COTE D'IVOIRE / REPORT DE LA REUNION DES QUATRE LEADERS POLITIQUES A YAMOUSSOUKRO
Lundi 27 Fevrier 2006
Selon des indiscrétions, les Forces de défense et de Sécurité de côte d’Ivoire ont exigé depuis la veille (dimanche 26 février) d’assurer la sécurité de la réunion en raison de la présence du chef de l’Etat à cette rencontre jugée importante sur l’application des accords de paix.
Un avis contraire à celle des autres parties qui ont demandé que le conclave se tienne sous protection des forces impartiales de l’ONUCI et des forces françaises de l’Opération Licorne. Faute de compromis, la réunion qui avait été prévue à 15 heures locales ce lundi 27 février n’a pu se tenir.
Pourtant l’ancien Président Henri Konan Bédié, l’ex-premier ministre d’Houphouët Boigny Alassane Dramane Ouattara, et le Chef de l’Etat Laurent Gbagbo ainsi que le Premier Ministre Charles Konan Banny ont tous effectué le voyage de Yamoussoukro.
Le Chef de l’ex-rébellion Guillaume Soro a même dépêché son Chef d’Etat major Soumaïla Bakayoko et quelques éléments de sa grade rapprochée à Yamoussoukro pour préparer son arrivée. L’arrivée des leaders ivoiriens a été définitivement bloquée quand la garde du président Gbagbo a investi la Fondation Félix Houphouet Boigny pour la paix (lieu où devait se tenir la réunion) et tenté de déloger les forces impartiales pour imposer un périmètre de sécurité.
Le Premier Ministre qui avait devancé ses invités sur les lieux de la rencontre depuis 14 heures GMT est reparti de là, en colère aux environ de 16 heures et demi après avoir tenté en vain de trouver un compromis pour le tenue de la réunion.
La tension est restée vive sur les lieux. Au moins par deux fois les éléments de la garde du chef de l’Etat Laurent Gbagbo ont empêché d’abord des militaires français, à pied, d’approcher la salle où devait se tenir la réunion et en suite une colonne de chars et de véhicule Jeep appartenant à la même force d’avoir accès à la Fondation.
« Les forces impartiales ont mis en place, pour cette réunion, un dispositif de sécurité qui vise à contrer l’envoie de tout renfort de nos forces sur les lieux de la réunion en cas de dérapage. D’ailleurs nous les soupçonnons, de vouloir réserver au Président Gbagbo le même sort que celui de Samuel Doé au Libéria», a expliqué Mao, un personnel civile de la sécurité du Chef de l’Etat Laurent Gbagbo.
Le chef d’Etat Major des Forces Nouvelles, qui était venu en éclaireur avec quelques éléments de la garde rapprochée du ministre d’Etat guillaume Soro, est reparti escorté par l’ONUCI et la Licorne sans faire de déclaration.
A l’initiative du Premier Ministre de transition Charles Konan Banny, Une réunion a été convenue entre les principaux acteurs de la sortie de crise en Côte d’Ivoire pour étudier les possibilités de faire avancer le processus de paix.
COTE D'IVOIRE / RENCONTRE DES QUATRE LEADERS POLITIQUES A YAMOUISSOUKRO
Lundi 27 Fevrier 2006
Lundi, le Président Laurent Gbagbo, le président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, le président du RDR, Alassane Ouattara, le Secrétaire général du mouvement rebelle (les Forces nouvelles), Guillaume Soro, signataires de l’accord de Pretoria se retrouveront lundi à Yamoussoukro, avec le Premier ministre Charles Konan Banny, pour renouer le dialogue politique; dans l’impasse depuis l’échec du chronogramme de désarmement adopté par les forces en présence en août 2005.
Selon nos sources, cette première rencontre au haut niveau en terre ivoirienne, depuis le déclenchement de la guerre, le 19 septembre 2002, est une initiative du successeur de Seydou Diarra, signataire, comme le Président sud-africain, Thabo Mbeki, de l’accord obtenu le 6 avril à Pretoria; et revisité les 28 et 29 juin 2005.
Outre le contact qui sera renoué, l’objectif assigné à cette rencontre est de faire le point de l’avancement de la mise en œuvre du processus de paix relancé par la résolution 1633 adopté le 21 octobre 2005 par le Conseil de sécurité de l’ONU; et qui est articulé autour de quatre points fondamentaux: désarmement, redéploiement de l’administration, identification, élections. Il s’agira aussi, pour le Président de la République et ses principaux opposants, de trouver des solutions adaptées à l’évolution de la situation en vue de surmonter les points d’achoppement et faire avancer le processus de sortie de crise; dont le terme a été fixé par la résolution 1633 au 31 octobre 2006, avec l’organisation de l’élection présidentielle.
Si l’agenda précis et validé de cette rencontre n’est pas encore connu (un communiqué des services de la Primature devrait l’expliciter aujourd’hui), il n’est pas à douter que les questions du désarmement qui traîne en longueur, de la Commission électorale et indépendante (CEI) en conflit et de l’Assemblée nationale qui est boycottée par les députés du Rassemblement des houphouétistes (opposition politique à Gbagbo), seront mis sur la table. “Je veux être le catalyseur de la confiance entre les Ivoiriens (…) Je ne suis pas venu pour dire qui a tort ou qui a raison, je veux être un arbitre”, ne cesse de proclamer Charles Konan Banny, dont le n°2 n’a pas participé à aucun des Conseils des ministres organisés depuis la formation du gouvernement, le 28 janvier 2005.
C’est certainement dans cette posture “d’arbitre” que le Premier ministre sera au cours de cette rencontre, qui pourrait, au mieux, s’achever lundi soir ou dans la mi-journée du mardi.
Les différentes délégations sont attendues à partir de demain après-midi, à Yamoussoukro. Le seul fait que cette rencontre en terre ivoirienne se tienne effectivement, sera un succès certain pour Charles Banny dans sa quête de confiance et de cohésion; toutes choses altérées après les fausses notes du GTI et les événements des 16-19 janvier dernier.
Depuis ces soubresauts, Banny multiplie les initiatives, dont une visite dans le fief des rebelles à Bouaké (3-4 février) et un séminaire gouvernemental regroupant toute son équipe à Yamoussoukro (9-11 février) pour s’approprier “sa” feuille de route.
L’obtention de résultats probants au cours de ce conclave ivoirien, ainsi que la pose d’actes concrets (un chronogramme précis du désarmement, notamment) dans les jours et semaines à venir, pourraient donner au Premier ministre du répit et une certaine marge de manœuvre dans la réalisation de sa feuille de route.
Auteur: Michèle PEPE
COTE D'IVOIRE / RENCONTRE DES LEADERS POLITIQUES , GBAGBO , OUATTARA , BEDIE , SORO A YAMOUSSOUKRO
Samedi 25 Fevrier 2006
Le Président de la République, le Premier ministre, les présidents du PDCI-RDA, du RDR et le S. G du mouvement rebelle se retrouveront lundi à Yamoussoukro. Lundi, le Président Laurent Gbagbo, le président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, le président du RDR, Alassane Ouattara, le Secrétaire général du mouvement rebelle (les Forces nouvelles), Guillaume Soro, signataires de l’accord de Pretoria se retrouveront lundi à Yamoussoukro, avec le Premier ministre Charles Konan Banny, pour renouer le dialogue politique; dans l’impasse depuis l’échec du chronogramme de désarmement adopté par les forces en présence en août 2005. Selon nos sources, cette première rencontre au haut niveau en terre ivoirienne, depuis le déclenchement de la guerre, le 19 septembre 2002, est une initiative du successeur de Seydou Diarra, signataire, comme le Président sud-africain, Thabo Mbeki, de l’accord obtenu le 6 avril à Pretoria; et revisité les 28 et 29 juin 2005.
Outre le contact qui sera renoué, l’objectif assigné à cette rencontre est de faire le point de l’avancement de la mise en œuvre du processus de paix relancé par la résolution 1633 adopté le 21 octobre 2005 par le Conseil de sécurité de l’ONU; et qui est articulé autour de quatre points fondamentaux: désarmement, redéploiement de l’administration, identification, élections.
Il s’agira aussi, pour le Président de la République et ses principaux opposants, de trouver des solutions adaptées à l’évolution de la situation en vue de surmonter les points d’achoppement et faire avancer le processus de sortie de crise; dont le terme a été fixé par la résolution 1633 au 31 octobre 2006, avec l’organisation de l’élection présidentielle.
Si l’agenda précis et validé de cette rencontre n’est pas encore connu (un communiqué des services de la Primature devrait l’expliciter aujourd’hui), il n’est pas à douter que les questions du désarmement qui traîne en longueur, de la Commission électorale et indépendante (CEI) en conflit et de l’Assemblée nationale qui est boycottée par les députés du Rassemblement des houphouétistes (opposition politique à Gbagbo), seront mis sur la table.
“Je veux être le catalyseur de la confiance entre les Ivoiriens (…) Je ne suis pas venu pour dire qui a tort ou qui a raison, je veux être un arbitre”, ne cesse de proclamer Charles Konan Banny, dont le n°2 n’a pas participé à aucun des Conseils des ministres organisés depuis la formation du gouvernement, le 28 janvier 2005.
C’est certainement dans cette posture “d’arbitre” que le Premier ministre sera au cours de cette rencontre, qui pourrait, au mieux, s’achever lundi soir ou dans la mi-journée du mardi. Les différentes délégations sont attendues à partir de demain après-midi, à Yamoussoukro. Le seul fait que cette rencontre en terre ivoirienne se tienne effectivement, sera un succès certain pour Charles Banny dans sa quête de confiance et de cohésion; toutes choses altérées après les fausses notes du GTI et les événements des 16-19 janvier dernier. Depuis ces soubresauts, Banny multiplie les initiatives, dont une visite dans le fief des rebelles à Bouaké (3-4 février) et un séminaire gouvernemental regroupant toute son équipe à Yamoussoukro (9-11 février) pour s’approprier “sa” feuille de route.
L’obtention de résultats probants au cours de ce conclave ivoirien, ainsi que la pose d’actes concrets (un chronogramme précis du désarmement, notamment) dans les jours et semaines à venir, pourraient donner au Premier ministre du répit et une certaine marge de manœuvre dans la réalisation de sa feuille de route.
Source "Ivorian.net"
SENEGAL / 11EME SESSION DU CONSEIL DES MINISTRES DE CIPRES
Jeudi 23 Fevrier 2006
Les Ministres en charge de la sécurité sociale de la sous-région se sont réunis à DAKAR en vue de se concerter sur les voies et moyens d'améliorer les conditions sociales des populations affiliées à leurs organisations .
La Côte d'Ivoire a été représentée à cette rencontre par une forte délégation conduite par Madame Jeanne PEUHMOND , Ministre de la Femme et de la Solidarité et comprenant S.E.Madame Fatimata TANOE TOURE , Ambassadeur , M.NDOUMI Bernard , Directeur Général de la CNPS ainsi que leurs collaborateurs.
COOPERATION IVOIRO-SENEGALAISE / S.E.CHEICK TIDIANE GADIO MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES EN MISSION A ABIDJAN
Mercredi 22 Fevrier 2006
La diplomatie sénégalaise s’est remise en marche. Hier, son ministre des Affaires étrangères a été reçu par les autorités ivoiriennes.
Le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Tidiane Gadio, a été reçu, hier, au Plateau par le chef de l’Etat et le Premier ministre Charles Konan Banny. A sa sortie d’audience avec Gbagbo Laurent, l’homme fort de la diplomatie sénégalaise, a rappelé l’engagement de son pays dans la résolution des crises en Afrique, particulièrement en Côte d’Ivoire. «Au Sénégal, nous militons pour la paix en Côte d’Ivoire, a-t-il rassuré.» C’est pourquoi, il n’a pas hésité à se rendre dès les premières heures de la guerre, à Bouaké, le fief des rebelles, «dans les moments où il n’était pas facile pour beaucoup» de s’y rendre. D’ailleurs, a-t-il révélé, le président Abdoulaye Wade n’a jamais reçu une personnalité politique ivoirienne sans prendre «des précautions pour consulter le président Gbagbo, pour lui demander» son autorisation. «On ne nous prendra jamais à défaut sur la question de notre engagement pour contribuer à ramener la paix dans ce pays que nous aimons tous», a-t-il ajouté.
Le Sénégal, dans sa politique de recherche de la paix, après d’autres foyers de tension, vient d’envoyer des hommes au Darfour (Soudan) pour épauler les forces impartiales internationales, a-t-il annoncé.
Tidiane Gadio, au-delà de la crise ivoirienne, a échangé avec son hôte sur le développement de la sous-région. Le diplomate estime qu’il est impérieux pour les Africains de mettre ensemble leurs «ressources (économique et humaine) pour le développement, pour aller de l’avant très rapidement sur la consolidation» de la sous-région.
Après son entretien avec le Chef de l’Etat, il s’est rendu directement à la primature. Avec Banny, Tidiane Gadio, a confié qu’ils discuteront de questions techniques qui ne nécessitent pas de déclaration.
Kossou Jean-Marc
COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DE LA QUATRIEME MINISTERIELLE DU GROUPE DE TRAVAIL INTERNATIONAL DU 17 FEVRIER 2006
Dimanche 19 Fevrier 2006
1. La 4eme réunion ministérielle du Groupe de Travail International (GTI) s’est tenue à Abidjan le 17 février 2006, sous la co-présidence de S.E.M. Rodolphe Adada, Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères et de la Francophonie du Congo, et de M. Pierre Schori, Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Etaient présents les Ministres de la France, du Ghana, de la Guinée, du Niger, du Nigeria, de la République sud-africaine, ainsi que le Secrétaire général adjoint chargé des affaires humanitaires, le Haut Représentant des Nations Unies pour les Elections en Côte d’Ivoire, le Secrétaire Exécutif de la CEDEAO, et les Représentants des Etats-Unis d’Amérique, du Bénin, du Royaume-Uni, de l’Union africaine, de l’Union européenne, de l’Organisation Internationale de la Francophonie et de la Banque Mondiale.
2. Le Premier Ministre a exposé au groupe les conclusions du séminaire organisé par le Gouvernement à Yamoussoukro du 9 au 11 février 2006, ainsi que les mesures qu’il entend prendre pour assurer le démarrage sans délai de la mise en œuvre effective de la feuille de route, en particulier en ce qui concerne le désarmement et l’identification. Le groupe félicite le Premier ministre d’avoir pris l’initiative de ce séminaire et des conclusions auxquelles il a abouti. Le groupe salue l’esprit d’ouverture du Premier Ministre qui privilégie le dialogue avec tous les acteurs de la scène politique ivoirienne. A cet égard, il se félicite de la collaboration entre le chef de l’Etat et le Premier Ministre.
3. Le Groupe demande à toutes les parties ivoiriennes d’engager sans délai les opérations de désarmement et du processus d’identification de la population.
4.Dans le souci de créer un climat politique et social susceptible de permettre des avancées significatives dans l’application de la feuille de route, le groupe exhorte toutes les parties ivoiriennes, en particulier les media qui, par leurs appels répétés à la haine, constituent une entrave au processus de paix et de réconciliation, à s’abstenir de tels actes.
5. Les parties doivent s’engager à respecter strictement l’interdiction de manifestations publiques telle que stipulée dans le décret présidentiel en date du 12 janvier 2006. Les parties doivent également s’engager à amener leurs partisans à s’abstenir de toute déclaration ou de tout acte susceptible d’attiser les tensions politiques et sociales.
6. Le Groupe condamne avec force les récentes violences y compris contre le personnel et les biens des Nations unies et des organisations humanitaires notamment dans l’ouest du pays. Il déplore les pertes en vies humaines.
Il rappelle aux autorités ivoiriennes leur obligation d’assurer la sécurité des personnes et des biens conformément aux normes et conventions internationales auxquelles le Gouvernement ivoirien a souscrit. A cet égard le groupe rappelle la déclaration du Secrétaire général des Nations Unies en date du 1er février 2006 et exhorte les autorités de l’Etat à veiller scrupuleusement au respect des principes régissant les activités des agences humanitaires en vue de faciliter leur retour et leur travail d’assistance et de protection des populations en détresse. 11.
7. Le Groupe réitère que quiconque s’oppose au bon déroulement du processus de paix et de réconciliation s’expose a des sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies.
8. S’agissant de l’Assemblée Nationale, le groupe rappelle la déclaration du Secrétaire Général des Nations Unies en date du 29 janvier 2006 soulignant la nécessité d’éviter toute action unilatérale, rappelant que les parties doivent respecter strictement toutes les dispositions de la résolution 1633 du Conseil de sécurité et soulignant l’importance des décisions de l’Union africaine. Le Groupe a noté que le Secrétaire général a l’intention de rester en contact avec les parties concernées afin d’obtenir la mise en œuvre de la résolution 1633 et des décisions du groupe de travail international.
9. Le Groupe souligne l’impérieuse nécessité de renforcer la sécurité du personnel et des installations de la radio-télévision ivoirienne (RTI) afin d’assurer son indépendance et de garantir l’accès libre et équitable à toutes les parties et sensibilités Ivoiriennes. A cet égard, le groupe prie le Premier Ministre de prendre les dispositions sécuritaires appropriées pour permettre à la RTI de remplir ses missions.
10. Le Groupe note les larges consultations menées par le Haut Représentant pour les Elections avec les parties signataires des accords de paix, notamment l’Accord de Pretoria. Il endosse l’arbitrage du Haut Représentant pour les Elections qui figure dans son communiqué du 16 février 2006 et selon lequel l’élection du bureau de la C.E.I. est conforme à la lettre de l’accord de Pretoria. Le GTI endosse également la recommandation du Haut représentant pour les élections d’inviter le chef de l’Etat, le Premier Ministre et les partis politiques à arriver le plus tôt possible à une entente politique pour assurer le fonctionnement effectif de la C.E.I. avant le début du mois de mars.
11. Le groupe lance un appel à toutes les parties ivoiriennes pour qu’elles coopèrent étroitement avec lui en vue de faciliter la mise en œuvre du processus de paix et pour qu’elles renoncent à la violence et privilégient le dialogue et la concertation pour régler tout différend.
12. Le Groupe tiendra sa prochaine réunion le 17 mars 2006 en Côte d’Ivoire.
COTE D'IVOIRE / CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 15 FEVRIER 2006
Jeudi 16 Fevrier 2006
Un Conseil des Ministres s’est tenu ce Mercredi 15 Février 2006 au Palais de la Présidence, de 11 heures à 13 heures sous la présidence du Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO.
Le Président a tenu avant l’ouverture de la séance à féliciter le Ministre de la Jeunesse, de l’Education Civique et des Sports pour le brillant comportement de nos athlètes au Caire.
Pour le Président de la République, ce fut une campagne exemplaire commencée timidement mais terminée brillamment. Il a demandé au Ministre de transmettre les félicitations du gouvernement à la FIF, à l’encadrement technique et aux joueurs.
Abordant son ordre du jour, le Conseil a examiné un projet de décret ainsi que plusieurs communications.
DECRET
Ministère de la Culture et de la Francophonie
Sur présentation du Ministre en charge de ce département, le Président de la République a signé un décret portant organisation de ce Ministère.
COMMUNICATIONS
Primature
Séminaire gouvernemental sur la feuille de route
Une communication verbale du Premier Ministre faisant le point des conclusions et recommandations du séminaire gouvernemental sur la feuille de route qui s’est tenu du 09 au 11 Février 2006 à Yamoussoukro.
Ce séminaire a connu la participation de tous les Ministres (y compris le Ministre d’Etat, SORO Guillaume), des FDS et FAFN, des représentants de la Communauté Internationale ainsi que de nos partenaires au développement.
Volet DDR
Le séminaire a retenu que des acquis notables existent. Des accords politiques et militaires existent. Les conditions techniques et matérielles sont largement remplies (sites réhabilités…). Il est apparu que dans ces conditions, le processus DDR pouvait reprendre dans les meilleurs délais. A cet effet, il sera procédé à la restructuration du CNDDR en vue de permettre une meilleure implication des Ministères techniques concernés par l’opération. Sous l’autorité du Premier Ministre, le Ministre de la Défense sera particulièrement responsabilisé dans la gestion de cet important volet du processus de sortie de crise. Ce dernier a par ailleurs été instruit en vue de convoquer avant la fin de cette semaine une réunion des Etats Majors des Forces impliquées dans le DDR en vue de renouer le dialogue, d’évaluer la situation, de manière à engager sans tarder la mise en œuvre de la feuille de route en ce qui concerne ce volet.
Par ailleurs, le DDR comportant un important volet « réinsertion des ex-combattants », qui implique plusieurs ministères techniques, les Ministres d’Etat en charge de la Reconstruction et de la réinsertion et les Ministres d’Etat en charge de la Planification sont appelés à conduire la réflexion et l’action en vue d’une parfaite réussite de ce volet, condition d’une paix durable pour notre pays.
Volet Redéploiement
de l’Administration
Il a été retenu d’engager une restructuration du CNPRA pour favoriser une plus grande implication des ministères concernés et surtout des collectivités territoriales. Les actions dans ce domaine seront menées sous l’autorité du Premier Ministre. Le Ministre de la Fonction Publique, de l’Emploi et de la Réforme Administrative assurera la maîtrise d’œuvre.
En vue d’organiser le démarrage de l’opération de redéploiement dans les délais les meilleurs comme recommandé par le séminaire, une rencontre avec le CNPRA sera organisée au cours de cette semaine, à l’effet d’examiner les conditions à créer et tout particulièrement la question de la sécurité des fonctionnaires et agents de l’Etat à redéployer.
Volet Identification – Election
Le Premier Ministre a rappelé la nécessité d’organiser les élections dans les délais prescrits.
A cet effet, il sera mis sur pied un groupe de travail sur l’identification des populations et le recensement électoral. Ce groupe qui travaillera sous l’autorité du Premier Ministre, comprendra outre les ministères techniques concernés, les structures techniques que sont l’ONI, le CNSI et l’INS, le Ministre des Infrastructures.
Ce groupe de travail est chargé de proposer au gouvernement dans les 10 jours, une solution technique devant permettre de réaliser dans les délais prescrits aussi bien l’identification des populations que le recensement électoral.
D’autres mesures ont été envisagées dans le cadre des recommandations notamment la mise en place d’un comité de coordination en matière de cohésion sociale, d’un comité d’appui à la mobilisation du financement de la feuille de route chargé d’identifier et mobiliser les ressources d’origine interne et externe nécessaires au financement du programme de sortie de crise. Tous ces comités sont placés sous l’autorité du Premier Ministre.
Par ailleurs, un forum économique sera organisé au mois de Mars qui associera les opérateurs économiques ainsi que les partenaires extérieurs, dans le cadre de la reconstruction du pays.
Le Premier Ministre a jugé positif le séminaire gouvernemental qui a permis aux membres du gouvernement de s’approprier la feuille de route mais qui a également mis en exergue les problèmes à résoudre. Il a appelé tous les membres du gouvernement à se mettre au travail dès maintenant de manière à tenir les délais fixés. Le Premier Ministre a ajouté que la feuille de route peut être réalisée, dans les délais, à condition toutefois que l’atmosphère politique soit apaisée. A cet effet, il a proposé une rencontre des leaders politiques et des leaders d’opinion en vue de leur réengagement à l’égard des accords et du processus de paix. Il a appelé tous les ivoiriens et les médias à contribuer à la décrispation de l’environnement politique.
Le Président de la République a félicité le Premier Ministre et son gouvernement pour l’organisation et les recommandations de ce séminaire. Il a tenu à souligner que le succès du gouvernement et la mise en oeuvre de la feuille de route restent liés à la mise en œuvre effective du PN-DDR qui constitue la clé de tout le processus de sortie de crise, et qu’il y a lieu d’agir rapidement pour y parvenir.
Le Premier Ministre a indiqué qu’il était conscient de ce fait et a rassurer le Chef de l’Etat sur son engagement à tout mettre en œuvre afin que le désarmement se fasse rapidement. Il a invité les ivoiriens à créer par leur comportement et leurs discours un environnement propice à la réussite totale du processus de désarmement.
Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme
Le Conseil des Ministres a été informé des difficultés que connaît l’OHADA organisation dont nous sommes membres, en rapport avec la désignation du Président de la Cour Commune d’Arbitrage en remplacement du 1er Président sortant. Cette crise met en relief les contradictions entre le traité de base et les arrangements de N’DJAMENA qui ont procédé à une répartition des institutions et des postes entre les Etats parties au traité au moment de sa signature. Le Conseil a préconisé de faire appel aux Chefs d’Etats en vue de rechercher une solution conforme à l’esprit des arrangements.
Ministère de la Réconciliation Nationale et des Relations avec les Institutions
Un compte rendu de la mission d’information, de compassion et de sensibilisation effectuée à Tabou du 1er au 03 Février 2006 par le Ministre en charge de la Réconciliation Nationale suite aux attaques ayant occasionné la mort de 13 paysans dans cette zone. La mission a relevé l’urgence de sécuriser la zone en urgence.
Mais au délà, s’agissant des problèmes fonciers à la base des litiges récurrents, le gouvernement se propose d’organiser rapidement une réunion spéciale sur la mise en application de la loi de 1998 relative au régime foncier (3 millions d’habitants avec 16 millions hectares en 1960 ; 1990-2000 17 millions pour 2 millions hectares de forêts), afin que des solutions durables et équitables soient recherchées.
Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique en liaison avec le Ministère de la Production Animale et des Ressources Halieutiques
l’Afrique a été épargné jusqu’à ce jour de la grippe aviaire, maladie provoquée par un groupe de virus affectant principalement les oiseaux. Ces virus (H5 N1) peuvent exceptionnellement infecter l’homme chez qui elle peut être mortelle.
Mais depuis le 08 Février 2006, des cas de grippe aviaire sont signalés au Nigeria. A ce jour, aucun cas humain ni aviaire n’a été notifié en Côte d’Ivoire.
Cependant, le risque reste élevé pour notre pays étant donné les échanges, les mouvements de populations et la présence d’oiseaux migrateurs dans notre pays.
Des mesures ont déjà été prises en vue de préparer la réponse du gouvernement contre une éventuelle apparition du virus en Côte d’Ivoire. C’est le lieu d’indiquer que l’OMS a organisé une réponse internationale pour lutter contre ce virus. La réponse nationale s’inscrira dans cette action. Le gouvernement demande aux populations de garder leur sérénité. Un communiqué officiel sera fait incessamment pour rendre publiques les dispositions et mesures appropriées prises ou à prendre en urgence en vue de prévenir ou d’enrayer l’apparition du virus dans notre pays.
Ministère de l’Education Nationale
Une communication saisissant le Conseil des Ministres des mesures envisagées en vue de la restauration de l’école dans la zone sous contrôle des FN, école en crise depuis le déclenchement de la guerre. Le plan proposé permettra d’engager la rentrée scolaire le 1er Mars 2006 et d’organiser les examens des années scolaires 2003/2004 et 2004/2005 selon un programme s’étalant du 23 Février au 29 Mars 2006. La mise en œuvre de ces dispositions permettront de sauver l’année scolaire 2005/2006 et d’envisager une rentrée unique pour l’année scolaire 2006/2007.
Après délibération, le Conseil a adopté les conclusions de toutes ces communications.
Le Ministre de la Fonction Publique,
de l’Emploi et de la Réforme Administrative,
Porte-parole du Gouvernement
Prof. OULAYE Hubert
SENEGAL / S.E.MAITRE WADE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE S'EXPRIME SUR L'AFFAIRE IDRISSA SECK
Dimanche 12 Fevrier 2006
De retour de Malabo, Wade avertit Idrissa Seck...
«Sur quatre affaires, Idy a un non-lieu sur deux, mais sur deux autres, la justice est encore saisie.'
«Le retour de Idrissa Seck au Pds n'est pas d'actualité selon le président Wade», il l'a déclaré mercredi soir à Dakar, à son retour d'un voyage en Guinée Equatoriale. Le président Wade s'est donc prononcé sur la libération de son ancien Premier ministre. Il a ainsi tenu rappeller qu'Idy n'est pas entièrement libre comme le laisse entendre une partie de l'opinion. Il a par ailleurs lancé un avertissement à l'ex-Pm et le mouvement Msis «qui n'est pas un parti politique...»
"Le procureur de la République, c'est l'Etat"
«Même si elle est en justice, le gouvernement a une possibilité d'agir sur cette affaire. De la manière suivante : la justice, c'est deux choses, il y a l'accusation et le juge. L'accusation, c'est nous. C'est le procureur de la République qui dépend du ministère de la justice. Donc, quand le procureur de la République, le ministre de la Justice poursuit quelqu'un, il ne faut pas dire qu'on intervient dans les affaires de la justice. Non ! A partir de- là, le procureur de la République, dans un procès, dans une affaire qui est soumise au juge d'instruction, mais le procureur, il peut dire : je poursuis, je ne poursuis plus. Parce que les poursuites sont du ressort du procureur, c'est le prolongement de l'Etat, du gouvernement. Il faut le comprendre ça ! Quand on parle de l'indépendance de la magistrature, l'interprétation la plus acceptée, il s'agit de la magistrature assise, c'est-à-dire de ceux qui rendent les jugements. Ceux-là, nous n'intervenons jamais à leurs côtés, jamais ! D'ailleurs, je crois qu'il faut qu'un gouvernement soit très influent pour intervenir à côté d'un juge qu'on appelle juge de siège. Et s'il sort de là en disant que le Premier ministre ou le président de la République m'ont demandé, qu'est ce que vous allez répondre aux gens. Jamais on ne le fait. Mais nous avons le procureur de la République qui est parti au procès, qui dit j'accuse, voilà des preuves etc., qui est interrogé par le juge, qui donne ses preuves devant le juge. Quand il pense qu'il n' y a pas assez de preuves, il dit bon, «c'est moi qui est poursuivi, il n'y a pas assez de preuves, je retire ma plainte». C'est ça qui s'est passé dans le cas de Idrissa. Le procureur l'a poursuivi en disant que les faits semblent montrés qu'il a tenté de déstabiliser le pouvoir de manière illégale etc. Maintenant, les gens ont fait une enquête, nous nous sommes aperçus que nous n'avons pas suffisamment de preuves, on abandonne l'accusation. Le juge a donc décidé un non-lieu».
Commission rogatoire
"Dans le domaine de l'affaire des comptes, quand l'enquête a montré qu'il s'agit de fonds politiques, les fonds politiques ne sont pas des deniers publics de l'Etat. C'est ce que le juge a dit après son enquête. Il n'est pas compétent pour ça. Maintenant, le juge a dit pour ce qui est de la première procédure, il y avait quatre chefs d'inculpation, l'enrichissement illicite, il y a une commission rogatoire en France et aux Etats-Unis je crois pour montrer qu'il a caché de l'argent. Mais ça, il faut attendre les résultats avant de se prononcer. Or, à ma connaissance, le juge n'a pas encore reçu le retour de la commission rogatoire".
Chantiers de Thiès
"Maintenant, s'agissant des chantiers de Thiès, le juge a dit que la responsabilité éventuelle de Idrissa est liée à celle de Bara Tall. Bara Tall n'est pas encore jugé, donc en attendant, il fait une levée du mandat de dépôt. Cela veut dire que sur quatre affaires, Idrissa Seck a un non-lieu sur deux affaires, mais sur deux autres affaires, la justice est encore saisie."
Retour au Pds
"Je fais ce grand détour, pour vous dire que, on l'avait exclu à cause de ça, en fait c'était un des éléments. Il n'y a pas de jugement définitif prouvant son innocence, donc aujourd'hui il n'a pas demandé à revenir au parti. Mais, je voudrais vous dire que c'est une question qui n'est pas à l'ordre du jour. Nous au Pds aujourd'hui, on va parler d'autre chose que du retour de Idrissa dans le parti. Parce qu'il est sous la main de justice, quand il aura réglé définitivement ses problèmes avec la justice, quand il aura un certificat pour dire qu'il n'est plus poursuivi, à ce moment là seulement s'il le désire, il peut demander à revenir. Mais à ce moment-là, c'est le comité directeur qui statuera. Donc, pour nous, ce n'est pas une question à l'ordre du jour. Parce qu'il a une liberté provisoire, point final."
«Idrissa Seck peut créer son parti..., quand il sera totalement libre»
"Je voudrais dire que, quand il sera totalement libéré, si cela arrive, s'il ne revient pas au Pds, il peut créer son parti. Il peut parfaitement créer son parti. Nous, on ne s'y oppose pas, mais après. Il est évident qu'on ne peut pas être en prison, poursuivi pour détournement de deniers publics et dire qu'on crée un parti politique. Non, ça ce n'est pas possible. Alors, nous le gouvernement, nous ne pouvons pas accepter cela. Nous tolérons, encore que la loi ne l'accepte pas, ce mouvement M-Sis, qui se comporte comme un parti politique parce que ça ne nous dérange pas. Maintenant qu'il est libre, il faudra qu'il opte dans l'optique de créer un parti plus tard si jamais il est libéré, mais pas de continuer à se comporter comme s'il avait un parti politique. Je voudrais que les choses soient très claires».
Jeudi 09 Février 2006
A. Diallo et Rewmi.com
SENEGAL / AFFAIRE IDRISSA SECK ANCIEN PREMIER MINISTRE / CHRONOLOGIE
Dimanche 12 Fevrier 2006
13 juillet : Près de quinze mois après l'avoir limogé, le «père» Wade lâche en effet le «fils» Seck, à l'occasion d'un meeting de ralliement de quelques milliers de militants ex-socialistes venus de Thiès, son fief. Il l'accuse d'avoir effectué dans cette ville des travaux pour un coût dépassant le montant qu'il avait autorisé: 46 milliards de francs CFA, au lieu de 25 (plus de 70 millions d'euros au lieu de 38). «Vous dites à quelqu'un de prendre de l'argent et de vous acheter telle chose pour 2 000 francs à la boutique. Il revient vous dire qu'il a pris 10 000 francs, vous êtes en droit de lui demander ce qu'il a fait des 8 000 francs. Voilà tout ce qu'il y a entre Idrissa Seck et moi», explique Abdoulaye Wade, en précisant que le dossier a été transmis à la justice. Un dossier que la presse intitule «l'affaire des chantiers de Thiès» et qu' Idrissa Seck affirme vide, en assurant d'un ton calme: «Pas un seul centime de détourné ne pourra m'être reproché».
14 juillet 2005 : Idrissa Seck - qui ne s'était pas publiquement exprimé depuis son limogeage de son poste de Premier ministre en avril 2004 - parle. Il parle longuement et évoque de nombreux sujets, en particulier de ses relations avec Wade. «Ce qui reste de nos relations, c'est ce qui reste entre le secrétaire général d'un parti et un militant responsable du même parti (...), le souvenir qu'après avoir fait de moi le numéro 2 du PDS, il m'a promu, à la faveur de la dualité, deuxième numéro 1 de ce parti», déclare-t-il, lors de la rencontre avec la presse organisée à son domicile, dans le quartier résidentiel du Point E, à Dakar. Samedi matin, celle-ci faisait l'objet d'une perquisition. Mais depuis plusieurs mois, il n'y a plus d'amour entre Seck et Wade. Reste la reconnaissance éternelle due par l'élève au maître, le cadet à l'aîné. «Cet homme a joué un rôle décisif dans ma formation, je lui rends un grand hommage pour cet apport. J'ai été dans son voisinage pendant plus de trente ans, de manière ininterrompue», explique l'ex-Premier ministre, «Idy», actuel maire de sa ville natale, Thiès (à 70 kilomètres à l'est de Dakar), pomme de la discorde financière invoquée par le président Wade.
15 juillet : Lorsqu'il a été convoqué par la police, l'ancien Premier ministre devait en effet être interrogé sur l'affaire des chantiers de sa ville de Thiès, à la suite d'un rapport de l'Inspection générale d'Etat transmis à la justice qui l'accusait de dépassements frauduleux.
16 juillet : Mais dès le lendemain, on apprenait qu'il était en réalité gardé à vue pour atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale, avant d'être inculpé et écroué à la prison centrale de Dakar, huit jours plus tard. Et c'est seulement début août qu'est intervenu le vote de mise en accusation par le Parlement dans l'affaire principale qui relève d'une Haute Cour de justice
22 juillet : Le premier Cd de Idrissa Seck sort. Il révèle que Wade s'est préoccupé aux premières heures de l'alternance à dire « nos soucis d'argent sont terminés ». Dans ce CD, diffusé par les radios dakaroises, Idrissa Seck révèle entre les lignes que le véritable problème qui l'oppose à Wade est une question d'argent avec au centre son fils, Karim Wade. « Les grands bandits ont un code d'honneur, ils ne se disputent qu'à l'heure du butin », dit Wade repris par Idrissa Seck
23 juillet : Dès le lendemain Idrissa Seck est convoqué par la doyenne des juges, enfermé dans cave pendant plus d'une heure, son inculpation lui sera notifié par Seynabou Ndiaye Diakhaté. Peu avant 16 heures, il peut rejoindre Reubeuss. Idrissa Seck est arrêté en compagnie de l'industriel Hassane Farès, de son épouse Sandrine Farès, du journaliste Ndary Guèye.
3 août : L'Assemblée nationale a voté une résolution permettant de faire comparaître devant la HCJ Idrissa Seck, par ailleurs maire de Thiès, qui est accusé par le pouvoir d'avoir dépassé de plusieurs milliards de FCFA (plusieurs millions d'euros) le montant autorisé pour les travaux dans sa ville pendant son mandat de Premier ministre (novembre 2002 et avril 2004). Suite à un amendement de la majorité parlementaire, l'acte de mise en accusation a été étendu à Salif Bâ, qui était encore ministre.
7 août : Salif Bâ démissionne du gouvernement.
10 août : Idrissa Seck comparait devant la commission d'instruction de la Haute cour de justice (Hcj), qui l'avait entendu avant de l'inculper dans le cadre de «l'affaire des chantiers de Thiès».
22 août : L'ex-ministre du Patrimoine bâti, de l'Habitat et de la Construction rejoint en prison à Dakar l'ex-Premier ministre Idrissa Seck, avec qui il a été mis en accusation pour malversations financières. Salif Bâ a été entendu par une commission de la Haute cour de justice (HCJ), institution habilitée à juger les membres et chefs de gouvernement au Sénégal. Il a été inculpé et placé sous mandat de dépôt. Une mesure à laquelle il s'était «préparé» en démissionnant du gouvernement, affirment ses proches et ses avocats qui clament son innocence.
09 septembre : Abdoulaye Diop n'a pas été mis en accusation dans l'affaire dite des «chantiers de Thiès», du nom du dossier ayant valu à l'ex-Premier ministre Idrissa Seck et l'ex-ministre de l'Habitat Salif Bâ d'être inculpés. Mais il a été entendu comme «témoin» par une commission de la Haute cour de justice.
14 septembre : Mbaye Coulibaly est informaticien de l'ex-Premier ministre, l'inspectrice Coumba Ngouye Thiam a été chef de service au ministère de la Famille. Ils avaient été mis en garde à vue la semaine d'avant, comme l'avaient été Awa Guèye Kébé et Opa Ndiaye, deux anciens ministres réputés proches d'Idrissa Seck. Les ex-ministres ont été remis en liberté le week-end passé, tandis que Mbaye Coulibaly et Coumba Ngouye Thiam ont été inculpés de «complicité d'atteinte à la sûreté de l'Etat», puis placés sous mandat de dépôt.
20 septembre : C'est dans les colonnes du journal Walfadjri que la chef de mission de l'Inspection générale de l'Etat, Nafi Ngom Kéita, a fait de nouvelles révélations laissant entendre que le vrai rapport n'est pas encore publié. Et pourtant c'est sur la foi d'un dossier qu'un juge d'instruction a pu mettre sous les verrous, un ancien Premier ministre et maire de la ville de Thiès, et un autre ministre de la République. «Le jour où le rapport sera mis dans Internet ou en tout cas porté sur la place publique, vous verrez M. Bara Tall, directeur des entreprises Jean Lefevbre, parler dans les procès verbaux d'audition des réunions tenues dans les bureaux du Premier ministre avec le ministre des Finances et le ministre du Patrimoine bâti, de la construction et de l'habitat».
29 novembre : La doyenne des juges prend une ordonnance de main levée du mandat de dépôt délivré contre l'ex-chef du Sage du ministère de la Famille pour des raisons de santé. Le procureur n'ayant pas ramé à contre-courant, Coumba Ngouye Thiam a recouvré la liberté quelques jours plus tard.
20 janvier 2006 : Suite au non-lieu partiel que la doyenne des juges d'instruction a communiqué au Parquet pour l'ex-Premier ministre Idrissa Seck, poursuivi pour les délits d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale ainsi que ses complices, le juge pourrait renvoyer Idrissa Seck, Mbaye Coulibaly et l'avocat Me Djibril Diallo devant le tribunal pour sorties irrégulières de correspondances. Un non-lieu partiel est suspendu à l'avis du Parquet pour l'ex-Premier ministre Idrissa Seck, Hassan Farès, industriel, Mbaye Coulibaly (informaticien de Idrissa Seck), Sandrine Farès(épouse de Hassan Farès), Sandrine Madec (secrétaire de Hassan Farès), El Hadji Ndary Guèye(journaliste et ami de Hassan Farès) et Coumba Ngouye Thiam(inspectrice de police et ex-secrétaire aux affaires générales et administratives de l'ex-ministre Awa Guéye Kébé).
Source:"Lesenegalais.com"
COTE D'IVOIRE / SEMINAIRE GOUVERNEMENTAL A YAMOUSSOUKRO CAPITALE POLITIQUE / ALLOCUTION D'OUVERTURE DE M.CHARLES KONAN BANNY PREMIER MINISTRE
Dimanche 12 Fevrier 2006
Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
Monsieur le Préfet de la Région des Lacs
Monsieur le Gouverneur du District de Yamoussoukro
Monsieur le Maire de la Commune de Yamoussoukro
Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l'ONU...
Mesdames et Messieurs les Représentants du système des Nations Unies
Honorables Chefs traditionnels,
Distingués Invités
Mesdames et messieurs
Je voudrais, avant tout propos exprimer ma profonde reconnaissance aux autorités politiques, administratives et traditionnelles de Yamoussoukro, pour l'accueil combien chaleureux qu'ils ont bien voulu me réserver, ainsi qu'à toutes les personnalités qui ont effectué le déplacement ce jour pour prendre part au séminaire du gouvernement…
Je voudrais ensuite remercier très sincèrement nos partenaires au développement, les représentants des institutions internationales impliquées dans la résolutions de la crise que traverse notre pays depuis plus de 3 ans, les chefs d'Etat-major des Forces armées nationales et des Forces armées des forces nouvelles; ainsi que les représentants des forces impartiales, pour leur implication effective dans ce séminaire consacré à la bonne compréhension du schéma de sortie de crise.
Mon souci, ma préoccupation de tous les instants est de faire en sorte qu'au delà de nos convictions, chaque citoyen de ce pays, chaque habitant de ce pays s'attelle à marcher vers la paix, en étant en tout premier lieu disposé à écouter l'autre, à le comprendre et à partager ses attentes.
La mission qui m'a été confiée me confère bien sûre l'initiative d'un certain nombre d'actions au plan du fonctionnement de l'équipe gouvernementale, et la tâche principale de conduire le déroulement du processus de sortie de crise. Mais c'est ensemble, avec en tête le gouvernement que nous pouvons organiser le dialogue social et obtenir un minimum de consensus sur les grandes questions conduisant à la restauration d'un climat de confiance mutuelle. La confiance, premier élément de notre démarche de sortie de crise.
Mesdames et Messieurs, Distingués invités, La Résolution 1633 du Conseil de sécurité des Nations Unies, la feuille de route du Premier ministre qui en découle et l'Action gouvernementale, essentiellement axée vers la sortie de crise constitueront les points focaux de nos réflexions. Il nous faut travailler à obtenir une base sans équivoque s'agissant de la compréhension des grands principes des mécanismes de sortie de crise. Ceci passe nécessairement par des compromis; et comme je le dis souvent pas de compromissions. Le compromis, deuxième élément de notre démarche de sortie de crise.
Mesdames et Messieurs les Ministres, Le cadre d'actions prioritaires qui vous a été demandé d'élaborer est un guide opérationnel de votre contribution à l'effort de sortie de crise. Ce canevas va être discuté au cours de ce séminaire, afin de permettre de renforcer la solidarité gouvernementale sur l'essentiel de nos préoccupations.
Il va falloir s'engager à assumer, avec détermination, chacun pour ce qui le concerne, sa part de responsabilité dans le déroulement du processus de sortie de crise. C'est à cela que le gouvernement de transition est appelé. L'engagement, troisième élément de notre démarche de sortie de crise. Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement, Ce séminaire est organisé à votre intention, avec la participation de nos partenaires à la résolution de la crise.
Mon attente est que vous vous impliquiez effectivement dans les travaux de ce séminaire, et que vous puissiez apporter, de façon positive, votre contribution technique à la lecture attentive des documents de référence soumis à notre analyse; mais surtout que nous allions de l'avant, en franchissant les obstacles conceptuels pour tourner nos regards vers les populations qui souffrent, et qui attendent dans la résignation que la crise s'arrête.
La crise que traverse notre pays est un phénomène total et complexe. Les passions sont exacerbées à l'excès. II nous faut revenir à la sérénité et au calme pour permettre que le processus de sortie de crise se déroule correctement, et selon le chronogramme arrêté.
La sérénité, quatrième élément de notre démarche de sortie de crise. Aux FANCI et aux FAFN, représentés ici au plus haut niveau, je tiens à faire une adresse particulière: de votre choix d'aider à sortir de la crise dépendra le traitement des questions essentielles liées à la sécurité des biens et des personnes.
Nos populations veulent la paix et l'harmonie entre toutes les composantes de la Nation. II nous faut absolument convenir d'un nouveau pacte social, qui rassemble tous les habitants de ce pays, et qui permette à chacune et à chacun de travailler dans la quiétude et la justice. La recherche de la cohésion sociale à tous prix, cinquième élément de notre démarche de sortie de crise.
Tout ceci, Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement, Distingués représentants du système des Nations Unies ne pourra se faire que dans un environnement socio-politique apaisé, qui permette aux uns et aux autres de parler et d'écouter, d’échanger pour parvenir à une compréhension positive des principaux mécanismes qui ont été mis en place pour organiser le processus de sortie de crise.
Ce qu'il faut surtout retenir, c'est que le seul choix qui s'offre à nous est celui de sortir de ces trois années de désordre social, de déchirure du tissu social, et de chocs à l'activité économique.
Nous n'avons pas le droit de laisser les populations les plus fragilisées, et la population de façon générale désespérer de l'avenir de la Côte d'Ivoire. Il va falloir, sans délai, et sans mesure, sortir du rôle de spectateur pour devenir acteur positif et engagé dans nos actes de tous les jours et dans notre compréhension de nos missions respectives.
Être un acteur engagé et positif, sixième élément de notre démarche de sortie de crise. Enfin, parvenir à organiser de bonnes élections, dans un pays pacifié, sécurisé, restauré, afin de s'attaquer aux véritables problèmes de pauvreté et d'insécurité totale, avec des perspectives de croissance et de développement qui orientent l'avenir des jeunes de ce pays et redonnent à la Côte d'Ivoire sa véritable place sur l'échiquier des Nations organisées.
Honorables invités, Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, C'est sur cette note d'espoir que je déclare ouvert le séminaire gouvernemental sur le programme de sortie de crise.
Je souhaite plein succès à nos travaux.
Je vous remercie.
COTE D'IVOIRE / SESSION EXTRAORDINAIRE DU PARLEMENT / DECLARATION DE LA MOUVANCE PARLEMENTAIRE DE LA PAIX ET DE LA RECONCILIATION (PDCI-UDPCI-SOLIDARITE)
Dimanche 12 Fevrier 2006
Les députés de la mouvance parlementaire de la paix et de la réconciliation issus des groupes parlementaires PDCI, UDPCI et Solidarité ont tenu hier un point de presse à la maison du PDCI à Cocody. Selon le président Noutouan Youdé, les députés RHDP ne se reconnaissent pas dans la 1ère session extraordinaire qui a eu lieu à l’Assemblée nationale.
Ci-dessous l’intégralité de leur déclaration.
De la situation de l’Assemblée nationale contexte malgré l’expiration du mandat des députés conformément à la Constitution ivoirienne et l’arrangement politique décidé par le Conseil de sécurité de l’Onu, le président de l’Assemblée nationale, M. Mamadou Koulibaly convoque une session extraordinaire de cette institution. L’objet de cette session extraordinaire porte d’une part sur la prorogation des mandats des élus locaux et d’autre part sur l’invitation du Premier ministre à exposer sa politique générale.
Sur la forme la volonté subite exprimée par le président de l’Assemblée nationale de voir fonctionner à tout prix cette Institution selon les procédures normales et habituelles nous paraît mal indiquée. En effet, au moment où l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire avait besoin de son président pour amener cette illustre Institution à faire avancer le processus de paix, il a toujours répondu absent. De plus, le mode de convocation nous semble dépassé au regard de l’évolution de l’actualité politique attachée au processus de paix. Tous les Ivoiriens attendent les résultats de la concertation initiée par le Premier ministre avec le chef de l’Etat sur les nouvelles missions à assigner aux députés. Leur attente est que ces nouvelles missions contribuent à l’aboutissement heureux au processus de paix. Sur le fond Il y a lieu d’apprécier d’une part la nature de la session extraordinaire et d’autre part, les deux points faisant l’objet de cette convocation.
a). S’agissant de la nature de la session extraordinaire L’article 63 de la Constitution institue deux modes de convocation d’une session extraordinaire.
Ce sont : soit à la demande du président de la République, soit à la demande de la majorité absolue des députés.
Concernant le Premier mode, la Côte d’Ivoire aujourd’hui dans une situation d’exception n’a en réalité plus de président de la République. Cette voie habituellement utilisée ne peut donc prospérer.
Concernant le second mode qui est utilisé, la majorité utilisée de (112 députés) est tout à fait factice.
En effet, des députés démarcheurs ont signé en lieu et place de certains députés pour atteindre ce chiffre. Signalons que cette fraude a d’ailleurs été dénoncée à la presse par certains des députés concernés.
Rappelons en outre que ces méthodes de corruption, de chantage qui n’honorent pas notre Assemblée, sont celles qui ont été utilisées pour conduire à tous les blocages que nous connaissons. Outre ces modes, et en vertu de la séparation des pouvoirs entre le Législatif et l’exécutif, l’Assemblée nationale ne s’étant pas auto-prorogée avant la date de son expiration, aucun mécanisme constitutionnel n’existe aujourd’hui à l’effet d’une telle prorogation. Seul l’arrangement politique prévaut donc.
b) S’agissant de l’objet de la convocation de la session extraordinaire Concernant la prorogation du mandat des élus locaux Les lois relatives aux conseils municipaux et conseils généraux font de l’exécutif la tutelle de ces collectivités locales. Et la tutelle, donc l’exécutif (au travers du ministère de l’Intérieur) a le pouvoir selon la loi, de suspendre ou de dissoudre une collectivité décentralisée, donc de proroger son mandat.
Cette question est simplement d’ordre réglementaire.
Il n’est donc ni opportun ni urgent de mettre en branle l’Institution parlementaire pour ces questions.
Concernant l’invitation du Premier ministre à exposer sa politique générale à la nation En situation normale et donc constitutionnelle, notre régime présidentiel ne rend nullement le Premier ministre responsable devant l’Assemblée nationale.
Il n’a pas obligation de soumettre au préalable sa politique générale à l’Assemblée nationale, ce malgré l’habitude instaurée en la matière. Dans la situation d’exception que la Côte d’Ivoire traverse, le Premier ministre a été nommé par la communauté internationale et fait de lui le véritable artisan du processus de paix et de réconciliation nationale.
Propos recueillis
par José S. Koudou
Source "LE JOUR"
CAN-2006 / FELICITATIONS DE M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA PRESIDENT DU RASSEMBLEMENT DES DEMOCRATES (RDR) à S.E.M.JACQUES ANOMAN
Dimanche 12 Fevrier 2006
Monsieur le Président,
Notre équipe Nationale de football, après un parcours brillant et honorable, vient de s’incliner au Caire, à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations face au Pharaon d’Egypte.
Comme tous nos compatriotes et les amis de la Côte d’Ivoire, j’ai suivi avec beaucoup d’émotion cette rencontre importante, dont je souhaitais de tout cœur que nos représentants sortent victorieux, assurant ainsi à notre pays, sa deuxième victoire à une coupe d’Afrique des Nations.
Notre espoir a certes été déçu, mais nos athlètes se sont vaillamment défendus, et nous sommes fiers de leur prestation. En effet, ils viennent d’apporter la preuve que nous faisons partie des grandes nations africaines de football et méritent donc la reconnaissance de la Nation. Désormais vice champion d’Afrique, notre prochaine participation à la phase finale de la Coupe du Monde en Allemagne, sera assurément une autre occasion pour nos Eléphants de nous faire vivre des moments exaltants.
Tout en saluant la performance de nos joueurs pendant cette compétition panafricaine, je voudrais vous adresser à vous-même, à vos collaborateurs, aux encadreurs et plus particulièrement à tous les joueurs de notre équipe nationale, mes félicitations et mes encouragements.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération fraternelle.
Alassane Dramane OUATTARA
CAN-2006 / FELICITATIONS DE M.HENRI KONAN BEDIE PRESIDENT DU PARTI DEMOCRATIQUE DE COTE D'IVOIRE (PDCI)
Dimanche 12 Fevrier 2006
Nous avons suivi hier avec un intérêt soutenu la finale de la 25e Coupe africaine des nations de football. Notre équipe s'est comportée de façon honorable en occupant la place de vice championne. C'est pourquoi, il me plait, au nom des militants du PDCI-RDA, d'adresser, a vous Monsieur le ministre de la jeunesse, de l'Education civique et des sports, au président de la FIF Jacques Anouma, à l'encadrement technique et à tous les athlètes, mes sincères félicitations pour la performance réalisée.
Nos Eléphants footballeurs viennent de donné une bonne leçon de cohésion sociale dont, je l'espère, les hommes politiques s'inspireront.
J'invite donc instamment tous les militants du PDCI-RDA a s'associer à tous les Ivoiriens pour réserver un accueil chaleureux, ce samedi 11 février à l'aéroport international Félix Houphouët-Boigny à nos valeureux Eléphants.
Bravo encore une fois et bon retour au pays!
Daoukro le 10/02/06
Henri Konan Bédié
Président du PDCI-RDA
CAN-2005 / MESSAGE DU PRESIDENT GBAGBO LAURENT A S.E.ANOMAN JACQUES PRESIDENT DE LA FEDERATION IVOIRIENNE DE FOOT-BALL(FIF)
Dimanche 12 Fevrier 2006
Excellence Monsieur l’Ambassadeur,
Au moment où s’achève la 25ème édition de la Coupe d’Afrique des nations de football, je voudrais au nom du peuple et du Gouvernement ivoiriens ainsi qu’en mon nom propre, vous renouveler mes vives et chaleureuses félicitations pour le parcours exemplaire de notre équipe nationale.
La place honorable de vice champion d’Afrique des Eléphants, à l’issue de cette compétition, est le résultat de votre travail remarquable accompli par tous les acteurs du football ivoirien sous votre dynamique présidence.
Je tiens à féliciter et à remercier nos vaillants athlètes et tous les encadreurs, la Fédération ivoirienne de football, la presse, le comité des supporters ainsi tous les partenaires du football ivoirien pour leur contribution à la remarquable performance des Eléphants.
La brillante prestation de notre équipe nationale me comble de joie et augure d’une digne participation de notre pays à la prochaine phase finale de la Coupe du monde 2006 en Allemagne.
Toute la nation ivoirienne reconnaissante attend de réserver un accueil chaleureux à nos braves Eléphants.
Considérations distinguées
Laurent Gbagbo
CAN-2006 / ACCUEIL TRIOMPHAL DES ELEPHANTS DE RETOUR DU CAIRE
Dimanche 12 Fevrier 2006
Les Abidjanais ont accueilli samedi triomphalement et dans une ambiance de fête les joueurs de l'équipe nationale ivoirienne de football, malgré leur défaite face à l'Egypte (0-0, 4-2 t.a.b) vendredi en finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) au Caire.
Partis tôt le matin des quartiers populaires de la capitale économique ivorienne par petits groupes de dix ou vingt, des centaines de jeunes ont convergé vers l'aéroport, chantant, dansant et agitant des drapeaux aux couleurs nationales orange-blanc-vert.
"On nous a volés, on s'en fout!", scande la foule, dont de nombreuses jeunes filles, portant pour la plupart des tenues à l'effigie de Didier Drogba, meneur de jeu de la formation ivoirienne et "star" de l'équipe.
Vers 10H00 (locales et GMT), l'artère principale qui mène à l'aéroport est noire de monde, obligeant les automobilistes à circuler au pas pour se frayer un passage parmi la foule.
Très bruyants, les milliers de supporteurs massés depuis plusieurs heures devant l'enceinte de l'aéroport réussissent à rompre le cordon de sécurité des forces de l'ordre, et franchissent le portail du pavillon présidentiel, où ministres et VIP se sont rassemblés pour un accueil officiel.
A l'intérieur du bâtiment, une vingtaine de femmes, vêtues d'un tee-shirt orange estampillé "mamans Eléphants", esquissent des pas d'"aile de pigeon", dernière danse en vogue à Abidjan.
A 11H35 (locales et GMT), l'avion de la compagnie nationale Air Ivoire transportant l'équipe et la délégation ivoirienne se pose sur le tarmac. On déroule le tapis rouge sur la piste, encore dégagé.
L'hystérie s'empare de la foule, mettant une nouvelle fois à rude épreuve les forces de l'ordre.
"Oh! Regarde-le, il est tout malheureux", affirme, la voix empreinte d'émotion, Aïcha Koné, célèbre chanteuse ivoirienne, ouvrant et serrant dans ses bras Didier Drogba, qui répond juste "merci".
Les autres joueurs, parmi lesquels on reconnaît Jean-Jacques Tizié, le portier de l'équipe, Arouna Koné ou encore Bonaventure Kalou, le suivent et prennent place dans le salon d'honneur du pavillon, avant de monter à bord de deux camions militaires, décorés aux couleurs ivoiriennes.
"L'accueil est formidable, on ne s'attendait pas à ça", s'écrie Kalou, le cou engoncé malgré une chaleur écrasante dans une écharpe aux couleurs nationales.
Dans une cohue indescriptible, le cortège tente péniblement de se frayer un chemin parmi la foule surchauffée, et prend lentement la direction du centre-ville. Des centaines de jeunes tentent de grimper sur le camion où ont pris place les "Eléphants". Chacun veut congratuler ou serrer dans ses bras les joueurs, tout sourire et certains torse nu.
Le cortège laisse derrière lui des centaines de chaussures, babouches et sandales en plastique. La police retrouvera au bord de la route le cadavre d'un homme, décédé dans des circonstances inconnues, avec pour simple linceul un drapeau ivoirien.
Il faut près de quatre heures aux "Eléphants" pour rejoindre en plein centre-ville le grand stade d'Abidjan, plein à craquer, où près de 40.000 supporteurs leur réserve un accueil délirant.
Après ce retour en fanfare malgré la défaite, les joueurs devaient être reçus dans l'après-midi par le président Laurent Gbagbo et les principaux responsables politiques du pays, rassemblés pour l'occasion au palais présidentiel.
Source "AFP"
SPORTS - FINALE DE LA COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS (ÉGYPTE2006) : Côte d'Ivoire - Égypte
Samedi 11 Fevrier 2006
Vendredi 10 février 16:00 TU : Côte d'Ivoire - Égypte : Cairo Stadium (Le Caire)
0 - 0 : Côte d'Ivoire - Égypte - score à la mi - temps
0 - 0 : Côte d'Ivoire - Égypte - Fin du temps reglémentaire
0 - 0 : Côte d'Ivoire - Égypte - 1ère prolongation
0 - 0 : Côte d'Ivoire - Égypte- Fin de la prolongation
2 - 4 : Côte d'Ivoire - Égypte- score aux tirs au but - Réécouter le match (Réal Player)
Tirs au but
Côte d'Ivoire : Habib KOLO TOURE 1; Emmanuel EBOUE 1,
Egypte : Ahmed HASSAN 1; Mohamed Abdel WAHAB 1; Amr ZAKI 1; Mohamed ABO TREKA 1
Les Équipes
Côte d'Ivoire : n°1- Jean-Jacques TIZIE (gardien de but); n°3- Arthur BOKA (défenseur); n°21- Emmanuel EBOUE (défenseur); n°4- Habib KOLO TOURE (défenseur); n°6- Blaise KOUASSI (défenseur); n°7- Emerse FAE (milieu de terrain); n°5- Didier ZOKORA "Maestro" (milieu de terrain); n°2- Kanga AKALE (attaquant); n°11- Didier DROGBA (attaquant); n°9- Arouna KONE (attaquant); n°19- Yaya TOURE (attaquant). Remplaçants : Remplaçants : Bonaventure KALOU (61e); Kanga AKALE ; Bakari "Baky" KONE (91e); Yaya TOURE.
Égypte : n°1- Issam EL HADARY (gardien de but); n°5- Abdel Zaher EL SAKKA (défenseur); n°20- Wael GOMAA (défenseur); n°4- Ibrahim SAID (défenseur); n°3- Mohamed Abdel WAHAB (défenseur); n°12- Mohamed BARAKAT (milieu de terrain); n°17- Ahmed HASSAN (milieu de terrain); n°11- Mohamed SHAWKI (milieu de terrain); n°22- Mohamed ABO TREKA (attaquant); n°10- Emad MOTEAB (attaquant); n°19- Amr ZAKI (attaquant). Remplaçants : Ahmed FATHY (22e); Wael GOMAA ; Hassan MOSTAFA (82e); Emad MOTEAB ; Abdel HALIM ALI (113e); Ibrahim SAID.
Entraineurs : Henri MICHEL (Côte d'Ivoire), Hassan SHEHATA (Égypte)
Arbitre : Mourad DAAMI (Tunisie);
Juges de touche : Brahim Djezzar (Algérie); Célestin Ntagungira (Rwanda); 4ème arbitre : Eddy Maillet (Seychelles)
Match pour la 3ème place
0 - 0 : Nigéria - Sénégal - score à la mi-temps
1 - 0 : Nigéria - Sénégal score à la mi-temps (0 - 0)
But : Garba LAWAL (Nigéria, 79e)
Source : Actualités Diplomatiques & Internationales
SENEGAL / COMMEMORATION DU 20EME ANNIVERSAIRE DU DECES DE CHEICK ANTA DIOP
Vendredi 10 Fevrier 2006
COMMEMORATION - Vingtième anniversaire de la mort de Cheikh Anta Diop : L’héritage intellectuel du «Pharaon» revisité
Il y a vingt ans s’éteignait Cheikh Anta Diop. En guise de commémoration, s’est déroulé, avant-hier, au centre de conférences de l’université qui porte son nom, un pré-colloque ayant pour thème : l’héritage intellectuel de Cheikh Anta Diop et les défis de la construction de l’Afrique du vingt et unième siècle. L’occasion pour les participants d’évoquer les principaux défis du continent.
La courte, et presque anecdotique minute de silence observée, avant-hier, par les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) en mémoire de leur parrain, mort il y a tout juste vingt ans, illustre bien l’esprit dans lequel avait été placé ce pré-colloque de commémoration. En effet, comme l’a bien souligné le ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, le temps n’était pas à l’apitoiement, mais plutôt à la mise en valeur et à l’utilisation pratique de l’œuvre du vénérable intellectuel pour la renaissance africaine. Une volonté mise en exergue par le recteur de l’Ucad, qui a ouvert les débats en mettant l’accent sur l’importance d’insuffler les problématiques du professeur Diop aux étudiants africains, tout en précisant qu’à cet égard, le choix de son Université pour ce pré-colloque était tout à fait approprié, dans la mesure où elle rassemble des étudiants de tout le continent.
Les présences remarquées de l’intellectuel malien Samassékou, président de l’Académie africaine des langues, et du ministre des Affaires étrangères de Somalie, en visite dans la région, attestent de l’accent international mis sur l’évènement. Organisé sous l’égide de l’Union africaine, le colloque a dû déplorer l’absence du Président Konaré, ce dernier ayant laissé le soin à M. Gadio de réaffirmer les objectifs d’une organisation qui prépare son important rendez-vous de Banjul, au cours duquel devront être mis en place les jalons qui mèneront l’Afrique vers la constitution d’un Etat communautaire. Une considération qui pourrait paraître utopique, aux yeux de certains, mais que le chef de la diplomatie sénégalaise considère réalisable dans la mesure où selon lui, «la jeunesse africaine est prête, depuis longtemps, à soutenir cette cause. C’est l’attitude réfractaire des dirigeants qui a longtemps constitué un obstacle à l’unité continentale».
Et, justement, pour avancer vers cette unité, les chefs d’Etat de l’Union Africaine en ont appelé, à l’occasion du dernier sommet de Khartoum, à la communauté des intellectuels pour les assister, et réfléchir, ensemble, aux défis de la construction de l’Afrique du Vingt et unième siècle. Dans ce cadre, cette conférence, qui se propose de partir de l’exposition de l’œuvre de Cheikh Anta Diop, pour déboucher sur une table ronde et des débats autour des défis inhérents à un «réveil africain» paraît, tout à fait, opportune. Comme si l’intellectuel, lui-même, sonnait le réveil des intellectuels africains.
L’homme qui avait la lourde, et impossible tâche dans le laps de temps qui lui était imparti, de présenter l’œuvre du savant n’était autre que Cheikh Mbacké Diop, son fils. Dans sa présentation, M. Diop a exposé quelques éléments biographiques concernant celui que l’on surnommait le Pharaon, avant d’évoquer brièvement quelques-unes de ses réflexions, notamment l’idée d’une Egypte nègre, la thèse de l’unité culturelle africaine, de même que son combat pour la réécriture de l’Histoire africaine. Ensuite, l’accent est placé sur les difficultés de la science africaine, et sur la nécessité soulignée, en son temps, par Cheikh Anta Diop, de donner les moyens aux scientifiques pour mener à bien leurs recherches.
C’est aussi dans ce sens que se sont prononcées les personnalités invitées à évoquer l’héritage du parrain de l’Ucad, comme le directeur des recherches Toguebaye, ou encore Salif Sy qui a mis en avant le fait que les «intellectuels réfléchissent pour l’action, mais ne sont pas maîtres de la décision».
Ensuite, au cours de l’après-midi, les étudiants présents sur les gradins clairsemés du centre de conférences de l’Ucad ont pu assister aux interventions d’Ibrahim Niang, qui s’exprimait sur les défis sanitaires d’une Afrique en proie à de multiples fléaux. De plus, le président de l’Académie africaine des langues, Samassékou évoque l’importance de la re-appropriation par les populations des langues africaines en matière d’éducation.
Beaucoup d’idées, donc, ont été échangées au cours d’un débat où l’on s’est beaucoup félicité de ce vent de renouveau qui souffle sur le monde de la recherche africain. Cependant, des moyens seront nécessaires aux chercheurs pour que ce «réveil» annoncé ne reste pas un effet d’annonce.
Par Régis CROIZER - Stagiaire -
"LE QUOTIDIEN"
CAN-2006 / VICTOIRE DES PHARAONS D'EGYPTE FACE AUX ELEPHANTS DE COTE D'IVOIRE
Vendredi 10 Fevrier 2006
L'Egypte a remporté la Coupe d'Afrique des nations 2006, obtenant le cinquième titre continental de son histoire, record sans précédent.
Dans une finale sur laquelle ils n'ont jamais eu la haute main, les Pharaons ont battu les Ivoiriens (4-2) aux tirs au but, aucune des deux équipes n'étant parvenue à marquer à l'issue des prolongations.
Après les sacres de 1957, 1959, 1986 et 1998, les Egyptiens s'imposent donc comme la nation la plus titrée du continent devant le Cameroun.
Les Pharaons, non qualifiés pour la Coupe du monde, n'ont pourtant pas convaincu dans cette rencontre face à des Ivoiriens qui ont démontré qu'ils constituaient la puissance émergente en Afrique.
Emmenée par un Didier Drogba étincelant, la Côte d'Ivoire est passée tout près de l'exploit, le joueur de Chelsea manquant une balle de match - une reprise à bout portant - au milieu de la seconde mi-temps.
Les Egyptiens gâchaient eux aussi une occasion flagrante lorsque Ahmed Hasan frappait sur le poteau un penalty très généreux accordé pour une faute de Kouassi à la 98e minute.
Au total, chacune des deux équipes aura dominé la rencontre à son tour.
Les hommes de Hassan Shehata se montraient les plus entreprenants avant la pause, tandis que les Eléphants exprimaient leur supériorité physique en seconde période.
Dans les prolongations, les deux formations semblaient trop émoussées pour parvenir à trouver le chemin des filets qu'elles cherchaient en vain depuis 90 minutes.
Même s'ils peuvent nourrir des regrets, les protégés d'Henri Michel apparaissent comme les grands bénéficiaires de cette CAN au cours de laquelle ils ont beaucoup appris.
A n'en pas douter, il faudra compter avec eux lors de la Coupe du monde cet été en Allemagne, et l'Argentine, les Pays-Bas et la Serbie seront bien inspirés de ne pas sous-estimer les Eléphants.
Source "REUTERS"
REACTION DES AMIS ET PARTISANS AINSI QUE DE LA CLASSE POLITIQUE APRES LA LIBERATION DE M.IDRISSA SECK ANCIEN PREMIER MINISTRE
Mercredi 8 Fevrier 2006
C’est tout un pays qui a été tenu en haleine depuis le mois de juillet de l’année dernière par les rebondissements connus dans l’affaire des chantiers de Thiès.
Hier, un dernier acte de ce feuilleton politico-judiciaire a été posé, en attendant l’épilogue, ou une autre scène.
Sans qu’il y ait eu une demande de liberté provisoire ou de non-lieu, encore moins un jugement public. Ce qui n’a pas manqué de heurter certains esprits libres, du fait qu’en plus d’un peuple sénégalais cocufié dans cette affaire, ce serait la République qui en prendrait un sévère coup.
Qu’à cela ne tienne, les proches, amis, collaborateurs de l’ancien Premier ministre du Président Abdoulaye Wade, tout comme les membres de la société civile et du landerneau politique, ont livré leur sentiment quant à ce dénouement heureux pour les uns, révélateur d’une «carence» de la justice pour les autres.
Et quand bien même, la libération de Idrissa Seck est appréciée comme une victoire de la vérité, il y en a qui estiment que la lumière n’est point faite dans cette affaire, et qu’il y a lieu d’éclairer la lanterne des Sénégalais sur ces sommes jugées faramineuses qui ont été déposées à l’étranger et qui restent la pomme de discorde entre le chef de l’Etat et son ancien second.
Pape Diouf, maire de Bambey : «Son retour au Pds n’est pas la question aujourd’hui»
«On remercie tout le peuple sénégalais et ceux qui ont soutenu Idrissa Seck. Vraiment, c’est un jour de joie qu’on attendait depuis longtemps. Son retour au Pds n’est pas la question aujourd’hui. Il faut fêter le retour de Idrissa Seck. Je crois que c’est ce qui est l’évènement aujourd’hui.»
Professeur Mbodj du Msis : «Nous avons un pacte avec Idy pour aller à la conquête du pouvoir»
«Nous sommes très heureux pour le Sénégal. C’est le Sénégal qui a gagné, parce que nous, nous avions la certitude au départ, que Idrissa Seck était victime d’une injustice et, à partir de ce moment, nous nous étions engagés pour sa libération et nous le faisions pour le Sénégal aussi, car notre pays ne peut pas gagner dans l’injustice. Ce n’est pas possible ! C’est une grande démocratie. Nous nous sommes battus plus d’un demi-siècle pour elle. Qu’on porte atteinte à la liberté d’un être qui qu’il soit, cela nous révolte et répugne et c’est pour cela que nous nous sommes battus. Nous avons aussi un pacte avec Idrissa Seck. C’était un pacte républicain fondé sur des valeurs pour aller à la conquête du pouvoir. Et nous avons rempli ce pacte et nous continuons la bataille. C’est une bataille pour la démocratie, pour l’instauration des valeurs républicaines ; une bataille pour la construction d’un Sénégal de paix, d’un Sénégal développé. Nous remercions ce peuple merveilleux qui a été à la hauteur. Cela aurait pu se passer autrement, mais le peuple a été d’une sérénité extraordinaire, tout en étant révolté. Et je trouve cela remarquable.»
Awa Guèye Kébé, ancien ministre de la Famille et du Développement social : «C’est la victoire de la vérité»
«Je voudrais d’abord commencer par rendre grâce à Dieu et à son Prophète. Et nous réjouir de l’issue heureuse qu’à connue ce dossier, puisque cela ne fait que nous conforter dans le discours que nous avons développé depuis le début de l’arrestation de Idrissa Seck, pour dire qu’il était innocent et que tout ce qu’on lui reprochait n’était qu’une cabale qui était concoctée contre sa personne. Aujourd’hui, la justice sénégalaise, en rendant cette délibération, nous conforte dans cette voie et nous sommes sûrs que si la justice sénégalaise travaille en toute responsabilité et en toute indépendance, elle ne pourra rendre que ce type de verdict.»
«Le retour au Pds est une question qui n’est pas encore à l’ordre du jour. Pour l’instant, ce qui nous intéresse, c’est de savourer cette victoire de la vérité, pour la justice et la démocratie au niveau de notre pays. Maintenant, le reste, c’est des choses que nous aurons l’occasion d’examiner pour nous prononcer là-dessus.»
Mbaye Coulibaly, ancien co-accusé de Idrissa Seck : «Cette affaire a fait souffrir nos familles et nos amis»
«On remercie le Bon Dieu, car l’affaire a fait souffrir beaucoup de personnes, surtout nos familles et nos amis. Nous rendons grâce à Dieu.»
Dior Sylla Sagna, ancienne secrétaire de Idrissa Seck : «C’est la Justice qui lui a donné raison» «Des accusations ont été, devant tout le peuple sénégalais, portées sur Idrissa Seck. Aujourd’hui, c’est la justice du pays qui lui a donné raison. Donc on ne peut que s’en réjouir et rendre grâce au Bon Dieu.»
Omar Sarr, député, ancien président du Conseil régional de Diourbel : «Après les retrouvailles, nous verrons ce qu’il y a lieu de faire »
«C’est un grand jour pour tous les Sénégalais épris de paix et de justice. J’ai un seul regret : la détention de Idrissa Seck ne servait à rien pour la démocratie et la justice sénégalaises. Que ce qui s’est passé ne puisse plus se reproduire dans un pays comme le nôtre. Je me réjouis de cette décision de justice et j’appelle les Sénégalais à beaucoup plus de sérénité. Qu’ils sachent que Idrissa Seck est un grand homme politique qui a une capacité de dépassement extraordinaire. Nous nous mettrons au travail pour savoir dans quelle perspective notre avenir politique sera placé. Je ne réfléchis pas encore sur la question du retour au Pds. Aujourd’hui, c’est un jour de retrouvailles. Après, on décidera de ce qu’il y a lieu de faire.»
Me Djiby Diallo, avocat de Idrissa Seck : «On n’a déposé aucune demande de liberté provisoire»
«Nous nous attendions à un non-lieu car, comme il l’a dit lui-même, jusqu’à l’extinction du soleil, on ne pourra démontrer qu’il a détourné un seul centime illicite. Donc, contrairement à ce que disent les gens, s’il était une seule fois coupable, il ne pourrait bénéficier de ce non-lieu, compte tenu de tout l’acharnement dont il a été victime pendant tout le déroulement de la procédure.»
«Il n’y a eu aucune négociation. Je ne suis au courant d’aucune négociation. J’ai fait mon métier d’avocat et l’on est parvenu à cela. On n’a jamais demandé de liberté provisoire. On n’a présenté aucune demande, car quand on a su que Idrissa Seck était innocent, comme il nous l’a dit depuis le début, nous avons décidé de ne rien déposer et de laisser la Cour avec sa conscience.»
Madior Diouf (Rnd) : «Le président de la République a parlé à la place de la Justice»
«Je ne peux pas encore me prononcer dans les détails de cette libération parce que les motifs on ne les connaît pas. Il y a tout juste le président de la République comme toujours qui parle à la place de la justice. Il faudrait rappeler qu’à l’Assemblée nationale, nous avons voté contre la mise en accusation de l’ancien Premier ministre parce qu’il y avait un choix qui nous paraissait injuste. Donc, il faut revoir, d’abord, les textes qui ont été à la base de la mise en accusation d’Idrissa Seck et voir les considérants de la Justice pour comprendre. Parce que, dans ce régime-là, il y a très souvent un passage par pertes et profits. La prison, ce n’est pas le lieu d’attendre que la Justice se fasse. Si quelqu’un doit être condamné, la Justice le sait et s’il ne doit pas l’être aussi. Et, il n’y a pas à garder quelqu’un pendant six mois sans être jugé.»
Amath Dansokho (Pit) : «Dans la haute magistrature sénégalaise, c’est tout sauf la loi»
«J’ai beaucoup lutté pour cette cause. Nous avions dit ce qu’il y avait à faire et que nous n’acceptions pas son arrestation. Nous la considérions comme arbitraire, politicienne et, de toute évidence, en violation des lois les plus formelles du pays, et surtout, du point de vue de la procédure. En commission des lois, à l’Assemblée nationale, je n’avais jamais fait l’objet d’autant de violence comme ce fut le cas au cours de l’examen de cette funeste loi de mise en accusation de l’ancien Premier ministre, Idrissa Seck. Je me souviens encore de la violence du député-maire des Parcelles assainies et d’une autre députée libérale aussi qui s’est levée et s’est dirigée vers moi avec la ferme intention de me corriger. Ce vote était une forfaiture anti-démocratique et anticonstitutionnelle.»
«Cette libération fera réfléchir à mille fois le président de la République avant d’attenter à la liberté des gens. Je pense que, sous ce rapport, c’est une victoire de toutes les forces vives de la Nation. Car, c’est la population, dans son écrasante majorité, qui a exigé que la loi soit dite. Malheureusement, dans la haute magistrature sénégalaise, c’est tout sauf la loi qui concerne certains magistrats. Ils sont là pour exécuter les ordres, exactement comme les députés du Pds qui, à chaque fois que le président de la République donne des ordres, ils s’exécutent comme des automates. Il reste, maintenant, que la lumière doit être faite sur les chantiers de Thiès et sur toutes les sommes faramineuses qui ont été déposées à l’étranger.»
Abdoulaye Bathily (Ld/Mpt) : «Le pouvoir doit avoir honte, aujourd’hui»
«D’abord, je salue l’ancien Premier ministre, Idrissa Seck à qui je souhaite une bonne santé. Aujourd’hui, c’est un sentiment de honte qui doit animer tous ces libéraux qui l’ont accusé, à tort, et jeté en prison, de manière arbitraire. Le régime d’Abdoulaye Wade doit mourir de honte avec ce qui s’est passé aujourd’hui. Tout le monde savait qu’il ne pouvait être question d’un procès public pour cette affaire, car c’est la République qui en subirait un grand coup.» «Tout cela prouve, encore une fois de plus, que le droit n’existe pas au Sénégal. C’est pourquoi les magistrats et tous ceux qui font la justice de ce pays doivent se remettre en question.»
Serigne Mbacké Ndiaye (Pr) : «C’est avec plaisir que je m’allierai avec Idy»
«Je me réjouis de cette libération de l’ancien Premier ministre, Idrissa Seck qui est un ami à moi. Je rappelle que c’est aux moments les plus délicats, pour lui, lors de son incarcération que j’ai affirmé toutes mes amitiés envers sa personne. Je n’ai encore aucune idée du camp qu’il va choisir. S’il retourne au Pds, il demeurera un adversaire politique. Au cas contraire, ce serait avec plaisir que je l’accepterai comme allié politique.»
Abdoulaye Elimane Kane (Ps) : «Le gouvernement doit des explications au peuple»
«En termes de réactions, d’attentes, c’est que beaucoup de démocrates sénégalais avaient souhaité la libération d’Idrissa Seck. Car, des preuves n’avaient pas encore été apportées quant à sa culpabilité. Nous notons, également, qu’il y a eu beaucoup d’interférences politiques du parti au pouvoir. Et enfin, le Parti socialiste et le commun des Sénégalais attendent que toute la lumière soit faite sur le dossier des chantiers de Thiès. Et sur cette question, nous attendons la réponse du gouvernement.»
Source "LE QUOTIDIEN"
Propos recueillis par
Mame Saye Diop,
Fatou Faye,
Fadel Barro,
Aliou SANE -
SENEGAL / LIBERTE POUR L'ANCIEN PREMIER MINISTRE M.IDRISSA SECK
Mercredi 8 Fevrier 2006
L'ancien Premeir Ministre , M.Idrissa SECK ,a recouvré sa liberté après 07 mois de détention pour détournement de deniers publics et pour atteinte à la sûreté de l'Etat.
Voici sa déclaration à sa sortie de la prison centrale de Dakar , REBEUSS :
"Je voudrais rendre grâce et louange à Dieu et exprimer des sentiments de profonde gratitude à l’endroit de tous mes compatriotes sénégalais de la diaspora, comme de l’intérieur du pays, à l’endroit de nos cousins africains et de tous les amis du Sénégal, à travers le monde, qui se sont mobilisés pour que notre pays continue de tenir son rang en matière de démocratie, de droit de l’Homme et de Justice indépendante. Parlant de justice, me viennent en mémoire ces mots du Général Bonaparte à son aide de camp, Juno, emprisonné au Fort Carré d’Antibes, sur la base de dénonciations calomnieuses.
Napoléon disait : "Les hommes peuvent être injustes envers moi, mais il me suffit d’être innocent. Ma conscience est le tribunal où j’évoque ma conduite. Cette conscience est calme quand je l’interroge."
C’est avec une conscience calme que je suis entré dans cette épreuve. C’est avec une conscience calme que j’en sors et je convoite de Dieu la sérénité, l’endurance, la capacité de dépassement qu’exigent la mission que je me suis assignée : servir le Sénégal. Car rien ne me pèse plus lourd que les difficultés auxquelles notre pays est confronté et rien ne fera obstacle à mon ambition et à ma volonté de le servir."
CAN-2006 / LE SENEGAL battu par LES PHARAONS D'EGYPTE
Mercredi 8 Fevrier 2006
Battu (1-2) par l’Egypte hier, le Sénégal ne disputera au Caire la deuxième finale de Can de son histoire. C’est la fin d’une aventure qui fera encore parler mais il faut saluer le courage et la rage de vaincre des LIONS qui n'ont pas démérité .
Il faut tout simplement leur souhaiter bon vent pour les années à venir
CAN-2006 / FELICITATIONS DU PRESIDENT HENRI KONAN BEDIE AUX ELEPHANTS POUR LEUR VICTOIRE SUR L'EQUIPE DU NIGERIA
Mercredi 8 Fevrier 2006
Monsieur le ministre des Sports,
J'ai suivi avec enthousiasme et fierté la brillante prestation de nos joueurs footballeurs contre l'équipe nationale du Nigeria. Notre qualification pour la finale de la CAN 2006 démontre combien la Côte d'Ivoire peut demeurer une nation forte.
Je voudrais, en cette occasion, m'associer à tous les militants du PDCI-RDA et à l'ensemble des Ivoiriens pour adresser à vous, au président de la FIF, Jacques Anouma, à l'encadrement technique et aux joueurs mes vives félicitations. Je souhaite que notre prochaine victoire augure un retour définitif de la paix en Côte d'Ivoire.
Daoukro, le 7 février 2006
Henri Konan Bédié
Président du PDCI-RDA
FOOT-BALL / CAN-2006 / COTE D'IVOIRE bat LE NIGERIA et se qualifie pour la FINALE
Mercredi 8 Fevrier 2006
La Côte d'Ivoire a remporté le match éliminatoire pour la finale de la Coupe d'Afrique des Nations face à l'équipe nationale du NIGERIA par le score de 01 but à 00.
BRAVO AUX ELEPHANTS ET BONNE CHANCE POUR LA FINALE !!
CAN-2006 / MESSAGE DE M.SORO GUILLAUME SECRETAIRE GENERAL DES FORCES NOUVELLES AUX ELEPHANTS DEMI-FINALISTES
Mardi 7 Fevrier 2006
Dans quelques heures, notre équipe nationale de football qui s’est qualifiée avec la force du courage face à l’équipe du Cameroun, rencontrera son homologue du Nigeria.
Le parcours héroïque qui a permis à nos frères et amis de l’équipe nationale de football de se qualifier pour les demi-finales, nécessite la mobilisation générale de nos compatriotes.
Au nom des Ivoiriens vivants dans les zones sous contrôle des Forces Nouvelles et en mon nom personnel, je tiens particulièrement à encourager ceux qui incarnent, en ces heures de mobilisation générale, l’élément fédérateur de notre nation en reconstruction.
La Côte d'Ivoire dans son ensemble, restera fière de ces jeunes issus d’horizons divers qui, ont su dépasser leur ego pour faire triompher les valeurs de la solidarité et de l’union.
Fait à Bouaké, le 06 février 2006
ONU / RESOLUTION 1657 SUR LA COTE D'IVOIRE
Mardi 7 Fevrier 2006
Considérant que la situation en Côte d’Ivoire continue de mettre en péril la paix et la sécurité internationales dans la région, le Conseil de sécurité a décidé ce matin d’autoriser le Secrétaire général à redéployer immédiatement, et jusqu’au 31 mars 2006, au maximum une compagnie d’infanterie de la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUL) à l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), afin de renforcer la sécurité du personnel et des biens des Nations Unies et d’effectuer d’autres tâches confiées à l’ONUCI, sans préjudice de toute décision qu’il pourrait être amené à prendre concernant le renouvellement du mandat et les effectifs de la MINUL ainsi qu’une prorogation du redéploiement ci-dessus mentionné.
Par la résolution 1657 (2006), le Conseil entend également réexaminer ces dispositions dans les 30 jours, et à nouveau au 31 mars 2006 au plus tard, au vu de la situation en Côte d’Ivoire et au Libéria. En outre, il entend étudier la possibilité de procéder à d’autres redéploiements d’effectifs entre la MINUL et l’ONUCI.
Pour l’examen de cette question, le Conseil était saisi d’une lettre du Secrétaire général, datée du 1er février 2006, adressée à son Président.
* Publiée sous la cote S/2006/71.
CAN-2006 / LES FELICITATIONS DU PREMIER MINISTRE KONAN BANNY AUX ELEPHANTS
Lundi 6 Fevrier 2006
Votre brillante qualification pour les demi-finales de la 25ème Coupe d'Afrique des Nations m'offre l'agréable occasion de vous féliciter et de vous redire toute ma confiance.
Vous avez été exemplaires dans la défense du fanion national et dans l'expression de votre engagement. Vous avez donné au monde l'image d'une Côte d'Ivoire fortement unie et fière. A la nation toute entière, vous venez de montrer le chemin à suivre pour affirmer notre destin commun.
Cette victoire, obtenue avec panache face à une équipe de grande renommée et de haut niveau, donne la mesure de vos capacités et de ce que peuvent réaliser les Ivoiriens dans l'union et la cohésion.
Permettez-moi de vous dire, du fond du cœur et au nom du gouvernement, merci et bravo !
Nous associons à cet hommage tous vos encadreurs tant au plan administratif qu'au niveau technique.
Tous nos vœux de succès vous accompagnent pour la suite de la compétition.
Poursuivez sans relâche vos efforts, vous serez récompensés à la mesure de tout ce que vous aurez donné pour que les Ivoiriens communient d'un seul cœur à la joie des grandes nations.
Que Dieu vous comble de ses grâces afin que vous nous reveniez couverts de lauriers
Charles KONAN BANNY
Premier Ministre
FOOT-BALL / COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS -CAN2006 / FELICITATIONS DU PRESIDENT GBAGBO A L'EQUIPE NATIONALE "LES ELEPHANTS"
Lundi 6 Fevrier 2006
Excellence Monsieur Jacques Bernard Daniel ANOUMA
Président de la Fédération ivoirienne de football
J'ai suivi avec beaucoup de plaisir la remarquable performance de notre équipe nationale lors des quarts de finale de la 25ème Coupe d'Afrique des Nations de football qui se déroulent actuellement.
Cette victoire des Eléphants de Côte d'Ivoire sur les Lions Indomptables de la République sœur du Cameroun m'offre l'agréable occasion de me joindre au peuple et au gouvernement ivoiriens pour vous adresser nos vives et chaleureuses félicitations.
Je voudrais particulièrement féliciter et saluer nos talentueux athlètes et tous les encadreurs pour cette performance qui honore notre pays.
Je vous encourage à persévérer dans cette voie afin que le dynamique de cette victoire se poursuive au cours des prochaines phases de la compétition pour permettre à notre pays de rempoter sa deuxième Coupe d'Afrique des Nations de football.
Considération distinguée.
Laurent Gbagbo
Président de la
République de Côte d’Ivoire
COTE D'IVOIRE / CONFERENCE DE M.BANNY PREMIER MINISTRE A L'ISSUE DE SA VISITE A BOUAKE
Lundi 6 Fevrier 2006
Ce que Banny a dit à la presse
Allez-vous faire du dialogue entre les deux armées, une question importante, prioritaire comme l’a souligné le SG des FN ?
Tout a fait. Elle fait partie des priorités. Mais la priorité des priorités est de créer l’environnement propice à la paix. C’est de faire en sorte que nous nous rassurions réciproquement, que nous rétablissions la confiance. Et que nous ne fassions rien qui puisse entraver cette dynamique de paix. A cette condition et avec cette condition, nous allons demander, favoriser ce dialogue. D’abord entre les militaires, ensuite entre les politiques. Soro Guillaume fait partie du Gouvernement de réconciliation nationale. Il est le n°2, c’est quand même un signal clair .A ce que je sache, il est encore le n° 2 du gouvernement. La réponse à votre question, oui, c’est une priorité. Dès mon retour, je donnerai des instructions aux ministres concernés afin que ce dialogue se noue.
Le ministre Soro Guillaume va-t-il rejoindre le gouvernement à Abidjan ?
Il n’y a aucun doute là-dessus. Il s’agit tout simplement de créer les conditions sécuritaires. Il y a une partie de la population qui crée des conditions qui ne sont pas les meilleures. Cela n’a rien à voir avec la volonté du ministre Soro de participer au gouvernement.
Qu’est-ce que vous proposez concrètement pour l’organisation des examens scolaires dans la zone FN ?
C’est une question essentielle. Si vous avez suivi la visite, vous avez entendu les cris des enfants : « Nous voulons l’école, nous voulons les examens ». Dès mon retour à Abidjan, je mettrai en place un groupe de travail spécial, afin de permettre aux enfants de passer leurs examens. C’est la première fois que j’entends des enfants réclamer les examens. En général, tous les enfants du monde entier ont peur des examens. Ici (NDLR : zones sous contrôle des FN), ils aiment les examens. C’est quelque chose de formidable. Il appartient aux adultes de leur faire ce cadeau en organisant les examens.
Cette année ?
Probablement. On a perdu suffisamment de temps.
Après 48 heures passées à Bouaké, qu’avez-vous obtenu ?
Je ne suis pas venu chercher quelque chose. Bouaké, c’est la Côte d’Ivoire. Je suis venu rendre visite aux populations de Bouaké qui m’ont démontré qu’elles étaient contentes de voir le Premier ministre de la République de Côte d’Ivoire. Partout où je suis passé, je n’ai pas senti que j’étais en train de visiter un autre monde. Les problèmes qui se posent entre les politiques vont se régler entre les politiques. Je suis assis avec Soro Guillaume, n°2 du gouvernement, c’est un signal très clair. Il m’appartient en tant que responsable, de rejoindre les populations dans leur volonté de rester unies, frères. Je suis venu confirmer cette volonté là. Je pars donc réconforter.
Récemment, le gouvernement a décidé de plafonner la durée de validité de l’attestation d’identité à un an. Qu’est-ce qui est prévu pour les populations des zones FN, quand on sait que l’administration n’existe pas?
Le problème de l’identification des populations est un véritable défi, une vraie question. Le gouvernement compte s’attaquer à cette question. Depuis bien longtemps, les Ivoiriens n’ont plus de carte d’identité. Vous le savez. Est-ce que vous en avez-vous ? Vous n’êtes pas combattant et pourtant vous n’en avez pas. Aujourd’hui, les Ivoiriens n’ont plus de carte nationale d’identité. C’est un vrai problème de gouvernement. Il faut donc le traiter comme tel. Chacun doit avoir une identité et une pièce qui l’atteste.
(…) En relevant ce défi, gardons-nous de faire des discriminations pour des considérations, par exemple, d’ordre électoral. Assurons par l’identification, l’égalité des citoyens. Donnons-nous les moyens de faire cela. Voilà comment je vois le problème. Les structures auxquelles ce travail est confié auront pour mission de l’aborder de cette manière (…) Les échéances sont électorales, mais aussi les désarmements. On a là, un problème important. Je suis persuadé qu’on va l’aborder correctement, en créant un environnement de confiance et faire en sorte que par le dialogue, on se rassure mutuellement.
En écoutant le secrétaire général des FN, on a eu l’impression qu’il subordonnait le désarmement à l’obtention des cartes nationales d’identité. L’état-major intégré évoqué est rejeté par les FDS. Comment allez-vous joindre les deux bouts ?
Je ne sais pas. Si c’était facile, on n’en serait pas là. Notre rôle est d’écouter les arguments des uns et des autres et de dialoguer pour arriver à une solution qui soit acceptable pour tous les Ivoiriens. La volonté de s’inscrire dans cette dynamique apparaît de manière claire dans les propos du ministre Soro Guillaume. Il ne faut pas citer que les éléments qui pourraient créer problème. Ce sont de vraies questions, il a donné son point de vue. Il a bien fait de le dire de cette manière. Nous sommes engagés dans un processus qui se veut harmonieux et dynamique. On ne le fait pas par bout. C’est un processus qu’il faut mettre en chantier et qui comporte des volets essentiels : Identification, DDR et puis on arrive aux élections. Tout cela peut se faire si nous changeons de mentalité, réapprenons à redevenir frères. A mon sens, il y a un temps pour tout arrêter, un temps pour agir, un temps pour mettre fin et redevenir frères. Si on voit le problème de cette manière, le reste est une question de techniques, de spécialistes. C’est la volonté qui est la plus importante, la volonté manifestée par les uns et les autres de s’inscrire résolument dans ce processus de paix. C’est fort de cet engagement du peuple ivoirien réaffirmé ici, que nous arriverons à joindre les deux bouts. Il n’y a rien d’impossible. Notre rôle est de rendre possible ce qui apparemment est impossible.
Au cours de cette visite, vous ne cessez de dire : « Mon général Bakayoko », est-ce que vous confirmez de cette façon les avancements faits par le SG des FN ?
Moi, je vais à l’essentiel. Je ne vais pas répondre à cette question. Parce qu’elle ne rentre pas dans ma vision des choses. Arrêtons de polémiquer. Ce gouvernement a une tâche importante. Rien ne vous dit que les décisions prises ne seront pas confirmées. Puisque vous voulez savoir, le chef de l’Etat qui donne les grades appelle Bakayoko, « Mon général », l’avez-vous interrogé?
COTE D'IVOIRE / VISITE DU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN BANNY A BOUAKE
Lundi 6 Fevrier 2006
Visite du Premier ministre à Bouaké , ville du centre sous contôle des Forces Nouvelles ( ex-rebellion)
Au 2ème jour de sa visite à Bouaké le samedi 4 février 2006, le Premier ministre Charles Konan Banny s’est adressé à la presse.
Au secrétariat général des Forces Nouvelles qui a servi de cadre à la rencontre, M. Charles Konan Banny entouré pour la circonstance du numéro 2 du gouvernement de Transition, Guillaume Soro et du CEMA des FAFN, le Général Soumaila Bakayoko, a d’abord traduit sans détour, ses sentiments sur son séjour à Bouaké. Dans son exposé liminaire, le Premier ministre a qualifié sa visite «d’instructive et réconfortante». Il n’a pas manqué de rappeler que cela constituait une priorité pour lui d’être à Bouaké, pour prendre contact avec la réalité et s’entretenir avec les autorités des Forces Nouvelles, dans toutes leurs entités. Autre caractère souligné par le Premier ministre est le volet sécuritaire. «Je me suis senti à l’aise et en toute sécurité à Bouaké», a-t-il reconnu et mieux, il a révélé s’être permis d’effectuer quelques balades dans le quartier de la résidence à lui attribuer. L’accueil qui lui a été fait, les populations exprimant leur vœu de retour de la paix, les élèves scandant leur droit à l’éducation qui passe nécessairement par la tenue des examens, ont été des faits qui l’ont marqué. Charles Konan Banny reconnaîtra à cet effet que «s’il doit retourner à Abidjan avec le sentiment de celui qui a constaté que les populations ont envie de voir la paix s’installer définitivement en Cote d’ivoire, c’est que sa visite aura été une réussite». De toutes les séances de travail, des rencontres avec les populations, les couches socio-professionnelles, les autorités politiques, administratives et militaires des Forces Nouvelles, les services sociaux de base que sont la santé et l’éducation, le Premier ministre a retenu que « toutes ses diversités lui ont permis d’avoir une opinion concrète». Et par rapport à cela, il a annoncé qu’il entend poursuivre ses actions dans d’autres endroits de la Cote d’Ivoire, le Nord et l’Ouest notamment. Et de conclure que pour assurer la paix, « il faut créer un environnement d’écoute ». Et dans cette perspective, le Premier Ministre a ajouté qu’il s’agit là d’une des raisons fondamentales qui l’ont poussé à entreprendre sa visite à Bouaké.
Marcel Bony à Bouaké
FOOT-BALL / CAN-2006 / COTE D'IVOIRE bat LE CAMEROUN et se qualifie pour les DEMI-FINALES
Lundi 6 Fevrier 2006
"Tu verras, moi, je sais celui qui va manquer son tir au but. Ce sera Eto'O ou Drogba", laisse entendre Faouzi Mahjoub, journaliste tunisien et ancien responsable de la commission presse de la Confédération Africaine de Football (CAF). Au cours d'une interminable séance de tirs au but qui a vu défiler tous les joueurs de champ ivoiriens et camerounais, y compris les deux portiers, Samuel Eto'O Fils, la star des Lions Indomptables, meilleur buteur de la compétition avec cinq réalisations, place sa balle. Un air de Sénégal 92 plane sur le stade Militaire du Caire en ce samedi 4 février 2006. Il est presque 22h (heure locale) et la température est glaciale. Le suspense est à son comble. Yéo Martial, Directeur Technique National, un des héros de Sénégal 92, est sans doute le seul dont "le cœur ne bat pas" dans l'enceinte martiale cairote. La sélection qu'il dirigeait s'était imposée en finale face au Ghana 11 tirs au but à 10. Il affiche une sérénité déconcertante.
L'attaquant camerounais s'élance donc. Contrairement à sa première tentative réussie, il lève trop son cuir qui, au lieu de remuer les filets de la cage gardée par Tizié Jean-Jacques, prend la direction de l'aéroport du Caire, situé à une dizaine de kilomètres. Les Lions Indomptables s'effondrent et ne croient plus à un faux pas de Didier Drogba qui doit maintenant transformer son tir au but pour donner la victoire à son équipe. L'occasion est trop belle pour le capitaine des Eléphants qui ne tremble pas face à Souleymanou Hamidou. C'est l'hystérie dans le camp ivoirien. Les journalistes ne sont pas en reste. Dans leur cabine, Ricardo Xama et Benson Pierre Aka, envoyés spéciaux de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) crient à s'époumoner. Les supporters se trouvant sur le côté droit de la tribune officielle du stade Militaire jubilent.
Sur le terrain, pendant que Samuel Eto'O, tête basse, prend la direction des vestiaires, les Eléphants, avec en tête Didier Drogba (torse nu), font un tour d'honneur. Ils sont hués par le public égyptien (qui avait pris fait et cause pour les Lions Indomptables). Mais, ils n'en ont cure. Ils ont réussi à déjouer tous les pronostics et sont bel et bien en demi-finale après avoir, comme l'a souligné le sélectionneur Henri Michel lors de la conférence de presse d'après-match, "rétabli la vérité face au Cameroun". Mais, qu'elle fut longue à se dessiner cette victoire.
Tizié, la clé du match
Dans un match fermé où, malgré deux attaquants, deux milieux-ailes et deux latéraux très offensifs, les espaces étaient rares, les Camerounais se sont créés le plus grand nombre d'occasions de buts. Ainsi, à la 38è minute, après une balle perdue dans les 20 mètres par Emmanuel Eboué, Eto'O Fils hérite de la balle, élimine Kolo Touré et échoue face à Tizié Jean-Jacques qui, d'un réflexe venu d'une autre planète, détourne le tir de l'attaquant camerounais. Les Ivoiriens vivent des moments difficiles en cette première mi-temps où le côté droit des Lions Indomptables, tenu par Geremi Njitap et Ngom Komé donne du tournis à Arthur Boka et Akalé Kanga à chaque offensive. Les Eléphants, eux, se contentent de rester bien en place et ne répliquent que par des coups-francs, mal exécutés d'ailleurs par Didier Drogba. Le capitaine ivoirien et son compère de l'attaque Koné Arouna n'ont pas grand' chose à se mettre sous la dent. Le Cameroun assoie une domination territoriale en première mi-temps avec 58% de possession de la balle.
En seconde période, c'est encore Tizié qui sort le grand jeu sur les multiples coups de pieds arrêtés camerounais et surtout un tir vicieux de Timothée Atouba qui prenait la direction de sa lucarne droite (87è mn). Il était dit que le portier ivoirien aurait de la baraka jusqu'au bout puisque juste après l'ouverture du score par Bakary Koné "Baky" (entré à la place de Touré Yaya Gnégnéry) lors de la première minute de la prolongation, il voit la frappe puissante de Geremi Njitap s'écraser sur sa barre transversale. Et malgré l'égalisation de Albert Méyong Zé (qui a remplacé Achille Webo en première période), deux minutes plus tard, le portier ivoirien réussit à repousser la tentative de Jean II Makoun au cours de la séance de tirs au but. Malheureusement, l'arbitre marocain, Mohamed Guezzaz, estime qu'il a bougé et fait retirer le penalty qui, cette fois-ci, est imparable. Ce n'est que partie remise car, influencé par la carrure du gardien ivoirien, Eto'O Fils, voulant mettre la balle hors de sa portée, l'expédie dans le ciel égyptien. Tizié a été la clé de ce match. Mais, si les Eléphants l'ont emporté, cela est dû aussi à leur mental.
Le mental des Eléphants
Pour une fois, les joueurs ivoiriens ont répondu au défi physique des Camerounais. Ils ne se sont laissés intimider. Au contraire, ils sont allés au charbon et ce sont les Lions Indomptables qui ont succombé aux différents duels. C'est ainsi que le solide gaillard Achille Webo a dû déclarer forfait à la suite d'un choc avec Kouassi Blaise. Quant à l'autre mastodonte, Timothée Atouba, il a poussé un cri strident à la suite d'un choc de "garçons" avec le minuscule Baky.
Les Eléphants qui connaissaient bien leurs adversaires n'ont pas tremblé. Ils sont restés bien en place et ont failli remporter la bataille tactique au cours de la prolongation s'ils avaient tenu quelques minutes de plus après l'ouverture du score par Baky. En 120 minutes, seuls deux remplacements ont été effectués. Il y a bien longtemps qu'on n'avait pas vu les Eléphants aussi conquérants. Héroïque a donc été leur victoire sur le Cameroun.
Et leurs supporters reconnaissants les ont célébrés à leur base de l'hôtel Movenpick Airport, ayant pris l'instant d'un soir des allures du Golf Hôtel d'Abidjan, là où les Eléphants prennent leurs quartiers à Abidjan. Fini donc le Cameroun, place maintenant au Nigeria. Une autre paire de manche qui se dénouera demain au stade d'Alexandrie.
Magloire Diop,
Envoyé spécial à la CAN 2006 .../
SENEGAL / REAMENAGEMENT TECHNIQUE / LISTE DU NOUVEAU GOUVERNEMENT
Jeudi 2 Fevrier 2006
PREMIER MINISTRE : M.Macky SALL
Mme Aminata Tall, Ministre d'Etat, Ministre des Collectivités locales et de la Décentralisation
M. Cheikh Tidiane Gadio, Ministre d'Etat, Ministre des affaires étrangères
M. Abdoulaye Diop, Ministre d'Etat, Ministre de l'Economie et des finances
M. Cheikh Tidiane SY, Ministre d'Etat, Garde des sceaux, Ministre de la Justice
M. Djibo Leïty Kâ, Ministre d'Etat, Ministre de l'Economie Maritime et des Transports maritimes internationaux
M. Habib Sy, Ministre d'Etat, Ministre des Infrastructures, de l'Equipement, des Transports terrestres et des Transports maritimes intérieurs
M. Bécaye Diop, Ministre des forces armées
Maître Ousmane NGOM, Ministre de l'Intérieur
Professeur Moustapha Sourang, Ministre de l’Education
M. Ousmane Masseck Ndiaye, Ministre du Tourisme et des Transports Aériens
Maître Madické Niang, Ministre de l'Energie et des mines
M. Mamadou Diop, Ministre du Commerce
M. Abdou FALL, Ministre de la Santé et de la Prévention médicale
M. Farba Senghor, Ministre de l'Agriculture, de l'Hydraulique rurale et de la Sécurité alimentaire;
M. Lamine BA, Ministre de la Coopération internationale et de la Coopération décentralisée
Mme Aida Mbodj, Ministre de la femme, de la famille et du développement social
M. Mame Birame DIOUF, Ministre de la Culture et du Patrimoine historique classé
M. Adama SALL, Ministre de la Fonction publique, du Travail, de l’Emploi et des Organisations Professionnelles
M. El Hadj Daouda FAYE, Ministre des Sports
M. Assane DIAGNE, Ministre de l'Urbanisme et de l'Aménagement du territoire
M. Oumar SARR, Ministre du Patrimoine Bâti, de l'habitat et de la construction
M. Joseph Ndong, Ministre des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication
Mme Bineta BA SAMB, Ministre de l'Industrie et de l'Artisanat
Docteur Issa Mbaye SAMB, Ministre de la prévention, de l'hygiène publique, de l'Assainissement et de l'Hydraulique urbaine
M. Thierno LO, Ministre de l'Environnement et de la Protection de la Nature
Docteur Bacar Dia, Ministre de l'Information, Porte Parole du Gouvernement
M. Abdou Aziz Sow, Ministre du NEPAD, de l'intégration économique africaine et de la Politique de bonne gouvernance
Mme Marie-Pierre SARR TRAORE, Ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Entreprenariat féminin et de la Micro-finance
M. Aliou Sow, Ministre de la jeunesse
Mme Yaye Kene GASSAMA DIA, Ministre de la recherche scientifique
M. Mamadou Sidibé, Ministre du Plan et du Développement Durable
M. Abdou Malal Diop, Ministre des sénégalais de l’extérieur
Mme Oumou Khaïry Guèye Seck, Ministre l'Elevage
M. Georges Tendeng, Ministre e l'Enseignement technique et de la formation professionnelle
Mme Awa Fall DIOP, Ministre des relations avec les institutions
M. Cheikh Hadjibou Soumaré, Ministre délégué chargé du budget auprès du Ministre de l’économie et des finances
M. Ibrahima Fall, Ministre délégué chargé des questions pédagogiques auprès du Ministre de l’Education,
M. Diégane Sène, Ministre délégué chargé de l'Alphabétisation, des Langues Nationales et de la Francophonie auprès du Ministre de l'Education
COTE D'IVOIRE / CONFERENCE DE PRESSE DE L'ONUCI
Jeudi 2 Fevrier 2006
Note introductive du Porte-parole de l'ONUCI Hamadoun Touré
Mesdames et messieurs bonjour,
je voudrais commencer ce point de presse en
vous faisant le point des activités du Représentant spécial des Nations
Unies pour la Côte d'Ivoire, Pierre Schori. Il a rencontré mardi soir le
Premier ministre Charles Konan Banny pour faire le point des derniers
développements du processus de paix après les journées noires que nous avons vécues du 16 au 19 janvier 2006. Il va rencontrer aujourd'hui M.
Alassane Dramane Ouattara, Président du RDR [Rassemblement des
Réoublicains] pour procéder à des échanges de vues. Vous savez que M.
Ouatttara est rentré en Côte d'Ivoire le 25 janvier. Il attend également la confirmation d'une audience avec le Chef de l'Etat, le Président [Laurent] Gbagbo. Une rencontre qui entrera dans le même cadre.
Je voudrais également porter à votre attention la mission d'évaluation que l'ONUCI a envoyée à Guiglo au cours du week-end et qui a pu se rendre sur le terrain pour rencontrer les populations et les représentants des différents mouvements.
Ce qui s'est passé là-bas nous montre qu'il nous faut travailler davantage pour non seulement panser les plaies, soigner les blessures, mais aussi y retourner au profit des populations car il ne faut pas perdre de vue que ce qui se fait à l'intérieur du pays tout comme ce qui se fait ici également à Abidjan est fait au profit des populations ivoiriennes.
Chaque jour d'absence dans ces zones, c'est un jour de plus pour les souffrances de ces populations. Donc il faudra continuer de parler, de dialoguer avec toutes les parties pour que les choses puissent entrer dans l'ordre et qu'on assure le retour des représentants de l'ONUCI dans ces zones.
La leçon qu'il faut peut-être retenir de ce qui s'est passé il y a une dizaine de jours, c'est que la violence ne saurait être la solution et qu'il faut demeurer dans le processus de paix. A l'intérieur du processus de paix tout est possible.
En dehors du processus, rien de durable et de viable en tout cas ne peut être construit.
C'est pour cette raison que l'ONUCI invite toutes les parties à renouveler leur engagement vis à vis du processus de paix et à continuer leur appui pour la matérialisation de la feuille de route qui a été remise au Premier ministre Charles Konan Banny et dont la réalisation pourra aider toutes les parties à sortir de la crise qui n'a que trop duré. Une crise dont les premières
victimes sont les populations. Voici donc quelques mots en guise d'
introduction et je suis prêt à répondre à vos questions éventuelles.
Peter Murphy : vous dites qu'il faut continuer le dialogue dans l'ouest.
Cela veut-il dire que les populations ne veulent toujours pas de la
présence de l'ONUCI dans la région, du moins pour le moment puisqu'il n'y a pas encore eu d'accord pour le retour des troupes ?
HT : Au-delà de l'accord ou non des populations comme vous dites, il y a d'abord les infrastructures qu'il faut réhabiliter.
Les dégâts sont très importants. Je ne voudrais pas insister sur ceux-ci parce qu'il y a eu quand même des pertes en vies humaines qui sont très importantes et c'est pour cela que je ne voudrais pas parler de ce qu'on peut appeler des dégâts matériels qui ne sont rien à côté des dégâts humains.
Et c'est pour cela que j'ai dit qu'il fallait faire beaucoup de travail pour restaurer la confiance. A la suite d'une attaque contre un camp militaire et la réaction qui a suivi, il y a forcément des conséquences qui parfois prennent du temps pour être réglées et nous comptons prendre le temps pour le faire en vue de pouvoir y retourner.
François Gomhahi (Le jour Plus) : j'ai devant moi la dernière déclaration du Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan sur la situation de sécurité en Côte d'Ivoire. Je vois qu'il est assez préoccupé face à celle-ci.
Et moi également je m'inquiète parce que tout le monde ici sera d'accord avec moi qu'au Rwanda, au moment où les populations civiles appelaient au secours les forces impartiales de l'époque se sont plutôt préoccupées d'évacuer leurs personnels civil et militaire et ce matin
encore quand j'ai entendu les commentaires sur RFI, j'en suis arrivé au
même constat. La priorité de l'ONUCI ou des forces impartiales si vous voulez (Licorne et ONUCI), c'est d'abord la sécurité de leur personnel et vient en seconde position celle des populations civiles. Est-ce que les sanctions qui planent sur les autorités ivoiriennes ne seront pas de nature à mettre de l'huile sur le feu ? Si tel est le cas, de quels moyens disposent aujourd'hui les forces impartiales pour que le syndrome du Rwanda n'arrive pas en Côte d'Ivoire ?
H.T : Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris votre question parce qu'elle ressemble plus à un commentaire. Mais je voudrais vous dire que le Secrétaire général est profondément préoccupé par la situation en Côte d'Ivoire comme il l'a toujours été.
Il ne fait donc que réitérer cette préoccupation. Je n'ai pas de commentaire à faire sur une déclaration du Secrétaire général qui est le premier fonctionnaire des Nations Unies, mais je voudrais surtout attirer votre attention sur les risques d'amalgame que vous êtes entrain de faire. Je ne pense pas que l'intention de l'ONUCI est d'abandonner la Côte d'Ivoire.
Il y a une semaine, dans ces mêmes locaux, on vous réitérait la disponibilité de l'ONUCI à appuyer le processus et surtout sa détermination de ne jamais abandonner la Côte d'Ivoire. C'est ce qui prévaut, c'est la ligne de conduite de l'ONUCI et c'est la raison d'être même de la mission. Mais naturellement il faut qu'une personne qui vient vous aider soit elle-même sécurisée. Si un pompier vient devant un incendie et qu'il est lui-même pris dans le feu, il y a un amalgame de fonctions.
Faut-il qu'il se protège lui-même ou qu'il lutte contre le feu qui menace une tierce personne ? Mais nous n'en sommes pas encore là. Il y
a des options qui s'offrent et qui sont des options de paix, de dialogue,
de discussion et nous voulons que la force reste à la diplomatie et au dialogue et non à la confrontation. Nous espérons que les violences de 10 derniers jours sont derrière nous et que tout le monde a retenu les leçons mais moi je ne peux pas vous dire sur le plan militaire ce qui est prévu si quelque chose se passe. Je ne suis pas habilité à le faire et naturellement
on ne discute pas de sécurité sur la place publique. Mais ce n'est pas
cela l'important. L'important, c'est que les Ivoiriens et l'ONUCI se retrouvent. C'est pour cela que volontairement j'ai commencé ce point de presse en vous annonçant que le Représentant spécial a eu des contacts avec le Premier ministre, qu'il en aura avec le Premier ministre Alassane Ouattara, qu'il en aura avec le Président Gbagbo (nous attendons qu'on nous fixe le rendez-vous).
Donc nous privilégions cette option-là, c'est celle qui sera viable c'est elle qui a des chances de prospérer parce qu'il n'y a pas de solution militaire dans le conflit et nous sommes les premiers à ne pas croire à la solution militaire.
Deless Goué (Le Front) : j'aurais souhaité avoir ici la présence du Général Fall?. Je ne sais pas si son Porte-parole est ici présent?. Le Général Fall a déclaré récemment que lors de l'évacuation du contingent bangladais, du matériel militaire a été laissé sur place. Une mission d'évaluation s'est rendue à Guiglo pour le côté humanitaire dont vous avez fait le bilan, je voulais aussi savoir si on confirme cette information et si effectivement on pourrait avoir le bilan du matériel militaire qui est resté sur place et s'il a été récupéré à Guiglo.
Ma seconde question pour finir, au delà des
ballets diplomatiques, messierurs Schori, Alassane Dramane Ouattara,
Charles Konan Banny, la mouvance patriotique de Côte d'Ivoire continue de menacer en prélude aux sanctions qui doivent tomber. J'aimerais savoir, face à toutes ces menaces quelles dispositions ont été prises par l'ONUCI avant que le Secrétaire général de l'ONU, M Kofi Annan, ne se prononce, parce que nous sommes à Abidjan ici et la réalité nous l'avons vue récemment, pour que la population soit rassurée face aux menaces.
HT : Je vais prendre la seconde question et la première pourrait être pour par mon collègue Gilles Combarieu [porte-parole militaire]. Les dispositions qui sont prises devraient d'abord être des dispositions politiques et diplomatiques. Le ballet dont vous parlez est très important.
Il est très important de se rencontrer et de se parler. C'est ce qui permet de lever les malentendus, les quiproquos, d'éviter la confrontation dans
laquelle je suis sûr personne n'a intérêt. Ce n'est pas dans la
confrontation que l'on résoudra la crise ivoirienne sinon elle serait terminée depuis très longtemps. Il n'y pas de solution militaire, il n'y a pas de solution dans la violence. Nous avons vécu des journées très chaudes qui ont montré que la violence n'était pas la solution. Naturellement il faut continuer de se parler et c'est la première arme des Nations Unies, cette persuasion morale.
Mais naturellement, M. Schori, en premier, a la responsabilité de la sécurité des personnes qui dépendent de lui, c'est à dire des agents de l'ONUCI. Mais pour ce qui est des populations, vous savez si vous avez bien lu la déclaration du Secrétaire général des Nations Unies, que l'ONUCI et la Licorne sont habilitées à assurer la protection des populations dans les endroits de leurs déploiements, dans les points où ces deux forces sont déployées et en fonction de leurs moyens. Cela dit, vous savez qu'en droit international, la sécurité des populations vivant sur un territoire est du ressort des autorités gérant ce territoire. En d'autres termes, au sud de la zone de confiance, la sécurité des populations est du ressort du Gouvernement.
Au nord de la zone de confiance la sécurité des populations et même des membres des forces impartiales est du ressort des Forces Nouvelles. C'est ce que dit le droit international de façon générale mais c'est également ce que dit le SOFA. (Accord de siège en français) signé avec le gouvernement ivoirien et notre sécurité est entre les mains des Forces de Défense et de Sécurité, c'est pour cette raison que très souvent nous avons recours aux Forces de Défense et de Sécurité. Mais naturellement nous avons aussi des responsabilités en ce qui concerne notre personnel. Je ne sais pas si cela rassure la population.
Capitaine Gilles Combarieu (Porte-parole militaire ONUCI): Mesdames,
messieurs bonjour. En ce qui concerne la réponse à votre question, vous savez tous, que le Banbat 2 [le bataillon bengladais] est parti de Guiglo sous une pression extrême et n'a pu envoyer la totalité du matériel lourd qui était stocké dans le camp. Ce matériel est conservé actuellement sous la responsabilité des Forces de Défense et de Sécurité ivoiriennes bien sûr.
Vous savez également qu'il y a deux jours, une mission d'évaluation a été conduite. Un bilan et une estimation de tous les matériels sur place ont été produits. Ces matériels qui appartiennent au banbat 2 seront récupérés dans les jours ou les semaines qui viennent, bien sûr avec l'accord et l'aide des autorités locales et des FDS. Le processus est en cours actuellement.
Peter Murphy (Reuters): Sur cette même question, êtes vous sûrs de pouvoir récupérer le total du matériel ou est-ce qu'une partie a été égarée ou volée?
Cap GC: Là je n'ai pas ce genre de précisions. Un bilan a été établi et je n'ai pas pris connaissance dans tous les détails. Mais tout ce qui doit être récupéré est actuellement sous la responsabilité des Forces de Défense et de Sécurité.
Peter Murphy (Reuters): Est ce qu'il y aura un rapport sur l'ouest qui va sortir avec des précisions?
H.T: Il y a déjà eu des évaluations préliminaires. Bien sûr qu'il y aura