COTE D'IVOIRE COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES
Jeudi 31 Mars 2005
Abordant son ordre du jour, le Conseil a examiné un projet de loi, plusieurs projets de décret et entendu diverses communications.
I – LOI
Au titre du ministère d’État, ministère des Affaires étrangères en liaison avec le ministère de la Production animale et des Ressources halieutiques
Sur exposé du ministre d’Etat et après délibérations, le Conseil a adopté un projet de loi autorisant le Président de la République à faire adhérer l’Etat de Côte d’Ivoire à la Convention Internationale pour la réglementation de la chasse baleinière, signée le 2 décembre 1946 à Washington aux Etats-Unis d’Amérique. La Convention vise, en ce qui est de la protection des grandes ressources halieutiques, la catégorie spécifique que sont les baleines. A cet effet, les dispositions pertinentes retenues par cette norme supra-nationale autorisent une réglementation garantissant une gestion durable et efficace des pêcheries de baleines. Cette gestion consiste, concomitamment à l’accroissement de la quantité de baleines, au prélèvement de la quotité uniquement indispensable à la consommation. De plus, elle institue des mesures de précaution en autorisant le matériel et l’équipement à utiliser ainsi que des méthodes d’inspection des acteurs de la filière.
Pour atteindre l’objectif ainsi défini, il est créé un cadre organique spécifique dénommé Commission baleinière internationale, qui doit mettre en œuvre la réglementation en la matière et arriver à accomplir la mission qui lui est assignée.
Il convient d’indiquer que l’adhésion de la Côte d’Ivoire à la Convention est la marque de notre attachement à une approche écosystémique des pêches ainsi que la manifestation de notre volonté à contribuer à l’équilibre de l’écosystème aquatique.
Ce projet de loi sera transmis
à l’Assemblée nationale pour
examen.
II - DECRETS
A – Mesures générales
Au titre du ministère d’Etat, ministère de l’Economie et
des Finances en liaison avec
le ministère d’Etat, ministère
des Affaires étrangères
Sur présentation du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et après délibérations du Conseil, le Président de la République a signé un décret portant ratification de l’Accord de facilité de garantie et de l’Accord de prêt d’un montant de 67 millions de DTS, soit environ 53 milliards de francs CFA conclu entre l’Association Internationale de Développement (AID) et la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), en vue du financement du projet de développement du marché financier de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), le 24 avril 2004. L’Accord de crédit vise à aider la BOAD à développer le marché financier de l’Union Economique et monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) et à mobiliser des capitaux publics et privés pour assurer le financement des infrastructures de la région.
Le prêt est accordé pour un montant de 67 millions de droits de tirages spéciaux (DTS) soit environ 53 milliards de francs CFA, pour une durée totale de 40 ans avec un différé de 10 ans. Au titre du ministère d’Etat, ministère de l’Intégration
africaine
Sur présentation du ministre d’Etat et après délibérations du Conseil, le Président de la République a signé un décret portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Bureau Ivoirien pour la Promotion de l’Intégration Africaine, en abrégé Bureau de l’Intégration. Ce décret crée un Etablissement Public Administratif (EPA) dénommé Bureau Ivoirien pour la Promotion de l’Intégration Africaine, ayant pour objet essentiel l’appui à l’action de l’Etat visant à la promotion de l’intégration africaine par des activités d’études et de promotion appliquées à tous domaines. La réalisation de cet objet permettra notamment :
le renforcement des capacités des citoyens de la Communauté et des structures à vocation intégrative;
l’implication des acteurs nationaux à l’élaboration et à l’insertion de la dimension “Intégration” dans les projets et programmes transsectoriels; l’appui direct et l’information aux promoteurs de projets intégrateurs; la participation à l’amélioration du climat des affaires en Côte d’Ivoire; la constitution d’un espace interactif de dialogue et d’un cadre formel de promotion des actions d’intégration régionale. Le présent décret va donc offrir au Bureau Ivoirien un cadre organique rationnel et lui permettre ainsi d’accomplir la mission qui lui est dévolue. Au titre du ministère de
la Construction et de
l’Urbanisme
Sur présentation du ministre et après délibérations du Conseil, le Président de la République a signé un décret portant modification du décret n° 2003-166 du 12 juin 2003 portant organisation du ministère.
La modification opérée par le présent décret tend à adapter le cadre organique initial du Ministère aux évolutions du secteur de l’Habitat et de l’Urbanisme; ce qui permettra au département ministériel concerné d’accomplir de manière plus efficiente les missions qui lui sont assignées.
B- Mesures Individuelles
Au titre du ministère d’Etat, ministère de la Justice
Sur présentation du ministre d’Etat et après délibérations du Conseil, le Président de la République a signé un décret portant élévation au rang de Magistrat Hors Hiérarchie, groupe B avant 3 ans, et nomination en qualité de Conseiller à la Chambre des Comptes de la Cour Suprême, de M. DIAÏ
GAHON Jean Hilaire,
Conseiller référendaire du 1er groupe.
Au titre du Ministère de
l’Enseignement supérieur
Sur proposition du ministre et après délibérations du Conseil, le Président de la République a signé un décret portant nomination des Directeurs d’Unités de Formation et de Recherche (UFR) de l’Université d’Abobo-Adjamé.
Ainsi sont nommés :
Directeur de l’UFR Sciences de Gestion et de l’Environnement :
M. SAVANE Issiaka, Maître de Recherche; Directeur de l’UFR Sciences de la Nature :
M. YAO Kouakou, Maître Assistant.
III - COMMUNICATIONS A – Mesures générales
Au titre du ministère d’Etat, ministère des Transports
Le Conseil a entendu deux communications:
la première communication est relative au compte rendu de l’application des recommandations du séminaire sur le thème “la réglementation des opérations de contrôle routier” qui s’est tenu à Bassam du 17 au 19 janvier 2005.
La communication évoque la mise en oeuvre des recommandations adoptées par le séminaire de Bassam et qui sont relatives notamment aux directives sur le contrôle routier formulé par le Chef d’état-major des Armées aux différents commandants des armées; à la réactivation effective du Comité de Suivi des barrages routiers et l’instauration de plages horaires pour les véhicules poids lourds; à l’institution d’un ticket unique délivré aux véhicules de transport en commun à jour des pièces administratives contre paiement d’une redevance, en vue de permettre leur libre circulation sur le territoire d’Abidjan. Une convention de concession confiera la gestion du ticket unique à l’Office Ivoirien des Chargeurs (OIC); c’est en effet cette structure qui va jouer un rôle d’interface entre les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et les chauffeurs et conducteurs routiers, dans l’optique d’assainir leurs rapports. Le Conseil a adopté les conclusions de cette communication. la deuxième communication est relative au montage-assemblage des bus et autocars en Côte d’Ivoire.
La communication indique qu’en vue d’apporter une réponse appropriée aux besoins sans cesse croissants de transport urbain et inter-urbain, il sera institué un Comité de Pilotage ayant pour mission de:
mettre en synergie toutes les industries ivoiriennes pouvant contribuer au montage/assemblage de bus et d’autocars;
trouver un partenaire technique sélectionné parmi les leaders mondiaux dans l’industrie de fabrication des véhicules de transport public;
faire participer au projet des partenaires financiers privés ivoiriens, africains et autres ; la partie ivoirienne comprendra, entre autres, les compagnies de transport urbain et inter-urbain; filialiser les ateliers centraux de la SOTRA pour mettre cette société en “joint venture” avec les autres partenaires techniques et financiers.
La mise en œuvre de cette orientation va permettre la création d’une unité industrielle de fabrication et de montage/ assemblage d’autobus et d’autocars. Le Conseil a adopté les conclusions de cette communication. Au titre du ministère des Sports et Loisirs
Le Conseil a entendu une communication verbale présentée par le ministre d’Etat, ministre de l’Intégration africaine relative au match international de football comptant pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) et de la Coupe du monde 2006, qui opposera le dimanche 27 mars 2005, l’équipe nationale de Côte d’Ivoire à celle du Bénin.
Le Conseil a adopté les conclusions de cette communication.
Suite à cette communication, le Président de la République en bon connaisseur a démontré aux membres du Conseil que la Côte d’Ivoire a des chances de se qualifier pour la Coupe du Monde, si elle sait aborder avec intelligence et fermeté les quelques obstacles techniques et psychologiques qui peuvent se dresser devant elle.
Pour encourager les Eléphants à obtenir cette qualification, le Chef de l’Etat lance un appel à tous les Ivoiriens en vue d’une mobilisation générale, notamment pour les matches qui se déroulent en Côte d’Ivoire. B- Mesures Individuelles Au titre du ministère de
l’Enseignement supérieur
Le Conseil a entendu trois communications: la première communication est relative à la demande d’octroi d’une année sabbatique de M. AKPO Bessékon Paul, Assistant à l’Institut National Polytechnique Houphouët-Boigny (INP-HB) de Yamoussoukro pour l’année académique 2004-2005, soit du 1er octobre 2004 au 30 septembre 2005. Le Conseil a adopté les conclusions de cette communication.
la deuxième communication est relative à la demande d’octroi de deux années sabbatiques de M. ZOUSKO Mégué, Assistant à l’Institut National Polytechnique Houphouët-Boigny (INP-HB) de Yamoussoukro pour les années académiques 2004-2005 et 2005-2006, soit du 1er octobre 2004 au 30 septembre 2006 .
Le Conseil a adopté les conclusions de cette communication.
la troisième communication est relative à la demande d’octroi d’une année sabbatique de M. AMANY Agnon Emmanuel, Assistant à l’Institut National Polytechnique Houphouët-Boigny (INP-HB) de Yamoussoukro pour l’année académique 2004-2005, soit du 1er octobre 2004 au 30 septembre 2005.
Le Conseil a adopté les conclusions de cette communication.
Avant de clore la séance du Conseil, le Président de la République a informé les membres du gouvernement que, accompagné du Premier ministre Seydou Elimane Diarra, il se rendra à la fin de la semaine prochaine à Pretoria en Afrique du Sud. Il s’agit de répondre à l’invitation que lui a adressée le médiateur de l’Union africaine pour la Côte d’Ivoire, le Président sud-africain Son Excellence Thabo Mbeki. Pour le Chef de l’Etat, aucune hésitation ne peut être admise lorsqu’il s’agit de soutenir la médiation, afin qu’elle aboutisse normalement. Là-dessus, le Président de la République est très optimiste et pense que grâce à la perspicacité de cette médiation, la paix est à portée de main; il ne faut donc rater aucune occasion visant à l’obtenir.
Le Chef de l’Etat a en outre rappelé sa foi en la réussite de la médiation menée depuis quelques mois par le médiateur Thabo Mbeki et qui aboutira au désarmement ainsi qu’à l’organisation des élections présidentielles en octobre 2005. Pour le Président de la République, la paix ne peut être définitive que si les élections se déroulent normalement aux dates prévues constitutionnellement, le désarmement et les élections étant intimement liés. En d’autres termes, le gouvernement de Réconciliation nationale doit, en même temps qu’il veille à la mise en œuvre du Programme Désarmement-Démobilisation-Réinsertion (DDR), se mettre à la préparation des élections pour que tout soit prêt en octobre 2005.
C’est donc pour ne pas avoir à perdre du temps inutilement que le Président de la République a rappelé les tâches d’urgence auxquelles le gouvernement de Réconciliation Nationale doit, toutes affaires cessantes, se consacrer essentiellement, à savoir:
le désarmement,
la réunification du pays avec notamment le redéploiement de l’Administration sur tout le territoire national,
la préparation des élections.
Par ailleurs, le Chef de l’Etat a informé que, compte tenu de son calendrier
personnel et officiel très chargé la semaine prochaine, le prochain Conseil des ministres aura lieu dans deux semaines, c’est-à-dire le jeudi 7 avril 2005.
Fait à Abidjan, le 24 mars 2005
Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
DU GOUVERNEMENT
Félix TYEOULOU-DYELA
AMBASSADEURS ET CHARGEES D'AFFAIRES FEMMES ACCREDITEES AU SENEGAL
Lundi 28 Mars 2005
REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE
S.E.Madame Fatimata TANOE TOURE
REPUBLIQUE DE GUINEE-CONAKRY
S.E.Madame KEITA CAMARA Hadja Makalé
REPUBLIQUE DE MADAGASCAR
S.E.Madame Lila RATSISANDRIHAMANANA
REPUBLIQUE DU BURKINA FASO
S.E.Salamata SAWADOGO
ROYAUME DE SUEDE
S.E.Madame Annika Cécilia MAGNUSSON
REPUBLIQUE FEDERALE DU NIGERIA
S.E.Madame Aisha Margaret JIMETA
THAILANDE
S.E.Madame Kanya CHAIMAN
REPUBLIQUE ARABE D'EGYPTE
S.E.Madame Sanaa ESMAEL ATALLAH
CANADA
S.E.Madame Louise R.MARCHAND
ETAT DE PALESTINE
S.E.Madame Bayada Bamya ABASSI
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CHARGEES D'AFFAIRES
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REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
Madame Marie-Reine HASSEN
REPUBLIQUE TCHEQUE
Madame Martina MUCHOVA
COTE D'IVOIRE / MONDIAL 2006 / BENIN-COTE D'IVOIRE : 0 -3
Lundi 28 Mars 2005
Un doublé de Didier Drogba et un but de Bonaventure Kalou ont permis à la Côte d'Ivoire de battre le Bénin 3-0 dimanche en match des éliminatoires de la Coupe du monde 2006.
Kalou a ouvert le score à la 7e minute, puis Drogba a permis à son équipe de se détacher 2-0 sur penalty (19e). L'attaquant de Chelsea a parachevé le succès de son équipe en marquant un deuxième but à la 57e minute.
La Côte d'Ivoire occupe la première place du groupe 3, avec 15 points pris en six matches. Les Ivoiriens devancent de quatre points le Cameroun, qui a battu le Soudan 2-1.
Les cinq vainqueurs des groupes de la zone Afrique se qualifieront pour la phase finale de la Coupe du monde 2006 en Allemagne.
Source AFP
SENEGAL / COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ETATS DE L'AFRIQUE DE L'OUEST/ CEDEAO/ECOWAS
Samedi 26 Mars 2005
Du 25 au 26 Mars 2005 s'est tenu à Dakar un " Atelier de restitution sous-régional sur le renforcement des capacités des Femmes dans le cadre du processus d'intégration régional " , organisé par le Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre (CCDG).
Cette rencontre a été présidée par Madame Aida M'BODJ , Ministre sénégalais de la Famille et du Développement Social en présence de nombreuses femmes responsables politiques , administratives , de Membres du Corps diplomatique .
Une délégation venue de Côte d'Ivoire conduite par Madame PORQUET Salimata a pris part à cet Atelier ainsi que S.E.Madame Fatimata TANOE TOURE , Ambassadeur .
Les participantes se sont penchées , faut-il le rappeler , sur les préoccupations des Femmes depuis leur dernière rencontre en Chine à BEIJING , il y a de cela dix ans .
Plusieurs questions ont fait l'objet de débats et ont porté notamment sur :
- la politique de la CEDEAO en matière de sexospécificité
- le renforcement des capacités des Femmes dans le processus d'intégration régionale
- l'Education de la Femme
- la santé de la Femme
- les violences de toutes formes subies par les Femmes
- la Femme et le pouvoir politique
- la Femme et le pouvoir économique et social
- la Femme et la bonne gouvernance
- les Recommandations pour une meilleure prise en compte de ces problèmes par la CEDEAO afin de promouvoir la place de la Femme dans la société...
COTE D'IVOIRE / CONSEIL DES MINISTRES
Vendredi 25 Mars 2005
Un Conseil des Ministres s’est tenu ce jeudi 24 mars 2005, de 11 heures à 14 heures, au Palais de la Présidence, sous la présidence du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo.
Abordant son ordre du jour, le Conseil a examiné et adopté plusieurs projets de loi et de décret.
Ministère d’Etat, ministère des Affaires étrangères Un projet de loi autorisant l’adhésion de la Côte d’Ivoire à la Convention internationale pour la réglementation de la chasse baleinière signée le 02 décembre 1946 à Washington.
Ministère d’Etat, ministère de l’Economie et des Finances
Un projet de décret portant ratification de l’accord de facilité et de garantie ainsi que de l’accord de prêt d’un montant de 67 millions de DTS, conclus entre l’association internationale de développement (AID) et la Banque ouest africaine de développement en vue du développement du marché financier de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), le 24 avril 2004 à Washington.
Ministère d’Etat, ministère de l’Intégration africaine
Un projet de décret portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Bureau ivoirien pour la promotion de l’intégration africaine. Il s’agit d’un organe technique de promotion, de communication et d’anticipation stratégique, appelé à servir de vecteur à l’accélération du processus d’intégration. Cette structure s’emploiera entre autres à apporter un appui aux projets d’intégration conçus dans le cadre du NEPAD
Ministère de la Construction et de l’Urbanisme
Un projet de décret portant modification du décret n° 2003-166 du 12 juin 2003 portant organisation du ministère.
Le Président de la République a ensuite signé plusieurs décrets de nomination de conseiller à la Cour suprême, de directeurs d’Unité de Formation et de Recherche à l’Université, d’inspecteur général au ministère de l’Enseignement supérieur.
Communications
Ensuite, le Conseil sur présentation des responsables en charge des départements concernés a entendu plusieurs communications et en a adopté les conclusions.
Ministère d’Etat, ministère des Transports
1°- Le Conseil a adopté les recommandations du séminaire de Bassam organisé les 17, 18 et 19 janvier 2005 sur la “réglementation des opérations de contrôle routier”, proposant entre autres l’institution d’un Ticket Unique de libre circulation sur le territoire du district d’Abidjan, pour les véhicules de transport en commun.
2°- Le Conseil a autorisé la mise en œuvre d’un projet de création d’une unité industrielle de fabrication et de montage-assemblage d’autocars à Abidjan. En mettant à leur disposition des véhicules à des coûts compétitifs, ce projet devrait constituer une solution tant pour la SOTRA dont le parc automobile s’est sérieusement réduit que pour les sociétés de transports de voyageurs.
Ministère de l’Enseignement supérieur
- Le Conseil a donné son agrément à la requête de trois enseignants de l’Institut National Polytechnique Houphouët-Boigny, sollicitant des années sabbatiques.
Avant de mettre fin à la réunion, le Président de la République a tenu à remercier l’ensemble du Gouvernement pour le soutien qu’il lui a apporté à l’occasion des obsèques de son père, feu Zépè Koudou Gbagbo Paul.
Le Président a ensuite demandé au Premier ministre de poursuivre activement la préparation des élections générales d’octobre 2005.
Le Président de la République a rappelé à ce sujet que le désarmement doit avoir lieu pour la réunification du pays, mais que ce sont les élections qui mettront fin définitivement à la crise. En conséquence, le Gouvernement doit travailler dans la perspective de leur organisation effective aux dates prévues.
Enfin, le Président de la République a souhaité la victoire à notre équipe nationale de football qui sera opposée à celle de la République du Bénin le dimanche 27 mars à Abidjan dans le cadre des éliminatoires pour les phases finales de la CAN 2006 et de la coupe du monde 2006.
Prof.OULAI
Porte-parole du Gouvernement
COTE D'IVOIRE / M.FRANCIS WODIE DU PARTI IVOIRIEN DES TRAVAILLEURS INVITE DE LA TELEVISION IVOIRIENNE
Jeudi 24 Mars 2005
Le Pr. Francis Wodié Vangah, président du PIT était l'invité de l'émission "l'Invité de la 1ère" le jeudi dernier.
Il avait en face de lui, en plus de l'animateur M. Brou Aka Pascal, trois autres confrères : César Etou de "Notre Voie", Kigbafori Inza de "Le Patriote" et Ferro Bailly de "Fraternité Matin".
Avec eux, le président du Parti ivoirien des travailleurs a échangé sur la crise ivoirienne qui semble connaître son summum, notamment sur les graves dangers que pourrait courir le pays après octobre de cette année si les échéances électorales ne se tiennent pas comme le recommande la loi fondamentale. Nous vous proposons en exclusivité, l'intervention du Pr. Francis Wodié.
Brou Aka Pascal (RTI)
Vous venez de dire que cette guerre nous a fait perdre beaucoup de choses sur le plan économique. On a vu les opérateurs économiques rencontrer le président pour lui donner un mémorandum. A votre avis, qu'est-ce qu'on devait faire pour aider les entreprises qui ont fermé, qui ont délocalisé pour les remettre en confiance ?
Il y a à peu près un an et demi, j'ai effectué une tournée à l'extérieur. J'ai eu l'occasion de rencontrer les opérateurs économiques. Ils nous ont dit que dans les six (6) mois, si rien n'est fait pour créer le climat général de confiance nécessaire, l'économie nationale s'effondrait. Un an plus tard les choses n'ont pas progressé, au contraire nous avons reculé. On a perdu plus de cent mille emplois. L'exportation et l'importation ont fortement baissé. Nous avons perdu une bonne partie du marché national, nous avons perdu des marchés dans la sous région et une perte de croissance. Alors qu'est-ce qu'il faut faire ? Il y a deux réalités. La sécurité et la confiance. Mais la sécurité et la confiance passent par la paix. Les opérateurs économiques n'accepteront pas d'investir dans un pays qui est troublé, dans un pays qui est incertain et la Côte d'Ivoire est classée parmi les pays à hauts risques. Nous devons ramener la paix. Avec la paix, la sécurité, conditions générales, ensuite il faut essayer de reconstituer l'outil de production qui a été fortement détruit dans divers cas. Il faut que l'Etat aide les opérateurs économiques par diverses mesures. Incitations fiscales etc. pour que les opérateurs puissent être amenés à reprendre les activités surtout les petites et moyennes entreprises. Les dernières manifestations ont causé des dégâts énormes, il faut que tout cela soit réparé en quelque sorte. Surtout il faut que l'Etat aide dans la mesure où les paiements intérieurs sont très faibles. Les entreprises n'ont pas les moyens de reprendre leurs activités. Donc il faut, en ayant créé le climat général, prendre des mesures particulières de sauvetage de l'économie nationale. Mais comme je l'ai indiqué, rien de tout cela ne pourra être fait s'il n'y a pas la paix, s'il n'y a pas la sécurité. Malheureusement l'insécurité se généralise. Je viens de découvrir encore tout à l'heure qu'il y a des dizaines, des centaines de prisonniers qui viennent de s'évader de la prison (la MACA). Qu'est-ce qui se passe dans ce pays. Est-ce qu'il y a des gens qui ont intérêt à organiser l'évasion des prisonniers ? On se pose mille et une questions et on se demande ce que certains Ivoiriens veulent réellement.
Est-ce que nous voulons une Côte d'Ivoire unie et unifiée ?
Est-ce que nous sommes prêts à accepter des morceaux de la Côte d'Ivoire pour chacun ? Nous au PIT, nous disons qu'il faut être prêt à renoncer au pouvoir si on ne peut restituer à la Côte d'Ivoire son intégrité à la fois politique et territoriale. Il faut que les autres comprennent qu'ils n'auront aucun intérêt, aucun profit à pouvoir morceler ce pays. Notre intérêt commun c'est de réunifier la Côte d'Ivoire, c'est de ramener la paix.
César Etou (Notre Voie)
M. Le président du PIT, vous indiquez que rien ne peut se faire tant qu'on n'arrive pas à la paix. Il m'a semblé que vous posez deux conditions pour aller au désarmement. Il faut rassurer ceux qui ont pris les armes. Il faut que la classe politique appelle à voter oui au référendum. Est-ce que les deux mille soldats étrangers ne sont pas suffisamment outillés pour assurer cette sécurité de ceux qui ont pris les armes si jamais ils les déposaient? Autrement dit le problème de la sécurité, à vrai dire, ne se pose pas. Aussi c'est la 1ère fois où aucune voix ne peut dire non. Je voudrais que vous conveniez avec moi qu'on nous a trompés, parce que depuis le début de cette crise, on a dit que le pouvoir en place est illégitime et minoritaire. Il y a des leaders de partis politiques qui réclament l'amendement de l'article 35. Ils se disent qu'ils ont 90% de l'électorat ivoirien. Qu'est-ce qui les effraie pour ne pas vouloir aller au référendum pour qu'une bonne fois pour toutes ils puissent exprimer leur majorité?
Je crois que vous posez mal le problème. D'abord pour la sécurité. Il faut que nous apprenions à nous prendre en charge. Ce sont les Ivoiriens qui doivent rassurer les Ivoiriens. Ce sont les Ivoiriens qui doivent apporter la sécurité aux Ivoiriens d'abord. Les autres viennent appuyer. Je pense qu'il faut renverser les choses. En voulant se reposer sur les autres et sur l'extérieur.
Moi je ne parle que de la sécurité. Il y en a même qui disent que c'est l'ONU qui doit organiser les élections…
Nous allons en parler… Alors vous êtes pour qui, pourquoi… Chaque institution a un but pour remplir l'une des conditions d'établissement de la paix. Il ne s'agit pas encore de voter. Vous dites un référendum, il est soit positif, il est soit négatif, comme les élections également. Nous appelons à voter pour tel ou tel candidat. Notre devoir aujourd'hui, c'est que comme les Ivoiriens ont besoin de la paix, nous avons pris l'engagement de ramener la paix en passant par cette loi. Alors nous devons agir dans ce sens. Une fois qu'on aura résolu ce problème et qu'on aura la paix, nous irons aux élections. Chaque parti, chaque individu pourra alors démontrer sa représentativité. Pour l'instant, il ne s'agit pas de dire que c'est moi qui dois gagner, c'est lui qui doit gagner. Nous voulons une Côte d'Ivoire entière. Les élections doivent concerner tous les Ivoiriens. Or ce n'est pas le cas aujourd'hui. Et si pour en arriver là il faut passer par le référendum. Je pense qu'il faut faire les choses par étapes.
Ferro Bailly (Frat-Mat)
Est-ce que vous vous sentez en sécurité en Côte d'Ivoire ?
Je ne sais pas
Inza Kigbafory (Le Patriote)
Estimez-vous que le gouvernement assure assez bien la sécurité des Ivoiriens tout au moins dans la zone gouvernementale ?
Oui, je pense que le gouvernement fait des efforts mais nous nous rendons compte que l'insécurité s'aggrave dans le pays. Donc il va falloir prendre des dispositions particulières. Par exemple il y a eu différentes réunions tout récemment avec le président de la république pour savoir quelles dispositions pratiques prendre pour réduire l'insécurité et renforcer la sécurité. Mais aujourd'hui, personne n'est vraiment assuré. Il n'y a pas d'insécurité zéro. Donc des risques existent pour tous les citoyens et pour chacun d'entre nous. Chacun doit faire son devoir. Et nous devons justement pour ramener la sécurité, régler ces problèmes. Parce que l'insécurité est liée à la guerre. La sécurité est liée à l'absence de paix. Et il faut que nous marchions vraiment vers la paix. C'est extrêmement important, la sécurité au plan politique. La sécurité au plan économique est indispensable également. Dans tous les points de vue, nous avons besoin de sécurité. Nous avons besoin de confiance. Nous ne pouvons obtenir tout cela que s'il y a la paix. Et la paix passe par les sacrifices que j'ai énoncés de la part des uns et des autres.
Inza Kigbafory
Vous parlez de sacrifice sans faire de propositions concrètes. Quand on parle de l'article 35, quelle est la position exacte de votre parti, le PIT ?
Moi, j'ai clairement indiqué la position du parti. Il est vrai que nous sommes dans un pays où on ne va pas hurler avec les loups. Il s'agit pour nous de ramener la paix et nous savons que l'une des conditions de l'établissement de la paix, c'est la révision de l'article 35 de la Constitution. Nous savons que la révision de l'article 35 de la Constitution, dans les constitutions normales, régulières, passe par la voie du référendum. Le PIT, parti légaliste appel à passer par cette voie. Par la voie du référendum. En créant les conditions générales. Mais également, à condition que nous appelions le peuple de Côte d'Ivoire à voter oui. Voilà donc la position du PIT qui est claire sans ambiguïté aucune. Il faut aller au référendum. C'est le moyen de réviser l'article 35 de la constitution.
Inza Kigbafory
Il n'y a pas de désarmement ?
Mais pour aller au référendum, il faut qu'on ait désarmé. On ne peut pas aller au référendum avec les armes au dos et aux pieds.
Je suis étonné. Vous dites que vous êtes légaliste et vous n'avez rien dit lorsque le Président Gbagbo a violé l'article 127 de la Constitution en engageant la procédure de révision de l'article 35.
Voilà encore un autre problème. Effectivement, l'article que vous évoquez pose des problèmes. Le président, pourquoi l'a t-il fait ? Il l'a fait dans l'intérêt de la Côte d'Ivoire pour faire avancer le processus et rassurer les uns et les autres. Et chaque fois que le président de la République ou un autre pose un acte qui va dans le sens de la paix, on doit le féliciter.
Ferro Bailly
Il devait continuer
Il devait continuer. Nous disons que c'est une étape. Il faut arriver à l'étape finale, qui est celle du référendum. Certains disent qu'il faut que le président promulgue la loi. Mais, Il n'y a pas de loi actuellement en matière de révision de l'article 35. il y a une initiative du président de la République, approuvée par les députés et l'étape finale, c'est le peuple de Côte d'Ivoire.
Vous avez dit, c'est comme un élève qui est admissible à un examen.
Oui, il est admissible. Mais il faut respecter les étapes. Il faut aller jusqu'au bout, mais en remplissant les conditions. Pourquoi est-ce que nous ne parvenons pas à sortir de l'impasse ? Parce que dès maintenant, nous voulons chacun, avoir déjà gagné, avoir remporté les élections. C'est ça nos préoccupations. Et on oublie que si on ne crée pas les conditions d'élections régulières, acceptables par tous, nous aurions pris la responsabilité énorme de conduire le peuple à l'affrontement. Et les élections risquent de créer les problèmes qu'elles n'en auront réglé. Donc nous devons préparer en toute responsabilité les élections. Pour que les résultats soient par tous reconnus. Les élections seront comme je l'ai indiqué une porte. Une porte, ça s'ouvre et ça se ferme. Aux élections, la porte va se fermer sur tout ce que nous avons vécu, tout ce que nous vivons. Les horreurs de la guerre. Mais s'ouvrir sur la nouvelle situation de la Côte d'Ivoire : la paix, pour reconstruire le pays, peut-être pour aller à la troisième République sur les bases d'une nouvelle Constitution. Mais nous devons le faire par étape. Cela signifie qu'on doit réapprendre à vivre ensemble. La position du PIT étant très claire. Le PIT a dit ce qu'il a dit. Et le PIT a dit qu'il est prêt à accepter toute solution allant dans le sens de la paix. Aujourd'hui, nous apprenons que certains ont été invités à aller à Pretoria. Nous n'avons pas, nous, été conviés à une telle rencontre. Et nous avons toujours attiré l'attention sur les méfaits de cette méthode. Après le forum en 2001, les quatre grands se sont retrouvés à Yamoussoukro. Les résultats nous le savons. A Kleber, presque les mêmes se sont retrouvés dans une salle et nous ont ramené un gouvernement avec les deux ministères aux Forces nouvelles, voyez les problèmes qu'on a eus ici. Aujourd'hui encore, ils s'en vont les quatre, peut-être régler à Pretoria les problèmes de la Côte d'Ivoire. Nous estimons que ce n'est pas une bonne pratique. Ce pays est le pays de tous les Ivoiriens, il n'y a pas d'acteurs principaux, il n'y a pas d'acteurs secondaires. Il faut faire en sorte d'associer tous ceux qui peuvent contribuer à ramener la paix en Côte d'Ivoire. Mais comme le PIT est favorable à cette paix, nous ne ferons rien qui puisse s'opposer à la recherche de la paix. Même pas ce qui puisse gêner la recherche de la paix. Et nous voulons en prendre acte en espérant qu'il n'aura pas de surprise de celle de Kléber, et que les choses iront dans le sens de la paix quand ils reviendront pour qu'ensemble en Côte d'Ivoire nous marchions vers la paix.
Brou Aka pascal
Monsieur le président, je voudrais qu'on aborde un chapitre important de cette rencontre : les relations entre la Côte d'Ivoire et la France. La France qui a été depuis longtemps notre allié, notre partenaire privilégié. Depuis le déclenchement de cette crise, nos relations sont exécrables. Certains Ivoiriens voient la France derrière la rébellion. Quel est votre commentaire?
J'écoute et je vois. Et je sais que beaucoup d'Ivoiriens désignent la France comme responsable des maux dont souffre le pays. Mais moi en tant que responsable politique, je serais prudent. Parce que je ne veux rien dire que je ne puisse démontrer. Le fait que nous sommes en rapport avec la France, à la demande du chef de l'Etat, qui veut nous appuyer pour ramener la paix. Le président de la République considère donc que la présence des Français est utile. Quand viendra le moment de faire partir les français de la Côte d'Ivoire, c'est au président de la République, de prendre la décision. Alors, je pense qu'actuellement, il a beaucoup à faire. Laissons lui le temps de la sérénité pour prendre au moment venu, la meilleure décision possible pour notre pays, pour permettre d'aller dans le sens de la paix. Que les voix parallèles et discordantes se taisent un peu. Parce que la paix n'a pas besoin de bruit. Voilà ce que je peux dire, c'est au président de la République qui a fait venir les forces françaises de dire si elles doivent rester ou si elles doivent partir.
César Etou
Si vous devez établir un bilan de la présence des forces françaises en Côte d'Ivoire depuis le déclenchement de la crise, que diriez-vous ?
Je dirai qu'il est un peu tôt pour faire un bilan. Faire un bilan c'est arrêter le processus. Mais il y a bien sûr des choses à prendre et des choses à laisser dans la recherche d'une solution à la crise ivoirienne. Il y a des choses qu'on doit reprocher aux troupes françaises. Il y a des choses également qu'on doit leur reconnaître. Mais je pense que si le président de la République n'a pas pris la décision de faire partir les troupes françaises, c'est parce qu'il considère, malgré tout, que ces troupes françaises ont été fermes. Il faut que nous sachions les utiliser dans le sens de la paix. Et nous, nous sommes partisans du règlement dans le calme des crises. Et que d'autres ne donnent pas l'impression de se substituer au président de la République en créant du désordre et en y ajoutant l'insécurité. Nous avons des problèmes graves que nous devons chercher à résoudre en toute sérénité. Le bilan des troupes françaises est un peu à l'image des troupes des Nations unies, auxquelles les forces françaises sont intégrées. Qu'est-ce que nous en pensons ? Elles ont un mandat. On voudrait étendre ce mandat. Mais déjà l'important, c'est d’obtenir qu'ils appliquent effectivement leur mandat. Elles disent que leur mandat ne concerne pas le désarmement. Nous devons chercher en nous-mêmes et par nous-mêmes les moyens de parvenir au désarmement comme au règlement des autres problèmes, dans l'intérêt de la Côte d'Ivoire.
César Etou
Pensez-vous que notre pays a un droit à obtenir de l'accord de coopération de défense militaire avec la France, les Français qui devaient être les alliés du pouvoir légal et constitutionnel? Est-ce que cette confusion apparente dans le rôle que joue les soldats français n'explique pas ce dépit amoureux des Ivoiriens qui auraient aimé voir les Français aux côtés des forces régulières pour combattre la rébellion.
Il y a des Ivoiriens qui l'ont souhaité. Mais aujourd'hui les forces françaises "Licorne" telles que nous les connaissons, sont intégrées aux Nations unies. Donc ces forces ne sont pas là totalement comme étant des forces françaises. Je distingue cette situation de fait de la présence des Français au 43e BIMA, qui repose sur les accords conclus entre les deux Etats. Entre la Côte d'Ivoire et la France. Il y a un peu d'amalgame aujourd'hui. Il faut dissocier les situations. Nous avons aujourd'hui les troupes françaises comme des éléments des troupes internationales, ayant mission d'aider à accélérer le processus vers la paix. Il y a les Français dans leurs rapports avec les Ivoiriens. Réglons les problèmes les uns après les autres. Comme on dit chez nous, on ne reste pas dans les magnans pour enlever magnans. On ne reste pas dans le feu pour éteindre le feu. Nous avons déjà un feu qui est allumé, éteignons d'abord ce feu et on verra par la suite les autres problèmes. On verra, pour ceux qui le demandent dans quelles mesures, il faut revoir les accords. Mais ça c'est en toute sérénité qu'il faut voir ces choses, dans le cadre des intérêts des deux Etats en présence.
Ferro Bailly
Professeur, vous avez défini les accords de défense entre la Côte d'Ivoire et la France qui datent de peu après les indépendances. Est-ce que vous estimez que les accords demandent à la France d'agir dans un tel cas.
Les accords sont des accords de défense. Et la défense ne se réalise pas en règle générale à l'intérieur du pays. Elle se réalise dans les rapports avec l'extérieur. S'il y a affrontement avec un autre Etat, alors à l'Etat assistant d'apprécier les conditions du recours à l'assistance. Alors est-ce que la guerre en Côte d'Ivoire est une guerre strictement interne ? Est-ce une guerre internationalisée ? On peut discuter à perdre raison. Ce n'est pas ce qui nous intéresse.
Qu'est-ce que vous en pensez ?
Nous pensons que nous devons en finir avec la guerre. Mais en reconnaissant les prolongements sous régionaux de cette guerre. En reconnaissant l'implication de la communauté internationale dans cette guerre. Mais c'est la guerre de la Côte d'Ivoire. C'est la Côte d'Ivoire qui en souffre. Ce sont les Ivoiriens qui ont intérêt aussi rapidement à retrouver la paix. Donc oublions tous les autres et prenons nos responsabilités. Et la première, c'est de ramener la paix en Côte d'Ivoire. Le reste, on verra.
César Etou
La dernière fois que le président de la République a parlé des forces étrangères, il a dit: “ si elles ne sont pas là pour procéder au désarmement, qu'elles le disent et qu'elles s'en aillent”.
Il faut poser la question au président de la République. C'est lui qui va vous dire, si elles sont là pour désarmer ou non. En les faisant venir, il savait pourquoi elles seraient là. Est-ce pour désarmer ? Si c'est cela, elles doivent désarmer. Mais elles nous ont dit clairement qu'elles ne sont pas là pour désarmer. Que ce n'est pas un élément de leur mandat. Mais nous voudrions leur confier le soin de régler un problème qui nous appartient principalement. Donc je pense qu'il faut sortir des attitudes qui consistent à vouloir confondre, écraser l'autre. Nous avons un intérêt commun. Nous sommes liés aujourd'hui, nous ne sommes pas des adversaires. Ni avec les Forces nouvelles, ni avec les Français, ni avec les Nations unies. Nous sommes des partenaires et elles sont là avec la volonté de l'Etat de Côte d'Ivoire. Elles sont là parce que la Côte d'Ivoire a besoin de ces troupes, de ces personnes pour régler son problème. Alors que chacun prenne sa part.
Brou Aka pascal
Les Ivoiriens, malgré la crise, auront les yeux rivés sur le calendrier électoral, octobre 2005. Je l'ai dit en introduction, il y a une hypothèque sur les élections aujourd'hui. Le Conseil de sécurité a émis des doutes. De votre position de président de parti, pensez-vous que les élections auront lieu ? Ou partagez-vous les doutes émis par le conseil de sécurité et par certains Ivoiriens ?
Première affirmation : il faut que les élections aient lieu dans les délais prescrits. Il faut tout mettre en œuvre pour arriver aux élections dans le temps que nous nous sommes fixés nous-mêmes. Donc faire comme si on allait y parvenir. Parce que pour avoir à douter, à se poser des questions, on peut nous détourner de l'engagement que nous avons pris d'avoir des élections en octobre 2005. Il faut donc travailler dans ce sens. C'est notre position. Parce que, rien ne serait plus désastreux que d'arriver en octobre 2005 sans élection. Maintenant si au bout d'un certain temps objectivement nous nous rendons compte que les conditions ne sont pas réunies pour des élections crédibles, régulières, transparentes et acceptables, alors nous devons pouvoir par consensus prendre la décision de reporter les élections. Mais pour le moment, il faut que les élections aient lieu. C'est notre devoir, il faut y travailler. En réglant les conditions générales, en réglant les problèmes d'illégibilité. Nous voulons des élections ouvertes, crédibles, pour que, en y allant, nous soyons prêts à accepter les résultats qui vont en sortir.
Alors vous avez prononcé le mot désastre. Ce serait un désastre, si les élections n'avaient pas lieu en octobre 2005. De même vous avez tenu des propos à Paris. Vous avez dit que si en octobre 2005, les élections n'ont pas lieu, trois mois plus tard, le président n'est plus président. Le Professeur Ouraga Obou a dit la même chose. Vous avez été contredit par d'autres juristes éminents. Alors que dit notre Constitution ?
Je voudrais laisser ce débat aux juristes. Moi je ne suis pas juriste. J'ai indiqué que je ne voudrais pas contribuer à alimenter de nouvelles discussions. Des discussions pour le moment aussi stériles et dangereuses. Il faut que chacun se convainque de ce que les élections doivent avoir lieu aux dates indiquées. Nous sommes à quelques 8 mois des élections et le débat s'ouvre. Sur cette situation, les esprits se chauffent. Les déclarations viennent d'ici et de là. Mais On risque de passer du débat au combat. Alors nous nous rendons compte que nous n'avons pas intérêt à entrer dans cette zone de turbulence. Donc, j'ai lu tout simplement les textes. Comme je sais lire, j'ai dit ce qu'il faut en penser. Et comme tout à l'heure, j'ai dit, je sais lire un peu mieux que d'autres dans ce domaine, j'ai dit ce que je vois. Mais je n'en dirai pas davantage. C'était qu'un avertissement de dire que nous ne devons pas chercher dans ces artifices juridiques pour la solution à nos problèmes politiques.
Brou Aka pascal
N'est-ce pas pour éviter cette tourmente dont vous parlez que M. Anaky Kobénan, président du MFA, a proposé une transition de deux à trois ans pour permettre aux Ivoiriens de préparer sereinement ces élections ?
Les gens en parlent. Mais nous, nous sommes prêts à examiner. Comme nous l'avons dit, toutes propositions politiques permettant de régler des problèmes du pays. Nous ne sommes pas fermés. Nous sommes ouverts et si cette proposition comme d'autres peuvent rétablir la paix en Côte d'Ivoire, le PIT sera toujours prêt à y aller. Mais il faut donner le temps de réfléchir. Mais déjà, il ne faudrait pas que cette réflexion ne nous détourne de l'objectif qui est de créer les conditions des élections en octobre 2005. Mais cela ne va pas non plus nous empêcher de réfléchir sur des solutions alternatives. C'est le propre de l'homme politique. Il faut savoir projeter. Donc aujourd'hui nous avons une voie, nous devons la suivre. Mais nous devons penser à une autre voie pour le cas où celle que nous empruntons serait fermée. Donc il est heureux que des Ivoiriens réfléchissent, mais il faut qu'ils agissent dans le sens de la paix, en empruntant la voie que nous avons déjà. Maintenant si l'autre était fermée, ils seront assez intelligents pour savoir que nous devons emprunter une autre voie.
Vous avez dit que notre constitution ne prévoyait rien de clair à partir d'octobre 2005. Qu'est-ce que vous voulez expliquer exactement ?
En nous parlant, on crée des incompréhensions. Et moi je parle en toute bonne foi. Et je dis ce qui me paraît être la vérité. Le disant, je peux me tromper. Mais je n'ai l'intention de tromper personne. Et je dis que nous ne pouvons trouver dans la constitution des solutions aux problèmes qui découleraient de l'absence d'élections en octobre 2005. je dis que l'article auquel les gens font allusion ne paraît concerner la situation des élections. Et je pense qu'en lisant simplement la constitution on doit trouver des éléments de réponse. Mais en le disant, je reçois des appels, je reçois à la limite des coups de bâton qui me disent "qu'est-ce que tu racontes, tu n'as pas à dire des choses pareilles?" Alors, on alimente inutilement une polémique alors que nous avons des problèmes réels à régler. Mais je dis que nous devons faire attention pour chercher des solutions maintenant et des vraies solutions. De toute façon, dans une telle situation, je ne sais pas comment les choses peuvent se passer, parce qu'il n'y a plus de base. Ce sera difficile. Donc je crois qu'il ne faut même pas souhaiter à la Côte d'Ivoire que nous y arrivions. Mais si on devait ne pas organiser des élections, concertons-nous pour trouver la solution pour sortir de la situation. Mais ce n'est pas à travers des instruments de ce type qu'on peut régler des problèmes essentiellement politiques majeurs pour le pays. De toute façon, nous sortons d'une crise extrêmement difficile et il faut éviter de créer des situations de tensions, des frustrations, des risques. Il faut qu'on en sorte. Donc j'invite à regarder dans le sens de la paix.
César Etou
Malgré tout ce que vous dites, manifestement il y a ceux qui agissent pour qu'il n'y ait pas d'élection pour créer ce qu'ils appellent le vide juridique. Si cela devait arriver, qu'est-ce qu'il faut faire ?
Cela ne doit pas arriver.
Inza Kigbafory
Que le Pr. nous explique que c'est qu'un vide juridique.
J'ai le sentiment que la question s'adresse au professeur. Alors comme je vous l'ai indiqué, M. Brou Aka Pascal, qui avez-vous invité ? Le professeur ou le président du PIT ? J'ai été invité moi en tant que président du PIT, je parle en tant que président du PIT. Et je ne peux pas donner une consultation gratuite.
Ferro Bailly
Les Ivoiriens ont assez entendu et ils ne sont pas concernés par ces débats de juristes
On veut savoir ce que les Ivoiriens doivent faire pour ramener la paix en Côte d'Ivoire. Alors les juristes, dans leurs amphithéâtres et nous, hommes politiques, agissons dans le sens du rétablissement de la paix.
M. le président, avec ce débat qui a cours, en tant qu'homme politique, est-ce que vous n'avez pas le sentiment que le constituant ivoirien a échoué par la formulation de notre constitution ? Parce que créer une Constitution qui ne prévoit même pas de cas pour compenser un vide juridique c'est grave. Vous nous avez trahis.
Non, non, je pense qu'un texte de loi a toujours un caractère général. Les situations vécues sont toujours particulières. Donc le rôle du juriste c'est de ramener le général au particulier. De faire en sorte que les dispositions générales servent à régler les cas concrets qui sont les cas particuliers. On ne peut pas tout prévoir. Et puis ce ne sont pas les juristes qui décident. Ce sont les hommes politiques. Quand il faut faire une constitution, on n'interroge pas les juristes. Ce sont les hommes politiques qui décident, qui donnent la voie à suivre, qui donnent les dispositions et les juristes se mettent au service des hommes politiques pour formuler juridiquement les préoccupations des hommes politiques. Les hommes politiques doivent être prévoyants, perspicaces. Mais ils peuvent être aussi optimistes pour penser que dans un pays qui fonctionne normalement, l'important ce n'est pas de prévoir un vide juridique. L'important c'est d'assurer la continuité de l'Etat. Et la continuité de l'Etat existe à travers nos textes. Le président est élu, s'il y a une vacance on sait comment il est remplacé. Tout cela est réglé. C'est une situation particulière que nous vivons aujourd'hui: une situation de crise. Quand il y a une crise, ça signifie que ce qui existe est en train de mourir. Quelque chose d'autre est en train de naître... Entre les deux, il y a des difficultés. Là, je crois que nous vivons les douleurs de l'accouchement. Je pense et j'espère que bientôt nous pourrons accoucher la Côte d'Ivoire nouvelle. Mais c'est nous, en nous que nous devons trouver les ressources, la volonté et la bonne foi pour arriver à la paix.
Inza Kigbafory
Dans quel genre de situation l'ONU met un pays sous tutelle ?
L'ONU ne place pas les Etats sous tutelle. L'institution a existé au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Et en Afrique, les Etats comme le Togo et le Cameroun étaient sous tutelle. Mais la tutelle est une expédition permettant aux populations d'aller progressivement à la capacité de s'administrer elles-mêmes, donc d'arriver à l'indépendance. Le Togo est devenu indépendant, le Cameroun est devenu indépendant. Mais c'est une image quand on parle d'Etat sous tutelle, pour décrire un Etat qui est pratiquement contrôlé par les Nations Unies. Sur le fonctionnement les nations unies jettent un droit de regard. C'est un peu le cas de la Côte d'Ivoire aujourd'hui. Mais c'est extrêmement grave pour la souveraineté d'un pays. Un Etat comme la Côte d'Ivoire. Qui peut s'accommoder d'une telle situation ? Qui a intérêt à voir durer une telle situation ? Pas le chef de l'Etat lui-même encore moins les autres. Qu'est-ce que nous devons faire dans ces conditions-là ? C'est de faire en sorte que les raisons qui ont conduit les troupes à s'installer en Côte d'Ivoire cessent. C'est de faire en sorte que la paix soit revenue par le fait des Ivoiriens principalement. Et nous prenant en charge, nous puissions gérer le pays par nous-mêmes et dans notre propre intérêt, en n'écoutant que la voix des Ivoiriens. Mais quand nous voyons certains acteurs agir comme ils le font aujourd'hui, on a le sentiment qu'ils s'accommodent de cette situation. Qu'ils en tirent un certain profit, un certain orgueil. Nous ne comprenons pas. Vous voyez avec nous que cette situation doit cesser rapidement. Elle ne peut cesser qu'avec la paix. La paix ne peut revenir que par les voies que nous nous sommes fixées nous-mêmes. La voie des accords, des engagements pris.
Brou Aka pascal
M. le président, j'aimerais qu'on se situe dans l'hypothèse où les élections lieu. Alors, vous serez le candidat du Parti ivoirien des travailleurs?
Je ne sais pas, c'est un peu tôt pour répondre à cette question. En revanche, ce que je peux dire avec certitude, c'est que les conditions d'élections régulières étant réunies et le PIT doit prendre sa part pour réunir ces conditions d'élections régulières, le PIT aura un candidat aux élections présidentielles, législatives et à toutes les compétitions électorales, de manière à affirmer sa spécificité. Le PIT a une voix à faire entendre. Et le PIT estime qu'aujourd'hui, il y a trop de fusils. Donc il faut savoir parler, il faut savoir se taire. Comme l'a dit quelqu'un, ce n'est pas parce que la bouche est fermée qu'elle n'a rien à dire. Nous avons des choses à dire, mais nous le dirons le moment venu. Donc aujourd'hui, notre préoccupation, c'est la paix. Il faut que la paix advienne le plus rapidement possible. C'est à cela que nous invitons, vous journalistes, nous hommes politiques, société civile. Il faut que nous y travaillions tous pour que la paix arrive. Et c'est dans la paix que la compétition sera loyale.
Avec des élections ouvertes, transparentes, vous avez dit, il faut y trouver un compromis pour qu'au bout du compte, tous les responsables des partis signataires des accords de Linas Marcoussis soient candidats?
C'était ce qui nous apparaissait clairement à Marcoussis. Et que l'une des raisons majeures de la guerre, c'était l'éligibilité, l'ouverture des élections. Nous avons menacé de reprendre la guerre si nous ne réglions pas ce problème. L'ayant compris et n'ayant pas les moyens de résister, nous avons cédés, ayant pris l'engagement en notre bonne foi, nous assumons nos engagements, même si la douleur est au cœur. Et l'engagement a été pris de faire en sorte que l'article 35 soit modifié. Les termes de la révision ont été même établis, à Marcoussis. Les députés, les représentants de la nation l'ont adopté. Alors par la voie du référendum qui est la voie normale, on doit parvenir à modifier effectivement la Constitution.
Certains textes votés par l'Assemblée nationale vont être repris, parce qu'on estime qu'ils ont été dénaturés. Qu'est-ce que vous en pensez ?
J'apprends moi aussi que ces textes, pour certains, seront repris ou doivent être repris. Je ne sais pas s'ils le seront exactement. Mais l'idée, c'est de faire en sorte que les textes reflètent l'esprit de Marcoussis qui est donné comme l'esprit du rétablissement de la paix. Concrètement qu'est-ce que c'est ? C'est que chacun s'érige en arbitre suprême. Pour dire Marcoussis, c'est ceci d'un côté. Marcoussis, c'est cela d'un autre côté. Puis la trancher. Nous utilisons l'image sative du quatrième arbitre. Chacun juge, il n'y a pas de juge finalement. C'est comme tout à l'heure, je l'indiquais, s'il y a des difficultés ou des choses à revoir, c'est d'un commun accord que nous devons les revoir. Chacun faisant des efforts. Parce qu'il ne s'agit pas au stade où nous sommes d'affirmer chacun sa position et d'exiger de l'autre une telle solution. Il n'y a pas de solution. Le FPI n'a pas de pouvoir d'imposer quoi que ce soit au PIT. Le PIT ne peut rien'imposer au RDR. Le PDCI ne peut rien imposer au FPI. Faut-il que je disparaisse pour que vive César Etou ?
Ferro Bailly
Par rapport au mémorandum qui a été évoqué par mon confrère Brou Aka Pascal, est-ce que, à la fin vous n'avez pas l'impression d'avoir failli en n'acceptant pas la dissolution de notre Constitution ? Parce qu’aujourd'hui, certains nous demandent de voter oui au référendum. Est-ce que Marcoussis est au-dessus de la Constitution et que Marcoussis soit véritablement la loi qui ait la primauté dans le fonctionnement de l'accord qui a été conclu.
Aucun Ivoirien n'aurait accepté. Moi, je n'aurai pas accepté. J'ai bataillé à Marcoussis pour qu'on n'en arrive pas là. On n'a pas ce droit, on n'a pas ce pouvoir. Ce sont les Ivoiriens qui doivent prendre une telle responsabilité. Juridiquement, on n'avait pas de pouvoir de dissoudre la Constitution.
Les députés ont alors raison de faire usage de leur droit d'amendement.
Ils ont raison de faire usage de leur droit. Mais nous sommes en situation particulière où chacun doit exercer son droit ou ses droits avec intelligence. Dans toute la mesure combattive avec la recherche de la paix pour l'ensemble des Ivoiriens. Donc ne nous réfugions pas derrière le droit d'amendement pour oublier la Côte d'Ivoire. Ce que les électeurs attendent d'eux, c'est qu'ils ramènent la paix en Côte d'Ivoire. Donc il en est pour les députés comme du gouvernement et des partis politiques que nous sommes. Que chacun joue un rôle en étant guidé par la recherche à laquelle nous devons subordonner tout le reste. C'est la paix d'abord et chacun doit y concourir du fond de lui-même. En toute sincérité avec toute l'énergie qu'il a. C'est avec la paix que nous devons reconstruire le pays au plan politique et au plan économique.
Brou Aka pascal
On était habitué, dans les partis de gauche, à entendre le premier secrétaire, secrétaire général. Après le FPI, le PDCI, le PIT aussi a changé. Vous êtes devenu président. A quoi répond ce changement?
Nous sommes dans un contexte où certaines appellations ne sont pas toujours comprises. Et puis, lorsque nous nous retrouvons quelque part, on ne sait pas si je suis le Secrétaire général ou le président par rapport aux autres. Il y a certains qui disaient premier secrétaire national, ce qui est correct. Certains disaient premier secrétaire. D'autres encore seulement mon secrétaire. Je ne suis pas le secrétaire de quelqu'un. Mais dans le fond, nous avons voulu coller à la réalité. Et qui est surtout de mieux repartir les rôles entre les organes du parti. Le président est l'autorité politique qui traite des problèmes d'intérêt national et internationaux. Le Secrétaire général s'occupe des questions internes au parti, de l'organisation, du fonctionnement, et du développement du parti. Nous pensons qu'avec une telle organisation, nous pouvons indiquer une candidature unique au PIT.
Tout le monde reconnaît au Pr. Francis Wodié une ligne de combat d'esprit. En 1993, vous l'avez évoqué, vous avez appelé à l'application de l'article 11. En 1995, vous avez refusé le boycott actif. Aujourd'hui, nous sommes en crise. Vous n'êtes pas avec l'opposition. Vous avez un demi pied dans le pouvoir et pourtant, vous ne vous empêchez pas de la critiquer. Malgré tout, le PIT continue d'enregistrer des départs. N'êtes-vous pas un incompris de la politique ?
Nous sommes incompris pour le moment. Mais nous commençons à être compris par les ivoiriens.
Et comment appréciez-vous cela ?
Des adhésions arrivent nombreuses au PIT. Je crois que dans le paysage politique ivoirien, les Ivoiriens commencent à discerner les partis et les hommes qui ont toujours recherché la paix. Qui ont pu renoncer à eux-mêmes dans l'intérêt de la paix. Et même ceux qui nous ont condamnés en 93, en 95 nous traitant de traître, aujourd'hui comprennent mieux ces positions du PIT. Parce que nous disons au PIT, qu'on soit dans l'opposition ou dans le gouvernement, il y a des choses qu'on doit s'interdire de faire dans l'intérêt du pays. Il y a des choses qu'on doit faire également dans l'intérêt du pays. C'est ce que nous faisons. Et nous pensons que les Ivoiriens commencent par le comprendre. Et nous pensons que le PIT sera très bientôt récompensé.
Propos recueillis par
De Bouaffo et Poy
COTE D'IVOIRE / OBSEQUES DU PATRIARCHE KOUDOU PAUL PERE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO
Mercredi 23 Mars 2005
Le mercredi 23 Mars 2005 les populations d’Abidjan ont fait leurs adieux au Patriarche Koudou Paul à la Cathédrale St Paul d’Abidjan.
En effet dès 8h30mn ce matin Koudou Jeannette (sœur du Président Gbagbo) était aux pompes funèbres à Treichville pour s’occuper du transfert du corps à la Cathédrale.
Aux environs de 10h00 le cercueil a été posé dans une limousine noire couverte de fleurs qui a pris la direction du Plateau, où les personnalités administratives et politiques, le corps diplomatique et la population attendaient la dépouille mortelle.
La Cathédrale paraissait petite pour la circonstance. La messe a été célébrée par Mgr Joseph Aké en présence du Cardinal Bernard Agré. A la fin de la cérémonie religieuse, le cortège a pris la route de Gagnoa où a lieu une veillée à Babré en présence de la première Dame Simone Ehivet-Gbgabo.
C’est là que Koudou Paul a passé une partie de son enfance.
www.laurentgbagbo.net vous présent la suite du programme :
Gagnoa
Mercredi 23 Mars 2005 à partir de 21h
Veillée de prière à Babré
Mama
Lundi 28 Mars au Mercredi 30 Mars 2005
Présentations des condoléances par région
Mercredi 30 Mars 2005
21h à 00h : veillée de prière
00h à 06h : veillée traditionnelle
Jeudi 31 Mars 2005
11h : Messe de requiem suivie de l’inhumation
SENEGAL / QUINZAINE DE LA FRANCOPHONIE
Mercredi 23 Mars 2005
L'Association Sénégalaise des Femmes Diplômées des Universités a pris pour prétexte la célébration de la QUINZAINE DE LA FRANCOPHONIE pour tenir une conférence sur le thème :
" Femmes et Paix : revisiter la sécurité humaine "
Cette rencontre a permis aux différentes intervenantes de parler de la situation de la femme et surtout de décrier les différents formes de violence et de discrimination dont elle est l'objet malgré les quelques avancées dans la conception de son statut.
Ce fut également une autre occasion de faire un bilan de ces acquis et des perspectives pour une meilleure prise en compte de la Femme surtout son implication effective dans la recherche de la Paix.
S.E Madame Fatimata TANOE TOURE , Ambassadeur a pris une part cative à cette rencontre à laquelle étaient présentes d'éminentes personnalités politiques , administratives et de la société civile féminines.
SENEGAL / CONFERENCE DE L'ONG "ACTION POUR LA FEMME EN CASAMANCE"
Mercredi 23 Mars 2005
Le Lundi 21 mars dernier , l'Ong "Action pour la Femme en Casamance"(AFEC) a organisé une Conférence sur le thème :
" Le rôle des Femmes et des Jeunes dans la sécurisation et la consolidation de la PAIX pour un développement durable en Casamance "
L'objectif de cette rencontre qui a drainé un nombre important de femmes de cette région du Sénégal en guerre depuis près de 22 ans est de continuer la dynamique créée par l'Accord de PAIX signée le 30 décembre 2004 à ZIGUINCHOR et les résolutions des négociations de FOUNDIOUGNE en vue de l'avènement d'une PAIX DURABLE et favorable au développement économique et social de la CASAMANCE.
L'AFEC , faut-il le rappeler , a été créée en Novembre 1993 afin d'oeuvrer à la promotion et à la défense de la Femme et de l'Enfant .
Son siège se trouve à DAKAR avec des antennes dans d'autres régions du Sénégal.
Elle est dirigée par Madame LAKH Yacine et entretient d'excellents rapports avec S.E.Madame l'Ambassadeur Fatimata TANOE TOURE dans cette dynamique de recherche de la Paix à travers des échanges d'expériences pour l'implication des femmes dans la prévention et la résolution des conflits.
COTE D'IVOIRE / VISITE DE M.FAURE GNASSINGBE AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO
Mercredi 23 Mars 2005
Faure Gnassingbé tisse patiemment sa toile à travers les voyages qu’il effectue dans l’espace CEDEAO. En effet, Après Dakar, et Bamako M.FAURE GNASSINGBE est arrivé à Abidjan le mardi 22 mars 2005 .
Venu en tant que Président de son Parti, le RPT, le candidat à la Présidence de la République togolaise a été accueilli au Palais Présidentiel par le Président du FPI, M. Affi N’Guessan .
M. Faure Gnassingbé était accompagné d’une forte délégation comprenant le Ministre d’Etat Barqué, conseiller , l’ancien Ministre Aboudou Assouma , les Ministres Agba Kouandi Charles (Enseignement supérieur), Pitang Tschala (Communication). Tous sont membres du Comité central du RPT.
A sa sortie d’audience, M. Faure Gnassingbé a expliqué que sa mission entreprise depuis quelques jours auprès de Chefs d'Etat de la sous-région répond à deux objectifs précis :
- remercier tous les chefs d’Etat qui se sont fortement impliqués dans la résolution de la crise togolaise d’une part
- et marquer d’autre part sa reconnaissance à tous ceux qui se sont déplacés jusqu’à Lomé pour participer aux obsèques du Président Eyadéma, son père.
En Côte d’Ivoire, il est venu également pour présenter ses condoléances au Président Gbagbo, frappé par le deuil de son père.
COTE D'IVOIRE / VISITE DU COMMISSAIRE EUROPEEN M.LOUIS MICHEL ET INTERVIEW DU PRESIDENT DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL M. LAURENT DONA-FOLOGO
Mardi 22 Mars 2005
LE RÉFÉRENDUM EST PRÉVU PAR LA CONSTITUTION
Le Commissaire Européen chargé de la Coopération au développement et de l’Aide humanitaire est retourné plutôt confiant et satisfait de la visite de quarante huit heures qu’il vient d’effectuer en terre ivoirienne. “Partout (au Nord, chez les rebelles comme au Sud en zone gouvernementale, ndlr), les états d’esprit étaient plutôt positifs”, a affirmé Louis Michel à l’issue de l’audience (la seconde en 24 heures) que lui a accordée la Chef de l’Etat, hier au Palais présidentiel, à son retour de Bouaké. “La paix et l’apaisement ne sont pas loin”, a-t-il ajouté.
Il a bâti sa conviction et son optimisme apparents sur les engagements du Chef de l’Etat. “Le Président Gbagbo m’a bien affirmé qu’il était désireux que la paix s’instaure et que l’unification du pays soit une réalité, qu’il était tout à fait disposé à faire avancer ce processus et à respecter les accords de Marcoussis et d’Accra de la meilleure façon”, a-t-il soutenu en saluant les “avancées substantielles qui ont été faites par les autorités gouvernementales notamment par rapport à une série de lois et un certain nombre de conditions qui ont été remplies”.Dans le fief de la rébellion où il était hier, Louis Michel semble n’avoir pas eu la tâche facile. Les Forces nouvelles ont réitéré leurs griefs contre les “tripatouillages” au Parlement des textes suggérés par l’accord de Linas-Marcoussis. Mais, en l’absence de Soro Guillaume absent depuis plusieurs jours du territoire qu’il contrôle, le commissaire européen a dû batailler ferme pour essayer de faire passer son message de paix. “Il y a évidement des amendements parlementaires et encore un certain nombre de questions sur lesquelles ils sont en désaccord”, a reconnu Louis Michel. “J’ai plaidé pour qu’on quitte le niveau de la peur et que l’on passe au stade de l’espoir et de la confiance”, a-t-il commenté.
Face aux réticences et aux récriminations de ses interlocuteurs, Louis Michel s’est surpris à donner des cours de philosophie sur la paix, pour faire la morale. “J’ai dit que faire la paix, c’est toujours douloureux. Faire la paix, ce n’est pas un acte de plaisir. Parce que quand on fait la paix, on abandonne une partie de sa vérité personnelle, on abandonne une partie de ses prérogatives, de ce que l’on croit être juste”, s’est-il exprimé avant d’interpeller directement la rébellion: “La paix, c’est quelque chose qui fait mal, mais c’est beau parce qu’elle implique un minimum de sacrifice. Ce sont uniquement les hommes et femmes politiques qui sont capables de faire la paix. Ce sont des leaders, à mes yeux. Les autres qui ne sont pas capables de faire la paix, ce sont plutôt des chefs de bandes.”
Le commissaire européen semble n’avoir pas prêché dans le désert puisqu’il est affirmatif: “Un certain nombre d’éléments réalisés permettent de cultiver l’espoir”, même si le désarmement et la réunification du pays, que le Chef de l’Etat a dit attendre de la rébellion, tardent à être mis en œuvre. “Vous savez que les accords de Marcoussis prévoient le désarmement dès la formation du gouvernement, donc il faut essayer de respecter ces accords, mais peut-être qu’il faut encore des pas de part et d’autre”, s’est-il contenté de déclarer, sans perdre sa foi: “Je pense que nous ne sommes pas loin”.
C’est pourquoi il juge positif le bilan de sa visite en Côte d’Ivoire. “Au total, en ce qui me concerne, c’est une visite extrêmement positive, extrêmement utile parce qu’elle permet à l’Union européenne de réaffirmer sa disponibilité pour aider la médiation de M. Mbeki et le pays”, a conclu Louis Michel, qui a subordonné le déblocage des “moyens importants” de l’UE au retour de la stabilité. Et pour montrer que la coopération avec cet “important bailleur de fonds” a été un point important des discussions, Paul Antoine Bohoun Bouabré, ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances, a assisté à l’audience aux côtés de Mme Gossé, ambassadeur de Côte d’Ivoire en Belgique, et de Friedrich Nagel, chef de la délégation de l’Union européenne.
Bi Bally Maurice Ferro
Interview : Le président du CES, Laurent Dona Fologo exhorte les Ivoiriens à faire des ‘’propositions réalistes et acceptables.’’
M. le président, des émissaires du médiateur de l'Union africaine dans la crise ivoirienne viennent de séjourner en Côte d'Ivoire. Pensez-vous que de telles missions sont le signe que la médiation patine ?
Moi, je ne partage pas le pessimisme de ceux qui disent que la médiation patine, qu'elle est bloquée. Dès le départ, il y a un peu plus de quatre mois, lorsque M. Thabo Mbeki a été désigné par la Commission de l'Union africaine comme nouveau médiateur dans la crise ivoirienne, j'ai pris position pour lui et pour la médiation. J'ai dit les raisons pour lesquelles il a des chances de réussir et j'ai lancé un appel à nos compatriotes afin qu'ils lui facilitent sa mission. Je continue à œuvrer dans cette voie. J'ai foi en cette médiation et, sans être devin, je puis vous dire que je suis convaincu que Mbeki va réussir là où beaucoup ont échoué.
Vous prenez donc le contre-pied du Président gabonais qui a dit ne pas voir d'issue à cette crise !
Je ne peux pas juger un chef d'Etat parce qu'il peut disposer d'informations que n'a pas le commun des mortels dont je fais partie. Mais je ne crois pas qu'il y ait un conflit sans issue. Même le conflit israélo-palestinien, je suis de ceux qui pensent qu'il y aura un jour une issue, à plus forte raison ce que j'appelle un faux conflit. Le conflit ivoirien est, en effet, artificiel, fabriqué et entretenu par des hommes ambitieux qui, malheureusement, ont réussi à empoisonner le monde entier, la communauté internationale. Mais en tant qu'acteur politique dans ce pays, non seulement je n'ose pas penser que ce conflit est sans issue, mais j'ose espérer que l'issue est proche.
Vous avez dit que ce conflit artificiel a été entretenu par des hommes ambitieux qui ont empoisonné l'opinion internationale. En proposant le viol, même positif, de la Constitution, ne donnez-vous pas le sentiment d'être vous aussi empoisonné ?
Justement, j'échappe à l'empoisonnement. Il faut qu'on soit vrai, clair et courageux. J'ai travaillé avec le Président Houphouët-Boigny pendant des années. Je suis un disciple de ce grand homme dont je connais les amitiés d'ici et d'ailleurs. Mais cela ne m'empêche pas de dire que notre conflit artificiel, je le répète, a été rendu plus difficile à partir de cette fameuse table ronde des forces politiques ivoiriennes dans la banlieue parisienne appelée Marcoussis où la Constitution a été violée en plusieurs de ses articles. En particulier lorsque des personnes, dont vous me permettrez de douter de la représentativité par rapport au peuple de Côte d'Ivoire, ont été invitées à cette table ronde.
Prenons les signataires un à un et vous verrez que sur les dix qu'ils sont, il y a peut-être quatre qui représentent le peuple ivoirien. Cela est tellement vrai que les décisions qu'ils ont fait prendre par leurs amis français qui étaient dans l'erreur, ne sont pas appliquées depuis deux ans et demi. Des décisions que l'on a prises à l'unanimité et en chantant ne devraient poser aucune difficulté dans leur application si les signataires étaient vraiment représentatifs de la Nation. Mais si elles sont si difficiles à appliquer, cela veut dire que ceux qui les ont prises ne représentent pas le peuple de Côte d'Ivoire ou pas suffisamment.
Parmi les signataires, la majorité, n'ont pas de député à l'Assemblée nationale. D'autres n'ont que des armes à la main et s'ils les déposent, ils ne sont plus rien. D'autres encore ont été refusés aux élections de l'an 2000 par la Cour suprême de Côte d'Ivoire. Ce sont ces hommes, tous mécontents - et cela se comprend - qu'on appelle pour aller régler la crise ivoirienne. C'est là que se situe la première erreur des initiateurs de cette réunion.
Cet accord dit que le Premier ministre, abusivement appelé de réconciliation nationale, est inamovible jusqu'aux élections: première violation de la Constitution, car en son article 41, il est écrit que " le Président de la République est le détenteur exclusif du pouvoir exécutif. Il nomme le Premier ministre et met fin à ses fonctions. Sur proposition du Premier ministre, il nomme les autres ministres et il met fin à leurs fonctions dans les mêmes conditions". On a amené des gens qui n'ont pas été mandatés par le peuple de Côte d'Ivoire à signer un accord en son nom. Ce n'est pas juste.
Plus tard, à Accra III, on a obligé le Président à reprendre des ministres qu'il avait renvoyés. Cela veut dire que le Président de la République ne peut même pas faire de remaniement ministériel. Je n'ai jamais vu cela et c'est contraire à notre constitution. L'article 127 de cette même constitution stipule que: "Lorsqu'il est porté atteinte à l'intégrité territoriale, aucune procédure de révision de la Constitution ne peut être engagée". Nous sommes presqu'à la fin de cette procédure de révision. C'est tout cela que j'appelle des " violations négatives", parce qu'elles n'apportent rien.
Des personnes qui ont tué ont été amnistiées sans contrepartie; des ministres limogés ont été repris. Mais on ne voit toujours aucun acte de leur part sur le chemin de la paix. C'est en cela que j'ai dit que j'accepterais une "violation positive" qui, elle, peut nous faire avancer vers la paix.
M. le président, vous avez participé aux négociations de Lomé qui, officiellement, se sont soldées par un échec. Vos prises de position actuelles ne sont-elles pas de nature à être considérées comme une volonté d'avoir votre mot à dire dans la médiation que mène en ce moment le Président Thabo Mbeki ?
Moi, je suis un homme politique et je fais la politique depuis 30 ans. Le Président Gbagbo me disait un jour qu'" en Côte d'Ivoire, il y a ceux qui font la politique et ceux qui occupent des fonctions politiques". Moi, je fais la politique. A Lomé, j'avais un mandat écrit du Président de la République élu pour discuter et signer en son nom. C'est ce que j'ai fait avec les rebelles. On n'a jamais fait une déclaration pour dire que les négociations de Lomé ont échoué. Le Président Eyadema (paix à son âme) n'avait jamais reçu une note de ceux qui l'avaient mandaté- je veux parler de la CEDEAO - pour demander l'arrêt des négociations de Lomé.
En outre, je voudrais vous faire remarquer que ce qui s'est passé à Linas Marcoussis ne s'appelait pas négociations. C'était une table ronde des forces politiques. Une table ronde est une réunion de personnes pas nécessairement mandatées ni qualifiées pour discuter d'un problème. Les conclusions d'une table ronde n'engagent que cette table-là. Elles doivent être entérinées par les décideurs. Sinon c'est comme un séminaire. Si vous l'organisez et qu'aucun décideur ne s'intéresse à vos conclusions, elles restent dans vos tiroirs.
C'est pourquoi il y a eu le "Sommet de Kléber" pour que les Chefs d'Etat décideurs entérinent les conclusions de la table ronde. C'est peut-être ce sommet de Kléber qui a mis fin aux négociations de Lomé encore que ce n'est pas Kléber qui avait commis les négociations de Lomé, celles de la CEDEAO. C'est pourquoi j'ai parlé de " hold up " que vous, de la presse n'avez jamais dénoncé. On ne va pas confondre tout de même une négociation de paix avec une table ronde.
Le "hold up" dont vous parlez n'a-t-il pas été favorisé par le Président Wade du Sénégal qui avait dit que Lomé n'avançait pas dans le bon sens ?
Je suis trop petit pour juger les Chefs d'Etat. Mais je constate que ceux qui ont crié haro sur Lomé nous ont produit un "monstre" que personne n'arrive à gérer et qui est à l'origine de tant de morts, et de destructions, et qui a conduit à l'enlisement du conflit en Côte d'Ivoire.
Après Marcoussis, il y a eu Accra II et III. Comment expliquez-vous que tout cela n'ait pas contribué à régler le problème ?
Le fait qu'il y ait eu Accra II et III prouve justement que Marcoussis n'a pas marché. Je répète : la composition même des participants à la table ronde portait en elle les germes de l'échec. C'est pour cela que l'Union africaine a pris le dossier à son compte et a désigné Monsieur Mbeki qui est un homme différent. C'est pourquoi j'ai foi en sa médiation.
Vous dites que Marcoussis a échoué et pourtant la médiation de Mbeki s'appuie sur cet accord. Comment expliquez-vous cela ?
Votre question est juste. Nous ne sommes pas logiques avec nous-mêmes. Mais je vous ai dit aussi qu'à partir du moment où Marcoussis a reçu la bénédiction de la Communauté internationale, du Conseil de sécurité de l'Onu qui nous ont ligotés, nous sommes obligés de parler encore de Marcoussis, y compris le Président MBeki.
Le problème de fond après tous ces débats, c'est l'éligibilité ou non de M. Alassane Dramane Ouattara. Au vu de ce qui vient de se passer au Togo, comment interprétez-vous le rôle de l'UA qui, face à une situation, a ccepté la Constitution et face à la crise ivoirienne, demande qu'on retaille la Constitution sur mesure ?
La différence entre les deux situations, c'est que dans un cas - celui de la Côte d'Ivoire - des personnes ont eu le temps et les moyens, d'empoisonner la communauté internationale et de l'induire en erreur y compris de puissants membres de cette communauté. Dans le cas du Togo, le décès du Président Eyadema a été subit et les gens n'ont pas eu le temps d'empoissonner les Togolais qui, très vite, ont pris leurs responsabilités pour éviter le chaos que vit la Côte d'Ivoire aujourd'hui.
Chaque pays a ses réalités. Le Togo est en passe de maîtriser sa situation. Un candidat qui a été frappé par la Constitution, Gilchrist Olympio, accepte de ne pas se présenter et demande à son second de le faire pour le compte de leur parti. C'est aussi cela la différence avec nous. Les Ivoiriens avaient aussi demandé cela à certains d'entre nous qui l'ont refusé malheureusement.
C'est pourquoi, les Ivoiriens devraient accepter que l'eau qui est versée ne pouvant plus se ramasser, comme on dit chez nous, nous puissions avancer avec des propositions, sans doute imparfaites mais qui pourraient nous faire sortir du trou. Le Président a dit que "le médicament est amer" mais il faut quand même l'avaler puisque nous n'avons pas le choix. C'est pour avaler ce médicament amer que chacun est appelé à réfléchir et à faire des propositions réalistes et acceptables.
N'êtes-vous pas en train de conseiller la capitulation aux Ivoiriens pour que M. Alassane Ouattara soit candidat à l'élection présidentielle ?
Il ne faut pas employer des mots aussi forts que "capitulation". "La politique est la saine appréciation des réalités, bonnes ou mauvaises", comme nous l'a appris le Sage, mon maître Houphouët-Boigny. Il faut apprécier les réalités et adapter son comportement à ces réalités. Ne parlons ni de capitulation, ni de démission ni même de lassitude. Ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Moi, j'aime mon pays et je suis malheureux de voir ce qu'on fait de la Côte d'Ivoire. Tout autour de nous, ce que nous sommes en train de perdre revient à nos voisins, proches ou lointains. Ce que nous vivons est un drame et nous qui sommes des zones assiégées vivons un double drame. Il n'y a plus rien dans nos villages. Les populations souffrent: pas de médicament, d'eau potable, etc. Allez sur le terrain, déguisez-vous pour pouvoir circuler librement et vous verrez la réalité.
M. le président, revenons sur la situation du Togo. Cela fait deux fois que Gilchrist Olympio est recalé par la constitution sans qu'il ne prenne les armes contre son pays. Ce n'est pas ce que nous vivons en Côte d'Ivoire. Votre appréciation d'homme politique.
Vous avez parfaitement raison. J'ai été l'un des premiers ici à proposer une opposition civilisée et démocratique. Moi qui vous parle, lors du coup d'Etat de 1999, j'ai été jeté en prison. J'ai subi des sévices corporels. Ma maison a été saccagée. Mais quand j'en suis sorti, j'ai prêché le pardon. J'ai même demandé que les hommes politiques observent une "trêve de longue durée" pour permettre à la Côte d'Ivoire de se relever. Je n'ai pas été suivi.
Une des raisons pour lesquelles je travaille aujourd'hui pour la légalité constitutionnelle en Côte d'Ivoire, est que j'ai reconnu à ceux qui ont gagné les élections que quand ils étaient dans l'opposition contre nous, ils n'avaient jamais pris les armes. Cela est important. Il faut que nous apprenions cette démocratie qui a cours aujourd'hui partout dans le monde. Je salue donc mes frères togolais d'avoir refusé le chaos. Vous avez raison de faire la comparaison tant les deux cas, togolais et ivoirien, sont voisins. Nous n'avions jamais envisagé la voie des armes en Côte d'Ivoire. Cela veut dire que le 19 septembre 2002, j'étais aussi surpris que 80%, je pense, des Ivoiriens.
Vous avez certainement été surpris mais en faisant campagne pour la fin du concept d'ivoirité, n'avez-vous pas justifié la prise d'armes puisque ce sont ces raisons-là qu'invoquent les rebelles ?
Je vous ai dit que le conflit ivoirien reposait sur beaucoup d'artifices dont le concept d'ivoirité. A Lomé, les rebelles ont dit que les raisons pour lesquelles ils avaient pris les armes étaient l'ivoirité, l'exclusion, la xénophobie, et autre "déficit de démocratie".
Je leur ai demandé "quels étaient ces animaux qu'on appelle ivoirité, exclusion, xénophobie qu'ils voulaient abattre avec les armes ? Si c'est pour combattre l'ivoirité, la xénophobie, l'exclusion, il fallait engager une campagne civique, une campagne de presse, une campagne politique pour dénoncer cela et demander de mettre fin au système de "deux poids deux mesures" dans un même pays. On peut réussir cela par une volonté politique, et même par la loi"
Aujourd'hui, quels sont les Ivoiriens qui parlent encore d'ivoirité ? Même vous les journalistes, vous n'en parlez plus, les hommes politiques non plus. J'en ai solennellement déclaré la mort, les funérailles, l'enterrement. J'ai même dit que "sur son tombeau, nous devons faire germer les fleurs de l'amitié et de la vraie fraternité."
Ce n'est donc pas l'ivoirité qui est la cause de cette crise mais bien les ambitions des hommes politiques. Ce n'est pas la première fois que les ambitions de quelques-uns entraînent un pays dans le chaos. Cela est arrivé ailleurs. Il faut avoir le courage de dénoncer cette dérive et d'y mettre fin.
Avec ce que vit le pays, pensez-vous que la solution politique préconisée par les uns et les autres et qui vise à autoriser la candidature du président du RDR, ramènera la paix durable et permettra à ce dernier de gouverner tranquillement s'il était élu ?
Moi, je ne fais pas tout à fait la même analyse que les tenants de cette thèse. Ma thèse à moi est la suivante : il a été prouvé sur le terrain que ceux qui sont plus forts que nous n'admettaient pas que nous trouvions une solution à notre problème qui soit autre que celle qu'ils veulent, nous imposer. Il a également été malheureusement prouvé que la communauté internationale soutient ceux qui ont pris les armes. J'ai été de ceux qui ont demandé aux députés de voter l'article 35 nouveau de la Constitution.
Ce que dit cet article ne concerne pas un individu mais plus d'un million de personnes vivant en Côte d'Ivoire. Il s'agit des Ivoiro-burkinabè, Ivoiro-sénégalais, Ivoiro-guinéens, Ivoiro-maliens, ivoiro-français, Ivoiro-libanais et que sais-je encore? Tout ce monde est concerné par cette loi. Dans le même temps, sur une génération, combien de personnes sont-elles candidates à la Présidence de la République ? Or on est en train de laisser le pays se détruire à cause d'une loi qui concerne à peine 1% de la population. C'est cela que je ne peux pas accepter.
Cette question va au-delà du simple cadre électoral, pour prendre en compte 40 années de brassage avancé réussi par la politique de rassemblement et d'ouverture du Président Houphouët-Boigny. Lorsqu'on assume l'héritage, il ne faut pas seulement prendre la Basilique, les écoles, les routes, les ports, etc. Il y a aussi l’héritage politique qu’il ne faut pas rejeter en bloc. Il faut l'analyser et voir ce qui peut sauver le pays.
Pour vous, la rébellion a posé un problème de fond.
Je ne sais pas si la rébellion a posé un problème de fond. Même si elle est partie de quelques ambitions qui l'ont armée et amenée à emprunter ce chemin, je pense que nous pouvons profiter de la crise pour régler, une bonne fois, ce problème de brassage et d'intégration qui empoisonne la vie politique en Côte d'Ivoire.
Vous avez dit que lorsqu'on assume un héritage, il faut accepter les actifs et les passifs. Doit-on, comme certains le disent, penser que l'héritage d'Houphouet a été mal géré ?
Il y en a même qui rendent le Président Houphouët responsable de ce qui nous arrive. Moi je suis un disciple d'Houphouët ; j'assume le bon et le moins bon. Ceci étant, j'ai affirmé que l'héritage a été mal géré. Je suis de ceux qui le pensent. Nous nous étions tous engagés, les yeux fermés, dans cette voie qui nous a conduits là où nous sommes.
Je vous dis très clairement ma position : on m'a attaqué en disant qu'il n'y a pas de "violation positive". Oui, c'est vrai. Mais lorsqu'on a violé la constitution à Marcoussis, personne n'a levé le petit doigt. Les signataires, comme enivrés, ont même sablé le champagne en chantant. Si le médiateur nous donne la garantie que, dès aujourd'hui, la communauté internationale est prête à débarrasser notre pays de ses occupants et à le réunifier et que le prix de cela était de décider, souverainement, que les prochaines élections seront ouvertes à tous les candidats qui en remplissent les conditions, je dirai oui à cela. Je vous le dis très clairement. Je n'attendrai pas que le pays plonge davantage, rendant le peuple encore plus pauvre et plus malheureux. Pour moi, la Paix n'a pas de prix trop élevé…
Car si les gens n'ont pas réussi à nous avoir par toutes sortes de pressions et de moyens, ils nous auront par l'asphyxie économique. Lorsque les populations seront plus affamées, que l'insécurité sera encore plus grande, le chômage plus étendu, le pays ne pourra plus résister. Il faut arrêter le cauchemar dès maintenant, avec réalisme et courage quelles que soient notre amertume et notre volonté de résistance. Nous ne pourrons jamais être plus forts que toute la Communauté internationale qui nous est aujourd'hui hostile.
De même, bien que déçu par certains comportements de la France et des francophones, j'ai souhaité, par réalisme? De renouer les fils de l'amitié et de la coopération avec la France quitte à réexaminer, le moment venu, nos Accords qui datent maintenant. Il faut, à tout prix, arrêter notre descente aux enfers qui ne doit pas être admise comme une fatalité. Je souhaite que la très prochaine rencontre des leaders invités par le Président Mbeki à Prétoria, en tienne compte, avec responsabilité, courage et amour réel du pays. La Côte d'Ivoire ne leur appartient pas. Ils n'ont pas le droit de la détruire plus longtemps et d'aggraver davantage la souffrance des Ivoiriens.
Interview réalisée par Jean-Baptiste Akrou et Ferro M. Bally
Source laurentgbagbo.net
CRISE IVOIRIRENNE / REPONSE DE M.MAMADOU KOULIBALY PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE A M. ALAN DOSS DU COMITE DE SUIVI DES ACCORDS DE LINAS-MARCOUSSIS
Samedi 19 Mars 2005
A Monsieur Alan Doss,
Comité de suivi de l’accord de Linas-Marcoussis Objet: Votre lettre du 10 mars 2005
Monsieur le Représentant spécial,
J’accuse réception de votre correspondance du 10 mars 2005 relative à la réforme législative selon l’accord de Linas-Marcoussis. J’ai pris connaissance, avec le plus grand intérêt, de l’ensemble de vos observations.
Je mets immédiatement cette correspondance à la disposition des députés pour permettre à l’Assemblée nationale, le moment venu, d’en tenir compte, dans le cadre des procédures prévues par les textes qui régissent la République et dont je me permets de vous rappeler quelques principes.
L’accord de Linas-Marcoussis, dans son point 3, “réaffirme la nécessité de préserver l’intégrité territoriale de la Côte d’Ivoire, le respect de ses Institutions et de restaurer l’autorité de l’Etat”.
L’ensemble des lois faisant l’objet de vos observations a été adopté en stricte conformité avec la Constitution de Côte d’Ivoire qui attribue à l’Assemblée nationale “seule” le pouvoir de voter la loi (articles 30, 31, 32, 61, 66 et 71 notamment) et reconnaît aux députés le droit d’amendement (article 78).
En l’état actuel de notre Constitution et de l’évolution de la procédure législative, l’Assemblée nationale est dessaisie des lois qu’elle a adoptées et qui ont été promulguées. Elle ne peut s’en saisir à nouveau. Avant l’expiration du délai de promulgation, le Président de la République aurait pu saisir l’Assemblée nationale pour une seconde lecture (article 42). Dans le même délai, le Président de la République ou un dixième des députés aurait pu saisir le Conseil constitutionnel pour demander l’annulation des dispositions qui leur paraîtraient contraires à la Constitution (article 77).
Je vous remercie de votre ferme volonté de faire avancer le processus de paix en Côte d’ivoire. Je reste à votre entière disposition pour recevoir et communiquer aux députés toute nouvelle observation qu’il vous plaira de faire tant sur les textes législatifs que sur l’évolution du processus de désarmement qui aurait dû commencer “dès (la) prise de fonction (du) gouvernement de réconciliation nationale”, donc depuis deux ans, selon le point VII du programme de gouvernement annexé à l’accord de Linas Marcoussis.
En vous renouvelant mes remerciements pour votre disponibilité, je vous prie d’agréer, Monsieur le Représentant spécial, l’expression de ma parfaite considération.
Abidjan, le 18 mars 2005
Prof. Koulibaly Mamadou
COTE D'IVOIRE / FUNERAILLES DU PERE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO
Mardi 15 Mars 2005
Les funérailles officielles du patriarche Koudou Paul ont débuté à Cocody non loin du Lycée Américain le lundi 14 Mars 2005 à 19h30mn. Pour cette première soirée des obsèques plus de 5000 personnes se sont déplacées. Laurent et Simone Gbagbo ainsi que tous les membres de la grande famille Koudou étaient là. Il faut noter ,pour ceux qui ne le savent pas, que tout un chacun peut venir présenter ses condoléances à la famille éplorée.
Source : laurentgbagbo.net
SENEGAL / 2EME CONFERENCE DE PARTENARIAT POUR LA MISE EN OEUVRE DU PLAN D'ACTION ENVIRONNEMENT DU NEPAD
Mardi 15 Mars 2005
Aussitôt rentré de Madrid et de Genève ou il a pris part à différentes rencontres , S.E.Maître Abdoulaye WADE a procédé à l'ouverture de la 2ème Conférence de partenariat pour la mise en oeuvre du plan d'action "Environnement" du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD)en présence des Experts , des Membres du Gouvernement conduit par M.Macky SALL , Premier Ministre , du Corps diplomatique et de la Société Civile.
Madame GNONSOA Angèle Ministre d'Etat , Ministre de l'Environnement et S.E.Madame l'Ambassadeur Fatimata TANOE TOURE ont représenté la Côte d'Ivoire à cette importante rencontre dont le rapport vous sera communiqué dans notre prochaine édition.
SENEGAL / LE PRESIDENT WADE A GENEVE
Mardi 15 Mars 2005
Après avoir pris part à la Conférence sur le terrorisme à Madrid en Espagne , S.E.Maître Abdoulaye WADE s'est rendu à Génève en SUISSE ou aux côtés de ses pairs du Nigéria , d'Algérie et de la République de Guinée Equatoriale , il a participé au lancement du Fonds de Solidarité Numérique.
Ainsi devant une Assemblée composée d'experts de Hautes Personnalités de la Société Civile , de Représentants de Gouvernements , le Chef de l'Etat sénégalais a donné des éléments sur ce concept de "solidarité numérique" et son mode opératoire qui s'articule autour des notions suivantes :
1.- le concept et l'opérationnalité de la Solidarité Numérique
2.- le Fonds de Solidarité Numérique
3.- l'Agence Mondiale de la Solidarité Numérique
Il faut rappeler que le Fonds de Solidarité Numérique a pour objectif de permettre au Continent africain de corriger la fracture qui existent entre les pays développés et le continent en matière de technologies de l'information et de la communication et que le Président WADE a fait en son temps un plaidoyer émouvant en faveur de l'Afrique très en retard dans ce domaine .
Ce Fonds est alimenté par les pays avancés dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication pour la plupart et les pays africains à travers des contributions volontaires des Etats du secteur privé et des personnes nanties de ces pays.
C'est le lieu d'indiquer que le soutien et les contributions au Fonds connaissent une grande adhésion de la communauté internationale.
COTE D'IVOIRE / ALLOCUTION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO AUX ELUS DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN(FPI)
Lundi 14 Mars 2005
Le Président Laurent Gbagbo a rencontré en sa Résidence de Cocody les Elus du Front Populaire Ivoirien (FPI) , sa formation politique .
Voici le message qu'i leur a délivré :
Ce matin je suis agréablement surpris par le nombre d’élus qu’il y a dans cette salle. En 1990, nous étions 9 députés et 6 conseils municipaux. Et c’est tout. Donc on pouvait remplir une petite salle. Quand on se réunissait en tant que élus socialistes et nos réunions socialistes dont la première a eu lieu à Adzopé, c’était dans une petite salle de la mairie...
En 1995-96, on a évolué un peu. On a eu 13 députés et 13 communes. C’est la première fois qu’on autant de grand nombre d’élus de conseils généraux de Maire et de conseillers municipaux. Donc après 2000, j’avais retenu qu’on avait plus de 90 députés au lieu de 96 députés plus 4 députés PIT.
Ce qui nous donnait théoriquement le plus grand groupe parlement à l’Assemblée. Je suis vraiment ému parce que je sais qu’on a gagné beaucoup de conseils généraux, qu’on a gagné plus de 30 conseils municipaux mais physiquement je n’en avais pas une représentation exacte. Il y a des gens que je vois et je suis étonné. Or effectivement, ils sont soit conseillers municipaux, soit conseillers généraux.
Je suis fier du chemin parcouru par le FPI. Il y a encore du chemin à parcourir. Il faut que le FPI soit implanté au cœur des citoyens.Et comme tu l’as dit le député de Nassian, il faut que notre pays, notre politique proposée soit implantée dans le cœur des gens. Je suis fier du discours du député de Nassian. Avant que je ne lui réponde, je voudrais ici rendre hommage une fois de plus, au Professeur Memel Fôté.
Quand je l’ai vu, j’ai pensé à ce jour de novembre 1990.Revenant de je ne sais où, on travaillait dans mon salon à recueillir les dossiers des candidats pour les élections parlementaires. A ma grande surprise je découvre sa grande silhouette debout au milieu du salon en rang. J’ai dit : Professeur, tu fais quoi ici ? Il m’a répondu, Je suis venu déposer ma candidature. Je lui ai dis alors mais professeur passe devant. Il m’a dit non, y a un rang je me mets dedans. Je rappelle cela parce que c’est ce jour que le FPI a changé de nature aux yeux des autres.
Quand le Professeur Memel est venu au FPI, ceux des universitaires que j’appelle nos grands frères sont venus aussi. Ceux qui hésitaient parce que mes cheveux mal peignés les gênaient,se disaient: "Est-ce que Gbagbo peut diriger quelque chose de bon. Ceux-là ont changé d'avis et nous ont dès où Memel Fôté nous rejoint. Et cela nous a permis d’avoir un groupe important d’universitaires. Ainsi, nous sommes devenus le parti comportant le plus grand nombre d’universitaires de haut niveau. Donc le FPI venait de changer qualitativement.
Et c’est avec cette matière première humaine, que nous avons pu travailler sur tous les textes qui ont guidé notre action et lancer un projet de société qui n’est pas un simple appel comme un manifeste. Un projet de société qui est à la fois une description et une projection de soi sur la société, sur la manière dont on veut transformer la société en tenant compte de la culture et de la philosophie environnante. Cela n’aurait pas été possible sans ce relais.
Ensuite le programme de gouvernement, c’est une description méthodique des actes à poser pour justement transformer notre société. Nous avons travaillé d’arrache-pied et je suis fier de ça. Donc je voudrais rendre hommage à ce géant qui n’est pas assez connu à mon avis.
Le parti a fait son travail. Nous avons aujourd’hui un centre de recherche, d’étude et de réflexion qui porte son nom. A ce propos le Conseiller Voho Sahi a pour mission d’enregistrer toutes ses œuvres
Je voudrais le saluer. Nous devons être fier de lui comme jadis la gauche française fût fière d'avoir comme députés Victor Hugo et Jean Jaurès.
Maintenant à vous, je vous ai déjà dit que je suis heureux mais que le travail n’est pas fini.
J’ai dit tout à l’heure que les bandes armées qui nous ont attaqués sont entrain de nous aider sur le plan de la conscience collective. C’est vrai. Elles font de ce mandat, une période d'enracinement du FPI dans la conscience de tous les Ivoiriens.
A partir d’aujourd’hui, nul ne peut dire qu’il ne connaît pas le FPI. Tous ceux qui réfléchissent un peu dans ce pays savent que face à la barbarie, un parti a fait front. C’est le FPI. Je veux aussi dire que contre toutes les coalitions des barbaries, il y a encore eu un parti. C’est le FPI. Cela le service que les rebelles coalisés nous rendent.
Et bien, prenons la place. Prenons toute notre place ! Je dis souvent et certains de mes camarades ne m’avaient pas compris au début, que nous avons repris la lutte là où le RDA l’avait laissée. L’observation physique même sur le terrain montre cela.
Hier, le français Péchoux poursuivait les Bernard Dadié dans les rues de Treichville, et l’homme n’avait pas changé de conviction. Ceux qui l’ont traqué hier n’ont pas changé non plus, parce que aujourd’hui on le pourchasse encore :le visa pour accéder sur le territoire français lui est refusé.
Tout ceci nous amène à donner un sens à la proclamation de l’indépendance du 7 août 1960 et à notre hymne nationale.
Ce combat nous ne l’avons pas cherché. Mais ce sont des choses comme les moments que nous vivons qui s'inscrivent dans l'histoire. Et font des nous des héros sans avoir cherché le combat qui vous rend héros. Car dès que le combat est là, soit vous dévoilez votre lâcheté soit vous posé des actes de bravoure. D'autant plus que le brave le brave ne cherche pas forcement l'affrontement. Il vit sa vie normalement. Mais quand le combat se présente à lui et que le choix est à faire entre la capitulation honteuse et la résistance, il choisit immédiatement la résistance.
C’est ce que nous faisons. Nous n’avons pas déclaré la guerre
A vue de prendre part aux obsèques du défunt président togolais Gnassingbé Eyadéma, le président Laurent Gbagbo a eu une séance de travail avec les responsables des Forces de défense et de sécurité élargie au Premier ministre et aux ministres de tutelle à sa résidence officielle de Cocody. Durant plus de deux heures, il a été question de la sécurité dans l'Ouest du pays.
72 heures exactement après la rencontre interministérielle élargie aux Forces de défense et de sécurité relative à la situation sécuritaire de la Ville d'Abidjan, le chef de l'Etat a encore eu une séance de travail avec les officiers supérieurs des FANCI conduits par le chef d'Etat-major Philippe Mangou. Cette rencontre, qui s'est déroulée en présence du Premier ministre Seydou Elimane Diarra et des ministres René Amani (Défense), Martin Bléou (Sécurité intérieure) et qui se rapportait à la situation sécuritaire dans l'Ouest du pays, a eu lieu à la résidence officielle du chef de l'Etat à Cocody le samedi 12 uns et des autres sur la question de la réglementation des gros camions à Abidjan soulevée au dernier conseil des ministres. A ce propos, le ministre a indiqué que la décision a été prise pour application impérative par rapport à certaines mesures.
“Dès lors qu'une décision est prise par décret en conseil des ministres, les membres du gouvernement doivent donner effet à ce décret pour son effectivité. La réglementation de circulation des véhicules dits poids lourds va être appliquée et respectée. Il n'y a pas de danger à l'horizon sur ce fait. Mais, il y aura des contrôles selon les horaires mis en place”, a-t-il rassuré.
Bruno Anderson www.laurentgbagbo.net
SENEGAL / JOURNEE DE LA FEMME BURKINABE
Dimanche 13 Mars 2005
A l'initiative des Femmes de la République du Burkina-Faso résidant à Dakar et en collaboration avec le Ministère sénégalais de la Famille , de la Femme et du Développement Social , en présence de son Chef de Département et de Madame le Ministre Burkinabé de la Promotion de la Femme , une conférence s'est tenue sur le thème "Femme et Genre " .
On notait également la présence de plusieurs Ambassadeurs dont S.E.Fatimata TANOE TOURE , Ambassadeur représentant la Côte d'Ivoire , des Autorités sénégalaises et d'autres nationalités.
Des échanges fructueux ont eu lieu et ont permis aux deux Ministres -conférencières de donner des aperçus sur la situation de la femme dans leurs pays respectifs depuis la Conférence de BEIJING en termes d'acquis avant et après cette réunion , les enjeux et les défis nouveaux ainsi que les perspectives .
SENEGAL / COTE D'IVOIRE / JOURNEE DE LA FEMME IVOIRIENNE
Dimanche 13 Mars 2005
La célébration de la Journée Internationale de la Femme a donné prétexte à l'Amicale des Femmes Ivoiriennes résidant au Sénégal d'organiser une conférence sur le VIH/SIDA , le Samedi 12 Mars 2005 en présence de S.E.Madame Fatimata TANOE TOURE , Ambassadeur et des cadres ivoiriens en activité à Dakar.
Cette conférence qui a été donnée par DR N'DIAYE exerçant au Centre de dépistage a permis aux participants , lors des échanges qui ont suivi , d'approfondir leurs connaissances sur ce fléau qui fait des ravages dans le monde et particulièrement dans les pays en développement .
Un cocktail a été offert par les membres de l'Amicale .
SENEGAL / COTE D'IVOIRE / CONCERT DEDIE A LA LUTTE CONTRE LE PALUDISME
Dimanche 13 Mars 2005
Sous l'égide de la Fondation Youssou N'DOUR , et en collaboration avec d'autres artistes africains de grande renommée , l'artiste ivoirien Tiken JAH FAKOLY , participera au grand concert de mobilisation de fonds destinés à la lutte contre le paludisme le 13 Mars 2005 , à Dakar , à l'invitation du célèbre artiste-musicien sénégalais .
SENEGAL / NOUVEAU GOUVERNEMENT DU JEUDI 10 MARS 2005
Vendredi 11 Mars 2005
La nouvelle liste des membres du gouvernement remanié hier, suite au départ des ministres de la LD/MPT, s'établit comme suit :
- Madame Aminata Tall, ministre d'Etat, Ministre des Collectivités locales
- Monsieur Landing Savane, Ministre d'Etat, Ministre de l'Industrie et de l'Artisanat
- Monsieur Cheikh Tidiane Gadio, Ministre d'Etat, Ministre des Affaires Etrangères
- Professeur Serigne Diop, Ministre d'Etat, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice
- Monsieur Youssou Ndiaye, Ministre d'Etat, Ministre des Sports
- Monsieur Habib Sy, Ministre d'Etat, Ministre de l'Agriculture et de l'Hydraulique
- Monsieur Abdoulaye Diop, Ministère de l'Economie et des Finances
- Monsieur Becaye Diop, Ministre des Forces armées
- Maître Ousmane Ngom, Ministre de l'Intérieur
- Professeur Moustapha Sourang, Ministre de l'Education
- Monsieur Ousmane Masseck Ndiaye, Ministre du Tourisme et des Transports aériens
- Maître Madické Niang, Ministre de l'Energie et des Mines
- Maître Souleymane Ndéné Ndiaye, Ministre des Infrastructures, de l'Equipement, des Transports Terrestres et des Transports Maritimes Intérieurs
- Madame Aida Mbodji, Ministre de la Femme, de la Famille et du Développement social
- Monsieur Mamadou Diop, Ministre du Commerce
- Docteur Issa Mbaye Samb, Ministre de la Santé et de la Prévention Médicale
- Monsieur Assane Diagne, Ministre de l'Urbanisme et de l'Aménagement du Territoire
- Monsieur Joseph Ndong, Ministre des Postes, Télécommunications et des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication
- Monsieur Lamine Bâ, Ministre de la Prévention, de l'Hygiène publique et de l'Assainissement
- Monsieur Modou Diagne Fada, Ministre de l'Environnement et de la Protection de la Nature
- Madame Safietou Ndiaye Diop, Ministre de la Culture et du Patrimoine historique classé
- Monsieur Salif Bâ, Ministre du Patrimoine bâti, de l'Habitat et de la Construction
- Monsieur Abdoul Aziz Sow, Ministre du NEPAD, de l'Intégration Economique Africaine et de la Politique de Bonne Gouvernance
- Madame Maïmouna Sourang Ndir, Ministre des PME, de l'Entreprenariat féminin et de la Micro finance
- Madame Soukeyna Ndiaye Bâ, Ministre de la Coopération décentralisée et de la Planification régionale
- Monsieur Christian Sina Diatta, Ministre de la Recherche scientifique ;
- Monsieur Mamadou Sidibé, Ministre du Plan et du Développement durable
- Monsieur Aliou Sow, Ministre de la Jeunesse
- Monsieur Abdou Malal Diop, Ministre des Sénégalais de l'Extérieur
- Monsieur Bacar Dia, Ministre de l'Information , Porte-parole du Gouvernement
- Madame Oumy Khaïry Guèye Seck, Ministre de l'Elevage
- Monsieur Farba Senghor, Ministre de la Solidarité Nationale
- Madame Bineta Samb Bâ, Ministre des Relations avec les Institutions
- Monsieur Cheikh Hadjibou Soumaré, Ministre délégué ,chargé du Budget auprès du Ministre de l'Economie et des Finances
- Monsieur Georges Tendeng, Ministre délégué, chargé de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle auprès du Finistre de l'Education
- Monsieur Ibrahima Fall, Ministre délégué chargé des Questions pédagogiques auprès du Ministre de l'Education
- Monsieur Diégane Sène, Ministre délégué, chargé de l'Alphabétisation, des Langues nationales et de la Francophonie auprès du Ministre de l'Education Nationale
SENEGAL / S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE EN ESPAGNE
Vendredi 11 Mars 2005
Le Chef de l'Etat , S.E.Maître Abdoulaye WADE , s'est envolé pour Madrid ou il est arrivé le jeudi 10 Mars 2005 afin de prendre part au Sommet international du Club de Madrid sur la démocratie , le terrorisme et la sécurité.
Le Président sénégalais fera une communication au cours des travaux qui regroupera une cinquantaine d'anciens Chefs d'Etat et de Gouvernement , sur le terrorisme et les moyens de mobiliser l'opinion internationale contre ce fléau en préservant les droits de l'Homme et des libertés individuelles et collectives.
Ce Sommet qui coincide avec la commémoration de l'anniversaire de l'attentat du 11 Mars 2004 perpétré à Madrid sur des trains de banlieue sera présidé par Sa Majesté Juan Carlos d'Espagne ainsi que le recueillement et le dépôt de gerbes au Parc du Retiro , à une place baptisée "Bosquet des Absents".
COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 10 MARS 2005
Vendredi 11 Mars 2005
Un Conseil des ministres s’est tenu ce jeudi 17 février 2005, de 11 heures à 15 heures au Palais de la Présidence, sous la présidence du Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo.
Avant d’aborder son ordre du jour le Conseil s’est penché sur une communication verbale présentée par le ministre de la Sécurité Intérieure relative à des informations diffusées au sein des populations par des voies anonymes appelant au soulèvement de certaines communautés ivoiriennes contre d’autres communautés nationales.
Analysant l’information, le Conseil a estimé qu’il s’agissait là d’une action d’intoxication qui s’inscrivait sans discussion dans le même registre des tentatives multiples et multiformes de déstabilisation, poursuivie dans le seul et unique but de créer le chaos dans notre pays par une guerre civile.
Pour l’essentiel le Conseil, après avoir stigmatisé ces pratiques, a affirmé une fois de plus sa volonté et sa détermination à travailler dans le sens de la cohésion et de l’unité de tous les Ivoiriens qu’ils soient du Centre, de l’Ouest, du Nord ou du Sud.
Le Président de la République a donné instruction au ministre de la Sécurité Intérieure de poursuivre ses investigations en vue de démasquer les pêcheurs en eau trouble.
Il appelle tous les Ivoiriens ainsi que les populations étrangères à rester sourds et imperturbables face aux sirènes de la division, qu’elles soient internes ou externes, et à agir avec discernement et responsabilité pour aider notre pays à sortir uni de cette crise dans laquelle beaucoup travaille à nous maintenir.
Le Président de la République a tenu ensuite à s’exprimer à propos de deux sorties mensongères de RFI relativement à la dernière visite qu’il a rendue au Président John Kufuor à Accra et à la tournée d’explication qu’effectue actuellement la Direction du FPI dans plusieurs pays dont le Maroc.
Sur ces deux faits, RFI qui depuis longtemps a fait l’option dans la crise ivoirienne de combattre systématiquement le camp présidentiel a préféré comme à son habitude, servir à l’opinion publique, des commentaires orientés en lieu et place de l’information vraie.
Ainsi, alors que la visite présidentielle à Accra n’avait pour seule motivation que d’apporter le soutien du Président Laurent Gbagbo à son ami John Kufuor qui vient d’être réélu, RFI, sans preuve annonce sur ses ondes que le Président de la Côte d’Ivoire est allé solliciter du Président ghanéen en vue de soutenir la voie du référendum dans la résolution de la crise ivoirienne. A la vérité une telle question n’a nullement été abordée au cours de la visite à Accra.
Quant à la visite d’une délégation du FPI au Maroc, alors même que l’audience accordée par le Roi du Maroc n’avait pas encore eu lieu et qu’aucune déclaration n’avait été faite auparavant, RFI annonce sur ses ondes que le Président Laurent Gbagbo a décidé d’écarter le médiateur Thabo Mbeki dans la résolution de la crise ivoirienne. Une telle attitude relève clairement de la volonté et de la détermination de cette radio de “gêner ” la médiation du Président Sud africain. La surprise est d’autant plus grande que les différents protagonistes de la crise ivoirienne effectuent régulièrement des tournées d’explication en Afrique, sans que cela ne suscite de commentaire de cette nature de la part de RFI.
L’on ne peut que stigmatiser la constante lég'; return true;" onmouseout="window.status=''; return true;">lég'; return true;" onmouseout="window.status=''; return true;">lég'; return true;" onmouseout="window.status=''; return true;">légèreté et partialité de la radio internationale française dans la relation des faits, dans la crise ivoirienne.
Le Président de la République et le Gouvernement de Réconciliation Nationale tiennent à démentir officiellement les allégations sans fondement de RFI. Ils rappellent que le peuple de Côte d’Ivoire, le Président de la République, le gouvernement font entièrement confiance au Médiateur de l’Union Africaine, le Président Thabo Mbeki en qui ils placent de sérieux espoirs de sortie de crise. Le Président de la République a informé le Conseil des échanges constants qu’il a avec le médiateur quant à l’évolution de processus de médiation en cours et notamment de deux échanges téléphoniques ces trois derniers jours.
Abordant son ordre du jour le Conseil sur présentation des Ministres en charge des départements concernés, a examiné et adopté plusieurs projets de loi et de décrets.
• Mesures générales
Au titre du ministère d’Etat, ministère des Affaires Etrangères
1°- Un projet de loi autorisant l’adhésion de l’Etat de Côte d’Ivoire au protocole facultatif se rapportant à la convention relative au droit de l’enfant, concernant l’implication des enfants dans les conflits armés, adopté le 25 mai à New York'; return true;" onmouseout="window.status=''; return true;">New York'; return true;" onmouseout="window.status=''; return true;">New York'; return true;" onmouseout="window.status=''; return true;">New York.
Par ce protocole les Etats parties s’engagent à ce que les personnes qui n’ont pas atteint l’âge de 18 ans ne fassent pas l’objet d’un enrôlement obligatoire dans leurs forces armées, ni ne participent directement à des hostilités militaires.
2°- Un projet de décret portant ratification et publication de l’accord entre le gouvernement de Côte d’Ivoire et le gouvernement de Tunisie, sur la promotion et la protection des investissements, signé le 16 mai 1995 à Abidjan.
• Mesure individuelles
Le Président de la République après délibération du Conseil a signé plusieurs décrets de nomination d’un Inspecteur général et de directeurs centraux au titre des ministères des Affaires étrangères; des Transports; des Relations avec les Institutions de la République; de la Solidarité, de la Sécurité sociale et des Handicapés; du Tourisme; de l’Enseignement supérieur; de la Culture et de la Francophonie.
• Communication
Le Conseil a ensuite entendu une communication présentée par le ministre d’Etat, ministre de la Santé relative au lancement officiel des journées nationales de vaccination contre la poliomyélite 2005.
Le Conseil a adopté les conclusions de cette communication.
Enfin, le Président de la République est revenu sur le deuil qui frappe le Liban et la communauté libanaise en Côte d’Ivoire suite à l’attentat contre l’ancien Premier Ministre du Liban Rafic Hariri.
Le Président de la République a tenu à rendre un hommage particulier à ce grand homme d’Etat, très proche de notre pays dont il comprenait parfaitement les problèmes, tout en rappelant que celui-ci devrait se rendre en visite officielle en Côte d’Ivoire en 2004. Il a tenu à exprimer la compassion du Gouvernement et du peuple ivoirien à la famille, aux amis du défunt, et au peuple libanais durement éprouvés par cette tragique disparition, et a relevé que l’assassinat politique n’était pas une voie de résolution des crises.
Prof. OULAYE Hubert
Le Ministre de la Fonction Publique et de l’Emploi,
Porte-parole du Gouvernement
SENEGAL / DEMISSION DU DIRECTEUR DE AIR SENEGAL INTERNATIONAL
Jeudi 10 Mars 2005
M.SENHAJI , Directeur Général de AIR SENEGAL INTERNATIONAL , a au cours d'un point de presse qu'il a animé à Dakar , confirmé sa démission de cette compagnie aérienne dont les performances ont satisfait depuis sa création en poule avec la ROYAL AIR MAROC .
Evoquant des raisons personnelles , M.SENHAJI , de nationalité marocaine a rendu le tablier après un an de service.
COTE D'IVOIRE / SENEGAL / JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME
Mercredi 9 Mars 2005
A l'instar de toutes les communautés du monde , les femmes ont célébré avec ferveur la Journée du 8 Mars qui leur est dédiée à travers l'organisation de diverses cérémonies , des marches ,des défilés , des rencontres et autres fori de discussions en vue de faire le point sur les acquis et ce qui reste à faire pour que la femme ait plus de droit effectif dans la gestion des affaires politiques , économiques .
En Côte d'Ivoire des femmes ont eu droit à des décorations dans différents ordres .
COTE D'IVOIRE / VISITE D'AMITIE ET DE TRAVAIL DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO A ABUJA AU NIGERIA
Mardi 8 Mars 2005
Le Président Laurent Gbagbo s’envole ce matin pour le Nigeria pour une visite officielle au moment où on s’y attendait le moins. Raisons d’une visite.
L’annonce, le week-end dernier, d’une visite du président Gbagbo au Nigeria a surpris certains membres de son entourage. Car, selon son agenda initial, le chef de l’Etat devait rester à Yamoussoukro jusqu’au jeudi après le conseil des ministres qui était prévu pour s’y tenir.
Qu’est-ce qui a pu donc se passer pour que le président de la République décide brusquement de se rendre au Nigeria ?
Nul n’ignore, en effet, que le Président nigérian, le Général Olusegun Obasanjo, assure, en ce moment, la présidence de l’Union africaine (UA), qui, officiellement, a mandaté le président sud-africain Thabo Mbeki pour conduire la médiation par rapport à la crise ivoirienne. Or, il se trouve que les rebelles s’obstinent à ne pas faire leur part de la feuille de route du médiateur. De sorte que les choses stagnent depuis quelques mois.
Le Président Gbagbo a donc décidé de relancer le processus de paix en suscitant à nouveau l’intérêt des chefs d’État africains autour de la question ivoirienne. C’est une position défendue par le président sud-africain, entérinée par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine à Libreville en janvier dernier.
Il y a quelques jours, le Parlement européen a abondé dans le même sens.
Il appartient maintenant aux Africains d’apporter un appui fort à cette démarche. C’est bien ce que le président Gbagbo compte rappeler à ses pairs, à commencer par Obasanjo, qui, récemment au Togo, a pesé de tout son poids pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel dans ce pays, après le décès du Président Eyadéma.
La présente visite au Nigeria du Chef de l’Etat ivoirien a donc pour objectif d’expliquer et de convaincre le président de l’Union africaine sur la nécessité de soutenir le président sud-africain dans sa démarche auprès de l’Organisation des Nations inies. Le déplacement du président Gbagbo est une fois de plus l’expression de sa détermination à voir très rapidement son pays réunifié pour faire face à l’essentiel. C’est-à-dire organiser le référendum sur la modification de l’article 35 de la Constitution et ensuite l’élection présidentielle aux dates indiquées par la Constitution.
Boga Sivori
Source "Notre Voie"
COTE D'IVOIRE / DISCOURS DU PRESIDENT GBAGBO LORS DE LA RENCONTRE AVEC LA JEUNESSE PATRIOTIQUE DU CENTRE A YAMOUSSOUKRO
Lundi 7 Mars 2005
Le samedi 05 Mars 2005 , S.E.M.Laurent GBAGBO , Président de la République a rencontré la jeunesse patriotique du Centre de la Côte d'Ivoire à qui il a livré ce mesage:
Monsieur Amédée Kouassi Blé, Secrétaire Général de la Présidence de la République ;
Konan Christine, Secrétaire Générale adjointe du Gouvernement ;
Kouakou Martin, Vice-président du Conseil Economique et Social ;
Dr Thiam Augustin ;
Messieurs les chefs des villages des départements du centre ;
Vous tous qui êtes venus ce matin à cette cérémonie, je vous salue !
Quand on m’a dit que j’étais invité par les jeunes patriotes du centre, j’ai hésité.
Mais je suis venu parce que ce sont les jeunes du centre, parce que c’est le centre et on m’a beaucoup parlé des Baoulé.
On leur a dit beaucoup de choses vraies, mais aussi beaucoup de choses fausses.
C’est pourquoi je suis venu.
Je voudrais avant tout dire "YAKO" à vous et à toute la région du centre.
Car dans cette guerre elle (la région) a payé un prix très lourd.
Bouaké occupée, Sakassou occupée, quelle catastrophe idéologique ! Béoumi occupée.
Vous voyez bien qu’il n’y a aucun respect pour rien.
Je suis donc venu vous dire qu’on est ensemble, qu’on souffre ensemble.
On a dit beaucoup de choses sur le peuple Baoulé dont je voudrais aussi parler.
Il a été par exemple dit d’eux qu’ils « ne sont pas courageux ».
Vous démontrez que vous êtes courageux, vous tenez bon, vous résistez et vous prouvez que vous êtes les enfants de Côte d’Ivoire.
Je suis venu vous dire cela aussi.
Vous savez en Côte d’Ivoire les gens parlent beaucoup.
Chacun dit n’importe quoi sur n’importe qui.
Le peuple Baoulé n’est pas lâche
En 1896, quand les troupes françaises commandées par le commandant Messou ont débarqué à Grand Lahou pour aller se battre contre Samori Touré, elles ont rencontré une résistance hardie dans le pays Baoulé.
Ce sont les Baoulé qui ont stoppé les Européens.
La lutte a duré deux ans et votre résistance rappelle le combat que vos ancêtres ont mené il y a un siècle.
Vous êtes les dignes successeurs de ceux qui vous ont engendrés.
Aux funérailles du vieux N’go, je ne suis venu pas seulement en tant que Président de la République, je suis aussi venu en tant qu’historien.
Car ce nom me rappelle un autre nom, de cette époque du combat héroïque qui a duré deux ans.
Et Samori a dû son salut, pendant deux ans à la résistance du peuple Baoulé.
Vous n’êtes donc pas un peuple de lâches ni de peureux et quiconque veut le faire croire est un menteur.
Chers amis, notre pays est en guerre, ce n’est pas parce que nous avons raison que la guerre n’existe pas.
Nos agresseurs ont tort, mais la guerre existe.
Nous devons faire face à cette adversité car elle est en train de construire notre nation, en train de nous souder en tant peuple, en tant que nation.
En ce qui me concerne, je suis fier de me retrouver là au moment où cette adversité se déclenche.
Je le dis et je le répète, je n’abandonnerai pas le peuple en lutte, le peuple debout, le peuple qui est attaqué.
Car je suis élu pour ne pas abandonner le peuple.
Si demain je m’en allais vivre un exil douillet tranquille quelque part, que deviendrait ce pays ? Non je ne peux pas laisser la Côte d’Ivoire.
Les articles incriminés rédigés par B