LE PREMIER MINISTRE BANNY A DAKAR
Samedi 31 Decembre 2005
Charles Konan Banny s’est envolé, hier vendredi 30 décembre, dans la matinée, pour la capitale sénégalaise, Dakar. Le Premier ministre de transition, qui a enfin formé son ‘’gouvernement de mission’’, mercredi sernier 28 décembre, après de longues négociations, est reparti dans la capitale sénégalaise, où réside sa famille. Selon des proches du Premier ministre qui ont confirmé son départ, hier, pour le Sénégal, M. Banny est allé fêter le nouvel an en famille.
COTE D'IVOIRE / VOEUX DE NOUVEL AN DE M.HENRI KONAN BEDIE ANCIEN PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET PRESIDENT DU PDCI EX-PARTI AU POUVOIR PENDANT PLUS DE 40 ANS
Samedi 31 Decembre 2005
Les lampions de l’année 2005 vont s’éteindre dans quelques heures avec pour les Ivoiriens dans leur ensemble, ce ouf de soulagement qu’ils ont, tous, poussé, à l’occasion de la mise sur pied, le 28 décembre 2005, du gouvernement de transition du Premier ministre Charles Konan Banny.
Depuis le 26 octobre 2005, en effet, notre pays se trouve dans cette situation paradoxale d’être un pays sans Président, sans gouvernement puisque tout avait été mis en œuvre pour que tous les candidats au poste de Premier ministre soient récusés les uns après les autres par la volonté de quelqu’un dont la voix ne devrait plus avoir ni l’impact ni l’importance que l’on s’est acharné à lui accorder.
A présent, un gouvernement a donc été constitué, gouvernement auquel participe notre parti, le PDCI-RDA et que nous soutenons, en tout ce qu’il entreprendra, pour accomplir les tâches qui lui ont été prescrites par la communauté internationale dans la résolution 1633 du Conseil de sécurité de l’ONU, notamment, le désarmement des milices, la réunification et le retour à la paix dans le pays.
C’est à ces conditions seulement que peuvent s’effectuer les élections prévues vers la fin de l’année, élections qui doivent être transparentes, crédibles, justes et ouvertes à tous. C’est du reste, l’unique chemin pour un retour véritable de notre pays à la normalité et dans le concert des Nations !
Notre formation politique, le PDCI-RDA, toujours fidèle à ses engagements, a continué à apporter sa contribution dans cette recherche obstinée de la paix.
C’est le sens de notre participation à ce gouvernement de transition. C’est également le sens de la mise sur pied par ceux d’entre nous qui nous reconnaissons dans le père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, Félix Houphouët Boigny, du Rassemblement des houphouétistes pour le développement et la paix, le RHDP.
A présent que le gouvernement de transition a été formé, il nous reste à penser et à nous organiser pour les futures consultations puisqu’elles constituent l’objectif premier du gouvernement.
Nos militants doivent dès à présent s’y préparer, encore plus que par le passé. L’homme politique est celui qui, dès le lendemain de son élection, entre en campagne s’il veut être reconduit. Considérons-nous constamment en campagne, partout où nous sommes, à la campagne, à la maison, au bureau, en ville ou au village.
Les consignes données dans ma « feuille de route du militant » du 29 novembre 2003 restent valables et plus que d’actualité. Les membres des instances du Parti, les jeunes et les femmes, les délégués départementaux et communaux, les Secrétaires généraux de section et présidents de comités de base doivent entreprendre ce travail politique auquel je les conviais alors, travail quotidien de formation, d’information et surtout d’explication auprès des militants et des sympathisants de notre parti qui restent nombreux.
Nous devons nous convaincre tous de cette vérité éternelle : unis, nous pouvons redevenir un. Nous pouvons redevenir une force salvatrice. Nous devons, pour ce faire, éviter les querelles intestines et inutiles, querelles qui ne peuvent que nous désunir, nous séparer les uns des autres. Dans cette belle formation politique, fierté de nos pères, chacun a sa place et chacun doit pouvoir jouer sa partition. Nous devons donc nous respecter les uns et les autres, nous apprécier les uns et les autres, pour l’unique et simple raison, que nous sommes les enfants d’un seul père, Félix Houphouët Boigny dont nous sommes les dignes héritiers.
Une santé de fer, la paix pour tous et plus de tolérance entre tous, tels sont les vœux que j’adresse, en ce début d’année 2006, aux militants du PDCI-RDA, aux militants des partis membres du RHDP, à tous les Ivoiriens dans leur ensemble et à tous ceux qui, ici ou ailleurs, nous apportent leur soutien dans cette passe difficile que traverse notre pays, la Côte d’Ivoire.
Daoukro, le 30 décembre 2005
Henri Konan Bédié
Président du PDCI-RDA
COTE D'IVOIRE / REACTIONS DE LA POPULATION APRES LA FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT
Samedi 31 Decembre 2005
Interrogés vendredi après-midi à Abidjan, la population donne son avis sur la composition du gouvernement de Charles Konan Banny. Ivoiriens et autres habitants de la Côte d’Ivoire jugent également la méthode Banny.
Madame Freeman (Enseignante) :
"Je souhaite tout simplement que la Côte d’Ivoire parvienne à la paix. Sans la paix, nous, nous ne pouvons rien faire. C’est la condition sine qua non. J’invite tous mes frères et sœurs à prendre conscience de l’importance de la paix. Depuis 3 ans, il y a une stagnation réelle. Si tout le monde est honnête pour faire avancer le pays, ce gouvernement va réussir. Vouloir, c’est pouvoir".
Jean Blé (Enseignant) :
"C’est un gouvernement acceptable. Nous sommes dans une période de réconciliation. Que chacun fasse ce qu’il y a à faire afin qu’on aille de l’avant et que la mission pour laquelle ce gouvernement est en place soit accomplie. C’est le plus important".
Emmanuel Yavo (Agent de transit) :
"L’essentiel pour moi, c’est que le pays soit réunifié. Il faut qu’il y ait la paix et que tout se passe bien. Ce gouvernement qui vient de nous être donné est compétitif. Il ne faut pas rester dans la léthargie comme on l’a été sous M. Seydou Diarra. Il faut qu’il y ait la paix. Si le gouvernement actuel travaille pour l’évolution de tout le monde, je n’y vois pas d’inconvénients. Je crois que le gouvernement a été formé selon le choix des leaders politiques qui ont proposé ceux qu’ils trouvent compétents. Nous observons, mais il faut un bon ministre de la défense et un bon ministre de l’intérieur pour réussir les élections.
Pour l’économie, nous faisons confiance au premier ministre, puisque c’est un gestionnaire".
Lt Y. (Policier) :
"Nous attendons de voir le nouveau gouvernement à l’œuvre. Il faut attendre avant de juger. Pour l’instant, nous observons tous".
Fadiga Hamed (Opérateur économique):
"Apparemment, ce gouvernement est bon. Mais on espère que les membres qui le composent pourront travailler pour faire avancer les choses. Nous, nous sommes pressés. Nous ne travaillons pas depuis un bon moment. Il n’y a pas d’argent. Ils sont en train de tourner en round. Maintenant qu’ils ont fini le gouvernement, j’espère que les choses vont aller vite et qu’il n’y aura pas d’opposition systématique et désordonnée. Nous attendons que les investisseurs étrangers reviennent, pour que nous puissions
travailler, il faut que l’argent rentre. Il n’y a plus d’argent frais dans le pays".
Mlle Sana (Secrétaire de Direction):
"Le Premier ministre est en train de bien faire son boulot. Seulement, il faudrait que les politiciens le laissent travailler. Qu’il y ait la réconciliation et la paix pour que l’économie du pays se remette en marche. Je souhaite beaucoup de bonheur aux Ivoiriens pendant cette nouvelle année. Nous sommes solidaires d’eux".
Propos recueillis par :
Auteur: Barthélemy kouamé
COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DE M.SIDIKI KONATE PORTE-PAROLE DES FORCES NOUVELLES APRES LA FORMATION DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION
Samedi 31 Decembre 2005
72 heures après la formation du gouvernement de transition, conduit par Charles Konan Banny, M. Konaté Sidiki, porte-parole des Forces nouvelles "ex-rebellion) , s’est confié dans cette interview exclusive, il parle de compromis politiques qui ont abouti au gouvernement.
Avec le franc-parler qui le caractérise, M. Konaté revient, également, sur ‘’ les 6 commandos’’ des Forces nouvelles appelés au gouvernement.
Après moult tractations et tentatives de blocage, le Premier ministre a, enfin, formé son gouvernement. Que vous inspire l’équipe de Charles Konan Banny ?
Ce gouvernement est un outil de travail, élaboré dans des conditions difficiles. Il faut tirer le chapeau au Premier ministre pour avoir réussi ce premier coup. Ce n’était pas aisé pour lui. Dans un contexte différent de celui de Kléber, il lui fallait trouver un compromis avec les partis politiques, qui puisse innover tout en sauvegardant les acquis.
Les Forces nouvelles ont travaillé en étroite collaboration avec le Premier ministre pour faire avancer son oeuvre. Elles ont même accepté des concessions difficiles pour lever tout obstacle à la formation de ce gouvernement. Elles l’ont fait parce que le plus important est devant nous ; le plus important reste le travail à accomplir pour appliquer intégralement et sans faux fuyant la feuille de route élaborée par la Résolution 1633 et traduite en programme par le Groupe de travail international (GTI)
Quelles sont les concessions que vous avez dû faire pour aider à la formation du gouvernement ?
Nous avons accepté que de 9 ministères obtenus à Kléber, nous en venions à six dont 4 pour le MPCI, 1 pour le MJP et 1 pour le MPIGO. Nous avons concédé au Premier ministre, le ministère de la Communication qui a été pour nous le fruit d’un combat difficile contre le régime FPI. Nous avons accepté, sans grand préalable ou autre forme de blocage, que les deux personnalités présentées à nous, par le Premier ministre, pour occuper les postes des ministères de la Défense et de l’Intérieur soient nommées à ces deux postes. Nous ne connaissons pas ces deux personnalités et nous n’avons jamais eu directement affaire à elles. Nous avons seulement donné notre accord sur la base des garanties que le Premier ministre nous a données quant à leur neutralité. Et puis, pour la réconciliation et la paix, il faut rompre avec les appréhensions ou les suspicions éternelles. C’est dans la tâche que nous constaterons et aviserons.
Pourtant, les Forces nouvelles ont haussé le ton, cette semaine, dans une déclaration en menaçant de ne pas participer au gouvernement !
Je le concède. C’était une déclaration signée de moi-même le mardi 27 décembre. A cette date, le Premier ministre était sérieusement confronté à un obstacle dans la formation de son gouvernement. Il a pris deux à trois semaines pour s’accorder avec tous les partis signataires sur les listes et sur le nombre de portefeuilles. On croyait, tous, être sortis de l’auberge quand le chef de l’Etat, contre toute attente, a réclamé que le ministère de l’Economie et des finances revienne encore à lui et à son parti. C’était surréaliste parce que le FPI avait déjà obtenu ses 7 postes et n’a pas exigé ledit ministère. Le chef de l’Etat venait à la rescousse du FPI qui avait déjà été débouté par le Premier ministre sur cette question, lors de leur rencontre. On a compris que M. Gbagbo voulait reprendre son jeu favori qui consiste à bloquer le processus, chaque fois que les Ivoiriens aspirent à la paix. Il fallait dénoncer rapidement cette mascarade et interpeller les Ivoiriens et la communauté internationale.
Et ça a payé, parce que le lendemain, le chef de l’Etat a cédé, après toutes les pressions nationales et internationales, sans oublier l’intransigeance et la détermination du Premier ministre à obtenir ce ministère, conformément à la Résolution 1633.
Pensez- vous que le Premier ministre a-t-il, effectivement, les moyens pour commencer le travail pour lequel il a été imposé à la classe politique ?
Théoriquement, le Premier ministre évolue dans un cadre national et international, qui lui est très favorable. Il a à son acquis près de 4 ministères essentiels dits de souveraineté. Le fait même d’avoir ces ministères sous son contrôle témoigne de l’étendue de ses pouvoirs et des marges de manœuvres pour faire appliquer les points de la Résolution 1633.
C’est à l’œuvre que nous verrons comment M. Banny mettra en valeur tous ses moyens au profit de sa mission. Nous l’appuierons de façon active tant qu’il agit dans le cadre de sa mission inscrite dans la feuille de route du GTI.
A propos de gouvernement, il y a eu beaucoup de spéculations sur vous-même ! Plusieurs personnes s’interrogent sur le fait que vous ne faites pas partie de cette équipe. Que s’est- il réellement passé ?
Effectivement, il y a beaucoup de personnes qui s’interrogent ou qui spéculent. La réalité est simple et la voici. Après de profonds et constructifs échanges avec le secrétaire général Guillaume Soro, nous sommes convenus d’un partage des rôles et des missions. Les Forces nouvelles, en tant qu’organisation militaro-politique, ont un espace, des populations, une armée et un accord politique international à gérer. Nous devons donc être sur plusieurs fronts à la fois. C’est ainsi que certains hauts calibres, comme le secrétaire général adjoint Dacoury, le directeur de cabinet Amadou Koné sont allés renforcer l’équipe ministérielle. Mais il y a d’autres secteurs à investir dans les domaines militaire, social, politique, diplomatique et bien d’autres. D’autres compétences seront affectées à ces tâches. J’ai donc une mission qui m’a été assignée et qui est aussi importante que la mission confiée à nos ministres ou à d’autres entités des Forces nouvelles. Tous accompliront leur tâche avec la même détermination et la même réussite, conformément aux objectifs que nous nous sommes assignés pour un nouvel ordre politique, social et militaire, en Côte d’Ivoire.
Je profite pour dire que je n’étais pas inscrit sur la liste des ministrables des Forces nouvelles. J’ai moi-même remis, en mains propres, la liste au Premier ministre. Depuis deux semaines, je mène directement, au nom des Forces nouvelles, toutes les tractations avec le Premier ministre sur la formation du gouvernement. Je précise et confirme qu’aucun nom de la liste des Forces nouvelles n’a été récusé ni par le Premier ministre, ni par le chef de l’Etat. Nous avons donné six noms et les six noms sont ceux- là qui nous représentent au gouvernement.
Comment jugez-vous la nouvelle équipe des ministres Forces nouvelles ?
Le secrétaire général, Guillaume Soro, a décidé d’envoyer une équipe à la fois politique et technique. Vous avez sur les six (6) ministres, quatre (4) qui sont membres du directoire politique des Forces Nouvelles. Ce sont, Guillaume Soro, Secrétaire général, Louis André Dacoury-Tabley, Secrétaire général-adjoint, Dosso Moussa, Secrétaire national charg2 de l’Economie et des finances et Koné Amadou, Secrétaire national chargé des élections. Parmi ces quatre, vous avez deux qui ont suivi toutes les tractations politiques depuis Linas- Marcoussis jusqu’à ce jour. Il s’agit du secrétaire général et de son adjoint. Et puis, vous avez un haut cadre de la magistrature en la personne du Garde des Sceaux, ministre de la justice et des Droits de l’Homme, Koné Mamadou. Comme vous le voyez, c’est une équipe cohérente, restreinte et consciente des enjeux et des attentes de tous les Ivoiriens. Je pense que cette équipe aidera le gouvernement dans sa tâche parce qu’elle est à même de comprendre et de résoudre les points essentiels de la crise.
Selon vous-que doivent être les priorités de ce gouvernement ? Autrement dit, qu’attendez vous de l’équipe de Banny ?
La même chose que tous les Ivoiriens et la communauté internationale attendent d’elle. Ce gouvernement doit uniquement appliquer une feuille de route qui est déjà élaborée par le groupe de travail international. Cette feuille de route s’inspire elle-même de la résolution 1633. Le gouvernement doit préparer les élections d’octobre 2006, en donnant d’abord une carte d’identité à chaque Ivoirien , ensuite, il doit gérer la question de la sécurité globale sur toute l’étendue du territoire par la mise en exécution du programme de désarmement contenu dans le PNDDR adopté par les FDS et les FAFN à Yamoussoukro . Il doit, enfin, créer les conditions objectives d’élections libres, démocratiques sur tous les plans. Voilà ce qui attend ce gouvernement ! Il faut l’aider à aller dans ce sens. Car au bout, il y a la paix, la réconciliation !
Que sera 2006 pour les Forces nouvelles ?
Je dirai plutôt que doit être 2006 pour les Ivoiriens et les Forces nouvelles ? 2006 doit tenir ses promesses. Il faut que le Premier ministre arrive à appliquer pleinement tout son programme dans le cadre et dans les termes prescrits par la résolution 1633, pour donner à la Côte d’Ivoire un président légitime et légal en octobre 2006.
Les Forces nouvelles, en tant que signataires de tous les accords et acteur principal, assumeront tous les engagements avec sérénité. Elles aideront la Côte d’Ivoire à se réconcilier avec elle-même, avec la sous-région et avec le monde entier. Elles sont conscientes des attentes des Ivoiriens et elles assumeront pleinement toutes leurs responsabilités sur toutes les questions relatives à la sortie pacifique de la crise. Donc, 2006 doit être l’année de la véritable fin de la crise. Que Dieu nous aide !
Réalisée par Honoré Sépé
COTE D'IVOIRE INTERVIEW DE M.CHARLES KONAN BANNY PREMIER MINISTRE
Vendredi 30 Decembre 2005
Monsieur le Premier ministre, on peut le dire, peut-être avec vous, ouf! Enfin le gouvernement est là. Il vous aura quand même fallu trois bonnes semaines pour le porter sur la place publique. Comment vous sentez-vous au lendemain d’une telle besogne?
Comme quelqu’un qui vient de terminer un marathon, puisque j’aime bien la métaphore sportive. Plus qu’un marathon, je me sens comme quelqu’un qui a fait un trois mille mètres steeple. Il y avait beaucoup d’obstacles, et nous les avons franchis. Dans une telle situation, je me sens soulagé, réconforté, apaisé et confiant.
Puisque vous êtes dans la métaphore sportive, ne ressemblez-vous pas finalement à un boxeur qui, après avoir fait beaucoup d’efforts, est presque KO ?
Avez-vous suffisamment de force pour continuer la bataille, parce que le plus dur reste à venir?
Oui, certainement. Pour continuer dans la métaphore sportive, je sais encaisser. Je n’ai pas peur des coups, même si je n’aime pas en donner. Parce que ma nature, ce n’est pas de donner des coups, c’est de les encaisser pour tout le monde. Donc, je me sens bien.
Vous aimez la difficulté?
Elle ne m’effraie pas. J’aime les choses simples. Mais je sais aussi qu’il y a des gens qui disent pourquoi faire simple, lorsqu’on peut compliquer les choses.
Vous avez parlé de contraintes qui ont pesé sur vous à l’issue de la formation du gouvernement. Peut-on revenir sur ces contraintes, sur ces difficultés et avoir votre sentiment sur la formation et la composition de ce gouvernement, parce que vous êtes apparu quelque peu déçu, quelque part?
Le fait que j’ai été désigné à créer un immense espoir. Je le sais, je l’ai entendu, je l’ai constaté. Alors, pourquoi ne pas partir de là pour progresser. Mais avant d’en parler, pourquoi cet espoir? Cet espoir qui a été porté sur ma personne était à la hauteur des déceptions que les Ivoiriens ont ressenties par rapport à leurs leaders, par rapport à leurs enfants qui ont décidé librement de conduire le pays. Cette déception des Ivoiriens, il faut la prendre en considération. Donc, l’espoir qui a été créé est à la hauteur de la grande déception. Cette déception, Je l’ai partagée moi aussi, en tant que citoyen ivoirien à l’étranger. J’ai été déçu de voir que mes frères Ivoiriens, toutes tendances confondues, nous n’arrivions pas à nous mettre d’accord sur les choses simples. Effectivement, ma désignation a créé un immense espoir. Dans de tels cas, les gens pensent que l’espoir créé va être immédiatement transformé aussitôt en espérance.
D’où l’impatience…
D’où l’impatience, que je comprends parfaitement. Moi-même, j’aurais bien voulu, trois jours ou quatre jours après que je sois revenu, pouvoir donner, avec le Chef de l’Etat, une équipe à la Côte d’Ivoire. Une équipe nationale à la Côte d’Ivoire. Mais on ne peut pas constituer une équipe nationale n’importe comment. Revenons un peu sur les conditions. L’attente -que je comprends- qui a suscité quelques doutes, ces doutes-là sont à la hauteur de l’espoir. Mais c’est aussi à la hauteur des difficultés que connaît notre pays depuis un certain temps. Il ne faut pas se faire d’illusions, notre pays traversait des difficultés importantes. On n’a pas besoin de démonstrations pour le constater, les Ivoiriens l’ont vécu. Mais ces difficultés ne peuvent pas être résolus en un tour de main. Ce serait démagogique et ce serait superficiel. Je ne suis ni démagogue, ni superficiel. Donc, il fallait diagnostiquer, écouter, prendre la mesure de ces difficultés. Et à partir de là, essayer de les surmonter, petit à petit. Tout cela prend du temps. C’est pour cela que, désormais, dans nos actions, il faut à la fois de la détermination, de la confiance et de la patience.
Monsieur le Premier ministre, vous avez justement placé votre mandat sur le triptyque: patience, confiance et cohésion. Cela peut paraître aussi démagogique quand on connaît le terrain politique sur lequel on évolue?
Oui, il se trouve que je ne suis pas un homme politique.
Mais vous faites de la politique?
Non, je suis en train d’aider à aider la Côte d’Ivoire à sortir de cette situation. Alors, si je dois faire de la politique, oui c’est de la politique, mais j’allais dire, je ne suis pas un politicien. Donc, je ne sais pas être démagogue. Je dis les choses comme je le sens. Je peux me tromper, parce qu’il faut aussi un peu d’humilité dans ces choses-là. Mais les trois notions que vous avez évoquées, avouez qu’elles sont indispensables! Pour une société qui veut avancer. Comment voulez-vous avancer si vous n’avez pas confiance? La vie en société nécessite de la confiance. Une société de progrès qui veut avancer nécessite de la cohésion. Et comme les problèmes ne sont pas faciles, il faut de la patience. Je dis aussi qu’il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Nous sommes des gens responsables. Il faut que chacun se considère comme un être responsable, dépositaire de la confiance du voisin. C’est de tout cela que nous avons besoin. Je ne suis pas le seul qui le pense, les Ivoiriens le pensent! Le reproche qu’ils peuvent nous faire, à nous tous les leaders, c’est que nous sommes écartés de ces valeurs fondamentales. Mais revenons à ces valeurs, vous verrez que ça ira.
Je voudrais revenir sur la composition du gouvernement, par rapport à vos critères.
Vous aviez souhaité plus de société civile, plus de jeunes, plus de femmes et moins de leaders de partis politiques.
A l’arrivée, on constate que c’est pratiquement le contraire qui s’est produit. Que s’est-il passé?
Vous avez et je l’ai avoué plusieurs fois. Le fait même que je sois là et surtout la méthode par laquelle je suis arrivé indiquent bien que notre pays traverse une période exceptionnelle, qui n’est pas normale. Normalement dans une démocratie, un parti demande le suffrage des populations, on vote et celui qui a gagné gouverne. C’est ce qui s’est passé en l’an 2000, dans des conditions difficiles. Il se trouve que depuis lors, et en particulier depuis 2002, la situation s’est aggravée, de ce côté-là. Et on a pensé qu’en 2005, nous serions au bout. Entre 2002 et 2005, il y a eu trois années pour nous permettre de nous retrouver, de nous réconcilier avec nous-mêmes et de nous réconcilier avec les valeurs ou les principes de la démocratie. Nous ne sommes pas arrivés. A tel point que la période constitutionnelle du mandat du Président étant expirée, tout le monde en a pris acte. Nous avons décidé de nous donner une période complémentaire pour nous retrouver. Et, c’est dans cette période complémentaire que nous sommes. Et c’est ce qui explique que je suis là! Etant un peu le lieu géométrique, j’allais dire de cette confiance, de ce consensus. Donc, le fait que je suis là est un fait exceptionnel, de ce point de vue-là. Deuxièmement, un gouvernement doit être formé. La règle exceptionnelle qui m’a amené au poste de Premier ministre explique aussi que le gouvernement doit être formé avec les leaders des partis politiques signataires de l’accord de Linas-Marcoussis. Première contrainte. Donc, je devais suivre cette procédure au risque de ne pas respecter les engagements pris par la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens. Tout ça prend du temps. J’ai voulu également dépasser un peu les limites du politicien, pour introduire dans le système la société ivoirienne, dans ses différentes composantes. Je crois que c’est un objectif noble. Mais cet objectif qui n’est pas consigné dans un accord, vient après que nous ayons respecté les engagements, j’allais dire d’ordre juridique. Comment combiner tout cela dans un équilibre qui soit à la fois satisfaisant pour les accords et pour la population. Voilà la problématique.
Vous avez bénéficiez d’appuis extérieurs, vous l’avez dit, même si tout s’est passé en Côte d’Ivoire?
Quand je dis cela, je suis en train de décrire la situation que vit notre pays depuis un certain temps. Depuis un certain temps, nous avons démontré notre incapacité à régler nos problèmes par nous-mêmes et chez nous. Si vous lisez mes déclarations, avant de venir ici, j’ai toujours posé la question de savoir: mais où est le sage dans le village Eburnéen? Où est le sage? Dans ce village-là, n’y a-t-il pas quelqu’un qui, lorsque ses enfants se battent, leur dit: “Ecoutez, mes enfants, venez, de quoi s’agit-il? Nous allons régler nos problèmes”. J’ai toujours souhaité cela. Mais souhaitant cela, je ne fais pas d’ostracisme par rapport à l’extérieur. Mais je dis que chacun a ses problèmes. Nous devons, nous, d’abord nous attaquer, par nous-mêmes, à nos problèmes; et si nous ne pouvons pas, en dernier ressort, demander le secours de nos amis. Mais j’ai compris depuis un certain temps que c’était l’inverse, parce que les Ivoiriens ne veulent plus se parler. Ils s’ignorent. C’est les antagonismes, c’est le monde manichéen: blanc-noir, vainqueur-vaincu, etc., humiliation ou honneur. La vie n’est pas comme cela. Et quand je dis cela, je dis que le fait que nous avons réussi, même si on a pris trois semaines - d’ailleurs, je ne vois pas en quoi c’est catastrophique - mais enfin, c’est un espoir qui a été créé qui peut faire paraître cela comme étant un peu trop long. Mais le fait que nous avons réussi est important pour demain. Nous avons quand même réussi à régler des problèmes difficiles. Je peux vous en citer quelques-uns si vous le voulez.
Oui, s’il vous plaît…
Notez quand même que dans ce gouvernement, il y a des points qui ne peuvent pas passer inaperçus. Vous savez, les problèmes les plus difficiles à résoudre, ce sont les problèmes entre les hommes, les humains. C’est particulier, c’est psychologique, ça convoque plusieurs choses, plusieurs sentiments. Mais il y a des gens dans ce gouvernement au sujet desquels les Ivoiriens avaient parié que jamais ils ne pourraient être ensemble. Mais écoutez, ça, c’est un espoir! Quand j’ai fait ma déclaration, j’ai dit que c’est l’une des choses, un compromis qu’il faut saluer. Et moi je l’ai salué et je vais aller plus loin. Je le salue et je le mets au crédit du Chef de l’Etat. Parce que, c’est de lui qu’il s’agit. Moi, je n’ai aucun antagonisme avec qui que ce soit, puisque je n’étais pas dans l’Etat.
Vous parlez du ministère de l’Economie et des Finances, par exemple ?
Il y a plusieurs signes là-dedans. Comprenne qui pourra. Analysez un peu plus finement, vous verrez. Et, il faut saluer le sens de l’Etat démontré par Laurent Gbagbo dans cela. Ceux qui savent lire, et je demande aux uns et autres de lire, savent reconnaître ça. Et, il faut reconnaître quand quelqu’un fait quelque chose pour la République et pour la Nation. Hier, ce n’était pas le cas, aujourd’hui c’est un début. Un début important. Voilà quelques coulisses. Et ça prend de la discussion, ça prend du temps, ça prend de la persuasion. Il faut rassurer, il faut prendre des engagements. Voilà quelques éléments.
Monsieur le Premier ministre, pourriez-vous avoir l’autorité de ce sage, lorsqu’on a l’impression que vous êtes à la fois l’otage des partis politiques ivoiriens et de la communauté internationale ?
Comment comptez-vous avoir une marge de manœuvre face à ces deux exigences-là? Et aussi, puisque vous parlez de coulisses, j’aimerais savoir dans quelle ambiance ont baigné jusqu’à présent vos rapports avec le Président de la République? Puisqu’on dit que vous avez tous les pouvoirs, que le Président de la République a été dépouillé?
C’est ça le monde manichéen, tout ou rien, noir-blanc, vainqueur-vaincu, etc., ce n’est pas pour moi. Et je demande aux Ivoiriens de quitter ce monde d’opposition, d’affrontement perpétuel qui n’est pas positif. Je vous demande aussi de ne pas alimenter cela. Considérez que nous sommes en train de faire un sursaut, de dépasser cela. Le monde n’est pas comme cela. Le monde est plus nuancé. Le progrès est dans la nuance, l’engagement dans la nuance. L’ambiance? Mais, si vous vous étiez transformé en petite mouche, vous auriez trouvé tellement ridicule tout ce qu’on lit. Tellement ridicule! C’était une ambiance de responsabilité, une ambiance de respect mutuel. Une ambiance de sérieux, une ambiance de convivialité et de fraternité. Chacun jouera son rôle, par rapport à ce qu’il pensait être bon pour la Côte d’Ivoire. Et je salue cela. Donc, je le salue. Parce que, quand vous allez voir quelqu’un qui est votre chef, qui est le Chef de l’Etat, si vous n’êtes pas sûr que ces éléments-là a priori existent, mais vous n’avancez pas! Je peux aller chez le Président quand je veux et lui parler comme je veux, dans le respect. Il n’est pas interdit d’être poli. Même quand on n’est pas d’accord avec quelqu’un, il faut le respecter. Il faut le rassurer. Moi aussi j’ai besoin de cela. J’ai besoin de respect, j’ai besoin d’être rassuré. Le secret de mes relations avec Gbagbo, c’est cela. Respect, assurance, fraternité. Même si dans le fond, sur certaines questions, on peut ne pas être d’accord. Alors il faut démontrer, à l’un et l’autre, que c’est l’un qui a raison ou que c’est l’autre qui a raison et qu’ensemble, on peut trouver un compromis, que j’appelle le compromis dynamique. Voilà le secret de la réussite.
Et comme le disait Michèle, êtes-vous le sage qui arrive?
Je ne suis pas prétentieux. Je ne suis pas prétentieux du tout. Je dis tout simplement que dans un pays, dans un village, il faut qu’il y ait un sage. Je ne sais pas quels sont les éléments de la sagesse. A l’époque, on disait que les cheveux blancs, c’était le signe de la sagesse. Mais j’observe que je suis le plus âgé du Conseil des ministres. Je suis le doyen.
Vous l’avez voulu? Est-ce à dire que vous vouliez que tous les autres soient moins âgés que vous... ?
Non, je n’ai pas dit cela, je constate.
Cela n’a-t-il pas été l’une de vos exigences?
Non, ça, ce sont des petites choses, je constate. Mais ce n’est pas le plus important. Je ne suis pas prétentieux, je ne prétends pas être sage. Maintenant, vous avez parlé d’otage. Le seul otage dont on peut parler, tel le peuple ivoirien, qui, me semble-t-il avait été pris en otage par ses enfants. Moi, je ne suis pas preneur d’otage, ni même un otage. Cela aussi, il faut que les Ivoiriens le sachent. Je suis connu depuis longtemps pour être un esprit indépendant, pour être un indépendant! Indépendant, mais pas indifférent. Il n’est pas interdit d’être indépendant, il faut avoir du recul pour pouvoir juger les uns et les autres. Cela est important. Je ne suis l’otage de personne, ni de la communauté internationale qui a reconnu mon travail…
Qui vous a imposé?
C’est quoi être imposé? Personne ne peut m’imposer quoi que ce soit. Personne!
Vous étiez d’accord pour aller au charbon?
Je vous ai dit que je suis Ivoirien. Et que, notre pays ne peut pas être dans cette situation-là et qu’on puisse me faire appel et que je refuse. Imposé quoi à qui? On ne m’impose pas mon pays.
Les Ivoiriens n’ont pas compris que vous ayez déclaré que vous êtes l’ami des amis de la Côte d’Ivoire et, peut-être, des Ivoiriens.
Je n’ai jamais dit cela. Et voilà la polémique inutile. Personne ne peut me faire une querelle d’amour de la Côte d’Ivoire. Personne! Il faut que ce soit su. Personne n’est mieux placé que moi, nous sommes tous à égalité, personne ne peut me faire la leçon de nationalisme et d’amour de la Côte d’Ivoire. Alors, laissons cela, ça ne fait pas avancer la Côte d’Ivoire. Tournons-nous vers le progrès. Je ne suis pas venu pour m’amuser dans ces questions qui, en fait, sont subjectives. Ça, c’est de la prétention. Celui qui juge son compatriote et qui considère qu’il est mieux que lui par rapport à son pays, est un pré-ten-tieux, un ven-tru-eux. Je ne suis ni prétentieux, ni ventrueux. Je suis un serviteur, je suis un citoyen. Je revendique ma citoyenneté ivoirienne et mon amour de la Côte d’Ivoire, de la même façon que n’importe qui d’entre les Ivoiriens peut le faire. Alors là, je suis im-pla-cable là-dessus. Je souffre depuis un certain temps de voir la Côte d’Ivoire, mon pays que j’aime, dans cette situation. Je souffre d’autant plus que je suis mieux placé pour savoir, par comparaison, comment la Côte d’Ivoire ne mérite pas d’être là où elle est, à cause de ses enfants.
Je voudrais revenir sur vos rapports avec le Chef de l’Etat. Un incident a émaillé la fin du Conseil des ministres hier (mercredi) avec ce qu’on peut appeler l’affaire de la décision-décret que vous avez signée et qui suscite une nouvelle polémique.
Quelle lecture faites-vous de ce document-là? Certains en ont pris prétexte pour vous accuser d’être venu pour imposer la volonté de la France en Côte d’Ivoire, dépouiller le Président Gbagbo de ses pouvoirs et vous opposer à lui. Donc, de travailler en duel plutôt qu’en duo. Qu’en dites-vous?
C’est toujours le même esprit. Moi, je n’étais même pas informé qu’il y avait un incident. C’est ce matin que j’ai vu dans la presse qu’il y a eu un incident. Je vous ai dit tantôt que nous sommes dans une période qui n’est pas normale et qui est régie par ce que j’appelle un consensus, à la fois international et national. C’est ce qui explique que je sois devant vous.
Mais enfin, le Premier ministre du gouvernement de Laurent Gbagbo aurait dû s’appeler Affi N’Guessan ou un autre cadre du FPI. Mais si je suis là, c’est qu’on est dans une période un peu bizarre. Et je suis venu pour nous aider à sortir de cette période que je qualifie de bizarre. Alors, cette période doit être régie par des règles de consensus. Ce sont lesquelles? C’est la Constitution de notre République et puis c’est la règle internationale. La combinaison des deux m’amène-là. Il faut appliquer cela. Le fond des choses, c’est les faits. Mais comme je vous le disais tantôt, les gens compliqués aiment compliquer les choses simples. Le Président me dit: Consultez, constituez une équipe et puis présentez-là moi. C’est ce que j’ai fait. Pour présenter l’équipe, il faut envoyer une lettre. Etant entendu que je n’ai pas constitué tout seul l’équipe. Je vous ai dit tantôt qu’il y a eu des choses que je mets au crédit du Chef de l’Etat. Quand on a fini de faire cela, pour que le Président puisse valider, on prend un acte qu’on appelle un décret. Ce décret-là, c’est le Chef de l’Etat qui l’a signé. Je mets au défi qui que ce soit de me montrer un décret que j’ai signé.
Donc vous n’êtes-vous pas venu faire un coup d’Etat?
Attendez, c’est quoi c’est notions-là? Je suis un démocrate, je suis un amoureux de la liberté. Je suis un amoureux de tout ce qui n’est pas coup. Je suis un amoureux de la transparence, de la responsabilité. Donc, personne n’arrivera à m’entraîner dans cette affaire-là. Maintenant, il y a des gens qui sont psychologiquement bloqués. Je travaillerai pour qu’ils soient débloqués psychologiquement. C’est cela la confiance.
Laissez-moi finir. Lorsque cela a été fait, j’envoie l’équipe constituée, par une lettre, en disant au Président: Voilà le gouvernement que j’ai décidé de vous proposer! C’est maintenant à vous de signer l’acte qui doit l’officialiser. Il n’y a rien de plus normal, de plus légal et de plus consensuel! Il faut toujours faire appel à l’intelligence des uns et des autres. C’est ceux qui sont habitués aux antagonismes qui -d’ailleurs je les soupçonne de ne pas vouloir que le pays avance- trouvent toujours à redire sur les choses les plus simples. Voilà exactement ce qui s’est passé. Donc je répète: Je transmets, par une lettre, en lui disant voilà le gouvernement que j’ai décidé de vous proposer; voici le projet de décret par lequel vous le rendrez le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire. Est-ce qu’il y avait d’autres manières de faire?
S’agissant du deuxième volet de ma question, êtes-vous l’obligé de la France?
Ça veut dire quoi l’obligé? Je vous ai dit que je suis un être indépendant. C’est excessif, et tout ce qui est excessif est dérisoire, vous le savez bien. Tout ce qui est excessif est dérisoire. Ma vie est faite d’épreuves, de vérité et de transparence. Demandez à nos amis français, ceux qui ont travaillé avec moi depuis 30 ans, plus précisément depuis 15 ans, depuis que je suis Gouverneur, si Charles Banny est ce que les gens disent? Ils vont vous dire: Nous sommes étonnés! Parce que ce Monsieur, il n’est pas commode. Vous savez, je n’ai pas honte de mes amitiés. Je considère que les véritables amitiés se nourrissent de vérité. Mais, les gens n’aiment pas qu’on leur dise la vérité. J’ai bâti ma vie en disant ce que je pense. Ça peut incommoder, mais au bout du compte, il y a la fidélité dans l’amitié. Il n’est pas interdit d’avoir des amis! Qui n’en a pas? Il est temps que les Ivoiriens comprennent que c’est très sérieux (…) Tout cela, ce sont que des balivernes. J’ai tenu à répondre à cette question-là pour que nous quittions dedans et que nous allions en avant, pour la Côte d’Ivoire. Une Côte d’Ivoire unie, fraternelle, où on se fait confiance, pour bâtir cette nation. Cette société à la fois de démocratie et de confiance. La société de confiance, bâtie sur la démocratie et la liberté pour tous, le respect du droit à la différence, dans la diversité de nos valeurs, de nos cultures, de nos ethnies. Nous devons faire une nation, unie, forte et solidaire.
Vous avez 10 mois pour réussir, 10 mois pour réunifier la Côte d’Ivoire, 10 mois pour désarmer, 10 mois pour remettre la Côte d’Ivoire sur les rails.
Ce sont des travaux d’Hercule?
Tout a fait, des travaux d’Hercule, mais qui peuvent être facilités, à condition que tous les Ivoiriens le veuillent. Mon travail aujourd’hui, c’est de dire aux Ivoiriens que ce ne sont pas les travaux du Premier ministre, ce sont vos travaux. Le Premier ministre n’est qu’un catalyseur, de vos énergies, de vos efforts, de votre volonté de vous en sortir, de nous en sortir, nous tous. Effectivement, les Ivoiriens ont des travaux d’Hercule à faire en 10 mois. Ils peuvent le faire. J’ai confiance.
Par où allez-vous commencer?
Par ce que je suis en train de faire. Ce que je fais avec vous, là…
Communiquer?
Communiquer. Expliquer aux Ivoiriens ce qu’on peut faire. Il faut quitter ce monde d’opposition permanente. Nous avons vu les résultats, non? Ce pays qui naguère était considéré comme un havre de paix, est devenu un pays où il y a la guerre. Est-ce que cela n’est pas les résultats des oppositions? Je voudrais d’abord convaincre les Ivoiriens que nous nous sommes trompés. Et, ça prend du temps. Mais vaut mieux prendre du temps pour résoudre ces problèmes. Je considère que 10 mois, ça peut être trop, si les Ivoiriens le veulent. 10 mois, ça peut être peu, si les Ivoiriens le veulent. La preuve, en 3 ans on n’a rien fait. Ce n’est pas le gouvernement qui n’a rien fait, ce sont les Ivoiriens qui n’ont rien fait pour se réconcilier. Ce n’est pas un homme! Vous attendez toujours le messie.
Monsieur le Premier ministre, vous avez été reconduit à la tête de la BCEAO, et votre vice-Gouverneur a été nommé intérimaire à votre place. Cela cache-t-il une crise au sein de cette Organisation? Par ailleurs, Monsieur le Premier ministre, 2006 c’est bientôt, les Ivoiriens vous attendent, que leur dites-vous?
C’est un grand honneur, 30 ans de bons et loyaux services, 3 mois de reconduction. Non, sérieusement, c’est important. Ce qu’il faut voir, c’est que la Côte d’Ivoire traverse une période très difficile, tout le monde doit l’aider. C’est ce qu’il faut voir. Ce message est bien perçu; peut-être qu’il faut qu’il soit un peu plus compris par les uns et les autres. C’est cela le plus important. Car, de vous à moi, je n’ai plus rien à prouver. Mais, c’est peut-être un début de reconnaissance que je n’ai pas vécu inutile là-bas. Peut-être aussi une manifestation de confiance.
Et sur le fait que votre intérim soit assuré par un ressortissant d’un autre Etat?
C’est parce que c’est un vice-Gouverneur, tout simplement. Il y en a deux, il faut bien qu’on en choisisse un. C’est une mesure administrative. C’est comme cela que je l’ai compris. Maintenant pour le futur, on verra. C’est un problème de la Côte d’Ivoire, ce n’est pas un problème de Charles Konan Banny. Alors, je voudrais vous dire une chose: moi, je suis un homme convivial. Ne faisons pas de querelles a priori aux uns et aux autres, surtout quand on ne les connaît pas bien. Vous savez, je suis un combattant, je peux faire le pugilat. Mais j’ai refusé de le faire, parce que ça ne donne rien du tout. Ce que je cherche, c’est le compromis dynamique. Réconcilier les contraires, tenter d’avoir une position médiane de sagesse; parce que, comme vous le savez, la vérité est toujours au milieu. Ce que je peux souhaiter, c’est que les Ivoiriens retrouvent la paix dans leurs cœurs, retrouvent la confiance en eux et puis leur fierté. La fierté d’être Ivoirien. Et cette fierté-là est partagée, c’est dans notre hymne national (…) Ce que je souhaite pour les Ivoiriens, c’est qu’on ne baisse jamais les yeux et qu’on puisse se regarder et s’admettre. Je souhaite donc beaucoup de bonheur, beaucoup d’assurance, beaucoup de fierté retrouvée, dans la fraternité.
Interview réalisée par
Michèle Pépé et Jean-Claude Bayala (Radio CI)
COTE D'IVOIRE FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT / DECLARATION DE LA FRANCE
Vendredi 30 Decembre 2005
La France salue la mise en place du gouvernement de Banny.
La France salue la formation du gouvernement du nouveau Premier ministre, M.
Charles Konan Banny.
Elle tient à féliciter ce dernier pour les efforts déployés ces dernières semaines à cette fin.
La France réaffirme son plein soutien au Premier ministre de la période de transition qui doit pouvoir exercer pleinement toutes ses prérogatives, conformément à la résolution 1633 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Elle souhaite que ce dernier puisse commencer sans délai à mettre en oeuvre la feuille de route dressée par le Groupe de travail international (GTI), afin d’organiser des élections présidentielles avant le 31 octobre 2006, comme prévu par la résolution 1633.
La France appelle à nouveau les parties ivoiriennes à tout mettre en oeuvre pour faciliter la tâche du nouveau gouvernement.
COTE D'IVOIRE / PROFIL DES NOUVEAUX MINISTRES DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION
Vendredi 30 Decembre 2005
M. Remi Allah Kouadio, ministre de la santé et de l’hygiène publique. Date et Lieu de naissance : 25 Juillet 1953 à DUEKOUE Nationalité : Ivoirienne Situation Matrimoniale : Marié - Père de 5 enfants FORMATION SCOLAIRE ET UNIVERSITAIRE 1970 : BEPC (Collège d’Orientation d’Abidjan Plateau) 1973 : Baccalauréat Série C - Mention Assez Bien (Lycée Classique d’Abidjan) 1980 : Diplôme d’Etat de Pharmacien à la Faculté de Pharmacie de TOURS. ACTIVITES PROFESSIONNELLES : 1980-1983 : Responsable du Service Pharmacie du Centre Hospitalier Universitaire de COCODY 1983 : Création de la Pharmacie dénommée“ Pharmacie de BEOUMI ” : 1988 :Création de la Pharmacie dénommée "Pharmacie du Grand marché de BOUAKE" 1990-2005 : Membre du Conseil d’Administration de la Société PHARMAFINANCE (S.A. de 2,5 milliards de Capital, spécialisée dans la distribution de produits pharmaceutiques). 2005 : Création de la Pharmacie Azi à Yamoussoukro.
ACTIVITES POLITIQUES 1990 : Conseiller Municipal, Vice-Président de la Commission Finances de la Commune de TOUMODI 1995 : Elu Député à l’Assemblée nationale de la République de Côte d’Ivoire
Rapporteur Général Adjoint du Comité Parlementaire de Suivi et de Contrôle de la Privatisation des participations et Actifs de l’Etat dans les Entreprises et Etablissements Publics nationaux.
Représentant de l’Assemblée nationale au sein du Bureau Exécutif du Comité national pour l’Alimentation. 2000 : Réélu Député à l’Assemblée nationale 2001 : Rapporteur Général de la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale, 2002 : Membre du Bureau Politique du PDCI-RDA 2003 : Vice-Président de l’Assemblée nationale 2004 : Délégué Départemental du PDCI-RDA à Toumodi 1 2003-2005 : Vice-Président de la mouvance parlementaire pour la Réconciliation et la Paix DECORATIONS : 1995 : Chevalier dans l’Ordre de la Santé Publique 1998 : Chevalier de l’Ordre du Mérite National
Madame Marie TEHOUA, ministre de l’Industrie et de la Promotion du Secteur privé. Née le 12 mars 1950 I. FORMATION UNIVERSITAIRE Maîtrise en Droit Privé : Université Paris II Docteur d’Etat en Droit : Université Paris II, France Diplômée de l’Institut d’Administration des Entreprises (IAE), Paris 1 Sorbonne, France Diplômée de l’Institut Technique de Banque ITB, France II. CARRIERE PROFESSIONNELLE 1 Fondé de Pouvoirs, Sous -Directeur Adjoint, Membre du Comité de Direction de la Société ivoirienne de Banque (Sm). Directeur des Ressources Humaines, Secrétaire Général et Directeur Général Adjoint de PALMINDUSTRIE. Directeur Général Adjoint de la Caisse de Stabilisation et de Soutien des Prix des Productions agricoles (CAISTAB). Présidente du Conseil d’Administration de l’Agence de Gestion Foncière (AGEF). Administrateur de Sociétés (CEA : Compagnie Euro africaine d’Assurances, COBACI : Compagnie Bancaire de l’Atlantique Côte d’Ivoire) III. ACTIVITES ET REFERENCES POLITIQUES 1) Mandats électifs Membre du Bureau politique du PDCI-RDA depuis 1990 Secrétaire Générale adjointe du PDCI-RDA Chargée des Relations Extérieures Déléguée Départementale de Bongouanou Maire de BONGOUANOU de 1996 à 2001 Député de BONGOUANOU COMMUNE depuis 2001 2) Au niveau des activités politiques féminines Membre des commissions de travail de l’ AFI Rapporteur Général du congrès constitutif de l’UFPDCI
Secrétaire nationale Chargée de l’Encadrement des Femmes du PD CI-RDA 3) Au titre des autres activités du Parti Membre du Secrétariat permanent du 9ème Congrès et du 1 er Congrès extraordinaire du PDCI-RDA Rapporteur du groupe de travail du Bureau Politique sur les rapports entre le Parti et les Institutions de l’Etat Rapporteur Général de la commission permanente “ structure et vie” du Parti. IV. DECORATIONS ET DISTINCTIONS Chevalier du Mérite sportif de Côte d’Ivoire Officier du Mérite Agricole de Côte d’Ivoire Chevalier de l’Ordre National de Côte d’Ivoire Officier de l’Ordre du BELIER.
M. Dja Blé Joseph, ministre de l’Intérieur Adjoint du chef de service sinistre à la sécurité ivoirienne (1981-82)- chef de service informations générales à la direction des renseignements généraux (1984-91). Directeur adjoint des renseignements généraux (1991-93). Chef du commissariat spécial des chemins de fer (1994-97). Directeur adjoint de la surveillance des territoires et des renseignements (1997-98). Directeur régional de la police d’Agneby (1998-99). Préfet de police de Man (Novembre 1999- Février 2000).
Nommé Directeur des renseignements généraux sous le régime militaire du général Robert Guei (depuis février 2000), Joseph Dja Blé a été maintenu à ce poste stratégique, en raison de ses qualités professionnelles, par le gouvernement de Laurent Gbagbo, arrivé au pouvoir en Octobre 2000. Comme l’ancien Directeur général de la police nationale, Alain Mouandou Bi Tiehouan, Joseph Dja Blé a été un proche collaborateur d’Alassane Dramane Ouattara lorsque celui-¬ci était premier ministre de 1990 à 1993. Dja Blé était alors l’adjoint d’Alain Mouandou qui était Directeur des renseignements généraux. La cinquantaine à peine, Dja Blé a débuté sa carrière en 1981 dans la compagnie d’assurances sécurité ivoirienne, comme adjoint du chef de service sinistre, après avoir suivi des études supérieures en France à l’Université de Dijon où il a obtenu une maîtrise en droit des affaires (1979) et un DESS (Diplôme d’études supérieures spécialisées ) de commerce international (1980). Il a ensuite suivi de 1982 à 1984 une formation de commissaire de police à l’Ecole nationale de Police, et a été désigné à sa sortie chef du service des informations générales à la direction des renseignements généraux. Il restera pendant sept ans dans ce service et y fera la connaissance de Mouandou, qui était alors sous-directeur des identités judiciaires. Les deux hommes vont mutuellement s’apprécier et c’est ainsi que lorsque Mouandou est nommé en 1991 par Ouattara Directeur des renseignements généraux, il propose Dja Blé comme son adjoint. Patron des RG Dja Blé travaille alors en étroite collaboration avec son ami Mouandou pour le Premier ministre Ouattara. Puis, après l’arrivée au pouvoir d’Henri Konan Bédié en décembre 1993, il est affecté au poste de chef du commissariat spécial des chemins de fer jusqu’en 1997. Il retrouve cette même année un poste important sous le régime Bédié- alors même qu’il est considéré comme un “alassaniste”- en étant nommé Directeur général adjoint de la surveillance du territoire et des renseignements. Puis il retourne au sein de la police en devenant successivement Directeur général de la police d’Agneby (région sud proche d’Abidjan) et préfet de police de la ville de Man. Après le coup d’Etat du 24 décembre 1999 qui porte au pouvoir le général Gueï, Dja Blé est proposé par son ami Mouandou qui a été désigné Directeur général de la police nationale, au poste de Directeur des renseignements généraux. Les deux hommes’ forment un nouveau tandem sécuritaire sous la tutelle du ministre d’Etat chargé de la sécurité, l’intendant général Lassana Palenfo (qui occupait également ce poste lorsque Ouattara était premier ministre).
KONE MAMADOU : Ministre de la Justice
ETAT CIVIL
NOM : KONE PRENOM : Mamadou DATE DE NAISSANCE : 18 Septembre 1952 LIEU DE NAISSANCE : à Boundiali (COTE D’IVOIRE) NATIONALITE : Ivoirienne SITUATION MATRIMONIALE : Marié NOMBRE D’ENFANTS : Quatre (04) enfants
FORMATION PROFESSIONNELLE
Années Diplômes
1980 : Diplôme de l’Ecole Nationale de la Magistrature de Paris, Mention << Exceptionnel >> ; Major de promotion
1978 : Maîtrise en Droit, Université d’Abidjan
1973 : Baccalauréat, série A 4, option << Philosophie >>, Lycée Classique et Moderne de Bouaké
CARRIERE PROFESSIONNELLE
Depuis le 30 : Président de la Commission Nationale de Janvier 2004 Supervision de l’Identification (CNSI)
2003 - 2004 : (Après Marcoussis) Directeur de Cabinet du Ministre d’Etat, Garde de Sceaux, Ministre de la Justice
1999 - 2000 : (Transition militaire) Directeur de Cabinet du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice
1996 - 1999 : Directeur de Cabinet du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Libertés Publiques
: Magistrat hors hiérarchie groupe B après 3 ans
25/10/1996 : Procureur Général à l’Administration Centrale du Ministère de la Justice et des Libertés Publiques
1992 - 1996 : Avocat Général près la Cour d’Appel d’Abidjan, chargé de la Chambre d’Accusation
1991 - 1992 : Procureur de la République Adjoint près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan
1988 - 1991 : Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Daloa (COTE D’VOIRE )
1987 - 1988 : Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Man (COTE D’VOIRE )
1986 - 1987 : Juge de la Section de Tribunal de Dimbokro
1983 - 1986 : Juge de la Section de Tribunal de Gagnoa
1981 - 1983 : Juge de la Section de Tribunal de Séguéla
1980 - 1981 : Substitut du Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Man
Monsieur Andoh Jacques, ministre de l’Environnement et des Eaux et Forêts
Vice-président du Parti ivoirien des Travailleurs, député PIT de Cocody, Andoh Jacques est originaire d’Adzopé. Il est architecte de formation et président de l’ordre des architectes de Côte d’Ivoire.
INTERVIEW DE M.ALPHA KONARE SUR LA FORMATION DU GOUVERNEMENT
Jeudi 29 Decembre 2005
Alpha Omar Konaré, le Président de la Commission de l’Union Africaine (UA) a été reçu ce mardi 27 décembre par le Président de la République. Selon l’ancien Chef de l’Etat Malien, il a été question du prochain sommet de l’UA…
Peut-on savoir, Monsieur le président, l’objet de votre rencontre avec le Président de la République ?
Quand je viens ici, je rends visite au Président de la République avec lequel j’ai bien sûr d’autres types de relations. J’ai tenu à venir ici dans le cadre d’une tournée que nous entreprenons dans la sous-région pour informer le Président des préparatifs du prochain sommet de l’Union Africaine qui doit avoir lieu à Khartoum.
C’était essentiellement cela. Bien sûr, partager avec lui aussi d’analyses diverses sur la situation continentale, la situation des conflits qui nous préoccupe aussi beaucoup.
Excellence, l’UA a fortement contribué au choix du Premier ministre. Est-ce qu’on peut penser que votre visite va contribuer à donner un coup de pouce au processus qui s’enlise depuis des semaines ?
Non, il s’agit d’une affaire ivoiro-ivoirienne. Je pense que c’est aux Ivoiriens eux-mêmes de régler ces questions et c’est ce qu’ils sont en train de faire. Nous avons tous le devoir d’accompagner les protagonistes de cette situation. Parce que pour tout le monde aujourd’hui, il est clair que la voie de la violence, des armes, de la guerre ne peut pas constituer des solutions. Et les compromis qui sont en train de se mettre en place, nous aideront certainement de retrouver une solution qui permettra à ce grand pays de jouer son rôle. Et je vous le dis une fois encore "personne ne peut régler cette situation à la place des Ivoiriens". Ce n’est pas facile et comme vous l’avez dit, il y a des semaines. Mais vous ne vous attendiez tout de même pas à une solution miraculeuse du jour au lendemain. Moi je pense au contraire qu’il n’y a pas de raison d’être pessimiste.
Il faut avoir quelques difficultés, mais au bout du compte, je suis certain que la Côte d’Ivoire unie, fraternelle reprendra sa marche.
Rencontrez-vous le Premier ministre ?
J’ai échangé avec le Président de la République, je vais rendre une visite de courtoisie au Premier ministre. Je ne suis pas dans une histoire de navette. Comme je le dis, c’est vraiment entre eux que les choses vont se régler. Et je suis convaincu que l’intérêt de la Côte d’Ivoire sera mis en avant, avant l’apport de tout le monde.
La situation entre le Soudan et le Tchad inquiète. Ne craignez-vous pas l’escalade ?
Nous redoutons une escalade et nous venons d’envoyer une mission au Soudan et au Tchad. Parce que déjà nous avons une situation très difficile au Darfour. Si aujourd’hui, il doit s’y ajouter des complications entre le Tchad et le Soudan, cela va être une catastrophe. Nous avons besoin qu’il y ait une stabilité au Tchad car ce pays constitue un verrou par rapport à l’Afrique Centrale, aux régions des Grands lacs, même par rapport à l’Afrique de l’Ouest. Le Tchad comme vous le savez est aussi co-médiateur dans la crise du Darfour. Alors c’est une situation complexe que nous sommes entrain de gérer. Et à la suite de cette mission, il y a un comité de sept Chefs d’Etat qui a échangé sur la question du Darfour qui va réunir au début du mois de janvier à Tripoli pour voir justement quels sont les arrangements que nous pouvons être amenés à faire, avant le prochain sommet.
Propos recueilli par
Armand Bohui
bohuiarmand@yahoo.fr
COTE D'IVOIRE / CONFERENCE DE PRESSE DE L'ONUCI
Jeudi 29 Decembre 2005
Mesdames et Messieurs bonjour.
Excusez-moi de ce petit retard et bienvenue à ce dernier point de presse de l’année 2005. Nous allons nous retrouver le 12 janvier 2006, pour la reprise. La conférence de presse du 05 janvier 2006 n’aura donc pas lieu.
Je voudrais à cette occasion vous présenter mes meilleurs voeux de bonne et heureuse année à vous qui, chaque semaine, êtes là pour nous aider à relayer notre message. Je voudrais également souhaiter une bonne année au peuple ivoirien. Parce que c’est pour lui que nous essayons de faire ce que nous faisons chaque jour.
Je voudrais vous dire encore une fois que l’ONUCI se réjouit de la formation du nouveau gouvernement. C’est la preuve que les ivoiriens entre eux peuvent s’entendre. C’est la preuve également qu’il faut qu’ils se parlent, parce que plus ils se parlent, plus ils s’entendent; plus ils s’entendent, moins ils s’affrontent; moins ils s’affrontent, plus les chances de paix s’accroissent.
C’est dans ce cadre que le groupe de médiation a poursuivi ces rencontres avec les parties ivoiriennes. Aujourd’hui, l’Union démocratique citoyenne (UDCY) a été accueillie par le groupe de médiation.
Hier, c’était le FPI, la semaine dernière, vous aviez suivi, c’était avec le Président [Laurent] Gbagbo. Auparavant, le groupe de médiation avait reçu une délégation de l’Assemblée nationale dirigée par le Président de la Commission des Relations Extérieures.
Ainsi, il s’agit, conformément au point 11 de la résolution 1633, de rencontrer les parties ivoiriennes, d’initier des consultations avec elles pour s’assurer d’abord du bon fonctionnement des institutions ivoiriennes, mais également, d’essayer d’organiser le forum national. Une fois encore, nous revenons au dialogue pour permettre aux ivoiriens de se parler et de s’entendre sur l’essentiel.
Sur le plan militaire, on nous informe que le terrain est également calme. Cela laisse croire que cette fin d’année sera encore plus calme que celle de l’année dernière.
Nous espérons que les jours à venir vont confirmer ce que nous sentons, ce frémissement politique que nous ressentons et qui a également un impact positif sur le plan militaire.
La feuille de route qui est prête sera remise au Premier Ministre très bientôt, les contacts sont en cours pour cela, le temps de lui permettre de mettre sur pied toute son équipe. La Communauté internationale est prête à l’aider à accomplir sa mission au cours des 10 prochains mois
Paulin Zobo (Fraternité Matin) :
Nous avons appris, je ne sais pas si cela est certifié, que M. [Pierre] Schori [le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire] avait rencontré le Premier ministre [Charles Konan] Banny, avant la formation du gouvernement. Peut-on savoir de quoi il a été question ?
Hamadoun Touré :
Oui ! M. Schori a rencontré le Premier ministre Banny dans le cadre de ses consultations avec les parties ivoiriennes, pour un peu s’informer de l’évolution des choses. Vous savez qu’il y avait des négociations, des consultations entre les parties en vue de la formation du gouvernement. Même si nous n’étions pas directement impliqués dans les consultations, nous portions beaucoup d’intérêt à leur évolution.
Il est certainement allé échanger des points de vue avec le Premier ministre, mais je n’ai pas le détail de leurs entretiens. Je pense même que tout ceci est derrière nous maintenant. Nous avons le gouvernement et l’important, c’est de l’aider à travailler dans les meilleures conditions possibles.
Merci beaucoup,
bonne fête à vous et à vos familles.
A l’année prochaine
DECLARATION DU PREMIER MINISTRE M.CHARLES KONAN BANNY APRES LA FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT
Jeudi 29 Decembre 2005
« Le porte-parole de la Présidence vient d’annoncer la liste à nos compatriotes. Permettez que mes premiers mots aillent à l’endroit de tous ceux qui ont été choisis pour faire partie de ce gouvernement. Au cours du Conseil des ministres qui a suivi l’acceptation par les uns et les autres de leur mission et devant le chef de l’Etat, j’ai eu à dire quelles étaient, à mon sens, les missions essentielles qui sont dévolues à ce gouvernement. Je voudrais, devant la Nation, faire ressortir quelques caractéristiques qui me paraissent importantes.
Lorsque je me suis adressé à vous, Ivoiriennes et Ivoiriens, il y a peu de temps, j’ai indiqué que je souhaiterais avoir une équipe ramassée. Je note que de 41 à 42 ministres dans le précédent gouvernement, celui-ci compte 32 membres. J’avais indiqué que l’idéal serait une fourchette de 25 à 32. Nous sommes 32. Je n’ai pas tapé dans le mile. Mais je ne suis pas loin. Ce gouvernement est donc un peu plus réduit que le gouvernement précédent. La raison essentielle, c’est que ce gouvernement demande beaucoup de cohésion. Je vous ai dit que ce gouvernement devra être bâti sur la solidarité, la cohésion.
(…) Et qu’ainsi le peuple ivoirien puisse s’exprimer en toute liberté pour choisir ses dirigeants. Cela s’appelle de la démocratie. Il n’y a pas de vraie démocratie sans transparence. C’est cette transparence-là que nous devons rechercher constamment. La transparence va de paire avec la responsabilité. Je souhaite donc un gouvernement responsable. Et je crois que les hommes et les femmes qui le composent, ont le sens de la responsabilité, je n’en doute pas.(…)
Pour constituer une équipe dans une telle situation, la première vertu à laquelle il a failli faire appel, c’est la patience. La patience par le dialogue. Un dialogue constructif.
Un dialogue dynamique fait de compromis. Mais pas de compromission. Cette méthode que j’ai qualifiée de participative avec pour but que les uns et les autres adhèrent et s’engagent. Car, il m’apparaît que lorsqu’on a adhéré, qu’on s’est engagé il est plus facile d’agir et d’atteindre des résultats.
Des problèmes importants se sont soulevés pendant toute la durée de gestation de ce gouvernement. Ils ont été résolus entre le chef de l’Etat et moi-même. Au nom de la Côte d’Ivoire et pour la Côte d’Ivoire, des propositions ont été faites. Il faut les saluer. Ces concessions démontrent tout simplement que lorsque les Ivoiriens ne s’ignorent pas, lorsqu’ils acceptent de se parler, lorsqu’en un mot, ils se font un minimum de confiance, il n’y a rien qu’ils ne puissent faire. Et vous remarquerez que ce gouvernement a été formé bien sûr en sollicitant ici et là quelques appuis de nos frères étrangers et de pays amis, mais le Président et moi-même, nous ne nous sommes pas déplacés pour aller former le gouvernement ailleurs, mais ici. Nous avons relevé le fait que lorsque les Ivoiriens arriveront à résoudre par eux-mêmes leurs problèmes, nous aurons fait un grand pas. C’était un test pour mesurer notre capacité à trouver des solutions à nos problèmes. Incontestablement ce test est réussi. (…) La Côte d’Ivoire est riche de sa diversité. Mais elle est aussi riche dans son unité. Un peuple uni dans sa diversité est un peuple fort. Ce gouvernement a pour tâche de préparer une Côte d’Ivoire forte et prospère. Et cette Côte d’Ivoire forte et prospère ne résistera au défi futur si les Ivoiriens ne se font pas confiance. Cette confiance est essentielle. Sans la confiance, rien n’est possible à l’homme. (…) Retrouvons notre fraternité. Retrouvons notre unité dans la diversité. Reconnaissons que le droit à la différence est une vertu. Et qu’on peut être adversaire sans être ennemi. Ce sont là les valeurs sur lesquelles nous allons travailler. Ce sont ces valeurs-là qui m’ont guidé pendant les trois semaines que j’ai passées avec vous à rechercher le chemin paradoxal qui a amené à la constitution de ce gouvernement. Gouvernement auquel je souhaite bonne chance. Bonne chance à la Côte d’Ivoire. Parce que nous devons réussir. Nous n’avons pas le droit d’échouer. Je vous remercie ».
Propos recueillis par
Jean-Claude Coulibaly
COTE D'IVOIRE L'ONUCI SALUE LA FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT
Jeudi 29 Decembre 2005
L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) se félicite de la formation du Gouvernement après des consultations approfondies entre les parties ivoiriennes.
L’ONUCI considère ce consensus atteint par les ivoiriens comme une nouvelle percée importante dans le cadre du processus de paix et reste parfaitement consciente que des défis majeurs attendent le Premier Ministre Charles Konan Banny et l’équipe qu’il vient de constituer au cours des dix prochains mois.
L’ONUCI réaffirme son plein soutien au Premier Ministre ivoirien dans l’exécution de ses charges et le Groupe de Travail International (GTI) exercera pleinement le mandat que lui a confié le Conseil de Sécurité, notamment dans ses résolutions 1633 (2005) du 21 octobre 2005 et 1643 (2005) du 15 décembre 2005.
Le Groupe de Médiation quotidienne, dans son contact permanent avec les parties, veillera à ce que le Premier Ministre puisse disposer de tous les moyens dont il a besoin pour mener à bien sa mission.
L’objectif de cet appui est de permettre au nouveau gouvernement de conduire la Côte d’Ivoire à la paix et à la réconcilitation nationale en accomplissant avec succès le désarmement, le démantèlement des milices, le désarmement des ex-combattants, le processus d’identification et l’organisation d’élections libres, régulières et démocratiques.
L’ONUC I invite les parties ivoiriennes, toutes tendances confondues, à soutenir sans équivoque le nouveau Gouvernement et à lui accorder toute l’assistance nécessaire pour lui permettre de répondre positivement aux attentes des populations qui ont payé le plus lourd tribut à cette crise qui n’a que trop duré.
FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT/ REACTIONS DE MINISTRES APRES LEUR NOMINATION
Jeudi 29 Decembre 2005
Mme Coffi Studer Martine- Je suis émue. Je suis émue. Mais, je compte beaucoup sur vous les journalistes pour m’aider.
Ama Téhuah- C’est ensemble que nous relèverons le défi du développement du secteur privé et de l’économie en général. Le Premier ministre a bien parlé de solidarité, j’espère que tous les Ivoiriens nous aideront.
Dacoury Tabley- Je souhaite que chacun tire les leçons des trois années de difficultés pour faire l’effort de paix. Particulièrement, je demande aux journalistes de nous aider et ne pas remuer le couteau dans la plaie.
Cissé Bacongo- J’ai un défi à relever et je ferai tout mon possible. C’est tout.
Patrick Achi- Pas de commentaire, n’insistez pas.
Aphing Kouassi- Je sens que mes responsabilités sont lourdes. Les Ivoiriens ont trop souffert. Je pense qu’il faut nous mettre tous dans la dynamique de la réconciliation. Enfin, j’attends de faire la passation de charges pour mieux apprécier les choses.
COTE D'IVOIRE / FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT DE TRANSITION PAR M.CHARLES KONAN BANNY PREMIER MINISTRE
Mercredi 28 Decembre 2005
La liste des membres du Gouvernement de Transition s'établit comme suit:
Premier Ministre, Ministre de l'Economie et des Finances, Ministre de la Communication : M.Charles Konan Banny
Ministre d'Etat, Ministre chargé du Programme de la Reconstruction et de la Réinsertion: M. Soro Kigbafori Guillaume
Ministre d'Etat, Ministre du Plan et du Développement: M. Antoine Bohoun Bouabré
Ministre de la Défense: M. Aphing Kouassi René
Garde des sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l'homme: M. Koné Mamadou
Ministre des Affaires Etrangères: M. Bakayoko Youssouf
Ministre de l'Intérieur: M. Dja Blé Joseph
Ministre de l'Agriculture: M. Amadou Gon Coulibaly
Ministre des Mines et de l'Energie : M. Monnet Léon Emmanuel
Ministre de la Construction, de l'Urbanisme et de l'Habitat: M. Amon Tanoh Marcel Benoît
Ministre de la Réconciliation nationale et des Relations avec les Institutions: M. Dano Djédjé Sébastien
Ministre des Infrastructures économiques: M. Achi Patrick
Ministre de la Santé et de l'Hygiène publique: M. Allah Kouadio Rémi
Ministre de l'Education nationale: M. Amani N'guessan Michel
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique: M. Cissé Ibrahim
Ministre de l'Enseignement technique et de la Formation Professionnelle:M. Soumahoro Youssouf
Ministre de la Fonction publique, de l'Emploi et de la Réforme administrative: M. Oulaye Hubert
Ministre des Transports: M. Anaky Kobena Innocent
Ministre de la Coopération et de l'Intégration africaine: M. Mabri Toikeuse
Ministre de la Culture et de la Francophonie: M. Mel Eg Théodore
Ministre de la Solidarité et des Victimes de guerre: M. Dakoury-Tabley Louis André
Ministre de la Production animale et des Ressources Halieutiques: M. Douati Alphonse
Ministre de l'Environnement et des Eaux et Forêts: M. Andoh Jacques
Ministre de la Famille et des Affaires sociales: Mme Peuhmond Adjoua jeanne
Ministre de la Lutte contre le SIDA: Mme Adjobi Christine
Ministre de l'Industrie et de la Promotion du secteur privé: Mme Téhoua Amah Marie
Ministre du Commerce: M. Dosso Moussa
Ministre du Tourisme et de l'Artisanat: M. Koné Amadou
Ministre des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC): M. Bakayoko Hamed
Ministre de la Jeunesse, de l'Education civique et des Sports: M. Banzio Dagobert
Ministre Délègue auprès du Premier Ministre chargé de l’Economie et des Finances: M. Diby Koffi Charles
Ministre Délégué auprès du Premier Ministre charge de la Communication: Mme Coffi Studer Martine
Source "laurentgbagbo.net"
COTE D'IVOIRE / TEXTE DE L' ANNULATION DES ELECTIONS DES MEMBRES DE LA COMMISSION ELECTORALE
Mardi 27 Decembre 2005
CHAMBRE ADMINISTRATIVE
REQUETE N°2005-371 DU 25 OCTOBRE 2005
1-BAYORO DAGROU SALOMON
2-TAPE KIPRE
3-KABRAN APPIA
C/ BUREAU ELU DE LA C.E.I.
AUDIENCE PUBLIQUE
ORDINAIRE
DU 25 NOVEMBRE 2005
MONSIEUR TIA KONE,
PRESIDENT
EXTRAIT DES MINUTES
DU SECRETARIAT
DE LA CHAMBRE
ADMINISTRATIVE
ANNULATION
ARRET N°54
AU NOM DU PEUPLE IVOIRIEN
COUR SUPREME
CHAMBRE ADMINISTRATIVE
LA COUR,
Vu les requêtes présentées par Messieurs Bayoro Dagrou Salomon et Tapé Kipré d’une part, et le groupement politique Alternative mouvement national citoyen, d’autre part;
Vu le dossier de la procédure et pièces jointes;
Vu le rapport de présentation de décret n° 2005-305 du 22 septembre 2005 portant nomination des membres de la Commission Centrale;
Vu les articles 9, 12, 37, 38 de la décision du 15 juillet 2005 et les articles 8 alinéa 2 et 50 du règlement intérieur de la Commission électorale indépendante;
vu la loi n° 94-440 du 16 Août 1994 déterminant la composition, l’organisation, les attributions et le fonctionnement de la Cour suprême, modifiée et complétée par la loi n° 97-243 du 25 avril 1997;
Ouï le ministre public en ses conclusions;
Ouï Monsieur le rapporteur en la lecture de son rapport;
Considérant que le 19 Octobre 2005, la Commission centrale de la Commission électorale indépendante a procédé à l’élection du président et des membres de son bureau;
Que Messieurs Bayoro Dagrou Salomon et Tapé Kipré, tous deux membres de la Commission centrale de la Commission électorale indépendante et représentant au sein de ladite Commission, le Front populaire ivoirien (F.P.I), contestant cette élection, ont saisi la Chambre administrative de la Cour suprême pour la voir annuler pour violation de la loi, aux motifs que:
- d’une part, le bureau de séance, mis en place pour l’organisation du scrutin, n’a pas été constitué conformément à l’article 50 du règlement intérieur, puisqu’il n’a pas été présidé par le doyen d’âge;
- et d’autre part, ce bureau de séance a écarté du vote, 17 membres de la commission se fondant sur les articles 37 et 38 de la décision n° 2005-06/PR du 15 juillet 2005, lesquels seraient relatifs au fonctionnement de la Commission électorale indépendante, alors que l’élection du président et du bureau serait régie par les articles 9 et 12 de la décision précitée, lesquels articles figureraient au chapitre intitulé:
“Composition et organisation” de la loi n° 2004-642 du 14 décembre 2004 sur la Commission électorale indépendante.
Considérant que le groupement politique dénommé Alternative mouvement national citoyen se disant membre de droit de la Commission électorale indépendante, intervenant volontaire, a saisi également la Chambre de céans aux fins de voir déclarer illégal, le décret portant nomination des membres de la Commission électorale indépendante et annuler, par voie de conséquence, l’élection du président et des membres du bureau de la Commission électorale indépendante;
Considérant que le ministère public, arguant du fait que s’agissant d’un contentieux électoral né de la mise en place du bureau d’un organe administratif, le contentieux devrait être précédé d’un recours gracieux, conclu à l’irrecevabilité en la forme de la requête ;
Considérant que pour sa part, la Commission électorale indépendante conclut en la forme à l’incompétence de la Chambre administrative pour connaître du contentieux électoral évoqué par les requérants aux motifs que ses attributions sont limitativement énumérées par la loi, et au fond, au rejet pur et simple des prétentions des requérants;
EN LA FORME
SUR LA COMPETENCE DE LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE
Considérant que la Commission électorale indépendante est une Haute autorité administrative indépendante;
Qu’il s’ensuit, que toutes contestations nées des activités d’un tel organe sont portées devant la Chambre administrative, sauf si la loi en dispose expressément autrement;
Considérant qu’au surplus il n’est que vain de vouloir subordonner la recevabilité d’un tel contentieux à un recours gracieux préalable puisque non seulement en cette matière, ce recours préalable, n’est point de mise, mais ensuite quand bien même on l’exigerait que l’on ne saurait pas quel pourrait être l’organe du tutelle auquel cette requête serait susceptible d’être adressée pour décision;
Qu’il suit de là que la Chambre administrative de la Cour suprême est compétemment saisie du contentieux électoral né de la mise en place du bureau de la Commission électorale indépendante.
SUR L’INTERVENTION VOLONTAIRE
DU GROUPEMENT POLITIQUE DENOMME MOUVEMENT NATIONAL CITOYEN
Considérant que le groupement politique dénommé “Alternative mouvement national citoyen” n’est pas membre de la Commission électorale indépendante;
Qu’il ne peut donc justifier d’un intérêt quelconque dans le recours initié par sieurs Bayoro Dagrou Salomon et Tapé Kipré;
Que dès lors, il y a lieu de déclarer sa requête en intervention volontaire irrecevable.
AU FOND
SUR LA VIOLATION DE LA LOI
Sur l’irrégularité du bureau de séance
Considérant que Mme Tchicaya Marie Madeleine née le 28 avril 1938, doyen d’âge, désignée par le Secrétaire général de la Commission électorale indépendante, comme président du bureau de séance déclare avoir été récusée par certains membres de la Commission électorale indépendante, au motif qu’elle n’a pas voix délibérative;
Considérant qu’il ressort toutefois des pièces de la procédure et des débats à l’audience que si cette éventualité avait été évoquée par des membres présents de la CEI, il ne ressort nulle part que cette suggestion ait été débattue et donné lieu à décision avant que l’intéressé ne sorte délibérément de la salle de séance;
Que le fait qu’elle se soit retirée sans y avoir été contrainte, constitue une simple turpitude de sa part dont elle ne saurait se prévaloir;
Considérant en conséquence qu’il y a lieu de rejeter la requête aux fins d’annulation de l’élection du président et des membres du bureau de la Commission électorale indépendante, fondée sur ce moyen;
Sur l’exclusion des membres ayant voix consultative
Considérant que l’article 9 nouveau indique que le président du bureau de la CEI est élu par la Commission centrale parmi ses membres et que l’article 10 nouveau stipule en son alinéa 2 que l’élection des membres du bureau se déroule au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, l’élection au premier tour s’obtenant à la majorité absolue, tandis que celle du second tour s’obtient à la majorité relative;
Considérant que l’article 35 nouveau qui précise que “pour ses travaux, /a Commission centrale de la CEI se compose des membres ayant voix délibérative et des membres ayant voix consultative” poursuit dans son alinéa intitulé “35 ter” que les délibérations de la Commission centrale de la CEI sont prises à la majorité simple des membres présents ayant voix délibérative;
Considérant dès lors qu’il s’induit de cette différence de mode de scrutin entre
l’élection des membres du bureau et les délibérations prévues à l’article 35 ter, que la procédure de l’élection susvisée est différente de celle des délibérations ordinaires portant sur les attributions de la CEI dont l’article 34 nouveau renvoie à l’article 2 nouveau quant à leur énumération exhaustive;
Considérant qu’il est dès lors évident que soumettre ces deux ordres de matières aux mêmes règles serait méconnaître l’esprit et la lettre du’ texte sur la CEI dont l’essence est de faire de l’élection des membres du bureau une activité d’organisation de l’Institution relevant uniquement des dispositions des articles 9 nouveau et 10 nouveau, tandis que celles se rapportant aux attributions seraient liées au fonctionnement qui n’obéissent qu’aux dispositions des articles 35 et suivants;
Considérant qu’il suit de ce qui précède que l’élection des membres du bureau de la CEI doit se faire au scrutin uninominal majoritaire de tous les membres présents, à deux tours, sans distinction de ceux ayant voix délibérative et ceux n’ayant que voix consultative;
Considérant que l’élection des membres du bureau de la CEI intervenue le 19 octobre 2005, à l’exclusion des membres de l’Institution ayant voix consultative, l’a été donc au mépris des dispositions des articles 9 nouveau et 10 nouveau de la loi n° 2004-642 du 14 décembre 2004 modifiant la loi n° 2001 - 634 du 9 octobre 2001 portant organisation, attributions et fonctionnement de la Commission électorale indépendante, modifiée par les décisions n° 2005-06/PR du 15 juillet 2005 et 2005-11/PR du 29 août 2005, relatives à la Commission électorale indépendante (CEI);
Considérant qu’il importe dès lors de procéder à l’annulation de cette élection irrégulièrement intervenue;
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, contradictoirement, en formation réunie:
DECIDE :
Article 1: La Chambre administrative est compétente ;
Article 2: La requête du Groupement politique dénommé Mouvement national citoyen aux fins d’intervention volontaire, est irrecevable ;
Article 3: La requête aux fins d’annulation de l’élection du président et des membres du Bureau de la Commission électorale indépendante présentée par Dame Thicaya Marie-Madeleine est rejetée parce que mal fondée ;
Article 4: La requête aux fins d’annulation de l’élection en date du 19 octobre 2005, du président et des membres du Bureau de la Commission électorale indépendante présentée par MM. Bayoro Dagrou Salomon et Tapé Kipré est recevable et fondée.
En conséquence, l’élection susvisée est annulée.
Article 5: Expédition du présent arrêt sera transmise au ministre d’Etat, ministre de l’Administration du territoire.
Ainsi jugé et prononcé par la Chambre administrative de la Cour suprême en son audience publique ordinaire du vingt cinq novembre deux mille cinq.
Où étaient présents: MM. Tia Koné
président de la Cour suprême, président;
Aka Noba Denis, conseiller-rapporteur;
N’Gnaoré Kouadio, Toba Akayé Edouard, Yoh Gama, Boby Gbaza, Sanogo Mamadou, Kobo Pierre-Claver, Yves N’Goran, conseillers; Kodjané Bertin et Doueu Orner, représentant le ministère public;
Maître Nibé Lambert, Secrétaire de Chambre.
En foi de quoi, le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le Secrétaire.
SUIVENT LES SIGNATURES À LA MINUTE POUR EXPEDITION CERTIFIEE CONFORME
Abidjan, le 3 décembre 2005
Le Secrétaire de Chambre
NIBE T. LAMBERT
COTE D'IVOIRE / FORMATION DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION / COMMUNIQUE DES FORCES NOUVELLES (EX -REBELLION)
Mardi 27 Decembre 2005
Depuis le 30 octobre 2005, et comme confirmé par le Conseil de Sécurité de l’ONU, Monsieur Laurent Gbagbo n’est plus le Président de la République de Côte d’Ivoire.
Depuis cette même date, il n’existe plus de gouvernement dans notre pays.
C’est seulement le 4 décembre 2005 qu’un Premier Ministre, en la personne du Gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Monsieur Charles Konan Banny a été nommé.
Les Forces Nouvelles constatent qu’à ce jour, les nombreuses discussions engagées pour la formation du nouveau gouvernement de transition, ont abouti à un accord parfait entre le Premier Ministre et les principales forces politiques soucieuses de l’avenir de la Côte d’Ivoire.
Toutefois, Monsieur Laurent Gbagbo et son parti, le Front Populaire Ivoirien (FPI) demeurent les seuls obstacles et entraves à la conclusion de la formation du nouveau gouvernement.
A cet effet :
1. les Forces Nouvelles décident de se conformer strictement aux dispositions de la résolution 1633 qui prévoit clairement que le Ministère de l’Economie et des Finances, le Ministère de la Défense et le Ministère de la Sécurité doivent relever exclusivement des prérogatives du Premier Ministre.
2. les Forces Nouvelles rappellent que le Premier Ministre doit être le seul responsable de la formation du Gouvernement de Transition et doit exercer la pleine Autorité sur celui-ci.
C’est pourquoi les Forces Nouvelles marqueront leur désaccord total sur toute autre formule qui tendrait à accorder quelque prérogative que ce soit à Monsieur Laurent Gbagbo et à son parti, le FPI dans la gestion de ces ministères précités.
Les Forces Nouvelles se verront contraintes de ne point siéger dans un gouvernement vidé de tout pouvoir comme ce fut le cas dans le précédent gouvernement dirigé par Monsieur Seydou Diarra.
Les Forces Nouvelles en appellent à la réaction de la CEDEAO, de l’Union Africaine et de l’ONU pour qu’au plus tard le 1er janvier 2006, la Côte d’Ivoire soit dotée d’un gouvernement (conforme à la résolution 1633) qui puisse conduire et réaliser les missions à lui assignées.
Fait à Abidjan
le mardi 27 décembre 2005
Pour les Forces Nouvelles
Konaté Sidiki
Le Porte Parole
COTE D'IVOIRE / REACTION DE PARTIS POLITIQUES SUR LA LENTEUR DE LA FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT
Mardi 27 Decembre 2005
Des partis signataires de Marcoussis réagissent à la lenteur avec laquelle le Premier ministre forme l’équipe gouvernementale
Djédjé Mady (PDCI) :
savoir attendre Je suis patient. En toute chose, il faut savoir attendre.
Kouablan François (PIT) :
Le PIT s’inquiète.
Le PIT, tout comme les autres acteurs politiques, s’interroge et s’inquiète de l’attente de l’avènement du nouveau gouvernement de transition. Nous avons fondé beaucoup d’espoir dans l’avènement du Premier ministre, pour deux raisons fondamentales : la première est que c’est un technocrate ivoirien ; la deuxième est qu’il n’était pas présent sur le terrain pour participer à tout ce que nous avons considéré comme étant des calculs des politiciens qui ont fait que trois années durant on n’a pas pu parvenir à la paix. Les deux éléments réunis devraient en principe permettre au Premier ministre d’aller vite et de parvenir à un gouvernement consensuel. Mais, nous constatons avec regret que cela dure. Cependant, nous pensons qu’il faut continuer de lui faire confiance. Le PIT l’ a souvent dit, et si on l’avait suivi dans sa proposition de ramener tout le monde autour de la table pour se mettre d’accord sur l’essentiel, aujourd’hui, quel que soit celui qui était désigné, il aurait la facilité de choisir les hommes avec qui il voudrait travailler. Mais, nous avons laissé chacun dans sa position politicienne, cela n’arrange pas la paix. Car la finalité, ce sont les élections. Nous comprenons qu’il veut prendre le maximum de précautions pour montrer aux acteurs politiques qu’il a la volonté de travailler selon sa vision. Mais il faut qu’il sache qu’il n’a pas trop de temps et que le plus difficile est sur le terrain. Je crois qu’il ne pourra pas nous maintenir jusqu’au 1er janvier sans gouvernement. Nous attendons donc de lui un beau cadeau de nouvel an.
Cissé Bacongo (RDR) :
L’attente s’explique
L’attente ne nous paraît pas excessive en soi dans la mesure où contrairement à Marcoussis, la composition du gouvernement a totalement reposé sur le Premier ministre qui a dû engager des consultations avec les différentes forces politiques pour non seulement déterminer avec elles le nombre et la nature de portefeuilles par force, mais qui a également engagé avec les mêmes forces les discussions portant sur les personnalités devant occuper ces portefeuilles. Vous comprenez donc que dans ces conditions, la mise en place du gouvernement ne pouvait pas se faire aussi rapidement que les Ivoiriens l’auraient souhaité. Il reste que selon les informations dont nous disposons, le Premier ministre serait parvenu, au terme de ces consultations, à trouver un accord sur la composition de ce gouvernement qui devrait être publié incessamment. Nous souhaitons donc que ce soit le cadeau de nouvel an qu’il fasse aux Ivoiriens ; c’est-à-dire que les Ivoiriens entrent dans la nouvelle année avec un nouveau gouvernement.
Alassane Salif N’Diaye (UDPCI) :
Légitime impatience
L’impatience gagne les esprits dans l’ensemble de la population à raison. Cela est légitime parce que chaque Ivoirienne et chaque Ivoirien veut ardemment que cette situation de crise cesse. Il convient néanmoins de comprendre que les conditions de nomination du nouveau Premier ministre exigeaient de lui de larges consultations avec toutes les parties prenantes à cette situation. C’est ce qu’il fait, et à notre avis, cela est une bonne chose n’eût été des revendications surfaites de certaines parties, il est fort à parier que nous aurions eu un gouvernement depuis quelques jours pour remettre la Côte d’Ivoire au travail. Les précautions prises par le Premier ministre et la manifestation de sa capacité d’écoute, à notre sens, permettront de sortir un gouvernement où la confiance régnera. En tout état de cause, l’UDPCI, qui a respecté la méthode de travail du Premier ministre, continuera à lui apporter son soutien dès lors que les engagements qu’il a pris vis-à-vis de notre parti seront honorés. Je termine en disant que mieux vaut cette attente que de prendre des décisions dans la précipitation.
Joël N’Guessan (MFA) :
Que Banny accélère les choses
Au niveau du MFA, nous estimons que les Ivoiriens ont raison d’être impatients. Car autant il y a eu de l’espoir au lendemain de la désignation du Premier ministre, autant ils peuvent considérer que le délai mis pour la formation de ce gouvernement prouve que les acteurs politiques ne s’entendent pas sur l’essentiel, c’est-à-dire voir l’intérêt du peuple ivoirien au lieu de voir leurs intérêts partisans de postes ministériels. Alors, le Premier à qui nous accordons un délai de grâce a intérêt à accélérer le processus pour que l’espoir qu’il a suscité soit maintenu. En tout état de cause, nous estimons que cette semaine tout devrait être mis en œuvre pour que le gouvernement soit mis en place. Nous avons confiance au Premier ministre, nous estimons qu’il comprendra notre message et surtout le message d’impatience des Ivoiriens, parce que c’est bien d’eux qu’il s’agit. C’est à eux qu’il doit donner l’espoir pour que très rapidement on aille à la réunification du pays, au désarmement de toutes les forces qui ne sont pas autorisées à l’être et qu’on puisse faire les élections afin de doter la Côte d’Ivoire de nouvelles institutions. C’est cette attente qui fait que tout le monde est impatient. Nous osons espérer que c’est une question de jour ou d’heure.
Alain Lobognon (Forces nouvelles) :
“Nous n’accepterons jamais que le FPI occupe l’Economie et les Finances”
Les Forces nouvelles ont salué la désignation du gouverneur Charles Konan Banny au poste de Premier ministre et nous n’avons pas hésité à collaborer avec lui. Si plus de trois semaines après sa désignation, le gouvernement n’est pas encore publié, les blocages doivent être identifiés et les responsables sanctionnés afin de permettre à la Côte d’Ivoire de sortir de la crise. J’ai une certitude qui est que les Forces nouvelles ne sont pas responsables de ces blocages. Selon le Premier ministre, les responsables des blocages sont connus. Il s’agit simplement de se référer à la Résolution 1633 et de prendre toutes les dispositions idoines pour lever tous les obstacles. Nous croyons savoir que ce qui bloque, c’est l’attribution du ministère de l’Economie et des Finances. A ce niveau, les Forces nouvelles, en tant que belligérant, n’accepteront jamais que l’une des parties au conflit ait ce ministère. Pour le reste, nous soutenons le Premier ministre dans sa position à avoir à tout prix ce ministère stratégique qui, s’il tombe entre les mains du Front populaire ivoirien, remettra du coup en péril le processus politique. C’est pourquoi nous pensons que le GTI doit intervenir et M. Pierre Schori se doit de monter au créneau afin de lever tous les obstacles.
Sylvain Miaka Ouretto (FPI) :
“Il est normal que les choses traînent”
Eu égard au contexte qui est celui que nous vivons, un Premier ministre qui vient d’être nommé, il est tout à fait normal qu’il prenne toutes les dispositions, qu’il s’entoure de toutes les précautions avant de mettre en place son équipe de travail. Je crois que c’est cela qui fait que les choses traînent un peu en longueur. On n’apprend rien à personne en disant que les acteurs politiques sont aujourd’hui nombreux dans notre pays. Compte tenu de la méthode de travail qui a été adoptée par le Premier ministre qui est de se concerter avec chacun de ces acteurs, je pense qu’il est tout à fait normal que les choses traînent de la sorte. Toutefois, J’espère que très bientôt, on va avoir connaissance de ce nouveau gouvernement.
Propos recueillis par
PASCAL SORO
Source "FRATMAT"
INTERVIEW DE M.GUY LABERTIT SUR LA FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT IVOIRIEN PAR RADIO-ONUCI
Dimanche 25 Decembre 2005
Formation du nouveau gouvernement ivoirien-Guy Labertit (PS) : “La clé de répartition encourage ceux qui ont tenté un coup d'Etat”
M. Guy Labertit, le Monsieur Afrique du Parti socialiste (PS) français, était, hier, l'invité de la radio ONUCI-FM. Il a parlé de la formation du nouveau gouvernement en Côte d'Ivoire et de la méthode Charles Konan Banny.
ONUCI-FM : Au niveau du Parti socialiste français, quelle lecture faites-vous de la résolution de la crise ivoirienne ?
Guy Labertit : Écoutez, des mesures avaient été prises pour proroger le mandat du président Gbagbo d'un an.
Nous pensons qu'effectivement, il va de soi que si l'exécutif est prorogé dans un Etat de droit, le législatif et le judiciaire continuent aussi de fonctionner dans les mêmes conditions. Visiblement-là, tout le monde ne semble pas d'accord.
Et nous espérons bien que l'exécutif pourra continuer de fonctionner en bonne harmonie avec le législatif et le judiciaire comme dans tout Etat de droit.
Un second point, c'est cette mission du nouveau Premier ministre Charles Konan Banny dont le nomination avait d'ailleurs été bien accueillie. Sa première mission est de former le gouvernement. J'étais récemment en Côte d'Ivoire et j'ai pu me rendre compte que les choses piétinaient singulièrement. Ça c'est une grande interrogation.
Il est évident que, pour que cette mission réussisse, il faut qu'il y ait une bonne entente sur la conception de ce gouvernement.
Mais, en tout cas, que les clés de répartition soient au moins égales à celles qu'elles étaient avant. Mais, très curieusement, ce sont plutôt les forces de ce gouvernement qui n'ont pas réellement fonctionné au plan gouvernemental qui se voient attribuer des propositions extrêmement avantageuses.
Alors ça n'est pas sans nous poser des questions. Nous espérons vraiment très rapidement que le bon sens l'emportera et que la clé de répartition de ce gouvernement sera définie de la manière la plus harmonieuse pour les Ivoiriens. Ça, c'est effectivement une affaire que les Ivoiriens doivent régler entre eux.
ONUCI-FM : Le Premier ministre Charles Konan Banny a indiqué que son action au niveau de la formation de ce gouvernement se fera hors des exigences de Kléber. Vous appréciez cette nouvelle vision du Premier ministre ivoirien ?
G.L. : Je ne sais pas si, lorsqu'il évoquait Kléber, il voulait par là dire qu'il se démarquait de Marcoussis. Moi, je crois qu'il faut interroger le Premier ministre ivoirien pour savoir ce qu'il veut dire quand il dit qu'il ne se sent pas engagé par Kléber.
Peut-être que veut-il dire qu'il pensait tout à fait anormal qu'au niveau de Kléber, on ait pu vouloir attribuer les ministères de la Défense et de la Sécurité à des gens qui précisément avaient attenté à l'ordre républicain. C'est comme ça en tout cas que j'ai interprété ces propos personnellement.
ONUCI-FM : Mais il a surtout précisé que, pour lui, il ne s'agira plus d'imposer un quota par parti signataire, mais qu'il travaillera avec une équipe de mission ?
G.L. : Ah ! Mais ça c'est bien ! Sauf que vous êtes à Abidjan vous-même et vous savez très bien quelles sont les rumeurs au niveau des clés de répartition. Peut-être que ce sont des rumeurs infondées. Et j'espère qu’elles sont infondées. Parce qu'elles me paraissent très peu acceptables que de proposer 5 postes au FPI, 5 postes au PDCI, 5 postes au RDR, 5 postes aux Forces Nouvelles (rébellion armée, ndlr). C'est quand même très curieux si c'est de cette façon-là que l'on se démarque de Kléber.
Ce serait, disons, quasiment encourager finalement ceux qui ont tenté de faire un coup d'Etat et qui ont échoué. Je ne doute pas un instant que les gens qui aujourd'hui conduisent la Côte d'Ivoire veuillent réaliser un coup d'Etat sur le tapis vert.
Donc, je sais que les gens sont raisonnables et j'imagine bien que cette clé de répartition qu'on voit beaucoup dans les journaux n'est qu'une rumeur que je pense infondée. L'intelligence doit l'emporter.
ONUCI-FM : Jusqu'à présent, il y a une partie de la population ivoirienne qui rend la France en grande partie responsable de la persistance de la crise ivoirienne ?
G.L. : Je crois que l'expérience montre que lorsque l'ONU s’engage dans la résolution des crises, ses positions sont fortement influencées par ce que l'on appelle “la puissance intéressée”. Il ne nous a pas échappé, au parti socialiste comme d'ailleurs il ne vous a pas échappé, que les résolutions de l'ONU étaient prises à l'initiative de M. De La Sablière. Et donc on ne peut pas dire que la France se contenterait de soutenir les positions prises par l'Union africaine, ou la CEDEAO, ou encore l'organisation des Nations unies. Nous disons quand même que la France est très partie prenante dans la façon d'avancer dans cette crise.
Et j'ai le sentiment, en tant que socialiste, qu'elle a un tout petit peu durci sa position.
Je crois que, dans le Groupe de travail international, la voix de la France me semble très forte.
Je sais que celle qui la porte n'a pas l'habitude d'être relativement forte et je crois savoir que ça ne semble pas être la bonne solution.
Je crois que, fondamentalement, c'est aux Africains d'aider la Côte d'Ivoire à sortir de cette situation-là.
Et j'ai parfois le sentiment que quand certains Africains ont essayé de le faire, ils ont essuyé parfois les moqueries de Paris. Je parle par là des propos de M. Chirac à l'égard du président Mbeki.
C'était particulièrement mal venu lorsqu'au mois de février, il disait que le président Mbeki ne connaissait pas l'âme ouest-africaine. J'espère que nous allons rompre avec cette situation.
COTE D'IVOIRE / ALLOCUTION DE S.E M LAURENT GBAGBO LORS DE L'AUDIENCE AVEC LES VICTIMES DU 04 NOVEMBRE 2004
Dimanche 25 Decembre 2005
Je voudrais vous saluer, vous tous qui êtes venus.
Je voudrais saluer votre porte-parole, Youan Claude ; merci d’avoir pris la parole. C’est des retrouvailles pour que nous "fêtions" la vie sur la mort. On est dans un combat, certains sont morts. Vous, vous êtes blessés. Mais c’est la fin qui compte. C’est notre pays qui compte. Je vous invite à venir au Palais le 1er janvier pour que nous fassions la fête de nouvel an ensemble...
En ce moment là, il n’y aura plus de discours, mais on va être ensemble pour montrer que nous sommes le même peuple, que nous sommes les mêmes et que nous combattons. Mais quand nous avons l’occasion de rester ensemble pour rigoler, nous pouvons rester ensemble et rigoler (…)
Le deuxième point que je voulais aborder c’est votre association. Je suis heureux que vous soyez organisés. Je vous donne 50 000 000 f cfa pour votre organisation pour que vous ayez quelque chose dans la caisse. Ça, c’est la deuxième décision que je voulais vous annoncer.
La troisième décision qui vous sera confirmée dans les jours-ci, c’est de faire en sorte que l’hôpital militaire soit à vous pour que n’importe qui d’entre vous qui est malade soit soigné dans cette hôpital pour vous soustraire des rangs, des longues attentes dans les CHU.
La quatrième mesure que je voudrais vous annoncer, c’est le problème de l’indemnisation par la France. Je n’en parle pas parce que le dossier avance et est actuellement avec les procureurs.
Ils ont entamé avec la France les pourparlers. Je ne veux pas vous en dire plus tant qu’on n’a pas conclu (…) Nous n’avons pas oublié cet aspect.
Voilà donc les quatre mesures que je voulais vous annoncer ce matin. Je crois qu’il y a des choses qu’on ne peut pas réparer. Regardez Claude (une victime de la barbarie de l’armée française) quand je suis allé le voir à l’hôpital, quand je faisais le tour, mais je suis sorti vite de sa chambre, parce que j’avais envie de pleurer. Quelqu’un qui est bien portant, qui vient à une manifestation et qui s’en sort avec un handicap ! On ne peut pas réparer ça.
Mais ce que l’être humain peut réparer, le réconfort moral et financier qu’on peut donner pour aider les uns et les autres, nous allons le faire. C’est pourquoi, je vous ai dit de vous organiser. Mais c’est à votre bureau de donner les noms de ceux qui ont perdu des années scolaires pour qu’on puisse avoir leur niveau et à les remettre à l’école ; les noms de ceux qui n’ont pas d’emploi. Pour les handicapés ordinaires, nous avons fait un quota que la fonction publique recrute chaque année. Pour vous, à plus forte raison, qui êtes handicapés pour des causes nationales et patriotiques.
Ce sont des décisions qu’on veut prendre. Mais, je vous ai dit de ne pas être en palabre. Organisez-vous et présentez-moi des dossiers. Donc, si nous avons une lisibilité, nous pouvons mettre cela sur dossier pour que la fonction publique recrute chaque année un quota de nos blessés de guerre.
Si vous nous donnez cette liste nous allons faire ce que nous avons à faire. Mais pour le moment, nous avons le devoir d’être avec vous, moralement toujours parce que nous sommes devenus une famille. Pendant qu’on vous tirait dessus, on tirait aussi sur ma résidence. C’est ça aussi qui est la vérité.
Ne vous faites pas de soucis, je suis avec vous parce que je sais que vous êtes avec moi. Le combat continue. Je sais que maintenant nous sommes dans la dernière ligne droite. Nos adversaires ont fait toute sorte de revendications. Accra I, Marcoussis, Accra II, Accra III, Pretoria I, Pretoria II…même toutes ces revendications y compris les plus farfelues, je les ai satisfaits. Parce que je sais qu’ils ne voulaient pas bouger.
Maintenant que je les ai satisfaits et que tout le monde a vu, le conseil de sécurité a défini ce qui reste à faire : le désarmement et les élections.
Le reste ce sont des discours. Venez, on va aller aux élections, c’est tout. Il n’y a pas d’autres problèmes. Donc c’est ça. Le seul problème qui reste c’est d’aller aux élections. Or pour aller aux élections, il faut passer par le désarmement. Il y en a qui disent "Gbagbo ne parle plus", mais je suis-là, je regarde, puisque-moi mon travail est fini. Je croise les bras et je les attends aux élections (…) Alors prenez courage parce qu’il faut que votre sacrifice gagne. Il faut que vos sacrifices ne soient pas vains. Il faut que les dispositions que nous sommes entrain de prendre ne soient pas remises en cause. Souvent des gens disent : "je ne connais pas le diable". Je dis le diable, avec les cornes sur la tête et une queue, ne réapparaîtra plus.
Mais regardez les hommes en ville et vous verrez qui est le diable. Quand on dit d’envoyer vos enfants à l’école parce que l’école va être gratuite, celui qui dit qu’il est contre, ce n’est pas un diable ça ? quand on dit qu’on créée l’Assurance Maladie Universelle pour vous soigner gratuitement, celui qui est contre, ce n’est pas un diable ça ?
Quand on dit qu’on va faire la décentralisation pour que chaque département ait l’argent pour créer des écoles, faire des routes…, celui qui est contre cela n’est-il pas un diable ? Ne croyez pas que le diable est ailleurs. Le diable c’est celui qui haie ce qui est évidemment bon. Quand une chose est bonne pour la collectivité et que quelqu’un se lève pour dire qu’il est contre, c’est ça qu’on appelle le diable.
Vous autres, allez expliquez ça aux populations (…) Il faut que nous ayons de la gaîté. Il faut que nous ne donnions pas à nos adversaires une mine de tristesse. Quand il nous voit abattu, c’est leur victoire.
Mais il faut qu’ils sachent, malgré nos blessures, malgré nos souffrance, malgré nos handicapes, nous sommes fiers du combat que nous avons mené. Et comme le dit Claude, si c’était à refaire nous le referons.
Je vous remercie
Bonne fête de fin d’année et à très bientôt.
Que Dieu vous bénisse
FETE DE LA NATIVITE 2006
Samedi 24 Decembre 2005
Le monde entier célébre la fête de la Nativité pour commémorer la naissance du JESUS-CHRIST.
Au seuil de cette fête dans le partage et la bonté , je voudrais souhaiter bon rétablissement à tous ceux qui souffrent physiquement et à ceux qui sont dans le désespoir je voudrais leur recommander la foi en DIEU TOUT-PUISSANT ,MAITRE DE L'UNIVERSet de tous les DESTINS.
A tous les autres , JOYEUX NOEL EGALEMENT DANS la PAIX et la JOIE !!!!
Que la COTE D'IVOIRE bien-aîmée retrouve sa LUMINOSITE et son RAYONNEMENT dans la PAIX entre toutes et tous.
J O Y E U X N O E L !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Fatimata TANOE TOURE
AMBASSADEUR
BANQUE CENTRALE DES ETATS DE L'AFRIQUEDE L'OUEST / NOMINATION DE M.DAMO COMME GOUVERNEUR INTERIMAIRE
Samedi 24 Decembre 2005
M"Le vice-gouverneur de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA, 8 pays), Damo Justin Barro, a été nommé gouverneur de la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest, l’institut d’émission de l’UEMOA) jusqu’au retour de M. Konan Banny", a annoncé le Malien Soumeila Cissé, président de la Commission de l’UEMOA, à l’issue d’un sommet des chefs d’Etat de l’organisation tenu vendredi à Niamey.
Outre le président hôte, Mamadou Tandja, Faure Gnassingbé (Togo), Amadou Toumani Touré (Mali), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Joao Bernardo Vieira (Guinée-Bissau) et Abdoulaye Wade (Sénégal) ont fait le déplacement dans la capitale nigérienne.
Le Bénin et la Côte d’Ivoire y étaient représentés par leurs Ministres de l’Economie et des Finances.
En octobre, le Président ivoirien Laurent Gbagbo, dont le pays détient 43% des parts dans la BCEAO, s’était déclaré opposé à la nomination d’un Gouverneur non-ivoirien.
Mais selon un membre de la délégation ivoirienne au sommet, les représentants ivoiriens ont accepté la nomination d’un Burkinabè devant l’assurance donnée à M. Konan Banny de retrouver son poste à la fin de son mandat à la tête du gouvernement ivoirien.
Lors de la conférence de presse de clôture, M. Cissé a annoncé que les Chefs d’Etat de l’organisation basée à Dakar avaient également examiné le Prélèvement communautaire de solidarité (PCS), estimant qu’il "avait fourni des ressources substantielles à la région depuis 1996" mais ils se sont inquiétés de certains "retards de paiement". Le PCF, redevance dont tous les Etats doivent s’acquitter à hauteur de 1% de leur budget, "a des difficultés et il faut rattraper le retard et les dysfonctionnements" constatés, a estimé le président burkinabè Blaise Compaoré.
En ouverture, M. Tandja, Président en exercice de l’UEMOA depuis 2003, avait fait part de ses inquiétudes quant à la survie de "filières stratégiques", dont le coton, car selon lui "les relations commerciales entre les pays en développement et les pays développés sont marqués du sceau de l’inégalité et des préférences".
COTE D'IVOIRE / PROFANATION DE LA TOMBE DE HADJA NABINTOU OUATTARA / DECLARATION DU FIFEM
Samedi 24 Decembre 2005
Le mardi 20 décembre 2005, en réaction à la profanation de la tombe de dame Hadja NABINTOU CISSE, mère du Dr Alassane DRAMANE OUATTARA,
Un groupe de jeunes a tenté de profaner la tombe du père du ministre AMANI N’GUESSAN MICHEL, ministre de l’éducation nationale, à Bodokro, dans la sous-préfecture de Bouaké.
Le Forum International des Femmes pour la Paix , l’Egalité et le Développement(FIFEM) condamne énergiquement ces agissements contraires à nos valeurs culturelles qui n’honorent pas la Côte d’Ivoire.
Le FIFEM lance un appel pressant à la retenue, à toute la jeunesse ivoirienne, afin qu’elle refuse de se laisser manipuler par des mains obscures, dont le seul et unique objectif est de faire entrave au processus de paix.
Le FIFEM saisit cette occasion pour remercier et féliciter les Forces Armées des Forces Nouvelles, pour leur vigilance et la promptitude avec laquelle elles se sont opposées à la profanation de la tombe de cet illustre disparu, refusant ainsi de se rendre complice de telles barbaries.
Fait à Abidjan,
le 23 décembre 2005
Pour le FIFEM
La Présidente
Salimata PORQUET
PROFANATION DE LA TOMBE DE HADJA NABINTOU OUATTARA / COMMUNIQUE DE M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA SUR LA MARCHE DE PROTESTATION DU RDR
Vendredi 23 Decembre 2005
Le Bureau Politique du RDR, en sa séance extraordinaire du jeudi 22 Décembre 2005, a décidé suite à la profanation de la tombe de ma mère, Hadja Nabintou CISSE, de l’organisation d’une marche pacifique de protestation le mardi 27 Décembre 2005.
La solidarité ainsi manifestée par le Bureau Politique et les militants du RDR me touche profondément.
Je comprends l’indignation et la réprobation qu’a suscité et continue de susciter au plan national et international, cet acte abominable et ignominieux.
Cependant, afin d’éviter toute tension en cette période sensible, je préconise l’annulation de ladite marche.
Je voudrais en cette pénible occasion, remercier encore l’ensemble de la population pour les nombreux témoignages de sympathie et de soutien qui m’ont été exprimés, aussi bien lors des obsèques qu’à la suite de cette profanation de la tombe de ma mère.
Le Président du RDR
Le Premier Ministre
Alassane Dramane Ouattara
INTERVIEW DE M.AFFI NGUESSAN PRESIDENT DU FRONT POPUAIRE IVOIRIEN SUR LA FORMATION DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION
Vendredi 23 Decembre 2005
Le président du FPI était sur la radio BBC, hier
Affi N’Guessan : On est encore en négociation. Donc, je crois qu’il vaut mieux attendre la fin de ces négociations. Il n’y a pas de rupture. Il n’y a pas de désaccord définitif. Pour le moment, on continue à discuter. Il faut attendre la fin des discussions pour savoir en définitive, qu’est-ce qui a été décidé, ce sur quoi, nous nous sommes accordés.
BBC : Eventuellement, vous seriez preneur des cinq postes ministériels qui vous ont été proposés?
A.N. : On a dépassé ce stade. On a fait savoir au Premier ministre que c’est inacceptable. Je ne sais pas s’il en a pris acte. Nous cherchons maintenant à savoir à quel niveau il peut aller. Donc, il n’y a pas de désaccord sur notre refus.
BBC : A votre niveau, vous ne voulez pas prendre cinq, vous voulez 10 ?
A.N. : Nous avons notre principe de la parité entre le camp présidentiel loyaliste, légaliste et l’opposition politico-armée. Le principe que nous avons posé, c’est la parité, l’équilibre entre les deux forces, la parité dans la répartition des porte-portefeuilles. Evidemment, par rapport à cela le Premier ministre a proposé des postes, nous les avons refusés. Nous sommes en train de négocier. Les discussions n’ont pas été rompues.
BBC : Les négociations avancent-elles ?
A.N. : Oui ! Les négociations avancent.
BBC : N’y a-t-il pas de blocage de votre côté ?
A.N. : Il n’y a pas de blocage. Il faut qu’on trouve un accord. Il est important que tout le monde participe à l’action gouvernementale. Donc, il faut qu’on trouve un accord satisfaisant pour tous.
Source BBC
SENEGAL 7EME CONFERENCE SUR LA COUCHE D'OZONE
Jeudi 22 Decembre 2005
La 7ème Session de la Conférence des Parties à la Convention Cadre de Vienne pour la protection de la couche d’ozone et la 17ème Réunion des parties au Protocole de Montréal relatif à des substances appauvrissant la couche d’ozone se sont tenues à Dakar, du 12 au 16 Décembre 2005.
Ces assises ont regroupé quelque 400 délégués provenant de 140 pays, dont des Ministres, des représentants du Gouvernement, des Agences des Nations Unies, des Organisations gouvernementales et non gouvernementales, du secteur de l’Agriculture et de l’Industrie.
La réunion s’est ouverte par un segment préparatoire, du 12 au 14 décembre 2005.
Durant cette rencontre, les délégués ont procédé à l’examen des décisions concernant, entre autres, les dérogations permettant l’utilisation du bromure de méthyle, des chlorofluorocarbones dans les inhalateurs doseurs, des agents de transformation, du tétrachlorure de carbone (TCC) en laboratoire et à des fins d’analyse. Les directives concernant les intérêts des membres du Groupe de l’Evaluation Technique Economique (GETE) et de ses divers organes, le commerce illicite des substances appauvrissant la couche d’ozone ainsi que leur destruction ont été également débattus.
Cette réunion a été suivie par un segment de haut niveau, qui s’est déroulé du 15 au 16 Décembre 2005, dont la cérémonie officielle d’ouverture a été présidée par le Premier Ministre sénégalais, Macky SALL.
Lors de son allocution, il a indiqué que la Convention de Vienne et le Protocole de Montréal constituent des succès incontestables tant dans l’élaboration, l’organisation, l’appui apporté aux pays en développement qui ont contribué aux résultats actuels attestant le recouvrement de la couche d’ozone.
Quant aux autres intervenants, ils ont mis en exergue les problèmes que font peser les menaces environnementales mondiales sur les pays aux économies fragiles, la pertinence de la reconstitution du Fonds multilatéral pour soutenir surtout les pays en développement en matière de protection de la couche d’ozone.
A l’occasion du 20 ème anniversaire de l’adoption de la Convention de Vienne, des prix ont été discernés à 17 personnes qui ont beaucoup contribué à la protection de la couche d’ozone.
Les participants ont, par la suite, procédé à l’élection du Bureau de la septième Conférence des Parties à la convention de Vienne.
Ainsi, le Sénégal a été élu Président,
l’Indonésie, le Cuba et le Turkménistan élus vice-présidents et
la Finlande, Rapporteur.
Quant à l’élection du Bureau de la 17ème Réunion des Parties au Protocole de Montréal,
les Etats-Unis ont été élus Président, la Roumanie, le Bangladesh, le Burkina Faso élus vice-Présidents et la Sainte Lucie, Rapporteur.
Différents groupes d’évaluation ont présenté, par ailleurs, des rapports sur les travaux en cours et les préparatifs de l’évaluation pour 2006.
Les chefs de délégation de chaque pays ont également fait des déclarations sur les actions menées par leurs Gouvernements respectifs pour la mise en œuvre des deux traités internationaux.
Une trentaine de décisions ont été adoptées dont le renouvellement et le renforcement du fonds multilatéral pour la période 2006-2008, pour un montant de 470 millions de dollars.
Ce financement est débloqué par l’Union européenne et d’autres organisations multilatérales tel que le Fonds mondial pour l’environnement, tous impliqués dans la réduction et l’élimination des substances appauvrissant la couche d’ozone.
Le fonds vise également à aider les pays signataires des conventions de Vienne et du Protocole de Montréal, à respecter le calendrier d’élimination des SAO.
Le lieu de la prochaine réunion de la Conférence des Parties à la Convention de Vienne et du Protocole du Montréal sera confirmé ultérieurement.
A noter toutefois que l’Inde s’est proposé de l’accueillir.
SENEGAL / RETOUR DE S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE DE FRANCE
Jeudi 22 Decembre 2005
S.E.Maître Abdoulaye WADE , Président de la République est rentré à DAKAR après un séjour privé en France ou il a subi une petite intervention chirurgicale à l'oeil à l'effet d'enrayer une cataracte dont il souffrait.
A l'aéroport de DAKAR-YOFF ou il a été accueilli par des membres du gouvernement et de son Cabinet , le Président sénégalais a fait état des raisons de ce bref séjour à Paris ou il a en outre eu de nombreux contacts d'affaires pour le Pays dont il rendra compte plus tard.
Interrogé par les journalistes présents sur "l'affaire Latif COULIBALY" qui a écrit un livre sur la mort de Maître SEYE ex-Président du Conseil constitutionnel en l'incriminant , Maître WADE a répondu qu'il n'était point intéressé par ces accusations et mieux qu'il ne répondrait à aucune de ces accusations , ni n'entreprendra une quelconque poursuite aux fins d'emprisonnement de l'auteur de ce livre qui défraie la chronique depuis plusieurs jours dèjà.
Maître WADE a également parlé du prochain Sommet de l'Organisation de la Conférence Islamique(OCI) et du Dialogue islamo6chrétien qui se tiendra en 2007 à DAKAR en présence de nombreuses sommités des deux religions monothéistes.
COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DE M.AFFI N'GUESSAN PRESIDENT DU FPI (PARTI AU POUVOIR)
Jeudi 22 Decembre 2005
Pascal Affi N’Guessan, Président du FPI, critique les propositions du Premier ministre qui ne sont pas du goût de son parti.
Le gouvernement que doit mettre en place le Premier ministre, Charles Konan Banny, tarde à voir le jour et il se dit que cela est du fait du FPI. Est-ce le cas?
Ah! Je ne sais pas si ça traîne, parce que je ne connais pas le calendrier du Premier ministre. Je ne sais pas à quelle date il a prévu de rendre public son gouvernement. Ce que je peux vous dire, c’est que nous, nous avons déjà eu trois rencontres avec lui depuis qu’il a été nommé.
La première rencontre, au siège du FPI, a été, comme lui-même l’a indiqué, une visite de courtoisie. Donc, nous n’avons pas parlé du tout de gouvernement.
La deuxième rencontre, qui a eu lieu jeudi dernier, a été l’occasion pour lui de nous parler des principes sur lesquels il envisage s’appuyer pour bâtir son gouvernement.
Et en même temps nous faire la proposition de 5 portefeuilles ministériels, comme cela a été annoncé d’ailleurs dans la presse. Nous avons échangé autour de cette proposition, puis nous nous sommes séparés. Nous avons, nous, indiqué ce que nous pensions de cette proposition.
La troisième rencontre, qu’on peut considérer comme la véritable rencontre de négociation sur le gouvernement, s’est déroulée lundi dernier.
Je peux donc dire que c’est seulement cette semaine, en ce qui nous concerne, que nous avons commencé à négocier avec le Premier ministre sur les portefeuilles ministériels.
Nous ne nous sommes pas entendus.
Vous n’êtes donc pas d’accord?
Bien sûr, nous ne sommes pas d’accord. Pour une raison simple: nous trouvons que c’est une proposition qui est inacceptable parce qu’elle est injuste. Ce n’est pas acceptable que le Front populaire ivoirien, qui avait plus de 20 portefeuilles ministériels en 2002, se retrouve à 5 au niveau du gouvernement, après avoir fait tous les efforts que nous connaissons par rapport à la restauration de la paix; après avoir accepté de céder la Primature, de se retrouver à 10 ministères dans le gouvernement de Seydou Diarra.
Aujourd’hui, on se retrouve à 5 ministères, c’est-à-dire que nous tombons de Charybde en Sylla, comme on dit, et cela, nous ne pouvons pas l’accepter, de reculer de façon indéfinie.
Est-ce une question de principe, de forme, ou d’arithmétique? Quel est le fond du problème?
Ce n’est pas seulement une question d’arithmétique. C’est une question de principe et je dirais, c’est une question de fond. Nous considérons ces reculs successifs comme l’affirmation du coup d’Etat. Si demain le FPI n’est pas au gouvernement, c’est-à-dire, s’il se retrouve avec zéro ministre et zéro portefeuille, nous considérerons que le coup d’Etat a réussi et que nous avons été renversés.
Donc, chaque recul pour nous est un recul politique; cela signifie que le Front populaire ivoirien lâche le pouvoir. Pour le principe, nous ne pouvons pas lâcher le pouvoir. Parce que, si le coup d’Etat n’a pas réussi militairement, ce n’est pas dans le cadre des arrangements qu’il faut que le Front populaire ivoirien abdique. Donc pour ce principe-là, nous n’entendons pas reculer. Mais, au-delà de cet aspect, il y a aussi que pour la réussite du processus de paix, nous pensons qu’il faut que le Front populaire ivoirien soit une force qui compte au sein du gouvernement. Que le Front populaire ivoirien ne soit pas noyé, ne soit pas une force secondaire, ne soit pas une force quelconque.
Le gouvernement a besoin d’une colonne vertébrale.
Ce n’est pas le saupoudrage des portefeuilles ministériels qui va favoriser la cohésion gouvernementale et l’efficacité gouvernementale. C’est parce qu’on aura identifié une force centrale sur laquelle le Premier ministre va s’appuyer pour conduire son action, que nous pourrons espérer que l’action gouvernementale sera efficace.
Il y a donc aussi cette dimension technique, pratique. Et ce n’est pas juste que dans un gouvernement de cette nature le Front populaire ivoirien se retrouve à 5 face à plus de 20 opposants, ça n’a pas de signification. C’est pour cela que nous voulons que le Premier ministre clarifie sa logique. S’il dit qu’il n’est pas dans le schéma de Kléber et d’Accra II, nous sommes d’accord avec lui, mais il faut qu’on sache dans quel schéma l’on est. Nous-mêmes, nous considérons le schéma de Kléber comme injuste, puisqu’on nous donnait 7 portefeuilles sur 41 ministères. Nous sommes donc d’accord avec lui pour sortir du schéma de Kléber, mais pour appliquer le principe de l’équilibre. Pour nous, le principe de l’équilibre aujourd’hui, c’est la parité entre l’opposition politico-armée et le pouvoir.
Hormis le Front populaire ivoirien, quel parti identifiez-vous comme étant du pouvoir aujourd’hui?
Aujourd’hui nous savons que l’UDCY (de Mel Eg Théodore, ndlr) a été toujours à nos côtés. Donc nous pouvons affirmer sans ambages que l’UDCY sera toujours à nos côtés. Le PIT a marqué dans ses dernières déclarations une position intermédiaire. Mais il appartiendra au PIT, si d’aventure la question était posée, de clarifier sa position pour qu’on sache dans quel quota il faut le compter.
Êtes-vous prêts à aller jusqu’au boycott du gouvernement Banny s’il ne prend pas en compte vos positions?
Ce ne sera pas un boycott, c’est le Premier ministre Banny qui aura décidé de nous renverser! En ne nous associant pas au gouvernement. Et comme je vous l’ai indiqué, ce sera un coup d’Etat, il sera venu pour parachever le coup d’Etat déclenché depuis le 19 septembre 2002 par la rébellion. Nous, nous considérons comme notre droit légitime de figurer dans ce gouvernement, et en très bonne place. Maintenant, évidemment, c’est le Premier ministre qui a été chargé par le Président de constituer un gouvernement. Nous attendons qu’il nous fasse la place que nous méritons dans ce gouvernement.
Charles Konan Banny a dit que si les choses n’évoluaient pas, il prendrait ses responsabilités. S’il le faisait, quelle serait votre attitude vis-à-vis de lui?
Tout dépendra de la nature de ses responsabilités. Est-ce que ses responsabilités c’est de nous donner ce que nous attendons? Dans ce cas, nous serons avec lui. Si ses responsabilités c’est de se passer de nous, nous aussi nous prendrons nos responsabilités.
C’est-à-dire?
Nous nous considérerons comme victime d’un coup d’Etat et nous agirons en tant que victime. Nous nous défendrons.
Vous vous comporterez comme une force d’opposition à ce gouvernement?
Nous nous comporterons comme une victime d’une injustice, d’un coup d’Etat.
Vous avez rencontré le Président Gbagbo, en avez-vous parlé avec lui?
Il faut dissocier le Front populaire ivoirien du Président de la République. Comme tout parti politique, nous partons voir le Président si nous estimons que, dans la phase actuelle, il est important qu’il sache quelles sont nos préoccupations et qu’est-ce que nous attendons de son Premier ministre. Pour le moment, nous n’avons pas besoin du Président de la République pour défendre nos intérêts.
A-t-il tenté de vous amener à être un peu plus conciliant vis-à-vis de son Premier ministre?
Au regard du contenu de nos échanges, le Président lui-même à ce jour n’est pas encore informé du résultat des discussions que le Premier ministre a eues avec les uns et les autres. Je crois que c’est à l’issue de tout cela que le Président de la République sera saisi des conclusions des différentes consultations du Premier ministre.
Au-delà de la clé de répartition, le Premier ministre souhaite être le seul maître à bord de son gouvernement en désignant lui-même les ministres à tel ou tel autre poste. Qu’en pensez-vous?
Pour le moment, on ne nous a pas fait une telle proposition. Si elle est faite, nous aviserons.
Qu’en est-il de la question des ministères de souveraineté, notamment le ministère de l’Economie et des Finances; l’éventualité de la perte de ce ministère par le Front populaire ivoirien a proqué une levée de boucliers. Ce problème est-il résolu?
On ne nous a rien dit à ce sujet, mais il est totalement hors de question que le Front populaire ivoirien lâche le ministère des Finances.
Et les ministères de la Défense et de la Sécurité?
Nous ne pouvons pas accepter de revenir en arrière en ce qui concerne la Défense et la Sécurité.
A l’analyse de vos positions, ne pensez-vous pas que cela peut constituer des sources de blocage?
Non. Ce sont plutôt des conditions pour la réussite de la mission (du Premier ministre). Le Front populaire ivoirien n’a jamais été une source de blocage. Au contraire, dans le processus de paix enclenché depuis septembre 2002, c’est nous qui avons toujours fait les efforts pour que nous puissions aller vers la paix. C’est nous qui avons accepté que Marcoussis soit le cadre.
C’est nous qui avons soutenu la prise de la loi d’amnistie. C’est nous qui avons accepté que même les ministres qui ont fait preuve d’insubordination, d’incivisme, de défiance, reviennent au gouvernement. C’est nous qui avons accepté Pretoria, qui a permis que les candidats présentés par les partis signataires de Marcoussis soient tous éligibles; et que donc Alassane Ouattara puisse se présenter aux élections prochaines, malgré le fait qu’il ne soit pas éligible en vertu de l’article 35. Donc aujourd’hui on ne peut pas dire que le Front populaire ivoirien peut être une source de blocage. Si les autres avaient fait leur part, certainement que la Côte d’Ivoire serait réunifiée aujourd’hui.
Ce qu’il reste à faire, c’est le désarmement, la réunification et la préparation des élections. C’est-à-dire que, ce qu’il reste à faire, c’est la part des autres. Ce qui veut dire que le Front populaire ivoirien a fait sa part. Et, il faut que le Front populaire ivoirien soit fort dans le prochain gouvernement, pour que les autres puissent effectivement faire leur part; pour qu’il contribue à faire en sorte que les autres fassent leur part.
Accepteriez-vous l’éventualité que M. Soro Guillaume soit le n°2 de ce gouvernement Banny?
Ça veut dire quoi n°2 ?
Qu’il soit le seul à être un ministre d’Etat dans ce gouvernement, par exemple.
Ce ne serait pas juste. Ce ne serait pas juste que M. Soro Guillaume soit n° 2, seul. Ce ne serait pas un bon signal, ce ne serait pas un bon exemple. Je pense que l’opinion ivoirienne recevrait cela comme une prime à la rébellion, comme une incitation à l’usage de la violence dans le cadre de l’action politique.
Si je résume vos positions, vous n’êtes pas prêts à accepter les principes sur lesquels le Premier ministre s’est mis d’accord avec les autres partis?
Je ne sais pas. Quels sont ces principes?
Les autres partis ont déposé la liste de leurs ministrables auprès du Premier ministre qui va choisir des noms sur ces listes et après leur attribuer les portefeuilles?
Chaque parti gère ses affaires comme il l’entend. Nous ne sommes pas obligés de faire comme les autres. D’ailleurs, nous ne sommes pas comme les autres.
Chaque parti a son organisation interne, a ses mécanismes de décision, a sa philosophie, a ses règles de conduite. Nous, nous discutons par rapport à nos réalités, par rapport à ce que nous sommes, par rapport à notre position au sein de l’Etat. Nous ne sommes pas obligés de faire comme les autres. Sur la question, nous ne voulons pas apparaître comme des gens qui viennent à un repas ou à un partage de gâteau. Ce n’est pas de cette façon que nous voyons notre action au sein du gouvernement. Ou bien nous venons pour être utiles à la restauration de la paix ou bien nous ne le sommes pas et nous en prenons acte.
Mais il ne faut pas qu’on considère que nous sommes à un banquet et que si nous avons 5 kilos de ce banquet, cela devrait nous suffire. Ce n’est pas comme ça que nous voyons notre action et c’est pour cela que nous devons négocier pour nous entendre sur les règles et sur les principes de notre collaboration au gouvernement.
A quand la prochaine rencontre avec le premier ministre?
Nous sommes à son écoute.
Que lui direz-vous et qu’attendez-vous de lui?
Nous attendons qu’il revoie ses propositions, parce que celles qu’il a faites nous paraissent injustes et inacceptables.
Nous sommes à 10 mois du terme du mandat du Premier ministre Banny, au regard de ce que vous avez déjà analysé, pensez-vous qu’il peut réussir sa mission?
Je ne veux pas faire du maraboutage politique. Nous ne sommes qu’au début, il est donc difficile de faire des pronostics. Nous souhaitons ardemment qu’il réussisse. C’est dans notre intérêt en tant que parti, mais c’est surtout dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire. Si nous discutons, c’est pour apporter notre modeste appui à sa réussite.
M. Affi N’Guessan, lundi à Abidjan, la tombe de la mère de M. Alassane Ouattara, président du RDR, a été profanée; mardi à Bouaké, il y a eu la réplique avec la profanation de la tombe de M. Amani N’Guessan, qui est un cadre du FPI. Quelle est votre analyse de ces comportements indignes?
Nous avons fait une déclaration lorsque nous avons été informés de cet acte que nous considérons comme odieux et ignoble. Et nous nous sommes indignés que cela se soit passé. Nous avons appelé les autorités judiciaires à tout mettre en œuvre pour démasquer les auteurs et les mettre à la disposition de la justice. Nous avons aussi apporté notre compassion, notre soutien à la famille. Je pense que cela est important.
Malheureusement, nous avons été un peu déçus de la réaction du RDR, qui appelait à une riposte. Je pense qu’en tant que responsables politiques, nous devons être prudents dans nos prises de position, surtout dans le contexte actuel. Ce n’est pas à un parti politique d’apporter une riposte lorsqu’il y a une infraction, un délit et même un crime; cela appartient aux autorités judiciaires. En appelant à la riposte, aujourd’hui nous, au Front populaire ivoirien, nous sommes fondés à considérer que c’est la riposte du RDR qui a été enregistrée à Bodokro à travers la profanation de la tombe du père du ministre Amani N’Guessan. Cela n’est pas bien. Parce que de riposte en riposte, on entretient l’escalade et donc on entretient l’instabilité, la confusion, les troubles. Ce n’est pas, dans le contexte actuel, ce que les Ivoiriens attendent de nous.
Nous appelons donc nos frères des autres partis, et notamment du RDR, à plus de responsabilité. Un acte a été commis. Cet acte a été condamné par tout le monde. Il est donc indécent et inutile d’appeler à des ripostes, d’inciter à la violence, d’essayer d’en faire une récupération politique et d’engager des actions qui vont attenter à l’ordre public. Nous, au Front populaire ivoirien, nous n’attendons pas nous arrêter aux déclarations.
Nous considérons que certaines attaques dans certaines presses sont injustifiées et inacceptables. C’est pour cela que nous allons saisir la justice pour que la lumière soit faite sur un certain nombre d’accusations que certains essaient d’élever. Et que à travers cela aussi, la justice elle-même fasse la lumière. Le Front populaire ivoirien, comme tous les artisans de la paix, n’a aucun intérêt à ce qu’une telle situation se présente. Ce sont ceux qui ne veulent pas de la paix qui y ont intérêt. Le Front populaire ivoirien n’est pas dans le camp de ceux qui ne veulent pas de la paix. Je peux penser que certains accusateurs peuvent mêmes être les bénéficiaires d’une telle situation. C’est pour cela qu’il faudrait que la justice fasse son travail, pour situer les responsabilités et prendre les sanctions qui s’imposent.
Craignez-vous que ces deux profanations puissent compromettre l’atmosphère de décrispation que l’on a pu constater lors du décès de votre père et de celui de la mère de M. Ouattara?
En ce qui nous concerne, nous ne ferons rien pour que ces événements malheureux enveniment la situation et détériorent l’atmosphère actuelle. Nous voulons au contraire travailler à la décrispation effective pour que cela débouche sur la paix véritable.
Interview réalisée par
Auteur: Michèle PEPE
COOPERATION IVOIRO-BURKINABE / INVESTITURE DU PRESIDENT BLAISE COMPAORE / LE PREMIER MINISTRE IVOIRIEN M.CHARLES KONAN BANNY PRESENT A LA CEREMONIE
Mercredi 21 Decembre 2005
Le Premier Ministre du gouvernement de transition , M.Charles KONAN BANNY a pris part à OUAGADOUGOU au Burkina-Faso , à la cérémonie d'investiture du Président élu de ce pays frère , M.Blaise COMPAORE qui a eu lieu en présence de plusieurs Chefs d'Etat africains et de Chefs de gouvernement.
A la fin de la cérémonie riche en couleur , M.BANNY a déclaré au micro des journalistes qu'il est venu prendre part à une cérémonie organisée par un pays frère dont les liens avec la Côte d'Ivoire sont historiques .
Il faut rappeler que le Chef d'Etat , S.E.M.Laurent GBAGBO a mandaté son plus proche collaborateur pour le représenter à cette investiture.
PROFANATION DE LA TOMBE DE LA MERE DU PRESIDENT DU RDR M.ALASSANE OUATTARA EX-PREMIER MINISTRE DE COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
Mercredi 21 Decembre 2005
Dans la nuit d’hier à aujourd’hui 19 décembre 2005, la tombe de feue Dame Hadja Nabintou Cissé, mère de l’ex-Premier ministre Alassane Dramane Ouattara, a été profanée.
Selon les témoignages recueillis auprès des gardiens et du personnel du cimetière de Williasmville, trois individus, prétextant pour la quatrième fois, être venus pour faire des prières sur la tombe aux fins de recueillir des bénédictions, ont sous la menace d’armes de guerre de type kalachnikov, obligé les gardiens à exhumer le corps.
Une fois le corps totalement exhumé, les agresseurs s’en sont emparé et se sont dirigés vers l’entrée principale où était stationné un véhicule.
C’est à ce moment que l’un des gardiens ligotés a réussi à se libérer pour alerter les riverains dont la clameur a contraint les bandits à fuir, abandonnant le corps.
Heureusement donc, le corps de feue dame Hadja Nabintou Cissé, avec l’intervention de la famille, des autorités spirituelles et politiques informées, a pu être ramené à sa demeure pour être à nouveau enseveli.
Le Premier ministre, dès qu’il en a été informé, s’est rendu sur les lieux.
Le Président de la République, qui séjourne à l’intérieur du pays, condamne énergiquement ces actes ignobles et bestiaux, contraires aux traditions et valeurs africaines.
Le Président de la République insiste sur le fait que les morts, tous les morts dans nos sociétés ont droit au respect des vivants.
C’est pourquoi il demande aux autorités judiciaires déjà saisies de rechercher et de tout mettre en œuvre pour retrouver et traduire devant les tribunaux les auteurs de ces actes inqualifiables.
En attendant, le Président de la République s’incline à nouveau devant la mémoire de feue Hadja Nabintou Cissé et se tient aux côtés des familles Ouattara et Cissé en ces moments difficiles.
Désiré Tagro
Porte-parole
de la Présidence de la République
COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN BANNY
Mardi 20 Decembre 2005
Le patron de la transition, Charles Konan Banny était, hier, l’invité de la première chaîne de la télévision ivoirienne. Il est revenu sur les raisons du blocage dans la formation du gouvernement.
Question : M. le Premier ministre, il y a quelques semaines, vous étiez Gouverneur de la BCEAO, là où d’autres auraient attendu tranquillement leur retraite…
Charles Konan Banny :
Avant d’être Gouverneur, je suis Ivoirien. Et je ne sais pas s’il y a un citoyen qui, lorsque son pays est traversé par une crise aussi grave, aussi profonde refuserait de venir apporter son soutien, sa contribution au relèvement de son pays. En ce qui me concerne, je n’ai pas douté un seul instant. Je dis souvent qu’au chevet d’une mère malade, il n’y a pas de danse de sorcière à faire. C’est pour cela que sans aucune hésitation, sans avoir été candidat ni même avoir été consulté et lorsque j’ai écouté à la radio que les médiateurs avaient porté leur choix sur moi, je n’ai pas hésité à venir. C’est tous les fils de la Côte d’Ivoire qui doivent être en ce moment-ci au chevet de leur pays, de leur mère malade. C’est simple.
Q : Votre nomination a suscité, c’est sûr, beaucoup d’espoir. Les Ivoiriens attendent depuis quelques jours la formation du gouvernement pour s’attaquer aux problèmes qui sont nombreux et depuis, ce gouvernement n’arrive pas. Que se passe-t-il ?
CKB :
Vous venez de dire quelque chose de très important. Et je reviens un peu à votre question « Votre nomination a suscité beaucoup d’espoir ». Que n’auraient pas dit les Ivoiriens ? Et ils auraient eu raison si cet espoir patent avait été dissout par un refus. Donc, j’ai eu raison d’accepter. Maintenant, je sais qu’à côté de ce grand espoir, il y a une grande attente. Je peux d’ores et déjà dire à mes frères et sœurs ivoiriens que je ferai tout pour ne pas les décevoir. Surtout que les événements ne dépendront que de moi, et de moi tout seul. Je m’engagerais pour que notre pays sorte de cette situation difficile. Maintenant votre question est de savoir pourquoi depuis le 04 décembre que j’ai été nommé, le gouvernement n’est pas encore formé. D’abord, vous noterez que depuis cette période, je ne suis pas resté inactif. Dans la bonne tradition africaine, lorsque vous vous absentez aussi longtemps et que vous arrivez, il est de bon ton que vous alliez vous présenter aux concitoyens, ne serait-ce que pour les saluer, pour leur dire que vous êtes bien arrivé, en bonne santé et grâce à Dieu.
Ça été le premier geste que j’ai cru avoir posé pour saluer les uns et les autres. Il faut les remercier, remercier les compatriotes. Et surtout remercier tous les amis de la Côte d’Ivoire et les chefs d’Etat qui ont contribué à créer les conditions pour un nouveau départ de la Côte d’Ivoire. Je pense que c’était poli de le faire. Et je l’ai fait au nom des Ivoiriens et ils m’ont d’ailleurs fait savoir que c’était une bonne démarche. (…). Cette démarche m’a pris une semaine. J’ai commencé, dès la deuxième semaine, c’est-à-dire le 12 décembre, les véritables consultations en faisant d’abord une visite de courtoisie aux chefs de partis, aux leaders d’opinion de toutes sortes. Politique, social, religieux, ces leaders-là sont importants dans la conduite de l’action que je vais mener. Au milieu de la deuxième semaine, j’ai entrepris les consultations véritables avec les partis politiques pour aller vers la constitution de l’équipe.
Mais, peut-être que les Ivoiriens ne le savent pas. Je vais vous dire dans quel cadre ce travail se fait. Il se fait dans le cadre du respect strict des engagements pris. Quels sont les engagements pris par la Côte d’Ivoire ? Depuis trois ans que la Côte d’Ivoire est en crise, plusieurs accords ont été signés. Et le dernier, la résolution qui a été prise pour régir la présente période que nous traversons, nous renvoie aux engagements antérieurs. Et dit précisément, pour la constitution du gouvernement, que les accords de Linas Marcoussis, d’Accra III et de Pretoria demeurent les cadres appropriés pour le règlement durable de la crise ivoirienne. Et plus spécifiquement, pour la constitution du gouvernement, le Premier ministre est obligé de dialoguer avec les leaders de partis politiques pour constituer l’équipe. Quelle est leur part ? La part des leaders politiques.
Ils doivent me fournir des noms et sur ce point précis, j’ai indiqué à mes frères que je ne souhaiterais pas être dans la logique, non pas de Linas Marcoussis, mais de son application immédiate, Kléber. Vous vous souvenez qu’à Kléber, des portefeuilles avaient été attribués et des personnes désignées pour les occuper. Je ne souhaite pas être dans ce cadre-là.
Cependant, je suis obligé de m’adresser aux partis politiques pour que ceux-ci me produisent des noms. Comment vais-je donc concilier cela avec mon désir de ne pas me laisser imposer la logique de Kléber ?
J’ai donc souhaité que pour un poste, les partis politiques puissent me donner plusieurs noms pour me laisser la possibilité de choisir ceux que je considère les plus aptes à affecter dans cette tâche. Ça n’a pas été facile. Finalement, nous sommes dans ce processus-là. Donc, la deuxième semaine a été occupée à cela. Nous sommes au début de la troisième semaine.
J’espère que ce processus pourra être achevé et que je pourrais proposer, après avoir discuté avec les leaders, une équipe pour que le chef de l’Etat et moi regardions cela pour la proposer aux Ivoiriens. J’ai d’autres soucis. Je considère que c’est une occasion que nous ne devons pas rater pour faire en sorte que le gouvernement que nous allons présenter, les Ivoiriens puissent s’y reconnaître. Comment s’y reconnaîtraient-ils ? Parce que toutes les couches sociales du pays, en terme de genre, en terme d’âge et surtout la jeunesse qui est la majorité dans ce pays se retrouve, un peu dans ce gouvernement. Ce sont des préoccupations qui me tiennent à cœur. Et je ne suis pas sûr que ce soit facile pour les uns et les autres de satisfaire cette préoccupation-là. Je parle des leaders politiques. Alors, voyez bien.
Si j’avais eu la liberté totale, si je n’étais pas contraint par les accords que nous avons signés, croyez-moi, j’aurai déjà sorti le gouvernement depuis longtemps. Je ne sais pas s’il aurait été du goût de tout le monde, mais au moins, nous aurions eu une équipe. Voilà en gros les raisons qui font que les Ivoiriens pensent que nous avons des difficultés.
Q : Votre réponse nous indique qu’il y a des difficultés sur le terrain et avez-vous bon espoir d’arriver très rapidement à bout de ces difficultés et quand est-ce que va se tenir le premier Conseil des ministres ?
CKB :
Le premier Conseil des ministres se tiendra quand le gouvernement sera formé. J’ai bon espoir. Bon espoir parce que les partis politiques que j’ai rencontrés, la plupart que j’ai rencontrée, adhèrent au principe que je viens d’énoncer. Il y a, ici et là, des souhaits. En terme de nombre de portefeuilles. Mais ce sont là, des problèmes classiques. Donc j’ai bon espoir que nous parviendrons à former une équipe. Mais, je voudrais dire aux Ivoiriens que je comprends leur impatience tellement nous avons souffert. Qu’ils souhaiteraient que d’ores et déjà, l’équipe soit en train de travailler. Je comprends parfaitement cela. Je reçois ces inquiétudes et ces impatiences.
Je voudrais leur dire que quand je suis arrivé ici, le premier mot que j’ai prononcé, c’est que nous nous fassions confiance. Je leur demande de me faire confiance. Ce n’est pas facile et qu’ils sachent aussi que ce n’est pas facile. Quand je dis que ce n’est pas facile, c’est parce que je veux des consensus.
Mais, si on ne peut pas avoir de consensus autour des grandes lignes que j’ai indiquées, nous prendrons nos responsabilités. Mais je préfère que l’équipe qui ira à la recherche de la paix que les Ivoiriens s’y reconnaissent. J’ai bon espoir. Et maintenant, je ne peux pas vous dire, aujourd’hui, quand est-ce que le premier Conseil des ministres aura lieu. L’équipe n’est pas encore prête. Elle n’est pas loin d’être prête. Mais, j’y travaille et le Conseil aura lieu dès que le gouvernement sera constitué.
Q : Les problèmes sont nombreux et tout est urgent. Quelles sont les premières priorités de votre gouvernement ?
CKB :
D’abord, il faut que les Ivoiriens comprennent qu’il s’agit d’un gouvernement de mission : il faut préparer le pays à aller à des élections qui soient incontestées et incontestables. Il faut donc assurer le programme d’identification, s’assurer que le pays est réunifié et que le désarmement a lieu, voilà les grands axes de l’action que nous allons mener. Pour mener tout cela, nous avons notre démarche. C’est la démarche participative, c’est la persuasion, c’est la confiance. Et je compte me consacrer à cela. Au bout du compte, je souhaiterais un territoire libéré, libéré de toutes les armes y compris les armes du cœur, de la haine. Je souhaiterais que nous redevenions frères et que nous allions, chacun, en toute liberté, porter son choix sur ceux qui solliciteront notre suffrage. Ce sera l’action principale du Premier ministre.
Bien sûr, les ministres auront pour tâche de mener des politiques qui permettront à notre pays de se redresser économiquement. Mais, on ne le fera pas si on ne crée pas les conditions que je viens d’énumérer pour que la paix revienne. C’est la paix qui sera le moteur du redressement économique de la Côte d’Ivoire. Je veux me consacrer à cela par des méthodes participatives de persuasion. Mais, je dois dire aussi à mes frères ivoiriens que la recherche de la paix appelle aussi à la patience. Bien sûr que le délai est court face à l’immensité des problèmes. Moi, j’ai bon espoir ; mais je voudrais dire aux Ivoiriens que c’est notre œuvre à tous. Nous devrons tous réapprendre à vivre ensemble. C’est cela que nous allons faciliter pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés.
Q. : Chaque jour qui passe est un petit retard de plus que nous accusons et qui pourrait affecter les chances de réussite de votre mission. Dix mois, n’est-ce pas peu ?
CKB :
Je n’en sais rien. Dix mois, c’est trop. Parce que j’avais voulu que nous puissions aller dès demain, aux élections. Dans l’absolu, pourquoi il nous faut dix mois ? On peut dire que c’est trop, mais face aux difficultés que nous traversons, certains peuvent penser que c’est peu. Je vous signale, d’ailleurs, que moi, je suis là depuis quinze jours.
Le retard est imputable à l’ensemble des Ivoiriens qui n’ont pas été à mesure de désigner un d’entre eux pour assumer cette fonction, mais ça c’est une petite parenthèse. C’est pour cela que je souhaite que désormais, nous soyons à mesure de nous mettre autour d’un problème pour le résoudre, nous-mêmes. Donc, dix mois, c’est à la fois beaucoup et peu. Mais, ce que je peux vous dire, c’est que je suis dans l’esprit de quelqu’un qui souhaiterait que nous en sortions le plus rapidement possible. Je ne me fixe pas sur le délai.
Je sais que j’ai une période limite, mais à partir de là, rien ne nous interdit de terminer notre mission avant ce délai. En ce qui me concerne, je souhaite qu’on se mette au travail. Et je souhaiterais à tout égard, dire que le cadre de notre travail qui a été tracé par la résolution 1633 est clair et que nos compatriotes comprennent aussi que nous avons besoin du soutien de la communauté internationale en terme de redressement économique, de lutte contre la pauvreté, en terme de réhabilitation d’infrastructures, etc. Donc, c’est un vaste programme, il ne m’effraie pas. Ce qui me gênerait, c’est que les Ivoiriens ne puissent pas s’entendre. Sur ce qui, finalement, n’est pas l’essentiel.
Et que nous puissions perdre plus de temps sur les questions qui peuvent paraître politiquement essentiels, mais pour la Nation parce qu’en fin de compte, nous devons, tous ensemble, arriver à la paix.
Q. : Qu’attendez-vous de la communauté internationale ?
CKB :
Je voudrais d’abord lui dire merci pour le soutien qu’elle m’a apporté depuis les 15 jours que je suis à cette fonction. Ce soutien m’encourage. En deuxième lieu, je voudrais leur dire que la paix sera l’œuvre de tous.
Je disais tantôt que je ne suis pas un messie et que je suis un Ivoirien de bonne volonté qui est venu contribuer au relèvement de son pays, pour aider sa mère patrie malade à guérir ; mais je n’ai pas de remède miracle. J’offre aux Ivoiriens ma bonne volonté et mon engagement sans faille pour aider notre pays à se relever. J’ai conscience qu’en n’étant pas un messie, que c’est tous les Ivoiriens, chacun à son niveau, qui doit apporter son soutien tous les jours pour que la paix revienne. D’abord, il faut que nous réapprenions à vivre ensemble. Il faut donc que nous nous fassions confiance.
J’ai déjà indiqué que la crise est d’abord une crise de confiance. (…) Nous avons perdu beaucoup de temps. Mais, nous sommes dans un dernier virage. Donc je demande aux Ivoiriens de faire un dernier effort. Cette fois-ci dans la confiance retrouvée pour qu’ensemble nous allions ramener la paix. Et permettre à notre pays d’être digne. Digne de son destin car, pour moi la Côte d’Ivoire a un destin. C’est une terre de progrès, de prospérité et c’est notre devoir de faire en sorte que ce pays évolue conformément à son destin.
Je disais aux jeunes que mon souhait est que nous leur laissions trente ans de prospérité, de paix, car les hommes et les femmes de mon âge ont connu ces trente années de paix et de prospérité.
Il n’y a aucune raison que nous ne leur laissions pas plus que ces trente années de paix que nous avons eues. Et pour que ce progrès revienne, il faut que la paix revienne. Cette paix qui est l’autre nom du développement comme l’a dit Jean-Paul II. (…)
J’attends que cette communauté internationale continue de nous soutenir. Qu’elle nous aide à sortir de cette situation difficile économiquement et financièrement. Il va falloir reconstruire la Côte d’Ivoire. Les infrastructures sont dégradées, le système de santé est en difficulté. L’éducation également. Nous aurons besoin de la communauté internationale.
Et j’espère pouvoir participer à cela. Il faut aussi pouvoir lutter contre la pauvreté qui ne permet pas à un homme d’être digne.
Je crois que les Ivoiriens seront eux-mêmes les partisans de la dignité.
Source RTI
DECLARATION DU PARTI RDR DE M.ALASSANE OUATTARA RELATIVE A LA PROFANATION DE LA TOMBE DE SA MERE
Lundi 19 Decembre 2005
Dans la nuit du dimanche 18 au lundi 19 décembre 2005, aux environs de 4 heures du matin, des individus armés de kalachnikovs, ont fait exhumer par les gardiens du cimetière de Williamsville, sous la menace de leurs armes, la sépulture de la mère du Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara, Hadja Nabintou CISSE, qu’ils ont tenté d’emporter à bord d’un véhicule qu’ils attendaient à l’entrée du cimetière.
Grâce aux gardiens, qui se sont défaits des liens dans lesquels ils avaient été placés après l’exhumation du corps pour donner l’alerte dans le quartier avoisinant, les monstres n’ont pu assouvir leur dessein satanique.
La Direction du RDR rend hommage aux gardiens du cimetière de Williamsville, ainsi qu’aux jeunes et à l’ensemble des personnes qui se sont mobilisés de façon spontanée pour faire échec à cet acte ignominieux et odieux.
La Direction du RDR associe à cet hommage les Chefs religieux du Conseil National Islamique (CNI) et du Conseil Supérieur des Imams (COSIM), dont la diligence et la sollicitude ont permis de procéder à l’inhumation dans la dignité et le respect des exigences et des rites islamiques de notre regrettée mère, Hadja Nabintou CISSE.
La Direction du RDR marque sa profonde indignation face à l’acte barbare, bestial et sauvage défiant la raison humaine, que seule peuvent commanditer et exécuter des individus, sans foi ni loi.
La Direction du RDR entend donner la riposte appropriée à cet acte et, dès à présent, convoque un Bureau Politique extraordinaire ce jeudi 22 décembre 2005, à 15 heures au siège du Parti, en vue d’arrêter l’attitude à adopter.
Fait à Abidjan,
le 19 décembre 2005
La Secrétaire Générale
Pr. Henriette DAGRI-DIABATE
COTE D'IVOIRE / PROFANATION DE LA TOMBE DE LA MERE DE M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA LEADER DU RDR(OPPOSITION): declaration de l'ONUCI
Lundi 19 Decembre 2005
L’Opération des Nations Unies en Côte d’ivoire (ONUCI) a appris avec une vive émotion la profanation, dans la nuit du dimanche 18 au lundi 19 décembre 2005, de la tombe de feue Hadja nabintou Cissé, mère du Président du Rassemblement des Républicains (RDR), Alassane Ouattara.
L’ONUCI condamne avec la dernière énergie cet acte honteux qui contraste avec l’impressionnant élan de sympathie et de compassion venu de tous les horizons du pays lors de la disparition de la défunte.
L’ONUCI est prête à apporter son concours à toute enquête diligentée par les autorités ivoiriennes pour identifier et arrêter les auteurs de cette violation de sépulture en vue de leur comparution devant les tribunaux, conformément à la loi en vigueur.
L’ONUCI lance un appel à toutes les parties pour qu’elles fassent preuve de calme et de sérénité devant cet acte qui ne devrait pas les dévier du processus de paix et de réconciliation nationale.
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COTE D'IVOIRE / AVIS DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL DEMANDE POUR LA PROROGATION DU MANDAT DES PARLEMENTAIRES
Dimanche 18 Decembre 2005
Avis N° 2005-013/CC/SG du 15 décembre 2005 demandé par le Président de la République.
AU NOM DU PEUPLE DE COTE D’IVOIRE, LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL,
Vu la Constitution, en son préambule et en ses articles 29, 31, 32, 34, 48 et 59 ;
Vu la lettre du 15 décembre 2005 de Monsieur le Président de la République ;
Le Rapporteur entendu,
Considérant que, par la lettre susvisée, le Président de la République sollicite l’avis du Conseil constitutionnel sur le point de savoir si le défaut d’élections, dû à la situation de crise que connaît notre pays, entraîne la dissolution et la fin des pouvoirs de l’Assemblée nationale ;
Considérant qu’aux termes de l’article 59 alinéa 3 de la Constitution “les pouvoirs de l’Assemblée nationale expirent à la fin de la 2ème Session ordinaire de la dernière année de son mandat” ; que, conformément à cette disposition, le mandat de l’Assemblée nationale arrive à expiration le vendredi 16 décembre 2005 ;
Considérant que l’atteinte portée à l’intégrité territoriale de la Côte Ivoire, depuis le 19 septembre 2002, n’a pas permis la tenue élections dans les délais constitutionnels ;
Considérant toutefois qu’à défaut d’élections dans les délais, les pouvoirs de l’Assemblée nationale ne peuvent prendre fin sans porter atteinte à des principes et règles de valeurs constitutionnelles ; qu’il en va ainsi :
-de “la séparation et l’équilibre des pouvoirs” auxquels le peuple de Côte d’Ivoire exprime son attachement dans le préambule de la Constitution, la cessation des fonctions du Parlement pouvant rompre ledit équilibre ;
- de l’exercice de la souveraineté du peuple par ses représentants élus, tel que prescrit par les articles 31 et 32 de la Constitution, le Parlement par la cessation de ses pouvoirs ne pouvant plus exprimer la volonté du peuple ;
-de la continuité de la vie de la Nation, qui implique le maintien du Parlement, pouvoir public essentiel à la sauvegarde des valeurs démocratiques auxquelles le peuple de Côte d’Ivoire est attaché, comme il résulte du préambule de la Constitution ; c’est du reste dans cet esprit que l’article 59 alinéa 4 prescrit le renouvellement des membres de l’Assemblée nationale avant l’expiration de leur mandat ;
Considérant, par ailleurs, que l’article 48 de la Constitution a été mis en oeuvre par le Président de la République depuis le 26 avril 2005 ; qu’aux termes dudit article “l’Assemblée nationale se réunit de plein droit” et ce aux fins de contrôle des mesures pouvant être prises par le Président de la République ; qu’ainsi, aussi longtemps que l’article 48 sera en application, le Parlement demeure en fonction ;
EST D’AVIS,
Que l’Assemblée nationale demeure en fonction et conserve ses pouvoirs.
DELIBERE par le Conseil constitutionnel en sa séance du jeudi 15 décembre 2005,
Messieurs :
YANON Yapo Germain
Président
DEGNI-SEGUI René
Conseiller
AKENOU Abraham
Conseiller
KOUASSI Kouakou André
Conseiller
Madame BAROAN Agathe
Conseiller
Monsieur METAN Louis
Conseiller
Madame TAYORO Dominique THALMAS
Conseiller
Assistés du Secrétaire général du Conseil constitutionnel qui a signé avec le Président.
Le Secrétaire général
Le Président
BOSSEGNADOU Bossé
Zou-Kouba
Yapo G. YANON
EXPEDITION CONFORME
A LA MINUTE
Le Secrétaire Général
BOSSEGNADOU Bossé
Zou-Kouba
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU RASSEMBLEMENT DES HOUPHOUETISTES POUR LA DEMOCRATIE ET LA PAIX (OPPOSITION)
Samedi 17 Decembre 2005
De quoi avez-vous discuté cet après midi ?
Le RHDP s’est réuni en présence de ses quatre présidents pour faire le point de la situation et surtout de l’actualité marquée par la formation du Gouvernement de transition.
Là-dessus, on a harmonisé nos positions dans cette opération et surtout au soutien que nous apportons au nouveau Premier ministre pour l’aider dans sa tâche. Nous avons surtout analysé la situation de l’Assemblée nationale.
Le RHDP affirme sans ambages qu’à minuit, le mandat de l’Assemblée nationale prend fin. L’on nous apprend que le chef de l’Etat aurait utilisé l’article 48 de la Constitution pour reconduire le mandat des députés.
Cette décision, à notre niveau, est nulle et de nul effet. Conformément à la résolution 1633, il est le chef de l’Etat. Conformément aux accords de Pretoria, l’utilisation de l’article 48 devrait faire l’objet de négociations, de consultations avec le médiateur et avec les autres leaders qui n’ont pas été consultés. Nous ne nous sentons pas concernés par les conséquences de l’application éventuelle de l’article 48. Cependant, dans le fond, concernant l’avenir de l’Assemblée nationale, la Côte d’Ivoire étant régie par la résolution 1633, en son point 11, parle de la suite à donner aux institutions ivoiriennes.
Nous nous réservons le droit de nous réunir très prochainement pour que, en collaboration avec le GTI, conformément à cette disposition de la résolution 1633, nous nous retrouvions et que nous fassions des propositions quant à l’avenir de l’Assemblée nationale.
Mais ce qui serait pris par le chef de l’Etat en utilisant l’article 48 ne nous concerne pas.
Quelle est votre position sur la formation du gouvernement ?
Nous restons à la disposition du Premier ministre que chaque Ivoirien doit aider à réussir sa mission. Nous sommes en contact avec lui. Nous lui faciliterons la tâche. En tout cas, pour ce qui dépend de nous, pour que ce travail se passe dans de meilleures conditions. Pour que notre pays retrouve la paix.
Avez-vous une idée du nombre de portefeuilles C’est une question à laquelle doit répondre le Premier ministre et non le RHDP.
Ce n’est pas nous qui déterminons le nombre de ministre au sein du gouvernement. Adressez-vous au Premier ministre.
Que pensez-vous de la méthode Banny ?
Nous l’aiderons à trouver une solution quelle que soit sa méthode. Pourvu qu’elle porte des fruits. Une polémique s’est installée autour des ministères de l’Economie, la Défense et de la Sécurité.
Vous en avez parlé ?
C’est un sujet dont nous avons eu à parler avec le Premier ministre. Mais je pense que celui qui a la clé de ce dossier ne s’appelle pas RHDP. Il s’appelle Charles Konan Banny et il est Premier ministre.
Propos recueillis par Jean Roche Kouamé
COTE D'IVOIRE / CLOTURE DE LA QUATRIEME SESSION ORDINAIRE DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL / ALLOCUTION DU PRESIDENT DONA-FOLOGO LAURENT
Vendredi 16 Decembre 2005
Discours – Le Président du Conseil économique et social (CES) Laurent Dona Fologo a clôt la 4ème session ordinaire, le jeudi 15 décembre 2005, de l’Institution qu’il dirige. Il a saisi cette occasion pour prononcer un discours franc qui va faire date dans l’histoire de la Côte d’Ivoire.
Au moment où nous clôturons la dernière session de l'année 2005 de notre Assemblée, qu'il me soit permis de remercier toutes les Autorités politiques, administratives et du monde des affaires qui ont, de diverses manières, apporté leurs contributions au succès du programme que nous avions établi.
Je voudrais dire grand merci en particulier à Mesdames les Ministres Angèle Gnonsoa qui nous a entretenus sur la question de la biosécurité, dans un contexte où il est de plus en plus question des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) tandis que, chez nous, la dégradation avancée des villes, notamment celle d’Abidjan avec ses rues défoncées, ses ordures qui s’amoncellent, et la décrépitude des façades des maisons, font peser de graves menaces sur la santé publique ; quant à Madame la Ministre Clotilde Ohouochi, elle est intervenue sur la question de «l’implication des Conseillers Economiques et Sociaux dans la prise en charge des Handicapés », rappelant à cette occasion le rôle des Institutions de la République et de la société civile organisée dans l’œuvre de solidarité Nationale, surtout à l’endroit des plus vulnérables et des plus démunis dont la situation est particulièrement sensible avec la multitude de populations déplacées, en cette période de crise.
Nos remerciements vont aussi à Monsieur le Directeur Général de l’Organisme National de la Normalisation (CODINORN) ainsi qu’à Monsieur le Directeur Général des Impôts dont les exposés d’une part, sur les «Enjeux de la Normalisation» et, d’autre part sur l’intérêt et «l’importance de la Facture normalisée» nous ont instruits sur bien des aspects des problèmes économiques et sociaux de notre pays, nous permettant ainsi d’être bien armés sur ces questions de notre temps, afin de mieux remplir notre mission d’éveil et de relais auprès des populations. Ainsi, outre les travaux de nos commissions permanentes qui n’ont jamais cessé de fonctionner en cette même période, et qui ont porté entre autres sur des thèmes sensibles tels que :
1°) "La situation des Artistes et des Sportifs de haut niveau en fin de carrière" (dont certains cas, il faut bien le reconnaître, ne font pas honneur à la Nation dont ils ont porté bien haut le drapeau national)…
2°) "Comment tirer profit de l'expérience des cadres à la retraite pour le développement national" (ce sont les vieilles casseroles qui font les meilleurs sauces…certes, mais il faut céder à la pression des jeunes).
3°) "La question de l'insécurité en Côte d'Ivoire", (sujet d’une importante capitale, s’il en est..).
Tous ces thèmes ont été présentés par des personnalités hautement qualifiées et suivis de débats enrichissants qui feront l’objet de publication : «Les Etudes du C.E.S». Toujours au chapitre du bilan de la session qui s’achève, le Conseil Economique et Social a, par ailleurs, pris une part active à toutes les rencontres internationales impliquant les Conseils Economiques et Sociaux d’Afrique et du Monde. C'est ainsi que des groupes de travail mis en place par notre Institution ont eu à réfléchir sur deux thèmes particuliers de haute actualité :
1°) "Mondialisation des échanges au bénéfice de tous : quel rôle pour la Société Civile Organisée?"
(Bilan partiel sur la réalisation des O.M.D – Débats OMC à Hong Kong)
2°) "Statut de la femme dans le monde".
Ces deux rapports ont été présentés aux rencontres de l'Association Internationale des Conseils Economiques et Sociaux (AICESIS) tenue les 9 et 10 Juin 2005 à Paris, en France et d’Alger, fin Novembre.
Notre présence à ces sommets est toujours fort appréciée par nos collègues d’Afrique et d’ailleurs. C’est le lieu de dire notre infinie gratitude au Chef de l’Etat, le Président Laurent Gbagbo qui, malgré la situation difficile que vit notre pays, a toujours voulu et permis la participation de notre Institution à ces grands rendez-vous du donner et du recevoir, démontrant ainsi que la Côte d’Ivoire, malgré les coups de boutoir reçus de toutes parts, reste debout.
Ainsi, mes chers Collègues, malgré la grisaille générale qui empeste notre pays depuis plus de trois ans, vous avez tenu bon et abattu un travail remarquable. Je vous en félicite bien vivement. Au demeurant, en cette fin d’année, nous avons le sentiment que nos efforts ne resteront pas vains, au vu des lueurs d’espoir que permettent les indicateurs tout fraîchement apparus dans le ciel ivoirien.
En effet, Excellences Mesdames et Messieurs, Honorables Invités, lorsque la Communauté Internationale a demandé, dans la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité, un Premier Ministre «acceptable pour tous», nous ne devons pas cacher que nous étions bien inquiets tant il nous apparaissait difficile de trouver en Côte d’Ivoire une telle personne qui puisse contenter «tout le monde et son père», surtout en cette période où la méfiance et la haine le disputent à l’aveuglément et à la mauvaise foi. Nous avions dit, non sans ironie, qu’il nous faudrait un Marcien pour remplir une telle exigence…
Mais aujourd'hui, grâce aux efforts de cette Communauté et à la bonne volonté des Ivoiriens, tous assoiffés de paix, tout semble s'accorder sur la personnalité de notre compatriote choisi. Chez nos amis français, on dirait «le Beaujolais nouveau est arrivé», ou encore, plus loin de nous, dans le temps, «enfin Malherbes Vint »… Quant aux amis grecs, ils s’exclameraient «Eurêka» pour exprimer notre joie et notre soulagement !
En effet, de façon générale, à part quelques fausses notes provenant de personnes quelque peu désemparées et gênées, c’est dans un même carillon d’approbations que nos compatriotes et tous nos vrais amis ont salué l’arrivée du nouveau Premier Ministre «acceptable pour tous» comme convenu…AKWABA à notre nouveau Premier Ministre ! Oui, nous qui courons sans répit derrière la paix depuis plus de trois années, nous qui dénonçons sans réserve la descente aux enfers de notre pays où la population croupit sous le poids des pillages dans les zones occupées, de l’insécurité et du racket généralisé, où le chômage ne cesse de frapper dans les zones urbaines, accroissant ainsi le degré et le taux de pauvreté dans un pays qui ne connaissait pas ce mal cruel et insupportable, nous qui nous voulons, au Conseil Economique et Social, l’éveil et la voix de la Société Civile Organisée auprès des gouvernants, nous n’avons pas hésité à joindre notre modeste voix à celles de nos nombreux compatriotes pour exprimer, comme par un cri d’espoir, de confiance, voire de délivrance, l’arrivée de notre compatriote – «oiseau rare» s’il en est – à la Primature, afin de prier, comme tout le monde, pour la réussite de la difficile mais combien salutaire Mission de Monsieur Charles Konan Banny, avec le soutien du Président de la République élu.
Cependant, fidèle à notre marque de toujours dire vrai, sans hypocrisie et sans fard, nous disons à nos compatriotes que le Premier Ministre n’est ni un Martien ni un Lunaire mais bien un Terrien, je veux dire un homme comme vous et moi.
Il est, certes, bien armé des atouts de la bonne gestion et de la bonne gouvernance, ayant fait ses preuves dans les méandres de la haute finance africaine et internationale, mais ce n’est pas un sorcier et il ne fera pas seul les miracles du nettoyage et de la salubrité morale, que nous appelons de tous nos vœux, pour remettre les Ivoiriens en confiance et redonner le coup de manivelle salutaire à la machine économique grippée et à la cohésion sociale disloquée. Oui, «une hirondelle ne fait pas le printemps ». Il faut donc arrêter de supputer inutilement sur la manière dont a été désigné le Premier Ministre, ni disserter à l’envie sur qui a pesé davantage dans cette nomination.
De toutes les façons, ce qui nous arrive est bien de notre faute. La faute de ceux de nos compatriotes qui ont refusé de reconnaître le Président de la République et son autorité, allant jusqu’à tenter, par les armes, de le déposer. «Quand le mur est fendillé, l’araignée pénètre», c’est bien connu. Si l’Unité Nationale est une œuvre de longue haleine qui exige volonté et endurance, la réunification, après la division et la guerre, ont un prix que nous devons, à présent, tous payer pour aller à la paix. Notre souhait sincère et le plus ardent est que le Premier Ministre réussisse sa mission, d'abord par la composition d'un gouvernement digne de ce nom, c'est à dire une équipe soudée et composée de personnes intègres, compétentes, aimant la Côte d'Ivoire et qui ne viennent pas là pour servir et alimenter des chapelles politiques avec des arrières-pensées et des calculs politiciens de bas niveau, mais au contraire animées par la seule recherche de l’intérêt supérieur de la Nation ! C’est pourquoi, nous en appelons, une fois encore, au rassemblement, à la concorde, à l’entente dans la diversité autour de ce que nous avons baptisé «le duo gagnant», c'est-à-dire le Chef de l’Etat que les circonstances ont amené à poursuivre sa mission comme constitutionnellement prévu, et le nouveau Premier Ministre «acceptable pour tous».
C'est avec l'appui de tous, sans distinction d’opinions, ni d'origine ethnique ou religieuse que le nouveau Premier Ministre relèvera le grand défi qui est aussi le nôtre, celui d'une Côte d'Ivoire réunifiée dans la confiance et la paix retrouvées. Oui, les vœux du Conseil Economique et Social, sont que les Ivoiriens retrouvent la confiance entre eux, et redonnent confiance à l’Extérieur, et l'élément central de cette confiance retrouvée, c'est bien le Premier Ministre soutenu par la Communauté Internationale. Le Président de la République s'est engagé à lui faciliter la tâche, mais il faudra que tout le monde s'y mette en évitant que l'enthousiasme du début ne laisse la place trop tôt à la mauvaise foi et aux calculs égoïstes et partisans auxquels nous a, hélas, habitués la classe politique ivoirienne. Pour notre part, nul n'ignore l'engagement que nous avons pris et les efforts que nous avons personnellement déployés en Afrique comme à l'Etranger, à Lomé, Abuja, Adiss Abeba, New York, et j’en passe.
Le Conseil Economique et Social, se voulant légaliste et se faisant une haute idée de l'Etat et du respect du peuple, donc de la loi fondamentale librement adoptée le 23 Juillet 2000 par référendum, a cru de son devoir, aux côtés du Chef de l'Etat, garant de l'Unité nationale et de la Constitution, et se faisant par ailleurs l'écho de la Société Civile Organisée, de se battre pour un retour rapide de la paix et de la concorde dans notre pays. Cela l'a amené, parfois, à être l'objet d'incompréhensions de la part de certaines chapelles politiques, résolument braquées contre le pouvoir qui confondent, à notre sens, opposition politique et haine viscérale. Malgré ces obstacles divers, et conscient de l'intérêt supérieur du pays, notre Institution a poursuivi sa marche. C'est pourquoi, le Conseil Economique et Social se félicite aujourd'hui de la relative embellie qui apparaît enfin dans la grisaille qui n’a que trop duré, réussissant même à traumatiser nombre de nos compatriotes qui commençaient à désespérer.
Mais, «découragement n’est pas ivoirien», a dit le Sage. Et nous croyons toujours que Dieu a sa main sur la Côte d’Ivoire. En tout cas, notre vœu le plus fort, en cette fin d'année, est que l'ensemble des Ivoiriens, faisant fi de leurs rancœurs et frustrations, de quelque nature qu’elles soient, acceptent l'appel à la sagesse de la communauté Internationale. Celle-ci, sans avoir ni suspendu, ni abrogé, ni même amendé notre loi fondamentale, ce qui, au demeurant, n'est pas son rôle, nous invite tout simplement, pour sauvegarder notre souveraineté et retrouver la paix, à nous surpasser en acceptant, parfois la mort dans l'âme, les sacrifices et les efforts qui peuvent nous conduire à la paix. La paix ne doit pas être une utopie ni un rêve, mais une réalité, un comportement, disons-nous. Elle affecte les conditions de vie et l'existence même des populations.
C'est pourquoi nous disons qu'elle a un prix qu'il faut accepter de payer si nous voulons la libération et la réhabilitation de notre pays dans le concert des Nations. Du haut de cette tribune, pour avoir suivi l'itinéraire qui est le nôtre depuis le début de cette crise, et par la formation politique que nous avons reçue de notre Maître, le Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY, nous demandons à chaque Ivoirien, à chaque Ivoirienne d'accepter sa part de sacrifices. Il ne s'agit pas aujourd'hui de savoir qui a gagné, qui a perdu, ou encore «qui est le patron ?». Il s'agit de libérer notre pays, de «sortir des magnans» qui nous ont assez rongés et de retrouver notre place et notre image tant en Afrique que dans le reste du monde.
C'est cela l'essentiel. Bien sûr, aucune Nation n’est heureuse de perdre même une parcelle de sa souveraineté, mais, comme nous l'avons souvent dit et répété, depuis la chute du mur de Berlin et la dislocation du camp de l'Est, personne ne doute plus que ce sont les rapports de forces qui régissent le monde. De la souveraineté de certains pays faibles, il ne reste, bien souvent, plus que le nom, le drapeau et l’hymne national.
Partout, cette vieille maxime pleine de réalisme et de vérité, dénoncée il y a des siècles par le célèbre fabuliste Français Jean de la Fontaine, est aujourd'hui auréolée d'or et appliquée sans vergogne ni gêne aucune : «Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Oui, c'est tout simplement la règle de "deux poids, deux mesures" que les damnés de la terre doivent désormais comprendre. Selon que vous êtes puissant ou que le sol de votre territoire ou vos côtes maritimes regorgent de minerais précieux ou de pétrole, la bonne gouvernance et la démocratie peuvent attendre, la recherche des intérêts rendant sourd ou aveugle.
- Ici, tel dirigeant qui n'a jamais changé d'un "iota" son idéologie devient subitement fréquentable.
- Là, tel dragon peut conduire la démocratie à sa manière et à son rythme, pourvu qu'il commande force matériel roulant ou volant pour le bonheur du Budget du pays, vendeur, sanctuaire de Démocratie.
- Ailleurs, l'on peut organiser des référendums, des votes aux résultats annoncés dans des assemblées acquises pour tripatouiller la Constitution afin de se maintenir au pouvoir, pourvu que les richesses du pays prennent toujours les mêmes chemins pour parvenir aux mêmes caisses, pendant que les populations locales s'enfoncent, chaque jour davantage, dans la misère.
- Il y en a même qui, ironie des ironies, organisent, en ce 21ème siècle, des référendums pour savoir si leurs peuples décident de passer ou non au multipartisme…
- Enfin, plus près de nous, des Chefs d’Etat bien appréciés par nos «grands maîtres en démocratie», peuvent nommer tous les membres de «la Commission Electorale dite indépendante», pour organiser des élections aux dates voulues sans que leur crédibilité ne soit contestée par nos «Maîtres».
Evidemment dans tous ces pays "démocratiques", soutenus et aidés de par le monde, le Président élu, nomme, librement, et seul, son Premier Ministre. Celui-ci n'ayant pas besoin d'être «acceptable pour tous» peut être démis, à tout moment, de ses fonctions, et parfois même poursuivi en justice. Nous pourrions multiplier les exemples qui crèvent les yeux aujourd'hui et donnent raison au célèbre fabuliste français. «Amnesty International», «Reporters sans frontières», «Human Rights Watch» n'ont d'yeux que pour la pauvre Côte d'Ivoire qui, décidément, n'est pas un pays comme les autres, étant soumis à un traitement tout particulier, parce que, tout simplement, le pays est divisé et en guerre et que, peut-être, les assaillants de la République qui pillent à qui mieux - mieux, ont promis, s'ils parviennent au pouvoir, de revenir à la case départ, comme au bon vieux temps de Papa…
Mais le plus cruel, le plus triste, et le plus affligeant, c'est que cette entreprise de destruction est exécutée avec la complicité de quelques compatriotes assoiffés de pouvoir et qui applaudissent même lorsque des frères Ivoiriens tombent sous des balles assassines. Alors que faire? Démissionner devant la triste réalité de ce monde ? Sur qui compter aujourd'hui? Faire l'âne pour avoir le foin? Les damnés de la terre ont-ils d'autres choix? Voilà le débat que refuse d’ouvrir l'Afrique qui se réunit pour applaudir, chanter et danser quand apparaît le "Maître"… Où sont donc passés le courage, la dignité et l’honneur de nos ancêtres ?
Frères Ivoiriens, sœurs Ivoiriennes, voilà toute nue la triste réalité d’aujourd’hui que nous ne pouvons, pas, tous seuls, hélas, changer.
C'est pourquoi nous disons et répétons que l'engagement politique, la volonté de souveraineté ne doivent pas nous faire oublier le réalisme politique sans lequel nous sacrifierons notre peuple à la misère et à la souffrance. Le réalisme politique ne signifie pas la démission, mais au contraire l'amour vrai et responsable de son pays, car comme nous l'a appris le Père de la Nation, «on ne compte qu'avec ce qui existe.» Nous ne pouvons gagner contre tout le monde, y compris certains de nos propres frères transformés en véritables loups dans la bergerie. La justice, avec un grand «J» est une chimère pour les petits pays. A ce stade de notre histoire, nous ne devons viser que la paix et la réunification du pays en acceptant bien des sacrifices, et en nous rappelant cet autre enseignement du père qui nous recommande qu’«à défaut de la politique du souhaitable, il faut accepter celle du possible». Nous devons tous aller à la paix et cela doit guider nos actions et comportements, tous autant que nous sommes. C'est pourquoi, du haut de cette tribune, note cri de détresse, qui est aussi un appel à l’espoir serait incomplet si nous ne disions un mot à l’endroit de nos médias, car s'il y a un ton et des mots pour marquer notre désaccord, il existe aussi un autre ton et d'autres mots pour nous conduire vers la paix. Tant que nos médias continueront à mettre de l'huile sur le feu, attisant la haine, cherchant à humilier les uns au profit des autres, déversant, sans retenue ni pudeur, des ordures au vitriol pour salir et souiller davantage, elle n'aura pas encore trouvé le ton et les mots de la paix.
C'est pourquoi, le vieux journaliste que je suis, conjure ses jeunes confrères et tous les éditeurs à accepter une espèce de trêve de la plume et du verbe pour aller à la Paix. Oui, j’invite nos compatriotes, quels qu’ils soient, à renoncer résolument à ces interrogations empoisonnantes : «qui est le Patron ? » « Qui commande ? » « Duel ou Duo ? » Ce sont là des interrogations inutiles et vaines, porteuses de haine, de confusion et de division dont le pays a assez souffert. Au demeurant, qu’importe la réponse à ces questions ? Ce qui compte, c’est l’essentiel qui est de soutenir ceux qui ont la charge de nous redonner la paix en mettant fin aux souffrances d’un peuple qui ne mérite pas davantage ce châtiment. En temps de troubles, et lorsque le peuple vit de telles souffrances (chômage, insécurité, appauvrissement avancé voire difficultés à scolariser les enfants, à soigner nos malades et même à voyager librement), il n’y a pas de place, lorsqu’on est responsable et que l’on aime vraiment son pays, pour les mesquineries et les calculs politiciens destructeurs.
A défaut de la trêve politique que nous avions demandée en vain pour sortir des magnans afin de rebondir dans l’intérêt supérieur du pays, acceptons, au moins pour un temps, de taire le langage de la haine et des frustrations. Donnons toutes leurs chances à nos gouvernants pour réussir, avec le modeste soutien de chacun d’entre nous, leur noble et salutaire mission. Ainsi, rassurés, les Opérateurs Economiques, les partenaires au développement et les Bailleurs de Fonds, créateurs d’emplois et de richesses reviendront dans ce pays qui regorge de potentialités. Le Conseil Economique et Social est, pour sa part, décidé à jouer son rôle tant au niveau de la société civile qu'à celui de la République, afin que le train de la paix, péniblement mis sur les rails, puisse poursuivre sa route jusqu'à la gare de la confiance et de la prospérité retrouvées.
Notre Institution, persuadée que la sortie de crise n’est plus lointaine, s’apprête à apporter sa contribution au renforcement de la paix, par une croisade nationale et des caravanes de sensibilisation pour concrétiser le ‘‘vivre ensemble’’, «le pardon», c’est-à-dire le désarmement des cœurs et des esprits, l’oubli des frustrations et des offenses, seule condition pour retrouver une cohésion nationale véritable et durable. C’est sur ces mots d’espoir que je déclare close la quatrième session ordinaire 2005 du Conseil Economique et Social.
Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !
Président du CES,
Laurent Dona Fologo
COTE D'IVOIRE / NOMINATION D'UN GENERAL : M.KASSARATE
Vendredi 16 Decembre 2005
Commandant de la gendarmerie
Le nouveau Commandant supérieur de la gendarmerie nationale était tout fier hier d’arborer ses nouveaux galons de général de brigade, au Palais de la Présidence.
Le nouveau Commandant supérieur de la gendarmerie nationale était tout fier hier d’arborer ses nouveaux galons de général de brigade, au Palais de la Présidence. Un décret le nommait à partir du 1er décembre 2005 dans ce grade mais c’est seulement depuis hier qu’il est entré en application. Le colonel-major Kassarété Edouard qui, pendant cinq ans a été le commandant du Palais de la Présidence, avait remplacé il y a quelques mois le général de Brigade Touvoli Bi Zobo, à la tête de la gendarmerie nationale. Alors le général Touvoli Bi a été muté au palais comme chef d’état-major particulier du Président de la République.
Le Général Touvoli a pour sa part été promu général de division.
Auteur: Franck Armand ZAGBAYOU
COTE D'IVOIRE / M.BANNY PREMIER MINISTRE RENCONTRE L'UDPCI / DECLARATION
Vendredi 16 Decembre 2005
Le successeur de Seydou Diarra à la Primature multiplie les visites et consultations des formations politiques.
A l’issue d’une audience avec le président Albert Mabri Toikeusse, Charles Konan Banny lève un coin de voile sur le futur gouvernement.
Quel a été l’objet de votre visite à l’UDPCI ce soir ?
Ce matin, certains d’entre vous m’ont vu au siège du PDCI-RDA. Ceux qui se lèvent tôt, m’ont vu également chez le président du PDCI, le président Henri Konan Bédié. Cet après midi, je suis à l’UDPCI.
Tout ceci est l’expression de la concorde et de la confiance que nous recherchons pour réunir et renforcer les chances de succès de la mission difficile, mais exaltante et ô combien nécessaire qui nous a été confiée. Donc, l’objet de cette visite est exactement le même que celui de la visite que j’ai rendue au PDCI et de la visite que je rendrai au FPI. Vous savez que le président du FPI est frappé par un deuil. D’ailleurs à 19 h 30 (NDLR hier soir), je vais rendre visite au président Affi N’Guessan et avec lui, nous déciderons du moment où j’irai au FPI comme je l’ai fait au PDCI et à l’UDPCI. Hier (NDLR avant-hier), j’en ai parlé au docteur Alassane Dramane Ouattara qui lui aussi a été frappé par un deuil et dès que possible, j’ai également rendu visite au RDR.
Mais je ne m’arrête pas à ça. Je rends visite à tous ceux qui ont une opinion, qui sont leader ou pas d’opinion.
Il faut écouter tout le monde. La Côte d’Ivoire a besoin d’écoute. Les Ivoiriens ont besoin de s’écouter, de se comprendre. Je ne doute même pas. Il se comprendront parce qu’ils aiment tous ce pays et ce pays traverse une période difficile. Et nous devons tous nous mobiliser. C’est ce que j’essaie de faire.
J’espère que cette méthode participative nous permettra d’arriver à une solution qui est acceptable pour tous pour que les Ivoiriens réapprennent à vivre ensemble, à s’aimer.
Vous parcourez au pas de charges, les différents sièges des partis politiques. Est-ce à dire que d’ici la semaine prochaine, le gouvernement sera formé ?
Je crois effectivement. Il faut aller vite mais, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Vous pouvez avoir un gouvernement qui ne fonctionne pas. Parce que les Ivoiriens ne sentent pas ses membres comme leurs représentants. Nous voulons former un gouvernement dans lequel les Ivoiriens vont se reconnaître et qu’ils vont soutenir. Nous pouvons y arriver. Il ne faut ménager aucun effort. C’est la démarche qui est importante.
DECLARATION DE M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA LEADER DU RASSEMBLEMENT DES REPUBLICAINS
Mercredi 14 Decembre 2005
Après l’audience de 45 minutes que lui a accordée le Président Laurent GBAGBO, Président de la République , M. Alassane Dramane OUATTARA, a répondu aux questions des journalistes:
Pourquoi cette visite chez le Président Laurent GBAGBO ?
Les obsèques ont eu lieu ces jours-ci et le Président de la République a toujours été à mes côtés, par ses appels téléphoniques, par ses envoyés, par sa présence à nos côtés et avant de repartir pour quelques jours je voulais venir le saluer le remercier pour toutes ses marques d’attention, de sympathie et de compassion. Nous avons été très touchés par l’ambiance et l’atmosphère qui ont prévalu toute cette période avec les frères et les sœurs qui ont été avec nous.
Le Chef de l’Etat a été le premier parmi tous nos concitoyens à nous manifester ses condoléances. Je tenais à lui dire toute la gratitude de la famille Ouattara et de la famille Cissé. Merci beaucoup.
Avez-vous parlé de la situation politique ?
Non, c’est vraiment une visite de courtoisie post-funéraire et nous n’avons pas parlé de politique.
Vous partez quand M. le président ? Et vous revenez quand ?
Je pars dans quelques jours et je reviens dans quelques semaines.
CRISE IVOIRIENNE / AFFAIRE ASSASSINAT DE FIRMIN MAHE / MISE EN GARDE A VUE DU GENERAL PONCET EX-PATRON DES FORCES LICORNE EN COTE D'IVOIRE
Mardi 13 Decembre 2005
Le général français Henri Poncet, ancien patron de la force Licorne en Côte d'Ivoire, a été placé en garde à vue mardi à Paris après avoir été mis en cause dans l'enquête sur la mort par étouffement d'un civil ivoirien après son arrestation par des soldats français en mai 2005.
Il pourrait, selon une source policière, être présenté à la justice "rapidement", dans le cadre de cette affaire qui ternit l'image de l'armée française.
Son adjoint en Côte d'Ivoire, le général Renaud de Malaussène, a été entendu par la brigade criminelle mais n'a pas été placé en garde vue, étape précédant une éventuelle mise en examen (inculpation). Il était absent de la chaîne de commandement le jour des faits.
Devant les policiers, le général Poncet a nié, selon une source policière, avoir donné l'ordre, implicite ou explicite, qui aurait conduit à la mort de Firmin Mahé le 13 mai 2005.
Quatre militaires ont été inculpés le 30 novembre dans cette affaire, instruite par la juge d'instruction du tribunal aux armées (TAP) Brigitte Raynaud, chargée d'une information judiciaire pour "homicide volontaire".
Parmi eux, l'adjudant-chef Guy Raugel, qui a reconnu avoir étouffé Firmin Mahé avec un sac plastique, est poursuivi pour "homicide volontaire" ainsi que le brigadier-chef Johannes Schnier qui se trouvait aussi dans le véhicule blindé léger où l'homme a été tué.
Le colonel Eric Burgaud, inculpé de "complicité d'homicide volontaire", a mis directement en cause le général Poncet lors de sa garde à vue le 29 novembre, affirmant qu'il lui avait donné l'ordre implicite de tuer Firmin Mahé.
"Vous le remontez à Man (où se trouve l'hôpital, 570 km à l'ouest d'Abidjan). Vous roulez doucement. Vous me comprenez", aurait indiqué le général au colonel Burgaud après avoir appris la capture de Mahé, blessé à la jambe.
Entendu par la juge Raynaud le 7 décembre, le colonel Burgaud a confirmé ses déclarations précisant notamment: "quand un général trois étoiles dit à un colonel +vous roulez doucement, vous me comprenez+, il n'y a pas besoin de faire répéter les choses".
Le brigadier Lianrifou Ben Youssouf qui conduisait est poursuivi pour "complicité".
Firmin Mahé a été présenté par les militaires comme un "coupeur de routes", bandits de grand chemin responsable de meurtres et viols, ce que dément un avocat de la famille. Selon Me Fabien Ndoumou, Firmin Mahé n'était qu'un "citoyen ordinaire" qui participait à "l'autodéfense de son village, en aucun cas une milice" et "avait pour occupation de petits bricolages, de la plomberie, de l'électricité".
A partir du mois d'avril 2005, les "coupeurs de routes" étaient devenus la priorité des militaires français dans le cadre de leur mission de maintien de l'ordre sur la ligne de partage entre le sud et le nord, tenu par les rebelles des Forces nouvelles depuis leur tentative de coup d'Etat en septembre 2002.
Le général Poncet et le général de Malaussène avaient été suspendus mi-octobre à la suite de la remise d'un rapport d'enquête au ministère français de la Défense et de la révélation de l'affaire par le ministère.
Fait exceptionnel, les deux officiers avaient fait l'objet d'un blâme le 2 novembre, infligé par la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie.
La France maintient 4.000 soldats en Côte d'Ivoire dans la force Licorne, aux côtés de plus de 7.000 casques bleus engagés dans l'Opération des Nations unies dans ce pays (Onuci) pour empêcher une reprise des violences dans l'ancienne colonie française coupée en deux depuis septembre 2002.
Source AFP
COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DE S.E.JANIER AMBASSADEUR DE FRANCE EN COTE D'IVOIRE (SUITE)
Mardi 13 Decembre 2005
Les Ivoiriens ont l’impression et même le sentiment que les Français se ferment de plus en plus, comme toute l’Europe.Chaque pays, aujourd’hui, essaie de contrôler son immigration. Seulement, quand les Ivoiriens essaient de poser des actes, cela est monté en épingle et la Côte d’Ivoire est présentée comme un pays xénophobe avec un taux de présence de près de 30%.
Jamais les autorités françaises n’ont qualifié la Côte d’Ivoire de pays xénophobe et je m’en garderai bien. Car chaque pays a ses spécificités que nous respectons et encore une fois la France fait confiance aux Ivoiriens pour régler ce problème.
Vous évoquiez là une question très importante effectivement et qui mérite réflexion. Il y a aujourd’hui, un véritable problème d’émigration des pays plus pauvres et d’immigration dans les pays plus riches.
Et là-bas, le problème que cela crée avec le développement des moyens de communication et d’information : la télévision, le cinéma et les magazines, c’est l’attrait que les pays riches exercent sur les populations des pays pauvres. Et je pense que si c’était l’inverse, j’aurai moi le même sentiment que des Ivoiriens, des Tchadiens, des Maghrébins vis-à-vis des pays du nord qui apparaissent un peu comme un Eldorado.
A mon avis et là je parle à titre personnel, il faut que des deux côtés, on se parle et on essaie de réguler les flux. Aucun Etat au monde ne peut se permettre d’ouvrir ses frontières à tous les étrangers qui souhaiteraient venir s’installer chez lui. Le débat doit porter sur cette question.
Il y a eu des drames et vous le notifiez à juste titre. On a vu au Maroc, aux portes des enclaves espagnoles, des centaines, des milliers de ressortissants africains qui voulaient à tout prix aller en Europe, parfois même au prix de leur vie. Il faut régler ce problème à la satisfaction des deux parties. Cela ne sera jamais, comme tous les problèmes diplomatiques et internationaux, tout d’un côté et tout de l’autre. Vous avez cité aussi ce qu’on appelle dans la presse française, la crise des banlieues, qui est arrivée pratiquement au même moment. Ce n’est pas un hasard, mais une raison de plus pour alerter l’opinion publique française et les autorités françaises, il y a là un vrai problème qu’on ne peut pas laisser de côté et qu’il faut traiter.
Le Président de la République, M. Chirac a été interrogé là-dessus, le week-end dernier à Bamako, à l’occasion du Sommet Afrique-France et le thème du Sommet tombait à propos, c’était précisément : la jeunesse africaine. C’est elle qui est attirée vers l’Europe. Le Président de la République française a admis et a reconnu qu’il y avait là un problème. Il est peut-être exact qu’on ne l’a pas traité suffisamment jusqu’à maintenant, peut-être pas suffisamment tôt, mais aujourd’hui, je crois que tout le monde est déterminé à prendre le taureau par les cornes.
Va-t-on pour autant régler le problème par un coup de baguette magique? C’est bien compliqué. Il y a cependant une prise de conscience de l’existence du problème et il faut s’atteler à le résoudre ou à le régler dans les semaines ou mois qui arrivent.
Excellence, nous vous comprenons parce qu’on appelait Abidjan dans le temps petit Paris. Pour tous ceux qui ne pouvaient pas aller en Europe, à Paris, Abidjan était pour eux Paris. Aujourd’hui, vous redécouvrez qu’il faut se donner des lois pour endiguer l’immigration. En France, pour celui qui prend un conjoint français, s’ils vivent en France, il faut désormais quatre ans au lieu de deux ans pour avoir la nationalité française. Et s’ils vivent à l’extérieur, il faut cinq ans.
En Côte d’Ivoire on a demandé que celui qui prend un conjoint ivoirien puisse devenir ivoirien, électeur et éligible. C’est Pierre Mazeaud et Marcoussis qui donnent ces belles lois à appliquer intégralement et bêtement en Côte d’Ivoire. Ce sont autant de choses qui révoltent un peu les Ivoiriens
A Marcoussis, on a rien imposé aux parties ivoiriennes autant que je sache, moi je n’y étais pas. Mais l’accord dit de Marcoussis a été signé par l’ensemble des parties et on a reconnu à Marcoussis que l’une des problématiques de la Côte d’Ivoire, c’était le problème de l’identification et on s’est dit qu’il fallait le traiter. Et il y a eu débat en conséquence.
Mais les Français n’ont jamais cherché à imposer quoique ce soit. De toute façon, l’aurions-nous souhaité, et ce n’est pas le cas et ce ne sera jamais le cas. Il n’y a que les Ivoiriens qui peuvent régler ce problème d’identification. Les problèmes plus que d’autres qui touchent à la nationalité sont évidemment du ressort exclusif des nationaux de ce pays. Le problème d’identification, d’identité ou de nationalité, ne pourra jamais être résolu de l’extérieur. De même qu’en France, nous le disons, il existe un problème qui est apparu au moment de la crise des banlieues, nous le réglerons nous Français, parce que c’est un problème qui touche les Français. La question des particularismes des Français, de même la question de l’identité ou de l’identification en Côte d’Ivoire, aucune des situations ne ressemble à une autre.
Et vous me le disiez pour ce qui est des chiffres, des pourcentages, la Côte d’Ivoire effectivement représente un cas particulier. Mais il doit être traité par des Ivoiriens. Il n’ y a pas de solution globale ou générale. Et en France, le gouvernement l’a dit, le Président de la République s’est exprimé à Paris et à Bamako, le gouvernement va s’attacher à essayer de résoudre ou de clarifier cette situation le plus rapidement possible.
Excellence, l’un des points de friction entre les Ivoiriens et votre pays aujourd’hui, c’est le problème de la délivrance des visas. Vous avez dit qu’aucun pays au monde ne peut laisser entrer tous ceux qui veulent y entrer. Lors des deux matches amicaux des Eléphants contre la France et l’Italie, on a demandé des visas pour des journalistes de Fraternité Matin, de la Télévision, de la Radio : ces visas ont été refusés.
Il y a par ailleurs le cas de personnalités à qui on a refusé le visa pour avoir tenu des propos pas toujours favorables à la France. Ce sont des actes qui ternissent, à notre sens, l’image de la France qui doit être un grand pays.
Cela ne grandit pas la France et ce n’est pas mon état d’esprit. Je peux vous le dire. Vous parliez de régler des comptes, je ne suis pas du tout dans cet état d’esprit ici , moi l’ambassadeur de France à Abidjan. La délivrance des visas, elle obéit à un certain nombre de règles techniques.
Vous savez qu’il s’agit maintenant de visa Schengen. Quand vous demandez un visa par l’ambassade de France, il vous permet de circuler parmi tous les partenaires du système Schengen. Cela alourdit les procédures parce que quand vous êtes en possession d’un visa pour la France, vous pouvez entrer en Allemagne, en Italie, en Espagne, etc. Il y a tout un système de concertation qui doit être mis en place ; il alourdit les procédures et souvent allonge les délais. Les critères, et je suis attentif à mon niveau, sont techniques et non politiques. Ces critères sont techniques et ils obéissent à un certain nombre de règles fixées par l’ensemble des partenaires de l’espace Schengen.
Et toutes les ambassades de ces pays sont soumis au respect de ces critères pour la délivrance des visas. Cela explique que tous les demandeurs de visas ne sont pas systématiquement et tous satisfaits. Il y a un dossier à constituer et quand il manque une pièce à ce dossier, il n’est pas recevable.
Excellence, pour des personnalités comme des journalistes, des députés et des ministres qui sont habitués aux voyages en France et même en Europe , ne faut-il pas imaginer des aménagements pour éviter qu’à chaque voyage, ces personnes soient obligées de venir faire le pied de grue ? On pourrait par exemple comme c’est le cas avec l’ambassade des Etats-Unis leur donner un visa de longue durée, qui leur permet de partir et de revenir chaque fois qu’elles en ressentiront le besoin.
Je suis pour explorer cette voie mais la solution idéale pour moi, c’est de s’y prendre tôt pour la demande des visas pour être sûr de l’avoir. Chaque pays a ses règles mais pour le pays que vous citez en exemple, les Français se plaignent des difficultés qui leur sont faites pour se rendre dans tel Etat ou tel Etat et elles contrastent avec la situation d’avant le 11 septembre 2001.
Il nous arrive aussi de nous plier aux règles ivoiriennes et je dis à mes proches, en dépit de mon statut d’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, de commencer au plus tôt leurs démarches de visas pour venir en Côte d’Ivoire.
Il peut y avoir des cas particuliers qui peuvent être traités par le biais de Jacky Cuzzi qui est sollicité très régulièrement, et moi-même bien que je dise à mes interlocuteurs qu’il n’est pas marqué sur ma porte : service de visas, il m’est arrivé deux ou trois fois de demander qu’on facilite la délivrance des visas. Les problèmes de terrorisme, d’insécurité, d’immigration font que depuis quelques années, les systèmes de procédures de délivrance de visas se sont alourdis. Mais pas seulement pour la France.
Il existe des pays où c’est pire.
Au plan politique, la France en se fermant aux étudiants, n’est-elle pas en train de les orienter vers des pays comme la Grande-Bretagne, vers les Etats-Unis. Ce sont eux les décideurs de demain.
On ne peut pas dire que la France se ferme aux étudiants, mais il y a un contrôle plus strict aujourd’hui qu’il n’en a été peut-être concernant la délivrance des visas aux étudiants. Nous avons reçu de Paris des instructions pour ne délivrer des visas qu’aux étudiants dont on est sûr qu’ils ont le niveau pédagogique pour suivre des études normales en France et dont on est sûr qu’ils obtiendront un diplôme dans un laps de temps raisonnable. Cette mesure a pour avantage d’éviter d’accueillir des jeunes qui viendraient en France avec l’idée sincère de faire des études mais qui vont se heurter à des problèmes universitaires qu’ils n’avaient pas imaginés.
Excellence, en dépit de toutes les récriminations contre la France, peut-on avoir une idée du nombre de visas délivrés ?
Au consulat de France, en 2004, on a délivré plus précisément 17000 visas. Qui dit mieux ?
Le nouveau Premier ministre vient d’être nommé et selon la rumeur, sa nomination serait le fruit de la pression de la France dont il serait le champion. Il se dit aussi que c’est vous qui auriez porté la nouvelle au président du PDCI, M. Henri Konan Bédié. Qu’attendez-vous de ce nouveau Premier ministre ?
Quant au choix à Paris, je pense que c’est une plaisanterie parce que tous les Ivoiriens ont pu suivre comme vous et moi tout le processus de désignation du Premier ministre. Les visites successives des ministres des Affaires étrangères, des Présidents. La France n’avait pas à intervenir dans ce processus à quelque niveau que ce soit. Parce que j’imagine mal les Présidents Obasanjo, Mbeki ou Tandja aller demander aux Français de leur indiquer le nom d’un Premier ministre. J’ai trop de respect pour eux pour imaginer qu’ils aillent le demander ou qu’on cherche à leur imposer le nom d’un Premier ministre.
Le lobbying, ça existe ?
Le lobbying, c’est privé. Le lobbying au niveau des Etats, je ne crois pas. En diplomatie, il n’y a pas de lobbying. La désignation du Premier ministre, le porte-parole du Quai- d’Orsay s’est exprimé là-dessus , dès le lendemain et il y a eu également une déclaration de l’Union européenne. Nous nous réjouissons que les Ivoiriens aient pu se donner un Premier ministre accepté pour tous alors qu’au début, on disait acceptable pour tous.
Un Premier ministre accepté par tous, c’est l’idéal, sans jamais nous substituer aux Ivoiriens, mais nous constatons avec une grande satisfaction que tous les partis politiques de Côte d’Ivoire ont dit qu’ils acceptaient la nomination de M. Konan Banny et qu’ils étaient prêts à travailler avec lui.
Nous avons souhaité dans une déclaration plein succès au Premier ministre et nous avons dit à toute la Communauté nationale ivoirienne que la Communauté internationale et la France en tant que membre de ladite communauté internationale, était disposée à tout mettre en œuvre pour réunir les moyens et toute l’aide nécessaire à l’accomplissement de la mission du Premier ministre durant les onze mois à venir.
Car notre vœu le plus ardent est que les Ivoiriens sortent de la crise par des élections qui puissent garantir la paix, la sécurité, la stabilité et la prospérité en Côte d’Ivoire.
Une autre information parue dans la presse a fait état de la saisie de l’un des avions du Président ivoirien sur un des aéroports de Paris avec à son bord une somme de 5 ou 25 milliards. Quelle la vérité sur cette question ?
J’ai lu cette information dans la presse parce que je n’en ai jamais entendu parler par les autorités françaises. Je les ai interrogées à ce sujet et la réponse est très claire, aucun avion de la flotte présidentielle ne s’est posé sur un aéroport parisien aux dates qui avaient été citées par la presse et l’information vient de la gestion des aéroports en France, donc elle est définitive et très précise et les douanes françaises ont répondu de façon aussi claire qu’il n’ y a jamais eu de saisie de somme d’argent de cette importance venant de Côte d’Ivoire dans les derniers mois.
Je peux donc après avoir interrogé les services compétents en France, démentir très clairement et catégoriquement cette information. Elle est fausse. Il n’ y a jamais eu d’incident de ce genre depuis plusieurs mois.
En tant que journaliste aujourd’hui dans les fonctions d’ambassadeur, quel regard portez-vous sur la presse ivoirienne ?
J’ai reçu une formation de journaliste parce que je suis diplômé de l’école de journalisme de Lille mais je n’ai jamais été journaliste parce que je n’ai jamais exercé le métier de journaliste sauf pendant les stages à l’école de journalisme. J’ai retrouvé ici 17 ou 18 anciens de l’école de journalisme de Lille et nous avons fondé l’association des anciens avec des noms prestigieux comme MM Dona-Fologo ou Miremont, deux anciens journalistes et responsables de Fraternité Matin, et je me propose de vous rendre une visite à Fraternité Matin.
De savoir que Dona-Fologo et Miremont sont les pères fondateurs de cette maison, cela m’attire. Le regard sur la presse ivoirienne a été un point important de la conférence de presse de MM Schori et Adeniji , à l’issue de la deuxième réunion de travail du GTI. Loin de moi, l’idée de généraliser les choses surtout quand je parle aux gens de Fraternité Matin. Mais, il y a certains organes de la presse ivoirienne qui ne contribuent pas au retour de la confiance et de la stabilité dans ce pays. Et le message que je leur adresse, c’est de faciliter la réconciliation et le dialogue national en Côte d’Ivoire, s’ils se considèrent vraiment comme des journalistes. Qu’ils mettent un point d’honneur à s’approprier la déontologie du journalisme, parce que la presse perçue aujourd’hui comme un quatrième pouvoir, ne doit pas être dévoyée de ses missions et objectifs.
Les journalistes, les vrais, doivent se persuader qu’ils détiennent un grand pouvoir d’information, de persuasion mais peut-être aussi de nuisance. Ce dernier pouvoir de nuisance qu’ils se gardent d’utiliser.
Interview réalisée par
Jean-Baptiste Akrou et Franck A. Zagbayou
COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DE S.E.ANDRE JANIER AMBASSADEUR DE FRANCE ENC OTE D'IVOIRE
Lundi 12 Decembre 2005
CRISE IVOIRIENNE, PRÉSENCE MILITAIRE EN AFRIQUE... L’AMBASSADEUR DE FRANCE S’EXPLIQUE
Fratmat
André Janier, l’ambassadeur de France, dans cette première partie de l’interview, parle des relations entre la France et l’Afrique et des soldats français.
Excellence, vous êtes le 3e ambassadeur que votre pays accrédite près la République de Côte d’Ivoire depuis le déclenchement de la crise. Quel commentaire cela vous inspire?
Il n’ y a pas de commentaire particulier, parce que c’est dans l’ordre des choses. Vous savez qu’en moyenne, quelle que soit sa nationalité, la mission d’un ambassadeur, comme c’est le cas en France, dure plus ou moins de trois ans.
Mon prédécesseur est resté à peu près trois ans. Le prédécesseur de mon prédécesseur a fait pour les raisons que vous connaissez un peu, moins de trois ans. Il se trouve qu’avec la Côte d’Ivoire, les choses sont un peu particulières parce que les deux premiers ambassadeurs de France MM Raphaël Leygues et Michel Dupuch, sont restés respectivement 15 ans pour le premier et 11 ou 12 ans pour le second, mais ce n’est pas la règle.
Comme vous faisiez remarquer que je suis le 3ème ambassadeur de la France depuis le déclenchement de la crise, cela est quelque peu dans l’ordre normal des choses. Moi, je suis arrivé au mois d’août et j’ai pris mes dispositions pour rester plusieurs années en Côte d’Ivoire. Et comme je me rapproche de l’âge de la retraite, si on me laisse un peu plus longtemps que 3 ans, je la prendrai en Côte d’Ivoire. Et je partagerai avec tous les Ivoiriens le retour de la paix, de la stabilité et de la prospérité.
Un journaliste français avait écrit que votre prédécesseur Gildas Le Lidec avait été affecté ici pour mettre le Président Laurent Gbagbo en confiance vis-à-vis de Paris. Vous, quel mandat, vous a-t-on été assigné, puisque vous êtes arrivé dans une période assez difficile ?
Mes autorités ne m’ont pas donné une mission particulière autre que celle de représenter les intérêts de la France en Côte d’Ivoire, celle de développer le contact quotidien avec les Ivoiriens, en particulier les autorités ivoiriennes qui sont les interlocuteurs attitrés du gouvernement français, mais aussi la société civile. De plus en plus aujourd’hui, les ambassades multiplient les contacts avec toutes les composantes de la société et de l’opinion publique. Au total, je dois m’employer à perpétuer les bonnes relations générales qui lient les deux pays et les deux peuples.
Vous venez de définir les missions traditionnelles d’un ambassadeur en temps de paix. Il n’empêche que nous sommes dans une situation de crise, vous êtes arrivé après les événements terribles de novembre 2004. Indéniablement, il y a des recommandations particulières qui vous sont faites ?
Il n’ y a pas nécessairement des recommandations concernant la Côte d’Ivoire qui m’ont été faites. Non ! Vous parliez des événements de novembre, ils ont effectivement touché la communauté française en Côte d’Ivoire. A ce sujet, on m’a recommandé la vigilance, une grande sollicitude à l’endroit de la communauté française pour qu’elle ne soit plus en difficulté dans ce pays. Vous mentionniez tantôt la présence de la Force Licorne en Côte d’Ivoire, bien qu’elle ne soit pas la seule force étrangère et que la Côte d’Ivoire ne soit pas le seul pays au monde et en Afrique où à la demande des autorités, les forces françaises stationnent. Il est tout de même particulier dans la mission d’un ambassadeur de gérer des contacts au quotidien avec nos militaires. Mais comme vous le savez, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France ou de France en Côte d’Ivoire, est le représentant du Président de la République. A ce titre, il est également le représentant de tous les ministères.
Excellence, il y a eu tout au long de la crise, de nombreuses accusations. On a accusé souvent la France d’être partie prenante dans le conflit, alors qu’elle pense qu’elle a toujours été là pour éviter aux deux groupes d’aller à une déflagration beaucoup plus importante. De plus en plus de journalistes et des intellectuels français soutiennent que la France est en train de perdre l’Afrique. Comment vous interprétez toutes ces accusations ? La France est-elle vraiment en passe de perdre pied en Afrique ?
Vous êtes un journaliste, c’est normal. Et vous utilisez des termes journalistiques qu’on lit dans les journaux tous les jours et qu’on jette un peu à la face de l’opinion. Nous autres diplomates ou représentants politiques, nous n’utilisons pas ce langage en France ou en Côte d’Ivoire ou encore ailleurs. On va aller dans notre argumentaire du général au particulier. Vous disiez que la France est en train de perdre l’Afrique.
La France depuis la décolonisation n’a jamais imaginé qu’elle avait l’Afrique. Les pays africains sont des partenaires parmi d’autres de la France, des partenaires particuliers et cela des deux côtés, on le reconnaît, compte tenu des nombreux liens géographiques, historiques, économiques et humains.
(J’insiste surtout sur le terme humain parce que je pense que, c’est le plus important) qui unissent la France au continent africain en général et à certains pays africains encore plus proches que d’autres en particulier. L’environnement évolue partout dans le monde. Nous vivons aujourd’hui la mondialisation et les relations qui lient la France à l’Afrique et à certains Africains doivent évoluer en fonction de l’évolution générale du monde.
La France est –elle disposée à aller raisonnablement à ce changement ?
Il y a un débat actuellement en France pour voir comment adapter la spécificité des relations franco-africaines à la situation présente. La France a comme préceptes de respecter partout la souveraineté de ses partenaires, par ailleurs de ne pas s’ingérer dans leurs affaires intérieures et cela vaut aujourd’hui pour l’Afrique comme pour n’importe quel autre pays du monde. Il y a une présence française plus importante en Afrique que dans la majorité des autres pays. Aujourd’hui à Paris, on réfléchit de façon tout à fait transparente parce que c’est un débat public qui a lieu dans l’opinion et à l’Assemblée nationale, comme il se doit, à la façon d’aménager les relations franco-africaines pour tenir compte de la nouvelle donne. On parle de façon spécifique de la présence militaire en Afrique.
Cette volonté de changement va-t-elle prendre aussi en compte la question de la présence militaire française de plus en plus décriée sur le continent ?
Le débat est de savoir si la France doit conserver le même dispositif militaire, à la demande de ses partenaires africains ou compte tenu de l’évolution de la conjoncture, l’adapter à la situation. En l’absence d’une décision officielle française, je crois comprendre que c’est évidemment la seconde solution qui est privilégiée et que la France aujourd’hui va réduire le nombre des pays où elle est présente militairement et elle va orienter son assistance en direction du soutien d’une force africaine de maintien de la paix ou d’intervention en cas de conflit.
Ce soutien ne saurait être exclusivement français mais un soutien européen aux forces africaines. Car de plus en plus, nous sommes d’accord avec nos amis africains qu’il revient aux Africains de travailler au maintien de la sécurité, de la stabilité sur le continent. Et nous serons là pour les aider en cas de besoin, s’ils le souhaitent ou s’ils le demandent, à travailler à ce maintien.
Vous avez dit qu’un des préceptes de la politique étrangère de la France, c’est le respect de la souveraineté des pays, qui exalte une politique de non –ingérence dans les affaires intérieures des Etats. Mais la situation de la France dans la crise ivoirienne est inconfortable : les rebelles lui reprochent d’avoir empêché leur progression vers Abidjan pour cueillir le pouvoir d’Etat. Le camp présidentiel la rend responsable de l’échec de l’opération “ dignité ” de novembre 2004, qui était un succès assuré. Et qui aurait permis la réunification du pays. La France a la manie de ne point se décider, de n’opérer aucun choix définitif et de se retrouver en pleine eau. Ce comportement hybride et même sibyllin fait perdurer la crise selon tous ceux qui pointent un doigt accusateur sur la France. Dans quelle direction se propose-t-elle d’aller aujourd’hui ?
Ce sont deux questions jumelées. La France n’a pas pris le parti d’être partie prenante en Côte d’Ivoire. Le fait d’être convaincu de parti pris par les deux parties au conflit, est la preuve évidente que la France ne prend pas parti. La France est neutre dans le conflit ivoirien et croyez-moi, c’est sa ligne de conduite. La Force Licorne a mandat des Nations unies pour être présente en Côte d’Ivoire, en soutien aux forces de l’Onuci. C’est la mission que lui a assignée la résolution du Conseil de sécurité. Et la mission de Licorne prendra fin dès que sera achevée celle des forces de l’Onuci.
Excellence, le problème de Licorne est qu’elle ne prend pas ses ordres de la hiérarchie de l’Onuci à laquelle elle est une force de soutien. Les éléments de Licorne reçoivent leurs instructions de leur propre hiérarchie.
Le plus important, c’est la mission. La Licorne comprend des soldats français qui reçoivent directement leurs ordres des sous-officiers et officiers français. De même que les hommes des contingents du Bangladesh ou du Ghana reçoivent directement leurs ordres des sous-officiers et officiers bangladeshi ou ghanéens. Ce qui est important, c’est la mission qui n’est pas définie par les autorités françaises mais la résolution du Conseil de sécurité. Les responsables de l’Onuci et Licorne se côtoient au quotidien. Le général Fall pour l’Onuci et Irastorza pour Licorne, se voient, se parlent, se réunissent plusieurs fois par jour. Et il n’ y a pas d’ordre et de mission spécifique à Licorne par rapport à l’Onuci. D’ailleurs dans la presse, on parle de forces impartiales au pluriel, c’est dire qu’on ne fait pas de distinction entre telle ou telle nationalité des militaires ici.
Il n’empêche que dans une récente déclaration à la presse, le président de la Commission de l’Union africaine Alpha Oumar Konaré a fait remarquer que la France doit cesser de se comporter en “ Gendarme de l’Afrique ”. Cet ancien chef d’Etat sait de quoi il parle.
S’il l’a dit, c’est qu’il le pense. Alpha Oumar Konaré est un ancien Chef d’Etat, il est le président de la Commission de l’Union africaine, donc je suis certain qu’il sait de quoi il parle. Aujourd’hui, la France ne se considère pas comme le gendarme de l’Afrique. Elle est en accord avec M. Konaré qui dit qu’il ne faut plus qu’elle le soit si elle l’a jamais été. Aujourd’hui, je vous confirme qu’elle ne l’est pas ou qu’elle ne se considère pas comme tel. Et moi qui suis le représentant du gouvernement français en Côte d’Ivoire, je puis vous affirmer de la façon la plus claire que la force Licorne ne doit pas être considérée en Côte d’Ivoire comme un quelconque gendarme. Je le répète, la force Licorne est en Côte d’Ivoire et agit strictement selon le mandat qui lui a été confié par le Conseil de sécurité.
L’affaire Mahé fait grand bruit en France or, ce monsieur reste un illustre inconnu dans notre pays. Les Ivoiriens se demandent s’il était de la mission de Licorne d’aller étouffer un coupeur de route. Si la Licorne avait reçu pour mission d’aller tuer des manifestants aux mains nues devant l’Hôtel Ivoire ?
Ce qui est caractéristique et ce sera une partie de ma réponse, ici vous évoquez l’affaire Mahé, en France quand vous lisez la presse, on parle de l’affaire Poncet. Cela est significatif.
Mais dans l’affaire Poncet, on ne parle que de Mahé ? il y a eu des affaires comme les événements de Novembre et la tuerie de l’Hôtel Ivoire dont on ne parle pas.
Pour ce que vous qualifiez de tueries devant l’hôtel Ivoire, je ne me sens pas en mesure d’en parler parce que je n’étais pas là. Je ne sais pas ce qui s’est effectivement passé. Je pense qu’il y a eu des commentaires et des explications à ce sujet et je suis tenu de m’en tenir à cela. Je ne suis pas compétent pour parler de cette affaire, à moins de demander à mes autorités de me fournir des éléments de réponse. L’affaire Mahé et l’affaire Poncet, je ne sais comment elle s’est passée mais j’étais là quand elle a émergé dans la presse, dans les opinions publiques ivoirienne et française. La mission de la force Licorne, évidemment n’est pas d’étouffer un coupeur de route et vous devez savoir qu’il y a plusieurs militaires français qui ont été démis de leurs fonctions parce qu’ils avaient sans doute outrepassé leurs missions et commis une faute répréhensible. Les soldats ont outrepassé leur mission et les autorités françaises sont en train de les répréhender. Si, et je pense que vous noterez en bonne place dans votre journal, dans tous les pays du monde, chaque fois qu’un ou des militaires outrepassaient leur mission et leurs fonctions, ils étaient démis de leurs fonctions et punis, le monde s’en porterait beaucoup mieux.
Excellence, quelle preuve de transparence la France veut-elle donner aux Ivoiriens inquiets quand elle monte en épingle l’affaire Mahé alors qu’elle condamne au silence les événements et la tuerie devant l’Ivoire, qu’une chaîne de télévision privée française Canal + Horizons a diffusée, et où la responsabilité de Poncet est largement engagée sans oublier l’affaire des boîtes noires des Sukkoï qu’elle a confisquées. ? C’est sur ces sujets d’importance que les Ivoiriens veulent apprécier la grandeur et la volonté de transparence de votre gouvernement.
Une fois de plus, je ne peux ni ne veux parler des événements qui se sont produits en mon absence. Pour le reste, il faut interroger les prédécesseurs. Pour l’affaire Poncet et Mahé, voilà ma réponse, elle est claire. Et à Dieu ne plaise s’il se passe d’autres événements en ma présence, revenez me voir et je ferai des réponses aussi claires.
La récente vague de violences en France a amené votre gouvernement à resserrer les conditions d’immigration et d’intégration en France. Au même moment, on reproche à certains pays dont la Côte d’Ivoire de pratiquer la xénophobie. Et à Marcoussis, on se rappelle que l’un des principaux points des discussions, c’étaient les conditions de vie et des séjours des étrangers en Côte d’Ivoire. N’avez-vous pas l’impression que la France est un peu trop dure avec la Côte d’Ivoire surtout que la France elle-même qui a inspiré Marcoussis et ses résolutions est en train de se barricader ?
Je vous laisse assumer votre expression ( la France se barricade). Tout à l’heure, j’invoquais le principe de la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats. On parle en Côte d’Ivoire des problèmes d’identité, d’identification, etc., mais vous remarquerez que jamais nous n’avons fait de commentaires là-dessus. C’est une affaire ivoirienne qui doit être réglée par les Ivoiriens. Nous souhaitons et nous encourageons, de façon amicale, les Ivoiriens à régler cette question le plus rapidement possible.
Le général Irastorza a parlé du problème de l’identification, il y a peu, et on s’est demandé à quel titre il le faisait ? A part lui, de nombreux Français se sont saisis de cette question d’ailleurs ?
Le général Irastorza a évoqué la question dans le cadre de la mise en œuvre du chronogramme DDR qui a été établi à Yamoussoukro, je n’étais pas là, mais j’ai même la mémoire antérieure à mon séjour. C’était le 9 juillet 2005. Voyez-vous Excellence que vous pouvez parler des choses qui se sont passées avant vous ?
Là, ce sont des faits objectifs et non subjectifs. Les chefs militaires des Forces impartiales Fanci et des Forces nouvelles se sont réunis à Yamoussoukro et ils ont établi un chronogramme de DDR. Et dans ce chronogramme, il y avait les différentes étapes et différentes phases du processus de désarmement, de démantèlement, d’identification, et c’est ce à quoi, le général Irastorza a fait référence.
Je crois qu’il a dû y avoir un quiproquo parce qu’il n’a pas parlé d’identification des soldats, mais d’identité et de carte nationale d’identité.
Allez l’interroger, il vous parlera franchement.
Interview réalisée par
Jean-Baptiste Akrou et
Franck A. Zagbayou
COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DE M.DONA FOLOGO LAURENT PRESIDENT DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL
Lundi 12 Decembre 2005
Face aux internautes, le président du Conseil économique et social s'est prononcé sur les violations de la Constitution ivoirienne et la mise au pas de la souveraineté nationale qu'il tolère.
Êtes-vous toujours au PDCI-RDA?
Oui, c'est la seule carte de parti que j'ai. Je suis militant du PDCI du Président Houphouet-Boigny depuis 1965. J'en ai été membre des organes suprêmes (Bureau politique et Comité exécutif) pendant trente ans. J'en ai été le Secrétaire général pendant six ans (1991-2001). J'en suis, depuis le dernier congrès, membre du Comité politique (ancien Comité des sages).
Au jour d'aujourd'hui, à ma connaissance, je n'en suis ni démis, ni démissionnaire.
Au demeurant, j'aspire, si Dieu me donne longue vie, à en assurer un jour la présidence pour lui redonner son contenu houphouetien: non à la haine, non à la violence, même verbale, ouverture, fraternité, tolérance, amour et démocratie interne…
C'est le non respect de ces vertus, fondatrices de la philosophie d'Houphouet-Boigny qui m'ont amené à prendre du recul par rapport à la direction actuelle du parti, aujourd'hui dévouée et associée, pour des raisons de soif inassouvie du pouvoir, aux destructeurs du pays que le "père-fondateur" a construit. Je ne serai jamais du côté des destructeurs de la Côte d'Ivoire, œuvre d'Houphouet-Boigny.
Merci pour votre patriotisme. 1) Comment voyez-vous l'avenir de l'alliance des houphouétistes? 2) Dans quel camp serez-vous engagé lors des élections générales à venir, surtout pour la présidentielle? 3) Quel sera le rôle du GPP pour les élections à venir, quelles seront ses forces? 4) Comment comptez-vous engager le Nord sur le chemin du développement après tout ce gâchis du fait de la guerre?
Ce qu'on appelle aujourd'hui "l'Alliance des Houphouétistes" (le RHDP) n'a pas d'existence juridique. Ce n'est ni une fédération de partis, ni une nouvelle formation… C'est un rassemblement de circonstance contre le pouvoir ivoirien d'aujourd'hui. Cet amas hétérogène ne résistera pas aux secousses à venir des élections. On l'a d'ailleurs vu avec les propositions de nomination du Premier ministre… Tout comme le "G7", le "RHDP" est un mirage politique, un vaste bluff pour impressionner l'extérieur, pas nous qui sommes sur le terrain. Toutes les stratégies politiques sont permises, mais la vérité très prochaine des urnes éclatera, le moment venu. Vous le verrez !
Bonjour M. le Président. Pensez-vous que la Côte d'Ivoire peut raisonnablement s'affranchir de la tutelle économique française sans s'arrimer à une autre tutelle, et donc être réellement libre de ses choix économiques?
Depuis la fin de la "guerre froide", avec la chute du "Mur de Berlin" et l'effondrement du "Camp de l'Est ", aucun petit pays n'est plus véritablement souverain. Certains n'ont d'ailleurs plus de souveraineté que le drapeau et l'hymne national. Houphouet-Boigny, mon "maître" nous avait prévenus: "l'indépendance économique sera difficile à conquérir. Ce sera l'affaire des jeunes à condition qu'ils soient bien formés techniquement pour être les égaux des autres.
L'autre condition sera de pouvoir transformer, chez nous, sur place, nos matières premières en produits finis ou semi-finis pour en avoir la valeur ajoutée"…Est-ce le cas aujourd'hui? Au demeurant, la "mondialisation" l'autre nom de la domination des petits pays par les maîtres de ce monde et les multinationales, a fait le reste…
La Côte d'Ivoire aurait pu émerger de ce lot du dernier wagon.
Elle en avait les moyens, hélas, certains de ses fils, assoiffés de pouvoir et trop pressés, ont gâché nos chances… Mais le pays rebondira après ce triste épisode, pénible et humiliant… Et nous ferons la politique de nos nouvelles possibilités… Pour le moment, soyons humbles, modestes et réalistes, sans pour autant démissionner: le réalisme politique n'exclut pas l'engagement, la détermination et une grande ambition pour son pays…
Restons confiants, optimistes mais réalistes. Le combat pour servir son pays n'a pas de fin.
Cher Fologo, pourquoi êtes vous aux côtés de tous les hommes qui accèdent au pouvoir (F.H. Boigny, Bédié, Guéi, Gbagbo)?
Sans prétention, je me permettrais de vous répondre comme Talleyrand, qui avait servi plusieurs rois et plusieurs régimes assez différents les uns des autres: "Eh bien ! parce que, en vérité, je n'ai qu'un maître après Dieu: la Côte d'Ivoire"…Et je la servirai toujours de mon mieux, tant que Dieu me donnera la vie et la force…
Pour tout ce que vous faites pour l'avancement de la nation, je voudrais savoir si vous avez été décoré une fois?
Oui, j'ai été décoré par le Président Houphouet-Boigny, à l'occasion de la célébration du 25ème anniversaire de Fraternité Matin, en 1989. Je suis Commandeur de l'Ordre national de Côte d'Ivoire. J'ai été aussi décoré de la Légion d'honneur française (Officier), car n'oubliez pas que ce quotidien est un fleuron réussi de la coopération et de l'amitié franco-ivoirienne. Je suis auréolé de bien d'autres décorations étrangères, symboles du rayonnement international de la Côte d'Ivoire d'antan.
Vous êtes considéré comme le père du sursaut patriotique et vos actions ont incité des Ivoiriens jusque-là passifs à s'engager auprès de la République. Aujourd'hui, la communauté internationale semble de plus en plus impatiente de voir les différents protagonistes ivoiriens aller aux élections d'ici Octobre 2006. Malgré le temps très court, la classe politique a rusé avec le bon sens en retardant d'un mois la nomination du 1er ministre. Les différentes opérations devant précéder les élections sont nombreuses et soumises à la mauvaise foi des forces en présence. Pensez-vous sincèrement que d'ici octobre 2006 les Ivoiriens pourront organiser les élections sans évoquer d'autres arguments vaseux et insaisissables?
La communauté internationale n'a-t-elle pas en filigrane l'objectif de tout contrôler en écartant après octobre 2006 (qu'elle sait pertinemment irréaliste) tous les acteurs politiques ivoiriens y compris le Président Gbagbo? Merci.
Je pense que les 12 mois que la communauté internationale a accordés à la Côte d'Ivoire pour organiser un scrutin libre sont suffisants. La Côte d'Ivoire est dotée des hommes et des matériels qu'il faut pour réussir un scrutin en 12 mois. Chacun sait que ce délai ne sera pas prolongé. Nous devons tout faire pour qu'il soit respecté par tous.
Bonjour Monsieur le président, je voudrais saluer votre sens de patriotisme car vous êtes le père du sursaut national. Ma question tient en un point, celui de savoir quelle est votre réponse concernant ceux qui à cor et à cri disent que la résolution 1633 est au-dessus de la Constitution ivoirienne. Merci.
Le représentant du Secrétaire général des Nations unies, M. Pierre Schori, a clairement répondu à cette préoccupation. La Constitution ivoirienne n'est ni dissoute ni suspendue ni abrogée; elle est donc toujours en vigueur. Cependant, depuis la table ronde de Linas Marcoussis, personne n'ignore que des arrangements politiques viennent parfois pour compléter certaines dispositions de cette Constitution et parfois même sont en contradiction avec certains articles de notre loi fondamentale.
Ce qui est important aujourd'hui, ce ne sont pas les querelles de textes ni les querelles juridiques. Il faut résoudre le problème de la Côte d'Ivoire, il faut payer le prix pour avoir la paix et revenir à une vie normale. A mon avis la solution doit être un dosage intelligent et pratique qui sans trop blesser l'amour-propre des Ivoiriens nous conduise à la paix que tout le monde attend. Il ne faut donc pas chercher à savoir quel texte prime sur tel autre, cela est dépassé. Le Premier ministre, chacun le sait, n'a pas été nommé conformément à notre Constitution, ni après Marcoussis, ni après la résolution 1633. C'est le prix à payer, il nous faut la paix.
La communauté internationale à travers le GIT (Groupe de travail international) ne joue t-elle pas un jeu flou dans la résolution de la crise?
J'étais à Abuja lorsque au sommet de la CEDEAO il a été proposé la création du GTI. Cette proposition a été acceptée par Addis-Abeba puis entériné par le Conseil de sécurité. Comme vous le savez, il comprend 15 membres. Des Africains, CEDEAO, etc. Mais des pays développés comme les USA, la France, l'UE, la Francophonie, etc. Je ne crois pas que ce GTI cherche à créer la confusion.
Il est vrai que dans la rédaction même de la résolution, il y a des points pas très clairs. Par exemple, on dit qu'un Premier ministre sera nommé, sans jamais dire qui doit le nommer.
Vous voyez qu'on a mis un mois pour trouver l'oiseau rare (je l'espère). C'est cela le danger d'envoyer des questions nationales à l'ONU.
Tous les ambassadeurs que j'ai rencontrés à New York m'ont clairement dit que nous avons eu tort d'aller jusqu'à ce stade. Lorsque votre pays abrite 10.000 militaires non nationaux, je ne sais pas si nous avons beaucoup de choix. Je n'en veux pas au GIT. J'en veux à ceux des Ivoiriens qui se sont prêtés à cette guerre et à cette destruction de notre pays. Mais en vérité, soyons honnêtes. Depuis la chute du mur de Berlin et l'effondrement du camp de l'Est, c'est-à-dire dans ce contexte de mondialisation, combien de petits pays sont encore réellement souverains? J'ai même dit que certains n'ont plus de souveraineté que le drapeau et l'hymne national. Le Président Félix Houphouet-Boigny disait: quand le mur est fendillé, l'araignée y pénètre. Nous avons laissé le mur ivoirien s'effriter...
Monsieur le président,
récemment dans un journal de la place, un collectif de la société civile vous a rendu hommage et vous a proposé comme Premier ministre. Étiez-vous candidat à ce poste?
Non je n'étais pas candidat à ce poste. 16 candidats, je pense que c'était suffisant. Moi je sers la Côte d'Ivoire. Je ne pense pas aux postes.
Monsieur Fologo.
Mon avantage est que moi je vous connais, mais vous ne me connaissez pas. J'étais encore enfant quand je vous ai vu gravir les échelons politiques.
Je tenais simplement à vous dire que vous êtes un homme d'une grande sagesse et honnête. Pour moi, vous demeurez un modèle politique vivant pour notre pays. Que Dieu Tout-Puissant vous bénisse.
Merci.
Source : fratmat.net
COTE D'IVOIRE / SORTIE DE CRISE / LANCEMENT D'UNE CHARTE POUR LA PAIX PAR S.E.M.LAURENT GBAGBO CHEF DE L'ETAT
Jeudi 8 Decembre 2005
Une Charte pour la paix en Côte d’Ivoire a été lancée hier à l’Université de Cocody, en présence du Chef de l’État.L’esplanade de l’Université de Cocody a abrité, hier mercredi 7 décembre, une cérémonie de lancement de la Charte pour la paix en Côte d’Ivoire en présence du Chef de l’Etat. Une cérémonie qui s’est inscrite dans le cadre de la campagne pour la paix initiée par Le Président Laurent Gbagbo. Le Chef de l’Etat a profité de cet événement qui a rassemblé de nombreux étudiants sous la houlette de la FESCI, pour tirer “les leçons de la guerre”. De fait, de cette guerre, il a retenu trois leçons qu’il a érigées en principes. La première leçon est que, selon lui, il ne suffit pas de prendre les armes pour régler les problèmes en Côte d’Ivoire. M. Gbagbo a rappelé que face au charismatique Président Houphouët-Boigny, tout comme face au Président Henri Konan Bédié, il n’a pas pris les armes pour obtenir le multipartisme et des élections justes. Autant il n’a pas pris les armes pour obtenir sa victoire et celle de son camp face au général Guéi Robert.
DECLARATION DE M.CHARLES KONAN BANNY A YAMOUSSOUKRO
Jeudi 8 Decembre 2005
A l’issue de son pèlerinage, le chef du gouvernement a animé un point de presse à son domicile.
M. le Premier Ministre, qu’est-ce qui justifie votre présence ce jour à Yamoussoukro?
Il faut d’abord savoir qu’ici c’est chez moi, je suis sur les terres de mes ancêtres, ici où même est installée ma résidence. En Europe, on aurait dit ma résidence de campagne. J’ai été surpris lorsque la décision a été arrêtée, d’entendre sur RFI que Banny était un fils de planteur.
C’était tellement vrai que ça m’a surpris, parce que d’ordinaire, les journalistes de RFI ne donnent pas d’informations aussi justes, mais là, ils étaient bien informés sur mes parents. Et nous sommes en Afrique, je suis profondément africain, profondément ivoirien. Vous ne pouvez pas recevoir une telle responsabilité aussi importante et aussi critique dans un moment critique de notre pays, sans humblement venir vous confier à ceux qui sont les vôtres: les vivants, mais surtout les morts. Etant entendu que les morts ne sont pas morts en Afrique.
Donc j’ai tenu à faire ce geste. J’ai informé le Chef de l’Etat que c’est un geste que je voulais poser d’abord.
Il se trouve aussi qu’ici est la terre de notre ancêtre à tous, le père de la nation.
Maintenant que l’unanimité s’est faite autour de son nom Félix Houphouët-Boigny, le père de la Côte d’Ivoire unie, et comme il aimai à le dire, la Côte d’Ivoire moderne et modèle. Il est sensé que moi même dans ce même élan et surtout pour la Côte d’Ivoire, que je vienne humblement m’incliner devant sa tombe et devant la mémoire de mes parents. Voilà les raisons essentielles pour lesquelles je suis venu à Yamoussoukro.
Lorsque le Président Bedié est venu au pouvoir il est venu s’incliner sur la tombe d’Houphouët, même le Général Guéi Robert aussi est venu, qu’est-ce qui singularise ce geste?
Je crois que quand on pose un geste, il faut le vivre exactement. ce n’est pas un effet de mode. Moi, en ce qui me concerne, je l’ai fait moult fois . Mais, il est vrai qu’aujourd’hui je le fais en d’autres qualités. c’est une habitude que j’ai prise. Je crois que chacun donne une signification à ce geste. Mais je ne suis pas dans les cœurs des uns et des autres . Mais j’imagine que c’est pour les mêmes raisons qu’ils ( Bedié et Guéi) sont venus. Ce n’est pas tout, c’est un début. C’est un geste que tout Africain doit poser. Maintenant le reste appartient à chacun.
Avez-vous un appel à lancer aux ivoiriens et Ivoiriennes?
Oui! vous nous avez suivi durant ce périple, je vous en remercie d’ailleurs. Je ne m’attendais pas à ce que vous me suiviez. c’était un déplacement purement familial. mais vous m’avez suivi et j’ai compris que je n’ai plus de liberté, et que je ne m’appartiens plus, ce n’est pas plus mal. Je disais tantôt à un de vos collègues que se souvenir est une vertu. avoir le souvenir. Il ne faut jamais oublier ceux qui nous ont aidés. Et de temps en temps, les Ivoiriens doivent se souvenir avec respect de tous ceux qui ont bâti ce pays. Cela fait parti, des valeurs que nous devons cultiver, les valeurs de reconnaissance.
Dans le cadre de la même mouvance de ce que j’ai souhaité, celui de restaurer la confiance. Je crois qu’il faut poser des actes qui font que chacun de nous aura confiance en lui même, c’est important, il faut que nous reprenions confiance en nous mêmes. Et par delà, nous mêmes nous acceptions les autres, parce que l’autre c’est soi-même, c’est nous-mêmes. Cette confiance, réciproque sera donc retrouvée, je le dis et je le répète, il y a un ami qui me disait que j’ai prononcé 12 fois le mot confiance.. mais je le répéterai mille fois, tant que la confiance ne sera pas retrouvée, parce que c’est le ciment de tout: la reconnaissance de l’autre, ses qualités et ses défauts aussi.
Cet après -midi il y a la passation des charges. La formation du gouvernement c’est pour quand?
Pour bientôt je l’espère, et vous savez que c’est ma première expérience. Quand je quittais mes collègues à Dakar, je disais que je sais former un gouvernement de la banque centrale. Mais former le gouvernement d’un pays, je n’en ai pas l’expérience. Mais quand j’ai rencontré le Chef de l’Etat, nous avons d’abord défini les principes pour que ce soit clair. A partir du moment où le Chef de l’Etat a accepté ces principes, je n’ai pas peur de trouver les compétences. Il y a une chose que j’ai remarquée, c’est que la Côte d’Ivoire regorge d’assez de ressource humaines compétentes.
Le gouvernement, c’est pour bientôt. je l’espère.
Propros recueillis par
KOFFI KOUAME
Correspondant régional
MESSAGE DE MONSEIGNEUR AHOUANA SIMEON EVEQUE DE YAMOUSSOUKRO A M.CHARLES KONAN BANNY NOUVEAU PREMIER MINISTRE
Jeudi 8 Decembre 2005
L’Evêque de Yamoussoukro, Mgr Siméon Ahouana, l’un des “outsiders” dans la course à la Primature, s’est adressé à son “frère” Charles Konan Banny, lors de la messe d’action de grâce qu’il a célébrée, à la Cathédrale Saint Augustin, à la mémoire d’Houphouet-Boigny. “Je sais que tu n’étais pas très chaud.
Mais, c’est ton pays et tu as accepté finalement. Tu m’as dit, je vais me sacrifier, même si je ne suis pas candidat en 2006. Il faut que les Ivoiriens sachent que c’est un grand sacrifice que tu as fait. Il faut qu’ils le sachent”.
Puis, l’Evêque a tenu à avertir le nouveau Premier ministre: “Il faut que je te dise, mes frères Ivoiriens ne sont pas sincères, ils ont des problèmes. Tu auras des peaux de banane.
Mais tu as entendu le texte d’Isaïe qui est très très fort -je te ferai les commentaires plus tard- Chacun de nous va t’aider. Ta mission, c’est pour le bien de la Côte d’Ivoire tout entière qui a besoin de paix et de réconciliation, parce que les Ivoiriens sont divisés. Ce n’est pas la personne de Banny qu’on voit.
On va t’aider. Comme je suis un autre outsider (en référence à sa présence sur la liste des Premiers ministrables, ndlr), ce que je sais faire, c’est de prier. Tu seras dans ma prière quotidienne, pour que notre pays retrouve la paix. Et, nous allons nous en sortir. C’est tout ce que j’ai a te dire aujourd’hui”.
Auteur: Michèle PEPE
MESSAGE DE M.SEYDOU DIARRA LORS DE LA PASSATION DE CHARGES A LA PRIMATURE
Jeudi 8 Decembre 2005
J’ai eu à connaître des jeunes cadres compétents et brillants qui ont conçu tout un programme de gouvernement.
C’est là ma fierté. A vous tous mes collaborateurs, je voudrais vous dire à cet instant précis toute la joie et tout le réconfort que je ressens durant ces derniers moments sur le perron de la Primature.
Je voudrais également dire que la Côte d’Ivoire, qu’on le veuille ou non, est une et indivisible, un pays de fraternité, d’union, de brassage, il faut qu’on le sache, un pays de métissage, pas uniquement de peau, mais inter-ethnique. C’est ça aussi une richesse.
A cet instant, je voudrais dire tous mes remerciements à vous, à tous ceux qui ont travaillé avec moi, et en accent particulier, adresser un message de remerciement au président Laurent Gbagbo que j’ai rencontré, il y a trois jours pour lui présenter ma démission. Je pars le cœur rempli de joie et de fierté, parce que je sais que les Ivoiriens peuvent trouver le chemin de la paix eux-mêmes.
J’ai des fois quelques pincements au cœur lorsqu’on pense à l’impression que c’est l’extérieur qui a conçu ce programme de paix. Non, c’est vous. J’ai mis la pression sur vous, samedi, dimanche, c’était désagréable. Mais, je crois que vous êtes fiers de l’œuvre accomplie.
A la presse, soyez tolérants pour que ce pays sorte de cette situation difficile. Soyez tolérants dans vos propos. Soyez généreux au contraire dans les messages de paix que vous allez propager. Je voudrais vous dire merci pour tout, mais, continuez encore plus de façon positive.
Quant à la classe politique, je sais qu’elle est à pied d’œuvre, qu’elle se concerte nuit et jour et que nous sommes dans la dernière ligne droite pour sortir de la crise. Il faut que le dialogue soit activé et que nous soyons tolérants.
En tout cas, j’ai été très heureux d’être ici. Cela fait la deuxième fois que je passe dans ce bâtiment comme Premier ministre.
Mais, rassurez-vous, il n’y aura pas de troisième fois. Pour l’instant, je vais me retirer calmement, réfléchir, faire quelques voyages, reprendre mes activités privées, écrire, écrire, parce qu’il y a beaucoup de chose à dire dans ce pays pour les jeunes générations.
Je vous demande de soutenir Charles Konan Banny. C’est un jeune frère.
Il aura besoin de votre concours pour franchir le sillon que vous avez tracé avec moi.
Merci pour tout ce que vous avez fait pour ce pays. La Côte d’Ivoire vous sera reconnaissante.
COTE D'IVOIRE / PASSATION DE CHARGES ENTRE M SEYDOU DIARRA ET CHARLES KONAN BANNY NOUVEAU PREMIER MINISTRE
Jeudi 8 Decembre 2005
Nos hommes politiques qui gèrent le pouvoir en Côte d’Ivoire ont des affinités que le commun des mortels ignore. Nombreux sont ceux qui ont même grandi ensemble ou fréquenté l’école primaire, le collège voire le lycée dans les mêmes villes. Et le président Laurent Gbagbo aime souvent à le clamer au cours de ses sorties publiques. «Nous nous connaissons tous ici en Côte d’Ivoire», dit-il très souvent pour rafraîchir la mémoire à ceux (Ivoiriens) qui font le jeu – au gré de leurs intérêts – des imposteurs enivrés par le pouvoir.
Au cours de son intervention, hier mercredi 7 décembre 2005, lors de la passation de charges entre lui et son prédécesseur à la Primature, le chef du futur gouvernement ivoirien Charles Konan Banny est revenu sur les affinités qui existent entre lui et certaines personnalités de l’arène politique ivoirienne. Il s’agit de l’ancien Premier ministre Seydou Diarra, du ministre de la Défense René Amani et du président Laurent Gbagbo.
L’actuel Premier ministre, évoquant ses amitiés avec les trois personnalités, qu’il a citées avec émotion, a dit avec véhémence que «rien ni personne ne pourra jamais mettre à mal» ces amitiés. Car, elles datent de Mathusalem ; en témoigne la date de sa rencontre avec Seydou Diarra à qui il succède.
C’est en 1969, selon l’ex-gouverneur de la BCEAO, que les deux Premier ministres ivoiriens ont effectué leur première rencontre. Et, depuis, ils ne se sont jamais voués aux gémonies. A son «très proche ami» Seydou Diarra, il a souvent offert l’hospitalité à Dakar, ainsi qu’à sa jeune épouse qui y vit.
Saint-Claver Oula
COTE D'IVOIRE / LES FORCES NOUVELLES PROPOSENT LA SUSPENSION DE LA CONSTITUTION IVOIRIENNE
Mercredi 7 Decembre 2005
Après l’adoption de la Résolution 1633 et les premiers obstacles liés ce niveau, plusieurs raisons dont cinq (5) fondamentales, font penser que la suspension de la Constitution actuelle demeure la condition sine qua non de la réussite de la nouvelle transition ouverte avec le maintien à la tête de notre pays de Monsieur Laurent Gbagbo en tant que Chef de l’Etat, malgré la fin de son mandat constitutionnel. En effet :
1. Les pouvoirs conférés au Président de la République par l’Article 41 de la Constitution
Aux termes de l’article 41 de la Constitution, le Président de la République est le détenteur exclusif du pouvoir exécutif. Il nomme le Premier Ministre, qui est responsable devant lui, et met fin à ses fonctions, à sa convenance et à sa fantaisie. Le Premier Ministre n’est qu’un factotum dont il peut disposer à sa guise.
Déjà à ce niveau, on constate que le Premier Ministre dépend intégralement de l’humeur du Président de la République qui nomme qui bon lui semble, et qui peut aussi le congédier quand bon lui semble.
Certes, le Premier Ministre Seydou Diarra a pu bénéficier d’une certaine inamovibilité prévue par l’Accord de Linas Marcoussis, mais, la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité n’ayant pas repris aussi explicitement cette disposition, rien, en Droit, ne pourrait empêcher Monsieur Laurent Gbagbo – qui affirme demeurer Président de la République au regard de la Constitution ivoirienne - de limoger son futur Premier Ministre en cours de route, pour incompatibilité d’humeur, et susciter une nouvelle crise politique, au gré de ses intérêts.
Même si une telle hypothèse ne se réalisait pas, l’entière dépendance du Premier Ministre à l’égard du Président de la République est en elle-même inhibitrice pour le premier nommé qui, non seulement peut craindre en permanence d’être révoqué, mais en plus, peut hésiter à prendre des initiatives, sachant que le pouvoir exécutif appartient exclusivement à son patron.
Une telle situation ne conviendrait pas à la transition qui commence, dans laquelle le Premier Ministre devra être un vrai acteur et non un intermittent du spectacle.
Par ailleurs, si la Constitution est maintenue, la délégation de pouvoirs prévue par la résolution 1633 ne pourra se faire que dans le cadre de l’article 53 dernier alinéa qui dispose que : « Le Président de la République peut déléguer, par décret, certains de ses pouvoirs au Premier Ministre ou au membre du Gouvernement qui assure l’intérim de celui-ci. Cette délégation doit être limitée dans le temps et porter sur une matière ou un objet précis ».
Il faut craindre que la corrida sur la délégation de pouvoirs, observée après l’Accord de Linas Marcoussis, ne reprenne de plus belle car la résolution 1633 n’exige pas que soient transférés au Premier Ministre tous les pouvoirs de l’Exécutif, mais seulement ceux qui lui seront « nécessaires » pour l’accomplissement de sa mission
Aucun Président de la République, et certainement pas Monsieur Laurent Gbagbo, n’acceptera jamais de se dépouiller volontairement de tous ses pouvoirs au Profit de son Premier Ministre, surtout si ces deux personnalités n’appartiennent pas à la même famille politique. A ce niveau, le blocage semble déjà inévitable.
Enfin, le dernier alinéa de l’article 41dispose que « sur proposition du Premier Ministre, le Président de la République nomme les autres membres du Gouvernement et détermine leurs attributions. Il met fin à leurs fonctions dans les mêmes conditions ».
Cette disposition permettra au Président de la République, comme il l’a déjà fait par le passé, de récuser des personnalités proposées pour entrer au Gouvernement, et même de révoquer certains Ministres.
L’article 41 est donc une menace sérieuse pour le prochain Gouvernement.
2. Les pouvoirs conférés au Président de la République par l’Article 46 de la Constitution
2) L’article 46 quant à lui, indique que « le Président de la République est le chef de l’Administration. Il nomme aux emplois civils et militaires ».
Avec cette disposition, c’est la guerre des nominations qui va reprendre. Le Président de la République, ainsi qu’il l’a fait par le passé, ne permettra jamais à ses Ministres de choisir librement leurs collaborateurs, surtout si cela doit se faire aux dépends des cadres de son parti, ou des intérêts financiers ou électoraux de celui-ci. On se souvient encore des épisodes de la RTI, du Port Autonome d’Abidjan, ou de l’INS.
Or, pour réussir sa mission, le prochain Gouvernement de transition devra purger l’Administration de tous les pôles de « résistance patriotique » que le pouvoir actuel y a érigés et qui constitueront, à n’en point douter, autant de points de blocage.
Il devra en être de même au niveau de l’armée car point n’est besoin d’être grand clerc pour comprendre que la refondation de la grande muette nécessite des modifications profondes dans la chaîne de commandement. Cette oeuvre risque de se heurter à l’hostilité du Président de la République si son système sécuritaire venait à être ébranlé.
Cette autre disposition constitutionnelle devrait donc être également neutralisée.
3. Les pouvoirs conférés au Président de la République par l’Article 47 de la Constitution
3) Aux termes de l’article 47 de la Constitution, « le Président de la République est le chef suprême des armées. Il préside le Conseil Supérieur de la Défense ».
Avec cette disposition, même si le Ministère de la Défense lui échappe, il aura toujours la possibilité légale d’interférer lourdement sur le fonctionnement de l’armée.
4. Les pouvoirs conférés au Président de la République par l’Article 104 de la Constitution
4) Le Président de la République est également le Président du Conseil Supérieur de la Magistrature (article 104 de la Constitution), lequel Conseil :
· Propose la nomination des magistrats des juridictions suprêmes, des Premiers Présidents des Cours d’Appel et des Présidents des Tribunaux de Première instance ;
· Donne son avis conforme (c’est-à-dire qui s’impose au Ministre de la Justice) à la nomination des autres magistrats du Siège ;
· Et statue comme Conseil de discipline des magistrats du Siège et du Parquet.
Grâce à cet article, le Président de la République pèse lourdement sur les décisions et la carrière des magistrats. Il en a d’ailleurs usé et abusé récemment dans les dernières nominations au Ministère de la Justice. Cela lui a permis de placer des magistrats patriotes, soit comme Procureur de la République, pour emprisonner les opposants qui auront échappé à ses escadrons de la mort, soit comme Président de tribunaux de première instance, pour refuser les certificats de nationalité à tous ceux qui sont soupçonnés de ne pas voter pour son parti.
Si la nouvelle transition qui s’annonce doit servir à préparer une nouvelle Côte d’Ivoire, il est nécessaire d’apporter des correctifs à tous ces niveaux.
La Constitution serait un obstacle sérieux à cette œuvre de salubrité publique en milieu judiciaire car elle accorde une place prépondérante au Président de la République, d’abord dans la procédure devant le Conseil Supérieur de la Magistrature, et ensuite au niveau des décrets de nomination. Or, la purge de la Justice est nécessaire car il ne faut pas exclure que dans le cadre de la « résistance patriotique », certaines décisions du nouveau Gouvernement soient attaquées en Justice, soit en contentieux ordinaire devant les tribunaux de première instance, soit en recours en annulation pour excès de pouvoirs devant la Chambre Administrative de la Cour Suprême.
Le dernier épisode avec l’annulation de l’élection du Bureau de la Commission Électorale Indépendante, malgré les assurances données par le Haut Représentant chargé des questions électorales en est la preuve palpable.
Toutes ces juridictions étant tenues aujourd’hui par des juges à la solde de l’actuel pouvoir, elles pourraient constituer des obstacles sérieux à l’action du futur Gouvernement de transition.
5. Les pouvoirs conférés au Président de la République par l’Article 48 de la Constitution
A toutes ces difficultés prévisibles, il faut ajouter l’article 48 que le Président de la République peut utiliser à tout moment comme un joker s’il est contrarié par les actes et décisions du Gouvernement.
Comme on peut le constater à partir des raisons sus exposées, qui sont loin d’être exhaustives, la Constitution donne tellement de pouvoirs au Président de la République que si elle demeure applicable, le Chef de l’Etat disposera de tous les moyens pour entraver l’action du Gouvernement. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si dans son dernier message à la Nation, il a réaffirmé son attachement à ce texte, et exprimé clairement sa farouche volonté d’en faire sa seule référence. L’ayant expérimenté avec succès contre le Gouvernement de Linas Marcoussis, il n’a aucune raison de se priver d’un si précieux instrument.
Il annonce d’ailleurs les couleurs en déclarant dans ce message à la Nation : « J’exercerai mes fonctions avec la même détermination que j’ai eue ces trois dernières années pour défendre notre pays et ses institutions ». C’est la chronique d’un blocage annoncé.
Pour éviter ce blocage, il est indispensable de suspendre la Constitution.
En lieu et place, l’on pourrait doter le pays d’un Acte constitutionnel dont les conditions de rédaction et d’adoption seront à déterminer par Résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU. Ce serait une Constitution « sui generis », comme l’avait fait feu le Général Robert Guéi après le coup d’Etat du 24 décembre 1999.
Cet Acte constitutionnel régirait la vie publique pendant la transition. Il préciserait clairement les fonctions et pouvoirs des institutions de transition en veillant à ce que le Premier Ministre soit effectivement doté des prérogatives de l’Exécutif, et qu’en conséquence il soit en mesure d’accomplir sa mission dans les meilleures conditions.
Personne ne devrait logiquement crier à un quelconque coup d’Etat car, en autorisant Monsieur Laurent Gbagbo à se maintenir à son poste après avoir reconnu que son mandat était arrivé à son terme, l’ONU a déjà sorti la Côte d’Ivoire de sa Constitution pour la placer dans une légalité d’exception que l’Acte constitutionnel ne ferait que formaliser et améliorer.
DAKAR / MESSE ANNIVERSAIRE DE LA DISPARUTION DE HOUPHOUET-BOIGNY PREMIER PRESIDENT
Mercredi 7 Decembre 2005
La communauté ivoirienne résidant à DAKAR conduite par SE Madame Fatimata TANOE TOURE, Ambassadeur, a pris part à une messe de commémoration de la mort du premier Président ivoirien, Félix HOUPHOUET-BOIGNY , surnommé affectueusement "le vieux ou le sage d'Afrique".
Au cours de cette cérémonie empreinte de solennité ,tous ont prié pour le repos de l'âme du Père fondateur de la Côte d'Ivoire moderne et l' aboutissement heureux de la mission confiée à tous les hommes politiques et particulièrement le Chef de l'Etat , S.E.M.Laurent GBAGBO et Charles KONAN BANNY le tout nouveau Premier Ministre.
COTE D'IVOIRE / HOUPHOUET-BOIGNY PREMIER PRESIDENT :12 ANS DEJA
Mercredi 7 Decembre 2005
C'était le 7 décembre 1993. A Yamoussoukro.
Dans le village qui l'a vu naître, 88 ans plus tôt. Félix Houphouët-Boigny s'endormait " dans la paix du Seigneur ". Il venait de marquer le monde. Un demi siècle durant.
Mai 1962 : Félix Houphouët-Boigny et sa ravissante épouse Marie Thérèse foulent le sol américain. Voyage officiel. Réception à la Maison blanche par le couple présidentiel Kennedy. La jeune Côte d'Ivoire fait déjà une entrée fracassante dans le nouveau monde. Houphouët-Boigny est son guide éclairé.
A 57 ans, il est déjà une icône. Jusqu'à sa mort, il sera une légende. 12 ans après sa disparition, il demeure un immortel.
Il était une fois un révolté
L'histoire politique exaltante de Houphouët Dia devenu Houphouët Dia Félix à l'école coloniale puis Félix Houphouët-Boigny commence véritablement le 8 août 1944 avec la création du Syndicat agricole africain. L'auteur du célèbre pamphlet "On nous a trop volés ! " se taille très vite une réputation de "tête brûlée".
Pour le colon, c'est le prototype du rebelle. A mater. Cependant l'excellente impression qu'il dégage, son verbe puissant et direct, lui font gravir les échelons. Un à un. 22 octobre 1945 : élection avec une écrasante majorité, député à l'Assemblée constituante française. 1946 : double création du PDCI puis du RDA dont il est double président fondateur. 1954 : réélection à la députation dans une atmosphère d'hostilité entretenue par les adversaires et les ennemis de l'homme devenu la "bête noire" du colon et la super star de l'indigène. Sa renommée dépasse déjà le carré ivoirien. Février 1956 : entrée au gouvernement français de Guy Mollet en tant que ministre délégué à la présidence du conseil. 21 mai 1959 : investiture en Côte d'Ivoire en tant que Premier ministre d'un pays qui aura son indépendance le 7 août 1960. Félix Houphouët-Boigny est le premier président de la République de Côte d'Ivoire. L'histoire ne fait que commencer.
Le sage d'Afrique
Elle va durer près de quatre décennies. Houphouët-Boigny conquérant du monde entier place son pays au panthéon des Etats respectables et ses concitoyens dans le peloton des hommes qui gagnent. Le monde entier se rend à Yamoussoukro, ville symbole d'une Côte d'Ivoire moderne jadis benjamine méprisée des colonies, et très vite devenue locomotive incontestée de l'Afrique sub-saharienne. Maurice Yaméogo, Kwame N'kruma, Hassan II, François Mitterrand, Julius Nyerere, (Albert Bernard) Omar Bongo Odimba, Jean Paul II… La liste est longue. Des personnalités qui ont rallié la Côte d'Ivoire, devenue plaque tournante de la diplomatie mondiale. L'homme demeure surtout ivoirien, "le capitaine dans l'eau ".
Il construit la Côte d'Ivoire, la bâtit dans un esprit d'architecte des grands travaux, lui donne une âme de nation en gestation.
Houphouët le bâtisseur est aussi le pèlerin de la cause pacifique. Il conseille la paix, sème la paix et l'érige en "comportement". Son titre d'apôtre de la paix n'est pas une usurpation.
Encore moins celui de sage d'Afrique. En dépit de certains entractes douloureux comme ceux du Sanwi, de janvier 1963, du Guébié, etc. Haies pernicieuses dans la course d'obstacles d'un pays en construction.
Immortel Houphouët
Douze (12) ans jour pour jour après sa disparition.
Félix Houphouët-Boigny, demeure dans l'esprit des Ivoiriens, des Africains, des Européens, des Asiatiques et des Américains comme un illustrissime homme d'Etat, un homme qui, à l'instar des Lincoln, Napoléon, De Gaulle, aura marqué l'histoire contemporaine de l'humanité. Ses œuvres, ses ouvrages quoiqu'étant en désuétude pour certains parce que non entretenus, restent réels dans une Côte d'Ivoire en panne de grands chantiers depuis la Noël maudite de 1999. Sa philosophie aujourd'hui plus que jamais vivante inspire positivement ses vrais héritiers du PDCI comme les faux houphouétistes de dernière heure à l'instar de Laurent Gbagbo, son plus farouche opposant politique devenu depuis 2000, chef d'un Etat sur lequel il pleure s'il avait eu à le voir outre-tombe.
La Côte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny, divisée par une guerre fratricide infinie (sacrilège suprême pour un homme qui a réconcilié toute sa vie des nations ennemies, rasséréné des cœurs haineux de frères ennemis) s'engouffre dans les profondeurs abyssales de la mort. Houphouët-Boigny, lui reste vivant.
Il est entré dans la constellation terrestre des esprits qui ne mourront jamais.
André Silver Konan
kandresilver@yahoo.fr
COTE D'IVOIRE / PROCESSUS DE PAIX / COMMUNIQUE DU GROUPE INTERNATIONAL DE TRAVAIL (GIT )
Mercredi 7 Decembre 2005
1. Le Groupe de travail international ministériel sur la Côte d`Ivoire a tenu sa deuxième réunion le 6 décembre 2005 à Abidjan.
2. II convient de rappeler qu`à la suite de la première réunion du GTI tenue le 08 novembre 2005 le Conseil de Sécurité des NU par une déclaration présidentielle datée du 30 novembre 2005 a exprimé son plein soutien au groupe et à ses travaux.
3. Cette deuxième réunion a été co-présidée par S.E.M. Oluyemi Adeniji, ministre des Affaires étrangères du Nigeria, et S.E.M. Pierre Schori, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d`Ivoire, en présence des ministres du Niger, de l`Afrique du Sud, de la France, du Haut Représentant des Nations Unies pour les élections et des représentants du Bénin, du Ghana, de la Guinée, du Royaume-Uni, des Etats-Unis, des Nations Unies, de l`Union africaine, de la Communauté économique des Etats d`Afrique de l`Ouest, de l`Union européenne, de l`Organisation internationale de la francophonie et de la Banque mondiale.
4. Le Groupe exprime sa reconnaissance au Président en exercice de l`Union africaine, au Président de la communauté des Etats d`Afrique de l`Ouest (CEDEAO) et au médiateur de l`Union africaine pour la désignation de M. Charles Konan Banny comme Premier ministre de la période de transition. Le nouveau Premier ministre a pris part à l`ouverture de cette réunion du Groupe.
5. Tout en félicitant M. Konan Banny de sa nomination, le Groupe l`a assuré de son soutien total. A cet égard, le GTI prie le Groupe de Médiation de vérifier et de lui rendre compte que le Premier ministre dispose de tous les pouvoirs et de toutes les ressources décrits au paragraphe 08 de la résolution 1633 (2005) et réaffirmés dans la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité du 30 novembre 2005.
6. Le mandat de l`Assemblée nationale prendra fin le 16 décembre 2005. En attendant le résultat des consultations des parties ivoiriennes prévues au paragraphe 11 de la résolution 1633, s`il se révélait nécessaire de légiférer en vue d`assurer la mise en oeuvre effective et rapide du programme du Gouvernement durant la période de transition issue de la résolution 1633 du Conseil de sécurité des Nations Unies, le Gouvernement adoptera rapidement en Conseil des Ministres les textes que le Premier Ministre présentera dans les deux jours au Chef de l`Etat qui devra les promulguer dans un délai maximum de cinq (5) jours.
7. La Commission électorale indépendante (CEI) n`étant pas encore opérationnelle, le Groupe déplore le retard du processus électoral et souligne le risque que cela pose pour la tenue des élections dans les délais prévus. Le Groupe apporte tout son soutien au Haut Représentant pour les consultations qu`il a engagées pour permettre sans délai le fonctionnement de la CEI ainsi que, si nécessaire, le recours à l`arbitrage au sujet de la composition de son bureau, conformément aux résolutions 1603 et 1633 et à la déclaration du président du Conseil de sécurité des Nations Unies du 30 novembre 2005. Le Groupe réitère la disponibilité du Groupe de Médiation à apporter au Haut Représentant pour les élections toute l`assistance nécessaire.
8. Le Groupe relève que le Conseil de sécurité a, le 30 novembre, réaffirmé sa disposition, en étroite consultation avec la médiation de l`Union africaine, à imposer les mesures individuelles prévues aux articles 9 et 11 de la résolution 1572 (2004) et dans la résolution 1633. Il rappelle que ces mesures visent les individus qui :
1/ bloqueraient la mise en œuvre du processus de paix,
2/ seraient tenus responsables de graves violations des droits de l`homme et du droit international humanitaire en Côte d`Ivoire,
3/ inciteraient publiquement à la haine et à la violence, ainsi que les personnes ou entités
4/ jugées en état d`infraction à l`embargo sur les armes.
Chargé, en vertu de son mandat, d`évaluer, de contrôler et de suivre les progrès accomplis, le Groupe se déclare particulièrement résolu à faciliter la résorption rapide de tout blocage ou de tout ralentissement qui affecterait le processus. Il est prêt à considérer toute attaque ou obstruction envers l`action des Nations Unies, des forces impartiales, du Conseil de sécurité ou du Groupe lui-même comme traduisant une volonté, chez son ou ses auteurs, de contrarier le processus. Le Groupe presse les média ivoiriens de s`abstenir de toute publication, radiodiffusion ou télédiffusion susceptible de saper le processus de paix et de réconciliation. Il encourage le Premier ministre à prendre des mesures visant à assainir l`environnement médiatique, et ce, d`urgence. Pour les infractions qualifiées pénalement, le possible recours aux mesures individuelles ciblées est sans préjudice des voies de droit judiciaires appropriées -ivoiriennes, étrangères ou internationales.
9. Le Groupe note que le groupe de médiation quotidienne, coprésidé par l`Afrique du Sud et le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et comprenant le Haut Représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d`Ivoire ainsi que les représentants de l`Union africaine et de la CEDEAO, s`est régulièrement réuni et a suivi de manière effective l`évolution du processus de paix. II a relevé avec préoccupation les manœuvres et pratiques contraires à ce processus ainsi que les atteintes aux droits de l`homme recensées par le groupe de médiation. Le Groupe prend acte des recommandations faites par le Groupe de médiation dans son premier rapport et le prie à nouveau de le saisir de tout obstacle au processus de paix.
10. Le groupe a mis à jour la matrice de la feuille de route visant à l`organisation d`élections libres, régulières, ouvertes et transparentes dès que possible et au plus tard le 31 octobre 2006.
Cette feuille de route est articulée autour des composantes suivantes : gouvernance et processus politique, désarmement, démobilisation et réinsertion des ex-combattants (DDR), désarmement et démantèlement des milices, redéploiement de l`administration, identification et nationalité, processus électoral, rétablissement de la sécurité avec l`appui des forces impartiales, respect des droits de l`homme, sanctions et entraves à la liberté de mouvement, suivi des média et action humanitaire.
Le Groupe est convenu de tenir sa prochaine réunion en Côte d`Ivoire le 15 janvier 2006.
COTE D'IVOIRE / MISSION DU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN BANNY
Mardi 6 Decembre 2005
La mission du nouveau Premier ministre Charles Konan Banny est très précise. Il doit diriger un gouvernement de transition dont la mission principale est de conduire la Côte d’Ivoire à l’élection présidentielle théoriquement fixée en octobre 2006. Charles Konan Banny pourra-t-il réussir là où Seydou Diarra, l’ancien Premier ministre a échoué ? Ce dernier n’avait pas su trouver sa voie entre les prérogatives d’un chef d’Etat qui ne lâche aucune parcelle de son pouvoir et l’exercice de son autorité de chef de gouvernement de transition. Il tenait sa légitimité de l’accord de Marcoussis (janvier 2003) signé par tous les acteurs de la vie politique ivoirienne, mais le chef de l’Etat lui opposait sa légitimité à lui, celle issue des urnes. Les différents blocages au sein de l’appareil de l’Etat ont maintenu le pays divisé en deux, sans aucune avancée politique sensible.
Onze mois pour réussir
C’est ainsi qu’à la fin du mandat présidentiel en octobre 2005, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 1633 qui maintient le président de la République pour une période d’un an flanqué d’un Premier ministre aux pouvoirs élargis. Les principes établis dans l’accord de Marcoussis sont repris, comme le précise l’article 8 de la résolution 1633 qui souligne que le Premier ministre doit disposer de tous pouvoirs nécessaires pour «garantir la sécurité et le redéploiement de l’administration et de ses services publics sur l’ensemble du territoire ivoirien, de conduire le programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration et les opérations de désarmement et de démantèlement des milices et d’assurer l’équité de l’opération d’identification et d’inscription des électeurs». Ces tâches figuraient déjà dans les missions assignées à son prédécesseur. Elles sont reprises aujourd’hui sous la bannière du Conseil de sécurité de l’ONU, mais déjà le camp présidentiel agite la constitution qui n’est pas suspendue et qui affecte au président de la République un rôle bien précis. Hier, Laurent Gbagbo avait joué la carte de la légitimité issue des urnes pour contrer Seydou Diarra ; aujourd’hui brandira-t-il la constitution pour donner des limites «aux pouvoirs élargis du Premier ministre ?».
La mission principale de Charles Konan Banny est purement politique. Or ce n’est pas sur ce champ que l’économiste formé dans une grande école française a fait ses preuves. Mais son sens pratique aiguisé pour trouver des solutions adaptées aux problèmes complexes que pose la gestion des politiques économiques des institutions bancaires ouset-africaines et sa forte personnalité sont peut-être indiqués pour démêler les fils de la discorde en Côte d’Ivoire. Il sera moins difficile pour lui de nommer son gouvernement, puisque selon un dosage bien connu maintenant, toutes les couleurs politiques du pays doivent y figurer. Le vrai problème demeure la scission du pays et l’affirmation de l’autorité de l’Etat dans une région où les rebelles se sont arrogés des droits et gardent le pouvoir par le seul fait des armes. La nouvelle mouture du programme «désarmement, démobilisation et réintégration» constituera l’acte politique majeur que le nouveau Premier ministre posera. Il a maintenant moins d’un an pour réussir là où son prédécesseur n’a pu rien faire en de deux années de gouvernement.
Didier Samson
Source : "RFI"
COTE D'IVOIRE / INTERVENTION DE M.CHARLES KONAN BANNY APRES SA RENCONTRE AVEC M.LAURENT GBAGBO PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Mardi 6 Decembre 2005
''Je voudrais vous remercier pour votre présence à cette heure tardive de la journée. Je voudrais profiter pour m'adresser à nos frères et sœurs ivoiriens et à nos frères et sœurs des pays amis de la Côte d'Ivoire qui vivent avec nous sur cette terre.
Je voudrais les saluer très fraternellement avec beaucoup d'émotion et les remercier pour avoir tenu pendant près de cinq ans et plus particulièrement pendant ces trois années qui ont été difficiles. Je voudrais leur dire que je suis venu à l'appel de nos amis, des amis de la Côte d'Ivoire et à l'appel des Ivoiriens. Je suis venu répondre à cet appel.
Il y a quelques minutes, je viens de rencontrer le chef de l'Etat qui a bien voulu accepter la proposition qui lui a été faite de confier les responsabilités au Premier ministre, chef du gouvernement je suis venu l'en remercier (…) je lui ai dit et je vous le dis que j'ai toujours pensé à notre pays qui traverse une crise de confiance. Je souhaite que la confiance revienne dans ce pays. Pour cela, on n'a pas besoin, d'être d'accord sur tout. C'est dans la dialectique que naît le progrès. Mais, il faut se faire confiance, cette confiance qui nous a tant manqués. Je suis venu pour répondre donc à votre appel, c'est-à-dire à l'appel de mes frères et sœurs ivoiriens et de tous ceux qui vivent sur cette terre, pour avec eux, entreprendre l'œuvre de réconciliation nationale, fondée sur la confiance qui est absolument indispensable, c'est le ciment de tout. Pour le reste on aura l'occasion de nous revoir''.
Dosso Villard
COMMUNIQUE DE NOMINATION DU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN BANNY
Lundi 5 Decembre 2005
Nous, Chef Olusegun Obasanjo, président de la République fédérale du Nigeria, président de l'Union africaine,
M. Mamadou Tandja, Président de la République du Niger, président en exercice de la CEDEAO,
M. Thabo Mbeki, Président de la République d'Afrique du Sud, médiateur de l'Union africaine,
Se basant sur la résolution 1633/2005 du Conseil de sécurité des Nations unies et sa déclaration du 30 novembre 2005, et après de larges consultations avec toutes les parties ivoiriennes,
Décidons de ce qui suit :
Article 1 : Le Premier ministre de la période de transition dont la fin est prévue en octobre 2006 est :
M. Charles Konan Banny
Article 2 : Le Premier ministre aura les pouvoirs que lui confère la résolution 1633/2005 du Conseil de sécurité des Nations unies (Il exercera pleinement son autorité sur son cabinet) ;
Article 3 : Le Premier ministre ne sera pas éligible pour les élections de 2006 ;
Article 4 : Cette décision sera publiée dans le journal officiel de la République de Côte d'Ivoire ;
Article 5 : Le Groupe de travail international mis en place par la résolution 1633/2005 du Conseil de sécurité des Nations unies suivra la mise en œuvre de cette décision et rendra compte aux trois Présidents
SEM Chef Olusegun
Obasanjo
SEM Mamadou Tandja
SEM Thabo Mbeki
FRANCE -AFRIQUE / LISTE DES CHESFS D'ETAT ET DE GOUVERNEMENT PRESENTS A LA 23 EME CONFERENCE DE BAMAKO AU MALI
Dimanche 4 Decembre 2005
- 23ème sommet Afrique France -
Liste des participants au sommet
liste indicative au 2 décembre 2005
AFRIQUE DU SUD
- M. Thabo MBEKI, Président de la République.
ALGERIE
- M. Abdelaziz BELKHADEM, ministre d'Etat.
ANGOLA
- M. Joao Bernardo de MIRANDA, ministre des Affaires étrangères.
BENIN -
Mathieu KEREKOU, Président de la République.
BOSTWANA -
Général Mompati MERAFHE, ministre des Affaires étrangères.
BURKINA FASO
- M. Paramanga Ernest YONLI, chef du gouvernement.
BURUNDI
- Mme Alice NZOMUKUNDA, vice-Présidente.
CAMEROUN -
M. Paul BIYA, Président de la République.
CAP-VERT -
M. Victor Manuel BARBOSA BORGES, ministre des Affaires étrangères.
CENTRAFRIQUE -
M. François BOZIZE, Président de la République (à confirmer).
COMORES -
M. Assoumani AZALI, Président de la République islamique.
CONGO -
M. Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République.
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
- M. Joseph KABILA, Président de la République.
COTE D'IVOIRE
-
DJIBOUTI
- M. Ismaïl Omar GUELLEH, Président de la République.
EGYPTE
- Personnalité à confirmer.
ERYTHREE
- M. Tesfamicael GERAHTU, Ambassadeur à Prétoria.
ETHIOPIE
- M. Tekeda ALEMU, ministre des Affaires étrangères.
FRANCE
- M. Jacques CHIRAC, Président de la République.
GABON
- M. Omar Bongo Ondimba, Président de la République (à confirmer).
GAMBIE
- M. Yahya JAMMEH, Président de la République.
GHANA
- M. John Agyekum KUFUOR, Président de la République.
GUINEE
- M. Cellou Dalein DIALLO, chef du gouvernement.
GUINEE-BISSAO
- M. Nino VIEIRA, Président de la République.
GUINEE EQUATORIALE
- M. Teodoro OBIANG NGUEMA MBASOGO, Président de la République .
KENYA
- Mme Raychelle OMAMO, ambassadrice en France.
LESOTHO
- M. Pakalita MOSISILI, chef du gouvernement.
LIBERIA
- Mme Ellen Sirleaf-Johnson SIRLEAF-JOHNSON, Présidente de la République.
LIBYE
- M. Ali Abdessalam TRIKI, ministre délégué aux Affaires africaines.
MADAGASCAR
- M Marc RAVALOMANANA, Président de la République.
MALAWI
- M. Davies KATSONGA, ministre des Affaires étrangères.
MAROC
- Prince Moulay Rachid.
MAURICE
- Sir Anerood Jugnauth, Président de la République (à confirmer).
MAURITANIE
- Colonel Ely Ould Mohamed VALL, Président de la République islamique.
MOZAMBIQUE
- M. Armando GUEBUZA, Président de la République.
NAMIBIE
- Mme Libertina AMATILA, vice-Premier ministre.
NIGER
- M. Mamadou TANDJA, Président de la République.
NIGERIA
- M. Olusegun OBASANJO, Président de la République.
---Président en exercice de l'Union Africaine---
OUGANDA
- M. Sam KUTESA, ministre des Affaires étrangères.
RWANDA
- Personnalité à confirmer.
SAO TOME ET PRINCIPE
- M. Ovidio PEQUENO, ministre des Affaires étrangères.
SENEGAL
- M. Abdoulaye WADE, Président de la République.
SEYCHELLES - M. Joseph BELMONT,, vice-Président.
SIERRA LEONE
- M. Mohamed Lamine KAMARA, vice-ministre des Affaires étrangères (à confirmer).
SOMALIE
- M. Ali Mohammed GHEDI, chef de gouvernement.
SOUDAN
- M. Omer Hassan Ahmed EL BECHIR, Président de la République.
SWAZILAND
- M. Absalom Themba DLAMINI, chef du gouvernement (à confirmer).
TANZANIE
- M. Abdulkader SHAREEF, vice-ministre des Affaires étrangères.
TCHAD
- M. Idriss DEBY, Président de la République.
TOGO
- M. Faure GNASSINGBE, Président de la République.
TUNISIE
- M. Abdelwahab ABDALLAH, ministre des Affaires étrangères.
ZAMBIE
- M. Lupando MWAPE, vice-Président.
ZIMBABWE
- M. Robert MUGABE, Président de la République.
ONU
- M. Ibrahim GAMBARI, secrétaire général adjoint, chef du département des affaires politiques.
UNION EUROPÉENNE
- M. Louis MICHEL, commissaire au développement et à l'aide humanitaire.
COTE d'IVOIRE / NOMINATION D'UN PREMIER MINISTRE DE CONSENSUS / M.CHARLES BANNY DESIGNE PAR LATROIKA :MM.OBASANJO MBEKI TANDJA
Dimanche 4 Decembre 2005
Charles Konan Banny, gouverneur de la Banque centrale des Etats de l`Afrique de l`ouest (BCEAO), a été désigné Premier ministre de Côte d`Ivoire, a déclaré dimanche à l`AFP la porte-parole du chef d`Etat nigérian et président de l`Union africaine, Olusegun Obasanjo.
La porte-parole, Remi Oyo, a été jointe par téléphone à Abidjan.
La nomination d`un Premier ministre de transition en Côte d`Ivoire était bloquée depuis plus d`un mois en raison de l`inflexibilité du président Laurent Gbagbo et des rebelles des Forces Nouvelles (FN), qui contrôlent le nord du pays depuis une tentative de coup d`Etat en septembre 2002. Tous les candidats présentés par la médiation africaine avaient été rejetés.
L`annonce du choix de M. Konan Banny a été faite lors de la visite dimanche de M. Obasanjo et du président sud-africain Thabo Mbeki dans la capitale économique ivoirienne où ils se sont notamment entretenus avec le président Laurent Gbagbo.
Lors d`un premier déplacement le 22 novembre, ces chefs d`Etat, mandatés par la résolution 1633 du Conseil de sécurité de l`Onu pour faciliter la désignation d`un Premier ministre de transition, n`étaient pas parvenus à dégager un consensus sur un nom après avoir rencontré la classe politique ivoirienne.
"Nous avons donné notre accord. Il faut que la communauté internationale se donne les moyens de faire avancer le processus de paix et éviter de tomber dans les erreurs des trois dernières années", a déclaré dimanche à l`AFP le porte-parole des FN Sidiki Konaté.
La nomination de M. Konan Banny, 63 ans, a été signée par MM. Obansajo et Mbeki, ainsi que par le président du Niger Mamadou Tandja, le troisième médiateur africaine dans la crise ivoirienne, a-t-on appris de source proche des FN.
Elle doit maintenant être entérinée par le président Laurent Gbagbo et publiée au journal officiel lundi.
Le 21 octobre, le Conseil de sécurité de l`Onu avait adopté la résolution 1633 qui maintenait Laurent Gbagbo pour 12 mois maximum à la tête de l`Etat, et donait dix jours pour nommer un Premier ministre doté de pouvoirs élargis, chargé notamment d`organiser le désarmement et l`élection présidentielle avant le 31 octobre 2006.
Ce scrutin prévu le 30 octobre n`avait pu être organisé, faute d`accord entre les protagonistes de la crise politico-militaire sans précédent que traverse le pays depuis plus de trois ans.
Devant le blocage enregistré dans la nomination d`un Premier ministre, le Conseil de sécurité de l`Onu avait exprimé mercredi sa "profonde inquiétude" et renouvelé ses menaces de sanctions contre les personnes faisant obstacle à la paix, demandant que le Premier ministre soit "désigné sans plus de délais".
Peu avant l`annonce de la nomination de M. Konan Banny, les participants du sommet Afrique-France organisé samedi et dimanche à Bamako avaient souligné l`"urgence" pour la Côte d`Ivoire de désigner un Premier ministre et de définir ses pouvoirs "pour préserver les chances de réconciliation".
Source « AFP »
Propos de M. Jacques CHIRAC, Président de la République à son arrivée à Bamako au Mali.
Dimanche 4 Decembre 2005
- vendredi 2 décembre 2005.
Mesdames, Messieurs,
Un mot simplement pour exprimer au Président TOURÉ, et au peuple malien, mon estime et mon amitié, les deux étant grandes.
Nous avons ce Sommet et je suis particulièrement heureux de pouvoir y participer. Un Sommet qui, notamment, portera les espoirs de la jeunesse africaine que nous avons pu entendre s'exprimer, il y a quelques jours, de Bamako, de façon extraordinairement sympathique et chaleureuse avec beaucoup d'ambition, beaucoup d'intelligence, beaucoup de volonté. Une jeunesse qui souhaite d'abord, et avant tout, la démocratie, la paix, des institutions stables et puis, naturellement, des conditions de vie normales pour notre temps, c'est-à-dire l'éducation, l'emploi, la formation, la paix. Cela va de soi. Et tout cela, les dirigeants africains sont bien déterminés à l'entendre et à faire en sorte que l'on puisse apporter, avec la coopération internationale, les réponses attendues par tous ces jeunes.
Nous avons, dans la période actuelle, des préoccupations liées notamment aux problèmes commerciaux et, notamment, ceux qui concernent les négociations internationales dont je souhaite qu'elles ne se fassent pas au détriment des pays pauvres d'Afrique, en particulier.
Nous avons des problèmes de financement du développement qui exigent de la part de la communauté internationale un effort plus important. Et la France plaide, vous le savez, pour l'adjonction de financements innovants permettant de répondre à ces besoins.
Bref, voilà ce dont nous allons parler tous ensemble. Et je voudrais encore dire au Président TOURÉ, qui incarne bien cette Afrique moderne et dynamique, la joie que j'ai de me trouver chez lui et l'amitié et le salut fraternel du peuple français.
Propos de M. Jacques CHIRAC, Président de la République à son arrivée à Bamako au Mali.
Samedi 3 Decembre 2005
- vendredi 2 décembre 2005.
Mesdames, Messieurs,
Un mot simplement pour exprimer au Président TOURÉ, et au peuple malien, mon estime et mon amitié, les deux étant grandes.
Nous avons ce Sommet et je suis particulièrement heureux de pouvoir y participer. Un Sommet qui, notamment, portera les espoirs de la jeunesse africaine que nous avons pu entendre s'exprimer, il y a quelques jours, de Bamako, de façon extraordinairement sympathique et chaleureuse avec beaucoup d'ambition, beaucoup d'intelligence, beaucoup de volonté. Une jeunesse qui souhaite d'abord, et avant tout, la démocratie, la paix, des institutions stables et puis, naturellement, des conditions de vie normales pour notre temps, c'est-à-dire l'éducation, l'emploi, la formation, la paix. Cela va de soi. Et tout cela, les dirigeants africains sont bien déterminés à l'entendre et à faire en sorte que l'on puisse apporter, avec la coopération internationale, les réponses attendues par tous ces jeunes.
Nous avons, dans la période actuelle, des préoccupations liées notamment aux problèmes commerciaux et, notamment, ceux qui concernent les négociations internationales dont je souhaite qu'elles ne se fassent pas au détriment des pays pauvres d'Afrique, en particulier.
Nous avons des problèmes de financement du développement qui exigent de la part de la communauté internationale un effort plus important. Et la France plaide, vous le savez, pour l'adjonction de financements innovants permettant de répondre à ces besoins.
Bref, voilà ce dont nous allons parler tous ensemble. Et je voudrais encore dire au Président TOURÉ, qui incarne bien cette Afrique moderne et dynamique, la joie que j'ai de me trouver chez lui et l'amitié et le salut fraternel du peuple français.
ALLOCUTION DU PRESIDENT FRANCAIS A L'OUVERTURE DE LA 23EME CONFERENCE FRANCE-AFRIQUE A BAMAKO AU MALI
Samedi 3 Decembre 2005
Discours de M. Jacques CHIRAC, Président de la République française, prononcé lors de l'ouverture du 23ème Sommet des Chefs d'Etat d'Afrique et de France.
Bamako - Mali, le samedi 3 décembre 2005.
Monsieur le Président de la République du Mali, mon cher ATT, permet-moi d'utiliser ce terme affectueux, qui n'enlève rien au respect que je te porte, mais qui me permet de te dire très simplement mon estime et mon amitié. Les deux étant très grandes.
Monsieur le doyen, Président du Gabon, que je suis heureux de féliciter pour sa brillante réélection,
Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement,
Et parmi les chefs d'Etat, vous me permettrez d'avoir une pensée respectueuse mais aussi affectueuse pour la Présidente du Libéria. Elle rend à l'Afrique sa première visite officielle et nous y sommes particulièrement sensibles.
Mesdames les premières dames qui nous apportaient le sourire de l'Afrique et à qui je tiens à présenter mes très respectueux hommages,
et cher ATT, vous me permettrez de saluer nos frères Dogons qui nous ont accueillis tout à l'heure de façon si remarquable, chaleureuse et sympathique,
Merci au Président TOURÉ. Merci au peuple malien pour l'exceptionnelle hospitalité qui nous est réservée. Ces témoignages d'amitié, d'affection resteront, j'en suis sûr, gravés dans nos cœurs à tous.
Cher Président,
Je viens à Bamako porté par un sentiment d'espoir et de confiance. L'Afrique a changé. Mue par l'ambition de ses dirigeants, de ses peuples, de sa jeunesse, elle a fait le choix de la responsabilité. Déjà, on perçoit une transformation, une nouvelle approche de la paix, de la démocratie, du développement, notamment du développement humain. Le chemin à parcourir demeure long et incertain : toute l'énergie des Africains, toute l'énergie de la communauté internationale sera nécessaire. Mais, je vous le dis : en ce siècle nouveau, l'Afrique impressionnera le monde par ses réalisations et ses succès. Et la France entend contribuer à cette renaissance.
Quel avenir l'Afrique va-t-elle offrir à sa jeunesse ? C'est bien la seule question qui vaille, celle qui détermine, en réalité, toutes les autres et à laquelle il nous appartient, tous ensemble, d'apporter une réponse.
Aujourd'hui, chacun le sait, près des deux tiers de la population africaine ont moins de 25 ans. C'est un défi démographique majeur. Dans un monde où les solidarités traditionnelles s'effacent devant l'urbanisation, un monde marqué par la circulation instantanée de l'information, rien ne serait plus dangereux que de laisser les jeunes Africains sur le bord de la route. S'ils devaient prendre la voie sans issue de la contestation violente ou des idéologies extrémistes, l'Afrique serait en grand péril et le monde en danger certain de déséquilibre. L'avenir de l'Afrique est dans sa jeunesse et l'avenir des jeunes Africains est d'abord en Afrique. A nous de leur donner les moyens de la liberté et de l'épanouissement moral et physique.
*
L'Afrique a d'abord la responsabilité de mettre un terme aux crises meurtrières qui la secouent. Nous ne pouvons tolérer, les Africains ne peuvent tolérer que s'installent la loi du plus fort, des divisions d'un autre âge, le drame des enfants-soldats, la tragédie de millions de réfugiés. Ce n'est en aucun cas une fatalité et ce n'est pas dans la nature africaine.
Grâce à l'engagement sans précédent de l'Union africaine et de l'Organisation des Nations Unies, la paix et l'état de droit progressent. La démocratie s'installe. La France prend toute sa part à cet effort en soutenant, à la demande des Africains, les opérations menées par ces institutions et par les organisations régionales responsables et compétentes. En adaptant son dispositif militaire et en appuyant RECAMP, avec l'Union européenne, elle contribue à désamorcer les crises et à former ces corps africains de maintien de la paix qui constituent la vraie réponse aux menaces de déstabilisation. Elle soutient également l'objectif nécessaire d'un traité international sur le commerce des armes.
L'urgence, c'est aussi de vaincre la pauvreté, de permettre l'éclosion d'une classe moyenne, d'employer au mieux les élites, si nombreuses sur ce continent. La formation doit être notre priorité. Au-delà des indispensables efforts en faveur de l'éducation, il faut multiplier les centres d'apprentissage et de formation professionnelle. Ils répondent à de vrais besoins et créent des emplois qualifiés, par exemple dans des secteurs aussi essentiels que les transports, le bâtiment, la santé, où l'Afrique souffre de pénurie de main-d'œuvre spécialisée. C'est ainsi que l'Afrique sortira d'une logique de survie et donnera l'espoir d'une vie meilleure à tous ses enfants.
La difficulté de travailler et de construire sa vie dans son pays contraint hélas des milliers d'Africains à émigrer et ceci dans des conditions généralement indignes.
J'en appelle à la responsabilité de chacun. Ensemble, Africains et Européens, nous avons pour devoir de démanteler les réseaux d'immigration clandestine, derrière lesquels se cache, en réalité, un commerce honteux, odieux et mafieux. Ensemble, nous devons favoriser le co-développement et permettre aux Africains de trouver chez eux des conditions de vie et de travail décentes. La France et l'Union européenne dont je salue ici le représentant, se sont engagées à intensifier leurs efforts dans ce domaine.
Cela passe aussi par la reconnaissance du rôle essentiel de ces acteurs du développement que sont les Africains de la diaspora. Il faut valoriser l'expérience, le savoir-faire, l'épargne que les Africains de la diaspora apportent à l'Afrique.
Monsieur le Président,
Avec un taux de 5% de croissance en moyenne ces dernières années, l'Afrique est sur la voie du développement. Pour renforcer cette dynamique, les engagements de la communauté internationale à l'égard du continent, confirmés lors du Sommet du G8 de Gleneagles, doivent être pérennisés et, dans le même temps, l'Afrique doit poursuivre ses réformes politiques, économiques et sociales.
Ces engagements réciproques ont conduit à l'annulation totale de la dette des pays les plus pauvres, en particulier aux décisions prises cet été qui ont porté sur 55 Mds de dollars. Mais il serait inadmissible que d'autres pays, sous prétexte qu'ils ont des revenus un peu supérieurs et qui, pour autant, consentent des réformes difficiles et courageuses soient pénalisés par une dette tout à fait excessive. Il faut donc aussi se pencher sur leur situation. Le Président BONGO, en leur nom, a fait beaucoup de démarches dans ce sens, elles doivent être soutenues ; pour ma part, je les soutiens.
Il faut également que ces réformes soient appuyées par une augmentation de l'aide publique au développement. C'est la raison de l'effort que les Français acceptent en portant l'aide publique à 0,7% de notre PIB d'ici 2012. En dix ans, cette aide publique au développement aura plus que doublé. Et je me suis personnellement engagé pour convaincre l'Union européenne de faire de même d'ici 2015.
Mais les efforts budgétaires seront insuffisants pour permettre la réalisation des objectifs du développement du millénaire. La vérité, c'est que pour atteindre ces objectifs, il faudrait au moins, je vais y revenir, doubler l'aide publique au développement. Ce serait légitime, politiquement et moralement. Et pour se faire, on ne peut pas imaginer que cette aide publique au développement soit uniquement d'origine budgétaire. Donc, il faut trouver des nouveaux moyens, des financements innovants, une taxation internationale pour apporter les ressources indispensables sans lesquelles nous ne développerons pas les régions qui doivent être développées et nous ne donnerons pas aux jeunes qui s'y trouvent la capacité d'y rester.
Je disais que, pour atteindre ces objectifs, il faut au moins doubler l'aide publique mondiale et la porter à 150 Mds de dollars par an. C'est un effort important, je le reconnais, mais c'est un effort modeste, très modeste au regard des ressources nouvelles que crée chaque année la mondialisation. C'est un effort nécessaire tant que pèsera sur l'Afrique la menace constante du paludisme, du sida, de la tuberculose, des maladies de l'eau. Il faut améliorer la prévention et l'éducation, il faut développer la recherche, l'accès de tous aux médicaments. Les expériences réussies de pays africains qui mettent en œuvre des politiques volontaristes doivent nous encourager à aller de l'avant dans la mobilisation de nouveaux financements sans lesquels nous ne répondrons pas aux exigences politiques et morales que j'évoquais tout à l'heure. Et c'est l'intérêt de tous. L'intérêt de l'Afrique d'améliorer petit à petit sa situation et celle de ses enfants. Mais l'intérêt aussi de l'ensemble de la communauté internationale qui ne peut pas prendre la responsabilité d'avoir laissé une partie de la communauté sur le bord de la route.
A la pointe de ce combat, la France instituera en 2006 un prélèvement de solidarité sur les billets d'avion qui rapportera chaque année plus de deux cents millions d'euros. Mais cet effort, à mes yeux, n'est pas justifié par une somme d'argent mais par sa valeur d'exemple et d'expérience. J'appelle la communauté internationale à rejoindre les pays qui sont prêts à s'engager en faveur de cette initiative. Et j'invite tous les États intéressés à venir à Paris, en février, pour une conférence consacrée à cette question, de façon à rendre le mouvement d'accroissement massif de l'aide au développement irréversible.
Nous devons aussi reposer la question des matières premières, qui conditionne la vie de millions d'Africains. La volatilité des cours engendre des chocs insupportables. Nous devons y porter remède. Nous avons obtenu que le Fonds monétaire international mette en place une facilité destinée aux pays qui souffrent de ce phénomène. La France y consacrera, dès l'origine, un milliard de dollars.
A quelques jours, par ailleurs, de la conférence de Hong Kong, il faut également rappeler que l'Afrique doit prendre sa juste place dans le commerce international, notamment agricole. Elle ne doit pas être ignorée par les pays riches ou les pays émergeants, ce qui est, hélas, aujourd'hui le cas. Elle ne doit pas être victime d'un système bien dans ses principes mais qui risque d'être profondément injuste dans ses réalités. Les paysans africains doivent recevoir la juste rémunération de leur travail. Nous ne pouvons accepter qu'une libéralisation hâtive et généralisée des échanges agricoles ruine les efforts des pays les moins avancés. Les régimes de préférences doivent être consolidés et pérennisés. Les pays développés doivent s'engager à les aligner sur les plus favorables, et les plus favorables se sont ceux de l'Union européenne, "Tout sauf les armes". J'appelle aussi solennellement les Etats-Unis à supprimer les subventions à leurs producteurs de coton, comme l'Europe a entrepris de le faire. Ces subventions appauvrissent des millions de petits producteurs africains, celles qu'évoquait tout à l'heure le Président du Mali, producteurs pourtant parfaitement compétitifs. Il faut enfin revoir la logique des accords que l'Europe va négocier avec les pays ACP : décloisonner les espaces économiques, très bien, mais à un rythme raisonnable et en maintenant, en permanence, des préférences sans contrepartie.
Parce que la France est l'avocat inlassable de l'Afrique, elle s'engagera pour que le prochain G8 qui se tiendra à Saint-Pétersbourg, l'année prochaine, marque une mobilisation exceptionnelle pour le continent africain. je m'en suis longuement entretenu avec le Président POUTINE. Et notamment dans trois domaines essentiels : la formation professionnelle, les infrastructures, la valorisation des ressources du sous-sol.
Mesdames et Messieurs les Présidents,
Je souhaite que ce partenariat s'incarne également dans l'ouverture d'un espace privilégié d'échange entre la France et les pays africains, notamment francophones. Entrepreneurs, cadres, chercheurs, professeurs, artistes : leurs activités sont, par nature, liées à l'échange. J'ai donc décidé, sur une suggestion du Président du Mali, de faciliter pour eux la délivrance de visas de longue durée et à entrées multiples, car c'est indispensable à leurs activités.
La France continuera de plus, bien sûr, à accueillir sur son sol de nombreux étudiants africains. Au cours des cinq dernières années, leur nombre a progressé de 70%. Un tiers des 106 000 étudiants africains sont en troisième cycle, notamment dans les filières scientifiques. C'est dire leur qualité. Nous devons faire en sorte que leurs compétences puissent profiter pleinement à leurs pays d'origine. C'est une des points qui sera discuté cet après-midi sur la proposition du Président TOURE.
C'est dans ce cadre rénové que notre partenariat, véritable pacte pour l'avenir, nous permettra de relever de nouveaux défis. J'en retiendrai un -parce que nous l'avons évoqué hier soir, à l'initiative du Président TANDJA- : la protection de l'environnement. Juguler, puis faire reculer le désert, reboiser, protéger l'eau, la faune, la flore, est indispensable à l'avenir du continent et à l'avenir de notre planète. Prenons exemple sur ce que fait le Niger pour protéger le fleuve. C'est à la fois répondre à l'urgence écologique et créer de l'activité et de l'emploi.
*
Madame et Messieurs les Présidents,
Mes chers amis,
La France sera toujours fidèle aux liens qui l'unissent à l'Afrique, des liens qui sont d'abord ceux du cœur et des sentiments partagés. Ce qui nous rassemble, c'est la foi dans l'Afrique. C'est notre combat pour une Afrique sûre de son identité. Une Afrique résolument moderne et débarrassée des idéologies et des archaïsmes. Une Afrique forte de son patrimoine culturel et fière de ses conquêtes. Une Afrique, audacieuse et entreprenante. L'Afrique que tous nous voulons et que veut la jeunesse africaine. Cette Afrique, dont il ne faut jamais oublier qu'elle est le berceau de l'humanité et qu'elle est incarnée aujourd'hui par sa jeunesse.
Notre relation ne sera jamais banale. Forgée dans une histoire commune, dans le partage d'une langue et d'une culture, elle s'enrichit de multiples échanges que tous les Français présents sur le sol africain, que tous les Africains présents sur le sol français contribuent à nourrir et à approfondir. La France sait qu'une part de sa mémoire est africaine, qu'une part de son vécu est africain. Sur votre continent se jouent une part de notre avenir et plus simplement une part de l'avenir du monde.
Depuis les indépendances, vous avez changé, et nous aussi. Mais ce qui n'a pas changé et ce qui ne changera pas, c'est l'engagement déterminé de la France en faveur et au côté de l'Afrique. La jeunesse nous jugera sur nos actes. Sachons répondre à son appel.
Je vous remercie.
SENEGAL / FRANCE / POINT DE PRESSE DU MINISTRE DOUSTE-BLAZY AU CENTRE HOSPITALIER NATIONAL UNIVERSITAIRE DE DAKAR-FANN
Samedi 3 Decembre 2005
(Dakar, 30 novembre 2005)
Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,
Permettez-moi, pour commencer, de remercier le Ministre de la Santé et de la Prévention médicale, M. Abdou Fall, et le directeur du Centre hospitalier universitaire de Fann, le médecin-colonel Dien Daouda, pour leur accueil si chaleureux.
A la veille de la journée mondiale de la lutte contre le sida, je suis heureux que l'occasion me soit donnée d'évoquer avec vous l'engagement de la France pour combattre ce fléau, et en particulier, l'action que nous menons ici, au Sénégal, en parfaite concertation avec les autorités du pays.
Depuis longtemps, nos deux pays ont su unir leurs forces pour lutter efficacement contre une épidémie qui relève toujours de l'urgence sanitaire mondiale. En témoigne en particulier l'appui que la France apporte au Programme national de la lutte contre le sida, aux associations et, à travers le programme ESTHER, à plusieurs hôpitaux de Dakar et du reste du pays.
Aujourd'hui, un premier constat positif s'impose : le Sénégal est l'un des rares pays d'Afrique où l'épidémie de VIH/sida a été maintenue à une prévalence stable et basse de moins de 1 %.
Ce résultat est en tous points remarquable. Nous le devons en grande partie à l'engagement résolu des autorités sénégalaises à lutter contre le VIH/sida, et ce, dès les origines de l'épidémie. Je pense en particulier à la détermination et l'efficacité avec lesquelles vous avez su traduire en termes de santé publique l'analyse des résultats de la recherche.
Dès 1986, le Sénégal a mis en place des programmes de prévention et d'information, couplés avec des programmes de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles. A la demande de l'OMS, cette stratégie devait être ensuite généralisée aux autres pays africains.
Puis, sous l'impulsion du Dr Ibrahim Ndoye, dont je tiens tout particulièrement à saluer le travail, vous avez été en 1998 les premiers en Afrique à organiser une initiative nationale d'accès aux antirétroviraux. Pionnier dans l'accès au traitement, le Sénégal l'est aussi dans la gratuité accordée aux antirétroviraux, puisque la décision en a été prise par le président Wade dès l'année 2003.
Je n'oublie pas, bien évidemment, la place qui revient à notre coopération dans l'efficacité de la lutte contre le VIH/sida dans votre pays. Car vous le savez, depuis dix ans, les programmes de recherche de notre Agence nationale de recherche contre le sida (ANRS) ont étroitement accompagné, au Sénégal, les programmes nationaux de prise en charge des patients.
Je pense aussi aux essais thérapeutiques qui ont été menés et qui ont rendu plus simple la prise médicamenteuse, avec une meilleure adhésion au traitement et une diminution des effets secondaires.
Enfin, aujourd'hui, des équipes du Sénégal et de l'Agence française de Recherche contre le sida travaillent en étroite collaboration sur le suivi de l'évolution des résistances dans la région, ce qui est essentiel si l'on veut anticiper de manière efficace les besoins en médicaments antirétroviraux de seconde intention.
Tout ceci témoigne de l'intensité de notre partenariat en matière de lutte contre le VIH/sida, mais aussi de l'engagement de la France dans ce domaine.
Depuis plusieurs années, la France a fait de la lutte contre le VIH/sida la première de ses priorités "santé" dans sa coopération avec les pays du Sud. Nous lui consacrons près de 40 % de l'aide allouée à ce secteur, soit plus de 120 millions d'euros d'aide publique au développement pour l'année 2004. En 2005, ces moyens devraient encore progresser pour atteindre 142 millions d'euros. Enfin, en 2006 et 2007, nous franchirons une nouvelle étape, puisque la contribution française au "Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme" atteindra respectivement 225 puis 300 millions d'euros, conformément à l'engagement du président de la République, qui a décidé de doubler notre soutien à cette institution.
Nous sommes fiers d'avoir porté notre pays en tête des contributeurs du Fonds mondial sur la période 2006-2007, car nous savons que le Fonds mondial représente notre principale chance de parvenir à un changement d'échelle dans les moyens affectés à la lutte contre le VIH/sida.
Mais l'engagement de la France, c'est aussi l'efficacité de son dispositif bilatéral, et le Sénégal fait partie des 20 pays africains qui bénéficient des programmes ciblés que nous développons dans de nombreux domaines : je pense à l'éducation, à la prévention, à la sécurité transfusionnelle, mais aussi au dépistage, à la prise en charge des maladies opportunistes, et même, depuis quelques années, à l'accès aux traitements antirétroviraux. C'est, en réalité, une véritable approche globale de la maladie que nous avons voulu mettre en œuvre, une politique multidimensionnelle, capable de concilier tout le long de la chaîne d'intervention de meilleurs efforts de prévention et un meilleur accès aux traitements.
Mais nous le savons aussi, la lutte contre le VIH/sida est un défi mondial, qui exige de mobiliser les efforts de tous. C'est pourquoi la France s'est aussi engagée au niveau européen, au G8, à l'Assemblée générale des Nations unies, pour que la communauté internationale prenne de nouvelles initiatives efficaces, concertées et harmonieuses.
Dans la voie tracée par le président de la République, nous avons plaidé, en particulier, en faveur de politiques plus ambitieuses en matière d'accès aux traitements. Nous pensons qu'à terme, les six millions de malades en attente de traitements par antirétroviraux dans les pays à faibles revenus doivent avoir accès aux soins les plus efficaces, au même titre et à égalité avec les malades des pays du Nord. La mondialisation peut être, nous en sommes convaincus, le lieu de nouvelles solidarités. C'est pourquoi, dans le monde globalisé qui est le nôtre, nous devons nous montrer capables d'organiser un accès généralisé à la santé et aux médicaments.
C'est ce message que je veux porter aujourd'hui, ici, sur cette terre sénégalaise en soulignant l'exemple remarquable que vous représentez dans la lutte contre le VIH/sida. Dans notre recherche d'un accès universel aux traitements d'ici 2010, je veux croire que la Déclaration du Sommet des Nations unies de septembre représente un vrai motif d'espoir. Permettez-moi, à cet égard, de rendre à nouveau hommage à votre pays, et à votre président, qui s'est engagé à rendre l'accès à ces traitements gratuits pour tous. Cette initiative confirme, si besoin était, le rôle pionnier du Sénégal dans la lutte contre le VIH/sida.
Aujourd'hui, l'expérience sénégalaise, et l'évaluation qui en a été conduite par notre Agence nationale de recherche contre le sida, ont démontré la faisabilité des programmes d'accès aux traitements par anti-rétroviraux dans les pays du Sud.
Accès universel aux traitements : l'engagement est pris, mais comment faire ? Le défi est de taille, quand on sait qu'à ce jour, seulement un million de personnes ont accès à ces traitements dans les pays à faibles revenus. Et pourtant, dans le monde globalisé qui est le nôtre, il en va de la sécurité sanitaire de tous.
C'est cette responsabilité partagée qui a conduit la France à soutenir résolument le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. C'est la même conviction qui a conduit le président Chirac à proposer la création d'une contribution de solidarité internationale affectée, dans une phase pilote, à la lutte contre ces trois maladies.
Je suis heureux et fier que le gouvernement auquel j'appartiens ait décidé, la semaine dernière, de proposer au Parlement la création d'une taxe sur les billets d'avion dont le produit sera affecté à cette cause et, en particulier, à assurer l'approvisionnement sur le long terme en médicaments. Il importe que ce mouvement de solidarité se développe et c'est pourquoi nous accueillerons, dès février prochain, à Paris, une conférence ministérielle réunissant tous les pays intéressés.
Aujourd'hui, la lutte contre les pandémies, et en particulier le VIH/sida, exige plus que jamais du courage et beaucoup de détermination. Elle justifie aussi la mobilisation de tous. Soyez-en assurés : la France continuera, pour sa part, d'apporter tout son concours à une approche globale du développement et de la santé publique mondiale. Plus que jamais, elle sera aux côtés du Sénégal pour mener ce combat contre le sida qui doit être poursuivi sans relâche et avec ténacité.
Je vous remercie.
SENEGAL / FRANCE / INTERVENTION DE M.DOUSTE-BLAZY A WASSADOU
Samedi 3 Decembre 2005
(Wassadou, 30 novembre 2005)
Monsieur le Président de la République,
Messieurs les Ministres,
Monsieur l'Ambassadeur,
Monsieur le Directeur,
Mesdames et Messieurs,
C'est un honneur et un très grand plaisir, pour moi et pour le gouvernement de la France que je représente ici, de participer à vos côtés à cette cérémonie d'inauguration de la maison médicale de Wassadou.
Lors de mon précédent séjour au Sénégal, il y a de cela un an, pratiquement jour pour jour, alors en qualité de ministre de la Santé, j'avais pu effectuer plusieurs visites d'établissements de santé. J'avais pu déjà mesurer la densité et la diversité de la coopération entre nos deux pays.
Cette nouvelle réalisation, à Wassadou, confirme que nos actions sont inscrites dans la durée. Elles sont le plus souvent le fruit de l'engagement, personnel ou collectif, de nombreux acteurs : les personnels de santé, les médecins, les chercheurs, mais également et heureusement, les communautés villageoises elles-mêmes, les groupements économiques, les associations de femmes, de jeunes…
Cet engagement très fort des hommes et des femmes de nos deux pays, ce combat permanent pour une meilleure santé des populations les plus démunies s'incarne aujourd'hui dans une très belle réalisation. Elle est le résultat d'un partenariat exemplaire entre partenaires publics et privés, entre Nord et Sud, entre la France et le Sénégal.
Permettez-moi, Monsieur le Président, de rendre ici un hommage tout particulier à la Fondation Pierre Fabre, qui a répondu positivement à la demande de l'association Kinkeliba, association de médecins français, enthousiastes et déterminés, avec à sa tête le Docteur Gilles Degois, que je salue.
Le Centre de Wassadou, c'est enfin la marque particulière de la confraternité médicale au service des populations. D'une confraternité lucide qui repose sur un même constat :
- l'insuffisant accès aux soins et aux médicaments des populations rurales isolées, voire enclavées, qui trop souvent les incite à quitter leur région d'origine pour rejoindre la capitale ou gagner d'autres horizons ;
- la nécessité d'impliquer ces mêmes populations dans une organisation mutualiste de la santé, seule à même de promouvoir les structures de santé et de les rendre accessibles au plus grand nombre à moindre coût ;
le souci, enfin, de former les agents de santé, les médecins, les laborantins qui exerceront leur métier au sein de ces établissements, en accompagnant aussi ces formations d'actions éducatives sanitaires auprès des populations.
Tout ceci suppose que nous poursuivions ensemble nos efforts pour améliorer à la fois les infrastructures d'accès, les procédures de financement des coûts de fonctionnement, les conditions de présence et d'exercice du personnel médical.
En privilégiant son action en faveur de la santé maternelle et infantile et l'accès aux médicaments, le projet de la Maison médicale de Wassadou s'inscrit pleinement dans le cadre des priorités que s'est fixé le Sénégal, à travers notamment le programme national de développement sanitaire (PNDS). Après la construction d'une première maison médicale dans la région de Tambacounda, fonctionnelle depuis 1998, la réalisation aujourd'hui d'une deuxième maison à Wassadou contribuera à la mise en place d'un système de soins obstétricaux d'urgence dans une région difficile d'accès, à plus de 550 km de Dakar.
En partenariat avec l'hôpital de Tambacounda et l'hôpital de Ninefesha, c'est un réseau qui se met progressivement en place dans la région, et qui compte désormais la maison de Sinthian, également soutenue par Kinkeliba, la maternité rurale de Goumbayel et le dispensaire de Saint-Joseph d'Annecy.
La plupart des institutions que je viens de citer ont bénéficié du soutien d'associations françaises, mais également de celui de nos entreprises. Cette implication du secteur privé, ce partenariat public-privé qui est d'ailleurs au cœur du NEPAD cher au Président Wade, est un élément essentiel qui doit être souligné et que nous souhaitons renforcer. La Maison de Wassadou, qui nous réunit aujourd'hui, a ainsi trouvé des partenaires avec Véolia, Nexans, Total, Bio Mérieu, Fougerolles et d'autres encore.
Je ne pourrais terminer cette brève intervention, Monsieur le Président, sans mentionner, comme l'illustre votre présence ici même, votre engagement personnel dans ce difficile, mais indispensable combat pour la santé de tous.
Permettez-moi, enfin, de rendre également hommage à l'action déterminée et efficace conduite par Mme Viviane Wade et à l'association " Education et Santé " qu'elle préside.
Tous les hommes de bonne volonté, tous les amis du Sénégal, réunis autour de vous, Monsieur le Président, savent qu'ils ont, en la personne de votre épouse, leur plus fidèle soutien et alliée, je n'ose pas dire, complice, pour mener à bien la réalisation de leurs projets et de nos ambitions communes.
J'en ai l'absolue conviction, santé et développement sont indissociables. L'amélioration des politiques de santé publique, le renforcement des structures d'accueil et de soins, sont essentiellement une conséquence du développement et de la croissance économique d'un pays. Mais ils en sont aussi, je dirais surtout, un facteur essentiel. L'insuffisance du niveau sanitaire pèse lourdement sur le potentiel de développement sur l'éducation, sur l'emploi, sur la création des richesses. Nous devons nous y atteler en priorité.
Je voudrais conclure en m'adressant enfin et surtout aux malades pour leur dire qu'ils disposent ici d'une structure adaptée à leurs besoins et qui, je l'espère, contribuera à améliorer leurs conditions de vie.
Je vous remercie./.
SENEGAL / FRANCE / VISITE DE M DOUSTE-BLAZY / POINT DE PRESSE CONJOINT AVEC S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE / PROPOS DU MINISTRE FRANCAIS
Samedi 3 Decembre 2005
Q – Sur la position de la France à l'égard de la demande d'extradition de M. Hissène Habré.
R - Vous comprendrez bien que la France, qui est attachée à la souveraineté des Etats, estime évidemment par définition que le Sénégal doit prendre ses décisions en toute indépendance. Maintenant, sur ce que le président Wade vient de dire, je pense que c'est évidemment une excellente idée que l'Union africaine puisse décider elle-même en toute indépendance.
Pourquoi voulez-vous que l'Afrique demande aux autres, de quel droit, ce qu'il faut faire ? Donc, l'Union africaine doit en effet être placée devant ses responsabilités et doit, pour ce cas et pour d'autres aussi, essayer de faire en sorte que justice soit faite, qu'il puisse y avoir une règle du jeu sur ce continent comme sur les autres, une règle qui évite évidemment tout débordement.
Je voudrais profiter du fait que j'ai la parole pour dire un mot sur ce que nous avons vu aujourd'hui. Il ne faut pas se tromper sur ce qu'est la politique internationale aujourd'hui. La politique internationale est aujourd'hui essentiellement marquée par les problèmes de développement.
Il n'y a pas de développement sans santé publique, il n'y a pas de santé publique sans développement. Or, aujourd'hui, les quatre cinquièmes des pays de la planète sont sans système de santé publique moderne et réactif. Donc, ce que nous avons fait aujourd'hui dans le milieu rural est très important parce qu'en conjuguant les secteurs public et privé, il peut y avoir des structures de santé primaire qui permettent aux populations de rester dans les campagnes, d'éviter cet exode rural car ce n'est pas en s'accumulant dans les grandes villes qu'on règlera les problèmes de santé, bien au contraire.
Ensuite, il y a évidemment le problème des compétences professionnelles. C'est tout le problème que le président Wade vient de développer. A-t-on besoin de très grands professeurs de médecine pour développer les systèmes de santé en ruralité ? Non.
Il faut certainement beaucoup d'infirmières, beaucoup de personnel médical qui ont 3 ans, 4 ans de formation et qui peuvent déjà dispenser des soins de santé primaire, prendre en charge les maladies assez faciles à diagnostiquer, à prévenir et à traiter. Ensuite, si on a besoin de consulter un hôpital régional, on peut y aller, voir des spécialistes. Enfin, les infrastructures. Il est important de développer entre ces hôpitaux, dans ce réseau de santé, les infrastructures telles que les transports, les routes, qui sont fondamentaux pour développer un système de santé public.
Q – Sur la lutte contre le sida au Sénégal.
R - Sur ce sujet, si vous permettez, l'Afrique représente 10 % de la population mondiale ; or 60 % des malades atteints du VIH sont en Afrique. Il y a 25 millions de personnes en Afrique qui sont touchées, 25 millions qui sont touchées par le VIH. Et 3 millions meurent chaque année. C'est vous dire l'importance que représente cette maladie. Or, c'est vrai qu'en Afrique, il y a quelques pays, dont le Sénégal, où la prévalence est inférieure ou à peu près égale à 1 %. Ce qui veut dire qu'un travail considérable a été fait en termes de prévention. Il a été fait aussi en termes d'accès aux médicaments, et c'est le président Wade qui a souhaité donner un large accès gratuit au médicament. C'est tout l'enjeu des prochaines années en termes de santé publique dans le monde, c'est un problème diplomatique, ce n'est pas un problème médical technique. Ce n'est pas seulement aux ministres de la Santé, c'est aux chefs d'Etat de la planète entière de régler ce problème.
Sur 6 millions de personnes qui attendent des médicaments, il y a 5 millions de gens qui n'y ont pas accès, qui n'ont jamais vu un comprimé de leur vie. C'est honteux et scandaleux. Donc, on est là dans la diplomatie. Il faut être là pour le dire. Et en particulier en ce qui concerne les femmes, car on sait que leur niveau d'éducation est inversement proportionnel à la capacité de se traiter.
Moins vous êtes éduqué, moins vous vous traitez. Donc il y a un combat à mener. Je vois que le président américain commence à s'en occuper. Le Président Chirac, le Président Lula ont proposé de nouveaux financements, il faut arrêter d'être égoïstes et essayer enfin de commencer à traiter les malades là où ils sont, c'est-à-dire dans le Sud.
Q - Une petite question sur la Côte d'Ivoire. Pensez-vous qu'on puisse encore sortir de ce blocage ?
R - On l'espère l'un et l'autre
SENEGAL VISITE DE TRAVAIL DE M.PHILIPPE DOUSTE-BLAZY MINISTRE FRANCAIS DES AFFAIRES ETRANGERES
Samedi 3 Decembre 2005
Le Ministre des Affaires Etrangères, M. Philippe Douste-Blazy, a séjourné au Sénégal du 30 novembre au 02 Décembre 2005.
Cette visite, qui s’inscrit dans la continuité de la visite du Président de la République en février dernier, coïncidait par ailleurs avec la Journée mondiale de lutte contre le sida.
Le Ministre a notamment participé à l’inauguration d’une maison médicale à Wassadou, dans l’est du pays dans la région de TAMBACOUNDA , et visité le centre régional de recherche et de formation sur le VIH/SIDA de l’hôpital de Fann à Dakar.
Il a été reçu par le Président de la République du Sénégal, M. Abdoulaye Wade, et s’est entretenu avec le mMinistre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio.
Il a également rencontré la communauté française du Sénégal.
GAMBIE / S.E.YAYAH A.J.J.JAMMEH A BAMAKO ET A LA MECQUE
Samedi 3 Decembre 2005
S.E.YAYAH JAMMEH , Président de la République a quitté BANJUL, la capitale gambienne en direction de BAMAKO au MALI ou il prendra part à la rencontre FRANCE-AFRIQUE , la 23ème Conférence qui réunira tous les Chefs d'Etat et de Gouvernement des pays africains.
Le Président gambien se rendra ensuite à la MECQUE pour y effectuer le pèlerinage .
SENEGAL / 10EME EDITION DE LA FOIRE INTERNATIONALE DU LIVRE A DAKAR
Samedi 3 Decembre 2005
Foire international du Livre et du matériel didactique( Fildak) : Lancement de la cérémonie le 5 décembre
Dakar abritera du 6 au 11 décembre la 10 e édition de la Foire internationale du Livre et du matériel didactique (Fildak). En prélude à cette rencontre, un colloque sera organisé le lundi 5 décembre dans les locaux de l’hôtel Indépendance.
Cette importante rencontre culturelle est placée sous la présidence du ministre de la Culture et du Patrimoine historique classé, Mame Birame Diouf.
Selon un communiqué et d’après les organisateurs, «la Fildak est une importante rencontre culturelle qui réunit à Dakar des professionnels du livre venus des pays d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique».
A cet effet, les participants plancheront sur le thème : «Pour une culture du livre.»
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE SUITE A LA RENCONTRE DU CHEF DE L'ETAT S.E.M.LAURENT GBAGBO AVEC LES LEADERS DES PARTIS POLITIQUES IVOIRIENS SUR LA DESIGNATION DU NOUVEAU PREMIER MINISTRE
Samedi 3 Decembre 2005
Avant l’arrivée prévue pour dimanche 04 décembre 2005 à Abidjan, des Chefs d’Etat du Nigeria, président de l’Union africaine, d’Afrique du Sud, médiateur de l’Union africaine dans la crise ivoirienne, du Niger, président de la CEDEAO, en vue de la poursuite du processus de désignation du Premier ministre, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo a invité les représentants de la communauté internationale en Côte d’Ivoire et l’ensemble de la classe politique à des rencontres en vue de préparer la visite des Chefs d’Etat africains.
Ces rencontres ont commencé par les audiences accordées par le Président de la République le 30 novembre 2005 à Monsieur Pierre Schori, représentant spécial du Secrétaire général de l’O.N.U. en Côte d’Ivoire, et à Monsieur Antonio Monteiro, Haut représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d’Ivoire.
Elles se sont poursuivies et se sont achevées ce jour 02 décembre 2005 par les rencontres du Président de la République avec les responsables des partis et groupements politiques et des mouvements politico-militaires.
Le FPI, l’UDPCI tendance Akoto Yao, le PURCI, l’UDCY, le PIT, l’Alternative citoyenne et les partis non représentés à l’Assemblée nationale, sont venus au Palais présidentiel à Abidjan Plateau rencontrer le Président de la République.
Les partis politiques membres du G7 notamment le PDCI, le RDR, 1’UDPCI tendance Mabri Toikeusse, le MFA et les mouvements rebelles n’ont pas jugé utile de rencontrer le Président de la République. Tous avaient cependant été invités téléphoniquement par la Présidence de la République et tous avaient donné leur accord pour prendre part à ces rencontres.
Le Président de la République prend simplement acte de ce refus.
Il fait simplement savoir aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens que ces rencontres avaient pour objectif de permettre à la classe politique ivoirienne d’échanger et de s’accorder avec lui sur les critères de désignation du Premier ministre à nommer avant l’arrivée des Chefs d’Etat africains et sur la compréhension de la résolution 1633 de l’O.N.U. sur la Côte d’Ivoire.
Le Président de la République pense que ces rencontres auraient permis de présenter une image plus digne de notre pays.
Sur les critères de désignation du Premier ministre, le Président de la République rappelle que la personnalité qui sera choisie aura pour mission de réunifier notre pays. Il faudra comme l’ont exigé l’Union africaine et le Conseil de sécurité de l’ONU qu’il s’agisse d’une personnalité acceptable pour tous et non acceptée par tous. Il faut pour cela qu’il s’agisse d’un Ivoirien qui peut dépasser les appartenances partisanes et les considérations politiciennes pour, faisant preuve d’un amour pour notre pays, accomplir dans le délai qui lui sera imparti, la mission qui lui sera confiée.
Sur la compréhension de la résolution 1633, le Président de la République rappelle qu’il a approuvé cette décision de l’O.N.U. parce qu’elle est conforme dans ses grandes lignes à notre Constitution. I1 déplore cependant que malgré cette résolution, des hommes politiques ivoiriens, comme s’ils n’aimaient pas notre pays, se livrent à des excès verbaux allant jusqu’à demander la mise sous tutelle de la Côte d’Ivoire.
Le Président de la République affirme que les discours de cette nature n’honorent guère notre pays et ne sont pas dignes d’être tenus par des personnes désirant diriger la Côte d’Ivoire.
C’est pourquoi, il invite toute la classe politique de notre pays à être digne devant les Chefs d’Etat qui, au nom de la communauté internationale, viennent nous aider à obtenir la paix pour nous-mêmes alors que, naturellement, ils ont d’importantes occupations dans leurs pays respectifs.
Fait à Abidjan, le 02 décembre 2005
Désiré Tagro
Porte-parole de la Présidence de la République
COTE D'IVOIRE / CONFERENCE DE PRESSE DU RFHDP (RASSEMBLEMENT DES FEMMES HOUPHOUETISTES)
Samedi 3 Decembre 2005
Mesdames et messieurs les journalistes de la presse nationale et internationale,
Je voudrais, au nom du Rassemblement des femmes houphouétistes pour la démocratie et la paix (RFHDP) , qui regroupe les femmes du PDCI, du RDR, de l’UDPCI et du MFA, vous adresser nos chaleureux remerciements pour votre présence massive à notre conférence de presse, ce jour vendredi 02 décembre 2005.
Conférence de presse ayant trait à la situation de blocage de la nomination du Premier ministre de transition, étape importante du processus d’organisation d’élections justes, transparentes et ouvertes à tous et donc pour le retour à la paix.
Mesdames et messieurs,
A l’approche de la fin du mandat de Laurent Gbagbo et pour éviter le vide constitutionnel, le Conseil de sécurité de l’ONU a pris une résolution, en l’occurrence la Résolution 1633.
Au titre de cette résolution 1633 du 21 octobre 2005, le Conseil de Sécurité de l’ONU a décidé :
-du maintien de Monsieur Laurent Gbagbo comme chef de l’Etat, pour une période de transition n’excédant pas 12 mois à compter du 30 octobre 2005.
-De la nomination avant le 31 octobre 2005 d’un nouveau Premier ministre à qui les pouvoirs de l’Exécutif seront transférés et qui devra disposer de toutes les ressources financières et de tous les moyens matériels et humains pour assurer la sécurité, la défense et les affaires électorales en vue du bon fonctionnement du gouvernement et de l’organisation d’élections libres, ouvertes, régulières et transparentes, avec l’appui de l’ONU.
Soin a donc été laissé à des médiateurs désignés que sont le Président Thabo Mbeki, le Président Tandja Mamadou, Président en exercice de la CEDEAO et le Président Olusegun Obasanjo, président en exercice de l’union africaine pour faire les consultations afin de désigner un Premier ministre acceptable pour tous. Après avoir établi un critérium, ceux-ci, après maintes consultations avec au départ 16 noms, ont retenu en dernier lieu deux noms :
Tiémoko Yadé Coulibaly et Gaston Ouassenan Koné qu’ils ont proposés à Laurent Gbagbo qui les a récusés.
Le Rassemblement des femmes houphouétistes pour la démocratie et la paix constatant la mauvaise foi de Laurent Gbagbo dans l’application de la résolution 1633 grâce à laquelle il est maintenu comme chef de l’Etat,
Pleinement conscientes et indignées par les souffrances persistantes des femmes, des enfants et des populations occasionnées par les blocages dans la désignation du Premier ministre essentiellement dues à la seule volonté de Laurent Gbagbo ;
Arguant du fait que Laurent Gbagbo n’a pas les pouvoirs nécessaires pour récuser les propositions retenues par les médiateurs ;
Soucieuses d’éviter à la Côte d’Ivoire, une situation de chaos prévisible dans un Etat sans gouvernement et donc de non-droit ;
Le Rassemblement des femmes houphouétistes pour la démocratie et la paix :
-interpelles les médiateurs sur le respect d’un équilibre dans la résolution de la crise et donc de la nécessité de la désignation d’un poste de Premier ministre d’un candidat émanant de l’opposition et issu de la dernière liste retenue par les médiateurs ;
-soutient fermement les candidats du RHDP que sont Tiémoko Yadé Coulibaly et Gaston Ouassenan Koné au poste de Premier ministre;
Le RFDHP rappelant que les résolutions de l’Organisation des Nations Unies sont au-dessus des Constitutions nationales ;
-Demande donc la suspension de la Constitution et la dissolution des Institutions de la République ainsi qu’une plus grande fermeté de l’ONU afin de faciliter l’application de la résolution 1633 dans son intégralité
-Appuie et soutient le GTI, la CEDEAO, l’Union africaine et l’ONU dans leurs efforts de restauration de la paix dans notre pays.
Par ailleurs, le Rassemblement des femmes houphouétistes pour la démocratie et la paix renouvelle sa gratitude à la CEDEAO, à l’Union africaine, à la Communauté internationale, au Conseil de Sécurité de l’ONU, au Secrétaire général de l’ONU, Son Excellence Kofi Anan pour leur sollicite diligente et fraternelle à l’égard du peuple de Côte d’Ivoire.
Merci de votre attention soutenue.
Fait à Abidjan,
le 02 décembre 2005
Pour le RFHDP
COTE D'IVOIRE / MEDIATION AFRICAINE SUR LA CRISE / ARRIVEE A ABIDJAN DE MM.LES PRESIDENTS OBASANJO -MBEKI ET TANDJA / COMMUNIQUE DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
Samedi 3 Decembre 2005
La Direction du Protocole d’Etat porte à la connaissance de la Communauté nationale que dans le cadre de l’application de la Résolution 1633, SEM Olusegun Obasanjo, Président de la République fédérale du Nigeria, Président en exercice de l’Union africaine, SEM Thabo Mbeki, Président de la République d’Afrique du Sud, Médiateur de l’Union Africaine et SEM Tandja Mamadou, Président de la République du Niger et président en exercice de la CEDEAO, effectueront une visite de travail à Abidjan, le dimanche 04 décembre 2005.
Les trois chefs d’Etat arriveront à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny, selon les horaires ci-après : .
09H30 : Arrivée de SEM Thabo Mbeki & de SEM Tandja Mamadou
11H15 : Arrivée de SEM Olusegun Obasanjo.
La Direction du Protocole d’Etat prie le Premier ministre, les présidents d’Institutions, les Membres du Gouvernement, le Corps diplomatique africain, le Gouverneur du District d’Abidjan, le Maire de Port-Bouët, les officiers généraux et les officiers supérieurs ainsi que les Communautés nigériane, sud africaine et nigérienne de bien vouloir prendre part à l’accueil qui sera réservé aux illustres hôtes au pavillon présidentiel, à partir de 08H30.
Fin de mise en place : 09H15.
COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE SUR LA SITUATION POLITIQUE
Samedi 3 Decembre 2005
Avant l’arrivée prévue pour dimanche 04 décembre 2005 à Abidjan des chefs d’Etat du Nigeria, président de l’Union Africaine, d’Afrique du Sud, médiateur de l’Union Africaine dans la crise ivoirienne, du Niger, président de la CEDEAO, en vue de la poursuite du processus de désignation du Premier Ministre, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo a invité les représentants de la communauté internationale en Côte d’Ivoire et l’ensemble de la classe politique à des rencontres en vue de préparer la visite des chefs d’Etat africains.
Ces rencontres ont commencé par les audiences accordées par le Président de la République le 30 novembre 2005 à Monsieur Pierre Schori, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire et à Monsieur Antonio Monteiro Haut représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d’Ivoire.
Elles se sont poursuivies et se sont achevées ce jour 02 décembre 2005 par les rencontres du Président de la République avec les responsables des partis et groupements politiques et des mouvements politico-militaires.
Le FPI, l’UDPCI tendance Akoto Yao, le PURCI, l’UDCY, le PIT, l’Alternative citoyenne et les partis non représentés à l’Assemblée nationale sont venus au palais présidentiel à Abidjan Plateau rencontrer le Président de la République.
Les partis politiques membres du G7 notamment le PDCI, le RDR, l’UDPCI tendance Mabri Toikeusse, le MFA et les mouvements rebelles n’ont pas jugé utile de rencontrer le Président de la République. Tous avaient cependant été invités téléphoniquement par la Présidence de la République et tous avaient donné leur accord pour prendre part à ces rencontres.
Le Président de la République prend simplement acte de ce refus.
Il fait simplement savoir aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens que ces rencontres avaient pour objectif de permettre à la classe politique ivoirienne d’échanger et de s’accorder avec lui sur les critères de désignation du Premier ministre à nommer avant l’arrivée des chefs d’Etat africains et sur la compréhension de la résolution 1633 de l’ONU sur la Côte d’Ivoire.
Le Président de la République pense que ces rencontres auraient permis de présenter une image plus digne de notre pays.
Sur les critères de désignation du Premier ministre, le Président de la République rappelle que la personnalité qui sera choisie aura pour mission de réunifier notre pays.
Il faudra comme l’ont exigé l’Union Africaine et le Conseil de sécurité de l’ONU qu’il s’agisse d’une personnalité acceptable pour tous et non acceptée par tous.
Il faut pour cela qu’il s’agisse d’un Ivoirien qui peut dépasser les appartenances partisanes et les considérations politiciennes pour, faisant preuve d’un amour pour notre pays, accomplir dans le délai qui lui sera imparti, la mission qui lui sera confiée.
Sur la compréhension de la résolution 1633, le Président de la République rappelle qu’il a approuvé cette décision de l’ONU parce qu’elle est conforme dans ses grandes lignes à notre constitution. Il déplore cependant que malgré cette résolution, des hommes politiques ivoiriens, comme s’ils n’aimaient pas notre pays, se livrent à des excès verbaux allant jusqu’à demander la mise sous tutelle de la Côte d’Ivoire.
Le Président de la République affirme que les discours de cette nature n’honorent guère notre pays et ne sont pas dignes d’être tenus par des personnes désirant diriger la Côte d’Ivoire.
C’est pourquoi, il invite toute la classe politique de notre pays à être digne devant les chefs d’Etat qui, au nom de la communauté internationale, viennent nous aider à obtenir la paix pour nous-mêmes alors que, naturellement, ils ont d’importantes occupations dans leurs pays respectifs.
Fait à Abidjan,
le 02 décembre 2005
COTE D'VOIRE/ COMMUNIQUE DES FORCES DE SECURITE ET DE DEFENSE SUR LES ATTAQUES DU CAMP MILITAIRE D'AGBAN A ABIDJAN
Samedi 3 Decembre 2005
Hier jeudi 1er décembre 2005 à 19h 45, des individus non identifiés armés, habillés en tenue civile, ont tenté de s’infiltrer par petits groupes dans la caserne de gendarmerie d’Agban en se dissimulant parmi les résidents, entrant dans leurs domiciles en vue d’y mener une action de nuit. Repérés, ces individus ont été instantanément repoussés par des gendarmes de garde et ont pris la fuite par le côté sud du camp.
Face à cette situation, les unités des FDS alertées ont aussitôt entrepris des actions de sécurisation, de ratissage dans les environs de la caserne et à travers la ville.
A l’heure actuelle, le bilan se présente comme suit :
- deux gendarmes légèrement blessés ;
- deux individus suspects interpellés et mis à la disposition de la section de recherche pour enquête;
- un véhicule mini car de 18 places de marque Hyundai immatriculé 1843 CY 01 portant d’anciens impacts de balles refermés à la soudure et découvert non loin de la caserne, saisi et déposé à l’école de gendarmerie.
Au vu des premiers indices en notre possession, nous pouvons dire qu’il s’agit bien là des signes annonciateurs d’une attaque avortée grâce à la vigilance des éléments de garde du camp d’Agban. Contrairement aux rumeurs répandues et à ce qui a été écrit dans la presse, seule la caserne d’Agban a été concernée.
Les FDS réitèrent ici à toutes les populations vivant en Côte d’Ivoire leur appel à la sérénité et au calme. Elles les invitent, par conséquent, au calme, à continuer à vaquer normalement à leurs occupations. Enfin, les FDS rassurent ces valeureuses populations sur leur volonté à continuer à assurer leur protection, celle de leurs biens et à veiller sur leur quiétude avec une vigilance qui ne saurait faiblir.
Fait à Abidjan,
le vendredi 02 décembre 2005
Pour les FDS CI
Le porte-parole
Le Colonel Gohourou
Babri Hilaire
23EME CONFERENCE FRANCE-AFRIQUE A BAMAKO AU MALI
Samedi 3 Decembre 2005
Les Représentants de 53 pays africains et le Président français Jacques Chirac participent ce week-end à Bamako à un sommet Afrique-France centré sur les problèmes de la jeunesse et de l'immigration, ainsi que les conflits déchirant le continent, de la Côte d'Ivoire au Darfour.
Pour la première fois, la totalité des pays africains seront présents à un tel sommet avec la participation de la Somalie, désormais dotée d'un gouvernement central après de longues années de chaos.
Ce 23è sommet des chefs d'Etats, samedi et dimanche, a pour thème "la jeunesse africaine, sa vitalité, sa créativité, ses aspirations".
Plus de 60% des Africains ont moins de 25 ans et l'immigration devrait s'imposer comme un thème central après les récents drames des migrants africains fuyant la pauvreté qui ont tenté, par milliers, de forcer les barbelés des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla dans le nord du Maroc pour tenter de gagner "l'eldorado" européen.
"Pourquoi les jeunes Africains cherchent-ils à émigrer en dehors du continent?" s'est demandé jeudi le chef de la diplomatie du Mali, Moctar Ouane, en appelant les participants à "apporter des réponses adéquates".
La France, où les récentes émeutes dans les banlieues ont mis en lumière les difficultés d'intégration des jeunes originaires du Maghreb et d'Afrique noire, vient de durcir encore sa politique d'immigration.
Paris plaide aussi pour un appui au développement en Afrique, afin que les jeunes puissent rester vivre sur le continent.
Le Président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré a été encore plus alarmiste sur ce thème de la pauvreté et de l'immigration.
L'Afrique "va brûler" et sera anéantie "dans les 25 prochaines années" si rien n'est fait pour y endiguer la pauvreté, a-t-il dit jeudi.
"Aujourd'hui nous avons des centaines de milliers de personnes errant dans la brousse et le désert, essayant de trouver une porte de sortie: bientôt ils seront des millions car l'Afrique s'appauvrit de plus en plus", a ajouté M. Konaré en Afrique du Sud.
Le sommet devrait aussi largement aborder les conflits en cours, notamment la guerre civile au Darfour (ouest du Soudan) qui a déjà fait entre 180.000 et 300.000 morts et la crise en Côte d'Ivoire, coupée en deux depuis 2002 par une rébellion armée.
Paris a déployé 4.000 soldats aux côtés d'une force de l'Onu pour tenter d'empêcher ce pays clef d'Afrique de l'Ouest de basculer dans la guerre civile.
"Nous sommes très préoccupés par le blocage qui persiste" sur la désignation d'un nouveau Premier ministre en Côte d'Ivoire, a déclaré le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy.
La participation du président Laurent Gbagbo était incertaine à la veille du sommet, qui doit réunir une trentaine de chefs d'Etats et de gouvernements.
Si l'Afrique continue de concentrer la moitié des opérations de maintien de la paix de l'Onu, cette rencontre intervient alors que des évolutions positives ont toutefois vu le jour. Plusieurs pays sont sortis de longues guerres civiles, pour élire leur président, comme au Burundi et au Liberia.
Mais l'Afrique et ses 900 millions d'habitants continuent de cumuler les handicaps. Le continent reste ancré dans la pauvreté, et le sida y poursuit ses ravages: l'Afrique sub-saharienne abrite plus de 60% des personnes vivant avec le VIH, soit 25,8 millions de malades.
Ce sommet doit être une nouvelle occasion pour Paris, dont la politique est contestée dans certaines de ses ex-colonies, comme au Togo et en Côte d'Ivoire, d'afficher sa doctrine d'un "partenariat" avec l'Afrique, notamment en appuyant les efforts de l'UA pour créer une force de maintien de la paix à l'horizon 2010.
Ce sommet devrait être le dernier du genre pour un M. Chirac, 73 ans, affaibli et en fin de règne en France et sur la scène internationale à 17 mois de l'expiration de son mandat, et dont la santé, trois mois après un accident cérébral, sera épiée par des centaines de journalistes à Bamako.
Source"AFP"
N.B. Le Chef d'Etat ivoirien , S.E.M.Laurent GBAGBO n'a pas effectué le déplacement à BAMAKO.
COTE D'IVOIRE / CONCERTATION AVEC LES LEADERS POLITIQUES
Samedi 3 Decembre 2005
Sur convocation du Chef de l'Etat en vue d'une concertation sur la situation politique ,
Les uns ont répondu à l’invitation du chef de l’Etat, Laurent Gbagbo. Les autres sont tout simplement restés chez eux.
Le rendez-vous fixé par Laurent Gbagbo pour essayer de décanter la situation a été apprécié diversement. C’est le moins qu’on puisse dire, ce vendredi à 20h (GMT).
Si des partis comme le FPI et le PIT ont répondu présents à l’invitation du chef de l’Etat, d’autres comme le PDCI et le RDR ont préféré boycotter la rencontre.
Pour le président du PIT, Francis Wodié, « le président Gbagbo a exprimé sa volonté de décrisper l’atmosphère et d’apaiser les esprits ». « Nous avons écouté », a ajouté M. Wodié, tout en indiquant que le PIT a exprimé au chef de l’Etat son « embarras » vis-à-vis de la manière avec laquelle « cette rencontre a été convoquée ».
Au PDCI et au RDR, deux partis qui n’ont pas répondu à l’invitation du chef de l’Etat, l’on estime que « Laurent Gbagbo n’a pas la qualité de convoquer une telle rencontre ». « Nous continuons de le récuser », a expliqué le secrétaire général du PDCI, Alphonse Djédjé Mady. « Il y a une médiation qui est en cours, et nous nous en tenons à cela », a indiqué, pour sa part, le porte-parole du RDR, Bacongo Cissé.
Les Forces nouvelles ont également choisi de ne pas discuter ce vendredi avec le chef de l’Etat. « A 20h, nous avons une concertation sur la question de l’école, à Bouaké. C’est cela notre priorité aujourd’hui », a expliqué le directeur de la communication des mouvements rebelles, Alain Logbognon. « Les Forces nouvelles ont été conviées à rencontrer le président Obasanjo, dimanche à 12h20 (GMT), pour choisir le premier ministre. C’est à ce rendez-vous que nous serons », a-t-il ajouté.
Notons que face à l’impasse sur la question du choix du nouveau premier ministre, le chef de l’Etat a convoqué ce vendredi une concertation de 30 minutes avec chacune des formations politiques et militaires, parties prenantes dans la crise ivoirienne.
Auteur: Barthélemy kouamé
"FRATMAT"
DECES DE M.AFFI ANTOINE PERE DE M.AFFI N'GUESSAN ANCIEN PREMIER MINISTRE ET PRESIDENT DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN(FPI) parti au pouvoir
Vendredi 2 Decembre 2005
M. Affi N'Guessan, président du FPI, traverse, en ce moment, une période de douleur. Le vieux Tanoh Affi Antoine, son père, est décédé, hier, aux environs de 11h.
Souffrant depuis quelque temps, le vieux a dû quitter Bouadikro, son village, pour venir suivre des soins à Abidjan. Après un mois d'hospitalisation à la PISAM, son état s'est amélioré et il a pu rentrer au domicile de son fils pour se reposer.
Cinq jours seulement après avoir quitté l'hôpital, le vieux, malgré son grand âge, ne présentait pas de signe véritablement inquiétant quand, hier à la mi-journée, son état s'est brusquement dégradé. Et rien n'a pu être fait pour le ramener à la vie. Il est donc décédé au domicile de son fils Affi N'Guessan, président du FPI et ancien Premier ministre.
Le vieux Tanoh Affi est né en 1915.
Le programme de ses obsèques sera communiqué ultérieurement.
Source"Ivorian.net"
DECES DE MADAME NABINTOU OUATTARA MERE DE M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA EX-PREMIER MINISTRE ET PRESIDENT DU RASSEMBLEMENT DES REPUBLICAINS(RDR)
Vendredi 2 Decembre 2005
L’année 2005 s’achève sur une note de tristesse pour le Rassemblement des républicains (Rdr), particulièrement pour son président, Alassane Dramane Ouattara qui vient de perdre sa génitrice, Nabintou Cissé.
Comme une traînée de poudre la douloureuse nouvelle a circulé dans les milieux proches du Rdr.
La direction de ce parti désarçonnée par cette funeste missive a dû suspendre une réunion du secrétariat qui avait ouvert ses travaux hier à 15 heures. Cadres et militants lambda, tous se sont déportés à la Pisam, où selon des sources proches de la famille, la défunte avait été internée depuis une semaine, pour aller constater de visu le décès. Le décès, selon les sources proches de la famille, est survenu sous le coup de 16 heures.
Après le constat du médecin de service, l’ordre fut donné aux responsables du Rdr de conduire le corps à l’Ivosep. Le transfert du corps a été fait sous les prières de l’Imam Cissé Djiguiba, neveu de la défunte.
Mme Nabintou Cissé, nous a confié Sita Ouattara l’une des sœurs du président du RDr, a été admise en urgence dans les services de réanimation de la Pisam suite à des problèmes cardiaques. Les jours qui ont précédé son admission à la Pisam, elle avait montré des signes de fatigue et elle était très affaiblie.
Dans cet état, Alassane Dramane Ouattara a tenté à plusieurs reprises de lui parler.
En vain. Vu que son état allait de mal en pis celui-ci avait manifesté le besoin de rentrer en Côte d’Ivoire plus tôt que prévu pour ne serait-ce que voir une dernière fois sa mère en vie.
Lors de son récent périple africain, Alassane Ouattara, inquiet, avait pris la décision de rentrer à Abidjan après son entretien à Abuja avec Obasanjo.
Cela a été fortement déconseillé par le président nigérian et les services de sécurité français en Côte d’Ivoire. Malheureusement cet ultime plaisir, il ne l’aura pas. Sa mère également n’aura pas cette joie.
C’est donc le cœur rempli de peine et d’amertume que la mère du président du Rdr a tiré sa révérence.
«Sur son lit d’hôpital, elle ne cessait de réclamer son fils Alassane Dramane Ouattara et elle en pleurait » nous a confié un proche qui a suivi ses derniers instants de vie.
Au domicile de la défunte aux II Plateaux, tous les visages avaient porté le masque du deuil.
Sita Ouattara, la sœur du président du Rdr, était inconsolable mais dans la douleur, elle a tenu à rendre la politesse à tous ses hôtes venus témoigner à la famille leur soutien.
Au nombre de ceux-ci, une forte délégation du Rdr, conduite par sa secrétaire générale Henriette Dagri Diabaté et son adjoint Coulibaly Amadou Gon. En effet, après avoir accompagné le corps à Ivosep la direction au grand complet s’est rendue chez la mère de leur président pour présenter ses condoléances et dire yako à la famille.
Plusieurs cadres du Rdr encore sous le coup et le poids de l’émotion n’ont pu malgré notre insistance dire mot. M. Dembélé Adama, président de la coordination des mouvements et clubs de soutien au président du Rdr nous a confié qu’il est profondément bouleversé par cette triste nouvelle. Mais que c’était la volonté de Dieu. «Nous nous en remettons à sa volonté. Nous sommes peinés que la vieille n’est pas eue la joie de voir le sacre de son fils comme Président de la République. Vu tout ce qu’elle a subi. Dieu a décidé autrement et nous ne pouvons rien» a-t-il déclaré la gorge nouée par l’émotion.
Le Pr Abdou Touré quant à lui n’a pas trouvé les mots pour extérioriser sa douleur.
«Nous ne savons pas comment manifester cette douleur» a-t-il dit tout simplement. «Je ne dirai pas que les grandes douleurs sont muettes. Nous sommes choqués » a déclaré Ibrahim Cissé Bacongo qui s’est exprimé au nom du Rdr.
Pour sûr, a confié Ibrahim Cissé Bacongo, le Rdr a décidé de prendre à bras le corps les funérailles.
Aujourd’hui tous les imams se sont donné rendez-vous au domicile de la défunte pour élaborer un programme de prière et de bénédictions pour le repos de son âme jusqu’au septième jour.
Les présentations des condoléances se feront à partir d’aujourd’hui de 18h30mn à 20h30 mn. Au moment où nous quittions les lieux une fine pluie arrosait le quartier. Un signe.
sOURCE "ivorian.net"
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU CONSEIL DE SECURITE RELATIVE A LA NOMINATION DU PREMIER MINISTRE
Vendredi 2 Decembre 2005
Dans une déclaration à la presse, le Conseil de sécurité a appelé aujourd'hui les parties ivoiriennes à nommer un Premier ministre sans plus tarder, ainsi qu'il l'avait exigé dans sa résolution entérinant le maintien au pouvoir du président Laurent Gbagbo jusqu'à l'organisation d'élections démocratiques.
« Le Conseil de sécurité réaffirme que la nomination d'un Premier ministre en Côte d'Ivoire dans les plus brefs délais est cruciale pour la relance du processus de paix devant conduire à l'organisation d'élections libres, justes, ouvertes et transparentes d'ici au 31 octobre 2006 au plus tard, et pour la mise en œuvre complète de la feuille de route élaborée par le Groupe de travail international (GTI) lors de sa première réunion le 8 novembre 2005 à Abidjan », a déclaré aujourd'hui à la presse, au nom de ses 15 membres, le président du Conseil de sécurité pour le mois de novembre, Andrey Denisov, de la Fédération de Russie.
« En conséquence, le Conseil de sécurité se déclare extrêmement préoccupé par les désaccords persistants entre les parties ivoiriennes s'agissant de la nomination du Premier ministre et estime qu'il est désormais indispensable qu'un Premier ministre soit désigné sans plus tarder », a-t-il ajouté.
« Le Conseil souligne une nouvelle fois que le Premier ministre doit disposer de tous les pouvoirs et ressources nécessaires décrits à l'article 8 de la résolution 1633 (2005) », a insisté Andrey Denisov.
L'article 8 faisait référence à la résolution du Conseil de sécurité, adoptée le 21 octobre dernier, qui entérinait la décision de l'Union africaine acceptant le maintien au pouvoir du président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, à partir du 31 octobre, face à l'impossibilité d'organiser des élections présidentielles à la date prévue, le 30 octobre, aux côtés d'un Premier ministre « acceptable pour tous. »
Dans sa déclaration à la presse faite aujourd'hui, le Conseil de sécurité demande par ailleurs aux présidents de l'Union africaine (UA) et de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) « d'identifier au plus vite le candidat au poste de premier ministre qu'ils considèrent, au regard des consultations qu'ils ont menées, comme acceptable pour toutes les parties signataires de l'Accord de Linas-Marcousssis ».
Le Conseil de sécurité encourage enfin « les parties ivoiriennes à coopérer pleinement avec le Haut Représentant pour les élections en vue de résoudre le différend actuel relatif à la Commission électorale indépendante et exprime son plein soutien à toute décision que le Haut Représentant pourrait prendre en vue de faire progresser le processus électoral ».
(Source : un.org)
COTE D'IVOIRE / ATTAQUE DU CAMP DE GENDARMERIE DU QUARTIER AGBAN A ABIDJAN
Jeudi 1 Decembre 2005
Le camp de gendarmerie d`Agban, l`un des plus importants d`Abidjan, a été attaqué jeudi soir par des "hommes armés en civils" non identifiés qui ont été repoussés, ont affirmé à l`AFP des sources militaires concordantes.
Des individus armés, dont le nombre n`a pas été précisé, ont attaqué peu après 20H00 (locales et GMT) ce camp situé dans le quartier populaire d`Adjamé dans le centre-nord d`Abidjan, a indiqué à l`AFP le lieutenant-colonel René Sacko, chef du Centre de commandement interarmée tactique (CCIAT), précisant que les assaillants avaient été repoussés.
Aucun bilan n`était "disponible pour l`instant", a ajouté le colonel Sacko de l`état-major des Forces armées nationales de Côte d`Ivoire (Fanci, loyaliste).
Des nombreuses rafales de kalachnikov ont été entendues par plusieurs témoins pendant plus d`une demi-heure. L`armée avait repris le contrôle de la situation après ce laps de temps, selon une autre source proche de l`état-major des Fanci.
Cette même source a précisé que l`armée avait entrepris "des actions de ratissage" dans la zone. On ignore si cette attaque a provoqué des morts et fait des blessés, tant du côté des Fanci que chez les assaillants.
Selon plusieurs témoins, le calme était revenu dans les environs du camp peu après 21H00 (locales et GMT) et les voies d`accès étaient barrées par les forces de sécurité.
Fin juillet, des hommes non identifiés avaient attaqué les postes de police et de gendarmerie d`Anyama et d`Agboville, deux localités au nord d`Abidjan, faisant sept morts chez les forces de l`ordre et 17 dans les rangs des assaillants, selon l`armée.
L`armée avait repris le contrôle de ces deux localités quelques heures après les attaques à l`issue desquelles une quarantaine de personnes avaient été arrêtées, originaires pour la plupart du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée, voisins de la Côte d`Ivoire.
L`attaque du camp d`Agban intervient alors que les protagonistes de la crise ivoirienne n`ont toujours pas pu se mettre d`accord sur le nom de la personnalité qui sera chargé du gouvernement pendant la transition, malgré les injonctions du Conseil de sécurité des Nations unies et l`entremise de la médiation africaine.
La résolution 1633 du Conseil de sécurité de l`Onu, adoptée le 21 octobre, prévoyait la désignation d`un Premier ministre avant le 31 octobre 2005 et maintient au pouvoir le président Laurent Gbagbo pendant 12 mois maximum.
Le Premier ministre qui lui est adjoint par cette résolution devra notamment disposer de pouvoirs élargis pour organiser le désarmement et l`élection présidentielle avant le 31 octobre 2006.
Le scrutin présidentiel prévu le 30 octobre 2005 n`a pu être organisé, faute d`accord entre les protagonistes de la crise politico-militaire sans précédent que traverse le pays depuis plus de trois ans.
Le pays est coupé en deux depuis le coup d`Etat raté contre M. Gbagbo de la rébellion des Forces nouvelles (FN) en septembre 2002, qui contrôle le nord du pays.
Source AFP
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU MOUVEMENT POUR LA DEFENSE DES INSTITUTIONS REPUBLICAINES
Jeudi 1 Decembre 2005
Depuis notre dernière sortie en date du 12 octobre 2005, à la veille du vote de la résolution 1633 de l’Onu, nous attendions la nomination du nouveau Premier ministre pour lui manifester nos encouragements et notre soutien dans l’accomplissement des délicates missions qui lui sont assignés à savoir :
- Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-combattants,
- Démantèlement des milices,
- Réunification du pays,
- Redéploiement de l’administration d’élections libres, ouvertes et transparentes,
- Organisation d’élections libres, ouvertes et transparentes…
Pour la mise en application de la résolution 1633, les présidents Olusegun Obasandjo (Président de l’Union Africaine), Thabo Mbeki (Médiateur de l’Union africaine), Mamadou Tandja (Président de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) sont venus à Abidjan le mardi 22 novembre 2005.
Malgré leur bonne volonté et tous les efforts qu’ils ont déployés et pour lesquels nous leur exprimons toute notre profonde gratitude, le résultat n’a pas été positif.
Ils ont donc promis de reprendre leurs efforts dans 10 jours en changeant de méthodologie.
Ce report ayant provoqué une profonde déception au sein de la population ivoirienne et aggravé son inquiétude, car un pays ne peut rester sans gouvernement, le Mdir saisit l’occasion de la reprise des négociations pour exprimer son point de vue s’agissant des conditions générales à remplir par le Premier ministre, les critères de son choix et pour lancer un appel aux protagonistes de la crise et à tous les ivoiriens.
La Résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l’Onu dont nous prenons acte, est bâtie sur des idées clés sur lesquelles il faut s’appuyer pour son application, à savoir :
- l’affirmation de l’existence et de l’autorité de l’Etat pendant la période de transition, par le maintien en fonction du chef de l’Etat ;
- la poursuite du processus de réconciliation nationale par la mise en œuvre des accords de paix, notamment ceux de Linas Marcoussis et de Pretoria ;
- la désignation d’un Premier ministre, ayant pour mission fondamentale le désarmement et l’unification du territoire national en vue d’élections ouvertes, crédibles et incontestables.
Ces idées doivent être mises en oeuvres dans un climat de confiance minimum entre les parties et avec une volonté réelle d’aller à la paix par des élections.
En plus des critères qui avaient été énoncés pour le choix du Premier ministre, le MDIR fait les propositions suivantes.
Le Premier Ministre doit :
- "être acceptable pour tous", c’est-à-dire avoir un esprit d’ouverture et de dépassement de soi, dans l’intérêts supérieur de la nation ;
- Etre une personnalité politique modérée, non affichée dans un parti ou mouvement politique signataire de l’accord de Linas Marcoussis et n’assurant pas de responsabilité politique directe ;
- Au plan intérieur, être capable d’engager le dialogue avec toutes les communautés en vue d’accélérer le processus de réconciliation nationale.
- Etre bien introduit auprès de la communauté africaine et internationale avec laquelle il doit entretenir les meilleurs rapports ;
- Ne pas avoir une attitude de défiance à l’égard du chef de l’Etat, afin d’éviter l’instauration d’un bicéphalisme nuisible au sommet de l’Etat ;
Le Premier Ministre qui sera désigné doit avoir le soutien de tous pour réussir sa mission.
Pour ce faire, le Mdir lance un vibrant appel çà tous les signataires des accords de paix.
Aux Forces Nouvelles
Le MDIR rappelle que nous sommes des frères, condamnés à vivre ensemble et à rebâtir notre nation.
Oublions tous les griefs et donnons-nous la main pour rebâtir cette nation.
Il faut donc accepter, dans cet esprit, le Premier Ministre qui sera proposé.
Au G7 et au Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la Paix (Rhdp)
Compte tenu des valeurs de paix, d’unité et de dialogue dont vous vous réclamez, le Mdir vous demande fraternellement d’aider, sans passion, au choix du nouveau Premier Ministre en tenant compte de l’urgence et de l’importance de ce premier pas vers la réconciliation et l’unité nationales.
Au Front Populaire Ivoirien (FPI)
En raison des responsabilités qui vous incombent devant l’histoire, le MIDIR vous invite ardemment à faire preuve d’esprit d’ouverture et de tolérance pour le choix du Premier ministre.
Au Chef de l’Etat
Vous êtes le garant de l’unité nationale, reconnu par tous ; c’est à vous qu’il revient de donner l’exemple de dépassement, comme vous l’avez si souvent fait.
Le MDIR vous suggère de continuer à tendre la main à tous vos frères, de quelque bord qu’ils soient et quel que soit ce qu’il aient dit et fait.
Cet esprit d’humilité et de sagesse devrait vous guider dans le choix et la nomination du nouveau Premier ministre.
Aux frères et sœurs ivoiriens, le MDIR invite à transcender nos divergences politiques et nos intérêts partisans pour relever ce défi qui engage la souveraineté de l’Etat et le bien-être des populations.
Nous avons les hommes et les femmes répondant aux critères définis pour le choix du nouveau Premier ministre et qui sont prêts à servir notre pays, la paix, la réconciliation et le développement.
Dans un sursaut d’orgueil national, acceptons tous un Premier Ministre pour tous et soutenu par tous, sans qu’il ne nous soit imposé.
Demeurons toujours des artisans de paix.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.
Le Mouvement pour la Défense
des Institutions Républicaines