Mai 2006

COTE D'IVOIRE / DISCOURS DU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN BANNY SUR LA NATIONALITE

Jeudi 25 Mai 2006

Ivoiriens, Ivoiriennes,
chers compatriotes;
chers frères africains
qui vivez en Côte d'Ivoire;
chers amis non Africains
qui vivez en Côte d'Ivoire.
Il y a presque une semaine, lundi 8 mai, de retour d'un long voyage à l'étranger, j'ai indiqué, à la faveur d'une rencontre brève avec la presse nationale et internationale, que très bientôt le gouvernement, que j'ai l'honneur de diriger, prendra des initiatives qui nous permettront d'entrer dans la phase active du programme de sortie de crise. Depuis mon retour, dès le lendemain et après avoir rendu compte de ma mission au Chef de l'Etat et après l'avoir informé des grandes lignes de l'initiative que le gouvernement prendrait; depuis lors, les équipes techniques gouvernementales et autres, et tous ceux qui nous aident dans la mise en œuvre du programme de sortie de crise, n'ont pas chômé, comme on le dit communément.
En d'autres termes, tout le monde a travaillé dur pour parfaire la mise en œuvre pratique du programme de sortie de crise. Aujourd'hui, j'aimerais, en m'introduisant chez vous, vous livrer les premières conclusions et les actions qui vont être entreprises très prochainement.
Mais avant, permettez-moi de vous dire que, ni vous, ni moi n'avons perdu du temps. Depuis que j'ai été désigné pour assumer ces fonctions, je vous ai dit que notre pays traversait une grave crise de confiance.
En le disant, je partais de l'hypothèse que même dans les familles les plus unies, il peut y avoir des disputes.
Mais, que ces disputes-là prennent fin dès lors que le destin commun est partagé; et que la conscience de la communauté de destin est forte chez chacun des membres de la famille. Si donc la confiance nous a quittés un instant, il fallait tout faire pour la faire revenir. C'est ce à quoi je me suis attaché. C'est ce à quoi je me suis livré avec vous, avec tout le monde, avec tous les Ivoiriens, avec tous les acteurs de la crise, par le dialogue, par l'explication, par la persuasion. Et, en demandant aux uns et aux autres de se tenir prêts, de manière résolue, de manière déterminée, à emprunter le chemin de la paix.
Mais, nous savons que ce chemin de la paix, qui soit dit en passant, a été préparé, au plan technique, par le gouvernement précédent et tous les acteurs, pendant trois ans; ce chemin de la paix qui a été balisé, il fallait l'emprunter sans détour, et sans retour. C'est-à-dire dans la confiance. On ne peut plus se contenter d'aller-retour.
Il faut aller de l'avant.
Le programme de sortie de crise comporte trois ou quatre volets importants: le désarmement, l'identification, le redéploiement de l'administration, l'organisation des élections. L'organisation des élections étant le seul moyen qui nous permet de rétablir la République dans la démocratie et d'assurer la pérennité de la paix par la solidité des Institutions. Pour entreprendre un tel programme, il faut bien trouver une porte d'entrée. Et pour nous assurer que cette porte d'entrée-là sera suffisamment large pour être emprunter par tous les acteurs, nous avons dit que cette porte d'entrée, ce sera la réalisation concomitante, simultanée, en même temps comme on dit chez nous, des opérations de désarmement, de l'identification; ou si vous le voulez, d'identification et de désarmement.
Mais, ces questions qui sont importantes, qui doivent être résolues pour nous permettre d'organiser des élections justes, libres et transparentes, méritaient que des séances de travail soient organisées, que tout au long de l'organisation de ces séances de travail, on s'assure qu'il n'y aura pas de retour en arrière. C'est-à-dire que la confiance sera consolidée. C'est ce à quoi nous nous sommes livrés aujourd'hui.
Tous les acteurs réunis, depuis mon retour, ont décidé, et je vais vous faire l'annonce, que cette porte d'entrée commencera par l'organisation des audiences foraines.
Mais que, simultanément, concomitamment, des actions précises du côté du programme de désarmement seront donc engagées. Audiences foraines pour l'identification, début du DDR par le pré-regroupement des ex-combattants. Voilà la simultanéité complètement.
Voilà la concomitance en termes de début de l'opération.
Voilà la concomitance en termes de porte d'entrée dans le programme, par l'organisation simultanée des audiences foraines, début de l'identification et le pré-regroupement, début du désarmement et de la réinsertion. Aujourd'hui donc, je voudrais vous dire que le 18 mai, des audiences foraines seront organisées sur sept sites pilotes, qui ont été choisis pour être un échantillon représentatif de ce qui va être fait à grande échelle. Le ministre de la Justice, le lundi 15 mai (aujourd'hui, ndlr), rencontrera la presse, il s'adressera aux citoyens de Côte d'Ivoire et à tous ceux qui vivent en Côte d'Ivoire, pour expliquer le détail de l'opération. Qu'il me suffise donc aujourd'hui, après avoir fait cette annonce, de m'arrêter sur un ou deux points.
L'opération d'audience foraine s'adressera à tous ceux qui sont nés et qui, depuis lors, n'ont aucun papier, n'existent pas légalement, n'ont pas d'acte de naissance. Ils n'ont rien.
Et ils sont nombreux, malheureusement. Que ce soient des Ivoiriens, que ce soient des non Ivoiriens, des étrangers.
A ceux-là et pour ceux-là, on organisera des audiences foraines qui permettront de leur délivrer le premier papier qui est donné à chacun de nous, à chaque être vivant lorsqu'il vient en ce monde. Cela s'appelle acte de naissance pour ceux qui ont été déclarés, cela s'appelle jugement supplétif pour ceux qui n'ont pas été déclarés, qui n'ont jamais été déclarés. Ces audiences foraines vont s'adresser donc à ces populations-là. Elles vont s'adresser à ces populations, à ceux qui ont 13 ans révolus, à partir de 13 ans. Voilà la tranche de population à qui s'adresseront les audiences foraines, Ivoiriens, comme étrangers.
Le déroulement de l'opération sera précisée par le ministre de la Justice. Au cours de cette opération et pour aller vite, parce que nous ne perdons pas de vue que nous devons organiser des élections au 31 octobre 2006, on ira le plus loin possible dans l'opération d'identification, même si les audiences foraines ne constituent pas l'identification. Alors, puisque nous voulons aller le plus loin possible, à l'occasion de ces audiences foraines, un certificat national d'identité sera donc délivré.
Et c'est là où il faut que je m'arrête pour rassurer les Ivoiriens. Tant que l'honneur me sera fait de diriger ce gouvernement, rien, rien ne sera fait pour faire en sorte que la nationalité de notre pays soit donnée à ceux qui n'y ont pas droit.
C'est pour cela que, dans la préparation de ces audiences foraines, nous avons été très loin dans les assurances, dans les mesures qu'il faut prendre pour rassurer tout le monde, pour rassurer les Ivoiriens que leur nationalité, la nationalité de leur pays ne sera pas donnée à la semelle des souliers de qui que ce soit!
Toutes les dispositions seront prises pour cela. De la même façon, vous conviendrez avec moi qu'il n'est pas normal que même des Ivoiriens qui sont nés, et pour des raisons diverses qu'on peut comprendre, n'aient aucun papier, donc n'aient aucune existence légale. A ceux-là aussi, il faut donner une existence légale. Ne rien faire qui puisse faire en sorte qu'ils n'aient pas cette existence légale. Je rassure tout le monde.
Et, je voudrais terminer en vous disant ceci: la Côte d'Ivoire est un pays merveilleux, parce que nous avons de l'humour.
Nous avons une capacité de résistance. Un pays qui a de l'humour ne sera jamais un pays perdu définitivement.
Nous avons des difficultés, mais nous savons en rire souvent, et nous savons à partir de là rebondir. Beaucoup d'expressions sont utilisées ici qui nous permettent, peut-être, de supporter quelques malheurs que nous connaissons. Les expressions imagées rendent les choses plus compréhensibles. Au cours de la réunion que nous avons organisée le samedi 13 – réunion qui comportait toutes les parties prenantes – j'ai indiqué aux uns et aux autres que le train de la paix a quitté la gare. Il a quitté la gare! Tous les passagers sont à bord. Personne n'a raté le train. Ceux qui ont pris quelque retard, comme le train n'avait pas encore atteint sa vitesse de croisière, ont pu monter à bord.
Le train a démarré, il a quitté la gare, il avance. Il avance vers une station qui s'appelle la paix.
Il ne reculera pas. Bien sûr, chemin faisant, il peut avoir quelques petites difficultés.
Il réduira sa vitesse, quoi que je veuille, je souhaite qu'il aille le plus rapidement possible. Et que, au 31 octobre, il ait atteint sa destination finale.
Je crois que tous les Ivoiriens doivent monter dans ce train et pousser ce train, encourager ceux qui n'ont jamais pris le train et qui peuvent avoir peur. Rassurer tout le monde, parce qu'au bout il y a la paix.
Ce bien public qui appartient à tous les Ivoiriens, ce bien public qui nous permettra de nous engager dans les programmes de développement dont a tant besoin notre jeunesse.

Je vous remercie.


REMISE DU PRIX FELIX HOUPHOUET -BOIGNY AU PRESIDENT WADE A PARIS (SUITE)

Jeudi 25 Mai 2006

Le président sénégalais Abdoulaye Wade a reçu le 16 mai 2006, au siège de l’UNESCO à Paris, le Prix international Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.

Les présidents Jacques Chirac (France), Assoumani Azzali (Comores), Amadou Toumani Touré (Mali), Marc Ravalomanana (Madagascar), Joao Bernado Nino Viera (Guinée-Bissau), Jakaya Kikwete (Tanzanie), Teodoro Obiang Nguema (Guinée-Equtoriale) et Olusegun Obasanjo (Nigeria) étaient présents à la cérémonie de remise de prix, à laquelle a aussi participé Marie-Thérèse Boigny, la veuve du premier président de la Côte d'Ivoire.

Dans son propos introductif, M. Alioune Traoré, secrétaire exécutif du Prix Houphouët-Boigny, a remarqué que le président Wade se trouve être le troisième lauréat africain du Prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix et le troisième président du Sénégal.

Lui succédant, le Directeur général de l’Unesco, M. Koïchiro Matsuura, a salué le choix porté sur le président Wade pour sa contribution à la modernisation de la vie politique de son pays en mettant l’éducation et la culture au cœur de ses préoccupations. Le président Diouf, parrain du prix Houphouët-Boigny, s’est dit particulièrement satisfait et heureux pour “ ce grand honneur fait à un homme de cœur et de générosité dont l’engagement pour la paix a été constant ”. Il a, en outre, insisté sur l’implication du président Wade dans les crises ivoirienne, bissau-guinéenne et malgache et sur la place centrale de la promotion du dialogue islamo-chrétien.

Touché par l’hommage qui lui est rendu par son prédécesseur, Le Président Wade est alors allé à la rencontre de son prédécesseur et l’accolade entre les deux hommes a été fortement acclamée par le public.

Prenant par la suite la parole, le président Jacques Chirac, s’est félicité de la constante disponibilité du Président sénégalais qui est « toujours prêt à investir dans les conflits et à fournir des solutions imaginatives ».
Enfin, L’ancien secrétaire d'Etat américain et président du jury international du Prix Houphouët-Boigny, Henry Kissinger, a précisé que la distinction honorifique a été attribuée pour l'année 2005 au chef de l'Etat sénégalais en reconnaissance de son action pour la démocratie dans son pays. Il a également ajouté que le prix, doté d'une médaille d'or, d'un diplôme et d'une enveloppe de 122.000 euros, a été attribué au président Wade pour saluer sa "contribution inestimable à la résolution des crises et conflits en Afrique".

Le Président Wade, dans son discours, a estimé que la recherche de la paix est un sacerdoce et a affirmé que le mérite de cette distinction revient d'abord au peuple sénégalais qui lui a inculqué les valeurs universelles de tolérance, et aussi à l'Afrique-mère. Il a appelé à l'arrêt à "tout prix" du spectacle des enfants-soldats en Afrique, assurant de sa disponibilité à y travailler avec ses pairs du continent, les femmes et les jeunes. Soulignant la nécessité de bâtir la paix à travers la compréhension entre les différentes religions, le chef de l'Etat sénégalais a invité "les leaders du monde à prendre part à Dakar au Sommet sur le Dialogue islamo-chrétien".

Il a, en outre, annoncé qu'il mettra l'enveloppe qui accompagne le Prix Houphouët-Boigny à la disposition de la Case des Tout-Petits, une initiative destinée à encourager l'enseignement préscolaire au Sénégal.

Par ailleurs, la cérémonie de remise du Prix mondial de la Société de l'information au Président Wade a eu lieu le 17 mai 2006 à Genève. A cette occasion, le président sénégalais a invité les populations du Sud à prendre le train de l'histoire dans un contexte de mondialisation qui n'offre aucune autre issue.

Il a mentionné que le Sénégal, misant sur la qualité de ses ressources humaines, consacre 40% du budget national à l'éducation et à la formation. Son ambition est de créer un système intégré où, du préscolaire à l'Université, l'usage de l'ordinateur est omniprésent dans le cursus de l'apprenant. Le programme " un étudiant, un ordinateur ", " un enseignant, un ordinateur " lancé au Sénégal, il y a peu, ainsi que la création de l'Université du futur africain (Ufa) entrent dans le cadre de la résorption du gap numérique. D'autres actions ont eu cours, comme l'Intranet gouvernemental, réalisé grâce à l'expertise de jeunes experts sénégalais, l'appui financier de la Banque mondiale. Ces réformes institutionnelles ont abouti à la création de l'Agence de l'informatique de l'État du Sénégal.


DISCOURS DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO A BONDOUKOU

Mercredi 24 Mai 2006

La visite d’Etat du Président de la République dans le Zanzan est l’occasion pour lui de toucher du doigt les dures réalités de cette région. Dans ce discours, SEM. Laurent propose des pistes de solutions. Mais il n’oublie pas de commenter l’actualité.

Monsieur le Préfet de la Région du Zanzan, monsieur le président du Conseil général de Bondoukou,
Messieurs les députés de la Région du Zanzan,
Monsieur le maire de la commune de Bondoukou,
Monsieur le président Essy Amara,
Monsieur le Premier ministre Affi N'Guessan,
Messieurs les ministres et chers frères Yao Kouman et Yaya Ouattara,
Majesté, roi et chefs traditionnels,
Dignitaires religieux de la région du Zanzan,
Vous les jeunes du Zanzan qui m'avez accueillis depuis hier,
A vous toute la population du Zanzan, distingués invités, mesdames et messieurs,

Aujourd'hui est pour vous tous, un grand jour parce que c'est un jour de rencontre, un jour de communion.
La première fois que je suis venu à Bondoukou, c'était en 1971. J'étais soldat prisonnier à Séguéla et le Général Ouattara Dakin, qui ne voulait pas que Houphouët nous oublie là-bas, nous a demandé de venir défiler lors de la fête nationale le 7 août 1971 à Bondoukou pour que Houphouët nous voient.
Il avait bien fait. Parce qu’il nous a vu et après la fête, il a décidé de la libération de tous les étudiants et élèves. Et nous autres fonctionnaires sommes partis à Bouaké, mais pour une autre histoire.
La deuxième fois que je suis venu à Bondoukou, c'était en 1974, pour saluer un cousin professeur ici.
La troisième fois en 1998, pour faire des meetings avec Djeni Kobenan. Hélas, nous sommes rentré à Abidjan un samedi et il est décédé le lundi.
Aujourd'hui, je suis là. Je voudrais sincèrement remercier le roi d'Abengourou. En venant à Bondoukou, j'y ai fait escale pour me restaurer et me reposer. Il m'a fait ensuite accompagné par une délégation qui est là et que je voudrais que vous applaudissiez. Cela, pour me remettre aux autorités traditionnelles de Bondoukou en vue de dégager sa responsabilité. Je voudrais donc le saluer.
Tous mes prédécesseurs à ce micro l'ont dit et je dois le dire aussi, je ne suis pas venu à Bondoukou comme cela. Je suis venu parce que c'est un devoir pour le chef d'Etat de rendre visite aux populations. Je suis venu parce que vous m'avez invité, mais je suis venu pour vous saluer, vous remercier et vous féliciter. Le Zanzan, terre de résistance !
Vous voyez aujourd'hui quand à Abidjan on voit des jeunes gens qui courent et qui disent, nous sommes patriotes, nous sommes des résistants.
Certains disent qu'est-ce que cela veut dire la résistance, qu'est-ce que le patriotisme ? Mais qu'ils viennent à Bondoukou. Que tous ceux qui se posent des questions viennent voir ce que veut dire un peuple qui ne veut pas laisser sa vie, se laisser assujettir. Bien entendu, l'Etat a fait son devoir en dépêchant un détachement militaire. Mais sans le peuple, sans les chefs, sans les jeunes gens, sans les femmes, cette armée n'aurait pu faire grand-chose. Pendant les cinq (5) premiers mois, vous l’avez nourrie, vous les avez assistée, vous l’avez abrité, je vous remercie pour ça. Je voulais dans cette lignée-là, feliciter le député de Bondoukou commune, Fallet Timité que nous avons vu à l'écran partout parce qu'il organisait les vivres, ici et là. Monsieur le député, je vous salue et je vous remercie. Je salue et le remercie tous les cadres, toute la population. Mais comme on l'a dit, tout à l'heure une partie du Zanzan est encore occupée. Bouna est occupée. C'est pourquoi, je n'arrive pas à Bouna. Chers amis, transmettez mes salutations au roi de Bouna et à la population de Bouna. Dites au roi que très bientôt, j'arriverai à Bouna. Voilà donc le premier point que je voulais développer pour vous dire merci, vous dire courage, parce que la lutte n'est pas terminée. Courage, courage, nous allons devant et nous ne pouvons pas connaître pire que ce que nous avons déjà connu. Demain sera grand pour les ivoiriens. Ils auront payé au prix fort, la dignité de leur pays, ils auront payé l'indépendance de leur pays. Courage, merci et félicitations.
On salue toujours ceux qui sont en fonction. Le maire, le président du Conseil général, les députés, les chefs traditionnels, les rois. Ça, ce n'est pas nouveau. Mais ceux que je voulais saluer particulièrement, ceux qui ont fait preuve d'un esprit républicain, alors que ailleurs, des enfants de la Côte d'Ivoire ont des comportements mesquins, indignes. Je voulais donc saluer particulièrement Monsieur Yao Kouman Alphonse, ancien ministre des Affaires sociales qui a dirigé ce département en 1976 et 1977. Il est présent, je voudrais que vous lui fassiez un ban d'honneur.
Je voulais saluer Yaya Ouattara qui, comme vous le savez, a été président du Sacraboutou, mais je ne le salue pas en tant que président parce que à l'époque, il nous avait battu, nous Gagnoa. Mais, je voulais le saluer parce qu'il a été ministre des Affaires sociales de 1981 à 1990. Merci Monsieur Ouattara Lamine qui est le médiateur régional et qui est là pour nous recevoir aujourd'hui. Que te dire de mon ami et frère Essy Amara. Je le connais depuis si longtemps. Mais je ne viens pas dans la région parce que je les connais depuis si longtemps.
Je veux saluer Essy parce qu'il a porté haut le drapeau de la CI pendant longtemps. Il a dirigé l'assemblée générale des Nations unies. Il a été un porte drapeau exceptionnel. Et quand j'étais dans l'opposition, le jour où il a pris la présidence de l'Assemblée générale des Nations unies, je lui ai envoyé une lettre de félicitation au nom de mon parti. C'est ça qu'il faut faire. Parce que même quand on est dans l'opposition, on est dans un même pays. Et c'est ça la leçon.
Je voudrais le saluer parce que nous l'avons proposé à l'OUA, à l'Afrique pour être son porte-parole. Il a été élu après des batailles épiques. Mais quand il a été élu, la CI n'a pas eu honte. Il y a des gens pour lesquels on se bat, mais après, on regrette de s'être battu. Essy a été un bon secrétaire général de l'OUA. il a permis de faire la transition entre l'OUA et l'UA. Et ainsi, il a été le premier Président de la commission de l'UA. Je voudrais que vous le saluez et très sincère, ce que je dis, parce qu'on ne m'oblige pas à les saluer si je ne les avait pas salués, je serai parti. Mais il y a des moments où il faut dire certaines choses. Avant c'est trop tôt. Après c'est trop tard. Je voudrais ici saluer ces personnes-là, comme étant des personnes porteuses d'un idéal républicain, idéal pour lequel je me bats depuis toujours. Chers amis, je suis venu à Bondoukou, j'ai écouté le maire, j'ai écouté les jeunes et les femmes, j'ai écouté les cadres par la bouche du Président du Conseil général. C'est pour tout ça que je suis venu et pour régler les problèmes qui ne sont pas encore reglés.
A Bondoukou, ils ont parlé et moi-même je l'ai éprouvé. Ils ont parlé du problème d'eau. Moi-même, hier je n'avais pas l'eau. C'est ce matin que j'ai eu l'eau. Ce qu'ils ont dit est donc vrai. Ils ont aussi parlé de l'électricité à Bondoukou. Il faut que Bondoukou devienne comme un grand centre, une grande plaque tournante. On ne devient pas un grand centre, sans électricité, sans eau et route. J'ai dis au ministre de l'intérieur qui est assis à côté de moi, que dès que nous retournons à Abidjan, nous allons convoquer la SOPIE pour ce qui concerne l'électricité et la SODECI, pour ce qui concerne l'eau et nous allons étudier ensemble avec vos élus, les conditions du renforcement de l'électricité et de l'eau. Dès mon retour, nous allons le faire nous allons nous rendre compte et je crois que vous verrez les résultats. Vous avez parlé des routes. Oui, la CI est un pays vaste et il nous faut beaucoup d'infrastructures. On ne peut pas tout faire en même temps. Il y a deux axes principaux qu'il nous faut faire. L'axe Bouna, frontière Burkina Faso et l'axe Bondoukou jusqu'au Ghana. C'est pour ces deux axes que nous pouvons donner notre parole. Pour le reste, je mets dans le tiroir et après on verra. C'est vrai que nous avons un grand département frontalier, une grande région frontalière comme le Zanzan, il faut avoir des axes qui vont dans les autres pays. Nous allons travailler à la voie pesant parallèle et allant au Burkina Faso et nous allons travailler à la voie de Bondoukou à Sampa au Ghana. Pour la RTI, qu'on n'ait pas la radio et que la Télé se coupe, c'est un scandale. Le ministre de la communication nous a fait un point en Conseil des ministres, c'est l'émetteur de Koun-Fao qui est défaillant. Nous allons y remédier. Nous allons le réparer immédiatement. Le mal est général et nous allons le guérir de façon générale.
Chers amis, ce Zanzan est l'une des régions les plus vastes de CI. Pour aller de Tankéssé à Tougbo jusqu'à la frontière du Burkina Faso, il faut beaucoup de km. Donc notre devoir, c'est d'aider l'administration, à contrôler tous ces territoirs-là. C'est pourquoi nous créons des départements, des s/p et des communes. Nous avons créé le département de Nassian. Beaucoup de gens ici m'ont conseillé de faire de Nassian un chef-lieu de Département. Nous l'avons fait. Et j'ai nommé en même temps votre préfet. C'est Monsieur Koné Sounan Jacques. C'est un monsieur expérimenté, un monsieur calme. Voici le préfet de Nassian. Il y a aussi des s/p pour lesquels beaucoup d'entre vous m'ont fatigué. On n'a pas fini de nommer tous les sous-préfets dans les postes créés. Mais ceux que nous venons de nommer, monsieur le ministre de l'intérieur, je parle sur votre contrôle, prenez votre liste et suivez. Dans le département de Bondoukou.
Il y a la s/p de Bondo. Nous avons affecté Monsieur Bâ Oulai, administrateur. Il est désormais le Sous-préfet de Bondo. Dans la sous-préfecture de Laoudi-bâ, nous avons affecté Monsieur Tago Sessegnou Lovis Florent.
Dans la Sous-préfecture de Sapli-Sépingo, nous avons affecté Monsieur Lamine Coulibaly, administrateur civil. Dans la sous-préfecture de Yorobidi, nous avons affecté Monsieur Kouadio N'Dri Alexandre, administrateur. Quand je serai à Tanda, je présenterai les sous-préfets qui iront dans ce département.
Chers amis, voilà ce que nous faisons. Nous avons créé des communes. Il y a quelques personnes qui nous font de nouvelles suggestions, améliorer ici et là. C'est pour vous que nous travaillons. Quand on crée des s/p, quand on crée des départements, quand on veut des communes, c'est pour vous. Quand vous avez des remarques à faire allez trouver vos préfets et sous-préfets. Comme cela, ils nous feront des messages et si nous pouvons corriger, nous corrigeons. Mais demain, quand les décisions finales seront prises, tout le monde doit les respecter. Depuis le jour où nous avons annoncé les chefs-lieux de communes, vous avez eu le temps de réfléchir. Réfléchissez et faites vos remarques à vos administrateurs afin qu'ils nous les transmettent. J'ai salué Zanzan, le résistant, j'ai salué Bondoukou. Mais je ne peux pas oublier les militaires qui sont venu ici et on fait un travail extraordinaire. Quand je dis militaires, je cite les Fanci, les gendarmes, les policiers, les eaux et forêts, les douaniers qui se sont mis ensemble, qui ont résisté et qui se sont battus pour que notre pays ne soit pas occupé. Merci les militaires. Merci vous qu'on critique facilement. Parce que quand on parle, on dit qu'ils font le racket seulement. D'accord. Mais quand ils font bien, il faut dire qu'ils font bien. Et dans cette région, ils ont stoppé l'avancée de l'ennemi. Merci à vous. Je voudrais en profiter pour saluer un jeune homme que j'ai connu à cette occasion-là. C'est le capitaine Gouanou. On parlait de lui. On disait que c'était un dur. Et je disais, mais qui est cet officier que je ne connais pas ? Mais il a résisté. Il s'est battu avec ses hommes. Quelquefois, avec des moyens dérisoires. Je voudrais dire merci, mille fois merci. Merci au Commandant Gouanou et à tous ses hommes. Merci pour ta bravoure. Parce qu'un militaire n'a jamais toutes les armes dont il a besoin. Je vous saluerai avant de retourner à Abidjan. J'irai dans votre camp. Chers amis, je suis là avec vous jusqu'à jeudi.
Ceux qui ont des doléances, qu'ils les passent, le préfet est là pour les diriger, les sous-préfets sont mobilisés, mais notre pays est en train de s'en sortir. Notre pays est un grand pays. Je voudrais vous dire que ce pays que Dieu nous a donné, la CI est un grand pays.
Je le dis en tant que savant. Je suis arrivé en tant que sachant. Je suis arrivé à la tête de ce pays avec un taux de croissances négatif - 2,3°/. Quelqu'un l'a rappelé tout à l'heure. Ma priorité était de me donner deux ans (2001et 2002) pour renouer avec toutes les Institutions financières et remettre à flot les finances publiques, après 18 mois, cette guerre est arrivée. Le malade n'était même pas encore guéri un autre coup de fusil. Mais regardez ce pays, regardez la CI, vous n'en verrez pas beaucoup comme ça en Afrique. La CI assume elle-même les frais de fonctionnement de son Etat. Oui, je vous ai salué. Mais, je voudrais saluer la CI notre mère-patrie.
Aimez ce pays, chérissez le pays parce qu'il vient nous donner chaque jour l'exemple. Ecoutez, quand je vois aujourd'hui à Abidjan des gens faire des grèves, partout, réclamez des augmentations, je les regarde et je dis, oui Gbagbo, tu as bien travaillé. Oui, j'ai tellement bien travaillé que les gens oublient que nous sommes en guerre.
Nous avons tellement contenu le flot des attaques, nous avons tellement pacifié la situation que les gens croient que nous sommes en situation normale. Ils oublient que nous sommes en guerre. Il faut des revendications, je les reçois et puis quand ils ont fini de parler je dis est-ce que vous savez que nous sommes en guerre? Et je crois quelquefois certains ne savent pas que nous sommes en guerre. Je dis, vous savez on est en guerre, mais c'est la CI qui est comme ça. La CI est un pays solide. Je vous invite, toutes les femmes, tous les hommes, tous les jeunes et tous les vieux à aimer la CI. Je vous invite tous à choisir la démocratie comme moyen de règlements de vos problèmes. Vous voyez les rois, ils sont là (arrêt).
Pourquoi les autres n'en feraient pas autant. Ceux qui ont attaqué la CI. Ils ont fait un coup d'Etat. Le coup d'Etat a échoué et ils l'ont transformé en guerre civile. Voilà la vérité. Cette guerre doit nous apprendre que désormais, c'est inutile de faire des coups d'Etat. Il faut que nous apprenions à être en accord et en harmonie avec le peuple de CI. Que celui qui veut être Président de la CI passe par les élections. Que les élections les désignent comme rois modernes, comme Président ou bien que les élections les rejettent. Mais perdre une élection, ce n'est pas un malheur. Moi, j'ai perdu en 1990. Est ce que je n'ai pas perdu 2 fois ? Mais je venais vous voir quand même. J'ai perdu mais je ne suis pas mort. On perd les élections et on se dit si j'ai perdu c'est parce que je n'ai pas eu assez de voix. Je m'en vais encore chercher des voix. Et c'est comme ça on agit. Mais les gens veulent prendre des fusils pour aller ?
Où allez-vous où avec les fusils (2 fois) ? Vous allez prendre les fusils mais qu’allez-vous faire avec les fusils ? Nous sommes encore là, vous voyez que les fusils sont inutiles. Donc apprenez à vos sœurs, à vos frères, tout le monde peut être fâché contre la république. Comme un fils, qui n'a jamais été fâché contre sa mère? Contre son père ? Nous tous. Mais on ne prend pas un couteau pour poignarder maman ou papa. C'est ce message que vous, gens de Bondoukou, vous devez enseigner au reste de la CI.
Oui, à la diversité car la région du Zanzan est une région plurielle, une région diverse. On a cité tout à l'heure le nombre de toutes les ethnies qui sont ici. Tous les partis politiques sont ici.
Oui à la diversité, oui à la contradiction, mais non aux fusils et non à la guerre. Tant que les gens auront les armes, je serai ferme en face d'eux. Je ne peux pas permettre que sous moi, la CI se liquéfie par les armes. Je ne peux pas accepter ça et c'est mon devoir, mon devoir de chef d'Etat de résister pour que la CI soit débarrassée des armes. C'est ce que je fais. On ne peut pas me faire fuir à cause des fusils (2 fois). Jamais (2 fois). Non, il faut que les gens comprennent que cette époque médiévale, cette époque arriérée où on prenait les fusils pour venir au pouvoir, est passée. L'époque des coups d'Etat en Afrique est passée. Je ne peux pas citer des noms des gens qui on fait le coup d'Etat parce qu'il y en a encore au pouvoir mais cette époque c'est l'époque, des années 1960 et 1970, c'est un autre âge nous rencontrons dans la modernité et il y a des gens qui veulent nous tirer derrière. Nous ne reviendrons pas en arrière, nous allons devant et nous sommes pour le “devandougou”. Nous allons devant (2 fois). Je suis venu vous communiquer ma foi en la CI et ma foi en la République, en la démocratie. Ne vous laissez pas décourager (2 fois), parce que moi-même, je ne suis pas découragé. Moi-même, je n'ai jamais été découragé et plus les adversaires essaient d'attaquer et plus je deviens plus fort parce que plus je sais que nous avons raison, donc je ne suis pas découragé.
Aujourd'hui, la guerre est finie. La guerre est finie dans la moitié du pays depuis la moitié de l'an 2003, ce qui reste, c'est la crise de règlements de conflits. Les gens essaient de régler le conflit, mais chacun a une idée derrière la tête. C'est pourquoi on n’en finit pas. Ici, Gouanou et ses hommes étaient déjà à Bouna. La guerre elle-même est finie depuis longtemps. Il y en a qui viennent, pour enlever Gbagbo, on va faire un petit plan, un petit plan ici. Mais ça ne marche pas. Et c'est pourquoi, nous sommes encore dans les problèmes. Si on dit aux gens, désarmez on va aller aux élections. Est-ce un problème ? Ils ne désarment pas. Toi qui règle, il faut dire ils ne désarment pas. Mais on dit, il faut maintenant faire ceci, je souris et je fais. Ils vont, ils reviennent et après toujours c'est le même scénario. Et puis je fais. Le sort de la CI se décide en CI par le peuple de CI. C'est ça qui est la vérité. Notre président ne sera pas nommé comme un gouverneur par un autre pays. Notre président sera toujours élu par le peuple de CI et pour la CI. Vous avez bien travaillé, vous êtes digne de la CI.
Pour l'anacarde et je conclus. On m'a informé et à mon retour, j'appellerai les gens de la filière anacarde et coton. Mais surtout je vais appeler l'Ambassadeur de l'Inde, parce que les Indiens sont les premiers acheteurs d'anacarde dans le monde. Je vais lui demander de nous aider et il le fera.
Chers amis, Messieurs les ministres, Majesté, chers jeunes, chers femmes, vous toute la population que Dieu vous bénisse. Que Dieu restaure la CI. Nous n'avons pas fait de mal à quelqu'un. Nous ne chercherons pas de mal à quelqu'un. Que Dieu donc voit notre état d'esprit et qu'il bénisse la Côte d’Ivoire.

Laurent Gbagbo


COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DES FORCES NOUVELLES / PRE-REGROUPEMENT EN VUE DU DDR

Mercredi 24 Mai 2006

Conformément à la décision du 6ème Conseil Militaire qui s’est tenu le lundi 22 mai 2006 au Ranhôtel de Bouaké, les Forces Nouvelles ont engagé l’opération de pré regroupement, ce mardi 23 mai 2006 à Botro.

Cette opération de pré regroupement à Botro, s’est effectuée en présence du Secrétaire Général des Forces Nouvelles, du Chef d’Etat – Major des Forces Armées des Forces Nouvelles, de tous les dix (10) Commandants de zone, sous la certification des Forces Impartiales (Licorne et ONUCI), de son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Lansana Kouyaté, Représentant Spécial du Président de l’Organisation Internationale de la Francophonie en Côte d'Ivoire et de Monsieur Gérard Stoudmann, Haut Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour les Elections en Côte d'Ivoire.

En prenant à témoin l’opinion nationale et internationale en vue de certifier l’effectivité du pré regroupement à Botro, les Forces Nouvelles visent à démontrer leur bonne foi et leur engagement à rester résolument inscrites dans le processus de sortie de crise, par l’application de tous les accords de paix.

Les Forces Nouvelles s’engagent devant la Nation toute entière et la Communauté Internationale, que cette opération de pré regroupement s’étendra rapidement à l’ensemble de la zone selon un plan opérationnel que le Chef d’Etat – Major présentera.

Les Forces Nouvelles réitèrent leur engagement à consolider le processus de sortie de crise par la réussite du pré regroupement et des audiences foraines de façon irréversible.

Fait à Bouaké, le 23 mai 2006


COTE D'IVOIRE / CREATION D'UN NOUVEAU PARTI POLITIQUE / URD

Mercredi 24 Mai 2006

Sortie de crise
La présidente de l'Union républicaine pour la démocratie (URD), a profité de la sortie officielle de son parti hier à l'hôtel Ivoire, au cours d'une conférence de presse, pour fustiger la concomitance des audiences foraines et du pré-regroupement
La présidente de l'Union républicaine pour la démocratie (URD), a profité de la sortie officielle de son parti hier à l'hôtel Ivoire, au cours d'une conférence de presse, pour fustiger la concomitance des audiences foraines et du pré-regroupement.
Mme Danièle Boni-Claverie a estimé que la meilleure voie de sortie de crise serait le schéma prévu par Linas Marcoussis. Schéma qui veut que soient exécutés dans l'ordre, le désarmement, le redéploiement de l'administration, les audiences foraines, l'identification, le recensement des électeurs et les élections.
"Nous avons cependant pris acte de la détermination du Premier ministre, soutenu en cela par la communauté internationale d'appliquer la concomitance des opérations. Mais nous sommes obligés de constater que c'est un échec", a martelé la présidente de l'URD. Elle a condamné qu'alors que la phase pilote des audiences foraines a démarré, "Aucun début de commencement du DDR n'est enregistré". En tout état de cause, Mme Danièle Boni-Claverie est convaincue que dans leur état actuel, les audiences foraines ne vont pas profiter à tous les Ivoiriens qui ont besoin de pièces, mais plutôt à certaines personnes qui sont en odeur de sainteté avec les Forces nouvelles. D'autant que, a-t-elle expliqué, ceux qui ont fui sous la menace des armes ne peuvent pas retourner chez eux, parce que ces armes y sont toujours. Très applaudie par de nombreux militants qui ont pris d'assaut la salle de conférence, elle a toutefois annoncé que son parti est prêt à "monter dans le train de la paix, mais encore faut-il que nous soyons assurés que de bons mécaniciens sauront éviter les erreurs d'aiguillage et l'empêcher ainsi de dérailler".
Entourée de plusieurs anciens cadres de l'UDPCI dont Oulaï Tiabas, Edmond Zégbéhi Boizo, l'ambassadeur Gilbert Bleu Lainé, le député Gué Pascal, Yoro Nouti, Mme Té Flan Jeanne, la conférencière a indiqué que la création de l'URD est "l'aboutissement d'un processus de maturation dans lequel se sont impliqués des Ivoiriens de tous bords et en particulier de nombreux militants de l'UDPCI déçus par la déviation idéologique de leur ancien parti politique". Elle a précisé que l'URD est "démocratique, centriste, modérée", située "à égale distance des extrêmes".
Selon l'ancien ministre, le parti est respectueux des valeurs républicaines. Aussi est-il membre du Congrès national de la résistance pour la démocratie (CNRD). La présidente du parti a affirmé qu'il n'est pas exclu que les formations politiques nées de l'UDPCI créent une plate-forme.
Mme Danièle Boni-Claverie a précisé que l'URD n'aura pas de candidat à la présidentielle mais se battra pour avoir le maximum de députés aux législatives.
Elle a fait remarquer que son parti reste à l'écoute du procès d'Akoto Yao (qu'il soutient) contre l'UDPCI.

PASCAL SORO

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COTE D'IVOIRE / LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO EN VISITE D'ETAT DANS LA REGION DU ZANZAN (BONDOUKOU)

Mercredi 24 Mai 2006

Dans le cadre des visites qu'il a initiée depuis sa venue au pouvoir , S.E.Laurent GBAGBO , Président de la République a entrepris une visite dans la région "EST"du pays ou "ZANZAN" , en vue de communier avec ses compatriotes et surtout les remercier pour leur résistance à la partition et les entendre sur les problèmes cruciaux qui minent la Côte d'Ivoire .
A BONDOUKOU , chef-lieu de cette grande région , le Chef de l'Etat et sa suite ont reçu un accueil euphorique , digne de son rang .
Il a ainsi tenu un grand meeting au cours duquel il s'est adressé du fond du coeur aux populations sur la situation socio-politique et ses ambitions pour notre beau pays .
Il a ensuite rendu visite aux populations de diverses localités de la région qui lui ont réservé un accueil très populaire.
Cette visite prend fin le jeudi 25 Mai 2006.


PRIX FELIX HOUPHOUET-BOIGNY POUR LA RECHERCHE DE LA PAIX DECERNE A S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE / DISCOURS DE S.E.HENRI KONAN BEDIE

Lundi 22 Mai 2006

Messieurs les Chefs d'Etat,
Monsieur le Président Abdou Diouf, parrain du prix,
Monsieur le Directeur général,
Monsieur le Secrétaire général de la Ligue des Etats arabes,
Monsieur le Président et messieurs les membres du jury,
Monsieur le Président de la République du Sénégal, lauréat du prix,
Excellences, Mesdames et messieurs,
Il m'est agréable de saluer les chefs d'Etat et les hautes personnalités réunies dans cette salle à l'occasion de la cérémonie de remise de la haute distinction internationale qui porte le nom du fondateur de la Côte d'Ivoire moderne : Félix Houphouët-Boigny.
Il est de mon devoir de saisir l'occasion que m'offre cette cérémonie pour remercier la France et son président, M. Jacques Chirac, pour l'action inlassable qu'ils mènent en Côte d'Ivoire en vue de rétablir la paix dans ce pays déstabilisé.
Félix Houphouët-Boigny fut un homme de paix, de dialogue, de tolérance. Il abhorrait au plus haut point la violence sous toutes les formes et tout ce qui pouvait porter atteinte à la vie, le premier droit de l'homme.
Il aurait été très heureux d'assister à cette cérémonie qui honore mon ami Abdoulaye Wade, président de la République du Sénégal, pays auquel il était très attaché et où il comptait de très nombreux amis et admirateurs.
Vous me permettez de rendre un vibrant hommage au Président Wade pour son combat en faveur de la démocratie dans son pays.
Il a été un des tout premiers leaders africains à se proclamer libéral et à combattre le régime du parti unique en Afrique francophone. Avec Léopold Sédar Senghor et mon ami et frère Abdou Diouf, ici présent, sa contribution à l'établissement du pluralisme politique au Sénégal a été essentielle dans l'émergence d'une démocratie sénégalaise moderne
Monsieur le Président Wade, Vos initiatives dans le cadre du règlement des conflits en Afrique, vos médiations et votre engagement au service de la paix vous valent aujourd'hui le prix Félix Houphouët-Boigny pour la
recherche de la paix. Au nom des membres de la famille du Président Houphouët-Boigny et du rassemblement des Houphouétistes et en mon nom propre, je vous adresse mes sincères félicitations.
Le peuple de Côte d'ivoire et celui du Sénégal sont liés par l'histoire, le sang et une longue amitié dont le renforcement faisait partie des axes majeurs de la politique étrangère de Félix Houphouët-Boigny et de son parti, le PDCI section du RDA que j'ai l'honneur de conduire aujourd'hui.
La présence de nombreux chefs d'Etat sur cette tribune atteste, s'il en est encore besoin de votre engagement pour la cause de la paix et de la démocratie.
Vous avez pu contribuer à dénouer de nombreuses crises à l'intérieur d'Etats africains et à éviter ainsi des
affrontements sanglants et inutiles. Vous avez engagé un processus de paix en Casamance pour mettre fin à un conflit qui dure depuis plus de vingt ans.
Je ne voudrais pas terminer mon propos sans rappeler la manière exemplaire dont le président Abdou Diouf, ici présent, et vous-même avez conduit l'alternance politique au Sénégal lors de la passation des pouvoirs en mars 2000. Vous avez alors donné l'un et l'autre au monde un exemple de transition politique sereine, civilisée, un modèle de dignité et de respect des règles démocratiques.
C'est également ici le lieu de rendre un vibrant hommage au directeur général de l'UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, ainsi qu'au jury international du prix et à son président, le Dr. Henry Kissinger, qui, ensemble et avec leur secrétaire exécutif, M. Alioune Traoré ont fait du prix, cette haute distinction internationale à laquelle aspirent tous les hommes de paix. Je salue la présence à cette cérémonie de
- Madame Thérèse Houphouët-Boigny et des membres de la famille venus d'Abidjan
- des anciens collaborateurs de Félix Houphouët-Boigny dont notamment les anciens Premiers ministres Alassane Ouattara, Kablan Duncan et Seydou Diarra.
Je me tourne enfin vers le Président de la République française, M. Jacques Chirac, et le remercie à nouveau pour l'intérêt tout particulier qu'il porte au prix depuis sa création.
Je vous remercie