COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES
Vendredi 25 Fevrier 2005
Un conseil des ministres s'est tenu ce jeudi 24 février 2005, de 12 h à 15h, au Palais de la Présidence, sous la présidence du chef de l'Etat, Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo.
Avant d'entamer l'ordre du jour, le président de la République a informé le conseil qu'il a donné son agrément au Secrétaire général de l'ONU pour la nomination de son nouveau représentant en Côte d'Ivoire.
Abordant son ordre du jour, le conseil, sur présentation des responsables des départements concernés, a examiné et adopté plusieurs projets de décret.
Au titre du ministère d'Etat, ministère de l'Economie et des Finances
- Un projet de décret portant code des marchés publics.
C'est le lieu de rappeler que, le 16 septembre 2002, le conseil des ministres avait adopté le volet juridique et réglementaire de la réforme du système des marchés publics et demandé l'approfondissement du schéma institutionnel.
C'est ce schéma institutionnel, complétant les deux premiers volets, qui vient d'être achevé et examiné.
Le nouveau code des marchés publics, qui vient d'être ainsi adopté, met fin au système centralisé actuel axé sur le seul ministère des Finances pour une responsabilisation plus accrue des ministères, collectivités territoriales, EPN dans la gestion des marchés publics.
l Le nouveau code donne plus de flexibilité dans la mise en œuvre de l'obligation de passer un marché qui s'impose en matière de dépense publique.
- Le seuil passe de 15 à 30 millions pour les ministères ;
- le seuil est à 120 millions pour les sociétés d'Etat et les sociétés à participation financière majoritaire publique.
l Désormais, l'approbation des marchés est déléguée aux ministères techniques, aux responsables des collectivités territoriales, des sociétés d'Etat et sociétés à participation financière publique majoritaire.
Pour ce faire, outre la direction des marchés publics, les directions régionales des marchés publics encadreront les acteurs locaux tandis que, s'agissant des ministères techniques, des points focaux sont créés en leur sein et responsabilisés en matière de gestion des marchés publics.
Au titre du ministère d'Etat, ministère des Transports
Un décret portant rémunération des agents de l'Agence nationale de l'aviation civile visant à harmoniser, pour des raisons de justice et d'efficacité, le traitement de ceux-ci avec les conditions en usage dans le secteur de l'aviation civile.
Au titre du ministère de l'Industrie et du Développement du secteur privé
Un décret portant création, organisation et fonctionnement d'un établissement public à caractère administratif dénommé “Office ivoirien de la propriété intellectuelle”.
L'OIP a pour missions entre autres :
- la sensibilisation sur l'importance de la propriété intellectuelle ;
- la protection et la promotion des droits de propriétés intellectuelles.
Au titre du ministère des Sports et Loisirs
Un décret portant création du Comité national antidopage.
Cette décision permet à notre pays de satisfaire au souhait de la CONFEJES de voir créer dans les pays membres des structures nationales de lutte contre le dopage, mais surtout de permettre à nos sportifs de se conformer aux normes internationales antidopage.
Au titre de l'enseignement supérieur
Six décrets de nomination de directeurs centraux dudit ministère.
Le conseil a, enfin, entendu une importante communication relative à la situation militaire et sécuritaire présentée par le Premier ministre en liaison avec le ministre de la Défense et le ministre de la Sécurité intérieure.
Après discussion, le conseil a félicité les FDS (les forces de défense et de sécurité) pour l'important travail qu'ils abattent dans les conditions difficiles.
Le conseil a adopté les conclusions de cette communication et prévu de tenir un conseil spécial sur la sécurité le lundi 7 mars 2005, qui réunira les membres du gouvernement et les forces de défense et de sécurité.
Cette réunion permettra au gouvernement de prendre les décisions qui s'imposent en matière de sécurité dans le contexte actuel.
Pr. Oulaye Hubert
Ministre de la Fonction publique et de l'Emploi,
Porte-parole du gouvernement
SENEGAL / FORUM REGIONAL SUR LA PROMOTION DE L'ETAT DE DROIT ET DE LA BONNE GOUVERNANCE
Mercredi 23 Fevrier 2005
"La promotion de l'Etat de droit et de la bonne gouvernance" est le thème choisi pour la tenue du forum régional à Dakar organisée par l'Organisation Internationale des Droits de l'Homme et du Développement en collaboration avec le Ministère sénégalais de la Justice qui en a fait une préoccupation majeure du Gouvernement.
On se souvient , qu'un document avait été rendu public en son temps par le programme national de bonne gouvernance expliquant que la gouvernance publique reste l'un des défis majeurs que doivent relever les acteurs du développement.
Ce forum vient donc à point nommé et a pour but essentiel de renforcer les capacités en ce qu'il doit aider à la promotion de l'Etat de droit et de la bonne gouvernance qui doit venir en appoint de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.
SENEGAL / ATELIER SUR LA DIVERSITE CULTURELLE , LA COHESION SOCIALE ET LE DEVELOPPEMENT DURABLE
Mercredi 23 Fevrier 2005
Sous l'égide du Ministère Sénegalais de la Culture et du Patrimoine historique classé , se tient à Dakar , une rencontre sur divers thèmes en relation avec
- la diversité culturelle , la cohésion sociale , le développement durable
- la mondialisation et les nouveaux besoins culturels en matière de gestion , de participation et des ressources humaines
- les voies et moyens d'une coordination des politiques culturelles régionales , sous-régionales et continentales.
Ces thèmes seront animés par des experts de la CEDEAO ,de l'Université Cheick Anta DIOP, des organisations professionneles de la Culture , de défense du patrimoine culturel africain , des élus locaux et des partenaires au développement.
Cette réunion se situe dans le cadre de la préparation de la 8ème réunion ministérielle du réseau international sur la politique culturelle.
SENEGAL / FORUM SUR L'INVESTISSEMENT TOURISTIQUE AU SENEGAL
Mercredi 23 Fevrier 2005
Du 28 au 29 Mars 2005 , la Société d'Aménagement et de Promotion des Côtes et Zones Touristiques du Sénégal organisera un Forum international sur l'investissement touristique au Sénégal.
Les objectifs de ce forum visent à :
1.- Décliner la nouvelle politique d'aménagement touristique au Sénégal
2.- Présenter les réalisations concrètes de cette nouvelle politique
3.- Vulgariser les nouvelles opportunités d'investissement touristiques au Sénégal
4.- Fournir des informations générales sur le dispositif de facilitation de l'investissement au Sénégal
5.- Créer des contacts privilégiés et approfondis avec des opérateurs de niveau international
6.- Générer des investissements dans le secteur touristique au Sénegal
La Côte d'Ivoire , pays à vocation touristique prendra une part importante à cette rencontre qui sera une occasion de renforcer les relations avec le Sénégal dans ce secteur générateur de revenus .
SENEGAL / CEREMONIE OFFICIELLE D'OUVERTURE DU COURS DE FORMATION DE LA 2ème UNITE DES COMMANDANTS D'UNITE
Mercredi 23 Fevrier 2005
En présence du Chef d'Etat-Major de l'Armée de terre , le Général de Brigade Bakary SECK , de membres du Corps diplomatique , du Gouverneur de la Région de THIES , la 2ème session 2005 du Cours de formation des Commandants d'unité s'est ouverte et a réuni des stagiaires de différents pays de la sous-région.
Le cadre choisi pour cette cérémonie a été l'Ecole d'Application de l'Infanterie de la ville de THIES située à 40 kms de DAKAR.
Cette Ecole à vocation sous-régionale a accueilli ses premiers stagiaires le 04 février 1985 et en 1990 ,date de sa création suite à des études conjointes menées par le Ministère français de la Coopération et l'Etat-Major Général des Armées du Sénégal sur la faisabilité de cours de perfectionnement réservés aux Capitaines et aux Lieutenants .
SENEGAL / ARABIE SAOUDITE / INAUGURATION DE L'AMBASSADE DU SENEGAL A RYAD
Mercredi 23 Fevrier 2005
En visite à la Mecque , S.E.Maître Abdoulaye WADE a été reçu en audience par Son Altesse , le Prince héritier , Abdallah Ben Adel Aziz , avec qui le Chef de l'Etat a eu un entretien sur divers sujets d'importance , les relations entre les deux pays , la préparation del'organisation de la Conférence islamique prévue à Dakar en décembre 2006 .
Lors de ce séjour , S.E.Maître Abdoulaye WADE a procédé à l'inauguration des locaux de l'Ambassade du Sénégal en Arabie Saoudite.
Sur invitation du Président WADE , l'Imam de la Mosquée de la KAABA effectuera une visite officielle au SENEGAL.
SENEGAL / REUNION ANNUELLE DES REPRESENTANTS RESIDENTS DU PNUD EN AFRIQUE
Lundi 21 Fevrier 2005
La réunion annuelle des Représentants Résidents du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD)en Afrique s'est ouverte à Dakar sous la présidence de M.Macky SALL , Premier Ministre , du Représentant du Sécrétaire Général des Nations-Unies dans la sous-région , du Représentant Régional du PNUD , des membres du Corps diplomatique , des cadres de la BCEAO et naturellement de tous les Représentants Résidents de l'Afrique de l'Ouest et du Centre.
Le thème choisi est :
"LES DEFIS ET LES OPPORTUNITES POUR LA REALISATION DES OBJECTIFS DU MILLENAIRE"
SENEGAL / PARTICIPATION DE S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE AU FORUM DE DJEDDAH
Lundi 21 Fevrier 2005
Dès son retour de Gambie ou il a pris part aux festivités marquant le 40ème anniversaire de l'indépendance de ce pays , S.E.Maître Abdoulaye WADE , Président de la République du Sénégal , s'est rendu en Arabie Saoudite ou il a, durant le Forum économique tenu à Djeddah , fait une importante déclaration sur le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD), le retard dans le désendettement de ce Continent .
Le Forum de Djeddah , il faut le souligner , a été une autre occasion pour les dirigeants africains de stigmatiser la marginalisation de l'Afrique eu égard au faible pourcentage d'investissements consentis par les Pays industrialisés : 1°/°
Après l'Arabie Saoudite , le Chef de l'Etat sénégalais se rendra à la Mecque ou il fera le petit pélérinage , ensuite au YEMEN en visite officielle .
SENEGAL / MAROC / VISITE OFFICIELLE DE SA MAJESTE LE ROI MOHAMED VI
Dimanche 20 Fevrier 2005
Selon un communiqué du Ministère d'Etat , Ministère sénégalais des Affaires Etrangères , à l'invitation de S.E.Maître Abdoulaye WADE , Président de la République , Sa Majesté Mohamed VI , Roi du Maroc effectuera une visite officielle au Sénégal à partir du 28 février 2005.
GAMBIE / COMMEMORATION DE LA FETE NATIONALE
Dimanche 20 Fevrier 2005
La Gambie a célébré dans la ferveur le 40ème anniversaire de son accession à l'indépendance en présence d'une foule nombreuse , des Chefs d'Etat du Sénégal , S.E.Maître Abdoulaye WADE , de la Guinée-Bissau ,S.E.Enrique PEREIRA ,et de la République Islamique de Mauritanie , S.E.Maaouiya Ould Sid'Ahmed TAYA .
Le Corps diplomatique accrédité dans ce pays frère avec résidence à Dakar était également de la fête qui fut une réussite totale.
S.E.Madame Fatimata TANOE TOURE, Ambassadeur, a représenté le gouvernement ivoirien à cette commémoration de l'indépendance de la Gambie.
Lors de son séjour à Banjul , la capitale gambienne , Madame l'Ambassadeur a rencontré la communauté ivoirienne avec qui elle s'est entretenue sur divers sujets notamment les avancées du processus de paix en Côte d'Ivoire , la nécessité pour tous les ivoiriens résidant dans sa circonscription diplomatique de se faire immatriculer à l'Ambassade .
La communauté ivoirienne dans ce pays frère est , faut-il le rappeler , forte d'une centaine de personnes regroupées au sein d'une amicale :" L'Amicale des Ivoiriens résidant en GAMBIE" créée à l'initiative de S.E.Madame l'Ambassadeur .
Cette rencontre s'est tenue en la Résidence de M.CONATETH , Consul Honoraire de la Côte d'Ivoire en GAMBIE , en présence du Bureau de l'Amicale conduit par son nouveau Président et du conseiller commercial ayant accompagné S.E.Mme Fatimata TANOE TOURE dans cette mission qui fut également une autre occasion de prospecter les milieux d'affaires gambiens et de renforcer la coopération entre les deux pays.
SENEGAL / MAURITANIE / COOPERATION / FIN DE LA VISITE DU PRESIDENT MAURITANIEN
Mercredi 16 Fevrier 2005
S.E.M.Maaouya Ould Sid'Ahmed TAYA , Président de la République Islamique de Mauritanie a été salué ce mecredi par son Homologue sénégalais , S.E.Maître Abdoulaye WADE qui était accompagné de son épouse , des membres du gouvernement , de Parlementaires , de personnalités politiques et du Corps diplomatique.
La veille de ce départ , un banquet a été offert à l'illustre hôte au Palais de la République et un toast a été levé en son honneur .
Durant son séjour au Pays de la Téranga , le couple présidentiel a visité quelques réalisations , l'Ecole communautaire de M'Bissau dans la région de Thiès ou des enfants de 05 à 11 ans apprennent à se familiariser avec la langue "ouolof" avant d'aborder le français en même temps qu'ils cultivent des jardins potagers , l'Université du Futur africain en construction à Sebikotane , ville qui a contrbué à la formation d'éminents instituteurs et cadres africains du temps de l'Afrique Occidentale Française (AOF) aujourd'hui à la retraite pour la plupart , la place du Tirailleur sénégalais symbolisée par deux statues , grandeur nature , "DEMBA et DUPONT" , qui rappelle le rôle combien important qu'ont joué les africains en général et les sénégalais en particulier aux côtés des alliés durant les deux guerres mondiales.
Une Commission Mixte a réuni les membres des deux délégations au cours de laquelle elles se sont engagées à oeuvrer pour le renforcement de leurs relations à travers la construction d'un pont sur le fleuve sénégal que ces pays ont en partage afin de rendre plus fluide leurs transactions commerciales.
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DE MME LE MINISTRE IVOIRIEN DES DROITS DE L'HOMME
Mercredi 16 Fevrier 2005
Suite aux incidents survenus entre le GPP et les Agents de police , Madame Victorine WODIE , a fait la déclaration suivante:
Depuis quelques mois, la communauté nationale s'interroge sur le sens de l'occupation des locaux de l'Institut de Formation et d'Education Féminine Marie-Thérèse Houphouët-Boigny sis à Adjamé, par le Groupement des Patriotes pour la Paix dit G.P.P., officiellement dissout et qui se fait par ailleurs appeler "Premier Bataillon des Commandos Légionnaires".
Les riverains de ce centre accusent les éléments du G.P.P. d'extorsions de fonds et d'exactions.
La cohabitation est devenue si conflictuelle qu'elle a dégénéré, le 19 janvier 2005, en de sanglants affrontements entre les éléments du G.P.P. et des conducteurs de taxis communaux (wôrô-wôrô), des apprentis et des commerçants de la gare routière d'Adjamé Renault.
Selon des sources concordantes, ces incidents ont occasionné des atteintes à l'intégrité physique, des destructions de biens, des disparitions du matériel de l'Institut et de sommes d'argent.
La population abidjanaise n'était pas encore remise de sa stupeur, lorsque le 03 février 2005, un autre affrontement opposant cette fois des élèves policiers aux éléments du G.P.P., a provoqué la mort de deux (02) personnes et occasionné des blessures à d'autres. Des dégradations de biens et de locaux de l'Institut ont, en outre, été constatées.
A côté de ces graves incidents, d'autres événements survenus ici et là et non moins graves, mettent en cause le G.P.P.
Les exactions dénoncées par les riverains de l'Institut, les destructions de biens, les blessures, et morts enregistrées au cours de ces malheureux incidents, constituent de graves violations des Droits de l'Homme qui n'ont pu se produire, qu'en raison de la présence des éléments du G.P.P. aux divers endroits où ils sont survenus.
Face à ces tristes événements, Madame le Ministre des Droits de l'Homme :
- Salue pieusement la mémoire des disparus.
- Présente sa compassion aux familles des victimes ainsi qu'aux blessés.
Pour elle, une mort quelle que soit son origine est une mort de trop, de même qu'un blessé est un blessé de trop !
C'est pourquoi Madame le Ministre des Droits de l'Homme :
- Condamne l'occupation illégale de l'Institut par le G.P.P qui empêche nombre de jeunes femmes de jouir de leur droit à la formation.
- Condamne aussi tous ces actes et comportements constitutifs de graves violations de Droits de l'Homme.
- Attire l'attention de tous et de chacun sur la nécessité de préserver la paix et la cohésion sociale dans notre pays, en cette période particulièrement sensible.
Fait à Abidjan le 14 février 2005,
Victorine Wodié
Ministre des Droits de l'Homme
SENEGAL / MAURITANIE / VISITE DE MME MAAOUYA OULD TAYA A M'BISSAU
Mardi 15 Fevrier 2005
Madame Viviane WADE et Madame MAAOUYA , premières Dames du Sénégal et de la République Islamique de Mauritanie ont visité l'école communautaire de M'BISSAU , dans la région de THIES .
Cette visite s'inscrit dans le programme de séjour au Sénégal de l'époux de la première Dame , le Président Mauritanien , S.E.MAAOUYA OULD SID'AHMED TAYA ,et lui a permis de découvrir les réalisations socio-économiques de la Fondation "SANTE / EDUCATION de Madame WADE à l'intérieur du pays.
S.E.Madame Fatimata TANOE TOURE , Ambassadeur , a accompagné les deux Premières Dames à M'BISSAU.
COTE D'IVOIRE / CONFERENCE DE PRESSE DE M.ALN DOSS (ONUCI)
Mardi 15 Fevrier 2005
M. Alan Doss a inauguré jeudi 11 février 2005 le premier point de presse hebdomadaire de l'ONUCI.
Avant de répondre aux questions des journalistes, il a tenu à les exhorter à contacter l'ONUCI pour vérifier avec ses services compétents les informations relatives aux activités de la mission.
Alan Doss :
Vous avez toute l'indépendance d'écrire ce que vous voulez, mais je vais vous demander une chose. C'est que lorsqu'il s'agit d'articles concernant l'ONUCI, je voudrais que vous vérifiiez simplement les faits avec nous d'abord.. Il ne s'agit pas de vous diriger dans un sens ou dans l'autre, mais parfois je vois dans les journaux des articles qui à mon sens sont complètement à côté parce qu'il n'y a pas eu de vérification préalable. Parfois vous écrivez des choses qui ne sont peut être pas toujours en notre faveur, d'accord… C'est votre responsabilité, c'est votre rôle. Nous n'avons pas l'ambition de contrôler la presse. La seule chose que je vous demande, c'est de vérifier les faits et c'est en partie la raison pour laquelle nous tenons cette conférence de presse hebdomadaire. Vous aurez l'opportunité si vous avez des inquiétudes à nous poser des questions, savoir si c'est vrai ou non et faire ensuite votre reportage. Je vous demande tout simplement d'être professionnels. Nous le sommes également et nous entendons entretenir avec vous des rapports professionnels. Ainsi chaque semaine vous pourrez vérifier vos informations et le cas échéant dire si c'est correct ou pas car vous avez en face un interlocuteur professionnel.
Comme je l'ai indiqué, je n'ai pas de déclaration (liminaire) à faire. Je voudrais vous dire que je viens de rentrer d'Adjamé où j'étais ce matin. C'est un quartier qui, comme vous le savez, a été victime de nombreuses exactions et de beaucoup de problèmes de sécurité. Il s'agissait pour moi de faire vraiment acte de présence aux côtés des commerçants parce qu'Adjamé représente un important pôle économique dans ce pays. Pas seulement dans ce pays mais dans toute la sous-région. Cela est très important
Je l'ai dit souvent, ici ou ailleurs, si l'économie ne fonctionne pas il n'y aura pas de sécurité et s'il n'y a pas de sécurité l'économie ne fonctionne pas et tant que l'économie ne fonctionne pas correctement il n'y aura pas de stabilité, il n'y aura pas de retour définitif à la paix dans le pays.
J'étais donc à Adjamé pour y rencontrer les commerçants et reconnaître le travail qui y a déjà été fait par les patrouilles mixtes qui sont depuis quelque temps en circulation. Si vous avez des questions particulières, le Général Bouchard, qui est responsable de la police civile et dont les éléments sillonnent les quartiers avec des groupes de la police nationale, pourra répondre à vos préoccupations.
Je pense d'après ce que j'ai entendu ce matin, ça a donné une certaine assurance à la population et nous allons voir comment nous allons dans une certaine mesure renforcer ce dispositif
Je signale qu'il ne s'agit pas de remplacer les forces nationales mais au contraire de les aider, de les appuyer pour qu'on puisse arriver à donner une certaine assurance à tout ce monde dans ces quartiers.
Parce que ce que j'ai entendu ce matin m'a édifié. Ce ne sont pas mes chiffres mais on m'a dit qu'avant le conflit on avait chaque jour un chiffre d'affaires de 50 milliards CFA pour la commune d'Adjamé, dont 27 milliards allaient aux banques dans les quartiers. Aujourd'hui, c'est un milliard par jour. Donc vous voyez l'impact sur l'économie non seulement d'Adjamé, d'Abidjan, de toute la Côte d'Ivoire et même de toute la sous région. Voilà donc une raison pour que nous puissions conjuguer nos efforts pour que la paix revienne d'une manière définitive en Côte d'Ivoire. C'est le seul objectif de l'ONUCI. Nous n'avons pas d'autre ambition.
Voilà, si vous avez quelques questions je vais tenter d'y répondre avec le concours de mes collaborateurs. Encore merci et bienvenue chez nous à l'ONUCI.
Franck Konaté, journal 24 heures :
Je voudrais dire merci au Représentant par intérim de M. Kofi Annan et lui faire part de certaines préoccupations. Il l'a dit, ce matin il a fait un tour à Adjamé où il a rencontré les commerçants. Est-ce que M le Représentant a également vu les miliciens d'Adjamé. L'une des résolutions phares de Marcoussis préconise de démanteler les milices mais sur le terrain les milices sont bel et bien là et commettent des exactions sur les populations.
Quel est son point de vue après avoir remarqué cela ?
Et puis ma dernière question concerne les patrouilles mixtes. Nous, on est dans la population mais on ne se rend pas compte de la présence des patrouilles mixtes qui sillonnent les grandes voies pendant que les voleurs et bandits opèrent dans les quartiers. Quand vous allez dans un quartier comme Port-Bouët, au moment où vous passez sur les voies principales, les voleurs eux évitent ces zones et passent par les toits des maisons pour commettre leur forfait. Ainsi la criminalité s'est accentuée. Au moment où vous êtes sur les grandes voies les voleurs eux sont ailleurs. Alors, y a-t-il une autre manière de penser les patrouilles mixtes pour qu'elles soient plus efficaces et opérationnelles ?
Alan Doss :
Je vais y répondre. Sur la question d'Adjamé je suis allé surtout rendre visite aux commerçants pour voir comment ils accueillent et trouvent cette expérience des patrouilles mixtes et je dois dire qu'ils étaient en général très positifs. Ils nous ont remerciés. Je pense que ce n'était pas simplement par politesse. On nous a dit qu'effectivement ça a eu un impact important et positif.. C'est la raison pour laquelle je dis que nous allions voir dans quelle mesure avec nos moyens modestes nous pouvons renforcer ce dispositif.
Pour ce qui est des milices, pas plus tard qu'hier, nous avons publié un communiqué de presse dans lequel nous avons fait allusion justement à la question des milices. Pas seulement à Abidjan mais partout dans tout le pays. Effectivement nous déplorons la présence de ces milices et de n'importe quel groupe armé qui ne fait pas partie des forces de défense et de sécurité. Le Conseil de sécurité l'a dit et nous avons rappelé dans notre communiqué de presse que les Résolutions 1528 et 1572 demandent que ces milices cessent leurs activités et qu'elles soient désarmées et démantelées. Il est prévu dans notre programme DDR, un élément pour le désarmement des milices. Mais moi je dirais que même sans attendre le programme de désarmement des milices, on devrait faire un effort pour les démanteler parce qu'elles ne représentent pas les forces légitimes de l'Etat et je pense qu'il est très important de mettre fin à leurs activités.
Pour ce qui concerne les patrouilles mixtes, effectivement, dans certains quartiers il s'agit d'un acte de présence dont le but est dissuasif, je le reconnais et le Général Bouchard peut répondre en ce qui concerne les détails.
A Adjamé, il s'est agi de plus que cela. Aller dans les marchés, dans les rues a eu un effet mais nous ne sommes pas là pour remplacer les autorités nationales. Bien au contraire, nous sommes là pour appuyer leurs efforts. Nous ne pouvons pas remplacer les autorités et donc avec les moyens modestes nous allons essayer de voir quels sont les quartiers les plus ciblés pour essayer de ramener quand même un peu de sécurité mais encore une fois j'insiste là-dessus, en travaillant avec les autorités locales.
Nous avons eu une bonne expérience avec le commissariat qui est responsable d'Adjamé. J'ai rencontré le Commissaire ce matin et mes collègues de la Police civile (CIVPOL) entretiennent une très bonne collaboration et nous espérons avec cette expérience élargir cette approche dans d'autres quartiers. Mais encore, je dois insister sur le fait que c'est limité, c'est ciblé…
Général Yves Bouchard (CIVPOL)
Les patrouilles mixtes comme vous le savez, c'est un nouveau principe ici, pas au niveau international. C'est une nouvelle initiative qui a débuté le 22 décembre dernier et comme toute nouvelle initiative cela prend du temps pour faire une bonne évaluation du travail qui est accompli. Quelles sont les faiblesses, quels sont efforts qui été accomplis et comme vous le savez dans les patrouilles on a différentes composantes, plusieurs parties prenantes en commençant par les forces de défense et de sécurité locales. Et bien entendu dans ces patrouilles, vous avez les forces ONUCI police et militaires, donc ça représente plusieurs parties. En ce qui concerne les principaux axes, votre question est vraiment un point intéressant pour nous pour l'analyse pour voir ce qu'on peut faire pou le futur. Pour commencer, le but c'est la visibilité, et améliorer renforcer la sécurité, rendre la confiance des populations envers les forces de défense et de sécurité. La population ivoirienne est composée comme n'importe quel pays de personnes locales, nationales et internationales. On a une vue multiple là-dedans. En ce qui concerne l'amélioration des patrouilles, aller sur les axes secondaires, oui avec le temps et dans un avenir rapproché nous allons approcher les autorités pour proposer différentes options pour l'améliorer. Soit, augmenter en nombre ou du moins améliorer l'efficacité de ce qui ce fait actuellement premièrement. Deuxièmement, il faut réaliser que quand bien même vous auriez des patrouilles mixtes partout, notamment pour Abidjan, il reste toujours que vous ne pouvez pas être partout en même temps. C'est une chose qui est importante à évaluer, oui effectivement les malfrats, les criminels, qui nous voient passer parfois sur des avenues secondaires ou vous réalisez peut être que le crime suivant aura lieu sur la voie primaire qui est un axe principal. Donc c'est pour ça que je veux apporter des précisions. Le but c'est dissuasif. N'oubliez pas qu'au niveau de la sécurité il n'y a rien de parfait. Peu importe où est-ce que vous êtes en nombre.
Mais il y a un but par contre. On essaie d'atteindre l'efficacité par la dissuasion. La présence, premièrement il n'y en avait pas auparavant. C'est au moins un plus. Maintenant il faut aller à l'étape suivante. Comment pouvons-nous nous améliorer tous ensemble parce qu'il n'y a pas que l'ONUCI là-dedans et l'ONUCI ne peut pas non plus et n'a pas non plus l'intention de dicter aux Forces de défense et de sécurité locales. Il faut le faire en partenariat avec eux et M. Doss avait dit tout à l'heure que c'est un travail d'équipe. Oui effectivement nous avons des visions. Mais nous devons en discuter avec nos partenaires et les améliorer. Pour Adjamé, nous sommes en patrouilles mixtes dans ce sens que nous sommes dans le sens d'une approche communautaire, la police communautaire, police de proximité, donc c'est des patrouilles à pied la majorité du temps, soit seules ou avec les forces de défense, principalement la police nationale, qui elles ont la charge et la responsabilité de ce territoire là. Ça a débuté par de petites actions, qui avec le temps ont porté fruit. Aujourd'hui nous nous sommes bien entendus à travailler sur un concept de permanence. Ce matin on nous a annoncé que maintenant les commerçants fournissent un local aux policiers nationaux pour qu'ils soient présents en tout temps. C'est un élément important, ça. Dans le passé, il n'y en avait pas. C'est à dire que la confiance revient aussi envers leurs forces de défense et de sécurité dans le but de devenir dissuasif ou tout du moins de prendre action si besoin est le plus rapidement possible. Nous, nous n'arrêtons personne. Nous, nous identifions, nous avons une responsabilité, prendre les renseignements et les transmettre le plus rapidement possible aux autorités compétentes, locales.
Gohoré Bi Tah, Radiodiffusion nationale :
Certains confrères ont fait état ce matin d'une tentative d'épuration de la zone de confiance dans la ville de Tiébissou et que les forces de l'ONUCI auraient fait échec à une tentative menée par les forces gouvernementales. Est-ce que vous confirmez ? Et la seconde question, est-ce qu'aujourd'hui vous avez les moyens nécessaires pour faire face à toute tentative de violation du cessez-le-feu ?
Alan Doss :
Le 10 février 2005, effectivement, il y a eu un incident, je n'ai pas encore reçu un rapport de la hiérarchie militaire mais je pense que ce n'était pas si grave qu'on l'avait indiqué au début. Mais avant que je ne me prononce là-dessus, j'aimerais bien avoir le rapport du commandant du secteur mais il semble que c'est un incident qui n'a pas eu une grande portée et que ça a été résolu sans qu'il y ait de violences directes, c'est-à dire qu'il n'y a pas eu de blessures mais nous aurons des éléments au cours de la journée sur la portée de l'incident.
Pour ce qui concerne les violations du cessez-le-feu, nous avons, comme vous le savez, des règles d'engagement qui sont très claires, très fermes. Nous avons mis en place des dispositions militaires pour répondre ou empêcher des violations.
Nous ne pouvons évidemment pas garantir à 100 % que personne ne va tenter de faire quelque chose. Nous espérons qu'avec le mandat et les moyens dont on dispose ils seront fortement découragés et nous pourrons empêcher les violations des deux côtés d'ailleurs.
Mais évidemment nous ne pouvons pas garantir à 100 % qu'il y ait quelqu'un, un individu par exemple qui crée un petit incident quelque part. Mais je pense que nous sommes en meilleure position aujourd'hui qu'il y a quelques mois parce que notre mandat, nos règles d'engagement ont été renforcées à tel point que nous avons l'autorité d'empêcher des violations, ce qui n'était pas le cas auparavant.
Gaby Meneres, VOICE OF AMERICA.
Qu'est-ce qu'on fait dans les zones de confiance et la situation de sécurité pas simplement à Adjamé, à Abidjan mais à travers le pays ?
Alan Doss :
Dans les zones de confiance, on est en train de renforcer dans le sens que nous faisons des patrouilles conjointes militaires CIVPOL parce que devant la situation pas simplement des possibilités de risques militaires mais aussi des problèmes de criminalité quand même la zone est assez grande. Donc ça pose d'autres problèmes.
Nous avons demandé au Conseil de sécurité un renforcement de nos moyens militaires mais aussi en formation de police. Nous attendons la réponse du conseil.
Je pense que si le conseil est activement saisi, que certainement nous espérons qu'il y ait une réponse positive. Je ne peux pas le garantir, je ne peux pas parler au nom du Conseil de sécurité. Ça nous aiderait parce que nous estimons quand même qu'avec les tâches qui nous ont été confiées maintenant y compris le suivi de l'embargo, évidemment, ça nous donne plus de responsabilités, mais ceci dit nous devons faire face à ce combat, c'est ce que nous faisons en ce moment.
Sécurité oui, Abidjan n'est pas la seule zone du pays ou il y a des problèmes notamment avec l'activité des milices et dans le cas échéant nous essayons d'intervenir.
Nous n'allons pas faire partout ce qu'on essaie de faire à Adjamé parce que quand même c'est un pays très vaste et nos moyens sont quand même limités pour intervenir.
Je disais qu'il est nécessaire de faire quelque chose dans un pays de la dimension de la Côte d'Ivoire. En Sierra Léone, où j'ai servi avant de venir ici, on avait trois fois plus de casques bleus, on avait près de 18.000 et on était autorisé à aller jusqu'à 20.000 avec toutes sortes de matériels logistiques, donc vous voyez un peu la situation mais ceci dit, j'insiste beaucoup là-dessus, nous continuons avec ce que nous avons de mettre en ½uvre le mandat que le Conseil nous a donné et surtout d'empêcher les violations du cessez-le-feu.
Hervé Bar, Agence France Presse :
Trois choses : Est-ce que vous pouvez faire le point sur l'état des négociations avec les Forces Nouvelles pour leur retour au gouvernement à Abidjan parce qu'il y a pas mal de négociations en ce moment ?
Est-ce que vous pouvez nous donner quelques précisions sur l'importance des milices dans l'Ouest du pays dont on parle très rarement ?
Troisième chose, est-ce que vous avez des précisions sur la date de rapatriement des Sukhoi de Yamoussoukro jusqu'à Abidjan ou est-ce que l'opération pendant ce temps a été mise en veille ?
Alan Doss :
Je vais commencer avec la 3e question, le rapatriement des Sukhoi de Yamoussoukro. A ma connaissance, on n'a pas de date fixe en ce moment, c'est en préparation. Ce sont les forces armées nationales qui prendront leurs responsabilités pour le transport. Nous allons assurer l'escorte et la surveillance.
2e question : activité de l'ONUCI dans le Grand-Ouest. Effectivement il y a des milices. Je pense, ce n'est une surprise pour personne et nous suivons ces activités, nous estimons évidemment que ce n'est pas une bonne chose. Certaines de ces milices ont été actives dans le passé au moment où il y avait eu le conflit ouvert et comme je le disais tout à l'heure, nous voulons que ces milices disparaissent, qu'elles soient démantelées et désarmées comme cela a été demandé par les résolutions du Conseil de sécurité.
Ce ne sera sûrement pas facile, mais il est clair que c'est un objectif qui a été décidé.
Quant à votre première sur le retour a Abidjan des Ministres des Forces Nouvelles, Hormis certaines discussions qui sont en cours, la question de sécurité notamment,
comme vous le savez le Premier ministre lui-même est monté à Bouaké pour poursuivre ces discussions aussi bien que la médiation du président M'beki.
Je ne peux pas dire aujourd'hui qu'il y a une date fixe. Il y a quand même des questions qui restent en suspens.
Il faudrait que cette discussion continue. Et je pense qu'on doit encourager les efforts déployés par le Premier ministre, par les médiations pour arriver à ce que les ministres regagnent le gouvernement, parce que nous sommes tous d'accord pour que le gouvernement reprenne ses activités le plus rapidement possible que ce soit au niveau de la gestion de l'économie, des infrastructures, aménagement du territoire, tout cela représente des éléments très importants et que cela fonctionne tel que cela a été prévu par l'accord de Linas Marcoussis, à notre sens, est absolument indispensable. Nous sommes donc derrière les efforts de médiation du Premier ministre
Noel YAO, ONUCI FM :
M. Le Représentant spécial, depuis quelques semaines, l'on a entendu, du côté des formations de l'opposition un appel aux Nations Unies pour l'organisation des élections. Je sais que cela ne fait pas partie jusqu'à présent du mandat de l'ONUCI mais est-ce qu'on pourrait envisager une telle hypothèse vu que de plus en plus de formations politiques importantes font cet appel ?
Alan Doss :
D'abord, jusqu'ici les Nations Unies n'ont pas été sollicitées de manière officielle pour organiser les élections et comme c'est clairement indiqué dans l'Accord Linas Marcoussis (dont l'application justifie notre présence ici), l'organisation des élections est du ressort des autorités nationales. Donc c'est clair, mais évidemment nous continuerons à apporter un appui technique à l'organisation de ces élections comme on l'a fait dans beaucoup de pays.
Nous avons un groupe technique ici au sein de l'ONUCI qui travaille là-dessus mais évidemment, il y a des questions, des obstacles qu'il faut contourner avant qu'on n'arrive aux élections. Je pense que ce n'est un secret pour personne mais, en ce moment notre mandat dans ce domaine, qui nous a été donné par le Conseil de sécurité est simplement d'apporter un appui technique à la commission électorale, au pays, au gouvernement pour l'organisation de ces élections
COTE D'IVOIRE / DISCOURS DE M.LAURENT DONA FOLOGO PRESIDENT DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL
Lundi 14 Fevrier 2005
Discours du Président à la Première Session ordinaire 2005
Jeudi 10 Fevrier 2005
· Monsieur le Représentant du Président de la République,
· Messieurs les Présidents des Institutions Nationales,
· Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
· Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Missions Diplomatiques,
· Mesdames et Messieurs les Elus,
· Vénérables Chefs Traditionnels,
· Distingués Chefs Religieux,
· Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil Economique et Social, mes Chers Collègues,
· Mesdames, Messieurs,
Depuis plus de deux ans, les cérémonies d’ouverture de nos sessions ordinaires se succèdent, et hélas, se ressemblent parce que chaque fois rattrapées et marquées par cette nébuleuse épaisse de malheur qui tarde à dégager le ciel ivoirien….
C’est dire combien ces manifestations qui nous rassemble seraient tristes et monotones, n’eussent été la qualité de nos honorables invites, l’honneur et le plaisir de les acceuillir en ces circonstances…
Au surplus, parce que « découragement n’est pas ivoirien », selon le mot du sage, notre maître, sachez que les mots de respect et de remerciements que je vais a présent vous adresser au nom de notre institution, ne sont ni de pure formalité, ni encore moins de superficielle courtoisie, vite oubliés à peine prononcés.
Mon salut, l’expression de mes respects, de ma reconnaissance et de mes remerciements pour votre présence à tous, à nos côtés ce matin, une fois de plus, sont profonds et sincères. Ils me viennent du cœur. Je vous prie de les recevoir comme le témoignage vrai d’amitié, de fraternité et de solidarité auxquelles mes collègues conseillers économiques et sociaux et moi-même sommes particulièrement sensibles.
Actualité obligeant, vous permettez une nouvelle fois encore, que mon propos de ce jour soit marqué par notre volonté de paix en cote d’ivoire, contrairement aux rumeurs de bruits de bottes que l’on annonce encore sur les fronts, le relais de ces nouvelles de l’autre côté étant toujours le fait de cette radio étrangère que j’ai baptisée : « la voix de la rébellion », car il ne se passe pas un jour, sans qu’elle nous fasse entendre les nouvelles toujours menaçantes toujours aussi alarmantes de ceux qui portent toujours les armes maintenant le pays divise et meurtri. Comme si leur souci était de faire fuir les opérateurs économiques et les investisseurs qui nous font encore confiance. Il nous faut nous mobiliser pour dénoncer cet état de fait et y mettre fin par la négociation et la paix.
Ce sera, essentiellement, le sens de mon propos de ce matin.
En ouvrant cette session, la première de l’année 2005 de notre Assemblée, je voudrais exprimer plusieurs sentiments :
- D’abord un sentiment de joie ; joie de nous retrouver ensemble, mes chers collègues, afin de poursuivre la mission que le Chef de l’Etat a bien voulu nous confier.
En ce début d’année, je forme les vœux ardents de santé, de bonheur et d’harmonie pour chacun d’entre vous mais aussi pour vos familles respectives.
- Ensuite un sentiment de tristesse : tristesse devant tant de gâchis : tant d’années d’efforts et de patience pour bâtir une nation forte, accueillante, hospitalière et prospère presque anéanties par les actions nocives d’individus sinistres et méchants, pour qui la politique n’a d’autre finalité que la satisfaction de leurs désirs personnels. Et pourtant le « père de la nation », le Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY nous avait légué un trésor admirable qu’il nous revenait seulement d’entretenir à défaut de le faire fructifier : la paix.
Oui, la paix, est ce roc sur lequel se bâtit toute maison qui veut résister à toutes les intempéries.
Hélas, en moins d’une décennie après sa disparition, nous avons sacrifié ce précieux trésor sur l’autel de nos ambitions égoïstes, de nos intolérances, de nos irresponsabilités et de nos funestes turpitudes.
- Enfin, et heureusement un sentiment d’espoir : depuis, le début de la crise absurde que vit notre pays, l’année 2005 apparaissait comme un horizon hors d’atteinte, tellement les passions étaient cristallisées, et les échéances électorales prévues pour la fin de cette année préoccupantes. On le voit d’ailleurs davantage ces temps derniers où, sans pudeur ni réserve, l’on est plus préoccupé par son avenir politique personnel que par la recherche de la paix, sans laquelle il ne peut y avoir ni élections ni vie politique véritable.
Or, nous voici en 2005 et, aussi sûrement que le soleil se lève après la nuit, nous nous remettrons bientôt de cette période difficile. Au demeurant, la médiation actuelle du Président THABO M’béki, sur laquelle nous reviendrons tout à l’heure, nous conforte dans notre espoir.
Mesdames et Messieurs,
Chers Collègues Conseillers,
Lors de la première rentrée solennelle de notre mandature, nous avions rappelé, du haut de cette tribune, les lignes fortes de la mission de notre Institution : chambre de veille, le Conseil Economique et Social doit rester à l’écoute de la société civile organisée, dans toute ses composantes, en prenant en compte, ses aspirations les plus profondes et les plus légitimes en vue de les traduire, sous forme d’avis, de recommandations et de propositions aux gouvernants et aux décideurs. Pour nous, le Conseil Economique et Social doit demeurer, ce faisant, une force irremplaçable d’analyses et de propositions au service de la République.
C’est Fidèle cette vision de notre mission que nous nous sommes engagés dès le début de la crise, à prendre résolument une part active dans la recherche de la paix dans le respect des Institutions de la République. Et c’est toujours cette vision qui détermine nos actions et initiatives pour le retour rapide d’une Côte d’Ivoire réunifiée et réconciliée. Une Côte d’Ivoire de fraternité et d’hospitalité, une Côte d’Ivoire d’amour, à nouveau une et indivisible…
Nous l’avons dit et répété : notre engagement pour la Nation, ses Institutions et la légalité n’est pas négociable, et c’est ce qui nous vaut d’être presque sur tous les fronts, partout où il y a lieu de défendre et protéger l’image de la Côte d’Ivoire et de ses dirigeants. Cet engagement civique, guidé par la raison et la morale, nous le tiendrons quoiqu’il nous en coûte.
Cependant, être engagé ne doit signifier, ni être aveuglé ni être hermétique à toute ouverture, à toute concession, nous devons savoir associer l’engagement national et le réalisme politique, c’est à dire conduire un engagement ferme mais responsable et ouvert.
C’est pourquoi, le Conseil Economique et Social a le devoir de faire des propositions concrètes et réalistes équilibrées et acceptables par tous, quitte à être parfois mal compris : notre souci majeur demeure la recherche de la paix et du bien-être des ivoiriens et de tous ceux qui habitent ce pays, avec mesure et pondération, avec une sagesse obstinée, conscients de nos forces, mais aussi de nos limites.
Mesdames et Messieurs,
La fin de l’année dernière, marquée par les évènements de Novembre a été particulièrement pénible, tragique. Ces évènements, notamment, ont eu de graves répercussions sur la marche du pays et la vie quotidienne des ivoiriens, traumatismes divers, les pertes humaines et matérielles, auront, à coup sûr, marqué notre quotidien dans bien de domaines.
Nos compatriotes, et en particulier les jeunes et les femmes, tous dans un élan patriotique, ont bravé, les mains nues, les avions, les chars et tout l’arsenal de mort pour défendre la patrie et maintenir le pays debout !
Beaucoup sont tombés sous les balles assassines de ceux là mêmes que nous croyions « civilisés » défenseurs de la liberté, de la démocratie et d’un certain humanisme… Nombre de nos concitoyens porteront à jamais les marques de cette incompréhensible et aveugle tragédie…
Permettez-nous, ici et maintenant, encore une fois, de nous incliner avec respect sur la mémoire des victimes et exprimer notre sympathie à tous les blessés et mutilés, ainsi qu’à leurs proches.
A la faveur de ces évènements du mois de Novembre 2004, de nombreux repris de justice, évadés « miraculeusement » de la MACA, ont pillé, saccagé incendié des commerces et entreprises. Ces actes qui visaient à discréditer le combat des patriotes et à détruire le tissu économique en décourageant tous ceux qui, malgré la crise, continuaient à faire confiance à la Côte d’Ivoire, ont eu un impact indéniable sur la situation déjà difficile que nous vivons. Nous ne saurions passer sous silence cette réalité dramatique.
Je voudrais, en votre nom'; return true;" onmouseout="window.status=''; return true;">votre nom à tous, exprimer à nouveau mes regrets et mon soutien à tous les opérateurs économiques, à toutes les personnes victimes de ces évènements. Il en est de la vie des Nations comme de celle des hommes : la tragédie côtoie souvent les lueurs d’espoir.
En regrettant tous ces drames, nous invitons les uns et les autres à ne pas demeurer dans la haine ni dans les lamentations, à éviter la rupture qui serait préjudiciable à tous, ici et ailleurs.
Il nous faut, courageusement, tirer les leçons de cette malheureuse situation et, sans plus attendre, reprendre le chemin de la raison et de la solidarité.
Le Mercredi 02 Février dernier, lors du lancement national du Rapport du projet « Objectifs du Millénaire » au palais de la culture, il nous a été rappelé que la Côte d’Ivoire, notre pays, avec un taux de pauvreté de 38,4% en 1998, atteindrait un taux de 48% en 2015 si rien n’était fait. Et pourtant, les Objectifs du Millénaire pour le développement prévoyaient pour l’année 2015 un taux de pauvreté de 16,2% en Côte d’Ivoire !
Nous faut-il une image plus saisissante, pour être interpellés et arrêter, par tous les moyens, la « descente aux enfers » ?
Non, nous devons, et nous pouvons éviter cette catastrophe en écoutant la voix de la raison et en prenant, chacun, la pleine mesure de ses responsabilités !
· Mesdames et Messieurs,
Il est dommage que nous soyions toujours dans une situation d’attente où chaque fois que nous avons l’impression d’apercevoir une avancée d’espoir, il se trouve des personnes pour tirer le processus vers le bas, nous obligeant à faire du surplace qu’à avancer, résolument, vers la fin du tunnel de malheur.
L’année dernière a été globalement sombre et il faut espérer que cette année nouvelle soit une année de lumière, la bonne Année, l’année de toutes les espérances.
Mais, pour que cela soit, il faut que tout le monde s’y mette, en ayant, comme seul centre d’intérêt, la Côte d’Ivoire. Dans cette optique, je voudrais, du haut de cette tribune, inviter une fois de plus, tous les acteurs politiques de la vie nationale à mettre fin à la méfiance. Rien ne peut être bâti sans un minimum de confiance les uns dans les autres. Il faut également éviter les jugements a priori, les calomnies, la médisance, la défiance.
C’est dans cet esprit que je demande à tous les acteurs, hommes politiques, autorités religieuses et militaires, société civile, jeunes et femmes, toutes sensibilités confondues de soutenir et faciliter la médiation du Président Sud Africain, le Président THABO M’béki.
Plutôt que de constituer un handicap, la non proximité géographique du Président THABO M’béki avec la Côte d’Ivoire doit être considérée comme un avantage : loin de la zone Ouest-Africaine, il échappe aux jeux d’influence, de leadership mal placé et de dépendance auxquels certains de nos amis et de nos compatriotes se livrent. De plus, combattant de la liberté et la justice, ayant, avec le Président Mandela, vaincu l’apartheid, ce régime raciste et rétrograde, il n’a de leçon de nationalisme ni de patriotisme à recevoir de qui que ce soit en Afrique et ailleurs. Le Président Sud-Africain reste, à nos yeux, au-dessus de tout soupçon.
Au demeurant, à la tête d’un pays africain puissant, qui n’a rien à envier à certains pays européens sur le plan du développement économique et militaire, le Président THABO M’béki est un homme libre et peut être neutre. C’est la raison pour laquelle nous devons tous le soutenir pour la réussite de cette médiation.
Le Président GBAGBO, en disant que Monsieur M’BEKI devrait être notre dernier médiateur, invite et encourage, de ce fait, tous ceux qui sont pour la paix dans notre pays à aider le Président Sud Africain à mener à bien sa noble mission que lui a confiée l’Union Africaine.
Nous voulons donc ici, publiquement, réaffirmer notre confiance en Monsieur M’BEKI qui, en moins de deux mois, a obtenu plus que certains durant deux ans. C’est le cas du projet de modification de l’article 35 voté par plus des 2/3 des parlementaires. Cela est un hommage rendu au médiateur, en même temps qu’un signal fort pour l’accompagner dans sa tâche. C’est pourquoi, nous marquons notre surprise devant certains propos qui tentent de minimiser son action ou même d’en prévoir déjà l’échec.
Ce débat n’est pas le nôtre. Il obéit à d’autres préoccupations loin d’être ivoiriennes. Restons sourds aux cris de ces sirènes venues d’ailleurs.
Ce sont des sanglots funestes, expression de vilains sentiments humains et bassement politique, jadis dénoncés par le Président HOUPHOUËT-BOIGNY.
J’invite donc tous les habitants de ce pays et tous les amis de la Côte d’Ivoire à donner une chance à la paix, une chance au retour à l’unité, à la réunification et à la stabilité de ce pays !
Cette invite, je l’adresse aussi aux médias nationaux et internationaux dont la nocivité constitue un véritable poison ici et ailleurs. En effet, dans la crise que nous traversons, certains organes de communication et d’informations qui ne respectent aucune clause de la déontologie liée à leur métier, se sont spécialisés dans l’intoxication et la provocation, comme si leur objectif était de parvenir, coûte que coûte, à la destruction de notre pays. Dans ce jeu macabre, se trouvent étonnement des organes internationaux qui, pendant longtemps, avaient été perçus par nous comme des hauts-lieux du professionnalisme. C’est à croire qu’il existe une coalition internationale pour la destruction de la Côte d’Ivoire ! Nous n’osons croire à celle tragi-comédie du désespoir ! Nous disons non au désespoir , à la démission.
C’est dans cette optique que pour joindre l’acte à la parole, avec de nombreux amis de la Société Civile, toutes sensibilités confondues, refusant que des personnes, ailleurs, disent ce qui est bon ou mauvais, pour nous, nous avons décidé de prendre nous-mêmes, nos responsabilités pour soutenir et accompagner la médiation du Président THABO M’BEKI mandaté par l’Union Africaine qui en reconnaît la compétence et n’ignore pas les preuves qu’il en a données chez lui et ailleurs… Et tant pis pour ceux, qui attendaient du cas ivoirien, les dividendes auxquelles ils sont habitués.
Oui, Ivoiriens et fiers de l’être, premiers bénéficiaires de la « dernière Médiation », mes amis de la Société Civile et moi-même : hommes politiques, opérateurs économiques, syndicats, hommes, femmes, jeunes, ONG, religieux, avons décidé de lancer, dans quelques jours, un vaste mouvement d’accompagnement et de sensibilisation en faveur de la médiation du Président M’BEKI :
LA COALITION NATIONALE POUR LE SOUTIEN A LA MEDIATION POUR LA PAIX EN COTE D’IVOIRE.
Les actions de ce mouvement, déterminé, réaliste, ouvert et responsable, seront connues de tous sous peu. L’heure a sonné pour la Paix et la Réconciliation vraie. Hâtons—nous de ne pas manquer le train de l’espoir !
· Mesdames et Messieurs,
La crise que vit la Côte d’Ivoire, outre ses raisons internes que nous aurions pu élucider si chacun était animé du même souci d’amour et de paix pour la Côte d’Ivoire, trouve aussi sa source dans un environnement international caractérisé par de nouvelles relations entre les Nations.
Cet état de choses, nous en avons été prévenus bien longtemps auparavant par mon maître, celui que tout le monde a reconnu comme étant le « Sage de l’Afrique », le Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY. Il nous l’avait prophétisé et, une fois encore, permettez-moi de le citer « Nous avons acquis l’indépendance politique, c’est-à-dire, somme toute, nominale. Vous aurez à vous battre pour l’indépendance économique, la vraie indépendance qui repose sur la défense des intérêts des nations qui ne sont pas toujours convergents. Ce combat sera dur…
Lorsque cette heure sonnera, pour le réussir, je vous recommande trois conditions :
1°) La formation technique et technologique des jeunes pour qu’ils parlent d’égal à égal avec les jeunes des pays développés et qu’ils soient capables de transformer nos matières premières en produits finis ou semi-finis pour l’exportation ;
2°) la cohésion nationale ;
3°) une longue période de paix. »
Nous avons le sentiment que l’heure de ce dur combat a sonné, et nous devons, avec courage, obstination, mais dans la sérénité, avec réalisme, patience et compétence, l’aborder en resserrant nos rangs et en renforçant notre cohésion.
Nous devons le faire sans haine ni acrimonie, mais sans faiblesse, ni esprit de défaitisme.
Du reste, le contexte de mondialisation dans lequel nous baignons commande que nous raffermissions nos relations avec le monde en les élargissant tout en confortant celles qui existent déjà. A cet égard, permettez que je dise quelques mots de nos relations avec la France, notre amie de toujours.
Quelles que soient les difficultés du moment, la Côte d’Ivoire et la France doivent demeurer des partenaires. Car dans les couples, même les plus unis, il peut y arriver des moments d’incompréhension. L’essentiel est de tirer des leçons de ces passages difficiles pour aller de l’avant.
Dans l’intérêt de nos deux peuples, unis par la Raison et par l’Histoire, il est impératif de renouer les fils avec ce pays ami. Les relations entre la France et la Côte d’Ivoire, nouées depuis plusieurs décennies doivent pouvoir s’adapter aux temps nouveaux, ce qui nécessite quelques révisions, mais celles-ci devront s’opérer dans la sérénité, dans l’amitié et dans l’intérêt bien compris des deux parties.
Il s’agit ici de prendre en considération les attentes des nouvelles générations, souvent formées dans les Ecoles européennes et nord-américaines et qui aspirent à jouer pleinement leur rôle dans la marche de leur propre pays. Ces générations, il faut en prendre conscience, ne se sentent pas les mêmes obligations affectives que les nôtres…
L’évolution économique doit s’adapter à la mondialisation ce qui implique la diversification des partenaires. Il y a donc lieu d’élargir le cercle de nos amitiés sans pour autant renoncer aux anciennes. Dans le respect de nos deux pays, l’amitié franco-ivoirienne doit reprendre ses droits ; il faut avoir le courage, réciproquement, de reprendre le chemin ensemble pour le bien de nos deux peuples que l’Histoire a liés pour le pire et pour le meilleur.
« La politique, dit le sage, est la saine appréciation des réalités ». Quand on regarde ce qui se passe autour de nous, chacun doit voir l’Afrique telle quelle est. Chaque pays doit être compris à travers le prisme de ses réalités et de ses intérêts.
C’est pourquoi, à l’endroit de nos frères Africains, tout en les remerciant pour l’aide qu’ils nous apportent dans la recherche de solution à notre crise, je voudrais les inviter à encore plus de solidarité entre tous les peuples d’Afrique.
Le combat de la mondialisation engage solidairement tous les pays notre continent, si faibles individuellement et à qui la raison impose solidarité et intégration.
· Mesdames et Messieurs,
· Chers Collègues Conseillers Economiques et Sociaux,
Revenant à notre Institution, pour terminer, je voudrais vous féliciter pour le travail abattu malgré la situation difficile que nous vivons.
En effet, outre les rencontres internationales auxquelles nous avons pris une part active, notamment l’Assemblée Générale de l’UCESA des 21, 22 et 23 Octobre 2004 à Cotonou, la réunion du Conseil d’Administration de l’AICESIS le 15 Janvier dernier à Paris, vous avez poursuivi les réflexions sur les thèmes retenus par les commissions permanentes.
En attendant les travaux en plénière, je peux déjà me réjouir de la qualité des conclusions auxquelles vous êtes parvenus, conclusions dont Monsieur le Secrétaire Général vient de nous livrer les grandes lignes. J’apporterai, pour ma part, une attention toute particulière, à la finition qualitative de ces travaux.
Certes, nous avions voulu faire davantage, notamment par les visites de structures socio-économiques, par l’organisation de voyages d’études, de caravanes de sensibilisation sur des thèmes à caractère national et civique, mais la crise et ses conséquences ont eu raison de notre détermination. Cependant, nous ne désespérons pas de réaliser nos projets dès que la situation le permettra.
Je voudrais, enfin, mesdames et messieurs, réitérer l’appel que j’avais lancé, du haut de cette même tribune, le 14 Octobre 2004, à l’occasion de la rentrée de la 4ème session de notre Institution.
· Chers compatriotes,
Regroupés autour du Président de la République, décidons ensemble et aujourd’hui, de mettre fin au calvaire des Ivoiriens en allant à la paix, en ayant des comportements d’artisans de paix. Soyons moins sensibles à nos divergences qu’aux raisons impératives de nous rassembler. Ne tirons pas plus longtemps sur la corde. Evitons de nous attarder sur des questions non essentielles qui nous perdent du temps et nous obligent à faire du sur-place. Cette attitude est irresponsable, voire criminelle.
Au nom de nos populations, nous avons le devoir de mettre fin à la montée du chômage et à l’aggravation de la misère. Ensemble, disons non à la descente aux enfers qui fait des heureux ailleurs.
Reprenons le chemin de la prospérité qui passe nécessairement par la paix et la sécurité dans l’unité retrouvée. La Paix exige des concessions réciproques dans la confiance et l’Amour. Posons le dernier pas vers la Paix. Ce sera la marque, chez nous, de cette Année de grâce 2005 !
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !
Je vous remercie.
Laurent DONA-FOLOGO
SENEGAL / SUITE DU "DAKARAGRICOLE 2005"
Samedi 12 Fevrier 2005
Au Conseil des Ministres du 10 février dernier , après une communication de M.Habib SY , Ministre d'Etat , Ministre de l'Agriculture et de l'Hydraulique , S.E.Maître Abdoulaye WADE , Président de la République , a demandé la création d'un organe chargé de la gestion du "DAKARAGRICOLE" et qui pourra aussi servir de régulateur de l'agriculture sénégalaise.
Le Chef de l'Etat a saisi l'occasion pour adresser ses vives félicitations au Ministre d'Etat pour la bonne organisation de cet évènement , le premier du genre , qui a réuni , faut-il le rappeler , plusieurs Chefs d'Etat ,dont notamment le Président de la République française , M.Jacques CHIRAC , également en visite officielle au Sénégal à la date de la tenue de ce forum agricole dont il a inauguré la cérémonie d'ouverture.
SENEGAL / MAURITANIE / VISITE OFFICIELLE DU PRESIDENT MAAOUYA OULD SID'AHMED TAYA
Samedi 12 Fevrier 2005
A l'invitation de son Homologue sénégalais , S.E.Maître Abdoulaye WADE , Président de la République ,S.E. M.Maaouya Ould Sid'Ahmed TAYA , Président de la République Islamique de Mauritanie effectuera une visite officielle au Sénégal du lundi 14 au mercredi 16 février 2005 .
Le Chef de l'Etat mauritanien sera accompagnée de son épouse.
CRISE IVOIRIENNE / CONFERENCE DE PRESSE DU COLONEL-MAJOR PHILIPPE MANGOU CHEF D'ETAT-MAJOR DES FORCES ARMEES
Samedi 12 Fevrier 2005
Le colonel-major Philippe Mangou, chef d’Etat-major des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI), a animé, jeudi dernier, au camp Galiéni au Plateau, une importante conférence de presse. Nous vous proposons l’intégralité de l’intervention du colonel-major Mangou sur les trois thèmes fondamentaux qui ont constitué l’ossature de la rencontre avec les journalistes nationaux et étrangers.
THEME 1 : Affaire du général Doué
“Je le dis et je le répète, le général Doué est, pour moi, un père. Lorsque j’étais sur la ligne de front, le général était pratiquement au centre des actions que nous avons menées.
Le général Doué n’a pas arrêté de nous gratifier de ses conseils, de nous donner des instructions, de nous donner des ordres.
En retour, nous lui faisons un compte rendu et il a apprécié l’action qu’on a menée, et, en fonction de cette appréciation, il nous donnait d’autres ordres. Avant de prendre le commandement des Forces armées de Côte d’Ivoire, avant de faire la passation, le général Doué s’est retrouvé dans une clinique de la place.
Je me suis rendu à son chevet avec un certain nombre de journalistes et le général a eu à vous dire que, moralement, il était désintégré et qu’il était fatigué. Effectivement, le général était un peu souffrant et son état de santé nécessitait un repos. Après donc cette visite, nous avons eu à faire la passation de commandement.
Le général, une fois de plus, m’a convoqué à son chevet et m’a donné quelques conseils pour accomplir ma mission. Il s’est trouvé que le général a rechuté. J’ai voulu, une fois de plus, accomplir mon devoir filial en allant lui rendre visite. Mais, étant excessivement fatigué et le médecin ayant laissé des consignes, j’ai n’ai pu rencontrer le général.
Je vous dis que le général ne se porte pas très bien. Il se repose. Il est dans une clinique.
En dehors de ce repos en clinique, il n’en est absolument rien.
Les journaux ont titré que le général a été battu par les éléments des Forces de défense et de sécurité qui auraient fracturé les membres supérieurs sur ordre du colonel-major Mangou. Les journaux ont encore dit que le colonel-major serait aux trousses du général Doué.
Ils ont encore affirmé que le colonel-major Mangou aurait retiré la garde du général Doué, que le colonel-major Mangou s’en prendrait aux hommes du général Doué.
Il n’en est rien. Il n’en est rien. Je voudrais à ce niveau, mettre l’accent sur le fait que nous sommes dans une armée qui est une armée nationale. Il n’y a pas des hommes du général Doué. Il n’y a pas des hommes du colonel-major Mangou.
Il n’y a que les fils de ce pays qui servent au sein de la grande muette, qui est une armée nationale. Et cela se sent lors des passations de commandement dans la formule sacramentelle que nous prononçons tous.
On dit : “ Officiers et sous-officiers militaires du rang, de par le président de la République, vous reconnaîtrez X comme chef et vous lui obéirez en tout ce qu’il vous commandera pour le bien du service l’exécution, des règlements militaires et le succès des armes de la Côte d’Ivoire ”.
Ça veut dire que tout militaire doit faire fi de certains préjugés et se mettre à la disposition du chef de l’Etat. Donc il n’y a pas de parti pris, il n’y a pas de clans dans l’armée.
Le général, en tant qu’officier général, a conduit sa mission. Il a servi loyalement son pays. Il s’est très bien comporté sur le plan militaire. Aujourd’hui, je suis appelé à le remplacer.
Entre lui et moi, il n’y a véritablement pas de nuages. Nous entretenons toujours de bonnes relations.
Le général se trouve présentement en clinique où il se repose. Qu’est-ce qu’il en est du colonel Kadio Miézou et du colonel Yapo Séka? Vous savez, lorsque j’ai été nommé comme chef d’Etat-major des armées, j’ai dû faire le saut de deux à trois promotions.
Donc Kadio, initialement quand j’étais sur le théâtre des opérations était mon chef. Et voilà devenu chef d’Etat major, je deviens le chef de Kadio. Donc les gens ont beau dire : “Nous nous mettons à votre disposition pour travailler”, on dénote toujours quelque chose. Des deux côtés d’ailleurs.
Moi également, parce que là, je me retrouve entre des anciens qui doivent maintenant obéir à mes ordres et faire respecter l’ordre des choses. J’ai donc approché les anciens pour leur dire qu’ils ont fait pour l’Etat ce qu’ils devaient faire.
Le colonel Kadio et le colonel Séka ont été simplement mis à la disposition de monsieur le ministre de la Défense, à qui, d’ailleurs, j’ai proposé de les faire partir dans une ambassade ou de leur trouver une fonction auprès d’une institution.
Et je puis vous dire que le ministre se penche sur ces cas, et, bientôt, ils seront appelés à ces fonctions. Donc, ils sont bel et bien présents en Côte d’Ivoire.
Le général Doué est fatigué. Toujours est-il qu’il était malade. Mais il est fatigué.
Simplement, il s’agit-là d’un problème de tension. Sa tension était montée jusqu’à 21. Donc, suite à cette montée, il fallait qu’on lui accorde un petit moment de repos. Le général se repose dans une clinique.
Le général n’est pas en résidence surveillée, comme vous l’avez écrit dans vos journaux. Le général est bel et bien en clinique, et, d’ailleurs, il est même en contact téléphonique avec le ministre. Et le ministre a pu avoir de ses nouvelles, il y a de cela, je crois, deux jours seulement. Donc, le général est bel et bien en clinique.
Il se repose. Il n’est pas en résidence surveillée.
La dernière rencontre entre lui et moi date d’avant la passation de commandement.
J’avais décidé de le rencontrer dans le courant du mois dernier. J’avais pris les premiers contacts. Mais ça n’a pas été possible, parce que le médecin traitant a dit qu’il était très malade, très souffrant.
Donc, je n’ai pas pu le rencontrer. Mais, il y a deux jours de cela, le ministre m’a informé qu’il a pu l’avoir. Pour avoir les nouvelles du général, je passe par les gardes du corps. Et, ce matin (ndlr hier jeudi), on m’a dit qu’il était en clinique”.
THEME 2 : La réparation, le rapatriement et
l’utilisation des aéronefs
“Nous avons été de ceux qui ont été attaqués le 19 septembre 2002, au moment où nous dormions au niveau d’Abidjan. Et, suite à la riposte des éléments des Forces de défense et de sécurité, l’ennemi s’est replié au nord et a pris position au niveau de Bouaké et autres. Il a circulé parce que, véritablement, l’ennemi ne faisait pas de conquête. Vous connaissiez la situation matérielle de nos différentes unités.
La Côte d’Ivoire venait de connaître un coup d’Etat. beaucoup d’armes étaientt parties, beaucoup de minutions aussi. Et c’est dans cette situation que nous nous sommes retrouvés pour mener les premiers combats. Il n’y a rien à redire dessus. Nous l’avons fait et nous l’avons bien fait, puisque l’ennemi, à aucun moment, n’a pu franchir notre ligne. Il faudra que ça soit clair pour tout le monde. D’aucuns disaient que sans les Forces licorne, l’ennemi serait arrivé à Abidjan.
Je vous apprends qu’avant l’arrivée des Forces Licorne, il y a eu des combats de Tiébissou, il y a eu des combats de M’Bahiakro, où nous avons infligé une défaite sévère à l’ennemi.
Donc, c’est étant dans cette position que nous avons commencé à faire la montée en puissance en armement de guerre et en personnes.
Nous avons pu, avec l’action de monsieur le président de la République, le concours de la population, avoir tout ce dont nous avons besoin le 1er novembre.
Nous sommes restés dans cette position, parce qu’Ivoiriens nourris aux vertus du dialogue et de paix, nous avons accepté de négocier avec nos frères de l’autre côté pour que nous puissions trouver une solution pacifique qui puisse nous amener à la paix.
Nous avons négocié pendant tout ce temps, jusqu’à la date du 8 mars 2003, où le premier ministre du gouvernement de réconciliation nationale avait décidé que nous devons aller au DDR (ndlr, Désarmement, démobilisation et réinsertion). Nous avons entrepris toutes les réunions quadripartites. Et nous avons fait le déplacement dans toutes les localités de Côte d’Ivoire.
Mais, à l’approche du 8 mars 2003, il s’est trouvé une seule personne pour dire qu’elle ne voulait pas désarmer, en l’occurrence Soro (ndlr Soro Guillaume, secrétaire général des Forces Nouvelles) pour que tout le monde s’aligne pour mettre un terme à ce programme.
Malgré cette situation, nous sommes restés pendant 6 mois sur nos positions, sans franchir la zone de confiance. Et, pendant ce temps, les hommes de l’autre côté franchissaient la zone de confiance. Ils l’ont fait 57 fois. Et vous vous souvenez même au niveau de Gohitafla, ils s’en s’ont pris à nos hommes. Ils ont égorgé certains de nos frères d’armes. Au niveau du centre de Tiébissou, ils ont tué un cadre, plusieurs femmes, violé des femmes, volé. Et nous sommes restés dans cette position sans faire quoi que ce soit.
Avec Accra III, nous avons accepté, malgré nous, de reprendre les négociations avec eux. Nous avons commencé par la réunion de Raviart.
A Raviart, nous avons été clairs. Nous leur avons posé un préalable. Nous leur avons dit que, cette fois-ci, si nous n’allions pas aller au désarmement, qu’on nous le dise pour que nous sachions la conduite à tenir. Eux-mêmes, ils ont donné leur parole pour dire que, cette fois-ci, nous allons réellement au désarmement. Et c’est ainsi que nous avons poursuivi les réunions quadripartites, en allant à Bouaké, en allant à Man et deux fois à Yamoussoukro.
A Yamoussoukro, l’avant dernière réunion, ensemble, nous avons arrêté les modalités pour aller au regroupement. Nous avons défini les différentes phases de ce regroupement et défini aussi les zones de regroupement pour le DDR. La première phase concernant l’est, l’ouest et le centre et la deuxième phase concernant le nord et le sud. Il était même dit qu’au lendemain de ces accords, une équipe de la Cnddr (ndlr : Commission nationale de désarmement, de démobilisation et de réinsertion) devait se rendre à Bouna pour voir dans quelles mesures on pouvait accueillir les éléments des Fafn. Ils se sont opposés, après avoir donné leur réponse à cette réunion. Et, à la sortie de cette réunion, ils ont demandé à rencontrer le président de la République.
Dès que nous avons fait le compte rendu, il a automatiquement donné son accord. Le président de la République a décidé de discuter avec eux à huis clos pour pouvoir arrêter une décision (…). Ils ont demandé au président de la République que le vote des lois se fasse au niveau de l’Assemblée nationale. Le président leur a donné l’assurance que toutes les lois seront votées en décembre. Ils ont promis de s’inscrire dans le désarmement, une fois les lois votées (…). Ils se sont opposés à l a date du 15 octobre 2004, qui avait été décidée à Accra III. Vous avez remarqué que le vote s’est poursuivi au niveau de l’Assemblée nationale.
Face à cette situation de blocage du désarmement, nous avons approché les forces impartiales pour leur rappeler que c’est avec elles nous avons fait toutes les réunions dans le cadre des réunions quadripartites.
Nous leur avons demandé ce qu’il y avait lieu de faire. Les forces impartiales nous ont tout simplement répondu que c’est une affaire ivoiro-ivoirienne. Il y a des enfants de ce pays qui sont prêts à mourir pour leur pays, qui sont prêts à libérer leur pays. et, comme nous avons les moyens de faire cette libération, alors nous allons prendre nos responsabilités pour libérer notre pays. C’est ainsi que nous avons commencé notre offensive. Nous l’avons fait au vu et au su de tous. Les forces impartiales savaient que l’offensive allait se faire. Puisque nous avons commencé par une montée en puissance. Nous avons fait partir des avions de la base aérienne d’Abidjan jusqu’à Yamoussoukro.
Nous avons fait partir des troupes d’Abidjan jusqu’à Yamoussoukro. Il n’y avait rien à cacher. Tout le monde savait qu’on passait à l’offensive. Nous l’avons tellement bien fait qu’en 48 heures, nous étions déjà à Bouaké, à Vavoua, à Danané. Quand il y a eu, malheureusement, cet accident au niveau de Bouaké. Là-dessus, je ne veux pas polémiquer. Le général Bentégeat (ndlr chef d’Etat-major des armées françaises) et le général Poncet (ndlr, commandant de la Force licorne) nous ont demandé de tourner la page.
Mais, avant de tourner la page, nous voulons bien tourner la page. Toutefois nous disons qu’avant de tourner la page, que chacun prenne le soin de lire ce qui a été écrit sur la page qu’on doit tourner, de manière à ne pas tomber dans les mêmes erreurs. Nous avons mené notre offensive parce que des gens nous ont poussés à bout (…).
Suite donc à ces actions, il y a eu la destruction de nos aéronefs. Mais l’erreur est partie de la mauvaise information qui a été donnée, parce que, dès le départ, des gens avaient annoncé que tous les aéronefs ont été détruits. Alors je dis non, tous les aéronefs n’ont pas été détruits.
Nous avons pu sauver quelques aéronefs qui n’ont pas été détruits. On aurait pu en sauver davantage si nous, au niveau du centre opérationnel, avions été informés de la décision de Paris de détruire nos aéronefs.
Vous savez, conduisant les opérations en salle, nous étions quelque peu coupés de l’extérieur, et donc nous n’avions pas toutes les informations. Mais, dès qu’on a eu vent que des aéronefs étaient en train d’être détruits, nous avons pu sauver quelques-uns. Et ce sont ces aéronefs qui sont restés au niveau de Yamoussoukro.
Avec l’accalmie, c’est moi-même qui est approché les généraux Fall et Poncet pour leur demander de faire venir à Abidjan les aéronefs que nous avons sauvés. Donc, il ne s’agit pas d’aéronefs réparés concernant ceux qui ont été envoyés à Abidjan.
Après avoir pris contact avec le comité de suivi, eux-mêmes nous ont adressé une lettre pour nous autoriser à faire venir à Abidjan ces aéronefs sauvés. Eux-mêmes nous ont dit que nous pouvions entraîner nos pilotes là-dessus et que nous pouvions même faire voler ces aéronefs. Donc, pour moi, il n’est pas encore question de réparer des aéronefs. Mais nous allons le faire si cela était nécessaire.
Les aéronefs endommagés, nous allons les réparer. L’embargo ne nous empêche pas de réparer nos aéronefs. Vous savez que la Côte d’Ivoire est un Etat souverain qui doit surtout assurer certaines fonctions régaliennes.
Donc, les moyens de défense, il est vrai que nous allons les réparer. Personne ne nous empêche de réparer nos aéronefs. Maintenant, en faisant venir nos aéronefs à niveau d’Abidjan, c’est un signal fort que nous avons voulu donner à nos frères de l’autre côté pour leur dire que nous nous inscrivons dans une logique de paix et que nous retirons ces engins militaires qu’ils craignent tant.
Contrairement à ce que certains journaux ont écrit, nous n’avons pas l’intention de mener une offensive, parce que, pour mener une offensive, on ne fait pas venir en base barrière des matériels qui se trouvent sur la ligne de front.
Sur les lignes de front, nous avons des munitions, nous avons tout le personnel sur place. Et si c’était pour mener une offensive, nous aurons pu le faire (…). Pour faire le désarmement, il faut procéder au regroupement du matériel majeur et les aéronefs font partie du matériel majeur. Donc, nous avons retiré nos aéronefs parce que nous donnons l’exemple, nous qui sommes les plus forts. Et nous attendons qu’eux aussi donnent l’exemple. Et, je pense que les forces impartiales vont profiter de cette situation pour que nous puissions faire le regroupement du matériel majeur (…).
Au niveau de Tiébissou, on avait parlé d’attaques d’éléments des forces de défense et de sécurité (Fds) et des forces de l’Onuci qui se sont affrontés. Il n’en est rien. Il n’y a pas eu de confrontations entre les éléments des Forces de défense et de sécurité et des éléments de l’Onuci ni entre nos éléments et ceux des Forces nouvelles. Il s’est trouvé qu’après avoir annoncé notre offensive sur Bouaké, nos unités ont occupé certains points de la zone de confiance. Nous avons Kouassi-kouassikro et Boligare. Et ce, à la demande des populations qui craignaient que ces villages soient assiégés par des éléments des Fafn.
Nous-mêmes avions signalé ce fait aux forces impartiales, ont pris position dans ces villages, nous nous sommes retirés. Et c’est le retrait des Fds qui a fait croire que les éléments des Fanci amorçaient une offensive sur Bouaké. Pris de panique, les rebelles au corridor de Bouaké ont commencé à tirer. Mais il n’y a pas eu d’offensive des Fanci ni d’affrontements entre les Fds et les forces de l’Onuci (…).
Dans la dernière offensive menée, les gens ont dit que les avions étaient pilotés par des mercenaires. C’est faux ! Ce sont nos pilotes qui sont aux commandes de ces avions. Que ce soit sur les MI 24, que ce soit sur les Sukhoï, ce sont nos pilotes qui sont aux commandes. Cela doit être su. Donc, nous avons des éléments qui sont compétents et qui sont prêts à tout”.
THEME 3 : Police militaire et les patrouilles mixtes
“La patrouille mixte est composée d’éléments des différents éléments des Fds, c’est-à-dire les policiers, les gendarmes, les agents des eaux et forêts, les douaniers et des militaires, ainsi que des éléments de l’Onuci.
Ces patrouilles se comportent bien. Nous avons pu corriger certains comportements de nos hommes et leurs actions sur les populations. Ce n’est pas encore parfait, mais nous pensons qu’au fil des jours, nous allons avoir d’excellents résultats. Notre objectif premier, c’est la sécurisation de la Ville d’Abidjan, permettre aux gens de vaquer tranquillement à leurs
Et ces patrouilles travaillent dans ce cadre-là. Vous voyez, nous voulons éviter les incidents tels que ce que nous avons vus malheureusement avec le cas de Daniel Bréchat (ndlr : victime d’une attaque à main armée mercredi dernier) à qui nous souhaitons un prompt rétablissement.
Nous voulons non seulement faire revivre l’économie ivoirienne, mais permettre également aux gens de circuler librement. Que ces personnes soient ivoiriennes ou étrangères, notre souci premier est de faire en sorte que ces personnes se sentent bien en Côte d’Ivoire. C’est l’une des raisons qui nous ont amenés à mettre sur pied les patrouilles mixtes. Pour conclure, ces patrouilles se comportent bien puisque les résultats, nous les avons. Et nous pensons qu’à force de patrouiller, nous aurons d’ici peu d’excellents résultats (…)
Concernant le Gpp (ndlr : le Groupement des patriotes pour la paix), l’on parle de milices armées. Je voulais rassurer les représentants des forces impartiales sur cette question, le Gpp n’est pas armé. Oui, j’affirme que les éléments du Gpp ne sont pas armés. Par trois fois, je suis allé dans leur cantonnement. Je n’ai pas vu d’armes avec le Gpp. Il n’y a qu’un seul élément qui est armé dans ce groupe. C’est le garde du corps de Touré Zéguen (ndlr : le responsable du Gpp).
D’aucuns les taxent de milices. Ce sont de vrais Ivoiriens conscients du danger qui guette leur pays. Et qui se sont regroupés pour le défendre. Ils y vont les mains nues. Présentent-ils un danger ? oui parce que, parmi eux, il y a des individus qui, par leur comportement, jette le discrédit sur l’ensemble du groupe. Nous avons approché les responsables et nous leur avons tenu un langage franc, suite aux deux événements qui ont eu lieu dernièrement à Adjamé. Nous leur avons dit qu’au moment où nous allons à la paix, il était important qu’ils regagnent leurs familles. Ils ont favorablement accueilli notre demande et nous leur avons demandé d’établir des listes pour pouvoir bénéficier du programme Ddr, dans sa phase Rrr (…).
Concernant le racket des policiers, nous avons organisé un séminaire parce que nous avons pris conscience du danger qui guette l’économie (…). Tous les éléments des Fds ont travaillé sur les résolutions qui sont sorties de ce séminaire (…). Nous leur avons donné des consignes strictes et nous croyons que les choses vont s’améliorer. A tous les niveaux de la société, il y a des rackets. Même vous les journalistes, vous n’êtes pas étrangers à ces choses-là”.
THEME 4 : La résolution 1584 de l’ONU
Nous n’avons pas encore fait le regroupement de l’armement majeur, de l’armement lourd et de l’armement léger. Nous n’avons pas fait le regroupement du personnel.
Nos hommes ont encore en main des armes. Nous leur avons donné des consignes strictes. Et nous savons que les infiltrations se font. Nous savons également que l’ennemi use de perfidie. Nous l’avions vu lorsque nous menions les opérations sur Bouaké (…). Au vu donc de tout ceci, nous pensons qu’avant d’exécuter la résolution 1584, nous allons nous asseoir avec les responsables des forces impartiales pour trouver les modalités d’application de cette résolution. Je voudrais là-dessus rassurer toute la population, rassurer tous les militaires. Vous savez que les opérations de regroupement constituent le prélude au Ddr. Nous avons déjà donné l’exemple en regroupant nos aéronefs qui constituent un matériel majeur sur la ligne de front. De l’autre côté, ils ont encore le matériel majeur. Ce n’est pas normal. Ils doivent faire comme nous en regroupant le matériel majeur. Et j’espère que les forces impartiales agiront dans ce sens pour que les rebelles regroupent aussi le matériel majeur. Dans tous les cas, avec la résolution 1584, l’Onu n’a fait que remettre sur papier ce que nous avions déjà exécuté ici. Rappelez-vous qu’avant d’aller au regroupement le 8 mars 2003, nous avons recensé des deux côtés nos armements. Nous les avons regroupés, en ce qui concerne l’armement lourd. Donc, nous avons déjà travaillé dans ce sens. Mais ce qu’il faudra retenir, c’est qu’il faut faire confiance aux éléments des Forces de défense et de sécurité (Fds).
Tout ce que nous allons entreprendre, nous le ferons dans l’intérêt supérieur de la nation. Donc, pour ce qui concerne la résolution 1584, nous voulons apaiser tout le monde, parce que nous allons trouver un terrain d’entente avec les forces impartiales et nous ferons le travail de sorte qu’il n’y ait pas de problèmes (…).
Propos recueillis par Franck Dally et Faustin Yao . K
Source "Notre Voie"
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CRISE IVOIRIENNE / CONFERENCE DE PRESSE DE M.FRANCIS WODIE PRESIDENT DU PARTI IVOIRIEN DES TRAVAILLEURS (PIT) A PARIS
Samedi 12 Fevrier 2005
Conférence de Presse au CAPE (Centre d'Accueil de la Presse Etrangère) Maison de la radio à Paris, le vendredi 11 février 2005, 13h - 14h30
Sous la responsabilité de Monsieur Lanciné Camara, Président de l'UIJA (Union Internationale des Journalistes Africains)
Monsieur Francis Wodié,
Président du PIT
(Parti Ivoirien des Travailleurs) Côte d'Ivoire
Point sur la situation actuelle de la Côte d'Ivoire
Cette guerre est l'enchaînement logique de la vague de violence qui a été initiée en 1993 lors de la mort d'Houphouët Boigny, provoquant des dissensions dans la succession entre le Président de l'Assemblée Nationale, Monsieur Henri Bédié, héritier constitutionnel du pouvoir en cas de vacance, et Monsieur Alassane Dramane Ouatarra, alors Premier Ministre.
Puis vint le boycott actif en 1995, suivi par le coup d'Etat de décembre 1999 par le Général Guei, et enfin les différentes tentatives de coup d'Etat pour renverser Laurent Gbagbo avec le dernier en date du 19 septembre 2002 qui s'est transformé en rébellion armée divisant le pays en deux, le Nord sous contrôle des rebelles, et le Sud sous contrôle des institutions d'Abidjan.
Pour ne pas avoir su ou pu mater cette rébellion, l'Etat de Côte d'Ivoire a du négocier avec les rebelles leur donnant ainsi une certaine légitimité. La Côte d'Ivoire est allée à Lomé puis à Marcoussis avec des accords d'ordre privé, ensuite à Accra 1, Accra 2 et au mois de juillet 2004, Accra 3 .Accra 3 demande de prendre des dispositions en rapport la constitution pour régler le plus rapidement possible la crise.
Nous avons donc pris des engagements, le PIT, l'Etat de Côte d'Ivoire, et les autres partis de Côte d'Ivoire pour adopter un certain nombre de lois et prendre des dispositions.
La loi sur l'amnistie, la liberté de la presse, le code de la nationalité ont été adoptées mais les rebelles estiment que ces lois ne répondent pas à la lettre et à l'esprit de Marcoussis.
Mais l'obstacle principal reste la révision de l'article 35 de la constitution.
A Marcoussis, nous avons compris que le cœur du conflit résidait dans l'éligibilité d'Alassane Dramane Ouattara.
Nous avons adopté un projet qui définit les termes de la modification de la constitution dans le respect des droits en vigueur en Côte d'Ivoire.
Donc, le référendum s'impose par les accords de Marcoussis. Le texte a été déposé par le gouvernement à l'Assemblée Nationale qui l'a adopté.
Il reste donc le référendum.
Il faut que les conditions du référendum soient réunies comme le désarmement, la réunification, le rétablissement de l'administration, la liste des électeurs et les pièces établies pour voter, et enfin, un climat de sécurité.
Mais il faut aussi une condition de fond partagée par le
PIT et les chefs d'Etat africains. Les partis signataires des accords de Marcoussis doivent faire campagne pour la victoire du "OUI" au référendum, condition nécessaire pour respecter l'esprit des accords de Marcoussis.
Le peuple reste souverain de son choix et peut très bien valider le "NON" malgré l'engagement des partis politiques, qui pour certains, l'adhésion à la campagne du "OUI" n'est pas spontanée.
Si le référendum est impossible dans le contexte particulier actuellement en Côte d'ivoire, le PIT n'exclue pas le recours à une voie politique qui reste à préciser mais qui pourrait se résumer à l'éligibilité de tous les candidats présentés par les partis politiques ivoiriens signataires des accords de Marcoussis.
Ces candidatures échapperaient automatiquement au jugement du conseil constitutionnel. Mais comme tous les accords, rien ne garantit leur application par l'ensemble des acteurs, d'autant que le climat de méfiance est grand.
De toutes les façons, le désarmement, la réunification du pays, le redéploiement de l'administration et le l’identification des électeurs est obligatoire pour aller aux élections présidentielles justes et transparents prévues en octobre 2005.
Pour cela, le code de la nationalité reste problématique. Car s’il est appliqué tel quel, les nouveaux naturalisés Ivoiriens deviendraient aussi des électeurs, grossissant ainsi les rangs des uns ou des autres.
A cette question, Francis Wodié propose que la naturalisation ne débouche pas automatiquement sur le droit de vote ni sur l'éligibilité, tout au moins, pas avant un certain temps en appliquant le droit commun.
En supposant que toutes les conditions soient réunies pour aller aux élections, il reste encore un problème de confiance qui fait que certains demandent que les élections soient organisées par l'ONU.
A cela le PIT s'oppose à la substitution de la souveraineté de la Côte d'Ivoire par un organisme extérieur.
La confiance doit revenir entre tous les partis politiques, d'autant que les élections présidentielles ne résoudront pas tous les problèmes.
Et si les élections ne peuvent pas avoir lieu à la date prévue, les difficultés s'en trouveraient aggravées puisque le conflit actuel trouve sa source dans les dernières élections.
Francis Wodié ne voit pas sur quelle base juridique ou politique l'Etat pourrait fonctionner dans ce cas. Donc l'intérêt de l'ensemble des Ivoiriens réside à tout faire pour éviter ce scénario. Nous devons faire des concessions, des compromis pour obtenir un consensus. Aucun parti ne peut imposer sa volonté aux autres et que la voie militaire a montré ses limites. Nous ne pouvons pas recourir à l'option militaire.
La seule solution est la voie politique, dans le respect de l'application des accords conclus. Nous ne devons pas attendre les sanctions pour agir, cela serait humiliant et inacceptable pour un Etat.
L'apaisement est nécessaire pour arriver à sortir de cette crise. Les journalistes attisent souvent le feu. Ils se comportent moins en journalistes qu’en militants politiques et compliquent la tâche des politiciens. Les journalistes doivent aussi faire des efforts car ils ont un rôle à jouer en évitant les propos incendiaires et en se cantonnant à leur métier de journaliste en toute objectivité.
Propos de Francis Wodié transmis par Christian Bailly-Grandvaux.
Source"www.medda.fr.st"
COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 10 FEVRIER 2005
Vendredi 11 Fevrier 2005
Un conseil des ministres s'est tenu ce jeudi 10 février 2005, de 11 h à 14 h, au palais de la présidence, sous la présidence du chef de l'Etat, SEM Laurent Gbagbo.
Au cours de cette réunion, le conseil a examiné et adopté plusieurs projets de loi et de décret, présentés par les titulaires des départements concernés.
Au titre du ministère d'Etat, ministère des Affaires étrangères :
1) Un projet de décret portant ratification de la convention de l'UNESCO sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, adopté le 17 octobre 2003 à Paris.
2) Un projet de décret portant ratification de la convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique adoptée le 17 octobre 2003 à Paris.
Au titre du ministère d'Etat, ministère de l'Économie et des Finances :
1) Le projet de loi des finances de l'année 2005
Le projet de budget 2005 adopté ce jour en conseil s'établit à 1735 milliards. Il affiche une baisse de 12,7 % par rapport au budget de 2004 (1 987 000 000 F CFA) tout en restant sur une tendance relativement optimiste quant aux capacités de notre économie.
C'est le lieu de rappeler que le budget adopté en 2004 avait reposé sur la mise en œuvre rapide du programme du désarmement et du programme du redéploiement de l'administration en vue d'une normalisation progressive de l'activité économique, le démarrage du programme de reconstruction et la reprise des financements extérieurs. Malheureusement, la persistance de la crise avec son dernier rebondissement en novembre a lourdement pesé sur la gestion 2004. Cependant, il n'est pas inutile d'indiquer que, malgré ce contexte morose, notre croissance a été positive et s'est située à un taux de 0,7 %, témoignant ainsi des capacités réelles de notre économie.
Le contexte actuel marqué par une relative lisibilité du processus de paix invite à la prudence. Le projet de budget 2005 s'inscrit, par conséquent, dans la poursuite des actions de normalisation socio-politique et de redressement économique retenues dans le budget 2004, à savoir le désarmement, la réunification et le redéploiement de l'administration, la reconstruction économique.
Par ailleurs, le projet de budget se projette dans les préoccupations propres à cette année 2005 en prenant en compte l'opération d'identification des populations et l'organisation des consultations électorales. Dans ce même registre politique, le budget 2005 a prévu une dotation au titre du financement des partis politiques faisant ainsi droit pour la première fois aux attentes des partis politiques, depuis l'adoption le 10 septembre 2004 de la loi sur le financement des partis politiques.
Enfin, le budget 2005 prend également en compte toutes les grandes préoccupations de l'heure que sont :
Sécurité :
- les dépenses exceptionnelles liées à la présence de nos soldats sur les fronts ;
- le programme de sécurité (acquisition de véhicules, équipement de la police, tenue, cité policière…);
Enseignement
- les dépenses d'organisation des examens et concours scolaires ;
- la prise en charge des élèves affectés dans les écoles privées ;
- la fourniture de manuels et kits scolaires dans le cadre du programme de la gratuité de l'école ;
- la réhabilitation d'infrastructures d'enseignement du secondaire et supérieur (universités à Abidjan, Bouaké, lycée de Yamoussoukro…) ;
Agriculture
- le soutien à la filière coton
Justice
- le programme spécial justice
Infrastructures
- le prolongement de l'autoroute du Nord ;
- le renforcement et la réhabilitation du réseau routier ;
- le programme d'hydraulique urbaine et rurale
Santé
- le programme de lutte contre le sida ;
- les campagnes de vaccination ;
Social
- la poursuite du projet de l'AMU ;
-lapromotion Emplois/jeunes
Institutions
- le transfert de la capitale à Yamoussoukro.
2) Outre le budget 2005, le conseil a également examiné et adopté au titre du même ministère :
- un projet de loi portant règlement de la gestion financière 2001 ;
- un projet de décret portant approbation de la Convention de concession conclue entre l'Etat de Côte d'Ivoire et la société BIVAC International pour la conception, le financement, la fourniture, l'installation, l'exploitation, l'entretien et le transfert à l'Etat au terme de la concession d'un scanner à rayons au Port d'Abidjan ;
- un projet de décret portant autorisation de participation de la Banque nationale d'investissement (BNI) et du Port d'Abidjan au capital social de la société BIVAC Scan Côte d'Ivoire.
Au titre des mesures
individuelles
Au titre du ministère d'Etat, ministère des Affaires étrangères, le conseil a adopté plusieurs projets de décret portant nomination d'ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires près les Républiques du Niger, de Djibouti, du Kenya, de Cuba, de l'Uruguay, de Colombie, d'Indonésie, de Malaisie, des Bahamas, du Sultanat d'Oman.
Le conseil a ensuite entendu deux communications :
- Une communication du ministre de la Culture et de la Francophonie relative au financement de la 7ème édition du Marché des Arts du Spectacle africain (MASA)
- Une communication du ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères relative à une demande d'agrément à la nomination de l'ambassadeur de la République d'Italie près la République de Côte d'Ivoire.
Après délibération, le conseil a adopté les conclusions de ces deux communications.
Enfin, le conseil a été informé, par le ministre d'Etat, ministre de l'Économie et des Finances, de l'évaluation financière des travaux de restauration des établissements d'enseignement français endommagés à l'occasion des événements de novembre 2004 à Abidjan. Le président de la République en a pris acte et a donné instruction au ministre de l'Économie et des Finances de prendre toutes les dispositions en vue de finaliser le dossier et d'engager au plus tôt les travaux de restauration.
Le ministre de la Fonction publique et de l'Emploi,
Porte-parole du gouvernement
Pr. Oulaye Hubert
SENEGAL / 28ème SESSION DE L'UNION DES ARCHITECTES AFRICAINS
Vendredi 11 Fevrier 2005
Une trentaine d'architectes venus du continent tiennent à Dakar la 28ème session de leur Union.Cette rencontre qui s'étend sur trois jours est une autre occasion de parler du rôle de l'architecte , ses devoirs , et ses préoccupations ainsi que des projets de réflexion pour le futur de ce secteur.
Le thème choisi par les architectes est :
"ARCHITECTURE et SOCIETE"
SENEGAL / GRAND PRIX DU CHEF DE L'ETAT POUR L'ARTISANAT
Vendredi 11 Fevrier 2005
Les lauréats des trois dernières éditions , 2002,2003,2004, du Grand Prix du Chef de l'Etat pour la promotion de l'Artisanat ont reçu leurs prix en présence du Président WADE , du Premier Ministre M.Macky SALL , des Parlementaires , des membres du Gouvernement , du Corps diplomatique et d'une foule en liesse .
Ce fut l'occasion du Président de la Chambre des Métiers de présenter les doléances de ce secteur d'activité qui semble être un peu en souffrance du point de vue subvention.
Ce que le Chef de l'Etat a corrigé séance tenante en faisant apparaître dans son allocution l'importance qu'il accorde à l'artisanat dans le développement du Sénégal .
Aussi s'est-il engagé à le soutenir fortement et surtout à encourager le Ministre Landing SAVANE qui met un point d'honneur à relever ce domaine porteur de devises.
SENEGAL / FORUM NATIONAL SUR L'INITIATIVE DU MILLENAIRE
Dimanche 6 Fevrier 2005
Sous l'égide du Chef d'Etat sénégalais , S.E.Maître Abdoulaye WADE et la présidence effective de M.Macky SALL , Premier Ministre , un Forum national sur l'initiative privée se tient à Dakar avec pour thèmes :
1.- Les priorités du Plan d'action pour le Millénaire et les initiatives stratégiques en matière de bonne gouvernance
2.- Les défis en matière de promotion du Genre et de développemnet des secteurs sociaux essentiels pour la réalisation des Ojectifs du Millénaire pour le Développement(OMD)
3.- Le rôle des acteurs nationaux et les prioités en matière de partenariat international pour la réalisation des OMD
4.- Les défis et priorités pour la réalisation des OMD au Sénégal
M.Albéric KACOU , notre concitoyen est, faut-il le rappeler, le Représentant Résident du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD)basé au Sénégal.
NECROLOGIE / DECES DU GENERAL EYADEMA PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU TOGO
Dimanche 6 Fevrier 2005
Le Président togolais Gnassingbé Eyadéma est mort samedi matin à l'âge de 69 ans alors qu'il était évacué du pays pour recevoir des soins.
Le Général Eyadéma a dirigé le Togo pendant 38 ans, après avoir pris le pouvoir le 13 janvier 1967 par un coup de force.
L'armée a confié le pouvoir à Faure Eyadéma, l'un des fils du président décédé.
L'Union africaine dénonce un « coup d'état militaire » et demande le respect des règles constitutionnelles.
Toutes nos condoléances les plus attristées à la famille du disparu et au peuple togolais .
SENEGAL / FORUM AGRICOLE : UNE NOUVELLE VISION DES POLITIQUES AGRICOLES
Samedi 5 Fevrier 2005
La première édition du Forum Agricole ou "DAKARAGRICOLE 2005" s'est ouverte le vendredi 04 février dernier en présence du Président français Jacques CHIRAC , en visite officielle au Sénégal , des Présidents OBASANJO du Nigéria , Blaise COMPAORE du Burkina Faso , Mamadou TANDJA du Niger , Amadou TOUMANI TOURE du Mali , MOUIYA Ould Ahmed TAYA de Mauritanie , de la Baronne Valérie AMOS Représentant du Premier Ministre Britannique Tony BLAIR , Son Altesse Royale Moulay RACHID Représentant Sa Majesté Mohamed VI du Maroc.
Cette rencontre fut un plaidoyer en faveur de la promotion de l'agriculture africaine à travers une vision politique plus généreuse des pays du Nord .
Le Chef d'Etat brésilien Luis Ignacio "LULA" a délivré en duplex, depuis la capitale brésilienne , un message très fort de soutien à cette belle initiative .
Les Autorités sénégalaises dans leurs composantes , le Corps diplomatique , les agriculteurs , les scientifiques étaient également présents à ce premier rendez-vous qui a été l'occasion pour les Chefs d'Etat d'affirmer leur engagement à défendre la position africaine face au dumping sur les marchés internationaux concernant les productions agricoles .
La délégation ivoirienne était composée de membres du Cabinet du Ministère de l'Agriculture conduite par le Directeur de Cabinet , Monsieur le Ministre ayant été empêché à la dernière minute.
Quant au Président CHIRAC , il a quitté Dakar en fin de matinée pour se rendre au CONGO BRAZZAVILLE , après un accueil délirant à Saint-Louis par les populations de cette ville autrefois capitale de l'AOF(Afrique Occidentale Française).
Il faut préciser que deux Ministres(Coopération et Agriculture)ont accompagné le Président CHIRAC lors de cette visite au Sénégal.
LES ORIENTATIONS CLES DE LA 1ERE EDITION DU FORUM DU "DAKARAGRICOLE"
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THEMATIQUE N.1
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Comment concevoir les modèles de développement agricole en prenant en compte les atouts et les contraintes des espaces en développement
THEMATIQUE N.2
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Comment rééquilibrer le cadre des disciplines internationales pour simultanément favoriser le développement des espaces émergeant et promouvoir les échanges internationaux .
A l'issue de ces deux journées de travaux six(06)orientations clés ont été retenues :
1.- La recherche et l'innovation
Organiser l'appropriation et la maîtrise du progrès scientifique et technologique par les acteurs du développement dans les pays du Sud , en facilitant en particulier l'accès à l'ensemble des brevets existants dans ce domaine .
2.- Le financement du développement agricole
Adapter les formes de soutien public et les services bancaires
3.- La gestion du foncier
Offrir aux agriculteurs un cadre stable et juste et juste à long terme
4.- Les agriculteurs face à leurs marchés
Trouver un équilibre entre l'approvisinnement du marché intérieur et la reconquête de parts de marché dans un système plus global et équilibré d'échanges internationaux
5.- Les règles du commerce agricole international
Donner une dimension concrète et pragmatique aux objectifs affichés par le cycle de DOHA en faveur du développement des pays du Sud
6.- La souveraineté alimentaire
Un concept global qui doit quitter le terrain de la rhétorique internationale pour devenir un impératif de responsabilité partagée.
Ces six(6)orientations clés constituent l'agenda des deux prochaines années qui devront conduire dans ce délai à des résultats concrets à présenter au "DAKARAGRICOLE" de 2007.
ETHIQUE , PRAGMATISME , DIALOGUE et INNOVATION deviennent le socle du
Sécrétariat Permanent de l'Ecole du "DAKARAGRICOLE".
SENEGAL /10 PAYS DE LA SOUS-REGION / COOPERATION / SEMINAIRE SUR LA GESTION ADMINISTRATIVE ET FINANCIERE DE MARCHE AU POISSON
Samedi 5 Fevrier 2005
La cérémonie de clôture du séminaire sur la gestion administrative et financière de marché au poisson organisé du 09 janvier au 04 février 2005 à Dakar par l'Agence japonaise de coopération internationale et sous l'égide du Ministère sénégalais de l'Economie Maritime , s'est achevé par la remise d'attestation aux participants venus de dix pays de la sous-région , la Côte d'Ivoire , le Bénin , le Togo , le Gabon , le Mali , le Cameroun , la Gambie , le Cap-Vert , la Mauritanie et le Sénégal.
Cette cérémonie à laquelle S.E.Madame Fatimata TANOE TOURE , Ambassadeur et les Représentants des divers pays sus-cités ,a été présidée par le Sécrétaire Général dudit Ministère , entouré par S.E.M.l'Ambassadeur du JAPON , du Représentant Résident de l'Agence japonaise de coopération internationale au Sénégal , de Madame DIOP Directeur de la pêche , du Représentant du Ministère des Affaires Etrangères et du Premier Ministre.
L'honneur est revenu à l'ivoirien M.DOGO Kobena Kouma de livrer à l'assistance le contenu du rapport de fin de stage et de prononcer l'allocution au nom des Séminaristes .
Le séminaire s'est déroulé autour de trois thèmes essentiels :
- La génèse de la construction , de l'infrastructure et de l'équipement d'un marché
- L'organisation administrative d'un marché
- La gestion financière d'un marché
Les marchés au poisson de KAOLACK et de CAYAR ont été les lieux visités par les séminaristes pour les cas pratiques.
SENEGAL / NEGOCIATIONS SUR LA PAIX EN CASAMANCE A FOUNDIOUNE
Mardi 1 Fevrier 2005
FOUNDIOUGNE (AFP)-Le gouvernement sénégalais et les ex-indépendantistes de Casamance ont entamé mardi à Foundiougne (centre ouest) des négociations pour appliquer un accord de paix qui a mis fin en décembre 2004 à 22 années de conflit.
Ces discussions doivent permettre une "cristallisation définitive de la paix" en Casamance, province du sud du pays, a déclaré le Premier ministre sénégalais Macky Sall.
Ces négociations entrent dans le cadre de l'accord général de paix signé le 30 décembre à Ziguinchor (sud) entre le gouvernement et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), destiné à mettre fin à un conflit qui a fait plusieurs centaines de morts depuis 1982.
Outre plusieurs membres du gouvernement et de la présidence, plusieurs responsables du MFDC, dont le chef du mouvement, l'abbé Augustin Diamacoune Senghor, ont assisté à la cérémonie.
Des concertations lancées à Foundiougne, "il ne doit résulter aucune ambiguïté (...). Cet instant solennel n'est point une négociation entre adversaires (mais) un dialogue naturel entre frères et soeurs tous préoccupés du destin heureux de la Casamance", a ajouté M. Sall devant la foule.
Dans cette foule où on entendait le rythme syncopé du djembé (tam-tam), figuraient des responsables de partis politiques sénégalais, des diplomates, des députés et élus locaux ainsi que des représentants d'organisations de la société civile.
Avant le Premier ministre sénégalais quatre intervenants ont pris la parole, appelant notamment les parties signataires de l'accord à "vaincre les démons de l'hostilité" et à oeuvrer pour "la paix en Casamance dans un Sénégal uni et prospère".
Le président du Collectif des cadres casamançais, l'architecte Pierre "Atépa" Goudiaby, a proposé une "discrimination positive" pour les Sénégalais originaires de la Casamance, région qui, selon lui, a "accusé 22 années de retard sur le plan du développement économique et social".
Il a indiqué qu'une enveloppe de 80 milliards de francs CFA (près de 122 millions d'euros) sera bientôt dégagée pour la reconstruction de la région, ajoutant qu'il en fallait beaucoup plus.
"Ce dont la Casamance a besoin (...), c'est d'une enveloppe décennale de 1.000 milliards" de FCFA (près de 1,53 milliard d'euros), a estimé M. Goudiaby.
Les négociations lancées à Foundiougne "vont être un processus qui va nécessiter une série de séances de travail, à des périodes différentes dans le futur", a de son côté déclaré Ansoumana Badji, responsable du MFDC qui s'est exprimé au nom de l'abbé Augustin Diamacoune Senghor et de l'ensemble du mouvement.
"Nous allons définir ensemble les modalités, les contours et les étapes d'un dialogue devant nous faire aboutir à une paix durable. Cependant, le MFDC souhaite que ce processus de négociation soit de courte durée, parce que la Casamance a envie de vite tourner la page du conflit, pour se construire et se remettre au travail", a ajouté M. Badji, en souhaitant qu'il en sorte "des résultats ayant l'assentiment de tous".
Après la cérémonie d'ouverture, plusieurs membres du gouvernement, du MFDC, des "facilitateurs" et des "observateurs" devaient se retrouver en séance plénière à l'Hôtel Foundiougne, où s'est déroulée la manifestation.
Aucune indication n'était disponible sur la composition précise de l'équipe de négociateurs et la durée de leurs discussions. Celles-ci se poursuivront dans un autre lieu, a indiqué un médiateur casamançais, sans autre précision.
Plusieurs manifestations, culturelles notamment, ont été organisées dans la ville en prélude à la cérémonie d'ouverture des négociations. Le Premier ministre a procédé à l'inauguration d'une "Esplanade de la paix", dans l'enceinte du lycée El Hadj
Mamadou Diouf de Foundiougne.