CRISE IVOIRIENNE / PROCESSUS DE PAIX / REUNION D'EVALUATION A PRETORIA
Mercredi 29 Juin 2005
Devant les nombreux blocages de l'application de l'accord de paix signé à Pretoria le 06 avril dernier, le Président sud-africain, médiateur de l'UA et de l'ONU dans la crise ivoirienne a rappelé chez lui les protagonistes ivoiriens pour un sommet d'évaluation les 28 et 29 juin.
Ci-après le Communiqué final de la réunion d'évaluation de Prétoria
À l'invitation du Médiateur, les signataires de l'Accord de Pretoria se sont réunis à Pretoria les 28 et 29 juin 2005 pour examiner la mise en œuvre de l'Accord qu'ils avaient conclu le 6 avril 2005.
Participaient à la réunion Son Excellence Laurent Gbagbo, Président de la République de Côte d'Ivoire, Monsieur le Premier Ministre Seydou Diarra, représentant le Gouvernement de Réconciliation Nationale, l'ancien Président Henri Konan Bédié, représentant le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), l'ancien Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara représentant le Rassemblement des Républicains (RDR) et le Ministre d'État Guillaume Soro, Secrétaire général des Forces Nouvelles. La réunion était présidée par le Président Thabo Mbeki.
La réunion se tenait dans le contexte du récent massacre à Duékoué. En reconnaissance renouvelée du droit sacré du peuple ivoirien à la vie, à la paix et au développement, les dirigeants ont condamné cette action et ont souligné qu'elle constitue une menace à l'avancée du processus de paix. Ils se sont engagés, en conséquence, à travailler de concert pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent.
Les dirigeants ivoiriens ont souligné que la tenue d'élections est au cœur du processus devant ramener la Côte d'Ivoire à la normale. C'est pourquoi, ils ont réaffirmé l'importance de supprimer rapidement tous les obstacles à la tenue d'élections présidentielles en octobre 2005.
Les dirigeants ont pleinement entériné l'Accord de Pretoria du 6 avril et ont observé que certains progrès avaient été accomplis dans sa mise en oeuvre, mais qu'il subsiste certains aspects qui n'ont pas encore été suivis d'effet. Après avoir examiné en détail la mise en œuvre de l'Accord, ils ont convenu de ce qui suit :
1. DECLARATION COMMUNE DE FIN DE LA GUERRE
La déclaration de fin de la guerre a été prononcée le 6 avril 2005 à Pretoria. Les parties ont convenu qu'elles allaient examiner de nouvelles mesures à prendre pour renforcer ce message de cessation des hostilités.
2. DESARMEMENT ET DEMANTELEMENT DES MILICES
Le Premier Ministre a rendu compte des préparatifs effectués par le Gouvernement pour le désarmement et le démantèlement des milices.
La réunion a noté que le désarmement et le démantèlement effectifs des milices n'ont pas encore commencé.
À cet égard, il a été convenu que ce processus commence immédiatement pour s'achever d'ici le 20 août 2005.
Il a aussi été convenu que la Troïka, composée du Premier Ministre, du Médiateur et de l'ONUCI, allait évaluer le soutien supplémentaire qui pourrait être nécessaire pour accélérer ce processus, afin de raccourcir encore les délais de finalisation de cette tâche.
3. DESARMEMENT, DEMOBILISATION ET REINSERTION (DDR)
Consciente de ce qu'il serait impossible de tenir les élections si cette question reste en attente, la réunion s'est gravement inquiétée de l'absence de progrès dans le processus de DDR.
La réunion a pris acte de la volonté commune des États Majors des deux forces à s'inscrire dans le processus du DDR. Celles-ci ont proclamé la reprise du dialogue militaire, le retrait des armes lourdes du front, ont doté la Côte d'Ivoire d'un PNDDR/RC et d'un chronogramme de refondation et de restauration des forces de défense et de sécurité.
La réunion les a vivement encouragées à faire plus de progrès dans la réalisation du processus, pour ce faire, les Chefs d'État Major des FANCI et des FAFN vont se réunir avec la CNDDR le jeudi 7 juillet 2005 pour finaliser l'adoption du chronogramme.
La réunion a été informée que le Gouvernement a commencé de réhabiliter les sites DDR dans le nord du pays. Le Président de la CNDDR a assuré la réunion que trois sites au nord seraient prêts à accueillir des combattants dans un délai de trois semaines. Les sites au sud du pays sont prêts.
En conséquence, il a été convenu que l'accueil des combattants devrait commencer à partir de fin juillet 2005, sachant le lien existant avec la décision d'amender les lois sur la nationalité et l'identification, tel que prévu au point 8 ci-dessous.
Entre-temps les autres programmes convenus de DDR, dont la sensibilisation et la réhabilitation des autres sites se poursuivront.
4. Sécurité dans la zone de responsabilité des Forces Nouvelles
La réunion a pris note des efforts accomplis en vue d'assurer la formation des 600 éléments des Forces Nouvelles et a prié toutes les parties intéressées d'accélérer ce processus.
Les personnes qui vont assurer la formation des éléments des Forces Nouvelles qui seront responsables des activités normales de police après le regroupement des combattants des Forces Nouvelles ont achevé leur formation. Le processus d'identification des 600 éléments devant être formés est en cours. L'ONUCI et la médiation examineront les besoins de forces de police supplémentaires.
5. Sécurité des membres du Gouvernement issus des Forces Nouvelles et des autres candidats à la Présidence
La Médiation a achevé la formation du personnel de sécurité qui sera responsable de sécuriser les Ministres des Forces Nouvelles. Ce personnel formé à la garde rapprochée est rentré en Côte d'Ivoire pour y être déployé.
Les mesures de sécurité nécessaires ont maintenant été mises en place pour permettre aux Ministres des Forces Nouvelles de reprendre totalement leurs tâches au gouvernement. Le Secrétaire général des Forces Nouvelles a indiqué qu'ils sont maintenant tous prêts à reprendre leurs activités au gouvernement.
Le plan de sécurité global pour tous les membres du gouvernement issus des Forces Nouvelles sera finalisé et adopté par les Chefs d'État Major lors de leur réunion du 7 juillet 2005.
L'ONUCI et la Médiation vont accorder la priorité à la mise au point d'un plan de protection et autres mesures nécessaires pour assurer la sécurité du Ministre d'État Guillaume Soro et des candidats à la Présidence, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara.
Ils examineront également les plans de sécurité nécessaires à la tenue des élections, en particulier eu égard à l'accès aux bureaux de vote.
6. Commission électorale indépendante (CEI) et organisation des élections
La législation relative à la CEI devrait être adoptée d'ici le 15 juillet 2005 et 1a CEI devrait commencer de fonctionner immédiatement après cette date et au plus tard le 31 juillet 2005.
Les dirigeants ont réaffirmé que la CEI est la seule institution responsable du processus électoral et que l'Institut national des statistiques doit lui rendre compte sur tout ce qui concerne les élections.
Les dirigeants ont reconnu le rôle positif joué par le Conseil de sécurité des Nations Unies en soutien au processus électoral et ont exprimé leur appréciation du fait que les Nations Unies avaient réagi en urgence à leur demande.
Le Secrétaire général des Nations Unies est exhorté à nommer rapidement le haut représentant qui supervisera le processus électoral.
7. Radio Télévision Ivoirienne (RTT)
L'accord conclu à Pretoria selon lequel le Président Gbagbo allait publier un décret restaurant le statut et l'administration de la RTI a été suivi d'effet. Le Gouvernement s'efforce d'assurer l'extension, dès infrastructures de la RTI au reste du pays.
Les dirigeants ont prié instamment la direction de la RTI de faire en sorte que tous les partis aient un accès équitable aux média publics et que la qualité des programmes soit améliorée.
8. Nouvelle saisine de l'Assemblée nationale
La réunion s'est inquiétée de ce que les lois n'avaient pas été adoptées comme il en avait été convenu dans l'Accord de Pretoria.
Les parties ont prié instamment les élus du peuple ivoirien à l'Assemblée nationale de contribuer au processus de paix en aidant à la mise en œuvre dudit Accord.
À cet égard, l'Assemblée nationale devrait adopter, d'ici le 15 juillet 2005, tous les amendements aux sept lois proposés par la Médiation, faute de quoi le Médiateur est autorisé à prendre une décision sur les mesures exceptionnelles, tels qu'ordonnances et décrets, à prendre par le Président pour assurer que ces amendements soient adoptés.
Ces lois portent, sur la CEI, le financement des partis politiques, la nationalité, l'identification, la Commission des droits de l'homme, la presse écrite et la communication audiovisuelle.
La loi sur le financement des partis politiques va être amendée pour stipuler que les partis politiques non représentés à l'Assemblée nationale puissent bénéficier de financement à condition qu'ils aient des élus locaux. Ce financement devrait commencer le 15 juillet 2005
9. Éligibilité à la Présidence de la République
Les parties ont rappelé que la question de l'amendement à l'Article 35 de la Constitution avait été un obstacle majeur à l'avancée du processus de paix. Elles ont reconnu que l'annonce faite par le Président de la République le 26 avril 2005 avait marqué un jalon significatif dans la création d'une atmosphère favorable à la tenue des élections. Les parties se sont engagées à tirer parti de cette réussite.
S'il s'avérait nécessaire d'avoir de nouveau recours aux dispositions de l'Article 48 de la Constitution, il faudrait en discuter avec la Médiation et les autres signataires.
10. Rôle de la Médiation.
Les parties, reconnaissant l'importante contribution apportée par la Médiation et s'inspirant de leur volonté réelle de supprimer tous les obstacles à la tenue d'élections le 30 octobre 2005, demandent à la Médiation de jouer un plus grand rôle dans la mise en application de l'Accord.
11. Sanctions
Les parties, voulant faire nouvelle preuve de leur engagement à la mise en œuvre de l'Accord de Pretoria, conviennent que l'Union Africaine devrait proposer des sanctions appropriées à toutes parties qui manqueraient à mettre en œuvre l'Accord de Pretoria et bloquerait ainsi, le processus de paix.
De même, les Parties conviennent qu'en cas de tel manquement, la Médiation entreprendrait de recommander l'imposition des sanctions des Nations Unies prévues à la résolution 1572 du 15 novembre 2004 et autres résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.
COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DE L'ETAT_MAJOR DES ARMEES
Mercredi 29 Juin 2005
Dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 juin 2005, aux environs de minuit, le Général de Brigade MANGOU Philippe, Chef d’Etat-major des Armées a été informé de la présence d’Officiers Supérieurs ivoiriens à la résidence de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de France, sise à Cocody sans autorisation préalable de l’Autorité militaire.
Voulant s’enquérir des raisons de la présence de ces Officiers en ces lieux, le Chef d’Etat-major des Armées fait alors conduire les intéressés, à savoir le Général de Brigade à la retraite
M’BAHIA KOUADIO Laurent, le Colonel-Major BAKASSA TRAORE et le lieutenant-colonel YAO YAO Jules, à la Permanence du camp Galliéni pour les y rencontrer.
Malheureusement, avant l’arrivée du Chef d’Etat-major des Armées sur les lieux, un regrettable incident s’est produit.
Mais informé auparavant par le Commandant de la Force LICORNE que les Officiers en question répondaient à une invitation de l’Ambassadeur de France, le Général de Brigade MANGOU Philippe ordonnera alors leur relaxe et les invitera à regagner leurs domiciles.
Les Officiers concernés ayant été reçus dans la matinée du mercredi 29 juin 2005 par le Chef d’Etat-major des Armées à son Cabinet, à l’exception du Général M’BAHIA, l’incident a été ainsi clos.
Le Chef d’Etat-major des Armées saisit cette occasion pour appeler une fois encore tous les militaires des Armées à plus de maîtrise et au respect scrupuleux des instructions données par les chefs.
Enfin, il demande à tous, Officiers, Sous Officiers et Militaires du rang, de toujours se référer à la hiérarchie avant de répondre à une quelconque invitation de Personnalités politiques et diplomatiques.
Les contrevenants à ces mesures, du reste conforment à la réglementation en vigueur, s’exposeront aux sanctions disciplinaires prévues à cet effet par le Code de la Fonction Militaire.
Fait à Abidjan le 29 juin 2005
Le lieutenant-colonel GOHOUROU Babri,
Porte Parole
COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DU PREMIER MINISTRE SEYDOU DIARRA
Samedi 25 Juin 2005
Seydou Diarra, Premier ministre du gouvernement de réconciliation nationale/ “Pourquoi j’ai rencontré Bédié et ADO”
Monsieur le Premier ministre, que peut-on retenir concrètement de votre séjour français?
Ecoutez, chaque année, j’essaie de trouver le moyen de venir en France pour essayer de renouer les relations séculaires qui unissent nos deux pays.
Comme vous le savez vous-même, la France entretient avec la Côte d’Ivoire des relations privilégiées et cela, depuis très longtemps. Il est donc important que nous fassions en sorte que le fil ne se casse pas. Et, en ma qualité d’homme de consensus, il est de mon devoir de réconcilier les uns et les autres dans l’intérêt bien compris de nos deux Etats.
Pour ce faire, j’ai entrepris une série de rencontres auprès de certaines autorités politiques françaises, notamment le Premier ministre Dominique de Villepin, M. Philippe Douste-Blazy des Affaires étrangères, Madame Michèle Alliot-Marie et bien d’autres personnalités du monde politique français. Le but de notre visite en terre française étant bien entendu de rechercher des appuis financiers partout.
Que ce soit pour le DDR (Démobilisation, désarmement et réinsertion), pour les élections ou encore pour le renouvellement de l’administration. Je pense que cette visite nous a permis d’explorer les opportunités de financements complémentaires des actions prioritaires du gouvernement de réconciliation nationale que je dirige.
Que vous a dit M. Dominique de Villepin?
Je dois dire tout d’abord que j’ai été impressionné par sa sérénité. Nous avons évoqué ensemble les accords de Marcoussis et ceux de Pretoria de façon très cordiale. Je lui ai indiqué ma joie de le retrouver en sa nouvelle qualité de Premier ministre. Ce pourquoi je l’ai d’ailleurs félicité.
Par la suite, je lui ai dit que les Accords de Marcoussis demeuraient la trame des accords ultérieurs, et de sortie de crise. Vous savez, je continue sereinement de penser que la France a été bien inspirée de lancer ce processus de réconciliation nationale en Côte d’Ivoire au lendemain du déclenchement de la guerre. D’ailleurs, la rencontre qui est prévue à Pretoria dans les prochains jours, nous permettra de faire le point sur l’avancement de ce processus-là.
Par ailleurs, j’ai présenté à M. de Villepin les quatre grands volets des activités prioritaires du gouvernement que sont la révision des textes législatifs et réglementaires, le DDR, le redéploiement de l’Administration et enfin les élections. Même si un retard a été observé, notamment sur le processus de désarmement ainsi que sur la révision des textes législatifs et réglementaires.
Mon homologue français a, quant à lui, insisté sur l’importance de la mission de réconciliation nationale confiée à ma personne.
Vous avez également rencontré Michèle Alliot-Marie la ministre française de la Défense?
Avec Madame Alliot-Marie, c’était plutôt une visite de courtoisie. Cela dit, nous avons aussi évoqué la crise en Côte d’Ivoire et les accords de Marcoussis sans oublier ceux de Pretoria.
Comment se sont passées vos visites respectives chez le Président Bédié et l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara?
J’ai en effet rendu visite au Président Henri Konan Bédié et j’ai partagé un repas avec M. Alassane Ouattara. Nous avons fait le tour de la situation nouvelle. Et nous avons parlé des accords de Pretoria.
Nous avons également évoqué le problème de la sécurité en Côte d’Ivoire. Ce que je puis vous dire, c’est qu’ils ont tous les deux un désir ardent de rentrer au pays. Je dois avouer que j’ai été impressionné par leur sérénité.
Vous savez, je ne m’interdis aucun contact. Je veux dire que c’est mon rôle de rapprocher les hommes politiques du pays en tant que Premier ministre de consensus.
Mais il faut savoir que le Premier ministre que je suis n’est pas le seul à pouvoir appliquer les accords.
Vous n’avez pas pu voir le ministre Sarkozy et votre voyage à Bruxelles a été annulé. Pourquoi?
Franchement, je n’ai pas insisté pour le voir; surtout qu’il est très occupé en ce moment.
Cela dit, nous échangeons de temps en temps au téléphone.
Comment voyez-vous la relance de l’économie ivoirienne aujourd’hui?
La relance économique de notre pays passe indubitablement par les élections ! Si nous arrivons à respecter la date des consultations, si nous réussissons à passer le cap des élections, alors la Côte d’Ivoire renaîtra de ses cendres.
Avec une sécurité renforcée. Si nous revenons à la phase 2 de la sécurité, le pays pourra bénéficier d’un programme particulier avec l’ONU, appuyé par la France.
Permettez-moi, si vous le voulez bien, de dire une chose importante à mes yeux: vous savez, la Côte d’Ivoire tient à son amitié avec la France.
Et les difficultés de novembre 2004 ne devraient pas créer une fêlure entre nos deux pays. Cette France qui a permis la mise en place des Accords de Linas Marcoussis qui constituent jusqu’ici l’épine dorsale des accords ultérieurs d’Accra et de Pretoria.
Au regard de toutes ces raisons-là, nous demandons à la France de nous appuyer auprès de la Banque mondiale.
Car les moyens financiers sont actuellement insuffisants pour la couverture des besoins générés par le programme que j’ai présenté au Premier ministre français.
Les Français de Côte d’Ivoire qui ont été rapatrié veulent retourner en Côte d’Ivoire à condition d’être sécurisés.
Que pouvez-vous leur dire?
Je viens de vous indiquer que l’un des grands problèmes à l’heure actuelle en Côte d’Ivoire demeure la sécurité. C’est pour cela que je souhaite que très rapidement, nous puissions aller aux élections. Aujourd’hui, il y a trop d’armes qui circulent en Côte d’Ivoire.
Toutes les entreprises françaises doivent réintégrer la Côte d’Ivoire avec toute la sécurité nécessaire.
Savez-vous qu’une PME qui part laisse derrière elle de nombreux chômeurs ivoiriens? D’où le problème de plus en plus récurrent de la lutte contre le chômage auquel nous sommes confronté! Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, de nombreux élèves sont abandonnés au bord de la route. Sans métier. Plus de 700 lycéens ivoiriens ont dû quitter le pays pour aller étudier dans la sous-région. Des familles entières sont dispersées. Il faut vraiment que la situation revienne à la normale !
Les Forces nouvelles refusent de désarmer le 27 juin prochain. Qu’allez-vous faire?
Ecoutez, je reste persuadé que les Forces nouvelles désarmeront si elles n’ont plus peur.
Chacun des signataires des accords doit jouer pleinement sa partition. Aujourd’hui, nous vivons en Côte d’Ivoire dans un climat de méfiance totale.
Il faut recréer la confiance entre nous et cesser les menaces. Nous devons coûte que coûte retrouver le bien-être dans lequel nous vivions dans le passé. Même si certains ont intérêt à ce que la situation actuelle perdure.
M. le Premier ministre, si d’aventure il n’y a pas d’élections à la date prévue, que comptez-vous faire?
Si tel était le cas, il faudrait trouver une date rapprochée de la date actuelle.
Car l’on ne peut pas laisser un pays comme ça sans élections. Ce n’est pas possible!
Suite aux massacres de Duékoué, les députés FPI vous ont demandé de démissionner. Que leur répondez-vous?
Oh! vous savez, j’ai le dos large. Je suis habitué à tout cela! Dès ma nomination, j’ai eu à subir de nombreuses agressions. Je suis un homme de mission! Libre à chacun de dire ce qu’il veut. L’essentiel est de sortir de la crise et de retrouver enfin la paix.
Pretoria I a vécu. Qu’allez-vous dire au Président Thabo Mbeki lors de Pretoria II?
Non, vous avez tort de dire cela ! Pretoria I n’est pas mort. Nous allons justement rencontrer le Président Thabo Mbeki pour évaluer Pretoria I. Nous allons chercher à savoir qui a fait quoi? Qui n’a pas fait quoi? Pour essayer d’évoluer.
Pensez-vous, M. le Premier ministre, que les choses ont réellement évolué?
Ecoutez, je pense qu’à l’avenir, il faudra songer à des sanctions, si nous voulons réellement aboutir à une sortie de crise.
Interview réalisée par
Momo Louis
Correspondant permanent à Paris
SENEGAL / LIMOGEAGE DU MINISTRE DES SPORTS ET DE L'ENTRAINEUR DE L'EQUIPE NATIONALE DE FOOTBALL
Samedi 25 Juin 2005
Le dernier conseil des Ministres a vu le limogeage de M.Youssoupha N'DIAYE , Ministre des Sports suivi quelques heures plus tard de celui de l'entraîneur français , Guy STEPHAN , de l'Equipe Nationale de football.
Quant à M.Fakry , Président de la Fédération , il a rendu sa démission avant de se voir demis par les Autorités .
SENEGAL / LE PRESIDENT WADE A ROME POUR LE PRIX DE L'ABOLITIONNISTE 2005
Samedi 25 Juin 2005
Le Chef de l'Etat sénégalais a reçu à ROME , le Prix "Abolitionniste 2005" décerné par l'ONG italien "Ne touchez pas à CAIN" , dirigée par Madame Emma BONINO dont l'objectif est de lutter pour l'abolition de la peine de mort dans le monde.
S.E.Maître WADE était accompagné par plusieurs Ministres et M.Iba Der THIAM , 1er Vice-Président de l'Assemblée Nationale.
COTE D'IVOIRE / cOMMUNIQUE DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
Samedi 25 Juin 2005
Le Président de la République, S.E.M. Laurent Gbagbo, doit prendre part au 5e sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’U.A (Union africaine) prévu à Syrte (Libye) les 04 et 05 juillet prochain. Auparavant, le Président Gbagbo participera à Pretoria (Afrique du Sud) à partir du 28 juin 2005 à la réunion d’évaluation du processus de paix en Côte d’Ivoire. Le Chef de l’Etat quitte Washington ce samedi 25 juin pour la capitale sud-africaine.
Aux Etats-Unis où il a séjourné pendant une semaine à l’invitation du Corporate council on Africa, le Président de la République a rencontré de nombreuses personnalités politiques et des hommes d’affaires. Au centre des discussions: la reconstruction de la Côte d’Ivoire après la crise.
Le Conseiller spécial
Silvère NÉBOUT
SENEGAL / FORUM SUR L'EDUCATION
Vendredi 24 Juin 2005
Examiner les évolutions et les changements survenus dans les systèmes éducatifs en Afrique, c'est autour de cette préoccupation que se tient le "Forum - Dakar + 5" du 13 au 15 juin 2005.
Ce forum a pour objectif d’évaluer les progrès de l'Education Pour Tous cinq années après la tenue à Dakar en avril 2000 du "Forum mondial sur l'éducation".
La cérémonie d’ouverture tenue le 13 juin 2005, a été marquée par les messages de différentes personnalités du monde éducatif, dont le Prof Moustapha Sourang, Ministre de l’Education du Sénégal, Madame le Ministre de l’Education du Nigeria, également Président du Forum régional, les représentants de la Banque Mondiale, de l’ADEA, de l’AIF, de la Coopération française, le directeur du Bureau de l’UNESCO en Afrique de l’Ouest.
Cette cérémonie a été rehaussée par la présence de nombreux ministres, de Chefs de mission diplomatiques, dont l’Ambassadeur de Madagascar, de représentants des organisations internationales, ainsi que de différents acteurs et partenaires du monde éducatif.
Tous les messages ont souligné l’importance de cette concertation qui vise à donner une impulsion décisive au développement de l'éducation sur le continent africain à l'approche de 2015, date-référence à laquelle, selon le Cadre d'action de Dakar, "tous les enfants (…)auront la possibilité d'accéder à un enseignement primaire obligatoire et gratuit, de qualité et de le suivre jusqu'à son terme. "
Les coordonnateurs de l'Éducation pour tous (EPT) dans les 53 pays africains, les parrains traditionnels de l'EPT (Banque Mondiale, PNUD, UNICEF, FNUAP et UNESCO), les représentants de parlementaires africains, de syndicats d'enseignement et de parents d'élèves, les membres d'ONG influentes dans les questions éducatives, prendront part aux délibérations du Forum dont la présidence est assurée par le Ministre de l'éducation du Nigeria.
Les trois jours d'atelier, du 13 au 15 juin 2005 seront consacrés aux débats autour de différents thèmes, à savoir, l’accès à l’Education et l’Education pour tous, l’impact des programmes d’aide, les politiques et pratiques en vue du contrôle de l’amélioration de la qualité de l’enseignement primaire universel, les actions par et pour les enseignants et apprenants pour faire face au Sida, les politiques et pratiques pour atteindre la parité dans l’éducation de base, le financement de l’EPT, les TIC au service des objectifs de l’Education de base, le renforcement de la collaboration entre les gouvernements et la société civile en matière d’Education, les stratégies pour l’éducation des jeunes et des adultes, l’éducation de qualité pour tous : formation, recrutement et statuts de l’enseignant.
Le Forum sera sanctionné par un rapport détaillé, illustré par des études de cas et assorti de recommandations destinées à faire avancer le processus d'EPT.
COTE D'IVOIRE / NOUVEAU SYSTEME DE DEDOUANEMENT
Vendredi 24 Juin 2005
Le nouveau système de dédouanement automatisé des marchandises a été présenté hier jeudi 23 juin 2005 à l’Ecole des douanes, au Plateau, par le service informatique de la direction générale des douanes.
La douane ivoirienne veut se passer des techniques anciennes de gestion, des insuffisances fonctionnelles et des conditions d’exploitation précaires. C’est ce à quoi répond le lancement du Sydam II, qui est un ensemble de techniques informatiques, intégrés dans un programme appelé Sydonia world. Qui lui est l’aboutissement du système Douanier automatisé des Nations unies. Ce projet d’informatisation qui va s’étendre sur un an, a coûté à la douane ivoirienne 1 milliard de Fcfa. L’objectif du Sydam II vise à moderniser les procédures douanières, rentabiliser le traitement de données par une mise en œuvre des outils de surveillance de l’administration douanière. La douane ivoirienne veut par la réalisation de ce système, bâtir un système ouvert mais sécurisé. Et constituer une référence mondiale en matière de dédouanement. Avec ce système, la Côte d’Ivoire devient alors une référence identique à celle des pays développés. Sydam II a pour le maintien du tarif intégré avec la gestion du risque liant le système informatique à toute la totalité des acteurs . La mise en exploitation de ce projet est pour juin 2006.
Huberson Digbeu
PROMOTION DE M.MANGOU PHILIPPE CHEF D'ETAT-MAJOR DES FORCES ARMEES IVOIRIENNES
Vendredi 24 Juin 2005
Depuis le vendredi 17 juin dernier, le chef d’état-major des armées a été promu général de Brigade.
Les cinq barrettes dorées accompagnées d’une fine barrette argentée qu’il arborait sur les épaules depuis quelque temps ont laissé place à deux belles étoiles juxtaposées correspondant au grade de général de brigade.
Très heureux de la promotion de leur chef et comme il est de coutume dans la tradition militaire, ses collaborateurs directs que sont les chefs de bureaux de l’état-major des armées sont venus lui exprimer toutes leurs admirations.
Le général de brigade Mangou Philippe vient ainsi d’accéder à la très restreinte catégorie des Officiers généraux de notre jeune armée.
Qui est le général Philippe Mangou ?
Le général Mangou Philippe est né le 26 janvier 1952 à Treichville. Il a effectué tout son cursus scolaire à Abidjan, plus précisément au Collège moderne du Plateau et au Lycée classique d’Abidjan avant de rejoindre la faculté de droit de l’université d’Abidjan Cocody où il obtient en 1978 le diplôme d’Etudes universitaires générale en Droit.
Le 1er octobre 1978, il entre dans les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire en intégrant l’Ecole des Forces armées de Bouaké.
En 1980, il obtient le brevet de Chef de section d’Infanterie.
En 1981, il obtient le brevet de chef de peloton de l’Arme blindée de cavalerie. - En 1985, il est titulaire du cours de perfectionnement des officiers subalternes de l’Arme blindée Cavalerie.
En 1991, il obtient le diplôme d’état-major interarmées de Compiègne en France.
Durant sa carrière militaire, il occupera les postes suivant :
- chef de peloton au Bataillon Blindé
- Commandant d’escadron au Bataillon Blindé
- Commandant de brigade à l’Ecole des Forces armées
- Directeur de l’instruction à l’Ecole nationale des sous-officiers d’active de Bouaké.
- Chef du bureau instruction au Bataillon Blindé - Commandant en second du Bataillon Blindé
- Chef de corps intérimaire et chef de corps du Bataillon Blindé consacrant 20 ans au service de l’arme blindée
- En 2000, le Colonel-major est nommé sous-directeur au ministère de la défense chargé de la doctrine et de l’emploi
- En 2002, dès le déclenchement de la crise que connaît notre pays, il est nommé premier porte-parole des Forces de Défense et de Sécurité avant de prendre le commandement des troupes déployées sur le théâtre des opérations, poste qu’il a conservé jusqu’à sa nomination de chef d’état-major des armées en novembre 2004. Le général Mangou est également titulaire de plusieurs décorations dont celles :
- d’Officier de l’ordre national
- Officier du mérite de l’éducation nationale - Médaille de la défense française échelon or et argent
- Médaille de Miceci mission de la Cedeao en Côte d’Ivoire.
Le général Mangou Philippe est marié et père de six enfants.
COTE D'IVOIRE : CONFERENCE DE M.WODIE FRANCIS PRESIDENT DU PARTI IVOIRIEN DES TRAVAILLEURS (PIT)
Vendredi 24 Juin 2005
Les élections doivent-elles avoir lieu ? Les élections peuvent-elles avoir lieu, dans les délais prévus ?
1- Les élections sont à l'origine de la guerre, les élections peuvent être la porte de sortie de la crise que connaît notre pays.
2- Mais, les élections ne peuvent être cette porte, qui ouvre sur la paix, que si elles sont sincèrement voulues et préparées, réellement crédibles et transparentes, régulières et justes, garantissant, d'un bout à l'autre, l'égalité de chances entre tous les candidats, les partis et l'ensemble des Ivoiriens.
Ainsi préparées et organisées, les élections permettront d'aboutir à des résultats acceptables et acceptés par tous ;
on l'a déjà dit on ne le dira jamais assez ; c'est par cette voie et dans ces conditions seules que les élections, souhaitées, ramèneront la paix, et définitivement.
3- Pouvons-nous, encore, dans les délais légaux (le 30 Octobre 2005), organiser de telles élections ? En avons-nous, réellement, la volonté ? En avons-nous, encore, le temps ?
NON ! répond le PIT ! Pourquoi ? Parce que
1- Les principaux " acteurs politiques ", et probablement les protagonistes de la crise, ainsi d'ailleurs désignés par la toute dernière rencontre de Pretoria (Avril 2005), ne veulent pas la paix, ne veulent pas de la paix maintenant ; ils ne veulent, tous et chacun, qu'une chose : " arranger " le processus électoral en leur faveur (chacun) et gagner, chacun, déjà, ces élections par tous les moyens, même les plus irréguliers, au mépris de la paix et des intérêts majeurs de la Côte d'Ivoire, au besoin, pas d'élections, et on devine le reste.
Or, sans un minimum de paix consentie, de réconciliation, de sécurité et de quiétude générale, pas d'élections crédibles et acceptables
Cependant, ils se précipitent, déjà, les yeux fermés et la tête baissée, sur leurs élections, en ayant, déjà, commencé leur campagne électorale, désigné leur candidat, naturel ou surnaturel, et leurs Directeurs de campagne, constitué leur site de campagne, dans la plus grande insouciance des malheurs des Ivoiriens ; et les clubs, les cercles et les " carrés " de soutien fleurissent comme au bon vieux temps du parti unique, avec les mêmes, opportunistes, prêts à tourner casaque avec le vent ; et tous sont heureux, qui les suscitent et les financent joyeusement ; on est en plein délire, chacun chantant déjà sa victoire, et dès le premier tour.
2- Ils sont prêts, hier comme aujourd'hui, à s'entredéchirer et à déchirer la Côte d'Ivoire en trois ou quatre morceaux, chacun ayant sa part ; et tant pis pour la Côte d'Ivoire, une et indivisible, la Côte d'Ivoire, unie et solidaire ; tout pour moi, rien pour la Côte d'Ivoire ! telle est leur devise (secrète). Un tel aveuglement ne peut manquer de nous précipiter dans le gouffre d'une guerre multiforme (guerre classique, guerre civile, guerre interethnique, guérilla etc .)
3 - Depuis quelques jours, en effet, le ton ne cesse de monter, donnant à voir ce spectacle désolant et alarmant des déclarations guerrières, de chaque côté, où on joue, dangereusement, à faire peur et se faire peur dans l'escalade de la violence verbale et physique, qui prépare les affrontements meurtriers ; la guerre serait-elle à nouveau à nos portes ?
Qui a intérêt à cette politique du pire : "moi ou personne, tout ou rien" ? Les mêmes.
Les uns exigent le départ du Premier Ministre ; les autres demandent le départ du Président de la République, alors même que ni les uns ni les autres n'en ont ni le droit ni le pouvoir.
Le G7 menace de ne pas participer aux élections organisées par GBAGBO et les structures qu'il aura, arbitrairement, et à son avantage, mises sur pied; le camp présidentiel, de son côté, avec le groupe parlementaire FPI, décide de ne plus participer aux travaux de l'Assemblée Nationale, tant que des explications ne seront pas fournies (par qui ?) sur les atrocités meurtrières de Duékoué.
Tout est bon, qu'on provoque, pour ralentir ou paralyser le processus ; on a oublié les engagements pris à Pretoria.
Le G7 clame : Après le 30 Octobre 2005, GBAGBO ne sera plus président de la République, et nous en tirerons toutes les conséquences.
Le camp présidentiel proclame, de son côté, en réplique, après le 30 octobre 2005, le Président GBAGBO restera à son poste, sur la base de l'article 39, cette fois-ci, et non plus l'article 38 de la constitution ; on hésite, et on doute soi- même de la légitimité de l'entreprise.
On doit se rendre à l'évidence ; aucun d'entre eux ne veut vraiment la paix, chacun, pour des raisons qui lui appartiennent, qui ne sont pas celles de la côte d'Ivoire.
Chaque camp espère pouvoir profiter de " la chienlit généralisée " pour les uns conquérir le pouvoir, pour les autres conserver le pouvoir. Mais quel pouvoir ? pour quel pays ?
Cette voie ne peut, en aucune manière, être celle du PIT, soucieux de l'intérêt de l'ensemble ; et si l'on se précipitait pour des élections bâclées, les conséquences seraient plus graves, le remède pire que mal. Nous remercions tous les partenaires extérieurs qui appuient le processus. Mais nous rappelons que le salut ne nous viendra pas de l'extérieur, tout comme nous devons cesser de rechercher, constamment, à l'extérieur, des bouc-émissaires, en diabolisant les autres.
L'ONU peut nous aider, mais l'ONU ne peut et ne doit prendre notre place pour faire ce que nous devons faire nous-mêmes.
4- Dans de telles conditions, les élections, auxquelles nous tenons, tous, et que nous voulons propres et dignes, ne peuvent se tenir dans les délais ; voilà le " navire ivoire " en panne, qui prend l'eau de toutes parts, et déjà, ils se battent pour en être, chacun, le capitaine, au lieu de s'attacher à le réparer pour le remettre à flot ; alors que la situation économique, nous le constatons avec les opérateurs économiques, ne cesse de se dégrader, dangereusement ; notre cacao et notre café première richesse du pays sont bradés et les paysans mal payés, n'ont même pas le minimum indispensable ; nos produits se retrouvent ici et là à l'extérieur et certains pays qui ne produisent pas un seul pied de cacao, sont devenus exportateurs de ces produits ; l'appauvrissement des travailleurs, avec le chômage en particulier des jeunes s'aggrave, la misère sociale s'étend avec les déplacés et réfugiés, les hôpitaux deviennent des mouroirs, et être malade c'est être candidat à la mort ; la mort est partout dans le pays; et les écoles ne peuvent plus jouer leur rôle.
Nos routes sont de plus en plus impraticables aussi bien à l'intérieur des villes, qu'entre les villes et les villages.
La guerre bouffe l'économie et l'économie est au bord de l'asphyxie, en dépit de certaines apparences. Nous n'en pouvons plus et ça a trop duré.
Alors ! alors ! il faut en finir avec tout ça, et pour de bon.
5- Nous devons, donc, tous, aujourd'hui, et maintenant, nous attacher, essentiellement et prioritairement, à lever les obstacles de tous ordres sur le chemin des élections, pour pouvoir bien les préparer et organiser, avec des résultats crédibles et acceptables, pour pouvoir reconstruire le pays et en assurer le développement.
6- Quels sont les obstacles, qui sont autant de préalables ? Citons les principaux :
a- L'éligibilité : A défaut du référendum constituant, nous avions proposé, sans avoir été entendus, que sur la base d'un accord politique, et par les voies de droit appropriées, les candidats présentés par les formations signataires des accords soient d'emblée (de plein droit) éligibles ; on a fini, après moult gesticulations, par y arriver, mais plutôt par le jeu de l'article 48 de la Constitution.
Le 30 juillet 2004, à la rencontre d'Accra, le PIT avait signifié, au Président Thabo Mbéki, que l'article 48 n'était guère la voie du règlement d'un tel problème, les conditions d'application n'en étant d'ailleurs plus réunies (le 20 septembre 2002 oui, mais plus maintenant). Au surplus, c'est un article de tous les risques ; qu'il fallait d'autres dispositions.
Ils n'ont pas osé recourir à l'article 48, à Accra en Juillet 2004, en notre présence ; en Avril 2005, en notre absence, ils ont osé recourir à l'article 48 à Pretoria, et voilà.
Les candidats présentés par les partis politiques signataires des accords sont d'emblée éligibles ; et les autres candidats ? Deux poids deux mesures? On peut s'interroger.
b- le désarmement : bien que sur la base de l'accord de Pretoria, un calendrier ait pu être établi, et on s'en félicite, les parties, en toute mauvaise foi, se renvoient la balle : les milices d'abord, disent les uns ; les rebelles d'abord, disent les autres, bloquant ainsi le processus et aggravant, ainsi, le climat de méfiance et de suspicion, et réduisant à néant les espoirs et les possibilités en ce domaine comme dans les autres.
c- la réunification du territoire national et son intégrité, le redéploiement de l'administration dans tout le pays : on est encore loin, et très loin, du compte.
d- L'insécurité s'aggrave et se généralise avec des pointes (calamiteuses) comme les massacres, scandaleux, de Duékoué, entretenus par diverses complicités, civiles et militaires ; les agressions, les braquages et cambriolages se multiplient, tranquillement, et dangereusement pour tous ; partout on nous annonce la présence sans visage des escadrons de la mort.
e- le conflit est là ; actuel ou potentiel, entre l'INS et la CEI, et par delà entre le Président de la République et la primature, qui risque de bloquer le processus d'identification des électeurs et celle des cartes d'électeurs, sans lesquels pas d'élections.
f- Le tout, dans une atmosphère de tous les périls, où dominent les politiques de bloc, des Houphouétistes et (contre) les non-Houphouétistes, les vrais et les faux, qui exploitent, en la souillant, la mémoire du grand disparu ; laissons les morts reposer en paix, et travaillons, nous les vivants, à la paix. Car les jours, les semaines, les mois passent, inexorablement, sans que personne ne s'en inquiète réellement. Tout est comme normal. Or, rien n'est normal.
5- On le constate, l'évidence est là : les élections, celles qui peuvent délivrer la Côte d'Ivoire, auxquelles le PIT, Parti légaliste convaincu, tient de toutes ses forces, ne peuvent pas avoir lieu dans les délais.
Cependant les structures nationales et internationales, chargées des élections doivent poursuivre leur œuvre, et faire comme si les élections devaient ou pouvaient se tenir aux dates prévues, faire en sorte que ces élections aient lieu comme prévu.
Mais nous flairons, voyons et constatons, ce que nous regrettons et déplorons, que ces élections ne peuvent et ne pourront se tenir aux dates indiquées, à l'allure où vont les choses ; et nous savons au PIT, faire la différence entre le souhaitable (ce que nous désirons, ce que nous devons faire) et le possible ou le réalisable (ce que nous pouvons faire, ce que nous faisons). Or ce que nous faisons n'est pas ce que nous devons faire, loin s'en faut.
Notre devoir de dirigeant politique est de prévenir et de prévoir : Gouverner, n'est ce pas prévoir ? Prévoir, en mettant en garde et en attirant, fermement, l'attention des uns et des autres sur les obstacles, réels ou provoqués, qui s'y opposent.
Prévoir, en proposant des solutions alternatives, pour éviter la rupture ou le vide, que nous entrevoyons, et sur lequel nous n'avons pas le droit de fermer les yeux et la bouche.
6 - Nous serons amenés, bon gré mal gré, à reporter les élections. Mais comment et sur quelle base ? En conséquence de tout cela, et pour éviter le pire et sauver la paix, le PIT, solennellement, propose :
1- d'arrêter l'escalade de la violence et des affrontements de tous ordres, de sortir, rapidement, de la fièvre électorale, tous, le Président de la République en tête, en donnant l'exemple, pour se tourner, résolument, vers le règlement effectif et définitif des vrais problèmes d'aujourd'hui et de demain pour la paix et des élections comme il le faut. " II faut d'abord mâcher avant d'avaler ".
2- De "mettre tout à plat" à travers une large concertation nationale entre nous, regroupant les acteurs politiques et ceux de la société civile, pour redéfinir les bases et les règles du jeu politique et électoral, et aboutir à un consensus national : ou c'est cette concertation ou c'est l'épreuve de force ; on n'a pas le choix.
3- Sur la base des conclusions d'une telle concertation Nationale, ouvrir comme une nouvelle transition, une autre transition, chacun faisant le serment, sous le regard du peuple, d'assumer, cette fois-ci, ses responsabilités et les engagements souscrits.
4- Le tout, dans un nouvel esprit, dans un climat de confiance retrouvée et partagée, qui fait cruellement défaut aujourd'hui.
Le PIT appelle, spécialement, le Président de la République, le gouvernement et les partenaires internationaux, mais aussi tous: Ivoiriennes, Ivoiriens, populations de toutes les régions et religions, des villes et des villages, acteurs politiques et de la société civile, opérateurs économiques, autorités religieuses et notabilités coutumières, tous, nous devons prospecter, sérieusement, dès maintenant, cette nouvelle voie pacifique, afin de prévenir tous les périls qui s'annoncent, déjà, et dont nul ne doit pouvoir espérer tirer profit sur le dos de la Côte d'Ivoire. "C'est avant qu'il faut préparer après", comme c'est aujourd'hui qu'il faut préparer demain.
Pour le PIT
Le Président
Francis WODIE
INTERVIEW EXCLUSIVE DE M.LAURENT DONA FOLOGO PRESIDENT DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL A "AFRICA N.1"
Mardi 21 Juin 2005
Sollicité par notre confrère, M. Abdoulaye N'Diaye de Africa N°, le président du Conseil économique et social de Côte d'Ivoire, M Laurent Dona Fologo, n'a pas hésité à lui accorder une large interview exclusive le mardi 14 juin dernier. Cet entretien, qui a porté principalement sur des questions relatives à la crise ivoirienne et l'incident diplomatique survenu entre la Côte d'Ivoire et le Gabon, n'a malheureusement pas été diffusé, jusqu'à ce jour, sur les antennes. Une situation qui s'apparente à un black out qui ne dit pas son nom. Libreville a-t-il décidé d'observer un silence radio contre les autorités ivoiriennes sur les installations de sa radio ? Difficile de le savoir. Témoins de cette rencontre, nous vous proposons, in extenso, cette interview exclusive retranscrite de façon fidèle par nos soins...
Radio Africa N°1 : Vous avez déclaré récemment que les accords de Marcoussis ont été une perte de temps pour le processus de paix en Côte d’Ivoire.
Pouvez-vous vous expliquer davantage sur ce point ?
Laurent Dona Fologo : Je n’ai pas dit que les accords de Marcoussis étaient une perte de temps.
J’ai dit que ces accords n’étaient pas faciles à appliquer.
C’est pour cela que leurs difficultés nous ont fait perdre beaucoup de temps.
Ce n’est pas tout à fait la même chose.
Effectivement, je pense que si Marcoussis avait été parfait, il n’y aurait pas eu Accra I, Accra II, Accra III, enfin Pretoria.
Je crois que ce long chemin sinueux, difficile, est dû au fait, peut-être, qu’en voulant bien faire, les géniteurs ont enfanté un être qu’on n’a jamais vu et qu’il est difficile d'élever.
Vous ne semblez pas être tout à fait satisfait du rôle actuel de la France dans le processus ivoirien.
Qu’est-ce qui vous gêne puisqu’il semble qu’aujourd’hui, la France soutient trop ouvertement la rébellion ?
LDF : Depuis le départ, ma position a été toujours très claire.
Moi, je suis un légaliste, je soutiens donc la légalité constitutionnelle.
Je l’ai soutenue à la mort de Houphouët-Boigny en favorisant l’application de l’article 11.
Je l’ai soutenue encore en 1995 face au boycott actif de l’opposition.
Je l’ai soutenue en 2000 en reconnaissant l’élection du président Laurent Gbagbo.
A partir de ce moment-là, je considère que ceux qui ont pris les armes contre la légalité ne pouvaient pas être mis sur un pied d’égalité que cette légalité.
Or, c’est ce qui s’est passé à Marcoussis.
Comme son nom l’indique, c’était une table ronde où les participants ont été placés par ordre alphabétique en fonction de leur structure.
Je pense que cela a été une mauvaise lecture de notre situation.
Je ne peux pas accepter que la légalité et la rébellion soient mises sur un pied d’égalité.
On vous a également entendu à Paris, le week-end dernier, dire que Pretoria est la dernière chance pour la Côte d’Ivoire.
Considérez-vous que les avancées obtenues par le président Mbeki ont été importantes et constituent effectivement la dernière chance ?
LDF : Dès que l'Union africaine a désigné le président Mbeki comme médiateur, nous en Côte d'Ivoire avons été les tout premiers à saluer son arrivée.
Nous avons dit les atouts qui étaient les siens pour réussir là où d'autres n'ont pas tout à fait réussi.
Nous avons dit que le fait d'être, peut-être, un peu plus loin de nous, le fait de ne pas avoir d'intérêts particuliers en Côte d'Ivoire et le fait d'avoir une lecture, à notre avis, plus juste de la situation parce que non impliqué, sont autant d'atouts à un ancien combattant de l'Apartheid pour comprendre notre situation.
Le président de la République, lui-même, a dit que M.
Mbeki sera le dernier médiateur en Côte d'Ivoire.
Parce que nous en avons connu beaucoup.
Nous partageons son point de vue et nous avons créé, en Côte d'Ivoire, une coalition de soutiens à sa médiation.
Aujourd'hui, nous sommes très fiers et très heureux d'avoir vu juste puisque, depuis son arrivée, il a marqué de grands pas et il en marque de petits et je pense que la feuille de route qu'il a proposée a été acceptée par tous les acteurs de la politique ivoirienne à Pretoria.
Cette feuille de route, si elle est suivie, nous conduira à la paix.
Concernant la situation à l'Ouest, un bilan officiel fait état d'une centaine de morts dans des tueries interethniques.
Est-ce que la situation vous paraît absolument dangereuse pour la suite du processus de paix ?
LD F : Je crois que ces incidents sont graves, très graves même.
Mais, ils ne doivent pas nous arrêter sur le chemin de la paix.
Nous devons poursuivre la route.
J'ai dit que cette guerre, cette crise, comme on l'appelle, a désarticulé, déréglé et déboussolé notre société.
C'est pour cela que nous assistons à des situations impensables en Côte d'Ivoire où des tueries dignes d'un autre siècle et d'autres cieux sont apparues en Côte d'Ivoire.
Nous-mêmes Ivoiriens, nous ne savons pas ce qui nous arrive.
C'est une raison de plus de marquer le pas pour franchir les derniers écueils et arriver à la paix, c'est-à-dire aux élections.
Je pense que, quelles que soient les difficultés, il faut vaincre ces obstacles-là et aller à la paix.
On fait remarquer que ces tueries se sont déroulées dans une zone sous contrôle des forces gouvernementales.
Cela suppose que ces forces auraient pu laisser faire ces tueries.
Est-ce votre point de vue ?
LDF: Etant à Paris, je ne peux pas affirmer que les forces légales ont laissé faire ces tueries.
Je vous ai dit que la société est complètement troublée.
Il est possible qu'en zone gouvernementale comme en zone rebelle, il y ait des surprises de cette nature.
Je regrette beaucoup ce qui est arrivé à l'Ouest.
Mais, aujourd'hui à Abidjan, je peux vous dire que l'insécurité est grandissante, les braquages sont nombreux.
Nous ne pouvons pas affirmer que les auteurs de cette insécurité, pourtant qui se fait sous nos yeux en zone tout à fait libre et gouvernementale, sont des bandits gouvernementaux ou des non gouvernementaux.
Je crois que quand il y a une guerre, il y a forcément ce genre de situations.
C'est pour cela que nous sommes pour la fin de la guerre et pour la paix.
Nous l’avons dit depuis le départ et nous maintenons notre position.
Pour les Forces Nouvelles, ces incidents de Duékoué et tout ce qui s’est passé à l’Ouest remettent en cause le processus de désarmement…
LDF: Je crois que les rebelles vont vite en besogne.
Il ne faut pas que chaque incident remette en cause ce qu’ils ont accepté ensemble à Pretoria.
Nous sommes sur la route de la paix depuis le déclenchement des hostilités.
Nous avons fait Lomé, Marcoussis, Accra I, Accra II, Accra III, Libreville, et que sais-je encore.
Si chaque incident doit nous ramener en arrière, ce ne serait pas une bonne chose.
Je pense qu’aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, il y a ceux qui veulent aboutir à la paix et ceux qui ne sont pas pressés d’y aboutir.
C’est pourquoi, moi personnellement, je lance un appel à toutes les parties pour que nous surpassions ces incidents quelle que soit leur gravité et que nous puissions aller à la paix.
Il ne faut pas que chaque obstacle nous bloque sur le chemin du processus.
Justement, du point de vue des Forces nouvelles, ces incidents ont été délibérément organisés par ceux qui ne veulent pas aller à la paix.
Pensez-vous que l’intérêt du président Gbagbo est de ne pas aller à des élections ?
LD F : Personnellement, je pense que cette lecture est complètement fausse et elle est volontairement orientée.
Le seul qui a intérêt à ce qu’il y ait la paix et que l’on organise des élections transparentes, rigoureuses pour sortir de cette situation est le chef de l’Etat.
Il ne peut pas délibérément organiser ce genre d’incidents graves ni même les laisser perpétrer.
Je ne crois pas à cela parce qu’aujourd’hui, un chef de l’Etat, même lorsqu’il perd un mètre carré de son territoire, il se doit de s’empêcher de dormir à plus forte raison lorsque la moitié du pays est occupée.
Je pense que s’il y a une personne qui souhaite aller aux élections, c’est bien le président Gbagbo.
C’est lui qui a fixé la date du 30 octobre conformément à notre Constitution.
Je ne vois pas pourquoi il va créer ces obstacles pour aller contre cette paix.
Je pense tout à fait le contraire.
Notamment parce qu’on spécule que l’alliance des Houphouëtistes conclue entre M Ouattara et M Bédié est de nature à lui barrer la route à une éventuelle élection.
Est-ce votre sentiment ? LDF : Vous savez que je suis un vieux routier de la politique ivoirienne.
Je suis membre du Bureau politique du PDCI depuis 30 ans ; j’ai été collaborateur de Houphouët-Boigny pendant plus de 17 ans ; j’ai dirigé le PDCI pendant 10 ans.
J’ai qualifié ce mariage au bord de la Seine de non événement.
La population ne se sent pas concernée du tout.
Il y a un déphasage aujourd’hui très net entre les états-majors qui s’agitent et la population.
La population veut aller à la paix.
Vous ne pouvez pas dire quels pourraient être les résultats des élections.
Je crois qu’il ne faut pas aller trop vite en besogne.
Je peux vous dire que ce qui s’est passé à Paris ne prend pas sur le terrain ivoirien et toutes les enquêtes peuvent vous le prouver à tout moment.
Est-ce que vous êtes un des contestataires de cette alliance et qu’est-ce que vous pouvez faire pour reprendre la situation en main ?
LDF: Peut-être que je suis un contestataire, c’est possible.
Mais lorsqu’on a dirigé un parti pendant si longtemps, vous comprenez que quelques actions surprenantes et contre nature peuvent vous déranger.
C’est peut-être mon cas.
Ce que je peux vous dire aujourd’hui, je l’ai dit et je ne l’ai jamais caché, si Dieu me donne la force et la vie, je reprendrai le PDCI.
Je le dis à haute et intelligible voix et je maintiens cette position.
Ce qui vient de se passer comme alliance ne me gêne pas outre mesure parce que cela n'a pas beaucoup d'intérêt et d'impact sur le terrain.
On ne peut pas s'appeler Houphouëtistes et accepter la violence, accepter le désordre, accepter que le sang ivoirien coule sur le sol ivoirien, accepter que le pays soit dans cet état-là.
Moi, je suis Houphouëtiste, je m'en réclame et je n'accepte pas que le pays soit dans cet état.
C'est pourquoi, personnellement, je soutiens la République, je soutiens ceux qui l'incarnent aujourd'hui jusqu'aux élections.
Quand vous dites reprendre le PDCI, est-ce à dire empêcher aujourd'hui M Bédié d'être aux commandes et éventuellement l'empêcher d'être le candidat du parti à la prochaine présidentielle ?
L D F : Je ne sais pas si je peux l'empêcher d'être le candidat du parti.
Le parti est organisé, il choisira certainement son candidat.
Je ne pourrai pas empêcher cela.
Mais, je dis que la vie, l'avenir du PDCI me préoccupent.
Je ne suis pas à une présidentielle près.
Il y en a qui ne travaillent que pour cette présidentielle.
Moi, je vais plus loin.
C'est pour cela que je dis que je ne désespère pas un jour de diriger le PDCI et de le remettre sur les rails du président Félix Houphouët-Boigny.
Aujourd'hui, le PDCI a quitté ces rails-là et c'est pour cela qu'il a autant de problèmes.
Est-ce qu'on peut dire que vous ne considérez pas comme acquis la candidature proclamée de M Bédié pour la présidentielle ?
LDF: Pour ceux qui connaissent les statuts du PDCI, le candidat ne peut pas être connu avant la convention de ce parti.
Seule cette structure désigne le candidat du PDCI et c'est écrit noir sur blanc dans les statuts.
Personne ne peut s'autoproclamer si longtemps en avance qu'il est le candidat.
Vous avez vu tout récemment la prise de position de l'un de mes aînés, Me Jean Konan Banny, qui est l'un des piliers du PDCI, qui a dit qu'il ne pouvait pas reconnaître une candidature avant la convention.
Je partage tout à fait son point de vue et sa position.
Une candidature de M Charles Konan Banny, le gouverneur de la Bceao, vous dérangerait ?
LDF : Aucune candidature au PDCI ne me dérange.
Quand j'étais président intérimaire du PDCI et secrétaire général, nous avons accepté cinq candidatures qui ont été déposées comme toutes les autres à la Commission électorale et à la Cour suprême.
Donc aujourd'hui, s'il y avait plusieurs candidatures, je regretterais, mais cela ne me dérangerait pas.
Aucune candidature ne me dérange.
Est-ce qu'on peut envisager une alliance entre vous et M Charles Konan Banny contre M Bédié évidemment ?
LDF : Moi, je ne souhaite pas des alliances contre quelqu'un.
Je souhaite des alliances qui profitent à la Côte d'Ivoire, au retour de la paix en Côte d'Ivoire.
Justement, je suis contre ceux qui se marient contre quelqu'un.
Je voudrais que les gens se marient par amour réellement et véritablement.
Que pensez-vous de l'incident qu'il y a eu entre les présidents Bongo et Gbagbo.
Vous en tant que Houphouëtiste, pensiez-vous qu'un tel incident aurait pu se produire entre la Côte d'Ivoire et le Gabon ?
LDF : Tout d'abord, je voudrais vous dire que je regrette ce qui est arrivé entre les deux présidents.
Je pense qu'en Afrique, le président Bongo est un patriarche, un sage, il est l'aîné du président Gbagbo et je suis sûr que, rapidement, des personnes de bonne volonté vont faire dissiper ce nuage entre nos deux pays.
Au demeurant, les deux gouvernements sont sur la même longueur d'onde.
Ils souhaitent des relations saines, d'amitié, de fraternité, qui sont historiques et séculaires.
Je souhaite également de tout mon cœur, et cela je suis sûr, que des personnes viennent vite régler cette affaire.
J'ajoute que le président Houphouët dont le président Bongo a été un des confidents, je peux vous le dire, nous conseillait qu'il ne faut jamais se battre sur plusieurs fronts à la fois.
Ce ne serait pas sage.
Nous avons déjà assez de problèmes, il ne faut pas en rajouter.
C'est pourquoi je souhaite que ce problème soit vite réglé pour que nous nous occupions sérieusement de la situation intérieure à la Côte d'Ivoire.
C'est-à-dire une situation de crise.
Je n'en doute pas que le grand frère, qui est le président Bongo, acceptera, comme son gouvernement vient de le faire, les excuses de la Côte d'Ivoire.
Vous savez, on dit que les dents et la langue habitent le même palais, la bouche, mais il arrive parfois que les dents mordent la langue.
Ce n'est pas pour cela qu'on enlève les dents.
Nous sommes des frères et quand ces incidents passeront, l'amitié entre nos deux pays et l'amitié entre les deux présidents subsisteront.
Interview retranscrite par Stéphane Konan à Paris stephanekonan@yahoo.
VISITE DU PREMIER MINISTRE SEYDOU DIARRA EN FRANCE
Mardi 21 Juin 2005
Le Premier Ministre Seydou Elimane DIARRA a rencontré le lundi 20 juin le Premier Ministre français et le Ministre des affaires étrangères Douste-Blazy ;
En fin d’après midi, une séance de travail s’est tenu au Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie avec le ministre déléguée au commerce extérieur, Madame Lagarde.
Après avoir affirmé la volonté de la Côte d’Ivoire de renouer la fraternité avec la France, le Premier Ministre a présenté les actions prioritaires du gouvernement et les besoins en financement nécessaires à la réalisation dudit programme, à savoir : Le désarmement, le redéploiement et les élections.
Le Premier Ministre a sollicité le soutien et l’appui de la France dans le cadre de la mobilisation des ressources.
Plusieurs rencontres sont prévues jusqu’au jeudi 23 juin notamment avec Monsieur Michel de BONNECORSE, Conseiller Afrique du P.R. et Madame Michèle ALLIOT-MARIE, Ministre de la Défense.
VICTOIRE DES ELEPHANTS SUR LES PHARAONS D'EGYPTE
Dimanche 19 Juin 2005
Ca y est, le match est terminé sur le score de 2 buts à 0 pour la Côte d'Ivoire. Au coup de sifflet final, les Eléphants se sont agenouillés pour prier pour le repos de l'âme de leur entraîneur trop tôt disparu: Mama Ouattara.
Les deux buts ont été marqués par Didier Drogba.
VOYAGE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO A WASHINGTON
Samedi 18 Juin 2005
En prévision de la reconstruction, le Chef de l’état entreprend des contacts.
Le Président Laurent Gbagbo se rendra aux Etats-Unis d’Amérique pour un séjour d’une semaine environ afin de répondre à l’invitation que lui a adressée M Stephen Hayes, président du Corporate Council on Africa, structure assurant la promotion du commerce et de l’investissement entre les Etats-Unis et l’Afrique.
Cette année, le sommet sur les affaires entre les USA et l’Afrique se tient à Baltimore, dans le Maryland du 21 au 24 juin.
Cette rencontre verra la participation des décideurs du secteur privé américain, des hauts responsables du gouvernement américain et des membres du congrès, des décideurs du secteur privé africain ainsi que des Chefs d’Etat, des Premiers ministres, des ministres et des membres du corps diplomatique africain aux Etats-Unis d’Amérique.
La rencontre de Baltimore vise trois grands objectifs :
. accroître les investissements américains en Afrique à travers la sensibilisation du secteur privé aux opportunités d’affaires en Afrique ;
. débattre des problèmes rencontrés par le secteur privé américain sur le marché africain ;
. promouvoir le partenariat entre les secteurs privés américain et africain.
Le Chef de l’Etat mettra à profit son séjour pour avoir des rencontres à caractère politique et probablement procéder à l’inauguration de l’ambassade de Côte d’Ivoire à Washington qu’il a fait réhabiliter.
COTE D'IVOIRE DECLARATION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO APRES SA VISITE A DUEKOUE ZONE SUJETTE A DES ATTAQUES ET MEURTRES DE POPULATIONS CIVILES
Samedi 18 Juin 2005
Ivoiriens,
Ivoiriennes,
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire.
Le 1er juin 2005, des assaillants ont investi nuitamment les villages de Guitrozon et de Petit Duékoué dans le Département de Duékoué, à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Ils ont massacré des populations endormies et incendié des habitations. Le bilan, très lourd, est d’une centaine de morts et de nombreux blessés. Les survivants de cette attaque ont fui leurs villages et abandonné leurs plantations. Ils vivent aujourd’hui dans le plus grand dénuement dans des centres d’accueil où ils sont devenus des réfugiés sur leur propre terre, dans leur propre pays.
Je suis donc allé à Duékoué et j’ai vu les effets de la barbarie lâche. J’ai vu une population meurtrie dans sa chair et dans son âme et qui s’interroge sur son avenir. Je suis allé voir nos compatriotes pour leur apporter, en votre nom à tous, le soutien et le réconfort de la Nation. Ce soir encore, je voudrais leur exprimer toute notre compassion et leur dire que la Côte d’Ivoire ne les abandonnera pas. Ils ont droit à notre solidarité.
J’ai ordonné une enquête, elle est en cours, les premiers suspects ont été appréhendés.
Je salue toutes les structures démembrées de l’ONU basées dans la région du Moyen Cavally, tous les organismes humanitaires, toutes les ONG qui ont volé au secours de nos compatriotes dans la détresse.
Mais, au-delà de la peine qui nous afflige, nous devons tirer les leçons de cette agression. Les évènements de Duékoué ne sont pas les premiers de ce type à l’Ouest depuis le début de la guerre. Ils ne sont ni isolés, ni fortuits. Malgré la présence d’une zone de confiance au Nord de la région et le redéploiement de l’administration dans tout le Moyen Cavally, des individus armés s’attaquent périodiquement aux populations, créant ainsi une atmosphère de peur et d’insécurité dans toute la région, de Duékoué à Toulépleu en passant par Guiglo et Bloléquin. Face à l’ampleur de ce phénomène récurant, comment ne pas penser qu’il y a une volonté de déstabiliser la Côte d’Ivoire à partir de l’Ouest et de compromettre, par là-même, le processus de paix ?
Il y a deux mois, j’ai rencontré à Pretoria les leaders de l’opposition et de la rébellion armée, à l’invitation du Médiateur sud-africain. Les discussions ont duré quatre jours. Elles ont permis d’identifier clairement ce que les uns et les autres considèrent comme étant les points essentiels de blocage du processus de paix.
- Le désarmement des rebelles
- L’éligibilité à la Présidence de la République
- La sécurité des personnes et des biens.
Pour créer la confiance, l’accord de Pretoria recommandait, entre autres, de remettre en place la direction de la RTI, la diffusion sur tout le territoire national des émissions de la radio et de la télévision nationale, le retour des rebelles au gouvernement. La question de la modification de la Constitution étant écartée, je me suis saisi de l’article 48 de notre Constitution ainsi que l’a recommandé le Médiateur et compte tenu des circonstances exceptionnelles imposées par la guerre, pour régler la question de l’éligibilité des candidats à présenter par les partis signataires de l’accord de Marcoussis et enclencher le processus électoral.
Intervenant dans ce contexte, les évènements de Duékoué appellent des mesures exceptionnelles pour sécuriser toute la région afin de permettre à tous ses habitants de vivre tranquillement et de permettre à la Côte d’Ivoire tout entière d’aller aux élections dans la sérénité.
L’insécurité matérielle et humaine dans laquelle vivent les populations civiles dans cette région est liée à un affaiblissement de l’autorité de l’Etat occasionné par la guerre. Et chaque fois que la situation du pays l’a exigée, et elle l’exige aujourd’hui plus que jamais, le Chef de l’Etat fait appel à des officiers de l’armée pour leur confier des missions à la tête de l’administration territoriale.
Je ne peux pas laisser l’insécurité compromettre le processus électoral. C’est pourquoi, ayant visité tous les départements du Moyen Cavally où j’ai rencontré les populations et les autorités administratives, j’ai pris les mesures suivantes :
1- Un gouverneur militaire est nommé pour la région du Moyen Cavally. Il sera basé à Duékoué ; cette ville étant la plus exposée au plan de la sécurité. Guiglo demeure le chef lieu de la région du Moyen Cavally. Le gouverneur militaire aura sous son autorité l’ensemble des troupes ivoiriennes stationnées dans la région : l’Armée, la Gendarmerie, la Polie, les Douanes, et les Eaux et Forêts.
Des moyens logistiques conséquents seront mis en œuvre au plus tôt pour faciliter la mobilité de nos hommes et la transmission entre nos troupes. Des évaluations seront faites périodiquement pour rendre compte à la nation des résultats de cette mesure.
2- Temporairement, des préfets militaires seront nommés à Duékoué, à Guiglo, à Toulépleu et à Bloléquin, qui devient un département. Le rôle des Préfets militaires sera d’être autour du Gouverneur militaire, pour assurer la sécurité dans la région, aider les populations à retourner dans leurs villages, dans leurs plantations et dans leurs champs et prendre toutes les mesures avec lui pour ramener le calme afin que nous puissions nous consacrer à la préparation des élections. Car, ne l’oublions pas, la sortie de la crise par les élections est la seule voie pour nous.
3- Des discussions ont été engagées avec les responsables de l’ONUCI, elles ne sont pas encore achevées, afin que la zone de confiance soit vraiment une zone de confiance. J’entends, par ailleurs, saisir l’ONU et le Médiateur pour que les membres des mouvements de résistance, organisés en groupes d’autodéfense durant la guerre et qui ont défendu la République, soient pris en compte dans le processus de réinsertion.
Mais au-delà de la région de l’Ouest, les évènements de Duékoué ont mis en lumière les risques que l’insécurité fait peser sur tout le pays. Ainsi, comme nous le constations tous, et nous le déplorons, l’insécurité et la violence sont devenues insupportables dans la ville et le district d’Abidjan. Pour faire face à cette situation, j’engage la mise en place d’un PC Opérationnel Intégré qui fonctionnera 24 heures sur 24 et sera sous le commandement d’un officier supérieur des Forces de Défense et de Sécurité.
La ville d’Abidjan sera divisée en cinq zones dans lesquelles des Unités d’Intervention Décentralisées seront responsabilisées. Elles combineront des détachements d’infanterie issus des grands corps des Forces de défense et de sécurité : Armée, gendarmerie et police.
Ces unités seront équipées de moyens opérationnels de communication tandis qu’un numéro téléphonique spécialisé sera mis à la disposition du public qui solliciterait une intervention.
Les unités opérationnelles effectueront des patrouilles quotidiennes jour et nuit et elles seront toujours prêtes à intervenir.
Des évaluations périodiques seront effectuées et vous serez informés des résultats qui seront mis à la disposition de la presse.
Ce PC Opérationnel Intégré aura désormais une seule et unique tutelle qui sera le Ministère de la Défense.
Sa mission sera de lutter, sans relâche, contre le grand banditisme et la criminalité urbaine.
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire,
Alors que dans l’application des accords de Pretoria, l’Etat de Côte d’Ivoire s’est résolument soumis au respect de ses engagements, la rébellion continue de prospérer dans la violence et le chaos.
La sécurité est le meilleur gage pour aller aux élections dans le cadre des prescriptions de la Constitution de notre pays.
Ce qui s’est passé à Duékoué est moralement, politiquement, et militairement inacceptable.
Les mesures sécuritaires que je viens de prendre s’imposaient d’elles-mêmes pour lutter contre la criminalité et le grand banditisme.
Nous allons rétablir l’autorité globale de l’Etat de Côte d’Ivoire et normaliser la situation sécuritaire et humanitaire des populations à l’Ouest. Nous allons veiller à Abidjan et partout en Côte d’Ivoire à la sécurité des personnes et des biens.
La Côte d’Ivoire n’est pas encore sortie de la crise. Elle en sortira par les élections organisées aux dates constitutionnelles. Les élections auront lieu. Nous nous y sommes engagés à Pretoria. Nous n’allons pas nous détourner de notre voie. Car ce n’est pas par la violence que l’on va imposer des gouvernants à notre pays.
Je vous demande d’être vigilants et de garder confiance.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.
COTE D'IVOIRE LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO A DUEKOUE
Mardi 14 Juin 2005
En vue d'apporter le réconfort et le soutien des ivoiriens au populations de Duékoué , ville martyr sujette à des attaques perpétrées continuellement par des bandes armées sur des civils , S.E.M.Laurent GBAGBO , Président de la République , effectuera un déplacement dans cette zone située à l'Ouest de la Côte d'Ivoire.
Cette visite qui vient à point nommé sera une autre occasion pour le Chef de l'Etat d'exprimer toute sa compassion à ce peuple meurtri par les nombreuses tueries et autres exactions qu'il subit sans trop en comprendre les raisons .
COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 09 JUIN 2005
Mardi 14 Juin 2005
Le Conseil des ministres qui s’est tenu ce jeudi, 9 juin 2005, de 12 h 45 à 14 h 45, au Palais de la Présidence de la République, sous la Présidence effective de Son Excellence le Président de la République a arrêté les décisions suivantes...
Avant d’aborder les différents points inscrits à l’ordre du jour, le Président de la République a entretenu le Conseil des graves incidents survenus dans le Département de Duékoué.
Il a déploré les atteintes à la vie humaine et présenté ses condoléances aux populations de Petit Duékoué, de Guitrozon, du Département de Duékoué et à la Nation entière.
Il entend se rendre très prochainement à Duékoué pour assister et apaiser les populations meurtries par ces attaques.
Par ailleurs, évoquant la situation des nouvelles recrues de l’armée, qui ne seront pas laissées pour compte, le Président de la République a instruit le Gouvernement afin de leur créer une série d’emplois en vue de leur réinsertion sociale.
Abordant son ordre du jour, le Conseil des ministres a examiné plusieurs projets de décrets et entendu des communications.
MESURES GENERALES
Au titre du ministère d’Etat, ministère de l’Agriculture, sur présentation du ministre d’Etat,
le Président de la République a signé un décret portant institution d’une cotisation professionnelle sur le régime de palme au profit du Fonds inter professionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA) pour la période quinquennale 2005-2009.
En effet, dans le cadre de la loi n° 2001-635 du 09 octobre 2001, portant institution des fonds de développement agricole, il a été créé par le décret n° 2002-501 du 11 décembre 2002, le Fonds inter professionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA).
Ce fonds est destiné au financement des programmes de recherches appliquées, de conseil agricole, de formation aux métiers et de renforcement des capacités des organisations professionnelles agricoles dans tous les secteurs de productions végétales, animales et forestières.
Au terme de ce décret, les ressources du FIRCA sont constituées par:
• des cotisations professionnelles prélevées sur la valeur des productions des producteurs, des agro industriels et des autres industriels de la transformation;
• les subventions de l’Etat;
• les contributions des partenaires au développement sous forme de crédits ou de dons.
Ainsi, après concertation entre les acteurs de la filière, il a été convenu d’une cotisation dont le taux maximal est de 1,170 franc par kilogramme de régime de palme.
Les sommes collectées dans la filière palmier à huile seront affectées à hauteur de 95% pour leurs programmes spécifiques, le solde étant affecté à hauteur de 2% à la caisse de Solidarité, et de 3% à l’Administration du FIRCA.
Au titre du ministère de la Solidarité, de la Sécurité sociale et des Handicapés,
sur présentation du Ministre, le Président de la République a signé un décret portant mensualisation du paiement des prestations de la branche retraite du régime géré par l’IPS-CNPS.
Ce décret traduit une des innovations importantes de la réforme du régime géré par l’Institution de Prévoyance Sociale dénommée Caisse nationale de Prévoyance sociale (IPS-CNPS), en ce qu’il énonce la mensualisation du paiement des prestations de la branche retraite qui répond à deux préoccupations majeures:
1- satisfaire à une doléance longtemps exprimée par les retraités du secteur privé, en donnant à la pension de retraite son caractère réel de revenu de remplacement du salaire d’activité;
2- satisfaire au principe “ d’égalité de traitement” entre les retraités du secteur privé et ceux du secteur public; la pratique de la mensualisation du paiement des pensions de retraite étant, depuis bien longtemps déjà, en vigueur avec succès, dans ce dernier secteur.
MESURES INDIVIDUELLES
Au titre du Ministère d’Etat, Ministère de la Justice, sur présentation du Ministre d’Etat, le Président de la République a signé deux décrets, dont le premier, portant nomination de
magistrats de la Cour suprême et de Conseillers à la Chambre des comptes de la Cour suprême, et le second, portant intégration dans le corps des magistrats de la Cour Suprême.
Les détails de ces mesures individuelles vous seront précisés dans le Communiqué final.
Au titre du ministère du Plan et du Développement,
le Conseil a entendu et adopté une communication relative à une proposition de révision des taux de participation des populations au financement des micro-projets communautaires du Projet national de gestion des terroirs et d’équipement rural (PNGTER).
Ce projet initié par le Gouvernement, avec le soutien financier de la Banque mondiale et de l’Agence française de développement (AFD) vise à contribuer de manière significative et
durable à la réduction de la pauvreté en Côte d’Ivoire.
Le PNGTER s’articule autour de quatre composantes opérationnelles, dont la composante
“Appui à l’investissement en milieu rural” (AIMR), qui relève de la tutelle du ministère du Plan et du Développement, constitue le canal de financement des micro-projets communautaires en milieu rural éligibles au financement du PNGTER.
Dans cet important programme, il est prévu que pour les programmes relevant de l’AIMR,
les populations bénéficiaires acquittent en nature, ou en espèces, une contribution moyenne
de 35% du coût du projet.
Mais la situation économique, financière et sociale difficile que traverse actuellement le pays en raison de la guerre, situation venue aggraver un état initial de généralisation de la pauvreté, a eu des répercussions néfastes sur la capacité contributive des populations et singulièrement de celles des zones rurales.
Ces dernières éprouvent donc d’énormes difficultés à libérer leurs contributions au financement des projets communautaires identifiés, pourtant nécessaires à l’amélioration de leurs conditions de vie.
Dans cette optique, il a été envisagé la révision à la baisse du taux exigé de participation des
communautés rurales bénéficiaires des micro-projets financés dans le cadre de l’AIMR.
Ainsi, en lieu et place d’un taux de participation unique de 35%, les taux suivants sont
proposés:
• investissements sociaux: 5% ;
• investissements productifs 10%.
Au titre du ministère du Commerce,
le Conseil a entendu et adopté une communication
relative à un atelier de lancement de l’étude d’impact des accords de partenariat économique
(APE) sur les échanges commerciaux ACP-UE, les 14 et 15 juin 2005.
L’atelier de lancement de l’étude d’impact d’un accord de partenariat économique, cadre
d’information et de sensibilisation, permettra de bien cerner les contours d’un accord commercial qui reste à définir, et dont l’issue affectera directement les intérêts.
Il répond à la
nécessité d’une approche participative décrite par l’accord de Cotonou, en vue d’une meilleure contribution à la préparation des négociations.
Un tel atelier a pour but spécifique de :
• expliquer le contenu de l’accord de Cotonou;
montrer en quoi consiste un Accord de Partenariat Economique et de faire ressortir
les éventuels effets attendus, notamment l’avenir des protocoles et des autres produits qui font l’objet d’une préférence;
.
faciliter les échanges d’information entre les différents acteurs nationaux sur les questions prioritaires des négociations;
.
renforcer la contribution des différents acteurs concernés à travers une revue des stratégies à adopter;
• évaluer et analyser l’impact de la mise en place des accords de partenariat économique sur un environnement commercial sortant d’une guerre civile;
.
étudier la comptabilité des politiques commerciales existantes en Côte d’Ivoire avec un programme de libéralisation commerciale des APE et de l’OMC.
Les résultats attendus sont de trois ordres:
1- une meilleure connaissance de ces accords de partenariat économique;
2- une meilleure connaissance des développements pertinents et de leurs implications pour les négociations UE-ACP ;
3- enfin, une meilleure gestion de l’information, tant au niveau de la collecte que de la diffusion.
Au titre du ministère d’Etat, ministère de l’Environnement,
le Conseil a entendu et adopté une note d’information relative au processus d’apurement du Parc national de la Marahoué.
Cette note d’information fait suite à la Communication en Conseil des ministres en date du 8 février 2005 relative à la problématique de la réhabilitation des parcs nationaux et réserves nationales de Côte d’Ivoire.
En effet, il est apparu nécessaire d’informer le Gouvernement sur le déroulement des opérations d’apurement du Parc national de la Marahoué, en insistant sur les résultats acquis.
Dans l’ensemble, le Parc national de la Marahoué est aujourd’hui apuré à 80%.
Les seules présences humaines se concentrent dans la zone de Bonon où les populations semblent faire de la résistance.
En ce qui concerne les mesures individuelles, le Conseil a entendu une communication du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères relative à la demande d’agrément pour la nomination d’un nouveau représentant du Programme alimentaire mondial en Côte d’Ivoire, et une communication verbale du ministre d’Etat, ministre de la Justice relative à la nomination du Directeur de Cabinet dudit ministère.
Je vous remercie!
Fait à Abidjan, le 9 juin 2005 Porte-parole du Gouvernement
KOBENAN Kouassi Adjoumani
COTE D'IVOIRE / COMMANDEMENT DES FORCES LICORNE / DEPART DU GENERAL PONCET
Mardi 14 Juin 2005
Le Chef de l’Etat a reçu en audience, au Palais de la Présidence au Plateau, ce lundi 13 juin, l’ambassadeur Le Lidec et le Général Poncet qui sont venus lui présenter le Général Irestorza Elrick, nouveau commandant de la Force Licorne.
Depuis les événements des 06, 07, 08 et 09 novembre 2004, le Général Poncet n’est plus en odeur de sainteté avec les Ivoiriens.
Sa mission prend donc fin en Côte d’Ivoire.
Le reste du travail a été confié au Général Irestorza Elrick qui entre en fonction à partir du 15 juin.
Pour le successeur de Poncet, sa mission qui sera une continuité de celle du Général Poncet, est une confrontation de la théorie à la réalité.
Mettant l’accent sur "sa volonté d’aider la Côte d’Ivoire à recouvrer la paix civile, le bonheur et la prospérité au terme d’un processus électoral…"
Le Général Poncet pour sa part, a dit que c’est avec regret qu’il quitte la Côte d’Ivoire après avoir découvert ce pays aux mille potentialités.
Parlant de la sortie de crise, le Général soutient que "la crise se résoudra par les Ivoiriens, main dans la main".
Il est cependant conscient que c’est seule la Côte d’Ivoire qui pourra sortir l’Afrique des sentiers battus grâce à ses potentialités humaines et ses ressources naturelles.
C’est pourquoi, il demande que les élections se tiennent le plus vite possible pour qu’il n’y ait plus de contestations et que les Ivoiriens se retrouvent derrière un Président voulu par tous
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DES FORCES NOUVELLES SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE ET LES EVENEMENTS DE DUEKOUE
Mardi 14 Juin 2005
Réuni le dimanche 12 juin 2005, le Directoire politique des Forces Nouvelles a examiné la situation socio-politique en Côte d’Ivoire, deux mois après la signature de l’Accord de Pretoria. Accord obtenu le 06 avril 2005 sous les auspices de Son Excellence Monsieur Thabo M’Beki alors que le processus de paix était dans l’impasse.
En effet, suite aux bombardements aériens de plusieurs localités sous contrôle des Forces Nouvelles par l’aviation de l’armée ivoirienne sur instructions de Monsieur Laurent Gbagbo les 4, 5 et 6 novembre 2004, notre organisation a rompu tout dialogue avec le chef de l’état qui venait ainsi de reprendre de façon unilatérale les hostilités.
Les Forces Nouvelles rappellent que les raisons ayant fondé ces bombardements qui ont fait 87 morts et plusieurs blessés au sein de la population civile n’ont jusqu’à présent pas été données aux ivoiriens.
Le lundi 28 février 2005 alors que la communauté internationale tentait encore de nous convaincre qu’une reprise des hostilités est rendue désormais impossible avec le nouveau mandat et les règles d’engagement des forces impartiales, nos positions de la localité de Logoualé située à 30 kilomètres de Man ont été attaquées à l’arme lourde.
Cette attaque a été revendiquée par les miliciens du Mouvement ivoirien de libération de l'ouest de la Côte d'Ivoire (MILOCI) se réclamant de monsieur Laurent GBAGBO, appuyés par des éléments proches de l’état-major des FANCI.
Elle a fait 42 morts dont 36 miliciens et 6 éléments des FAFN.
En l’espace de quatre mois et parce que la communauté internationale n’a pas fait preuve de fermeté suffisante, Monsieur Laurent Gbagbo, par des subterfuges venait ainsi de violer à nouveau le cessez-le feu.
Avant donc le sommet de Pretoria et en l’espace de quatre mois, ce sont 142 personnes en majorité des civils que le clan présidentiel a fait tuer.
Toutes ces violations du cessez-le feu et ces morts gratuits n’ont donné lieu à aucune enquête encore moins à une quelconque sanction.
Pourtant, les Forces Nouvelles n’ont eu cesse de réclamer que toute la lumière soit faite sur ces attaques afin de consolider le processus de paix et de contraindre les protagonistes à œuvrer dans le sens de l’application des accords signés.
C’est dans ce contexte délétère et incommodant dont elles ont fait fi que le Directoire politique et l’ensemble des entités des Forces Nouvelles ont autorisé le Secrétaire général, le Ministre d’Etat Guillaume Soro à prendre part au sommet de Pretoria pour relancer le processus de paix en Côte d’Ivoire.
Le 06 avril 2005, les négociations entre les principaux leaders de la classe politique de notre pays ont abouti à un accord sur la mise œuvre de des dispositions de l’accord de Linas-Marcoussis.
Plus de deux mois après le 06 avril, force est de reconnaître que la situation socio-politique a peu évolué et que les risques d’une reprise des hostilités se précisent à nouveau.
L’accord de Pretoria
L’accord de Pretoria contient 18 dispositions devant, si elles sont appliquées, conduire à la tenue d’élections libres, transparentes, justes et ouvertes à tous, et impulser la réconciliation et l’unité nationales.
Cet accord prévoit entre autre :
• l’adoption des modifications législatives quant à la composition, l’organisation et le fonctionnement de la commission électorale indépendante (CEI).
• la nomination par l’ONU d’un haut représentant pour les élections générales de 2005,
• La modification de la loi sur le financement des partis politiques,
• l’adoption par l’assemblée nationale des lois conformes à Linas-Marcoussis notamment la loi sur la nationalité et la loi sur l’identification des personnes. Cela au plus tard pour la fin du mois d’avril 2005.
• que les FDS et les FAFN élaborent un programme national de DDR et s’assurent de la mise en œuvre de celui-ci,
• Le retour au gouvernement des ministres issus des Forces Nouvelles au vu du plan de sécurité proposé par l’Afrique du sud.
Situation socio - politique actuelle
Au plan politique
Les Forces Nouvelles sont revenus au gouvernement et le Président de la République a usé de l’article 48 pour décider de l’éligibilité des candidats que présenteront les partis signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis.
Allant au-delà du règlement de la question de l’éligibilité comme demandé par le Médiateur, le Président Thabo M’Béki, le Président de la République a annoncé, dans sa dernière adresse à la Nation, l’usage abusif de l’article 48 pour régler, selon son entendement, toutes les questions relatives au processus de sortie de crise.
En réalité, Monsieur Laurent Gbagbo s’est ainsi donné les moyens de dévoyer l’ensemble du processus de paix et de réconciliation nationale.
En effet, alors que la Loi fondamentale et le code électoral confie l’ensemble des opérations électorales à la CEI, Monsieur Laurent Gbagbo candidat déclaré aux prochaines élections présidentielles a confié l’établissement de la liste électorale et des cartes d’électeurs à l’institut national de la statistique (INS).
Par ailleurs aucune des lois susvisées par l’accord de Pretoria n’a encore été modifiée, ni même inscrite à la présente session de l’Assemblée nationale.
Pire, le Président de la République n’entend pas faire réexaminer lesdits textes par le conseil des ministres pour amendement par le parlement.
Mieux, pour se dérober de toute révision des textes de Lois, les députés FPI, sur le fallacieux prétexte de l’incapacité du gouvernement de réconciliation nationale à démanteler les milices armées par le FPI, se sont retirés des travaux du Parlement.
Au total, en dehors du retour des ministres issus des rangs des Forces Nouvelles au gouvernement, de la réinstallation à la tête de la RTI de l’ancienne équipe dirigeante et du règlement de la question de l’éligibilité à la présidence de la république, plusieurs engagements politiques essentiels n’ont pas été tenus par la faute de Monsieur Laurent Gbagbo et de son parti, le FPI.
Au plan militaire
Les états-majors des FANCI et des FAFN, conformément aux recommandations faites à Pretoria, se sont rencontrés le 14 puis le 16 avril 2005 à Bouaké.
Ces rencontres avaient pour objectifs, d’une part, de briser le mur de méfiance qui séparait les deux forces depuis les bombardements aériens en novembre 2004 de plusieurs localités sous contrôle des Forces Nouvelles, et d’autre part, de s’assurer de la mise en œuvre du programme national de DDR\RC.
Ces rencontres ont abouti le 14 mai 2005 à l’élaboration et à la validation d’un programme national de DDR\RC et d’un chronogramme de restauration et de refondation des forces de défense et de sécurité.
Aussi, sur la base des documents validés, la commission nationale en charge de la mise en œuvre du processus DDR\RC a transmis aux chefs d’état-major un chronogramme et un plan d’action des opérations de DDR.
Les Forces Nouvelles rappellent que les objectifs du DDR\RC sont :
• la sécurité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national,
• la libre-circulation sur le territoire national,
• de favoriser la cohésion sociale,
• la réduction les risques de reprise des hostilités,
• la stabilité de la sous-région par la non-prolifération des armes.
Par conséquent il nous appartient à tous de mener avec succès le programme de DDR\RC qui devra être irréversible, cohérent et rationnel.
Pour ce faire, la feuille de route de Grand-Bassam document de référence cité par l’accord d’Accra III indique clairement les conditions nécessaires à la mise en œuvre du PNDDR\RC.
Il s’agit entre autre des préalables techniques et politiques qui se résument à l’adoption des textes législatifs tel que indiqué par l’accord de Linas-Marcoussis.
C’est aussi ce même souci qui a conduit les leaders politiques à inscrire dans l’accord de Pretoria l’amendement des textes législatifs au plus tard à la fin du mois d’avril 2005. Cela pour éviter le syndrome de novembre 2004.
C’est pourquoi, et il nous paraît important d’indiquer que les Forces Nouvelles ont évité de s’engager dans une date de début du désarmement.
Aussi le chronogramme et le plan d’action des opérations de DDR rendus public le 14 mai dernier demeurent des propositions faites aux chefs d’état-major par la commission en charge du DDR.
D’autres préalables d’ordre technique, inhérents au processus existent et ne doivent pas être sacrifiés au détriment du succès du programme.
Ce sont entre autre la sécurisation des personnes et sites de regroupement et la réhabilitation de ces derniers.
Par ailleurs depuis deux semaines l’actualité nationale est dominée par les affrontements à Duékoué entre populations allochtones et allogènes. Ces affrontements ont fait une centaine de morts et se sont déroulés en pleine nuit sous couvre-feu.
Ils ont occasionné des déplacements massifs de populations au nord et au sud.
A ce jour des milliers de déplacés affluent vers les zones sous contrôle des Forces Nouvelles. Une catastrophe humanitaire est en cours car ces déplacés manquent d’assistance.
Les témoignages recueillis à Man auprès des déplacés indiquent que les massacres ont été perpétrés à l’aide d’armes de guerre par des individus cagoulés avec la complicité de soldats des forces de défense et de sécurité.
Pour les Forces Nouvelles, cet énième massacre des populations civiles par les partisans de Monsieur Laurent Gbagbo, après les 494 tués d’Abidjan du 19 septembre 2002 à fin janvier 2003, les 200 morts de Bangolo en février 2003, les 86 morts de Daloa en octobre 2002, les 120 tués de Monoko-zohi, les 720 morts des 7 charniers de Man en décembre 2002, les 19 tués de Béoumi le 31 décembre 2002, les 500 morts de mars 2004 à Abidjan, les 87 tués par les bombardements aériens de novembre 2004 et les 42 morts de février 2005 à Logoualé, est la conséquence et la suite logique de l’impunité totale dont jouit le régime de Laurent Gbagbo.
Les Forces Nouvelles s’insurgent contre le fait que la majorité de ces massacres ait été perpétré sous le regard bienveillant de la communauté internationale avec la présence en Côte d’Ivoire de plus de 10 000 soldats de l’opération licorne et de l’ONUCI.
Au total, le processus de paix devant nous conduire à des élections transparentes, justes et ouvertes à tous risque à nouveau d’être dans l’impasse si des mesures énergiques ne sont pas prises pour amener Laurent Gbagbo à tenir ses engagements.
Pour notre part, nous appelons à la mise en œuvre sans délais de toutes les dispositions contenues dans l’accord de Pretoria y compris le DDR.
Aussi, demandons nous avec insistance, afin que le processus de DDR\RC et le processus électoral se déroulent en toute confiance:
au Président de la République :
- de faire voter les amendements prévus des lois sur la nationalité, l’identification, le financement des partis politiques, les médias qui, nous le rappelons devaient être effectifs avant la fin du mois d’avril 2005.
- de prendre les dispositions légales nécessaires à la mise en œuvre du chronogramme de la restauration et de la refondation des FDS notamment par la prise du décret d’application de la loi d’amnistie.
au Premier ministre :
- de tout mettre en œuvre pour rendre effectif le démantèlement des milices.
à la communauté internationale
- de mobiliser rapidement les ressources nécessaires à la mise en œuvre du PNDDR\RC,
- de faire la lumière sur les massacres de population dans l’ouest et prendre des sanctions contre les auteurs et les commanditaires au plus haut niveau.
Fait à Abidjan, le lundi 13 juin 2005
Pour les Forces Nouvelles
COTE
LOUIS-ANDRE DACOURY-TABLEY
COTE D'IVOIRE DECLARATION DU PARTI DEMOCRATIQUE DE COTE D'IVOIRE (PDCI-RDA) SUR LA SITUATION A DUEKOUE
Vendredi 10 Juin 2005
Suite aux évènements de Duekoué , le PDCI-RDA a fait la déclaration suivante :
Le Groupe Parlementaire PDCI-RDA a été informé comme tous les Ivoiriens de ce que depuis plusieurs jours, des massacres de civils sont perpétrés dans le département de Duékoué, précisément à Guitrozon et à Petit Duékoué.
Des événements douloureux semblables s'étaient également déroulés à Guiglo, Bloléquin, Bangolo, Logoualé, Toulepleu, Danané et dans d'autres localités de la région, occasionnant des victimes dans toutes les communautés tant autochtones (Wè et Dan), qu'allochtones (Sénoufo, Malinké, Baoulé, Agni, Abron, Lobi, etc.) et étrangères.
Le Groupe Parlementaire s'incline devant la mémoire de tous ces morts et exprime sa compassion aux blessés et aux parents des victimes.
Le Groupe Parlementaire PDCI-RDA, au moment où les Forces Politiques aidées par la communauté internationale s'emploient à faire aboutir le processus de sortie de crise, s'indigne que l'organisation d'un environnement d'insécurité généralisée vienne compromettre les rares acquis de ce processus.
Le Groupe Parlementaire rappelle que l'Assemblée Nationale a été placée au centre de ce processus de sortie de crise et a le devoir de jouer sa partition pour mettre fin à la souffrance des populations.
Les événements douloureux que le pays vit dans sa partie ouest, au lieu de servir de prétexte à la suspension du fonctionnement de 1l'Assemblée Nationale, devraient au contraire amener les parlementaires à redoubler d'ardeur dans l'accomplissement de cette mission importante dans le processus de sortie de crise. Déserter l'Assemblée Nationale à ce moment précis serait trahir le peuple et n'aurait pas de sens si ce n'est par calcul politicien et partisan.
Le Groupe Parlementaire PDCI-RDA constate que les localités où se sont déroulés ces différents événements tragiques sont en zone loyaliste donc sous la responsabilité du Président de la République, chef suprême des Armées, garant de la sécurité des personnes et des biens.
Par conséquent, si démission il devrait y avoir, c'est celle du Président de la République qui devrait être exigée.
Au demeurant, notre Constitution ne donne pas à l'Assemblée Nationale le pouvoir de censurer le Gouvernement ni de démettre le Président de la République qui, à son tour, ne peut pas dissoudre l'Assemblée Nationale.
Cependant l'article 82 de la Constitution permet à l'Assemblée Nationale de demander au gouvernement de venir s'expliquer sur ces événements tragiques. Aussi le Groupe Parlementaire PDCI-RDA a-t-il proposé, lors de la dernière plénière que le Gouvernement réponde à une demande d'informations sur ces événements douloureux dans les jours très prochains à l'Assemblée Nationale.
Le Groupe Parlementaire PDCI-RDA se réserve également le droit de demander la mise en place d'une commission d'enquête sur ces événements.
En tout état de cause, le Groupe Parlementaire PDCI-RDA:
Condamne encore une fois ces tueries de Duékoué et d'ailleurs et exprime toute sa compassion aux victimes.
Réaffirme sa volonté de voir l'Assemblée Nationale jouer sincèrement sa partition dans le processus de sortie de crise par l'adoption des lois telles qu' indiquées par l'accord de Pretoria dont l'un des signataires est le Président de la République. II s'agit entre autres des lois sur la Commission Electorale Indépendante ( CEI ), le financement des partis politiques, la nationalité, etc.
Dénonce par avance toute nouvelle tentative de compromettre le processus de sortie de crise par la suspension injustifiée des travaux de l'Assemblée Nationale..
Dénonce également l'organisation de l'insécurité dans le but de bloquer les Institutions de la République et d'empêcher l'expression démocratique des forces politiques de l'opposition.
S'élève contre l'utilisation partisane des médias d'Etat, la diffusion d'informations tronquées et le musellement des forces politiques de l'opposition.
Demande pour mettre fin à l'insécurité, que tout soit mis en œuvre par le Président de la République, le Gouvernement de Réconciliation Nationale et les Forces Impartiales pour que le désarment des milices et leur démantèlement ainsi que le désarmement des forces belligérantes soient effectifs sur toute l'étendue du territoire.
Fait à Abidjan le 9 juin 2005
Le Groupe Parlementaire PDCI-RDA.
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU PARTI IVOIRIEN DES TRAVAILLEURS (PIT) SUITE AUX ATTAQUES DE DUEKOUE
Vendredi 10 Juin 2005
Le PIT ne comprend pas, et ne peut se résigner devant cette tragédie, à répétition, qui peut se reproduire et se produire ici et là dans d’autres régions de la Côte d’Ivoire.
Encore, et encore des morts et des massacres à Duékoué et à l’Ouest, sans qu’on n’ait pu, aujourd’hui comme hier, identifier et mettre la main sur les auteurs de telles atrocités.
Le PIT ne comprend pas, et ne peut se résigner devant cette tragédie, à répétition, qui peut se reproduire et se produire ici et là dans d’autres régions de la Côte d’Ivoire.
C’est donc un problème national qu’il faut traiter comme tel, en cessant de le considérer comme une affaire tribale ou régionale.
Ces événements sont maintenant prévisibles, et ils étaient prévus et rien, cependant, n’a pu être fait pour prévenir l’horreur.
COTE Pourquoi et comment ?
Le peuple ivoirien a droit à une explication.
Le PIT s’incline, le cœur meurtri, salue la mémoire des victimes, de toutes les victimes, souhaite un prompt rétablissement aux blessés, et partage la douleur et la tristesse des familles et de toute la Côte d’Ivoire.
Le PIT a déjà contribué, silencieusement, à éteindre le feu et à apaiser le drame des populations, par diverses voies, et nous allons continuer, encore, dans le sens du rétablissement de la sécurité, de la quiétude des populations et de la paix, pour la réconciliation des populations qui vivent dans la région, quelle que soit leur origine, autochtones, allogènes et étrangers, qui doivent réapprendre à vivre ensemble, en reconnaissant à chacun ce qui lui revient.
On ne peut comprendre que soient présents sur les lieux les forces armées nationales, les forces de l’ONU et les milices ou groupes d’auto-défense et que les tels massacres puissent être perpétrés tranquillement, au vu et au su de tous.
Il y a, nécessairement, des défaillances ici et là, des complicités ici et là, que le PIT dénonce et condamne avec la dernière énergie.
Chacun doit faire son travail pleinement et effectivement, faire ce pour quoi il est payé, en étant à son poste ; et toutes les fautes doivent être sévèrement sanctionnées, à la mesure de la gravité des faits.
La situation ne laisse pas de préoccuper le PIT et nous devons tous nous en inquiéter.
Le PIT a adressé des courriers au Premier ministre, aux ministres de la Défense et de la Sécurité, aux autorités militaires nationales (CEMA) et internationale (ONUCI) pour avoir des explications.
Nous nous tournons maintenant vers le Président de la République, dont l’absence en ce moment dramatique est dictée, nous dit-on, par la volonté de rechercher, dans le cadre de la crise, des alliés et des amis au plan international ; tel est le sens de cette tournée diplomatique.
On ne peut donc comprendre qu’au même moment les propos du Président de la République prennent le chemin inverse, propos aussi désobligeants qu’inamicaux qui risquent de compliquer davantage la situation du pays déjà empêtré jusqu’au cou.
Le chef doit montrer la direction (la bonne), le sens de la mesure et des responsabilités, et ne rien dire ni faire qui risque de lui aliéner, inutilement et dangereusement, ses pairs reconnus de surcroît comme des amis et des grands frères, en particulier, le Président Omar Bongo, qui a toujours soutenu la cause de la Côte d’Ivoire, et à qui nous devons respect et reconnaissance.
Un chef (le Président de la République) parle non pour lui, mais pour son pays, et dans l’intérêt de son pays. Il y a donc lieu de rattraper, au plus tôt, ce qui n’aurait jamais dû être et fait, et dans le respect de la souveraineté des Etats et de l’honorabilité de leur Chef. Le pays y gagnerait et le processus de paix s’en trouverait consolidé.
Nous devons restés rassemblés au plan national comme international et surtout interafricain.
S’agissant des massacres de Duékoué, nous devons avoir la même attitude de solidarité. En ce sens, le PIT compte conduire très prochainement une délégation au plus haut niveau sur les lieux pour dire et renforcer sa solidarité avec les populations.
Le PIT exige d’ouvrir, sans délai, une enquête (Commission d’enquête) pour établir les faits et faire éclater toute la vérité, situer les responsabilités et prendre, sur la base du rapport d’enquête ainsi publié, les sanctions vigoureuses qui s’imposent. Ces crimes et tous les autres ne doivent pas restés impunis.
Nous devons savoir déceler tous les germes et toutes les velléités de division et de déstabilisation afin que rassemblés et réconciliés, nous puissions conduire résolument et sans à-coups, le processus vers des élections crédibles et acceptables, à même de ramener véritablement la paix et de doter le pays de dirigeants dignes et représentatifs, capables de maintenir et de sauvegarder la paix et l’unité des Ivoiriens en toutes circonstances.
Fait à Abidjan le 8 juin 2005
Pour le Parti ivoirien des travailleurs.
Le président
WODIE FRANCIS
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN SUITE AUX ATTAQUES DE DUEKOUE
Vendredi 10 Juin 2005
Suite aux attaques perpétrées contre les populations de Duékoué à l'Ouest de la Côte d'Ivoire entraînant des meurtres et autres atrocités , le FPI , parti politique au pouvoir a fait une déclaration sur ces faits dont voici la teneur :
INTRODUCTION
L'actualité politique en Côte d'Ivoire connaît ces dernières semaines, une évolution enfiévrée et sanglante que rien ne présageait depuis la signature de l'Accord de Pretoria et l'importante déclaration du Président de la République le 26 Avril 2005.
L'extrême gravité" de la situation qui prévaut dans le Moyen Cavally, les incertitudes qui plombent le processus de réunification du pays et le processus électoral, la danse macabre du G7, le jeu de cache-cache des mouvements rebelles et les atermoiements de la Communauté Internationale interpellent le Front Populaire Ivoirien et exigent une réaction ferme à la mesure de la menace qui pèse sur notre pays.
I. LES FAITS
Prenant prétexte de racket de la part des Forces de Défense et de Sécurité, les transporteurs et commerçants de Duekoué sous la conduite de Monsieur AHOUA TOURE, délégué départemental du PDCI, déclenchent sans préavis un mouvement de grève le 4 Mai 2005. Cette grève dégénère en affrontement entre jeunes des Communautés allogènes et autochtones. Alors que l'on croyait le calme revenu suite à l'intervention des Autorités politiques, administratives et militaires, les quartiers périphériques de la ville de Duekoué sont l'objet d'attaques meurtrières le 8 mai 2005 de la part de la communauté allogène et étrangère. Bilan : plus de 20 morts dans le camp de la communauté autochtone.
Le 25 Mai 2005, un jeune Wê du village de Petit Duekoué est retrouvé mort dans sa rizière.
Le 27 Mai 2005, découverte des corps de trois jeunes Sénoufo et celui d'un Burkinabé à un kilomètre des villages de Guitrozon et de Petit-Duékoué.
Dans la nuit du 31 Mai au 1er juin 2005, des assaillants convoyés depuis la zone de confiance ont attaqué sauvagement les villages de Guitrozon et de Petit Duekoué causant plus d'une centaine de morts, des centaines de blessés et occasionnant des milliers de déplacés.
Depuis cette date la tension reste vive à Duekoué et des morts sont enregistrés chaque jour.
C'est dans ce contexte douloureux que des voix depuis Paris et ici même à Abidjan s'élèvent pour accuser le Président de la République et le Front Populaire Ivoirien. Plus grave, le G7 prend prétexte de cette situation pour engager une campagne d'intoxication de l'opinion au bout de laquelle il annonce son refus de participer aux prochaines consultations électorales, il incite ses Ministres à l'insubordination, il marque sa défiance vis-à-vis de l'autorité de l'Etat et il déclare que passé le 30 octobre 2005 Monsieur Laurent Gbagbo ne sera plus Président de la République.
II. NOTRE ANALYSE
La situation qui prévaut à l'Ouest n'est ni un conflit interethnique, ni un conflit foncier. Elle procède d'un projet de déstabilisation savamment planifié et qui s'inscrit dans la logique du coup d'Etat manqué du 19 septembre 2002. Ces tueries massives et barbares ne visent qu'un seul objectif : créer le chaos et compromettre la tenue de l'élection présidentielle du 30 Octobre 2005...
Ce n'est pas un hasard si ce Monsieur AHOUA Touré, délégué Départemental du PDCI qui est à l'origine de cette situation. Monsieur Ahoua Touré avait pour mission d'organiser la déstabilisation du Moyen Cavally. Il recevait ses ordres d'Abidjan et de Paris et travaillait en étroite relation avec Bouaké, Man et Danané.
Ayant perdu la confiance des Ivoiriens, convaincu qu'ils ne pourront jamais accéder au pouvoir par la voie des urnes, Messieurs Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara ont décidé de faire exploser la Côte d'Ivoire pour punir les Ivoiriens d'avoir choisi la voie de 1a liberté, de la Dignité, de la Démocratie et du Progrès.
Le Moyen Cavally a été choisi comme base de ce projet macabre, parce qu'il offre le terreau propice à une telle opération :
- sa diversité politique, ethnique et religieuse ;
- l'existence de tensions sociales liées à la question foncière ;
- la proximité avec les zones occupées par la rébellion pouvant servir de base arrière.
La sortie précipitée de Monsieur Alassane Ouattara le lendemain même de ces tueries n'est pas fortuite.
Il faut se rappeler que Monsieur Soro Guillaume, face au refus de l'ONU d'organiser les élections en Côte d'Ivoire, au motif que le pays n'était pas sous tutelle, avait déclaré qu'il " fallait mettre la Côte d'Ivoire en faillite ". C'est ce plan diabolique qui est en œuvre depuis le début du mois de Mai 2005. Après les pillages, viols, vols et destruction de toute nature, la branche armée du G7 a décidé de se transformer en organisation terroriste.
C'est cette nouvelle stratégie de déstabilisation du G7 qui explique la recrudescence de l'insécurité sur l'ensemble du territoire et notamment à Abidjan.
C'est pour cette raison que le G7 qui s'est installé depuis toujours dans une logique de coup de Force décide du boycott du processus électoral alors qu'il n'y a aucune relation de cause à effet.
III. NOTRE POSITION
Le Front Populaire Ivoirien (FPI) sensible au drame que vivent les populations ivoiriennes, en particulier celles de Duékoué, et profondément attaché à la restauration de la paix, la démocratie et de l'intégrité du territoire national :
- s'incline devant les dépouilles mortelles des populations de Duékoué atrocement massacrées par les bandes terroristes ;
- présente ses condoléances les plus attristées aux familles éplorées ;
- souhaite un prompt rétablissement aux blessés ;
- exprime sa solidarité agissante aux nombreuses familles déplacées ;
- demande la mise en place d'une Commission d'enquête pour faire la lumière sur ces tristes événements, situer les responsabilités et prendre les sanctions qui s'imposent ;
- condamne énergiquement ces atrocités, ces actes de barbarie indignes de l'espèce humaine ;
- devant l'incapacité notoire du Gouvernement de Réconciliation Nationale d'assurer la sécurité des personnes et des biens, de réaliser le désarmement des mouvements rebelles et de réunifier le pays, demande instamment la démission pure et simple du Premier Ministre Seydou Diarra et son Gouvernement ;
- demande que soient supprimées les zones de confiance qui ne sont rien d'autre qu'une autre zone de non-droit à l'intérieur de laquelle les forces dites neutres n'ont pu et ne peuvent assurer la sécurité des populations et où, au contraire, les rebelles évoluent armes au poing en toute impunité ;
- demande au Président de la République de prendre, des mesures spéciales de sécurisation des personnes et des biens sur l'ensemble du territoire national en particulier la Région du Moyen Cavally ;
- rappelle au G7 que le processus électoral est en cours depuis le décret fixant au 30 octobre 2005, la date du premier tour de l'élection présidentielle ; en conséquence et en vertu de l'article 39 de la Constitution, le Président' de la République reste en fonction jusqu'à la prestation de serment du futur Président qui sera élu ;
- demande en conséquence, expressément à Messieurs Henri KONAN Bédié et Alassane OUATTARA d'abandonner leur projet funeste d'accéder au pouvoir par des voies non démocratiques. Le Peuple ivoirien, après trois (3) ans de guerre injuste et meurtrière, aspire à la paix et au développement :
- appelle les Ivoiriennes et les Ivoiriens à la mobilisation et à la vigilance pour faire échec à toute tentative de division afin de promouvoir la cohésion sociale et de préserver l'intégrité du territoire national.
Fait à Abidjan, le 9 Juin 2005
Pour le Front Populaire Ivoirien
Le Président,
PASCAL AFFI N'GUESSAN
COTE D'IVOIRE / INTERVENTION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO SUR LES ATTAQUES DE DUEKOUE
Jeudi 9 Juin 2005
A peine rentré de voyage et en attendant de faire une importante déclaration à la Nation, le président de la République s’est prêté hier à quelques questions de la presse ivoirienne sur les massacres de Duékoué et le refus du bloc rebelle d’aller au désarmement et aux élections.
Vous n'avez pas fait de déclaration mercredi à votre arrivée de Luanda, malgré la gravité de la situation. Peut-on savoir pourquoi ?
J'ai été à Ouagadougou, à Kigali et à Luanda.
Mes conseillers et moi étions en contact et je recevais des rapports au moins deux fois par jour ; je savais donc ce qui se passait au pays. Mais il était bon que pour les Institutions de la République, j'écoute formellement le point de vue du Premier ministre, celui des ministres de la Défense, de la Sécurité Intérieure et de leurs hommes ; c'est-à-dire les FANCI, la Gendarmerie et la Police. Ce que j'ai fait hier (mercredi, ndlr) dès mon arrivée. Aujourd'hui donc, je suis en mesure de dire une ou deux choses.
Premièrement, je voudrais dire toute ma compassion et mes amitiés à la population de Duékoué. Surtout à la population de Guitrozon et de Petit Duékoué, villages que je connais, où j'ai mangé, séjourné, parlé et discuté avec les gens. Je connais bien ces localités. Et je suis vraiment touché par ce qui s'y est passé. Je leur présente toutes mes condoléances. Mais je voudrais faire remarquer, parlant de cette attaque, qu'il ne s'agit pas d'affrontements interethniques. Quand les gens dorment et qu'on vient nuitamment les tuer dans leurs lits, brûler les maisons dans lesquelles ils dorment, ce n'est plus un affrontement interethnique, c'est un crime contre l'humanité.
Il y a eu plus de 100 morts. Certaines sources nous disent 111, d'autres 121, 123 ou encore 140. Mais dans tous les cas, il y a eu au moins 100 morts. D'ici la fin de la semaine, je prendrai des décisions assez fortes sur la situation de Duékoué et sur la situation de l'Ouest en général. Je prendrai des décisions d'ordre sécuritaire. Mais je voudrais dire aux Ivoiriens de tenir bon et que nous allons vers les élections. Ce sont ceux qui ne veulent pas aller à ces élections qui créent les troubles. Aujourd'hui, des gens ont créé des problèmes de toute pièce pour qu'un monsieur soit candidat.
J'ai décidé qu'il soit candidat. Et les Ivoiriens ont bien reçu le message, ils l'ont accepté ; parce que nous savons ici que ce monsieur ne gagnera aucune élection. Nous disons donc qu'il faut qu'il vienne être candidat pour que le monde entier voit en Côte d'Ivoire qui pèse quoi, qui est qui et qui est quoi. Au lieu de cela, ils sèment la terreur, voyant que les élections approchent, et que les unions qu'ils font les desservent au lieu de les servir. Car il est tout de même difficile aux Ivoiriens d'accepter des gens qui s'allient à des assassins ! C'est difficile aux Ivoiriens d'accepter des gens qui s'allient à ceux qui ont porté le fer dans le sein de la mère Patrie. Nous, on les observe et on les attend pour les élections.
Au lieu de cela, ils bloquent le processus de désarmement, ils font des déclarations intempestives, ils continuent de tuer. Par ailleurs, nous savons, par les renseignements, qu'ils ont planifié un certain nombre de tueries à travers le pays.
C'est pour tout cela que je vais prendre des dispositions dans quelques jours pour accroître la sécurisation des Ivoiriens qui doivent demeurer vigilants. Que tous ceux qui voient des mouvements suspects les signalent à la police, à la gendarmerie et à l'armée parce que ces tueurs-là n'ont pas désarmé. Ils ont peur d'aller aux élections. J'ai donné l'ordre à mon cabinet d'adresser une lettre au médiateur, d'adresser une autre au Secrétaire général de l'ONU, pour qu'enfin, on cesse cette fanfaronnade.
Monsieur le Président, malgré la crise, vous avez visité le Burkina Faso (on connaît nos relations avec ce pays), et des pays qui ont connu la guerre. Que retirez-vous de ces différents voyages ?
Au Burkina Faso, j'ai pris part à une réunion de la CEN-SAD. J'avais promis à mon aîné, le Colonel Kadhafi, que j'irais à cette réunion. J'ai donc laissé les ministres continuer les travaux. Après la cérémonie d'ouverture.
Mais les réunions les plus importantes ont été celles de Kigali et de Luanda. Où j'ai été effectivement voir deux pays qui sortent de crise. Vous pouvez demander à tous ceux qui m'ont accompagné, notamment aux journalistes. J'ai été frappé par la soif de vie qui caractérise les Rwandais et les Angolais. Les Rwandais ont connu un génocide qu'on n'a jamais connu en Afrique.
Ces derniers temps, j'ai visité trois pays africains qui m'ont impressionné : l'Afrique du Sud avec l'apartheid qui était la ségrégation légalisée, le Rwanda où on a eu un million de morts en cent jours, ce qui fait une moyenne de dix mille tués par jour. J'ai visité le Mémorial du génocide.
Mais à côté de cela, j'ai vu des Rwandais avides de vie ; qui construisent leur vie, qui travaillent, qui appellent les capitaux, qui, eux-mêmes, investissent et s'investissent dans leur pays. Cela fait plaisir à voir. C'est un pays ressuscité. Et je voudrais que les Ivoiriens prennent courage. Nous ne sommes pas tombés aussi bas que le Rwanda. Nous nous relèverons donc plus vite. Nous avons seulement un genou à terre. L'autre pied est debout. Nous nous relèverons donc plus vite. J'ai visité enfin l'Angola. 27 ans de guerre civile.
Aujourd'hui, Roberto Olden, est à Luanda. Celui qui a dirigé jadis la lutte contre le MPLA, est à Luanda, il a presque 80 ans. Savimbi est mort, mais Roberto Olden est là. Que nos Roberto Olden viennent à Abidjan ! Qu'ils viennent en Côte d'Ivoire au lieu de rester dans des pays étrangers où ils prennent souvent leurs rêves pour la réalité. Qu'ils viennent rencontrer les Ivoiriens, parler avec eux. Et ils verront que leurs aventures sont vouées à l'échec. Aujourd'hui, les Angolais sont en train de construire leur pays. J'ai visité leurs installations pétrolières, je suis vraiment content de ces deux visites.
Monsieur le Président, l'actualité, c'est aussi les relations entre la Côte d'Ivoire et le Gabon.
Oui, je ne commente pas mes propres propos et je ne commente pas les propos des diplomates. Le temps est un autre nom de Dieu. Et le temps règlera tout cela.
COTE D'IVOIRE /CONFERENCE DE PRESSE DU GROUPE DES HOUPHOUETISTES SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE DU PAYS
Mercredi 8 Juin 2005
Mesdames et Messieurs les Journalistes de la Presse Nationale et Internationale,
Je voudrais au nom du Directoire du G7 vous saluer, vous remercier et vous rendre hommage pour votre disponibilité à l’égard du G7.
Honorables membres des Instances du ¨PDCI-RDA, du RDR, de l’UPDCI et du MFA,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Elus,
Monsieur le Président de la Mouvance Parlementaire,
Mesdames et Messieurs les responsables des Organisations Spécialisées du PDCI-RDA, du RDR, de l’UDPCI et du MFA,
Chers camarades militants,
Notre Conférence de presse de ce mardi 7 juin 2005 revêt une importance particulière. Ce qui explique la présence de l’ensemble des instances dirigeantes des quatre Partis Politiques membres du G7.
En effet, à travers cette conférence de presse, nous entendons alerter l’opinion nationale et internationale sur les graves périls vers lesquels le Chef de l’Etat, Laurent GBAGBO, est en train de conduire, inexorablement et de façon totalement irresponsable, notre pays déjà meurtri par près de trois ans de crise militaro-politique.
Dois-je rappeler que l’Accord de Pretoria est le 4ème du genre, que les acteurs politiques ivoiriens ont signé, en vue du retour de la paix dans notre pays, la Côte d’Ivoire, après ceux de Linas-Marcoussis (24 janvier 2003), d’Accra II (7 mars 2003) et d’Accra III (29 juillet 2004).
Plus que les précédents, l’Accord de Pretoria a suscité beaucoup d’espoir. Nous avions tous cru qu’il scellerait la confiance entre l’ensemble des ivoiriens et ouvrirait la voie à une paix durable.
Malheureusement, deux mois après sa signature, cet Accord connaît, dans sa mise en œuvre, de graves blocages voire des dérapages dangereux, de la part du Chef de l’Etat, Laurent GBAGBO.
En ce sens, je voudrais m’arrêter sur les décisions prises par ce dernier, le 30 mai 2005, et celles qu’il annonce pour le prochain Conseil des Ministres devant se tenir à son retour de visites à l’étranger.
En effet, au cours du Conseil des Ministres du lundi 30 mai 2005, le Chef de l’Etat, Laurent GBAGBO, a « promis réunir dans les prochaines semaines, lors d’un Conseil de Ministres élargi, toutes les structures qui s’occupent des questions électorales, notamment la CEI, l’INS …, en vue d’arrêter les décisions qui s’imposent dans le cadre de la préparation des élections d’octobre 2005 (…).»
Puis, il «(…) a prévenu que lorsque les décisions seront prises, tous les acteurs politiques seront invités à s’y conformer. Toute fraude et tout contrevenant seront combattus et sévèrement sanctionnés.»
Le Directoire du G7 voudrait, ici et maintenant, prendre à témoin l’opinion publique, nationale et internationale, des dérives fascistes que cette décision du Chef de l’Etat sous-tend et qui repose sur une utilisation politicienne et provocatrice de l’article 48 de la Constitution.
Le Directoire du G7 rappelle que l’Accord de Prétoria, en son paragraphe 14 « l’éligibilité à la présidence de la République », précise bien que :
« Les participants à la rencontre ont discuté de l’amendement de l’article 35 de la Constitution. Ayant écouté les points de vue des différents leaders, le Médiateur s’est engagé à se prononcer sur ce sujet après avoir consulté le Président de l’union Africaine, son Excellence le Président OLUSEGUN OBASANJO et le Secrétaire Général des Nations unies, Son Excellence KOFI ANNAN. La décision issue de ces consultations sera communiquée aux leaders ivoiriens. Le Médiateur fera diligence pour régler cette question».
A ce sujet, le Médiateur de l’Union Africaine, le Président TABO MBEKI, a demandé au Chef de l’Etat, Laurent GBAGBO, dans sa lettre du 11 avril 2005, je cite : «de faire usage des pouvoirs attribués au Président au terme de la Constitution de la Côte d’Ivoire, en particulier l’article 48 (…) pour donner force de loi à la décision du médiateur concernant l’article 35, après avoir procédé aux consultations prévues avec les Présidents de l’Assemblée Nationale et du Conseil Constitutionnel».
Le Directoire du G7 fait observer que l’utilisation abusive de l’article 48 de la Constitution, outre son