Mars 2006

COTE D'IVOIRE / OPERATION MAINTIEN DE LA PAIX PAR L'ONUCI / DEPART DES COMMANDANTS FALL( ONUCI) ET IRASTORZA (LICORNE)

Jeudi 30 Mars 2006

Les commandants de la force de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) et de la force française Licorne, vont prochainement quitter leurs fonctions, respectivement en avril et en juin, a-t-on appris mardi auprès de l'Onuci et de Licorne.

Le commandant de l'Onuci, le général de division Abdoulaye Fall (Sénégal), dont le mandat arrive à terme, doit quitter la Côte d'Ivoire le 3 avril après deux années passées à la tête des Casques Bleus.

Cet ancien chef d'état-major particulier du président sénégalais (2001-2003) aura passé presque trois ans en Côte d'Ivoire, dans un premier temps à la tête de la Force de la mission de la Communauté économique des pays d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) (septembre 2003-avril 2004), puis comme commandant des Casques bleus de l'Onuci qui avait pris le relais de la mission de la Cedeao.

Son remplaçant n'a pas été officiellement désigné, mais, selon l'Onuci, le profil du poste requiert un général, francophone, ressortissant d'un pays engagé dans l'opération de l'Onuci.

L'Onuci compte environ 7.000 Casques bleus, soutenus par 4.000 soldats français de l'opération Licorne, pour éviter la reprise des combats entre le sud loyaliste et la rébellion des Forces Nouvelles (FN) qui contrôle le nord du pays.

Le commandant de la force française en Côte d'Ivoire, le général Elrick Irastorza, le 11 juillet 2005 à Abidjan

Début juin, c'est le commandant de la force française en Côte d'Ivoire, le général Elrick Irastorza, qui quittera ses fonctions au terme de son mandat d'un an. Il sera remplacé par le général de division Antoine Lecerf, qui commande actuellement l'état-major de force de Limoges (EMF4).

Le général Irastorza avait pris la succession du général Henri Poncet en juin 2005 à la tête de Licorne, l'opération militaire française la plus importante à l'étranger.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a prorogé le 24 janvier le mandat de l'Onuci et de Licorne jusqu'au 15 décembre 2006, soit après l'élection présidentielle prévue en principe avant le 31 octobre 2006

Mercredi 29 Mars 2006


COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 29 MARS 2006

Jeudi 30 Mars 2006

INTRODUCTION
Le Conseil des Ministres a tenu sa séance hebdomadaire ce mercredi 29 mars 2006 de 12 H à 14 H 20, au palais présidentiel sous la Présidence effective de son Excellence Laurent GBAGBO, Président de la République, Chef de l'Etat.
Le Conseil a eu à examiner des projets de décrets et diverses communications

1.Au titre des décrets
Sur présentation des Ministres concernés le conseil des Ministres a adopté les différents décrets portant organisations du ministère des Mines et de l'Energie et du Ministère de la Construction, de l' Urbanisme et de l'Habitat.
Le Président de la République a en outre signé des décrets portant nomination des Directeurs Centraux du Ministère de la Santé et de l'Hygiène Publique et du Ministère de la Culture et de la Francophonie.

2.Au titre des Communications

2.1. Le Premier Ministre
Monsieur le Premier Ministre, Chef de Gouvernement, Ministre de l'Economie et des Finances, Ministre de la Communication a présenté une communication relative au forum économique. Cette importante réunion prévue à Ivoire Golf Club d'Abidjan le 31 mars 2006, a pour objet de permettre les échanges entre les opérateurs économiques, le Gouvernement et les principales administrations impliquées dans la gestion des secteurs économiques. Il s'agit pour le Premier Ministre d'écouter et de recueillir les problèmes majeurs et les propositions des opérateurs économiques. Ces préoccupations feront l'objet d'une analyse minutieuse du gouvernement afin d'arrêter des mesures idoines de relance de l'économie ivoirienne.
Ce forum qui constitue un véritable dialogue économique, s'inscrit dans le cadre de la feuille de route du Premier Ministre et des recommandations du séminaire gouvernemental.
Faisant suite au dialogue politique déjà engagé à Yamoussoukro entre Le Président de la République et les principales forces politiques d'opposition, ce forum devra contribuer au processus de sortie de crise.
Ensuite Monsieur le Premier Ministre a rendu compte au Conseil des Ministres de la rencontre de travail qu'il a eue avec les forces politiques signataires de l'accord de Linas-Marcoussis.
Il s'est agi pour le Chef du gouvernement d'informer ces forces politiques de l'avancement de la mise en oeuvre de la feuille de route élaborée par la communauté internationale et de solliciter la contribution de tous les acteurs pour le déroulement serein des étapes futures. Le Premier Ministre et les participants à cette réunion ont saisi l'occasion pour lancer un appel pressant à toutes les composantes de la communauté nationale et en particulier à la presse pour inscrire leurs actions dans l'esprit de la réconciliation et de la réunification du pays.
Pour terminer Le Premier Ministre a informé le conseil des Ministres de la dixième (10ème) session du Sommet des Chefs d'Etat de l'UEMOA tenue le 27 mars 2006 à Niamey (Niger). Il ressort de cette assise que la zone UEMOA a connu une meilleure situation économique et financière en 2005 en dépit de l'inflation due à la montée des cours mondiaux du pétrole brut.
Les Chefs d'Etat de l'UEMOA, mesurant l'importance de l'agriculture dans l'Economie de l'Union ont décidé de la création d'un Fonds communautaire du Développement agricole.
Enfin le sommet de Niamey a reconduit les dispositions intérimaires pour le Gouverneur de la BECEAO et pour le Président de la BOAD.
Ces résultats, fruit de la sagesse africaine, ont permis à l'union de maintenir sa cohésion en vue de continuer à jouer le rôle d'instrument de politique monétaire qui lui est dévolu.
Le Président de la République a tenu à féliciter le Premier Ministre pour sa participation décisive à cette assise et à rappeler que pour la Côte d'Ivoire, la BCEAO doit sauvegarder la crédibilité de la monnaie commune à travers la réserve d'exportation.

2.2. Le Ministre d'Etat, Ministre du Plan et du Développement a fait une importante communication relative à la déclaration de politique nationale d'aménagement du Territoire.
La politique d'aménagement du territoire, est un axe prioritaire du programme du Gouvernement pour réaliser la cohésion sociale et promouvoir l'espace national, en impliquant les acteurs locaux et en intégrant les dynamiques régionales en cours au sein de l'Union Africaine, de la CEDEAO, et de l'UEMOA.
Comme telle, elle demeure fondamentale pour le développement harmonieux du pays et devrait participer de l'effort de réconciliation, de la reconstruction et de la consolidation de l'unité nationale. En vue d'atteindre ces objectifs le gouvernement définira un mécanisme de financement de la politique nationale d'aménagement du territoire à travers le Fonds d'Appui à l'Aménagement du Territoire (FAAT).
Par la suite, le Gouvernement élaborera un projet de loi d'orientation sur l'Aménagement et le développement du territoire qui sera soumis à l'Assemblée Nationale.
Il faut noter que la présente déclaration intervient en application de la décision du sommet des Chefs d'Etat de l'UEMOA et que son élaboration s'est effectuée de manière participative impliquant les principaux ministères et acteurs concernés.

2.3 Le Ministre de l'Intérieur a présenté une communication relative à la situation sécuritaire sur la période du 1er au 16 mars 2006. Il ressort de cette communication que la criminalité violente se caractérise principalement par des braquages de véhicules qui connaissent une progression même si, fort heureusement la plupart des véhicules braqués sont retrouvés aussitôt et remis à leur propriétaire.
Face à cette situation préoccupante, le Premier Ministre, Chef du gouvernement, Ministre de l'Economie et des Finances et Ministre de la Communication a pris des mesures pour doter la police judiciaire des moyens de mobilité notamment en véhicules en vue de réduire conséquemment sinon d'anéantir ce fléau.
Le Premier Ministre tout en assurant de sa volonté de continuer à améliorer la capacité d'action des Forces de défense et de sécurité, en appelle à l'esprit de prudence et de vigilance de la population pour éviter certains pièges des malfaiteurs.
Pour la suite, le Président de la République observant que l'essentiel de la criminalité concerne les véhicules, a encouragé le Premier Ministre à continuer les efforts pour maîtriser au mieux cet indicateur de sécurité.
Le conseil des Ministres a adopté les conclusions de cette communication.

2.4.Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l'Homme a présenté une communication relative à la stratégie d'organisation des audiences foraines.
Il ressort de cette communication que les audiences foraines sont rendues indispensables en raison de l'accroissement notable de personnes non déclarées à l'Etat civil, à qui, il faut délivrer les jugements supplétifs d'actes de naissance. Cette opération de grande envergure concerne les personnes âgées de 13 ans révolus et sera réalisée sur toute l'étendue du territoire nationale. Elle mettra à contribution 150 magistrats et 150 greffiers et sera supervisée par des organes composés des administrateurs, des élus et des représentants locaux de l'ONI.
L'audience foraine devra être accompagnée d'une forte sensibilisation, des mesures financières adéquates et devra s'exécuter selon des modalités et pratiques transparentes.
En raison de l'importance du sujet et afin d'assurer l'efficacité et la fiabilité de ces audiences foraines, le Président de la République a demandé au Premier Ministre d'approfondir les réflexions.

2.5. Le Ministre de la Santé et de l'Hygiène Publique a présenté une communication relative à l'évaluation de l'opération "Abidjan Ville propre". Pour marquer sa grande préoccupation face à l'insalubrité de la ville d'Abidjan, le Gouvernement à travers le Ministère de la Santé et de l'Hygiène Publique a initié le 26 Janvier 2006 l'opération dite "Abidjan Ville propre 2006" pour une période de 5 semaines afin de remédier aux problèmes d'accumulation des ordures ménagères dans toutes les communes d'Abidjan.
Il convient de noter que cette opération tout en respectant les obligations financières de l'Etat, a été menée autour d'un protocole d'accord rassemblant les opérateurs économiques, le District d'Abidjan, l'UVICOCI et le Gouvernement. Cette opération a eu un impact positif sur la salubrité du District d'Abidjan et a permis des mesures d'assainissement ciblées sur des sites sensibles.
En attendant la mise en place d'un cadre institutionnel susceptible d'engendrer un mécanisme de gestion technique et de financement pérenne de collecte et de traitement des ordures, le Gouvernement a adopté les conclusions de cette communication, notamment :
-la prolongation de l'opération "Ville Propre 2006" sur une période de 5 semaines supplémentaires ;
-l'organisation d'une table ronde pour asseoir une politique à moyen et à long terme ;
-la prise en charge des arriérés et tous les autres frais en rapport avec l'opération.
Le Présidant de la République a tenu à féliciter le Ministre pour les résultats acquis et à l'encourager à mettre en œuvre les mesures adoptées.

2.6.Le Ministre des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication a fait une communication relative au projet de Gouvernement Indien/Union Africaine dénommée "Réseau Panafricain des services en ligne". Le projet panafricain des services en ligne est un réseau de télécommunication couvrant les cinquante trois (53) pays de l'UA et relié à l'Inde par fibre optique d'une part et par satellite d'autre part. Ce projet qui s'inscrit également dans le cadre du NEPAD présente des applications dans le domaine de l'Education, de la médecine et de la diplomatie.
Après délibération, le Conseil des ministres a adopté les conclusions relatives aux aspects techniques de la communication.

2.7. Le Ministre des Mines et de l'Energie a porté à la connaissance du Conseil des Ministres, l'élection de Monsieur Joël DERVAIN, Directeur Général de la SIR en qualité de Président de l'Association des raffineurs (ARA) lors du congrès constitutif tenu du 21 au 23 Mars 2006 à Cape Town en Afrique du Sud. Le Président de la République, le Premier Ministre et l'ensemble du Gouvernement adressent les félicitations appuyées à Monsieur DERVAIN dont l'élection à la tête de cette association regroupant 39 pays, dénote des performances de la SIR.

2.8. En raison du forum économique organisé par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, le Conseil des Ministres a autorisé le Ministre a reporté au mois d'Avril 2006 la tenue de la table ronde sur la relance post-crise du commerce.

2.9. Enfin, le Conseil a donné son agrément pour la nomination du Directeur de Cabinet du Ministre de la Culture et de la Francophonie.
Je vous remercie.

Fait à Abidjan,
le Mercredi 29 Mars 2006
Le Porte-parole du Gouvernement par intérim
Docteur Alphonse DOUATI
Ministre de la Production Animale
et des Ressources Halieutiques


COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DEVANT LE CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS-UNIES

Jeudi 30 Mars 2006

NEW YORK, LE 29 MARS 2006

Monsieur le Président,
Excellences Mesdames et
Messieurs les Membres du Conseil de sécurité,

Je voudrais tout d’abord vous remercier d’avoir bien voulu me permettre de prendre part à cette réunion du Conseil de Sécurité. C’est pour moi un grand honneur et un privilège que j’apprécie hautement.

Je voudrais également vous adresser les salutations et la reconnaissance du Peuple ivoirien, du Chef de l’Etat et du Premier Ministre pour l’intérêt que vous manifestez constamment à l’endroit de la Côte d’Ivoire.

Il me plaît particulièrement de vous remercier pour le soutien que vous apportez à Monsieur Charles KONAN BANNY depuis la formation de son Gouvernement, le 28 décembre 2005.

Monsieur le Président,

Votre réunion de ce jour se situe dans le droit fil de toutes les initiatives opportunes que vous avez bien voulu prendre en faveur de la Côte d’Ivoire et des ivoiriens depuis l’éclatement, le 19 septembre 2002, de la crise que connaît ce pays. Soyez en remerciés.

Permettez-moi d’adresser également les remerciements et la sincère reconnaissance de la Côte d’Ivoire au Secrétaire général, Monsieur Kofi ANNAN, pour tout ce qu’il fait pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire.

Mesdames et Messieurs,

Depuis l’adoption de la résolution 1633 du Conseil de sécurité, qui a conduit à l’avènement du Gouvernement dirigé par Monsieur le Premier Ministre Charles KONAN BANNY, la Côte d’Ivoire vit une nouvelle ère qui a permis au processus de paix et de réconciliation de connaître une évolution significative. Malgré les quelques obstacles rapidement surmontés par le Gouvernement, en particulier les malheureux événements de la mi-janvier, la situation générale du processus paraît satisfaisante.

Ces événements, qui ont été fermement condamnés par le Gouvernement ivoirien et le Secrétaire général des Nations Unies en personne, ont été, il faut l’avouer, un électrochoc qui a permis de mesurer la fragilité du processus de paix et de réconciliation en cours en Côte d’Ivoire et d’apprécier l’importance qu’il y a, pour tous, d’appuyer fermement par des mesures et actions fortes, les efforts du Gouvernement en vue de la sortie de crise et de l’application de la Feuille de route élaborée par le Groupe de Travail International (GTI).

Le Gouvernement ivoirien se félicite de la sérénité retrouvée. Cette atmosphère apaisée a permis au Gouvernement, en accord avec le Chef de l’Etat, de poser des actes majeurs pour relancer le processus de paix et ramener la confiance.

Il s’agit en particulier :

- De la tenue, du 9 au 11 février 2006 à Yamoussoukro, d’un séminaire gouvernemental sur la définition des modalités de la mise en oeuvre de la Feuille de route ;

- de la table ronde organisée le 25 février 2006, à Yamoussoukro, avec les (4) quatre principaux dirigeants politiques ivoiriens que sont Messieurs Laurent GBAGBO, Henri Konan BEDIE, Alassane OUATTARA et Guillaume SORO.

La rencontre des quatre leaders, réalisée pour la toute première fois en terre ivoirienne, depuis le début de la crise, a permis à ceux-ci d’aborder avec le Premier Ministre les questions essentielles qui les préoccupaient, et à prendre les décisions suivantes :

- Sur la résolution 1633 (2005) par rapport à la Constitution
ivoirienne

Ils ont réaffirmé que la Constitution et la Résolution 1633 (2005) ne sont pas antinomiques, et invité le Chef de l’Etat et le Premier Ministre à se concerter rapidement afin de trouver les solutions idoines aux conflits éventuels qui pourraient surgir entre les deux textes dans l’exécution de leurs tâches respectives. Ils ont admis la possibilité de convoquer, en cas de besoin, une table ronde du même genre.

- Sur le démantèlement des milices et le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants (DDR).

Ils ont admis la nécessité de l’actualisation du chronogramme et de la reprise immédiate du dialogue entre les Etats-majors des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN), et décidé que ces deux Etats-majors discutent de toutes les questions militaires pouvant permettre la sortie de crise.
- Sur l’identification et les élections

Les participants se sont réjouis de la possibilité technique de conduire simultanément les opérations d’identification et de recensement électoral, et ont invité le Gouvernement à tendre vers la gratuité des audiences foraines pour permettre une opération d’identification massive et équitable des populations et assurer à tous l’exercice du droit constitutionnel de vote.

- sur la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI)

Les quatre leaders ont pris acte des dispositions prises par le Gouvernement pour assurer la couverture de l’ensemble du territoire par les émissions de la RTI afin de véhiculer les messages de paix et de réconciliation.

Ils ont invité les différents responsables des partis politiques à faire en sorte que les journaux qui leur sont proches ou qui partagent leurs sensibilités, s’inscrivent dans le processus de paix et évitent les écrits pouvant le remettre en cause.

- sur la Commission Electorale Indépendante (CEI)

Les leaders ont pris acte de l’élection du Bureau de la CEI et de l’arbitrage du Haut Représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d’Ivoire. Ils ont néanmoins décidé de la création d’un quatrième poste de Vice-président en faveur du Front Populaire Ivoirien (FPI), le Parti au pouvoir, pour une représentation équilibrée des forces politiques en présence.

Ils ont invité le Premier Ministre à convoquer, le plus rapidement possible, le Bureau de la CEI, les parties signataires de l’accord de Linas-Marcoussis et toutes les parties prenantes pour déterminer, en relation avec le Haut Représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d’Ivoire, les attributions des membres du Bureau et les règles de fonctionnement de la CEI, afin de permettre l’organisation d’élections justes, transparentes et crédibles.

- sur le code de bonne conduite

Les quatre leaders ont admis la nécessité de se retrouver fréquemment pour échanger sur le processus de paix, et de faire en sorte que la vie politique se déroule dans un climat apaisé, dans le respect des valeurs de fraternité et de la démocratie.

Monsieur le Président,

Comme vous pouvez le constater, les deux réunions de Yamoussoukro, et particulièrement celle des quatre leaders politiques, ont permis au Premier Ministre en concertation, pour ne pas dire "en tandem" avec le Chef de l’Etat, de replacer le processus de paix et de réconciliation entre les mains des ivoiriens, et d’amener les principaux leaders à s’engager résolument vers une sortie de crise irréversible.

Ces deux réunions ont également permis de définir les modalités d’application de la résolution 1633 du Conseil de sécurité et de la Feuille de route du Groupe de Travail International (GTI), et de créer le climat et l’engagement politiques nécessaires à leur exécution.

Comme résultats positifs immédiats enregistrés, nous pouvons citer la prise de fonction, le 7 mars 2006, du bureau de la Commission Electorale Indépendante, principal moteur de la machine électorale, après plusieurs mois d’incertitude.

L’installation de la CEI a été perçue par les partis politiques comme le signal du début de leurs activités politiques en vue des élections en octobre 2006.

Ainsi, au cours de ce même mois de mars, d’importantes assises ont pu se tenir tant au niveau des partis politiques significatifs de l’opposition, notamment le RDR, le PDCI-RDA, le MFA, que de la mouvance présidentielle. Des déclarations importantes sont sorties de ces rencontres traduisant, pour la plupart, la détermination des leaders à œuvrer dans le nouvel esprit instauré depuis la réunion de Yamoussoukro.

A ces actes positifs, on pourrait ajouter le retour à Abidjan, le 14 mars 2006, de Monsieur Guillaume SORO, Secrétaire Général des Forces Nouvelles et Ministre d’Etat, Ministre chargé du Programme de la Reconstruction et de la Réinsertion, , après 17 mois d’absence de cette ville.

Cette présence du Ministre SORO à Abidjan, qui a elle-même été précédée par le retour d’exil des leaders de l’opposition, Messieurs Henri KONAN BEDIE et Alassane OUATTARA, suffit amplement à démontrer que le mur de méfiance qui caractérisait jusque-là la vie politique en Côte d’Ivoire, est en train d’être brisé.

Concernant l’identification et le processus électoral, le Groupe de Travail national chargé de la question, a présenté son rapport au Gouvernement, le jeudi 2 mars 2006. Les conclusions et recommandations seront mises à la disposition de la CEI.

Sur cette question, je pourrais affirmer que le Gouvernement a déjà mis en marche le processus électoral et l’identification. Ces deux opérations, comme l’a décidé le Sommet de Yamoussoukro, se feront simultanément.

Mesdames et Messieurs,

L’esprit nouveau, né du Sommet de Yamoussoukro et qui fait battre désormais un cœur nouveau chez tous les ivoiriens a, par ailleurs, permis au plan administratif, d’engager partiellement le processus de redéploiement de l’Administration dans les régions sous contrôle des Forces Nouvelles dans les domaines de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur.

Ainsi, il a été possible d’organiser les examens scolaires, qui n’avaient pu se faire depuis plus de trois ans, dans les régions du pays sous contrôle des Forces Nouvelles. En outre, l’Université de Bouaké, siège des Forces Nouvelles, a été rouverte officiellement hier 28 mars 2006.

Ces différents progrès doivent, à notre sens, s’inscrire dans une perspective irréversible. Il faut donc consolider ce climat de confiance.

A cet égard, les questions de sécurité doivent être réglées de façon prioritaire et avec la plus grande attention.

Un des éléments devant contribuer à l’amélioration de la sécurité demeure les conditions de vie et de travail des soldats de l’Armée Nationale.

Dans cette optique, un programme de réhabilitation des casernes à été lancé le 21 Février 2006 par le Gouvernement. Aux termes de cet important chantier, le Gouvernement ambitionne de créer une armée plus disciplinée et plus professionnelle dotée d’infrastructures et d’équipements modernes.

Sur le plan de l’aide humanitaire, je voudrais au nom du Gouvernement ivoirien, exprimer toute notre gratitude au Système des Nations Unies pour l’assistance apportée aux populations durement affectées par la crise que vit mon pays depuis septembre 2002.

Les agences humanitaires, bien qu’ayant souffert des événements des 15, 16 et 17 janvier 2006, n’ont pas interrompu leurs actions sur le terrain. Cette sollicitude, qui est au cœur de l’action humanitaire, est à saluer et je voudrais la saluer ici.

Le Gouvernement ivoirien, pour marquer son adhésion à cette action et son soutien à toutes les agences, a fait une déclaration dans laquelle il a déploré officiellement ce qui est arrivé et qui n’a pas épargné les structures ivoiriennes qui collaborent avec lesdites agences. Il a en outre dépêché sur le terrain le Ministre de la Défense en vue de faire prendre des mesures de sécurité renforcée.

Par ailleurs, une Commission interministérielle impliquant les agences humanitaires est en cours de création. Elle constituera un cadre de concertation opérationnelle de l’action humanitaire au plan national.

A cet égard, un Conseiller Spécial pour l’action humanitaire vient d’être nommé par Monsieur le Premier Ministre avec pour mission de veiller à la mise en place rapide de cette structure. En outre, les autorités locales de la région de l’ouest de la Côte d’Ivoire ont entrepris des actions de sensibilisation des populations afin que chaque citoyen comprenne la nécessité de la cohésion nationale, l’intérêt de la présence de la communauté internationale aux côtés de la Côte d’Ivoire.

Monsieur le Président,

Après plusieurs années d’hésitations, de turbulences, parfois violentes, le processus de paix et de réconciliation commence à connaître une évolution positive que nous devons tous saluer et encourager.

Je tiens, à ce niveau, à remercier, encore une fois, tous les Chefs d’Etat qui s’impliquent personnellement et œuvrent à nos côtés pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire.

Ces remerciements s’adressent également à Monsieur Kofi Annan, Secrétaire Général de l’ONU et ses collaborateurs, notamment au Représentant Spécial du Secrétaire Général, Monsieur Pierre Schori, son équipe, aux forces de l’ONU et de l’opération Licorne pour les efforts qu’ils continuent de déployer en vue de ramener définitivement la paix, la réconciliation et la stabilité en Côte d’Ivoire.

Si nous devons nous réjouir de la tournure positive que prend la situation politico-militaire en Côte d’Ivoire et nous en féliciter, force est de reconnaître que des tâches énormes fixées au Gouvernement par la Feuille de route nous attendent et appellent à la vigilance et au redoublement des efforts de tous en vue de leur réalisation.

Il faudrait particulièrement œuvrer dans les domaines suivants :

- le financement du processus électoral, à toutes les étapes ;

- le Désarmement, la Démobilisation et la Réinsertion (DDR) ;

- le renforcement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire afin de garantir la sécurité de tous les électeurs ;

- les problèmes humanitaires et des droits de l’homme ;
- le renforcement des capacités des institutions judiciaires en vue d’assurer l’état de droit dans le pays, après trois ans de guerre ;
- l’appui à l’économie et aux finances de l’Etat en vue de résorber le taux élevé de chômage chez les jeunes et procéder au retour des personnes réfugiées et déplacées.

Des zones de tempêtes existent encore sur la voie devant conduire à la sortie de crise définitive. Il nous faudra les traverser, sans danger, pour arriver à l’organisation des élections générales incontestées qui sont la seule voie de sortie de la crise actuelle.

A cet égard, le Gouvernement souhaite vivement que le successeur de Monsieur Antonio MONTEIRO, Haut Représentant des Nations Unies pour les Elections en Côte d’Ivoire, soit désigné le plus tôt possible.

S’agissant particulièrement du renforcement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, je voudrais spécialement souligner que ce point constitue la préoccupation majeure de tous les ivoiriens et, partant, du Gouvernement de Côte d’Ivoire. En effet, non seulement il faudrait garantir la sécurité à Abidjan mais aussi à l’intérieur du pays, notamment à Bouaké et dans la région ouest.

Cette région comme vous le savez, fait frontière avec la République du Libéria qui partage beaucoup de similitudes ethniques et culturelles avec les populations de l’ouest ivoirien. Assurer une bonne sécurité de cette partie de la Côte d’Ivoire équivaut à assurer d’avantage la sécurité du Libéria et à renforcer le processus démocratique dans ce pays.

Autrement, tout débordement incontrôlé qui déstabiliserait l’ouest ivoirien, aurait inévitablement des conséquences fâcheuses au Libéria, voire au-delà, en Sierra Leone.

Pour toutes ces raisons, le Gouvernement ivoirien appuie fortement la proposition du Secrétaire Général des Nations Unies de renforcer le nombre des casques bleus en Côte d’Ivoire.

Je voudrais vous prier de soutenir cette proposition et de l’examiner très favorablement.

Mesdames et Messieurs,

Je vous sais gré de tout ce que vous avez pu faire pour la Côte d’Ivoire, depuis le déclenchement de la crise. Je suis également conscient qu’il revient, à titre principal, à nous ivoiriens, de faire le maximum d’efforts pour sortir notre pays de la crise qu’il connaît. Nous sommes déterminés à y parvenir, bien sûr avec votre soutien.

Œuvrons donc tous ensemble pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire pour que rien ni personne ne nous fasse revenir en arrière.
C’est le lieu d’inviter les institutions internationales et les différents partenaires au développement au respect de leurs engagements, dans le cadre du processus de redressement et de reconstruction de la Côte d’Ivoire, tels que recommandés par les differents accords sur la crise ivoirienne, notamment l’Accord de Linas-Marcoussis.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil de Sécurité,

Je vous remercie pour l’accueil et l’attention que vous avez bien voulu réserver au message que je viens de vous livrer au nom du peuple et du Gouvernement ivoiriens.

Je vous remercie pour votre attention.


ECLIPSE SOLAIRE

Mercredi 29 Mars 2006

Des millions de gens ont pu observer une éclipse totale du soleil qui est d'abord apparue au Brésil avant de se déplacer vers l'Atlantique puis au dessus de l'Afrique avant de se diriger vers l'Asie.
Plusieurs pays s'en sont servi comme atout touristique.
Le Togo avait declaré la journee chomée.
Des milliers de visiteurs occidentaux sont venus en Libye pour observer l'éclipse, provoquée par le passage de la lune, où elle était la plus spectaculaire. Exceptionnellement les autorités libyennes avaient assoupli les conditions d'obtention de visas touristiques ainsi que les restrictions aux déplacements dans le pays.



COTE D'IVOIRE / RENCONTRE DU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN BANNY AVEC LES ACTEURS DE LA VIE POLITIQUE ET LEURS ETATS MAJOR

Mercredi 29 Mars 2006

Processus de paix
Le Premier ministre a rencontré, hier à son cabinet , le PDCI, le FPI, le RDR, le PIT, l’UDPCI, l’UDCY, le MFA et les Forces nouvelles.
Le chef du gouvernement, Charles Konan Banny, s’est entretenu hier soir à son cabinet, avec tous les signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis. “Le Premier ministre a souhaité rencontrer les parties signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis, accord de base à partir duquel la Résolution 1633 a été prise, pour leur faire état de l’avancement de l’exécution de la feuille de route”, a déclaré à la presse, le porte-parole de la rencontre, Alphonse Djédjé Mady. Ils ont donc tous répondu présent à l’invitation du locataire de la Primature : FPI, PDCI-RDA, RDR, UDPCI, PIT, MFA, UDCY et Forces nouvelles. Charles Konan Banny “nous a fait, point par point, les principes directeurs qui guident son action et les différents acquis du processus”, a ajouté le Secrétaire général du PDCI. Selon M. Mady, les acquis sont, entre autres, la mise en place du gouvernement, la participation de tous les ministres, y compris le Secrétaire général des Forces nouvelles, Guillaume Soro, à ce gouvernement, l’accalmie générale dans le pays, la rencontre des quatre principaux leaders d’opinion à Yamoussoukro, la Commission électorale indépendante (CEI) devenue opérante et “l’identification qui, à en croire le Premier ministre, après le Conseil des ministres de demain (aujourd’hui. Ndlr), pourra donner des indications” quant à son démarrage effectif. M. Banny “a surtout tenu à faire en sorte que les partis politiques qui sont des leaders d’opinion s’approprient les acquis de cette mise en œuvre pour que le processus de paix évolue comme nous le souhaitons tous et qu’on aboutisse aux élections qui constituent la dernière preuve de sortie de crise”, a-t-il précisé. Alphonse Djédjé Mady a également indiqué que les signataires de l’Accord de la banlieue française ont félicité le chef du gouvernement “pour tous les efforts qui sont déployés, lui ont demandé de continuer dans ce sens, d’aller encore plus en avant et l’ont rassuré de leur soutien et du fait qu’ils feront un bon usage de toutes les informations qu’ils ont reçues, auprès de leurs militants, auprès de leurs sympathisants, auprès de la population ivoirienne”. Toutefois, les invités du Premier ministre lui ont soulevé quelques préoccupations telles la mise en œuvre du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex combattants (dont le coordinateur vient d’être nommé), l’établissement d’une confiance réelle entre différents acteurs et entre Ivoiriens.
Le chef du gouvernement, a révélé M. Mady, a aussi profité de cette rencontre pour entretenir ses invités sur la reconstruction de la Côte d’Ivoire, notamment sur “un programme qu’il conçoit pour l’emploi des jeunes”.
Mmes Angèle Gnonsoa, Kandia Camara, Marie Odette Lorougnon et MM. Anaky Kobena, Noël Némin, Lida Kouassi, Adama Bictogo, Joël N’Guessan, Dosso Moussa, Koné Amadou sont, entre autres, les personnalités qui ont pris part à cette rencontre au nom de leurs partis ou mouvements politiques respectifs.

Pascal Soro
FRATMAT


SOMMET DE L'UEMOA A NIAMEY / LE PRMIER MINISTRE CHARLES KONAN BANNY RESTE GOUVERNEUR DE LA BCEAO

Mardi 28 Mars 2006

Les Chefs d’Etat de l’UEMOA se sont réunis hier à Niamey (Niger).

Nous allons prendre une décision qui satisfait la sérénité", déclarait M. Jean-Baptiste Compaoré, président en exercice du conseil des ministres de l'Uemoa, à sa sortie d'audience avec le Chef d'Etat ivoirien. C'était jeudi dernier, à la veille du conseil des ministres extraordinaire à Abidjan, sur la nomination du gouverneur de la BCEAO. L'issue que laissaient entrevoir ces propos a été presque confirmée au sommet des Chefs d'Etat de Niamey (Niger). Charles Konan Banny est maintenu au poste de gouverneur jusqu'à ce qu'une autre réunion tranche en ce qui concerne le délai. Son intérim est toujours assuré par le vice-gouverneur de nationalité burkinabé, Damo Justin Baro. Ce dernier va ainsi devoir poursuivre la mission qui lui a été assignée par les Chefs d'Etat en décembre dernier, à la suite de la nomination de Banny à la tête du gouvernement de Côte d'Ivoire.
Mais, il semble que les choses n'ont pas été aussi simples. Il y a eu des velléités de candidature avecpour corollaire une bataille entre les différents camps.
Selon des informations reçues, le Béninois Abdoulaye Bio Tchané, fonctionnaire au FMI, et le Nigérien Ali Gamatié, l'autre vice-gouverneur de la BCEAO, ont postulé au poste.
Et puis, l'on n'a pu prendre réellement une décision définitive.
Le Malien Issa Coulibaly a été maintenu président intérimaire de la BOAD.

FRATMAT
Auteur: ALAKAGNI Hala


SOMMET DE L'UNION ECONOMIQUE ET MONETAIRE OUEST AFRICAINE (UEMOA) A NIAMEY AU NIGER

Lundi 27 Mars 2006

La Côte d'Ivoire n'entend pas lâcher le poste de gouverneur de la BCEAO
La Côte d'Ivoire, poids lourd dans l'économie ouest-africaine, n'entend pas lâcher le poste de gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), alors que certains pays dans la sous-région en prônent pour une rotation. L'acutel gouverneur de la BCEAO, Charles Konan Banny, dont le mandat devait prendre fin à la fin de l'année dernière, avait été désigné au poste de Premier ministre ivoirien le 4 décembre dernier.

Trois semaines plus tard, le vice-gouverneur de la BCEAO, le Burkinabé Damo Justin Barro, avait été nommé gouverneur par intérim de l'institut d'émission de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) jusqu'au retour de M. Konan Banny.

A l'issue du dernier sommet de l'UEMOA à Niamey (Niger) en décembre dernier, les présidents sénégalais Adboulaye Wade et burkinabé Blaise Compaoré sont favorables à une rotation pour le poste de gouverneur de la BCEAO.

"Cette thèse a toujours été rejetée par les autorités ivoiriennes qui n'hésitent pas à avancer que lorsque plusieurs personnes se cotisent, c'est au plus cotisant que revient la garde du fonds si tant est que c'est à un membre du groupe qu'il faut confier cet argent", a commenté samedi Fraternité Matin, quotidien officiel ivoirien.

"La Côte d'Ivoire représente à elle seule 40% de l'UEMOA. Malgré la situation de crise que nous connaissons, la Côte d'Ivoire est le seul pays de l'UEMOA qui a un taux d'exportation positif. Notre pays a donc un rôle leader dans l'UEMOA", a souligné le ministre ivoirien du Plan et du développement, Paul Bohoun Bouabré, lors d'une rencontre avec des opérateurs économiques français.

"Qu'on arrête de plaisanter avec le sang commun de l'UEMOA qu'est la monnaie commune gérée par la BCEAO. La Côte d'Ivoire ne peut pas accepter qu'on tourne autour du poste de gouverneur qui constiue le ciment de la gestion de la monnaie", a dit Bohoun Bouabré, ancien argentier ivoirien au sein du gouvernement de Seydou Diarra (2003-2005).

En octobre dernier, le président ivoirien Laurent Gbagbo s'était déjà opposé à la nomination d'un gouverneur non ivoirien.

Selon les termes relatifs au fonctionnement de la BCEAO, le poste de gouverneur devrait être occupé par un Ivoirien, un poste de vice-gouverneur étant attribué au Burkina Faso et le siège abrité par le Sénégal.

Des décisions sur ce dossier chaud aurait été prises lors du Conseil des ministres extraordinaire de l'UEMOA, tenu vendredi à Abidjan. Ces décisions devront être soumises lundi prochain au sommet de l'union pour finalisation, a-t-on appris de sources bien introduites.

Pour préserver la paix et la sérénité au sein de l'UEMOA, estiment certains observateurs ivoiriens, les dirigeants de l'UEMOA pourraient prolonger le mandat de M. Banny et maintenir l'intérim de M. Barro jusqu'à la fin des responsabilités du premier à la tête du gouvernement ivoirien.


COOPERATION IVOIRO -SENEGALAISE / INTERVIEW DU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN-BANNY LORS DE SA VISITE D'AMITIE ET DE TRAVAIL A DAKAR

Lundi 27 Mars 2006

ENTRETIEN AVEC…Charles Konan Banny, Premier ministre de la Côte d’Ivoire : «Pour la Bceao, les chefs d’Etat doivent tenir parole»

Charles Konan Banny, avant de prendre ses nouvelles fonctions de Premier ministre de Côte d’Ivoire, avait promis. «En raison de votre sérieux, de votre perspicacité et de votre sens de l’objectivité, c’est à vous que j’accorderai ma première grande interview comme Premier ministre de mon pays», disait-il.
Promesse tenue samedi dernier avec un entretien exclusif avec le journal Le Quotidien pour faire le bilan de ses cent premiers jours à la tête du gouvernement de transition en Côte d’Ivoire. Samedi dernier, dans sa résidence de Dakar, sise au Cap Manuel, Charles Konan Banny s’est voulu formel, il quittera le pouvoir à la fin de la transition. Avec la promesse d’organiser des élections libres et transparentes en Côte d’Ivoire. Le Premier ministre ivoirien qui se trouvait à Dakar ce week-end révèle que c’est un séjour mis à profit pour avoir un entretien «utile» avec le Président Wade. Charles Konan Banny est en effet occupé à arrondir les angles entre les Présidents Wade et Gbagbo. Quant à son avenir comme gouverneur de la Bceao, M. Banny met les chefs d’Etat de l’Union monétaire devant le défi de tenir leurs engagements. De toute façon, Charles Konan Banny considère que le poste de Gouverneur de la Bceao est pour la Côte d’Ivoire.

Le dialogue a repris en Côte d’Ivoire, la classe politique se retrouve à nouveau autour d’une table, vous devez être aujourd’hui satisfait ?

Quand je suis arrivé, mon diagnostic m’a permis de savoir qu’une bonne partie de la crise était liée à un problème de confiance. Personne n’avait confiance en personne. Et il n’y avait plus de dialogue. Même si les hommes politiques ivoiriens se parlaient, c’était par personnes interposées et, en dehors de la Côte d’Ivoire. Il fallait renouer le fil de la confiance, petit à petit. C’est ce qui a fait qu’on a commencé à avoir des résultats. Le gouvernement se remet au travail. Tout le monde prend part aux réunions du Conseil des ministres.

Ces querelles ont sans doute fait perdre beaucoup de temps dans la mise en œuvre du processus de pacification ?

De ma connaissance des uns et des autres, rien ne devrait opposer irrémédiablement les uns et les autres. Les germes du conflit sont bien identifiés. Evidemment, il n’y a pas qu’en Côte d’Ivoire la lutte pour le pouvoir. Mais cela doit se faire dans le cadre de la démocratie. Donc, on peut vouloir le pouvoir et utiliser des moyens démocratiques. C’est dans cette voie que nous devons aller et je crois que le Peuple souhaite cela. Les principaux acteurs politiques ont compris cela, justement, parce qu’on a perdu beaucoup de temps. Et cela a été préjudiciable au pays.

Croyez-vous que le calendrier annoncé sera respecté ?

La mission qui m’a été confiée a débuté il n’y a pas longtemps. En réalité, j’ai très peu participé à la confection de la feuille de route. Cette feuille de route a été établie pour permettre de résoudre les questions essentielles qui alimentent la crise, dans un temps déterminé. Et le temps imparti, je n’y suis pour rien. Ce que nous faisons, c’est considérer cela comme une contrainte et travailler à ce que nous puissions organiser les élections à cette échéance. C’est très difficile, mais ce n’est pas impossible. D’ailleurs, je travaille pour arriver à un résultat avant l’échéance. Ce n’est pas impossible.

La crise en Côte d’Ivoire concerne aussi tous les pays de la région Ouest Africaine. Qu’est-ce que vous êtes en train de faire au niveau de la région pour ancrer le processus de paix ?

Il y a une composante régionale claire dans le conflit. D’abord, compte tenu de la place qu’occupe la Côte d’Ivoire, non seulement au plan économique mais au plan social. Cette crise a une dimension régionale. Ensuite, il y a les aspects qui sont forcément régionaux. Par exemple comment voulez-vous parler de désarmement durable et lutter contre l’invasion des armes légères, en faisant fi du problème de la sécurisation des frontières ? Donc, il y a des aspects qui ne sauraient être résolus que par une dynamique régionale. Vous savez aussi le rôle que certains chefs d’Etat de la sous-région ont joué dans la recherche de la solution à la crise. Il m’est apparu, cent jours après ma prise de fonction de Premier ministre, de venir faire le point à un certain nombre de chefs d’Etat. Peut-être, pour bénéficier de leur éclairage, de leurs conseils et suggestions.

A ce propos, une partie de la presse ivoirienne a indiqué qu’à Ouagadougou le Président Blaise Compaoré aurait posé des conditions pour aider la Côte d’Ivoire à faire la paix. Dans son édition du samedi 25 mars 2006, le journal Fraternité matin a titré «Crise ivoirienne : Les exigences de Blaise Compaoré». Quelles conditions le Président Burkinabè aurait-il posé ?

(Catégorique). Non, je n’ai pas vu cela. En tout cas, cela n’a pas été l’objet de mes entretiens avec lui (Ndlr : la rencontre en tête-à-tête entre Charles Konan Banny et Blaise Compaoré a eu lieu le vendredi 24 mars 2006 à Ouagadougou). Le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire sont très liés, humainement, géographiquement… Donc dans la crise ivoirienne, le rôle que peut jouer le Burkina Faso n’est pas du tout à négliger. Personnellement, je veux pouvoir m’appuyer sur le Président Blaise Compaoré, parce qu’il peut avoir quelques influences sur quelques acteurs de la crise. Etant entendu que si la crise perdure, elle peut avoir des conséquences sur l’économie et sur la vie sociale au Burkina Faso. Il y a comme une espèce de solidarité de destin entre les deux peuples. C’est tout cela que nous évoquons lorsque nous nous rencontrons.

N’avez-vous pas l’impression que les clivages crypto-personnels entre chefs d’Etat impliqués dans le dossier compliquent davantage la situation ?

Il y a toujours un problème de leadership. Mais, je crois qu’on a, maintenant, dépassé ces questions et il faut en être conscient, c’est clair. Et c’est pour cela qu’il est bon que les Ivoiriens prennent le relais de la Communauté internationale. Ne serait-ce que pour reconnaître le rôle important que cette communauté a joué depuis que la crise a éclaté. Mais il est temps maintenant que les Ivoiriens, comme en reconnaissance des efforts accomplis, s’approprient la crise et soulagent, un peu, les frères qui les ont beaucoup aidés. Il ne faut pas donner l’impression aux frères que cette question les concerne plus que nous-mêmes Ivoiriens. En d’autres termes, nous devons mettre fin à l’indifférence que, personnellement, j’avais eue à constater. Parce que nous pensions, à tort, que la solution devait venir de l’extérieur. Alors qu’en fin de compte, si solution il y aura, elle viendra des Ivoiriens. Bien sûr, avec l’aide de nos amis et de nos frères africains et du monde. Mais encore une fois, la solution finale, et surtout si nous voulons qu’elle soit durable, viendra des Ivoiriens eux-mêmes.

Seulement, on constate qu’à l’extérieur, les uns et les autres ont des préférences dans la classe politique ivoirienne et cela ne cristallise-t-il pas les antagonismes ? Par exemple, Thabo Mbeki, le Président sud-africain semble préférer Laurent Gbagbo, le Président Compaoré a ses amis dans les rangs des Forces nouvelles, etc.

C’est qui la préférence des Ivoiriens dans tout cela ? (Rires). Il faut que les Ivoiriens fassent l’arbitre. Il faut un arbitre et le meilleur arbitre dans cette question, c’est le Peuple ivoirien. Donc, il faut que le peuple s’investisse dans la démarche, dans la dynamique de paix et il faut qu’il encourage tous ceux qui veulent la paix et travaillent à cela. Parce qu’au bout du compte, il faut que le Peuple prenne la parole par le vote. Et lorsqu’il aura arbitré, chacun pourra garder ses préférences. J’allais dire que cela n’aura plus tellement d’importance, parce que ce sera décisif. C’est vrai que, peut-être, chacun a ses préférences mais c’est le Peuple qui doit trancher en dernier ressort. Personnellement, c’est pour cela que je me suis engagé en acceptant de prendre la tête du gouvernement de transition.

Vous venez de boucler cent jours à la tête du gouvernement ivoirien, si vous devez faire un bilan à mi-parcours, quelles seraient vos réussites ?

La plus grande réussite est indéniablement le fait que nous ayons fait comprendre aux Ivoiriens que rien ne peut se faire dans la méfiance. Il faut absolument que la confiance revienne entre les acteurs politiques. Mais aussi, que chaque Ivoirien reprenne confiance en lui-même et qu’il ait confiance en son voisin ; et qu’on commence à se parler, qu’on dialogue, qu’on se parle ! On n’a pas le droit de ne pas se parler, il faut qu’on sache que le pays nous appartient, à nous tous, et que nous avons intérêt à le reconstruire ; que c’est une période difficile que nous devons rapidement dépasser. Cette période difficile doit être derrière nous. Il nous faut regarder vers l’avenir. Je crois d’ailleurs que nous sommes sur cette voie. Ce sont des recettes très simples : Il faut rassurer les uns et les autres, accepter le droit à la différence et appeler chacun à participer à l’œuvre de rétablissement de la confiance et de reconstruction du pays. On a posé de bons jalons qu’il faut consolider. Si je devais faire un bilan, c’est cela que je retiendrais, mais en restant vigilant, parce que le processus de construction de la paix est difficile et délicat, il est fragile. Il ne faut donc pas crier victoire trop tôt. Le plus gros est à faire.

Pouvez-vous garantir la tenue des élections en octobre prochain ?

En tout cas, nous allons tout faire pour que cela soit ainsi. Nous travaillons comme si les élections devaient avoir lieu avant même octobre.

On parle de vous comme quelqu’un qui essaie d’arrondir les angles entre le Président Wade et le Président Gbagbo ?

(Hésitations). Oui, je veux le faire parce que je considère que les relations entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire sont très importantes, pour plusieurs raisons. Je suis envoyé ici par le Président Gbagbo pour avoir un bon entretien avec le Président Wade et je crois que nos deux Peuples ont à gagner à balayer et à mettre de côté tout ce qui peut entraver la bonne coopération entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Oui effectivement je travaille à arranger entre les Présidents Wade et Gbagbo. Il y va de l’intérêt de nos deux pays.

N’empêche que ces derniers temps, il y a eu des passes d’armes entre Abidjan et Dakar sur des questions assez délicates. Le Président Wade a notamment accusé le Président Gbagbo de financer certains opposants au Sénégal et les proches du chef de l’Etat ivoirien ont répliqué avec virulence à ces propos…

Semble-t-il, mais c’est dans la presse (rires). Je n’ai pas vu tout cela. Je crois que très bientôt tout cela sera derrière.

Ne croyez-vous pas que les questions de succession à la tête de la Bceao et de la Boad constituent des enjeux régionaux qui pourraient encore réveiller des divisions ?

Peut-être, mais les deux chefs d’Etat comprennent que les relations financières ne doivent pas entraver durablement la qualité des relations entre les pays. Je ne crois pas que cela puisse être des pommes de discorde, il faut qu’on se comprenne bien et que nous confortons notre vision commune, notre attachement à la coopération régionale et à l’intégration régionale. Je crois que Wade et Gbagbo sont tous deux des panafricanistes et il faut qu’ils le prouvent, tout simplement à travers ces questions.

Mais la Côte-d’Ivoire ne semble pas vouloir lâcher la Banque centrale ?

Mais pourquoi la Côte-d’Ivoire devrait-elle lâcher le poste de gouverneur de la Bceao ?

D’autres pays lorgneraient le poste pour leurs ressortissants….

Mais pourquoi lorgnent-ils la Banque centrale ? Elle est une institution commune que la Côte d’Ivoire a eue à gérer pour le compte des autres pays. Et je crois qu’elle n’a pas si mal travaillé que cela. Maintenant, il appartient aux chefs d’Etat de décider ensemble, mais a priori, les Ivoiriens ne voient pas pourquoi, ils devraient lâcher. On ne peut pas les sanctionner parce qu’ils ont bien travaillé quand même…

La Côte-d’Ivoire va-t-elle soutenir la candidature du Sénégalais Amadou Kane à la tête de la Banque ouest-africaine de développement (Boad) ?

Sur cette question-là, notre approche est qu’il ne faut pas la résoudre de cette manière. Il y a des principes qui sont là, il y a des non dits, des accords non écrits qui ne sont pas éternels. On peut décider de faire autre chose.
Il faut qu’on se le dise et qu’ensemble nous trouvions une autre approche. C’est l’approche qui est importante. Amadou Kane, que je connais personnellement, fait partie des jeunes gens que nous avons encadrés, que nous avons vus venir, donc ce n’est pas sa personnalité qui est mise en cause. Mais nous sommes dans un schéma où il me semble qu’il faut une approche globale des choses par les principes, au préalable. C’est comme cela que nous voyons les choses et nous sommes très ouverts. L’essentiel, c’est que nous nous mettons d’accord sur les principes.

Il y a une élection qui vous concerne particulièrement, c’est celle de la nomination d’un gouverneur à la Banque centrale pour vous remplacer. Quel est le schéma de Charles Konan Banny ?

Il n’y a pas de schéma personnel pour Konan Banny. Je n’ai pas d’agenda personnel sur ces questions. Je crois, une fois encore, que ce sont des questions de principe.

Je suis dans une mission qui m’a été confiée à la fois par les chefs d’Etat en Afrique et par la Communauté internationale. Cette mission comporte des restrictions et je les ai acceptées en pensant pouvoir apporter quelque chose à la communauté nationale ivoirienne et aussi à la sous-région. Il appartient aux autres de savoir dans quelles conditions ils m’ont demandé d’aller assumer cette fonction, de respecter les engagements dits ou non dits. Je suis allé, tout en sachant que dans les années à venir il faut que je renonce à un certain nombre de choses. Il appartient aux autres de respecter leur parole.

Leur parole ? N’était-elle pas que vous fassiez un an en Côte-d’Ivoire et que reveniez continuer votre mission à la Banque centrale ?

Ah ! ils ne l’avaient pas dit ainsi, mais je ne suis pas sûr qu’ils l’aient exclu. Maintenant, il appartient à la Banque de juger. Donc, on en revient au problème de principe toujours. Je suis envoyé en mission et sur certaines conditions écrites ou non écrites, je respecte mes engagements et il appartient aux autres de respecter les leurs.

Avez-vous le sentiment que les autorités ivoiriennes vous soutiennent ?

Mais, c’est qui les autorités ivoiriennes ? C’est tout d’abord moi (rires). Je suis quand même le Premier ministre…

Je veux dire, est-ce que le Président Gbagbo vous soutient ?

Nous sommes en phase, le Président Gbagbo et moi, il n’y a aucune différence de point de vue à ce niveau.

N’empêche qu’il y a certains de vos compatriotes qui veulent le poste de gouverneur de la Banque centrale…

J’imagine, on parle de cela.

Et vous semblez dans votre propos exclure un agenda en Côte-d’Ivoire après votre mandat de Premier ministre.

J’ai dit que je suis un homme de mission. On m’a posé cette question et j’ai toujours dit que je me considère comme un homme de mission, mais pas un homme de pouvoir. Et je vais de mission en mission.

Et selon vous, la présente mission finira le 30 octobre 2006 ?

Voilà. C’est cela, après peut-être je vais trouver d’autres missions, mais je n’ai jamais opté pour être un homme de pouvoir.

Donc, vous excluez votre candidature à la présidence de la République en 2006 ?

C’est clair ! (Catégorique). Je crois que cela fait partie des restrictions que j’ai acceptées. Je renonce à la Présidence. On a besoin de cela, c’est important que quelqu’un dise clairement qu’il n’est pas candidat. Il faut rassurer les gens. Ce qui me préoccupe aujourd’hui, c’est de tout faire pour que le processus de transition réussisse.

Il ne faut pas en rajouter, il faut rassurer les gens. Ce qui me préoccupe c’est de tout faire pour que mon pays sorte de la crise et que le Peuple puisse s’exprimer et choisir ses dirigeants qu’il souhaite. Je crois que c’est le plus grand service que je peux rendre à la Côte-d’Ivoire. Et tous mes efforts sont tendus vers cela.

Avez-vous réussi à améliorer les relations entre la France et la Côte-d’Ivoire ?

On va s’y attacher ces temps-ci. Je pense qu’il ne me reste que cela.

En tout cas, l’Armée française et l’Armée ivoirienne ont eu à se tirer dessus….

Non, pas encore. Je pense que la coopération n’est pas si mauvaise que cela. Mais, l’ambiance n’est pas la meilleure, nous le savons, mais on n’est pas à ce niveau de tension. Mon rôle de réconcilier les Ivoiriens, c’est aussi de réconcilier les Ivoiriens avec tout le monde.

C’est dire que vous allez dissiper les sentiments de méfiance entre le Côte-d’Ivoire et la France ?

Il n’y a pas de sentiment de méfiance entre les deux pays. Il y a seulement des relations difficiles entre les responsables de part et d’autre. Mais entre les deux Peuples, il y a une grande amitié. Cela, je peux vous l’assurer.

On remarque que depuis votre prise de fonction, vous n’avez pas effectué des visites dans les grandes capitales occidentales, pourtant ces pays ont beaucoup pesé dans la crise ivoirienne… C’est vrai. Mais ce n’est pas délibéré, c’est une question de gestion de calendrier. L’actualité est brûlante, les questions sont brûlantes et on n’a pas assez de temps, c’est la première explication. Ensuite, le fait que je ne me sois pas encore déplacé en Europe ne doit pas être interprété autrement.
Il faut, quand même, des séquences dans la recherche des solutions. Il y a des questions que la sous-région doit chercher d’abord à l’intérieur. Par exemple, réunir les principaux acteurs de la vie politique, et ça prend du temps. D’autres questions telles que la mise en place de la Commission nationale indépendante, etc.

Cent jours, ce n’est pas beaucoup. Cela fait cent jours que j’ai été nommé, deux mois et demi que le gouvernement fonctionne, ça ne laisse pas beaucoup de temps pour les voyages. J’ai déjà effectué quelques visites de proximité : L’Afrique du Sud, Burkina Faso, Congo, Mali… Je suis au Sénégal.
Maintenant que nous avons mis en place quelques structures nécessaires pour le processus, le deuxième volet de mon action est d’aller voir nos grands partenaires qui nous ont toujours aidés et qui doivent continuer à nous aider dans la recherche des financements de nos programmes. Le prochains voyages que je vais entreprendre seront auprès des institutions internationales, en particulier les institutions de Bretton Woods, de l’Union européenne et auprès de tous les partenaires au développement. En tout cas auprès de tous ceux qui sont prêts à nous aider. Le temps est serré et moins je passerais de temps à l’extérieur, mieux cela vaudra.

D’aucuns disent que si vous avez accepté la mission en Côte-d’Ivoire, c’est parce que la France vous a beaucoup encouragé à le faire ?

En tout cas, elle ne m’a pas découragé. Il n’y a pas que la France, il y a les Etats-Unis, l’Europe, l’Angleterre, il y a tous les pays qui sont membres de la Communauté internationale. Je dois avouer aussi que le Peuple se réjouit de ce soutien. De ce côté, je crois savoir que je suis un peu un Premier ministre comblé. Ils m’encouragent et ils me soutiennent, mais ce n’est pas uniquement à cause de ma personne. Cela s’explique aussi par le fait que la Côte-d’Ivoire participe à l’équilibre politique, économique et social de l’Afrique de l’Ouest. C’est un élément important.

Ne pensez-vous pas qu’il faille un homme nouveau en Côte-d’Ivoire pour décanter la situation ?

C’est quoi un homme nouveau ?

Peut-être quelqu’un qui n’est pas impliqué dans la situation de tension, de guerre…

(Il coupe) Non, il faut que les Ivoiriens renouvellent leur état d’esprit, il faut un changement de mentalité. Et c’est cela que nous essayons de faire comprendre aux uns et aux autres. Effectivement, le peuple ne souhaite pas avoir affaire avec des gens qui sont tout le temps en train de se disputer sans que cela apporte quelque chose de concret.
On peut être un ancien avec un esprit nouveau comme on peut être un homme nouveau avec un esprit totalement arriéré. Je m’adresse surtout à la mentalité, à la façon que chacun a de percevoir les questions et à la vision qu’on peut avoir de la crise. Oui ! on a besoin d’une vision nouvelle et cela se trouve en Côte-d’Ivoire. Même parmi ceux qui sont là.

Le Groupe de travail international (Gti) a voulu remettre en cause le mandat des députés et cela a créé des problèmes. Est-ce que ce n’était pas une erreur d’appréciation qui a risqué d’être préjudiciable au processus de paix ?

Je pense que c’était un malentendu. Il n’y avait rien qui pouvait justifier cette réaction. Je crois, d’ailleurs, que ce malentendu est derrière nous. Il n’y a vraiment rien de sérieux qui explique, deux mois après, la réaction que les jeunes avaient à cette occasion-là.

Le désarmement des différentes factions sera assurément difficile.

Il faut désarmer et il faut que ce désarmement soit réussi. Il faut créer les conditions pour que cela réussisse. Et les conditions, c’est d’abord assurer que la confiance règne entre les uns et les autres. Cela n’est pas nouveau.

J’ai foi au désarment mais je sais que ce n’est pas chose facile. En même temps, il y a un volet auquel on ne fait pas souvent attention, c’est le volet de la réinsertion et il faut le réussir. Il faut mener concomitamment le désarmement avec la réinsertion pour rassurer les gens. On peut réussir cela avec le soutien de la Communauté internationale qui va aider à financer les programmes de réinsertion, avec un dialogue constant pour changer les mentalités, expliquer aux uns et aux autres qu’on ne peut obtenir rien de durable avec les armes. Il faut arriver au désarmement et de toutes les façons nous sommes obligés de le faire.

Le succès de Yayi Bony au Bénin semble discréditer la classe politique. Cette situation ne risque-t-elle pas de se répercuter en Côte d’Ivoire ?

C’est une nouvelle donne. Je ne connais pas, suffisamment, la situation au Bénin pour me prononcer sur cette façon de percevoir les choses. Mais je constate, effectivement, que l’ampleur de son succès montre un certain divorce entre la classe politique et le peuple. Je pense aussi qu’il ne faut pas exclure la qualité du candidat, son expérience.
Le Peuple béninois pense que son expérience peut être mis à profit pour l’intérêt du peuple. En partie, vous avez peut-être raison, il y a, dans certains de nos pays, un écart entre les aspirations des peuples et la déclaration des partis politiques.
C’est, en tout cas, un défi qui est lancé aux politiciens qui doivent réfléchir sur comment prendre les aspirations des populations, comment, concrètement transformer ces aspirations en réalité.

L’axe Dakar-Abidjan, du point de vue de la proximité des populations, se porte bien. Mme l’Ambassadeur de la Côte d’Ivoire vient de se marier au Sénégal et vous-même vous, vous gardez toujours un pied à Dakar, y a-t-il un secret ?

(Rires) C’est tout à fait normal. Les relations entre les deux pays ne datent pas d’aujourd’hui, il y a beaucoup de Sénégalais qui se sont mariés en Côte d’Ivoire. Moi, je me réjouis de cela.


Madiambal DIAGNE
"LE QUOTIDIEN"


COTE D'IVOIRE / PREMIER CONGRES EXTRAORDINAIRE DU MOUVEMENT DES FORCES D'AVENIR (M.F.A.)

Lundi 27 Mars 2006

1er congrès extraordinaire du Mfa - Anaky Kobena Innocent (Président du Mfa) à propos de la présidentielle d’octobre : "Il est impératif que le Rhdp ait un candidat unique"

La reconstruction de la Côte d’Ivoire post-crise et les échéances électorales d’octobre prochain se préparent activement. Tous les états-majors des partis politiques sont à pied d’œuvre pour ne pas être en reste dans cette nouvelle donne. Le Mouvement des forces d’avenir (Mfa), dans cet esprit, a tenu hier dimanche, son premier congrès extraordinaire.

C’est le palais des congrès de l’hôtel Ivoire d’Abidjan-Cocody, qui a servi de cadre aux assises de cet évènement. Qui avait pour thème « le Mfa et les défis de la construction de la Côte d’Ivoire post-crise ».
Ce moment historique pour le Mouvement des forces d’avenir, les militants (es) et sympathisants de ce jeune parti n’ont, pour rien au monde, voulu se le faire raconter. Aussi, venus des 4 coins de la Côte d’Ivoire et même de l’étranger, ont-ils pris d’assaut cette grande et prestigieuse salle de l’hôtel Ivoire, devenue trop exiguë pour la circonstance.
A la cérémonie d’ouverture et au chapitre des interventions, tour à tour, se sont succédé au micro, M. Kouassi Kobena Adjoumani (porte-parole des ressortissants de la région du Zanzan), Pépé Paul, président du Parti national ivoirien, Guéi Bombet Robert de la Renaissance et Mme Angèle Gnonsoa du Pit, venus témoigner leur soutien au Mfa.
Le ministre Anaky Kobena Innocent, président dudit parti, a, dans son allocution, dépeint la « chaotique » gestion du pouvoir d’Etat par le Front populaire ivoirien (Fpi). Parlant du processus d’identification, il a dénoncé la gabegie des refondateurs qui, selon lui, n’ont pu conduire jusqu’à terme ce processus « incontournable » au retour de la paix. Et ce, déclare-t-il, nonobstant« la faramineuse somme de 14 milliards allouée par le gouvernement pour la cause ».
Evoquant la sortie de crise, le N°1 du Mfa a émis son optimisme. « Nous pensons et nous sommes mêmes sûrs que nous sommes sur la route de la paix », a-t-il fait savoir. Pour lui, le décor pour désormais classer cette crise qui secoue la Côte d’Ivoire, est planté. Allusion faite à l’adoption de la résolution 1633 par l’Onu qui, à l’en croire, est la boussole de la Côte d’Ivoire, ce qui a permis la mise en place de la transition politique dirigée par le Premier ministre Charles Konan Banny.
Mais également à la récente nomination du général Ouassénan Koné comme coordonnateur général du programme du désarmement. « Mon général, comme on le dit en anglais, ‘’you are the right man in the right place » (Ndl : vous êtes l’homme qu’il faut à la place qu’il faut).
Aux jeunes et aux femmes ivoiriennes, notamment ceux des partis d’opposition, l’orateur a indiqué que l’avenir de l’Eburnie dépend d’eux.
Il leur a lancé un appel à l’éveil afin de démontrer qu’ils sont les plus nombreux. La question des élections n’est pas restée sous l’éteignoir. Pour le président du Mfa, le rassemblement des houphouétistes doit se donner toutes les chances pour avoir le pouvoir d’Etat. Il a rappelé l’idée d’une « candidature unique pour le Rhdp à la présidentielle » d’octobre, condition sine qua non, selon lui , pour « gagner ces échéances au premier tour mais aussi pour redonner à la Côte d’Ivoire son lustre d’antan ». Sur ce même sujet, le secrétaire général du Pdci Alphonse Djédjé Mady, prenant pour appui le thème de ce congrès, a souhaité que les conclusions de la rencontre aillent dans ce sens. « Nous attendons et fondons beaucoup d’espoir sur les résultats de votre congrès », a-t-il soutenu.
Pour sa part, le Ministre Louis André Dacoury-Tabley, secrétaire général adjoint des Forces nouvelles, après s’être félicité de la marque d’estime faite à son mouvement par le Mfa, en l’invitant à ce rendez-vous, a émis son vœu de voir émerger une nouvelle Côte d’Ivoire démocratique.
« L’avenir est à la démocratie, mais la démocratie vraie », a fait savoir le N° 2 des Forces nouvelles pour qui la recherche de cet objectif à savoir l’instauration d’une nouvelle politique, résume tout le sens du combat de l’ex-rébellion.
Avant eux, le ministre Mabri Toikeusse, président de l’Udpci, et son collègue de la Construction Marcel Amon Tanoh, représentant du Rdr, ont salué l’esprit de l’houphouétisme qui a prévalu dans l’organisation de ce rassemblement. Et, ont rappelé la ferme volonté de leurs partis respectifs à toujours œuvrer pour la victoire du Rhdp. Au moment où nous mettions sous presse, le congrès abordait sa deuxième phase, à savoir les réflexions en ateliers.

Richard Yasseu (richardyasseu@yahoo.fr)


PRIX MONDIAL DE LA SOCIETE DE L'INFORMATION DECERNE A S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU SENEGAL

Dimanche 26 Mars 2006

En reconnaissance à ses efforts inlassables de promouvoir la solidarité numérique , S.E.Maître Abdoulaye WADE recevra à GENEVE le 17 MAI 2006 le Prix Mondial de la Société de l'Information en même temps que l'inventeur du WEB , M.Tim BERNERS LEE.


SENEGAL MAGAL 2006 A TOUBA

Dimanche 26 Mars 2006

Les populations sénégalaises et celles venues des quatre coins du monde ont célébré dans la ferveur religieuse la 111ème édtion du MAGAL ou départ en exil de Cheick Ahmadou BAMBA , fondateur du Mouridisme , dans la Ville Sainte de TOUBA.
A cette occasion le Corps Diplomatique ainsi que les Membres du Gouvernement et des Corps constitués ont fait le déplacement à TOUBA .


COOPERATION IVOIRO-SENEGALAISE / VISITE D'AMITIE ET DE TRAVAIL DU PREMIER MINSITRE CHARLES KONAN BANNY A DAKAR

Dimanche 26 Mars 2006

Arrivée à Dakar du Premier ministre Charles Konan Banny
Le Premier ministre Ivoirien, Charles Konan Banny est arrivé vendredi à Dakar en provenance de Bamako pour un séjour de « travail et d'amitié » quelques jours après celle de S.E.M.Youssouf BAKAYOKO ,Ministre ivoirien des Affaires Etrangères.

La visite de M.Banny qui entre dans le cadre du « raffermissement des liens de coopération entre le Sénégal et la Côte d'Ivoire » a permis au Premier ministre ivoirien d’avoir samedi des entretiens avec son homologue sénégalais Macky Sall avant d’être reçu longuement par le Président Abdoulaye Wade en sa présence .
Au cours de son séjour, le Premier ministre Banny a participé à un rassemblement des femmes sénégalaises dans un grand stade de Dakar pour célébrer les réalisations du président Wade en faveur des femmes.
Le Premier Ministre a saisi l'opportunité pour inviter M.Macky SALL à se rendre en Côte d'Ivoire .
Avant son départ , S.E.M.le Premier Ministre a reçu en audience , en sa résidence privée , le Ministre sénégalais des Affaires Etrangères , S.E.Cheick Tidiane GADIO absent et rentré de mission quelques heures auparavant , avec qui il a eu un entretien en tête-à-tête.
Nommé en décembre dernier, le Premier ministre de Côte d'Ivoire, ex gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), a pour mission d'assurer la transition jusqu'à l'élection présidentielle ivoirienne prévue au plus tard le 31 octobre prochain.


SENEGAL / HOMMAGE A S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE / MEETING GEANT DES FEMMES

Dimanche 26 Mars 2006

Plusieurs milliers de femmes ont rempli samedi après-midi le stade Demba Diop (périphérie de Dakar) pour accueillir le président de la République Abdoulaye Wade et lui rendre hommage pour les réalisations du gouvernement en leur faveur entre 2000 et 2005, a constaté un reporter de l'APS.

‘'Votre mobilisation prouve que vous êtes satisfaites de mes réalisations'', a commenté le chef de l'Etat accompagné par le Premier ministre Macky Sall, plusieurs membres du gouvernement, de l'Assemblée nationale, du Conseil de la République, du Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny. Etaient également présents des représentants du corps diplomatique accrédité à Dakar et des partenaires au développement. Satisfait de la mobilisation des femmes en son honneur, Me Wade a annoncé sa décision de donner à l'association des femmes juristes ‘'le statut d'organisme consultatif auprès du président de la République''. ‘'Femme du Sénégal, je veillerais, dans ma pratique du pouvoir, à ce que notre pacte de solidarité et de complicité se consolide et se renforce davantage'', a promis le président Wade. Il a ajouté en direction des femmes habillées aux couleurs -- bleu et jaune -- du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) et venu de toutes les régions du Sénégal : ‘'vous êtes non seulement au coeur de l'alternance, mais aussi au coeur de mon projet de société''. ‘'En ce qui me concerne, je m'efforce et je m'efforcerai toujours à leur (les femmes) ménager un environnement et un contexte propice à leur épanouissement. Je les placerai aux stations qu'elles méritent'', a encore assuré le chef de l'Etat.


SENEGAL / INVESTITURE DU PRESIDENT PEDRO PIRES DU CAP-VERT / PARTICIPATION DU PRESIDENT WADE

Vendredi 24 Mars 2006

Le Président Wade, qui était accompagné d’une forte délégation composée de Ministres d’État, de Ministres, de Députés, de Conseillers de la République et de Directeurs de sociétés nationales, a indiqué qu’il ne pouvait pas ne pas assister à cette investiture.

Ce qui montre l’excellence des relations entre les deux pays. « Deux pays dont les peuples sont parents par le sang et l’histoire », a expliqué Me Abdoulaye Wade qui a indiqué avoir beaucoup de convergences de vue avec son homologue cap-verdien. « Même s’il est socialiste et que je suis libéral, cela montre que la volonté de bien faire les choses prime dès fois sur les idéologies », a expliqué Me Abdoulaye Wade.

Le Président Pédro Pires a, pour sa part, salué le panafricanisme et le leadership du président Wade en Afrique. Il considère d’ailleurs sa présence comme une marque d’estime et de considération. Il a salué la fraternité qui existe entre le Sénégal et le Cap-Vert et l’excellence des relations de coopération qu’il va falloir approfondir, diversifier et consolider.

Élu pour cinq ans, le Président Pires a remercié le peuple cap-verdien qui lui a renouvelé sa confiance. Son quinquennat sera mis à profit pour approfondir la démocratie, relancer l’économie, développer l’éducation, etc.


COTE D'IVOIRE / M.ALASSANE DRAMANE OUATTARA PRESIDENT DU RDR EN VISITE DANS LE NORD DU PAYS / DISCOURS A BOUAKE FIEF DES FORECS NOUVELLES

Vendredi 24 Mars 2006

«Chers frères, chères sœurs,
chers militants et chères militantes, cher Ibrahima Fanny, maire de Bouaké,
Je voudrais, au nom de la délégation qui m’accompagne, vous saluer. Vous dire que je suis à Bouaké à l’occasion d’un voyage de famille pour me rendre à Kong et ensuite à Gbéléban dans le cadre des cérémonies funéraires de ma mère Hadja Nabintou Cissé.
Je ne pouvais pas être dans le Nord sans venir à Bouaké, le temps pour vous saluer, chères militantes et chers militants.
Vous remercier parce que j’ai vu avec combien de sympathie vous nous avez entouré à l’occasion des obsèques de Hadja Nabintou Cissé, notre maman.
Je sais que beaucoup ont fait le déplacement sur Abidjan et que à Bouaké, même pendant quarante jours, beaucoup d’entre vous avez prié, nuit et jour, pour que son âme repose en paix et qu’Allah l’accueille à son paradis.
C’est une marque de grande sympathie et les familles Ouattara et Cissé ne pouvaient ne pas s’arrêter à Bouaké pour vous saluer et vous remercier.
Je salue spécialement le maire Ibrahima Fanny pour toutes les dispositions qui ont été prises. Je me réjouis d’être à Bouaké qui est bien connu pour sa diversité, sa tolérance, l’esprit de réconciliation et c’est pour cela également qu’avant de faire cette visite, j’en ai informé le ministre d’Etat, Guillaume Soro, Secrétaire général des Forces nouvelles qui a bien voulu nous accueillir ce matin et nous donner toutes les assurances de nous aider, de nous escorter pendant tout le temps que nous serons dans cette partie de notre pays.
Je sais que nous attendons tous la réunification et une paix définitive, nous prions pour cela.
Je voudrais vous dire aussi que, depuis bientôt deux mois que je suis arrivé, l’on peut constater que le climat politique s’est bien apaisé et que nous devons continuer dans cette voie parce que la Côte d’Ivoire a besoin d’être unie, nous avons besoin de faire en sorte que les Ivoiriens se retrouvent, se réconcilient et prient ensemble pour la paix dans notre pays. Nous avons besoin de réconciliation, nous avons besoin de pardon. Ce n’est pas le jour ni le lieu de faire un discours. Compte tenu des circonstances que je vous ai indiqués.
Mais je voudrais vous saluer pour votre esprit de tolérance, pour la paix qui nous est si chère et vous dire que nous sommes à vos côtés. Nous savons que vous nous soutenez et dites, à toutes les familles de Bouaké, du Centre de la Côte d’Ivoire, du Nord de la Côte d’Ivoire, de tout le territoire ivoirien que, entre Ivoiriens, nous sommes unis, nous sommes solidaires et que nous voulons la réunification rapide de notre pays. Nous en avons donné l’exemple le 28 février quand nous nous sommes rencontrés, les principaux leaders des partis politiques.
Nous avons pris des engagements et nous attendons les respecter parce qu’il est nécessaire que la Côte d’Ivoire retrouve son unité, que ce beau pays, locomotive de la sous région, pusse à nouveau jouer le rôle qui est le sien et moi je suis confiant parce que vous le voulez et parce que vous allez nous aider à le faire.
Donc chers frères, chères sœurs, encore un grand merci pour cet accueil spontané et je suis sûr que, très rapidement, nous reviendrons à Bouaké dans un autre cadre et nous pourrons parler. Merci beaucoup ».

Propos recueillis à Bouaké par
Baba Coulibaly Nicolas (Envoyé spécial)


COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES

Mercredi 22 Mars 2006

Un Conseil des Ministres s’est tenu ce Mercredi 22 Mars 2006 au Palais de la Présidence, de 11 heures à 13 heures sous la présidence du Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO…

Avant d’aborder l’ordre du jour, le Président de la République a félicité le Premier Ministre pour son émission télévisée à l’occasion des 100 jours du gouvernement, et a recommandé que dans cette période de rumeurs, même les Ministres soient encouragés à ce type d’exercice afin d’expliquer au mieux l’action du gouvernement.

Abordant son ordre du jour, le Conseil a examiné plusieurs projets de décrets ainsi que des communications.

DECRETS

Sur présentation des Ministres en charge des départements concernés et après délibération du Conseil, le Président de la République a signé quatre décrets portant organisation :

- 1° - du Ministère d’Etat, Ministre du Plan et du Développement ;

- 2° - du Ministère des Infrastructures économiques ;

- 3° - du Ministère des Transports ;

- 4° - du Ministère du Tourisme et de l’Artisanat.

COMMUNICATIONS

Premier Ministre, Ministre de l’Economie et des Finances, Ministre de la Communication

Une communication verbale relative aux Conseils d’Administration des Sociétés d’Etat et des Sociétés à participation financière publique. Le Premier Ministre a saisi l’occasion pour réaffirmer la nécessité du respect des règles et principes gouvernant la constitution ou le renouvellement des Conseils d’Administration. Tout particulièrement, il a insisté sur la nécessité de se référer, en ces occasions, aux statuts des sociétés concernées, d’harmoniser leurs règles avec celles de l’OHADA. Le Premier Ministre a rappelé également l’obligation de respecter les procédures prévues pour la désignation des présidents des conseils d’administration (décrets et non pas arrêtés) ainsi que des règles assurant la validité des délibérations.

Ministère du Commerce

Une communication relative à la présidence du Conseil des Ministres de l’Alliance des Pays Producteurs de Cacao (COPAL) qui sera assurée pour cette année 2006 par la Côte d’Ivoire à travers notre Ministre du Commerce. Le Conseil a été informé à cette occasion que le Ministre du Commerce a désigné Monsieur DJIKALOU St Cyr, représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des Organisations Internationales des Produits de base à Londres, en qualité de Président de l’Assemblée Générale de l’Alliance.

Ministère de la Jeunesse, de l’Education Civique et des Sports

Une communication relative à la crise à l’INJS établissement qui, suite à des grèves des étudiants a connu un arrêt total des cours depuis le 27 Février 2006. Le Conseil a été informé que si à la base de la crise on trouve un conflit entre la direction de l’INJS et la Mairie de Marcory au sujet de la Construction de kiosques le long du mur de l’INJS, dans le fond les problèmes sont essentiellement d’ordre pédagogique ou sont liés aux infrastructures qui sont nettement dépassées (1070 étudiants pour une capacité prévue de 438).

Après les discussions, les cours ont repris le lundi 20 Mars 2006 et un Comité Ad’hoc a été mis en place en vue d’examiner et de faire rapport sur les problèmes pédagogiques et autres se posant à l’INJS.

Le Conseil après délibération, a adopté les conclusions de ces trois communications.

Mesures individuelles

Le Conseil, sur présentation des Ministres en charge des départements concernés, a donné son accord pour la nomination de l’Inspecteur Général, des Directeurs Généraux et du DAAF au Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique.

De même, le Conseil a donné son accord pour le détachement d’un ingénieur des travaux publics en fonction au Ministère des Infrastructures Economiques auprès de l’association mondiale de la route, ainsi que pour la nomination de Directeurs de Cabinet.

Ministère de la Défense

Le Ministre de la Défense a ensuite rendu compte de deux réunions tenues sous la présidence du Chef de l’Etat et en présence du Premier Ministre et du Ministre délégué à l’économie avec les recrues des FDS de 2003.

Ces deux réunions font suite à des remous observés au sein des recrues des FDS 2003. A cette occasion, le Président de la République et le Premier Ministre ont fait état des rumeurs de manipulation au sein des FDS selon lesquelles les jeunes recrues seraient laissées pour compte à la fin du processus en cours et que les primes en retard ne seraient pas payées par le Ministre de l’Economie et des Finances.

A l’issue des réunions, sur l’ensemble des questions soulevées par les jeunes recrues et qui touchent : leur réengagement, les arriérés de primes ; la prise en charge des soins de santé par le Fonds de Prévoyance Militaire ; les primes qu’ils souhaitent voir transformées en salaire, les réponses données et les solutions proposées par le Président de la République ont rencontré leur adhésion.

Sur la situation des parents des victimes : la législation actuellement incomplète sera corrigée et complétée pour répondre aux réalités nées de la guerre, en ce qui touche la situation des pupilles de l’Etat.

Le Premier Ministre a tenu à ajouter que dans cette période trouble, où l’intoxication règne, il y a lieu de savoir que le Premier Ministre et le Président de la République travaillent de concert et dans la transparence à régler les problèmes de fond qui se posent à nos FDS et que tous deux partagent la même vision dans l’approche de résolution de ces problèmes.

Enfin, le Président de la République a tenu à s’exprimer sur les bisoutages à l’Ecole de police. Si l’on y prend garde a-t-il dit, cette pratique admise à l’époque mais aujourd’hui fortement dénaturée et qui confine plus à la barbarie, pourrait entraîner des drames regrettables. Le Président de la République a demandé que dans tous les secteurs où ces pratiques sont en cours qu’il s’agisse des FDS ou de l’Ecole (lycées, collèges, écoles de formation), il y soit mis fin. Il a demandé au Premier Ministre d’engager une action afin que des textes spécifiques viennent interdire ces pratiques.

Le Ministre de la Fonction Publique,
de l’Emploi et de la Réforme Administrative,
Porte-parole du Gouvernement

Prof. OULAYE Hubert


COTE D'IVOIRE / RENCONTRE DU PRESIDENT GBAGBO AVEC LES 4000 NOUVELLES RECRUES MILITAIRES

Mercredi 22 Mars 2006

- Vu la rencontre qui s'est tenue le Mercredi 15 Mars 2006 à l'Etat - Major, présidée par le Chef de l'Etat, son Excellence Monsieur LAURENT GBAGBO;

- Vu les rencontres des différents délégués comprenant ceux du Front et ceux de la Base Arrière qui se sont tenues le Dimanche 19 et mardi 21 mars 2006 au 1er Bataillon d'Infanterie d'Akouédo, Il ressort ce qui suit:

1. LE REENGAGEMENT
Les Militaires appelés dans leur totalité aspirent au réengagement pour continuer à servir la Nation en défendant les Institutions de la République.
A cet effet, comme vous l'avez promis lors de la rencontre précédente, Excellence Monsieur le Président, les appelés placent en vous leur espoir de voir ce vœu se réaliser dans un délai de deux (02) mois.

2. REMUNERATION
Suite à l'irrégularité du payement de la prime alimentaire, unique source de revenu des appelés, une rémunération de cent mille (100.000 Frs) par mois est souhaitée pour leur permettre de subvenir à leurs besoins primaires. Le payement de cette allocation dès la fin du mois de mars 2006, permettra d'apaiser tout le monde.

3. LES ARRIERIES
Les appelés souhaitent le règlement de tous les arriérés progressivement mais dans un délai de cinq (05) mois.

4. SANTE
Excellence Monsieur le Président de la République, les Appelés voudraient vous signifier leur infinie gratitude pour les moyens que vous avez bien voulu dégager pour leurs soins de Santé.
Toutefois, nous souhaiterions avoir des informations sur la façon dont les appelés seront pris en charge.

5. CONCOURS
Parmi les Appelés, nombreux sont ceux qui détiennent des diplômes ou des qualifications leur permettant de présenter des tests d'entrée dans des différents corps de métiers tels que la Police, la Douane, les Eaux et Forêts, la Gendarmerie, l'ENA et j'en passe.
Excellence Monsieur le Président, certains de nos camarades ont pu déjà s'insérer dans ces structures. Nous souhaitons une fois encore votre soutien afin que ceux d'entre nous qui présentent ces concours puissent être retenus.

6. SOUTIEN AUX FAMILLES DES SOLDATS TOMBES AU FRONT.
Les Appelés souhaitent que les Familles des Soldats tombés au Front bénéficient d'une prise en charge afin qu'elles (Les Familles) ne se sentent pas abandonnées.

CONCLUSION
Excellence Monsieur le Président de la République, voici vos soldats du Contingent recrutés après le 19 Septembre 2002, venus des Fronts de Bondoukou, M'bahiakro, Daoukro, Tiebissou, Yakro (NDLR : Yamoussoukro), Daloa, Bouaflé, Zuénoula, Gagnoa, Duékoué, Guiglo, Blolequin, Taï, Ity, Para, San Pedro, Toulepleu, Zonhin (NDLR : Zouan-Hounien) et les différentes Unités de la Place d'Abidjan: la Marine, la Base Aérienne, la GR, le BCS, le 1er BCP, le BASA, Le 1er BB, le 1er Bataillon d'Infanterie d'Akouédo; pour vous témoigner leur reconnaissance, leur engagement et leur fidélité. Les Vœux ci-dessus exprimés Monsieur le Président, ne doivent pas être perçus comme une revendication mais plutôt comme une aspiration de jeunes Ivoiriens à une vie meilleure.
Nous n'ignorons pas les nombreuses difficultés du pays mais nous comptons sur vous pour que nos vœux soient exhaussés et qu'en toute sérénité nous puissions remplir au mieux notre mission de défense de la patrie.

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !
Contingents 2002 1A et 2002 2A


FRANCOPHONIE / LA COTE D'IVOIRE CELEBRE LE POETE -PRESIDENT LEOPOLD SEDAR SENGHOR

Mardi 21 Mars 2006

A l'instar de tous les Etats qui ont en partage la langue française, notre pays était en fête hier à la faveur de la Journée internationale de la Francophonie. Cette célébration solennelle était doublée d'un hommage à Léopold Sédar Senghor, l'homme de la civilisation de l'universelle à qui l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a tenu à rendre hommage en cette année de célébration du centenaire de sa naissance.
Le Chef de l'Etat, le Président Laurent Gbagbo, a rehaussé de sa présence cette cérémonie qui marquait formellement la fin de ces 36èmes journées débutées jeudi dernier sous le thème du " Dialogue des cultures au service de la réconciliation ". La fête a été belle en cette salle " Ernesto Djédjé - François Lougah " du Palais de la culture archicomble pour l'occasion. Animations artistiques, allocutions, chants et prestations ont agrémenté ces instants d'échanges conviviaux. La chorale de l'Ecole normale supérieure (ENS) a annoncé les couleurs en exécutant de façon magistrale, les cinq couplets de la version originale de l'Abidjanaise. L'occasion était indiquée pour le dévoilement du timbre à l'effigie de Léopold Sédar Senghor, que " le premier postier de Côte d'Ivoire ", le Président Laurent Gbagbo, a officialisé. Les différents intervenants que sont Mme Monnet Agnès de l'AICF, Dr René Gnaléga, secrétaire permanent du centenaire de Senghor, et l'ambassadeur de la République démocratique du Congo ont invité le peuple ivoirien à l'inter-culturalité et à la démocratie. Conformément à l'immense héritage laissé par l'illustre disparu. Le ministre Mel Eg Théodore a pour sa part salué la mobilisation de tous les ambassadeurs francophones présents à la cérémonie et plus particulièrement celle de SEM. Lansana Kouyaté, représentant le secrétaire général de l'OIF. Le public a pu apprécier de belles prestations avec le groupe " Manh boya " et surtout l'inusable Sidiki Bakaba qui a gratifié l'auditoire d'un texte poétique de Senghor extrait de " Hosties Noires ". Une visite du forum francophone et de l'exposition Senghor ont mis fin à la cérémonie.

Hervé Koutouan


LES 100 JOURS DU PREMIER MINISTRE BANNY / REACTION DES LEADERS POLITIQUES IVOIRIENNS

Lundi 20 Mars 2006

Djédjé Mady, S.G du PDCI
“Il a notre soutien”
Je pense que le bilan des 100 jours du Premier ministre, M. Charles Konan Banny, fait naître un espoir certain quant à la sortie de solution de crise. Il a posé, avec sa méthode à lui, un certain nombre d’actes qui rapprochent les Ivoiriens. Le blocage, qu’on avait constaté avant son arrivée, se défait progressivement. En tout cas, la commission électorale indépendante est devenue fonctionnelle, sans parler du gouvernement qui est au travail. L’identification sera un fait réel très prochainement. Et les financements sont fournis par la Communauté internationale. Les états-majors des Forces de défense et de sécurité et des forces armées des Forces nouvelles renouent le dialogue pour trouver un programme, un chronogramme quant à la mise en œuvre du DDR. Enfin, l’espoir est permis. Et ce qu’il faut remarquer, dans la prestation du Premier ministre et qui est exact, ce n’est pas lui qui nous donnera la paix. Il a besoin de tous les Ivoiriens pour l’aider à assurer sa mission dans l’intérêt de nous tous. Chacun au niveau où il se trouve doit prêter main forte au processus de paix en acceptant la réconciliation et les efforts à faire. Pour que, en soutenant le Premier ministre et son gouvernement de transition, comme il a dit, le 30 octobre, avec lui, toute la Côte d’Ivoire ait la satisfaction de dire la crise est terminée. Les élections dont les résultats sont acceptables par tous aient lieu. Et que nous puissions commencer à reconstruire progressivement notre solidarité, notre vie collective, notre économie et la paix durable dans ce pays. je pense que le Premier ministre a du mérite de commencer et de faire ce qu’il a fait. Mais, il a besoin de chaque Ivoirien pour l’aider dans sa mission. En tout cas, au nom du PDCI, nous lui promettons notre soutien et l’encourageons à persévérer pour la mise en œuvre de sa feuille de route.

Constance Yaï, dirigeante féministe
“Il faut un discours de fermeté”
Le Premier ministre est resté égal à lui-même: esprit d’ouverture, de tolérance et se tenant loin des positions extrêmes. Son discours d’apaisement qui pourrait paraître trop conciliant aux yeux de certains, pourrait donner l’impression malheureusement que M. Konan Banny ne veut bousculer personne. Et pourtant, il faut aller au désarmement.
Les revendications sont connues, les griefs et colères exprimés, les meurtrissures sont en train de se cicatriser. Pour en sortir, il faut un discours de fermeté afin que notre pays soit réunifié. Il ne dit sûrement pas tout le fond de sa pensée car derrière cette pondération, on sent l’intention personnelle de l’homme de se lancer dans la bataille afin de briguer la magistrature suprême. A mon avis, il devrait se défaire de cette ambition afin de réduire ses préoccupations à octobre 2006: réunification du pays et élections générales.
Les femmes qui ont applaudi, les jeunes, les familles déplacées de guerre, les victimes de la crise doivent-ils toujours lui faire confiance? Je pense que oui; mais le Premier ministre doit faire vite. La Côte d’Ivoire est bénie de Dieu, M. Konan Banny est un messie, le choix de (Jacques) Chirac, de (Olusegun) Obasanjo ou de la communauté internationale. Qu’importe, il se doit de devenir l’homme des Ivoiriens.
Pour conclure, je voudrais le féliciter car c’est la première fois qu’à un si haut niveau, il est dit que Gbagbo, Bédié et Ouattara n’ont pas de divergence de fond, mais qu’ils se battent uniquement pour le pouvoir d’Etat. Il a aussi dit que ces messieurs se sont toujours illustrés dans des alliances électoralistes. Ce point de vue, je l’ai toujours partagé. Je garde quand même espoir quant à la volonté exprimée, il y a 100 jours, par le Premier ministre de faire la promotion des femmes. Nous marchons vers la parité, alors…”

Ally Coulibaly, porte-parole du RDR
“Une expérience utile” En tout premier lieu, il faut se féliciter du retour à la Télévision ivoirienne de ce type d'émissions, qui offrent une opportunité d'expression plus grande aux hommes politiques, aux décideurs comme il en existe ailleurs. Je considère que c'était une bonne opération de communication et que le Premier ministre a été bien inspiré d'accepter l'invitation de la Télévision pour rendre compte de son bilan de 100 jours de mission, pour avoir un dialogue avec ceux qui étaient présents sur le plateau et orienter sa politique vers les Ivoiriens. C'est une expérience utile parce que les Ivoiriens et les Ivoiriennes ont besoin d'être informés, de savoir où on en est, où on va, etc. Le Premier ministre a expliqué les principes qui le guident, les ambitions qu'il nourrit pour le pays, le retour à la paix, son attachement au processus de réconciliation nationale. Il veut faire en sorte que les ivoiriens réapprennent à vivre ensemble pour que la Côte d'Ivoire retrouve sa place dans le concert des nations. Cela suppose l'acceptation de nos différences, l'instauration d'une confiance entre nous ".

Paul Arnauld, Conseiller politique UDCY
“Il a un projet constructif”
Le Premier ministre a un projet constructif, il a une mission de paix qu’il veut réaliser. Il s’est présenté à l’émission comme un évangéliste de la paix. Je souhaite que les Ivoiriens lui apportent leur soutien total pour lui permettre de réaliser cette mission de paix.

Salif N’Diaye, S.G de l’UDPCI
“Heureux pour la place accordée à l’école” Il est heureux que cette initiative ait été prise par le Premier ministre pour mettre l’ensemble de la population au même niveau que ceux qui dirigent le pays. Il a survolé tous les importants dossiers qui sont en train d’être traités. Il est évident que conformément à sa formule, “laissons le temps au temps”, il est normal que tout ne soit pas fait.
Je me réjouis surtout de la place accordée à l’école et à la renaissance de l’école. Dans 5 ou 10 ans, nous aurons besoin de compétences et c’est là que se poseront des problèmes importants de ‘‘cerveaux’’ pour se mettre au service de l’économie ivoirienne. Surtout quand il sera question d’intégration de non nationaux.
Des pistes ont donc été ouvertes qui restent à être approfondies. Je pense que ce genre d’exercices devraient se répéter. Nous sommes optimistes pour le présent mais aussi en termes de perspectives.
En ce qui concerne le temps d’antenne, je ne voudrais pas faire de critique à l’endroit de la RTI ; mais, je pense que ça demanderait un peu plus de rigueur. Beaucoup de rigueur surtout qu’à télévision, on dit qu’une minute, c’est beaucoup de temps. Alors que nous avons constaté qu’il y a eu des redites.

Sidiki Konaté, Porte-parole des FN
“Un acte à saluer”
Le plus important, c’est l’engagement pris par le Premier ministre de faire le point de ses 100 jours de mission à la tête du gouvernement. C’est le retour du politique. Faire le bilan de la gestion du pays est un acte à saluer. Désormais, au lieu d’avoir à faire des bilans des pertes en vies humaines ou de sang, il vaut mieux faire celui des actes posés dans le cadre de la gestion du pays. C’est responsable. C’est courageux. Les Ivoiriens doivent dorénavant avoir droit à des séances de bilan du gouvernement, des politiques, etc. Cela va recentrer les débats et va nous faire sortir de l’esprit de guerre ”.

Diomandé Mamadou , D.G de Société
“Je n’ai pas vu le technocrate”
Sincèrement, je trouve que les questions essentielles ont reçu des réponses politiques. Le Premier ministre n’est pas souvent allé au fond des choses. Est-ce à cause du contexte… pour ne pas envenimer les choses ? En tout cas sur la question militaire, je considère qu’il n’a pas été suffisamment explicite. S’agissant du désarmement, j’ai vu une fuite en avant de sa part.
En ce qui concerne les élections, c’est le même constat que je fais. Lui, qui est le Premier ministre, dit qu’il souhaite que sa mission prenne fin le 31 octobre 2006. Il tient le volant et il a des doutes. C’est un peu comme un pilote dont l’avion arrive dans une zone de turbulence. Et il dit, “S’il plait à Dieu, nous allons passer”. Vraiment, on n’est pas rassuré. C’est un manager. Les réponses à certaines questions précises devraient êtres aussi précises. Même si diriger une banque centrale, ce n’est pas la même chose que des responsabilités étatiques de premier plan. Dans tous les cas, il faut rassurer. Nous les opérateurs économiques, nous avons besoin d’être rassurés. Après 100 jours, il y devrait avoir une lisibilité. Il aurait pu nous donner des dates précises sur le désarmement. Ça rassure. Dimanche soir, je n’ai pas vu le technocrate Banny, mais j’ai vu le politique Banny.

Joël N’Guessan, Vice-président du MFA
“Bonne émission de vérité”
L’émission bilan du Premier ministre a été une très bonne émission de vérité. Le Premier ministre a communiqué sa vision des réalités ivoiriennes. Il est totalement inscrit dans la dynamique du compromis. Je me réjouis de cette émission, elle a été positive. Que ce genre d’initiative se répète.

Propos recueillis par
Paulin N. Zobo
Marc Yevou
Emmanuel Kouassi
Alakagni Hala
Jean-Rock K. Kiriné


LES 100 JOURS DU PREMIER MINISTRE BANNY / REACTIONS DE LA POPULATION

Lundi 20 Mars 2006

1) M. Yaolire Sambo, chauffeur “Banny est efficace” “ Pour moi, il est normal qu’après 100 jours, le Premier ministre Charles Konan Banny se soit adressé à la population. Au cours de l’émission télévisée du dimanche, il a bien répondu aux questions qu’on lui a posées. S’agissant de son travail, je trouve qu’il est efficace parce qu’il faut jongler comme il le fait entre les différents antagonistes. Il n’a pas encore dévié et nous souhaitons qu’il continue comme cela. Pour le moment, on sent que les choses reprennent petit à petit ”.

2) M. Blaise Koffi, étudiant en Lettres Modernes “Il a survolé des questions” “ J’ai suivi le débat télévisé que j’ai vraiment apprécié. Surtout le fait qu’il ait été ouvert aux questions. Qu’il a tout de même survolées. On a vu qu’avec le gouvernement Seydou Diarra qu’on était arrivé à un moment donné au désarmement et cela n’a pas été chose faite. Et je pense bien qu’avant la nomination de M. Charles Konan Banny, il a été dit que dès sa prise de fonction, la première tâche serait le désarmement. Hier (Ndlr : le dimanche 19 mars) lorsque Charles Blé Goudé lui a posé cette question, il l’a survolées. Il n’a pas donné en tout cas la réponse que j’attendais. Quand on lui a posé la question de savoir ce qu’il pensait de la résolution 1633 et la constitution ivoirienne, la réponse n’a pas encore convaincu parce qu’il a dit que s’il arrivait que la résolution 1633 nous permet d’aller à la paix, il la privilégierait au détriment de la constitution ivoirienne. Chose pour laquelle, je ne suis pas d’accord ”.

3) Mlle Kouassi Véronique, caissière en pharmacie “Le seigneur l’a choisi pour la paix en Côte d’Ivoire” “ Je trouve que le Premier ministre Charles Konan Banny a été dynamique au cours des 100 premiers jours. Dans la mesure où il a pu réunir les différents leaders politiques. Je l’en félicite beaucoup et souhaite qu’il puisse aboutir à sa fin. Nous voulons vraiment la paix. Je sais que c’est le Seigneur qui l’a choisi pour que la Côte d’Ivoire ait la paix. Parce que nous sommes fatigués. Qu’il arrive à convaincre les hommes politiques et que nous puissions nous pardonner sincèrement. Que ce ne soit pas de l’hypocrisie ”.

4) M. Djédjé Guy Serge, étudiant en expertise comptable “Bilan positif dans l’ensemble” “ Le bilan semble être positif dans l’ensemble. Je pense que si l’opportunité lui ai donnée pour qu’il travaille tranquillement, il réussira sa mission. Les critiques ne manquent pas mais l’essentiel, c’est la paix. Il n’a pas encore atteint la fin de son mandat. Pour l’instant, on ne peut pas le juger. Il est sur la bonne voie. Quant au débat télévisé, je pense qu’il a été à la hauteur. Il a utilisé le bon ton ”.

5) M. Touré Kassim, homme d’affaires “Il a vraiment travaillé positivement” “ Je pense que les 100 jours du 1er ministre Banny sont quand même positifs en ce sens qu’il a vraiment travaillé positivement en réunissant les 4 grands que sont MM. Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié, ADO et Soro Guillaume. Nous n’avons pas vécu de forts moments que ceux là ! Il a pu les réunir à Yakro . Quant au débat télévisé, je n’ai pas pu le suivre ”.

6) Mme Soumahoro, femme d’affaires “J’espère qu’il va terminer ce qu’il a commencé” “ Le bilan de M. Banny est pour l’instant positif. J’espère qu’il va terminer ce qu’il a commencé Il est sur la bonne voie. Nous ne pouvons que l’encourager. Quant au débat, l’homme a été à la hauteur ”.

7) Mlle Yao Marie Yvette, esthéticienne “Banny a rassuré les ivoiriens” “ Je suis satisfaite de son travail puisqu’il a pu réunir les 4 leaders politiques. Donc pour moi, c’est un grand pas et je suis confiante. Il pourra faire davantage. Et ce que j’attends le plus ce sont les élections. D’ici à octobre, tout ira bien. En ce qui concerne le débat, le 1er ministre n’a pas pris parti pour qui que ce soit, il a été clair, précis dans ses propos. Il a rassuré les Ivoiriens en leur demandant d’être confiants ”.

8) M. Nicoué John, informaticien L’homme a prouvé qu’il peut reconcilier les ivoiriens” “ Après 100 jours, le bilan est positif. Car en réunissant les quatre grands leaders à Yakro et Abidjan, l’homme vient de prouver qu’il peut réconcilier les Ivoiriens toutes tendances politiques. Pour le débat du dimanche, je crois qu’il n’était pas mal. Seulement que le 1er ministre CKB ne repondait pas totalement aux questions. Quant au ministre d’Etat Soro Guillaume, il est resté calme.

9) M. Yao Célestin, enseignant “Nous attendons la réalisation du désarmement” “ Je pense que ce que nous attendons, c’est la réalisation du désarmement parce qu’on est fatigué. Le bilan ne peut être positif que lorsque le désarmement et les élections auront lieu. Il n’y a pas d’autre bilan positif que cela. Quant au débat, mon appréciation se limite à l’objectif. Que la Côte d’Ivoire retrouve la paix ”.

10) M. Narcisse Ayebi, journaliste à la lettre diplomatique “Nous l’encourageons” “ Si c’est un tableau que le 1er ministre est en train de peindre, c’est à ses risques et périls. Nous voulons la franchise, la paix. Pour l’instant, je pense que c’est bon. Nous l’encourageons. mais il ne faudrait pas que ce soit un leurre. J’ose croire que les propos du 1er ministre Banny ne sont pas une farce ou de la poudre jetée aux yeux. Nous attendons donc de voir.”


COTE D'IVOIRE / LES 100 JOURS DU PREMIER MINISTRE BANNY SUR LE PLATEAU DE LA TELEVISION IVOIRIENNE

Lundi 20 Mars 2006

Sur le plateau de la Première, le Premier ministre a fait le tour d’horizon de sa mission après 100 jours d’exercice. Larges extraits d’un débat de 3 h 20.

Me Fofana Nathalie (avocate):

Merci M. le Premier ministre d’avoir accepté de vous soumettre à cet exercice périlleux, mais que je pense, sera très utile.
Je voudrais revenir à la question de relative au tandem. Il est certain que nous sommes dans une optique de recherche de la paix et donc nous évitons la confrontation. C’est très bien. Mais que se passera-t-il si la résolution 1633 et la Constitution venaient à s’entrechoquer ? Comment réagiriez-vous ? Quelle est votre position sur ces deux textes, la Constitution et la résolution ?

Pour moi, ce sont les deux textes qui encadrent mon action. Vous êtes juriste, vous savez que même les juristes, c’est-à-dire ceux qui savent, reconnaissent qu’il n’y a pas d’antinomie entre la Constitution et la résolution. Quand vous regardez le préambule de la résolution, en fait si vous lisez bien, il y a la référence à la Constitution, en particulier à l’intégrité territoriale, à la souveraineté de la Côte d’Ivoire, à son indépendance, etc. Notions fondatrices d’un Etat souverain, indépendant régi par une Constitution.
Deuxièmement , la résolution dit explicitement que le cadre de recherche des solutions de la crise ivoirienne demeure les accords qui ont été signés, en particulier les accords de Linas-Marcoussis et les accords subséquents, Accra, Pretoria et autres. Et vous savez bien et les Ivoiriens doivent le savoir, pour évacuer une bonne fois pour toutes cette question, qui est intéressante pour le spécialiste, et ça je vais en parler tout à l’heure, les Ivoiriens savent bien que la question de la Constitution s’est posée à Linas-Marcoussis.
A Linas-Marcoussis le modèle qui en est sorti n’était pas inéluctable. Mais à Linas-Marcoussis, ce qui était le plus important, c’est que les parties signataires ont reconnu que la Constitution était en place, que les institutions étaient en place. Sur certaines dispositions de la Constitution, ils ont fait des propositions mais la Constitution n’a pas été abrogée. C’est important, on oublie mais c’est fondamental. Tous les accords qui sont venus après se sont inscrits dans le cadre de Linas-Marcoussis. La résolution 1633 s’est inscrite dans la continuité, à la différence que la résolution 1633 vient après la fin d’une période constitutionnelle. Donc vient résoudre un problème que n’a pas résolu à satisfaction la Constitution mais tout en reposant sur la Constitution.
Je ne suis pas suffisamment juriste donc je ne veux pas développer mais c’est le bon sens. Mais ce qui est le plus important, c’est que quand vous faites examiner cette question par les juristes les plus éminents, ils vous disent effectivement qu’il peut y avoir opposition ici et là entre Constitution et résolution 1633, il pourrait y avoir, ça dépend de la lecture qu’on en fait. Moi, j’ai décidé de ne faire aucune lecture antagoniste d’aucune question.
J’ai décidé de ne faire aucune lecture antagoniste d’aucune question dès lors que ce qui est le plus important, c’est la sortie de crise. Au bout de la sortie de crise, c’est la paix. La paix veut bien que de temps en temps on fasse des compromis. Mais j’ai dit aussi pas de compromission. La compromission, c’est la négation du rôle de chacun dans le contexte ainsi posé. En plus, toutes les résolutions des Nations unies ne sont pas des ‘‘ready made’’, c’est-à-dire, des prêts-à-porter pour lesquelles on ne fait aucune retouche. L’essentiel, c’est de faire en sorte qu’en faisant la retouche, l’habit soit reconnaissable pour qu’on puisse le porter. Donc, il faut être intelligent dans la vie.
Il faut faire une lecture intelligente et positive. Il faut positiver. Les Ivoiriens doivent positiver et sortir de cela. Maintenant, si malgré cela, il y a des problèmes, on avisera. C’est d’ailleurs l’une des conclusions de Yamoussoukro, non écrite. Si vous avez des problèmes, dites-nous. Cela veut dire que s’il y a des problèmes on va se réunir pour trouver la solution.

Charles Blé Goudé (Alliance des jeunes patriotes):

Je veux d’abord vous féliciter pour ce qui s’est passé à Yamoussoukro, ensuite pour le gouvernement. Je ne dis pas votre gouvernement mais je dis le gouvernement de Côte d’Ivoire qui est au complet ici. Mais il y a des intrigues, il y a des questions que les Ivoiriens se posent.
Il y a une question que je voudrais poser. Monsieur le Premier ministre, je voudrais savoir, pour moi, quand un individu accepte de siéger dans un gouvernement d’un Etat, cela veut dire qu’il reconnaît que cet Etat existe et donc par ricochet il se soumet aux lois de cet Etat.
Vous avez parlé de compromis et de concession, comment expliquez-vous que le numéro deux de votre gouvernement, du gouvernement de Côte d’Ivoire, siège dans un gouvernement et continue d’occuper, avec ses hommes une partie du pays ? Comment vivez-vous cette situation, comment l’ expliquez-vous ? Comment vous expliquez-vous cela surtout avec ce qui est arrivé ces derniers temps avec le président du Conseil économique et social ? De toutes les façons, nous sommes des frères et tous, nous occupons le pays. La question, ce n’est pas le fait que des frères occupent le pays. La question est de voir que nous occupons tous le pays mais qu’il n’y ait pas de division. C’est important. Alors vous savez bien, ne soyez pas naïfs, que nous sommes en crise. C’est de cela qu’il s’agit. Vous savez bien que le 19 septembre a eu lieu. Je ne veux pas revenir sur les raisons mais il y a eu cela. Je prends les choses où elles sont. Comment se fait-il ? Mais il y a eu le 19 septembre.
Et depuis lors, nous recherchons à créer l’unité et l’intégrité territoriale. Et tous les accords ont pour objectif de recréer l’unité nationale. Cela fait trois ans et plus que nous travaillons là-dessus. Donc le phénomène n’est pas nouveau. On a formé un premier gouvernement en janvier 2003 qui arrivé à échéance en octobre dernier avec les mêmes acteurs, avec des péripéties diverses et la situation perdure. Et la situation perdure. Alors, le programme que j’ai, c’est de faire en sorte que ce que vous dites se réalise. Et c’est pourquoi je dis, ne soyez pas naïfs. Il y a eu un problème, mon engagement, c’est tout faire pour que ce que vous dites se réalise.
A savoir que les Ivoiriens puissent vivre sur le territoire national en toute liberté et sans qu’il y ait des questions de nature telles qu’il y ait une partition de faite. C’est cela le vrai programme, la situation à laquelle nous devons faire face.
Et il faut le faire, poser des actes, des indices. Le premier indice important, effectivement, c’est de voir que dans ce gouvernement, toutes les parties antagonistes y sont. C’est déjà une raison d’espérer, un signal qu’il faut considérer. L’autre question, c’est que lorsqu’il y a des situations de ce genre qui arrivent, il faut reconnaître qu’en Côte d’Ivoire, le Rubicon n’a pas été franchi. Dans d’autres pays, le gens franchissent le rubicon. Personne n’a proclamé la sécession. Ça veut dire que nous continuons à vouloir vivre ensemble. Si on ne peut plus circuler aussi librement, c’est qu’il y a encore des question à résoudre et c’est à ces questions que je m’attelle.
Et je vous ai dit que la base de cette disposition, c’est qu’on réapprenne à se faire confiance. Que Blé Goudé et Soro Guillaume qui sont de la même génération _je connais votre histoire tous les deux_ c’est que vous réappreniez à vous fréquenter. Dites-le aux Ivoiriens, vous êtes des copains, vous avez été copains. Ils le savent d’ailleurs et ils le disent. Que vous ayez des histoires et que chacun se retrouve dans un camp, ça arrive. Mais le drame, c’est que ça arrive en Côte d’Ivoire et ça crée des situations graves. Prenez la mesure de la gravité de la situation et discutez ensemble.
C’est notre responsabilité, c’est la vôtre aussi, de Blé Goudé, de Soro Guillaume. D’autant que ce que nous faisons, c’est pour vous, je vous l’ai souvent dit. Nous avons eu trente ans de paix. Voilà cher frère ! C’est pourquoi je vous dis, profitez de moi. Ne niez pas, ne soyons pas dogmatiques. Il y a eu un problème. Le fait que vous soyez –là, pour moi, est une indication. Tout à l’heure vous allez vous serrer la main, devant moi.

Awa Ehoura (journaliste TV2):

Monsieur le Premier ministre, tout le monde s’est réjoui, vous avez réussi à réunir les leaders politiques à Yamoussoukro.
Tout le monde s’en est félicité, on vous a félicité. Vous qui avez parlé avec les 4, pouvez-vous nous dire ce qui les oppose et qui fait que depuis trois ans nous sommes en crise ?

Rien du tout. Rien de fondamental. Je peux illustrer mais je ne vais pas le faire. Je vous dis, rien de fondamental. Mais il y a une chose qui les oppose mais essayons de les opposer, j’allais dire, démocratiquement. C’est la lutte pour le pouvoir et c’est normal ça. Dans une démocratie, on lutte pour le pouvoir et c’est cette démocratie que je veux aider à construire en Côte d’Ivoire. Rien n’oppose irrémédiablement Laurent Gbagbo à Henri Konan Bedié. Sauf que chacun veut être Président. Rien n’oppose irrémédiablement Alassane Ouattara à Laurent Gbagbo, sauf que chacun veut être Président. C’est normal.
Mais comment faire pour que chacun sache qu’on ne peut pas être tous Présidents en même temps ? Mais on veut empêcher l’autre de venir. C’est clair. C’est la démocratie.
Je n’ai pas fini ma combinaison. Rien n’oppose Laurent Gbagbo à Henri Konan Bedié mais mieux, vous le savez, et c’est pour cela que je dis que nous allons faire un exercice de vérité. Nous avons vu des alliances des uns avec les autres dans la Côte d’Ivoire que nous connaissons. Ce qui veut dire que rien ne les oppose irrémédiablement. Je le sais et je les remercie d’ailleurs de l’avoir compris.
Qu’on peut se disputer à un moment donné parce qu’on peut vouloir la même chose en même temps, ce qui n’est pas possible. C’est dire qu’à un moment donné, il faut quand même créer les conditions pour que le jeu démocratique se pose. Et comme rien ne les oppose irrémédiablement, il fallait que quelqu’un comprenne cela et le sache. Ils m’ont fait confiance, je leur ai fait confiance. La réunion s’est passée avec beaucoup de responsabilité. C’était même émouvant.
Maintenant, il faut bâtir là-dessus. Il faut que l’esprit de Yamoussoukro descende sur les échelons inférieurs car ce sont des leaders d’opinions. Il faut que l’esprit qu’ils ont dégagé à Yamoussoukro descende sur leurs propres collaborateurs, sur tous ceux qui les suivent et qui les accompagnent dans leurs ambitions, dans leurs programmes en leur disant qu’on peut se battre mais on n’a pas le droit de se déchirer et de créer les conditions que nous connaissons à la Côte d’Ivoire. C’est ça l’essentiel et c’est ça que nous allons faire maintenant.

Awa Ehoura:

M. le Premier ministre, le DDR (Désarmement, démobilisation et réinsertion),
c’était un point du communiqué qui avait sanctionné la rencontre de Yamoussoukro. Ma question est de savoir où est- ce qu’on en est exactement aujourd’hui, d’autant plus que, avec beaucoup de plaisir, j’ai entendu le ministre d’Etat Soro Guillaume dire que dans les jours qui viennent, l’on verra le dialogue s’amorcer avec les militaires ? Tout à fait, on en est là aussi, on n’en est pas là seulement. Aussi parce que cela se situe dans le cadre de ce qui avait été fait avant.
Je dois dire d’ailleurs que le gouvernement de Seydou Diarra a beaucoup travaillé sur le DDR, au niveau de la conceptualisation du programme. Et plus encore au niveau de l’acquisition du matériel pour le pré-cantonnement, le cantonnement et autres. Beaucoup a été fait par le gouvernement Seydou Diarra au point que les militaires eux-mêmes ont signé un accord à Yamoussokro. Ce document est là, et nous reprenons les choses où elles ont été arrêtées et nous les relançons.
J’aborde ce problème sur la base de ce qui a été fait en particulier entre les militaires mais aussi entre les politiques. Je vous rappelle que le cadre de solution des problèmes ce sont les différents accords, les engagements pris et signés par les parties prenantes à Marcoussis, Accra, etc. Sur la base de cela, il y a eu l’accord des militaires et cela est très important.
Je reprends les choses où elles sont. Je ne pouvais pas agir sans comprendre et je ne pouvais pas comprendre sans écouter. J’ai donc écouté, je ne suis pas sûr d’avoir tout compris mais j’ai un peu mieux compris. Qu’ai-je compris ? J’ai compris deux choses essentielles. La première est que en matière de désarmement, il faut convaincre les uns et les autres de le faire. Convaincre ou contraindre, voilà les deux alternatives qui s’offrent à nous.
Fidèle à ma méthode, je crois que si nous voulons une paix durable, un désarmement durable et réussi, il faut convaincre les uns et les autres. Convaincre nos propres forces de défense et de sécurité, ce n’est d’ailleurs pas le plus aisé ; ensuite convaincre leurs frères d’armes qui ont pris les armes et qui sont de l’autre côté. Et je crois que ce travail de conviction ne se fait pas toujours sur la place publique. C’est un travail souterrain, un travail de fourmi. Je crois qu’on avance sur ce terrain-là.
Vous pensez qu’on pourra tenir dans le temps imparti ?

La crise a tellement duré que si l’on peut avoir quelques jours de plus pour convaincre, je suis preneur.
Pour le moment, je suis encore dans le temps. Je crois qu’une fois qu’on aura convaincu, le reste va s’accélérer. Et ce qui s’est passé à Yamoussoukro est un volet essentiel dans lequel d’ailleurs le Chef de l’Etat a joué un rôle important. C’est de dire que pour le désarmement après avoir convenu que le désarmement sera volontaire et non pas une contrainte, nous avons décidé que les questions d’ordre militaires sans exclusive et les questions que les uns et les autres se posent doivent être remises aux militaires pour que eux- mêmes y travaillent car n’oubliez pas que la crise une fois terminée, nous allons refonder une armée nationale.
Il faut que ces questions soient au préalable examinées. Et La semaine dernière, le Chef de l’Etat a fait une réunion en ma présence et en présence du ministre de la Défense pour donner ses instructions au chef d’état-major des forces de défense et de sécurité. Par ailleurs, je vais réunir dans la semaine, les deux états majors pour réitérer ces instructions et nous pourrons ainsi discuter.
C’est ce que Soro Guillaume nous a dit. C’est une conclusion de la réunion de Yamoussoukro donc on avance. Une fois qu’on aura convaincu sur la base de ce qui a été fait et des accords signés et des dispositions matérielles déjà prises. Je crois que pour ce qui concerne le désarmement des forces combattantes, cela sera sûrement un peu plus facile. Il n’y a pas que ça. Il y a aussi tous ceux qui disposeraient d’armes en leur possession alors que la loi ne leur permet pas, là aussi il va falloir s’en occuper très sérieusement.
L’objectif est de faire que les Ivoiriens ne se parlent pas qu’avec les armes, une véritable paix n’est pas une paix armée. Cela est un gros travail et j’ai entendu aussi dire que l’insécurité a grandi. Cela n’est pas tout à fait exact. Je reçois chaque soir un rapport du ministre de l’Intérieur, je ne peux pas dire qu’il y a eu des améliorations mais on ne peut pas dire non plus que depuis quatre mois, la situation sécuritaire autre que ce dont j’ai parlé s’est dégradée. Il y a quand même des petits pas qui sont faits.

Brou Aka Pascal :

La première épreuve à laquelle vous avez eu à faire face est l’attaque du camp d’Akouédo. Sur ce problème précis vous et le Chef suprême des armées semblez ne pas avoir parlé de la même voix. Est-ce qu’aujourd’hui on en sait un peu plus sur ce qui s’est passé à Akouédo? Avez-vous la confiance des forces de défense et de sécurité ?
Il y a deux choses. Moi, je suis le chef du gouvernement. L’armée est caractérisée par la discipline. Toute armée qui n’est pas soucieuse de la discipline n’est plus dans le ton. Les militaires eux-mêmes disent que la discipline est la force des armées. Si notre armée veut être forte, elle doit être disciplinée. La discipline commence par le respect de la hiérarchie. Dans la Constitution, le Chef de l’Etat est le chef suprême des armées, mais en dessous de lui il y a un Premier ministre, chef du gouvernement. Maintenant, les ordres que je peux donner à l’armée , je ne sais pas comment elle peut ne pas les exécuter. A ce moment-là, elle est hors discipline et on avisera.
Il est vrai que cette armée soit la plus républicaine possible. Il faut qu’elle soit la grande muette, mais il se trouve aussi et c’est le cas de le dire, notre pays est en crise et dans cette crise armée, les forces de défense et de sécurité ont une part tellement importante à nos yeux que nous les civils nous ne faisons plus rien pour sortir de cette crise. Que fait donc la société civile ?

Brou Aka Pascal:

Revenons à Akouédo, c’était quoi et c’était qui ?

J’ai formé le gouvernement le 28 décembre et le 30, j’étais à Dakar. Le 31 décembre, j’ai fait comme tout le monde. Dans l’euphorie, nous avons fait un petit réveillon.
Le 1er j’ai reçu de la visite, et dans la nuit du 1er au 2, j’apprends qu’il y a eu cet événement.
J’ai quitté Dakar et je suis arrivé l’après-midi. Je suis allé voir le Chef de l’Etat immédiatement. Nous avons ténu une réunion dans la nuit au palais, nous avons fait le constat et personne de nous deux ne savait d’où cela venait. Moi je n’ai pas porté de jugement, j’ai fait le constat et j’ai dit conformément à ma méthode que quelques soient les raisons ou les revendications on peut s’exprimer autrement que de cette manière.
Puisqu’il y a des gens qui aiment la polémique ils avancent de telles choses. Je ne vois pas la dissonance entre le Chef de l’Etat et moi-même sur cette question-là. Il y a que, effectivement, l’armée ne peut pas ne pas avoir des problèmes puisque la société ivoirienne a de problèmes, puisque la Côte d’Ivoire a des problèmes. L’armée est traversée par ces questions-là, ce sont des Ivoiriens. Nous traversons une crise économique et financière difficile. Les aspirations des uns et des autres et des catégories professionnelles ne peuvent pas être satisfaites. Dans l’armée, il y a aussi des questions de ce genre. Mardi prochain le Chef de l’Etat et moi-même, nous allons nous attaquer à ces questions catégorielles.

Me Fofana Nathalie :

Concernant les recrues qui ont été appelées à l’occasion de la crise que nous connaissons, il faut dire en fait que vous semblez opposé à ce qu’on les intègre, j’aimerais avoir votre position par rapport à cela. Ma 2ème préoccupation concerne la police. Qu’est-ce que vous entendez initier comme action dans le cadre de la moralisation de la police? Et dans ce contexte-là, il y a la question du ticket unique qui peut paraître sans rapport, mais j’ai lu avec surprise que dans la clé de répartition des fonds générés par ce ticket unique, il y a une dotation à la police. Cela n’engage que moi, mais j’ai l’impression que cela est un habillage juridique du racket et cela peut poser d’autres problèmes en ce sens que une fois que ces fonds seront recueillis comment se fera la répartition?
On risque de se retrouver dans la même situation qui a prévalu pour les fonds du greffe au tribunal. Cela peut dégénérer, les greffiers ne sont pas armés mais les policiers le sont. Alors dans l’ordre, le problème des recrues.
Pensez-vous vraiment que ce que on dit là résiste à l’analyse? Ma réponse est que cela ne résiste pas à l’analyse ni historique, ni factuelle.

Brou Aka Pascal :

Cela veut dire que vous n’avez pris aucune décision encore.

Aucune. Ce qu’on dit ne résiste à aucune analyse. Mais c’est ivoirien. On dit, on fait courir les rumeurs. Je sais bien, je ne suis pas naïf. Je vous ai dit que j’ai décidé de me mettre au service de la paix. Je ne veux même pas m’attarder sur ces choses-là sauf à dire aux Ivoiriens de ne pas se laisser distraire par ces propos qui ont pour tendance de m’empêcher d’avancer et peut-être de saper mon moral ou même de soulever des groupes contre l’action du gouvernement. Je le sais mais peine pe