Fevrier 2007



Mercredi 28 Fevrier 2007

VISITE D'AMITIE ET DE TRAVAIL DE S.E.M. PIERRE NKURUNZIZA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU BURUNDI EN COTE D'IVOIRE : COMMUNIQUE FINAL


A l'invitation de Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d'Ivoire, Son Excellence Monsieur Pierre NKURUNZIZA, Président de la République du Burundi a effectué une visite d'amitié et de travail en Côte d'Ivoire du 25 au 28 février 2007 à la tête d'une importante délégation de hautes personnalités burundaises comprenant notamment Monsieur Donatien NIJIMBERE, Ministre du Commerce et de l'Industrie.
Pendant cette visite, les deux Chefs d'Etat ont eu des entretiens en tête-à-tête qui se sont déroulés dans une ambiance fraternelle et de parfaite compréhension.
Les entretiens ont porté sur des sujets d'intérêts communs en particulier sur les problèmes bilatéraux et africains.
Sur le plan bilatéral, ils ont noté la volonté commune de renouer et de renforcer la coopération entre la République du Burundi et la République de Côte d'ivoire dans l'intérêt mutuel des deux peuples dans les domaines de l'agriculture, du commerce, du sport, de l'industrie et de l'éducation.
Dans cette perspective, la délégation burundaise a eu notamment une importante séance de travail au Bureau National d'Etudes Techniques et de Développement (BNETD) à Abidjan et a visité des réalisations socio-éducatives et culturelles, dont l'Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) à Yamoussoukro. La délégation a également rencontré les hauts cadres du ministère de l'industrie et de la promotion du secteur privé, et du ministère du commerce ainsi que les responsables de la Confédération des Grandes Entreprises (CGE).
La délégation burundaise a invité les opérateurs économiques ivoiriens à venir investir au Burundi. Les opérateurs économiques ivoiriens ont accepté cette invitation. Les deux Chefs d'Etat ont décidé d'engager leur Ministre des Affaires Etrangères à prendre les dispositions nécessaires pour la concrétisation de cette coopération.
Le Président Laurent GBAGBO a félicité le Président Pierre NKURUNZIZA pour les avancées significatives du processus de paix et de réconciliation dans son pays marquées par la signature d'un accord global de cessez-le-feu qui prévoit la mise en place d'un mécanisme de vérification et de suivi auquel participent l'Union Africaine, l'Organisation des Nations Unies et les parties burundaises. Evoquant la situation politique intérieure de son pays, le Chef de l'Etat ivoirien a fait part à son homologue du Burundi des derniers développements de la crise ivoirienne.
A son initiative, un dialogue direct entre la partie gouvernementale et les Forces nouvelles a lieu en ce moment à Ouagadougou avec pour facilitateur, Son Excellence Monsieur Biaise COMPAORE, Président du Faso, Président en exercice de la CEDEAO.
Le Président Pierre NKURUNZIZA a exprimé son soutien au Président Laurent GBAGBO et au peuple ivoirien pour leurs efforts en vue de restaurer la paix et la sécurité sur leur territoire.
A cet égard, il s'est dit heureux de pouvoir partager avec son homologue ivoirien, l'expérience de paix du Burundi qui est aujourd'hui en phase de consolidation et qui est saluée par l'ensemble de la Communauté Internationale.
Les deux Présidents ont fait un tour d'horizon des grands problèmes d'actualités africaine et internationale et se sont réjouis de leur convergence de vue sur ces questions. « Sur le plan international, ils ont condamné la prise du pouvoir par les moyens non constitutionnels partout dans le monde et notamment en Afrique.
Pendant son séjour, le Président Pierre NKURUNZ1ZA a rencontré la communauté burundaise résidant en Côte d'Ivoire.
A l'issue de sa visite, le Président burundais, a réitéré à son homologue ivoirien ses vifs remerciements pour l'accueil chaleureux et fraternel qui lui a été réservé ainsi qu'à la délégation qui l'accompagne.
Son Excellence Monsieur Pierre NKURUNZIZA a invité Son Excellence Monsieur Laurent GBACBO à effectuer une visite de travail et d'amitié au Burundi. Le Président ivoirien a accepté cette invitation avec plaisir. La date de cette visite sera fixée par voie diplomatique.

Fait à Abidjan, le 28 février 2007
Pour la République du Burundi
Ministre des Affaires Etrangères
Donatien NIJIMBERE

Pour la République de Côte d'Ivoire
Youssouf BAKAYOKO
Ministre des Affaires Etrangères


COOPERATION IVOIRO-BURUNDAISE / DISCOURS DU PRESIDENT GBAGBO

Mercredi 28 Fevrier 2007

Monsieur le Président, Pierre Nkurunziza, Président de la République de Burundi ;
Mesdames et Messieurs, membres de la délégation burundaise ;
Messieurs les Présidents des Institutions ;
Monsieur le Premier Ministre ;
Mesdames et Messieurs, membres de la délégation ivoirienne ;…

Aujourd’hui est un jour important pour le Burundi et pour la Côte d’Ivoire. Dans toutes nos traditions, l’hôte est quelqu’un de sacré que nous honorons et respectons. Au delà de la visite, il est important de dire que le Burundi sort d’une longue crise. Et il nous montre le chemin de la sortie de crise. Je souhaite que nous empruntions ce chemin.

Pour ma part, il y a quinze ans de cela, j’ai effectué, en tant que député, deux voyages au Burundi pour participer à la facilitation des discussions inter-burundaises. Nous avons travaillé nuit et jour mais la solution nous semblait très lointaine. Aujourd’hui, elle est proche et je me réjouis avec les burundais d’abord et avec toute l’Afrique, ensuite.

Nous sommes très heureux que, petit à petit, l’Afrique tourne le dos à ces situations qui nous obligent à faire du surplace au lieu d’avancer. Nous avons du chemin à parcourir. Nous ne devons donc pas piétiner mais avancer. Il nous faut même courir mais en maîtrisant nos propres pas.

Quelqu’un a dit qu’il y a beaucoup de dossiers. Nous devons savoir que ce ne sont pas ceux qui nous donnent des conseils qui payent la note mais plutôt, nous les Etats en crise. Il nous faut les écouter et choisir parmi les conseils qu’ils nous donnent, ceux qui peuvent nous permettre de sortir de la crise et d’avancer. C’est ce que vous avez fait au Burundi, Monsieur le président, et c’est ce que nous voulons faire en Côte d’Ivoire.

Je suis heureux car dans quelques heures, je vais recevoir les pré-papiers des accords de Ouagadougou. Si nous tombons d’accord, nous avertirons tout le monde pour donner la date à laquelle l’accord sera signé.

Je suis heureux aussi de voir un jeune sportif devenir Président. Il a visité le centre sportif le plus solide du point de vue implantations et infrastructures. Comme il a une école de football, il a décidé d’envoyer quelques uns de ses jeunes joueurs faire un stage à l’académie de l’Asec. Monsieur le Président, nous les recevrons avec plaisir, il faut qu’ils sachent qu’ils ont, ici, des frères.

Vous avez connu des difficultés ces derniers temps, nous vous enverrons dans la semaine, des vivres pour donner un signal symbolique et dire qu’au bout de l’Afrique, vous avez des frères et amis. Mais il faut aller plus en profondeur, en soignant les gens, en étudiant l’agriculture. Dès demain, je verrai le Premier Ministre pour qu’on vous envoie des ingénieurs agronomes, des médecins pour vous aider à faire face aux problèmes d’urgence. Nous allons vous aider à consolider la paix. Car la paix sans le développement de l’agriculture et de la santé est vaine.

M. le Président, vous pouvez revenir ici quand vous voudrez. Nous avons décidé de faire une politique africaine d’ouverture avec tous nos compatriotes africains mais singulièrement avec ceux qui ont souffert des crises. Et au nom de la Côte d’Ivoire, je souhaiterais que vous repartiez avec une décoration qui montre que la nation ivoirienne reconnaît tous les efforts que vous (les burundais) avez fait pour sortir de la crise. Et sachez que c’est la nation ivoirienne qui, à travers vous, va décorer la nation burundaise.

Je vous remercie


SENEGAL / REPORTAGE DE LAURENT GBAGBO.NET SUR LES ELECTIONS AU SENEGAL

Mercredi 28 Fevrier 2007

WADE, UN GRAND HOMME !


Abdoulaye Wade est sorti vainqueur de l’élection présidentielle au Sénégal. Ce dernier n’est perçu par la population ivoirienne comme un ami. Il a pris position depuis le début du conflit pour les opposants et il n’a nullement facilité la tâche au Président Laurent GBAGBO. Chaque ivoirien se souvient de ses propos tonitruants et peu diplomatiques sur la crise ivoirienne.

Cela dit, Abdoulaye Wade de par sa victoire écrasante sur l’opposition se révèle être un grand homme à l’instar de ses prédécesseurs Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf.
En effet, malgré ses 80 ans, le vainqueur en excellente santé, bat campagne, tient des meetings, alors que beaucoup de personnes de sa génération sont malades et invalides.

Ensuite l’octogénaire connaît les réalités des son pays et a su établir de bonnes relations avec l’ensemble de la population de sorte que les critiques virulentes des opposants, n’ont rien changé dans le déroulement de la campagne.

Enfin le nouveau Président du Sénégal met à nu les faiblesses d’une opposition qui pensent que les dénigrements, les bavardages, les menaces peuvent conduire au pouvoir.

Il est à espérer que l’opposition ivoirienne tire des leçons du vote au Sénégal où la défaite des Idrissa SECK, Ousmane Tanor DIENG et Moustapha NIASSE ne s’est nullement transformée en rébellion armée.

www.laurentgbagbo.net adresse ses félicitations au "Vieux".

Ano NIANZOU
www.laurentgbagbo.net


Dialogue direct à Ouaga : LA FRANCE ENTRE DANS LA DANSE

Mardi 27 Fevrier 2007

Dernière mise à jour : 27 Feb 2007 - 23:33 GMT

Mme Brigitte Girardin rencontre aujourd’hui Blaise Compaoré et demain, Laurent Gbagbo.

Le ministre français à la Coopération, au développement et à la Francophonie est attendu aujourd’hui à Ouagadougou. Selon un document que nous avons reçu, hier, du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Mme Brigitte Girardin s’entretiendra avec le Chef de l’Etat burkinabé, Blaise Compaoré, président en exercice de la CEDEAO, sur les crises que l’organisation sous-régionale s’attelle à régler.
Mais nul n’est dupe. «Il sera, en particulier, précise le document, question du «dialogue direct» entre le camp présidentiel ivoirien et les Forces nouvelles, mené actuellement à Ouagadougou, sous l’égide du Président Compaoré». Le porte-parole du Quai d’Orsay annonce aussi que Mme Girardin rencontrera le chef des Forces nouvelles, Guillaume Soro, dans la capitale du Burkina Faso. Puis demain, elle se rendra à Abidjan où elle aura une séance de travail avec le Président Laurent Gbagbo. Il précise dans son document ne pas avoir connaissance d’un message du Président de la France, Jacques Chirac, dont Mme Girardin serait porteuse à son homologue ivoirien.
A l’agenda du ministre français délégué à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, d’autres rencontres sont prévues non seulement avec le Premier ministre Charles Konan Banny, mais aussi avec des leaders de l’opposition, particulièrement le président du RDR, Alassane Dramane Ouattara.
Comme on peut aisément le deviner, la France est entrée en scène. Partout, au cours de cette visite-éclair de Mme Girardin, il sera question de la résolution de la crise ivoirienne. L’Hexagone apporte ainsi sa touche aux derniers réglages du dialogue direct au moment où, ayant atteint sa phase décisive, il est menacé d’enlisement par des pesanteurs.
Selon des sources proches du dossier, hier, les deux délégations de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire et des Forces nouvelles ont remis le rapport final et les recommandations au médiateur. Des documents qui restent à être restitués. Après cette restitution, chaque chef de délégation devra transmettre ce rapport à son mandant pour validation. Mais si Dacoury-Tabley Louis André consultera Soro Guillaume sur place, Désiré Tagro, lui, devra regagner Abidjan pour y rencontrer le Président Laurent Gbagbo. Le chef de la délégation présidentielle était attendu dans la nuit d’hier dans la capitale économique ou au plus tard, aujourd’hui. C’est pourquoi même si la date de demain reste encore plausible pour la signature des conclusions du dialogue direct commencé depuis le 5 février dernier, celle de vendredi paraît plus probable pour cet acte que tous les Ivoiriens attendent avec beaucoup d’impatience.
On annonce que hier, le ministre burkinabé de la sécurité, Djibril Bassolé, a reçu le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Mambé Beugré, et le Haut représentant des Nations unies pour les élections en Côte d’Ivoire, Gérard Stoudmann. La rencontre a porté sur le calendrier des élections.
A Abidjan, Mme Brigitte Girardin prendra également part à la treizième réunion du Groupe de travail international (GTI) qui se tient demain au siège de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) à l’hôtel Sébroko.

Pascal Soro
FRATMAT


COOPERATION IVOIRO-SENEGALAISE / INTERVIEW DE S.E.FATIMATA TOURE SY AMBASSADEUR

Mardi 27 Fevrier 2007



INTERVIEW AVEC S.E.Mme Sy NEE FATIMATA TOURE, AMBASSADEUR DE COTE D’IVOIRE AU SENEGAL

Merci Excellence, pour la rencontre que vous nous accordez. Juste quelques questions à vous poser. La première est la suivante :

Pouvez-vous nous présenter brièvement l’organisation et le fonctionnement de votre Ambassade?



Merci de me faire l’honneur de m’accorder cette interview qui apparaîtra je crois sur le Site du chef de l’Etat. C’est un grand honneur pour moi.

Effectivement l’Ambassade est organisée comme toute Ambassade de manière classique mais nous y avons apporté notre touche en réaménageant certains services qui ne répondent plus à l’ère du temps. C'est-à-dire que nous faisons une diplomatie moderne qui consiste au développement des secteurs les plus importants pour moi à savoir l’économie et le commerce.

Ensuite, il y a l’aspect consulaire, la gestion de la communauté, la gestion des déplacements, des visiteurs, des voyageurs et je crois que ce sont les éléments les plus importants.

Bien sûr, il y a l’aspect culturel qu’il ne faut pas négliger parce que cela comprend plusieurs volets, notamment le tourisme qui inclut le développement de nos activités culturelles en Côte d’Ivoire. C’est comme ça que nous sommes organisés.

Et comme je l’ai dit, nous avons basé notre fonctionnement sur l’éco-diplomatie et certaines relations commerciales. Aujourd’hui Dieu merci, les relations entre les quatre pays où nous avons été mandatés par le chef de l’Etat pour représenter la Côte d’Ivoire et notre pays sont au beau fixe.

Parce que nous avons constaté que dans ces quatre pays là, la Côte d’Ivoire est présente du point de vue commercial et économique.
Tous les produits notamment les produits vivriers qui y sont consommés sont pour la plupart de la Côte d’Ivoire. Parce que les gens nous disent que nous avons des produits de qualité. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une zone vraiment sahélienne où l’agriculture n’est pas tout à fait développée compte tenu du climat qui y prévaut. Voilà un peu comment nous sommes organisés.

Cela dit comme je l’ai dit, il y a l’Ambassadeur, il y a le N°2 de l’Ambassade qui est le 1er conseiller, il y a le conseiller commercial, il y a le 1er secrétaire chargé des Affaires culturelles, il y a le 1er secrétaire chargé des Affaires consulaires qui gère aussi la communauté.

Nous avons une grande communauté actuellement ici, du fait de la crise en Côte d’Ivoire. Déjà en 2002, nous avons plusieurs personnes qui sont venues s’installer ici mais qui sont reparties.

Au Sénégal par exemple nous avons près de trois mille ivoiriens vivant ici, notamment des étudiants et des personnes exerçant dans le secteur informel.

Dakar est une porte d’entrée pour eux vers l’Europe et vers d’autres continents et quand ils arrivent ici, ils pensent pouvoir embrasser le travail qui leur permet d’avoir de l’argent et puis poursuivre leur chemin. Il y a en qui finissent par s’y installer.
C’est très mobile parce qu’ils vont et ils viennent.

En Mauritanie, nous avons un grand contingent d’au moins 2000 personnes. Notamment à Nouadhibou, nous devons avoir 600 personnes, au Cap vert, nous avons entre 100 et 150 qui sont composés d’ivoiriens et de capverdiens nés en Côte d’Ivoire.

Et puis il y a la Gambie où nous avons près de 200 personnes dans le secteur informel. Aujourd’hui, vous trouverez la cuisine de la Côte d’Ivoire qui est prisée par tous ces pays-là. Et les ivoiriens font l’effort de nous accompagner dans le travail que nous faisons ici, notamment au niveau de l’image de la Côte d’Ivoire dans tous les domaines.

L’Ambassade de la Côte d’Ivoire est ouverte à tous les Ivoiriens parce que nous disons que nous sommes les représentants du Chef de l’Etat et de toute la Côte d’Ivoire dans toutes ses composantes.
Et de ce point de vue là, nous n’avons aucun problème avec qui que ce soit.

Nous avons des heures d’ouverture de 8h à 15h avec une permanence, l’après midi pour tenir compte du travail en Côte d’Ivoire parce qu’ici, c’est la journée continue comme vous l’avez constaté, les gens arrêtent à 15h.

Mais nous, nous avons fait une permanence composée d’un diplomate, un chauffeur, une secrétaire et d’une standardiste pour permettre que aux uns et aux autres de vaquer à leur occupation, de ne pas utiliser les heures de travail pour se retrouver en train de faire des courses à gauche et à droite.

Parce que nous avons l’ambition de faire tout ça et des reformes parce que nous voulons que l’Ambassade de Côte d’Ivoire dans cette zone de juridiction ressemble à l’image de la Côte d’Ivoire qui est un pays représentatif en Afrique occidental à tout point de vue. Ce n’est pas nous qui le disons, ceux là mêmes qui sont avec nos frères de la sous région, nous le disent.

Et c’est pourquoi, ils ne ménagent aucun effort pour s’intéresser, s’impliquer dans la recherche de solution à une paix durable et définitive dans notre pays.

Parce que la Côte d’Ivoire vit cette situation du fait que pendant longtemps, elle a été le pays qui a accueilli tout le monde, tous ceux qui avaient des besoins, parce que la vie y est facile, la nourriture y est abondante, la vie n’est pas chère et les ivoiriens sont des gens formidables, nous avons notre hospitalité et notre humour légendaires qu’on ne trouve nulle part.

Excellence la deuxième question est relative au fait qu’il y a certaines prises de position de l’entourage des chefs d’Etat de la Côte d’Ivoire et du Sénégal qui ont fait dire à certains que les relations entre les deux Hommes n’étaient pas au beau fixe. En l’état actuel de la situation que pouvons-nous dire sur les relations entre les deux Chefs de l’Etat?

C’est une question tout à fait pertinente, mais il faudrait que je relève tout de suite que ce sont des frères qui se comprennent. Quand on a des incompréhensions, ça ne veut pas dire qu’on a claqué la porte et on est parti ! Ce n’est pas d’ailleurs leurs cas. Je pense que de tout temps le Président Laurent GBAGBO qui a toujours considéré le Président WADE comme un aîné, a toujours communiqué avec lui. Et je pense qu’il ne faut pas qu’on oublie que le Sénégal nous a permis d’avoir le cessez-le-feu.

De ce point de vue, je crois que le Président en tient compte. On ne peut pas empêcher les gens d’avoir leurs idées ou une position mais cela n’empêche pas l’un et l’autre de communiquer.

Nous sommes un pays ouvert et le Chef de l’Etat ivoirien est quelqu’un qui communique. Il a lui-même dit qu’il a libéré la parole. Donc il communique avec chacun d’entre nous. Et tout ce que les gens écrivent dans les journaux, vous ne pouvez pas les empêcher de le dire.

Mais nous, nous sommes à la tâche, nous sommes sur le terrain, nous savons qu’il n’y a aucun nuage entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal.
Pour preuve il y a deux ans, j’ai conduit une délégation parlementaire en Côte d’Ivoire. Nous sommes allés jusqu’à Bouaké avec l’autorisation du Chef de l’Etat. Ils ont été bien accueillis, les Ivoiriens ont dit tout ce qu’ils avaient sur le cœur.

Les deux Présidents se rencontrent à des réunions comme la CEDEAO, l’UEMOA. Ils échangent vraiment en toute fraternité. Vous êtes venus, vous avez vu comme vous avez été accueillis. Nous sommes un pays important et quand on est important, on prend des coups.

Nous avions des préoccupations notamment sur l’état de la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal et le nombre d’ivoiriens vivant au Sénégal et leur secteur d’activité.

Heureusement dans la première question vous avez répondu à cela. Donc nous allons finir par une dernière question qui est Excellence, de dire juste un mot sur l’élection présidentielle qui aura lieu dimanche.

Bien je vous remercie, nous sommes tous dans l’attente de voir ce que ça va donner. Nous voyons la campagne qui est très animée. Chacun essaie de se défendre, de faire des propositions alléchantes. Maintenant c’est au peuple de décider.

Mais je pense que dans notre rôle, nous ne pouvons que souhaiter que le meilleur gagne pour que la paix règne dans le pays. Parce que nous autres savons ce que c’est que le manque de paix, on l’a vécu et donc on ne peut que souhaiter la paix pour nos frères. Parce que nous avons des liens très forts avec ces gens depuis le temps d’Houphouët jusqu’à maintenant.

Que le pays reste dans la paix et que le meilleur gagne.
Nous essayons de regarder à gauche et à droite, on n’a pas de pronostics parce que nous n’avons pas des éléments. Mais il n’y a que Dieu qui donne le pouvoir. Et s’il estime que quelqu’un peut jouer ce rôle, il l’installe.

Aucun homme ne peut empêcher quelqu’un d’avoir le pouvoir si Dieu le lui donne. Je vous remercie.

Propos recueillis par Fabrice KOKORA,
Envoyé Spécial de www.laurentgbagbo.net à Dakar
et transcrits par Ouaga Jacqueline.


SENEGAL / PRESIDENTIELLES 2007/ IDRISSA SECK PLEBISCITE A THIES SON FIEF ET VILLE NATALE

Mardi 27 Fevrier 2007

En effet, alors qu'aux élections de l'an 2000, le candidat Niasse occupait une confortable place de troisième, le dernier scrutin le place à la cinquième position après Landing Savanè, tandis que Talla Sylla, un natif du terroir est à la septième position, derrière Bathily qui est en sixième position.

Ainsi sur 250 382 inscrits, il y'a eu 175 602 votants, 1419 bulletins nuls, et 174 183 suffrages exprimés.
Ont obtenus :
Seck : 95 833
Wade : 49 319
Dieng : 15 929
Savanè : 4 808
Niasse : 2 859
Bathily : 1 429
Sylla : 1 228
Sagna : 662
Dièye : 521
Diallo : 448
Ndoye : 340
Guéye : 289
Mbaye : 259
Senghor : 148
Dia : 114


COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DE M.BLE GOUDE LEADER DES PATRIOTES

Mardi 27 Fevrier 2007

Samedi soir, sous le coup de 19h GMT, le président de l'Alliance des jeunes patriotes et secrétaire exécutif des mouvements panafricains était sur la chaîne camerounaise Canal 2 international. Blé Goudé a une fois de plus expliqué la crise ivoirienne et permis aux nombreux téléspectateurs de mieux appréhender le combat de la jeunesse ivoirienne qui commence à s'étendre au reste du continent. Un entretien que nous proposons en intégralité.

Doit-on vous appeler commandant, général ou président Blé ?
Je suis Charles Blé Goudé, président du COJEP, aujourd'hui secrétaire exécutif du mouvement panafricain. L'appellation ''général'', cela est arrivé dans un contexte où la Côte d'Ivoire a été attaquée par des rebelles. Revenu de l'Angleterre, j'ai mis en place une structure qu'on appelle l'Alliance des jeunes patriotes dont l'objectif était de prendre la rue et à travers la mobilisation de masse, arrêter la rébellion. C'est-à-dire comment décourager ceux qui ont pris les armes à travers la mobilisation des masses. Telle était la problématique que j'avais posée. Voilà d'où est venu le surnom ''général'', sinon je suis Charles Blé Goudé.

Je suis le directeur de publication d'un journal nigérien qu'on appelle ''La Giffe''. Alors au Niger et un peu partout en Afrique, on vous a connu à travers les médias étrangers, notamment français, comme un fauteur de troubles, un xénophobe. Alors qui est vraiment Charles Blé Goudé ?
Celui qui sème le trouble, c'est celui qui manifeste contre les normes. Je ne pense pas que cela a été notre cas. Des Ivoiriens, en collaboration avec la France qui les manipulent et avec la complicité de certains leaders politiques, prennent des armes et attaquent la Côte d'Ivoire. A la tête de ce groupe, Soro Guillaume, un ami à moi, un ancien secrétaire général du mouvement estudiantin sous qui j'ai travaillé. Pendant que lui a les armes en main, mes amis et moi nous prenons la rue. Une, deux et trois fois, nous le faisons. Et les médias étrangers, pendant qu'ils présentent les rebelles comme des gens gentils, des gens mignons, nous présentent comme des voyous, des semeurs de troubles. Alors moi, je laisse les gens, l'opinion juger. Entre ceux qui prennent les armes et ceux qui prennent la rue, qui sont les vrais voyous ? Mais cela nous amène à comprendre l'origine de la crise ivoirienne. En fait, dans la conception du plan de déstabilisation de la Côte d'Ivoire, l'on n'avait pas compté avec les jeunes patriotes, puisque moi je n'étais pas là. Notre entrée en scène les a déroutés. C'est à partir de là qu'ils se sont organisés pour lancer cette campagne de diabolisation qui, avec le temps, est en train de changer. Puisque je parle avec le Nigérien, avec le Camerounais, cela veut dire que les choses ont évolué aujourd'hui. Je suis allé au Niger, au Cameroun, les jeunes de ces pays africains doivent comprendre que c'est un schéma classique de diabolisation de tous les leaders africains qui disent non à l'ordre ancien.

Ça fait quand même quatre ans que cette crise dure, il y a eu des réunions, un peu partout en Afrique même en Europe. Des accords ont été signés, mais c'est toujours le statu-quo, les choses n'évoluent pas, qu'est-ce qui bloque ?
Ce qui bloque, ce sont ceux qui organisent les différentes tables rondes, parce qu'en les organisant, ils ont un agenda secret qui est très différent de ce que les Ivoiriens attendent. C'est quoi un agenda secret ? C'est de faire signer des accords qui n'ont pas pour objectif de trouver une solution à la crise ivoirienne, mais plutôt de trouver des mécanismes pour humilier le chef de l'Etat ivoirien, réduire ses pouvoirs et le bouter hors pour mettre en place un genre de préfet local qui est un genre de prolongement de l'administration française en Côte d'Ivoire. Ce que nous n'acceptons pas. Alors, les gens ont peur de faire le point des accords. La table de négociations est une table de donner et de recevoir. Quand on demande au chef de l'Etat ivoirien à Marcoussis, en France, de démettre son premier ministre d'antan afin de mettre en place un nouveau premier ministre dit de consensus, ce qui a été fait, et qu'en retour on lui promet le désarmement qui jusqu'aujourd'hui n'est pas fait, qui bloque les accords ? Deuxièmement, on lui demande d'intégrer les rebelles et leurs chefs dans le gouvernement dit de réconciliation nationale, il le fait et en retour il n'y a pas de désarmement. A qui la faute ? La réunion se déplace à Pretoria où on demande au Président Gbagbo d'user de ses prérogatives en fonction de la constitution ivoirienne, notamment l'article 48, pour faire d'Alassane Ouattara un candidat. Je rappelle que M. Ouattara s'est vu refuser la participation aux élections en 1995 par Henri Konan Bédié qui est aujourd'hui son partenaire. Parce que, disait-il, il n'est pas Ivoirien. Le Président Gbagbo a donc usé de l'article 48 pour faire d'Alassane Ouattara un candidat. Ce qui n'est pas normal, parce que ceux qui ont demandé ça au Président Gbagbo doivent savoir qu'ils ont posé un acte irrégulier, un acte antidémocratique. Car la révision de cette disposition constitutionnelle devait intervenir par référendum.

L'ivoirité ayant été adoptée par référendum, on ne peut pas demander à quelqu'un ce genre de choses?
Je voulais d'abord vous dire que l'ivoirité n'a jamais été adoptée par référendum en Côte d'Ivoire. M. Henri Konan Bédié, président de la République de Côte d'Ivoire de 1993 à 1999, a mis en place ce concept d'ivoirité et il revendique la paternité de ce concept. Dans son livre qu'il a écrit intitulé ''Les chemins de ma vie'', cela est marqué là-dedans. Donc ça n'engage que lui. Malheureusement, cela a pris tout le pays et ce sont ceux qui n'ont pas cassé ces pots qui sont en train de payer. C'est pourquoi je dis que le Président Gbagbo a résolu un problème que le Président Bédié a créé avant de partir. Un genre de bombe à fragmentation qui était prête à exploser dans les mains de n'importe qui. Alassane Ouattara est candidat grâce à Gbagbo, mais le désarmement n'est pas toujours intervenu et nous partons d'accords en accords. Sans que personne ne puisse lever le petit doigt pour faire la pression sur les rebelles afin qu'ils fassent aussi leur part de sacrifice, c'est-à-dire déposer les armes, réunifier le pays pour qu'on parte aux élections.

Au Cameroun, les gens s'attendaient à voir un Blé Goudé mesurant 2 m, pour 200 Kilos. On a plutôt un monsieur de taille normale qui ne fait pas 80 Kg à vue d'œil. D'où tirez-vous cette force ?
Mais il y a grandeur et grandeur. Un grand homme n'est pas forcément celui qui est géant. Maintenant vous savez, nous sommes à la recherche en Afrique de leaders qui ont un lien historique dans leur action avec le peuple. J'ai été leader des élèves et étudiants, et à ce titre j'ai porté leurs revendications. Alors c'est cette jeunesse là aujourd'hui qui connaît notre passé, qui sait que nous n'avons jamais fléchi qui travaille avec nous. Et qui sait également que nous avons été constant dans le combat, que nous avons des convictions fermes. C'est tout, à part cela, il n'y a rien d'autre.

Il y a quelques semaines, l'ONU a pris la résolution 1721 qui est censée quand même pouvoir créer les conditions d'un retour de la paix en Côte d'Ivoire. On s'est rendu compte que l'opposition civile et armée l'a acceptée quand le camp Gbagbo et les jeunes patriotes l'ont refusée. Alors que reprochez-vous à la 1721 ?
D'abord je m'inscris en faux, le camp Gbagbo n'a pas rejeté la 1721. Le président Gbagbo non plus n'a pas rejeté cette résolution. Mais nous disons que la solution à la crise ivoirienne ne se trouve pas dans une résolution. Parce qu'une résolution qui s'écarte volontairement de la réalité ivoirienne ne peut-être appliquée. On ne peut pas rester à New York et puis prendre des décisions qui n'ont rien à voir avec la situation de crise en Côte d'Ivoire. Comment pouvez-vous comprendre qu'on parte à une réunion aussi importante du conseil de sécurité de l'ONU sans que personne ne puisse évoquer la question du désarmement, dans un conflit comme celui que nous vivons en Côte d'Ivoire, où il y a une partie contrôlée par des gens armés ? Mais pourquoi on n'en parle pas ? Il n'y a aucun paragraphe dans cette résolution qui traite du désarmement des rebelles. Ce qui est incceptable.

Cette résolution aurait été bien préparée par les Français sous prétexte que ce pays est votre ancien colonisateur ?
Mais je vous dis que cette résolution est la dernière mouture de ce que la France avait préparé. La France avait demandé la suspension de la constitution ivoirienne, la mise à l'écart du président Gbagbo. En fait, elle veut bouter hors le président de la République. Elle est poussée par la haine contre celui-ci qui est un président atypique, qui refuse d'aller dans le sens d'un sous-préfet local. Cela dit, la 1721, nous ne l'avons pas rejetée. Seulement que tous ceux qui prennent des résolutions, tiennent compte des réalités de la Côte d'Ivoire. C'est que des individus ont pris des armes et ont agressé la République. En leur donnant satisfaction par-ci par-là, en accédant à leurs requêtes, on encourage d'autres rébellions ailleurs en Afrique. Or il faut décourager toute rébellion. Si un enfant fait des gaffes tout le temps à la maison et que vous accédez à tous ses caprices, pourquoi voulez-vous qu'il arrête ? Quand Soro Guillaume et tous ses rebelles occupent une partie du pays ou il n'y a pas d'impôt qui est versé dans les caisses de l'Etat, et qu'ils sont payés par l'Etat sans qu'on leur fasse une quelconque pression, et qu'on leur déroule le tapis rouge à Paris comme dans d'autres capitales africaines, pourquoi voulez-vous qu'ils déposent les armes ? Ils ne le feront pas. A leur place, moi je ne le ferai pas. Mais s'il y a une pression réelle, une volonté manifeste de la communauté internationale et de tous ceux engagés dans la résolution de la crise à amener les rebelles à désarmer, ils vont le faire.

Guillaume Soro, vous l'avez dit, est votre ami. Est-ce que vous ne pouvez pas utiliser ces relations avec lui comme le pensent beaucoup de gens pour trouver une autre issue à la crise ivoirienne ?
Mais ceux qui pensent ainsi se trompent parce que ce n'est pas un problème de sentiments, c'est un problème d'intérêt national, mais d'intérêts particuliers surtout. Il ne sert à rien que lui et moi nous nous appellions pour parler de notre passé. Il s'agit plutôt de savoir ce qu'on peut faire pour apporter une solution à la crise ivoirienne. Pour mettre fin aux souffrances des populations. Or Soro, me semble-t-il, est déjà allé trop loin. Il a promis monts et merveilles à des jeunes gens qu'il a recrutés, qui ont fait la guerre à sa place, et qui lui ont donné tout ce qu'il possède aujourd'hui. Deuxièmement, les Français et lui ont trempé dans trop de complots. Trop de secrets les lient aujourd'hui, et Soro est devenu l'otage des Français. Avait-il de l'argent pour payer des armes, nourrir les rebelles ? Des personnes ici et là, lui ont fait des prêts, j'en suis convaincu. Il lui faut donc utiliser la partie sous son contrôle pour rembourser. Mais quand tout sera fini, un jour, il déposera les armes. Voici tant d'interpellations, d'interactions qui dépassent les relations entre lui et moi, c'est pourquoi je ne rêve pas du tout.

On vous a vu devant les chars français les mains nues en novembre 2004 avec vos partisans en train de tenir tête aux soldats français. Qu'est-ce qui se passait dans votre tête dans ces instants-là ?
A ce stade, c'est une seule chose qui a lieu d'être. C'est que notre vie n'a plus d'importance. Quand vous avez des milliers de personnes qui croient en vous, j'estime que votre vie n'est plus importante. Ceux qui sont morts devant l'Hôtel Ivoire, sur le pont De Gaulle, tués par les Français à coup de chars, ceux qui sont morts, tués par les rebelles, sont des gens qui ont des familles comme moi. Ils ont répondu à notre appel et nous ne sommes pas de ces leaders qui appellent les gens dans la rue pendant qu'ils sont cachés dans les ambassades. Alors quand nous appelons nos amis, c'est tout à fait normal que nous prenions le devant des choses. A ce moment, rien ne se passe dans nos têtes, sauf que nous voulons trouver une solution à la crise ivoirienne.

A l'issue du récent sommet du COJEP, vous avez été donc élu secrétaire exécutif du mouvement panafricain. Alors que comptez-vous faire dans l'immédiat pour pouvoir permettre aux jeunes africains d'entamer le combat que vous avez déjà engagé en Côte d'Ivoire ?
Dans l'immédiat, il faut d'abord former le secrétariat exécutif, c'est un travail d'équipe qui doit être composé de différents pays. Je vais d'abord commencer à donner des missions précises et concises à nos amis dont les pays peuvent accepter de les laisser travailler. Ensuite établir des stratégies pour que les autres puissent travailler là où il y a des difficultés. Mais je pense qu'au cours de nos travaux, nous avons tous accepté d'aller au risque. C'est vrai qu'il y a des chefs d'Etat qui ne pourront pas permettre à leurs jeunes de critiquer vertement le colonialisme, l'ancienne puissance coloniale qui est la France ou tout autre pays occidental. Il faut qu'ils comprennent que plus jamais, on doit permettre que demain soit comme hier. Et que c'est notre détermination qui amènera les autres à comprendre que l'Afrique a son mot à dire. Le premier combat, c'est de comprendre que l'on nous divise, les gens opposent la Côte d'Ivoire au Burkina Faso et pendant qu'on se bat, la France se lèche les doigts. L'on oppose le Cameroun à un autre pays et pendant qu'ils se battent, la même France se lèche les babines. Alors la solution se trouve dans la solidarité africaine, la solution se trouve dans l'union africaine, mais je ne parle pas d'une union africaine qui est le prolongement de l'Union européenne; parce que je suis encore étonné que le président de l'Union africaine avant d'être élu, est nommé depuis Paris. Comment vous expliquez que le président Sassou Nguesso pour résoudre une crise en Côte d'Ivoire, quitte le Congo et atterrit à Paris pour avoir un entretien de plus d'une heure avec Chirac avant de venir à Abidjan ? Arrêtons ce bibéronnisme politique. Pour cela, les sociétés changeant par génération, c'est notre devoir d'expliquer aux jeunes africains que le cas en Côte d'Ivoire fait partie des schémas classiques qui ont éliminé Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Kwamé N'Kruma. Mais pendant combien de temps allons-nous nous laisser manipuler par les européens qui ont peur de l'Afrique qui a été le berceau de l'humanité? Aujourd'hui, je pense que nous militons à Abidjan, c'est déjà un pas vers la révolution.

On vous attribue d'avoir dit que le palais de la République à Abidjan appartient à la France. Est-ce que cela serait vrai ?
Je ne connais pas celui qui l'a dit. Mais ce n'est pas tout à fait faux. Est-ce que quelque chose nous appartient encore en Afrique ? Je ne parle même pas de la Côte d'Ivoire. Notre électricité, notre eau, notre communication téléphonique est gérée par la France. Où sont les symboles de notre souveraineté ? Mais non contente de cela, elle veut encore nommer nos chefs d'Etat à notre place. La réponse est que les Africains doivent comprendre que ce que les Français ne peuvent pas accepter, les européens ne peuvent pas accepter chez eux, nous devons les refuser en Afrique. Je ne pense pas que les Français puissent accepter que les Allemands gèrent leur téléphone à leurs places et vice-versa. Mais ici, c'est eux qui gèrent tout et quand il y a un chef d'Etat africain qui refuse, tout de suite on le diabolise. Regardez, dès que le président Kagamé a décidé de mettre sur pied une commission d'enquête sur le génocide du Rwanda, on l'a accusé de tous les maux d'Israël. Mais en tant qu'un monsieur crédible convaincu et déterminé, il a pris la décision qui s'imposait et Paris s'est calmé du coup. Ces histoires du juge Bruguière ou quoi se sont calmées en même temps. Parce qu'il a court-circuité l'adversaire. Il faut qu'à l'image du Rwanda, les pays africains à défaut de rompre leurs relations, puissent arrêter le bibéronnisme politique et prendre le devant des choses. Ils sont élus par leur peuple et non par Paris.

M. Blé Goudé, le 05 février 2005, si ma mémoire est bonne, l'ONU avait pris des sanctions contre vous et deux autres leaders ivoiriens. On sait que vous avez encore des discours du plus en plus virulents contre la France. Ne craignez-vous pas d'autres sanctions ?
Moi je n'ai pas été mis au monde par mon père pour caresser la France. Je ne suis pas en mission sur cette terre pour caresser la France C'est pour cela que je ne vais pas quitter mon pays. Mais je dis, je ne suis pas né dans un avion et ma vie ne se limite pas à des voyages. Mon père est au village, il est dans sa plantation. Mais il y a des gens qui sont nés dans le luxe et qu'ils ne peuvent pas se passer des voyages. Je ne suis pas de ceux-là. Tant que je peux me promener en Côte d'Ivoire, me rendre dans mon village, cela me suffit. Mais bientôt j'irai en Afrique, s'ils s'amusent à continuer, je prends l'avion et j'y vais. Il appartiendra maintenant aux peuples africains de me refouler.

On a bien vu le président Mugabe du Zimbabwe lui aussi interdit de voyager par les Nations unies, mais Chirac l'a bien accueilli au sommet Franco-Afrique et là on n'a plus parlé d'interdiction, l'Onu n'a rien fait. N'est-il pas temps pour vous de voyager en Afrique ?
Je laisse d'abord les Africains comprendre le problème ivoirien parce qu'on l'a dénaturé. On a fait croire aux Burkinabés que les Ivoiriens ne veulent pas les voir en Côte d'Ivoire, mais cela est archi-faux. On se sert de l'ignorance en Afrique pour manipuler les populations parce qu'on n'a plus d'argument. Il fallait que les rebelles se trouvent une base arrière à travers les pays frontaliers à la Côte d'Ivoire, à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Ghana mais ça n'a pas marché. Au Libéria, le changement de régime a permis de sécuriser la frontière. Comment donc rallier les burkinabés à leur cause ? Il faut qu'ils se fassent passer pour leurs bienfaiteurs, en posant des problèmes de cartes d'identité, de papiers en Côte d'Ivoire. Mais cela peut se résoudre. J'ai écouté le ministre de l'intérieur en France dire qu'il faut chasser les Africains qui ne sont pas en règle et qu'il faut durcir la loi. Je vois des jeunes sénégalais qui meurent chaque jour dans la mer, des jeunes maliens qui sont toujours rapatriés dans avions, attachés, cela ne choque aucunement les Africains. Mais c'est le problème ivoirien qu'on dramatise, qui choques. Ne nous trompons pas de combat et d'adversaire. Donc, je laisse les gens comprendre d'abord la nature du problème ivoirien et puis ensuite je prendrai mes responsabilités. Mais d'abord mon pays étant membre de l'Onu, j'observe pour l'heure cette décision, quitte à eux de se rendre compte qu'ils se sont trompés et on verra.

Vous avez été en prison huit fois sous les différents régimes. Quand le président Houphouet-Boigny, mourant, gouvernait, je peux imaginer que vous n'aviez que 21 ans quels étaient vos rapports avec lui ?
Non, je n'ai pas eu des rapports avec le président Houphouet-Boigny parce que j'étais encore au lycée. Ce sont plutôt mes devanciers qui dirigeaient le mouvement qui ont eu des rapports avec lui. Mais cela dit, j'étais membre du mouvement et je sais que les rapports entre lui et la FESCI n'ont jamais été tendres. Tant qu'avec Houphouet qu'avec Alassane Ouattara qui était premier ministre. C'est même ce dernier qui a dissout le mouvement estudiantin. Il était interdit d'activités en Côte d'Ivoire et être membre cette situation était un délit. On poursuivait les étudiants jusque dans leurs chambres, dans la maison de leurs parents et on les jetait en prison. Après Houphouet est venu Henri Konan Bédié et c'est avec lui que nous avons courir toute sorte de brimades, d'arrestations, de tracasseries jusqu'à ce qu'on nous enchaîne dans notre lit d'hôpital parce que malade en prison. Et c'est ceux-là qui aujourd'hui, sous l'influence de la France, parlent de démocratie. Cela choque, c'est pourquoi la majorité de la jeunesse ivoirienne ne les suit pas.

On a d'ailleurs une photo qui vous montre enchaîné sur le lit d'hôpital au CHU de Treichville. Je voudrais vous demandez ce qui s'est passé au point d'arriver-là ?
J'étais secrétaire général de la FESCI et nous étions en 1999. Les étudiants devaient poser des revendications sur la table du gouvernement. Au lieu et place des négociations, le gouvernement a brandi des menaces, et a procédé à l'arrestation d'étudiants, d'élèves, même de ceux de moins de 13 ans. Jusqu'à ce que moi-même je sois arrêté. Alors à l'issue des brimades, j'ai été malade et le pouvoir a refusé de me donner les soins adéquats. ''Médecins sans frontières'' intervient et finalement je suis admis dans un centre hospitalier de la place à Abidjan. Je n'arrivais pas à dormir et on m'avait mis sous somnifère. A mon réveil, je trouve une grosse chaîne nouée à mon pied, je demande au garde qui me surveillait, il me dit qu'il ne fait qu'exécuter les ordres qu'il a reçus. Voilà ce qui s'est passé.

Aujourd'hui quand vous voyez ces gens qui ont procédé comme ça et qui parlent de droits de l'Homme, à savoir, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié, qu'est-ce que vous pensez d'eux ? Du mépris, de la haine ?
Non ! Non ! Je n'ai pas de mépris, ni de haine pour eux. Je vois simplement l'hypocrisie et la sournoiserie faites hommes. Des gens qui disent ce qu'ils ne pensent pas. Je vous ai dit que c'est M. Ouattara qui a dissous le mouvement estudiantin. Lui aujourd'hui qui fait des problèmes des étrangers son cheval de bataille, la carte de séjour en Côte d'Ivoire, c'est bien lui qui l'a introduite. L'irruption de policiers dans une mosquée pour la première fois en Côte d'Ivoire a été faite sous Alassane Ouattara à Abidjan pour contrôler les cartes de séjour des étrangers. Je suis donc surpris qu'un tel monsieur soit devenu le défenseur des étrangers. Mais seulement parce qu'il veut les utiliser comme bétail électoral. Il connaît aujourd'hui les thèmes sensibles au plan international que sont entre autres l'intégration, la xénophobie alors il joue là-dessus. Pourtant, il n'est pas étranger à cela. Parlant de démocratie monsieur Bédié, lui, a passé tout son temps à mettre des journalistes en prison. Mais pendant que nous sommes en guerre et que le pays est coupé en deux, et que Bédié et Ouattara sont les parrains de la rébellion en Côte d'Ivoire, aucun opposant n'est emprisonné, aucun journaliste non plus. Ça, ce sont les symboles de la démocratie, ce sont les repères. Quand vous allez dans le pays vous regardez la presse, elle n'est pas inquiétée. C'est un pas, l'opposition aussi mène ses activités librement. C'est également un pas. Mais la Côte d'Ivoire est en guerre et les journaux qui sont proches du pouvoir ne sont pas acceptés dans la zone des rebelles journalistes qui leurs sont proches ne sont pas inquiétés à Abidjan c'est un pas. Il faut que les Africains comprennent qu'il y a quelque chose de bizarre qui se passe en Côte d'Ivoire et que MM. Ouattara et Bédié sont en fait les bourreaux de la Côte d'Ivoire, qui ont préparé cette bombe à fragmentation. Il faut poser le problème en Côte d'Ivoire autrement, la vérité c'est que la France ne veut pas d'un chef d'Etat qui puisse lui dire non. La France veut un chef d'Etat qui est du genre lèche-bottes. Le nôtre ne l'est pas. C'est pourquoi la France a fabriqué tous ces prétextes pour l'enlever du pouvoir, mais nous n'allons pas l'accepter et nous ne l'accepterons pas. Parce que pour nous, Gbagbo est un autre Sankara, Lumumba, N'Krumah. Comment expliquez-vous que pour combattre l'ivoirité, aujourd'hui ces mêmes rebelles sont dans une coalition avec le concepteur de l'ivoirité ? ce n'est pas bizarre ça ? Les raisons profondes de la crise ivoirienne sont à chercher ailleurs, c'est tout.

Lors d'une rencontre avec les chefs traditionnels, le président Gbagbo a dit qu'il faut trouver des voies autres sans passer par les armes pour sortir de la crise. Pensez-vous que cela est possible compte tenu du point de non retour que les différentes parties ont atteint ?
Pour moi, les rebelles vont partir d'eux-mêmes, quand les populations même sous leur contrôle vont commencé à être fatiguées. Le temps a fait son effet, les gens du Nord en Côte d'Ivoire ont fini par comprendre que quand les rebelles se sont retrouvés à Marcoussis, ils n'ont posé aucun problème du Nord. Ils ont plutôt posé des problèmes de portefeuilles ministériels et depuis ils sont tranquilles. Ils ne mènent plus la guerre. Pourtant les problèmes à cette partie du pays persistent toujours. La guerre n'a rien apporté au Nord, au contraire elle l'a détruit. Plus personne ne veut rester dans cette région, mais comme c'est le Nord de notre pays, il faut reconquérir cet espace, à travers les prochaines élections. Les fils du Nord doivent comprendre que les rebelles ne travaillent pas pour leurs intérêts. Des fils du Nord ont été tués par les rebelles eux-mêmes. Ils sont connus de tous.

Propos recueillis par
Fabrice Tété


SENEGAL / DEROULEMENT DU SCRUTIN PRESIDENTIEL

Lundi 26 Fevrier 2007

le déroulement du scrutin
La Cena dénonce les agissements du ministère de l'Intérieur

La Commission électorale nationale autonome (Cena) a organisé hier, tard dans la soirée, un point de presse pour faire le point sur le déroulement du scrutin. Selon la Cena , les quelques manquements, retards et anomalies notés ça et là seraient dus au non respect, par le ministère de l'Intérieur, de ses recommandations. Un regret qui, d'après eux, a pesé sur le vote, conséquence de son prolongement, jusque tard dans la soirée.
Précisant d'emblée que le rôle premier de la Cena se limite au contrôle et à la supervision des élections, la Cena a dit quand même ses regrets. L'origine de ces disfonctionnements remonteraient selon, Me Mamadou Moustapha Touré, président de la Cena , au niveau du « non suivi » par le ministère de l'Intérieur de leurs recommandations. Ceci remonte, d'après M. Touré, à la date du 11 décembre, alors que leur service avait adressé à ce ministère un rapport faisant état de tous les disfonctionnements liés à la distribution, au retrait des cartes, et à la formation des bureaux de vote, et des moyens financiers qu'il fallait mettre en place. « Nous avions rappelé que sans la correction de ces manquements, les élections ne seraient pas mieux organisés », se désole M Touré. Ceci a d'ailleurs, selon lui, pesé sur le scrutin, eu égard au vote dans la région naturelle de la Casamance , avec des bureaux de vote qui ont été ouverts vers les coups de 17 heures (mise en place du matériel tard dans la matinée) ; du déficit de bulletins de vote de certains candidats, etc. L'autre facteur de disfonctionnement est, selon la Cena , lié aux éternels reports des inscriptions sur les lites électorales. « Les inscriptions devaient prendre fin le 28 février, elles ont été reportées plusieurs fois ; jusqu'au 15 septembre 2006. Beaucoup n'ont pu retirer à temps leurs cartes d'électeurs ». Ailleurs dans le département de Mbacké, il a été noté également un très grand retard du démarrage du vote, qui s'est déroulé sous des tantes. N'empêche, la Cena a tenu à rassurer quant à sa part de responsabilité dans le scrutin. « Nous nous sommes acquittés de notre devoir. Nous avons mobilisé et payé 12.000 contrôleurs, 6000 superviseurs et 6.000 suppléants. Dans l'ensemble, notre collaboration avec le ministère de l'Intérieur a été bonne », souligne le président de la Cena. Et d'insister, par la voix de Me El Hadji Guissé, « nous sommes satisfaits du déroulement du vote. Il n'y a pas eu d'incidents pouvant influencer le vote. Encore une fois, nous gérons la légalité, et non la légitimité ».

Ousmane LY


MAURITANIE / ELECTIONS PRESIDENTIELLES / 19 CANDIDATS EN COMPETITION

Lundi 26 Fevrier 2007

Mauritanie./ Présidentielle
19 candidats en CAMPAGNE

La campagne électorale présidentielle en Mauritanie prévue le 11 mars prochain a été ouverte samedi dernier pour s’achever le 9 mars à minuit. 19 candidats sont en lice. Un communiqué du ministère de l’intérieur affirme que des instructions sont données aux autorités administratives et territoriales afin d’assurer un suivi et une gestion équitable de la campagne électorale.

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Cette mesure, selon le communiqué a pour but d’éviter le dérapage ou le débordement pouvant porter atteinte à la sécurité et à l’ordre public. La campagne présidentielle, intervient après le référendum constitutionnel des élections législatives, municipales et sénatoriales organisées dans le cadre de la transition politique débutée le 3 août 2005 et dirigée par le colonel Ely Ould Mohamed Vall. Et cet après le renversement du président mauritanien, Maouiya Ould Sid 'Ahmed TAYA.


SENEGAL / SIDERURGIE / ARCELOR MITTAL INVESTIT DANS LA SIDERURGIE

Lundi 26 Fevrier 2007

Sénégal/Sidérurgie : Le numéro un mondial de l'acier investit 2,2 milliards de dollars

Le numéro un mondial de l'acier Arcelor Mittal a annoncé vendredi qu'il allait investir 2,2 milliards de dollars au Sénégal pour développer une mine de fer et des infrastructures, afin de faire de l'Afrique de l'ouest un "pôle majeur" pour ses approvisionnements en minerai.

Le projet d'investissement du géant de la sidérurgie comprend le développement d'une mine près de Faleme (sud-est), la construction d'un nouveau port près de Dakar, ainsi que le développement d'environ 750 km d'infrastructures ferroviaires pour relier la mine au port. La mine, dont la production doit commencer en 2011, aura une capacité à annuelle de 15 à 25 millions de tonnes. Arcelor Mittal envisage également d'investir à terme dans des installations sidérurgiques dans le pays.
L'accord signé jeudi avec les autorités sénégalaises sera "effectif une fois que certaines conditions préalables auront été remplies", indique le groupe, sans toutefois préciser lesquelles. Alors que les prix du minerai de fer explosent, la mine de Faleme constituera pour le groupe "une source importante et compétitive pour l'approvisionnement de minerai de fer des sites européens", explique le PDG Lakshmi Mittal, cité dans le communiqué. Cet investissement représente, par ailleurs, "une étape importante" dans la stratégie d'Arcelor Mittal "visant à faire de l'Afrique occidentale un pôle majeur d'approvisionnement en minerai de fer".
Le sidérurgiste entend également faire du Sénégal, "un emplacement stratégique" pour étendre sa présence "sur les marchés en essor de l'Afrique occidentale". Le géant de l'acier avait déjà signé un accord en 2005 avec le Liberia pour avoir accès à ses ressources en fer. Mais ce contrat controversé et décrié par l'organisation non gouvernementale Global Witness, avait du être renégocié sous la pression de la présidente Ellen Johnson Sirleaf, qui s'était engagé après son élection en novembre 2005 à renégocier plus avantageusement les contrats signés par l'ancien gouvernement, réputé corrompu.
Au Liberia, l'investissement d'Arcelor Mittal s'élève à près d'un milliard de dollars. Le groupe aura accès, durant 25 ans à un milliard de mètres cubes de minerai de fer dans l'ouest du pays.

AFP


COTE D'IVOIRE / VISITE D'AMITIE ET DE TRAVAIL DU PRESIDENT DU BURUNDI

Lundi 26 Fevrier 2007

Arrivé hier dimanche 25 février 2007 à 16 heures à l'aéroport international Félix Houphouët Boigny, le président de la République du Burundi, Pierre Nkurunziza, a été accueilli au bas de l'échelle de coupée par SEM Laurent Gbagbo, président de la République de Côte d'Ivoire.
Après l'exécution des hymnes nationaux et la revue des troupes, le président Gbagbo et son homologue burundais se sont rendus au pavillon présidentiel où les attendaient des membres du corps diplomatique africain, des membres du cabinet de la présidence de la République et des membres du cabinet de la Primature.
Interrogé par les journalistes sur les motivations profondes qui soutendent sa visite en Côte d'Ivoire, voici ce qu'a dit le président Burundais, SEM Pierre Nkurunziza : ''C'est une visite d'amitié et de fraternité entre le Burundi et la Côte d'Ivoire. Ensuite, amplifier les relations qui existent entre la Côte d'Ivoire et le Burundi, tout en encourageant le peuple ivoirien dans le processus de démocratisation et aussi dans la vie de la résolution de la crise qu'elle connaît.
Il faut rappeler que le Burundi a aussi connu beaucoup de problèmes (…) Je vous parle en tant que président démocratiquement élu. J'étais dans le maquis pendant des années. Il faut dire que chaque chose a son temps. Il y a un temps pour faire la guerre et un temps pour aller à la paix. Au Burundi, nous avons fait des négociations entre l'ancien gouvernement de transition, les partis politiques et nous (…) J'ai dirigé moi-même le plus grand mouvement armé au moment de la guérilla (…)
Nous sommes tombés à un accord qui a abouti aux élections…''. Dans la soirée, Pierre Nkurunziza a eu une rencontre avec le chef de l'Etat ivoirien. Ce matin, il visitera le complexe sportif Mimosifcom avant de se rendre à Yamoussoukro où il visitera également plusieurs sites touristiques de la capitale politique. Le mercredi 28 février 2007, le président Burundais regagnera son pays après un déjeuner officiel que lui offre son homologue ivoirien, au palais présidentiel.

Dosso Vilard


L'ETHIQUE (A MEDITER)

Dimanche 25 Fevrier 2007

« Un vieillard qui meut, c'est une bibliothèque qui brûle », avait dit Amadou Hampathé Bâ. Kéba Mbaye, décédé jeudi dernier, est de ces illustres qui emportent, toujours, dans leur tombe une partie de ce que l'Humanité aurait souhaité qu'ils lui léguassent. Heureusement, par la magie des archives, Wal Fadjri a pu se procurer la copie d'une allocution, la dernière, peut-être, que Kéba Mbaye a eu à prononcer en public. C'était à l'occasion de la rentrée académique 2005-2006. L'Université avait porté son choix sur l'ancien Président de la Cour suprême pour prononcer le cours inaugural. ‘L'éthique, aujourd'hui’, était le thème de ce cours.

Tout à l'heure en entrant dans la salle, j'ai cru déceler un certain regard, une interrogation. Pourquoi cette mise ? J'emprunte le mot ‘mise’ au vocabulaire d'un humoriste congolais, Joe Ballard. Un jour, il est venu à Dakar et un journaliste lui a posé la question suivante : ‘Pourquoi vous vous faites appeler Docteur alors que vous n'avez jamais fait d'études ?’ Il a répondu : ‘c'est parce que je soigne ma mise’. Monsieur le Recteur, Monsieur le Doyen, j'ai soigné ma mise pour répondre à l'honneur que vous me faites. Et dont vous venez de donner, Monsieur le doyen, un témoignage exceptionnel. Monsieur le ministre de l'Education nationale, une nouvelle fois, nos chemins se croisent en moins de deux ans, dans une cérémonie que vous présidez.

J'ai toujours plaisir à vous rencontrer. Parce que vous êtes un homme intelligent et bien élevé. J'ai déjà dit et je répète que j'ai toujours suivi, avec beaucoup d'intérêt votre cursus-alors que vous étiez jeune étudiant - et vos efforts, pour devenir ce que vous êtes, pour parler comme Nietzsche, un professeur éminent et un homme d'Etat de qualité. Vous avez parlé de moi avec une gentillesse et une bonté que l'on réserve généralement aux morts.

Si je ne connaissais l'affection que vous me portez, j'aurais été tenté de bomber le torse et de tomber dans un narcissisme qui m'a jusqu'alors épargné. Je vais me venger en disant, oh, non pas tout le bien, mais, une partie du bien que je pense de vous. Vous êtes parmi les cadres sénégalais qui ne se contentent pas de liquider les affaires courantes ou qui se servent au lieu de servir.

Vous êtes plutôt de ceux, rares hélas, qui s'évertuent à inventer des voies et moyens susceptibles d'améliorer les biens et les services de l'Etat qui leur sont confiés et d'ouvrir les clos, pour parler comme Bergson. Connaissant vos capacités intellectuelles et votre détermination, je suis rassuré et persuadé que vous réussirez, avec l'aide de Dieu, M. le Doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques, vice-président de l'assemblée de l'Ucad.

Vous avez gagné le prix de l'applaudimètre. Pendant un moment, en vous écoutant, j'ai cru que vous parliez d'une autre personne que moi. Tellement vous avez su apporter, par un langage d'une rare élégance, par beaucoup d'éloquence, tant de dorures aux modestes mérites que Dieu a placés sur mon chemin et que je me suis contenté de me baisser pour ramasser. Merci, M. le doyen pour autant de gentillesse et de générosité.

Vous formez avec d'autres professeurs et membres du corps administratif de l'Ucad, autour de M le Recteur, le mur de soutien intellectuel et moral qui protège ses efforts et fortifie ses succès. Je voudrais que vous me permettiez de remercier deux personnes, indisciplinées du reste. Ce sont deux de mes collaborateurs qui sont venus de Lausanne pour assister à cette leçon alors que je leur avais dit de ne pas le faire. Il s'agit d'une part de notre compatriote Ousmane Kane, magistrat de son état, premier conseiller du tribunal arbitral du sport et de M. Schabach Benam, iranien de nationalité, diplomate de formation, secrétaire permanent de la commission d'éthique.

M. le Président du Conseil de la République pour les affaires économiques et sociales (Craes), Messieurs les Ministres d'Etat, Messieurs les Ministres (...), l'année dernière l'université avait demandé à un professeur, l'historien Boubacar Barry de prononcer la leçon inaugurale.

L'année d'avant, c'est un autre professeur, doublé d'un homme d'Etat, Me Abdoulaye Wade qui avait été choisi. L'invité de cet après-midi n'est ni professeur ni homme d'Etat. Vous savez, le professeur est le serviteur de la science et l'homme d'Etat l'otage de la prudence. Ce sont des situations contraignantes pour l'un comme pour l'autre. Elles sont toutes deux réductrices. Car, elles sont filles de la fidélité. La fidélité est obligatoirement réductrice. Parce qu'elle postule au choix. Et fatalement, comme dirait André Gide, le rejet de ce que l'on ne choisit pas. Elle limite et canalise ici fidélité que l'on doit au vrai, le professeur, et là, fidélité que l'on doit à la vérité : l'homme d'Etat. En effet, le professeur est un soldat de la raison et l'homme d'Etat, le porte-parole du peuple donc de l'opinion. Le premier s'évertue à ne pas sortir du chemin de la science. Le second porte le fardeau du souvenir de ses promesses que ses électeurs conservent précieusement dans leur mémoire.

L'Etat a la chance de pouvoir ignorer à la fois la science et l'opinion. L'inviter à prononcer une leçon inaugurale dans ce sanctuaire de la pensée et de la parole, c'est courir un risque. Surtout s'il se trouve que l'invité en question a atteint un âge canonique où, selon certains Oulémas, Dieu lui-même est indulgent à son égard. Conséquence, les hommes n'ont pas d'autres choix que de fermer les yeux et les oreilles sur ses erreurs de pensée et d'expression. Mais rassurez-vous, M le Recteur, je m'arrangerai pour qu'à la fin de cette leçon, nous ne soyons pas convoqués vous et moi à la Dic (Division des investigations criminelles, Ndlr).

Mais, il me faut parler un peu du sujet que j'ai à traiter. Quand M. le Recteur m'a demandé de prononcer la leçon inaugurale, je n'ai pas accepté, je dois le confesser. Mais on ne peut rien lui refuser parce qu'il est très habile. Il a parlé tout à l'heure de Mariette Diarra et de Charles Turpin parce qu'il est passé par son épouse et mon neveu pour m'obliger à accepter. Mais, je ne le regrette pas, croyez-moi ! Après que j'ai accepté, il m'a demandé : ‘qu'est-ce que vous allez traiter comme sujet ?’.

Vous savez, quand on a exercé certaines fonctions et qu'on a pris un certain âge, on vous mêle à tout : conférence, colloque, symposium, etc. Et au bout d'une dizaine ou une vingtaine d'années, vous avez dans votre gibecière des centaines de sujets que vous pouvez sortir comme un prestidigitateur, un lapin, pour parler en public. Alors je lui ai dit, puisque je suis président de la commission d'éthique du Cio, que j'ai appartenu au comité international de bioéthique de l'Unesco et que même j'ai travaillé à la commission juridique qui a fait la déclaration internationale sur le génome humain et les Droits de l'homme, alors je lui ai dit : l'éthique. Il m'a dit : c'est très bien. Vous savez, j'ai quelque fois envie de passer un certificat de chimie, je suis sûr qu'il (le Recteur, Ndlr) m'aurait admis. Chaque fois que je lui en parle, il me dit : c'est très bien. Je me suis rendu compte que l'éthique, c'est un sujet extrêmement vaste. Alors, je lui ai dit, M le Recteur, le sujet est très vaste. Il m'a dit oui, vous avez raison. Je lui ai dit, j'ai envie de le formuler autrement.

J'ai envie de dire ‘l'éthique, aujourd'hui’. Il m'a dit : c'est parfait. Ainsi, le sujet que j'ai à traiter est au centre de la vie de notre pays, de notre continent et du monde entier. ‘L'éthique aujourd'hui’ est un sujet essentiel. C'est un sujet grave. Même si chacun se dépêche d'en parler pour éviter qu'on lui reproche de l'ignorer. Notion inséparable de la condition humaine, elle a acquis une importance exceptionnelle pour l'humanité. Mais ne vous attendez pas à ce que je suive à la lettre la tradition des leçons inaugurales, avec un langage ésotérique, aux accents savants avec un discours devant servir aux étudiants ou aux assistants à effacer certaines difficultés de leurs examens ou de leurs concours et aux jeunes chercheurs à trouver des voies pour affiner leur découverte. Il me faut tout juste rappeler brièvement la pensée philosophique et essayer de camper la conception et le rôle moderne de l'éthique en y cherchant ce que je crois être bon pour notre nation.

Trois idées, me semble-t-il, méritent des commentaires, après que j'ai décrit la situation telle qu'elle m'apparaît au bout de ma lorgnette, peut-être, un peu déformante. Les trois idées s'expriment ainsi : Un, les anciens ont de l'éthique une conception multiforme qui nourrit encore les joutes intellectuelles savoureuses des philosophes. Deux, de nos jours, l'éthique est toujours présente avec un nouveau contenu. Malheureusement, ce contenu est davantage ignoré que respecté. Trois, l'éthique devrait être adoptée par notre pays comme la mesure de toute chose. Car, accompagnant le travail, elle est la condition sine qua none de la paix sociale, de l'harmonie nationale, de la solidarité et du développement.

*Ancien Président de la Cour suprême
Ancien Président du Conseil constitutionnel
Ancien Président de la commission d'éthique du Cio


SENEGAL / PRESIDENTIELLES 2007 / ATOUTS ET FAIBLESSES DES CANDIDATS

Dimanche 25 Fevrier 2007

Les dés sont jetés.
Après avoir décliné leurs différents programmes, similaires par endroits, les quinze candidats au fauteuil présidentiel seront jugés par les Sénégalais demain.

Qui dirigera le Sénégal, s'il n'y aura pas un deuxième tour ?

Parce que les uns et les autres ont des atouts tout comme des carences. C'est humain. Ce sont les Sénégalais qui auront probablement l'embarras du choix.
Les candidats au scrutin présidentiel de demain pourraient être classés dans quatre grands groupes : ceux d'obédience libérale, ceux qui ont eu à exercer le pouvoir sans en être les dépositaires (tous de conviction socialiste), les leaders de partis qui ont participé à l'exercice du pouvoir, ceux qui ne l'ont jamais exercé, et enfin les candidats dits indépendants.
Mais d'abord, « à tout Seigneur, tout honneur ».
Me Abdoulaye Wade : les chantiers cacheront-ils les scandales, crises et pénuries ? Candidat à sa propre succession, il a l'avantage que lui confère une telle position. D'ailleurs, il ne s'est pas privé, du tout, d'utiliser les moyens de l'Etat ; humains comme matériels. Me Wade pourrait rempiler à la tête pour avoir pris à bras-le-corps la mobilité urbaine, dans la capitale sénégalaise en particulier. Ses réalisations dans les domaines de l'éducation et de la santé et pour le troisième âge plaident également en sa faveur. Mais, attention aux scandales qui ont émaillé son régime, aux nombreuses arrestations et convocations de journalistes et politiques sous son règne. Il pourrait aussi payer son parti pris pour une confrérie du pays, diversement interprété ; même à l'intérieur de celle-ci.
Le monde rural pourrait aussi être l'un des obstacles de Me Wade vers le fauteuil présidentiel : les agriculteurs l'accusant d'avoir tué la filière arachidière, les éleveurs du Ferlo d'avoir cédé « arbitrairement » une bonne partie du Ranch de Dolly à son marabout, et les pêcheurs d'avoir été laissés pour compte ; en dépit de la création d'un ministère de l'Economie maritime. Les bons impayés » sont encore frais dans quelques mémoires. Parmi les fardeaux qui pèseront sur les épaules de Me Wade dans son ascension pour retrouver le fauteuil présidentiel, force est également de mentionner le drame de l'émigration clandestine, et l'élargissement des rangs des chômeurs. Last but not least, Me Wade pourrait également perdre le pouvoir du fait des délestages qui persistent, des pénuries de carburant et de gaz et de la menace sur des fleurons de l'industrie du pays ; sans compter le mécontentement des enseignants et les votes sanctions, contre lui très brandies. Une autre épée de Damoclès au-dessus de sa tête : son âge avancé. Mais il est vrai que Me Wade a battu campagne comme un président et qu'il a plus d'un tour dans son sac.
Idrissa Seck : l'art de la communication éteindra-t-il les flammes des fonds politiques ?
Il est du lot des candidats qui ont su transmettre leurs messages, à l'occasion de la campagne électorale de vingt-et-un jours, qui s'est achevée hier. Son option de la mobilité, par sa caravane « orange », semble attester qu'il a du monde « spontané » derrière lui, et des militants ; particulièrement du côté de la jeunesse, qu'il a ciblée, et à laquelle il a su agiter des promesses, qui correspondent à des soucis quotidiens. Idrissa Seck a su également s'entourer de cadres, et tirer profit des chantiers controversés réalisés dans la ville de Thiès, dont il est l'édile. Cependant, l'ancien Premier ministre pourrait être pénalisé par son aveu d'avoir puisé dans les fonds politiques, à lui attribués par le chef de l'Etat ; à moins que les Sénégalais ne choisissent, pour la plupart, d'être amnésiques. La marche de M. Seck vers le palais présidentiel pourrait être également freinée par des critiques en son endroit ; genre « il est pressé et suffisant ». N'empêche, M. Seck a été un bon élève du « pape du sopi ». Son sens de l'organisation et de la méthode, son exploitation des Nouvelles technologies de l'information et de la communication et son « butin de guerre » pourraient lui rapporter bien des voix ; tout comme ses références aux Livres saints et ses « réseaux » dans les milieux religieux et à l'extérieur. Il est également l'un des rares candidats à être allé au devant des communautés sénégalaises, vivant dans la sous-région.
Ousmane Tanor Dieng : l'hydre socialiste échappera-t-il au gouffre de quarante ans de gabegie ?
Sa prestation, ces dernières trois semaines, semble signifier que le Parti socialiste » est une hydre. Les foules dans lesquelles il s'est baigné ont même amené Me Wade et ses partisans à citer Ousmane Tanor Dieng comme leur « principal adversaire ». Bien des Sénégalais reconnaissent à M. Dieng d'être un homme d'Etat, qui a su se comporter en « opposant républicain ». Le Premier secrétaire du Ps, qu'il est, peut également se prévaloir d'avoir lui au moins des militants. Cependant les Sénégalais pourront-ils oublié, après sept ans de sanction (seulement ?), les dures quarante années de règne gabegique du régime socialiste. Le sort de Ousmane Tanor Dieng, qui a déployé moyens et charmes, reste lié à cette question.
Moustapha Niasse : l'homme aux « mains propres » échappera-t-il au poids de l'âge et aux préjugés ?
Il a déployé tout son art oratoire, et a démontré sa vaste culture, depuis le 4 février dernier. M. Niasse a su occuper également le terrain. Son choix de commencer et de clôturer sa campagne électorale à Dakar atteste de la stratégie de cet acteur politique, riche de plus de trois décennies d'expériences politiques et d'exercice du pouvoir. Par contre, Niasse pourrait ne jamais occuper la seule « station » à laquelle il n'a jamais accédée, la présidence de la République , du fait de son âge et des insinuations comme : « Il est rancunier et il a la santé fragile ». Ses déclarations, qui ont fait sortir le candidat Wade de ses gonds, presque tout le long de la campagne, pourraient lui rapporter des bulletins de vote ; tout comme l'image d'un homme intègre et loin du besoin, qu'il a sue cultiver toute la campagne durant. Pourvu que sa rupture avec Diouf en 2000 puisse masquer sa responsabilité dans la gestion socialiste.
Robert Sagna : l'expertise et le sens de l'Etat effaceront-ils les préjugés ethniques ?
Il a su faire passer ses messages, qui ont démontré toute son expertise ; particulièrement dans le domaine de l'agriculture, dans le secteur de l'environnement et des politiques de décentralisation. Sa présence dans des régions vastes, riches mais délaissées, comme Ziguinchor, Tambacounda et probablement Saint-Louis, augure de scores intéressants. Mais le maire de Ziguinchor, qu'il est, pourrait faire les frais de rumeurs telles que : « s'il est élu, la Casamance sera indépendante ». M. Sagna pourrait être également victime d'être allé en solo contre sa formation politique originelle : le Ps. S'il n'est pas élu dimanche chef de l'Etat du Sénégal, adieu alors le sacerdoce suprême !
Landing Savané : le ministre d'Etat de Me Wade échappera-t-il à l'ambiguïté et aux fonds politiques ?
Le secrétaire général de And Jëf/Parti africain pour la démocratie et le socialisme ne manque pas d'idées lumineuses, certainement tirées de ses convictions de jeunesse : le Marxisme, nourri de la pensée de Mao tsé toung. Landing a démontré aussi que l'agitation et la propagande, il connaît toujours. Il n'a pas perdu également ses « bastions » d'antan, comme dans le Fouta, les régions de Ziguinchor et Kaolack. Cependant les fonds politiques, qu'il a soulevés, pourraient lui retomber sur les pieds. De même qu'il pourrait être éprouvé par sa position souvent jugée « d'ambiguë » : être resté depuis le début de l'alternance dans le régime de Me Wade, tout en le vomissant le temps d'une campagne électorale. Le ministre d'Etat Landing Savané saura dimanche s'il a convaincu les Sénégalais que l'on peut rester dans un pouvoir dont l'on ne veut point. S'il ne devient pas le premier des candidats demain, il aura une posture très difficile, dès lundi, dans le landernau politique national.
Abdoulaye Bathily : Le « faiseur de rois » sera-t-il enfin Prince ?
Si la méconnaissance de la langue de bois sera le critère choisi par la majorité des Sénégalais pour désigner leur chef, il pourra alors s'appeler M. Bathily. S'ils cherchent quelqu'un qui abhorre se taire rien que pour se sucrer, le Pr Bathily pourra encore commander un déménageur pour lui arranger ses meubles au palais de la République. Sa voix de contralto et son énergie débordante lui ont également servi dans sa croisade contre Me Wade, au cours de laquelle il a fait montre d'une volonté inébranlable et d'un programme de rupture. Mais Bathily ne payera-t-il pas le temps « perdu » à vouloir trouver un candidat unique à l'opposition. De même, sa réputation de « faiseur de rois » et ses faiblesses dans quelques poches du pays pourraient déteindre négativement sur son score. Mais Abdoulaye Bathily, le cas échéant, pourrait se consoler en se disant : « Ce n'est pas ma dernière cartouche quand même ». Mais attention alors : parce que ce sera l'avant-dernière.
Cheikh Habiboulaye Dièye : L'éloquence, la probité et l'expertise élèveront-ils le benjamin ?
Il a confirmé qu'il est bel et bien le fils de son père, le regretté Cheikh Abdoulaye Dièye : il est à l'aise aussi bien dans la langue de Molière que celle de Kocc Barma. Mais il n'y a pas que ça : Bamba Dièye, la tête bien sur les épaules, a démontré également que la jeunesse n'évacue en rien le savoir-faire. Son discours est cohérent. Son programme possible et pertinent. Et il sert le tout avec une pédagogie qui fait envie.
Cependant, M. Dièye pourrait être pénalisé de s'être trop enlisé dans la mouvance présidentielle (Cap 21). Et si son honnêteté ne fait l'ombre d'aucun doute, le fait de s'être fait remarquer « tardivement » par les Sénégalais pourrait en faire un espoir pour les prochains scrutins. Mais une chose est certaine : s'il n'est pas élu président, Bamba Dièye sera au moins dans le prochain Parlement. Tant pis alors : il a l'avenir devant lui. Talla Sylla : La star terreur de Wade fera-t-elle d'un coup d'essai un coup de maître ? Il a confirmé sa réputation de redoutable adversaire, de politicien engagé et endurant et de harangueur de foules. Certainement qu'il a coûté au candidat Me Wade bien des nuits d'insomnie. Talla peut aussi déclarer haut et fort que s'il n'a pas les moyens, il a quand même ses militants. La deuxième tentative de liquidation physique, dont il a été victime, boostera probablement son score. Talla est également l'un des rares candidats a avoir su tenir en haleine son auditoire, par des propositions intéressantes, des attaques virulentes, et des chansons appropriées. Mais d'un point de vue du look, c'est tardivement qu'il a compris qu'il lui fallait rectifier. Son acharnement contre Me Wade a également occulté une partie de son projet de société. La « jeune terreur » bloquera-t-elle le président Talla Sylla ? Si tel était le cas, il sera quand même incontournable dans le cercle des politiques. Une chose est sûre : sa formation politique récoltera les fruits de sa première campagne présidentielle aux prochaines législatives.
Me Doudou Ndoye : L'avocat sera-t-il le président ?
C'est un pléonasme que de déclarer que l'avocat Me Ndoye est un orateur. Son idée de transférer la capitale du Sénégal à Diourbel a emporté des adhésions. Mais, le candidat Doudou Ndoye aura parfois désolé plus d'un par son discours sans gants. Le fait d'avoir passé plus de temps dans la capitale pourrait le priver de suffrages. Mais Doudou Ndoye n'est pas quand même si vieux ; surtout qu'il a entrebâillé au moins la porte de l'Assemblée nationale à son Upr.
Louis Jacques Senghor : Le timide neveu du père de la Nation occupera-t-il le fauteuil présidentiel ?
Il a été l'un des candidats les plus sobres ; à la limite timide. Il a su éviter également les propos déplacés. Il connaît également les difficultés du pays profond. Mais, contrairement à son grand-père Léopold Sédar Senghor, Louis Jacques n'a pas parfois bien articulé son projet de programme, qui ne manque pas de propositions pertinentes. Recalé, il pourrait tenter sa chance en travaillant d'abord sa diction. Il devra travailler également à s'implanter sur toute l'étendue du territoire. Ce sont à ses seules conditions qu'il pourra un jour s'asseoir sur le fauteuil, que son aïeul fut le premier à occuper. Pourvu qu'il sorte de l'affaire du chèque sans provisions ne le grille pas.
Me Mame Adama Guèye : Le chevalier de la société civile deviendra-t-il le président de la République ?
Quelle voix de ténor ! Son attachement à la bonne gouvernance tentera plus d'un Sénégalais. Me Guèye, c'est encore des idées cohérentes, qui jaillissent, coulent et serpentent. Mais sauront-elles combler une déclaration de candidature tardive ? Il a été indéniablement l'une des révélations de la campagne. S'il ne gagne pas, il fera gagner par contre la société civile.
Mamadou Lamine Diallo : Le technocrate commandera-t-il le Sénégal ?
En dépit d'une rentrée en campagne assez timide, M. Diallo a pris goût au mets, au fur et à mesure qu'il mangeait. Et à juste titre : son slogan « Tekki » a été des plus accrocheurs. Et ce technocrate confirmé rassure par sa bonne mine. Son projet de société séduit également. Mais il lui faudra s'enrichir, en sachant parfois alterner humour et sérieux.
Modou Dia : Le gendre de Me Wade remplacera-t-il son beau-père ?
Le beau-fils de Me Wade a été des candidats les plus sereins et originaux. Dans son discours transparaît une volonté de réaliser chez lui, ce que l'Ambassadeur de carrière, qu'il est, a vu et appris ailleurs. Mais les rumeurs sur son statut de « pion » de Me Wade pourraient amoindrir ses chances d'être le quatrième chef de l'Etat du Sénégal. Hélas, il n a pas insisté pour déjouer ce piège.
Alioune Mbaye dit Petit : Le promoteur deviendra-t-il le commandeur du Sénégal ?
Il a montré qu'il n'était pas qu'un monteur de projets grandioses et rentables, dans le domaine de la lutte traditionnelle en particulier. « Petit » sait s'attirer et galvaniser les foules. Mais, il pourrait payer les prétendues accointances avec le régime qu'on lui prête, et sa candidature de dernière minute. S'il n'est pas élu, il pourra garder fière allure, en se disant : « J'ai démontré quand même qu'il faut oser. J'ai surpris les politiciens professionnels ».
Maintenant, finie la campagne ! Demain, le verdict !


SENEGAL / PRESIDENTIELLES 2007

Dimanche 25 Fevrier 2007

883 bureaux de vote pour les 1.283.551 électeurs de Dakar
Le département de Dakar abrite 883 bureaux de vote répartis dans 114 lieux de vote et 53 abris provisoires, selon le préfet Mamadou Dia cité par le quotidien gouvernemental le Soleil dans son édition du week-end.

Source : Aps

A Dakar, le taux de distribution des cartes s'élève 91,43 pour cent, soit 1.283.551 cartes distribuées, précise-t-on de même source.

Dans le département de Pikine, le taux de retrait est de 92 pour cent, soit 450.000 cartes retirées sur les 500.000 inscrits. Pikine abrite 662 bureaux de vote répartis en 84 lieux.

A Guédiawaye dispose, de son côté, de 251 bureaux de vote répartis en 19 lieux de vote pour 181.836 électeurs à la date du 19 février.

Source APS


SENEGAL / PRESIDENTIELLES 2007 / LA PRESSE IVOIRIENNE A DAKAR

Vendredi 23 Fevrier 2007

LA PRESSE IVOIRIENNE ASSIEGE DAKAR : DAKAR JOUR J-2

Le coup de minuit du vendredi 23 Février 2007, sonnera la fin de la campagne pour l’élection présidentielle au Sénégal. Les principaux leaders animent donc leurs derniers meetings.
Les plus visibles en termes de campagne sont les partisans d’Abdoulaye WADE et d’ Idrissa SECK.
Tous les transports en commun (mini bus et mini cars) portent leurs affiches. Les partisans revêtent des tee-shirts à leurs effigies. Ces deux candidats sont vraiment dans la course.

Les autres candidats rentrent progressivement de l’intérieur du pays où une campagne de fond a été faite. La télévision sénégalaise en a fait chaque soir une retransmission. Ainsi, les candidats Tanor Dieng du parti socialiste et Moustapha Niasse de l’Alliance des Forces du Progrès, regagnent Dakar le vendredi 23 février 2007 après avoir bouclé leur meeting de clôture à l’intérieur du pays. La finale sera donc à Dakar. Le samedi 24 Février 2007 il n’y aura plus de campagne.

Il faut dire que les tensions ont baissé d’un cran à deux jours de l’élection. Les bureaux de vote sont déjà en place sur tout le territoire sénégalais. Le samedi 24 Février 2007, chacun pourra se rendre aux urnes.

Les membres de la Commission Electorale Indépendante Ivoirienne sont arrivés à Dakar pour suivre l’évènement et s’informer puisque la Côte d’Ivoire devra elle aussi entrer en campagne dans les mois qui viennent si toutefois le désarmement et la réunification sont effectifs.
Le candidat Idrissa Seck a même accordé une interview à l’équipe de la Radio Télévision Ivoirienne sur place.
Le vendredi soir, ce sera au tour du Président candidat Wade de parler avec la presse ivoirienne.
A ce propos, plusieurs quotidiens dont Notre Voie, Fraternité Matin, la Radio et la Télévision ivoirienne couvrent l’évènement.

C’est en définitive dans cette ambiance de fin de campagne que baigne la capitale sénégalaise. Chaque candidat espère attirer les faveurs des électeurs. Il reste à souhaiter que tout se passe dans la sérénité.

Fabrice Kokora et Joël Landry,
envoyés spéciaux à Dakar pour
www.laurentgbagbo.net

LE FICHIER NUMERIQUE ET LA FRAUDE

Au cours d’une interview qu’il a accordée aux Envoyés spéciaux de www.laurentgbagbo.net M. Waly Fall, Maire de la commune d’arrondissement de Djeuppeul et responsable de la cellule de communication du directoire de campagne du candidat Idrissa Seck, a affirmé que le vote des militaires qui a eu lieu le dimanche 18 février, s’est passé dans la discipline. Cependant pour lui, le fait que les urnes soient consignées dans les tribunaux départementaux une semaine avant le vote proprement dit, constitue une source de fraude.
Certes, il ne met pas en doute l’intégrité des présidents des tribunaux départementaux mais le fait selon ses propos que le régime soit prêt à tout pour conserver le pouvoir, le rend sceptique. Cela d’autant plus que le Président du tribunal garde l’urne dans son bureau de même que la clef de son bureau.
Le fichier électoral numérique mis en place par le gouvernement n’a pas échappé à ses critiques. Pour M. Waly Fall, il y a effectivement des possibilités de fraude offertes par ce fichier ‘’dit numérique’’. Le responsable de la cellule de communication du directoire de campagne du candidat Idrissa Seck a également révélé que les partis politiques d’opposition ont mis en demeure les sociétés de téléphonie mobile sur un éventuel brouillage du réseau GSM le jour du vote. Il a dénoncé la culture de violence pratiquée par les militants du PDS avant d’affirmer que le sondage paru dans la presse gouvernementale qui donne Wade gagnant au 1er tour avec un taux de 53%, est une manipulation du pouvoir qui foule du coup au pied, la loi interdisant la réalisation de sondages au cours de la période électorale. Pour terminer, il a déclaré que toutes les combinaisons et tous les cas de figure révèlent qu’il y aura un second tour à l’issue du scrutin de Dimanche. Si cela n’est pas le cas, alors a-t-il tenu à préciser le Rewmni (le pays en woloff), parti d’Idrissa, Seck ne répondra pas des actes de ses militants.

Fabrice Kokora et Joël-Landry,
Envoyés spéciaux de
www.laurentgbagbo.net à Dakar


SENEGAL / LE CANDIDAT IDRISSA SECK EX-PREMEIR MINISTRE DU PRESIDENT SORTANT MAITRE WADE DECLARE SOUTENIR LE CANDIDAT LE MIEUX PLACE AU 2EME TOUR DE SCRUTIN

Vendredi 23 Fevrier 2007

Dakar, 23 fév (APS) - Idrissa Seck va soutenir le candidat de l'opposition au second tour, si lui-même est éliminé dès le premier tour de l'élection présidentielle de dimanche.

‘'J'ai déjà déclaré et je me tiendrai à cela que je soutiendrais au second tour le candidat de l'opposition le mieux placé'', a déclaré vendredi sur les ondes de Radio France Internationale (RFI).

Intérrogé sur les propos du président sortant, Me Abdoulaye Wade persuadé de gagner au premier tour, Idssa Seck a dit : "je suis totalement persuadé du contraire''.

A la question de savoir s'il maintient son soutien au candidat de l'opposition au second tour s'il s'agit de Ousmane Tanor Dieng, le candidat du Parti socialiste il a répond : ‘'si cette hypothèse se présentait, oui''.

Revenant sur les rencontres qu'il a eues avec Me wade à la veille de la campagne électorale, l'ancien Premier Ministre libéral a nié l'existence d'accords secrets entre lui et le chef de l'Etat sénégalais.

Il a indiqué que les quatre rencontres avec Me Wade ont servi ‘'à lever l'arbitraire qui s'exerçait contre des citoyens''.

‘'Vous savez que des gens ont été libérés de prison, de graves accusations ont été portées contre moi, elles ont été levées et nous avons parlé de la situation du pays. Mais il n'a jamais été question d'un accord secret sur le plan politique entre le président et moi'', a afirmé Idrissa Seck.

Sur sa rivalité avec Me Abdoulaye Wade dont il avait été longtemps considéré comme l'héritier, Idrissa Seck rapporte qu'il ‘'s'agit d'une rivalité politique sur des questions de fonds''.

‘'La querelle qui m'oppose à lui porte sur la gestion du pays'', a-t-il dit, estimant que ‘'le niveau de démocratie a été considérablement dégradé''.

Idrissa Seck qui a parlé d'un ‘'désaccord très net'' au niveau des priorités a indiqué celles-ci ‘'portent sur les infrastructures sociales de base (éducation, santé) et non sur les grands projets''.

SD/AAS


/ SENEGAL / ELECTIONS PRESIDENTIELLES 2007

Vendredi 23 Fevrier 2007

La CENA a constaté des ’’imperfections’’ dans les inscriptions, selon son président.
La Commission électorale nationale autonome (CENA) a constaté ’’des imperfections’’ dans les opérations d’inscription sur les listes électorales, a indiqué son président Moustapha Touré, affirmant toutefois qu’elle ‘’se sont globalement bien déroulées’’.

’’La plupart de ces imperfections ont été corrigées au fur et à mesure’’, a précisé Moustapha Touré lors d’un point de presse tenu mardi à Dakar.

’’Des recommandations ont été faites’’ pour y apporter des solutions, a-t-il noté, ajoutant que ’’tout fera l’objet d’un examen attentif et des propositions seront faites dans le sens d’une amélioration du processus électoral.

Le président de la CENA a en outre indiqué que du ’’retard’’ a été accusé dans le démarrage du processus des inscriptions sur les listes dans les régions, contrairement à Dakar.

’’Le refus des brigades et postes de gendarmerie de délivrer des certificats de perte aux citoyens ayant égaré leur récépissé d’inscription’’, a été également signalé par M. Touré.

Il a relevé des ’’problèmes techniques récurrents’’ et des ’’pannes diverses’’ qui ont empêché certaines commissions de fonctionner ’’pendant des jours, voire des semaines’’.

Les localités de Médina-Gounass et Dioulacolon, dans la région de Kolda, ont notamment vécu cette situation.

Les dysfonctionnements ont affecté ’’l’édition des cartes’’, a ajouté M. Touré.

Selon lui, ’’certaines commissions ont reçu deux cartes d’électeur ou deux cartes d’identité nationale parfaitement identiques, appartenant à la même personne’’.

’’L’absence de commissions itinérantes en nombre suffisant pour la distribution des cartes en zone rurale’’, a été également indexée par la CENA.

Moustapha Touré a également regretté le ’’manque d’assiduité, voire l’absence totale de représentants des partis politiques dans les commissions d’inscription’’.

Créée en juin 2005, la CENA est chargée de veiller à la bonne organisation matérielle des élections, à la transparence, la régularité et la sincérité du scrutin.

Démarrées en juin 2005, les inscriptions sur les listes électorales en vue de la présidentielle du 25 février ont été clôturées en septembre 2006.

Source : APS


SENEGAL / ELECTIONS PRESIDENTIELLES 2007

Vendredi 23 Fevrier 2007

Des délégations ivoiriennes composées de journalistes de la Présidence de la République "site laurentgbagbo.net" , du quotidien "Notre Voie" pro-FPI parti au pouvoir , de deux Ambassadeurs mandatés par la CEDEAO , de quatre membres de la Commission Electorale Indépendante sont arrivées à DAKAR en qualité d'observateurs.
Durant leur séjour , les journalistes du site présidentiel ont saisi l'occasion pour faire une interview à S.E.Fatimata TOURE SY , Ambassadeur .
Cet entretien qui a eu lieu dans les locaux de la Chancellerie a essentiellement porté sur les relations bilatérales entre la Côte d'Ivoire et les pays de la juridiction , entre les deux Chefs d'Etat , les services de l'Ambassade et la Communauté ivoirienne , les réformes entreprises aux fins d'améliorer la prestation à l'égard des usagers ainsi que les élections préesidentielles 2007 qui se tiendront le 25 février 2007.


COTE D'IVOIRE / SIGNATURE ENTRE LE GOUVERNEMENT ET TRAFIGURA

Vendredi 23 Fevrier 2007

La société « TRAFIGURA », propriétaire des déchets toxiques déversés en août dernier sur certains sites d’Abidjan, a signé ce mardi 13 février 2007, avec l’Etat de Côte d’Ivoire, un accord par lequel il s’engage à lui verser 100 milliards de FCFA en guise de dédommagements.

PROTOCOLE D’ACCORD

Entre

1. L’Etat de Côte d’Ivoire, personne morale de droit public,

agissant tant en son nom propre, qu’au nom de ses démembrements (notamment les personnes morales de droit public et sociétés à participation financière publique), des collectivités locales et de toutes les victimes des déchets toxiques,

représenté par Monsieur Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d’Ivoire et agissant pour les besoins des présentes, par Monsieur TAGRO Asségnini Désiré, Conseiller Spécial chargé des Affaires Juridiques, suivant pouvoir joint en annexe.

d’une part,

ET

2. La société Trafigura Beheer B.V, société de droit néerlandais, sise Van Heuven Goedhartlaan 937, 1181 LD Amstelveen Pays-Bas,

représentée par Monsieur Eric de Turckheim (administrateur) et Monsieur Pierre Eladari, dûment habilités à cet effet par procuration en date du 1er février 2007

Ci-après dénommée « Trafigura Beheer BV »

3. La société Trafigura Limited, société de droit anglais dont le siège social est sise Portman House 2 Portman Street W1H 6DU Londres Grande Bretagne, société en charge de la gestion opérationnelle des Parties Trafigura (Tel que ce terme est défini ci-après)

représentée par Monsieur Eric de Turckheim et Monsieur Pierre Eladari, dûment habilités à cet effet par procuration en date du 2 février 2007 Ci-après dénommée « Trafigura Ltd », 4. La société Puma Energy Côte d’Ivoire, société anonyme de droit de Côte d’Ivoire au capital de 75. 000. 000 francs CFA, sise rue du canal de Vridi, 15 B.P. 522 Abidjan 15

représentée par son administrateur général, Monsieur Pierre Eladari,

Ci-après dénommée « Société Puma »

Trafigura Beheer BV, Trafigura Ltd, Société Puma, agissant à titre conjoint et solidaire et étant ensemble désignées les « Parties Trafigura »,

Les parties Trafigura agissant tant en leur nom propre qu’au nom et pour le compte (i) de leurs dirigeants, salariés et préposés, (ii)) de l’ensemble des sociétés dans lesquelles Trafigura Beheer BV détient directement ou indirectement une fraction quelconque du capital ou des droits de votes, et (iii) des dirigeants, salariés et préposés des sociétés visées au (ii) ci-dessus.

d’autre part,

IL A ETE PREALABLEMENT EXPOSE CE QUI SUIT

1. Les Parties Trafigura exercent leurs activités dans le secteur de l’énergie et des métaux de base.

Trafigura Beheer B.V est la société mère.

Monsieur Claude Dauphin est Président de Tragfigura Beheer BV,

Trafigura Ltd, filiale de Trafigura Beheer BV, assure la gestion opérationnelle des activités des Parties Trafigura.

Monsieur Jean-Pierre Valentini est salarié de Trafigura Ltd.

La Société Puma est une filiale de Trafigura Beheer BV qui développe en Côte d’Ivoire des activités de stockage, distribution et vente au détail de produits pétroliers.

Monsieur N’Zi Kablan est administrateur général adjoint de la Société Puma.

2. Le Probo Koala, navire affrété par la société Trafigura Beheer BV, a déchargé 528 m3 de slops dans le port d’Abidjan le 19 août 2006.

Aux termes d’accords en date du 18 août 2006, ces slops ont été confiés à la Compagnie Tommy, qui s’est engagée à procéder à leur élimination conformément à la réglementation en vigueur.

3. Les 19 et 20 août 2006, la Compagnie Tommy a confié ces slops à divers prestataires qui les ont déversés dans plusieurs communes du District d’Abidjan.

Les jours suivants, de nombreux habitants d’Abidjan se sont plaints d’une forte odeur et de troubles respiratoires. Certains d’entre eux ont été hospitalisés. Des décès ont été recensés.

A la suite des évènements visés aux paragraphes 2 et ci-dessus (les "Evènements"), autrement appelés affaire des déchets toxiques, les autorités judiciaires ivoiriennes ont diligenté une enquête qui a conduit à l’inculpation de plusieurs personnes dont Monsieur N’Zi Kablan, placé sous mandat de dépôt le 1er septembre 2006.

Ce dernier a été poursuivi sur le fondement de trois incriminations :

- Les dispositions de la loi ivoirienne portant protection de la santé publique et de l’environnement contre les effets des déchets industriels toxiques et nucléaires et des substances novices ;
- Les dispositions de la Convention de Bâle sur les mouvements transfrontières des déchets dangereux et leur élimination ;
- Les articles 97, 99 et 101 du Code de l’Environnement ivoirien.

5. La société Trafigura Ltd s’est constituée partie civile le 8 septembre 2006, entre les mains du doyen des juges d’instruction près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan-Plateau afin d’apporter son soutien aux autorités ivoiriennes et d’apprécier les causes et l’étendue de son préjudice consécutif aux Evènements.

6. Messieurs Dauphin et Valentini, qui s’étaient rendus à Abidjan pour témoigner de la compassion et de l’appui des Parties Trafigura à la Côte d’Ivoire, ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt le 18 septembre 2006.

Ils ont été poursuivis sur le fondement de quatre incriminations :

- Les dispositions de la loi ivoirienne portant protection de la santé publique et de l’environnement contre les effets des déchets industriels toxiques et nucléaires et des substances nocives ;
- Les articles 342 alinéa 4, 343 et 348 du Code pénal ivoirien ;
- Les dispositions de la Convention de Bâle sur les mouvements transfrontières des déchets dangereux et leur élimination ;
- Les articles 97, 99 et 101 du Code de l’Environnement ivoirien.

7. Parallèlement, l’Etat ivoirien a assigné les 5 et 17 octobre 2006 différentes parties impliquées dans les Evènements, dont les sociétés Trafigura Beheer BV, Trafigura Ltd et la Société Puma devant les tribunaux civils ivoiriens, aux fins d’obtenir leur condamnation solidaire au versement immédiat d’une somme provisionnelle de 5000 milliards de francs CFA ainsi qu’au paiement de sommes devant être déterminées par un collège d’experts désigné par le tribunal.

8. En outre, la société Leigh Day & Co, a assigné Trafigura Ltd devant les juridictions britanniques le 6 et 7 novembre 2006, au nom de 11 plaignants, afin d’obtenir un Group Litigation Order et la condamnation de Trafigura Ltd au paiement de dommages et intérêts en réparation du préjudice que les personnes réunies au sein du Group Litigation Order estiment avoir subi à la suite des Evènements.

Par ailleurs, des investigations sur le Probo Koala et sur sa cargaison ont été effectuées par les autorités publiques des Pays-Bas et d’Estonie.

9. Le 22 décembre 2006, Messieurs Daphin et Valentini ont bénéficié d’une ordonnance de mise en liberté provisoire prononcée par le juge en charge de l’instruction ouverte devant le tribunal de Première Instance d’Abidjan-Plateau. Cette mise en liberté provisoire est subordonnée au paiement d’un cautionnement de 2.5 milliards de francs CFA par inculpé et à l’émission d’une caution bancaire solidaire de 10 milliards de francs CFA.

Cette ordonnance a fait l’objet d’un appel du Procureur de la République du Tribunal de 1ère Instance d’Abidjan Plateau, actuellement pendant.

A la date des présentes, Messieurs Dauphin, Valentini et Kablan demeurent en détention.

10. Les parties conviennent que leur objectif prioritaire est de fournir une assistance à toute personne physique ou morale ayant subi un préjudice direct ou indirect à la suite des Evènements (y compris leurs ayant droits) et de permettre auxdites personnes d’obtenir réparation de leur préjudice (ci-après les "Victimes").

11. Par ailleurs, conscientes du caractère fâcheux pour leur réputation et leur image à la suite de l’affaire dite des déchets toxiques, et soucieuses de consolider leurs liens forts avec la Côte d’Ivoire, les Parties Trafigura ont demandé une transaction avec l’Etat de Côte d’Ivoire, en la personne du Président de la République, lequel a désigné son Conseiller Spécial chargé des Affaires Juridiques, pour y procéder.

L’Etat de Côte d’Ivoire accepte cette proposition et confirme pour sa part sa volonté d’accueillir avec bienveillance les activités des Parties Trafigura sur le sol ivoirien et plus généralement reconnaît que les activités des Parties Trafigura contribuent, à travers la Société Puma, à l’amélioration de son environnement global.

12. C’est dans ce cadre qu’après discussions et échanges de vues les parties se sont rapprochées et ont décidé par le présent protocole de mettre fin définitivement aux différents litiges exposés ci-dessus de manière transactionnelle en se consentant les concessions réciproques exposées ci-après, sans que ces dernières puissent être analysées en une quelconque reconnaissance de responsabilité par l’une des parties ou une reconnaissance des allégations de l’autre partie.

CECI ETANT EXPOSE, LES PRTIES SONT CONVENUES DE CE QUI SUIT :

1. OBJET DU PROTOCOLE

Le présent protocole d’accord a pour objet de résoudre de manière globale tout litige présent ou à venir consécutif aux Evènements survenus sur le territoire de la Côte d’Ivoire.

2. ENGAGEMENTS DES PARTIES TRAFIGURA

2.1 Les Parties Trafigura s’engagent à verser à l’Etat de Côte d’Ivoire la somme forfaitaire et définitive de 95 milliards de francs cfa (95.000.000.000 francs CFA) aux fins d’affectation :

- d’une part, à hauteur de 73 milliards de francs cfa (73.000.000.000 francs CFA), à la réparation des préjudices subis par l’Etat de Côte d’Ivoire, ainsi qu’à l’indemnisation des victimes ;

- d’une part, à hauteur de 22 milliards de francs cfa (22.000.000.000 francs CFA), au remboursement des frais de dépollution qu’aurait pu exposer l’Etat de Côte d’Ivoire dans le cadre du contrat conclu avec la société Tredi le 23 septembre 2006 et de son avenant en date du 6 octobre 2006 (joint en Annexe) relatif au traitement des déchets issus du déchargement des slops du Probo Koala (ci-après le « Contrat Tredi »)

2.2 Les Parties Trafigura s’engagent à prendre en charge l’identification et la dépollution complémentaire des sites pouvant encore contenir des déchets se rapportant aux Evènements.

A cet effet, dans les 30 jours de la signature du présent protocole, les Parties Trafigura se rapprocheront du CIAPOL et du BNETD, et/ou de tout autre organisme compétent aux fins de réalisation d’un audit par des sociétés de renommée internationale sur l’état d’avancement et les conditions d’exécution du Contrat Tredi.

En conséquence, l’exécution de la dépollution complémentaire débutera sous le contrôle desdites parties, du CIAPOL et du BNETD dans les 3 mois de validation par les Parties Trafigura, le CIAPOL et le BNETD des conclusions de l’audit visé au présent paragraphe 2.2.

L’exécution en sera assurée par la société Tredi ou par toute autre entreprise disposant de moyens techniques satisfaisants et fera l’objet d’un constat contradictoire par les sociétés ayant réalisé l’audit.

Les frais relatifs à l’audit et au constat prévus au présent paragraphe 2.2 seront pris en charge par les Parties Trafigura.

2.3 Afin de garantir la bonne exécution des obligations des Parties Trafigura au titre du paragraphe 2.2, la Société Puma s’engage à constituer un nantissement sur (7) sept bacs de stockage de produits pétroliers lui appartenant référencés 1 à 7 sis rue du Canal de Vridi, 15 BP 522 Abidjan 15, au profit de l’Etat de Côte d’Ivoire.

Les frais relatifs au nantissement visé ci-dessus seront pris en charge par les Parties Trafigura.

2.4 L’Etat de Côte d’Ivoire envisage de construire une usine de traitement des déchets ménagers dans le District d’Abidjan.

Après l’inauguration de ladite usine, les Parties Trafigura à travers la Société Puma, paieront, sous forme d’aide à l’Etat de Côte d’Ivoire, la somme de cinq milliards (5.000.000.000) de francs CFA.

3. ENGAGEMENTS DE L’ETAT DE COTE D’IVOIRE

3.1 L’Etat de Côte d’Ivoire constate que les Parties Trafigura ont fait la preuve de leur sens des responsabilités et de leur volonté de s’intégrer dans le tissu économique de Côte d’Ivoire, et sont dès lors habilitées à poursuivre leurs activités dans ce pays.

3.2 L’Etat de Côte d’Ivoire s’engage à :

- Garantir les Parties Trafigura qu’il fera son affaire de toute réclamation au titre des Evènements ;

- Prendre toutes mesures appropriées visant à garantir l’indemnisation des Victimes des Evènements.

4. RENONCIATIONS RECIPROQUES

4.1 Les parties Trafigura renoncent définitivement à toute réclamation de quelque nature que ce soit à l’égard de l’Etat de Côte d’Ivoire dès lors qu’elle aurait pour cause, conséquence ou objet, directement ou indirectement, les Evènements.

En conséquence, la société Trafigura Ltd se désistera de sa constitution de partie civile déposée le 8 septembre 2006 entre les mains du doyen des juges d’instruction près le Tribunal de première instance d’Abidjan Plateau.

4.2 L’Etat de Côte d’Ivoire renonce définitivement à toute poursuite, réclamation, action ou instance présente ou à venir qu’il pourrait faire valoir à l’encontre des Parties Trafigura dès lors que ces poursuites, réclamations, actions ou instances ont ou auraient comme cause, conséquence ou objet, directement ou indirectement les Evènements.

En conséquence, l’Etat de Côte d’Ivoire :

- se désiste formellement de l’action en responsabilité et en dommages et intérêts actuellement pendante devant la première chambre p résidentielle du Tribunal de première instance d’Abidjan Plateau et de sa constitution de partie civile devant les juridictions d’instruction dans les poursuites engagées contre les Parties Trafigura ;

- donne main levée de toutes mesures de saisie ou plus généralement de toute prise de garantie ou sûreté au préjudice des Partie Trafigura, et notamment des mesures ayant été prises en application des ordonnances signifiées les 17 octobre 2006 et 23 janvier 2007.

5.MODALITES D’EXECUTION DU PROTOCOLE D’ACCORD

5.1 Au titre de paiement

Antérieurement à la signature du présent protocole, la Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie en Côte d’Ivoire, dite BICICI, aura émis au profit de l’Etat de Côte d’Ivoire, l’engagement irrévocable de payer le montant convenu à l’article 2.1 ci-dessus.

Sur présentation du présent protocole dûment signé ainsi que des documents nécessaires, la banque effectuera automatiquement le virement sur un compte ouvert au nom de l’Etat de Côte d’Ivoire.

5.2 Au titre de la réalisation et de la mainlevée du nantissement

A défaut de début d’exécution de la dépollution complémentaire dans les délais prévus au 3ème paragraphe de l’article 2.2. des présentes, l’Etat de Côte d’Ivoire pourra réaliser le nantissement consenti par les Partie Trafigura, à due concurrence du montant de la dépollution tel qu’il résultera de l’audit.

Dès l’établissement du constat de fin d’exécution de la dépollution complémentaire tel que prévu à l’article 2.2. des présentes, l’Etat de Côte d’Ivoire donnera mainlevée pleine et entière du nantissement consenti par les Parties Trafigura ;

Chaque partie s’emploiera à accomplir, ou faire accomplir, tous les actes nécessaires à la parfaite exécution du présent accord.

6. PUBLICITE

Les termes du présent protocole d’accord seront rendus publics.

7. RESOLUTION DES LITIGES

Les parties s’efforceront de traiter à l’amiable tout différend susceptible d’affecter la validité, l’interprétation et/ou l’exécution du présent accord.

A défaut, les différends seront tranchés par les juridictions compétences ivoiriennes conformément au droit ivoirien.

8. AUTORITE DE LA CHOSE JUGEE

Les parties s’engagent à exécuter de bonne foi le présent protocole valant transaction aux termes des dispositions de l’article 2044 du Code civil ivoirien et ayant l’autorité de la chose jugée en dernier ressort.

Fait le

A

En quatre exemplaires originaux, dont un remis à chacune des parties

1. Pour l’Etat de Côte d’Ivoire
Monsieur Désiré Asségnini TAGRO, Conseiller Spécial de la Présidence de la République, en vertu du pouvoir à lui conféré par le Président de la République, Monsieur Laurent GBAGBO

2. Pour Trafigura Beheer BV
Monsieur Eric de Turkheim – Monsieur Pierre Eladari

3. Pour Trafigura
Monsieur Eric de Turckheim – Monsieur Pierre Eladari

4. Pour Puma Energy
Monsieur Pierre Eladari



DISCOURS DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO AU TERME DU PROTOCOLE D’ACCORD ENTRE TRAFIGURA ET L’ETAT DE COTE D’IVOIRE

Messieurs les avocats ;
Monsieur le Procureur ;
Monsieur le Directeur ;
Messieurs les journalistes ;

Un accord vient d’être signé entre le groupe Trafigura et l’Etat de Côte d’Ivoire. Vous savez tous ce qui s’est passé. Nous avons eu ce qu’on appelle le déversement des déchets. On a eu beaucoup de dégâts. Nous avons eu entre 10 et 15 morts. Je suis passé dans les familles pour présenter les condoléances de l’Etat mais je crois que je n’ai pas pu retrouver toutes les familles.

Il y a eu environ 1.000 blessés hospitalisés. Et nous avons eu environ aussi 100.000 consultations hospitalières externes.
Quant à la pollution, ce sont les techniciens qui peuvent la décrire de façon technique mais on a eu beaucoup de dommages au niveau des hommes, de la faune, de la flore. Mais on ne peut pas pleurer tout le temps. Il arrive un moment où il faut régler les problèmes et avancer.

Donc, il y a beaucoup de gens qui sont venus me voir pour engager la négociation. Elle n’a pas eue lieu plus tôt parce que c’est le temps, comme je dis c’est l’autre nom de Dieu, qui efface les amertumes et les mauvais souvenirs.

On ne peut pas au moment où les gens pleurent, décider de régler un problème. Il faut attendre que les gens soient à même de comprendre où on va. Je crois qu’aujourd’hui, le temps est venu de régler ces problèmes là.
Donc, ceux qui sont venus nous voir auparavant, ce n’est pas parce qu’ils ont été mauvais mais c’est parce que le temps n’était pas venu de régler tous ces problèmes.

Mon émissaire et ceux de Trafigura ont bien discuté. J’ai tenu à prendre constamment conseil auprès du ministre délégué à l’économie et aux finances et j’étais en contact permanent avec le procureur. Mais là-dessus, je voulais quand même dire quelque chose avant de continuer parce qu’il y a beaucoup de bruits qui circulent et qui ont circulé à Abidjan et ailleurs.

On a dit : "il y a des gens de Trafigura qui sont arrêtés, Gbagbo ne veut pas qu’on les sorte et il a demandé au Procureur de les boucler." Mais un homme ne peut pas chercher à nuire à un autre homme gratuitement. Ce n’est pas possible. Je voudrais expliquer sur ce point précis qu’effectivement, le procureur de la République, d’Abidjan, m’a demandé une fois par écrit s’il pouvait accepter la liberté provisoire ordonnée par le juge d’instruction. J’ai dis à mon conseiller d’écrire au procureur que je refuse. Il faut que j’explique pourquoi.

Vous savez qu’il y a des moments où les plaies sont tellement béantes et le peuple est tellement en colère qu’il y a des actes qui posés à ces moments là, soulèvent le peuple au lieu d’effacer le problème. Ce dont les gens ne se rendent pas souvent compte, c’est que la crise des déchets toxiques a soulevé une très grande émotion en Côte d’Ivoire à tel point que le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire, et c’est la première fois depuis 46 ans, a rendu en bloc sa démission. Démission que j’ai acceptée avant de demander au premier ministre de former un nouveau gouvernement. Ce qu’il a fait dans la semaine qui a suivi.

Donc, quand il y a une si grande passion qui nous oblige à mettre balle à terre et à agir tranquillement pour arriver à la solution qu’il faut. Mais on ne peut pas dans la foulée, dire qu’on va passer outre les émotions de la population parce que nous vivons, nous hommes politiques, grâce aux émotions de la population.

Donc, à ce moment là, oui ! J’avais demandé au procureur Tchimou, de demander le surseoir. Mais aujourd’hui, un autre temps est arrivé. Aujourd’hui, les gens comprennent.

C’est ce que je voulais expliquer parce que beaucoup de personnes ont jugé autrement. Je voulais dire aux uns et aux autres que ma démarche est toujours politique. Quand je pose un acte, ne recherchez pas autre chose que de la politique. C’est le seul travail que je fais.

Donc, on a discuté, est tombé d’accord avec le groupe Trafigura. Les sommes en cause sont importantes. Le ministre a reçu la lettre de crédit de la banque BICICI représentant ici la banque Paribas.

Alors, je souhaite que le directeur du Trésor garde cette somme et travaille sur les listes parce que mes 2 préoccupations sont que le peuple et l’Etat soient dédommagés. Or, nos amis du groupe Trafigura ont accédé à nos demandes.

Je serai sauvage envers celui qui cherchera à détourner cet argent. Donc, il faut que le Trésor garde cet argent, qu’on fasse les listes et qu’on étudie les modalités de secours à apporter aux uns et aux autres. Il y a des personnes qui sont mortes. L’argent ne peut pas les ressusciter. Mais il faut que nous-mêmes en tant qu’Etat nous étudiions avec les victimes, le moyen de les secourir moralement pour qu’au moins ils trouvent une petite compensation dans les sommes que nous allons leur donner. Il faut chercher la liste, elle existe. Et puis, il faut les dédommager aussi.

Il faut dédommager l’Etat qui a dépensé de l’argent pour la dépollution. Il faut que nous-même, nous travaillions à cette dépollution constante pour que au bout de quelque temps, on n’ait plus qu’un vague souvenir de la pollution.

Donc je confie la gestion au ministre Diby qui s’occupe des finances de l’Etat mais qui est en même temps Directeur Général du Trésor. Il faudra que vous travailliez tranquillement, doucement. Listez tous ceux qu’il faut lister pour que l’Etat fasse son travail.

Je voudrais dire aux Ivoiriens qu c’est un bon accord qui nous permet de faire face au dédommagement de tous ceux qui ont été touchés et qui nous réclame les dédommagements depuis un moment. Donc, nous avons aujourd’hui, par cet accord les moyens de les dédommager. Mais là encore, il faut que les gens restent dignes. Il ne faut pas que les gens cherchent à percevoir indûment l’argent auquel ils n’ont pas droit.

Je voudrais pour terminer dire qu’il ne faut pas chercher à s’enrichir sur le dos d’un malheur. Et je voudrais dire aux représentants de Trafigura, c’est déjà écrit dans la convention, qu’ils peuvent continuer à faire des affaires en Côte d’Ivoire. Nous sommes un pays dont le libéralisme ne s’est jamais démenti. Mais il faut que dorénavant, nous fassions attention. Je voudrais lancer un appel à tous ceux qui font des affaires dans notre pays pour dire qu’il faut que nous prenions des précautions. Au ministère de l’environnement, de mettre en place des armatures juridiques plus sévères. A tous les chefs de service, d’être très regardant.

Je voudrais féliciter les gens de Trafigura parce que la discussion a été bonne. Il y a eu beaucoup d’interférences et de racontars. Mais notre porte vous est ouverte.
Il faut que tous ceux qui travaillent dans notre pays sachent que la porte est là, elle est ouverte. S’ils posent des problèmes, on leur dira oui ou non mais au moins ça aura le mérite de la clarté.

Je vous remercie d’avoir compris nos préoccupations. Je félicite Taro pour avoir travaillé. Je félicite Diby pour nous avoir sorti des documents. Je félicite tous les ministres qui ont travaillé à ça. Et surtout, j’ai tenu à ce que ce document soit un document public. Parce que dès que quelque chose est secret, on croit qu’on cache des choses. Nous n’avons rien à cacher. Donc, je demande au service Communication de la Présidence de multiplier ce document et le partager dans tous les organes de presse ivoiriens comme non ivoiriens.

Mais la justice continue. Parce qu’en dehors des dédommagements, il y a d’autres aspects que la justice va continuer à creuser.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie. A vous d’informer l’opinion pour que les gens sachent ce qui s’est passé et qu’ici, nous sommes dans une maison de verre.

Que Dieu nous bénisse, qu’il nous protège de tels malheurs.
Je vous remercie.


COTE D'IVOIRE / DIALOGUE DIRECT CAMP PRESDENTIEL / FORCES NOUVELLES

Vendredi 23 Fevrier 2007

Le dialogue direct a repris ses droits dans la capitale burkinabé après 72 heures de trêve liée à la participation du président Blaise Compaoré au 24è sommet France-Afrique à Cannes, la semaine dernière. Les protagonistes ivoiriens soucieux d’avoir une attitude constructive auraient accepté de faire des concessions de taille.
Le dialogue direct était de nouveau à l’ordre du jour hier à Ouagadougou, la capitale burkinabé. Le président Blaise Compaoré de retour de Cannes où il a pris part au 24è sommet France-Afrique a reçu en audience, M. Abou Moussa, le n° 2 de l’Onuci qui assure l’intérim du Haut représentant du secrétaire général des Nations Unies. En attendant la nomination du successeur de Pierre Schori. A l’issue de l’entretien que lui a accordé le chef de l’exécutif burkinabé, le diplomate tchadien s’est félicité de l’avancée des discussions. Les nouvelles en provenance du pays des « Hommes intègres » incitent à l’optimisme. Les deux ex-protagonistes auraient, de toute évidence, accordé leurs violons sur la question militaire. Les Forces nouvelles, selon certaines sources, seraient disposées à mettre de l’eau dans leur vin en ce qui concerne leurs grades et les arriérés de salaires des militaires déserteurs. M. Louis André Dacoury-Tabley, secrétaire général adjoint du mouvement qui est rentré expressément de Ouaga, pour les besoins de la cause, se serait chargé de convaincre les chefs militaires de l’ex-rébellion. En contrepartie, le clan présidentiel a réaffirmé sa promesse d’amnistie, l’un des cinq propositions du plan du chef de l’Etat ivoirien. Mieux, des engagements auraient été pris en vue de la prise en compte des ex-combattants Fds-Fn dans le futur service civique dont le décret de création a été signé vendredi dernier.

Des propositions concrètes
sur l’identification

Relativement à l’identification, second volet des négociations, les deux camps ont soumis leurs avis au médiateur. Des bribes d’informations qui ont pu transpirer, il ressort que la volonté d’aller de l’avant est partagée de part et d’autre.
Pour les Fn, la meilleure manière de sortir de la crise, serait de procéder à une identification générale de la population. « Cela permettra d’apaiser le climat de tension qui prévaut, et de sceller le sort de la question identitaire », estiment les responsables de l’opposition armée.
A l’inverse, le clan présidentiel suggère un recensement électoral. La mise à jour des listings de 2000, par l’inscription des nouveaux électeurs en âge de voter et, le retrait des personnes décédées ou qui ont perdu leurs droits civiques. Deux approches que le chef de l’Etat burkinabé va s’atteler à rapprocher dans la perspective d’un accord rapide.
Y. T.


COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU FPI PARTI AU POUVOIR

Mercredi 21 Fevrier 2007

Le Comité central du Front populaire ivoirien s’est réuni en session ordinaire le 17 février 2007 dans la salle du Cinéma ivoire de 11h à 14h 30. Le comité central du Front populaire ivoirien, après une analyse approfondie de la situation nationale et internationale, se félicite de la volonté politique manifestée aujourd’hui à tous les niveaux tendant à aider notre pays à sortir de la crise.
Le Comité central du Front populaire ivoirien adresse ses encouragements appuyés à tous les facilitateurs dans la crise ivoirienne et particulièrement à Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, président de la République du Burkina Faso, vers qui tous les regards convergent, pour trouver un dénouement des plus heureux à la crise ivoirienne dans le cadre du dialogue direct qu’abrite le pays frère qu’est le Burkina Faso.
Le Comité central du Front populaire ivoirien salue avec déférence l’engagement du président de la République de Côte d’Ivoire, Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo, en faveur de la paix, son sens aigu du devoir, son amour profond pour ses compatriotes, son souci constant pour le meilleur devenir de la sous-région et du continent africain et l’exhorte à persévérer dans cette voie.
Le Comité central du Front populaire ivoirien encourage toutes les militantes et tous les militants du Front populaire ivoirien, tous les patriotes à œuvrer dans le sens d’accompagner et d’appuyer tous les efforts en faveur de la paix dans notre pays.
Ils ne devront, par conséquent, avoir aucune attitude et ne peser aucun acte de nature à compromettre le processus de sortie de crise. Ils ne doivent céder à aucune provocation d’où qu’elle vienne.
Pour le Comité central du Front populaire ivoirien, nous devons tous, dans la vigilance, nous mobiliser et nous préparer pour les prochaines élections générales, étant entendu que seules des élections justes et transparentes constituent la solution définitive à cette crise qui n’a que trop duré.
Le Comité central du Front populaire ivoirien, pour terminer, présente ses vœux les meilleurs à toutes les militantes et tous les militants du parti, à tous les patriotes ivoiriens, à tous les amis de la Côte d’Ivoire.
Que l’année 2007 soit une année de la paix et de la solidarité renforcée dans le monde.
Que Dieu veille sur notre beau pays !

Fait à Abidjan
le lundi 19 février 2007
Le Comité central


SENEGAL 2007 / ENTRETIEN AVEC LE CANDIDAT / ENTRETIEN AVEC LE CANDIDAT CHEIKH BAMBA DIEYE

Vendredi 9 Fevrier 2007

ENTRETIEN AVEC… CHEIKH BAMBA DIEYE, candidat du Fsd/Bj : «Rendre au Sénégal sa dignité»

C’est un homme fort de ses convictions qui a été accroché il y a quelques jours, juste avant son meeting à la Chambre de commerce de Saint-Louis où toute la ville s’était donnée rendez vous pour écouter ce que leur proposait «leur fils». Cheikh Bamba Dièye prône un retour aux valeurs cardinales qui fondent la société sénégalaise. Une fois porté à la magistrature suprême, Cheikh Bamba promet des changements profonds pour inciter les Sénégalais à prendre leur responsabilité et à se mettre au travail pour sortir le Sénégal de l’ornière, malgré la corruption qui a fini de prend place au sommet de l’Etat.

Vous avez démarré cette campagne présidentielle à Dakar contrairement à votre défunt père, pourquoi ?

Je voudrais simplement rappeler que, évidemment, le Fsd/Bj est un parti qui est né à Saint-Louis, qui a forgé ses premières armes à Saint-Louis, mais aujourd’hui il est devenu un parti national qui a un siège partout dans le pays et un siège national à Dakar. Mon coeur est saint-louisien, ma vie est saint-louisienne mais mes responsabilités sont nationales et les Saint-Louisiens ne sont plus majoritaires au niveau de la direction nationale du parti. C’est la raison pour laquelle, lorsque la direction du parti a décidé de démarrer la campagne à Dakar, je me suis plié à cette volonté. D’autant plus que sous certaines latitudes, on a voulu nous coller l’étiquette d’un parti local, d’une ville. La capitale symbolisant par essence le point central de la vie d’une nation, il était normal que nous débutions là-bas pour marquer notre caractère républicain et montrer que le parti a évolué et grandi du point de vue de son ampleur et de ses ambitions.

Aujourd’hui quelle substance peut-on tirer du slogan de votre défunt père, «Allah Wahidoune», et qui réponde aux préoccupations des Sénégalais ?

La substance tirée de «Allah Wahidoune», c’est dignité et mains propres. «Allah Wahidoune» est un vocable englobant un concept unitaire. Il signifierait en français : Dieu est Un. Ce qui veut dire aujourd’hui que l’ensemble de la communauté sénégalaise peut se retrouver derrière ce vocable unificateur qui rappelle des valeurs et des comportements. Aujourd’hui compte tenu de l’énormité des déficits observés en terme de bonne gouvernance, de gestion saine des deniers de la République, en terme de rapport d’équilibre entre les institutions, en terme de situation et de positionnement de l’homme politique dans ses devoirs par rapport à la République et par rapport aux citoyens, je pense que réclamer un peu de dignité est important. Cela conférerait à l’homme politique une sorte d’auto défense, d’auto contrôle qui lui permettrait individuellement de pouvoir se discipliner, par rapport à ses responsabilités et de rester dans les lignes de sa mission. Il est essentiel de rendre au Sénégal sa dignité.

Je ne peux pas accepter et concevoir qu’un pays pauvre puisse se permettre de gaspiller de l’argent. Nous ne pouvons pas nous le permettre, nous n’avons pas le droit de nous le permettre, c’est la pire des choses dans une nation sous développée que de détourner dans une direction autre, même positive, de l’argent public.

Quelles seront vos trois priorités une fois au pouvoir ?

La garantie d’abord que je vais offrir. Sans être le plus honnête, ni le plus juste, je n’ai pas cette prétention, mais je peux donner cette garantie à tous les Sénégalais, c’est qu’avec moi ils peuvent être sûr qu’aucun Sénégalais ne pourra simplement s’accrocher sur sa richesse, ses prérogatives ou sa position sociale pour passer au dessus de la loi. Je pourrai aussi donner la garantie que quel que soit l’individu dans l’échelle sociale, si un de ses droits est malmené je ne dormirai pas tant que justice ne lui sera pas rendue. C’est la garantie fondamentale que je pense pouvoir donner à ce pays. Les autres mesures suivront nécessairement, nous savons ce dont le pays a besoin, nous savons que ce pays a besoin de transparence, de bonne gouvernance.

Ce dont nous avons besoin c’est qu’en définitive, à la tête de l’Etat, qu’il y ait un homme de droiture, un homme de justice, de rectitude, qui pourra utiliser à bon escient avec des collaborateurs triés, répondant aux profils du poste pour lui permettre de l’encadrer pour aller de l’avant. En réalité nous n’avons jamais manqué de cadres, d’experts et pourtant nous ne sommes pas encore sortis de l’ornière, nous n’avons même pas éliminé la corruption dans ce pays. Malheureusement c’est à la Présidence de la République qu’elle prend sa source avant de s’étaler ailleurs. Comment voudrait-on que le jeune qui est au marché Sandaga, à Ndar Toute ou Colobane puisse se comporter, lorsqu’il perçoit qu’au sommet de l’Etat des personnes se permettent certaines libertés ? Comment pouvez-vous accepter dans une société, que des jeunes commettent la légèreté de chiper deux pommes de terre au marché et que leur sanction soit la mort, au moment où d’autres se pavanent avec nos milliards dans leurs poches et ont le culot de nous donner des leçons de morale ? Comment pouvez-vous comprendre que l’on puisse sortir de l’ornière dans cette situation ? Le mal, il est général. Ce n’est pas un mal de l’homme politique, c’est le mal de la société sénégalaise, nous sommes malades il faut que nous acceptions de faire cette autocritique parce que la meilleure manière d’avancer c’est celle de pouvoir comprendre nos insuffisances. L’homme politique ne vit pas dans une situation de reclus, hors de la société. Chaque soir il rentre dans les maisons, il vit dans les familles ; leurs comportements, en réalité ce sont nos comportements, il y en a certains qui sont politiques et d’autres qui ne le sont pas. Malheureusement au Sénégal il y a deux types de voleurs, ceux qui sont en situation de voler et ceux qui sont en attente de voler. Il faut combattre les deux.

Comment allez vous régler les problèmes de l’agriculture ?

Sur ce point, je prends toujours l’exemple de Diamniadio où au début il n’y avait rien. L’Etat quand il a voulu créer la plate forme s’est allié au Mcr avec les Américains, il a récupéré des milliards injectés en infrastructures et en bâtiments. Pourquoi ? Pour capter les entreprises. Comment voulez vous que l’agriculture au Sénégal puisse avancer alors que quand on va à l’intérieur du Sénégal, c’est un désert, tu peux parcourir 100 kilomètres sans rencontrer ni «soump» ni «new», ni «bouye», il n’y a que du sable. Comment voudrait on que le paysan reste sur cette terre qui ne lui offre rien ? Comment voudrait-on consolider l’Agriculture et nous rendre autosuffisant si nous l’Etat, nous n’injectons pas des capitaux qui puissent donner une amorce de développement agricole et économique. La solution c’est la même que celle que j’ai préconisé pour désengorger Dakar et créer des réserves foncières, réaménager l’habitat et le rendre accessible. Ce sont ces mêmes formes d’investissements collectifs et massifs qu’il faut faire sur ces embryons. Il faut que l’Etat, après avoir fait un découpage des zones agricoles, identifie pour chaque région les types de culture les plus adaptées qu’il puisse injecter de l’argent à travers des fermes pilotes qui vont faire sortir l’agriculture de sa torpeur. Depuis 47 ans, l’Agriculture sénégalaise utilise les mêmes outils. Quelque part nous ne sommes pas sérieux du fait qu’on puisse se complaire dans cette situation. Dieu a fait de l’homme sa préférence d’entre ses créatures. Croyez vous que cet homme mérite sa place, s’il est encore assujetti au même besoin que l’animal puisqu’au Sénégal, nos besoins ne sont pas différents de ceux de l’animal, nous avons des besoins pour manger parce que certains n’arrivent pas à le faire, nous avons besoin d’un habitat décent pour dormir dans la quiétude… Quand allons-nous développer notre esprit dans ces conditions ? Ce n’est pas possible. Je ne peux accepter que quelqu’un ait d’autres ambitions que de fouetter ce pays, de faire lever les gens. Il faut qu’on se mette en marche et vite pour qu’on rattrape notre retard. Je ne connais pas d’autre place pour le Sénégal que la place de devant. Je ne me complais pas dans cette situation

Comptez-vous apporter quelques retouches à la Constitution une fois au pouvoir ?

Bien évidemment, mais il ne faudrait pas que ça soit le cheval de Troie. Ce n’est pas très essentiel pour moi. Il faudra cependant faire quelques retouches pour renforcer le Premier ministre et redonner à l’Assemblée nationale ses missions pour que les choses aillent de l’avant. Parce qu’au Sénégal nous vivons la macrocéphalie de l’Exécutif. C’est un Exécutif hypertrophié qui, non content d’avaler sa propre sphère, bouffe aujourd’hui l’espace qui était dévolu à l’Assemblée nationale et au judiciaire. C’est pourquoi les décisions de justice ont plus de relents politiques que judiciaires. Quand des lois sont votées, elles ont plus de relents de lois partisanes que de lois pour la nation. Nous avons eu Abdou Diouf, la bataille avec lui c’était les institutions, c’est la même chose avec Wade. (…) Régler le problème des institutions est une chose facile. Ce qui est difficile c’est d’avoir un animateur crédible et c’est là où le bât blesse ; même avec le système que nous avons, si nous avions un animateur crédible à la tête de l’Etat, on n’aurait pas à en souffrir parce que la Constitution sénégalaise en l’état offre énormément de possibilités pour l’exercice naturel l’objectif des lois dans une République qui se respecte. Il ne faut pas que le débat politicien prime sur les objectifs réels des populations. C’est ça une préoccupation d’homme politique.

Par Samba DIOP - Correspondant -


SENEGAL 2007 / LE CANDIDAT ROBERT SAGNA A KAOLACK

Vendredi 9 Fevrier 2007

KAOLACK - Robert Sagna, candidat de la Coalition Takku Défaraat Sénégal : Développer l’agriculture pour lutter contre la pauvreté

Le candidat leader de la coalition Takku Defaraat Sénégal (Tds), Robert Sagna, est arrivé hier, à Kaolack où il a tenu un meeting au terrain Jappo-ji, à Darou Rahmaty, à quelques encablures de Médina Baye. L’ingénieur agronome a rappelé le rôle primordial que joue la capitale du bassin arachidier dans le domaine de l’agriculture et s’offusque de la politique agricole du gouvernement qui a mis à genoux le monde rural. Pour, Robert Sagna, il urge, aujourd’hui, de remettre sur les rails l’agriculture, principalement la filière arachidière. Il demande aux jeunes de se mobiliser pour bénéficier des terres. La coalition Tds se désole de la situation actuelle du bassin arachidier qui, naguère, était un pôle d’attraction, vu sa position géographique et stratégique de région carrefour, avec comme poumon économique le port de Kaolack qui générait beaucoup d’emplois. Selon cette coalition, le candidat providentiel pour faire renaître l’espoir pour que Kaolack retrouve son lustre d’antan et son essor économique, n’est personne d’autre que Robert Sagna, qui a la clé de la solution en tant qu’ingénieur agronome.

L’accent a été mis également sur l’emploi des jeunes, lors de ce meeting. Or, pour ce faire, il faudra aussi aider les entreprises à surmonter leurs difficultés. La coalition Tds martèle haut et fort qu’elle ne versera pas dans une politique de dénigrements, quand bien même elle pense qu’il y a beaucoup de choses à revoir, notamment au niveau des institutions qui ne sont que des charges inutiles pour le gouvernement au détriment des populations. Par ailleurs, pour la lutte contre la pauvreté, Robert Sagna et ses alliés invitent le gouvernement à faire preuve de pragmatisme, en traduisant ses propos par des actes concrets.

Par Birane DIAW - Correspondant -


SENEGAL 2007 / ELECTIONS PRESIDENTIELLES / DECLARATION DU CANDIDAT INDEPENDANT ALIOUNE PETIT M'BAYE

Vendredi 9 Fevrier 2007

DECLARATION - Alioune Petit Mbaye, candidat à la présidentielle de 2007 : «L’hôpital de l’Alternance a empiré les maux du Sénégal»


Vêtu d’un grand boubou bleu, El hadji Alioune Petit Mbaye ne se départit pas de son large sourire. Il est confiant et rassuré avec ce bain de foule pris, mercredi, à travers les lacis de Grand-Médine, les Parcelles assainies, Hlm Grand-Médine, avant de chuter sur le terrain de l’Acapes où une masse compacte de jeunes et de vieux lui ont réservé un accueil chaleureux. Un accueil digne d’un fils du terroir. La voix est douce, mais les mots résonnent. Petit Mbaye n’a pas été tendre avec le régime d’Abdoulaye Wade : «Le Sénégal est un pays malade. L’hôpital de l’Alternance n’a fait qu’empirer les maux de notre pays. Le médecin Abdoulaye Wade a montré toute son incompétence à régler les problèmes des Sénégalais. Il est clair que 65 % des ménages sont pauvres et 58 % sont très pauvres. Alors, ces gens-là ont montré toutes leurs limites et il est temps de penser à une alternative générationnelle et passer aux changements de mentalités.»

Discours belliqueux accueilli par des ovations. En plus, le président de Action 2000 a de nouveau cloué au pilori la politique de jeunesse du pouvoir actuel. Il invoque pour se justifier l’émigration clandestine avec son lot de cadavres qui gisent dans le ventre mou de l’Atlantique ou de la Méditerranéen et des dirigeants qui se crêpent les chignons à cause des milliards. «Quand je suis parti en Espagne, je me suis rendu compte qu’il y a eu 2500 morts. L’Etat du Sénégal a préféré encaisser les 15 milliards de l’Espagne pour rapatrier en contrepartie tous le jeunes qui avaient émigrés. Maintenant, mon projet est de lutter considérablement contre le chômage».

«One man, one job», s’écrie Petit Mbaye, fortement acclamé par les «Parcellois» qui l’ont accompagné jusqu’à son domicile familial où l’attendait avec des prières sa maman, Ndèye Coumba Mbaye.

Dans sa tête, le candidat de la coalition «Action, Emergence, Solidarité» surfe sur un nuage de confiance. Après seulement trois jours de campagne, Alioune Petit Mbaye se voit déjà sur les parvis de l’Avenue Roume au soir du 25 Février 2007. «Mes chances de remporter cette élection sont de 80 %. Je suis sûr que je vais remporter cette présidentielle, parce que j’ai un vécu qui plaide pour moi. J’ai les mains propres ; il faut me confier les rênes de ce pays pour remplacer les politiciens professionnels qui ont montré toute leur limite» harangue-t-il de nouveau en égrenant son chapelet.

Bocar SAKHO -


SENEGAL 2007 / ELECTIONS PRESIDENTIELLES / PROPOS DU CANADIDAT ABDOULAYE BATHILY DE LD/MPT

Vendredi 9 Fevrier 2007

PLUS LOIN AVEC…le Pr Abdoulaye BATHILY, candidat à la présidentielle 2007 : «Je mets en garde Wade et le ministre de l’Intérieur contre toute tentative de fraude»


Après quelques jours de campagne électoral, êtes-vous optimistes quant à votre victoire au soir du 25 février prochain ?

Je suis optimiste, Inchallah, la coalition Jubbanti Sénégal que je conduis gagnera les élections le 25 février. Vous voyez ce déferlement dans le pays ; sur ce plan-là, je n’ai aucun doute. Bien entendu, je mets solennellement, une fois encore, en garde Abdoulaye et le ministre de l’Intérieur contre toute tentative de fraude sur ces élections. Nous voulons que ces élections se déroulent dans le calme, la paix et la tranquillité, pour nous permettre de gagner dans la sérénité et de commencer à nous attaquer aux tâches de redressement du Sénégal, à partir du 26 février.

Le candidat Wade fustige le comportement de certains candidats qui ne l’attaquent pas sur son programme. Qu’en pensez-vous ?

D’abord, je ne vois pas quel programme il a ; il a un bilan de sept années, catastrophiques. Tout le monde sait que j’ai un programme et partout où je suis allé, je l’ai décliné. A Mbour, par exemple, tout le monde sait que la pêche et le tourisme sont sinistrés. Je vais m’employer à les redresser pour que Mbour puisse revivre.

Qu’en pensez-vous de la promesse du candidat Me Abdoulaye Wade de création d’une centrale nucléaire au Sénégal ?

Le Président Abdoulaye Wade ne prend pas suffisamment de précaution pour parler. Des questions aussi importantes, on ne les lance pas comme ça à l’opinion, sans savoir de quoi ça retourne. Quand on ne sait pas fournir de l’électricité de manière prévisible, avec ces délestages-là, parler de centrale nucléaire, c’est se moquer des Sénégalais.

Vous promettez de résoudre les problèmes liés à l’émigration des jeunes, une fois élu. Avez-vous un programme ambitieux pour que les jeunes restent au Sénégal ?

Evidemment ! Ici à Mbour, ce sont la pêche et le tourisme qui sont les principales activités. Déjà, les faire revivre, est une manière de permettre aux jeunes d’avoir des emplois. C’est une dimension, parce que si les hôtels fonctionnent bien, c’est une main d’œuvre importante qui sera employée. Au niveau de la pêche, à travers les états généraux, nous ferons revivre celle artisanale ; je ne parle pas de la pêche industrielle, qui est menée par les étrangers. Si nous créons des conditions pour qu’elle soit mieux prise en charge - c’est ce que nous allons faire- ces jeunes-là vont avoir de nouvelles sources de revenu.

Recueillis par Assane DEME


SENEGAL / ELECTIONS PRESIDENTIELLES 2007 / CONFERENCE DE PRESSE DU PRSIDENT SORTANT ABDOULAYE WADE DU PARTI DEMOCRATIQUE SENEGALAIS

Vendredi 9 Fevrier 2007

CONFERENCE - Abdoulaye Wade, hier, face à la presse internationale et nationale : «Il n’y a aucun accord entre Idy et moi»

Après quatre jours de campagne, le candidat de la Coalition Sopi 2007, le Président sortant, a organisé un point de presse dans la salle des banquets du palais présidentiel. Mais, cette rencontre, réservée, au début, exclusivement à nos confrères de la presse étrangère, a vu au dernier moment la presse nationale y être conviée. Entre les quatre murs de la salle des banquets, Me Wade est revenu sur ses retrouvailles avec son ex-Premier ministre Idrissa Seck, sur les 13 milliards obtenus des accords entre l’Espagne et le Sénégal et sur le fichier électoral, entre autres questions.

Port de brassards rouges

«J’ai été élu par les jeunes, mais c’est la jeunesse qui va encore me réélire. Partout où je passe au Sénégal, ce sont les jeunes qui courent derrière ma voiture. C’est vrai qu’il y a quelques jeunes qui ont tenté l’aventure en affrontant la mer pour aller en Espagne. Nous en avons trouvé beaucoup à Kayar qui ont brandi des chiffons rouges ce dont je ne me plains pas. Je vous rappelle encore en tant que Président, que c’est moi qui avais demandé aux Sénégalais, lorsqu’ils se plaignent de quelque chose de prendre des brassards rouges.» Les 13 milliards des accords avec l’Espagne

«Voilà ! Je le dis et le répète que le gouvernement espagnol nous a aidé dans le cadre d’un accord, avec du matériel de surveillance de la côte, pour empêcher ces jeunes gens d’aller à l’aventure. Le gouvernement espagnol a décidé d’allouer au Sénégal une somme de 13 milliards de francs Cfa pour créer des emplois pour ces jeunes, pour qu’ils ne repartent pas en Espagne. Mais ce n’est pas de l’argent à distribuer. Cet argent doit être reçu au ministère des Finances et du Budget. Et juste avant de venir à cette conférence de presse, j’ai appelé le ministre du Budget qui m’a dit en tout état de cause et à sa connaissance que cet argent n’est pas encore parvenu au Sénégal. Vous croyez que l’Espagne va donner 13 milliards comme ça sans surveiller là où ils entrent. Mais c’est naïf de le dire. Quiconque défend la thèse d’une émigration non contrôlée est irresponsable.»

Retrouvailles avec Idrissa Seck

«Il n’y a pas d’accords. Evidemment, il se présente, donc c’est mon concurrent. Il veut être Président et moi je veux renouveler mon mandat. Mais c’est son droit le plus absolu. C’est un citoyen et tous les citoyens ont le droit de dire je veux être un président de la République et je vais faire mieux que Abdoulaye Wade. Mais tout dépend maintenant des Sénégalais. Il n’y a pas d’accord en quoi que ce soit. Quant à la réconciliation, je peux dire que je lui ai pardonné pour ce qu’il a pu me faire personnellement. Idrissa Seck, je l’ai fait. Dieu l’a créé mais c’est moi qui l’ai modelé. Depuis son bac c’est avec mon argent qu’il s’est formé. Il a pu me faire des torts, mais je lui pardonne. J’ai même pardonné à ceux qui m’avaient mis en prison.» Programme pour la campagne électorale

«Je ne fais pas de programme et de promesses. Je demande au Sénégalais de me juger d’après ce que j’ai fait. Je ne suis pas comme les autres. Les autres n’ont rien fait. Mais n’empêche dans mes déclarations, je traite un point particulier de mon programme.»

Responsabilité dans le naufrage du bateau le Joola (Ndlr : Au cours de son meeting de Bignona Moustapha Niasse avait accusé Wade d’être responsable du naufrage du Joola) «Mais écoutez, il ment. Traduisez ça, il ment. Qu’il en donne la preuve. Personne n’est venu me parler en ce moment là. C’est l’ancien régime qui avait toléré des pratiques qui finalement ont été à l’origine de la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ce que Moustapha Niasse dit n’engage que lui.»

Nervosité durant la campagne électorale

«Je ne suis pas nerveux. J’avais décidé de ne pas prononcer leurs noms (Ndlr : ses concurrents dans cette campagne). Mais, quand ils continuent à mentir comme ça, je ne fais que m’indigner devant le mensonge. Le problème n’est pas là. Le problème c’est de convaincre les Sénégalais.»

Fiabilité du fichier électoral

«Le ministre de l’Intérieur m’a dit après examen du fichier qu’il n’y a pas une seule erreur notée. Vous croyez que l’ordinateur peut se tromper ? Non, c’est du numérique. Ce système n’est même pas encore utilisé en France, ni aux Etats-unis. Il est fabriqué par l’une des plus grandes sociétés du monde. Une société londonienne et j’ai fait exprès de payer très cher pour avoir de la qualité. Maintenant vous (les journalistes) tenez le même langage que les gens de l’opposition qui faisaient tout pour que les élections soient renvoyées. Ils ont été pris à leur propre piège avec le decret qu’ils ont attaqué qui fait qu’on ne peut pas organiser maintenant les élections législatives.»

Budget de campagne

«Je ne vous le dirai pas. Vous pouvez même l’écrire en rouge.»

Réquisitoire contre les journalistes

«Il ne faut pas toujours être prédicateurs de mauvais sort. Vous êtes vraiment très pessimiste. Quand on lit votre littérature, c’est incroyable. On se croirait être sur une autre planète. On ne se croirait pas au Sénégal. Et ensuite vous vous décollez complètement des réalités. Ce n’est pas bien. Quand vous voyez cette vague déferlante qui me suit dans ma campagne, écrivez-le. Si vous faites de la bonne information, écrivez le. Mêmes les chefs de partis qui sont là ne sont pas mes adversaires. Je n’ai plus d’adversaires. Les quelques adversaires que j’ai, sont dans la presse. Si vous entendez bien je n’ai pas dit tous les journalistes, j’ai dit quelques journalistes, quelques journaux.»

Utilisation des moyens de l’Etat

«Je ne n’utilise pas les moyens de l’Etat pour faire campagne. Quand j’utilise des hélicoptères, je paie la location. Les voitures que vous voyez là sont au nom de Abdoulaye Wade. Je les ai payé avec mon argent.»


Propos rassemblés par
Mamadou DIALLO et
El H. Daouda L. GBAYA -

"LE QUOTIDIEN"


COTE D'IVOIRE / ASSASSINAT DU DIPLOMATE FRANCAIS

Vendredi 9 Fevrier 2007

Les investigations des enquêteurs de la police criminelle, entamées au lendemain de l’assassinat du diplomate français, Michel Niaucel, dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 février dernier ont été prématurément interrompues, hier, à Abidjan sur ordre de Michel Arrion, délégué de l’Union européenne.

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L’information a été livrée, hier, par le général Adjoussou, directeur général adjoint de la police nationale au cours d’un point de presse au ministère de la sécurité. Pour l’occasion, le Dga de la police nationale avait à ses côtés Jérôme Cloh Wéwa chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères, et de Kouassi François directeur de la police criminelle. Selon la déclaration du général Adjoussou dont la presse a reçu copie, le fruit de la perquisition recueilli par les enquêteurs de la police criminelle à savoir, ‘’la balle aplatie, la taie d’oreiller perforée par le révolver Smith et Wesson ainsi que les cartouches et la douille trouvées dans le barillet, a été remis aux experts pour analyse et exploitation. A lire entre les lignes, la police criminelle était avancée dans le dossier.
Malheureusement hier, sous le coup de 11h 15, Michel Arrion, délégué de l’Union européenne, est venu signifier aux enquêteurs ivoiriens accompagnés de leurs collègues français présents au domicile de la victime que ‘’la résidence de celle-ci est protégée par un statut diplomatique conformément à la convention de Vienne’’. Séance tenante, le délégué de l’Union européenne a remis au substitut du procureur de la République, Allah Kouamé, une copie d’une note verbale qu’il aurait adressée au Premier ministre Charles Konan Banny et aux ministres des Affaires étrangères et garde des sceaux.
La police nationale s’est retirée des lieux pour prévenir tout incident diplomatique. En outre, ordre a été donné à la police criminelle de lever la garde à vue de dame Blanc Carine, épouse du diplomate français assassiné.
Et surtout de mettre fin à toutes investigations pour être conforme à la convention de Vienne.
Les investigations des enquêteurs de la police criminelle à Abidjan ont donc pris fin hier à la demande des autorités de l’Union européenne. Rappelons que le diplomate français qui travaillait pour l’Union européenne, a été tué par balles avec son propre arme à son domicile dans la nuit du 6 au 7 février dernier à 2 heures du matin. Michel Niaucel était ancien commissaire de police et était chargé de sécurité à la délégation régionale de la Commission européenne en Côte d’Ivoire.

Source " LE FRONT"


COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

Vendredi 9 Fevrier 2007

Le Président de la République Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO a effectué le Dimanche 04 Février 2007, une visite de fraternité et d’amitié à son Frère et Ami, Son Excellence Monsieur John KUFUOR.
Le Président de la République a tenu à le féliciter pour sa brillante élection à la tête de l’Union Africaine. Les deux Chefs d’Etat ont en outre évoqué les questions liées au renforcement des relations entre la Côte d’Ivoire et le Ghana et se sont félicités de la qualité de celles-ci.

Il n’existe donc aucun nuage dans les relations entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, deux pays liés par l’histoire, leurs peuples, et la longue amitié entre les deux Chefs d’Etat.

Les Présidents Laurent GBAGBO et John KUFUOR ont décidé de privilégier désormais ce type de rencontre moins formelle plus conviviale et fraternelle pour aborder des questions relatives aux deux pays, à la Sous Région, à l’Afrique et au Monde.

Le Président Laurent GBAGBO remercie son Frère et Ami le Président John KUFUOR, le Gouvernement et le peuple Ghanéen pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité dont lui et sa délégation ont été l’objet.

Fait à Abidjan,
le 05 Février 2007

La Présidence
de la République


COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 07 FEVRIER 2007

Vendredi 9 Fevrier 2007

Un Conseil des Ministres s’est tenu ce mercredi 07 Février 2007, de 11 heures à 14 heures au Palais de la Présidence, sous la présidence du Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO...
Le Conseil des Ministres a examiné plusieurs projets de décrets ainsi que des communications et autorisé plusieurs réunions et voyages en Côte d’Ivoire et à l’étranger.

Avant d’aborder l’ordre du jour, le Conseil a été informé par le Ministre de la Sécurité Intérieure, du meurtre du Sieur Niancel Michel Edouard, ex-Commandant de police, de nationalité française, responsable de la sécurité auprès de la délégation de l’Union Européenne à Abidjan. La victime a été abattue à son domicile aux environs de 02 heures dans la nuit du 06 au 07 Février 2007. L’enquête est en cours à la Direction de la Police Criminelle qui fera un point de presse dans la journée.


DECRETS

Ministère délégué auprès du Premier Ministre chargé de l’Economie et des Finances

Sur présentation du responsable de ce département, le Président de la République, après délibération a signé un décret portant ratification de l’accord de prêt d’un montant total de 3,5 milliards, conclu le 10 Octobre 2006 entre la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) et la République de Côte d’Ivoire, destiné au financement partiel du projet de construction du pont de Jacqueville.


COMMUNICATIONS

Premier Ministre en liaison avec le Ministère de la Sécurité

Une communication relative à la situation sécuritaire des mois de Décembre 2006 et de Janvier 2007. Il a été observé une légère hausse de la criminalité du fait de l’augmentation des vols de véhicules phénomène habituel des fins d’année ainsi que des troubles à l’ordre public liés à diverses manifestations.

Le Premier Ministre se dit cependant optimiste quant au niveau général de sécurité et au regard de la nature des actes criminels répertoriés (vols de véhicules, attaques de banque…). Ce niveau pourra être plus satisfaisant par un renforcement des moyens des forces de sécurité.

Ministère de l’Administration du Territoire

Une communication faisant le point des Etats Généraux de la décentralisation qui se sont tenus les 15, 16, 17 et 18 Janvier 2007 sur le thème "l’évaluation du processus de décentralisation et du développement local".

Au titre des recommandations, on relèvera entre autres :
- le renforcement des capacités des élus et du personnel des collectivités territoriales,
- l’adoption des décrets de transfert et de répartition des compétences non encore pris,
- l’institution du contrôle à posteriori pour les communes,
- la dotation des collectivités en cadastres,
- la vulgarisation de la loi sur le foncier rural,
- l’association de la chefferie traditionnelle aux missions de sensibilisation,
- la promotion et le renforcement de la bonne gouvernance,
- le reversement de la quote-part des impôts partagés,
- la mise en place des conditions pour un meilleur accès des collectivités décentralisées au marché financier,
- la mise en place d’un fonds d’appui pour l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Le Président de la République a félicité le Ministre pour la tenue de ces importantes assises.

Ministère de la Fonction Publique, de l’Emploi et de la Réforme Administrative

Une communication relative à la signature du Protocole d’Accord pour la stabilité sociale, la Productivité et la Compétitivité des entreprises en vue de la relance économique, entre les employeurs, les travailleurs et le gouvernement.

La crise militaro-politique que vit la Côte d’Ivoire depuis le 19 Septembre 2002 a rendu encore plus précaire la situation des entreprises ainsi que des travailleurs. Bon nombre d’entreprises ont fermé jetant à la rue de nombreux travailleurs. C’est pour créer des conditions idéales de stabilisation et de reprise des investissements dans notre pays que les partenaires sociaux ont convenu de conclure un Protocole d’Accord pour "la stabilité sociale, la Productivité et la Compétitivité des Entreprises en vue de la relance économique".

Cet accord dont la mise en œuvre sera supervisée par le Conseil National du Travail, institue une trève sociale pour trois ans. Au cours de cette période, les trois partenaires sociaux que sont le gouvernement, les employeurs et les travailleurs ont pris des engagements mutuels de privilégier le dialogue social pour la résolution de toutes les questions et conflits sociaux qui se poseront au sein du monde du travail surtout en matière de licenciement collectif et d’arrêt de travail. Il s’agira de rechercher de bonne foi des solutions alternatives dans chacun de ces cas, par la négociation et le dialogue. Cet accord fera l’objet d’une évaluation annuelle du respect des engagements. La signature prochaine de cet accord et la mise en place du Conseil National du travail, constituent pour l’Etat, les opérateurs économiques, les investisseurs et les travailleurs, un signal fort pour la relance économique en cette période de sortie de crise.

Ministère délégué auprès du Premier Ministre chargé de l’Economie et des Finances

Une communication portant révision des procédures administratives et financières et mise en place d’une structure pour une exécution efficace des missions à l’étranger. Celles-ci devront traduire les priorités de l’Etat. A cet effet, le décret n°87-36 du 14 Janvier 1987 fixant le régime des déplacements des membres du gouvernement et des agents de l’Etat, devra faire l’objet de révision. La Commission Interministérielle des Conférences et Missions sera formalisée, de même qu’un manuel de procédures des missions sera élaboré.

Secrétariat d’Etat auprès du Premier Ministre chargé de la Bonne Gouvernance

Une communication relative à la stratégie du Secrétariat d’Etat en matière de bonne gouvernance pour la période 2006-2010. Les axes principaux de travail seront :
- la réligitimation de l’Etat pour une restauration de son autorité, d’abord par une consolidation du cadre général d’exercice de l’action gouvernementale, ensuite par l’identification et la correction des dysfonctionnements majeurs de l’administration,
- la réhabilitation de la justice, de la fonction sécuritaire et de la chaîne de contrôle de l’Etat,
- le renforcement des capacités humaines et la valorisation des compétences nationales.

Pour le Président de la République, l’un des aspects profonds de mal gouvernance auquel il faudrait s’attaquer ici est le niveau de culture et de conscience des citoyens vis-à-vis de l’Etat et de la chose publique. Il s’agira pour beaucoup de réformer les comportements des hommes.

Le Premier Ministre a tenu à appuyer ce constat. Le Président de la République a encouragé la Secrétaire d’Etat à mener des actions vigoureuses dans ce domaine.

Après délibération, le Conseil a adopté les conclusions des différentes communications.


MESURES INDIVIDUELLES

Sur présentation du Ministre délégué en charge de l’économie et des Finances, le Président de la République a signé plusieurs décrets de nomination de responsables de ce département.

Avant de mettre fin à la séance, le Président de la République a tenu à être informé sur la situation de la grippe aviaire dans notre pays. Le Ministre de la Production Animale et des Ressources Halieutiques a rassuré le Conseil que pour l’heure rien n’était à signaler et que le dispositif de veille, de contrôle et de réaction est en alerte.

Hubert Oulaye
Ministre de la Fonction Publique et de l’Emploi,
Porte-parole du Gouvernement


COTE D'IVOIRE / DIALOGUE DIRECT A OUAGA ENTRE LA PRESIDENCE ET LES FORCES NOUVELLES NOUVELLES / INTERVIEW DE SIDIKI KONATE PORTE-PAROLE DES FORCES NOUVELLES

Vendredi 9 Fevrier 2007

Dans quelle ambiance travaillez-vous ?

(…) De toutes les négociations (Lomé I, Lomé II, Marcoussis, Accra I, Accra II, Accra III, Pretoria), il se dégage quelque chose d’original. Il y a une atmosphère de maison. Il n’ y a pas de mesures sécuritaires particulières.
(…) Le fait d’avoir envoyé à Bouaké le ministre Djibril Bassolé et Désiré Tagro a été un déclic. La médiation a commencé véritablement ce jour-là.
Les effets de la médiation se font sentir. Les délégations habitent dans le même hôtel. Nous rions ensemble. Nous nous croisons dans les cyber-cafés. Nous nous parlons.
Il n’y a pas d’animosité.
On voit des gens décrispés. Des gens conscients. De leur engagement, de leurs résultats, dépend aujourd’hui l’issue de la crise en Côte d’Ivoire. C’est quelque chose de nouveau. Bien entendu, il y a la méthode du médiateur. C’est une méthode participative, une méthode de rupture. On se voit le matin ; on se voit l’après-midi. On peut se voir la nuit. Ce sont des choses assez originales que nous découvrons. Tout se fait avec le sens de l’écoute

Cette rencontre a-t-elle valeur de symbole ?
Nous l’espérons. Nous avons toujours dit que la sous-région et nos voisins pouvaient être d’un apport précieux de solution. Nous estimons que le pays frère qui réussit à réconcilier les Ivoiriens entre eux, cela a valeur de symbole. Surtout quand on sait le nombre de faux clichés, les accusations qui ont été vendus. Bref, tout ce qui entoure notre voisinage avec le pays frère. Aujourd’hui qu’un frère vienne résoudre les problèmes d’autres frères, nous ne pouvons que faire acte de reconnaissance.
Entre nous, on peut s’entraider, on peut s’écouter, être solidaires les uns des autres, donc de toutes les difficultés. On peut toujours trouver la solution tout près.
Elle n’est jamais très loin, la solution.

Y a-t-il des couacs ?
Je puis vous assurer que, grâce à Dieu, il n’ y aura pas de couacs. Nous travaillons tous dans l’esprit de sortir d’ici accompagnés du médiateur avec des résultats qui feront plaisir à tous les Ivoiriens, parce qu’au bout, il y aura la paix.

Sur quels thèmes avez-vous planchés ?
(Gros rires)

Propos recueillis à Ouagadougou
par Assoumane Bamba


SENEGAL / PRESIDENTIELLES 2007 / PORTRAIT DES DIFFERENTS CANDIDATS

Lundi 5 Fevrier 2007

BAMBA Dièye, la première d'un jeune loup aux dents longues

Dakar, 4 fév (APS) - Le leader du Front pour le socialisme et la démocratie/Bennoo jubël (FSD/BJ), Cheikh Bamba Dièye, qui se présente à une élection présidentielle pour la première fois, devra faire mieux que son père Cheikh Abdoulaye Dièye qui s'était contenté de 1 pour cent des suffrages lors du dernier scrutin en février 2000.

Bamba Dièye a pris la tête du FSD/BJ, suite au décès accidentel, en mars 2002, de son père Cheikh Abdoulaye Dièye qui en est le père fondateur.

Aujourd'hui, il cherche à lui imprimer sa marque en adoptant un nouveau slogan ''Dignité et mains propres'' à la place du slogan ''Allahou Wahidoune'' (Dieu est unique) qui avait rendu célèbre son père.

''Je veux impulser ma marque au parti, la particularité d'être un individu avec sa personnalité propre, sa vision du monde, sa compréhension du Sénégal d'aujourd'hui'', indique M. Dièye d'un ton ferme.

Après des études secondaires au lycée technique André Peytavin de Saint-Louis, puis au collège Saint Michel de Dakar, il obtient le baccalauréat en 1987 et s'inscrit à l'Ecole nationale des travaux publics d'Alger, la même année. Il en sort en 1992 avec un diplôme d'ingénieur de conception de travaux publics, avec comme option les ponts et les chaussées.

Spécialiste des questions de transports, il revendique de bonnes connaissances en matière d'urbanisme et d'environnement comme données économiques.

Au plan professionnel, il est le directeur de la société Delta Ingénierie et d'une société de mangement de projet spécialisé en microfinance.

Journaliste à ses heures perdues, il a géré et managé plusieurs journaux dont ‘'Alternatives'', un mensuel tiré à 15.000 exemplaires par mois. La ligne éditoriale de ce journal est l'origine des malentendus de son parti avec la CAP21 (Coalition de partis qui soutiennent le président Abdoulaye Wade). Une coalition qu'il a quittée pendant l'été 2006. Il a aussi dirigé le journal ‘'Ndigël''.

Né dans le populeux quartier Santhiaba de Saint-Louis, il se définit comme un Guet-Ndarien pure souche (du nom de ce célèbre quartier de pêcheurs de l'ancienne capitale du Sénégal).

Agé de 40 ans, M. Dièye est marié et père de trois filles. ''Donc, si je dis que je suis pour la parité, vous me comprendrez'', a-t-il dit.

Khalife de la famille de peu son père Cheikh Abdoulaye Dièye, il s'intéresse, à cet effet, à l'éducation des jeunes. Au Front de terre, il s'occupe d'une école coranique où il prend en charge totalement les 50 pensionnaires dont certains sont aujourd'hui pensionnaires de l'Institut africain de management (IAM) de Dakar.

Bamba Dièye, se défend d'être un intégriste, pour avoir opté pour un ''nouveau discours avec un mot d'ordre neuf''.

Acteurs de premier plan des campagnes qui ont marqué le cursus politique du FSD/BJ, il est en outre membre de la Fraternité d'Abraham.

Il a participé à beaucoup de conférences internationales. Il voyage beaucoup pour des raisons professionnelles.

AD/CTN




Lundi 5 Fevrier 2007

Mama Adama GUEYE
Dakar, 4 fév (APS) - L'avocat Mame Adama Guèye, ancien président du Forum civil, section de Transparency International, une organisation non gouvernementale installée à Berlin, se proclame ''candidat issu de la société civile et non de la société civile'' à l'élection présidentielle du 25 février.

Président de 1992 à 2005 du Forum civil, Mame Adama Guèye a réussi à organiser en février 2001, à la veille du référendum sur la réforme institutionnelle, un débat entre le président Abdoulaye Wade et la population à la Radio-télévision sénégalaise (RTS).Ce débat a permis d'asseoir son association parmi les groupes de pression qui comptent au Sénégal.

Du haut de son 1,90m, cet avocat à la voix puissante et chaleureuse, au front largement dégarni, compte parmi les plus célèbres du bureau de Dakar. Contrairement à la plupart de ses confrères qui ont adhéré à des partis politiques, Adama Guèye s'est imposé comme défenseur de la société civile, pour lutter, selon lui, contre la confiscation de l'expression démocratique par les partis politiques et contrôler l'activité des gouvernants en dehors des cadres institutionnels, tels que l'Assemblée nationale, le Conseil économique et social ou le Sénat.

Né à Dakar dans une famille Léboue fortement politisée -- son père, El Hadj Makhtar Guèye, a été un syndicaliste dans le secteur des transports, et son cousin, Latif Guèye, leader de l'ONG Jamra--, Adama Guèye a été réticent à l'égard des batailles politiciennes. Même son beau-frère, Abdoulaye Makhtar Diop, ministre de la Modernisation de l'Etat de l'ancien président Abdou Diouf, marié à sa sœur jumelle Mame Awa Guèye, n'a pas réussi à l'entraîner au sein du Parti socialiste (PS).

Après des études primaires et secondaires à Dakar, sanctionnées par un baccalauréat série A, et une licence en droit obtenue à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Adama Guèye s'inscrit à la faculté de droits et de sciences économiques l'Université de Rennes, en France, où il obtient successivement une maîtrise de droit des affaires, un Diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en droit et pratique judiciaire, un autre en droit des affaires et fiscalité, et un diplôme de juriste-conseil d'entreprise. Il est durant cette période président de la section de Rennes de l'Association des étudiants sénégalais de France, membre de la marxisante Fédération des étudiants de l'Afrique noire francophone (FEANF).

Admis en 1982, à son retour de France, au barreau de Dakar, puis membre du Conseil de l'ordre des avocats de 1988 à 1994, Adama Guéye dispense en même temps des cours en droit des affaires au Centre africain d'études supérieures en gestion (CESAG).

Quelques années plus tard, en association avec des collègues avocats, il monte le cabinet Mame Adama Guèye et Associés. A la tête de cette structure, Me Guèye s'intéresse peu aux procès politiques, bien qu'il ait été l'un des défenseurs de la famille président du Conseil constitutionnel, Babacar Sèye, assassiné après les élections législatives controversées de 1993.

Il a en revanche pour clients les plus grandes sociétés de la place, telles que les Industries Chimiques du Sénégal (ICS), la BCEAO (Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest), la Société nationale d'exploitation des eaux du Sénégal (SONES), la SENTEL (téléphonie mobile) et la compagnie aérienne Air Sénégal International.

Fondateur en 1992, avec ses amis Makhtar Fall et Mouhamadou Mbodj, du Forum civil, ce n'est qu'en 1998, au cours de la campagne des législatives, que Adama Guèye va se révéler à la tête de cette association. Il convoque les chefs de listes de tous les partis à venir exposer leurs programmes devant des experts reconnus pour leur impartialité. Lors de la présidentielle de 2000, il renouvelle cette expérience qui sera largement relayée par les médias publics et privés.

Vice-président de l'Association nationale des consultants du Sénégal, Adama Guèye a participé à de nombreux groupes de travail, notamment celui sur la qualité du service et la bonne gouvernance supervisé par la Banque mondiale. Il a également pris part à la 9-ème conférence internationale anti-corruption organisée en octobre 1999 à Durban, en Afrique du Sud. Cet ancien sportif --il a été footballeur, basketteur et handballeur au Dial Diop-- a dirigé la commission de mobilisation des ressources de la Fédération sénégalaise de football. Il a d'autre part été membre du comité d'organisation de la Coupe d'Afrique des nations au Sénégal en 1992.

Adama Guèye est marié et père d'une famille nombreuse.

AD/CTN




Lundi 5 Fevrier 2007

Alioune "Petit" M'BAYE

Dakar, 4 fév (APS) - ''Je vais gagner''. Ce groupe de mots revient comme une ritournelle dans la bouche du candidat indépendant à l'élection présidentielle du 25 février 2007, Alioune Mbaye dit ''Petit''.

A la question de savoir pourquoi une telle confiance qui ressemble à bien des égards aux fanfaronnades des lutteurs qu'il a l'habitude de mettre face à face pour des combats de lutte avec frappe. Il répond invariablement : ‘'les Sénégalais notamment dans le monde du sport en général et de la lutte en particulier et ils sont les plus nombreux, savent qui je suis, ils vont m'accorder leur confiance''

Il est vrai, et ‘'Petit Mbaye'' n'essaie pas de le nier, les Sénégalais dans leur écrasante ne connaissent de ce quadragénaire qui se présente comme un expert comptable formé entre la Tunisie, la France et les Etats-Unis, que l'organisateur des combats de lutte.

Rentré au bercail il y a 15 ans de cela pour ‘'participer à l'effort de développement'' de son pays, l'homme d'affaires est assurément la surprise du chef depuis qu'il a annoncé sa candidature à la magistrature suprême.

‘'J'ai un projet pour mon pays et encore plus pour les jeunes qui en constituent l'écrasante majorité'', a-t-il dit au sujet de sa candidature qu'il refuse d'assimiler ‘'à un marche pied'' pouvant être utilisé par d'autres candidats pour des desseins inavoués.

Alioune Mbaye, patron de la structure Action 2000 qui est connu pour organiser les combats du champion de lutte avec frappe, Mohamed Ndao Tyson, ne veut pas quitter le monde du sport.

‘'Je serai le candidat de tous les sportifs surtout du monde de la lutte qui renferme de la majorité des Sénégalais'', a-t-il signalé bien calé dans son bureau de Directeur financier de la compagnie saoudienne, Saudi Airlines, situé à la plage de l'Indépendance, à quelques jets de pierre du Palais présidentiel.

Signalant être le trésorier général de la Jeanne d'Arc de Dakar, le natif du quartier populaire de Grand-Dakar est ‘'venu poser sa candidature pour remporter l'élection présidentielle et mettre fin à l'hypothèque des politiques sur le devenir de notre pays''.

‘'Nous en avons assez de ces hommes politiques qui nous prennent en otage depuis plusieurs années sans grande perspective pour nos populations'', a-t-il martelé soulignant qu'à mon ‘'âge (40 ans), j'ai pris mes responsabilités avec un groupe d'amis pour aller demander aux Sénégalais leurs suffrages''.

Ce qu'on devrait lui accorder, au vu, selon lui, du capital sympathie récolté ‘'du côté de la lutte mais aussi du sport et de la musique''. En effet, pour que nul n'en ignore il rappelle que c'est lui qui a révéler Ndongo Lô aux Sénégalais.

N'essayez même pas de lui expliquer qu'il y a un grand écart entre l'amitié et la décision d'une personne de glisser un bulletin dans l'urne parce que vous vous entendrez répondre : ‘'je sais que je vais gagner, je suis un expert comptable et d'après mes calculs, c'est moi qui serai élu au soir au 25 février''.

Marié à deux épouses et père de six enfants, M. Mbaye qui conseille les PME et PMI dans le domaine de l'expertise comptable, se dit ‘'ni de gauche, ni de droite, encore moins du centre''.

A l'en croire, désormais il n'a qu'une idée : ‘'être au Palais de la République pour donner du travail aux jeunes pour que cesse la migration à travers les mers et le sable du désert''.

SD/CTN




Lundi 5 Fevrier 2007

Moustapha NIASSE

Dakar, 4 fév (APS) - Le leader de l'Alliance des forces de progrès (AFP), Moustapha Niasse, candidat d'une coalition de partis composée notamment du Parti de l'indépendance et du travail (PIT) et du Rassemblement national démocratique (RND) tentera de faire mieux que le rôle de faiseur de président qu'il avait joué en mars 2000.

Limogé en mars 2001 de son poste de Premier ministre par le président Abdoulaye Wade, Moustapha est l'un des principaux opposants de Abdoulaye Wade.

Dans la foulée de son départ du gouvernement de l'Alternance, il s'est présenté aux élections législatives d'avril 2001, mais il pas obtenu via son parti les résultats escomptés.

Ancien baron du Parti socialiste, Moustapha Niasse avait réalisé un bon score lors du premier tour de la présidentielle de 2000 (16,7%). Arrivé troisième derrière le candidat socialiste Abdou Diouf (41,3%) et le candidat du PDS Abdoulaye Wade (31%), et loin devant le leader le leader de l'Union pour le renouveau démocratique Djibo Kâ (7%), Niasse a été l'arbitre du second tour de la présidentielle. Malgré une forte pression de certains chefs d'Etat qui lui ont demandé de soutenir Diouf, il appelle ses militants à voter en faveur de Wade.

Né dans le village de Keur Madiabel, près de la ville de Kaolack, Moustapha Niasse se dit issu de la famille maraboutique de El Hadji Omar Tall. Après des études primaires dans son village, il fréquente le Faidherbe de Saint-Louis. Nanti d'une licence en droit après des passages aux Universités de Dakar et de Paris II, il entre à l'Ecole nationale d'administration du Sénégal (ENAS). Il sort major en 1967 de la promotion ‘'André Peytavin''.

A l'époque, le parti unique, l'Union progressiste sénégalaise (UPS), est incontesté. Parmi ses défenseurs les plus remarqués, se trouve le jeune Niasse, président de l'encadrement national des jeunes du parti.

Promu directeur de l'Information du Sénégal, il ne s'empêche pas d'intervenir à la radio pour dénoncer les adversaires politiques de son parti. Mais si la situation l'exige aussi, il est sur le terrain et fait le coup de poing contre les contestataires.

A partir de 1979, Moustapha Niasse entame une carrière ministérielle. Nommé au portefeuille de l'Urbanisme et de l'Habitat pour une période de six mois, il met sous sa tutelle les deux principales sociétés immobilières publiques, l'Office des habitations à loyer modéré (OHLM) et la société immobilière du Cap-Vert (SICAP). Ce qui lui permet de faciliter l'accès à la propriété à nombre de militants de son parti. Il devient ensuite ministre des Affaires étrangères, puis est confirmé à ce poste par Abdou Diouf lorsque ce dernier accède à la présidence en janvier 1981, après la démission de Senghor.

Il y restera jusqu'en 1984 lorsqu'en plein conseil des ministres, il gifle le ministre de l'Information Djibo Kâ, qui lui reprochait lors d'une réunion du bureau politique, d'être constamment en mission et de ne pas s'occuper de la vie du parti. Niasse qui était directeur politique du parti, est ainsi évincé du gouvernement.

A partir de là, il s'éloigne de la politique pour se consacrer à des affaires. Il monte un cabinet de consultant juridique, Cabinet conseil international (CCI), avec des experts français, anglais, américains, canadiens et africains. Puis il créé en 1988 avec des partenaires saoudiens la société d'assurances SOSAR-Al Amane. Il dirige également sa société de négoce de pétrole brut, International Trading Oil and Commodities (ITOC), ainsi qu'une société, Oryx, qui vend des produits pétroliers finis. Au Sénégal et dans les pays de la sous- région.

Il devient également conseiller spécial pour l'Afrique francophone de la société de livraison rapide DHL International.

Ce n'est qu'après la réélection d'Abdou Diouf à la présidentielle de février 1993, que Niasse est rappelé au gouvernement pour occuper à nouveau le portefeuille des Affaires étrangères. Ses nouvelles fonctions ne l'empêchent pas de continuer à pratiquer le ''vrai-parler''. Ce qui n'est pas du goût de tous au sein du PS. Niasse pèse de tout son poids pour donner à son parti la victoire lors des législatives de mai 1998 dans le département de Nioro dont il est originaire.

Moustapha Niasse n'accepte cependant pas de participer au gouvernement de Mamadou Lamine Loum, formé en juillet 1998, en invoquant sa volonté de vouloir ''s'occuper de ses affaires''. En réalité, l'importance prise auprès du président Diouf par le ministre d'Etat et premier secrétaire du PS Ousmane Tanor Dieng l'indispose. Lorsque Djibo Kâ quitte le PS à la veille des législatives pour créer un nouveau parti, l'URD, Niasse ne condamne pas ce départ.

En août 1999, sous la forte pression de ses partisans dont Me Abdoulaye Babou, il finit par céder et créer l'Alliance des forces de progrès (AFP).

Agé aujourd'hui de 68 ans, Moustapha Niasse Niasse a été élu en avril 2001 député sous la bannière de son parti. Un poste qu'il a occupé jusqu'en juin 2006, avant de quitter l'Assemblée nationale suite à la prorogation du mandat des députés.

AD/CTN




Lundi 5 Fevrier 2007

Me Doudou NDOYE, l'as du barreau féru de politique

Dakar, (APS) - Membre fondateur du Parti démocratique sénégalais(PDS, au pouvoir) avant de créer l'Union pour la République (UPR), sa formation politique propre, Me Doudou Ndoye est d'abord connu comme un as du barreau, qu'il pratique depuis 1975.

Sorti de l'Ecole nationale des impôts de Clermont-Ferrand comme inspecteur des impôts et des fiscalités d'entreprises, il est nommé assistant en Droit privé à l'université de Dakar à son retour au pays dans les années 1974-75, en même temps qu'il exerce d'abord comme avocat stagiaire. Il va définitivement rompre avec l'enseignement pour le barreau.

Démissionnaire de son poste de secrétaire national chargé des relations avec les organes internes du PDS, le 31 décembre 1981, il adhère au Parti socialiste, alors au pouvoir, pour y occuper le poste de secrétaire administratif au bureau politique. Il sera alors porté à la tête du ministère de la Justice, du 8 avril 1983 au 2 janvier 1986.

Natif de Dakar et Lébou bon teint, le secrétaire général de l'UPR, qui se veut très au fait des problèmes de sa communauté, dit vouloir se battre pour le retour à la propriété privée de la terre pour les paysans, estimant que l'Etat a spolié les propriétaires coutumiers.

D'une manière globale, l'UPR articule son combat politique autour du respect de l'unité nationale, de la laïcité de la République, et de l'Etat de droit, parallèlement à une conception propre de la politique qu'il veut promouvoir : ‘'il faut participer, s'exprimer, s'épanouir autrement''.

Me Doudou Ndoye, 63 ans, aime à clamer qu'il est né en politique et que, sans doute, il y mourra. Décrit comme un personnage haut en couleurs, il se targue d'être le premier universitaire à avoir enseigné le Droit et la pratique bancaire à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Ses détracteurs aiment retenir de lui l'image d'un homme peu souple et rigide dans ses prises de position. Il reste que cet homme constamment en verve, sous des airs d'éternel jeunot, est un redoutable débatteur, qui ne fait pas de compromis quand il s'agit de défendre ses convictions.

Marié et père de quatre enfants, Me Doudou Ndoye a pour violon d'Ingres l'édition. Celui qui peut-être présenté comme le père du Code de la famille annoté dirige également une maison d'édition : les Editions juridiques africaines (EDJA).

Créées en 1987, les éditions EDJA sont spécialisées dans la publication d'ouvrages juridiques et Me doudou Ndoye se présente comme le principal animateur de son comité scientifique.

Connu par ailleurs pour être un grand sportif, Me Doudou Ndoye a récemment confié qu'il vient d'abandonner, il y a juste un an seulement, la pratique du football.

BK/CTN




Lundi 5 Fevrier 2007

Robert SAGNA

Dakar, 4 fév (APS) - Maire de Ziguinchor depuis plus de vingt ans, Robert Sagna, est candidat à l'élection présidentielle de février 2007, même s'il n'a pas été investi par sa formation politique, le PS, qui lui a préféré Ousmane Tanor Dieng.

Au départ, peu passionné par la chose politique, il a pourtant effectué la plus grande partie de sa carrière professionnelle comme ministre.

Secrétaire d'Etat sous Léopold Sédar Senghor, il a été plusieurs fois ministre sous le régime du président Diouf jusqu'à l'arrivée au pouvoir du leader du Parti démocratique sénégalais (PDS), Abdoulaye Wade, en mars 2000.

Ayant une formation d'ingénieur agronome du génie rural, Robert Sagna a effectué des études supérieures en Belgique et en France où il a aussi obtenu un diplôme de troisième cycle en économétrie de l'Université de Paris 1 (Panthéon- Sorbonne). Il débute sa carrière comme inspecteur du génie rural à Thiès, puis devient, au bout de deux ans, chef de la division des aménagements hydro-agricoles du projet rizicole de Sédhiou financé par la Banque mondiale.

En 1974, il est nommé directeur des études au ministère du Développement rural. C'est durant cette période que le président Senghor le choisit pour succéder au gouvernement à Emile Badiane, le charismatique leader politique de la Casamance, décédé en 1972, et qui a été un des principaux responsables du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) .

Nommé en février 1978 secrétaire d'Etat à la Promotion humaine, il s'attache à donner de la consistance à ce nouveau département ministériel qui est l'ancêtre de l'Action sociale. Il met en œuvre avec succès un Plan alimentaire du Sénégal (1978-85). Ses fonctions l'amènent à parcourir les campagnes et à rencontrer les organisations villageoises.

Lorsque Abdou Diouf succède à Senghor à la présidence en janvier 1981, il continue de promouvoir Robert Sagna. Ayant pris entre-temps en 1980 la carte du PS, il devient ainsi secrétaire d'Etat à la Pêche maritime et hérite du fief politique de Ziguinchor sans combattre, en étant désigné comme le nouveau responsable du PS pour la région. Mais déjà, les premiers signes de la rébellion en Casamance sont enregistrés.

On ne pouvait plus mal entrer en politique. Robert Sagna prend langue avec les leaders de la rébellion et avertit les autorités du feu qui couve. Il est cependant peu écouté et la première manifestation du MFDC organisée fin décembre 1982 fait une vingtaine de morts.

En mars 1983, Robert Sagna est nommé ministre de l'Equipement ainsi que ministre confédéral sénégambien des Transports. Puis, il s'impose en décembre 1984, comme le nouveau maire de Ziguinchor. Dans la foulée, il réussit à obtenir un compromis entre les deux factions du PS qui s'opposent dans la capitale du Sud : celle du maire sortant, Mamadou Abdoulaye Sy et celle de Doudou Cissé.

Sous la pression du président Diouf, les deux factions se mettent d'accord sur la candidature unique de Robert Sagna pour occuper le fauteuil de maire, une fonction qu'il occupe toujours. Ce succès a été difficile à consolider, car Robert Sagna est devenu la cible principale de tous et surtout du maire sortant. Il parvient à s'imposer par une présence constante dans sa région : il quitte Dakar tous les week-ends, du vendredi au lundi, pour joindre Ziguinchor par le petit avion de ligne.

Dans le même temps, il poursuit une carrière ministérielle sans encombre, tout d'abord à la tête du ministère de l'Information (de 1988 à 1990), puis de celui de l'Equipement et des Transports (de 1990 à 1993) et enfin de celui de l'Agriculture.

Membre de toutes les structures créées pour trouver une solution pacifique à la rébellion du MFDC, Robert Sagna est très écouté par le président Diouf, mais aussi par les rebelles dont il n'a condamné que la revendication d'indépendance, mais pas les motifs qui les ont poussés à prendre les armes.

A chaque fois que l'abbé Diamacoune Senghor -- il est décédé le 12 janvier-- prononce un discours officiel en faveur de la paix, M. Sagna est présent à l'enregistrement. Ce qui montre son implication dans toutes les tentatives de règlement du conflit.

Fidèle supporter du président Diouf, il a pris une part active dans la campagne présidentielle de 1993 et s'est vu récompensé par un poste de ministre d'Etat dans le gouvernement constitué peu après.

Après la défaite du président Diouf à la présidentielle de 2000, Robert Sagna a été accusé par ses camarades socialistes de ''n'avoir pas fait son boulot'' parce que Ziguinchor, bastion socialiste, était tombé dans l'escarcelle de l'opposition. Juste retour des choses, il fait partie des détracteurs de Tanor Dieng qui ont accusé ce dernier d'avoir été '' l'artisan'' de la défaite électorale et par conséquent réclamé, mais sans succès, son départ du poste de premier secrétaire.

En 2006, avec des ténors dont Madia Diop, Mamadou Diop, Cheikh Abdou Khadre Cissokho, il crée le courant Démocratie Solidarité au sein du PS. Plus tard, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle, ''avec ou sans le PS''.

Passionné de chasse et de pêche, Robert Sagna est connu pour son humour et sa grande liberté de parole. Il est d'autre part catholique pratiquant (ayant été pendant sa jeunesse enfant de cœur, séminariste et militant de la Jeunesse étudiante catholique de Ziguinchor).

Souvent habillé en costume ou en saharienne, il a une propreté qui frise la manie (il se lave les mains une dizaine de fois par jour). Par ailleurs, il a été garçon d'honneur au mariage d'Abdou Diouf. Il possède diverses décorations étrangères, notamment françaises (officier de la légion d'honneur, Officier de l'ordre du Mérite maritime), belge (Officier de l'Ordre royal). Il est aussi Chevalier de l'Ordre souverain magistral de Malte.

AD/CTN




Lundi 5 Fevrier 2007

Ousmane Tanor DIENG, le dauphin veut maintenant le fauteuil du leader

Dakar, 4 fév (APS) - La carrière politique du Premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Ousmane Tanor Dieng, candidat à la présidentielle du 25 février, n'a jamais été un long fleuve tranquille.

Puisque de sa nomination en 1996 comme premier secrétaire à celle du candidat du PS à la présidentielle de février 2007, l'histoire retiendra qu'OTD n'a jamais réussi à faire l'unanimité autour de sa personne.

Sa prise de pouvoirs au sein de la formation socialiste a été suivie du départ de plusieurs ténors dont Djibo Kâ à la veille des élections législatives de 1998 et de Moustapha Niasse, une année plus tard en 1999.

Les départs conjugués de ces leaders auraient sonné le glas du PS et expliqueraient la défaite du 19 mars 2000 alors que ses partisans et lui-même décrétaient une victoire de plus de 60 pour cent au premier tour pour la présidentielle de 2000.

Une défaite du candidat sortant, Abdou Diouf mais aussi et surtout celle du premier secrétaire qu'il s'est choisi et qui avait la mainmise sur l'ancien parti au pouvoir.

En le nommant directeur de campagne en 1993 contre Djibo Kâ, le président Abdou Diouf avait balisé la voie à cet énarque breveté de l'Ecole nationale d'administration et de magistrature (ENAM) en 1976.

La victoire socialiste aux élections législatives et présidentielle, en 1993, avait conforté son ascension puisqu'il s'est vu attribuer un poste sur mesure, celui de ministre d'Etat, ministre des Services et Affaires présidentiels.

De ce poste, il devenait le super intendant du palais présidentiel et s'ouvrait une voie royale pour prendre pied au sein du PS qu'il n'a rejoint que tardivement en 1981 selon des sources concordantes.

Ainsi il lui est devenu plus facile de se faire élire, en 1995, président de l'Union régionale PS de sa région natale, Thiès, avant de réussir une OPA sur le bureau politique socialiste avec la bénédiction du président Abdou Diouf qui se décharge sur lui pour la gestion quotidienne de l'ancien parti au pouvoir.

Et c'est pourquoi ses détracteurs qui sont restés au PS en dépit de la vague de départs notés avec Djibo Kâ et Moustapha Niasse ont demandé sa démission après l'alternance historique intervenue après un règne de 40 ans sans partage.

Ses adversaires au sein du PS incarnés par la vieille garde avec comme tête de proue, Robert Sagna, en dépit de plusieurs tentatives de réconciliation, ont finalement décidé de faire cavalier seul en présentant la candidature du maire de Ziguinchor.

L'ancien conseiller diplomatique du président Léopold Sédar Senghor, confirmé par Abdou Diouf qui a succédé en 1981 au premier chef de l'Etat sénégalais, élu député aux élections législatives de 2001, a appris à devenir chef de l'opposition parlementaire.

A côté de ce mandat parlementaire, OTD qui a ouvert un cabinet de consultant international au lieu d'aller rejoindre le ministère des Affaires étrangères, a tenté de tisser sa toile au niveau de l'opposition dont il est de tous les combats.

Sans être un champion du verbe comme les autres opposants, il est apparu comme le candidat naturel de l'ancien parti au pouvoir qu'il a mené sans beaucoup de dégâts lors de sa traversée du désert suite à la perte du pouvoir.

Candidat désigné du PS à 60 ans (il est né le 2 janvier 1947), il aura la lourde tâche de montrer que sa formation socialiste demeure encore très forte en dépit des nombreuses scissions.

Et sa capacité à se rallier ceux qui ont pourtant causé sa perte en 2000, montre une dose de réalisme propre aux vieux routiers de la politique.

Parce qu'enfin, le président du Comité Afrique de l'Internationale socialiste sait que rien ne lui sera pardonné dans cette tentative de reconquête du pouvoir qui sera tout sauf une partie de plaisir avec la présence de plusieurs hommes politiques de sa génération.

Et dans ce sens, cette élection présidentielle serait l'occasion pour ce technocrate qui s'est versé dans la politique de chercher la légitimité que ses opposants lui ont toujours déniée.

SD/CT




Lundi 5 Fevrier 2007

Mamadou DIALLO un technocrate à la quête du pouvoir

Dakar, 4 fév (APS) - Candidat indépendant à la prochaine présidentielle sénégalaise, Mamadou Lamine Diallo, qui est porté par la coalition ‘'Tekki-Taaru Senegaal'', est un ingénieur de formation, diplômé en économie de l'Ecole des Mines de Paris.

Il a successivement servi comme ingénieur aux Charbonnages de France (84-86), puis comme économiste (86-88) au Centre d'économie industrielle de l'Ecole des mines de Paris (CERNA), avant d'occuper, de 1990 à 1993, le poste de conseiller de l'administrateur à la Banque mondiale à Washington. A ce titre, il s'est occupé du suivi des programmes d'ajustements structurels.

De cette position à l'instance financière internationale, la transition pour son pays natal s'est fait naturellement : de 1994 à 2002, il est conseiller technique à la primature sénégalaise. Auparavant, il avait été directeur adjoint à la Direction des études de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).

Comme conseiller technique de différents chefs de gouvernements sénégalais, il a été amené à s'occuper de questions intéressant l'économie, les mines, l'énergie, l'industrie, les transports, l'hydraulique et les télécommunications.

Dans ce laps de temps, il a été président de conseils d'administration, de comités de gestion, de suivi ou de pilotage de plusieurs structures dont la Société nationale de recouvrement (SNR), la Liaison maritime Dakar-Ziguinchor et la Réforme du secteur routier.

De 2002 à 2003, il a été directeur adjoint à la Direction de la recherche et de la statistique de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), avant de quitter ce poste pour celui de directeur adjoint du cabinet du président de la Commission de l'Union africaine (UA, 2003-06).

A partir de mars 2006, M. Diallo, auteur de plusieurs ouvrages ou publications sur divers domaines, occupe le poste de conseiller du président de la commission de l'UA, chargé du pilotage du projet des Etats-Unis d'Afrique.

Aidé de sa coalition qui regroupe ‘'des citoyens indépendants, des militants associatifs, des syndicalistes, et des partis politiques'' dont Taaru Senegaal / Taaru Afrik / Mouvement pour le socialisme autogestionnaire, Mamadou Lamine Diallo dit travailler à l'émergence ''d'une salutaire transition émergente et citoyenne qui se traduira par un renouveau dans les valeurs, les principes et les priorités''. A ce propos, il est l'auteur d'un récent essai intitulé : ‘'Le Sénégal Un lion économique, essai sur la compétitivité d'un pays du Sahel'' (Karthala, 2004).

''Nous comptons capitaliser les efforts et acquis antérieurs et actuels qu'ils soient venus du leadership associatif, syndical et politique, des citoyens, pour faire du Sénégal un pays acquis à l'irréversibilité d'une économie efficace et solidaire fondée sur la démocratie, l'égalité des chances, la promotion du mérite'', souligne-t-il dans sa profession de foi.

Depuis deux générations, la classe politique ‘'a fait de son mieux sans grand succès, vu le contexte politique local, national, régional et international'', a fait valoir le candidat indépendant, auteur par ailleurs d'un autre essai interrogateur : ‘'Les Africains sauveront-ils l'Afrique ?'' (Karthala, Paris, 1996).

Ingénieur doublé d'un économiste, il déplore tout à la fois le ''manque de confiance en soi et d'imagination'' de la classe politique, ''en ce qui concerne la recherche de solutions aux problèmes du pays et le clientélisme de sa gestion''.

''Alors que le Sénégal est à la croisée des chemins'' et que ''des choix clairs, rationnellement appliqués, peuvent le placer résolument sur la voie de l'émergence citoyenne'', ''la persistance dans l'approximation, les déclarations d'intentions démagogiques, le clientélisme et l'injustice risquent de le plonger durablement dans un abîme profond'', averti-t-il.

Marié et père de trois enfants, Mamadou Lamine Adama Diallo, 48 ans, est adepte de la natation, de la pêche et de la chasse. Il est notamment membre de l'équipe d'étude prospective sur l'Afrique, Futurs Africains (PNUD).

BK/CTN




Lundi 5 Fevrier 2007

Abdoulaye Bathily : un esprit porté très tôt vers la contestation

Dakar, 4 fév (APS) - Présenté depuis sa prime jeunesse comme un élève turbulent, le leader de la Ligue démocratique/mouvement pour le parti du travail (LD/MPT), est fortement caractérisé par son esprit contestataire.

Alors qu'il poursuivait ses études secondaires au Prytanée militaire Charles Ntchorere de Saint-Louis, il est renvoyé en avril 1966 pour avoir mené une grève de la faim pour protester contre les conditions de vie des étudiants.

A cette époque déjà, le professeur Abdoulaye Bathily militait activement dans les cellules du Parti africain de l'indépendance (PAI), la formation politique qui a comme qui dirait enfanté tous les partis sénégalais qui se réclameront plus tard du marxisme léninisme. Courage et indépendance d'esprit caractériseront, par la suite, la trajectoire de Abdoulaye

Exclu du Prytanée militaire de Saint-Louis en classe de première et muni seulement d'un BEPC, il monte à Dakar et trouve un travail de technicien en laboratoire à l'université.

En même temps, il poursuit ses études et après avoir obtenu son baccalauréat en 1967, il s'inscrit à l'université de Dakar, pour être porté une année plus tard à la tête de l'Union démocratique des étudiants sénégalais, en octobre 1968. Déjà en ‘'mai 1968'', il était résolument engagé, comme on pouvait s'y attendre, du côté des contestataires.

A la faveur de la forte agitation qui règne à l'université de Dakar au début des années 1970, le régime de Senghor emprunte la manière forte : il arrête les dirigeants du mouvement estudiantin dont Bathily, puis les enrôle dans l'armée.

Après ce passage sous les drapeaux (mars 1971-septembre 1972), Abdoulaye Bathily bénéficie d'une bourse d'études de l'université de Birmingham où il parvient à décrocher, en trois ans, un Ph.D.

De retour au Sénégal en 1975, il obtient un poste d'assistant au département d'histoire de l'université de Dakar, concomitamment avec son idéal politique dont il prolonge la quête au sein de la LD/MPT, qui venait de naître, dans la clandestinité, des flancs du PAI.

Devenu secrétaire général de la LD/MPT en 1984, il lance son parti dans la batille pour la présidentielle de février 1993, après avoir notamment soutenu l'actuel président de la République Abdoulaye Wade en 1988. Entre-temps, son parti avait abandonné sa connotation marxiste pour devenir un parti de gauche au cours de son congrès extraordinaire de 1991.

Elu député avec deux de ses compagnons à l'issue des législatives de 1993, Abdoulaye Bathily, longtemps demeuré un opposant inconditionnel sous les présidents Senghor et Diouf, va répondre à l'invitation de ce dernier d'entrer au gouvernement comme ministre de l'Environnement. Il quitte le gouvernement en 1998, avec la fin de l'expérience d'une opposition ‘'participative''.

La victoire du candidat Abdoulaye Wade à la présidentielle de février-mars 2000 le rappellera par la suite aux affaires gouvernementales comme ministre de l'Energie et de l'Hydraulique. Cerise sur le gâteau pour un des principaux soutiens de Wade lors de la campagne victorieuse de 2000 : il occupe le troisième rang protocolaire du gouvernement.

Lors des législatives de 2001, Bathily va triompher de Cheikh Abdoul Khadre Cissokho, présenté comme ‘'baron'' du Parti socialiste à Bakel. Cette localité du nord Sénégal, d'où il est originaire, était également connue pour être un des fiefs de la formation socialiste.

Cette victoire l'a sans doute poussé à rester à l'Assemblée nationale plutôt qu'au gouvernent. Au sein de l'institution parlementaire, il se verra récompensé d'un troisième poste de vice-président, qui sied sans doute à la dimension de cet intellectuel bilingue auteur de plusieurs ouvrages.

Au titre de ces publications, on peut citer : ‘'Les portes de l'or : le royaume du Galam de l'ère musulmane aux temps des négriers 8e -18e siècle'' (Paris, L'Harmattan, 1989), ‘'The military and militarism in Africa'' (en collaboration).

Abdoulaye Bathily qui compte parmi ses amis notamment Alpha Oumar Konaré, président de l'Union africaine, et Henriette Dagri-Diabaté, secrétaire générale du rassemblement des républicains, est père de quatre enfants : trois filles et un garçon.




Lundi 5 Fevrier 2007

SE Modou DIA
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Un proche de la famille du chef de l'Etat à l'assaut du pouvoir

Dakar, 4 fév (APS) - L'ambassadeur du Sénégal en Arabie Saoudite, Modou Dia, un des trois candidats à l'élection présidentielle du 25 février prochain, est un proche de la famille du président Abdoulaye Wade dont il a épousé la nièce.

Diplomate depuis plus de 25 ans, chancelier de classe exceptionnelle, Modou Dia a été le premier ambassadeur à être nommé en décembre 2000 par le président Abdoulaye Wade.

Affecté en Arabie Saoudite, il occupe un poste sensible et très convoité, où le chef de l'Etat n'envoie que de très proches personnes.

Modou Dia est marié depuis 1981 avec Hindou, fille de Adama Wade, un des frères du chef de l'Etat, décédé en 1992 à l'âge de 74 ans.

Né en 1950, le candidat indépendant à l'élection présidentielle est un Dakarois pure souche qui est né et a longtemps vécu dans le quartier de la Gueule-Tapée.

Musulman pratiquant élevé au rang de ''Cheikh'', il est de la confrérie des Khadrya basée à Nimzat en Mauritanie.

Après une maîtrise en sciences économiques obtenue à l'Université de Dakar, il s'inscrit, en 1975, à l'Ecole nationale d'administration et de magistrature (ENAM) de Dakar.

Classé deuxième au concours de fin d'études de l'ENAM, il est engagé comme chef du bureau des organisations internationales à caractère économique et technique au ministère des Affaires étrangères.

Il est également titulaire d'un Diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en management (option finances), acquis aux Etats-Unis.

Modou Dia est affecté en 1978 comme premier secrétaire à l'ambassade du Sénégal à Moscou. Trois ans plus tard, il rentre au pays pour occuper le poste de chef du bureau Afrique au ministère des Affaires étrangères. Il retourne à l'étranger en 1983, cette fois-ci comme premier secrétaire à l'ambassade du Sénégal en Allemagne.

Nommé en 1990 deuxième conseiller au consulat du Sénégal à Djeddah, M. Dia doit faire face, avec son épouse, à un milieu hostile. Bon nombre de responsables et certains employés du consulat et de l'ambassade de Riyad les marginalisent du fait de leur parenté avec l'opposant Abdoulaye Wade.

Lors de l'élection présidentielle de 1993, il est écarté de l'organisation du scrutin en Arabie Saoudite. La raison, bien qu'elle n'ait jamais été officiellement invoquée par ses supérieurs est relative à l'activisme de son épouse au sein de la cellule du Parti démocratique sénégalais (PDS) d'Arabie Saoudite.

En 1999, il est rappelé au ministère des Affaires étrangères. Ce qui lui permet d'être aux côtés de Wade pendant la campagne électorale pour la présidentielle de 2000.

Le candidat Dia, dont le slogan est ''Réduire la facture et la fracture'', a appris plusieurs langues au cours de sa longue carrière diplomatique. Il parle couramment l'allemand, l'arabe, l'anglais et le russe.

Actuellement représentant permanent du Sénégal auprès de l'Organisation de la Conférence islamique (OCI), Modou Dia ne se présente sous la bannière d'aucun ''parti politique ou d'un groupe de pression et d'intérêt''.
''Ma seule préoccupation est de proposer un programme de développement à long terme intitulé +Sénégal, objectif 2017+'', indique-t-il dans sa profession de foi publiée sur son site web.

Modou Dia, qui a démissionné de son poste après l'annonce de sa candidature, estime que les ''partis politiques ont échoué pour n'avoir pas répondu aux attentes des populations''.

Il estime pouvoir conduire les changements nécessaires confinés autour du ''rétablissement de l'Etat de droit, la réorganisation des structures et des institutions de l'Etat et la création des conditions d'une croissance économique globale''.


COTE D'IVOIRE / DIALOGUE DIRECT ENTRE LE CHEF DE L'ETAT LAURENT GBAGBO ET LES FORCES NOUVELLES A OUAGA AU BURKINA-FASO

Lundi 5 Fevrier 2007

Désiré TAGRO au Président COMPAORÉ à l'ouverture du dialogue direct: "VOUS ÊTES CELUI QUI CONNAISSEZ IDÉOLOGIQUEMENT ET HISTORIQUEMENT MIEUX LE PRÉSIDENT : 05 Feb 2007 - 16:27 GMT

Le président Blaise COMPAORE a ouvert officiellement ce matin, au centre de conférences international Ouaga 2000, le "dialogue inter- ivoirien dit " dialogue direct" entre le camp présidentiel et la rébellion. A cette occasion, M. Désiré TAGRO, le porte- parole, représentant le président Laurent GBAGBO, a fait une déclaration liminaire dont nous vous proposons de larges extraits .

"Excellence, Monsieur le Président BLAISE COMPAORE, Président du FASO, Président en exercice de la CEDEAO,

Le 23 Janvier 2007, votre frère, son Excellence, Monsieur LAURENT GBAGBO président de la République de Côte d'Ivoire, vous a officiellement saisi, en votre qualité de Président de la CEDEAO, pour faciliter le dialogue direct qu'il a annoncé dans son plan de sortie de crise publié le 19 décembre 2006.

Je prends la parole pour vous traduire les remerciements de votre frère, qui, comme vous me l'avez affmné, est l'homme que vous connaissez
historiquement et idéologiquèment le mieux, dans toute la classe politique ivoirienne.

Vous avez certes été saisi en votre qualité de Président de la CEDEAO, mais bien avant d'avoir été porté à la tête de notre organisation sous- régionale par vos pâirs, vous aviez déjà accepté de prendre votre place dans le règlement de la crise ivoirienne.

Votre décision, vous l'avez dit, est fondée non seulement sur votre volonté de rechercher une paix véritable et définitive en Côte d'Ivoire et dans la sous- région (vous êtes bien l'initiateur du dialogue inter-togolais qui s'est achevé de manière heureuse), mais aussi pour donner un sens aux liens historiques, sociologiques, culturels et économiques qui unissent nos deux pays.

De Côte d'Ivoire, beaucoup de mes compatriotes ne le voient toujours pas, mais quiconque a voyagé dans la sous-région et sait observer, s'aperçoit immédiatement dès le premier séjour dans votre pays que la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso ont des liens qu'aucun pays n'a avec un autre dans la sous-région ouest-africaine".

Des représentants de la Communaute Internationale se sont succédé à Abidjan et des médiateurs ont été choisis dont chacun a fait ce qu'il pouvait pour ramener la paix en Côte d'Ivoire.

Je voudrais, Monsieur le President, saisir cette occasion pour les remercier tous. Je voudrais en particulier rendre hommage à SEM THA.BO M'BEKI, Président de la République d'Afrique du Sud dont l'action méthodique, déterminé et emprunte d'objectivité, de respect et de courtoisie pour ses interlocuteurs a permis d'obtenir les avancées les plus palpables dans le processus ivoirien de sortie de crise..

Cependant, malgré les avancées obtenues grâce à l'action de la Communauté Intemationale,la Côte d'Ivoire est toujours à la recherche de solutions devant lui permettre de tourner définitivement cette triste page de son histoire.

C'est pourquoi, le Président LAURENT GBAGBO préconise le dialogue direct avec l'opposition armée.

Le plan de sortie de crise annoncé par le Président LAURENT GBAGBO le 19 décembre 2006 et dont le dialogue direct constitue un point a été
immédiatement accepté par les autres parties ivoiriennes en ce qu'aucune d'elles n'a contesté à ce jour, sa pertinence et sa justesse. Mais a été surtout accepté par son destinataire, l'opposition armée, qui par la voix de son Secrétaire Général, l'a favorablement accueilli le 1 er janvier 2007. Ce plan constitue, tout le monde en convient, la première initiative entièrement
ivoirienne depuis le début de la crise".

Information: Paulin N'ZOBO, envoyé spécial