COTE D'IVOIRE / DECLARATION DES FORCES NOUVELLES SUR LA NOMINATION D'UN PREMIER MINISTRE POUR LA SORTIE DE CRISE
Lundi 31 Octobre 2005
Les Forces Nouvelles réaffirment ce jour du 30 octobre 2005, que le mandat présidentiel de Monsieur Laurent Gbagbo est bel et bien finit.
Les Forces Nouvelles ne lui reconnaissent donc aucun titre de Président de la République de Côte d'Ivoire.
Si le sommet extraordinaire de la CEDEAO tenu à la date du 30 septembre 2005, par un arrangement politique, a désigné Monsieur Laurent Gbagbo au poste de Chef de l’état, cette décision ne peut être qu’au titre de l’une des deux parties belligérantes, en l’occurrence le clan présidentiel de Monsieur Laurent Gbagbo.
C’est pourquoi, les Forces Nouvelles à ce jour, en tant que l’un des deux belligérants, prennent toute leur responsabilité et proclament ce qui suit :
• Le Secrétaire Général des Forces Nouvelles, Guillaume Kigbafori SORO, est désigné, Premier ministre du futur Gouvernement de Réconciliation Nationale
• A cet effet, le Secrétaire général des Forces Nouvelles, le Premier ministre Guillaume Kigbafori SORO, est mandaté pour prendre tous les contacts nécessaires avec toutes les formations politiques signataires de l’accord de Linas Marcoussis, en vue de constituer très rapidement, dans les heures à venir, le Gouvernement de Réconciliation Nationale.
• Ce nouveau gouvernement s’attellera, très rapidement, dès sa prise de fonction, à régler les questions essentielles (restées en suspense) de l’identification générale de toutes les populations ivoiriennes, du régime électoral, du démantèlement et du désarmement des milices pro-Gbagbo et de l’engagement du processus DDR sur la base du Programme National DDR adopté par les Forces Défense et de Sécurité et les Forces Armées des Forces Nouvelles, en vue de la tenue d’élections générales dans un délai raisonnable.
• Le Secrétaire général des Forces Nouvelles, le Premier Ministre Guillaume SORO, est mandaté pour adresser le plutôt, un courrier avec la liste complète de son gouvernement, au Président TANDJA (Président en exercice de la CEDEAO), au Président Olusegun OBASSANDJO (Président en exercice de l’Union Africaine) et à Monsieur Pierre SCHORI (Représentant du Secrétaire général de l’ONU en Côte d'Ivoire).
Fait à Bouaké, le 30 octobre 2005
COTE D'IVOIRE / MESSAGE A LA NATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE S.E.M.LAURENT GBAGBO SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE APRES LE 30 OCTOBRE 2005 DATE PREVUE POUR DE NOUVELLES ELECTIONS
Dimanche 30 Octobre 2005
Ivoiriens Ivoiriennes,
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire,
Nous sommes aujourd'hui le dimanche 30 octobre 2005. Comme chacun de nous le sait, l'année 2005 est une année d'élections générales en Côte d'Ivoire. Pour respecter les échéances électorales prévues par nos lois, j'ai, depuis le Conseil des ministres du 28 avril 2005 et sur la proposition du Premier Ministre du Gouvernement de Réconciliation Nationale, fixé la date de l’élection à la Présidence de la République à ce jour du 30 octobre 2005...
Cette échéance n'a pu être tenue du fait de la guerre dans laquelle notre pays est plongé depuis le 19 septembre 2002, et de l'occupation qui en est résultée, d'une partie du pays par des bandes armées échappant au contrôle des Autorités légitimes et légales de la Côte d’Ivoire.
Depuis la Conférence de Kléber du 26 janvier 2003 jusqu~à ce jour, le Peuple de Côte d'Ivoire et moi-même avons fait tous les sacrifices:; même les plus inimaginables~ pour obtenir de la rébellion qu'elle désarme afin que nous allions à la paix :
Le Peuple, par l’adoption d'une loi d'amnistie votée par les députés le 6 août.
2003, a pardonné aux rebelles les crimes qu'ils ont froidement commis, afin que, ne craignant plus aucune poursuite, ils puissent revenir dans la République ;
Le même peuple, toujours par ses députés, a modifié les lois, toutes les lois dont certaines dispositions prétendument sources de conflit, avaient été présentées, après coup, comme les raisons de 1’agression de notre pays.
Mais les rebelles et les partis politiques qui se sont alliés à eux ont jugé que ces lois ne les satisfaisaient pas.
J'ai donc, usant des pouvoirs exceptionnels que me confère l'article 48 de notre Constitution en pareilles circonstances et à la demande du Président Thabo MBEKI, Médiateur de l'Union Africaine, apporté à ces lois, les corrections souhaitées.
J'ai également, sans modifier la Constitution de notre pays pour la défense de laquelle beaucoup de nos sœurs et de nos frères ont fait le sacrifice de leur vie, et toujours à la demande du Médiateur, autorisé, exceptionnellement, les parties signataires de l'Accord de Linas Marcoussis, à présenter des candidats à l'élection à la Présidence de la République sans que ceux-ci aient à remplir les conditions exigées par la Constitution et par les lois électorales.
Tout ce que nous attendions en retour des sacrifices ainsi consentis et à quoi les rebelles et leurs alliés s'étaient engagés envers moi et envers la communauté internationale, c’était le désarmement et la réunification du pays en vue des élections, seules à même d’apporter une paix définitive et durable à notre Nation.
Au lieu de cela, les rebelles et leurs alliés politiques se sont installés dans le dilatoire, jouant le pourrissement : de la situation espérant ainsi une prolongation dans le temps du processus de paix de façon à atteindre la fin de mon mandat.
Pour eux dès la fin du mandat du Président de la République, et devant l’impossibilité d'organiser normalement les élections, l'on s'installerait dans un « vide juridique » qui leur permettrait d'accéder à la tête de l'Etat sans aucune élection, c’est-à-dire sans l’accord du Peuple de Côte d'Ivoire.
Mais les trois dernières années que nous venons de vivre ont montré à chacun de nous que ce Peuple ne veut pas de chefs parvenus au pouvoir par des voies autres que celles déterminées par nos lois.
Notre peuple a suffisamment montré sa maturité au cours de cette guerre.
Il n'acceptera de chef qui exercera sur lui un pouvoir légitime, que parce qu’il aura été élu et donc choisi par lui.
C'est ce que les Ivoiriens ont voulu et ils l'ont consigné dans notre Constitution.
Je tiens au respect de cette Constitution adoptée par plus de 86% des ivoiriens pour deux raisons:
Premièrement, la Constitution de la Côte d'Ivoire, en son article 34, confie au Président de la République, Chef de l'Etat, les charges de veiller à son respect et d'assurer la continuité de l'Etat.
Deuxièmement, et ce à titre personnel, je suis pour le respect des lois.
Le respect de lois connues de tous et applicables à tous est, selon moi, le gage d'une vie paisible en société, le ciment de la démocratie et de la liberté.
C'est pourquoi, je m'opposerai toujours à la prise du pouvoir par des voies autres que constitutionnelles.
C'est pourquoi également, je n'accepterai jamais la décapitation de l'Etat de Côte d'Ivoire.
C'est pour garantir la mise en œuvre du principe de la continuité de l'Etat, lorsque le déroulement normal des élections est rendu impossible, notamment en cas d'atteinte à l'intégrité du territoire national, que notre Constitution charge le Président de la République de demeurer en fonction.
Le Conseil Constitutionnel que j'ai interrogé le 26 novembre 2003 sur la question de savoir si l'occupation toujours actuelle par la rébellion d'une partie du territoire constituait un cas d'atteinte à l'intégrité du territoire, m'a répondu par l' affirmative, dans son avis en date du 17 décembre 2003.
Au total, l'impossibilité dans laquelle nous nous trouvons d'organiser les élections est imputable à la rébellion et à tous les partis qui l'ont soutenue dans son refus de désarmer malgré les engagements pris et malgré tous les efforts que nous avons consentis.
Aussi, lorsqu'en pareil cas, les élections ne peuvent pas se tenir, la Constitution charge le Président de la Commission Electorale Indépendante de saisir le Conseil Constitutionnel aux fins de constater officiellement les circonstances qui rendent impossible le déroulement normal des élections.
Mais la Commission Electorale Indépendante est actuellement inopérante; les membres de sa nouvelle Commission centrale ont déjà prêté serment de sorte que les anciens ne peuvent plus agir que pour gérer les affaires courantes et effectuer la passation des charges en vue de la mise en place du nouveau bureau.
Le nouveau bureau qui n'a pas été non plus installé ne peut agir puisque aucune passation de charges n'a été effectuée.
C'est pourquoi, vu l'extrême urgence, j'ai, usant de l'article 48 de la Constitution et suppléant en cela la carence du Président de la Commission Electorale Indépendante, saisi, avant-hier 28 octobre 2005, le Conseil Constitutionnel aux fins de constater les circonstances rendant impossible la tenue des élections.
Cette Haute juridiction a rendu, hier, 29 octobre 2005, une décision par laquelle il constate qu'il Y a atteinte à l'intégrité du territoire et que l'élection à la Présidence de la République n'ayant pu se tenir, il me charge, en ma qualité de Président de la République en fonction, d'assurer la continuité à la tête de l'Etat en demeurant dans lesdites fonctions.
Le Conseil Constitutionnel est seul habilité, en vertu de la Constitution, à constater la cessation des événements rendant impossible l'organisation des élections, c'est-à-dire à constater la réunification du pays et à ordonner la tenue de l'élection à la Présidence de la République.
C'est encore au Conseil Constitutionnel qu'il appartiendra, lorsque les résultats de cette élection seront connus, de les annoncer et de faire prêter serment au vainqueur de ce scrutin.
C'est à ce moment-là, lorsque le vainqueur de la prochaine élection aura prêté serment, et à ce moment-là seulement, que le Président actuel cessera ses fonctions.
Mais la Communauté Internationale nous enjoint d'achever ce processus dans douze mois au plus tard.
Je souhaite pour ma part que les élections aient lieu bien avant ces douze mois et c'est la mission que je confierai au nouveau Premier Ministre que nous désignerons dans quelques jours.
J'exercerai mes fonctions avec la même détermination que j'ai eue ces trois dernières années pour défendre notre pays et ses institutions.
Chers compatriotes,
Je saisis l'occasion de ce message pour remercier la Communauté Internationale.
Je remercie tout d'abord la CEDEAO et son Président Mamadou TANDJA, Président de la République du Niger;
Je remercie l'Union Africaine et son Président OLUSEGUN OBASANJO, Président de la République Fédérale du Nigeria;
Je remercie enfin le Conseil de Sécurité de l'ONU et les grandes puissances de ce monde, membres permanents dudit Conseil dont l'implication, aujourd'hui très nette dans la résolution de la crise, et la saine appréciation de la situation ivoirienne se sont traduites par le communiqué d’Addis-Abeba du 6 octobre 2005 et la résolution 1633 du Conseil de Sécurité.
Je réserve au nom du Peuple de Côte d'Ivoire des remerciements spéciaux au Médiateur que l'Union Africaine a choisi pour nous aider à obtenir la paix.
En votre nom à tous, je salue le Président Thabo MBEKI, qui restera dans la mémoire des ivoiriens comme un homme de bien et un grand leader africain.
Je saisis également l'occasion de ce message pour réaffirmer que la Côte d'Ivoire étant membre de l'Union Africaine et de l'Organisation des Nations Unies, les décisions que ces organisations viennent de prendre seront appliquées.
Nous continuerons de les appliquer avec d'autant plus de détermination et d'engagement qu'elles sont conformes à notre Constitution: le Président de la République continuera d'assurer la continuité de l'Etat et demeurera à la tête de celui-ci jusqu'à ce que l'élection à la Présidence de la République ait lieu.
Telle est la volonté des Ivoiriens exprimée dans notre Constitution votée par plus de 86% d'entre nous, le 23 juillet 2000, à l'occasion de son adoption par référendum.
Tel est également le sens du Communiqué de l'Union Africaine et de la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité.
Les décisions de ces organisations ne sont pas rendues au profit de ma personne.
Elles sont rendues au profit de la Côte d'Ivoire et de ses populations qui souffrent depuis plus de trois ans.
Elles constituent donc pour nous un ensemble de moyens pour nous aider à bâtir nous-mêmes la paix pour notre pays.
C'est pourquoi, je demande à ceux qui ont peur de la paix de prendre courage et de ne pas avoir peur du lendemain.
Il ne leur arrivera rien.
Je les assure de la protection de la loi.
Je demande également à ceux qui sont mus par leurs intérêts individuels ou partisans, de dépasser leur personne pour ne penser qu'à l'intérêt de notre pays.
Saisissons donc ces leviers que nous offre la communauté internationale à laquelle nous avons volontairement fait appel pour bâtir une paix définitive pour notre pays.
La mission qui vient de m'être confiée est constitutionnellement normale en ce qu'elle préserve notre pays des incertitudes.
Je m'en réjouis pour cela.
Mais ma conviction profonde est que notre pays.
Ne sortira de la crise que par les élections.
Il nous faut donc aller aux élections.
Tous les mécanismes sont aujourd'hui mis en place, notamment avec la présence du Haut Représentant de l'ONU chargé des élections pour que celles-ci soient transparentes.
Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !
Laurent GBAGBO
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DE LA MOUVANCE PARLEMENTAIRE POUR LA DEMOCRATIE ET LA PAIX SUR LA TRANSITION
Samedi 29 Octobre 2005
DECLARATION DE LA MOUVANCE PARLEMENTAIRE POUR LA DEMOCRATIE ET LA PAIX RELATIVE A LA TRANSITION APRES LE 30 OCTOBRE 2005
29 Septembre 2005
Assemblée Nationale
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Les Groupes Parlementaires PDCI-RDA, UDPCI et SOLIDARITE
DECLARATION DE LA MOUVANCE PARLEMENTAIRE POUR LA DEMOCRATIE ET LA PAIX RELATIVE A LA TRANSITION APRES LE 30 OCTOBRE 2005
- 28 Septembre 2005 -
La Mouvance Parlementaire pour la Démocratie et la Paix, l’un des acteurs majeurs de la mise en œuvre des différents Accords de paix, livre ici son analyse de la non-application desdits Accords et propose sa solution de sortie de crise.
Son analyse portera successivement :
sur le bilan chronologique de la mise en œuvre des Accords,
sur le vide constitutionnel et ses conséquences ;
Et sur la transition comme unique solution politique à la sortie de crise.
Bilan de la mise en œuvre des Accords de paix
24 janvier 2003, 29 septembre 2005, cela fera deux ans et plus de huit mois qu’aura été signé le premier Accord de paix entre ivoirien à Linas-Marcoussis, en France.
Accord de Linas-Marcoussis et d’Accra II
En dépit de quelques acquis tels que l’arrêt de la guerre, le maintien des Institutions Républicaines (la Constitution, le Président de la République, l’Assemblée Nationale, …) et la mise en place du Gouvernement de Réconciliation Nationale, ces importants accords dont l’objectif était de ramener la paix, de réunifier le pays et d’organiser des élections justes, transparentes et ouvertes à la date constitutionnelle, n’ont pu connaître une application satisfaisante du fait de multiples blocages perpétrés par le camp présidentiel.
A titre d’exemple :
L’empêchement par le camp présidentiel de l’arrivée, à Abidjan, du Premier Ministre du Gouvernement de Réconciliation Nationale, nommé à Paris ;
la récusation par le Président de la République des personnalités désignées par les parties signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis ;
le non fonctionnement du Conseil National de Sécurité, après la signature le 7 mars 2003 de l’Accord d’Accra II, qui a débouché sur un long feuilleton dans la désignation des Ministres en charge de la Défense et de la Sécurité ;
les nombreux dysfonctionnements du Gouvernement de Réconciliation Nationale.
Ces différents blocages et tergiversations volontaires étaient l’expression visible de l’hostilité du camp présidentiel à ces accords de paix.
Que ce soit le Président de la République, le parti FPI, ou son Groupe Parlementaire, ils exprimaient leur opposition systématique à la mise en œuvre de cet accord qui, selon eux, ne saurait être au dessus de la Constitution.
La loi d’amnistie est la seule loi que le Groupe Parlementaire FPI après moult débats daignera voter pour toute l’année 2003.
Durant le premier semestre 2004, le FPI et son Groupe Parlementaire vont instaurer un débat superflu sur la nécessité d’organiser un référendum, dans un pays divisé en deux, sur l’amendement du Code Foncier Rural, du Code de la nationalité et la révision de l’article 35 de la Constitution se rapportant à l’éligibilité à la Présidence de la République.
Toutes ces manoeuvres dilatoires permirent, par l’achat des consciences, de débaucher des Députés des Groupes Parlementaires PDCI-RDA, UDPCI et Solidarité au profit du Groupe Parlementaire FPI. Ces Députés de l’opposition, pourtant élus dans des circonscriptions situées dans des zones occupées, aideront les Députés du Groupe Parlementaire FPI à dénaturer de façon flagrante toutes les réformes législatives résultant de l’Accord de Linas-Marcoussis. Leur prétexte était que le mandat du Député n’est pas impératif et cela au mépris des souffrances endurés par les ivoiriens et particulièrement par celles des populations des zones occupées.
Faut-il rappeler que l’Accord de Linas-Marcoussis engage les partis politiques signataires, représentés à l’Assemblée Nationale, à garantir le soutien de leurs Députés à la mise en œuvre du programme gouvernemental issu dudit accord.
La tentative d’établir définitivement la vérité de l’écrasante majorité favorable aux accords, par une marche pacifique le 25 mars 2004, sera sauvagement réprimée dans le sang entraînant plus de cinq cent morts, des milliers de blessés et disparus.
Un autre argument qu’utilisait le camp présidentiel pour justifier ses multiples blocages était que le Président de la République n’étant pas signataire de l’Accord Linas-Marcoussis, il ne se sentait pas lié par ledit accord.
Entre autres, pour surmonter cette difficulté et lever les blocages, les signataires furent invités avec le Président de la République et le Premier Ministre, par la CEDEAO, à une réunion à Accra les 29 et 30 juillet 2004 en présence du Président de l’Union Africaine et du Secrétaire Général de l’ONU.
Accord d’Accra III
Signé le 30 juillet 2004, l’Accord d’Accra III offrait deux avantages notables, la signature du Président de la République et un chronogramme précis :
Achèvement des réformes législatives, pour la fin Août 2004 ;
Révision des critères d’éligibilité à la Présidence de la République avant la fin du mois de Septembre 2004.
Démarrage du processus DDR, le 15 Octobre 2004.
Malgré la signature du Président de la République, ce dernier accord connaîtra le même sort que les précédents.
En lieu et place de l’application de ces accords, le camp présidentiel choisira délibérément l’option de la guerre.
Après une campagne médiatique intense faite de menaces, d’incitation à la haine et à la violence animée par le camp présidentiel et le FPI, intervint les 4, 5 et 6 novembre 2004 la violation du cessez-le-feu par le camp présidentiel, avec de nombreux morts, des destructions massives et pillages de biens, des délocalisations et fermetures d’entreprises et d’Ambassades et l’aggravation du chômage dans notre pays.
La médiation du Président THABO M’BEKI interviendra dans cette atmosphère délétère.
Malgré cela, les textes adoptés en fin décembre 2004 resteront non-conformes aux accords.
En outre, la révision de l’article 35, adoptée par le Parlement à la majorité des 4/5 de ses membres, restera inachevée en dépit des recommandations de l’Accord d’Accra III qui permettait au Président de la République d’utiliser les pouvoirs que lui offre la Constitution pour parachever la procédure.
Accords de Pretoria
Avec l’accord de Pretoria I du 6 avril 2005, le Président Laurent GBAGBO utilise l’article 48 de la Constitution pour régler la question de l’éligibilité et de révision des textes de loi dénaturés.
Mais, les Députés FPI empêchent la réunion de l’Assemblée Nationale contrairement à l’article 48 qui exige que « l’Assemblée Nationale se réunit de plein droit » pour se prononcer sur les décisions contenues dans le message du Président à la Nation.
L’Accord de Pretoria II du 29 juin 2005 permit de fixer un échéancier précis :
15 juillet 2005, adoption des amendements rédigés des lois dénaturées ;
fin juillet, mise en place de la CEI ;
20 août désarmement et démantèlement des milices ;
8 octobre 2005, achèvement du DDR.
Jusqu’au 15 juillet, alors que le Parlement était en session, le Président de l’Assemblée Nationale et le Groupe parlementaire FPI firent tout pour empêcher la réunion de l’Assemblée Nationale et éviter ainsi de se dédire.
En effet, ils avaient promis de maintenir leurs amendements si les textes dénaturés revenaient au Parlement.
Les événements dramatiques de Petit DUEKOUE et GUITROUZON qui ont servi de prétexte à la sortie du Groupe Parlementaire FPI de l’Assemblée Nationale n’ont jamais fait l’objet de débat parlementaire malgré la saisine des Députés de la Mouvance Parlementaire pour la Démocratie et la Paix.
Sans une loi d’habilitation pour prendre des ordonnances, le Président Laurent GBAGBO prit des Décisions, hors du Conseil des Ministres, pour amender les lois dénaturées.
Ces Décisions, sont en principe juridiquement inférieures à un décret pris en Conseil des Ministres et encore de moindre importance par rapport à une ordonnance et à une loi.
Et pourtant, ces décisions ont la vocation de modifier des lois ou même la Constitution.
Tout se passe désormais comme si l’Assemblée Nationale était dissoute, le Chef de l’Exécutif pouvant recourir librement à l’article 48 sans que l’Assemblée Nationale ne se réunisse de plein droit, comme le dispose l’article 48 de la Constitution, pour se prononcer sur l’opportunité et la portée des décisions prises. Pendant ce temps, le Président de l’Assemblée Nationale se consacre librement à la campagne électorale et à la croisade patriotique, anticolonialiste et sectaire.
Le 2 septembre 2005, alors que le camp présidentiel et la médiation sud africaine clamaient haut et fort que les décisions du Président Laurent GBAGBO du 15 juillet étaient conformes aux Accords de Pretoria, le Président de la République fait publier de nouvelles décisions (datées du 29 août 2005) qui amendent les décisions du 15 juillet.
A un mois de la fin du mandat du Président Laurent GBAGBO, nous sommes au regret de constater, contrairement à son message à la Nation du 27 septembre 2005, que beaucoup d’engagements pris dans les accords de paix restent à être tenus, à savoir :
les réformes législative et constitutionnelle ;
les milices ne sont pas effectivement démantelées ;
le DDR est loin d’être bien engagé ;
le pays n’est pas réunifié et l’Administration n’est pas redéployée ;
l’identification des populations n’est pas faite sur toute la Côte d’Ivoire ;
les listes électorales ne sont pas révisées.
Durant cette crise, le fonctionnement de l’Assemblée a été souvent bloqué par les Députés du Groupe Parlementaire FPI.
Les intimidations, les menaces verbales et physiques des Députés par des Députés FPI ou les « sorbonnards », les achats de conscience et la mauvaise foi ont émaillé les travaux parlementaires qui étaient retransmis en direct à la télévision et à la radio.
Non ! Contrairement à ce qu’affirme le Président Thabo Mbéki, médiateur de la crise, le Président Gbagbo “n’a pas fait sa part“. et ce, d’autant plus qu’il occupe la fonction de Président de la République, fonction qui le rend plus que tout autre responsable de la crise.
Le Président de la République et son clan rusent avec les accords depuis trois ans, ils sont donc entièrement responsables de la non tenue des élections Présidentielles du 30 octobre 2005.
Le vide constitutionnel
L’article 35 de la Constitution dispose que le mandat du Président de la République est de 5 ans.
Selon l’article 36, « le premier tour du scrutin a lieu dans le courant du mois d’octobre de la cinquième année du mandat du Président de la République ».
Si au cour de l’élection présidentielle ou à la proclamation des résultats, en octobre, comme défini par l’article 36 ci-dessus, des événements ou circonstances graves (atteinte à l’intégrité du territoire, …) rendaient impossible le déroulement normal des élections ou la proclamation des résultats, l’article 38 autorise l’arrêt des opérations électorales ou décide de la suspension de la proclamation des résultats.
Pour appliquer l’article 38, il faut que l’élection ait effectivement démarré avant les événements.
Dans le cas de la crise actuelle qui a démarré depuis le 19 septembre 2002 avec les accords de cessez le feu, de Linas-Marcoussis, d’Accra et de Pretoria, l’article 38 ne peut être d’aucun secours.
L’article 39 de la Constitution règle les conflits de compétence entre le Président sortant et le Président entrant. Les pouvoirs du Président entrant ne prennent effet qu’à compter de sa prestation de serment.
Quand il n’y a pas eu d’élection au terme du mandat du Président sortant, l’article 39 ne peut être appliqué.
Par ailleurs, l’article 40 confie l’intérim du Président de la République au Président de l’Assemblée Nationale, en cas de vacance par décès, démission ou empêchement absolu, quand le mandat du 1er est en cours. Après fin octobre 2005, le mandat du Président de la République expire et donc il n’y aura pas d’intérim à assurer au-delà de cette date.
A partir du 30 octobre 2005, le Président Laurent GBAGBO n’aura plus de pouvoir pour recourir à l’article 48 et prolonger son mandat en s’appuyant sur des événements déclenchés depuis le 19 septembre 2002 dont la résolution a fait l’objet d’accords de paix que le Président de la République n’a pas voulu appliqués sincèrement durant près de trois ans.
Face à ce vide constitutionnel, les diverses manoeuvres dilatoires qui nous y ont conduit et les nombreux engagements pris dans les accords non encore tenus, une transition s’impose.
Au demeurant des personnalité ayant joué un rôle important dans la CCCE qui a rédigé cette Constitution telles que le Professeur OURAGA OBOU ou l’ex-Maire Blé Blé Charles, des personnalités reconnues pour leur compétence en droit constitutionnel telles que le pr Wodié, affirment régulièrement qu’en cas de non tenue d’élection le 30 octobre 2005, il y a vide constitutionnel.
Malgré ces avis éclairés et objectifs le Pr Gbagbo persiste à vouloir se maintenir au pouvoir après le 26 octobre 2005 en l’absence d’élections présidentielles.
En tout état de cause, voyons quelle sera la situation de Laurent Gbagbo le 26 octobre 2005 à minuit ?
Sur la moitié nord du pays représentant 55% du territoire, il n’est plus reconnu comme Président de la République.
Dans les 45% restant au sud, sur les quatre (4) partis politiques pouvant revendiquer des élus aux trois élections générales et locales (législatives, municipales et départementales), trois de ces partis, à savoir : le PDCI-RDA, le RDR, l’UDPCI et leurs militants ne reconnaissent plus Monsieur Gbagbo Laurent comme Président de la République. Au total donc sur le 45% restant, il y au mieux le ¼ des populations qui le reconnaissent comme Président.
Le 26 octobre 2005 à minuit, Monsieur Gbagbo ne pourra donc revendiquer que 11 à 15 % de la population totale de la Côte d’Ivoire.
A partir de ce constat simple, du point de vue de la légalité et de la légitimité, Monsieur Gbagbo Laurent n’est plus Président de la République de Côte d’Ivoire.
La Communauté Internationale devra en tirer toutes les conséquences.
Par ailleurs le Président de la République dit déplorer le désastre humanitaire, scolaire et sanitaire dans les zones occupées, ce qui laisse sous entendre que tout irait pour le mieux en zone gouvernementale.
Que le Président de la République sache que si le clan présidentiel vit dans l’opulence, le quotidien de la majorité des ivoiriens en zone occupée comme en zone gouvernementale également est fait d’insécurité, de misère totale interdisant la sérénité, l’accès aux soins de santé primaire et à la scolarité.
Il faut donc une transition consensuelle qui apaise les ivoiriens, les réconcilie effectivement et le remette au travail. C’est d’ailleurs l’option de huit (8) des dix signataires des accords de paix.
La transition
Elle aura pour mission de permettre la réalisation de engagements pris dans les accords mais non encore tenus à savoir :
l’achèvement des réformes législatives et constitutionnelles;
la révision de la Constitution de 2000;
le désarment et démantèlement des milices;
la sécurité des biens et des personnes ;
le règlement des problèmes d’atteinte grave aux droits de l’homme ;
la mise en œuvre du DDR et la formation d’une nouvelle armée plus républicaine;
la réunification du pays et le redéploiement de l’Administration;
l’identification des populations;
la révision des listes électorales sur toute l’étendu du territoire national ;
l’organisation du référendum ;
l’organisation d’élections justes, transparentes et ouvertes.
Il conviendra d’organiser une transition qui tirera des leçons des faiblesses du Gouvernement de Réconciliation Nationale.
Organisation de la transition
Un consensus politique permettra, de mettre en place un Gouvernement de transition dirigé par un Chef d’Etat et composé d’une trentaine de personnalités crédibles et compétentes et s’engageant à ne pas compétir à l’élection présidentielle prochaine.
Cette transition, devra faire achever les réformes législatives et constitutionnelles.
Durée
L’ampleur et la nature des tâches à exécuter énumérée ci-dessus, impose un temps d’exécution qui ne saurait s’assimiler à celui d’un simple report technique sous peine de voir perdurer la crise.
La durée de la transition est déterminée par une évaluation fine et précise des actions à mener,
Cette durée devrait se situer aux environs de quatorze (14) mois pour la bonne exécution des misions essentielles qui lui sont assignées et qui sont énumérées en annexe.
Conclusion
La Mouvance Parlementaire pour la Démocratie et la Paix se félicite de ce que l’Union Africaine et la CEDEAO vont s’impliquer davantage dans la résolution de cette grave crise que traverse notre pays et leur demande de soutenir la mise en place rapide d’une transition politique dès le 26 octobre 2005 pour éviter un embrasement généralisé de notre pays déjà meurtrie et fragilisé.
Groupe Parlementaire Solidarité KONE Ousmane
Groupe Parlementaire UDPCI NOUTOUA Youdé Célestin
Groupe Parlementaire PDCI-RDA OUASSENAN KONE Gaston
INTERVIEW DE M.LAURENT DONA FOLOGO PRESIDENT DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE EN COTE D'IVOIRE
Samedi 29 Octobre 2005
Laurent Dona-Fologo, Président du Conseil économique et social :
“Après le 30 octobre, il n’y aura rien”
La tension politique exacerbée avec les déclarations des opposants crée une psychose que le président du CES veut enrayer.
M. le président, vos rapports avec le Chef de l’Etat sénégalais se sont améliorés depuis Abuja?
En vérité, il n’ y a pas de problème entre le Président Wade et moi. Je suis trop petit pour me battre contre un Chef d’Etat.
Je n’étais à Abuja qu’un modeste représentant mandaté par le Président de la République de Côte d’Ivoire. Par rapport à mon éducation et à la formation que j’ai reçue du Président Félix Houphouet-Boigny, il était hors de question que je fasse des vagues, que je manque de respect à un Chef d’Etat.
Ceci étant, j’avais un dossier tout à fait clair! Et je tenais à le défendre.
Depuis le début de la crise, j’ai toujours défendu avec clarté et fermeté les intérêts de la République; et ce n’est pas à Abuja que j’allais changer. Au moment où le Président Mbeki est presqu’au terme de sa mission, on veut nous renvoyer à la case départ! Pour faire quoi? Pour dire quoi que nous n’ayons déjà entendu? En tout cas, je ne pouvais accepter cela! Et je dois vous dire que les Chefs d’Etat à Abuja ont admis qu’il y avait certains aspects de la crise ivoirienne que jamais on ne leur avait révélé. Certains ne savaient pas que l’on avait imposé au Président Gbagbo un Premier ministre, des quotas de ministres, etc. Si bien qu’il ne peut remanier personne!
On parle beaucoup de transition en ce moment?
Transition? Quelle transition? Nous vivons une transition depuis Marcoussis jusqu’à aujourd’hui! Personnellement, je ne voudrais plus entendre parler de transition parce que nous voyons que ce type de transition a été négatif pour la Côte d’Ivoire.
Le Président Bongo a décidé de retirer leur passeport aux opposants gabonais qui s’expriment haut et fort à l’étranger. Comment jugez-vous ce comportement?
J’hésite à porter un jugement sur ce que font les autres chez eux. Mais ce que je constate, c’est que chaque pays a ses réalités et que nos amis étrangers respectent ces réalités lorsque vous êtes blanc, mais pas lorsque vous êtes noir! Il y a comme deux poids, deux mesures, lorsqu’on traite les problèmes africains. C’est l’une des graves faiblesses de notre continent. Vous me parlez du Président Bongo, mais il y en a d’autres qui ont changé la Constitution pour se présenter à nouveau, d’autres encore où tous les membres de la Commission électorale indépendante sont nommés par le Président de la République, Il y en a enfin qui ferment des radios, il y a des gens qui ont des rebellions qui durent depuis des années que tout le monde combat, alors que l’on dorlote la nôtre. Et personne ne dit rien!
Le G7 vient de prendre le contrôle de la CEI. Pensez-vous que les choses vont en rester là?
Là aussi, c’est un acte qui m’attriste.... Et c’était prévisible ! Lorsque l’on a tripatouillé ce projet de loi sur la nouvelle CEI, j’ai dit que l’on fait tout pour dégager une certaine majorité au sein de cette organisation. Je ne sais d’ailleurs à quelle fin. Car il faut savoir que cet organisme, comme son nom l’indique, est indépendant et doit organiser de façon rigoureuse le déroulement et le contrôle des élections. Et faire en sorte que les résultats soient acceptables par tous. Alors, se battre pour contrôler cet organisme ne me parait pas sain. J’espère que les choses rentreront dans l’ordre grâce à la justice ivoirienne.
La suspension du Général Poncet et l’alignement de la France sur les décisions de l’Union africaine ne sont-ils pas de nature à rapprocher les Présidents Gbagbo et Chirac?
Je ne porterai pas de jugement sur une telle décision qui ne regarde que les Français. Ceci étant, en ce qui me concerne, je pense que nous n’avons pas besoin de ce genre d’opérations pour travailler dans le sens du rapprochement. Je pense qu’il faut admettre une fois pour toutes que les temps changent; que les hommes aussi changent. Le monde lui-même change... Il est donc urgent d’en tenir compte. A l’Elysée, j’ai dit qu’il ne fallait surtout pas minimiser ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Il s’agit pour nous d’une réadaptation et non d’un rejet de la France ; c’est tout !
M. le Président, le port, l’eau et l’électricité de Côte d’Ivoire ont été confiés à nouveau à des entreprises françaises. Cela veut-il dire que le discours nationaliste de rupture avec le passé est en train de s’estomper?
Ecoutez, le Président Gbagbo vient de signer plusieurs contrats économiques importants avec les mêmes partenaires ; je crois que c’est un signal fort! Je crois que c’est la preuve que la diabolisation dont le président Gbagbo a été l’objet est mauvaise. Très tôt, on a pensé que cet ancien révolutionnaire n’était pas capable d’adaptation. Il est parvenu à améliorer le contenu des contrats sans en changer les partenaires et refuser des dessous de table. Voici la preuve qu’il reste profondément attaché à son pays et à l’Afrique. De la même manière, la France doit reconnaître que le 6 novembre 2004 la Force Licorne a poussé la réaction un peu trop loin. Cela pourrait être un autre signal de rapprochement.
Pensez-vous qu’il se passera quelque chose après le 30 octobre à Abidjan ?
Il y en a qui veulent mettre en péril la vie des enfants des autres en les poussant dans la rue, c’est vraiment triste ! Quand je vois les soi-disant houphouétistes annoncer la fin de la Côte d’Ivoire le 30 octobre et réclamer en même temps la désignation du Premier ministre, c’est à ne rien y comprendre. En tout cas, je puis vous assurer que le 30, il ne se passera rien. Sauf que le lendemain, nous serons le 31.
Propos recueillis par MOMO LOUIS,
Correspondant permanent à Paris
COTE D'IVOIRE / APPEL DU GRAND MEDIATEUR DE LA REPUBLIQUE AUX HOMMES POLITIQUES ET A TOUS LES IVOIRIENS
Samedi 29 Octobre 2005
Mes Chers Compatriotes,
Chers amis de la Côte d'Ivoire,
La lueur d'espoir de sortie de la crise qui secoue dangereusement la Côte d'Ivoire depuis plus de trois ans a fait place, hélas, à la désillusion, au grand dam des populations de notre pays.
Depuis son lit de malade en France où il se trouve en traitement, le Médiateur de la République, Monsieur Mathieu Ekra, le cœur meurtri par les nouvelles alarmantes qu'il reçoit de son pays, nous a chargés, toutes affaires cessantes, de nous adresser a vous en son nom.
C'est donc en ma qualité d'intérimaire du Médiateur de la République et de doyen des Médiateurs régionaux de Côte d'Ivoire que je prends la parole pour vous transmettre son message dont teneur suit.
Ivoiriennes, Ivoiriens, la situation qui prévaut dans notre pays, marquée depuis quelque temps par des rebondissements inattendus, interpelle notre conscience collective.
Si nous ne faisons rien pour désamorcer, dès cet instant, la tension perceptible engendrée par ce nouvel état de choses, nous risquons de nous porter complices et comptables devant l'histoire de la destruction de la Côte d'Ivoire que nous prétendons aimer parce qu'il s'agit bien de notre pays.
Ivoiriennes, Ivoiriens, il est des circonstances où l'orgueil n'a pas sa place.
Tel est le cas dans la situation qui nous préoccupe.
Il est hors de question de jouer avec la vie de la Nation et du peuple de Côte d'Ivoire martyrisés, angoissés, livrés aux ambitions de toutes sortes exacerbées par la haine viscérale que se vouent les leaders politiques, alors que la science politique est d'essence sociale excluant toutes formes d'intrigues.
C'est pourquoi, sur notre foi en Dieu, notre créateur commun, nous affirmons notre confiance irréversible en tous ceux dont dépend aujourd'hui le retour définitif à une situation apaisée, empreinte de sérénité, de concorde et d'amour sincères.
Dans cette perspective, nous, Mathieu Ekra, en notre qualité de doyen et de Médiateur de la République, conjurons, au nom de la Côte d'Ivoire, les Ivoiriens de tous bords d'accepter l'ultime résolution 1633 du Conseil de sécurité.
Cet appel s'adresse aux Forces de défense et de sécurité des FANCI, aux Forces Nouvelles, aux leaders des partis politiques et à leurs militants, à la jeunesse, aux femmes, aux membres de la société civile, à la presse, bref, à toutes les composantes de la société ivoirienne, ainsi qu'à tous les partenaires internationaux de la Côte d'Ivoire venus aider notre pays
Qu'il nous suffise de procéder à une introspection pour analyser sainement, avec le sens de la responsabilité vraie, la situation qui prévaut dans notre Côte d'Ivoire commune.
Avons-nous intérêt à ce que notre pays s'embrase une fois de
plus avec tout le cortège d'exactions, de tueries, de déplacés et d'exilés ? Pouvons-nous nous permettre d'oublier que la Côte d'Ivoire, pays essentiel, joue un rôle pluridimensionnel et éminent dans la sous-région qui est la sienne et qu'à ce titre, elle a l'obligation de se montrer digne de respect ?
Ivoiriennes, Ivoiriens, il est encore temps de faire quelque chose pour que nous nous retrouvions au chevet de la mère patrie momentanément malade.
Le destin des pays et des peuples se trouve entre les mains de Dieu qui dispose d'un plan pour chacun.
Il faut nous ressaisir en prêtant une attention particulière à l'inspiration divine ,seule à même de nous libérer de notre orgueil pour nous conduire sur le chemin du dialogue incontournable en toutes circonstances.
Désarmons nos esprits, désarmons nos cœurs, désarmons nos mains, désarmons nos propos, désarmons nos plumes. Disons-nous tout simplement que celui qui est en face de nous est un être humain qui a droit à son intégrité physique, à la vie comme nous-mêmes. La violence n'a jamais réglé de problème de façon durable. La vengeance, qui appelle une réplique, peut toujours tout remettre en cause.
Il est donc préférable de solutionner les antagonismes par la recherche forcenée du dialogue, de la discussion empreinte de bonne foi et de bonne volonté, surtout lorsqu'il s'agit, nous le répétons, de la vie d'une nation et de son peuple.
Chers Compatriotes, Chers Amis de la Côte d'Ivoire, tel est le sens de l'appel que m'inspire la situation déplorable dans laquelle notre pays se trouve à nouveau plongé, malgré le désir de chacun de nous tous de mettre fin à la dégradation de son tissu socio-économique et aux souffrances des populations.
Nous vous en supplions, soyons réconciliés avec nous-mêmes et avec Dieu.
Veuille le Tout-Puissant étendre sa générosité et sa paix sur la Côte d'Ivoire et sur tous ceux qui l'habitent et nous accorder une issue heureuse à cette énième tension.
Nous vous remercions de nous avoir écoutés et compris, nous l'espérons.
Fait à Abidjan,
le 28 octobre 2005
Mathieu Ekra
Médiateur de la République
SENEGAL /COMMUNIQUES RELATIFS AU RETABLISSEMENT DES RELATIONS DIPLOMATIQUES DU SENEGAL AVEC LA REPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE
Vendredi 28 Octobre 2005
COMMUNIQUE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES
- RETABLISSEMENT DES RELATIONS DIPLOMATIQUES AVEC PEKIN
Le Gouvernement de la République du Sénégal a rendu effective le Mardi 25 Octobre, à 11 heures, l’importante décision de renouer les relations diplomatiques avec la République Populaire de Chine. Le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères du Sénégal, en visite officielle à Pékin, a signé avec son Homologue chinois, au cours d’une cérémonie solennelle, le Communiqué conjoint annonçant le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays.
Cette décision historique prise par le Chef de l’Etat, Son Excellence Maître Abdoulaye WADE, résulte d’une analyse objective et approfondie de la géopolitique mondiale et correspond parfaitement aux intérêts fondamentaux de notre pays et à l’esprit de sa nouvelle diplomatie. Cette diplomatie inspirée et définie par le Président de la République est une diplomatie d’équilibre, de réalisme, de souveraineté, de paix et de développement au service de l’intérêt national et de la promotion de la cause africaine.
Le Gouvernement de la République du Sénégal tient à exprimer ses chaleureuses félicitations au Chef de l’Etat, S.E. Maître Abdoulaye WADE, pour cette décision opportune qui traduit sa claire vision des enjeux du monde contemporain et son attachement à la promotion de l’image de notre pays dans le monde. Le gouvernement mettra tout en oeuvre pour assurer une coopération exemplaire et mutuellement avantageuse avec la République Populaire de Chine.
DAKAR, le 25 Octobre 2005
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COMMUNIQUÉ CONJOINT SUR LE
RÉTABLISSEMENT DES RELATIONS DIPLOMATIQUES
ENTRE LA RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL
ET LA RÉPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE.
I. Conformément aux intérêts et aux aspirations des peuples sénégalais et chinois, la République du Sénégal et la République Populaire de Chine ont décidé de rétablir leurs relations diplomatiques au niveau d’ambassadeurs à partir du 25 octobre 2005.
2. La République du Sénégal et la République Populaire de Chine sont convenues d’échanger de nouveau des ambassadeurs et de s’accorder, sur la base de la réciprocité, des facilités pour le fonctionnement de leurs ambassades respectives.
3. Le Gouvernement de la République Populaire de Chine soutient le Gouvernement de la République du Sénégal dans ses efforts déployés pour la sauvegarde de la souveraineté d’État et le développement de l’économie nationale. Le Gouvernement de la République du Sénégal reconnaît qu’il n’y a qu’une Chine dans le monde, que le Gouvernement de la République Populaire de Chine est l’unique gouvernement légal représentant toute la Chine et que Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois, Le Gouvernement de la République Populaire de Chine apprécie cette position du Gouvernement de la République du Sénégal.
DAKAR, le 25 Octobre 2005
SENEGAL / REUNION DE L'AEWA
Vendredi 28 Octobre 2005
La 3ème session de la Réunion des Parties Contractantes de l’Accord sur la Conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique –Eurasie (AEWA),s'est tenue à Dakar, du 23 au 27 octobre 2005.
Cette réunion a vu la participation d’environ 150 délégués de 68 pays, dont 40 contractants à l’Accord, des représentants des organisations intergouvernementales, des ONG nationales et internationales.
Les cérémonies d’ouverture et de clôture ont été présidées par le Ministre sénégalais de l’Environnement et de la Protection de la nature, M. Thierno LO en présence de nombreuses personnalités du monde politique , diplomatique et d'experts
L'Ambassade y a pris part activement à tous les travaux de groupe ou en séance plénière.
Madagascar a proposé d’abriter la 4ème session de la Réunion des Parties Contractantes de l’Accord en fin 2008, ce qui a été favorablement accueilli et adopté à l’unanimité par l’Assemblée.
A l’ordre du jour de la réunion ont aussi figuré
- la présentation du rapport des activités du Secrétariat de l’AEWA par le Secrétaire Exécutif, M. Bert LENSEN,
- l’examen de la mise en œuvre des Priorités internationales 2006-2008,
- la mise en oeuvre du projet FEM relatif à l'itinéraire de migration Afrique-Eurasie,
- le développement d'un partenariat international pour l'estimation des populations des oiseaux d'eau migrateurs.
Les discussions ont en outre porté sur
- la mise en œuvre de l’Accord et du plan d’action, les plans d’action internationaux par espèce, les dispositions institutionnelles et les questions financières et administratives. Une vingtaine de résolutions ainsi qu’une décision, ont été adoptées.
Une résolution sur la question de la grippe aviaire qui a fait l’objet d’une discussion nourrie, a aussi été adoptée par l'Assemblée.
Une réunion du groupe africain s’est également tenue et a abouti à l'adoption d'une résolution mettant l’accent sur la collaboration l’AEWA - Union africaine et volet Environnement du NEPAD.
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN (FPI) SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE DE L'APRES 30 OCTOBRE 2005
Vendredi 28 Octobre 2005
Le Front Populaire Ivoirien, (FPI) en a certainement assez des élucubrations et autres menaces sur la paix sociale que la coalition politico-armée dite "G7", fait planer constamment sur la Côte d’Ivoire. En effet, par ses déclarations tendancieuses et pernicieuses sur l’après 30 octobre, le "G7" n’a eu de cesse d’effrayer les braves populations ivoiriennes qui n’aspirent qu’à la paix.
Ce vendredi 28 octobre 2005, au cours d’une conférence de presse tenue à son siège, le président du (FPI), monsieur Pascal Affi N’guessan est sorti de sa réserve pour mettre le holà à cette attitude belliqueuse du "G7"...
Quoiqu'habitué aux frasques, aux manœuvres dilatoires, aux revendications intempestives, à la surenchère et aux chantages éhontés de l'opposition politico-armée regroupée au sein du G7 (coalition de quatre (4) partis d'opposition et de trois (3) mouvements armés), le Front Populaire Ivoirien (FPI) avait néanmoins espéré qu'avec la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l'ONU qui vient d'entériner les décisions prises par les le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine (UA) le 06 Octobre 2005 à ADIS-ABEBA, le G7 se déciderait enfin à emprunter la voie de la sagesse, du dialogue républicain et de la paix pour abréger la souffrance des Populations ivoiriennes durement éprouvés depuis trois ans.
Hélas, le G7 a décidé de ne pas changer ni d'objectif, ni de ligne; de ne pas renoncer à la logique de la rébellion et de la violence verbale et physique.
Le G7 a décidé de persister dans la mauvaise foi, dans les positions irresponsables, incohérentes et contradictoires.
1- LES POSITIONS DU G7 SUR LA RESOLUTION 1633 DU CONSEIL DE SECURITE
A partir d'une interprétation fallacieuse de la Résolution de l'ONU, le G7 affirme dans sa déclaration du 25 Octobre 2005, « qu'à compter du 30 octobre 2005, le Président Laurent Gbagbo ne peut se prévaloir de la qualité de Président de la République ».
Le G7 réaffirme ensuite son opposition au fait que le Président Laurent Gbagbo demeure Chef de l'Etat et demande aux Ministres issus de ses rangs de boycotter le Conseil des Ministres à partir du 26 Octobre 2005.
Le G7 revendique « le pouvoir de désigner en son sein le nouveau Premier Ministre» et demande que la nomination de ce dernier « se fasse par une décision du Groupe International de Travail ».
Poursuivant dans la mauvaise foi, le G7 proclame que les Ministres seront exclusivement responsables devant le Premier Ministre et que celui-ci aura « à titre exclusif» les pouvoirs qui sont constitutionnellement dévolus au Président de la République, notamment les pouvoirs de nommer les membres du Gouvernement, de signer et promulguer les décrets et ordonnances, exécuter les lois et décisions de justice, accréditer les Ambassadeurs, nommer aux emplois civils et militaires, assurer les fonctions de Chef Suprême des Armées, présider le Conseil des Ministres et le Conseil Supérieur de la Magistrature, assurer la tutelle de l'Inspection Générale d'Etat, négocier et ratifier les traités et Accords internationaux, etc.
S'agissant de l'Assemblée Nationale, le G7 «propose» qu'elle «n'ait pas le pouvoir de légiférer» et qu'elle soit réduite « à une fonction consultative» après le 30 Octobre 2005.
En ce qui concerne le Conseil Constitutionnel «des mesures concrètes devraient être prises par le GIT» selon le G7 «pour empêcher cette Institution d'entraver le processus Electoral ».
Joignant l'acte à la parole, le G7 mène depuis plusieurs jours une véritable campagne d'intoxication de l'opinion, d'appel à la violence, de menace à l'ordre public, d'incitation à la haine et au meurtre.
Ses jeunes promettent l'enfer aux Ivoiriens le 30 Octobre 2005; ses femmes appellent à la désobéissance civile, la presse proche du G 7 se chargeant de véhiculer et d'amplifier tout ce qui concourt à l'exacerbation des tensions sociales, à la dégradation de l'environnement socio-politique, à la déstabilisation des Institutions de la République et à compromettre le processus de paix.
2 - POSITON DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN (FPI)
Le FPI s'indigne de ce comportement démoniaque et de la logique du 'pire dans laquelle le G 7 s'est enfermée; Le FPI est profondément attristé par l'attitude foncièrement violente, égoïste, anarchiste, anti-républicaine du G7.
Il condamne avec la dernière énergie les appels à la violence et au désordre;
Le FPI rappelle que la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l'ONU n'a ni modifié, ni suspendu, ni aboli la Constitution Ivoirienne.
La Côte d'Ivoire demeure un Etat indépendant et souverain.
Le point 4 de la décision du 06 Octobre 2005 du Conseil de Paix et de Sécurité de l'U.
A.
«réaffirme l'attachement de l'U.
A.
au respect de la souveraineté, de l'indépendance, de l'intégrité territoriale et de l'Unité de la Côte d'Ivoire ».
L'ONU adhère à cette position et s'est refusé à travers la Résolution 1633 à emprunter la voie des situations d'exception, la voie de la Transition, la voie du chaos exigée par le G7.
C'est en vertu de la Constitution Ivoirienne (art.
39) que le Président de la République Laurent Gbagbo «demeure Chef de l'Etat» jusqu'à l'élection d'un nouveau Président au plus tard le 31 Octobre 2006.
Cette Constitution est très explicite, notamment en ses articles 41 et 53 en ce qui concerne les rapports entre le Président de la République et le Premier Ministre:
-Le Président de la République est détenteur exclusif du pouvoir exécutif; il nomme le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, qui est responsable devant lui ;
-Le Président de la République peut, par décret, déléguer certains de ses pouvoirs au Premier Ministre et aux membres du Gouvernement.
C'est sur la base de ces dispositions qu'ont été bâtis tous les Accords de paix et toutes les Résolutions de l'ONU.
, notamment Accra II visé dans la Résolution 1633 et en particulier le décret n° 2004 - 384 du 9 Août 2004 qui ont définitivement réglé la question de la délégation de pouvoirs du Président de la République au Premier Ministre.
Il est par conséquent totalement farfelu et particulièrement affligeant de penser, d'écrire et de diffuser de telles absurdités, s'agissant des pouvoirs du Premier Ministre, de son mode de désignation et de nomination.
Le futur Premier Ministre sera une personnalité «acceptable pour tous» c'est à dire une personnalité d'ouverture et de dialogue, attachée aux valeurs de la République et de la Démocratie, respectueux des Institutions et de la légalité, engagée en faveur de la réunification du pays et de la réconciliation nationale, et disposant des capacités et de l'autorité nécessaires pour conduire efficacement sa mission.
Ce n'est pas dans la rébellion que la Côte d'Ivoire trouvera une telle personnalité.
L'expérience d'un Premier Ministre issu de la Rébellion a été un échec lamentable.
Non seulement le G7 n'aura pas le pouvoir de désigner en son sein le nouveau Premier Ministre, mais qu'il ne s'attende pas à envahir le futur gouvernement (qui devra être restreint), pour le désorganiser et le paralyser comme cela est le cas du Gouvernement actuel.
Le Front Populaire Ivoirien invite donc le G7 à s'inscrire dans la logique de la paix tracée par la Résolution 1633 de l'ONU, à renoncer à la logique de la violence et des épreuves de force pour mettre fin à une situation que d'aucuns qualifient d'incompréhensible et d'insensé, et pour redonner l'espoir aux populations ivoiriennes.
Avons-nous la force morale, l'intelligence politique, la religion de l'intérêt général, l'imagination créatrice, le sens du sacrifice et l'amour de la patrie pour sortir de la crise actuelle?
Le FPI répond oui à cette interpellation du Représentant Spécial du Secrétaire général de l'ONU, Monsieur Pierre Schori.
Il exprime sa gratitude au Secrétaire Général de l'ONU, aux membres du Conseil de Sécurité et du Conseil de Paix et de sécurité de l'Union Africaine, et leur demande de veiller à une stricte application de la résolution 1633, d'interpeller le G7 et de les contraindre dès maintenant à la paix, conformément à l'esprit de cette résolution prise sous l’égide du chapitre 7 de la charte des Nations Unis.
Le FPI re-itère ses sincères remerciements et ses chaleureuses félicitations à SEM THABO M'BEKI, Président de la République Sud-Africaine et Médiateur de l'Union Africaine pour sa disponibilité, son engagement et les avancées significatives du processus de paix qu'il a permises; au Président TANDJA, Président en exercice de la CEDEAO, à son Excellence OLUSEGUN OBASANJO, Président de l'Union Africaine, à qui le FPI présente par ailleurs ses condoléances les plus attristées, suite à la brutale disparition de Mme STELLA OBANSANJO et à la catastrophe aérienne qui a endeuillé des centaines de familles.
Le FPI salue le Chef de l'Etat, le Président Laurent Gbagbo pour son engagement en faveur de la paix et de la réconciliation nationale; lui réaffirme son soutien sans faille et sa détermination à l'accompagner dans sa mission.
Le FPI renouvelle aux Forces de Défense et de Sécurité son soutien et ses encouragements dans leur lourde et délicate mission de restauration de la paix dans notre pays;
Aux forces vives de la Nation, aux Jeunes, aux femmes, aux Populations des villes et des campagnes, le FPI lance un vibrant appel, afin qu'ils soutiennent dans la vigilance et dans la confiance l'application de la Résolution 1633 de l'ONU.
Il leur demande de garder leur sérénité face aux menaces de déstabilisation, le pays est gouverné et les institutions de la république veille sur leur sécurité.
Fait à Abidjan le 28 Octobre 2005
Pour le FPI,
Le Président,
Pascal AFFI N'GUESSAN
COTE D'IVOIRE / CONFERENCE DE PRESSE DE M.DJEDJE MADY PRESIDENT DU DIRECTOIRE DU G7 (OPPOSITION)
Jeudi 27 Octobre 2005
Le Patriote No. 1824 du Jeudi 27 Octobre 2005
Déclaration du directoire du G7 relative à la Résolution 1633/2005
du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Côte d’Ivoire
Le Directoire du G7 a pris connaissance, avec intérêt, de la Résolution 1633/2005 du Conseil de Sécurité de l’ONU du 21 octobre 2005 sur la situation en Côte d’Ivoire. Il voudrait, par la présente déclaration, donner son appréciation de ladite Résolution.
Pour le directoire du G7, cette résolution qui découle des réunions tenues par la CEDEAO, à Abuja, le 30 septembre 2005 et par le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine à Addis-Abeba, le 13 octobre, traduit la volonté de la Communauté Internationale de trouver une solution de sortie de crise pacifique pour la Côte d’Ivoire et le peuple ivoirien éprouvé et meurtri, par trois longues années de crise politico-militaire.
Le Directoire du G7 note que, le Conseil de Sécurité, a choisi, conformément au Communiqué final du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine, de s’appuyer sur les arrangements politiques initiés à Linas-Marcoussis pour prendre les décisions contenues dans cette résolution.
Quelle est la position du Directoire du G7 sur cette Résolution ?
Position du Directoire du G7
Concernant le mandat du Président Laurent Gbagbo
Le Directoire du G7 note, comme il l’a toujours soutenu, que la Résolution confirme l’expiration du mandat du Président Laurent Gbagbo le 30 octobre 2005. Ainsi donc, Monsieur Laurent Gbagbo ne peut, à compter de cette date, se prévaloir de la qualité de Président de la République élu.
En conséquence :
Le Président Gbagbo ne peut plus se référer à la Constitution ;
Le Président Laurent Gbagbo ayant prêté serment le 26 octobre 2000, le Directoire du G7 demande aux Ministres issus de ses rangs de ne participer à aucun Conseil des Ministres à compter du 26 octobre 2005.
Concernant le maintien de Monsieur Laurent Gbagbo comme Chef de l’Etat à partir du 31 octobre 205.
Le Directoire du G7 continue de récuser Monsieur Laurent Gbagbo comme chef de l’Etat pendant la Transition pour les raisons suivantes : l Monsieur Laurent Gbagbo est le principal auteur du blocage du processus de paix trois ans durant ; l Sa responsabilité est avérée dans les nombreuses violations des droits de l’homme, du droit international humanitaire, violations confirmées et dénoncées par l’ex-Chef d’Etat Major et l’ancien Porte-parole des Forces de Défense et de Sécurité ;
Il a également violé, à plusieurs reprises, le cessez-le-feu, notamment en juillet 2004 et le 4 novembre 2004 par son opération « Dignité », violation qu’il a publiquement revendiquée;
*De plus, Monsieur Laurent Gbagbo est candidat à l’élection présidentielle prochaine.
Concernant le choix et la nomination du nouveau Premier ministre
Le Directoire du G7 revendique le pouvoir de désigner en son sein le nouveau Premier ministre.
Le Directoire du G7 demande que la nomination du nouveau Premier ministre, se fasse par une décision du Groupe de Travail international, sous l’égide de l’ONU après consultation des parties signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis.
Concernant les pouvoirs du nouveau Premier ministre
Conformément à la Résolution 1633/2005, le Directoire du G7 affirme que le nouveau Premier ministre aura des prérogatives de l’Exécutif pour lui permettre de mener à bien la mission dévolue au Gouvernement de transition.
Le nouveau Premier ministre doté de tous les pouvoirs aura pleine autorité sur le Gouvernement et les Ministres seront responsables exclusivement devant lui.
Le nouveau Premier ministre de la Transition aura ainsi, à titre exclusif, les pleins pouvoirs suivants :
nommer les membres de son Gouvernement, sur proposition des parties signataires de l’Accord de Linas Marcoussis, déterminer leurs attributions et mettre fin à leurs fonctions dans les mêmes conditions ;
signer et promulguer les décrets et ordonnances ;
exécuter les lois et les décisions de justice ;
accréditer les Ambassadeurs et Envoyés extraordinaires à l’étranger, recevoir l’accréditation des Ambassadeurs et Envoyés extraordinaire des pays étrangers en Côte d’Ivoire ;
en sa qualité de Chef de l’Administration, nommer aux emplois civils et militaires ;
assumer les fonctions de Chef suprême des Armées ;
déterminer et conduire la politique nationale ;
présider le Conseil des ministres ;
Présider le Conseil supérieur de la Magistrature ;
Assurer la tutelle de l’Inspection Général d’Etat ;
faire des délégations de pouvoirs à ses ministres ;
négocier et ratifier les traités et accords internationaux.
Il disposera ainsi, de toutes les ressources financières, matérielles et humaines voulues, en particulier dans les domaines de la sécurité, de la Défense, des Finances et des affaires électorales, en vue de garantir la sécurité, le redéploiement de l’administration et des services publics sur l’ensemble du territoire ivoirien, de conduire le Désarmement, la Démobilisation, la Réinsertion des combattants, le démantèlement et le désarmement des milices.
Concernant le fonctionnement des Institutions après le 30 octobre 2005
S’agissant de l’Assemblée nationale
Le Directoire du G7 propose que pour respecter le parallélisme des formes, le Conseil de Sécurité ayant consacré l’existence d’un chef de l’Etat n’ayant pas les prérogatives de l’Exécutif, l’Assemblée nationale, si elle est maintenue, ou tout autre Institution Législative de la Transition, n’aura pas le pouvoir de légiférer et n’aura qu’une fonction consultative et ce, pour éviter les difficultés que cette Institution a rencontrées dans son fonctionnement normal trois années durant.
S’agissant du Conseil Constitutionnel
Les membres de cette Institution ayant été nommées unilatéralement par l’ancien Président de la République, le Directoire du G7 demande que des mesures concrètes soient prises par le Groupe de travail international pour empêcher cette Institution d’entraver le processus électoral.
Concernant les violations des droits de l’Homme
Le Directoire du G7 fait observer que nombre de ces violations ont déjà fait l’objet d’enquête de la part de l’ONU et dont les résultats sont connus.
Le Directoire du G7 demande en conséquence que les mesures individuelles prévues aux paragraphes 9 et 11 de la Résolution 1572/2004 soient appliquées sans délais.
Concernant le mandat de l’ONUCI
Le Directoire du G7 se félicite de la réponse du Conseil de Sécurité de réexaminer le mandat de l’ONUCI et le niveau de ses effectifs, à la lumière de la situation en Côte d’Ivoire, répondant ainsi à la demande qui lui a été adressée, en ce sens, par le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine.
Concernant le Groupe de Travail international et le Groupe de médiation
Le Directoire du G7 approuve leur création ainsi que leurs missions visant à assurer la tenue d’élections libres, régulières, ouvertes et transparentes.
Par ailleurs, le Directoire du G7 se félicite de voir ces structures coprésidées par le Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire.
Pour conclure, le Directoire du G7 exprime sa profonde reconnaissance à Son Excellence Kofi Annan, Secrétaire général de l’ONU, à Monsieur le Président de l’Union Africaine, son Excellence Oluségun Obasanjo, à Monsieur le Président de la CEDEAO, son Excellence Mamadou Tandja, pour tous les efforts qu’ils ne cessent de déployer depuis trois ans et particulièrement pour l’adoption de cette dernière Résolution du Conseil de Sécurité.
Le Directoire du G7 traduit également sa gratitude au Président de la République française, son Excellence Jacques Chirac et à la France, pour leur constante sollicitude.
Le Directoire du G7 exprime toute sa disponibilité à contribuer à la mise en œuvre des décisions annoncées et espère que leur application effective épargnera à notre pays et à la sous-région l’embrasement et le chaos.
Fait à Abidjan le 26 octobre 2005
Pour le Directoire
Le Président
Pr Alphonse Djédjé Mady
COTE D'IVOIRE / CONSEIL DE MINISTRES DU 27 OCTOBRE 2005
Jeudi 27 Octobre 2005
Un Conseil des Ministres s’est tenu ce jeudi 27 octobre 2005, de 11 heures à 15 heures au Palais de la Présidence, sous la présidence du Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO.
Abordant son ordre du jour, le Conseil a examiné et adopté plusieurs projets de lois et de décrets et entendu plusieurs communications :...
PROJETS DE LOIS ET DE DECRETS
Ministère d’Etat, Ministère de l’Economie et des Finances en liaison avec le Ministère d’Etat, Ministère des Mines et de l’Energie
Un Projet de décret portant approbation de l’Avenant N°5 à la Convention de Concession du Service Public National de Production, de transport, de distribution, d’exportation et d’importation de l’énergie électrique, signé le 12 Octobre 2005 entre l’Etat de Côte d’Ivoire et la Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE).
L’Avenant de renouvellement qui entrera en vigueur le 1er Novembre 2005 présente entre autres les points notables suivants :
1°- Un plan de développement du secteur de l’électricité comportant des investissements en matière de :
- maintenance des équipements
- extension, renforcement, fiabilisation de la distribution
- électrification rurale
- infrastructures de production et de transport d’électricité
2°- Un mécanisme de financement avec la création de 03 Fonds :
- Fonds de renouvellement et d’extension des investissements
- Fonds d’électrification rurale
- Fonds de développement du secteur de l’électricité
3°- De nouvelles règles de détermination des tarifs de vente prévoyant un mécanisme de concertation des partenaires.
4°- la constitution d’une garantie financière de bonne exécution ainsi que la domiciliation en Côte d’Ivoire des recettes d’exportation de l’énergie électrique.
5°- L’instauration d’un véritable partenariat entre les deux parties à travers :
- la prise de participation de l’Etat de Côte d’Ivoire au capital social à hauteur maximale de 18 %, ce qui ouvre à l’Etat une représentation au sein du Conseil d’administration.
- La gestion paritaire de certains volets du service concédé par le biais de plusieurs Comités :
• de suivi des flux énergétiques
• de suivi des flux financiers
• de gestion des Fonds d’Investissements et du Fonds de stabilisation
6°- La mise en place de mécanismes donnant la possibilité à l’Etat de Côte d’Ivoire d’assurer le contrôle de la gestion et de l’exploitation.
Le Président de la République a renouvelé sa satisfaction pour ce contrat et félicité les deux Ministres et leurs collaborateurs.
Ministère d’Etat, Ministère de la Santé et de la Population
Sur présentation du Ministre de la Construction et de l’Urbanisme, le Conseil a examiné et adopté un projet de loi autorisant le Président de la République a ratifier la Convention-Cadre de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour la lutte anti-tabac.
Notre pays a signé le 24 Juillet 2003 ladite convention qui met au point des stratégies visant à réglementer l’usage du tabac et à en réduire la demande et l’offre.
En Côte d’Ivoire, les données sur la prévalence tabagique montrent que l’épidémie tabagique est une réalité ; elle frappe particulièrement un adolescent sur trois, deux adultes sur cinq.
La consommation de tabac touche 20 % de la population ivoirienne entre 40 – 59 ans dont 52 % (180 000 sujets) sont des fumeurs réguliers.
La moitié de ces fumeurs réguliers décèdera dans les dix années à venir.
Il est d’ailleurs estimé que dans la période, 2004 – 2014, 9000 décès par an dans notre pays seront provoqués par le tabac.
La dépendance au tabac et l’exposition à la fumée du tabac ont une conséquence désastreuse sur la durée et la qualité de vie des populations.
Elles peuvent provoquer un retard de la croissance des plus jeunes et altérer les facultés mentales des enfants, réduire le niveau de productivité de l’ensemble de la population et augmenter le niveau de la morbidité et de la mortalité en Côte d’Ivoire.
La ratification de la Convention-Cadre fera de notre pays un membre à part entière et lui permettra d’être présent à la 1ère réunion de la Conférence Mondiale prévue pour Janvier 2006.
Ministère de la Défense
Un projet de loi portant interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et leur destruction.
La Côte d’Ivoire a adhéré le 18 Décembre 1995 à la Convention portant interdiction des armes chimiques.
Par la suite, la Côte d’Ivoire a crée le 03 Décembre 1997 une autorité dénommée la Commission pour l’interdiction des armes chimiques en Côte d’Ivoire (CIAC-CI).
Avec l’adoption d’une loi spécifique à cette matière notre pays aura rempli en ce qui le concerne, toutes les obligations incombant aux Etats parties telle que résultant de la Convention sus-citée.
COMMUNICATIONS
Ministère Chargé des Relations avec les Institutions de la République
Un compte rendu de la 2ème Conférence des Grandes Chancelleries de l’UEMOA qui s’est tenue à Dakar au Sénégal du 31 Mars au 05 Avril 2005.
Au nombre des recommandations de cette rencontre, on notera le souhait exprimé :
- d’introduire les valeurs notables des sociétés africaines dans les programmes d’enseignement et de formation.
- l’échange des médailles et des décorations entre pays membres de la Conférence en vue de la création de musées.
- la désignation de la Côte d’Ivoire pour abriter la 3ème Conférence des Grandes Chancelleries de l’UEMOA en au 1er semestre 2007.
Le Conseil a adopté les conclusions de cette communication.
MESURES INDIVIDUELLES
Ministère d’Etat, Ministère de l’Environnement
Le Président de la République a signé un décret portant nomination du Secrétaire Permanent de l’Agence Nationale du Développement Durable (ANDD).
Le Ministre de la Fonction Publique et de l’Emploi,
Porte-parole du Gouvernement
Prof.
OULAYE Hubert
COTE D'IVOIRE / ALLOCUTION DE S.E.LAURENT GBAGBO SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE A LA REUNION AVEC LES MILITAIRES ET L'ONUCI
Jeudi 27 Octobre 2005
Je voudrais d'abord saluer le personnel du l'ONU et toutes les forces étrangères qui sont ici pour nous aider.
Je salue le représentant du Secrétaire général de l'ONU qui est représenté ici par son adjoint ainsi que le représentant du secrétaire général pour les élections qui a ici son représentant.
Je salue M. Sokupa, représentant du médiateur, qui est là.
Je voudrais saluer les forces de l'ONUCI et de la Licorne, représentée ici par son chef, le général Irastorza.
Mais en les saluant, je voudrais ouvrir une petite parenthèse pour dire aux Ivoiriens que ceux qu'ils voient là sont venus nous aider.
Ils sont venus nous aider à régler la pagaille que les Ivoiriens eux-mêmes ont engendrée.
Ce n'est ni la Licorne ni l'ONUCI qui a créé la guerre civile en Côte d'Ivoire.
Ce sont des Ivoiriens qui, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, ont pris les armes pour attaquer leur propre pays.
Cela fait 3 ans que ça dure.
Je voudrais donc saluer tous ceux qui sont venus nous aider à nous en sortir.
Mais il faut que nous sachions nous-mêmes que détruire est facile, mais reconstruire est plus compliqué.
Je parie qu'aucun des jeunes gens qui ont pris les armes ne pensait qu'en 2005, ils auraient encore les armes en main.
Ils pensaient que ce serait fini au bout de deux ou trois jours.
Et que l'Etat de Côte d'Ivoire se serait effondré.
Mais l'Etat de Côte d'Ivoire tient debout.
Eh bien, l'Etat de Côte d'Ivoire est là.
Mais, ils ont perturbé son fonctionnement.
Je voudrais donc que les gens comprennent bien qu'on ne développera pas notre pays avec les fusils.
Ce n'est pas avec la guerre civile que nous allons développer notre pays.
C'est plutôt en respectant les lois que nous nous sommes données, que nous développerons notre pays.
Le général Philippe Mangou a parlé tout à l'heure d'erreur, c'est possible.
Les Latins disent “Erore Humanumes”, mais ils ont ajouté “Diabolicunes perseverare in erore”.
C'est-à-dire l'erreur est humaine, mais il est diabolique de persévérer dans l'erreur.
Celui qui a pris les armes du 18 au 19 septembre, on peut dire qu'il a fait une erreur.
Mais celui qui garde les armes jusqu'en octobre 2005, alors ce n'est plus une erreur, mais c'est diabolique.
Je voudrais donc remercier ceux qui sont venus nous aider.
Ce ne sont pas eux qui ont cassé la maison donc ce ne sont pas eux qui vont la reconstruire.
Ils sont venus simplement nous aider.
Si nous ne le comprenons pas, alors nous sommes perdus.
Si nous croyons que des gens de l'extérieur viendront construire notre pays à notre place, alors nous sommes dans l'erreur.
Réveillons-nous, ne soyons plus dans l'erreur.
Voilà ce que je voudrais dire concernant nos amis qui sont venus nous aider.
Maintenant concernant les Forces de défense et de sécurité (FDS), je vous salue.
Je vous remercie pour votre mobilisation et votre engagement.
Je suis fier de cette armée que nous moquions auparavant.
Parce qu'on disait que les Ivoiriens sont des frimeurs, qu'ils sont incapables de résister à une attaque.
Que la plupart sont dans l'armée parce qu'il n'y a pas de guerre.
La réalité du terrain nous a montré une armée debout, vaillante, qui a résisté.
Et contrairement à ce que certains ont écrit, le noyau de l'armée est là.
Nous avons eu quelques déperditions à la marche numériquement et qualitativement, mais l'armée est là.
Je voudrais vous remercier de faire votre travail, d'être présents là ou vous devez être.
Les FANCI, la Gendarmerie, la Police, la Douane, les Eaux et Forêts, hauts les cœurs, on y va!
Nous allons maintenant aborder un certain nombre de petits problèmes pour mettre de l'ordre dans la maison.
On l'attendait, elle est arrivée.
La résolution 1633.
C'est humain, c'est naturel, il y a eu beaucoup de spéculations, mais c'est maintenant du passé.
La résolution est rédigée, elle a été adoptée.
La Côte d'Ivoire, en tant que membre des Nations unies, respecte toutes les résolutions que les Nations unies adoptent.
Il y a des résolutions qui ne m'ont pas fait plaisir, mais nous les avons respectées.
Et toutes les résolutions prises par les Nations Unies dans le cadre de la crise en Côte d'Ivoire, nous les avons respectée.
Je voudrais dire encore haut et fort que depuis que la résolution 1572 a été adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies, ni le chef de l'Etat, ni le ministre de la Défense, ni le ministre de la Sécurité intérieure, ni le ministre des finances n'a acheté aucune arme.
Et je voudrais mettre quiconque au défi de prouver le contraire.
Nous l'avons fait par respect pour la résolution, parce que nous savions que la communauté internationale ouvrant grands les yeux allait reconnaître ce qui se passe en Côte d'Ivoire comme une guerre contre la légitimité et la souveraineté de la Côte d'Ivoire.
Nous avons respecté dans ses moindres détails la résolution 1572, même si au moment où elle a été votée, elle paraissait comme une punition de la Côte d'Ivoire.
La résolution 1633 est là, nous la respecterons également.
Elle pose quatre points principaux :
D'abord, il y a le désarmement comme le préalable à la paix et aux élections, puisque tous les autres points qui avaient été posés ont été réglés par nous-mêmes.
Aujourd'hui donc cette résolution 1633 pose comme point de départ le désarmement.
C'est dit clairement.
Monsieur le chef d'état-major,
Monsieur les responsables de la Police et de la Gendarmerie, il faudrait peut-être la distribuer dans les casernes, cette résolution pour que les forces de défense et de sécurité sachent bien de quoi il s'agit.
Le deuxième point, c'est le redéploiement de l'administration, c'est-à-dire la réunification du pays.
Dans notre cas, les deux termes sont synonymes.
Car si le pays est réunifié et que nous arrivons à affecter les préfets, les sous-préfets, les médecins, les enseignants sur l'ensemble du territoire, la vie culturelle, sociale et administrative reprendra de nouveau.
Troisièmement, recensement électoral et établissement des listes électorales et, quatrièmement, élection.
Voici les quatre étapes que pose la résolution 1633.
Pour ce faire, elle a dégagé un certain nombre de moyens.
La nomination d'un nouveau Premier ministre, la formation du gouvernement sont des moyens, des instruments de travail.
Mais ce n'est pas ça l'objectif de la résolution.
L'objectif, c'est qu'on puisse aller aux élections dans un délai de 12 mois au plus tard.
Je dis au plus tard parce que j'espère que nous parviendrons aux élections avant les 12 mois.
Nous sommes tous fatigués de cette crise ! Ceux qui sont venus de loin sont fatigués, nous sommes nous-mêmes fatigués ! La ville d'Abidjan est même physiquement fatiguée ! Il faut qu'on sorte de cette guerre.
Voilà le noyau de la résolution 1633.
Je vois bien que les gens ergotent beaucoup sur le Premier ministre et le gouvernement.
Mais ce ne sont que des instruments de travail.
Le plus important c'est qu'on fasse le désarmement, qu'on réunifie le pays, qu'on fasse le recensement électoral et qu'on aille aux élections.
J'ai écrit aux Nations unies et aux pays qui nous aident pour ne pas qu'ils créent des problèmes inutiles.
Je leur ai demandé de décaler toutes les élections pour autant que l'élection présidentielle est décalée.
C'est-à-dire si l'élection présidentielle est décalée de six mois, il faut aussi décaler les autres élections d'autant de temps pour que le rythme habituel des élections reste le même.
Voici le noyau.
Pour cela, il faut la sérénité.
C'est pourquoi j'ai accepté de vous rencontrer.
Car, j'estime que vous, plus que tout autre, avez besoin de sérénité.
Vous êtes aujourd'hui pour la paix sociale et civile comme le médecin qui doit opérer un malade.
Un médecin qui doit opérer un malade doit être serein et décontracté.
Sinon, s'il est crispé, il pourrait faire des bêtises.
Je parle sous le contrôle des médecins qui sont parmi nous.
C'est vous la paix dans cette situation délicate.
Je vous demande de préserver la paix civile.
La police et la Gendarmerie d'abord aux premières loges, l'armée ensuite en renfort.
Mais, la paix quotidienne c'est l'affaire de la police en ville et de la gendarmerie en raz campagne.
Je vous demande de nous garder un climat de calme.
C'est pourquoi j'ai accepté qu'on se parle aujourd'hui pour vous dire de faire mentir les oiseaux de mauvais augure.
Je voudrais profiter de ma rencontre avec vous pour dire aux Ivoiriens qu'il n'y aura rien après le 30 octobre.
La date du 30 octobre en Côte d'Ivoire m'amuse beaucoup parce que ça me rappelle tout ce qui a été écrit et dit sur le 1er janvier 2000.
On a dit que le 1er janvier 2000, il y aurait un big bang, que les ordinateurs vont s'arrêter.
Mais le 1er janvier 2000, nous étions tranquilles dans nos voitures.
Je suis allé saluer mes parents.
Il ne s'est rien passé.
Chers amis, chers compatriotes ivoiriens, il ne se passera rien ! Allez tranquillement vaquer à vos occupations, le matin du 31 octobre.
Rien ne vous arrivera.
Vous aurez la Police, la gendarmerie et les FANCI à vos côtés.
Et il n'y aura rien.
Il faut que les Ivoiriens le comprennent bien.
Et qu'ils aillent au travail, a l'école, au marché, à l'hôpital, etc.
Il faut que les Abidjanais qui aiment biens s'amuser, puissent aller en boîte de nuit.
Je voudrais leur dire que le temps des tempêtes est passé.
Avec cette résolution, qui, je l'espère, sera la dernière, le temps est venu d'attacher sa pirogue à un cocotier, de frire les poissons ajoutés à l'attiéké de madame, et de se délecter de la bonne cuisine avec le petit bandji qu'on a ramené de l'autre côté de la lagune.
Il faut que les Ivoiriens tuent en eux la peur, la crainte, et qu'ils vaquent tranquillement à leurs occupations.
Concernant les manifestations, je voudrais faire remarquer que les manifestations de rue sont interdites sur l'ensemble du district d'Abidjan depuis le 12 juin 2005.
J'ai signé un décret à cette date interdisant toute sorte de manifestation de rue.
Ce décret est encore valable puisqu'il interdit les marches jusqu'au 12 décembre 2005.
Si les élections n'ont pas encore lieu, nous prendrons un décret complémentaire pour le proroger.
C'est la première interdiction.
Et ensuite la résolution 1633 en son point 18 exige l'arrêt de toute manifestation.
Ce sont donc deux décisions que les Ivoiriens doivent connaître pour qu'ils comprennent que quiconque appelle à une manifestation publique, se met hors-la loi en Côte d'Ivoire.
Mais en plus, il va contre la décision de la communauté internationale, contre la décision de l'ONU, contre la décision du Conseil de sécurité.
Il est bon que les journalistes le fassent savoir.
Il est bon que nous tous nous le fassions savoir.
Comme le dirait tout chef d'Etat, je ne laisserai pas la chienlit prospérer en Côte d'Ivoire.
Donc il faut que tout le monde sache que les manifestations de rue sont interdites jusqu'à ce qu'on ait achevé la paix et les élections.
Et vous, chers amis, vous êtes chargés de faire appliquer cette double décision du chef de l'État et de l'ONU.
J'appelle donc au calme toute la société.
Mais surtout j'appelle la société toute entière à vaquer à ses occupations.
Il faut faire ce que vous avez l'habitude de faire quotidiennement sans crispation, sans peur.
Car la peur est mauvaise conseillère.
Je veux aussi dire un mot des primes et de l'avenir de nos jeunes appelés de la classe 2001.
Parce qu'il y a des gens qui, comme des vautours, passent la nuit dans les casernes, produisent des tracts pour dire beaucoup de choses.
D'abord, il faut savoir que nous payons régulièrement les primes.
Mais nous avons arrêté de les payer par quinzaine pour des raisons que je ne vais pas vous expliquer ici.
On a accumulé des retards sur certaines quinzaines.
Mais l'Etat de Côte d'Ivoire a une parole et il a les moyens d'honorer sa parole.
Pour ce qui concerne la quinzaine actuelle, nous finirons de tout régler aujourd'hui même (ndlr mercredi 26 octobre 2005) pour tous ceux qui ont droit à la prime, qu'on appelle “haut les cœurs”.
En écrivant dans mon livre.
“Pour une alternance démocratique” en 1983, la dernière phrase haut les cœurs, je ne savais pas que cette expression connaîtrait une telle fortune 20 ans plus tard.
Pour tous, ceux qui ont droit à cette prime, tout sera réglé aujourd'hui même.
Nous devrons encore des arriérés.
Je voudrais vous montrer un peu ce que nous payons.
Sur la période de 2004 à hier, nous devions des arriérés qui s'élèvent 137 251 822 938 FCFA.
Nous avons payé 121 867 363 000 FCFA.
Il nous reste donc à payer 15 milliards.
Celui qui a payé 121 milliards FCFA ne peut-il pas payer 15 milliards ? Nous payerons.
Mais ce n'est pas pour cela que des gens prendront les fusils pour tirer en l'air.
On vous a recrutés justement pour qu'on ne tire plus en l'air (Il s'adresse aux jeunes recrues).
Vous, je vous ai recrutés pour qu'il n'y ai plus de “gbangban”.
Et c'est vous qui voulez faire des “gbangban”.
Bon on va se voir.
(Rires et applaudissements dans la salle…).
Pour parler plus sérieusement, je voudrais dire que la Côte d'Ivoire a certes des problèmes, mais nous n'avons pas de problèmes pour payer 15 milliards FCFA.
Nous pourrons payer.
Maintenant sur le sort des jeunes gens, je voudrais dire ceci.
Linas-Marcoussis a demandé qu'on vous sorte de l'armée.
Il a suffi que certains disent que vous serez laissés pour compte au bord du chemin pour que vous vous énerviez.
Je vous avais dit pourtant le jour de votre recrutement que personne ne sera laissé au bord du chemin.
Je l'ai dit et c'est moi qui suis encore là.
Déjà plusieurs d'entre vous ont été sortis de l'armée et nous leur avons trouvé du travail.
C'est ce que nous continuons de faire.
Parce que nous voulons en même temps respecter l'accord de Marcoussis, mais aussi notre parole qui n'est pas de prendre des jeunes dans l'armée et les jeter à la rue après les avoir pressés.
Nous ne pouvons pas le faire, car c'est contraire à notre morale.
C'est contraire à la morale tout court.
Donc nous vous trouverons des postes de travail.
Pour ceux qui veulent continuer les études, nous leur trouverons des bourses.
Pour ceux qui veulent créer des petites entreprises, nous leur en donnerons les moyens.
Ne vous inquiétez donc pas.
Allez dire à vos amis que le président de la République fera ce qu'il a promis de faire.
Beaucoup de vos amis sont déjà casés, vous serez aussi casés.
Ceux qui veulent rester militaires, passeront le concours comme tous les autres.
Et ils resteront s'ils sont aptes.
Mais ne vous laissez pas monter la tête par des aventuriers sur un problème qui est déjà réglé avant même votre recrutement.
Sur un problème pour lequel le chef de l'Etat a déjà donné sa parole.
Voici les clarifications que je voudrais faire sur ce point.
Je voudrais saluer le colonel Guié Glogbo et ses hommes à l'Ouest parce que depuis que nous avons changé le commandement à l'Ouest, le calme est revenu.
Le ministre de l'Economie et des Finances se bat sur tous les fronts mais nous ferons des efforts pour vous équiper pour une mobilité plus grande à l'Ouest.
Mais la manière dont vous vous battez à l'Ouest, en vous mettant à trois et quatre dans les véhicules c'est déjà bon.
Vous avez créé un bon état d'esprit.
Vous avez réussi à ramener les populations dans les villages.
La communalisation a beaucoup aidé à cela.
En effet, beaucoup sont retournés au village dès qu'ils ont appris que leurs localités sont devenues des communes.
Continuez à aider les parents à retourner au village.
Apaisez-les, mais surtout protégez-les.
Parlant de la deuxième guerre mondiale, Jacques Chaban-Delmas disait que la guerre est une chose sale.
Des gens ont eu des comportements sales à l'Ouest.
Ils ont tué près de 150 paysans qui dormaient tranquillement.
J'ai discuté il y a trois jours avec le procureur de Daloa.
Il m'a dit que l'enquête préliminaire est achevée et donc le procès pourra commencer.
De même pour les attaques d'Anyama, Azaguié et Agboville, le procureur militaire m'a dit que le procès aura lieu dans un mois parce que l'enquête est bouclée là aussi.
Donc chacun fait son travail.
A l'Ouest, transmettez mes félicitations à tous vos camarades d'armes à l'Ouest : Toulepleu, Bloléquin, Guiglo et Duékoué.
Et à vous même qui êtes le coordonnateur de la sécurité dans cette zone.
Je vous remercie.
Ici même à Abidjan, nous avons créé le CECOS.
Mais que de critiques faciles.
On dit que le CECOS c'est la Gestapo de Gbagbo parce que certains ont toujours voulu que je sois un dictateur.
Mais puisque je ne le suis pas, alors, il faut qu'ils trouvent toujours quelque chose à dire.
Mais le CECOS travaille bien.
Colonel Guai Bi Poin, vous travaillez bien.
Continuez à travailler.
Abidjan est beaucoup plus difficile que tous les autres milieux.
Ce que je vous demande c'est de communiquer régulièrement.
Donnez les résultats de votre travail de sécurisation d'Abidjan.
Quand les citoyens abidjanais sauront le résultat de la baisse de la criminalité, comme nous le savons, alors ils comprendront que le CECOS n'a pas été créé pour rien.
Les Abidjanais ne voient pas que la criminalité baisse à Abidjan.
Lorsqu'ils sont informés du cambriolage d'un appartement aux II-Plateaux ou d'un magasin à Treichville, alors ils se disent que la criminalité grimpe.
Alors que nous voyons les chiffres.
Cambrioler un ou huit magasins n'a rien à voir avec la hausse de la criminalité.
On n'aura jamais la criminalité zéro.
Je ne connais pas de pays ou une agglomération aussi grande qu'Abidjan où nous avons la criminalité zéro.
Colonel Guai Bi Poin, je vous salue et je vous félicite vous et vos hommes.
Mes Généraux, mon Chef d'état-major, Monsieur le directeur général de la police, Monsieur le commandant supérieur de la gendarmerie, Monsieur le directeur général des Douanes, ce sont les quelques commentaires que je voulais faire.
Je voudrais que notre comportement rassure les populations.
Nous devons aller vers les autres pour leur dire qu'il n'y aura rien le 30 octobre.
Que les gens peuvent parler, qu'ils peuvent crier parce que justement je me suis battu pour qu'ils aient le droit à la parole.
Oui, parce que je ne savais pas où beaucoup d'entre eux se trouvaient au moment où je me battais.
Nous nous sommes battu pour qu'ils aient le droit à la parole.
Ce n’est pas nous qui leur retirons ce droit là.
Mais avoir le droit à la parole, c'est en même temps respecter les lois de la République et celles de la communauté internationale.
C'est ça la démocratie.
Je vous ordonne de veiller sur la sécurité des Ivoiriens… Je vous ordonne de veiller sur le calme des Ivoiriens.
C'est à vous que je demanderai des comptes si quiconque se met hors-la-loi.
Mais en même temps aux Ivoiriens, aux jeunes, aux femmes de toutes les conditions sociales de ne pas faire le travail des FDS.
Seuls les policiers, seuls les gendarmes et en renfort les militaires sont chargés de la sécurité et de la paix civile.
Il ne s'agit pas pour des groupes de jeunes ou de femmes de venir aider les FDS.
On ne les a pas appelés.
Chacun doit faire son travail au poste où il est placé.
Chacun devra rendre compte du travail qu'il a fait.
Je vous fais confiance.
Projetez-vous pour dissuader.
La médecine préventive a toujours été préférée à la médecine curative.
Faites de la dissuasion, c'est-à-dire prenez des dispositions dès aujourd'hui pour que rien n'arrive.
Même quand nous avons une Constitution robuste, on vaccine quand même.
On prend sa dose de vaccin au cas où.
Donc vaccinez le pays pour que la variole ne revienne pas.
Je voudrais terminer cette adresse comme je l'ai commencée en saluant nos amis qui sont venus de loin pour nous aider.
Je dis toujours aux Ivoiriens que c'est nous qui avons commencé notre guerre et donc c'est nous qui devons la terminer.
Eux, ils ne sont là que pour nous aider.
Ils peuvent retourner chez eux si nous ne voulons pas que notre pays sorte de la guerre.
C'est nous les premiers consommateurs de la paix chez nous.
Or, c'est nous qui avons pensé que nous pouvions régler des problèmes par la guerre.
Non seulement nous n'avons pas résolu les problèmes soulevés, mais nous avons multiplié nos problèmes par 30.
La guerre ne pourra régler aucun problème politique en Côte d'Ivoire.
Depuis 1999 jusqu'à ce jour, nous constatons que la guerre n'emmène personne au pouvoir.
Ni la guerre ni les coups d'Etat n'emmène quelqu'un au pouvoir.
Il nous faut en tirer les leçons.
Il revient aux Ivoiriens d'en prendre conscience et d'avoir une attitude conséquente.
La résolution 1633 nous recommande d'avoir un comportement pour aller à la paix.
Je crois que tout le monde ne l'a pas encore compris.
Mais tout le monde le comprendra.
La non paix ne dessert pas un groupe d'individus, mais tous les Ivoiriens.
Je voudrais terminer en saluant les forces impartiales, en leur disant merci.
Qu'elles continuent de nous aider.
Qu'elles continuent d'aider les populations à retourner dans les villages.
Qu'elles continuent d'appuyer les FDS.
Et pour nous tous, que Dieu nous bénisse et qu'il nous ramène la paix.
Qu'il nous ramène les élections pour que les Ivoiriens choisissent leur chef d'Etat.
Je vous remercie.
RENCONTRE DES FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE AVEC LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO / ALLOCUTION DE M.MANGOU PHILIPPE CHEF D'ETAT-MAJOR
Mercredi 26 Octobre 2005
Excellence Monsieur le Président de la République,
Je voudrais, avant tout propos et au nom de l’ensemble des personnels des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire, vous adresser tous nos remerciements pour la promptitude avec laquelle vous avez encore une fois, accepté de nous recevoir malgré vos lourdes obligations...
Excellence, notre visite de ce jour n’a d’autre objet que celui de vous faire partager nos convictions, notre vision de la Côte d'Ivoire, à un moment où d’aucuns lui prédisent le pire.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Depuis trois (03) ans, les Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire, creuset de la Nation, se battent pour le respect et la sauvegarde de l’Ordre Républicain.
Depuis trois (03) ans, les Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire se battent pour garantir les libertés individuelles et collectives des Ivoiriens et de tous ceux qui vivent sur ce sol de tolérance et de fraternité.
C’est en cela qu’il nous apparaît utile, au moment où certains Ivoiriens continuent de se faire l’écho des démons de la division, d’en appeler avec votre permission, Excellence, au sens de la responsabilité de chacun.
D’abord à notre jeunesse toutes tendances confondues - à celle-là même qui constitue le ferment de notre combat, nous demandons la plus grande vigilance.
Jeunes gens et jeunes filles de Côte d’Ivoire, nous nous battons et nous continuerons d’aller jusqu’au sacrifice suprême pour vous léguer en héritage un pays où le travail et la probité l’emportent sur l’usurpation, l’imposture, la méchanceté et la cupidité.
Restez soudés, et ne vous laissez pas manipuler par des marchands d’illusion.
Seul votre travail et votre honnêteté paieront, dans l’intérêt de vos familles et de votre pays.
A l’ensemble de notre classe politique dont le rêve n'est certainement pas de gouverner des cimetières, nous en appelons au bon sens et à la mesure.
Nous avons suffisamment fait honte à notre pays.
Il est donc temps, grand temps que nous le comprenions.
Ressaisissons-nous.
Arrêtons de nous faire peur, arrêtons de traumatiser nos populations et inscrivons-nous dans la logique du jeu démocratique vrai: Celui de l’argumentation, de la persuasion et des urnes - Nous n’en serons que plus grandis, notre pays n’en sera que plus fortifié.
Aux frères d'armes qui se sont laissés abuser, nous disons: "L'erreur est humaine ¬Revenez à la maison - Nous vous attendons pour poursuivre le seul combat qui vaille: Celui de la justice et de la liberté".
Aux vaillantes populations de Côte d'Ivoire qui chaque jour nous apportent aide et assistance, nous disons grand merci.
Chers parents et amis, merci pour votre courage et pardonnez-nous les quelques désagréments liés à l’exécution de la mission que vous nous avez confiée - Restez sereins et continuez de vaquer en toute tranquillité à vos occupations.
L’après 30 octobre ne sera pas l’apocalypse annoncé pour notre pays.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Je ne saurais mettre un terme à cette adresse sans une attention particulière à la Communauté internationale.
Merci à ces frères d’armes venus d’horizons aussi divers que lointains en abandonnant leurs familles pour nous aider à la reconstruction.
Merci donc à l’Union Africaine et à l’Organisation des Nations Unies dont les Forces de Défense et de Sécurité ne cesseront de louer les initiatives de paix et dont elles appuient sans réserve la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité.
En ce mercredi 26 octobre 2005, elles font notamment siennes le paragraphe 18 de ladite Résolution qui et je cite: "Exige de toutes les parties ivoiriennes qu'elles s'abstiennent de tout recours à la force et à la violence y compris contre les civils et les étrangers et de toute forme de manifestation de rue de manière à créer le trouble".
Fin de citation.
Totalement en phase avec cette recommandation, les Forces de Défense et de Sécurité ne sauraient par conséquent tolérer toute action de nature à mettre en péril les efforts déployés par la Communauté Internationale en vue de la restauration de la paix et de la stabilité dans notre pays.
En tout état de cause, Excellence Monsieur le Président de la République,
Les Forces de Défense et de Sécurité vous demandent de continuer à leur accorder votre confiance.
Elles ne vous remercieront jamais assez pour les efforts consentis en leur faveur en cette difficile période de récession économique.
Conformément à leur mission régalienne, elles se tiennent prêtes a assurer en tout temps et en toutes circonstances, la sécurité des personnes et des biens, ainsi que la défense et la protection des Institutions de la République.
Que Dieu vous bénisse
Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire.
Je vous remercie
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DES FEMMES DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN (FPI)
Mercredi 26 Octobre 2005
Déclaration de l’Organisation des femmes du Front populaire ivoirien
L'OFFPI depuis 3 ans
- se dresse contre l'agression barbare que subit la Côte d'ivoire ;
- défend les institutions de la République ;
- soutient les victimes de guerre, notamment les veuves, les orphelins et
toutes les personnes meurtries.
Aujourd'hui, l'heure est à la décrispation et à l'apaisement.
C'est pourquoi l'OFFPI ne peut être associée à une quelconque manifestation de femmes dont les raisons inavouées ne sont connues que des initiatrices.
L'OFFPI rappelle que l'article 18 de la résolution 1633 condamne toute manifestation pouvant entraver le processus de paix en cours.
La médiation menée par son excellence Monsieur Thabo Mbeki, Président de l'Afrique du Sud, donne une lueur d'espoir quant à la fin de la crise.
L'OFFPI félicite et encourage le Président Thabo Mbeki, médiateur dans la
crise ivoirienne.
L'OFFPI rappelle que la seule voie de sortie de crise est l'organisation des élections en Côte d'Ivoire.
L'OFFPI exhorte toutes les femmes de Côte d'Ivoire à la sérénité et à la vigilance.
L'OFFPI prie toutes les militantes et sympathisantes du Front populaire ivoirien à rester à l'écoute de ses mots d'ordre.
Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !
Abidjan,
le 25 octobre 2005
Pour l'organisation des femmes du FPI
La Secrétaire nationale
Marie-Odette
Lorougnon
COTE D'IVOIRE / DECLARATION DES FORCES NOUVELLES SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE
Mercredi 26 Octobre 2005
Les Forces Nouvelles, après étude approfondie des recommandations du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine et de la résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l’ONU, sur le maintien de Monsieur Laurent Gbagbo, comme Chef de l’Etat ivoirien, font le constat suivant :
l 1- Le principe de la fin du mandat présidentiel de Monsieur Laurent Gbagbo a été unanimement et incontestablement admis par la constitution ivoirienne, par la classe politique ivoirienne, par la CEDEAO, par l’Union Africaine et par le Conseil de Sécurité de l’ONU.
2- En dehors de tout fondement légal, légitime et démocratique, la communauté internationale veut imposer Monsieur Laurent Gbagbo comme Chef de l’Etat pour une durée de douze (12) mois.
En conséquence,
les Forces Nouvelles :
3- à ce jour, récusent et rejettent cette proposition unilatérale et injustifiée de maintenir Monsieur Laurent Gbagbo comme Chef de l’Etat de Côte d’Ivoire.
4- rappellent à Monsieur Laurent Gbagbo que son mandat finit le 30 octobre 2005 à minuit et de ce fait, qu’il n’a ni droit, ni titre à se maintenir comme Chef de l’Etat de Côte d’Ivoire.
5- demandent tout simplement à Monsieur Laurent Gbagbo, personnellement, de se plier humblement au principe démocratique en se retirant du pouvoir à compter du 30 octobre 2005 à minuit.
6- Partant, ne reconnaîtront plus Monsieur Laurent Gbagbo ni comme Président, ni comme Chef de l’Etat de Côte d’Ivoire et le traiteront comme un putschiste s’il se maintient au pouvoir par quels que artifices que ce soit.
7- prennent à témoin l’opinion nationale et internationale qu’elles ne se déroberont pas de leur responsabilité historique à mettre fin à l’imposture, pour l’avènement d’un nouvel ordre politique en Côte d’Ivoire.
Fait à Bouaké, le mardi 25 octobre 2005
Pour les Forces Nouvelles
Le Porte-parole Konaté Sidiki
COTE D'IVOIRE / CONDOLEANCES DE GBAGBO AU PRESIDENT OBASANJO
Mardi 25 Octobre 2005
A Son Excellence
le Général Olusegun Obasanjo
Président de la République Fédérale du Nigeria
Abuja Monsieur le Président et cher frère, C’est avec une profonde consternation que j’ai appris le décès survenu en Espagne le dimanche 23 octobre 2005 de Stella Obasanjo, votre épouse.
En cette circonstance douloureuse, je voudrais, avec le peuple et le gouvernement ivoiriens exprimer à votre excellence et à votre famille, ainsi qu’au peuple nigérian frère, nos condoléances les plus sincères et les plus attristées.
Je voudrais m’incliner avec respect devant la mémoire inoubliable de l’illustre disparue et de tout ce qu’elle symbolisait d’engagement, de courage, de persévérance, de dignité et d’amour.
En vous renouvelant l’expression de ma profonde compassion, veuillez agréer, Monsieur le Président et cher frère, l’assurance de ma très haute considération.
Laurent Gbagbo,
Président de la République de Côte d’Ivoire
LOUANGE A DIEU
Mardi 25 Octobre 2005
La nuit du destin
Louange à Allah jour et nuit,
Et prière et salut sur le prophète béni.
Elle est élogieuse, unique et c'est ainsi,
Qu'Allah l'a glorifiée longtemps depuis.
Dans le Coran son nom est deux fois évoqué,
Et dans la sounna ses faveurs sont bien étalées,
Elle vaut mille mois de dévotion et de piété,
Et elle est jusqu'à l'aube paix et sérénité,
C'est la nuit du destin et du rappel,
Durant laquelle les anges couvrent de leurs ailes,
Toute âme priant Allah avec zèle,
Et en quête de pardon auprès de l'Eternel,
Ô, toi fils d'Adam le rebelle !
Qu'as-tu à ne pas entendre l'appel !
Et qu'as-tu à ne pas être fidèle !
Souviens-toi ingrat mortel,
Aujourd'hui, tu es vivant et cruel,
Et demain, parmi les morts ; ci-gît untel !
Hélas, te voilà maintenant tout seul !
Rien qu'un cadavre enseveli dans un linceul,
Et embaumé de lotus et de tilleul,
Sous la terre avec les aïeux et les aïeules !
Ô, toi petit homme et grand pécheur !
Saisis cette nuit, repens-toi et pleure,
Et hâte le pas vers le Seigneur,
En Lui vouant le culte avec ferveur.
Ô, Allah ! Toi le Vivant l'Immortel !
En cette nuit, oh combien elle est belle !
Et bénie, ainsi soit elle,
De l'enfer, affranchis tous les fidèles,
Et au paradis, réserve-nous un séjour éternel.
Amine...
DECES DU GENERAL CHEICK OUMAR DIARRA SECRETAIRE EXECUTIF ADJOINT DE LA CEDEAO
Lundi 24 Octobre 2005
C'est avec une grande consternation que nous avons appris le décès du Général Sécrétaire Exécutif de la CEDEAO , Cheick Oumar DIARRA , lors du crash de la compagnie aérienne BELLVIEW , le samedi 22 Octobre 2005 au NIGERIA.
Le Général DIARRA était un Grand ami qui a beaucoup oeuvré pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire et à ce titre il ne manqait aucun rendez-vous de concertation à DAKAR ou ailleurs .
C'était en outre un "féru" de la politique d'intégration africaine
En ces circonstances douloureuses , nous présentons nos condoléances les plus émues à sa famille éplorée , au peuple frère de la République du MALI , à la grande famille de la CEDEAO et à la République Fédérale du NIGERIA qui abrite le siège de cette Organisation communautaire de l'Afrique de l'Ouest.
Qu'ALLAH l'accueille dans son PARADIS !!!!!
DECES DE CHIEF MRS STELLA OBASANJO
Lundi 24 Octobre 2005
C'est avec une grande émotion que nous avons appris le décès de Chief MRS Stella OBASANJO , épouse du Chef de l'Etat de la République Fédérale du NIGERIA suite à une intervention chirurgicale à MALAGA en ESPAGNE.
TOUTES NOS CONDOLEANCES LES PLUS ATTRISTEES AU PRESIDENT OLUSEGUN OBASANJO , à la famille de la défunte , et au peuple frère éploré du Nigéria pour la cruelle disparution d'une Grande Dame de coeur dont l'oeuvre doit être perpétuée en faveur des deshérités et notamment des enfants pour lesquels elle s'est tant dévouée tout au long de son existence.
Que son âme repose en paix!!!!
LIMOGEAGE DU GENERAL PONCET ANCIEN COMMANDANT DE L'OPERATION LICORNE EN COTE D'IVOIRE
Mercredi 19 Octobre 2005
La justice militaire française ouvre une information judiciaire contre X pour «homicide volontaire» après la suspension de ses fonctions de l’ancien commandant de l’opération Licorne, le général Poncet, pour «manquements graves à la loi, aux règlements militaires et aux ordres».
La disgrâce du général quatre étoiles accompagne celle d’un sous-officier et d’un colonel, Eric Burgaud, chef de corps dans le dispositif français en Côte d’Ivoire au moment de la mort suspecte d’un Ivoirien, le 13 mai dernier.
Pour expliquer la gravité de la sanction, plutôt inusitée contre un si haut gradé, un général de corps d’armée formé aux opérations spéciales et en charge de Licorne pendant une période brûlante, la ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, invoque «l’image de nos armées».
La Grande Muette française n’a pas l’habitude de laver son linge sale en public. Et les tenants et les aboutissants de la suspension surprise du général Henri Poncet restent obscurs.
Les faits sont en tout cas «suffisamment importants», selon la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, pour qu’elle décide, dès lundi soir 20 heures, d’user de l'article 44 du statut général des militaires «en cas de faute grave commise par un militaire».
Quelques heures plus tard, la justice militaire se saisissait de l’affaire, Michèle Alliot-Marie expliquant qu’elle avait été «informée au milieu de la semaine dernière d'un certain nombre d'événements qui n'avaient pas été portés à connaissance, concernant la période de mai 2005».
Le porte-parole du ministère français de la Défense, Jean-François Bureau, indique qu’il est «en particulier établi qu'il n'a pas été rendu compte à l'époque des faits aujourd'hui mis au jour».
En clair, le général Poncet les aurait couverts.
Comme le rappelle le site internet du ministère de la Défense, le général Poncet commandait les forces de l’opération Licorne entre le 4 juin 2004 et le 14 juin 2005. Le 13 juillet dernier, il a été décoré par le président Jacques Chirac.
Jusqu’à lundi, il était affecté au commandement de la région «Terre Sud-Ouest» et basé à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France. Les faits qui lui sont aujourd’hui reprochés concernent la mort d’un Ivoirien, un certain Mahé, le 13 mai 2005, date à laquelle il commandait encore les forces de l’Opération Licorne.
Un «détachement de la force Licorne aurait concouru à la mort» d'un Ivoirien
Le 17 mai dernier, un communiqué du ministère de la Défense indiquait que le défunt Mahé était «connu comme le chef d'une bande de coupeurs de route recherché pour de nombreuses exactions perpétrés en avril».
Il lui attribuait «au moins 5 morts, 9 blessés et 4 viols» et évoquait une traque conduite dans la région troublée de Bangolo, un village largement peuplé de Guéré (la communauté du fameux Mahé), dans l’Ouest ivoirien. «Poursuivi et se voyant cerné, il a ouvert le feu en direction des éléments de la force Licorne», disait le communiqué, soulignant que, «en état de légitime défense, les soldats français ont riposté». «Blessé très grièvement, le suspect a été arrêté», poursuivait le texte avant de conclure: il «est mort des suites de ses blessures pendant son transfert au CHU de Man», la métropole régionale sous contrôle rebelle.
Une sanction plus tard, le ministère français de la Défense reprend seulement dans ce communiqué officiel du 17 mai la thèse d’un Ivoirien qui «avait commis à plusieurs reprises des crimes sur les populations civiles» et qui avait été «appréhendé par des militaires français».
Pour le reste, il reproche aujourd’hui au général Poncet d’avoir déformé la réalité.
Selon la nouvelle version de la mort de l’Ivoirien dont le tribunal aux armées de Paris (TAP) a été saisi, sur dénonciation, un «détachement de la force Licorne aurait concouru à sa mort, soit en ne lui portant pas assistance, soit par une action plus directe».
La procédure de dénonciation impose à la justice militaire de retenir la charge la plus lourde, en l’occurrence l’accusation d’homicide volontaire, à charge pour le tribunal de tirer l’affaire au clair sous quatre mois et de prononcer éventuellement une sanction appropriée, qui peut être inférieure à la suspension.
En cas d’innocence, il peut, bien sûr, rétablir le général Poncet «dans un emploi de son grade».
Toujours est-il qu’en prenant la décision - sans précédent - de sanctionner l’ancien patron de Licorne, la ministre de la Défense a aussi manifesté une volonté de transparence fracassante qui interroge.
«Le général Poncet est un militaire de grande valeur, que j'ai soutenu en novembre 2004 au moment où la Côte d'Ivoire vivait ses moments les plus dramatiques», assure Michèle Alliot-Marie. Mais, dit-elle, «il est de mon devoir lorsqu'il y a des manquements de prendre des mesures.
Il en va de l'image de nos armées». Celle-ci a en effet souffert de «bavures» plus ou moins brièvement mises sur la place publique, la mort d’un enfant ou d’un jardinier, par exemple, des attaques de banque à répétition aussi, en particulier à Man, où en septembre 2004, une douzaine de soldats français avaient été pris la main dans le sac d’une succursale de la Banque centrale de l’Afrique de l’Ouest qu’ils avaient mission de surveiller.
La hiérarchie militaire avait alors fait «son devoir» et des mesures disciplinaires avaient suivi.
Des crimes de guerre passibles de la justice internationale
La région de Man et de Bangolo, où est mort Mahé, et, plus largement, le Centre-Ouest ivoirien, sont une zone de très hautes turbulences traversées par la zone de confiance qui sépare loyalistes et ex-rebelles.
L’axe Duékoué-Logoualé-Man, en particulier, a enregistré entre avril et mai 2005 des attaques meurtrières qui ont chassé des milliers de villageois guéré et engendré des représailles le mois suivant, comme s’en inquiète le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, dans son rapport du 17 juin 2005.
Les exactions en tous genres commises dans cette région intéressent aussi le président du comité des sanctions des Nations unies pour la Côte d'Ivoire, le diplomate grec, Adamantios Vassilakis, arrivé mardi soir à Abidjan pour une visite de trois jours, au cours de laquelle il doit évaluer l’opportunité de rappeler à l’ordre l’un ou l’autre des anciens belligérants.
Exactions ou crimes de guerre peuvent également être passibles de la justice internationale, s’ils sont le fait d’un quelconque représentant des «forces impartiales» déployées en Côte d’Ivoire.
La présomption d’innocence est due au général Poncet comme à n’importe quel militaire ou civil. Il n’empêche que ce Saint-Cyrien de terrain, engagé au Liban ou au Kosovo, commandant des opérations spéciales (Cos) en février 2001 et habitué des bourbiers africains (celui du Rwanda, en 1994) ne sort pas indemne de celui de la Côte d’Ivoire. Et cela, même si, pour l’heure, il n’est pas question d’images montrant des hélicoptères français mitraillant les ponts sur la lagune d’Abidjan, ni de celles des corps effondrés ou même de la tête de femme éclatée, par un tir visiblement tendu, au pied de l’Hôtel Ivoire, en novembre 2004.
«Devant l'Hôtel Ivoire, le pouvoir a voulu provoquer un bain de sang... Nous n'étions pas dans une configuration type quartier Latin-mai 68, mais nous étions confrontés à de véritables opérations militaires», assurait alors, au Figaro, le commandant de l’opération Licorne, le général Poncet. Mais aujourd’hui, il est seulement question d’un certain Mahé présenté comme un malandrin de la brousse ivoirienne et qui serait mort, si l’on comprend bien, de ce que les tribunaux internationaux appelle une «exécution extrajudiciaire».
Monique Mas
Article publié le 19/10/2005
Dernière mise à jour le 19/10/2005 à 16:43 (heure de Paris)
COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 13 OCTOBRE 2005
Mardi 18 Octobre 2005
Un Conseil des ministres s'est tenu ce jeudi 13 octobre 2005, de 11 heures à 15 heures, au palais de la Présidence, sous la présidence du chef de l'Etat, son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo.
Avant d'aborder l'ordre du jour, le Président de la République a tenu à saluer la qualification de notre équipe nationale pour la CAN et le mondial 2006 et à féliciter les héros de cette performance historique pour notre pays. La reconnaissance de la nation et la République a été exprimée le lundi 10 octobre 2005 à nos valeureux athlètes.
Tous les sélectionnés ainsi que l'encadrement technique et les responsables de la FIF ont été distingués dans l'ordre national.
Chacun des joueurs recevra une villa d'une valeur de trente millions (30 000 000) FCFA.
En outre, le Président de la République a signé ce jour un décret élevant le président de la FIF, Monsieur Jacques Anouma au rang d'ambassadeur.
Le président de la République a ensuite informé le Conseil de la signature d'un contrat renouvelant pour une période de 15 ans la concession du service public d'électricité accordé au groupe Bouygues, à travers la CIE.
Le nouveau contrat prévoit, entre autres, l'entrée de l'Etat dans le capital et le Conseil d'administration de la CIE, des engagements significatifs de la société concessionnaire dans la promotion des programmes de développement de l'électrification villageoise.
Le président de la République a également annoncé la pose de la première pierre du mémorial du président Félix Houphouet-Boigny le 18 octobre 2005 à Abidjan.
Ce mémorial, selon le président de la République, est le premier élément de l'hommage à la mémoire du président Houphouet-Boigny. Cette réalisation artistique sera suivie de la construction du musée Houphouet-Boigny, premier Président de la Côte d'Ivoire indépendante.
Abordant son ordre du jour et sur présentation des ministres en charge des départements concernés, le conseil a entendu plusieurs communications.
POSE DE LA PREMIERE PIERRE DU MEMORIAL DEDIE A FEU FELIX HOUPHOUET-BOIGNY PERE FONDATEUR DE LA COTE D'IVOIRE MODERNE
Mardi 18 Octobre 2005
MÉMORIAL À ABIDJAN,
MUSÉE À YAMOUSSOUKRO
Gbagbo a posé la première pierre de l’édifice à la mémoire du premier Président au jardin de la Mairie du Plateau.
Le Chef de l’État a procédé symboliquement à la pose de la première pierre .
La cérémonie du centenaire de la naissance de Félix Houphouet-Boigny a été marquée, hier, par la pose de la première pierre du mémorial dédié au premier Président de la République de Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo n’a pas abandonné ce projet qui existait avant sa prise de fonction, le 26 octobre 2000.
Edifié par l’exemple américain où des édifices marquent le passage de chaque Président sur la terre, il s’est engagé à réaliser, en l’état, “cet édifice qu’une nation dresse pour rendre hommage à la mémoire d’Houphouet-Boigny”.
“Personnellement, je suis pour le mémorial parce que je pense que tous les hommes élus par leur peuple qui ont gouverné doivent avoir un souvenir qui symbolise leur passage parmi leurs concitoyens”, a-t-il déclaré.
Source "FRATMAT"
QUELQUES DATES HISTORIQUES SUR LES ACTIONS DE FEU FELIX HOUPHOUET-BOIGNY
Mardi 18 Octobre 2005
Le premier président de la cote d'ivoire a marqué son pays d'une empreinte indélébile.Retour sur les grandes dates et les grands actes qui ont marqué l'histoire de la terre d'eburnie qui se confond souvent avec celle de son père fondateur.
- 1945 : Houphouët-Boigny est élu député à l'Assemblée constituante française
- 9 avril 1946 : création du PDCI (Parti démocratique de Côte d'Ivoire) par 34 personnes, pour la plupart syndicalistes paysans, dans un bar de Treichville à Abidjan, l'Etoile du Sud.
- 1946 : Houphouët-Boigny est nommé ministre du gouvernement de la IVè république française
- 27 au 31 octobre 1947 : congrès constitutif du PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d'Ivoire Rassemblement démocratique africain), à Abidjan
- 1958 : référendum dans les colonies françaises d'Afrique. La Côte d'Ivoire vote pour le "oui" qui accorde aux anciennes colonies le statut de républiques au sein de la communauté française.
- 1959 : Houphouët-Boigny quitte son poste de ministre du gouvernement français et est nommé Premier ministre du gouvernement ivoirien
- 14 mars 1959 : le congrès constitutif du JRDA-CI (Jeunesse du Rassemblement démocratique africain- section Côte d'Ivoire), emmené par Amadou Koné, prend ses distances vis-à-vis d'Houphouët-Boigny.
Au 3ème Congrès du PDCI-RDA, les hommes d'Houphouët-Boigny, dont Auguste Denise sont mis en minorité. Jean-Baptiste Mockey, vice-Premier ministre, est élu secrétaire général du parti.
On trouve alors une tête de chat noir enterrée dans les jardins de la maison d'Houphouët à Yamoussoukro. Les procès en sorcellerie vont commencer
- 2 novembre 1959 : Jean-Baptiste Mockey est évincé de son poste de S.G. du PDCI, puis éjecté l'année suivante comme ambassadeur à Nicosie.
- 7 novembre 1959 : loi sur l'état d'urgence
- 7 août 1960 : Félix Houphouët-Boigny, 54 ans, alors Premier ministre, proclame l'indépendance de la Côte d'Ivoire, jusqu'ici membre de la Communauté franco-africaine créée par le général de Gaulle en 1958. .
- Janvier et août 1963 : Des mesures d'épuration sont prises à la suite de deux présumés complots contre le pouvoir. La prison spéciale d'Assabou est créée à Yamoussoukro, le village natal d'Houphouët-Boigny, pour accueillir les "comploteurs". Elle fera le plein jusqu'en 1967, et ne sera détruite qu'en 1969.
Au congrès du PDCI, en 1963, le jeune Konan Bédié est présenté comme un modèle à l'opposé des militants et autres intellectuels du JRDA-CI qui remplissent la prison d'Assabou.
Début janvier 1963, l'Assemblée vote une loi portant création d'une cour de sûreté de l'Etat.
Trois ministres (Joachim Bony, Charles Donwahi et Amadou Koné, le fondateur des JRDA-CI) sont relevés de leurs fonctions. Ils rejoindront quelques jours plus tard, plus de cent personnes dont cinq députés, à la prison de Yamoussoukro. Le "modèle" ivoirien" prend forme.
Philippe Yacé, secrétaire général du PDCI et président de l'Assemblée nationale se déchaîne contre les "fauteurs de troubles.).
Houphouët-Boigny rappelle Jean-Baptiste Mockey pour le nommer "président de la cour de sûreté de l'Etat".
Ernest Bocka, alors président de la cour suprême, démissionne pour protester contre ces multiples arrestations.
- 9 avril 1963 : 89 inculpés sont jugés par la cour de sûreté de l'Etat qui prononce cinq condamnations à mort (peines qui ne seront pas exécutées, du moins "officiellement").
- Fin 1963.
Obsédé par les complots, Houphouët-Boigny fait envoyer en prison beaucoup de monde : Ernest Bocka (mort sans explication), Jean-Baptiste Mockey , Germain Coffi Gadeau, Amadou Thiam, et bien d'autres.
- Décembre 1964 : la cour de sûreté qui juge 96 inculpés prononce six condamnations à mort, dont celle de Jean-Baptiste Mockey, qui sera gracié par la suite.
- 14 mai 1968 : La Côte d'Ivoire reconnaît le régime sécessionniste biafrais, lors de la guerre civile au Nigeria. Lagos rompt ses relations avec Abidjan (rétablies en 1971). En janvier 1970, le Général Ojukwu, ancien chef du Biafra, trouve refuge en Côte d'Ivoire.
- 1970 : le massacre du Guébié.
- 4 novembre 1970 : Houphouët-Boigny est le premier chef d'Etat noir à préconiser le dialogue avec l'Afrique du Sud. Cette politique de rapprochement aboutira à une rencontre historique, le 21 septembre 1974 à Yamoussoukro, entre le Premier ministre sud-africain John Vorster et le président ivoirien.
- 18-19 mars 1978 : Sommet de la réconciliation au Liberia entre la Côte d'Ivoire, le Sénégal et la Guinée. Dakar et Abidjan avaient refusé de livrer des Guinéens impliqués dans l'attaque contre Conakry en novembre 1970, menée par l'armée portugaise et des éléments hostiles au régime guinéen.
- 24 septembre 1979 : Après avoir accueilli à maintes reprises des chefs d'Etat renversés, la Côte d'Ivoire, accueille pendant quatre ans l'ancien empereur Bokassa de Centrafrique.
- 1er octobre 1980 : suppression du poste de secrétaire général du PDCI, détenu depuis 15 ans par Philippe Yacé.
- 9-13 juillet 1981 : Houphouët-Boigny est le premier chef d'Etat africain à être reçu à Paris par le président Mitterrand, nouvellement élu.
- 21 mars 1983 : Yamoussoukro, village natal d'Houphouët-Boigny, devient la capitale du pays.