Aout 2006

INTERVIEW DE S.E.M.DJANGONE-BI REPRESENTANT PERMANENT DE LA COTE D'IVOIRE A L'ONU

Mardi 22 Aout 2006

Au moment où il va quitter ses fonctions, l’ambassadeur Djangoné Bi émet des doutes sur la tenue en septembre de la réunion de l’ONU sur la Côte d’Ivoire.

Je voudrais tout d’abord profiter de l’opportunité que vous me donnez pour exprimer mon infinie gratitude au Président de la République, Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo, pour la confiance qu’il a placée en moi en me permettant de représenter notre pays, la Côte d’Ivoire, auprès d’une organisation aussi prestigieuse que les Nations Unies. Je voudrais également remercier mes collaborateurs sans le concours desquels notre mission permanente auprès de l’ONU, à New York, n’aurait pas pu faire entendre la voix de la Côte d’Ivoire, en ces moments particulièrement difficiles pour notre pays et pour toute la sous-région ouest africaine.
Relativement à votre question, je ne puis dresser de bilan, au sens habituel de cette expression, car cela serait quelque peu présomptueux de ma part. Je n’ai été que l’animateur de l’action diplomatique du Président de la République, premier responsable de la politique étrangère de notre pays, qui l’a constamment suivie et, à certaines occasions, réorientée. Je laisse à d’autres le soin de la juger.
Contrairement à vos prédécesseurs qui, eux, ont eu des mandats calmes, presque touristiques, le vôtre a été beaucoup plus engagé et pas de tout repos. Votre tâche a-t-elle été plus difficile compte tenu de la guerre?


Objectivement, il faut reconnaître que les fonctions d’ambassadeur, de Représentant permanent, ne sont pas des plus aisées, en temps normal. Cette responsabilité exige beaucoup de la part de celui qui l’exerce car nous sommes dans l’univers du multilatéralisme par excellence. Les charges d’un ambassadeur, dans ce contexte, sont différentes et complexes par rapport à celles qu’il pourrait avoir dans le cadre de relations diplomatiques bilatérales. A plus forte raison, lorsque votre pays, du fait de la crise qu’il traverse, devient l’actualité du moment. En effet, j’ai présenté mes lettres de créances le 12 septembre 2001 au Secrétaire général des Nations Unies. Dès que la guerre a commencé, presque un an plus tard, l’orientation des activités de la Mission permanente de la Côte d’Ivoire auprès des Nations Unies a changé, pour s’adapter à la situation. Il s’agissait, pour la Mission permanente de la Côte d’Ivoire auprès des Nations Unies, en plus des activités habituelles propres aux Missions permanentes, d’expliquer la situation dans le pays et, plus particulièrement, l’évolution du processus de paix, à la lumière des différents accords conclus. La complexité de la tâche est venue du fait de quelques incompréhensions nées avec certaines instances de l’ONU chargées, à la demande des plus hautes autorités ivoiriennes, de nous porter aide et assistance en vue d’un règlement pacifique de ce différend. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces organes, de par leurs actes et agissements, n’ont pas paru avoir, à certains moments, une attitude équilibrée, attachée à faire triompher la vérité, de sorte que tous les efforts accomplis par les autorités légitimes pour faire revenir la paix ne nous semblaient pas appréciés à leur juste valeur.
Vous êtes donc d’accord avec le parti au pouvoir, le FPI, dont vous êtes issu, pour accuser l’ONU de parti pris dans la crise ivoirienne?


Ambassadeur, représentant de la Côte d’Ivoire auprès des Nations Unies, j’exerce mes fonctions au nom du Président de la République, et non pour servir les intérêts d’un parti. C’est la règle du jeu en la matière. Un ambassadeur représente son pays et de façon particulière, son souverain – dans notre cas, le Président de la République – auprès du souverain ou de l’autorité auprès desquels il est accrédité.
L’ONU étant une organisation à laquelle pratiquement tous les Etats du monde appartiennent, on ne peut pas dire que cette organisation, dans son ensemble, a un parti pris. Mais, comme je l’ai dit tout à l’heure, telle ou telle instance de décision peut avoir une attitude dont l’objectivité peut laisser à désirer.
L’ONU intervient, dans le cadre des tentatives de règlement des crises – et il n’y a pas que le cas ivoirien – afin d’aider et d’assister les populations victimes et permettre un règlement pacifique du conflit. Dans la pratique, les opérations des Nations Unies, qu’il s’agisse du maintien de la paix, des missions d’observations ou d’interposition, sont actuellement remises en cause. Il y a aujourd’hui un débat sur le rôle des Casques bleus dans la résolution des conflits. Et c’est justement pour répondre à certaines de ces préoccupations internes aux Nations Unies que la Commission de consolidation de la paix vient de voir le jour.
Pour revenir au cas de la Côte d’Ivoire, je crois savoir qu’il n’y a pas que le parti au pouvoir qui ait eu à porter de telles accusations contre les Nations Unies. A cet effet, je voudrais inviter les uns et les autres à un effort de mémoire.
Excellence, les prises de position de l’ONU et même de son Secrétaire général sont souvent décriées par le camp présidentiel. Comment pourriez qualifier, dans ce contexte, vos rapports avec M. Kofi Annan?

Ils sont tout à fait normaux, empreints de courtoisie et de respect; enfin, des rapports professionnels. Comme il quitte ses fonctions dès le mois de janvier prochain, à la fin de son deuxième mandat, je voudrais profiter de l’occasion que vous m’offrez pour lui souhaiter bon vent dans ses nouvelles activités. Au nom du gouvernement ivoirien, je voudrais le remercier très sincèrement pour son engagement personnel dans le règlement de la crise ivoirienne, même si, hélas, nos analyses de cette crise ont été quelquefois divergentes.
Maintenant qu’il semble certain que l’élection présidentielle n’aura pas lieu en octobre 2006, quelle peut être l’issue de la prochaine réunion sur la Côte d’Ivoire, convoquée par Kofi Annan en marge de la 61ème session de l’Assemblée générale de l’ONU ?


Il faut appliquer la feuille de route et les différents accords de paix comme si cette élection devait se tenir le 30 octobre 2006. Si à cette date, du fait de certains blocages, l’élection n’a pas lieu, les efforts devront se poursuivre, les institutions de la République devant être maintenues en place. Quant à la réunion à laquelle vous faites allusion, je me demande si elle aura effectivement lieu. En effet, des questions restent sans réponses satisfaisantes: Quelle instance se réunirait à cette date? Le Conseil de sécurité? L’Union africaine? Un comité ad hoc de Chefs d’Etat sur la Côte d’Ivoire? Qui dresserait la liste des participants à une telle réunion? Pour ma part, tout cela ressemble étrangement à une précédente réunion tenue, il y a quelques temps dans un pays européen, et qui a produit un résultat reconnu par tous comme étant difficilement applicable; ce qui a entraîné la mise en place d’un nouveau gouvernement.
Par ailleurs, dans une certaine mesure, on peut dire que le processus de paix en Côte d’Ivoire est considérablement retardé par la multiplication des instances de médiation, de Lomé à Pretoria, en passant par Linas-Marcoussis et Accra! On ne se retrouve plus. Pour que la paix et la réconciliation soient rapidement une réalité, il est important que les Ivoiriens s’approprient le processus de paix. Le remède au mal ivoirien ne viendra pas forcément de l’étranger.
Quand arrivera votre successeur?


Je voudrais saisir cette occasion pour souhaiter bonne chance à l’ambassadeur Alcide Djédjé, diplomate de carrière, très au fait de la diplomatie multilatérale, puisqu’il est actuellement l’un des conseillers diplomatiques du Président de la République. Il connaît bien l’ONU. Je suis persuadé que les amis de la Côte d’Ivoire à l’ONU lui accorderont toute l’assistance nécessaire pour que sa mission soit un succès. L’ambassadeur Djédjé rejoindra incessamment son nouveau poste, dès que certaines démarches administratives seront terminées. Et vous-même, Excellence, où allez-vous? On a entendu dire que vous allez à Londres.

Je reste à la disposition du Président de la République.
Interview réalisée par
Phil L. Nomel
Correspondant aux USA


SENEGAL / IMMIGRATIONS CLANDESTINES / RENCONTRES BILATERALES ENTRE AUTORITES ESPAGNOLES ET SENEGALAISES

Lundi 21 Aout 2006

L'immigration clandestine , nouveau fléau des temps modernes en direction de l'Europe et notamment l'Espagne via les Iles Canaries ou le Cap-Vert a donné l'occasion aux Autorités espagnoles et sénégalaises de se rencontrer à DAKAR en vue de se pencher sur cette situation qui aboutit très souvent à des drames .
Ainsi à la fin de la réunion tenue en présence des deux Ministres de l'Intérieur de ces deux Pays , des décisions ont été prises afin d'enrayer ce fléau et éviter que la jeunesse africaine , espoir de tout un continent ne continue à s'adonner à cet exode provoquant ainsi un dépeuplement qui le prive sans aucun doute de ses bras valides et retarde son envol vers le développement.
Ci-après quelques informations livrées à la presse sur la rencontre.

"Des mesures urgentes ont été prises pour faire face à cette situation d'urgence", a indiqué à la presse le secrétaire d'Etat auprès du ministère des Affaires étrangères espagnol Bernardino Leon.

Il a notamment cité un "renforcement des mesures de surveillance de la côte avec des vedettes de la gendarmerie espagnole qui va travailler conjointement avec la gendarmerie sénégalaise".

L'Espagne va en conséquence mettre à la disposition du Sénégal, d'où proviennent de nombreux clandestins, des moyens de surveillance, comprenant notamment un hélicoptère et deux vedettes.

"Nous avons pris des mesures d'urgence pour aller vers une lutte plus efficace contre l'émigration clandestine", a confirmé le ministre sénégalais de l'Intérieur Ousmane Ngom.

Ces mesures ont été annoncées à l'occasion de la visite à Dakar lundi du ministre espagnol de l'Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba et de M. Leon.

"D'autres mesures vont suivre dans le cadre du dispositif Frontex sur lequel nous sommes d'accord sur le principe", a ajouté le ministre sénégalais.

Le plan européen Frontex prévoit actuellement des patrouilles maritimes et aériennes uniquement au large de la Mauritanie et du Cap-Vert pour tenter de lutter contre l'émigration clandestine. Mais le début de sa mise en oeuvre est entouré de la plus grande confusion.

"Pour ce qui est du déploiement (dans le cadre du plan Frontex), la partie espagnole nous a soumis un mémorandum que nous sommes en train d'étudier pour pouvoir le signer dans deux ou trois jours", a précisé le ministre.

"C'est la première fois qu'il y aura ce genre de patrouilles. Cela existe en Mauritanie et au Cap-Vert mais pas au Sénégal", a confirmé à l'AFP une source proche du ministère sénégalais de l'Intérieur.

"Il y aura des équipages mixtes, un programme de patrouilles arrêtées d'un commun accord et tout cela se fera avec l'aide de l'Union européenne. Le commandement sera sénégalais. Les patrouilles commenceront après la signature d'un protocole", a poursuivi cette source.

"Nos amis espagnols ont été très prompts à réagir pour le renforcement des capacités des équipes sénégalaises avec des moyens mis à notre disposition dont une partie a été livrée" cette semaine, s'est félicité le ministre sénégalais.

"D'ici la fin de la semaine, des hélicoptères et autres moyens vont suivre", a ajouté M. Ngom.

"Nous discutons en amis (avec les Espagnols), nous sommes pour un partenariat et pour une gestion concertée de ce phénomène. Les deux pays sont victimes de ce fléau. Nous avons la même vision du monde et la même politique", a assuré le ministre sénégalais de l'Intérieur.

La délégation espagnole a quitté Dakar lundi après-midi, après une rencontre avec le Premier ministre sénégalais Macky Sall, pour se rendre en Mauritanie, important point de passage pour les clandestins en route vers l'archipel des Canaries.


OBSEQUES DU GENERAL GUEI ROBERT / REMERCIEMENTS DE SES ENFANTS AU CHEF DE L'ETAT S.E.LAURENT GBAGBO

Lundi 21 Aout 2006

Franck Gueï (fils aîné du Général Gueï) au sortir d’une audience d’avec le Chef de l’Etat SEM Laurent Gbagbo :
"LES CONDITIONS N’ETAIENT PAS REUNIES POUR ENTERRER MON PERE AU VILLAGE"
(21-août-2006) (Source: Armand Bohui )


Franck, qu’accompagnaient Mireille, Rosine, Ruffin et Alain Gueï, a été reçu en audience par le Président de la République, SEM Laurent Gbagbo.
Les enfants Gueï se sont rendus chez le Chef de l’Etat pour lui dire merci pour son support durant les obsèques de leurs parents…

Docteur, vous sortez d’une rencontre avec le Président de la République, que lui avez-vous dit ?

Je suis venu voir le Chef de l’Etat avec mes frères et sœurs afin de le remercier de son support durant les obsèques de ma mère et de mon père.

Il y a trop de choses qui se sont dites à propos des obsèques de votre père, avez-vous fait la lumière avec le Président de la République ?

Pouvez-vous être plus explicite ?

Certains responsables du parti que votre père a créé étaient en manifestation de protestations pendant que vous organisiez les funérailles

Ecoutez, je ne vais pas revenir sur ces évènements que je dirai "malheureux". Ceux qui voulaient m’aider, aider la famille à enterrer mon père l’ont fait. Sinon, dans ma vision des choses, l’ingratitude est humaine. (…) Donc j’ai eu ce que je voulais (…), j’ai pu enterrer mon père. Le reste, Dieu jugera.

On parle de "transit". Peut-on connaître le temps durant lequel le corps va séjourner à Abidjan et quand est ce que le corps va repartir au village ?

Notre objectif était d’enterrer mon père, ça a été fait. En ce qui concerne le transfert ou les funérailles au village, on verra ça après. L’important dans un premier temps, c’était de le sortir de la glace. Cela a été fait et c’est tant mieux.

Une fois pour toutes, pouvez-vous dire pourquoi vous avez enterré votre père ici à Abidjan ?

C’est parce que toutes les conditions n’étaient pas réunies pour qu’on enterre mon père au village. C’est tout (…) Je remercie le Chef de l’Etat de nous avoir soutenu ainsi que le gouvernement.

Propos recueillis par Armand Bohui


COTE D'IVOIRE / REACTIONS DES FORCES NOUVELLES A LA TENUE DES AUDIENCES FORAINES

Lundi 21 Aout 2006

VOICI LES GRANDES DECISIONS DES FORCES NOUVELLES

Du mardi 15 Août 2006, à 16h30 au mercredi 16 août 2006 à 02h30, la Direction Politique et Militaire des Forces Nouvelles de Côte d'Ivoire réunie en conclave a analysé le processus de sortie de crise.
Le Conclave a écouté diverses communications sur les opérations d’ audiences foraines débutées effectivement le 15 juillet 2006, le processus d’identification des populations vivant en Côte d'Ivoire, le processus électoral, le processus du DDR, le redéploiement de l’administration et le fonctionnement du Gouvernement de Transition.

I. AU TITRE DES AUDIENCES FORAINES

Le Conclave a été largement informé sur l’adoption du mode opératoire qui a permis de lancer les audiences foraines à l’échelle nationale. Il ressort des débats que cette solution technique était le résultat d’un large consensus au sein d’un Comité interministériel présidé par le Premier Ministre et comprenant le Ministère d’Etat, Ministre du Plan, le Ministère de la Justice, le Ministère de l’Intérieur, le Ministère des Infrastructures Economiques, le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat, le Ministère des NTIC, le Ministère délégué à l’Economie et aux Finances, le Ministère délégué à la Communication, la CEI, la CNSI, l’ONI, l’INS et le CNPRA.
Le Conclave a dénoncé et condamné la défaillance des ministères de la Défense et de l’Intérieur dans la sécurisation des opérations d’audiences foraines dans la partie Sud du pays où les violences orchestrées par le Front populaire Ivoirien (FPI), le parti de M. Laurent Gbagbo ont occasionné des pertes en vies humaines et des dégâts matériels considérables.
Le Conclave a aussi dénoncé les manœuvres du Chef d’Etat-major des FDS, le Général Mangou Philippe, qui s’est gardé de toute réaction quand la vie des citoyens était menacée, et cela, malgré l’existence d’un décret interdisant les manifestations sur la voie publique.
Le Conclave a constaté et déploré que, sans concertation préalable avec les différentes parties intéressées par les audiences foraines, en particulier les Forces Nouvelles qui, pour la réussite de cette importante opération, ont fait des concessions de fond, notamment en ce qui concerne le retour de l’Administration territoriale dans leurs zones, le Premier Ministre a publié un nouveau guide des audiences foraines et des certificats de nationalité prenant en compte les seules exigences du FPI.
Le Conclave a également noté que :
- le Premier Ministre s’est gardé d’associer à la confection de ces guides l’ensemble des Membres du Gouvernement de Transition, le contenu de ces guides n’ayant jamais fait l’objet d’un débat de fond, ni en Conseil de Gouvernement, ni en Conseil des Ministres.
Par ailleurs, la signature par le Chef de l’Etat du Décret N° 2006 – 257 du 05 août 2006 désignant de nouveaux magistrats pour la tenue des audiences foraines, consacre la caporalisation de l’appareil judiciaire sur fond d’épuration ethnique.
Sur ce sujet, le Conclave a dénoncé les changements intervenus pendant le déroulement de l’opération des Audiences Foraines, porte d’entrée du processus d’identification.
C’est pourquoi, le Conclave faisant sien le paragraphe de la déclaration de la neuvième réunion du GTI, tenue à Abidjan le 20 juillet 2006 qui « demande que les audiences foraines dont les modalités ont été arrêtées en concertation avec le Chef de l’Etat, ne soient plus entravées et se poursuivent dans les meilleures conditions possibles de sécurité et de transparence », a exigé :
1. le retrait pur et simple des guides des audiences foraines et des certificats de nationalité publiés par le Premier Ministre Charles Konan Banny ;
2. la poursuite des audiences foraines selon la solution technique confirmée par le Premier Ministre Charles Konan Banny, lors de sa rencontre avec les partis politiques le 15 juillet 2006 à Abidjan;
3. l’abrogation pure et simple du Décret N° 2006 – 257 portant nomination de nouveaux magistrats.
Enfin, le Conclave a félicité et apporté son soutien au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme.

II. AU TITRE DU PROCESSUS D’IDENTIFICATION DES POPULATIONS

Le Conclave a constaté, sur cette question, qu’aucun mode opératoire du processus d’établissement des titres d’identité n’est encore officiellement établi et précisé ; mais que par contre, cette importante question est traitée au sein de la Primature par un cabinet occulte qui s’arroge les prérogatives du Gouvernement de Transition.
Pour le Conclave, le processus d’Identification doit faire l’objet d’une communication préalable en Conseil de Gouvernement et de Ministres.

III. AU TITRE DU PROCESSUS ELECTORAL

Le Conclave a déploré les nombreuses manoeuvres qui menacent l’indépendance de la CEI du fait des initiatives inopportunes du Chef de l’Etat et du Premier Ministre, qui veulent imposer à la Commission Electorale Indépendante, l’Institut National de la Statistique, comme partenaire technique.
Le Conclave a réaffirmé que :
1. seule une nouvelle liste électorale issue du processus d’identification générale des Ivoiriens, permettra de garantir la transparence du fichier électoral ;
2. le rôle de veille et de contrôle doit être reconnu à la CEI, seul maître du processus électoral.

IV. AU TITRE DU DIALOGUE MILITAIRE ET DU PROCESSUS DDR

Sur ces questions, le Conclave s’est félicité de l’achèvement du pré regroupement des combattants des FAFN en dépit de l’absence totale de moyens logistiques et financiers.
A ce jour, bien que l’Accord de Linas Marcoussis ait réclamé la restauration et la refondation de l’armée, rien n’a réellement été entrepris pour satisfaire à cette exigence fondamentale sans laquelle aucun progrès sérieux et notable ne peut être réalisé dans le cadre du processus de DDR.
Pour le Conclave, seule la prise en compte de la réalité tangible de l’existence de deux armées permettra une réussite de ce chapitre de la résolution 1633.
C’est pourquoi, le Conclave a exigé la mise en place d’un Etat-major Intégré de Transition (EMIT) sous l’autorité du Gouvernement de Transition, seul gage pour la sécurisation des populations et de la feuille de route.

V. AU TITRE DU REDEPLOIEMENT DE L’ADMINISTRATION

Le Conclave a réaffirmé que la présence actuelle du corps préfectoral dans les zones contrôlées par les Forces Nouvelles est liée au strict cadre des audiences foraines.

VI. AU TITRE DU FONCTIONNEMENT DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION

Le Conclave a déploré que les réunions de Conseils de Gouvernement et de Ministres, organes et cadres officiels de travail du Gouvernement de Transition, soient régulièrement contournées par le Chef de l’Etat et le Premier Ministre, s’agissant de la prise de décisions engageant l’entière responsabilité de tous les signataires des Accords de Paix.
C’est pourquoi, le Conclave a exigé que toutes les questions relatives au processus de sortie de crise, soient soumises à débat au sein du Gouvernement de Transition où siègent les représentants des partis politiques et de la société civile.

VII. AU TITRE DU ROLE DES FORCES NOUVELLES DANS LE PROCESSUS DE PAIX

Le Conclave a endossé la Déclaration faite par le Secrétaire Général des Forces Nouvelles, le Ministre d’Etat Soro Guillaume, le Mardi 08 août 2006.
Le Conclave a aussi dénoncé le tandem GBAGBO – BANNY. En effet, alors que les Forces Nouvelles attendaient du Premier Ministre qu’il soit un arbitre impartial ou un facilitateur entre deux belligérants, quelle ne fut leur surprise d’entendre le Chef du Gouvernement affirmer, dès sa prise de fonction, qu’il s’était mis en tandem avec l’un des protagonistes du conflit. S’étant résolument inscrites dans la dynamique de la paix, les Forces Nouvelles n’avaient pas jugé utile de relever cette anomalie. Mais la suite des évènements, notamment les nombreuses concessions qu’il a faites a M. Laurent GBAGBO, dont les dernières et non les moindres sont la modification de la solution technique consensuelle des audiences foraines selon la seule volonté du FPI et l’acceptation du décret inique de nominations des Magistrats conformes au seul désir du Chef de l’Etat, prouve à satiété que le slogan "Compromis sans compromission" doit plutôt être entendu comme "Compromission sans compromis" au clan du Présidentiel.
Le Conclave a par ailleurs noté qu’à ce jour, en dehors du pré regroupement des forces, aucune autre étape de la feuille de route n’a été sérieusement amorcée.
C’est pourquoi, le Conclave a donné pleins pouvoirs au Secrétaire Général des Forces Nouvelles pour prendre toutes les initiatives et les mots d’ordre appropriés.

Fait à Bouaké,
le mercredi 16 août 2006
LE CONCLAVE


OBSEQUES DU GENERAL ROBERT GUEI / ALLOCUTION DU CHEF D'ETAT-MAJOR /GENERAL PHILIPPE MANGOU

Vendredi 18 Aout 2006

Mon Général,

Depuis quelques jours, je me suis posé la question de savoir quels pouvaient être devant vous, face à la Nation et devant l’ensemble des personnels des Forces de Défense et de Sécurité, les axes de mon intervention de ce jour.
Non pas que cet exercice fut particulièrement difficile ; mais simplement parce qu’il n’est nulle délicatesse que d’avoir à parler d’un Chef ; à fortiori dans un contexte funèbre.
J’ai pour cela prié le Tout-Puissant. J’ai prié pour qu’il daigne m’accorder la sagesse. J’ai prié pour qu’il daigne m’accorder les mots justes, sans trahir mes sentiments et surtout ceux de nos frères d’arme, sans trahir mes pensées, mes émotions, et surtout sans vendre mon âme, nonobstant le délétère environnement socio-politique actuel.

Mon Général,

Nos premiers contacts, aussi loin que puissent remonter mes souvenirs, se situent en deux (02) espace-temps :
- En 1979, Elève-Officier en voyage d’étude à Caen en France je découvrais le Lieutenant Colonel Robert GUEI, anciennement Instructeur à l’EFA de Bouaké, Futur Commandant du Groupement des Sapeurs Pompiers et de la 4ème Région Militaire, Formateur et Parrain de nombreux Officiers et Sous-Officiers tant d’active que de réserve.
- En 1990, je découvrais le Chef d’Etat-Major dans toute sa dimension militaire : Rigoureux, Implacable parfois, affable au besoin. A la fois craint et Respecté, Admiré et mal aimé, comme le sont du reste tous les êtres humains et tous les Chefs Militaires.

Et puis survient la disgrâce en 1995, dans un contexte socio-politique particulièrement délicat pour les Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire. Quatre (04) années d’autarcie, de silence, quatre (04) années d’oubli, de repli sur soi mais sûrement quatre (04) années de profonde introspection, de regrets surtout, de mélancolie certainement.
Qui connaît la passion de l’homme pour son métier mesure aisément la profondeur de cette descente abyssale.
Et puis, par cet incroyable tour de génie dont seul le destin a le secret, survient le Chef de l’Etat en décembre 1999.
Vous voici donc de plein pied Mon Général, de gré ou de force dans l’arène de la politique. Celle d’où proviennent malheureusement les douloureux événements que tous les Ivoiriens déplorent à ce jour.
C’est ici qu’il nous revient de pardonner.
Oui, de pardonner.

De pardonner comme le recommande Notre Père à tous ceux qui par ignorance, par méchanceté ou par mauvaise foi ont offensé leurs amis, leurs frères.
C’est également ici qu’il nous revient de tendre la main et de demander pardon à tous ceux auxquels nos comportements ont bien pu causer tristesse, douleur et détresse avant, pendant et après ce 19 Septembre 2002 de triste mémoire.
Je n’en dirai pas plus – Que le Seigneur dans sa miséricorde daigne vous accompagner mon Général. Avec une certitude : Vous n’êtes pas prêt de quitter la mémoire collective des Ivoiriens.
Peu importe ce que chacun voudra bien retenir.
Pour ma part, je puis affirmer sans faux fuyant et sans démagogie aucune mais surtout sans craindre de me tromper que vous aurez marqué l’histoire de notre Armée et de notre Pays.

Adieu Mon Général !
Adieu Cher Aîné !
Adieu Cher Frère d’Arme !
Adieu !


INTERVIEW DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

Vendredi 18 Aout 2006

Interview – Hier soir, après le journal de 20 heures, la chaîne de télévision privée camerounaise, Canal 2, a diffusé l’interview du président Laurent GBAGBO que nous avons annoncé dans notre parution d’hier. Le chef de l’Etat a saisi l’opportunité de cet entretien, pour apporter des clarification sur les audiences foraines, l’acquisition de la nationalité ivoirienne, l’après 30 octobre, etc. Et mettre en garde la rébellion armée.

M. le président, comment vous portez-vous quelques jours après avoir échappé à un incendie au Palais présidentiel libérien à Monrovia ?
Ce n’est pas l’incendie de Monrovia qui m’a rendu malade. J’ai une grippe, comme d’habitude. J’ai eu un mal de gorge. Mais maintenant, ça va.

La presse ivoirienne parle de cet incendie comme d’un acte prémédité, criminel. Qu’est-ce qui s’est passé réellement ?
Tant que les enquêtes libériennes ne nous ont pas donné le résultat de leurs investigations, chacun est libre de ses commentaires, de faire des supputations comme il veut. En ce qui me concerne, l’acte était prémédité, je l’ai entendu de la bouche de madame Johnson. Quand nous étions chez elle, nous étions trois chefs d’Etat : John Kufuor, Ellen Johnson Searleaf et moi-même. J’ai demandé si c’était un court-circuit. On m’a dit non, qu’ils étaient au courant du coup ; que le 26 juillet, ils allaient faire quelque chose. J’ai demandé qui «ils». Elle m’a dit que ce sont les hommes de Charles Taylor. Voilà ce que j’ai entendu de la bouche de madame Johnson, qui est quand même la présidente du Libéria. Maintenant, elle a dit qu’elle ordonne des enquêtes. Si les enquêtes donnent autres choses, en ce moment-là on fera autre chose. Pour le moment, en ce qui me concerne, c’est la seule chose que j’ai dans la tête.

M. le président de la République, votre pays vient de célébrer le 46ème anniversaire de son indépendance. C’est un pays divisé et qui s’installe dans une situation de ni paix ni guerre. De l’extérieur, c’est l’impression qu’on a. Où en êtes-vous avec le processus de sortie crise et de la normalisation ?
On va sortir de la crise. Vous savez, dans l’histoire du monde, on a eu beaucoup de crises comme ça, qui ont été plus où moins longues. La guerre de 1914-1918 est une guerre à l’échelle mondiale. Elle a duré 4 ans. La guerre de 1939-1945 a duré 6 ans. Je crois que cette crise que nous traversons, elle nous ennuie, nous embête. Mais c’est une crise. On ne peut pas traverser une vie humaine sans vivre de crise. Une nation ne peut pas naître, grandir sans traverser de crises. Il faut qu’on ait assez de courage pour le temps que cela peut prendre. Mais je pense que cela ne durera pas. On en sortira.

Quels sont les signes qui vous font croire que vous allez en sortir bientôt ?
Parce que d’abord, les héros sont fatigués, les combattants aussi. C’est le premier signe qui ne trompe jamais. Quand ceux qui se battent sont fatigués de se battre, alors la bataille s’arrête. Ensuite, il y a aussi le fait que tout le monde juge que cette guerre est aujourd’hui inutile. Il y a des signes comme le pré-regroupement, le dialogue militaire, comme la paix entre les jeunes pour participer au processus. Il y a un certain nombre de signes qui montrent que les héros sont fatigués.

Les signes sont là, mais on vous accuse toujours de bloquer le processus de crise. Certains disent que vous avez l’habitude de remettre en cause des accords qui sont déjà conclus. Il y en a qui vous qualifie de boulanger, y compris vos pairs africains…
Certains ont même une image plus gentille. Ils me qualifient de pâtissier. Faire du gâteau, c’est bien plus agréable que faire du pain.

Ça ne vous agace pas ?
Non, non. Je pense que un homme politique a des surnoms qu’on lui donne. S’il s’en agace, il ne fait plus la politique. Si aujourd’hui je vous dis les noms que les autres chefs d’Etat africains ont, ils vont se fâcher. Moi, je ne me fâche pas parce que c’est la règle du jeu. Ce qui se passe, c’est un coup d’Etat qui a eu lieu mais n’a pas atteint son objectif : renverser un régime. Il s’est mué en guerre civile, puis en occupation d’un espace territorial assez important.
Quand je ramène tout le monde à la loi, les gens font comme si ramener les gens à la loi, c’est leur nuire. Mais ils ont échoué, les lois existent bel et bien. Quand on fait un coup d’Etat, c’est pour mettre à bas les lois. C’est pourquoi celui qui fait un coup d’Etat est un hors-la-loi.
Celui qui n’a pas fait de coup d’Etat, son rôle est de faire vivre ses lois. Il y a donc deux manières de voir le pays. Moi je le vois à travers les lois. Eux, à travers le coup qu’ils ont préparé. Je ne peux pas accepter ce qu’ils pensent. Même si eux aussi n’acceptent pas ce que je pense.

Je voudrais vous prendre un cas : l’identification de la population qui semble être un préalable aux élections. Vous avez appelé les Ivoiriens à se rendre massivement aux audiences foraines pour se faire identifier.
Parallèlement, certains de vos partisans s’organisent pour le boycott actif des audiences foraines. Est-ce que les audiences gênent le camp présidentiel ?
Si vous voulez, vous pouvez aller interviewer ceux qui ont appelé au boycott des audiences foraines. Chacun est responsable en Côte d’Ivoire de ce qu’il fait. Moi, je ne suis pas d’un parti politique. Je suis chef d’Etat. J’ai appelé à aller aux audiences foraines. Mais les audiences ne veulent pas dire la foire. On y va pour se faire délivrer un jugement supplétif d’acte de naissance ou un jugement d’acte de décès. C’est tout.
On ne délivre pas de certificat de nationalité à une audience foraine. Quiconque le fait contrevient à la loi. Ceux que vous appelez mes partisans n’ont pas boycotté les audiences foraines en tant que telles, mais la façon dont on délivre frauduleusement les certificats de nationalité. Ce n’est pas à cette occasion qu’il faut le faire. C’est le président du Tribunal qui en a la compétence. Ce n’est pas seulement le camp présidentiel.
Même le Premier ministre a fait rédiger un guide par son cabinet sur les audiences, où c’est dit clairement qu’on ne délivre pas de certificat de nationalité. Ce n’est pas une affaire de camp présidentiel. C’est une affaire du droit.

La nationalité étant manifestement au centre de la crise ivoirienne, pour vous, qu’est-ce que c’est que être Ivoirien ?
Etre Ivoirien, c’est avoir la nationalité ivoirienne. C’est simple.

Vous êtes président d’un pays dont un quart de la population est d’origine étrangère…
Non, dont un quart de la population est étrangère. Parce que les Ivoiriens qui sont d’origine étrangère sont plus nombreux. Mais dont un quart de la population est étrangère. C’est ça.

Parmi ces étrangers, il y en a qui sont de la deuxième génération qui sont nés en Côte d’Ivoire et qui n’entendent pas en partir. Comment faut-il les intégrer ?
Que dit le droit ? Le droit dit que celui qui est Ivoirien est celui qui est né au moins d’un parent ivoirien. Parce que chez nous, on n’a pas le droit de sol, mais celui du sang. Même si vous êtes né en Côte d’Ivoire et que vous êtes de père et de mère étrangers, vous n’êtes pas Ivoirien.
Alors, si vous êtes étranger et que vous voulez devenir Ivoirien, vous en faites la demande. Depuis six ans que je suis là, j’ai signé en moyenne 163 décrets de naturalisation par an. Houphouët-Boigny, quand j’ai fait le calcul, en a signé en moyenne 168 par an. Donc nous sommes proches du point de vue de la quantité. Surtout si vous êtes connu, le président signe votre demande très rapidement.
Mais on ne peut pas dire que comme je suis en Côte d’Ivoire depuis longtemps, je vais faire de faux papiers pour devenir Ivoirien. C’est la délinquance et elle est passible de jugement. Devenir Ivoirien, ce n’est pas compliqué. Si vous allez à Yamoussoukro, vous trouvez des villages qui ont des noms burkinabés. Exemple : Koudougou, Garango, Copéla. Ce sont des villages où les gens ont demandé la nationalité ivoirienne, et l’ont acquise. Je dis bien des gens d’origine burkinabé. Ils font tout comme des Ivoiriens. Ils votent. Je viens d’ériger Koudougou en commune de plein exercice. Nous n’avons pas ce problème existentiel. Celui qui veut passer outre la loi, alors on le poursuivra.

Parlant du désarmement, autre problème qu’a la Côte d’Ivoire, est-ce que vous avez les moyens pour dire à la rébellion de déposer les armes ?
Moi, j’ai les moyens. C’est la communauté internationale qui m’empêche d’utiliser ces moyens. Quand je suis arrivé au pouvoir, j’ai trouvé un pays dont l’armée n’était pas une armée. C’est ce qui a permis à la rébellion de s’installer de force.
Maintenant, on s’est équipé. Avec la crise de novembre 2004, les Français ont seulement détruit des avions. Aujourd’hui, nous sommes capables de désarmer les rebelles par la force. Mais nous sommes entrés dans un système où il y a trop d’accords. Nous appliquons donc la Constitution, les lois, les textes négociés et les résolutions.

Comment jugez-vous le traitement du dossier du désarmement par la communauté internationale ?
Je pense que c’est mal traité. Beaucoup de gens racontent n’importe quoi. Ils ne prennent pas le taureau par les cornes. C’est le reproche que je peux faire à la communauté internationale. Elle met tout à la charge du président et tout au crédit des rebelles. Elle fait comme si la rébellion est une nation prospère, tranquille, légitime, légale, qu’un méchant loup appelé GBAGBO est venu brusquement attaquer avec ses hommes qui dérangent. Or, la rébellion a tort par essence.
Tant qu’on ne l’affirme pas et qu’on n’agit pas en conséquence, on se trompe. C’est cela la première erreur de la communauté internationale. La deuxième erreur est une erreur d’analyse. On fait comme si cette guerre est le fait qu’une partie de la population est marginalisée. On a même parlé des musulmans qui sont méprisés. C’est faux. Parce que l’histoire de ce pays est connue. Il y a eu la crise du Sanwi, où les Agni ont été indexés un moment ; celle du Guébié, où les Bété ont été indexés aussi.
Vous voyez, on n’a pas à prendre des armes pour ça. La communauté internationale n’a pas à encourager les rebelles, à appuyer ceux qui ont fait la rupture. Je ne suis pas le seul contre qui ils ont pris les armes. Ils ont pris des armes contre Bédié en 1999. Ce coup d’Etat n’a réussi qu’à moitié. Il n’a pas réussi à mettre au pouvoir les gens que les putschistes voulaient. Donc celui qu’ils ont placé pour tenir le gouvernement intérimaire a tenté lui aussi d’être candidat. Je me suis présenté aux élections et je l’ai battu. Ils ont repris en janvier 2001, ils ont échoué et en septembre 2002. Il s’agit de la conquête du pouvoir pure et simple. Les questions de nationalité sont instrumentalisées par un groupe d’individus qui veulent arriver au pouvoir par les armes. Je n’accepterai pas cela.

L’identification et le désarmement étant encore à faire, est-ce que techniquement, les élections attendues le 30 octobre comme le veut la résolution 1633, peuvent encore avoir lieu à cette date ?
Ma préoccupation est qu’on se mette en position pour faire ces élections.
Il faut travailler à tout pour qu’on soit en position pour ces élections. Si elles arrivent avant, temps mieux ; si elles arrivent le jour même, tant mieux ; si elles arrivent après, c’est bien aussi. Il faut que le peuple ivoirien aille aux élections pour choisir son champion. C’est ça qui est le plus important.

Si elles arrivent après, la question se pose bien de savoir comment la Côte d’Ivoire sera gouvernée ?
Mais la Côte d’Ivoire a des textes, cher ami. Les articles 38 et 39 de la Constitution règlent ce problème. C’est sur ces articles que l’Union africaine s’est appuyée en 2005. N’oublions pas que des élections devaient avoir lieu en 2005. C’est sur les articles 38 et 39 que l’Union africaine s’est appuyée pour reconduire le mandat. Mais seulement l’Union africaine dans sa tête ne veut pas qu’on aille au-delà d’un an. C’est un souhait. Alors, les gens qui n’ont pas participé aux débats pensent qu’on nous somme. Pour notre propre bien, il est important qu’on fasse les élections le plus tôt possible.
Mais nous voulons des élections propres et non frauduleuses. Donc c’est à nous qui sommes concernés de dire que nous sommes arrivés au 31 octobre, il faut prendre encore quelques temps pour peaufiner les choses afin d’avoir des élections les plus transparentes possibles. Tout est dans la Constitution.

Vous voulez dire qu’au cas échéant, vous restez en fonction ?
Mais enfin, tout est dans la Constitution ! Le jour où cet article de loi a été voté, j’étais député. Je peux vous faire une confidence. J’ai voté contre parce que j’étais député de l’opposition, nous venions de faire le boycott actif des élections de 1995. C’est après cela que le président Bédié a proposé ce texte de loi. Nous avions vu là pour lui, une manière de créer des problèmes pour se maintenir au pouvoir. Donc je connais bien ce texte. Pour voter contre un texte, on l’étudie plus que quand on veut voter pour. Ce n’est pas un problème de savoir qui va être président après le 31 octobre. Celui qui est reconduit par les articles 38 et 39 de la Constitution, c’est bien moi. L’on gagnerait donc à sortir de cette situation bâtarde pour entrer dans une ère de clarification.

M. le président, vous avez déclaré un jour que le poste de président de la République est un fauteuil, ce n’est pas un banc. De l’extérieur, on a l’impression que ce fauteuil est devenu un banc. D’aucuns voudraient que vous soyez dans la même situation que la reine d’Angleterre, sans pouvoir réel. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, qui a réellement le pouvoir de décision ? Le président Laurent GBAGBO, le Premier ministre ou la communauté internationale ?
Charles Banny, je travaille avec lui sur la base des textes édictés par la communauté internationale. Dans un pays, c’est facile. Comment pouvez-vous savoir qui a le pouvoir ? Demandez qui signe les décrets, les projets de loi, ratifie les traités, nomme aux hautes fonctions administratives et militaires, promulgue les lois. Une fois que vous avez répondu à toutes ses questions, vous savez qui a le pouvoir.

Vous n’êtes donc pas la reine d’Angleterre ?
Je ne peux pas être la reine d’Angleterre. J’ai été candidat pour être Président de la République.

Melvin Akam ( Retranscrit par Pierre Aimé Koffi) www.laurentgbagbo.net


COTE D'IVOIRE /VISITE DANS LA REGION DU SUD COMOE / RENCONTRE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO AVEC LES POPULATIONS

Vendredi 18 Aout 2006

Par le pays Attié, il n’y a pas de pont sur la Comoé ; Pour descendre, la route n’est pas bitumée, donc ils commencent à avoir une mentalité insulaire. Donc il faut régler ça mais ça dépend de la crise. Quand la crise va être atténuée, nous allons relancer le dossier puisque Monsieur le Premier ministre d’Etat le sait. C’était une opération que la Côte d’Ivoire menait avec la Banque mondiale. Mais il faut que la crise prenne fin, il faut que la crise prenne fin. Mais c’est une route importante, elle est plus haute même que celle-là, je vais la continuer parce qu’elle est vraiment importante. Donc nous avons mieux à faire. Pour le moment, j’ai souhaité qu’on parle des Préfectures que vous m’aviez demandées, à cause de sous-préfectures et communes, parce qu’il y a avait trop de petits problèmes.
Si on ne les règle pas avant la visite, on a l’impression que quand le Président arrive, il est sous l’influence de celui-ci ou de celui-là et qu’il tranche en faveur de celui-ci ou de celui-là. Ce n’est pas ça ! Moi je souhaite que le pays soit administré le mieux possible. C’est ce que je souhaite. Et j’espère que c’est ce que tous, nous souhaitons.
A propos de la maison du Préfet, le ministre de l’Intérieur me fera le point. Faites en sorte qu’on termine vite parce que le Préfet est un fonctionnaire d’autorité. Dans un département, il ne peut pas être à l’hôtel. Il faut qu’il soit installé, cela fait partie des attributs de l’autorité. Donc vraiment, faites en sorte qu’on puisse avoir la semaine prochaine déjà, le compte exact pour voir ce qu’on peut faire comme ça, nous allons voir le ministre des Finances et faire le premier décaissement déjà. Il faut que les gens aient le moral en travaillant. Donc voilà ce que je souhaitais dire. Parce que c’est effectivement un problème.

Alors les sous-préfectures qu’on crée, il va falloir que vous nous aidiez à les équiper. C’est nous qui avons logé le sous-préfet de Bayota. Elle est logée chez nous, mais on se débrouille. Là où ils étaient vraiment organisés, c’était à Abengourou. Il y avait la maison, la voiture qui était garée devant le bureau et tout le reste. Donc nous allons en parler avec le Premier ministre et nous allons rendre cela publique quand nous allons venir. Mais ce n’est pas la peine de faire des déclarations avant que nous-mêmes, ou le ministère de l’Intérieur ne le dise dans les formes. Parce que les formes peuvent gâter le fond. Donc chers amis, voilà ce que je tenais à vous dire. Fin Août, on prépare un mouvement général, c’est pourquoi quand je vais venir, je n’enverrai pas de Préfets ni de sous-préfets. Quand on fera le mouvement, toutes les sous-préfectures auront un sous-préfet. Il y a suffisamment de sous-préfets en Côte d’Ivoire, mais ce sont les infrastructures pour les accueillir qui manquent souvent. Dans quelques semaines, on fera un mouvement général et vous aurez tous les sous-préfets.
Vous avez soulevé le problème de la sécurité qui est réel dans cette zone frontalière. Je ne veux pas en parler ici. On prend des dispositions, on utilise la fonction mais les problèmes sécuritaires, il ne faut pas en parler en public.
Mais on y travaille, on y travaille.
Monsieur le ministre, Monsieur le président, chers amis, vous allez voir le programme avec le protocole, Monsieur Allou va vous le lire.

Monsieur Allou :

Samedi 26 Août
10h : Meeting du Président de la République à Ayamé
13h : Le déjeuner à Ayamé
15h : Meeting à Aboisso le même jour
18h : Visite du Président Laurent GBAGBO au roi à Krindjabo
20h : Dîner à Krindjabo et il passe la nuit à Aboisso.

Dimanche 27 Août
10h : Meeting à Tiapoum
13h : Entretien avec les cadres et les chefs traditionnels à Tiapoum.
15h : Meeting à Mafféré.
17h : Entretien avec les femmes planteurs Téhamia
20h : Dîner à Adaou et nuit à Aboisso. Voilà le programme d’Aboisso.

Département d’Adiaké

Lundi 28 Août 2006
10h : meeting à Eduéboué et déjeuner
15h : meeting à Adiaké.
20h : Dîner et nuit à Assinie.

Mardi 29 Août 2006
10h : Meeting à Assinie Mafia suivi de différents déjeuners.
Grand-bassam

15h : Meeting à Bonoua suivi d’un dîner et la nuit se passera à Grand-Bassam.

Mercredi 30 Août 2006
10h: Meeting à Ebra
13h: Dejeuner
15h: meeting à Grand-Bassam
18h: Retour sur Abidjan

Tous les cadres sont invités à accompagner le Président de la République dans sa tournée.
Merci, la séance est levée.

Ouaga Jacqueline
www.laurentgbagbo.net


COTGE D'IVOIRE / OBSEQUES DU GENERAL DE BRIGADE GUEI ROBERT EX-CHEF D'ETAT

Vendredi 18 Aout 2006

Obsèques du Général Robert Guei
HOMMAGE DE LA NATION AU GENERAL
(17-août-2006) (Source: Olivier Adepo, macotedivoire.info )

S.E.M Laurent GBAGBO était, ce jeudi matin 17 août au Camp Galliéni au Plateau, pour rendre hommage au défunt Général Robert Guéi...
C’est à 12h 15mn que le Chef de l’Etat a été accueilli sur l’esplanade de la salle mortuaire par les officiers et généraux des Forces de Défense et de Sécurité, les présidents des Institutions, les membres du gouvernement et le premier ministre Charles Konan Banny.

Après les civilités, le Président Laurent GBAGBO s’est incliné devant la dépouille mortelle du Général Robert Guei. IL a été suivi selon l’ordre, par le premier ministre, les membres du gouvernement, les présidents des Institutions, le corps diplomatique, les généraux, les officiers après que le Chef de l’Etat s’est retiré.

Rappelons que la vie de l’ex-chef d’Etat de la République de Côte d’Ivoire a basculé dans l’au-delà lors de l’attaque du 19 septembre 2002 qui a fait plusieurs morts dans la classe politique notamment le ministre Boga Doudou, que civile.

Les obsèques ayant démarré depuis le dimanche 30 juillet se poursuivent avec l’hommage de la nation au Camp Galliéni ce jeudi 17, suivis le vendredi 18 Août 2006, des honneurs militaires, une messe de requiem à la cathédrale Saint Paul du Plateau et de l’enterrement dans l’intimité familiale.

Adieu Général.

TOUTES NOS CONDOLEANCES LES PLUS ATTRISTEES A SES PARENTS ET A SA PROCHE FAMILLE
QUE LA TERRE LUI SOIT LEGERE


COMMEMORATION DE LA FETE NATIONALE A DAKAR

Vendredi 18 Aout 2006

A l'instar des Missions diplomatiques ivoiriennes , la Résidence de S.E.Madame Fatimata TOURE-SY Ambassadeur , a accueilli du beau monde à l'occasion de la célébration des festivités marquant le 46ème anniversaire de l'accession à la souveraineté nationale et internationale de notre pays.
Toutes les couches sociales ont pris part à une cérémonie au cours de laquelle le Gouvernement de la République du Sénégal a été représenté par M.Mamadou DIOP DECROIX , Ministre du Commerce et par ailleurs ami personnel du Président ivoirien S.E.M. Laurent GBAGBO .
L'orchestre de Pierrette ADAMS , artiste de renommée internationale ayant vécu plusieurs années en Côte d'Ivoire , a animé cette soirée qui a donné l'occasion à tous les invités de marque , Corps diplomatique ,Ministres , Parlementaires amis (es) de ce pays très hospitalier etc...ainsi que les membres de la communauté ivoirienne résidant dans ce pays ami et frère de se rappeler aux bons souvenirs de leur patrie à travers la dégustation de divers mets , attiéké aux poissons frits , placali,
alloco (bananes frites), et en esquissant des pas de "coupé et décalé " danse très à la mode en Côte d'Ivoire ces dernières années.
Il faut également rappeler que le service traiteur de l'OCEAN a servi des mets exquis que les hôtes de Mme l'Ambassadeur ont fortement apprécié .


MATCH AMICAL COTE D'IVOIRE / SENEGAL : 0 -1

Vendredi 18 Aout 2006

Dans le cadre des préparatifs des matches comptant pour les éliminatoires de la CAN-2008 , le match amical qui a opposé les équipes nationales de la Côte d'Ivoire et du Sénégal à TOURS en France s'est soldé par la victoire de l'équipe du Pays de la TERANGA.


COTE D'IVOIRE / PROCESSUS DE PAIX / RENCONTRE DES LEADERS POLITIQUES DE L'OPPOSITION A DAOUKRO FIEF DE M.HENRI KONAN BEDIE PRESIDENT DU PDCI

Vendredi 18 Aout 2006

COMMUNIQUE FINAL

Les Responsables du G7, à savoir :

SEM Henri KONAN BEDIE, Président du PDCI-RDA
SEM Alassane Dramane OUATTARA, Président du RDR
Monsieur le Ministre d’Etat, SORO Guillaume, Secrétaire Général des Forces Nouvelles
Monsieur le Ministre MABRI TOIKEUSSE, Président de l’UDPCI
Monsieur le Ministre ANAKY KOBENAN, Président du MFA

accompagnés de délégations de leur formation respective.

Ont tenu une réunion extraordinaire le 17 Août 2006 à Daoukro, et ont procédé à une analyse approfondie de la situation socio-politique nationale, à lumière des graves événements survenus lors des audiences foraines à Abidjan, Bassam, Divo, Oumé, du message à la Nation du 6 Août 2006 du Chef de l’Etat, du décret 2006/257 du 5 août 2006 portant nomination de Magistrats, de la publication de guides des audiences foraines et de la décision n°2006-12/PR du 29 juillet 2006 portant habilitation de la Commission Electorale Indépendante (CEI) à proposer à titre exceptionnel des ajustements au Code électoral.

Au terme de leurs travaux, les leaders du G7 ont arrêté les conclusions et décisions ci-après :

Ils dénoncent et condamnent avec fermeté les nombreuses entraves au processus de paix suscitées par le Chef de l’Etat, Monsieur Laurent GBAGBO, son Parti, le FPI et leurs partisans ;

Ils dénoncent et condamnent la volonté affirmée par le Chef de l’Etat dans son message à la nation du 6 août 2006, de confisquer le pouvoir d’Etat sans recourir à des élections ;

Ils tiennent Monsieur Laurent GBAGBO pour seul responsable du blocage du processus de paix ;

Ils rejettent en conséquence, toute idée de prorogation du mandat de Monsieur Laurent GBAGBO au-delà du 31 octobre 2006 ;

Ils exigent la poursuite des audiences foraines conformément aux schéma et chronogramme arrêtés lors de la réunion du 5 juillet 2006 à Yamoussoukro présidée par son Excellence KOFI ANNAN, Secrétaire Général de l’ONU ;

Ils exigent que le Premier Ministre se conforme aux conclusions de sa rencontre du 15 juillet 2006 avec les Partis politiques signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis, notamment, que ces opérations de pré-identification doivent délivrer gratuitement des jugements supplétifs et des certificats de nationalité à tous ceux qui y ont droit et qui en ont besoin pour participer aux élections dans les délais prescrits par la Résolution 1633/2005 de l’ONU et ce, à l’occasion des audiences foraines ;

Ils recommandent vivement que les audiences foraines actuelles, exceptionnelles par leur contexte et dimension, soient comprises comme des opérations de pré-identification, avec délivrance de jugement supplétif et de certificat de nationalité tel que décidé par la 9ème réunion ministérielle du GTI du 20 juillet 2006 en son point 3 libellé comme suit “ Le Groupe de Travail International (GTI)..... demande que les audiences foraines dont les modalités ont été arrêtées en concertation avec le Chef de l’Etat, ne soient entravées et se poursuivent dans les meilleures conditions possibles de sécurité et de transparence ” ;

Ils dénoncent et rejettent les guides des audiences foraines et des certificats de nationalité à la confection desquels ils n’ont pas été associés et qui sont par ailleurs non conformes aux accords conclus ;

Ils réaffirment leur attachement à la transparence des opérations de délivrance de jugements supplétifs et de certificats de nationalité et leur engagement à lutter contre toute fraude sur les opérations en cours ;

Ils condamnent les FDS pour la non sécurisation des audiences foraines ;

Ils invitent instamment, en vue de sécuriser ces opérations de pré-identification, le Premier Ministre à ordonner au Chef d’Etat Major de l’Armée à signer les ordres de service permettant ainsi aux Forces de Défense et de Sécurité de se joindre aux Forces Impartiales qui sont déjà sur le terrain à cette fin ;

Ils condamnent et rejettent le décret illégal de Monsieur Laurent GBAGBO du 5 août 2006 pris dans des conditions suspectes qui institue une exclusion formelle à l’encontre de certains Magistrats ivoiriens à cause de la consonance nordique de leur nom ;

Ils rappellent, au demeurant, au Premier Ministre et au Chef de l’Etat que le premier problème qui devait être résolu par l’Accord de Linas-Marcoussis était la question identitaire ;

Ils interpellent le Premier Ministre sur le sort de nos compatriotes n’ayant plus de documents du fait de la destruction de registres d’état civil ;

Ils exigent que la CEI, seule Institution chargée des élections, dispose de toute sa liberté dans le choix des prestataires de service, dans la proclamation des résultats et de la gestion du contentieux électoral ;

Ils dénoncent dans cet esprit, l’interprétation erronée et partisane de l’alinéa 2 du paragraphe 6 du communiqué final de Prétoria II libellé comme suit :

“ Les Dirigeants ont réaffirmé que la CEI est la seule Institution responsable du processus électoral et que l’Institut National des Statistiques doit lui rendre compte sur tout ce qui concerne les élections ”

Ils rappellent que l’interprétation partisane faite par le FPI a déjà été rectifiée par les décisions du GTI ;

En tout état de cause, Ils rejettent d’ores et déjà toute manœuvre tendant à lui imposer un prestataire de service ;
Ils dénoncent, à cet égard, l’arrêté n° 155/PM/CAB du 26 juin 2006 du Premier Ministre tendant à s’approprier “ la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre du processus d’identification et du processus électoral ” ;

Ils affirment qu’ils n’accepteront aucune liste électorale, autre que celle validée par la CEI ;

A cet égard, les Leaders politiques ont adressé au Président THABO MBEKI et au Secrétaire Général de l’ONU, Monsieur KOFI ANANN deux courriers de protestation, l’un concernant la CEI et l’autre relatif à l’INS ;

Ils signifient au Haut Représentant du Secrétaire Général de l’ONU chargé des élections, que Monsieur Laurent GBAGBO ne peut plus, au regard de la Résolution 1633/2005, utiliser l’article 48 de la Constitution ;

Ils condamnent l’utilisation partisane et non républicaine des médias d’Etat ainsi que leur confiscation par le pouvoir FPI ;

Ils demandent au Premier Ministre, Ministre de la Communication de veiller à l’équité dans le traitement de l’information et dans l’utilisation des médias d’Etat ;

Ils exigent des sanctions contre tous ceux, qui bloquent le processus de paix notamment Monsieur AFFI N’GUESSAN, Président du FPI suite aux évènements de janvier et de juillet 2006 ;

Ils exigent avec force, la refonte de l’armée de façon diligente pour lui restituer sa mission républicaine conformément au point F de l’Accord de Linas-Marcoussis ;

Ils demandent la réactualisation du chronogramme du DDR et la reprise du dialogue militaire dans un nouveau cadre ;

Ils apportent leur soutien au Premier Ministre et l’invitent ardemment à assumer ses responsabilités en tant que garant de la mise en œuvre de la Résolution 1633/2005 en adéquation avec les décisions des 5 et 15 juillet 2006 ;

Ils expriment leurs préoccupations quant à l’incapacité de la Communauté Internationale à parler d’une seule voix, et son mutisme face aux dérives et défiances de Monsieur Laurent GBAGBO ;

Ils endossent la déclaration du RHDP du 14 août courant, notamment son paragraphe relatif à la mise en garde au Premier Ministre ;

Ils exhortent les militants du G7 ainsi que les citoyens épris de paix à se mobiliser et à se tenir prêts pour toutes décisions et actions à venir.

Fait à Daoukro, le 17 Août 2006

Ont signé :

Henri KONAN BEDIE (PDCI)

Alassane Dramane OUATTARA (RDR)

Guillaume SORO (FORCES NOUVELLES ex-rébellion)

Albert MABRI TOIKEUSSE (UDPCI)

Innocent ANAKY KOBENAN (MFA)


REACTION DU LEADER DU RDR AU DISCOURS A LA NATION

Mardi 8 Aout 2006

« Le discours du chef de l’Etat n’est pas rassurant. Au contraire, il soulève des inquiétudes. Il est fort inquiétant, car il brise l’espoir qui était né de l’évolution du processus de paix. Ce discours anéantit les efforts de la communauté internationale. Il montre clairement que le sort des Ivoiriens préoccupe peu le chef de l’Etat qui ne montre de souci que pour son pouvoir ou comment se maintenir au pouvoir.
Le Chef de l’Etat proclame son maintien à la tête du pays dans une illégalité totale jusqu’aux prochaines élections. C’est donc clair qu’il s’agit d’un coup de force et il ressemble à un coup d’Etat permanent.
En outre, le Chef de l’Etat n’a plus de légitimité, les institutions ne fonctionnent pas, le mandat des députés a expiré etc. Ce que les Ivoiriens veulent, ce sont leurs cartes d’identité nationale. Et pour avoir la carte d’identité, il faut un certificat de nationalité. Et voilà que le Chef de l’Etat s’oppose à l’établissement des certificats de nationalité au cours des audiences foraines. Cela veut dire clairement qu’il s’oppose au processus de paix ! Il apparaît donc comme le vrai obstacle au processus de paix et de réconciliation en Côte d’Ivoire. Il ne peut pas s’enfermer dans un juridisme, quand on sait que la situation est extrêmement grave dans notre pays. Il est faux de faire croire que la délivrance des certificats de nationalité, au cours des audiences foraines, est contraire à la loi. Nous avons un précédent. Depuis 1998, des audiences foraines ont lieu en Côte d’Ivoire et elles ont conduit à la délivrance de certificats de nationalité. Donc, le fait n’est pas nouveau. En clair, le mot d’ordre de boycott actif des audiences foraines du FPI ayant lamentablement échoué, le chef de l’Etat s’arc-boute à la Constitution et à la loi. Il en fait une interprétation qui lui est favorable. Nous sommes donc en droit d’avoir des préoccupations quant à la sortie de crise. Nous savons tous en Côte d’ivoire que les certificats de nationalité, délivrés au cours des audiences foraines, sont l’œuvre de juges assermentés. Ce sont des documents valables qu’on ne peut pas remettre en cause. La position du chef de l’Etat va retarder le processus. Que va-t-il se passer, par exemple, en zones Forces Nouvelles où les tribunaux ne fonctionnent pas ?

Propos recueillis par
Baba Coulibaly Nicolas
et Koné Satigui


REACTION DE LEADER POLITIQUE AU DISCOURS A LA NATION DU CHEF DE L'ETAT

Mardi 8 Aout 2006

« j’avoue que nous avons été profondément déçus par la teneur d’un tel discours. Lors d’une fête de l’Indépendance, le message à la nation que fait le chef de l’Etat est un message qui fait le point de l’année écoulée et qui dessine les perspectives à venir pour l’année qui commence. Et le chef de l’Etat devient, à cet instant, le symbole de la nation, de l’unité nationale. Ce message doit donc être un message de rassemblement de toutes les forces de la nation quelles qu’elles soient et le chef de l’Etat doit faire en sorte qu’autour de lui, tout le monde s’engage pour aider la nation. Contrairement à cela, nous avons eu droit à un discours de compagne. C’est pourquoi, le RHDP regrette très sincèrement l’allure que prend la mise en route du processus de sortie de crise qui marque pourtant des points importants, comme le redéploiement de l’administration, l’effectivité des opérations de pré- regroupement, les audiences foraines ont cours malgré quelques difficultés, et qu’en face de cela, que le président pense à son maintien au pouvoir ou au pouvoir de son parti, nous pensons que ce discours n’est pas de circonstance et le RHDP se réserve le droit d’en faire l’analyse dans les jours à venir et d’informer l’opinion nationale et internationale de sa position à partir des affirmations du chef de l’Etat ».


COTE D'IVOIRE FESTIVITES DU 46EME ANNIVERSAIRE DE L'INDEPENDANCE

Mardi 8 Aout 2006

Depuis hier, la Côte d'Ivoire a 46 ans. Les festivités marquant la commémoration officielle de cette accession à la souveraineté nationale et internationale ont eu lieu au Palais de la Présidence au Plateau. Pour l'occasion, la nation s'est montrée reconnaissante à l'égard de 80 membres du corps préfectoral et des 21 éléments de la garde présidentielle, " les héros de Monrovia ".

Cela fait désormais 46 ans que les Ivoiriens ont accédé à la souveraineté nationale. Pour marquer l'événement, toute la Côte d'Ivoire officielle, le corps diplomatique étranger et les représentants des institutions internationales se sont retrouvés au Palais présidentiel au Plateau. Pour cette année, les préfets, secrétaires généraux de préfecture et sous préfets étaient à l'honneur. Ce sont donc 80 des leurs qui ont été faits commandeurs, officiers et chevaliers de l'ordre national. A leur suite, la nation s'est montrée reconnaissante vis à vis des 21 membres de la garde présidentielle qui, au péril de leurs vies, ont sorti le Président Laurent Gbagbo et ses homologues Ellen Johnson du Liberia et John Kufuor du Ghana des flammes meurtrières de l'incendie du Palais Présidentiel de Monrovia. La fête qui a commencé hier aux environs de 11h, avec l'arrivée du chef de l'Etat, s'est déroulée en deux phases. La première, exclusivement militaire, a démarré avec les honneurs militaires au Président de la République et le passage en revue des troupes. Le Chef de l'Etat et ses invités ont ensuite eu droit à un défilé des différents corps qui constituent l'armée ivoirienne. Tour à tour, militaires, gendarmes, douaniers, policiers, agents des eaux et forêts et sapeurs pompiers sont donc passés devant le chef de l'Etat, conduits par le colonel-major Adou Akaffou Julien, commandant des forces terrestres. Pour, une fois de plus, témoigner leur attachement au principe régalien des Fds qu'est la défense de la République et ses institutions. La deuxième phase, purement civile, s'est articulée autour de la cérémonie de décoration des deux corps suscités; à savoir le corps préfectoral et le GSPR. Elle a démarré par une allocution du ministre de l'Intérieur Dja Blé Joseph qui, au nom du corps préfectoral dont il a la tutelle, a tenu à dire merci au Président Laurent Gbagbo pour " avoir réparé une grande injustice ". Car, à l'en croire, " les préfets, secrétaires généraux de préfecture et sous-préfets ont, depuis toujours, souhaité être distingués dans l'Ordre national au fur et à mesure de leur élévation d'échelon ou de grade dans leur corps ". Mais a -t-il ajouté, " la Côte d'Ivoire sait honorer ses enfants en temps opportun ". Le ministre s'est donc réjoui que ce soit un 7 août, jour de la commémoration de l'accession à la souveraineté nationale et internationale, que les mérites de ceux qui sont les dépositaires de l'autorité de l'Etat dans leurs circonscriptions respectives sont ainsi reconnus. Ce sont donc 2 nouveaux commandeurs, 6 officiers et 72 chevaliers, élevés à ces titres par le Président Laurent Gbagbo et le Grand Chancelier, le Gal Yssouf Koné, que le corps préfectoral compte désormais dans ses rangs. A la suite de l'administration préfectorale, l'honneur des distinctions est revenue au GSPR. La nation a en effet tenu à dire merci à 21 membres de cette unité chargée de la sécurité du Président de la République. Ces 21 personnes ont fait montre de leur sens élevé du devoir lors du voyage du Chef de l'Etat à Monrovia le 26 juillet dernier. Ce jour-là, on s'en souvient, un incendie criminel s'est déclaré au Palais présidentiel libérien alors que la Présidente Ellen Johnson et ses hôtes Laurent Gbagbo et John Kufuor devisaient calmement au sixième étage. Et selon le témoignage du président de la République lui-même, les trois chefs d'Etat auraient péri n'eut été la bravoure de la garde présidentielle ivoirienne conduite par le Lt colonel Ahouma Nathanaël. Pour leur dire merci, les 21 " héros de Monrovia " dont le Lt colonel Logbo Raphaël, aide de camp du Président de la République, ont été décorés par le grand chancelier Yssouf Koné. Ils ont été faits officier (1),chevaliers de l'ordre national (7) et chevaliers dans l'ordre du mérite (16). La fête qui s'est déroulée dans la sobriété a pris fin avec le message du Président Laurent Gbagbo à ses hôtes. Et si pour l'occasion le Chef de l'Etat qui, la veille, s'était déjà adressé à la nation s'est refusé à tout discours, Laurent Gbagbo n'a pas manqué de dire merci à tous les représentants de pays étrangers qui, au nom de leurs Etats respectifs, ont soutenu la Côte d'Ivoire. Puis, s'adressant au ministre de l'Intérieur, il lui a demandé de faire en sorte que les préfets, secrétaires généraux de préfecture et sous-préfets, qui sont les seuls représentants de l'Etat sur toute l'étendue du territoire national aient désormais les honneurs dus à leur rang : " Monsieur le ministre, dites le à vos collègues ", a-t-il insisté.

Gbagbo aux préfets :" Pas d'étrangers sur les listes électorales "

" Monsieur le Premier ministre, félicitations pour votre Vade-mecum que vous avez baptisé " guide des audiences foraines ". C'est en ces termes que le Président Laurent Gbagbo s'est adressé à Charles Konan Banny hier à l'occasion de la célébration du 46ème anniversaire de la Côte d'Ivoire. C'est que pour le Chef de l'Etat ce document produit par la Primature doit être distribué à tous les ivoiriens " parce que les Ivoiriens ne connaissent pas du tout la loi ". Si bien que, selon lui, beaucoup ignore les règles du jeu politique. Or, a-t-il insisté, “quand on veut faire la politique il faut connaître les règles du jeu ". Ceci dit, le Chef de l'Etat a demandé aux préfets, cheville ouvrière des actions de l'Etat sur le terrain de divulguer les informations du Guide au sein de la population : " Il faut que chacun sache ce qu'on fait, parce qu'après les audiences foraines, on va faire les listes électorales et on ira voter. Et le meilleur va gagner ". Mais Laurent Gbagbo recommande aux représentants de l'administration centrale de veiller à ce que ceux qui ne doivent pas être sur les listes électorales n'y soient pas. Parce que, prévient-il, si l'on s'amuse à mettre tous les étrangers sur le listing électoral, " ce n'est plus une élection, c'est une promenade ". Il a donc demandé à ce que chacun fasse son travail pour qu'on y arrive.

Mireille Abié


COTE D'IVOIRE / DISCOURS A LA NATION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

Mardi 8 Aout 2006

“ Je demeure en fonction jusqu’aux élections ”, Audiences foraines : ‘’Aucun certificat de nationalité ne sera délivré’’, . Elections : ‘’Aucune liste nouvelle d’électeurs ne sera créée’’

Ivoiriennes, Ivoiriens, Mes Chers compatriotes, Chers amis de la Côte d’Ivoire,

Demain, 7 Août 2006, la Côte d’Ivoire aura 46 ans. Comme il m’aurait plu, à l’occasion de la célébration de cet événement, de porter un regard sur l’état de notre pays depuis la proclamation de son indépendance le 7 Août 1960 jusqu’à ce jour !... Comme il m’aurait été agréable de faire le point du chemin parcouru et de projeter notre pays dans le futur ! Malheureusement, notre pays est plongé dans une crise profonde depuis le 19 Septembre 2002. Cette crise, dont les raisons demeurent encore inconnues, a été imposée à notre pays. Comme toutes les crises de cette nature, elle a donné lieu à des morts d’hommes, à des violations graves de droits de l’homme, à des déplacements massifs de populations et à la destruction de biens toujours chèrement acquis. Mais, cette crise a surtout laissé une Côte d’Ivoire divisée, stoppant net la marche de notre pays vers le progrès. Il nous faudra cependant toujours savoir que notre pays n’a pu être attaqué et la crise n’a pu prospérer que parce que certains de nos frères, des Ivoiriens, ont accepté de porter la guerre contre leur propre pays, notre pays à tous. C’est donc à nous, Ivoiriens, qu’il appartenait de nous dresser, de résister pour faire obstacle à la volonté de destruction de notre pays. Nous l’avons fait tout au long de ces quatre années de crise. Les Ivoiriens, de toutes conditions, de toutes religions et de toutes idéologies, se sont battus pour empêcher l’invasion de notre pays, protéger sa constitution et les institutions que celle-ci a mises en place. J’ai déjà rendu hommage et je continuerai de rendre hommage à ces Ivoiriens. Grâce à leur courage, à leur détermination et à leur attachement à la République, notre pays est debout et ses institutions fonctionnent. Les institutions ivoiriennes fonctionnent en effet conformément à la Constitution. Il s’agit d’abord du Président de la République dont la continuation des fonctions en période de crise grave est prévue par les articles 38 et 39 de la Constitution. Je ne reviendrai pas sur ces textes.
Il s’agit ensuite de l’Assemblée Nationale pour laquelle le Conseil Constitutionnel a jugé, en motivant sa décision, qu’elle est et demeure en fonction. Ces deux institutions phares de notre système politique et constitutionnel étant stabilisées, j’ai dit que j’userai, si nécessaire, des pouvoirs que me confère l’article 48 de notre Constitution, pour prolonger d’autant de temps que sera prolongé l’exercice du mandat du Président de la République, celui des autres institutions. En ce qui concerne les collectivités décentralisées, l’Assemblée Nationale, vient de voter la loi n° 2006-12 du 22 février 2006 qui proroge le mandat des membres des organes des collectivités territoriales décentralisées et autorise leur fonctionnement jusqu’à l’organisation de nouvelles élections. C’est en vertu de cette loi que les mairies, toutes les mairies et les conseils municipaux dont les mandats venaient à expiration en mars 2006, continuent encore d’exercer leurs pouvoirs. Mais nous ne saurions nous arrêter et nous ne devons pas nous contenter du constat relatif au fonctionnement régulier de l’Etat. L’Etat de Côte d’Ivoire devant absolument recouvrer l’intégrité de son territoire, la réunification du pays et le retour subséquent à la normalité constituent les buts ultimes de notre action immédiate. Des pays amis nous aident à la réunification de notre pays divisé, en appuyant l’action des organisations internationales dont la Côte d’Ivoire est membre à part entière et à qui nous avons demandé de nous aider à sortir de la crise. Sous l’égide de ceux-ci, des accords ont été conclus à Linas-Marcoussis, Accra et Pretoria. Ces accords, je l’ai dit, sont suffisants à nous sortir de la crise et la communauté internationale en convient. Il n’y a plus de négociations à faire, il faut que chacun accepte d’appliquer les accords signés et les résolutions prises, notamment l’Accord de Pretoria et la résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l’ONU pour l’application de laquelle un processus de sortie de crise a été mis en place et une feuille de route établie. Le processus de sortie de crise tient aujourd’hui en trois opérations :
Désarmement ;
identification des personnes vivant en Côte d’Ivoire et recensement des électeurs ;
préparation et tenue des élections. Le Premier Ministre que la résolution 1633 charge de cette mission est au travail. Aidons-le à réussir sa mission pour aller aux élections. Nous voulons les élections. Nous voulons absolument des élections avant la fin de cette année. Que tous ceux qui peuvent nous y aider le fassent pour arrêter les souffrances de nos populations. J’observe, pour ma part, que le processus de sortie de crise connaît des avancées concrètes toutes les fois que les Ivoiriens parlent entre eux et prennent des engagements :
Cela a commencé par la réunion tenue le 28 février 2006 à Yamoussoukro à la demande du Premier Ministre et qui a réuni le Ministre d’Etat SORO Guillaume, Secrétaire Général des Forces Nouvelles, Monsieur Allassane Dramane OUATTARA, Président du RDR, Monsieur Henri Konan BEDIE, Président du PDCI, Monsieur Charles Konan BANNY, Premier Ministre, et moi-même. Cette rencontre, qui intervenait aussitôt après la nomination du Premier Ministre, la formation du gouvernement et peu après le retour d’exil volontaire des présidents du RDR et du PDCI, a permis d’instaurer un climat apaisé propice à la mise en œuvre de la feuille de route.
Le deuxième événement du genre qui mérite d’être cité est le retour à l’Assemblée Nationale des députés du RHDP qui boycottaient les travaux de cette institution depuis le 16 décembre 2005. Par une déclaration qu’ils ont signée le 23 juin 2006, ils sont revenus à l’Assemblée Nationale pour reprendre leurs activités. Ils ont pris l’engagement de travailler à la sortie de crise en appliquant les Accords de Paix et la Résolution 1633 et en respectant la Constitution de la Côte d’Ivoire. Ils ont surtout pris l’engagement de travailler jusqu’à l’organisation des prochaines élections législatives. Je rassure les Ivoiriens que, conformément à la Constitution pour ce qui concerne le Président de la République, à l’avis du Conseil Constitutionnel et à la volonté des députés de toutes les tendances pour ce qui concerne l’Assemblée Nationale, le Président de la République et l’Assemblée Nationale sont et demeurent en fonction jusqu’aux prochaines élections présidentielle et législatives.
Le dialogue militaire entre les Etats-Majors des armées ex-belligérantes constitue le troisième événement que je vais évoquer. Ce dialogue a permis d’instaurer un climat apaisé. Ce climat ayant lui aussi permis le commencement des audiences foraines en même temps que le pré-regroupement, étape préalable au regroupement et au désarmement.
Quatrièmement, j’ai reçu le corps préfectoral le 18 juillet 2006. Les Préfets et les Sous/Préfets m’ont entretenu de leur souhait. J’ai alors demandé au Premier Ministre d’examiner avec eux les modalités de leur retour à leurs lieux d’affectation. Ces rencontres ont été couronnées de succès puisque les préfets et les sous préfets dont le retour dans leurs fonctions d’avant crise ne nécessitait aucune mesure nouvelle de nomination, ont regagné leurs localités respectives.
Enfin, des leaders de mouvements de jeunesse de notre pays ont conclu un accord pour pacifier la rue. Ivoiriennes, Ivoiriens, J’ai promis au Premier Ministre, dès sa nomination, de lui apporter mon soutien pour lui permettre d’accomplir avec succès les missions qui sont les siennes. Il s’agit pour moi de lui déblayer la voie pour qu’en dehors des obstacles inhérents à sa mission, il ne rencontre aucune autre difficulté. C’est ainsi qu’après avoir avec succès invité les députés du RHDP à retourner à l’Assemblée Nationale, j’ai, en compagnie du Premier Ministre, invité également, avec succès les enseignants du supérieur et du secondaire, dont les mouvements de grève, largement suivis, n’étaient pas loin de nous conduire à une année blanche, à reprendre les cours. Les concertations que j’ai eues avec eux au Palais de la Présidence de la République ont permis, par l’achèvement des programmes et l’organisation des examens, de terminer l’année scolaire normalement. Tous ces efforts ont cependant failli être gâchés par des mouvements de protestation contre l’organisation des audiences foraines, mouvements d’abord pacifiques qui ont ensuite dégénéré en actes extrêmement violents entraînant morts d’hommes. Je m’incline respectueusement devant la mémoire de ceux de nos concitoyens qui ont perdu la vie dans ces affrontements qu’on aurait pu éviter. Le Premier Ministre vient de publier le guide pratique des audiences foraines après son adoption par le Conseil des Ministres. Je soutiens totalement ce guide, et en ma qualité de Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, je demande aux juges dont je viens de signer le décret de nomination après l’avis favorable du Conseil Supérieur de la Magistrature, de l’appliquer rigoureusement et sans réserve. Je soutiens ce guide parce qu’il est conforme à la loi. Dans notre système judiciaire, la justice est rendue par les juges au siège de la juridiction où ils exercent, c’est-à-dire dans les locaux du tribunal, de la Cour d’Appel ou de la Cour Suprême. Lorsqu’un juge sort de ces locaux pour aller exercer ses fonctions, il le fait dans un cadre précis déterminé par un texte de loi. Dans le cas des audiences foraines, c’est non pas un juge mais le tribunal tout entier qui se déplace pour rendre une justice de proximité de façon circonstancielle et pendant une période limitée dans le temps. Le cadre juridique dans lequel se tient l’audience foraine est déterminé par la loi portant organisation judiciaire dont l’article 37 est précis et clair : “ les Présidents des tribunaux de première instance et les Présidents des sections, ou les magistrats appelés à les remplacer, tiennent des audiences foraines exclusivement sur les demandes de jugements déclaratifs de naissance ou de décès...”. Les audiences foraines sont des audiences du tribunal qui servent à rendre des jugements supplétifs d’actes d’état civil et qui ne servent qu’à cela. Les juges qui les tiennent ne sont pas compétents pour rendre des certificats de nationalité et ils n’en rendront pas.

Les certificats de nationalité sont des actes administratifs d’un genre particulier qui eux, relèvent de la compétence exclusive d’un autre juge. L’article 97 du Code de la nationalité est aussi clair et précis : “ le Président du tribunal de première instance, un magistrat délégué ou le juge de la Section de tribunal ont seuls qualité pour délivrer un certificat de nationalité à toute personne justifiant qu’elle a cette qualité”. Aucun certificat de nationalité ne sera donc délivré et aucune carte nationale d’identité ne sera délivrée ni au cours des présentes audiences foraines ni à l’occasion de ces audiences. Ces audiences ne seront pas non plus le lieu d’appeler les populations à venir demander des certificats de nationalité. Celui qui veut un certificat de nationalité doit s’adresser au Président du Tribunal du lieu de sa résidence où cet acte lui sera délivré s’il fait la preuve :
Soit que ses deux parents ou un seul de ses parents est ivoirien ;
Soit qu’il est naturalisé en produisant le décret de naturalisation ;
Soit encore qu’il est le conjoint d’une ivoirienne ou d’un ivoirien, en produisant l’acte de mariage ;
Soit enfin qu’il est adopté régulièrement et définitivement par un ivoirien, en produisant la décision judiciaire d’adoption. Dans tous les cas, en l’état actuel de notre législation, le certificat de nationalité n’est qu’une présomption qui ne vaut que jusqu’à preuve du contraire. Les audiences foraines ne sont pas non plus accessibles à tous :
toutes les personnes nées en Côte d’Ivoire, qu’elles soient ivoiriennes ou étrangères, mais qui ont déjà eu des actes d’état civil, ne peuvent accéder aux audiences foraines ;
toutes les personnes ivoiriennes ou étrangères, nées en Côte d’Ivoire et dont les actes de naissance étaient enregistrés dans les registres de l’état civil détruits au cours de la guerre, ne sont pas concernés par ces audiences foraines. Une procédure spéciale de reconstitution des registres d’état civil, prévue par les articles 85 et suivants de la loi sur l’état civil, permettra à ces personnes de se procurer de nouvelles copies de leurs actes d’état civil ;
enfin, toutes les personnes nées à l’étranger, qu’elles soient ivoiriennes ou étrangères, ne peuvent accéder aux audiences foraines. Seules ont le droit de se présenter aux audiences foraines les personnes nées en Côte d’Ivoire, de nationalité ivoirienne ou étrangère, qui n’ont jamais été déclarées à l’état civil. Nous voulons des élections pour sortir de la crise. Mais nous voulons des élections propres, justes et transparentes. Nous voulons que celui qui gagne soit effectivement le choix de la majorité des Ivoiriens. C’est pourquoi nous nous opposerons à la fraude et tous ceux qui se rendront coupables au cours de ces audiences foraines de faux témoignages ou de faux dans les documents administratifs seront poursuivis, jugés et condamnés conformément à la loi. A tous ceux qui veulent la nationalité ivoirienne je conseille de faire une demande de naturalisation. Cette voie me semble la plus honnête et la plus sage parce qu’elle évite à celui qui l’utilise de tomber dans la délinquance avec toutes les conséquences qui pourraient en découler pour lui. La fraude sur la nationalité est une voie sans issue puisque l’administration ivoirienne dispose aujourd’hui des moyens nécessaires pour la détecter. Elle est aussi inutile dès lors que le certificat de nationalité ne constitue qu’une présomption simple de nationalité qui peut être combattue par tous moyens. Pour ceux qui ne le sauraient pas, je voudrais porter à leur attention les statistiques suivantes. Des quatre chefs d’Etat qui se sont succédé à la tête de la Côte d’Ivoire, je suis de ceux qui ont signé le plus de décrets de naturalisation, avec une moyenne de 163 décrets signés par an, précédé par le Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY qui, en 33 ans de pouvoir, en a signé en moyenne 168 par an J’invite donc les personnes intéressées par la nationalité ivoirienne à éviter la fraude pour nous permettre d’avoir des élections propres. J’invite également la communauté internationale à nous aider à combattre la fraude pour garantir définitivement la paix. Les deux prochaines opérations qui vont succéder aux audiences foraines sont l’identification et l’établissement de la liste électorale. L’identification est, selon la loi, “ un processus administratif qui permet de spécifier un individu et de le distinguer d’un autre ”. L’identité des Ivoiriens est établie par la présentation d’une carte nationale d’identité et celle des étrangers par un titre de séjour. Quant à la liste électorale, l’article 6 de la loi référendaire n° 2000-514 du 1er août 2000 portant Code électoral dispose : “ la liste électorale est un document administratif sur lequel sont inscrit l’ensemble des électeurs. Elle est permanente et publique. La liste électorale est tenue à jour annuellement par la Commission chargée des élections pour tenir compte des mutations intervenues dans le corps électoral ”. Le caractère permanent de la liste électorale résulte de ce que celle-ci existe sans discontinuer. Elle ne change pas. Il est seulement exigé par la loi de la mettre à jour chaque année. Il ne s’agit donc pas de créer une nouvelle liste électorale. Cette mise à jour annuelle n’ayant pu être faite après les élections des conseillers généraux de juillet 2002, elle le sera pour tout ce temps par l’adjonction des nouveaux majeurs et des omis et par le retrait des personnes décédées ou qui ont perdu leur qualité d’électeur. Aucune liste nouvelle d’électeur ne sera créée.

Ivoiriennes, Ivoiriens, chers amis de la Côte d’Ivoire, j’ai tenu à faire ces explications techniques par ce qu’en cette période où la paix est à notre portée, le respect strict des accords signés, de la résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l’ONU, le respect des lois en vigueur et de la Constitution de notre pays sont les balises qui déterminent la voie d’une sortie heureuse de la crise qui secoue notre pays depuis septembre 2002. En dehors de la Constitution, de la loi et des Accords, point de salut. Ma position de Président de la République, Chef de l’Etat est à ce stade du processus de sortie de crise plus une position de veille. Je veillerai au respect de la Constitution, des lois et des Accords de paix. J’invite chacun de vous, chacun de nous à lire les événements. Le pré-regroupement a été fait. Le démantèlement des groupes d’autodéfense a été effectué. Tous les députés ont rejoint l’Assemblée Nationale. Les jeunes, tous les jeunes se sont entendus pour garantir la paix. Les audiences foraines vont se dérouler dans un cadre légal connu de tous et approuvé de tous les acteurs politiques et qui sera communiqué à nos compatriotes. Une lecture de ces signes donne l’espoir que le jour où la Côte d’Ivoire sera à nouveau unifiée n’est plus loin. J’observe pour ma part que tous ces actes sont le fruit de rencontres et de discussions entre Ivoiriens. Chacun doit comprendre que nous, Ivoiriens, avons intérêt à nous approprier le processus de paix, à nous entendre pour agir et sortir notre pays de la crise parce que les accords que nous concluons entre nous sont au-dessus de toutes les résolutions et de tous les accords que nous signons sous l’égide de l’extérieur. Je lance donc un appel à chaque Ivoirienne, à chaque Ivoirien mais surtout aux acteurs politiques pour œuvrer à l’appropriation progressive par les Ivoiriens du processus de sortie de crise de notre pays. Nul mieux que nous, ne nous connaît et ne connaît nos réalités. La paix est à notre portée, nous devons avec diligence mais avec prudence, effectuer les derniers pas pour la saisir.

Bonne fête d’indépendance à tous Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.


COTE D'IVOIRE RETOUR DES MAIRES DANS LEUR CIRCONSCRIPTION APRES QUATRE ANS D'ABSENCE

Samedi 5 Aout 2006

Les maires déplacés ont retrouvé hier le sourire. Au nombre de 91, les élus locaux des zones Centre, Nord et Ouest ont reçu, chacun, des mains du Premier ministre, une enveloppe de six millions cent mille F. Cfa pour apporter leur concours au bon déroulement des audiences foraines.

Coupés de leurs administrés et restés sans aucune ressource ni indemnité depuis quatre ans, les 91 maires des zones Centre, Nord et Ouest retournent dans leurs communes respectives. Hier à la cérémonie de lancement de la réouverture officielle des mairies des zones ex-assiégées à la Caistab au Plateau, Charles Konan Banny a planté le « contexte » de ce retour. Pour le Premier ministre, la cérémonie d’hier est remplie de symboles, en ce sens qu’elle marque une étape importante de la normalisation en Côte d’Ivoire. C’est, a-t-il souligné, un pas en avant, ce n’est pas un pas en arrière. « Ce qui compte dans un processus aussi compliqué, ce sont les pas en avant. Ces petits pas, s’ils se multiplient, font de grandes avancées », a affirmé Banny. Avant d’expliquer aux maires que « c’est ensemble que nous allons sortir notre pays de cette mauvaise situation. »
En attendant le grand retour, le chef du gouvernement, dans le cadre des audiences foraines, a décidé d’envoyer ces élus qui, pour la plupart, ont abandonné leurs administrés à la suite du déclenchement de la crise, en mission d’évaluation. Pour leur permettre de faire l’état des lieux dans de bonnes conditions, un kit (une enveloppe de 6.100.000 de F. Cfa) a été remis à chacun des 91 maires des zones Centre, Nord et Ouest. Au nom de tous les maires déplacés et des agents municipaux, Michel Ahaubot a remercié le Premier ministre et son gouvernement. François Amichia, président de l’Union des villes et communes de Côte d’Ivoire (Uvicoci) n’a pas dit le contraire. « Vous (Banny, ndlr) montrez l’importance et la place de l’élu dans le processus de paix », a salué le maire de Treichville. S’adressant à ses pairs, il leur a fait la promesse que l’Uvicoci les accompagnera dans leurs zones pour que, a-t-il déclaré, les populations sachent que « vous appartenez à une famille. » L’Uvicoci qui a animé dans l’après-midi une conférence de presse à son siège au Plateau, a réitéré le rôle clé des maires auprès de leurs communautés. L’exercice de l’autorité de l’Etat incarné par le corps préfectoral, a rappelé Faustin Abo, le secrétaire général de cette structure, doit s’accompagner nécessairement de l’autorité municipale, responsable de la gestion de la cité. « Il revient aux maires de reconstruire l’état civil, de remettre en état la voirie et la salubrité publique, de réhabiliter les infrastructures scolaires et sanitaires, d’organiser le retour des populations déplacées et leurs prises en charge, de réconcilier les communautés », a retracé M. Abo. Comme pour dire que les autorités municipales veulent jouer pleinement leur partition dans le redéploiement de l’administration.

Jean Roche Kouamé


COTE D'IVOIRE / RETOUR DE MME HENRIETTE KONAN BEDIE EPOUSE DU PRESIDENT PDCI PREMIER PARTI UNIQUE

Samedi 5 Aout 2006

Aussitôt arrivée que Mme Bédié s'est mise au travail.
Hier, elle a reçu successivement l'UFPDCI, les Femmes
volontaires du PDCI, les jeunes filles du même parti
et les Hirondelles du PDCI-RDA.
A ces structures et mouvements, Henriette Konan Bédié
leur a demandé de se tenir prêts pour le combat.
Conduite par sa présidente Dao Coulibaly, l'UFPDCI,
structure spécialisée du PDCI a été la première à être
reçue par l'épouse du Président Bédié. " Nous avons
souffert de votre absence. Votre amour du prochain,
nous ont réellement manqué " a déclaré Mme Dao
Coulibaly. La présidente de l'UFPDCI qui a souhaité la
bienvenue à Mme Bédié, a profité de cette audience
pour faire le point de quelques actions que sa
structure a menées et continue d'entreprendre sur le
terrain " Après la mobilisation et la sensibilisation,
nous sommes sur le terrain pour aider nos militantes à
s'identifier, à se mobiliser pour les audiences
foraines et à installer les sections locales de la CEI
" a-t-elle indiqué. Pour Mme Dao Coulibaly, l'arrivée
de Mme la présidente est signe d'encouragement,
d'exhortation de toutes les femmes du PDCI au travail.
" Votre venue est pour nous le levain qui va faire le
miracle. Car tout le monde sait que l'amour fait des
miracles " a encore ajouté la présidente de l'UFPDCI.
Mme Henriette Bédié à son tour a exprimé sa joie de
retrouver ses sœurs. Elle n'a pas caché sa
conviction de voir les actions de l'UFPDCI porter ses
fruits " Avec vous, nous irons très loin parce que ce
que femme veut, Dieu le veut. Nous avons tellement
souffert alors pourquoi ne pas espérer plus "
s'est-elle demandé avant de poursuivre en ces termes.
" Je vous demande de vous unir. Aimons-nous. Sans
l'amour, rien n'est possible. L'amour peut soulever
des montagnes. Alors, allons vers l'essentiel.
C'est-à-dire la paix. " Par ailleurs, Mme la
présidente a encouragé ses sœurs à se mobiliser
davantage pour les élections pour qu'enfin la paix
revienne définitivement dans le pays. Après donc
l'UFPDCI, les jeunes filles du PDCI ont également
échangé avec Mme Bédié. " Vous nous avez manqué. Mais
nous pouvons vous dire que votre présence nous a fait
oublier cette longue absence. Nous allons mobiliser
toutes les jeunes filles de Côte d'Ivoire pour la
victoire du Président Bédié " a promis Mme Béatrice
Assoumou. Elle a même déclaré à la présidente que les
jeunes filles du PDCI veulent lui ressembler. Quant à
Mme Ahiri Simone présidente de la délégation, elle a
remercié Mme Bédié pour le rôle qu'elle joue auprès de
son illustre époux " Ailleurs, nous voyons des
guerrières faire des hommes d'Etat, des guerriers "
a-t-elle dénoncé. Mme Ayeri Simone à son tour, a
engagé "sa troupe" dans la victoire du Président
Bédié. Les jeunes filles du PDCI-RDA, pour terminer
cette cérémonie en beauté, ont offert des roses à la
présidente. Heureuse, Mme Bédié a félicité "ses
enfants" pour leur conviction. Elle n'a cependant pas
oublié de leur donner des conseils. " Ecoutez les
conseils de vos mamans. Soyez toujours ensemble. Vous
savez beaucoup plus de choses que nous. Mais nous
avons l'expérience. Je vous exhorte à la mobilisation.
Allons aux élections pour retrouver la paix. Je sais
qu'avec vous le pays retrouvera sa gaieté. Battons
nous ensemble. " La troisième rencontre de l'après
midi d'hier de Mme la présidente a été avec les Femmes
volontaires du PDCI-RDA. Mme Affoué Marie, la
dynamique femme à défaut de conduire mille (1.000)
militantes à ce rendez-vous a été obligée de se
contenter de cinquante seulement. Mais elles ont été
représentatives tant dans leurs déclarations que dans
l'ambiance qu'elles ont créée. Chants et danses ont
introduit leur présidente au micro où Mme Affoué Marie
a dit l'engagement de son mouvement de soutenir le
Président Bédié jusqu'à la victoire. " Nuit et jour,
je serai aux côtés du Président quelle que soit la
menace. Nous demandons aux Femmes volontaires de voter
le Président Bédié " a-t-elle insisté mais en langue
baoulé. La présidente à son tour les a encouragées à
maintenir la flamme militante. " Je vous dis merci
pour votre mobilisation, pour votre courage " Mme
Bédié a même échangé en quelques minutes avec le chef
baoulé de Koumassi qui a cédé son local aux Femmes
volontaires pour leurs réunions hebdomadaires. Tous
ces échanges ont été faits en langue baoulé. La
dernière rencontre a été avec les Hirondelles du PDCI.
La présidente de ce mouvement Mlle Kouadio Deborah
soutenue par l'épouse du ministre Achi Patrick, la
marraine attitrée de cette structure a rappelé à Mme
Bédié qu'elles sont aussi sur le terrain. " En plus du
protocole des personnalités du PDCI, nous
sensibilisons les filles du parti, nous apprenons nos
mamans à voter. Nous sommes dans tous les quartiers
précaires pour chercher des voix pour le Président
Bédié " a soutenu Mlle Kouadio Deborah. Comme elle l'a
fait pour les autres femmes, l'épouse du Président
Bédié a rappelé aux Hirondelles que la paix du pays
viendra d'elles.
Toutes ces rencontres se sont déroulées dans une
ambiance conviviale, une ambiance entre une mère et
une filles.
Djè KM


COTE D'IVOIRE / COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES

Jeudi 3 Aout 2006

Un Conseil des Ministres s'est tenu ce mercredi 02 août 2006, de 12 heures à 14 heures, au Palais de la Présidence, sous la présidence du Chef de l'Etat, Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo.
Avant d'aborder son ordre du jour, le Président de la République a tenu à féliciter le Premier ministre pour toutes les avancées dans le processus de sortie de crise ,surtout en ce qui concerne la clarification de l'opération des audiences foraines.
A son tour, le Premier ministre a tenu à exprimer la compassion du Gouvernement au Président de la République, suite à l'incendie survenu au Palais de la Présidence à Monrovia alors que le Chef de l'Etat s'y trouvait pour représenter notre pays aux cérémonies marquant le 159ème anniversaire de la création du Liberia.
Abordant son ordre du jour, le Conseil des Ministres a eu à examiner plusieurs projets de décret, ainsi que des communications, et autorisé plusieurs réunions et voyages.

Projets de décrets

Sur présentation des Ministres en charge des départements concernés et après délibération, le Président de la République a signé trois décrets.

1- Ministère de la Justice et des Droits de l'Homme

Un projet de décret portant modification de l'annexe N° 1 du décret N° 64-454 du 20 novembre 1964 fixant les modalités d'application de la loi N° 64-374 du 07 octobre 1964 relative à l'état civil.
En effet, la loi N° 99-691 du 14 décembre 1999 modifiant la loi de 1964 relative à l'état civil ajoute aux mentions obligatoires devant figurer sur l'acte de naissance la nationalité des père et mère et, s'il y a lieu, celle du déclarant. La modification opérée vise à donner effet à cette exigence. Ainsi le registre d'état civil, ainsi que les actes de naissance comporteront désormais, dans leurs indications, la nationalité des père et mère et, le cas échéant celle du déclarant.

2- Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique

Un projet de décret portant modification du décret N° 97-430 du 23 juillet 1997 déterminant les attributions, la composition, I'organisation et le fonctionnement de la Commission de Reconnaissance et d'Equivalence des diplômes et des titres d'ingénieur.
Cette commission est seule habilitée désormais à délivrer des équivalences tant pour le Baccalauréat que pour les diplômes titres post Baccalauréat.

3- Ministère de la
Fonction Publique

Un projet de décret portant organisation dudit ministère.

Communications

Sur présentation des Ministres en charge des départements concernés, le Conseil a entendu plusieurs communications.

Premier ministre-
Ministère de l'Intérieur

Une communication sur la situation sécuritaire portant sur la période du second trimestre 2006, ainsi que du 1er au 15 juillet 2006. Celle-ci laisse apparaître une baisse notable de la criminalité violente, notamment s'agissant des vols et braquages des véhicules qui passent de 60 entre le 16 et le 30 juin à 41 entre le 1er et le 15 juillet, ainsi que des attaques à domicile. On note toutefois l'accroissement des attaques de société et l'activisme d'un gang spécialisé dans les attaques de société.
La question de la dotation des Forces de défense et de sécurité en moyens opérationnels (matériels roulants, communication, armement ...) est encore revenue. Les efforts financiers du Gouvernement se poursuivent en vue d'accroître les dotations. Cependant, le Président de la République a souligné l'insuffisance du personnel de police, tandis que le Premier ministre a appelé les citoyens à la nécessité de précautions élémentaires de vigilance sécuritaire individuelle.

Premier ministre - Ministère de la Justice et des Droits de l'Homme

Une communication informant le Conseil de l'élaboration d'un guide des audiences foraines.
Ce guide établi à l'intention des acteurs (Magistrats, Autorités administratives ...), des observateurs nationaux et internationaux et des populations est la synthèse des observations et réflexions développées dans les rencontres qui ont fait suite aux audiences foraines pilotes. Ce guide devrait permettre d'asseoir les opérations d'audiences foraines tant sur le cadre légal que régit habituellement ce type d'opération que sur des considérations d'ordre pratique de manière à éviter toute contestation éventuelle portant sur le non-respect de la réglementation, sans négliger pour autant les considérations pratiques liées à l'impératif d'une sorte de crise rapide.
Le Premier ministre s'est félicité de ce guide qui est l'aboutissement d'une constante concertation avec le Chef de l'Etat et le résultat d'un travail de collaboration entre le Ministère de la Justice et des responsables de la Primature.
Le Président de la République a félicité le Premier ministre pour l'élaboration de ce guide et a appelé tout le monde à y adhérer et à s'y conformer d'autant plus que ce document-cadre ne fait que rappeler les principes et dispositions légales en la matière.
Le Président de la République, a, en outre, exprimé sa satisfaction et son soutien à l'accord conclu entre les jeunes patriotes et la jeunesse du RHDP appelant à l'apaisement et au non recours à la violence. Il a appelé tous les Ivoiriens à s'engager dans cette voie.

Ministère de la Santé et de l'Hygiène publique

Un compte rendu des recommandations de la table ronde sur la gestion des ordures ménagères organisée à Abidjan du 19 au 21 avril 2006.

Une communication faisant le point des activités de vaccination en Côte d'Ivoire au premier semestre 2006.
5.253.800 enfants de 0 à 59 mois ont été vaccinés sur 5.326.516 attendus, soit 98,58 %. Plus de 82 % des districts ont eu une couverture supérieure à 95%.
Ces résultats encourageants sont cependant menacés par des risques de rupture en vaccins (BCG et VAT), l'état défectueux de la chaîne de froid, l'insuffisance des motos pour les agents vaccinateurs et de véhicules de supervision.
A noter l'importante décision prise d'administrer le vaccin contre la poliomyélite aux enfants dès la naissance au lieu des 3 mois d'attente habituels ce qui devrait accroître leur protection.
Ministère de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle

Une communication relative à la confection des diplômes sanctionnant les formations dispensées au sein de ce Ministère de 1992 à 2005.
103.000 personnes diplômées dans cette période n'ont pu être satisfaits et la situation empire. La confection des diplômes nécessite pour la période de 1992 à 2005 la somme de 471 millions de francs, et pour 2006 la somme de 60 millions de francs CFA.


Ministère de la Solidarité et des Victimes de Guerre

Un compte rendu de la visite de travail effectuée par le Ministre dans les régions Centre, Nord et Ouest du pays du 14 au 22 juin 2006, dans le cadre des activités préparatoires du programme d'aide au retour volontaire et à la réinstallation des déplacés de guerre.

Après délibération, le Conseil a adopté les conclusions de ces communications.

Mesures individuelles

Ministère des Affaires étrangères

Sur présentation du Ministre de la Défense assurant l'intérim du ministre des Affaires étrangères, le Président de la République a signé plusieurs décrets portant respectivement :
- nomination de diplomates dans les grades d'ambassadeurs;
- nomination de Directeurs de département au sein du Ministère.
Enfin, le Président de la République a signé trois décrets portant nomination d'ambassadeurs de Côte d'Ivoire :
- au Liberia et en Sierra Leone avec résidence à Monrovia;
- auprès de l'Organisation mondiale du Commerce à Genève;
- auprès des Nations unies à New York.

Le ministre de la Fonction publique et de l'Emploi,
Porte-parole du
Gouvernement
Prof. Oulaye Hubert


LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO A LA CEREMONIE DE LA JOURNEE DE LA CREATIVITE / ALLOCUTION

Jeudi 3 Aout 2006

(Jeudi 03 Août 2006)
Messieurs les Représentants de la République,
Monsieur le ministre de la Culture et de la Francophonie,
Excellences Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique,
Madame le Directeur de l’AGEFOC,
Mesdames et Messieurs les Partenaires au Développement de l’Art et de la Culture,
Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

Nous voici aujourd’hui, réunis de nouveau pour célébrer la créativité ivoirienne. Je voudrais expliquer ce que j’ai déjà souligné il y a deux ans, et qui va sauver la Côte d’Ivoire.

Il s’agit bien du privé qui fait la promotion de la créativité privée. Il faut que les Ivoiriennes comprennent : aujourd’hui et demain, l’Etat a saigné. Tous ceux qui vont à l’école n’auront pas forcément un emploi dans l’Administration. Certes, l’Etat continuera de vous former, vous les jeunes.

Mais l’Etat n’a pas les moyens de vous embaucher. C’est une vérité qu’il faut qu’on répète tous les jours aux jeunes Ivoiriens. Je le répète sans cesse ; au moment où on proclamait l’indépendance de ce pays, il y avait 3 millions d’habitants. Aujourd’hui, nous avons entre 17 et 20 millions. On ne gère pas 20 millions d’habitants comme on a géré 3 millions d’habitants ; cessons de pleurer sur le passé. Ceux qui rêvent à un passé qui ne reviendra plus, il faut qu’ils cessent de rêver debout.

Aujourd’hui, nous sommes entre 17 et 20 millions d’habitants, notre nombre ne peut qu’augmenter, nous ne pouvons pas décroître. A moins d’avoir une calamité naturelle ou pathéticienne comme une guerre terrible, mais même celle qui est là, ne peut pas tenir notre nombre au point de nous faire reculer démographiquement.

Donc ce qu’il faut saluer ici, c’est que c’est une entreprise privée, qui fait la promotion de la créativité privée, car c’est dans le privé que se trouve l’avenir de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Ce n’est pas dans l’Administration. Ceux qui attendent qu’on les appelle dans d’autres ministères ou à la Présidence ou dans une Administration, ils rêvent debout.

Car le rêve est bien la nuit, mais le matin, on cesse de rêver et on fait fasse aux réalités. Faisons donc face aux réalités !

Vous autres jeunes créateurs, le Président la République vous encourage à créer vos emplois.

Ce qu’il faut, aujourd’hui, c’est l’auto-emploi qui appelle les emplois secondaires. Etudiez la Côte d’Ivoire, étudiez ses besoins ! Et remplissez ces besoins-là par votre génie ! Evidemment, il y a le problème du financement de ces entreprises. Nous allons faire un effort qui n’est pas totalement achevé. Nous avons suivi, aidé à la création de la Banque du financement ….Nous avons suivi, aidé la création de la Banque Nationale d’Investissement, etc.… quand des jeunes Ivoiriens veulent créer un Etablissement financier, nous les aidons, nous les soutenons et nous les poussons.

C’est à eux de créer les Institutions financières pour aider leurs frères qui veulent créer des entreprises. C’est l’interaction entre ces deux Instituts de financements et de créations d’emplois qui aider la Côte d’Ivoire.

Je vous demande de ne pas avoir peur de vous jeter à l’eau.

Le ministre de la Culture a cité quelqu’un de très haut. Mais je vais citer un américain qui dit que quand tu crées ton entreprise si tu n’as pas glissé trois fois, c’est que tu n’as pas encore créé d’entreprise. Ici en Côte d’Ivoire, dès que quelqu’un demande un crédit pour créer une entreprise, dès qu’on lui téléphone pour lui dire que tu as le crédit, Il achète d’abord une table transparente avec des chaises qu’il commande à 14, 15 millions, il achète ensuite une voiture qui est garée devant sa maison, et il paye un chauffeur, il n’a pas encore commencé à travailler. Il prend un garde de corps ; Il se met en veste et s’assoie derrière et il dit : « chauffeur, roulez ». Mais ça, ce n’est pas la créativité, c’est la frime. Ça, ce n’est pas la création d’entreprise. Alors évidemment, le jour où on lui demande de rembourser l’argent, il n’a rien fait, donc il n’a rien pour rembourser. Alors, il va se repentir, il va chez le banquier et il pleure en disant donnez-moi un délai de deux ans ou de trois mois, je dis NON ! Ce que je veux vous dire, c’est que nous sommes dans un monde où la concurrence est dure et où la concurrence va être dure. Il faut le savoir. Et le sachant, il faut agir en conséquence.
Chers amis, vous m’avez rappelé qu’on doit créer un village artisanal, on a commencé à travailler avec le BNETD. On est allé sur le terrain pour voir le Site, pour faire les plans. Nous allons donc y veiller. Les plans seront faits et on va vous aider. Vous allez avoir votre village artisanal qui va être un élément de grand centre d’exposition. Le village artisanal sera un grand centre d’exposition où il y aura des hôtels, des salles de conférences etc.

Donc je suis venu parce que je voudrais que les jeunes Ivoiriens sachent cela. A suivre

Transcrit par Ouaga Jacqueline
www.laurentgbagbo.net