Juillet 2006

SEMINAIRE REGIONAL DES FEMMES A DAKAR

Lundi 31 Juillet 2006

Un Séminaire régional regroupant les Femmes de l'ex Association de Femmes de l'Afrique de l'Ouest AFAO , s'est ouvert à Dakar en présence d'un Représentant du Chef de l'Etat S.E.Maître Abdoulaye WADE empêché , de Responsables de regroupements féminins nationaux et sous-régionaux , du système des Nations-Unies , de Chefs de Missions diplomatiques.
Le thème de cette rencontre est :

" LES FEMMES DANS L'ECONOMIE INFORMELLE ,
QUELS TYPES DE RENFORCEMENT DE CAPACITES ? "
S.E.Mme Fatimata TOURE SY a pris une part active à cette réunion.


INTERVIEW DU PRESIDENT AFFI N'GUESSAN PRESIDENT DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN PARTI AU POUVOIR

Lundi 31 Juillet 2006

Le Patriote : M. le Président, on s’interroge toujours de savoir comment une personnalité comme vous, qualifiée de ‘’Colombe’’ a pu devenir ‘’un faucon’’ ?
Pascal Affi N’ Guessan : je ne suis pas un faucon, mais je n’aime pas l’injustice, la duplicité, la malhonnêteté. Je veux être honnête envers moi-même. Je veux assumer les responsabilités qu’on me confie, qu’elles viennent des camarades ou des autorités, je veux les assumer honnêtement sans tricherie. Dans la situation actuelle, mon sentiment profond est qu’on nous mène en bateau.

LP : Qui vous mène en bateau ?
PAN : D’abord, nos frères qui sont aujourd’hui regroupés au sein du RHDP et qui soutiennent la rébellion. Ensuite, la communauté internationale avec l’ONUCI qui fait semblant d’ignorer les engagements que nous avons pris depuis Marcoussis. Personnellement, tout cela me révolte et je me dis qu’il y a un combat à mener. La rébellion devait désarmer depuis la formation du Gouvernement, en 2003. Je suis signataire de l’accord de Marcoussis. Je l’ai fait en toute honnêteté, en toute bonne foi, parce que j’étais préoccupé de ce que le pays retrouve rapidement la paix et son unité. Je considérais que c’était un grand drame que l’on parle de la Côte d’ Ivoire avec des rebelles, des combattants barbus, bardés de gris-gris, qui sont présentés à la télévision, sur les chaînes étrangères. J’avais mal au cœur qu’une telle image de la Côte d’Ivoire soit projetée au plan international. Un pays qui veut se moderniser, qui veut se démocratiser, qui veut apparaître comme une grande nation.
J’avais hâte que cette image cesse. Mon souhait était qu’on présente nos réalisations, un pays qui se développe, se modernise. Mais pas un pays de barbares. C’ est pourquoi j’ai estimé qu’il fallait faire tous les sacrifices pourvu qu’on mette fin à cela. On est malheureusement dans la quatrième année de cette crise et on nous tourne en bourrique. Je considère que trop c’est trop.

LP : En appelant vos partisans à boycotter “par tous les moyens” ces audiences foraines, croyez-vous donner une bonne image de la Côte d’Ivoire ?
PAN : Mais écoutez, le boycott est une forme d’action politique. Et ce qui se passe n’est pas lié au boycott. Puisque ces agressions ne se passent pas sur les lieux où se déroulent les audiences foraines. Que ce soient à Oumé, à Divo et même à Bassam, ce n’est pas le boycott qui est en jeu. C’est la répression organisée par le RHDP contre les militants du FPI parce qu’ils ont respecté notre mot d’ordre.

LP : Mais c’est bien vous qui avez appelé vos militants à user de tous les moyens ?
PAN : Cela ne justifie pas que des gens les agressent. A la limite nous aurions compris que les forces de l’ordre dispersent nos militants, mais nous ne pouvons pas tolérer que d’autres citoyens s’arment de kalachnikovs, de fusils, de machettes pour pourchasser nos militants. A quel titre ?

LP : A Divo et à Grand Bassam, les morts enregistrés sont pourtant du camp de vos adversaires RHDP ?
PAN : D’abord je ne sais pas l’identité de ces morts. Mais je sais qu’à Divo on a annoncé que c’était un militant du RHDP. Je ne sais pas dans quelles conditions il est mort. Ce dont je suis sûr, c’est que du côté des Patriotes et des militants du FPI, on a déploré 35 blessés graves par balles. Ils ont été blessés dans leurs quartiers, pas à la préfecture puisqu’il n y a pas eu d’audiences foraines. A la réunion, le préfet a déclaré que les audiences ne pouvaient pas se tenir. A partir de ce moment, chacun devrait rentrer chez lui. Pourquoi des gens vont s’armer de fusils pour pourchasser les militants du FPI dans les quartiers et pour tirer sur eux avec des flèches ? Pour quelle raison et de quel droit ?

LP : User de « tous les moyens » renvoie à quoi dans votre entendement ?
PAN : A Divo, de quels moyens nos militants on t-ils usé pour qu’on tire sur eux ? Quel est le militant du RHDP qui a été agressé ? Et par qui ? Pourquoi prendre des fusils pour tirer sur les militants du FPI ? Le problème n’est pas de savoir qu’un leader politique a lancé un mot d’ordre. Ce n’est pas parce que moi j’ai lancé un mot d’ordre de boycott que le militant RHDP est fondé dans n’importe quelle localité à prendre un fusil et à tirer sur tout militant du FPI qui passe. Alors qu’il n’a rien fait, alors qu’il est assis tranquillement chez lui devant sa maison. Pour quelle raison ?

LP : Qu’est ce qui vous fonde à affirmer qu’en face de vos militants, il y avait des gens armés, puisqu’il y a eu des blessés de part et d’autre ?
PAN : Sur les 35 blessés, 28 le sont par balles. Un blessé par flèche et 6 par coups de machette.

LP : vos adversaires ont dit pareil. Le jeune Coulibaly Abdoulaye a été tué par balles à Divo.
PAN : Oui, mais une balle tirée par qui ? Ce qu’on sait, c’est que les militants du FPI, dans le quartier Bada, ont vu arriver ceux du RHDP chargés dans des camions bennes, armés de fusils et qui tiraient sur nos militants aux mains nues. Comme dans un film western. Comme dans une ville sans loi.

LP : D’où détenez-vous ces informations. D’un rapport de police, des autorités ou bien de vos militants ?
PAN : Les gens ont vécu l’événement. Prenez par exemple « Notre Voie » d’aujourd’hui (ndlr : jeudi). Le journaliste a relaté les faits et ces faits concordent avec la réalité. D’ici, nous suivions les événements et nous savons que c’est ainsi qu’ils se sont déroulés.

LP : Mais c’est bien vous le déclencheur de tout cela. N’est-ce pas la conséquence de l’usage du « tous les moyens » que vous avez préconisé ?
PAN : Je ne voudrais pas qu’on spécule. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit, mais parlons des faits. Les faits sont têtus. A Oumé, c’est la résidence de notre Secrétaire général de Fédération qui est assiégée. De quel droit et pour quelle raison ? A Dimbokro, c’est la résidence de notre Directeur départemental de campagne qui est attaquée. Tout est saccagé. A Bassam, c’est le siège du Conseil Général qui se trouve à plusieurs kilomètres du lieu choisi pour les audiences foraines qui est pris d’assaut. Il y a eu des véhicules incendiés. Il ne faut pas se comporter comme si l’on était dans une jungle.

LP : L’opposition soutient n’avoir réagi qu’à l’action de vos partisans ?
PAN : A quelle action ? Le Conseil général qui a été attaqué n’avait rien à voir avec les audiences foraines. Les membres du Conseil général étaient en pleine réunion lorsque les jeunes assaillants sont arrivés. Quand on leur a demandé ce qui se passait, ils ont répondu qu’ils étaient à la recherche des « jeunes patriotes ». Le président du Conseil est lui-même sorti pour dire qu’il n’ y avait pas de patriotes. Mais pourquoi diantre, des personnes se permettraient de pourchasser des patriotes dans ce pays.

LP : Les opposants ont été attaqués par des « jeunes patriotes » convoyés d’Abidjan par autobus pour aller à Bassam perturber les audiences foraines. Vous ne l’ignorez tout de même pas, M. le président ?
PAN : Et même si c’était le cas, il n’appartient pas au citoyen d’effectuer une justice expéditive. Vous voyez des gens, parce qu’ils ressemblent à des patriotes il faut les abattre. C’est quel comportement ça ? Je suppose que le RHDP est un parti politique et que les militants ont au moins un minimum de formation politique. Qu’ils soient respectueux des droits de l’Homme. Pourquoi se comportent-ils comme cela, comme des sauvages ?

LP : Vous êtes durs avec vos adversaires, Monsieur le Président
PAN : C’est un comportement de sauvage que de prendre des fusils et de commencer à tirer sur des individus. Ou bien veulent-ils par cette occasion créer une insurrection ? A supposer que les autres aussi se dotent de fusils et qu’ils se mettent à riposter, c’est la guerre civile.

LP : Entre des citoyens qui répondent à l’appel d’un gouvernement dont votre parti est membre et d’autres qui appellent au boycott par tous les moyens de l’action de ce gouvernement, dans quel camp se trouve l’incivisme ?
PAN : Le boycott est une forme de manifestation républicaine. Vous n’avez jamais vu à la télévision les mouvements alter mondialistes, les mouvements comme Green Peace (ONG de défense de l’Environnement, Ndlr), certains qui s’enchaînent à des portails pour empêcher l’accès à un service public ? Quand je dis « par tous les moyens», si les gens utilisent des moyens qui sont illégaux, ils tombent sur le coup de la loi. Et on applique la loi. On a décidé de défendre un droit, d’empêcher quelque chose et il appartient à l’Etat de veiller à cela. Que des individus s’arment et veuillent faire justice à la place de l’Etat, c’est autre chose.
De quel droit peuvent t-ils prendre des fusils pour aller se rendre justice ? Ecoutez, nous sommes dans un Etat organisé. D’autant plus que ceux mêmes qui tirent n’ont pas été agressés. Si d’aventure ils avaient été attaqués on pourrait parler de légitime défense. Mais sans même avoir été touchés, ils s’arment de fusils, de machettes, de flèches et ils parcourent la ville à la recherche d’individus à abattre.

LP : N’est-ce des accusations fantaisistes ? De l’autre côté, on dit également la même chose ?
PAN : Bien évidemment, après l’acte qu’ils ont commis, il est bien commode de trouver un bouc émissaire. Et de masquer sa propre responsabilité. En parlant de mot d’ordre. Mais pensez-vous que par ce que quelqu’un a lancé un mot d’ordre, vous êtes fondés à aller tuer ? Et à vous cacher derrière ses propos pour dire non c’est parce qu’il a dit ça ou ça que moi je tue ? Devant quel tribunal vous allez produire une telle argumentation et qui puisse tenir debout ? Dans un Etat qui se veut de droit, chacun doit être respectueux de la loi. J’ai lancé certes un mot d’ordre de boycott, par tous les moyens, des audiences foraines. Si certains de nos militants utilisent des moyens illégaux, ils tombent sous le coup de la loi. Les autorités doivent appliquer la loi. S’ils n’utilisent pas des moyens illégaux, personne n’est fondé à interpréter à sa façon ce slogan pour dire « comme Affi a dit par tous les moyens, donc nous allons les tuer ».

LP : Donc, vous accusez l’opposition d’être allée chercher vos militants qui dormaient tranquillement chez eux pour les blesser, les tuer ?
PAN : Ils n’ont même pas besoin de dormir. S’ils sont en ville, qu’ils ne posent aucun acte d’agression contre un citoyen et même s’ils sont en train de poser des actes contre des édifices publics, il n’appartient pas au citoyen de se faire justice. Ils peuvent les mettre tout au plus à la disposition de la justice mais ils ne sont pas fondés à aller prendre des couteaux, des flèches, des armes pour tirer sur des individus. Ça ne relève pas d’un comportement civilisé.
LP : Vous nous donnez plutôt l’impression d’avoir été dépassés par les événements.
PAN : C’est peut être le RHDP qui a été dépassé par les évènements. Et qui face à son impuissance fait preuve d’excès. C’est un comportement qui est caractéristique du RHDP ; s’il n’avait pas cette tendance, il ne se serait pas rendu favorable à la rébellion. C’est la négation du droit, le non respect des droits de l’Homme. Il faut condamner ces pratiques surtout qu’à Divo, à Oumé, nos camarades pour manifester ont d’abord usé de la parole. A Oumé, comme à Divo, nos camarades ont dit aux autorités préfectorales que les conditions n’étaient pas réunies pour ces audiences foraines. Cela a suffit pour que les préfets par précaution décident de surseoir à cette opération.
La parole a été le premier moyen utilisé par nos militants et ce moyen a produit les résultats que nous attendions. Pour nous, ce qui était important, c’est que ces audiences foraines ne se tiennent pas.
Le mot d’ordre de boycott n’est pas un mot d’ordre d’agression contre un individu. Mais il s’agit d’empêcher la tenue des audiences foraines. Donc si en parlant (et c’est ce que nous avons fait dans toutes les villes), on peut suspendre ces audiences, on a atteint nos objectifs.
Mais c’était mal connaître les militants RHDP. Mais si vous n’êtes pas contents de ce que les autorités aient pris une décision, c’est bien à ces autorités qu’il faut s’en prendre. Ils avaient le droit d’aller manifester devant la préfecture. Ils n’avaient aucunement le droit de pourchasser nos militants.

LP : Regrettez-vous, avec un peu plus de recul, avoir lancé ce mot d’ordre ?
PAN : Pas du tout, nous l’assumons pleinement, et il reste toujours en vigueur.

LP : N’avez-vous pas le profil bas quand on sait qu’une certaine jeunesse proche de vous a appelé à l’apaisement ?
LP : L’apaisement, c’est ce à quoi nous même nous appelons et c’est pourquoi je me suis personnellement rendu à Daoukro pour dire au Président Bédié que les militants du RHDP sont mal fondés à nous agresser. Par ce que nous n’avons pas affaire au RHDP. Nous n’avons aucun problème avec le RHDP. Notre problème, c’est la réunification du pays, c’est l’organisation des audiences foraines transparentes et nous ne comprenons pas pourquoi nous sommes agressés par l’opposition. Nous ne voulons pas que les audiences foraines se tiennent. C’est l’administration qui doit les organiser. C’est vers l’administration que nous nous sommes rendus pour lui dire de surseoir à l’opération parce que les conditions ne sont pas réunies. Si eux ils estiment que les conditions sont réunies et qu’ils veulent qu’elles se tiennent, qu’ils aillent voir les autorités. Pourquoi viennent-ils nous agresser ?

LP : Parlant de conditions, sur quoi alors se sont fondamentalement fondés Annan, Mbeki, le Président Gbagbo et les différents acteurs pour dire que les audiences foraines devraient avoir débuté au plus tard le 15 Juillet ?
PAN : Je ne sais pas sur quoi ils se sont basés, mais cela suppose au moins que le pays soit réunifié. Je ne vois pas comment on peut faire des audiences foraines dans un pays qui n’est pas réunifié. Et surtout dans des zones inaccessibles.

LP : Vous remettez donc en cause un engagement pris par le Président Gbagbo ?
PAN : Ce n’est pas une question de remise en cause d’un engagement, mais de conditions préalables. Si on dit que les audiences foraines doivent se dérouler le 15 à Korhogo, faut qu’à ce moment les populations déplacées de Korhogo puissent y avoir accès, que les partis politiques puissent y être présents, que l’administration y soit redéployée. En fixant la date du 15, on suppose que toutes ces conditions sont réunies.

LP : En dix jours, était-il possible de réunir toutes les conditions ?

PAN : Il faut poser la question à ceux qui ont fixé la date d’autant plus qu’ils ont en charge la conduite des affaires de l’Etat. Mais si d’aventure ils se rendent compte qu’au terme indiqué les conditions ne sont pas réunies, ils peuvent prendre leurs responsabilités. Mais ils ne peuvent pas dire par ce qu’on a fixé le 15, nous démarrons même si aucune des conditions n’est remplie.

LP : En définitive, c’est le clan présidentiel qui ne veut pas des élections
PAN : Ce sont ceux qui créent la pagaille qui ne veulent pas de ces élections. Ceux qui programment des choses impossibles et qui suscitent par ces programmations les troubles. Ce sont ceux-là. Un responsable politique a l’obligation et le devoir de réussir ses actions. Et si les actes qu’il pose suscitent des troubles, il ne peut pas chercher de bouc émissaire. Qu’il soit responsable et qu’il comprenne qu’il travaille mal. Quelque soit ce qu’il va dire, sa responsabilité est incontournable. Un autre responsable dans ce cas aurait pu conduire sa mission sans trouble. Donc, c’est facile de dire que ceux qui réagissent sont les responsables. C’est une façon de se dérober, de fuir leurs responsabilités.

LP : Qu’est-ce qui vous empêche de vous rendre aujourd’hui à Bouaké et au delà ?
PAN : Parce qu’il y a des rebelles armés. Et des rebelles armés qui, le 19 septembre ont tué un de mes amis. Et qui jusque là refusent de désarmer. Or en matière de vie humaine, on ne fait pas d’essai. Quand vous le faites, c’est à vos risques et périls.

LP : Beaucoup d’évènements se sont déroulés à Bouaké : un Conseil de gouvernement, la visite de Mbeki et même des ministres comme Amani Michel de votre parti qui vont et reviennent
PAN : Mais le ministre Amani n’est pas Affi N’Guessan, Président du FPI. Et puis ça, ce sont des cas particuliers. Nous l’avons expliqué au Représentant de l’Union Européenne. Nous lui avons dit ceci : même si 90 % des Ivoiriens peuvent circuler librement et que 10 % seulement sont interdits dans une partie du pays, cela est un fait grave.

LP : Le porte-parole des Forces Nouvelles, Konaté Sidiki vous a pourtant invité à Bouaké?
PAN : Je n’ai pas reçu d’invitation de sa part.

LP : Et s’il vous adressait une lettre d’invitation officielle, seriez vous prêt à vous y rendre ?
PAN : S’il m’invite et s’il me donne sa parole, je vais y aller.

LP : Autrement dit, vous reconnaissez qu’il est une autorité locale ?
PAN : Il y a une autorité qui est illégale. Qui occupe illégalement une partie du territoire mais que nous voulons amener à rentrer dans la légalité. Le premier acte majeur que doit poser cette autorité est qu’elle accepte de cesser l’exercice de l’autorité sur ces zones pour que l’Etat s’installe. Je le disais à l’Union Européenne que tous, nous savons que les rebelles ne seront pas dissous dans de l’acide. Ils sont rebelles aujourd’hui et nous espérons qu’ils seront des républicains demain. Notre objectif est qu’on fasse cette transition mais il faut qu’elle se réalise et il faut que les rebelles donnent des gages. Malheureusement, Konaté Sidiki continue de parler de « nos zones », et de dire que « celui qui vient ici doit pouvoir tenir sa langue ; vous comprenez que ce ne sont pas des signes qui montrent que la rébellion est dans une logique de désengagement. Ça veut dire que la rébellion considère qu’elle est encore propriétaire de ces zones et qu’elle n’a pas l’intention de les lâcher.

LP : En RDC la rébellion n’a pas encore totalement désarmé, mais les élections vont se tenir dans quelques jours (Ndlr l’interview a été faite le vendredi dernier). Ne pensez-vous pas que juste pour sortir de cette situation, on pourrait essayer ce schéma ?
PAN : La RDC n’est pas la Côte d’Ivoire. Le MPCI, les Forces Nouvelles, ce n’est pas la rébellion congolaise. Ce sont deux réalités totalement différentes. Et dans tous les cas, vous voyez comment les élections se déroulent en RDC. Ce ne sont pas des modèles à copier. Il n’est pas dit que ces élections vont permettre véritablement à la RDC de sortir de la crise et d’instaurer une paix durable. Or nous, nous souhaitons qu’on sorte de la crise. Qu’on n’ait pas la paix que nous connaissons en Irak où il y a eu des élections mais où la situation est pire qu’avant les élections.

LP : Gbagbo a dit, à Marcoussis, qu’on ne sortait pas d’une guerre comme on sortirait d’un dîner gala. Votre parti donne le sentiment d’être dans une situation normale.
PAN : Mais non ! La preuve est que nous avons fait de nombreuses concessions. Vous connaissez l’histoire de nos concessions, donc je me garderais de les citer. Il faut quand même qu’on sorte de la crise. Le désarmement est devenu aujourd’hui incontournable. Et nous sommes devant la porte du désarmement. Si véritablement on veut du bien pour ce pays, la seule chose à faire, c’est le désarmement. Malheureusement on veut abandonner le chemin le plus simple, le plus court, le plus pratique, pour emprunter un chemin qui va compliquer les chose. On veut passer par la fenêtre pour aller faire dans la maison des choses qu’on aurait mieux faites en passant par la porte grande ouverte.

LP : Les Forces Nouvelles disent avoir pris les armes pour réclamer leur citoyenneté. Ce n’est pas encore fait. Comment voulez-vous qu’ils déposent les armes ?
PAN : Comment voulez-vous qu’on offre une citoyenneté sous la menace des armes. Quelle valeur cela représente d’extorquer la citoyenneté. Non ! Dans la situation actuelle, il y a deux voies : soit on fait la guerre et celui qui gagne impose sa loi même la plus injuste. On peut aussi faire la paix et dire qu’on règle les problèmes de façon consensuelle, de façon patriotique. Marcoussis a fait un choix clair et ce n’est pas par hasard si l’on a parlé de gouvernement de réconciliation nationale. Avons-nous atteint aujourd’hui cet objectif?

LP : Le Général Mangou qui est le CEMA des Fanci va à Bouaké, il discute avec ses frères d’armes, ennemis hier. On sent un minimum de confiance entre eux mais pourquoi vous les hommes politiques et particulièrement vous qui êtes au pouvoir vous ne voulez pas partir sur cette base de confiance ?
PAN : Justement moi je veux partir sur cette base de confiance et j’attends des signes forts. Le premier est que les Forces Nouvelles décident de désarmer et qu’ils permettent l’ouverture du pays afin que la libre circulation soit restaurée.

LP : Ils se sont déjà pré-régroupés ?
PAN : Mais s’ils sont pré-régroupés et que le pays est libéré qu’ils nous disent qu’on peut venir. A Guiglo, nous avons tous vu le désarmement des milices. Avez-vous vu une fois les Forces Nouvelles dans leur pré-régroupement ? Les avez-vous entendu dire qu’ils sont en train de libérer le pays pour permettre à l’Etat de se redéployer ? Au contraire, on nous dit que celui qui ne sait pas parler ne peut pas mettre les pieds au Nord. Ce n’est pas avec cela qu’on instaure la confiance.

LP : Avez-vous une fois parlé avec Guillaume Soro et que vous êtes vous dites ?
PAN : ça fait deux ans que j’ai demandé à Soro Guillaume de faire en sorte que je vienne à Bouaké. Je l’ai rencontré ici à Abidjan et on en a parlé. J’en ai discuté avec Dakoury. En tant que signataires des accords de Marcoussis, j’avais intérêt à ce que rapidement cet accord nous mène à la paix. Ça aurait été la preuve que je ne m’étais pas trompé. Et l’une des raisons de ma radicalisation aujourd’hui est liée à cela.

LP : Marcoussis, ce n’était pas uniquement le désarmement. C’était aussi l’identification, le Code de la nationalité.
PAN : Bien sur c’était un ensemble de choses mais notamment une autre chose : le désarmement des rebelles dès la formation du gouvernement. Et pour moi signataire, c’est la seule chose que j’attendais. C’est par ce que j’attendais que ce désarmement soit effectif que j’ai fais ce sacrifice de quitter la Primature.

LP : Mais M. Gbagbo n’a pas donné tous les gages après Marcoussis ?
PAN : nous sommes des entités à avoir signé. Des personnes n’ont jamais signé cet accord. Il faut que chacun assume sa part. Moi, je ne revendique pas le retour au poste de Premier ministre, quand bien même les rebelles n’ont pas désarmé.

LP : Mais vous avez été pratiquement désavoués par votre parti, après la signature de cet accord ?
PAN : Le parti n’a fait aucune déclaration dans ce sens, à ce que je sache.

LP : Les jeunes de votre parti ont violemment manifesté ici à Abidjan quand même ?

PAN : Les jeunes, ce sont les jeunes. Tous ceux qui sont dans les rues ne sont pas forcement des militants du FPI. Et même s’ils sont des militants, ils sont avant tout des citoyens libres. Le parti, en tant qu’organisation, a assumé.

LP : Tous ces textes de reforme ont été dénaturés par vos députés à l’Assemblée Nationale ?
PAN : Les députés ont assumé. Par ce que ce qu’il faut savoir, c’est que Marcoussis a, en ce qui concerne les actions législatives, indiqué des reformes en engager mais n’a pas rédigé des textes de loi.

LP : Les textes avaient tout de même un esprit que vous n’avez jamais respecté ?
PAN : Vous savez qu’en terme d’esprit chacun peut faire l’interprétation qu’il a. Ces textes, vous le savez, ont été écrits par des fonctionnaires de la Primature. Ils n’étaient pas là bas. Ils ont donc écrit ces textes selon leur esprit. Pourquoi voulez-vous donc qu’on les avalise sans amendement tout simplement par ce que ça vient de la primature. Nous disons non. Les discuter est conforme à l’esprit de Marcoussis. Par ce que l’esprit de Marcoussis, c’est l’esprit de la réconciliation, c’est l’esprit de la démocratie. En reconnaissant qu’il faut conserver les institutions, c’est reconnaître qu’il faut régler nos problèmes par le débat démocratique et républicain.

LP : Il y a blocage et récemment M. Annan, sans vous avoir cité, a interpellé votre parti politique. N’avez-vous pas peur d’être sanctionné ?
PAN : Non ! Parce que moi je ne me reproche absolument rien.

LP : l’ONU vous accuse d’avoir appelé à la violence ?
PAN : j’aime toujours être en phase avec ma conscience. Et quand je m’engage dans une action, ce n’est pas en trichant. C’est en étant conscient des risques que cela comporte mais en étant aussi convaincu que quelque soit les risques, quelque soit les conséquences c’est une action qui mérite d’être menée. Aujourd’hui, je ne peux pas du tout être président du FPI et assister sans réagir à ce qui se passe, à ce que le Premier Ministre organise. Ce serait la plus grande trahison vis-à-vis de moi-même et c’est pourquoi moi je prends tous les risques. Il faut que Banny arrête ce qu’il est en train de faire. Ce n’est pas du tout digne de la Côte d’Ivoire.
LP : En tout cas, il semble sur sa lancée. La communauté internationale le soutient
PAN : S’il n’arrête pas, nous aussi nous n’arrêterons pas.

LP : Au risque de comptabiliser de nouveaux morts ?
PAN : Moi mon objectif n’est pas d’aller aux morts mais d’empêcher la tenue des audiences foraines. Maintenant, ceux qui veulent aider le premier ministre à faire passer la pilule ou ceux qui veulent profiter de cela pour assassiner les militants du FPI, c’est leurs responsabilités, Mais nous, nous ne saurions rester longtemps impassibles face à l’assassinat massif de nos militants. Et c’est pour cela que nous pensons qu’il y a des personnes raisonnables dans ce pays pour appeler le Premier ministre à faire preuve de courage politique et de responsabilité. Il ne faut pas qu’il croit que la fuite en avant lui permettra de faire passer la pilule

LP : Le Premier Ministre a dit qu’il restait ouvert aux discussions
PAN : C’est lui qui est le Premier ministre. C’est à lui de nous appeler à la discussion, ce n’est pas aux partis politiques de forcer sa porte.

LP : N’est-il pas possible de continuer les audiences foraines tout en discutant ?
PAN : Mais si c’est pour régler les problèmes, pourquoi ne pas s’arrêter, se mettre d’accord et continuer ensuite.

Charles Sanga,
Kigbafory Inza et
Baba Coulibaly Nicolas


AUDIENCES FORAINES EN COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN

Vendredi 28 Juillet 2006

Déclaration du Front populaire ivoirien sur
le déroulement des audiences foraines version Banny

Déclaration

Le mercredi 26 Juillet 2006, le Comité Central du FPI s’est réuni en session extraordinaire élargie aux organes de direction et de base en vue de faire le point de la lutte pour la tenue des audiences foraines transparentes et crédibles.

Le mercredi 26 Juillet 2006, le Comité Central du FPI s’est réuni en session extraordinaire élargie aux organes de direction et de base en vue de faire le point de la lutte pour la tenue des audiences foraines transparentes et crédibles. Au terme de cette importante rencontre,

La direction du FPI

note que dans les zones occupées par les rebelles, aucun Préfet, ni Sous-préfet n’est présent sur les 19 sites ; les opérations sont conduites sous l’autorité administrative des responsables politiques du Rdr assistés au plan militaire des combattants de la rébellion ; l’équipe des audiences foraines est prise en charge par le Rdr (Sakassou) ; les actes administratifs (jugement supplétif et certificat de nationalité) sont établis sans la comparution des requérants, mais à partir de cahiers de recensement de militants et sympathisants opérés par les responsables locaux du Rdr ; des militants du Rdr sont cooptés comme commis aux écritures pour accélérer le processus de délivrance massive de certificats de nationalité en remplissant à la main des imprimés avec « sticker»; il n’y a ni jour réservé ni distinction entre Ivoiriens et étrangers; des mouvements de populations (des dizaines de cars) du Burkina Faso (Banfora, Bobodioulasso) et de la Guinée (N’Zérékoré) en direction des villes de Bouaké, Korhogo, Odienné, Bouna pour se faire établir sans frais et frauduleusement des pièces d’état civil ivoiriennes… Au total, il n’y a pas d’audience au sens juridique du terme (jugement) mais l’organisation d’une vaste opération de bradage de la nationalité Ivoirienne.

En revanche, en zone gouvernementale le boycott est effectif dans la quasi-totalité des localités (90%).

Toutefois, depuis le dimanche 23 juillet, les militants et Patriotes aux mains nues sont l’objet de violentes et graves agressions qui se sont soldées par de nombreux blessés et des pertes en vies humaines à Oumé, Divo et Grand-Bassam notamment, des bandes armées de fusils (Kalachnikov et calibre 12, de flèches, de coupe-coupe et de gourdins) ont pris d’assaut les résidences des responsables politiques locaux du FPI qu’ils ont saccagés Oumé, Dimbokro, Bassam); es dizaines de véhicules du Conseil Général de Grand-Bassam ont été détruits dans l’enceinte même du Conseil Général.

Plus de 35 blessés graves à Divo; 12 à Oumé; 2 morts à Bassam; 2 morts à Divo.

Cette furie meurtrière des militants du RHDP s’explique difficilement; d’autant que dans ces villes, les autorités administratives ont décidé de surseoir à l’organisation des Audiences Foraines par mesure de prudence. Aucun acte d’agression n’a donc été posé pour un quelconque militant du FPI contre qui que ce soit.

Le Front Populaire Ivoirien (FPI):

- condamne avec la dernière énergie les violences gratuites et graves commanditées par les responsables du RHDP contre les Patriotes et ses militants ;

- félicite ses militants, les Patriotes et tous les démocrates pour l’engagement en faveur de la transparence et de la crédibilité des audiences foraines ;

- s’incline avec respect sur les dépouilles des victimes tombées sur le front du respect de la légalité, de la souveraineté et des accords de paix et exprime ses vives condoléances aux familles éplorées;

- souhaite un prompt rétablissement à tous les blessés ;

- lance un appel aux formations politiques composant le RHDP afin qu’elles respectent son droit à contester une décision (verbale, équivoque) et avertit qu’il ne restera pas sans réaction ;

- prend acte de l’engagement pris par les jeunes du CNRD et du RHDP de sortir de la logique de l’escalade de la violence et les encourage à le respecter ;

- se réjouit des assurances données au corps préfectoral par M. le Premier Ministre en vue d’un prochain redéploiement ;

- rappelle les conditions minimales à réunir en vue de la reprise des audiences foraines :

a) Annoncer officiellement l’arrêt de l’opération ;

b) prendre un texte précisant l’organisation, et les modalités de déroulement des audiences foraines nationales

- la période des audiences foraines;

- les structures chargées du pilotage national, de l’organisation au niveau départemental et sous-préfectoral … la place des partis politiques;

- le déroulement des audiences;

le statut des témoins;

- le contrôle; le règlement des contentieux; etc.

c) réaliser le désarmement et s’assurer de son effectivité

d) restaurer l’autorité de l’Etat dans les zones assiégées rétablir la libre circulation des personnes et des biens

f) assurer une large information sur les audiences foraines

en direction des populations, des autorités administratives et judiciaires, des acteurs politiques, des ONG, etc., pour lever tout obstacle psychologique à la réussite de l’opération (émission télé et radio, affichage, presse écrite, réunion, etc.)

g) mettre en place les structures locales de supervision de l’Identification (CNSI)

- Garantir le contrôle par tous, des opérations.

faire prendre par le Président de la République le décret d’affectation des magistrats, des Préfets, Sous-préfets et Secrétaires Généraux de Préfecture;

- se félicite des échanges que le Président AFFI a eus, le 27 juillet, à Daoukro avec le Président Bédié sur la nécessité d’organiser des audiences foraines transparentes et crédibles.

- Invite M. le Premier Ministre à organiser une table ronde des acteurs du processus pour une solution consensuelle afin de mettre un terme à la violence.

En attendant, réaffirme que le mot d’ordre de boycott reste en vigueur.

- Demande en conséquence à ses militants et aux cadres du Parti de rester mobilisés pour appliquer avec rigueur et détermination le mot d’ordre.

Fait à Abidjan le 27 Juillet 2006
Le Président. PASCAL AFFI N’GUESSAN


COTE D'IVOIRE / DROITS DE L'HOMME / RAPPORT DE L'ONUCI

Vendredi 28 Juillet 2006

Le chef de la Division des Droits de l’Homme de l’Onuci (opération des Nations unies en Côte d’Ivoire), Simon Munzu, a présenté officiellement, hier, à Abidjan au siège de ladite institution internationale, le 5ème rapport sur la situation des Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire. Ce rapport couvre les mois de janvier, février, mars et avril 2006.

Résumé exécutif

Le présent rapport décrit les atteintes aux Droits de l’homme commises par des éléments de Forces de défense et de sécurité (Fds), des milices et des groupes proches du camp présidentiel ainsi que par ceux des Forces nouvelles (FN) et des ‘’dozos’’, (chasseurs traditionnels) proches des Forces nouvelles. D’autres violations comme le racket, la confiscation des biens de la population civile, l’extorsion, les rafles, de brèves arrestations arbitraires suivies d’extorsion sont devenues des faits courants.

La situation générale pendant la période en revue a continué à être autant tendue que fragile, nonobstant la constitution du gouvernement inclusif le 28 décembre 2005 et des progrès encourageants enregistrés depuis lors, notamment la rencontre entre les principaux leaders de la scène politique ivoirienne à Yamoussoukro, le retour de M. Guillaume Soro, secrétaire général des Forces nouvelles, au sein du gouvernement et la reconnaissance du bureau élu de la commission électorale indépendante.

Dans la partie du territoire national sous contrôle gouvernemental, la première quinzaine du mois de janvier a été émaillée d’évènements violents. La décision du Groupe international du Travail indiquant que le mandat de l’Assemblée nationale arrivé à terme le 16 décembre 2005, n’avait pas à être prorogé, a été jugée comme une atteinte à la souveraineté de la Côte d’Ivoire par certains Ivoiriens qui sont immédiatement passés à des manifestations violentes à Abidjan et dans d’autres villes du pays, notamment à San-Pedro, Daloa et Guiglo. Les manifestants, galvanisés par la rhétorique nationaliste de leaders ‘’patriotiques’’, ont érigé et maintenu des barricades et barrages et brûlé des pneus dans les rues. Ils ont ensuite investi et attaqué des symboles des Nations Unies et de la France. Des membres de la ‘’galaxie patriotique’’, encouragés par l’inaction des Forces de défense et de sécurité (Fds), se sont aussi attaqués au personnel et aux biens de l’Onuci ainsi qu’aux biens et sièges des organisations humanitaires, principalement à l’Ouest. C’est dans ces conditions que les Nations Unies ont décidé de relocaliser leur personnel non essentiel à Banjul, en Gambie, pendant un mois.

Les évènements susmentionnés, les attaques armées intervenues dès le 2 janvier contre la caserne principale d’Akouédo et les conflits interethniques à l’ouest du pays ont favorisé des atteintes aux droits de l’homme allant d’exécutions sommaires, torture et mauvais traitements et des arrestations arbitraires aux atteintes à la liberté d’opinion et d’expression. Ces violations des droits de l’homme ont été perpétrées notamment par des éléments des Fds, des milices pro-gouvernementales ainsi que des membres de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci).

De nombreuses personnes, dont la plupart sont des immigrés de l’Afrique de l’Ouest et des Ivoiriens originaires de la partie nord du pays, ont été harcelées, intimidées ou arrêtées arbitrairement. Dans le cadre des opérations policières, des personnes soupçonnées d’être des bandits ou des voleurs armés ont été sommairement exécutées par des éléments des Fds affirmant avoir agi par légitime défense ou en prévision d’une attaque certaine et imminente. D’autres personnes, traitées de ‘’rebelles’’ ou prises pour tels, ont été arbitrairement arrêtées et détenues. L’on a aussi noté de nombreux cas d’extorsion et autres abus.

Dans la partie nord du pays contrôlée par les Forces nouvelles

Toute la période en revue a été marquée encore une fois par de nombreuses violations des droits de l’Homme, parmi lesquelles des atteintes au droit à la vie (exécutions sommaires et extrajudiciaires) et à l’intégrité physique des personnes, aux droits de la femme et de l’enfant, au droit à la propriété, ou encore des violations des droits liés à l’administration de la justice. Le vol et l’extorsion, quelquefois d’importantes sommes d’argent, commis contre les populations civiles et des transporteurs, demeurent les violations des droits de l’homme les plus commises par des éléments des Forces nouvelles. Des paysans ont indiqué à l’Onuci avoir été régulièrement forcés de payer des taxes sur simple présentation d’une lettre signée par un commandant local.

Toutes ces violations constatées au nord du pays continuent d’être commises dans une partie du territoire national où il n’existe pas de système judiciaire qui puisse assurer des garanties juridictionnelles. Les arrestations et détentions, libérations, ‘’condamnations’’ et ‘’acquittements’’ des personnes se font sans le contrôle d’un organe judiciaire. En effet, dans cette zone, dès l’enquête préliminaire, la personne interpellée peut être mise en état de détention dès lors que le commissaire ou le préfet de police estime qu’il y a des charges pesant sur elle. Ce système étant dénué de base légale, les détentions, les sentences ou les jugements rendus n’ont pas de fondement juridique. Dans ces conditions, l’on déplore de nombreux cas d’abus de pouvoir de la part de certains chefs militaires qui décident à la fois de l’arrestation, de la détention et du jugement.

Par ailleurs, en dépit de la libération de certaines personnes, d’autres plus nombreuses, arrêtées pour infiltration ou intelligence avec le régime de M. Gbagbo ou pour sympathie avec Ibrahima Coulibaly, dit IB, un rival du secrétaire général, Guillaume Soro au sein des Forces nouvelles, continuent d’être maintenues en détention prolongée et sans aucune possibilité d’être jugé en raison de l’absence d’une administration judiciaire dans cette partie du territoire.

Certains de ces abus ont été commis dans le cadre des mesures prises en rapport aux évènements survenus dans la partie sous contrôle gouvernemental. En effet, les manifestations contre les Nations Unies du 15 au 19 janvier 2006 à Abidjan et les déclarations des leaders de la ‘’galaxie patriotique’’ appelant au désarmement forcé des FN ont amené ces dernières à prendre des mesures sécuritaires particulières à Bouaké, Korhogo, Danané et Man. Le 18 janvier, des coups de feu ont été entendus au centre-ville de Bouaké et des mouvements de troupes ont été signalés, notamment en direction de la zone de confiance. De même, les barrages ont été renforcés et des patrouilles nocturnes ont été effectuées pendant cette période. A Korhogo, le commandant Martin Fofié Kouakou a interdit l’organisation de toute manifestation dans la zone placée sous son commandement. En outre, il a demandé à tous ceux qui détiennent des armes, en dehors des éléments des forces armées des Forces nouvelles (Fafn), de les déposer auprès des chefs traditionnels.

Toutefois, il convient de souligner que de nombreux enfants et jeunes ont pu participer aux examens scolaires de fin d’année, lesquels n’avaient plus été organisés depuis le déclenchement de la crise en septembre 2002. Par ailleurs, l’université de Bouaké a été rouverte, même si certains bâtiments demeurent totalement délabrés.

Enfin, la partie nord du pays a continué à être confrontée au problème d’accès à l’eau potable, notamment à Korhogo, Boundiali, Tengrela, Ferkessédougou, Odienné et Bouna.

Quant à la liberté de la presse, la Radio télévision ivoirienne (Rti) a été mise à rude épreuve par les actions violentes de ‘’jeunes patriotes’’. Ces derniers ont, lors des évènements de janvier 2006, attaqué les installations de la Rti, où ils ont menacé et agressé les journalistes dans l’exercice de leurs fonctions. D’autres journalistes ont été molestés à Yopougon. Une radio locale privée a été saccagée à Daloa. A Bouaké, les FN ont continué à résister à la diffusion intégrale des programmes de la télévision et de la radio nationale, sur l’ensemble des zones sous leur contrôle. Les difficultés liées à la libre circulation, voire la non-circulation, de la presse écrite dans la partie Nord de la Côte d’Ivoire s’y sont ajoutées. A cet égard, les organes nationaux de régulation des médias ont non seulement dénoncé ces faits, mais aussi pris des mesures disciplinaires. En effet, l’Observatoire de la Liberté de la presse de l’éthique et de la déontologie (Olped) a diffusé 14 communiqués pendant la période en revue dénonçant des manquements au code de déontologie du journaliste professionnel en Côte d’Ivoire. Le Conseil national de la presse (Cnp) a, quant à lui, infligé régulièrement des blâmes aux journaux pour stigmatiser ces manquements. En dépit des mesures ainsi prises par des organes de régulation, le ton des journaux est restée violent ; des articles y apparaissant sont restés virulents.

Enfin, la situation particulière des femmes et des enfants a continué à être affectée par la persistance des pratiques culturelles néfastes ainsi que des violences entraînant des atteintes à l’intégrité physique ou au droit à la vie. Par ailleurs, la recrudescence des viols et abus sexuels sur mineures, l’existence sur le territoire ivoirien des réseaux nigérians, de trafic d’êtres humains aux fins de prostitution ont mis en péril les droits de la femme. A cela, s’est ajouté l’impunité persistante dont semblent jouir des auteurs des violations des droits de l’homme, généralement des hommes en uniforme, des Fds ou des Fafn.

Conclusions et observations

Si, pendant la période en revue, quelques développements encourageants ont été observés dans le domaine politique (la création d’un gouvernement inclusif, le retour de Soro Guillaume à Abidjan pour occuper son poste dans le gouvernement, la reprise du dialogue entre les Fanci et les Fafn, la rencontre des cinq leaders politiques à Yamoussoukro et l’organisation des examens scolaires dans la partie nord du pays), les évènements du 2 janvier d’Akouédo, ceux du 16 au 19 janvier, la reprise des conflits interethniques à l’ouest ainsi que les appels incessants à la violence, le climat de suspicion réciproque existant entre les Fanci et les Fafn d’une part, entre les FN et le régime du président Gbagbo d’une part, ont démontré la nécessité pour la communauté internationale et l’Union africaine de demeurer vigilantes pour éviter que la Côte d’Ivoire ne bascule dans un cycle de violence politique, militaire, interethnique, à l’approche des élections prévues en octobre 2006.

Les sanctions ciblées imposées par le Conseil de sécurité des Nations unies contre trois individus ‘’de deuxième rang’’ ont été qualifiées de timides et incohérentes par de nombreux observateurs qui ont exigé que le Conseil de sécurité examine dans le meilleur délai, le rapport de la Commission d’enquête internationale transmis par le Secrétaire général à son président depuis le 23 décembre 2004 et d’en appliquer les recommandations.
Le refus du gouvernement de prendre des mesures urgentes et appropriées pour faire face aux actes de destruction et de violence par les militants de la ‘’galaxie patriotique’’ à la mi-janvier ont contribué à entretenir un climat d’impunité, source de nombreuses violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire. Dès lors, il devient périlleux de ne pas demander des comptes aux auteurs de violations des droits de l’homme qui, forts de l’impunité assurée, risquent de constituer un obstacle sérieux à l’aboutissement du processus de paix par des élections démocratiques, libres et transparentes dans un environnement apaisé. Le gouvernement devrait prendre des mesures urgentes pour traduire en justice ceux qui, au nom du ‘’patriotisme’, continuent de commettre des exactions et des violations des droits de l’homme.

Aussi, le retour immédiat de l’administration judiciaire et l’exercice de l’autorité administrative dans la partie nord du pays deviennent plus qu’impérieux. La justice ad’hoc développée par les FN continue de susciter de nombreuses interrogations. On a pu constater des cas évidents d’arrestations et de détention arbitraires, des peines prononcées et infligées ne correspondant pas aux délits commis, des traitements inadéquats, des cas de violation des droits de l’homme, des jugements rendus par des ‘’dozos’’ (chasseurs traditionnels), etc. Il a été aussi constaté que la population à l’ouest du pays, notamment à Guiglo, se référait régulièrement aux leaders de milices, comme le Flgo, L’Upergo, pour qu’ils disent le droit ou tranchent des litiges.

Source : Division des droits de l’homme - Onuci


COTE D'IVOIRE / PROCESSUS DE PAIX /CONFERENCE AVEC LE BLACK CAUCUS AUX USA

Vendredi 28 Juillet 2006

Le Caucus du Congrès américain sur la Côte d’Ivoire a organisé le lundi dernier un déjeuner-débat qui a eu pour thème : « Côte d’Ivoire, les élections ou la voie du futur». Mme Sarata Ottro Zirignon Touré était l’hôte de marque de cette rencontre. Les ambassadeurs Philippe Djangoné Bi et Daouda Diabaté ont assisté l’envoyé du Chef de l’Etat au cours de cette conférence publique.
Après avoir remercié les invités et les députés américains et les amis de la Côte d’Ivoire, Mme Ottro Zirignon Touré a, dans des mots simples, expliqué au grand public présent les voies indiquées pour aller aux élections telles que prévues par les différents accords.
«Nous sommes fiers de nos pays respectifs, de nos traditions et de nos engagements au respect des lois». Pour elle, le respect de la loi constitue le principe fondamental qui doit guider les nations et les hommes qui y habitent. C’est pourquoi, le directeur de cabinet adjoint du Président Gbagbo s’étonne que la communauté internationale cautionne les violations de la loi en Côte d’Ivoire. « Si nous soutenons et permettons la violation des lois, le message sera désormais que le crime et la violence sont permis. Et que ceux qui ne peuvent accéder au pouvoir par les urnes peuvent l’obtenir par la voie la plus ignoble, celle des armes», a-t-elle indiqué à l’endroit de ceux qui soutiennent la prise du pouvoir par les armes.
La conférencière du jour s’offusque, encore plus, du fait que les observateurs internationaux prédisent la non-tenue des élections en octobre prochain. « Et pourquoi pas ? », s’est-elle interrogé. La réponse, c’est elle qui la donne à l’audience. « Parce que le processus de désarmement et de la démobilisation des forces rebelles n’est pas terminée. Encore une fois, les rebelles se dérobent dans le respect de leur engagement au désarmement pour que les élections prévues pour octobre n’aient pas lieu.»
Pour elle, la tenue des élections ne constituera pas une victoire de la démocratie si chère aux deux peuples américain et ivoirien. Mais, elle servira de leçon dans la lutte contre le terrorisme. Pour terminer, Mme Zirignon-Touré a lancé un vibrant appel au gouvernement américain pour la tenue d’élections justes et transparentes « dans mon beau pays pendant que nous travaillons pour résoudre la crise actuelle».
Prenant la parole à la suite de Mme Sarata Ottro Zirignon, SEM Djangoné Bi s’est attardé sur le prisme de la crise tel que présenté par la presse française. «La nature de la crise a été maladroitement présentée comme une crise religieuse, entre Chrétiens du Sud contre les Musulmans du Nord. Il n’est en rien». Pour lui, la crise ivoirienne est née du mauvais jugement de l’empire colonial, la France qui refuse d’accepter de traiter d’égal à égal avec une ancienne colonie. La France n’accepte pas que son ancienne colonie veuille élargir ses perspectives économiques et diplomatiques sans la consulter.
Parlant de la médiation dans la crise ivoirienne, l’ambassadeur Djangoné-Bi s’explique mal les ambiguïtés des résolutions prises par la communauté internationale alors que le médiateur mandaté, le Président Thabo Mbeki, a déposé son verdict devant les instances de l’ONU. Un verdict qui, selon l’orateur, devrait servir de boussole à la résolution définitive de la crise. Et M. Djangoné Bi de conclure : « C’est justement à cause de ces ambiguïtés que nous avons des problèmes pour mettre en œuvre les processus de l’identification et du désarmement».
A son tour, SEM Daouda Diabaté a expliqué que rien ne justifiait une rébellion en Côte d’Ivoire car, pour lui, le Président Gbagbo aura mis tout en œuvre pour le retour définitif de la paix et du pardon entre Ivoiriens. « Pendant près de trois mois, nous nous sommes parlé au Forum de la Réconciliation nationale. Au sortir du Forum, le Gouvernement a été élargi aux autres partis politiques. Nous pensions que la paix définitivement reviendra en Côte d’Ivoire».
Pour clore ses propos, l’ambassadeur Diabaté a invité les députés américains à s’investir corps et âme pour le retour de la paix. Une paix si chère et lointaine chaque jour.

Phil L. Nomel
Correspondant aux USA



PROCESSUS DE PAIX EN COTE D'IVOIRE / AUDIENCES FORAINES / RENCONTRE DE M.AFFI N'GUESSAN PRESIDENT DU FPI PARTI AU POUVOIR ET S.E.HENRI KONAN BEDIE PRESIDENT DU PDCI PARTI D'OPPOSITION/ INTERVIEW

Vendredi 28 Juillet 2006

M. Le président, qu’est ce qui motive votre à présence à Daoukro pour voir le président du PDCI-RDA ?
Notre présence ce jour à Daoukro est motivée par les événements que vous connaissez. Et qui s’inscrivent dans le cadre des audiences foraines qui ont été lancées par le Premier ministre et le gouvernement. Ce sont des opérations très importantes compte tenu de l’ampleur des personnes concernées d’après certaines statistiques. Et aussi compte tenu de sa place dans le processus électoral. Ce sont des opérations qui ont besoin d’être conduites dans la transparence de manière à ce qu’elles soient fiables et crédibles. Donc qui nécessite un consensus. Malheureusement, ce consensus est rompu depuis que le Premier ministre, a lancé ces opérations. Et l’absence de consensus, de transparence et de confiance dans le processus, nous a amené à lancer un mot d’ordre de boycott. Notre objectif, c’est que ces audiences se passent dans les mêmes conditions sur l’ensemble du territoire. Et que la transparence assurée à la fois dans la zone gouvernementale, le soit aussi dans les zones aujourd’hui occupées par la rébellion où les conditions de sécurité ne nous paraissent pas garanties. C’est pour cela que nous avons lancé le boycott pour que l’on réalise la sécurité dans les zones occupées et la transparence du processus électoral. Malheureusement, nous avons le sentiment que notre mot d’ordre n’a pas été compris. Et qu’il y a un malentendu avec nos amis du RHDP. Dans la mesure où en plusieurs endroits, des militants du RHDP ont cru être en droit d’agresser nos militants. Ce qui a dégénéré en affrontements. Et occasionné des morts. Il était important que nous, en tant que responsables politiques, nous approchions les dirigeants du RHDP et en particulier le Président Bédié, président du RHDP pour que nous puissions faire savoir que notre problème, ce n’est pas le RHDP. Nous n’avons aucun problème avec le RHDP. Notre problème, c’est la transparence des audiences foraines. Notre problème, c’est que ces audiences soient suspendues, qu’on réalise l’unité du pays. Qu’on redéploie l’administration. Qu’on sécurise la libre circulation des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire de manière à ce que nos parents qui se sont déplacés du Nord au Sud puissent eux aussi aller participer aux audiences foraines au Nord, au centre et à l’ouest. Et que nous mêmes en tant que parti politique, nous soyons des acteurs, présents sur le terrain, sur le site pour garantir la fiabilité des opérations. Voilà notre problème. Et par rapport à ce problème, nous n’avons pas compris l’agression dont nous sommes l’objet. Nous ne comprenons pas les morts qui résultent de ces affrontements. Il était important que nous approchions les autorités des partis frères même si nous sommes face-à-face pour que nous puissions lever les malentendus. Et que si nous sommes convaincus qu’il y a des problèmes à régler pour que les audiences foraines soient transparentes, qu’ensemble nous nous retrouvions avec le Premier ministre pour créer les conditions de transparence.

M. le président, après la rencontre que vous venez d’avoir avec le Président Bédié, qu’est-ce que vous avez arrêté ensemble ?
Je pense que dans le fond, le Président Bédié est totalement d’accord avec nous. Même si dans la forme, il a eu à déplorer les violences et a souhaité que nous fassions tout cela dans le dialogue, dans la concertation. Et je pense qu’il compte donner des instructions à ses collaborateurs afin que nous puissions nous retrouver. Et ensemble voir comment avec le Premier ministre, nous pourrons créer les conditions de la transparence.

Avez-vous levé votre mot d’ordre de boycott des audiences foraines ?

Non, le mot d’ordre de boycott n’est pas levé.
Puisque nous n’avons pas encore les solutions aux problèmes que nous posons. Le problème que nous posons reste entier même si à travers la rencontre que le Premier ministre a eue avec les préfets, nous voyons un début de solutions à travers le redéploiement.
Mais nous souhaitons que ce redéploiement soit effectif. Et que ces autorités préfectorales qui ont été redéployées, puissent disposer de l’autorité nécessaire pour favoriser le retour des populations dans les zones occupées.
Mais au-delà des préfets, il aura aussi à assurer la libre circulation, créer le cadre juridique. Parce qu’aujourd’hui, ces audiences foraines se passent sans cadre juridique qui fixe les règles du déroulement, indique les conditions de témoignage, propose aux partis politiques comment on peut formuler des contestations. Donc, il y a eu certain nombre de questions liées au cadre juridique qui doivent être réglées.
Nous avons souhaité qu’une communication soit faite en conseil des ministres, qu’il y ait un décret ou un texte. Nous attendons ce texte et en ce moment nous pouvons envisager la levée du mot d’ordre de boycott.

Les jeunes ont fumé le mercredi dernier le calumet de la paix. C’est un signe qui augure d’une accalmie à court et long terme. Est-ce que vous pouvez garantir cela en tant que président de parti ?

Je crois que c’est une très bonne chose. Et c’est ce que nous souhaitons. Parce que les audiences foraines ne doivent pas se traduire par des affrontements entre les jeunes. Et le boycott ne doit pas être une occasion d’affrontement.
Le boycott consiste à empêcher de façon pacifique que les audiences foraines se fassent. Et dans la pratique, les autorités administratives ont toutes arrêté les audiences.
C’est en dehors des audiences que les affrontements ont eu lieu. Je crois que l’engagement des jeunes à ne pas s’affronter en dehors des audiences est une très bonne chose qui va, je pense, permettre de régler le problème de façon sereine.

Propos recueillis par
Paul Koffi à Daoukro


DECLARATION DE LA JEUNESSE IVOIRIENNE RELATIVE AUX ACTES DE VIOLENCE

Jeudi 27 Juillet 2006

Vu la gravité de la situation, je vais vous lire au nom de cette jeunesse responsable, le communiqué final de la rencontre qui vient d'avoir lieu entre l'alliance des jeunes patriotes et les jeunes du PDCI-RDA, du RDR et du MFA.
Réunis ce jour mercredi 26 juillet 2006 de 13 heures à 14h 27mn, les jeunes leaders de Côte d'Ivoire, face à la situation de dérapage et de violence sans précédent décident de ce qui suit:

1/ Demandent sur le terrain à tous les jeunes de quelque bord que ce soit, l'arrêt immédiat de violence et des affrontements. Pour éviter à notre pays un Rwanda bis parce que la Côte d'Ivoire ne mérite pas cela.

2/ Les jeunes de Côte d'Ivoire sus-cités lancent un appel pressant aux aînés c'est-à-dire aux partis politiques le FPI, le RDR, le PDCI, le MFA, le PIT et tous les autres partis politiques afin qu'ils convoquent rapidement un cadre de discussion qui tournera autour des audiences foraines afin de s'entendre sur le minimum pour éviter à notre pays un Rwanda bis.

3/ demandent que la transparence de l'audience foraine soit une exigence pour tous.

4/ Prennent l'engagement de créer un cadre de discussion permanent entre les leaders des organisations de jeunesse afin que le mur de méfiance tombe et que les problèmes soient réglés à la racine.

5/ Prennent le ferme engagement que désormais toutes les formes de lutte s'inscrivent et respectent le cadre purement démocratique et légal. Excluant donc toute forme de violence.

6/ Introduisent ce jour une demande d'audience concertée auprès du Premier ministre de Côte d'Ivoire afin que de manière concertée avec tous les jeunes que nous sommes ici, nous discutions de la situation socio-politique qui tourne autour des audiences foraines afin d'éviter à la Côte d'Ivoire un Rwanda bis.
Fait à Abidjan le 26 juillet 2006
Je vous remercie


COTE D'IVOIRE / APPEL DE LA JEUNESSE A METTRE FIN A L'ESCALADE DE VIOLENCES

Jeudi 27 Juillet 2006

Les "jeunes patriotes", partisans du président ivoirien Laurent Gbagbo, et jeunes militants de l'opposition ont appelé mercredi à Abidjan, dans une déclaration commune, à "l'arrêt immédiat" des affrontements qui ont fait trois morts ces derniers jours, a constaté l'AFP.

A l'issue de près de deux heures de réunion, qualifiée d'"historique" par les participants, ils ont demandé à tous les "jeunes de quelque bord que ce soit l'arrêt immédiat des violences et des affrontements pour éviter à notre pays un Rwanda bis".

Dans leur déclaration finale, ils ont également pris "le ferme engagement d'exclure toute forme de violence en s'inscrivant désormais dans le cadre purement démocratique et légal pour toute forme de lutte".

Ces jeunes militants souhaitaient réagir face aux risques de "dérapages et de violences" comme ceux constatés les derniers jours dans plusieurs localités de la zone gouvernementale du pays, coupé en deux depuis la tentative de coup d'Etat de septembre 2002 contre le président Gbagbo.

Parmi les participants se trouvaient de nombreux chefs de la "galaxie patriotique", dont Charles Blé Goudé, et des présidents des mouvements de jeunesse de partis d'opposition comme Bertin Kouakou Konan pour le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) et Karamoko Yayoro pour le Rassemblement des Jeunes républicains (RJR).

Les partisans des ces deux mouvements de jeunesses politiques se sont affrontés violemment, depuis le démarrage le 17 juillet des "audiences foraines", qui consistent à délivrer des papiers d'identité et vise à actualiser les listes électorales.

Lundi, le Premier ministre de transition Charles Konan Banny a décidé de maintenir cette première phase du processus de paix, en dépit des violences et des menaces du Front populaire ivoirien (FPI, parti présidentiel).

Les "jeunes patriotes" et les militants de l'opposition ont également souhaité une "rencontre concertée" avec M. Banny pour "discuter de la situation socio-politique autour des audiences foraines" dont la transparence doit être "une exigence pour tous".

Enfin, les leaders de ces organisations de jeunesse ont annoncé la création d'un cadre de discussion permanente pour "faire tomber les murs de méfiance et que les problèmes soient réglés à la racine".



PROCESSUS DE PAIX EN COTE D'IVOIRE / DEMILITARISATION DES MILICES A L'OUEST DU PAYS

Jeudi 27 Juillet 2006

150 (cent cinquante) ex-combattants du Front de libération du grand ouest (Flgo) du ‘’général’’ Mao Glofiéi ont déposé les armes, hier mercredi 26 juillet, à Guiglo, dans l’ouest du pays. L’évènement, qui traduit l’application, sur le terrain, du processus de désarmement, s’est déroulé en présence du Premier ministre Charles Konan Banny.

Ce sont 72 Kalachnikov, 9000 munitions, 2 radios de communication, 45 chargeurs de Kalachnikov, 1 mortier, 10 obus et 3 Rpg qui ont été remis par les combattants désarmés du Flgo au Programme national de désarmement, démobilisation et réinsertion (Pnddr).

Arrivés en début d’après-midi, le Chef du gouvernement de transition avaient à ses côtés ses collaborateurs, dont le général Ouassénan Koné, coordonnateur général du Pnddr. Avant la cérémonie proprement dite, le Premier ministre a visité le site du désarmement qui se trouve être le palais de justice de Guiglo, avant de mettre le cap sur le site de pré regroupement, l’ancien bâtiment des Travaux publics (TP) de la ville. 25 bâches ont été dressées pour permettre aux miliciens d’y passer la nuit d’hier. Sur le site de regroupement, il y a des médecins et des psychologues qui devraient s’entretenir avec les ex-combattants.
Ils ont été interrogés sur ce qu’ils voudraient faire une fois remis à la vie civile. De retour à Duékoué, les 150 hommes du Flgo désarmés hier ont reçu chacun la somme de 125 000 F sur les 499500 Fcfa qui représentent le filet de sécurité.
Après ces quelques ex-combattants de Mao Glofiéi qui ont déposé les armes hier mercredi, c’est au tour d’un autre groupe de miliciens de laisser désarmer 150 de ses ex-combattants, aujourd’hui jeudi. A noter qu’outre le Flgo, l’ouest du pays regorge de nombreuses milices dont l’Uprgo, l’Apwê et le Miloci.

par Charles TRA BI




COMMEMORATION DE LA SOUVERAINETE NATIONALE ET INTERNATIONALE DU LIBERIA

Jeudi 27 Juillet 2006

Les Président, Ellen Sirleaf (Liberia), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire) et John Kufuor (Ghana) ont échappé à la mort, hier, à Monrovia.
En effet, un violent incendie s’est déclaré entre les 3ème et 4ème étages du Palais présidentiel à Monrovia, alors que les trois Chefs d’Etat y étaient installés, précisément au 6ème étage où ils avaient pris leurs quartiers.

Cela, dans l’attente du grand repas que devait offrir Mme Sirleaf, dans les jardins du Palais, à l’issue de la cérémonie solennelle marquant le 159ème anniversaire de l’indépendance du Liberia.
Selon certaines sources, ce mystérieux incendie serait parti d’un ascenseur. Il s’est très vite transformé en un brasier dévastateur qui s’est répandu à l’ensemble du bâtiment à une vitesse vertigineuse.
Les ascenseurs ne fonctionnant plus, les Chefs d’Etat et leurs suites ont été rapidement évacués par les issues de secours. Cette prompte réaction des services de sécurité a certainement évité une tragédie.
Quant au Palais présidentiel, il est pour l’essentiel parti en fumée. Faute d’équipement et de personnel qualifié. Les premiers secours de fortune ont tenté d’éteindre le brasier avec quelques extincteurs récupérés dans les étages. Pendant que la façade du bâtiment s’écroulait.
C’était la panique générale et les secours de fortune, qui agissaient dans le désordre (sans casques, ni combinaisons anti-feu), ont très vite été débordés par la violence et la rapidité des flammes. Lesquelles ont attaqué en même temps les deux façades du bâtiment, quelque peu aidées par un vent venant de la mer environnante. Ni les quelques goûtes d’eau qui sont timidement tombées sur Monrovia à cet instant, encore moins la lenteur et le dénuement des pompiers, arrivant au compte-goûtes, n’ont été salutaires.
Le personnel du Palais, les invités, les militaires de la MINUL (ONU), etc., tout le monde courait dans tous les sens. Des femmes criaient, d’autres se roulaient par terre, des hommes se tenaient la tête dans les mains. Consternation et désolation sur tous les visages. Ça n’a pas pu arriver un autre jour? C’est le jour de la fête nationale, où la Présidente des Chefs d’Etat et des délégations internationales sont présents que ça arrive?!» a dit, abasourdi, un agent de la sécurité en civil, en se tournant vers le groupe de journalistes ivoiriens. Qui, comme lui, regardait stupéfait les flammes ravager le Palais présidentiel.
Recouvrant le lieu d’un épais nuage de fumée noirâtre.
Quant au repas, il est naturellement tombé à l’eau. Plus personne ne s’en souciait. Pourtant, la Présidence libérienne avait prévu un grandiose déjeuner. La tonne de nourritures et les chapiteaux dressés n’attendaient plus que les convives, pour terminer en beauté une journée qui avait pourtant bien commencé.
Présent à la cérémonie, le Président sierra-leonais, Ahmad Tejan Kabbah n’a pas vécu l’incident parce que parti plus tôt.
Envoyée spéciale

Auteur: Michèle PEPE


VISITE DE S.E.LAURENT GBAGBO AU LIBERIA POUR PRENDRE PART AUX FESTIVITES DE LA COMMEMORATION DE L'INDEPENDANCE

Jeudi 27 Juillet 2006

Le Chef de l'Etat est depuis ce matin à Moronvia
à l'invitation de la Présidente Ellen Johnson Sirleaf : Le Président GBAGBO au Libéria

e Président Laurent GBAGBO est depuis ce matin à Monrovia, à l'invitation de son homologue, Mme Ellen Johnson Sirleaf. .Pour participer, ce mercredi, aux festivités marquant le 159eme anniversaire de l'accession à l'indépendance du Liberia, premier

pays de l'Afrique noire à jouir de la souveraineté internationale. Le Libéria, ravagé par 14 ans de sanglante guerre civile, sort d'une transition politique difficile, parrainée par la communauté internationale, et qui a été sanctionnée par l'élection, fin 2005. de Mme Ellen

Johnson Searlcaf; première femme a accédé au pouvoir suprême en Afrique.

Pour cette célébration, le Président du Ghana, John Kufuor, est également annoncé dans la capitale libérienne. Les Chefs d Etat ghanéen et libérien inaugureront à cette occasion «un réseau électrique d'urgence», fruit de la coopération entre leurs deux pays. Monrovia est privée d'électricité depuis des années, consécutivement aux ravages causés par les différentes factions rebelles qui ont la semé la terreur et la désolation dans ce pays frontalier de la Côte d1 Ivoire et de la Guinée Conakry, notamment. Au-delà des infrastructures socio-économiques détruites, c'est l'ensemble des institutions du Libéria qui est à reconstruire. C'est dans cette optique que la nouvelle armée libérienne est en train d'être portée sur les fonts baptismaux. C'est une entreprise américaine qui a en charge la formation des futurs militaires du Libéria. Un premier groupe de 120 recrues a débuté lundi la formation, sur un total de 2000 soldats devant constituer la nouvelle armée.

Le week-end dernier, le Chef de l'Etat ivoirien, Laurent GBAGBO était en Gambie à l'invitation de son homologue, le Président Yahya Jammeh. Qui célébrait le douzième anniversaire de son accession au pouvoir d'Etat. Michèle Pépé




VISITE DU PRESIDENT GBAGBO A BANJUL EN GAMBIE / COMPTE RENDU PAR LE QUOTIDIEN "LE MATIN 'ABIDJAN"

Mercredi 26 Juillet 2006

Le Matin d’Abidjan 24/07/06
Une raison justifie l'invitation adressée à Gbagbo, pour se rendre en Gambie où il vient de passer deux jours : les convergences de vues entre lui et son hôte de Banjul qui commémore depuis vendredi jusqu'à ce lundi, le 12 è anniversaire de ''la Révolution gambienne''.

Lorsqu'il foule le sol gambien vendredi dernier, c'est la seconde fois que le président Gbagbo séjourne en Gambie, en moins d'un mois. Il est venu, dit-il, répondre à l'invitation de son homologue dont le pays célèbre le 12 è anniversaire de la révolution gambienne. A en croire Gbagbo qui s'est exprimé à sa descente d'avion, et après l'accueil républicain du pays hôte, " le Chef d'Etat, Yahya Jammeh est à encourager, pour avoir mis son pays en chantier et réalisé bien de grands travaux ". Tel l'aéroport international qui, se souvient Gbagbo " n'était qu'une petite gare " il y a peu. Un tour dans ce pays conforte le président ivoirien dans ses convictions. Aussi, estime-t-il que " en Afrique, j'aimerais qu'on travaille de façon concrète pour les populations, au lieu de se chamailler et faire n'importe quoi. " C'est aussi pour exprimer leur reconnaissance à leur président que les Gambiens sont sortis en masse samedi, jour de la cérémonie de commémoration de l'arrivée au pouvoir de Jammeh, après un putsch qui a emporté Dawda Jawara, le 22 juillet 1994. Depuis, grâce à des élections, l'officier de gendarmerie s'est doté d'habits de démocrate. Les siens sont venus donc communier avec lui, à la Place de l'indépendance. Tout commence, à l'arrivée de Yahya Jammeh qui passe en revue les troupes militaires. Puis, l'hymne national et des libations. S'en suit un long défilé. Outre les militaires, toutes les couches sociales de la Gambie se sont donné rendez-vous sous l'Arc de triomphe local. Dans une adresse, il salue d'entrée la bonne coopération entre son pays, la Côte d'Ivoire et le Sénégal. Avant d'indiquer que l'Afrique et la Gambie ont à relever le défi du développement. Jammeh fait noter que 35 ans durant, son pays a vécu la dictature de son prédécesseur, sans qu'un chef d'Etat de la sous-région ne lève le petit doigt. Il n'empêche, insiste-t-il, la Gambie, forte de son million et demi d'habitants, a amorcé un nouveau virage depuis plus d'une décennie. Au passage, le président gambien s'est satisfait de la présence de Gbagbo à ses côtés, et le remercie pour sa quête inlassable de paix. " Entre le président Gbagbo et moi, il y a des convergences de vues ", a assuré l'officier, faisant allusion au combat de la Côte d'Ivoire contre les forces néo coloniales. Outre le numéro un ivoirien, le Premier ministre sénégalais et quatre membres de son gouvernement ont représenté Abdoulaye Wade. La cérémonie qui a les allures d'une célébrationnde l'Indépendance, s'est poursuivie dans la soirée. Dans un cadre select où se sont assemblés le gouvernement et toutes les autorités de l'Etat, ainsi que le Tout Banjul, Yahyah a matérialisé son admiration pour Laurent Gbagbo, élevé dans la plus haute distinction honorifique de la Gambie. Il est désormais Grand commandeur de l'ordre de ce pays. Tout aussi surpris qu'ému, le chef de l'Etat ivoirien a dit sa joie de partager des idées avec son homologue, son cadet, né l'année où lui a obtenu le Bac. Des convivialités qui n'ont pas occulté la volonté des deux présidents d'œuvrer au mieux-être de leurs populations. Ainsi, au terme d'une séance de travail, ils ont consigné dans un communiqué, leurs nouvelles visées. Dans la déclaration conjointe, lue par les ministres des Affaires étrangères ivoirien, Youssouf Bakayoko et gambien Lamine Kabba Bajo, entre autres, les deux chefs d'Etat ont " réitéré leur volonté de raffermir davantage les excellentes relations entre les deux pays, et instruisent leurs gouvernements respectifs à, œuvrer ensemble, en vue de la mise en place de la grande commission mixte de coopération ivoiro-gambienne. " Ils jugent " nécessaire pour les deux secteurs privés de travailler ensemble au renforcement de la coopération économique et commerciale qui existe. " Au plan sous-régional, Gbagbo et Jammeh " soutiennent la consolidation du processus démocratique en Guinée Bissau et s'engagent à appuyer pleinement la consolidation de la paix, la réconciliation nationale et la reconstruction " au Liberia, sous les auspices de Ellen Johnson Sirleaf. Le regain de tension au Moyen Orient les préoccupe. La Côte d'Ivoire et la Gambie appellent " toutes les parties à la retenue et au dialogue, et condamnent une fois de plus le terrorisme, partout dans le monde. "Naturellement, la crise ivoirienne est au menu de leur concertation." Le président Jammeh, préoccupé par la situation qui prévaut en Côte d'Ivoire, a émis le souhait de voir ce pays renouer avec la paix, et appelle le peuple frère de Côte d'Ivoire à s'unir dans l'intérêt supérieur du pays et pour la prospérité", relate la déclaration. L'homme ''du 22 juillet'' félicite par ailleurs, son homologue et le Premier ministre Banny, " pour leur bonne collaboration et souhaite que cela contribue à l'instauration d'une paix durable. " Sûrement que ces entrevues vont se poursuivre bientôt. Ce sera à Abidjan, où Gbagbo invite le Gambien à une date " qui sera fixée par voie diplomatique. " C'est donc après coup, que le chef d'état est rentré hier, en début d'après midi.

Jammeh : "Quand on conteste une élection, on ne prend pas les armes"

C'est au salon d'honneur de l'aéroport international de Banjul que Yahya Jammeh choisit de s'adresser à la presse. Il est revenu sur le motif de l'invitation adressée à Gbagbo. Puis est descendu de plain pied dans la crise ivoirienne, analysant les tenants. Pour le chef d'Etat gambien, " un pays est un tout. Il y a toujours un Nord, un Sud, un Ouest et un Est. " Il en va ainsi de la religion, mais c'est toute cette diversité qui, selon lui, en fait le charme. Il s'élève ainsi contre les prétextes de l'exclusion des nordistes musulmans dont se sert la rébellion ivoirienne, pour installer un kyste au sein de la nation depuis quatre ans. Poursuivant, il bat en brèche l'argument d'élections " calamiteuses ", autre fond de commerce des insurgés. " En fin de compte, c'est le peuple qui doit choisir son président, sinon c'est la pagaille qui s'installe, au lieu de lutter contre la pauvreté ", s'insurge Jammeh qui va plus loin. Il cite l'exemple de l'Italie qui vient de connaître la victoire fort contestée du premier ministre élu, Romano Prodi. " Malgré la contestation, il n' y a pas eu de violences L'ancien Premier ministre a fini par accepter. Pourquoi en Afrique, dans un tel cas il faut la violence ? " s'interroge Yahya Jammeh qui plaide, pour que " la violence ne soit pas l'arme des règlements d'une crise. " Puis de poursuivre, pour signifier que se targuer d'un quelconque rejet d'une communauté pour prendre les armes est une voie sans issue. " Il n' y aura pas de paix si on défend un seul groupe ", fait-il remarquer, allusion faite ''à la défense des droits des ressortissants du Nord'', la raison avancée par les bandes armées en Côte d'Ivoire, pour refuser le désarmement.

Guillaume N'Guettia
(Envoyé spécial à Banjul)


COTE D'IVOIRE AUDIENCES FORAINES A KORHOGO AU NORD DU PAYS SOUS CONTROLE DES FORCES NOUVELLES

Mercredi 26 Juillet 2006

400 jugements supplétifs et 139 certificats de nationalité délivrés à ce jour.

Débutées le mardi 18 juillet dernier à Korhogo, les audiences foraines sont leur troisième étape dans la ville de la cité du Poro où les populations sont mobilisées pour avoir leurs papiers.

400 jugements supplétifs et 139 certificats de nationalité ivoirienne ont été délivrés aux ayant droits des deux quartiers de la commune de Korhogo, (Koko et Petit Paris) pendant une semaine de travail. Les demandeurs étaient estimés à 2013. Tels sont les chiffres communiqués par des représentants des partis politiques qui observent le déroulement de l’opération.

Messieurs Thierry Gueu du Mouvement des forces de l’avenir (MFA), et Yéo Foungnepnin du PDCI-RDA ont déclaré être satisfaits « du déroulement normal des audiences foraines » depuis le 18 juillet 2006 à Korhogo.

« Il n’ y a rien à signaler sauf que le déroulement est très lent », a déclaré Thierry Gueu du MFA qui a ajouté qu’« il faut améliorer l’organisation pour atteindre la vitesse de croisière ».

C’est le même son de cloche du côté du PDCI-RDA représenté par Yéo Foungnepnin qui a communiqué les chiffres de 400 et 139 respectivement pour les jugements supplétifs et certificats de nationalité.

Les deux représentants ont trouvé insuffisants ces chiffres, compte tenu de l’affluence dans les quartiers de Koko et petit Paris.

Ils ont par ailleurs regretté l’absence chronique des représentants de l’UDPCI de Mabri Toikeuse et du PIT de Francis Wodié depuis le lancement de l’opération dans sa phase de croisière. Et pourtant, « le représentant de l’UDPCI était pourtant présent à l’ouverture le mardi 18 juillet 2006 » a fait savoir M. Thierry Gueu du MFA

Quant au représentant du F.P.I., il a préféré tout simplement déclarer « R.A.S. » en souriant.

Le RDR a dépêché d’Abidjan à Korhogo Mme Camara Aïssata pour supervision de l’opération dans la cité du Poro. Pour elle, il y a de l’affluence. « La mobilisation des populations pour avoir des papiers est parfaite » a-t- elle déclaré avant de murmurer qu’il y a « trop de sans-papiers en Côte d’Ivoire ».

La représentante du RDR a par ailleurs trouvé, après une semaine d’observation de l’opération, que « les deux mois sont largement insuffisants pour toute cette population sans papiers ». C’est pour quoi, elle propose qu’il faut renforcer l’équipe pour satisfaire les requérants ».

Sur environ 2000 requérants prévus seuls 539 ont été satisfaits depuis une semaine de travail dans la serenité


SENEGAL / CONCOURS GENERAL ET PRIX DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Mercredi 26 Juillet 2006

La razzia dy Prytanée militaire de Saint-Louis
La cérémonie traditionnelle de remise des prix du concours général a eu lieu, hier, au théâtre Daniel Sorano, sous la présence effective du Chef de l'Etat, Me Abdoulaye Wade.
L'école militaire préparatoire Charles N'Tchororé de Saint-Louis est en tête des meilleurs établissements secondaires du Sénégal suivi des lycées Limamoulaye et Seydou Nourou Tall. Le thème de cette édition était axé sur l'eau source de vie et de


COTE D'IVOIRE / DON DE LA REFAMPCI AUX FEMMES

Mercredi 26 Juillet 2006

LUTTE CONTRE LA PAUVRETE
30 millions du REFAMPCI aux femmes

300 femmes se voient soulagées. Grâce au Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires de Côte d'Ivoire, elles vont pouvoir s'adonner à des activités lucratives. Avant-hier, elles ont perçu le chèque dont le montant est à partager.
C'était au cours d'une cérémonie qui s'est déroulée dans un Palais de la culture de Treichville bondé de monde. Occasion pour la présidente du réseau, Aka Véronique, de relever : " Cela fait une décennie que le Refampci, à travers mes prédécesseurs à qui je rends hommage a connu le jour et œuvre pour la promotion de la femme au plan social, politique, économique, culturel… " Des pas ont été faits, et il s'agit de passer à une autre phase, " pour être plus efficace et concret dans la recherche des solutions à la lutte contre la pauvreté ", précise Mme Aka qui s'est livrée à un véritable plaidoyer, afin que les plus nanties viennent en aide à celles qui le sont moins. Aux heureuses bénéficiaires, la présidente Aka conseille " une utilisation saine " des fonds mis à leur disposition. Histoire de donner le goût aux donatrices de perpétuer ces actions.
Dans son intervention, l'ancienne député a donc invité les récipiendaires à " embarquer toutes dans le train économique afin de lutter efficacement contre la pauvreté. " A sa suite, les autres intervenants ont abondé dans le même sens. Ainsi, Jacqueline Oble, l'une des pionnières, est revenue sur les acquis du réseau. Selon l'ancienne ministre de la Justice, l'éducation des petites filles a été la première préoccupation. S'en sont suivies des initiatives de lois en faveur de la femme, votée au Parlement. A leur tour, Hortense Aka Anghui et Ohouochi Clotilde ont exhorté les femmes au travail et à la solidarité.
Pour leur part, les ministres Charles Diby et Jeanne Peuhmond, représentées par des collaborateurs, promettent assistance au réseau.
Le parrain de la cérémonie, Bohoun Bouabré, lui, s'est attardé sur les conseils d'usage. Pour le ministre du Plan, ses filleules se doivent de créer des activités, qui leur permettent de rembourser ces prêts, sans difficultés. Avant de remettre symboliquement le chèque de 30 millions de francs à Ogou Ado, porte-parole des ''élues'', il a félicité le réseau et sa présidente, " qui indiquent une voie pour tous ceux qui possèdent quelque chose pour éradiquer la pauvreté dans notre société.
" Tout comme lui, Laurent Dona Fologo s'engage à accompagner Aka Véronique et ses partisanes dans leurs œuvres.

Guillaume N'Guettia


COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DU PREFET DE BOUAKE SUR LES EVENEMENTS DES AUDIENCES FORAINES

Mercredi 26 Juillet 2006

la fin de la rencontre avec le Premier ministre, le porte-parole du corps préfectoral déplacé de guerre, Nassa Dacoury, préfet de Bouaké, s'est prêté aux questions des journalistes.

M. le préfet, le Premier ministre vous a rencontrés, (…) Au terme des discussions, est-ce que les préfets déplacés de guerre sont prêts à retourner à leurs postes ?
Oui, les préfets déplacés de guerre, après la rencontre avec le Premier ministre sont prêts. Ils ont fait part de leurs préoccupations qui ont été prises en compte par M. le Premier ministre. Et ils sont prêts à retourner dans leurs zones respectives.

Est-ce que cela veut dire que les préoccupations que vous avez soulevées antérieurement (NDLR : ils ont adressé un mémorandum au Premier ministre) ont été acceptées par le Premier ministre ? Sinon que comptez-vous faire lorsque vous allez retourner sur place ?
Nous avons fait part de nos préoccupations. Je crois qu'en toute chose, il faut discuter, il faut échanger. C'est l'absence de communication qui crée les malentendus. Donc nous avons souhaité rencontrer M. le Premier ministre et nous sommes parvenus à échanger. Et à la suite de ces échanges, je crois que beaucoup de malentendus ont été dissipés. Sur cette base, les camarades ont estimé qu'il n'y avait pas d'obstacles majeurs à ce que nous retournions sous la réserve que les préoccupations formulées soient effectivement mises en œuvre. Par exemple, je donne un détail. Il est difficile d'aller dans une circonscription sans tenue. Parce que la tenue, c'est ce qui caractérise un préfet. Lorsque vous allez à une audience foraine, surtout que vous avez été absent pendant trois ou quatre ans, ce qui fait qu'on vous remarque tout de suite, c'est la tenue. Et c'est le symbole que les Ivoiriens se retrouvent progressivement. Donc c'est un détail, mais il est quand même important. Donc on a fait part à M. le Premier ministre qui nous a écoutés d'une oreille attentive. Et je pense que sur cette base, nous venons de nous concerter et l'opinion, notre sentiment est que nous retournions. Donc nous allons retourner.

Et en ce qui concerne la sécurité ?
Concernant la sécurité, M. le Premier ministre nous a donnés des garanties, comme quoi, nous pouvions retourner en toute sécurité. Donc, encore une fois, comme je l'ai dit, le plus important c'est que nous échangions. Parce que là où il se trouve, il y a un certain nombre d'informations dont le Premier ministre dispose, et que nous autres, nous n'avons pas. Avant de partir, nous qui avons l'honneur de le représenter, notamment le chef de l'Etat, il importe que nous rencontrions M. le Premier ministre que nous représentons, pour qu'il nous donne des informations, pour que nous échangions et sur cette base là, que les uns et les autres soient apaisés (…) Dans tous les cas, c'est notre pays. Et il nous appartient, à nous les Ivoiriens de le construire. C'est vrai qu'il y a un minimum de risque, mais c'est pour cela que nous discutons. Il faut minimiser les risques. Une fois que les risques sont minimisés, je pense que c'est nous qui devons faire la réconciliation. Personne d'autre ne viendra de l'extérieur pour faire la réconciliation. C'est nous qui devons prendre le minimum de risque. Une fois qu'on a discuté avec le Premier ministre qu'il nous a apaisés, c'est nous qui devons partir. Mes camarades sont là, je ne suis pas le seul, ils peuvent apporter des informations complémentaires.

Des dates ont-elles déjà été avancées?
Je pense qu'il faut confectionner la tenue d'abord, la tenue se confectionne. Il faut d'abord l'avoir et la confectionner. Donc, voici les éléments. Par exemple si aujourd'hui, vous me donnez ma tenue, moi je m'en vais. Mais elle n'est pas là… Il y a aussi les véhicules, mais la tenue, c'est l'élément de base. C'est cela qui bloque actuellement… qui ne bloque pas mais ce sont les préoccupations que nous avons exprimées à M. le Premier ministre qui les a prises en compte, qui a donné les instructions, et nous attendons que nous ayons par exemple nos tenues pour retourner.

Allez-vous partir avec votre radio ? (NDLR, RTI Bouaké)
Il est bon que nous allions ensemble. Parce qu'on était ensemble là-bas. Cela me ferait plaisir que nous allions ensemble. On constitue une famille. Nos frères qui sont là-bas, il serait également important de nous retrouver tous ensemble. Donc je souhaite que nous partions avec notre radio. C'est notre radio.
Propos recueillis par
Yves M. Abiet


COTE D'IVOIRE AUDIENCES FORAINES / REACTIONS DE PERSONNALITES CIVILES ET POLITIQUES AUX ACTES DE VIOLENCE

Mercredi 26 Juillet 2006

Pr. Alphonse Djédjé Mady (Secrétaire Général du PDCI-RDA) :
“Les éclairages étaient nécessaires”
“Nous nous félicitons de la déclaration du Premier ministre qui a apporté aux Ivoiriens les éclairages nécessaires à la bonne compréhension des audiences foraines. Nous sommes d'accord avec lui qu'il n'y a pas lieu de provoquer des scènes de violences meurtrières ici et là dans la mesure où tout le monde est d'accord sur le principe et la nécessité d'organiser ces audiences foraines. Pour notre part, nous encourageons le Premier ministre à continuer la mise en œuvre des audiences foraines et saluons son esprit d'ouverture et de dialogue pour prendre en compte toutes les préoccupations des uns et des autres qui iraient dans le sens d'une amélioration des conditions de sécurité, de fiabilité et de transparence de l'opération. C'est inacceptable qu'il y ait des milliers de personnes en Côte d'Ivoire sans document attestant leur identité. Alors qu'avoir une identité, une nationalité est un droit fondamental de l'homme. Tout en félicitant le Premier ministre pour la mise en œuvre des audiences foraines et sa volonté de continuer l'opération, nous tenons à lui renouveler notre soutien”.

Adama Bictogo (Secrétaire national du RDR) :
“Je constate que le Premier ministre veut aller de l'avant”
"Je note une fermeté et une volonté de conciliation et d'ouverture dans ce discours du Premier ministre. Il voulait envoyer en même temps un message d'apaisement et réaffirmer sa ferme volonté de tout mettre en œuvre pour conduire le programme de sortie de crise à son terme. Le Premier ministre a expliqué qu'en fait rien ne justifie cette violence qui s'est emparée du pays depuis le démarrage des audiences foraines. Sans rejeter du revers de la main tous les griefs relevés par certains groupes politiques contre l'opération, le Premier ministre a accepté de s'installer dans une logique de concertation permanente pour améliorer ce qui peut l'être dans le déroulement des audiences foraines. Car pour lui, devant l'engagement pris devant la communauté internationale, aucun Ivoirien n'a le droit de barrer la porte d'entrée du programme de sortie de crise. Les audiences foraines sont en effet la porte d'entrée de l'identification comme le pré-regroupement l'est pour le désarmement. C'est la seule voie pour aller à des élections libres, justes et incontestables. Le chef du gouvernement a aussi indiqué que les audiences foraines ne visent qu'à établir l'existence légale d'un individu né en Côte d'Ivoire. Elles ne confèrent pas automatiquement la qualité d'Ivoiriens à tous les requérants. Donc globalement je pense que le Premier ministre a tenu un bon discours, qui réaffirme sa volonté d'aller de l'avant et d'associer toutes les parties au processus de sortie de crise. Le RDR y adhère totalement et l'assure de son soutien."

Pascal Affi N'guessan
(président du FPI) :
“Nous allons passer à
une autre étape si…”
“C'est une déclaration vraiment décevante. Ce n'est pas le message que nous attendions du Premier ministre, ce n'est pas le type de déclaration que nous attendions de lui. Le Premier ministre reconnaît que les conditions de sécurité, de transparence et de sincérité des audiences foraines ne sont pas réunies. Il considère que nos préoccupations sont justes, que nos inquiétudes sont fondées mais il refuse de tirer les conséquences logiques de sa propre analyse des faits. Pour nous, la première de ces conséquences était d'arrêter ou de suspendre au moins l'opération pour définir de manière consensuelle les conditions de sécurité et de transparence dans lesquelles celle-ci doit être menée. Ce qui n'est pas le cas. Je trouve cela grave parce que le Premier ministre a simplement décidé d'opérer une fuite en avant au lieu de faire face à la réalité. Ce n'est pas une solution au problème posé. Etre responsable c'est avoir le courage d'affronter les difficultés, cette opération doit être arrêtée afin qu'ensemble, nous trouvions les voies et moyens de la conduite de façon plus sûre et plus transparente. Car le FPI n'est pas opposé aux audiences foraines. Nous maintenons notre mot d'ordre de boycott actif de l'opération telle qu'elle est menée actuellement. Parce que nous n'avons pas encore reçu de réponse du chef du gouvernement. Il n'y a pas de liberté de circulation pour tous dans ce pays, la sécurité n'existe pas au nord, l'administration n'est pas redéployée. Pour nous, il ne peut y avoir audiences foraines dans ces conditions, sans désarmement. Nous espérons aussi que nos militants ne feront pas l'objet d'agression et que les autorités politiques et administratives feront tout pour ne plus que ce que nous avons observé à Oumé et principalement à Divo se répète. A Divo, il n'y avait pas d'audiences foraines mais des miliciens s'en sont pris à nos militants, ce qui a occasionné des blessés graves et des morts dans nos rangs. C'est une situation que le FPI ne peut tolérer plus longtemps. Nous serons amenés à nous défendre et à riposter et le Premier ministre sera tenu pour responsable. Etant donné que le mot d'ordre de boycott des audiences foraines est maintenu, l'ultimatum d'une semaine adressé au gouvernement demeure lui aussi en vigueur. Et j'ose espérer que le Premier ministre mettra tout en œuvre pour nous éviter de passer à une autre étape. Car jusque-là, ce n'était que des avertissements”.

Kouadio Konan Bertin (KKB) président de la JPDCI
“Le gouvernement doit sécuriser
les Ivoiriens”
“Je pense que le message du Premier ministre fait suite à une situation donnée. C'est-à-dire une crise ouverte au motif que les audiences foraines ne seraient pas sécurisées. Et que la transparence n'est pas suffisamment garantie. Et que l'opération en elle-même serait illégale. Je pense aussi que la crise que nous vivons, nous nous accordons tous pour dire qu'elle découle d'un contentieux électoral, chacun de nous doit avoir le souci de faire en sorte que les prochaines élections soient transparentes. Ceux qui se plaignent, c'est peut-être leur droit. Ils avaient des raisons qui ne sont pas fondées. Sur des raisons subjectives, on ne peut pas bloquer tout un processus. Dans son intervention, le Premier ministre a dit que l'opération est placée sous l'autorité des préfets et sous-préfets. Et ensuite sous l'autorité des magistrats puisqu'il s'agit d'audience. Dans la mesure où tous les partis politiques, en plus des autres structures, sont membres du système mis en place, la présence de chacun et de tous constitue un gage de transparence. Dès lors, le Premier ministre nous a rassurés sur tous ces points. Et nous sommes en droit de dire que l'opération doit continuer. Il s'agit pour nous Ivoiriens de matérialiser notre existence sur cette terre. Le peuple de Côte d'Ivoire, il faut le dire, est sans papier. C'est un droit inaliénable pour chaque citoyen d'obtenir une carte nationale d'identité. Et c'est du devoir et de la responsabilité du gouvernement d'identifier ses citoyens. C'est donc une opération légale. Les conditions de transparence sont réunies. Je voudrais surtout dire au FPI et à ses dirigeants qu'ils se comportent comme s'ils sont les seuls soucieux de ce que la transparence doit régner dans ce processus. Le souci de transparence est partagé par tout le monde. Il n'y a pas d'un côté des gens qui sont prêts à tricher. Et de l'autre des nationalistes. J'invite le FPI à garder la sérénité. On a assez perdu le temps. Les Ivoiriens souffrent. Il faut qu'on aille vite. Sur le volet de la sécurité, le gouvernement doit rester ferme. Il lui revient le devoir de sécuriser les Ivoiriens".

Karamoko Yayoro,
président du RJR
“Nous n'accepterons plus que
les gens s'attaquent à nous”
"Comme nous l'avons toujours dit, avec Charles Konan Banny, nous nous inscrivons dans une dynamique de paix. Et nous pensons que l'ensemble des partis politiques devraient s'inscrire dans la même dynamique. Avant sa déclaration, il nous avait reçus. De façon globale, il nous avait présenté le cadre global de son intervention. Que les audiences foraines se poursuivent dans la transparence, l'équité et surtout dans la sécurité. Nous souhaitons qu'il enjoigne les Forces de défense et de sécurité pour assurer la sécurité de tous ceux qui veulent avoir leurs papiers. Demander aux responsables de ces forces de penser à l'intérêt général. C'est pour cela que nous avons été heureux de constater qu'il a aussi reçu les jeunes patriotes pour leur passer le même message. Nous tendons la main à ces camarades. Et nous leur disons qu'il ne sert à rien d'écouter ceux qui les envoient à la mort. Depuis qu'il existe, le FPI n'a jamais participé à la construction de ce pays. En lançant son mot d'ordre, Affi N'guessan démontre encore une fois que son parti est contre la réconciliation, la paix. Il envoie les enfants des autres dans la rue alors que ses enfants à lui sont dans des universités en Europe. Nous demandons aux jeunes patriotes de nous rejoindre dans le bon combat. Au niveau du RJR, nous disons que le message de la violence du FPI n'est plus entendu. Ils font le bilan avec nous que cette option ne marche plus. Ils sont minoritaires. Dans toutes les villes de l'intérieur, la preuve est donnée. Nous n'accepterons plus que des gens s'attaquent à nous impunément. La sécurisation des audiences foraines doit être effective. Nous tenons un message de fermeté à l'endroit de nos militants pour qu'ils sécurisent les audiences foraines".

Mme Salimata Porquet (Fifem) :
“C'est une déclaration très
responsable”
“Je pense que la déclaration du Premier ministre a été une déclaration claire et très responsable qui a permis à tous les Ivoiriens d'avoir les explications nécessaires sur les audiences foraines. Compte tenu de la situation qui prévalait, il était obligé d'intervenir pour rassurer tout le monde. Nous souhaitons que cela puisse continuer, lui-même a reconnu qu'il est nécessaire qu'il vienne souvent entretenir les Ivoiriens sur la marche du processus de paix. Cette déclaration nous satisfait parce que le Premier ministre a donné toutes les mesures qui ont été prises pour contrer les éventuels fraudeurs, les dispositions qui ont été prises pour assurer la sincérité et la fiabilité de l'opération. Essayons donc de lui faire confiance et regardons. Il l'a dit, les portes du dialogue sont toujours ouvertes pour recueillir tous les avis, toutes les suggestions. Un individu sans papier, c'est comme un animal. Les audiences foraines sont vraiment une aubaine. Nous les femmes, ça nous galvanise, nous irons sensibiliser. Nous sommes prêtes pour soutenir l'action du gouvernement en gardant un œil bien entendu sur le désarmement qui doit se faire concomitamment”.
Après le message à la nation du Premier ministre Charles Konan Banny, lundi- Les FN : “Le FPI doit cesser d’abuser des Ivoiriens”

La presse vient de publier une déclaration du parti de M. Laurent Gbagbo, entretenant des amalgames honteux, et qui appelle de la part des forces nouvelles une mise au point s'agissant des raisons justifiant ses actes de barbarie dans les zones sous contrôle gouvernemental.
Il faut indiquer que le FPI ne fait rien d'autre que ressasser de vieux discours dépassés qui n'accrochent que les seuls nostalgiques de la haine, du tribalisme et de la xénophobie. Ce parti a choisi de se faire l'avocat de "centaines de milliers de ressortissants des zones assiégées, déplacés de guerre et réfugiés en zone gouvernementale" qui " ne peuvent pas participer à ces opérations ".
S'il convient de " pleurer " avec les casseurs du FPI, les prétendus déplacés de guerre qui ne peuvent pas participer aux audiences foraines dans les zones nord, Centre et Ouest, il faut cependant s'interroger sur les vrais motifs qui poussent le parti de M. Laurent Gbagbo à empêcher que les sans-papiers de la zone gouvernementale participent à ces opérations pourtant organisées pour réduire leur nombre à zéro. Puisque c'est de cela qu'il s'agit en réalité.
Pourquoi un parti qui se dit soucieux de voir " des milliers de ressortissants des zones assiégées, déplacés de guerre et réfugiés en zone gouvernementale " retourner participer à ces opérations, empêche-t-il ceux qui sont nés dans les zones contrôlées par l'armée fidèle à M. Laurent Gbagbo, de participer aux audiences foraines ? Pourquoi le FPI empêche-t-il le déroulement des audiences foraines là où la sécurité existerait ?
La vérité, c'est que le FPI n'a jamais accepté que les opérations d'identification des populations et de recensement des électeurs se fassent dans la transparence et la liberté.
C'est bien la seule vraie raison de ces violences que ce parti veut justifier par des accusations farfelues faisant état de mouvements de populations en provenance de certains pays voisins pour, dit-on, se faire établir sans frais et frauduleusement des pièces d'état civil ivoiriennes. Le FPI doit cesser d'abuser des Ivoiriens en mettant fin à cette campagne de désinformation qui rappelle bien celle de février 2000 qui fit dire à Mme Simone Gbagbo que plus d'un million de fausses cartes nationales d'identité de couleur verte avaient été saisies par elle. Personne ne doit oublier que c'est justement parce que ces cartes anciennes furent frappées de suspicion que la Côte d'Ivoire, depuis cette époque, ne sait plus quel document d'identité exiger à ses citoyens.
Une autre raison pour causer deuil et désolation ici et là, le FPI estime que " les magistrats qui opèrent n'ont pas été régulièrement nommés par décret du Président de la République ". En voulant faire du juridisme, le FPI étale sa mauvaise foi, car sur cet aspect, les Ivoiriens ont besoin de connaître la vérité. Celle d'une volonté inavouée des barons du FPI de violer cette constitution ivoirienne votée pendant deux jours les 23 et 24 juillet 2000.
M. Laurent Gbagbo n'est pas autorisé par l'article 130 de cette constitution à signer le moindre décret de nomination des magistrats, parce qu'il faut " une loi organique " pour donner une forme légale et constitutionnelle au conseil supérieur de la magistrature aujourd'hui incompétent pour se prononcer sur la validité des arrêtés signés par l'ancien garde des Sceaux, la ministre d'Etat Henriette Diabaté.
Les partisans de Laurent Gbagbo doivent savoir que l'article 130 de la constitution dit que " jusqu'à la mise en place des autres institutions, les institutions établies continuent d'exercer leurs fonctions et attribution conformément aux lois et règlements en vigueur "Ce qui signifie que tant que le Conseil supérieur de la magistrature ne sera pas constitué selon la volonté des constituants des 22 et 23 juillet 2000, M. Laurent Gbagbo doit laisser travailler les magistrats ivoiriens, qui ont choisi de ne pas ressembler au sieur Tia Koné, toujours prompt à piétiner le droit pour plaire à ceux qui l'ont nommé, n'est-ce pas d'ailleurs sur la base de cette même constitution que les Oulaï Siéné et autres Tagro Désiré signaient des arrêtés mettant en mission des magistrats ?
La mauvaise foi qui anime le FPI est mise également en œuvre quand ce parti écrit qu'aucun préfet ou sous-préfet n'est présent sur les sites des audiences foraines. Car la plupart de ceux qui étaient en poste avant le 19 septembre 2000 ont été appelés à rejoindre leurs postes de travail. Ceux qui ont répondu à l'appel, participent au bon déroulement de ces audiences foraines, avec l'apport inestimable des Forces nouvelles. C'est cela la vérité que le FPI doit accepter.
Le FPI doit vaincre sa peur et braver tous les obstacles pour venir constater comme tout le monde au bon déroulement sans incident de cette phase essentielle du processus d'indentification en Côte d'Ivoire. C'est également cela le sacrifice à faire.
Quant aux Forces nouvelles, elles réitèrent une nouvelle fois leur appel au parti de Laurent Gbagbo, qui doit venir prendre part aux audiences foraines comme tout participant ou sachant décidé à dire la vérité au nom de la transparence.
L'heure de la désinformation est déjà passée. Tirons donc le rideau !

Fait à Bouaké, le 25 juillet 2005.
La Cellule de communication


COTE D'IVOIRE / MANIFESTATIONS DE PARTISANS POLITIQUES RELATIVES AUX AUDIENCES FORAINES

Mardi 25 Juillet 2006

Le Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny a opté pour la poursuite du processus d'identification, en dépit des violences et de l'opposition des partisans du président Laurent Gbagbo qui ont poursuivi mardi leurs opérations de blocage.

Des affrontements entre "jeunes patriotes" et militants de l'opposition ont fait au moins un mort et six blessés dont deux par balle à Bassam, municipalité du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, opposition) située à une trentaine de km à l'est d'Abidjan, a constaté l'AFP.

Selon des témoins, les "patriotes", armés de gourdins et de machettes venus à bord d'un bus d'Abidjan, ont voulu interrompre la réunion visant à identifier et délivrer des actes d'état civil aux habitants qui s'étaient présentés nombreux dans la matinée.

Mais les jeunes de la ville, connue aussi sous le nom de Grand Bassam, ont réagi et chassé les "jeunes patriotes" avant de s'attaquer au siège du Conseil général acquis au Front populaire ivoirien (FPI, parti présidentiel).

Les forces de l'ordre, d'abord passives, ont ensuite reçu des renforts et ont chargé les manifestants qui refusaient de se disperser, usant notamment de gaz lacrymogènes, selon un journaliste de l'AFP.

Ces nouvelles violences autour de l'identification interviennent au lendemain d'un discours du Premier ministre de transition, Charles Konan Banny, qui a décidé de maintenir cette première phase du processus de paix, en dépit des violences qui ont fait au moins deux morts et 38 blessés ce week-end à Divo (centre).

Le processus d'identification, très controversé, a été lancé le 17 juillet. Connu dans le pays sous le nom "d'audiences foraines", il est destiné à identifier les populations afin de leur fournir des pièces d'identité et de réviser les listes électorales dans ce pays coupé en deux depuis la tentative de coup d'Etat contre le président Laurent Gbagbo en septembre 2002.

Les partisans de M. Gbagbo, qui avaient déjà paralysé Abidjan le 19 juillet, craignent que le processus ne permette à des non-Ivoiriens de grossir l'électorat de l'opposition --notamment dans le Nord contrôlé par la rébellion-- dans la perspective des élections générales dont la présidentielle, qui doivent être organisées avant le 31 octobre.

"Toutes les dispositions sont prises ou envisagées pour que l'opération se déroule en toute sécurité, transparence et nous permette de lutter contre la fraude", a déclaré M. Banny lundi soir.

"Rien ne justifie la tension que l'on fait subir à notre pays, rien ne justifie la violence", a-t-il lancé, rappelant que la délivrance des "jugements supplétifs" (en remplacement des actes de naissance) par les magistrats qui dirigent les audiences d'identification ne donnent pas droit automatiquement à la nationalité ivoirienne, et donc au droit de vote.

Les rebelles des Forces Nouvelles (FN) qui contrôlent le Nord, où selon l'Onu les audiences se déroulent bien, ont invité le Premier ministre à faire preuve de plus de courage, et l'opposition a salué le fait que M. Banny n'ai pas reculé devant la pression exercée dans la rue par les "patriotes".

En revanche, les quotidiens favorables au président Gbagbo ont critiqué le discours de M. Banny, estimant qu'il "prend les Ivoiriens pour des imbéciles", et le FPI n'a pas levé son mot d'ordre d'empêcher les "audiences foraines" par "tous les moyens".

Le lancement du processus avait été décidé le 5 juillet à Yamoussoukro lors d'une réunion regroupant le président Gbagbo, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, et les principaux acteurs de la crise.


COOPERATION COTE D'IVOIRE / GAMBIE / VISITE D'AMITIE ET DE TRAVAIL DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO A BANJUL

Mardi 25 Juillet 2006

A L'invitation de son Homologue gambien , S.E.A.J.J.JAMMEH , le Président Laurent GBAGBO a effectué une visite d'amitié et de travail du Vendredi 21 au Dimanche 22 Juillet 2006 à BANJUL ou il a pris part aux festivités marquant le 12ème anniversaire du changement de régime .
Lors de son bref séjour le Président GBAGBO a eu plusieurs entretiens avec son Hôte au cours desquels les deux Chefs d'Etat ont fait le tour d'horizon des questions essentielles nationales et internationales .
Suite au défilé civil et militaire de près de 04 heures de temps , le Président JAMMEH a organisé un Banquet au cours duquel ila décoré dans l'ordre de Grand Commandeur de Gambie , le Président GBAGBO qui dans un discours mémorable l'a remercié en soulignant son courage , son esprit combattif et ses belles performances dans la reconstruction de son pays qui compte aujourd'hui parmi les nations émergeantes .
Il faut également souligner que le Président JAMMEH a offert un terrain à bâtir à son Homologue , symbole de l'intégration.
S.E.Fatimata TOURE SY , Ambassadeur et ses collaborateurs ont pris une part active à l'organisation de cette visite sanctionnée par un Communiqué final lu par S.E.Youssouf BAKAYOKO , Ministre ivoirien des Affaires .
La communauté ivoirienne résidant à Banjul a réservé un accueil des plus chaleureux au Président et à sa délégation .
Elle a pu saisir cette occasion pour lui exprimer ses doléances .
Le Président GBAGBO était accompagné d'une très forte délégation composée de membres de son Cabinet et de diplomates.
Le Président GBAGBO a adressé une invitation à S.E.JAMMEH à se rendre en Côte d'Ivoire à une date qui sera déterminée par voie diplomatique.
S.E.Macky SALL , Premier Ministre était également présent à Banjul à la tête d'une délégation composée de plusieurs Ministres .


COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN BANNY SUR LES AUDIENCES FORAINES

Mardi 25 Juillet 2006

Mes chers compatriotes,
Chers frères et sœurs Africains qui vivez avec nous.
Chers amis d’autres nationalités, européennes, américaines, asiatiques qui vivez avec nous. Bonsoir Je voudrais m’adresser, en particulier, à mes compatriotes. Je voudrais leur dire que depuis deux mois, peut-être plus, nous sommes entrés dans le cœur du programme de sortie de crise. C’est en ce moment-là, que sans des raisons évidentes, objectives, en tout cas, d’une importance certes, nous voyons monter la tension. Nous avons vu venir cette tension à travers certains articles que nous avons lus ici et là et certains propos que nous avons écoutés ici et là.

Pour le chef du gouvernement, ni ces écrits, ni ces propos n’étaient pas de nature à lui faire craindre que de manière sérieuse un problème se poserait dans notre pays surtout, au moment où, je vous le répète, nous sommes entrés dans le cœur du programme de sortie de crise, à travers la conduite concomitante de l’opération d’identification par le biais des audiences foraines, même si les audiences foraines ne sont pas l’identification, j’en parlerai et l’opération de désarmement par le biais du pré-regroupement, comme je vous l’avais annoncée, il y a quelques temps.
Je vous avais dit aussi que je viendrai de temps en temps vous entretenir de la marche du programme de sortie de crise. Aujourd’hui, je me retrouve chez vous, dans vos foyers, pour vous entretenir de cela, en priorité. Mais je ne peux vous entretenir de l’état d’avancement du programme de sortie de crise en oubliant l’ambiance dans laquelle nous nous trouvons. Mais avant d’y aller, je voudrais m’incliner devant la dépouille de ceux de nos frères et sœurs éventuellement, qui ont perdu la vie ces derniers jours à Divo en particulier. Et présenter mes condoléances aux familles, au nom du gouvernement, au nom du Chef de l’Etat et au nom de toute la population ivoirienne.
A cet effet, je voudrais dire très clairement qu’en mon sens, rien ne justifie cette extrémité. Rien ! D’ailleurs, je vais vous dire que pour moi, rien ne justifiera jamais le fait qu’on puisse ôter la vie à son prochain. Donc rien ne justifie cette extrémité. Surtout pas l’opération des audiences foraines qui semble-t-il, ont servi de raison pour alimenter, non seulement les débats mais aussi la tension que nous vivons dans notre pays. Aussi, importe-t-il que le chef du gouvernement vienne s’expliquer devant vous. Surtout expliquer, informer pour que nous ayions la juste mesure des choses pour avoir le juste comportement qu’il faut dans le cadre de la marche inéluctable de la Côte d’Ivoire vers la sortie de crise. C’est pour cela que je me suis introduit, une fois de plus, chez vous, ce soir.
Nous allons parler d’audiences foraines. Je voudrais vous dire que cette opération fait partie intégrante du programme de sortie de crise. Programme qui doit nous conduire vers des élections justes, transparentes, équitables, ouvertes à tous comme convenu depuis longtemps par tous les acteurs et j’allais dire, par tous les Ivoiriens, à travers les différents accords signés depuis près de 4 ans.
Mais qu’est-ce que c’est que les audiences foraines et pourquoi cette opération fait-elle partie du programme de sortie de crise ?
Les audiences foraines, je vous l’ai déjà expliqué à l’occasion de la phase-pilote, c’est la procédure par laquelle nos juges vont se rapprocher le plus possible de nos concitoyens. En l’espèce, dans le cas présent, de nos concitoyens qui sont nés sur le territoire mais aussi de toute personne qui ne soit pas ivoirienne mais née en Côte d’Ivoire et qui a 13 ans révolus. Mais qui, jusqu’à présent, n’a pas de papiers. Soit parce qu’elle n’a pas été déclarée à sa naissance pour des raisons diverses, donc n’a pas d’acte de naissance ou n’a pas encore eu la chance d’avoir le jugement supplétif d’acte de naissance qui se fait d’ailleurs de manière ordinaire dans nos tribunaux. Les audiences foraines, c’est cela. C’est la possibilité que le gouvernement offre à toute personne, Ivoirienne ou pas, ayant 13 ans révolus, née sur le territoire ivoirien et qui n’a pas encore été déclarée à l’état-civil. Les audiences foraines servent donc à délivrer, à l’issue de l’audience, un jugement supplétif tenant lieu d’acte de naissance à ces personnes. Voilà, stricto sinsu ce que veulent dire les audiences foraines. Nous avons toujours dit, et nous sommes toujours clair, de constater qu’ils sont nombreux, ceux de nos compatriotes qui n’ont pas ce moindre papier. Il faut donc, à travers cette opération, résoudre cette question. Donner le premier papier qu’il faut à tout individu qui naît. Que ces personnes soient Ivoiriennes ou pas dès lors qu’elles sont nées sur le territoire ivoirien. Voilà ce que veulent dire les audiences foraines. Et c’est cette opération que nous voulons organiser.
Pourquoi les audiences foraines font-elles partie du programme de sortie de crise ? Parce que c’est à partir de ce stade préliminaire que l’on va conduire les autres volets qui concernent l’identification. C’est-à-dire, donner une identité, soit ivoirienne, soit étrangère. Et ensuite, que ceux qui le souhaitent soient enrôlés et qu’ils s’inscrivent sur les listes électorales pour pouvoir exercer leur droit de vote. Mais au moment où je vous parle, je voudrais vous dire que autant la délivrance du jugement supplétif nous apparaît comme une ardente obligation et une nécessité absolue pour chaque individu qui remplit ces conditions, autant, juridiquement, il n’y a pas d’obligation, au moment où je vous parle, pour celui qui détient un jugement supplétif, séance tenante, d’aller obtenir un certificat de nationalité. Donc le jugement supplétif n’induit pas automatiquement le certificat de nationalité. Cependant, la possibilité est ouverte aux Ivoiriens qui auraient donc ce jugement supplétif, de requérir, c’est-à-dire, de demander qu’au même moment, avec toutes les précautions administratives qu’il faut prendre pour séparer le jugement supplétif qui est un acte judiciaire et la délivrance du certificat de nationalité qui est un acte administratif, l’occasion est offerte aux Ivoiriens de profiter par la requête qu’ils introduiraient auprès du juge.
Pourquoi avons-nous opté pour le faire ? Parce que c’est le certificat de nationalité pour les Ivoiriens ou la carte de résident, plus tard, pour les non Ivoiriens ou la carte de séjour pour d’autres catégories de non Ivoiriens encore, c’est cette séquence d’opérations qui nous permettra de savoir qui est qui en Côte d’Ivoire.
Pour ce qui concerne les Ivoiriens et les Ivoiriennes seulement, lorsqu’ils auront leur certificat de nation alité, ils auront la possibilité de se faire enrôler et de s’inscrire sur les listes électorales. J’ajoute que cela n’est pas non plus une obligation immédiate puisque le vote n’est pas obligatoire. Il est souhaitable. C’est un droit mais ce n’est pas une obligation. Il y a des pays où le vote est obligatoire, notre système n’a pas choisi cela. Voilà pourquoi les audiences foraines se situent dans le programme de sortie de crise.
Pourquoi donc cette opération suscite tant de débats ? Parce que puisque c’est la porte d’entrée de tout cela, il y a des craintes qui, a priori, sont légitimes. Parce que notre pays n’est pas encore réunifié. Ces craintes s’organisent autour d’un certain nombre de points. D’abord, puisque notre pays n’est pas encore réunifié, puisque le programme de sortie de crise n’est pas encore achevé, comment allons-nous organiser l’opération de telle sorte qu’elle soit équitable pour qu’on organise ici et là de la même manière. A travers l’administration, par exemple. A travers l’administration préfectorale, à travers les magistrats. Donc à travers le redéploiement.
Est-ce que les fonctionnaires, d’autorité, sous la supervision desquels il faut absolument que les audiences se déroulent, les sous-préfets étant officiers d’état-civil, ces conditions seront-elles réunies partout ? Voilà une crainte légitime. La réponse est claire. Le dispositif que nous avons prévu répond parfaitement à cela. Les sous-préfets, dans les zones Centre, Nord, Ouest, seront redéployés. Je sais bien qu’ici et là, il y a quelques difficultés. Pour ceux là-mêmes, les sous-préfets qui, hier, avaient connu quelques difficultés lorsque la crise avait éclaté. Le gouvernement veille à ce que ces difficultés soient surmontées et les conditions réunies pour qu’ils puissent surveiller cette opération avec toute l’autorité que leur confère la loi. Les préfets, autant que possible. Je dis autant que possible, c’est le minimum, les sous-préfets. Ils sont officiers d’état-civil. S’il n’y a pas de sous-préfet, l’opération ne pourra pas avoir lieu. Là où il n’y aura pas de sous-préfet, il n’y aura pas d’audiences foraines. Donc, les préfets, s’ils sont redéployés, tant mieux. C’est pourquoi cette crainte, bien qu’a priori légitime, doit trouver satisfaction à travers le dispositif prévu. C’est la même chose pour les magistrats. Ils seront redéployés là où c’est nécessaire parce que sans les magistrats redéployés, il ne peut y avoir d’audiences foraines. D’ailleurs, comment parler d’audience foraine qui est un acte judiciaire sans magistrat ? Nous devons redéployer les magistrats dans certaines zones (Centre, Nord, Ouest), et là où les magistrats, pour une raison ou une autre, ne sont pas redéployés, il n’y aura pas d’audience foraine pour le moment. Ça, c’est pour la garantie de l’autorité de l’Etat.
Une série de préoccupations tournent autour des questions de sécurité. Ce sont des préoccupations qui sont, a priori, fondées. Puisque bien que nous avancions de ce côté-là, on ne peut pas dire que nous sommes au bout de nos peines. Ces questions de sécurité sont d’autant plus justifiées que certains d’entre nous les lions au problème du désarmement. Alors, là-dessus, je voudrais être précis. Oui, l’idéal aurait été que le pays soit débarrassé de toutes les armes. Mais dans le cadre du programme de sortie de crise et dans le cadre de la concomitance qui m’est si chère, je voudrais vous dire que le volet pré-regroupement évolue à ma satisfaction. Les Ivoiriens doivent savoir que du côté des Forces de défense et de sécurité, les 35 sites de pré-regroupement qui étaient prévus dans les accords, ont reçu les ex-combattants. Les Ivoiriens doivent savoir que ces 50 sites de pré-regroupement concernant les Forces armées des Forces nouvelles, à ce jour, ont reçu des ex-combattants. Pour ce qui concerne les 50 sites, il s’agit d’un effectif de 33.000 ex-combattants. Donc le pré-regroupement est achevé. Oui, il faut aller vérifier, de part et d’autre, que les informations que le chef du gouvernement donnent correspondent à la réalité. J’envisage moi-même d’y aller, à côté du dispositif qui a été prévu, pour assurer la vérification de la réalité du pré-regroupement. Donc de ce côté-là, le désarmement avance dans sa phase de pré-regroupement. Les phases suivantes seront donc le regroupement et le dépôt des armes. Donc on avance avec satisfaction. Il faut le dire, il faut faire en sorte d’encourager ce mouvement, éviter que le phénomène ne s’enlise dans un perpétuel recommencement. En d’autres termes, il faut le rendre irréversible.
Donc les préoccupations de la sécurité doivent être vues dans ce contexte. Mais il n’y a pas que cela. Dans ce contexte, un dispositif est prévu pour entourer ces opérations de la sécurité indispensable à leur bon déroulement, à leur fiabilité, à leur acceptabilité. Les Forces de défense et de sécurité de la Côte d’Ivoire assureront, au Sud, de concert avec les Forces impartiales, la sécurité des opérations. Les Forces impartiales assureront la sécurité des opérations, des hommes dans les Zones Centre, Nord, Ouest. C’est le dispositif connu et qui est appliqué aujourd’hui dans le cadre du programme de sortie de crise.
Troisième préoccupation, la transparence de l’opération. C’est-à-dire, s’assurer que tout cela se fait de manière équitable. Et que de cette manière, nous allons lutter contre le syndrome de la fraude ou les tentatives de fraudes. Je dois dire, elles peuvent être ou sont réelles. Elles le sont parce que certaines personnes, par ignorance, vont vouloir se présenter aux audiences foraines alors qu’elles n’en ont pas droit. D’autres vont confondre les audiences foraines avec la procédure de délivrance du certificat de nationalité. Ou même, d’aucuns le sachant vont vouloir tricher. Il faut se battre contre la fraude, mettre en place un dispositif contre cette fraude. Le gouvernement a prévu tout cela. Comment ?
D’abord, par l’observation, par la surveillance. Par qui ? Toutes les structures, les organisations prévues dans le cadre du programme de sortie de crise, du genre Commission nationale de supervision de l’identification, l’Office national d’identification, Commission électorale indépendante, Haut représentant pour les élections, l’ONUCI, tous les observateurs ou tous ceux qui nous aident auront pour mission de prendre part à l’opération. Les partis politiques importants seront également dans l’opération. Pour cela, j’ai souhaité, et tout le monde est d’accord, que la libre circulation des personnes soit assurée sur le territoire ivoirien. Ce qui veut dire que les représentants de tous les partis politiques doivent être présents sur tous les sites, en toute sécurité et en toute liberté. Voici ce qui est prévu pour assurer la transparence qui est gage de lutte contre la fraude. Je signale qu’indépendamment des groupes et groupements que j’ai cités, tout Ivoirien a la possibilité d’être présent là où il faut. D’ailleurs, ceux qui doivent se présenter aux audiences foraines, ce ne sont pas ceux qui ont déjà eu un papier et qui l’ont perdu. Ce ne sont pas ceux qui sont nés à l’étranger et qui n’ont pas eu de papier. Je rappelle qu’il s’agit de tous ceux qui sont nés sur le territoire ivoirien, étrangers ou pas. Les uns et les autres obtenant le jugement supplétif et plus tard, les uns obtenant le certificat de nationalité et les autres, les documents qu’il faut, les cartes de résident ou carte de séjour. Il faut donc assurer la sécurité, la transparence et l’équité de l’opération sous l’autorité de l’administration à travers les sous-préfets, les préfets et les magistrats.
A présent, comment allons-nous mener ce projet ? Ce projet est mené par le gouvernement, de la même manière qu’il mène tous ses projets de sortie de crise, avec la méthode que le Premier ministre a annoncée. Faite de concertation, d’écoute, de groupe de travail, d’essai. C’est pour cela qu’au mois de mai, nous avons fait la phase-pilote. Elle nous a permis de tester le mécanisme. Après, nous avons fait un atelier pour nous permettre de tirer les leçons. Je dois dire qu’avant la phase-pilote, une concertation aussi large que possible a eu lieu. La restitution des résultats a donné lieu à un atelier avec tous ceux qui souhaitent venir critiquer et échanger leurs observations avec les autres. Donc, la concertation a eu lieu. L’une des critiques que j’entends le plus, en ce moment, est qu’il n’y a pas eu de concertation. J’affirme que la concertation a eu lieu. Oui, on peut toujours dire qu’il n’y a pas eu suffisamment de concertation. J’admets qu’on peut toujours faire plus. D’autant plus j’apprends qu’il y a des confusions. Un certain nombre de nos concitoyens ne savent pas bien ce que veulent dire les audiences foraines. Je viens de les définir, j’espère, assez clairement. Mais peut-être, faut-il continuer. Je reste ouvert pour plus d’informations, plus de concertations. Il y a d’autres préoccupations, qui sont d’ordre technique. Par exemple, se rassurer qu’à chaque audience, une liste de requérants est établie qui se sont présentés devant le juge et que cette liste soit paraphée ou signée par tous les observateurs. Je suis tout à fait d’accord. J’accepte cela même si_ comme diraient les juristes qu’il s’agit d’une audience_ mais c’est un document qui rassure. Qui permet aux uns et aux autres de s’assurer que les sites ne sont pas variés d’un moment à l’autre. Le gouvernement a prévu d’ailleurs un affichage sur site et un affichage sur la toile (Internet). Pour permettre aux uns et aux autres de savoir sur quelle population l’audience a porté.
Je veux donc dire, en un mot comme en mille, que toutes les dispositions sont prises, ou en tout cas, envisagées et seront prises concrètement et améliorées chaque fois que nécessaire, pour que l’opération se passe en toute sécurité, en toute transparence, en toute équité et surtout, que le dispositif nous permette de lutter contre la fraude qui se dessinerait ou qui se dessine à travers quelques exemples que l’on peut avoir ici et là.
Cela dit, je voudrais revenir pour dire que rien, franchement, ne justifie la tension que l’on fait subir à notre pays. Rien ne justifie surtout les violences. Et je souhaiterais, à cet égard, de la manière la plus solennelle, demander à chacun d’entre nous, d’assurer la sécurité de la Côte d’Ivoire. Non pas en termes agressifs. Mais faire en sorte que nous puissions conduire le programme de sortie de crise pour que nous retrouvions notre liberté par rapport à ce programme de sortie de crise, pour que nous retrouvions notre liberté par rapport à cette crise qui n’a que trop duré, pour que nous puissions reconstruire le pays. Il faut donc que nous nous appropriions le processus il faut que nous le défendions. Il faut que nous soyons exigeants, que nous ne fassions pas chemin faisant, que ce programme de sortie de crise soit mené au profit de tel ou tel groupe, groupement ou parti politique. C’est l’engagement que j’ai pris, je veux m’en tenir à cet engagement. Et dès lors que je m’en tiens à cet engagement, je veux lever toutes les incompréhensions. Mais en même temps, je voudrais qu’en tenant cet engagement, je ne comprendrais pas que la violence s’introduise dans le système. Il faut que nous luttions contre cela. Il faut que chacun lutte, en lui-même, contre la violence. Chacun de nous a en lui des germes de violence. Il faut dominer cela, individuellement et collectivement. Parce que les Ivoiriens veulent vivre ensemble, dans la paix. Et c’est ce que nous recherchons pour construire ce pays. Alors, le gouvernement reste ouvert pour poursuivre les concertations de la manière la plus efficace. Le gouvernement que je préside est un gouvernement d’ouverture puisqu’il comporte toutes les sensibilités. Il a l’obligation de conduire un programme dans le temps, non pas le temps imposé par qui que ce soit, mais le temps accepté par tous les Ivoiriens qui sont d’ailleurs pressés que ce programme aboutisse aux élections. Nous allons donc conduire ce programme avec ces objectifs, arriver le plus rapidement possible. Mais nous ne confondons pas vitesse et précipitation. Parce que nous voulons une issue qui pérennise la paix.
Voilà pour ce soir, ce que je voulais vous dire. Vous dire que le destin de la Côte d’Ivoire ne sera jamais entre les mains des étrangers ou de tous nos amis qui viennent nous aider. Le destin de la Côte d’Ivoire est entre les mains des Ivoiriens. Mais la Côte d’Ivoire doit rester fidèle à son image, pays d’ouverture, pays de rassemblement. Terre d’accueil, terre des hommes. Dans le respect de sa souveraineté. C’est la ligne que je me suis tracée, c’est la ligne que je compte poursuivre. Et dans la poursuite de cette ligne, je reste déterminé, je reste ouvert, pour conduire ce programme, au nom de tous ceux qui m’ont fait confiance, au nom du peuple de Côte d’Ivoire, au nom de tous les amis qui m’ont fait confiance. Ce n’est pas facile mais ce n’est pas impossible.
Ensemble, ensemble, parlons-nous, discutons, échangeons, restons ouverts, restons constructifs. Si on applique ces principes, si on se fait confiance, au total, il n’y aucune raison pour qu’on n’y arrive pas. Et chemin faisant, il n’y a aucune raison pour qu’il y ait des violences. La violence étant destructive, les Ivoiriens ne doivent plus accepter que la violence s’installe dans leur pays. Nous ne voulons plus de guerre. Nous voulons résoudre la crise et on ne peut pas résoudre la crise en recourant à la violence. Je vous fais confiance, je sais qu’il y a eu des incompréhensions, j’espère avoir pu lever certaines de ces incompréhensions. Je reste ouvert, encore pour plus de dialogue pour que chacun soit serein. Bonsoir

Propos recueillis par
Auteur: Paulin Zobo


COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DE M.CHARLES BLE GOUDE LEADER DES JEUNES PATRIOTES

Mardi 18 Juillet 2006

Charles Blé Goudé, leader des jeunes patriotes, rompt le silence et dit tout sur le processus de paix en cours. L’homme s’inquiète de l’évolution de la situation et interpelle le Premier ministre Banny. Interview.

M. Charles Blé Goudé, depuis les sanctions prises par l’Onu contre vous en février dernier, vous avez nettement abandonné la rue. De quoi avez-vous peur ?

C. B. G : De quoi voulez-vous que j’aie peur encore après tout ce que j’ai connu dans ce pays ? Je n’ai pas peur des sanctions de l’Onu et je n’aurai jamais peur des sanctions de l’Onu. Je voudrais que cela soit clair parce que les pressions de l’Onu n’enlèvent rien à ma volonté de me battre pour la Côte d’Ivoire. Les sanctions de l’Onu dont vous parlez, elles sont tombées et le ciel ne nous est pas pour autant tombé sur la tête. Vous savez, moi j’ai l’avantage de ne pas avoir tué, de ne pas avoir violé et éventré les femmes enceintes. Alors je ne me reproche absolument rien.
Ceux que l’Onu doit normalement sanctionner, c’est-à-dire les rebelles qui ont pris les armes contre les Institutions légales de la Côte d’Ivoire, circulent librement dans le pays. Et c’est nous qui luttons les mains nues, pour défendre notre patrie, qui sommes la cible de l’Onu. Nous avons été sanctionnés par Kofi Annan, nous avons pris acte.
Nous avons même estimé que c’est un honneur qui nous est fait que l’Onu ait reconnu notre capacité de mobilisation dans le pays. Pour nous, l’essentiel, c’est que la Côte d’Ivoire sorte de la situation de guerre créée de toutes pièces par Alassane Dramane Ouattara et sa branche armée. Et tant que les rebelles seront en armes, tant qu’une partie de la Côte d’Ivoire sera aux ordres de bandes armées, les jeunes patriotes ne quitteront jamais la rue. Et ce ne sont pas les sanctions de l’Onu qui vont nous faire reculer.
Mais si nous nous sommes tu un moment, c’est pour donner une chance à la paix.

Les difficultés que traverse la galaxie patriotique expliqueraient-elles en partie votre silence ?

C. B. G : Oui, mais c’est pour tout cela que j’ai finalement décidé de parler avec vous. Cela dit, en dehors de la presse, la jeunesse patriotique devait apprendre à régler ses problèmes sans faire du bruit. Le problème de la Sorbonne au Plateau par exemple a été réglé sans tambour ni trompette. Nous nous sommes retrouvés avec d’autres camarades leaders et nous avons discuté de la situation qui prévalait à la Sorbonne.
Nous avons accordé nos violons Il n’y a pas que le problème de la Sorbonne qui a été réglé. Il y a aussi des parlements et agoras qui étaient impliqués dans de faux coups.
Moi-même j’ai fait des sorties dans plusieurs parlements pour rétablir les choses. C’est vous dire que si nous ne parlons pas à la presse depuis longtemps, nous ne sommes pas pour autant absent sur le terrain.

Ce silence a fait dire à certains que vous mangez avec le Premier ministre Banny...

C. B. G : C’est quoi manger avec le Premier ministre Banny ?

Il vous apporte de l’aide quand vous le sollicitez...

C. B. G : Quelle aide ? Et depuis quand j’ai sollicité M. Banny et pourquoi faire ? Il faut laisser les gens donner libre cours à leur jeu favori qui est le mensonge.
Vous savez, c’est tout cela aussi qui a provoqué la guerre en Côte d’Ivoire. Les gens parlent beaucoup de ce qu’ils ne savent pas, mais ils parlent peu de ce qu’ils savent. Vous savez aujourd’hui, je ne peux plus me cacher. Même les enfants de huit ans voire cinq ans me reconnaissent. Donc je n’ai rien à cacher. Sachez que je n’ai rien à faire avec M. Banny et je n’ai rien à faire chez lui. Et s’il s’agit de parler de la Côte d’Ivoire avec lui, je n’irai pas seul.
On me donnera l’ordre du jour que j’analyserai avec mon équipe. Si nous voyons la nécessité de discuter avec lui, nous le ferons. Mais je pense que pour l’heure, le Premier ministre Banny est occupé à régler d’autres problèmes plus urgents. Et nous autres, nous sommes occupés à renforcer nos bases sur le terrain.
Cela dit, il y a des personnes qui, pour donner de la contenance aux erreurs qu’elles ont commises, disent que Blé Goudé mange avec Banny. Mais dans tous les cas, vous savez que la vérité finit toujours par rattraper le mensonge. Qu’est-ce que Banny pourrait me donner que Gbagbo ne me donnerait pas ? Non, je crois que ceux qui racontent que je mange avec Banny voudraient plutôt être à ma place pour manger avec lui. Nous les comprenons.

Vous avez été aperçu à deux ou trois reprises chez M. Banny. De quoi avez-vous parlé ces jours-là ? C. B. G : Quand est-ce que vous m’avez vu deux ou trois fois chez Banny ?

C’étaient les premiers jours de sa prise de fonction en tant que Premier ministre...

C. B. G : Oui ! Effectivement, dès son arrivée après sa nomination à la primature, nous avons discuté avec le Premier ministre Banny. J’étais en Italie quand on m’a mis en contact téléphonique avec lui. Je crois que ça devait être au mois de décembre 2005.
Et quand je suis rentré d’Italie, le Premier ministre et moi avons discuté de la Côte d’Ivoire. Il était, je crois, dans ses consultations pour mieux s’imprégner du pays. Il était dans les consultations pour voir qui devait travailler dans son gouvernement et dans son cabinet. Je crois qu’il voulait une vision et des collaborateurs pour entamer sa mission.

Vous avait-il proposé un poste ?

C. B. G. Oh ! ça c’est du passé. Et moi, je n’ai plus envie d’en parlé. Sachez seulement pour votre information que le Premier ministre et moi avions parler politique, nous avions discuté en son temps.
Et je lui ai dit que s’il voulait vraiment la caution des patriotes, il lui suffisait seulement de travailler et de s’entendre avec le président Gbagbo et de faire un choix net entre les intérêts de ceux qui nous ont imposé cette guerre et les intérêts de la Côte d’Ivoire. De cette façon-là, nous avons dit à M. Banny qu’il n’y aurait aucune raison que les jeunes patriotes le combattent. A cette époque-là, nous avions discuté avec le Premier ministre à trois ou quatre reprises.
Il avait même reçu le bureau de l’alliance des jeunes patriotes. Et puis, voilà qu’arriva la crise de janvier avec l’affaire de l’Assemblée nationale. C’est à partir de là que nous nous sommes démarqués du Premier ministre.

Est-ce que ça vous gênerait que les jeunes patriotes travaillent aux côtés de M. Banny pour la paix ?

C. B. G : Mais qui vous a dit que pour la paix on est obligé de travailler aux côtés de M. Banny ? Pour la paix, on n’a pas besoin de travailler forcément aux côtés du Premier ministre Banny. Chacun, dans son organisation, peut travailler à ramener la paix dans le pays. Même les rebelles, qui coupent le pays en deux, disent travailler pour la paix. Cela dit, il est bon de savoir que quand on veut travailler avec une organisation, on saisit les premiers responsables de cette organisation à qui on lance un appel officiel. Et officiellement donc, on confie des missions précises à cette organisation. Mais on ne débauche pas des gens nuitamment. On ne se cache pas derrière la paix pour casser les mouvements ou pour se construire des mouvements de soutien.

Voulez-vous dire que M. Banny recrute au sein de la galaxie patriotique ?

C. B. G : C’est cela ! M. Banny tente de recruter au sein de la galaxie patriotique. Il a tenté de casser le mouvement. Mais il a rencontré un rideau de fer. Ce, parce que la jeunesse patriotique est très organisée et très structurée. C’est une jeunesse qui est organisée et qui sait ce qu’elle veut. La jeunesse patriotique, c’est le fruit d’un long travail qui a commencé depuis des années. Donc, ce sont des gens qui savent bien ce qu’ils font. En tout cas, si ce n’est pas le Premier ministre qui recrute directement au sein de la galaxie patriotique, c’est que son entourage s’y est essayé.
Il y a un clivage entre les discours de M. Banny et les actes que posent ses collaborateurs. Je pense que cela ne rend pas service au Premier ministre dans la difficile mission qui est la sienne. Même si M. Banny a des ambitions politiques, ce que tout le monde sait désormais, il vaut mieux qu’il se consacre à la mission première pour laquelle il a été nommé Premier ministre par le président Gbagbo ; c’est-à-dire désarmer les rebelles, réunifier le pays et organiser des élections transparentes auxquelles il ne participera pas. C’est tout ce qu’on lui demande et c’est pour cela qu’il est là. Les Ivoiriens le jugeront par ses actes plus tard.

C’est donc parce que M. Banny a dévié sa mission première, selon vous, que vous faites la guerre à certains de vos camarades qui le soutiennent ?

C. B. G : Non, vous ne dites pas vrai. Moi, je ne mène pas la guerre à ceux qui soutiennent Banny. Il s’agit de ce que certains camarades patriotes, qui travaillent avec nous, ont été invités, à notre insu, à la table du Premier ministre Banny ainsi que de bien d’autres de ses collaborateurs. Et nous avons suivi cela de bout en bout, jusqu’à ce qu’on ait eu le résultat. Nous sommes arrivés à la conclusion que dans l’entourage du Premier ministre, les gens préparent le 31 octobre au détriment de l’actuel Président de la République.
Comment affaiblir Gbagbo avant cette date ? C’est cela que préparaient les hommes de Banny. On veut toucher au cœur de la galaxie patriotique, pour tenter d’isoler le chef de l’Etat avant octobre prochain. Selon des informations crédibles qui ont été rapportées par nos services, Banny et ses hommes s’apprêtaient à faire signer une pétition aux camarades patriotes, à qui ils demanderaient de s’opposer à la reconduction du président Gbagbo après octobre. Le but visé est de faire croire à la communauté dite internationale que ceux-là mêmes qui avaient soutenu le président Gbagbo jusque-là, le lâchent aujourd’hui.
Et la personne qui serait proposée pour diriger une nouvelle transition politique serait M. Banny. Les collaborateurs du Premier ministre se sont donc mis au travail pour décapiter l’Alliance des jeunes patriotes, les parlements et agoras ainsi que la Sorbonne. Cela n’a pas été du goût de certains patriotes vigilants, qui ont vite compris le plan.
Tous ceux qui s’agitaient et qui se sont mis en mission pour Banny contre Gbagbo ont été radiés des parlements et agoras auxquels ils appartiennent. Tout est redevenu normal. Et puis la vie continue tranquillement. Cela dit, nous n’avons rien contre la personne de M Banny en qui nous avions cru.

Le GPP, un autre groupe de patriotes, est régulièrement mis en cause dans des actes de vandalisme et de tuerie. Qu’est-ce qui ne va pas ?

C. B. G : Moi je ne sais rien. Je demande seulement aux premiers responsables de ce groupe-là de prendre leur responsabilité et de discipliner leurs rangs. J’avoue que c’est une situation délicate. Sachez que moi je ne suis pas le président du GPP et je n’assume pas les actes posés par le GPP ; il faut que cela soit clair pour tout le monde. Le président du GPP est un garçon qui sait ce qu’il fait. C’est un grand frère dans le syndicalisme, je pense qu’il lui revient de mettre de l’ordre dans son groupe.

Est-ce que finalement, les actes du GPP ne nuisent pas à l’image du chef de l’Etat, accusé, à tort ou raison, de manipuler ces jeunes gens ?

C. B. G : Avez-vous des éléments de preuve qui vous font dire que le chef de l’Etat manipule les jeunes du GPP ? Qui vous manipule, vous qui posez une telle question ? Soyons sérieux ! Ecoutez, je ne voudrais pas faire de commentaires sur cette affaire-là pour ne pas provoquer la furie des responsables du GPP. Mais, je souhaite vivement que cette situation créée par le GPP, que je ne maîtrise pas, se normalise au plus vite.
Je dis, pour ma part, qu’il faut éviter de retourner les populations contre le président Gbagbo et contre nous-mêmes. Parce qu’ à travers les actes que pose chaque patriote, l’on juge le président Gbagbo. Je pense que le combat que nous menons depuis des années contre les agresseurs de la Côte d’Ivoire, chacun y a apporté de son temps et de son sang. Chacun mérite qu’on lui reconnaisse toutes ces souffrances endurées, chacun mérite le respect. Mais faudrait-il que chacun fasse en sorte qu’il mérite ce respect-là. Pour l’instant, je n’ai pas encore rencontré les éléments du GPP. Je ne peux pas le faire directement, parce que je ne suis pas le premier responsable de ce mouvement.

Dans l’imagerie populaire et dans l’opinion internationale, le chef des jeunes patriotes pro-Gbagbo, c’est bien Charles Blé Goudé...

C. B. G : Mais c’est vous la presse qui avez mis cette confusion dans la tête des gens. C’est vous qui parlez de patriotes anti et pro-Gbagbo. Un patriote, c’est un patriote tout court. Définitivement, je dis aux gens que je suis le président du Cojep (Congrès panafricain des jeunes patriotes) et le président de l’Alliance des jeunes patriotes.
Ma philosophie politique n’a rien à voir avec les armes. Ceux qui disent qu’ils sont armés dans ce pays, tout le monde les connaît et on les voit en armes. Donc, s’il y a des gens en armes, ce sont ceux-là qu’il faut interpeller. Je souhaite que les responsables de ces groupes qui se disent armés disent à la face du monde que Blé Goudé n’a rien à voir avec eux.
Et je souhaite que cela soit clarifié et soit dit publiquement. Que les dirigeants du GPP sachent que je n’ai absolument rien contre eux, mais je pense qu’il serait mieux pour tout le monde que les choses soient clarifiées. Mes amis de l’alliance des jeunes patriotes et moi, notre arme, c’est la parole, rien que la parole. Il faut que cela soit définitivement su.

Le processus de sortie de crise bute, en ce moment, sur la question des audiences foraines. Qu’est-ce qui ne va pas, selon vous ?

C. B. G : Voyez-vous, moi je suis un peu troublé. J’allais même dire très troublé. De plus en plus, au nom de la politique, l’éthique et le bon sens n’ont plus droit de cité en Côte d’Ivoire, et les choses me semblent à l’envers. Quel sérieux et quel crédit veut-on que l’on accorde à des audiences foraines qui ont lieu dans des endroits où l’administration et la sécurité de l’Etat sont absentes ? Quand on parle d’audiences foraines, il y a un magistrat, il y a des témoins et le requérant. Il faut donner l’occasion aux magistrats de dire non ou de dire oui à une demande de nationalité, selon les éléments en leur possession.
Mais dans une zone où on a des fusils sur la tempe, quelle crédibilité peut-on accorder à de telles audiences ? Une élection transparente passe par un listing électoral transparent et donc une identification transparente. Il faut faire en sorte qu’aucun camp ne contexte les audiences foraines. Autrement, ce serait dommage pour le processus de paix. Si les conditions minimales ne sont pas réunies, surtout dans les zones sous contrôle des rebelles, je ne sais vraiment pas de quelles audiences foraines M. Banny parle chaque jour. Nous observons le Premier ministre. Mais d’ores et déjà, je vous dis que si c’est cela la paix, c’est une paix qui provoquera la guerre plus tard. Et une autre guerre qui partira certainement du sud. Parce qu’il ne faut pas contenter les uns et mécontenter les autres. N’est-ce pas parce que les rebelles d’aujourd’hui se sont dits frustrés qu’ils ont pris les armes contre les Institutions de la République ? Que les gens fassent attention, ils sont en train de préparer une autre guerre.

Depuis le 15 juillet dernier, les audiences foraines devaient démarrer, conformément aux recommandations de la rencontre de Yamoussoukro à laquelle Kofi Annan, le patron de l’Onu, a pris part.

C. B. G : Mais nous ne sommes pas opposés au démarrage des audiences foraines. Nous dénonçons les failles de ces opérations d’identification qui, si elles ne sont pas faites dans la transparence, risquent de tout gâter au contraire de ce qu’on recherchait, c’est-à-dire la paix durable pour la Côte d’Ivoire. Nous osons croire que ceux qui sont en charge de telles opérations auront quand même en conscience l’importance de ce qu’ils sont en train de faire. Il faut qu’ils prennent la mesure de leur responsabilité dans la délicate mission qui est de conduire aux élections transparentes.

Le Premier ministre a rassuré qu’il n’y aura pas de fraudes et que les populations pouvaient retourner en zones occupées pour se faire identifier...

C. B. G : Quelle garantie donne réellement M. Banny sur ces opérations-là ? Par exemple, dans une zone comme Korhogo, les gens brandissent des banderoles sur lesquelles on peut lire : ‘’Une kalachnikov égale à une carte d’identité.” Je suis surpris que cela ne choque pas les hommes normaux. Quelle est la réaction du Premier ministre face à cette phrase dangereuse qui viole déjà la liberté des magistrats commis pour les audiences foraines ? Et c’est dans une telle zone qu’on demande aux Ivoiriens d’aller faire des audiences foraines. Seul le Rdr a droit de cité dans les parties du pays où les rebelles sont en armes.
Ce n’est pas normal. Même le Pdci, l’allié politique de la rébellion, n’y a pas curieusement accès. Comment voulez-vous que les audiences foraines aient lieu dans des conditions transparentes ? En zone sous contrôle gouvernemental, tous les partis politiques, y compris le Rdr, ont un regard sur la manière dont vont se dérouler ces opérations. Dans la zone sous contrôle rebelle, seul le Rdr a le contrôle des opérations. Ce n’est pas normal et nous disons que tant que ces choses-là ne sont pas corrigées, les opérations d’identification que veut engager Banny sont déjà vouées à l’échec.

Avez-vous déjà discuté de ces choses-là avec le Premier ministre ?

C. B. G : Nous allons lui adresser très bientôt une demande d’audience pour qu’on discute officiellement de tout cela. Mais, je pense qu’il faut faire attention. Je dis au Premier ministre Banny de faire attention parce qu’il doit crédibiliser l’action de son gouvernement. Auquel cas, il risque de connaître le même sort que Seydou Diarra. Mais au-delà de M. Banny, il faut que la communauté dite internationale, prompte à réagir quand il s’agit du président Gbagbo, prenne dès maintenant ses responsabilités si l’on veut vraiment sortir la Côte d’Ivoire de la crise.

Que vous dit la date du 30 octobre 2006 qui marque la fin du ‘’bonus’’ de 12 mois accordé au président Gbagbo à la tête du pays ?

C. B. G : Qu’est-ce que vous appelez ‘’bonus’’ et que voulez-vous que la date du 30 octobre 2006 me dise ? Voyez-vous, j’avais dit dès le début de la nomination de Banny à la primature que les rebelles ne désarmeraient pas et que la France retarderait exprès ce désarmement pour ne pas que les élections aient lieu en Côte d’Ivoire à la nouvelle date indiquée. Aujourd’hui, nous sommes devant le fait qui est que M. Banny est dans l’incapacité d’organiser les élections présidentielles le 30 octobre prochain. A ce jour, il faut faire un bilan de ce qui a été fait dans cette crise. Cela permettrait de voir qui a fait quoi et ce qui reste à faire.
Je crois qu’il y a eu trop de rencontres. L’heure est maintenant au bilan des actions de chacun. Les gens sont prompts à dire que c’est tel ou tel qui bloque le processus de paix. Il faut faire l’état des lieux de l’avancement des choses et on verra. Il est temps de faire un bilan du mandat du Premier ministre Banny.
Ils ont demandé au président Gbagbo de le nommer comme premier ministre, cela a été fait. On a demandé de lui donner tous les moyens pour travailler, il les a. Au point même que Gbagbo a accepté de sacrifier son ministre de l’Economie et des Finances, Paul Antoine Bohoun Bouabré. Banny a le pouvoir de la communication et presque chaque jour il se fait voir à la télévision, présent à l’écran, au lieu d’être présent sur le terrain.
Pourtant, il a le soutien ferme de Gbagbo, en plus de celle de la communauté internationale. Qui plus est, les patriotes ne l’ont pas dérangé. Vous comprenez que si, au soir du 30 octobre 2006, il n’y a pas eu d’élection, ce n’est pas à Gbagbo qu’il faut imputer cet échec, mais plutôt à Banny qui a décidé de ne pas être ferme avec les rebelles. C’est vous dire que pour moi, le débat sur la poursuite du mandat ou non du président Gbagbo, est un disque rayé. La constitution de Côte d’Ivoire, à laquelle il faut se référer, règle ce problème. Il faut faire en sorte que les élections aient lieu pour qu’on sache qui est qui dans ce pays.
Alors, moi j’attends le 30 octobre pour voir ce qu’il en sera.

Comment voyez-vous la suite du processus de sortie de crise ?

C. B. G : Moi, je ne vois rien. Je vois seulement que le Premier ministre Banny est partout, sauf là où il doit être. Il est clair que M. Banny est en campagne aujourd’hui. Il a envahi la télévision ivoirienne, il convoque chaque jour et parle chaque jour sans acte concret et ne va pas à l’essentiel. Or, le Premier ministre doit oser s’il veut régler la crise ivoirienne.
M. Banny doit savoir qu’un rebelle, reste un rebelle. Partout dans le monde où ils sont, les rebelles n’ont jamais respecté un accord. L’objectif du rebelle, c’est de s’emparer du pouvoir par les armes. Banny doit savoir que les rebelles n’ont pas pris les armes pour que lui devienne président de Côte d’Ivoire, mais pour Alassane Ouattara. La seule chose qui reste au Premier ministre au moment où il achève sa mission d’un an, c’est de demander aux rebelles de désarmer pour que les Ivoiriens soient en paix dans leur esprit. Il faut cesser de tétaniser les populations ivoiriennes. M. Banny doit donc faire la part des choses.
Il doit oser et regarder les rebelles droit dans les yeux pour leur imposer le dépôt des armes. Vous comprenez qu’un préfet, le représentant du chef de l’Etat dans un département, ne peut pas aller à Korhogo et se faire commander par un caporal qui se proclame commandant de zone dans ledit département. Ce sont des réalités qui gênent le processus.
C’est pourquoi le désarmement s’impose avant même le démarrage des audiences foraines. Le Premier ministre doit convoquer une rencontre nationale pour faire un bilan des actes posés par les uns et les autres. Qui devait faire quoi, qui a fait quoi, et qui doit faire quoi ? Voilà les questions fondamentales auxquelles les Ivoiriennes doivent apporter des réponses si on veut avancer. Tout le reste n’est que du verbiage creux.

Il nous revient que vous êtes en train de préparer quelque chose...

C. B. G : Effectivement, je me suis donné un projet que je suis en train de réaliser, écrire un livre sur la crise ivoirienne. Depuis un moment, je suis occupé à écrire ce livre. Dans ce livre, je dis ma part de vérité sur la crise ivoirienne. Il est vrai qu’avec les camarades de l’Alliance, nous avons fait des meetings, nous avons fait beaucoup de choses.
Mais moi j’ai tenu à dire ma part de vérité. Dans ce livre, je parle de ce qui a été à l’origine de la crise de la Côte d’Ivoire. Je situe la responsabilité des principaux acteurs de cette crise. Je parle de Gbagbo et moi, de Gbagbo, Soro et moi, d’Alassane Ouattara et moi, de Seydou Diarra et moi, de Bédié et moi, de Guéi Robert et moi, de Banny et moi.
En ma qualité de secrétaire général de la Fédération estiduantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), j’ai connu tous ces hommes là. Je sais au moins ce que chacun a fait et je mets chacun devant ses responsabilités dans la crise ivoirienne. Je parle aussi de la crise de la Fesci, qui est en réalité le départ de la crise armée que vit la Côte d’Ivoire aujourd’hui. Bref ! C’est de tout cela et de bien d’autres choses, qui n’ont jamais été dites, que je parle dans mon livre. C’est ce que je prépare en ce moment.

La rumeur vous annonce candidat aux élections futures. Qu’en est-il ?
C. B.G : Heureusement que ce sont des rumeurs qui le disent. Moi je suis candidat à rien, je me bats pour que la Côte d’Ivoire retrouve son unité. Un point c’est tout. Je n’en dirai pas plus.

Charles TRA BI


COTE D'IVOIRE / RETOUR DE FRANCE DU PRESIDENT HENRI KONAN BEDIE / ENTRETIEN

Vendredi 14 Juillet 2006

Après les honneurs que lui ont rendus les militants de son parti qui ont effectué nombreux le déplacement à l'aéroport, le président Bédié s'est par la suite prêté aux questions des journalistes. Echanges que nous vous proposons en intégralité.

M. Le président, bienvenu chez vous. Vous arrivez chez vous en Côte d'Ivoire. Vous trouvez les militants enthousiastes qui attendent votre retour. Quel est le premier mot que vous leur adressez ?

Compte tenu de la qualité de leur accueil, je voudrais tout d'abord remercier les militants, les membres des instances, les chefs traditionnels et vous tous de la presse, d'être être venus à l'aéroport pour m'accueillir. J'ai été absent pendant deux mois pour de raisons que vous savez. J'avais beaucoup à faire à l'extérieur. Aujourd'hui, je rentre et je suis très heureux de retrouver le pays.

M. Le président, vous êtes heureux de retrouver le pays. Mais pendant les deux mois de votre absence, la situation politique a évolué dans le pays. Notamment la rencontre de Yamoussoukro où vous avez été représenté par le secrétaire Général. Quelle est votre analyse de la situation pendant les deux mois ?

Mais je crois que nos difficultés sont toujours là. Il ne faut pas se voiler la face. Nous avons à réussir les étapes qui ont été fixées par la feuille de route et la communauté internationale. Or vous savez que toutes ces difficultés, toutes ces questions, on envisage de les revoir à fond en septembre lors de l'assemblée générale des Nations Unies. Par conséquent, le pays a bougé certes, a évolué. Mais il reste encore beaucoup à faire.

Comment trouvez-vous le délai de septembre ?

Septembre est un mois de l'année. Septembre, Octobre, c'est l'occasion où l'assemblée générale des Nations Unies se réunit avec de nombreux chefs d'Etat. Par conséquent, c'est une occasion rêvée pour réunir tous les chefs d'Etat qui se penchent sur le dossier de la Côte d'Ivoire.

M. Le président, vous rentrez à un moment où le processus d'identification va être lancé dans sa phase initiale avec les audiences foraines. Il y a des inquiétudes qui sont soulevées ça et là. Il y a également l'après 30 octobre qui pointe le nez. Selon vous, comment toutes ces questions doivent être traitées ?

Je crois que les décisions les plus utiles, les plus efficaces sont celles qui se prennent par tous. A savoir les acteurs politiques, le chef, les partis politiques, la communauté internationale. Et tous ceux qui conduisent le dossier ivoirien. Par conséquent, c'est ce que je disais tout à l'heure, je ne veux pas me répéter je dis qu'il y a encore des étapes à franchir, des difficultés, des obstacles à franchir. Mais en ce qui concerne les chefs des partis politiques, nous poussons à ce que les choses avancent. Et qu'on aboutisse finalement à l'élection en Côte d'Ivoire.

M. le président, durant votre absence, les députés du RHDP ont rejoint l'hémicycle. On a tantôt parlé de dissension au niveau de la direction du RHDP. D'autres pensent que vous et le Premier ministre Alassane Dramane Ouattara vous n'êtes pas tombés d'accord sur la position à tenir quant à l'Assemblée Nationale. Quelle est votre position sur ces questions ?

C'est une question mineure. Et ma réponse sera brève. D'abord parce que Alassane et moi-même, nous nous sommes toujours concertés sur la question. Mais le jeu vaut-il la chandelle ? C'est la question. Le mandat de l'Assemblée est terminé depuis longtemps, vous le savez. Cette assemblée n'aura pas à légiférer. Par conséquent, qu'on soit dans cette assemblée ou qu'on n'y soit pas, cela a peu d'importance. C'est la raison pour laquelle les députés du RHDP ont parfaitement raison de dire, s'il ne tient qu'à cela, puisque c'est pour une figuration, nous y sommes.

M. le président, avant votre départ pour Paris, vous avez instruit le Bureau politique de votre parti d'effectuer une mission sur toute l'étendue du territoire. Ces missions ont été faites. Avant votre départ, vous avez même dit que vous commencerez une tournée par Dabou. Comment appréciez-vous le travail fait en votre absence ?

A l'occasion de ma rentrée, je vais pouvoir examiner tous les comptes rendus des missions qui ont été envoyées dans le pays. Pour bâtir un programme nouveau avec mes collègues des instances, la direction et les autres membres des instances qui sont toujours fidèles à nos convocations. Je crois que c'est à la suite de ces consultations, de ces analyses, de ces rencontres que nous pourrons bâtir le nouveau programme. Mais dans tous les cas, je maintiens la visite à Dabou.

Propos recueillis
par Paul Koffi


AUDIENCES FORAINES / COMMUNIQUE DE LA PRIMATURE

Vendredi 14 Juillet 2006

Le Premier Ministre informe la population qu’après l’opération pilote, les audiences foraines reprendront sur l’ensemble du territoire national le samedi 15 juillet 2006...

Ces audiences foraines concernent toutes les personnes âgées de 13 ans révolus nées sur le sol ivoirien, qui n’ont jamais été déclarées à l’état civil. Elles visent à leur permettre d’obtenir un jugement supplétif d’acte de naissance consacrant leur existence légale.

Les modalités essentielles de cette opération nationale sont les suivantes:
Peuvent se présenter aux audiences foraines, les personnes de nationalité ivoirienne et celles de nationalité étrangère nées sur le sol ivoirien selon le programme ci-après :
Personnes de nationalité ivoirienne (personnes nées de deux (2) parents ivoiriens, personnes nées d’un parent ivoirien, personnes naturalisées et conjoint étranger d’une personne ivoirienne) : les lundi, mardi, mercredi et jeudi de la semaine. Les ivoiriens qui le souhaitent pourront en outre présenter, après l’obtention de leur jugement supplétif d’acte de naissance, une requête au juge aux fins de délivrance d’un certificat de nationalité.

Personnes de nationalité étrangère (personnes nées de deux (2) parents étrangers, personnes dépourvues de nationalité) : les vendredi et samedi de la semaine. La durée des audiences foraines est de deux (2) mois. Elles se dérouleront sur l’ensemble du territoire national dans les circonscriptions judiciaires des cours et tribunaux. Les localités qui recevront les premières équipes sont les suivantes :

Ressort territorial de la cour d’appel d’Abidjan : Abidjan (Abobo, Koumassi), Alépé, Yopougon, Aboisso, Adzopé, Agboville, Dabou, Grand-Bassam, Tiassalé, Abengourou, Bettié, Agnibilékrou, Tanguelan, Bondoukou, Tanda, Bouna.

Ressort territorial de la cour d’appel de Bouaké : Bouaké, Béoumi, Sakassou, Tiébissou, Korhogo, Ferkessédougou, Bongouanou, Boundiali, Dimbokro, Katiola, Dabakala, M’Bahiakro, Odienné, Tiémé, Toumodi.

Ressort territorial de la cour d’appel de Daloa :
Bouaflé, Bonon, Daloa, Vavoua, Gagnoa, Man, Biankouma, Bangolo, Duekoué, Guiglo, Danané, Divo, Lakota, Oumé, Sassandra, Séguéla, Mankono, Sinfra, Soubré, Tabou, Touba.

En vue d’assurer la transparence et l’équité des opérations et de faciliter les déplacements des populations et de tous les observateurs, la libre circulation sur l’ensemble du territoire national sera garantie. En conséquence, à compter de la date de la reprise de ces audiences, chacun pourra librement circuler sur toute l’étendue du territoire national.

Le contrôle de la régularité des opérations sera assuré par les autorités administratives, les autorités coutumières, les responsables des communautés étrangères et les représentants des partis politiques. Au terme de chaque journée, un document récapitulatif des opérations et des actes délivrés sera établi et cosigné par les magistrats, les superviseurs et observateurs.

La sécurité des personnes et des opérations sera garantie sur toute l’étendue du territoire national.

Le Premier Ministre compte sur l’esprit civique et l’engagement de tous et de chacun afin que ces audiences foraines se déroulent dans de bonnes conditions pour favoriser une sortie de crise par des élections libres, régulières, ouvertes et transparentes.

Fait à Abidjan, le 13 juillet 2006


AUDIENCES FORAINES / DECLARATION DES FORCES NOUVELLES

Vendredi 14 Juillet 2006

C’est ce vendredi 14 juillet 2006 que l’opération d’envergure des audiences foraines devrait être lancée en vue de délivrer aux populations nées en Côte d’Ivoire et jamais déclarées à l’état civil, des jugements supplétifs tenant lieu d’actes de naissance et ou des certificats de nationalité aux seuls citoyens ivoiriens.
Conformément aux instructions données par le Premier ministre au Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, il est question d’ouvrir séparément ces audiences foraines aux populations concernées selon un critère de présomption nationale. A ce titre, il est demandé au ministre de la Justice et des Droits de l’Homme de réserver certains jours de la semaine aux Ivoiriens et d’autres jours à des non Ivoiriens.
Cela n’a pas de sens d’autant plus que ces audiences foraines visent à clarifier le statut juridique et national de chaque citoyen vivant en Côte d’Ivoire, parmi lesquels plusieurs ignorent leur nationalité.
Soucieux de voir les audiences foraines se dérouler dans la transparence afin d’éviter tout type de fraude, les Forces Nouvelles notent que telles que prévues pour être organisées, ces audiences foraines ne garantiront pas l’obtention à tous les citoyens ivoiriens qui voudront se les faire délivrer, les deux documents exigés pour l’obtention de la carte nationale d’identité, nécessaire à l’inscription sur les listes électorales.
Les audiences foraines ne doivent pas être perçues comme une faveur que l’Etat de Côte d’Ivoire fait aux citoyens nés sur le territoire national.
Les audiences foraines doivent se dérouler sans passion, ni arrière-pensées politiciennes. Parce qu’il s’agit d’un acte banal de tous les jours.
Dans tous les cas, les Forces Nouvelles qui ont déjà exprimé leur volonté de ne poser aucun préalable au bon déroulement des audiences foraines, n’entendent pas brader l’important combat pour la reconnaissance à chaque citoyen ivoirien des mêmes droits et devoirs que lui garantissent les lois de notre pays.
Toutefois, l’organisation des audiences foraines sur des bases discriminations telle que voulue par le Premier ministre ne saurait rencontrer l’adhésion des Forces Nouvelles qui en appelant au respect des droits élémentaires des citoyens et des procédures légales en la matière.
Il importe donc de s’en tenir aux procédures mises en œuvre lors des audiences foraines pilotes organisées à Méagui, Tiapoum, Port-Bouët, Bangolo, Sandégué, Bonoua et Botro du 18 au 26 mai 2006 où des jugements supplétifs et des certificats de nationalité furent délivrés par les tribunaux publiques, de même que furent garanties des possibilités de recours à toute personne ou groupement politique soucieux de dénoncer des cas de fraudes ou d’irrégularités.
Les Forces Nouvelles en appellent donc au Premier ministre du gouvernement de transition afin qu’il garantisse à tous, un accès équitable et sécurisé aux lieux des audiences publiques où seuls les juges sont responsables de la délivrance des deux documents exigés pour l’établissement de la carte nationale d’identité aux seuls citoyens reconnus comme Ivoiriens, à savoir le jugement supplétif tenant lieu d’acte de naissance et de certificat de nationalité.

Fait à Bouaké, le 13 juillet 2006

Pour les F.N. Le Secrétaire
national à la communication
Alain Lobognon


COTE D'IVOIRE / AUDIENCES FORAINES / REACTION DE M.AFFI N'GUESSAN PRESIDENT DU FPI PARTI AU POUVOIR

Vendredi 14 Juillet 2006

“ On veut constituer un électorat captif pour le RDR ”
vendredi 14 juillet 2006 par Y DOUMBIA

du même auteur
Affi N’guessan (Président du FPI) sur BBC :
La recette de Mme Colette Pellaud
La communauté ouest africaine apporte son soutien à Banny
Kabran Appiah aux jeunes patriotes “ laissons Banny travailler... ”
Un leader du RDR répond à Gbagbo : “ l’INS n’est pas autonome ”
Affi N’guessan : Le ministre de la Justice a donc lancé cette opération sans que le conseil des ministres ne soit réuni pour adopter la méthodologie.

BBC :Que reprochez-vous concrètement à la méthodologie mise en œuvre par le ministre de la Justice ? A.N :Je reproche d’abord au ministre de lancer une opération pour laquelle les conditions préalables ne sont pas encore réunies. Surtout lorsqu’on voit que cette opération sur l’ensemble du territoire figure des zones aujourd’hui occupées par la rébellion où le désarmement n’a pas encore eu lieu.

BBC :Cela n’est-il pas dû au fait qu’on veut accélérer l’ensemble du processus qui a marqué un retard depuis un certain temps ? A.N :Mais bien sûr, il faut accélérer, mais il ne faut pas se précipiter. Au lieu d’une démarche globale et concertée au niveau du gouvernement, c’est à une action solitaire du ministre de la Justice que nous assistons.

BBC :Mais là nous parlons d’une action approuvée par le Premier ministre A.N :Même s’il a le quitus du Premier ministre, ce dernier n’est pas le gouvernement. Nous ne comprenons pas comment on peut précipiter une opération aussi sensible alors que l’Etat n’est pas présent dans certaines zones où l’on veut organiser ces audiences foraines. Manifestement c’est une opération purement politique et politicienne et nous ne nous associerons pas à ce schéma de fraude, à cette mascarade d’audiences foraines qu’on veut organiser dans des zones occupées juste pour constituer un électorat captif pour le Rdr.

BBC :Mais pour autant vous n’allez quand même pas faire obstacle au déroulement des opérations. A.N :Là où nous ne pourrons pas aller, nous contesterons et nous ne reconnaîtrons pas ce qui se fera dans les zones qui sont occupées.


COTE D'IVOIRE / RETOUR DU PRESIDENT GBAGBO DU SOMMET DE L'UNION AFRICAINE

Jeudi 6 Juillet 2006

Le chef de l’Etat est rentré hier lundi 3 juillet à 15h 20 Gmt du 7e sommet ordinaire de l’Union africaine qui s’est tenu à Banjul. Il a été accueilli par le président de l’Assemblée nationale le Pr Mamadou Koulibaly, celui du Ces Augustin Laurent Dona Fologo, des membres du gouvernement, le chef d’Etat major des Fanci le général Philippe Mangou, le Cdt supérieur de la gendarmerie le général Kassaraté, l’inspecteur général des Armées le général Bombet. Dans le pavillon du Gatl, Laurent Gbagbo s’est prêté aux questions des journalistes.

Monsieur le président, vous venez de prendre part au 7e sommet de l’Ua à Banjul, peut-on savoir de quoi avez-vous parlé ?

A Banjul, c’était le 7e sommet ordinaire de l’Union africaine. Je dis bien le 7e sommet ordinaire. Depuis que l’Union africaine est créée, on a décidé de faire deux réunions par an. Aux temps de l’Oua c’était une réunion. Une réunion en juillet et une réunion en janvier. Nous avons passé en revue au cours de cette réunion toutes les crises, nous avons abordé les questions relatives aux enfants, à l’instruction, aux femmes… C’était vraiment quelque chose d’ordinaire. Mais je vois ce que vous n’avez pas dit, mais auquel vous pensez. On avait parlé d’un mini sommet en marge de Banjul sur la Côte d’Ivoire. Nous avons fait valoir que ce mini sommet n’avait pas de raison d’être, et c’est donner un mauvais signal. C’est comme si il y a une crise dans la poursuite du processus de paix. Or nous n’avons pas de crise dans la poursuite du processus de paix. Le Premier ministre et son gouvernement sont à pied d’œuvre (…) Ils font leur travail. Et chaque mois, il rencontre le Groupe de travail international, moi-même je joue mon rôle de veille et le Premier ministre et moi nous travaillons ensemble. Et comme le secrétaire général de l’Onu arrive le mercredi, je lui ai dit qu’il n’y avait pas lieu de faire une réunion à Banjul et puis le recevoir quelques jours plus tard à Abidjan. C’est trop de rencontres pour peu de choses. Donc je lui ai plutôt conseillé, comme il est en fin de mandat, vous savez qu’en décembre le mandat du secrétaire général de l’Onu prend fin, donc étant dans cette région d’Afrique, il fait le tour des pays où il y a eu des crises et il fait le point. Après Banjul (…) il est allé en Sierra Leone, de la Sierra Leone. Il doit être en ce moment au Liberia et du Libéria, il arrive ici le mercredi. Nous avons fait le point tout simplement. Je lui ai dit qu’il faut réunir les acteurs concernés, c'est-à-dire de notre côté, ceux qui se sont réunis à Pretoria et qui ont pris des engagements. Mais, pas pour faire une nouvelle négociation. Il n’y a plus de négociations à faire. Mais pour voir l’état d’application des textes que nous avons pris. Est-ce que le Premier ministre avance suffisamment, rapidement, est ce-que ceux qui ont pris les engagements les appliquent ? Il va venir le médiateur de l’Union africaine, peut-être le président de l’Union africaine s’il réussit à se libérer, peut-être aussi avec le président de la Cedeao. Mais, c’est vraiment une rencontre à l’occasion de laquelle nous allons saluer le secrétaire général et le féliciter pour les mandants qu’il a faits à la tête de l’Organisation mondiale, mais pour faire le point de l’application des décisions qui ont été prises. Ce n’est pas pour négocier. Il n’y a plus rien à négocier, il faut aller de l’avant et sortir de la crise. C’est pour ça que nous allons nous rencontrer et nous allons le recevoir et faire le point le mercredi.

Monsieur le président, vous avez beaucoup de contacts à Banjul, vous avez rencontré beaucoup de vos pairs. Est-ce une autre démarche pour que la Côte d’Ivoire sorte rapidement de la crise ?

Il n’y a pas d’autres démarches. Vous savez, la Côte d’Ivoire ne vit pas que de la crise, la Côte d’Ivoire ne vit pas que de sortie de crise. La Côte d’Ivoire est un Etat qui avance ; elle fait sa petite crise, mais elle vit. Avec les Iraniens, vous savez que nous avons des chantiers de collaboration. Nous n’avons pas bouclé les problèmes de bus. Nous en avons parlé, nous avons travaillé là-dessus avec les Indiens qui nous ont vendu les bus Tata, et avec qui nous voulons même faire une usine de montage de bus ici. Mais, nous sommes encore sur une autre piste avec les Iraniens. Ils nous ont fait une ligne de crédit pour qu’on leur achète des bus. Donc nous avons parlé de coopération bilatérale. Nous avons parlé aussi de l’actualité mondiale, mais surtout de coopération bilatérale. Avec les autres chefs d’Etat que nous avons rencontrés on a parlé de coopération. J’ai reçu par exemple l’avis du président Boutéflika ; vous savez que c’est un doyen. Le président Boutéflika était ministre quand nous étions à l’école. Nous avons eu son avis sur beaucoup de choses. Il nous a donné pas mal d’indications. J’ai rencontré le président de l’Union africaine qui est le président en exercice pour avoir son point de vue. J’ai rencontré le président de l’Afrique du Sud qui est médiateur. Vous savez, on ne peut pas aller à ce sommet-là et puis ne pas rencontrer d’autres chefs d’Etat. Généralement on se déplace, on va très loin pour rencontrer les chefs d’Etat. Si on les trouve regroupés, mieux vaut régler les problèmes consistants, prendre les avis des uns et des autres. Je voudrais vous dire qu’il n’y a pas de nouvelles négociations, il n’y a pas de crise dans le processus de sortie de crise ; le Sg de l’Onu est dans la région, il est en fin de mandat, donc, il fait le point dans la région sur les dossiers qu’il a eus à traiter. Nous le recevrons et nous discuterons avec lui tranquillement.

Monsieur le président, ce sommet devrait être celui de la vérité concernant la gestion des conflits en Afrique. En avez-vous parlé ?

Pour la gestion des conflits, j’ai mon point de vue. J’espère que nous allons très bientôt sortir de la nôtre, et j’espère que nous allons très rapidement organiser les élections. Parce qu’il faut que nous ayons comme axe de travail les élections. Et ceux qui ne veulent pas des élections, il faut les sortir du processus. Mais, je vous ai souvent dit que l’Afrique ne se donne pas les moyens de gérer les crises, mais l’Afrique a les moyens. D’abord il n’y a aucun fonds. Tout temps quand un Africain doit envoyer un ou deux soldats quelque part, il se demande qui va payer. C’est un peu humiliant ! Le jour où l’Afrique se décidera elle-même d’appeler une rébellion, rébellion et d’aider le président élu à faire face à cette rébellion et d’aller ensemble la mater il n’y aura plus de crise. Mais, s’il y a une rébellion dans un pays et que les autres pays reçoivent les dirigeants de cette rébellion, on aura toujours des rébellions. Donc moi j’ai mon idée là-dessus. Et j’ai été très heureux de constater que je n’étais pas le seul à avoir cette idée-là. Je n’étais pas le seul au sein de l’Union africaine à constater que l’Afrique faisait souvent des dérapages quand il y avait des crises ; qu’il n’y avait pas de crise sans soutien d’autres pays d’Afrique. De plus en plus, l’idée avance. Mais il est trop tôt pour conclure. Je vous remercie, je suis heureux d’être revenu au sol.

Propos recueillis par
Barthélemy Téhin



ENTRETIEN DE S.E.ANDRE JANIER AMBASSADEUR AVEC LA PRESSE (SUITE)

Jeudi 6 Juillet 2006

Bonjour !
Je suis particulièrement intéressé de m’adresser à vous ce matin, à la demande de l’UNJCI, et à travers vous à l’ensemble des Ivoiriens et des Ivoiriennes, puisque notre dialogue sera retransmis sur les ondes de la TV nationale. Vous me fournissez ainsi l’occasion d’éclaircir certaine zones d’ombre, volontairement entretenues par quelques-uns, en me basant sur des faits concrets et objectifs, en dehors de la désinformation à laquelle on nous a trop souvent habitués en Côte d’Ivoire. Il se dit tellement de choses inexactes et injustifiées en effet, ici ou là, sur la France, sur les relations franco-ivoiriennes, sur le rôle de la France en Côte d’Ivoire, qu’il est devenu nécessaire de rétablir la vérité, en toute francise et en toute objectivité, tout simplement…
J'ai prévu d'aborder cinq dossiers dans mon exposé introductif à notre débat, si vous en êtes d'accord, qui recouvre à mon avis l'essentiel de la problématique qui nous intéresse aujourd'hui, à savoir les relations entre la CI et la France. Je parlerai donc successivement des aspects politiques, militaires, économiques et consulaires de ces relations, avant d'évoquer la question de la coopération. Mais je suis disposé, évidemment, à aborder tout autre problème qui pourrait vous préoccuper, en répondant ou en essayant de répondre aux questions que vous voudrez bien me poser ensuite.

1 - Nos relations politiques, d'abord.

Elles sont à la fois simples et compliquées. Simples, compte tenu de l'histoire, de la géographie, de la proximité humaine qui rapproche nos deux pays et nos deux peuples. Nous avons tout ce qu'il faut, entre nous, pour nous entendre et nous comprendre, puisque nous parlons la même langue, nous avons fréquenté les mêmes écoles, nous souscrivons aux mêmes valeurs fondamentales. Nos relations sont compliquées, en même temps, pour les mêmes raisons. Nous avons vécu ensemble, à une autre époque. Mais le monde a évolué, depuis lors, et nous éprouvons parfois certaines difficultés, les uns et les autres, à nous adapter à cette évolution. Les jeunes ivoiriens ne perçoivent plus la France, à juste titre, comme leurs parents ou leurs grands-parents la percevaient. Idem pour les jeunes Français, qui s'interrogent, à juste titre, sur la nature des liens que nous devrions entretenir avec le continent africain en général, et les pays francophones en particulier, dans tous les domaines. On nous rebat les oreilles avec l'expression " françafrique ", qui se réfère à des réseaux occultes, à une diplomatie parallèle, au "pré-carré ", comme on dit, conçu comme une survivance de l'époque coloniale. Mais cette notion renvoie pour l'essentiel au passé, n'en déplaise à ceux qui ont fait de sa dénonciation une sorte de fonds de commerce. Je préfère parler de l'avenir. La vérité, c'est que certains ajustements s'avèrent indispensables, aujourd'hui, pour tenir compte des réalités du moment. Je ne doute pas, pour ma part, que nous parviendrons à faire coïncider nos points de vue respectifs, pour peu que chacun y mette du sien, fasse preuve d'un minimum de bonne volonté, s'attache surtout à être honnête. Il faut que l'on se parle, que l'on essaie de se comprendre, que l'on évite les surenchères et les extrémismes de toute nature.

C'est précisément ce que je m'efforce de faire au quotidien, à mon humble niveau. Je dialogue, sans aucune exclusive, sans aucune idée préconçue, avec tous les Ivoiriens. J'ai rencontré successivement, la semaine dernière, le Président de la République lundi, le Premier ministre jeudi, le président du RDR samedi. J'ai rendu visite, la semaine passée, à deux membres du Gouvernement, ils se reconnaîtront, sans me soucier de leur appartenance politique. J'ai reçu au même moment un Président de Conseil général et un "missionnaire de paix" (c'est ainsi, n'est-ce pas ?, qu'il faut désormais appeler les anciens députés). J'ai assisté à Yamoussoukro, vendredi, à la cérémonie officielle de lancement du Forum de dialogue national mis en place par le Premier ministre. Ce déplacement m'a permis de m'entretenir avec des dizaines d'Ivoiriens, de toutes origines et de toutes tendances. J'avais accompagné notre Ministre de la Coopération, le week-end précédent, dans les visites de terrain qu'elle a effectuées dans deux villages, près de Yamoussoukro et de Bouaké, ainsi qu'à Botro. Etc.

Tout cela pour confirmer que les Français discutent chaque jour avec tous les Ivoiriens, même s'ils ne convoquent pas la presse à chacun de leurs mouvements. Nous rencontrons les Ivoiriens pour les entendre, d'abord, et recueillir leur point de vue. Il nous intéresse. Pour leur faire passer notre message, ensuite, toujours le même, car nous n'utilisons pas de double langage, contrairement à ce qu'on voudrait faire croire. Ce message est clair et simple: la France est l'amie de la Côte d'Ivoire et de son peuple. Elle souhaite ardemment qu'ils retrouvent le plus rapidement possible la paix, la sécurité, la stabilité et la prospérité auxquelles ils ont droit et qu'ils méritent. Elle n'a pas l'intention de recoloniser la Côte d'Ivoire, comme certains l'en accusent, ni d'empiéter sur sa souveraineté, encore moins d'accaparer ses richesses. Elle est disposée à aider les Ivoiriens, tous les Ivoiriens, s'ils le souhaitent, à sortir de la crise qui frappe leur pays depuis trop longtemps. Elle est disposée à soutenir leur volonté de développement économique et social. Voilà sa vocation. Tout le reste n'est que tromperie et provocation.

Pour atteindre ces objectifs la France a conduit et conduit deux types d'action en CI:

- elle s'interpose. Pour stopper la spirale de la violence incontrôlée; - elle prône sans cesse la réconciliation nationale.

La position française par rapport à la situation actuelle est bien connue. Elle a été répétée à maintes reprises par les plus hauts responsables français. Je la rappelle: nous pensons à Paris qu'il n'existe pas aujourd'hui de sortie de crise raisonnable en CI, en dehors de l'organisation d'élections justes, libres et transparentes, qui reflètent l'opinion de la majorité de la population. Nous faisons confiance au Gouvernement pour conduire à leur terme les différents processus prévus dans la feuille de route qui lui a été confiée, dans les délais fixés par la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.


Pourquoi cette Résolution?

Parce que la Communauté internationale a dû donner une nouvelle impulsion au processus de paix et de réconciliation en CI, face à l'impossibilité d'organiser des élections au terme constitutionnel normal d'octobre 2005. La CEDEAO a ébauché ce nouveau cadre, lors d'un sommet extraordinaire organisé à Abuja le 30 septembre 2005. L'Union africaine l'a précisé une semaine plus tard à Addis-Abeba, à l'occasion d'une conférence de son Conseil de Paix et de Sécurité, réunie au niveau des Chefs d'Etat et de Gouvernement. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies lui a conféré son autorité par la Résolution 1633.

Que dit cette Résolution?

Que le Premier ministre pilote le processus de paix et de réconciliation; qu'il doit disposer de tous les moyens nécessaires à la conduite de la feuille de route, en vue d'élections libres, régulières, ouvertes et transparentes. La Résolution 1633 institue par ailleurs un Groupe de Travail international. Arrêtons-nous un instant sur ce fameux GTI, dont la France fait partie, afin de faire un sort aux nombreux fantasmes qu'il suscite. Il s'agit en fait d'un mécanisme international de suivi renforcé, qui se réunit chaque mois au niveau des ministres et qui a pour mission d'assister le gouvernement dans la mise en œuvre de son programme, d'évaluer, de contrôler et de suivre le processus de paix, ainsi que de rendre compte au Conseil de sécurité de tout obstacle ou problème que pourrait rencontrer le Premier Ministre, en identifiant leurs responsables. Le Groupe de médiation quotidienne, émanation du GTI, constitué du Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies, du Haut-Représentant pour les Elections, ainsi que des Délégués de l'Union africaine, de la CEDEAO et de la Médiation sud-africaine, est chargé d'assurer un suivi au jour le jour. Le GTI s'est réuni huit fois depuis le mois de novembre 2005. A chaque fois, son communiqué final a reflété le consensus de tous ses membres et a été endossé par le Conseil de sécurité. Ceux qui entretiennent la polémique contre le travail du Groupe se placent en porte-à-faux par rapport à toute la Communauté internationale.

Mais tout le monde est d'accord sur un point:
il revient aux Ivoiriens, et à eux seuls, de régler leurs problèmes, entre eux. La Communauté internationale peut les aider dans cette tâche, les accompagner dans leurs efforts, s'ils le souhaitent. Mais elle ne peut, ni ne doit en aucun cas se substituer à eux.

2 - Que vient faire Licorne dans tout cela? Ce sera le deuxième point de mon exposé.

Forte d'environ 4.000 soldats, cette force militaire a été déployée en CI à la demande de ses autorités, puis de la Communauté internationale, dans un cadre bien précis, défini par plusieurs Résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Je vous présente à cette occasion le Général de Division Antoine LECERF, nouveau Commandant de la Force, qui succède au Général IRASTORZA.

En étroite collaboration et coopération avec l'ONUCI, Licorne contribue aujourd'hui à assurer la sécurité générale en CI, en particulier dans la zone de confiance où elle a déployé une bonne partie de ses effectifs. Ses chefs résument ses missions par le sigle A.3S.R: A comme aider; 3 S comme soutenir, sécuriser, surveiller; R comme respecter. La Force remplit également une tâche spécifique de protection des ressortissants français. Elle n'est en aucune façon une force d'occupation. Sa principale caractéristique est l'impartialité. Elle n'est en état de belligérance contre aucun des protagonistes de la crise ivoirienne.

Elle entretient au contraire un dialogue permanent avec l'ensemble des acteurs militaires présents sur le terrain, qu'elle contribue à réconcilier en offrant un espace de dialogue et de concertation apaisé. Licorne, on ne le dira jamais assez, ce sont aussi ce qu'on appelle les opérations civilo-militaires, effectuées chaque jour sur l'ensemble du territoire ivoirien, sans publicité, mais avec une grande générosité et une réelle efficacité. Il s'agit de la réhabilitation de dizaines d'écoles et de dispensaires, de la réparation de pompes hydrauliques, de châteaux d'eau, de générateurs électriques, de la distribution de carburant ou d'eau potable, de la fourniture du dispositif qui a permis à l'émetteur de Man de reprendre les émissions de la RTl, de centaines d'opérations chirurgicales (1.400 en 2005), de milliers de consultations médicales gratuites (10.000 environ l'année passée), au service de la population ivoirienne, simplement pour aider.

Licorne n'a pas vocation à rester indéfiniment stationnée sur le sol ivoirien. Elle le quittera sans état d'âme dès que la crise, qui justifie sa présence, sera résolue. Nous formons des vœux, en France, pour que ce départ intervienne le plus rapidement possible. Cela signifierait que les Ivoiriens auront réussi à régler leurs problèmes. Cela permettra aussi au Ministère français de la Défense de réaliser des économies substantielles et de redéployer ses effectifs sur d'autres théâtres d'opération, où ils sont réclamés.

3 - Cette allusion aux économies me conduit presque naturellement à aborder le 3ème point de mon exposé, à savoir les relations économiques, précisément, et commerciales entre la CI et la France.

Elles sont anciennes, elles restent denses, elles résistent à la crise, même s'il a fallu les adapter, dans ce domaine comme dans tous les autres, à l'environnement et à l'évolution de la situation prévalant en CI, sur le continent africain et, plus généralement, dans notre monde contemporain. Certains nous accusent de piller les richesses de la CI. C'est faux. Les intérêts français sont quasi-inexistants, en effet, dans les deux principaux secteurs de l'économie ivoirienne, à savoir la filière café-cacao et l'exploitation pétrolière. Désolé, mais faut aller chercher les prédateurs ailleurs qu'en France.

Une autre idée reçue voudrait que la politique ivoirienne de la France soit guidée par ses seuls intérêts économiques. C'est faux. La part de la CI représente en effet moins de 0,8% du volume global des échanges économiques de la France avec le monde extérieur. Désolé, mais je dois préciser là encore que l'économie française pourrait survivre sans problème à une éventuelle rupture de ses échanges avec la CI. Ce que nous ne souhaitons pas, bien évidemment, parce qu'ils profitent aux deux pays. Ceci étant dit, et il fallait le rappeler, la France reste contre vents et marées le premier partenaire économique de la CI. Elle y est présente dans de très nombreux secteurs. On dénombre actuellement, en CI, 140 filiales de grands groupes français qui emploient près de 50.000 personnes et font vivre des centaines de milliers d'Ivoiriens. 400 petites et moyennes entreprises françaises de droit local opèrent aujourd'hui en CI. Elles font vivre des milliers de familles. Le chiffre d'affaires de toutes ces sociétés représente 30% environ du produit intérieur brut ivoirien et près de 50% des recettes fiscales de l'Etat ivoirien. Oui, 50%, c' est-à-dire la moitié des rentrées fiscales du pays. Car les entreprises françaises paient leurs impôts rubis sur l'ongle.

La CI reste notre premier partenaire commercial au sein de la zone Franc. Selon les Douanes ivoiriennes, la France occupe le premier rang des pays clients de la CI, avec 18% du total de ses exportations, et des pays fournisseurs, avec 28% du total de ses importations. Les échanges commerciaux bilatéraux se sont établis en 2006 à 1,1 md d'Euros, soit plus de 700 mds de F CF A, répartis à peu près également entre exportations et importations. Ce qui signifie, en clair, que la France achète à la CI autant qu'elle lui vend. Encore une réalité qui dérange bien des idées reçues. Nous achetons principalement en CI des produits agricoles et agroalimentaires (bananes, cacao, ananas, caoutchouc, bois scié, conserves de poisson), mais aussi, et de plus en plus, du pétrole brut et raffiné. Nous lui vendons surtout des produits industriels, au détriment des biens de consommation courants en nette diminution ces dernières années, du fait sans doute de la crise qui frappe le budget des ménages ivoiriens.

En dépit de cette crise et des difficultés de toute sorte qu'elle engendre, les entrepreneurs, les commerçants, les banquiers et les investisseurs français souhaitent développer leurs relations avec la CI. Une semaine française axée sur les vins et la gastronomie, a été organisée à Abidjan au début du mois dernier. Elle a connu un franc succès. Nous renouvellerons donc l'expérience dans d'autres secteurs, pour montrer que nous sommes confiants dans l'avenir de la CI. Une mission conjointe du Medef, le patronat français, et du CIAN, qui regroupe les investisseurs français attirés par l'Afrique, a prévu de séjourner en CI la semaine prochaine. Encore une manifestation d'espoir et une preuve de confiance. "Les Français reviennent ", entend-on dire ici ou là. Mais non, ils ne reviennent pas. Ils ne sont jamais partis. Car on n'abandonne pas ses amis dans les moments difficiles.

4 - Le maintien de ces liens étroits entre la CI et la France est facilité par la présence de nombreux Ivoiriens en France et de Français en CI. J'en viens, vous l'aurez deviné, auxaspects consulaires, au sens large du terme, de nos relations bilatérales.

J'entends dire, là encore, que la France ferme désormais ses frontières aux Ivoiriens. Ce n'est pas exact. Plusieurs dizaines de milliers d'Ivoiriens séjournent actuellement en France, où ils vivent normalement, où ils sont bien accueillis, scolarisés, soignés, où ils ne sont jamais insultés, agressés, ni maltraités. Mais nous faisons face actuellement, tout comme nos partenaires européens, à une importante poussée migratoire que nous devons contrôler, dans l'intérêt réciproque des pays d'émigration et du pays d'accueil.

La France n'a pas les capacités économiques, ni sociales, de garantir chez elle une vie décente à tous les candidats à l'immigration. Elle n'a pas le droit de se laisser déborder par ce phénomène. Les étrangers qui ne disposent pas des moyens de vivre dignement en France n'ont pas intérêt non plus à y venir. Ils courent le risque d'être déçus et frustrés. On nous reproche ainsi, en même temps, de limiter le nombre de visas délivrés et de ne pas garantir la sécurité des immigrés installés dans des immeubles vétustes et dangereux au plan de la sécurité. Mais il faut être cohérent: cela va ensemble.

C' est la raison pour laquelle nous avons établi, avec un certain nombre de nos partenaires européens, un système de visas unifié, connu sous le nom de Schengen, qui peut apparaître restrictif à certains. Mais il n'est pas discriminatoire. Les visas ne sont jamais distribués à la tête du client, ni refusés de manière arbitraire. Leur délivrance obéit à un certain nombre de règles, fixées par l'ensemble des partenaires Schengen, et que nous sommes tenus d'appliquer à la lettre, conformément aux accords passés avec eux. C'est vrai: ces règles administratives alourdissent la procédure et allongent les délais de délivrance. Mais il faut comprendre et admettre qu'elles visent à canaliser les flux de demandeurs, à éviter les fraudes, de plus en plus nombreuses, à lutter contre l'immigration clandestine croissante, à limiter aussi le nombre d'hospitalisations impayées ou d'utilisations indues de la Sécurité Sociale. Les tricheurs pénalisent les honnêtes gens. Pour le reste, je ne peux que conseiller aux demandeurs de visa de s'y prendre longtemps à l'avance et de présenter un dossier complet.

Si c'est le cas, ils obtiendront gain de cause. Notre Consulat général ne se distingue pas, dans ce domaine, des autres Consulats européens ou d'autres nationalités, comme certains voudraient le faire croire. Au contraire. Il a distribué plus de 17.000 visas, en 2005, à des ressortissants ivoiriens. Le taux de délivrance atteint 75% du nombre de demandeurs: trois visas accordés sur quatre demandes. Plus d'un tiers des visas délivrés sont valables un an. Comme vous le savez, les conditions d'accueil du public ont été considérablement améliorées. Un système de rendez-vous a été mis en place, pour éviter aux demandeurs une attente inconfortable. Des accords de partenariat ont été conclus avec plusieurs catégories d'acteurs ivoiriens de nos relations bilatérales.

Qui dit mieux à Abidjan? Comparez et nous en reparlerons.

5 - Je terminerai mon exposé préliminaire, comme convenu, sur le thème de la coopération française en CI.

Elle a été sensiblement ralentie, ce n'est un secret pour personne, à la suite des évènements de novembre 2004. Tous les assistants techniques qui la géraient ont été rapatriés en catastrophe, pour des raisons de sécurité que l'on peut comprendre aisément; le Service de Coopération et d'Action Culturelle de l'Ambassade a été réduit à sa plus simple expression; les budgets ont été diminués de façon drastique; les établissements français ont dû être fermés, etc. La Côte d'Ivoire a perdu sa place de premier bénéficiaire de la coopération française dans la région. Mais à qui la faute? Je plaide personnellement en faveur d'une relance de cette coopération. On réclame à Paris la garantie que ce qui s'est passé en 2004 ne se reproduira plus. Qui aujourd'hui peut nous fournir cette garantie? Mais tout cela ne signifie pas, heureusement, que la coopération française ait complètement disparu du paysage ivoirien.

Il faut rappeler d'abord, à ce stade, que la France contribue pour une part prépondérante au budget de l'Union européenne, qui reste la principale pourvoyeuse d'aide internationale à la CI. Nous sommes le premier partenaire financier du Fonds européen de Développement, le FED, toujours actif, qui a investi ces dernières années des dizaines de milliards de F CFA en CI. Cette participation française atteindra environ 1/4 du 9ème FED, actuellement en cours de réalisation. Cela veut dire que la France débourse chaque année, par ce biais, plusieurs centaines de millions de F CFA qui s'investissent en CI. Cela méritait d'être rappelé. Nous ne pouvons pas payer deux fois, à travers l'Union européenne et en bilatéral. Nous continuons pourtant, malgré la situation, à développer en CI un courant de coopération bilatérale adapté aux circonstances, qui reste substantiel dans plusieurs secteurs. C'est ainsi que nous avons ou que nous allons envoyer en France, en 2006, une cinquantaine de boursiers ivoiriens, pour un budget de 164 M FCFA, qui s'ajoute à l'entretien des boursiers déjà présents sur notre territoire.

Nous consacrerons 242 M FCFA, toujours en 2006, à notre coopération avec la Côte d'Ivoire en matière de culture et de francophonie. Cette coopération passe par le soutien à des associations ou à des initiatives locales, par l'appui aux Alliances franco-ivoiriennes d' Abengourou, de Korhogo, de Yamoussoukro et de San Pedro, par la réouverture progressive de la bibliothèque, puis du centre culturel français d'Abidjan, etc. Nous avons également prévu de participer cette année, à hauteur de 328 M de FCFA, au financement de plusieurs micro-projets en CI, à travers notre Fonds social de Développement.

Notre Ministre de la Coopération, Mme Brigitte GIRARDIN, a annoncé ainsi, à l'occasion de plusieurs visites de terrain qu'elle a effectuées au mois d'avril et au mois de juin derniers dans différentes régions de CI situées au Sud et au Nord de la zone de confiance, que nous financerions cette année plusieurs programmes de développement concrets. J'en citerai trois, à titre d'exemple: un projet de retenue collinaire dans le village agropastoral de Raffierkro, pour un montant de 146 M de FCFA, la réhabilitation d'une école à Mangouin, 2 M de FCFA, la construction d'un institut de sciences morales et politiques à Abidjan, pour 196 M de FCFA. Nous venons d'accorder une subvention de 655 M de FCFA au programme alimentaire mondial, pour financer le soutien aux cantines scolaires sur toute l'étendue du territoire ivoirien. J'ai signé il y a une dizaine de jours une convention de 325 M de FCFA avec le Haut-Représentant des Nations Unies pour les Elections, en vue d'aider leur préparation et leur réalisation. Nous finalisons actuellement une autre convention d'un montant équivalent, soit 325 M de FCFA, qui nous liera au Fonds ivoirien de Développement de la Formation professionnelle, essentielle en situation de sortie de crise, par le biais d'une plate-forme de services qui vient d'être créée. Nous finançons encore des dizaines de missions d'études au profit de la CI et de déplacements de fonctionnaires ou d'experts ivoiriens dans des colloques, des réunions internationales ou des salons professionnels. Je vous laisse faire le calcul.

L'addition des sommes que je viens d'énumérer, concernant les actions de la coopération française en CI en 2006, se solde en milliards de F CFA. Et je pose à nouveau la question: qui dit mieux? J'attends la réponse. Je vais m'arrêter là, car je ne voudrais pas vous assommer avec trop de chiffres et de faits. Mais il était nécessaire, n'est-ce pas ?, de rétablir certaines vérités incontestables, car basées sur des éléments concrets et objectifs, et de couper court à cette triste litanie de contrevérités déversées par des esprits chagrins et partisans.

Oui, la France est fière d'être présente en Côte d'Ivoire, aux côtés des Ivoiriennes et des Ivoiriens. La Côte d'Ivoire demeure le premier partenaire bilatéral en termes commerciaux et de coopération. Son unique objectif est d'aider tous les Ivoiriens à surmonter la crise actuelle et à reconstruire leur pays. Nous agissons dans cette perspective sur l'ensemble du territoire, où nous nous déplaçons fréquemment, contrairement aux apparences. Je me suis rendu plusieurs fois dans le Centre, dans le Nord, et à l'Ouest de la CI, sans tambour ni trompette, depuis mon arrivée à Abidjan au mois d'août dernier. L'influence d'un diplomate ne se mesure pas au nombre de photos publiées dans la presse. J'ai même tendance à penser que c'est inversement proportionnel. Nous préférons en effet agir dans la discrétion et le désintéressement, pour être plus efficaces. Pas d'effet d'annonce, donc, mais des résultats concrets.

Et nous ne réclamons jamais rien en échange: ni concession pétrolière, ni contrats d'exclusivité, ni contrepartie diplomatique, ni commission occulte. Nous sommes mus exclusivement par l'amitié, la mémoire et le devoir. L'amitié séculaire qui lie pour toujours les peuples ivoirien et français, en dépit des vicissitudes de l'actualité. La mémoire d'un passé commun et solidaire, que nous ne pouvons pas oublier. Le devoir d'aider nos amis à surmonter leurs problèmes. Les vrais amis, comme on dit, les vieux amis n'apparaissent pas subitement à la suite de tel ou tel événement. Ils sont toujours là, fidèles, lorsqu'on a besoin d'eux, dans les bons comme dans les mauvais moments, et surtout dans les moments difficiles. Observez et jugez par vous-mêmes, en toute objectivité. Vous comprendrez ce que je veux dire.

Mais j'ai trop parlé, pardonnez-moi.
Je vous cède maintenant la parole et suis prêt à entendre vos commentaires et à répondre à vos questions. En toute amitié, s'il vous plait, pour rester dans l'ambiance. Je n'ai pas parlé de football. Mais je suis disposé à aborder aussi ce sujet d'actualité, les Eléphants bleus, s'il vous intéresse.

André Janier, Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire


SOMMET DE L'UNION AFRICAINE A BANJUL EN GAMBIE

Jeudi 6 Juillet 2006

Le 7ème Sommet de l'Union Africaine s'est tenu à Banjul en GAMBIE en présence de nombreux Chefs d'Etat et de Gouvernement et de M.Kofi ANNAN , Sécrétaire Général des Nations-Unies.
La Côte d'Ivoire y était représentée avec une très forte délégation de près de 70 Membres comprenant des Experts , des Ministres ,d'Ambassadeurs , de très proches collaborateurs du Président Laurent GBAGBO , Chef de délégation.
Le Président GBAGBO a été accueilli chaleureusement par son Homologue Yaya JAMMEH , le peuple Gambien et la communauté ivoirienne résidant dans ce pays frère qui a manifesté sa joie en arborant des tricots à l'effigie du Chef de l'Etat et en l'ovationnant grandement.
Durant son bref séjour le Président GBAGBO a eu des audiences avec plusieurs personnalités , certains de ses pairs et un entretien avec son Homologue à l'issue duquel celui-ci l'a invité à effectuer une visite officielle en GAMBIE à une date qui sera arrêtée de commun accord.
Une conférence de presse a été tenue par le Président GBAGBO au cours de laquelle il s'est volontiers prêté aux questions sans tabou des journalistes de la presse nationale et internationale .
Au total ce Sommet a connu un succès franc et a permis de consolider les excellentes relations entre la Côte d'Ivoire et la Gambie.
S.E.Madame SY Fatimata TOURE Ambassadeur a pris une part très active à cette rencontre tenue les 01 et 02 Juillet 2006 à Banjul.
C'est le lieu de féliciter et de remercier S.E.A.J.J. Yaya JAMMEH , toutes les Autorités et le peuple Gambiens pour leur disponibilité et pour toutes les attentions très particulières dont a été l'objet la délégation ivoirienne .
Le prochain Sommet de l'Union Africaine se tiendra les 29 et 30 Janvier 2007 à ADDIS-ABEBA en ETHIOPIE.


ENTRETIEN DE SE JANIER ANDRE AMBASSADEUR DE FRANCE EN COTE D'IVOIRE AVEC LA PRESSE NATIONALE ET INTERNATIONALE SUR LES RELATIONS FRANCO-IVOIRIENNES

Jeudi 6 Juillet 2006

L’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, S.E. André Janier, était l’invité, mercerdi, du presse-club de l’Unjci (Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire). Il s’est laissé entretenir à la salle Balafon de l’Ivoire (23ième étage) sur un sujet, certes, vaste mais “ utile ”, selon l’ambassadeur, qui était ainsi formulé : “ les Relations France- Afrique, le cas de la Côte d’Ivoire (Nouvelle dynamique et cap sur l’avenir) ”.
De nombreuses personnalités étaient venues assister aux échanges entre le diplomate français et les journalistes, avec en premier plan, Laurent Dona Fologo, président du Conseil économique et social, particulièrement intéressé. Il partageait la table de séance avec l’ambassadeur Janier, le président de l’Unjci, Amos Béonaho et Lébry Léon Francis, journaliste récemment primé par l’Union, qui faisait office de modérateur.

Relations politiques

André Janier s’est dit convaincu que la France ne deviendrait jamais l’ennemie de la Côte d’Ivoire, après avoir tenté d’expliquer l’état des relations entre les deux pays : “ Nos relations sont à la fois simples et complexes (...). Nous avons vécu ensemble, à une autre époque. Mais le monde a évolué depuis lors, et nous éprouvons parfois certaines difficultés à nous adapter à cette évolution. (...) La France n’est pas l’ennemie de la Côte d’Ivoire et elle ne le sera jamais ”. M. Janier, fort des critiques qui fusent contre Paris, a assuré que les autorités françaises n’avaient pas en projet de “ recoloniser la Côte d’Ivoire ”. Il a même dû se départir de tout langage diplomatique préférant cracher ses vérités : “ La France n’a pas l’intention de recoloniser la Côte d’Ivoire, comme certains l’en accusent, ni d’empiéter sur sa souveraineté, encore moins d’accaparer ses richesses. Elle est disposée à aider les Ivoiriens, tous les Ivoiriens, s’ils le souhaitent, à sortir de la crise qui frappe leur pays ”. André Janier a estimé que Paris s’investissait conséquemment dans le règlement du conflit ivoirien et en voulait pour preuve la présence sur sa terre d’accueil d’une force d’interposition constituée de 4000 soldats français : Licorne.

L’armée française en Côte d’Ivoire

L’ambassadeur de France a longtemps expliqué que Licorne n’avait pas un mandat de maintien de l’ordre ; ce qui disculpait cette force, selon le diplomate, dans les attaques récurrentes contre des localités de l’Ouest. “ Licorne n’est pas ici pour assurer l’ordre. Quand on accuse des soldats français d’avoir perpétré- ce que vous appelez des massacres- je trouve cela criminel. Qu’on ose dire sans aucune preuve que ce sont des soldats français qui ont tué des Ivoiriens, c’est inadmissible ! ” a tempêté l’ambassadeur de France. Il a donné la garantie que Licorne n’était, en aucune manière, une force d’occupation, sa principale caractéristique étant, selon lui, l’impartialité. “ Elle n’est en état de belligérance contre aucun des protagonistes de la crise ivoirienne ” a réitéré le diplomate. Il a signifié à son auditoire que si les Ivoiriens voudraient voir “ Licorne ” se substituer à leur “ Police, au CeCos ”, ils n’avaient qu’à en faire la demande auprès du Conseil de sécurité. “ Licorne et l’Onuci ne sont pas des forces de l’ordre. Elles ne peuvent pas sécuriser chaque famille en Côte d’Ivoire. Elles interviennent parfois pour rendre service quand on leur fait appel. Mais, si les Ivoiriens le souhaitent, on pourrait modifier le mandat de la force d’interposition ” a commenté André Janier. Il a esquissé une analyse au sujet de l’insécurité qui prévalait à l’Ouest : “ L’Ouest, c’est pas nouveau. On me dit qu’il y a des populations mélangées. Qu’il y a un conflit foncier qui ressort par intermittence. Les problèmes, là-bas, semblent avoir existé depuis 50, 60 ans. On me dit qu’à l’époque, les gens réglaient leurs comptes à la machette. Et, aujourd’hui, la crise a dû favoriser la présence d’armes ”.

Relations économiques

Abordant le volet économique des relations franco-ivoiriennes, André Janier, une fois de plus, s’est employé à démonter des thèses qui avaient pignon sur rue : “ Certains nous accusent de piller les richesses de la Côte d’Ivoire. C’est faux ! Les intérêts français sont quasi-inexistants, en effet, dans les deux principaux secteurs de l’économie ivoirienne, à savoir le café-cacao et l’exploitation pétrolière ”. La part de la Côte d’Ivoire, a illustré Janier, représente moins de 0,8% du volume global des échanges économiques de la France avec le monde extérieur. Le diplomate d’induire que l’économie française pourrait survivre, à l’aise, en cas de rupture de ses échanges avec la Côte d’Ivoire. “ Ce que nous ne souhaitons pas (...) parce que ces échanges profitent aux deux pays ” a relevé André Janier annonçant que l’Etat ivoirien demeurait le premier partenaire commercial de la France, au niveau de la zone franc. L’invité de l’Unjci a déclaré qu’une mission conjointe du Medef, le patronat français et du Cian, qui regroupe investisseurs et hommes d’affaires français attirés par l’Afrique séjournerait bientôt à Abidjan ; preuve, selon Janier, que les français souhaitent développer les relations économiques avec la Côte d’Ivoire.

Politique d’immigration de la France

Intervenant, à présent, sur le volet “ politique d’immigration de la France ” à l’égard des pays africains, l’ambassadeur André Janier, a laissé croire que la France n’avait pas choisi de fermer ses frontières aux peuples étrangers. “ La France n’a plus les moyens économiques ni sociaux d’accueillir autant d’étrangers que par le passé. Ce n’est pas une question de xénophobie. Non ! C’est une question de cohérence ” a évoqué le diplomate. Il a chiffré à une centaine de mille le nombre d’Ivoiriens vivant en France et relevé que beaucoup parmi eux n’avaient pas de pièces et vivaient dans la clandestinité. “ Je suis certain qu’ils se sentiraient mieux chez eux, dans leurs villages ” a fait valoir Janier. Il a rappelé le grave incendie survenu au mois d’Août 2005 dans la région de Paris. De nombreux Africains, des Ivoiriens dans leur majorité, avaient trouvé la mort dans le sinistre et André Janier a noté que les victimes sont des personnes qui vivaient une précarité indicible.

Coopération France- Côte d’Ivoire

Parlant de coopération bilatérale entre la France et la Côte d’Ivoire, l’ambassadeur- invité de l’UNJCI, a indiqué que celle-ci avait été ralentie après l’épisode de Novembre 2004, puisque de nombreux assistants avaient dû être rapatriés, les établissements scolaires fermés, le service de Coopération et d’action culturelle réduit à sa plus simple expression. “ La Côte d’Ivoire a perdu sa place de premier bénéficiaire de la coopération française dans la région. Mais à qui la faute ? ” a interrogé André Janier. Il a déclaré que les responsables français, malgré la situation en Côte d’Ivoire, essaient aujourd’hui de développer une “ coopération bilatérale adaptée aux circonstances ”.


COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE FINAL DU MINI-SOMMET DE YAMOUSSOUKRO SUR LA COTE D'IVOIRE

Mercredi 5 Juillet 2006

Une réunion a été organisée par le Secrétaire Général des Nations Unies à Yamoussoukro le 5 juillet 2006 pour discuter la mise en œuvre du processus de paix en Côte d’Ivoire. Etaient présents à cette réunion :

S.E Olusegun obasanjo, Président du Nigeria
S.E Thabo Mbeki, Président de l’Afrique du Sud
M. Rodolphe Adada, Ministre des Affaires Étrangères du Congo Représentant de l’Union Africaine
Ministre des Affaires Etrangères du Ghana et des représentants du Président Tandja Mamadou du Niger, du Président Blaise Compaoré du Burkina Faso, du Président Amadou Toumani Touré du Mali

pour la partie ivoirienne étaient présents :

-Le Président Laurent Gbagbo
-Le Premier ministre Charles Konan Banny
M. Guillaume Soro, Secrétaire Général des Forces Nouvelles
M. Alassane Dramane Ouattara, Président du RDR
M. Djédjé MADY, Secrétaire Général du PDCI, représentant le Président Bédié

1- Les participants ont réaffirmé leur engagement à l’égard du processus de paix ivoirien et la nécessité de continuer et de n’épargner aucun effort pour mettre en œuvre la résolution 1633 du Conseil de Sécurité. Ils ont également réaffirmé les engagements clés pris à Yamoussoukro, le 28 avril 2006, notamment :

a)d’appeler instamment les medias et particulièrement la presse écrite à embrasser le processus de paix et à s’abstenir de publier des articles qui pourraient mettre en danger ce processus

b)que les dirigeants politiques exigent des journalistes qui leur sont proches qu’ils s’associent au processus de paix et,

c)que les dirigeants politiques créent un environnement favorable à la conduite des activités politiques, respectant les valeurs de fraternité et de démocratie

2- Prenant en considération l’amélioration du climat politique, et reconnaissant que des progrès importants avaient été faits en vue du processus complet de DDR et d’Identification, les parties ivoiriennes ont renouvelé leur engagement à faire tout leur possible pour accélérer le processus de DDR ainsi que les processus électoral et d’identification. Dans ce contexte le démantèlement des milices, le redéploiement de l’administration de l’Etat, le debut des “audiences foraines” à l'echelle du pays et le déploiement des commissions locales et régionales de la CEI, sont d'une urgence extrême.

3- Les participants ont souligné le rôle important que l'ONUCI, les forces impartiales,le HRE et les autres institutions des Nations Unies doivent jouer à l'appui de la mise en oeuvre de la transparence et de la crédibilité du processus. A cet égard, ils ont affirmé que la liberté de mouvement et l'implication des forces impartiales dans le dialogue militaire sont essentielles pour la crédibilité et la transparence du processus. Les forces impartiales, mandatées au titre du chapitre 7 de la Charte des Nations Unies, devraient avoir accès à tous les aspects du processus de DDR et notamment, aux sites de pre-regroupement, car elles ont pour tache, dans le cadre de leur mandat, de proceder à la vérification et à l'etablissement des listes des soldats et d'armes. A cette fin, les participants ont décider de créer un comité de surveillance du DDR composer notamment, de representants des forces impartiales, des chefs d'Etats majors des FANCI et des FAFN et de la primature.

4 - Les participants ont fermement prévenu que ceux qui incitent à la violence et à la haine seraient responsables de l'adoption des sections ciblées par le conseil de sécurité. Les participants ont également prié instamment toutes les parties concernées de respecter pleinement le nouvel esprit de dialogue et de coopération consignés dans la déclaration de Yamoussoukro en date du 28 février 2006 ainsi que l'esprit de la résolution 1633 du conseil de sécurité. Les participants ont décidé qu'un code de conduite contraignant devrait être appliqué aux membres des medias publiant expressement les messages menaçants, extrémistes ou incitants à la haine et à la vioalance.

5- Les participants ont exhortés les acteurs politiques de la Côte d'Ivoire à accepter le dialogue et la confiance mutuelle pour favoriser l'unité et la réconciliation nationale au delà des élections. Les participants ont en outre, exhorté les acteurs politiques à renoncer à tout acte ou toute déclaration suceptible d'empêcher le Gouvernement de travailler dans un climat lui permettant d'appliquer la feuille de route. Les parties ont réaffirmé que la feuille de route, ainsi que les accords précédents signés par les principaux acteurs politiques Ivoiriens, y compris l'accord de Pretoria, doivent être appliqués en l'état et sans retard, sans être re-examinés ni re-interpretés.

6- Les participants se sont félicités de l'intention du Secrétaire Général d'organiser une réunion à la mi-septembre, à l'occasion de l'Assemblée Générale pour faire le bilan de la situation et, le cas échéant, prendre toute autre mesure.

7- Les parties Ivoiriennes ont convenu de mettre en oeuvre les points d'action ci joints.

ACTIONS DECIDEES A LA REUNION SUR LA COTE D’IVOIRE TENUE A YAMOUSOUKRO LE 5 JUILLET 2006

Chronogramme

Les participants ont réafirmé l’importance de faire tous les efforts nécessaires pour respecter le chronogramme agréé et les résolutions pertinentes des Nations Unies.

Elections

Déploiement d’au moins 50 cours mobiles d’ici le 15 juillet pour les audiences foraines.
Publication d’un décret présidentiel d’ici le 15 juillet, autorisant la Commission Electorale Indépendante à procéder à tout ajustement nécessaire du Code électoral pour les élections .
Réaffirmation de la validité de l’accord de Pretoria, y compris le paragraphe 6
Déploiement d’ici le 31 Juillet sur l’ensemble du territoire de la Côte d’Ivoire des structures de la C.E.I
Convocation d’une conférence des donateurs pour financer le budget électoral dans sa totalité, dès qu’un progrès suffisant aura été constaté dans la mise en œuvre du processus électoral.

DDR

Réunion des Chefs d’Etat Major des FANCI et des FAFN, en présence des représentants des forces impartiales, en vue d’établir avant le 15 Juillet un groupe de suivi sur le DDR. Le groupe de suivi comprendrait les Chefs d’Etat Major des FANCI et des FAFN, la Primature, et des représentants des Forces Impartiales.

Reprise immédiate du contrôle quadripartite du processus de pré-cantonnement, en vue d’arriver au terme de ce processus avant le 31 Juillet, sur la base de l’accord du 9 Juillet 2005, confirmé par le GTI à sa dernière réunion.

Démantèlement des milices avant le 31 Juillet, sur la base de l’accord du 9 Juillet 2005

Media

Respect des accords de Pretoria et de Yamoussoukro sur les médias, qui appellent les journalistes à une attitude responsable, particulièrement pendant la période électorale


COTE D'IVOIRE / MINI-SOMMET SUR LE PROCESSUS DE PAIX

Mercredi 5 Juillet 2006

Au terme de plus de trois heures de réunion, il a été réaffirmé la nécessité d’appliquer la résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l’ONU. En outre après avoir constaté les avancées notables dans la mise en œuvre de la feuille de route du Premier ministre Charles Banny, les participants ont convenu d’accélérer le processus de paix, notamment le démantèlement des milices, l’extension urgente de l’audience foraine et de l’identification sur tout l’étendue du territoire national.

Le mini sommet a également relevé l’importance du rôle des forces impartiales dans le processus de paix ivoirien et souligné « que la liberté de mouvement et de l’implication des forces impartiale dans le dialogue militaire sont essentiels pour la crédibilité et la transparence du processus ».

Une réunion sur la Côte d’Ivoire est prévue à la mi-septembre à New York, qui se prononcera sur l’après octobre 2006 si les élections n’ont pu se tenir dans les délais impartis a indiqué M. Annan au cours d’une conférence de presse.

La réunion s’est tenue sous la Présidence de Monsieur Kofi Annan Secrétaire Général de l’Onu et présence des Présidents Oluségun Obassanjo du Nigéria, Thabo Mbéki d’Afrique du Sud de Mr. Rodolphe Adada, Ministre des affaires Etrangères de la république démocratique du Congo représentant de l’Union Africaine,des Ministres des Affaires Etrangères du Ghana, des représentants du Président Tandja Mamadou du Niger, du Président Blaise Compaoré du Burkina, du Président Toumani Touré du Mali.

Côté Ivoirien ont pris part à cette rencontre le Président Gbagbo, Le Premier Ministre Charles Konan Banny, MM. Guillaume Soro, Secrétaire Général des forces nouvelles, Alassane Dramane Ouattara, Président du RDR, Djédjé Mady, représentant le Président Henri Konan Bédié.

Publié le 5 juillet 2006.

De notre Envoyé spécial à Yamoussoukro,


FOOT-BALL / COUPE DU MONDE / LA FRANCE EN FINALE

Mercredi 5 Juillet 2006

La France est le second pays qualifié pour la finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006. Les Français se sont imposés 1-0 face au Portugal lors de la demi-finale disputée le 5 juillet 2006 à Munich.


COTE D'IVOIRE / LETTRE DE M.CHARLES BLE GOUDE LEADER DES JEUNES PATRIOTES AU PRESIDENT DE L'ASSEMNBLEE NATIONALE M.MAMADOU KOULIBALY

Mercredi 5 Juillet 2006

Président,
Je voudrais d'entrée, demander votre indulgence pour le caractère public de cette lettre. J'aurais bien pu la faire déposer à votre secrétariat mais j'ai choisi la voie publique pour des raisons qui, j'en suis convaincu, seront sues au terme de la lecture des lignes qui suivent.

Monsieur le Président, cette lettre je l'écris pour vous dire merci et vous féliciter pour la justesse des prises de positions qui sont les vôtres à chaque étape décisive de la crise qui secoue notre pays. Je suis toujours resté silencieux sur votre courage politique mais cette fois, je ne pouvais me taire devant le dernier acte politique par vous posé tant il est plein de symboles. En plus de ce que je respecte les hommes qui ne transigent pas sur les principes qu'eux même se sont imposés, j'ai de l'admiration pour ceux qui osent et qui surprennent toujours l'adversaire au moment où celui-ci s'y attend le moins. Vous êtes l'un de ceux la. Dépeint comme un homme dangereux, vous avez toujours assumé vos choix politiques, sans calculs. Patriote jusqu'aux os vous passez pour le ''désoeuvré'' de l'Assemblée nationale car dans l'entendement de nos ancêtres les Gaulois, les patriotes sont des désoeuvrés. Vous avez toujours été au carrefour décisif de l'Histoire de notre jeune nation. A trois reprises, l'adversaire a tenté de mettre la Côte d'Ivoire à genoux, trois fois vous vous êtes dressé pour dire, non!

Nombre d'Ivoiriens et d'Africains ont découvert pour la première fois votre force de caractère en janvier 2003. En effet au moment ou la France et ses rebelles tentaient d'opérer un coup d'Etat constitutionnel après avoir échoué par les armes, vous avez refusé de donner la caution de l'Assemblée nationale et vous êtes rentré au pays. Je me rappelle que ce jour, nous nous sommes rencontrés à un endroit que nous devons encore tenir secret pour les besoins de la lutte. Après vous avoir écouté ce jour-là j'ai compris que l'Afrique comptait encore de dignes fils. Vous veniez ainsi de désapprouver ce qu'il est désormais convenu d'appeler les accords de Linas Marcoussis. Aujourd'hui avec du recul, les observateurs de la crise ivoirienne peuvent conclure avec nous que vous avez eu tort d'avoir eu raison trop tôt. Ce scénario monté de toutes pièces par Paris pour décapiter l'Etat ivoirien, s'est avéré inapplicable. Marcoussis défiait l'éthique et tordait le coup à la démocratie tant ces accords faisaient l'apologie des armes. Comme leur détenteur exclusif, Seydou Diarra, ces accords ont disparu du langage des ivoiriens qui d'ailleurs n'en voulaient pas. Monsieur le Président, par cet acte là vous avez séduit beaucoup de patriotes ivoiriens. Et la flamme allumée à Marcoussis brille encore aujourd'hui. Résistant dans l'âme, vous avez pris un second rendez vous avec l'Histoire : c'était le 09 Novembre de l'an 2004. Sous un prétexte fallacieux, l'armée française avait stationné ses chars criminels devant l'hôtel Ivoire après avoir détruit les appareils volants de notre armée. Trois jours durant, la France avait mené une véritable guerre au cours de laquelle plusieurs patriotes sont tombés. Là encore, vous avez su transformer notre îlot de désespoir en un véritable océan d'espérances. Ce jour, vous avez mis les Généraux Mathias Doué, Fall et Henri Poncet devant leurs responsabilités. Devant le petit écran, les Ivoiriens vous ont vu, demandant à ces militaires, les raisons de la présence des chars français devant l'hôtel Ivoire. Une fois encore, vous avez joué votre partition en donnant une étoffe institutionnelle au combat des patriotes. Vous avez tout simplement osé ; vous êtes allé là ou aucune autorité n'osait s'aventurer. Le coup d'Etat que la France préparait avec Doué Mathias a ainsi échoué. Aujourd'hui, Doué, Fall et Poncet sont partis. Le premier cité a même menacé depuis son exil volontaire de renverser le Président GBAGBO. Vous, vous êtes toujours avec nous, continuant le combat de la dignité du peuple africain. Vous venez encore de répondre présent à un troisième rendez-vous.

Comme pour vous défier, en Janvier 2006, nos censeurs du GTI ont voulu se substituer au peuple ivoirien en mettant fin au mandat de la noble institution dont vous êtes le président. Les patriotes sont descendus dans la rue quatre jours durant pour s'opposer à cette décision qui mettait définitivement la Côte d'Ivoire sous tutelle. J'ai moi-même entamé une grève de la faim devant l'ambassade de la France.
A la suite de ce combat, le fils héritier du GTI, le président Obasanjo, est arrivé à Abidjan aux fins de préciser à ce groupement qu'il n'avait pas compétence pour mettre fin au mandat des députés. Nous avons en retour, demandé à nos amis de libérer la rue. Ils sont partis mécontents.
Certains de nos journaux ont même parlé de trahison. Mais avec la dernière bataille que vous venez de remporter en faisant fonctionner effectivement l'Assemblée nationale, vous avez achevé de nous convaincre sur votre sens du devoir. Président du Parlement, vous avez réussi à le préserver des vautours qui voulaient le dissoudre. Au grand dam de vos adversaires politiques et à la joie de la majorité des ivoiriens. L'Assemblée nationale, clé de voûte de la démocratie a donc repris fonction. Si chaque Président d'institution pouvait s'inspirer de votre engagement et mener le combat dans sa sphère d'influence, c'est sûr, la Côte d'Ivoire serait épargnée du ballet des donneurs des leçons: Merci combattant!

Monsieur le président, c'est pour relever ces trois carrefours essentiels auxquels vous avez été présent que je me suis autorisé à vous écrire publiquement. Que votre modestie en souffre, mais vous êtes un modèle pour notre génération .Tous ceux qui ont cru nous faire mal en vous faisant passer pour notre idéologue n'ont fait que donner de la valeur à notre combat. Je n'ai jusqu'ici pas rencontré régulièrement mon idéologue ; maintenant je l'exige pour que me soient enseignées les meilleures idées : celles de la dignité, la constance et la conviction sans calculs.

Merci combattant, la jeunesse ivoirienne est fière de vous !

Charles Blé Goudé, le sanctionné de l'ONU





COTE D'IVOIRE RENCONTRE A YAMOUSSOUKRO AVEC LES LEADERS POLITIQUES ET LES MEDIATEURS DE LA CRISE EN PRESENCE DE M.KOFI ANNAN SECRETAIRE GENERAL DE L'ONU

Mercredi 5 Juillet 2006

En tournée en Afrique de l'ouest, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, arrivera mercredi à Yamoussoukro, en compagnie des présidents de l'Union africaine (UA), Denis Sassou N'Guesso, et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO), Tanja Mamadou, ainsi que des Présidents Olusegun Obasanjo du Nigeria et Thabo MBeki de l'Afrique du sud.
Après avoir rencontré le président Laurent Gbagbo samedi à Banjul, en Gambie, en marge du sommet de l'UA, M. Annan va rencontrer dans la capitale politique et administrative ivoirienne toutes les parties impliquées dans la crise pour continuer les discussions sur la feuille de route qui doit conduire à des élections présidentielles prévues officiellement pour fin octobre.

A propos de la rencontre de Yamoussoukro, le chef de l'Etat a indiqué lundi après-midi, de retour de Banjul, qu'elle ne sera pas une occasion de faire de nouvelles négociations. "Nous allons faire le point tout simplement. Nous allons voir l'état de l'application des textes que nous avons pris (…) il y a plus rien à négocier, il faut aller de l'avant et sortir de la crise", a affirmé le Président Gbagbo. Pour lui, "ceux qui ne veulent pas des élections, il faut les sortir du processus (…) car la Côte d'Ivoire ne vit pas que de crises. C'est un Etat qui avance, elle fait autre chose".