COTE D'IVOIRE / ATTAQUES D'AGBOVILLE ET D'ANYAMA / COMMUNIQUE DU COMITE DE SUIVI DE L'ACCORD DE LINAS-MARCOUSSIS
Vendredi 29 Juillet 2005
Le Comité de Suivi de l'Accord de Linas-Marcoussis s'est réuni
mercredi 27 juillet 2005 pour faire le point de la situation au lendemain
des récents événements.
Le Comité condamne vivement tout agissement contraire à l'esprit de
réconciliation nationale et demande une enquête internationale afin de
faire toute la lumière sur les faits survenus à Anyama et à Agboville.
Le Comité lance un appel à tous les Ivoiriens d'éviter tout recours à
la violence et à des discours de haine qui risqueraient d'entraver le
processus de paix récemment relancé par la Déclaration de Pretoria. A cet
égard et au vu des récents événements graves survenus dans le domaine des
médias, le Comité réitère et insiste sur l'article 7 de la Déclaration
qui stipule que tous les partis aient un accès équitable aux médias
publics.
Le Comité rappelle par ailleurs, qu'en vertu de l'article 11 de la
Déclaration, des sanctions appropriées pourraient être imposées à toutes
les parties ivoiriennes qui manqueraient à mettre en oeuvre l'Accord
Pretoria et bloqueraient ainsi le processus de paix.
Fait à Abidjan, le 29 juillet 2005
GUINEE-BISSAU / RESULTATS DU DEUXIEME TOUR DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES
Jeudi 28 Juillet 2005
Les résultats du deuxième tour des élections présidentielles tenues le 24 Juillet 2005 en République de GUINEE-BISSAU ont été publiés ce jeudi 28 Juillet 2005 et s'articulent comme suit:
- Nombre d'électeurs inscrits
538471
- Taux de participation
78,55°/°
- Taux d'abstention
21,45°/°
Ont obtenu les candidats suivants :
- Bernardo Joao VIEIRA : 52,35°/°
- Malam Bacai SANHA : 47,65°/°
SENEGAL / PRESENTATION DU RAPPORT DE L'INSPECTION GENERALE SUR L'AFFAIRE IDRISSA SECK
Jeudi 28 Juillet 2005
Le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, a présenté hier, aux diplomates étrangers accrédités au Sénégal, le rapport de l’Inspection générale d’Etat sur les « chantiers de Thiès ».
Cette remise de document n'a été suivi d'aucun commentaire à la demande du Chef de la diplomatie sénégalaise qui a par ailleurs assuré l'assistance de la détermination du Gouvernement à faire respecter les droits humains.
COTE D'IVOIRE / DISCOURS DE M.SORO GUILLAUME SECRETAIRE GENERAL DES FORCES NOUVELLES SUR LE PROCESSUS DE PAIX
Jeudi 28 Juillet 2005
Mon général, messieurs les journalistes de la presse nationale et internationale, mesdames et messieurs il est important pour nous, ce jour, d’aborder avec vous l’ensemble des questions liées au processus de paix dans notre pays et aussi d’aborder l’ensemble des questions d’actualités.
Après donc plusieurs mois d’absence il est bon que, nous nous retrouvions justement pour faire ce point et pour situer l’opinion nationale et internationale sur l’opposition des Forces Nouvelles.
Depuis, plusieurs accords ont été signés, Pretoria 1 et la déclaration de Pretoria 2 où les leaders se sont retrouvés pour le bilan du processus de paix. A l’évidence il était important pour l’ensemble des acteurs de regarder, de constater, ce qui restait à faire, pour que justement chacun dans le souci de faire progresser la paix et la réconciliation, puisse appliquer les termes de l’accord. Les Forces Nouvelles depuis, se sont engagées pleinement entièrement à appliquer ces accords parce que pour nous c’est la solution pour faire la paix, c’est la solution d’amorcer la réconciliation nationale.
Naturellement dans l’accord de Pretoria ; il y’a plusieurs dispositions contenues dans cet accord, mais je voudrais rapidement revenir sur quelques points.
Je voudrais revenir sur les textes et lois parce que tout le monde sait que s’il y a eu prise d’arme en Côte d’Ivoire s’est parce que toute une communauté ou un pant de la communauté considérait à un moment donné qu’il y a des problèmes et que, exaspérée, n’ayant aucune possibilité contre les rouages et les mécanismes de l’Etat pour contester ou revendiquer, cette communauté a décidé de prendre les armes. Malheureusement ce sont les faits, car les citoyens au nom du droit de manifester, en 2000 déjà se retrouvaient dans les rues d’Abidjan pour marcher et réclamer justice.
Ces cris n’étaient par entendus par la communauté internationale, qui je suppose était préoccupée à beaucoup de choses. Encore que 57 cadavres soient retrouvés quelque part, ça n’honore personne.
Mais je constate que, quand malheureusement 19 septembre 2002 a éclaté, et que les armes ont crépité et que toute la communauté internationale comme par enchantement s’est retrouvée en Côte d’Ivoire.
Et c’est ça qui est regrettable. Ceci dit pour nous il était important que les reformes politiques se fassent, que les questions d’identité soient réglées en Côte d’Ivoire parce que justement en jouant sur l’identité, on a divisé les ivoiriens et on a emmené le pays à la guerre. C’est pourquoi quand en 2000, on a introduit dans la constitution les questions d’ivoirité, on venait ainsi d’amorcer la phase de la guerre civile, qui devait se dérouler dans notre pays.
C’est pour quoi, pour nous c’est fondamentale que les reformes politiques soient conduites jusqu'à leur terme, et l’objectif justement des rencontres à Pretoria avec le président M’beki visait à faire en sorte que les lois sur la nationalité, l’identification et le séjour des étrangers sur la naturalisation, toutes ces lois là sont conformes et permettent la paix et la réconciliation (…).
Alors que Pretoria prévoyait que l’Assemblée Nationale vote les lois, parce que l’Assemblée Nationale est une institution ; on ne peut par dire que toute la Côte d’Ivoire doit avancer vers la paix et que les forces armées doivent aller au désarmement, que les partis politiques doivent progresser vers la réconciliation et que l’Assemblée Nationale ne fasse pas les pas qu’il faut pour aller à la paix.
Cet Assemblée Nationale ne peut pas rester à la remorque du processus de paix. C’est pourquoi Pretoria a dit qu’il fallait que les lois passent à l’Assemblée Nationale pour qu’on note, on constate, que cette assemblée nationale est prête pour la réconciliation nationale.
Mais comme vous l’avez constaté jusqu’au le 15 juillet l’assemblée nationale est restée réfractaire au message de paix, est restée réfractaire au message de réconciliation nationale, ça c’est une faute. Il faut que la communauté internationale note qu’une marche forcée vers la paix ne peut qu’aboutir à la catastrophe.
Il est essentiel à notre avis que l’assemblée nationale soit aussi bien sensibilisée que n’ont été les partis politiques, les forces armées pour que ensemble sur la même ligne nous avancions tous ensemble vers la paix.
Mais les forces armées ne peuvent aller à la paix, les partis politiques ne peuvent pas progresser vers la paix, et puis l’assemblée nationale reste en marge. On n’aura pas obtenu la paix comme ça. De sorte que quand le président M’beki propose au président Gbagbo d’utiliser l’article 48 les Forces Nouvelles ont émis de sérieux réserves parce que l’article 48 symbolise la dictature et tout le monde connaît Gbagbo quand on lui donne l’article 48 pour faire avancer l’affaire, non seulement il ne le fait pas mais il crée de nouveaux problèmes. Et aujourd’hui tout le monde a le sentiment qu’il roule la médiation, parce que ce n’est pas nous qu’il roule.
Donc c’est sans surprise que nous avons noté qu’il a manipulé les textes qui devraient être adoptés. De toute façon le contraire nous aurait surpris et voici le nouveau obstacle sur les textes de lois qui devraient passer aujourd’hui après l’usage de l’article 48 nous, nous rendons compte qu’il n’y a que deux lois et pas forcément les plus importants qui sont conforment à l’esprit et la lettre de l’accord. Notamment la loi sur le financement des partis politiques, et la commission nationale des droits de l’homme. Même la loi sur l’identification qui joue un rôle incontournable dans le processus DDR n’est pas conforme ; c’est pour quoi les Forces Nouvelles saisiront ce jour la médiation, pour déjà constater les manquements importants à l’accord et nous pensons que ceci est extrêmement important, je note aussi que la loi sur la communication audio visuelle n’est aussi conforme. Nous l’avons inscrite au nombre de lois qui doivent être amendées. Vous comprenez pourquoi M. Gbagbo s’est battu pour ne pas que cette loi passe.
Ensuite nous évoquons la question du processus du DDR parce que le processus de désarmement est l’objet de tant de propagande qu’on a le sentiment à un moment donné que c’est le seul problème de la Côte d’Ivoire, mais le processus du DDR pour nous, les Forces Nouvelles ne sont pas angoissées par le désarmement parce que c’est un processus que nous maîtrisons.
COTE D'IVOIRE / ATTAQUES D'ANYAMA / AGBOVILLE / COMMUNIQUE DU G7
Jeudi 28 Juillet 2005
Mesdames et Messieurs les Journalistes de la Presse Nationale et Internationale,
Je voudrais au nom du Directoire du G7 vous saluer et vous remercier pour votre disponibilité, qui ne nous a jamais fait défaut au G7. Avant tout propos, le Directoire du G7 tient à condamner les agressions physiques, les exactions et les violences perpétrées par de prétendus patriotes aux ordres du Chef de l’Etat et du FPI contre les militants et les sièges des Partis politiques membres du G7 ainsi que la destruction des journaux proches desdits Partis.
Mesdames et Messieurs, Chers camarades militants, comme vous le savez, à la demande du Médiateur de l’Union Africaine, Son Excellence Thabo MBEKI, le Chef de l’Etat, Monsieur Laurent Gbagbo, a pris le 15 juillet 2005 et fait publier six décisions relatives aux textes découlant de la mise en œuvre des accords de Linas-Marcoussis, d’Accra II, Accra III et de Pretoria qui avaient été dénaturés par les Députés du Groupe Parlementaire FPI.
A la suite de la publication de ces décisions, le G7 a animé un point de presse pour réserver sa position après leur analyse comparative avec les textes et projets de textes issus de l’application de l’Accord de Linas-Marcoussis.
Nous avons pris tout ce temps, du 15 au 25 juillet 2005, avant de faire connaître notre position, pour éviter toute possibilité de polémique qui ne serait que stérile.
Les analyses ont porté évidemment sur les textes.
La rencontre que nous avons souhaitée avoir avec vous aujourd’hui, à la fin de nos travaux, vise donc à donner la position du G7 sur la conformité ou non des décisions du Chef de l’Etat avec les projets de textes ou les textes découlant de l’application de l’Accord de Linas-Marcoussis.
L’on se souvient que le Médiateur de l’Union Africaine demandait au Chef de l’Etat d’user de l’article 48 de la Constitution pour amender six des textes découlant de l’application de l’Accord de Linas-Marcoussis, en vue de les rendre conformes à l’Accord de Pretoria.
Il s’agit des lois relatives à :
1°). la Naturalisation à titre exceptionnel ;
2°). la Nationalité ;
3°). l’Identification des personnes et séjour des étrangers ;
4°). la CEI (Commission Electorale Indépendante) ;
5°). le Financement des Partis et Groupements Politiques sur fonds publics ;
6°) Droits et libertés de le personne humaine. Après un examen minutieux et approfondi des Décisions du chef de l’Etat, le Directoire du G7 tient à faire les observations ci-après avant de faire ses recommandations.
1°). S’agissant de la naturalisation à titre exceptionnel
Le Directoire du G7 fait observer que la Décision N°2005-04/PR du 15-07-2005 ne prend pas en compte les personnes nées entre le 20/12/1961 et le 25 janvier 1973 de parents étrangers qui eux peuvent bénéficier de cette mesure exceptionnelle.
Le Directoire du G7 recommande que soit réparée l’injustice faite aux enfants des parents pouvant bénéficier de la naturalisation à titre exceptionnel.
2°) S’agissant de la nationalité Sur ce point, en lieu et place d’établir une égalité entre la femme étrangère et l’homme étranger en intégrant la prise en compte des hommes étrangers mariés à des Ivoiriennes, la Décision du Chef de l’Etat a plutôt renforcé les conditions d’acquisition de la nationalité d’une part, d’autre part, a introduit deux nouveaux cas de perte de cette nationalité à savoir le décès et le divorce survenu avant la 10ème année du mariage, ce qui n’est pas l’objet de l’amendement souhaité par Pretoria.
Le Directoire du G7 recommande que la Décision du Chef de l’Etat se limite à établir seulement l’égalité entre la femme étrangère et l’homme étranger qui pourront acquérir la nationalité lors de la célébration du mariage à condition d’en faire l’option.
3°). S’agissant de l’identification et du séjour des étrangers
Le Directoire du G7 fait observer que la Décision N°2005- 05 /PR du 15-07-2005 du Chef de l’Etat quoi que conforme à Pretoria nécessite des éclaircissements à apporter par décret.
Par ailleurs, la mention de la taille dans les conditions minima requises pour l’établissement de la carte nationale d’identité est de nature à retarder le processus déjà entamé qui ne prend pas en compte cette mention.
Le Directoire du G7 recommande :
- que le Décret visé à l’article 2 de la décision ne vienne pas remettre en cause le Décret pris qui réaffirme que la preuve de la nationalité se fait uniquement par la production du Certificat de Nationalité.
- que soit retirée la mention de la taille dans les conditions minima requises dans l’établissement de la carte nationale d’identité pour ne pas ralentir le processus en cours qui ne prend pas en compte cette mention.
4°) S’agissant de la Commission Electorale Indépendante
Le Directoire du G7 fait les observations suivantes :
a. Au niveau de la composition et du fonctionnement de la Commission Centrale de la CEI, la Décision du Chef de l’Etat précise bien que deux (2) représentants doivent être nommément désignés par chaque partie signataire de l’accord de Linas-Marcoussis au sein de la Commission Centrale. Ce point est donc conforme aux recommandations de Pretoria.
b. Le droit des mandants de révoquer et de remplacer leurs mandataires, n’a pas été pris en compte par la décision du Chef de l’Etat ;
c. Le maintien des articles 17, 18 et 19 de la loi 2004-642 du 14 décembre 2004 ne permet pas la représentation de toutes les parties signataires des accords dans les Commissions locales de la CEI ;
d. La Décision du Chef de l’Etat vide le contenu des attributions de la CEI de toute substance au profit de l’INS contrairement à Pretoria qui précise que :
"la CEI est la seule Institution responsable du processus électoral et l’INS doit lui rendre compte sur tout ce qui concerne les élections".
Le Directoire du G7 recommande
- que le droit de révoquer leurs représentants au sein de la CEI soit reconnu aux parties signataires et réaffirmé par la Décision du Chef de l’Etat afin d’être entièrement conforme à Pretoria Le Directoire du G7 recommande également :
- que les articles 17, 18, et 19 de la loi soient modifiés afin de permettre la représentation dans les Commissions locales de toutes les Parties signataires et qui siègent au sein de la Commission Centrale
- que l’article 2 de la Décision DCN°2005-06/PR du 15 juillet 2005, soit purement et simplement retiré pour tenir compte des recommandations de Pretoria.
5°) S’agissant du Financement des Partis et Groupements Politiques sur fonds publics
Le Directoire du G7 note que le Décision du Chef de l’Etat est conforme aux recommandations de Pretoria et s’en félicite.
6°). S’agissant de la Commission Nationale des droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI)
Le Directoire du G7 note que la Décision du Chef de l’Etat est conforme aux recommandations de Pretoria et s’en félicite.
De tout ce qui précède, le Directoire du G7 se félicite de la prise de ces Décisions par le Chef de l’Etat en date du 15 juillet 2005, permettant ainsi l’amendement des lois non-conformes aux recommandations de Pretoria.
Cependant, comme vous pouvez le constater, les décisions prises par le Chef de l’Etat ne sont pas toutes conformes aux engagements pris à Pretoria.
Le Directoire du G7, en application du paragraphe 16 de l’accord de Pretoria, décide de saisir de toute urgence le médiateur de l’Union Africaine, son Excellence le Président Thabo Mbeki, afin que soient mises en conformité toutes les décisions, de manière à accélérer le processus de paix qui passe par l’organisation d’élections crédibles, justes et transparentes.
En attendant, le Directoire du G7 tient à réaffirmer qu’il ne se sent pas concerné par l’application des décisions non-conformes aux engagements signés à Pretoria.
Au demeurant le G7 dénonce les manœuvres dilatoires du Président de la République qui multiplie les artifices pour éviter l’organisation d’élections crédibles, transparentes et ouvertes à tous en vue de se maintenir au Pouvoir.
A trois mois de l’échéance du 30 octobre 2005, cette situation fait peser sur la tenue des prochaines élections une grave hypothèque, qui est renforcée par la montée dangereuse de l’insécurité en zone gouvernementale comme en témoignent les derniers événements survenus à Anyama et à Agboville.
Fait à Abidjan, le 27 juillet 2005 Pour le Directoire du G7 Le Président ALPHONSE DJEDJE MADY
COTE D'IVOIRE / ATTAQUES D'AGBOVILLE / COMMUNIQUE DU QUAI D'ORSAY
Lundi 25 Juillet 2005
La France s'associe à la déclaration faite par l'ONUCI au sujet des
incidents qui ont eu lieu dimanche au nord d'Abidjan.
Ces incidents ne doivent pas remettre en cause le processus de paix en
cours, tel qu'il a été confirmé et précisé lors de la dernière réunion
à Pretoria.
COTE D'IVOIRE / ATTAQUES D'AGBOVILLE / COMMUNIQUE DE L'ONUCI
Dimanche 24 Juillet 2005
Les forces de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) sont en état d’alerte suite à l’attaque dans la nuit du 23 juillet 2005 de la brigade de gendarmerie et du commissariat de police d’Anyama (au nord d’Abidjan) par un groupe d’assaillants non identifiés. Des informations reçues des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) font état de la présence d’assaillants à Agboville (70 km au nord d’Abidjan).
L’ONUCI a décidé de dépêcher immédiatement des unités sur place pour contribuer au retour au calme.
L’ONUCI condamne fermement cette action injustifiable qui risque d’hypothéquer les importants progrès enregistrés dans le processus de paix, particulièrement après la dernière réunion de Pretoria du 28 au 29 juin 2005.
Elle lance un appel pressant à toutes les parties pour qu’elles évitent toute action qui pourrait entraîner la détérioration d’une situation déjà fort préoccupante
COTE D'IVOIRE / ATTAQUES D'AGBOVILLE ET D'ANYAMA / COMMUNIQUE DES FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE
Dimanche 24 Juillet 2005
LE CHEF D’ETAT MAJOR DES ARMEES ORDONNE IMPERATIVEMENT A TOUS LES AGENTS DES FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE, DE REGAGNER IMMEDIATEMENT LEURS DIFFERENTES CASERNES DES DIFFUSION DU PRESENT COMMUNIQUE.
FAIT ABIDJAN LE DIMANCHE 24 JUILLET 2005
LE CHEF D’ETAT MAJOR DES ARMEES
LE GENERAL DE BRIGADE PHILLIPE MANGOU
SENEGAL / REMISE DE PRIX DU CONCOURS GENERAL
Dimanche 24 Juillet 2005
Quarante Sénégalaises et soixante-dix Sénégalais ont été récompensés, hier à Dakar, lors de la cérémonie de remise de prix aux lauréats du Concours général, sous la présidence du président de la République, Me Abdoulaye Wade.
Parmi les institutions d’enseignement secondaire, le Prytanée militaire de Saint-Louis a été classé meilleur établissement du Concours général.
COTE D'IVOIRE / ALLOCUTION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO A L'INSTALLATION DES MEMBRES DE L'ACADEMIE DES ARTS ET DES SCIENCES DES CULTURES ET DES ARTS
Dimanche 24 Juillet 2005
Mesdames et messieurs les Ministres,
Honorables membres du corps diplomatique,
Honorables chefs traditionnels,
Eminents membres de l’Académie des Arts, des Sciences, des Cultures et des Arts d’Afrique et des Diasporas africaines,
Mesdames et messieurs,
Nous sommes ici aujourd’hui pour réparer un tort, et honorer une dette, la dette de ce pays à l’égard de ses intellectuels, la dette de l’Afrique envers ses hommes et ses femmes de culture et de sciences...
L’idée de créer cette Académie est née d’un constat : alors que partout des édifices montent aux cieux, à la gloire des résultats de l’intelligence, la pensée quant à elle vit à l’ombre de l’anonymat de ceux et celles qui en font le métier.
Mais qu’est ce que le développement, s’il signifie uniquement la promotion de l’avoir et ignore l’être ? Aujourd’hui les chercheurs les plus conservateurs acceptent que la culture, qu’on l’appelle capital humain ou capital social, est déterminante pour les performances économiques et pour une démocratie durable.
Nous avons donc commis une erreur quand nous avons pensé qu’il pouvait y avoir d’un côté le développement et de l’autre la culture et la science.
Non, dans l’ordre normal des choses, c’est là où croissent la science et la culture que pousse le développement.
Les grands pays développés sont aussi et avant tout des pays de science et de culture.
Entre le développement et le sous développement c’est la culture et la science qui font toute la différence.
Voilà ce qu’il fallait montrer.
Un pays qui se développe en ignorant l’origine des savoirs dont il bénéficie des résultats contracte une dette.
Tôt ou tard, il faudra la rembourser.
Le temps est venu pour l’Afrique de sortir ses savants de l’anonymat.
Permettez-moi donc, Mesdames et Messieurs les Académiciens, de dire combien je suis heureux et fier de porter avec vous sur les fonts baptismaux, cette Académie dont nous avons rêvé ensemble.
Vous avez travaillé sans relâche à sa naissance, à la conception de ses objectifs et de ses modalités de fonctionnement.
Recevez toute ma gratitude et toutes mes félicitations.
A l’occasion de cette première rentrée solennelle, je voudrais féliciter les membres qui ont été choisis pour constituer cette compagnie de femmes et d’hommes de science et de culture.
C’est vous qui incarnez l’institution aux yeux de notre peuple et c’est par votre médiation qu’elle atteindra ses objectifs et accomplira sa mission.
Hommes et femmes de mouvement et d’équilibre, je ne doute pas que vous réussirez à conduire le navire de l’académie à bon port mais après l’avoir aidé à atteindre sa vitesse de croisière.
Honorables académiciens et chers maîtres, vous savez que le Mouvement est la figure de la conquête du savoir pour faire reculer l’ignorance et l’obscurantisme.
Mais nous parlons d’une évolution sans aliénation, d’une course dont la trajectoire ne menace pas la société de ses forces centrifuges.
A nos yeux vous incarnez l’équilibre, l’identité, la fidélité à soi, aux intérêts nationaux immédiats et futurs.
C’est pourquoi vous êtes des bornes, des repères, des références, des « cailloux blancs ».
Ce sont ces valeurs que le Président Memel-Foté incarne à mes yeux et à ceux de bien de générations d’Ivoiriens.
C’est au nom de tous ceux-là que j’exprime ma reconnaissance pour tous les efforts que vous avez fournis pour franchir les obstacles que vous avez rencontrés sur vos chemins respectifs.
Nous savons que chacun de vous est un héros à sa manière car vous avez survécu aux préjugés coloniaux et aux contraintes que la pauvreté impose à notre société.
Vous étiez déjà au sommet de vos sciences respectives.
Oui, vous étiez là, l’Académie était donc déjà là.
Ce sont les maîtres qui la constituent.
Nous sommes seulement venu en faire une institution.
Avec cette cérémonie le projet de l’Académie devient une réalité vivante.
Je ne peux que m’en réjouir et remercier tous ceux qui avec Memel-Foté y ont contribué.
Par-delà la réalisation d’un engagement personnel, ce qui importe, ce sont les raisons qui fondent l’idée de cette académie.
Permettez-moi d’en évoquer juste quelques unes.
Les intellectuels et les hommes politiques ont en commun le désir de comprendre le monde pour le transformer.
Mais ce sont surtout les premiers qui ont les moyens de la compréhension.
Le paradoxe veut que celui qui comprend soit guidé par celui qui a besoin de comprendre.
Il faut donc remettre la pensée à sa place, et rendre l’action servante de la pensée.
Si le statut de nos sociétés justifie l’emprise des valeurs de survie sur nos consciences, force nous est de voir qu’elles influencent négativement notre éthique et notre politique puis fatalement notre économie.
L’esprit de clocher, le pessimisme, la myopie, l’agressivité, le mépris de soi, la valorisation excessive du court terme, la tentation du péril collectif faute d’accéder au salut ou même simplement de croire en sa possibilité entraînent les affrontements et les guerres.
Le clientélisme, le culte de l’homme fort, le désir de protection et l’idéologie patriarcale favorisent le gouvernement autoritaire et font obstacle à l’enracinement de la démocratie.
Avec cette Académie, je voudrais qu’ensemble nous invitions nos compatriotes à regarder au-delà des valeurs de survie pour être ambitieux et conquérants.
Ensemble, appelons les à travailler au déclin de l’esprit de clocher et au renforcement de notre unité qui est absolument nécessaire à la naissance d’une nation unie, libre et prospère.
Vous êtes les maîtres et vous êtes nos consciences.
Votre unité constituera un modèle.
Pour nous, votre diversité, en termes de disciplines, de confessions religieuses ou de convictions politiques, est un atout.
Les Ivoiriens verront que le débat n’est pas le combat.
Vous êtes libérés des contraintes rigides qui marquent les institutions de promotion universitaire.
C’est vous qui devez nous montrer que l’innovation vaut mieux que le conformisme
Vous seuls êtes juges de vous–mêmes, consciences qui, dans un mouvement réflexif, se retournent sur elles mêmes.
Mais notre peuple attend, il vous écoute, il vous regarde.
Dans cette crise des valeurs et de modèle qui rend compte en partie de ce qui nous arrive aujourd’hui, c’est vous que je veux proposer à nos jeunes, c’est vous qui devez nous guider, eux encore plus que nous.
Longue vie à l’Académie des Arts, des Sciences, des Cultures d’Afrique et des Diasporas africaines.
Je vous remercie.
COTE D'IVOIRE / CONGRES DE L'UDCY
Dimanche 24 Juillet 2005
L'Union démocratique et citoyenne (UDCY) de Mel Théodore organisera le 11 août prochain son deuxième congrès ordinaire. Hier, le parti a organisé une journée dite du citoyen partout où se trouve une section de l'UDCY.
Mel Théodore, rappelons-le, a déjà fait savoir qu'il ne serait pas candidat à la prochaine présidentielle.
GAMBIE / COMMEMORATION DU X1ème ANNIVERSAIRE DE LA RE VOLUTION DU 22 JUILLET 1994
Dimanche 24 Juillet 2005
Banjul , la capitale de la GAMBIE a fêté dans la joie et la réconciliation , le 11ème anniversaire de la prise du pouvoir par S.E.El Hadj A.J.J.JAMMEH le 22 Juillet 1994.
Le clou de la cérémonie de cette célébration a été sans aucun doute la mobilisation totale de l'ensemble des populations et particulièrement des Femmes à travers l'imposant défilé de leurs différentes associations .
Au terme de la manifestation à laquelle ont pris part les Membres du Corps diplomatique accrédités dans ce pays frère , le Chef de l'Etat Gambien a livré un message fort d'unité nationale et africaine , de réconciliation entre les peuples du monde entier , et de la lutte sans merci contre le terrorisme , autre fléau des temps modernes agissant d'égale destruction avec le SIDA , le Paludisme et les maladies endémiques .
La Côte d'Ivoire a été représentée à cette fête par S.E.Madame Fatimata TANOE TOURE , Ambassadeur , qui était accompagnée de M.GNANZOU Koutouan , Conseiller commercial , M.CONATEH Ousmane , Consul Honoraire de Côte d'Ivoire en GAMBIE.
Lors de son séjour en terre gambienne , S.E.Madame l'Ambassadeur a , comme de coutume , rencontré les membres de la communauté ivoirienne avec qui elle s'est entretenue sur des questions divers , notamment l'évolution de la situation politique en Côte d'Ivoire , le séjour des ivoiriens en Gambie etc...
Il faut souligner qu'une réception a été offerte par SE M.et Madame JAMMEH , la veille et un banquet a été également organisé par le couple présidentiel.
COTE D'IVOIRE / CONGRES PANAFRICAIN DES JEUNES PATRIOTES (COJEP)
Dimanche 24 Juillet 2005
Le Congrès Panafricain des Jeunes Patriotes a débuté ses travaux en présence de plusieurs personnalités politiques nationales et internationales sur le thème :
"LE COJEP FACE AUX DEFIS ELECTORAUX D'OCTOBRE 2005 : AGIR MAINTENANT POUR LA LIBERATION TOTALE DE LA COTE D'IVOIRE ET DE L'AFRIQUE"
Cette rencontre à laquelle le Chef de l'Etat , S.E.M.Laurent GBAGBO a assisté , a donné l'occasion à M.AFFI N'GUESSAN , Président du Front Populaire Ivoirien (FPI), formation politique dont il est le fondateur , de se réconcilier avec le Sécrétaire Général du COJEP , M.Charles BLE GOUDE.
COTE D'IVOIRE / AFFRONTEMENTS ENTRE FORCES LOYALISTES ET INDIVIDUS NON IDENTIFIES
Dimanche 24 Juillet 2005
Dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 Juillet 2005 , des affrontements ont opposé des individus non identifiés, pour l’heure, à des éléments des Forces de Défense et de sécurité (FDS).
Une autre attaque s'est produite ce dimanche matin à Agboville. Ainsi que le confirme une dépêche de l'AFP. Selon qui, des témoins affirment se terrer chez eux, en raison des tirs, les assaillants, en civil, contrôlant toujours la ville jusque vers 10H00 (GMT). Selon ces témoins, ces assaillants "auraient notamment ouvert la prison et libéré les détenus.»
D’après les premières informations, ces affrontements se seraient soldés, pour l’instant, par plusieurs morts, selon des sources proches des FDS.
Selon toujours l’AFP, "ces attaques en zone gouvernementale, loin des positions des rebelles des Forces Nouvelles (FN), n'ont pas été revendiquées".
Depuis le milieu de la matinée de ce dimanche , un communiqué de l’Etat-major des armées diffusé en bande annonce, à la télévision ivoirienne , demande à tous les éléments des Forces armées nationales de regagner les casernes.
La situation est redevenue calme ce dimanche matin à Anyama.
SENEGAL / INCULPATION DE M.IDRISSA SECK EX-PREMIER MINISTRE
Dimanche 24 Juillet 2005
DAKAR (AFP)-L'ex-Premier ministre sénégalais Idrissa Seck, accusé par le président Abdoulaye Wade de malversations financières, a été inculpé samedi "d'atteinte à la défense nationale et à la sûreté de l'Etat" et placé en détention, ses avocats dénonçant un "procès politique".
COTE D'IVOIRE / AFFAIRE DETOURNEMENT DE FONDS DESTINES AUX OBSEQUES DE SE FEU KOUADIO FRY / DROIT DE REPONSE DE SEM BAMBA MAMADOU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES
Mardi 19 Juillet 2005
Monsieur le Directeur,
Dans votre parution n°368 du mercredi 13-07-05, vous affichiez en grand à la une ‘’ le ministre BAMBA MAMADOU DETOURNE L’AIDE DE GBAGBO’’. Ce titre qui barre la une de votre journal et l’article du journaliste Guillaume N’GUETTIA en page 5 dudit journal
intitulé ‘’Le Ministre BAMBA Mamadou au centre d’un scandale financier’’
qui accuse le ministre d’Etat BAMBA Mamadou et l’Ambassadeur Claude BOUAH-KAMON de détournement des fonds alloués aux cérémonies des funérailles de l’Ambassadeur Fry, appellent de notre part la mise au point que nous vous prions de bien vouloir publier, conformément aux lois et règlement sur la presse en Côte d’Ivoire.
A la mort de l’Ambassadeur KOUADIO Fry en fonction à la tête de l’Ambassade de Côte d’Ivoire à Tokyo pour l’organisation de ses obsèques, un comité présidé par l’ambassadeur BOUAH-KAMON a été mis en place.
Ce comité comprenait des ambassadeurs, des diplomates, des secrétaires et des agents techniques du Ministère d’Etat, Ministère des Affaires Etrangères.
Ne disposant pas de fonds propres pour l’organisation de ce genre d’événement, le Ministre des Affaires Etrangères a demandé et obtenu de la part de Monsieur le Président Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d’Ivoire, une assistance pour les obsèques de Feu l’Ambassadeur KOUADIO Fry.
Un budget, de 8. 500. 000 F a été arrêté d’un commun accord avec les services financiers de la Présidence de la République.
Sur ce budget, 2 000 000 ont été retenus pour la conservation du corps à IVOSEP ; la somme de 6. 500. 000 F a été remise en cash au comité d’organisation qui a décidé d’octroyer la somme de 2. 500. 000 F à la famille pour être dans le ton des démarches par elle effectuées tendant à lui venir en aide dans le cadre de l’organisation des funérailles à Arrosua.
Le reste de la somme, soit 4. 000. 000 F a servi à l’organisation de deux veillées à Abidjan et à couvrir les frais de transport de la délégation au Ministère des Affaires Etrangères à Arrosua.
Après les funérailles un rapport a été fait aux collègues de feu KOUADIO Fry, le jeudi 14 juillet 2005. Il n’a pas été établi que la somme allouée ait fait l’objet d’un détournement.
En ce qui concerne le Ministre BAMBA Mamadou, à aucun moment, il n’a interféré dans les travaux du comité et manipulé les fonds qui ont été gérés conformément aux règles administratives en la matière par le Directeur des Affaires Financières du Ministère.
S’agissant du prétendu refus du ministre BAMBA Mamadou de transférer l’Ambassadeur Fry à Paris pour les soins plus appropriés qu’à Tokyo, la décence nous commande de ne pas répondre, car tout le monde savait que le malade était soigné dans un des plus grands hôpitaux de Tokyo. Nous savons également qu’en matière de médecine, le Japon est une référence.
Par ailleurs, il a été annoncé que le malade ne pouvait pas supporter le long voyage Tokyo-Paris.
L’élémentaire déontologie du journaliste commande que l’on vérifie avant publication toute information.
Le Ministre BAMBA et l’ambassadeur BOUAH-KAMON n’ont pas eu droit à une audition avant d’être cloués au pilori. Cela est bien dommage.
Dans le cadre de la transparence qui a toujours guidé les actions du Ministère des Affaires Etrangère, les rapports du comité d’organisation qui sont disponibles peuvent être consultés par toute personne désireuse de s’informer sur les préparatifs et le déroulement des obsèques de Feu Monsieur l’Ambassadeur KOUADIO Fry.
SENEGAL / FORUM SUR L'AGOA A DAKAR
Mardi 19 Juillet 2005
La Fondation pour la démocratie en Afrique est l’organisateur du Forum de la société civile de l’African Growth and Opportunity Act qui est l’un des trois volets du Forum de l’Agoa.
Ce dernier est, par ailleurs, constitué d’une conférence ministérielle et d’une réunion du secteur privé.
Accueilli cette année par le gouvernement du Sénégal, ce forum est un véritable lieu de réflexion où cette loi américaine, qui promeut les relations commerciales entre les Etats-Unis et l’Afrique, est appelée à se ressourcer.
Notamment au profit du continent africain, qui, selon Fred O. Oladeinde, président de l’organisation non gouvernementale basée à Washington, doit plus que jamais par le biais de sa société civile profiter de l’opportunité économique que représente cette loi.
C’est la raison pour laquelle sont réunis, du 18 au 20 juillet, à Dakar, près de 250 organisations de la société civile des 37 pays africains éligibles à l’Agoa et des Etats-Unis opérant, entre autres, dans le secteur de la microfinance, de la démocratie, de la défense des droits des femmes, de la lutte pour les droits de l’Homme.
Et pour cause, en près de cinq ans, les relations commerciales entre les Etats-Unis et ces pays ont progressé de plus de 50% et constituent plus de la moitié des importations américaines en provenance d’Afrique subsaharienne.
SENEGAL / REAMENAGEMENT TECHNIQUE DU GOUVERNEMENT
Dimanche 17 Juillet 2005
La nouvelle est tombée hier.
Le Pr Yaye Kène Gassama Dia a été nommée Ministre de la Recherche scientifique. La dame, dont la renommée dépasse le cadre universitaire, vient de mériter la confiance du Chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade et du Premier ministre.
Première Sénégalaise à accéder au grade de Professeur Titulaire au niveau de la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (un grade obtenu lors de la dernière session -juillet 2004- du Cames), Mme Gassama Dia est un chercheur de renommée, spécialiste des biotechnologies.
Quant à M.Sinan DIATTA , il est appelé à servir auprès du Chef de l'Etat en qualité de Conseiller .
NOS FELICITATIONS AUX NOUVEAUX PROMUS
SENEGAL / NOMINATION D'UN HAUT COMMANDANT DE LA GENDARMERIE
Dimanche 17 Juillet 2005
C’est le général de brigade Ablaye Fall, actuel chef d’état-major particulier du président de la République, qui remplace le général Seck à la tête du Haut Commandement de la Gendarmerie .
Un autre général de brigade, Bakary Seck, jusque-là Chef de l’état-major de l’armée de terre (Cemat) est appelé aux côtés du président de la République pour remplacer le général Fall.
Il faut rappeler que général Pathé Seck était, jusqu’à sa promotion au grade de général de Corps d’armée en même temps que le Chef d’état-major général d’armées (Cemga) Papa Khalilou Fall, celui qui occupait le plus ancien grade (général de division) le plus élevé dans la hiérarchie militaire.
TOUTES NOS FELICITATIONS AUX NOUVEAUX PROMUS
COTE D'IVOIRE / INTERVENTION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO
Samedi 16 Juillet 2005
Dans son adresse, hier le Président Gbagbo a pris six décisions “qui ont force de loi” conformément à la dernière recommandation du médiateur Thabo Mbeki pour régler la crise ivoirienne.
Ci-dessous de larges extraits de l’allocution du président de la République.
Ivoiriens,
Ivoiriennes,
Mes chers compatriotes
Chers amis de la Côte d'Ivoire.
L'élection présidentielle se tiendra en Côte d'Ivoire le 30 octobre 2005. Dans les différents accords de paix ; notamment dans l'accord signé à Pretoria le 6 avril 2005, nous avons pris l'engagement, aussi bien l'opposition, la rébellion que moi-même, de respecter cette échéance fixée selon la Constitution de la République de Côte d'Ivoire.
A l'approche de cette échéance, et pour dissiper les craintes des uns et des autres, j'ai rencontré à nouveau les responsables de l'opposition et de la rébellion les 28 et 29 juin derniers à Pretoria, à l'invitation du médiateur sud-africain. Cette réunion était importante. Elle a permis de faire le point des acquis et nous avons décidé de lever tous les obstacles réels ou supposés qui se dresseraient encore sur la voie du désarmement et de la réunification du pays. (…)
Je rappelle que l'Assemblée Nationale de Côte d'Ivoire n'est pas signataire de l'Accord de Marcoussis, tout comme le Président de la République. Elle n'a signé aucun accord sur le règlement de la crise. Mais, au nom de la paix, nos députés ont travaillé sans compter. Depuis trois ans, ils n'ont pas connu de repos. Ils ont fait leur travail de parlementaires. Toutes les réformes préconisées par l'Accord de Marcoussis ont été traduites en actes législatifs et réglementaires depuis la fin de la 2ème session ordinaire de l'Assemblée Nationale en 2004. Tous les projets de lois ont été examinés, parfois amendés et adoptées. (…)
L'opposition civile et armée a formulé des critiques contre certaines dispositions des lois issues de Marcoussis, après leur vote par le Parlement. Face à ces critiques, le Médiateur a mandaté une équipe de juristes. Ces experts ont déposé leurs conclusions que nous avons entérinées à l'occasion de la dernière réunion de Pretoria.
Les critiques et les réserves concernaient sept lois sur les 19 adoptées par le Parlement. Il s'agit des lois sur :
Le financement des partis et mouvements politiques ;
L'identification ;
La Commission Nationale des Droits de l'Homme de Côte d'Ivoire;
La Commission Electorale Indépendante (CEI)
La nationalité
La naturalisation
La communication audiovisuelle.
Dans la lettre qu'il m'a adressée, et qui a été diffusée à la télévision, le Médiateur relève que les questions du statut et de l'administration de la RTI ayant été résolues, il ne reste plus aucune contestation relative à la loi sur la presse et la communication audiovisuelle.
Pour les autres lois, j'ai fait faire des amendements afin de les rendre conformes aussi bien aux recommandations faites par l'équipe de juristes mandatés par le Médiateur qu'aux Accords de Marcoussis. Il s'agit maintenant de leur donner force de loi, dans les délais que nous avons fixés ensemble à Pretoria, en vue des élections d'octobre 2005.
Notre Parlement ayant fait sa part et devant les lenteurs qui menacent le processus de paix, il revient au Président de la République d'user des pouvoirs que lui confère la Constitution pour permettre à la Côte d'Ivoire de faire les derniers pas vers les élections, vers la paix.
C'est pourquoi, ainsi que je l'ai dit dans mon message à la Nation, le 26 avril 2005, et conformément aux recommandations du Médiateur, je prends immédiatement, en vertu des pouvoirs que me confère l'article 48 de notre Constitution, des Décisions qui portent sur :
Le financement sur fonds publics des partis et groupements politiques et des candidats à l'élection présidentielle ;
L'identification des personnes et le séjour des étrangers en Côte d'Ivoire ;
La Commission Nationale des Droits de l'Homme de Côte d'Ivoire (CNDHCI) ;
La composition, l'organisation, les attributions et le fonctionnement de la Commission Electorale Indépendante (CEI) ;
Les dispositions spéciales en matière de naturalisation ;
Le Code de la nationalité.
Toutes ces Décisions, qui ont force de loi, prennent effet à compter de ce jour, 15 juillet 2005. Elles seront publiées selon la procédure d'urgence ainsi qu'au Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire. (…)
Aujourd'hui plus rien ne s'oppose au désarmement, à la réunification du pays et à l'organisation des élections générales en 2005. L'Afrique a besoin de la Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire a besoin d'être réunifiée maintenant. La Côte d'Ivoire veut l'unité nationale, l'intégration de tous dans le processus de réconciliation, la tolérance, la fraternité, la paix dans les cœurs et dans les esprits, la paix sur l'ensemble du territoire national.
Que Dieu bénisse
la Côte d'Ivoire !
Je vous remercie !
SENEGAL / AFFAIRE IDRISSA SECK
Samedi 16 Juillet 2005
L’ancien Premier ministre sénégalais , M. Idrissa Seck a fait l'objet ce matin d'une convocation à déférer devant les enquêteurs de la Division des investigations criminelles DIC de la Direction de la police judiciaire pour être entendu sur le dossier du financement des chantiers de Thiès.
COTE D'IVOIRE / REUNION DU BUREAU POLITIQUE DU PDCI-RDA
Vendredi 15 Juillet 2005
Le Bureau Politique du PDCI-RDA s’est réuni le jeudi 14 juillet 2005 de 10 Heures à 13 heures, à la Maison du PDCI-RDA à Cocody, sous la Présidence du Professeur Alphonse DJEDJE MADY, Secrétaire Général du PDCI-RDA, représentant le Président du Parti du PDCI-RDA, son Excellence Monsieur Henri KONAN BEDIE.
Cette réunion du Bureau Politique était élargie aux membres du Conseil Politique.
L’ordre du jour a porté essentiellement sur la procédure de désignation du candidat du Parti à la prochaine élection Présidentielle.
Avant d’aborder l’ordre du jour, le Secrétaire Général a adressé aux participants le salut fraternel et militant du Président Henri KONAN BEDIE.
Abordant l’ordre du jour, le Professeur Alphonse DJEDJE MADY a livré le message du Président du PDCI-RDA au Bureau Politique. Ce message met l’accent sur l’unité, la cohésion et la détermination du PDCI-RDA à faire de la Côte d’Ivoire un pays phare, non seulement de la sous-région mais de l’Afrique tout entière.
Le Président Henri KONAN BEDIE recommande que la désignation du porte flambeau du PDCI-RDA à la prochaine élection Présidentielle se fasse dans la transparence, l’équité et un véritable esprit démocratique.
Enfin, le Président Henri KONAN BEDIE recommande à tous les militants du PDCI-RDA, la courtoisie la plus totale et le respect de tous ceux qui pensent qu’ils peuvent servir la Côte d’Ivoire par le biais du PDCI-RDA.
Suite à un débat franc et fort enrichissant, le Bureau Politique a félicité le Secrétaire Général pour avoir mandaté le Conseil Politique du PDCI-RDA à s’atteler au rapprochement des différents points de vue afin d’aboutir à une candidature unique consensuelle.
Cependant, le Bureau Politique a décidé, en cas d’échec de toutes les médiations, l’organisation de conventions électives éclatées se déroulant à la même date en Côte d’Ivoire et à l’extérieur de la Côte d’Ivoire.
Aussi, le Bureau Politique a-t-il pris les décisions suivantes :
I Critères de Candidature
- Une demande manuscrite de candidature
- Etre militant du PDCI-RDA à jour de ses cotisations (années 2003–2004– 2005)
- Avoir été membre d’un organe de Direction du PDCI-RDA au cours de son cursus politique.
Toutefois, les personnes dont les fonctions imposent une obligation de réserve ne sont pas concernées par les points 2 et 3.
- S’engager sur l’honneur à respecter la discipline du Parti et le verdict des conventions éclatées.
Le candidat devra payer une contribution de cinq millions de Francs (5.000.000 Fr.) CFA.
II Calendrier d’organisationdes conventions
II-1 Ouverture des candidatures
Du lundi 18 Juillet 2005 à minuit au dimanche 31 Juillet 2005
à minuit.
II -2 Bureau Politique de validation des candidatures
Jeudi 04 Août 2005 à 10 heures
Cette réunion du Bureau Politique statuera sur l’ouverture des conventions éclatées à l’UFPDCI et à la JPDCI.
L’organisation matérielle des conventions éclatées sera également définie
II-3 Conventions éclatées
Samedi 20 Août 2005
Ces conventions éclatées se dérouleront dans toutes les Délégations Départementales, Communales et Générales du PDCI-RDA :
II-4 Convention Nationale d’Investiture
Samedi 3 Septembre 2005 Enfin, le Bureau Politique a instruit le Secrétaire Général de diffuser l’information relative à la Période d’ouverture des candidatures et demander au Conseil Politique de continuer la mission à lui confiée par le Secrétaire Général du Parti.
L’ordre du jour étant épuisé la séance a été levée à 13 Heures.
Fait à Abidjan le 14 Juillet 2005
Pr. Alphonse DJEDJE MADY
Le Secrétaire Général
COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU CONSEIL NATIONALDE LA COMMUNICATION
Vendredi 15 Juillet 2005
Le CNCA a décidé de suspendre la diffusion de Radio France Internationale en Côte d'Ivoire à partir d’aujourd’hui à minuit.
Ci-après le Communiqué du CNCA
Décision N° 2005-01 du 13 juillet 2005 portant sanction applicable à Radio France Internationale
Le Conseil national de la Communication
Vu la loi 2004-644 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la communication audiovisuelle, notamment en ses articles 1er, 15 et 16 ;
Vu le décret 92-419 du 15 juillet 1992 portant organisation et fonctionnement du Conseil national de la Communication audiovisuelle ;
Vu la convention générale pour l’exploitation d’un service public de radiodiffusion et le cahier des charges liant l’Etat de Côte d’Ivoire à Radio France Internationale depuis le 12 août 1993;
Vu la mise en demeure du 2 février 2005 relative au non respect du traitement professionnel de l’information sur RFI ;
Le collège des conseillers, délibérant en sa séance du 13 juillet 2005 constate :
Article 1er : Que RFI a, dans les éditions de ses journaux parlés des 3, 4 et 5 juillet 2005, respectivement à 18H30, 12H30 et 06H30, rapporté le décès du Colonel-major Désiré Traoré Bakassa.
Selon la radio, le Colonel-major serait décédé des suites de violences dont il aurait été victime lors de son interpellation dans la nuit du mardi 28 juin en même temps que deux autres officiers de l’armée ivoirienne à leur sortie d’un dîner à l’Ambassade de France.
Que les journalistes de RFI, Olivier Roger et Cyrille Ben Simon se sont dispensés de recueillir la version des faits de la hiérarchie militaire ivoirienne avant de se livrer à des commentaires et interprétations tendancieux et désobligeants à l’encontre des autorités ivoiriennes.
2 : Que dans son édition du journal parlé du 7 juillet 2005 à 6H30, RFI a rendu compte d’un rapport de l’ONUCI qui aurait été rédigé par les services de renseignements de cette Institution, et qui incriminerait les autorités ivoiriennes dans les tueries de Guitrozon et de Petit Duékoué dans l’Ouest du pays.
Que l’ONUCI, par la voix de son porte-parole M. Hamadoun Touré, a démenti l’existence de ce rapport dans la presse le vendredi 8 juillet 2005.
Qu’au surplus, interrogé par le CNCA le même jour, il a confirmé l’inexistence de ce document.
Que RFI jusqu’à ce jour n’a pas démenti ces informations dans ses éditions suivantes.
Article 2 : Le collège des conseillers relève que cette façon de procéder est contraire aux règles de l’éthique et de la déontologie du métier de journaliste et qu’elle participe de la rupture du principe du traitement professionnel de l’information, tel que prescrit par la loi et la convention générale pour l’exploitation d’un service public de radiodiffusion et le cahier des charges.
Que malgré les engagements pris par la direction de cette radio au cours de sa dernière rencontre avec le CNCA le 23 juin 2005 dans les locaux de l’institution sis à Abidjan-Plateau, RFI ne s’est pas départi du traitement non professionnel de l’information sur la Côte d’Ivoire, particulièrement depuis l’éclatement de la crise et ce, en dépit des nombreuses interpellations et sanctions du CNCA.
Article 3 : Le collège des conseillers décide, en conséquence de ce qui précède :
Premièrement: Les émissions en modulation de fréquence sur la fréquence de 97.6 Mégahertz de RFI et sur les autres canaux par lesquels ce signal radiophonique est reçu en Côte d’Ivoire sont suspendus jusqu’à nouvel ordre.
2 : La radio devra s’acquitter d’une pénalité de neuf millions de francs (9.000.000 F.CFA) auprès du CNCA.
Article 4 : La suspension des émissions ne sera levée qu’à la satisfaction des conditions suivantes :
1èrement : RFI s’engage à faire un démenti sur l’existence du rapport attribué à l’ONUCI au cours de ces journaux parlés au moins cinq fois dès la reprise de ses émissions.
2èment : RFI s’engage de façon claire et responsable à tout mettre en œuvre pour le traitement professionnel des informations sur la Côte d’Ivoire selon les règles de l’art et en conformité avec ses obligations contenues dans la convention et le cahier des charges.
Article 5 : La présente décision prend effet à compter du 15 juillet 2005 à minuit et sera publiée au Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire et sur les supports officiels.
Fait à Abidjan, le 13 juillet 2005
Le Conseil
COMMUNIQUE DE RADIOFRANCE INTERNATIONALE
Vendredi 15 Juillet 2005
La Direction de Radio France Internationale proteste contre la décision du Conseil National de la Communication Audiovisuelle de suspendre ses émissions en modulation de fréquence sur le territoire de la République de Côte d’Ivoire. Elle souhaite que les Autorités ivoiriennes reviennent rapidement sur leur décision.
RFI précise que le traitement de l’information relative aux deux événements auxquels il est fait référence a été effectué dans le respect des règles déontologiques, après vérification et recoupement des sources.
RFI tient à rappeler son souci permanent de délivrer une information fiable et impartiale dans le traitement de l’actualité ivoirienne comme dans celui de l’ensemble de l’actualité africaine et internationale.
INTERVIEW DE M.TIA KONE , PRESIDENT DE LA COUR SUPREME DE COTE D'IVOIRE
Jeudi 14 Juillet 2005
Monsieur le président de la Cour suprême, le Chef de l’Etat vient de décider de votre maintien à la tête de cette institution. Cela signifie-t-il que votre mandat était arrivé à expiration ?
Effectivement, je me souviens, et c’est le Chef de l’Etat qui s’est surtout souvenu, que j’ai été nommé un 12 juillet 2000 pour 5 ans. La loi portant organisation, fonctionnement, attributions de la Cour suprême, une loi organique, indique bien que le président de la Cour suprême est nommé pour 5 ans renouvelable.
Il remplit ses fonctions comme cela se doit. Mais lorsque le temps passe, les gens qui sont en poste oublient un peu souvent les dates.
C’est ceux qui gèrent cette administration et ses hommes qui s’en souviennent.
’est ce que vient de faire le Chef de l’Etat, en se souvenant que ce mandat était venu à expiration, il a pris la décision qu’il fallait pour me maintenir en fonction, comme il l’a dit lui-même, avec la plénitude de mes pouvoirs jusqu’à nouvel ordre.
Dans 5 ans ?
Dans 5 ans en principe. Mais comme vous savez, la Cour suprême, dans la Constitution ivoirienne actuelle, est appelée à s’éclater en plusieurs juridictions suprêmes. Le mot jusqu’à nouvel ordre veut dire jusqu’à certainement à la création de ces juridictions suprêmes.
Comment vous sentez-vous ?
Très heureux. Très heureux comme cela se doit non pas parce qu’on est resté en fonction. Ce n’est pas le plus important mais cela suppose la confiance de la part du Chef de l’Etat, de la communauté internationale et nationale surtout.
ous travaillons pour nos populations. Si le Chef de l’Etat, qui est le premier des représentants de ce peuple, estime, au nom de ce peuple, que nous avons accompli notre mission dans la loyauté et la légalité, on ne peut qu’en être très heureux.
Au-delà des chiffres, quel bilan faites-vous au terme des 5 ans que vous venez de passer ?
Il est difficile de faire un bilan tout de go. Mais je me rends compte parce que j’essaie, autant que faire se peut, chaque jour, de rester en contact permanent avec mes collaborateurs des différentes chambres. Je me dis que nous avons bien fonctionné. Je me dis que mes chambres ont bien fonctionné.
A preuve, ce matin, je viens de recevoir le rapport sur la loi de finances 2000 de la chambre des comptes. Par le passé, il s’agit-là d’un acte qui ne s’accomplissait.
Aujourd’hui, lorsque le budget est voté et qu’il est exécuté, on suit son exécution.
Et cela se traduit par un rapport qui sous-tend une autre loi qu’on appelle la loi de règlement.
C’est donc une manière pour le ministre de l’Economie et des Finances de dire au peuple de Côte d’Ivoire comment il a géré l’argent de l’Etat obtenu grâce aux différents impôts. Et cela se fait sous le contrôle de la chambre des comptes qui, comme je le disais, est une sorte de vigile de la Finance publique.
C’est dire que nous fonctionnons très bien.
La chambre administrative qui rend en moyenne une centaine de décisions dans l’année, fait également, bon an mal an, son travail. Vous savez que nous n’avons pas suffisamment de magistrats comme on l’aurait souhaité, mais chacun se dédoublant en effort et en volonté, la chambre arrive à faire produire une centaine de décisions en définitive et en dernier ressort rendues dans l’année. La chambre judiciaire qui reçoit tout le flux du contentieux en matière de personnes, de relations entre les individus, entre les commerçants, entre ceux qui emploient les travailleurs, rend en moyenne 650 arrêts dans l’année.
C’est dire que là encore, ils font ce qu’ils doivent faire. Il m’arrive de présider chacune de ces chambres lorsque l’occasion m’est donnée, quand je le veux, quand j’en vois la nécessité et chaque fois que je me rends dans ces chambres, je constate que tout fonctionne très bien.
C’est pourquoi, à tout moment, j’essaie de parcourir les institutions de l’Etat, l’Université nationale, l’Ecole nationale d’Administration et autres administrations de l’Etat pour dire à tous ces grands commis de l’Etat que leur place se trouve également à la Cour suprême et qu’ils peuvent venir nous aider.
La preuve, mon chef de cabinet est un Maître assistant à la faculté de droit que j’ai pu faire recruter à la chambre administrative.
J’ai pu également recruter, l’année dernière, des professeurs d’Université, agrégés de droit, qui sont venus enrichir toute cette gamme de hauts magistrats qui exercent déjà dans nos juridictions.
Je continuerai parce que j’ai besoin de beaucoup de magistrats et surtout de magistrats qualifiés.
Et c’est pour ça que nous pensons avoir fait ce que nous devons faire.
Mais comme le vieux masque de ma montagne lointaine le dit toujours, quand son fils lui a donné le maximum et même s’il est repu, il dira toujours, vous ne faites que commencer ce que vous devez faire.
Je me dis à moi-même que je ne fais que commencer ce que je dois faire.
Nous sommes à la veille des élections. Quel sera le rôle de votre institution durant ces scrutins ?
Durant la période électorale, je crois que la Cour suprême n’aura pas un rôle au niveau des élections présidentielles.
Il faudra tout de suite enlever cela de la tête des Ivoiriens.
Il ne faudrait pas penser que le Président de la République a maintenu le Président Tia pour qu’il lui soit favorable au moment des élections.
Non ! Loin s’en faut. La Cour suprême n’est plus au charbon en ce qui concerne les élections présidentielles. Elles relèvent désormais du Conseil constitutionnel.
Je m’en suis occupé en l’an 2000 parce que la chambre constitutionnelle était logée à la Cour suprême dont elle était en quelque sorte une des chambres.
Aujourd’hui, la chambre constitutionnelle n’existant plus, elle est devenue depuis 2001, le Conseil constitutionnel. Et c’est ce Conseil constitutionnel qui aura à se prononcer, en ce qui concerne l’établissement de la liste des candidats et le contentieux électoral.
Mais la Cour suprême aura toujours un rôle à jouer à travers sa chambre administrative en ce qui concerne les élections municipales et de conseil général. Elle pourra jouer-là son rôle habituel de régulateur de ce contentieux électoral.
Le 15 juillet représente la date butoir par rapport aux lois qui doivent être revues par l’Assemblée nationale ou par ordonnances présidentielles. D’après vous, que doit faire le Chef de l’Etat comme l’a conseillé Pretoria ?
Vous me posez-là une colle.
Vous me demandez d’entrer dans la tête du Président de la République et de dire ce qu’il doit faire. Non ! Je ne pense pas pouvoir le dire mais je sais que ce que le Président fera, c’est de tout mettre en ouvre pour trouver des voies de paix. En prenant les responsabilités que lui confère la confiance nationale et internationale pour que toutes les mesures soient prises à l’effet de nous amener au désarmement pour que très lentement mais avec beaucoup de sûreté, nous puissions aller aux élections présidentielles.
Le Président de la République a l’article 48, nous lui avons donné cette autorisation. C’est la Côte d’Ivoire qui le lui a dit.
Il a consulté tous ceux qui pouvaient l’être et chacun de nous a eu à opiner là-dessus pour lui dire que le seul moyen de nous sortir de cet imbroglio était l’application de l’article 48.
Vous savez qu’il a longtemps hésité, j’allais dire, par souci du respect du jeu démocratique, et surtout par souci du respect de ce qui est considéré par lui comme étant une pièce maîtresse de son action au niveau politique, c’est-à-dire la démocratie.
Il n’a jamais voulu tricher avec la démocratie mais c’était le seul moyen. Personnellement, je le lui ai dit, c’était le seul moyen, pour qu’il prenne les responsabilités qui s’imposent pour nous permettre d’avancer.
Et je crois que le Chef de l’Etat connaît la date butoir indiquée, il sera à même de prendre les dispositions idoines pour arriver justement à apaiser les esprits des uns et des autres pour nous permettre d’aller au désarmement et parvenir à la longue aux élections. Je lui fais confiance en tous cas.
Vous êtes également médiateur de l’UDPCI. Etes-vous parvenu à une solution ?
La solution ? Vous savez, lorsqu’on est médiateur, c’est une épreuve de longue halène. Il n’y a pas de solution magique lorsqu’on est médiateur dans un conflit.
Notre frère, Thabo Mbeki, nous en donne la preuve en ce qui concerne le vaste programme national de Côte d’Ivoire. Chaque fois que la question se pose, il essaie de s’accommoder avec les difficultés.
Il navigue en quelque sorte à vue et essaie de trouver les solutions. C’est ce que je fais modestement au niveau de l’UDPCI, sur la demande du Chef de l’Etat. J’essaie de les inviter à venir me voir, j’échange avec chacun d’eux, par groupes et nous avançons.
Je suis sûr que très bientôt, nous trouverons des solutions pour que ce parti politique, qui est un des plus importants partis de Côte d’Ivoire, puisse retrouver son identité, sa quiétude et aller pourquoi pas, aux élections présidentielles.
En tous cas, c’est le moins que je leur souhaite. Je pense que s’ils savent écouter le temps et les hommes, ils sauront prendre le pli pour marcher dans le sens de l’intérêt de leurs membres.
Il y a un débat sur un prétendu vide constitutionnel.
Que se passera-t-il si les élections n’ont pas lieu le 30 octobre ?
Le président de la Cour suprême ne répond pas à ce genre de question.
Cette question m’a été posée à Paris et j’y ai répondu parce que je me suis retrouvé à l’Université.
Lorsque je suis à l’Université, je suis professeur d’Université, n’en déplaise à ceux qui pensent que je suis un mécanicien du droit.
Mais je dois dire à tous ceux qui croient que l’on est grand maître du droit seulement que lorsqu’on enseigne à la faculté de droit, nous aussi, après avoir obtenu les diplômes qu’il fallait, c’est-à-dire les doctorats d’Etat, nous sommes venus travailler, cela fait 33 ans, donc nous avons l’expertise du droit.
Je l’ai dit à Paris, je ne reviendrai pas là-dessus ici parce que je ne suis pas à l’Université. Je suis à la Cour suprême. Aujourd’hui, je ne peux pas opérer ce dédoublement de personnalité, je vous renvoie à ce que j’ai déjà dis à Paris.
Je vous renvoie également aux déclarations du ministre Oulaï Siéné qui a dit presque la même chose que moi.
Propos recueillis par
FRATMAT
INTERVIEW DE M.ALPHONSE DJEDJE MADY SECRETAIRE GENERAL DU PDCI (OPPOSITION) SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE EN COTE D'IVOIRE
Mercredi 13 Juillet 2005
Alphonse Djédjé Mady, secrétaire général du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) et président porte-parole de la coalition de l’opposition du ‘’G7’’ évoque, dans cette interview qu’il nous a accordée la semaine dernière, les questions qui fâchent en Côte d’Ivoire.
M. le secrétaire général, votre gestion du Pdci est quelquefois décriée au sein du parti. Pourquoi ? Alphonse Djédjé Mady : Je ne le comprends pas, j’aimerais le savoir moi aussi. Puisque nous gérons une crise, ceux qui décrient cette gestion-là, devraient nous dire ce qu’ils nous reprochent. Et comme ils ne l’ont jamais fait avec certitude et clarté, je ne sais pas pourquoi ma gestion est décriée comme vous le dites.
M. Konan Bédié, président de votre parti, a sévèrement critiqué en mai dernier, à Paris, votre méthode de travail en ces termes : “ Nous avons mis en place un secrétariat général qui comporte plus de 80 membres. Mais au travail, l’absentéisme est tel qu’il manque des ouvriers à la tâche. Il faudrait aussi que vous amélioriez votre méthode de travail, c’est-à-dire avoir un ordre du jour précis et clair, chaque fois que vous vous réunissez, pour ne pas que des gens ne viennent et ne bavardent sans conclusion claire .” Des propos qui s’adressent à vous M. le secrétaire général…
A.D.M : Ces propos s’adressent à moi, peut-être à 50%. Vous savez, nous avons formé un secrétariat général au sortir d’une crise, à la suite d’un coup d’Etat avec une transition militaire. Ce secrétariat général a été composé avec des éléments qui auraient, pendant le temps de la transition, contribué au retour au pays du président Bédié. C’est donc des éléments qui ne se connaissaient pas au départ. Si le président Bédié parle d’absentéisme, il parle de ceux qui ne viennent pas aux réunions. Je ne peux pas forcer quelqu’un à venir à une réunion quand la réunion est convoquée et que des gens ne viennent pas. Donc, c’est aux absents qu’il s’adresse. Il(le président Bédié, Ndlr) m’a même demandé d’ailleurs ce jour-là (le jour de la réunion du 19 mai 2005 à Paris), à Paris, de convoquer ceux qui s’absentent nommément à une autre réunion. Ce qui a été fait. Donc, à chacun qui avait accepté une fonction distincte au sein du secrétariat général de se remettre en cause et de se dire pourquoi il ne vient pas aux réunions quand on convoque les réunions. Mais il y a quand même plus des deux tiers qui viennent régulièrement aux réunions. Ce problème est posé à la conscience de chacun. Quand on gère aussi un parti comme le Pdci-Rda, les critiques sont de mise. Comment pouvez-vous imaginer qu’on tienne une réunion sans ordre du jour précis ? Nous ne nous mêlons pas aujourd’hui de gestions de groupe, aucune réunion ne peut se ternir sans ordre du jour. Il y a au sein du secrétariat général, un secrétariat général chargé de l’administration qui est chargé des procès verbaux des réunions que nous tenons. Mais, s’il y a des gens qui vont raconter plein de choses au président du parti, c’est son droit de réagir. Et je dis quand on n’accepte pas des critiques, on n’accepte pas d’assumer les fonctions de secrétaire général d’un parti comme le Pdci-Rda. Je prends ça, comme ça arrive.
Il vous est aussi reproché de vous occuper beaucoup plus de la gestion du G7 que des problèmes du Pdci. Le président Bédié l’a relevé également, et je le cite : “On nous a reproché d’avoir souvent éclipsé le Pdci par les travaux du G7… ” Partagez-vous cet avis du président de votre parti ? A. D. M : Cela fait partie également de la crise. Même à prendre certains partis que je ne voudrais pas citer ici, quelle est leur part de la gestion interne par rapport à la gestion de la crise que connaît le pays ? Parce que nos partis n’ont de raison d’être que pour servir la Côte d’Ivoire. Alors, quand toute la Côte d’Ivoire est en crise, la priorité devient de ramener d’abord la Côte d’Ivoire à la normale avant que chaque parti ne retourne sur ses bases, pour mener une politique qui n’est que sa préoccupation. Les partis sont faits pour servir la Côte d’Ivoire. Il y a aujourd’hui une crise, il y a une guerre que vous connaissez. Mais ces problèmes prennent le devant des préoccupations. Et il se trouve que le règlement de ces problèmes relève plus du regroupement de tous ceux qui sont concernés par la gestion du problème que de la vie interne de chaque parti. Mais cela dit, avant que chaque parti ne parte vers l’ensemble, il y a des réunions internes qui se tiennent. Je convoque régulièrement les délégués départementaux, les élus du Pdci, députés, maires, présidents des conseils généraux. Je convoque le bureau politique, le conseil politique. Mais, je dis quand on est à cette place où je suis, il faut accepter toutes les critiques, même celles qui ne sont pas fondées. Je crois que quand on ne veut pas être critiqué, on reste chez soi à la maison. Toutes les critiques ne sont pas justifiées. Mais, je les prends, comme ça arrive.
Il avait été question, à un moment donné, au sein du Pdci, de la nomination d’un porte parole du parti, qui ne serait donc plus le secrétaire général que vous êtes. Où en êtes-vous avec cette réforme interne ? A. D. M : Je n’en sais rien. A ceux qui voulaient faire ça, c’est à eux qu’il faut poser la question. Mais moi, je n’en sais rien du tout.
Pour désigner son candidat à la présidentielle prochaine, le Pdci ira en conventions éclatées. C’est pour quand exactement ? A. D. M : C’est pour très bientôt. Mais, je voudrais réserver la primeur de nos propositions au bureau politique, pour éviter qu’on dise encore que nous gérons le parti dans les journaux plus que dans les structures. Donc, j’ai un bureau politique le 14 (demain jeudi 14 juillet 2005) auquel je vais proposer le programme des conventions éclatées et de la convention nationale.
Quels sont les critères pour être candidat à cette convention du Pdci ?
A.D.M : Nous pensons qu’il faut, avant toute chose, être militant du Pdci Rda. Ceux qui veulent être candidats du Pdci savent qu’il faut remplir les critères nationaux. Donc, nous ne poserons certainement pas de critères spécifiques au Pdci. Mais cela aussi, ce sera la décision du prochain bureau politique sur les propositions du président du parti.
Lequel président du parti est lui-même candidat à la convention. Comme quoi, les jeux sont déjà faits pour cette convention qui pourrait imposer le président Bédié comme candidat du Pdci à la présidentielle prochaine.
A.D.M : Ecoutez (rires)... Il y a des remarques qui m’amusent. Le Pdci démontre qu’il est vraiment démocratique à travers l’organisation d’une convention et on dit que les jeux sont faits avant la tenue de ces assises. Mais enfin, quand on va à des élections, même dans une démocratie, chaque candidat fait sa campagne, prend des contacts pour avoir des chances d’être choisi. Le président Bédié a été élu à la tête du Pdci à la suite de multiples candidatures au congrès dernier. Cette fois, nous allons à la convention pour choisir un candidat du Pdci, si éventuellement il y a d’autres candidats, parce qu’on n’a pas encore ouvert les candidatures. Mais on va ouvrir les candidatures. Ceux qui voudront être candidats démocratiquement, se donneront les moyens d’être élus. Ceux qui vont aller voter, ce ne sont pas tous les militants. Ce sont les membres du bureau politique, les membres du conseil politique, les membres du grand conseil et les secrétaires généraux des sections. Ceux-là sont quand même des responsables qui savent ce qu’ils veulent. Le Pdci n’est pas aujourd’hui à un moment où il peut aller payer tout ce monde-là pour voter pour quelqu’un. Ils auront leur conscience pour choisir celui qu’ils croient être le meilleur candidat du Pdci. Donc, quand on dit que les dés sont pipés, vous savez, c’est malheureusement ça la plaie de l’Afrique. Quand on n’est pas en bonne position, on pense que les élections son truquées d’avance pour contester les résultats le moment venu. Soyons bon joueur et si on est bon joueur, soyons bon gagnant ou bon perdant. Je crois que c’est cela la morale de la chose.
Avez-vous enregistré la candidature du gouverneur Charles Banny pour cette convention ? A. D. M : Nous n’avons pas encore fait appel à candidatures. Certains de nos militants, dont lui, ont des supporters qui mènent des débats, nous le savons. Mais, nous allons faire appel à candidatures le moment venu. Est-ce que le frère Charles Konan Banny sera candidat ? Moi je n’en sais rien. En tout cas, jusqu’à présent, je ne l’ai pas entendu dire lui-même qu’il veut être candidat. On fera appel à candidature. S’il est candidat, c’est un de nos frères, les conventions éclatées décideront. Mais, il faut savoir que pour le moment, nous avons une procédure en cours. Nous sommes un vieux parti, nous avons des aînés, nous leur avons demandé de procéder à des concertations pour savoir si on peut arriver à un consensus interne. Si on arrive au consensus, tant mieux ; si on n’arrive pas au consensus, la convention décidera en toute fraternité et en toute transparence, qui on retient comme candidat du Pdci pour la prochaine élection présidentielle.
M. le secrétaire général, quels rapports entretenez-vous avec le gouverneur Banny ? A.D.M : Nous entretenons de très bons rapports. Charles Konan Banny est un frère, c’est un ami. Vraiment, les rapports sont bons, il n’y a pas d’atmosphère d’animosité. Nous nous voyons quand c’est possible. Cela fait quelque temps que je ne l’ai pas vu, mais je l’ai quelquefois au téléphone. Mais enfin, entre Charles Banny et moi, il n’y a vraiment pas de problème. Il ne faut pas diaboliser les intentions des uns et des autres. C’est légitime pour un parti comme le Pdci Rda, qui regorge de cadres, que des gens veuillent être candidats. Je suis le secrétaire général du Pdci-Rda, choisi par le président Bédié. Je dois gérer le parti, je dois gérer les ambitions des membres du parti. Mais de manière saine, sans qu’on ne diabolise quelqu’un parce qu’il aurait l’intention d’être candidat. Je dis qu’il y a deux voies qui s’offrent à nous à la convention. Ou on cherche le consensus et on y arrive, ce sera tant mieux, ou on prend la voie démocratique sans insulter, sans vouer quelqu’un aux gémonies. Ce n’est pas une faute que de vouloir être candidat du Pdci. Mais comme le Pdci ne peut pas avoir deux candidats à l’élection présidentielle, on trouvera la procédure nécessaire en toute fraternité pour choisir un candidat.
Le gouverneur Banny vous a remis la somme de cinq millions de Fcfa quand, en novembre dernier, des manifestants pro-Fpi avaient saccagé votre domicile. Il a fait un don de dix millions au Pdci dont le siège avait été mis à sac. Est-ce la matérialisation des bons rapports que vous avez tous les deux ? A.D.M : Comme moi-même je n’ai pas encore su quand est-ce que le frère Banny a dit qu’il m’aurait donné à moi la somme de cinq millions pour les casses qui ont eu lieu chez moi, je pense que ça, c’est une question qui relève de sa discrétion à lui. Mais ce que je sais, c’est que nous avons mis en place un comité de gestion de la crise avec tout ce qui a été cassé au siège du parti. Et la famille Banny a donné officiellement dix(10) millions pour réparer les casses qui ont eu lieu au siège du parti. Maintenant, qu’il ait fait un geste pour moi ou pour quelqu’un d’autre au Pdci Rda, je voudrais l’entendre de la part de M. Banny lui-même, avant que je ne réponde.
Parlons maintenant du processus de sortie de crise avec l’accord de Pretoria II conclu le 29 juin dernier, par les principaux protagonistes. Est-ce cette fois, le bon accord qui mettra fin à la crise ? A.D.M : On souhaite que cette fois soit la bonne. Voyez, il ne faut pas être pessimiste mais il faut être réaliste. Ce qui a toujours posé problème dans cette crise en Côte d’Ivoire, ce n’est pas le manque d’accord, c’est l’application de ces accords signés. Et je le répète toujours, un accord politique, ce n’est pas forcement celui qui est très bien sur le papier, c’est celui qui s’applique. On l’applique et on voit les limites de l’accord et on recherche une autre solution pour bien appliquer, puis on récolte les résultats. Mais on ne peut pas se baser sur la qualité du document pour croire que tous les problèmes sont résolus. A mon sens, tous les documents signés par les acteurs politiques, sont de bons compromis pour aller à la paix. Et un compromis ne donne jamais entièrement satisfaction à une partie ou à une autre. Mais il faut faire l’effort de les appliquer, dans l’espoir que ça peut nous permettre d’aller à la paix. Linas-Marcoussis n’était pas mauvais, les différents Accra n’étaient pas mauvais, Pretoria I n’est pas mauvais, Pretoria II ne l’est pas non plus. Qu’est-ce qui nous bloque pour appliquer ces différents accords, pourquoi chaque fois il y a des blocages ?
C’est justement cette question fondamentale que j’allais vous poser, M. le président du G7… A.D.M : Eh bien, je vous réponds que c’est un manque de volonté politique, de volonté d’aller à la paix qui nous pose problème. On refuse d’appliquer les accords comme il se doit, on cherche à appliquer les accords selon que cela arrange soi-même ou son camp, ou selon que cela met en difficulté l’autre camp. Mais comment voulez-vous qu’on aille à la paix de cette façon-là ? C’est vraiment ce manque de volonté politique d’appliquer les accords qui nous empêche d’aller à la paix. Donc, il faut rester réaliste et prier que nous allions à la paix, parce que quoi qu’il en soit, nous sommes tous des frères. Personne ne peut rayer un autre de la carte de la Côte d’Ivoire. Et l’appel que nous lançons dans cette démocratie, c’est la possibilité de supporter nos différences, parce qu’on ne peut pas tous penser la même chose. Et ce n’est pas parce que quelqu’un ne pense pas la même chose que vous qu’il est condamnable ou qu’il faut qu’il y ait un arrêt de mort contre lui. C’est la contradiction dans le débat qui crée le fondement de la démocratie. Acceptons nos différences, si c’est la démocratie que nous voulons vivre. Nous ne sommes pas des ennemis, nous sommes des adversaires politiques. Acceptons que dans chaque parti, il y ait une ligne qui soit différente de l’autre parti, sinon on serait tous dans le même parti politique. Voilà ce que nous nous souhaitons. Donc, je pense que tout ce que nous devons appeler de tous nos vœux, c’est que nous ayons la volonté politique de comprendre qu’aucun d’entre nous n’est saint, nous avons tous une part de responsabilité dans cette crise. Il faut se pardonner réciproquement. Moi, je ne me crois pas innocent dans l’avènement de la crise en Côte d’Ivoire à partir du moment où dans ce pays, j’ai exercé des responsabilités publiques. J’ai dû offenser quelqu’un quelque part. Je m’en excuse, il faut qu’on recrée les conditions de la vie ensemble, de l’harmonie sociale. Il faut qu’on accepte nos différences qui doivent être enrichissantes, qu’on soit tolérant et qu’on aille à une vraie paix.
Pour vous, l’élection présidentielle d’octobre pourra-t-elle se tenir à temps ? A.D.M : Plus nous perdons de jours, plus la tenue de l’élection présidentielle à la date constitutionnelle devient incertaine. Mais il est clair que le meilleur cas de figure, c’est que les élections aient lieu à la date prévue. Maintenant, est-ce qu’avec la manière dont nous vivons la crise, peut-on dire que les conditions sont réunies pour créer l’avènement d’élections que personne ne conteste ? Je ne suis pas tombé sur la tête pour penser qu’il aura des élections parfaites à 100%. Même aux Etats-Unis, on a mis quinzey (15) jours pour compter des voix. Ce qui n’est pas un modèle, à plus forte raison chez nous en Côte d’Ivoire. Il y a des endroits où ça va coincer. Mais que cela soit la proportion infime pour qu’on aille tous aux élections, avec des conditions communément partagées, que le scrutin se déroule avec l’assentiment de tout le monde, pour que tout le monde accepte le résultat. Quand on est battu, il faut accepter la défaite et puis dire bonne chance dans l’intérêt du pays à celui qui a gagné. Tous les partis ne peuvent pas être au pouvoir en même temps. Mais pour que tous les partis acceptent les résultats, il faut que les conditions d’organisation, de déroulement et la proclamation des résultats conviennent à tout le monde. Il ne faut pas créer les conditions de la contestation, avant que les élections ne se déroulent. Il faut qu’on arrête les pertes en vies humaines, il faut qu’on arrête les violences, il faut qu’on arrête la haine, nous sommes des frères.
Vous n’avez pas répondu véritablement à ma préoccupation qui est de savoir si, pour vous, la date de la présidentielle sera respectée… A.D.M : Pour moi, les choses deviennent de plus en plus difficiles. Je ne suis pas organisateur, donc il ne m’appartient pas au jour d’aujourd’hui de dire que les élections n’auront pas lieu. Le gouvernement de réconciliation nationale est chargé d’organiser les élections avec la collaboration de la communauté internationale. Rien n’a encore commencé véritablement, qui puisse créer les conditions de l’organisation des élections présidentielles prochaines. Il faut la paix, il faut le désarmement des forces en présence et des milices, il faut sécuriser le pays, il faut redéployer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire, il faut la révision des listings électoraux, il faut donner les documents électoraux aux électeurs. C’est quand même beaucoup. Impossible n’est pas français, j’espère qu’on y arrivera.
Si les élections n’ont pas lieu le 30 octobre 2005, le G7, dont vous êtes le président, soutient que M. Laurent Gbagbo cessera d’être président de la République. Lui soutient le contraire et refuse de céder le fauteuil présidentiel en l’absence d’élection. Que va faire concrètement le G7 ?
A.D.M : Mais il ne s’agit pas de refuser de céder à quoi que ce soit. Nous, nous pensons, conformément à la constitution, que si les élections ne sont pas organisées, le président de la République en fonction n’est plus président de la République, parce qu’il y a un vide constitutionnel. Ce que prévoit la constitution, c’est que si le processus électoral a commencé, c’est-à-dire les gens sont en train de voter, mais on n’a pas eu le temps de finir de voter, on n’a pas eu le temps de proclamer les résultats et il y a une catastrophe naturelle qui intervient, le président continue son mandat. Et la Commission électorale indépendante (Cei), informe au jour le jour le Conseil constitutionnel sur l’évolution de la situation qui a empêché la fin du processus électoral. Nous ne sommes pas dans ce cas de figure, si les élections ne sont pas du tout organisées, parce que la mise à jour des listings électoraux ne fait pas partie du processus dont parle la loi, parce que la Cei est une institution qui demeure au-delà du déroulement du scrutin. Donc, le fait qu’on mette les listings à jour n’est pas un processus électoral, bon Dieu, parce qu’à tout moment, la Cei doit avoir un listing à jour. Donc, si on n’arrive même pas à organiser les élections, il faut une table ronde, une négociation pour qu’on sache comment vivre l’après le 30 octobre. Mais cela ne peut pas être automatique, voilà notre lecture.
Mais il y a que les lectures diffèrent selon qu’on soit dans le camp présidentiel ou dans l’opposition. Une opposition dont certains leaders réclament désormais une transition sans Gbagbo. Est-ce aussi votre avis ?
A.D.M : De toutes les façons, il faut qu’il y ait une négociation politique pour qu’on arrive à une solution. Ça peut être aujourd’hui la position des leaders du G7 qu’une transition sans Gbagbo soit mise en place. Mais cela nécessite l’ouverture d’un dialogue politique dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire.
M. le président du G7, des exécuteurs seraient aux trousses des leaders de la coalition politique dont vous êtes le porte-parole. Est-ce vrai ?
A.D.M : C’est vrai, c’est une affaire qui n’est plus officieuse. Puisque moi, c’est à une mission officielle à Pretoria ( les pourparlers des 28 et 29 juin 2005, Ndlr), que des officiels de la délégation du président Gbagbo, qui sont connus, comme le directeur du protocole d’Etat ( Allou Wanyou Eugène, Ndlr), comme son chef de cabinet ( Kuyo Téa Narcisse, Ndlr) m’ont directement menacé de mort. On avait des rumeurs. Mais quand au cœur même du pouvoir, les autorités de ce rang disent à quelqu’un ‘’tu risques ta vie’’, je pense que l’insécurité n’est plus une vue de l’esprit, c’est une réalité que nous vivons tous les jours. Je donne-là l’exemple de mon cas. En présence de témoins, vis-à-vis, des personnalités proches du président Gbagbo, au cours d’une mission officielle, m’ont menacé de mort.
Avez-vous fait cas de ces faits au président Gbagbo ? A.D.M : Pour le moment, je n’en ai pas parlé au président Gbagbo, mais sommes des hommes. Des gens aussi proches de lui ne peuvent pas tenir ce genre de propos si dans l’entourage, ces genres de choses ne se disent pas et ne se prononcent pas. Nous ne sommes pas des enfants. Laissons les formalités de côté et voyons le cœur du problème. M. le directeur du protocole, qui est aux côtés du président tous les jours, si cette atmosphère ne s’y prête pas, dans une mission officielle, il ne peut pas dire à un responsable ‘’si tu vas à Saïoua, tu ne reviendras plus de Saïoua’’.
M. Djédjé Mady, on vous accuse de manger dans les mains de Gbagbo la nuit et de le vilipender la journée pour faire plaisir à Bédié. Que répondez-vous ? A.D.M : Oui mais, même si je veux manger dans les mains du président la nuit, pourquoi je ne mangerais pas dans ses mains le jour ? Et pourquoi je me cacherais ? Pourquoi je me cacherais si je devais manger dans sa main ? Mais ceux qui disent que je mange dans la main du président, même si c’était le cas, est-ce qu’ils pensent que le président me fait manger dans sa main pour ne plus être au Pdci ? Pour ne plus être dans l’opposition ? Ils savent pourquoi le président me donne à manger dans sa main la nuit et le jour ? Est-ce pour que je quitte le Pdci et pour que je ne sois plus dans l’opposition. Je suis dans l’opposition et je joue le rôle d’opposant. Je ne crois pas que le président Gbagbo m’ait demandé un seul jour de quitter l’opposition pour aller au Fpi, je ne crois pas. Mais, je ne veux même pas rentrer dans ces discussions de bas étage où on dit ‘’il mange dans les mains du président la nuit’’. Si Gbagbo me donne de l’argent, tant que je n’ai pas volé ,c’est qu’il a voulu me donner. Et lui qui a donné, il sait pourquoi il a donné. Et je ne crois pas qu’il m’ait donné de l’argent pour que je quitte le Pdci-Rda, pour que je ne sois plus secrétaire général du Pdci Rda. Moi, je suis dans l’opposition. Et le rôle de l’opposition, c’est de critiquer le pouvoir, c’est de chercher à revenir au pouvoir.
M. le secrétaire général, est-ce que, oui ou non, le président Gbagbo vous a donné au moins une fois de l’argent ? A.D.M : Ecoutez, c’est un débat de bas étage. Je ne dirai pas oui, je ne dirai pas non, parce que je crois que ça n’a pas d’importance.
Revenons sur la question de l’insécurité dans le pays. Le chef de l’Etat a installé effectivement un gouvernorat militaire dans la région du Moyen Cavally comme il l’avait annoncé. Réaction ? A.D.M : J’éprouve des inquiétudes, et encore des inquiétudes. Nous souhaitons, certes, que cela contribue peut-être à l’avènement de la sécurité réelle. Mais pour le moment, par rapport à la loi, rien ne justifie un gouvernorat dans l’état où c’est fait. On organise les militaires, les gendarmes, les policiers pour assurer plus de sécurité, sous la responsabilité de l’autorité civile, c’est cela qui est conforme à la loi. Ecoutez, rien n’exige cela. C’est pourquoi nous avons des inquiétudes sérieuses.
Après la mort du colonel major Bakassa Traoré, le G7 a exigé la démission du général Philippe Mangou. Pourquoi ? A.D.M : Nous l’avons fait parce que nous avons demandé une enquête. Et nous pensons que le fait que le général Mangou, chef d’état-major, lui-même soit monté au créneau pour dire ce qu’il a dit, c’est une autorité militaire dans l’Armée, si une enquête dans ces conditions à cours, il y a des chances que cette enquête ne soit pas transparente. C’est dans ce seul but que nous demandons qu’il démissionne pour permettre à l’enquête d’être neutre, d’être objective.
M. Bédié, président de votre parti, rentre bientôt au pays, une fois les questions de sécurité réglées. On parle du mois d’août prochain. Est-ce le retour définitif ?
A.D.M : Mais il n’est pas en exil. C’est un citoyen libre de ses mouvements. Pour le moment, il est à Paris ; demain il peut, peut-être, décidé d’aller à Barcelone ou à New York et puis revenir en Côte d’Ivoire. Le président Bédié est libre de ses mouvements. Il revient en Côte d’Ivoire quand il veut et pour la durée qu’il fixe. Il n’y a aucun problème à ce niveau- la, le président Bédié rentre bientôt, la Côte d’Ivoire est son pays.
Source "SOIRINFO"
INAUGURATION DE LA NOUVELLE CHANCELLERIE DES ETATS-UNIS D'AMERIQUE EN COTE D'IVOIRE : ALLOCUTIION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO
Mercredi 13 Juillet 2005
Les locaux de la nouvelle Ambassade des Etats-Unis d'Amérique ont été inaugurés le mardi dernier en présence du Chef de l'Etat ivoirien et de nombreuses personnalités politiques et d'amis.
Ci-après le discours de S.E.M.Laurent GBAGBO :
Je suis fier pour cette réalisation architecturale. Je ne suis pas fier pour les Américains mais je le suis pour mon pays et je suis fier de la confiance que les Américains ont gardée en la Côte d’Ivoire. Ce bâtiment a une histoire, les travaux ont commencé en Janvier 2002.
Tout était tranquille. Nous sortions du blocus économique avec le gouvernement Affi.
Avec le FMI et la Banque mondiale nous avons réglé des problèmes et la Côte d’Ivoire était promue à un bel avenir. La fin de 2002 devait coïncider avec une reprise de la croissance économique.
C’est en ce moment-là que les travaux de ce bâtiment ont commencé.
Selon les calculs du FMI et de la Banque mondiale, nous devions atteindre une croissance économique de plus de 3%, en 2002, pour atteindre un sommet de 7 ou 8% en 2003. Des entreprises faisaient des prévisions pour les investissements. Les hommes politiques se réjouissaient. Nous étions euphoriques.
C’est en ce moment que les travaux ont commencé. Mais la guerre a éclaté. Les plus frileux ont plié bagages. Ils ont eu peur. Les moins frileux sont allés s’installer au Ghana. Les plus peureux sont retournés dans leur pays d’origine.
Du coup la Côte d’Ivoire promise à un bel avenir est devenue pestiférée. Il ne fallait pas venir en Côte d’Ivoire. Elle était classée comme une destination dangereuse. Néanmoins, j’envoyais discrètement des personnes voir si les travaux de l’Ambassade des USA continuaient. Effectivement les travaux continuaient et en 2003, au plus fort de la crise lorsque nous avons subi la deuxième vague d’attaque à la frontière du Libéria à l’Ouest, lorsque la barbarie était à son comble, je continuais de m’informer de l’avancement des travaux qui continuaient malgré tout de manière sereine.
C’est pour ce courage, cette persévérance et cette grande espérance dans l’avenir de mon pays que, M. l’Ambassadeur, je vous salue.
A l’échelle de notre vie humaine, nous souffrons de la crise. Nous ne sommes pas contents. Mais il faut se dire que cette crise n’est rien. Elle va passer et la Côte d’Ivoire reste et restera debout.
Je le répète, cette crise ne peut pas abattre la Côte d’Ivoire. C’est vrai qu’en tant qu’homme nous avons des états d’âmes pour nos projets immédiats ; mais il faut vous dire que cette crise n’est rien et passera. Le pays sera debout et continuera de jouer son rôle.
C’est pourquoi tous ceux qui nous ont gardé leur confiance, les individus, les pays, les Institutions et tous les amis, je leur dis merci.
Je me suis déplacé ce matin pour dire merci aux Américains. Merci d’avoir conservé votre ambitieux projet pour la Côte d’Ivoire. Merci d’avoir continué à construire cet édifice. Merci pour vous-même, merci pour la Côte d’Ivoire. Je vous remercie.
Transcription Nianzou Ano
Présidence de la République
SENEGAL / INAUGURATION DU NOUVEAU BOEING D'AIR SENEGAL INTERNATIONAL
Jeudi 7 Juillet 2005
Le nouveau Boeing 737-700, qui sera inauguré le 11 Juillet prochain par le Chef de l'Etat , S.E.Maître Abdoulaye WADE , est sorti des usines de l’avionneur américain à Seattle, et est équipé de moteurs de type Cfm 56, en version b-classe avec 114 sièges.
Pour cet investissement d’environ 55 millions de dollars soit 30 milliards de Fcfa, Air Sénégal international a obtenu l’accord de l’Exim-Bank américaine pour garantir son financement auprès d’organismes financiers à des conditions de prêt très avantageuses. Cette nouvelle acquisition, souligne le communiqué fait par la direction , permettra à la compagnie aérienne de développer son réseau par l’ouverture de nouvelles dessertes et le renforcement de certaines lignes.
C’est ainsi, précise le communiqué, que les dessertes Dakar-Milan, Dakar-Madrid et Dakar-Accra seront ouvertes dès le 10 juillet.
De même que seront renforcées par des vols supplémentaires, les dessertes vers Ouagadougou, Marseille et Niamey.
SENEGAL / PRIX "AFRICA MANAGEMENT AWARDS"
Jeudi 7 Juillet 2005
L’association internationale dénommée “ Comité de l’Excellence du Manager ” organise le 16 juillet prochain à Dakar sa troisième édition du prix “ Africa Management Awards ” (Ama), sous le haut patronage du président de la République et sous la présidence de son conseiller financier M. Habib Mbaye.
À l’occasion, plusieurs managers et entreprises africains seront primés.
SENEGAL / DEMISSION DU NOUVEAU DIRECTEUR GENERAL DE LA LOTERIE NATIONALE DU SENEGAL (LONASE)
Jeudi 7 Juillet 2005
Nommé avant-hier seulement aux fonctions de directeur général de la Lonase, en remplacement de Modiène Ndiaye mis aux arrêts de rigueur pour malversations supposées, Cheikh Tidiane Touré crée la surprise en annonçant sa démission vingt-quatre heures plus tard.
Des considérations éthiques ont été mises en avant par l’ex-Dg du Cosec et conseiller technique à la Primature jusqu’à sa nomination pour expliquer cette décision.
CAP-VERT / CELEBRATION DE LA FETE NATIONALE
Jeudi 7 Juillet 2005
La République du Cap-Vert a célébré dans l'allégresse son accession à la souveraineté internationale .
Le Premier ministre sénégalais M. Macky SALL a assisté avant-hier à Praia à cette commémoration du 30e anniversaire de l’indépenedance du Cap-Vert, aux côtés du président Pedro Pires.
Le Sénégal étant l’invité d’honneur de cette année, M. Sall, représentant le président de la République empêché par la rencontre de l'Union Africaine en Libye, a assisté à toutes les cérémonies commémoratives de la fête de l’indépendance.
Il était accompagné d'une forte délégation ministérielle et militaire.
TOUS NOS VOEUX DE BONHEUR A CETTE REPUBLIQUE SOEUR
COTE D'IVOIRE / HADJ 2006 / LANCEMENT OFFICIEL DE LA CAMPAGNE DE SENSIBLISATION
Jeudi 7 Juillet 2005
M. Mamadou Sanogo, Commissaire du Hadj a procédé hier mercredi 6 juillet à l’hôtel du District du Plateau, au lancement officiel de l’édition 2006 du pèlerinage musulman.
Examiner ensemble les questions relatives à l’organisation du Hadj 2006 et les moyens d’offrir des services dignes aux pèlerins de Dieu , c’est le sens de cette rencontre qui survient après la réunion bilan du 3 mai 2005 relative à l’édition 2005 du Hadj, tenue les 9, 10 et 11 mai dernier de l’atelier sur la rationalisation de l’organisation du pèlerinage à la Mecque et la mission du ministre ivoirien des Cultes en Arabie Saoudite du 22 au 28 mai 2005 pour des rencontres d’échanges avec le ministre du Hadj du Royaume d’Arabie et les autorités saoudiennes en charge du pèlerinage.
Pour M. Mamadou Sanogo, commissaire du Hadj, il est impératif que les organisateurs du pèlerinage prennent toutes les dispositions nécessaires afin de garantir la sécurité physique, psychologique, matérielle, morale et spirituelle des pèlerins ivoiriens pendant tout le processus du Hadj.
’’ Le salut de notre système d’organisation passe par la maîtrise des effectifs des pèlerins et le respect des délais’’, a déclaré le commissaire du Hadj avant d’insister sur les mesures adoptées par le ministre des Cultes, et qui sont les grands axes pour l’organisation du Hadj 2006.
Ainsi, l’on retiendra que pour cette édition, sont retenus, le système d’organisation officielle (ou mixte) composé d’associations agréées et placées sous l’autorité et la supervision du commissaire du Hadj et le système d’organisation privé, des personnes physiques ou morales qui remplissent les conditions fixées par la réglementation saoudienne.
’’Seuls les associations, regroupements ou agences de voyages agréés en 2005 à savoir, Amop, Ciop, Cni, Oummat, Si2ap, Khalid Voyages et pour la communauté libanaise : Al Ghadi, As.Isl, Clci et Cca, seront habilités à organiser le Hadj 2006 s’ils le désirent’’, a affirmé M. Mamadou Sanogo.
Il reste entendu qu’à chaque type d’organisation, est appliqué un cahier de charges qui définit les conditions et les obligations auxquelles souscrit l’organisateur.
Pour un meilleur suivi et pour assurer le respect des délais, toutes les opérations du déroulement du Hadj 2006 sont traduites dans un chronogramme qui part de l’ouverture hier de la campagne à la clôture des inscriptions des pèlerins au plus tard le 15 novembre 2005, soit un mois avant les départs.
’’Ceux qui optent pour l’organisation privée devront entreprendre les démarches à temps pour obtenir un agrément en Arabie et l’agrément définitif en Côte d’Ivoire au plus tard à la mi Ramadan.
Les contrats de transport et de logement devront être signés au plus tard en août-septembre 2005 pour ce qui concerne l’option mixte’’, a ajouté le commissaire du Hadj qui a souhaité que la confiance placée dans les compagnies de transport aérien Air Universal et Ivoire Airways et le partenaire financier du Hadj, Omnifinance, lors de l’atelier, se traduise dans des contrats après les négociations à entreprendre bientôt avec les associations concernées. Quant au coût du Hadj, il sera fonction de l’accroissement du coût des logements dû à l’exécution des projets de rénovation en cours à la Mecque et à Médine et de certaines exigences des services saoudiens, quoique l’atelier ait souhaité que le coût de l’an dernier soit maintenu (1.500.000 fcfa).
’’ Pour l’entretien des tentes que les pèlerins laissent dans un état lamentable après leur passage, les autorités saoudiennes exigent désormais le dépôt d’une garantie de 10 riyals/pèlerin (environ 2000 fcfa).
Elles n’admettent plus les excédents de bagages dans les véhicules de transport des pèlerins d’une ville sainte à une autre.
Un bagage de 40 kg est permis pour chaque pèlerin’’, a par ailleurs révélé le conférencier.
Au dire de M. Mamadou Sanogo, tout pèlerin qui enfreindra à cette disposition payera une caution équivalant au coût du transport urbain.
Aux futurs candidats au Hadj, le commissaire a demandé de s’inscrire le plus tôt possible afin d’éviter les difficultés de l’année dernière.
PROCESSUS DE PAIX EN COTE D'IVOIRE / SIGNATURE D'UN ACCORD DE M.BEDIE ET OUATTARA AVEC LE PRESIDENT SUDAFRICAIN THABO M'BEKI
Mercredi 6 Juillet 2005
Le 6 avril 2005, les leaders et responsables politiques ivoiriens ci-dessous nommés, ont signé à PRETORIA un Accord de paix avec Son Excellence THABO MBEKI, Président de la République Sud-africaine, Médiateur de l'Union Africaine dans la crise ivoirienne :
- Son Excellence LAURENT GBAGBO, Président de la République de Côte d'Ivoire,
- Son Excellence HENRI KONAN BEDIE, Président du PDCI-RDA,
- Monsieur ELIMANE SEYDOU DIARRA, Premier Ministre du Gouvernement de Réconciliation Nationale,
- Monsieur le Premier Ministre ALASSANE DRAMANE OUATTARA, Président du RDR,
- Monsieur le Ministre d'Etat GUILLAUME SORO, Secrétaire Général des Forces Nouvelles,
Cet accord est le 4ème du genre que les acteurs politiques ivoiriens ont signé, en vue du retour de la paix dans notre pays, la Côte d'Ivoire, après ceux de Linas Marcoussis (24 janvier 2003), d'Accra II (7 mars 2003) et d'Accra III (29 juillet 2004).
Plus que les précédents, l'Accord de Pretoria a suscité beaucoup d'espoir. Nous avions tous cru qu'il scellerait la confiance entre l'ensemble des ivoiriens et ouvrirait la voie à une paix durable.
Malheureusement, plus de deux mois après sa signature, il connaît, dans sa mise en œuvre, de graves blocages voire des dérapages dangereux, de la part du Chef de l'Etat, Laurent GBAGBO.
Par la présente note, les leaders du PDCI-RDA et du RDR voudraient faire l'évaluation de la mise en œuvre de cet accord, avant de formuler quelques recommandations permettant de surmonter les obstacles qui retardent le déroulement du processus de paix.
EVALUATION DE LA MISE EN ŒUVRE DE L'ACCORD DE PRETORIA
1-1. Déclaration de fin de guerre
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR notent qu'à ce jour, le Chef de l'Etat n'a pas encore fait la déclaration de fin de guerre, comme il s'y était engagé à Pretoria.
1-2. Sécurité
Au plan de la sécurité, il convient d'évaluer la mise en œuvre de l'engagement pris sur la question des milices, mais, plus généralement, l'évolution de la situation sécuritaire d'ensemble, depuis la signature de l'Accord de Pretoria.
1-2-1. Désarmement et démantèlement des milices
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR relèvent que sur ce problème épineux, les parties signataires se sont accordées, à Pretoria, pour procéder, immédiatement, au désarmement et au démantèlement des milices sur toute l'étendue du territoire national.
A cet effet, elles ont chargé le Premier Ministre du Gouvernement de Réconciliation Nationale " (...) de conduire cette opération de désarmement et du démantèlement des milices en élaborant un plan d'action ainsi que sa mise en œuvre (...) ".
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR font observer qu'à ce jour, aucune mesure concrète n'a encore été prise dans le sens de la mise en œuvre de cet engagement.
Pis, les leaders du PDCI-RDA et du RDR constatent que les milices continuent d'opérer au grand jour et en toute impunité, contribuant ainsi à la détérioration de la situation sécuritaire générale.
Au surplus, les leaders du PDCI-RDA et du RDR révèlent que, de sources concordantes et dignes de foi, de nombreuses sociétés privées de gardiennage sont actuellement sous le contrôle du Chef de l'Etat et des dirigeants de son Parti, le FPI, et bénéficient de dotations en armes des Forces Armées Nationales.
1-2-2. Evolution de la sécurité, depuis la signature de l'Accord de Pretoria.
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR font observer que depuis la signature de l'Accord de Pretoria, on assiste à des agressions et crimes politiques ciblés contre les responsables et les militants des partis membres du G7, ainsi qu'à la montée de l'insécurité institutionnalisée, planifiée et orchestrée et du terrorisme d'Etat, comme en témoignent les derniers événements ci-après :
les massacres et les graves violations des Droits de l'Homme survenus récemment à DUEKOUE dans l'ouest et à ALEPE au sud du pays ;
les menaces et incitations aux affrontements interethniques et aux meurtres, notamment à Agboville et à Tiassalé qui ont eu pour conséquence le déplacement des populations allogènes ;
les attentats politiques ciblés perpétrés ces dernières semaines à rencontre de plusieurs responsables de l'opposition regroupée au sein du G7.
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR soulignent que ces graves événements se déroulent en zone sous contrôle des Forces de Défense et de Sécurité régulières de la République et mettent ainsi en relief l'implication directe et la complicité active du Chef de l'Etat, chef suprême des Armées.
A cet égard, les leaders du PDCI-RDA et du RDR tiennent à stigmatiser :
les dernières déclarations publiques du Chef de l'Etat demandant, lors de sa visite à DUEKOUE, "aux mouvements et groupes d'autodéfense", en fait les milices, de répondre favorablement à tout appel du chef d'Etat Major ;
les récentes décisions prises par le Chef de l'Etat portant nomination d'un Gouverneur et de Préfets militaires, création d'un Poste de Commandement (PC) militaire et le quadrillage de la ville d'Abidjan en 5 zones militaires.
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR font observer que cette insécurité institutionnalisée et planifiée participe d'une stratégie de confiscation du pouvoir, y compris par la force, par le Chef de l'Etat et son clan.
1-3. Reformes législatives
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR rappellent que conformément au paragraphe 12 de l'Accord de Pretoria, tous les textes dénaturés auraient dû être révisés et adoptés par l'Assemblée Nationale, en conformité avec les dispositions de l'Accord de Linas Marcoussis, au plus tard le 30 avril 2005.
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR constatent qu'à ce jour seuls 2 des 15 textes concernés ont été adoptés en Conseil des Ministres et transmis au Parlement. Ce sont les projets de lois relatifs :
-au financement des Partis Politiques sur fonds publics ;
-à la Commission Electorale Indépendante.
Concernant particulièrement la Commission Electorale Indépendante, les leaders du PDCI-RDA et du RDR relèvent que le projet de loi adopté en Conseil des Ministres le 21 Avril 2005, n'a pas été soumis, à ce jour, à l'examen des Députés, malgré les engagements pris à Pretoria, à savoir :
l'appel du Chef de l'Etat aux Députés, en particulier ceux du Groupe Parlementaire de son Parti, le FPI, à soutenir les amendements ;
l'adoption du texte au plus tard le 30 Avril 2005.
1-4. Organisation des élections
A propos de l'organisation des élections, les leaders du PDCI-RDA et du RDR font observer que les signataires de l'Accord de Pretoria se sont accordés, en son paragraphe 10, sur la nécessité d'organiser des élections libres, justes et transparentes avec l'implication majeure de l'ONU aux travaux de la CEI, Institution chargée des élections par la Constitution.
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR relèvent qu'à travers une utilisation abusive de l'article 48 de la constitution, le Chef de l'Etat tente de se substituer à cette Institution et de confisquer ainsi le processus électoral.
A cet égard, les leaders du PDCI-RDA et du RDR tiennent à stigmatiser l'initiative prise par le Chef de l'Etat de charger l'Institut National de la Statistique (INS) de l'élaboration des listings électoraux et de l'établissement des cartes d'électeur.
1-5. Eligibilité à la Présidence de la République
L'Accord de PRETORIA, en son paragraphe 14 relatif à "L'éligibilité à la présidence de la République", indique :
" Les participants à la rencontre ont discuté de l'amendement de l'article 35 de la Constitution. Ayant écouté les points de vue des différents leaders, le Médiateur s'est engagé à se prononcer sur ce sujet après avoir consulté le Président de l'Union Africaine, Son Excellence le Président OLUSEGUN OBASANJO et le Secrétaire Général des Nations unies, Son Excellence KOFI ANNAN. La décision issue de ces consultations sera communiquée aux leaders ivoiriens. Le Médiateur fera diligence pour régler cette question".
Dans sa lettre portant sur cette seule question de " L'éligibilité à la présidence de la République ", le Médiateur demande au Président GBAGBO, " de faire usage des pouvoirs attribués au Président au terme de la Constitution de la Côte d'Ivoire, en particulier l'article 48 (...) pour donner force de loi à la décision du médiateur concernant l'article 35, après avoir procédé aux consultations prévues avec les Présidents de l'Assemblée Nationale et du Conseil Constitutionnel".
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR notent que la décision autorisant tous "Les candidats présentés par les Partis politiques signataires de l'Accord de Marcoussis" à participer aux prochaines élections présidentielles correspond à l'exécution des engagements pris sur cette question.
1-6. Traitement de l'information
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR reconnaissent que la composition du Conseil d'Administration de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI) a été rendue conforme au paragraphe 11 de l'Accord de Pretoria.
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR notent cependant des entraves à la mise en œuvre des décisions du Conseil d'Administration relatives au traitement de l'information par les médias d'Etat, qui se traduisent par :
un grave déséquilibre au détriment des Partis d'opposition du G7 ;
des appels directs à la violence, l'intoxication et la propagande mensongère et haineuse.
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR constatent, avec regret, que la couverture de l'ensemble du territoire national par les émissions de la RTI n'est toujours pas effective.
1-7. Dysfonctionnement du Gouvernement de réconciliation Nationale
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR relèvent que depuis la signature de l'Accord de Pretoria, les problèmes de dysfonctionnement du Gouvernement se sont accentués davantage.
A cet égard, les leaders du PDCI-RDA et du RDR voudraient attirer l'attention sur le cas du Ministère de la Justice où le Chef de l'Etat a pris, dans la précipitation, le 25 mars 2005, un jour de fête et en violation flagrante des textes en vigueur, deux décrets n°2005-146 et n° 2005-147 pour :
annuler les arrêtés n° 81, 82 et 85 du 8 octobre 2004 pris régulièrement par le Ministre d'Etat, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, dans les mêmes conditions que ses deux prédécesseurs, Messieurs OULAÏ et Désiré TAGRO, pour procéder à un mouvement de mutations des Magistrats, à leur propre demande ;
procéder, lui-même, en dehors des procédures, règles et usages en vigueur en la matière, à la nomination de Magistrats en qualité de Président de Tribunaux et de Chambre des Cours d'Appel et d'Avocats Généraux.
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR craignent que ces deux décrets du Chef de l'Etat créent un désordre total au niveau de la Justice ivoirienne, touchant cent quatre vingt quinze (195) Magistrats qui ont rejoint leur nouveau poste d'affectation depuis octobre 2004.
1-8. DDR
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR indiquent que conformément aux dispositions de l'Accord de Pretoria, un Programme National Désarmement-Démobilisation-Réinsertion-Réabilitation des Communautés (DDR-RC) a été élaboré et validé par les Chefs d'Etat Major des Forces Armées Nationales de Côte d'Ivoire et les Forces Armées des Forces Nouvelles, au mois de Mai 2005, lors du Séminaire organisé à cet effet à Yamoussoukro, qui a vu la participation des experts désignés par la Médiation.
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR ajoutent qu'en vue de la mise en œuvre de ce programme, la Commission Nationale chargée du programme national de DDR (CNDDR) a conçu et proposé un chronogramme, qui a été adopté par toutes les parties belligérantes et aurait dû démarrer le 14 Mai 2005 par la phase de sensibilisation des troupes et des populations.
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR ont retenu, lors de la récente déclaration faite par le Président de la CNDDR sur les antennes de la télévision nationale, que ce chronogramme ne pourra pas être mis en œuvre, avant que n'aient été remplies les deux conditions suivantes :
la disponibilité des moyens financiers et matériels nécessaires;
l'aboutissement des réformes législatives en cours.
II- OBSERVATIONS ET RECOMMANDATIONS DES LEADERS DU PDCI ET DU RDR
Au regard des blocages et dérapages ainsi constatés, les leaders du PDCI et du RDR tiennent à faire les recommandations ci-après.
2-1. Au titre de la déclaration de fin de guerre
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR exigent la déclaration par le Chef de l'Etat de la fin de la guerre, pour mettre un terme aux souffrances des populations ivoiriennes.
2-2. Au titre de la sécurité :
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR rappellent qu'en Côte d'Ivoire "La personne humaine est sacrée", comme le stipule l'article 2 de notre Constitution.
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR condamnent avec vigueur les graves violations des Droits de l'Homme perpétrées aussi bien à Abidjan, que dans plusieurs localités du pays, particulièrement contre les responsables, les militants et sympathisants des Partis Politiques d'opposition ou supposés tels.
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR s'indignent du détournement des dotations en armes des Forces Armées Nationales au profit des sociétés privées de gardiennage et du recrutement de mercenaires.
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR dénoncent énergiquement la militarisation et la fascisation du régime FPI caractérisées par ;
la nomination d'un Gouverneur et de Préfets militaires, la création d'un Poste de Commandement (PC) militaire et le quadrillage de la ville d'Abidjan en 5 zones militaires par le Chef de l'Etat ;
La prolifération des milices et groupes armés prétendument appelés "groupes d'auto-défense" ;
Les violations délibérées des Droits de l'Homme ;
La culture de l'impunité.
En conséquence, les leaders du PDCI-RDA et du RDR demandent :
L'annulation, sans délai, de toutes les mesures à caractère fasciste et totalitaire prises par le Chef de l'Etat ;
Le démantèlement effectif et immédiat des milices et groupes armés ;
La mise en œuvre effective de la résolution relative à la mission d'interposition dévolue aux forces impartiales ;
L'augmentation de l'effectif des éléments des Forces de l'ONUCI et son élargissement aux troupes de l'Union Africaine et de l'Union Européenne, qui ont les moyens et l'expertise requise pour procéder au démantèlement des milices et groupes armés ;
La transformation de la mission des forces impartiales en une mission d'imposition de la paix ;
La réactivation des patrouilles mixtes ;
La sécurisation de l'ensemble du territoire national par les Forces Impartiales.
2-3. Au titre des réformes législatives
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR dénoncent les blocages délibérés et la duplicité du Chef de l'Etat, qui limite volontairement à deux (2) le nombre des textes dénaturés devant être réexaminés et amendés par le Parlement, conformément à l'esprit et à la lettre de l'Accord de Linas Marcoussis.
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR condamnent les manœuvres dilatoires du Groupe Parlementaire de son Parti, le FPI, consistant à suspendre sa participation aux débats de l'Assemblée Nationale pour bloquer l'adoption des textes découlant de l'application de l'Accords de Linas Marcoussis.
En conséquence, les leaders du PDCI-RDA et du RDR exigent :
La dissolution immédiate de l'actuelle Commission Electorale Indépendante,
l'adoption de la nouvelle loi par l'Assemblée Nationale et la mise en place effective d'une Commission Electorale véritablement indépendante qui garantisse des élections crédibles, transparentes et ouvertes en 2005 sous la supervision de l'ONU ;
l'examen et le vote de la loi relative au financement des Partis et Groupements politiques sur fonds publics, en prévoyant, conformément aux dispositions des Accord de Linas Marcoussis et de Pretoria, des dispositions transitoires permettant d'accorder le financement à tout Parti ou Groupement politique en fonction de sa représentativité découlant aussi bien des élections législatives que des autres scrutins.
La mise en conformité avec l'esprit et la lettre de l'Accord de Linas Marcoussis de l'ensemble des autres textes dénaturés, à savoir les textes relatifs :
-à la nationalité ;
-à l'Identification des Personnes et au Séjour des Etrangers ;
-au statut de l'opposition ;
-à l'enrichissement illicite ;
-au régime juridique de la communication audio-visuelle et le régime juridique de la Presse écrite ;
-à la Commission Nationale des Droits de l'Homme ;
-à l'indemnisation et réhabilitation des victimes.
2-4. Au titre de l'organisation des élections
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR condamnent la tentative de coup d'Etat constitutionnel du Chef de l'Etat, Laurent GBAGBO, à travers l'utilisation politicienne et provocatrice qu'il fait de l'article 48 de la Constitution, ainsi que ses manœuvres tendant à se substituer à la Commission Electorale Indépendante, seule habilitée à organiser lesdites élections.
D'autant plus qu'il affirme : " A compter de ce jour, et jusqu'à la fin de la crise, je prendrai, en vertu des pouvoirs que me confère l'article 48 de notre Constitution, toutes les mesures qui me paraîtront exigées par les circonstances ".
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR tiennent à rappeler que l'utilisation de l'article 48 lui a été demandée par le Médiateur pour résoudre l'unique question de l'application de l'article 35 de la Constitution relatif à l'éligibilité à la Présidence de la République.
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR dénoncent la décision prise, abusivement, par le Chef de l'Etat, sur la base de l'article 48, de charger l'Institut National de la Statistique (INS) de l'élaboration des listings électoraux et de l'établissement des cartes d'électeur, en lieu et place de la Commission Electorale Indépendante.
En tout état de cause, les leaders du PDCI-RDA et du RDR ne sauraient faire confiance à cet organisme, quant à sa neutralité et à sa capacité technique à effectuer les missions qui lui sont confiées, compte tenu de la composition de son équipe dirigeante et des faisceaux d'indices concordants établissant les manœuvres frauduleuses, au profit du FPI, dans l'enrôlement et l'établissement des listings électoraux.
En conséquence, les leaders du PDCI-RDA et du RDR ;
demandent à la Médiation que les décisions prises par le Chef de l'Etat, Laurent GBAGBO, relativement à la préparation et à l'organisation des prochaines élections, soient rapportées ;
demandent la nomination diligente du Haut Représentant de l'ONU auprès de la CEI et du Conseil Constitutionnel telle que préconisée par l'Accord de Pretoria et entérinée par la résolution 1603 (2005) du 03 juin 2005 de l'ONU ;
réaffirment leur attachement à l'intégrité du territoire national et à la réunification du pays en s'opposant à toute élection sur une partie du territoire ;
tiennent pour seul responsable le Chef de l'Etat, Laurent GBAGBO, de la non tenue, dans les conditions prévues par les Accords de Linas Marcoussis, d'Accra II, d'Accra III et de Pretoria, des prochaines élections présidentielles à l'échéance constitutionnelle du 30 octobre 2005 ;
prennent à témoin l'opinion publique nationale et la Communauté Internationale de ce que Monsieur Laurent GBAGBO ne sera plus Président de la République de Côte d'Ivoire faute d'élection le 30 octobre 2005 dans les conditions prévues aux Accords précités (...)
2-5. Au titre du traitement de l'information
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR condamnent énergiquement l'utilisation partisane et irresponsable des médias d'Etat, utilisation qui a conduit ailleurs à des crimes contre l'humanité et à un génocide.
Aussi, les leaders du PDCI-RDA et du RDR demandent-ils la mise en œuvre, au niveau de la presse et dans les meilleurs délais, des actions suivantes :
assurer la couverture médiatique de l'ensemble du territoire national par les médias d'état ;
sécuriser les locaux de la télévision et de la radio, conformément à la plate-forme signée entre le Premier Ministre et le G7 suite aux violences des 25, 26,27 Mars 2004;
garantir que le contenu des programmes soit conforme à l'esprit de la réconciliation et à l'expression plurielle d'opinion ;
mettre fin à l'incitation à la haine et aux appels à la violence et aux meurtres, notamment par le retrait de l'Ode à la patrie.
2-6. Au titre du fonctionnement du Gouvernement
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR demandent que les deux décrets irrégulièrement pris par le Chef de l'Etat soient rapportés, sans délai, afin de ramener l'ordre et la sérénité au sein des Magistrats, préserver l'Indépendance de la Justice et restaurer l'autorité du Ministre en charge de ce département.
2-7. Au titre du processus du Désarmement, de la Démobilisation et de la Réinsertion (DDR)
Les leaders du PDCI-RDA et du RDR prennent acte des initiatives déjà engagées dans le sens de la réalisation du processus du DDR.
Cependant, les leaders du PDCI-RDA et du RDR déplorent le retard accusé dans la mise en œuvre de ce processus et appellent toutes les parties belligérantes à :
favoriser le désarmement concomitant et rapide de toutes les forces en présence,
soutenir la démobilisation de toutes les recrues enrôlées depuis le 19 septembre 2002.
2-8. Au titre des sanctions
En vue de mettre fin au terrorisme d'Etat et d'accélérer le processus de paix et de réconciliation na