Mars 2006

COTE D'IVOIRE / OPERATION MAINTIEN DE LA PAIX PAR L'ONUCI / DEPART DES COMMANDANTS FALL( ONUCI) ET IRASTORZA (LICORNE)

Jeudi 30 Mars 2006

Les commandants de la force de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) et de la force française Licorne, vont prochainement quitter leurs fonctions, respectivement en avril et en juin, a-t-on appris mardi auprès de l'Onuci et de Licorne.

Le commandant de l'Onuci, le général de division Abdoulaye Fall (Sénégal), dont le mandat arrive à terme, doit quitter la Côte d'Ivoire le 3 avril après deux années passées à la tête des Casques Bleus.

Cet ancien chef d'état-major particulier du président sénégalais (2001-2003) aura passé presque trois ans en Côte d'Ivoire, dans un premier temps à la tête de la Force de la mission de la Communauté économique des pays d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) (septembre 2003-avril 2004), puis comme commandant des Casques bleus de l'Onuci qui avait pris le relais de la mission de la Cedeao.

Son remplaçant n'a pas été officiellement désigné, mais, selon l'Onuci, le profil du poste requiert un général, francophone, ressortissant d'un pays engagé dans l'opération de l'Onuci.

L'Onuci compte environ 7.000 Casques bleus, soutenus par 4.000 soldats français de l'opération Licorne, pour éviter la reprise des combats entre le sud loyaliste et la rébellion des Forces Nouvelles (FN) qui contrôle le nord du pays.

Le commandant de la force française en Côte d'Ivoire, le général Elrick Irastorza, le 11 juillet 2005 à Abidjan

Début juin, c'est le commandant de la force française en Côte d'Ivoire, le général Elrick Irastorza, qui quittera ses fonctions au terme de son mandat d'un an. Il sera remplacé par le général de division Antoine Lecerf, qui commande actuellement l'état-major de force de Limoges (EMF4).

Le général Irastorza avait pris la succession du général Henri Poncet en juin 2005 à la tête de Licorne, l'opération militaire française la plus importante à l'étranger.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a prorogé le 24 janvier le mandat de l'Onuci et de Licorne jusqu'au 15 décembre 2006, soit après l'élection présidentielle prévue en principe avant le 31 octobre 2006

Mercredi 29 Mars 2006


COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 29 MARS 2006

Jeudi 30 Mars 2006

INTRODUCTION
Le Conseil des Ministres a tenu sa séance hebdomadaire ce mercredi 29 mars 2006 de 12 H à 14 H 20, au palais présidentiel sous la Présidence effective de son Excellence Laurent GBAGBO, Président de la République, Chef de l'Etat.
Le Conseil a eu à examiner des projets de décrets et diverses communications

1.Au titre des décrets
Sur présentation des Ministres concernés le conseil des Ministres a adopté les différents décrets portant organisations du ministère des Mines et de l'Energie et du Ministère de la Construction, de l' Urbanisme et de l'Habitat.
Le Président de la République a en outre signé des décrets portant nomination des Directeurs Centraux du Ministère de la Santé et de l'Hygiène Publique et du Ministère de la Culture et de la Francophonie.

2.Au titre des Communications

2.1. Le Premier Ministre
Monsieur le Premier Ministre, Chef de Gouvernement, Ministre de l'Economie et des Finances, Ministre de la Communication a présenté une communication relative au forum économique. Cette importante réunion prévue à Ivoire Golf Club d'Abidjan le 31 mars 2006, a pour objet de permettre les échanges entre les opérateurs économiques, le Gouvernement et les principales administrations impliquées dans la gestion des secteurs économiques. Il s'agit pour le Premier Ministre d'écouter et de recueillir les problèmes majeurs et les propositions des opérateurs économiques. Ces préoccupations feront l'objet d'une analyse minutieuse du gouvernement afin d'arrêter des mesures idoines de relance de l'économie ivoirienne.
Ce forum qui constitue un véritable dialogue économique, s'inscrit dans le cadre de la feuille de route du Premier Ministre et des recommandations du séminaire gouvernemental.
Faisant suite au dialogue politique déjà engagé à Yamoussoukro entre Le Président de la République et les principales forces politiques d'opposition, ce forum devra contribuer au processus de sortie de crise.
Ensuite Monsieur le Premier Ministre a rendu compte au Conseil des Ministres de la rencontre de travail qu'il a eue avec les forces politiques signataires de l'accord de Linas-Marcoussis.
Il s'est agi pour le Chef du gouvernement d'informer ces forces politiques de l'avancement de la mise en oeuvre de la feuille de route élaborée par la communauté internationale et de solliciter la contribution de tous les acteurs pour le déroulement serein des étapes futures. Le Premier Ministre et les participants à cette réunion ont saisi l'occasion pour lancer un appel pressant à toutes les composantes de la communauté nationale et en particulier à la presse pour inscrire leurs actions dans l'esprit de la réconciliation et de la réunification du pays.
Pour terminer Le Premier Ministre a informé le conseil des Ministres de la dixième (10ème) session du Sommet des Chefs d'Etat de l'UEMOA tenue le 27 mars 2006 à Niamey (Niger). Il ressort de cette assise que la zone UEMOA a connu une meilleure situation économique et financière en 2005 en dépit de l'inflation due à la montée des cours mondiaux du pétrole brut.
Les Chefs d'Etat de l'UEMOA, mesurant l'importance de l'agriculture dans l'Economie de l'Union ont décidé de la création d'un Fonds communautaire du Développement agricole.
Enfin le sommet de Niamey a reconduit les dispositions intérimaires pour le Gouverneur de la BECEAO et pour le Président de la BOAD.
Ces résultats, fruit de la sagesse africaine, ont permis à l'union de maintenir sa cohésion en vue de continuer à jouer le rôle d'instrument de politique monétaire qui lui est dévolu.
Le Président de la République a tenu à féliciter le Premier Ministre pour sa participation décisive à cette assise et à rappeler que pour la Côte d'Ivoire, la BCEAO doit sauvegarder la crédibilité de la monnaie commune à travers la réserve d'exportation.

2.2. Le Ministre d'Etat, Ministre du Plan et du Développement a fait une importante communication relative à la déclaration de politique nationale d'aménagement du Territoire.
La politique d'aménagement du territoire, est un axe prioritaire du programme du Gouvernement pour réaliser la cohésion sociale et promouvoir l'espace national, en impliquant les acteurs locaux et en intégrant les dynamiques régionales en cours au sein de l'Union Africaine, de la CEDEAO, et de l'UEMOA.
Comme telle, elle demeure fondamentale pour le développement harmonieux du pays et devrait participer de l'effort de réconciliation, de la reconstruction et de la consolidation de l'unité nationale. En vue d'atteindre ces objectifs le gouvernement définira un mécanisme de financement de la politique nationale d'aménagement du territoire à travers le Fonds d'Appui à l'Aménagement du Territoire (FAAT).
Par la suite, le Gouvernement élaborera un projet de loi d'orientation sur l'Aménagement et le développement du territoire qui sera soumis à l'Assemblée Nationale.
Il faut noter que la présente déclaration intervient en application de la décision du sommet des Chefs d'Etat de l'UEMOA et que son élaboration s'est effectuée de manière participative impliquant les principaux ministères et acteurs concernés.

2.3 Le Ministre de l'Intérieur a présenté une communication relative à la situation sécuritaire sur la période du 1er au 16 mars 2006. Il ressort de cette communication que la criminalité violente se caractérise principalement par des braquages de véhicules qui connaissent une progression même si, fort heureusement la plupart des véhicules braqués sont retrouvés aussitôt et remis à leur propriétaire.
Face à cette situation préoccupante, le Premier Ministre, Chef du gouvernement, Ministre de l'Economie et des Finances et Ministre de la Communication a pris des mesures pour doter la police judiciaire des moyens de mobilité notamment en véhicules en vue de réduire conséquemment sinon d'anéantir ce fléau.
Le Premier Ministre tout en assurant de sa volonté de continuer à améliorer la capacité d'action des Forces de défense et de sécurité, en appelle à l'esprit de prudence et de vigilance de la population pour éviter certains pièges des malfaiteurs.
Pour la suite, le Président de la République observant que l'essentiel de la criminalité concerne les véhicules, a encouragé le Premier Ministre à continuer les efforts pour maîtriser au mieux cet indicateur de sécurité.
Le conseil des Ministres a adopté les conclusions de cette communication.

2.4.Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l'Homme a présenté une communication relative à la stratégie d'organisation des audiences foraines.
Il ressort de cette communication que les audiences foraines sont rendues indispensables en raison de l'accroissement notable de personnes non déclarées à l'Etat civil, à qui, il faut délivrer les jugements supplétifs d'actes de naissance. Cette opération de grande envergure concerne les personnes âgées de 13 ans révolus et sera réalisée sur toute l'étendue du territoire nationale. Elle mettra à contribution 150 magistrats et 150 greffiers et sera supervisée par des organes composés des administrateurs, des élus et des représentants locaux de l'ONI.
L'audience foraine devra être accompagnée d'une forte sensibilisation, des mesures financières adéquates et devra s'exécuter selon des modalités et pratiques transparentes.
En raison de l'importance du sujet et afin d'assurer l'efficacité et la fiabilité de ces audiences foraines, le Président de la République a demandé au Premier Ministre d'approfondir les réflexions.

2.5. Le Ministre de la Santé et de l'Hygiène Publique a présenté une communication relative à l'évaluation de l'opération "Abidjan Ville propre". Pour marquer sa grande préoccupation face à l'insalubrité de la ville d'Abidjan, le Gouvernement à travers le Ministère de la Santé et de l'Hygiène Publique a initié le 26 Janvier 2006 l'opération dite "Abidjan Ville propre 2006" pour une période de 5 semaines afin de remédier aux problèmes d'accumulation des ordures ménagères dans toutes les communes d'Abidjan.
Il convient de noter que cette opération tout en respectant les obligations financières de l'Etat, a été menée autour d'un protocole d'accord rassemblant les opérateurs économiques, le District d'Abidjan, l'UVICOCI et le Gouvernement. Cette opération a eu un impact positif sur la salubrité du District d'Abidjan et a permis des mesures d'assainissement ciblées sur des sites sensibles.
En attendant la mise en place d'un cadre institutionnel susceptible d'engendrer un mécanisme de gestion technique et de financement pérenne de collecte et de traitement des ordures, le Gouvernement a adopté les conclusions de cette communication, notamment :
-la prolongation de l'opération "Ville Propre 2006" sur une période de 5 semaines supplémentaires ;
-l'organisation d'une table ronde pour asseoir une politique à moyen et à long terme ;
-la prise en charge des arriérés et tous les autres frais en rapport avec l'opération.
Le Présidant de la République a tenu à féliciter le Ministre pour les résultats acquis et à l'encourager à mettre en œuvre les mesures adoptées.

2.6.Le Ministre des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication a fait une communication relative au projet de Gouvernement Indien/Union Africaine dénommée "Réseau Panafricain des services en ligne". Le projet panafricain des services en ligne est un réseau de télécommunication couvrant les cinquante trois (53) pays de l'UA et relié à l'Inde par fibre optique d'une part et par satellite d'autre part. Ce projet qui s'inscrit également dans le cadre du NEPAD présente des applications dans le domaine de l'Education, de la médecine et de la diplomatie.
Après délibération, le Conseil des ministres a adopté les conclusions relatives aux aspects techniques de la communication.

2.7. Le Ministre des Mines et de l'Energie a porté à la connaissance du Conseil des Ministres, l'élection de Monsieur Joël DERVAIN, Directeur Général de la SIR en qualité de Président de l'Association des raffineurs (ARA) lors du congrès constitutif tenu du 21 au 23 Mars 2006 à Cape Town en Afrique du Sud. Le Président de la République, le Premier Ministre et l'ensemble du Gouvernement adressent les félicitations appuyées à Monsieur DERVAIN dont l'élection à la tête de cette association regroupant 39 pays, dénote des performances de la SIR.

2.8. En raison du forum économique organisé par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, le Conseil des Ministres a autorisé le Ministre a reporté au mois d'Avril 2006 la tenue de la table ronde sur la relance post-crise du commerce.

2.9. Enfin, le Conseil a donné son agrément pour la nomination du Directeur de Cabinet du Ministre de la Culture et de la Francophonie.
Je vous remercie.

Fait à Abidjan,
le Mercredi 29 Mars 2006
Le Porte-parole du Gouvernement par intérim
Docteur Alphonse DOUATI
Ministre de la Production Animale
et des Ressources Halieutiques


COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DEVANT LE CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS-UNIES

Jeudi 30 Mars 2006

NEW YORK, LE 29 MARS 2006

Monsieur le Président,
Excellences Mesdames et
Messieurs les Membres du Conseil de sécurité,

Je voudrais tout d’abord vous remercier d’avoir bien voulu me permettre de prendre part à cette réunion du Conseil de Sécurité. C’est pour moi un grand honneur et un privilège que j’apprécie hautement.

Je voudrais également vous adresser les salutations et la reconnaissance du Peuple ivoirien, du Chef de l’Etat et du Premier Ministre pour l’intérêt que vous manifestez constamment à l’endroit de la Côte d’Ivoire.

Il me plaît particulièrement de vous remercier pour le soutien que vous apportez à Monsieur Charles KONAN BANNY depuis la formation de son Gouvernement, le 28 décembre 2005.

Monsieur le Président,

Votre réunion de ce jour se situe dans le droit fil de toutes les initiatives opportunes que vous avez bien voulu prendre en faveur de la Côte d’Ivoire et des ivoiriens depuis l’éclatement, le 19 septembre 2002, de la crise que connaît ce pays. Soyez en remerciés.

Permettez-moi d’adresser également les remerciements et la sincère reconnaissance de la Côte d’Ivoire au Secrétaire général, Monsieur Kofi ANNAN, pour tout ce qu’il fait pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire.

Mesdames et Messieurs,

Depuis l’adoption de la résolution 1633 du Conseil de sécurité, qui a conduit à l’avènement du Gouvernement dirigé par Monsieur le Premier Ministre Charles KONAN BANNY, la Côte d’Ivoire vit une nouvelle ère qui a permis au processus de paix et de réconciliation de connaître une évolution significative. Malgré les quelques obstacles rapidement surmontés par le Gouvernement, en particulier les malheureux événements de la mi-janvier, la situation générale du processus paraît satisfaisante.

Ces événements, qui ont été fermement condamnés par le Gouvernement ivoirien et le Secrétaire général des Nations Unies en personne, ont été, il faut l’avouer, un électrochoc qui a permis de mesurer la fragilité du processus de paix et de réconciliation en cours en Côte d’Ivoire et d’apprécier l’importance qu’il y a, pour tous, d’appuyer fermement par des mesures et actions fortes, les efforts du Gouvernement en vue de la sortie de crise et de l’application de la Feuille de route élaborée par le Groupe de Travail International (GTI).

Le Gouvernement ivoirien se félicite de la sérénité retrouvée. Cette atmosphère apaisée a permis au Gouvernement, en accord avec le Chef de l’Etat, de poser des actes majeurs pour relancer le processus de paix et ramener la confiance.

Il s’agit en particulier :

- De la tenue, du 9 au 11 février 2006 à Yamoussoukro, d’un séminaire gouvernemental sur la définition des modalités de la mise en oeuvre de la Feuille de route ;

- de la table ronde organisée le 25 février 2006, à Yamoussoukro, avec les (4) quatre principaux dirigeants politiques ivoiriens que sont Messieurs Laurent GBAGBO, Henri Konan BEDIE, Alassane OUATTARA et Guillaume SORO.

La rencontre des quatre leaders, réalisée pour la toute première fois en terre ivoirienne, depuis le début de la crise, a permis à ceux-ci d’aborder avec le Premier Ministre les questions essentielles qui les préoccupaient, et à prendre les décisions suivantes :

- Sur la résolution 1633 (2005) par rapport à la Constitution
ivoirienne

Ils ont réaffirmé que la Constitution et la Résolution 1633 (2005) ne sont pas antinomiques, et invité le Chef de l’Etat et le Premier Ministre à se concerter rapidement afin de trouver les solutions idoines aux conflits éventuels qui pourraient surgir entre les deux textes dans l’exécution de leurs tâches respectives. Ils ont admis la possibilité de convoquer, en cas de besoin, une table ronde du même genre.

- Sur le démantèlement des milices et le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants (DDR).

Ils ont admis la nécessité de l’actualisation du chronogramme et de la reprise immédiate du dialogue entre les Etats-majors des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN), et décidé que ces deux Etats-majors discutent de toutes les questions militaires pouvant permettre la sortie de crise.
- Sur l’identification et les élections

Les participants se sont réjouis de la possibilité technique de conduire simultanément les opérations d’identification et de recensement électoral, et ont invité le Gouvernement à tendre vers la gratuité des audiences foraines pour permettre une opération d’identification massive et équitable des populations et assurer à tous l’exercice du droit constitutionnel de vote.

- sur la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI)

Les quatre leaders ont pris acte des dispositions prises par le Gouvernement pour assurer la couverture de l’ensemble du territoire par les émissions de la RTI afin de véhiculer les messages de paix et de réconciliation.

Ils ont invité les différents responsables des partis politiques à faire en sorte que les journaux qui leur sont proches ou qui partagent leurs sensibilités, s’inscrivent dans le processus de paix et évitent les écrits pouvant le remettre en cause.

- sur la Commission Electorale Indépendante (CEI)

Les leaders ont pris acte de l’élection du Bureau de la CEI et de l’arbitrage du Haut Représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d’Ivoire. Ils ont néanmoins décidé de la création d’un quatrième poste de Vice-président en faveur du Front Populaire Ivoirien (FPI), le Parti au pouvoir, pour une représentation équilibrée des forces politiques en présence.

Ils ont invité le Premier Ministre à convoquer, le plus rapidement possible, le Bureau de la CEI, les parties signataires de l’accord de Linas-Marcoussis et toutes les parties prenantes pour déterminer, en relation avec le Haut Représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d’Ivoire, les attributions des membres du Bureau et les règles de fonctionnement de la CEI, afin de permettre l’organisation d’élections justes, transparentes et crédibles.

- sur le code de bonne conduite

Les quatre leaders ont admis la nécessité de se retrouver fréquemment pour échanger sur le processus de paix, et de faire en sorte que la vie politique se déroule dans un climat apaisé, dans le respect des valeurs de fraternité et de la démocratie.

Monsieur le Président,

Comme vous pouvez le constater, les deux réunions de Yamoussoukro, et particulièrement celle des quatre leaders politiques, ont permis au Premier Ministre en concertation, pour ne pas dire "en tandem" avec le Chef de l’Etat, de replacer le processus de paix et de réconciliation entre les mains des ivoiriens, et d’amener les principaux leaders à s’engager résolument vers une sortie de crise irréversible.

Ces deux réunions ont également permis de définir les modalités d’application de la résolution 1633 du Conseil de sécurité et de la Feuille de route du Groupe de Travail International (GTI), et de créer le climat et l’engagement politiques nécessaires à leur exécution.

Comme résultats positifs immédiats enregistrés, nous pouvons citer la prise de fonction, le 7 mars 2006, du bureau de la Commission Electorale Indépendante, principal moteur de la machine électorale, après plusieurs mois d’incertitude.

L’installation de la CEI a été perçue par les partis politiques comme le signal du début de leurs activités politiques en vue des élections en octobre 2006.

Ainsi, au cours de ce même mois de mars, d’importantes assises ont pu se tenir tant au niveau des partis politiques significatifs de l’opposition, notamment le RDR, le PDCI-RDA, le MFA, que de la mouvance présidentielle. Des déclarations importantes sont sorties de ces rencontres traduisant, pour la plupart, la détermination des leaders à œuvrer dans le nouvel esprit instauré depuis la réunion de Yamoussoukro.

A ces actes positifs, on pourrait ajouter le retour à Abidjan, le 14 mars 2006, de Monsieur Guillaume SORO, Secrétaire Général des Forces Nouvelles et Ministre d’Etat, Ministre chargé du Programme de la Reconstruction et de la Réinsertion, , après 17 mois d’absence de cette ville.

Cette présence du Ministre SORO à Abidjan, qui a elle-même été précédée par le retour d’exil des leaders de l’opposition, Messieurs Henri KONAN BEDIE et Alassane OUATTARA, suffit amplement à démontrer que le mur de méfiance qui caractérisait jusque-là la vie politique en Côte d’Ivoire, est en train d’être brisé.

Concernant l’identification et le processus électoral, le Groupe de Travail national chargé de la question, a présenté son rapport au Gouvernement, le jeudi 2 mars 2006. Les conclusions et recommandations seront mises à la disposition de la CEI.

Sur cette question, je pourrais affirmer que le Gouvernement a déjà mis en marche le processus électoral et l’identification. Ces deux opérations, comme l’a décidé le Sommet de Yamoussoukro, se feront simultanément.

Mesdames et Messieurs,

L’esprit nouveau, né du Sommet de Yamoussoukro et qui fait battre désormais un cœur nouveau chez tous les ivoiriens a, par ailleurs, permis au plan administratif, d’engager partiellement le processus de redéploiement de l’Administration dans les régions sous contrôle des Forces Nouvelles dans les domaines de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur.

Ainsi, il a été possible d’organiser les examens scolaires, qui n’avaient pu se faire depuis plus de trois ans, dans les régions du pays sous contrôle des Forces Nouvelles. En outre, l’Université de Bouaké, siège des Forces Nouvelles, a été rouverte officiellement hier 28 mars 2006.

Ces différents progrès doivent, à notre sens, s’inscrire dans une perspective irréversible. Il faut donc consolider ce climat de confiance.

A cet égard, les questions de sécurité doivent être réglées de façon prioritaire et avec la plus grande attention.

Un des éléments devant contribuer à l’amélioration de la sécurité demeure les conditions de vie et de travail des soldats de l’Armée Nationale.

Dans cette optique, un programme de réhabilitation des casernes à été lancé le 21 Février 2006 par le Gouvernement. Aux termes de cet important chantier, le Gouvernement ambitionne de créer une armée plus disciplinée et plus professionnelle dotée d’infrastructures et d’équipements modernes.

Sur le plan de l’aide humanitaire, je voudrais au nom du Gouvernement ivoirien, exprimer toute notre gratitude au Système des Nations Unies pour l’assistance apportée aux populations durement affectées par la crise que vit mon pays depuis septembre 2002.

Les agences humanitaires, bien qu’ayant souffert des événements des 15, 16 et 17 janvier 2006, n’ont pas interrompu leurs actions sur le terrain. Cette sollicitude, qui est au cœur de l’action humanitaire, est à saluer et je voudrais la saluer ici.

Le Gouvernement ivoirien, pour marquer son adhésion à cette action et son soutien à toutes les agences, a fait une déclaration dans laquelle il a déploré officiellement ce qui est arrivé et qui n’a pas épargné les structures ivoiriennes qui collaborent avec lesdites agences. Il a en outre dépêché sur le terrain le Ministre de la Défense en vue de faire prendre des mesures de sécurité renforcée.

Par ailleurs, une Commission interministérielle impliquant les agences humanitaires est en cours de création. Elle constituera un cadre de concertation opérationnelle de l’action humanitaire au plan national.

A cet égard, un Conseiller Spécial pour l’action humanitaire vient d’être nommé par Monsieur le Premier Ministre avec pour mission de veiller à la mise en place rapide de cette structure. En outre, les autorités locales de la région de l’ouest de la Côte d’Ivoire ont entrepris des actions de sensibilisation des populations afin que chaque citoyen comprenne la nécessité de la cohésion nationale, l’intérêt de la présence de la communauté internationale aux côtés de la Côte d’Ivoire.

Monsieur le Président,

Après plusieurs années d’hésitations, de turbulences, parfois violentes, le processus de paix et de réconciliation commence à connaître une évolution positive que nous devons tous saluer et encourager.

Je tiens, à ce niveau, à remercier, encore une fois, tous les Chefs d’Etat qui s’impliquent personnellement et œuvrent à nos côtés pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire.

Ces remerciements s’adressent également à Monsieur Kofi Annan, Secrétaire Général de l’ONU et ses collaborateurs, notamment au Représentant Spécial du Secrétaire Général, Monsieur Pierre Schori, son équipe, aux forces de l’ONU et de l’opération Licorne pour les efforts qu’ils continuent de déployer en vue de ramener définitivement la paix, la réconciliation et la stabilité en Côte d’Ivoire.

Si nous devons nous réjouir de la tournure positive que prend la situation politico-militaire en Côte d’Ivoire et nous en féliciter, force est de reconnaître que des tâches énormes fixées au Gouvernement par la Feuille de route nous attendent et appellent à la vigilance et au redoublement des efforts de tous en vue de leur réalisation.

Il faudrait particulièrement œuvrer dans les domaines suivants :

- le financement du processus électoral, à toutes les étapes ;

- le Désarmement, la Démobilisation et la Réinsertion (DDR) ;

- le renforcement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire afin de garantir la sécurité de tous les électeurs ;

- les problèmes humanitaires et des droits de l’homme ;
- le renforcement des capacités des institutions judiciaires en vue d’assurer l’état de droit dans le pays, après trois ans de guerre ;
- l’appui à l’économie et aux finances de l’Etat en vue de résorber le taux élevé de chômage chez les jeunes et procéder au retour des personnes réfugiées et déplacées.

Des zones de tempêtes existent encore sur la voie devant conduire à la sortie de crise définitive. Il nous faudra les traverser, sans danger, pour arriver à l’organisation des élections générales incontestées qui sont la seule voie de sortie de la crise actuelle.

A cet égard, le Gouvernement souhaite vivement que le successeur de Monsieur Antonio MONTEIRO, Haut Représentant des Nations Unies pour les Elections en Côte d’Ivoire, soit désigné le plus tôt possible.

S’agissant particulièrement du renforcement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, je voudrais spécialement souligner que ce point constitue la préoccupation majeure de tous les ivoiriens et, partant, du Gouvernement de Côte d’Ivoire. En effet, non seulement il faudrait garantir la sécurité à Abidjan mais aussi à l’intérieur du pays, notamment à Bouaké et dans la région ouest.

Cette région comme vous le savez, fait frontière avec la République du Libéria qui partage beaucoup de similitudes ethniques et culturelles avec les populations de l’ouest ivoirien. Assurer une bonne sécurité de cette partie de la Côte d’Ivoire équivaut à assurer d’avantage la sécurité du Libéria et à renforcer le processus démocratique dans ce pays.

Autrement, tout débordement incontrôlé qui déstabiliserait l’ouest ivoirien, aurait inévitablement des conséquences fâcheuses au Libéria, voire au-delà, en Sierra Leone.

Pour toutes ces raisons, le Gouvernement ivoirien appuie fortement la proposition du Secrétaire Général des Nations Unies de renforcer le nombre des casques bleus en Côte d’Ivoire.

Je voudrais vous prier de soutenir cette proposition et de l’examiner très favorablement.

Mesdames et Messieurs,

Je vous sais gré de tout ce que vous avez pu faire pour la Côte d’Ivoire, depuis le déclenchement de la crise. Je suis également conscient qu’il revient, à titre principal, à nous ivoiriens, de faire le maximum d’efforts pour sortir notre pays de la crise qu’il connaît. Nous sommes déterminés à y parvenir, bien sûr avec votre soutien.

Œuvrons donc tous ensemble pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire pour que rien ni personne ne nous fasse revenir en arrière.
C’est le lieu d’inviter les institutions internationales et les différents partenaires au développement au respect de leurs engagements, dans le cadre du processus de redressement et de reconstruction de la Côte d’Ivoire, tels que recommandés par les differents accords sur la crise ivoirienne, notamment l’Accord de Linas-Marcoussis.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil de Sécurité,

Je vous remercie pour l’accueil et l’attention que vous avez bien voulu réserver au message que je viens de vous livrer au nom du peuple et du Gouvernement ivoiriens.

Je vous remercie pour votre attention.


ECLIPSE SOLAIRE

Mercredi 29 Mars 2006

Des millions de gens ont pu observer une éclipse totale du soleil qui est d'abord apparue au Brésil avant de se déplacer vers l'Atlantique puis au dessus de l'Afrique avant de se diriger vers l'Asie.
Plusieurs pays s'en sont servi comme atout touristique.
Le Togo avait declaré la journee chomée.
Des milliers de visiteurs occidentaux sont venus en Libye pour observer l'éclipse, provoquée par le passage de la lune, où elle était la plus spectaculaire. Exceptionnellement les autorités libyennes avaient assoupli les conditions d'obtention de visas touristiques ainsi que les restrictions aux déplacements dans le pays.



COTE D'IVOIRE / RENCONTRE DU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN BANNY AVEC LES ACTEURS DE LA VIE POLITIQUE ET LEURS ETATS MAJOR

Mercredi 29 Mars 2006

Processus de paix
Le Premier ministre a rencontré, hier à son cabinet , le PDCI, le FPI, le RDR, le PIT, l’UDPCI, l’UDCY, le MFA et les Forces nouvelles.
Le chef du gouvernement, Charles Konan Banny, s’est entretenu hier soir à son cabinet, avec tous les signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis. “Le Premier ministre a souhaité rencontrer les parties signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis, accord de base à partir duquel la Résolution 1633 a été prise, pour leur faire état de l’avancement de l’exécution de la feuille de route”, a déclaré à la presse, le porte-parole de la rencontre, Alphonse Djédjé Mady. Ils ont donc tous répondu présent à l’invitation du locataire de la Primature : FPI, PDCI-RDA, RDR, UDPCI, PIT, MFA, UDCY et Forces nouvelles. Charles Konan Banny “nous a fait, point par point, les principes directeurs qui guident son action et les différents acquis du processus”, a ajouté le Secrétaire général du PDCI. Selon M. Mady, les acquis sont, entre autres, la mise en place du gouvernement, la participation de tous les ministres, y compris le Secrétaire général des Forces nouvelles, Guillaume Soro, à ce gouvernement, l’accalmie générale dans le pays, la rencontre des quatre principaux leaders d’opinion à Yamoussoukro, la Commission électorale indépendante (CEI) devenue opérante et “l’identification qui, à en croire le Premier ministre, après le Conseil des ministres de demain (aujourd’hui. Ndlr), pourra donner des indications” quant à son démarrage effectif. M. Banny “a surtout tenu à faire en sorte que les partis politiques qui sont des leaders d’opinion s’approprient les acquis de cette mise en œuvre pour que le processus de paix évolue comme nous le souhaitons tous et qu’on aboutisse aux élections qui constituent la dernière preuve de sortie de crise”, a-t-il précisé. Alphonse Djédjé Mady a également indiqué que les signataires de l’Accord de la banlieue française ont félicité le chef du gouvernement “pour tous les efforts qui sont déployés, lui ont demandé de continuer dans ce sens, d’aller encore plus en avant et l’ont rassuré de leur soutien et du fait qu’ils feront un bon usage de toutes les informations qu’ils ont reçues, auprès de leurs militants, auprès de leurs sympathisants, auprès de la population ivoirienne”. Toutefois, les invités du Premier ministre lui ont soulevé quelques préoccupations telles la mise en œuvre du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex combattants (dont le coordinateur vient d’être nommé), l’établissement d’une confiance réelle entre différents acteurs et entre Ivoiriens.
Le chef du gouvernement, a révélé M. Mady, a aussi profité de cette rencontre pour entretenir ses invités sur la reconstruction de la Côte d’Ivoire, notamment sur “un programme qu’il conçoit pour l’emploi des jeunes”.
Mmes Angèle Gnonsoa, Kandia Camara, Marie Odette Lorougnon et MM. Anaky Kobena, Noël Némin, Lida Kouassi, Adama Bictogo, Joël N’Guessan, Dosso Moussa, Koné Amadou sont, entre autres, les personnalités qui ont pris part à cette rencontre au nom de leurs partis ou mouvements politiques respectifs.

Pascal Soro
FRATMAT


SOMMET DE L'UEMOA A NIAMEY / LE PRMIER MINISTRE CHARLES KONAN BANNY RESTE GOUVERNEUR DE LA BCEAO

Mardi 28 Mars 2006

Les Chefs d’Etat de l’UEMOA se sont réunis hier à Niamey (Niger).

Nous allons prendre une décision qui satisfait la sérénité", déclarait M. Jean-Baptiste Compaoré, président en exercice du conseil des ministres de l'Uemoa, à sa sortie d'audience avec le Chef d'Etat ivoirien. C'était jeudi dernier, à la veille du conseil des ministres extraordinaire à Abidjan, sur la nomination du gouverneur de la BCEAO. L'issue que laissaient entrevoir ces propos a été presque confirmée au sommet des Chefs d'Etat de Niamey (Niger). Charles Konan Banny est maintenu au poste de gouverneur jusqu'à ce qu'une autre réunion tranche en ce qui concerne le délai. Son intérim est toujours assuré par le vice-gouverneur de nationalité burkinabé, Damo Justin Baro. Ce dernier va ainsi devoir poursuivre la mission qui lui a été assignée par les Chefs d'Etat en décembre dernier, à la suite de la nomination de Banny à la tête du gouvernement de Côte d'Ivoire.
Mais, il semble que les choses n'ont pas été aussi simples. Il y a eu des velléités de candidature avecpour corollaire une bataille entre les différents camps.
Selon des informations reçues, le Béninois Abdoulaye Bio Tchané, fonctionnaire au FMI, et le Nigérien Ali Gamatié, l'autre vice-gouverneur de la BCEAO, ont postulé au poste.
Et puis, l'on n'a pu prendre réellement une décision définitive.
Le Malien Issa Coulibaly a été maintenu président intérimaire de la BOAD.

FRATMAT
Auteur: ALAKAGNI Hala


SOMMET DE L'UNION ECONOMIQUE ET MONETAIRE OUEST AFRICAINE (UEMOA) A NIAMEY AU NIGER

Lundi 27 Mars 2006

La Côte d'Ivoire n'entend pas lâcher le poste de gouverneur de la BCEAO
La Côte d'Ivoire, poids lourd dans l'économie ouest-africaine, n'entend pas lâcher le poste de gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), alors que certains pays dans la sous-région en prônent pour une rotation. L'acutel gouverneur de la BCEAO, Charles Konan Banny, dont le mandat devait prendre fin à la fin de l'année dernière, avait été désigné au poste de Premier ministre ivoirien le 4 décembre dernier.

Trois semaines plus tard, le vice-gouverneur de la BCEAO, le Burkinabé Damo Justin Barro, avait été nommé gouverneur par intérim de l'institut d'émission de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) jusqu'au retour de M. Konan Banny.

A l'issue du dernier sommet de l'UEMOA à Niamey (Niger) en décembre dernier, les présidents sénégalais Adboulaye Wade et burkinabé Blaise Compaoré sont favorables à une rotation pour le poste de gouverneur de la BCEAO.

"Cette thèse a toujours été rejetée par les autorités ivoiriennes qui n'hésitent pas à avancer que lorsque plusieurs personnes se cotisent, c'est au plus cotisant que revient la garde du fonds si tant est que c'est à un membre du groupe qu'il faut confier cet argent", a commenté samedi Fraternité Matin, quotidien officiel ivoirien.

"La Côte d'Ivoire représente à elle seule 40% de l'UEMOA. Malgré la situation de crise que nous connaissons, la Côte d'Ivoire est le seul pays de l'UEMOA qui a un taux d'exportation positif. Notre pays a donc un rôle leader dans l'UEMOA", a souligné le ministre ivoirien du Plan et du développement, Paul Bohoun Bouabré, lors d'une rencontre avec des opérateurs économiques français.

"Qu'on arrête de plaisanter avec le sang commun de l'UEMOA qu'est la monnaie commune gérée par la BCEAO. La Côte d'Ivoire ne peut pas accepter qu'on tourne autour du poste de gouverneur qui constiue le ciment de la gestion de la monnaie", a dit Bohoun Bouabré, ancien argentier ivoirien au sein du gouvernement de Seydou Diarra (2003-2005).

En octobre dernier, le président ivoirien Laurent Gbagbo s'était déjà opposé à la nomination d'un gouverneur non ivoirien.

Selon les termes relatifs au fonctionnement de la BCEAO, le poste de gouverneur devrait être occupé par un Ivoirien, un poste de vice-gouverneur étant attribué au Burkina Faso et le siège abrité par le Sénégal.

Des décisions sur ce dossier chaud aurait été prises lors du Conseil des ministres extraordinaire de l'UEMOA, tenu vendredi à Abidjan. Ces décisions devront être soumises lundi prochain au sommet de l'union pour finalisation, a-t-on appris de sources bien introduites.

Pour préserver la paix et la sérénité au sein de l'UEMOA, estiment certains observateurs ivoiriens, les dirigeants de l'UEMOA pourraient prolonger le mandat de M. Banny et maintenir l'intérim de M. Barro jusqu'à la fin des responsabilités du premier à la tête du gouvernement ivoirien.


COOPERATION IVOIRO -SENEGALAISE / INTERVIEW DU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN-BANNY LORS DE SA VISITE D'AMITIE ET DE TRAVAIL A DAKAR

Lundi 27 Mars 2006

ENTRETIEN AVEC…Charles Konan Banny, Premier ministre de la Côte d’Ivoire : «Pour la Bceao, les chefs d’Etat doivent tenir parole»

Charles Konan Banny, avant de prendre ses nouvelles fonctions de Premier ministre de Côte d’Ivoire, avait promis. «En raison de votre sérieux, de votre perspicacité et de votre sens de l’objectivité, c’est à vous que j’accorderai ma première grande interview comme Premier ministre de mon pays», disait-il.
Promesse tenue samedi dernier avec un entretien exclusif avec le journal Le Quotidien pour faire le bilan de ses cent premiers jours à la tête du gouvernement de transition en Côte d’Ivoire. Samedi dernier, dans sa résidence de Dakar, sise au Cap Manuel, Charles Konan Banny s’est voulu formel, il quittera le pouvoir à la fin de la transition. Avec la promesse d’organiser des élections libres et transparentes en Côte d’Ivoire. Le Premier ministre ivoirien qui se trouvait à Dakar ce week-end révèle que c’est un séjour mis à profit pour avoir un entretien «utile» avec le Président Wade. Charles Konan Banny est en effet occupé à arrondir les angles entre les Présidents Wade et Gbagbo. Quant à son avenir comme gouverneur de la Bceao, M. Banny met les chefs d’Etat de l’Union monétaire devant le défi de tenir leurs engagements. De toute façon, Charles Konan Banny considère que le poste de Gouverneur de la Bceao est pour la Côte d’Ivoire.

Le dialogue a repris en Côte d’Ivoire, la classe politique se retrouve à nouveau autour d’une table, vous devez être aujourd’hui satisfait ?

Quand je suis arrivé, mon diagnostic m’a permis de savoir qu’une bonne partie de la crise était liée à un problème de confiance. Personne n’avait confiance en personne. Et il n’y avait plus de dialogue. Même si les hommes politiques ivoiriens se parlaient, c’était par personnes interposées et, en dehors de la Côte d’Ivoire. Il fallait renouer le fil de la confiance, petit à petit. C’est ce qui a fait qu’on a commencé à avoir des résultats. Le gouvernement se remet au travail. Tout le monde prend part aux réunions du Conseil des ministres.

Ces querelles ont sans doute fait perdre beaucoup de temps dans la mise en œuvre du processus de pacification ?

De ma connaissance des uns et des autres, rien ne devrait opposer irrémédiablement les uns et les autres. Les germes du conflit sont bien identifiés. Evidemment, il n’y a pas qu’en Côte d’Ivoire la lutte pour le pouvoir. Mais cela doit se faire dans le cadre de la démocratie. Donc, on peut vouloir le pouvoir et utiliser des moyens démocratiques. C’est dans cette voie que nous devons aller et je crois que le Peuple souhaite cela. Les principaux acteurs politiques ont compris cela, justement, parce qu’on a perdu beaucoup de temps. Et cela a été préjudiciable au pays.

Croyez-vous que le calendrier annoncé sera respecté ?

La mission qui m’a été confiée a débuté il n’y a pas longtemps. En réalité, j’ai très peu participé à la confection de la feuille de route. Cette feuille de route a été établie pour permettre de résoudre les questions essentielles qui alimentent la crise, dans un temps déterminé. Et le temps imparti, je n’y suis pour rien. Ce que nous faisons, c’est considérer cela comme une contrainte et travailler à ce que nous puissions organiser les élections à cette échéance. C’est très difficile, mais ce n’est pas impossible. D’ailleurs, je travaille pour arriver à un résultat avant l’échéance. Ce n’est pas impossible.

La crise en Côte d’Ivoire concerne aussi tous les pays de la région Ouest Africaine. Qu’est-ce que vous êtes en train de faire au niveau de la région pour ancrer le processus de paix ?

Il y a une composante régionale claire dans le conflit. D’abord, compte tenu de la place qu’occupe la Côte d’Ivoire, non seulement au plan économique mais au plan social. Cette crise a une dimension régionale. Ensuite, il y a les aspects qui sont forcément régionaux. Par exemple comment voulez-vous parler de désarmement durable et lutter contre l’invasion des armes légères, en faisant fi du problème de la sécurisation des frontières ? Donc, il y a des aspects qui ne sauraient être résolus que par une dynamique régionale. Vous savez aussi le rôle que certains chefs d’Etat de la sous-région ont joué dans la recherche de la solution à la crise. Il m’est apparu, cent jours après ma prise de fonction de Premier ministre, de venir faire le point à un certain nombre de chefs d’Etat. Peut-être, pour bénéficier de leur éclairage, de leurs conseils et suggestions.

A ce propos, une partie de la presse ivoirienne a indiqué qu’à Ouagadougou le Président Blaise Compaoré aurait posé des conditions pour aider la Côte d’Ivoire à faire la paix. Dans son édition du samedi 25 mars 2006, le journal Fraternité matin a titré «Crise ivoirienne : Les exigences de Blaise Compaoré». Quelles conditions le Président Burkinabè aurait-il posé ?

(Catégorique). Non, je n’ai pas vu cela. En tout cas, cela n’a pas été l’objet de mes entretiens avec lui (Ndlr : la rencontre en tête-à-tête entre Charles Konan Banny et Blaise Compaoré a eu lieu le vendredi 24 mars 2006 à Ouagadougou). Le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire sont très liés, humainement, géographiquement… Donc dans la crise ivoirienne, le rôle que peut jouer le Burkina Faso n’est pas du tout à négliger. Personnellement, je veux pouvoir m’appuyer sur le Président Blaise Compaoré, parce qu’il peut avoir quelques influences sur quelques acteurs de la crise. Etant entendu que si la crise perdure, elle peut avoir des conséquences sur l’économie et sur la vie sociale au Burkina Faso. Il y a comme une espèce de solidarité de destin entre les deux peuples. C’est tout cela que nous évoquons lorsque nous nous rencontrons.

N’avez-vous pas l’impression que les clivages crypto-personnels entre chefs d’Etat impliqués dans le dossier compliquent davantage la situation ?

Il y a toujours un problème de leadership. Mais, je crois qu’on a, maintenant, dépassé ces questions et il faut en être conscient, c’est clair. Et c’est pour cela qu’il est bon que les Ivoiriens prennent le relais de la Communauté internationale. Ne serait-ce que pour reconnaître le rôle important que cette communauté a joué depuis que la crise a éclaté. Mais il est temps maintenant que les Ivoiriens, comme en reconnaissance des efforts accomplis, s’approprient la crise et soulagent, un peu, les frères qui les ont beaucoup aidés. Il ne faut pas donner l’impression aux frères que cette question les concerne plus que nous-mêmes Ivoiriens. En d’autres termes, nous devons mettre fin à l’indifférence que, personnellement, j’avais eue à constater. Parce que nous pensions, à tort, que la solution devait venir de l’extérieur. Alors qu’en fin de compte, si solution il y aura, elle viendra des Ivoiriens. Bien sûr, avec l’aide de nos amis et de nos frères africains et du monde. Mais encore une fois, la solution finale, et surtout si nous voulons qu’elle soit durable, viendra des Ivoiriens eux-mêmes.

Seulement, on constate qu’à l’extérieur, les uns et les autres ont des préférences dans la classe politique ivoirienne et cela ne cristallise-t-il pas les antagonismes ? Par exemple, Thabo Mbeki, le Président sud-africain semble préférer Laurent Gbagbo, le Président Compaoré a ses amis dans les rangs des Forces nouvelles, etc.

C’est qui la préférence des Ivoiriens dans tout cela ? (Rires). Il faut que les Ivoiriens fassent l’arbitre. Il faut un arbitre et le meilleur arbitre dans cette question, c’est le Peuple ivoirien. Donc, il faut que le peuple s’investisse dans la démarche, dans la dynamique de paix et il faut qu’il encourage tous ceux qui veulent la paix et travaillent à cela. Parce qu’au bout du compte, il faut que le Peuple prenne la parole par le vote. Et lorsqu’il aura arbitré, chacun pourra garder ses préférences. J’allais dire que cela n’aura plus tellement d’importance, parce que ce sera décisif. C’est vrai que, peut-être, chacun a ses préférences mais c’est le Peuple qui doit trancher en dernier ressort. Personnellement, c’est pour cela que je me suis engagé en acceptant de prendre la tête du gouvernement de transition.

Vous venez de boucler cent jours à la tête du gouvernement ivoirien, si vous devez faire un bilan à mi-parcours, quelles seraient vos réussites ?

La plus grande réussite est indéniablement le fait que nous ayons fait comprendre aux Ivoiriens que rien ne peut se faire dans la méfiance. Il faut absolument que la confiance revienne entre les acteurs politiques. Mais aussi, que chaque Ivoirien reprenne confiance en lui-même et qu’il ait confiance en son voisin ; et qu’on commence à se parler, qu’on dialogue, qu’on se parle ! On n’a pas le droit de ne pas se parler, il faut qu’on sache que le pays nous appartient, à nous tous, et que nous avons intérêt à le reconstruire ; que c’est une période difficile que nous devons rapidement dépasser. Cette période difficile doit être derrière nous. Il nous faut regarder vers l’avenir. Je crois d’ailleurs que nous sommes sur cette voie. Ce sont des recettes très simples : Il faut rassurer les uns et les autres, accepter le droit à la différence et appeler chacun à participer à l’œuvre de rétablissement de la confiance et de reconstruction du pays. On a posé de bons jalons qu’il faut consolider. Si je devais faire un bilan, c’est cela que je retiendrais, mais en restant vigilant, parce que le processus de construction de la paix est difficile et délicat, il est fragile. Il ne faut donc pas crier victoire trop tôt. Le plus gros est à faire.

Pouvez-vous garantir la tenue des élections en octobre prochain ?

En tout cas, nous allons tout faire pour que cela soit ainsi. Nous travaillons comme si les élections devaient avoir lieu avant même octobre.

On parle de vous comme quelqu’un qui essaie d’arrondir les angles entre le Président Wade et le Président Gbagbo ?

(Hésitations). Oui, je veux le faire parce que je considère que les relations entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire sont très importantes, pour plusieurs raisons. Je suis envoyé ici par le Président Gbagbo pour avoir un bon entretien avec le Président Wade et je crois que nos deux Peuples ont à gagner à balayer et à mettre de côté tout ce qui peut entraver la bonne coopération entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Oui effectivement je travaille à arranger entre les Présidents Wade et Gbagbo. Il y va de l’intérêt de nos deux pays.

N’empêche que ces derniers temps, il y a eu des passes d’armes entre Abidjan et Dakar sur des questions assez délicates. Le Président Wade a notamment accusé le Président Gbagbo de financer certains opposants au Sénégal et les proches du chef de l’Etat ivoirien ont répliqué avec virulence à ces propos…

Semble-t-il, mais c’est dans la presse (rires). Je n’ai pas vu tout cela. Je crois que très bientôt tout cela sera derrière.

Ne croyez-vous pas que les questions de succession à la tête de la Bceao et de la Boad constituent des enjeux régionaux qui pourraient encore réveiller des divisions ?

Peut-être, mais les deux chefs d’Etat comprennent que les relations financières ne doivent pas entraver durablement la qualité des relations entre les pays. Je ne crois pas que cela puisse être des pommes de discorde, il faut qu’on se comprenne bien et que nous confortons notre vision commune, notre attachement à la coopération régionale et à l’intégration régionale. Je crois que Wade et Gbagbo sont tous deux des panafricanistes et il faut qu’ils le prouvent, tout simplement à travers ces questions.

Mais la Côte-d’Ivoire ne semble pas vouloir lâcher la Banque centrale ?

Mais pourquoi la Côte-d’Ivoire devrait-elle lâcher le poste de gouverneur de la Bceao ?

D’autres pays lorgneraient le poste pour leurs ressortissants….

Mais pourquoi lorgnent-ils la Banque centrale ? Elle est une institution commune que la Côte d’Ivoire a eue à gérer pour le compte des autres pays. Et je crois qu’elle n’a pas si mal travaillé que cela. Maintenant, il appartient aux chefs d’Etat de décider ensemble, mais a priori, les Ivoiriens ne voient pas pourquoi, ils devraient lâcher. On ne peut pas les sanctionner parce qu’ils ont bien travaillé quand même…

La Côte-d’Ivoire va-t-elle soutenir la candidature du Sénégalais Amadou Kane à la tête de la Banque ouest-africaine de développement (Boad) ?

Sur cette question-là, notre approche est qu’il ne faut pas la résoudre de cette manière. Il y a des principes qui sont là, il y a des non dits, des accords non écrits qui ne sont pas éternels. On peut décider de faire autre chose.
Il faut qu’on se le dise et qu’ensemble nous trouvions une autre approche. C’est l’approche qui est importante. Amadou Kane, que je connais personnellement, fait partie des jeunes gens que nous avons encadrés, que nous avons vus venir, donc ce n’est pas sa personnalité qui est mise en cause. Mais nous sommes dans un schéma où il me semble qu’il faut une approche globale des choses par les principes, au préalable. C’est comme cela que nous voyons les choses et nous sommes très ouverts. L’essentiel, c’est que nous nous mettons d’accord sur les principes.

Il y a une élection qui vous concerne particulièrement, c’est celle de la nomination d’un gouverneur à la Banque centrale pour vous remplacer. Quel est le schéma de Charles Konan Banny ?

Il n’y a pas de schéma personnel pour Konan Banny. Je n’ai pas d’agenda personnel sur ces questions. Je crois, une fois encore, que ce sont des questions de principe.

Je suis dans une mission qui m’a été confiée à la fois par les chefs d’Etat en Afrique et par la Communauté internationale. Cette mission comporte des restrictions et je les ai acceptées en pensant pouvoir apporter quelque chose à la communauté nationale ivoirienne et aussi à la sous-région. Il appartient aux autres de savoir dans quelles conditions ils m’ont demandé d’aller assumer cette fonction, de respecter les engagements dits ou non dits. Je suis allé, tout en sachant que dans les années à venir il faut que je renonce à un certain nombre de choses. Il appartient aux autres de respecter leur parole.

Leur parole ? N’était-elle pas que vous fassiez un an en Côte-d’Ivoire et que reveniez continuer votre mission à la Banque centrale ?

Ah ! ils ne l’avaient pas dit ainsi, mais je ne suis pas sûr qu’ils l’aient exclu. Maintenant, il appartient à la Banque de juger. Donc, on en revient au problème de principe toujours. Je suis envoyé en mission et sur certaines conditions écrites ou non écrites, je respecte mes engagements et il appartient aux autres de respecter les leurs.

Avez-vous le sentiment que les autorités ivoiriennes vous soutiennent ?

Mais, c’est qui les autorités ivoiriennes ? C’est tout d’abord moi (rires). Je suis quand même le Premier ministre…

Je veux dire, est-ce que le Président Gbagbo vous soutient ?

Nous sommes en phase, le Président Gbagbo et moi, il n’y a aucune différence de point de vue à ce niveau.

N’empêche qu’il y a certains de vos compatriotes qui veulent le poste de gouverneur de la Banque centrale…

J’imagine, on parle de cela.

Et vous semblez dans votre propos exclure un agenda en Côte-d’Ivoire après votre mandat de Premier ministre.

J’ai dit que je suis un homme de mission. On m’a posé cette question et j’ai toujours dit que je me considère comme un homme de mission, mais pas un homme de pouvoir. Et je vais de mission en mission.

Et selon vous, la présente mission finira le 30 octobre 2006 ?

Voilà. C’est cela, après peut-être je vais trouver d’autres missions, mais je n’ai jamais opté pour être un homme de pouvoir.

Donc, vous excluez votre candidature à la présidence de la République en 2006 ?

C’est clair ! (Catégorique). Je crois que cela fait partie des restrictions que j’ai acceptées. Je renonce à la Présidence. On a besoin de cela, c’est important que quelqu’un dise clairement qu’il n’est pas candidat. Il faut rassurer les gens. Ce qui me préoccupe aujourd’hui, c’est de tout faire pour que le processus de transition réussisse.

Il ne faut pas en rajouter, il faut rassurer les gens. Ce qui me préoccupe c’est de tout faire pour que mon pays sorte de la crise et que le Peuple puisse s’exprimer et choisir ses dirigeants qu’il souhaite. Je crois que c’est le plus grand service que je peux rendre à la Côte-d’Ivoire. Et tous mes efforts sont tendus vers cela.

Avez-vous réussi à améliorer les relations entre la France et la Côte-d’Ivoire ?

On va s’y attacher ces temps-ci. Je pense qu’il ne me reste que cela.

En tout cas, l’Armée française et l’Armée ivoirienne ont eu à se tirer dessus….

Non, pas encore. Je pense que la coopération n’est pas si mauvaise que cela. Mais, l’ambiance n’est pas la meilleure, nous le savons, mais on n’est pas à ce niveau de tension. Mon rôle de réconcilier les Ivoiriens, c’est aussi de réconcilier les Ivoiriens avec tout le monde.

C’est dire que vous allez dissiper les sentiments de méfiance entre le Côte-d’Ivoire et la France ?

Il n’y a pas de sentiment de méfiance entre les deux pays. Il y a seulement des relations difficiles entre les responsables de part et d’autre. Mais entre les deux Peuples, il y a une grande amitié. Cela, je peux vous l’assurer.

On remarque que depuis votre prise de fonction, vous n’avez pas effectué des visites dans les grandes capitales occidentales, pourtant ces pays ont beaucoup pesé dans la crise ivoirienne… C’est vrai. Mais ce n’est pas délibéré, c’est une question de gestion de calendrier. L’actualité est brûlante, les questions sont brûlantes et on n’a pas assez de temps, c’est la première explication. Ensuite, le fait que je ne me sois pas encore déplacé en Europe ne doit pas être interprété autrement.
Il faut, quand même, des séquences dans la recherche des solutions. Il y a des questions que la sous-région doit chercher d’abord à l’intérieur. Par exemple, réunir les principaux acteurs de la vie politique, et ça prend du temps. D’autres questions telles que la mise en place de la Commission nationale indépendante, etc.

Cent jours, ce n’est pas beaucoup. Cela fait cent jours que j’ai été nommé, deux mois et demi que le gouvernement fonctionne, ça ne laisse pas beaucoup de temps pour les voyages. J’ai déjà effectué quelques visites de proximité : L’Afrique du Sud, Burkina Faso, Congo, Mali… Je suis au Sénégal.
Maintenant que nous avons mis en place quelques structures nécessaires pour le processus, le deuxième volet de mon action est d’aller voir nos grands partenaires qui nous ont toujours aidés et qui doivent continuer à nous aider dans la recherche des financements de nos programmes. Le prochains voyages que je vais entreprendre seront auprès des institutions internationales, en particulier les institutions de Bretton Woods, de l’Union européenne et auprès de tous les partenaires au développement. En tout cas auprès de tous ceux qui sont prêts à nous aider. Le temps est serré et moins je passerais de temps à l’extérieur, mieux cela vaudra.

D’aucuns disent que si vous avez accepté la mission en Côte-d’Ivoire, c’est parce que la France vous a beaucoup encouragé à le faire ?

En tout cas, elle ne m’a pas découragé. Il n’y a pas que la France, il y a les Etats-Unis, l’Europe, l’Angleterre, il y a tous les pays qui sont membres de la Communauté internationale. Je dois avouer aussi que le Peuple se réjouit de ce soutien. De ce côté, je crois savoir que je suis un peu un Premier ministre comblé. Ils m’encouragent et ils me soutiennent, mais ce n’est pas uniquement à cause de ma personne. Cela s’explique aussi par le fait que la Côte-d’Ivoire participe à l’équilibre politique, économique et social de l’Afrique de l’Ouest. C’est un élément important.

Ne pensez-vous pas qu’il faille un homme nouveau en Côte-d’Ivoire pour décanter la situation ?

C’est quoi un homme nouveau ?

Peut-être quelqu’un qui n’est pas impliqué dans la situation de tension, de guerre…

(Il coupe) Non, il faut que les Ivoiriens renouvellent leur état d’esprit, il faut un changement de mentalité. Et c’est cela que nous essayons de faire comprendre aux uns et aux autres. Effectivement, le peuple ne souhaite pas avoir affaire avec des gens qui sont tout le temps en train de se disputer sans que cela apporte quelque chose de concret.
On peut être un ancien avec un esprit nouveau comme on peut être un homme nouveau avec un esprit totalement arriéré. Je m’adresse surtout à la mentalité, à la façon que chacun a de percevoir les questions et à la vision qu’on peut avoir de la crise. Oui ! on a besoin d’une vision nouvelle et cela se trouve en Côte-d’Ivoire. Même parmi ceux qui sont là.

Le Groupe de travail international (Gti) a voulu remettre en cause le mandat des députés et cela a créé des problèmes. Est-ce que ce n’était pas une erreur d’appréciation qui a risqué d’être préjudiciable au processus de paix ?

Je pense que c’était un malentendu. Il n’y avait rien qui pouvait justifier cette réaction. Je crois, d’ailleurs, que ce malentendu est derrière nous. Il n’y a vraiment rien de sérieux qui explique, deux mois après, la réaction que les jeunes avaient à cette occasion-là.

Le désarmement des différentes factions sera assurément difficile.

Il faut désarmer et il faut que ce désarmement soit réussi. Il faut créer les conditions pour que cela réussisse. Et les conditions, c’est d’abord assurer que la confiance règne entre les uns et les autres. Cela n’est pas nouveau.

J’ai foi au désarment mais je sais que ce n’est pas chose facile. En même temps, il y a un volet auquel on ne fait pas souvent attention, c’est le volet de la réinsertion et il faut le réussir. Il faut mener concomitamment le désarmement avec la réinsertion pour rassurer les gens. On peut réussir cela avec le soutien de la Communauté internationale qui va aider à financer les programmes de réinsertion, avec un dialogue constant pour changer les mentalités, expliquer aux uns et aux autres qu’on ne peut obtenir rien de durable avec les armes. Il faut arriver au désarmement et de toutes les façons nous sommes obligés de le faire.

Le succès de Yayi Bony au Bénin semble discréditer la classe politique. Cette situation ne risque-t-elle pas de se répercuter en Côte d’Ivoire ?

C’est une nouvelle donne. Je ne connais pas, suffisamment, la situation au Bénin pour me prononcer sur cette façon de percevoir les choses. Mais je constate, effectivement, que l’ampleur de son succès montre un certain divorce entre la classe politique et le peuple. Je pense aussi qu’il ne faut pas exclure la qualité du candidat, son expérience.
Le Peuple béninois pense que son expérience peut être mis à profit pour l’intérêt du peuple. En partie, vous avez peut-être raison, il y a, dans certains de nos pays, un écart entre les aspirations des peuples et la déclaration des partis politiques.
C’est, en tout cas, un défi qui est lancé aux politiciens qui doivent réfléchir sur comment prendre les aspirations des populations, comment, concrètement transformer ces aspirations en réalité.

L’axe Dakar-Abidjan, du point de vue de la proximité des populations, se porte bien. Mme l’Ambassadeur de la Côte d’Ivoire vient de se marier au Sénégal et vous-même vous, vous gardez toujours un pied à Dakar, y a-t-il un secret ?

(Rires) C’est tout à fait normal. Les relations entre les deux pays ne datent pas d’aujourd’hui, il y a beaucoup de Sénégalais qui se sont mariés en Côte d’Ivoire. Moi, je me réjouis de cela.


Madiambal DIAGNE
"LE QUOTIDIEN"


COTE D'IVOIRE / PREMIER CONGRES EXTRAORDINAIRE DU MOUVEMENT DES FORCES D'AVENIR (M.F.A.)

Lundi 27 Mars 2006

1er congrès extraordinaire du Mfa - Anaky Kobena Innocent (Président du Mfa) à propos de la présidentielle d’octobre : "Il est impératif que le Rhdp ait un candidat unique"

La reconstruction de la Côte d’Ivoire post-crise et les échéances électorales d’octobre prochain se préparent activement. Tous les états-majors des partis politiques sont à pied d’œuvre pour ne pas être en reste dans cette nouvelle donne. Le Mouvement des forces d’avenir (Mfa), dans cet esprit, a tenu hier dimanche, son premier congrès extraordinaire.

C’est le palais des congrès de l’hôtel Ivoire d’Abidjan-Cocody, qui a servi de cadre aux assises de cet évènement. Qui avait pour thème « le Mfa et les défis de la construction de la Côte d’Ivoire post-crise ».
Ce moment historique pour le Mouvement des forces d’avenir, les militants (es) et sympathisants de ce jeune parti n’ont, pour rien au monde, voulu se le faire raconter. Aussi, venus des 4 coins de la Côte d’Ivoire et même de l’étranger, ont-ils pris d’assaut cette grande et prestigieuse salle de l’hôtel Ivoire, devenue trop exiguë pour la circonstance.
A la cérémonie d’ouverture et au chapitre des interventions, tour à tour, se sont succédé au micro, M. Kouassi Kobena Adjoumani (porte-parole des ressortissants de la région du Zanzan), Pépé Paul, président du Parti national ivoirien, Guéi Bombet Robert de la Renaissance et Mme Angèle Gnonsoa du Pit, venus témoigner leur soutien au Mfa.
Le ministre Anaky Kobena Innocent, président dudit parti, a, dans son allocution, dépeint la « chaotique » gestion du pouvoir d’Etat par le Front populaire ivoirien (Fpi). Parlant du processus d’identification, il a dénoncé la gabegie des refondateurs qui, selon lui, n’ont pu conduire jusqu’à terme ce processus « incontournable » au retour de la paix. Et ce, déclare-t-il, nonobstant« la faramineuse somme de 14 milliards allouée par le gouvernement pour la cause ».
Evoquant la sortie de crise, le N°1 du Mfa a émis son optimisme. « Nous pensons et nous sommes mêmes sûrs que nous sommes sur la route de la paix », a-t-il fait savoir. Pour lui, le décor pour désormais classer cette crise qui secoue la Côte d’Ivoire, est planté. Allusion faite à l’adoption de la résolution 1633 par l’Onu qui, à l’en croire, est la boussole de la Côte d’Ivoire, ce qui a permis la mise en place de la transition politique dirigée par le Premier ministre Charles Konan Banny.
Mais également à la récente nomination du général Ouassénan Koné comme coordonnateur général du programme du désarmement. « Mon général, comme on le dit en anglais, ‘’you are the right man in the right place » (Ndl : vous êtes l’homme qu’il faut à la place qu’il faut).
Aux jeunes et aux femmes ivoiriennes, notamment ceux des partis d’opposition, l’orateur a indiqué que l’avenir de l’Eburnie dépend d’eux.
Il leur a lancé un appel à l’éveil afin de démontrer qu’ils sont les plus nombreux. La question des élections n’est pas restée sous l’éteignoir. Pour le président du Mfa, le rassemblement des houphouétistes doit se donner toutes les chances pour avoir le pouvoir d’Etat. Il a rappelé l’idée d’une « candidature unique pour le Rhdp à la présidentielle » d’octobre, condition sine qua non, selon lui , pour « gagner ces échéances au premier tour mais aussi pour redonner à la Côte d’Ivoire son lustre d’antan ». Sur ce même sujet, le secrétaire général du Pdci Alphonse Djédjé Mady, prenant pour appui le thème de ce congrès, a souhaité que les conclusions de la rencontre aillent dans ce sens. « Nous attendons et fondons beaucoup d’espoir sur les résultats de votre congrès », a-t-il soutenu.
Pour sa part, le Ministre Louis André Dacoury-Tabley, secrétaire général adjoint des Forces nouvelles, après s’être félicité de la marque d’estime faite à son mouvement par le Mfa, en l’invitant à ce rendez-vous, a émis son vœu de voir émerger une nouvelle Côte d’Ivoire démocratique.
« L’avenir est à la démocratie, mais la démocratie vraie », a fait savoir le N° 2 des Forces nouvelles pour qui la recherche de cet objectif à savoir l’instauration d’une nouvelle politique, résume tout le sens du combat de l’ex-rébellion.
Avant eux, le ministre Mabri Toikeusse, président de l’Udpci, et son collègue de la Construction Marcel Amon Tanoh, représentant du Rdr, ont salué l’esprit de l’houphouétisme qui a prévalu dans l’organisation de ce rassemblement. Et, ont rappelé la ferme volonté de leurs partis respectifs à toujours œuvrer pour la victoire du Rhdp. Au moment où nous mettions sous presse, le congrès abordait sa deuxième phase, à savoir les réflexions en ateliers.

Richard Yasseu (richardyasseu@yahoo.fr)


PRIX MONDIAL DE LA SOCIETE DE L'INFORMATION DECERNE A S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU SENEGAL

Dimanche 26 Mars 2006

En reconnaissance à ses efforts inlassables de promouvoir la solidarité numérique , S.E.Maître Abdoulaye WADE recevra à GENEVE le 17 MAI 2006 le Prix Mondial de la Société de l'Information en même temps que l'inventeur du WEB , M.Tim BERNERS LEE.


SENEGAL MAGAL 2006 A TOUBA

Dimanche 26 Mars 2006

Les populations sénégalaises et celles venues des quatre coins du monde ont célébré dans la ferveur religieuse la 111ème édtion du MAGAL ou départ en exil de Cheick Ahmadou BAMBA , fondateur du Mouridisme , dans la Ville Sainte de TOUBA.
A cette occasion le Corps Diplomatique ainsi que les Membres du Gouvernement et des Corps constitués ont fait le déplacement à TOUBA .


COOPERATION IVOIRO-SENEGALAISE / VISITE D'AMITIE ET DE TRAVAIL DU PREMIER MINSITRE CHARLES KONAN BANNY A DAKAR

Dimanche 26 Mars 2006

Arrivée à Dakar du Premier ministre Charles Konan Banny
Le Premier ministre Ivoirien, Charles Konan Banny est arrivé vendredi à Dakar en provenance de Bamako pour un séjour de « travail et d'amitié » quelques jours après celle de S.E.M.Youssouf BAKAYOKO ,Ministre ivoirien des Affaires Etrangères.

La visite de M.Banny qui entre dans le cadre du « raffermissement des liens de coopération entre le Sénégal et la Côte d'Ivoire » a permis au Premier ministre ivoirien d’avoir samedi des entretiens avec son homologue sénégalais Macky Sall avant d’être reçu longuement par le Président Abdoulaye Wade en sa présence .
Au cours de son séjour, le Premier ministre Banny a participé à un rassemblement des femmes sénégalaises dans un grand stade de Dakar pour célébrer les réalisations du président Wade en faveur des femmes.
Le Premier Ministre a saisi l'opportunité pour inviter M.Macky SALL à se rendre en Côte d'Ivoire .
Avant son départ , S.E.M.le Premier Ministre a reçu en audience , en sa résidence privée , le Ministre sénégalais des Affaires Etrangères , S.E.Cheick Tidiane GADIO absent et rentré de mission quelques heures auparavant , avec qui il a eu un entretien en tête-à-tête.
Nommé en décembre dernier, le Premier ministre de Côte d'Ivoire, ex gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), a pour mission d'assurer la transition jusqu'à l'élection présidentielle ivoirienne prévue au plus tard le 31 octobre prochain.


SENEGAL / HOMMAGE A S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE / MEETING GEANT DES FEMMES

Dimanche 26 Mars 2006

Plusieurs milliers de femmes ont rempli samedi après-midi le stade Demba Diop (périphérie de Dakar) pour accueillir le président de la République Abdoulaye Wade et lui rendre hommage pour les réalisations du gouvernement en leur faveur entre 2000 et 2005, a constaté un reporter de l'APS.

‘'Votre mobilisation prouve que vous êtes satisfaites de mes réalisations'', a commenté le chef de l'Etat accompagné par le Premier ministre Macky Sall, plusieurs membres du gouvernement, de l'Assemblée nationale, du Conseil de la République, du Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny. Etaient également présents des représentants du corps diplomatique accrédité à Dakar et des partenaires au développement. Satisfait de la mobilisation des femmes en son honneur, Me Wade a annoncé sa décision de donner à l'association des femmes juristes ‘'le statut d'organisme consultatif auprès du président de la République''. ‘'Femme du Sénégal, je veillerais, dans ma pratique du pouvoir, à ce que notre pacte de solidarité et de complicité se consolide et se renforce davantage'', a promis le président Wade. Il a ajouté en direction des femmes habillées aux couleurs -- bleu et jaune -- du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) et venu de toutes les régions du Sénégal : ‘'vous êtes non seulement au coeur de l'alternance, mais aussi au coeur de mon projet de société''. ‘'En ce qui me concerne, je m'efforce et je m'efforcerai toujours à leur (les femmes) ménager un environnement et un contexte propice à leur épanouissement. Je les placerai aux stations qu'elles méritent'', a encore assuré le chef de l'Etat.


SENEGAL / INVESTITURE DU PRESIDENT PEDRO PIRES DU CAP-VERT / PARTICIPATION DU PRESIDENT WADE

Vendredi 24 Mars 2006

Le Président Wade, qui était accompagné d’une forte délégation composée de Ministres d’État, de Ministres, de Députés, de Conseillers de la République et de Directeurs de sociétés nationales, a indiqué qu’il ne pouvait pas ne pas assister à cette investiture.

Ce qui montre l’excellence des relations entre les deux pays. « Deux pays dont les peuples sont parents par le sang et l’histoire », a expliqué Me Abdoulaye Wade qui a indiqué avoir beaucoup de convergences de vue avec son homologue cap-verdien. « Même s’il est socialiste et que je suis libéral, cela montre que la volonté de bien faire les choses prime dès fois sur les idéologies », a expliqué Me Abdoulaye Wade.

Le Président Pédro Pires a, pour sa part, salué le panafricanisme et le leadership du président Wade en Afrique. Il considère d’ailleurs sa présence comme une marque d’estime et de considération. Il a salué la fraternité qui existe entre le Sénégal et le Cap-Vert et l’excellence des relations de coopération qu’il va falloir approfondir, diversifier et consolider.

Élu pour cinq ans, le Président Pires a remercié le peuple cap-verdien qui lui a renouvelé sa confiance. Son quinquennat sera mis à profit pour approfondir la démocratie, relancer l’économie, développer l’éducation, etc.


COTE D'IVOIRE / M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA PRESIDENT DU RDR EN VISITE DANS LE NORD DU PAYS / DISCOURS A BOUAKE FIEF DES FORECS NOUVELLES

Vendredi 24 Mars 2006

«Chers frères, chères sœurs,
chers militants et chères militantes, cher Ibrahima Fanny, maire de Bouaké,
Je voudrais, au nom de la délégation qui m’accompagne, vous saluer. Vous dire que je suis à Bouaké à l’occasion d’un voyage de famille pour me rendre à Kong et ensuite à Gbéléban dans le cadre des cérémonies funéraires de ma mère Hadja Nabintou Cissé.
Je ne pouvais pas être dans le Nord sans venir à Bouaké, le temps pour vous saluer, chères militantes et chers militants.
Vous remercier parce que j’ai vu avec combien de sympathie vous nous avez entouré à l’occasion des obsèques de Hadja Nabintou Cissé, notre maman.
Je sais que beaucoup ont fait le déplacement sur Abidjan et que à Bouaké, même pendant quarante jours, beaucoup d’entre vous avez prié, nuit et jour, pour que son âme repose en paix et qu’Allah l’accueille à son paradis.
C’est une marque de grande sympathie et les familles Ouattara et Cissé ne pouvaient ne pas s’arrêter à Bouaké pour vous saluer et vous remercier.
Je salue spécialement le maire Ibrahima Fanny pour toutes les dispositions qui ont été prises. Je me réjouis d’être à Bouaké qui est bien connu pour sa diversité, sa tolérance, l’esprit de réconciliation et c’est pour cela également qu’avant de faire cette visite, j’en ai informé le ministre d’Etat, Guillaume Soro, Secrétaire général des Forces nouvelles qui a bien voulu nous accueillir ce matin et nous donner toutes les assurances de nous aider, de nous escorter pendant tout le temps que nous serons dans cette partie de notre pays.
Je sais que nous attendons tous la réunification et une paix définitive, nous prions pour cela.
Je voudrais vous dire aussi que, depuis bientôt deux mois que je suis arrivé, l’on peut constater que le climat politique s’est bien apaisé et que nous devons continuer dans cette voie parce que la Côte d’Ivoire a besoin d’être unie, nous avons besoin de faire en sorte que les Ivoiriens se retrouvent, se réconcilient et prient ensemble pour la paix dans notre pays. Nous avons besoin de réconciliation, nous avons besoin de pardon. Ce n’est pas le jour ni le lieu de faire un discours. Compte tenu des circonstances que je vous ai indiqués.
Mais je voudrais vous saluer pour votre esprit de tolérance, pour la paix qui nous est si chère et vous dire que nous sommes à vos côtés. Nous savons que vous nous soutenez et dites, à toutes les familles de Bouaké, du Centre de la Côte d’Ivoire, du Nord de la Côte d’Ivoire, de tout le territoire ivoirien que, entre Ivoiriens, nous sommes unis, nous sommes solidaires et que nous voulons la réunification rapide de notre pays. Nous en avons donné l’exemple le 28 février quand nous nous sommes rencontrés, les principaux leaders des partis politiques.
Nous avons pris des engagements et nous attendons les respecter parce qu’il est nécessaire que la Côte d’Ivoire retrouve son unité, que ce beau pays, locomotive de la sous région, pusse à nouveau jouer le rôle qui est le sien et moi je suis confiant parce que vous le voulez et parce que vous allez nous aider à le faire.
Donc chers frères, chères sœurs, encore un grand merci pour cet accueil spontané et je suis sûr que, très rapidement, nous reviendrons à Bouaké dans un autre cadre et nous pourrons parler. Merci beaucoup ».

Propos recueillis à Bouaké par
Baba Coulibaly Nicolas (Envoyé spécial)


COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES

Mercredi 22 Mars 2006

Un Conseil des Ministres s’est tenu ce Mercredi 22 Mars 2006 au Palais de la Présidence, de 11 heures à 13 heures sous la présidence du Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO…

Avant d’aborder l’ordre du jour, le Président de la République a félicité le Premier Ministre pour son émission télévisée à l’occasion des 100 jours du gouvernement, et a recommandé que dans cette période de rumeurs, même les Ministres soient encouragés à ce type d’exercice afin d’expliquer au mieux l’action du gouvernement.

Abordant son ordre du jour, le Conseil a examiné plusieurs projets de décrets ainsi que des communications.

DECRETS

Sur présentation des Ministres en charge des départements concernés et après délibération du Conseil, le Président de la République a signé quatre décrets portant organisation :

- 1° - du Ministère d’Etat, Ministre du Plan et du Développement ;

- 2° - du Ministère des Infrastructures économiques ;

- 3° - du Ministère des Transports ;

- 4° - du Ministère du Tourisme et de l’Artisanat.

COMMUNICATIONS

Premier Ministre, Ministre de l’Economie et des Finances, Ministre de la Communication

Une communication verbale relative aux Conseils d’Administration des Sociétés d’Etat et des Sociétés à participation financière publique. Le Premier Ministre a saisi l’occasion pour réaffirmer la nécessité du respect des règles et principes gouvernant la constitution ou le renouvellement des Conseils d’Administration. Tout particulièrement, il a insisté sur la nécessité de se référer, en ces occasions, aux statuts des sociétés concernées, d’harmoniser leurs règles avec celles de l’OHADA. Le Premier Ministre a rappelé également l’obligation de respecter les procédures prévues pour la désignation des présidents des conseils d’administration (décrets et non pas arrêtés) ainsi que des règles assurant la validité des délibérations.

Ministère du Commerce

Une communication relative à la présidence du Conseil des Ministres de l’Alliance des Pays Producteurs de Cacao (COPAL) qui sera assurée pour cette année 2006 par la Côte d’Ivoire à travers notre Ministre du Commerce. Le Conseil a été informé à cette occasion que le Ministre du Commerce a désigné Monsieur DJIKALOU St Cyr, représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des Organisations Internationales des Produits de base à Londres, en qualité de Président de l’Assemblée Générale de l’Alliance.

Ministère de la Jeunesse, de l’Education Civique et des Sports

Une communication relative à la crise à l’INJS établissement qui, suite à des grèves des étudiants a connu un arrêt total des cours depuis le 27 Février 2006. Le Conseil a été informé que si à la base de la crise on trouve un conflit entre la direction de l’INJS et la Mairie de Marcory au sujet de la Construction de kiosques le long du mur de l’INJS, dans le fond les problèmes sont essentiellement d’ordre pédagogique ou sont liés aux infrastructures qui sont nettement dépassées (1070 étudiants pour une capacité prévue de 438).

Après les discussions, les cours ont repris le lundi 20 Mars 2006 et un Comité Ad’hoc a été mis en place en vue d’examiner et de faire rapport sur les problèmes pédagogiques et autres se posant à l’INJS.

Le Conseil après délibération, a adopté les conclusions de ces trois communications.

Mesures individuelles

Le Conseil, sur présentation des Ministres en charge des départements concernés, a donné son accord pour la nomination de l’Inspecteur Général, des Directeurs Généraux et du DAAF au Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique.

De même, le Conseil a donné son accord pour le détachement d’un ingénieur des travaux publics en fonction au Ministère des Infrastructures Economiques auprès de l’association mondiale de la route, ainsi que pour la nomination de Directeurs de Cabinet.

Ministère de la Défense

Le Ministre de la Défense a ensuite rendu compte de deux réunions tenues sous la présidence du Chef de l’Etat et en présence du Premier Ministre et du Ministre délégué à l’économie avec les recrues des FDS de 2003.

Ces deux réunions font suite à des remous observés au sein des recrues des FDS 2003. A cette occasion, le Président de la République et le Premier Ministre ont fait état des rumeurs de manipulation au sein des FDS selon lesquelles les jeunes recrues seraient laissées pour compte à la fin du processus en cours et que les primes en retard ne seraient pas payées par le Ministre de l’Economie et des Finances.

A l’issue des réunions, sur l’ensemble des questions soulevées par les jeunes recrues et qui touchent : leur réengagement, les arriérés de primes ; la prise en charge des soins de santé par le Fonds de Prévoyance Militaire ; les primes qu’ils souhaitent voir transformées en salaire, les réponses données et les solutions proposées par le Président de la République ont rencontré leur adhésion.

Sur la situation des parents des victimes : la législation actuellement incomplète sera corrigée et complétée pour répondre aux réalités nées de la guerre, en ce qui touche la situation des pupilles de l’Etat.

Le Premier Ministre a tenu à ajouter que dans cette période trouble, où l’intoxication règne, il y a lieu de savoir que le Premier Ministre et le Président de la République travaillent de concert et dans la transparence à régler les problèmes de fond qui se posent à nos FDS et que tous deux partagent la même vision dans l’approche de résolution de ces problèmes.

Enfin, le Président de la République a tenu à s’exprimer sur les bisoutages à l’Ecole de police. Si l’on y prend garde a-t-il dit, cette pratique admise à l’époque mais aujourd’hui fortement dénaturée et qui confine plus à la barbarie, pourrait entraîner des drames regrettables. Le Président de la République a demandé que dans tous les secteurs où ces pratiques sont en cours qu’il s’agisse des FDS ou de l’Ecole (lycées, collèges, écoles de formation), il y soit mis fin. Il a demandé au Premier Ministre d’engager une action afin que des textes spécifiques viennent interdire ces pratiques.

Le Ministre de la Fonction Publique,
de l’Emploi et de la Réforme Administrative,
Porte-parole du Gouvernement

Prof. OULAYE Hubert


COTE D'IVOIRE / RENCONTRE DU PRESIDENT GBAGBO AVEC LES 4000 NOUVELLES RECRUES MILITAIRES

Mercredi 22 Mars 2006

- Vu la rencontre qui s'est tenue le Mercredi 15 Mars 2006 à l'Etat - Major, présidée par le Chef de l'Etat, son Excellence Monsieur LAURENT GBAGBO;

- Vu les rencontres des différents délégués comprenant ceux du Front et ceux de la Base Arrière qui se sont tenues le Dimanche 19 et mardi 21 mars 2006 au 1er Bataillon d'Infanterie d'Akouédo, Il ressort ce qui suit:

1. LE REENGAGEMENT
Les Militaires appelés dans leur totalité aspirent au réengagement pour continuer à servir la Nation en défendant les Institutions de la République.
A cet effet, comme vous l'avez promis lors de la rencontre précédente, Excellence Monsieur le Président, les appelés placent en vous leur espoir de voir ce vœu se réaliser dans un délai de deux (02) mois.

2. REMUNERATION
Suite à l'irrégularité du payement de la prime alimentaire, unique source de revenu des appelés, une rémunération de cent mille (100.000 Frs) par mois est souhaitée pour leur permettre de subvenir à leurs besoins primaires. Le payement de cette allocation dès la fin du mois de mars 2006, permettra d'apaiser tout le monde.

3. LES ARRIERIES
Les appelés souhaitent le règlement de tous les arriérés progressivement mais dans un délai de cinq (05) mois.

4. SANTE
Excellence Monsieur le Président de la République, les Appelés voudraient vous signifier leur infinie gratitude pour les moyens que vous avez bien voulu dégager pour leurs soins de Santé.
Toutefois, nous souhaiterions avoir des informations sur la façon dont les appelés seront pris en charge.

5. CONCOURS
Parmi les Appelés, nombreux sont ceux qui détiennent des diplômes ou des qualifications leur permettant de présenter des tests d'entrée dans des différents corps de métiers tels que la Police, la Douane, les Eaux et Forêts, la Gendarmerie, l'ENA et j'en passe.
Excellence Monsieur le Président, certains de nos camarades ont pu déjà s'insérer dans ces structures. Nous souhaitons une fois encore votre soutien afin que ceux d'entre nous qui présentent ces concours puissent être retenus.

6. SOUTIEN AUX FAMILLES DES SOLDATS TOMBES AU FRONT.
Les Appelés souhaitent que les Familles des Soldats tombés au Front bénéficient d'une prise en charge afin qu'elles (Les Familles) ne se sentent pas abandonnées.

CONCLUSION
Excellence Monsieur le Président de la République, voici vos soldats du Contingent recrutés après le 19 Septembre 2002, venus des Fronts de Bondoukou, M'bahiakro, Daoukro, Tiebissou, Yakro (NDLR : Yamoussoukro), Daloa, Bouaflé, Zuénoula, Gagnoa, Duékoué, Guiglo, Blolequin, Taï, Ity, Para, San Pedro, Toulepleu, Zonhin (NDLR : Zouan-Hounien) et les différentes Unités de la Place d'Abidjan: la Marine, la Base Aérienne, la GR, le BCS, le 1er BCP, le BASA, Le 1er BB, le 1er Bataillon d'Infanterie d'Akouédo; pour vous témoigner leur reconnaissance, leur engagement et leur fidélité. Les Vœux ci-dessus exprimés Monsieur le Président, ne doivent pas être perçus comme une revendication mais plutôt comme une aspiration de jeunes Ivoiriens à une vie meilleure.
Nous n'ignorons pas les nombreuses difficultés du pays mais nous comptons sur vous pour que nos vœux soient exhaussés et qu'en toute sérénité nous puissions remplir au mieux notre mission de défense de la patrie.

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !
Contingents 2002 1A et 2002 2A


FRANCOPHONIE / LA COTE D'IVOIRE CELEBRE LE POETE -PRESIDENT LEOPOLD SEDAR SENGHOR

Mardi 21 Mars 2006

A l'instar de tous les Etats qui ont en partage la langue française, notre pays était en fête hier à la faveur de la Journée internationale de la Francophonie. Cette célébration solennelle était doublée d'un hommage à Léopold Sédar Senghor, l'homme de la civilisation de l'universelle à qui l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a tenu à rendre hommage en cette année de célébration du centenaire de sa naissance.
Le Chef de l'Etat, le Président Laurent Gbagbo, a rehaussé de sa présence cette cérémonie qui marquait formellement la fin de ces 36èmes journées débutées jeudi dernier sous le thème du " Dialogue des cultures au service de la réconciliation ". La fête a été belle en cette salle " Ernesto Djédjé - François Lougah " du Palais de la culture archicomble pour l'occasion. Animations artistiques, allocutions, chants et prestations ont agrémenté ces instants d'échanges conviviaux. La chorale de l'Ecole normale supérieure (ENS) a annoncé les couleurs en exécutant de façon magistrale, les cinq couplets de la version originale de l'Abidjanaise. L'occasion était indiquée pour le dévoilement du timbre à l'effigie de Léopold Sédar Senghor, que " le premier postier de Côte d'Ivoire ", le Président Laurent Gbagbo, a officialisé. Les différents intervenants que sont Mme Monnet Agnès de l'AICF, Dr René Gnaléga, secrétaire permanent du centenaire de Senghor, et l'ambassadeur de la République démocratique du Congo ont invité le peuple ivoirien à l'inter-culturalité et à la démocratie. Conformément à l'immense héritage laissé par l'illustre disparu. Le ministre Mel Eg Théodore a pour sa part salué la mobilisation de tous les ambassadeurs francophones présents à la cérémonie et plus particulièrement celle de SEM. Lansana Kouyaté, représentant le secrétaire général de l'OIF. Le public a pu apprécier de belles prestations avec le groupe " Manh boya " et surtout l'inusable Sidiki Bakaba qui a gratifié l'auditoire d'un texte poétique de Senghor extrait de " Hosties Noires ". Une visite du forum francophone et de l'exposition Senghor ont mis fin à la cérémonie.

Hervé Koutouan


LES 100 JOURS DU PREMIER MINISTRE BANNY / REACTION DES LEADERS POLITIQUES IVOIRIENNS

Lundi 20 Mars 2006

Djédjé Mady, S.G du PDCI
“Il a notre soutien”
Je pense que le bilan des 100 jours du Premier ministre, M. Charles Konan Banny, fait naître un espoir certain quant à la sortie de solution de crise. Il a posé, avec sa méthode à lui, un certain nombre d’actes qui rapprochent les Ivoiriens. Le blocage, qu’on avait constaté avant son arrivée, se défait progressivement. En tout cas, la commission électorale indépendante est devenue fonctionnelle, sans parler du gouvernement qui est au travail. L’identification sera un fait réel très prochainement. Et les financements sont fournis par la Communauté internationale. Les états-majors des Forces de défense et de sécurité et des forces armées des Forces nouvelles renouent le dialogue pour trouver un programme, un chronogramme quant à la mise en œuvre du DDR. Enfin, l’espoir est permis. Et ce qu’il faut remarquer, dans la prestation du Premier ministre et qui est exact, ce n’est pas lui qui nous donnera la paix. Il a besoin de tous les Ivoiriens pour l’aider à assurer sa mission dans l’intérêt de nous tous. Chacun au niveau où il se trouve doit prêter main forte au processus de paix en acceptant la réconciliation et les efforts à faire. Pour que, en soutenant le Premier ministre et son gouvernement de transition, comme il a dit, le 30 octobre, avec lui, toute la Côte d’Ivoire ait la satisfaction de dire la crise est terminée. Les élections dont les résultats sont acceptables par tous aient lieu. Et que nous puissions commencer à reconstruire progressivement notre solidarité, notre vie collective, notre économie et la paix durable dans ce pays. je pense que le Premier ministre a du mérite de commencer et de faire ce qu’il a fait. Mais, il a besoin de chaque Ivoirien pour l’aider dans sa mission. En tout cas, au nom du PDCI, nous lui promettons notre soutien et l’encourageons à persévérer pour la mise en œuvre de sa feuille de route.

Constance Yaï, dirigeante féministe
“Il faut un discours de fermeté”
Le Premier ministre est resté égal à lui-même: esprit d’ouverture, de tolérance et se tenant loin des positions extrêmes. Son discours d’apaisement qui pourrait paraître trop conciliant aux yeux de certains, pourrait donner l’impression malheureusement que M. Konan Banny ne veut bousculer personne. Et pourtant, il faut aller au désarmement.
Les revendications sont connues, les griefs et colères exprimés, les meurtrissures sont en train de se cicatriser. Pour en sortir, il faut un discours de fermeté afin que notre pays soit réunifié. Il ne dit sûrement pas tout le fond de sa pensée car derrière cette pondération, on sent l’intention personnelle de l’homme de se lancer dans la bataille afin de briguer la magistrature suprême. A mon avis, il devrait se défaire de cette ambition afin de réduire ses préoccupations à octobre 2006: réunification du pays et élections générales.
Les femmes qui ont applaudi, les jeunes, les familles déplacées de guerre, les victimes de la crise doivent-ils toujours lui faire confiance? Je pense que oui; mais le Premier ministre doit faire vite. La Côte d’Ivoire est bénie de Dieu, M. Konan Banny est un messie, le choix de (Jacques) Chirac, de (Olusegun) Obasanjo ou de la communauté internationale. Qu’importe, il se doit de devenir l’homme des Ivoiriens.
Pour conclure, je voudrais le féliciter car c’est la première fois qu’à un si haut niveau, il est dit que Gbagbo, Bédié et Ouattara n’ont pas de divergence de fond, mais qu’ils se battent uniquement pour le pouvoir d’Etat. Il a aussi dit que ces messieurs se sont toujours illustrés dans des alliances électoralistes. Ce point de vue, je l’ai toujours partagé. Je garde quand même espoir quant à la volonté exprimée, il y a 100 jours, par le Premier ministre de faire la promotion des femmes. Nous marchons vers la parité, alors…”

Ally Coulibaly, porte-parole du RDR
“Une expérience utile” En tout premier lieu, il faut se féliciter du retour à la Télévision ivoirienne de ce type d'émissions, qui offrent une opportunité d'expression plus grande aux hommes politiques, aux décideurs comme il en existe ailleurs. Je considère que c'était une bonne opération de communication et que le Premier ministre a été bien inspiré d'accepter l'invitation de la Télévision pour rendre compte de son bilan de 100 jours de mission, pour avoir un dialogue avec ceux qui étaient présents sur le plateau et orienter sa politique vers les Ivoiriens. C'est une expérience utile parce que les Ivoiriens et les Ivoiriennes ont besoin d'être informés, de savoir où on en est, où on va, etc. Le Premier ministre a expliqué les principes qui le guident, les ambitions qu'il nourrit pour le pays, le retour à la paix, son attachement au processus de réconciliation nationale. Il veut faire en sorte que les ivoiriens réapprennent à vivre ensemble pour que la Côte d'Ivoire retrouve sa place dans le concert des nations. Cela suppose l'acceptation de nos différences, l'instauration d'une confiance entre nous ".

Paul Arnauld, Conseiller politique UDCY
“Il a un projet constructif”
Le Premier ministre a un projet constructif, il a une mission de paix qu’il veut réaliser. Il s’est présenté à l’émission comme un évangéliste de la paix. Je souhaite que les Ivoiriens lui apportent leur soutien total pour lui permettre de réaliser cette mission de paix.

Salif N’Diaye, S.G de l’UDPCI
“Heureux pour la place accordée à l’école” Il est heureux que cette initiative ait été prise par le Premier ministre pour mettre l’ensemble de la population au même niveau que ceux qui dirigent le pays. Il a survolé tous les importants dossiers qui sont en train d’être traités. Il est évident que conformément à sa formule, “laissons le temps au temps”, il est normal que tout ne soit pas fait.
Je me réjouis surtout de la place accordée à l’école et à la renaissance de l’école. Dans 5 ou 10 ans, nous aurons besoin de compétences et c’est là que se poseront des problèmes importants de ‘‘cerveaux’’ pour se mettre au service de l’économie ivoirienne. Surtout quand il sera question d’intégration de non nationaux.
Des pistes ont donc été ouvertes qui restent à être approfondies. Je pense que ce genre d’exercices devraient se répéter. Nous sommes optimistes pour le présent mais aussi en termes de perspectives.
En ce qui concerne le temps d’antenne, je ne voudrais pas faire de critique à l’endroit de la RTI ; mais, je pense que ça demanderait un peu plus de rigueur. Beaucoup de rigueur surtout qu’à télévision, on dit qu’une minute, c’est beaucoup de temps. Alors que nous avons constaté qu’il y a eu des redites.

Sidiki Konaté, Porte-parole des FN
“Un acte à saluer”
Le plus important, c’est l’engagement pris par le Premier ministre de faire le point de ses 100 jours de mission à la tête du gouvernement. C’est le retour du politique. Faire le bilan de la gestion du pays est un acte à saluer. Désormais, au lieu d’avoir à faire des bilans des pertes en vies humaines ou de sang, il vaut mieux faire celui des actes posés dans le cadre de la gestion du pays. C’est responsable. C’est courageux. Les Ivoiriens doivent dorénavant avoir droit à des séances de bilan du gouvernement, des politiques, etc. Cela va recentrer les débats et va nous faire sortir de l’esprit de guerre ”.

Diomandé Mamadou , D.G de Société
“Je n’ai pas vu le technocrate”
Sincèrement, je trouve que les questions essentielles ont reçu des réponses politiques. Le Premier ministre n’est pas souvent allé au fond des choses. Est-ce à cause du contexte… pour ne pas envenimer les choses ? En tout cas sur la question militaire, je considère qu’il n’a pas été suffisamment explicite. S’agissant du désarmement, j’ai vu une fuite en avant de sa part.
En ce qui concerne les élections, c’est le même constat que je fais. Lui, qui est le Premier ministre, dit qu’il souhaite que sa mission prenne fin le 31 octobre 2006. Il tient le volant et il a des doutes. C’est un peu comme un pilote dont l’avion arrive dans une zone de turbulence. Et il dit, “S’il plait à Dieu, nous allons passer”. Vraiment, on n’est pas rassuré. C’est un manager. Les réponses à certaines questions précises devraient êtres aussi précises. Même si diriger une banque centrale, ce n’est pas la même chose que des responsabilités étatiques de premier plan. Dans tous les cas, il faut rassurer. Nous les opérateurs économiques, nous avons besoin d’être rassurés. Après 100 jours, il y devrait avoir une lisibilité. Il aurait pu nous donner des dates précises sur le désarmement. Ça rassure. Dimanche soir, je n’ai pas vu le technocrate Banny, mais j’ai vu le politique Banny.

Joël N’Guessan, Vice-président du MFA
“Bonne émission de vérité”
L’émission bilan du Premier ministre a été une très bonne émission de vérité. Le Premier ministre a communiqué sa vision des réalités ivoiriennes. Il est totalement inscrit dans la dynamique du compromis. Je me réjouis de cette émission, elle a été positive. Que ce genre d’initiative se répète.

Propos recueillis par
Paulin N. Zobo
Marc Yevou
Emmanuel Kouassi
Alakagni Hala
Jean-Rock K. Kiriné


LES 100 JOURS DU PREMIER MINISTRE BANNY / REACTIONS DE LA POPULATION

Lundi 20 Mars 2006

1) M. Yaolire Sambo, chauffeur “Banny est efficace” “ Pour moi, il est normal qu’après 100 jours, le Premier ministre Charles Konan Banny se soit adressé à la population. Au cours de l’émission télévisée du dimanche, il a bien répondu aux questions qu’on lui a posées. S’agissant de son travail, je trouve qu’il est efficace parce qu’il faut jongler comme il le fait entre les différents antagonistes. Il n’a pas encore dévié et nous souhaitons qu’il continue comme cela. Pour le moment, on sent que les choses reprennent petit à petit ”.

2) M. Blaise Koffi, étudiant en Lettres Modernes “Il a survolé des questions” “ J’ai suivi le débat télévisé que j’ai vraiment apprécié. Surtout le fait qu’il ait été ouvert aux questions. Qu’il a tout de même survolées. On a vu qu’avec le gouvernement Seydou Diarra qu’on était arrivé à un moment donné au désarmement et cela n’a pas été chose faite. Et je pense bien qu’avant la nomination de M. Charles Konan Banny, il a été dit que dès sa prise de fonction, la première tâche serait le désarmement. Hier (Ndlr : le dimanche 19 mars) lorsque Charles Blé Goudé lui a posé cette question, il l’a survolées. Il n’a pas donné en tout cas la réponse que j’attendais. Quand on lui a posé la question de savoir ce qu’il pensait de la résolution 1633 et la constitution ivoirienne, la réponse n’a pas encore convaincu parce qu’il a dit que s’il arrivait que la résolution 1633 nous permet d’aller à la paix, il la privilégierait au détriment de la constitution ivoirienne. Chose pour laquelle, je ne suis pas d’accord ”.

3) Mlle Kouassi Véronique, caissière en pharmacie “Le seigneur l’a choisi pour la paix en Côte d’Ivoire” “ Je trouve que le Premier ministre Charles Konan Banny a été dynamique au cours des 100 premiers jours. Dans la mesure où il a pu réunir les différents leaders politiques. Je l’en félicite beaucoup et souhaite qu’il puisse aboutir à sa fin. Nous voulons vraiment la paix. Je sais que c’est le Seigneur qui l’a choisi pour que la Côte d’Ivoire ait la paix. Parce que nous sommes fatigués. Qu’il arrive à convaincre les hommes politiques et que nous puissions nous pardonner sincèrement. Que ce ne soit pas de l’hypocrisie ”.

4) M. Djédjé Guy Serge, étudiant en expertise comptable “Bilan positif dans l’ensemble” “ Le bilan semble être positif dans l’ensemble. Je pense que si l’opportunité lui ai donnée pour qu’il travaille tranquillement, il réussira sa mission. Les critiques ne manquent pas mais l’essentiel, c’est la paix. Il n’a pas encore atteint la fin de son mandat. Pour l’instant, on ne peut pas le juger. Il est sur la bonne voie. Quant au débat télévisé, je pense qu’il a été à la hauteur. Il a utilisé le bon ton ”.

5) M. Touré Kassim, homme d’affaires “Il a vraiment travaillé positivement” “ Je pense que les 100 jours du 1er ministre Banny sont quand même positifs en ce sens qu’il a vraiment travaillé positivement en réunissant les 4 grands que sont MM. Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié, ADO et Soro Guillaume. Nous n’avons pas vécu de forts moments que ceux là ! Il a pu les réunir à Yakro . Quant au débat télévisé, je n’ai pas pu le suivre ”.

6) Mme Soumahoro, femme d’affaires “J’espère qu’il va terminer ce qu’il a commencé” “ Le bilan de M. Banny est pour l’instant positif. J’espère qu’il va terminer ce qu’il a commencé Il est sur la bonne voie. Nous ne pouvons que l’encourager. Quant au débat, l’homme a été à la hauteur ”.

7) Mlle Yao Marie Yvette, esthéticienne “Banny a rassuré les ivoiriens” “ Je suis satisfaite de son travail puisqu’il a pu réunir les 4 leaders politiques. Donc pour moi, c’est un grand pas et je suis confiante. Il pourra faire davantage. Et ce que j’attends le plus ce sont les élections. D’ici à octobre, tout ira bien. En ce qui concerne le débat, le 1er ministre n’a pas pris parti pour qui que ce soit, il a été clair, précis dans ses propos. Il a rassuré les Ivoiriens en leur demandant d’être confiants ”.

8) M. Nicoué John, informaticien L’homme a prouvé qu’il peut reconcilier les ivoiriens” “ Après 100 jours, le bilan est positif. Car en réunissant les quatre grands leaders à Yakro et Abidjan, l’homme vient de prouver qu’il peut réconcilier les Ivoiriens toutes tendances politiques. Pour le débat du dimanche, je crois qu’il n’était pas mal. Seulement que le 1er ministre CKB ne repondait pas totalement aux questions. Quant au ministre d’Etat Soro Guillaume, il est resté calme.

9) M. Yao Célestin, enseignant “Nous attendons la réalisation du désarmement” “ Je pense que ce que nous attendons, c’est la réalisation du désarmement parce qu’on est fatigué. Le bilan ne peut être positif que lorsque le désarmement et les élections auront lieu. Il n’y a pas d’autre bilan positif que cela. Quant au débat, mon appréciation se limite à l’objectif. Que la Côte d’Ivoire retrouve la paix ”.

10) M. Narcisse Ayebi, journaliste à la lettre diplomatique “Nous l’encourageons” “ Si c’est un tableau que le 1er ministre est en train de peindre, c’est à ses risques et périls. Nous voulons la franchise, la paix. Pour l’instant, je pense que c’est bon. Nous l’encourageons. mais il ne faudrait pas que ce soit un leurre. J’ose croire que les propos du 1er ministre Banny ne sont pas une farce ou de la poudre jetée aux yeux. Nous attendons donc de voir.”


COTE D'IVOIRE / LES 100 JOURS DU PREMIER MINISTRE BANNY SUR LE PLATEAU DE LA TELEVISION IVOIRIENNE

Lundi 20 Mars 2006

Sur le plateau de la Première, le Premier ministre a fait le tour d’horizon de sa mission après 100 jours d’exercice. Larges extraits d’un débat de 3 h 20.

Me Fofana Nathalie (avocate):

Merci M. le Premier ministre d’avoir accepté de vous soumettre à cet exercice périlleux, mais que je pense, sera très utile.
Je voudrais revenir à la question de relative au tandem. Il est certain que nous sommes dans une optique de recherche de la paix et donc nous évitons la confrontation. C’est très bien. Mais que se passera-t-il si la résolution 1633 et la Constitution venaient à s’entrechoquer ? Comment réagiriez-vous ? Quelle est votre position sur ces deux textes, la Constitution et la résolution ?

Pour moi, ce sont les deux textes qui encadrent mon action. Vous êtes juriste, vous savez que même les juristes, c’est-à-dire ceux qui savent, reconnaissent qu’il n’y a pas d’antinomie entre la Constitution et la résolution. Quand vous regardez le préambule de la résolution, en fait si vous lisez bien, il y a la référence à la Constitution, en particulier à l’intégrité territoriale, à la souveraineté de la Côte d’Ivoire, à son indépendance, etc. Notions fondatrices d’un Etat souverain, indépendant régi par une Constitution.
Deuxièmement , la résolution dit explicitement que le cadre de recherche des solutions de la crise ivoirienne demeure les accords qui ont été signés, en particulier les accords de Linas-Marcoussis et les accords subséquents, Accra, Pretoria et autres. Et vous savez bien et les Ivoiriens doivent le savoir, pour évacuer une bonne fois pour toutes cette question, qui est intéressante pour le spécialiste, et ça je vais en parler tout à l’heure, les Ivoiriens savent bien que la question de la Constitution s’est posée à Linas-Marcoussis.
A Linas-Marcoussis le modèle qui en est sorti n’était pas inéluctable. Mais à Linas-Marcoussis, ce qui était le plus important, c’est que les parties signataires ont reconnu que la Constitution était en place, que les institutions étaient en place. Sur certaines dispositions de la Constitution, ils ont fait des propositions mais la Constitution n’a pas été abrogée. C’est important, on oublie mais c’est fondamental. Tous les accords qui sont venus après se sont inscrits dans le cadre de Linas-Marcoussis. La résolution 1633 s’est inscrite dans la continuité, à la différence que la résolution 1633 vient après la fin d’une période constitutionnelle. Donc vient résoudre un problème que n’a pas résolu à satisfaction la Constitution mais tout en reposant sur la Constitution.
Je ne suis pas suffisamment juriste donc je ne veux pas développer mais c’est le bon sens. Mais ce qui est le plus important, c’est que quand vous faites examiner cette question par les juristes les plus éminents, ils vous disent effectivement qu’il peut y avoir opposition ici et là entre Constitution et résolution 1633, il pourrait y avoir, ça dépend de la lecture qu’on en fait. Moi, j’ai décidé de ne faire aucune lecture antagoniste d’aucune question.
J’ai décidé de ne faire aucune lecture antagoniste d’aucune question dès lors que ce qui est le plus important, c’est la sortie de crise. Au bout de la sortie de crise, c’est la paix. La paix veut bien que de temps en temps on fasse des compromis. Mais j’ai dit aussi pas de compromission. La compromission, c’est la négation du rôle de chacun dans le contexte ainsi posé. En plus, toutes les résolutions des Nations unies ne sont pas des ‘‘ready made’’, c’est-à-dire, des prêts-à-porter pour lesquelles on ne fait aucune retouche. L’essentiel, c’est de faire en sorte qu’en faisant la retouche, l’habit soit reconnaissable pour qu’on puisse le porter. Donc, il faut être intelligent dans la vie.
Il faut faire une lecture intelligente et positive. Il faut positiver. Les Ivoiriens doivent positiver et sortir de cela. Maintenant, si malgré cela, il y a des problèmes, on avisera. C’est d’ailleurs l’une des conclusions de Yamoussoukro, non écrite. Si vous avez des problèmes, dites-nous. Cela veut dire que s’il y a des problèmes on va se réunir pour trouver la solution.

Charles Blé Goudé (Alliance des jeunes patriotes):

Je veux d’abord vous féliciter pour ce qui s’est passé à Yamoussoukro, ensuite pour le gouvernement. Je ne dis pas votre gouvernement mais je dis le gouvernement de Côte d’Ivoire qui est au complet ici. Mais il y a des intrigues, il y a des questions que les Ivoiriens se posent.
Il y a une question que je voudrais poser. Monsieur le Premier ministre, je voudrais savoir, pour moi, quand un individu accepte de siéger dans un gouvernement d’un Etat, cela veut dire qu’il reconnaît que cet Etat existe et donc par ricochet il se soumet aux lois de cet Etat.
Vous avez parlé de compromis et de concession, comment expliquez-vous que le numéro deux de votre gouvernement, du gouvernement de Côte d’Ivoire, siège dans un gouvernement et continue d’occuper, avec ses hommes une partie du pays ? Comment vivez-vous cette situation, comment l’ expliquez-vous ? Comment vous expliquez-vous cela surtout avec ce qui est arrivé ces derniers temps avec le président du Conseil économique et social ? De toutes les façons, nous sommes des frères et tous, nous occupons le pays. La question, ce n’est pas le fait que des frères occupent le pays. La question est de voir que nous occupons tous le pays mais qu’il n’y ait pas de division. C’est important. Alors vous savez bien, ne soyez pas naïfs, que nous sommes en crise. C’est de cela qu’il s’agit. Vous savez bien que le 19 septembre a eu lieu. Je ne veux pas revenir sur les raisons mais il y a eu cela. Je prends les choses où elles sont. Comment se fait-il ? Mais il y a eu le 19 septembre.
Et depuis lors, nous recherchons à créer l’unité et l’intégrité territoriale. Et tous les accords ont pour objectif de recréer l’unité nationale. Cela fait trois ans et plus que nous travaillons là-dessus. Donc le phénomène n’est pas nouveau. On a formé un premier gouvernement en janvier 2003 qui arrivé à échéance en octobre dernier avec les mêmes acteurs, avec des péripéties diverses et la situation perdure. Et la situation perdure. Alors, le programme que j’ai, c’est de faire en sorte que ce que vous dites se réalise. Et c’est pourquoi je dis, ne soyez pas naïfs. Il y a eu un problème, mon engagement, c’est tout faire pour que ce que vous dites se réalise.
A savoir que les Ivoiriens puissent vivre sur le territoire national en toute liberté et sans qu’il y ait des questions de nature telles qu’il y ait une partition de faite. C’est cela le vrai programme, la situation à laquelle nous devons faire face.
Et il faut le faire, poser des actes, des indices. Le premier indice important, effectivement, c’est de voir que dans ce gouvernement, toutes les parties antagonistes y sont. C’est déjà une raison d’espérer, un signal qu’il faut considérer. L’autre question, c’est que lorsqu’il y a des situations de ce genre qui arrivent, il faut reconnaître qu’en Côte d’Ivoire, le Rubicon n’a pas été franchi. Dans d’autres pays, le gens franchissent le rubicon. Personne n’a proclamé la sécession. Ça veut dire que nous continuons à vouloir vivre ensemble. Si on ne peut plus circuler aussi librement, c’est qu’il y a encore des question à résoudre et c’est à ces questions que je m’attelle.
Et je vous ai dit que la base de cette disposition, c’est qu’on réapprenne à se faire confiance. Que Blé Goudé et Soro Guillaume qui sont de la même génération _je connais votre histoire tous les deux_ c’est que vous réappreniez à vous fréquenter. Dites-le aux Ivoiriens, vous êtes des copains, vous avez été copains. Ils le savent d’ailleurs et ils le disent. Que vous ayez des histoires et que chacun se retrouve dans un camp, ça arrive. Mais le drame, c’est que ça arrive en Côte d’Ivoire et ça crée des situations graves. Prenez la mesure de la gravité de la situation et discutez ensemble.
C’est notre responsabilité, c’est la vôtre aussi, de Blé Goudé, de Soro Guillaume. D’autant que ce que nous faisons, c’est pour vous, je vous l’ai souvent dit. Nous avons eu trente ans de paix. Voilà cher frère ! C’est pourquoi je vous dis, profitez de moi. Ne niez pas, ne soyons pas dogmatiques. Il y a eu un problème. Le fait que vous soyez –là, pour moi, est une indication. Tout à l’heure vous allez vous serrer la main, devant moi.

Awa Ehoura (journaliste TV2):

Monsieur le Premier ministre, tout le monde s’est réjoui, vous avez réussi à réunir les leaders politiques à Yamoussoukro.
Tout le monde s’en est félicité, on vous a félicité. Vous qui avez parlé avec les 4, pouvez-vous nous dire ce qui les oppose et qui fait que depuis trois ans nous sommes en crise ?

Rien du tout. Rien de fondamental. Je peux illustrer mais je ne vais pas le faire. Je vous dis, rien de fondamental. Mais il y a une chose qui les oppose mais essayons de les opposer, j’allais dire, démocratiquement. C’est la lutte pour le pouvoir et c’est normal ça. Dans une démocratie, on lutte pour le pouvoir et c’est cette démocratie que je veux aider à construire en Côte d’Ivoire. Rien n’oppose irrémédiablement Laurent Gbagbo à Henri Konan Bedié. Sauf que chacun veut être Président. Rien n’oppose irrémédiablement Alassane Ouattara à Laurent Gbagbo, sauf que chacun veut être Président. C’est normal.
Mais comment faire pour que chacun sache qu’on ne peut pas être tous Présidents en même temps ? Mais on veut empêcher l’autre de venir. C’est clair. C’est la démocratie.
Je n’ai pas fini ma combinaison. Rien n’oppose Laurent Gbagbo à Henri Konan Bedié mais mieux, vous le savez, et c’est pour cela que je dis que nous allons faire un exercice de vérité. Nous avons vu des alliances des uns avec les autres dans la Côte d’Ivoire que nous connaissons. Ce qui veut dire que rien ne les oppose irrémédiablement. Je le sais et je les remercie d’ailleurs de l’avoir compris.
Qu’on peut se disputer à un moment donné parce qu’on peut vouloir la même chose en même temps, ce qui n’est pas possible. C’est dire qu’à un moment donné, il faut quand même créer les conditions pour que le jeu démocratique se pose. Et comme rien ne les oppose irrémédiablement, il fallait que quelqu’un comprenne cela et le sache. Ils m’ont fait confiance, je leur ai fait confiance. La réunion s’est passée avec beaucoup de responsabilité. C’était même émouvant.
Maintenant, il faut bâtir là-dessus. Il faut que l’esprit de Yamoussoukro descende sur les échelons inférieurs car ce sont des leaders d’opinions. Il faut que l’esprit qu’ils ont dégagé à Yamoussoukro descende sur leurs propres collaborateurs, sur tous ceux qui les suivent et qui les accompagnent dans leurs ambitions, dans leurs programmes en leur disant qu’on peut se battre mais on n’a pas le droit de se déchirer et de créer les conditions que nous connaissons à la Côte d’Ivoire. C’est ça l’essentiel et c’est ça que nous allons faire maintenant.

Awa Ehoura:

M. le Premier ministre, le DDR (Désarmement, démobilisation et réinsertion),
c’était un point du communiqué qui avait sanctionné la rencontre de Yamoussoukro. Ma question est de savoir où est- ce qu’on en est exactement aujourd’hui, d’autant plus que, avec beaucoup de plaisir, j’ai entendu le ministre d’Etat Soro Guillaume dire que dans les jours qui viennent, l’on verra le dialogue s’amorcer avec les militaires ? Tout à fait, on en est là aussi, on n’en est pas là seulement. Aussi parce que cela se situe dans le cadre de ce qui avait été fait avant.
Je dois dire d’ailleurs que le gouvernement de Seydou Diarra a beaucoup travaillé sur le DDR, au niveau de la conceptualisation du programme. Et plus encore au niveau de l’acquisition du matériel pour le pré-cantonnement, le cantonnement et autres. Beaucoup a été fait par le gouvernement Seydou Diarra au point que les militaires eux-mêmes ont signé un accord à Yamoussokro. Ce document est là, et nous reprenons les choses où elles ont été arrêtées et nous les relançons.
J’aborde ce problème sur la base de ce qui a été fait en particulier entre les militaires mais aussi entre les politiques. Je vous rappelle que le cadre de solution des problèmes ce sont les différents accords, les engagements pris et signés par les parties prenantes à Marcoussis, Accra, etc. Sur la base de cela, il y a eu l’accord des militaires et cela est très important.
Je reprends les choses où elles sont. Je ne pouvais pas agir sans comprendre et je ne pouvais pas comprendre sans écouter. J’ai donc écouté, je ne suis pas sûr d’avoir tout compris mais j’ai un peu mieux compris. Qu’ai-je compris ? J’ai compris deux choses essentielles. La première est que en matière de désarmement, il faut convaincre les uns et les autres de le faire. Convaincre ou contraindre, voilà les deux alternatives qui s’offrent à nous.
Fidèle à ma méthode, je crois que si nous voulons une paix durable, un désarmement durable et réussi, il faut convaincre les uns et les autres. Convaincre nos propres forces de défense et de sécurité, ce n’est d’ailleurs pas le plus aisé ; ensuite convaincre leurs frères d’armes qui ont pris les armes et qui sont de l’autre côté. Et je crois que ce travail de conviction ne se fait pas toujours sur la place publique. C’est un travail souterrain, un travail de fourmi. Je crois qu’on avance sur ce terrain-là.
Vous pensez qu’on pourra tenir dans le temps imparti ?

La crise a tellement duré que si l’on peut avoir quelques jours de plus pour convaincre, je suis preneur.
Pour le moment, je suis encore dans le temps. Je crois qu’une fois qu’on aura convaincu, le reste va s’accélérer. Et ce qui s’est passé à Yamoussoukro est un volet essentiel dans lequel d’ailleurs le Chef de l’Etat a joué un rôle important. C’est de dire que pour le désarmement après avoir convenu que le désarmement sera volontaire et non pas une contrainte, nous avons décidé que les questions d’ordre militaires sans exclusive et les questions que les uns et les autres se posent doivent être remises aux militaires pour que eux- mêmes y travaillent car n’oubliez pas que la crise une fois terminée, nous allons refonder une armée nationale.
Il faut que ces questions soient au préalable examinées. Et La semaine dernière, le Chef de l’Etat a fait une réunion en ma présence et en présence du ministre de la Défense pour donner ses instructions au chef d’état-major des forces de défense et de sécurité. Par ailleurs, je vais réunir dans la semaine, les deux états majors pour réitérer ces instructions et nous pourrons ainsi discuter.
C’est ce que Soro Guillaume nous a dit. C’est une conclusion de la réunion de Yamoussoukro donc on avance. Une fois qu’on aura convaincu sur la base de ce qui a été fait et des accords signés et des dispositions matérielles déjà prises. Je crois que pour ce qui concerne le désarmement des forces combattantes, cela sera sûrement un peu plus facile. Il n’y a pas que ça. Il y a aussi tous ceux qui disposeraient d’armes en leur possession alors que la loi ne leur permet pas, là aussi il va falloir s’en occuper très sérieusement.
L’objectif est de faire que les Ivoiriens ne se parlent pas qu’avec les armes, une véritable paix n’est pas une paix armée. Cela est un gros travail et j’ai entendu aussi dire que l’insécurité a grandi. Cela n’est pas tout à fait exact. Je reçois chaque soir un rapport du ministre de l’Intérieur, je ne peux pas dire qu’il y a eu des améliorations mais on ne peut pas dire non plus que depuis quatre mois, la situation sécuritaire autre que ce dont j’ai parlé s’est dégradée. Il y a quand même des petits pas qui sont faits.

Brou Aka Pascal :

La première épreuve à laquelle vous avez eu à faire face est l’attaque du camp d’Akouédo. Sur ce problème précis vous et le Chef suprême des armées semblez ne pas avoir parlé de la même voix. Est-ce qu’aujourd’hui on en sait un peu plus sur ce qui s’est passé à Akouédo? Avez-vous la confiance des forces de défense et de sécurité ?
Il y a deux choses. Moi, je suis le chef du gouvernement. L’armée est caractérisée par la discipline. Toute armée qui n’est pas soucieuse de la discipline n’est plus dans le ton. Les militaires eux-mêmes disent que la discipline est la force des armées. Si notre armée veut être forte, elle doit être disciplinée. La discipline commence par le respect de la hiérarchie. Dans la Constitution, le Chef de l’Etat est le chef suprême des armées, mais en dessous de lui il y a un Premier ministre, chef du gouvernement. Maintenant, les ordres que je peux donner à l’armée , je ne sais pas comment elle peut ne pas les exécuter. A ce moment-là, elle est hors discipline et on avisera.
Il est vrai que cette armée soit la plus républicaine possible. Il faut qu’elle soit la grande muette, mais il se trouve aussi et c’est le cas de le dire, notre pays est en crise et dans cette crise armée, les forces de défense et de sécurité ont une part tellement importante à nos yeux que nous les civils nous ne faisons plus rien pour sortir de cette crise. Que fait donc la société civile ?

Brou Aka Pascal:

Revenons à Akouédo, c’était quoi et c’était qui ?

J’ai formé le gouvernement le 28 décembre et le 30, j’étais à Dakar. Le 31 décembre, j’ai fait comme tout le monde. Dans l’euphorie, nous avons fait un petit réveillon.
Le 1er j’ai reçu de la visite, et dans la nuit du 1er au 2, j’apprends qu’il y a eu cet événement.
J’ai quitté Dakar et je suis arrivé l’après-midi. Je suis allé voir le Chef de l’Etat immédiatement. Nous avons ténu une réunion dans la nuit au palais, nous avons fait le constat et personne de nous deux ne savait d’où cela venait. Moi je n’ai pas porté de jugement, j’ai fait le constat et j’ai dit conformément à ma méthode que quelques soient les raisons ou les revendications on peut s’exprimer autrement que de cette manière.
Puisqu’il y a des gens qui aiment la polémique ils avancent de telles choses. Je ne vois pas la dissonance entre le Chef de l’Etat et moi-même sur cette question-là. Il y a que, effectivement, l’armée ne peut pas ne pas avoir des problèmes puisque la société ivoirienne a de problèmes, puisque la Côte d’Ivoire a des problèmes. L’armée est traversée par ces questions-là, ce sont des Ivoiriens. Nous traversons une crise économique et financière difficile. Les aspirations des uns et des autres et des catégories professionnelles ne peuvent pas être satisfaites. Dans l’armée, il y a aussi des questions de ce genre. Mardi prochain le Chef de l’Etat et moi-même, nous allons nous attaquer à ces questions catégorielles.

Me Fofana Nathalie :

Concernant les recrues qui ont été appelées à l’occasion de la crise que nous connaissons, il faut dire en fait que vous semblez opposé à ce qu’on les intègre, j’aimerais avoir votre position par rapport à cela. Ma 2ème préoccupation concerne la police. Qu’est-ce que vous entendez initier comme action dans le cadre de la moralisation de la police? Et dans ce contexte-là, il y a la question du ticket unique qui peut paraître sans rapport, mais j’ai lu avec surprise que dans la clé de répartition des fonds générés par ce ticket unique, il y a une dotation à la police. Cela n’engage que moi, mais j’ai l’impression que cela est un habillage juridique du racket et cela peut poser d’autres problèmes en ce sens que une fois que ces fonds seront recueillis comment se fera la répartition?
On risque de se retrouver dans la même situation qui a prévalu pour les fonds du greffe au tribunal. Cela peut dégénérer, les greffiers ne sont pas armés mais les policiers le sont. Alors dans l’ordre, le problème des recrues.
Pensez-vous vraiment que ce que on dit là résiste à l’analyse? Ma réponse est que cela ne résiste pas à l’analyse ni historique, ni factuelle.

Brou Aka Pascal :

Cela veut dire que vous n’avez pris aucune décision encore.

Aucune. Ce qu’on dit ne résiste à aucune analyse. Mais c’est ivoirien. On dit, on fait courir les rumeurs. Je sais bien, je ne suis pas naïf. Je vous ai dit que j’ai décidé de me mettre au service de la paix. Je ne veux même pas m’attarder sur ces choses-là sauf à dire aux Ivoiriens de ne pas se laisser distraire par ces propos qui ont pour tendance de m’empêcher d’avancer et peut-être de saper mon moral ou même de soulever des groupes contre l’action du gouvernement. Je le sais mais peine perdue. Je connais ceux qui font cela.
Un chef du gouvernement est quand même informé. Mais je ne répondrai pas à cela parce que je veux avancer, je veux aider les Ivoiriens à sortir de la crise. J’étais à Dakar et lorsque j’ai allumé la télévision, j’ai vu le Chef de l’Etat au Palais présidentiel entouré de tous les gradés militaires et cette question de paiement des primes a été posée. Le Chef de l’Etat a dit: “Si on a payé cent et quelques milliards, ce nl’est pas quatorze ou vingt milliards qu’on ne pourrait pas payer”. Voilà l’ancienneté de la question. Cela dit, il y a la continuité de l’Etat. Des engagements ont été pris par l’Etat, on a recruté des jeunes gens, on doit payer des primes non seulement à ceux-là mais aux autres. Je vous ai dit que le pays connaît une situation économique difficile. Je ne me suis même pas prononcé sur cette question. Je n’ai jamais vu ce dossier sauf mercredi dernier où je l’ai rencontré après-midi, en même temps que le Chef de l’Etat.
J’ai visité les casernes, j’ai vu dans quelles conditions notre armée nationale vit. J’ai été bouleversé parce que je considère que c’est vrai nous n’avons pas beaucoup de moyens, mais on aurait pu faire quand même mieux.
Je n’accuse personne mais je sais parce que j’ai vu naître l’armée. Je sais que ces questions de l’environnement, des conditions de vie sont là depuis belle lurette.
La première question que les militaires ont posée à l’occasion de cette rencontre que j’ai eue avec le Chef de l’Etat et les états-majors, à la suite des événements du 2 janvier, c’est de dire que les camps militaires n’en sont pas un; ils ne sont pas entourés et il n’y a aucune frontière. Deuxièmement, les rackets…

Awa Ehoura:

Monsieur le Premier ministre, quelle réponse donner aux recrues. Pouvez-vous les rassurer que vous ne bloquerez pas…
Je vous dis que ce n’est pas moi qui vais bloquer quoi que ce soit. Je n’ai pas encore répondu à la question. C’est que mardi prochain, une réunion avec le Chef de l’Etat et ces jeunes aura lieu au cours de laquelle leurs revendications seront passées en revue et des réponses seront apportées. Vous verrez alors si le Premier ministre a été contre cela ou pas, mais vous savez très bien qu’il s’agit d’intoxication. Il y a des gens qui ne veulent pas qu’on réussisse, mais ils se trompent. Nous allons réussir, en tout cas, moi je vais réussir.

Holland N’Da (Représentant du syndicat de la Fonction publique) :

Nous avons l’impression que cette crise n’est vraiment pas militaire, puisque en 2004, les militaires ont signé à leur niveau, la paix, si on peut s’exprimer ainsi. Elle est beaucoup plus politique. Mais en même temps, nous avons l’impression que les militaires sont un objet utilisé par ceux-là mêmes qui sont à la base de cette crise. Et vous l’aviez dit, dans vos propos, il faut que nous nous posions la question : est-ce que nous avons une armée républicaine ? Nous autres, nous nous posons la question, parce qu’à la faveur de certains événements, un mois après votre nomination, nous avions eu effectivement cette attaque d’Akouédo, qui nous a rappelé une série de complots et de coups d’Etat depuis cette crise et même bien avant cette crise.
Ce que nous notons, en ce qui nous concerne, c’est que notre armée n’est pas républicaine, puisque nous sommes sur une tribune de vérités. Nous avons l’impression à la faveur des crises que notre armée protège une frange d’Ivoiriens contre une autre. Vous avez une frange d’Ivoiriens qui veut manifester paisiblement, on les en empêche.
Et il y a une autre frange d’Ivoiriens qui barrent les voies, qui barrent les routes et qui saccagent tout et qu’on encadre. M. le Premier ministre, c’est choquant. Nous ne savons pas si vous avez la solution à ce problème, mais c’est un problème qui intrigue. Puisque votre avènement a été salué par tous, vous pourriez nous aider à obtenir cette paix et cette réconciliation après lesquelles nous courons depuis trois ans. Et nous pensons qu’il y a certains actes que nous devons éviter et ce qui se passe sous nos yeux ne nous permet pas d’espérer parce que à chaque fois qu’on sent qu’on est proche du but, eh bien on recule de plusieurs pas.

Brou Aka Pascal (journaliste 1ère chaîne):

M. le Premier ministre, est-ce que notre armée est républicaine ? est- ce qu’elle protège les Ivoiriens, est-ce qu’elle ne protège pas tous les Ivoiriens ? Elle a l’obligation d’être républicaine. Elle doit être républicaine et elle sera républicaine. Parce que si elle n’est pas républicaine, alors c’est la porte ouverte aux bandes armées. Les bandes armées ne sont pas républicaines. L’armée nationale doit être républicaine.
Elle est là pour la chose publique, et pour l’ensemble des citoyens. Ça c’est d’un. Elle a été construite comme cela. Mais cela dit, chacun peut avoir une appréciation du comportement de tel ou tel élément, à telle ou telle occasion. C’est tout cela qu’il faut mettre dans la corbeille et examiner pour trouver le moyen s’il y a eu des dérives, des dérapages de corriger. C’est le sens de ma mission. Est-ce que vous pensez que l’armée va échapper à cette mission de réconciliation nationale, de reconstruction du pays ? En tout cas de poser les bases pour cela.
D’ailleurs, vous savez qu’il y a un volet de reconstruction, de refondation de l’armée nationale dans les accords de Marcoussis. Donc c’est une opinion, et il faut prendre en compte toutes les opinions, essayer de les approfondir et voir dans quelle mesure si cette opinion est partagée, ramener les choses à la normale. Ça c’est ma part, parce que ce que je veux éviter, c’est de prendre des positions tranchées.

Charles Blé Goudé:

Merci M. le Premier ministre. Je veux parler de désarmement, parce que c’est un point qui est important dans la résolution de cette crise-là. Nous entendons souvent des phrases de la communauté dite internationale qui, parlant de désarmement, parle du désarmement des parties en présence. C’est-à-dire, nous savons, d’un côté, nous avons l’armée nationale de Côte d’Ivoire.
Tout à l’heure vous avez dit qu’il y a les groupes que la loi n’autorise pas à avoir des armes. Vous êtes d’accord avec nous que la loi autorise l’armée nationale de Côte d’Ivoire à avoir les armes. Mais quand on parle du volet de désarmement dans cette crise, la communauté internationale (je suis heureux qu’elle soit derrière moi) parle de désarmement des parties en présence. Ça trouble un peu la morale. Vous en tant que Premier ministre, chargé de cette mission de conduire la Côte d’Ivoire à la paix, quelle est votre opinion sur cette histoire de désarmement des parties en présence ?
Deuxième volet de ma question, il y a une expression qui a encore été créée ces derniers temps : état-major intégré.
Moi j’en ai entendu parler, je suppose que vous en avez entendu parler aussi. Quel est M. Le Premier ministre votre opinion sur ces deux questions ?
Mon opinion sur ces questions est que je soutiendrais toutes les solutions partant des positions contradictoires qui amèneraient à la paix.
C’est difficile, mais on n’attend pas mon opinion. On attend de moi que je propose, j’encourage des compromis. Si c’est mon opinion, je peux avoir votre opinion, je peux avoir celle de l’autre et puis on va rester assis là. Ce n’est pas ce qu’on me demande. Et c’est le tort qu’ont un certain nombre d’Ivoiriens, de vouloir m’attirer coûte que coûte cette situation dichotomique. C’est la plus facile. Mais comprenez que je ne veux pas faire cela. Ça ne veut pas dire que je suis un homme sans opinion.
Mais je veux être responsable et utile à mon pays qui traverse une période difficile. Pour des notions nouvelles qui naissent, qui peuvent choquer les uns et les autres, a priori, mais la première approche, lorsque ces notions-là sont lancées, c’est qu’on s’asseye pour bien les comprendre. Il n’y a pas de notions qui soient irrémédiablement condamnables. La difficulté c’est de mettre tout cela ensemble si on veut véritablement sortir le pays de cette situation, et c’est mon cas. Mon opinion sera celle-là.
Je vais favoriser le compromis. Et puis, n’ayons pas peur, n’ayons pas peur. Lorsque la Côte d’Ivoire sera réunifiée, lorsqu’on aura trouvé les repères d’avant, le mot état-major intégré aura disparu. On aura un état-major de l’armée nouvelle. N’ayons pas peur. Ce sont des notions qui vont passer. Ce sont des notions de circonstances, vous comprenez. N’ayons pas peur. Puisque tout le monde et ça c’est réconfortant, tous les Ivoiriens veulent la paix. Ils veulent se retrouver, ils veulent continuer à vivre ensemble. Ils veulent reconstruire un Etat unitaire, unifié et démocratique. Ce sont des notions conjoncturelles, qui sont attachées à la crise. Une fois que la crise aura disparu, elles disparaîtront de notre vocabulaire. Ne vous laissez pas trop emporter par ces choses-là. Regardez ce qu’il y a derrière et ce que nous souhaitons. Voilà mon opinion.

Propos retranscrits par
Evelyne Aka,
Hervé Koutouan,
Bah Nimatoulaye,
Brou Parfait et
Jean Roch Kiriné


COTE D'IVOIRE / BILAN DES CENT (100) JOURS DU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN-BANNY / DOSSIER

Lundi 20 Mars 2006

Lorsqu'il accède à la Primature ivoirienne début décembre 2005, suite au limogeage du septuagénaire Seydou Elimane Diarra et après une longue course aux obstacles, l'ancien argentier de Dakar a sa petite idée derrière la tête. Il ne lâchera pour rien au monde l'exécutif ivoirien que la communauté internationale semble lui offrir sur un plateau d'or. Mais en même temps, il ne fera rien, durant sa mission, pour dévoiler ouvertement ses ambitions politiques en terre d'Eburnie. Cela, comme le bon chef Akan qui a le "ventre profond et qui parle peu". Fort donc de l'enseignement de la sagesse Akan qui soutient que la précipitation et la non retenue en politique causent le malheur, l'homme prend alors pour compagnon fidèle la ruse. Il use du langage chocolaté et avance, en marchant comme sur du velours. Et cela à commencer par le sommet de l'Etat.

Le tandem Gbagbo-Banny

Une fois installé dans le fauteuil encore chaud du "vieux" Diarra (qui jusqu'à la dernière minute s'est battu pour rempiler), Banny veut tout de suite marquer son territoire face à un Laurent Gbagbo qui, lui est désigné par ses parrains de l'ombre comme l'ennemi N°1 à écarter s'il veut réussir sa mission. Ainsi, poussé dans le dos par les réseaux chiraquiens, l'ancien gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest lance son premier assaut contre la citadelle de Laurent Gbagbo. Nous sommes le 28 décembre 2005, jour de la présentation officielle des nouveaux membres du gouvernement devant conduire la Côte d' Ivoire aux élections d'octobre 2006. Palais présidentiel. Volontairement, le Président de la République met le nouveau "Primus" au premier plan. Grisé certainement par tant d'honneur, ce dernier se fend, ce jour-là, d'un long discours de rentrée des classes, que nombre d'Ivoiriens trouveront particulièrement fort ennuyeux. Entre temps, ses hommes de main prennent le soin de faire distribuer à la presse un document dit "décision N° 2005-001 du 28 décembre 2005", signé de sa main et établissant la liste des membres du gouvernement. Là où en principe, c'est un décret présidentiel signé de Laurent Gbagbo,- donnant l'onction à la nouvelle équipe gouvernementale-, qui devait circuler. Le protocole d'Etat qui découvre à la dernière minute la grosse couleuvre manque de s'étrangler de rage, avant de remettre les choses dans l'ordre. Les services présidentiels comprennent dès lors que le successeur de Diarra n'est pas aussi "bleu" qu'il le laisse paraître et qu'au contraire, l'homme cache bien des choses. Banny essuie donc son premier revers même s'il se défend, devant la levée de boucliers d'une partie de la presse, que "son" document n'était nullement un décret bis. On remarquera ici la prudence du manipulateur qui se réserve toujours une porte de sortie pour éviter d'être pris à défaut en toutes circonstances. L'onde de choc ainsi amortie, le Premier ministre peut voir venir les choses.
Dans la foulée, il s'invite plusieurs fois à la résidence du chef de l'Etat pour le rassurer de sa bonne foi et partager avec ce dernier sa grande vision "patriotique" de la Côte d'Ivoire. Selon des proches du premier magistrat ivoirien, Banny confiera à l'occasion à Gbagbo que, bien que l'on le pousse à l'affrontement avec lui, il ne peut aucunement s'engager dans cette voie, vu que le président de la République "aime fortement" son pays. Sur sa lancée, il reçoit à trois reprises, en moins de 48 heures, Charles Blé Goudé, le leader de la jeunesse patriotique.
A ce dernier, il dit être en phase avec la politique et la vision du Président Laurent Gbagbo, avant de demander avec insistance le soutien des jeunes patriotes qu'il trouve incontournables dans la résolution de la crise ivoirienne. On se souvient que fort de ces assurances, le leader de l'Alliance, avait, au nom des siens, pris l'engagement,- du reste fort médiatisé -, d'accompagner le Premier ministre dans ses nouvelles missions.
On en était là quand intervient la deuxième réunion du Groupe international de travail (GTI) à Abidjan. Dopé par les assurances des réseaux chiraquiens hostiles à Gbagbo, Charles Konan Banny est d'attaque ce 15 janvier 2006, à l'ouverture des travaux du GTI. Devant les Schori, Adeniji et autres Brigitte Girardin, l'enfant de Morofé (Yamoussoukro) jure la main sur le cœur que la seule façon de lui permettre de mener à bien et dans les délais sa mission, c'est de ne pas proroger le mandat de l'Assemblée nationale. Les diplomates réunis ce jour là à l'hôtel du Golf et préparés pour la plupart au sale boulot n'ont aucune difficulté à faire droit à la requête du Premier ministre ivoirien, clamant que le mandat des députés n'a pas à être reconduit. Cela, au mépris de l'avis du Conseil constitutionnel ivoirien et en flagrante violation de la feuille de route même du GTI.
La réponse du peuple ne se fait pas attendre. Pendant quatre jours, les démocrates de Côte d'Ivoire manifestent violemment contre les Nations unies à Abidjan et dans les principales villes du pays. Durant ces jours de braise, Banny reste cloîtré chez lui quand il ne court pas chez Gbagbo, lui demander de l'aide pour ramener le calme à Abidjan. Durant ses entrevues avec le président, il s'empresse de dégager toute responsabilité dans ce qu'il appelle "des incompréhensions". Il faut le président Obasanjo, descendu précipitamment d'Abuja, pour éteindre le feu dans les rues d'Abidjan. Cela après avoir désavoué publiquement le GTI. Le successeur de Seydou Diarra sort affaibli de la crise des "quatre jours" même s'il se donne,- à travers un long message télévisé -, des allures de chef “serein et imperturbable”. Il gardera le profil bas pendant plusieurs jours, le temps certainement de recoller les morceaux au sein de l'opinion.
Il organise un ballet de groupes et autres associations qui se succèdent à sa résidence pour lui apporter leur soutien. En privé, il confie à des proches qu'il vit un drame intérieur, partagé qu'il serait entre la volonté de ne pas décevoir Paris et celle de ne pas non plus se mettre à dos le camp présidentiel ivoirien.
Banny montre même des signes de sagesse à l'occasion de la 4è réunion du GTI. Il tente de se repositionner dans le coeur des patriotes en développant bruyamment l’idée de ‘’tandem’’ qu’il formerait avec Laurent Gbagbo pour le grand bonheur des Ivoiriens. Mais l'homme n'a pas pour autant fait le deuil de ses attitudes "pouvoiristes". C'est ainsi que le 27 février dernier, à la faveur du sommet des cinq leaders à Yamoussoukro, l'ancien banquier de Dakar s'illustrera encore. En effet, la disposition initiale des chaises autour de la table, réalisée par ses services est des plus expressives. Principal artisan de ce conclave, il se réserve de fait le plus grand fauteuil placé en face des 4 sièges où devaient prendre place, sans distinction ni ordre protocolaire, Gbagbo et ses opposants.
L'ambassadeur Eugène Allou a, selon des témoins, dû taper du poing sur la table pour rétablir l'ordre protocolaire. D'ailleurs, sur le fronton de l'hôtel Président, une banderole d'accueil logeant les cinq leaders au même rang de "leurs excellences" trahissait déjà clairement les intentions de Charles Banny. Qui, la veille, avait pris le soin d'encarter dans les principaux quotidiens de la place, un cahier le présentant comme grand faiseur de la paix, au contraire des autres participants du conclave, y compris le chef de l'Etat. Là encore, la manoeuvre n'est pas passée inaperçue. Tout comme les tentatives de contrôle de l'armée et du Pdci.

Assauts contre les FANCI et le PDCI
Conscient que pour déboulonner Laurent Gbagbo il lui faut prendre pied au sein de l'armée régulière, le Premier ministre va s'atteler à contrôler les FDS. Mais les choses ne sont pas faciles car Mangou et les différents commandants des forces se montrent tout de suite inflexibles. Aussi, devant la difficulté, l'homme se montre t-il "ingénieux". Il sort la carte du tribalisme. Ses démarcheurs,- dont le plus connu est le ministre de la Défense, René Aphing Kouassi -, approchent officiers et soldats Akan auxquels ils demandent d'aider leur "frère". Malheureusement pour eux, ils butent sur l'esprit républicain de ces militaires qui ne sont pas prêts à tenter l'aventure.
Le Pdci n'échappe pas à l'expansion "bannyiste". En privé, le fils de Yamoussoukro ne fait pas mystère de ses intentions de s'adosser à la grosse machine du vieux parti pour se forger un destin national. Pour cela, il pêche à tour de bras, dans le potager de Bédié, Dagobert Banzio, Rémi Allah Kouadio, Amah Téhoua, Jean-claude Kouassi, Gaston Ouassenan pendant que Emile Constant Bombet et bien d'autres pontes du Pdci sont annoncés à la Primature.
A charge pour ces derniers de faire "le travail" de l'intérieur pour assurer sa monture. De bonnes sources, Banny serait prêt à casser la tire lire afin de faire triompher ses ambitions politiques. Il réglera par la même occasion un vieux contentieux avec Henri Konan Bédié qui, on le sait, ne figure pas au rang de ses amitiés. On le voit aisément, Charles Konan Banny avance prudemment. Il marche même sur des œufs. Il a pour lui ses airs de bon marchand de la paix et de "serviteur désintéressé". Un manteau de séduction qui cache bien des choses. Et qui pourrait surprendre plus d'un. C’est peu d’affirmer que Banny arrive... Que ceux qui ont des yeux pour voir, voient.

Yves De Séry yvesdesery2@yahoo.fr

Les hommes de main de Banny

Au sport, on aurait dit qu'ils exercent dans la main-courante. En politique, ce genre de cabinet, où des personnes triées sur le volet planchent sur des problèmes spécifiques et ponctuels d'une part et/ou réfléchissent, sur le long terme, sur des sujets brûlants de l'heure, de l'autre, prend, selon le cas, le nom de cabinet de l'ombre : "Shadow cabinet" ou de "Brainstorming". Konan Banny a sacrifié au rituel en se flanquant de personnes dont le rôle est de travailler "en deuxième intention" pour lui. Banny a donc deux cabinets. L'un est pour le moment officiel. L'autre est "officieux". Les deux cabinets sont animés par des hommes qui comptent déjà, ou qui vont l'être du fait de l'obligation qui sera la leur de flirter avec la grande actualité. Commençons par le cabinet officiel de Banny. A l'opposé du doyen Seydou Diarra qui trônait à la Primature avec plus d'une soixantaine de conseillers, Banny a choisi, pour le moment, de jouer serré. Son cabinet est restreint et se compose de 4 personnes. Ce sont :

Directeur de Cabinet :
M. Jean-Claude Kouassi.
L'ancien Directeur général du CEPICI sous l'ère Bédié est un habitué des dossiers et de relations avec la Primature. Banny donne ainsi l'occasion à ce brillant technocrate, qui n'a pu monnayer son talent de président de Conseil général de Bouaké, du fait de l'occupation que l'on sait tous, de se remettre à l'ouvrage.

Chef de Cabinet :
M. Eugène Kouadio <
C'est un illustre inconnu de la scène politique. Membre du Conseil municipal du Plateau, ce monsieur est de plus en plus sous les feux de l'actualité, en sa qualité de "représentant du Premier ministre", qu'il ne cesse de suppléer à l'occasion de manifestations que son "chef" ne peut honorer de sa présence, du fait d'un agenda hyper chargé. Autre challenge, M. Kouadio doit avoir à cœur de faire rapidement oublier un passé terni par son séjour carcéral dans les violons de la police économique dans une affaire de faux billets de banque.

Secrétaire général de la Primature:
M. François Koumoin
Magistrat, Dr. en Droit, François Koumoin était avant sa nomination, passé par plusieurs maisons. Il a été tour à tour substitut du procureur près le Tribunal d'Abidjan, juge de la section du Tribunal de Dabou, sous-directeur des affaires pénales au ministère de la Justice, vice-président du Tribunal d'Abidjan, directeur de la législation, des études et de la documentation dans le même ministère.
Puis, il a Pour atterri finalement à la Chambre de Commerce et d'Industrie où il s'occupait de la Cour d'arbitrage de l'Etat de Côte d'Ivoire. C'est de là-bas que Banny est allé le pêcher. On dit de ce battant, sobre et "sans histoire", qu'il est un homme de dossier. Et enfant du cercle très fermé des Banny. Après avoir été directeur de cabinet de l'aîné, Jean, du temps où ce dernier était ministre résident du District autonome de Yamoussoukro, le voilà aux côtés du cadet, Charles, pour gérer certains dossiers de la République.

Conseillère principale chargée de la coordination du programme de sortie de crise :
Mme Jacqueline Oble
On peut dire d'elle qu'elle s'est taillée la part du lion. Ce poste à elle confié par Banny est vraiment du sur mesure, pour ceux qui connaissent les qualités de battante de cette dame qui, à en croire certains analystes politiques, ne recule devant rien. Transfuge du PDCI, passée d'abord par le RDR puis du côté de la société civile où elle a épluché nombre de dossiers, cette agrégée de Droit va indiscutablement user de son savoir-faire et de son savoir-être pour bien bousculer des tabous dans le processus de sortie de crise. "N'est pas conseillère principale de Banny qui veut", nous lance t-on du côté de la Primature, pour dire que Oble a le physique de l'emploi. Auprès de ces 4 personnalités officiellement nommées et qui ont donc pris fonction dans des conditions qui se passent de commentaires, il y a ceux qui gravitent autour de Banny mais dont on ne connaît pas la fonction exacte.
L'on dit d'elles qu'elles sont destinées à être des conseillers du Premier ministre. Les plus illustres de ce cabinet de la nuit sont, entre autres, Emile Constant Bombet, Tiburce Koffi, Alain Richard Donwahi, Gaston Ouassenan Koné, Mme Anne-Marie Konan-Payne, directrice du Centre d'information et de communication gouvernementale (CICG) et un certain…Ahmed Touré. Les rumeurs les plus folles ont commencé à trouver des destinations à certains parmi eux. Ainsi, Ouassenan serait pressenti pour prendre la place de Alain Donwahi à la tête du PNDDR. Banny ambitionnerait par ailleurs d'offrir à Bombet, le fauteuil de Bamba Cheik Daniel au CNPRA. Ainsi va le petit monde de l'homme du compromis dynamique.

William-Varlet ASIA
Varlet003@yahoo.fr

Ces échecs que Banny a du mal à masquer

En acceptant le 4 décembre 2005 de s'engager dans cette aventure à la tête de la Primature ivoirienne, Charles Konan Banny a affirmé être conscient de la tâche délicate qu'il aura à accomplir dans le délai de 10 mois qui lui a été imparti : c'est-à-dire sortir la Côte d'Ivoire de la crise à travers des élections justes et transparentes. Laurent Gbagbo, le président ivoirien a pour ce faire, résumé, conformément à la résolution 1633 des Nations unies, sa mission en quatre principales étapes : le désarmement, la réunification du pays, le redéploiement de l'administration et l'organisation des élections. Mais hélas, l'éminent économiste tarde à retrouver ses marques dans cette aventure politique qu'il a souhaitée embrasser.

De prime abord, il est indéniable que le retard contracté lors de la mise en place du gouvernement Banny demeure encore.

Un retard accusé dans le processus
Charles Konan Banny n'a pas encore rattrapé ce temps perdu au lendemain de la prise de la résolution onusienne du 21 octobre 2005, ordonnant la dissolution du gouvernement "amorphe" de Seydou Diarra, principal blocage du processus de paix, selon les conclusions de la médiation sud-africaine. Sa nomination étant survenue près de 2 mois après les instigations du Conseil de sécurité des Nations unies, le "Primus" lui même reconnaît aujourd'hui que quatre mois se sont écoulés et les points essentiels devant permettre la résolution de la crise demeurent encore sous le boisseau. A la clé, figure en bonne place la question de l'actualisation du chronogramme du processus de désarmement des rebelles élaboré depuis le 14 mai 2005 à Yamoussoukro entre les états majors des Forces de défense et de sécurité et de la rébellion, et signé des mains de Philippe Mangou et Soumaïla Bakayoko. D'autant plus que le Commandant de la force Licorne, le Général Elrick Irastorza - qui a participé à l'élaboration et qui était présent à la signature de ce chronogramme - soutient qu'il est encore valable. Malgré cela, le Premier ministre tangue à aborder cette épineuse question qui, à n'en point douter, est incontournable dans la recherche de solution au retour à la paix. Sur ce sujet, l'économiste a du mal à situer ses priorités.

Une fébrilité légendaire devant Soro
L'autre péché et non des moindres, du Premier ministre, est l'absence d'autorité véritable sur le leader de la rébellion ivoirienne. S'il a réussi à faire entrer dans les rangs les ministres qui, bien qu'étant au gouvernement, prêchent pour leur chapelle politique, le cas du ministre d'Etat, ministre de la Reconstruction nationale lui échappe encore. Guillaume Soro qui se présente d'ailleurs comme le numéro 2 de ce gouvernement ne manque pas de défier Banny qui multiplie pourtant les appels à venir occuper sa place au sein de cette nouvelle équipe. Le "Petit gros" est de plus en plus aux abonnés absents aux Conseils des ministres et le Premier ministre a du mal à le ramener à la raison. Si ce n'est qu'il va jusqu'à justifier les absences du chef rebelle. En visite dans le "Soroland", Charles Konan Banny a donné de voir qu'il était plutôt l'avocat du leader de la rébellion dans sa logique de se mettre en marge du processus de paix, en dépit des nombreux accords signés à cet effet.
Aussi, le locataire de la Primature oublie-t-il que le gouvernement, à l'initiative de la résolution 1633, s'est doté d'un code de bonne conduite qui prévoit la suppléance voire le limogeage des ministres régulièrement absents à l'image de Guillaume Soro. Sur cette question, Charles Konan Banny n'a encore osé rappeler le "Petit président de Bouaké" à l'ordre. C'est une des raisons qui expliquent son actuel empressement à diffuser l'arrivée à Abidjan, ce mardi, du chef rebelle. Banny en jouit et s'en réjouit comme si cela était le scoop que tous attendent. Pis, à en croire Guillaume Soro lui-même, Banny est informé des actions sécessionnistes auxquelles il s'adonne. A savoir, les réformes militaires qu'il a entreprises dans les zones sous contrôle de la rébellion. Ce qui est une violation flagrante du code de conduite entériné par les acteurs de la crise ivoirienne tolérée, de façon complice par Charles Konan Banny. De plus, pendant que Guillaume Soro installe l'autorité de la rébellion sur "ses" territoires, le gouvernement de M. Banny s'entête à y redéployer des enseignants de même que des étudiants.
Le Premier ministre et ses ministres de l'Education et de l'Enseignement supérieur sont même à pied d'œuvre pour rendre effectif ce projet, alors que le gouvernement n'a en réalité aucune autorité sur et dans ces zones. Un projet qui comporte de gros risques, d'autant plus que récemment une équipe d’examinateurs en partance pour la surveillance des examens en zones assiégées, a essuyé les tirs des hommes de Guillaume Soro.

Complicité avec le GTI
Dès sa prise de fonction, le Premier ministre a pris part à la deuxième réunion du Groupe international de travail (GTI), à l'issue de laquelle un point des conclusions préconisait la suspension des activités du parlement ivoirien. Même si la pression de la rue a fait fléchir Charles Banny et le GTI, il n'en demeure pas moins qu'il est l'un des responsables de ce projet, étant entendu qu'il a présidé les travaux dudit groupe et émis le vœu que lui soit octroyés les pleins pouvoirs pour travailler. La tentative de décapitation des institutions par Charles Banny, en complicité avec le GTI - cette trouvaille de la France - constitue d'ailleurs l'un des principaux échecs de ces 4 mois de parcours. De plus, il est constaté que l'image de la France déteint sur l'action de Banny. Cela s'explique aisément puisque c'est Paris qui l'a imposé. En effet, à l'occasion des évènements du 2 janvier dernier, marqués par les attaques des deux camps d'Akouédo, Charles Konan Banny - avant même l'ouverture d'une enquête - a repris en chœur la version élyséenne des faits qui penchait plutôt pour une mutinerie et non une tentative de coup d'Etat.
Ce, en faisant fi de la version des autorités militaires ivoiriennes. Toute cette situation a créé un fossé entre le locataire de la Primature et la jeunesse patriotique avec qui il avait pourtant tenté un rapprochement dès sa prise de fonction. La campagne de l'ombre engagée par les leaders de la galaxie patriotique en vue de soutenir ses actions a été aussitôt interrompue, les jeunes gens ayant jugé sa démarche en contradiction avec la réalité de ses actes sur le terrain. Désormais, la galaxie patriotique surveille Charles Banny afin de réagir à ses moindres écarts. Toute chose qui complique assurément sa mission, puisque la galaxie patriotique se présente plus que jamais comme un maillon incontournable pour faire avancer la Côte d'Ivoire vers la paix. Si Banny veut tenir son pari d’organiser effectivement les élections en octobre prochain et même aller plus loin en politique, il gagnerait à corriger toutes les faiblesses évoquées plus haut. S’il ne veut pas connaître le destin de Seydou Elimane Diarra qui, au moment où nous écrivons ces lignes, s'active à écrire ses "mémoires" (sic!).

Robert KRA
(krarobert@yahoo.fr)

Les succès du "compromis dynamique"

Succès relatifs ou relatifs succès ? A chacun son commentaire. En tout état de cause, le Premier ministre a engrangé quelques points. L'homme s'en est même réjoui à la clôture du récent sommet des 4 grands à Yamoussoukro.

"Depuis combien de temps n'avons-nous pas vu réunis autour de la même table, en terre ivoirienne, Gbagbo, Alassane, Bédié et Soro ?", demandait-il aux journalistes l'ayant sollicité pour "mettre en boîte" ses premières impressions, au soir dudit sommet. Il n'en fallait pas plus pour que le même soir, les grandes éditions des télévisions hexagonales reprennent en chœur les propos de leurs "mentors" préférés, qualifiant de "succès éclatant" et de "grande avancée démocratique", la tenue de ce sommet. Ce, sans occulter "les bons points engrangés par Banny". Assurément, en réussissant à mettre autour de la même table les différents protagonistes de la crise ivoirienne, l'homme du "compromis dynamique" - un terme dont seul Banny maîtrise le sens - a fait un pas important dans le sens de la paix. Ce sommet vaut à lui seul que l'on dresse des lauriers à Banny. Point n'est donc besoin de spéculer là-dessus pour savoir qu'il a marqué un bon point. D'autres points positifs sont encore à mettre à l'actif du Premier ministre du gouvernement de réconciliation.
Ainsi, il importe de saluer la volonté politique affichée par le gouvernement qu'il dirige. Laquelle volonté a permis d'inscrire à l'ordre des impératifs actuels, le déblocage de la bagatelle de 5 milliards de FCFA devant servir à la réhabilitation et/ou à la réparation des centres émetteurs. Ce, pour que la RTI couvre dans un futur proche l'entièreté du territoire national. Autre bon point. Qu'il va falloir absolument matérialiser. Comme la carte RTI, Banny a sorti un autre joker. Il s’agit de la guerre contre l'insalubrité, présentée comme une priorité parmi tant d'autres par son gouvernement. C'est là une des raisons essentielles du déblocage des 3 milliards de FCFA destinés à l'éradication de ce mal abidjanais. Dernière "innovation" à mettre à l'actif du gouvernement Banny, l'organisation du séminaire gouvernemental de la mi-février à Yamoussoukro.
Tout aussi importante que les autres initiatives, ce séminaire, à en croire l'initiateur principal et quelques animateurs, permettra de baliser le sentier de la réunification. D'ailleurs, une semaine après la tenue dudit séminaire, Charles Konan Banny a ouvert le chantier de l'identification et du processus électoral qui constitue l'une des clés de voûte du processus de sortie de crise. Dans cette optique, il a procédé à l'installation, le 17 février dernier, d'un groupe de travail de 15 membres sur l'identification et le processus électoral. Cette équipe avait pour mission dans le cadre de sa feuille de route, "d'évaluer l'existant dans le domaine de l'identification et de la préparation des élections d'octobre 2006 ; de relever les problèmes liés à ce processus; de proposer les solutions devant assurer la sécurisation et l'efficacité de ce processus". Le jeudi 2 mars 2006, le groupe de travail a présenté les conclusions de ses réflexions au Premier ministre qui les a, à son tour, soumis au Conseil des ministres. Comme il fallait s'y attendre, le gouvernement a donné "quitus" à ce travail préparatoire en adoptant les conclusions du rapport. Celui-ci sera transmis à la Commission électorale indépendante pour exploitation. Autre fait majeur passé sous silence, Banny a mis tous les ministres "politicards" au pas. Une des raisons qui fait qu'il n'existe plus de ministres insulteurs du président de la République, style Adjoumani, Ahmed Bakayoko et autres. Un code de bonne conduite institué par la résolution 1633 et renforcé par Banny a mis fin aux sorties de route. Cela s'appelle, indiscutablement, marquer de bons points.

William-Varlet ASIA
Varlet003@yahoo.fr

Réactions de quelques leaders
Djédjé Mady (SG du PDCI) "Nous attendons ce lundi pour le juger"
Nous sommes pour le moment préoccupés par l'investiture du Président Henri Konan Bédié. Le sujet est trop important pour en parler maintenant. Attendons lundi. Nous aurons alors assez de temps pour vous donner l'avis du Pdci sur les 100 jours du Premier ministre Charles Konan Banny.

Konaté Sidiki (FN) :
"Sa méthode a permis de relancer le dialogue"
"Nous tenons à féliciter le Premier ministre Charles Konan Banny pour les 100 premiers jours de sa mission. Il est à la hauteur des espérances des Ivoiriens par rapport au processus de paix. Sa méthode particulière a permis de relancer le dialogue politique ; et s'apprête à engager le dialogue au niveau des militaires. Il a permis de rassurer tous les acteurs, particulièrement les Forces nouvelles. Car il nous respecte, nous comprend et tient compte de nos problèmes particuliers. Cela a permis de nous rassurer et d'adopter sa méthode. Il a dégagé les caps des problèmes balisés. Je parle de la question de l'identification des populations. Avec Banny, le processus de paix dégage une visibilité, contrairement au gouvernement précédent. La question du DDR a été dépassionnée et ramenée aux militaires. Le problème au niveau de la Commission électorale indépendante (CEI) a trouvé une solution. Au total, au vu de ces 100 jours qui sont comparables à des années, Banny conduit un processus dynamique. Et il mérite d'être encouragé. Il faut l'aider afin que sa mission puisse conduire les Ivoiriens à la paix. Il a notre soutien et nous allons nous engager pour la réussite de sa mission."

Joël N'Guessan (vice président du MFA)
"Nous apprécierons après les élections" Nous pensons que les 100 jours de Banny sont positifs. Il a pu mettre en place un gouvernement. En plus, il a organisé un séminaire gouvernemental pour faire adopter sa feuille de route. Mais surtout, Banny a réussi à rendre fonctionnelle la CEI qui constituait un point d'achoppement entre les différentes parties. Mais au MFA, nous estimons que ce n'est pas sur 100 jours qu'on doit juger le Premier ministre Charles Konan Banny. Nous n'apprécierons réellement le travail qu'il a accompli qu'au soir du 30 octobre 2006, c'est-à-dire après les élections. Toute chose s'apprécie par rapport aux résultats. Nous attendons donc les élections.

Alhassane Salif N'diaye (porte-parole UDPCI)
"Des résultats qui augurent de lendemains prometteurs"
"Les résultats des premières actions du Premier ministre augurent de lendemains prometteurs pour notre pays, engagé sur la voie de la paix. Car en effet, l'esprit d'équipe qu'il a su insuffler au gouvernement sur lequel il a une main forte et qui est responsable devant lui est un gage de la tenue dans les délais de ses engagements, conformément à la résolution 1633, et à l'organisation des élections justes, transparentes et incontestables. Nous retenons à cet égard, la mise en fonction de la CEI après un large consensus obtenu au niveau de tous les partis politiques. Nous soulignons également le grand intérêt du Premier ministre pour l'école avec la tenue des examens dans les zones ex assiégées et l'annonce prochaine de l'ouverture de l'Université de Bouaké. Par dessus tout, il a su insuffler à chaque Ivoirien l'impératif de la réconciliation, de la paix pour faire renaître notre pays. Il y a de la patience et de l'intelligence dans sa démarche. A l'UDPCI, nous continuerons d'apporter notre soutien à la politique du Premier ministre."

Miaka Ouretto (Sg du FPI) :
"Un autre pas reste à franchir"
"Vous savez, il n'est pas commode de critiquer le travail des autres. Surtout celui du Premier ministre Charles Konan Banny qui évolue dans un contexte difficile. Nommé le 4 décembre 2005, il a mis quasiment 3 semaines pour parvenir à former son gouvernement. Il a connu plusieurs balbutiements et c'est tout à fait normal puisqu'il faisait son baptême de feu en politique. Cependant, tout au long de son parcours, il y eu quelques fois de gros nuages. A l'issue des attaques deux camps militaires d'Akouédo par exemple, le Premier ministre n'a pas eu la réaction qu'on attendait de lui. Ensuite, il y a eu les violences qui ont suivi la réunion du GIT qu'il a présidée; et où, s'il avait agi avec tact, on n'en serait pas arrivé là. Les derniers développements de l'actualité nous réconfortent tout de même et nous incitent à être optimistes. Le séminaire du gouvernement et la réunion des principaux leaders de la crise à Yamoussoukro ont permis de prendre d'importantes décisions. A travers ses discours, il affiche une réelle volonté politique d’aller vers la paix.
Il a encore démontré cela lors de la réunion marquant l'investiture du bureau de la CEI où il a produit un discours rassurant en appelant tous les membres de cette structure à œuvrer dans l'intérêt de toute la Côte d'Ivoire. Tant qu'il se mettra à l'écoute du peuple, nous l'encouragerons. Par ailleurs, un autre pas important reste à franchir, il s'agit du désarmement. Il faut que cette étape ait lieu pour que les opérations d'identification et de recensement électoral puissent se faire dans les meilleures conditions. En tout cas, il a nos encouragements et nous le soutenons."

Recueillis par
Robert Kra, Mireille Abié et Yves De Séry


SENGHOR ET LA FRANCOPHONIE

Lundi 20 Mars 2006

Né à Joal, au Sénégal, le 9 octobre 1906, Léopold Sédar Senghor fait ses études à la mission catholique de Ngasobil, au collège Libermann et au cours d’enseignement secondaire de Dakar.
Il part ensuite à Paris, au lycée Louis-le-Grand, avant de rejoindre la Sorbonne où il obtient l’agrégation de grammaire en 1935.
Tout en enseignant les lettres et la grammaire au lycée Descartes à Tours (1935-1938), il suit les cours de linguistique négro-africaine de Lilias Homburger à l’École pratique des hautes études et ceux de Paul Rivet, de Marcel Mauss et de Marcel Cohen à l’Institut d’ethnologie de Paris. Nommé professeur au lycée Marcellin Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés en 1938, il est mobilisé en 1939 et fait prisonnier en juin 1940. Réformé pour maladie en janvier 1942, il participe à la Résistance dans le Front national universitaire. De 1944 jusqu’à l’indépendance du Sénégal, il occupe la chaire de langues et civilisation négro-africaines à l’École nationale de la France d’outre-mer.

L’année 1945 marque le début de sa carrière politique. Élu député du Sénégal, il est, par la suite, constamment réélu (1946, 1951, 1956). Membre de l’assemblée consultative du Conseil de l’Europe, il est, en outre, plusieurs fois délégué de la France à la conférence de l’UNESCO et à l’assemblée générale de l’ONU. Secrétaire d’État à la présidence du Conseil (cabinet Edgar Faure : 23 février 1955 - 24 janvier 1956), il devient maire de Thiès au Sénégal, en novembre 1956. Ministre-conseiller du gouvernement de la République française en juillet 1959, il est élu premier Président de la République du Sénégal, le 5 septembre 1960. Ses activités culturelles sont, cependant, constantes : en 1966, se tient, à Dakar, le 1er Festival mondial des arts nègres. Réélu Président de la République en 1963, 1968, 1973, 1978, il démissionne de ses fonctions le 31 décembre 1980.

Léopold Sédar Senghor est aussi un collecteur de distinctions : médaille d’or de la langue française , grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française (1963) , médaille d’or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjoeld (1965), grand prix littéraire international Rouge et Vert (1966), prix de la Paix des libraires allemands (1968) ; prix littéraire de l’Académie internationale des arts et lettres de Rome (1969), grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute (1970), prix Guillaume Apollinaire (1974), prince en poésie 1977, décerné par l’association littéraire française L’Amitié par le livre , prix Cino del Duca (1978), prix international du livre, attribué par le Comité international du livre (Communauté mondiale du livre, UNESCO, 1979) , Prix pour ses activités culturelles en Afrique et ses œuvres pour la paix, décerné par le président Sadate (1980), médaille d’or de la CISAC (Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs), premier prix mondial Aasan ; prix Alfred de Vigny (1981) ; prix Athénaï, à Athènes (1985) ; prix international du Lion d’or, à Venise (1986) , prix Louise Michel, à Paris (1986) , prix du Mont-Saint-Michel, aux Rencontres poétiques de Bretagne (1986) , prix Intercultura, à Rome (1987). Ce n’est pas tout.

Il a été également fait docteur honoris causa de trente-sept universités, dont Paris-Sorbonne, Strasbourg, Louvain, Bordeaux, Harvard, Ifé, Oxford, Vienne, Montréal, Francfort, Yale, Meiji, Nancy, Bahia et Evora. Léopold Sédar Senghor a été, par ailleurs, membre de plusieurs Académies dans le monde dont la prestigieuse The Black Academy of Arts and Letters (1973). Le 2 juin 1983, il devient le premier homme de couleur à entrer à l’Académie française. Il y occupera le fauteuil n°16 (qui appartenait au duc Antoine de Lévis-Mirepoix), jusqu’à sa mort le 20 décembre 2001.


BIBLIOGRAPHIE DE SENGHOR

Lundi 20 Mars 2006

Poèmes :
Œuvre poétique (Paris, Le Seuil, 1990). Cette édition est la dernière parue du vivant de l’auteur. Elle rassemble :
(Classement par ordre chronologique)
Chants d’ombre (1945)
Hosties noires (1948)
Ethiopiques (1956)
Nocturnes (1961)

Poèmes divers

Lettres d’hivernage (1972)
Elégies majeures (version définitive)
Poèmes perdus
Dialogues sur la poésie francophone
Traductions
Littérature pour la jeunesse La Belle Histoire de Leuk-le-Lièvre (en collaboration avec Abdoulaye Sadji). Paris, Hachette, 1953. Conçu pour servir de livre de lecture au niveau du cours élémentaire des écoles d’Afrique noire, le livre a été repris sous forme de bande dessinée (illustrateur : Marcel Jeanjean) par les Nouvelles Editions Africaines puis par les NEA du Sénégal (2003).

Essais et œuvres critiques
(Classement par ordre chronologique)
Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française précédée de Orphée noir, par Jean-Paul Sartre. Paris, PUF, 1948. (Collection « Quadrige », 2002)

La série Liberté (elle regroupe discours,
allocutions, préfaces, etc.

Tous les ouvrages ont paru aux
Editions du Seuil) :

Liberté 1. Négritude
et Humanisme (1964)
Liberté 2. Nation et voie
africaine du socialisme (1971)
Liberté 3. Négritude
et civilisation de l’Universel (1977)
Liberté 4. Socialisme
et planification (1983)
Liberté 5. Le Dialogue
des Cultures (1993)
La poésie de l’action.
Conversations avec Mohamed Aziza. Paris, Stock, 1980
Ce que je crois. Paris, Grasset, 1988
Discours de remerciement et de réception à l’Académie française. Paris, Seuil, 1984
Léopold Sédar Senghor et la revue « Présence Africaine ». Paris-Dakar, Présence Africaine, 1996.


FRANCOPHONIE / CELEBRATION DU POETE-PRESIDENT LEOPOLD SEDAR SENGHOR / DATES-CLE

Lundi 20 Mars 2006

1906 (9 octobre) : date officielle de la naissance de Léopold Sédar Senghor à Joal (Sénégal).
1913-1922 : scolarité à la mission catholique de Joal puis chez les Pères du Saint-Esprit à Ngasobil.
1922-1928 : à Dakar, au collège-séminaire puis au « cours secondaire ».
1928 : une demi-bourse lui permet de poursuivre ses études à Paris (lycée Louis-le-Grand).
1932 : esquisse avec L.G. Damas et A. Césaire le concept de « Négritude ».
1935 : reçu à l’agrégation de grammaire ; nommé professeur au lycée Descartes de Tours.
1936 : adhésion à la SFIO (parti socialiste) ; premiers poèmes.
1937 : prononce à Dakar une conférence qui fait sensation sur le thème : « Le problème culturel en Afrique Occidentale Française ».
1938 : professeur à Saint-Maur-les-Fossés, près de Paris.
1939 : mobilisation dans l’infanterie coloniale.
1940 – 1942 : prisonnier de guerre ; rédaction de nombreux poèmes.
1942 : retour à Saint-Maur.
1944 : professeur de linguistique à l’Ecole nationale de la France d’outre-mer.
1945 : député (socialiste) du Sénégal ; premier recueil de poèmes, Chants d’ombre.
1946 : participe à la rédaction de la nouvelle constitution de la République ; mariage avec Ginette Eboué.
1948 : rupture avec la SFIO ; fonde son propre parti, le « Bloc Démocratique Sénégalais » ; publication de Hosties noires et de l’Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française.
1955 : Secrétaire d’Etat dans le cabinet d’Edgar Faure ;
1956 : élection à la mairie de Thiès; publication d’ Ethiopiques.
1957 : remariage avec Colette Hubert.
1958 : membre de la commission chargée d’élaborer la constitution de la Cinquième République.
1959 : présidence de l’Assemblée fédérale du Mali (Soudan et Sénégal).
1960 (5 septembre) : élection à la présidence de la République du Sénégal (après disparition de la Fédération du Mali).
1961 : Nocturnes.
1963-1964 : à la suite d’une grave épreuve de force entre le président de la République et le Premier ministre, instauration d’un régime présidentiel et nationalisation des terres ; de 1964 à 1993, publication de la série des Liberté (discours, préfaces…)
1966 : premier Festival Mondial des Arts Nègres à Dakar.
1973 : Lettres d’hivernage (poèmes).
1976 : le multipartisme politique est autorisé au Sénégal.
1979 : Elégies majeures.
1980 (31 décembre) : démission des fonctions de président de la République.
1981 : mort accidentelle de son plus jeune fils.
1983 : élection à l’Académie Française ; mort accidentelle de son deuxième fils.
1988 : Ce que je crois.
1990 : inauguration à Alexandrie de l’Université Senghor.
1996 : hommage de l’UNESCO pour son 90ème anniversaire.
2001 (20 décembre) : décès en France, à Verson (près de Caen).


DECES DU FRERE AINE DU PRESIDENT DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL M.DONA FOLOGO / COMMUNIQUE DES FORCES NOUVELLES

Dimanche 19 Mars 2006

Fologo, Président du Conseil Economique et Social, a accepté la proposition de se rendre à Korhogo par hélicoptère.
Il est accompagné d’une délégation forte de 50 personnes au total.

Les Forces Nouvelles saluent ce choix de raison tardif opéré par M. Fologo, tout en regrettant toute les tensions inutiles suscitées de façon délibérée par son clan dans la journée du jeudi 16 mars 2006. Les Forces Nouvelles rappellent que le statut et les prises de positions controversées de M. Laurent Dona Fologo ont rendu impossible une sécurisation sans risque de son cortège sur une distance de plus de 400 km.
C’est pour éviter toute attaque ou incident de quelque nature contre les 562 personnes du convoi long de 2 km que constituait la délégation de M. Fologo que les Forces Nouvelles avaient recommandé à M. Laurent Dona Fologo de se faire héliporter jusqu’à Korhogo. Ce vendredi à 12h, la délégation s’est donc rendue par voie héliportée à Korhogo.

Le commandant Fofiè Kouakou Martin assurera pleinement la sécurité de la délégation pendant les 72 heures que durera leur séjour à Péguékaha.
Les Forces Nouvelles qui ont suivi sans surprise dans la journée du jeudi du 16 mars 2006, toute une série d’agitation et de provocation, dont seule la délégation de M. Fologo connaît les véritables enjeux et motivations, réaffirment leur engagement ferme et résolu dans le processus de transition en Côte d’Ivoire, preuve qui n’est plus à démontrer.
Les Forces Nouvelles attendent de tous les acteurs une attitude digne et responsable en vue de consolider la dynamique de paix.
Les Forces Nouvelles rappellent à l’endroit de l’opinion Nationale et Internationale que quiconque souhaite se rendre dans les zones sous leur contrôle doit se ," conformer aux règles de Sécurité en vigueur et avoir de la considération pour toute autorité militaire et civile des Forces Nouvelles.
A titre de mémoire, les Forces Nouvelles demeurent les seules autorités politiques et militaires de toutes les zones sous leur contrôle.

Fait à Abidjan, le 17 mars 2006
Le porte-parole Konaté Sidiki
par SOURCE FORCES NOUVELLES


SENEGAL / REMANIEMENT MINISTERIEL

Dimanche 19 Mars 2006

Un léger réaménagement gouvernemental est intervenu samedi à Dakar au sein du gouvernement de Macky Sall. Madame Maimouina Sourang Ndir sortie récemment du gouvernement revient avec le portefeuille de ministre du cadre de vie et des loisirs. Une autre femme est entrée dans le gouvernement : madame Sokhna Touré Sall qui devient ministre délégué auprès du premier ministre chargé du développement local

«C’est un grand chantier qui s’annonce avec ce ministère », a affirmé Maimouna Sourang Ndir qui était ancien ministre de l’Entreprenariat féminin avant d’être exclue du gouvernement il y a quelques semaines pour être y remplacée par Marie-Pierre Sarr.

Madame Sokhna Touré Sall qui fait son entrée au gouvernement était précédemment agent judiciaire de l’Etat. Magistrate de formation, elle a fait toute sa carrière au siège. «Je suis un magistrat et un magistrat ne fait pas de politique », a indiqué cette dernière à la presse. Les consultations pour ce nouveau gouvernement ont été faites samedi en milieu de journée et le gouvernement est tombé aux alentours de 14heures GMT. Ces deux nouvelles nominations interviennent quelques jours après le limogeage de Aminata Tall du gouvernement


ASSEMBLEE GENERALE DU RESEAU DES FEMMES MINISTRES ET PARLEMENTAIRE : MADAME VERONIQUE AKA ELUE

Dimanche 19 Mars 2006

La troisième assemblée générale ordinaire du Réseau des femmes ministres et parlementaires (REFAMP-CI), ouverte dans la matinée d'hier, à l'Assemblée nationale, a pris fin dans l'après-midi avec le renouvellement des instances dirigeantes.

Mme Aka Véronique présidera aux destinées de l'organisation pour deux ans, en remplacement de Mme Jacqueline Lohoues Oble, qui n'était pas candidate à sa propre succession.

La nouvelle présidente du Refampci, anciennement député de M'Batto, Tiémélékro et Anoumaba, promotrice immobilière et membre du bureau politique du PDCI, place son mandat sous le sceau de l'unité et de l'ouverture.
Elle entend accorder une priorité notamment à la formation, à la création d'activités génératrices de revenus, au renforcement de l'implication des femmes dans le processus de paix et de réconciliation nationale et à la recherche de partenariats extérieurs.
La cérémonie d'ouverture de ladite assemblée qui a eu lieu en présence de Mme Simone Ehivet Gbagbo, de la représentante du ministre de la Famille et des Affaires sociales, du représentant du FNUAP et de nombreux partenaires intervenant dans
la promotion de la Femme, a été l'occasion pour la présidente sortante de dresser le bilan de sa gestion.
L'on retiendra que plusieurs projets ont été entrepris dans différents domaines. La scolarisation de la jeune fille entre autres, la promotion de la Femme et la lutte contre les violences faites aux femmes. Dans le domaine de la scolarisation de la jeune fille, Mme Jacqueline Lohoues Oble a souligné que plusieurs projets appuyés par l'ambassade des Etats-Unis ont permis à sa structure de sillonner différentes régions afin de sensibiliser les populations.

Mayane Yapo


COTE D'IVOIRE / NOMINATION DES RESPONSABLES DU RASSEMBLEMENT DES REPUBLICAINS (RDR)

Samedi 18 Mars 2006

Mesdames Messieurs,

Conformément à la décision du Bureau Politique des 04 et 05 Mars 2006, le Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara, Président du RDR, a entrepris une restructuration du Parti. Commencé, le 10 mars 2006, par la mise en place d’un Secrétariat Général réaménagé et rénové de 10 membres, cette restructuration s’achève aujourd’hui avec la mise en place des principaux organes du Parti.

Il s’agit :
Des Secrétaires Nationaux
Des Commissions Techniques
Du Conseil Politique
De la Grande Chancellerie de l’Ordre Républicain
Du Cabinet du Président
Du Cabinet du Secrétaire Général
Et de l’Administration du Siège du Parti

SECRETARIATS NATIONAUX

Sont nommés en qualité de Secrétaires Nationaux :
aux Affaires Juridiques et Institutionnelles : Dr. CISSE Ibrahim Bacongo
à la Coordination des Commissions Techniques : M. TOURE Gaoussou
aux Droits de l’Homme :
Me COULIBALY Soungalo
aux Elections: M. SANOGO Mamadou
aux Finances: M. BAKAYOKO Hamed
à la Formation: M. VALY Sidibé
à l’Identification : M. COULIBALY Sangafowa Mamadou
à l’Implantation des comités de base et des sections : M. CAMARA Souleymane
aux Institutions et aux Organismes internationaux :
M. TOURE Aly
à la Mobilisation :
M. COFFIE Georges
aux ONG et au Monde Associatif : Mme COULIBALY Madiara Yao
aux Relations avec les Cultes : Mme YACE Payne Cecile
et M. THIAM Mokodou
aux Relations avec les élus :
M. KONE Sourou
aux Relations avec les Militants de l’étranger : M.TRAORE Idriss
aux Relations avec les Partis politiques : M. BICTOGO Adama
à la Sécurité et au Maintien de l’ordre : Col. HOUGA Bi Gooré
au Suivi et à l’Evaluation
de l’Implantation et de la Vie
des Structures :
Dr COULIBALY Adama
à la Solidarité : Mme OULOTO Anne
aux Syndicats et Associations professionnelles :
M. KONE Kafongo

COMMISSIONS TECHNIQUES
Sont nommés Présidents des Commissions Techniques :

Agriculture et Développement Rural : M. KONE Yves Ibrahim
Culture et Tourisme : Mme FOFANA Kaba
Décentralisation et Aménagement du territoire : M. DIAMOUTENE Alassane Zié
Economie et Lutte contre la pauvreté : Mlle KABA Nialé
Education : Pr. BAMBA El Hadj
Emploi, Formation et Insertion Professionnelles : M. DIOMANDE Mamadou
Environnement et Développement Durable : M. FOFANA Mamadou
Femme, Famille et Affaires sociales : Mme KONE Kady Soukoulé
Habitat et Construction : M. BAKAYOKO Ibrahim
Infrastructures et Transports : M. KOUAME Oi Kouamé
Industrie et Commerce : M. DIABY Moustapha
Intégration et Coopération sous régionale : M. ZEKRE N’Guessan Alexis
Jeunesse : Mme BAKAYOKO Mahoua
Mines et Energie : Mme TOURE Maférima
Nouvelles Technologies de
l’Information : M. VEHI Bernard
PME/PMI et Secteur Informel : M. KONE Lacina
Recherche Scientifique :
Dr. YTE Wongbé
Santé : Pr GADEBGEKU Samuel
Sports et Loisirs : M. FANNY Ibrahima

CONSEIL POLITIQUE

Sont nommés en qualité de membres du Conseil Politique :

M. COULIBALY Tiémoko Yadé, Président
M. LOHOUES Essoh Vincent, Vice Président
M. CAMARA Lanciné
M. FOFANA Yaya
M. KANTE Koly
M. OUFFOUE Honoré
Mme OULAI Philomène
El Hadj SAMASSI Mamadou
M. SARRASSORO Hyacinthe
M. SY SAVANE Ousmane

GRANDE CHANCELLERIE

Est nommé Grand Chancelier de l’Ordre Républicain : M. OUATTARA Gnonkoun Zanga

CABINET DU PRESIDENT

Son nommés:

Inspecteur Général :
M. COULIBALY N’golo Fatogoma
Conseiller Spécial chargé des Affaires Economiques Internationales et des Etudes :
M. TOUNGARA Adama
Conseiller Spécial
Diplomatique : M. BECHIO Jean Jacques
Trésorier Général :
M. OUATTARA Téné Birahima
Conseiller chargé du Programme de Gouvernement :
Pr TOURE Abdou
Conseiller Juridique : Me KAMARA Adama
Conseiller chargé de l’Egalité des Chances : Mme PEUHMOND Jeanne
Conseillers : M. ADJE Dominique, M. FOFANA Lemassou et M. LAUBOUHET Gilles
Conseillers en Communication : M. COULIBALY Amadou Moussa et Mme BAMBA-ARNAULT Sogona
Chef de Cabinet : M.TOURE Sidi Tiémoko
Aide de camp : Cne DIARRASSOUBA Bakari
Chef de sécurité : M.SORO Nagorgo
Secrétariat particulier : Mlle PIERRE Mickaël et Mme COULIBALY Ramata
Responsable du Protocole : M. AGOUSSI Nogbou

CABINET DU SECRETAIRE GENERAL

Sont nommés :

Directeur de Cabinet : M. KONE Drissa
Conseiller chargé des relations avec les femmes : Mme TOUNGARA Aminata
Chef de Cabinet : Mme TOURE Marie Grâce
Assistante : Mlle DOMINIQUE Ida
Chargé de mission : M. BOGUI Moise
Chargé du protocole : M. JEAN Jacob

ADMINISTRATION DU SIEGE

Sont nommés :

Directeur du Siège : M. BAMBA Antoine
Responsable du Protocole : M. FOFANA Amara

L’élection d’une nouvelle Présidente du RFR au cours d’un Congrès qui se tiendra les 08 et 09 avril 2006, à Grand-Bassam, à l’Institut International de l’Afrique de l’Ouest (IIAO), marquera la fin de la restructuration du Parti.
Comme l’a souhaité le réunion du Bureau Politique des 04 et 05 Mars 2006, le Parti tient à ce que cette élection se fasse dans le strict respect de la démocratie interne, de la transparence et de la saine émulation, valeurs chères au RDR.

La Direction du Parti espère que le Congrès du RFR contribuera au renforcement de l’unité et de la cohésion au sein du Parti, gages de son succès aux prochaines échéances électorales.

En vue d’assurer une gestion plus rigoureuse et plus efficace du Parti, il est créé un Comité de Direction. Composé des Secrétaires Généraux, et des Secrétaires Généraux adjoints, des membres du Gouvernement, du Président du Conseil Politique, des Membres du Cabinet du Président ayant rang de Secrétaires Généraux Adjoint, le Comité de Direction se réunira une fois par semaine sous la présidence du Président du parti.

Quant au Secrétariat Général, il se réunira une fois tous les quinze jours sur la base des orientations du Comité de Direction sous la présidence du Secrétaire Général par délégation du Président et ce conformément à l’article 20 des Statuts du Parti.

Le Président du Parti invite les membres du nouveau Secrétariat Général à se mettre immédiatement au travail en vue de relever le défi des prochaines échéances électorales.
Par ailleurs, le Président du parti tient à ce que les Commissions Techniques soient constituées dans les meilleurs délais afin qu’elles puissent répondre efficacement à l’objectif qui leur est assigné : Permettre au RDR d’être une véritable force de propositions et une alternative crédible.

Enfin, le Président du parti a adressé un hommage appuyé aux membres du Secrétariat Général sortant pour le travail accompli ces trois dernières années, souvent dans des conditions difficiles.
Fait à Abidjan le 17 mars 2006
Pour le Président
Le SGA chargé de la Stratégie et de la Communication, Porte Parole du parti
Ally COULIBALY

La restructuration au RDR continue
Quelques promus se prononcent :

Après la réunion du Secrétariat général du RDR, «Le Patriote » a recueilli les propos de quelques uns des nouveaux promus. Ils livrent ici, leurs impressions et sentiments.

Agoussi Nogbou Célestin (Responsable du Protocole)
«Je me réjouis
de cette nomination »
« C’est ma fidélité vis-à-vis du Docteur Alassane Dramane Ouattara qui vient d’être récompensée. Depuis qu’il était à la Primature, j’étais son chef du Protocole. J’ai toujours été à ses côtés dans ses différents déplacements à l’étranger. Entre Ouattara et moi, c’est une question de confiance. Il a pensé à moi. Je me réjouis de cette nomination et j’essaierai d’être à la hauteur. (…) je suis très outillé en matière de protocole à l’ambassade de Côte d’Ivoire à Paris. J’ai fait plusieurs stages au niveau du Quai d’Orsay. Donc, je suis assez outillé pour pouvoir mener à bien cette délicate mission que le président vient de me confier »

Professeur Abdou Touré
(Conseiller chargé du Programme de gouvernement)
“Je m’acquitterai
de cette tâche noble”
« Je suis très heureux. Je le suis d’autant plus que le président Alassane Ouattara m’a fait confiance non seulement en me reconduisant au Secrétariat général mais surtout en m’appelant à ses côtés, à son cabinet personnel en qualité de Conseiller chargé du personnel et du programme de gouvernement du RDR.
C’est un honneur que j’ai apprécié énormément et j’espère être à la hauteur pour m’acquitter de cette tâche noble ».

Mme Jeanne Peuhmond
(Conseiller chargé de l’Egalité
des chances)
“Je remercie le président pour cette nomination”
« Je suis très heureuse. Je voudrais profiter de vos colonnes pour remercier le président du parti qui a bien voulu, une fois encore, me faire confiance. Il m’a honorée en me désignant à ce poste. Au niveau de mes responsabilités, au sein du gouvernement, je fais déjà ce travail. Je crois qu’en ce qui me concerne, je vais me battre pour que tout le monde ait les mêmes chances ».

Mme Sogona Arnault Bamba (Conseiller en Communication)
“Je ferai tout pour mériter
la confiance du président”
« J’ai une bonne impression. Je ne sais pas quoi vous dire. Je suis très contente de la confiance que le président a placée en moi. Et je pense que je ferai tout pour la mériter».

Mme Fanta Kaba
(Présidente de la Commission
technique Culture et Tourisme)
“Le président nous
met au pied du mur”
« Je suis nommée en qualité de présidente de la Commission technique Tourisme et Culture. C’est un domaine vraiment nouveau pour moi. Même si j’ai une idée de la chose. C’est nous qui avons toujours demandé la parité Homme-Femme. On nous met au pied du mur. Et nous allons prouver que nous savons grimper. En tout cas, ce sera intéressant pour nous de nous former, de nous informer, de nous documenter et de faire des propositions utiles au président dans ce domaine-là »

Colonel Houga Bi Gooré
(S.N. à la Sécurité et Maintien
de l’ordre)
“C’est une grande responsabilité”
« Le fait d’être nommé à ce poste de responsabilité exige de moi beaucoup de sacrifices. Le premier sacrifice, c’est de ne pas trop parler. Parce que le fait de s’occuper de la sécurité, c’est exactement comme dans l’Armée. Et l’Armée, vous le savez, on l’appelle la grande Muette. Donc, nous ne parlerons pas beaucoup. Mais, je suis satisfait. Parce que c’est une grande responsabilité qu’on vient de me confier. D’ici trois mois, on va juger. Etant moi-même Officier de réserve des FANCI, je pense que c’est tout à fait normal que je sois à ce poste. Et je pense que je vais faire ce que j’ai à faire ».

Kouamé Oi Kouamé
(Président de la Commission technique infrastructures et transports)
“Nous prenons l’engagement de faire davantage”
« Vraiment c’est un sentiment de grande satisfaction. Et surtout de reconnaissance au président Alassane Dramane Ouattara. En tout cas, il a une vision très juste de la situation depuis qu’il est arrivé. Et donc, pour nous qui sommes sur le terrain, cette nomination constitue vraiment beaucoup de réconfort et surtout pour les militants qui veulent toujours savoir s’il y a des messages forts à notre endroit pour le travail de redoubler d’efforts pour agir davantage pour la victoire du président. Donc, nous sommes très heureux. Et nous voulons vraiment lui dire toute notre gratitude. Nous prenons l’engagement de faire davantage».
Koné Drissa
(Directeur de cabinet
du Secrétariat général)
“Nous allons relever le grand défi”
« C’est pour moi un grand honneur. Je dirais que c’est le plus grand honneur pour un militant d’être consacré par une personnalité de si grande envergure comme Alassane Ouattara. Donc, nous sommes ravis. Cela va sans dire que nous allons nous atteler à relever le défi qui est si grand. Est-ce que nous serons à la hauteur de la tâche ? Ecoutez, ce sont les autres qui le diront. Mais, bien sûr, je pense que ce n’est pas une tâche insurmontable »

Touré Gaoussou (S.N. à la Coordination des commissions techniques)
“C’est une interpellation pour nous mettre au travail”
« Mes impressions sont bonnes. Ce sont des impressions de joie pour la nomination et surtout pour la confiance que le président vient ainsi de placer en nous. Nous considérons cette nomination comme une invitation, une interpellation à nous mettre au travail de telle sorte que le parti soit prêt pour les futures batailles. Et que surtout le programme de gouvernement que nous allons mettre en place soit un programme concret et que, dès l’accession du président Alassane Dramane Ouattara à la magistrature suprême, ce programme permette d’engager, immédiatement, des actions concrètes. Ces actions doivent contribuer à mettre en place le second miracle de la Côte d’Ivoire»


SENEGAL / REMANIEMENT MINISTERIEL

Samedi 18 Mars 2006

Wade remanie encore son gouvernement : Deux femmes nommées ministres ce samedi
Un léger réaménagement gouvernemental est intervenu samedi à Dakar au sein du gouvernement de Macky Sall.
Madame Maimouina Sourang Ndir sortie récemment du gouvernement revient avec le portefeuille de ministre du cadre de vie et des loisirs.
Une autre femme est entrée dans le gouvernement : madame Sokhna Touré Sall qui devient ministre délégué auprès du premier ministre chargé du développement .


RESOLUTIONS DU GROUPE INTERNATIONAL DE TRAVAIL (GTI)

Samedi 18 Mars 2006

1. La 5ème réunion ministérielle du Groupe de Travail International (GTI) s'est tenue a Abidjan le 17 mars 2006, sous la co-présidence de S.E.M. Rodolphe Adada, Ministre d'Etat, Ministre des Affaires Etrangères et de la Francophonie du Congo, et de M. Pierre Schori, Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Côte d'Ivoire.
Etaient présents les Ministres du Bénin, de la France, du Ghana, de la Guinée, du Niger, du Nigeria, de la République sud-africaine ainsi que le Haut Représentant des Nations Unies pour les Elections en Côte d'Ivoire, le Secrétaire Exécutif de la CEDEAO, et des Représentants des Etats-Unis d'Amérique, du Royaume-Uni, de l'Union africaine, de l'Union européenne, de l'Organisation internationale de la Francophonie et de la Banque Mondiale.

2. Le Premier Ministre a exposé au groupe les conclusions de la rencontre organisée à Yamoussoukro le 28 février 2006 avec les principaux responsables politiques ivoiriens, ce qui a donné un nouvel élan au processus de paix. Le Premier Ministre a également exposé au groupe les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la feuille de route, particulièrement en ce qui concerne la réunion, pour la première fois, au grand complet du Conseil des Ministres, le fonctionnement effectif de la CEl, les préparatifs pour le démarrage du processus d'identification et du programme de DDR, et les mesures de sécurité à prendre pour préserver l'indépendance de la RTl et pour en garantir, sur l'ensemble du territoire national, la diffusion et l'accès libre et équitable à toutes les sensibilités politiques. Le groupe note avec satisfaction l'organisation des examens dans le nord du pays.

3. Le Groupe félicite le Premier Ministre pour les initiatives prises, en .concertation avec le Chef dé l'Etat, en vue de créer un climat de confiance propice à l'accélération
de la mise en œuvre de la feuille de route. Le Groupe félicite les dirigeants politiques pour la réunion du 28 février à Yamoussoukro et se réjouit de l'esprit nouveau de. dialogue qui commence à prévaloir au sein de la classe politique ivoirienne. Le Groupe lance un appel pressant aux dirigeants politiques Ivoiriens pour qu'ils honorent intégralement les engagements pris à Yamoussoukro, à savoir maintenir le dialogue entre eux en vue de trouver des solutions aux difficultés qui pourraient surgir dans le déroulement du processus de paix. Ces dirigeants devraient également sensibiliser leurs sympathisants à l'esprit de Yamoussoukro et veiller'à ce que tous, y compris lés medias, cessent d'inciter à la haine et à la violence et contribuent positivement au processus de paix et de réconciliation nationale.

4. Le groupe a entendu une communication du Président de la CEl accompagné de ses vice-présidents. Il a fait le point sur les activités de cette institution. Le groupe a accueilli avec satisfaction la mise en place effective du bureau de la commission électorale indépendante.

5.Le Groupe exhorte la Commission électorale indépendante à tout mettre en œuvre pour que les élections se tiennent comme prévu au plus tard le 31 Octobre 2006. A cet égard, le groupe note l'urgence particulière d'achever le processus d'identification et d'établissement des listes électorales et salue la décision prise de les mener à bien de manière simultanée.

6. Après avoir entendu le rapport du HRE, Mr Antonio Monteiro, à la fin de sa mission, le GTI l'a remercié et félicité pour les efforts qu'il a déployés et qui ont abouti à la mise en place effective de la CEl. Le groupe souhaite que le Secrétaire général des Nations Unies désigne aussitôt que possible un successeur en vue de poursuivre les préparatifs
des élections dans le délai imparti.

7. Le Groupe réaffirme l'urgence d'engager sans tarder le processus de DDR. Il salue la reprise du dialogue entre les Etats majors des FDS et FAFN en vue de régler tous les problèmes relatifs au DDR et à la restructuration des forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire.

8. Le Groupe exprime sa vive préoccupation face aux obstructions répétées à la liberté de mouvement des forces impartiales en violation du paragraphe 4 de la 1643 (2005), comme vient de le rappeler le comité des sanctions du Conseil de Sécurité. Le Groupe souligne l'impérieuse nécessite de faciliter le redéploiement sans délai des troupes de l'ONUCI à l'Ouest du pays pour leur permettre de poursuivre leurs missions de paix et de sécurité conformément au mandat du Conseil de Sécurité. A cet égard, le Groupe note avec satisfaction que le retour de celles-ci dans cette partie du pays est imminent. Il souligne par ailleurs que le retour des agences humanitaires dans cette région est absolument essentiel pour faciliter la reprise de l'assistance aux populations les plus
vulnérables. Le Groupe appelle au retour de la région à l'autorité civile.

9. Le GTI condamne avec force la persistance des violations des droits de l'homme, notamment les agressions dont des ministres ont été victimes. Il considère que ces actes portent gravement atteinte au climat de confiance qu'il est nécessaire de rétablir pour faire progresser l'esprit de réconciliation entre tous les Ivoiriens. Il appelle instamment les parties ivoiriennes à combattre l'impunité grandissante dans le pays.

10. Le Groupe se félicite des importantes contributions financières et autres soutiens apportés par certains donateurs pour appuyer la mise en œuvre de la feuille de route. Le Groupe lance un appel aux autres bailleurs de fpnds potentiels pour qu'ils apportent également, sur la base d'un budget précis, une assistance au Gouvernement, en particulier en ce qui concerne le DDR, le processus d'identification, les élections et la réhabilitation des infrastructures de la RTI.

11. Le groupe réitère son appel à toutes les parties ivoiriennes pour qu'elles coàpèrent étroitement avec lui en vue de la mise en œuvre du processus de paix.

12. Le Groupe tiendra sa prochaine réunion le 20 avril 2006 en Côte d'Ivoire.


PROCESSUS DE PAIX EN COTE D'IVOIRE / REUNION DU GROUPE INTERNATIONAL DE TRAVAIL (GTI)

Vendredi 17 Mars 2006

Réuni à Abidjan pour sa cinquième session, le Groupe de travail international (GTI) sur la Côte d'Ivoire a débuté ses travaux vendredi en saluant "l'environnement apaisé" dans le pays et les "progrès significatifs" du processus de paix.
L'envoyé spécial de l'Onu en Côte d'Ivoire, le Suédois Pierre Schori, et le ministre congolais des Affaires étrangères, Rodolphe Adada, dont le pays assure la présidence de l'Union africaine (UA), ont ouvert la rencontre, consacrée notamment au désarmement des milices.

"Un tournant décisif a été atteint avec les magnifiques résultats de la réunion de Yamoussoukro (centre) le 28 février" entre les cinq leaders politiques ivoiriens, a rappelé dans son discours M. Adada.

"Les décisions courageuses et responsables prises à cette occasion historique ont eu un effet très positif sur le processus de paix. Notre réunion se tient donc dans un environnement apaisé", s'est-il félicité, invitant le GTI à "saisir cette occasion pour faire avancer et accélérer utilement l'éxécution de la feuille de route" du Premier ministre Charles Konan Banny.

Les "actions à mener restent nombreuses et parfois complexes", a souligné M. Adada, qui a appelé "à demeurer vigilants et mobilisés". Pour lui, il s'agit maintenant "d'engager les autorités militaires dans un dialogue fécond pour parvenir (...) au désarmement ainsi qu'au rétablissement de la confiance".

Le GTI sera en partie consacré à la commission électorale, aux médias ivoiriens, à la situation dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, et enfin à l'identification des populations et au désarmement, deux dossiers majeurs -aujourd'hui toujours au point mort- de la transition.

"Le moment est venu" pour que la commission qui supervise les opérations d'identification des populations "se mette résolument au travail", a souligné M. Adada, et que la commission électorale s'attelle "à organiser et mettre en oeuvre le processus électoral", alors que la transition ivoirienne prévoit des élections générales au plus tard d'ici la fin octobre 2006.

Comme lors de sa précédente session il y a un mois, la réunion se déroule dans l'enceinte de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) sous la protection d'un dispositif de sécurité discret mis en place par les Casques bleus.

A la mi-janvier, le 3ème GTI avait été suivi de violentes manifestations des partisans du président Laurent Gbagbo, qui avaient assiégé pendant plusieurs jours le siège de l'Onuci.

Cette cinquième réunion du GTI depuis sa création en octobre par la résolution 1633 du Conseil de sécurité de l'Onu, rassemble une cinquantaine de délégués.

Dans son discours d'ouverture, l'envoyé spécial de l'Onu s'est lui aussi félicité de la "décrispation" et de "l'atmosphère d'engouement" qui prévaut actuellement dans le pays, notant également les "progrès significatifs" accomplis.

Ces progrès "constituent, à n'en pas douter un immense espoir pour les Ivoiriens", a ajouté M. Schori, affirmant que "rien ne devrait plus retarder le commencement du désarmement et du démantèlement des milices (...)".

Les membres du GTI passeront en revue les évènement marquants de ces dernières semaines: organisation des examens scolaires en zone rebelle, mise en place de la Commission électorale indépendante (CEI), retour du chef de la rébellion Guillaume Soro à Abidjan au sein du gouvernement....

Source"AFP"


CONTRIBUTION /ANALYSE / QUI DIRIGERA LA COTE D'IVOIRE DANS DIX ANS?

Jeudi 16 Mars 2006

Dossier – Les prochaines élections générales sonneront le glas d’une génération politique. Celle du post-houphouëtisme. Place sera laissée à une nouvelle génération, qui devra mener une Côte d’Ivoire pacifiée de nouveau et profondément transformée, après la guerre. C’est celle-là qui tranchera définitivement la question de la relation de la Côte d’Ivoire à son ancien maître et celle de son ancrage dans le chantier de l’Unité africaine. Dans un contexte où la démographie positionnera la jeunesse urbaine comme principal prescripteur politique.

Les partis ivoiriens sont-ils préparés à cette nouvelle ère ? Analyse.

La question peut sembler absurde. Provocatrice. Tendancieuse. «Où est-ce qu’ils sont allés chercher ça ? On est en pleine guerre, et ils cherchent déjà des problèmes pour dans dix ans ? Quel intérêt y a-t-il à se projeter si loin ?». Les interrogations fusent déjà. Mais en portant au débat le thème «qui va gouverner la Côte d’Ivoire dans 10 ans ?», votre journal préféré n’a pas l’intention de faire parler de lui à peu de frais. Au contraire. Nous partons d’un certain nombre de constats fondamentaux.
Le premier, c’est que l’élection présidentielle de 2006 – si elle a lieu en 2006 ! – sera le dernier rendez-vous électoral d’une génération politique. Celle du post-houphouëtisme. Celle de Henri Konan Bédié, Alassane Dramane Ouattara et Laurent Gbagbo. Des héritiers – l’un adoubé, l’autre autoproclamé – et du fils prodigue, opposant historique à la figure du père.

Une génération intermédiaire par définition, qui se retrouve sur le devant de la scène au moment de la lente agonie du «Vieux» qui a monopolisé jalousement l’espace politique pendant près de 40 ans. Très vite se pose à elle la question de la réforme ou du maintien en l’Etat du système hérité du «père», c’est-à-dire une «dictature molle», paternaliste et centralisée. Cette contradiction a éclaté pour la première fois le 18 février 1992. En l’absence du «Père de la Nation», les Ivoiriens ont vu une coalition Bédié-Ouattara tenter de décapiter l’opposition incarnée par Laurent Gbagbo, en prenant pour prétexte une marche des «démocrates» grossièrement infiltrée, puis matée dans le sang, avant de servir d’aubaine pour embastiller le challenger du Vieux lors du scrutin électoral de 1990. Pour le compte de qui ? Certainement pas d’un Houphouët-Boigny dont tout le monde savait qu’il ne tiendrait pas jusqu’en 1995.
C’était la première alliance des ennemis de la réforme contre celui qui l’incarnait – et qui n’avait d’autre intérêt que le renouveau, puisque le statu quo l’excluait.

Arrive la mort effective d’Houphouët-Boigny. Le combat des héritiers commence. Ecarté, Ouattara rallie opportunément les rénovateurs du PDCI-RDA incarnés par Djéni Kobina. Le RDR est créé. Frustré non pas par le principe de la dévolution monarchique du pouvoir, mais par le fait qu’elle a bénéficié au rival, le nouveau parti rallie les «démocrates» au sein du Front républicain. Objectif : porter la contradiction maximale au système pour l’obliger à se réformer ou à mourir.
Le pouvoir s’effondre à la suite d’un coup d’Etat militaire le 24 décembre 1999, assumé par un autre «fils» d’Houphouët, le général Robert Guéi. Bédié écarté, Ouattara et Gbagbo se retrouvent face-à-face.

La transition doit jeter les bases de la nouvelle structuration du paysage politique ivoirien démocratique. Une question longtemps refoulée, mais ouverte par Ouattara puis par Bédié, refait surface : qui est Ivoirien ?

Une autre suit : qui a le droit d’être président en Côte d’Ivoire ? Le référendum constitutionnel d’août 2000 tranche la question. Le candidat à la présidentielle doit être de père et de mère ivoiriens. Ouattara est exclu par 86% des électeurs.
Les coups de force successifs contre la junte, puis contre Laurent Gbagbo, élu malgré la volonté des militaires de se maintenir au pouvoir, illustrent le refus des arbitrages démocratiques du peuple ivoirien à un moment donné.

La rébellion arrive. Très vite, l’ancien colonisateur, jusque là discret, revient en première ligne militairement et diplomatiquement. Les accords de Marcoussis tentent de délimiter le pouvoir de Gbagbo en le mettant sous tutelle, imposent un aggiornamento constitutionnel et redonnent à Ouattara d’autorité ce qu’un référendum lui ont refusé : la candidature à la présidentielle. Les conditions électorales sont modifiées au-dessus des procédures constitutionnelles pour favoriser au maximum les héritiers d’Houphouët-Boigny contre son opposant.

Malgré tout, un consensus international demeure : la crise ne peut se terminer que par des élections, donc par un choix clair : la démocratie, la réforme de la «dictature molle». Les «vraies» élections, selon un mot prémonitoire du président ivoirien lors du Forum pour la réconciliation nationale. L’occasion où la bataille épique entre Bédié, Ouattara et Gbagbo, vieille de quinze ans, lourde d’ambitions, de haines, de passions et de controverses, va être définitivement soldée.

Le dernier grand match, puisque selon toute évidence, l’élection de 2006 sera la dernière pour les trois hommes, pris dans le feu de la construction d’une nouvelle géographie politique après la glaciation du parti unique qui a accouché de rancoeurs catégorielles, idéologiques, tribales.

Pourquoi diable s’intéresser à l’après-«Gbagbo, Bédié, Ouattara» ?

Parce que fondamentalement, les cinq prochaines années seront un mandat de reconstruction de la Côte d’Ivoire, qui n’aura pas tout de suite les moyens financiers, politiques et diplomatiques de peser franchement sur le destin de l’Afrique et du monde. Parce que la crise militaire actuelle a mis en lumière, au-delà de l’affrontement entre les «trois grands» (et souvent bien malgré eux), une problématique de fond : le rapport entre la Côte d’Ivoire et l’ancienne puissance coloniale, la France, qui la considérait, sous Houphouët, comme le joyau de son Empire et son irremplaçable levier d’influence sur le continent. La problématique postcoloniale, dernier héritage d’Houphouët à réformer ou à entériner ? Sans doute. Puisque la France officielle, dans sa frilosité, a montré, à travers la persécution de Laurent Gbagbo – réformiste pourtant modéré –, à quel point elle refusait de laisser évoluer ses ex-possessions à l’heure de la mondialisation.
La question postcoloniale est elle-même indissociable de l’avenir du chantier de l’unité africaine dans les prochaines décennies, tant il est vrai que les sujétions de type françafricain sont des obstacles infranchissables à une construction continentale cohérente.

L’enjeu est d’importance, mais il ne sera pas complètement réglé par le prochain président sorti des urnes. Comme il a fallu attendre que les cinq années de Nelson Mandela passent et cicatrisent quelque peu les plaies purulentes de l’Afrique du Sud avant que le projet de «renaissance africaine» de l’ANC ne prenne corps véritablement, l’ancrage que se donnera la Côte d’Ivoire, cœur battant de l’avenir de l’Afrique de l’Ouest, mettra un peu de temps à se consolider, quel que soit le vainqueur de la prochaine élection.
La France de Jacques Chirac le sait déjà, et la mise sur orbite de Charles Konan Banny – qui ne pourra pourtant pas se présenter en 2006 – répond visiblement à une stratégie visant à faire contrepoids aux héritiers politiques de Laurent Gbagbo.
Mais cette logique de réveil de l’houphouëtisme est étrange, puisqu’elle ne tient pas compte de l’âge du «nouvel héritier» (64 ans en 2006, 69 ans en 2011, 74 ans en 2016) et de l’évolution de la sociologie ivoirienne. La mort effective du post-houphouëtisme ne signifiera-t-elle pas implicitement l’abandon de l’houphouëtisme comme référent ?
La France officielle a au moins le mérite de voir plus loin que le prochain scrutin. Que font les ligues politiques ivoiriennes, aujourd’hui, pour survivre à leurs leaders actuels ? Brûlante question.

FPI, PDCI, RDR : qui est le mieux préparé à une alternance interne ?

Parmi les trois partis qui dominent, pour le meilleur et pour le pire, l’échiquier politique ivoirien, lequel sera le plus à l’aise quand il s’agira de proposer une alternative interne au leader porté aujourd’hui ? Lequel a sécrété des personnalités qui peuvent se prévaloir d’une envergure nationale ? Lequel a produit une «culture de groupe» propre au passage de relais ? Les facteurs de réponse à ces questions se trouvent dans la personnalité, dans les réussites et dans les frustrations des leaders aujourd’hui sur le devant de la scène.

Plus vieux parti politique ivoirien existant, le PDCI est sans doute une des formations politiques les plus riches en cadres de bon niveau.
Mais sa culture politique, héritée du non-dit de l’houphouëtisme, selon lequel parler de l’héritage d’un chef vivant était illicite voire indécent, est toujours présente. Dans les instances du parti, aucun «quadra-quinqua» prometteur n’est véritablement promu.

Le président Henri Konan Bédié a plutôt coopté des «doyens» au passif chargé et qui ne peuvent pas lui faire de l’ombre, comme Alphonse Djédjé Mady ou Maurice Kacou Guikahué. La gérontocratie et la pensée unique ont un prix.

Le vieux parti en a déjà payé une bonne partie : toutes ses crises internes se sont achevées par des schismes (RDR, UDPCI, UDCY, RPP, sans compter l’infinité de barons boudeurs qui ont quitté l’édifice…). Que restera-t-il de l’ancienne section ivoirienne du Rassemblement démocratique africain (RDA) dans dix ans ?

Quant au RDR, il est tributaire de son histoire. Quasiment créé pour Alassane Ouattara, épousant toutes les étapes de son problème identitaire et de son destin politique, relié par la seule adoration du «mentor», portant des revendications souvent particularistes – le cas des «gens du Nord», des musulmans ou des étrangers ouest-africains –, il pourrait bien ne pas survivre à la personne qui en est aujourd’hui le centre. Il souffre, dans l’opinion ivoirienne, d’être assimilé à la rébellion. Laquelle rébellion se prépare à lui contester, à moyen terme, le monopole de l’espace politique nordiste.

Quand Guillaume Soro rencontre le président Gbagbo à Abidjan, ne lit-on pas dans Nord-Sud : «Le Nord et le Sud se retrouvent» ? Du combat symbolique à l’arène politique, il n’y a qu’un pas…

Et le FPI ? A priori, aucun tabou n’entoure la question de la succession à Gbagbo. La remise du flambeau aux quadras, en 2000, avec la mise en lumière, à la Primature, à la direction du parti, à la tête de l’Assemblée nationale et dans des ministères de première importance, de la troisième génération d’un combat historique, montre bien que le président actuel, créateur patient de son parti – contrairement à Bédié, héritier pur, et à Ouattara, qui est entré dans une maison construite par Djéni Kobina – souhaite que la relève soit assurée après les deux mandats qu’il se fixe comme objectif. Aujourd’hui, les quadras-quinquas à qui il a été permis de prendre une envergure nationale sont légion dans l’écurie Gbagbo. Ceci dit, le bien peut se transformer en mal. Gbagbo se plaindrait souvent en privé de ce qu’il considère comme une guerre de ses héritiers, qui prendrait trop d’importance dans la vie politique nationale et serait contre-productive pour la cohésion de son camp. De là à imaginer le FPI après Gbagbo comme le Parti socialiste français après Mitterrand, rongé par la bataille des «Eléphants», il n’y a qu’un pas.

Par ailleurs, les quadras-quinquas du FPI d’aujourd’hui pourraient-ils être menacés par la génération d’après, les ex figures de proue de la FESCI ou les ténors du mouvement patriotique ?

Un «saut générationnel» menace-t-il les dauphins, réels ou supposés, de Gbagbo ? Peut-être.

Mais la contradiction est sans doute moins forte qu’entre le RDR et les rebelles, l’orgueil des patriotes n’ayant pas été démesurément gonflé par la communauté internationale qui fait souvent passer Soro avant l’opposition «non armée», selon la formule récente, pleine de sous-entendus, d’Henri Konan Bédié… Demain et après-demain, nous évoquerons en profondeur les forces et les faiblesses des dauphins des principaux leaders, et de leurs «petits» (ou challengers) de la génération FESCI. Faut pas fâcher…

Mais que voudra donc le peuple ?

Plus sérieusement, les jugements que nous porterons sur tel ou tel «leader en construction» ne devront être regardés que comme un aspect d’une interrogation plus large que comme des vérités finales à graver dans du marbre ou le fruit d’un docte classement. En effet, s’il est évident que le terme de cinq à dix ans que nous évoquons sera fondamental dans l’Histoire de la Côte d’Ivoire, rien ne prouve que le paysage politique restera figé. Il n’y a qu’à voir ce qu’il est devenu entre 1990 et 2006, à l’occasion de la guerre. Aujourd’hui, le paysage se structure autour du Congrès national pour la résistance et la démocratie (CNRD) et du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP).

Anaky, le compagnon de route de Gbagbo, est désormais avec les héritiers d’Houphouët ;
Fologo, gardien du temple de l’houphouétisme, est aujourd’hui au sein du «grand parti» qui doit porter de nouveau Gbagbo au pouvoir par les urnes.

Demain est donc fondamentalement incertain.

Il vaut mieux s’interroger sur ce que voudra le peuple, dans cinq ans, dans dix ans, dans quinze ans. A quoi ressemblera-t-il déjà ? Les projections sur la pyramide des âges donnent le tournis. En 2011, les enfants nés en 1993, l’année de la mort d’Houphouët, auront 18 ans. Les natifs des années 70, 80 et 90 seront environ la moitié de l’électorat ! L’Afrique est jeune, et sa démocratisation ne fera que donner le pouvoir aux jeunes. Les plus importants prescripteurs d’opinion de demain sont là, devant nos yeux, en kaki de lycéen, dans les cités universitaires, et même dans les écoles primaires ! Nous en avons interrogé certains sur le président qu’ils voudront avoir après la fin de la génération actuelle. S’ils ne développent pas de grandes théories, leurs vérités ne doit pas être négligées. Fondamentalement, une question se pose : vers quelle Côte d’Ivoire, vers quelle Afrique sommes-nous en route ? La Côte d’Ivoire sera de plus en plus urbaine, de plus en plus mélangée – à en juger par la grande fréquence des mariages interethniques enregistrés dans les mairies d’Abidjan –, donc de moins en moins sensible aux référents ethniques.

Une Nation est en construction, et le rapport qu’ont avec elle les hommes politiques deviendra forcément très important.

Notre panel fait apparaître un certain profil du leader de demain : humble et proche du peuple (loin des personnages de demi-dieux imbus de leur supériorité dont l’arène politique est encore riche), démocrate, franc, sage, encore jeune, patriote… Hommes d’ambition et/ou de conviction, vous voilà avertis !

Par Théophile Kouamouo
(kouamouo@yahoo.com)
"LE COURRIER d'ABIDJAN"


DISCOURS DU PRESIDENT GBAGBO A LA CASERNE MILITAIRE

Jeudi 16 Mars 2006

Le Président Gbagbo, après avoir consulté le Premier ministre et le ministre de la Défense, a fait des promesses aux jeunes recrues. Nous vous proposons l’intégralité du discours du chef de l’Etat.
Des jeunes soldats qui souhaitent « prendre à témoin l’opinion publique nationale sur les engagements du chef de l’Etat », nous ont apporté le discours de clôture du chef de l’Etat que nous publions.
« Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, les généraux, les officiers supérieurs, les officiers subalternes, les sous-officiers, les hommes du rang
Nous venons d’écouter les dernières propositions. Je voudrais vous dire que toutes les questions qui ont été soulevées sont normales. J’aimerais que s’il y a des problèmes comme ça, qu’on appelle le Premier ministre, le ministre de la Défense ou le chef d’Etat-major. Nous sommes là pour discuter.
Toujours pour trouver des solutions. Vos propositions me semblent raisonnables, mais laissez-moi jusqu’à mardi. Vous avez déjà la santé, ça c’est un acquis.
Nous avons demandé au ministre délégué des Finances de tout mettre en œuvre pour que, très rapidement, vous ayiez droit à toutes les données de santé comme les autres.
Vous êtes soumis à la même vie, donc au niveau de la santé, c’est déjà dans la poche.
Nous allons aussi faire face aux arriérés. Vous nous avez proposé de supprimer les « haut les cœurs » pour vous et de vous donner 100.000 Fcfa. Nous allons faire nos calculs et on se retrouve ici mardi à 16h. Il faut qu’on prenne la liste exacte de vous tous et qu’on fasse des calculs.
Il faut que je vienne vous donner une réponse vraie, une réponse juste. Je ne vais pas vous blaguer. Si vous souhaitez, on se retrouve ici mardi à 16h. Monsieur le chef d’Etat-major, vous allez devoir nous supporter jusqu’à mardi. Si j’étais devenu officier, je serais resté ici. A l’époque, on n’avait pas voulu de moi.
Donc on se donne rendez-vous.
On va vous donner une réponse définitive. Ça c’est mon devoir. Votre devoir à vous, c’est d’aller avertir tous les autres qu’on est en train de discuter et qu’on va trouver une solution. Et que nous sommes partis pour calculer.
Parce que quand on dit 100.000 Fcfa pour quelqu’un, nous sommes obligé de calculer et voir sur quelle taxe on prend. On va calculer et le mardi on se retrouve.
Je ne veux pas entendre du bruit dans les casernes. Est-ce que vous me comprenez ? Je vous l’ai déjà dit. On vous a recrutés pour mettre fin à la chienlit.
C’est pas vous qui allez mettre la chienlit dans le pays. J’ai compris, le Premier ministre a compris, il est avec son ministre de l’Economie et des Finances qui va faire les calculs.
Mardi matin, ils ont un conseil de gouvernement, ils vont mettre au point et ils m’avertiront.»


DECES DE MAMIE KADY SOW PREMIERE EPOUSE DE FEU FELIX HOUPHOUET-BOIGNY

Jeudi 16 Mars 2006

C'est avec une grande consternation que nous avons appris le rappel à ALLAH TOUT-PUISSANT de Mamie Kady SOW , première épouse de feu Félix HOUPHOUET-BOIGNY , père fondateur de la Côte d'Ivoire moderne.

TOUTES nos CONDOLEANCES les PLUS ATTRISTEES à la FAMILLE EPLOREE.
Que DIEU l'accueille dans son Royaume.

L'Ambassadeur , l'ensemble du personnel et
de la communauté ivoirienne


COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU CONSEIL DE MINISTRES

Jeudi 16 Mars 2006

Un Conseil des Ministres s’est tenu ce Mercredi 15 Mars 2006 au Palais de la Présidence, de 11 heures à 13 heures sous la présidence du Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO.

Ce Conseil a été marqué par la présence du Ministre d’Etat SORO Guillaume qui participe pour la première fois au Conseil depuis la formation du gouvernement du Premier Ministre Charles KONAN BANNY.

Le Président de la République a souhaité la bienvenue au Ministre d’Etat SORO Guillaume. Pour le Président de la République, l’arrivée de SORO Guillaume et sa participation au Conseil des Ministres, avec le retour de BEDIE et d’Alassane Dramane OUATTARA, la nomination du Premier Ministre Charles KONAN BANNY, sont des signes notables de l’évolution positive du processus de sortie de crise. La guerre est finie mais la crise, conséquence de la guerre, continue et doit être jugulée avec la participation de tous.
Le Président de la République s’est félicité de cet évènement tout autant qu’il a apprécié la rencontre de Yamoussoukro, première réunion après la guerre entre les responsables ivoiriens. Nous devons comprendre a dit le Président de la République que la solution de nos problèmes est entre nos propres mains et il est souhaitable qu’il en soit de plus en plus ainsi même si des pays amis nous viennent en aide.
Le Président de la République a informé le Conseil que pour les mêmes raisons, il a reçu les responsables des FDS et donné des consignes fermes afin qu’ils règlent les problèmes au plan militaire avec les responsables des FAFN en vue de mettre fin définitivement à la crise.
Le Premier Ministre a tenu à saluer également cette arrivée du Ministre d‘Etat SORO qui prend ainsi sa place dans le processus enclenché avec la mise en place du nouveau gouvernement. Le Premier Ministre s’en réjouit d’autant plus que des responsabilités spécifiques dans l’avancée du processus de sortie de crise incombent au Ministre d’Etat en sa qualité de Secrétaire Général des Forces Nouvelles. Le Premier Ministre a dit s’attendre à ce que celles-ci soient assumées effectivement.

Le Premier Ministre a précisé que le Ministre d’Etat SORO et lui-même conjugueront leurs efforts afin que les élections d’Octobre 2006 aient effectivement lieu pour permettre à ceux qui veulent solliciter les suffrages de nos concitoyens de le faire en toute sérénité et en toute sécurité. Le Premier Ministre a souhaité qu’un environnement socio-politique favorable soit crée pour permettre à ce processus d’aboutir.

Le Conseil est ensuite passé à l’examen de son ordre du jour et a débattu à ce titre de plusieurs projets de décrets ainsi que de communications.


DECRETS

I - Sur présentation des Ministres en charge des départements concernés et après délibération du Conseil, le Président de la République a signé quatre décrets portant organisation des ministères de:
- 1° - Ministère de la Réconciliation Nationale et des Relations avec les Institutions ;

- 2° - Ministère de la Solidarité et des Victimes de guerre ;

- 3° - Ministère de la Famille et des Affaires Sociales ;

- 4° - Ministère de l’Industrie et de la Promotion du Secteur Privé.


II - Ministère de la Culture et de la Francophonie

Un projet de décret portant réorganisation du secteur des droits d’auteurs et des droits voisins. Les crises récurrentes au sein du BURIDA (Bureau Ivoirien des Droits d’Auteurs) posent la question fondamentale de la gestion appropriée des droits des artistes en Côte d’Ivoire, lesquels se déclinent en une triple problématique notamment juridique, professionnelle et sociale.
En vue d’apporter une solution plus adaptée à cette problématique et par la même occasion, de rétablir la paix et la sérénité dans ce secteur socialement sensible mais particulièrement affecté depuis quelques années, une réforme globale et urgente de la gestion collective des droits des créateurs et artistes interprètes s’impose plus que jamais. Dans cette optique, le Conseil après délibération a donné son agrément pour la nomination d’un administrateur provisoire du Burida et la mise en place d’une commission tripartite, composée de représentants du Ministère de la Culture, du Conseil scientifique culturel et des Conseils d’administrations sortants et entrants aux fins d’étudier et de proposer des réformes appropriées à ce secteur.


COMMUNICATIONS

Premier Ministre en liaison avec le Ministre de l’Intérieur
Le Conseil a entendu une communication verbale du Ministre de l’Intérieur sur la situation sécuritaire du 13 au 27 Février 2006.
Outre la persistance des actes de banditisme (braquages, agressions, attaques de domiciles et commerces), il a été relevé des faits de violences liés à des grèves et manifestations d’élèves, d’enseignants, d’agriculteurs...

Le Premier Ministre a fait part au Conseil de deux initiatives qu’il a prises. La décision, d’une part, de renforcer les moyens d’action de notre police nationale avec une dotation d’environ 1,4 milliards de CFA. Une partie de cette dotation exceptionnelle a permis d’équiper en matériel roulant la police judiciaire qui se trouve dans une situation de total dénuement.
D’autre part, suite à la persistance d’actes de violences de la part d’élèves et d’étudiants sur les campus et en dehors des campus ainsi que dans les écoles (lycées et collèges) mettant gravement en cause le fonctionnement de l’Ecole dans notre pays autant que la tranquillité et certaines libertés publiques, le Premier Ministre a envisagé deux actions. Une action immédiate qui a consisté en une réunion le 14 Mars 2006 avec tous les Ministres en charge de l’Education et de la Formation pour régler les problèmes urgents. Une action à moyen et long terme devant permettre d’examiner les problèmes de fond à surmonter en vue de recentrer l’Ecole ivoirienne ainsi que nos jeunes, dans leurs rôles et responsabilités naturels à savoir donner des citoyens bien formés, capables de générer la cohésion nationale et la prospérité de la Côte d’Ivoire. Pour cela, une réunion spéciale du gouvernement sur l’Ecole sera convoquée très bientôt. Celle-ci réfléchira aussi bien sur les moyens d’éliminer la violence à l’école que sur les voies et moyens de redonner un souffle et un esprit nouveaux à l’Ecole ivoirienne.

Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique
Sur présentation du Ministre en charge de ce département, le Conseil a entendu une communication relative à la situation sanitaire générale ainsi que sur les foyers et risques épidémiques actuels.

Il ressort de l’exposé, que la situation sanitaire, considérablement dégradée du fait de la crise qui perdure, est à ce jour très préoccupante.
Les indicateurs sanitaires sont plus qu’alarmants :
La couverture vaccinale se situe entre 3 à 60 % au lieu de 80 % ;
La lèpre : 1000 nouveaux cas dont 659 formes graves ;
L’ulcère de Buruli : 22 000 cas enregistrés ;
La tuberculose : plus de 20 000 cas nouveaux dont 36 % de co-infection VIH/SIDA ;
Le VIH/SIDA : 7 % de prévalence avec 17 000 malades sous traitement sur 39 000 prévus ;
Le Service d’urgence des grands hôpitaux, 30 % de mortalité ;
La Mortalité maternelle : 690 décès sur 100 000 naissances.


Les Foyers épidémiques actuels et les risques épidémiques
Ont été relevé :
Un Foyer d’épidémie de choléra à Zouan Hounien (Janvier 2006) mais maîtrisé ;
Un Foyer d’épidémie de méningite dans les régions de Boundiali, Korhogo et Séguéla (début 2006). Un plan d’urgence est en cours ;
Des risques d’épidémies de fièvre jaune dans la région de Bouna. Une campagne de vaccination a été organisée aux mois de Janvier et Février 2006 en vue d’endiguer le risque d’épidémie ;

Difficultés rencontrées par le Ministère

A ce titre, l’accent a été mis sur le manque de médicaments et de vaccins et sur les arriérés de paiement de la PSP avec pour conséquence les difficultés d’approvisionnement de nos structures sanitaires. Le Conseil a été cependant informé qu’un début de solution aux difficultés de paiement de la PSP a été trouvé.
Le Premier Ministre a souhaité qu’au regard du contexte de difficulté de trésorerie, les membres du gouvernement réfléchissent également et de façon systématique à des solutions non financières pour le règlement des problèmes auxquels ils sont confrontés au niveau de leurs départements respectifs.
Le Conseil a pris acte de cette communication.

Mesures individuelles
Sur présentation des Ministres en charge des départements concernés, le Conseil a donné son accord pour la nomination de Directeurs de Cabinets au Ministère de l’Intérieur et au Ministère de la Solidarité et des Victimes de guerre.
Le Ministre de la Fonction Publique, de l’Emploi et de la Réforme Administrative,
Porte-parole du Gouvernement
Prof. OULAYE Hubert


CAP-VERT / ELECTIONS PRESIDENTIELLES / RESULTATS

Mercredi 15 Mars 2006

L’élection présidentielle au Cap-Vert s’est tenue le 12 Février 2006. Deux candidats étaient en lice : le Président sortant Pedro PIRES, âgé de 71 ans, leader du Parti Africain pour l’Indépendance du Cap-vert (PAICV), ex-parti unique, qui a déjà conservé le contrôle du Parlement lors des législatives du 22 Janvier 2006 et M. Carlos VEIGA, ancien Premier Ministre (1991-2000), âgé de 57 ans, fondateur du Mouvement pour la Démocratie (MPD), la plus grande formation de l’opposition de l’Archipel.

Selon les résultats définitifs publiés par la Commission Nationale Electorale (CNE), M. Pedro PIRES a remporté l’élection, pour un deuxième mandat de cinq ans, en obtenant 50,84 % des suffrages contre 49,16 % pour son opposant. 2856 voix ont séparé les deux adversaires contre 12 seulement lors de la dernière élection de 2001. La communauté capverdienne de l’étranger représentant environ 800 000 personnes a beaucoup contribué pour sa victoire, lui accordant 64,9% des voix. En revanche, au niveau de l’archipel, M. VEIGA est majoritaire avec 50,2% des suffrages.

Sur les 323 594 électeurs inscrits, 171 591 ont voté, ce qui représente un taux d’abstention de 46,93 % contre 41 % en 2001.

Dans la déclaration prononcée pour célébrer sa victoire, M. Pedro PIRES a déclaré que son nouveau mandat serait placé sous le signe de la consolidation de la démocratie. Il a promis de respecter tous ses engagements électoraux, notamment, sa détermination à résoudre le problème de la pauvreté et du chômage.

Il convient de noter qu’une délégation d'une vingtaine d’observateurs de la CEDEAO, conduite par le Bissau guinéen, Pedro Godinho GOMES et composée de la Guinée-Bissau, du Sénégal, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria, de la Sierra Leone, du Mali, du Ghana et de la Gambie a supervisé ladite élection. Les observateurs ont salué la bonne organisation du processus du vote ainsi que la participation massive des femmes et des jeunes à l’élection. Par ailleurs, ils ont indiqué que l’élection a été libre et transparente et s’est déroulée dans le calme, la sérénité et la paix.


RELANCE DE L'AXE ABIDJAN -DAKAR / VISITE D'AMITIE ET DE TRAVAIL DE S.E.YOUSSOUF BAKAYOKO MINISTRE IVOIRIEN DES AFFAIRES ETRANGERES

Mercredi 15 Mars 2006

Dans le cadre du renforcement des excellentes relations entre la Côte d'Ivoire et le Sénégal , S.E.Youssouf BAKAYOKO Ministre ivoirien des Affaires Etrangères a effectué , au Sénégal , une visite d'amitié et de travail à l'invitation de son Homologue séngalais , S.E.Cheick Tidiane GADIO.
Le Chef de la diplomatie ivoirienne a été accueilli chaleureusement à Dakar par son Homologue et par S.E.Madame Fatimata Mansour SY , Ambassadeur qui était entouré par tous ses collaborateurs , l'ensemble de la communauté ivoirienne résidant au pays de la Teranga.
Durant son séjour du 12 au 15 Mars 2006 , S.E.BAKAYOKO a été successivement reçu en audience par le Premier Ministre Macky SALL , le Vice-Président de l'Assemblée Nationale , M.Iba Der THIAM en l'absence du Président Pape DIOP en mission à l'étranger , les groupes parlementaires , le Président du Conseil pour la République , M.M'BAYE Jacques DIOP entouré des conseillers , S.E.Maître WADE entouré de membres de son cabinet.
Au cours de ces rencontres le Ministre a fait un développement de toutes les actions menées en faveur de la paix par les protagonistes eux-mêmes aidés en cela par la communauté internationale dont il a salué les efforts inlassables au cours de la réunion avec le corps diplomatique africain élargi aux pays de l'Union Européenne au Ministère des Affaires Etrangères.
Le Ministre a mis à profit son séjour pour rencontrer les membres de la communauté ivoirienne représentée par les différentes amicales et s'entretenir également avec les journalistes du Quotidien sénégalais de grande renommée "LE SOLEIL" sur la question ivoirienne , le processus de paix et les derniers développements de la crise .
La délégation conduite par le Ministre comprenait les Ambassadeurs des Départements Afrique et des Nations-unies ainsi que son chargé de mission .
Avant de quitter DAKAR , une invitation à visiter le Sénégal a été adressée au Premier Ministre ivoirien, M.Charles KONAN-BANNY par son Homologue sénégalais et le Président WADE s'est dit prêt à recevoir le Président GBAGBO afin qu'ensemble il repositionne l'axe Abidjan-Dakar


AXE ABIDJAN-DAKAR / VISITE D'AMITIE ET DE TRAVAIL DE S.E.YOUSSOUF BAKAYOKO MINISTRE IVOIRIEN DES AFFAIRES ETRANGERES / ENTRETIEN AVES LES RESPONSABLES DU QUOTIDIEN SENEGALAIS "LE SOLEIL" sur la crise et le processus de paix

Mercredi 15 Mars 2006

Youssouf Bakayoko, ministre ivoirien des affaires étrangères : « La Côte d’Ivoire est dans une phase de décrispation »

Diplômé de l’Institut des hautes études de la défense nationale à Paris, Youssou Bakayoko est, depuis le 28 décembre dernier, le ministre des Affaires étrangères de la Côte d’Ivoire. Il est membre du bureau politique du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-Rda) et ancien vice-président de la Commission des relations extérieures de l’Assemblée nationale de son pays après avoir été ambassadeur de celui-ci en Allemagne et en Suisse. En visite au Sénégal, il était hier l’invité des rencontres du Soleil. En présence des membres de son Cabinet et ceux du ministre sénégalais des Affaires étrangères et de l’ambassadeur de Côte d’Ivoire à Dakar, Mme Fatimata Tanoe Touré, il a fait le tour d’horizon des différents événements qui ont marqué le conflit en Côte d’Ivoire avant d’affirmer que ce pays membre de l’Uemoa est dans une phase de décrispation au grand bonheur des populations lasses de subir les affres de la guerre.

Médiation du Sénégal

Je suis sensible à ce geste qui me permet d’entrer en contact direct avec l’opinion sénégalaise. Parce que vous êtes aussi le reflet de l’opinion sénégalaise. « Le Soleil » est un journal connu à Abidjan, dans la sous- région. C’est un journal respecté. Il a été à la pointe de ce que nous appelons journalisme, à savoir participer à donner aux populations des informations justes et réelles. Des informations qui doivent permettre aux populations de s’éduquer et de s’émanciper en même temps. Vous avez démontré tout au long de l’histoire de votre journal que vous avez une compréhension à la fois scientifique de votre métier. Mais, aussi, une compréhension africaine de vos obligations. Je vous remercie donc de l’opportunité que vous m’offrez de parler de la Côte d’Ivoire. Comme vous le savez en tant que spécialiste des questions africaines, la Côte d’Ivoire vit, depuis septembre 2002, une crise socio-politique qui a conduit à la division du pays en pôles. Un pôle géré par le gouvernement et l’autre géré par les forces nouvelles appelées, dès le départ de la crise, les rebelles. Mais l’appellation de forces nouvelles me paraît plus profonde parce qu’attestant d’une rencontre entre différentes composantes de la société ivoirienne. Dès le départ, les pays amis, les pays frères se sont offerts de nous aider à régler ce conflit. Le premier d’entre eux a été le président Abdoulaye Wade, en sa qualité de chef de l’État du Sénégal, pays frère de la Côte d’Ivoire, mais en sa qualité aussi de président de la Cedeao. Très vite, il s’est proposé d’apporter son appui fraternel aux Ivoiriens pour qu’ils se retrouvent, qu’ils dialoguent et qu’ils se rassemblent. Il a envoyé son ministre des Affaires étrangères en Côte d’Ivoire pour tenter de résoudre rapidement le problème entre Africains. Bien entendu, le ministre Gadio est arrivé en Côte d’Ivoire et y a passé presque une semaine. Il a fait la navette entre Bouaké, le siège des forces nouvelles et Abidjan. Pendant son séjour, il a obtenu ce qui me paraît extrêmement important : le cessez-le-feu. Cet arrêt des combats a permis de sauver des vies humaines. On ne le dira jamais assez merci au président Wade et au ministre Cheikh Tidiane Gadio. Dès la fin des hostilités, dès qu’il a été possible d’engager le dialogue, d’autres Africains, à la suite du président Wade, ont également offerts leurs bons offices. Les belligérants se sont retrouvés à Lomé à l’invitation du président Éyadéma. Les pourparlers de Lomé n’ont pas été concluants.

L’accord de Linas-Marcoussis

La France, pays ami de la Côte d’Ivoire, s’est également proposée de réunir chez elle les forces politiques représentées à l’Assemblée nationale. Tous les partis politiques qui avaient au moins un représentant à l’Assemblée nationale ont été conviés à ce qu’il a été convenu d’appeler la table ronde de Linas-Marcoussis. À l’issu des débats à Marcoussis, un document est sorti et a été baptisé du nom de l’accord de Linas-Marcoussis. Cet accord est passé sous le contrôle de la conférence des chefs d’État réunis à Paris, à Kléber. Les chefs d’État ont entériné l’accord de Linas-Marcoussis. Ils l’ont transmis au Conseil de sécurité de l’Onu. Celui-ci l’a adopté en le considérant comme son document qui lui donne la force d’agir en lieu et place des pays amis. Depuis cette date, les Nations Unies sont entrées dans le règlement de la crise ivoirienne. Cela n’a jamais signifié que les pays africains ont été dessaisis de la question. La communauté internationale a vite compris qu’il fallait envoyer des casques bleus en Côte d’Ivoire. Un représentant de l’Onu dans le pays a été nommé et les Casques bleus ont été envoyés sous le commandement d’un général sénégalais. Progressivement, nous avons commencé à mettre en place les axes à réaliser l’accord de Linas-Marcoussis. Il s’est avéré que les choses n’allaient pas aussi vite qu’on l’avait prévu. D’autres réunions ont été convoquées à Accra et puis en dernier ressort à Pretoria. Les difficultés demeuraient encore. Et la Cedeao a convoqué une réunion à Abuja tendant à faire le point parce que nous étions déjà quasiment au mois d’octobre 2005, date prévue pour l’élection présidentielle en Côte d’ivoire. On observait qu’il n’était plus possible de faire des élections. La Cedeao a produit un document qu’elle a transmis à l’Union africaine. Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine s’est réuni à son tour à Addis-Abéba et a sorti une résolution faisant acte de la fin du mandat du président Gbagbo, mais recommandant en même temps que l’État ne soit pas décapité, les structures étatiques demeurent en place. Le document a été transmis au Conseil de sécurité, lequel a voté, le 21 octobre 2005, la résolution 16-33.

Création du groupe de travail international

Cette résolution a créé un certain nombre d’organes après avoir reconnu que le mandat du président doit être prorogé d’une année, a recommandé la création d’un groupe de travail international. Ce groupe de travail se réunit une fois par mois à Abidjan au niveau ministériel et il a pour mission d’évaluer les avancées dans la mise en œuvre des recommandations faites par le Conseil de sécurité. Le groupe de travail a dit dernièrement qu’il y avait des avancées, mais aussi des éléments de blocages. Et sur la base de la recommandation des Nations Unies, il a recommandé la désignation d’un nouveau Premier ministre acceptable par tous. Le nouveau Premier ministre a formé, le 28 décembre dernier, son gouvernement, lequel s’est réuni au mois de février pour adopter les grandes lignes de la mise en œuvre de la feuille de route. Il y a eu quelques lenteurs. Et le Premier ministre a estimé qu’il était nécessaire de réunir rapidement, en terre ivoirienne, les grands responsables des partis politiques dominants en Côte d’Ivoire, d’ailleurs ce sont les mêmes qui s’étaient réunis à Pretoria.

Réunion de Yamoussokro

Il a convoqué à Yamoussokro, le président Gbagbo, le président Bédié, le Premier ministre Alassane Dramane Ouattara et Guillaume Soro, le secrétaire général des forces nouvelles. Il s’agissait de lever quelques blocages et surtout de réinstaurer la confiance entre les éléments composant la classe politique dont le poids est déterminant pour la sortie de crise. Ces leaders qui se sont retrouvés à Yamoussokro ont décidé que le premier élément de blocage pour aller vers les élections était de lever la création d’une commission électorale indépendante. Celle-ci résulte de l’accord de Pretoria qui a indiqué comment elle doit se composer. Lorsque les partis politiques se sont retrouvés après l’adoption de la résolution 16-33, certaines formations ont estimé que le partage des postes n’était pas équilibré pour assurer une supervision équitable du processus électoral. La réunion de Yamoussokro a donc permis de lever les quiproquos et de faire en sorte que chaque parti soit représenté au sein du bureau de la commission électorale. Ce qui a été fait. Vendredi dernier, la commission électorale a été installée et elle commence maintenant ses activités. Nous avions un autre problème qui est celui du désarmement. Certains disaient qu’il faut désarmer avant d’aborder quelque question que ce soit. Les seize grands ont décidé d’inviter les forces de défense et de sécurité et les forces nouvelles à se réunir et définir un programme qui va devenir le programme national de désarmement. Sur cette question, les blocages sont levés. Nous avions le problème de l’identification. Les forces nouvelles ont toujours exprimé le désir de voir l’identification être donnée. Mais, en même temps, la contrainte de la tenue des élections, parce que nous devons aussi recenser pour mettre à jour les listes électorales. Mandat a été donné à la commission électorale indépendante de faire enclencher simultanément les procédures d’identification des populations d’une façon générale et la procédure de mise à jour des listes électorales. Les deux points vont être menés de pair pour que nous gagnions du temps. Il y avait des blocages en ce qui concerne les examens dans les zones tenues par les forces nouvelles. Les élèves qui habitent dans la zone contrôlée par ces forces n’avaient plus d’examens depuis 2 ans. On n’était plus en mesure d’évaluer leurs connaissances. Il a été décidé que rapidement les examens aient lieu. Et finalement ces examens ont eu lieu.

Début de la décrispation

La réunion de Yamoussokro, la formation du gouvernement, le fait que les Ivoiriens se soient appropriés ce programme de sortie de crise montrent que nous allons vers la mise en œuvre de cette feuille de route. Autre signe extrêmement positif, le 11 mars dernier, le Pdci s’est réuni en une convention et a décidé de désigner son candidat à l’élection présidentielle prochaine : le président Henry Konan Bédié. Le fait marquant qui montre qu’il y a une réelle décrispation, c’est que tous les partis politiques majeurs étaient à cette convention. Le secrétaire général du Fpi a parlé au nom de ce parti, le président de Rdr, Alassane Ouattara, y a pris la parole. Le président de l’Udpci, le parti né après le passage au pouvoir de Robert Guéi et celui du Mfa ont également participé à cette réunion. Ils ont unanimement dit que la Côte d’Ivoire est entrée dans une ère nouvelle : la décrispation. Depuis le travail de la première pierre posée par le président Abdoulaye Wade, nous nous sommes appliqués à travailler dans le sens d’une véritable décrispation. Depuis la nomination du nouveau Premier ministre, nous avons un nouveau contexte qui fait que si les médiateurs demeurent et continuent leur travail, il y aura une paix définitive. La résolution 16-33 a aussi créé un groupe de travail qui suit de façon quotidienne la mise en œuvre de la feuille de route. Tout cela démontre à l’évidence que beaucoup est fait et que la décrispation devient une réalité. La réunion de Yamoussokro a permis aussi de régler un problème fondamental l’interprétation des textes. Certains disaient : vous avez la résolution 16-33 donc la Constitution n’est plus valable. Un débat que je juge théorique parce loin des préoccupations des populations qui veulent la fin du conflit. Ce qu’elles veulent, c’est que le dialogue soit renoué que les gens se parlent, que la confiance revienne, qu’elles puissent aller et revenir. C’est pourquoi le Premier ministre a dit à juste raison qu’il faut avoir une lecture intelligente de la Constitution et de la résolution 16-33. Puisque la résolution parle même de l’idée que la Côte d’ivoire est une République et que sa souveraineté existe. Ce débat a été vite clos à Yamoussokhro.

Retour de Guillaume Soro à Abidjan

Nous sommes aujourd’hui entrés dans la phase pratique de la mise en œuvre de ce texte. Le dernier acte de cette mise en œuvre est le retour, aujourd’hui (Ndlr hier) même à Abidjan de Guillaume Soro. Ce dernier ne venait plus à Abidjan pour des questions de sécurité. Il sera demain (Ndlr : aujourd’hui) au Conseil des ministres. C’est dire que nous allons véritablement vers la décrispation et le retour de la confiance. C’est ce que nous avons appelé, en d’autres termes, et ce que j’ai dit aux personnalités qui ont eu l’amabilité de nous recevoir ici, que nous avons une nouvelle approche qui consiste à dire que le passé, c’est la passé. On ne peut pas changer quelque chose, mais on peut en tirer des leçons pour construire l’avenir. Et nous disons que cet avenir doit être abordé avec un cœur nouveau et abordé intellectuellement avec un esprit nouveau. C’est ce que je suis venu dire à nos amis du Sénégal, en les remerciant de ce que le président Wade, le ministre Cheikh Tidiane Gadio et les autres frères africains ont fait.

SSPP Le Soleil - Grafisol : Route du Service géographique, Hann Dakar - Tél : +221 859.59.59 - Fax : +221 832.08.86


ARRIVEE DE SORO GUILLAUME A ABIDJAN / REACTION DES HOMMES POLITIQUES

Mercredi 15 Mars 2006

Le retour hier à Abidjan du Secrétaire général des Forces nouvelles n’a pas laissé la classe politique indifférente. Elle y voit un signal fort pourl’aboutissement du processus de paix.
Angèle Gonsoa, vice-président du Pit
“Je l’encourage à trouver des solutions à la crise dans le gouvernement”
« Nous n’avons pas de commentaire particulier. Depuis la formation du gouvernement de transition le 28 décembre 2005, Soro devait être là. C’est tout à fait normal qu’il soit là pour occuper son poste et jouer sa partition dans le processus de paix. Le conseil que j’ai à son endroit, c’est de l’encourager à trouver les solutions aux difficultés du processus dans le gouvernement. C’est ce que je lui ai toujours dit quand j’étais au gouvernement »

Issouf Sylla, maire Rdr
“Cela va rassurer tout le monde”
« Je pense que c’est une très bonne chose. Cela va rassurer tout le monde. Vu l’engagement que les leaders ont pris à Yamoussoukro, il va falloir que chacun prenne ses responsabilités pour l’avancée du processus de paix. Pour ma part, je lui souhaite bonne arrivée et du succès dans ses tâches ministérielles. Et que Dieu nous bénisse tous ».

Alphonse Djédjé Mady, Secrétaire général Pdci-Rda
“Son retour va dans le sens de la paix”
« Son retour va dans le sens de la paix. Il faut que tout le monde apporte sa pierre à l’édification de la Côte d’Ivoire nouvelle pour l’aboutissement du processus de paix. C’est le message particulier que je lance ».

Joël N’Guessan, vice-président du Mfa
“C’est un signal très fort au processus de paix”
« Le retour de Soro Guillaume est une très bonne chose. Il est un maillon essentiel du processus de paix. C’est un signal très fort qu’il donne au processus de paix. Nous nous réjouissons de cette arrivée. Nous espérons que cela ouvrira la voie au démantèlement des milices au désarmement à la réunification du pays afin qu’on ait les élections libres justes et transparentes à temps. Il faut qu’il prenne sa place dans le gouvernement surtout qu’il occupe un portefeuille très important en charge de la reconstruction au sortir de cette guerre ».

Alassane Salif N’Diaye, Secrétaire général de l’Udpci
“Sa présence augure de la réunification du pays”
« Nous pensons qu’il bénéficiera de toutes les assurances de sécurité pour que dans la sérénité, il puisse apporter sa pierre à la reconstruction de la Côte d’Ivoire. Cela suppose que soit banni tout comportement de méfiance, voire de défiance de part et d’autre. Il faut que le gouvernement active dans l’action, l’élargissement des grands chantiers de la renaissance de la Côte d’Ivoire. Nous pensons également que la présence du ministre d’Etat Soro Guillaume à Abidjan augure dans la confiance retrouvée d’une réunification heureuse du pays.
Propos recueillis par Emile SCIPION

Après une rencontre avec Gbagbo, Banny, Bédié et Ado/Guillaume Soro
“Consolidons le dialogue en vue des élections”
A peine arrivé de Bouaké, Guillaume Soro a été successivement reçu par le président Gbagbo, le premier ministre Charles Konan Banny, Henri Konan Bédié président du Pdci et Alassane Ouattara. A la sortie des différentes audiences, le leader des Forces nouvelles a exprimé sa joie d’être à Abidjan pour participer au processus de paix.
Maintes fois annoncé, maintes fois reporté pour des problèmes de sécurité, le retour du leader des Forces nouvelles Guillaume Soro à Abidjan hier matin. Il vient prendre sa place dans le gouvernement de transition en vue de participer pleinement au processus de paix. A sa sortie d’audience avec le chef de l’Etat, Guillaume Soro a dit que les échanges avec Laurent Gbagbo ont été fructueux. « Nous avons pris le bon chemin pour réaliser rapidement la paix en Côte d’Ivoire », a-t-il souligné. Avec le premier ministre, le leader des Forces nouvelles s’est appesanti sur le processus de paix, avant d’exprimer à Banny sa joie de revenir à Abidjan pour retrouver la place qui est la sienne dans le gouvernement de transition. Le premier ministre Banny, dira-t-il, pourra faire en sorte de consolider ce dialogue qui est né en vue des élections démocratiques et transparentes.
Au terme des échanges qu’il a eus avec le président Bédié, le Secrétaire général des Forces nouvelles a dit qu’il est venu saluer le président Bédié en sa double qualité d’ancien chef de l’Etat et de président du Pdci-Rda. Quant au G7, il a fait remarquer que c’est une alliance qui doit se consolider en vue de permettre aux candidats et aux leaders de préparer dans de très bonnes conditions, les futures élections. Chez Alassane Ouattara, le message de Guillaume Soro n’a pas varié. Il a réitéré son appel à la paix et à l’unité nationale.

issazahis@yahoo.fr
Issa ZAHIS


SORO GUILLAUME A ABIDJAN / ENTRETIEN AVEC LE CHEF DE L'ETAT , LE PREMIER MINISTRE , LES LEADERS DU PDCI , DU RDR

Mercredi 15 Mars 2006

64 minutes de tête à tête Gbagbo-Soro
« Le Patriote »vous retrace le film de l’arrivée du Secrétaire Général des Forces Nouvelles, le ministre d’Etat Guillaume Soro hier au Palais Présidentiel

Depuis combien de temps Gbagbo et Soro ne s’étaient plus regardé droit dans les yeux ? Hier, lorsque nous arrivons sous le coup de 10 heures à la Présidence de la République, l’ambiance a l’air de celle des grands jours. A quelques pas du palais, le Premier Ministre Banny conduit tranquillement son Conseil de gouvernement. Mais aucun journaliste n’y a l’esprit. Caméras sur les épaules, appareils photos en bandoulière et microphones en mains les journalistes guettent l’arrivée de Guillaume Soro. A 11heures, l’adjudant Dakoury, chargé de presse à la présidence arrive et lance à l’endroit des journalistes un retentissant : « salut les gars » . Il informe par la même occasion que l’accès au palais est pour bientôt. Vingt minutes plus tard, les journalistes sont priés de se mettre en rang pour les vérifications des cartes de presse et autres accréditations. Tous s’exécutent, les chasseurs d’images, en premier lieu. Une fois dans la cour, nous sommes bloqués juste au parking. C’est que l’escorte présidentielle est à deux minutes du palais. Interdit donc de passer. Des gardes en gilets pare- balles et lourdement armés prennent position tout au long du palais. Un premier motard se signale, suivi d’un autre. Apparaît enfin le cortège de Gbagbo. Au lieu de prendre la destination de la résidence (officielle située au palais), le cortège s’arrête juste au niveau des bureaux. Gbagbo descend. Il se dirige directement dans ses bureaux pour attendre le chef des Forces Nouvelles. On nous apprend entre temps que l’hélicoptère de la force licorne qui transporte Soro et sa délégation a décollé de Bouaké à 9 heures 40 et atterri à l’hôtel du golf à 11 heures précises. Après deux autres postes de contrôle, le service de communication de la présidence autorise enfin la presse à entrer dans le palais. Les cadreurs, photographes prennent position derrière la ligne rouge. S’en suivent les derniers réglages. « Eteingnez vos portables. Seuls les photographes et les cameramen sont autorisés à rentrer dans les bureaux, mais par vague de cinq » lancent le commissaire Money et Silvère Nébout.
VIENDRA ? VIENDRA PAS ?
Les zooms et microphones des uns et des autres sont réglés et positionnés. Personne ne veut rater ce grand rendez- vous. Mais le temps s’égrène. Dix minutes s’écoulent. Trente minutes passent. Point de Soro. Les supputations vont bon train. Chacun y va de son commentaire. « Viendra ? Viendra pas ? » Ne cessent de s’interroger, inquiets des journalistes et même certains proches du chef de l’Etat. Le temps passe. Mais toujours pas de Guillaume Soro. « Mais qu’est-ce qui se passe donc ? », murmure un confrère qui, esquinté, s’assoit dans l’allée du sous sol. Le suspense dure encore jusqu’à 11heures 50 où un huissier apparaît. Il s’installe juste sur le perron du palais. Le cameraman privé de Gbagbo vient se mettre à ses côtés. Puis arrivent le commissaire Money, le colonel Ahouman Brouha Natanael. « Soro serait-il en route ? » L’espoir renaît. En tout cas, tout semble indiquer que Soro est en route. A 11 heures 59, trois véhiculent se signalent. Deux 4X4 dont un blindé de l’ONUCI et une 607 de marque peugeot. C’est Soro ! s’écrie un journaliste. Le véhicule de l’ONUCI vient se positionner juste à l’entrée et attend quelques minutes. Konaté Sidiki, Alain Lobognon descendent de leurs véhicules. Ensemble, ils se dirigent droit vers le 4X4 de l’ONUCI, immatriculée UN OO545 dans lequel attend certainement le Secrétaire général des Forces Nouvelles. Des gardes ouvrent la portière. Et voici Guillaume Kigbafory Soro ! Il faisait ainsi son entrée au sein du palais présidentiel, après plus de deux ans de rupture de dialogue avec Laurent Gbagbo. On reconnaît à ses côtés le Général Gueu Michel, le commandant Koné Messamba, Kamagaté Souleymane alias Soul To Soul. Soro est tiré à quatre épingles. Il est vêtu d’un costume gris à rayures bleues. Il porte en dessous une chemise d’un bleu écarlate que barre une large cravate à pois bleu. Dans ses pieds, luit une paire de souliers noirs de type « box ». Photographes et chasseurs d’images se bousculent. Ils vont jusqu’à franchir la ligne de sécurité. Ils sont bloqués par les services de sécurité de la présidence qui parviennent d’ailleurs difficilement à les contenir. C’est à qui obtiendra la meilleure image pour immortaliser l’événement. Les flashes pleuvent sur le leader des Forces Nouvelles et numéro deux du gouvernement de Transition. Sourire aux lèvres, il jette un regard à l’endroit des journalistes et se dirige avec les membres de sa délégation droit vers les escaliers qui mènent au bureau de Gbagbo. Après une séance de prises de vue, les délégations de Soro et celle de Gbagbo quittent les bureaux pour la salle d’attente. Commence alors un huis clos entre Soro et Gbagbo. Pendant soixante quatre minutes, les deux hommes se regardent droit dans les yeux. Ils se parlent. Les débats semblent forts enrichissants puisqu’à la fin, c’est quasiment main dans la main, sourires larges que les deux hommes redescendent. Gbagbo remonte aussitôt. Soro est assailli par les journalistes. C’est un désordre total. Soro revient sur ses pas et remonte deux marches. Il respire à fond et s’ouvre à la presse. « Je suis arrivé à Abidjan comme prévu. J’ai eu des échanges avec le chef de l’Etat. Nous avons naturellement abordé toutes les questions d’actualité. Nous avons parlé du processus de paix. Les échanges ont été fructueux et je pars d’ici convaincu que nous avons pris le bon chemin pour réaliser rapidement la paix en Côte d’Ivoire » rassure le ministre d’Etat. Avant d’ajouter que « la rencontre des leaders politiques à Yamoussoukro a été un bon début et c’est bien entendu dans ce prolongement que nous nous retrouvons ici à Abidjan et que nous avons pu avec le chef de l’Etat dégager de grands axes. Et dans les jours à venir, vous allez voir que ce dialogue politique initié va se prolonger par le dialogue militaire qui va être engagé » annonce t-il. Il prend place à bord du véhicule à lui affecté. Toujours sous une pluie de flashs. Le cortège met le cap sur la Primature où une rencontre avec Banny est prévue. Les deux personnalités s’entretiennent. Ils en ressortent une heure après et Soro confirme dans une déclaration, sa présence aujourd’hui au Conseil des ministres. Les deux hommes s’engouffrent dans leurs véhicules, direction : Cocody les Ambassades, à la résidence de Banny où un déjeuner est prévu. Le même jour, Soro se rend chez Bédié et chez Ouattara.
BCN

Le Secrétaire général des Forces nouvelles rencontre Bédié et Ouattara
Soro œuvre à la consolidation du G7

Arrivé, hier, à Abidjan Guillaume Soro S. G des Forces nouvelles a rencontré successivement dans la soirée les présidents Bédié et Ouattara.

Pas d’inquiétude à se faire sur la solidarité et l’avenir du G7. Cette alliance des partis et forces politiques signataires de l’accord de Marcoussis a de beaux jours devant elle. Guillaume Soro, Secrétaire général des Forces Nouvelles en donne l’assurance. Dès son arrivée hier, à Abidjan, après plus d’un an et demi d’absence, le leader des ex-rebelles a entrepris de rencontrer certes les acteurs clés de la crise, mais aussi et surtout ses alliés du G7. C’est ainsi qu’il s’est rendu hier en fin de soirée, successivement chez Henri Konan Bédié, président du PDCI RDA et Alassane Dramane Ouattara président du RDR. Il est 15 h 50 quand l’impressionnant cortège du ministre d’Etat de la Reconstruction et de la Réinsertion franchit le lourd portail de la résidence de Bédié sis à Cocody les Ambassades. Soro est à l’occasion accompagné des membres de son staff restreint en l’occurrence Sidiki Konaté, le Général Soumaïla Bakayako, Alain Lobognon, les ministres Michel Gueu et Messamba Koné, et Kamagaté Souleymane alias Soul To Soul. De son côté, le président Bédié était assisté du professeur Alphonse Djédjé Mady. Pendant 20 minutes, tout ce beau monde s’enferme dans le somptieux salon aménagé à cet effet. A 16 h 10 précises, les collaborateurs des deux leaders sont priés de se retirer. Et voilà Bédié et son jeune frère Soro en tête à tête. Le huis clos dure environ 20 minutes.
A 16 h 30, tous les deux font leur apparition. Sollicité par les journalistes, Soro ne se fait pas prier : « Je suis venu saluer le président Bédié en sa double qualité d’ancien chef d’Etat et de président du PDCI. Vous savez qu’avec le PDCI, nous sommes dans le G7 qui est une alliance. Je ne pouvais pas être ici à Abidjan sans venir saluer notre aîné le président Bédié », déclare-t-il d’emblée.
Se prononçant, sur les secrets du huis clos avec le président du PDCI, il ajoute : « J’ai souhaité que l’alliance du G7 se consolide. Et que les candidats et les leaders puissent préparer dans de très bonnes conditions les élections à venir ». Guillaume Soro ne cache d’ailleurs pas sa foi en l’avenir du G7 qui, selon lui ; devait pouvoir transcender les contingences politiques du moment : « Nous espérons que cette alliance pourra amener à une grande coalition pour la reconstruction du pays. », plaide-t-il. Après cette brève déclaration, cap sur le Golf Hôtel où il a établi ses quartiers ; une heure après, il arrive à la résidence de Ouattara située à quelques encablures. A la différence des autres étapes, la presse n’est pas autorisée à couvrir la rencontre. « C’est la seule fausse note dans cette série de rencontres initiées par Soro», commente un confrère arrivé en retard sur les lieux. Quarante minutes plus tard, Soro et son staff prennent congé : « Tout s’est bien passé. On est venu salué juste M. Ouattara comme d’habitude. Et ce fut bien » lâche Sidiki Konaté, le porte-parole. On peut deviner qu’en rendant visite à ses deux aînés (Bédié et Ouattara), Guillaume Soro œuvre à la consolidation des acquis du G7.
Khristian Kara

Retour de Soro Guillaume à abidjan

Le sens d’un retour

Cette fois a été la bonne. Soro Guillaume, le Secrétaire Général des Forces Nouvelles, en rupture avec le pouvoir d’Abidjan, a retrouvé la capitale économique hier, pour reprendre sa place au sein du gouvernement de transition et donner toutes ses chances au processus de sortie de crise. Les rendez – vous manqués ont vécu. Il est bien là, l’auteur de l’ouvrage « Pourquoi je suis devenu un rebelle ». Sans conteste, le retour du patron des ex- rebelles marque un tournant décisif dans la résolution de la question ivoirienne. Ce retour constitue également le sens de l’engagement du principal tenant du MPCI à s’inscrire sans relâche dans la voie de la paix, de la réconciliation et de la réunification, autant d’étapes à franchir pour l’organisation des élections générales d’Octobre 2006. Tous ceux qui déclaraient à pure perte que les Forces Nouvelles biaisaient avec le processus, parce qu’elles n’avaient pas intérêt à ce que s’achève cet état d’anormalité, se sont lourdement trompés. Soro Guillaume et ses collaborateurs n’ont jamais cessé d’être en harmonie avec le sens premier de la prise des armes, à savoir instaurer un Etat démocratique, dépouillé de toutes les politiques d’arbitraire, d’exclusion et d’injustice. Pour autant, le ministre Soro Guillaume ne pouvait aucunement venir se « jeter dans la gueule du loup », quand on sait que depuis longtemps un plan d’assassinat de sa personne ne finit pas d’être remis en forme par les laboratoires et officines de la refondation. Il y a quelques semaines, l’Ambassadeur de l’Angola en Côte d’Ivoire, M Carlos Belli Bello appelait publiquement à la mise à mort de Soro Guillaume, en vue de porter un coup d’arrêt au MPCI. Il en veut pour preuve le meurtre en Angola, du leader charismatique de l’Union Nationale Pour la Libération Totale de l’Angola (UNITA), par les hommes du Président Eduardo Dos Santos. Un crime qui a contribué à mettre en veilleuse le mouvement rebelle. Pour sûr, le chef des Forces Nouvelles était donc légitimé à aborder la question de sa sécurité et à se donner les moyens de ne pas subir le sort du Dr Jonas Malheiro Savimbi. Loin d’être une fuite en avant, son retrait obéissait à une stratégie de lutte. Tout est donc bien qui finit bien, avec la reprise du dialogue politique entre les différents protagonistes de la crise ivoirienne.

Bakary Nimaga
"LE PATRIOTE"


COTE D'IVOIRE / PROCESSUS DE PAIX / SORO GUILLAUME LEADER DES FORCES NOUVELLES EX-REBELLION A ABIDJAN EN VUE DE PARTICIPER A LA GESTION DU PAYS

Mercredi 15 Mars 2006

PROCESSUS DE PAIX
Le ministre d’État Soro Guillaume regagne Abidjan aujourd’hui pour prendre sa place au sein de l’équipe dirigée par le Premier ministre Banny.

Après plus d’un an de boycott des activités gouvernementales alors dirigées par le Premier ministre, Seydou Elimane Diarra, le Secrétaire général des Forces nouvelles (F.N.), Guillaume Soro, rentre à Abidjan ce matin. L’hélicoptère de l’ONUCI qui le ramène de Bouaké atterrira au GATL d’Abidjan Port-Bouët à 11h. Aussitôt après, il se rendra au Palais présidentiel au Plateau où le Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, le recevra en audience. Son arrivée était même envisagée pour hier, selon le directeur de la communication des Forces nouvelles, Alain Lobognon. Finalement, il a dû se conformer au calendrier de la direction du Protocole d’Etat. Ministre d’Etat, ministre de la Communication dans le gouvernement de Seydou Elimane Diarra, il occupe désormais le portefeuille de ministre d’Etat, ministre chargé du Programme de la Reconstruction et de la Réinsertion dans le gouvernement de Charles Konan Banny mis en place depuis le 28 décembre 2005. Une visite qui s’inscrit dans la droite ligne du séminaire gouvernemental puis du sommet des “4 grands” qui s’est tenu à Yamoussoukro le 28 février en vue de relancer le processus de paix après plusieurs mois de blocage. Au-delà du consensus trouvé autour de certains sujets essentiels, notamment la Commission électorale indépendante, l’identification et les élections, le désarmement, la RTI, ils avaient convenu d’adopter un code de bonne conduite pour donner confiance aux populations. “Les participants ont admis la nécessité de se retrouver fréquemment pour échanger sur le processus de paix et de faire en sorte que la vie politique se déroule dans un climat apaisé dans le respect des valeurs de la fraternité et de la démocratie”.
Le directeur de la communication, joint hier par téléphone, explique les raisons profondes de ce retour. A savoir, “la volonté profonde d’aider le processus de paix et surtout de soutenir toutes les déclarations antérieures par rapport à notre participation active. Il s’agit également de montrer que nous sommes décidés à prendre tous les risques”. La question sécuritaire qui a été souvent avancée pour justifier son absence à Abidjan a certainement trouvé une solution. Le Secrétaire général des F.N. ayant à plusieurs reprises exprimé son intention de se déplacer avec “ses hommes” pour assurer sa sécurité dans le premier périmètre et confier la suite aux Forces impartiales. Il récusait ainsi la présence des éléments des éléments de la force ex-belligérante, les Forces de défense et de sécurité.
Cependant, M. Lobognon se garde d’en parler publiquement, en raison de sa sensibilité. “Il n’existe pas de sécurité à 100%. Nous, Forces nouvelles, sommes responsables de la sécurité de nos responsables. Cependant, il y a eu des conciliabules avec les autorités, notamment le Premier ministre. Nous ne ferons pas d’exposition publique parce qu’il s’agit de dispositions internes”.
Ce retour est également, a-t-il ajouté, le résultat des différentes médiations. “C’est la volonté exprimée par plusieurs personnes en vue de la rencontre entre ces deux principaux leaders de la crise, Laurent Gbagbo et Soro Guillaume. Il s’agit de la médiation de la société civile, des diplomates, du Premier ministre Banny aujourd’hui et du Premier ministre Seydou Diarra hier”. Ainsi, il rappelle qu’en 2003 et 2004, des rencontres avaient eu lieu. Ces bonnes volontés pensent que le dialogue entre ces deux hommes pourrait favoriser la résolution de certains problèmes nationaux. Parce qu’il n’existe “pas de problèmes particuliers entre Soro et Gbagbo”, a-t-il martelé.
Soro Guillaume sera également reçu peu après par le Premier ministre Banny. Il n’est pas exclu qu’il prenne part au Conseil des ministres prévu demain matin. Ce serait alors le premier auquel il participe depuis la formation du gouvernement. Jusque-là, il était le seul sur les 31 membres, à boycotter les séances.
D’autres visites sont prévues chez des leaders politiques, Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara, respectivement présidents du PDCI-RDA et du RDR.

Auteur: Paulin Zobo
FRAT MAT


JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME : femmes en politiques / document de référence

Vendredi 10 Mars 2006

samedi 21 janvier

20-01-2006 LA CROIX PARIS

Femmes, le pouvoir à portée des urnes

Au Liberia, en Allemagne, au Chili, pour la première fois dans leur pays respectif, une femme accède à la plus haute fonction politique. Plus qu’une mode, c’est une tendance forte. La France sera-t-elle concernée

Et si le prochain président de la République française était une présidente ? Depuis que l’élection a lieu au suffrage universel, il n’a pas manqué de candidates. Des femmes à forte personnalité bien décidées à bousculer le Landerneau des hommes politiques, mais elles avaient peu de chances d’êtres élues. D’une élection à l’autre, la question revient, lancinante : et si c’était une femme ? Qu’est-ce que cela changerait ?

Depuis que Ségolène Royal (pour le PS) et Michèle Alliot-Marie (pour l’UMP) ont laissé entendre qu’elles se tenaient prêtes à être candidates en 2007, l’hypothèse ne semble plus incongrue. D’autant que l’élection, dimanche dernier, de la socialiste Michelle Bachelet à la présidence du Chili, a contribué à banaliser l’événement. «L’idée qu’une femme soit candidate n’effraie plus personne», a ainsi pu se réjouir l’ancien premier ministre Pierre Mauroy.

La première candidate fut Arlette Laguiller en 1974. Lors de la dernière élection présidentielle, en 2002, elles étaient quatre sur les rangs (voir hors-texte ci-dessous). Mais il s’agissait avant tout de candidatures de témoignages. Au total, elles ont réuni sur leur nom à peine plus de 10 % des voix. La nouveauté est que, cette fois, ce sont des femmes appartenant aux deux grands partis de gouvernement qui affichent sans complexe leurs ambitions.
85% des Français se disent prêts à élire une femme présidente

«Ces démarches sont très importantes. Pour la première fois, elles affirment leur légitimité et disent “Pourquoi pas moi ?”. C’est un indice que les choses évoluent», souligne Armelle Le Bras-Chopard, professeur agrégé de sciences politiques (1).

En permettant aux femmes d’être désormais présentes massivement à tous les niveaux, la loi sur la parité de juin 2000 a sans doute beaucoup fait pour briser ce tabou. «Je ne vois pas pourquoi les femmes, qui ont prouvé leurs compétences dans les exécutifs locaux, s’interdiraient de franchir ce cap, témoigne Françoise de Panafieu, elle-même candidate à la mairie de Paris. Pour moi, il s’agit d’une évidence.»

À supposer qu’elles obtiennent l’investiture de leur parti, les Français seraient-ils prêts à élire une femme aux plus hautes responsabilités ? Les sondages répondent par l’affirmative. Selon une enquête réalisée par BVA en février 2005, sur les Français et la parité, ils seraient même 85 % à se déclarer prêts à le faire. Et davantage les hommes (87 %) que les femmes !

Avec un effet générationnel non négligeable puisque ce sont les femmes de plus de 50 ans qui sont les plus réticentes à élire une de leurs concitoyennes. «Ce sont celles chez qui le schéma de la division sexuelle des responsabilités sociales est le plus ancré», commente Jérôme Sainte-Marie, directeur du département opinion de l’institut BVA. Les enquêtes semblent cependant montrer une certaine constante dans ce domaine, même si la proportion de nos concitoyens et concitoyennes qui se disaient prêts à faire confiance à une femme était moins importante (73 %) en avril 1994 (2).
Les candidates féminines porteuses des espoirs de changement

De tels résultats qui ne surprennent pas Muguette Dini. Pour cette sénatrice UDF du Rhône, qui s’apprête à déposer une proposition de loi visant à imposer la parité dans toutes les élections, «la société est plus en avance qu’on ne le croit». «Si l’on raisonne a contrario, explique-t-elle, je ne crois pas que les gens refusent de voter pour un candidat simplement parce que c’est une femme.»

De fait, les commentateurs auraient tendance à surestimer les réticences des électeurs. «Bien sûr, il ne faut pas être naïf, reconnaît Jérôme Sainte-Marie, mais je ne vois dans les enquêtes d’opinion aucun indice de misogynie caché. Il y a un principe d’indifférence pour le sexe du candidat très marqué chez les Français.» Le fait d’être une femme pourrait même, selon lui, constituer un avantage à ce stade de la campagne.

«Les candidatures féminines apparaissent par nature comme porteuses des espoirs de changement et de renouvellement de la classe politique auxquels aspirent les Français, confirme Laurence Rossignol, secrétaire national du PS. Les femmes, c’est un peu ce qu’on n’a pas encore essayé.» Ce sentiment est partagé par Corinne Lepage, elle-même ancienne candidate à l’élection présidentielle : «Les femmes, parce qu’elles ont plus que les hommes le sens du concret, de l’organisation du temps et de l’écoute des autres, apparaissent capables de parvenir à transformer les choses dans le consensus.»

Au final, explique Jérôme Sainte-Marie, les électeurs se déterminent avant tout «sur des critères politiques». «L’objectif n’est évidemment pas d’élire une femme pour élire une femme, ou d’entrer dans une logique de choix qui serait déterminée par le sexe, approuve Laurence Rossignol. Et si une femme n’est pas élue cette fois-ci, on ne pourra pas en tirer des conclusions sur l’état de notre société.» Ce que confirme une autre ancienne candidate, Christine Boutin. «Si une femme incarne un vrai projet et apparaît compétente, les Français n’hésiteront pas à l’élire, affirme-t-elle. Seulement, l’histoire récente n’a pas encore vu émerger de femme de ce calibre-là.»
L'obstacle reside plus dans les partis politiques que dans l'électorat

À l’instar de Corinne Lepage , l’élue des Yvelines estime qu’au cours de la dernière campagne elle a moins souffert du regard des électeurs que des jugements des observateurs (et notamment des journalistes politiques), qui ne jugeaient pas sa candidature «crédible».

L’obstacle principal à l’élection d’une femme à la présidence de la République résiderait ainsi, de l’avis de la plupart d’entre elles, davantage dans les partis politiques que dans l’électorat. Si elle se maintient au niveau actuel, la popularité de Ségolène Royal dans les sondages ne suffira pas à lui assurer l’investiture du parti socialiste.

Et nombre de ses consœurs sont prêtes à parier que ses rivaux vont tout faire pour l’éliminer. «Les appareils politiques, essentiellement masculins, ont tendance à se reproduire par cooptation et ont du mal à faire de la place aux femmes», constate Armelle Le Bras-Chopard.

Les réactions socialistes aux ambitions de la présidente de Poitou-Charentes sont à ce titre éloquentes. « Mais qui va garder les enfants ? », avait feint de s’interroger Laurent Fabius, tandis que Jean-Luc Mélenchon se croyait obligé de rappeler que l’élection présidentielle n’était pas «un concours de beauté». «Quelles que soient ses qualités et sa stratégie, Ségolène Royal aura beaucoup de mal à aller jusqu’au bout», regrette Muguette Dini.

Armelle Le Bras-Chopard, elle aussi, reste sceptique : « Nous sommes sans doute à une époque charnière et les choses évoluent très vite mais je ne suis pas sûr que les mentalités soient totalement prêtes, nuance-t-elle. Sur le plan du principe, élire une femme à la plus haute fonction, est acquis. Mais si les Français devaient être confrontés à ce choix je ne suis pas sûr qu’il n’y ait pas encore des réticences inavouées. »

Céline ROUDEN

(1) Auteur du livre Le masculin, le sexuel et le politique, Éd. Plon, 2004.
(2) Sondage CSA sur les Français et la parité hommes-femmes, avril 1994.

***
Des femmes candidates à l’Élysée depuis 1974

Depuis le début de la Ve République, de nombreuses femmes ont été candidates à l’élection présidentielle, mais il fallut attendre 1974 pour que la première d’entre elles, Arlette Laguiller, se lance dans l’aventure pour Lutte ouvrière. Cette candidature fit des émules puisqu’elles étaient trois en 1981 à se présenter : à ses côtés, on trouvait alors Huguette Bouchardeau (pour le PSU) et la gaulliste Marie-France Garaud. En 1988, on ne retrouve plus qu’Arlette Laguiller, qui est à nouveau candidate en 1995, ainsi que Dominique Voynet pour les Verts. En 2002, quatre femmes entrent dans la course à l’Élysée : Christine Boutin (alors candidate dissidente de l’UDF), Arlette Laguiller (pour LO), Corinne Lepage (pour Cap 21) et Christiane Taubira (pour les Radicaux de gauche)

***
Repères

Présidentes et premiers ministres, aujourd’hui…

Chili : Michelle Bachelet a remporté l’élection présidentielle dimanche dernier, et devient la première femme élue à a tête de l’État au suffrage universel en Amérique latine.

Liberia : Ellen Johnson Sirleaf est devenue lundi la première femme chef d’État en Afrique.

Finlande : la présidente (sortante) Tarja Halonen est donnée favorite dans les sondages pour le deuxième tour du scrutin du 29 janvier.

Philippines : Gloria Arroyo a été nommée chef d’État en janvier 2001.

Irlande : Mary McAleese, déjà élue en octobre 1997, a été réélue le 1er octobre 2004.

Lettonie : Vaira Vike-Freiberga, investie en 1999, est la première femme chef d’État en Europe de l’Est.

Allemagne : Angela Merkel est devenue la première femme chancelière après les élections de novembre 2005.

Nouvelle-Zélande : Helen Clark a pris la tête du gouvernement en 1999.

Bangladesh : Begum Khaleda Zia dirige ce pays à majorité musulmane depuis octobre 2001.

Mozambique : Luisa Diogo est premier ministre depuis 2004.


… et dans le passé

Sri Lanka : en 1960, Sirimavo Bandaranaike a été la première femme premier ministre au monde.

Israël : de 1969 à 1974, Golda Meir est premier ministre.

Grande-Bretagne : de 1979 à 1990, Margaret Thatcher, seule femme premier ministre de l’histoire du pays.

Inde : en 1984, Indira Gandhi a gouverné l’Inde pendant onze ans, jusqu’à son assassinat en 1984.

France : de 1991 à 1992, Édith Cresson est nommée premier ministre.

Turquie : de 1993 à 1996, Tansu Ciller a été la première femme chef du gouvernement turque.

Sri Lanka : de 1994 à 2005, le pays a été dirigé par Chandrika Kumaratunga.

Indonésie : de 2001 à 2004, Megawati Soekarnoputri a dirigé un pays musulman à 90 %.

Pakistan : de 1988 à 1990, puis de 1993 à 1996, Benazir Bhutto a dirigé le gouvernement.


CELEBRATION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME EN COTE D'IVOIRE

Vendredi 10 Mars 2006

La journée internationale de la femme qui a été célébrée le 8 mars 2006 à la place Jean Paul II de Yamoussoukro a été l'occasion pour le premier ministre, les femmes et toutes les personnalités présentes de lancer un message de paix et de réconciliation.

"La réunification de la Côte d'Ivoire est devenue une réalité grâce aux femmes". Tels ont été les propos du premier ministre Charles Konan Banny lors de cette journée internationale de la femme qui a drainé plus de trois mille femmes venues d'Abidjan , de Bouaké et d'autres contrées voisines. Selon le premier ministre, cela est une leçon pour les hommes et un exemple qui mérite d'être encouragé et perpétué.
Aux femmes, notamment Mme Hortense Aka Anghui, Henriette Diabaté, Alexise Gogoua... qui ont été décorées ce jour, il a exprimé sa vive reconnaissance pour tout le travail abattu en faveur du développement en Côte d'Ivoire ; et a, par la même occasion, remercié le ministère de la famille et des affaires sociales pour ce geste profond posé au nom du gouvernement. Le représentant résidant de l'Unicef en Cote d'Ivoire qui est intervenu au nom des système des Nations-unies, a fait comprendre que cette journée doit être l'occasion pour les hommes de mieux traiter leurs femmes car il n'y a pas de développement sans les femmes, et que "sans elles les hommes ne sont rien".

Il a par ailleurs indiqué que cette journée doit susciter un dialogue qui doit aller dans le sens du respect et de la responsabilité mutuels. Ce, pour un développement durable qui ne peut être possible que dans un contexte de paix. Il a terminé en relevant que le système des Nations-unies est prêt à apporter son soutien à toutes les actions entreprises par le gouvernement pour promouvoir la paix et la réconciliation. Mme Jeanne Peuhmond, ministre de la Famille et des affaires sociales a, pour sa part, été reconnaissante au Premier ministre, au représentant du système des Nations-unies et à toutes les femmes pour avoir contribué à la réussite de cette célébration.

A la suite du maire de Yamoussoukro Jean-Marie Gnrangbé Kouakou, la représentante des femmes a fait savoir à toutes ces soeurs qu'elles sont désormais des apôtres de la paix; message qui a été traduit en langues locales (dioula, baoulé, bété, Adioukrou, etc) pour permettre aux femmes de mieux s'engager dans le combat pour la paix. Il faut noter que cette cérémonie a été marquée par un défilé exécuté par les femmes de toutes les couches sociales notamment du secteur rural, des partis politiques, de la société, des Ong, etc.

Ligué Julienne
Envoyée spéciale à Yamoussoukro



COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 08 MARS 2006

Vendredi 10 Mars 2006

Un conseil des ministres s’est tenu le mercredi 8 mars 2006 en présence du chef de l’Etat. SEM Laurent Gbagbo, au cours duquel d’importantes mesures ont été adoptées.

Abordant son ordre du jour, le conseil des ministres a examiné plusieurs projets de décrets et plusieurs communications. Au titre des communications, le conseil a entendu deux communications du Premier ministre relatives d’une part, à la rencontre au sommet de Yamoussoukro et la commission électorale indépendante et d’autres parts, l’identification et le recensement électoral. Concernant la première communication et après avoir donné les raisons de l’organisation de la rencontre au sommet entre les acteurs politiques ivoiriens à Yamoussoukro, le Premier ministre a indiqué qu’elle a permis d’aborder toutes les questions importantes pour la sortie de crise, notamment, le désarmement, l’identification, la résolution 1633 du conseil de sécurité et la commission électorale indépendante’’.

Au chapitre du désarmement, les deux états-majors (Fds et Fafn) ont été invités à examiner toutes questions et faire des propositions concrètes au gouvernement en vue du démarrage du processus. Pour la résolution 1633 de l’Onu, une lecture de la constitution et de la résolution a été admise pour une sortie de crise ‘’consensuelle, effective et durable’’.

Conformément au sommet de Yamoussoukro, une dérogation a été faite au Fpi en vue de faciliter le règlement de la question de la Cei, étant entendu que le parti au pouvoir n’est pas signataire de l’accord de Pretoria. Le conseil a donc été informé que ‘’la question de la Cei a trouvé solution sur la base d’un consensus entre les différentes parties’’. La deuxième communication qui avait trait à l’identification et au recensement a été l’occasion pour le Premier ministre, “de faire l’état du travail abattu par le groupe de travail sur l’identification et le recensement électoral’’ mis en place après le séminaire gouvernemental en vue de la résolution “des problèmes spécifiques’’.
A savoir : la reconstitution des registres d’Etat-civil détruits, la reprise du processus d’identification et le recensement électoral. Il faut néanmoins y adjoindre “les conventions Citel- Etat de Côte d’Ivoire, INS- Etat de Côte d’Ivoire, ainsi que la possibilité d’engager simultanément les opérations d’identification et d’établissement des listes électorales.’’

Après avoir convenu de transmettre “sans délai’’ le rapport du groupe de travail à la Cei, le conseil, après délibération, a adopté les conclusions de ces deux communications.
O.D


INTERVIEW DE S.E.LAURENT GBAGBO PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE PAR LE FIGARO

Jeudi 9 Mars 2006

LE FIGARO.– Vous êtes intervenu personnellement sur le dossier Youssouf Fofana. La procédure d'extradition a été menée de manière extrêmement rapide. S'agit-il d'un gage donné à Paris?

Laurent GBAGBO. – Non, nous avons appliqué l'accord de 1961 qui porte sur la coopération pour les personnes recherchées. Cela a été très rapide parce que nous n'avions aucun besoin d'avoir Youssouf Fofana ici. Nous avons déjà suffisamment de problèmes. Sur cette affaire, il n'y a donc eu ni brouilles, ni manigances, ni conflits entre la France et nous. Les Français étaient demandeurs et ce sont eux qui avaient le problème. Ils ont opté pour l'extradition, une procédure longue et risquée. Il aurait suffi que les avocats de Fofana réussissent à démontrer qu'il est ivoirien pour que cela ne soit plus possible mais, finalement, tout s'est bien passé.

On peut donc considérer que vous avez été arrangeant en acceptant de suivre une procédure risquée ?

Oui, mais c'était l'affaire de Paris. C'est pour eux que nous avons fait ça. Si Fofana avait pu prouver qu'il était ivoirien, alors là on aurait eu un problème. Mais, les Français auraient eu plus de problèmes que nous...

Il existe de nombreux contentieux entre la France et la Côte d'Ivoire. L'un d'eux est la disparition, en 2004, du journaliste Guy-André Kieffer. Michel Legré, le beau-frère de votre femme, Simone, est tenu pour le principal suspect...

Avec l'affaire Kieffer, on est face à un casse-tête. On ne sait pas ce qu'il est devenu. Même les gens qui disent que Kieffer est mort ne peuvent pas prouver sa mort. Moi, ce monsieur, je l'ai vu deux fois dans ma vie... Quand à Michel Legré, il a été entendu autant de fois que le juge français l'a voulu. Donc, il n'y a pas de problème.

D'autres dossiers posent d'importants problèmes dans la relation France-Côte d'Ivoire. L'affaire de Bouaké, par exemple, au cours de laquelle neuf soldats français ont été tués par un bombardement ivoirien le 6 novembre 2004. Selon la version de Paris, il s'agirait d'une attaque délibérée ?

Oui, ce sont des propos qui sont susurrés, mais c'est faux. Si c'est moi le donneur d'ordres, parce que nous sommes dans le cadre d'une attaque militaire, si c'est de moi qu'il s'agit, je m'inscris en faux. Quel aurait été mon intérêt ? Nous avons mené une attaque. Elle s'est très bien passée les premiers jours. La rébellion n'existe plus. Pourquoi aurais-je brusquement donné l'ordre d'aller bombarder les Français ? Pour obtenir quel avantage ?... Cherchons ailleurs ce qui s'est passé. Mais ne politisons pas ce qui n'est pas à politiser. Tout cela n'a absolument aucun sens.

Durant son audition, le général Poncet aurait mis en cause votre conseiller défense à la présidence, M. Kadet Bertin ?

Le général Poncet met en cause n'importe qui. J'ai lu certaines de ses déclarations. Mais je ne veux pas rentrer dans une polémique avec un subalterne. Les généraux sont là pour exécuter les ordres des politiques.

Tous ces problèmes dans la relation franco-ivoirienne ne sont-ils pas, paradoxalement, la démonstration par l'absurde de la force des liens qui continuent d'exister ?

Les liens sont là, mais ils doivent nécessairement changer. Depuis le 19 septembre 2002 (NDLR : date de l'apparition de la rébellion), ils ont changé de nature. Les soldats français sont devenus parmi les plus impopulaires en Côte d'Ivoire. Le fait qu'ils fassent partie des forces sous mandat de l'Onu est une aberration. D'après les accords qui nous lient, les Français devraient être engagés du côté de la Côte d'Ivoire contre les agresseurs, qui viennent du Burkina-Faso et du Liberia.

On entend à Paris des accusations contre les autorités ivoiriennes soupçonnées de fascisme. On entend à Abidjan un discours sur le néocolonialisme venu de Paris. Pensez-vous qu'il soit possible de sortir de cette stigmatisation ?

Pour l'instant les esprits sont encore trop surchauffés. Mais ce sera possible avec la fin de la crise. Plus important : nous allons forcément vers des rapports nouveaux. Il faudra garder la coopération, mais la rénover.

Vous évoquez la fin de la crise. A l'occasion de la récente rencontre de Yamoussoukro et pour la première fois depuis le début de la guerre, les acteurs ivoiriens se sont réunis en tête-à-tête. C'était important ? Utile ?

On s'est vu et on s'est parlé. Certains étaient partis s'asseoir à Paris, d'autres ont eu peur. Mais tous sont ici maintenant et le ciel ne leur tombe pas sur la tête. Il faut se débarrasser du pathos, de la peur et des frayeurs. La réalité, aujourd'hui, c'est que tout le monde comprend qu'il ne faut pas prendre le pouvoir par les armes. Ça ne paye pas toujours. Ca fait trois ans que je suis là, que je n'ai pas été renversé malgré toutes les tentatives. Cette rencontre devenait un passage obligé. Pour voir ce qu'on fait.

Vous avez le sentiment que la rébellion est aujourd'hui prête à aller aux élections ?

Je le souhaite. Et c'est ce qu'ils disent.

Ils le disent mais vous les croyez ?

Je n'ai rien d'autre à juger que les paroles prononcées. Je n'ai pas de raisons de ne pas les croire.

C'est donc le coeur léger que vous vous préparez à la venue à Abidjan du chef politique de la rébellion, Guillaume Soro ?

Ah oui. Nous allons mener des discussions positives. Rappeler que le désarmement doit être celui de tout le monde. Et puis, il y a les élections, notamment l'organisation des listes électorales.

La date d'octobre 2006 sera-t-elle maintenue ?

Oui. Je suis optimiste. Je serais même d'accord pour qu'on aille aux élections avant cette date. Je ferais tout ce que je peux pour que les élections aient lieu.

Le premier ministre, Charles Konan Banny, a pour responsabilité de mener le processus à son terme. Il a votre entière confiance ?

Mais bien entendu. Depuis que nous travaillons ensemble, il n'y a pas de couacs. Nous nous connaissons depuis dix ans. On s'est toujours dit, nous deux, que notre génération serait celle qui devait implanter définitivement la démocratie en Côte d'Ivoire.

Vous rendez-vous compte du fossé qui existe entre ce que vous dites et ce que Paris dit ?

Oui, mais ceux-là, à Paris, ils ne savent pas de quoi ils parlent. L'Occident a un problème avec les autres mondes. Quand on écoute les gens parler de nos problèmes, il y a parfois tellement d'arrogance. Je ne comprends pas que des gens puissent croire qu'ils aiment nos pays plus que nous, qu'ils connaissent nos pays plus que nous. Et ça, c'est à la base de beaucoup de difficultés dans nos rapports.

Lorsque vous parlez d'arrogance, vous visez Paris ?

Dans mon cas spécifique, je vise Paris. On est plus pauvre, c'est vrai. On est certainement moins puissant. Mais cela ne peut pas conduire certains à penser qu'ils connaissent nos pays mieux que nous-mêmes.

Diriez-vous que l'Afrique est fantasmée à Paris ?
En tout cas, sur ce qui se passe en Côte d'Ivoire, il y a peu de jugements fins. Les gens sont dans le fantasme et dans le pathos, comme dirait votre ancien ambassadeur.

Propos recueillis par
Patrick de Saint-Exupéry
09 mars 2006, (Rubrique International)


MOTION DU BUREAU POLITIQUE DU RDR A M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA PRESIDENT

Lundi 6 Mars 2006

En sa session extraordinaire du 1er août 1999, le Congrès du parti a accordé sa confiance au Premier ministre Alassane Dramane Ouattara, en l’élisant au poste de Président du RDR et lui a demandé d’être son candidat à l’élection présidentielle.
Le Congrès extraordinaire justifie son choix par le fait que le Premier ministre Alassane Dramane Ouattara incarne, mieux que tout autre, les idéaux de paix, de démocratie, de bonne gouvernance, de probité et de rigueur dont notre parti est porteur.
Le Bureau politique réuni les 04 et 05 mars 2006, au Golf hôtel d’Abidjan, réaffirme son soutien au Premier ministre Alassane Dramane Ouattara, Président du parti candidat du RDR à l’élection présidentielle.
En conséquence, le Bureau politique engage la Direction du parti à organiser, en mai 2006, la Convention nationale qui devra investir le Président du parti comme candidat du RDR à l’élection présidentielle d’octobre 2006.


COMMUNIQUE FINAL DU RASSEMBLEMENT DES REPUBLICAINS (RDR) A L'ISSUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE

Lundi 6 Mars 2006

Le Bureau politiqué du RDR s’est réuni, les 4 et 5 Mars 2006 à Abidjan, sous la présidence effective du Premier Ministre, Alassane Dramane OUATTARA, Président du Parti.
Avant d’aborder l’ordre du jour de cette rencontre, le Bureau Politique a observé une minute de silence à la mémoire de tous les militants disparus pendant ces trois dernières années.
Le Bureau Politique a exprimé sa conviction que le retour du Président en Côte d’Ivoire, à huit mois de l’élection présidentielle, est porteur d’espoir et insufflera une nouvelle dynamique au Parti.
Par ailleurs, le Bureau Politique a noté, avec satisfaction, que l’action déployée par le Président du Parti durant ces trois dernières années a été bénéfique pour le RDR, dont la crédibilité a été assisse et l’image de parti profondément attaché à la paix et à la démocratie renforcée.
Il a également exprimé son admiration et sa fierté au Président du Parti pour le rôle primordial qu’il a joué dans l’aboutissement des différents accords de paix et sa détermination à se conformer aux engagements pris devant le peuple ivoirien et la communauté internationale.
Le Bureau Politique s’est félicité de ce que la démocratie interne est une réalité vivante. En effet, pendant deux jours, les membres du Bureau Politique ont eu l’opportunité de débattre librement, mais aussi dans un esprit de responsabilité, de tous les sujets qui concernent la vie de notre formation politique, qu’il s’agisse de l’organisation et du fonctionnement du Parti, de ses orientations au regard des nouveaux défis ou encore de la stratégie à mettre en oeuvre pour la victoire du candidat du RDR à la prochaine élection présidentielle.
Placé sous le signe de la vérité, ce débat a permis de faire un état des lieux exhaustif du Parti, d’identifier ses faiblesses et surtout d’énoncer des propositions concrètes en vue de bâtir une formation politique plus forte, mieux organisée, plus en phase avec la société et plus représentative de la diversité de la nation ivoirienne.
Le Bureau politique a admis la nécessité d’engager des réformes de fond afin de donner une nouvelle impulsion au Parti en vue d’affronter les prochaines échéances électorales avec confiance
Aussi a-t-il décidé de donner les pleins pouvoirs au Président du Parti pour procéder à une restructuration, en attendant la tenue du prochain Congrès sur la base d’une stratégie cohérente permettant, au candidat du Parti à la prochaine élection présidentielle, d’accéder au pouvoir.

l 1- La restructuration du Parti
Cette restructuration, dont l’urgence a été soulignée avec force, se traduira dans les tout prochains jours par la mise en place d’un Secrétariat général rénové, la définition des Secrétariats nationaux fonctionnels et thématiques, la création de Commissions techniques sectorielles, la mise en place du Conseil politique, tels que prévus par les statuts du RDR, la création d’une Inspection du parti, avec la nomination d’un Inspecteur général et la suppression de la Permanence du parti.
Concernant les Secrétaires nationaux de régions, dont le fonctionnement a fait l’objet de nombreuses critiques, leurs activités seront suspendues en attendant une rencontre des responsables avec le Président du parti

l 2- La primauté aux
structures de base.
L’option prise, par le Bureau politique est claire: accorder la primauté aux structures de base, clé de voûte du RDR, en vue de favoriser un meilleur encadrement des militantes et des militants.
Eu égard à l’importante mission qui est assignée aux structures de base, il apparaît impérieux de prendre les mesures nécessaires pour améliorer l’implantation des Comités de base et des sections sur le terrain. Une telle action permettra d’avoir une photographie précise de l’implantation du parti sur toute l’étendue du territoire national.
De plus, le Bureau Politique tient à ce que les Secrétaires de Section aient une vraie légitimité, gage de leur efficacité sur le terrain et qu’ils bénéficient d’une formation permanente au même titre que les militants et les cadres par l’organisation de séminaires et d’une Université Républicaine tous les ans, au mois d’Août.
C’est pourquoi, le Parti procédera, d’ici à la fin du mois d’Avril 2006, selon des procédures transparentes et démocratiques, à la confirmation ou à l’élection des Secrétaires de section et dans le courant du mois de Mai 2006 à celle des Secrétaires départementaux.

l 3- Le Congrès du RFR
C’est au nom du respect du principe de démocratie interne, cher à notre parti que se tiendra dans la première quinzaine du mois d’avril 2006, le Congrès du Rassemblement Des Femmes Républicaines.
Le Bureau Politique attend, de ce Congrès, qu’il donne un nouvel élan à la mobilisation et à la cohésion des Femmes du RDR, comme cela a été le cas avec le Congrès des Jeunes le 1er Mai 2005.

l 4- La nomination
des Délégués à l’étranger
S’agissant de l’extérieur, le Bureau Politique a demandé au Président du parti de procéder à la nomination des Délégués du RDR à l’étranger.
Ces responsables auront pour missions essentielles de réorganiser les structures et de suivre toutes les étapes du processus électoral: le recensement de nos compatriotes devant prendre part à l’élection présidentielle, l’acquisition des documents électoraux. Par ailleurs, le Secrétariat aux Relations extérieures devra suivre la détermination de l’implantation des bureaux de vote à l’étranger.

l 5- La création d’un
Ordre républicain
Le Bureau politique a tenu à rendre un vibrant hommage aux militantes et aux militants qui s’illustrent quotidiennement par leur engagement et leur dévouement à la cause du parti. Il les exhorte à persévérer dans leur action.
Le Parti entend leur manifester toute sa reconnaissance. Aussi le Bureau Politique a-t-il décidé de créer l’Ordre du Parti dénommé « Ordre Républicain »

l 6- La feuille de route du Parti
Le Bureau politique a clairement défini la feuille de route du Parti d’ici les prochaines élections:
Une implication des élus, des responsables politiques et des cadres au processus électoral, à savoir l’identification, l’établissement des listes électorales, l’encadrement des militantes et des militants lors des opérations de vote
Une meilleure promotion des Femmes dans le parti et dans la société, avec l’objectif d’atteindre une représentation de 30%.
Une meilleure prise en compte des préoccupations de la jeunesse, fer de lance du RDR ; à savoir sa promotion au sein du Parti et son insertion dans la société.
Un élargissement de la base électorale du RDR en favorisant de nouvelles adhésions, en réalisant un vaste rassemblement au-delà de notre famille politique et en nouant un dialogue régulier avec les syndicats et les associations.
Une mobilisation de l’ensemble des militantes et des militants, des jeunes et des femmes ainsi que des Associations, des ONG et des Clubs de soutien, dont l’action doit être complémentaire de celle des structures du parti.
Une meilleure mobilisation des ressources financières, qui passe par le recouvrement des cotisations des responsables du Parti et des cadres, par la vente des cartes de militants et par la mise à contribution des sympathisants du secteur privé.
Un schéma de sécurisation du processus électoral et une amélioration de la sécurité des militantes et militants, des cadres, des responsables et des sièges du parti.

l 7- Le renforcement
de l’alliance dans le RHDP
Le Bureau politique considère que le Rassemblement Des Houphouétistes est, à la fois, une nécessité et un outil important pour le vrai changement dans notre pays et qu’il constitue également un véritable levier pour la réconciliation nationale et pour l’enracinement de la démocratie. Il invite le Président du parti à examiner, avec nos partenaires, la possibilité de renforcer davantage cette alliance.

l 8- Le soutien au Gouvernement
Le Bureau Politique réitère son soutien au Premier Ministre Charles Konan BANNY et au Gouvernement de transition mis en place en Décembre dernier en vertu de la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l’ONU.
Il se félicite des avancées réalisées, grâce à la rencontre à Yamoussoukro des principaux protagonistes de la crise ivoirienne et des décisions prises en vue de consolider le processus de paix, de réunifier le pays et de mettre en œuvre le programme de désarmement.
Le Bureau Politique engage le Gouvernement de Transition à poursuivre les efforts qu’il a entrepris dans la mise en œuvre du processus de paix et de réconciliation nationale et dans l’instauration d’un climat de confiance entre les Responsables politiques.

l 09- Le soutien à la
Communauté internationale
Le Bureau politique a tenu à saluer les efforts que développe la communauté internationale afin de permettre le retour d’une paix durable en Côte d’Ivoire.
A cet effet, il a notamment appuyé les conclusions du Groupe de Travail International (GTI).

l 10- Le témoignage de
sympathie pour les déplacés
et victimes de guerre
Le Bureau Politique a exprimé sa compassion et sa sympathie pour les populations frappées par la crise, notamment les victimes et les déplacés de guerre de l’Ouest et du Centre du Pays.
Il demande au Gouvernement de transition de prendre des mesures adéquates pour leur venir en aide.
Le Bureau Politique s’est également félicité de la tenue effective des examens dans les zones sous contrôle des Forces Nouvelles, permettant ainsi à une partie de la jeunesse de notre pays de bénéficier de son droit à l’éducation et ouvrant la voie à un fonctionnement régulier de l’Ecole dans ladite zone.
Le Bureau Politique du RDR a marqué sa vive préoccupation face à la gravité de la situation dans l’Ouest de notre Pays. En conséquence, il invite le Gouvernement de transition à prendre des dispositions urgentes pour mieux assurer la sécurité des populations et des biens dans cette région.

l 11- La Convention d’investiture du candidat du RDR à l’élection
présidentielle d’Octobre 2006
Le Bureau politique considère qu’une alternance pacifique et démocratique est possible en Côte d’Ivoire et que le candidat du RDR, à la prochaine élection présidentielle, le Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara incarne un tel changement.
Le Bureau Politique engage toutes les militantes et tous les militants à œuvrer pour la victoire du Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara.
Il décide d’organiser une Convention en Mai 2006 pour l’investiture du Président du parti comme candidat du RDR à l’élection présidentielle d’Octobre 2006.
A l’occasion de cette cérémonie, le candidat du RDR présentera son Programme de gouvernement actualisé, dénommé:« Vivre ensemble».
Ce Programme de gouvernement en phase avec les préoccupations réelles du peuple ivoirien sera validé au cours d’un séminaire en Avril 2006.

Fait à Abidjan, le 5 Mars 2006
Le Bureau Politique


SENEGAL / MAURITANIE / COOPERATION / VISITE OFFICIELLE DE S.E.EL VAL PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Lundi 6 Mars 2006

Le Président de la République Islamique de Mauritanie , S.E.EL VAL effectue une visite de travail et d'amitié au Pays de la TERANGA à la tête d'une forte délégation .


INTERVIEW DE S.E.LAURENT GBAGBO PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE

Samedi 4 Mars 2006

Le président ivoirien s’est adressé aux Sénégalais jeudi dernier au travers d’une interview réalisée à Abidjan le vendredi 24 février, par la télévision nationale sénégalaise. Notre Voie qui a participé à l’enregistrement vous propose de larges extraits des échanges que le président de la République a eus avec Daouda Ndiaye, le directeur général de la Radiodiffusion télévision sénégalaise.

Radiodiffusion Télévision sénégalaise : Monsieur le président de la République, si je devais poser une question, j'allais dire comment juge-vous l'état de la Côte d'Ivoire . Situation préoccupante, état stationnaire ou état normal ?
SEM Laurent Gbagbo. : Je dirais que l'Etat progresse positivement. Le pays est en voie de guérison. Mais il faut prendre des précautions pour que, quand la guérison parviendra, on n'ait pas de rechute. C'est pourquoi les derniers jours sont assez lents (paraissent lents) parce que les médecins doivent veiller à ce que la guérison soit une véritable guérison, qu'elle soit totale. Mais je pense que nous avançons résolument vers la fin de la crise. La guerre est déjà terminée. Mais il nous faut mettre fin à la crise.

RTS : Est-ce que vous n'avez pas l'impression qu'il y a un peu trop de médecins au chevet de la Côte d'Ivoire?
SEM L.G. : Si, on peut dire ça. C'est vrai, il y a trop de médiateurs, il y a trop de gens qui s'en mêlent et les médications que les uns et les autres peuvent donner peuvent quelquefois se contredire et se contredisent souvent en ce qui concerne la Côte d'Ivoire. Qu'est-ce que vous voulez ? Nous, nous sommes le pays malade. Nous ne pouvons pas dire à ceux qui veulent nous aider de ne pas venir nous aider. Je crois que c'est à eux de s'organiser.

RTS : Et comment vous, Laurent Gbagbo, chef de l'Etat, vous souhaiteriez mettre fin à cette médication que vous jugez abondante ?
SEM L.G. : (Rire) Moi, je prends la vie avec philosophie. Je pense que ceux qui veulent nous donner un coup de main le font de bonne foi. S'ils sont nombreux, il faut veiller à ce qu'ils ne se piétinent pas. Quelquefois, ils se piétinent. Et, quelquefois, la bataille de leadership de ceux qui veulent nous aider prend le pas sur la recherche de la guérison. Mais ce n'est pas l'essentiel, ce n'est pas grave. Nous allons nous en sortir.

RTS : Au plan de la souveraineté…
SEM L.G. : Vous savez, quand on est engagé dans un processus dirigé par l'ONU, il y a toujours, quelque part, une petite perte de souveraineté ici ou là. Mais ce n'est pas le plus grave. C'est la loi du genre. Ce que je veux dire, il faut que ceux qui viennent nous aider comprennent que nous sommes chez nous et que, s'ils aiment ce pays, nous l'aimons encore plus. Il y a des gens qui viennent et qui font comme s'ils aiment la Côte d'Ivoire plus que nous-mêmes. Je voudrais dire à nos amis qu'ils ne peuvent pas aimer notre pays plus que nous-mêmes. Nous pouvons être en difficulté de façon momentanée. Mais personne ne peut, du dehors, aider la Côte d'Ivoire plus que nous-mêmes. Et personne ne peut prétendre connaître la Côte d'Ivoire plus que nous-mêmes.

RTS. : Est-ce que Monsieur le Président, vous n'avez pas favorisé cette situation ? Parce qu'on vous accuse personnellement d'avoir tendance à remettre en question tout ce qui avait été conclu la veille?
SEM L.G. : Non, non! Ceux qui disent ça, c'est de bonne guerre. Parce que la guerre ne tue pas la politique. Il y a la situation de guerre. Mais, en-dessous, il y a les débats politiciens. Ce que je veux dire, c'est que, quand la crise a commencé, nous nous sommes engagés dans la voie du règlement africain par le biais de la CEDEAO. Nous étions à Lomé, la délégation que j'ai formée et la délégation de la rébellion, quand on nous a appris qu'il fallait aller dans une banlieue parisienne, Linas-Marcoussis. Le texte qui en est sorti, je pense qu'il n'est pas bon. Et c'est l'application de ce texte qui nous conduit aujourd'hui là où nous sommes. Alors, je dois vous signaler, pour l'opinion sénégalaise, que je n'étais pas à Linas-Marcoussis, non pas parce que je ne voulais pas y être, mais je n'ai même pas été invité. Il faut qu'on le sache, parce qu'on a l'impression que j'ai pris un engagement que je n'ai pas fait.

RTS : Alors, pourquoi avoir donné l'impression d'avaliser ce texte ?
SEM L.G. : J'estime que le texte qui a été conclu à Linas-Marcoussis était mauvais, et je l'ai souligné à mes compatriotes. Je leur ai dit cependant, que c'est un mauvais médicament, mais qu’il faut le prendre quand même parce qu'on nous dit qu'il peut nous guérir. Je l'ai avalisé pour une seule raison. C'est que, dans le titre 7 de l'annexe de Linas-Marcoussis, il était écrit que, dès la formation du gouvernement de réconciliation nationale, le processus de désarmement, de démobilisation et réinsertion (DDR) commence. Je me suis dit: “Je suis en guerre. Je veux la fin de la guerre. On me dit que, dès que je forme le gouvernement, ceux qui ont pris les armes contre la République vont désarmer. Ça ne fait rien, Je fais consentir à faire tous les sacrifices qu'on me demande. Pourvu que nous formions le gouvernement et qu'ils désarment”. C'est ainsi que je me suis battu pour former ce gouvernement. Et on voyait l'agneau assis à côté du loup. On a fait ce gouvernement en mars 2003. Nous sommes aujourd'hui en février 2006 et ils n'ont pas encore désarmé. Donc voyez, à partir de là, qui tient les engagements et qui ne tient pas les engagements.

RTS : Vous êtes calme, tout en sachant qu'une telle situation peut déboucher sur une forme d'impasse ?
SEM L.G. : Heureusement que je suis calme. Demandez aux Ivoiriens, ils vous diront : “heureusement notre Président est calme”. Je suis serein. Je suis calme parce que je suis lucide. Il faut que je sois calme pour voir tous les tenants et tous les aboutissants. Moi, j'avais quelques points majeurs à faire dans tous ces accords qui se signent, qui se resignent.
Un, former un gouvernement avec tout le monde, y compris en mettant les agneaux auprès des loups. Je l'ai fait, depuis mars 2003. Je continue à le faire.
Deux, voter une loi d'amnistie pour enlever la peur du cœur de ceux de nos frères qui ont pris les armes. J'ai fait voter cette loi d'amnistie en août 2003.
Troisièmement, faire une série de réformes législatives. J'ai fait ces réformes et elles ont été validées par le discours, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, du médiateur sud-africain le 31 août 2005. Quatrièmement, permettre à Alassane Ouattara d'être candidat (l’affaire article 35).
J'ai pris, avec l'article 48, une décision permettant à tous ceux qui étaient présents à Linas-Marcoussis d'être candidats. J'ai donc fait ma part. C'est pourquoi la résolution 1633 ne me donne pas de tâche. Elle commence par le désarmement.
Puisque, moi, j'ai fait toute ma part. Il reste l'autre part, la contrepartie: c'est le désarmement, la démobilisation et la réunification. Là-dessus, il faut que je vous dise quelque chose. Quand, moi, je dis désarmement, il s'agit de désarmer tous ceux qui, institutionnellement, n'ont pas le droit de porter les armes. Donc je ne regarde uniquement pas la rébellion, mais tous les autres qui ont des armes et qui n'ont pas le droit de les avoir. Il faut les désarmer. Ça, c'est le rôle des désarmeurs.

RTS : Et là, vous êtes sceptique, vous semblez sceptique.
SEM L.G. : Non, non, non! Je ne suis pas sceptique. Je veux dire que moi, j'ai fini mon travail. Maintenant, j'aide à faire le travail des autres. Mais tout ça, c'est le travail de la Côte d'Ivoire, c'est pour que la Côte d'Ivoire retrouve la paix.

RTS : N’est-ce pas là une position machiavélique…
SEM L.G. : Non, ça n'est pas du machiavélisme, puisque ce n'est pas de moi. Moi, je n'aurais jamais formé un tel gouvernement, vous le savez bien. Mais l'accord de Linas-Marcoussis, complété de l'accord d'Accra II, me demande de former un gouvernement avec les gens qui ont pris les armes et les gens qui n'ont pas pris les armes. C'est une des données de cet accord. Mais c'était aussi une des conditions du désarmement. Ce n'est pas moi qui l'ai décidé. C'est Linas-Marcoussis qui l'a décidé.

RTS : Monsieur le président de la République, essayons de faire un peu d'histoire. Sous M. Félix Houphouet-Boigny, la Côte d'Ivoire, pratiquement dans le monde, était un havre de paix. C'était un pays de dialogue, un pays d'hospitalité. Et puis patatras après la disparition du sage de Yamoussoukro, comme on l'appelait. Alors, les dirigeants ivoiriens, toutes tendances confondues, toutes obédiences politiques confondues, auraient-ils été incapables de gérer cet héritage ?
SEM L.G. : C'est trop facile de poser la question comme ça. Parce que, moi, je ne suis pas Houphouétiste. Je ne suis pas un des héritiers d'Houphouet. Donc ce n'est pas à moi de gérer son héritage politique. Moi, je suis un Ivoirien.

RTS : Au moins, il a laissé la paix.
SEM L.G. : Je voudrais dire, tout de suite, que moi, je ne suis pas Houphouétiste. Je n'ai donc pas à gérer l'héritage d'Houphouet-Boigny. Il faut interroger sur ce point-là, les Houphouétistes, ils vous diront. Parce qu'en grande partie, les conflits que nous vivons viennent de la guerre entre les Houphouétistes. Mais ce n'est pas pour faire la polémique. Je voudrais dire ceci : quand on parle des temps passés, il faut toujours avoir de la mesure. Ne pas parler des temps anciens comme des temps idylliques.
Moi, je n'ai pas envie de revenir à cette époque-là. Je ne veux pas faire la polémique. Je veux dire que cette époque-là, c'était le parti unique. Moi, je n'ai pas envie de revenir au parti unique. Je n'ai pas du tout envie de revenir à l'époque du parti unique. Donc ce qu'il faut dire aujourd'hui, c'est qu'il faut aller à la paix. Le parti unique était une période historique pour l'Afrique.
Moi, je suis encore en train de réfléchir pour voir comment c'est arrivé. Parce qu'au niveau des blocs de l'Est, des pays marxistes, nous percevons le fondement idéologique des partis uniques. Quand on a lu Lénine, on perçoit les fondements idéologiques du parti unique. Mais, au niveau de l'Afrique, c'était beaucoup plus épars. Il y avait des pays qui se réclamaient du marxisme. Donc c'était la continuité. Mais, pour d'autres pays comme la Côte d'Ivoire, on ne perçoit pas bien le fondement idéologique. Je ne veux pas revenir à la paix par le parti unique. Ça, il faut que cela soit bien clair. Je veux arriver à la paix dans la démocratie.
J'observe que tous les pays qui ont connu la démocratie ont eu des moments de lutte interne, ont eu des moments de guerre civile, avant d'arriver à la démocratie. Les Etats-Unis d'Amérique ont connu la guerre de libération, puis la guerre de sécession. Mais les Etats-Unis, qui sont sortis de la guerre de sécession, n'étaient pas les mêmes que les Etats-Unis de George Washington. Il ne faut pas que les gens se confondent et tentent de nous tirer en arrière. Nous avons le devoir d'aller en avant.

RTS. : “Je ne suis pas Houphouétiste. Je n'ai jamais été Houphouétiste”. Alors vous êtes quoi, M. Laurent Gbagbo ?
SEM L.G. : Je suis Laurent Gbagbo. Je suis socialiste, créateur du Front populaire ivoirien, membre de l'Internationale socialiste. Voilà ce que je suis.

RTS : Mais vous avez quand même votre Perestroïka. Je suppose que vous avez épousé un peu la mouvance mondiale qui a fait que le communisme s'est écroulé.
SEM L.G. : Mais, je ne suis pas communiste. Je suis socialiste.

RTS : Je mets un peu les deux courants de pensée…
SEM L.G. : Ah non, non, ah non, non. Quand nous étions plus jeune, chacun d'entre nous est passé par des cercles marxistes ici et là. C'est comme ça que j'ai connu Landing Savané, Dansoko, Bathili. Je suis arrivé à maturité politique en étant socialiste. Et nous avons demandé à adhérer, en 1989, à l'Internationale socialiste. Nous y avons adhéré formellement en 1992 au congrès de Berlin. C'est ainsi que j'ai connu chez vous les dirigeants du PS.
Au moment où j'ai été élu au niveau du Comité Afrique de l'Internationale socialiste, le responsable du PS sénégalais, Tanor Dieng, était notre président et Pedro Pires, qui est aujourd'hui Président du Cap Vert, moi-même et d’autres, nous étions vice-présidents (7). Donc c'est un courant de pensée qui a pris sa place depuis toujours, depuis longtemps entre le communisme, d’une part, et les partis de droite, d’autre part.

R.T.S. : Quel est ce socialisme qui utilise des termes tel le socialisme pur et dur, la gauche caviar
SEM L.G. : Nous-mêmes, nous nous moquions de nous quand nous sommes dans les réunions de l'Internationale socialiste. C'est nous qui avons lancé l'expression Gauche caviar, parce que nous faisions nos réunions dans les hôtels très luxueux, très huppés. Ce qui est bien dans le socialisme ou dans beaucoup d'autres courants de pensée, nous n'avons pas le monopole ; c'est le manque de dogmatisme. Les problèmes qui se posent, ce sont ceux-là qu’il faut régler. Aujourd'hui en Afrique, la première donnée du socialisme, c'est d'abord arriver à la démocratie. Que chaque individu puisse appartenir au courant de pensée qu'il veut et qu'il puisse même être sans parti. Que chacun puisse être libre de ses mouvements ; qu'on puisse arrêter les arrestations arbitraires.
La deuxième donnée en Afrique, c'est qu'on puisse donner du pain à chacun. D'où la recherche de la croissance. Troisième donnée, une politique qui puisse donner de l'instruction à chacun parce que l'instruction fait sortir de l'ignorance.
Quatrième donnée, la santé. Parce que je suis un de ceux qui ont fait voter une loi sur l'assurance-maladie universelle. mais hélas, ce n'est pas mis en pratique à cause de la guerre. Au niveau de l'enseignement, j'ai lancé la formule école gratuite et obligatoire. On a commencé à la rendre gratuite. Mais on n'a pas pu continuer à cause de la guerre. Voilà les données.
Moi, je décris le socialisme comme ça mais le Norvégien ne le décrirait pas comme ça, parce qu'il a déjà l'électricité partout, il a déjà l'enseignement partout, une couverture sociale totale, vous comprenez.

R.T.S. : Vous voulez dire donc que le multipartisme, ce n’est pas la démocratie ?
SEM L.G. : Non, le multipartisme n'est pas la démocratie. Vous le voyez bien dans les pays africains. D'abord, quand, moi, j'arrive dans un pays et que je vais à l'hôtel, je regarde la télévision et ensuite je descends au hall pour voir les journaux. Ce sont deux indicateurs assez intéressants pour juger, pour celui qui est de passage. Après, on peut aller plus en profondeur. Il y a des pays en Afrique et ailleurs (Amérique latine, Asie) où il y a des multipartismes apparents sans démocratie.

R.T.S. : Il faut considérer qu’une certaine forme de multipartisme a conduit à des dérives, à des dérapages.
SEM L.G. : Ici en Côte d'Ivoire, on a plus de 100 partis. Mais, sur les 100 partis, en réalité, il y a trois ou quatre qui vivent. Or qu'est-ce qui compte ? Ce n'est pas l'existence théorique des partis. C'est l'existence réelle et les propositions concrètes qui sont faites. La presse, c'est un peu la maladie infantile en Afrique. Des entreprises se créent sans grands moyens et pour pouvoir vivre essaient d'être le plus méchant avec l'autre, de supplanter les hommes politiques dans la dureté les uns contre les autres.
Mais on va vivre ça encore quelques années. Nous avons pris une loi ici en Côte d'Ivoire où nous interdisons les peines d'emprisonnement pour délit de presse. Ça n'existe pas en Côte d'Ivoire. Ça a été supprimé. A partir de là, je pense que les gens exagèrent un peu. Moi, heureusement pour la Côte d'Ivoire, je suis resté longtemps dans l'opposition et j'ai vu les excès des pouvoirs par rapport à beaucoup de choses, mais aussi par rapport à la presse.
Mon ami Abou Drahamane Sangaré, qui était directeur de publication du journal que nous avons créé, a été en prison, condamné à deux ans, un an pour des choses banales. Pour des comptes rendus des matches de football, des trucs comme ça, il a été arrêté et condamné. Donc je ne veux plus qu'on vive ça.

R.T.S. : Nous allons parler des relations Sénégal-Côte d'Ivoire. Comment appréciez-vous vos rapports avec Me Abdoulaye Wade ?
SEM L.G. : Ils auraient pu être meilleurs. Mais, ces derniers temps, le président Wade a fait beaucoup d’efforts. Il m’a envoyé deux délégations pour m’inviter à Dakar. J’attends que la situation s’améliore pour m’abstenir et aller chez celui que j’appelle grand frère.

R.T.S. : Est-ce que vous en avez fait aussi ?
SEM L.G. : Il y a eu un moment où j’ai été très fâché. Il y a eu un moment où le président Wade aussi a été très fâché. Pour tout vous dire, à cause de la position sur la crise ivoirienne. Mais, maintenant, ce moment est passé.

R.T.S. : Le grand frérisme dont a parlé votre Premier ministre devrait amener le grand frère à faire plus d’effort ?
SEM L.G. : Je ferai un pas. Il n’y a plus du tout aucun nuage entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Je peux le dire haut et fort devant les caméras de la télévision sénégalaise. Il n’y a plus aucun nuage. Je me déplacerai ; je me déplacerai.

R.T.S. : Comment appréciez-vous vos relations avec Banny ? Vous a-t-il été imposé par la communauté internationale ?
SEM L.G. : Je vais vous répondre. J'ai eu un Premier ministre, Affi N'Guessan, que j'ai nommé, issu du même parti que moi. Mais depuis que la guerre a éclaté, nous faisons des compromis pour arriver à la fin de la guerre. Et, dans ces compromis, le choix de mon premier collaborateur c'est-à-dire le Premier ministre, n'est jamais un choix totalement venant de Gbagbo, mais n'est jamais non plus un choix totalement imposé à Gbagbo. Je veux dire, pour la nomination de ce Premier ministre, il y avait plusieurs noms. On m'a donné des noms et j'ai dit non. La délégation est repartie pour revenir une autre fois. Donc, je n'ai pas été aussi libre que s'il n'y avait pas eu la guerre.
Mais je n'ai pas été non plus aussi prisonnier que certains veulent le dire. Donc nous gardons une marge de manœuvre. Sur la liberté de nomination ou pas, j'ai toujours ma signature qui est au bas du décret. Cela dit, il y a Charles Konan Banny et il y a le Premier ministre. Charles Konan Banny et Laurent Gbagbo se connaissent depuis longtemps.
Ils ont même joué pendant un certain temps au football ensemble tous les dimanches dans l'équipe des anciens du lycée classique. Il jouait ailier droit, je jouais ailier gauche (rire).
Mais maintenant quand je lui dis ça, il me répond que, je ne peux plus jouer ailier gauche, il faut que je joue gardien de but parce que je suis là pour tout le monde (rire). Donc il y a Charles Konan Banny économiste et il y a Laurent Gbagbo, enseignant, historien-chercheur qui se connaissent depuis longtemps. Maintenant, il y a Charles Konan Banny, Premier ministre et Laurent Gbagbo président en situation de crise. Nous nous entendons très bien. je pense que si on ne s'entend pas on le saura parce que nous avons des tempéraments assez ouverts. Mais pour le moment et pour le pays, nous avons intérêt à nous entendre. Je dis que nous sommes dans un jeu de rôles. Chacun est à sa place, chacun joue sa partition pour qu'il y ait l'harmonie. Les gens cherchent une opposition, même s'il n'y a pas d'opposition. On s'entend, on s'appelle et on se voit ; on prépare les conseils des ministres ensemble.

R.T.S. : A quel prix ? Beaucoup de renoncements à des principes ?
SEM L.G. : Le prix ? Le prix, c'est comment arriver à redonner la paix à la Côte d'Ivoire. Je pense que ce prix-là, il n'y a rien au-dessus. Les deux nous sommes prêts à payer beaucoup pour la paix et nous payons beaucoup. Mais ce n'est pas un prix au-dessus de nos forces.

R.T.S. : Y a-t-il un risque que la sous-région court avec la crise ivoirienne ?
SEM L.G. : La crise en Afrique de l'Ouest, c’est d’abord la lutte armée au Liberia en 1989, ensuite la contagion a gagné la Sierra Leone, le Sud de la Guinée et enfin elle a gagné la Côte d'Ivoire. Donc il faut que tous les gens de l'Afrique de l'Ouest, les responsables politiques, les décideurs économiques comprennent que c'est une crise rampante. Le moment est venu de l’arrêter. C'est la première leçon. La deuxième, cette crise est aujourd'hui en Côte d'Ivoire et quand elle était en Sierra Leone, au Liberia, les pays qui composent l'Afrique n'ont pas trop senti le poids. Mais, aujourd'hui qu'elle est en Côte d'Ivoire et qui est un membre très important dans l'UEMOA, elle affecte directement le taux de croissance dans l'espace UEMOA.
La troisième raison, on se rend compte que la crise ne connaît pas les langues. Elle est passée des pays anglophones à un pays francophone ; donc elle peut passer d'un pays francophone à un autre pays francophone. La crise ne connaît pas les langues. Donc raison de plus pour la stopper. Je pense que les Africains de l'Ouest et les Africains, en général doivent se mobiliser pour la stopper. Parce que la Côte d'Ivoire reçoit tout le monde, la Côte d'Ivoire est au cœur de beaucoup de faisceaux économique, politique et de coopération.

R.T.S. : Dans les réunions auxquelles vous participez, est-ce que vous évoquez la possibilité de création d’un fonds… ?
SEM L.G. : Effectivement j'ai assisté à beaucoup de réunions. Dans les réunions africaines et dans les réunions sous régionales, ce qui m'a toujours frappé c'est que les Africains disent : “Nous n'avons pas les moyens. Allons demander les moyens à tel pays ou à tel autre pays”. Ce qui fait que nos crises ne sont pas résolues. Même quand il s'agit d'envoyer quelques soldats ici ou là, les Africains trouvent toujours le besoin de dire qu’il faut aller demander de l'argent à l'ONU, à l'Union européenne ou aux États-Unis.
D'abord ça n'arrive pas et ça décrédibilise.
Tant que l'Afrique elle-même, que ce soit au niveau de la sous-région, que ce soit au niveau continental, ne crée pas un fonds d'intervention quand il y a les conflits, l'Afrique restera toujours en retard.
Deuxièmement, quand vous demandez l'argent, on ne vous donne pas seulement l'argent, on vous donne l'argent et les analyses. Ils vous donnent l'argent et leur analyse. Sur la crise en Côte d'Ivoire, quand des Africains ont souhaité qu'elle soit gérée par des pays extra-africains, ils ont donné et l'argent et l'analyse. Ils ont essayé de faire croire que c'est une crise identitaire, qu'on en voulait aux gens du Nord. Or c'est un coup d'Etat qui a échoué.
Ce n'est pas avec la même manière qu'on gère un coup d'Etat, qu'on gère une crise identitaire.
Parce que quand vous faites un peu l'analyse des gens qui nous ont attaqués vous voyez bien que ce n'est pas du tout une question de religion ni une question de régions. Donc quand vous demandez à des gens qui sont à l'extérieur ils ne vous donnent pas seulement l'argent. Ils vous donnent l'argent et ils vous donnent leurs propres analyses, qui, le plus souvent peuvent être erronées (…) Est-ce que oui non l'Afrique s'oppose à une tentative de prise de pouvoir par les armes ? Voilà la question que l'Afrique elle-même doit poser. Si elle pose cela et qu'elle estime que le pouvoir qui est là est légitime, que le chef de l'Etat a été légitimement élu, après cette analyse là, elle doit avoir un comportement.
Mais si d'autres personnes viennent dire non c'est un problème identitaire à cause de manque de moyens, elle abonde dans ce sens et ça ne va pas. Moi, j'ai assisté à plusieurs réunions sur la crise ivoirienne.
La première réunion c'était une réunion de la CEDEAO. Le président Wade était justement président en exercice. Tous les chefs d'Etat qui étaient là étaient furieux contre la tentative de coup d'Etat contre un régime légal et légitime. Le texte de la déclaration existe encore. Mais après, quand ils ont demandé aux gens pour qu'ils les aident, l'analyse a changé parce que celui qui donnait avait une autre analyse.

R.T.S. : Vous rejetez l’ingérence…
SEM L..G. : Le débat d'ingérence n'est pas en cours dans mes propos. Parce que si vous passez et que vous regardez des gens en train de tuer une personne et que vous ne protestez pas c'est un délit. Donc si un pays est en train de s'enfoncer dans une guerre civile et on ne fait rien, c'est un délit. Mais le problème n'est pas là. Le problème, c'est sur quelle analyse. Mon propos est de voir les gens s'unir mais qui forme la pensée ? Dans les conflits africains, je souhaite que les Africains ne renoncent pas à leur devoir de réflexion, à leur devoir d'analyse.

R.T.S. : C’est la défaite de la pensée, de la réflexion sur nos propres problèmes ?
SEM L..G. : S’il n’y a plus de pensée, il n’y a plus d’espèce humaine. Mais l’Afrique, dans beaucoup de ses comportements, renonce à sa propre pensée. L’exemple que j’ai donné tout à l’heure sur la réunion d’Accra est symptomatique. L’Afrique a les moyens de créer un fonds pour intervenir à la racine des conflits quand ils naissent. Elle ne le fait pas et se laisse surprendre par les conflits. Et alors, elle cherche de l’aide. Et on lui vend des analyses qui sont souvent erronées. On laisse opérer ceux qui ont les moyens. Si les négociations avaient eu lieu seulement en Afrique, on ne m’aurait pas proposé un gouvernement avec les rebelles. Même ceux qui ne m’aiment pas beaucoup n’auraient jamais proposé un tel schéma. L’Afrique a les moyens. Ce n’est pas de la surenchère. Je plaide pour ce fonds pour les crises à venir et que l’Afrique soit maîtresse de sa propre analyse. Regardez l’analyse que fait l’Afrique du Sud et les autres. C’est parce qu’ils sont Africains (…) Si l’Afrique ne crée pas ce fonds, elle a tort. La crise de la Côte d’Ivoire sera réglée de toute façon. Mais je plaide pour les crises à venir.

R.T.S. : Votre violon d’Ingres, c’est l’écriture. La deuxième édition de votre livre “Soundjata, le lion du Mandingue” vient de paraître. Etes-vous passionné par Soundjata ?
SEM L..G. : Oui, c’est un modèle de lutte. J’ai écrit cette pièce quand j’étais en prison et j’avais 26 ans (…)

R.T.S. : Banny vous demande d’être gardien de but pour tous… la dernière coupe du monde ; quelques désillusions ?
SEM L..G. : Pas de désillusion. Parce qu’en 2002, on était dernier à Bamako. En 2004, on n’était pas à Tunis. Deux ans de travail après, nous sommes non seulement qualifiés par la coupe du monde. Mais nous sommes classés 2ème à la CAF (…) Perdre, c’est la logique du sport. Tous les hommes politiques devraient être sportifs. Si on a perdu, on attend.

Propos recueillis par
Abdoulaye Villard Sanogo
Coll. Benjamin Koré


INTERVIEW DE S.E.LAURENT GBAGBO PAR LA RADIO TELEVISION SENEGALAISE

Vendredi 3 Mars 2006

INTERVIEW À LA TÉLÉVISION SÉNÉGALAISE
Le vendredi 24 février dernier, une équipe de la Radio télévision sénégalaise a interviewé le Président Laurent Gbagbo à sa résidence officielle de Cocody. Cet entretien, d’une heure environ, avec Daouda Ndiaye a été diffusé à Dakar hier. En voici les thèmes forts.

L’état de santé de la Côte d’Ivoire

Le Président Gbagbo pense que son pays est comme un malade dont l’état de guérison progresse positivement. Le médecin doit tout de même veiller à ce que la guérison soit totale. Il est cependant catégorique sur une chose : la guerre est terminée.

Trop de médiateurs ?

Tout en saluant la bonne volonté des uns et des autres, le Président Gbagbo estime que le trop grand nombre de médecins au chevet du malade fait que les médications prescrites peuvent se contredire. “ Nous sommes malades; nous ne pouvons pas refuser les médecins. Ils sont de bonne foi. Quelques uns se piétinent, se livrent une bataille de leadership”.

Perte de souveraineté ?

“Quand on est engagé dans un processus dirigé par l’ONU, on perd une partie de la souveraineté. Il importe cependant de dire à ceux qui viennent nous aider qu’ils ne peuvent pas prétendre aimer ce pays plus que nous ; aucun d’eux ne peut prétendre connaître ce pays plus que nous ”.

Vos adversaires vous accusent de bloquer le processus de paix.

La guerre ne tue pas la politique, a-t-il répondu. Il est donc de bonne guerre d’accuser son adversaire. Il se dit résolument engagé dans le processus de paix. De manière claire et nette, nous nous sommes engagés dans la voie de la médiation africaine. Il a ainsi rappelé la confiance placée dans les discussions de Lomé regroupant l’Etat de Côte d’Ivoire agressé et les représentants de la rébellion. Il a insisté pour expliquer aux Sénégalais qu’il n’a pas été invité à Marcoussis. L’Etat de Côte d’Ivoire n’y était pas représenté. Marcoussis n’a regroupé que des représentants de partis politiques qui sont des associations privées.
Marcoussis, a-t-il répété, a produit un texte qui n’était pas bon. N’étant pas là bas, il ne pouvait pas avoir pris des engagements. Cependant, au nom de la paix, il a accepté ce qu’il a appelé un médicament amer, de l’huile de ricin. “ J’ai avalisé ce texte car le chapitre 7 parlait de désarmement dès la formation du gouvernement. Le gouvernement a été formé en mars 2003. Nous sommes en février 2006, il n’y a toujours pas de désarmement ”, a-t-il tranché.
Au passage, il a cité tous les actes qu’il a posés en faveur de la paix :
- Constitution d’un gouvernement de réconciliation nationale ;
- Vote d’une loi d’amnistie en août 2003 pour rassurer les rebelles ;
- Réformes législatives
- Utilisation de l’article 48 pour permettre à Alassane Dramane Ouattara d’être exceptionnellement candidat à la présidentielle à venir.
Il estime avoir fait sa part et attend que les autres fassent leur part contenue dans la résolution 1633 : le désarmement, la démobilisation et la réinsertion ; la réunification du pays ; l’identification ; la préparation et l’organisation des élections.

L’héritage de paix de Félix Houphouët-Boigny dilapidé

Il a tenu à lever l’équivoque : “Je ne suis pas Houphouétiste; je n’ai pas été héritier, interrogez sur ce point les Houphouétistes ”
Tout en refusant la polémique, il a voulu relativiser certaines affirmations tendant à opposer le règne de paix d’Houphouët-Boigny à tout ce qui s’est passé après lui. “Quand on parle des temps anciens, il faut avoir le sens de la mesure. C’était le temps du parti unique. Je ne veux pas revenir à la paix par le parti unique ”.

Socialisme ou socialismes ?

Interrogé sur les courants socialistes, il a eu cette réponse: ce qui est bon dans le socialisme, c’est le manque de dogmatisme. Il s’agit de régler le problème qui se pose. Pour l’Afrique, la première donnée est la démocratie ; la deuxième, le pain (la nourriture) ; la troisième, l’éducation ; la quatrième donnée est la santé. Le Norvégien ne définissait pas le socialisme de la même manière. Il a déjà l’eau, l’électricité partout. Ses soucis portent sur l’environnement, la qualité de la vie.

Relations avec le Président Wade

“ Les rapports auraient pu être meilleurs ”. Le Président Gbagbo reconnaît que les relations avec son homologue sénégalais se sont considérablement améliorés. “ Il m’a envoyé deux délégations de haut niveau pour m’inviter à Dakar. A un moment donné, j’ai été très fâché avec lui. Lui aussi a été très fâché à un moment donné.
Aujourd’hui, ca va mieux. Au nom du grand-frérisme, je ferai un pas pour aller au Sénégal ”.

Relations avec Banny imposé par la Communauté internationale.

Il a commencé par rejeter l’idée d’un Premier ministre imposé par la Communauté internationale. Il reconnaît que depuis le déclenchement de la guerre, le choix du Premier ministre n’est plus totalement libre, mais il n’est pas non plus totalement imposé.
Revenant aux relations entre eux, il a tenu à faire une distinction entre les individus et les personnalités. En tant que simples citoyens, ils se connaissent depuis de longues années. Ils ont même joué au football ensemble, les dimanches, avec le club des anciens. Gbagbo jouait comme 11 (ailier gauche) et Banny comme 7 (ailier droit). Il y a ensuite le Premier ministre et le Président de la République. “ Nous nous entendons très bien. Si on ne s’entendait pas, cela se saurait, car on a des tempéraments ouverts. Nous sommes dans un jeu de rôle. Les gens cherchent à créer une guerre qui n’existe pas. Nous sommes prêts, lui et moi, à payer beaucoup pour la paix ”.
Risque de contagion de la sous-région.
A partir de la guerre du Liberia de 1989 qui s’est répandue en Sierra Leone, en Guinée du Sud et enfin en Côte d’Ivoire, le Président Gbagbo considère qu’il s’agit d’une crise rampante qu’il est grand temps de stopper. Il a expliqué comment la Côte d’Ivoire qui est un important membre de l’UMOA affecte avec sa crise, le taux de croissance sous-régional. Mieux, la Côte d’Ivoire reçoit tout le monde, est au cœur de plusieurs faisceaux. Quand elle est malade, elle contamine beaucoup de voisins. C’est pourquoi, il convient de stopper maintenant sa crise.

Mécanismes africains de résolution des conflits.

Le Président Gbagbo plaide pour la création d’un fonds africain pour la résolution des conflits. Il déplore le fait que les Africains sont toujours en train d’aller demander des fonds à l’extérieur pour financer leurs opérations de maintien de la paix. “Quand vous demandez de l’argent à l’extérieur, celui qui vous donne l’argent vous impose son analyse de la crise et ses solutions ”. Il a cité l’exemple des pays africains qui, après avoir condamné à Accra avec véhémence la tentative de coup d’Etat, ont embouché d’autres trompettes quand ils ont sollicité et obtenu l’argent pour financer leurs participations à la résolution de la crise ivoirienne.

Une synthèse de
Auteur: Jean-Baptiste AKROU


COMMUNIQUE FINAL DE LA RENCONTRE DES LEADERS POLITIQUES A YAMOUSSOUKRO

Mercredi 1 Mars 2006

Dans le cadre de l’accomplissement de la mission qui lui a été assignée par la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le Premier Ministre, Monsieur Charles Konan Banny a organisé du 9 au 11 février 2006, un séminaire gouvernemental afin de définir les modalités de mise en œuvre de la feuille de route à lui remise par le Groupe de Travail International.

A l’issue de ce séminaire, des recommandations ont été faites dont certaines relatives à la feuille de route sont prises en charge par le Gouvernement.
Une recommandation importante a été faite quant à la nécessité de relancer le dialogue politique entre les principaux responsables politiques, en particulier les signataires de l’Accord de Pretoria. En application de cette recommandation, le Premier Ministre a proposé aux responsables politiques signataires de l’Accord de Pretoria, une rencontre pour amorcer ce dialogue politique.
Cette rencontre s’est tenue le mardi 28 février 2006 à Yamoussoukro, à la Fondation Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix en présence de Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo, Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Henri Konan Bédié, Président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI RDA), Son Excellence Monsieur Alassane Dramane Ouattara, Président du Rassemblement Des Républicains (RDR), et du Ministre d’Etat Guillaume Soro, Secrétaire Général des Forces Nouvelles.
Les travaux se sont déroulés dans une ambiance fraternelle, signe d’un rétablissement de la confiance et d’une recherche de compromis dynamique, éléments essentiels pour créer un environnement sociopolitique apaisé, favorable au processus de sortie de crise.
Les participants ont passé en revue les différents points de l’Accord de Pretoria et ont pris des décisions relativement aux obstacles rencontrés dans sa mise en œuvre pour aller sans tarder de l’avant. Ils ont réaffirmé :

- leur attachement aux engagements déjà pris et à leur application intégrale ;
- leur attachement à l’instauration d’un dialogue républicain franc, permanent et constructif entre les principaux acteurs de la sortie de crise ;
- leur condamnation ferme de toute forme de violence ;
- leur attachement à la recherche de la promotion et de la protection de la sécurité publique ;
- leur volonté de donner espoir à leurs compatriotes quant à une issue pacifique et heureuse de la crise ;
- leur volonté de tout mettre en œuvre en vue de permettre la tenue des élections dans les délais prévus ;
- leur engagement à transmettre à tous les Ivoiriens, leur foi en la réussite du processus de sortie de crise.
- Concernant les questions ci-après énoncées, ils ont pris les décisions suivantes :

Sur la résolution 1633 et la Constitution
Les participants à la rencontre ont réaffirmé que la Constitution et la Résolution 1633 ne sont pas antinomiques.
Ils ont invité le Chef de l’Etat et le Premier Ministre à se concerter rapidement afin de trouver les solutions idoines aux conflits éventuels qui pourraient surgir entre ces deux textes dans l’exécution de leurs tâches respectives.
Ils ont admis la possibilité de convoquer en cas de besoin une table ronde du même genre.

Sur le démantèlement des milices et le Désarmement, la Démobilisation et la Réinsertion (DDR)
Les participants ont admis la nécessité de l’actualisation du chronogramme et de la reprise immédiate du dialogue entre les Etats major des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN).
Ils ont également décidé que ces deux Etats-major discutent de toutes les questions militaires pouvant permettre la sortie de crise. Sur la base de ces discussions, il reviendra au Gouvernement de prendre les décisions appropriées.
Ils ont insisté sur la nécessité d’une réinsertion réussie, gage d’un désarmement efficace et réussi.
Ils ont noté la nécessité d’avoir une approche sous régionale des questions de sécurité des Etats membres de la CEDEAO et de l’UEMOA.

Sur l’identification et les élections
Les participants se sont réjouis de la possibilité technique de conduire simultanément les opérations d’identification et de recensement électoral.
Ils ont invité le Gouvernement à tendre vers la gratuité des audiences foraines pour permettre une identification équitable des populations et assurer à tous l’exercice du droit constitutionnel de vote.

Sur la Radiffusion Télévision Ivoirienne (RTI)
Les participants ont pris acte des dispositions prises par le Gouvernement pour assurer l’accès équitable de tous à la RTI, la couverture de l’ensemble du territoire par les émissions de la RTI pour véhiculer des messages de paix et de réconciliation.
Ils ont également pris acte du premier plan d’urgence élaboré par le Gouvernement et encouragé celui-ci à rechercher les financements nécessaires à sa mise en œuvre.
Ils ont renouvelé leur recommandation à la presse, particulièrement à la presse écrite, afin qu’elle s’inscrive dans le processus de paix et évite les écrits pouvant le remettre en cause. Ils ont invité les différents responsables de partis politiques à faire en sorte que les journalistes qui leurs sont proches ou qui partagent leurs sensibilités accompagnent le processus.

Sur le code de bonne conduite
Les participants ont admis la nécessité de se retrouver fréquemment pour échanger sur le processus de paix et de faire en sorte que la vie politique se déroule dans un climat apaisé dans le respect des valeurs de la fraternité et de la démocratie.

Sur la Commission Electorale Indépendante (CEI)
Les participants ont pris acte de l’élection du bureau de la CEI et de l’arbitrage du Haut Représentant aux Elections.
Ils ont décidé de la création d’un quatrième poste de vice-président pour parvenir à une représentation équilibrée des forces politiques en présence.
Ils ont invité le Premier Ministre à convoquer dans les tous prochains jours, le bureau de la CEI, les parties signataires de l’accord de Linas Marcoussis et toutes les parties prenantes pour déterminer, en relation avec le Haut Représentant aux Elections, les attributions des membres du bureau et les règles de fonctionnement de la CEI afin de permettre l’organisation d’élections justes, transparentes et crédibles.

Fait à Yamoussoukro,
le 28 février 2006
La Primature