Fevrier 2007



Mercredi 28 Fevrier 2007

VISITE D'AMITIE ET DE TRAVAIL DE S.E.M. PIERRE NKURUNZIZA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU BURUNDI EN COTE D'IVOIRE : COMMUNIQUE FINAL


A l'invitation de Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d'Ivoire, Son Excellence Monsieur Pierre NKURUNZIZA, Président de la République du Burundi a effectué une visite d'amitié et de travail en Côte d'Ivoire du 25 au 28 février 2007 à la tête d'une importante délégation de hautes personnalités burundaises comprenant notamment Monsieur Donatien NIJIMBERE, Ministre du Commerce et de l'Industrie.
Pendant cette visite, les deux Chefs d'Etat ont eu des entretiens en tête-à-tête qui se sont déroulés dans une ambiance fraternelle et de parfaite compréhension.
Les entretiens ont porté sur des sujets d'intérêts communs en particulier sur les problèmes bilatéraux et africains.
Sur le plan bilatéral, ils ont noté la volonté commune de renouer et de renforcer la coopération entre la République du Burundi et la République de Côte d'ivoire dans l'intérêt mutuel des deux peuples dans les domaines de l'agriculture, du commerce, du sport, de l'industrie et de l'éducation.
Dans cette perspective, la délégation burundaise a eu notamment une importante séance de travail au Bureau National d'Etudes Techniques et de Développement (BNETD) à Abidjan et a visité des réalisations socio-éducatives et culturelles, dont l'Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) à Yamoussoukro. La délégation a également rencontré les hauts cadres du ministère de l'industrie et de la promotion du secteur privé, et du ministère du commerce ainsi que les responsables de la Confédération des Grandes Entreprises (CGE).
La délégation burundaise a invité les opérateurs économiques ivoiriens à venir investir au Burundi. Les opérateurs économiques ivoiriens ont accepté cette invitation. Les deux Chefs d'Etat ont décidé d'engager leur Ministre des Affaires Etrangères à prendre les dispositions nécessaires pour la concrétisation de cette coopération.
Le Président Laurent GBAGBO a félicité le Président Pierre NKURUNZIZA pour les avancées significatives du processus de paix et de réconciliation dans son pays marquées par la signature d'un accord global de cessez-le-feu qui prévoit la mise en place d'un mécanisme de vérification et de suivi auquel participent l'Union Africaine, l'Organisation des Nations Unies et les parties burundaises. Evoquant la situation politique intérieure de son pays, le Chef de l'Etat ivoirien a fait part à son homologue du Burundi des derniers développements de la crise ivoirienne.
A son initiative, un dialogue direct entre la partie gouvernementale et les Forces nouvelles a lieu en ce moment à Ouagadougou avec pour facilitateur, Son Excellence Monsieur Biaise COMPAORE, Président du Faso, Président en exercice de la CEDEAO.
Le Président Pierre NKURUNZIZA a exprimé son soutien au Président Laurent GBAGBO et au peuple ivoirien pour leurs efforts en vue de restaurer la paix et la sécurité sur leur territoire.
A cet égard, il s'est dit heureux de pouvoir partager avec son homologue ivoirien, l'expérience de paix du Burundi qui est aujourd'hui en phase de consolidation et qui est saluée par l'ensemble de la Communauté Internationale.
Les deux Présidents ont fait un tour d'horizon des grands problèmes d'actualités africaine et internationale et se sont réjouis de leur convergence de vue sur ces questions. « Sur le plan international, ils ont condamné la prise du pouvoir par les moyens non constitutionnels partout dans le monde et notamment en Afrique.
Pendant son séjour, le Président Pierre NKURUNZ1ZA a rencontré la communauté burundaise résidant en Côte d'Ivoire.
A l'issue de sa visite, le Président burundais, a réitéré à son homologue ivoirien ses vifs remerciements pour l'accueil chaleureux et fraternel qui lui a été réservé ainsi qu'à la délégation qui l'accompagne.
Son Excellence Monsieur Pierre NKURUNZIZA a invité Son Excellence Monsieur Laurent GBACBO à effectuer une visite de travail et d'amitié au Burundi. Le Président ivoirien a accepté cette invitation avec plaisir. La date de cette visite sera fixée par voie diplomatique.

Fait à Abidjan, le 28 février 2007
Pour la République du Burundi
Ministre des Affaires Etrangères
Donatien NIJIMBERE

Pour la République de Côte d'Ivoire
Youssouf BAKAYOKO
Ministre des Affaires Etrangères


COOPERATION IVOIRO-BURUNDAISE / DISCOURS DU PRESIDENT GBAGBO

Mercredi 28 Fevrier 2007

Monsieur le Président, Pierre Nkurunziza, Président de la République de Burundi ;
Mesdames et Messieurs, membres de la délégation burundaise ;
Messieurs les Présidents des Institutions ;
Monsieur le Premier Ministre ;
Mesdames et Messieurs, membres de la délégation ivoirienne ;…

Aujourd’hui est un jour important pour le Burundi et pour la Côte d’Ivoire. Dans toutes nos traditions, l’hôte est quelqu’un de sacré que nous honorons et respectons. Au delà de la visite, il est important de dire que le Burundi sort d’une longue crise. Et il nous montre le chemin de la sortie de crise. Je souhaite que nous empruntions ce chemin.

Pour ma part, il y a quinze ans de cela, j’ai effectué, en tant que député, deux voyages au Burundi pour participer à la facilitation des discussions inter-burundaises. Nous avons travaillé nuit et jour mais la solution nous semblait très lointaine. Aujourd’hui, elle est proche et je me réjouis avec les burundais d’abord et avec toute l’Afrique, ensuite.

Nous sommes très heureux que, petit à petit, l’Afrique tourne le dos à ces situations qui nous obligent à faire du surplace au lieu d’avancer. Nous avons du chemin à parcourir. Nous ne devons donc pas piétiner mais avancer. Il nous faut même courir mais en maîtrisant nos propres pas.

Quelqu’un a dit qu’il y a beaucoup de dossiers. Nous devons savoir que ce ne sont pas ceux qui nous donnent des conseils qui payent la note mais plutôt, nous les Etats en crise. Il nous faut les écouter et choisir parmi les conseils qu’ils nous donnent, ceux qui peuvent nous permettre de sortir de la crise et d’avancer. C’est ce que vous avez fait au Burundi, Monsieur le président, et c’est ce que nous voulons faire en Côte d’Ivoire.

Je suis heureux car dans quelques heures, je vais recevoir les pré-papiers des accords de Ouagadougou. Si nous tombons d’accord, nous avertirons tout le monde pour donner la date à laquelle l’accord sera signé.

Je suis heureux aussi de voir un jeune sportif devenir Président. Il a visité le centre sportif le plus solide du point de vue implantations et infrastructures. Comme il a une école de football, il a décidé d’envoyer quelques uns de ses jeunes joueurs faire un stage à l’académie de l’Asec. Monsieur le Président, nous les recevrons avec plaisir, il faut qu’ils sachent qu’ils ont, ici, des frères.

Vous avez connu des difficultés ces derniers temps, nous vous enverrons dans la semaine, des vivres pour donner un signal symbolique et dire qu’au bout de l’Afrique, vous avez des frères et amis. Mais il faut aller plus en profondeur, en soignant les gens, en étudiant l’agriculture. Dès demain, je verrai le Premier Ministre pour qu’on vous envoie des ingénieurs agronomes, des médecins pour vous aider à faire face aux problèmes d’urgence. Nous allons vous aider à consolider la paix. Car la paix sans le développement de l’agriculture et de la santé est vaine.

M. le Président, vous pouvez revenir ici quand vous voudrez. Nous avons décidé de faire une politique africaine d’ouverture avec tous nos compatriotes africains mais singulièrement avec ceux qui ont souffert des crises. Et au nom de la Côte d’Ivoire, je souhaiterais que vous repartiez avec une décoration qui montre que la nation ivoirienne reconnaît tous les efforts que vous (les burundais) avez fait pour sortir de la crise. Et sachez que c’est la nation ivoirienne qui, à travers vous, va décorer la nation burundaise.

Je vous remercie


SENEGAL / REPORTAGE DE LAURENT GBAGBO.NET SUR LES ELECTIONS AU SENEGAL

Mercredi 28 Fevrier 2007

WADE, UN GRAND HOMME !


Abdoulaye Wade est sorti vainqueur de l’élection présidentielle au Sénégal. Ce dernier n’est perçu par la population ivoirienne comme un ami. Il a pris position depuis le début du conflit pour les opposants et il n’a nullement facilité la tâche au Président Laurent GBAGBO. Chaque ivoirien se souvient de ses propos tonitruants et peu diplomatiques sur la crise ivoirienne.

Cela dit, Abdoulaye Wade de par sa victoire écrasante sur l’opposition se révèle être un grand homme à l’instar de ses prédécesseurs Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf.
En effet, malgré ses 80 ans, le vainqueur en excellente santé, bat campagne, tient des meetings, alors que beaucoup de personnes de sa génération sont malades et invalides.

Ensuite l’octogénaire connaît les réalités des son pays et a su établir de bonnes relations avec l’ensemble de la population de sorte que les critiques virulentes des opposants, n’ont rien changé dans le déroulement de la campagne.

Enfin le nouveau Président du Sénégal met à nu les faiblesses d’une opposition qui pensent que les dénigrements, les bavardages, les menaces peuvent conduire au pouvoir.

Il est à espérer que l’opposition ivoirienne tire des leçons du vote au Sénégal où la défaite des Idrissa SECK, Ousmane Tanor DIENG et Moustapha NIASSE ne s’est nullement transformée en rébellion armée.

www.laurentgbagbo.net adresse ses félicitations au "Vieux".

Ano NIANZOU
www.laurentgbagbo.net


Dialogue direct à Ouaga : LA FRANCE ENTRE DANS LA DANSE

Mardi 27 Fevrier 2007

Dernière mise à jour : 27 Feb 2007 - 23:33 GMT

Mme Brigitte Girardin rencontre aujourd’hui Blaise Compaoré et demain, Laurent Gbagbo.

Le ministre français à la Coopération, au développement et à la Francophonie est attendu aujourd’hui à Ouagadougou. Selon un document que nous avons reçu, hier, du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Mme Brigitte Girardin s’entretiendra avec le Chef de l’Etat burkinabé, Blaise Compaoré, président en exercice de la CEDEAO, sur les crises que l’organisation sous-régionale s’attelle à régler.
Mais nul n’est dupe. «Il sera, en particulier, précise le document, question du «dialogue direct» entre le camp présidentiel ivoirien et les Forces nouvelles, mené actuellement à Ouagadougou, sous l’égide du Président Compaoré». Le porte-parole du Quai d’Orsay annonce aussi que Mme Girardin rencontrera le chef des Forces nouvelles, Guillaume Soro, dans la capitale du Burkina Faso. Puis demain, elle se rendra à Abidjan où elle aura une séance de travail avec le Président Laurent Gbagbo. Il précise dans son document ne pas avoir connaissance d’un message du Président de la France, Jacques Chirac, dont Mme Girardin serait porteuse à son homologue ivoirien.
A l’agenda du ministre français délégué à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, d’autres rencontres sont prévues non seulement avec le Premier ministre Charles Konan Banny, mais aussi avec des leaders de l’opposition, particulièrement le président du RDR, Alassane Dramane Ouattara.
Comme on peut aisément le deviner, la France est entrée en scène. Partout, au cours de cette visite-éclair de Mme Girardin, il sera question de la résolution de la crise ivoirienne. L’Hexagone apporte ainsi sa touche aux derniers réglages du dialogue direct au moment où, ayant atteint sa phase décisive, il est menacé d’enlisement par des pesanteurs.
Selon des sources proches du dossier, hier, les deux délégations de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire et des Forces nouvelles ont remis le rapport final et les recommandations au médiateur. Des documents qui restent à être restitués. Après cette restitution, chaque chef de délégation devra transmettre ce rapport à son mandant pour validation. Mais si Dacoury-Tabley Louis André consultera Soro Guillaume sur place, Désiré Tagro, lui, devra regagner Abidjan pour y rencontrer le Président Laurent Gbagbo. Le chef de la délégation présidentielle était attendu dans la nuit d’hier dans la capitale économique ou au plus tard, aujourd’hui. C’est pourquoi même si la date de demain reste encore plausible pour la signature des conclusions du dialogue direct commencé depuis le 5 février dernier, celle de vendredi paraît plus probable pour cet acte que tous les Ivoiriens attendent avec beaucoup d’impatience.
On annonce que hier, le ministre burkinabé de la sécurité, Djibril Bassolé, a reçu le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Mambé Beugré, et le Haut représentant des Nations unies pour les élections en Côte d’Ivoire, Gérard Stoudmann. La rencontre a porté sur le calendrier des élections.
A Abidjan, Mme Brigitte Girardin prendra également part à la treizième réunion du Groupe de travail international (GTI) qui se tient demain au siège de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) à l’hôtel Sébroko.

Pascal Soro
FRATMAT


COOPERATION IVOIRO-SENEGALAISE / INTERVIEW DE S.E.FATIMATA TOURE SY AMBASSADEUR

Mardi 27 Fevrier 2007



INTERVIEW AVEC S.E.Mme Sy NEE FATIMATA TOURE, AMBASSADEUR DE COTE D’IVOIRE AU SENEGAL

Merci Excellence, pour la rencontre que vous nous accordez. Juste quelques questions à vous poser. La première est la suivante :

Pouvez-vous nous présenter brièvement l’organisation et le fonctionnement de votre Ambassade?



Merci de me faire l’honneur de m’accorder cette interview qui apparaîtra je crois sur le Site du chef de l’Etat. C’est un grand honneur pour moi.

Effectivement l’Ambassade est organisée comme toute Ambassade de manière classique mais nous y avons apporté notre touche en réaménageant certains services qui ne répondent plus à l’ère du temps. C'est-à-dire que nous faisons une diplomatie moderne qui consiste au développement des secteurs les plus importants pour moi à savoir l’économie et le commerce.

Ensuite, il y a l’aspect consulaire, la gestion de la communauté, la gestion des déplacements, des visiteurs, des voyageurs et je crois que ce sont les éléments les plus importants.

Bien sûr, il y a l’aspect culturel qu’il ne faut pas négliger parce que cela comprend plusieurs volets, notamment le tourisme qui inclut le développement de nos activités culturelles en Côte d’Ivoire. C’est comme ça que nous sommes organisés.

Et comme je l’ai dit, nous avons basé notre fonctionnement sur l’éco-diplomatie et certaines relations commerciales. Aujourd’hui Dieu merci, les relations entre les quatre pays où nous avons été mandatés par le chef de l’Etat pour représenter la Côte d’Ivoire et notre pays sont au beau fixe.

Parce que nous avons constaté que dans ces quatre pays là, la Côte d’Ivoire est présente du point de vue commercial et économique.
Tous les produits notamment les produits vivriers qui y sont consommés sont pour la plupart de la Côte d’Ivoire. Parce que les gens nous disent que nous avons des produits de qualité. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une zone vraiment sahélienne où l’agriculture n’est pas tout à fait développée compte tenu du climat qui y prévaut. Voilà un peu comment nous sommes organisés.

Cela dit comme je l’ai dit, il y a l’Ambassadeur, il y a le N°2 de l’Ambassade qui est le 1er conseiller, il y a le conseiller commercial, il y a le 1er secrétaire chargé des Affaires culturelles, il y a le 1er secrétaire chargé des Affaires consulaires qui gère aussi la communauté.

Nous avons une grande communauté actuellement ici, du fait de la crise en Côte d’Ivoire. Déjà en 2002, nous avons plusieurs personnes qui sont venues s’installer ici mais qui sont reparties.

Au Sénégal par exemple nous avons près de trois mille ivoiriens vivant ici, notamment des étudiants et des personnes exerçant dans le secteur informel.

Dakar est une porte d’entrée pour eux vers l’Europe et vers d’autres continents et quand ils arrivent ici, ils pensent pouvoir embrasser le travail qui leur permet d’avoir de l’argent et puis poursuivre leur chemin. Il y a en qui finissent par s’y installer.
C’est très mobile parce qu’ils vont et ils viennent.

En Mauritanie, nous avons un grand contingent d’au moins 2000 personnes. Notamment à Nouadhibou, nous devons avoir 600 personnes, au Cap vert, nous avons entre 100 et 150 qui sont composés d’ivoiriens et de capverdiens nés en Côte d’Ivoire.

Et puis il y a la Gambie où nous avons près de 200 personnes dans le secteur informel. Aujourd’hui, vous trouverez la cuisine de la Côte d’Ivoire qui est prisée par tous ces pays-là. Et les ivoiriens font l’effort de nous accompagner dans le travail que nous faisons ici, notamment au niveau de l’image de la Côte d’Ivoire dans tous les domaines.

L’Ambassade de la Côte d’Ivoire est ouverte à tous les Ivoiriens parce que nous disons que nous sommes les représentants du Chef de l’Etat et de toute la Côte d’Ivoire dans toutes ses composantes.
Et de ce point de vue là, nous n’avons aucun problème avec qui que ce soit.

Nous avons des heures d’ouverture de 8h à 15h avec une permanence, l’après midi pour tenir compte du travail en Côte d’Ivoire parce qu’ici, c’est la journée continue comme vous l’avez constaté, les gens arrêtent à 15h.

Mais nous, nous avons fait une permanence composée d’un diplomate, un chauffeur, une secrétaire et d’une standardiste pour permettre que aux uns et aux autres de vaquer à leur occupation, de ne pas utiliser les heures de travail pour se retrouver en train de faire des courses à gauche et à droite.

Parce que nous avons l’ambition de faire tout ça et des reformes parce que nous voulons que l’Ambassade de Côte d’Ivoire dans cette zone de juridiction ressemble à l’image de la Côte d’Ivoire qui est un pays représentatif en Afrique occidental à tout point de vue. Ce n’est pas nous qui le disons, ceux là mêmes qui sont avec nos frères de la sous région, nous le disent.

Et c’est pourquoi, ils ne ménagent aucun effort pour s’intéresser, s’impliquer dans la recherche de solution à une paix durable et définitive dans notre pays.

Parce que la Côte d’Ivoire vit cette situation du fait que pendant longtemps, elle a été le pays qui a accueilli tout le monde, tous ceux qui avaient des besoins, parce que la vie y est facile, la nourriture y est abondante, la vie n’est pas chère et les ivoiriens sont des gens formidables, nous avons notre hospitalité et notre humour légendaires qu’on ne trouve nulle part.

Excellence la deuxième question est relative au fait qu’il y a certaines prises de position de l’entourage des chefs d’Etat de la Côte d’Ivoire et du Sénégal qui ont fait dire à certains que les relations entre les deux Hommes n’étaient pas au beau fixe. En l’état actuel de la situation que pouvons-nous dire sur les relations entre les deux Chefs de l’Etat?

C’est une question tout à fait pertinente, mais il faudrait que je relève tout de suite que ce sont des frères qui se comprennent. Quand on a des incompréhensions, ça ne veut pas dire qu’on a claqué la porte et on est parti ! Ce n’est pas d’ailleurs leurs cas. Je pense que de tout temps le Président Laurent GBAGBO qui a toujours considéré le Président WADE comme un aîné, a toujours communiqué avec lui. Et je pense qu’il ne faut pas qu’on oublie que le Sénégal nous a permis d’avoir le cessez-le-feu.

De ce point de vue, je crois que le Président en tient compte. On ne peut pas empêcher les gens d’avoir leurs idées ou une position mais cela n’empêche pas l’un et l’autre de communiquer.

Nous sommes un pays ouvert et le Chef de l’Etat ivoirien est quelqu’un qui communique. Il a lui-même dit qu’il a libéré la parole. Donc il communique avec chacun d’entre nous. Et tout ce que les gens écrivent dans les journaux, vous ne pouvez pas les empêcher de le dire.

Mais nous, nous sommes à la tâche, nous sommes sur le terrain, nous savons qu’il n’y a aucun nuage entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal.
Pour preuve il y a deux ans, j’ai conduit une délégation parlementaire en Côte d’Ivoire. Nous sommes allés jusqu’à Bouaké avec l’autorisation du Chef de l’Etat. Ils ont été bien accueillis, les Ivoiriens ont dit tout ce qu’ils avaient sur le cœur.

Les deux Présidents se rencontrent à des réunions comme la CEDEAO, l’UEMOA. Ils échangent vraiment en toute fraternité. Vous êtes venus, vous avez vu comme vous avez été accueillis. Nous sommes un pays important et quand on est important, on prend des coups.

Nous avions des préoccupations notamment sur l’état de la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal et le nombre d’ivoiriens vivant au Sénégal et leur secteur d’activité.

Heureusement dans la première question vous avez répondu à cela. Donc nous allons finir par une dernière question qui est Excellence, de dire juste un mot sur l’élection présidentielle qui aura lieu dimanche.

Bien je vous remercie, nous sommes tous dans l’attente de voir ce que ça va donner. Nous voyons la campagne qui est très animée. Chacun essaie de se défendre, de faire des propositions alléchantes. Maintenant c’est au peuple de décider.

Mais je pense que dans notre rôle, nous ne pouvons que souhaiter que le meilleur gagne pour que la paix règne dans le pays. Parce que nous autres savons ce que c’est que le manque de paix, on l’a vécu et donc on ne peut que souhaiter la paix pour nos frères. Parce que nous avons des liens très forts avec ces gens depuis le temps d’Houphouët jusqu’à maintenant.

Que le pays reste dans la paix et que le meilleur gagne.
Nous essayons de regarder à gauche et à droite, on n’a pas de pronostics parce que nous n’avons pas des éléments. Mais il n’y a que Dieu qui donne le pouvoir. Et s’il estime que quelqu’un peut jouer ce rôle, il l’installe.

Aucun homme ne peut empêcher quelqu’un d’avoir le pouvoir si Dieu le lui donne. Je vous remercie.

Propos recueillis par Fabrice KOKORA,
Envoyé Spécial de www.laurentgbagbo.net à Dakar
et transcrits par Ouaga Jacqueline.


SENEGAL / PRESIDENTIELLES 2007/ IDRISSA SECK PLEBISCITE A THIES SON FIEF ET VILLE NATALE

Mardi 27 Fevrier 2007

En effet, alors qu'aux élections de l'an 2000, le candidat Niasse occupait une confortable place de troisième, le dernier scrutin le place à la cinquième position après Landing Savanè, tandis que Talla Sylla, un natif du terroir est à la septième position, derrière Bathily qui est en sixième position.

Ainsi sur 250 382 inscrits, il y'a eu 175 602 votants, 1419 bulletins nuls, et 174 183 suffrages exprimés.
Ont obtenus :
Seck : 95 833
Wade : 49 319
Dieng : 15 929
Savanè : 4 808
Niasse : 2 859
Bathily : 1 429
Sylla : 1 228
Sagna : 662
Dièye : 521
Diallo : 448
Ndoye : 340
Guéye : 289
Mbaye : 259
Senghor : 148
Dia : 114


COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DE M.BLE GOUDE LEADER DES PATRIOTES

Mardi 27 Fevrier 2007

Samedi soir, sous le coup de 19h GMT, le président de l'Alliance des jeunes patriotes et secrétaire exécutif des mouvements panafricains était sur la chaîne camerounaise Canal 2 international. Blé Goudé a une fois de plus expliqué la crise ivoirienne et permis aux nombreux téléspectateurs de mieux appréhender le combat de la jeunesse ivoirienne qui commence à s'étendre au reste du continent. Un entretien que nous proposons en intégralité.

Doit-on vous appeler commandant, général ou président Blé ?
Je suis Charles Blé Goudé, président du COJEP, aujourd'hui secrétaire exécutif du mouvement panafricain. L'appellation ''général'', cela est arrivé dans un contexte où la Côte d'Ivoire a été attaquée par des rebelles. Revenu de l'Angleterre, j'ai mis en place une structure qu'on appelle l'Alliance des jeunes patriotes dont l'objectif était de prendre la rue et à travers la mobilisation de masse, arrêter la rébellion. C'est-à-dire comment décourager ceux qui ont pris les armes à travers la mobilisation des masses. Telle était la problématique que j'avais posée. Voilà d'où est venu le surnom ''général'', sinon je suis Charles Blé Goudé.

Je suis le directeur de publication d'un journal nigérien qu'on appelle ''La Giffe''. Alors au Niger et un peu partout en Afrique, on vous a connu à travers les médias étrangers, notamment français, comme un fauteur de troubles, un xénophobe. Alors qui est vraiment Charles Blé Goudé ?
Celui qui sème le trouble, c'est celui qui manifeste contre les normes. Je ne pense pas que cela a été notre cas. Des Ivoiriens, en collaboration avec la France qui les manipulent et avec la complicité de certains leaders politiques, prennent des armes et attaquent la Côte d'Ivoire. A la tête de ce groupe, Soro Guillaume, un ami à moi, un ancien secrétaire général du mouvement estudiantin sous qui j'ai travaillé. Pendant que lui a les armes en main, mes amis et moi nous prenons la rue. Une, deux et trois fois, nous le faisons. Et les médias étrangers, pendant qu'ils présentent les rebelles comme des gens gentils, des gens mignons, nous présentent comme des voyous, des semeurs de troubles. Alors moi, je laisse les gens, l'opinion juger. Entre ceux qui prennent les armes et ceux qui prennent la rue, qui sont les vrais voyous ? Mais cela nous amène à comprendre l'origine de la crise ivoirienne. En fait, dans la conception du plan de déstabilisation de la Côte d'Ivoire, l'on n'avait pas compté avec les jeunes patriotes, puisque moi je n'étais pas là. Notre entrée en scène les a déroutés. C'est à partir de là qu'ils se sont organisés pour lancer cette campagne de diabolisation qui, avec le temps, est en train de changer. Puisque je parle avec le Nigérien, avec le Camerounais, cela veut dire que les choses ont évolué aujourd'hui. Je suis allé au Niger, au Cameroun, les jeunes de ces pays africains doivent comprendre que c'est un schéma classique de diabolisation de tous les leaders africains qui disent non à l'ordre ancien.

Ça fait quand même quatre ans que cette crise dure, il y a eu des réunions, un peu partout en Afrique même en Europe. Des accords ont été signés, mais c'est toujours le statu-quo, les choses n'évoluent pas, qu'est-ce qui bloque ?
Ce qui bloque, ce sont ceux qui organisent les différentes tables rondes, parce qu'en les organisant, ils ont un agenda secret qui est très différent de ce que les Ivoiriens attendent. C'est quoi un agenda secret ? C'est de faire signer des accords qui n'ont pas pour objectif de trouver une solution à la crise ivoirienne, mais plutôt de trouver des mécanismes pour humilier le chef de l'Etat ivoirien, réduire ses pouvoirs et le bouter hors pour mettre en place un genre de préfet local qui est un genre de prolongement de l'administration française en Côte d'Ivoire. Ce que nous n'acceptons pas. Alors, les gens ont peur de faire le point des accords. La table de négociations est une table de donner et de recevoir. Quand on demande au chef de l'Etat ivoirien à Marcoussis, en France, de démettre son premier ministre d'antan afin de mettre en place un nouveau premier ministre dit de consensus, ce qui a été fait, et qu'en retour on lui promet le désarmement qui jusqu'aujourd'hui n'est pas fait, qui bloque les accords ? Deuxièmement, on lui demande d'intégrer les rebelles et leurs chefs dans le gouvernement dit de réconciliation nationale, il le fait et en retour il n'y a pas de désarmement. A qui la faute ? La réunion se déplace à Pretoria où on demande au Président Gbagbo d'user de ses prérogatives en fonction de la constitution ivoirienne, notamment l'article 48, pour faire d'Alassane Ouattara un candidat. Je rappelle que M. Ouattara s'est vu refuser la participation aux élections en 1995 par Henri Konan Bédié qui est aujourd'hui son partenaire. Parce que, disait-il, il n'est pas Ivoirien. Le Président Gbagbo a donc usé de l'article 48 pour faire d'Alassane Ouattara un candidat. Ce qui n'est pas normal, parce que ceux qui ont demandé ça au Président Gbagbo doivent savoir qu'ils ont posé un acte irrégulier, un acte antidémocratique. Car la révision de cette disposition constitutionnelle devait intervenir par référendum.

L'ivoirité ayant été adoptée par référendum, on ne peut pas demander à quelqu'un ce genre de choses?
Je voulais d'abord vous dire que l'ivoirité n'a jamais été adoptée par référendum en Côte d'Ivoire. M. Henri Konan Bédié, président de la République de Côte d'Ivoire de 1993 à 1999, a mis en place ce concept d'ivoirité et il revendique la paternité de ce concept. Dans son livre qu'il a écrit intitulé ''Les chemins de ma vie'', cela est marqué là-dedans. Donc ça n'engage que lui. Malheureusement, cela a pris tout le pays et ce sont ceux qui n'ont pas cassé ces pots qui sont en train de payer. C'est pourquoi je dis que le Président Gbagbo a résolu un problème que le Président Bédié a créé avant de partir. Un genre de bombe à fragmentation qui était prête à exploser dans les mains de n'importe qui. Alassane Ouattara est candidat grâce à Gbagbo, mais le désarmement n'est pas toujours intervenu et nous partons d'accords en accords. Sans que personne ne puisse lever le petit doigt pour faire la pression sur les rebelles afin qu'ils fassent aussi leur part de sacrifice, c'est-à-dire déposer les armes, réunifier le pays pour qu'on parte aux élections.

Au Cameroun, les gens s'attendaient à voir un Blé Goudé mesurant 2 m, pour 200 Kilos. On a plutôt un monsieur de taille normale qui ne fait pas 80 Kg à vue d'œil. D'où tirez-vous cette force ?
Mais il y a grandeur et grandeur. Un grand homme n'est pas forcément celui qui est géant. Maintenant vous savez, nous sommes à la recherche en Afrique de leaders qui ont un lien historique dans leur action avec le peuple. J'ai été leader des élèves et étudiants, et à ce titre j'ai porté leurs revendications. Alors c'est cette jeunesse là aujourd'hui qui connaît notre passé, qui sait que nous n'avons jamais fléchi qui travaille avec nous. Et qui sait également que nous avons été constant dans le combat, que nous avons des convictions fermes. C'est tout, à part cela, il n'y a rien d'autre.

Il y a quelques semaines, l'ONU a pris la résolution 1721 qui est censée quand même pouvoir créer les conditions d'un retour de la paix en Côte d'Ivoire. On s'est rendu compte que l'opposition civile et armée l'a acceptée quand le camp Gbagbo et les jeunes patriotes l'ont refusée. Alors que reprochez-vous à la 1721 ?
D'abord je m'inscris en faux, le camp Gbagbo n'a pas rejeté la 1721. Le président Gbagbo non plus n'a pas rejeté cette résolution. Mais nous disons que la solution à la crise ivoirienne ne se trouve pas dans une résolution. Parce qu'une résolution qui s'écarte volontairement de la réalité ivoirienne ne peut-être appliquée. On ne peut pas rester à New York et puis prendre des décisions qui n'ont rien à voir avec la situation de crise en Côte d'Ivoire. Comment pouvez-vous comprendre qu'on parte à une réunion aussi importante du conseil de sécurité de l'ONU sans que personne ne puisse évoquer la question du désarmement, dans un conflit comme celui que nous vivons en Côte d'Ivoire, où il y a une partie contrôlée par des gens armés ? Mais pourquoi on n'en parle pas ? Il n'y a aucun paragraphe dans cette résolution qui traite du désarmement des rebelles. Ce qui est incceptable.

Cette résolution aurait été bien préparée par les Français sous prétexte que ce pays est votre ancien colonisateur ?
Mais je vous dis que cette résolution est la dernière mouture de ce que la France avait préparé. La France avait demandé la suspension de la constitution ivoirienne, la mise à l'écart du président Gbagbo. En fait, elle veut bouter hors le président de la République. Elle est poussée par la haine contre celui-ci qui est un président atypique, qui refuse d'aller dans le sens d'un sous-préfet local. Cela dit, la 1721, nous ne l'avons pas rejetée. Seulement que tous ceux qui prennent des résolutions, tiennent compte des réalités de la Côte d'Ivoire. C'est que des individus ont pris des armes et ont agressé la République. En leur donnant satisfaction par-ci par-là, en accédant à leurs requêtes, on encourage d'autres rébellions ailleurs en Afrique. Or il faut décourager toute rébellion. Si un enfant fait des gaffes tout le temps à la maison et que vous accédez à tous ses caprices, pourquoi voulez-vous qu'il arrête ? Quand Soro Guillaume et tous ses rebelles occupent une partie du pays ou il n'y a pas d'impôt qui est versé dans les caisses de l'Etat, et qu'ils sont payés par l'Etat sans qu'on leur fasse une quelconque pression, et qu'on leur déroule le tapis rouge à Paris comme dans d'autres capitales africaines, pourquoi voulez-vous qu'ils déposent les armes ? Ils ne le feront pas. A leur place, moi je ne le ferai pas. Mais s'il y a une pression réelle, une volonté manifeste de la communauté internationale et de tous ceux engagés dans la résolution de la crise à amener les rebelles à désarmer, ils vont le faire.

Guillaume Soro, vous l'avez dit, est votre ami. Est-ce que vous ne pouvez pas utiliser ces relations avec lui comme le pensent beaucoup de gens pour trouver une autre issue à la crise ivoirienne ?
Mais ceux qui pensent ainsi se trompent parce que ce n'est pas un problème de sentiments, c'est un problème d'intérêt national, mais d'intérêts particuliers surtout. Il ne sert à rien que lui et moi nous nous appellions pour parler de notre passé. Il s'agit plutôt de savoir ce qu'on peut faire pour apporter une solution à la crise ivoirienne. Pour mettre fin aux souffrances des populations. Or Soro, me semble-t-il, est déjà allé trop loin. Il a promis monts et merveilles à des jeunes gens qu'il a recrutés, qui ont fait la guerre à sa place, et qui lui ont donné tout ce qu'il possède aujourd'hui. Deuxièmement, les Français et lui ont trempé dans trop de complots. Trop de secrets les lient aujourd'hui, et Soro est devenu l'otage des Français. Avait-il de l'argent pour payer des armes, nourrir les rebelles ? Des personnes ici et là, lui ont fait des prêts, j'en suis convaincu. Il lui faut donc utiliser la partie sous son contrôle pour rembourser. Mais quand tout sera fini, un jour, il déposera les armes. Voici tant d'interpellations, d'interactions qui dépassent les relations entre lui et moi, c'est pourquoi je ne rêve pas du tout.

On vous a vu devant les chars français les mains nues en novembre 2004 avec vos partisans en train de tenir tête aux soldats français. Qu'est-ce qui se passait dans votre tête dans ces instants-là ?
A ce stade, c'est une seule chose qui a lieu d'être. C'est que notre vie n'a plus d'importance. Quand vous avez des milliers de personnes qui croient en vous, j'estime que votre vie n'est plus importante. Ceux qui sont morts devant l'Hôtel Ivoire, sur le pont De Gaulle, tués par les Français à coup de chars, ceux qui sont morts, tués par les rebelles, sont des gens qui ont des familles comme moi. Ils ont répondu à notre appel et nous ne sommes pas de ces leaders qui appellent les gens dans la rue pendant qu'ils sont cachés dans les ambassades. Alors quand nous appelons nos amis, c'est tout à fait normal que nous prenions le devant des choses. A ce moment, rien ne se passe dans nos têtes, sauf que nous voulons trouver une solution à la crise ivoirienne.

A l'issue du récent sommet du COJEP, vous avez été donc élu secrétaire exécutif du mouvement panafricain. Alors que comptez-vous faire dans l'immédiat pour pouvoir permettre aux jeunes africains d'entamer le combat que vous avez déjà engagé en Côte d'Ivoire ?
Dans l'immédiat, il faut d'abord former le secrétariat exécutif, c'est un travail d'équipe qui doit être composé de différents pays. Je vais d'abord commencer à donner des missions précises et concises à nos amis dont les pays peuvent accepter de les laisser travailler. Ensuite établir des stratégies pour que les autres puissent travailler là où il y a des difficultés. Mais je pense qu'au cours de nos travaux, nous avons tous accepté d'aller au risque. C'est vrai qu'il y a des chefs d'Etat qui ne pourront pas permettre à leurs jeunes de critiquer vertement le colonialisme, l'ancienne puissance coloniale qui est la France ou tout autre pays occidental. Il faut qu'ils comprennent que plus jamais, on doit permettre que demain soit comme hier. Et que c'est notre détermination qui amènera les autres à comprendre que l'Afrique a son mot à dire. Le premier combat, c'est de comprendre que l'on nous divise, les gens opposent la Côte d'Ivoire au Burkina Faso et pendant qu'on se bat, la France se lèche les doigts. L'on oppose le Cameroun à un autre pays et pendant qu'ils se battent, la même France se lèche les babines. Alors la solution se trouve dans la solidarité africaine, la solution se trouve dans l'union africaine, mais je ne parle pas d'une union africaine qui est le prolongement de l'Union européenne; parce que je suis encore étonné que le président de l'Union africaine avant d'être élu, est nommé depuis Paris. Comment vous expliquez que le président Sassou Nguesso pour résoudre une crise en Côte d'Ivoire, quitte le Congo et atterrit à Paris pour avoir un entretien de plus d'une heure avec Chirac avant de venir à Abidjan ? Arrêtons ce bibéronnisme politique. Pour cela, les sociétés changeant par génération, c'est notre devoir d'expliquer aux jeunes africains que le cas en Côte d'Ivoire fait partie des schémas classiques qui ont éliminé Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Kwamé N'Kruma. Mais pendant combien de temps allons-nous nous laisser manipuler par les européens qui ont peur de l'Afrique qui a été le berceau de l'humanité? Aujourd'hui, je pense que nous militons à Abidjan, c'est déjà un pas vers la révolution.

On vous attribue d'avoir dit que le palais de la République à Abidjan appartient à la France. Est-ce que cela serait vrai ?
Je ne connais pas celui qui l'a dit. Mais ce n'est pas tout à fait faux. Est-ce que quelque chose nous appartient encore en Afrique ? Je ne parle même pas de la Côte d'Ivoire. Notre électricité, notre eau, notre communication téléphonique est gérée par la France. Où sont les symboles de notre souveraineté ? Mais non contente de cela, elle veut encore nommer nos chefs d'Etat à notre place. La réponse est que les Africains doivent comprendre que ce que les Français ne peuvent pas accepter, les européens ne peuvent pas accepter chez eux, nous devons les refuser en Afrique. Je ne pense pas que les Français puissent accepter que les Allemands gèrent leur téléphone à leurs places et vice-versa. Mais ici, c'est eux qui gèrent tout et quand il y a un chef d'Etat africain qui refuse, tout de suite on le diabolise. Regardez, dès que le président Kagamé a décidé de mettre sur pied une commission d'enquête sur le génocide du Rwanda, on l'a accusé de tous les maux d'Israël. Mais en tant qu'un monsieur crédible convaincu et déterminé, il a pris la décision qui s'imposait et Paris s'est calmé du coup. Ces histoires du juge Bruguière ou quoi se sont calmées en même temps. Parce qu'il a court-circuité l'adversaire. Il faut qu'à l'image du Rwanda, les pays africains à défaut de rompre leurs relations, puissent arrêter le bibéronnisme politique et prendre le devant des choses. Ils sont élus par leur peuple et non par Paris.

M. Blé Goudé, le 05 février 2005, si ma mémoire est bonne, l'ONU avait pris des sanctions contre vous et deux autres leaders ivoiriens. On sait que vous avez encore des discours du plus en plus virulents contre la France. Ne craignez-vous pas d'autres sanctions ?
Moi je n'ai pas été mis au monde par mon père pour caresser la France. Je ne suis pas en mission sur cette terre pour caresser la France C'est pour cela que je ne vais pas quitter mon pays. Mais je dis, je ne suis pas né dans un avion et ma vie ne se limite pas à des voyages. Mon père est au village, il est dans sa plantation. Mais il y a des gens qui sont nés dans le luxe et qu'ils ne peuvent pas se passer des voyages. Je ne suis pas de ceux-là. Tant que je peux me promener en Côte d'Ivoire, me rendre dans mon village, cela me suffit. Mais bientôt j'irai en Afrique, s'ils s'amusent à continuer, je prends l'avion et j'y vais. Il appartiendra maintenant aux peuples africains de me refouler.

On a bien vu le président Mugabe du Zimbabwe lui aussi interdit de voyager par les Nations unies, mais Chirac l'a bien accueilli au sommet Franco-Afrique et là on n'a plus parlé d'interdiction, l'Onu n'a rien fait. N'est-il pas temps pour vous de voyager en Afrique ?
Je laisse d'abord les Africains comprendre le problème ivoirien parce qu'on l'a dénaturé. On a fait croire aux Burkinabés que les Ivoiriens ne veulent pas les voir en Côte d'Ivoire, mais cela est archi-faux. On se sert de l'ignorance en Afrique pour manipuler les populations parce qu'on n'a plus d'argument. Il fallait que les rebelles se trouvent une base arrière à travers les pays frontaliers à la Côte d'Ivoire, à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Ghana mais ça n'a pas marché. Au Libéria, le changement de régime a permis de sécuriser la frontière. Comment donc rallier les burkinabés à leur cause ? Il faut qu'ils se fassent passer pour leurs bienfaiteurs, en posant des problèmes de cartes d'identité, de papiers en Côte d'Ivoire. Mais cela peut se résoudre. J'ai écouté le ministre de l'intérieur en France dire qu'il faut chasser les Africains qui ne sont pas en règle et qu'il faut durcir la loi. Je vois des jeunes sénégalais qui meurent chaque jour dans la mer, des jeunes maliens qui sont toujours rapatriés dans avions, attachés, cela ne choque aucunement les Africains. Mais c'est le problème ivoirien qu'on dramatise, qui choques. Ne nous trompons pas de combat et d'adversaire. Donc, je laisse les gens comprendre d'abord la nature du problème ivoirien et puis ensuite je prendrai mes responsabilités. Mais d'abord mon pays étant membre de l'Onu, j'observe pour l'heure cette décision, quitte à eux de se rendre compte qu'ils se sont trompés et on verra.

Vous avez été en prison huit fois sous les différents régimes. Quand le président Houphouet-Boigny, mourant, gouvernait, je peux imaginer que vous n'aviez que 21 ans quels étaient vos rapports avec lui ?
Non, je n'ai pas eu des rapports avec le président Houphouet-Boigny parce que j'étais encore au lycée. Ce sont plutôt mes devanciers qui dirigeaient le mouvement qui ont eu des rapports avec lui. Mais cela dit, j'étais membre du mouvement et je sais que les rapports entre lui et la FESCI n'ont jamais été tendres. Tant qu'avec Houphouet qu'avec Alassane Ouattara qui était premier ministre. C'est même ce dernier qui a dissout le mouvement estudiantin. Il était interdit d'activités en Côte d'Ivoire et être membre cette situation était un délit. On poursuivait les étudiants jusque dans leurs chambres, dans la maison de leurs parents et on les jetait en prison. Après Houphouet est venu Henri Konan Bédié et c'est avec lui que nous avons courir toute sorte de brimades, d'arrestations, de tracasseries jusqu'à ce qu'on nous enchaîne dans notre lit d'hôpital parce que malade en prison. Et c'est ceux-là qui aujourd'hui, sous l'influence de la France, parlent de démocratie. Cela choque, c'est pourquoi la majorité de la jeunesse ivoirienne ne les suit pas.

On a d'ailleurs une photo qui vous montre enchaîné sur le lit d'hôpital au CHU de Treichville. Je voudrais vous demandez ce qui s'est passé au point d'arriver-là ?
J'étais secrétaire général de la FESCI et nous étions en 1999. Les étudiants devaient poser des revendications sur la table du gouvernement. Au lieu et place des négociations, le gouvernement a brandi des menaces, et a procédé à l'arrestation d'étudiants, d'élèves, même de ceux de moins de 13 ans. Jusqu'à ce que moi-même je sois arrêté. Alors à l'issue des brimades, j'ai été malade et le pouvoir a refusé de me donner les soins adéquats. ''Médecins sans frontières'' intervient et finalement je suis admis dans un centre hospitalier de la place à Abidjan. Je n'arrivais pas à dormir et on m'avait mis sous somnifère. A mon réveil, je trouve une grosse chaîne nouée à mon pied, je demande au garde qui me surveillait, il me dit qu'il ne fait qu'exécuter les ordres qu'il a reçus. Voilà ce qui s'est passé.

Aujourd'hui quand vous voyez ces gens qui ont procédé comme ça et qui parlent de droits de l'Homme, à savoir, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié, qu'est-ce que vous pensez d'eux ? Du mépris, de la haine ?
Non ! Non ! Je n'ai pas de mépris, ni de haine pour eux. Je vois simplement l'hypocrisie et la sournoiserie faites hommes. Des gens qui disent ce qu'ils ne pensent pas. Je vous ai dit que c'est M. Ouattara qui a dissous le mouvement estudiantin. Lui aujourd'hui qui fait des problèmes des étrangers son cheval de bataille, la carte de séjour en Côte d'Ivoire, c'est bien lui qui l'a introduite. L'irruption de policiers dans une mosquée pour la première fois en Côte d'Ivoire a été faite sous Alassane Ouattara à Abidjan pour contrôler les cartes de séjour des étrangers. Je suis donc surpris qu'un tel monsieur soit devenu le défenseur des étrangers. Mais seulement parce qu'il veut les utiliser comme bétail électoral. Il connaît aujourd'hui les thèmes sensibles au plan international que sont entre autres l'intégration, la xénophobie alors il joue là-dessus. Pourtant, il n'est pas étranger à cela. Parlant de démocratie monsieur Bédié, lui, a passé tout son temps à mettre des journalistes en prison. Mais pendant que nous sommes en guerre et que le pays est coupé en deux, et que Bédié et Ouattara sont les parrains de la rébellion en Côte d'Ivoire, aucun opposant n'est emprisonné, aucun journaliste non plus. Ça, ce sont les symboles de la démocratie, ce sont les repères. Quand vous allez dans le pays vous regardez la presse, elle n'est pas inquiétée. C'est un pas, l'opposition aussi mène ses activités librement. C'est également un pas. Mais la Côte d'Ivoire est en guerre et les journaux qui sont proches du pouvoir ne sont pas acceptés dans la zone des rebelles journalistes qui leurs sont proches ne sont pas inquiétés à Abidjan c'est un pas. Il faut que les Africains comprennent qu'il y a quelque chose de bizarre qui se passe en Côte d'Ivoire et que MM. Ouattara et Bédié sont en fait les bourreaux de la Côte d'Ivoire, qui ont préparé cette bombe à fragmentation. Il faut poser le problème en Côte d'Ivoire autrement, la vérité c'est que la France ne veut pas d'un chef d'Etat qui puisse lui dire non. La France veut un chef d'Etat qui est du genre lèche-bottes. Le nôtre ne l'est pas. C'est pourquoi la France a fabriqué tous ces prétextes pour l'enlever du pouvoir, mais nous n'allons pas l'accepter et nous ne l'accepterons pas. Parce que pour nous, Gbagbo est un autre Sankara, Lumumba, N'Krumah. Comment expliquez-vous que pour combattre l'ivoirité, aujourd'hui ces mêmes rebelles sont dans une coalition avec le concepteur de l'ivoirité ? ce n'est pas bizarre ça ? Les raisons profondes de la crise ivoirienne sont à chercher ailleurs, c'est tout.

Lors d'une rencontre avec les chefs traditionnels, le président Gbagbo a dit qu'il faut trouver des voies autres sans passer par les armes pour sortir de la crise. Pensez-vous que cela est possible compte tenu du point de non retour que les différentes parties ont atteint ?
Pour moi, les rebelles vont partir d'eux-mêmes, quand les populations même sous leur contrôle vont commencé à être fatiguées. Le temps a fait son effet, les gens du Nord en Côte d'Ivoire ont fini par comprendre que quand les rebelles se sont retrouvés à Marcoussis, ils n'ont posé aucun problème du Nord. Ils ont plutôt posé des problèmes de portefeuilles ministériels et depuis ils sont tranquilles. Ils ne mènent plus la guerre. Pourtant les problèmes à cette partie du pays persistent toujours. La guerre n'a rien apporté au Nord, au contraire elle l'a détruit. Plus personne ne veut rester dans cette région, mais comme c'est le Nord de notre pays, il faut reconquérir cet espace, à travers les prochaines élections. Les fils du Nord doivent comprendre que les rebelles ne travaillent pas pour leurs intérêts. Des fils du Nord ont été tués par les rebelles eux-mêmes. Ils sont connus de tous.

Propos recueillis par
Fabrice Tété


SENEGAL / DEROULEMENT DU SCRUTIN PRESIDENTIEL

Lundi 26 Fevrier 2007

le déroulement du scrutin
La Cena dénonce les agissements du ministère de l'Intérieur

La Commission électorale nationale autonome (Cena) a organisé hier, tard dans la soirée, un point de presse pour faire le point sur le déroulement du scrutin. Selon la Cena , les quelques manquements, retards et anomalies notés ça et là seraient dus au non respect, par le ministère de l'Intérieur, de ses recommandations. Un regret qui, d'après eux, a pesé sur le vote, conséquence de son prolongement, jusque tard dans la soirée.
Précisant d'emblée que le rôle premier de la Cena se limite au contrôle et à la supervision des élections, la Cena a dit quand même ses regrets. L'origine de ces disfonctionnements remonteraient selon, Me Mamadou Moustapha Touré, président de la Cena , au niveau du « non suivi » par le ministère de l'Intérieur de leurs recommandations. Ceci remonte, d'après M. Touré, à la date du 11 décembre, alors que leur service avait adressé à ce ministère un rapport faisant état de tous les disfonctionnements liés à la distribution, au retrait des cartes, et à la formation des bureaux de vote, et des moyens financiers qu'il fallait mettre en place. « Nous avions rappelé que sans la correction de ces manquements, les élections ne seraient pas mieux organisés », se désole M Touré. Ceci a d'ailleurs, selon lui, pesé sur le scrutin, eu égard au vote dans la région naturelle de la Casamance , avec des bureaux de vote qui ont été ouverts vers les coups de 17 heures (mise en place du matériel tard dans la matinée) ; du déficit de bulletins de vote de certains candidats, etc. L'autre facteur de disfonctionnement est, selon la Cena , lié aux éternels reports des inscriptions sur les lites électorales. « Les inscriptions devaient prendre fin le 28 février, elles ont été reportées plusieurs fois ; jusqu'au 15 septembre 2006. Beaucoup n'ont pu retirer à temps leurs cartes d'électeurs ». Ailleurs dans le département de Mbacké, il a été noté également un très grand retard du démarrage du vote, qui s'est déroulé sous des tantes. N'empêche, la Cena a tenu à rassurer quant à sa part de responsabilité dans le scrutin. « Nous nous sommes acquittés de notre devoir. Nous avons mobilisé et payé 12.000 contrôleurs, 6000 superviseurs et 6.000 suppléants. Dans l'ensemble, notre collaboration avec le ministère de l'Intérieur a été bonne », souligne le président de la Cena. Et d'insister, par la voix de Me El Hadji Guissé, « nous sommes satisfaits du déroulement du vote. Il n'y a pas eu d'incidents pouvant influencer le vote. Encore une fois, nous gérons la légalité, et non la légitimité ».

Ousmane LY


MAURITANIE / ELECTIONS PRESIDENTIELLES / 19 CANDIDATS EN COMPETITION

Lundi 26 Fevrier 2007

Mauritanie./ Présidentielle
19 candidats en CAMPAGNE

La campagne électorale présidentielle en Mauritanie prévue le 11 mars prochain a été ouverte samedi dernier pour s’achever le 9 mars à minuit. 19 candidats sont en lice. Un communiqué du ministère de l’intérieur affirme que des instructions sont données aux autorités administratives et territoriales afin d’assurer un suivi et une gestion équitable de la campagne électorale.

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Cette mesure, selon le communiqué a pour but d’éviter le dérapage ou le débordement pouvant porter atteinte à la sécurité et à l’ordre public. La campagne présidentielle, intervient après le référendum constitutionnel des élections législatives, municipales et sénatoriales organisées dans le cadre de la transition politique débutée le 3 août 2005 et dirigée par le colonel Ely Ould Mohamed Vall. Et cet après le renversement du président mauritanien, Maouiya Ould Sid 'Ahmed TAYA.


SENEGAL / SIDERURGIE / ARCELOR MITTAL INVESTIT DANS LA SIDERURGIE

Lundi 26 Fevrier 2007

Sénégal/Sidérurgie : Le numéro un mondial de l'acier investit 2,2 milliards de dollars

Le numéro un mondial de l'acier Arcelor Mittal a annoncé vendredi qu'il allait investir 2,2 milliards de dollars au Sénégal pour développer une mine de fer et des infrastructures, afin de faire de l'Afrique de l'ouest un "pôle majeur" pour ses approvisionnements en minerai.

Le projet d'investissement du géant de la sidérurgie comprend le développement d'une mine près de Faleme (sud-est), la construction d'un nouveau port près de Dakar, ainsi que le développement d'environ 750 km d'infrastructures ferroviaires pour relier la mine au port. La mine, dont la production doit commencer en 2011, aura une capacité à annuelle de 15 à 25 millions de tonnes. Arcelor Mittal envisage également d'investir à terme dans des installations sidérurgiques dans le pays.
L'accord signé jeudi avec les autorités sénégalaises sera "effectif une fois que certaines conditions préalables auront été remplies", indique le groupe, sans toutefois préciser lesquelles. Alors que les prix du minerai de fer explosent, la mine de Faleme constituera pour le groupe "une source importante et compétitive pour l'approvisionnement de minerai de fer des sites européens", explique le PDG Lakshmi Mittal, cité dans le communiqué. Cet investissement représente, par ailleurs, "une étape importante" dans la stratégie d'Arcelor Mittal "visant à faire de l'Afrique occidentale un pôle majeur d'approvisionnement en minerai de fer".
Le sidérurgiste entend également faire du Sénégal, "un emplacement stratégique" pour étendre sa présence "sur les marchés en essor de l'Afrique occidentale". Le géant de l'acier avait déjà signé un accord en 2005 avec le Liberia pour avoir accès à ses ressources en fer. Mais ce contrat controversé et décrié par l'organisation non gouvernementale Global Witness, avait du être renégocié sous la pression de la présidente Ellen Johnson Sirleaf, qui s'était engagé après son élection en novembre 2005 à renégocier plus avantageusement les contrats signés par l'ancien gouvernement, réputé corrompu.
Au Liberia, l'investissement d'Arcelor Mittal s'élève à près d'un milliard de dollars. Le groupe aura accès, durant 25 ans à un milliard de mètres cubes de minerai de fer dans l'ouest du pays.

AFP


COTE D'IVOIRE / VISITE D'AMITIE ET DE TRAVAIL DU PRESIDENT DU BURUNDI

Lundi 26 Fevrier 2007

Arrivé hier dimanche 25 février 2007 à 16 heures à l'aéroport international Félix Houphouët Boigny, le président de la République du Burundi, Pierre Nkurunziza, a été accueilli au bas de l'échelle de coupée par SEM Laurent Gbagbo, président de la République de Côte d'Ivoire.
Après l'exécution des hymnes nationaux et la revue des troupes, le président Gbagbo et son homologue burundais se sont rendus au pavillon présidentiel où les attendaient des membres du corps diplomatique africain, des membres du cabinet de la présidence de la République et des membres du cabinet de la Primature.
Interrogé par les journalistes sur les motivations profondes qui soutendent sa visite en Côte d'Ivoire, voici ce qu'a dit le président Burundais, SEM Pierre Nkurunziza : ''C'est une visite d'amitié et de fraternité entre le Burundi et la Côte d'Ivoire. Ensuite, amplifier les relations qui existent entre la Côte d'Ivoire et le Burundi, tout en encourageant le peuple ivoirien dans le processus de démocratisation et aussi dans la vie de la résolution de la crise qu'elle connaît.
Il faut rappeler que le Burundi a aussi connu beaucoup de problèmes (…) Je vous parle en tant que président démocratiquement élu. J'étais dans le maquis pendant des années. Il faut dire que chaque chose a son temps. Il y a un temps pour faire la guerre et un temps pour aller à la paix. Au Burundi, nous avons fait des négociations entre l'ancien gouvernement de transition, les partis politiques et nous (…) J'ai dirigé moi-même le plus grand mouvement armé au moment de la guérilla (…)
Nous sommes tombés à un accord qui a abouti aux élections…''. Dans la soirée, Pierre Nkurunziza a eu une rencontre avec le chef de l'Etat ivoirien. Ce matin, il visitera le complexe sportif Mimosifcom avant de se rendre à Yamoussoukro où il visitera également plusieurs sites touristiques de la capitale politique. Le mercredi 28 février 2007, le président Burundais regagnera son pays après un déjeuner officiel que lui offre son homologue ivoirien, au palais présidentiel.

Dosso Vilard


L'ETHIQUE (A MEDITER)

Dimanche 25 Fevrier 2007

« Un vieillard qui meut, c'est une bibliothèque qui brûle », avait dit Amadou Hampathé Bâ. Kéba Mbaye, décédé jeudi dernier, est de ces illustres qui emportent, toujours, dans leur tombe une partie de ce que l'Humanité aurait souhaité qu'ils lui léguassent. Heureusement, par la magie des archives, Wal Fadjri a pu se procurer la copie d'une allocution, la dernière, peut-être, que Kéba Mbaye a eu à prononcer en public. C'était à l'occasion de la rentrée académique 2005-2006. L'Université avait porté son choix sur l'ancien Président de la Cour suprême pour prononcer le cours inaugural. ‘L'éthique, aujourd'hui’, était le thème de ce cours.

Tout à l'heure en entrant dans la salle, j'ai cru déceler un certain regard, une interrogation. Pourquoi cette mise ? J'emprunte le mot ‘mise’ au vocabulaire d'un humoriste congolais, Joe Ballard. Un jour, il est venu à Dakar et un journaliste lui a posé la question suivante : ‘Pourquoi vous vous faites appeler Docteur alors que vous n'avez jamais fait d'études ?’ Il a répondu : ‘c'est parce que je soigne ma mise’. Monsieur le Recteur, Monsieur le Doyen, j'ai soigné ma mise pour répondre à l'honneur que vous me faites. Et dont vous venez de donner, Monsieur le doyen, un témoignage exceptionnel. Monsieur le ministre de l'Education nationale, une nouvelle fois, nos chemins se croisent en moins de deux ans, dans une cérémonie que vous présidez.

J'ai toujours plaisir à vous rencontrer. Parce que vous êtes un homme intelligent et bien élevé. J'ai déjà dit et je répète que j'ai toujours suivi, avec beaucoup d'intérêt votre cursus-alors que vous étiez jeune étudiant - et vos efforts, pour devenir ce que vous êtes, pour parler comme Nietzsche, un professeur éminent et un homme d'Etat de qualité. Vous avez parlé de moi avec une gentillesse et une bonté que l'on réserve généralement aux morts.

Si je ne connaissais l'affection que vous me portez, j'aurais été tenté de bomber le torse et de tomber dans un narcissisme qui m'a jusqu'alors épargné. Je vais me venger en disant, oh, non pas tout le bien, mais, une partie du bien que je pense de vous. Vous êtes parmi les cadres sénégalais qui ne se contentent pas de liquider les affaires courantes ou qui se servent au lieu de servir.

Vous êtes plutôt de ceux, rares hélas, qui s'évertuent à inventer des voies et moyens susceptibles d'améliorer les biens et les services de l'Etat qui leur sont confiés et d'ouvrir les clos, pour parler comme Bergson. Connaissant vos capacités intellectuelles et votre détermination, je suis rassuré et persuadé que vous réussirez, avec l'aide de Dieu, M. le Doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques, vice-président de l'assemblée de l'Ucad.

Vous avez gagné le prix de l'applaudimètre. Pendant un moment, en vous écoutant, j'ai cru que vous parliez d'une autre personne que moi. Tellement vous avez su apporter, par un langage d'une rare élégance, par beaucoup d'éloquence, tant de dorures aux modestes mérites que Dieu a placés sur mon chemin et que je me suis contenté de me baisser pour ramasser. Merci, M. le doyen pour autant de gentillesse et de générosité.

Vous formez avec d'autres professeurs et membres du corps administratif de l'Ucad, autour de M le Recteur, le mur de soutien intellectuel et moral qui protège ses efforts et fortifie ses succès. Je voudrais que vous me permettiez de remercier deux personnes, indisciplinées du reste. Ce sont deux de mes collaborateurs qui sont venus de Lausanne pour assister à cette leçon alors que je leur avais dit de ne pas le faire. Il s'agit d'une part de notre compatriote Ousmane Kane, magistrat de son état, premier conseiller du tribunal arbitral du sport et de M. Schabach Benam, iranien de nationalité, diplomate de formation, secrétaire permanent de la commission d'éthique.

M. le Président du Conseil de la République pour les affaires économiques et sociales (Craes), Messieurs les Ministres d'Etat, Messieurs les Ministres (...), l'année dernière l'université avait demandé à un professeur, l'historien Boubacar Barry de prononcer la leçon inaugurale.

L'année d'avant, c'est un autre professeur, doublé d'un homme d'Etat, Me Abdoulaye Wade qui avait été choisi. L'invité de cet après-midi n'est ni professeur ni homme d'Etat. Vous savez, le professeur est le serviteur de la science et l'homme d'Etat l'otage de la prudence. Ce sont des situations contraignantes pour l'un comme pour l'autre. Elles sont toutes deux réductrices. Car, elles sont filles de la fidélité. La fidélité est obligatoirement réductrice. Parce qu'elle postule au choix. Et fatalement, comme dirait André Gide, le rejet de ce que l'on ne choisit pas. Elle limite et canalise ici fidélité que l'on doit au vrai, le professeur, et là, fidélité que l'on doit à la vérité : l'homme d'Etat. En effet, le professeur est un soldat de la raison et l'homme d'Etat, le porte-parole du peuple donc de l'opinion. Le premier s'évertue à ne pas sortir du chemin de la science. Le second porte le fardeau du souvenir de ses promesses que ses électeurs conservent précieusement dans leur mémoire.

L'Etat a la chance de pouvoir ignorer à la fois la science et l'opinion. L'inviter à prononcer une leçon inaugurale dans ce sanctuaire de la pensée et de la parole, c'est courir un risque. Surtout s'il se trouve que l'invité en question a atteint un âge canonique où, selon certains Oulémas, Dieu lui-même est indulgent à son égard. Conséquence, les hommes n'ont pas d'autres choix que de fermer les yeux et les oreilles sur ses erreurs de pensée et d'expression. Mais rassurez-vous, M le Recteur, je m'arrangerai pour qu'à la fin de cette leçon, nous ne soyons pas convoqués vous et moi à la Dic (Division des investigations criminelles, Ndlr).

Mais, il me faut parler un peu du sujet que j'ai à traiter. Quand M. le Recteur m'a demandé de prononcer la leçon inaugurale, je n'ai pas accepté, je dois le confesser. Mais on ne peut rien lui refuser parce qu'il est très habile. Il a parlé tout à l'heure de Mariette Diarra et de Charles Turpin parce qu'il est passé par son épouse et mon neveu pour m'obliger à accepter. Mais, je ne le regrette pas, croyez-moi ! Après que j'ai accepté, il m'a demandé : ‘qu'est-ce que vous allez traiter comme sujet ?’.

Vous savez, quand on a exercé certaines fonctions et qu'on a pris un certain âge, on vous mêle à tout : conférence, colloque, symposium, etc. Et au bout d'une dizaine ou une vingtaine d'années, vous avez dans votre gibecière des centaines de sujets que vous pouvez sortir comme un prestidigitateur, un lapin, pour parler en public. Alors je lui ai dit, puisque je suis président de la commission d'éthique du Cio, que j'ai appartenu au comité international de bioéthique de l'Unesco et que même j'ai travaillé à la commission juridique qui a fait la déclaration internationale sur le génome humain et les Droits de l'homme, alors je lui ai dit : l'éthique. Il m'a dit : c'est très bien. Vous savez, j'ai quelque fois envie de passer un certificat de chimie, je suis sûr qu'il (le Recteur, Ndlr) m'aurait admis. Chaque fois que je lui en parle, il me dit : c'est très bien. Je me suis rendu compte que l'éthique, c'est un sujet extrêmement vaste. Alors, je lui ai dit, M le Recteur, le sujet est très vaste. Il m'a dit oui, vous avez raison. Je lui ai dit, j'ai envie de le formuler autrement.

J'ai envie de dire ‘l'éthique, aujourd'hui’. Il m'a dit : c'est parfait. Ainsi, le sujet que j'ai à traiter est au centre de la vie de notre pays, de notre continent et du monde entier. ‘L'éthique aujourd'hui’ est un sujet essentiel. C'est un sujet grave. Même si chacun se dépêche d'en parler pour éviter qu'on lui reproche de l'ignorer. Notion inséparable de la condition humaine, elle a acquis une importance exceptionnelle pour l'humanité. Mais ne vous attendez pas à ce que je suive à la lettre la tradition des leçons inaugurales, avec un langage ésotérique, aux accents savants avec un discours devant servir aux étudiants ou aux assistants à effacer certaines difficultés de leurs examens ou de leurs concours et aux jeunes chercheurs à trouver des voies pour affiner leur découverte. Il me faut tout juste rappeler brièvement la pensée philosophique et essayer de camper la conception et le rôle moderne de l'éthique en y cherchant ce que je crois être bon pour notre nation.

Trois idées, me semble-t-il, méritent des commentaires, après que j'ai décrit la situation telle qu'elle m'apparaît au bout de ma lorgnette, peut-être, un peu déformante. Les trois idées s'expriment ainsi : Un, les anciens ont de l'éthique une conception multiforme qui nourrit encore les joutes intellectuelles savoureuses des philosophes. Deux, de nos jours, l'éthique est toujours présente avec un nouveau contenu. Malheureusement, ce contenu est davantage ignoré que respecté. Trois, l'éthique devrait être adoptée par notre pays comme la mesure de toute chose. Car, accompagnant le travail, elle est la condition sine qua none de la paix sociale, de l'harmonie nationale, de la solidarité et du développement.

*Ancien Président de la Cour suprême
Ancien Président du Conseil constitutionnel
Ancien Président de la commission d'éthique du Cio


SENEGAL / PRESIDENTIELLES 2007 / ATOUTS ET FAIBLESSES DES CANDIDATS

Dimanche 25 Fevrier 2007

Les dés sont jetés.
Après avoir décliné leurs différents programmes, similaires par endroits, les quinze candidats au fauteuil présidentiel seront jugés par les Sénégalais demain.

Qui dirigera le Sénégal, s'il n'y aura pas un deuxième tour ?

Parce que les uns et les autres ont des atouts tout comme des carences. C'est humain. Ce sont les Sénégalais qui auront probablement l'embarras du choix.
Les candidats au scrutin présidentiel de demain pourraient être classés dans quatre grands groupes : ceux d'obédience libérale, ceux qui ont eu à exercer le pouvoir sans en être les dépositaires (tous de conviction socialiste), les leaders de partis qui ont participé à l'exercice du pouvoir, ceux qui ne l'ont jamais exercé, et enfin les candidats dits indépendants.
Mais d'abord, « à tout Seigneur, tout honneur ».
Me Abdoulaye Wade : les chantiers cacheront-ils les scandales, crises et pénuries ? Candidat à sa propre succession, il a l'avantage que lui confère une telle position. D'ailleurs, il ne s'est pas privé, du tout, d'utiliser les moyens de l'Etat ; humains comme matériels. Me Wade pourrait rempiler à la tête pour avoir pris à bras-le-corps la mobilité urbaine, dans la capitale sénégalaise en particulier. Ses réalisations dans les domaines de l'éducation et de la santé et pour le troisième âge plaident également en sa faveur. Mais, attention aux scandales qui ont émaillé son régime, aux nombreuses arrestations et convocations de journalistes et politiques sous son règne. Il pourrait aussi payer son parti pris pour une confrérie du pays, diversement interprété ; même à l'intérieur de celle-ci.
Le monde rural pourrait aussi être l'un des obstacles de Me Wade vers le fauteuil présidentiel : les agriculteurs l'accusant d'avoir tué la filière arachidière, les éleveurs du Ferlo d'avoir cédé « arbitrairement » une bonne partie du Ranch de Dolly à son marabout, et les pêcheurs d'avoir été laissés pour compte ; en dépit de la création d'un ministère de l'Economie maritime. Les bons impayés » sont encore frais dans quelques mémoires. Parmi les fardeaux qui pèseront sur les épaules de Me Wade dans son ascension pour retrouver le fauteuil présidentiel, force est également de mentionner le drame de l'émigration clandestine, et l'élargissement des rangs des chômeurs. Last but not least, Me Wade pourrait également perdre le pouvoir du fait des délestages qui persistent, des pénuries de carburant et de gaz et de la menace sur des fleurons de l'industrie du pays ; sans compter le mécontentement des enseignants et les votes sanctions, contre lui très brandies. Une autre épée de Damoclès au-dessus de sa tête : son âge avancé. Mais il est vrai que Me Wade a battu campagne comme un président et qu'il a plus d'un tour dans son sac.
Idrissa Seck : l'art de la communication éteindra-t-il les flammes des fonds politiques ?
Il est du lot des candidats qui ont su transmettre leurs messages, à l'occasion de la campagne électorale de vingt-et-un jours, qui s'est achevée hier. Son option de la mobilité, par sa caravane « orange », semble attester qu'il a du monde « spontané » derrière lui, et des militants ; particulièrement du côté de la jeunesse, qu'il a ciblée, et à laquelle il a su agiter des promesses, qui correspondent à des soucis quotidiens. Idrissa Seck a su également s'entourer de cadres, et tirer profit des chantiers controversés réalisés dans la ville de Thiès, dont il est l'édile. Cependant, l'ancien Premier ministre pourrait être pénalisé par son aveu d'avoir puisé dans les fonds politiques, à lui attribués par le chef de l'Etat ; à moins que les Sénégalais ne choisissent, pour la plupart, d'être amnésiques. La marche de M. Seck vers le palais présidentiel pourrait être également freinée par des critiques en son endroit ; genre « il est pressé et suffisant ». N'empêche, M. Seck a été un bon élève du « pape du sopi ». Son sens de l'organisation et de la méthode, son exploitation des Nouvelles technologies de l'information et de la communication et son « butin de guerre » pourraient lui rapporter bien des voix ; tout comme ses références aux Livres saints et ses « réseaux » dans les milieux religieux et à l'extérieur. Il est également l'un des rares candidats à être allé au devant des communautés sénégalaises, vivant dans la sous-région.
Ousmane Tanor Dieng : l'hydre socialiste échappera-t-il au gouffre de quarante ans de gabegie ?
Sa prestation, ces dernières trois semaines, semble signifier que le Parti socialiste » est une hydre. Les foules dans lesquelles il s'est baigné ont même amené Me Wade et ses partisans à citer Ousmane Tanor Dieng comme leur « principal adversaire ». Bien des Sénégalais reconnaissent à M. Dieng d'être un homme d'Etat, qui a su se comporter en « opposant républicain ». Le Premier secrétaire du Ps, qu'il est, peut également se prévaloir d'avoir lui au moins des militants. Cependant les Sénégalais pourront-ils oublié, après sept ans de sanction (seulement ?), les dures quarante années de règne gabegique du régime socialiste. Le sort de Ousmane Tanor Dieng, qui a déployé moyens et charmes, reste lié à cette question.
Moustapha Niasse : l'homme aux « mains propres » échappera-t-il au poids de l'âge et aux préjugés ?
Il a déployé tout son art oratoire, et a démontré sa vaste culture, depuis le 4 février dernier. M. Niasse a su occuper également le terrain. Son choix de commencer et de clôturer sa campagne électorale à Dakar atteste de la stratégie de cet acteur politique, riche de plus de trois décennies d'expériences politiques et d'exercice du pouvoir. Par contre, Niasse pourrait ne jamais occuper la seule « station » à laquelle il n'a jamais accédée, la présidence de la République , du fait de son âge et des insinuations comme : « Il est rancunier et il a la santé fragile ». Ses déclarations, qui ont fait sortir le candidat Wade de ses gonds, presque tout le long de la campagne, pourraient lui rapporter des bulletins de vote ; tout comme l'image d'un homme intègre et loin du besoin, qu'il a sue cultiver toute la campagne durant. Pourvu que sa rupture avec Diouf en 2000 puisse masquer sa responsabilité dans la gestion socialiste.
Robert Sagna : l'expertise et le sens de l'Etat effaceront-ils les préjugés ethniques ?
Il a su faire passer ses messages, qui ont démontré toute son expertise ; particulièrement dans le domaine de l'agriculture, dans le secteur de l'environnement et des politiques de décentralisation. Sa présence dans des régions vastes, riches mais délaissées, comme Ziguinchor, Tambacounda et probablement Saint-Louis, augure de scores intéressants. Mais le maire de Ziguinchor, qu'il est, pourrait faire les frais de rumeurs telles que : « s'il est élu, la Casamance sera indépendante ». M. Sagna pourrait être également victime d'être allé en solo contre sa formation politique originelle : le Ps. S'il n'est pas élu dimanche chef de l'Etat du Sénégal, adieu alors le sacerdoce suprême !
Landing Savané : le ministre d'Etat de Me Wade échappera-t-il à l'ambiguïté et aux fonds politiques ?
Le secrétaire général de And Jëf/Parti africain pour la démocratie et le socialisme ne manque pas d'idées lumineuses, certainement tirées de ses convictions de jeunesse : le Marxisme, nourri de la pensée de Mao tsé toung. Landing a démontré aussi que l'agitation et la propagande, il connaît toujours. Il n'a pas perdu également ses « bastions » d'antan, comme dans le Fouta, les régions de Ziguinchor et Kaolack. Cependant les fonds politiques, qu'il a soulevés, pourraient lui retomber sur les pieds. De même qu'il pourrait être éprouvé par sa position souvent jugée « d'ambiguë » : être resté depuis le début de l'alternance dans le régime de Me Wade, tout en le vomissant le temps d'une campagne électorale. Le ministre d'Etat Landing Savané saura dimanche s'il a convaincu les Sénégalais que l'on peut rester dans un pouvoir dont l'on ne veut point. S'il ne devient pas le premier des candidats demain, il aura une posture très difficile, dès lundi, dans le landernau politique national.
Abdoulaye Bathily : Le « faiseur de rois » sera-t-il enfin Prince ?
Si la méconnaissance de la langue de bois sera le critère choisi par la majorité des Sénégalais pour désigner leur chef, il pourra alors s'appeler M. Bathily. S'ils cherchent quelqu'un qui abhorre se taire rien que pour se sucrer, le Pr Bathily pourra encore commander un déménageur pour lui arranger ses meubles au palais de la République. Sa voix de contralto et son énergie débordante lui ont également servi dans sa croisade contre Me Wade, au cours de laquelle il a fait montre d'une volonté inébranlable et d'un programme de rupture. Mais Bathily ne payera-t-il pas le temps « perdu » à vouloir trouver un candidat unique à l'opposition. De même, sa réputation de « faiseur de rois » et ses faiblesses dans quelques poches du pays pourraient déteindre négativement sur son score. Mais Abdoulaye Bathily, le cas échéant, pourrait se consoler en se disant : « Ce n'est pas ma dernière cartouche quand même ». Mais attention alors : parce que ce sera l'avant-dernière.
Cheikh Habiboulaye Dièye : L'éloquence, la probité et l'expertise élèveront-ils le benjamin ?
Il a confirmé qu'il est bel et bien le fils de son père, le regretté Cheikh Abdoulaye Dièye : il est à l'aise aussi bien dans la langue de Molière que celle de Kocc Barma. Mais il n'y a pas que ça : Bamba Dièye, la tête bien sur les épaules, a démontré également que la jeunesse n'évacue en rien le savoir-faire. Son discours est cohérent. Son programme possible et pertinent. Et il sert le tout avec une pédagogie qui fait envie.
Cependant, M. Dièye pourrait être pénalisé de s'être trop enlisé dans la mouvance présidentielle (Cap 21). Et si son honnêteté ne fait l'ombre d'aucun doute, le fait de s'être fait remarquer « tardivement » par les Sénégalais pourrait en faire un espoir pour les prochains scrutins. Mais une chose est certaine : s'il n'est pas élu président, Bamba Dièye sera au moins dans le prochain Parlement. Tant pis alors : il a l'avenir devant lui. Talla Sylla : La star terreur de Wade fera-t-elle d'un coup d'essai un coup de maître ? Il a confirmé sa réputation de redoutable adversaire, de politicien engagé et endurant et de harangueur de foules. Certainement qu'il a coûté au candidat Me Wade bien des nuits d'insomnie. Talla peut aussi déclarer haut et fort que s'il n'a pas les moyens, il a quand même ses militants. La deuxième tentative de liquidation physique, dont il a été victime, boostera probablement son score. Talla est également l'un des rares candidats a avoir su tenir en haleine son auditoire, par des propositions intéressantes, des attaques virulentes, et des chansons appropriées. Mais d'un point de vue du look, c'est tardivement qu'il a compris qu'il lui fallait rectifier. Son acharnement contre Me Wade a également occulté une partie de son projet de société. La « jeune terreur » bloquera-t-elle le président Talla Sylla ? Si tel était le cas, il sera quand même incontournable dans le cercle des politiques. Une chose est sûre : sa formation politique récoltera les fruits de sa première campagne présidentielle aux prochaines législatives.
Me Doudou Ndoye : L'avocat sera-t-il le président ?
C'est un pléonasme que de déclarer que l'avocat Me Ndoye est un orateur. Son idée de transférer la capitale du Sénégal à Diourbel a emporté des adhésions. Mais, le candidat Doudou Ndoye aura parfois désolé plus d'un par son discours sans gants. Le fait d'avoir passé plus de temps dans la capitale pourrait le priver de suffrages. Mais Doudou Ndoye n'est pas quand même si vieux ; surtout qu'il a entrebâillé au moins la porte de l'Assemblée nationale à son Upr.
Louis Jacques Senghor : Le timide neveu du père de la Nation occupera-t-il le fauteuil présidentiel ?
Il a été l'un des candidats les plus sobres ; à la limite timide. Il a su éviter également les propos déplacés. Il connaît également les difficultés du pays profond. Mais, contrairement à son grand-père Léopold Sédar Senghor, Louis Jacques n'a pas parfois bien articulé son projet de programme, qui ne manque pas de propositions pertinentes. Recalé, il pourrait tenter sa chance en travaillant d'abord sa diction. Il devra travailler également à s'implanter sur toute l'étendue du territoire. Ce sont à ses seules conditions qu'il pourra un jour s'asseoir sur le fauteuil, que son aïeul fut le premier à occuper. Pourvu qu'il sorte de l'affaire du chèque sans provisions ne le grille pas.
Me Mame Adama Guèye : Le chevalier de la société civile deviendra-t-il le président de la République ?
Quelle voix de ténor ! Son attachement à la bonne gouvernance tentera plus d'un Sénégalais. Me Guèye, c'est encore des idées cohérentes, qui jaillissent, coulent et serpentent. Mais sauront-elles combler une déclaration de candidature tardive ? Il a été indéniablement l'une des révélations de la campagne. S'il ne gagne pas, il fera gagner par contre la société civile.
Mamadou Lamine Diallo : Le technocrate commandera-t-il le Sénégal ?
En dépit d'une rentrée en campagne assez timide, M. Diallo a pris goût au mets, au fur et à mesure qu'il mangeait. Et à juste titre : son slogan « Tekki » a été des plus accrocheurs. Et ce technocrate confirmé rassure par sa bonne mine. Son projet de société séduit également. Mais il lui faudra s'enrichir, en sachant parfois alterner humour et sérieux.
Modou Dia : Le gendre de Me Wade remplacera-t-il son beau-père ?
Le beau-fils de Me Wade a été des candidats les plus sereins et originaux. Dans son discours transparaît une volonté de réaliser chez lui, ce que l'Ambassadeur de carrière, qu'il est, a vu et appris ailleurs. Mais les rumeurs sur son statut de « pion » de Me Wade pourraient amoindrir ses chances d'être le quatrième chef de l'Etat du Sénégal. Hélas, il n a pas insisté pour déjouer ce piège.
Alioune Mbaye dit Petit : Le promoteur deviendra-t-il le commandeur du Sénégal ?
Il a montré qu'il n'était pas qu'un monteur de projets grandioses et rentables, dans le domaine de la lutte traditionnelle en particulier. « Petit » sait s'attirer et galvaniser les foules. Mais, il pourrait payer les prétendues accointances avec le régime qu'on lui prête, et sa candidature de dernière minute. S'il n'est pas élu, il pourra garder fière allure, en se disant : « J'ai démontré quand même qu'il faut oser. J'ai surpris les politiciens professionnels ».
Maintenant, finie la campagne ! Demain, le verdict !


SENEGAL / PRESIDENTIELLES 2007

Dimanche 25 Fevrier 2007

883 bureaux de vote pour les 1.283.551 électeurs de Dakar
Le département de Dakar abrite 883 bureaux de vote répartis dans 114 lieux de vote et 53 abris provisoires, selon le préfet Mamadou Dia cité par le quotidien gouvernemental le Soleil dans son édition du week-end.

Source : Aps

A Dakar, le taux de distribution des cartes s'élève 91,43 pour cent, soit 1.283.551 cartes distribuées, précise-t-on de même source.

Dans le département de Pikine, le taux de retrait est de 92 pour cent, soit 450.000 cartes retirées sur les 500.000 inscrits. Pikine abrite 662 bureaux de vote répartis en 84 lieux.

A Guédiawaye dispose, de son côté, de 251 bureaux de vote répartis en 19 lieux de vote pour 181.836 électeurs à la date du 19 février.

Source APS


SENEGAL / PRESIDENTIELLES 2007 / LA PRESSE IVOIRIENNE A DAKAR

Vendredi 23 Fevrier 2007

LA PRESSE IVOIRIENNE ASSIEGE DAKAR : DAKAR JOUR J-2

Le coup de minuit du vendredi 23 Février 2007, sonnera la fin de la campagne pour l’élection présidentielle au Sénégal. Les principaux leaders animent donc leurs derniers meetings.
Les plus visibles en termes de campagne sont les partisans d’Abdoulaye WADE et d’ Idrissa SECK.
Tous les transports en commun (mini bus et mini cars) portent leurs affiches. Les partisans revêtent des tee-shirts à leurs effigies. Ces deux candidats sont vraiment dans la course.

Les autres candidats rentrent progressivement de l’intérieur du pays où une campagne de fond a été faite. La télévision sénégalaise en a fait chaque soir une retransmission. Ainsi, les candidats Tanor Dieng du parti socialiste et Moustapha Niasse de l’Alliance des Forces du Progrès, regagnent Dakar le vendredi 23 février 2007 après avoir bouclé leur meeting de clôture à l’intérieur du pays. La finale sera donc à Dakar. Le samedi 24 Février 2007 il n’y aura plus de campagne.

Il faut dire que les tensions ont baissé d’un cran à deux jours de l’élection. Les bureaux de vote sont déjà en place sur tout le territoire sénégalais. Le samedi 24 Février 2007, chacun pourra se rendre aux urnes.

Les membres de la Commission Electorale Indépendante Ivoirienne sont arrivés à Dakar pour suivre l’évènement et s’informer puisque la Côte d’Ivoire devra elle aussi entrer en campagne dans les mois qui viennent si toutefois le désarmement et la réunification sont effectifs.
Le candidat Idrissa Seck a même accordé une interview à l’équipe de la Radio Télévision Ivoirienne sur place.
Le vendredi soir, ce sera au tour du Président candidat Wade de parler avec la presse ivoirienne.
A ce propos, plusieurs quotidiens dont Notre Voie, Fraternité Matin, la Radio et la Télévision ivoirienne couvrent l’évènement.

C’est en définitive dans cette ambiance de fin de campagne que baigne la capitale sénégalaise. Chaque candidat espère attirer les faveurs des électeurs. Il reste à souhaiter que tout se passe dans la sérénité.

Fabrice Kokora et Joël Landry,
envoyés spéciaux à Dakar pour
www.laurentgbagbo.net

LE FICHIER NUMERIQUE ET LA FRAUDE

Au cours d’une interview qu’il a accordée aux Envoyés spéciaux de www.laurentgbagbo.net M. Waly Fall, Maire de la commune d’arrondissement de Djeuppeul et responsable de la cellule de communication du directoire de campagne du candidat Idrissa Seck, a affirmé que le vote des militaires qui a eu lieu le dimanche 18 février, s’est passé dans la discipline. Cependant pour lui, le fait que les urnes soient consignées dans les tribunaux départementaux une semaine avant le vote proprement dit, constitue une source de fraude.
Certes, il ne met pas en doute l’intégrité des présidents des tribunaux départementaux mais le fait selon ses propos que le régime soit prêt à tout pour conserver le pouvoir, le rend sceptique. Cela d’autant plus que le Président du tribunal garde l’urne dans son bureau de même que la clef de son bureau.
Le fichier électoral numérique mis en place par le gouvernement n’a pas échappé à ses critiques. Pour M. Waly Fall, il y a effectivement des possibilités de fraude offertes par ce fichier ‘’dit numérique’’. Le responsable de la cellule de communication du directoire de campagne du candidat Idrissa Seck a également révélé que les partis politiques d’opposition ont mis en demeure les sociétés de téléphonie mobile sur un éventuel brouillage du réseau GSM le jour du vote. Il a dénoncé la culture de violence pratiquée par les militants du PDS avant d’affirmer que le sondage paru dans la presse gouvernementale qui donne Wade gagnant au 1er tour avec un taux de 53%, est une manipulation du pouvoir qui foule du coup au pied, la loi interdisant la réalisation de sondages au cours de la période électorale. Pour terminer, il a déclaré que toutes les combinaisons et tous les cas de figure révèlent qu’il y aura un second tour à l’issue du scrutin de Dimanche. Si cela n’est pas le cas, alors a-t-il tenu à préciser le Rewmni (le pays en woloff), parti d’Idrissa, Seck ne répondra pas des actes de ses militants.

Fabrice Kokora et Joël-Landry,
Envoyés spéciaux de
www.laurentgbagbo.net à Dakar


SENEGAL / LE CANDIDAT IDRISSA SECK EX-PREMEIR MINISTRE DU PRESIDENT SORTANT MAITRE WADE DECLARE SOUTENIR LE CANDIDAT LE MIEUX PLACE AU 2EME TOUR DE SCRUTIN

Vendredi 23 Fevrier 2007

Dakar, 23 fév (APS) - Idrissa Seck va soutenir le candidat de l'opposition au second tour, si lui-même est éliminé dès le premier tour de l'élection présidentielle de dimanche.

‘'J'ai déjà déclaré et je me tiendrai à cela que je soutiendrais au second tour le candidat de l'opposition le mieux placé'', a déclaré vendredi sur les ondes de Radio France Internationale (RFI).

Intérrogé sur les propos du président sortant, Me Abdoulaye Wade persuadé de gagner au premier tour, Idssa Seck a dit : "je suis totalement persuadé du contraire''.

A la question de savoir s'il maintient son soutien au candidat de l'opposition au second tour s'il s'agit de Ousmane Tanor Dieng, le candidat du Parti socialiste il a répond : ‘'si cette hypothèse se présentait, oui''.

Revenant sur les rencontres qu'il a eues avec Me wade à la veille de la campagne électorale, l'ancien Premier Ministre libéral a nié l'existence d'accords secrets entre lui et le chef de l'Etat sénégalais.

Il a indiqué que les quatre rencontres avec Me Wade ont servi ‘'à lever l'arbitraire qui s'exerçait contre des citoyens''.

‘'Vous savez que des gens ont été libérés de prison, de graves accusations ont été portées contre moi, elles ont été levées et nous avons parlé de la situation du pays. Mais il n'a jamais été question d'un accord secret sur le plan politique entre le président et moi'', a afirmé Idrissa Seck.

Sur sa rivalité avec Me Abdoulaye Wade dont il avait été longtemps considéré comme l'héritier, Idrissa Seck rapporte qu'il ‘'s'agit d'une rivalité politique sur des questions de fonds''.

‘'La querelle qui m'oppose à lui porte sur la gestion du pays'', a-t-il dit, estimant que ‘'le niveau de démocratie a été considérablement dégradé''.

Idrissa Seck qui a parlé d'un ‘'désaccord très net'' au niveau des priorités a indiqué celles-ci ‘'portent sur les infrastructures sociales de base (éducation, santé) et non sur les grands projets''.

SD/AAS


/ SENEGAL / ELECTIONS PRESIDENTIELLES 2007

Vendredi 23 Fevrier 2007

La CENA a constaté des ’’imperfections’’ dans les inscriptions, selon son président.
La Commission électorale nationale autonome (CENA) a constaté ’’des imperfections’’ dans les opérations d’inscription sur les listes électorales, a indiqué son président Moustapha Touré, affirmant toutefois qu’elle ‘’se sont globalement bien déroulées’’.

’’La plupart de ces imperfections ont été corrigées au fur et à mesure’’, a précisé Moustapha Touré lors d’un point de presse tenu mardi à Dakar.

’’Des recommandations ont été faites’’ pour y apporter des solutions, a-t-il noté, ajoutant que ’’tout fera l’objet d’un examen attentif et des propositions seront faites dans le sens d’une amélioration du processus électoral.

Le président de la CENA a en outre indiqué que du ’’retard’’ a été accusé dans le démarrage du processus des inscriptions sur les listes dans les régions, contrairement à Dakar.

’’Le refus des brigades et postes de gendarmerie de délivrer des certificats de perte aux citoyens ayant égaré leur récépissé d’inscription’’, a été également signalé par M. Touré.

Il a relevé des ’’problèmes techniques récurrents’’ et des ’’pannes diverses’’ qui ont empêché certaines commissions de fonctionner ’’pendant des jours, voire des semaines’’.

Les localités de Médina-Gounass et Dioulacolon, dans la région de Kolda, ont notamment vécu cette situation.

Les dysfonctionnements ont affecté ’’l’édition des cartes’’, a ajouté M. Touré.

Selon lui, ’’certaines commissions ont reçu deux cartes d’électeur ou deux cartes d’identité nationale parfaitement identiques, appartenant à la même personne’’.

’’L’absence de commissions itinérantes en nombre suffisant pour la distribution des cartes en zone rurale’’, a été également indexée par la CENA.

Moustapha Touré a également regretté le ’’manque d’assiduité, voire l’absence totale de représentants des partis politiques dans les commissions d’inscription’’.

Créée en juin 2005, la CENA est chargée de veiller à la bonne organisation matérielle des élections, à la transparence, la régularité et la sincérité du scrutin.

Démarrées en juin 2005, les inscriptions sur les listes électorales en vue de la présidentielle du 25 février ont été clôturées en septembre 2006.

Source : APS


SENEGAL / ELECTIONS PRESIDENTIELLES 2007

Vendredi 23 Fevrier 2007

Des délégations ivoiriennes composées de journalistes de la Présidence de la République "site laurentgbagbo.net" , du quotidien "Notre Voie" pro-FPI parti au pouvoir , de deux Ambassadeurs mandatés par la CEDEAO , de quatre membres de la Commission Electorale Indépendante sont arrivées à DAKAR en qualité d'observateurs.
Durant leur séjour , les journalistes du site présidentiel ont saisi l'occasion pour faire une interview à S.E.Fatimata TOURE SY , Ambassadeur .
Cet entretien qui a eu lieu dans les locaux de la Chancellerie a essentiellement porté sur les relations bilatérales entre la Côte d'Ivoire et les pays de la juridiction , entre les deux Chefs d'Etat , les services de l'Ambassade et la Communauté ivoirienne , les réformes entreprises aux fins d'améliorer la prestation à l'égard des usagers ainsi que les élections préesidentielles 2007 qui se tiendront le 25 février 2007.


COTE D'IVOIRE / SIGNATURE ENTRE LE GOUVERNEMENT ET TRAFIGURA

Vendredi 23 Fevrier 2007

La société « TRAFIGURA », propriétaire des déchets toxiques déversés en août dernier sur certains sites d’Abidjan, a signé ce mardi 13 février 2007, avec l’Etat de Côte d’Ivoire, un accord par lequel il s’engage à lui verser 100 milliards de FCFA en guise de dédommagements.

PROTOCOLE D’ACCORD

Entre

1. L’Etat de Côte d’Ivoire, personne morale de droit public,

agissant tant en son nom propre, qu’au nom de ses démembrements (notamment les personnes morales de droit public et sociétés à participation financière publique), des collectivités locales et de toutes les victimes des déchets toxiques,

représenté par Monsieur Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d’Ivoire et agissant pour les besoins des présentes, par Monsieur TAGRO Asségnini Désiré, Conseiller Spécial chargé des Affaires Juridiques, suivant pouvoir joint en annexe.

d’une part,

ET

2. La société Trafigura Beheer B.V, société de droit néerlandais, sise Van Heuven Goedhartlaan 937, 1181 LD Amstelveen Pays-Bas,

représentée par Monsieur Eric de Turckheim (administrateur) et Monsieur Pierre Eladari, dûment habilités à cet effet par procuration en date du 1er février 2007

Ci-après dénommée « Trafigura Beheer BV »

3. La société Trafigura Limited, société de droit anglais dont le siège social est sise Portman House 2 Portman Street W1H 6DU Londres Grande Bretagne, société en charge de la gestion opérationnelle des Parties Trafigura (Tel que ce terme est défini ci-après)

représentée par Monsieur Eric de Turckheim et Monsieur Pierre Eladari, dûment habilités à cet effet par procuration en date du 2 février 2007 Ci-après dénommée « Trafigura Ltd », 4. La société Puma Energy Côte d’Ivoire, société anonyme de droit de Côte d’Ivoire au capital de 75. 000. 000 francs CFA, sise rue du canal de Vridi, 15 B.P. 522 Abidjan 15

représentée par son administrateur général, Monsieur Pierre Eladari,

Ci-après dénommée « Société Puma »

Trafigura Beheer BV, Trafigura Ltd, Société Puma, agissant à titre conjoint et solidaire et étant ensemble désignées les « Parties Trafigura »,

Les parties Trafigura agissant tant en leur nom propre qu’au nom et pour le compte (i) de leurs dirigeants, salariés et préposés, (ii)) de l’ensemble des sociétés dans lesquelles Trafigura Beheer BV détient directement ou indirectement une fraction quelconque du capital ou des droits de votes, et (iii) des dirigeants, salariés et préposés des sociétés visées au (ii) ci-dessus.

d’autre part,

IL A ETE PREALABLEMENT EXPOSE CE QUI SUIT

1. Les Parties Trafigura exercent leurs activités dans le secteur de l’énergie et des métaux de base.

Trafigura Beheer B.V est la société mère.

Monsieur Claude Dauphin est Président de Tragfigura Beheer BV,

Trafigura Ltd, filiale de Trafigura Beheer BV, assure la gestion opérationnelle des activités des Parties Trafigura.

Monsieur Jean-Pierre Valentini est salarié de Trafigura Ltd.

La Société Puma est une filiale de Trafigura Beheer BV qui développe en Côte d’Ivoire des activités de stockage, distribution et vente au détail de produits pétroliers.

Monsieur N’Zi Kablan est administrateur général adjoint de la Société Puma.

2. Le Probo Koala, navire affrété par la société Trafigura Beheer BV, a déchargé 528 m3 de slops dans le port d’Abidjan le 19 août 2006.

Aux termes d’accords en date du 18 août 2006, ces slops ont été confiés à la Compagnie Tommy, qui s’est engagée à procéder à leur élimination conformément à la réglementation en vigueur.

3. Les 19 et 20 août 2006, la Compagnie Tommy a confié ces slops à divers prestataires qui les ont déversés dans plusieurs communes du District d’Abidjan.

Les jours suivants, de nombreux habitants d’Abidjan se sont plaints d’une forte odeur et de troubles respiratoires. Certains d’entre eux ont été hospitalisés. Des décès ont été recensés.

A la suite des évènements visés aux paragraphes 2 et ci-dessus (les "Evènements"), autrement appelés affaire des déchets toxiques, les autorités judiciaires ivoiriennes ont diligenté une enquête qui a conduit à l’inculpation de plusieurs personnes dont Monsieur N’Zi Kablan, placé sous mandat de dépôt le 1er septembre 2006.

Ce dernier a été poursuivi sur le fondement de trois incriminations :

- Les dispositions de la loi ivoirienne portant protection de la santé publique et de l’environnement contre les effets des déchets industriels toxiques et nucléaires et des substances novices ;
- Les dispositions de la Convention de Bâle sur les mouvements transfrontières des déchets dangereux et leur élimination ;
- Les articles 97, 99 et 101 du Code de l’Environnement ivoirien.

5. La société Trafigura Ltd s’est constituée partie civile le 8 septembre 2006, entre les mains du doyen des juges d’instruction près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan-Plateau afin d’apporter son soutien aux autorités ivoiriennes et d’apprécier les causes et l’étendue de son préjudice consécutif aux Evènements.

6. Messieurs Dauphin et Valentini, qui s’étaient rendus à Abidjan pour témoigner de la compassion et de l’appui des Parties Trafigura à la Côte d’Ivoire, ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt le 18 septembre 2006.

Ils ont été poursuivis sur le fondement de quatre incriminations :

- Les dispositions de la loi ivoirienne portant protection de la santé publique et de l’environnement contre les effets des déchets industriels toxiques et nucléaires et des substances nocives ;
- Les articles 342 alinéa 4, 343 et 348 du Code pénal ivoirien ;
- Les dispositions de la Convention de Bâle sur les mouvements transfrontières des déchets dangereux et leur élimination ;
- Les articles 97, 99 et 101 du Code de l’Environnement ivoirien.

7. Parallèlement, l’Etat ivoirien a assigné les 5 et 17 octobre 2006 différentes parties impliquées dans les Evènements, dont les sociétés Trafigura Beheer BV, Trafigura Ltd et la Société Puma devant les tribunaux civils ivoiriens, aux fins d’obtenir leur condamnation solidaire au versement immédiat d’une somme provisionnelle de 5000 milliards de francs CFA ainsi qu’au paiement de sommes devant être déterminées par un collège d’experts désigné par le tribunal.

8. En outre, la société Leigh Day & Co, a assigné Trafigura Ltd devant les juridictions britanniques le 6 et 7 novembre 2006, au nom de 11 plaignants, afin d’obtenir un Group Litigation Order et la condamnation de Trafigura Ltd au paiement de dommages et intérêts en réparation du préjudice que les personnes réunies au sein du Group Litigation Order estiment avoir subi à la suite des Evènements.

Par ailleurs, des investigations sur le Probo Koala et sur sa cargaison ont été effectuées par les autorités publiques des Pays-Bas et d’Estonie.

9. Le 22 décembre 2006, Messieurs Daphin et Valentini ont bénéficié d’une ordonnance de mise en liberté provisoire prononcée par le juge en charge de l’instruction ouverte devant le tribunal de Première Instance d’Abidjan-Plateau. Cette mise en liberté provisoire est subordonnée au paiement d’un cautionnement de 2.5 milliards de francs CFA par inculpé et à l’émission d’une caution bancaire solidaire de 10 milliards de francs CFA.

Cette ordonnance a fait l’objet d’un appel du Procureur de la République du Tribunal de 1ère Instance d’Abidjan Plateau, actuellement pendant.

A la date des présentes, Messieurs Dauphin, Valentini et Kablan demeurent en détention.

10. Les parties conviennent que leur objectif prioritaire est de fournir une assistance à toute personne physique ou morale ayant subi un préjudice direct ou indirect à la suite des Evènements (y compris leurs ayant droits) et de permettre auxdites personnes d’obtenir réparation de leur préjudice (ci-après les "Victimes").

11. Par ailleurs, conscientes du caractère fâcheux pour leur réputation et leur image à la suite de l’affaire dite des déchets toxiques, et soucieuses de consolider leurs liens forts avec la Côte d’Ivoire, les Parties Trafigura ont demandé une transaction avec l’Etat de Côte d’Ivoire, en la personne du Président de la République, lequel a désigné son Conseiller Spécial chargé des Affaires Juridiques, pour y procéder.

L’Etat de Côte d’Ivoire accepte cette proposition et confirme pour sa part sa volonté d’accueillir avec bienveillance les activités des Parties Trafigura sur le sol ivoirien et plus généralement reconnaît que les activités des Parties Trafigura contribuent, à travers la Société Puma, à l’amélioration de son environnement global.

12. C’est dans ce cadre qu’après discussions et échanges de vues les parties se sont rapprochées et ont décidé par le présent protocole de mettre fin définitivement aux différents litiges exposés ci-dessus de manière transactionnelle en se consentant les concessions réciproques exposées ci-après, sans que ces dernières puissent être analysées en une quelconque reconnaissance de responsabilité par l’une des parties ou une reconnaissance des allégations de l’autre partie.

CECI ETANT EXPOSE, LES PRTIES SONT CONVENUES DE CE QUI SUIT :

1. OBJET DU PROTOCOLE

Le présent protocole d’accord a pour objet de résoudre de manière globale tout litige présent ou à venir consécutif aux Evènements survenus sur le territoire de la Côte d’Ivoire.

2. ENGAGEMENTS DES PARTIES TRAFIGURA

2.1 Les Parties Trafigura s’engagent à verser à l’Etat de Côte d’Ivoire la somme forfaitaire et définitive de 95 milliards de francs cfa (95.000.000.000 francs CFA) aux fins d’affectation :

- d’une part, à hauteur de 73 milliards de francs cfa (73.000.000.000 francs CFA), à la réparation des préjudices subis par l’Etat de Côte d’Ivoire, ainsi qu’à l’indemnisation des victimes ;

- d’une part, à hauteur de 22 milliards de francs cfa (22.000.000.000 francs CFA), au remboursement des frais de dépollution qu’aurait pu exposer l’Etat de Côte d’Ivoire dans le cadre du contrat conclu avec la société Tredi le 23 septembre 2006 et de son avenant en date du 6 octobre 2006 (joint en Annexe) relatif au traitement des déchets issus du déchargement des slops du Probo Koala (ci-après le « Contrat Tredi »)

2.2 Les Parties Trafigura s’engagent à prendre en charge l’identification et la dépollution complémentaire des sites pouvant encore contenir des déchets se rapportant aux Evènements.

A cet effet, dans les 30 jours de la signature du présent protocole, les Parties Trafigura se rapprocheront du CIAPOL et du BNETD, et/ou de tout autre organisme compétent aux fins de réalisation d’un audit par des sociétés de renommée internationale sur l’état d’avancement et les conditions d’exécution du Contrat Tredi.

En conséquence, l’exécution de la dépollution complémentaire débutera sous le contrôle desdites parties, du CIAPOL et du BNETD dans les 3 mois de validation par les Parties Trafigura, le CIAPOL et le BNETD des conclusions de l’audit visé au présent paragraphe 2.2.

L’exécution en sera assurée par la société Tredi ou par toute autre entreprise disposant de moyens techniques satisfaisants et fera l’objet d’un constat contradictoire par les sociétés ayant réalisé l’audit.

Les frais relatifs à l’audit et au constat prévus au présent paragraphe 2.2 seront pris en charge par les Parties Trafigura.

2.3 Afin de garantir la bonne exécution des obligations des Parties Trafigura au titre du paragraphe 2.2, la Société Puma s’engage à constituer un nantissement sur (7) sept bacs de stockage de produits pétroliers lui appartenant référencés 1 à 7 sis rue du Canal de Vridi, 15 BP 522 Abidjan 15, au profit de l’Etat de Côte d’Ivoire.

Les frais relatifs au nantissement visé ci-dessus seront pris en charge par les Parties Trafigura.

2.4 L’Etat de Côte d’Ivoire envisage de construire une usine de traitement des déchets ménagers dans le District d’Abidjan.

Après l’inauguration de ladite usine, les Parties Trafigura à travers la Société Puma, paieront, sous forme d’aide à l’Etat de Côte d’Ivoire, la somme de cinq milliards (5.000.000.000) de francs CFA.

3. ENGAGEMENTS DE L’ETAT DE COTE D’IVOIRE

3.1 L’Etat de Côte d’Ivoire constate que les Parties Trafigura ont fait la preuve de leur sens des responsabilités et de leur volonté de s’intégrer dans le tissu économique de Côte d’Ivoire, et sont dès lors habilitées à poursuivre leurs activités dans ce pays.

3.2 L’Etat de Côte d’Ivoire s’engage à :

- Garantir les Parties Trafigura qu’il fera son affaire de toute réclamation au titre des Evènements ;

- Prendre toutes mesures appropriées visant à garantir l’indemnisation des Victimes des Evènements.

4. RENONCIATIONS RECIPROQUES

4.1 Les parties Trafigura renoncent définitivement à toute réclamation de quelque nature que ce soit à l’égard de l’Etat de Côte d’Ivoire dès lors qu’elle aurait pour cause, conséquence ou objet, directement ou indirectement, les Evènements.

En conséquence, la société Trafigura Ltd se désistera de sa constitution de partie civile déposée le 8 septembre 2006 entre les mains du doyen des juges d’instruction près le Tribunal de première instance d’Abidjan Plateau.

4.2 L’Etat de Côte d’Ivoire renonce définitivement à toute poursuite, réclamation, action ou instance présente ou à venir qu’il pourrait faire valoir à l’encontre des Parties Trafigura dès lors que ces poursuites, réclamations, actions ou instances ont ou auraient comme cause, conséquence ou objet, directement ou indirectement les Evènements.

En conséquence, l’Etat de Côte d’Ivoire :

- se désiste formellement de l’action en responsabilité et en dommages et intérêts actuellement pendante devant la première chambre p résidentielle du Tribunal de première instance d’Abidjan Plateau et de sa constitution de partie civile devant les juridictions d’instruction dans les poursuites engagées contre les Parties Trafigura ;

- donne main levée de toutes mesures de saisie ou plus généralement de toute prise de garantie ou sûreté au préjudice des Partie Trafigura, et notamment des mesures ayant été prises en application des ordonnances signifiées les 17 octobre 2006 et 23 janvier 2007.

5.MODALITES D’EXECUTION DU PROTOCOLE D’ACCORD

5.1 Au titre de paiement

Antérieurement à la signature du présent protocole, la Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie en Côte d’Ivoire, dite BICICI, aura émis au profit de l’Etat de Côte d’Ivoire, l’engagement irrévocable de payer le montant convenu à l’article 2.1 ci-dessus.

Sur présentation du présent protocole dûment signé ainsi que des documents nécessaires, la banque effectuera automatiquement le virement sur un compte ouvert au nom de l’Etat de Côte d’Ivoire.

5.2 Au titre de la réalisation et de la mainlevée du nantissement

A défaut de début d’exécution de la dépollution complémentaire dans les délais prévus au 3ème paragraphe de l’article 2.2. des présentes, l’Etat de Côte d’Ivoire pourra réaliser le nantissement consenti par les Partie Trafigura, à due concurrence du montant de la dépollution tel qu’il résultera de l’audit.

Dès l’établissement du constat de fin d’exécution de la dépollution complémentaire tel que prévu à l’article 2.2. des présentes, l’Etat de Côte d’Ivoire donnera mainlevée pleine et entière du nantissement consenti par les Parties Trafigura ;

Chaque partie s’emploiera à accomplir, ou faire accomplir, tous les actes nécessaires à la parfaite exécution du présent accord.

6. PUBLICITE

Les termes du présent protocole d’accord seront rendus publics.

7. RESOLUTION DES LITIGES

Les parties s’efforceront de traiter à l’amiable tout différend susceptible d’affecter la validité, l’interprétation et/ou l’exécution du présent accord.

A défaut, les différends seront tranchés par les juridictions compétences ivoiriennes conformément au droit ivoirien.

8. AUTORITE DE LA CHOSE JUGEE

Les parties s’engagent à exécuter de bonne foi le présent protocole valant transaction aux termes des dispositions de l’article 2044 du Code civil ivoirien et ayant l’autorité de la chose jugée en dernier ressort.

Fait le

A

En quatre exemplaires originaux, dont un remis à chacune des parties

1. Pour l’Etat de Côte d’Ivoire
Monsieur Désiré Asségnini TAGRO, Conseiller Spécial de la Présidence de la République, en vertu du pouvoir à lui conféré par le Président de la République, Monsieur Laurent GBAGBO

2. Pour Trafigura Beheer BV
Monsieur Eric de Turkheim – Monsieur Pierre Eladari

3. Pour Trafigura
Monsieur Eric de Turckheim – Monsieur Pierre Eladari

4. Pour Puma Energy
Monsieur Pierre Eladari



DISCOURS DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO AU TERME DU PROTOCOLE D’ACCORD ENTRE TRAFIGURA ET L’ETAT DE COTE D’IVOIRE

Messieurs les avocats ;
Monsieur le Procureur ;
Monsieur le Directeur ;
Messieurs les journalistes ;

Un accord vient d’être signé entre le groupe Trafigura et l’Etat de Côte d’Ivoire. Vous savez tous ce qui s’est passé. Nous avons eu ce qu’on appelle le déversement des déchets. On a eu beaucoup de dégâts. Nous avons eu entre 10 et 15 morts. Je suis passé dans les familles pour présenter les condoléances de l’Etat mais je crois que je n’ai pas pu retrouver toutes les familles.

Il y a eu environ 1.000 blessés hospitalisés. Et nous avons eu environ aussi 100.000 consultations hospitalières externes.
Quant à la pollution, ce sont les techniciens qui peuvent la décrire de façon technique mais on a eu beaucoup de dommages au niveau des hommes, de la faune, de la flore. Mais on ne peut pas pleurer tout le temps. Il arrive un moment où il faut régler les problèmes et avancer.

Donc, il y a beaucoup de gens qui sont venus me voir pour engager la négociation. Elle n’a pas eue lieu plus tôt parce que c’est le temps, comme je dis c’est l’autre nom de Dieu, qui efface les amertumes et les mauvais souvenirs.

On ne peut pas au moment où les gens pleurent, décider de régler un problème. Il faut attendre que les gens soient à même de comprendre où on va. Je crois qu’aujourd’hui, le temps est venu de régler ces problèmes là.
Donc, ceux qui sont venus nous voir auparavant, ce n’est pas parce qu’ils ont été mauvais mais c’est parce que le temps n’était pas venu de régler tous ces problèmes.

Mon émissaire et ceux de Trafigura ont bien discuté. J’ai tenu à prendre constamment conseil auprès du ministre délégué à l’économie et aux finances et j’étais en contact permanent avec le procureur. Mais là-dessus, je voulais quand même dire quelque chose avant de continuer parce qu’il y a beaucoup de bruits qui circulent et qui ont circulé à Abidjan et ailleurs.

On a dit : "il y a des gens de Trafigura qui sont arrêtés, Gbagbo ne veut pas qu’on les sorte et il a demandé au Procureur de les boucler." Mais un homme ne peut pas chercher à nuire à un autre homme gratuitement. Ce n’est pas possible. Je voudrais expliquer sur ce point précis qu’effectivement, le procureur de la République, d’Abidjan, m’a demandé une fois par écrit s’il pouvait accepter la liberté provisoire ordonnée par le juge d’instruction. J’ai dis à mon conseiller d’écrire au procureur que je refuse. Il faut que j’explique pourquoi.

Vous savez qu’il y a des moments où les plaies sont tellement béantes et le peuple est tellement en colère qu’il y a des actes qui posés à ces moments là, soulèvent le peuple au lieu d’effacer le problème. Ce dont les gens ne se rendent pas souvent compte, c’est que la crise des déchets toxiques a soulevé une très grande émotion en Côte d’Ivoire à tel point que le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire, et c’est la première fois depuis 46 ans, a rendu en bloc sa démission. Démission que j’ai acceptée avant de demander au premier ministre de former un nouveau gouvernement. Ce qu’il a fait dans la semaine qui a suivi.

Donc, quand il y a une si grande passion qui nous oblige à mettre balle à terre et à agir tranquillement pour arriver à la solution qu’il faut. Mais on ne peut pas dans la foulée, dire qu’on va passer outre les émotions de la population parce que nous vivons, nous hommes politiques, grâce aux émotions de la population.

Donc, à ce moment là, oui ! J’avais demandé au procureur Tchimou, de demander le surseoir. Mais aujourd’hui, un autre temps est arrivé. Aujourd’hui, les gens comprennent.

C’est ce que je voulais expliquer parce que beaucoup de personnes ont jugé autrement. Je voulais dire aux uns et aux autres que ma démarche est toujours politique. Quand je pose un acte, ne recherchez pas autre chose que de la politique. C’est le seul travail que je fais.

Donc, on a discuté, est tombé d’accord avec le groupe Trafigura. Les sommes en cause sont importantes. Le ministre a reçu la lettre de crédit de la banque BICICI représentant ici la banque Paribas.

Alors, je souhaite que le directeur du Trésor garde cette somme et travaille sur les listes parce que mes 2 préoccupations sont que le peuple et l’Etat soient dédommagés. Or, nos amis du groupe Trafigura ont accédé à nos demandes.

Je serai sauvage envers celui qui cherchera à détourner cet argent. Donc, il faut que le Trésor garde cet argent, qu’on fasse les listes et qu’on étudie les modalités de secours à apporter aux uns et aux autres. Il y a des personnes qui sont mortes. L’argent ne peut pas les ressusciter. Mais il faut que nous-mêmes en tant qu’Etat nous étudiions avec les victimes, le moyen de les secourir moralement pour qu’au moins ils trouvent une petite compensation dans les sommes que nous allons leur donner. Il faut chercher la liste, elle existe. Et puis, il faut les dédommager aussi.

Il faut dédommager l’Etat qui a dépensé de l’argent pour la dépollution. Il faut que nous-même, nous travaillions à cette dépollution constante pour que au bout de quelque temps, on n’ait plus qu’un vague souvenir de la pollution.

Donc je confie la gestion au ministre Diby qui s’occupe des finances de l’Etat mais qui est en même temps Directeur Général du Trésor. Il faudra que vous travailliez tranquillement, doucement. Listez tous ceux qu’il faut lister pour que l’Etat fasse son travail.

Je voudrais dire aux Ivoiriens qu c’est un bon accord qui nous permet de faire face au dédommagement de tous ceux qui ont été touchés et qui nous réclame les dédommagements depuis un moment. Donc, nous avons aujourd’hui, par cet accord les moyens de les dédommager. Mais là encore, il faut que les gens restent dignes. Il ne faut pas que les gens cherchent à percevoir indûment l’argent auquel ils n’ont pas droit.

Je voudrais pour terminer dire qu’il ne faut pas chercher à s’enrichir sur le dos d’un malheur. Et je voudrais dire aux représentants de Trafigura, c’est déjà écrit dans la convention, qu’ils peuvent continuer à faire des affaires en Côte d’Ivoire. Nous sommes un pays dont le libéralisme ne s’est jamais démenti. Mais il faut que dorénavant, nous fassions attention. Je voudrais lancer un appel à tous ceux qui font des affaires dans notre pays pour dire qu’il faut que nous prenions des précautions. Au ministère de l’environnement, de mettre en place des armatures juridiques plus sévères. A tous les chefs de service, d’être très regardant.

Je voudrais féliciter les gens de Trafigura parce que la discussion a été bonne. Il y a eu beaucoup d’interférences et de racontars. Mais notre porte vous est ouverte.
Il faut que tous ceux qui travaillent dans notre pays sachent que la porte est là, elle est ouverte. S’ils posent des problèmes, on leur dira oui ou non mais au moins ça aura le mérite de la clarté.

Je vous remercie d’avoir compris nos préoccupations. Je félicite Taro pour avoir travaillé. Je félicite Diby pour nous avoir sorti des documents. Je félicite tous les ministres qui ont travaillé à ça. Et surtout, j’ai tenu à ce que ce document soit un document public. Parce que dès que quelque chose est secret, on croit qu’on cache des choses. Nous n’avons rien à cacher. Donc, je demande au service Communication de la Présidence de multiplier ce document et le partager dans tous les organes de presse ivoiriens comme non ivoiriens.

Mais la justice continue. Parce qu’en dehors des dédommagements, il y a d’autres aspects que la justice va continuer à creuser.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie. A vous d’informer l’opinion pour que les gens sachent ce qui s’est passé et qu’ici, nous sommes dans une maison de verre.

Que Dieu nous bénisse, qu’il nous protège de tels malheurs.
Je vous remercie.


COTE D'IVOIRE / DIALOGUE DIRECT CAMP PRESDENTIEL / FORCES NOUVELLES

Vendredi 23 Fevrier 2007

Le dialogue direct a repris ses droits dans la capitale burkinabé après 72 heures de trêve liée à la participation du président Blaise Compaoré au 24è sommet France-Afrique à Cannes, la semaine dernière. Les protagonistes ivoiriens soucieux d’avoir une attitude constructive auraient accepté de faire des concessions de taille.
Le dialogue direct était de nouveau à l’ordre du jour hier à Ouagadougou, la capitale burkinabé. Le président Blaise Compaoré de retour de Cannes où il a pris part au 24è sommet France-Afrique a reçu en audience, M. Abou Moussa, le n° 2 de l’Onuci qui assure l’intérim du Haut représentant du secrétaire général des Nations Unies. En attendant la nomination du successeur de Pierre Schori. A l’issue de l’entretien que lui a accordé le chef de l’exécutif burkinabé, le diplomate tchadien s’est félicité de l’avancée des discussions. Les nouvelles en provenance du pays des « Hommes intègres » incitent à l’optimisme. Les deux ex-protagonistes auraient, de toute évidence, accordé leurs violons sur la question militaire. Les Forces nouvelles, selon certaines sources, seraient disposées à mettre de l’eau dans leur vin en ce qui concerne leurs grades et les arriérés de salaires des militaires déserteurs. M. Louis André Dacoury-Tabley, secrétaire général adjoint du mouvement qui est rentré expressément de Ouaga, pour les besoins de la cause, se serait chargé de convaincre les chefs militaires de l’ex-rébellion. En contrepartie, le clan présidentiel a réaffirmé sa promesse d’amnistie, l’un des cinq propositions du plan du chef de l’Etat ivoirien. Mieux, des engagements auraient été pris en vue de la prise en compte des ex-combattants Fds-Fn dans le futur service civique dont le décret de création a été signé vendredi dernier.

Des propositions concrètes
sur l’identification

Relativement à l’identification, second volet des négociations, les deux camps ont soumis leurs avis au médiateur. Des bribes d’informations qui ont pu transpirer, il ressort que la volonté d’aller de l’avant est partagée de part et d’autre.
Pour les Fn, la meilleure manière de sortir de la crise, serait de procéder à une identification générale de la population. « Cela permettra d’apaiser le climat de tension qui prévaut, et de sceller le sort de la question identitaire », estiment les responsables de l’opposition armée.
A l’inverse, le clan présidentiel suggère un recensement électoral. La mise à jour des listings de 2000, par l’inscription des nouveaux électeurs en âge de voter et, le retrait des personnes décédées ou qui ont perdu leurs droits civiques. Deux approches que le chef de l’Etat burkinabé va s’atteler à rapprocher dans la perspective d’un accord rapide.
Y. T.


COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU FPI PARTI AU POUVOIR

Mercredi 21 Fevrier 2007

Le Comité central du Front populaire ivoirien s’est réuni en session ordinaire le 17 février 2007 dans la salle du Cinéma ivoire de 11h à 14h 30. Le comité central du Front populaire ivoirien, après une analyse approfondie de la situation nationale et internationale, se félicite de la volonté politique manifestée aujourd’hui à tous les niveaux tendant à aider notre pays à sortir de la crise.
Le Comité central du Front populaire ivoirien adresse ses encouragements appuyés à tous les facilitateurs dans la crise ivoirienne et particulièrement à Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, président de la République du Burkina Faso, vers qui tous les regards convergent, pour trouver un dénouement des plus heureux à la crise ivoirienne dans le cadre du dialogue direct qu’abrite le pays frère qu’est le Burkina Faso.
Le Comité central du Front populaire ivoirien salue avec déférence l’engagement du président de la République de Côte d’Ivoire, Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo, en faveur de la paix, son sens aigu du devoir, son amour profond pour ses compatriotes, son souci constant pour le meilleur devenir de la sous-région et du continent africain et l’exhorte à persévérer dans cette voie.
Le Comité central du Front populaire ivoirien encourage toutes les militantes et tous les militants du Front populaire ivoirien, tous les patriotes à œuvrer dans le sens d’accompagner et d’appuyer tous les efforts en faveur de la paix dans notre pays.
Ils ne devront, par conséquent, avoir aucune attitude et ne peser aucun acte de nature à compromettre le processus de sortie de crise. Ils ne doivent céder à aucune provocation d’où qu’elle vienne.
Pour le Comité central du Front populaire ivoirien, nous devons tous, dans la vigilance, nous mobiliser et nous préparer pour les prochaines élections générales, étant entendu que seules des élections justes et transparentes constituent la solution définitive à cette crise qui n’a que trop duré.
Le Comité central du Front populaire ivoirien, pour terminer, présente ses vœux les meilleurs à toutes les militantes et tous les militants du parti, à tous les patriotes ivoiriens, à tous les amis de la Côte d’Ivoire.
Que l’année 2007 soit une année de la paix et de la solidarité renforcée dans le monde.
Que Dieu veille sur notre beau pays !

Fait à Abidjan
le lundi 19 février 2007
Le Comité central


SENEGAL 2007 / ENTRETIEN AVEC LE CANDIDAT / ENTRETIEN AVEC LE CANDIDAT CHEIKH BAMBA DIEYE

Vendredi 9 Fevrier 2007

ENTRETIEN AVEC… CHEIKH BAMBA DIEYE, candidat du Fsd/Bj : «Rendre au Sénégal sa dignité»

C’est un homme fort de ses convictions qui a été accroché il y a quelques jours, juste avant son meeting à la Chambre de commerce de Saint-Louis où toute la ville s’était donnée rendez vous pour écouter ce que leur proposait «leur fils». Cheikh Bamba Dièye prône un retour aux valeurs cardinales qui fondent la société sénégalaise. Une fois porté à la magistrature suprême, Cheikh Bamba promet des changements profonds pour inciter les Sénégalais à prendre leur responsabilité et à se mettre au travail pour sortir le Sénégal de l’ornière, malgré la corruption qui a fini de prend place au sommet de l’Etat.

Vous avez démarré cette campagne présidentielle à Dakar contrairement à votre défunt père, pourquoi ?

Je voudrais simplement rappeler que, évidemment, le Fsd/Bj est un parti qui est né à Saint-Louis, qui a forgé ses premières armes à Saint-Louis, mais aujourd’hui il est devenu un parti national qui a un siège partout dans le pays et un siège national à Dakar. Mon coeur est saint-louisien, ma vie est saint-louisienne mais mes responsabilités sont nationales et les Saint-Louisiens ne sont plus majoritaires au niveau de la direction nationale du parti. C’est la raison pour laquelle, lorsque la direction du parti a décidé de démarrer la campagne à Dakar, je me suis plié à cette volonté. D’autant plus que sous certaines latitudes, on a voulu nous coller l’étiquette d’un parti local, d’une ville. La capitale symbolisant par essence le point central de la vie d’une nation, il était normal que nous débutions là-bas pour marquer notre caractère républicain