COTE D'IVOIRE / POSE DE LA PREMIERE PIERRE DE LA ZBTIC
Samedi 17 Mars 2007
Grand-Bassam./ Pose de la première pierre de la ZBTIC
Laurent Gbagbo : '' La révolution informatique ne doit pas dépasser l’Afrique ''
Le chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, a procédé jeudi dernier, à Grand-Bassam, la première capitale de la Côte d’Ivoire, à la pose de la première pierre du village des technologies de l’information et de la biotechnologie (VITIB), baptisé du nom du parc technologie Mahatma Gandhi.
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Au cours de son allocution, le président Laurent Gbagbo a indiqué que la pose de la première pierre de la zone franche est le symbole du passage de l’économie agricole d’exportation à l’économie de service. Pour lui, la politique de la culture du cacao prônée à l’époque par Houphouet-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire, a permis de favoriser l’investissement dans le pays à travers la caisse de stabilisation. C’est pourquoi, aujourd’hui, le chef de l’Etat ivoirien pense qu’il faut réfléchir sur la transformation de ce produit avant son exportation. « La révolution informatique ne doit pas dépasser l’Afrique. Le village des technologies de l’information et de la biotechnologie est la plus grande cité informatique de l’Afrique », a affirmé le président ivoirien. Prenant l’exemple des pays comme l’Inde, la Corée et la Chine devenus aujourd’hui des Etats industrialisés, Laurent Gbagbo a appelé les Africains, et singulièrement les Ivoiriens, à sortir de l’économie de la mendicité. Il a félicité par ailleurs, M. Kragbé Gadou Vincent, le promoteur du village des technologies de l’information et de la biotechnologie pour le travail abattu pour la concrétisation du projet. C’est pourquoi. Kragbé Gadou Vincent a indiqué que la pose de cette première pierre concrétise le partenariat entre l’Etat de Côte d’Ivoire, le secteur privé ivoirien et les pays étrangers. Créée avec un capital de 3 milliards de Fcfa, l’entreprise de promotion et d’exploitation de la zone franche de la biotechnologie et des technologies de l’information (ZBTIC) est dénommée Vitib. Elle est composée des actionnaires nationaux et internationaux dont les sociétés UTL et IBC, l’Inde, Huasen investment, Shaapporgi, Etisalat (premier opérateur de télécommunication des Emirats Arabes Unis), la Sir, Petroci, CNRA et Institut Pasteur… Le centre de formation de la Sir (2IAO) permettra à la Vitib de démarrer ses activités. Pour le démarrage des travaux dans l’immédiat, le consortium indien IBC et UTL a décidé de la mise en place des infrastructures immobilières et technologiques avec un apport sur fonds propre de 10 millions de dollars, soit environ 6 à 8 milliards de Fcfa.
N’guessan Kouadio
"Le Front"
HOMMAGE AUX PREMIERS MINISTRES DE COTE D'IVOIRE
Vendredi 16 Mars 2007
Cérémonie sobre et brève.
La Primature a tenu, hier, à rendre hommage à ceux qui ont rendu service à la Nation, dans l’exercice de leur fonction de Premier ministre: Alassane Dramane Ouattara, Daniel Kablan Duncan, Affi N’Guessan et Seydou Elimane Diarra.
Désormais, à l’entrée du bâtiment principal de la Primature, le visiteur pourra voir les photos des quatre ex-Premiers ministres de la République.
Le secrétaire général de la Primature, Komoin François, au nom du Premier ministre, Charles Konan Banny, en présence des représentants des concernés a exprimé les deux raisons qui ont milité en faveur d’un tel événement. La première, fondée sur l’idéal républicain, entend, en effet, célébrer des valeurs, et surtout rendre hommage à chacun par rapport à ce qu’il a mérité. Par son engagement, son sacrifice, au service de la Nation.
La seconde répond au devoir de mémoire: «Cette galerie, dira le secrétaire général de la Primature, sera là pour l’histoire ».
Il en a profité pour annoncer, dans le sens de la modernisation de la Primature, des projets en cours (la construction d’un petit restaurant pour les cadres) ou en réalisation ( la salle des archives et de la documentation), etc.
Au nom d’Alassane Ouattara, et sans doute de tous les représentants des ex-Premiers ministres, Aly Coulibaly, saluera cet acte républicain, qui immortalise les premiers Premiers ministres. Pour lui, cet acte qui s’inscrit dans la continuité de l’Etat est tout à l’honneur du Chef du gouvernement, Charles Konan Banny.
M. K
REUNIFICATION DES DEUX ARMEES FAFN / FDS
Vendredi 16 Mars 2007
Le Chef de l’Etat, Laurent Gbagbon a signé hier, le décret portant création du Centre de commandement intégré.
Un acte majeur qui s’inscrit dans le cadre de l’application de l’accord de Ouagadougou. C’est ce qu’a affirmé le chef d’état-major des armées, le général Philippe Mangoun hier à 17 heures 20, au sortir d’une audience d’une heure. Il était accompagné du chef d’état-major des FDS-Forces nouvelles, le général Soumaïla Bakayoko.
Les deux officiers sont arrivés au Palais à 15 heures 50 à bord du véhicule de commandement du général Mangou.
Après quelques minutes d’attente dans le second bâtiment, ils ont été invités, tout comme la presse, par le Chef de l’Etat à se rendre à son bureau sis au 1er étage du Palais. Le Président, encadré des deux officiers, ont rallié le bâtiment à pied.
«Nous sortons satisfaits de l’entretien que nous avons eu avec SEM. le Président de la République. Nous partons, chacun, avec le décret créant le Centre de commandement intégré et une copie de l’accord de Ouagadougou. Donc nous repartons très satisfaits. Le Président de la République nous a donné d’utiles conseils. Il nous appartient de nous mettre au travail et c’est ce que nous allons faire avec les FAFN», a déclaré le général Philippe Mangou.
Il a confirmé qu’il se rendra aujourd’hui à Bouaké pour rencontrer le secrétaire général des Forces nouvelles, le ministre d’Etat, ministre de la Reconstruction et de la Réinsertion, Guillaume Soro Kigbafori.
Sur l’avenir de l’armée, le chef d’état-major des FANCI a soutenu que «l’accord de Ouaga est clair. Les états-majors restent en place. Nous mettons en place un Centre de commandement intégré pour régler les problèmes avec des missions bien précises qui sont contenues dans l’accord.»
La tâche, qui incombe aux responsables des deux armées dans les jours à venir, consistera, a-t-il conclu, en «la création effective du Centre de commandement intégré.»
Le chef d’état-major des FDS-FN a, pour sa part, affirmé que l’échange avec le Chef de l’Etat visait à «prendre sa vision, sa conception de l’accord de Ouagadougou. Affirmer devant lui la détermination des Forces de défense et de sécurité des Forces nouvelles à s’inscrire dans la mise en œuvre de l’accord de Ouagadougou qui vient d’être signé.
Et ceci, bien entendu, ensemble avec nos camarades des Forces de défense et de sécurité conduits par le général Mangou pour, naturellement, le bonheur de la Côte d’Ivoire, pour que la paix revienne définitivement dans notre pays.» Il a martelé que rien ne s’opposera à la réussite de cet accord.
Ni même la question des grades Soro. «Il n’y aura pas de point de blocage au niveau des Accords de Ouagadougou. Aucun point ne devrait constituer un obstacle insurmontable au regard de l’accord mémorable qui vient d’être signé à Ouagadougou.
C’est pourquoi, tous les sujets seront abordés.»
Soumaïla Bakayo a rassuré qu’il s’attellera, avec son «cadet» Mangou, dans les prochains jours, à «voir tout le contour nécessaire pour que le Centre de commandement intégré soit une réalité comme prévu par l’Accord de Ouagadougou».
Paulin N. Zobo
Décret n0 2007-82 du 16 mars 2007 portant création du centre de commandement intégré (cci)
Le Président de la République
Vu la Constitution;
Vu l'Accord Politique de Ouagadougou du 04 mars 2007;
Vu la Loi n° 60-209 du 27 juillet 1960 portant création des Forces Armées Nationales;
Vu la Loi n° 61-209 du 12 juin 1961 portant organisation de la Défense et des Forces
Armées Nationales;
Vu la Loi n° 95-695 du 7 septembre 1995 portant Code de la Fonction Militaire;
Vu le Décret n° 2006-307 du 16 septembre 2006 portant nomination des membres du
Gouvernement;
Vu le Décret n° 2006-310 du 11 octobre 2006 portant attributions des membres du
Gouvernement;
Vu l'urgence;
DECRETE:
Article premier: Dans le but de cogérer les questions liées à la défense et à la sécurité, il est créé un Centre de Commandement Intégré (CCI) chargé d'unifier les forces combattantes en présence et de mettre en œuvre les mesures de restructuration des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d'Ivoire.
Article 2 : Le Centre de
Commandement Intégré a pour missions essentielles:
- la contribution à l'élaboration de la politique de défense et de sécurité;
- la mise en œuvre du
Programme National de
Désarmement, de
Démobilisation et de
Réinsertion (PNDDR), sous la
supervision des Forces impartia
les;
- l'opérationnalisation des tâches militaires et de sécurité liées au processus de sortie de crise;
- la sécurisation des audiences foraines, des opérations d'identification ainsi que la sécurité du processus électoral;
- la mise en place d'unités militaires et paramilitaires mixtes;
- la coordination des mesures
visant à garantir la protection et la libre circulation des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire national.
Article 3 : L'organisation, la composition et le fonctionnement du Centre de Commandement Intégré sont déterminés par arrêté du Ministre en charge de la Défense sur proposition conjointe du Chef d'Etat-Major des Forces Armées Nationales de Côte d'Ivoire et du Chef d'Etat-Major des Forces Armées des Forces Nouvelles.
Article 4 : Le présent décret prend effet à compter de la date de sa signature.
Article 5 : Le Ministre de la Défense est chargé de l'exécution du présent décret qui sera publié selon la procédure d'urgence et au Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire.
Fait à Abidjan, le 16 MARS 2007
Laurent GBAGBO
DIALOGUE DIRECT / INTERVIEW DU PORTE-PAROLE DES FORCES NOUVELLES M.SIDIKI KONATE
Jeudi 15 Mars 2007
En prélude à la seconde phase du dialogue direct qui s’ouvre sur la mise en place d’un cadre institutionnel d’exécution de l’accord de Ouagadougou, Sidiki Konaté, porte-parole, directeur de cabinet du secrétaire général des Forces nouvelles et l’un des acteurs-clés des pourparlers inter ivoiriens dans la capitale burkinabé, a bien voulu se confier à notre envoyé spécial à Bouaké.
Dans l’interview qui suit, le porte-parole de l’ex-rébellion répond sans détour à tous les détracteurs de l’accord de paix signé le 4 mars entre le camp présidentiel et son mouvement ainsi qu’à tous ceux qui s’évertuent à voir les Forces nouvelles comme des présumées « traîtres à la Nation ».
Mardi dernier, le Secrétaire général des Forces nouvelles s’est adressé à la nation ivoirienne, deux semaines après l’accord de Ouagadougou et moins d’une semaine après l’adresse à la nation du Chef de l’Etat.
Dans quel cadre s’inscrit ce message, à la veille du 2ème round du dialogue direct?
Ce discours s’inscrit dans une logique normale.
N’oublions pas que depuis trois mois, toute la Côte d’Ivoire, j’entends par là, le Premier ministre Charles Konan Banny, les partis et formations regroupés au sein du G7, la société civile et même la communauté internationale présente ici en Côte d’Ivoire, toute la sous-région et l’Union africaine, se sont inscrits chacun, dans le dialogue direct.
Chacun a donné sa caution à ce dialogue. C’est cela le contexte. Donc, suite à l’impasse réelle constatée sur le terrain dans l’application de la résolution 1721, les Forces nouvelles en tant que l’un des ex-belligérants ont été invitées par le camp présidentiel, à s’inscrire dans un dialogue direct.
Les deux ex-belligérants se sont donc retrouvés à Ouagadougou, ont travaillé sereinement pendant un mois sur des questions et solutions pratiques.
Ils ont signé un accord qu’on peut considérer comme une feuille de route. Suite à la signature de cet accord, le président de la République qui est donc l’autre partie du dialogue, a fait un discours de soutien à l’accord de Ouagadougou devant la nation.
Il l’avait déjà fait à Ouagadougou.
Il était donc logique que le Secrétaire général des Forces nouvelles, l’autre signataire, puisse aussi en Côte d’Ivoire, donner la position qu’il a déjà exprimée à Ouaga lors de la signature de l’accord. A partir de ce moment, les deux parties, prenant date avec les Ivoiriens, s’inscrivent, ainsi, dans l’accord signé et s’engagent à défendre cet accord. C’était une simple question de procédure. Le Secrétaire général des Forces nouvelles n’a fait que reconfirmer sa signature devant les Ivoiriens.
Ce qui est le signe d’un respect fondamental pour les Ivoiriens même s’ils l’ont déjà vu, même s’ils l’ont déjà entendu.
Comme l’a d’ailleurs fait le Président de la République.
A partir de ce moment, les Ivoiriens et la Communauté internationale ont connu clairement la position des deux camps, laquelle position est un soutien total à l’accord signé.
Les Ivoiriens prennent donc date avec les deux parties et s’engagent aux côtés de ces deux parties dans la mise en œuvre de cet accord en apportant leur soutien, tout leur soutien, parce qu’au bout, il y va de la paix.
Voici, donc, le sens qu’il faut donner à la déclaration du Secrétaire général Guillaume Soro. Il n’y a pas eu un mot de trop, il n’y a pas eu un mot de moins.
Le Secrétaire général a juste dit ce que les Ivoiriens attendaient qu’ils disent. C'est-à-dire qu’il se reconnaît publiquement dans la signature qu’il a faite à Ouaga, sans pression aucune. Il a apposé sa signature avec le consentement et le soutien de son mouvement et des populations. Voilà ce qui s’est passé hier (ndlr : mardi 13 mars) et qui clôt donc la première partie de l’accord de Ouaga.
Le Secrétaire général des Forces nouvelles a demandé à tous ses alliés du G7, au peuple ivoirien et à la Communauté internationale de s’approprier cet accord. Malheureusement, on constate une fronde sournoise et bien identifiée émanant de certains partis politiques de la place.
Qu’en dites-vous ?
Effectivement, les Ivoiriens ne sont pas dupes. Les Ivoiriens constatent chaque jour la position des uns et des autres. Aujourd’hui, dans ce pays, il ne doit y avoir qu’un seul camp : le camp de la paix. Le camp du soutien ferme à l’accord de paix signé à Ouagadougou. Malheureusement, et vous avez bien raison, les Ivoiriens font la découverte de ce qu’il y a, manifestement, un camp des ennemis de cette paix.
Certaines personnes responsables de partis politiques ont décidé de ramer à contre-courant, de ramer contre la paix, se positionnant, ainsi, comme des ennemis de la paix.
Nous avons constaté que certains partis politiques s’adonnent à des exercices d’intelligence depuis un moment, voulant démonter que cet accord est ce qu’il ne devait pas être, arguant d’arguments juxtaposés. Nous disons, tout simplement, que nous ne menons pas une guerre d’intelligence.
Les intelligences sont dans nos universités et dans les académies.
Nous menons une ‘’guerre’’ pour sortir la Côte d’Ivoire de la situation d’impasse actuelle, une ‘’guerre’’ pour aller à la paix. Ces personnes qui n’osent pas aussi dire clairement leur position, naviguent à vue. Elles disent une chose et son contraire.
Elles refusent de dire, clairement, ‘’non’’ à l’accord alors que tous les Ivoiriens savent qu’elles ne veulent pas, en réalité, de cet accord.
Pour des raisons que seuls, ces responsables politiques, savent mais qu’ils ne veulent pas mettre à la portée des Ivoiriens. Ils manquent beaucoup de courage politique. Toutefois, ce que je peux vous dire, c’est que cet accord est un accord entre les deux belligérants.
C'est-à-dire ceux-là mêmes qui ont pris les armes. Hier, les Ivoiriens ont souhaité que ceux qui ont pris les armes, qui ont posé leurs différents problèmes, en arrivent donc à régler leurs problèmes entre eux pour que la paix revienne en Côte d’Ivoire.
S’il existe, aujourd’hui, des partis politiques qui sont contre cette option, nous ne pouvons que déplorer de notre côté cette attitude. Mais, nous ne pouvons que déplorer le manque de courage de ces partis qui ne disent pas clairement aux Ivoiriens quelle est leur position et quelle est leur solution pour sortir de l’impasse. La résolution 1721 a été adoptée devant nous tous. Elle n’a pas marché.
Mais qu’est-ce qu’un parti politique a posé, ici, comme action concrète pour débloquer la situation ?
Quelle proposition, un parti politique a-t-il fait de façon concrète sur le terrain pour débloquer la situation ?
Ces partis politiques ont constaté l’impasse au même titre que tous les Ivoiriens.
Maintenant, si les Forces nouvelles s’engagent dans un processus, salué et encouragé par ces mêmes partis politiques, pour faire en sorte que l’impasse soit débloquée, nous ne comprenons pas que l’hypocrisie puisse prendre le dessus. Et n’oubliez pas que les Forces nouvelles ont toujours déploré l’absence de stratégie et de sincérité au sein de la coordination du G7, qui étale, aujourd’hui, aux yeux de la nation toutes ses contradictions. Quand vous prenez, individuellement, les membres, il y a qu’aujourd’hui, deux camps au sein du G7 qui s’affrontent autour de l’accord. Ceux qui soutiennent l’accord de Ougadougou et qui vont même plus loin, même si ce n’est pas de commun accord avec les Forces nouvelles, jusqu’à proposer le Secrétaire général des Forces nouvelles à la primature. Ça, c’est un autre débat.
Et en face, il y a ceux-là qui s’obstinent à ne pas se reconnaître dans cet accord. Parmi ce dernier groupe, le PDCI, de plus en plus, montre clairement qu’il est ce parti qui n’est pas d’accord avec l’accord de Ouagadougou. Vous avez écouté la position de M. Anaky Kobenan du MFA, vous avez écouté la position de l’UDPCI à travers M. Mabri Toikeusse.
Vous avez également écouté la position du RDR exprimée par la porte-parole adjointe du RDR, Mme Kandia Camara.
Le seul qui, contre toute attente, a écrit contre cet accord, c’est bel et bien le président Henri Konan Bédié. C’est bien sa déclaration qui sème, aujourd’hui, la confusion et entretient le malaise au point donc de saper la cohésion autour de cet accord de paix inter-ivoirien. Et dire que cet accord a, pourtant, été salué par tous les acteurs, tant dans sa conception que dans sa manifestation. Les Ivoiriens doivent savoir qu’un jour, avant d’apposer notre signature sur l’accord, le Secrétaire général des Forces nouvelles est revenu devant le G7, pour le respect qu’il a pour ses propres engagements.
Il a fait une lecture expliquée de cet accord devant tous les premiers responsables du G7 réunis. Et nous n’avons noté aucune remarque substantielle. Au contraire, c’est auréolé de ce soutien du G7 que le Secrétaire général des Forces nouvelles s’est rendu à Ouaga le lendemain, pour signer cet accord.
D’où vient-il que maintenant des voix s’élèvent pour attaquer cet accord et pour s’en prendre aux Forces nouvelles ?
D’où vient-il que l’on tente d’alourdir l’atmosphère en indexant les Forces nouvelles comme des traîtres à la Nation ?
D’où vient-il que l’on suscite une mauvaise opinion contre cet accord ?
Quel est le problème ?
M. le directeur de cabinet, que vous inspire, alors, cette levée de boucliers à laquelle on assiste contre votre mouvement ?
Est-ce parce que les Forces nouvelles ont, désormais, un statut dans la résolution de la crise après avoir signé l’accord de Ouagadougou, pour que l’on vous taxe de tous les pêchés d’Israël ou est-ce un prolongement de ce que Guillaume Soro a qualifié le 1er janvier dernier de complexe de la rébellion ?
Voyons ! En disant qu’il y a un complexe de la rébellion, le Secrétaire général a juste dit ce que tous les Ivoiriens pensent. Comme je l’ai dit, il y a, aujourd’hui, certains partis politiques qui aiment bien la rébellion quand elle monte en ligne contre Laurent Gbagbo mais, qui ne sont pas prêts à associer cette rébellion à une stratégie de conquête et de gestion du pouvoir.
Est-ce cette attitude que vous qualifiez d’hypocrite de la part des partis politiques ?
Ecoutez ! Comment comprendre qu’on s’associe avec des gens pour mettre en place une coalition afin de protéger les accords que nous avons signés et en même temps, denier à ces mêmes personnes le droit d’exister dans une stratégie de conquête de pouvoir.
Le fait de dire nous sommes ensemble mais vous n’êtes pas avec nous, s’appelle, tout simplement, un manque de sincérité de la part de nos alliés donc de l’hypocrisie. Le fait même de croire ou d’insinuer que les Forces nouvelles ont pris les armes et donc ne peuvent être associées à des débats sérieux, est une injure pour nous. Les Forces nouvelles ont, donc, le sentiment d’être infantilisées par leurs partenaires du G7 ?
Ah oui ! Des propos bien précis nous le démontrent. Mais, nous répondons que nous ne sommes pas des enfants. Nous nous retrouvons ensemble dans des discussions, dans des cadres. Les Ivoiriens sont à mesure de constater si nous défendons bien leur cause ou pas. Et des millions d’Ivoiriens n’ont pas de problème avec nous. Mais d’où vient-il que certains leaders politiques continuent encore d’avoir de la haine, du mépris et de l’irrespect pour nous, au point de se convaincre que les Forces nouvelles ne peuvent être associées à un schéma sérieux de conquête du pouvoir ? Si on décide de se battre ensemble pour appliquer un accord de paix, c'est dire qu’on prend ensemble tous les détails de cet accord. Les accords de paix traitent en même de l’identification, des élections, de la refonte de l’armée.
Ils traitent en même temps de la sortie de crise. Mais comment comprendre que les Forces nouvelles soient associées à toutes ces étapes et on refuse de leur accorder le respect qu’il faut ? C’est ce que nous appelons un faux complexe et ce faux complexe a fini par devenir désormais l’objectif de certains. Qui ne voient plus Laurent Gbagbo comme adversaire mais, plutôt, qui voient les Forces nouvelles comme leur adversaire.
On laisse donc la proie pour l’ombre. Au lieu d’asseoir une bonne stratégie, au lieu de prendre son temps pour mettre en place une bonne stratégie de conquête du pouvoir à la dimension de l’adversaire qui se donne de plus en plus de moyens, on perd son temps dans des débats de clocher, en voulant donc attaquer celui qui n’est pas l’adversaire. C’est ce que nous appelons une dérive, une déviation de l’énergie, qui peut nous éloigner de l’objectif.
A ce rythme, y a-t-il lieu de craindre, que ce qui n’est pour l’instant qu’une simple contradiction de forme ne se transforme à la longue en une contradiction de fond entre tous les partenaires du G7 réunis ?
Voyons ! Nous, Forces nouvelles, ne sommes pas dans cette disposition. Et nous, nous connaissons l’enjeu. C’est que la Côte d’Ivoire doit sortir de la crise en ayant réglé la question de l’identification, la question des élections, la question de la refonte des armées. C’est le pari que les Forces nouvelles ont pris avec la nation. Et personne n’a encore pris les Forces nouvelles au dépourvu de ce combat.
Et personne ne peut nous dire que chaque instant que nous luttons, nous mettons de côté ces grands principes, c’est le sens de notre existence. Nous continuons donc sereinement de mener ce combat pour une nouvelle Côte d’Ivoire bâtie sur de nouvelles valeurs.
Si, maintenant, des individus, des personnes ou des partis politiques estiment qu’il faut laisser le combat pour s’attaquer aux Forces nouvelles, pour des raisons inavouées, j’avoue que pour nous, ce n’est pas l’essentiel .
Nous continuons de mener notre combat. Ceux qui vont nous combattre inutilement pour des raisons subjectives et inavouées seront découverts par les Ivoiriens. Et, je pense que les Ivoiriens jugeront les uns et les autres en temps opportun. Un autre débat est né ces derniers temps. Il s’agit de la question de prime qui aurait été distribuée à Ouagadougou aux acteurs du dialogue direct que vous êtes.
Que répondez-vous à ceux qui font ce procès aux Forces nouvelles ?
J’avoue que nous avons été très surpris de constater cela d’abord dans le ‘’Nouveau Réveil’’, ensuite dans ‘’Le Patriote’’ et bien entendu cela circule dans certaines presses.
L’information fait état de ce que des milliards auraient été débloqués pour la tenue de la réunion et de la médiation à Ouagadougou. Les Forces nouvelles en rient, parce que nous considérons que ce sont, toujours, les mêmes manœuvres qui consistent à s’attaquer à l’accord de Ouagadougou. On crée des non-dits dans l’accord afin d’entretenir la confusion et la polémique.
Une polémique inutile pour discréditer cet accord. Et toujours dans cette même vaine, on veut disqualifier même les acteurs du dialogue direct.
Donc, il y a une stratégie sournoise mais bien identifiée, mise en place, orchestrée, qui consiste à affaiblir cet accord dans toutes ses substances. Tant au niveau du texte, du contexte que des acteurs.
Nous disons tout simplement aux Ivoiriens que nous avons été invités par le président Blaise Compaoré et par son pays. Lorsque nous sommes arrivés et pour ce que les Forces nouvelles savent, c’est l’Etat burkinabé qui nous a logés, qui nous a alloué des gardes du corps, qui nous a alloué des voitures et qui nous a donné la nourriture. Je sais de quoi je parle.
Le jour de notre départ de l’hôtel Sofitel Ouaga 2000, la facture délivrée a été signée au nom de l’Etat du Burkina Faso. Le ministre Bassolé était là avec moi. Les Forces nouvelles n’ont reçu aucun centime en tout cas de l’Etat de Côte d’Ivoire pour l’instant. Et j’insiste. Les Forces nouvelles n’ont reçu aucune note disant que c’est l’Etat de Côte d’Ivoire qui paie les frais de séjour à Ouagadougou.
Je pense que cela participe du mépris qui amène les uns et les autres à faire croire que le Burkina n’a pas assez de moyens pour organiser des négociations d’une telle envergure.
Ils oublient que ce pays a abrité les négociations inter-togolaises qui ont duré près de trois mois.
Nous n’avons jamais lu dans une presse là-bas que c’est l’Etat togolais qui a payé les frais de séjour de ce dialogue. C’est clair, cette information a été suscitée dans le seul but de discréditer les Forces nouvelles pour faire croire à l’opinion que les Forces nouvelles ont été achetées et ont reçu beaucoup d’argent et qu’elles ont même créée un deal avec le Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo.
Voilà l’objectif. Et comme on le dit, en nous salissant, en nous infantilisant, en nous récusant, l’on tente de faire croire qu’il ne faut pas compter avec les Forces nouvelles dans un processus politique sérieux.
C’est peine perdue.
Donc, nous ne nous reconnaissons pas dans la réception de quelque milliard que ce soit. Nous avons fait un travail que les Ivoiriens ont su apprécier à sa juste valeur pour avoir traité des problèmes assez pratiques, assez concrets avec des solutions pragmatiques.
La communauté internationale, elle-même, a jugé du sérieux de ce travail.
Nous nous en tenons à cela et nous continuerons de travailler dans l’optique de trouver des solutions pratiques qui puissent permettre aux Ivoiriens et non à quelques individus de jouir de la paix.
Parce que la paix pour laquelle nous nous battions, est une paix qui nous réconcilie, qui traite nos problèmes.
Et qui fait en sorte que toutes les populations qui vivent en Côte d’Ivoire soient tributaires de cette paix.
Vous l’avez dit, les Forces nouvelles ne céderont pas au chant des sirènes ; c’est dans ce contexte de confusion et de polémique larvées que la seconde phase du dialogue direct va s’ouvrir dans les heures qui suivent à Ouagadougou.
Comment appréhendez-vous cette autre étape des pourparlers inter-ivoiriens ?
Conformément donc à l’accord qui a été signé et au chronogramme qui a été dégagé, les actions sont en train de se faire pour démontrer aux Ivoiriens que les deux parties sont engagées fermement à l’application de ce chronogramme.
Dans quelques jours, le général Soumaila Bakayoko, chef d’état-major des FDS-FN, sur instruction du Secrétaire général des Forces nouvelles, rentrera en contact, si ce n’est déjà fait, avec le général Philippe Mangou, Chef d’état-major des FDS-CI.
Ensemble, ils vont se rendre chez le Président Laurent Gbagbo puis chez le Secrétaire général des Forces nouvelles et vont lancer la première partie du chronogramme qui consiste à débuter les travaux de mise en place de l’état-major intégré.
Demain jeudi, (ndlr : aujourd’hui), s’ouvre à Ouagadougou, la deuxième et dernière partie du dialogue direct, concernant le chronogramme.
Notez que le chronogramme avait donné quatre semaines pour discuter du cadre institutionnel d’exécution de cet accord. Deux semaines sont passées.
Elles ont permis à toutes les parties de se retrouver en interne et de mener toutes les consultations qu’il fallait mener avec leurs partenaires, leurs populations et leurs bases.
Ce qui a été fait ici au niveau des Forces nouvelles. Ce qui s’est fait aussi au niveau du camp présidentiel.
Aujourd’hui, les deux délégations sont à même de se retrouver à Ouaga, devant le facilitateur pour présenter les schémas qu’elles ont arrêtés afin d’être au rendez-vous des deux dernières semaines de sorte que quand les quatre semaines vont être bouclées, nous soyons à mesure de présenter aux Ivoiriens le schéma que nous aurons arrêté de commun accord et qui puisse permettre l’application intégrale, sans faux-fuyant de cet accord de paix.
La preuve, M. Désiré Tagro en tant que chef de la délégation présidentielle s’est rendu ici hier (ndlr : mardi 13 mars). A sa demande, il a rencontré le Secrétaire général des Forces nouvelles, le chef de l’autre délégation, pour annoncer, déjà, les couleurs.
C’était juste une prise de contact sur la terre ivoirienne, et c’est ensemble que les deux délégations devront se retrouver aujourd’hui pour commencer les discussions sur le cadre institutionnel d’exécution de cet accord.
Dans le même esprit, dans la même sérénité, dans le même objectif qui est de trouver une solution, pragmatique qui nous donne la paix en Côte d’Ivoire.
Est- ce, ce qui explique le travail de discrétion et de confidentialité qui a entouré la visite de Tagro à Bouaké, tout comme celui constaté lors de la première phase du dialogue direct à Ouagadougou ?
Bien entendu, vous savez que ce genre de négociations et le contexte dans lequel nous sommes, la responsabilité devant laquelle les deux parties ont été mises nécessitent une concentration, une sérénité. Parce qu’il y a des millions d’Ivoiriens qui prient dans leur maison chaque jour pour que ce dialogue entre les deux camps aboutisse. Donc, nous avons le devoir, la responsabilité de travailler sereinement en ayant sur nous le regard de ces 20 millions d’Ivoiriens pour qu’au retour, cet accord puisse être celui-là même qui va délivrer la Côte d’Ivoire de cette situation.
A partir de ce moment, nous nous entourons de toutes les précautions surtout que maintenant, il y a tellement de bruits inutiles. Or, la réconciliation et la recherche effrénée et objective de la paix ont horreur des bruits et des cris du cœur désespéré.
Réalisée à Bouaké
par Honoré Sépé
Collaboration : Charles Bamba
COTE D'IVOIRE / DIALOGUE DIRECT / REUNION DU CONSEIL DE SECURITE
Jeudi 15 Mars 2007
Les membres du Conseil de sécurité ont entendu un exposé de M. Abou Moussa, Représentant Spécial adjoint du Secrétaire général, et de M. Gérard Stoudmann, Haut Représentant pour les élections, sur la situation en Côte d'Ivoire.
Les membres du Conseil de sécurité se sont félicités de la signature à Ouagadougou, le 4 mars 2007, d'un Accord entre le Président Laurent Gbagbo et M. Guillaume Soro, sous les auspices du Président de la CEDEAO, le Président Blaise Compaoré.
Les membres du Conseil de sécurité ont rendu hommage au Président Gbagbo et à Guillaume Soro pour leur détermination à atteindre un résultat positif dans le cadre de leur dialogue direct. Ils ont également rendu hommage au Président Compaoré pour ses efforts qui ont permis de faciliter la conclusion de l'Accord de Ouagadougou.
Les membres du Conseil de sécurité ont pris note des engagements des parties envers toutes les résolutions des Nations Unies, y compris la résolution 1721, et ont souligné que l'Accord de Ouagadougou offre une bonne base pour un règlement global et inclusif de la crise en Côte d'Ivoire à travers l'organisation d'élections crédibles.
Les membres du Conseil de sécurité ont encouragé les signataires de l'Accord à mettre en œuvre pleinement tous leurs engagements et se sont félicités de leurs récentes déclarations en ce sens.
Les membres du Conseil de sécurité ont exprimé leur soutien à l'intention du Secrétaire général, exposée dans son dernier rapport, d'engager des discussions avec le Président Compaoré et les parties sur le rôle que les Nations Unies devraient jouer pour les aider à mettre en œuvre toutes les dispositions de l'Accord de Ouagadougou.
DIALOGUE DIRECT / REACTION DU PARTI DEMOCRATIQUE DE COTE D'IVOIRE (PDCI)
Mercredi 7 Mars 2007
Le dimanche 4 mars 2007 a eu lieu à Ouagadoudou, capitale du Burkina Faso, la signature de l’accord politique entre Gbagbo et Soro, sous la supervision du Président du Faso, Blaise Compaoré. Quatre jours après la publication de cet accord, le PDCI-RDA réagit.
Ci-dessous l’analyse critique du Président Bédié, Président du PDCI-RDA sur cet accord de Ouaga qui fait couler beaucoup d’encre et de salive.Le PDCI-RDA se félicite de la signature de l'accord politique de Ouagadougou intervenu le dimanche 4 mars 2007.
Cette signature vient couronner le succès du dialogue direct initié par le chef de l'Etat, Monsieur Laurent Gbagbo et le Secrétaire des Forces Nouvelles, Monsieur Guillaume Kigbafori Soro.
Le PDCI-RDA accueille la signature de cet accord avec d'autant plus de satisfaction qu'il a instamment appelé, depuis le 22 septembre 2002, sans succès, les protagonistes à la négociation.
Le PDCI-RDA constate avec bonheur que son appel a enfin été entendu après quatre années jonchées de morts et de souffrances inutiles imposées à nos populations qui ont vu notre économie s'écrouler et qui ont assisté à la montée inexorable de l'insécurité, de la paupérisation généralisée et du chômage.
Le PDCI-RDA se réjouit de ce que les parties signataires ont réaffirmé, dans le préambule de l'Accord politique de Ouagadougou, leur attachement aux différents accords de paix depuis l'Accord de Linas Marcoussis jusqu'à la résolution 1721/2006 du Conseil de Sécurité de l'ONU dont leurs décisions visent à faciliter la mise en œuvre.
Le PDCI-RDA apprécie que cet Accord implique formellement M. Henri Konan BEDIE, Président du parti et M. Alassane Dramane Ouattara, Président du Rassemblement des Républicain (RDR) en leur confiant des responsabilités dans les mécanismes de suivi et de concertation notamment dans le Cadre Permanent de Concertation (CPC) .
Le PDCI-RDA souhaite que les signataires s'attachent, dans le respect de leurs engagements et avec bonne foi, à la mise en œuvre effective de cet Accord, conformément au chronogramme défini. Toutefois, le PDCI-RDA s'interroge sur les zones d'ombre qui apparaissent dans l'Accord Politique de Ouagadougou et espère que les négociations ultérieures qu'ils appellent y apporteront les clarifications et les correctifs nécessaires. Ce sont :
Le nouveau cadre
institutionnel d'exécution
Concernant le nouveau cadre institutionnel à élaborer en vue de l'exécution de l'Accord de Ouagadougou, il doit faire l'objet d'une concertation qui implique tous les signataires des Accords de Paix sans exclusive. Car, c'est du consensus dont il émanera que dépendra son efficacité.
Le nouveau cadre institutionnel devra définir et formaliser les règles du jeu qui présideront à la gestion concertée du pouvoir politique et à la normalisation du fonctionnement de l'Etat dans le respect du principe de l'équilibre et de l'équité.
Les mécanismes de suivi
et de concertation
L'accord de Ouagadougou ayant clairement affirmé son attachement à la Résolution 1721/2006, il est évident que les mécanismes de suivi mis en place par la communauté internationale, le GTI notamment, devront coexister avec ceux que prévoit l'Accord au plan national, c'est-à-dire, le CPC et le CEA. C'est dire que, ni le CPC ni le CEA ne sauraient se substituer au GTI qui conserve toute sa substance et ses prérogatives.
De même, le Représentant du Secrétaire Général de l'ONU chargé des Elections en Côte d'Ivoire conduit jusqu'à son terme la mission dont il a été investi.
Au demeurant, le nouveau cadre institutionnel devra déterminer clairement les attributions respectives du Cadre Permanent de Concertation (CPC) et du Comité d'Evaluation et d'Accompagnement (CEA).
En outre, les partis politiques signataires des Accords de paix depuis Marcoussis, devront être membres de plein droit du CEA selon une clé de répartition paritaire, c'est-à-dire, sur un pied d'égalité avec les deux signataires de l'Accord de Ouagadougou pour espérer entraîner, sans exclusive, l'ensemble de la classe politique ivoirienne à s'impliquer et à prendre une part active au processus de paix.
La suppression de la zone de confiance et le retrait
des forces impartiales
Le PDCI-RDA s'inquiète de la quasi-concomitance de la suppression de la zone de confiance et du retrait des forces impartiales qui interviennent avant le démantèlement des milices.
En vue de prévenir le syndrome rwandais d'une éventuelle reprise des hostilités, des exactions et des violences perpétrées par les milices et assurer la sécurisation des élections présidentielles, le PDCI-RDA recommande que le retrait des forces impartiales ne soit envisagé qu'après les élections.
Le désengagement des forces impartiales ne devrait nullement s'apparenter à un lâchage de la Côte d'Ivoire par la communauté internationale et par la France, lesquelles ont prouvé par les efforts humains et financiers consentis, leur engagement à ramener la paix en Côte d'Ivoire.
La demande de troupes
militaires africaines en
remplacement des forces impartiales.
Le PDCI-RDA émet de fortes réserves quant à l'impartialité de troupes militaires africaines éventuellement appelées à se substituer aux Forces impartiales au stade actuel de l'évolution du processus de paix.
La levée immédiate des
sanctions individuelles
par l'ONU
Malgré son attachement à la réconciliation nationale et à l'éthique du pardon, le PDCI-RDA considère que le processus de paix n'étant pas encore mené à son terme, la levée "immédiate" des sanctions individuelles est prématurée et s'apparente à une prime à l'impunité.
Le PDCI-RDA recommande, dès lors, qu'un délai de mise en observation des mis en cause soit respecté avant la levée effective des sanctions individuelles.
La levée de l'embargo
sur les armes légères
Pour les mêmes raisons, le PDCI-RDA émet également de sérieuses réserves sur la demande de levée " immédiate " de l'embargo sur les armes légères. L'insécurité généralisée, le trafic illicite des armes qui résultent de l'Etat de non droit qui prévaut dans notre pays, la circulation anarchique des armes et le caractère non maîtrisé du nombre d'armes en circulation et détenues par les milices et les groupes paramilitaires, entraînant une augmentation de la délinquance et de l'insécurité, n'incitent guère à encourager une telle requête.
La mise en place du nouveau gouvernement
Le PDCI-RDA s'interroge sur l'opportunité d'un nouveau gouvernement dont la mise en place risque d'entraîner un prolongement supplémentaire des délais qui hypothéquerait le respect du chronogramme défini par l'Accord de Ouagadougou.
Ce point n'a d'ailleurs pas été évoqué avec les parties au dialogue direct au cours des diverses concertations préalables à la signature de l'Accord.
Le PDCI-RDA recommande néanmoins, le respect de la clé de répartition des portefeuilles telle que définie par les Accords de Paix antérieurs (Pretoria et la Résolution 1721/2006), en évitant les dysfonctionnements résultant de l'impossibilité pour les Ministres de nommer les Directeurs Centraux de leur Département.
Le respect du chronogramme et les impératifs de l'identification électorale ;
Le PDCI-RDA apprécie le souci des signataires de l'Accord de Ouagadougou d'établir un chronogramme précis d'exécution des décisions. Il s'interroge toutefois, sur les délais impartis à l'identification des populations et au recensement électoral.
Le PDCI-RDA recommande que l'identification en vue de la constitution de la nouvelle liste électorale implique la reprise du recensement électoral avec collecte de données biométriques.
Ce recensement doit concerner à la fois, les personnes qui figurent sur la liste électorale de 2000 et celles qui, pour des raisons notamment d'ordre démographique, n'y figurent pas.
En d'autres termes, que l'on soit ou non sur la liste électorale de 2000, la collecte des données biométriques pour l'ensemble du corps électoral s'impose.
La mise en cohérence de la résolution 1721 avec l'accord de Ouagadougou.
Le PDCI-RDA considère que le Conseil de Sécurité de l'ONU doit faire sien l'Accord de Ouagadougou et le mettre en cohérence avec la Résolution 1721/2006 afin d'en assurer la mise en œuvre efficace.
Fait à Abidjan, le 6 mars 2007
Henri Konan BEDIE
Président du PDCI-RDA
SENEGAL / ZIARRA GENERAL A TIVAOUANE VILLE SAINTE DE LA TIDJANIYA
Mardi 6 Mars 2007
Selon Abdoul Aziz Sy Al Ibn, « j'avais fait des prières un peu partout dans les mosquées à travers notre pays pour que le scrutin du 25 février 2007 se déroule dans le calme et la paix. Dieu a exaucé ces prières et je l'en remercie vivement. Je rappelle à tous que le rôle que m'avait demandé de jouer mon défunt père et homonyme El Hadj Abdoul Aziz Dabakh, c'est celui de conciliateur. Il avait, dans un langage métaphorique, demandé que je sois plus dans le rôle d'une aiguille pour recoller les morceaux déchirés plutôt que celui d'un couteau ou d'une lame pour couper. Et c'est cela que j'ai fait entre Wade et Idrissa Seck.
Je ne regrette rien.
Mais, je précise que je n'ai jamais été payé pour jouer ce rôle. Je répète encore que je n'ai pas été payé pour jouer les facilitateurs entre Idrissa Seck et Ablaye Wade ».
Il martèlera haut et fort que « Wade est mon ami ; c'est pourquoi, je lui demande de pardonner ». Revenant sur la sortie du Président de jeudi dernier et celle qui l'a suivie le samedi, il dira : « Je lui demande de pardonner, car c'est le signe des bons hommes. Et je sais qu'il est bien ». Profitant de la brèche ainsi ouverte, le Mc du jour, Hadj Mansour Mbaye, le confirmera dans cette déclaration. Selon le « griot national », « Wade a été couronné de succès en 2000 et Dieu le lui a renouvelé en 2007 ; il doit l'en remercier. Donc, je l'invite à pardonner, c'est la marque des grands hommes. Et il en est un. Dieu lui a tout accordé, qu'il l'en remercie en pardonnant ».
El Hadj Mansour Mbaye embrayera, ensuite, sur une anecdote. « Un jour, dit-il, un homme a, dans la foule, vu le regretté « Dabakh » (surnom donné de son vivant à El Hadji Abdoul Aziz Sy, deuxième Khalife général des Tidianes), mais ne l'a pas salué. Le saint homme m'a demandé le lendemain de l'accompagner rendre visite à cet homme. Mais dès que ce dernier et sa famille nous ont aperçus, de toutes leurs forces, ils ont couru nous saluer. Et, Dabakh les a accueillis les bras ouverts. C'était pour montrer sa force du pardon. Le pardon était son viatique ». Applaudissements à tout rompre de la nombreuse foule ! Et le porte-parole du Khalife des Tidianes pouvait poursuivre son discours, plutôt celui de Serigne Mansour Boroom Daara-ji, pour appeler les disciples de la confrérie Tidiane, et, à travers eux, tous les Sénégalais et tous les musulmans, à l'unité et à la foi.
Il faut dire que les fidèles sont venus nombreux à cette rencontre : le gouverneur de Thiès, Mohamed Falla, apportant le message du Chef de l'Etat, le préfet de Tivaouane, Alé Lô, président des élus locaux au niveau rural et beau-fils d'Al Ibn, El Hadj Malick Diop, le maire de Tivaouane, SEM Moustapha Cissé de Pire, Serigne Mansour Sy Djamil et famille, Sid'Ahmed, fils de Serigne Abdoul Aziz Sy représentant Serigne Mbaye Sy Mansour et Maodo Abdoul Aziz, un représentant de Cheikh Ahmed Tidiane Chérif venu spécialement de Fez, les « dahiras » Kiram, Ahmediyya...
DIALOGUE DIRECT / TEXTE DE L'ACCORD DE PAIX
Dimanche 4 Mars 2007
Accords et résolutions sans lendemain depuis 5 ans. Mais les négociations inter-
ivoiriennes, ouvertes le 5 février dernier, viennent d’aboutir. Gbagbo et Soro ont signé un accord plein d’espoir.
PREAMBULE
A l’invitation de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso, en sa qualité de Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), agissant sur mandat exprès de celle-ci, deux délégations de la République de Côte d’Ivoire, l’une représentant le Président de la République et l’autre les Forces Nouvelles, se sont rencontrées à Ouagadougou du 05 février au 03 mars 2007.
Cette rencontre fait suite à l’annonce, le 19 décembre 2006, du plan de sortie de crise du Président Laurent GBAGBO qui a saisi, le 23 janvier 2007, le Président en exercice de la CEDEAO pour faciliter le dialogue direct entre les ex-belligérants du conflit armé en Côte d’Ivoire.
Le Président Blaise COMPAORE, après avoir consulté le Secrétaire Général des Forces Nouvelles, Monsieur Guillaume SORO, les différents acteurs de la scène politique ivoirienne, ainsi que le Premier Ministre, Monsieur Charles Konan BANNY, y a marqué son accord et a préconisé que ce dialogue direct s’inscrive dans le cadre de la résolution 1721 (2006) adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 1er novembre 2006.
Au cours de leurs échanges, la Délégation de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire, conduite par Monsieur Désiré TAGRO, Conseiller Spécial du Président Laurent GBAGBO, Porte-parole de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire, et la Délégation des Forces Nouvelles, conduite par Monsieur Louis-André DACOURY-TABLEY, Secrétaire Général Adjoint des Forces Nouvelles et Ministre de la Solidarité et des Victimes de guerre, profondément attachées à une sortie heureuse de la crise en Côte d’Ivoire, ont procédé à une analyse de la situation intérieure.
Elles ont souligné l’impérieuse nécessité de construire la paix et la stabilité; de lutter contre l’insécurité grandissante, le chômage et la pauvreté; de restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national et de garantir la libre circulation des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national.
En raison de la responsabilité particulière qu’elles ont dans la conduite du processus de sortie de crise, les deux Parties au conflit armé en Côte d’Ivoire ont reconnu l’impérieuse nécessité de se mettre ensemble pour consolider la paix, promouvoir une véritable réconciliation nationale et parvenir à une normalisation politique et institutionnelle, à travers un dialogue permanent et une confiance mutuelle.
Après avoir identifié les problèmes rencontrés dans la mise en œuvre des Accords de Linas-Marcoussis, d’Accra et de Pretoria, ainsi que des Résolutions de l’ONU sur la Côte d’Ivoire, les Parties, en vue d’arrêter des décisions, ont réaffirmé:
- leur attachement au respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’intégrité territoriale et de l’unité de la Côte d’Ivoire;
- leur attachement à la Constitution;
- leur attachement aux Accords de Linas-Marcoussis, d’Accra et de Pretoria;
- leur attachement à toutes les Résolutions des Nations Unies sur la Côte d’Ivoire, en particulier aux Résolutions 1633 (2005) et 1721 (2006) du Conseil de Sécurité de l’ONU;
- leur volonté de créer les conditions d’élections libres, ouvertes, transparentes et démocratiques;
- leur volonté de mettre en commun leurs efforts et leurs énergies en vue d’un fonctionnement normal des Institutions de la Côte d’Ivoire et d’un retour à la normalité politique, administrative et militaire en Côte d’Ivoire.
Pour faciliter la mise en œuvre des Accords et des résolutions ci-dessus visés, notamment la Résolution 1721 (2006), les Parties ont arrêté les décisions suivantes:
I. DE L’IDENTIFICATION GENERALE
DES POPULATIONS
Les Parties signataires du présent Accord ont reconnu que l’identification des populations ivoiriennes et étrangères vivant en Côte d’Ivoire constitue une préoccupation majeure. Le défaut d’une identification claire et cohérente, de même que l’absence de pièces administratives uniques attestant l’identité et la nationalité des individus constituent une source de conflits. Elles ont, en conséquence, décidé de mettre fin à cette situation par les mesures suivantes :
1.1. La relance des audiences foraines d’établissement de jugements supplétifs d’actes de naissance
1.1.1. Les audiences foraines seront relancées sur l’ensemble du territoire national dès la mise en place du nouveau Gouvernement issu du présent Accord. Dans le but d’accélérer la délivrance des jugements supplétifs d’acte de naissance, les magistrats appelés à animer les nouvelles juridictions créées pour les besoins des audiences foraines seront nommés par décret présidentiel et dotés de moyens nécessaires pour leur mission.
1.1.2. Les opérations exceptionnelles d’audiences foraines qui dureront trois (03) mois délivreront uniquement des jugements supplétifs tenant lieu d’actes de naissance aux personnes nées en Côte d’Ivoire qui n’ont jamais été déclarées à l’état civil.
1.1.3. A l’occasion de la relance des audiences foraines, une campagne de sensibilisation, d’information et de mobilisation impliquant les acteurs politiques, les Etats Majors Militaires et la Société civile sera organisée pour inviter les personnes concernées à se présenter devant les juridictions foraines de leur lieu de naissance pour se faire délivrer un jugement supplétif tenant lieu d’acte de naissance.
1.1.4. Les Parties s’engagent à garantir la sécurité des opérations d’audiences foraines sur toute l’étendue du territoire national.
1.2. La reconstitution des registres de naissance perdus ou détruits
Parallèlement aux audiences foraines d’établissement de jugements supplétifs d’actes de naissance, les registres d’état civil perdus ou détruits dans certains centres d’état civil seront reconstitués conformément aux dispositions de l’Ordonnance du 17 janvier 2007 et de son Décret d’application qui devra être pris dans les meilleurs délais.
1.3. L’organisation d’une opération d’établissement de nouveaux titres d’identité (cartes nationales d’identité et titres de séjour)
Les Parties s’engagent à organiser une opération exceptionnelle d’établissement de nouveaux titres d’identité selon les modalités ci-après.
1.3.1. Identification ordinaire
1.3.1.1. Les Ivoiriens, assujettis à l’obligation de détention de la carte nationale d’identité, disposant d’un certificat de nationalité et d’un acte de naissance ou d’un jugement supplétif d’acte de naissance en tenant lieu, pourront bénéficier de la nouvelle carte nationale d’identité.
1.3.1.2. Les non Ivoiriens disposant d’un acte de naissance ou d’un jugement supplétif d’acte de naissance en tenant lieu et d’un document consulaire indiquant leur nationalité pourront bénéficier d’un nouveau titre d’identité correspondant à leur statut.
1.3.2. Identification sur la base de la nouvelle liste électorale
1.3.2.1. Dans un souci d’accélération de l’identification et compte tenu de la situation actuelle de l’Administration en Côte d’Ivoire et des nécessités subséquentes de la sortie de crise, les Parties conviennent de privilégier l’identification basée sur la liste électorale.
1.3.2.2. A l’issue des audiences foraines, la CEI procèdera, sur la base de la liste électorale de 2000, à un recensement électoral, avec collecte des données biométriques sur toute l’étendue du territoire national. Pourront s’inscrire sur la liste électorale les ivoiriens âgés de dix-huit (18) ans au moins, munis d’un extrait d’acte de naissance ou d’un jugement supplétif d’acte de naissance en tenant lieu.
1.3.2.3. Tous les citoyens qui se seront fait enrôler sur la liste électorale se verront délivrer un récépissé comportant leur numéro d’identification unique qui sera nécessaire pour le retrait de la carte d’électeur et de la nouvelle carte nationale d’identité.
1.3.2.4. Après la procédure de validation de la liste électorale par la CEI, un décret pris en Conseil des ministres autorisera l’attribution de la nouvelle carte nationale d’identité à tous ceux qui figureront sur la liste électorale définitive. Celle-ci servira de base de données commune pour la délivrance des nouvelles cartes nationales d’identité et de la carte d’électeur.
1.3.3. Normes sur les nouveaux titres d’identité
1.3.3.1. Les nouveaux titres d’identité seront infalsifiables, hautement sécurisés et comporteront un numéro d’identification unique pour chaque titulaire.
1.3.3.2. La confection et la délivrance des nouveaux titres d’identité seront assurées par l’Office National d’Identification (ONI), sous la supervision de la Commission nationale de supervision de l’Identification (CNSI).
1.3.3.3. Pour l’opération d’identification, le Gouvernement fera appel, avec l’accord des deux (02) Parties, à un opérateur technique désigné par décret pris en Conseil des Ministres.
II. DU PROCESSUS
ÉLECTORAL
Soucieuses de parvenir, dans les meilleurs délais, à une paix durable et à une normalisation politique et institutionnelle en Côte d’Ivoire, les Parties au Dialogue Direct réaffirment leur engagement à préparer, à l’issue de l’opération d’identification, des élections présidentielles ouvertes, démocratiques et transparentes, conformément aux accords de Linas-Marcoussis, d’Accra et de Pretoria. A cette fin, elles décident ce qui suit :
2.1. L’inscription sur la liste électorale.
2.1.1. Les Parties conviennent que l’inscription sur la liste électorale sera établie par l’Institut National de la Statistique (INS) et l’opérateur technique désigné par le Gouvernement pour l’identification. Ces deux opérateurs accompliront leur mission sous la responsabilité de la CEI.
2.1.2. Tous les citoyens ivoiriens en âge de voter pourront s’inscrire sur la liste électorale. A cet effet, ils devront se munir d’une des pièces suivantes : un extrait d’acte de naissance ou un jugement supplétif d’acte de naissance en tenant lieu.
2.1.3. Un décret pris en Conseil des Ministres fixera les modalités d’inscription sur la liste électorale conformément aux dispositions du Code électoral.
2.2. La publication de la liste électorale définitive
2.2.1. La liste électorale définitive, validée par la CEI, sera publiée conformément aux dispositions de l’article 11, al. 2 du Code électoral, ou par toute autre voie convenue par les Parties.
2.3. L’établissement et la distribution des cartes électorales
2.3.1. Après sa publication, la liste électorale définitive donnera lieu à l’établissement des cartes d’électeurs sous la responsabilité de la CEI.
2.3.2. La distribution des cartes d’électeurs sera assurée par la CEI à travers ses démembrements deux semaines au plus tard avant la date des élections, conformément à l’article 5 du Code électoral.
2.3.3. L’électeur qui n’aura pas pu retirer sa carte d’électeur dans le délai prévu dans le paragraphe ci-dessus pourra néanmoins voter avec sa nouvelle carte nationale d’identité, s’il est régulièrement inscrit sur la liste électorale.
2.4. Collaboration entre les structures intervenant dans le processus électoral
2.4.1. Dans un souci de transparence et d’efficacité, sous l’autorité de la CEI, l’INS et l’Opérateur technique désigné par le Gouvernement collaboreront pour l’établissement des cartes d’électeur.
2.4.2. Un décret pris en Conseil des ministres précisera les modalités de cette collaboration.
III. DES FORCES
DE DÉFENSE
ET DE SECURITÉ
DE CÔTE D’IVOIRE
Les Parties au présent Accord, conscientes que l’Armée nationale doit être le reflet de l’unité et de la cohésion nationales et la garante de la stabilité des institutions républicaines, se sont engagées à procéder à la restructuration et à la refondation des deux armées en vue de la mise en place de nouvelles forces de défense et de sécurité attachées aux valeurs d’intégrité et de moralité républicaine.
Un mécanisme spécial de restructuration et de refondation de l’Armée sera adopté par ordonnance pour fixer le cadre général d’organisation, de composition et de fonctionnement des nouvelles Forces de Défense et de Sécurité. En conséquence, les deux Parties décident de procéder à l’unification des deux forces en présence par la création d’une structure opérationnelle intégrée.
3.1. La mise en place d’un Centre de commandement intégré (CCI)
3.1.1. Dans un esprit de cogestion des questions liées à la Défense et à la Sécurité, les deux (02) Parties ex-belligérantes conviennent de créer un Centre de commandement intégré chargé d’unifier les forces combattantes en présence et de mettre en œuvre les mesures de restructuration des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire.
3.1.2. Le Centre de commandement intégré adoptera son organigramme et sera placé sous le commandement conjoint du Chef d’Etat Major Général des FANCI et du Chef d’Etat Major des FAFN. Il sera paritairement composé d’Officiers désignés par les deux (02) Chefs d’Etat Major.
3.1.3. Le Centre de commandement intégré aura pour missions essentielles :
- la contribution à l’élaboration de la politique de défense et de sécurité;
- la mise en œuvre du Programme National de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion (PNDDR), sous la supervision des Forces impartiales;
- l’opérationnalisation des tâches militaires et de sécurité liées au processus de sortie de crise;
- la sécurisation des audiences foraines, des opérations d’identification, ainsi que la sécurité du processus électoral;
- la mise en place d’unités militaires et paramilitaires mixtes;
- la coordination des mesures visant à garantir la protection et la libre circulation des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national.
3.2. Du Programme National de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion
3.2.1. Les Parties au présent Accord conviennent de procéder, dans les meilleurs délais, au désarmement des forces en présence conformément aux recommandations des Accords de Linas-Marcoussis et aux modalités prévues dans les accords militaires suivants :
- Le Plan Conjoint des Opérations du DDR (PCO) signé le 09 janvier 2004 et actualisé lors du séminaire sur le désarmement organisé du 02 au 06 mai 2005 à Yamoussoukro sous l’égide de la médiation Sud-Africaine;
- Le Programme national de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion (PNDDR/RC) et son chronogramme, adoptés le 9 juillet 2005 à Yamoussoukro;
- Les conclusions de la séance de travail tenue à Yamoussoukro le samedi 14 mai 2005 entre les Chefs d’Etat-major (CEM) des FDS et des FAFN.
3.2.2. Les Parties conviennent d’accélérer le démantèlement et le désarmement des milices.
3.2.3. Les Parties conviennent d’accélérer le processus de regroupement sur les dix sept (17) sites préalablement localisés et d’exécuter le chronogramme du PNDDR actualisé.
3.3. Le Service civique
3.3.1. Les deux (02) Parties conviennent que le Service civique, destiné à encadrer toute la jeunesse de Côte d’Ivoire et à la former en vue d’un emploi, accueillera également tous les jeunes qui se sont familiarisés avec le maniement des armes pour les besoins de la guerre, dans le but de les encadrer et de les former pour de futurs emplois civils ou militaires.
3.3.2. L’organisation et le fonctionnement du Service civique seront définis par décret pris en Conseil des Ministres.
IV. DE LA RESTAURATION DE L’AUTORITE DE L’ETAT ET DU REDEPLOIEMENT DE L’ADMINISTRATION SUR L’ENSEMBLE
DU TERRITOIRE NATIONAL
4.1. Fermement déterminées à parvenir à la normalisation politique et institutionnelle en Côte d’Ivoire, les Parties au présent Accord s’engagent à restaurer l’autorité de l’Etat et à redéployer l’administration et tous les services publics sur l’ensemble du territoire national.
4.2. Le redéploiement de l’administration et des services publics se fera par l’ensemble des ministères concernés, sous l’autorité du Premier Ministre, dès la suppression de la zone de confiance et l’établissement des postes d’observation. Le redéploiement de l’administration concernera l’ensemble des services publics, y compris les services sociaux de base, notamment ceux de l’éducation, de la santé, de l’eau et de l’assainissement.
4.3. La désignation des responsables des principaux services administratifs se fera après concertation entre les deux Parties.
4.4. Les Forces de Police et de Gendarmerie, comprenant les 600 éléments issus de l’Accord de Pretoria, seront chargées d’assurer la sécurité de l’ensemble du corps préfectoral et des services techniques déployés.
V. DU CADRE
INSTITUTIONNEL
D’EXECUTION
5.1. Les deux (02) Parties au Dialogue Direct exerçant un contrôle effectif, administratif et militaire, de part et d’autre de la zone de confiance, conscientes de leurs hautes responsabilités dans le fonctionnement de l’Etat et déterminées à parvenir à une normalisation politique et institutionnelle fondée sur la gestion concertée du pouvoir politique et la réconciliation nationale, décident de mettre en place un nouveau cadre institutionnel d’exécution.
5.2. Le Gouvernement de transition travaillera dans un esprit de concertation permanente, de complémentarité et d’ouverture aux autres forces politiques de Côte d’Ivoire pour aboutir à la réunification de la Côte d’Ivoire, au désarmement et à l’organisation d’élections ouvertes, transparentes et démocratiques, tels que prévus dans les différents accords et résolutions relatifs à la sortie de crise.
VI. MESURES VISANT
A CONSOLIDER
LA RECONCILIATION
NATIONALE, LA PAIX,
LA SECURITE ET ET
LA LIBRE CIRCULATION DES PERSONNES ET
DES BIENS
Afin de consolider la paix, la réconciliation nationale et la libre circulation des personnes et des biens, les Parties au Dialogue direct conviennent des mesures ci-après :
6.1. De l’embargo sur l’importation des armes
6.1.1. Les deux Parties au Dialogue direct conviennent de demander au Conseil de Sécurité des Nations Unies, avec le concours du Facilitateur et de la CEDEAO, la levée de l’embargo sur les armes qui pèse sur la Côte d’Ivoire dans un délai de trois mois après l’organisation de l’élection présidentielle.
6.1.2. Elles conviennent aussi de demander au Conseil de Sécurité de l’ONU, avec le concours du Facilitateur et de la CEDEAO, une autorisation spéciale immédiate d’importer les armements légers nécessaires au maintien de l’ordre et de la sécurité publique, sous le contrôle du Centre de commandement intégré visé dans le paragraphe 3.1. ci-dessus.
6.2. De la zone de confiance
6.2.1. Les deux Parties au Dialogue direct, dans le but de permettre la libre circulation des biens et des personnes, conviennent de demander aux Forces impartiales de la Licorne et de l’ONUCI la suppression de la zone de confiance, conformément au paragraphe A.4. du document portant «Gestion de la zone de confiance», dénommé Le «Code 14».
6.2.2. A titre transitoire, une ligne imaginaire, dite ligne verte, allant d’Est en Ouest suivant la ligne médiane de la zone de confiance, sera établie et sera jalonnée par des postes d’observation installés sur les axes d’infiltration. Les postes d’observation seront occupés par les Forces impartiales et seront réduits de moitié tous les deux mois jusqu’à leur suppression totale.
6.2.3. Des unités mixtes, composées paritairement des membres des FAFN et des FDS et chargées d’assurer les missions de police et de sécurité, seront déployées dans la zone de confiance. Ces unités seront supprimées avec la réforme et la restructuration de l’Armée.
6.3. De la loi d’amnistie
Afin de faciliter le pardon et la réconciliation nationale et de restaurer la cohésion sociale et la solidarité entre les Ivoiriens, les deux Parties au Dialogue direct conviennent d’étendre la portée de la loi d’amnistie adoptée en 2003. A cet effet, elles ont décidé d’adopter, par voie d’ordonnance, une nouvelle loi d’amnistie couvrant les crimes et délits relatifs aux atteintes à la sûreté de l’État liés aux troubles qui ont secoué la Côte d’Ivoire et commis entre le 17 septembre 2000 et la date d’entrée en vigueur du présent Accord, à l’exclusion des crimes économiques, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
6.4. Des sanctions
Les Parties au présent Accord conviennent de saisir l’Union Africaine, par l’intermédiaire de la CEDEAO, pour demander au Conseil de Sécurité des Nations Unies la levée immédiate des sanctions individuelles frappant les acteurs de la crise ivoirienne.
6.5. Du Programme d’aide au retour des déplacés de la guerre
Dans la perspective de la réconciliation nationale et de la normalisation politique et institutionnelle, les Parties au Dialogue direct conviennent de mettre en place, dans les meilleurs délais, un Programme d’aide au retour des déplacés de la guerre. Ce Programme vise à assurer la réinsertion sociale des personnes et des familles qui ont abandonné leur domicile ou leurs biens du fait de la guerre. Les deux (02) Parties conviennent de donner au Ministère technique concerné les moyens de mise en œuvre de ce Programme.
6.6. Du Code de bonne conduite
En raison de l’impérieuse nécessité d’apaiser et de moraliser la vie publique, d’instaurer un nouvel environnement politique en Côte d’Ivoire et d’éviter toute interprétation partisane et démagogique du présent Accord, les Parties s’engagent à observer un code de bonne conduite.
6.6.1. Les Parties s’engagent à organiser une vaste campagne d’information et de sensibilisation auprès des populations vivant en Côte d’Ivoire, afin de les amener à adhérer pleinement au processus de sortie de crise et de réconciliation nationale.
6.6.2. Elles s’interdisent toute propagande, notamment médiatique, tendant à nuire à l’esprit de la cohésion et de l’unité nationales. Elles font appel à la presse nationale et internationale pour qu’elle accompagne, de manière constructive, la consolidation de la paix et l’esprit de tolérance.
6.6.3. Les Parties s’engagent à entretenir entre elles un esprit de dialogue permanent basé sur la confiance mutuelle, à s’abstenir de toute attitude belligérante et outrageante et à appeler leurs militants respectifs à adopter des comportements empreints de respect et de retenue.
6.6.4. Elles conviennent de conjuguer leurs efforts en vue de renforcer l’éthique et la moralité républicaines au sein de leurs forces respectives, dans le respect de la dignité et des droits fondamentaux de la personne humaine. Elles s’engagent à conduire leurs forces respectives à travailler ensemble en bonne intelligence.
6.6.5. Les Parties s’interdisent toute utilisation abusive et contraire à l’esprit du présent Accord de la société civile et des organisations syndicales.
VII. DES MECANISMES
DE SUIVI ET
DE CONCERTATION
Aux fins du suivi du présent Accord et de la poursuite du Dialogue direct, les Parties conviennent de créer un Cadre permanent de concertation (CPC) et un Comité d’évaluation et d’accompagnement (CEA).
7.1. Le Cadre permanent de concertation (CPC)
Le Cadre permanent de concertation est un organe de veille et de Dialogue permanent dans le but de renforcer la cohésion nationale.
Il est composé ainsi qu’il suit :
- Monsieur Laurent GBAGBO, Président de la République;
- Monsieur Guillaume K. SORO, Secrétaire général des Forces Nouvelles;
- Monsieur Alassane Dramane OUATTARA, Président du RDR;
- Monsieur Henri Konan BEDIE, Président du PDCI;
- Monsieur Blaise COMPAORE, Président en exercice de la CEDEAO, en sa qualité de Facilitateur.
Hormis le Président Laurent GBAGBO et le Président en exercice de la CEDEAO, les autres membres du CPC ont rang de Président d’institution.
Le CPC est compétent pour examiner toute question relative au présent Accord.
7.2. Le Comité d’évaluation et d’accompagnement (CEA)
Le Comité d’évaluation et d’accompagnement est chargé de l’évaluation périodique de la mise en œuvre des mesures prévues dans le présent Accord. Il est également chargé de suggérer toutes dispositions pratiques et nécessaires à la bonne exécution du présent Accord.
Il est composé ainsi qu’il suit :
- Président : le Facilitateur ou son Représentant;
- Membres : trois (3) représentants pour chacune des deux (02) Parties signataires;
Les deux Parties conviendront, d’un commun accord, de l’élargissement du CEA à d’autres membres de la classe politique ivoirienne.
En outre, le Facilitateur fera appel à tout autre observateur, représentant de pays et d’organisations internationales ou interafricaine qu’il jugera nécessaire.
Le CEA est présidé par le Facilitateur ou son représentant. Il se réunit au moins une fois par mois en session ordinaire et, en tant que de besoin, en session extraordinaire, sur convocation de son Président.
Aux fins de l’exécution de sa mission, le CEA rendra compte au CPC de la mise en œuvre de l’Accord et en informera le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies.
VIII. DISPOSITIONS
DIVERSES ET FINALES
8.1. Les Parties s’engagent à s’en remettre à l’arbitrage du Facilitateur en cas de litige sur l’interprétation ou la mise en œuvre du présent Accord.
8.2. Les Parties conviennent de demander des troupes militaires africaines supplémentaires pour participer à la mission de paix des Forces impartiales en Côte d’Ivoire.
8.3. Le chronogramme joint au présent Accord en fait partie intégrante. Les Parties conviennent d’exécuter les opérations convenues conformément à ce chronogramme.
8.4. Le présent Accord entre en vigueur dès sa signature par les Parties. Les Parties conviennent de demander au Facilitateur, en sa qualité de Président en exercice de la CEDEAO, de saisir, par le biais de l’Union Africaine, le Conseil de Sécurité des Nations Unies aux fins d’entériner le présent Accord.
Fait à Ouagadougou,
le 04 mars 2007
Laurent GBAGBO
Président de la République
de Côte d’Ivoire
Guillaume Kigbafori SORO
Secrétaire général des Forces Nouvelles de la République
de Côte d’Ivoire
Blaise COMPAORE
Président du Burkina Faso,
Président en exercice de la CEDEAO,
Facilitateur
ANNEXE
CHRONOGRAMME DE MISE EN ŒUVRE
DE L’ACCORD DE OUAGADOUGOU
1. Signature de l’Accord politique de Ouagadougou
Jour J
2. Mise en place du Centre de commandement intégré
Commence deux (02) semaines après le jour J
3. Mise en place du cadre institutionnel d’exécution
Se fait quatre (04) semaines après la signature de l’Accord.
4. Formation du Gouvernement
Se fait cinq (05) semaines après la signature de l’Accord
5. Suppression de la zone de confiance et mise en place des unités mixtes
Commencent une (01) semaine après la formation du Gouvernement
6. Démantèlement des milices
Commence deux (02) semaines après la formation du Gouvernement et dure deux semaines
7. - Regroupement (rassemblement par unité des ex-combattants dans les sites de regroupement et stockage des armes sous la supervision des Forces Impartiales)
- Redéploiement de l’Administration
- Début des audiences foraines
Commencent deux (02) semaines après la formation du Gouvernement et durent trois (03) mois
8. Enrôlement en vue de l’inscription sur la liste électorale et de l’identification
Commence un (01) mois après le début des audiences foraines
9. Unification des forces en présence et enrôlement pour le Service civique
Commence quinze jours après le début de l’enrôlement
10. Etablissement et distribution des nouvelles cartes nationales d’identité et des cartes d’électeurs à partir de la liste électorale
Commencent à l’adoption officielle de la liste électorale définitive
11. Fin du processus DDR et organisation des élections
DIALOGUE DIRECT / REACTION DE M.BASILE BASSOLE MINISTRE DE LA SECURITE DU BURKINA FASO
Dimanche 4 Mars 2007
Vous avez mené la médiation au quotidien. On vous a vu à l’écoute des deux délégations. Le document a été signé aujourd’hui (ndlr : hier). Quels sont vos sentiments après cet acte historique ?
C’est vraiment un sentiment de satisfaction d’avoir réussi à conduire les négociations qui étaient par moment assez difficiles mais toujours dans un esprit très constructif. Je dois avouer que j’ai trouvé auprès des deux délégations une réelle volonté de sortie de crise. De trouver des solutions pour régler les problèmes essentiels dans l’accord que sont l’identification, le processus électoral, le désarmement qui sont des questions très essentielles. Evidemment comme il s’agit de questions très sensibles qui sont aussi liées à un environnement politique et social, les discussions quelques fois ont été assez difficiles. Jamais, jamais nous n’avons risqué un quelconque blocage.
DIALOGUE DIRECT / REACTION DE M.SORO GUILLAUME APRES LA SIGNATURE DE L'ACCORD DE PAIX A OUAGA
Dimanche 4 Mars 2007
Soro Guillaume (SG FN) : “La paix est possible en Côte d’Ivoire”
Dernière mise à jour : 04 Mar 2007 - 22:51 GMT
Ma joie est visible, j’imagine. Je voudrais dire que l’occasion est historique ; une double opportunité se pose aux Ivoiriens. Celle qu’offre la présidence que vous (Blaise Compaoré, du Burkina Faso) exercez à la tête de la CEDEAO, pays voisin immédiat de la Côte d’Ivoire, et celle qu’exerce le Président John Kufuor ( Ghana) à la tête de l’Union africaine, autre pays frère et voisin immédiat de la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, je voudrais dire que la paix est fortement possible en Côte d’Ivoire. Et les Forces nouvelles, par ma voix, s’engagent à appliquer l’accord qui a été signé dans un esprit de réconciliation, dans un esprit de paix.
DIALOGUE DIRECT / DISCOURS DU PRESIDENT BLAISE COMPAORE
Dimanche 4 Mars 2007
Discours du Président burkinabé à l’occasion de la cérémonie de signature de l’Accord Politique, hier, à Ouagadougou dans le cadre du dialogue direct inter ivoirien.
Ouagadougou, le 04 mars 2007
- Excellence Monsieur le Président Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d’Ivoire,
- Monsieur Guillaume SORO, Secrétaire général des Forces Nouvelles de la République de Côte d’Ivoire,
- Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies,
- Honorables Membres des Délégations ivoiriennes,
- Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs de Missions diplomatiques et consulaires,
- Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations internationales et inter africaines,
- Distingués Invités,
- Mesdames, Messieurs,
Le processus de règlement de la crise en Côte d’Ivoire a été jalonné par de nombreux accords et des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il s’enrichit aujourd’hui d’un nouvel accord : l’Accord politique de Ouagadougou qui couronne le dialogue direct entre les ex-belligérants dont la responsabilité devant l’histoire de la Côte d’Ivoire est immense.
Cet Accord marque incontestablement la volonté résolue des Parties de sortir d’une situation devenue insoutenable pour le Peuple ivoirien, et s’inscrit dans les attentes légitimes de la communauté internationale.
Mesdames, Messieurs,
Distingués invités,
En tant que Facilitateur de ce Dialogue direct, je me réjouis des acquis majeurs de cet Accord, bâti sur le consensus autour de la meilleure voie pour l’identification des populations et en vue de l’organisation d’élections libres, ouvertes, transparentes et démocratiques.
L’identification est un facteur déterminant de la stabilité et de la cohésion sociale de la Côte d’Ivoire. Le défaut d’une identification claire et cohérente, de même que l’absence de pièces administratives uniques attestant l’identité et la nationalité des individus constituent des sources de conflits.
Le processus d’identification consensuel contenu dans l’Accord contribuera, j’en suis persuadé, à mettre fin à de nombreuses frustrations et aux germes du conflit.
De la même manière, le processus électoral, préoccupation essentielle de toutes les forces politiques ivoiriennes, trouve dans l’Accord politique de Ouagadougou une solution convenable. Les Parties s’engagent à créer les conditions d’élections démocratiques, dans un environnement politique et social apaisé, notamment à travers des mesures permettant un enrôlement crédible et fiable sur la liste électorale. Je suis certain que la Communauté internationale, qui a fait du processus électoral la clef de la crise ivoirienne, n’hésitera pas à apporter son soutien à la mise en œuvre satisfaisante des mesures prévues dans ce sens par les Parties.
Honorables invités,
Mesdames, Messieurs,
L’Accord politique de Ouagadougou se veut également un cadre cohérent pour le retour progressif de la paix en Côte d’Ivoire. Il ouvre la voie à la restructuration et à la refondation de l’Armée, sur la base de l’unification des deux forces en présence.
A cet égard, la création d’un Centre de commandement intégré, la mise en œuvre du Programme national de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion, ainsi que la mise en place du Service civique visent à faire de l’Armée ivoirienne le creuset de l’Unité nationale et la garante de la stabilité des institutions républicaines.
L’Accord de Ouagadougou prévoit aussi le redéploiement de l’Administration sur l’ensemble du territoire national, des mesures de consolidation de la paix et de la sécurité, parmi lesquelles le Programme d’aide au retour des déplacés de la guerre et le Code de bonne conduite des Parties.
Je suis convaincu que la mise en œuvre diligente de ces mesures contribuera à soulager les populations de Côte d’Ivoire qui ont tant souffert des conséquences liées à la guerre et qu’elles permettront à la Côte d’Ivoire de reconquérir son leadership.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Secrétaire général des Forces Nouvelles,
Au nom de la Communauté Ouest africaine dans son ensemble et de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, qui m’a mandaté comme Facilitateur du Dialogue direct inter ivoirien, je tiens à vous féliciter pour les résultats auxquels nous sommes parvenus. En concluant cet Accord, vous vous êtes compris, vous enterrez définitivement la hache de guerre.
Et se comprendre, c’est simultanément mener un dialogue dont l’objectif n’est pas le pouvoir qui échoit à un gagnant, mais le mérite de toutes les Parties de se découvrir et de décider de cheminer ensemble pour la paix et la réconciliation.
La Communauté internationale, la Communauté africaine et le Peuple Ivoirien dans son ensemble, attentifs à ce consensus politique, qui redonne un nouvel espoir à la Côte d’Ivoire, vous en sauront infiniment gré.
L’éclat réel de l’Accord réside autant dans la pertinence de son contenu que dans votre détermination à le mettre en œuvre.
En décidant d’aller à la paix par l’application pleine et entière des mesures et des dispositions que vous avez librement et consensuellement convenues, vous donnez à la Communauté internationale et au Peuple de Côte d’Ivoire l’image de responsables politiques soucieux de l’avenir de leur pays.
Dans cette perspective, le Code de bonne conduite intégré dans l’Accord sera le gage du succès du processus de sortie de crise et l’engagement à entretenir entre les Parties un esprit de dialogue permanent fondé sur la confiance mutuelle.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Secrétaire général des Forces Nouvelles,
Il importe que la Communauté africaine et la Communauté internationale soutiennent les mesures prévues pour renforcer la paix.
Pour ma part, en tant que Facilitateur, je ne ménagerai aucun effort pour vous accompagner dans la mise en œuvre pleine et entière de cet Accord, dans l’intérêt supérieur de la Nation Ivoirienne.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Secrétaire général des Forces Nouvelles,
Le dialogue direct de Ouagadougou aura eu le mérite d’avoir jeté dans le vaste champ ivoirien la graine d’un esprit nouveau entre les acteurs politiques. Cette graine n’aura d’espoir de germer et de donner tous les fruits attendus que si elle bénéficie de l’adhésion de toute la communauté ivoirienne.
C’est pourquoi, à travers vous, j’invite le Peuple ivoirien, les Forces de Défense et de Sécurité, les Communautés coutumières et religieuses, les jeunes, les femmes, les travailleurs urbains et ruraux, la presse et la société civile de la Côte d’Ivoire à s’approprier le présent Accord et à œuvrer solidairement à la construction de la paix.
Mesdames, Messieurs,
Distingués invités,
Je voudrais saisir l’occasion qui m’est offerte, pour féliciter le Président GBAGBO pour son inspiration, Monsieur Guillaume SORO pour son courage politique, le Premier Ministre Monsieur Charles Konan BANNY et toute la classe politique ivoirienne pour leur disponibilité.
Je félicite également tous ceux qui ont travaillé à la gestation de l’Accord, en particulier les délégations représentant les deux Parties, les acteurs onusiens, la Communauté de Sant’Egidio et l’équipe de la Facilitation.
Je remercie particulièrement toutes les structures onusiennes, ainsi que les forces impartiales engagées depuis 2002 en Côte d’Ivoire et dont l’action a permis de stopper l’escalade de la violence et de créer progressivement les conditions d’un retour à la paix.
Les résolutions successives du Conseil de Sécurité des Nations Unies et tout particulièrement la résolution 1721 ont été sans doute le sillon de cette construction progressive de la paix. Il me plaît ici de saluer l’action déterminante des Nations Unies pour la sortie de crise en Côte d’Ivoire.
Je rends un hommage appuyé à toutes les femmes et à tous les hommes qui travaillent sans relâche, avec dévouement exemplaire pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire.
Mes remerciements s’adressent aussi à l’Union Africaine, à la CEDEAO et à toutes les organisations internationales qui ont œuvré au retour de la paix en Côte d’Ivoire.
J’exprime la profonde gratitude de la Communauté Ouest africaine au Nigeria, à la France, au Ghana, à l’Afrique du Sud qui ont abrité ou favorisé les rencontres successives inter ivoiriennes.
Je vous remercie.
SIGNATURE D'UN ACCORD DE PAIX A OUAGA / RETOUR DU PRESIDENT GBAGBO A ABIDJAN / INTERVIEW
Dimanche 4 Mars 2007
On vous a vu lever les points en signes de victoire, c’est vraiment la victoire ? Vous revenez avec la victoire de Ouaga ?
On revient avec la paix, c’est la victoire. C’est la victoire pour toute la Côte d’Ivoire. Nous avons eu des mois de belligérances, nous avons eu ensuite des années de total dénigrement. Cette année, je crois que cet accord que nous venons de signer est selon le mot de Soro Guillaume, l’accord de paix. Je souhaite qu’on ne donne pas un autre nom que l’accord de paix.
Donc, je suis un homme heureux, comblé, mais je ne sais même pas encore comment manifester ma joie et mon bonheur.
Très bientôt, je crois que quand nos esprits seront abaissés, je m’adresserai aux ivoiriens pour leur parler de cet accord historique, de cet accord de paix. Il y a longtemps que nous courons après l’accord de paix, et nous l’avons. Maintenant il nous faudra le mettre en pratique, nous avons dix mois pour tout boucler y compris les élections. Donc nous allons le faire. Voilà ce que je peux donner comme réponse à votre première question.
Monsieur le Président, pouvons-nous avoir un aperçu du contenu de l’accord ?
Je crois que vous l’aurez parce que le texte est destiné à être rendu publique. Seulement, il y a que nous devrions discuter directement avec ceux qui avaient pris les armes, nous venons de boucler cette discussion directe là. Ensuite nous devons faire concomitamment je voudrais dire, le service civique, le groupement des combattants, le stockage des armes et la levée de la ligne de partage intérieur qui est la zone de confiance. Donc nous sommes tombés d’accord là-dessus.
A quand un nouveau Gouvernement ?
L’accord le prévoit à peu près je crois, dans quatre semaines après la date de la signature.
Le nouveau Premier ministre est connu ?
Non ; on ne met pas les choses comme ça dans un accord. Mais pourquoi vous parlez d’un nouveau Premier ministre, on peut bien garder l’ancien.
Il y a eu beaucoup de bruits !
Oui mais laissez les gens faire du bruit et nous, on agit.
Excellence, il y a un problème qui s’est toujours posé, c’est le problème de la confiance. Pensez- vous réellement que la confiance est entre les deux parties et qu’on peut aller à la paix ?
Oui moi je crois, il y a en qui le disent : « Pourquoi vous n’avez pas commencé à discuter en 2002 ? » Mais c’est parce que le temps de la discussion n’était pas encore arrivé ! Quand une crise commence, chacun croit qu’il va vaincre l’autre. C’est pourquoi la paix entre la France et l’Allemagne n’a pas été signée pour la première guerre mondiale en 1915 mais en 1918. Et pour la deuxième guerre mondiale, elle n’a pas été signée en 1940 mais en 1945. Les propositions qu’on fait, ça dépend du moment où on les fait.
Et aujourd’hui, c’est le temps de la paix qui est arrivé parce que les armes ne peuvent plus avancer, parler et faire avancer quelqu’un. C’est ça qu’il faut comprendre en priorité. Et c’est pour quoi cet accord est plus important que ceux qui ont été signés avant. Puisqu’il est signé dans un moment où chacune des parties attendait un accord, vous comprenez ?
Je voudrais profiter de vos micros, comme je l’ai déjà fait à Ouagadougou pour remercier tous ceux qui nous ont aidés sur le chemin de la paix. Vous me permettez de commencer par Thabo Mbeki sans qui, je pense que toutes ces avancés n’auraient pas été possibles. Il a enseigné à la communauté internationale à nous faire confiance.
Il a expliqué les ressorts de la crise actuelle. Donc je voudrais vraiment le remercier.
Mais permettez moi naturellement de remercier tous les autres, le Président Eyadéma qui n’est plus de ce monde, il faut quand même rappeler sa mémoire. Le Président Obasanjo, le Président John Kufuor chez qui nous allons dans deux jours. Il faut féliciter aussi les français qui ont emmené des troupes sur le terrain et qui ont dépensé beaucoup d’argent.
Il faut remercier les gens de l’ONUCI ; j’ai eu l’occasion de le dire là-bas. Saluer Abou Moussa qui est le représentant aujourd’hui de l’ONU. Derrière lui, remercier tout le personnel de l’ONU et remercier l’ONU elle-même. C’est vrai que la crise ivoirienne est une crise mineure pour l’ONU. Mais l’ONU a quand déployé des forces et il faut la remercier et la féliciter.
Je voudrais remercier tous ceux qui nous ont permis d’aller progressivement vers cette sortie de crise, vers cet accord. Naturellement je remercie Guillaume SORO et ses amis Parce que j’ai fait des propositions le 19 Décembre, mais pour que ces propositions aboutissent aujourd’hui à un accord, il a fallu que ceux qui ont pris les armes acceptent cette proposition. Et je les remercie pour ça parce qu’on ne se marie pas tout seul, pour se marier il faut être deux au moins.
Mais je remercie en même temps tous ceux que j’ai consultés en Afrique, dans le monde, à l’ONU, en Côte d’Ivoire et qui ont donné leur accord au préalable avant que je parte parce que de telles propositions pour les faire, bien entendu, on ne peut pas se lever un matin et les faire sinon on reste tout seul avec ses propositions. Donc le préalable que nous avons fait nous a montré que tout le monde était en attente de telles propositions.
Donc je voudrais remercier ceux-là. Je voudrais remercier tous les Ivoiriens qui ont travaillé et qui nous ont aidés. Les Présidents des Institutions, parmi lesquels, actuellement le président Fologo qui nous a représenté mainte et mainte fois.
Je voudrais enfin remercier tous les Ivoiriens qui ont supporté la situation de crise et dire que bientôt je vais m’adresser à eux. Une nouvelle ère va commencer. Je vous remercie.
Propos recueillis par Joël-Landry et
transcrits par Jacqueline OUAGA.
GBAGBO et SORO signent un accord prévoyant un nouveau gouvernement
Le président ivoirien Laurent GBAGBO et le chef de la rébellion Guillaume SORO ont signé dimanche un accord prévoyant la formation prochaine d'un nouveau gouvernement et le départ à terme des Casques bleus de l'ONU et soldats français déployés dans le pays depuis la fin 2002.
Les deux leaders ivoiriens, dont les émissaires ont entamé des discussions le 5 février à Ouagadougou avec l'assentiment de la communauté internationale, se sont mis d'accord sur une série de mesures qui doivent être appliquées "dans les dix mois" à compter de dimanche.
Cet accord est le premier résultat du "dialogue direct" entamé début février à Ouagadougou entre le camp présidentiel et la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôlent chacun une moitié de la Côte d'Ivoire depuis une tentative de coup d'Etat des FN contre M. GBAGBO en septembre 2002.
L'"accord politique de Ouagadougou" a été signé peu après 12H30 (locales et GMT) par MM. GBAGBO et SORO, en présence du président burkinabè Blaise COMPAORE, médiateur de ce dialogue et de la crise ivoirienne, et du chef par intérim de la mission des Nations Unies en Côte d'Ivoire, Abou Moussa.
Ce texte d'une vingtaine de pages, lu à la presse par le ministre burkinabè des Affaires étrangères Youssouf Ouédraogo, prévoit la formation d'un nouveau gouvernement "cinq semaines après son entrée en vigueur" dimanche.
Le gouvernement ivoirien, qui inclut des membres de l'opposition et des rebelles, depuis les accords de Marcoussis de janvier 2003, est actuellement dirigé par Charles Konan Banny depuis sa nomination en décembre 2005 par la communauté internationale.
L'accord prévoit également la suppression progressive de la zone de confiance, un cordon démilitarisé qui s'étire d'est en ouest du pays.
Quelque 7.000 Casques bleus de l'ONU et 3.500 soldats français y sont déployés depuis sous mandat de l'ONU pour surveiller le cessez-le-feu entre les deux camps (présidentiel au sud, rebelle au nord) qui ont cessé les affrontements armés à la fin 2004.
"La zone de confiance sera supprimée pour permettre la libre circulation des biens et des personnes" et "remplacée par une ligne verte" avec des "postes d'observation" occupés par les Forces impartiales "dont le nombre sera réduit de moitié tous les deux mois jusqu'à leur retrait total", précise l'accord.
Le texte prévoit également la reprise de l'identification des populations en vue d'aller prochainement aux élections, sans cesse repoussées depuis la fin du mandat de M. GBAGBO en octobre 2005.
Il prévoit également à terme le désarmement, le démantèlement des milices et l'intégration des rebelles à la future armée ivoirienne, avec notamment la création d'un centre de commandement intégré (CCI) avec la participation des états-majors des deux armées loyalistes (FANCI) et nouvelles (FAFN).
Identification, préparation des élections, désarmement et réunification de l'armée ivoirienne sont prévus depuis des années par les divers accords internationaux et résolutions de l'ONU sur la Côte d'Ivoire, qui n'ont pu être appliqués jusqu'ici en raison des blocages politiques.
Lors de la cérémonie de signature, le président GBAGBO a "remercié tous ceux qui se sont investis (pour) raccommoder les fils momentanément distendus en Côte d'Ivoire", et s'est dit "fier" et "content" de cet accord.
"C'est la paix en Afrique et par l'Afrique. Tous les problèmes qui naissent en Afrique peuvent trouver des solutions en Afrique", a-t-il ajouté en estimant qu'"il est temps qu'on aille de l'avant, aux élections".
"Cet accord soulagera les souffrances du peuple ivoirien et permettra à la Côte d'Ivoire de reconquérir son leadership. En signant cet accord, vous vous êtes compris pour enterrer définitivement la hache de guerre", a lancé le président COMPAORE à l'adresse de MM. GBAGBO et SORO.
AFP
PRESIDENTIELLES 2007 AU SENEGAL
Dimanche 4 Mars 2007
Un moment viendra ou... il nous faudra puiser dans nos valeurs profondes pour sauver notre pays . On veut nous faire croire qu'un sénégalais sur deux a voté wade...
Machiavel croyait fermement que les masses etaient aveugles , et c' est vrai que beaucoup de sénégalais se demandent ce qui a pu se passer pour que Abdoulaye wade un quinquagénaire puisse avoir des scores exhorbitants... ce n'est point de l'amour je vous assure.. les jours qui suivront nous édifierons..un jour viendra il nous faudra agir pour sauver notre pays car ces gens sont prets a tout pour rester au pouvoir.
Faut-il féliciter Wade ?
Une importante question d'éthique se pose avec ces élections qui viennent de se dérouler au Sénégal. Effectivement les sénégalais ont fait preuve de calme pendant et après le scrutin qui attend encore ses résultats définitifs, mais tous les sénégalais ont pu constater que la fraude a été en amont et en aval de ces élections. Des années durant, cette fraude s'est préparée sous l'impuissance des sénégalais et des futurs candidats. Aucun sénégalais ne peut dire qu'il ne soupçonnait pas la fraude et cela dès les premiers actes posés par Abdoulaye Wade, des actes aussi parlants que la libération des assassins de Maître Seye et le vote de la loi Ezzan.
1er jalon posé dans route vers la fraude :
** le limogeage du Ministre de l'intérieur qui a permis une alternance démocratique en 2000, en l'occurrence le général Cissé, ....
SUITE 1
membre d'aucun parti et dont le travail a été salué par tous, membres au pouvoir comme opposition de l'époque
2ème jalon posé dans la route vers la fraude :
** La dissolution de l'ONEL dont le bon travail d'observation a permis une alternance pacifique en 2000
3ème acte posé dans la route vers la fraude :
** La dissolution du HCA et son remplacement par un très long vide jusqu'avant les élections de 2007
4ème jalon important posé dans la route vers la fraude
** La nomination de Ousmane Ngom comme Ministre de l'Intérieur et qui sera chargé d'organiser les élections. Il est membre du PDS et son avenir est directement lié à celui de Wade
5ème jalon posé dans la route vers la fraude :
** Le changement de l'ONEL par la Cena et l'imposition d'un président dont l'épouse est membre très active d'un parti en compétition, le PDS en l'occurrence.
SUITE 2
...... Qui va dénoncer sa femme aux autorités ?
6ème acte posé pour la matérialisation de la fraude
** Supprimer le fichier électoral qui avait permis l'alternance en 2000 et le faire refondre par Ousmane Ngom, membre du PDS qui en fera ce qu'il veut.
7ème acte posé toujours pour la fraude
** Le choix de la société qui fournirait les équipements et le système d'inscription des électeurs, DELARUE. Son représentant est au Sénégal depuis 2000 et partage toutes les sauces avec la famille du ministre de la justice C.T. SY qui est membre du PDS. Aussitôt DELARUE adjudicataire des marchés juteux de dizaines de milliards, la société SYGMA Technologie est créée pour la sous-traitance de ces marchés juteux. Derrière SYGMA, la famille SY et leurs amis du Ministère de l'Intérieur.
Une autre société avait été créée pour le transit et la distribution des milliards de surfacturation, HORIMEX en l'occurrence. Vous avez tous entendu ces noms dans un récent scandale éventé par Le Quotidien, impliquant directement Thierno Ousmane SY, conseiller du Président et fils du Ministre de la Justice.
8ème jalon posé dans la route vers la fraude :
** Les inscriptions d'électeurs dans la douleur car moins ils s'inscriront, mieux ce sera pour le régime qui trouve cette détermination suspecte
9ème jalon posé dans la route vers la fraude
** La distribution des cartes se fait dans le flou et le tripatouillage total. Ce n'est plus 3 jours d'attente, mais "repassez une autre fois" et cela pendant 17 mois pour certains
Des privilégiés bien identifiés par Ousmane Ngom bénéficient d'un traitement de faveur. ...
Délais très réduits et tracasseries moindres. Curieusement ils sont soit militants PDS où habitent dans des zones bastions du PDS.
Pour les autres, 10 à 17 mois d'attente pour les plus chanceux qui finiront par obtenir leurs cartes. Des centaines de milliers de sénégalais se sont vu refuser la délivrance des cartes
10ème jalon posé sur la route vers la fraude
** Audit du fichier électoral finalement autorisé qu'à quelques semaines des élections. Des doublons et inscriptions multiples sont trouvés malgré cette fameuse biométrie que tout le monde sait inexistante. C'est d'ailleurs pour cela que l'on a prétexté d'une "boîte noire" lorsque arrivait le moment de jeter un coup d'il par les auditeurs sur l'effectivité de cette biométrie.
11ème jalon posé sur la route vers la fraude
** Choix de l'encre. L'opposition propose une encre invisible qui est la plus efficace possible. Ousmane Ngom et son parti ne veulent curieusement pas du tout d'un procédé aussi sûr et prétextent que ce produit pourrait être, tenez-vous bien, cancérigène. En lieu et place le Ministre de l'intérieur impose une encre qui était supposée indélébile.
12ème jalon posé sur la route de la fraude :
** La carte électorale n'a été diffusée qu'à quelques jours des élections pour ne pas donner le temps matériel aux candidats de bien situer et de vérifier l'existence réelle de tous les bureaux de vote et ainsi de mieux déceler plus tard les éventuels bureaux fictifs.
Nous passons sur les dizaines de milliards soudainement à la disposition du PDS pour battre campagne et offrir des milliards aux pseudo marabout.
SUITE 6
Mamoune, Kara, Bethio se partagent à eux seuls 2 milliards
Voilà un résumé très loin d'être exhaustif des jalons posés qui ne permettent aucun doute sur la fraude à très grande échelle dont parlent certains candidats et la majorité des sénégalais. Malgré cela les sénégalais continuent de se mobiliser, comptant sur le gap très important à combler par la fraude. Wade et son Ministre de l'Intérieur ont réussi à réduire ce gap en retenant les cartes de centaines de milliers de citoyens. Il faut aussi dire que malheureusement, certains citoyens ont décidé de s'accommoder des fraudes, vols, mensonges, crimes, assassinats, délires du Président sortant, et c'est bien dommage car cela va dangereusement contribuer à la perte des valeurs au Sénégal. D'autres n'ont rien qui ne soit pas à vendre, conscience, dignité, honneur, patriotisme, amitié, fidélité, etc
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DIALOGUE DIRECT :/ SIGNATURE D'UN ACCORD POLITIQUE ENTRE LE PRESIDENT GBAGBO ET M.SORO GUILLAUME
Dimanche 4 Mars 2007
En présence du Président Blaise Compaoré, facilitateur du dialogue direct ivoirien, Le Président de la République, SEM. Laurent GBAGBO et Guillaume SORO, Chef de la rébellion armée, ont signé le dimanche 04 Mars 2007 aux environs de 12h30 à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, un Accord Politique destiné à mettre fin à plus de quatre ans de conflit.
Cet Accord de seize (16) pages prévoit entre autres
la mise en place d'un nouveau gouvernement dans les cinq (5) semaines à venir ,
la suppression progressive de la zone de confiance,
la reprise de l'identification de la population, deux (2) semaines après la formation du nouveau gouvernement (les audiences foraines délivreront uniquement des jugements supplétifs),
la création d'un Centre de Commandement Intégré (CCI) avec la participation des états-majors des FANCI et des FAFN,
la création d'un Comité Permanent de Concertation (CPC) regroupant les Présidents Laurent GBAGBO et Blaise COMPAORE, MM. Guillaume SORO, Henri KONAN BEDIE et Alassane Dramane OUATTARA (ces trois derniers auront rang de Présidents d'Institution).
Après la signature de l'Accord Politique de Ouagadougou, le Président Laurent GBAGBO a regagné Abidjan à 18h15.
A sa descente d'avion il a déclaré que cette victoire est celle de toute la Côte d'Ivoire.
Source "laurentgbagbo.net"
DIALOGUE DIRECT A OUAGA / SIGNATURE D'UN ACCORD POLITIQUE ENTRE LES FORCES NOUVELLES ET LE CAMP PRESIDENTIEL
Samedi 3 Mars 2007
Tout est fini à Ouagadougou. Après 25 jours de négociations entre la délégation du camp présidentiel et celle de la rébellion, la fumée blanche est sortie. Laurent Gbagbo et Guillaume procéderont à la signature de l'accord ce dimanche, sous le regard du médiateur Blaise Compaoré. Ouvert le 4 février dernier au centre de conférence de Ouaga 2000 dans la capitale burkinabé, le "dialogue direct" est maintenant dans sa phase finale.
C'est ce dimanche qu'aura lieu la signature final de l'accord, à en croire les proches collaborateurs du médiateur burkinabé.
La journée d'hier a, en effet, été consacrée essentiellement à la finalisation du préaccord qui a donné lieu à une confrontation directe entre les deux états major présents depuis lors à Ouagadougou. Le facilitateur Djibrill Bassolé, qui avait à ses côtés le Conseiller juridique Vincent Zakané, a tenu à ce que les travaux concernant cette phase finale des discussions se fassent au restreint, limitant la représentation à deux personnes par délégation. Ainsi, au niveau du camp présidentiel, on a noté la présence du chef de délégation Désiré Tagro et Konaté Navigué. Du côté de la rébellion, Dakoury Tabley, le chef de délégation était accompagné de Konaté Sidiki.
Ils ont travaillé sur le préaccord qui a subi des amendements d'une part des leaders de cette chaque partie et d'autre part du facilitateur. C'est ce document qui vient d'être approuvé par les délégations ivoiriennes à Ouagadougou au terme de la longue séance de travail qui a eu lieu hier dans la capitale burkinabé. Le chef de la délégation du camp présidentiel, Désiré Tagro s'est envolé aussitôt dans la soirée pour Abidjan où il doit présenter la mouture revue et corrigée du document qui doit servir d'accord final. Guillaume Soro, lui, est attendu à Abidjan dans le cadre d'une rencontre avec ses "alliés" du G7.
De sources proches de la rébellion, le leader du MPCI va rendre compte du résultat des 25 jours de discussions entre le camp présidentiel et la rébellion ivoirienne.
Il s'agira pour Guillaume Soro, comme ce fut le cas avant l'acceptation du principe même du "dialogue direct", d'avoir "l'avis" et surtout la "bénédiction" de ses alliés, avant la signature de l'accord final. Le ministre Désiré Tagro, après avoir consulté le Président Laurent Gbagbo, devrait retourner à Ouagadougou ce samedi où doit avoir lieu le paraphe du préaccord par les deux chefs de délégation. La cérémonie est prévue en fin de matinée au Centre de conférence de Ouaga 2000. Ce n'est que le lendemain, de sources proches de la présidence burkinabé, que la signature définitive de l'accord aura lieu entre le Président Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, le leader de la rébellion ivoirienne. Par ailleurs, la rencontre de ce dernier avec le directoire du G7 consistera également à faire endosser cet accord aux leaders de l'opposition ivoirienne notamment Alassane Dramane Ouattara du RDR et Henry Konan Bédié du PDCI. Serait-ce l'occasion idéale pour éteindre le feu qui couve entre ces chefs de partis mis à l'écart du "dialogue direct" et le Secrétaire général du MPCI? Attendons de voir.
ROBERT KRA,
Envoyé spécial à Ouagadougou
La France pour le renforcement de la feuille de route de Banny
En marge de la 13è réunion du Groupe de Travail international (GTI), le ministre français délégué à la Coopération, Brigitte Girardin, a rencontré hier le chef de l'Etat comme annoncé depuis Ouagadougou. Accompagnée de André Janier, ambassadeur de son pays en Côte d'Ivoire, Mme Girardin a été reçue en audience pendant une demi-heure par le chef de l'Etat, SEM Laurent Gbagbo.
Au sortir de cette entrevue qui a eu pour cadre le Palais présidentiel au Plateau, la ministre française a confié à la presse quelques points de ses échanges avec Laurent Gbagbo, et révélé les attentes de la France, s'agissant du dialogue direct. Le processus de crise a donc essentiellement meublé l'audience selon la visiteuse. Qui se dit "optimiste" en ce qui concerne l'issue des débats ivoiro-ivoiriens qui se déroulent de façon "favorable", sous la houlette du Président Blaise Compaoré, médiateur dans la crise ivoirienne. Brigitte Girardin a également indiqué que l'accord qui va sanctionner les discussions entre le camp présidentiel et la rébellion est "quasiment bouclé", et qu'il "va permettre à la Côte d'Ivoire de tourner la page de cette crise".
Se félicitant par ailleurs de ce que "les Ivoiriens se soient appropriés les dispositifs qui ont été mis à leur service " par la communauté internationale, elle a dit espérer que les conclusions des travaux de Ouaga servent à la mise en œuvre du processus de paix à proprement dit.
"J'espère que dans ces conditions, nous, communauté internationale, n'auront plus rien à faire puisque les Ivoiriens auront vraiment pris en charge cette sortie de crise en s'appropriant les moyens qui auront été mis en place, dans le cadre des différents accords ", s'est-elle résumée, avant de lever un coin de voile sur les attentes de la France.
Les résultats de Ouaga devraient faciliter l'exécution de la feuille de route confiée au Premier ministre Charles Konan Banny, espère-t-on à l'Elysée. La représentante de Paris au GTI a ainsi clairement dit que " cette feuille de route a besoin d'être précisée dans ses modalités, pour que concrètement sur le terrain de bonnes volontés puissent faire avancer le processus ".
Invitée à situer l'opinion sur l'éventualité de la succession de Guillaume Soro à Charles Konan Banny, la ministre a dit ne " pas (avoir) entendu une telle hypothèse " à Ouaga. En revanche, elle a exprimé le profond intérêt de son pays pour la résolution du problème ivoirien.
" La France est le pays le plus intéressé à ce que cette crise soit terminée, parce qu'elle coûte 250 millions d'euros par an aux contribuables français ", a-t-elle ressassé. Et de conclure sur ce même point en ces termes :
"Nous sommes très pressés de mettre fin à notre engagement très lourd en ressources humaines et d'un point de vue financier. Donc nous n'avons aucune honte que les choses soient rapidement normalisées en Côte d'Ivoire".
Bidi Ignace
Source "Le Matin"
SENEGAL / APRES SA CONFERENCE DE PRESSE M.MOUSTAPHA NIASSE CANDIDAT AUX PRESIDENTIELLES 2007 REPOND A S.E.MAITRE WADE
Samedi 3 Mars 2007
Moustapha Niasse, candidat malheureux de la présidentielle de 2007, de la coalition Alternative 2007, a fait face à la presse hier à son Qg.
Pour tirer le bilan de sa participation, et dégager des perspectives. Mais les journalistes l'ont interpellé sur les accusations faites avant-hier, par le candidat élu, Me Abdoulaye Wade. Avant d'apporter des réponses à ces accusations, Niasse a analysé la sortie de Me Wade.
Et c'est dans ce cadre qu'il a rangé les menaces et accusations de Wade. Pour lui, le problème de fond, c'est que «Me Wade n'aime pas avoir en face de lui quelqu'un contraire à lui».
Et il n'admet pas que Niasse et Cie soient en face de lui. C'est ce qui explique selon Niasse qu'il ait tenté pendant deux ans de les voir tous le soutenir, pour ne pas avoir devant lui des adversaires à l'élection.
Il a demandé cela à Amath Dansokho, Madior Diouf… «Quand on n'aime pas l'adversité, on ne l'admet pas», déclare Niasse avant d'ajouter qu'il fait partie «des personnes qu'on ne digère pas». Et c'est ce qui explique «les menaces que Wade a proférées contre des adversaires irréductibles».
Mais Niasse l'informe qu'il aura toujours en face de lui des adversaires.
Même si «Senghor ne l'a pas appris comment faire face à un leader politique national, qui fait des imprécations, des invectives, qui vilipende ses adversaires, et les salit pour qu'ils soient comme lui». Et prévient qu'il a des dossiers avec lui, et est prêt à les amener devant la justice. C'est le cas des 26 passeports diplomatiques vendus à la famille du défunt rebelle Angolais Jonas Savimbi
Les Passeports chinois !
Parlant de passeports, Niasse est revenu sur les passeports de service chinois. «C'est le décret du 8 juin 1995, n°644, élaboré selon les procédures de l'Etat, par le Président Abdou Diouf lui-même, après consultation et séance de travail du Foreign Office à Londres, pour créer à l'instar de 28 autres Etats, un fonds de développement et d'investissement. Ce, dans la perspective de voir plus tard, Hongkong dans le juron territorial, et juridique en tant que nation de la Chine de Pékin». Raconte Niasse.
Il déclare que c'est 29 Etats qui ont créé ce fonds, le Fonds de développement au Sénégal (Fodes).
Il avait un compte à la City Bank de Hongkong. Et sur ce compte, il n'y avait qu'une signature, celle du ministre de l'Economie et des Finances.
Les Chinois de Hongkong qui voulaient aller investir aux Usa ou au Canada, ou au Sénégal s'inscrivaient auprès d'un bureau ouvert à Hongkong.
Un ambassadeur avait été nommé par décret, Georges Faye, qui est à Thiadaye à la retraite.
«Chaque Chinois qui voulait accéder au fonds américains devait payer Un million de dollars, selon les textes américains. Et cinq cent mille dollars pour le Canada. Autant pour les autres pays. Et des documents de voyage étaient délivrés par Washington pour les Chinois qui adhèrent au fonds américain. Des documents français étaient donnés aux Chinois, de même que le Canada, l'Allemagne et le Sénégal. Il est posé dans le décret que des passeports de service seront délivrés aux Chinois qui seront sélectionnés au fonds sénégalais. C'est dans le décret. Et tout Chinois qui adhère à ce fonds avait un passeport de service. La liste de tous ces Chinois a été établie avec leurs photos, date et lieu de naissance et les passeports étaient délivrés au Ministère des Affaires étrangères. Comme le faisaient les 28 autres Etats.
Et quand j'ai passé le service à Jacques Baudin quand je quittais le gouvernement, le 4 juillet 1998, le dossier du Fodes était le dossier 3B. Il a été ouvert examiné et fait l'objet d'un procès-verbal.
Il n'y a eu que deux versements au Fodes, l'un était de 600 millions. Il a été fermé 29 septembre 1998», raconte Niasse.
Les deux maisons de Fann !
Il ne s'est pas limité aux passeports chinois car il veut que tout soit connu de tous les Sénégalais.
A propos de sa maison, il signale qu'il «a plusieurs maisons, parce qu'il est productif et producteur de revenus. Il n'a jamais compté sur l'activité politique pour faire vivre sa famille. «La maison de Fann, où j'ai souvent reçu Wade, était sur une liste de 29 maisons», déclare Niasse. Il raconte qu'en 1973, l'Etat avait décidé que «ces maisons devaient être vendues à des cadres qui pouvaient les acheter». Ces maisons ont été vendues entre un million et demi et deux millions et demi. Le 13 mars 1973, une seule a été vendue à dix-neuf millions neuf cent mille. C'était celle de Niasse. «La vente a fait l'objet d'un arrêté, listé, avec description et prix de la maison. Et c'est grâce Léopold Sédar Senghor», précise Niasse. Il a mis dix ans à payer la maison. Il ajoute que «c'est Wade qui regarde les maisons mais moi…». Il détient le titre foncier et la preuve qu'il l'a payée en 122 mensualités. Mais il a décidé que «si Wade veut la maison il va la lui offrir». Et est prêt à aller habiter ailleurs car, il possède des maisons. Y compris celle qui se trouve derrière sa maison. Celle-là il l'a achetée, en 1999, à 220 millions au gouvernement béninois. La Banque mondiale y construit ses bureaux.
Je continue la lutte politique
Niasse fait partie de «cette catégorie d'hommes qui ne connaissent ni la résignation, ni le découragement et qu'aucun stress de nature politique ne peut parvenir à déstabiliser».
Et malgré les résultats du scrutin, que ni lui ni sa coalition ne reconnaissent, Niasse a décidé de continuer de «demeurer actif dans l'espace du terrain politique».
Il le fait «pour la jeunesse du Sénégal, pour ses femmes, pour ses élites et ses cadres, pour ses paysans et ses travailleurs». Pour lui, le combat continue, «avec une vitalité renouvelée, pour que le Sénégal, qui appartient davantage aux générations à venir, voie s'extirper de ses veines les germes de la décadence et les motifs de déchéance morale que tente d'y introduire des comportements, des attitudes et des pratiques que la morale condamne irrémédiablement».
Il y a eu falsification électronique
Le scrutin du 25 février n'a pas été remporté, mais il a été emporté. C'est l'avis du candidat de la coalition Alternative 2007. Il se refuse à saisir le Conseil constitutionnel, par ce que pour lui cela ne sert à rien. Car la majorité de Wade «a été préfabriquée». La preuve, c'est que Wade et Ousmane Ngom connaissaient les quotas avant la publication des résultats. Grâce à une «falsification électronique». Et à cela il a ajouté «l'inefficacité de la Céna, le formatage du code électoral, l'opacité du fichier qui n'a pas été publié quinze jours avant le scrutin, l'achat des consciences, les bureaux de vote et la distribution sélectifs des cartes… » Autant d'éléments qui lui font dire que «la vérité, un jour, apparaîtra aux yeux de tous».
Source "L'Observateur"
SENEGAL / PRESIDENTIELLES 2007 / INTERVIEW DE M.VILANE CHARGE DE COMMUNICATION DU PARTI SOCIALISTE SUR LES RESULTAS ET LA VICTOIRE DU PRESIDENT WADE
Samedi 3 Mars 2007
Entretien avec Abdoulaye WILANE, chargé de communication du PS : «Wade sait qu'il est toujours minoritaire dans ce pays»
A propos de victoire du candidat Wade, Abdoulaye Wilane, chargé de communication du Parti socialiste (PS), parle d'un achat de consciences et de micmacs qui auraient abouti au succès de la coalition Sopi 2007. Au-delà de cette question-là, il passe à la loupe ces échéances électorales et la nouvelle recomposition du landernau politique.
Source : Le Quotidien.
Nonobstant les recours que vous avez faits, pouvez-vous nous faire une analyse de la défaite de votre parti ?
L'aboutissement du processus électoral est à analyser en tenant compte des failles, des manquements, des imperfections qui sont congénitales à tout ce qui a caractérisé le processus électoral. Depuis la refonte totale du fichier électoral jusqu'à nos jours, nous avons accumulé pas mal de fautes politiques de la part de l'opposition, de laisser aller de la part des citoyens, et qui assemblés, ont fait le lit de ce coup de force.
Au finish, nous avons eu des résultats qui laissent apparaître une avance que Wade a prise sur ses concurrents. Et cela, du fait qu'il y a d'abord la fiabilité du fichier qui pose problème, mais aussi celui de manque de formation des représentants des partis. Et ça s'est ressenti dans les bureaux de vote. A cela s'ajoute le démarrage tardif dans certaines localités où le scrutin a été prolongé au-delà de l'heure réglementaire de fermeture qui était 18 heures. A Fatick, il paraît que les gens ont voté jusqu'à 1 heure du matin. Dans des circonstances pareilles de pénombre, il était difficile de contrôler les ordres de mission des citoyens qui sont venus voter à ces heures.
Autre phénomène, à Kaffrine, une dame a été prise en flagrant délit de détention de plus d'une vingtaine de cartes d'électeurs et de cartes d'identité, parce que simplement elle soudoyait des gens. Quand elle a été signalée, au début le préfet a voulu régler le problème à l'amiable, le député Babacar Gaye est intervenu pour la protéger ; donc, elle agissait pour le compte du Pds. C'est pour vous dire que le cas que nous avons vécu à Kaffrine à l'école VI avec une dame connue, identifiée, peut être en quantité industrielle dans toutes les localités du Sénégal. Donc, ces résultats, ce sont des bulletins de vote qui ont été décomptés après dépouillement. Qu'est-ce qui a été à l'origine de cette victoire inexplicable sur le plan rationnel ? L'achat des consciences. Wade a gagné les élections, mais il demeure minoritaire dans ce pays. C'est ce qui lui vaut ces sempiternelles lamentations vis-à-vis de la presse ou bien ses diatribes angoissées qu'il a prononcées vis-à-vis de ses adversaires politiques, Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Idrissa Seck, Amath Dansokho et autres.
N'est-ce pas-là une déception pour tous ceux qui attendaient le Ps, en vertu de la très forte impression qu'il a faite, même à certains analystes politiques ?
Non, j'ai dit les failles, les manquements, là où on a pioché par rapport au processus électoral et au système électoral sénégalais. Je vous ai dit comment Wade a acheté sa victoire. Pour nous, Wade n'a pas gagné. La preuve que Wade n'a pas eu de victoire, que celle-ci a été achetée, c'est qu'il n'y a pas eu de déferlement populaire.
Wade fait exprès : au moment où il cherche à disculper son fils, à expliquer ce qu'il a eu à faire, à le présenter comme un homme propre, qui travaille bien, allant jusqu'à le présenter comme potentiel successeur, c'est simplement qu'il n'est pas convaincu que sa victoire va lui permettre d'avoir une nouvelle majorité. Il est facile de voler un tam-tam, mais il est difficile de trouver un endroit où pouvoir le battre sans pour autant qu'on soit prit pour flagrant délit de vol. Wade a volé une victoire, mais il ne sait pas quand il va y avoir une irruption volcanique du peuple sénégalais qui va l'emporter hors du pouvoir.
Mais avec ce discours, n'avez-vous pas l'impression d'être en déphasage avec le peuple. Est-ce qu'il va suivre ? Jusqu'à la preuve du contraire, il semblerait que c'est lui qui a voté pour le candidat Wade. Et puis aucune preuve valable de l'opposition ne démontre jusque-là que les élections ont été truquées…
Ce genre de victoire, d'attitude n'est pas solide. Ça ne résiste pas au temps, à la réalité. Abdoulaye Wade est dans une situation d'inquiétude. Pour qui sait analyser un discours politique, ce que Wade a dit à travers son point de presse, laisse transparaître une envie de travailler avec le Ps et Ousmane Tanor Dieng. Il a d'ailleurs tiré sur tous ceux qui l'ont soutenu en 2000 et qui l'ont quitté et il s'est plus appesanti sur un de ses fils politiques Idrissa Seck ; mais, en vérité quand on sait détecter les non-dits d'un discours, Ousmane Tanor Dieng est aujourd'hui l'interlocuteur d'Abdoulaye Wade. Aujourd'hui, si les voix qui étaient allées avec Robert Sagna étaient toujours au Ps, personne n'aurait pu empêcher à Ousmane Tanor Dieng d'être le n°1 face à Wade.
Mais à l'interne, est ce que nous n'allons pas vers un affaiblissement du leadership de votre premier secrétaire Ousmane Tanor Dieng avec cette défaite ? Surtout qu'il y a eu Robert Sagna, Abdourahim Agne et consorts qui l'ont déjà contesté à la tête de la formation avant de partir…
Ousmane Tanor Dieng, candidat du Ps, a engrangé plus de 400 mille voix, là où Robert Sagna n'a même pas eu 100 mille. A Ziguinchor, vous avez vu que Robert n'a pas pu gagner les élections et les élections de 2007 ont démontré que ceux qui gagnaient les élections là-bas c'est soit le Ps ou la coalition où il est. Tanor Dieng n'a pas été affaibli et le parti qu'il dirigeait en 2002 avait eu 326 mille voix. En son temps, Abdourahim Agne était avec nous, Robert Sagna et Abdoulaye Mactar Diop, mais aujourd'hui, Tanor, à lui seul, a engrangé plus de 450 mille voix. Il est aujourd'hui la force politique qui monte crescendo.
Lors de son point de presse, le président de la République a exhumé le dossier des licences de pêche et n'exclue pas la possibilité qu'il y ait des poursuites judiciaires à l'endroit de votre premier secrétaire…
Cela relève d'une stratégie politicienne faite de diversion et de bluff. Wade est toujours et encore en campagne électorale. Dans tous les cas, il n'y a que du faux dans ce discours. Si Wade avait des preuves, il aurait emprisonné Ousmane Tanor Dieng depuis le début. Il sait bien que la seule force politique qui l'empêche de dormir et qui est restée constante est le Ps. Nous disons à ceux qui pensaient être porteurs de projet comme Robert Sagna et tous ceux qui l'ont soutenu que nous leur tendons la main pour, ensemble, que nous puissions construire l'avenir.
A la sortie des résultats finaux, Idrissa Seck est venu devant Ousmane Tanor Dieng…
(Il coupe) Mais, savez-vous qu'Idrissa Seck est venu devant le Ps parce que tout simplement dans certaines localités, il a eu les mêmes avantages que Wade ? Le même phénomène d'achat et de manipulation des consciences, a bénéficié à Idrissa Seck.
Il n'a pas un parti structuré ; il a un mouvement de sympathie. Le phénomène de la nouveauté, l'attractivité et son discours mielleux ont charmé plus d'un, sans compter le Ndigueul qu'il a eu. Il a dû aussi bénéficier de la stratégie du Pds car, ses amis sont encore tapis sous l'ombre du Pds. Partout où les gens ont travaillé pour Wade, ils ont aussi travaillé pour Idrissa Seck.
L'aboutissement du processus électoral est à analyser en tenant compte des failles, des manquements, des imperfections qui sont congénitales à tout ce qui a caractérisé le processus électoral. Depuis la refonte totale du fichier électoral jusqu'à nos jours, nous avons accumulé pas mal de fautes politiques de la part de l'opposition, de laisser aller de la part des citoyens, et qui assemblés, ont fait le lit de ce coup de force.
Au finish, nous avons eu des résultats qui laissent apparaître une avance que Wade a prise sur ses concurrents. Et cela, du fait qu'il y a d'abord la fiabilité du fichier qui pose problème, mais aussi celui de manque de formation des représentants des partis. Et ça s'est ressenti dans les bureaux de vote. A cela s'ajoute le démarrage tardif dans certaines localités où le scrutin a été prolongé au-delà de l'heure réglementaire de fermeture qui était 18 heures. A Fatick, il paraît que les gens ont voté jusqu'à 1 heure du matin. Dans des circonstances pareilles de pénombre, il était difficile de contrôler les ordres de mission des citoyens qui sont venus voter à ces heures.
Autre phénomène, à Kaffrine, une dame a été prise en flagrant délit de détention de plus d'une vingtaine de cartes d'électeurs et de cartes d'identité, parce que simplement elle soudoyait des gens. Quand elle a été signalée, au début le préfet a voulu régler le problème à l'amiable, le député Babacar Gaye est intervenu pour la protéger ; donc, elle agissait pour le compte du Pds. C'est pour vous dire que le cas que nous avons vécu à Kaffrine à l'école VI avec une dame connue, identifiée, peut être en quantité industrielle dans toutes les localités du Sénégal. Donc, ces résultats, ce sont des bulletins de vote qui ont été décomptés après dépouillement. Qu'est-ce qui a été à l'origine de cette victoire inexplicable sur le plan rationnel ? L'achat des consciences. Wade a gagné les élections, mais il demeure minoritaire dans ce pays. C'est ce qui lui vaut ces sempiternelles lamentations vis-à-vis de la presse ou bien ses diatribes angoissées qu'il a prononcées vis-à-vis de ses adversaires politiques, Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Idrissa Seck, Amath Dansokho et autres.
N'est-ce pas-là une déception pour tous ceux qui attendaient le Ps, en vertu de la très forte impression qu'il a faite, même à certains analystes politiques ?
Non, j'ai dit les failles, les manquements, là où on a pioché par rapport au processus électoral et au système électoral sénégalais. Je vous ai dit comment Wade a acheté sa victoire. Pour nous, Wade n'a pas gagné. La preuve que Wade n'a pas eu de victoire, que celle-ci a été achetée, c'est qu'il n'y a pas eu de déferlement populaire.
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