Novembre 2006

INTERVIEW DE M.SORO GUILLAUME SECRETAIRE GENERAL DES FORCES NOUVELLES

Jeudi 30 Novembre 2006

Soro Guillaume a remis de l’ordre au sein du mouvement des Forces nouvelles, au cours d’un récent séminaire de recadrage et de reprise en main, qui s’est tenu à Bouaké. Dans cette interview exclusive, il s’en explique et réitère sa profession de foi: la crise actuelle ne peut prendre fin que par un soulèvement populaire.

Vous faites un diagnostic sévère des dysfonctionnements constatés au
niveau de la chaîne de commandement, du comportement de certains des
chefs de votre armée. En quoi consistent les dysfonctionnements constatés ?
Nous avons fait notre autocritique. L’autocritique par essence doit
être rigoureuse. Elle était comme vous le dites sévère, mais pas méchante.
Nous avons été amené à faire cet exercice parce que nous pensons que
nous avons d’énormes potentialités, sur tous les plans. Et il fallait
augmenter au maximum l’efficacité de ces capacités en améliorant leur mode
de fonctionnement. Ce sont les seules raisons qui ont motivé cette
autocritique.

Vous vous l’avez évoqué, il y a un mécontentement au niveau des
soldats du rang, de la troupe. Elle se plaint du train de vie seigneurial des
chefs de militaires alors qu’à elle, il manque le minimum vital.
C’est exact, dans la troupe,il y avait de la grogne. Parce qu’elle
considérait que sa condition de vie était précaire. C’est quelque chose de
commun à toutes les armées. C’est pourquoi, il nous fallait ce
recadrage pour éviter les débordements. D’un, cela nous permet de donner un
signal fort aux troupes. De deux, il est important que les chefs
militaires se remettent en cause et prennent conscience. Cette nouvelle vision
les oblige à gérer leurs éléments au plus près. Cela est extrêmement
important. Il fallait leur dire qu’il ne faudrait pas qu’il y ait un fossé
abyssal entre eux et leurs soldats, mais que nous attendions plutôt un
resserrement des liens, une cohésion du sommet à la base.

Pensiez-vous qu’un soulèvement était imminent au niveau de votre armée
à cause du comportement de ces chefs militaires ?
Une révolte, non. Mais, il ne faut pas non plus laisser le danger
arriver. Ce recadrage disons-le, est dans l’ordre normal des choses. Toute
armée connaît des étapes dans son évolution. L’armée que nous avions en
2002 n’a rien à avoir avec celle que nous avons aujourd’hui. En 2002,
c’était vraiment la rébellion, la désorganisation. Ensuite vous avez
suivi une autre étape où il nous a fallu reprendre en main les soldats,
les inscrire dans le respect de la hiérarchie pour les discipliner.
C’est une étape dure, difficile que nous avons franchie. Il y avait
beaucoup de dissidents et nous sommes allé à l’épuration dans nos rangs. Nous
avons franchi cette étape. Reste maintenant la professionnalisation de
notre armée. C’est une autre étape à franchir. Ce n’est donc pas qu’il
y ait un danger particulier pour les chefs ni pour nous-même. Mais,
vous le savez, quand on stagne, on finit par reculer.

L’armée de métier que vous voulez bâtir, induit un certain nombre
d’impératifs matériels et psychologiques. Êtes-vous en train de vous
préparer pour une crise de très longue durée?
Je n’ai pas le choix. Je ne vais pas faire une politique à courte vue.
Nous nous préparons pour une bataille de longue haleine. Donc, il faut
être prêt matériellement et psychologiquement au cas où la crise
devrait perdurer. Être prêt techniquement et matériellement même si par
extraordinaire il y a une reprise des hostilités. Notre travail, c’est
d’être prêt à tout moment. Et nous faisons cette préparation professionnelle
et psychologique. Certains diront qu’il est suspect qu’au moment où la
guerre semble tirer à sa fin, que nous engageons la
professionnalisation de notre armée. Mais moi je dis que, même si la réunification devait
se faire demain, il faut que nous arrivions demain midi à cette
réunification-là, prêts, mieux organisés, structurés et professionnels. Au
plan matériel, nous nous sommes donné la capacité de résoudre les
problèmes posés à notre armée. Nous avons instruit les différents cadres de
travailler à cela.

Jusqu’au paiement des soldes ?
Bien sûr ! C’est un objectif à atteindre. Au départ, les choses se font
faites avec beaucoup de bonne volonté, maintenant il faut qu’on arrive
aux soldes. Cela je l’ai dit. Ce n’est pas un secret.

Monsieur le Secrétaire général, vous faites de plus en plus appel à des
experts étrangers pour intégrer votre mouvement. C’est le cas du
général togolais Assani Tidjani, qui a été invité à votre séminaire comme
expert militaire. Vous avez également présenté un expert économique qui a
des références à la Banque mondiale. N’êtes-vous pas en train de vous
inscrire dans un statut de province autonome au sein de la République de
Côte d’Ivoire ?
Je pense que nous avons besoin d’amis, de soutiens et d’alliés. Il est
évident qu’on ne peut pas vivre en autarcie ou en vase clos. J’ai
invité des personnes extérieures. Je n’ai jamais fait mystère de cela. Déjà
en 2003, nous avons des amis qui sont venus nous aider. Notre volonté
n’est pas de vivre dans une province autonome ou, comme vous ne le dites
pas, en sécession. Ce n’est pas l’objectif que nous visons. Nous visons
à améliorer le vécu quotidien des populations, et à maximiser toutes
nos capacités. Depuis le 19 septembre 2002, nous vivons ici sous notre
seule responsabilité. Notre économie est organisée comme nous l’avons
souhaité. Notre administration existe. Nous n’avons pas eu besoin
d’Abidjan pour le faire. Il ne s’agit pas d’aller un peu plus vers l’autonomie
mais d’améliorer une situation acquise de fait depuis le 19 septembre
2002.

La présence du général togolais Tidjani n’est-elle pas une violation
de l’embargo décrété dans le cadre de cette crise ? Apparemment, il
s’agit d’un cas d’assistance militaire interdite par l’ONU.
Il faut que je vous rappelle que les Forces Nouvelles sont un
mouvement politique. S’il est tout aussi vrai que lorsque le FPI tient ses
séminaires et ses congrès, des Français tels Guy Labertit, Albert Bourgi et
autres sont invités à y participer, il est tout aussi vrai que le
général Tidjani, libre de tout engagement administratif et militaire dans
son pays, est totalement libre de ses faits et gestes. Et nous l’avons,
en toute responsabilité, invité à notre séminaire pour y participer
pleinement. L’embargo n’a pas été voté pour empêcher les gens de circuler
dans l’espace CEDEAO.

La référence du séminaire au terme “Haute autorité politique et
militaire des Forces Nouvelles” fait-elle de vous de vous le chef suprême des
armées des Forces de défense et de sécurité des Forces nouvelles ? Si
oui, à ce titre, serez-vous l’interlocuteur de Gbagbo pour les questions
militaires tel le DDR ?
Vous voulez savoir si la référence à une “haute autorité politique et
militaire des Forces nouvelles” a une relation avec le titre de “chef
suprême des armées”. Naturellement, dans l’organisation des Forces
nouvelles, je suis bel et bien le chef suprême des Armées et ce serait un
pléonasme, que de le dire. Donc, ce n’est même pas caché. Maintenant est-
ce que je serai l’interlocuteur dans le cadre des discussions sur
l’armée. Le chef suprême des armées a un chef d’état -major qu’il peut
déléguer à ces discussions. Maintenant, à la question est de savoir si le
chef suprême des armées au Sud est M. Laurent Gbagbo, et que je suis le
chef suprême des Forces armées des Forces Nouvelles, je vous réponds
également oui. Il y a deux armées en Côte d’Ivoire, ne l’oubliez pas. Les
Forces de défense et de sécurité, dirigées par le général Mangou
Philipe et les Forces de défense et de sécurité des Forces nouvelles,
dirigées par le général Soumaïla Bakayoko. Ne pas admettre qu’il y a deux
armées en Côte d’Ivoire, c’est refuser d’aller à la paix, c’est refuser
d’aller à la réunification du territoire, c’est refuser d’aller à la
réconciliation nationale.

Il est aujourd’hui notoire que le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo,
envisage des contacts directs avec vous. Il vous veut comme interlocuteur
principal dans le processus de sortie de crise. Le contact existe-t-il
réellement ? S’agit-il, comme on l’a dit, de négociation pour que vous
occupiez le fauteuil de Premier ministre de la transition comme on
l’entend dire souvent ?
Vous-mêmes, croyez-vous en toute sincérité que M. Gbagbo veuille
discuter avec moi sur une base sincère ? Il ne faut pas se tromper. C’est
vrai que la rumeur a couru. Il est vrai que Laurent Gbagbo a envoyé Désiré
Tagro (son porte-parole) auprès du chef de l’Etat burkinabé, le
président Blaise Compaoré. Mais M. Tagro n’a jamais eu de rencontre ni
physique, ni téléphonique avec moi. J’ai rencontré le chef de l’Etat Laurent
Gbagbo pour la dernière fois en septembre 2006. Ecoutez ! Au cours de
l’année 2006, j’ai été longtemps présent à Abidjan. Et cette opportunité
ne m’a pas été donnée. Maintenant, pour ce qui concerne le poste de
Premier ministre, vous savez qu’en 2005, les Forces nouvelles avaient
estimé après la fin du mandat de Laurent Gbagbo, si ce dernier devrait être
reconduit à son poste, il fallait que la primature revienne aux Forces
nouvelles. Cela n’a pas été accepté. Nous ne sommes pas intéressé par
ce poste. Nous considérons que la résolution 1721 a fixé le cadre de la
transition. Il y a un chef du gouvernement. Donc nous suivons et nous
soutenons ce chef de gouvernement parce que nous soutenons la 1721. Nous
considérons que c’est l’outil qui doit conduire le processus de paix.

Nous soutenez la 1721 mais cette résolution est en train d’être
attaquée de front par le président de la République par une série de décrets
de limogeage (les Directeurs généraux et les conseils d’administration
de Fraternité Matin, de la Rti) et par la réhabilitation des
personnalités proches de lui, impliquées dans le scandale des déchets toxiques. Ne
pensez vous pas qu’il y a une sorte de conflit au sommet qui pourrait
être préjudiciable à l’application de cette résolution ?
J’ai toujours dit que tant que les ivoiriens vont dormir paisiblement
chez eux, Laurent Gbagbo avancera un peu plus dans l’absurde. Si à
Abidjan, on accepte que MM. Gossio retourne au port, Gnamien à la douane et
Amondji Pierre au district, que Kébé Yacouba et Lébry Leon Francis
soient limogés, écoutez, Laurent Gbagbo ne s’arrêtera pas en si bon
chemin.Demain il mettra le gouvernement dehors, interdira peut-être aux
Ivoiriens de respirer l’air naturel. C’est au peuple de prendre ses
responsabilités, aux forces politiques d’éclairer et de conduire le mouvement
insurrectionnel.
A New York, nous avons dit au Secrétaire général des Nations Unies,
Kofi Annan, que Gbagbo n’est pas l’homme avec qui il faut faire la paix.
Il n’est pas un homme avec qui il faut négocier. Gbagbo est un homme
issu de l’agitation de rue, qui a fait de l’opposition et il sait que ce
qui compte et détermine dans la société, c’est le rapport des forces.
Si tu es fort, tu existes. Si tu n’es pas fort, tu disparais. C’est à la
société civile, aux partis politiques d’avoir une plate forme commune
pour lui dire que c’est fini !

A quand un probable retour du secrétaire général des Forces nouvelles
au gouvernement ?
Voulez-vous que je retourne dans ces conditions au gouvernement ? Vous
ne pensez pas que j’ai assez de tâches à Bouaké, occupé que je suis à
l’amélioration des conditions de vie de nos populations, à
professionnaliser mon armée ? C’est cette armée, qui, je peux vous le dire, donnera
l’espoir aux Ivoiriens. Si le gouvernement a des problèmes à Abidjan,
la seule armée qui pourrait être son soutien, c’est la nôtre.

Soutenir le gouvernement en chassant par exemple Laurent Gbagbo ?
Vous ne serez quand même pas surpris non ? Le 19 septembre, vous croyez
qu’on voulait faire quoi ? Gbagbo nous a montré qu’il n’a que deux
solutions. La première c’est de nous écraser militairement. Il l’a tentée à
plusieurs reprises, la dernière en date remonte à novembre 2004. Nous
savons qu’il est en train de s’organiser pour avoir le soutien de la
communauté internationale afin d’écraser le Nord. Et vous croyez, que nous
serons dans une position attentiste, en train de l’observer se
préparer ? Nous aussi nous nous préparons. Parce que nous aussi, nous avons
compris que la seule chose qui compte, et qui comptera toujours, ce sont
les rapports de force. C’est notre capacité de riposte.

Interview réalisée par Touré Moussa et Coulibaly Brahima
(Envoyés spéciaux à Bouaké)



REACTION DE LA FRANCE SUR LES DERNIERS EVENEMENTS

Jeudi 30 Novembre 2006

PARIS (AFP) - La France a accusé jeudi le président ivoirien Laurent Gbagbo de nuire "gravement à la crédibilité du processus électoral" pour avoir limogé les directeurs généraux des deux principaux organes de presse de Côte d’Ivoire.

"Pour la France, ces actes, qui touchent à la liberté de la presse, nuisent gravement à la crédibilité du processus électoral que doit mener à bien le gouvernement ivoirien dans le respect de la transparence et de la liberté d’expression", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi lors d'un point de presse.

Le Groupe de Travail international (GTI) sur la Côte d’Ivoire qui doit se réunir vendredi sera "amené à se prononcer sur les limogeages successifs par le président Gbagbo des directeurs généraux des deux principaux organes de presse de Côte d’Ivoire (Fraternité Matin et la Radio Télévision Ivoirienne), sur la dissolution de leurs conseils d’administration et sur l’occupation des locaux de la RTI par un peloton de gendarmerie afin d’empêcher la rediffusion du communiqué du Premier ministre", Charles Konan Banny, a souligné M. Mattéi.

La France, qui maintient 3.500 soldats en Côte d'Ivoire, avait pesé de tout son poids lors de l'adoption de la dernière résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui a donné des pouvoirs élargis au Premier ministre pour amener le pays à des élections d'ici à un an. M. Gbagbo juge ces pouvoirs en partie contraires à la constitution ivoirienne.


COMMUNIQUE DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

Mercredi 29 Novembre 2006

La sortie du S.G de la Primature pour contester les mesures arrêtées dimanche par le Chef de l’État a suscité une réaction du Palais présidentiel pour lever les équivoques. En application des décrets n° 2006-396, 2006-397 et 2006-398 en date du 26 novembre 2006 pris par le Président de la République, des passations des charges ont eu lieu ce matin à Fraternité Matin et au Port autonome d’Abidjan. Pour Fraternité Matin, M. Kouakou N’Guessan Jean-Baptiste dit Jean-Baptiste Akrou a pris ses fonctions de Directeur général par intérim sous la supervision de Mme Christine Konan, Secrétaire général adjoint du gouvernement.

Pour le Port autonome d’Abidjan, M. Désire Dallo, Directeur général du Port autonome de San Pedro, a pris ses fonctions de Directeur général par intérim du Port autonome d’Abidjan, toujours sous la supervision du Secrétaire général adjoint du gouvernement.

En temps normal, des passations des charges aussi ordinaires que celles-là n’auraient appelé aucun commentaire particulier. Il s’est trouvé cependant que, sur les antennes de la Télévision nationale de Côte d’Ivoire, un communiqué attribué au Premier ministre de Côte d’Ivoire a demandé qu’il soit sursis à l’exécution des décrets pris par le Président de la République au double motif suivant:- ces décisions n’auraient pas été prises en Conseil des ministres et le Premier ministre n’aurait pas été consulté sur la question;- ces décisions consacreraient l’impunité et pourraient provoquer des troubles à l’ordre public et constituer une menace contre la paix.Sur le premier point, c’est gratuitement et vainement que le Premier ministre cherche à être consulté par le Président de la République avant la prise de décrets par celui-ci.
Sa demande est gratuite et vaine parce qu’elle n’est fondée sur aucun texte de loi.
Le Premier ministre est, en effet, le collaborateur privilégié du Président de la République, mais il n’est qu’un collaborateur et aucun texte en vigueur ne requiert son approbation avant la prise de décision par le Président de la République.
Quant à la prise de décrets en Conseil des ministres, le Président de la République, unique détenteur du pouvoir exécutif dans le régime que les Ivoiriens se sont donné, apprécie les situations et peut à tout moment, quel qu’en soit le lieu, en dehors de tout Consei1 des ministres, prendre des décrets si l’urgence lui en indique la nécessité.
Le Premier ministre le sait bien puisque le décret n° 2006-308 du 5 octobre 2006 portant création de tribunaux de première instance et érection de sections de tribunal en tribunaux de première instance, pris en vue du démarrage des audiences foraines et dont la Primature se sert actuellement pour des spots sur les antennes de la Télévision ivoirienne, a été signé par le Président de la République, sur présentation du Premier ministre lui-même, un jeudi, en dehors de tout Conseil des ministres.

Malgré ces règles et par souci de courtoisie et d’élégance, le Président de la République a toujours informé son Premier ministre des décisions majeures qu’il prend. Les décrets concernant le Port autonome d’Abidjan, le District d’Abidjan, la Direction générale de la Douane et Fraternité Matin n’ont pas échappé à cette règle.

S’agissant de Fraternité Matin, le Président de la République à lui-même appelé le Premier ministre au téléphone dans la journée du samedi 25 novembre 2006, pour lui annoncer les sanctions qu’il envisageait de prendre à l’encontre des responsables de Fraternité Matin, qui se sont rendus coupables de manipulations de l’opinion, nonobstant leur statut d’organe gouvernemental.
Quant aux décrets concernant le Port autonome d’Abidjan, le District d’Abidjan et la Direction générale des Douanes, le Président de la République a instruit le porte-parole de la Présidence d’en informer le Premier ministre par le canal du Secrétaire général de la Primature.
Ce qui a été fait au domicile du porte-parole le dimanche 26 novembre 2006 à 18 heures.

Sur le deuxième point, c’est-à-dire sur la question de l’impunité, le Président de la République rappelle à tous que nul n’a le droit de jouer avec la mort et la détresse des Ivoiriens.
Il estime qu’il est indécent d’exploiter ce drame national qui a endeuillé des familles et perturbé la vie de la nation, comme un fonds de commerce politique.Le déversement des déchets toxiques à Abidjan est un acte de guerre chimique contre notre pays. C’est un acte criminel contre les Ivoiriens et tous ceux qui vivent en Côte d’1voire.
Devant un tel acte, la seule réponse qui convient, c’est la Justice. Toute enquête ne peut être faite que pour aider la justice.

Quand les faits se sont produits, le Président de la République a dit qu’il serait sans pitié pour les auteurs de ces faits mais il a aussi précisé qu’il serait juste. C’est pourquoi, dès la découverte des déchets toxiques, il a saisi les procureurs d’Abidjan aux fins de mener des enquêtes et de trouver les coupables en remontant toute la chaîne du crime. Les procureurs ont désigné des juges d’instruction et des enquêtes ont été menées ici en Côte d’Ivoire même, au Sénégal, en Estonie et en Hollande.

Aujourd’hui, tous ceux qui ont créé des sociétés pour réceptionner ces produits hautement toxiques, tous les responsables ou agents du Port autonome d’Abidjan, de la Douane, du District d’Abidjan et de toutes les administrations concernées qui ont sciemment participé ou aidé à la réception de ces produits, qui ont participé ou aidé à leur déversement sur le District d’Abidjan, ont été identifiés, arrêtés et mis en prison. Parmi eux, figurent des Directeurs généraux ou centraux de notre Administration. Il s’agit là de la procédure pénale dont l’objectif est de sanctionner les auteurs ou complices de ce drame.

Quant à l’enquête administrative initiée par le Premier ministre et qui vient de s’achever, elle a permis seulement de constater les dysfonctionnements des différentes administrations qui ont été citées. Mais jusqu’à ce jour, la justice n’a pas encore établi que les directeurs du Port autonome d’Abidjan, de la Douane et le Gouverneur du District d’Abidjan avaient personnellement pris part à la commission des faits. La sanction de trois mois de suspension que le Président de la République vient de prononcer ne concerne que leur responsabilité administrative.

Mais tout le monde sait distinguer entre la sanction pénale et la sanction administrative, c’est-à-dire qu’il est possible de condamner un agent qui a commis un vol dans un service en laissant en liberté son chef.Le Premier ministre Charles Konan Banny connaît bien cette distinction puisqu’en 2002, alors qu’il était Gouverneur de la BCEAO, un hold-up portant sur la somme de deux milliards de FCFA a été commis dans les locaux de l’agence nationale de la BCEAO à Abidjan.
Les agents qui ont pris part à ce hold-up ou qui ont aidé à sa réussite en toute connaissance de cause ont été appréhendés avec l’auteur. Mais ni le Directeur national de la BCEAO, ni le Gouverneur de la BCEAO qui se trouve être le Premier ministre actuel de la Côte d’Ivoire, n’ont été inquiétés parce qu’ils n’ont pas pris personnellement part à ces faits. A cette époque, les Chefs des Etats membres de la BCEAO n’ont suspendu ni le Directeur national de la BCEAO, ni le Gouverneur de la BCEAO. Ils ne les ont pas non plus emprisonnés.

Le Président de la République ne peut accepter donc que le Premier ministre ait une mémoire sélective et que sa lutte contre l’impunité soit tout aussi sélective. La justice suit son cours pour punir les criminels. Il faut se garder de la perturber car ni le Président de la République, ni le Premier ministre ne sont habilités à rendre la justice qui est le travail des juges.Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, le Président de la République juge que le fait pour l’ensemble de la Direction de la RTI d’avoir permis la diffusion d’un communiqué pour le moins séditieux, appelant à la non application de décrets signés par le Président de la République et annonçant insidieusement “des troubles graves à l’ordre public”, constitue une faute grave pour le seul média audiovisuel d’Etat que la Côte d’Ivoire possède.
En conséquence de quoi, il vient de prendre deux décrets sanctionnant ces responsables.

Les passations des charges liées à la prise de ces mesures auront lieu tout à l’heure à 17 heures (Ndlr, hier à 17h).

Fait à Abidjan le 28 novembre 2006
Le Porte-parole
de la Présidence
de la République

N.B: Le titre du communiqué est de la Rédaction

Les décrets présidentiels

Décret 2006-401 du 28 novembre 2006, portant révocation du Directeur général de la Radio diffusion télévision ivoirienne (RTI) de ses fonctions et nomination d`un intérimaire.
Le Président de la République, Vu la constitution,
Vu la loi n° 2004-644 du 14 décembre 2004, portant régime juridique de la communication audio visuelle,
Vu l`urgence, Décrète :
Article 1er : M. Kébé Yacouba est révoqué de ses fonctions de Directeur général de la radio diffusion, télévision ivoirienne.
Article 2 : M. Brou Amessan est nommé Directeur général par intérim de la radio diffusion télévision ivoirienne.
Le présent décret prend effet à partir de sa date de signature.
Fait à Abidjan,
le 28 novembre 2006,
Laurent Gbagbo
Décret n° 2006-400 du 28 novembre 2006, portant dissolution du conseil d`administration de la radio diffusion télévision ivoirienne (RTI).
Le Président de la République,
Vu la constitution, vu la loi n° 2004-644 du 14 décembre 2004, portant régime juridique de la communication audiovisuelle,
Vu l`urgence,
Décrète :
Article 1er: Est dissous le conseil d`administration de la radio diffusion télévision ivoirienne,
Article 2: Un nouveau conseil d`administration sera mis en place, conformément aux dispositions législatives en vigueur.

Fait à Abidjan,
le 28 novembre 2006,
Laurent Gbagbo


COTE D'IVOIRE / NOMINATIONS D'UN NOUVEAU DIRECTEUR PAR INTERIM DU PORT ET DU QUOTIDIEN PRO-GOUVERNEMENTAL FRATERNITE MATIN

Mardi 28 Novembre 2006

En application des décrets n° 2006-396, 2006-397 et 2006-398 en date du 26 novembre 2006 pris par le Président de la République, des passations de charges ont eu lieu ce matin à Fraternité Matin et au Port Autonome d'Abidjan.

DEFIANCE A L'AUTORITE DU CHEF DE L'ETAT Pour Fraternité Matin, Monsieur KOUAKOU NGUESSAN Jean Baptiste dit Jean Baptiste AKROU a pris ses fonctions de Directeur Général par intérim sous la supervision de Madame Christine KONAN, Secrétaire Général Adjoint du Gouvernement.
Pour le Port Autonome d'Abidjan, Monsieur Désiré DALLO, Directeur Général du Port Autonome de San Pedro, a pris ses fonctions de Directeur Général par intérim du Port Autonome d'Abidjan, toujours sous la supervision du Secrétaire Général Adjoint du Gouvernement.
En temps normal, des passations de charges aussi ordinaires que celles-là 'auraient appelé aucun commentaire particulier.
Il s'est trouvé cependant que, sur les antennes de la Télévision nationale de Côte d’Ivoire, un communiqué attribué au Premier Ministre de Côte d’Ivoire a demandé qu'il soit sursis à l'exécution des décrets pris par le Président de la République au double motif suivant:
- ces décisions n'auraient pas été prises en Conseil des Ministres et le Premier Ministre n'aurait pas été consulté sur la question;
- ces décisions consacreraient l'impunité et pourraient provoquer des troubles à l'ordre public et constituer une menace contre la paix.
Le premier point, c’est gratuitement et vainement que le Premier Ministre cherche à être consulté par le Président de la République avant la prise de décrets par celui-ci.
Sa demande est gratuite et vaine parce qu'elle n'est fondée sur aucun texte de loi. Le Premier Ministre est en effet le collaborateur privilégié du Président de la République mais il n'est qu'un collaborateur et aucun texte en vigueur ne requiert son approbation avant la prise de décision par le Président de la République.
Quant à la prise de décrets en Conseil des ministres, le Président de la République, unique détenteur du pouvoir exécutif dans le régime que les Ivoiriens se sont donné, apprécie les situations et peut à tout moment, quel qu'en soit le lieu, en dehors de tout Conseil des ministres, prendre des décrets si l'urgence lui en indique la nécessité.
Le Premier Ministre le sait bien puisque le décret n° 2006-308 du 05 octobre 2006 portant création de tribunaux de première instance et érection de Sections de tribunal en tribunaux de première instance, pris en vue du démarrage des audiences foraines et dont la Primature se sert actuellement pour des spots sur les antennes de la télévision ivoirienne, a été signé par le Président de la République, sur présentation du Premier Ministre lui-même, un jeudi, en dehors de tout Conseil des ministres.
Malgré ces règles et par souci de courtoisie et d'élégance, le Président de la République a toujours informé son Premier Ministre des décisions majeures qu'il prend. Les décrets concernant le Port Autonome d'Abidjan, le District d'Abidjan, la Direction Générale de la Douane et «Fraternité Matin » n'ont pas échappé à cette règle.
S'agissant de «Fraternité Matin», le Président de la République a lui-même appelé le Premier Ministre au téléphone dans la journée du samedi 25 novembre 2006 pour lui annoncer les sanctions qu'il envisageait de prendre à l'encontre des responsables de Fraternité Matin, qui se sont rendus coupables de manipulations de l'opinion, nonobstant leur statut d'organe gouvernemental.
Quant aux décrets concernant le Port autonome d'Abidjan, le District d'Abidjan et la Direction Générale des Douanes, le Président de la République a instruit le Porte Parole de la Présidence d'en informer le Premier Ministre par le canal du Secrétaire Général de la Primature.
Ce qui a été fait au domicile du Porte Parole le dimanche 26 novembre 2006 à 18 heures.
Sur le deuxième point c'est-à-dire sur la question de l'impunité,
le Président de la République rappelle à tous que nul n'a le droit de jouer avec la mort et la détresse des Ivoiriens.
Il estime qu'il est indécent d'exploiter ce drame national qui a endeuillé des familles et perturbé la vie de la nation, comme un fonds de commerce politique.
Le déversement des déchets toxiques à Abidjan est un acte de guerre chimique contre notre pays.
C'est un acte criminel contre les Ivoiriens et tous ceux qui vivent en Côte d1voire. Devant un tel acte, la seule réponse qui convient, c'est la Justice.
Toute enquête ne peut être faite que pour aider la justice.
Quand les faits se sont produits, le Président de la République a dit qu'il serait sans pitié pour les auteurs de ces faits mais il a aussi précisé qu11 serait juste.
C'est pourquoi, dès la découverte des déchets toxiques, il a saisi les procureurs d'Abidjan aux fins de mener des enquêtes et de trouver les coupables en remontant toute la chaîne du crime. Les procureurs ont désigné des juges d'instruction et des enquêtes ont été menées ici en Côte d1voire même, au Sénégal, en Estonie et en Hollande.
Aujourd'hui, tous ceux qui ont créé des sociétés pour réceptionner ces produits hautement toxiques, tous les responsables ou agents du Port Autonome d'Abidjan, de la Douane, du District d'Abidjan et de toutes les administrations concernées qui ont sciemment participé ou aidé à la réception de ces produits, qui ont participé ou aidé à leur déversement sur le District d'Abidjan, ont été identifiés, arrêtés et mis en prison.
Parmi eux, figurent des Directeurs Généraux ou centraux de notre Administration. Il s'agit là de la procédure pénale dont l'objectif est de sanctionner les auteurs ou complices de ce drame.
Quant à l'enquête administrative initiée par le Premier Ministre et qui vient de s'achever, elle a permis seulement de constater les dysfonctionnements des différentes administrations qui ont été citées.
Mais jusqu'à ce jour, la justice n'a pas encore établi que les directeurs du Port Autonome d'Abidjan, de la Douane, et le Gouverneur du District d'Abidjan avaient personnellement pris part à la commission des faits.
La sanction de trois mois de suspension que le Président de la République vient de prononcer ne concerne que leur responsabilité administrative.
Mais tout le monde sait distinguer entre la sanction pénale et la sanction administrative, c'est-à-dire qu’il est possible de condamner un agent qui a commis un vol dans un service en laissant en liberté son chef.
Le Premier Ministre Charles KONAN BANNY connaît bien cette distinction puisqu'en 2002, alors qu'il était Gouverneur de la BCEAO, un hold-up portant sur la somme de deux milliards de FCFA a été commis dans les locaux de l'agence nationale de la BCEAO à Abidjan.
Les agents qui ont pris part à ce hold-up ou qui ont aidé à sa réussite en toute connaissance de cause ont été appréhendés avec l'auteur.
Mais ni le Directeur National de la BCEAO, ni le Gouverneur de la BCEAO qui se trouve être le Premier Ministre actuel de la Côte d’Ivoire, n'ont été inquiétés parce qu’ils n'ont pas pris personnellement part à ces faits.
A cette époque, les Chefs des Etats membres de la BCEAO n'ont suspendu ni le Directeur National de la BCEAO, ni le Gouverneur de la BCEAO. Ils ne les ont pas non plus emprisonnés.
Le Président de la République ne peut accepter donc que le Premier Ministre ait une mémoire sélective et que sa lutte contre l'impunité soit tout aussi sélective.
La justice suit son cours pour punir les criminels. Il faut se garder de la perturber car ni le Président de la République ni le Premier Ministre ne sont habilités à rendre la justice qui est le travail des juges.
Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, le Président de la République juge que le fait pour l'ensemble de la Direction de la RTl d'avoir permis la diffusion d'un communiqué pour le moins séditieux, appelant à la non application de décrets signés par le Président de la République et annonçant insidieusement « des troubles graves à 'l'ordre public », constitue une faute grave pour le seul média audiovisuel d'Etat que la Côte d’Ivoire possède. En conséquence de quoi, il vient de prendre deux décrets sanctionnant ces responsables.
Les passations de charges liées à la prise de ces mesures auront lieu tout à l'heure à 17 heures.

DESIRE TAGRO
PORTE-PAROLE
DE LA PRESIDENCE
DE LA REPUBLIQUE


VISITE OFFICIELLE DE SA MAJESTE MOHAMED VI A DAKAR

Mardi 28 Novembre 2006

Sa Majesté le Roi Mohamed VI du Maroc effectue depuis le 14 novembre 2006 une visite officielle de quatre jours au Sénégal.
A son arrivée il a été accueilli par son homologue sénégalais, SEM Abdoulaye Wade, en présence des membres du gouvernement et du corps diplomatique. Son voyage est placé sous le signe de la solidarité entre les deux peuples et du raffermissement des relations entre les deux pays, marquées par un partenariat exemplaire sur tous les plans.
La visite officielle a débuté le 15 novembre 2006 par un entretien entre les deux chefs d’Etat, suivi de la signature d’accords de partenariat.
Sa Majesté le Roi Mohamed VI a, par la suite, procédé à l’inauguration de l’avenue Hassan II, avant de visiter le laboratoire de contrôle alimentaire financé par le Maroc.
Le 16 novembre 2006, le souverain chérifien, visitera un site du plan Reva, programme mis en œuvre par le Président Abdoulaye Wade pour accompagner les jeunes vers un retour à la terre, afin de faire de l’agriculture le moteur du développement économique et social du Sénégal. Dans cette dynamique, le Maroc a été l’un des premiers pays qui ont décidé de manifester leur soutien à cette initiative. Le vendredi 17 novembre, sa Majesté le Roi Mohamed VI effectuera la prière de 14 heures à la grande mosquée de Dakar, construite par le Maroc et inaugurée en 1964 par père, le défunt roi Hassan II.
Pour clôturer sa visite officielle en terre sénégalaise, le souverain shérifien se rendra à l’hôpital de Fann où il procédera à la remise d’un don en médicaments.
Il convient de rappeler l’excellence des relations entre les deux pays qui ont su, à travers l’histoire, la culture et la religion, tisser des liens profonds.
Le fleuron de la coopération maroco-sénégalaise demeure incontestablement la compagnie aérienne Air Sénégal international, dont 51 % des parts du capital est détenu par le Maroc.
Grâce au partenariat stratégique avec la Royal Air Maroc, Air Sénégal International a su développer un service de qualité sur plusieurs destinations à travers le monde.
Dans le domaine de l’énergie, des infrastructures routières, des télécommunications et des nouvelles technologies de l’information et de la communication, entre autres, le Maroc a su prévaloir, au profit du Sénégal, une expérience à la fois riche et diversifiée. Dans le domaine de la finance, des banques marocaines sont déjà présentes au Sénégal.
Du côté sénégalais, le Président Wade ne cesse de réaffirmer la place du royaume chérifien sur l’échiquier continental. Sa prise de position est hautement appréciée par les Marocains, dans la mesure où le destin de l’Afrique ne peut se construire sans le Maroc.


SEMINAIRE DES FORCES NOUVELLES

Mardi 28 Novembre 2006

Les Forces nouvelles sont rentrées en séminaire du 25 au 27 novembre pour recadrer leurs actions et restructurer en profondeur leur mouvement afin de lui donner une nouvelle dynamique.
Ils se sont inscrits dans la perspective d’une crise de très longue durée.
Et ils ont décidé de mettre en place les structures civilo-militaires adéquates pour la gestion efficiente de leurs zones durant tout ce temps.
Ils, ce sont les ex-rebelles ivoiriens retranchés au Nord, Centre et à l’Ouest du pays.
Convoqués par Guillaume Soro, ce sont près de 300 chefs militaires, administrateurs civils, administrateurs des services financiers, responsables de la protection civile, de la santé, de l’environnement qui se sont réunis pendant trois jours au centre “Le Jeune Viateur” de Bouaké.
Tout le ban et l’arrière-ban de la rébellion avait émargé sur la liste de présence, car l’heure était grave.
Invités à venir réfléchir sur le thème “Organisation et fonctionnement des Forces nouvelles dans la nouvelle transition en Côte d’Ivoire”, un proche collaborateur de Guillaume Soro explique :
« A l’heure où il dévient évident que nous sommes partis pour une crise de très longue durée, il nous apparaît fondamentale d’assumer entièrement nos responsabilités vis-à-vis des hommes et des femmes vivant dans nos zones.
Nous devons faire face à tous les défis qui nous sont lancés. Nous n’avons pas d’autres choix que d’engager la rupture avec les méthodes du passé. Ni Laurent Gbagbo ni aucune autre personne n’est responsable de la gestion des zones sous notre contrôle.
Alors que Gbagbo électrifie pratiquement chaque semaine les villages du Sud et principalement du Centre-Ouest, qui va le faire pour nous ? A l’heure du bilan, quand Gbagbo va revendiquer l’électrification des villages de chez lui, si nous n’avons rien fait, les populations vont se révolter contre nous.
Nous leur devons des comptes car c’est nous qui avons la responsabilité de leur gestion.» Le visage marqué par la fatigue après une journée de 13 heures de travail en commissions, l’homme accepte néanmoins de nous tracer les perspectives ouvertes par ce séminaire. « Le travail que nous avons abattu est énorme et méticuleux », fait-il savoir.
A l’en croire, un séminaire préparatoire s’est tenu à Korhogo, qui a tracé les sillons de ces assises-là. La presse, évidemment a été tenue à l’écart, car selon nos sources, c’est d’un langage vert et, disons-le, particulièrement musclé qu’ont usé les différents responsables dans leurs échanges. Au centre des débats, la reprise en main totale et définitive de Guillaume Soro sur son mouvement, après le temps de commandement délégué, qu’il avait concédé aux différents responsables civils et militaires des Forces nouvelles.
Mettre fin au règne des chefs de guerre Le bilan lui a semblé si catastrophique, qu’il a craint une révolte des populations contre les excès et les outrances financières des chefs de guerre et des responsables des régies financières et la population se soulève contre la rébellion.
Il a donc décidé de mettre le holà et de tout ramener désormais au secrétariat général pour exercer un commandement direct sur le mouvement et une gestion personnalisée des problèmes. L’école, la santé, l’économie, la professionnalisation de l’armée ont été au menu.
C’est une forme de tribunal populaire qu’il a institué où les différents responsables des départements sus-cités sont venus défendre leur bilan, dresser les perspectives qu’ils entrevoient et affronter les critiques, souvent très virulentes, de leurs collègues.
Evidemment, tout cela tournait autour de la préoccupation, prioritaire entre toutes de Guillaume Soro, celle de professionnaliser l’armée des Forces nouvelles, pour la soustraire du schéma d’une rébellion saprophyte où les chefs militaires sont, en même temps, des comptables et des trésoriers publics, vivant sur le dos des populations.
Il a décidé de ramener tous ses chefs militaires à leur vocation première: le métier des armes et l’entraînement de leurs combattants. Pour débattre de ce problème sensible, le général Assani Tidjani, illustre en Afrique dans le métier des armes, qui a été ministre de la Défense du Togo avant de prendre sa retraite, a été spécialement invité pour venir instruire ses frères d’armes des FAFN, sur les exigences morales, éthiques et professionnelles d’une armée de métier.
Pour l’école, c’est le colonel major Bamba Siniman qui a fait le point.
La problématique de la santé a été l’affaire du Dr Kouyaté Karim.
Le général Gueu Michel a livré l’articulation générale de l’armée des FAFN et les grandes orientations de ce qui est attendu de sa professionnalisation. Le secrétaire général des Forces nouvelles lui-même a fait une communication sur le redéploiement de l’administration.
Konaté Sidiki, avant lui, a exposé sur la résolution 1721 ses avancées, ses forces, ses faiblesses et les perspectives politiques que cette résolution ouvre pour le combat des FN.
En résumé, Konaté s’est gardé d’être euphorique.
Il a même communiqué à ses camarades la conviction que cette résolution, hésitante, refusant de trancher sur l’illégitimité de Laurent Gbagbo et la mise à l’écart de la Constitution, n’apportera pas la paix tant attendue. Au total, une dizaine de communications ont été faites, sur tous les sujets ( la filière coton, la filière anacarde) suivies de débats.
Selon des informations recueillies auprès de sources proches de Soro Guillaume, le secrétaire général des Forces nouvelles, aura désormais la mainmise totale sur l’aile militaire de son mouvement. Il va professionnaliser son armée.
A ce titre, il a d’ores et déjà reçu le titre de “Haute autorité politique et militaire” des Forces nouvelles. Un expert de la Banque mondiale pour gérer les finances En quelque sorte, il a été adoubé comme le chef suprême des Armées des Forces nouvelles.
Selon nos informations, il mettra fin aux différentes unités et compagnies qui, actuellement, se partagent militairement les zones.
Il n’y aura plus de bataillon «anaconda», «guépard», de compagnies, «cobra», «full force», «atchengué», «guevara» etc. Toutes disparaîtront avec leurs symboles, leurs treillis, les macarons sur leurs véhicules. L’architecture d’une armée normale, avec une chaîne de commandement bien identifiée, avec des généraux, des colonels, des bataillons, des préfectures de police, des commissariats, des brigades de gendarmerie, une direction des eaux et forêts, une direction des douanes etc … sera mise en place.
De source bien introduite, le chef suprême des Armées des FN entend mettre les ressources de son mouvement pour soutenir cette armée de métier, notamment en payant des soldes régulières, en soignant les combattants aux frais du mouvement, etc.
Les chefs de guerre, jusque-là très présents dans le circuit économique, vont faire place à une équipe de technocrates nommés par Guillaume Soro, après examen de leur profil professionnel par M. Tahirou Sipilou. M. Sipilou est un spécialiste de la haute finance qui a travaillé comme expert à la Banque mondiale. Il a été présenté officiellement aux cadres par Guillaume Soro.
Il sera le collaborateur immédiat du Ministre Dosso Moussa, qu’il va seconder. Pour financer ces réformes, l’équipe de la Centrale (l’équivalent du ministère de l’Economie et des Finances) selon nos sources, a eu à élaborer quelques semaines avant le séminaire, une stratégie de mobilisation des ressources et de gestion transparente de ces ressources. Selon certains participants à ce séminaire, l’exercice 2007 a été déclaré “Année du social” chez les FN.
Et Guillaume Soro a décidé qu’il n’y aurait plus, dans l’ex- rébellion une minorité de nantis outrancièrement riches, qui étalent leur fortune devant des soldats dramatiquement pauvres.
Des actions palpables de reprise en main de l’économie seront engagées a promis Guillaume Soro. Le réseau routier, qui lui tient particulièrement à cœur, est au centre d’un vaste projet de réhabilitation.
D’autres sentiers comme la lutte contre la déforestation, la réactivation du processus de reforestation et l’accroissement du niveau de salubrité et d’hygiène publique ont été empruntés. En définitive, les ex-rebelles ont décidé d’aller vers l’autonomisation de leurs zones en créant les structures de gestion d’un Etat.

Touré Moussa et
Coulibaly Brahima
Envoyés spéciaux


SEMINAIRE DES FORCES NOUVELLES / DECLARATION DE M.SORO GUILLAUME

Mardi 28 Novembre 2006

La “Centrale” désavouée Soro arrache le pouvoir économique aux militaires
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Mardi 28 novembre 2006

Pendant le séminaire des Forces nouvelles, Guillaume Soro a stigmatisé vertement les dysfonctionnements de sa structure financière.
Il a pris la décision d’en confier la gestion à un expert de la haute finance et de la retirer de l’influence des militaires.
“Au départ, on a créé la Régie. Ça n’a pas marché. Ensuite, il y a eu la Dirmob (Direction de la mobilisation des ressources, ndlr). Ça non plus, ça n’a pas marché.
Enfin, nous avons mis en place la Centrale.
Au début de la Centrale, il y a eu un décollage.
Mais je crois que par la suite, il y a eu une erreur.
/Au lieu de persévérer dans l’effort, au moment où la Centrale était en train de se mettre en place, on a reculé.
A partir du moment où on a introduit la notion d’autonomie des zones, on a créé les conditions de la mort de la Centrale. Puisque par définition, la Centrale sert à centraliser les ressources. Or autonomiser les zones, c’était décentraliser.
A partir de là, on a commis une erreur stratégique qui a conduit les zones à caporaliser les ressources et à impliquer nécessairement les Commandants de zone dans la gestion des ressources. Comme désormais c’était décentralisé et que c’était dans leurs zones, ils étaient forcément concernés par ce qui se passait dans leurs zones.
C’est pourquoi il faut revenir à la Centrale. Et je demande à tous les Commandants de zone, à la hiérarchie militaire, au général Bakayoko, que soit clairement réaffirmé le principe de la séparation des compétences.
Les militaires doivent rester militaires ! Comme c’est moi qui vais nommer les régisseurs, je veillerai à ce qu’ils soient nommés sur les critères de la compétence. D’ici quelques jours, qu’on me propose pour nomination de nouveaux régisseurs.
Je n’ai pas dit aux anciens d’aller voler les derniers sous qui restent dans les caisses. (Rires de l’assistance).
Parce qu’il y a des mesures qui ont été prises. Nous allons donc procéder à la nomination de nouveaux régisseurs. Et je le redis car c’est important : il faut que les militaires restent dans l’action militaire pour que les régisseurs puissent travailler et mettre à disposition des fonds pour qu’on œuvre pour nos soldats. Je demande aux chefs militaires d’enlever leurs mains dans l’économie.
Vraiment ! Certains d’entre vous disent : on nomme aujourd’hui des gens comme régisseurs, mais au moment des combats, on ne les connaissait pas ! Non ! Ce n’est pas seulement le soldat qui tire au fusil qui fait la guerre.
Les combats sont finis, mais la guerre économique continue. Et pour cela, il faut des spécialistes en économie. Si vous allez prendre un boucher, parce qu’il sait bien découper les bœufs, pour en faire un chirurgien, vous allez tuer les gens. L’économie, c’est un métier.
Moi, je vous ai toujours dit que l’économie, je n’en savais pas grand-chose. Et je ne me suis jamais impliqué là-dedans. Aucun commandant de zone ne peut dire ici que je l’ai appelé une fois pour lui dire de me faire l’état des finances de sa zone. Parce que si ce Com zone a eu la chance de faire Economie et qu’il me fait l’état des finances, je n’y comprendrai rien.
C’est pourquoi, j’ai nommé un Secrétaire national chargé de l’Economie et des Finances. Je lui fais confiance pour qu’il gère. Si les résultats ne sont pas bons, je l’interpelle. Et aujourd’hui nos responsables de l’Economie sont interpellés, depuis les agents de taxation jusqu’au Secrétaire national à l’Economie et aux Finances.
Je veux des résultats. Vos résultats sont en partie responsables de tout ce qui se passe ici. Et je vous en tiens pour responsables. Nous allons suivre maintenant les nouveaux régisseurs. Et ceux qui ne rempliront pas les critères, on les enlèvera. Je n’ai pas de problème avec ça. Parce que je ne peux pas le prendre le risque de m’amuser avec la situation. Les éléments, si vous ne le savez pas, sont mécontents.
Ça grogne. C’est inacceptable que le commandant soit à l’aise, que le régisseur soit à l’aise, et que les éléments qui sont sur le terrain n’aient rien. Même des ordonnances de 500 F CFA, on est incapables de faire face à ça ! Ce n’est pas normal !
Et je vous le dis, on prendra nos responsabilités. De toutes les façons, on n’a pas d’autre choix que de faire face à nos responsabilités. Parce que si on ne le fait pas, ça va exploser !
Donc je vous le dis ici, on va prendre nos responsabilités.
Si depuis l’année dernière nous n’avions pas trouvé des fonds pour soulager nos éléments au Secrétariat général, à l’état-major, c’était devenu invivable !
Donc je le dis ici, il faut que tous ceux qui sont au sein des Forces nouvelles contribuent. Tous les cadres doivent contribuer pour qu’on ait les moyens de travailler. Parce que cela a été difficile de travailler.
Donc M. le Ministre (Dosso Moussa, ndlr), que ce soit les ministres, les membres de la CEI, les membres de la CNSI, les directeurs… je veux 10% de leurs salaires.
Et faites le rappel de toutes les cotisations depuis le mois de janvier 2006. (Acclamations de l’assistance). Ainsi nous, par le sommet, on montrera que nous sommes très impliqués pour aider nos frères.
Et si nous, nous le faisons, il n’y a pas de raison qu’un commandant de zone refuse de le faire. Et puis je vous le dis, il faut laisser les nouveaux régisseurs faire leur travail sur le terrain. Parce que ça ne peut pas continuer comme ça. Je dis au général Bakayoko ceci: faites en sorte qu’on n’apprenne pas qu’il y a un commandant de zone qui s’oppose à l’application de cette mesure.
Car cette mesure sera appliquée quoiqu’on fasse. La situation a profité à tout le monde.
Les uns et les autres ont eu le temps de “manger”, d’avoir de l’argent. Çà-là, ça a duré un temps. Chaque zone était une chasse gardée où on n’avait rien à envier à un Président. Les régisseurs sont devenus des roitelets, des petits roitelets.
Pendant quatre ans, on a fait ça. Maintenant c’est fini. Dans la vie on ne peut pas manger tous les jours. On a bien compris nos obligations, et nous n’allons pas nous y dérober.
J’appelle ici le frère Tahirou Sipilou.
Je vous le présente. M. Sipilou a passé sa vie dans l’Economie.
Il fait partie de ceux qui ont monté l’économie togolaise.
Aujourd’hui, il est consultant auprès de la Banque mondiale. Ce monsieur a fait ses preuves. Ce n’est pas ici qu’il va échouer.
Il va s’occuper entièrement de la réforme économique. Toutes les mesures qu’il va dégager, je les appliquerai les yeux fermés. A partir de maintenant, on ne dira plus que Dosso est tout seul.
Il a quelqu’un pour le seconder, qui est une personnalité neutre.
Il sera chargé de traduire concrètement sur le terrain les résolutions de ce séminaire.
Il fera en sorte que l’économie aille sur le bon chemin.

Propos recueillis par
Touré Moussa


SITUATION A ABIDJAN APRES LE COMMUNIQUE DE LA PRIMATURE

Mardi 28 Novembre 2006

ABIDJAN (AFP) - La tension est montée d'un cran mardi à Abidjan après la première passe d'armes entre le président ivoirien Laurent Gbagbo et son Premier ministre Charles Konan Banny, qui a demandé au chef de l'Etat de revenir sur ses dernières décisions dans l'affaire des déchets toxiques.

Un calme fébrile régnait dans la ville au lendemain de la réponse de M. Banny aux décrets signés dimanche par M. Gbagbo, un échange qui marque une rupture dans la trêve observée entre les deux hommes depuis le 1er novembre, début de la nouvelle transition ivoirienne dans laquelle l'Onu accordé des pouvoirs élargis au Premier ministre pour débloquer le processus de paix.

Alors que M. Banny était toujours à Yamoussoukro (centre), la tension était particulièrement vive à Abidjan, en particulier au sein des médias d'Etat que sont le quotidien Fraternité Matin et la Radio télévision ivoirienne (RTI).

Le tout nouveau nouveau directeur général de Fraternité Matin, Jean-Baptiste Kouakou, nommé dimanche par décret présidentiel, a officiellement pris ses fonctions mardi matin, a-t-on appris de sources concordantes.

Son prédécesseur limogé, Francis Léon Lébry, qui avait été nommé à la fin octobre par M. Banny, n'a pas participé à cette cérémonie, selon ses sources.

L'entrée du journal était protégée par les forces de l'ordre, face à une dizaine de militants de l'opposition venus manifester sur place contre cette reprise en main présidentielle.

La RTI était elle aussi en proie aux tensions. Selon plusieurs proches du dossier, son directeur général, Kébé Yacouba, était sur la sellette mardi.

Mardi soir, des soldats armés partisans de M. Gbagbo s'y sont introduits pour empêcher la rediffusion du communiqué de M. Banny dans le dernier journal, selon des sources concordantes. Le journal n'a finalement pas été diffusé.

Objet de nombreuses pressions politiques, la RTI avait déjà été occupée par les "patriotes" (partisans du président Gbagbo) lors de la crise de novembre 2004, et un proche du chef de l'Etat installé à sa tête. Après le départ des "patriotes" en décembre 2004, elle était revenue à une relative neutralité.

Lundi soir, M. Banny a estimé "impérieux de surseoir à l'exécution" des décrets signés dimanche par le président, et ce "pour prévenir des troubles graves à l'ordre public et préserver la paix", dans sa déclaration lue à la télévision par le secrétaire général de ses services, François Komoin.

Tenant à "marquer son désaccord" avec des décrets "pris sans consultation du Premier ministre et du gouvernement", il a jugé que "de telles décisions, si elles devaient être appliquées, constitueraient sans doute un obstacle majeur dans la lutte contre l'impunité" prônée selon lui par son gouvernement.

Six décrets, inattendus, ont été signés dimanche par M. Gbagbo.

Trois d'entre eux prévoient le retour à leur poste le 16 décembre prochain du directeur du Port autonome d'Abidjan (PAA), Marcel Gossio, le directeur général des Douanes, Gnamien Konan, et le gouverneur du district d'Abidjan, Pierre Amondji, suspendus par M. Banny après l'affaire des déchets toxiques.

M. Banny a jugé "surprenant" que ces décrets aient été publiés avant même que le gouvernement ait décidé des suites à donner sur le rapport de la commission nationale d'enquête sur les déchets toxiques publié mercredi.

Ce rapport, commandé par le Premier ministre, épingle les "négligences" de MM. Konan et Amondji, et accable M. Gossio, un proche du président Gbagbo, en dénonçant la "complicité notoire" des dirigeants du PAA avec les pollueurs.

M. Banny s'était alors félicité de cette "rupture avec l'impunité".

Dix-huit personnes ont été inculpées, dont sept ont été incarcérées, dans le cadre de l'enquête judiciaire sur les déchets toxiques, qui ont provoqué la mort de dix personnes. Aucun des trois responsables administratifs épinglés par le rapport n'a été inculpé.

AFP


DECLARATION DES FORCES NOUVELLES

Mardi 28 Novembre 2006

Je pense que la question des déchets toxiques est et doit être traitée par le gouvernement de transition. Ce n’est pas une question personnelle. Nous avons souvenance que lorsque le scandale a éclaté, c’est uni et solidaire que le gouvernement a pris un certain nombre de décisions. Si maintenant l’ensemble de ce gouvernement est contrarié par ces mesures que je qualifie, à titre personnel, d’inacceptable, c’est à lui d’avoir la première réaction sur le sujet. Bien entendu, en tant que membre de ce gouvernement, j’ai mon point de vue sur la question. Mais je réserve la primeur au Premier ministre Charles Konan Banny.

Propos recueillis par
Youssouf Sylla


DECLARATION DE L'UDPCI DE FEU ROBERT GUEI EX-PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Lundi 27 Novembre 2006

Les déchets toxiques sont arrivés en Côte d'Ivoire avec la complicité d'un certain nombre de responsables. M. le Premier ministre a commandité une enquête dont les résultats ont été portés à la connaissance de la population ivoirienne. Dans cette affaire, il faudrait d'abord que nous pensions à tous ceux qui ont été intoxiqués et certains mêmes tués. L'affaire est grave. Le Premier ministre, pour marquer sa responsabilité, a eu à dissoudre le gouvernement. Ayant commandité une commission d'enquête qui a donné ses résultats, nous sommes vraiment surpris de voir que certains sont blanchis ou qu'on veut blanchir certains tout simplement parce qu'ils sont de la cour. La réaction qui est celle de l'UDPCI est celle d'une profonde tristesse. Après les résultats de la commission d'enquête, la justice a été saisie parce que nous pensons que la Côte d'Ivoire est malgré tout, un Etat de droit et il est bon que nous laissions à la justice de faire son travail. Mais malheureusement ou curieusement, nous nous rendons compte que parmi tous les supposés fautifs, ce ne sont que des militants ou des pontes du FPI qu'on veut réhabiliter, qu'on veut blanchir. Nous pensons donc que par ce type d'appréciation des événements qui surviennent en Côte d'Ivoire, on ne fait que voir prospérer l'impunité et signer l'absence de l'Etat dans ce pays. Au niveau de l'UDPCI, nous estimons que ces décrets pris à la hâte, hors de tout Conseil des ministres, indiquent clairement que le régime qui nous gouverne n'a rien compris de ce qu'est l'Etat dans un pays aujourd'hui.

Propos recueillis par
Doua Gouly


DECLARATION DU PDCI DE M.HENRI KONAN BEDIE (OPPOSITION)

Lundi 27 Novembre 2006

Le PDCI-RDA a suivi avec stupéfaction et consternation la lecture par le ministre Désiré Tagro, porte-parole du Chef de l’Etat, du communiqué rendant publics les décrets pris en sa résidence le dimanche 26 novembre 2006 par le Chef de l’Etat. Cette intervention était relative, d’une part, à la réhabilitation par leur réintégration dans leurs fonctions antérieures des nommés Gossio Marcel, Gnamien Konan et Djedji Amondji, suspendus et reconnus pleinement fautifs après enquête diligentée par le gouvernement sur le scandale des déchets toxiques, d’autre part, à la dissolution des conseils d’administration du Port Autonome d’Abidjan et de Fraternité Matin, suivie de la suspension du Directeur Général de ce quotidien.
Le PDCI-RDA, suite à cette sortie du porte-parole du Chef de l’Etat, qui est une diversion et une provocation inadmissibles, fait la présente déclaration.
La réhabilitation des responsables fautifs dans le scandale des déchets toxiques
Le PDCI-RDA, dans une précédente déclaration, s’était indigné de la légèreté, de la cupidité et de l’irresponsabilité manifeste de quelques cadres ivoiriens ayant conduit à l’importation et au déversement de déchets toxiques dans le district d’Abidjan causant ainsi de nombreux morts et faisant près d’un millier de malades intoxiqués de façon irrémédiable pour certains. C’est pourquoi, le PDCI-RDA s’était félicité de l’institution de la Commission nationale d’enquête chargée de situer les responsabilités et de faire la lumière sur ce scandale qui fait de la Côte d’Ivoire la poubelle du monde.
A l’occasion de la remise officielle du rapport d’enquête qui a situé toutes les responsabilités, le Premier ministre s’était engagé devant la nation entière à rompre avec la culture de l’impunité instaurée par le régime FPI. Le peuple de Côte d’Ivoire, après audition du rapport d’enquête, était en droit d’attendre des plus hautes autorités ivoiriennes des sanctions exemplaires contre les auteurs et complices avérés de ce crime.
Contre toute attente, le Chef de l’Etat, Monsieur Laurent Gbagbo, ni ému, ni concerné par les souffrances éprouvées par nos concitoyens victimes de ce scandale et faisant fi des conclusions et recommandations de la Commission d’enquête, a choisi de se comporter en chef de clan. Il a donc décidé de réhabiliter les coupables, tous cadres militants de son parti, le FPI. Ce faisant, le Chef de l’Etat affiche tout son mépris vis-à-vis du peuple de Côte d’Ivoire meurtri et traumatisé.
Pis, Laurent Gbagbo enjambe les corps des morts pour blanchir ses militants confirmant à nouveau sa devise: “Mille morts à droite, mille morts à gauche, j’avance!”
Le PDCI-RDA dénonce la réhabilitation de ces criminels. Cette réhabilitation est en violation de la Constitution notamment en ses articles 2 et 19 qui stipulent:
Article 19 : “ le droit à un environnement sain est reconnu à tous. ” Le PDCI-RDA condamne ces décisions qui consacrent la culture de l’impunité par le Chef de l’Etat, Monsieur Laurent Gbagbo.
Sans verser dans la chasse aux sorcières et en attendant les suites judiciaires de l’enquête, le PDCI-RDA demande que les sanctions administratives prononcées restent en vigueur.
Le PDCI-RDA continue d’apporter son soutien à toutes les victimes des déchets toxiques.
La dissolution des conseils d’administration du P Aa
et de Fraternité Matin
Le PDCI-RDA constate que le Chef de l’Etat a agi en violation des textes légaux et réglementaires régissant ces sociétés.
Pour le PDCI-RDA, ces décisions sont donc nulles et de nul effet.
En conséquence,
Le PDCI-RDA regrette que le Chef de l’Etat, contrairement à ses discours et à son serment “De protéger les droits et libertés des citoyens, de remplir consciencieusement les devoirs de sa charge dans l’intérêt supérieur de la Nation” n’invoque la Constitution que pour protéger ses intérêts partisans.
Le PDCI-RDA condamne avec fermeté cette dérive totalitaire de Laurent Gbagbo.
Le PDCI-RDA exige des plus hautes autorités ivoiriennes que des sanctions exemplaires soient prises à l’encontre de tous les fautifs quelle que soit leur chapelle politique.
Le PDCI-RDA invite et exhorte le Premier ministre à prendre toutes ses responsabilités dans le traitement de ce crime odieux.
Le PDCI-RDA recommande au Premier ministre d’engager sans délai la mise en œuvre effective de la Résolution 1721.
Le PDCI-RDA appelle le peuple de Côte d’Ivoire, ses militants et sympathisants à se mobiliser pour faire échec à ces manœuvres de Laurent Gbagbo qui n’ont d’autre finalité que la confiscation du pouvoir d’Etat.
Le PDCI-RDA demande à la Communauté internationale de redoubler de vigilance et d’être attentive à l’évolution de la situation socio-politique ivoirienne au moment où la Résolution 1721 du Conseil de sécurité des Nations unies vient d’ouvrir une voie de sortie pacifique de crise en Côte d’Ivoire.
Le PDCI-RDA décide d’engager toutes actions appropriées contre cette dictature

P.O le Secrétaire général
Pr. Alphonse DJEJDE MADY


DECLARATION DU RDR DE M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA (OPPOSITION)

Lundi 27 Novembre 2006

Le Secrétariat général du RDR a tenu, ce lundi 27 novembre 2006, une réunion extraordinaire au siège du Parti de 15 heures 30 à 17 heures 30, sous la présidence du ministre Zémogo Fofana, Secrétaire général Adjoint en charge des Relations Extérieures, agissant par délégation de Mme le Professeur Henriette Dagri-Diabaté, Secrétaire générale du Parti.
L’ordre du jour a porté essentiellement sur les derniers développements de l’actualité sociopolitique, et notamment sur les décrets pris par le Chef de l’Etat, le Dimanche 26 Novembre 2006.
Le Secrétariat général du RDR s’est indigné de la prise de ces décrets ayant restauré dans leurs fonctions, des personnes dont la responsabilité dans les morts et les nombreuses victimes occasionnées par le déversement de déchet dans le district d’Abidjan, ne fait plus aucun doute, ainsi que l’a révélé le récent rapport de la Commission nationale d’enquête
Au moment où toute la population attend une décision de justice, suite à la publication de ce rapport de la Commission nationale d’enquête, le Secrétariat général du RDR estime que ces décrets sont une légalisation de la criminalité au sommet de l’Etat et constituent une prime à l’impunité.
Le Secrétariat général du RDR dénonce donc ces décrets avec vigueur, condamne ces actes de réhabilitation et les rejette catégoriquement.
Conscient de ses responsabilités vis-à-vis des populations ivoiriennes, le Secrétariat général du RDR informe l’opinion nationale et internationale qu’il s’opposera avec détermination et sans faiblesse à la réinstallation dans leurs fonctions de MM. Gossio, Gnamien et Amondji.
Le Secrétariat Général du RDR rappelle que cette attitude du Chef de l’Etat est d’une extrême gravité, et traduit sa connivence manifeste avec les auteurs de ce crime qui a endeuillé de nombreuses familles. Le Secrétariat général note que cette complicité le disqualifie totalement dans ses fonctions actuelles et exige par conséquent, la démission de Monsieur Laurent Gbagbo afin que soit levé l’unique obstacle au retour de la Paix dans notre pays.
Le Secrétariat général rappelle que le Premier ministre, suite à l’éclatement de l’affaire des déchets toxiques, avait solennellement pris l’engagement devant le peuple, que cet acte ne resterait pas impuni.
Aussi, Le Secrétariat général du RDR encourage-t-il le Premier ministre et le Gouvernement dans toutes les initiatives visant à combattre cette forfaiture du Chef de l’Etat. Il l’encourage à faire en sorte que ces décrets ne soient pas appliqués.
Le Secrétariat général du RDR renouvelle son soutien au Premier ministre et à son Gouvernement quant à l’application effective, pleine et entière de la Résolution 1721 du Conseil de sécurité des Nations unies seul gage de sortie de crise et de fin de souffrance des ivoiriens.
Le Secrétariat général du RDR invite les militants, toutes les victimes et tous les Ivoiriens épris de justice à se tenir mobilisés et prêts à s’opposer résolument à l’application de ces décisions injustes et irresponsables.

M. Zémogo FOFANA
Secrétaire Général Adjoint


DECLARATION DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN PARTI AU POUVOIR

Lundi 27 Novembre 2006

Le Président de la République, son Excellence le Président Laurent Gbagbo vient de prendre d'importantes décisions contenues dans six décrets qui portent sur deux dossiers importants :
le scandale du déversement des déchets toxiques dans le District d'Abidjan, . la gestion du journal Fraternité Matin, organe officiel d'information du Gouvernement.
S'agissant de la question des déchets toxiques, la décision souveraine du chef de l'Etat en sa qualité de chef de l'administration, d'entériner la suspension de trois mois infligée au Directeur général du Port autonome d'Abidjan, au Directeur général des douanes, au Gouverneur du District d'Abidjan et en conséquence la reprise de leur différente fonction le 16 décembre 2006 est véritablement salutaire; en ce qui concerne le dossier des déchets toxiques, les conclusions des enquêtes n'ont pas établi formellement la culpabilité des responsables en question.
On peut même s'étonner que le rapport de la commission d'enquête se soit borné, à rechercher des preuves de la responsabilité de ces trois dirigeants, qui sans enquête préalable, avaient été indexés par Monsieur le Premier ministre Charles Konan Banny et livrés à la vindicte populaire, à travers ses décisions unilatérales et illégales de suspension publiées par voie de presse.
Au demeurant on peut suspecter légitimement ce rapport d'enquête "de la commission Banny" d'avoir été rédigé pour justifier a posteriori une opération politicienne menée par le Premier Ministre destinée à limoger les dirigeants d'Entreprises publiques qu'il avait dans son collimateur.
La recherche de la vérité dans cette affaire, qui a émue toute l'opinion nationale ne peut pas justifier la logique du bouc émissaire et du règlement de compte politique. Maintenant que l'enquête administrative est terminée, il importe que l'enquête judiciaire aboutisse le plus rapidement possible, afin que les vrais coupables soient sanctionnés.
En conséquence, il n'était pas admissible que la situation d'injustice, d'abus de pouvoir, de précarité et d'instabilité qui, s'étaient installée dans les directions de ces différentes administrations soit entretenue indéfiniment. Le port et la douane sont trop stratégiques dans le fonctionnement de l'Etat.
La décision du Président de la République permet de mettre fin à cette instabilité, de remobiliser le personnel qui était en proie au doute, de restaurer la confiance des opérateurs nationaux et étrangers et de relancer les activités de ces deux instruments vitaux pour la marche du pays.
S'agissant de la révocation du Directeur du Groupe Fraternité Matin, la décision du Chef de l'Etat entre dans la même logique de promotion de la rigueur, de lutte contre l'imposture et l'impunité.
En définitive, il faut se féliciter de cet acte fort que le Président de la République vient de poser et qui vise à restaurer l'autorité de l'Etat, à mettre fin à l'anarchie que certains responsables s'acharnent à installer insidieusement au sein de l'appareil administratif et à lutter contre toute forme de rébellion administrative. Il faut aller plus loin, car d'autres secteurs notamment la Radio Télévision Ivoirienne (RTI) et certaines sociétés d'Etat ont-elles aussi, besoin d'être rapidement remises, sur la voie de la légalité, de la neutralité et de l'impartialité administrative.
Il faut espérer que ce message fort du Président de la République qui réjouit et rassure la population soit entendu de tous.

Pascal AFFI N'Guessan
Président du Front Populaire Ivoirien


DECLARATION DU PREMIER MINISTRE APRES CELLE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE RELATIVE AU SCANDALE DES DECHETS TOXIQUES ET LE RAPPORT ETABLI SUR CE SUJET

Lundi 27 Novembre 2006

Hier, nous avons reçu la déclaration du Premier ministre lue par le Secrétaire général de la Primature, Komoin François, suite aux mesures de la Présidence.

Le dimanche 26 novembre 2006, le porte-parole du Chef de l’Etat, M. Tagro Désiré, a lu à la télévision un communiqué de la Présidence de la République annonçant la signature de plusieurs décrets relatifs au groupe Fraternité Matin (SNPECI) et à certaines structures incriminées dans le scandale des déchets toxiques, à savoir : le Port autonome d’Abidjan, la Direction générale des Douanes et le District d’Abidjan.

Ces décrets ont été pris sans consultation du Premier ministre et du Gouvernement.

Aussi, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Ministre de l’Economie et des Finances et Ministre de la Communication tient-il à marquer son désaccord quant à la prise de telles décisions.
En effet, à l’analyse, il apparaît que:
sur la forme, s’agissant d’actes de gouvernement, ces questions auraient dû être examinées dans le cadre du fonctionnement régulier du gouvernement de la République;
sur le fond, elles sont contraires aux principes de bonne gouvernance, c’est-à-dire, aux principes de transparence, de justice et d’équité.

Concernant plus spécifiquement le drame des déchets toxiques, il convient de rappeler, qu’il a causé d’énormes souffrances aux populations. Ainsi, dix de nos compatriotes ont perdu la vie. Plus de cent mille autres personnes ont été intoxiquées et ont reçu des soins dans nos hôpitaux, sans compter les importants préjudices économiques, sociaux et environnementaux que le pays continue de subir.

Face à cette tragédie nationale et dans un souci d’exemplarité, de transparence et de solidarité, le Premier ministre, après avoir présenté sa démission et celle de son gouvernement, a fait prendre, par les structures compétentes, les mesures administratives conservatoires de suspension de hauts responsables des structures concernées et mis en place une Commission nationale d’enquête pour établir les faits et situer les responsabilités. Le 22 novembre 2006, au cours d’une séance publique, la Commission nationale d’enquête a remis son rapport au Premier ministre.

Le 23 novembre 2006, conformément au fonctionnement normal du gouvernement et dans un souci de transparence et d’équité, le Premier ministre a instruit les ministres en charge des structures concernées, de prendre connaissance dudit rapport et de faire des propositions à soumettre au gouvernement pour les suites à donner.
Il est donc surprenant, qu’à peine cette procédure amorcée, un communiqué de la Présidence de la République en date du 26 novembre 2006, décide de la réintégration de ces responsables dans leurs fonctions.

De telles décisions, si elles devaient être appliquées, constitueraient sans aucun doute un obstacle majeur dans la lutte contre l’impunité, volet essentiel de la politique du Gouvernement.
S’agissant de Fraternité Matin, au-delà des principes de bonne gouvernance dans le processus de décision précédemment évoquée, les décisions prises portent gravement atteinte à la liberté de la presse, volet important contenu dans tous les accords de paix.
En conséquence de tout ce qui précède, et pour prévenir des troubles graves à l’ordre public et préserver la paix, il est impérieux de surseoir à l’exécution de ces décisions.

Le Premier ministre Charles Konan Banny tient, à rassurer les Ivoiriens et les amis de la Côte d’Ivoire, de sa détermination à conduire la mission à lui confiée en vue de ramener la paix tant attendue dans notre pays.

Le Premier ministre fait confiance au peuple de Côte d’Ivoire pour l’accompagner dans la réalisation de cette mission importante pour le devenir de notre pays et de nos enfants.

Fait à Abidjan,
le 27 novembre 2006.
Charles Konan Banny


COTE D'IVOIRE / LE BUDGET DE SOUVERAINETE PASSE DE 38 A 60 MILLIARDS

Lundi 27 Novembre 2006

Le budget 2006 de la Côte d’Ivoire adopté en juin dernier et essentiellement alimenté par les ressources propres du pays est en hausse de 13,3 % par rapport à 2005.
Il s’équilibre en ressources et en dépenses à 1965,3 milliards de Fcfa.
Ce budget de consolidation et de relance dont la priorité est d’assurer le fonctionnement normal de l’Etat et la prise en charge du service de la dette intérieure (estimée à 168, 4 milliards de Fcfa) ainsi que de la dette extérieure (408 milliards de Fcfa) repose principalement sur les recettes intérieures estimées à 1535,9 milliards de Fcfa, soit 78,2 % des ressources du budget.
La part des recettes fiscales se chiffre à 1348,4 milliards dont 83,9 milliards de Fcfa de revenus du pétrole et du gaz.
A ces recettes s’ajoutent les appuis extérieurs, de la communauté internationale qui s’est engagée à apporter une contribution financière pour la mise en œuvre des actions de sortie de crise à hauteur de 429,4 milliards de Fcfa en 2006. Au niveau des dépenses du budget, 576,4 milliards de Fcfa sont dégagés pour l’apurement de la dette publique, soit 29,3 % du budget tandis que 1091,5 milliards de Fcfa seront consacrés aux dépenses ordinaires, soit 55,5 % du budget 2006. S’agissant des dépenses d’investissement, l’Etat de Côte d’Ivoire a prévu 297,4 milliards de Fcfa, soit 15,1 % du budget. Quant aux dépenses de personnel, elles se chiffrent à 586,3 milliards de Fcfa et prennent en compte les recrutements, les sorties de carrière, les glissements catégoriels et surtout l’impact financier du programme spécial de recrutement additionnel d’enseignants. Si le gouvernement de Charles Konan Banny a, dans un souci de transparence affiché ces données statistiques dans la loi des Finances de l’année 2006, il a toutefois fait totalement l’impasse sur certains aspects de ce budget, notamment le budget de souveraineté de la présidence de la République. Le numéro 1 ivoirien, Laurent Gbagbo, qui touche mensuellement un peu plus de 9 millions de Fcfa (et cela est notoirement connu de tous les Ivoiriens) s’est-il opposé à la publication de ce budget de souveraineté ? Nous n’en savons rien. Selon nos investigations, le budget de souveraineté de la présidence de la République de Côte d’Ivoire est aujourd’hui passé de 38 milliards à 60 milliards de Fcfa. Dans les cercles proches du pouvoir, on lie cette hausse substantielle au contexte politico-militaire que traverse la Côte d’Ivoire : l’institution devant faire face à des dépenses multiformes (cas sociaux, prises en charge des transferts médicaux, en Europe, opérations de lobbying, frais de mission etc...). Les frais d’entretien de personnalités extérieures, sont également tirés de ce budget de souveraineté et Gbagbo, selon nos sources, fait régulièrement de petits cadeaux à certains de ses pairs, de passage à Abidjan. Comme Houphouët Boigny, Laurent Gbagbo affectionne aussi la diplomatie des “enveloppes kaki ”. A l’instar du budget de la Côte d’Ivoire, marqué par le processus de paix et de normalisation du pays, le budget de souveraineté de la présidence l’est également. Il aurait fallu simplement le communiquer aux Ivoiriens, surtout que le gouvernement ivoirien a affiché sa volonté de gérer désormais efficacement et de manière transparente les dépenses de l’Etat.


FRANCE -RWANDA / RUPTURE DES RELATIONS DIPLOMATIQUES

Lundi 27 Novembre 2006

Dans la soirée du vendredi 24 novembre le gouvernement rwandais annonce la rupture de ses relations diplomatiques avec la France. Cette décision implique la fermeture de toutes les institutions françaises au Rwanda.
L’école française Saint-Exupéry de Kigali et le Centre culturel français doivent fermer leurs portes et leurs personnels doivent aussi quitter le pays au même titres que les diplomates et les fonctionnaires de l’ambassade et du consulat de France.


SEMINAIRE D'INFORMATION / DISCOURS DU SECRETAIRE GENERAL DES FORCES NOUVELLES

Lundi 27 Novembre 2006

M. le Chef d’état-major

MM. les officiers généraux

MM. les officiers

MM. les sous-officiers

Chers invités

Mesdames et Messieurs

Permettez-moi d’emblée de saluer l’heureuse occasion qui nous réunit en ces lieux en ce jour.
Aussi, il me faut vous remercier et vous féliciter pour votre mobilisation et votre engagement à participer à cet important exercice que constitue ce séminaire qui devra réfléchir, en cette fin d’année, aux profondes et nécessaires mutations à opérer au sein des Forces nouvelles.
Il nous apparaît nécessaire de marquer le pas et prendre le temps de la réflexion au moment où la Côte d’Ivoire, notre pays entre de plain pied dans la nouvelle transition politique, matérialisée par l’adoption de la résolution 1721 des Nations Unies.
Surtout que les peurs, les angoisses et les souffrances du peuple ivoirien perdurent aussi. Réfléchir à l’avenir de notre pays, réfléchir au devenir de nos populations, faire l’état des lieux de notre armée, penser notre système économique, en fait faire un bilan de notre gestion et de notre mouvement. Mmes et Messieurs, rappelons-nous, en prenant les armes le 19 septembre 2002, nous avions voulu mettre un terme définitif à une politique inique de catégorisation des citoyens aux dérives totalitaires et enfin pour engager notre pays dans la démocratie.
Nous voulions mettre un terme à un régime incompétent. Aujourd’hui malgré le vote de la résolution 1721, la paix continue d’être un vœu pieux.
Tant que les Ivoiriens n’auront pas décidé en toute sérénité de tracer et d’assumer leur destin, la réconciliation et la réunification ne se réaliseront pas comme par enchantement. Tant que la communauté internationale continuera à se réfugier derrière la prétendue souveraineté de la Côte d’Ivoire, alors que la charte des Nations Unies lui permet l’ingérence, le peuple ivoirien continuera d’être sous le joug d’un régime injuste et illégitime, incapable de penser au développement. Notre objectif était et je me souviens comme si c’était hier, d’aller le plus rapidement possible à des élections transparentes ou le citoyen serait libre de se choisir les dirigeants qu’il désire. Quatre ans après, il est important de faire un bilan.
Les nombreux accords signés çà et là, les résolutions fleuves et le manque de volonté du chef d’Etat et de son parti, le FPI, n’ont pas permis la réunification du territoire, la réconciliation nationale.
Épuisé par des tergiversations et des volte-face, le peuple ivoirien regarde hébété, le reste du monde poursuivre sa marche inexorable vers le développement.
C’est en cela que le séminaire de ce jour doit donner espoir aux Ivoiriens. En ce qui nous concerne, il me faut rassurer les uns et les autres. Nous ne serons jamais pris à défaut du respect ou de l’application de la Résolution 1721 des Nations Unies, même si notre conviction profonde est qu’en refusant de trancher clairement et courageusement le débat sur la suspension de la Constitution, et en se limitant à de simples bonnes intentions en ce qui concerne les pouvoirs du gouvernement de transition, la communauté internationale a donné le prétexte idéal, tout rêvé, à de futurs blocages au profit du clan présidentiel, qui ne demandait pas mieux.
Toutefois, ceci ne doit pas occulter l’autocritique que les Forces nouvelles se doivent de faire résolument.
Avons-nous été à la hauteur des attentes de nos populations ? Quatre ans après, ne sommes-nous pas dans l’impasse ? A toutes ces questions, je sais que vous trouverez les réponses qu’il faut.
Notre remise en cause doit être une sorte de catharsis.

Mesdames et Messieurs,

notre rencontre de ce jour doit nous aider à renforcer notre cohésion qui a, de tout temps, été le socle de notre résistance et de notre force de frappe. Il s’agit pour nos Forces armées, de se débarrasser des marasmes de la rébellion pour engager la professionnalisation de nos troupes dignes d’une armée de métier. Je n’oublie pas nos braves populations qui ont souffert de la guerre et continuent de souffrir toutes les autres difficultés et pourtant, le soutien ne nous a jamais fait défaut.
Même dans la précarisation, dans les problèmes, elle continue de nous exhorter à la mobilisation pour le combat.
Quand le découragement tend à gagner nos rangs, ce sont bien elles, qui nous appellent à l’abnégation.
Il me semble que dans ces circonstances, notre dette est de faire le maximum pour améliorer son cadre de vie, même dans un contexte de guerre.
Notre secrétariat national à l’économie et aux finances, notre système économique devra aussi être restructuré. Les Forces nouvelles doivent montrer plus d’engagements en s’impliquant pour sauver la filière cotonnière, pour organiser la filière de l’anacarde, dans l’intérêt de nos braves paysans.
Les opérateurs économiques doivent être protégés en apportant plus de sécurité dans nos villages, sur nos routes et à nos frontières. Pour que tout ceci soit viable, il faut plus de sérieux à la tâche.

Mesdames et Messieurs,

voici quelques pistes de réflexion qui devront être enrichies et approfondies.
Pour l’heure, je voudrais, en votre nom à tous, réaffirmer notre engagement à nous ancrer définitivement dans la voie de la recherche pacifique des solutions de sortie de crise pour notre pays.
Je tiens aussi à renouveler le soutien des Forces nouvelles au gouvernement de transition et à son chef, le Premier ministre Charles Konan Banny.
Je voudrais aussi saluer notre alliance dans le cadre du G7 et appeler les uns et les autres à la mobilisation et à la vigilance. Car, c’est unis et solidaires que nous rassurerons le peuple ivoirien, quant à notre capacité à changer les choses positivement.
Sur ces mots, Mesdames et Messieurs, chers séminaristes je déclare ouvertes ces journées de réflexion de notre mouvement.

Je vous remercie
Propos recueillis
par Charles Bamba
"LE FRONT"


INTEGRALITE DU COMMUNIQUE DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE SUR LES MESURES PRISES PAR LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO

Lundi 27 Novembre 2006

Nous vous proposons l’intégralité de la déclaration lue hier sur les antennes de la Première par le porte-parole de la Présidence de la République, M. Désiré Tagro.
La commission nationale d'enquête instituée le 15 septembre 2006 par Monsieur le Premier ministre a publié son rapport le 22 novembre 2006.
Les conclusions de cette enquête sont les suivantes:

A la charge du Directeur Général du Port Autonome d'Abidjan, au manquement de l'exercice de sa responsabilités, notamment une inertie au moment de l'éclatement du scandale se traduisant par l'absence de réunions de crise et l'absence de toute décision pour empêcher le navire Probo Koala de quitter la Côte d'Ivoire.

A la charge du Directeur Général de Douanes, un mauvais fonctionnement des services de renseignements douaniers et une mauvaise application du code des Douanes.

A la charge du Gouverneur du District d'Abidjan, la méconnaissance des textes réglementant la gestion des déchets, le non accomplissement des obligations attachées à ses fonctions d'organe exécutif du District et une réaction tardive à la détresse des victimes. Ce rapport de la commission nationale d'enquête sur les déchets toxiques met en évidence tantôt une négligence des responsables administratifs tantôt une mauvaise organisation de leurs services. Il s'agira d'une question de responsabilité administrative. Soit il s'agit des services, soit il s'agit des responsables administratifs pris en cette qualité.
Le Président de la République tient à rappeler qu'il lui appartient, en sa qualité de chef de l'Administration, que sous réserve de recours, que tout exercice de fonction incriminée dans ce rapport dépend de mesures qui s'imposent en pareille circonstance.
C'est pourquoi il vient de prendre trois décrets de suspension des responsables par ledit rapport. Bien sûr comme chacun le sait la responsabilité administrative est différente de la responsabilité pénale.
Qui, elle, est individuelle. En ce qui concerne celle-ci, des poursuites sont depuis engagées par les différents parquets d'Abidjan pour rechercher les auteurs de ces faits criminels.

Il s'agira de rechercher et de poursuivre les personnes qui, sciemment, sans considération des motifs qui les ont fait agir, ont permis la pénétration sur le territoire national de ces produits hautement toxiques et leur déversement sur le territoire du District d'Abidjan, provoquant la mort de plusieurs personnes et des maladies graves à des milliers d'autres.
Doivent ainsi être recherchées, toutes les personnes qui ont personnellement pris part à la commission des faits ou qui ont aidé à leur réalisation. Le Président de la République insiste pour dire que s'agissant de ces tueurs, notre justice doit se montrer exemplaire. Le Président lui fait confiance. C'est pourquoi il enjoint aux différents procureurs et les tribunaux de ne négliger aucune piste et de tout mettre en œuvre pour réussir leur mission.

Par ailleurs, rendant compte de l'audience que le Président de la République a accordée le jeudi 23 novembre au Premier ministre sans la présence de la presse, audience qui n'a été sanctionnée d'aucun communiqué final, le quotidien gouvernemental Fraternité Matin a publié à sa une le samedi 25 novembre 2006 ce qui suit : Gbagbo et Banny se sont rencontré jeudi nuit, ils se sont compris.

Un encadré joint à cette une est ainsi libellé :

La 1721 seule voie de sortie de crise. Le Président de la République informe l'opinion nationale et internationale qu'il ne se reconnaît aucunement dans ces affirmations.

Il souligne qu'il s'agit en l'espèce d'une fausse information et d'une manipulation de l'opinion. La publication d'une information aussi fausse se rapportant à un sujet aussi grave que la constitution de notre pays et intervenant au lendemain de la prise de position historique du conseil de sécurité de l'Onu évitant de mettre en cause la souveraineté d'un pays membre constitue une faute professionnelle intolérable pour le seul quotidien que possède en propriété l'Etat de Côte d'Ivoire.
Une telle faute appelle une réaction immédiate, la manipulation de l'opinion ne pouvant être tolérée. C'est pourquoi, tirant les conséquences de cette responsabilité de l'ensemble des responsables administratifs de Fraternité Matin, le Président de la République vient de prendre deux décrets mettant fin aux fonctions du Directeur Général de Fraternité Matin et au mandat des membres du Conseil d'Administration de ce quotidien.
Des passations de charges, que nécessitent ces différentes mesures, seront faites le mardi 28 novembre 2006 sous la direction du Secrétaire général du Gouvernement.

Je vais maintenant vous donner lecture de ces décrets.

lDécret n° 2006-395 du 26 novembre 2006 portant suspension du Gouverneur du District d'Abidjan.
Le Président de la République

Vu la constitution,

Vu la loi n°2001-478 du 9 Août 2001 portant suspension du Gouverneur du District, vu le rapport de la commission nationale d'enquête sur les déchets toxiques,

Vu l'urgence, décrète:

Article 1 Monsieur Djédji Amondji Pierre est suspendu pour trois mois de ses fonctions de Gouverneur d'Abidjan à compter du 15 Septembre 2006.

Article 2. En conséquence Monsieur Djédji Amondji Pierre reprend ses fonctions le 16 décembre 2006.

Article 3. Toutes dispositions antérieures contraires au présent décret sont abrogées.

Fait à Abidjan le 26 novembre 2006.
Laurent Gbagbo.
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Décret n° 2006-395 du 26 novembre 2006 portant suspension du Directeur Général des Douanes de ses fonctions.
Le Président de la République,

Vu la constitution,

Vu le décret n° 2006-177 du 7 septembre 2006 portant nomination des membres du Gouvernement,

Vu le rapport de la commission nationale d'enquête sur les déchets toxiques et vu l'urgence, décrète:

Article 1. Monsieur Gnamien est suspendu pour trois mois de ses fonctions de Directeur Général à compter du 15 septembre 2006.

Article 2. En conséquence Monsieur Gnamien Konan reprend ses fonctions le 16 décembre 2006. Article 3 toutes dispositions antérieures contraires au présent décret sont abrogées.

Fait à Abidjan le 26 novembre 2006.
Laurent Gbagbo.

lDécret n°2006-395 du 26 novembre 2006 portant dissolution du conseil d'Administration du Port Autonome d'Abidjan (PAA)
Le Président de la République,

Vu la Constitution,

Vu la loi 784 du 4 septembre 1997 portant définition et organisation des sociétés d'Etat.

Vu le décret n°2-310 du 11 octobre 2006 portant attribution des membres du gouvernement, vu l'urgence, décrète:

Article 1. Est dissout le Conseil d'Administration du Port Autonome d'Abidjan.

Article 2. Sont abrogées toutes dispositions antérieures contraires au présent décret qui prend effet à compter de sa date de signature.

Fait à Abidjan le 26 novembre 2006.
Laurent Gbagbo.
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Décret n°2006-397 du 26 novembre 2006 portant suspension du directeur Général du Port Autonome d'Abidjan et nomination d'un intérimaire.
Le Président de la République

Vu la Constitution vu la loi n°97-780 du 4 septembre portant définition et organisation des sociétés d'Etat.

Vu le rapport de la commission nationale d'enquête des déchets toxiques, vu l'urgence, décrète.

Article 1. Monsieur Gossio Marcel est suspendu pour trois mois de ses fonctions de Directeur Général du Port Autonome d'Abidjan à compter du 15 septembre 2006.

Article 2. Monsieur Dalo Désiré est nommé cumulativement à ses fonctions de Directeur Général du Port Autonome de San Pedro, Directeur Général par intérimaire du Port Autonome d'Abidjan.

Article 3.A la fin de sa suspension, Monsieur Gossio Marcel reprend ses fonctions le 16 décembre 2006.

Fait à Abidjan le 26 novembre 2006.
Laurent Gbagbo.
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Décret n°2006-398 du 26 novembre 2006 abrogeant le décret n°2004-473 du 9 septembre 2004 portant nomination des membres du conseil d'administration de la Société Nouvelle de Presse et d'Edition de Côte d'Ivoire SNEPCI.
Le Président de la République,

Vu la Constitution vu la loi n°97-782 du 4 septembre 1997 portant définition et organisation des Sociétés d'Etat,

Vu le décret n°2006-310 du 11 octobre 2006 portant attribution des membres du Gouvernement vu l'urgence, décrète.

Article 1. Est abrogé le décret n°2004-473 du 9 septembre portant nomination des membres des membres du conseil d'administration de la Société Nouvelle de Presse et d'Edition de Côte d'Ivoire SNEPCI, le présent décret prend effet à compter de sa date de signature.

Fait à Abidjan le 26 novembre 2006.
Laurent Gbagbo.
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Décret n°2006-399 du 26 novembre 2006 portant suspension du Directeur Général de la Société Nouvelle de Presse et d'Edition de Côte d'Ivoire SNEPCI.

Vu la Constitution, vu la loi n°97-782 du 4 septembre 1997 portant définition et organisation des Sociétés d'Etat,

Vu le décret n°2006-310 du 11 octobre 2006 portant attribution des membres du Gouvernement, vu l'urgence, décrète.

Article 1. Monsieur Lébry Léon Francis est suspendu de ses fonctions de Directeur Général. Article 2 Kouakou N'Guessan Jean-Baptiste est nommé Directeur Général par intérim de la SNEPCI. Article 3. Le présent décret prend effet à compter de sa date de signature.

Fait à Abidjan
le 26 novembre 2006.
Laurent Gbagbo.


COTE D'IVOIRE / NOUVELLES MESURES PRISES PAR LE CHEF DE L'ETAT EN RELATION AVEC LA SUSPENSION DES RESPONSABLES DU PORT DE LA DOUANE ET DU DISTRICT D'ABIDJAN

Lundi 27 Novembre 2006

DECRET N° 2006-394 du 26 novembre 2006 portant suspension du Gouverneur du District de ses fonctions

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,

Vu la Constitution ;

Vu la loi n° 2001-478 du 9 août 2001 portant statut du District d'Abidjan ;

Vu le décret n° 2002-432 du 9 septembre 2002 portant nomination du Gouverneur du District d'Abidjan ;

Vu le décret n° 2006-307 du 16 septembre 2006 portant nomination des membres du Gouvernement ;

Vu le décret n° 2006-310 du 11 octobre 2006 portant attributions des membres du Gouvernement ;

Vu le rapport de la Commission Nationale d'Enquête sur les déchets toxiques ;

Vu l'urgence,

D E C R E T E :
Article 1er : M. DJEDJI AMONDJI Pierre est suspendu pour trois mois de ses fonctions de Gouverneur du District d'Abidjan à compter du 15 septembre 2006.

Article 2: En conséquence, M. DJEDJI AMONDJI Pierre reprend ses fonctions le 16 décembre 2006.

Article 3: Toutes dispositions antérieures contraires au présent décret sont abrogées.

Article 4: Le Ministre de l'Administration du Territoire et le Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé de l'Economie et des Finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret qui sera publié selon la procédure d'urgence ainsi qu’au Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire.

Fait à Abidjan
le 26 novembre 2006
Laurent GBAGBO

DECRET N° 2006-395 du 26 novembre 2006 portant suspension du Directeur Général des Douanes de ses fonctions

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,

Vu la Constitution ;

Vu le décret n° 2006-307 du 16 septembre 2006 portant nomination des membres du Gouvernement ;

Vu le décret n° 2006-310 du 11 octobre 2006 portant attributions des membres du Gouvernement ;

Vu le rapport de la Commission Nationale d'Enquête sur les déchets toxiques ;

Vu l'urgence,

D E C R E T E :
Article 1er: M. GNAMIEN KONAN est suspendu pour trois mois de ses fonctions de Directeur Général des Douanes à compter du 15 septembre 2006.

Article 2: En conséquence, M. GNAMIEN KONAN reprend ses fonctions le 16 décembre 2006.

Article 3: Toutes dispositions antérieures contraires au présent décret sont abrogées.

Article 4: Le Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé de l'Economie et des Finances est chargé de l'exécution du présent décret qui sera publié selon la procédure d'urgence ainsi qu'au Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire.

Fait à Abidjan, le 26 novembre 2006
Laurent GBAGBO

DECRET N° 2006-396 du 26 novembre 2006 portant dissolution du Conseil d'Administration du Port Autonome d'Abidjan (PAA)

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
Vu la Constitution ;

Vu la loi n°97-780 du 4 septembre 1997 portant définition et organisation des Sociétés d'Etat ;

Vu le décret n° 2001-143 du 14 mars 2001 portant approbation des statuts du Port Autonome d'Abidjan (PAA) et classification des immobilisations concédées ;

Vu le décret n° 2006-307 du 16 septembre 2006 portant nomination des membres du Gouvernement ;

Vu le décret n° 2006-310 du 11 octobre 2006 portant attributions des membres du Gouvernement ;

Vu l'urgence,

Article 1er: Est dissous le Conseil d'Administration du Port Autonome d’Abidjan.

Article 2: Sont abrogées toutes dispositions antérieures contraires au présent décret qui prend effet à compter de sa date de signature.

Article 3: Le Ministre des Infrastructures Economiques et le Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé de l'Economie et des Finances sont chargés chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret qui sera publié selon la procédure d'urgence ainsi qu'au Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire.

Fait à Abidjan,
le 26 novembre 2006
Laurent GBAGBO

DECRET N° 2006-397 du 26 novembre 2006 portant suspension du Directeur Général du Port Autonome d'Abidjan de ses fonctions et nomination d'un intérimaire.

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,

Vu la Constitution ;

Vu la loi n°97-780 du 4 septembre 1997 portant définition et organisation des Sociétés d'Etat;

Vu le décret n° 94-284 du 19 mai 1994 portant modification du décret n° 92-940 du 23 décembre 1992 portant transformation du Port Autonome d'Abidjan en Société d'Etat;

Vu le décret n° 2001-143 du 14 mars 2001 portant approbation des statuts du Port Autonome d'Abidjan (PAA) et classification des immobilisations concédées;

Vu le décret n° 2006-307 du 16 septembre 2006 portant nomination des membres du Gouvernement;

Vu le décret n° 2006-310 du 11 octobre 2006 portant attributions des membres du Gouvernement;

Vu le rapport de la Commission Nationale d'enquête sur les déchets toxiques;

Vu l'urgence,

DECRETE:

Article 1er: M. GOSSIO Marcel est suspendu pour trois mois de ses fonctions de Directeur Général du Port Autonome d'Abidjan à compter du 15 septembre 2006.

Article 2: M. DALLO Désiré est nommé cumulativement à ses fonctions de Directeur Général du Port Autonome de San-Pedro, Directeur Général par intérim du Port Autonome d'Abidjan.

Article 3: A la fin de sa suspension, M.GOSSIO Marcel reprend ses fonctions le 16 décembre 2006.

Article 4: Le Ministre des Infrastructures Economiques et le Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé de l'Economie et des Finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret qui sera publié selon la procédure d'urgence ainsi qu'au Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire.

Fait à Abidjan,
le 26 novembre 2006
Laurent GBAGBO

Vu la Constitution;
DECRET N° 2006-398 du 26 novembre 2006 abrogeant le décret n° 2004-473 du 9 septembre 2004 portant nomination des membres du Conseil d'Administration de la Société Nouvelle de Presse et d'Edition de Côte d'Ivoire (SNPECI)

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,

Vu la loi n°97-780 du 4 septembre 1997 portant définition et organisation des Sociétés d'Etat;

Vu le décret n° 93-780 du 29 septembre 1993 portant création d'une société d'Etat dénommée Société Nouvelle de Presse et d'Edition de Côte d'Ivoire, en abrégé « SNPECI », tel que modifié par le décret n° 94- 149 du 17 mars 1994;

Vu le décret n° 2006-307 du 16 septembre 2006 portant nomination des membres du Gouvernement;

Vu le décret n° 2006-310 du 11 octobre 2006 portant attributions des membres du Gouvernement;

Vu l'urgence,

DECRETE:

Article 1er: Est abrogé le décret n° 2004-473 du 9 septembre 2004 portant nomination des membres du Conseil d'Administration de la Société Nouvelle de Presse et d'Edition de Côte d'Ivoire (SNPECI).

Article 2: Le présent décret prend effet à compter de sa date de signature.

Article 3: Le Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé de la Communication et le Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé de l'Economie et des Finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret qui sera publié selon la
procédure d'urgence ainsi qu'au Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire.

Fait à Abidjan,
le 26 novembre 2006
Laurent GBAGBO

DECRET N° 2006-399 du 26 novembre 2006 portant suspension du Directeur Général de la Société Nouvelle de Presse et d'Edition de Côte d'Ivoire (SNPECI) de ses fonctions et nomination d'un intérimaire.

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,

Vu la Constitution;

Vu la loi n°97-780 du 4 septembre 1997 portant définition et organisation des Sociétés d'Etat;

Vu le décret n° 93-780 du 29 septembre 1993 portant création d'une société d'Etat dénommée Société Nouvelle de Presse et d'Edition de Côte d'Ivoire, en abrégé « SNPECI », tel que modifié par le décret n° 94-149 du 17 mars 1994;

Vu le décret n° 2006-307 du 16 septembre 2006 portant nomination des membres du Gouvernement;

Vu le décret n° 2006-310 du 11 octobre 2006 portant attributions des membres du Gouvernement;

Vu l'urgence,

D E C R E T E :

Article 1er: Monsieur Lébry Léon Francis est suspendu de ses fonctions de Directeur Général de la SNPECI.

Article 2: Monsieur KOUAKOU N'Guessan Jean-Baptiste est nommé Directeur Général par intérim de la SNPECI.

Article 3: Le présent décret prend effet à compter de sa date de signature.

Article 4: Le Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé de la Communication et le Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé de l'Economie et des Finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret qui sera publié selon la procédure d'urgence ainsi qu'au Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire.

Fait à Abidjan,
le 26 novembre 2006
Laurent GBAGBO


COTATION DE LA BOURSE DES VALEURS EN COTE D'IVOIRE

Dimanche 26 Novembre 2006

La BRVM a clôturé sa séance de cotation du mercredi 22 novembre 2006 en hausse par rapport à la séance précédente. L’indice BRVM composite est passé de 117,61 à 118,45points ; soit une progression de 0,71 %. L’indice BRVM 10, pour sa part a gagné 0,89 % à 139,79 points contre 138,56 précédemment.

1. La valeur des transactions s’établit à 129,23 millions F CFA contre 100,37 millions FCFA réalisés le mardi dernier.

2. La négociation a porté sur 18 sociétés pour un total de 40 inscrites sur le marché des actions. Le nombre des titres échangés s’est élevé à 5 100.

3. 11 SGI dont 07 hors Côte d’Ivoire ont participé au marché sur les 20 agréées.

4. La capitalisation boursière du marché des actions s’est chiffrée à 2 171 630 508 805 F CFA. Celle du marché obligatoire s’élève à 289 088 431 950 F CFA. 5. Sur le marché obligatoire, 95 obligations ont été échangées pour une valeur totale de F CFA 949 750 millions, coupons courus non compris.

Nous remercions tous les intervenants du marché boursier régional et vous informons que la prochaine séance de cotation aura lieu le jeudi 23 novembre 2006.

Fait à Abidjan, le 22 Novembre 2006.


LISTE DES MEMBRES DE LA COMMISSION NATIONALE D'ENQUETE

Vendredi 24 Novembre 2006

Les dispositions de l’article 5 de l’arrêté N° 2006-167/PM/CAB du 15 septembre 2006 déterminent la composition de la Commission Nationale d’Enquête.
Elle est présidée par un magistrat hors hiérarchie en la personne de Mme Fatoumata DIAKITE nommée par arrêté N° 2006-165/PM/CAB du 16 septembre 2006 du Premier Ministre.
Elle est en outre composée de représentants d’institutions et de la société civile.

- M. AGBRE Touni Jean Albert représentant le Conseil Economique et Social ;
- M. N’DIA Yves, Avocat, représentant le Barreau de Côte d’Ivoire
- Le Colonel Issoufou DAO représentant le Ministère de la Défense;
- M. N’GUESSAN N’Cho représentant l’UFR des Sciences Juridiques, Administratives et Politiques de l’Université de Cocody ;
- M. ZABI Soko Guillaume représentant le Ministère de l’Environnement ;
- M. COULIBALY Issa Malick représentant le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique ;
- Le Commissaire BAH François représentant le Ministère de la Sécurité
- M. KOUAME Konan Lucien représentant le Ministère de l’Agriculture ;
- M. DIAWARA Sirima représentant le Ministère de la Production Animale et des Ressources Halieutiques ;
- M. LOUKOU Koffi Jules représentant la Société Civile ;
- M. N’GOUAN Patrick représentant la Société Civile ;
- M. DIRABOU Mathurin représentant le Collectif des Victimes ;
- Mme N’GUESSAN Philomène représentant le Collectif des Victimes.
- M. GUEHI Brissi Lucas, représentant l’Assemblée National.e.

N.B: M. Guehi Brissi Lucas n’a jamais siégé au sein de la Commission Nationale.


COTE D'IVOIRE / REACTION DE LEADERS POLITIQUES SUR LE RAPPORT DE LA COMMISSION D'ENQUETE SUR LES DECHETS TOXIQUES

Vendredi 24 Novembre 2006

Anaky Kobina (MFA)
“Le MFA réagira
plus tard”
« L’affaire est tellement importante que nous, au MFA, ne pouvons réagir comme ça à chaud. De toutes les personnalités citées, nous sommes de loin la plus délicate. Et le rapport n’ayant été publié seulement qu’hier, il n’est pas conseillé de réagir dans l’immédiat. Nous analyserons, plus en profondeur, le document et le MFA réagira très bientôt».

Djédjé Mady (PDCI)
“Les personnes
incriminées ne doivent pas rester impunies”
« Je pense que ce rapport situe les responsabilités. Nous ne cherchons pas des victimes innocentes. Mais, nous souhaitons que justice soit rendue aux victimes de ce drame. Et que toutes les personnes mises en cause ou incriminées ne restent pas impunies. La situation est tellement grave que nous exigeons que les autorités compétentes prennent des sanctions aussi bien au plan administratif que judiciaire.

François Kouablan (SG PIT)
“Le PIT attend des mesures concrètes”
« Dans sa déclaration publiée, juste après l’éclatement du scandale, le PIT a exigé la mise en place d’une Commission d’enquête nationale et même internationale pour faire la lumière sur cette grave affaire. Maintenant, que la Commission nationale d’enquête a situé les responsabilités des uns et des autres au plan administratif, le PIT se félicite qu’une fois une commission d’enquête a pu donner des résultats. Parce que les Ivoiriens avaient été habitués à ce que ce genre de commission d’enquête accouche d’une souris. Le PIT félicite tous les acteurs et initiateurs de ce rapport d’enquête. Maintenant, une chose est de constater les responsabilités des personnes citées, une autre est d’appliquer réellement les dispositions légales et réglementaires sanctionnant ce genre de manquements. Conformément à ce qu’a affirmé le Premier ministre, l’impunité en Côte d’ivoire doit prendre fin. Il importe, déjà, de se réjouir des mesures conservatoires prises à l’encontre de certaines personnalités au début de l’affaire. Mais, il faut aller jusqu’au bout. Et aller au bout, pour nous, c’est que tous ceux qui ont été impliqués doivent effectivement payer pour l’acte qu’ils ont posé. Le rapport ne prend pas en compte les responsabilités au plan pénal, mais il appartient à la justice de situer la culpabilité des uns et des autres. Le PIT attend des mesures concrètes au double plan administratif et judiciaire. Afin que cela puisse servir d’exemple dans la conscience des Ivoiriens et de tous ceux qui habitent ce pays afin que la nouvelle Côte d’Ivoire puisse naître. »

Ally Coulibaly (Porte-parole du RDR)
“Il faut mettre fin à la culture de l’impunité”
« A RDR, nous pensons qu’il faut aller au-delà de ce rapport. Depuis l’éclatement du scandale, le Premier ministre Alassane Ouattara, a demandé qu’il fallait que la vérité soit sue de tous. Que les Ivoiriens sachent qui a fait quoi. Surtout, que justice soit rendue à ceux de nos compatriotes qui ont perdu la vie dans ce scandale. Il faut engager un vaste mouvement permettant de restaurer l’autorité de l’État et la moralisation dans l’administration. Le RDR a fait sien cette nécessité. C’est l’une des tâches qui va incomber aux nouveaux dirigeants après les élections présidentielles. Maintenant, que la Commission nationale d’enquête a rendu ses conclusions au Premier ministre, pour nous ce n’est qu’un premier pas. Il faut que la justice soit saisie pour établir, sans complaisance, la culpabilité des personnes mises en cause. Les fautifs et les coupables devront être sanctionnés à la hauteur de leurs implications.
Le RDR pense que justice sera rendue à ceux qui sont morts et à ceux qui ont été intoxiqués par ces déchets toxiques. Nous nous battrons pour qu’il en soit ainsi. Il faut indemniser les parents des victimes et aussi tous ceux qui portent encore les séquelles de cette gigantesque intoxication. Mais, surtout, il faut mettre fin à la culture d’impunité dans notre pays. C’est un impératif, si on veut redonner à l’administration ivoirienne, le visage de probité et de d’intégrité que le gouvernement d’Houphouët Boigny avait réussi à lui imprimer en 1990.

Salif N’Diaye ( S.G UDPCI) :
“Le pays a les yeux rivés sur le palais de justice”
« La Côte d’Ivoire a connu un drame, du fait du déversement de déchets toxiques dans le District d’Abidjan.
En son temps, l’UDPCI s’est inquiétée des conséquences actuelles et futures de cette catastrophe environnementale, dans une déclaration en date du 5 septembre 2006.
C’est avec bonheur que l’UDPCI a pris connaissance des résultats de l’enquête commanditée par Monsieur le Premier ministre, qui vient de traduire dans les faits, sa farouche volonté de faire toute la lumière sur ce malheureux événement.
L’UDPCI se félicite de ce que la Commission Nationale d’enquête libre, par un travail méticuleux et hautement professionnel, ait, en deux mois, permis la manifestation de la vérité.
Ce sont par conséquent des remerciements que l’UDPCI adresse, à Monsieur le Premier ministre et toute la commission, pour le travail accompli.
Car, la Côte d’Ivoire doit savoir. Car la Côte d’Ivoire se doit de rompre d’avec des pratiques qui célèbrent l’IMPUNITE. Monsieur le Premier ministre nous en a donné l’assurance ; il a pris ses responsabilités et nous ne pouvons que l’approuver.
Avec minutie, la commission d’enquête a établi les responsabilités. La justice de Côte d’Ivoire est saisie de l’affaire. C’est, nous l’espérons, le retour salvateur à l’Etat de Droit.
C’est pourquoi le Pays tout entier a les yeux rivés sur le Temple de Thémis, qui jouera de sa crédibilité, dans une affaire où de nombreux Ivoiriens ont perdu la vie et que d’autres luttent pour rester en vie en recouvrant la santé.
L’UDPCI n’est point dupe de la multiplication de commissions subitement créées, pour rendre opaque le traitement de l’affaire Probo Koala.
Les faits sont là. Des sons de cloche contraire se font entendre et se feront »

Propos recueillis par Khristian Kara


EXTRAITS DU RAPPORT D'ENQUETE SUR LES DECHETS TOXIQUES

Vendredi 24 Novembre 2006

D’autres larges extraits du rapport de la Commission d’enquête, après ceux publiés hier, pour comprendre le dossier des déchets déversés à Abidjan en août dernier.

CONTEXTE SOCIO-POLITIQUE DE L’INSTITUTION DE LA COMMISSION NATIONALE D’ENQUETE

Le 19 Août 2006, un navire battant pavillon panaméen dénommé “Probo Koala” a accosté au Port Autonome d’Abidjan avec dans ses cales des résidus d’hydrocarbures à composition très toxique. Ces déchets ont été déversés à plusieurs endroits du District d’Abidjan.
Dès le dimanche 20 août, l’odeur nauséabonde provenant de ces déchets a considérablement pollué l’air environnant. En raison de leur haute toxicité, les habitants des endroits contaminés ont dû parfois abandonner leur domicile. Certains ont été atteints d’affections diverses nécessitant des consultations médicales et des hospitalisations et d’autres sont malheureusement sont décédés.
Devant l’ampleur du drame qui a suscité l’émotion, la désolation et la révolte de la population, le Gouvernement a mis en place un Comité Interministériel de Crise en vue d’appréhender au mieux tous les contours de cette catastrophe, indiscutablement d’origine humaine et ses conséquences.
C’est ainsi que le gouvernement a pris une série de premières mesures destinées, notamment, à soulager médicalement les victimes, à protéger les sources d’eau potable et la chaîne alimentaire.
En outre, dès le mercredi, 6 septembre 2006, au cours d’un Conseil de Ministres Extraordinaire tenu à Yamoussoukro consacré aux déchets toxiques, le Premier Ministre, tirant les conséquences de cette situation qualifiée d’extrêmement grave, a présenté au Chef de l’Etat sa démission et celle de son Gouvernement.
Après la mise en place de la Cellule Opérationnelle de Gestion de Crise, Monsieur le Premier Ministre a annoncé, dans son adresse à la Nation le jeudi 14 septembre 2006, sa décision d’instituer une Commission Nationale d’Enquête sur les Déchets Toxiques dans le District d’Abidjan.

DISPOSITIONS ADMINISTRATIVES ET FINANCIERES EN VUE DU DEMARRAGE DES ACTIVITES DE LA COMMISSION

1°) - Le jeudi, 21 septembre 2006, la Commission Nationale a été installée.
2°) - La Commission Nationale a adopté son règlement intérieur et son budget de fonctionnement respectivement les 25 et 26 septembre 2006.
3°) - Conformément à son règlement intérieur, la Commission Nationale a mis en place une structure administrative chargée de coordonner les opérations d’enquête. Il s’agit du Secrétariat Administratif comprenant un (1) secrétaire administratif, deux (2) assistantes et un (1) agent administratif polyvalent.
En application du règlement intérieur, quatre (4) Cellules d’investigations dans lesquelles sont repartis les membres de la Commission ont été constituées :
- PORT AUTONOME D’ABIDJAN, DOUANES, TRANSPORT
MM AGBRE Touni Jean Albert (Président) N’DIA Yves DIRABOU Mathurin
- DISTRICT, ENVIRONNEMENT ET SANTE
MM. ZABI Soko Guillaume (Président) N’GUESSAN N’cho, COULIBALY Issa Malick, Mme N’GUESSAN Philomène
- DEFENSE, SECURITE ET FINANCES
MM BAH François (Président), Issoufou DAO, DIAWARA Sirima
- MINES ET ENERGIE
MM. KOUAME Konan Lucien (Président), LOUKOU Koffi Jules, N’GOUAN Patrick

METHODOLOGIE DE TRAVAIL

La méthodologie de travail choisie par la Commission Nationale d’Enquête s’articule autour de trois (3) phases. Elles sont interdépendantes et hiérarchisées.
Première phase :
Au cours de cette phase, les enquêteurs ont investi tous les secteurs impliqués directement ou indirectement dans la gestion des déchets toxiques en vue de collecter tous papiers, documents ou toutes informations en rapport avec sa mission.
Ces éléments rassemblés sont classés selon la chronologie des faits. Ils ont ensuite permis de dresser la liste exhaustive des personnes à entendre dans le cadre de l’enquête. En d’autres termes, ces éléments ont servi à préparer les séances d’auditions.
Deuxième phase :
Cette phase se rapporte aux séances d’audition qui sont également organisées selon la chronologie des faits. Trois (3) supports servent à matérialiser les auditions :
- Le procès-verbal d’audition ;
- L’enregistrement oral ;
- L’enregistrement audio-visuel.
Le procès-verbal d’audition est co-signé par la personne entendue et les membres de la Commission présents. Dans cette seconde phase, la Commission a entendu soixante-dix huit personnes dans ses locaux sis à Cocody-les- Deux-Plateaux, à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), et même à Paris (France). Il est à préciser que les personnes entendues sont notamment les personnes ressources, les témoins et les victimes et les personnes impliquées directement ou indirectement dans la naissance ou la gestion de cette crise. Cette phase d’audition s’est étendue sur une période de six semaines, avec en moyenne une durée de trois heures par personne entendue.
Troisième phase :
La troisième phase a été consacrée à la rédaction du rapport. Le projet de rapport est soumis à l’examen des Commissaires membres de la Commission qui l’examinent et l’adoptent. Le rapport engage individuellement et collectivement tous les membres de la Commission
Nationale d’Enquête sur les Déchets Toxiques dans le District d’Abidjan.

PREMIERE PARTIE
DESCRIPTION DES FAITS ET PROCEDURES

Les faits et procédures relatés concernent les évènements et tout le processus qui ont conduit au déversement des déchets toxiques dans le District d’Abidjan. Ces faits et procédures vont de l’octroi des agréments et autorisations par les autorités ivoiriennes à l’autorisation d’appareiller du navire, en passant par le transport, la réception et le déversement de ces déchets.

CHAPITRE I :
L’OCTROI DES AGREMENTS ET AUTORISATIONS

La société Puma Energy CI et la compagnie Tommy sont parmi les principaux acteurs des problèmes posés par les déchets toxiques. C’est pourquoi il importe de décrire et d’analyser les conditions d’octroi de leurs agréments sans oublier l’autorisation d’exercer délivrée à la compagnieTommy par les autorités portuaires.

SECTION 1: L’AGREMENT DE PUMA ENERGY CI

La société Puma Energy CI, filiale de la multinationale Trafigura qui en est l’actionnaire unique, a été créée en février 2004. Cette société a pour objet le stockage et la vente des produits pétroliers sous douane; pour les activités de celle-ci, Trafigura, la société mère, spécialisée dans le négoce et le transport des produits pétroliers, a acquis auprès de SHELL-CI les installations que la société AGIP lui avait cédées.
A la suite de cette acquisition, la société Puma Energy CI a introduit une demande d’agrément auprès du Ministère des Mines et de l’Energie, enregistrée sous le n° 1522 du 09 décembre 2004 et ce, en application de l’Article 2 de la Loi n°92-469 du 30 juillet 1992 portant répression des fraudes en matière de produits pétroliers et des violations aux prescriptions techniques de sécurité.
Il y a lieu de préciser que si des agréments en vue du stockage de produits pétroliers ont déjà été octroyés à des sociétés telles que GESTOCI, SHELL et MOBIL, c’est bien la première fois qu’une demande d’agrément de stockage de produits pétroliers sous douane est adressée aux autorités ivoiriennes.
Pour l’examen de cette demande d’agrément, le Ministère des Mines et de l’Energie a sollicité l’avis des structures sous sa tutelle. Une réunion s’est tenue à cet effet le 4 octobre 2005 au Ministère des Mines et de l’Energie sous la présidence de Mme Kadio-Morokro Françoise, directeur de cabinet. Etaient présents à cette séance :
Ministère des Mines et de l’Energie :
- Mme Kadio-Morokro Françoise, Directeur de Cabinet,
- M. Kouassi Bandama Gilbert, Directeur des Hydrocarbures,
- M. Nandjui Pierre, Sous-Directeur des Ressources Humaines.
S. I. R. :
- M. Joël Dervain, Directeur Général,
PETROCI :
- M. Bongba Thomas, Chef de Département des Appontements et lignes,
- M. Loukou K., Service Juridique
GESTOCI :
- M. Nanou A. Célestin, Directeur des Opérations,
- M. Eba Koutoua
Puma Energy Côte d’Ivoire :
- M. Kablan N’Zi, Administrateur Général Adjoint.
Il ressort du procès-verbal de la réunion du 4 octobre 2005 que M. Kablan N’Zi a été invité à fournir des précisions sur les projets d’activités de sa société. A la suite des explications de ce dernier, des réserves ont été émises quant à la protection des entreprises ivoiriennes telles que la SIR, la GESTOCI et la PETROCI. Les participants à la réunion voulaient s’assurer que les produits à stocker seraient effectivement exportés comme l’indiquait l’objet de Puma Energy CI.
Après cette réunion et plusieurs rencontres au cours desquelles M. Kablan N’Zi s’est engagé à tenir compte des réserves émises par les sociétés sous tutelle du ministère des Mines et de l’Energie. Un agrément probatoire a été accordé à Puma Energy CI par Arrêté n° 065/MEMME/MEMEP/DH du 23 décembre 2005 portant agrément pour l’entreposage spécial de produits pétroliers.
Après avoir accordé cet agrément probatoire, le Ministère des Mines et de l’Energie a exigé de Puma Energy CI, une étude de dangerosité et d’impact environnemental.
L’agrément probatoire d’un an arrivant à expiration, Puma Energy CI a sollicité un agrément définitif.
Cette demande n’était pas encore examinée lorsque est survenue l’affaire des déchets toxiques.
Par ailleurs, il ressort des auditions de Mme Kadio-Morokro et de M. Kouassi Bandama Gilbert, faites par la Commission, que le Ministère des Mines et de l’Energie, dans ses opérations en matière d’hydrocarbures, n’a pas de relations particulières avec le Ministère de la Santé et de la Population et qu’il ne gère pas non plus l’aspect environnemental.

SECTION 2: L’AGREMENT DE LA COMPAGNIE TOMMY

Pour mieux comprendre l’octroi de l’agrément à la compagnie Tommy, il importe de décrire d’abord les conditions légales d’octroi de l’agrément d’avitailleur maritime avant d’exposer les circonstances dans lesquelles l’agrément a été accordé à cette société.
PARAGRAPHE 1 :
Conditions légales d’octroi de l’agrément d’avitailleur maritime
La profession d’avitailleur maritime est règlementée par le Décret n° 97-615 du 16 octobre 1997, portant réglementation de l’exercice de la profession d’avitailleur maritime dans les ports ivoiriens. Ce texte définit la notion d’Avitailleur maritime et la procédure d’octroi de l’agrément d’Avitailleur maritime.
I - Notion d’Avitailleur maritime
Aux termes de l’article 2 du Décret de 1997 précité, est “Avitailleur maritime toute personne morale auxiliaire du transport maritime chargée de fourn