LE PREMIER MINISTRE BANNY A DAKAR
Samedi 31 Decembre 2005
Charles Konan Banny s’est envolé, hier vendredi 30 décembre, dans la matinée, pour la capitale sénégalaise, Dakar. Le Premier ministre de transition, qui a enfin formé son ‘’gouvernement de mission’’, mercredi sernier 28 décembre, après de longues négociations, est reparti dans la capitale sénégalaise, où réside sa famille. Selon des proches du Premier ministre qui ont confirmé son départ, hier, pour le Sénégal, M. Banny est allé fêter le nouvel an en famille.
COTE D'IVOIRE / VOEUX DE NOUVEL AN DE M.HENRI KONAN BEDIE ANCIEN PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET PRESIDENT DU PDCI EX-PARTI AU POUVOIR PENDANT PLUS DE 40 ANS
Samedi 31 Decembre 2005
Les lampions de l’année 2005 vont s’éteindre dans quelques heures avec pour les Ivoiriens dans leur ensemble, ce ouf de soulagement qu’ils ont, tous, poussé, à l’occasion de la mise sur pied, le 28 décembre 2005, du gouvernement de transition du Premier ministre Charles Konan Banny.
Depuis le 26 octobre 2005, en effet, notre pays se trouve dans cette situation paradoxale d’être un pays sans Président, sans gouvernement puisque tout avait été mis en œuvre pour que tous les candidats au poste de Premier ministre soient récusés les uns après les autres par la volonté de quelqu’un dont la voix ne devrait plus avoir ni l’impact ni l’importance que l’on s’est acharné à lui accorder.
A présent, un gouvernement a donc été constitué, gouvernement auquel participe notre parti, le PDCI-RDA et que nous soutenons, en tout ce qu’il entreprendra, pour accomplir les tâches qui lui ont été prescrites par la communauté internationale dans la résolution 1633 du Conseil de sécurité de l’ONU, notamment, le désarmement des milices, la réunification et le retour à la paix dans le pays.
C’est à ces conditions seulement que peuvent s’effectuer les élections prévues vers la fin de l’année, élections qui doivent être transparentes, crédibles, justes et ouvertes à tous. C’est du reste, l’unique chemin pour un retour véritable de notre pays à la normalité et dans le concert des Nations !
Notre formation politique, le PDCI-RDA, toujours fidèle à ses engagements, a continué à apporter sa contribution dans cette recherche obstinée de la paix.
C’est le sens de notre participation à ce gouvernement de transition. C’est également le sens de la mise sur pied par ceux d’entre nous qui nous reconnaissons dans le père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, Félix Houphouët Boigny, du Rassemblement des houphouétistes pour le développement et la paix, le RHDP.
A présent que le gouvernement de transition a été formé, il nous reste à penser et à nous organiser pour les futures consultations puisqu’elles constituent l’objectif premier du gouvernement.
Nos militants doivent dès à présent s’y préparer, encore plus que par le passé. L’homme politique est celui qui, dès le lendemain de son élection, entre en campagne s’il veut être reconduit. Considérons-nous constamment en campagne, partout où nous sommes, à la campagne, à la maison, au bureau, en ville ou au village.
Les consignes données dans ma « feuille de route du militant » du 29 novembre 2003 restent valables et plus que d’actualité. Les membres des instances du Parti, les jeunes et les femmes, les délégués départementaux et communaux, les Secrétaires généraux de section et présidents de comités de base doivent entreprendre ce travail politique auquel je les conviais alors, travail quotidien de formation, d’information et surtout d’explication auprès des militants et des sympathisants de notre parti qui restent nombreux.
Nous devons nous convaincre tous de cette vérité éternelle : unis, nous pouvons redevenir un. Nous pouvons redevenir une force salvatrice. Nous devons, pour ce faire, éviter les querelles intestines et inutiles, querelles qui ne peuvent que nous désunir, nous séparer les uns des autres. Dans cette belle formation politique, fierté de nos pères, chacun a sa place et chacun doit pouvoir jouer sa partition. Nous devons donc nous respecter les uns et les autres, nous apprécier les uns et les autres, pour l’unique et simple raison, que nous sommes les enfants d’un seul père, Félix Houphouët Boigny dont nous sommes les dignes héritiers.
Une santé de fer, la paix pour tous et plus de tolérance entre tous, tels sont les vœux que j’adresse, en ce début d’année 2006, aux militants du PDCI-RDA, aux militants des partis membres du RHDP, à tous les Ivoiriens dans leur ensemble et à tous ceux qui, ici ou ailleurs, nous apportent leur soutien dans cette passe difficile que traverse notre pays, la Côte d’Ivoire.
Daoukro, le 30 décembre 2005
Henri Konan Bédié
Président du PDCI-RDA
COTE D'IVOIRE / REACTIONS DE LA POPULATION APRES LA FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT
Samedi 31 Decembre 2005
Interrogés vendredi après-midi à Abidjan, la population donne son avis sur la composition du gouvernement de Charles Konan Banny. Ivoiriens et autres habitants de la Côte d’Ivoire jugent également la méthode Banny.
Madame Freeman (Enseignante) :
"Je souhaite tout simplement que la Côte d’Ivoire parvienne à la paix. Sans la paix, nous, nous ne pouvons rien faire. C’est la condition sine qua non. J’invite tous mes frères et sœurs à prendre conscience de l’importance de la paix. Depuis 3 ans, il y a une stagnation réelle. Si tout le monde est honnête pour faire avancer le pays, ce gouvernement va réussir. Vouloir, c’est pouvoir".
Jean Blé (Enseignant) :
"C’est un gouvernement acceptable. Nous sommes dans une période de réconciliation. Que chacun fasse ce qu’il y a à faire afin qu’on aille de l’avant et que la mission pour laquelle ce gouvernement est en place soit accomplie. C’est le plus important".
Emmanuel Yavo (Agent de transit) :
"L’essentiel pour moi, c’est que le pays soit réunifié. Il faut qu’il y ait la paix et que tout se passe bien. Ce gouvernement qui vient de nous être donné est compétitif. Il ne faut pas rester dans la léthargie comme on l’a été sous M. Seydou Diarra. Il faut qu’il y ait la paix. Si le gouvernement actuel travaille pour l’évolution de tout le monde, je n’y vois pas d’inconvénients. Je crois que le gouvernement a été formé selon le choix des leaders politiques qui ont proposé ceux qu’ils trouvent compétents. Nous observons, mais il faut un bon ministre de la défense et un bon ministre de l’intérieur pour réussir les élections.
Pour l’économie, nous faisons confiance au premier ministre, puisque c’est un gestionnaire".
Lt Y. (Policier) :
"Nous attendons de voir le nouveau gouvernement à l’œuvre. Il faut attendre avant de juger. Pour l’instant, nous observons tous".
Fadiga Hamed (Opérateur économique):
"Apparemment, ce gouvernement est bon. Mais on espère que les membres qui le composent pourront travailler pour faire avancer les choses. Nous, nous sommes pressés. Nous ne travaillons pas depuis un bon moment. Il n’y a pas d’argent. Ils sont en train de tourner en round. Maintenant qu’ils ont fini le gouvernement, j’espère que les choses vont aller vite et qu’il n’y aura pas d’opposition systématique et désordonnée. Nous attendons que les investisseurs étrangers reviennent, pour que nous puissions
travailler, il faut que l’argent rentre. Il n’y a plus d’argent frais dans le pays".
Mlle Sana (Secrétaire de Direction):
"Le Premier ministre est en train de bien faire son boulot. Seulement, il faudrait que les politiciens le laissent travailler. Qu’il y ait la réconciliation et la paix pour que l’économie du pays se remette en marche. Je souhaite beaucoup de bonheur aux Ivoiriens pendant cette nouvelle année. Nous sommes solidaires d’eux".
Propos recueillis par :
Auteur: Barthélemy kouamé
COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DE M.SIDIKI KONATE PORTE-PAROLE DES FORCES NOUVELLES APRES LA FORMATION DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION
Samedi 31 Decembre 2005
72 heures après la formation du gouvernement de transition, conduit par Charles Konan Banny, M. Konaté Sidiki, porte-parole des Forces nouvelles "ex-rebellion) , s’est confié dans cette interview exclusive, il parle de compromis politiques qui ont abouti au gouvernement.
Avec le franc-parler qui le caractérise, M. Konaté revient, également, sur ‘’ les 6 commandos’’ des Forces nouvelles appelés au gouvernement.
Après moult tractations et tentatives de blocage, le Premier ministre a, enfin, formé son gouvernement. Que vous inspire l’équipe de Charles Konan Banny ?
Ce gouvernement est un outil de travail, élaboré dans des conditions difficiles. Il faut tirer le chapeau au Premier ministre pour avoir réussi ce premier coup. Ce n’était pas aisé pour lui. Dans un contexte différent de celui de Kléber, il lui fallait trouver un compromis avec les partis politiques, qui puisse innover tout en sauvegardant les acquis.
Les Forces nouvelles ont travaillé en étroite collaboration avec le Premier ministre pour faire avancer son oeuvre. Elles ont même accepté des concessions difficiles pour lever tout obstacle à la formation de ce gouvernement. Elles l’ont fait parce que le plus important est devant nous ; le plus important reste le travail à accomplir pour appliquer intégralement et sans faux fuyant la feuille de route élaborée par la Résolution 1633 et traduite en programme par le Groupe de travail international (GTI)
Quelles sont les concessions que vous avez dû faire pour aider à la formation du gouvernement ?
Nous avons accepté que de 9 ministères obtenus à Kléber, nous en venions à six dont 4 pour le MPCI, 1 pour le MJP et 1 pour le MPIGO. Nous avons concédé au Premier ministre, le ministère de la Communication qui a été pour nous le fruit d’un combat difficile contre le régime FPI. Nous avons accepté, sans grand préalable ou autre forme de blocage, que les deux personnalités présentées à nous, par le Premier ministre, pour occuper les postes des ministères de la Défense et de l’Intérieur soient nommées à ces deux postes. Nous ne connaissons pas ces deux personnalités et nous n’avons jamais eu directement affaire à elles. Nous avons seulement donné notre accord sur la base des garanties que le Premier ministre nous a données quant à leur neutralité. Et puis, pour la réconciliation et la paix, il faut rompre avec les appréhensions ou les suspicions éternelles. C’est dans la tâche que nous constaterons et aviserons.
Pourtant, les Forces nouvelles ont haussé le ton, cette semaine, dans une déclaration en menaçant de ne pas participer au gouvernement !
Je le concède. C’était une déclaration signée de moi-même le mardi 27 décembre. A cette date, le Premier ministre était sérieusement confronté à un obstacle dans la formation de son gouvernement. Il a pris deux à trois semaines pour s’accorder avec tous les partis signataires sur les listes et sur le nombre de portefeuilles. On croyait, tous, être sortis de l’auberge quand le chef de l’Etat, contre toute attente, a réclamé que le ministère de l’Economie et des finances revienne encore à lui et à son parti. C’était surréaliste parce que le FPI avait déjà obtenu ses 7 postes et n’a pas exigé ledit ministère. Le chef de l’Etat venait à la rescousse du FPI qui avait déjà été débouté par le Premier ministre sur cette question, lors de leur rencontre. On a compris que M. Gbagbo voulait reprendre son jeu favori qui consiste à bloquer le processus, chaque fois que les Ivoiriens aspirent à la paix. Il fallait dénoncer rapidement cette mascarade et interpeller les Ivoiriens et la communauté internationale.
Et ça a payé, parce que le lendemain, le chef de l’Etat a cédé, après toutes les pressions nationales et internationales, sans oublier l’intransigeance et la détermination du Premier ministre à obtenir ce ministère, conformément à la Résolution 1633.
Pensez- vous que le Premier ministre a-t-il, effectivement, les moyens pour commencer le travail pour lequel il a été imposé à la classe politique ?
Théoriquement, le Premier ministre évolue dans un cadre national et international, qui lui est très favorable. Il a à son acquis près de 4 ministères essentiels dits de souveraineté. Le fait même d’avoir ces ministères sous son contrôle témoigne de l’étendue de ses pouvoirs et des marges de manœuvres pour faire appliquer les points de la Résolution 1633.
C’est à l’œuvre que nous verrons comment M. Banny mettra en valeur tous ses moyens au profit de sa mission. Nous l’appuierons de façon active tant qu’il agit dans le cadre de sa mission inscrite dans la feuille de route du GTI.
A propos de gouvernement, il y a eu beaucoup de spéculations sur vous-même ! Plusieurs personnes s’interrogent sur le fait que vous ne faites pas partie de cette équipe. Que s’est- il réellement passé ?
Effectivement, il y a beaucoup de personnes qui s’interrogent ou qui spéculent. La réalité est simple et la voici. Après de profonds et constructifs échanges avec le secrétaire général Guillaume Soro, nous sommes convenus d’un partage des rôles et des missions. Les Forces nouvelles, en tant qu’organisation militaro-politique, ont un espace, des populations, une armée et un accord politique international à gérer. Nous devons donc être sur plusieurs fronts à la fois. C’est ainsi que certains hauts calibres, comme le secrétaire général adjoint Dacoury, le directeur de cabinet Amadou Koné sont allés renforcer l’équipe ministérielle. Mais il y a d’autres secteurs à investir dans les domaines militaire, social, politique, diplomatique et bien d’autres. D’autres compétences seront affectées à ces tâches. J’ai donc une mission qui m’a été assignée et qui est aussi importante que la mission confiée à nos ministres ou à d’autres entités des Forces nouvelles. Tous accompliront leur tâche avec la même détermination et la même réussite, conformément aux objectifs que nous nous sommes assignés pour un nouvel ordre politique, social et militaire, en Côte d’Ivoire.
Je profite pour dire que je n’étais pas inscrit sur la liste des ministrables des Forces nouvelles. J’ai moi-même remis, en mains propres, la liste au Premier ministre. Depuis deux semaines, je mène directement, au nom des Forces nouvelles, toutes les tractations avec le Premier ministre sur la formation du gouvernement. Je précise et confirme qu’aucun nom de la liste des Forces nouvelles n’a été récusé ni par le Premier ministre, ni par le chef de l’Etat. Nous avons donné six noms et les six noms sont ceux- là qui nous représentent au gouvernement.
Comment jugez-vous la nouvelle équipe des ministres Forces nouvelles ?
Le secrétaire général, Guillaume Soro, a décidé d’envoyer une équipe à la fois politique et technique. Vous avez sur les six (6) ministres, quatre (4) qui sont membres du directoire politique des Forces Nouvelles. Ce sont, Guillaume Soro, Secrétaire général, Louis André Dacoury-Tabley, Secrétaire général-adjoint, Dosso Moussa, Secrétaire national charg2 de l’Economie et des finances et Koné Amadou, Secrétaire national chargé des élections. Parmi ces quatre, vous avez deux qui ont suivi toutes les tractations politiques depuis Linas- Marcoussis jusqu’à ce jour. Il s’agit du secrétaire général et de son adjoint. Et puis, vous avez un haut cadre de la magistrature en la personne du Garde des Sceaux, ministre de la justice et des Droits de l’Homme, Koné Mamadou. Comme vous le voyez, c’est une équipe cohérente, restreinte et consciente des enjeux et des attentes de tous les Ivoiriens. Je pense que cette équipe aidera le gouvernement dans sa tâche parce qu’elle est à même de comprendre et de résoudre les points essentiels de la crise.
Selon vous-que doivent être les priorités de ce gouvernement ? Autrement dit, qu’attendez vous de l’équipe de Banny ?
La même chose que tous les Ivoiriens et la communauté internationale attendent d’elle. Ce gouvernement doit uniquement appliquer une feuille de route qui est déjà élaborée par le groupe de travail international. Cette feuille de route s’inspire elle-même de la résolution 1633. Le gouvernement doit préparer les élections d’octobre 2006, en donnant d’abord une carte d’identité à chaque Ivoirien , ensuite, il doit gérer la question de la sécurité globale sur toute l’étendue du territoire par la mise en exécution du programme de désarmement contenu dans le PNDDR adopté par les FDS et les FAFN à Yamoussoukro . Il doit, enfin, créer les conditions objectives d’élections libres, démocratiques sur tous les plans. Voilà ce qui attend ce gouvernement ! Il faut l’aider à aller dans ce sens. Car au bout, il y a la paix, la réconciliation !
Que sera 2006 pour les Forces nouvelles ?
Je dirai plutôt que doit être 2006 pour les Ivoiriens et les Forces nouvelles ? 2006 doit tenir ses promesses. Il faut que le Premier ministre arrive à appliquer pleinement tout son programme dans le cadre et dans les termes prescrits par la résolution 1633, pour donner à la Côte d’Ivoire un président légitime et légal en octobre 2006.
Les Forces nouvelles, en tant que signataires de tous les accords et acteur principal, assumeront tous les engagements avec sérénité. Elles aideront la Côte d’Ivoire à se réconcilier avec elle-même, avec la sous-région et avec le monde entier. Elles sont conscientes des attentes des Ivoiriens et elles assumeront pleinement toutes leurs responsabilités sur toutes les questions relatives à la sortie pacifique de la crise. Donc, 2006 doit être l’année de la véritable fin de la crise. Que Dieu nous aide !
Réalisée par Honoré Sépé
COTE D'IVOIRE INTERVIEW DE M.CHARLES KONAN BANNY PREMIER MINISTRE
Vendredi 30 Decembre 2005
Monsieur le Premier ministre, on peut le dire, peut-être avec vous, ouf! Enfin le gouvernement est là. Il vous aura quand même fallu trois bonnes semaines pour le porter sur la place publique. Comment vous sentez-vous au lendemain d’une telle besogne?
Comme quelqu’un qui vient de terminer un marathon, puisque j’aime bien la métaphore sportive. Plus qu’un marathon, je me sens comme quelqu’un qui a fait un trois mille mètres steeple. Il y avait beaucoup d’obstacles, et nous les avons franchis. Dans une telle situation, je me sens soulagé, réconforté, apaisé et confiant.
Puisque vous êtes dans la métaphore sportive, ne ressemblez-vous pas finalement à un boxeur qui, après avoir fait beaucoup d’efforts, est presque KO ?
Avez-vous suffisamment de force pour continuer la bataille, parce que le plus dur reste à venir?
Oui, certainement. Pour continuer dans la métaphore sportive, je sais encaisser. Je n’ai pas peur des coups, même si je n’aime pas en donner. Parce que ma nature, ce n’est pas de donner des coups, c’est de les encaisser pour tout le monde. Donc, je me sens bien.
Vous aimez la difficulté?
Elle ne m’effraie pas. J’aime les choses simples. Mais je sais aussi qu’il y a des gens qui disent pourquoi faire simple, lorsqu’on peut compliquer les choses.
Vous avez parlé de contraintes qui ont pesé sur vous à l’issue de la formation du gouvernement. Peut-on revenir sur ces contraintes, sur ces difficultés et avoir votre sentiment sur la formation et la composition de ce gouvernement, parce que vous êtes apparu quelque peu déçu, quelque part?
Le fait que j’ai été désigné à créer un immense espoir. Je le sais, je l’ai entendu, je l’ai constaté. Alors, pourquoi ne pas partir de là pour progresser. Mais avant d’en parler, pourquoi cet espoir? Cet espoir qui a été porté sur ma personne était à la hauteur des déceptions que les Ivoiriens ont ressenties par rapport à leurs leaders, par rapport à leurs enfants qui ont décidé librement de conduire le pays. Cette déception des Ivoiriens, il faut la prendre en considération. Donc, l’espoir qui a été créé est à la hauteur de la grande déception. Cette déception, Je l’ai partagée moi aussi, en tant que citoyen ivoirien à l’étranger. J’ai été déçu de voir que mes frères Ivoiriens, toutes tendances confondues, nous n’arrivions pas à nous mettre d’accord sur les choses simples. Effectivement, ma désignation a créé un immense espoir. Dans de tels cas, les gens pensent que l’espoir créé va être immédiatement transformé aussitôt en espérance.
D’où l’impatience…
D’où l’impatience, que je comprends parfaitement. Moi-même, j’aurais bien voulu, trois jours ou quatre jours après que je sois revenu, pouvoir donner, avec le Chef de l’Etat, une équipe à la Côte d’Ivoire. Une équipe nationale à la Côte d’Ivoire. Mais on ne peut pas constituer une équipe nationale n’importe comment. Revenons un peu sur les conditions. L’attente -que je comprends- qui a suscité quelques doutes, ces doutes-là sont à la hauteur de l’espoir. Mais c’est aussi à la hauteur des difficultés que connaît notre pays depuis un certain temps. Il ne faut pas se faire d’illusions, notre pays traversait des difficultés importantes. On n’a pas besoin de démonstrations pour le constater, les Ivoiriens l’ont vécu. Mais ces difficultés ne peuvent pas être résolus en un tour de main. Ce serait démagogique et ce serait superficiel. Je ne suis ni démagogue, ni superficiel. Donc, il fallait diagnostiquer, écouter, prendre la mesure de ces difficultés. Et à partir de là, essayer de les surmonter, petit à petit. Tout cela prend du temps. C’est pour cela que, désormais, dans nos actions, il faut à la fois de la détermination, de la confiance et de la patience.
Monsieur le Premier ministre, vous avez justement placé votre mandat sur le triptyque: patience, confiance et cohésion. Cela peut paraître aussi démagogique quand on connaît le terrain politique sur lequel on évolue?
Oui, il se trouve que je ne suis pas un homme politique.
Mais vous faites de la politique?
Non, je suis en train d’aider à aider la Côte d’Ivoire à sortir de cette situation. Alors, si je dois faire de la politique, oui c’est de la politique, mais j’allais dire, je ne suis pas un politicien. Donc, je ne sais pas être démagogue. Je dis les choses comme je le sens. Je peux me tromper, parce qu’il faut aussi un peu d’humilité dans ces choses-là. Mais les trois notions que vous avez évoquées, avouez qu’elles sont indispensables! Pour une société qui veut avancer. Comment voulez-vous avancer si vous n’avez pas confiance? La vie en société nécessite de la confiance. Une société de progrès qui veut avancer nécessite de la cohésion. Et comme les problèmes ne sont pas faciles, il faut de la patience. Je dis aussi qu’il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Nous sommes des gens responsables. Il faut que chacun se considère comme un être responsable, dépositaire de la confiance du voisin. C’est de tout cela que nous avons besoin. Je ne suis pas le seul qui le pense, les Ivoiriens le pensent! Le reproche qu’ils peuvent nous faire, à nous tous les leaders, c’est que nous sommes écartés de ces valeurs fondamentales. Mais revenons à ces valeurs, vous verrez que ça ira.
Je voudrais revenir sur la composition du gouvernement, par rapport à vos critères.
Vous aviez souhaité plus de société civile, plus de jeunes, plus de femmes et moins de leaders de partis politiques.
A l’arrivée, on constate que c’est pratiquement le contraire qui s’est produit. Que s’est-il passé?
Vous avez et je l’ai avoué plusieurs fois. Le fait même que je sois là et surtout la méthode par laquelle je suis arrivé indiquent bien que notre pays traverse une période exceptionnelle, qui n’est pas normale. Normalement dans une démocratie, un parti demande le suffrage des populations, on vote et celui qui a gagné gouverne. C’est ce qui s’est passé en l’an 2000, dans des conditions difficiles. Il se trouve que depuis lors, et en particulier depuis 2002, la situation s’est aggravée, de ce côté-là. Et on a pensé qu’en 2005, nous serions au bout. Entre 2002 et 2005, il y a eu trois années pour nous permettre de nous retrouver, de nous réconcilier avec nous-mêmes et de nous réconcilier avec les valeurs ou les principes de la démocratie. Nous ne sommes pas arrivés. A tel point que la période constitutionnelle du mandat du Président étant expirée, tout le monde en a pris acte. Nous avons décidé de nous donner une période complémentaire pour nous retrouver. Et, c’est dans cette période complémentaire que nous sommes. Et c’est ce qui explique que je suis là! Etant un peu le lieu géométrique, j’allais dire de cette confiance, de ce consensus. Donc, le fait que je suis là est un fait exceptionnel, de ce point de vue-là. Deuxièmement, un gouvernement doit être formé. La règle exceptionnelle qui m’a amené au poste de Premier ministre explique aussi que le gouvernement doit être formé avec les leaders des partis politiques signataires de l’accord de Linas-Marcoussis. Première contrainte. Donc, je devais suivre cette procédure au risque de ne pas respecter les engagements pris par la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens. Tout ça prend du temps. J’ai voulu également dépasser un peu les limites du politicien, pour introduire dans le système la société ivoirienne, dans ses différentes composantes. Je crois que c’est un objectif noble. Mais cet objectif qui n’est pas consigné dans un accord, vient après que nous ayons respecté les engagements, j’allais dire d’ordre juridique. Comment combiner tout cela dans un équilibre qui soit à la fois satisfaisant pour les accords et pour la population. Voilà la problématique.
Vous avez bénéficiez d’appuis extérieurs, vous l’avez dit, même si tout s’est passé en Côte d’Ivoire?
Quand je dis cela, je suis en train de décrire la situation que vit notre pays depuis un certain temps. Depuis un certain temps, nous avons démontré notre incapacité à régler nos problèmes par nous-mêmes et chez nous. Si vous lisez mes déclarations, avant de venir ici, j’ai toujours posé la question de savoir: mais où est le sage dans le village Eburnéen? Où est le sage? Dans ce village-là, n’y a-t-il pas quelqu’un qui, lorsque ses enfants se battent, leur dit: “Ecoutez, mes enfants, venez, de quoi s’agit-il? Nous allons régler nos problèmes”. J’ai toujours souhaité cela. Mais souhaitant cela, je ne fais pas d’ostracisme par rapport à l’extérieur. Mais je dis que chacun a ses problèmes. Nous devons, nous, d’abord nous attaquer, par nous-mêmes, à nos problèmes; et si nous ne pouvons pas, en dernier ressort, demander le secours de nos amis. Mais j’ai compris depuis un certain temps que c’était l’inverse, parce que les Ivoiriens ne veulent plus se parler. Ils s’ignorent. C’est les antagonismes, c’est le monde manichéen: blanc-noir, vainqueur-vaincu, etc., humiliation ou honneur. La vie n’est pas comme cela. Et quand je dis cela, je dis que le fait que nous avons réussi, même si on a pris trois semaines - d’ailleurs, je ne vois pas en quoi c’est catastrophique - mais enfin, c’est un espoir qui a été créé qui peut faire paraître cela comme étant un peu trop long. Mais le fait que nous avons réussi est important pour demain. Nous avons quand même réussi à régler des problèmes difficiles. Je peux vous en citer quelques-uns si vous le voulez.
Oui, s’il vous plaît…
Notez quand même que dans ce gouvernement, il y a des points qui ne peuvent pas passer inaperçus. Vous savez, les problèmes les plus difficiles à résoudre, ce sont les problèmes entre les hommes, les humains. C’est particulier, c’est psychologique, ça convoque plusieurs choses, plusieurs sentiments. Mais il y a des gens dans ce gouvernement au sujet desquels les Ivoiriens avaient parié que jamais ils ne pourraient être ensemble. Mais écoutez, ça, c’est un espoir! Quand j’ai fait ma déclaration, j’ai dit que c’est l’une des choses, un compromis qu’il faut saluer. Et moi je l’ai salué et je vais aller plus loin. Je le salue et je le mets au crédit du Chef de l’Etat. Parce que, c’est de lui qu’il s’agit. Moi, je n’ai aucun antagonisme avec qui que ce soit, puisque je n’étais pas dans l’Etat.
Vous parlez du ministère de l’Economie et des Finances, par exemple ?
Il y a plusieurs signes là-dedans. Comprenne qui pourra. Analysez un peu plus finement, vous verrez. Et, il faut saluer le sens de l’Etat démontré par Laurent Gbagbo dans cela. Ceux qui savent lire, et je demande aux uns et autres de lire, savent reconnaître ça. Et, il faut reconnaître quand quelqu’un fait quelque chose pour la République et pour la Nation. Hier, ce n’était pas le cas, aujourd’hui c’est un début. Un début important. Voilà quelques coulisses. Et ça prend de la discussion, ça prend du temps, ça prend de la persuasion. Il faut rassurer, il faut prendre des engagements. Voilà quelques éléments.
Monsieur le Premier ministre, pourriez-vous avoir l’autorité de ce sage, lorsqu’on a l’impression que vous êtes à la fois l’otage des partis politiques ivoiriens et de la communauté internationale ?
Comment comptez-vous avoir une marge de manœuvre face à ces deux exigences-là? Et aussi, puisque vous parlez de coulisses, j’aimerais savoir dans quelle ambiance ont baigné jusqu’à présent vos rapports avec le Président de la République? Puisqu’on dit que vous avez tous les pouvoirs, que le Président de la République a été dépouillé?
C’est ça le monde manichéen, tout ou rien, noir-blanc, vainqueur-vaincu, etc., ce n’est pas pour moi. Et je demande aux Ivoiriens de quitter ce monde d’opposition, d’affrontement perpétuel qui n’est pas positif. Je vous demande aussi de ne pas alimenter cela. Considérez que nous sommes en train de faire un sursaut, de dépasser cela. Le monde n’est pas comme cela. Le monde est plus nuancé. Le progrès est dans la nuance, l’engagement dans la nuance. L’ambiance? Mais, si vous vous étiez transformé en petite mouche, vous auriez trouvé tellement ridicule tout ce qu’on lit. Tellement ridicule! C’était une ambiance de responsabilité, une ambiance de respect mutuel. Une ambiance de sérieux, une ambiance de convivialité et de fraternité. Chacun jouera son rôle, par rapport à ce qu’il pensait être bon pour la Côte d’Ivoire. Et je salue cela. Donc, je le salue. Parce que, quand vous allez voir quelqu’un qui est votre chef, qui est le Chef de l’Etat, si vous n’êtes pas sûr que ces éléments-là a priori existent, mais vous n’avancez pas! Je peux aller chez le Président quand je veux et lui parler comme je veux, dans le respect. Il n’est pas interdit d’être poli. Même quand on n’est pas d’accord avec quelqu’un, il faut le respecter. Il faut le rassurer. Moi aussi j’ai besoin de cela. J’ai besoin de respect, j’ai besoin d’être rassuré. Le secret de mes relations avec Gbagbo, c’est cela. Respect, assurance, fraternité. Même si dans le fond, sur certaines questions, on peut ne pas être d’accord. Alors il faut démontrer, à l’un et l’autre, que c’est l’un qui a raison ou que c’est l’autre qui a raison et qu’ensemble, on peut trouver un compromis, que j’appelle le compromis dynamique. Voilà le secret de la réussite.
Et comme le disait Michèle, êtes-vous le sage qui arrive?
Je ne suis pas prétentieux. Je ne suis pas prétentieux du tout. Je dis tout simplement que dans un pays, dans un village, il faut qu’il y ait un sage. Je ne sais pas quels sont les éléments de la sagesse. A l’époque, on disait que les cheveux blancs, c’était le signe de la sagesse. Mais j’observe que je suis le plus âgé du Conseil des ministres. Je suis le doyen.
Vous l’avez voulu? Est-ce à dire que vous vouliez que tous les autres soient moins âgés que vous... ?
Non, je n’ai pas dit cela, je constate.
Cela n’a-t-il pas été l’une de vos exigences?
Non, ça, ce sont des petites choses, je constate. Mais ce n’est pas le plus important. Je ne suis pas prétentieux, je ne prétends pas être sage. Maintenant, vous avez parlé d’otage. Le seul otage dont on peut parler, tel le peuple ivoirien, qui, me semble-t-il avait été pris en otage par ses enfants. Moi, je ne suis pas preneur d’otage, ni même un otage. Cela aussi, il faut que les Ivoiriens le sachent. Je suis connu depuis longtemps pour être un esprit indépendant, pour être un indépendant! Indépendant, mais pas indifférent. Il n’est pas interdit d’être indépendant, il faut avoir du recul pour pouvoir juger les uns et les autres. Cela est important. Je ne suis l’otage de personne, ni de la communauté internationale qui a reconnu mon travail…
Qui vous a imposé?
C’est quoi être imposé? Personne ne peut m’imposer quoi que ce soit. Personne!
Vous étiez d’accord pour aller au charbon?
Je vous ai dit que je suis Ivoirien. Et que, notre pays ne peut pas être dans cette situation-là et qu’on puisse me faire appel et que je refuse. Imposé quoi à qui? On ne m’impose pas mon pays.
Les Ivoiriens n’ont pas compris que vous ayez déclaré que vous êtes l’ami des amis de la Côte d’Ivoire et, peut-être, des Ivoiriens.
Je n’ai jamais dit cela. Et voilà la polémique inutile. Personne ne peut me faire une querelle d’amour de la Côte d’Ivoire. Personne! Il faut que ce soit su. Personne n’est mieux placé que moi, nous sommes tous à égalité, personne ne peut me faire la leçon de nationalisme et d’amour de la Côte d’Ivoire. Alors, laissons cela, ça ne fait pas avancer la Côte d’Ivoire. Tournons-nous vers le progrès. Je ne suis pas venu pour m’amuser dans ces questions qui, en fait, sont subjectives. Ça, c’est de la prétention. Celui qui juge son compatriote et qui considère qu’il est mieux que lui par rapport à son pays, est un pré-ten-tieux, un ven-tru-eux. Je ne suis ni prétentieux, ni ventrueux. Je suis un serviteur, je suis un citoyen. Je revendique ma citoyenneté ivoirienne et mon amour de la Côte d’Ivoire, de la même façon que n’importe qui d’entre les Ivoiriens peut le faire. Alors là, je suis im-pla-cable là-dessus. Je souffre depuis un certain temps de voir la Côte d’Ivoire, mon pays que j’aime, dans cette situation. Je souffre d’autant plus que je suis mieux placé pour savoir, par comparaison, comment la Côte d’Ivoire ne mérite pas d’être là où elle est, à cause de ses enfants.
Je voudrais revenir sur vos rapports avec le Chef de l’Etat. Un incident a émaillé la fin du Conseil des ministres hier (mercredi) avec ce qu’on peut appeler l’affaire de la décision-décret que vous avez signée et qui suscite une nouvelle polémique.
Quelle lecture faites-vous de ce document-là? Certains en ont pris prétexte pour vous accuser d’être venu pour imposer la volonté de la France en Côte d’Ivoire, dépouiller le Président Gbagbo de ses pouvoirs et vous opposer à lui. Donc, de travailler en duel plutôt qu’en duo. Qu’en dites-vous?
C’est toujours le même esprit. Moi, je n’étais même pas informé qu’il y avait un incident. C’est ce matin que j’ai vu dans la presse qu’il y a eu un incident. Je vous ai dit tantôt que nous sommes dans une période qui n’est pas normale et qui est régie par ce que j’appelle un consensus, à la fois international et national. C’est ce qui explique que je sois devant vous.
Mais enfin, le Premier ministre du gouvernement de Laurent Gbagbo aurait dû s’appeler Affi N’Guessan ou un autre cadre du FPI. Mais si je suis là, c’est qu’on est dans une période un peu bizarre. Et je suis venu pour nous aider à sortir de cette période que je qualifie de bizarre. Alors, cette période doit être régie par des règles de consensus. Ce sont lesquelles? C’est la Constitution de notre République et puis c’est la règle internationale. La combinaison des deux m’amène-là. Il faut appliquer cela. Le fond des choses, c’est les faits. Mais comme je vous le disais tantôt, les gens compliqués aiment compliquer les choses simples. Le Président me dit: Consultez, constituez une équipe et puis présentez-là moi. C’est ce que j’ai fait. Pour présenter l’équipe, il faut envoyer une lettre. Etant entendu que je n’ai pas constitué tout seul l’équipe. Je vous ai dit tantôt qu’il y a eu des choses que je mets au crédit du Chef de l’Etat. Quand on a fini de faire cela, pour que le Président puisse valider, on prend un acte qu’on appelle un décret. Ce décret-là, c’est le Chef de l’Etat qui l’a signé. Je mets au défi qui que ce soit de me montrer un décret que j’ai signé.
Donc vous n’êtes-vous pas venu faire un coup d’Etat?
Attendez, c’est quoi c’est notions-là? Je suis un démocrate, je suis un amoureux de la liberté. Je suis un amoureux de tout ce qui n’est pas coup. Je suis un amoureux de la transparence, de la responsabilité. Donc, personne n’arrivera à m’entraîner dans cette affaire-là. Maintenant, il y a des gens qui sont psychologiquement bloqués. Je travaillerai pour qu’ils soient débloqués psychologiquement. C’est cela la confiance.
Laissez-moi finir. Lorsque cela a été fait, j’envoie l’équipe constituée, par une lettre, en disant au Président: Voilà le gouvernement que j’ai décidé de vous proposer! C’est maintenant à vous de signer l’acte qui doit l’officialiser. Il n’y a rien de plus normal, de plus légal et de plus consensuel! Il faut toujours faire appel à l’intelligence des uns et des autres. C’est ceux qui sont habitués aux antagonismes qui -d’ailleurs je les soupçonne de ne pas vouloir que le pays avance- trouvent toujours à redire sur les choses les plus simples. Voilà exactement ce qui s’est passé. Donc je répète: Je transmets, par une lettre, en lui disant voilà le gouvernement que j’ai décidé de vous proposer; voici le projet de décret par lequel vous le rendrez le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire. Est-ce qu’il y avait d’autres manières de faire?
S’agissant du deuxième volet de ma question, êtes-vous l’obligé de la France?
Ça veut dire quoi l’obligé? Je vous ai dit que je suis un être indépendant. C’est excessif, et tout ce qui est excessif est dérisoire, vous le savez bien. Tout ce qui est excessif est dérisoire. Ma vie est faite d’épreuves, de vérité et de transparence. Demandez à nos amis français, ceux qui ont travaillé avec moi depuis 30 ans, plus précisément depuis 15 ans, depuis que je suis Gouverneur, si Charles Banny est ce que les gens disent? Ils vont vous dire: Nous sommes étonnés! Parce que ce Monsieur, il n’est pas commode. Vous savez, je n’ai pas honte de mes amitiés. Je considère que les véritables amitiés se nourrissent de vérité. Mais, les gens n’aiment pas qu’on leur dise la vérité. J’ai bâti ma vie en disant ce que je pense. Ça peut incommoder, mais au bout du compte, il y a la fidélité dans l’amitié. Il n’est pas interdit d’avoir des amis! Qui n’en a pas? Il est temps que les Ivoiriens comprennent que c’est très sérieux (…) Tout cela, ce sont que des balivernes. J’ai tenu à répondre à cette question-là pour que nous quittions dedans et que nous allions en avant, pour la Côte d’Ivoire. Une Côte d’Ivoire unie, fraternelle, où on se fait confiance, pour bâtir cette nation. Cette société à la fois de démocratie et de confiance. La société de confiance, bâtie sur la démocratie et la liberté pour tous, le respect du droit à la différence, dans la diversité de nos valeurs, de nos cultures, de nos ethnies. Nous devons faire une nation, unie, forte et solidaire.
Vous avez 10 mois pour réussir, 10 mois pour réunifier la Côte d’Ivoire, 10 mois pour désarmer, 10 mois pour remettre la Côte d’Ivoire sur les rails.
Ce sont des travaux d’Hercule?
Tout a fait, des travaux d’Hercule, mais qui peuvent être facilités, à condition que tous les Ivoiriens le veuillent. Mon travail aujourd’hui, c’est de dire aux Ivoiriens que ce ne sont pas les travaux du Premier ministre, ce sont vos travaux. Le Premier ministre n’est qu’un catalyseur, de vos énergies, de vos efforts, de votre volonté de vous en sortir, de nous en sortir, nous tous. Effectivement, les Ivoiriens ont des travaux d’Hercule à faire en 10 mois. Ils peuvent le faire. J’ai confiance.
Par où allez-vous commencer?
Par ce que je suis en train de faire. Ce que je fais avec vous, là…
Communiquer?
Communiquer. Expliquer aux Ivoiriens ce qu’on peut faire. Il faut quitter ce monde d’opposition permanente. Nous avons vu les résultats, non? Ce pays qui naguère était considéré comme un havre de paix, est devenu un pays où il y a la guerre. Est-ce que cela n’est pas les résultats des oppositions? Je voudrais d’abord convaincre les Ivoiriens que nous nous sommes trompés. Et, ça prend du temps. Mais vaut mieux prendre du temps pour résoudre ces problèmes. Je considère que 10 mois, ça peut être trop, si les Ivoiriens le veulent. 10 mois, ça peut être peu, si les Ivoiriens le veulent. La preuve, en 3 ans on n’a rien fait. Ce n’est pas le gouvernement qui n’a rien fait, ce sont les Ivoiriens qui n’ont rien fait pour se réconcilier. Ce n’est pas un homme! Vous attendez toujours le messie.
Monsieur le Premier ministre, vous avez été reconduit à la tête de la BCEAO, et votre vice-Gouverneur a été nommé intérimaire à votre place. Cela cache-t-il une crise au sein de cette Organisation? Par ailleurs, Monsieur le Premier ministre, 2006 c’est bientôt, les Ivoiriens vous attendent, que leur dites-vous?
C’est un grand honneur, 30 ans de bons et loyaux services, 3 mois de reconduction. Non, sérieusement, c’est important. Ce qu’il faut voir, c’est que la Côte d’Ivoire traverse une période très difficile, tout le monde doit l’aider. C’est ce qu’il faut voir. Ce message est bien perçu; peut-être qu’il faut qu’il soit un peu plus compris par les uns et les autres. C’est cela le plus important. Car, de vous à moi, je n’ai plus rien à prouver. Mais, c’est peut-être un début de reconnaissance que je n’ai pas vécu inutile là-bas. Peut-être aussi une manifestation de confiance.
Et sur le fait que votre intérim soit assuré par un ressortissant d’un autre Etat?
C’est parce que c’est un vice-Gouverneur, tout simplement. Il y en a deux, il faut bien qu’on en choisisse un. C’est une mesure administrative. C’est comme cela que je l’ai compris. Maintenant pour le futur, on verra. C’est un problème de la Côte d’Ivoire, ce n’est pas un problème de Charles Konan Banny. Alors, je voudrais vous dire une chose: moi, je suis un homme convivial. Ne faisons pas de querelles a priori aux uns et aux autres, surtout quand on ne les connaît pas bien. Vous savez, je suis un combattant, je peux faire le pugilat. Mais j’ai refusé de le faire, parce que ça ne donne rien du tout. Ce que je cherche, c’est le compromis dynamique. Réconcilier les contraires, tenter d’avoir une position médiane de sagesse; parce que, comme vous le savez, la vérité est toujours au milieu. Ce que je peux souhaiter, c’est que les Ivoiriens retrouvent la paix dans leurs cœurs, retrouvent la confiance en eux et puis leur fierté. La fierté d’être Ivoirien. Et cette fierté-là est partagée, c’est dans notre hymne national (…) Ce que je souhaite pour les Ivoiriens, c’est qu’on ne baisse jamais les yeux et qu’on puisse se regarder et s’admettre. Je souhaite donc beaucoup de bonheur, beaucoup d’assurance, beaucoup de fierté retrouvée, dans la fraternité.
Interview réalisée par
Michèle Pépé et Jean-Claude Bayala (Radio CI)
COTE D'IVOIRE FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT / DECLARATION DE LA FRANCE
Vendredi 30 Decembre 2005
La France salue la mise en place du gouvernement de Banny.
La France salue la formation du gouvernement du nouveau Premier ministre, M.
Charles Konan Banny.
Elle tient à féliciter ce dernier pour les efforts déployés ces dernières semaines à cette fin.
La France réaffirme son plein soutien au Premier ministre de la période de transition qui doit pouvoir exercer pleinement toutes ses prérogatives, conformément à la résolution 1633 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Elle souhaite que ce dernier puisse commencer sans délai à mettre en oeuvre la feuille de route dressée par le Groupe de travail international (GTI), afin d’organiser des élections présidentielles avant le 31 octobre 2006, comme prévu par la résolution 1633.
La France appelle à nouveau les parties ivoiriennes à tout mettre en oeuvre pour faciliter la tâche du nouveau gouvernement.
COTE D'IVOIRE / PROFIL DES NOUVEAUX MINISTRES DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION
Vendredi 30 Decembre 2005
M. Remi Allah Kouadio, ministre de la santé et de l’hygiène publique. Date et Lieu de naissance : 25 Juillet 1953 à DUEKOUE Nationalité : Ivoirienne Situation Matrimoniale : Marié - Père de 5 enfants FORMATION SCOLAIRE ET UNIVERSITAIRE 1970 : BEPC (Collège d’Orientation d’Abidjan Plateau) 1973 : Baccalauréat Série C - Mention Assez Bien (Lycée Classique d’Abidjan) 1980 : Diplôme d’Etat de Pharmacien à la Faculté de Pharmacie de TOURS. ACTIVITES PROFESSIONNELLES : 1980-1983 : Responsable du Service Pharmacie du Centre Hospitalier Universitaire de COCODY 1983 : Création de la Pharmacie dénommée“ Pharmacie de BEOUMI ” : 1988 :Création de la Pharmacie dénommée "Pharmacie du Grand marché de BOUAKE" 1990-2005 : Membre du Conseil d’Administration de la Société PHARMAFINANCE (S.A. de 2,5 milliards de Capital, spécialisée dans la distribution de produits pharmaceutiques). 2005 : Création de la Pharmacie Azi à Yamoussoukro.
ACTIVITES POLITIQUES 1990 : Conseiller Municipal, Vice-Président de la Commission Finances de la Commune de TOUMODI 1995 : Elu Député à l’Assemblée nationale de la République de Côte d’Ivoire
Rapporteur Général Adjoint du Comité Parlementaire de Suivi et de Contrôle de la Privatisation des participations et Actifs de l’Etat dans les Entreprises et Etablissements Publics nationaux.
Représentant de l’Assemblée nationale au sein du Bureau Exécutif du Comité national pour l’Alimentation. 2000 : Réélu Député à l’Assemblée nationale 2001 : Rapporteur Général de la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale, 2002 : Membre du Bureau Politique du PDCI-RDA 2003 : Vice-Président de l’Assemblée nationale 2004 : Délégué Départemental du PDCI-RDA à Toumodi 1 2003-2005 : Vice-Président de la mouvance parlementaire pour la Réconciliation et la Paix DECORATIONS : 1995 : Chevalier dans l’Ordre de la Santé Publique 1998 : Chevalier de l’Ordre du Mérite National
Madame Marie TEHOUA, ministre de l’Industrie et de la Promotion du Secteur privé. Née le 12 mars 1950 I. FORMATION UNIVERSITAIRE Maîtrise en Droit Privé : Université Paris II Docteur d’Etat en Droit : Université Paris II, France Diplômée de l’Institut d’Administration des Entreprises (IAE), Paris 1 Sorbonne, France Diplômée de l’Institut Technique de Banque ITB, France II. CARRIERE PROFESSIONNELLE 1 Fondé de Pouvoirs, Sous -Directeur Adjoint, Membre du Comité de Direction de la Société ivoirienne de Banque (Sm). Directeur des Ressources Humaines, Secrétaire Général et Directeur Général Adjoint de PALMINDUSTRIE. Directeur Général Adjoint de la Caisse de Stabilisation et de Soutien des Prix des Productions agricoles (CAISTAB). Présidente du Conseil d’Administration de l’Agence de Gestion Foncière (AGEF). Administrateur de Sociétés (CEA : Compagnie Euro africaine d’Assurances, COBACI : Compagnie Bancaire de l’Atlantique Côte d’Ivoire) III. ACTIVITES ET REFERENCES POLITIQUES 1) Mandats électifs Membre du Bureau politique du PDCI-RDA depuis 1990 Secrétaire Générale adjointe du PDCI-RDA Chargée des Relations Extérieures Déléguée Départementale de Bongouanou Maire de BONGOUANOU de 1996 à 2001 Député de BONGOUANOU COMMUNE depuis 2001 2) Au niveau des activités politiques féminines Membre des commissions de travail de l’ AFI Rapporteur Général du congrès constitutif de l’UFPDCI
Secrétaire nationale Chargée de l’Encadrement des Femmes du PD CI-RDA 3) Au titre des autres activités du Parti Membre du Secrétariat permanent du 9ème Congrès et du 1 er Congrès extraordinaire du PDCI-RDA Rapporteur du groupe de travail du Bureau Politique sur les rapports entre le Parti et les Institutions de l’Etat Rapporteur Général de la commission permanente “ structure et vie” du Parti. IV. DECORATIONS ET DISTINCTIONS Chevalier du Mérite sportif de Côte d’Ivoire Officier du Mérite Agricole de Côte d’Ivoire Chevalier de l’Ordre National de Côte d’Ivoire Officier de l’Ordre du BELIER.
M. Dja Blé Joseph, ministre de l’Intérieur Adjoint du chef de service sinistre à la sécurité ivoirienne (1981-82)- chef de service informations générales à la direction des renseignements généraux (1984-91). Directeur adjoint des renseignements généraux (1991-93). Chef du commissariat spécial des chemins de fer (1994-97). Directeur adjoint de la surveillance des territoires et des renseignements (1997-98). Directeur régional de la police d’Agneby (1998-99). Préfet de police de Man (Novembre 1999- Février 2000).
Nommé Directeur des renseignements généraux sous le régime militaire du général Robert Guei (depuis février 2000), Joseph Dja Blé a été maintenu à ce poste stratégique, en raison de ses qualités professionnelles, par le gouvernement de Laurent Gbagbo, arrivé au pouvoir en Octobre 2000. Comme l’ancien Directeur général de la police nationale, Alain Mouandou Bi Tiehouan, Joseph Dja Blé a été un proche collaborateur d’Alassane Dramane Ouattara lorsque celui-¬ci était premier ministre de 1990 à 1993. Dja Blé était alors l’adjoint d’Alain Mouandou qui était Directeur des renseignements généraux. La cinquantaine à peine, Dja Blé a débuté sa carrière en 1981 dans la compagnie d’assurances sécurité ivoirienne, comme adjoint du chef de service sinistre, après avoir suivi des études supérieures en France à l’Université de Dijon où il a obtenu une maîtrise en droit des affaires (1979) et un DESS (Diplôme d’études supérieures spécialisées ) de commerce international (1980). Il a ensuite suivi de 1982 à 1984 une formation de commissaire de police à l’Ecole nationale de Police, et a été désigné à sa sortie chef du service des informations générales à la direction des renseignements généraux. Il restera pendant sept ans dans ce service et y fera la connaissance de Mouandou, qui était alors sous-directeur des identités judiciaires. Les deux hommes vont mutuellement s’apprécier et c’est ainsi que lorsque Mouandou est nommé en 1991 par Ouattara Directeur des renseignements généraux, il propose Dja Blé comme son adjoint. Patron des RG Dja Blé travaille alors en étroite collaboration avec son ami Mouandou pour le Premier ministre Ouattara. Puis, après l’arrivée au pouvoir d’Henri Konan Bédié en décembre 1993, il est affecté au poste de chef du commissariat spécial des chemins de fer jusqu’en 1997. Il retrouve cette même année un poste important sous le régime Bédié- alors même qu’il est considéré comme un “alassaniste”- en étant nommé Directeur général adjoint de la surveillance du territoire et des renseignements. Puis il retourne au sein de la police en devenant successivement Directeur général de la police d’Agneby (région sud proche d’Abidjan) et préfet de police de la ville de Man. Après le coup d’Etat du 24 décembre 1999 qui porte au pouvoir le général Gueï, Dja Blé est proposé par son ami Mouandou qui a été désigné Directeur général de la police nationale, au poste de Directeur des renseignements généraux. Les deux hommes’ forment un nouveau tandem sécuritaire sous la tutelle du ministre d’Etat chargé de la sécurité, l’intendant général Lassana Palenfo (qui occupait également ce poste lorsque Ouattara était premier ministre).
KONE MAMADOU : Ministre de la Justice
ETAT CIVIL
NOM : KONE PRENOM : Mamadou DATE DE NAISSANCE : 18 Septembre 1952 LIEU DE NAISSANCE : à Boundiali (COTE D’IVOIRE) NATIONALITE : Ivoirienne SITUATION MATRIMONIALE : Marié NOMBRE D’ENFANTS : Quatre (04) enfants
FORMATION PROFESSIONNELLE
Années Diplômes
1980 : Diplôme de l’Ecole Nationale de la Magistrature de Paris, Mention << Exceptionnel >> ; Major de promotion
1978 : Maîtrise en Droit, Université d’Abidjan
1973 : Baccalauréat, série A 4, option << Philosophie >>, Lycée Classique et Moderne de Bouaké
CARRIERE PROFESSIONNELLE
Depuis le 30 : Président de la Commission Nationale de Janvier 2004 Supervision de l’Identification (CNSI)
2003 - 2004 : (Après Marcoussis) Directeur de Cabinet du Ministre d’Etat, Garde de Sceaux, Ministre de la Justice
1999 - 2000 : (Transition militaire) Directeur de Cabinet du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice
1996 - 1999 : Directeur de Cabinet du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Libertés Publiques
: Magistrat hors hiérarchie groupe B après 3 ans
25/10/1996 : Procureur Général à l’Administration Centrale du Ministère de la Justice et des Libertés Publiques
1992 - 1996 : Avocat Général près la Cour d’Appel d’Abidjan, chargé de la Chambre d’Accusation
1991 - 1992 : Procureur de la République Adjoint près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan
1988 - 1991 : Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Daloa (COTE D’VOIRE )
1987 - 1988 : Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Man (COTE D’VOIRE )
1986 - 1987 : Juge de la Section de Tribunal de Dimbokro
1983 - 1986 : Juge de la Section de Tribunal de Gagnoa
1981 - 1983 : Juge de la Section de Tribunal de Séguéla
1980 - 1981 : Substitut du Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Man
Monsieur Andoh Jacques, ministre de l’Environnement et des Eaux et Forêts
Vice-président du Parti ivoirien des Travailleurs, député PIT de Cocody, Andoh Jacques est originaire d’Adzopé. Il est architecte de formation et président de l’ordre des architectes de Côte d’Ivoire.
INTERVIEW DE M.ALPHA KONARE SUR LA FORMATION DU GOUVERNEMENT
Jeudi 29 Decembre 2005
Alpha Omar Konaré, le Président de la Commission de l’Union Africaine (UA) a été reçu ce mardi 27 décembre par le Président de la République. Selon l’ancien Chef de l’Etat Malien, il a été question du prochain sommet de l’UA…
Peut-on savoir, Monsieur le président, l’objet de votre rencontre avec le Président de la République ?
Quand je viens ici, je rends visite au Président de la République avec lequel j’ai bien sûr d’autres types de relations. J’ai tenu à venir ici dans le cadre d’une tournée que nous entreprenons dans la sous-région pour informer le Président des préparatifs du prochain sommet de l’Union Africaine qui doit avoir lieu à Khartoum.
C’était essentiellement cela. Bien sûr, partager avec lui aussi d’analyses diverses sur la situation continentale, la situation des conflits qui nous préoccupe aussi beaucoup.
Excellence, l’UA a fortement contribué au choix du Premier ministre. Est-ce qu’on peut penser que votre visite va contribuer à donner un coup de pouce au processus qui s’enlise depuis des semaines ?
Non, il s’agit d’une affaire ivoiro-ivoirienne. Je pense que c’est aux Ivoiriens eux-mêmes de régler ces questions et c’est ce qu’ils sont en train de faire. Nous avons tous le devoir d’accompagner les protagonistes de cette situation. Parce que pour tout le monde aujourd’hui, il est clair que la voie de la violence, des armes, de la guerre ne peut pas constituer des solutions. Et les compromis qui sont en train de se mettre en place, nous aideront certainement de retrouver une solution qui permettra à ce grand pays de jouer son rôle. Et je vous le dis une fois encore "personne ne peut régler cette situation à la place des Ivoiriens". Ce n’est pas facile et comme vous l’avez dit, il y a des semaines. Mais vous ne vous attendiez tout de même pas à une solution miraculeuse du jour au lendemain. Moi je pense au contraire qu’il n’y a pas de raison d’être pessimiste.
Il faut avoir quelques difficultés, mais au bout du compte, je suis certain que la Côte d’Ivoire unie, fraternelle reprendra sa marche.
Rencontrez-vous le Premier ministre ?
J’ai échangé avec le Président de la République, je vais rendre une visite de courtoisie au Premier ministre. Je ne suis pas dans une histoire de navette. Comme je le dis, c’est vraiment entre eux que les choses vont se régler. Et je suis convaincu que l’intérêt de la Côte d’Ivoire sera mis en avant, avant l’apport de tout le monde.
La situation entre le Soudan et le Tchad inquiète. Ne craignez-vous pas l’escalade ?
Nous redoutons une escalade et nous venons d’envoyer une mission au Soudan et au Tchad. Parce que déjà nous avons une situation très difficile au Darfour. Si aujourd’hui, il doit s’y ajouter des complications entre le Tchad et le Soudan, cela va être une catastrophe. Nous avons besoin qu’il y ait une stabilité au Tchad car ce pays constitue un verrou par rapport à l’Afrique Centrale, aux régions des Grands lacs, même par rapport à l’Afrique de l’Ouest. Le Tchad comme vous le savez est aussi co-médiateur dans la crise du Darfour. Alors c’est une situation complexe que nous sommes entrain de gérer. Et à la suite de cette mission, il y a un comité de sept Chefs d’Etat qui a échangé sur la question du Darfour qui va réunir au début du mois de janvier à Tripoli pour voir justement quels sont les arrangements que nous pouvons être amenés à faire, avant le prochain sommet.
Propos recueilli par
Armand Bohui
bohuiarmand@yahoo.fr
COTE D'IVOIRE / CONFERENCE DE PRESSE DE L'ONUCI
Jeudi 29 Decembre 2005
Mesdames et Messieurs bonjour.
Excusez-moi de ce petit retard et bienvenue à ce dernier point de presse de l’année 2005. Nous allons nous retrouver le 12 janvier 2006, pour la reprise. La conférence de presse du 05 janvier 2006 n’aura donc pas lieu.
Je voudrais à cette occasion vous présenter mes meilleurs voeux de bonne et heureuse année à vous qui, chaque semaine, êtes là pour nous aider à relayer notre message. Je voudrais également souhaiter une bonne année au peuple ivoirien. Parce que c’est pour lui que nous essayons de faire ce que nous faisons chaque jour.
Je voudrais vous dire encore une fois que l’ONUCI se réjouit de la formation du nouveau gouvernement. C’est la preuve que les ivoiriens entre eux peuvent s’entendre. C’est la preuve également qu’il faut qu’ils se parlent, parce que plus ils se parlent, plus ils s’entendent; plus ils s’entendent, moins ils s’affrontent; moins ils s’affrontent, plus les chances de paix s’accroissent.
C’est dans ce cadre que le groupe de médiation a poursuivi ces rencontres avec les parties ivoiriennes. Aujourd’hui, l’Union démocratique citoyenne (UDCY) a été accueillie par le groupe de médiation.
Hier, c’était le FPI, la semaine dernière, vous aviez suivi, c’était avec le Président [Laurent] Gbagbo. Auparavant, le groupe de médiation avait reçu une délégation de l’Assemblée nationale dirigée par le Président de la Commission des Relations Extérieures.
Ainsi, il s’agit, conformément au point 11 de la résolution 1633, de rencontrer les parties ivoiriennes, d’initier des consultations avec elles pour s’assurer d’abord du bon fonctionnement des institutions ivoiriennes, mais également, d’essayer d’organiser le forum national. Une fois encore, nous revenons au dialogue pour permettre aux ivoiriens de se parler et de s’entendre sur l’essentiel.
Sur le plan militaire, on nous informe que le terrain est également calme. Cela laisse croire que cette fin d’année sera encore plus calme que celle de l’année dernière.
Nous espérons que les jours à venir vont confirmer ce que nous sentons, ce frémissement politique que nous ressentons et qui a également un impact positif sur le plan militaire.
La feuille de route qui est prête sera remise au Premier Ministre très bientôt, les contacts sont en cours pour cela, le temps de lui permettre de mettre sur pied toute son équipe. La Communauté internationale est prête à l’aider à accomplir sa mission au cours des 10 prochains mois
Paulin Zobo (Fraternité Matin) :
Nous avons appris, je ne sais pas si cela est certifié, que M. [Pierre] Schori [le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire] avait rencontré le Premier ministre [Charles Konan] Banny, avant la formation du gouvernement. Peut-on savoir de quoi il a été question ?
Hamadoun Touré :
Oui ! M. Schori a rencontré le Premier ministre Banny dans le cadre de ses consultations avec les parties ivoiriennes, pour un peu s’informer de l’évolution des choses. Vous savez qu’il y avait des négociations, des consultations entre les parties en vue de la formation du gouvernement. Même si nous n’étions pas directement impliqués dans les consultations, nous portions beaucoup d’intérêt à leur évolution.
Il est certainement allé échanger des points de vue avec le Premier ministre, mais je n’ai pas le détail de leurs entretiens. Je pense même que tout ceci est derrière nous maintenant. Nous avons le gouvernement et l’important, c’est de l’aider à travailler dans les meilleures conditions possibles.
Merci beaucoup,
bonne fête à vous et à vos familles.
A l’année prochaine
DECLARATION DU PREMIER MINISTRE M.CHARLES KONAN BANNY APRES LA FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT
Jeudi 29 Decembre 2005
« Le porte-parole de la Présidence vient d’annoncer la liste à nos compatriotes. Permettez que mes premiers mots aillent à l’endroit de tous ceux qui ont été choisis pour faire partie de ce gouvernement. Au cours du Conseil des ministres qui a suivi l’acceptation par les uns et les autres de leur mission et devant le chef de l’Etat, j’ai eu à dire quelles étaient, à mon sens, les missions essentielles qui sont dévolues à ce gouvernement. Je voudrais, devant la Nation, faire ressortir quelques caractéristiques qui me paraissent importantes.
Lorsque je me suis adressé à vous, Ivoiriennes et Ivoiriens, il y a peu de temps, j’ai indiqué que je souhaiterais avoir une équipe ramassée. Je note que de 41 à 42 ministres dans le précédent gouvernement, celui-ci compte 32 membres. J’avais indiqué que l’idéal serait une fourchette de 25 à 32. Nous sommes 32. Je n’ai pas tapé dans le mile. Mais je ne suis pas loin. Ce gouvernement est donc un peu plus réduit que le gouvernement précédent. La raison essentielle, c’est que ce gouvernement demande beaucoup de cohésion. Je vous ai dit que ce gouvernement devra être bâti sur la solidarité, la cohésion.
(…) Et qu’ainsi le peuple ivoirien puisse s’exprimer en toute liberté pour choisir ses dirigeants. Cela s’appelle de la démocratie. Il n’y a pas de vraie démocratie sans transparence. C’est cette transparence-là que nous devons rechercher constamment. La transparence va de paire avec la responsabilité. Je souhaite donc un gouvernement responsable. Et je crois que les hommes et les femmes qui le composent, ont le sens de la responsabilité, je n’en doute pas.(…)
Pour constituer une équipe dans une telle situation, la première vertu à laquelle il a failli faire appel, c’est la patience. La patience par le dialogue. Un dialogue constructif.
Un dialogue dynamique fait de compromis. Mais pas de compromission. Cette méthode que j’ai qualifiée de participative avec pour but que les uns et les autres adhèrent et s’engagent. Car, il m’apparaît que lorsqu’on a adhéré, qu’on s’est engagé il est plus facile d’agir et d’atteindre des résultats.
Des problèmes importants se sont soulevés pendant toute la durée de gestation de ce gouvernement. Ils ont été résolus entre le chef de l’Etat et moi-même. Au nom de la Côte d’Ivoire et pour la Côte d’Ivoire, des propositions ont été faites. Il faut les saluer. Ces concessions démontrent tout simplement que lorsque les Ivoiriens ne s’ignorent pas, lorsqu’ils acceptent de se parler, lorsqu’en un mot, ils se font un minimum de confiance, il n’y a rien qu’ils ne puissent faire. Et vous remarquerez que ce gouvernement a été formé bien sûr en sollicitant ici et là quelques appuis de nos frères étrangers et de pays amis, mais le Président et moi-même, nous ne nous sommes pas déplacés pour aller former le gouvernement ailleurs, mais ici. Nous avons relevé le fait que lorsque les Ivoiriens arriveront à résoudre par eux-mêmes leurs problèmes, nous aurons fait un grand pas. C’était un test pour mesurer notre capacité à trouver des solutions à nos problèmes. Incontestablement ce test est réussi. (…) La Côte d’Ivoire est riche de sa diversité. Mais elle est aussi riche dans son unité. Un peuple uni dans sa diversité est un peuple fort. Ce gouvernement a pour tâche de préparer une Côte d’Ivoire forte et prospère. Et cette Côte d’Ivoire forte et prospère ne résistera au défi futur si les Ivoiriens ne se font pas confiance. Cette confiance est essentielle. Sans la confiance, rien n’est possible à l’homme. (…) Retrouvons notre fraternité. Retrouvons notre unité dans la diversité. Reconnaissons que le droit à la différence est une vertu. Et qu’on peut être adversaire sans être ennemi. Ce sont là les valeurs sur lesquelles nous allons travailler. Ce sont ces valeurs-là qui m’ont guidé pendant les trois semaines que j’ai passées avec vous à rechercher le chemin paradoxal qui a amené à la constitution de ce gouvernement. Gouvernement auquel je souhaite bonne chance. Bonne chance à la Côte d’Ivoire. Parce que nous devons réussir. Nous n’avons pas le droit d’échouer. Je vous remercie ».
Propos recueillis par
Jean-Claude Coulibaly
COTE D'IVOIRE L'ONUCI SALUE LA FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT
Jeudi 29 Decembre 2005
L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) se félicite de la formation du Gouvernement après des consultations approfondies entre les parties ivoiriennes.
L’ONUCI considère ce consensus atteint par les ivoiriens comme une nouvelle percée importante dans le cadre du processus de paix et reste parfaitement consciente que des défis majeurs attendent le Premier Ministre Charles Konan Banny et l’équipe qu’il vient de constituer au cours des dix prochains mois.
L’ONUCI réaffirme son plein soutien au Premier Ministre ivoirien dans l’exécution de ses charges et le Groupe de Travail International (GTI) exercera pleinement le mandat que lui a confié le Conseil de Sécurité, notamment dans ses résolutions 1633 (2005) du 21 octobre 2005 et 1643 (2005) du 15 décembre 2005.
Le Groupe de Médiation quotidienne, dans son contact permanent avec les parties, veillera à ce que le Premier Ministre puisse disposer de tous les moyens dont il a besoin pour mener à bien sa mission.
L’objectif de cet appui est de permettre au nouveau gouvernement de conduire la Côte d’Ivoire à la paix et à la réconcilitation nationale en accomplissant avec succès le désarmement, le démantèlement des milices, le désarmement des ex-combattants, le processus d’identification et l’organisation d’élections libres, régulières et démocratiques.
L’ONUC I invite les parties ivoiriennes, toutes tendances confondues, à soutenir sans équivoque le nouveau Gouvernement et à lui accorder toute l’assistance nécessaire pour lui permettre de répondre positivement aux attentes des populations qui ont payé le plus lourd tribut à cette crise qui n’a que trop duré.
FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT/ REACTIONS DE MINISTRES APRES LEUR NOMINATION
Jeudi 29 Decembre 2005
Mme Coffi Studer Martine- Je suis émue. Je suis émue. Mais, je compte beaucoup sur vous les journalistes pour m’aider.
Ama Téhuah- C’est ensemble que nous relèverons le défi du développement du secteur privé et de l’économie en général. Le Premier ministre a bien parlé de solidarité, j’espère que tous les Ivoiriens nous aideront.
Dacoury Tabley- Je souhaite que chacun tire les leçons des trois années de difficultés pour faire l’effort de paix. Particulièrement, je demande aux journalistes de nous aider et ne pas remuer le couteau dans la plaie.
Cissé Bacongo- J’ai un défi à relever et je ferai tout mon possible. C’est tout.
Patrick Achi- Pas de commentaire, n’insistez pas.
Aphing Kouassi- Je sens que mes responsabilités sont lourdes. Les Ivoiriens ont trop souffert. Je pense qu’il faut nous mettre tous dans la dynamique de la réconciliation. Enfin, j’attends de faire la passation de charges pour mieux apprécier les choses.
COTE D'IVOIRE / FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT DE TRANSITION PAR M.CHARLES KONAN BANNY PREMIER MINISTRE
Mercredi 28 Decembre 2005
La liste des membres du Gouvernement de Transition s'établit comme suit:
Premier Ministre, Ministre de l'Economie et des Finances, Ministre de la Communication : M.Charles Konan Banny
Ministre d'Etat, Ministre chargé du Programme de la Reconstruction et de la Réinsertion: M. Soro Kigbafori Guillaume
Ministre d'Etat, Ministre du Plan et du Développement: M. Antoine Bohoun Bouabré
Ministre de la Défense: M. Aphing Kouassi René
Garde des sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l'homme: M. Koné Mamadou
Ministre des Affaires Etrangères: M. Bakayoko Youssouf
Ministre de l'Intérieur: M. Dja Blé Joseph
Ministre de l'Agriculture: M. Amadou Gon Coulibaly
Ministre des Mines et de l'Energie : M. Monnet Léon Emmanuel
Ministre de la Construction, de l'Urbanisme et de l'Habitat: M. Amon Tanoh Marcel Benoît
Ministre de la Réconciliation nationale et des Relations avec les Institutions: M. Dano Djédjé Sébastien
Ministre des Infrastructures économiques: M. Achi Patrick
Ministre de la Santé et de l'Hygiène publique: M. Allah Kouadio Rémi
Ministre de l'Education nationale: M. Amani N'guessan Michel
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique: M. Cissé Ibrahim
Ministre de l'Enseignement technique et de la Formation Professionnelle:M. Soumahoro Youssouf
Ministre de la Fonction publique, de l'Emploi et de la Réforme administrative: M. Oulaye Hubert
Ministre des Transports: M. Anaky Kobena Innocent
Ministre de la Coopération et de l'Intégration africaine: M. Mabri Toikeuse
Ministre de la Culture et de la Francophonie: M. Mel Eg Théodore
Ministre de la Solidarité et des Victimes de guerre: M. Dakoury-Tabley Louis André
Ministre de la Production animale et des Ressources Halieutiques: M. Douati Alphonse
Ministre de l'Environnement et des Eaux et Forêts: M. Andoh Jacques
Ministre de la Famille et des Affaires sociales: Mme Peuhmond Adjoua jeanne
Ministre de la Lutte contre le SIDA: Mme Adjobi Christine
Ministre de l'Industrie et de la Promotion du secteur privé: Mme Téhoua Amah Marie
Ministre du Commerce: M. Dosso Moussa
Ministre du Tourisme et de l'Artisanat: M. Koné Amadou
Ministre des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC): M. Bakayoko Hamed
Ministre de la Jeunesse, de l'Education civique et des Sports: M. Banzio Dagobert
Ministre Délègue auprès du Premier Ministre chargé de l’Economie et des Finances: M. Diby Koffi Charles
Ministre Délégué auprès du Premier Ministre charge de la Communication: Mme Coffi Studer Martine
Source "laurentgbagbo.net"
COTE D'IVOIRE / TEXTE DE L' ANNULATION DES ELECTIONS DES MEMBRES DE LA COMMISSION ELECTORALE
Mardi 27 Decembre 2005
CHAMBRE ADMINISTRATIVE
REQUETE N°2005-371 DU 25 OCTOBRE 2005
1-BAYORO DAGROU SALOMON
2-TAPE KIPRE
3-KABRAN APPIA
C/ BUREAU ELU DE LA C.E.I.
AUDIENCE PUBLIQUE
ORDINAIRE
DU 25 NOVEMBRE 2005
MONSIEUR TIA KONE,
PRESIDENT
EXTRAIT DES MINUTES
DU SECRETARIAT
DE LA CHAMBRE
ADMINISTRATIVE
ANNULATION
ARRET N°54
AU NOM DU PEUPLE IVOIRIEN
COUR SUPREME
CHAMBRE ADMINISTRATIVE
LA COUR,
Vu les requêtes présentées par Messieurs Bayoro Dagrou Salomon et Tapé Kipré d’une part, et le groupement politique Alternative mouvement national citoyen, d’autre part;
Vu le dossier de la procédure et pièces jointes;
Vu le rapport de présentation de décret n° 2005-305 du 22 septembre 2005 portant nomination des membres de la Commission Centrale;
Vu les articles 9, 12, 37, 38 de la décision du 15 juillet 2005 et les articles 8 alinéa 2 et 50 du règlement intérieur de la Commission électorale indépendante;
vu la loi n° 94-440 du 16 Août 1994 déterminant la composition, l’organisation, les attributions et le fonctionnement de la Cour suprême, modifiée et complétée par la loi n° 97-243 du 25 avril 1997;
Ouï le ministre public en ses conclusions;
Ouï Monsieur le rapporteur en la lecture de son rapport;
Considérant que le 19 Octobre 2005, la Commission centrale de la Commission électorale indépendante a procédé à l’élection du président et des membres de son bureau;
Que Messieurs Bayoro Dagrou Salomon et Tapé Kipré, tous deux membres de la Commission centrale de la Commission électorale indépendante et représentant au sein de ladite Commission, le Front populaire ivoirien (F.P.I), contestant cette élection, ont saisi la Chambre administrative de la Cour suprême pour la voir annuler pour violation de la loi, aux motifs que:
- d’une part, le bureau de séance, mis en place pour l’organisation du scrutin, n’a pas été constitué conformément à l’article 50 du règlement intérieur, puisqu’il n’a pas été présidé par le doyen d’âge;
- et d’autre part, ce bureau de séance a écarté du vote, 17 membres de la commission se fondant sur les articles 37 et 38 de la décision n° 2005-06/PR du 15 juillet 2005, lesquels seraient relatifs au fonctionnement de la Commission électorale indépendante, alors que l’élection du président et du bureau serait régie par les articles 9 et 12 de la décision précitée, lesquels articles figureraient au chapitre intitulé:
“Composition et organisation” de la loi n° 2004-642 du 14 décembre 2004 sur la Commission électorale indépendante.
Considérant que le groupement politique dénommé Alternative mouvement national citoyen se disant membre de droit de la Commission électorale indépendante, intervenant volontaire, a saisi également la Chambre de céans aux fins de voir déclarer illégal, le décret portant nomination des membres de la Commission électorale indépendante et annuler, par voie de conséquence, l’élection du président et des membres du bureau de la Commission électorale indépendante;
Considérant que le ministère public, arguant du fait que s’agissant d’un contentieux électoral né de la mise en place du bureau d’un organe administratif, le contentieux devrait être précédé d’un recours gracieux, conclu à l’irrecevabilité en la forme de la requête ;
Considérant que pour sa part, la Commission électorale indépendante conclut en la forme à l’incompétence de la Chambre administrative pour connaître du contentieux électoral évoqué par les requérants aux motifs que ses attributions sont limitativement énumérées par la loi, et au fond, au rejet pur et simple des prétentions des requérants;
EN LA FORME
SUR LA COMPETENCE DE LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE
Considérant que la Commission électorale indépendante est une Haute autorité administrative indépendante;
Qu’il s’ensuit, que toutes contestations nées des activités d’un tel organe sont portées devant la Chambre administrative, sauf si la loi en dispose expressément autrement;
Considérant qu’au surplus il n’est que vain de vouloir subordonner la recevabilité d’un tel contentieux à un recours gracieux préalable puisque non seulement en cette matière, ce recours préalable, n’est point de mise, mais ensuite quand bien même on l’exigerait que l’on ne saurait pas quel pourrait être l’organe du tutelle auquel cette requête serait susceptible d’être adressée pour décision;
Qu’il suit de là que la Chambre administrative de la Cour suprême est compétemment saisie du contentieux électoral né de la mise en place du bureau de la Commission électorale indépendante.
SUR L’INTERVENTION VOLONTAIRE
DU GROUPEMENT POLITIQUE DENOMME MOUVEMENT NATIONAL CITOYEN
Considérant que le groupement politique dénommé “Alternative mouvement national citoyen” n’est pas membre de la Commission électorale indépendante;
Qu’il ne peut donc justifier d’un intérêt quelconque dans le recours initié par sieurs Bayoro Dagrou Salomon et Tapé Kipré;
Que dès lors, il y a lieu de déclarer sa requête en intervention volontaire irrecevable.
AU FOND
SUR LA VIOLATION DE LA LOI
Sur l’irrégularité du bureau de séance
Considérant que Mme Tchicaya Marie Madeleine née le 28 avril 1938, doyen d’âge, désignée par le Secrétaire général de la Commission électorale indépendante, comme président du bureau de séance déclare avoir été récusée par certains membres de la Commission électorale indépendante, au motif qu’elle n’a pas voix délibérative;
Considérant qu’il ressort toutefois des pièces de la procédure et des débats à l’audience que si cette éventualité avait été évoquée par des membres présents de la CEI, il ne ressort nulle part que cette suggestion ait été débattue et donné lieu à décision avant que l’intéressé ne sorte délibérément de la salle de séance;
Que le fait qu’elle se soit retirée sans y avoir été contrainte, constitue une simple turpitude de sa part dont elle ne saurait se prévaloir;
Considérant en conséquence qu’il y a lieu de rejeter la requête aux fins d’annulation de l’élection du président et des membres du bureau de la Commission électorale indépendante, fondée sur ce moyen;
Sur l’exclusion des membres ayant voix consultative
Considérant que l’article 9 nouveau indique que le président du bureau de la CEI est élu par la Commission centrale parmi ses membres et que l’article 10 nouveau stipule en son alinéa 2 que l’élection des membres du bureau se déroule au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, l’élection au premier tour s’obtenant à la majorité absolue, tandis que celle du second tour s’obtient à la majorité relative;
Considérant que l’article 35 nouveau qui précise que “pour ses travaux, /a Commission centrale de la CEI se compose des membres ayant voix délibérative et des membres ayant voix consultative” poursuit dans son alinéa intitulé “35 ter” que les délibérations de la Commission centrale de la CEI sont prises à la majorité simple des membres présents ayant voix délibérative;
Considérant dès lors qu’il s’induit de cette différence de mode de scrutin entre
l’élection des membres du bureau et les délibérations prévues à l’article 35 ter, que la procédure de l’élection susvisée est différente de celle des délibérations ordinaires portant sur les attributions de la CEI dont l’article 34 nouveau renvoie à l’article 2 nouveau quant à leur énumération exhaustive;
Considérant qu’il est dès lors évident que soumettre ces deux ordres de matières aux mêmes règles serait méconnaître l’esprit et la lettre du’ texte sur la CEI dont l’essence est de faire de l’élection des membres du bureau une activité d’organisation de l’Institution relevant uniquement des dispositions des articles 9 nouveau et 10 nouveau, tandis que celles se rapportant aux attributions seraient liées au fonctionnement qui n’obéissent qu’aux dispositions des articles 35 et suivants;
Considérant qu’il suit de ce qui précède que l’élection des membres du bureau de la CEI doit se faire au scrutin uninominal majoritaire de tous les membres présents, à deux tours, sans distinction de ceux ayant voix délibérative et ceux n’ayant que voix consultative;
Considérant que l’élection des membres du bureau de la CEI intervenue le 19 octobre 2005, à l’exclusion des membres de l’Institution ayant voix consultative, l’a été donc au mépris des dispositions des articles 9 nouveau et 10 nouveau de la loi n° 2004-642 du 14 décembre 2004 modifiant la loi n° 2001 - 634 du 9 octobre 2001 portant organisation, attributions et fonctionnement de la Commission électorale indépendante, modifiée par les décisions n° 2005-06/PR du 15 juillet 2005 et 2005-11/PR du 29 août 2005, relatives à la Commission électorale indépendante (CEI);
Considérant qu’il importe dès lors de procéder à l’annulation de cette élection irrégulièrement intervenue;
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, contradictoirement, en formation réunie:
DECIDE :
Article 1: La Chambre administrative est compétente ;
Article 2: La requête du Groupement politique dénommé Mouvement national citoyen aux fins d’intervention volontaire, est irrecevable ;
Article 3: La requête aux fins d’annulation de l’élection du président et des membres du Bureau de la Commission électorale indépendante présentée par Dame Thicaya Marie-Madeleine est rejetée parce que mal fondée ;
Article 4: La requête aux fins d’annulation de l’élection en date du 19 octobre 2005, du président et des membres du Bureau de la Commission électorale indépendante présentée par MM. Bayoro Dagrou Salomon et Tapé Kipré est recevable et fondée.
En conséquence, l’élection susvisée est annulée.
Article 5: Expédition du présent arrêt sera transmise au ministre d’Etat, ministre de l’Administration du territoire.
Ainsi jugé et prononcé par la Chambre administrative de la Cour suprême en son audience publique ordinaire du vingt cinq novembre deux mille cinq.
Où étaient présents: MM. Tia Koné
président de la Cour suprême, président;
Aka Noba Denis, conseiller-rapporteur;
N’Gnaoré Kouadio, Toba Akayé Edouard, Yoh Gama, Boby Gbaza, Sanogo Mamadou, Kobo Pierre-Claver, Yves N’Goran, conseillers; Kodjané Bertin et Doueu Orner, représentant le ministère public;
Maître Nibé Lambert, Secrétaire de Chambre.
En foi de quoi, le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le Secrétaire.
SUIVENT LES SIGNATURES À LA MINUTE POUR EXPEDITION CERTIFIEE CONFORME
Abidjan, le 3 décembre 2005
Le Secrétaire de Chambre
NIBE T. LAMBERT
COTE D'IVOIRE / FORMATION DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION / COMMUNIQUE DES FORCES NOUVELLES (EX -REBELLION)
Mardi 27 Decembre 2005
Depuis le 30 octobre 2005, et comme confirmé par le Conseil de Sécurité de l’ONU, Monsieur Laurent Gbagbo n’est plus le Président de la République de Côte d’Ivoire.
Depuis cette même date, il n’existe plus de gouvernement dans notre pays.
C’est seulement le 4 décembre 2005 qu’un Premier Ministre, en la personne du Gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Monsieur Charles Konan Banny a été nommé.
Les Forces Nouvelles constatent qu’à ce jour, les nombreuses discussions engagées pour la formation du nouveau gouvernement de transition, ont abouti à un accord parfait entre le Premier Ministre et les principales forces politiques soucieuses de l’avenir de la Côte d’Ivoire.
Toutefois, Monsieur Laurent Gbagbo et son parti, le Front Populaire Ivoirien (FPI) demeurent les seuls obstacles et entraves à la conclusion de la formation du nouveau gouvernement.
A cet effet :
1. les Forces Nouvelles décident de se conformer strictement aux dispositions de la résolution 1633 qui prévoit clairement que le Ministère de l’Economie et des Finances, le Ministère de la Défense et le Ministère de la Sécurité doivent relever exclusivement des prérogatives du Premier Ministre.
2. les Forces Nouvelles rappellent que le Premier Ministre doit être le seul responsable de la formation du Gouvernement de Transition et doit exercer la pleine Autorité sur celui-ci.
C’est pourquoi les Forces Nouvelles marqueront leur désaccord total sur toute autre formule qui tendrait à accorder quelque prérogative que ce soit à Monsieur Laurent Gbagbo et à son parti, le FPI dans la gestion de ces ministères précités.
Les Forces Nouvelles se verront contraintes de ne point siéger dans un gouvernement vidé de tout pouvoir comme ce fut le cas dans le précédent gouvernement dirigé par Monsieur Seydou Diarra.
Les Forces Nouvelles en appellent à la réaction de la CEDEAO, de l’Union Africaine et de l’ONU pour qu’au plus tard le 1er janvier 2006, la Côte d’Ivoire soit dotée d’un gouvernement (conforme à la résolution 1633) qui puisse conduire et réaliser les missions à lui assignées.
Fait à Abidjan
le mardi 27 décembre 2005
Pour les Forces Nouvelles
Konaté Sidiki
Le Porte Parole
COTE D'IVOIRE / REACTION DE PARTIS POLITIQUES SUR LA LENTEUR DE LA FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT
Mardi 27 Decembre 2005
Des partis signataires de Marcoussis réagissent à la lenteur avec laquelle le Premier ministre forme l’équipe gouvernementale
Djédjé Mady (PDCI) :
savoir attendre Je suis patient. En toute chose, il faut savoir attendre.
Kouablan François (PIT) :
Le PIT s’inquiète.
Le PIT, tout comme les autres acteurs politiques, s’interroge et s’inquiète de l’attente de l’avènement du nouveau gouvernement de transition. Nous avons fondé beaucoup d’espoir dans l’avènement du Premier ministre, pour deux raisons fondamentales : la première est que c’est un technocrate ivoirien ; la deuxième est qu’il n’était pas présent sur le terrain pour participer à tout ce que nous avons considéré comme étant des calculs des politiciens qui ont fait que trois années durant on n’a pas pu parvenir à la paix. Les deux éléments réunis devraient en principe permettre au Premier ministre d’aller vite et de parvenir à un gouvernement consensuel. Mais, nous constatons avec regret que cela dure. Cependant, nous pensons qu’il faut continuer de lui faire confiance. Le PIT l’ a souvent dit, et si on l’avait suivi dans sa proposition de ramener tout le monde autour de la table pour se mettre d’accord sur l’essentiel, aujourd’hui, quel que soit celui qui était désigné, il aurait la facilité de choisir les hommes avec qui il voudrait travailler. Mais, nous avons laissé chacun dans sa position politicienne, cela n’arrange pas la paix. Car la finalité, ce sont les élections. Nous comprenons qu’il veut prendre le maximum de précautions pour montrer aux acteurs politiques qu’il a la volonté de travailler selon sa vision. Mais il faut qu’il sache qu’il n’a pas trop de temps et que le plus difficile est sur le terrain. Je crois qu’il ne pourra pas nous maintenir jusqu’au 1er janvier sans gouvernement. Nous attendons donc de lui un beau cadeau de nouvel an.
Cissé Bacongo (RDR) :
L’attente s’explique
L’attente ne nous paraît pas excessive en soi dans la mesure où contrairement à Marcoussis, la composition du gouvernement a totalement reposé sur le Premier ministre qui a dû engager des consultations avec les différentes forces politiques pour non seulement déterminer avec elles le nombre et la nature de portefeuilles par force, mais qui a également engagé avec les mêmes forces les discussions portant sur les personnalités devant occuper ces portefeuilles. Vous comprenez donc que dans ces conditions, la mise en place du gouvernement ne pouvait pas se faire aussi rapidement que les Ivoiriens l’auraient souhaité. Il reste que selon les informations dont nous disposons, le Premier ministre serait parvenu, au terme de ces consultations, à trouver un accord sur la composition de ce gouvernement qui devrait être publié incessamment. Nous souhaitons donc que ce soit le cadeau de nouvel an qu’il fasse aux Ivoiriens ; c’est-à-dire que les Ivoiriens entrent dans la nouvelle année avec un nouveau gouvernement.
Alassane Salif N’Diaye (UDPCI) :
Légitime impatience
L’impatience gagne les esprits dans l’ensemble de la population à raison. Cela est légitime parce que chaque Ivoirienne et chaque Ivoirien veut ardemment que cette situation de crise cesse. Il convient néanmoins de comprendre que les conditions de nomination du nouveau Premier ministre exigeaient de lui de larges consultations avec toutes les parties prenantes à cette situation. C’est ce qu’il fait, et à notre avis, cela est une bonne chose n’eût été des revendications surfaites de certaines parties, il est fort à parier que nous aurions eu un gouvernement depuis quelques jours pour remettre la Côte d’Ivoire au travail. Les précautions prises par le Premier ministre et la manifestation de sa capacité d’écoute, à notre sens, permettront de sortir un gouvernement où la confiance régnera. En tout état de cause, l’UDPCI, qui a respecté la méthode de travail du Premier ministre, continuera à lui apporter son soutien dès lors que les engagements qu’il a pris vis-à-vis de notre parti seront honorés. Je termine en disant que mieux vaut cette attente que de prendre des décisions dans la précipitation.
Joël N’Guessan (MFA) :
Que Banny accélère les choses
Au niveau du MFA, nous estimons que les Ivoiriens ont raison d’être impatients. Car autant il y a eu de l’espoir au lendemain de la désignation du Premier ministre, autant ils peuvent considérer que le délai mis pour la formation de ce gouvernement prouve que les acteurs politiques ne s’entendent pas sur l’essentiel, c’est-à-dire voir l’intérêt du peuple ivoirien au lieu de voir leurs intérêts partisans de postes ministériels. Alors, le Premier à qui nous accordons un délai de grâce a intérêt à accélérer le processus pour que l’espoir qu’il a suscité soit maintenu. En tout état de cause, nous estimons que cette semaine tout devrait être mis en œuvre pour que le gouvernement soit mis en place. Nous avons confiance au Premier ministre, nous estimons qu’il comprendra notre message et surtout le message d’impatience des Ivoiriens, parce que c’est bien d’eux qu’il s’agit. C’est à eux qu’il doit donner l’espoir pour que très rapidement on aille à la réunification du pays, au désarmement de toutes les forces qui ne sont pas autorisées à l’être et qu’on puisse faire les élections afin de doter la Côte d’Ivoire de nouvelles institutions. C’est cette attente qui fait que tout le monde est impatient. Nous osons espérer que c’est une question de jour ou d’heure.
Alain Lobognon (Forces nouvelles) :
“Nous n’accepterons jamais que le FPI occupe l’Economie et les Finances”
Les Forces nouvelles ont salué la désignation du gouverneur Charles Konan Banny au poste de Premier ministre et nous n’avons pas hésité à collaborer avec lui. Si plus de trois semaines après sa désignation, le gouvernement n’est pas encore publié, les blocages doivent être identifiés et les responsables sanctionnés afin de permettre à la Côte d’Ivoire de sortir de la crise. J’ai une certitude qui est que les Forces nouvelles ne sont pas responsables de ces blocages. Selon le Premier ministre, les responsables des blocages sont connus. Il s’agit simplement de se référer à la Résolution 1633 et de prendre toutes les dispositions idoines pour lever tous les obstacles. Nous croyons savoir que ce qui bloque, c’est l’attribution du ministère de l’Economie et des Finances. A ce niveau, les Forces nouvelles, en tant que belligérant, n’accepteront jamais que l’une des parties au conflit ait ce ministère. Pour le reste, nous soutenons le Premier ministre dans sa position à avoir à tout prix ce ministère stratégique qui, s’il tombe entre les mains du Front populaire ivoirien, remettra du coup en péril le processus politique. C’est pourquoi nous pensons que le GTI doit intervenir et M. Pierre Schori se doit de monter au créneau afin de lever tous les obstacles.
Sylvain Miaka Ouretto (FPI) :
“Il est normal que les choses traînent”
Eu égard au contexte qui est celui que nous vivons, un Premier ministre qui vient d’être nommé, il est tout à fait normal qu’il prenne toutes les dispositions, qu’il s’entoure de toutes les précautions avant de mettre en place son équipe de travail. Je crois que c’est cela qui fait que les choses traînent un peu en longueur. On n’apprend rien à personne en disant que les acteurs politiques sont aujourd’hui nombreux dans notre pays. Compte tenu de la méthode de travail qui a été adoptée par le Premier ministre qui est de se concerter avec chacun de ces acteurs, je pense qu’il est tout à fait normal que les choses traînent de la sorte. Toutefois, J’espère que très bientôt, on va avoir connaissance de ce nouveau gouvernement.
Propos recueillis par
PASCAL SORO
Source "FRATMAT"
INTERVIEW DE M.GUY LABERTIT SUR LA FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT IVOIRIEN PAR RADIO-ONUCI
Dimanche 25 Decembre 2005
Formation du nouveau gouvernement ivoirien-Guy Labertit (PS) : “La clé de répartition encourage ceux qui ont tenté un coup d'Etat”
M. Guy Labertit, le Monsieur Afrique du Parti socialiste (PS) français, était, hier, l'invité de la radio ONUCI-FM. Il a parlé de la formation du nouveau gouvernement en Côte d'Ivoire et de la méthode Charles Konan Banny.
ONUCI-FM : Au niveau du Parti socialiste français, quelle lecture faites-vous de la résolution de la crise ivoirienne ?
Guy Labertit : Écoutez, des mesures avaient été prises pour proroger le mandat du président Gbagbo d'un an.
Nous pensons qu'effectivement, il va de soi que si l'exécutif est prorogé dans un Etat de droit, le législatif et le judiciaire continuent aussi de fonctionner dans les mêmes conditions. Visiblement-là, tout le monde ne semble pas d'accord.
Et nous espérons bien que l'exécutif pourra continuer de fonctionner en bonne harmonie avec le législatif et le judiciaire comme dans tout Etat de droit.
Un second point, c'est cette mission du nouveau Premier ministre Charles Konan Banny dont le nomination avait d'ailleurs été bien accueillie. Sa première mission est de former le gouvernement. J'étais récemment en Côte d'Ivoire et j'ai pu me rendre compte que les choses piétinaient singulièrement. Ça c'est une grande interrogation.
Il est évident que, pour que cette mission réussisse, il faut qu'il y ait une bonne entente sur la conception de ce gouvernement.
Mais, en tout cas, que les clés de répartition soient au moins égales à celles qu'elles étaient avant. Mais, très curieusement, ce sont plutôt les forces de ce gouvernement qui n'ont pas réellement fonctionné au plan gouvernemental qui se voient attribuer des propositions extrêmement avantageuses.
Alors ça n'est pas sans nous poser des questions. Nous espérons vraiment très rapidement que le bon sens l'emportera et que la clé de répartition de ce gouvernement sera définie de la manière la plus harmonieuse pour les Ivoiriens. Ça, c'est effectivement une affaire que les Ivoiriens doivent régler entre eux.
ONUCI-FM : Le Premier ministre Charles Konan Banny a indiqué que son action au niveau de la formation de ce gouvernement se fera hors des exigences de Kléber. Vous appréciez cette nouvelle vision du Premier ministre ivoirien ?
G.L. : Je ne sais pas si, lorsqu'il évoquait Kléber, il voulait par là dire qu'il se démarquait de Marcoussis. Moi, je crois qu'il faut interroger le Premier ministre ivoirien pour savoir ce qu'il veut dire quand il dit qu'il ne se sent pas engagé par Kléber.
Peut-être que veut-il dire qu'il pensait tout à fait anormal qu'au niveau de Kléber, on ait pu vouloir attribuer les ministères de la Défense et de la Sécurité à des gens qui précisément avaient attenté à l'ordre républicain. C'est comme ça en tout cas que j'ai interprété ces propos personnellement.
ONUCI-FM : Mais il a surtout précisé que, pour lui, il ne s'agira plus d'imposer un quota par parti signataire, mais qu'il travaillera avec une équipe de mission ?
G.L. : Ah ! Mais ça c'est bien ! Sauf que vous êtes à Abidjan vous-même et vous savez très bien quelles sont les rumeurs au niveau des clés de répartition. Peut-être que ce sont des rumeurs infondées. Et j'espère qu’elles sont infondées. Parce qu'elles me paraissent très peu acceptables que de proposer 5 postes au FPI, 5 postes au PDCI, 5 postes au RDR, 5 postes aux Forces Nouvelles (rébellion armée, ndlr). C'est quand même très curieux si c'est de cette façon-là que l'on se démarque de Kléber.
Ce serait, disons, quasiment encourager finalement ceux qui ont tenté de faire un coup d'Etat et qui ont échoué. Je ne doute pas un instant que les gens qui aujourd'hui conduisent la Côte d'Ivoire veuillent réaliser un coup d'Etat sur le tapis vert.
Donc, je sais que les gens sont raisonnables et j'imagine bien que cette clé de répartition qu'on voit beaucoup dans les journaux n'est qu'une rumeur que je pense infondée. L'intelligence doit l'emporter.
ONUCI-FM : Jusqu'à présent, il y a une partie de la population ivoirienne qui rend la France en grande partie responsable de la persistance de la crise ivoirienne ?
G.L. : Je crois que l'expérience montre que lorsque l'ONU s’engage dans la résolution des crises, ses positions sont fortement influencées par ce que l'on appelle “la puissance intéressée”. Il ne nous a pas échappé, au parti socialiste comme d'ailleurs il ne vous a pas échappé, que les résolutions de l'ONU étaient prises à l'initiative de M. De La Sablière. Et donc on ne peut pas dire que la France se contenterait de soutenir les positions prises par l'Union africaine, ou la CEDEAO, ou encore l'organisation des Nations unies. Nous disons quand même que la France est très partie prenante dans la façon d'avancer dans cette crise.
Et j'ai le sentiment, en tant que socialiste, qu'elle a un tout petit peu durci sa position.
Je crois que, dans le Groupe de travail international, la voix de la France me semble très forte.
Je sais que celle qui la porte n'a pas l'habitude d'être relativement forte et je crois savoir que ça ne semble pas être la bonne solution.
Je crois que, fondamentalement, c'est aux Africains d'aider la Côte d'Ivoire à sortir de cette situation-là.
Et j'ai parfois le sentiment que quand certains Africains ont essayé de le faire, ils ont essuyé parfois les moqueries de Paris. Je parle par là des propos de M. Chirac à l'égard du président Mbeki.
C'était particulièrement mal venu lorsqu'au mois de février, il disait que le président Mbeki ne connaissait pas l'âme ouest-africaine. J'espère que nous allons rompre avec cette situation.
COTE D'IVOIRE / ALLOCUTION DE S.E M LAURENT GBAGBO LORS DE L'AUDIENCE AVEC LES VICTIMES DU 04 NOVEMBRE 2004
Dimanche 25 Decembre 2005
Je voudrais vous saluer, vous tous qui êtes venus.
Je voudrais saluer votre porte-parole, Youan Claude ; merci d’avoir pris la parole. C’est des retrouvailles pour que nous "fêtions" la vie sur la mort. On est dans un combat, certains sont morts. Vous, vous êtes blessés. Mais c’est la fin qui compte. C’est notre pays qui compte. Je vous invite à venir au Palais le 1er janvier pour que nous fassions la fête de nouvel an ensemble...
En ce moment là, il n’y aura plus de discours, mais on va être ensemble pour montrer que nous sommes le même peuple, que nous sommes les mêmes et que nous combattons. Mais quand nous avons l’occasion de rester ensemble pour rigoler, nous pouvons rester ensemble et rigoler (…)
Le deuxième point que je voulais aborder c’est votre association. Je suis heureux que vous soyez organisés. Je vous donne 50 000 000 f cfa pour votre organisation pour que vous ayez quelque chose dans la caisse. Ça, c’est la deuxième décision que je voulais vous annoncer.
La troisième décision qui vous sera confirmée dans les jours-ci, c’est de faire en sorte que l’hôpital militaire soit à vous pour que n’importe qui d’entre vous qui est malade soit soigné dans cette hôpital pour vous soustraire des rangs, des longues attentes dans les CHU.
La quatrième mesure que je voudrais vous annoncer, c’est le problème de l’indemnisation par la France. Je n’en parle pas parce que le dossier avance et est actuellement avec les procureurs.
Ils ont entamé avec la France les pourparlers. Je ne veux pas vous en dire plus tant qu’on n’a pas conclu (…) Nous n’avons pas oublié cet aspect.
Voilà donc les quatre mesures que je voulais vous annoncer ce matin. Je crois qu’il y a des choses qu’on ne peut pas réparer. Regardez Claude (une victime de la barbarie de l’armée française) quand je suis allé le voir à l’hôpital, quand je faisais le tour, mais je suis sorti vite de sa chambre, parce que j’avais envie de pleurer. Quelqu’un qui est bien portant, qui vient à une manifestation et qui s’en sort avec un handicap ! On ne peut pas réparer ça.
Mais ce que l’être humain peut réparer, le réconfort moral et financier qu’on peut donner pour aider les uns et les autres, nous allons le faire. C’est pourquoi, je vous ai dit de vous organiser. Mais c’est à votre bureau de donner les noms de ceux qui ont perdu des années scolaires pour qu’on puisse avoir leur niveau et à les remettre à l’école ; les noms de ceux qui n’ont pas d’emploi. Pour les handicapés ordinaires, nous avons fait un quota que la fonction publique recrute chaque année. Pour vous, à plus forte raison, qui êtes handicapés pour des causes nationales et patriotiques.
Ce sont des décisions qu’on veut prendre. Mais, je vous ai dit de ne pas être en palabre. Organisez-vous et présentez-moi des dossiers. Donc, si nous avons une lisibilité, nous pouvons mettre cela sur dossier pour que la fonction publique recrute chaque année un quota de nos blessés de guerre.
Si vous nous donnez cette liste nous allons faire ce que nous avons à faire. Mais pour le moment, nous avons le devoir d’être avec vous, moralement toujours parce que nous sommes devenus une famille. Pendant qu’on vous tirait dessus, on tirait aussi sur ma résidence. C’est ça aussi qui est la vérité.
Ne vous faites pas de soucis, je suis avec vous parce que je sais que vous êtes avec moi. Le combat continue. Je sais que maintenant nous sommes dans la dernière ligne droite. Nos adversaires ont fait toute sorte de revendications. Accra I, Marcoussis, Accra II, Accra III, Pretoria I, Pretoria II…même toutes ces revendications y compris les plus farfelues, je les ai satisfaits. Parce que je sais qu’ils ne voulaient pas bouger.
Maintenant que je les ai satisfaits et que tout le monde a vu, le conseil de sécurité a défini ce qui reste à faire : le désarmement et les élections.
Le reste ce sont des discours. Venez, on va aller aux élections, c’est tout. Il n’y a pas d’autres problèmes. Donc c’est ça. Le seul problème qui reste c’est d’aller aux élections. Or pour aller aux élections, il faut passer par le désarmement. Il y en a qui disent "Gbagbo ne parle plus", mais je suis-là, je regarde, puisque-moi mon travail est fini. Je croise les bras et je les attends aux élections (…) Alors prenez courage parce qu’il faut que votre sacrifice gagne. Il faut que vos sacrifices ne soient pas vains. Il faut que les dispositions que nous sommes entrain de prendre ne soient pas remises en cause. Souvent des gens disent : "je ne connais pas le diable". Je dis le diable, avec les cornes sur la tête et une queue, ne réapparaîtra plus.
Mais regardez les hommes en ville et vous verrez qui est le diable. Quand on dit d’envoyer vos enfants à l’école parce que l’école va être gratuite, celui qui dit qu’il est contre, ce n’est pas un diable ça ? quand on dit qu’on créée l’Assurance Maladie Universelle pour vous soigner gratuitement, celui qui est contre, ce n’est pas un diable ça ?
Quand on dit qu’on va faire la décentralisation pour que chaque département ait l’argent pour créer des écoles, faire des routes…, celui qui est contre cela n’est-il pas un diable ? Ne croyez pas que le diable est ailleurs. Le diable c’est celui qui haie ce qui est évidemment bon. Quand une chose est bonne pour la collectivité et que quelqu’un se lève pour dire qu’il est contre, c’est ça qu’on appelle le diable.
Vous autres, allez expliquez ça aux populations (…) Il faut que nous ayons de la gaîté. Il faut que nous ne donnions pas à nos adversaires une mine de tristesse. Quand il nous voit abattu, c’est leur victoire.
Mais il faut qu’ils sachent, malgré nos blessures, malgré nos souffrance, malgré nos handicapes, nous sommes fiers du combat que nous avons mené. Et comme le dit Claude, si c’était à refaire nous le referons.
Je vous remercie
Bonne fête de fin d’année et à très bientôt.
Que Dieu vous bénisse
FETE DE LA NATIVITE 2006
Samedi 24 Decembre 2005
Le monde entier célébre la fête de la Nativité pour commémorer la naissance du JESUS-CHRIST.
Au seuil de cette fête dans le partage et la bonté , je voudrais souhaiter bon rétablissement à tous ceux qui souffrent physiquement et à ceux qui sont dans le désespoir je voudrais leur recommander la foi en DIEU TOUT-PUISSANT ,MAITRE DE L'UNIVERSet de tous les DESTINS.
A tous les autres , JOYEUX NOEL EGALEMENT DANS la PAIX et la JOIE !!!!
Que la COTE D'IVOIRE bien-aîmée retrouve sa LUMINOSITE et son RAYONNEMENT dans la PAIX entre toutes et tous.
J O Y E U X N O E L !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Fatimata TANOE TOURE
AMBASSADEUR
BANQUE CENTRALE DES ETATS DE L'AFRIQUEDE L'OUEST / NOMINATION DE M.DAMO COMME GOUVERNEUR INTERIMAIRE
Samedi 24 Decembre 2005
M"Le vice-gouverneur de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA, 8 pays), Damo Justin Barro, a été nommé gouverneur de la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest, l’institut d’émission de l’UEMOA) jusqu’au retour de M. Konan Banny", a annoncé le Malien Soumeila Cissé, président de la Commission de l’UEMOA, à l’issue d’un sommet des chefs d’Etat de l’organisation tenu vendredi à Niamey.
Outre le président hôte, Mamadou Tandja, Faure Gnassingbé (Togo), Amadou Toumani Touré (Mali), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Joao Bernardo Vieira (Guinée-Bissau) et Abdoulaye Wade (Sénégal) ont fait le déplacement dans la capitale nigérienne.
Le Bénin et la Côte d’Ivoire y étaient représentés par leurs Ministres de l’Economie et des Finances.
En octobre, le Président ivoirien Laurent Gbagbo, dont le pays détient 43% des parts dans la BCEAO, s’était déclaré opposé à la nomination d’un Gouverneur non-ivoirien.
Mais selon un membre de la délégation ivoirienne au sommet, les représentants ivoiriens ont accepté la nomination d’un Burkinabè devant l’assurance donnée à M. Konan Banny de retrouver son poste à la fin de son mandat à la tête du gouvernement ivoirien.
Lors de la conférence de presse de clôture, M. Cissé a annoncé que les Chefs d’Etat de l’organisation basée à Dakar avaient également examiné le Prélèvement communautaire de solidarité (PCS), estimant qu’il "avait fourni des ressources substantielles à la région depuis 1996" mais ils se sont inquiétés de certains "retards de paiement". Le PCF, redevance dont tous les Etats doivent s’acquitter à hauteur de 1% de leur budget, "a des difficultés et il faut rattraper le retard et les dysfonctionnements" constatés, a estimé le président burkinabè Blaise Compaoré.
En ouverture, M. Tandja, Président en exercice de l’UEMOA depuis 2003, avait fait part de ses inquiétudes quant à la survie de "filières stratégiques", dont le coton, car selon lui "les relations commerciales entre les pays en développement et les pays développés sont marqués du sceau de l’inégalité et des préférences".
COTE D'IVOIRE / PROFANATION DE LA TOMBE DE HADJA NABINTOU OUATTARA / DECLARATION DU FIFEM
Samedi 24 Decembre 2005
Le mardi 20 décembre 2005, en réaction à la profanation de la tombe de dame Hadja NABINTOU CISSE, mère du Dr Alassane DRAMANE OUATTARA,
Un groupe de jeunes a tenté de profaner la tombe du père du ministre AMANI N’GUESSAN MICHEL, ministre de l’éducation nationale, à Bodokro, dans la sous-préfecture de Bouaké.
Le Forum International des Femmes pour la Paix , l’Egalité et le Développement(FIFEM) condamne énergiquement ces agissements contraires à nos valeurs culturelles qui n’honorent pas la Côte d’Ivoire.
Le FIFEM lance un appel pressant à la retenue, à toute la jeunesse ivoirienne, afin qu’elle refuse de se laisser manipuler par des mains obscures, dont le seul et unique objectif est de faire entrave au processus de paix.
Le FIFEM saisit cette occasion pour remercier et féliciter les Forces Armées des Forces Nouvelles, pour leur vigilance et la promptitude avec laquelle elles se sont opposées à la profanation de la tombe de cet illustre disparu, refusant ainsi de se rendre complice de telles barbaries.
Fait à Abidjan,
le 23 décembre 2005
Pour le FIFEM
La Présidente
Salimata PORQUET
PROFANATION DE LA TOMBE DE HADJA NABINTOU OUATTARA / COMMUNIQUE DE M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA SUR LA MARCHE DE PROTESTATION DU RDR
Vendredi 23 Decembre 2005
Le Bureau Politique du RDR, en sa séance extraordinaire du jeudi 22 Décembre 2005, a décidé suite à la profanation de la tombe de ma mère, Hadja Nabintou CISSE, de l’organisation d’une marche pacifique de protestation le mardi 27 Décembre 2005.
La solidarité ainsi manifestée par le Bureau Politique et les militants du RDR me touche profondément.
Je comprends l’indignation et la réprobation qu’a suscité et continue de susciter au plan national et international, cet acte abominable et ignominieux.
Cependant, afin d’éviter toute tension en cette période sensible, je préconise l’annulation de ladite marche.
Je voudrais en cette pénible occasion, remercier encore l’ensemble de la population pour les nombreux témoignages de sympathie et de soutien qui m’ont été exprimés, aussi bien lors des obsèques qu’à la suite de cette profanation de la tombe de ma mère.
Le Président du RDR
Le Premier Ministre
Alassane Dramane Ouattara
INTERVIEW DE M.AFFI NGUESSAN PRESIDENT DU FRONT POPUAIRE IVOIRIEN SUR LA FORMATION DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION
Vendredi 23 Decembre 2005
Le président du FPI était sur la radio BBC, hier
Affi N’Guessan : On est encore en négociation. Donc, je crois qu’il vaut mieux attendre la fin de ces négociations. Il n’y a pas de rupture. Il n’y a pas de désaccord définitif. Pour le moment, on continue à discuter. Il faut attendre la fin des discussions pour savoir en définitive, qu’est-ce qui a été décidé, ce sur quoi, nous nous sommes accordés.
BBC : Eventuellement, vous seriez preneur des cinq postes ministériels qui vous ont été proposés?
A.N. : On a dépassé ce stade. On a fait savoir au Premier ministre que c’est inacceptable. Je ne sais pas s’il en a pris acte. Nous cherchons maintenant à savoir à quel niveau il peut aller. Donc, il n’y a pas de désaccord sur notre refus.
BBC : A votre niveau, vous ne voulez pas prendre cinq, vous voulez 10 ?
A.N. : Nous avons notre principe de la parité entre le camp présidentiel loyaliste, légaliste et l’opposition politico-armée. Le principe que nous avons posé, c’est la parité, l’équilibre entre les deux forces, la parité dans la répartition des porte-portefeuilles. Evidemment, par rapport à cela le Premier ministre a proposé des postes, nous les avons refusés. Nous sommes en train de négocier. Les discussions n’ont pas été rompues.
BBC : Les négociations avancent-elles ?
A.N. : Oui ! Les négociations avancent.
BBC : N’y a-t-il pas de blocage de votre côté ?
A.N. : Il n’y a pas de blocage. Il faut qu’on trouve un accord. Il est important que tout le monde participe à l’action gouvernementale. Donc, il faut qu’on trouve un accord satisfaisant pour tous.
Source BBC
SENEGAL 7EME CONFERENCE SUR LA COUCHE D'OZONE
Jeudi 22 Decembre 2005
La 7ème Session de la Conférence des Parties à la Convention Cadre de Vienne pour la protection de la couche d’ozone et la 17ème Réunion des parties au Protocole de Montréal relatif à des substances appauvrissant la couche d’ozone se sont tenues à Dakar, du 12 au 16 Décembre 2005.
Ces assises ont regroupé quelque 400 délégués provenant de 140 pays, dont des Ministres, des représentants du Gouvernement, des Agences des Nations Unies, des Organisations gouvernementales et non gouvernementales, du secteur de l’Agriculture et de l’Industrie.
La réunion s’est ouverte par un segment préparatoire, du 12 au 14 décembre 2005.
Durant cette rencontre, les délégués ont procédé à l’examen des décisions concernant, entre autres, les dérogations permettant l’utilisation du bromure de méthyle, des chlorofluorocarbones dans les inhalateurs doseurs, des agents de transformation, du tétrachlorure de carbone (TCC) en laboratoire et à des fins d’analyse. Les directives concernant les intérêts des membres du Groupe de l’Evaluation Technique Economique (GETE) et de ses divers organes, le commerce illicite des substances appauvrissant la couche d’ozone ainsi que leur destruction ont été également débattus.
Cette réunion a été suivie par un segment de haut niveau, qui s’est déroulé du 15 au 16 Décembre 2005, dont la cérémonie officielle d’ouverture a été présidée par le Premier Ministre sénégalais, Macky SALL.
Lors de son allocution, il a indiqué que la Convention de Vienne et le Protocole de Montréal constituent des succès incontestables tant dans l’élaboration, l’organisation, l’appui apporté aux pays en développement qui ont contribué aux résultats actuels attestant le recouvrement de la couche d’ozone.
Quant aux autres intervenants, ils ont mis en exergue les problèmes que font peser les menaces environnementales mondiales sur les pays aux économies fragiles, la pertinence de la reconstitution du Fonds multilatéral pour soutenir surtout les pays en développement en matière de protection de la couche d’ozone.
A l’occasion du 20 ème anniversaire de l’adoption de la Convention de Vienne, des prix ont été discernés à 17 personnes qui ont beaucoup contribué à la protection de la couche d’ozone.
Les participants ont, par la suite, procédé à l’élection du Bureau de la septième Conférence des Parties à la convention de Vienne.
Ainsi, le Sénégal a été élu Président,
l’Indonésie, le Cuba et le Turkménistan élus vice-présidents et
la Finlande, Rapporteur.
Quant à l’élection du Bureau de la 17ème Réunion des Parties au Protocole de Montréal,
les Etats-Unis ont été élus Président, la Roumanie, le Bangladesh, le Burkina Faso élus vice-Présidents et la Sainte Lucie, Rapporteur.
Différents groupes d’évaluation ont présenté, par ailleurs, des rapports sur les travaux en cours et les préparatifs de l’évaluation pour 2006.
Les chefs de délégation de chaque pays ont également fait des déclarations sur les actions menées par leurs Gouvernements respectifs pour la mise en œuvre des deux traités internationaux.
Une trentaine de décisions ont été adoptées dont le renouvellement et le renforcement du fonds multilatéral pour la période 2006-2008, pour un montant de 470 millions de dollars.
Ce financement est débloqué par l’Union européenne et d’autres organisations multilatérales tel que le Fonds mondial pour l’environnement, tous impliqués dans la réduction et l’élimination des substances appauvrissant la couche d’ozone.
Le fonds vise également à aider les pays signataires des conventions de Vienne et du Protocole de Montréal, à respecter le calendrier d’élimination des SAO.
Le lieu de la prochaine réunion de la Conférence des Parties à la Convention de Vienne et du Protocole du Montréal sera confirmé ultérieurement.
A noter toutefois que l’Inde s’est proposé de l’accueillir.
SENEGAL / RETOUR DE S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE DE FRANCE
Jeudi 22 Decembre 2005
S.E.Maître Abdoulaye WADE , Président de la République est rentré à DAKAR après un séjour privé en France ou il a subi une petite intervention chirurgicale à l'oeil à l'effet d'enrayer une cataracte dont il souffrait.
A l'aéroport de DAKAR-YOFF ou il a été accueilli par des membres du gouvernement et de son Cabinet , le Président sénégalais a fait état des raisons de ce bref séjour à Paris ou il a en outre eu de nombreux contacts d'affaires pour le Pays dont il rendra compte plus tard.
Interrogé par les journalistes présents sur "l'affaire Latif COULIBALY" qui a écrit un livre sur la mort de Maître SEYE ex-Président du Conseil constitutionnel en l'incriminant , Maître WADE a répondu qu'il n'était point intéressé par ces accusations et mieux qu'il ne répondrait à aucune de ces accusations , ni n'entreprendra une quelconque poursuite aux fins d'emprisonnement de l'auteur de ce livre qui défraie la chronique depuis plusieurs jours dèjà.
Maître WADE a également parlé du prochain Sommet de l'Organisation de la Conférence Islamique(OCI) et du Dialogue islamo6chrétien qui se tiendra en 2007 à DAKAR en présence de nombreuses sommités des deux religions monothéistes.
COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DE M.AFFI N'GUESSAN PRESIDENT DU FPI (PARTI AU POUVOIR)
Jeudi 22 Decembre 2005
Pascal Affi N’Guessan, Président du FPI, critique les propositions du Premier ministre qui ne sont pas du goût de son parti.
Le gouvernement que doit mettre en place le Premier ministre, Charles Konan Banny, tarde à voir le jour et il se dit que cela est du fait du FPI. Est-ce le cas?
Ah! Je ne sais pas si ça traîne, parce que je ne connais pas le calendrier du Premier ministre. Je ne sais pas à quelle date il a prévu de rendre public son gouvernement. Ce que je peux vous dire, c’est que nous, nous avons déjà eu trois rencontres avec lui depuis qu’il a été nommé.
La première rencontre, au siège du FPI, a été, comme lui-même l’a indiqué, une visite de courtoisie. Donc, nous n’avons pas parlé du tout de gouvernement.
La deuxième rencontre, qui a eu lieu jeudi dernier, a été l’occasion pour lui de nous parler des principes sur lesquels il envisage s’appuyer pour bâtir son gouvernement.
Et en même temps nous faire la proposition de 5 portefeuilles ministériels, comme cela a été annoncé d’ailleurs dans la presse. Nous avons échangé autour de cette proposition, puis nous nous sommes séparés. Nous avons, nous, indiqué ce que nous pensions de cette proposition.
La troisième rencontre, qu’on peut considérer comme la véritable rencontre de négociation sur le gouvernement, s’est déroulée lundi dernier.
Je peux donc dire que c’est seulement cette semaine, en ce qui nous concerne, que nous avons commencé à négocier avec le Premier ministre sur les portefeuilles ministériels.
Nous ne nous sommes pas entendus.
Vous n’êtes donc pas d’accord?
Bien sûr, nous ne sommes pas d’accord. Pour une raison simple: nous trouvons que c’est une proposition qui est inacceptable parce qu’elle est injuste. Ce n’est pas acceptable que le Front populaire ivoirien, qui avait plus de 20 portefeuilles ministériels en 2002, se retrouve à 5 au niveau du gouvernement, après avoir fait tous les efforts que nous connaissons par rapport à la restauration de la paix; après avoir accepté de céder la Primature, de se retrouver à 10 ministères dans le gouvernement de Seydou Diarra.
Aujourd’hui, on se retrouve à 5 ministères, c’est-à-dire que nous tombons de Charybde en Sylla, comme on dit, et cela, nous ne pouvons pas l’accepter, de reculer de façon indéfinie.
Est-ce une question de principe, de forme, ou d’arithmétique? Quel est le fond du problème?
Ce n’est pas seulement une question d’arithmétique. C’est une question de principe et je dirais, c’est une question de fond. Nous considérons ces reculs successifs comme l’affirmation du coup d’Etat. Si demain le FPI n’est pas au gouvernement, c’est-à-dire, s’il se retrouve avec zéro ministre et zéro portefeuille, nous considérerons que le coup d’Etat a réussi et que nous avons été renversés.
Donc, chaque recul pour nous est un recul politique; cela signifie que le Front populaire ivoirien lâche le pouvoir. Pour le principe, nous ne pouvons pas lâcher le pouvoir. Parce que, si le coup d’Etat n’a pas réussi militairement, ce n’est pas dans le cadre des arrangements qu’il faut que le Front populaire ivoirien abdique. Donc pour ce principe-là, nous n’entendons pas reculer. Mais, au-delà de cet aspect, il y a aussi que pour la réussite du processus de paix, nous pensons qu’il faut que le Front populaire ivoirien soit une force qui compte au sein du gouvernement. Que le Front populaire ivoirien ne soit pas noyé, ne soit pas une force secondaire, ne soit pas une force quelconque.
Le gouvernement a besoin d’une colonne vertébrale.
Ce n’est pas le saupoudrage des portefeuilles ministériels qui va favoriser la cohésion gouvernementale et l’efficacité gouvernementale. C’est parce qu’on aura identifié une force centrale sur laquelle le Premier ministre va s’appuyer pour conduire son action, que nous pourrons espérer que l’action gouvernementale sera efficace.
Il y a donc aussi cette dimension technique, pratique. Et ce n’est pas juste que dans un gouvernement de cette nature le Front populaire ivoirien se retrouve à 5 face à plus de 20 opposants, ça n’a pas de signification. C’est pour cela que nous voulons que le Premier ministre clarifie sa logique. S’il dit qu’il n’est pas dans le schéma de Kléber et d’Accra II, nous sommes d’accord avec lui, mais il faut qu’on sache dans quel schéma l’on est. Nous-mêmes, nous considérons le schéma de Kléber comme injuste, puisqu’on nous donnait 7 portefeuilles sur 41 ministères. Nous sommes donc d’accord avec lui pour sortir du schéma de Kléber, mais pour appliquer le principe de l’équilibre. Pour nous, le principe de l’équilibre aujourd’hui, c’est la parité entre l’opposition politico-armée et le pouvoir.
Hormis le Front populaire ivoirien, quel parti identifiez-vous comme étant du pouvoir aujourd’hui?
Aujourd’hui nous savons que l’UDCY (de Mel Eg Théodore, ndlr) a été toujours à nos côtés. Donc nous pouvons affirmer sans ambages que l’UDCY sera toujours à nos côtés. Le PIT a marqué dans ses dernières déclarations une position intermédiaire. Mais il appartiendra au PIT, si d’aventure la question était posée, de clarifier sa position pour qu’on sache dans quel quota il faut le compter.
Êtes-vous prêts à aller jusqu’au boycott du gouvernement Banny s’il ne prend pas en compte vos positions?
Ce ne sera pas un boycott, c’est le Premier ministre Banny qui aura décidé de nous renverser! En ne nous associant pas au gouvernement. Et comme je vous l’ai indiqué, ce sera un coup d’Etat, il sera venu pour parachever le coup d’Etat déclenché depuis le 19 septembre 2002 par la rébellion. Nous, nous considérons comme notre droit légitime de figurer dans ce gouvernement, et en très bonne place. Maintenant, évidemment, c’est le Premier ministre qui a été chargé par le Président de constituer un gouvernement. Nous attendons qu’il nous fasse la place que nous méritons dans ce gouvernement.
Charles Konan Banny a dit que si les choses n’évoluaient pas, il prendrait ses responsabilités. S’il le faisait, quelle serait votre attitude vis-à-vis de lui?
Tout dépendra de la nature de ses responsabilités. Est-ce que ses responsabilités c’est de nous donner ce que nous attendons? Dans ce cas, nous serons avec lui. Si ses responsabilités c’es