Juillet 2006

SEMINAIRE REGIONAL DES FEMMES A DAKAR

Lundi 31 Juillet 2006

Un Séminaire régional regroupant les Femmes de l'ex Association de Femmes de l'Afrique de l'Ouest AFAO , s'est ouvert à Dakar en présence d'un Représentant du Chef de l'Etat S.E.Maître Abdoulaye WADE empêché , de Responsables de regroupements féminins nationaux et sous-régionaux , du système des Nations-Unies , de Chefs de Missions diplomatiques.
Le thème de cette rencontre est :

" LES FEMMES DANS L'ECONOMIE INFORMELLE ,
QUELS TYPES DE RENFORCEMENT DE CAPACITES ? "
S.E.Mme Fatimata TOURE SY a pris une part active à cette réunion.


INTERVIEW DU PRESIDENT AFFI N'GUESSAN PRESIDENT DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN PARTI AU POUVOIR

Lundi 31 Juillet 2006

Le Patriote : M. le Président, on s’interroge toujours de savoir comment une personnalité comme vous, qualifiée de ‘’Colombe’’ a pu devenir ‘’un faucon’’ ?
Pascal Affi N’ Guessan : je ne suis pas un faucon, mais je n’aime pas l’injustice, la duplicité, la malhonnêteté. Je veux être honnête envers moi-même. Je veux assumer les responsabilités qu’on me confie, qu’elles viennent des camarades ou des autorités, je veux les assumer honnêtement sans tricherie. Dans la situation actuelle, mon sentiment profond est qu’on nous mène en bateau.

LP : Qui vous mène en bateau ?
PAN : D’abord, nos frères qui sont aujourd’hui regroupés au sein du RHDP et qui soutiennent la rébellion. Ensuite, la communauté internationale avec l’ONUCI qui fait semblant d’ignorer les engagements que nous avons pris depuis Marcoussis. Personnellement, tout cela me révolte et je me dis qu’il y a un combat à mener. La rébellion devait désarmer depuis la formation du Gouvernement, en 2003. Je suis signataire de l’accord de Marcoussis. Je l’ai fait en toute honnêteté, en toute bonne foi, parce que j’étais préoccupé de ce que le pays retrouve rapidement la paix et son unité. Je considérais que c’était un grand drame que l’on parle de la Côte d’ Ivoire avec des rebelles, des combattants barbus, bardés de gris-gris, qui sont présentés à la télévision, sur les chaînes étrangères. J’avais mal au cœur qu’une telle image de la Côte d’Ivoire soit projetée au plan international. Un pays qui veut se moderniser, qui veut se démocratiser, qui veut apparaître comme une grande nation.
J’avais hâte que cette image cesse. Mon souhait était qu’on présente nos réalisations, un pays qui se développe, se modernise. Mais pas un pays de barbares. C’ est pourquoi j’ai estimé qu’il fallait faire tous les sacrifices pourvu qu’on mette fin à cela. On est malheureusement dans la quatrième année de cette crise et on nous tourne en bourrique. Je considère que trop c’est trop.

LP : En appelant vos partisans à boycotter “par tous les moyens” ces audiences foraines, croyez-vous donner une bonne image de la Côte d’Ivoire ?
PAN : Mais écoutez, le boycott est une forme d’action politique. Et ce qui se passe n’est pas lié au boycott. Puisque ces agressions ne se passent pas sur les lieux où se déroulent les audiences foraines. Que ce soient à Oumé, à Divo et même à Bassam, ce n’est pas le boycott qui est en jeu. C’est la répression organisée par le RHDP contre les militants du FPI parce qu’ils ont respecté notre mot d’ordre.

LP : Mais c’est bien vous qui avez appelé vos militants à user de tous les moyens ?
PAN : Cela ne justifie pas que des gens les agressent. A la limite nous aurions compris que les forces de l’ordre dispersent nos militants, mais nous ne pouvons pas tolérer que d’autres citoyens s’arment de kalachnikovs, de fusils, de machettes pour pourchasser nos militants. A quel titre ?

LP : A Divo et à Grand Bassam, les morts enregistrés sont pourtant du camp de vos adversaires RHDP ?
PAN : D’abord je ne sais pas l’identité de ces morts. Mais je sais qu’à Divo on a annoncé que c’était un militant du RHDP. Je ne sais pas dans quelles conditions il est mort. Ce dont je suis sûr, c’est que du côté des Patriotes et des militants du FPI, on a déploré 35 blessés graves par balles. Ils ont été blessés dans leurs quartiers, pas à la préfecture puisqu’il n y a pas eu d’audiences foraines. A la réunion, le préfet a déclaré que les audiences ne pouvaient pas se tenir. A partir de ce moment, chacun devrait rentrer chez lui. Pourquoi des gens vont s’armer de fusils pour pourchasser les militants du FPI dans les quartiers et pour tirer sur eux avec des flèches ? Pour quelle raison et de quel droit ?

LP : User de « tous les moyens » renvoie à quoi dans votre entendement ?
PAN : A Divo, de quels moyens nos militants on t-ils usé pour qu’on tire sur eux ? Quel est le militant du RHDP qui a été agressé ? Et par qui ? Pourquoi prendre des fusils pour tirer sur les militants du FPI ? Le problème n’est pas de savoir qu’un leader politique a lancé un mot d’ordre. Ce n’est pas parce que moi j’ai lancé un mot d’ordre de boycott que le militant RHDP est fondé dans n’importe quelle localité à prendre un fusil et à tirer sur tout militant du FPI qui passe. Alors qu’il n’a rien fait, alors qu’il est assis tranquillement chez lui devant sa maison. Pour quelle raison ?

LP : Qu’est ce qui vous fonde à affirmer qu’en face de vos militants, il y avait des gens armés, puisqu’il y a eu des blessés de part et d’autre ?
PAN : Sur les 35 blessés, 28 le sont par balles. Un blessé par flèche et 6 par coups de machette.

LP : vos adversaires ont dit pareil. Le jeune Coulibaly Abdoulaye a été tué par balles à Divo.
PAN : Oui, mais une balle tirée par qui ? Ce qu’on sait, c’est que les militants du FPI, dans le quartier Bada, ont vu arriver ceux du RHDP chargés dans des camions bennes, armés de fusils et qui tiraient sur nos militants aux mains nues. Comme dans un film western. Comme dans une ville sans loi.

LP : D’où détenez-vous ces informations. D’un rapport de police, des autorités ou bien de vos militants ?
PAN : Les gens ont vécu l’événement. Prenez par exemple « Notre Voie » d’aujourd’hui (ndlr : jeudi). Le journaliste a relaté les faits et ces faits concordent avec la réalité. D’ici, nous suivions les événements et nous savons que c’est ainsi qu’ils se sont déroulés.

LP : Mais c’est bien vous le déclencheur de tout cela. N’est-ce pas la conséquence de l’usage du « tous les moyens » que vous avez préconisé ?
PAN : Je ne voudrais pas qu’on spécule. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit, mais parlons des faits. Les faits sont têtus. A Oumé, c’est la résidence de notre Secrétaire général de Fédération qui est assiégée. De quel droit et pour quelle raison ? A Dimbokro, c’est la résidence de notre Directeur départemental de campagne qui est attaquée. Tout est saccagé. A Bassam, c’est le siège du Conseil Général qui se trouve à plusieurs kilomètres du lieu choisi pour les audiences foraines qui est pris d’assaut. Il y a eu des véhicules incendiés. Il ne faut pas se comporter comme si l’on était dans une jungle.

LP : L’opposition soutient n’avoir réagi qu’à l’action de vos partisans ?
PAN : A quelle action ? Le Conseil général qui a été attaqué n’avait rien à voir avec les audiences foraines. Les membres du Conseil général étaient en pleine réunion lorsque les jeunes assaillants sont arrivés. Quand on leur a demandé ce qui se passait, ils ont répondu qu’ils étaient à la recherche des « jeunes patriotes ». Le président du Conseil est lui-même sorti pour dire qu’il n’ y avait pas de patriotes. Mais pourquoi diantre, des personnes se permettraient de pourchasser des patriotes dans ce pays.

LP : Les opposants ont été attaqués par des « jeunes patriotes » convoyés d’Abidjan par autobus pour aller à Bassam perturber les audiences foraines. Vous ne l’ignorez tout de même pas, M. le président ?
PAN : Et même si c’était le cas, il n’appartient pas au citoyen d’effectuer une justice expéditive. Vous voyez des gens, parce qu’ils ressemblent à des patriotes il faut les abattre. C’est quel comportement ça ? Je suppose que le RHDP est un parti politique et que les militants ont au moins un minimum de formation politique. Qu’ils soient respectueux des droits de l’Homme. Pourquoi se comportent-ils comme cela, comme des sauvages ?

LP : Vous êtes durs avec vos adversaires, Monsieur le Président
PAN : C’est un comportement de sauvage que de prendre des fusils et de commencer à tirer sur des individus. Ou bien veulent-ils par cette occasion créer une insurrection ? A supposer que les autres aussi se dotent de fusils et qu’ils se mettent à riposter, c’est la guerre civile.

LP : Entre des citoyens qui répondent à l’appel d’un gouvernement dont votre parti est membre et d’autres qui appellent au boycott par tous les moyens de l’action de ce gouvernement, dans quel camp se trouve l’incivisme ?
PAN : Le boycott est une forme de manifestation républicaine. Vous n’avez jamais vu à la télévision les mouvements alter mondialistes, les mouvements comme Green Peace (ONG de défense de l’Environnement, Ndlr), certains qui s’enchaînent à des portails pour empêcher l’accès à un service public ? Quand je dis « par tous les moyens», si les gens utilisent des moyens qui sont illégaux, ils tombent sur le coup de la loi. Et on applique la loi. On a décidé de défendre un droit, d’empêcher quelque chose et il appartient à l’Etat de veiller à cela. Que des individus s’arment et veuillent faire justice à la place de l’Etat, c’est autre chose.
De quel droit peuvent t-ils prendre des fusils pour aller se rendre justice ? Ecoutez, nous sommes dans un Etat organisé. D’autant plus que ceux mêmes qui tirent n’ont pas été agressés. Si d’aventure ils avaient été attaqués on pourrait parler de légitime défense. Mais sans même avoir été touchés, ils s’arment de fusils, de machettes, de flèches et ils parcourent la ville à la recherche d’individus à abattre.

LP : N’est-ce des accusations fantaisistes ? De l’autre côté, on dit également la même chose ?
PAN : Bien évidemment, après l’acte qu’ils ont commis, il est bien commode de trouver un bouc émissaire. Et de masquer sa propre responsabilité. En parlant de mot d’ordre. Mais pensez-vous que par ce que quelqu’un a lancé un mot d’ordre, vous êtes fondés à aller tuer ? Et à vous cacher derrière ses propos pour dire non c’est parce qu’il a dit ça ou ça que moi je tue ? Devant quel tribunal vous allez produire une telle argumentation et qui puisse tenir debout ? Dans un Etat qui se veut de droit, chacun doit être respectueux de la loi. J’ai lancé certes un mot d’ordre de boycott, par tous les moyens, des audiences foraines. Si certains de nos militants utilisent des moyens illégaux, ils tombent sous le coup de la loi. Les autorités doivent appliquer la loi. S’ils n’utilisent pas des moyens illégaux, personne n’est fondé à interpréter à sa façon ce slogan pour dire « comme Affi a dit par tous les moyens, donc nous allons les tuer ».

LP : Donc, vous accusez l’opposition d’être allée chercher vos militants qui dormaient tranquillement chez eux pour les blesser, les tuer ?
PAN : Ils n’ont même pas besoin de dormir. S’ils sont en ville, qu’ils ne posent aucun acte d’agression contre un citoyen et même s’ils sont en train de poser des actes contre des édifices publics, il n’appartient pas au citoyen de se faire justice. Ils peuvent les mettre tout au plus à la disposition de la justice mais ils ne sont pas fondés à aller prendre des couteaux, des flèches, des armes pour tirer sur des individus. Ça ne relève pas d’un comportement civilisé.
LP : Vous nous donnez plutôt l’impression d’avoir été dépassés par les événements.
PAN : C’est peut être le RHDP qui a été dépassé par les évènements. Et qui face à son impuissance fait preuve d’excès. C’est un comportement qui est caractéristique du RHDP ; s’il n’avait pas cette tendance, il ne se serait pas rendu favorable à la rébellion. C’est la négation du droit, le non respect des droits de l’Homme. Il faut condamner ces pratiques surtout qu’à Divo, à Oumé, nos camarades pour manifester ont d’abord usé de la parole. A Oumé, comme à Divo, nos camarades ont dit aux autorités préfectorales que les conditions n’étaient pas réunies pour ces audiences foraines. Cela a suffit pour que les préfets par précaution décident de surseoir à cette opération.
La parole a été le premier moyen utilisé par nos militants et ce moyen a produit les résultats que nous attendions. Pour nous, ce qui était important, c’est que ces audiences foraines ne se tiennent pas.
Le mot d’ordre de boycott n’est pas un mot d’ordre d’agression contre un individu. Mais il s’agit d’empêcher la tenue des audiences foraines. Donc si en parlant (et c’est ce que nous avons fait dans toutes les villes), on peut suspendre ces audiences, on a atteint nos objectifs.
Mais c’était mal connaître les militants RHDP. Mais si vous n’êtes pas contents de ce que les autorités aient pris une décision, c’est bien à ces autorités qu’il faut s’en prendre. Ils avaient le droit d’aller manifester devant la préfecture. Ils n’avaient aucunement le droit de pourchasser nos militants.

LP : Regrettez-vous, avec un peu plus de recul, avoir lancé ce mot d’ordre ?
PAN : Pas du tout, nous l’assumons pleinement, et il reste toujours en vigueur.

LP : N’avez-vous pas le profil bas quand on sait qu’une certaine jeunesse proche de vous a appelé à l’apaisement ?
LP : L’apaisement, c’est ce à quoi nous même nous appelons et c’est pourquoi je me suis personnellement rendu à Daoukro pour dire au Président Bédié que les militants du RHDP sont mal fondés à nous agresser. Par ce que nous n’avons pas affaire au RHDP. Nous n’avons aucun problème avec le RHDP. Notre problème, c’est la réunification du pays, c’est l’organisation des audiences foraines transparentes et nous ne comprenons pas pourquoi nous sommes agressés par l’opposition. Nous ne voulons pas que les audiences foraines se tiennent. C’est l’administration qui doit les organiser. C’est vers l’administration que nous nous sommes rendus pour lui dire de surseoir à l’opération parce que les conditions ne sont pas réunies. Si eux ils estiment que les conditions sont réunies et qu’ils veulent qu’elles se tiennent, qu’ils aillent voir les autorités. Pourquoi viennent-ils nous agresser ?

LP : Parlant de conditions, sur quoi alors se sont fondamentalement fondés Annan, Mbeki, le Président Gbagbo et les différents acteurs pour dire que les audiences foraines devraient avoir débuté au plus tard le 15 Juillet ?
PAN : Je ne sais pas sur quoi ils se sont basés, mais cela suppose au moins que le pays soit réunifié. Je ne vois pas comment on peut faire des audiences foraines dans un pays qui n’est pas réunifié. Et surtout dans des zones inaccessibles.

LP : Vous remettez donc en cause un engagement pris par le Président Gbagbo ?
PAN : Ce n’est pas une question de remise en cause d’un engagement, mais de conditions préalables. Si on dit que les audiences foraines doivent se dérouler le 15 à Korhogo, faut qu’à ce moment les populations déplacées de Korhogo puissent y avoir accès, que les partis politiques puissent y être présents, que l’administration y soit redéployée. En fixant la date du 15, on suppose que toutes ces conditions sont réunies.

LP : En dix jours, était-il possible de réunir toutes les conditions ?

PAN : Il faut poser la question à ceux qui ont fixé la date d’autant plus qu’ils ont en charge la conduite des affaires de l’Etat. Mais si d’aventure ils se rendent compte qu’au terme indiqué les conditions ne sont pas réunies, ils peuvent prendre leurs responsabilités. Mais ils ne peuvent pas dire par ce qu’on a fixé le 15, nous démarrons même si aucune des conditions n’est remplie.

LP : En définitive, c’est le clan présidentiel qui ne veut pas des élections
PAN : Ce sont ceux qui créent la pagaille qui ne veulent pas de ces élections. Ceux qui programment des choses impossibles et qui suscitent par ces programmations les troubles. Ce sont ceux-là. Un responsable politique a l’obligation et le devoir de réussir ses actions. Et si les actes qu’il pose suscitent des troubles, il ne peut pas chercher de bouc émissaire. Qu’il soit responsable et qu’il comprenne qu’il travaille mal. Quelque soit ce qu’il va dire, sa responsabilité est incontournable. Un autre responsable dans ce cas aurait pu conduire sa mission sans trouble. Donc, c’est facile de dire que ceux qui réagissent sont les responsables. C’est une façon de se dérober, de fuir leurs responsabilités.

LP : Qu’est-ce qui vous empêche de vous rendre aujourd’hui à Bouaké et au delà ?
PAN : Parce qu’il y a des rebelles armés. Et des rebelles armés qui, le 19 septembre ont tué un de mes amis. Et qui jusque là refusent de désarmer. Or en matière de vie humaine, on ne fait pas d’essai. Quand vous le faites, c’est à vos risques et périls.

LP : Beaucoup d’évènements se sont déroulés à Bouaké : un Conseil de gouvernement, la visite de Mbeki et même des ministres comme Amani Michel de votre parti qui vont et reviennent
PAN : Mais le ministre Amani n’est pas Affi N’Guessan, Président du FPI. Et puis ça, ce sont des cas particuliers. Nous l’avons expliqué au Représentant de l’Union Européenne. Nous lui avons dit ceci : même si 90 % des Ivoiriens peuvent circuler librement et que 10 % seulement sont interdits dans une partie du pays, cela est un fait grave.

LP : Le porte-parole des Forces Nouvelles, Konaté Sidiki vous a pourtant invité à Bouaké?
PAN : Je n’ai pas reçu d’invitation de sa part.

LP : Et s’il vous adressait une lettre d’invitation officielle, seriez vous prêt à vous y rendre ?
PAN : S’il m’invite et s’il me donne sa parole, je vais y aller.

LP : Autrement dit, vous reconnaissez qu’il est une autorité locale ?
PAN : Il y a une autorité qui est illégale. Qui occupe illégalement une partie du territoire mais que nous voulons amener à rentrer dans la légalité. Le premier acte majeur que doit poser cette autorité est qu’elle accepte de cesser l’exercice de l’autorité sur ces zones pour que l’Etat s’installe. Je le disais à l’Union Européenne que tous, nous savons que les rebelles ne seront pas dissous dans de l’acide. Ils sont rebelles aujourd’hui et nous espérons qu’ils seront des républicains demain. Notre objectif est qu’on fasse cette transition mais il faut qu’elle se réalise et il faut que les rebelles donnent des gages. Malheureusement, Konaté Sidiki continue de parler de « nos zones », et de dire que « celui qui vient ici doit pouvoir tenir sa langue ; vous comprenez que ce ne sont pas des signes qui montrent que la rébellion est dans une logique de désengagement. Ça veut dire que la rébellion considère qu’elle est encore propriétaire de ces zones et qu’elle n’a pas l’intention de les lâcher.

LP : En RDC la rébellion n’a pas encore totalement désarmé, mais les élections vont se tenir dans quelques jours (Ndlr l’interview a été faite le vendredi dernier). Ne pensez-vous pas que juste pour sortir de cette situation, on pourrait essayer ce schéma ?
PAN : La RDC n’est pas la Côte d’Ivoire. Le MPCI, les Forces Nouvelles, ce n’est pas la rébellion congolaise. Ce sont deux réalités totalement différentes. Et dans tous les cas, vous voyez comment les élections se déroulent en RDC. Ce ne sont pas des modèles à copier. Il n’est pas dit que ces élections vont permettre véritablement à la RDC de sortir de la crise et d’instaurer une paix durable. Or nous, nous souhaitons qu’on sorte de la crise. Qu’on n’ait pas la paix que nous connaissons en Irak où il y a eu des élections mais où la situation est pire qu’avant les élections.

LP : Gbagbo a dit, à Marcoussis, qu’on ne sortait pas d’une guerre comme on sortirait d’un dîner gala. Votre parti donne le sentiment d’être dans une situation normale.
PAN : Mais non ! La preuve est que nous avons fait de nombreuses concessions. Vous connaissez l’histoire de nos concessions, donc je me garderais de les citer. Il faut quand même qu’on sorte de la crise. Le désarmement est devenu aujourd’hui incontournable. Et nous sommes devant la porte du désarmement. Si véritablement on veut du bien pour ce pays, la seule chose à faire, c’est le désarmement. Malheureusement on veut abandonner le chemin le plus simple, le plus court, le plus pratique, pour emprunter un chemin qui va compliquer les chose. On veut passer par la fenêtre pour aller faire dans la maison des choses qu’on aurait mieux faites en passant par la porte grande ouverte.

LP : Les Forces Nouvelles disent avoir pris les armes pour réclamer leur citoyenneté. Ce n’est pas encore fait. Comment voulez-vous qu’ils déposent les armes ?
PAN : Comment voulez-vous qu’on offre une citoyenneté sous la menace des armes. Quelle valeur cela représente d’extorquer la citoyenneté. Non ! Dans la situation actuelle, il y a deux voies : soit on fait la guerre et celui qui gagne impose sa loi même la plus injuste. On peut aussi faire la paix et dire qu’on règle les problèmes de façon consensuelle, de façon patriotique. Marcoussis a fait un choix clair et ce n’est pas par hasard si l’on a parlé de gouvernement de réconciliation nationale. Avons-nous atteint aujourd’hui cet objectif?

LP : Le Général Mangou qui est le CEMA des Fanci va à Bouaké, il discute avec ses frères d’armes, ennemis hier. On sent un minimum de confiance entre eux mais pourquoi vous les hommes politiques et particulièrement vous qui êtes au pouvoir vous ne voulez pas partir sur cette base de confiance ?
PAN : Justement moi je veux partir sur cette base de confiance et j’attends des signes forts. Le premier est que les Forces Nouvelles décident de désarmer et qu’ils permettent l’ouverture du pays afin que la libre circulation soit restaurée.

LP : Ils se sont déjà pré-régroupés ?
PAN : Mais s’ils sont pré-régroupés et que le pays est libéré qu’ils nous disent qu’on peut venir. A Guiglo, nous avons tous vu le désarmement des milices. Avez-vous vu une fois les Forces Nouvelles dans leur pré-régroupement ? Les avez-vous entendu dire qu’ils sont en train de libérer le pays pour permettre à l’Etat de se redéployer ? Au contraire, on nous dit que celui qui ne sait pas parler ne peut pas mettre les pieds au Nord. Ce n’est pas avec cela qu’on instaure la confiance.

LP : Avez-vous une fois parlé avec Guillaume Soro et que vous êtes vous dites ?
PAN : ça fait deux ans que j’ai demandé à Soro Guillaume de faire en sorte que je vienne à Bouaké. Je l’ai rencontré ici à Abidjan et on en a parlé. J’en ai discuté avec Dakoury. En tant que signataires des accords de Marcoussis, j’avais intérêt à ce que rapidement cet accord nous mène à la paix. Ça aurait été la preuve que je ne m’étais pas trompé. Et l’une des raisons de ma radicalisation aujourd’hui est liée à cela.

LP : Marcoussis, ce n’était pas uniquement le désarmement. C’était aussi l’identification, le Code de la nationalité.
PAN : Bien sur c’était un ensemble de choses mais notamment une autre chose : le désarmement des rebelles dès la formation du gouvernement. Et pour moi signataire, c’est la seule chose que j’attendais. C’est par ce que j’attendais que ce désarmement soit effectif que j’ai fais ce sacrifice de quitter la Primature.

LP : Mais M. Gbagbo n’a pas donné tous les gages après Marcoussis ?
PAN : nous sommes des entités à avoir signé. Des personnes n’ont jamais signé cet accord. Il faut que chacun assume sa part. Moi, je ne revendique pas le retour au poste de Premier ministre, quand bien même les rebelles n’ont pas désarmé.

LP : Mais vous avez été pratiquement désavoués par votre parti, après la signature de cet accord ?
PAN : Le parti n’a fait aucune déclaration dans ce sens, à ce que je sache.

LP : Les jeunes de votre parti ont violemment manifesté ici à Abidjan quand même ?

PAN : Les jeunes, ce sont les jeunes. Tous ceux qui sont dans les rues ne sont pas forcement des militants du FPI. Et même s’ils sont des militants, ils sont avant tout des citoyens libres. Le parti, en tant qu’organisation, a assumé.

LP : Tous ces textes de reforme ont été dénaturés par vos députés à l’Assemblée Nationale ?
PAN : Les députés ont assumé. Par ce que ce qu’il faut savoir, c’est que Marcoussis a, en ce qui concerne les actions législatives, indiqué des reformes en engager mais n’a pas rédigé des textes de loi.

LP : Les textes avaient tout de même un esprit que vous n’avez jamais respecté ?
PAN : Vous savez qu’en terme d’esprit chacun peut faire l’interprétation qu’il a. Ces textes, vous le savez, ont été écrits par des fonctionnaires de la Primature. Ils n’étaient pas là bas. Ils ont donc écrit ces textes selon leur esprit. Pourquoi voulez-vous donc qu’on les avalise sans amendement tout simplement par ce que ça vient de la primature. Nous disons non. Les discuter est conforme à l’esprit de Marcoussis. Par ce que l’esprit de Marcoussis, c’est l’esprit de la réconciliation, c’est l’esprit de la démocratie. En reconnaissant qu’il faut conserver les institutions, c’est reconnaître qu’il faut régler nos problèmes par le débat démocratique et républicain.

LP : Il y a blocage et récemment M. Annan, sans vous avoir cité, a interpellé votre parti politique. N’avez-vous pas peur d’être sanctionné ?
PAN : Non ! Parce que moi je ne me reproche absolument rien.

LP : l’ONU vous accuse d’avoir appelé à la violence ?
PAN : j’aime toujours être en phase avec ma conscience. Et quand je m’engage dans une action, ce n’est pas en trichant. C’est en étant conscient des risques que cela comporte mais en étant aussi convaincu que quelque soit les risques, quelque soit les conséquences c’est une action qui mérite d’être menée. Aujourd’hui, je ne peux pas du tout être président du FPI et assister sans réagir à ce qui se passe, à ce que le Premier Ministre organise. Ce serait la plus grande trahison vis-à-vis de moi-même et c’est pourquoi moi je prends tous les risques. Il faut que Banny arrête ce qu’il est en train de faire. Ce n’est pas du tout digne de la Côte d’Ivoire.
LP : En tout cas, il semble sur sa lancée. La communauté internationale le soutient
PAN : S’il n’arrête pas, nous aussi nous n’arrêterons pas.

LP : Au risque de comptabiliser de nouveaux morts ?
PAN : Moi mon objectif n’est pas d’aller aux morts mais d’empêcher la tenue des audiences foraines. Maintenant, ceux qui veulent aider le premier ministre à faire passer la pilule ou ceux qui veulent profiter de cela pour assassiner les militants du FPI, c’est leurs responsabilités, Mais nous, nous ne saurions rester longtemps impassibles face à l’assassinat massif de nos militants. Et c’est pour cela que nous pensons qu’il y a des personnes raisonnables dans ce pays pour appeler le Premier ministre à faire preuve de courage politique et de responsabilité. Il ne faut pas qu’il croit que la fuite en avant lui permettra de faire passer la pilule

LP : Le Premier Ministre a dit qu’il restait ouvert aux discussions
PAN : C’est lui qui est le Premier ministre. C’est à lui de nous appeler à la discussion, ce n’est pas aux partis politiques de forcer sa porte.

LP : N’est-il pas possible de continuer les audiences foraines tout en discutant ?
PAN : Mais si c’est pour régler les problèmes, pourquoi ne pas s’arrêter, se mettre d’accord et continuer ensuite.

Charles Sanga,
Kigbafory Inza et
Baba Coulibaly Nicolas


AUDIENCES FORAINES EN COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN

Vendredi 28 Juillet 2006

Déclaration du Front populaire ivoirien sur
le déroulement des audiences foraines version Banny

Déclaration

Le mercredi 26 Juillet 2006, le Comité Central du FPI s’est réuni en session extraordinaire élargie aux organes de direction et de base en vue de faire le point de la lutte pour la tenue des audiences foraines transparentes et crédibles.

Le mercredi 26 Juillet 2006, le Comité Central du FPI s’est réuni en session extraordinaire élargie aux organes de direction et de base en vue de faire le point de la lutte pour la tenue des audiences foraines transparentes et crédibles. Au terme de cette importante rencontre,

La direction du FPI

note que dans les zones occupées par les rebelles, aucun Préfet, ni Sous-préfet n’est présent sur les 19 sites ; les opérations sont conduites sous l’autorité administrative des responsables politiques du Rdr assistés au plan militaire des combattants de la rébellion ; l’équipe des audiences foraines est prise en charge par le Rdr (Sakassou) ; les actes administratifs (jugement supplétif et certificat de nationalité) sont établis sans la comparution des requérants, mais à partir de cahiers de recensement de militants et sympathisants opérés par les responsables locaux du Rdr ; des militants du Rdr sont cooptés comme commis aux écritures pour accélérer le processus de délivrance massive de certificats de nationalité en remplissant à la main des imprimés avec « sticker»; il n’y a ni jour réservé ni distinction entre Ivoiriens et étrangers; des mouvements de populations (des dizaines de cars) du Burkina Faso (Banfora, Bobodioulasso) et de la Guinée (N’Zérékoré) en direction des villes de Bouaké, Korhogo, Odienné, Bouna pour se faire établir sans frais et frauduleusement des pièces d’état civil ivoiriennes… Au total, il n’y a pas d’audience au sens juridique du terme (jugement) mais l’organisation d’une vaste opération de bradage de la nationalité Ivoirienne.

En revanche, en zone gouvernementale le boycott est effectif dans la quasi-totalité des localités (90%).

Toutefois, depuis le dimanche 23 juillet, les militants et Patriotes aux mains nues sont l’objet de violentes et graves agressions qui se sont soldées par de nombreux blessés et des pertes en vies humaines à Oumé, Divo et Grand-Bassam notamment, des bandes armées de fusils (Kalachnikov et calibre 12, de flèches, de coupe-coupe et de gourdins) ont pris d’assaut les résidences des responsables politiques locaux du FPI qu’ils ont saccagés Oumé, Dimbokro, Bassam); es dizaines de véhicules du Conseil Général de Grand-Bassam ont été détruits dans l’enceinte même du Conseil Général.

Plus de 35 blessés graves à Divo; 12 à Oumé; 2 morts à Bassam; 2 morts à Divo.

Cette furie meurtrière des militants du RHDP s’explique difficilement; d’autant que dans ces villes, les autorités administratives ont décidé de surseoir à l’organisation des Audiences Foraines par mesure de prudence. Aucun acte d’agression n’a donc été posé pour un quelconque militant du FPI contre qui que ce soit.

Le Front Populaire Ivoirien (FPI):

- condamne avec la dernière énergie les violences gratuites et graves commanditées par les responsables du RHDP contre les Patriotes et ses militants ;

- félicite ses militants, les Patriotes et tous les démocrates pour l’engagement en faveur de la transparence et de la crédibilité des audiences foraines ;

- s’incline avec respect sur les dépouilles des victimes tombées sur le front du respect de la légalité, de la souveraineté et des accords de paix et exprime ses vives condoléances aux familles éplorées;

- souhaite un prompt rétablissement à tous les blessés ;

- lance un appel aux formations politiques composant le RHDP afin qu’elles respectent son droit à contester une décision (verbale, équivoque) et avertit qu’il ne restera pas sans réaction ;

- prend acte de l’engagement pris par les jeunes du CNRD et du RHDP de sortir de la logique de l’escalade de la violence et les encourage à le respecter ;

- se réjouit des assurances données au corps préfectoral par M. le Premier Ministre en vue d’un prochain redéploiement ;

- rappelle les conditions minimales à réunir en vue de la reprise des audiences foraines :

a) Annoncer officiellement l’arrêt de l’opération ;

b) prendre un texte précisant l’organisation, et les modalités de déroulement des audiences foraines nationales

- la période des audiences foraines;

- les structures chargées du pilotage national, de l’organisation au niveau départemental et sous-préfectoral … la place des partis politiques;

- le déroulement des audiences;

le statut des témoins;

- le contrôle; le règlement des contentieux; etc.

c) réaliser le désarmement et s’assurer de son effectivité

d) restaurer l’autorité de l’Etat dans les zones assiégées rétablir la libre circulation des personnes et des biens

f) assurer une large information sur les audiences foraines

en direction des populations, des autorités administratives et judiciaires, des acteurs politiques, des ONG, etc., pour lever tout obstacle psychologique à la réussite de l’opération (émission télé et radio, affichage, presse écrite, réunion, etc.)

g) mettre en place les structures locales de supervision de l’Identification (CNSI)

- Garantir le contrôle par tous, des opérations.

faire prendre par le Président de la République le décret d’affectation des magistrats, des Préfets, Sous-préfets et Secrétaires Généraux de Préfecture;

- se félicite des échanges que le Président AFFI a eus, le 27 juillet, à Daoukro avec le Président Bédié sur la nécessité d’organiser des audiences foraines transparentes et crédibles.

- Invite M. le Premier Ministre à organiser une table ronde des acteurs du processus pour une solution consensuelle afin de mettre un terme à la violence.

En attendant, réaffirme que le mot d’ordre de boycott reste en vigueur.

- Demande en conséquence à ses militants et aux cadres du Parti de rester mobilisés pour appliquer avec rigueur et détermination le mot d’ordre.

Fait à Abidjan le 27 Juillet 2006
Le Président. PASCAL AFFI N’GUESSAN


COTE D'IVOIRE / DROITS DE L'HOMME / RAPPORT DE L'ONUCI

Vendredi 28 Juillet 2006

Le chef de la Division des Droits de l’Homme de l’Onuci (opération des Nations unies en Côte d’Ivoire), Simon Munzu, a présenté officiellement, hier, à Abidjan au siège de ladite institution internationale, le 5ème rapport sur la situation des Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire. Ce rapport couvre les mois de janvier, février, mars et avril 2006.

Résumé exécutif

Le présent rapport décrit les atteintes aux Droits de l’homme commises par des éléments de Forces de défense et de sécurité (Fds), des milices et des groupes proches du camp présidentiel ainsi que par ceux des Forces nouvelles (FN) et des ‘’dozos’’, (chasseurs traditionnels) proches des Forces nouvelles. D’autres violations comme le racket, la confiscation des biens de la population civile, l’extorsion, les rafles, de brèves arrestations arbitraires suivies d’extorsion sont devenues des faits courants.

La situation générale pendant la période en revue a continué à être autant tendue que fragile, nonobstant la constitution du gouvernement inclusif le 28 décembre 2005 et des progrès encourageants enregistrés depuis lors, notamment la rencontre entre les principaux leaders de la scène politique ivoirienne à Yamoussoukro, le retour de M. Guillaume Soro, secrétaire général des Forces nouvelles, au sein du gouvernement et la reconnaissance du bureau élu de la commission électorale indépendante.

Dans la partie du territoire national sous contrôle gouvernemental, la première quinzaine du mois de janvier a été émaillée d’évènements violents. La décision du Groupe international du Travail indiquant que le mandat de l’Assemblée nationale arrivé à terme le 16 décembre 2005, n’avait pas à être prorogé, a été jugée comme une atteinte à la souveraineté de la Côte d’Ivoire par certains Ivoiriens qui sont immédiatement passés à des manifestations violentes à Abidjan et dans d’autres villes du pays, notamment à San-Pedro, Daloa et Guiglo. Les manifestants, galvanisés par la rhétorique nationaliste de leaders ‘’patriotiques’’, ont érigé et maintenu des barricades et barrages et brûlé des pneus dans les rues. Ils ont ensuite investi et attaqué des symboles des Nations Unies et de la France. Des membres de la ‘’galaxie patriotique’’, encouragés par l’inaction des Forces de défense et de sécurité (Fds), se sont aussi attaqués au personnel et aux biens de l’Onuci ainsi qu’aux biens et sièges des organisations humanitaires, principalement à l’Ouest. C’est dans ces conditions que les Nations Unies ont décidé de relocaliser leur personnel non essentiel à Banjul, en Gambie, pendant un mois.

Les évènements susmentionnés, les attaques armées intervenues dès le 2 janvier contre la caserne principale d’Akouédo et les conflits interethniques à l’ouest du pays ont favorisé des atteintes aux droits de l’homme allant d’exécutions sommaires, torture et mauvais traitements et des arrestations arbitraires aux atteintes à la liberté d’opinion et d’expression. Ces violations des droits de l’homme ont été perpétrées notamment par des éléments des Fds, des milices pro-gouvernementales ainsi que des membres de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci).

De nombreuses personnes, dont la plupart sont des immigrés de l’Afrique de l’Ouest et des Ivoiriens originaires de la partie nord du pays, ont été harcelées, intimidées ou arrêtées arbitrairement. Dans le cadre des opérations policières, des personnes soupçonnées d’être des bandits ou des voleurs armés ont été sommairement exécutées par des éléments des Fds affirmant avoir agi par légitime défense ou en prévision d’une attaque certaine et imminente. D’autres personnes, traitées de ‘’rebelles’’ ou prises pour tels, ont été arbitrairement arrêtées et détenues. L’on a aussi noté de nombreux cas d’extorsion et autres abus.

Dans la partie nord du pays contrôlée par les Forces nouvelles

Toute la période en revue a été marquée encore une fois par de nombreuses violations des droits de l’Homme, parmi lesquelles des atteintes au droit à la vie (exécutions sommaires et extrajudiciaires) et à l’intégrité physique des personnes, aux droits de la femme et de l’enfant, au droit à la propriété, ou encore des violations des droits liés à l’administration de la justice. Le vol et l’extorsion, quelquefois d’importantes sommes d’argent, commis contre les populations civiles et des transporteurs, demeurent les violations des droits de l’homme les plus commises par des éléments des Forces nouvelles. Des paysans ont indiqué à l’Onuci avoir été régulièrement forcés de payer des taxes sur simple présentation d’une lettre signée par un commandant local.

Toutes ces violations constatées au nord du pays continuent d’être commises dans une partie du territoire national où il n’existe pas de système judiciaire qui puisse assurer des garanties juridictionnelles. Les arrestations et détentions, libérations, ‘’condamnations’’ et ‘’acquittements’’ des personnes se font sans le contrôle d’un organe judiciaire. En effet, dans cette zone, dès l’enquête préliminaire, la personne interpellée peut être mise en état de détention dès lors que le commissaire ou le préfet de police estime qu’il y a des charges pesant sur elle. Ce système étant dénué de base légale, les détentions, les sentences ou les jugements rendus n’ont pas de fondement juridique. Dans ces conditions, l’on déplore de nombreux cas d’abus de pouvoir de la part de certains chefs militaires qui décident à la fois de l’arrestation, de la détention et du jugement.

Par ailleurs, en dépit de la libération de certaines personnes, d’autres plus nombreuses, arrêtées pour infiltration ou intelligence avec le régime de M. Gbagbo ou pour sympathie avec Ibrahima Coulibaly, dit IB, un rival du secrétaire général, Guillaume Soro au sein des Forces nouvelles, continuent d’être maintenues en détention prolongée et sans aucune possibilité d’être jugé en raison de l’absence d’une administration judiciaire dans cette partie du territoire.

Certains de ces abus ont été commis dans le cadre des mesures prises en rapport aux évènements survenus dans la partie sous contrôle gouvernemental. En effet, les manifestations contre les Nations Unies du 15 au 19 janvier 2006 à Abidjan et les déclarations des leaders de la ‘’galaxie patriotique’’ appelant au désarmement forcé des FN ont amené ces dernières à prendre des mesures sécuritaires particulières à Bouaké, Korhogo, Danané et Man. Le 18 janvier, des coups de feu ont été entendus au centre-ville de Bouaké et des mouvements de troupes ont été signalés, notamment en direction de la zone de confiance. De même, les barrages ont été renforcés et des patrouilles nocturnes ont été effectuées pendant cette période. A Korhogo, le commandant Martin Fofié Kouakou a interdit l’organisation de toute manifestation dans la zone placée sous son commandement. En outre, il a demandé à tous ceux qui détiennent des armes, en dehors des éléments des forces armées des Forces nouvelles (Fafn), de les déposer auprès des chefs traditionnels.

Toutefois, il convient de souligner que de nombreux enfants et jeunes ont pu participer aux examens scolaires de fin d’année, lesquels n’avaient plus été organisés depuis le déclenchement de la crise en septembre 2002. Par ailleurs, l’université de Bouaké a été rouverte, même si certains bâtiments demeurent totalement délabrés.

Enfin, la partie nord du pays a continué à être confrontée au problème d’accès à l’eau potable, notamment à Korhogo, Boundiali, Tengrela, Ferkessédougou, Odienné et Bouna.

Quant à la liberté de la presse, la Radio télévision ivoirienne (Rti) a été mise à rude épreuve par les actions violentes de ‘’jeunes patriotes’’. Ces derniers ont, lors des évènements de janvier 2006, attaqué les installations de la Rti, où ils ont menacé et agressé les journalistes dans l’exercice de leurs fonctions. D’autres journalistes ont été molestés à Yopougon. Une radio locale privée a été saccagée à Daloa. A Bouaké, les FN ont continué à résister à la diffusion intégrale des programmes de la télévision et de la radio nationale, sur l’ensemble des zones sous leur contrôle. Les difficultés liées à la libre circulation, voire la non-circulation, de la presse écrite dans la partie Nord de la Côte d’Ivoire s’y sont ajoutées. A cet égard, les organes nationaux de régulation des médias ont non seulement dénoncé ces faits, mais aussi pris des mesures disciplinaires. En effet, l’Observatoire de la Liberté de la presse de l’éthique et de la déontologie (Olped) a diffusé 14 communiqués pendant la période en revue dénonçant des manquements au code de déontologie du journaliste professionnel en Côte d’Ivoire. Le Conseil national de la presse (Cnp) a, quant à lui, infligé régulièrement des blâmes aux journaux pour stigmatiser ces manquements. En dépit des mesures ainsi prises par des organes de régulation, le ton des journaux est restée violent ; des articles y apparaissant sont restés virulents.

Enfin, la situation particulière des femmes et des enfants a continué à être affectée par la persistance des pratiques culturelles néfastes ainsi que des violences entraînant des atteintes à l’intégrité physique ou au droit à la vie. Par ailleurs, la recrudescence des viols et abus sexuels sur mineures, l’existence sur le territoire ivoirien des réseaux nigérians, de trafic d’êtres humains aux fins de prostitution ont mis en péril les droits de la femme. A cela, s’est ajouté l’impunité persistante dont semblent jouir des auteurs des violations des droits de l’homme, généralement des hommes en uniforme, des Fds ou des Fafn.

Conclusions et observations

Si, pendant la période en revue, quelques développements encourageants ont été observés dans le domaine politique (la création d’un gouvernement inclusif, le retour de Soro Guillaume à Abidjan pour occuper son poste dans le gouvernement, la reprise du dialogue entre les Fanci et les Fafn, la rencontre des cinq leaders politiques à Yamoussoukro et l’organisation des examens scolaires dans la partie nord du pays), les évènements du 2 janvier d’Akouédo, ceux du 16 au 19 janvier, la reprise des conflits interethniques à l’ouest ainsi que les appels incessants à la violence, le climat de suspicion réciproque existant entre les Fanci et les Fafn d’une part, entre les FN et le régime du président Gbagbo d’une part, ont démontré la nécessité pour la communauté internationale et l’Union africaine de demeurer vigilantes pour éviter que la Côte d’Ivoire ne bascule dans un cycle de violence politique, militaire, interethnique, à l’approche des élections prévues en octobre 2006.

Les sanctions ciblées imposées par le Conseil de sécurité des Nations unies contre trois individus ‘’de deuxième rang’’ ont été qualifiées de timides et incohérentes par de nombreux observateurs qui ont exigé que le Conseil de sécurité examine dans le meilleur délai, le rapport de la Commission d’enquête internationale transmis par le Secrétaire général à son président depuis le 23 décembre 2004 et d’en appliquer les recommandations.
Le refus du gouvernement de prendre des mesures urgentes et appropriées pour faire face aux actes de destruction et de violence par les militants de la ‘’galaxie patriotique’’ à la mi-janvier ont contribué à entretenir un climat d’impunité, source de nombreuses violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire. Dès lors, il devient périlleux de ne pas demander des comptes aux auteurs de violations des droits de l’homme qui, forts de l’impunité assurée, risquent de constituer un obstacle sérieux à l’aboutissement du processus de paix par des élections démocratiques, libres et transparentes dans un environnement apaisé. Le gouvernement devrait prendre des mesures urgentes pour traduire en justice ceux qui, au nom du ‘’patriotisme’, continuent de commettre des exactions et des violations des droits de l’homme.

Aussi, le retour immédiat de l’administration judiciaire et l’exercice de l’autorité administrative dans la partie nord du pays deviennent plus qu’impérieux. La justice ad’hoc développée par les FN continue de susciter de nombreuses interrogations. On a pu constater des cas évidents d’arrestations et de détention arbitraires, des peines prononcées et infligées ne correspondant pas aux délits commis, des traitements inadéquats, des cas de violation des droits de l’homme, des jugements rendus par des ‘’dozos’’ (chasseurs traditionnels), etc. Il a été aussi constaté que la population à l’ouest du pays, notamment à Guiglo, se référait régulièrement aux leaders de milices, comme le Flgo, L’Upergo, pour qu’ils disent le droit ou tranchent des litiges.

Source : Division des droits de l’homme - Onuci


COTE D'IVOIRE / PROCESSUS DE PAIX /CONFERENCE AVEC LE BLACK CAUCUS AUX USA

Vendredi 28 Juillet 2006

Le Caucus du Congrès américain sur la Côte d’Ivoire a organisé le lundi dernier un déjeuner-débat qui a eu pour thème : « Côte d’Ivoire, les élections ou la voie du futur». Mme Sarata Ottro Zirignon Touré était l’hôte de marque de cette rencontre. Les ambassadeurs Philippe Djangoné Bi et Daouda Diabaté ont assisté l’envoyé du Chef de l’Etat au cours de cette conférence publique.
Après avoir remercié les invités et les députés américains et les amis de la Côte d’Ivoire, Mme Ottro Zirignon Touré a, dans des mots simples, expliqué au grand public présent les voies indiquées pour aller aux élections telles que prévues par les différents accords.
«Nous sommes fiers de nos pays respectifs, de nos traditions et de nos engagements au respect des lois». Pour elle, le respect de la loi constitue le principe fondamental qui doit guider les nations et les hommes qui y habitent. C’est pourquoi, le directeur de cabinet adjoint du Président Gbagbo s’étonne que la communauté internationale cautionne les violations de la loi en Côte d’Ivoire. « Si nous soutenons et permettons la violation des lois, le message sera désormais que le crime et la violence sont permis. Et que ceux qui ne peuvent accéder au pouvoir par les urnes peuvent l’obtenir par la voie la plus ignoble, celle des armes», a-t-elle indiqué à l’endroit de ceux qui soutiennent la prise du pouvoir par les armes.
La conférencière du jour s’offusque, encore plus, du fait que les observateurs internationaux prédisent la non-tenue des élections en octobre prochain. « Et pourquoi pas ? », s’est-elle interrogé. La réponse, c’est elle qui la donne à l’audience. « Parce que le processus de désarmement et de la démobilisation des forces rebelles n’est pas terminée. Encore une fois, les rebelles se dérobent dans le respect de leur engagement au désarmement pour que les élections prévues pour octobre n’aient pas lieu.»
Pour elle, la tenue des élections ne constituera pas une victoire de la démocratie si chère aux deux peuples américain et ivoirien. Mais, elle servira de leçon dans la lutte contre le terrorisme. Pour terminer, Mme Zirignon-Touré a lancé un vibrant appel au gouvernement américain pour la tenue d’élections justes et transparentes « dans mon beau pays pendant que nous travaillons pour résoudre la crise actuelle».
Prenant la parole à la suite de Mme Sarata Ottro Zirignon, SEM Djangoné Bi s’est attardé sur le prisme de la crise tel que présenté par la presse française. «La nature de la crise a été maladroitement présentée comme une crise religieuse, entre Chrétiens du Sud contre les Musulmans du Nord. Il n’est en rien». Pour lui, la crise ivoirienne est née du mauvais jugement de l’empire colonial, la France qui refuse d’accepter de traiter d’égal à égal avec une ancienne colonie. La France n’accepte pas que son ancienne colonie veuille élargir ses perspectives économiques et diplomatiques sans la consulter.
Parlant de la médiation dans la crise ivoirienne, l’ambassadeur Djangoné-Bi s’explique mal les ambiguïtés des résolutions prises par la communauté internationale alors que le médiateur mandaté, le Président Thabo Mbeki, a déposé son verdict devant les instances de l’ONU. Un verdict qui, selon l’orateur, devrait servir de boussole à la résolution définitive de la crise. Et M. Djangoné Bi de conclure : « C’est justement à cause de ces ambiguïtés que nous avons des problèmes pour mettre en œuvre les processus de l’identification et du désarmement».
A son tour, SEM Daouda Diabaté a expliqué que rien ne justifiait une rébellion en Côte d’Ivoire car, pour lui, le Président Gbagbo aura mis tout en œuvre pour le retour définitif de la paix et du pardon entre Ivoiriens. « Pendant près de trois mois, nous nous sommes parlé au Forum de la Réconciliation nationale. Au sortir du Forum, le Gouvernement a été élargi aux autres partis politiques. Nous pensions que la paix définitivement reviendra en Côte d’Ivoire».
Pour clore ses propos, l’ambassadeur Diabaté a invité les députés américains à s’investir corps et âme pour le retour de la paix. Une paix si chère et lointaine chaque jour.

Phil L. Nomel
Correspondant aux USA



PROCESSUS DE PAIX EN COTE D'IVOIRE / AUDIENCES FORAINES / RENCONTRE DE M.AFFI N'GUESSAN PRESIDENT DU FPI PARTI AU POUVOIR ET S.E.HENRI KONAN BEDIE PRESIDENT DU PDCI PARTI D'OPPOSITION/ INTERVIEW

Vendredi 28 Juillet 2006

M. Le président, qu’est ce qui motive votre à présence à Daoukro pour voir le président du PDCI-RDA ?
Notre présence ce jour à Daoukro est motivée par les événements que vous connaissez. Et qui s’inscrivent dans le cadre des audiences foraines qui ont été lancées par le Premier ministre et le gouvernement. Ce sont des opérations très importantes compte tenu de l’ampleur des personnes concernées d’après certaines statistiques. Et aussi compte tenu de sa place dans le processus électoral. Ce sont des opérations qui ont besoin d’être conduites dans la transparence de manière à ce qu’elles soient fiables et crédibles. Donc qui nécessite un consensus. Malheureusement, ce consensus est rompu depuis que le Premier ministre, a lancé ces opérations. Et l’absence de consensus, de transparence et de confiance dans le processus, nous a amené à lancer un mot d’ordre de boycott. Notre objectif, c’est que ces audiences se passent dans les mêmes conditions sur l’ensemble du territoire. Et que la transparence assurée à la fois dans la zone gouvernementale, le soit aussi dans les zones aujourd’hui occupées par la rébellion où les conditions de sécurité ne nous paraissent pas garanties. C’est pour cela que nous avons lancé le boycott pour que l’on réalise la sécurité dans les zones occupées et la transparence du processus électoral. Malheureusement, nous avons le sentiment que notre mot d’ordre n’a pas été compris. Et qu’il y a un malentendu avec nos amis du RHDP. Dans la mesure où en plusieurs endroits, des militants du RHDP ont cru être en droit d’agresser nos militants. Ce qui a dégénéré en affrontements. Et occasionné des morts. Il était important que nous, en tant que responsables politiques, nous approchions les dirigeants du RHDP et en particulier le Président Bédié, président du RHDP pour que nous puissions faire savoir que notre problème, ce n’est pas le RHDP. Nous n’avons aucun problème avec le RHDP. Notre problème, c’est la transparence des audiences foraines. Notre problème, c’est que ces audiences soient suspendues, qu’on réalise l’unité du pays. Qu’on redéploie l’administration. Qu’on sécurise la libre circulation des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire de manière à ce que nos parents qui se sont déplacés du Nord au Sud puissent eux aussi aller participer aux audiences foraines au Nord, au centre et à l’ouest. Et que nous mêmes en tant que parti politique, nous soyons des acteurs, présents sur le terrain, sur le site pour garantir la fiabilité des opérations. Voilà notre problème. Et par rapport à ce problème, nous n’avons pas compris l’agression dont nous sommes l’objet. Nous ne comprenons pas les morts qui résultent de ces affrontements. Il était important que nous approchions les autorités des partis frères même si nous sommes face-à-face pour que nous puissions lever les malentendus. Et que si nous sommes convaincus qu’il y a des problèmes à régler pour que les audiences foraines soient transparentes, qu’ensemble nous nous retrouvions avec le Premier ministre pour créer les conditions de transparence.

M. le président, après la rencontre que vous venez d’avoir avec le Président Bédié, qu’est-ce que vous avez arrêté ensemble ?
Je pense que dans le fond, le Président Bédié est totalement d’accord avec nous. Même si dans la forme, il a eu à déplorer les violences et a souhaité que nous fassions tout cela dans le dialogue, dans la concertation. Et je pense qu’il compte donner des instructions à ses collaborateurs afin que nous puissions nous retrouver. Et ensemble voir comment avec le Premier ministre, nous pourrons créer les conditions de la transparence.

Avez-vous levé votre mot d’ordre de boycott des audiences foraines ?

Non, le mot d’ordre de boycott n’est pas levé.
Puisque nous n’avons pas encore les solutions aux problèmes que nous posons. Le problème que nous posons reste entier même si à travers la rencontre que le Premier ministre a eue avec les préfets, nous voyons un début de solutions à travers le redéploiement.
Mais nous souhaitons que ce redéploiement soit effectif. Et que ces autorités préfectorales qui ont été redéployées, puissent disposer de l’autorité nécessaire pour favoriser le retour des populations dans les zones occupées.
Mais au-delà des préfets, il aura aussi à assurer la libre circulation, créer le cadre juridique. Parce qu’aujourd’hui, ces audiences foraines se passent sans cadre juridique qui fixe les règles du déroulement, indique les conditions de témoignage, propose aux partis politiques comment on peut formuler des contestations. Donc, il y a eu certain nombre de questions liées au cadre juridique qui doivent être réglées.
Nous avons souhaité qu’une communication soit faite en conseil des ministres, qu’il y ait un décret ou un texte. Nous attendons ce texte et en ce moment nous pouvons envisager la levée du mot d’ordre de boycott.

Les jeunes ont fumé le mercredi dernier le calumet de la paix. C’est un signe qui augure d’une accalmie à court et long terme. Est-ce que vous pouvez garantir cela en tant que président de parti ?

Je crois que c’est une très bonne chose. Et c’est ce que nous souhaitons. Parce que les audiences foraines ne doivent pas se traduire par des affrontements entre les jeunes. Et le boycott ne doit pas être une occasion d’affrontement.
Le boycott consiste à empêcher de façon pacifique que les audiences foraines se fassent. Et dans la pratique, les autorités administratives ont toutes arrêté les audiences.
C’est en dehors des audiences que les affrontements ont eu lieu. Je crois que l’engagement des jeunes à ne pas s’affronter en dehors des audiences est une très bonne chose qui va, je pense, permettre de régler le problème de façon sereine.

Propos recueillis par
Paul Koffi à Daoukro


DECLARATION DE LA JEUNESSE IVOIRIENNE RELATIVE AUX ACTES DE VIOLENCE

Jeudi 27 Juillet 2006

Vu la gravité de la situation, je vais vous lire au nom de cette jeunesse responsable, le communiqué final de la rencontre qui vient d'avoir lieu entre l'alliance des jeunes patriotes et les jeunes du PDCI-RDA, du RDR et du MFA.
Réunis ce jour mercredi 26 juillet 2006 de 13 heures à 14h 27mn, les jeunes leaders de Côte d'Ivoire, face à la situation de dérapage et de violence sans précédent décident de ce qui suit:

1/ Demandent sur le terrain à tous les jeunes de quelque bord que ce soit, l'arrêt immédiat de violence et des affrontements. Pour éviter à notre pays un Rwanda bis parce que la Côte d'Ivoire ne mérite pas cela.

2/ Les jeunes de Côte d'Ivoire sus-cités lancent un appel pressant aux aînés c'est-à-dire aux partis politiques le FPI, le RDR, le PDCI, le MFA, le PIT et tous les autres partis politiques afin qu'ils convoquent rapidement un cadre de discussion qui tournera autour des audiences foraines afin de s'entendre sur le minimum pour éviter à notre pays un Rwanda bis.

3/ demandent que la transparence de l'audience foraine soit une exigence pour tous.

4/ Prennent l'engagement de créer un cadre de discussion permanent entre les leaders des organisations de jeunesse afin que le mur de méfiance tombe et que les problèmes soient réglés à la racine.

5/ Prennent le ferme engagement que désormais toutes les formes de lutte s'inscrivent et respectent le cadre purement démocratique et légal. Excluant donc toute forme de violence.

6/ Introduisent ce jour une demande d'audience concertée auprès du Premier ministre de Côte d'Ivoire afin que de manière concertée avec tous les jeunes que nous sommes ici, nous discutions de la situation socio-politique qui tourne autour des audiences foraines afin d'éviter à la Côte d'Ivoire un Rwanda bis.
Fait à Abidjan le 26 juillet 2006
Je vous remercie


COTE D'IVOIRE / APPEL DE LA JEUNESSE A METTRE FIN A L'ESCALADE DE VIOLENCES

Jeudi 27 Juillet 2006

Les "jeunes patriotes", partisans du président ivoirien Laurent Gbagbo, et jeunes militants de l'opposition ont appelé mercredi à Abidjan, dans une déclaration commune, à "l'arrêt immédiat" des affrontements qui ont fait trois morts ces derniers jours, a constaté l'AFP.

A l'issue de près de deux heures de réunion, qualifiée d'"historique" par les participants, ils ont demandé à tous les "jeunes de quelque bord que ce soit l'arrêt immédiat des violences et des affrontements pour éviter à notre pays un Rwanda bis".

Dans leur déclaration finale, ils ont également pris "le ferme engagement d'exclure toute forme de violence en s'inscrivant désormais dans le cadre purement démocratique et légal pour toute forme de lutte".

Ces jeunes militants souhaitaient réagir face aux risques de "dérapages et de violences" comme ceux constatés les derniers jours dans plusieurs localités de la zone gouvernementale du pays, coupé en deux depuis la tentative de coup d'Etat de septembre 2002 contre le président Gbagbo.

Parmi les participants se trouvaient de nombreux chefs de la "galaxie patriotique", dont Charles Blé Goudé, et des présidents des mouvements de jeunesse de partis d'opposition comme Bertin Kouakou Konan pour le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) et Karamoko Yayoro pour le Rassemblement des Jeunes républicains (RJR).

Les partisans des ces deux mouvements de jeunesses politiques se sont affrontés violemment, depuis le démarrage le 17 juillet des "audiences foraines", qui consistent à délivrer des papiers d'identité et vise à actualiser les listes électorales.

Lundi, le Premier ministre de transition Charles Konan Banny a décidé de maintenir cette première phase du processus de paix, en dépit des violences et des menaces du Front populaire ivoirien (FPI, parti présidentiel).

Les "jeunes patriotes" et les militants de l'opposition ont également souhaité une "rencontre concertée" avec M. Banny pour "discuter de la situation socio-politique autour des audiences foraines" dont la transparence doit être "une exigence pour tous".

Enfin, les leaders de ces organisations de jeunesse ont annoncé la création d'un cadre de discussion permanente pour "faire tomber les murs de méfiance et que les problèmes soient réglés à la racine".



PROCESSUS DE PAIX EN COTE D'IVOIRE / DEMILITARISATION DES MILICES A L'OUEST DU PAYS

Jeudi 27 Juillet 2006

150 (cent cinquante) ex-combattants du Front de libération du grand ouest (Flgo) du ‘’général’’ Mao Glofiéi ont déposé les armes, hier mercredi 26 juillet, à Guiglo, dans l’ouest du pays. L’évènement, qui traduit l’application, sur le terrain, du processus de désarmement, s’est déroulé en présence du Premier ministre Charles Konan Banny.

Ce sont 72 Kalachnikov, 9000 munitions, 2 radios de communication, 45 chargeurs de Kalachnikov, 1 mortier, 10 obus et 3 Rpg qui ont été remis par les combattants désarmés du Flgo au Programme national de désarmement, démobilisation et réinsertion (Pnddr).

Arrivés en début d’après-midi, le Chef du gouvernement de transition avaient à ses côtés ses collaborateurs, dont le général Ouassénan Koné, coordonnateur général du Pnddr. Avant la cérémonie proprement dite, le Premier ministre a visité le site du désarmement qui se trouve être le palais de justice de Guiglo, avant de mettre le cap sur le site de pré regroupement, l’ancien bâtiment des Travaux publics (TP) de la ville. 25 bâches ont été dressées pour permettre aux miliciens d’y passer la nuit d’hier. Sur le site de regroupement, il y a des médecins et des psychologues qui devraient s’entretenir avec les ex-combattants.
Ils ont été interrogés sur ce qu’ils voudraient faire une fois remis à la vie civile. De retour à Duékoué, les 150 hommes du Flgo désarmés hier ont reçu chacun la somme de 125 000 F sur les 499500 Fcfa qui représentent le filet de sécurité.
Après ces quelques ex-combattants de Mao Glofiéi qui ont déposé les armes hier mercredi, c’est au tour d’un autre groupe de miliciens de laisser désarmer 150 de ses ex-combattants, aujourd’hui jeudi. A noter qu’outre le Flgo, l’ouest du pays regorge de nombreuses milices dont l’Uprgo, l’Apwê et le Miloci.

par Charles TRA BI




COMMEMORATION DE LA SOUVERAINETE NATIONALE ET INTERNATIONALE DU LIBERIA

Jeudi 27 Juillet 2006

Les Président, Ellen Sirleaf (Liberia), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire) et John Kufuor (Ghana) ont échappé à la mort, hier, à Monrovia.
En effet, un violent incendie s’est déclaré entre les 3ème et 4ème étages du Palais présidentiel à Monrovia, alors que les trois Chefs d’Etat y étaient installés, précisément au 6ème étage où ils avaient pris leurs quartiers.

Cela, dans l’attente du grand repas que devait offrir Mme Sirleaf, dans les jardins du Palais, à l’issue de la cérémonie solennelle marquant le 159ème anniversaire de l’indépendance du Liberia.
Selon certaines sources, ce mystérieux incendie serait parti d’un ascenseur. Il s’est très vite transformé en un brasier dévastateur qui s’est répandu à l’ensemble du bâtiment à une vitesse vertigineuse.
Les ascenseurs ne fonctionnant plus, les Chefs d’Etat et leurs suites ont été rapidement évacués par les issues de secours. Cette prompte réaction des services de sécurité a certainement évité une tragédie.
Quant au Palais présidentiel, il est pour l’essentiel parti en fumée. Faute d’équipement et de personnel qualifié. Les premiers secours de fortune ont tenté d’éteindre le brasier avec quelques extincteurs récupérés dans les étages. Pendant que la façade du bâtiment s’écroulait.
C’était la panique générale et les secours de fortune, qui agissaient dans le désordre (sans casques, ni combinaisons anti-feu), ont très vite été débordés par la violence et la rapidité des flammes. Lesquelles ont attaqué en même temps les deux façades du bâtiment, quelque peu aidées par un vent venant de la mer environnante. Ni les quelques goûtes d’eau qui sont timidement tombées sur Monrovia à cet instant, encore moins la lenteur et le dénuement des pompiers, arrivant au compte-goûtes, n’ont été salutaires.
Le personnel du Palais, les invités, les militaires de la MINUL (ONU), etc., tout le monde courait dans tous les sens. Des femmes criaient, d’autres se roulaient par terre, des hommes se tenaient la tête dans les mains. Consternation et désolation sur tous les visages. Ça n’a pas pu arriver un autre jour? C’est le jour de la fête nationale, où la Présidente des Chefs d’Etat et des délégations internationales sont présents que ça arrive?!» a dit, abasourdi, un agent de la sécurité en civil, en se tournant vers le groupe de journalistes ivoiriens. Qui, comme lui, regardait stupéfait les flammes ravager le Palais présidentiel.
Recouvrant le lieu d’un épais nuage de fumée noirâtre.
Quant au repas, il est naturellement tombé à l’eau. Plus personne ne s’en souciait. Pourtant, la Présidence libérienne avait prévu un grandiose déjeuner. La tonne de nourritures et les chapiteaux dressés n’attendaient plus que les convives, pour terminer en beauté une journée qui avait pourtant bien commencé.
Présent à la cérémonie, le Président sierra-leonais, Ahmad Tejan Kabbah n’a pas vécu l’incident parce que parti plus tôt.
Envoyée spéciale

Auteur: Michèle PEPE


VISITE DE S.E.LAURENT GBAGBO AU LIBERIA POUR PRENDRE PART AUX FESTIVITES DE LA COMMEMORATION DE L'INDEPENDANCE

Jeudi 27 Juillet 2006

Le Chef de l'Etat est depuis ce matin à Moronvia
à l'invitation de la Présidente Ellen Johnson Sirleaf : Le Président GBAGBO au Libéria

e Président Laurent GBAGBO est depuis ce matin à Monrovia, à l'invitation de son homologue, Mme Ellen Johnson Sirleaf. .Pour participer, ce mercredi, aux festivités marquant le 159eme anniversaire de l'accession à l'indépendance du Liberia, premier

pays de l'Afrique noire à jouir de la souveraineté internationale. Le Libéria, ravagé par 14 ans de sanglante guerre civile, sort d'une transition politique difficile, parrainée par la communauté internationale, et qui a été sanctionnée par l'élection, fin 2005. de Mme Ellen

Johnson Searlcaf; première femme a accédé au pouvoir suprême en Afrique.

Pour cette célébration, le Président du Ghana, John Kufuor, est également annoncé dans la capitale libérienne. Les Chefs d Etat ghanéen et libérien inaugureront à cette occasion «un réseau électrique d'urgence», fruit de la coopération entre leurs deux pays. Monrovia est privée d'électricité depuis des années, consécutivement aux ravages causés par les différentes factions rebelles qui ont la semé la terreur et la désolation dans ce pays frontalier de la Côte d1 Ivoire et de la Guinée Conakry, notamment. Au-delà des infrastructures socio-économiques détruites, c'est l'ensemble des institutions du Libéria qui est à reconstruire. C'est dans cette optique que la nouvelle armée libérienne est en train d'être portée sur les fonts baptismaux. C'est une entreprise américaine qui a en charge la formation des futurs militaires du Libéria. Un premier groupe de 120 recrues a débuté lundi la formation, sur un total de 2000 soldats devant constituer la nouvelle armée.

Le week-end dernier, le Chef de l'Etat ivoirien, Laurent GBAGBO était en Gambie à l'invitation de son homologue, le Président Yahya Jammeh. Qui célébrait le douzième anniversaire de son accession au pouvoir d'Etat. Michèle Pépé




VISITE DU PRESIDENT GBAGBO A BANJUL EN GAMBIE / COMPTE RENDU PAR LE QUOTIDIEN "LE MATIN 'ABIDJAN"

Mercredi 26 Juillet 2006

Le Matin d’Abidjan 24/07/06
Une raison justifie l'invitation adressée à Gbagbo, pour se rendre en Gambie où il vient de passer deux jours : les convergences de vues entre lui et son hôte de Banjul qui commémore depuis vendredi jusqu'à ce lundi, le 12 è anniversaire de ''la Révolution gambienne''.

Lorsqu'il foule le sol gambien vendredi dernier, c'est la seconde fois que le président Gbagbo séjourne en Gambie, en moins d'un mois. Il est venu, dit-il, répondre à l'invitation de son homologue dont le pays célèbre le 12 è anniversaire de la révolution gambienne. A en croire Gbagbo qui s'est exprimé à sa descente d'avion, et après l'accueil républicain du pays hôte, " le Chef d'Etat, Yahya Jammeh est à encourager, pour avoir mis son pays en chantier et réalisé bien de grands travaux ". Tel l'aéroport international qui, se souvient Gbagbo " n'était qu'une petite gare " il y a peu. Un tour dans ce pays conforte le président ivoirien dans ses convictions. Aussi, estime-t-il que " en Afrique, j'aimerais qu'on travaille de façon concrète pour les populations, au lieu de se chamailler et faire n'importe quoi. " C'est aussi pour exprimer leur reconnaissance à leur président que les Gambiens sont sortis en masse samedi, jour de la cérémonie de commémoration de l'arrivée au pouvoir de Jammeh, après un putsch qui a emporté Dawda Jawara, le 22 juillet 1994. Depuis, grâce à des élections, l'officier de gendarmerie s'est doté d'habits de démocrate. Les siens sont venus donc communier avec lui, à la Place de l'indépendance. Tout commence, à l'arrivée de Yahya Jammeh qui passe en revue les troupes militaires. Puis, l'hymne national et des libations. S'en suit un long défilé. Outre les militaires, toutes les couches sociales de la Gambie se sont donné rendez-vous sous l'Arc de triomphe local. Dans une adresse, il salue d'entrée la bonne coopération entre son pays, la Côte d'Ivoire et le Sénégal. Avant d'indiquer que l'Afrique et la Gambie ont à relever le défi du développement. Jammeh fait noter que 35 ans durant, son pays a vécu la dictature de son prédécesseur, sans qu'un chef d'Etat de la sous-région ne lève le petit doigt. Il n'empêche, insiste-t-il, la Gambie, forte de son million et demi d'habitants, a amorcé un nouveau virage depuis plus d'une décennie. Au passage, le président gambien s'est satisfait de la présence de Gbagbo à ses côtés, et le remercie pour sa quête inlassable de paix. " Entre le président Gbagbo et moi, il y a des convergences de vues ", a assuré l'officier, faisant allusion au combat de la Côte d'Ivoire contre les forces néo coloniales. Outre le numéro un ivoirien, le Premier ministre sénégalais et quatre membres de son gouvernement ont représenté Abdoulaye Wade. La cérémonie qui a les allures d'une célébrationnde l'Indépendance, s'est poursuivie dans la soirée. Dans un cadre select où se sont assemblés le gouvernement et toutes les autorités de l'Etat, ainsi que le Tout Banjul, Yahyah a matérialisé son admiration pour Laurent Gbagbo, élevé dans la plus haute distinction honorifique de la Gambie. Il est désormais Grand commandeur de l'ordre de ce pays. Tout aussi surpris qu'ému, le chef de l'Etat ivoirien a dit sa joie de partager des idées avec son homologue, son cadet, né l'année où lui a obtenu le Bac. Des convivialités qui n'ont pas occulté la volonté des deux présidents d'œuvrer au mieux-être de leurs populations. Ainsi, au terme d'une séance de travail, ils ont consigné dans un communiqué, leurs nouvelles visées. Dans la déclaration conjointe, lue par les ministres des Affaires étrangères ivoirien, Youssouf Bakayoko et gambien Lamine Kabba Bajo, entre autres, les deux chefs d'Etat ont " réitéré leur volonté de raffermir davantage les excellentes relations entre les deux pays, et instruisent leurs gouvernements respectifs à, œuvrer ensemble, en vue de la mise en place de la grande commission mixte de coopération ivoiro-gambienne. " Ils jugent " nécessaire pour les deux secteurs privés de travailler ensemble au renforcement de la coopération économique et commerciale qui existe. " Au plan sous-régional, Gbagbo et Jammeh " soutiennent la consolidation du processus démocratique en Guinée Bissau et s'engagent à appuyer pleinement la consolidation de la paix, la réconciliation nationale et la reconstruction " au Liberia, sous les auspices de Ellen Johnson Sirleaf. Le regain de tension au Moyen Orient les préoccupe. La Côte d'Ivoire et la Gambie appellent " toutes les parties à la retenue et au dialogue, et condamnent une fois de plus le terrorisme, partout dans le monde. "Naturellement, la crise ivoirienne est au menu de leur concertation." Le président Jammeh, préoccupé par la situation qui prévaut en Côte d'Ivoire, a émis le souhait de voir ce pays renouer avec la paix, et appelle le peuple frère de Côte d'Ivoire à s'unir dans l'intérêt supérieur du pays et pour la prospérité", relate la déclaration. L'homme ''du 22 juillet'' félicite par ailleurs, son homologue et le Premier ministre Banny, " pour leur bonne collaboration et souhaite que cela contribue à l'instauration d'une paix durable. " Sûrement que ces entrevues vont se poursuivre bientôt. Ce sera à Abidjan, où Gbagbo invite le Gambien à une date " qui sera fixée par voie diplomatique. " C'est donc après coup, que le chef d'état est rentré hier, en début d'après midi.

Jammeh : "Quand on conteste une élection, on ne prend pas les armes"

C'est au salon d'honneur de l'aéroport international de Banjul que Yahya Jammeh choisit de s'adresser à la presse. Il est revenu sur le motif de l'invitation adressée à Gbagbo. Puis est descendu de plain pied dans la crise ivoirienne, analysant les tenants. Pour le chef d'Etat gambien, " un pays est un tout. Il y a toujours un Nord, un Sud, un Ouest et un Est. " Il en va ainsi de la religion, mais c'est toute cette diversité qui, selon lui, en fait le charme. Il s'élève ainsi contre les prétextes de l'exclusion des nordistes musulmans dont se sert la rébellion ivoirienne, pour installer un kyste au sein de la nation depuis quatre ans. Poursuivant, il bat en brèche l'argument d'élections " calamiteuses ", autre fond de commerce des insurgés. " En fin de compte, c'est le peuple qui doit choisir son président, sinon c'est la pagaille qui s'installe, au lieu de lutter contre la pauvreté ", s'insurge Jammeh qui va plus loin. Il cite l'exemple de l'Italie qui vient de connaître la victoire fort contestée du premier ministre élu, Romano Prodi. " Malgré la contestation, il n' y a pas eu de violences L'ancien Premier ministre a fini par accepter. Pourquoi en Afrique, dans un tel cas il faut la violence ? " s'interroge Yahya Jammeh qui plaide, pour que " la violence ne soit pas l'arme des règlements d'une crise. " Puis de poursuivre, pour signifier que se targuer d'un quelconque rejet d'une communauté pour prendre les armes est une voie sans issue. " Il n' y aura pas de paix si on défend un seul groupe ", fait-il remarquer, allusion faite ''à la défense des droits des ressortissants du Nord'', la raison avancée par les bandes armées en Côte d'Ivoire, pour refuser le désarmement.

Guillaume N'Guettia
(Envoyé spécial à Banjul)


COTE D'IVOIRE AUDIENCES FORAINES A KORHOGO AU NORD DU PAYS SOUS CONTROLE DES FORCES NOUVELLES

Mercredi 26 Juillet 2006

400 jugements supplétifs et 139 certificats de nationalité délivrés à ce jour.

Débutées le mardi 18 juillet dernier à Korhogo, les audiences foraines sont leur troisième étape dans la ville de la cité du Poro où les populations sont mobilisées pour avoir leurs papiers.

400 jugements supplétifs et 139 certificats de nationalité ivoirienne ont été délivrés aux ayant droits des deux quartiers de la commune de Korhogo, (Koko et Petit Paris) pendant une semaine de travail. Les demandeurs étaient estimés à 2013. Tels sont les chiffres communiqués par des représentants des partis politiques qui observent le déroulement de l’opération.

Messieurs Thierry Gueu du Mouvement des forces de l’avenir (MFA), et Yéo Foungnepnin du PDCI-RDA ont déclaré être satisfaits « du déroulement normal des audiences foraines » depuis le 18 juillet 2006 à Korhogo.

« Il n’ y a rien à signaler sauf que le déroulement est très lent », a déclaré Thierry Gueu du MFA qui a ajouté qu’« il faut améliorer l’organisation pour atteindre la vitesse de croisière ».

C’est le même son de cloche du côté du PDCI-RDA représenté par Yéo Foungnepnin qui a communiqué les chiffres de 400 et 139 respectivement pour les jugements supplétifs et certificats de nationalité.

Les deux représentants ont trouvé insuffisants ces chiffres, compte tenu de l’affluence dans les quartiers de Koko et petit Paris.

Ils ont par ailleurs regretté l’absence chronique des représentants de l’UDPCI de Mabri Toikeuse et du PIT de Francis Wodié depuis le lancement de l’opération dans sa phase de croisière. Et pourtant, « le représentant de l’UDPCI était pourtant présent à l’ouverture le mardi 18 juillet 2006 » a fait savoir M. Thierry Gueu du MFA

Quant au représentant du F.P.I., il a préféré tout simplement déclarer « R.A.S. » en souriant.

Le RDR a dépêché d’Abidjan à Korhogo Mme Camara Aïssata pour supervision de l’opération dans la cité du Poro. Pour elle, il y a de l’affluence. « La mobilisation des populations pour avoir des papiers est parfaite » a-t- elle déclaré avant de murmurer qu’il y a « trop de sans-papiers en Côte d’Ivoire ».

La représentante du RDR a par ailleurs trouvé, après une semaine d’observation de l’opération, que « les deux mois sont largement insuffisants pour toute cette population sans papiers ». C’est pour quoi, elle propose qu’il faut renforcer l’équipe pour satisfaire les requérants ».

Sur environ 2000 requérants prévus seuls 539 ont été satisfaits depuis une semaine de travail dans la serenité


SENEGAL / CONCOURS GENERAL ET PRIX DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Mercredi 26 Juillet 2006

La razzia dy Prytanée militaire de Saint-Louis
La cérémonie traditionnelle de remise des prix du concours général a eu lieu, hier, au théâtre Daniel Sorano, sous la présence effective du Chef de l'Etat, Me Abdoulaye Wade.
L'école militaire préparatoire Charles N'Tchororé de Saint-Louis est en tête des meilleurs établissements secondaires du Sénégal suivi des lycées Limamoulaye et Seydou Nourou Tall. Le thème de cette édition était axé sur l'eau source de vie et de


COTE D'IVOIRE / DON DE LA REFAMPCI AUX FEMMES

Mercredi 26 Juillet 2006

LUTTE CONTRE LA PAUVRETE
30 millions du REFAMPCI aux femmes

300 femmes se voient soulagées. Grâce au Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires de Côte d'Ivoire, elles vont pouvoir s'adonner à des activités lucratives. Avant-hier, elles ont perçu le chèque dont le montant est à partager.
C'était au cours d'une cérémonie qui s'est déroulée dans un Palais de la culture de Treichville bondé de monde. Occasion pour la présidente du réseau, Aka Véronique, de relever : " Cela fait une décennie que le Refampci, à travers mes prédécesseurs à qui je rends hommage a connu le jour et œuvre pour la promotion de la femme au plan social, politique, économique, culturel… " Des pas ont été faits, et il s'agit de passer à une autre phase, " pour être plus efficace et concret dans la recherche des solutions à la lutte contre la pauvreté ", précise Mme Aka qui s'est livrée à un véritable plaidoyer, afin que les plus nanties viennent en aide à celles qui le sont moins. Aux heureuses bénéficiaires, la présidente Aka conseille " une utilisation saine " des fonds mis à leur disposition. Histoire de donner le goût aux donatrices de perpétuer ces actions.
Dans son intervention, l'ancienne député a donc invité les récipiendaires à " embarquer toutes dans le train économique afin de lutter efficacement contre la pauvreté. " A sa suite, les autres intervenants ont abondé dans le même sens. Ainsi, Jacqueline Oble, l'une des pionnières, est revenue sur les acquis du réseau. Selon l'ancienne ministre de la Justice, l'éducation des petites filles a été la première préoccupation. S'en sont suivies des initiatives de lois en faveur de la femme, votée au Parlement. A leur tour, Hortense Aka Anghui et Ohouochi Clotilde ont exhorté les femmes au travail et à la solidarité.
Pour leur part, les ministres Charles Diby et Jeanne Peuhmond, représentées par des collaborateurs, promettent assistance au réseau.
Le parrain de la cérémonie, Bohoun Bouabré, lui, s'est attardé sur les conseils d'usage. Pour le ministre du Plan, ses filleules se doivent de créer des activités, qui leur permettent de rembourser ces prêts, sans difficultés. Avant de remettre symboliquement le chèque de 30 millions de francs à Ogou Ado, porte-parole des ''élues'', il a félicité le réseau et sa présidente, " qui indiquent une voie pour tous ceux qui possèdent quelque chose pour éradiquer la pauvreté dans notre société.
" Tout comme lui, Laurent Dona Fologo s'engage à accompagner Aka Véronique et ses partisanes dans leurs œuvres.

Guillaume N'Guettia


COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DU PREFET DE BOUAKE SUR LES EVENEMENTS DES AUDIENCES FORAINES

Mercredi 26 Juillet 2006

la fin de la rencontre avec le Premier ministre, le porte-parole du corps préfectoral déplacé de guerre, Nassa Dacoury, préfet de Bouaké, s'est prêté aux questions des journalistes.

M. le préfet, le Premier ministre vous a rencontrés, (…) Au terme des discussions, est-ce que les préfets déplacés de guerre sont prêts à retourner à leurs postes ?
Oui, les préfets déplacés de guerre, après la rencontre avec le Premier ministre sont prêts. Ils ont fait part de leurs préoccupations qui ont été prises en compte par M. le Premier ministre. Et ils sont prêts à retourner dans leurs zones respectives.

Est-ce que cela veut dire que les préoccupations que vous avez soulevées antérieurement (NDLR : ils ont adressé un mémorandum au Premier ministre) ont été acceptées par le Premier ministre ? Sinon que comptez-vous faire lorsque vous allez retourner sur place ?
Nous avons fait part de nos préoccupations. Je crois qu'en toute chose, il faut discuter, il faut échanger. C'est l'absence de communication qui crée les malentendus. Donc nous avons souhaité rencontrer M. le Premier ministre et nous sommes parvenus à échanger. Et à la suite de ces échanges, je crois que beaucoup de malentendus ont été dissipés. Sur cette base, les camarades ont estimé qu'il n'y avait pas d'obstacles majeurs à ce que nous retournions sous la réserve que les préoccupations formulées soient effectivement mises en œuvre. Par exemple, je donne un détail. Il est difficile d'aller dans une circonscription sans tenue. Parce que la tenue, c'est ce qui caractérise un préfet. Lorsque vous allez à une audience foraine, surtout que vous avez été absent pendant trois ou quatre ans, ce qui fait qu'on vous remarque tout de suite, c'est la tenue. Et c'est le symbole que les Ivoiriens se retrouvent progressivement. Donc c'est un détail, mais il est quand même important. Donc on a fait part à M. le Premier ministre qui nous a écoutés d'une oreille attentive. Et je pense que sur cette base, nous venons de nous concerter et l'opinion, notre sentiment est que nous retournions. Donc nous allons retourner.

Et en ce qui concerne la sécurité ?
Concernant la sécurité, M. le Premier ministre nous a donnés des garanties, comme quoi, nous pouvions retourner en toute sécurité. Donc, encore une fois, comme je l'ai dit, le plus important c'est que nous échangions. Parce que là où il se trouve, il y a un certain nombre d'informations dont le Premier ministre dispose, et que nous autres, nous n'avons pas. Avant de partir, nous qui avons l'honneur de le représenter, notamment le chef de l'Etat, il importe que nous rencontrions M. le Premier ministre que nous représentons, pour qu'il nous donne des informations, pour que nous échangions et sur cette base là, que les uns et les autres soient apaisés (…) Dans tous les cas, c'est notre pays. Et il nous appartient, à nous les Ivoiriens de le construire. C'est vrai qu'il y a un minimum de risque, mais c'est pour cela que nous discutons. Il faut minimiser les risques. Une fois que les risques sont minimisés, je pense que c'est nous qui devons faire la réconciliation. Personne d'autre ne viendra de l'extérieur pour faire la réconciliation. C'est nous qui devons prendre le minimum de risque. Une fois qu'on a discuté avec le Premier ministre qu'il nous a apaisés, c'est nous qui devons partir. Mes camarades sont là, je ne suis pas le seul, ils peuvent apporter des informations complémentaires.

Des dates ont-elles déjà été avancées?
Je pense qu'il faut confectionner la tenue d'abord, la tenue se confectionne. Il faut d'abord l'avoir et la confectionner. Donc, voici les éléments. Par exemple si aujourd'hui, vous me donnez ma tenue, moi je m'en vais. Mais elle n'est pas là… Il y a aussi les véhicules, mais la tenue, c'est l'élément de base. C'est cela qui bloque actuellement… qui ne bloque pas mais ce sont les préoccupations que nous avons exprimées à M. le Premier ministre qui les a prises en compte, qui a donné les instructions, et nous attendons que nous ayons par exemple nos tenues pour retourner.

Allez-vous partir avec votre radio ? (NDLR, RTI Bouaké)
Il est bon que nous allions ensemble. Parce qu'on était ensemble là-bas. Cela me ferait plaisir que nous allions ensemble. On constitue une famille. Nos frères qui sont là-bas, il serait également important de nous retrouver tous ensemble. Donc je souhaite que nous partions avec notre radio. C'est notre radio.
Propos recueillis par
Yves M. Abiet


COTE D'IVOIRE AUDIENCES FORAINES / REACTIONS DE PERSONNALITES CIVILES ET POLITIQUES AUX ACTES DE VIOLENCE

Mercredi 26 Juillet 2006

Pr. Alphonse Djédjé Mady (Secrétaire Général du PDCI-RDA) :
“Les éclairages étaient nécessaires”
“Nous nous félicitons de la déclaration du Premier ministre qui a apporté aux Ivoiriens les éclairages nécessaires à la bonne compréhension des audiences foraines. Nous sommes d'accord avec lui qu'il n'y a pas lieu de provoquer des scènes de violences meurtrières ici et là dans la mesure où tout le monde est d'accord sur le principe et la nécessité d'organiser ces audiences foraines. Pour notre part, nous encourageons le Premier ministre à continuer la mise en œuvre des audiences foraines et saluons son esprit d'ouverture et de dialogue pour prendre en compte toutes les préoccupations des uns et des autres qui iraient dans le sens d'une amélioration des conditions de sécurité, de fiabilité et de transparence de l'opération. C'est inacceptable qu'il y ait des milliers de personnes en Côte d'Ivoire sans document attestant leur identité. Alors qu'avoir une identité, une nationalité est un droit fondamental de l'homme. Tout en félicitant le Premier ministre pour la mise en œuvre des audiences foraines et sa volonté de continuer l'opération, nous tenons à lui renouveler notre soutien”.

Adama Bictogo (Secrétaire national du RDR) :
“Je constate que le Premier ministre veut aller de l'avant”
"Je note une fermeté et une volonté de conciliation et d'ouverture dans ce discours du Premier ministre. Il voulait envoyer en même temps un message d'apaisement et réaffirmer sa ferme volonté de tout mettre en œuvre pour conduire le programme de sortie de crise à son terme. Le Premier ministre a expliqué qu'en fait rien ne justifie cette violence qui s'est emparée du pays depuis le démarrage des audiences foraines. Sans rejeter du revers de la main tous les griefs relevés par certains groupes politiques contre l'opération, le Premier ministre a accepté de s'installer dans une logique de concertation permanente pour améliorer ce qui peut l'être dans le déroulement des audiences foraines. Car pour lui, devant l'engagement pris devant la communauté internationale, aucun Ivoirien n'a le droit de barrer la porte d'entrée du programme de sortie de crise. Les audiences foraines sont en effet la porte d'entrée de l'identification comme le pré-regroupement l'est pour le désarmement. C'est la seule voie pour aller à des élections libres, justes et incontestables. Le chef du gouvernement a aussi indiqué que les audiences foraines ne visent qu'à établir l'existence légale d'un individu né en Côte d'Ivoire. Elles ne confèrent pas automatiquement la qualité d'Ivoiriens à tous les requérants. Donc globalement je pense que le Premier ministre a tenu un bon discours, qui réaffirme sa volonté d'aller de l'avant et d'associer toutes les parties au processus de sortie de crise. Le RDR y adhère totalement et l'assure de son soutien."

Pascal Affi N'guessan
(président du FPI) :
“Nous allons passer à
une autre étape si…”
“C'est une déclaration vraiment décevante. Ce n'est pas le message que nous attendions du Premier ministre, ce n'est pas le type de déclaration que nous attendions de lui. Le Premier ministre reconnaît que les conditions de sécurité, de transparence et de sincérité des audiences foraines ne sont pas réunies. Il considère que nos préoccupations sont justes, que nos inquiétudes sont fondées mais il refuse de tirer les conséquences logiques de sa propre analyse des faits. Pour nous, la première de ces conséquences était d'arrêter ou de suspendre au moins l'opération pour définir de manière consensuelle les conditions de sécurité et de transparence dans lesquelles celle-ci doit être menée. Ce qui n'est pas le cas. Je trouve cela grave parce que le Premier ministre a simplement décidé d'opérer une fuite en avant au lieu de faire face à la réalité. Ce n'est pas une solution au problème posé. Etre responsable c'est avoir le courage d'affronter les difficultés, cette opération doit être arrêtée afin qu'ensemble, nous trouvions les voies et moyens de la conduite de façon plus sûre et plus transparente. Car le FPI n'est pas opposé aux audiences foraines. Nous maintenons notre mot d'ordre de boycott actif de l'opération telle qu'elle est menée actuellement. Parce que nous n'avons pas encore reçu de réponse du chef du gouvernement. Il n'y a pas de liberté de circulation pour tous dans ce pays, la sécurité n'existe pas au nord, l'administration n'est pas redéployée. Pour nous, il ne peut y avoir audiences foraines dans ces conditions, sans désarmement. Nous espérons aussi que nos militants ne feront pas l'objet d'agression et que les autorités politiques et administratives feront tout pour ne plus que ce que nous avons observé à Oumé et principalement à Divo se répète. A Divo, il n'y avait pas d'audiences foraines mais des miliciens s'en sont pris à nos militants, ce qui a occasionné des blessés graves et des morts dans nos rangs. C'est une situation que le FPI ne peut tolérer plus longtemps. Nous serons amenés à nous défendre et à riposter et le Premier ministre sera tenu pour responsable. Etant donné que le mot d'ordre de boycott des audiences foraines est maintenu, l'ultimatum d'une semaine adressé au gouvernement demeure lui aussi en vigueur. Et j'ose espérer que le Premier ministre mettra tout en œuvre pour nous éviter de passer à une autre étape. Car jusque-là, ce n'était que des avertissements”.

Kouadio Konan Bertin (KKB) président de la JPDCI
“Le gouvernement doit sécuriser
les Ivoiriens”
“Je pense que le message du Premier ministre fait suite à une situation donnée. C'est-à-dire une crise ouverte au motif que les audiences foraines ne seraient pas sécurisées. Et que la transparence n'est pas suffisamment garantie. Et que l'opération en elle-même serait illégale. Je pense aussi que la crise que nous vivons, nous nous accordons tous pour dire qu'elle découle d'un contentieux électoral, chacun de nous doit avoir le souci de faire en sorte que les prochaines élections soient transparentes. Ceux qui se plaignent, c'est peut-être leur droit. Ils avaient des raisons qui ne sont pas fondées. Sur des raisons subjectives, on ne peut pas bloquer tout un processus. Dans son intervention, le Premier ministre a dit que l'opération est placée sous l'autorité des préfets et sous-préfets. Et ensuite sous l'autorité des magistrats puisqu'il s'agit d'audience. Dans la mesure où tous les partis politiques, en plus des autres structures, sont membres du système mis en place, la présence de chacun et de tous constitue un gage de transparence. Dès lors, le Premier ministre nous a rassurés sur tous ces points. Et nous sommes en droit de dire que l'opération doit continuer. Il s'agit pour nous Ivoiriens de matérialiser notre existence sur cette terre. Le peuple de Côte d'Ivoire, il faut le dire, est sans papier. C'est un droit inaliénable pour chaque citoyen d'obtenir une carte nationale d'identité. Et c'est du devoir et de la responsabilité du gouvernement d'identifier ses citoyens. C'est donc une opération légale. Les conditions de transparence sont réunies. Je voudrais surtout dire au FPI et à ses dirigeants qu'ils se comportent comme s'ils sont les seuls soucieux de ce que la transparence doit régner dans ce processus. Le souci de transparence est partagé par tout le monde. Il n'y a pas d'un côté des gens qui sont prêts à tricher. Et de l'autre des nationalistes. J'invite le FPI à garder la sérénité. On a assez perdu le temps. Les Ivoiriens souffrent. Il faut qu'on aille vite. Sur le volet de la sécurité, le gouvernement doit rester ferme. Il lui revient le devoir de sécuriser les Ivoiriens".

Karamoko Yayoro,
président du RJR
“Nous n'accepterons plus que
les gens s'attaquent à nous”
"Comme nous l'avons toujours dit, avec Charles Konan Banny, nous nous inscrivons dans une dynamique de paix. Et nous pensons que l'ensemble des partis politiques devraient s'inscrire dans la même dynamique. Avant sa déclaration, il nous avait reçus. De façon globale, il nous avait présenté le cadre global de son intervention. Que les audiences foraines se poursuivent dans la transparence, l'équité et surtout dans la sécurité. Nous souhaitons qu'il enjoigne les Forces de défense et de sécurité pour assurer la sécurité de tous ceux qui veulent avoir leurs papiers. Demander aux responsables de ces forces de penser à l'intérêt général. C'est pour cela que nous avons été heureux de constater qu'il a aussi reçu les jeunes patriotes pour leur passer le même message. Nous tendons la main à ces camarades. Et nous leur disons qu'il ne sert à rien d'écouter ceux qui les envoient à la mort. Depuis qu'il existe, le FPI n'a jamais participé à la construction de ce pays. En lançant son mot d'ordre, Affi N'guessan démontre encore une fois que son parti est contre la réconciliation, la paix. Il envoie les enfants des autres dans la rue alors que ses enfants à lui sont dans des universités en Europe. Nous demandons aux jeunes patriotes de nous rejoindre dans le bon combat. Au niveau du RJR, nous disons que le message de la violence du FPI n'est plus entendu. Ils font le bilan avec nous que cette option ne marche plus. Ils sont minoritaires. Dans toutes les villes de l'intérieur, la preuve est donnée. Nous n'accepterons plus que des gens s'attaquent à nous impunément. La sécurisation des audiences foraines doit être effective. Nous tenons un message de fermeté à l'endroit de nos militants pour qu'ils sécurisent les audiences foraines".

Mme Salimata Porquet (Fifem) :
“C'est une déclaration très
responsable”
“Je pense que la déclaration du Premier ministre a été une déclaration claire et très responsable qui a permis à tous les Ivoiriens d'avoir les explications nécessaires sur les audiences foraines. Compte tenu de la situation qui prévalait, il était obligé d'intervenir pour rassurer tout le monde. Nous souhaitons que cela puisse continuer, lui-même a reconnu qu'il est nécessaire qu'il vienne souvent entretenir les Ivoiriens sur la marche du processus de paix. Cette déclaration nous satisfait parce que le Premier ministre a donné toutes les mesures qui ont été prises pour contrer les éventuels fraudeurs, les dispositions qui ont été prises pour assurer la sincérité et la fiabilité de l'opération. Essayons donc de lui faire confiance et regardons. Il l'a dit, les portes du dialogue sont toujours ouvertes pour recueillir tous les avis, toutes les suggestions. Un individu sans papier, c'est comme un animal. Les audiences foraines sont vraiment une aubaine. Nous les femmes, ça nous galvanise, nous irons sensibiliser. Nous sommes prêtes pour soutenir l'action du gouvernement en gardant un œil bien entendu sur le désarmement qui doit se faire concomitamment”.
Après le message à la nation du Premier ministre Charles Konan Banny, lundi- Les FN : “Le FPI doit cesser d’abuser des Ivoiriens”

La presse vient de publier une déclaration du parti de M. Laurent Gbagbo, entretenant des amalgames honteux, et qui appelle de la part des forces nouvelles une mise au point s'agissant des raisons justifiant ses actes de barbarie dans les zones sous contrôle gouvernemental.
Il faut indiquer que le FPI ne fait rien d'autre que ressasser de vieux discours dépassés qui n'accrochent que les seuls nostalgiques de la haine, du tribalisme et de la xénophobie. Ce parti a choisi de se faire l'avocat de "centaines de milliers de ressortissants des zones assiégées, déplacés de guerre et réfugiés en zone gouvernementale" qui " ne peuvent pas participer à ces opérations ".
S'il convient de " pleurer " avec les casseurs du FPI, les prétendus déplacés de guerre qui ne peuvent pas participer aux audiences foraines dans les zones nord, Centre et Ouest, il faut cependant s'interroger sur les vrais motifs qui poussent le parti de M. Laurent Gbagbo à empêcher que les sans-papiers de la zone gouvernementale participent à ces opérations pourtant organisées pour réduire leur nombre à zéro. Puisque c'est de cela qu'il s'agit en réalité.
Pourquoi un parti qui se dit soucieux de voir " des milliers de ressortissants des zones assiégées, déplacés de guerre et réfugiés en zone gouvernementale " retourner participer à ces opérations, empêche-t-il ceux qui sont nés dans les zones contrôlées par l'armée fidèle à M. Laurent Gbagbo, de participer aux audiences foraines ? Pourquoi le FPI empêche-t-il le déroulement des audiences foraines là où la sécurité existerait ?
La vérité, c'est que le FPI n'a jamais accepté que les opérations d'identification des populations et de recensement des électeurs se fassent dans la transparence et la liberté.
C'est bien la seule vraie raison de ces violences que ce parti veut justifier par des accusations farfelues faisant état de mouvements de populations en provenance de certains pays voisins pour, dit-on, se faire établir sans frais et frauduleusement des pièces d'état civil ivoiriennes. Le FPI doit cesser d'abuser des Ivoiriens en mettant fin à cette campagne de désinformation qui rappelle bien celle de février 2000 qui fit dire à Mme Simone Gbagbo que plus d'un million de fausses cartes nationales d'identité de couleur verte avaient été saisies par elle. Personne ne doit oublier que c'est justement parce que ces cartes anciennes furent frappées de suspicion que la Côte d'Ivoire, depuis cette époque, ne sait plus quel document d'identité exiger à ses citoyens.
Une autre raison pour causer deuil et désolation ici et là, le FPI estime que " les magistrats qui opèrent n'ont pas été régulièrement nommés par décret du Président de la République ". En voulant faire du juridisme, le FPI étale sa mauvaise foi, car sur cet aspect, les Ivoiriens ont besoin de connaître la vérité. Celle d'une volonté inavouée des barons du FPI de violer cette constitution ivoirienne votée pendant deux jours les 23 et 24 juillet 2000.
M. Laurent Gbagbo n'est pas autorisé par l'article 130 de cette constitution à signer le moindre décret de nomination des magistrats, parce qu'il faut " une loi organique " pour donner une forme légale et constitutionnelle au conseil supérieur de la magistrature aujourd'hui incompétent pour se prononcer sur la validité des arrêtés signés par l'ancien garde des Sceaux, la ministre d'Etat Henriette Diabaté.
Les partisans de Laurent Gbagbo doivent savoir que l'article 130 de la constitution dit que " jusqu'à la mise en place des autres institutions, les institutions établies continuent d'exercer leurs fonctions et attribution conformément aux lois et règlements en vigueur "Ce qui signifie que tant que le Conseil supérieur de la magistrature ne sera pas constitué selon la volonté des constituants des 22 et 23 juillet 2000, M. Laurent Gbagbo doit laisser travailler les magistrats ivoiriens, qui ont choisi de ne pas ressembler au sieur Tia Koné, toujours prompt à piétiner le droit pour plaire à ceux qui l'ont nommé, n'est-ce pas d'ailleurs sur la base de cette même constitution que les Oulaï Siéné et autres Tagro Désiré signaient des arrêtés mettant en mission des magistrats ?
La mauvaise foi qui anime le FPI est mise également en œuvre quand ce parti écrit qu'aucun préfet ou sous-préfet n'est présent sur les sites des audiences foraines. Car la plupart de ceux qui étaient en poste avant le 19 septembre 2000 ont été appelés à rejoindre leurs postes de travail. Ceux qui ont répondu à l'appel, participent au bon déroulement de ces audiences foraines, avec l'apport inestimable des Forces nouvelles. C'est cela la vérité que le FPI doit accepter.
Le FPI doit vaincre sa peur et braver tous les obstacles pour venir constater comme tout le monde au bon déroulement sans incident de cette phase essentielle du processus d'indentification en Côte d'Ivoire. C'est également cela le sacrifice à faire.
Quant aux Forces nouvelles, elles réitèrent une nouvelle fois leur appel au parti de Laurent Gbagbo, qui doit venir prendre part aux audiences foraines comme tout participant ou sachant décidé à dire la vérité au nom de la transparence.
L'heure de la désinformation est déjà passée. Tirons donc le rideau !

Fait à Bouaké, le 25 juillet 2005.
La Cellule de communication


COTE D'IVOIRE / MANIFESTATIONS DE PARTISANS POLITIQUES RELATIVES AUX AUDIENCES FORAINES

Mardi 25 Juillet 2006

Le Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny a opté pour la poursuite du processus d'identification, en dépit des violences et de l'opposition des partisans du président Laurent Gbagbo qui ont poursuivi mardi leurs opérations de blocage.

Des affrontements entre "jeunes patriotes" et militants de l'opposition ont fait au moins un mort et six blessés dont deux par balle à Bassam, municipalité du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, opposition) située à une trentaine de km à l'est d'Abidjan, a constaté l'AFP.

Selon des témoins, les "patriotes", armés de gourdins et de machettes venus à bord d'un bus d'Abidjan, ont voulu interrompre la réunion visant à identifier et délivrer des actes d'état civil aux habitants qui s'étaient présentés nombreux dans la matinée.

Mais les jeunes de la ville, connue aussi sous le nom de Grand Bassam, ont réagi et chassé les "jeunes patriotes" avant de s'attaquer au siège du Conseil général acquis au Front populaire ivoirien (FPI, parti présidentiel).

Les forces de l'ordre, d'abord passives, ont ensuite reçu des renforts et ont chargé les manifestants qui refusaient de se disperser, usant notamment de gaz lacrymogènes, selon un journaliste de l'AFP.

Ces nouvelles violences autour de l'identification interviennent au lendemain d'un discours du Premier ministre de transition, Charles Konan Banny, qui a décidé de maintenir cette première phase du processus de paix, en dépit des violences qui ont fait au moins deux morts et 38 blessés ce week-end à Divo (centre).

Le processus d'identification, très controversé, a été lancé le 17 juillet. Connu dans le pays sous le nom "d'audiences foraines", il est destiné à identifier les populations afin de leur fournir des pièces d'identité et de réviser les listes électorales dans ce pays coupé en deux depuis la tentative de coup d'Etat contre le président Laurent Gbagbo en septembre 2002.

Les partisans de M. Gbagbo, qui avaient déjà paralysé Abidjan le 19 juillet, craignent que le processus ne permette à des non-Ivoiriens de grossir l'électorat de l'opposition --notamment dans le Nord contrôlé par la rébellion-- dans la perspective des élections générales dont la présidentielle, qui doivent être organisées avant le 31 octobre.

"Toutes les dispositions sont prises ou envisagées pour que l'opération se déroule en toute sécurité, transparence et nous permette de lutter contre la fraude", a déclaré M. Banny lundi soir.

"Rien ne justifie la tension que l'on fait subir à notre pays, rien ne justifie la violence", a-t-il lancé, rappelant que la délivrance des "jugements supplétifs" (en remplacement des actes de naissance) par les magistrats qui dirigent les audiences d'identification ne donnent pas droit automatiquement à la nationalité ivoirienne, et donc au droit de vote.

Les rebelles des Forces Nouvelles (FN) qui contrôlent le Nord, où selon l'Onu les audiences se déroulent bien, ont invité le Premier ministre à faire preuve de plus de courage, et l'opposition a salué le fait que M. Banny n'ai pas reculé devant la pression exercée dans la rue par les "patriotes".

En revanche, les quotidiens favorables au président Gbagbo ont critiqué le discours de M. Banny, estimant qu'il "prend les Ivoiriens pour des imbéciles", et le FPI n'a pas levé son mot d'ordre d'empêcher les "audiences foraines" par "tous les moyens".

Le lancement du processus avait été décidé le 5 juillet à Yamoussoukro lors d'une réunion regroupant le président Gbagbo, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, et les principaux acteurs de la crise.


COOPERATION COTE D'IVOIRE / GAMBIE / VISITE D'AMITIE ET DE TRAVAIL DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO A BANJUL

Mardi 25 Juillet 2006

A L'invitation de son Homologue gambien , S.E.A.J.J.JAMMEH , le Président Laurent GBAGBO a effectué une visite d'amitié et de travail du Vendredi 21 au Dimanche 22 Juillet 2006 à BANJUL ou il a pris part aux festivités marquant le 12ème anniversaire du changement de régime .
Lors de son bref séjour le Président GBAGBO a eu plusieurs entretiens avec son Hôte au cours desquels les deux Chefs d'Etat ont fait le tour d'horizon des questions essentielles nationales et internationales .
Suite au défilé civil et militaire de près de 04 heures de temps , le Président JAMMEH a organisé un Banquet au cours duquel ila décoré dans l'ordre de Grand Commandeur de Gambie , le Président GBAGBO qui dans un discours mémorable l'a remercié en soulignant son courage , son esprit combattif et ses belles performances dans la reconstruction de son pays qui compte aujourd'hui parmi les nations émergeantes .
Il faut également souligner que le Président JAMMEH a offert un terrain à bâtir à son Homologue , symbole de l'intégration.
S.E.Fatimata TOURE SY , Ambassadeur et ses collaborateurs ont pris une part active à l'organisation de cette visite sanctionnée par un Communiqué final lu par S.E.Youssouf BAKAYOKO , Ministre ivoirien des Affaires .
La communauté ivoirienne résidant à Banjul a réservé un accueil des plus chaleureux au Président et à sa délégation .
Elle a pu saisir cette occasion pour lui exprimer ses doléances .
Le Président GBAGBO était accompagné d'une très forte délégation composée de membres de son Cabinet et de diplomates.
Le Président GBAGBO a adressé une invitation à S.E.JAMMEH à se rendre en Côte d'Ivoire à une date qui sera déterminée par voie diplomatique.
S.E.Macky SALL , Premier Ministre était également présent à Banjul à la tête d'une délégation composée de plusieurs Ministres .


COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN BANNY SUR LES AUDIENCES FORAINES

Mardi 25 Juillet 2006

Mes chers compatriotes,
Chers frères et sœurs Africains qui vivez avec nous.
Chers amis d’autres nationalités, européennes, américaines, asiatiques qui vivez avec nous. Bonsoir Je voudrais m’adresser, en particulier, à mes compatriotes. Je voudrais leur dire que depuis deux mois, peut-être plus, nous sommes entrés dans le cœur du programme de sortie de crise. C’est en ce moment-là, que sans des raisons évidentes, objectives, en tout cas, d’une importance certes, nous voyons monter la tension. Nous avons vu venir cette tension à travers certains articles que nous avons lus ici et là et certains propos que nous avons écoutés ici et là.

Pour le chef du gouvernement, ni ces écrits, ni ces propos n’étaient pas de nature à lui faire craindre que de manière sérieuse un problème se poserait dans notre pays surtout, au moment où, je vous le répète, nous sommes entrés dans le cœur du programme de sortie de crise, à travers la conduite concomitante de l’opération d’identification par le biais des audiences foraines, même si les audiences foraines ne sont pas l’identification, j’en parlerai et l’opération de désarmement par le biais du pré-regroupement, comme je vous l’avais annoncée, il y a quelques temps.
Je vous avais dit aussi que je viendrai de temps en temps vous entretenir de la marche du programme de sortie de crise. Aujourd’hui, je me retrouve chez vous, dans vos foyers, pour vous entretenir de cela, en priorité. Mais je ne peux vous entretenir de l’état d’avancement du programme de sortie de crise en oubliant l’ambiance dans laquelle nous nous trouvons. Mais avant d’y aller, je voudrais m’incliner devant la dépouille de ceux de nos frères et sœurs éventuellement, qui ont perdu la vie ces derniers jours à Divo en particulier. Et présenter mes condoléances aux familles, au nom du gouvernement, au nom du Chef de l’Etat et au nom de toute la population ivoirienne.
A cet effet, je voudrais dire très clairement qu’en mon sens, rien ne justifie cette extrémité. Rien ! D’ailleurs, je vais vous dire que pour moi, rien ne justifiera jamais le fait qu’on puisse ôter la vie à son prochain. Donc rien ne justifie cette extrémité. Surtout pas l’opération des audiences foraines qui semble-t-il, ont servi de raison pour alimenter, non seulement les débats mais aussi la tension que nous vivons dans notre pays. Aussi, importe-t-il que le chef du gouvernement vienne s’expliquer devant vous. Surtout expliquer, informer pour que nous ayions la juste mesure des choses pour avoir le juste comportement qu’il faut dans le cadre de la marche inéluctable de la Côte d’Ivoire vers la sortie de crise. C’est pour cela que je me suis introduit, une fois de plus, chez vous, ce soir.
Nous allons parler d’audiences foraines. Je voudrais vous dire que cette opération fait partie intégrante du programme de sortie de crise. Programme qui doit nous conduire vers des élections justes, transparentes, équitables, ouvertes à tous comme convenu depuis longtemps par tous les acteurs et j’allais dire, par tous les Ivoiriens, à travers les différents accords signés depuis près de 4 ans.
Mais qu’est-ce que c’est que les audiences foraines et pourquoi cette opération fait-elle partie du programme de sortie de crise ?
Les audiences foraines, je vous l’ai déjà expliqué à l’occasion de la phase-pilote, c’est la procédure par laquelle nos juges vont se rapprocher le plus possible de nos concitoyens. En l’espèce, dans le cas présent, de nos concitoyens qui sont nés sur le territoire mais aussi de toute personne qui ne soit pas ivoirienne mais née en Côte d’Ivoire et qui a 13 ans révolus. Mais qui, jusqu’à présent, n’a pas de papiers. Soit parce qu’elle n’a pas été déclarée à sa naissance pour des raisons diverses, donc n’a pas d’acte de naissance ou n’a pas encore eu la chance d’avoir le jugement supplétif d’acte de naissance qui se fait d’ailleurs de manière ordinaire dans nos tribunaux. Les audiences foraines, c’est cela. C’est la possibilité que le gouvernement offre à toute personne, Ivoirienne ou pas, ayant 13 ans révolus, née sur le territoire ivoirien et qui n’a pas encore été déclarée à l’état-civil. Les audiences foraines servent donc à délivrer, à l’issue de l’audience, un jugement supplétif tenant lieu d’acte de naissance à ces personnes. Voilà, stricto sinsu ce que veulent dire les audiences foraines. Nous avons toujours dit, et nous sommes toujours clair, de constater qu’ils sont nombreux, ceux de nos compatriotes qui n’ont pas ce moindre papier. Il faut donc, à travers cette opération, résoudre cette question. Donner le premier papier qu’il faut à tout individu qui naît. Que ces personnes soient Ivoiriennes ou pas dès lors qu’elles sont nées sur le territoire ivoirien. Voilà ce que veulent dire les audiences foraines. Et c’est cette opération que nous voulons organiser.
Pourquoi les audiences foraines font-elles partie du programme de sortie de crise ? Parce que c’est à partir de ce stade préliminaire que l’on va conduire les autres volets qui concernent l’identification. C’est-à-dire, donner une identité, soit ivoirienne, soit étrangère. Et ensuite, que ceux qui le souhaitent soient enrôlés et qu’ils s’inscrivent sur les listes électorales pour pouvoir exercer leur droit de vote. Mais au moment où je vous parle, je voudrais vous dire que autant la délivrance du jugement supplétif nous apparaît comme une ardente obligation et une nécessité absolue pour chaque individu qui remplit ces conditions, autant, juridiquement, il n’y a pas d’obligation, au moment où je vous parle, pour celui qui détient un jugement supplétif, séance tenante, d’aller obtenir un certificat de nationalité. Donc le jugement supplétif n’induit pas automatiquement le certificat de nationalité. Cependant, la possibilité est ouverte aux Ivoiriens qui auraient donc ce jugement supplétif, de requérir, c’est-à-dire, de demander qu’au même moment, avec toutes les précautions administratives qu’il faut prendre pour séparer le jugement supplétif qui est un acte judiciaire et la délivrance du certificat de nationalité qui est un acte administratif, l’occasion est offerte aux Ivoiriens de profiter par la requête qu’ils introduiraient auprès du juge.
Pourquoi avons-nous opté pour le faire ? Parce que c’est le certificat de nationalité pour les Ivoiriens ou la carte de résident, plus tard, pour les non Ivoiriens ou la carte de séjour pour d’autres catégories de non Ivoiriens encore, c’est cette séquence d’opérations qui nous permettra de savoir qui est qui en Côte d’Ivoire.
Pour ce qui concerne les Ivoiriens et les Ivoiriennes seulement, lorsqu’ils auront leur certificat de nation alité, ils auront la possibilité de se faire enrôler et de s’inscrire sur les listes électorales. J’ajoute que cela n’est pas non plus une obligation immédiate puisque le vote n’est pas obligatoire. Il est souhaitable. C’est un droit mais ce n’est pas une obligation. Il y a des pays où le vote est obligatoire, notre système n’a pas choisi cela. Voilà pourquoi les audiences foraines se situent dans le programme de sortie de crise.
Pourquoi donc cette opération suscite tant de débats ? Parce que puisque c’est la porte d’entrée de tout cela, il y a des craintes qui, a priori, sont légitimes. Parce que notre pays n’est pas encore réunifié. Ces craintes s’organisent autour d’un certain nombre de points. D’abord, puisque notre pays n’est pas encore réunifié, puisque le programme de sortie de crise n’est pas encore achevé, comment allons-nous organiser l’opération de telle sorte qu’elle soit équitable pour qu’on organise ici et là de la même manière. A travers l’administration, par exemple. A travers l’administration préfectorale, à travers les magistrats. Donc à travers le redéploiement.
Est-ce que les fonctionnaires, d’autorité, sous la supervision desquels il faut absolument que les audiences se déroulent, les sous-préfets étant officiers d’état-civil, ces conditions seront-elles réunies partout ? Voilà une crainte légitime. La réponse est claire. Le dispositif que nous avons prévu répond parfaitement à cela. Les sous-préfets, dans les zones Centre, Nord, Ouest, seront redéployés. Je sais bien qu’ici et là, il y a quelques difficultés. Pour ceux là-mêmes, les sous-préfets qui, hier, avaient connu quelques difficultés lorsque la crise avait éclaté. Le gouvernement veille à ce que ces difficultés soient surmontées et les conditions réunies pour qu’ils puissent surveiller cette opération avec toute l’autorité que leur confère la loi. Les préfets, autant que possible. Je dis autant que possible, c’est le minimum, les sous-préfets. Ils sont officiers d’état-civil. S’il n’y a pas de sous-préfet, l’opération ne pourra pas avoir lieu. Là où il n’y aura pas de sous-préfet, il n’y aura pas d’audiences foraines. Donc, les préfets, s’ils sont redéployés, tant mieux. C’est pourquoi cette crainte, bien qu’a priori légitime, doit trouver satisfaction à travers le dispositif prévu. C’est la même chose pour les magistrats. Ils seront redéployés là où c’est nécessaire parce que sans les magistrats redéployés, il ne peut y avoir d’audiences foraines. D’ailleurs, comment parler d’audience foraine qui est un acte judiciaire sans magistrat ? Nous devons redéployer les magistrats dans certaines zones (Centre, Nord, Ouest), et là où les magistrats, pour une raison ou une autre, ne sont pas redéployés, il n’y aura pas d’audience foraine pour le moment. Ça, c’est pour la garantie de l’autorité de l’Etat.
Une série de préoccupations tournent autour des questions de sécurité. Ce sont des préoccupations qui sont, a priori, fondées. Puisque bien que nous avancions de ce côté-là, on ne peut pas dire que nous sommes au bout de nos peines. Ces questions de sécurité sont d’autant plus justifiées que certains d’entre nous les lions au problème du désarmement. Alors, là-dessus, je voudrais être précis. Oui, l’idéal aurait été que le pays soit débarrassé de toutes les armes. Mais dans le cadre du programme de sortie de crise et dans le cadre de la concomitance qui m’est si chère, je voudrais vous dire que le volet pré-regroupement évolue à ma satisfaction. Les Ivoiriens doivent savoir que du côté des Forces de défense et de sécurité, les 35 sites de pré-regroupement qui étaient prévus dans les accords, ont reçu les ex-combattants. Les Ivoiriens doivent savoir que ces 50 sites de pré-regroupement concernant les Forces armées des Forces nouvelles, à ce jour, ont reçu des ex-combattants. Pour ce qui concerne les 50 sites, il s’agit d’un effectif de 33.000 ex-combattants. Donc le pré-regroupement est achevé. Oui, il faut aller vérifier, de part et d’autre, que les informations que le chef du gouvernement donnent correspondent à la réalité. J’envisage moi-même d’y aller, à côté du dispositif qui a été prévu, pour assurer la vérification de la réalité du pré-regroupement. Donc de ce côté-là, le désarmement avance dans sa phase de pré-regroupement. Les phases suivantes seront donc le regroupement et le dépôt des armes. Donc on avance avec satisfaction. Il faut le dire, il faut faire en sorte d’encourager ce mouvement, éviter que le phénomène ne s’enlise dans un perpétuel recommencement. En d’autres termes, il faut le rendre irréversible.
Donc les préoccupations de la sécurité doivent être vues dans ce contexte. Mais il n’y a pas que cela. Dans ce contexte, un dispositif est prévu pour entourer ces opérations de la sécurité indispensable à leur bon déroulement, à leur fiabilité, à leur acceptabilité. Les Forces de défense et de sécurité de la Côte d’Ivoire assureront, au Sud, de concert avec les Forces impartiales, la sécurité des opérations. Les Forces impartiales assureront la sécurité des opérations, des hommes dans les Zones Centre, Nord, Ouest. C’est le dispositif connu et qui est appliqué aujourd’hui dans le cadre du programme de sortie de crise.
Troisième préoccupation, la transparence de l’opération. C’est-à-dire, s’assurer que tout cela se fait de manière équitable. Et que de cette manière, nous allons lutter contre le syndrome de la fraude ou les tentatives de fraudes. Je dois dire, elles peuvent être ou sont réelles. Elles le sont parce que certaines personnes, par ignorance, vont vouloir se présenter aux audiences foraines alors qu’elles n’en ont pas droit. D’autres vont confondre les audiences foraines avec la procédure de délivrance du certificat de nationalité. Ou même, d’aucuns le sachant vont vouloir tricher. Il faut se battre contre la fraude, mettre en place un dispositif contre cette fraude. Le gouvernement a prévu tout cela. Comment ?
D’abord, par l’observation, par la surveillance. Par qui ? Toutes les structures, les organisations prévues dans le cadre du programme de sortie de crise, du genre Commission nationale de supervision de l’identification, l’Office national d’identification, Commission électorale indépendante, Haut représentant pour les élections, l’ONUCI, tous les observateurs ou tous ceux qui nous aident auront pour mission de prendre part à l’opération. Les partis politiques importants seront également dans l’opération. Pour cela, j’ai souhaité, et tout le monde est d’accord, que la libre circulation des personnes soit assurée sur le territoire ivoirien. Ce qui veut dire que les représentants de tous les partis politiques doivent être présents sur tous les sites, en toute sécurité et en toute liberté. Voici ce qui est prévu pour assurer la transparence qui est gage de lutte contre la fraude. Je signale qu’indépendamment des groupes et groupements que j’ai cités, tout Ivoirien a la possibilité d’être présent là où il faut. D’ailleurs, ceux qui doivent se présenter aux audiences foraines, ce ne sont pas ceux qui ont déjà eu un papier et qui l’ont perdu. Ce ne sont pas ceux qui sont nés à l’étranger et qui n’ont pas eu de papier. Je rappelle qu’il s’agit de tous ceux qui sont nés sur le territoire ivoirien, étrangers ou pas. Les uns et les autres obtenant le jugement supplétif et plus tard, les uns obtenant le certificat de nationalité et les autres, les documents qu’il faut, les cartes de résident ou carte de séjour. Il faut donc assurer la sécurité, la transparence et l’équité de l’opération sous l’autorité de l’administration à travers les sous-préfets, les préfets et les magistrats.
A présent, comment allons-nous mener ce projet ? Ce projet est mené par le gouvernement, de la même manière qu’il mène tous ses projets de sortie de crise, avec la méthode que le Premier ministre a annoncée. Faite de concertation, d’écoute, de groupe de travail, d’essai. C’est pour cela qu’au mois de mai, nous avons fait la phase-pilote. Elle nous a permis de tester le mécanisme. Après, nous avons fait un atelier pour nous permettre de tirer les leçons. Je dois dire qu’avant la phase-pilote, une concertation aussi large que possible a eu lieu. La restitution des résultats a donné lieu à un atelier avec tous ceux qui souhaitent venir critiquer et échanger leurs observations avec les autres. Donc, la concertation a eu lieu. L’une des critiques que j’entends le plus, en ce moment, est qu’il n’y a pas eu de concertation. J’affirme que la concertation a eu lieu. Oui, on peut toujours dire qu’il n’y a pas eu suffisamment de concertation. J’admets qu’on peut toujours faire plus. D’autant plus j’apprends qu’il y a des confusions. Un certain nombre de nos concitoyens ne savent pas bien ce que veulent dire les audiences foraines. Je viens de les définir, j’espère, assez clairement. Mais peut-être, faut-il continuer. Je reste ouvert pour plus d’informations, plus de concertations. Il y a d’autres préoccupations, qui sont d’ordre technique. Par exemple, se rassurer qu’à chaque audience, une liste de requérants est établie qui se sont présentés devant le juge et que cette liste soit paraphée ou signée par tous les observateurs. Je suis tout à fait d’accord. J’accepte cela même si_ comme diraient les juristes qu’il s’agit d’une audience_ mais c’est un document qui rassure. Qui permet aux uns et aux autres de s’assurer que les sites ne sont pas variés d’un moment à l’a