sur les trois dernières années?
De 1994 à 1999, j’étais Directeur Général adjoint du Fonds monétaire international. A ce titre, je me suis occupé de l’Afrique mais aussi de l’Asie et de l’Amérique latine. Par la suite, je suis rentré en Côte d’Ivoire pour m’occuper de mon parti, le Rassemblement des Républicains. Ces dernières années en Côte d’Ivoire ont été particulièrement éprouvantes tant pour le peuple ivoirien que pour moi et ma famille. Et plus je voyais l’état du pays se dégrader, plus je voyais le climat de discrimination se développer et plus j’avais la conviction que je menais le bon combat. La Côte d’Ivoire qui a toujours été un pays d’accueil s’est écartée de ce chemin. J’ai alors averti tout le monde en Côte d’Ivoire mais aussi dans le monde entier -notamment ici en Europe- des risques d’une crise majeure. Pour moi, c’était évident que nous étions en train de fabriquer une poudrière et que cela nous conduirait au chaos. Malheureusement, les faits m’ont donné raison. Ensuite, il y a eu les accords de Marcoussis confirmés à Accra et Pretoria qui préparent un retour à la paix et à un processus électoral normalisé. Mais il y a encore beaucoup à faire.
A partir de cette situation chaotique, quelles sont, selon vous, les conditions pour que le calme revienne, notamment dans le nord du pays ?
Il faut rétablir la confiance, pas seulement dans les propos mais par des actes. Le gouvernement de transition doit mettre en œuvre les principes que nous avons arrêtés. Il faut commencer par l’identification des citoyens. Ce qui va ramener la paix entre le nord et le sud. Ensuite, il faut qu’il y ait un respect des diversités ethniques. A partir de là, le processus électoral va pouvoir s’enclencher.
Qu’attendez-vous de la France dans cette période de transition ?
D’abord, il faut souligner que la France a beaucoup fait. Les troupes françaises séparent les deux zones en conflit. La force Licorne aux côtés de l’ONUCI a permis de stabiliser la situation. Après la réunification du pays, le problème ne sera plus la séparation de deux armées mais la sécurisation des populations. Il serait donc sans doute souhaitable que la composition des troupes françaises soit un peu modifiée. Il faudra davantage penser à des éléments de police et de gendarmerie que des éléments de l’armée. Ces éléments devront permettre la sécurisation des grandes villes et consolider la sécurité pour le processus électoral.
Et puis après les élections, nous aurons également besoin de la France pour qu’elle nous aide à la formation d’une nouvelle armée. La crise qui secoue mon pays depuis septembre 2002 a montré que la Côte d’Ivoire n’avait pas d’armée bien formée, ni véritablement dotée d’un sens éthique républicain.
Votre parti, le RDR, s’est rapproché récemment de l’autre grand parti d’opposition le PDCI. Dans quel but ? Et ce rapprochement est-il amené à se poursuivre en vue de l’élection présidentielle d’octobre 2006 ?
Henri Konan Bedié et moi-même avons signé le 18 mai 2005 avec deux autres partis une plate-forme électorale. Ce sont des partis qui se retrouvent dans les idéaux d’Houphouët-Boigny. Ce sont aussi des partis qui considèrent que le processus de paix est la seule voie de sortie de la crise. Enfin, ce sont des partis à tendance libérale qui sont prêts à gouverner ensemble. Je pense que le RDR, qui est bien implanté dans le nord, et le PDCI, qui est bien implanté dans le centre et l’est, vont l’emporter avec l’aide de leurs alliés lors des prochaines élections.
Si le processus électoral aboutit, il restera l’autre grand problème de la Côte d’Ivoire à régler : celui de l’économie. Vous qui êtes un économiste, que préconisez-vous ?
Ce n’est effectivement pas le tout d’accéder au pouvoir, il faut y être pour aider la population. J’estime que mon expérience à la direction du Fonds monétaire international auprès de Michel Camdessus peut être utile à la Côte d’Ivoire. Si notre équipe arrive au pouvoir, je pense qu’elle réussira beaucoup plus vite que les autres, la normalisation économique. Pour cela, il faudra d’abord stabiliser les choses grâce au soutien de la population qui devra accepter certaines mesures courageuses. Une fois cela fait, nous demanderons le soutien des institutions financières internationales et des principaux bailleurs. Enfin, lorsque ces financements seront acquis, il faudra bien se servir de ces ressources. La mauvaise gouvernance économique du régime actuel ne doit pas se reproduire. Jusqu’à il y a encore cinq ans, la Côte d’Ivoire était la troisième économie africaine. La crise politique est venue perturber tout cela et aujourd’hui la Côte d’Ivoire est fortement endettée. Mais je ne crois pas qu’il y ait de fatalité. Fort heureusement, Le tissu économique n’a pas été touché de façon irrémédiable.
(Source : « Nord Eclair »)
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU PRESIDENT DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN (FPI) SUR LA SITUATION POLITIQUE
Mercredi 18 Janvier 2006
Mesdames et Messieurs les journalistes,
merci de votre présence à cette conférence de presse dont la tenue est dictée par les derniers développements de l’actualité socio-politique, notamment les positions exprimées par le GIT dans un communiqué rendu public à l’issue de sa réunion (3ème) du dimanche 15 janvier 2005.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, permettez-moi de vous adresser, comme le veut la tradition, mes vœux les meilleurs de santé, de bonheur et de prospérité pour l’année 2006. Que cette année, malgré le contexte de tension socio-politique actuelle, soit une année de paix pour la Côte d’Ivoire, pour tous et pour chacun.
Mesdames et Messieurs
C’est à la demande des Autorités Ivoiriennes que l’ONU, à travers le Conseil de Sécurité a adopté le 25 Février 2004 la Résolution 1528 et s’est engagé à travers l’ONUCI à soutenir les Autorités Ivoiriennes à trouver une solution pacifique et durable à la crise Ivoirienne.
L’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI) a pour mission notamment :
- D’observer le cessez-le-feu et le mouvement des groupes armés ;
- D’aider le Gouvernement ivoirien à procéder au regroupement des combattants ;
- De faciliter la libre circulation des personnes et des biens ;
- D’aider le Gouvernement de Réconciliation Nationale à rétablir l’Autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national
- Aider le Gouvernement à rétablir le Système judiciaire et l’Etat de Droit partout en Côte d’Ivoire ;
- Aider le Gouvernement de Réconciliation Nationale à assurer la surveillance nationale.
De 2003 à ce jour, l’ONU a pris plus d’une dizaine de Résolutions sur la Côte d’Ivoire, a dépêché dans notre pays de nombreuses missions d’experts et entretien sur le sol ivoirien des milliers de fonctionnaires internationaux et plus de 6.000 militaires. Le Budget de l’ONUCI pour l’exercice 2006 est évaluer à 800 millions $ (soit près de 520 Milliards F CFA).
Prévue pour une durée de douze (12) mois, la présence ONUSIENNE en Côte d’Ivoire a dû être prorogé deux fois.
Malgré les assurances que le pays serait réunifié dès la formation du Gouvernement de Réconciliation Nationale (accord de Marcoussis de Janvier 2003), la signature de nombreux accords de paix et l’implication massive de la Communauté Internationale à travers l’ONUCI et la Force LICORNE de l’armée française.
L’amer constat que fait le FPI quatre (4) ans après est choquant :
- Le pays est toujours divisé en deux et les mouvements rebelles qui siègent pourtant au Gouvernement continuent de faire obstacle à la réunification du pays et à la libre circulation des personnes et des biens
- L’autorité de l’Etat n’est pas rétablie sur l’ensemble du territoire ivoirien et les populations des zones assiégées sont toujours otages des mouvements rebelles sans administration et sans système judiciaire ;
- Le processus de désarmement est dans l’impasse, insaisissable, incertain ;
- Les frontières Nord ne sont toujours pas sécurisées et les zones sous occupation des forces rebelles sont livrées aux pillages, aux maladies et à la misère.
Plus grave, au lieu de s’acquitter des missions qui lui sont dévolues aux termes des différentes résolutions, elle s’emploie plutôt à s’attaquer aux Institutions de la République et à organiser la faillite de l’Etat de Côte d’Ivoire.
La dernière déclaration du GIT à l’issue de sa réunion du 15 janvier 2006 sonne comme un acte d’agression supplémentaire et intolérable contre le Peuple de Côte d’Ivoire et ses Institutions.
Le GIT décide la dissolution de l’Assemblée Nationale et met à la disposition de son Premier Ministre les députés pour que à sa convenance il les mette en mission de promotion de la paix et de la réconciliation nationale. Le GIT traite « de graves incidents’’ les attaques meurtrières opérées par la rébellion sur les camps d’Akouedo et « condamne » les violations des droits de l’homme qui auraient touché « des civiles innocents et des ressortissants étrangers ».
II. ANALYSE
Manifestement l’engagement international dans la résolution de la crise est un échec. Au lieu de servir les intérêts de la paix en Côte d’Ivoire, l’ONUCI, LICORNE, le GTI et le Premier Ministre du Gouvernement de la Côte d’Ivoire sont devenus des instruments de la France au service de la déstabilisation et de la recolonisation de la Côte d’Ivoire. C’est au nez et à la barbe des forces de l’ONUCI qu’en Novembre 2004, l’Armée française en Côte d’Ivoire (LICORNE) a massacré plus de 70 jeunes Ivoiriens aux mains nues et occasionné plus de 3000 blessés.
A GUITROZON, A Gohitafla, à Anyama, Agboville, à Akouedo les rebelles ont pris d’assaut les casernes militaires, tiré sur les populations civiles et mis à rude épreuve la paix sociale dans l’indifférence méprisante des forces ONUSIENNES et françaises.
Depuis Juillet 2005, toutes les réformes législatives réclamées par la rébellion ont été réalisées. Allassane Dramane Ouattara pour qui la rébellion dit avoir pris les armes peut maintenant être candidat à la Présidence de la République. En plus du Gouvernement, les rebelles ont envahi la Commission Electorale Indépendante. Mais ils ne désarment pas, ils organisent la sécession dans la zone occupée ; ils narguent la communauté nationale et internationale à l’abri du bouclier militaire Français et l’ONU refuse d’appliquer les sanctions prévues par la Résolution 1572. Au contraire, elle poursuit à travers le GTI son travail de démolition de l’Etat de Côte d’Ivoire.
Le GIT outrepasse outrageusement ses compétences pour tenter de transférer tous les pouvoirs (Exécutif et Législatifs) à son Premier Ministre Charles Konan Banny. Il dénie au Peuple Ivoirien sa Souveraineté et aux Institutions de la République leur légitimité. Il a programmé le démantèlement de l’Armée Nationale, la dissolution de la Gendarmerie et de la Police Nationales, modification de la population électorale, voire de la démographie nationale pour faire de la Côte d’Ivoire le dépotoir Ouest africain des immigrés que la France refuse chez elle.
Comme dans ses territoires d’outremer (Nouvelle-Calédonie, Guadeloupe, Polynésie française) la France Chiraquienne refuse à la Côte d’Ivoire le droit à l’autodétermination, à la liberté et à la souveraineté.
En proposant au GIT la dissolution de l’Assemblée Nationale, Charles KONAN Banny a jeté le masque de sa connivence avec la rébellion et dévoilé son plan secret pour s’emparer de tous les pouvoirs afin d’assouvir ses ambitions personnelles. Il en a été félicité par le GIT dans son communiqué.
Le désarmement, la réunification du pays et la préparation des élections ne constituent pas son objectif majeur et immédiat. Il cherche, à travers les ordures et la saleté publique, le projet d’identification de la population, des prétextes pour se donner tout le temps d’asseoir son pouvoir personnel et de se débarrasser du FPI et du Président Laurent Gbagbo.
L’on comprend aujourd’hui l’attitude laxiste qu’il a adopté en tant que Gouverneur, à mettre en sécurité les ressources de la BCEAO dans les succursales de BOUAKE et de MAN et le fait qu’il n’ait manifesté une quelconque préoccupation à la suite du braquage de ces banques par les rebelles de SORO Guillaume.
Evidemment le FPI ne saurait rester sans réagir face à ce complot machiavélique contre la Côte d’Ivoire.
III. POSITION DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN
Vivement préoccupé par la persistance de la crise et par les souffrances endurées par les populations ivoiriennes, déterminer à tout mettre en œuvre pour réaliser la paix en Côte d’Ivoire, la réunification du pays et la réconciliation nationale, le FPI :
· Déplore que tous les sacrifices consentis par le Peuple de Côte d’Ivoire depuis quatre (4) ans, n’aient pas abouti au désarmement, à la réunification du pays et à l’organisation d’élections justes et transparentes pour consolider la démocratie en Côte d’Ivoire ;
· Constate que les Forces Internationales (ONUCI et LICORNES) par leurs atermoiements, leur complicité avec la rébellion, leur mauvaise foi et leur attitude partisane et intéressée sont devenues le principal obstacle à la paix et à la réunification de la Côte d’Ivoire ;
· Déclare que la décision du GIT demandant que le mandat des Députés ne soit pas prolongé est nulle et de nul effet, cette structure n’ayant aucune compétence en la matière d’une part, et cette décision étant en violation flagrante de la Constitution Ivoirienne et de la Résolution 1633 de l’ONU d’autre part. Invite en conséquence le Parlement Ivoirien à se réunir de plein droit conformément à l’avis du Conseil Constitutionnel ;
· S’indigne et condamne l’attitude désinvolte, irrespectueuse et méprisante du GTI vis-à-vis des Institutions légales de notre pays, notamment : du Conseil Constitutionnel et de la Cour Suprême dont l’avis et les décisions ont été bafoués ;
· En conséquence, proclame son retrait de l’ensemble du processus de paix et son refus de cautionner encore plus longtemps le processus de recolonisation de notre pays engagé sous l’égide de l’ONU ; décide de mettre fin à sa collaboration et à son appui à toute entité mise en place dans ce cadre notamment au Gouvernement du Monsieur Charles KONAN Banny ;
· Exige en conséquence le départ du pays de toutes les forces ONUSIENNES et LICORNE, forces d’occupation, d’exploitation et d’asservissement de la Côte d’Ivoire ;
· Demande au Conseil de Sécurité de l’ONU et au Secrétaire Général de prendre acte de la volonté du Peuple Ivoirien de refuser la négation de sa Souveraineté et de mettre en conséquence fin à la mission de l’ONUCI et de la Force LICORNE ;
· Demande au Chef de l’Etat, le Président Laurent Gbagbo d’entreprendre immédiatement les démarches nécessaires afin que le pays soit débarrassé de l’occupation étrangère et d’engager sur des bases autonomes et autochtones le processus de paix et de Réconciliation Nationale ;
· Demande la mise en place d’un Gouvernement de libération nationale impliquant toutes les forces patriotiques, démocratiques et Républicaines du pays pour conduire le combat contre l’impérialisme international et pour donner un sens à l’indépendance nationale ;
· Demande aux Forces de Défense et de Sécurité, aux Institutions Ivoiriennes menacées par le projet de démolition de l’Etat de Côte d’Ivoire, aux populations Ivoiriennes, aux Patriotes de tous bords et aux démocrates de tous pays, aux Militantes et aux Militants du Parti de se mobiliser en masse pour apporter dès aujourd’hui un appui décisif à cette lutte de libération Nationale ;
· Lance un appel particulier et pressant à toutes les forces vives de la Nation, aux jeunes, aux femmes, aux patriotes, aux militants et militantes du parti de se tenir prêts et de s’impliquer sans réserve et sans calcul dans toutes les actions en cours et à venir pour restaurer l’honneur et la Souveraineté, la dignité et l’unité de la Nation, se dit déterminer à conduire la lutte jusqu’à la victoire finale
Fait à Abidjan, le 17 Janvier 2006
Pour le FPI,
Le Président
Pascal AFFI N’GUESSAN
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU GOUVERNEMENT SUR LES MANIFESTATIONS DES PATRIOTES
Lundi 16 Janvier 2006
A la suite du communiqué final ayant sanctionné la réunion du Groupe de Travail International (GTI) du 15 janvier 2006, à l’Hôtel du Golf, des Ivoiriens ont posé depuis ce matin des barricades sur diverses voies de la ville d’Abidjan.
Ces manifestations auraient pour objet le fait que le GTI aurait dissout l’Assemblée Nationale et que la Côte d’Ivoire serait sous tutelle de l’ONU.
Il importe, à la vérité, d’indiquer que le GTI n’a pas dissout l’Assemblée Nationale car
cet acte n’est pas de sa compétence.
Le GTI, à l’instar des Députés et de l’ensemble des Ivoiriens, a simplement tiré la conclusion que le mandat de l’Assemblée Nationale a expiré le 16 décembre 2005 conformément à la Constitution.
Mieux le GTI a recommandé, en attendant que de nouvelles élections aient lieu, que
le Premier Ministre, en concertation avec le Chef de l’Etat, puisse confier aux Députés dont le mandat vient de prendre fin, des missions en vue de la promotion de la paix et de la réconciliation nationale conformément à la feuille de route qui a été remise au Chef du Gouvernement.
Il importe une fois de plus que nos compatriotes comprennent que la mission principale assignée au Gouvernement de Transition pour la période allant jusqu’au 31 octobre 2006, est le désarmement et la démobilisation en vue de l’organisation d’élections libres et transparentes.
C’est à cette tâche que le Gouvernement s’attelle. Aucune action ne devrait être entreprise pour entraver le processus ainsi engagé.
Le Gouvernement invite l’ensemble des Ivoiriens à la sérénité et à conjuguer leurs efforts pour accompagner son action.
COTE D'IVOIRE / MANIFESTATIONS DES JEUNES PATRIOTES CONTRE LES DECISIONS DU GROUPE INTERNATIONAL DE TRAVAIL(GTI)
Lundi 16 Janvier 2006
Charles Blé Goudé, le dirigeant des "jeunes patriotes", fer de lance des manifestations antifrançaises en Côte d'Ivoire, a organisé lundi un sit-in devant l'ambassade de France à Abidjan pour protester contre la décision du GTI de ne pas prolonger le mandat des députés ivoiriens, a constaté un journaliste de l'AFP.
Les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: "La France ne réussira pas ce coup d'Etat contre Gbagbo", "la Côte d'Ivoire n'est pas sous tutelle de l'Onu" ou "députés de Côte d'Ivoire, restez sereins".
Le leader des patriotes était soutenu par quelques centaines de sympathisants, dont le nombre grossissait en début de soirée, entretenu par une rumeur sur sa possible arrestation par des "hommes à la solde de la France".
Une vingtaine de policiers anti-émeute étaient déployés devant l'ambassade de France.
Le Groupe de travail international (GTI), chargé de suivre le processus de paix dans ce pays, a estimé dimanche que le mandat des députés, venu à expiration en décembre, "n'a pas à être prolongé", selon un communiqué sanctionnant sa réunion.
Cette décision est fortement contestée par les sympathisants du président Laurent Gbagbo. Son parti, le Front populaire ivoirien (FPI) avait mis en garde le GTI, la semaine dernière, contre une telle décision.
"Nous manifesterons jusqu'à ce qu'on dispose d'un chronogramme très clair sur le désarmement", a déclaré Blé Goudé, muni d'un matelas et affirmant vouloir passer la nuit sur place.
Des jeunes manifestants, qui ne se sont pas réclamés ouvertement du président Laurent Gbagbo, ont totalement bloqué lundi en quelques heures la capitale économique ivoirienne, protestant contre la décision du GTI.
Le conseil constitutionnel ivoirien avait donné récemment un avis favorable à la prorogation du mandat des députés.
La Côte d'Ivoire traverse une grave crise politico-militaire depuis la tentative de coup d'Etat contre M. Gbagbo de la rébellion des Forces nouvelles (FN) en septembre 2002, qui depuis contrôle le nord du pays.
Source "AFP"
COTE D'IVOIRE / ADRESSE DU COLLECTIF DES PATRIOTES SUR LES RESULTATS DES TRAVAUX DU GROUPE INTERNATIONAL DE TRAVAIL SUR LA GESTION DE LA TRANSITION
Lundi 16 Janvier 2006
Adresse à l’ONU sur les dérives du groupe de travail international (GTI)
La communauté internationale, à travers l’ONU, s’est engagée, à la demande des autorités ivoiriennes, à rechercher une solution pacifique durable à la crise qui secoue notre pays.
C’est ainsi que, vivement préoccupé par la persistance de la crise et la détérioration de la situation en Côte d’Ivoire, le Conseil de sécurité a adopté à sa 5288ème séance du 21 octobre 2005, la Résolution 1633(2005). Ladite Résolution a réaffirmé que les Accords de Linas Marcoussis, d’Accra III, et de Pretoria demeurent le cadre approprié pour le règlement pacifique et durable de la crise en Côte d’Ivoire, a défini les missions du nouveau gouvernement de réconciliation nationale et a établi un Groupe de Travail International.
A) DES MISSIONS DU GROUPE DE TRAVAIL INTERNATIONAL
La tenue d’élections libres, régulières, ouvertes et transparentes dès que possible et au plus tard le 31 octobre 2005, tel est l’objectif assigné à tous par la résolution 1633 de l’ONU.
En son paragraphe 12, la Résolution considère que les mesures requises afin d’accélérer ce processus, sont en particulier : l’opération de désarmement, démobilisation et réintégration, le démantèlement et le désarmement des milices et l’établissement des conditions nécessaires à la tenue d’élections libres, régulières, ouvertes et transparentes, y compris en ce qui concerne l’opération d’identification et d’inscription des électeurs.
Le Groupe de travail international institué par celle-ci a donc pour mission de suivre de près l’évolution de la situation à cet égard et d’en faire rapport au conseil de sécurité.
Le Paragraphe 11 de cette Résolution l’invite, notant que le mandat de l’Assemblée nationale prend fin le 16 décembre 2005, à consulter toutes les parties ivoiriennes en vue de faire en sorte que les institutions ivoiriennes fonctionnent normalement jusqu’à la tenue des élections.
Pour ce faire, le Paragraphe 13 “demande en conséquence que le Groupe de travail international élabore dès que possible une feuille de route en consultation avec toutes les parties ivoiriennes, en vue de tenir des élections libres, régulières, ouvertes et transparentes dès que possible et au plus tard le 31 octobre 2006 ... ”
B) LE GROUPE DE TRAVAIL INTERNATIONAL SE DETOURNE DE SES MISSIONS ET S’EN ATTRIBUE D’AUTRES
1) Par une décision en date du 6 décembre 2005, le Groupe de travail international autorise le pouvoir exécutif à légiférer en lieu et place du parlement ;
2) Dans ses déclarations sans retenue, le Groupe de travail international dénie en fait au peuple ivoirien sa souveraineté et aux institutions de la République leur légitimité ;
3) Par ses manœuvres actuelles, le Groupe de travail international entend aboutir au schéma suivant :
. Promouvoir de facto, un gouvernement de transition qui n’existe nulle part dans aucun accord de paix, et ce, en lieu et place du gouvernement de réconciliation nationale qui est le seul visé dans la Résolution de l’ONU.
. Confier au Premier ministre la présidence du conseil des ministres, la signature des décrets et la nomination aux hautes fonctions de l’administration, et ce, en pure négation des pouvoirs dévolus au Président de la République, Chef de l’Etat.
. Recomposer l’Assemblée nationale en y intégrant des non élus du RDR et des mouvements rebelles et réduire ses pouvoirs pour en faire une chambre purement consultative.
. Obtenir à tout prix le contrôle des rebelles dans la composition et la direction de la CEI
. Démanteler les Forces armées nationales en y intégrant les rebelles afin de détruire toute la portée attendue du désarmement
. Modifier la population électorale, voire la démographie nationale au moyen d’une opération maligne d’identification
. Contester le régime constitutionnel des institutions de la République
. Modifier la composition de la haute administration du pays afin de l’assujettir
. S’ériger en une autorité exerçant un pouvoir de tutelle sur la Côte d’Ivoire.
D’où le GTI tire-t-il ses pouvoirs, inscrits nulle part dans la Résolution ?
Au lieu de s’attacher aux questions essentielles de l’heure qui concernent le désarmement, la réunification du pays, le redéploiement de l’administration sur toute l’étendue du territoire national, l’identification et la tenue rapide des élections, le GTI a décidé d’aller en guerre contre les institutions de la République.
En réalité, par ses actes et autres déclarations, le Groupe de travail international jette de l’huile sur le feu, au lieu d’aller dans le sens de la paix et assumer pleinement sa mission consistant à faire en sorte que les institutions fonctionnent normalement, afin que des élections puissent se tenir aux dates indiquées.
Le GTI mène de façon délibérée et insidieuse le combat d’un projet de résolution qui n’a pas été adopté.
Si l’on n’y prend garde le GTI risque de mettre plus à mal le processus actuel de paix et de réconciliation nationale engagé dans le cadre de la Résolution 1633.
C) L’APPEL A L’ONU
En conséquence ;
Les partis politiques et les organisations de défense des institutions de la République, Signataires de la présente Adresse :
Appellent l’attention de l’ONU sur les graves dérives du GTI et les risques de détérioration de la situation qu’il fait courir à la Côte d’Ivoire.
Demandent instamment à l’ONU d’exiger à son équipe technique - le GTI - de s’en tenir strictement à son rôle de suivi et d’accompagnement du processus de paix.
Demandent enfin à l’ONU d’engager le GTI à n’agir désormais, en actes et en paroles, qu’en ayant à l’esprit la paix et les conditions à créer pour permettre la tenue rapide des élections.
Disent toute leur détermination à ne pas accepter, les projets annoncés et à ne plus tolérer que le GIT se comporte en instance de décision.
N. B. Le titre est de la rédaction Fait à Abidjan, le 12 Janvier 2006
ONT SIGNE :
Au titre des partis politiques
LE FPI L’UDCY L’USD MOUVEMENT NATIONAL CITOYEN-ALTERNATIVE Le PURCI Au titre des organisations de défense des institutions de la République : Le Synares Le COJEP La COORDINATION DES FEMMES PATRIOTES ET DE La SOCIETE CIVILE UPLTCI
COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU GROUPE INTERNATIONAL DE TRAVAIL SUR LA GESTION DE LA TRANSITION
Lundi 16 Janvier 2006
1. La 3ème réunion ministérielle du Groupe de travail international (Gti) s’est tenue à Abidjan le 15 janvier 2006 sous la co-présidence de SEM Oluyemi Adeniji, ministre des Affaires étrangères du Nigeria et de M. Pierre Schori, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Côte d’Ivoire. Etaient présents les ministres du Ghana, du Niger, de la France, de la République sud-africaine, le Commissaire au Développement et à l’Aide humanitaire de la Commission européenne, le secrétaire exécutif de la Cedeao, et les représentants des Etats-Unis d’Amérique, de la Guinée, du Bénin, de l’Organisation internationale de la Francophonie, de la Banque mondiale et du bureau du Haut représentant pour les élections.
2. Le Premier ministre a exposé au groupe l’évolution de la situation depuis sa nomination, les défis auxquels son gouvernement est confronté ainsi que sa stratégie pour les surmonter.
3. Le Groupe a félicité le Premier ministre pour la formation du nouveau gouvernement et le démarrage rapide de ses activités ce qui a permis de définir un cadre pour la mise en œuvre effective et dans les délais de la feuille de route. A cet égard, le groupe affirme son plein soutien au Premier ministre, et demande au Groupe de médiation d’entretenir avec lui des relations de travail étroites. Le Groupe salue l’engagement du Premier ministre à travailler dans un esprit de consensus.
4. Conformément au paragraphe 11 de la Résolution 1633 du CSNU relatif à l’expiration du mandat de l’Assemblée nationale, le Gti a tenu des consultations approfondies avec les parties ivoiriennes sur le fonctionnement des institutions de l’Etat. Le Gti a tiré la conclusion que le mandat de l’Assemblée nationale, qui a expiré le 16 décembre 2005 n’a pas à être prolongé.
5. Néanmoins, pendant la période de transition, le Gti recommande que le Premier ministre, en consultation avec le chef de l’Etat, et se fondant sur l’expérience des anciens députés, puisse à sa convenance, leur confier des missions spécifiques en vue de la promotion de la paix et de la réconciliation nationale.
6. Préoccupé par le blocage de la Cei, le groupe prend acte de l’intention du HIRE de rendre son arbitrage sur cette question dans des délais qui permettent à la Cei d’être opérationnelle avant la prochaine réunion du Gti.
7. Le Groupe condamne vigoureusement les graves incidents survenus aux camps militaires d’Akouédo, qui s’ajoutent à une série d’évènements analogues visant à compromettre les progrès du processus de paix. Le Groupe condamne également les violations caractérisées des droits de l’homme qui en ont résulté et qui ont touché des civils innocents et des ressortissants étrangers. Le Groupe encourage le Gouvernement et les forces impartiales à renforcer leur coordination en vue de créer un environnement sûr pour la mise en œuvre sans heurts de la feuille de route, notamment en garantissant la libre circulation et la liberté des activités politiques sur toute l’étendue du territoire.
8. Le Groupe note également avec une profonde préoccupation le ton incendiaire qui continue d’être utilisé par certains acteurs politiques et médias. Une telle attitude négative contrevient à l’esprit du processus de paix et de réconciliation, et représente également une violation flagrante des résolutions des Nations unies.
9. En vue d’assurer la mise en œuvre du processus d’identification, du Ddr et la tenue des élections dans une atmosphère de stabilité et de sécurité, le Groupe recommande au Conseil de sécurité des Nations unies de réexaminer le niveau des effectifs militaires et de police de l’Onuci conformément au paragraphe 22 de la résolution 1633 (2005).
10. Le Groupe tiendra sa prochaine réunion le 17 février 2006 en Côte d’Ivoire.
CW
COTE D'IVOIRE / NOUVEAU PREMIER MINISTRE / QUI EST CHARLES KONAN BANNY
Dimanche 15 Janvier 2006
Désigné hier par les présidents Obasanjo, Thabo Mbeki, Mamadou Tanja et Laurent Gbagbo comme Premier ministre, Charles Konan Banny aura la lourde mission de conduire le processus de paix en Côte d’Ivoire. Nous vous livrons sa biographie.
Charles Konan BANNY, Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) depuis 1990, est né le 11 novembre 1942 à Divo en République de Côte d'Ivoire.
Titulaire d'un Diplôme d'Etudes Supérieures (DES) en Sciences Economiques et Commerciales obtenu à l'Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales de Paris (ESSEC) en 1968, il commence sa carrière professionnelle en 1969, date à laquelle il est nommé Chargé de Mission à la Caisse de Stabilisation et de Soutien des Prix des Productions Agricoles en Côte d'Ivoire (CSSPPA).
En 1970, Charles Konan BANNY rejoint l'Organisation InterAfricaine du Café (OIAC) à Paris où il occupe le poste de Secrétaire Général Adjoint avant d'être nommé Secrétaire Général un an plus tard.
C'est en 1976 que Charles Konan BANNY entame son itinéraire de banquier central, avec son entrée au Siège de la BCEAO où il occupe successivement les fonctions de Directeur des Affaires Administratives et Sociales, de Directeur Central des Titres, du Portefeuille, des Emprunts et des Prêts en 1977 et de Directeur Central des Etudes en 1983.
En 1986, il devient Directeur National de la BCEAO pour la Côte d'Ivoire. A ce titre, il est nommé Gouverneur Suppléant pour la Côte d'Ivoire au Fonds Monétaire International (FMI). Conseiller Spécial du Gouverneur de la BCEAO à partir de 1988, il est nommé Gouverneur par intérim de la BCEAO de 1990 à 1993.
Le 1er janvier 1994, Charles Konan BANNY est confirmé dans les fonctions de Gouverneur de la BCEAO, sur décision du Conseil des Ministres de l'Union Monétaire Ouest Africaine prise conformément aux dispositions de l'article 41 des Statuts de la BCEAO, pour un mandat de 6 ans renouvelable.
Son mandat de Gouverneur de la BCEAO a été renouvelé le 17 juin 1999 pour une période de 6 ans, à compter du 1er janvier 2000.
Sous l'autorité de M. Charles Konan BANNY, la BCEAO a engagé de grands chantiers parmi lesquels on peut distinguer:
Au plan de la politique monétaire et de l'intégration financière
* La réforme des instruments de politique monétaire en vue d'adapter les règles et procédures de la Banque Centrale aux mutations de l'environnement. Les innovations introduites à cet effet portent essentiellement sur :
- la mobilisation accrue de l'épargne intérieure, à l'appui d'une réduction progressive du rôle de la monnaie centrale ;
- l'abandon de la gestion administrative au profit d'instruments de régulation indirects, souples et flexibles répondant aux exigences des mécanismes de marché ;
- le renforcement de l'organisation et de la surveillance bancaire, avec la création en octobre 1990 de la Commission Bancaire de l'UMOA (…)
* L'institution de la journée continue en vue de permettre au personnel de disposer du temps nécessaire à consacrer aux activités sportives, culturelles et sociales indispensables à leur épanouissement.
* Extension du régime d'aide au personnel pour l'accession à la propriété immobilière avec en prime, la construction de logements sociaux dans tous les pays membres au profit du personnel, dans le cadre de coopératives d'habitat.
* Construction de "centres aérés" comportant plusieurs infrastructures sportives et culturelles, dans le souci du raffermissement des liens de convivialité et de fraternité entre les agents.
En 1994, Charles Konan BANNY a pris l'initiative de créer un Comité Historique, constitué d'éminents universitaires et de témoins vivants de l'histoire de la BCEAO, auquel il donna pour mission la rédaction de l'histoire de l'Union Monétaire Ouest Africaine. Ces travaux ont débouché sur l'édition d'un ouvrage historique de référence intitulé "Histoire de l'UMOA, des origines à 1997".
L'objectif visé est de revisiter le passé de l'Union et reconstituer ainsi l'héritage à léguer aux générations futures. L'ouvrage de trois tomes est distribué exclusivement au sein du réseau des Agences de la BCEAO dans les pays membres et à sa représentation à Paris.
Outre ses fonctions de Gouverneur, M. BANNY est Président du Conseil d'Administration de la BCEAO, Président de la Commission Bancaire de l'UMOA, membre du Conseil Régional de l'Epargne Publique et des Marchés Financiers de l'UMOA et Administrateur de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD).
Charles Konan BANNY est Officier de l'Ordre National de la République de Côte d'Ivoire, Commandeur de l'Ordre National du Lion de la République du Sénégal, Grand Officier de l'Ordre du Mérite de la République du Niger, "Citoyen d'honneur" de la ville de Sevran en France, Commandeur de l'Ordre National de la République du Bénin, Commandeur de l'Ordre National de la République du Mali. Il a également été décoré de la Médaille du Mérite et de la Coopération de la République de Guinée-Bissau.
Grand sportif, passionné de football qu'il a longuement pratiqué, Charles Konan BANNY consacre aussi ses rares moments de détente à la lecture et à la musique. M. BANNY est marié et père de 4 enfants.
Source : "NOTRE VOIE" du 05.12.05
SENEGAL / FIN ENDEUILLEE DU PARIS-DAKAR
Dimanche 15 Janvier 2006
Le PARIS-DAKAR remporté par le français Luc ALPHAND au Lac Rose à quelques kilometres de DAKAR a été endeuillé par le décès d'un des coureurs et de deux adolescents de nationalité guinéenne et sénégalaise.
SENEGAL DECES DE MADAME COUMBA BA EX-DEPUTE DU PARTI DEMOCRATIQUE SENEGALAIS
Dimanche 15 Janvier 2006
Madame Coumba BA , égérie du PDS , parti de Maître Abdoulaye WADE , est décédée à TAMBACOUNDA ou elle aété inhumée le vendredi 13 Janvier 2006 en présence de M.Macky SALL , Premier Ministre et de nombreux dignitaires du parti au pouvoir.
Il faut rappeler que Mame Coumba BA a été la première responsable des Femmes du PDS et a siégé pendant trois législatures au Parlement avant de prendre sa retraite dans sa ville natale ou un vibrant hommage lui a été rendu par ses compagnons de lutte .
TOUTES NOS CONDOLEANCES LES PLUS EMUES A CETTE BATTANTE POUR LA CAUSE DES FEMMES . QU'ALLAH L'ACCUEILLE DANS SON PARADIS.
COTE D'IVOIRE / ELECTIONS PRESIDENTIELLES 2006 / M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA CANDIDAT
Samedi 14 Janvier 2006
PARIS - L'opposant ivoirien et ancien Premier ministre Alassane Ouattara a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle théoriquement prévue fin 2006 en Côte d'Ivoire, dans un entretien à paraître dimanche dans un quotidien français.
"Oui, je serai candidat. Il reste dix mois pour mobiliser les soutiens à mon parti, le Rassemblement des Républicains (RDR), et mener la campagne", a-t-il déclaré au quotidien Nord Eclair, un journal du nord de la France.
Evincé pour cause de "nationalité douteuse" de la présidentielle d'octobre 2000 remportée par Laurent Gbagbo, M. Ouattara s'était porté candidat pour le scrutin présidentiel d'octobre 2005, qui n'a pu avoir lieu.
Evoquant son retour prochain en Côte d'Ivoire après trois ans d'exil en France à la suite du coup d'Etat manqué contre le président Laurent Gbagbo et au cours duquel son domicile avait été attaqué, Alassane Ouattara se déclare "serein".
"Je rentre serein parce que je pense que la Côte d'Ivoire a entamé un nouveau chapitre. Il faut que les Ivoiriens puissent choisir dans de bonnes conditions leur prochain Président. Je rentre donc avec beaucoup de sérénité, mais aussi avec beaucoup de volonté et d'espoir pour l'avenir de la Côte d'Ivoire, a déclaré Alassane Ouattara.
ADO (son surnom), qui est retourné récemment en Côte d'Ivoire pour la première fois depuis la fin 2002 à l'occasion du décès de sa mère, estime dans le même entretien "que (sa) place est de nouveau en Côte d'Ivoire pour des raisons politiques". "Dans le cadre de la résolution 1633 de l'ONU, un nouveau gouvernement multipartite et de transition a été mis en place et doit conduire au désarmement des parties en présence et à l'organisation d'une élection présidentielle transparente en octobre 2006", explique-t-il.
L'ancien président Henri Konan Bedié, avec lequel Alassane Ouattara a signé le 18 mai dernier à Paris une plate-forme électorale entre leurs deux partis, le RDR et le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), s'est pour sa part déjà porté candidat au scrutin de la fin 2006.
Questionné sur le gouvernement formé fin décembre par le nouveau Premier ministre Charles Konan Banny et le processus électoral qui doit être enclenché, Alassane Ouattara estime qu'il "faut rétablir la confiance, pas seulement dans les propos mais par des actes".
"Le gouvernement de transition doit mettre en oeuvre les principes que nous avons arrêtés. Il faut commencer par l'identification des citoyens. Ce qui va ramener la paix entre le nord et le sud. Ensuite, il faut qu'il y ait un respect des diversités ethniques. A partir de là, le processus électoral va pouvoir s'enclencher", juge-t-il.
Interrogé sur le volet économique, Alassane Ouattara, après avoir fustigé la "mauvaise gouvernance économique du régime actuel", affirme que "le tissu économique n'a pas été touché de façon irrémédiable" et qu'en cas de victoire à la présidentielle, son équipe "réussira beaucoup plus vite que les autres la normalisation économique".
Plus de trois ans après la tentative de coup d'Etat de septembre 2002, la Côte d'Ivoire est toujours coupée en deux, le nord du pays étant sous le contrôle de la rébellion des "Forces Nouvelles", et le sud dirigé par le président Gbagbo, dont le quinquennat expirait normalement en octobre 2005 et qui a vu son mandat prolongé d'un an par l'ONU, sur recommandation de l'Union Africaine, le temps d'organiser un scrutin présidentiel.
Source"AFP"
INTERVIEW DE M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA PRESIDENT DU RASSEMBLEMENT DES REPUBLICAINS(RDR -OPPOSITION)
Samedi 14 Janvier 2006
Le Président du Rassemblement Des Républicains, l’ancien Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara était ‘’l’invité Afrique’’ de la radio mondiale, « RFI ». Dans cet entretien, il fait le tour d’horizon de l’actualité ivoirienne.
RFI : M. Alassane Ouattara, pourquoi décidez-vous de rentrer ?
Alassane Dramane Ouattara : Parce que j’ai envie d’être chez moi, dans mon pays. La situation de la Côte d’Ivoire se normalise. Nous avons un gouvernement de transition en place. Je pense que le Premier Ministre a besoin du soutien de tous les leaders politiques. Et, aussi que mes militants ont envie de me voir. C’est donc le bon moment de rentrer.
RFI : Quand allez-vous rentrer à Abidjan ?
A.D.O. : J’espère, en milieu de semaine prochaine. Aux alentours du 20 janvier.
RFI : Vous avez passé quelques jours à Abidjan, le mois dernier, dans des circonstances douloureuses : les obsèques de votre mère. Est-ce que, à cette occasion, vous avez pu vous faire une idée du danger ou non que vous encourez en rentrant à Abidjan?
A.D.O. : Pas tellement. Vous savez que j’ai une position de privilégié puisqu’en vertu des accords de Marcoussis, j’ai droit à une sécurité particulière. Par conséquent, je n’avais pas du tout de craintes en rentrant.
RFI : Concrètement, après votre départ en 2002, votre maison de Cocody a été pillée. Comment allez-vous faire ?
A.D.O. : Oui, c’est vrai, ma maison a été incendiée, pillée, saccagée. Donc je n’ai plus de maison habitable à Abidjan. Mais j’ai pu louer une résidence.
RFI : Pourrez-vous circuler normalement dans Abidjan ?
A.D.O. : J’ai l’intention de le faire. A Abidjan, nous sommes chez nous, tous les Ivoiriens. Et non seulement à Abidjan, mais partout dans le pays. Au Nord comme au Sud. Nous n’allons pas nous laisser terroriser.
RFI : Depuis le mois de mai dernier, Laurent Gbagbo ne s’oppose plus à votre candidature à la Présidentielle. Est-ce que pour vous, le plus dur est fait ou le plus dur reste à faire?
A.D.O. : La question essentielle pour moi, n’est pas la candidature de Alassane Ouattara. C’est des questions de fond qui ont divisé les Ivoiriens. Les questions de discrimination, d’exclusion, les textes concernant la nationalité ont donc été pris par décision. L’Assemblée nationale n’a pas voulu les adopter. Et nous considérons, nous, que ce sont des questions essentielles pour nous permettre d’aller aux élections.
RFI : Craignez-vous concrètement un bras de fer avec le FPI de Laurent Gbagbo sur l’établissement des listes électorales ? Qui est Ivoirien, qui ne l’est pas ?
A.D.O. : Ces questions d’identification sont au cœur du débat. Et c’est pour cela que le Président Henri Konan Bédié, Guillaume Soro et moi-même avons beaucoup insisté à Pretoria, dès le mois d’avril, pour que la Commission Electorale Indépendante soit véritablement indépendante.
RFI : Le nouveau Premier ministre, Charles Konan Banny, dit qu’il veut constituer un tandem avec Laurent Gbagbo. Pensez-vous qu’il est naïf, quand il dit cela ou pensez-vous qu’il est assez fort pour pouvoir être sur le même tandem que Laurent Gbagbo ?
A.D.O. : Je connais bien mon jeune frère Charles Konan Banny, le Premier ministre. C’est un homme d’espérance, courageux et compétent. Je suis sûr qu’il sera à même d’affirmer son autonomie tout en ayant des relations de courtoisie avec le Chef de l’Etat. Mais il a des pouvoirs que le chef de l’Etat n’a pas en matière financière, de défense et de sécurité, en vertu de la Résolution 1633.
RFI : Il y a aussi le problème de l’Assemblée nationale. On prête du groupe de travail international (GTI) l’intention de la recomposer pour y faire entrer les députés de votre parti, le RDR. Qu’en pensez-vous ?
A.D.O. : Non. Ceci est tout simplement une intoxication. Le RDR n’a jamais demandé à être représenté dans une assemblée dont il n’ a pas fait partie. Et le débat à mon sens est clos. Le 16 décembre, le mandat des députés est venue à expiration. L’Assemblée nationale n’existe plus. Donc en mon sens, il n’ y a pas lieu de mener un débat sur cette question. Je souhaite que le GTI confirme que le mandat de l’Assemblée nationale est arrivé à terme et donc qu’il n’ y a plus d’Assemblée nationale.
RFI : Vous savez que ce n’est pas du tout l’avis du FPI de Laurent Gbagbo.
A.D.O. : Le FPI a le droit d’avoir son avis. Je pense qu’il a été constaté que ces derniers temps, nous n’avons pas eu les mêmes avis.
RFI : Avec Henri Konan Bédié, vous avez constitué un front commun au mois de mai dernier avec un accord de désistement entre les deux tours de la future élection présidentielle. Mais depuis quinze ans, toutes les alliances politiques en Côte d’Ivoire ont échoué. Pourquoi celle-ci pourrait-elle réussir ?
A.D.O. : Voyez l’état de la Côte d’Ivoire. Nous ne pouvons pas répéter les mêmes choses. En tout cas, je constate que le Président Henri Konan Bédié a été conforme aux engagements pris depuis la situation de cette place forme. Et je pense que j’ai été conforme aux engagements. Donc, nous avons de bonnes chances de pouvoir aller jusqu’au bout.
RFI : Oui, mais vos partisans se sont affrontés durement ces dernières années. Si par exemple, à l’issue du premier tour de la future élection présidentielle, vous êtes devant. Croyez-vous que l’électorat traditionnel d’Henri Konan Bédié votera pour vous au deuxième tour ?
A.D.O. : Nous travaillons en cela. Et si le Président Henri Konan Bédié arrivait en tête, je travaillerais pour que mon électorat le soutienne au deuxième tour.
RFI : Certains disent qu’il y a un accord secret entre le Président Bédié et vous. Vous lui laissez cette élection au nom du droit d’aînesse, et il vous soutient à l’élection suivante.
A.D.O. : S’il y a un accord secret, je ne pourrais pas le dévoiler. Vous le comprendrez bien.
RFI : Est-ce que cet accord est envisageable ou a peut-être déjà été conclue ?
A.D.O. : S’il y a un accord secret, on ne peut pas dévoiler un accord secret à la radio, même à RFI
Retranscrit par D. Maïmouna (Source RFI)
COOPERATION COTE D'IVOIRE - LIBERIA / INVESTITURE DE MADAME SIRLEAF PREMIERE FEMME PRESIDENTE ELUE DEMOCRATIQUEMENT
Vendredi 13 Janvier 2006
Madame Simone GBAGBO, Première Dame de C^^ote d'Ivoire, conduira une forte délégation de femmes ivoiriennes à la cérémonie d’investiture de la Présidente de la République du Liberia Madame Ellen Johnson SIRLEAF, le lundi 16 janvier 2006, à Monrovia. Elle y représentera le Chef de l’État Laurent GBAGBO.
La délégation comprendra notamment les quatre femmes ministres du Gouvernement de Réconciliation nationale : Mesdames Jeanne PEUHMOND, Ministre de la Famille et des Affaires sociales, Christine ADJOBI NEBOUT, Ministre de la Lutte contre le SIDA, Marie TEHOUA AMAH, Ministre de l'Industrie et de la Promotion du secteur privé, Martine COFFI STUDER, Ministre déléguée chargée de la Communication.
Outre Madame Marthe AGOH, 1ère Vice Présidente de l’Assemblée nationale, des femmes parlementaires de diverses tendances politiques assisteront à cette investiture officielle : Mesdames Sita DOSSO (PDCI), Bernadette Adjoa BOUAMAN (PDCI), Martine DJIBO (PURCI) et Odette LOROUGNON (FPI).
Des représentantes de la société civile prendront également part à ce déplacement : Mesdames Henriette Coulibaly DAO, Présidente de l’UFPDCI, Raymonde KOFFI, Vice Présidente de la Coalition des femmes leaders, Geneviève BRO GRÉBÉ, Présidente des femmes patriotes.
La Côte d’Ivoire tient ainsi à honorer Madame Ellen Johnson SIRLEAF, première femme à accéder à la magistrature suprême en Afrique.
La délégation ivoirienne quittera Abidjan lundi matin.
Abidjan, le 13 janvier 2006
Toussaint ALAIN
Conseiller en Communication
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU GROUPE PARLEMENTAIRE FPI SUR LA PROROGATION DU MANDAT DES DEPUTES
Jeudi 12 Janvier 2006
DECLARATION DU GROUPE PARLEMENTAIRE FPI
Le Groupe de Travail International (GTI) a invité le groupe parlementaire FPI, le mercredi 4 janvier 2006, pour discuter de la prorogation du mandat parlementaire.
D'après le GTI, cette concertation s'inscrivait dans le cadre de l'application de la Résolution 1633 qui «invite le GTI… à consulter toutes les parties ivoiriennes… en vue de faire en sorte que les Institutions fonctionnent normalement ».
Le Groupe Parlementaire FPI a informé le GTI de ce que dans le cadre de leurs prérogatives constitutionnelles et de leur fonctionnement normal, les Institutions de la République de Côte d'Ivoire se sont déjà prononcées sur la situation de l'Assemblée Nationale.
En effet, les députés de la présente législature, constatant la fin du mandat parlementaire le 16 décembre 2005, conformément à l'article 59 de la Constitution et «visant» et anticipant sur les dispositions de la Résolution 1633 en son point 11, ont recommandé (les 9 et 12 décembre 2005) à travers les 4 groupes parlementaires (FPI, PDCI, UDPCI, SOLIDARITE), la prorogation du mandat parlementaire jusqu'aux prochaines élections.
Le Bureau de l'Assemblée Nationale et la Conférence des Présidents, lors de leur réunion conjointe du mardi 13 décembre 2005, ont pris acte de cette recommandation et demandé que les démarches soient faites pour qu'elle aboutisse.
Le Président de la République par lettre en date du 15 décembre 2005, a demandé l'avis du Conseil Constitutionnel: étant donné la non tenue d'élections législatives, compte tenu de la situation de crise que vit notre pays, l'expiration du mandat parlementaire le 16 décembre 2005 entraîne t-il dissolution et fin des pouvoirs de l'Assemblée Nationale ? Le Conseil Constitutionnel par avis N° 2005-013/CC/SG en date du 15 décembre 2005, s'est prononcé pour le maintien du Parlement dans sa composition actuelle et avec tous ses pouvoirs, jusqu'à la tenue des prochaines élections.
Dans son avis, le Conseil Constitutionnel à juste titre fait remarquer que: « A défaut d'élection dans les délais, les pouvoirs de l'Assemblée Nationale ne peuvent prendre fin sans porter atteinte à des principes et règles de valeur constitutionnelle que sont: la séparation et l'équilibre des pouvoirs, l'exercice de la souveraineté du peuple, la continuité de la vie de la nation ».
Au regard donc de ce qui précède, c'est-à-dire au plan du droit, l'Assemblée Nationale continue d'exister.
Tirant les conséquences, d'une part, de l'avis du Conseil Constitutionnel, d'autre part de la décision unanime des parlementaires eux-mêmes, le Président de l'Assemblée Nationale à la plénière du 16 décembre 2005 a donc autorisé les vacances parlementaires des députés, en invitant ces derniers à se retrouver le dernier mercredi du mois d'avril 2006 (art 62 de la Constitution) pour l'ouverture de la première session ordinaire 2006, s'ils ne sont pas conviés dans l'intervalle en session extraordinaire pour l'adoption du budget de l'Etat ou tout autre sujet.
Dans son deuxième paragraphe, la Résolution 1633 réaffirme «son ferme attachement au respect de la souveraineté, de l'indépendance… » et cela est tout à fait juste. C'est la raison pour laquelle les décisions arrêtées par les Institutions ivoiriennes s'imposent à lui, et il à le devoir de s'y conformer.
Le Groupe Parlementaire FPI rappelle que l'article 98 de la Constitution dispose: « les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux Pouvoirs publics, à toute Autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale ».
Cette décision s'impose donc à toutes les parties concernées par la crise. Chacun à le devoir de s'y conformer.
Or, le GTI, en invitant les Groupes Parlementaires à venir discuter de la prorogation du mandat des députés, postérieurement à l'avis du Conseil Constitutionnel rendu public, et reprise par voie de presse, vient méconnaître le caractère impératif de cet « avis ».
Cette attitude est dangereuse nous le rappelons, pour la paix et contraire aux dispositions de la Résolution 1633 qui en son point 11 « invite le GTI à faire en sorte que. les Institutions ivoiriennes fonctionnent normalement ». C'est-à-dire conformément aux dispositions de la Constitution ivoirienne.
On ne peut en effet se prévaloir de la Constitution pour proclamer la fin du mandat parlementaire (art. 59) et dénier à cette même Constitution le droit de régler la conséquence tirée de l'usage (de l'art 48) de cette même Constitution qui dispose que « l'Assemblée Nationale se réunit de plein droit ».
En conséquence :
1- Le Groupe Parlementaire FPI :
- considère que le débat sur la prorogation du mandat parlementaire est clos,
- que le Parlement reste en fonction dans sa composition actuelle et avec tous ses pouvoirs jusqu'aux prochaines élections législatives.
2 - Le Groupe Parlementaire FPI rappelle que:
- Toutes les réformes législatives préconisées par les accords de Linas Marcoussis ; Accra et Pretoria ont fini d'être examinées et adoptées par le Parlement et promulguées par le Président de la République,
- Le Parlement a donc fini sa part. C'est pourquoi la résolution 1633 qui le reconnaît bien n'a mis aucune obligation à sa charge.
3 - Le Groupe Parlementaire FPI respectueux du principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs, récuse la décision du 6 décembre 2005 du GTI autorisant le pouvoir exécutif à légiférer en lieu et place du Parlement. Il doit être bien entendu de tout le monde que le gouvernement actuel de la Côte d'Ivoire n'est pas un gouvernement de transition mais un gouvernement de réconciliation nationale oeuvrant dans le cadre prévu par la Constitution ivoirienne.
4- Après la nomination du 1er Ministre et la formation du gouvernement, le Groupe Parlementaire FPI demande au GTI de revenir aux missions pour lesquelles il a été créé, lesquelles missions constituent les priorités du moment qui sont:
Le désarmement des rebelles,
La réunification du pays,
Le redéploiement de l'Administration sur toute l'étendue du territoire, L'identification des populations et l'organisation des élections.
5- Le Groupe Parlementaire FPI refuse de s'engager dans des discussions tendant à dénier de fait au peuple ivoirien sa souveraineté et aux Institutions ivoiriennes leur légitimité. Le Groupe Parlementaire FPI ne reconnaît et ne reconnaîtra aucune décision ou recommandation du GTI qui à l'issue de sa rencontre du 15 janvier 2006 serait contraire aux dispositions de la Constitution ivoirienne et tendrait à porter atteinte à la souveraineté de la Côte d'Ivoire.
6- Le Groupe Parlementaire FPI invite le GTI à consolider le processus de sortie de crise en se conformant strictement à ses missions en évitant tout acte ou tout propos tendant à fragiliser davantage les Institutions de la République de Côte d'Ivoire.
7- Le Groupe Parlementaire FPI invite tous les acteurs politiques nationaux et internationaux impliqués dans la recherche de solutions à la crise ivoirienne à avoir un comportement et un discours apaisants et rassembleurs capables de conduire à une paix durable.
Fait à Abidjan le 7 janvier 2006
Le Groupe Parlementaire FPI
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DE M.CHARLES KONAN BANNY PREMIER MINISTRE A L'ISSUE DU PREMIER CONSEIL DE GOUVERNEMENT
Jeudi 12 Janvier 2006
A l’issue du premier Conseil de gouvernement qui s’est tenu, hier, après la passation des charges, le Premier ministre Charles Konan Banny s’est confié à la presse.
« Les activités ont commencé depuis bientôt un mois. Il n’y a pas de jour où les ministres ne sont pas mis au travail. Même lorsque le nouveau gouvernement n’était pas encore en place. Je voudrais rassurer les Ivoiriens que leur pays n’a pas connu de vide. Il n’y a jamais eu de vide. Et même, quand le gouvernement du Premier ministre Seydou Diarra a rendu sa démission, le 05 décembre 2005, le Président avait pris un décret chargeant les ministres sortant d’expédier les affaires courantes. Donc, le gouvernement existait. Mais, vous avez raison. Le nouveau gouvernement qui a été constitué, il y a deux semaines, a commencé ses activités. La première activité a consisté à organiser les passations de charges. La presse l’avait bien suivie. Et je l’en remercie d’ailleurs. Et maintenant que les passations de charges sont terminées, ce premier Conseil de gouvernement avait pour objet de jeter un coup d’œil sur les attributions des différents ministères.
Un projet de décret a été soumis aux ministres par le cabinet du Premier ministre. Ce projet de décret va être examiné par les ministres. Les arbitrages seront faits. J’attends de la part de ceux qui le souhaitent les observations et, dès vendredi, nous allons l’adopter. Après l’avoir adopté, ce projet de décret sera soumis au Président et chef de l’Etat pour signature. A côté de cela, et comme convenu, nous avons voulu fixer les règles du jeu de l’activité gouvernementale. Donc, des circulaires ont été proposées aux ministres pour régir les attitudes et comportements et la façon dont nous allons travailler en ayant à l’esprit que nous n’avons pas assez de temps.
Et que chaque seconde compte. Voilà ! Nous sommes à pied d’œuvre.
Question : Monsieur le Premier ministre, comment expliquez-vous l’absence du ministre d’Etat Guillaume Soro ?
Réponse : C’est parce qu’il n’est pas encore là. C’est tout (rires). Non, je crois qu’il n’y a pas de problèmes. Le ministre d’Etat Soro est en contact avec moi-même. Très prochainement, il sera avec nous ».
Propos recueillis par K. Kara
Soro Guillaume arrive
Si l’on en croit le Premier-ministre Charles Konan Banny, le ministre d’Etat, ministre de la Reconstruction et de la réinsertion, Guillaume Kigbafori Soro pourrait participer, sous peu, aux prochaines réunions du gouvernement de Transition. Il l’a affirmé hier, à l’issue du Conseil du gouvernement qui s’est tenu de 11 h à 11 h 40 minutes à la Primature. Réunion au cours de laquelle, le ministre d’Etat Soro était le grand absent. Charles Konan Banny affirme être en contact permanent avec Guillaume Soro. Il rassure pour dire que, très prochainement le leader des Forces nouvelles pourrait être présent aux réunions du gouvernement. Déjà, l’on apprend que le ministre d’Etat a rejoint depuis quelques jours, son fief de Bouaké après un long séjour qui l’a conduit dans plusieurs capitales africaines et occidentales. Certaines sources font, cependant état d’une prochaine rencontre entre le Premier ministre et son n° 2 qui aura probablement lieu à Bouaké. Mais, en attendant, il faut signaler que le ministre d’Etat Guillaume Soro est le seul à n’avoir pas encore procédé à la passation des charges avec son successeur au département de la Communication, Charles Konan Banny. A quand donc le passage de témoin entre Soro et Banny au ministère de la Communication ? Du côté des Forces nouvelles, l’on conditionne l’arrivée du ministre d’Etat, Guillaume Soro à Abidjan, à la résolution des questions d’ordre sécuritaires. A ce sujet, une mission des forces impartiales est attendue vendredi à Bouaké, pour discuter des conditions de sécurisation du leader des Forces nouvelles. Sur ce plan les ex-rebelles attendent des garanties suffisantes. C’est à l’issue de cette réunion avec les forces impartiales et en accord avec le Premier ministre, que les Forces nouvelles pourraient autoriser leur leader à se rendre à Abidjan, pour participer aux réunions du gouvernement.
K. Kara
CELEBRATION DE LA FETE DE LA TABASKI AU SENEGAL
Mercredi 11 Janvier 2006
A L'instar des pays musulmans du monde entier , le Sénégal a fêté dans la ferveur religieuse , la fête de l'AID-EL-KEBIR ou communément appelée "fête du mouton" pour commémorer le sacrifice du seul et unique fils de ABRAHAM , à la demande de ALLAH comme témoignage de sa foi en LUI.
Ce fut l'occasion pour les dirigents politiques et religieux de lancer un appel vibrant sur la concorde , la tolérance et la convivialité à toute la communauté sénégalaise et de la diaspora afin que la PAIX règne dans ce pays de plus de 90°/° de musulmans .
Le Premier Ministre , M.Macky SALL en a profité pour demander pardon aux uns et aux autres pour les offenses faites dans la gestion des affaires de l'Etat.
Quant au Président de l'Assemblée Nationale , M.Pape DIOP , il a livré le message du Président WADE en pélérinage à la MECQUE et a appelé à la cohésion sociale.
COTE D'IVOIRE / CEDEAO / LE MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES AU SOMMET DES CHEFS D'ETAT A NIAMEY
Mercredi 11 Janvier 2006
S.E.M.Youssouf BAKAYOKO , nouveau Ministre des Affaires Etrangères prend part , pour sa première sortie après sa nomination à la tête de la diplomatie ivoirienne , à la rencontre des pays membres de la CEDEAO , à la tête d'une forte délégation composée de cadres du Ministère de l'Intégration et des Affaires Etrangères notamment des Ambassadeurs.
Il faut également noter la présence de M.MABRI TOIKEUSSE , Ministre de l'Intégration au sein de cette délégation
Celui-ci a fait une intervention sur l'aide de cet organisme de développement et d'intégration des pays de la sous-région ouest africaine qui a été appréciée par l'assistance .
Il faut aussi rappeler que le Ministre BAKAYOKO a représenté le Chef de l'Etat Laurent GBAGBO au sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement à cette réunion.
INTERVIEW DE M.CHARLES KONAN BANNY PREMIER MINISTRE DE COTE D'IVOIRE / RADIO FRANCE INTERNATIONALE
Mardi 10 Janvier 2006
Un peu plus d’un mois après sa nomination, le Premier ministre ivoirien jette un regard sur sa collaboration avec le Chef de l’Etat ivoirien.
Dans un entretien accordé mardi matin à Radio France internationale (RFI), Charles Konan Banny affirme vouloir constituer un “ tandem ” avec Laurent Gbagbo.
Même s’il reconnaît qu’ils ont tous deux “ des caractères différents ”.
“ On a des caractères différents. D’ailleurs, j’ai expliqué que le Président, le Chef de l’Etat Gbagbo et moi constituons un tandem parce que nous sommes là pour réconcilier les contraires, mettre l’accent sur la solidarité nécessaire et indispensable entre le Chef de l’Etat et moi-même”.
C’est ce qu’a répondu le nouveau Premier ministre ivoirien à RFI qui l’interrogeait sur le type de relation qu’il entretient avec le président Gbagbo. “Le compromis permanent que j’ai appelé le compromis dynamique mais pas de compromission. Voilà un peu les éléments clés de la méthode”, a poursuivi M. Banny, avouant que ce “chemin” n’est pas facile à emprunter.
Charles Konan Banny s’est encore montré très confiant quant au succès de sa mission.
“ Nous devons réussir, parce qu’on ne peut pas être plus bas. Il faut rebondir parce que les Ivoiriens disent communément qu’ils sont fatigués. Ils ont raison. Nous sommes tous fatigués”, a-t-il déclaré. Non sans soutenir que “nous avons des éléments pour réussir”.
Les éléments dont parle le chef du gouvernement ivoirien, c’est d’abord sur le plan national, entre les acteurs nationaux. “ Moi, j’ai constitué le gouvernement sans l’aide du groupe de travail international.
Ceux qui sont les acteurs principaux du jeu, ce sont les Ivoiriens. La Communauté internationale vient en appui”, a-t-il précisé. Aussi, a-t-il affirmé vouloir inscrire le terme “convaincre” comme “le mot clé” dans toutes ses actions. “Les Ivoiriens ne sont pas irrémédiablement opposés les uns aux autres. Ils peuvent se faire confiance ”, a expliqué Charles Konan Banny.
En somme, Charles Konan Banny est apparu comme un homme qui a les mains libres.
Un homme indépendant des formations politiques et notamment du PDCI dont il reconnaît être membre de par sa “famille” et de par son “éducation”.
“Je suis un citoyen libre”, a-t-il d’ailleurs proclamé, quand on lui a demandé s’il avait discuté de sa nomination avec le président du PDCI, Henri Konan Bédié.
Désigné Premier ministre le 4 décembre 2005, en remplacement de Seydou Elimane Diarra, Charles Konan Banny conduit un gouvernement de 32 membres depuis le 28 décembre dernier.
“C’est un gouvernement de mission”, a-t-il toujours soutenu.
SENEGAL / LIBERATION DE 162 PRISONNIERS PAR LE PRESIDENT WADE
Mardi 10 Janvier 2006
Le Chef de l'Etat, Maître Abdoulaye Wade, a mis à profit la Noël, le Nouvel an et l'Aïd El Kébir communément appelé Tabaski et qui sera fêté mercredi pour accorder la grâce à 162 prisonniers détenus ''pour différents délits'' dans les prisons sénégalaises, annonce un communiqué remis mardi à l'Agence de presse sénégalaise.
Source : Aps
SENEGAL / S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE A LA MECQUE
Mardi 10 Janvier 2006
S.E.Maître Abdoulaye WADE , Président de la République s'est envolé pour l'Arabie Saoudite ou il effectuera le pélérinage rituel à la MECQUE en compagnie de nombreuses personnalités politiques et du Gouvernement.
AID-EL-KEBIR / TABASKI / FETE DU MOUTON
Mardi 10 Janvier 2006
La célébration de la fête de l'AID-EL-KEBIR ou fête du mouton m'offre l'agréable occasion de souhaiter mes voeux choisis de BONHEUR , de PAIX PROFONDE à tous les Musulmans du monde entier et principalement de COTE D'IVOIRE afin que dans sa miséricorde ALLAH , le TOUT-PUISSANT , l'OMNIPOTENT couvre ce pays en difficulté depuis quatre (04) ans déjà , de son épais manteau de PAIX DEFINITIVE et continue de faire jaillir de tous les coeurs , AMOUR , GENEROSITE .
DEWENETI
SAMBE SAMBE
BONNE FETE
Fatimata TANOE TOURE
AMBASSADEUR
CHEF DE MISSION
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DES DELEGUES COMMUNAUX ET DEPARTEMENTAUX
Lundi 9 Janvier 2006
A l’invitation du Secrétaire Général du Parti, les Délégués Départementaux et Communaux du PDCI-RDA se sont réunis le jeudi 5 janvier 2006 de 16 heures à 18 h 40 au siège du Parti à Cocody.
Leurs travaux ont porté essentiellement sur l’actualité socio-politique marquée par la formation du Gouvernement de Transition et les évènements d’AKOUEDO et les préparatifs de l’élection présidentielle à venir.
I- DE L’ACTUALITE SOCIO-POLITIQUE NATIONALE
A- Concernant la formation du Gouvernement de transition,
Les Délégués Départementaux et Communaux se sont réjouis de la formation du Gouvernement de transition en date du 28 décembre 2005 qui ouvre des perspectives sûres pour le retour d’une paix durable en Côte d’Ivoire.
Les Délégués Départementaux et Communaux ont salué les dispositions d’esprit affichées par le Premier Ministre Charles KONAN BANNY à l’égard du PDCI-RDA, dès sa prise de fonction.
Les Délégués Départementaux et Communaux assurent donc le Premier Ministre Charles KONAN BANNY de leur soutien sincère dans tout acte concourant à l’accomplissement heureux de sa délicate mission au service du Pays.
B- Concernant les évènements survenus dans les camps militaires d’Akouédo
Les Délégués Départementaux et Communaux condamnent avec vigueur les attaques perpétrées dans les enceintes même des camps militaires d’Akouédo le 2 janvier 2006 alors que des mesures de sécurisation d’Abidjan et des sites stratégiques ont été annoncées à grand renfort de publicité par le Chef d’Etat Major de l’Armée.
Les Délégués Départementaux et Communaux considèrent que ces évènements survenus au moment où le Premier Ministre s’attelle à faire redémarrer le processus de paix enlisé, visent à entraver ses efforts de redressement et de réconciliation nationale.
Les Délégués Départementaux et Communaux traduisent leur surprise de voir Monsieur AFFI N’GUESSAN, Président du FPI se rendre aux camps militaires contrairement aux règles républicaines.
Les Délégués Départementaux et Communaux indignés par les manœuvres criminelles de sabotage et de diversion, dénoncent donc avec force la manipulation politicienne de l’Armée par le FPI qui n’a aucune qualité pour se pavaner dans les casernes militaires d’Akouédo.
Les Délégués Départementaux et Communaux exhortent le Premier Ministre à redoubler de vigilance afin d’éviter les pièges qui pourraient entamer sa crédibilité.
Les Délégués Départementaux et Communaux demandent au Conseil de Sécurité de l’ONU de diligenter une enquête internationale pour établir la vérité sur les évènements d’Akouédo et prendre les décisions qui s’imposent.
Les Délégués Départementaux et Communaux ayant appris avec émoi et stupéfaction qu’un projectile est tombé au domicile du Secrétaire Général du PDCI-RDA, le Frère ALPHONSE DJEDJE MADY, demandent également que la lumière soit faite sans délais sur la nature exacte de l’engin militaire, sa provenance et son objectif visé.
II- DES PREPARATIFS DE LA PROCHAINE ELECTION PRESIDENTIELLE
A- Concernant la Convention d’investiture du candidat du PDCI-RDA
Les Délégués Départementaux et Communaux, après analyse de la situation socio-politique et prenant en compte l’évènement sportif majeur qu’est la CAN 2006, à laquelle participera notre pays du 20 janvier au 10 février 2006, ont estimé que la date initiale du 4 février 2006 ne convient pas pour l’investiture populaire et festive du candidat du PDCI-RDA, le Président HENRI KONAN BEDIE désigné par les Conventions éclatées du 20 août 2005.
Les Délégués Départementaux et Communaux proposent qu’une autre date plus propice soit arrêtée par la Direction du Parti.
B- Concernant les activités préélectorales,
Les Délégués Départementaux et Communaux ont réaffirmé leur engagement à s’impliquer totalement dans toutes les opérations d’identification, d’établissement des listes électorales, de délivrance de cartes d’électeur et d’organisation du scrutin présidentiel à venir.
Aussi ont-ils décidé de se retrouver à une prochaine date pour actualiser les représentations du PDCI-RDA dans les commissions locales de la Commission Nationale de Supervision de l’Identisation (CLNI) et de la Commission Electorale Indépendante (CEI).
Les Délégués Départementaux et Communaux ont par ailleurs demandé à la Direction du PDCI-RDA d’introduire, en accord avec toutes les parties membres du G7, une requête auprès du Premier Ministre et de la Communauté Internationale en vue du financement des audiences foraines pour faciliter l’identification de tous les électeurs.
Au terme de leur rencontre Les Délégués Départementaux et Communaux ont souhaité qu’une réunion du Bureau Politique se tienne dans les meilleurs délais pour permettre à la Direction du Parti de préparer, avec le maximum de chance de succès, la participation du PDCI-RDA à la prochaine élection présidentielle.
Fait à Abidjan, le 5 janvier 2006
P/Les Délégués Départementaux et Communaux.
P.O le Secrétaire Général du PDCI-RDA
Pr. Alphonse DJEDJE MADY
COTE D'IVOIRE / CREATION DU MOUVEMENT DES GUEISTES DE COTE D'IVOIRE NOUVEAU PARTI POLITIQUE
Lundi 9 Janvier 2006
Ils ont longuement disputé la direction de l’Udpci avec le Dr. Albert Mabri Toikeusse.
Aujourd’hui convaincus de leur poids sociologique, les partisans d’Akoto Yao ont décidé de franchir le rubicon en posant l’ultime acte : la rupture totale avec leur ancien parti.
Ainsi, est né le Mgci, Mouvement des Guéistes de Côte d’Ivoire.
Porté sur les fonts baptismaux depuis quelques mois et dirigé par le député de Danané, ce courant s’est vite transformé en mouvement idéologique et très bientôt en parti politique à part entière. «Cette rupture est plus un problème d’idéologie, une vision politique qu’une question de personne ou d’intérêts personnels», s’en défendent les promoteurs du Mgci.
« Il s’agit d’une rectification de tir car à l’origine l’Udpci n’a pas été créée sur une base idéologique, mais plutôt sentimentale », nous a confié une source près de ce mouvement.
La même source avance avec conviction que le Mgci ne tardera pas à ravir à l’Udpci la majorité de ses militants. On avance que sept sur les onze députés qui siègent à l’Assemblée nationale au nom de l’Udpci, ont déjà pris leur carte de Mgci.
Un siège est déjà trouvé et les travaux d’aménagement débutent très bientôt. Voilà ce que notre source affirme à propos du mouvement qui entend défendre l’idéologie et l’héritage politique du défunt chef de la junte militaire.
COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DE S.E.DJANGONE-BI DJESSAN AMBASSADEUR AUPRES DES NATIONS-UNIES
Lundi 9 Janvier 2006
Son Excellence Monsieur Philippe Djangoné Bi Djessan, Ambassadeur de la Côte d’Ivoire aux Nations unies, était l’invité de Radio Côte d’Ivoire. Interrogé par Pierre Ignace Tressia, samedi dernier, le diplomate a fait le tour de la crise ivoirienne, l’attitude de la puissance intéressée et le degré de compréhension de la crise par les instances onusiennes.
Radio Côte d'Ivoire : Comment la crise ivoirienne est-elle comprise au niveau des Nations unies ?
Philippe Djangoné Bi Djessan : La crise ivoirienne dès qu'elle a commencé a été assez mal comprise par les instances de l'ONU. Mais, au fil du temps, les choses sont devenues claires, même si les décisions prises au regard de cette clarté ne sont pas tout à fait satisfaisantes.
L'on sait, aujourd'hui, quelle est la nature du conflit, quelle est la puissance intéressée qui manipule certains acteurs de la crise. Je pense que tout est clair. La compréhension est claire.
R.C.I. : Vous qui êtes les yeux et les oreilles de la Côte d'Ivoire, quels sont les mécanismes que vous avez pu mettre en route pour éclairer l'opinion internationale sur la crise ivoirienne ?
P.D.D. : Ecoutez, nous avons simplement mis en œuvre les décisions prises par le gouvernement et les instructions données par le président de la République pour éclairer l'opinion de la communauté internationale. C'est-à-dire l'opinion du Conseil de sécurité de façon plus particulière. Nous avons les moyens de les approcher, de prendre les rendez-vous et d'expliquer. Nous avons également la possibilité d'écrire au Conseil de sécurité, d'écrire au Secrétaire général, de le rencontrer. Nous avons la possibilité de rencontrer, au-delà des 15 membres du Conseil de sécurité, d'autres membres de l'Organisation des Nations unies. C'est par ce jeu d'information, par les rencontres, par des lettres et par les conférences également. Parce qu'il faut éclairer l'opinion publique américaine et le système des Nations unies.
R.C.I. : Excellence, depuis l'éclatement de cette crise, toutes les résolutions qui ont été prises par le Conseil de sécurité des Nations unies sur la Côte d'Ivoire l'ont été à l'initiative de la France. Pourquoi ?
P.D.D. : Il s'agit, en réalité, d'une carence de l'Organisation des Nations unies. Car, vous le savez, c'est une vieille organisation. Elle a été créée au sortir de la 2ème guerre mondiale en 1945. En ce moment-là, la Côte d'Ivoire l'était pas encore un Etat indépendant. Et donc, à partir de ce moment, tout ce qui se passait en Côte d'Ivoire était sur un territoire français. De sorte que, lorsqu'une certaine division du travail devait être effectuée entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, il a échu à la France de s'occuper de ce qui se passe en Côte d'Ivoire. Mais, comme dans le cas qui nous préoccupe, la France semble intéressée par le conflit ivoirien, nous avons attiré, sur instruction, l'aimable attention du Conseil de sécurité sur le fait qu'on ne peut pas être juge et partie. Et que la France étant membre du Conseil de sécurité, étant d'une certaine manière intéressée par le conflit, il nous semblait difficile de comprendre qu'elle puisse traiter de la question et qu'elle puisse avoir l'initiative des résolutions et des déclarations. Car le pays qui a l'initiative des résolutions et déclarations prend ces initiatives dans son propre intérêt. Vous savez, les pays n'ont pas d'amis, mais ont des intérêts.
Le bon sens aurait voulu que la présidence du Conseil de sécurité soit tournante. Le bon sens aurait voulu que chaque président du mois puisse avoir l'initiative dans le conflit en cours de discussion.
R.C.I. : Apparemment, vous n'avez pas été compris, puisque la France continue d'avoir l'initiative des résolutions.
P.D.D. : Apparemment, nous n'avons pas été compris et nous estimons que nous devons continuer à parler, à nous faire comprendre. Parce que c'est une aberration, c'est une véritable aberration de confier le sort, le destin d'un Etat indépendant, d'un Etat souverain, membre, comme tous les 190 autres pays membres de l'ONU, de subordonner le destin d'un pays membre à un autre pays.
R.C.I. : Sur les événements de novembre 2004, des preuves existent que des soldats français de la Licorne ont ouvert le feu sur des manifestants aux mains nues. Malgré cela, l'ONU a pris une résolution condamnant la Côte d'Ivoire. Les membres du Conseil ignoraient-ils la vérité des faits ?
P.D.D. : En fait, vous parlez de condamnation de la Côte d'Ivoire. La résolution à laquelle vous faites allusion a simplement dit qu'elle soutenait l'action de la France. Mais au moment où le Conseil de sécurité prenait cette résolution, la France, estimant que son cantonnement avait été bombardé par l'aviation ivoirienne, avait détruit deux aéronefs. Une réunion a donc été convoquée et le soutien portait sur la destruction des 2 aéronefs. Mais, au moment où ils étaient enfermés et qu'ils travaillaient en conclave, non seulement d'autres aéronefs ont été détruits, mais les bombardements des corridors, les bombardements des palais présidentiels ont été poursuivis. De sorte qu'au moment où ils venaient lire la résolution, ils n'ont pas pris en compte les autres événements. Ce qui donnait l'impression fâcheuse que le Conseil de sécurité soutenait les bombardements, les massacres des manifestants aux mains nues.
Nous avons relevé la chose. Nous l'avons porté à l'attention du président du Conseil de sécurité qui se trouvait alors être l'ambassadeur des Etats-Unis et également à l'attention du secrétaire général de l'ONU.
R.C.I. : Est-ce qu'il y a une possibilité de correction ? Est-ce que le Conseil peut se ressaisir pour dire un tel élément nous manquait ?
P.D.D. : Le bon sens aurait voulu qu'ils disent ce qu'ils soutenaient. Qu'ils soutenaient l'action de la France. Je crois qu'il est difficile de soutenir qu'un pays prenne des mesures de rétorsion. C'est contraire à la charte des Nations unies. On ne peut pas prendre sur soi, surtout sur un territoire étranger, de détruire des aéronefs d'un pays souverain sur le sol duquel on se trouve. Mais, au plan humain, on comprendrait si effectivement il y a eu mort d'homme, et aveuglé par la colère et le désir de vengeance.
C'est difficile à comprendre de la part d'un grand pays comme la France. Mais, au regard de la réalité sur le terrain, c'est-à-dire les tirs dans les corridors pour tuer des soldats, la prise de l'aéroport, le bombardement, tout ça, il aurait fallu que notre organisation soit courageuse et sorte pour dire : “Non, nous avions soutenu l'action de la France qui au moment-là se limitait à la destruction des 2 aéronefs”.
R.C.I. : Excellence, depuis ces événements, les Ivoiriens, dans leur large majorité, ne comprennent pas que la Licorne soit placée sous mandat de l'ONU et agit sur ordre de Paris. Comment tout cela fonctionne?
P.D.D. : C'est vrai puisqu'elle est là sous mandat de l'ONU effectivement. Mais elle est là parce que les autorités ivoiriennes l'ont demandé ça, on l'oublie souvent. Nous sommes un Etat souverain. Si nous disons : “Non, nous ne voulons pas que tel ou tel pays vienne en Côte d'Ivoire”, tel ou tel pays ne viendra pas. Donc les Français sont là sous la forme de Licorne parce que le président de la République, au nom du peuple de Côte d'Ivoire, l'a demandé.
Donc nous avons été instruits pour demander aux autorités onusiennes de faire en sorte que les forces internationales onusiennes soient placées sous un commandement unique et soient elles-mêmes une force unique. Par exemple, on aurait les forces bangladeshies, marocaines, togolaises, françaises sous un même commandement. Ce n'est pas le cas. Aujourd'hui, nous avons la force Licorne supposée être en appui aux autres forces internationales placées directement sous le commandement de l'ONU. Mais, hélas, on a la fâcheuse impression que la Licorne n'est pas en appui, mais elle est au devant des actions.
R.C.I. : Excellence, depuis l'avènement de la résolution 1633, on a entendu qu'elle prime sur la Constitution de la Côte d'Ivoire. D'autres Ivoiriens pensent même et affirment que de fait la Côte d'Ivoire est sous tutelle de l'ONU.
P.D.D. : Je pense qu'il faut s'en tenir au texte. La résolution 1633 ne met pas la Côte d'Ivoire sous tutelle de l'ONU. Au paragraphe 2 de cette résolution, le Conseil de sécurité réaffirme son ferme attachement au respect de la souveraineté, de l'indépendance, de l'intégrité territoriale et de l'unité de la Côte d'Ivoire. On ne peut pas avoir, dans une résolution, un préambule qui stipule qu'il faut absolument respecter la souveraineté de la Côte d'Ivoire et, dans le même document, un paragraphe du dispositif dans lequel il est écrit que la Côte d'Ivoire est sous tutelle de l'ONU. Techniquement, je ne me réfère même pas à la hiérarchie des normes en terme de convention internationale. C'est une question de cohérence et de cohésion interne. On ne peut pas affirmer dès le deuxième alinéa d'un texte que nous tenons à la souveraineté de la Côte d'Ivoire et écrire, dans un paragraphe du même dispositif de la même résolution, que, désormais, nous allons faire des choses contraires à la Constitution. La source du pouvoir, c'est le peuple. Et la source du pouvoir en Côte d'Ivoire comme dans tous les pays, c'est la Constitution.
R.C.I. : Et, pourtant, une confusion est entretenue sur, par exemple, la prorogation du mandat des députés après celui du président de la République. Certains leaders politiques affirment que c'est plutôt l'ONU qui devait décider de proroger le mandat du parlement et non la Constitution ivoirienne par interprétation du président de la République ou du Conseil constitutionnel.
P.D.D. : Nous sommes un pays debout. Nous ne sommes pas un pays en faillite. Les pays étrangers continuent d'envoyer des ambassadeurs auprès du président de la République. Les institutions fonctionnent. Il y a des tribunaux qui fonctionnent. La Cour suprême fonctionne. Le Conseil constitutionnel fonctionne.
Les Nations unies ont toujours dit qu'elles ne sont pas là pour régler la crise ivoirienne à la place des Ivoiriens. Voilà un cas concret. Je pense qu'on ne peut pas dire que la prorogation devait venir de l'ONU. C'est quand nous échouons dans la recherche de nos solutions que nous nous tournons vers l'ONU. C'est tout à fait normal que nous ayons des interprétations différentes. Mais, en pareils cas, pour résoudre le problème, il faut s'en référer au texte, c'est-à-dire à la loi. Le conseil constitutionnel a tranché pour nous orienter. Dès lors, il faut s'en tenir à cette décision.
R.C.I. : Il y a une autre confusion qui s'entretient. Celle-là porte sur le rôle et la mission du GTI, le Groupe de travail international dont les prises de position sont fortement critiquées par une frange de la classe politique, notamment sur l'interprétation que fait le GTI sur les pouvoirs dévolus au Premier ministre ?
P.D.D. : Je voudrais dire très humblement que cette institution semble avoir outrepassé ses pouvoirs. Quand on se réfère à la résolution 1633, on ne voit nulle part quelle est la capacité d'interpréter ou de réinterpréter la résolution 1633 qui est très claire. C'est la résolution la plus complète.
Dans le texte initial présenté par le pays que nous connaissons, c'est-à-dire la puissance intéressée, il était écrit que le Premier ministre devait avoir tous les pouvoirs exécutifs nécessaires et grâce à l'action diplomatique menée par le président de la République le mot exécutif a été enlevé. Pour qu'on comprenne bien qu'il s'agit des pouvoirs nécessaires pour accomplir sa mission qui est le désarmement, la réunification, l'identification et les élections.
R.C.I. : Est-ce que, du fait que la nomination du Premier ministre procède d'une résolution de l'ONU, elle ne le met pas en regard du chef de l'Etat ?
P.D.D. : C'est parce qu'il y a une crise que les Nations unies sont intervenues pour nous aider à la résoudre et pour nous aider à trouver un Premier ministre. Puisque nous avions des problèmes. Mais l'architecture gouvernementale reste selon la Constitution.
Comment voudriez-vous avoir un Premier ministre qui tire son pouvoir de la communauté internationale? C'est le peuple qui est le détenteur du pouvoir qu'il remet à celui qu'il a élu, c'est-à-dire au président de la République qui le délègue. Il est appelé par la communauté internationale à déléguer les pouvoirs précis pour régler la crise. Il ne s'agit pas de créer un président bis à partir de New York. En tout cas, moi, je suis les travaux. Il n'a jamais été dit nulle part qu'il s'agissait de gouverner à partir de New York. Ils ont déjà suffisamment à faire.
R.C.I. : Excellence, l'Erythrée a décidé récemment du retrait des agents de l'ONU de son pays, de son territoire. Ne s'agit-il pas là d'un grave précédent qui pourrait donner des idées à d'autres pays ?
P.D.D. : Oui, en effet, je vous ai dit tout à l'heure que les forces internationales sont ici à la demande du gouvernement ivoirien, à la demande du président de la République. Puisque la Côte d'Ivoire est un Etat souverain. Mais il est évident que le jour où la Côte d'Ivoire décidera de faire partir la communauté internationale, celle-ci devra partir. Ce n'est pas la première fois. On a vu le cas en Angola. C'est une question de rapport de force et de réalité du terrain. Et c'est pour cela qu'il faut appeler les uns et les autres à la modestie dans l'approche de tous ces problèmes. Parce que, ma foi, nous devons tous ramer dans le même sens pour que la paix revienne.
Koré Benjamin
SENEGAL / RENCONTRE DES FEMMES DE L'URD de M.DJIBO LEYTI KA
Samedi 7 Janvier 2006
Le Président Abdoulaye WADE a apporté son soutien à son collaborateur et non moins Sécrétaire Général du parti "Union du Renouveau Démocratique" (URD) , M.DJIBO Leyti KA ,par ailleurs Ministre de l'Economie Maritime , lors de la rencontre organisée par les femmes de cette formation politique , avant de s'envoler pour la Mecque en vue d'y effectuer le pélerinage musulman.
SENEGAL / DEDICACE DE " UN DESTIN POUR L'AFRIQUE " par S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE
Samedi 7 Janvier 2006
Le Vendredi 06 Janvier 2005 , en présence des Membres du Gouvernement , du Corps diplomatique , des Parlementaires , d'éminents écrivains et poètes sénégalais et de la diaspora , de nombreux invités(es) , S.E.Maître Abdoulaye WADE , Président de la République a procédé à la dédicace de la deuxième édition de son livre intitulé :
" UN DESTIN POUR L'AFRIQUE "
dans la prestigieuse Salle de réception du Palais Présidentiel.
Cette dédicace a été l'occasion pour M.Michel LAFON , l'éditeur français et de son assistant de faire l'éloge du Président-écrivain qui a ainsi profité de cette nouvelle édition pour revisiter certains aspects des thèmes évoqués de ce livre à lecture facile afin de l'adapter au contexte actuel à la demande d'amis et de proches collaborateurs qui ont contribué à la mise en page de certains éléments selon l'auteur.
Le président de l'Association des écrivains du Sénégal et des compagnons de lutte politique non moins écrivains ont donné témoignage des qualités d'Homme avisé en avance sur son temps qu'est S.E Maître WADE dont l'intervention a édifié plus d'un sur son panafricanisme avéré et ses préoccupations de construire avec ses pairs africains "LES ETATS-UNIS d'AFRIQUE" , léguant ainsi une AFRIQUE digne et prospère à la postérité.
S.E.Madame Fatim TANOE TOURE a fait dédicacer un exemplaire de ce livre au nom du Président Laurent GBAGBO et elle en conseille la lecture.
TOUTES NOS FELICITATIONS A S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE POUR CET EXCELLENT TRAVAIL
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DES FORCES NOUVELLES SUR LES DIFFERENTES ATTAQUES
Vendredi 6 Janvier 2006
La Côte d'Ivoire a connu plusieurs attaques meurtrières restées sans suite depuis le début de l'année 2005.
En effet:
- le 01 février 2005, les positions des Forces Nouvelles à Logoualé furent attaquées par un groupe d'assaillants identifié comme appartenant au clan présidentiel ivoirien. L'enquête promise par l'Onuci, volant au secours des agresseurs et des commanditaires n'a toujours pas été close.
- Au cours des mois de mai et juin 2005, des massacres de civils dans la région de Duékoué, qualifiés de conflit foncier ont abouti à un paroxysme, avec la mort de plusieurs dizaines de personnes non armées à Guitrozon et à Petit Duékoué.
L'enquête promise par les responsables militaires et politiques de l'Onuci pour situer les responsabilités attend toujours dans les tiroirs virtuels.
- Dans la nuit du 24 au 25 juillet 2005, les événements d'Anyama et d'Agboville ayant eux aussi entraîné de nombreuses pertes en vies humaines ont amené l'Onuci à parler d'enquête en cours, dont les Ivoiriens et sans doute la communauté internationale, attendent encore et toujours, les conclusions.
- Au début du mois de décembre 2005, une autre affaire d'attaque du camp militaire d'Agban a suscité l'émoi des responsables politiques de l'Onuci qui se sont contentés d'un silence bizarre, à un moment où la Côte d'Ivoire venait à peine de choisir son nouveau Premier Ministre, conformément à la résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l'Onu.
- Récemment, ce sont les deux camps militaires d'Akouédo qui, le 02 janvier dernier, ont été les cibles de nouvelles attaques meurtrières.
Les Forces Nouvelles, prenant à témoin l'opinion nationale et internationale, dénoncent avec énergie ce mutisme de l'Onuci, dont les responsables politiques et les soldats supposés être présents en Côte d'Ivoire pour ramener la paix, n'ont non seulement fait aucun effort pour empêcher le massacre de pauvres civils, mais ont adopté la même attitude lorsque sans aucune preuve, des quidams relayés par des journaux aux ordres, se sont lancés dans des accusations fantaisistes et mensongères visant à salir les Forces Nouvelles et leurs responsables.
Les responsables politiques de l'Onuci doivent mettre fin à leur attentisme et sortir des déclarations diplomatiques qui n'ont jamais réglé le problème de l'impunité en Côte d'Ivoire.
Les Forces Nouvelles, exigent de l'Onuci, qu'elles condamnent ces actions de subversion qui ont déjà fait trop de victimes.
Les Forces Nouvelles rappellent aux responsables politiques et militaires de l'Onuci que chaque fois qu'il y a eu des attaques meurtrières, les promesses d'enquêtes ouvertes n'ont jamais été conclues.
Il est donc temps que l'Onuci cesse d'être un machin au service de l'impunité en Côte d'Ivoire.
Fait à Bouaké,
le jeudi 5 janvier 2006
Pour les Forces Nouvelles
La Cellule de Communication
du Secrétariat Général
COTE D'IVOIRE / INAUGURATION DU NOUVEL APPAREIL A-320 de la COMPAGNIE AERIENNE AIR IVOIRE / ALLOCUTION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO
Jeudi 5 Janvier 2006
Monsieur le grand Chancelier de l’ordre national,
Mesdames et Messieurs les Membres du gouvernement, Cher public, Chers amis de Côte d’Ivoire,
Monsieur Jean-Louis Hallot, Directeur Général d’Air Ivoire, Excellence Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les Directeurs Généraux du Conseil d’Administration, les Directeurs Généraux de sociétés, Honorables invités, Mesdames et Messieurs.
En 2000 au moment où je suis arrivé, c’était la catastrophe dans notre ciel : Air Ivoire ne tenait plus et les agents d’Air Ivoire étaient toujours en grève pour des arriérés de paie et Air Afrique se mourrait. Les agents étaient toujours en grève pour dire qu’ils ne voulaient pas mourir.
C’était les moments de déréglementation dans la navigation aérienne. Je ne crois pas que nous pouvons oublier ces moments. Ce sont les premiers dossiers que j’ai eu à traiter. Parce que, que se soient au niveau social qu’au niveau du transport, il y avait beaucoup de problèmes.
Nous nous sommes attaqués aux deux sujets clés en même temps et nous avons travaillé très souvent très tard dans la nuit et de façon assidue et répétée monsieur Hallot et moi même. Alors le premier débat était quels étaient nos partenaires. Je ne vous dis pas dans quelles conditions nous avons décidé de choisir Air France comme partenaire. Mais je crois que je ne me suis pas trompé, parce que les deux compagnies qui avaient les faveurs de certains sont tombées.
Donc sur ce problème, je crois que je ne me suis pas trompé. Nous avons réussi à mettre sur pied la nouvelle compagnie Air Ivoire qui a commencé à voler. Air Ivoire a volé, vole et j’espère volera toujours. Ensuite nous nous sommes attelés au redressement d’Air Afrique. Les deux actions – le redressement de Air Ivoire et de Air Afrique- sont liées. C’était donc deux choses difficiles mais il était nécessaire de le mener ensemble et de front.
Air Afrique concerne onze Etats. J’ai donc convoqué une réunion des onze chefs d’Etats. Ils n’ont pas répondu à mon appel à la première réunion. Par contre à la deuxième réunion, ils étaient présents et m’ont chargé de me rendre à Paris pour rencontrer le PDG d’Air France. Ce dernier m’a très bien accueilli et fait visiter leurs installations. Nous avons aussi discuté.
A la suite de quoi, j’ai demandé au PDG d’Air France de me faire un rapport par écrit parce que les écrits restes, alors que les paroles s’en volent.
Après d’autres séries de réunion à Abidjan et à Brazzaville, nous avons décidé de confier la nouvelle Air Afrique à des privés comme nous l’avons fait avec Air Ivoire. Mais ces privés seraient des banques. C’est ainsi que j’ai fait appel à la BCEAO (Banque Centrale de l’Afrique de l’Ouest) et la BCA (Banque d’Afrique Centrale). Cette dernière a décliné l’offre. J’ai fais établir par un notaire les statuts de la nouvelle Air Afrique. Les Etats devaient libérer leur part. tout était prêt quand la guerre a éclaté. Mais tous les documents sont là.
Aujourd’hui, nous sommes donc venu pour voir la nouvelle étape que va franchir Air Ivoire qui vient de se doter d’un nouvel avion, l’Air Bus A321. Le fait que monsieur Jean-Louis Hallot ne m’a pas encore vu dans ses bureaux prouve que tout marche bien.
J’ai été peiné de la déréglementation totale, débridée et non contrôlée du ciel africain, parce que cela a amené des illusions. Beaucoup de Chefs d’Etats africains ont appelé des compagnies qui n’ont aucune expérience, qui n’avait aucun avion fiable, d’où les nombreux accidents que nous voyons. La navigation aérienne, est une discipline. C’est un secteur d’économie et n’importe qui ne peut faire n’importe quoi. Quand on affirme qu’en Droit tout le monde est égal et que tout le monde peut faire tout, il y a en qui traduisent cela par n’importe qui peut faire n’importe quoi. Ah non, tout le monde peut faire tout mais cela ne veut pas dire que tout le monde doit faire n’importe quoi. Donc cette déréglementation aérienne est la cause de tous les accidents qui endeuillent le transport aérien.
Je souhaiterais que le sérieux Air Ivoire ramène la discipline dans le ciel Ouest africain. Et par ce fait, elle fédère d’abord les compagnies autour d’elle.
J’ai été rempli de fierté lors de mon dernier séjour à Luanda. J’ai rencontré la Communauté Ouest-africaine avec leurs diplomates : des diplomates guinéens, maliens etc… : « elles m’ont demander de tout faire pour que la nouvelle Air Ivoire fasse la liaison Abidjan-Luanda-Abidjan pour les aider dans leurs déplacements vers Bamako et Conakry etc…
Monsieur le Directeur Général, Monsieur le Président du Conseil d’Administration, monsieur le ministre, je suis fier de vous, continuez.
Je vous remercie
COTE D'IVOIRE / ATTAQUES DES CAMPS MILITAIRES / REACTIONS DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN (FPI) PARTI AU POUVOIR
Jeudi 5 Janvier 2006
I - LES FAITS
Dans la nuit du 1er au 2 janvier 2006, entre 4 heures et 5 heures du matin, les deux camps militaires d'Akouédo, à savoir l'ancien camp et le nouveau, au Nord/Est d'Abidjan, ont été l'objet d'une violente attaque de la part de rebelles lourdement armés. Selon le bilan établi par les Forces de défense et de sécurité, les dégâts tant humains que matériels sont considérables : 3 soldats tués, 7 morts du côté des assaillants, des engins et des bâtiments fortement endommagés ou même détruits…
II - ANALYSE DU FPI
Avant toute analyse et toute réflexion sur cette énième attaque de notre pays, le Front populaire ivoirien voudrait d'abord s'incliner avec respect et déférence devant la mémoire des trois vaillants soldats tombés au front et transmettre son infinie compassion à toute la hiérarchie des Forces de défense et de sécurité, aux familles et aux amis des victimes. C'est toute la Côte d'Ivoire républicaine, profondément attachée aux valeurs humaines et à la vie, qui leur rend hommage.
Le Front populaire ivoirien voudrait, en second lieu, saluer le courage et le professionnalisme de nos Forces de défense et de sécurité qui, encore une fois, viennent d'éviter le désordre et le chaos à notre pays tout en les encourageant à demeurer plus que jamais vigilantes et déterminées.
Pour le Front populaire ivoirien, ce qui vient de se passer n'est ni une mutinerie, ni l'expression d'une quelconque protestation au sein de l'Armée ivoirienne. Il s'agit d'une énième tentative de coup d'Etat. Cette agression est d'autant plus grave qu'un nouveau gouvernement vient d'être mis en place gouvernement auquel toutes les parties impliquées dans la crise que vit notre pays depuis maintenant plus de trois ans ont apporté leur caution. Est-ce à dire que les satisfactions et les soutiens exprimés ici et là suite à la formation du gouvernement Banny n'étaient que de simples discours lénifiants qui visaient fondamentalement à endormir le régime pour pouvoir le surprendre et le frapper en plein coeur? qui, en réalité, a aujourd'hui intérêt à ce que la chienlit s'installe dans notre pays ? Ces deux interrogations nous amènent directement à l'équation de l'identité des assaillants. Qui sont ces agresseurs ? d'où sont-ils venus ?
Pour le Front populaire ivoirien, il n'y a pas à tergiverser quant à l'identité de ceux qui viennent encore une fois d'endeuiller la République. Ce sont toujours les mêmes, c'est-à-dire ceux qui se sont attaqués au pouvoir de Laurent Gbagbo depuis la nuit du 18 au 19 septembre 2002; ce sont les mêmes qui ont commis des barbaries à Guitrozon et à Petit-Duékoué et qui ont continué leur sale besogne à Anyama, à Azaguié et à Agboville; ce sont les mêmes qui ont tenté récemment de prendre le camp d'Agban ; ce sont les mêmes, ces combattants d'un type particulier toujours bardés, pour la plupart, de gris-gris et d'amulettes et ayant très souvent dans leur arsenal de guerre des machettes pour égorger leurs victimes.
Ce ne sont donc pas des mutins, comme le disent ceux qui prétendent nous distraire. Ces assaillants ressemblent donc étrangement aux combattants du MPCI. Et d'ailleurs l'un des assaillants appréhendés n'a-t-il pas avoué être un élément du MPCI de Man ? Mais là n'est pas aujourd'hui la question de fond, à notre avis ; ce qui semble, en effet, digne d'intérêt, c'est de savoir, eu égard au contexte instauré par la Résolution 1633 qui prévoit les élections dans notre pays pour au plus tard le mois d'octobre 2006, pour le compte de qui ces assaillants peuvent-ils réellement agir ? Est-ce pour le compte du MPCI ou alors le MPCI serait-il lui-même otage de forces occultes opposées à l'organisation des élections dans les termes prévus ? Que veulent les ennemis de la Côte d'Ivoire ? Ce sont toutes ces préoccupations qu'une enquête minutieuse devra permettre d'élucider.
Toutefois, pour le Front populaire ivoirien, ces assaillants ne peuvent avoir agi que sur ordre de tous ceux qui ont peur d'affronter le candidat Laurent Gbagbo maintenant, c'est-à-dire précisément en octobre 2006; alors l'on cherche soit à retarder les échéances en créant la chienlit ou à écarter le candidat Laurent Gbagbo, à l'éliminer de la course en le neutralisant d'une manière ou d'une autre. Pour le Front populaire ivoirien, la communauté internationale doit prendre ses responsabilités pendant qu'il est encore temps.
III - POSITION DU FPI
Ce qui, en réalité, avec cette attaque, heurte le bon sens et la conscience, c'est le fait que des personnes puissent être dans un gouvernement (ce qui veut dire qu'elles ont accepté le principe d'aller à la paix par les élections) et qu'en même temps ces personnes puissent persister dans la logique du coup de force. Cela est vraiment indécent, inadmissible et inacceptable.
C'est pourquoi le Front populaire ivoirien demande avec insistance à l'ONU, à l'UA, à la Médiation de l'Union africaine, ainsi qu'à tous les pays membres de la communauté internationale qui oeuvrent honnêtement pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire de s'engager résolument et fermement en faveur du désarmement sans condition des mouvements rebelles afin d'éviter à la Côte d'Ivoire et à la sous-région des risques inutiles ; et surtout il faut accélérer le processus de désarmement pour que les élections aient lieu aux dates prévues par la Résolution 1633, étant entendu que seules des élections claires, transparentes et ouvertes à tous les candidats constituent la solution viable à la crise.
Le Front populaire ivoirien attend, dans ce sens, que le Comité des sanctions de l'ONU prenne ses responsabilités pour sécuriser le processus de paix en cours. Le Front populaire ivoirien demande, par ailleurs, au nouveau Premier ministre de prendre ses responsabilités afin qu'il soit mis fin définitivement à cette série de tentatives de coup d'Etat qui se traduisent chaque fois par la mort gratuite de nombreux innocents. Le Front populaire ivoirien ne saurait accepter plus longtemps de siéger dans le même gouvernement avec des forces qui proclament la paix et la réconciliation le jour et s'arment pour renverser les institutions républicaines la nuit.
Enfin, le Front populaire ivoirien demande à toutes les Ivoiriennes, à tous les Ivoiriens, à tous les amis de la Côte d'Ivoire, épris de paix et attachés aux principes et aux règles de la démocratie, à toutes ses militantes et à tous ses militants, de demeurer vigilants et mobilisés et surtout de ne pas baisser les bras jusqu'à ce que la paix revienne définitivement dans notre pays.
Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !
Fait à Abidjan, le 4 janvier 2006
Pour le Front populaire ivoirien,
Le Secrétaire général,
Porte-parole du Parti
Sylvain Miaka Ouretto
INTERVIEW DU GENERAL GONDO TRO EMILE AVANT SON DEPART A LA RETRAITE
Jeudi 5 Janvier 2006
INSPECTEUR GONDO :
“BEAUCOUP DE BREBIS GALEUSES ENTRENT PAR EFFRACTION ”
Police nationale
Interview-vérité du général Gondo Tro Emile, inspecteur général, avant son départ à la retraite le 30 décembre dernier.
Gondo Tro Emile
Quelles sont les missions dévolues à la Police nationale et en quoi diffèrent-elles de celles des autres corps des Forces de défense et de sécurité?
La police nationale a pour mission essentielle d’assurer la sécurité des personnes et des biens sur le territoire national. Mais quand on parle des missions de police, il faut les voir sous plusieurs angles.
Par exemple, les Eaux et forêts exercent une mission de police, à savoir les gardes champêtres, les gardes forestiers, les agents des eaux et forêts qui surveillent les forêts, les parcs nationaux, les forêts classées et non classées. La douane a également certaines missions de police.
Dans certains cas, la douane exerce les missions de police judiciaire.
La gendarmerie exerce également, 75% des missions de police dans les zones rurales et dans les zones urbaines où elle vient en appoint aux forces de police.
Aujourd’hui, avec la situation spéciale que nous connaissons, il y a l’aide que nous apportent les militaires dans la mission de police. Et c’est ce que vous voyez par exemple avec le CECOS, où vous avez les militaires, les policiers et les gendarmes.
Maintenant, pour en revenir à la mission principale de police, c’est nous policiers qui avons la mission principale de sécurisation des personnes et des biens sur le territoire
Avez-vous le sentiment que la police ivoirienne s’acquitte comme il se doit de ses missions ?
Ma réponse sera nuancée. Il est notoirement connu que dans toute entité humaine, sociale, il y a toujours des brebis galeuses. Et la police n’échappe pas à ce postulat.
Ce que nous déplorons, nous, en tant que hiérarchie ou chef des policiers, c’est la tendance trop accentuée aujourd’hui de certains phénomènes, de certains impairs, de certaines déviations des missions de police.
Nous avons, nous autorité de police, quelques situations qui nous gênent. Ce sont, les rackets, les violences illégitimes, les escroqueries aux visas et la corruption en général. Toute chose de nature à vilipender et à détériorer ce corps d’élite, ce métier de courage, ce métier d’hommes et de femmes qu’est la police nationale. Nous le regrettons à tous les niveaux de la hiérarchie policière. Et notre bataille, au niveau de l’Inspection générale des services de police, c’est de faire en sorte que nous puissions réduire, dans une grande proportion, ce phénomène de racket et de corruption dans la police nationale.
Comment comptez-vous procéder pour y parvenir ?
Nous avons fait plusieurs suggestions qui tournent autour de la sensibilisation. Certains policiers ont fait la formation à l’école et ils connaissent les rudiments de leur métier.
Malheureusement, ils ignorent tout de leur statut de policiers. Or, en tant que policiers, nous sommes tous plâtrés dans une situation réglementaire et statutaire vis-à-vis de l’Etat ; c’est-à-dire que nous ne pouvons pas faire ce que nous voulons. Nous ne pouvons pas faire n’importe quoi. Tout ce que nous faisons est régi par des textes.
Pour lutter contre ces phénomènes de racket et de corruption et autres méfaits des policiers ivoiriens, nous avons dans toutes nos études, dans toutes nos réflexions, suggéré à la tutelle, d’abord, la sensibilisation à ces méfaits et à leurs conséquences.
Ensuite, nous avons demandé le renforcement de la discipline. Parce que si la discipline est renforcée, les chefs hiérarchiques prendront leurs responsabilités, les agents seront mieux canalisés. Bien sûr, nous n’avons pas la prétention d’atteindre le point zéro en matière de corruption et de racket, mais le phénomène sera au moins réduit à sa plus simple expression.
Prévoyez-vous aussi des mesures de motivation ?
Bien sûr…Nous avons préconisé les mesures de motivation ; à savoir, récompenser les meilleurs éléments, les décorer par exemple dans l’ordre national, dans l’ordre du mérite ou dans la médaille de la police nationale. Tous ces éléments-là peuvent faire en sorte que le policier ivoirien change de mentalité et de comportement.
Mais, je dois dire que dans l’ensemble, la police ivoirienne a les hommes pour faire du bon travail. Ce qui nous a manqué jusqu’à présent et que nous avons toujours dénoncé, c’est le manque de moyens. Le nombre des policiers n’est pas suffisant.
Quel est le ratio habitants/policiers actuel ?
Le ratio police-population dans certains pays occidentaux européens en tout cas, est de un policier pour 250 habitants, dans d’autres, il est de un policier pour 300 habitants.
En Côte d’Ivoire, le ratio est de un policier pour 2000 habitants. La formation, d’autre part, doit être elle aussi améliorée, modernisée. Elle doit être scientifique et plus technique, en raison de l’évolution des hommes et des temps.
Il y a également les moyens matériels au niveau de la police ivoirienne. Nous manquons cruellement de matériel roulant, de matériels de communication… Nous n’avons pas encore beaucoup d’armement.
Mais, je dois dire que dans un passé récent, la police ivoirienne a acquis ses lettres de noblesse. De grandes affaires qui paraissaient insolubles ont été résolues par des policiers ivoiriens. Nous avons même assisté à la collaboration de policiers ivoiriens, dans certains pays amis comme au Niger où la police judiciaire, à la demande du chef de l’Etat nigérien, a été convoyée à Niamey pour sortir une affaire de vol de 25 millions au préjudice du chef de l’Etat à l’époque.
Et puis, à plusieurs reprises, des policiers ivoiriens ont été l’objet de félicitations, soit de la part de l’OIPC Interpol ou de certaines structures spécialisées en matière de police ou encore de certains pays comme la France ou l’Autriche.
En résumé, si la police ivoirienne a les moyens adéquats et les hommes en nombre suffisant, elle peut sortir de bons résultats. D’ailleurs, depuis quelque temps et compte tenu des moyens mis à la disposition du CECOS, les résultats se font sentir déjà.
Nous souhaitons la sécurité à 100%, pour les Ivoiriens et pour tous ceux qui vivent sur le sol ivoirien. Malheureusement, c’est un idéal difficile à atteindre et dans aucun pays au monde, on n’a atteint la sécurité zéro.
Quelles sont les attributions de l’Inspection générale des services de police que vous dirigez ? Et de façon générale, comment est structurée la police nationale ?
La police nationale est aujourd’hui érigée en ministère à part entière. A l’époque, nous avions commencé par un secrétariat d’Etat et, depuis les années 1976, nous avons un ministère à part entière. La police nationale comprend plusieurs directions centrales.
Ce sont : la direction de la police judiciaire, celle de la police économique et financière, celle de la police des stupéfiants et drogues, celle de la sécurité publique, la direction de la surveillance du territoire, et la direction des renseignements généraux.
Ces différentes directions sont, par moments, les unes rattachées directement au ministère ou à la direction générale.
Il y a également la direction de la formation et de l’école nationale de police.
A côté de la direction générale, vous avez l’Inspection générale des services de police qui est rattachée au cabinet du ministre. C’est une structure technique, mais qui est le premier conseiller technique du ministre en matière de police sur le terrain.
Lorsque le ministre est saisi d’un problème concernant un policier ou un service de police, en mal bien sûr, ou un citoyen estime avoir subi un préjudice de la part d’un policier ou de plusieurs policiers, automatiquement, l’IGSP est saisie pour enquête et rapport au ministre.
En gros, l’IGSP est chargée de l’inspection technique, administrative et financière de tous les services de police.
Il y a également dans nos attributions, les enquêtes spécifiques, telles que les enquêtes de moralité sur les candidats au concours de la police, sur certaines situations constatées dans l’agencement de certains dossiers.
Il y a aussi des enquêtes spécifiques à la requête de certains policiers eux-mêmes concernant leur situation administrative, leur carrière avant que le ministre ne se prononce.
Nous faisons également des études sur les grands dossiers de la police se rapportant par exemple au problème des rackets.
On peut aussi mener des enquêtes sur le comportement d’un commissaire dénoncé par la population, comportement qui peut ne rien à voir avec le service.
Cela peut partir également des articles de presse ou des allégations dénonçant une situation d’un service de police.
Nous sommes également saisi par toutes les administrations, c’est-à-dire, un ministère qui estime avoir subi un préjudice de la part de la police, saisit le ministre qui nous l’envoie pour enquête.
Mais, le gros de notre travail, c’est la saisine de la part de la population.
Les populations victimes, les populations qui se sentent frustrées, qui se sentent menacées par un fonctionnaire de police sont fondées à saisir soit, directement l’IGSP par une requête écrite, soit par une plainte adressée au ministre de tutelle qui nous la répercute automatiquement.
Avec les dérapages et autres bavures des policiers sur le terrain, on a le sentiment que votre service l’IGSP n’existe pas. Pourquoi vos agents ne se déportent-ils pas d’eux mêmes sur le terrain pour traquer les policiers racketteurs ?
Là, c’est une fausse impression que vous exposez. Depuis quelques années, nous avons chaque jour, une équipe d’inspecteurs sur le terrain. Chaque jour, même les samedis et dimanches, nous avons une équipe d’inspecteurs qui sillonne la ville d’Abidjan. Et quelquefois, moi-même, en tant qu’inspecteur général ou l’un de mes proches collaborateurs, nous nous mettons ensemble pour faire des opérations de grande envergure. Nous le faisons très souvent, mais de façon discrète. Et, il nous est arrivé plusieurs fois de faire des cas de flagrants délits.
Que faites-vous devant ce genre de situation ?
Nous faisons d’abord de la sensibilisation et de l’encadrement-conseil.
Il m’est arrivé chaque fois de faire de simples réprimandes aux agents, de faire rembourser l’argent.
Il m’est arrivé de prendre sur le champ, des agents convaincus de faire du racket et les conduire directement à l’école de police pour 15 à 30 jours selon les circonstances.
Malheureusement, nous n’avons pas suffisamment de moyens pour faire investir toute la ville d’Abidjan en même temps par trois, cinq équipes.
Mais je dois dire qu’une grande partie de la Côte d’Ivoire ne saisit pas l’importance de l’IGSP, notamment ceux qui sont à l’intérieur du pays, qui sont victimes d’abus ou d’exactions de la police, et autres impairs de corruption et racket de la part de policiers. Beaucoup n’ont pas le temps de venir à Abidjan pour saisir l’IGSP. D’autres se résignent en quelque sorte, parce qu’ils ne savent pas que leur action peut porter.
A l’époque, un des ministres de la sécurité avait préconisé la création de postes d’inspecteurs régionaux pour que toute la Côte d’Ivoire puisse saisir en temps voulu, l’IGSP. Mais, là encore, les moyens ont manqué et le projet a été mis en veilleuse.
Vous arrive-t-il d’être directement saisi de cas d’abus ?
Mes inspecteurs et moi recevons quotidiennement des appels de la part des usagers ou des voyageurs qui se sentent menacés, arraisonnés, qui sont bloqués à certains barrages, sur les voies de circulation routière. Dans ce cas, la seule arme dont nous disposons, c’est soit, d’inviter séance tenante le responsable du dispositif au barrage à nous prendre au téléphone cellulaire, mais là, très souvent, les agents refusent de nous prendre parce qu’ils se disent qu’ils ne savent pas qui est au téléphone. Si nous butons contre un refus de ce genre, nous appelons immédiatement le commissaire local qui est sommé de se déporter à ce barrage, à son corridor et de solutionner illico presto le problème qui se pose. Pour cela, le gouvernement a mis à la disposition de l’Inspection, une ligne verte avec quatre lignes groupées.
C’est le 110 qui est actionné de nuit comme de jour.
Il y a également le 20-21-21-48 qui est également fonctionnel. L’impression que vous avez, provient de ce que la population n’est pas informée sur ses droits, sur les possibilités de recours, sur la disponibilité de nos services à recevoir n’importe quel citoyen, quel que soit son statut, quel que soit son aura, sa condition physique ou sociale. Nous ne faisons aucune discrimination à ce niveau. Tous les citoyens sont égaux devant la loi.
Au-delà du comportement des policiers sur la voie publique, il y a aussi malheureusement l’accueil trop souvent décrié dans les commissariats et postes de police. Quel recours a un justiciable qui se sent lésé dans un commissariat ou poste de police ?
Tout citoyen ivoirien et non-ivoirien, mais qui vit sur le sol ivoirien, qui se sent frustré, qui se sent victime d’un abus quelconque, spolié d’un droit par un fonctionnaire de police, peut avoir recours au chef direct de ce fonctionnaire de police dans un premier temps.
Si à ce premier niveau de hiérarchie, il n’a pas gain de cause, alors, il saisit l’IGSP. C’est vrai que nous sommes parfois saisi ici d’affaires banales. Par exemple, un citoyen a porté plainte et son dossier est en souffrance depuis six mois. Dans ce cas, nous appelons le commissaire responsable du service et nous lui demandons d’abord, des explications verbales sur les causes de ce retard et quand elles sont fondées, nous expliquons au requérant et nous le renvoyons au commissaire qui est tenu de faire diligence pour donner satisfaction à la victime. Maintenant, il y a les cas graves.
En cas d’infraction pénale, d’insubordination grave et flagrante, eh bien ! l’IGSP reste ouverte. Sinon, il faut se référer à la cascade de la hiérarchie. Du commissaire, chef d’arrondissement, on va au chef du district, et ensuite au préfet de police. Et si ça ne va pas du tout, on peut alors saisir la haute hiérarchie, soit le directeur général, ou l’IGSP.
Dans la cascade de la hiérarchie, vous ne parlez pas du Parquet. Quelle emprise a le procureur de la République sur les procéduriers policiers par rapport à l’administration de la police?
Pour une compréhension générale, dans la mission de police judiciaire, c’est-à- dire, lorsque le policier se trouve en mission d’enquête judiciaire, tous les actes qu’il pose sont dirigés par le procureur de la République. C’est lui qui est le directeur de la police judiciaire. Et là, c’est quand une information n’est pas ouverte. Si l’information est ouverte, cela veut dire que le dossier va aller à une deuxième enquête du juge d’instruction.
A ce niveau-là, c’est le juge d’instruction qui va donner les directives, des instructions à l’agent de police judiciaire ou à l’officier de police judiciaire.
Quand je parle de magistrat, c’est bien sûr celui du parquet normal et aussi bien le magistrat du tribunal militaire ou commissaire du Gouvernement…
Lorsque des policiers commettent des infractions de connivence avec des civils, nous sommes tenus de transmettre le dossier au parquet civil. Donc, le procureur, c’est en quelque sorte notre boussole, c’est notre bouclier.
Et c’est pourquoi, le code de procédure pénal nous impose de lui rendre compte de nos activités, de nos actions en matière de police judiciaire et de l’informer, dès que nous sommes saisis d’une infraction.
Le texte dit d’informer sans délai, le procureur de la République. Malheureusement, nous avons des collègues ou des collaborateurs qui s’affranchissent de cette obligation. Maintenant si nous, en tant qu’inspection, nous traitons les affaires en matière pénale, nous sommes également sous l’autorité du procureur de la République et du commissaire du Gouvernement.
Par contre, si nous traitons des affaires disciplinaires, là nous sommes sous l’autorité du ministre de tutelle, c’est à lui que nous rendons compte.
Vous avez dit que l’IGSP intervient aussi dans le recrutement des policiers. Que deviennent les enquêtes de moralité quand on sait que les élèves qui sortent de l’école de police sont parfois, sur le terrain interpellés négativement parlant ?
Le texte portant statut de la police nationale prévoit que des enquêtes de moralité soient faites sur les candidats, avant, pendant et après leur formation à l’école de police.
Mais, figurez-vous, nous avons quelquefois affaire à 10 000 candidats au concours de la police. Les délais des dépôts des dossiers et des concours sont tellement rapprochés qu’il est pratiquement impossible de faire des enquêtes sur les 10 000.
Alors, que faisons-nous ? Il nous arrive quelquefois de faire des enquêtes de moralité à la demande du ministre, sur des cas spécifiques lorsque, par exemple, une anomalie est constatée sur le diplôme d’un candidat.
Ces enquêtes devraient être faites parce que effectivement, comme vous l’avez dit, nous constatons que beaucoup de brebis galeuses rentrent à la police par effraction.
Et si les enquêtes étaient faites en amont, nous aurions pu déceler ces brebis galeuses.
Il y a un autre niveau d’enquête de moralité qui est faite lorsque les candidats présentent les concours professionnels, ce qu’on appelle les concours internes.
Les textes disent que si vous avez une note de 1 ou 2 sur 5 dans l’année, vous n’êtes pas autorisé à concourir. De même, si vous avez été frappé d’une sanction disciplinaire dans les cinq années précédentes, vous n’êtes pas autorisé à présenter le concours. Et plus grave, même si votre candidature est acceptée et que vous passez les épreuves écrites et que entre-temps, vous commettez une faute grave, le jury s’oblige par les textes de vous éliminer.
Les enquêtes de moralité interviennent également au niveau des avancements. Ne peuvent avancer que les policiers qui ont une bonne moralité. Ceux-ci sont donc bien notés pour leur comportement exemplaire.
Bien sûr, personne n’est blanc comme neige. Mais, il y a des fautes qu’on commet de bonne foi, c’est-à-dire que le policier a commis cette faute parce qu’il ne sait pas comment procéder.
Par contre, lorsque nous avons affaire à des récalcitrants, à des récidivistes, alors, ceux-là sont passibles de mesures sévères. Mais, encore une fois, pour toutes ces fautes, lorsque nous faisons l’enquête au niveau de l’IGSP et même si nous établissons la preuve formelle que la faute existe et qu’elle est imputable au fonctionnaire de police, l’Inspection ne sanctionne pas en tant que tel.
Nous faisons un rapport d’enquête que nous transmettons au ministre de tutelle, au Commissaire du Gouvernement, si la faute a un caractère pénal ou au procureur de la République selon les cas. Dans tous les cas, c’est le ministre de tutelle qui apprécie. Quelquefois, c’est un avertissement ou un blâme, ou des arrêts de rigueur ou même des suspensions de fonction allant à dix mois maximum ou malheureusement la radiation.
La décision revient-elle au ministre tout seul ?
Pour certaines fautes comme l’avertissement ou le blâme, le ministre seul prend la décision.
Mais, pour des fautes plus graves comme le retrait de l’emploi, la rétrogradation ou la radiation, c’est un conseil de discipline qui se réunit en conseil d’enquête. Aujourd’hui, ce conseil de discipline à la police est présidé par le ministre Zirimba Marcel à la demande de notre ministre de tutelle pour garantir à ce conseil la neutralité, l’objectivité nécessaire. Ce conseil est composé du représentant de l’administration, il s’agit du ministre de tutelle ou de son représentant, du directeur général ou son représentant, de l’Inspecteur général ou son représentant, la direction du personnel, le directeur de la sécurité publique, le directeur de la police judiciaire et, comme c’est une commission paritaire, il y a les représentants des éléments mis en cause.
C’est-à- dire que s’il s’était agi d’un officier de police, vous auriez trois officiers des représentants des officiers de police de même grade ou de grade sensiblement égal au fautif.
Ceux-là, ne sont là que pour défendre le concerné lui-même ou alors, pour défendre l’image de la corporation.
Le fautif a-t-il la possibilité de se défendre ?
Bien sûr… Il a la possibilité de se prendre une défense, de se faire assister par un avocat. Toutes les garanties sont là pour que le conseil d’enquête travaille dans l’objectivité, dans l’équité, la justice et la transparence.
Pouvez-vous nous donner un bilan chiffré des policiers sanctionnés à partir de vos rapports à la tête de l’IGSP ?
Si je donne les chiffres, les gens vont s’attraper la tête, mais je dirai quand même que chaque année, nous avons une centaine de policiers qui sont sanctionnés.
Et ces sanctions vont de l’avertissement à la radiation en passant par le blâme, le retrait de l’emploi, la rétrogradation, l’élimination au tableau d’avancement et bien sûr, les arrêts simples et les arrêts de rigueur.
Pour les arrêts simples, les chefs de services prennent ces mesures-là et nous n’en sommes pas toujours informé.
Nous avons sensiblement deux à trois conseils de discipline par an. A chacun de ces conseils, sont traduits à peu près 50 à 60 agents. Maintenant, et il est vrai, ce que nous ne faisons pas, c’est que nous ne publions pas dans les journaux la liste des policiers sanctionnés. Ça gène un peu qu’on expose soi-même ses collaborateurs à la presse.
Mais, les policiers eux-mêmes savent que beaucoup dans leurs rangs sont sanctionnés.
FRATMAT
Interview réalisée Par
Auteur: Landry KOHON
TOUTES NOS FELICITATIONS POUR CET EMINENT GENERAL DE POLICE DONT LA DROITURE , LA RIGUEUR , et L'HONNETETE EST RECONNU DE TOUS.
NOUS SOUHAITONS AU GENERAL GONDO UNE BELLE RETRAITE BIEN MERITEE ET QUE SON PASSAGE DANS CE METIER DIFFICILE FASSE DES EMULES POUR UNE NOUVELLE COTE D'IVOIRE DIGNE , RESPECTEE DANS LE MONDE ENTIER .
COTE D'IVOIRE / ATTAQUES DES CAMPS D'AKOUEDO / DECLARATION DU GENERAL DOUE MATHIAS
Jeudi 5 Janvier 2006
Le lundi 02 janvier 2006, des éléments des Fanci, de sources dignes de foi, s’emparaient pendant de longues heures des camps de "ancien" et "nouveau" Akouédo; pour disent-ils, protester contre le traitement de faveur dont bénéficie les mercenaires libériens supplétifs des Fanci.
Malheureusement, encore, pour cacher le soleil avec la main, les autorités politiques et militaires disent que ce sont des assaillants.
Pire, elles suscitent et entretiennent des rumeurs selon lesquelles le général doué serait la main visible.
La coalition des forces républicaines, dite cofrepci, proteste ici vigoureusement contre cette énième tentative de souiller son leader. En effet, le général doué pour ne pas verser de goutte de sang, par lui-même ou de son fait,a toujours pris son mal en patience chaque foi qu'une opportunité pacifique de régler la crise ivoirienne s'offre.
C’est pourquoi, bien qu'ayant les moyens militaires de renverser les institutions actuelles, il observe sagement l'application de la Résolution1633.
Les événements d'hier donne au nouveau premier ministre une feuille de route spécifique concernant l'armée. il est regrettable de voir cette armée traversée par des clivages politiques,à l'image de la société ivoirienne,la promotion interne basée sur le militantisme,absence d'une politique de moralisation et de renforcement de la neutralité républicaine. Le général Doué, vrai patriote, a le coeur meurtri lorsque son pays est la risée de tout le monde.
La Transition politique ne peut réinstaurer la paix et la concorde dans notre pays sans penser à ces nombreux exilés civils et militaires: Oulata Gaoudi, jules Yao Yao, Sidibé Adama, Zoin Honoré, Mathias Doué,Blé Blé Charles, Gazo Gaza, Palenfo Lansana, Bamba Moriféré...
Il est plus que jamais nécessaire de prendre des mesures adéquates pour favoriser leur retour au pays,à savoir: une mesure d'amnistie générale; la réinsertion et réintégration politique et sociale de ces exilés qui ont tout perdu; des garanties permanentes de sécurités... tant que ces signaux forts ne seront pas donnés,la situation restera toujours précaire.
Pour le général Mathias Doué
Colonel major Philippe zadi
(Accra – Ghana - Glory land hotel)
COTE D'IVOIRE ATTAQUES DES CAMPS MILITAIRES D'AKOUEDO / REACTION DES FORCES NOUVELLES
Jeudi 5 Janvier 2006
Devant les accusations gratuites faites contre les Forces nouvelles et au regard de ce que nous savons tous aujourd’hui, j’affirme “ L’actuel chef de l’Etat ivoirien, nouvellement nommé par la communauté internationale, avec son Chef d’Etat-major des Armées et leur ami commun le sergent-chef en exil Ibrahim Coulibaly, sont les auteurs incontestés de l’attaque du 02 janvier 2006, qu’ils ont orchestrée, pour entretenir l’illusion de détenir encore le pouvoir ”.
Une analyse élémentaire des événements montre clairement le montage grossier de cette pièce de théâtre dont le cynisme a ôté la vie à plusieurs hommes,
1° De la mise en place des acteurs. Les témoignages des militaires d’Akouédo rapportés par la presse ont fait état de la mise en place, l’après-midi du dimanche 1er janvier 2006 au vu et au su de tous, des acteurs qui ont eu le rôle “ d’assaillants, ou infiltrés, bref de l’ennemi extérieur ”.
II- Du cadre de la scène Le cadre de la scène des camps d’Akouédo répond au décor souhaité par le metteur en scène. Sinon quelle réponse donnée à la question de savoir pourquoi Akouédo et Akouédo seulement ?
Bref, les Ivoiriens ne sont pas dupes, habitués qu’ils sont au scénario qu’il leur a été donné de voir le lundi 02 janvier.
Souvenez-vous des attaques par des “ assaillants et des infiltrés” d’Anyama, Agboville, et d’Agban.
Si les scénarios de ces premières attaques en particulier celle d’Agban ont péché par l’absence de victimes, celle d’Akouédo aura servi cette fois-ci aux spectateurs de la pièce théâtrale des morts qui se comptent par dizaine.
A la question de savoir pourquoi tant de cruauté, de cynisme au moment où la Côte d’Ivoire vient d’avoir son Premier ministre et son gouvernement de transition on peut répondre :
Tout d’abord le chef de l’état ne veut pas accepter que son mandat présidentiel soit bel et bien terminé et qu’il ne dispose plus de pouvoir en Côte d’Ivoire.
a. En effet la résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations unies stipule clairement la fin du mandat de M. Laurent Gbagbo et fait de lui le chef d’Etat actuel qui ne dispose pas du pouvoir exécutif remis à juste titre au Premier ministre.
b. Les réactions du parti politique du chef de l’état, à l’issue de la formation du gouvernement de transition, réactions qui vont des tentatives vaines d’obtenir des ministères de souveraineté aux manifestations de rue montées des “jeunes patriotes ”, montrent sans aucun doute les désapprobations du chef de l’état à l’égard du nouveau gouvernement de transition. c. Enfin le chef de l’état en montant de toute pièce la scène de l’attaque d’Akouédo cherche clairement à entretenir son illusion de détenir encore le pouvoir d’Etat.
En effet en se précipitant au camp d’Akouédo avec son ancienne équipe il veut ravir au Premier ministre et au gouvernement de transition leur rôle de la conduite des affaires de l’Etat.
Aussi contrairement à sa déclaration aux lendemains de la signature des accords de paix de Marcoussis, à savoir qu’il n’appliquerait jamais ces Accords, il se contente de créer cette fois-ci les situations qui ne visent que le blocage de la relance du processus de paix engagée par le Conseil de sécurité de l’ONU et surtout la neutralisation du Premier ministre et la paralysie du gouvernement de transition.
Ensuite il n’est de secret pour personne de l’existence des relations amicales et très suivies du chef de l’état avec le sergent-chef en exil Ibrahim Coulibaly pour aider le premier à reconquérir son pouvoir perdu depuis lors. Souvenons-nous du retrait précipité de la plainte du chef de l’Etat contre le sergent ¬chef arrêté alors en France et les révélations de la presse béninoise quant à leur rencontre à Cotonou le 23 juillet 2005
Enfin les soutiens apportés au chef de l’Etat par le sergent-chef en exil Ibrahim Coulibaly sont multiples : La lettre du 03 Septembre 2005 du sergent-chef au président Mbeki visait essentiellement à faire échouer les négociations de Pretoria 2. Les nombreuses tentatives de déstabilisation des Forces nouvelles sont restées vaines au grand dam des deux amis.
La participation du sergent-chef au scénario de l’attaque du 02 janvier 06 à Akouédo ne souffre de l’ombre d’aucun doute.
Les dissidents FAFN ralliés au sergent-chef Ibrahim Coulibaly sont identifiables parmi les acteurs de l’attaque : Claude Sahi, Aboudramani Issa alias DAZ et Yacé peuvent citer les autres.
Le sieur Togba Mamadou très proche du sergent-chef Ibrahim Coulibaly, le caporal chef Tia Mamery après avoir tenté en vain de créer une subversion au sein des FAFN, se sont rendus à Abidjan pour être acteurs du film du 02 janvier.
En somme le chef de l’état et le sergent-chef en exil Ibrahim Coulibaly ont toujours collaboré pour mettre en mal de façon récurrente tous les processus de paix en Côte d’Ivoire.
Le chef d’état-major actuel des Armées, le Général Mangou Philippe est le stratège de salon chargé de la mise en scène de l’attaque d’Akouédo.
Rappelons-nous du voyage du père de l’opération dignité hors du pays en compagnie de M. Kadet Bertin le 14 Décembre 2005 pour préparer ce que nous voyons aujourd’hui.
Une multitude de raisons l’amène à agir ainsi.
Tout d’abord, distraire les FDS qu’il n’a jamais eu en main, se partageant le pouvoir de chef militaire avec son ami Blé Goudé. Les visites en casernes de ces deux scénaristes témoignent de ces faits.
Ensuite la fronde qui plane en permanence sur la tête du Général Mangou Philippe, avec la présence indéniable des mercenaires et des miliciens de diverses nationalités dans les rangs des FOS dont les énormes charges financières ne pourraient plus être raisonnablement supportées par le Premier ministre, lui donne toutes les idées noires allant jusqu’à l’élimination physique de toutes les personnes indésirables par le chef de l’état et son parti.
Elles sont nombreuses les personnes innocentes qui ont payé de leurs vies ce dessein funeste. Elles sont aussi nombreuses les personnes malheureuses qui, servant de boucs émissaires sont présentées à la population comme des “assaillants ou infiltrés”.
En effet 48 heures après l’attaque d’Akouédo la preuve du ridicule est faite : les prisonniers faits par le chef d’Etat-major des armées sont des fous, plombiers, chargeurs syndicalistes ou vendeurs de garba.
L’heure n’est pas à la plaisanterie, surtout quand elle est de mauvais goût, mettant en péril des vies humaines
Il S’AGIT AUJOURD’HUI DE RECONCILIATION ET DE PAIX POUR LA COTE D’IVOIRE. C’est pourquoi les Forces Armées des Forces nouvelles voudraient :
1. Réaffirmer leur engagement total dans le processus de paix dans notre pays.
2. Rassurer de leur respect scrupuleux de tous les accords militaires qu’elles ont signés à savoir :
- a. les cessez-le-feu, b. la Déclaration conjointe de fin de guerre du 04 juillet 2003.
- c. L’Adresse conjointe des FDS/FAI=N au chef de l’état du 11octobre 2004.
3. Rassurer aussi du même respect de tous les accords politiques signés par les Forces nouvelles et toutes les Résolutions de l’ONU.
4. Exprimer leur ferme volonté à participer de façon efficiente à la réconciliation et au retour de la paix en Côte d’Ivoire.
5. Exprimer leur soutien total au Premier ministre, Son Excellence Monsieur KONAN BANNY et au gouvernement de transition.
6. Suggérer au Premier ministre la mise en place rapide d’un état-major intégré composé des FAFN et des FDS pour :
- a. Pacifier et réunifier le pays,
- b. Démanteler et désarmer les miliciens et toutes les forces parallèles,
- c. Ratirer tous les mercenaires des Forces ivoiriennes,
- d. Assainir l’environnement de travail du gouvernement de transition.
7. Le soutien et l’appui des Forces impartiales aux Forces ivoiriennes de transition, commandées de façon mixte par l’Etat-major intégré.
En conclusion les FAFN condamnent une fois de plus les attaques du camp d’Akouédo perpétrées par les vrais ennemis de la Côte d’Ivoire, aujourd’hui clairement Identifiés.
Elles s’engagent pleinement aux côtés du Premier ministre et du gouvernement de transition pour rendre le processus de paix irréversible dans notre pays.
Que Dieu bénisse lui-même la Côte d’Ivoire !
COTE D'IVOIRE / A COEUR OUVERT AVEC SIDIKI KONATE PORTE-PAROLE DES FORCES NOUVELLES "EX-REBELLION"
Jeudi 5 Janvier 2006
Sidiki Konaté, porte-parole de la rébellion n'est plus à présenter aux Ivoiriens. A cœur ouvert, il s'est confié à votre quotidien préféré:"LE TEMPS"
Le gouvernement du Premier ministre Charles Konan Banny est connu.
Quelle collaboration avec les Forces nouvelles ?
(Hésitation) Après des semaines de recherche d'équilibre, Konan Banny a aujourd'hui sorti un gouvernement dans lequel les Ivoiriens se reconnaissent.
Des contacts avec le Premier ministre avant la formation de son gouvernement?
Oui. Retenez ce scoop, c'est-à-dire l'information la plus fraîche : Banny sera le Premier ministre et en même temps le ministre de l'Economie et des Finances. Il ne va pas déléguer à Bohoun Bouabré, mais à une autre personnalité, choisie sur des bases professionnelles pour gérer à son compte, l'Economie et les Finances. Je dis bien délégué et non titulaire. Il y aura donc un changement dans la structuration. Et vous êtes d'accord avec moi que le FPI était détenteur du ministère de l'Economie et des Finances. Si vous prenez la grille des postes ministériels attribués au FPI, est-ce que vous y retrouvez le poste du ministère en question ? Ce qui prouve que le combat est perdu pour ce parti. Ce qui est une bonne chose pour la Côte d'Ivoire. Parce qu'il était temps qu'on arrache ce poste au FPI.
Mais pourquoi vouliez-vous forcement qu'on arrache tout au FPI ?
Nous sommes dans la lettre et dans l'esprit d'une transition qui doit nous amener à la paix.
A vous entendre, pour qu'il y ait la paix il faut que le portefeuille de l'Economie et des Finances soit arraché au FPI
…
Un Premier ministre a été imposé à tous les protagonistes par la communauté internationale. Sa feuille de route a été également imposée à tout le monde. Même si le chef de l'Etat, a fait croire qu'il est encore maître de la situation. Mais en temps normal, est-ce que c'est comme cela qu'on nomme un Premier ministre en Côte d'Ivoire ? Est-ce que c'est comme cela que la communauté vient décrire la feuille de route d'un Premier ministre? Cela pour vous dire que nous sommes dans une situation d'exception. Le Premier ministre a une mission destinée à la conduite d'une transition. Et donc, dans cette mission, il a besoin de se donner tous les moyens politiques, économiques et militaires en dehors des velléités des partis politiques pour être en mesure d'assumer son résultat.
Si le Président de la République ne contrôle pas la situation, pourquoi Banny nommé l'a-t-il consulté avant de former ce gouvernement ?
S'il était maître de la situation, on ne lui aurait pas imposé un Premier ministre. On ne lui aurait même pas fait injonction d'inscrire la nomination de Banny dans le journal officiel de Côte d'Ivoire. Nous, de notre côté, voulons être clair. Nous sommes dans une transition qui est cogérée par les Ivoiriens et la communauté internationale.
Pensez-vous vraiment ce que vous dites?
Le pays est divisé en deux, depuis trois ans, nous avons sur le sol ivoirien plus de 10000 Casques bleus que nous voyons chaque jour dans les maquis, dans les rues et c'est ce qui est la réalité. Le pays est sous perfusion. Parce que nous avons des dossiers qui sont décidés, depuis les Nations unies. Il ne peut qu'être accompagné dans son processus de Réconciliation par les normes internationales. Pour cela, il ne faut pas chercher à justifier l'injustifiable. Il faut accepter que le pays soit sous perfusion et que c'est le schéma proposé par la communauté internationale qui va s'imposer à nous et que personne n'a d'autres alternatives pour s'opposer à cela.
Vous donnerez l'impression d'un homme totalement satisfait des actions de Banny.
Nous au MPCI, nous allons continuer de l'appuyer. Ceux qui racontent qu'il y a une déchirure, ne disent pas la vérité et j'attends qu'ils nous apportent les preuves. Je peux vous dire que nous sommes en phase jusqu'à ce jour avec M. Banny. Je puis vous dire, à la lumière de ce que nous savons que d'ici le 1er janvier 2006, la Côte d'Ivoire aura un gouvernement dans lequel tous les Ivoiriens se reconnaîtront et qui aura à attaquer des défis majeurs. Avec l'appui nécessaire des partis politiques et de la communauté internationale, ce gouvernement pourra faire en un an, ce que l'on n'a pas pu faire en trois ans.
Quelle relation entre SEM. Laurent Gbagbo et Konan Banny peut-on entrevoir ?
Laurent Gbagbo prend le Premier ministre en otage.
Ah bon ? C'est plutôt vous qui prenez les populations en otage.
Je ne crois pas.
Mais vous avez divisé la Côte d'Ivoire en deux.
Mais c'est du fait de la logique de guerre qui nous a été imposée.
Par qui ?
Justement par ceux qui ont pensé qu'on pouvait avoir une Côte d'Ivoire où certains ont plus de droits à l'identité que les autres. Ceux-là ont semé les germes de la guerre. Nous n'entrons plus dans ce débat parce que, on a lu les Accords de Marcoussis, on comprend aisément les causes objectives de cette guerre.
Et pourtant, vous êtes alliés au père de l'" ivoirité ".
Je peux vous dire que l'" ivoirité " a été une théorie certes lancée par le Président Bédié, lui aussi a eu à vivre le refus des Ivoiriens à travers le 24 décembre 1999 de suivre cette logique. Après lui, il y a eu Robert Guéi, l'espoir, mais qui s'est fourvoyé après. Maintenant, l'on attendait qu'après son arrivée au pouvoir, Laurent Gbagbo sorte la Côte d'Ivoire de ce bourbier quand lui aussi s'en est servi comme béquille. La conséquence est-là, implacable.
Au moment même où vous parlez des questions ivoiritaires, les étrangers vivent ici en parfaite harmonie avec leurs frères ivoiriens, partout dans nos villages. N'est-ce pas là un démenti cinglant à cette question ivoiritaire dont vous vous êtes servi pour prendre les armes?
Je vous arrête. Pace qu'il ne faut pas faire d'amalgames.
Non, nous ne faisons pas d'amalgames. Puisque les étrangers vivant en Côte d'Ivoire ne vous ont jamais mandaté officiellement de prendre les armes contre la République en leur nom.
C'est une question différente parce que l'"ivoirité" n'a pas été qu'un concept. L'"ivoirité" a été appliquée sur le terrain. Quand on décide dans un car de séparer deux Ivoiriens qui ont la même carte d'identité en mauvais et en bon Ivoiriens. C'est cela l'" ivoirité ".
Avez-vous les preuves de cette affirmation qui frise l'intoxication ?
Je pense que si vous vivez dans ce pays et si vous respectez la mémoire de ceux qui ont été victimes de cette dérive identitaire, vous comprendrez que quelque chose s'est passée dans ce pays.
N'est-ce pas les politiciens aux ambitions démesurées qui ont fait de cette question leur fond de commerce ? Dans ce pays, nous savons ce qui s'est passé ?
Non je ne pense pas.
Mais le MPCI n'est pas exempt de reproches sur cette question puisque vous avez chassé de vos zones, les non ressortissants du Nord. N'est-ce pas plus exclusionnistes que ceux que vous accusez sans preuve ?
Il fallait lire les Accords que nous avons librement signés à Marcoussis que de les vilipender. Certes, ces Accords ont été signés à Marcoussis qui n'est pas un village ivoirien, mais il parle des problèmes de la Côte d'Ivoire liés à la question de la nationalité, de l'identité et du contentieux électoral. Et ces Accords nous indiquent les voies pour nous d’en sortir. La communauté internationale a donc reconnu que la crise ivoirienne est une crise identitaire et de la légitimité des pouvoirs en Côte d'Ivoire. A partir de ce moment, il y a une reconnaissance à la fois interne par les acteurs politiques dont le FPI qu'il y a problème. Mais aussi une reconnaissance internationale de nos problèmes. Nous avons aujourd'hui identifié le mal. Qui l'a provoqué, qui l'a perpétué? le débat n'est plus à ce niveau. Je crois que nous avons actuellement la solution théorique pour nous en sortir, il faut maintenant avancer.
Notre question demeure sans réponse.
Je vous invite à venir à Bouaké à Touba, à Man, à Odienné, vous verrez que vous êtes loin de ce que vous dites.
Mais vous avez chassé les fonctionnaires et autres Ivoiriens non originaires du Nord. C'est de cela que nous parlons.
Si vous n'êtes pas dans la désinformation et dans l'intoxication, je puis vous dire que la réalité est tout autre.
Pendant que vous parlez d'exclusion, l'organigramme du MPCI ne donne pas l'exemple. Tous les hauts postes du MPCI sont occupés uniquement par des Nordistes. N'est-ce pa là une contradiction flagrante ?
Quand vous regardez le MPCI et le FPI, vous avez le même équilibre au niveau de la répartition des postes. Le Nord dont vous parlez, nous avons 60% de ce Nord. Et ce Nord est composé de différentes communautés. Vous savez, il y cette volonté manifeste de faire croire qu'il y a un Nord qui est exclusivement composé d'une telle ethnie ou d'une telle communauté contre un Sud qui est composé de la pluralité. A mon sens, c'est faux. De la même façon, on a l'Est et l'Ouest, etc. de la même façon nous avons Nord-Ouest, le Nord-Est qui sont composés de différentes communautés. Il y a harmonie et cela a été encouragé par le MPCI. Des Blancs qui vivent dans nos zones n'ont jamais été poursuivis. Des Ivoiriens de toutes tendances vivent dans nos zones.
Le racket en zones rebelles est plus élevé par exemple sur l'axe Baouké-Korhogo, le voyageur en dehors du transport, débourse plus de 10000 F CFA pour vos hommes. Pourquoi c'est celle de la zone gouvernementale qui vous préoccupe tant ?
Vous y allez souvent alors ?
Oui nous y allons régulièrement.
C'est pour toutes ces questions qu'il faut permettre à ce gouvernement de se mettre au travail pour démilitariser totalement la Côte d'Ivoire. Nous dénonçons le racket, aussi bien au Sud qu'au Nord. On ne devait même pas parler de racket au Sud parce qu'ici les gens ont un salaire.
Mais au Nord vous payez aussi vos soldats. Pourtant, ils se livrent au racket à outrance.
Je le dis et je le répète, il ne devrait même pas avoir de racket à Abidjan. Mais c'est aussi la preuve que nous sommes une jeune rébellion dont les soldats sont d'égale valeur que les soldats de l'armée régulière qui ont fait de grandes écoles. Après 5 ans, si vous revenez voir ces jeunes gens, vous verrez qu'ils ont acquis beaucoup d'expériences.
La logique aurait voulu que vous donniez l'exemple, puisque vous dites être venus pour réparer les injustices.
Nous avons agi pleinement et nous agissons toujours pour que le racket diminue dans nos zones.
Vous insistez sur la démilitarisation de la Côte d'Ivoire. Est-ce à dire que le MPCI est prêt à aller au désarmement?
Le désarmement dont il est question, c'est ce qui est contenu dans un accord. Le désarmement, c'est une affaire de toute la Côte d'Ivoire. Il faut que les miliciens disparaissent des rues d'Abidjan. Il faut aujourd'hui que l'armée soit républicaine. Or, l'objectif du désarmement, c'est à travers un programme bien spécifique. Arriver à créer une armée républicaine, dépouillée de tous ceux qui ne sont pas des Républicains quand ils sont au service de cette armée.
Quelle différence faites-vous entre un milicien et un rebelle ?
Le milicien, il a été créé pour un parti au pouvoir qui a normalement à côté de lui, une armée officielle mais qui ne fait pas suffisamment confiance à cette armée. Et s'appuie souvent sur le clan et la tribu pour semer la pagaille. Il n'a aucune finalité politique.
Le MPCI n'est-il pas une milice quand on sait que c'est une armée parallèle à la solde d'un individu ou d'un groupe d'intérêts étrangers ?
Non, parce que nous ne sommes pas à la solde d'un groupe d'intérêts. Mais plutôt à la solde d'une cause. Des jeunes Ivoiriens ont estimé tout simplement que dans leur propre pays, ils n'étaient plus considérés comme des Ivoiriens. Ce sont ceux-là qui se sont organisés pour défendre leurs droits. Et ceux-là aujourd'hui, ont une idée politique. Ils ont même une organisation militaire composée d'anciens militaires qui montre aujourd'hui, qu'ils ne sont pas des miliciens.
Pourquoi voyez-vous toujours les effets sans d'abord identifier les causes ? L'existence de ce que vous appelez actuellement milice n'est-elle pas l'une des conséquences de la rébellion ?
Mais les miliciens n'ont jamais gagné une guerre. Ils sont plutôt des budgétivores.
Vous dites que les miliciens sont budgétivores. Mais vous oubliez que le MPCI est aussi budgétivore puisque vous êtes logés à l'Hôtel du Golf, nourris et blanchis pour le compte de l'Etat. Cet Etat-là que vous attaquez.
Nous sommes ici à l'Hôtel du Golf au nom de la paix. Nous étions tranquilles au Nord et à Bouaké. Quand on nous a amené pour discuter et mettre en place un gouvernement. Pour trouver une solution politique. Et celle-ci exige que nous soyons ici à Abidjan. On aurait décidé d'exiger les Conseils des ministres dans nos zones que l'on nous aurait traités de facteurs de blocage. C'est ici que se trouvent les Institutions et comme c'est ici qu'on a décidé que la paix se fasse, c'est pour cela que nous sommes-là en mission. La paix n'ayant pas de prix, notre présence ici est plutôt bénéfique pour la paix.
Depuis un certain temps, certains de vos collaborateurs du MPCI et du MPIGO désertent vos rangs et se retrouvent à Abidjan. Ils réclament même le départ du MPCI de la région de l'Ouest. Que se passe-t-il ?
Ils sont deux. Ils ne sont pas des milliers. Nous demandons à M. Togba Mamadou et à Tia Maméry de revenir dans la République du Nord et d'arrêter la dérive. Parce que, c'est là-bas qu'ils ont leur cause, c'est là-bas qu'ils ont réussi à se forger une personnalité. Aucun Ivoirien ne les prend au sérieux. Je le dis sans rentrer dans les détails. C'est vrai qu'ils ont été manipulés mais je leur demande sincèrement de retourner chez nous.
Qui les aurait manipulés, selon vous?
Ceux qui les ont appelés ici. Comme on parle de saignée au sein des FDS, des idéologues ont trouvé qu'il faut équilibrer les choses en parlant aussi de saignée dans nos rangs. Mais moi, je leur dis qu'on ne peut pas avoir été MJP et MPIGO avoir combattu pour avoir 60% du territoire puis accepter de se loger dans une caserne au compte des FDS et croire qu'on est pris au sérieux.
Vous parliez tantôt de République du Nord-Est, c’est à croire qu'il y a deux Républiques en Côte d'Ivoire ?
Je l'ai dit par rapport au découpage, de fait.
Vous parliez de République de Nord. Et cela a été entendu. Est-ce à dire que vous avez déjà fait la sécession ?
Non, pas du tout. Sinon, nous avons tous les moyens objectifs pour faire une sécession. Pour en faire une, il faut un espace, une idéologie. S'il est vrai que nous pouvons créer toutes ces conditions, nous voulons une Côte d'Ivoire réconciliée. Parce que le problème que nous posons n'est pas celui du Nord. C'est un problème de la Côte d'Ivoire. Tout ceci pour vous dire que le MJP est à l'Ouest. Sa frontière commence à Toulépleu. Avant c'était l'espace du MPIGO. Mais aujourd'hui, à cause de la paix, on est au niveau de Danané. Comment considérez-vous que deux grands chefs, comme ils se le disent, puissent quitter leur troupe et depuis là, on n'a pas vu un mètre carré (m2) qui a disparu de ces zones.
Ils vous accusent d'avoir tué cinq (5) de leurs éléments.
L'un est civil et l'autre un simple commandant de secteur. Ils savent pertinemment pourquoi ils sont à Abidjan. C'est pourquoi je le dis haut et fort, c'est deux personnes si elles me lisent demain, elles comprendront qu'elles sont en train de se fourvoyer. Elles sont en train de perdre le peu de discrédit qui leur restait dans ce pays. Mais j'ajoute que nous leur pardonnerons leurs fautes si elles reviennent là où elles ne sont pas obligées d'être interrogées chaque jour sur ce qu'elles ont fait ou elles n'ont pas fait. Je leur demande de revenir à la maison parce qu'il n'y a pas de raisons objectives qui les ont fait partir. Je vous dis qu'il n'y a pas eu de combat après leur départ. En tout cas, moi, on ne m'a rien signalé à l'Ouest.
Avant la nomination du nouveau Premier ministre, quelques divergences ont été constatées au niveau du G7. Là où le MPCI présentait Guillaume Soro comme son porte-flambeau, les autres partis ont chacun proposé une liste. On vous a vu réagir.
Le G7 n'est pas une alliance politique. La seule alliance c'est au niveau des RHDP. On était au départ G10. Mais trois signataires des Accords se sont retirés et nous sommes restés 7 qui avons décidé de travailler ensemble afin le créer toutes les conditions pour que Marcoussis s'applique. La seule alliance politique qui existe, c'est le RHDP. Donc par rapport à une question ponctuelle dont la question de la Primature, chacun a ses choix et ses préférences qu'il a pleinement assumé d'autres questions nous uniront.
N'empêche que le MPCI a parlé de trahison.
Oui, par rapport à un acte assez objectif et concret, le deal : Il y a eu le deal de la CEI où le MPCI avec 6 voix pouvait déterminer qui peut-être Président ou non. Nous avons estimé après tractations que le PDCI qui voulait en être le Président devrait avoir notre soutien. En retour, nous avons demandé que le PDCI soutienne le MPCI sur la question de la Primature. C'est cet accord que nous avons confirmé dans un document qui nous amène à parler de trahison. C'est-à-dire, le non-respect de la parole donnée et de la signature. Mais nous, nous avons assumé notre combat et nous continuerons de l'assumer.
Est-ce que ces divergences sont tues parce qu'il y a un Premier ministre.
Mais on a déjà, un Premier ministre, c'est l'essentiel. Mais ce que nous souhaitons, c'est que l'on aille au-delà du G7 et que tout le monde se retrouve autour du Premier ministre. C'est en cela que j'ai apprécié l'attitude de mon ami Blé Goudé qui, dès son retour d'Italie a rencontré le Premier ministre et donné son point de vue. Banny a besoin d'être soutenu pour sortir de la guerre. Il ne suffit plus de crier chaque jour que la guerre a fait ceci ou cela. Chacun vit la guerre chez lui. Et cela à travers les fins de mois difficiles, à travers des emplois perdus. Donc au-delà du G7, je souhaite une forte alliance de tous les Ivoiriens au tour du Premier ministre, afin de parvenir à des élections qui puissent nous donner un régime légitime.
Mais, au sein du G7, il se raconte que les partis politiques ont voulu se servir de votre mouvement pour assouvir leurs besoins ?
Nous ne ferons pas de commentaires sur de telles associations puisque chacun étant libre de ses opinions.
Mais au début, il faut le dire, c'étaient des gens qui étaient animés du souci de respecter leur signature. Parce que, une chose est d'avoir un accord, et une chose est d'avoir une solution théorique sur papier et une autre est de l'expérimenter sur le terrain. A partir de ce moment, comme l'on est dans une situation inédite, il fallait conjuguer les efforts et mettre ensemble les ressources, pour faire appliquer cette théorique que nous avons sur papier.
Le MPCI a-t-il aujourd'hui l'intention de se transformer en parti politique ?
C'est un débat qui n'est pas opportun pour nous. Le MPCI a un pari. Nous avons estimé, qu'il fallait mettre fin à la dérive identitaire et cela a été compris. Et tout ce qui se fait chaque jour, va dans le sens de permettre que la Côte d'Ivoire se réconcilie avec elle-même.
Konaté Sidiki est-il un homme riche?
Pas du tout. Il y a eu beaucoup d'intoxication sur le fait que les rebelles se seraient vachement enrichis. Mais je suis de ceux qui pensent que quand le gouvernement va se mettre normalement à travailler et que les choses vont rentrer en ordre de façon dépassionnée, qu'on puisse mettre en place l'autre volet des Accords de Linas-Marcoussis qui touche les crimes économiques.
Je pense que ce volet doit être réactivé pour que les Ivoiriens comprennent ce qui s'est passé, cette fois-ci pas sur le terrain humanitaire, mais sur le terrain économique, à Bouaké.
Les crimes économiques devront être normalement punis. En tout cas, je veux des sanctions contre les crimes économiques.
Interview réalisée par
Yacouba Gbané & Pierre Legrand
SPORT / CAN 2006 / SELECTIONNES DE L'EQUIPE IVOIRIENNE
Mercredi 4 Janvier 2006
Gardiens de but :
Boubacar Barry Copa (Beveren/France), Gerard Gnanhouan (Montpellier/France), Jean-Jacques Tizié (Espérance/Tunisie)
Défenseurs :
Arthur Boka (Racing Strasbourg/France), Cyrille Domoraud (Créteil/France), Emmanuel Eboué (Arsenal/Angleterre), Seydou Kanté (Beveren/Belgique), Blaise Kossi Kouassi (Troyes/France), Abdoulaye Meite (Olympique Marseille/France), Kolo Touré (Arsenal/Angleterre), Marc Zoro (Messine/Italie)
Milieux de terrain :
Kanga Akale (AJ Auxerre/France), Guy Demel (Hambourg/Allemagne),Abdoulaye Djire (Beveren/Belgique), Emerse Fae (FC Nantes/France), Romaric Koffi Ndri (Le Mans/France), Marco Né (Beveren/Belgique), Siaka Tiéné (St Etienne/France), Gilles Yapi Yapo (Nantes/France), Gneri Yaya Touré (Olympiakos/Grèce), Didier Zokora (St Etienne/France)
Attaquants:
Aruna Dindane (RCLens/France), Didier Drogba (Chelsea/Angleterre), Bonaventure Kalou (Paris St Germain/France), Arouna Kone (PSV Eindhoven/Pays-Bas)), Bakari Kone (Nice/France), Kandia Traoré (Le Havre/France).
COTE D'IVOIRE / PASSATION DE CHARGES AU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES
Mercredi 4 Janvier 2006
La salle de conférences du ministère des Affaires étrangères a abrité hier après-midi, la cérémonie de passation des charges entre les ministres Bamba Mamadou et Youssouf Bakayoko.
Youssouf Bakayoko reprend en main les dossiers de la diplomatie que gérait Bamba Mamadou.
La salle de conférences du ministère des Affaires étrangères a abrité hier après-midi, la cérémonie de passation des charges entre les ministres Bamba Mamadou et Youssouf Bakayoko. Le nouvel homme n'est pas étranger à la maison. De par sa fonction d'ambassadeur de carrière, il a occupé de hautes fonctions dont la dernière est celle de président de la commission des relations extérieures au parlement.
SEM Bamba Mamadou en sa qualité de ministre sortant a fait un bilan de ses trois années passées à la tête de ce ministère, avant de souhaiter à son successeur un plein succès dans ses nouvelles fonctions. Se prononçant sur la mission du nouveau gouvernement, il a ajouté à l'endroit de SEM Bakayoko Youssouf : " Notre diplomatie sous votre houlette aura à jouer, sans aucun doute un rôle de premier plan, car les défis à surmonter sont nombreux et difficiles". Conscient de la lourde mission qui lui échoit, le nouveau ministre des Affaires étrangères n'a pas manqué d'affirmer que la sortie de crise dépendra aussi de la politique extérieure de la Côte d'Ivoire. Il s'est donc engagé à mettre tout en œuvre afin de redorer le blason terni de notre pays à travers une politique tournée vers la recherche de la paix par le dialogue.
Cette sympathique cérémonie a été présidée par le Secrétaire général du gouvernement M. Tyéoulou Dyéla.
Hervé Koutouan
Stagiaire
FRATMAT
COTE D'IVOIRE ATTAQUE DES CAMPS D'AKOUEDO / VISITE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO AU 1ER BATAILLON D'INFANTERIE
Mardi 3 Janvier 2006
"Chers amis, je suis venu vous saluer et vous féliciter pour votre conduite de cette nuit.
Merci pour la Côte d’Ivoire et félicitations. La nation entière, par ma voie, vous remercie d’avoir écarté cette énième attaque.
Mais nous sommes déterminés à aller à la paix. Et nous sommes pratiquement à la paix.
Nous sommes presque à la paix. Nous avons la paix à portée de main. Je crois que c’est ça qui n’arrange pas tout le monde. Mais ça va arranger. Ça va arranger les gens. Ça t’arrange, ça ne t’arrange pas, mais on ira à la paix.
Sinon, qu’est-ce qu’on va faire ? Nous irons donc à la paix, et je suis venu vous saluer. Je suis venu vous saluer parce que vous vous êtes conduits en soldats.
Et je voudrais profiter du moment où je vous salue pour dire que ce que j’ai vu-là, ce que j’ai visité, ce n’est pas une mutinerie. Si les mots ont leur sens en français, ce n’est pas ça une mutinerie.
Ce sont des agresseurs qui sont venus de l’extérieur des deux camps d’Akouédo.
Certains déguisés, d’autres en treillis mais ayant leurs habits en dessous.
On en a même vus qui enlevaient leurs treillis pour se retrouver avec leurs habits de civils. Il ne s’agit donc pas ici, d’une mutinerie. Il s’agit d’une agression.
Et c’est la justice qui déterminera les caractéristiques de cette agression-là. Mais vous, je vous salue. Je vous félicite.
Sous le commandement de vos chefs, vous allez continuer à faire le ratissage.
Et une fois que vous aurez pacifié toute la zone, tout le District d’Abidjan, en ce moment-là, nous verrons clair et les juges se prononceront ; parce qu’il faut qu’on les juge.
Il faut que le monde sache ce qui s’est passé. Nous avions l’information que les gens voulaient attaquer depuis le 1er janvier, profitant du fait que nous sommes en fête, profitant du fait que vous êtes en fête, ils voulaient attaquer.
Je ne sais pas pourquoi ils ne l’ont pas fait.
Mais d’après les informations, des gens voulaient attaquer les deux camps d’Akouédo et le camp du Troisième Bataillon qui est délocalisé à Anyama. Nous avions ces informations.
Mais notre rôle, ce n’est pas d’effrayer la population. Notre rôle, c’est d’accompagner la population dans ses actes quotidiens d’existence. Vous avez pu éviter les pièges de l’adversaire, je vous en félicite ; je vous remercie.
Mais je reviendrai vous voir quand tout sera fini. Haut les cœurs ! haut les cœurs ! haut les cœurs !” (A chaque “Haut les cœurs” du Chef de l’Etat, les militaires, visiblement remontés par ces propos, répondaient en chœur : “On y va”. Ndlr).
Propos recueillis par
PASCAL SORO
MESSAGE DE M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA PRESIDENT DU RASSEMBLEMENT DES REPUBLICAINS (RDR)
Mardi 3 Janvier 2006
Paris, le 31 Décembre 2005
Chers Compatriotes
Chères militantes, chers militants et chers sympathisants
Chers amis de la Côte d’Ivoire
L’année qui s’achève a été, une fois de plus, une année difficile pour la Côte d’Ivoire. Eprouvés par la crise qui perdure, nos compatriotes avaient fini par désespérer.
La fin du mandat présidentiel sans que les élections aient pu être organisées dans les délais constitutionnels a ouvert une période d’incertitudes qui a fait craindre le pire.
La résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l’Organisation des nations Unies à laquelle les acteurs politiques et les Ivoiriens épris de paix ont apporté leur soutien a permis d’éviter le chaos à notre pays.
Aujourd’hui, l’horizon s’éclaircit grâce à la sagesse du peuple ivoirien et aux efforts de la communauté internationale à laquelle je voudrais rendre un hommage mérité.
Au cours de l’année que nous abordons, nous avons la lourde responsabilité autant que nous sommes, par delà nos divergences, de rendre espoir au peuple ivoirien.
Rendre espoir aux Ivoiriens c’est, sans conteste, s’engager dans la voie de la paix.Rendre espoir c’est donner toutes ses chances au processus de réconciliation nationale, c’est aussi faire le serment de réapprendre à vivre ensemble.
C’est enfin restaurer notre fierté d’être Ivoirien.
La Côte d’Ivoire n’a pas vocation à s’épuiser dans des antagonismes inutiles qui retardent son développement et à s’enfermer dans des peurs et des fantasmes d’un autre âge qui hypothèquent dangereusement son avenir, au moment où chaque pays se bat pour se faire une place dans le concert des nations.
Chers compatriotes
Le principal défi qui se présente à nous c’est de construire ensemble une nouvelle Côte d’Ivoire apaisée, une Côte d’Ivoire plus juste, plus fraternelle et plus respectueuse de la vie humaine.
Pour ce faire, nous devons être capables de dépassement et de responsabilité en renouant avec les valeurs de tolérance et de dialogue que nous a inculquées le Président Félix Houphouët-Boigny.
Comme j’aime à le répéter, quand l’essentiel est en jeu, à savoir la survie de notre pays et l’avenir de nos enfants, aucun sacrifice n’est de trop.
La construction de cette nouvelle Côte d’Ivoire où chacune et chacun aura la place qui lui revient constitue, à mes yeux un impératif catégorique.
Je mettrai toutes mes forces au service de cette belle ambition : contribuer sans relâche à l’avènement de la paix dans notre pays en luttant contre les discriminations et en reconnaissant à chacun le droit d’être différent.
C’est pourquoi, fidèle aux engagements que j’ai pris, au nom de mon parti, devant le peuple ivoirien et la communauté internationale, j’apporte mon soutien au Gouvernement du Premier Ministre Charles Konan BANNY dont la mission essentielle est de jeter les bases de la renaissance de notre pays et du nouveau pacte républicain, socle sur lequel nous bâtirons une Côte d’Ivoire de paix, fière de son passé et de sa diversité.
Les attentes sont immenses.
Plus que par le passé, le peuple meurtri et blessé par trois longues années de conflits réclame des actes et des résultats. L’action du nouveau Gouvernement doit permettre de rétablir la sécurité partout en Côte d’Ivoire, de combattre avec détermination l’impunité, ce cancer qui ronge notre société, de restaurer l’autorité de l’Etat, d’établir dans la transparence et l’équité les documents permettant à chaque citoyen de participer à la vie de la nation et de préparer la tenue d’un scrutin présidentiel incontestable dans les délais prescrits par la résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
Nous demeurons plus que jamais convaincus que seules des élections transparentes, justes et ouvertes sont à même d’aider notre pays à sortir de son long traumatisme.
Chères militantes, chers militants, l’organisation des prochaines échéances électorales va exiger de nous une mobilisation et un investissement de tous les instants. Les enjeux sont tels que nous devons aborder les différents rendez-vous unis, rassemblés et déterminés.
Plus ferme sera notre volonté d’aller à la conquête des Ivoiriennes et des Ivoiriens, plus grande sera notre chance de réaliser notre objectif, à savoir accéder au pouvoir de façon pacifique et démocratique afin de mettre en œuvre le projet collectif dont nous sommes porteurs.
Nous n’avons pas le droit de décevoir la grande espérance que nous incarnons.
Je vous exhorte donc à vous mettre au travail sans plus tarder. Plus que jamais, le parti a besoin de vous, de votre énergie, de votre engagement et de votre expérience.
Dans les prochains jours, animé d’une foi inébranlable dans le devenir de notre nation, je serai à vos côtés pour défendre partout en Côte d’Ivoire notre message de paix, de fraternité et de solidarité et pour donner à notre parti dont l’audience grandit de jour en jour l’impulsion qui lui est nécessaire.
C’est confiant en l’avènement d’une nouvelle Côte d’Ivoire, une Côte d’Ivoire de paix que j’adresse à toutes les Ivoiriennes, à tous les Ivoiriens, à toutes les militantes et à tous les militants du RDR et du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la paix mes vœux sincères de bonheur, de paix et de prospérité.
A tous les amis de la Côte d’Ivoire, à tous ceux qui nous accompagnent sur le difficile chemin de la paix, à tous les soldats de la paix en Côte d’ivoire, je souhaite une bonne et heureuse année 2006.
Vive la Côte d’Ivoire !
COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DES FORCES NOUVELLES APRES L'ATTAQUE DES CAMPS D'AKOUEDO
Mardi 3 Janvier 2006
Les populations abidjanaises ont été une fois de plus réveillées dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 janvier 2006, par des tirs nourris dans la sphère géographique du camp militaire d’Akouédo.
Devant la récurrence de tels évènements qui restent à chaque fois sans suite, les Forces Armées des Forces Nouvelles s’interrogent sur les réels mobiles qui sous-tendent de tels actes.
Inscrites dans le processus de paix et de réconciliation par la présence de leurs ministres dans le gouvernement de transition, les Forces Armées des Forces Nouvelles condamnent avec vigueur ces agissements qui mettent en péril le processus de paix en Côte d’Ivoire.
En effet, à la suite de la publication du nouveau Gouvernement de Transition, les partisans du Chef de l’Etat, Monsieur Laurent GBAGBO, ont manifesté contre la nomination de certaines autorités des Forces Nouvelles et de la société civile. Cela démontre la volonté de certaines personnes à faire échouer une fois de plus le processus de paix et de réconciliation.
Les Forces Armées des Forces Nouvelles, partie prenante au processus de paix, proposent au Premier Ministre de les associer à la sécurisation de tout le pays, à travers l’établissement rapide d’un état major intégré regroupant les FDS et FAFN.
Elles invitent les Forces Impartiales garantes de l’application des accords de paix à protéger les populations civiles, notamment dans les zones dites gouvernementales.
Elles demandent avec insistance au Premier Ministre de pacifier la dite zone en procédant au démantèlement immédiat des milices et autres forces parallèles qui sèment la mort et la désolation dans la population.
Les Forces Armées des Forces Nouvelles, invitent les Forces Impartiales, impliquées dans la sécurisation de leurs ministres, avec à leur tête leur secrétaire général, le Ministre d’Etat Guillaume SORO, à mettre en œuvre le plan de sécurité nécessaire tel que prévu.
Les Forces Armées des Forces Nouvelles assurent les populations dans les zones sous leur contrôle que toutes les dispositions sont prises pour leur sécurité et leur demandent de continuer de leur faire confiance.
Les Forces Armées des Forces Nouvelles sont déterminées à mettre tout en œuvre pour le retour d’une paix véritable en Côte d’Ivoire.
Pour le Chef d’Etat-major des FAFN
La Direction de la Communication.
SENEGAL / MESSAGE DU PRESIDENT ABDOULAYE WADE A LA NATION POUR L'ANNEE NOUVELLE 2006
Lundi 2 Janvier 2006
Sénégalaises, Sénégalais, mes chers compatriotes,
Chers frères et sœurs africains,
Chers enfants, hôtes étrangers qui vivez parmi nous,
Rendons grâce à Dieu, le Tout-Puissant, par la volonté de qui nous voici, encore une fois, au seuil d’une année nouvelle.
Le Maître des temps et de nos vies nous a accordé la faveur de traverser ensemble une année, pour nous apprêter à en entamer une nouvelle.
En ce moment-ci, j’ai une pensée pieuse pour ceux qu’il a rappelés à lui. Que nos prières ardentes les accompagnent pour le repos éternel de leur âme.
À ceux parmi nous qui souffrent, quelle qu’en soit la raison, j’adresse tous mes vœux pour que Dieu mette fin rapidement à leurs souffrances. Aux malades, je souhaite un prompt rétablissement afin qu’ils recouvrent la plénitude de leurs moyens.
Mes chers compatriotes,
L’année 2005 s’achève sous de bons auspices pour notre pays et annonce de belles perspectives pour 2006.
Pour la première fois de l’histoire du Sénégal indépendant, nous avons maintenu, pendant deux années successives, un taux de croissance économique supérieur à 6 %, avec une remarquable tenue des finances publiques et une stabilité de notre économie dans un environnement international rendu favorable par le renchérissement considérable du coût de l’énergie.
Mais, nous comptons faire plus et mieux avec la mise en œuvre, dès 2006, de la Stratégie de croissance accélérée (Sca) basée sur le renforcement du capital humain et les infrastructures, pour porter notre taux de croissance à plus de 7 % l’an.
Ces performances, qui nous valent la confiance de nos partenaires qui viennent d’effacer l’essentiel de nos dettes, sont la preuve que le Sénégal est entre de bonnes mains, pour lesquelles la ligne d’action doit être la bonne gestion macro-économique.
En dehors de cela, nos populations ont apprécié notre volonté de lutte contre la corruption et les gaspillages. Laissez-moi vous rappeler ici que le Sénégal est, à ce jour, le seul pays réunissant 7 des 8 critères de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, qui sont tous des critères de bonne gestion équilibrée.
Ces performances économiques nous ont également permis d’aller plus avant dans notre politique sociale qui est l’une de nos options fondamentales.
Nous avons pris des mesures d’incitation à la compétitivité des différents secteurs de notre économie, malgré la concurrence souvent faussée de nos partenaires qui n’hésitent pas, parfois, à enfreindre les règles de la concurrence libérale, à des fins égoïstes.
C’est pourquoi nous saluons les accords de Hong Kong sur les subventions agricoles des pays développés, programmées à disparaître.
La bonne tenue de nos finances publiques qui nous a permis d’aller même plus loin que le doublement de nos ressources budgétaires, sans augmentation d’impôts et sans création de nouveaux impôts, nous a offert la possibilité de créer 15.000 nouveaux postes dans la Fonction publique, d’augmenter les salaires des fonctionnaires par deux fois, augmentation suivie de celle du secteur privé. À quoi nous avons ajouté la baisse des impôts sur les entreprises.
Et pour une meilleure justice sociale, j’ai demandé au gouvernement d’entreprendre les réformes nécessaires afin de garantir une égalité de traitement fiscal entre hommes et femmes.
Nous avions pris toutes les dispositions pour recourir aux pluies artificielles, si d’aventure l’hivernage s’avérait mauvais. Mais Dieu, dans sa miséricorde, nous a secourus.
La bonne pluviométrie enregistrée cette année constitue un heureux présage pour les années à venir. Elle nous a apporté une nette augmentation de la production, notamment pour les cultures céréalières, l’arachide, le coton et bien d’autres variétés, grâce au programme de diversification de nos cultures, et d’encadrement du monde rural en matière de semences, d’engrais et de matériel agricole.
Le gouvernement, qui mise sur la modernisation de l’agriculture, continuera d’apporter au monde rural toute l’assistance requise. Cette année, le cours mondial de l’arachide nous imposait logiquement de fixer le prix du kilo à 104 francs.
Nous avons refusé cette fatalité et accordé aux paysans une subvention de 46 francs par kilo pour les protéger et ne pas les laisser à la merci des fluctuations des cours mondiaux.
Les inondations massives de certaines localités ont, cependant, tempéré notre joie. Elles résultent largement de nos négligences et surtout de notre penchant naturel à l’indiscipline.
Nous avons demandé à tous d’éviter de s’installer dans les points bas, emplacements naturels des marais, mais nombreux sont ceux qui persistent à défier les lois de la nature. « Qui s’installe dans la maison de l’eau y sera un jour surpris par l’eau ».
Renouvelant cependant l’expression de toute ma compassion aux victimes de ces intempéries, je voudrais les assurer, encore une fois, que nous allons les reloger dans des conditions modernes. Aidez-moi seulement à vous aider à quitter au plus vite ces emplacements pour me permettre l’exécution rapide du Plan « Jaxaay ».
Le gouvernement, qui a pris à bras le corps ce problème trop longtemps ignoré, restera à vos côtés avec la construction de logements à des prix étudiés, au titre du Plan « Jaxaay » dont le programme d’urgence de 3000 unités déjà lancé vise, en priorité, les populations actuellement abritées sous des tentes.
Mais rassure-vous, toutes les victimes, sans exception, seront relogées, si possible, avant le prochain hivernage. Le financement étant disponible, j’invite instamment les promoteurs immobiliers à travailler sans relâche tout en veillant sur la qualité.
Les zones inondées ne seront pas abandonnées, mais traitées, assainies et affectées à un usage autre que l’habitat. L’assainissement et la réhabilitation de cette zone se feront sans délai, pour nous épargner une situation pareille à l’avenir.
L’aménagement d’un cadre de vie plus accueillant pour tous, parce que propice au développement, reste au cœur de mes préoccupations. Voilà pourquoi j’ai créé l’Agence de lutte contre les inondations et les bidonvilles.
En réalité, au-delà du Plan « Jaxaay », j’ai instruit le gouvernement de lancer un programme de l’habitat social, sur toute l’étendue du territoire national, qui se résume en ces mots : « une famille, un toit ».
D’aucuns le jugeront trop ambitieux, mais je vais leur expliquer. Pendant une période de trois ans, le gouvernement fournira gratuitement aux promoteurs les terrains, procédera à une exemption des droits de douanes et taxes pour tous les matériaux importés entrant dans le cadre de la construction de l’habitat social.
Il doit, cependant, être entendu que ces mesures ne concernent que l’habitat social dont le coût, compte tenu des avantages indiqués, sera entre 4,5 et 6 à 7 million Cfa, y compris l’assainissement et l’adduction d’eau des cités d’implantation.
Pour tous les fonctionnaires et travailleurs de faible revenu, le gouvernement accordera une subvention de 33 %. Autrement dit, le bénéficiaire de cette subvention pourra avoir une maison de 4,5 millions, à 3 millions payables en 10 ans. Celui qui prendra une maison de 6 millions ne paiera que 4 millions en 10 ans. Même les locataires ne sont pas oubliés, car nous prévoyons des bâtiments de plusieurs pièces destinées à la location en faveur des célibataires.
Mes chers compatriotes,
Je suis heureux de vous dire ce soir que les projets dont j’avais fait état, ici même, l’année dernière, ont été réalisés pour certains et avancent à un rythme satisfaisant pour les autres.
Ainsi la construction du pont de Médina Ndiathbé est déjà achevée. Je dois l’inaugurer prochainement. De même que la réhabilitation de celui de Ziguinchor, alors que la livraison de l’échangeur de Malick Sy est prévue au cours du 1er trimestre de 2006.
En ce qui concerne l’autoroute à péage Dakar-Thiès, les travaux de la première phase, qui va de Dakar à Diamniadio, ont démarré sur le terrain ; le tronçon Malick Sy-Pikine, sur financement public, devrait être achevé en 2007.
Je rappelle que cet axe routier accueille, à lui seul, 60 % du trafic à la sortie de Dakar, soit environ 40.000 véhicules par jour.
La desserte maritime Dakar-Ziguinchor a, quant à elle, repris avec la location du navire le « Wilis », en attendant la construction en cours d’un bateau avec un partenaire allemand.
Je veux également vous dire que le Fmi a levé toutes les objections contre le nouvel aéroport international Blaise Diagne dont nous allons sans tarder entamer la construction, en partie financée par la Redevance de développement des infrastructures aéroportuaires, déjà entrée en vigueur.
Nous vous donnerons des informations périodiques pour que vous puissiez suivre la réalisation de cet aéroport dont on dit déjà qu’il sera le plus beau et le plus performant de l’Afrique.
D’autres projets d’infrastructures verront le jour, aussi bien à Dakar que dans les régions, à partir de 2006, comme la route Linguère-Matam, dont le financement est bouclé.
S’agissant en particulier de la mobilité urbaine à Dakar, le renforcement du parc de Dakar dem dikk et le remplacement progressif ces « cars rapides » par des minibus depuis le 5 décembre donneront à notre capitale un visage plus digne de son standing, en offrant aux usagers de meilleures conditions de transport.
Ce programme sera étendu au secteur des taxis car, là aussi, notre capitale veut faire peau neuve. Le ministre en charge des Transports va entrer en discussions avec les propriétaires des taxis pour trouver un accord. Je voudrais demander à ces derniers de nous faire confiance et d’engager les discussions avec sérénité.
Il s’y ajoute qu’une compagnie de police, exclusivement dévolue à la régulation de la circulation, contribue désormais à améliorer la mobilité urbaine.
Mes chers compatriotes
Mon ambition pour un Sénégal émergent reste encore plus grande que jamais. Dans un environnement international marqué par une compétition impitoyable, aux réalités complexes et sans cesse évolutives, il n’y a guère de place pour l’immobilisme.
Porté par de nouveaux paradigmes, le monde change au quotidien. La dynamique du développement repose, aujourd’hui, plus qu’hier, sur le pragmatisme dans l’approche des problèmes et la vitesse dans l’exécution des tâches. Dans ce contexte, attendre, c’est céder sa place aux autres.
C’est en cultivant en permanence les valeurs essentielles du travail, de la combativité, de l’esprit d’initiative allié à un sens élevé de la discipline que nous installerons définitivement notre pays dans le cercle des Nations prospères, débarrassées des avatars du sous-développement. C’est cela, en réalité, la finalité de tout projet de société répondant réellement aux aspirations profondes du peuple sénégalais.
Et c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai soumis à l’Assemblée nationale, qui l’a accepté, un projet de loi tendant à regrouper les échéances électorales, à la fois pour répondre à l’urgence que constitue le plan « Jaxaay », par souci d’économie budgétaire et aussi pour épargner à notre pays de s’installer en permanence en campagne électorale, surtout que le mandat présidentiel est réduit à 5 ans. Sans changement, sur cette durée de 5 ans, 3 ans seraient consacrés aux élections et à leurs préparations. Le pays doit trouver le temps du travail, de la concorde et de la réflexion indispensables pour le développement économique et social.
Une démocratie majeure, telle que nous voulons la construire, doit aussi répondre aux exigences d’efficacité, c’est-à-dire à une bonne utilisation du temps et des ressources.
Mais un régime démocratique est toujours perfectible.
La vitalité d’une démocratie moderne, c’est aussi l’aménagement d’un espace de concertation entre l’opposition et le pouvoir. ÉTant moi-même un produit de cette dynamique, je reste naturellement ouvert au dialogue avec l’opposition dans le respect des convictions et ambitions de chacun.
Le monde nous a confié des tâches exceptionnelles, parce qu’il a confiance en notre pays : pour la deuxième fois, le Sommet de l’Oci et, peut-être, le Sommet du dialogue islamo-chrétien, le premier dans l’histoire depuis l’apparition de nos prophètes sur terre, se tiendront au Sénégal. Ces seuls paris qui vont s’ancrer, pour l’éternité, dans la mémoire de l’humanité, valent que tous se sacrifient pour leur succès. L’objectif étant, pour le dialogue islamo-chrétien, que les dirigeants du monde musulmans et ceux du monde chrétien puissent lancer un message fort aux générations présentes et futures, en puisant dans les enseignements sublimes de l’islam et de la chrétienté la force morale et spirituelle pour vaincre l’incompréhension, la méfiance et l’intolérance si préjudiciables à la coexistence pacifique entre les peuples au-delà de leurs diversités.
Pour toutes ces raisons, je lance un appel solennel à l’opposition pour l’entame immédiate de concertations qui devraient nous permettre, encore une fois, dans le respect de l’ambition légitime de chaque parti, de conjuguer nos énergies au service du seul idéal qui vaille : la construction du Sénégal et de l’Afrique, dans un monde de concurrence impitoyable, un monde de la vitesse, où toute perte de temps, pour un individu comme un pays, peut être fatale.
Je suis, aujourd’hui, plus que jamais, disposé à œuvrer dans ce sens pour que, tous, nous puissions nous réunir autour de l’essentiel, car je suis convaincu que notre pays gagnerait à mettre à profit la totalité de ses ressources humaines, celles du pouvoir et celles de l’opposition, dans une synergie dynamique où la conjugaison des complémentarités l’emporterait sur le jeu d’antagonismes souvent superficiels. C’est le gage de notre succès face aux paris historiques qui nous interpellent : la construction d’un Sénégal de paix et de prospérité, résolument tourné vers la conquête d’un avenir meilleur, partagé avec notre continent.
Mes chers compatriotes,
Comme vous le savez, j’accorde une priorité élevée au secteur de l’éducation auquel nous consacrons 40% du budget national.
Depuis cinq ans, nous avons engagé des efforts soutenus de construction massive d’infrastructures scolaires et de renforcement des effectifs du corps enseignant se traduisant par la réalisation de cinq cents collèges d’enseignement moyen, trente nouveaux lycées et quatre nouvelles universités scientifiques en cours de construction. Parallèlement, nous avons procédé au recrutement de 25.000 enseignants en quatre ans. Les efforts que voilà ont conduit à un relèvement sensible du taux brut de scolarisation, passé de 68,9%, en 1999, à 79,9% en 2004, celui de la scolarisation au cycle élémentaire ayant atteint 82,5%.
Le fait marquant pour la rentrée 2005-2006 est que le nombre de filles inscrites au cours d’initiation (Ci) est supérieur à celui des garçons.
Le gouvernement poursuivra une politique hardie dans le domaine de l’éducation au rythme de 300.000 inscrits chaque année, pour permettre à notre pays d’atteindre la scolarisation universelle dès 2010.
Grâce à la mise en œuvre du Programme national de la Case des Tout-petits, nous installons progressivement le préscolaire, qui était jadis l’apanage de quelques villes, au cœur de nos villages, pour donner la chance au plus grand nombre d’enfants de s’ouvrir au monde moderne, en restant enracinés dans nos traditions.
Aujourd’hui, et je m’en félicite, le programme de la Case des Tout-petits se déroule dans 263 structures et comprend, outre ses aspects purement éducatifs, des volets touchant à la santé maternelle et infantile.
Je voudrais ici rendre un hommage appuyé au corps enseignant sénégalais, toutes catégories confondues.
Dans notre quête d’un Sénégal émergent, votre rôle comme acteurs principaux de l’éducation et de la formation, deux facteurs clefs pour des ressources humaines de qualité, demeure indispensable et vous place tout naturellement à la ligne de front.
Il en est de même pour le secteur de la santé, domaine dans lequel nous avons, cette année encore, enregistré des progrès significatifs, avec une nouvelle baisse du taux de prévalence du Vih/Sida qui se situe désormais à 0,7%.
Mais, ce n’est pas pour autant qu’il faudra baisser la garde. Cette moyenne nationale, comparable à celle des pays développés, cache des disparités locales et sociologiques.
Tous ensemble, pouvoirs publics, leaders d’opinion, éducateurs et membres de la société civile, nous devons rester vigilants et mobilisés en famille, à l’école et en tout lieu approprié, pour contenir ce fléau des temps modernes.
Le gouvernement, en ce qui le concerne, poursuivra sans relâche la politique de prévention et de gratuité des médicaments antirétroviraux.
Mes chers compatriotes,
L’administration de la justice, en toute sérénité et indépendance, est une condition essentielle de l’Etat de droit.
En tant qu’auxiliaire de justice de par ma profession, je mesure pleinement la place primordiale du système judiciaire dans le dispositif institutionnel d’un Etat moderne, fondé sur les principes de liberté et de démocratie.
C’est dire que l’amélioration des conditions de vie et de travail des magistrats me tient particulièrement à cœur.
Voilà pourquoi, en cinq ans, le gouvernement a plus que doublé l’indemnité de judicature, tout en poursuivant les travaux du nouveau palais de justice.
Le gouvernement restera donc ouvert au dialogue et à la concertation pour trouver des solutions idoines aux doléances des magistrats.
Je suis dans les mêmes dispositions en ce qui concerne les avocats. Comme je l’ai indiqué récemment à la rentrée solennelle du Barreau, les entraves à un libre exercice de la profession seront levées. J’ai donné des instructions dans ce sens à Monsieur le Premier ministre et au ministre d’Etat, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, notamment pour un réexamen des conditions dans lesquelles les avocats s’entretiennent avec leurs clients, en particulier dans les prisons, pour une meilleure protection de leur statut et des droits et libertés du justiciable.
Mers chers compatriotes,
Au cours de l’année qui s’achève, la jeunesse sénégalaise, terreau fertile de notre nation, s’est encore illustrée de fort belle manière, en particulier aux championnats de basket-ball masculin et féminin ; performances remarquables qui nous valent deux places de vice-champions d’Afrique, qualificatives aux futures compétitions mondiales de la discipline. Je renouvelle à nos vaillants basketteuses et basketteurs mes chaleureuses félicitations et j’encourage nos sportifs, toutes disciplines confondues, à prendre exemple sur eux dans les échéances futures.
Pour accompagner le mouvement sportif dans son épanouissement, j’ai décidé de la construction de onze stades à travers le pays en raison d’un par région, puisqu’au-delà des performances individuelles, le pari de l’excellence se gagne aussi en amont, dans des infrastructures de qualité.
En Afrique et dans le monde, notre diplomatie, dont je salue le dynamisme et l’esprit d’initiative, est restée au cœur de l’action et à l’écoute des pulsions de notre temps dans le respect de nos valeurs, de nos choix et de nos engagements. Notre candidature au Conseil de sécurité et la reprise de nos relations diplomatiques avec la République populaire de Chine, pour ne citer que ces deux exemples, ainsi que le renforcement de notre réseau de représentations diplomatiques et consulaires, s’inscrivent bien dans cette dynamique. Il en est de même de notre politique de panafricanisme et de bon voisinage.
Je me réjouis en particulier de la décision historique que nous venons de prendre en accord avec la République sœur de Gambie pour la construction d’un pont sur le fleuve Gambie, ouvrage qui sera réalisé sous l’égide de l’Omvg. Ce pont sera, sans nul doute, un symbole de notre avenir commun avec nos frères et sœurs de la Gambie, et un trait d’union supplémentaire pour le peuple sénégambien déjà uni par les liens sacrés du sang qu’il convient à tout prix de raffermir et de renforcer chaque jour davantage.
L’idéal du panafricanisme s’entretient aussi par la mise en commun de nos intelligences et de nos ressources à travers des projets continentaux comme la Grande muraille verte, initiée par le président Olusegun Obasanjo et le promotion à l’échelle africaine de l’expérience sénégalaise des bassins de rétention qui bénéficie de l’appui de la France.
C’est la pertinence de nos choix et de nos engagements qui nous valent aussi la confiance de nos partenaires tant au plan bilatéral comme l’illustre notre éligibilité continue au Millénium Challenge Account et l’Agoa qu’au plan multilatéral.
Guidé par ses valeurs et ses convictions, notre pays continuera de joindre ses efforts à ceux de nos frères et sœurs du continent pour bâtir une Afrique forte et unie.
Je m’en vais conclure en priant avec vous pour un Sénégal de paix.
Paix en Casamance où le gouvernement reste fermement engagé dans les négociations avec le Mfdc, sous la direction de son chef historique, l’abbé Diamacoune Senghor, parallèlement aux efforts de reconstruction qui viennent de bénéficier de ressources additionnelles de 30 millions de dollars du Fonds africain de développement (Fad) au profit du Projet d’appui au développement rural en Casamance.
Paix enfin, dans nos foyers, dans nos cœurs et nos esprits pour un Sénégal uni et prospère.
Bonsoir et Dewenati.
COTE D'IVOIRE / VOEUX DU PRESIDENT GBAGBO LAURENT A LA NATION
Lundi 2 Janvier 2006
Ivoiriennes, Ivoiriens,
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire,
Le message traditionnel de vœux du chef de l’Etat à la Nation m’offre ce soir l’agréable occasion de m’adresser à vous, pour souhaiter à chacun et à chacune une bonne et heureuse année 2006 et à la Côte d’Ivoire, notre pays, la paix ; une paix sincère, une paix durable, dans l’union des cœurs et la réconciliation.
L’année 2005, année de tous les espoirs, s’achève dans un contexte inédit en Côte d’Ivoire. Pour la première fois, depuis l’indépendance de notre pays, les élections ne se sont pas tenues aux échéances fixées par la Constitution. La cause de cet état de fait, nous la connaissons tous. C’est la guerre qui a entraîné la partition du pays en deux et a rendu impossible l’organisation de toute consultation électorale.
Ainsi que le prévoit notre loi fondamentale, en l’espèce, je demeure en fonction jusqu’à la tenue des élections, jusqu’à ce que les circonstances qui font aujourd’hui obstacle au processus électoral soient levées. Ce soir, je souhaite, de tout cœur, que l’année 2006 soit l’année de la concrétisation de tous nos espoirs légitimes, l’année des élections.
Tout au long de l’année qui s’achève, nous avons examiné, sous l’égide du Président et du Médiateur de l’Union africaine dans la crise ivoirienne, Olusegun Obasanjo et Thabo Mbéki, tous les problèmes et adopté des solutions qui conviennent à toutes les parties.
Dans le même temps, la communauté internationale a décidé de s’impliquer davantage dans le règlement de la crise. La résolution 1633 du Conseil de sécurité des Nations unies, préparée par une résolution du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, traduit cette volonté de la communauté internationale de nous aider à mettre fin à l’état de guerre et à préparer les élections.
Tous les sujets ont été examinés. Toutes les inquiétudes ont été levées. Les débats, aussi bien dans l’opinion qu’à l’Assemblée nationale, sont terminés. Mais cela ne suffit pas. Nous savons que l’espoir se nourrit de la volonté et de l’action. Place maintenant à l’action !
Le temps est venu d’appliquer les décisions prises tout au long de ces trois dernières années de guerre. Telle est notre mission. Telle est la mission du nouveau Premier ministre et du gouvernement qui vient d’être formé. Ils ont tout mon soutien. J’invite chacun de nous à travailler à la réussite de leur mission.
Quelles sont les tâches prioritaires de ce gouvernement ? Elles sont au nombre de quatre :
- En premier lieu, le désarmement, la démobilisation et la réinsertion de toutes les personnes ou groupes de personnes qui détiennent illégalement les armes en Côte d’Ivoire. C’est le désarmement qui consacrera la fin de la guerre.
Deuxièmement, la réunification du pays. Il s’agit non seulement de soumettre à nouveau l’ensemble du territoire national à l’administration unique de l’Etat de Côte d’Ivoire, aux mêmes règles et lois de la République, mais aussi d’assurer à tous les habitants de ce pays la libre circulation sur l’ensemble du territoire. C’est la réunification qui rétablira l’intégrité territoriale.
Troisièmement, la préparation des élections conformément aux lois de l’Etat de Côte d’Ivoire et aux différents accords de paix signés par toutes les parties, avec l’appui de la communauté internationale. C’est par les élections que nous mettrons définitivement fin à la crise.
Quatrièmement, enfin, l’organisation d’élections justes et transparentes, en usant des instruments reconnus par les lois ivoiriennes et les accords de paix, notamment la Commission électorale indépendante et le Conseil constitutionnel.
Mes chers compatriotes,
Aujourd’hui plus que jamais, l’espoir de paix est réel. Nous devons la concrétiser. Pour nous-mêmes et pour notre jeunesse qui a tant donné durant ces années de guerre. La jeunesse de Côte d’Ivoire ne s’est pas seulement dressée dans la résistance face à la guerre. Elle nous a donné également des raisons de croire en la grandeur de notre nation.
L’année 2005 a vu la double qualification de notre équipe nationale à la coupe d’Afrique des nations et à la coupe du monde de football. Ce fut un moment de ferveur populaire, un moment magique où nous nous sommes retrouvés unis dans les rues d’Abidjan et de toutes les villes du pays, pour saluer une victoire si longtemps attendue. Dans quelques jours, nos jeunes seront en Egypte, puis, au mois de juin, en Allemagne, en compétition avec les jeunes du monde entier. Ils auront besoin de notre unité et de nos prières.
Cette même année, nos jeunes filles ont participé à la coupe du monde de handball en Russie et remporté le championnat d’Afrique des clubs de handball au Maroc. Notre équipe de Tae-Kwondo est sacrée championne d’Afrique à Madagascar pendant qu’à Abidjan, nous remportions la coupe d’Afrique des clubs champions de basket-ball, au terme d’une compétition qui a réuni les meilleures équipes d’Afrique.
Les derniers jeux de la Francophonie à Niamey, au Niger, ont vu la consécration des jeunes créateurs ivoiriens et la confirmation de notre position parmi l’élite sportive internationale : deux médailles d’or, quatre médailles d’argent et une médaille de bronze en athlétisme, une médaille d’or pour l’équipe espoir de football, une médaille d’argent et une médaille de bronze au judo.
Toutes ces satisfactions que les jeunes nous donnent indiquent en même temps les devoirs que nous avons envers notre jeunesse. Nous lui devons la paix. Mais nous lui devons aussi la démocratie et le développement. La Côte d’Ivoire et l’Afrique ne sont pas seulement concernées par les compétitions sportives. Nous sommes impliquées dans les mutations politiques et économiques en cours dans le monde.
Depuis l’effondrement du Bloc soviétique, mettant fin à la rivalité Est-Ouest, le monde est en proie à une effervescence propre aux périodes de grandes mutations. Au-delà des questions de sécurité qui touchent tous les Etats du monde, la persistance du marasme économique demeure une préoccupation majeure. Les institutions créées, à la fin de la seconde guerre mondiale, pour promouvoir et encadrer le commerce international ne parviennent pas toujours à garantir l’équité dans les échanges ni à assurer l’égalité des chances à tous les habitants de la terre.
Comparée aux autres régions du monde, l’Afrique reste toujours plombée dans son élan par les guerres civiles et par l’absence d’une vision globale du développement. Cette situation demeure le grand défi du continent.
Malgré tout, chaque fois que la situation l’exige, les Africains ont su manifester leur solidarité les uns envers les autres. Nous le constatons en Côte d’Ivoire. Depuis le début de la crise, les Etats africains comme les organisations sous- régionales et régionales du continent sont toujours aux côtés du peuple ivoirien pour nous aider à sortir de la crise.
Nous le constatons également dans d’autres parties du continent ; au Darfour, en République démocratique du Congo, en Erythrée, en Ethiopie. Ce soir, je forme également pour tous ces pays frères le vœu d’une paix juste.
Mes chers compatriotes,
Une année s’achève. Une autre année commence. Mettons ce moment à profit pour nous réjouir et nous rapprocher dava
Je n’oublie pas, dans ces vœux de bonheur, tous ceux et toutes celles qui ont choisi de vivre avec nous comme ceux et celles que leurs fonctions ont conduit jusqu’à nous : les diplomates et leurs familles. Ils ont gardé leur foi en la Côte d’Ivoire. Ils ont partagé nos peines et nos espérances tout au long de ces trois dernières années de crise. Dans quelques jours, je m’adresserai à eux, à l’occasion des vœux au corps diplomatique. Ce soir, je suis heureux de les savoir auprès des Ivoiriens dans la joie et la détente des fêtes de fin d’année.
Que Dieu nous accorde le courage et la force nécessaires à la construction d’un monde plus solidaire, la force et le courage nécessaires à la construction de la paix, la force et le courage du pardon et de la réconciliation.
Bonne et heureuse année à toutes et à tous !
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.
ATTAQUE DE CAMPS MILITAIRES / DECLARATION DU GENERAL MANGOU PHILIPPE CHEF D'ETAT-MAJOR DES FORCES ARMEES
Lundi 2 Janvier 2006
“Ce matin (NDLR hier matin) aux environs de 5 heures, les nouveaux camps d'Akouédo et l'ancien camp d'Akouédo ont été l'objet de violentes attaques de la part d'éléments infiltrés. Nous n'avons pas la nature et le volume de ces éléments.
Les renseignements plus précis vous seront donnés à l'issue du ratissage qui a lieu et le porte-parole vous fournira tous ces renseignements.
Pour l'heure, je voudrais rassurer la population, lui dire que la situation est sous contrôle. Nos éléments contrôlent le camp d'Akouédo.
Nous voudrions donc demander à tous ceux qui habitent les alentours du camp d'Akouédo de bien vouloir rester chez eux parce qu'il y a des opérations de sécurisation qui sont en cours.
Les assaillants pour certains sont en tenues civiles. Donc pour éviter toutes confusions, nous demandons à cette population de rester chez elle.
Je voudrais profiter, même si c'est une circonstance malheureuse, de l'occasion que vous me donnez pour souhaiter à toute la population ivoirienne, à tous ceux qui aiment ce pays une très bonne et heureuse année 2006.
Nous avons placé cette année 2006 sous le sceau de la paix. Et nous sommes prêts à contrecarrer toutes les actions de tous ceux qui ne veulent pas que notre pays aille à la paix.
Il va avoir des patrouilles de sécurisation, il ne faudrait pas que la vue de ces patrouilles affolent les populations. C'est tout juste pour assurer la sécurité des personnes et des biens.
Je vous remercie."
Propos recueillis
sur la 1ère Chaîne par POY
COTE D'IVOIRE / ATTAQUE DE CAMPS MILITAIRES COMMUNIQUE DES FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE
Lundi 2 Janvier 2006
Ce lundi 02 Janvier 2006 à partir de 04h 30, les deux Camps d’Akouédo ont été simultanément attaqués aux armes de guerre légères et lourdes par des assaillants venus de l’extérieur.
A l’ancien camp d’Akouédo, ces éléments se sont heurtés à une vigoureuse résistance de la garde et ont été mis rapidement mis hors d’état de nuire.
Au nouveau camp d’Akouédo, la situation a été maîtrisée grâce à une action prompte et coordonnée des forces de défense et de sécurité.
Immédiatement, des actions de ratissage ont été entreprises à l’intérieur et aux alentours des deux camps.
Pour l’heure, les résultats de ces actions de ratissage, nous amènent à exclure toute hypothèse d’une mutinerie dans ces casernes.
A cet instant, le bilan est le suivant :
A l’ANCIEN CAMP D’AKOUEDO
DU COTE DES ASSAILLANTS :
- Deux (02) éléments ont été tués à l’entrée du camp
- Dix (10) autres faits prisonniers
- Un (01) lot de tenues treillis neufs et une roquette ont étés découverts
- Six (06) armes de guerre de type KALACHINIKOV ont été saisies.
DU COTE FDS
- Aucune perte en vie humaine n’est à déplorer ni aucun dégât matériel n’est à signaler.
AU NOUVEAU CAMP D’AKOUEDO
DU COTE FDS
- Trois pertes en vie humaine sont à déplorer malheureusement, dans ces affrontements.
- Dégâts matériels :
le toit d’un dortoir -troupe détruit
le bâtiment du poste de police entièrement saccagé
DU COTE DES ASSAILLANTS
- Cinq (05) tués
- Deux (02) éléments faits prisonniers.
- Vingt (20) éléments faits prisonniers par CECOS
AU TOTAL, IL RESSORT DE CES ATTAQUES DES CASERNES D’AKOUEDO
- Sept (07) assaillants tués
- Trente deux (32) autres éléments faits prisonniers
- Six (06) armes de guerre de type kalachnikov et des treillis neufs saisis
- Trois (03) militaires des FDS tués
Depuis la fin de la matinée, le calme est totalement revenu dans les casernes d’Akouédo. Les dispositions de sécurité et de surveillance continuent.
Aussi, les Forces de Défense et de Sécurité invitent-elles les populations à reprendre le cours normal de leurs activités dès diffusion de ce communiqué.
Fait à Abidjan le 02 janvier 2006
Le Colonel GOHOUROU Babri,
Porte-Parole
VOEUX DE NOUVEL AN
Lundi 2 Janvier 2006
A l'occasion de la fête du nouvel an 2006 , je souhaite une bonne et
heureuse année pleine de merveilles , surtout une santé de fer à
tous nos internautes et ceux qui prennent le temps de nous lire et nous encourager à persévérer dans le travail de qualité afin de satisfaire toutes leurs attentes.
Ces voeux vont à l'endroit de l'équipe de PORTAIL N.1 D'AFRIQUE qui ne ménage aucun effort pour nous apporter toute assistance à la réalisation de notre rêve : FAIRE CONNAITRE LA COTE D'IVOIRE et ses RAPPORTS avec les PAYS sous notre JURIDICTION.
B O N N E A N N E E 2006 et que la P A I X R E V I E N N E !!!!!!
Fatimata TANOE TOURE
AMBASSADEUR
CHEF de MISSION DIPLOMATIQUE