Octobre 2005

COTE D'IVOIRE / DECLARATION DES FORCES NOUVELLES SUR LA NOMINATION D'UN PREMIER MINISTRE POUR LA SORTIE DE CRISE

Lundi 31 Octobre 2005

Les Forces Nouvelles réaffirment ce jour du 30 octobre 2005, que le mandat présidentiel de Monsieur Laurent Gbagbo est bel et bien finit.
Les Forces Nouvelles ne lui reconnaissent donc aucun titre de Président de la République de Côte d'Ivoire.

Si le sommet extraordinaire de la CEDEAO tenu à la date du 30 septembre 2005, par un arrangement politique, a désigné Monsieur Laurent Gbagbo au poste de Chef de l’état, cette décision ne peut être qu’au titre de l’une des deux parties belligérantes, en l’occurrence le clan présidentiel de Monsieur Laurent Gbagbo.
C’est pourquoi, les Forces Nouvelles à ce jour, en tant que l’un des deux belligérants, prennent toute leur responsabilité et proclament ce qui suit :

• Le Secrétaire Général des Forces Nouvelles, Guillaume Kigbafori SORO, est désigné, Premier ministre du futur Gouvernement de Réconciliation Nationale

• A cet effet, le Secrétaire général des Forces Nouvelles, le Premier ministre Guillaume Kigbafori SORO, est mandaté pour prendre tous les contacts nécessaires avec toutes les formations politiques signataires de l’accord de Linas Marcoussis, en vue de constituer très rapidement, dans les heures à venir, le Gouvernement de Réconciliation Nationale.

• Ce nouveau gouvernement s’attellera, très rapidement, dès sa prise de fonction, à régler les questions essentielles (restées en suspense) de l’identification générale de toutes les populations ivoiriennes, du régime électoral, du démantèlement et du désarmement des milices pro-Gbagbo et de l’engagement du processus DDR sur la base du Programme National DDR adopté par les Forces Défense et de Sécurité et les Forces Armées des Forces Nouvelles, en vue de la tenue d’élections générales dans un délai raisonnable.

• Le Secrétaire général des Forces Nouvelles, le Premier Ministre Guillaume SORO, est mandaté pour adresser le plutôt, un courrier avec la liste complète de son gouvernement, au Président TANDJA (Président en exercice de la CEDEAO), au Président Olusegun OBASSANDJO (Président en exercice de l’Union Africaine) et à Monsieur Pierre SCHORI (Représentant du Secrétaire général de l’ONU en Côte d'Ivoire).

Fait à Bouaké, le 30 octobre 2005


COTE D'IVOIRE / MESSAGE A LA NATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE S.E.M.LAURENT GBAGBO SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE APRES LE 30 OCTOBRE 2005 DATE PREVUE POUR DE NOUVELLES ELECTIONS

Dimanche 30 Octobre 2005

Ivoiriens Ivoiriennes,
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire,

Nous sommes aujourd'hui le dimanche 30 octobre 2005. Comme chacun de nous le sait, l'année 2005 est une année d'élections générales en Côte d'Ivoire. Pour respecter les échéances électorales prévues par nos lois, j'ai, depuis le Conseil des ministres du 28 avril 2005 et sur la proposition du Premier Ministre du Gouvernement de Réconciliation Nationale, fixé la date de l’élection à la Présidence de la République à ce jour du 30 octobre 2005...

Cette échéance n'a pu être tenue du fait de la guerre dans laquelle notre pays est plongé depuis le 19 septembre 2002, et de l'occupation qui en est résultée, d'une partie du pays par des bandes armées échappant au contrôle des Autorités légitimes et légales de la Côte d’Ivoire.

Depuis la Conférence de Kléber du 26 janvier 2003 jusqu~à ce jour, le Peuple de Côte d'Ivoire et moi-même avons fait tous les sacrifices:; même les plus inimaginables~ pour obtenir de la rébellion qu'elle désarme afin que nous allions à la paix :

Le Peuple, par l’adoption d'une loi d'amnistie votée par les députés le 6 août.
2003, a pardonné aux rebelles les crimes qu'ils ont froidement commis, afin que, ne craignant plus aucune poursuite, ils puissent revenir dans la République ;

Le même peuple, toujours par ses députés, a modifié les lois, toutes les lois dont certaines dispositions prétendument sources de conflit, avaient été présentées, après coup, comme les raisons de 1’agression de notre pays.

Mais les rebelles et les partis politiques qui se sont alliés à eux ont jugé que ces lois ne les satisfaisaient pas.
J'ai donc, usant des pouvoirs exceptionnels que me confère l'article 48 de notre Constitution en pareilles circonstances et à la demande du Président Thabo MBEKI, Médiateur de l'Union Africaine, apporté à ces lois, les corrections souhaitées.

J'ai également, sans modifier la Constitution de notre pays pour la défense de laquelle beaucoup de nos sœurs et de nos frères ont fait le sacrifice de leur vie, et toujours à la demande du Médiateur, autorisé, exceptionnellement, les parties signataires de l'Accord de Linas Marcoussis, à présenter des candidats à l'élection à la Présidence de la République sans que ceux-ci aient à remplir les conditions exigées par la Constitution et par les lois électorales.

Tout ce que nous attendions en retour des sacrifices ainsi consentis et à quoi les rebelles et leurs alliés s'étaient engagés envers moi et envers la communauté internationale, c’était le désarmement et la réunification du pays en vue des élections, seules à même d’apporter une paix définitive et durable à notre Nation.

Au lieu de cela, les rebelles et leurs alliés politiques se sont installés dans le dilatoire, jouant le pourrissement : de la situation espérant ainsi une prolongation dans le temps du processus de paix de façon à atteindre la fin de mon mandat.
Pour eux dès la fin du mandat du Président de la République, et devant l’impossibilité d'organiser normalement les élections, l'on s'installerait dans un « vide juridique » qui leur permettrait d'accéder à la tête de l'Etat sans aucune élection, c’est-à-dire sans l’accord du Peuple de Côte d'Ivoire.
Mais les trois dernières années que nous venons de vivre ont montré à chacun de nous que ce Peuple ne veut pas de chefs parvenus au pouvoir par des voies autres que celles déterminées par nos lois.

Notre peuple a suffisamment montré sa maturité au cours de cette guerre.
Il n'acceptera de chef qui exercera sur lui un pouvoir légitime, que parce qu’il aura été élu et donc choisi par lui.
C'est ce que les Ivoiriens ont voulu et ils l'ont consigné dans notre Constitution.

Je tiens au respect de cette Constitution adoptée par plus de 86% des ivoiriens pour deux raisons:

Premièrement, la Constitution de la Côte d'Ivoire, en son article 34, confie au Président de la République, Chef de l'Etat, les charges de veiller à son respect et d'assurer la continuité de l'Etat.

Deuxièmement, et ce à titre personnel, je suis pour le respect des lois.
Le respect de lois connues de tous et applicables à tous est, selon moi, le gage d'une vie paisible en société, le ciment de la démocratie et de la liberté.
C'est pourquoi, je m'opposerai toujours à la prise du pouvoir par des voies autres que constitutionnelles.
C'est pourquoi également, je n'accepterai jamais la décapitation de l'Etat de Côte d'Ivoire.

C'est pour garantir la mise en œuvre du principe de la continuité de l'Etat, lorsque le déroulement normal des élections est rendu impossible, notamment en cas d'atteinte à l'intégrité du territoire national, que notre Constitution charge le Président de la République de demeurer en fonction.

Le Conseil Constitutionnel que j'ai interrogé le 26 novembre 2003 sur la question de savoir si l'occupation toujours actuelle par la rébellion d'une partie du territoire constituait un cas d'atteinte à l'intégrité du territoire, m'a répondu par l' affirmative, dans son avis en date du 17 décembre 2003.

Au total, l'impossibilité dans laquelle nous nous trouvons d'organiser les élections est imputable à la rébellion et à tous les partis qui l'ont soutenue dans son refus de désarmer malgré les engagements pris et malgré tous les efforts que nous avons consentis.

Aussi, lorsqu'en pareil cas, les élections ne peuvent pas se tenir, la Constitution charge le Président de la Commission Electorale Indépendante de saisir le Conseil Constitutionnel aux fins de constater officiellement les circonstances qui rendent impossible le déroulement normal des élections.

Mais la Commission Electorale Indépendante est actuellement inopérante; les membres de sa nouvelle Commission centrale ont déjà prêté serment de sorte que les anciens ne peuvent plus agir que pour gérer les affaires courantes et effectuer la passation des charges en vue de la mise en place du nouveau bureau.
Le nouveau bureau qui n'a pas été non plus installé ne peut agir puisque aucune passation de charges n'a été effectuée.

C'est pourquoi, vu l'extrême urgence, j'ai, usant de l'article 48 de la Constitution et suppléant en cela la carence du Président de la Commission Electorale Indépendante, saisi, avant-hier 28 octobre 2005, le Conseil Constitutionnel aux fins de constater les circonstances rendant impossible la tenue des élections.

Cette Haute juridiction a rendu, hier, 29 octobre 2005, une décision par laquelle il constate qu'il Y a atteinte à l'intégrité du territoire et que l'élection à la Présidence de la République n'ayant pu se tenir, il me charge, en ma qualité de Président de la République en fonction, d'assurer la continuité à la tête de l'Etat en demeurant dans lesdites fonctions.

Le Conseil Constitutionnel est seul habilité, en vertu de la Constitution, à constater la cessation des événements rendant impossible l'organisation des élections, c'est-à-dire à constater la réunification du pays et à ordonner la tenue de l'élection à la Présidence de la République.

C'est encore au Conseil Constitutionnel qu'il appartiendra, lorsque les résultats de cette élection seront connus, de les annoncer et de faire prêter serment au vainqueur de ce scrutin.

C'est à ce moment-là, lorsque le vainqueur de la prochaine élection aura prêté serment, et à ce moment-là seulement, que le Président actuel cessera ses fonctions.

Mais la Communauté Internationale nous enjoint d'achever ce processus dans douze mois au plus tard.

Je souhaite pour ma part que les élections aient lieu bien avant ces douze mois et c'est la mission que je confierai au nouveau Premier Ministre que nous désignerons dans quelques jours.

J'exercerai mes fonctions avec la même détermination que j'ai eue ces trois dernières années pour défendre notre pays et ses institutions.

Chers compatriotes,

Je saisis l'occasion de ce message pour remercier la Communauté Internationale.

Je remercie tout d'abord la CEDEAO et son Président Mamadou TANDJA, Président de la République du Niger;

Je remercie l'Union Africaine et son Président OLUSEGUN OBASANJO, Président de la République Fédérale du Nigeria;

Je remercie enfin le Conseil de Sécurité de l'ONU et les grandes puissances de ce monde, membres permanents dudit Conseil dont l'implication, aujourd'hui très nette dans la résolution de la crise, et la saine appréciation de la situation ivoirienne se sont traduites par le communiqué d’Addis-Abeba du 6 octobre 2005 et la résolution 1633 du Conseil de Sécurité.

Je réserve au nom du Peuple de Côte d'Ivoire des remerciements spéciaux au Médiateur que l'Union Africaine a choisi pour nous aider à obtenir la paix.
En votre nom à tous, je salue le Président Thabo MBEKI, qui restera dans la mémoire des ivoiriens comme un homme de bien et un grand leader africain.

Je saisis également l'occasion de ce message pour réaffirmer que la Côte d'Ivoire étant membre de l'Union Africaine et de l'Organisation des Nations Unies, les décisions que ces organisations viennent de prendre seront appliquées.
Nous continuerons de les appliquer avec d'autant plus de détermination et d'engagement qu'elles sont conformes à notre Constitution: le Président de la République continuera d'assurer la continuité de l'Etat et demeurera à la tête de celui-ci jusqu'à ce que l'élection à la Présidence de la République ait lieu.

Telle est la volonté des Ivoiriens exprimée dans notre Constitution votée par plus de 86% d'entre nous, le 23 juillet 2000, à l'occasion de son adoption par référendum.

Tel est également le sens du Communiqué de l'Union Africaine et de la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité.

Les décisions de ces organisations ne sont pas rendues au profit de ma personne.
Elles sont rendues au profit de la Côte d'Ivoire et de ses populations qui souffrent depuis plus de trois ans.
Elles constituent donc pour nous un ensemble de moyens pour nous aider à bâtir nous-mêmes la paix pour notre pays.

C'est pourquoi, je demande à ceux qui ont peur de la paix de prendre courage et de ne pas avoir peur du lendemain.
Il ne leur arrivera rien.
Je les assure de la protection de la loi.

Je demande également à ceux qui sont mus par leurs intérêts individuels ou partisans, de dépasser leur personne pour ne penser qu'à l'intérêt de notre pays.

Saisissons donc ces leviers que nous offre la communauté internationale à laquelle nous avons volontairement fait appel pour bâtir une paix définitive pour notre pays.

La mission qui vient de m'être confiée est constitutionnellement normale en ce qu'elle préserve notre pays des incertitudes.
Je m'en réjouis pour cela.
Mais ma conviction profonde est que notre pays.
Ne sortira de la crise que par les élections.
Il nous faut donc aller aux élections.
Tous les mécanismes sont aujourd'hui mis en place, notamment avec la présence du Haut Représentant de l'ONU chargé des élections pour que celles-ci soient transparentes.

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !
Laurent GBAGBO


COTE D'IVOIRE / DECLARATION DE LA MOUVANCE PARLEMENTAIRE POUR LA DEMOCRATIE ET LA PAIX SUR LA TRANSITION

Samedi 29 Octobre 2005

DECLARATION DE LA MOUVANCE PARLEMENTAIRE POUR LA DEMOCRATIE ET LA PAIX RELATIVE A LA TRANSITION APRES LE 30 OCTOBRE 2005

29 Septembre 2005

Assemblée Nationale
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Les Groupes Parlementaires PDCI-RDA, UDPCI et SOLIDARITE
DECLARATION DE LA MOUVANCE PARLEMENTAIRE POUR LA DEMOCRATIE ET LA PAIX RELATIVE A LA TRANSITION APRES LE 30 OCTOBRE 2005
- 28 Septembre 2005 -
La Mouvance Parlementaire pour la Démocratie et la Paix, l’un des acteurs majeurs de la mise en œuvre des différents Accords de paix, livre ici son analyse de la non-application desdits Accords et propose sa solution de sortie de crise.
Son analyse portera successivement :
 sur le bilan chronologique de la mise en œuvre des Accords,
 sur le vide constitutionnel et ses conséquences ;
 Et sur la transition comme unique solution politique à la sortie de crise.
Bilan de la mise en œuvre des Accords de paix
24 janvier 2003, 29 septembre 2005, cela fera deux ans et plus de huit mois qu’aura été signé le premier Accord de paix entre ivoirien à Linas-Marcoussis, en France.
Accord de Linas-Marcoussis et d’Accra II
En dépit de quelques acquis tels que l’arrêt de la guerre, le maintien des Institutions Républicaines (la Constitution, le Président de la République, l’Assemblée Nationale, …) et la mise en place du Gouvernement de Réconciliation Nationale, ces importants accords dont l’objectif était de ramener la paix, de réunifier le pays et d’organiser des élections justes, transparentes et ouvertes à la date constitutionnelle, n’ont pu connaître une application satisfaisante du fait de multiples blocages perpétrés par le camp présidentiel.
A titre d’exemple :
 L’empêchement par le camp présidentiel de l’arrivée, à Abidjan, du Premier Ministre du Gouvernement de Réconciliation Nationale, nommé à Paris ;
 la récusation par le Président de la République des personnalités désignées par les parties signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis ;
 le non fonctionnement du Conseil National de Sécurité, après la signature le 7 mars 2003 de l’Accord d’Accra II, qui a débouché sur un long feuilleton dans la désignation des Ministres en charge de la Défense et de la Sécurité ;
 les nombreux dysfonctionnements du Gouvernement de Réconciliation Nationale.
Ces différents blocages et tergiversations volontaires étaient l’expression visible de l’hostilité du camp présidentiel à ces accords de paix.
Que ce soit le Président de la République, le parti FPI, ou son Groupe Parlementaire, ils exprimaient leur opposition systématique à la mise en œuvre de cet accord qui, selon eux, ne saurait être au dessus de la Constitution.
La loi d’amnistie est la seule loi que le Groupe Parlementaire FPI après moult débats daignera voter pour toute l’année 2003.
Durant le premier semestre 2004, le FPI et son Groupe Parlementaire vont instaurer un débat superflu sur la nécessité d’organiser un référendum, dans un pays divisé en deux, sur l’amendement du Code Foncier Rural, du Code de la nationalité et la révision de l’article 35 de la Constitution se rapportant à l’éligibilité à la Présidence de la République.
Toutes ces manoeuvres dilatoires permirent, par l’achat des consciences, de débaucher des Députés des Groupes Parlementaires PDCI-RDA, UDPCI et Solidarité au profit du Groupe Parlementaire FPI. Ces Députés de l’opposition, pourtant élus dans des circonscriptions situées dans des zones occupées, aideront les Députés du Groupe Parlementaire FPI à dénaturer de façon flagrante toutes les réformes législatives résultant de l’Accord de Linas-Marcoussis. Leur prétexte était que le mandat du Député n’est pas impératif et cela au mépris des souffrances endurés par les ivoiriens et particulièrement par celles des populations des zones occupées.
Faut-il rappeler que l’Accord de Linas-Marcoussis engage les partis politiques signataires, représentés à l’Assemblée Nationale, à garantir le soutien de leurs Députés à la mise en œuvre du programme gouvernemental issu dudit accord.
La tentative d’établir définitivement la vérité de l’écrasante majorité favorable aux accords, par une marche pacifique le 25 mars 2004, sera sauvagement réprimée dans le sang entraînant plus de cinq cent morts, des milliers de blessés et disparus.
Un autre argument qu’utilisait le camp présidentiel pour justifier ses multiples blocages était que le Président de la République n’étant pas signataire de l’Accord Linas-Marcoussis, il ne se sentait pas lié par ledit accord.
Entre autres, pour surmonter cette difficulté et lever les blocages, les signataires furent invités avec le Président de la République et le Premier Ministre, par la CEDEAO, à une réunion à Accra les 29 et 30 juillet 2004 en présence du Président de l’Union Africaine et du Secrétaire Général de l’ONU.
Accord d’Accra III
Signé le 30 juillet 2004, l’Accord d’Accra III offrait deux avantages notables, la signature du Président de la République et un chronogramme précis :
 Achèvement des réformes législatives, pour la fin Août 2004 ;
 Révision des critères d’éligibilité à la Présidence de la République avant la fin du mois de Septembre 2004.
 Démarrage du processus DDR, le 15 Octobre 2004.
Malgré la signature du Président de la République, ce dernier accord connaîtra le même sort que les précédents.
En lieu et place de l’application de ces accords, le camp présidentiel choisira délibérément l’option de la guerre.
Après une campagne médiatique intense faite de menaces, d’incitation à la haine et à la violence animée par le camp présidentiel et le FPI, intervint les 4, 5 et 6 novembre 2004 la violation du cessez-le-feu par le camp présidentiel, avec de nombreux morts, des destructions massives et pillages de biens, des délocalisations et fermetures d’entreprises et d’Ambassades et l’aggravation du chômage dans notre pays.
La médiation du Président THABO M’BEKI interviendra dans cette atmosphère délétère.
Malgré cela, les textes adoptés en fin décembre 2004 resteront non-conformes aux accords.
En outre, la révision de l’article 35, adoptée par le Parlement à la majorité des 4/5 de ses membres, restera inachevée en dépit des recommandations de l’Accord d’Accra III qui permettait au Président de la République d’utiliser les pouvoirs que lui offre la Constitution pour parachever la procédure.
Accords de Pretoria
Avec l’accord de Pretoria I du 6 avril 2005, le Président Laurent GBAGBO utilise l’article 48 de la Constitution pour régler la question de l’éligibilité et de révision des textes de loi dénaturés.
Mais, les Députés FPI empêchent la réunion de l’Assemblée Nationale contrairement à l’article 48 qui exige que « l’Assemblée Nationale se réunit de plein droit » pour se prononcer sur les décisions contenues dans le message du Président à la Nation.
L’Accord de Pretoria II du 29 juin 2005 permit de fixer un échéancier précis :
 15 juillet 2005, adoption des amendements rédigés des lois dénaturées ;
 fin juillet, mise en place de la CEI ;
 20 août désarmement et démantèlement des milices ;
 8 octobre 2005, achèvement du DDR.
Jusqu’au 15 juillet, alors que le Parlement était en session, le Président de l’Assemblée Nationale et le Groupe parlementaire FPI firent tout pour empêcher la réunion de l’Assemblée Nationale et éviter ainsi de se dédire.
En effet, ils avaient promis de maintenir leurs amendements si les textes dénaturés revenaient au Parlement.
Les événements dramatiques de Petit DUEKOUE et GUITROUZON qui ont servi de prétexte à la sortie du Groupe Parlementaire FPI de l’Assemblée Nationale n’ont jamais fait l’objet de débat parlementaire malgré la saisine des Députés de la Mouvance Parlementaire pour la Démocratie et la Paix.
Sans une loi d’habilitation pour prendre des ordonnances, le Président Laurent GBAGBO prit des Décisions, hors du Conseil des Ministres, pour amender les lois dénaturées.
Ces Décisions, sont en principe juridiquement inférieures à un décret pris en Conseil des Ministres et encore de moindre importance par rapport à une ordonnance et à une loi.
Et pourtant, ces décisions ont la vocation de modifier des lois ou même la Constitution.
Tout se passe désormais comme si l’Assemblée Nationale était dissoute, le Chef de l’Exécutif pouvant recourir librement à l’article 48 sans que l’Assemblée Nationale ne se réunisse de plein droit, comme le dispose l’article 48 de la Constitution, pour se prononcer sur l’opportunité et la portée des décisions prises. Pendant ce temps, le Président de l’Assemblée Nationale se consacre librement à la campagne électorale et à la croisade patriotique, anticolonialiste et sectaire.
Le 2 septembre 2005, alors que le camp présidentiel et la médiation sud africaine clamaient haut et fort que les décisions du Président Laurent GBAGBO du 15 juillet étaient conformes aux Accords de Pretoria, le Président de la République fait publier de nouvelles décisions (datées du 29 août 2005) qui amendent les décisions du 15 juillet.
A un mois de la fin du mandat du Président Laurent GBAGBO, nous sommes au regret de constater, contrairement à son message à la Nation du 27 septembre 2005, que beaucoup d’engagements pris dans les accords de paix restent à être tenus, à savoir :
 les réformes législative et constitutionnelle ;
 les milices ne sont pas effectivement démantelées ;
 le DDR est loin d’être bien engagé ;
 le pays n’est pas réunifié et l’Administration n’est pas redéployée ;
 l’identification des populations n’est pas faite sur toute la Côte d’Ivoire ;
 les listes électorales ne sont pas révisées.
Durant cette crise, le fonctionnement de l’Assemblée a été souvent bloqué par les Députés du Groupe Parlementaire FPI.
Les intimidations, les menaces verbales et physiques des Députés par des Députés FPI ou les « sorbonnards », les achats de conscience et la mauvaise foi ont émaillé les travaux parlementaires qui étaient retransmis en direct à la télévision et à la radio.
Non ! Contrairement à ce qu’affirme le Président Thabo Mbéki, médiateur de la crise, le Président Gbagbo “n’a pas fait sa part“. et ce, d’autant plus qu’il occupe la fonction de Président de la République, fonction qui le rend plus que tout autre responsable de la crise.
Le Président de la République et son clan rusent avec les accords depuis trois ans, ils sont donc entièrement responsables de la non tenue des élections Présidentielles du 30 octobre 2005.
Le vide constitutionnel
L’article 35 de la Constitution dispose que le mandat du Président de la République est de 5 ans.
Selon l’article 36, « le premier tour du scrutin a lieu dans le courant du mois d’octobre de la cinquième année du mandat du Président de la République ».
Si au cour de l’élection présidentielle ou à la proclamation des résultats, en octobre, comme défini par l’article 36 ci-dessus, des événements ou circonstances graves (atteinte à l’intégrité du territoire, …) rendaient impossible le déroulement normal des élections ou la proclamation des résultats, l’article 38 autorise l’arrêt des opérations électorales ou décide de la suspension de la proclamation des résultats.
Pour appliquer l’article 38, il faut que l’élection ait effectivement démarré avant les événements.
Dans le cas de la crise actuelle qui a démarré depuis le 19 septembre 2002 avec les accords de cessez le feu, de Linas-Marcoussis, d’Accra et de Pretoria, l’article 38 ne peut être d’aucun secours.
L’article 39 de la Constitution règle les conflits de compétence entre le Président sortant et le Président entrant. Les pouvoirs du Président entrant ne prennent effet qu’à compter de sa prestation de serment.
Quand il n’y a pas eu d’élection au terme du mandat du Président sortant, l’article 39 ne peut être appliqué.
Par ailleurs, l’article 40 confie l’intérim du Président de la République au Président de l’Assemblée Nationale, en cas de vacance par décès, démission ou empêchement absolu, quand le mandat du 1er est en cours. Après fin octobre 2005, le mandat du Président de la République expire et donc il n’y aura pas d’intérim à assurer au-delà de cette date.
A partir du 30 octobre 2005, le Président Laurent GBAGBO n’aura plus de pouvoir pour recourir à l’article 48 et prolonger son mandat en s’appuyant sur des événements déclenchés depuis le 19 septembre 2002 dont la résolution a fait l’objet d’accords de paix que le Président de la République n’a pas voulu appliqués sincèrement durant près de trois ans.
Face à ce vide constitutionnel, les diverses manoeuvres dilatoires qui nous y ont conduit et les nombreux engagements pris dans les accords non encore tenus, une transition s’impose.
Au demeurant des personnalité ayant joué un rôle important dans la CCCE qui a rédigé cette Constitution telles que le Professeur OURAGA OBOU ou l’ex-Maire Blé Blé Charles, des personnalités reconnues pour leur compétence en droit constitutionnel telles que le pr Wodié, affirment régulièrement qu’en cas de non tenue d’élection le 30 octobre 2005, il y a vide constitutionnel.
Malgré ces avis éclairés et objectifs le Pr Gbagbo persiste à vouloir se maintenir au pouvoir après le 26 octobre 2005 en l’absence d’élections présidentielles.
En tout état de cause, voyons quelle sera la situation de Laurent Gbagbo le 26 octobre 2005 à minuit ?
Sur la moitié nord du pays représentant 55% du territoire, il n’est plus reconnu comme Président de la République.
Dans les 45% restant au sud, sur les quatre (4) partis politiques pouvant revendiquer des élus aux trois élections générales et locales (législatives, municipales et départementales), trois de ces partis, à savoir : le PDCI-RDA, le RDR, l’UDPCI et leurs militants ne reconnaissent plus Monsieur Gbagbo Laurent comme Président de la République. Au total donc sur le 45% restant, il y au mieux le ¼ des populations qui le reconnaissent comme Président.
Le 26 octobre 2005 à minuit, Monsieur Gbagbo ne pourra donc revendiquer que 11 à 15 % de la population totale de la Côte d’Ivoire.
A partir de ce constat simple, du point de vue de la légalité et de la légitimité, Monsieur Gbagbo Laurent n’est plus Président de la République de Côte d’Ivoire.
La Communauté Internationale devra en tirer toutes les conséquences.
Par ailleurs le Président de la République dit déplorer le désastre humanitaire, scolaire et sanitaire dans les zones occupées, ce qui laisse sous entendre que tout irait pour le mieux en zone gouvernementale.
Que le Président de la République sache que si le clan présidentiel vit dans l’opulence, le quotidien de la majorité des ivoiriens en zone occupée comme en zone gouvernementale également est fait d’insécurité, de misère totale interdisant la sérénité, l’accès aux soins de santé primaire et à la scolarité.
Il faut donc une transition consensuelle qui apaise les ivoiriens, les réconcilie effectivement et le remette au travail. C’est d’ailleurs l’option de huit (8) des dix signataires des accords de paix.
La transition
Elle aura pour mission de permettre la réalisation de engagements pris dans les accords mais non encore tenus à savoir :
 l’achèvement des réformes législatives et constitutionnelles;
 la révision de la Constitution de 2000;
 le désarment et démantèlement des milices;
 la sécurité des biens et des personnes ;
 le règlement des problèmes d’atteinte grave aux droits de l’homme ;
 la mise en œuvre du DDR et la formation d’une nouvelle armée plus républicaine;
 la réunification du pays et le redéploiement de l’Administration;
 l’identification des populations;
 la révision des listes électorales sur toute l’étendu du territoire national ;
 l’organisation du référendum ;
 l’organisation d’élections justes, transparentes et ouvertes.
Il conviendra d’organiser une transition qui tirera des leçons des faiblesses du Gouvernement de Réconciliation Nationale.
Organisation de la transition
Un consensus politique permettra, de mettre en place un Gouvernement de transition dirigé par un Chef d’Etat et composé d’une trentaine de personnalités crédibles et compétentes et s’engageant à ne pas compétir à l’élection présidentielle prochaine.
Cette transition, devra faire achever les réformes législatives et constitutionnelles.
Durée
L’ampleur et la nature des tâches à exécuter énumérée ci-dessus, impose un temps d’exécution qui ne saurait s’assimiler à celui d’un simple report technique sous peine de voir perdurer la crise.
La durée de la transition est déterminée par une évaluation fine et précise des actions à mener,
Cette durée devrait se situer aux environs de quatorze (14) mois pour la bonne exécution des misions essentielles qui lui sont assignées et qui sont énumérées en annexe.
Conclusion
La Mouvance Parlementaire pour la Démocratie et la Paix se félicite de ce que l’Union Africaine et la CEDEAO vont s’impliquer davantage dans la résolution de cette grave crise que traverse notre pays et leur demande de soutenir la mise en place rapide d’une transition politique dès le 26 octobre 2005 pour éviter un embrasement généralisé de notre pays déjà meurtrie et fragilisé.

Groupe Parlementaire Solidarité KONE Ousmane

Groupe Parlementaire UDPCI NOUTOUA Youdé Célestin

Groupe Parlementaire PDCI-RDA OUASSENAN KONE Gaston


INTERVIEW DE M.LAURENT DONA FOLOGO PRESIDENT DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE EN COTE D'IVOIRE

Samedi 29 Octobre 2005

Laurent Dona-Fologo, Président du Conseil économique et social :
“Après le 30 octobre, il n’y aura rien”

La tension politique exacerbée avec les déclarations des opposants crée une psychose que le président du CES veut enrayer.

M. le président, vos rapports avec le Chef de l’Etat sénégalais se sont améliorés depuis Abuja?

En vérité, il n’ y a pas de problème entre le Président Wade et moi. Je suis trop petit pour me battre contre un Chef d’Etat.
Je n’étais à Abuja qu’un modeste représentant mandaté par le Président de la République de Côte d’Ivoire. Par rapport à mon éducation et à la formation que j’ai reçue du Président Félix Houphouet-Boigny, il était hors de question que je fasse des vagues, que je manque de respect à un Chef d’Etat.
Ceci étant, j’avais un dossier tout à fait clair! Et je tenais à le défendre.
Depuis le début de la crise, j’ai toujours défendu avec clarté et fermeté les intérêts de la République; et ce n’est pas à Abuja que j’allais changer. Au moment où le Président Mbeki est presqu’au terme de sa mission, on veut nous renvoyer à la case départ! Pour faire quoi? Pour dire quoi que nous n’ayons déjà entendu? En tout cas, je ne pouvais accepter cela! Et je dois vous dire que les Chefs d’Etat à Abuja ont admis qu’il y avait certains aspects de la crise ivoirienne que jamais on ne leur avait révélé. Certains ne savaient pas que l’on avait imposé au Président Gbagbo un Premier ministre, des quotas de ministres, etc. Si bien qu’il ne peut remanier personne!

On parle beaucoup de transition en ce moment?

Transition? Quelle transition? Nous vivons une transition depuis Marcoussis jusqu’à aujourd’hui! Personnellement, je ne voudrais plus entendre parler de transition parce que nous voyons que ce type de transition a été négatif pour la Côte d’Ivoire.

Le Président Bongo a décidé de retirer leur passeport aux opposants gabonais qui s’expriment haut et fort à l’étranger. Comment jugez-vous ce comportement?

J’hésite à porter un jugement sur ce que font les autres chez eux. Mais ce que je constate, c’est que chaque pays a ses réalités et que nos amis étrangers respectent ces réalités lorsque vous êtes blanc, mais pas lorsque vous êtes noir! Il y a comme deux poids, deux mesures, lorsqu’on traite les problèmes africains. C’est l’une des graves faiblesses de notre continent. Vous me parlez du Président Bongo, mais il y en a d’autres qui ont changé la Constitution pour se présenter à nouveau, d’autres encore où tous les membres de la Commission électorale indépendante sont nommés par le Président de la République, Il y en a enfin qui ferment des radios, il y a des gens qui ont des rebellions qui durent depuis des années que tout le monde combat, alors que l’on dorlote la nôtre. Et personne ne dit rien!

Le G7 vient de prendre le contrôle de la CEI. Pensez-vous que les choses vont en rester là?

Là aussi, c’est un acte qui m’attriste.... Et c’était prévisible ! Lorsque l’on a tripatouillé ce projet de loi sur la nouvelle CEI, j’ai dit que l’on fait tout pour dégager une certaine majorité au sein de cette organisation. Je ne sais d’ailleurs à quelle fin. Car il faut savoir que cet organisme, comme son nom l’indique, est indépendant et doit organiser de façon rigoureuse le déroulement et le contrôle des élections. Et faire en sorte que les résultats soient acceptables par tous. Alors, se battre pour contrôler cet organisme ne me parait pas sain. J’espère que les choses rentreront dans l’ordre grâce à la justice ivoirienne.

La suspension du Général Poncet et l’alignement de la France sur les décisions de l’Union africaine ne sont-ils pas de nature à rapprocher les Présidents Gbagbo et Chirac?

Je ne porterai pas de jugement sur une telle décision qui ne regarde que les Français. Ceci étant, en ce qui me concerne, je pense que nous n’avons pas besoin de ce genre d’opérations pour travailler dans le sens du rapprochement. Je pense qu’il faut admettre une fois pour toutes que les temps changent; que les hommes aussi changent. Le monde lui-même change... Il est donc urgent d’en tenir compte. A l’Elysée, j’ai dit qu’il ne fallait surtout pas minimiser ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Il s’agit pour nous d’une réadaptation et non d’un rejet de la France ; c’est tout !

M. le Président, le port, l’eau et l’électricité de Côte d’Ivoire ont été confiés à nouveau à des entreprises françaises. Cela veut-il dire que le discours nationaliste de rupture avec le passé est en train de s’estomper?

Ecoutez, le Président Gbagbo vient de signer plusieurs contrats économiques importants avec les mêmes partenaires ; je crois que c’est un signal fort! Je crois que c’est la preuve que la diabolisation dont le président Gbagbo a été l’objet est mauvaise. Très tôt, on a pensé que cet ancien révolutionnaire n’était pas capable d’adaptation. Il est parvenu à améliorer le contenu des contrats sans en changer les partenaires et refuser des dessous de table. Voici la preuve qu’il reste profondément attaché à son pays et à l’Afrique. De la même manière, la France doit reconnaître que le 6 novembre 2004 la Force Licorne a poussé la réaction un peu trop loin. Cela pourrait être un autre signal de rapprochement.

Pensez-vous qu’il se passera quelque chose après le 30 octobre à Abidjan ?

Il y en a qui veulent mettre en péril la vie des enfants des autres en les poussant dans la rue, c’est vraiment triste ! Quand je vois les soi-disant houphouétistes annoncer la fin de la Côte d’Ivoire le 30 octobre et réclamer en même temps la désignation du Premier ministre, c’est à ne rien y comprendre. En tout cas, je puis vous assurer que le 30, il ne se passera rien. Sauf que le lendemain, nous serons le 31.

Propos recueillis par MOMO LOUIS,
Correspondant permanent à Paris


COTE D'IVOIRE / APPEL DU GRAND MEDIATEUR DE LA REPUBLIQUE AUX HOMMES POLITIQUES ET A TOUS LES IVOIRIENS

Samedi 29 Octobre 2005

Mes Chers Compatriotes,
Chers amis de la Côte d'Ivoire,

La lueur d'espoir de sortie de la crise qui secoue dangereusement la Côte d'Ivoire depuis plus de trois ans a fait place, hélas, à la désillusion, au grand dam des populations de notre pays.
Depuis son lit de malade en France où il se trouve en traitement, le Médiateur de la République, Monsieur Mathieu Ekra, le cœur meurtri par les nouvelles alarmantes qu'il reçoit de son pays, nous a chargés, toutes affaires cessantes, de nous adresser a vous en son nom.
C'est donc en ma qualité d'intérimaire du Médiateur de la République et de doyen des Médiateurs régionaux de Côte d'Ivoire que je prends la parole pour vous transmettre son message dont teneur suit.
Ivoiriennes, Ivoiriens, la situation qui prévaut dans notre pays, marquée depuis quelque temps par des rebondissements inattendus, interpelle notre conscience collective.
Si nous ne faisons rien pour désamorcer, dès cet instant, la tension perceptible engendrée par ce nouvel état de choses, nous risquons de nous porter complices et comptables devant l'histoire de la destruction de la Côte d'Ivoire que nous prétendons aimer parce qu'il s'agit bien de notre pays.

Ivoiriennes, Ivoiriens, il est des circonstances où l'orgueil n'a pas sa place.
Tel est le cas dans la situation qui nous préoccupe.
Il est hors de question de jouer avec la vie de la Nation et du peuple de Côte d'Ivoire martyrisés, angoissés, livrés aux ambitions de toutes sortes exacerbées par la haine viscérale que se vouent les leaders politiques, alors que la science politique est d'essence sociale excluant toutes formes d'intrigues.
C'est pourquoi, sur notre foi en Dieu, notre créateur commun, nous affirmons notre confiance irréversible en tous ceux dont dépend aujourd'hui le retour définitif à une situation apaisée, empreinte de sérénité, de concorde et d'amour sincères.
Dans cette perspective, nous, Mathieu Ekra, en notre qualité de doyen et de Médiateur de la République, conjurons, au nom de la Côte d'Ivoire, les Ivoiriens de tous bords d'accepter l'ultime résolution 1633 du Conseil de sécurité.
Cet appel s'adresse aux Forces de défense et de sécurité des FANCI, aux Forces Nouvelles, aux leaders des partis politiques et à leurs militants, à la jeunesse, aux femmes, aux membres de la société civile, à la presse, bref, à toutes les composantes de la société ivoirienne, ainsi qu'à tous les partenaires internationaux de la Côte d'Ivoire venus aider notre pays
Qu'il nous suffise de procéder à une introspection pour analyser sainement, avec le sens de la responsabilité vraie, la situation qui prévaut dans notre Côte d'Ivoire commune.
Avons-nous intérêt à ce que notre pays s'embrase une fois de
plus avec tout le cortège d'exactions, de tueries, de déplacés et d'exilés ? Pouvons-nous nous permettre d'oublier que la Côte d'Ivoire, pays essentiel, joue un rôle pluridimensionnel et éminent dans la sous-région qui est la sienne et qu'à ce titre, elle a l'obligation de se montrer digne de respect ?

Ivoiriennes, Ivoiriens, il est encore temps de faire quelque chose pour que nous nous retrouvions au chevet de la mère patrie momentanément malade.
Le destin des pays et des peuples se trouve entre les mains de Dieu qui dispose d'un plan pour chacun.
Il faut nous ressaisir en prêtant une attention particulière à l'inspiration divine ,seule à même de nous libérer de notre orgueil pour nous conduire sur le chemin du dialogue incontournable en toutes circonstances.
Désarmons nos esprits, désarmons nos cœurs, désarmons nos mains, désarmons nos propos, désarmons nos plumes. Disons-nous tout simplement que celui qui est en face de nous est un être humain qui a droit à son intégrité physique, à la vie comme nous-mêmes. La violence n'a jamais réglé de problème de façon durable. La vengeance, qui appelle une réplique, peut toujours tout remettre en cause.
Il est donc préférable de solutionner les antagonismes par la recherche forcenée du dialogue, de la discussion empreinte de bonne foi et de bonne volonté, surtout lorsqu'il s'agit, nous le répétons, de la vie d'une nation et de son peuple.

Chers Compatriotes, Chers Amis de la Côte d'Ivoire, tel est le sens de l'appel que m'inspire la situation déplorable dans laquelle notre pays se trouve à nouveau plongé, malgré le désir de chacun de nous tous de mettre fin à la dégradation de son tissu socio-économique et aux souffrances des populations.

Nous vous en supplions, soyons réconciliés avec nous-mêmes et avec Dieu.
Veuille le Tout-Puissant étendre sa générosité et sa paix sur la Côte d'Ivoire et sur tous ceux qui l'habitent et nous accorder une issue heureuse à cette énième tension.
Nous vous remercions de nous avoir écoutés et compris, nous l'espérons.

Fait à Abidjan,
le 28 octobre 2005
Mathieu Ekra
Médiateur de la République


SENEGAL /COMMUNIQUES RELATIFS AU RETABLISSEMENT DES RELATIONS DIPLOMATIQUES DU SENEGAL AVEC LA REPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE

Vendredi 28 Octobre 2005

COMMUNIQUE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES
- RETABLISSEMENT DES RELATIONS DIPLOMATIQUES AVEC PEKIN

Le Gouvernement de la République du Sénégal a rendu effective le Mardi 25 Octobre, à 11 heures, l’importante décision de renouer les relations diplomatiques avec la République Populaire de Chine. Le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères du Sénégal, en visite officielle à Pékin, a signé avec son Homologue chinois, au cours d’une cérémonie solennelle, le Communiqué conjoint annonçant le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays.

Cette décision historique prise par le Chef de l’Etat, Son Excellence Maître Abdoulaye WADE, résulte d’une analyse objective et approfondie de la géo­politique mondiale et correspond parfaitement aux intérêts fondamentaux de notre pays et à l’esprit de sa nouvelle diplomatie. Cette diplomatie inspirée et définie par le Président de la République est une diplomatie d’équilibre, de réalisme, de souveraineté, de paix et de développement au service de l’intérêt national et de la promotion de la cause africaine.

Le Gouvernement de la République du Sénégal tient à exprimer ses chaleureuses félicitations au Chef de l’Etat, S.E. Maître Abdoulaye WADE, pour cette décision opportune qui traduit sa claire vision des enjeux du monde contemporain et son attachement à la promotion de l’image de notre pays dans le monde. Le gouvernement mettra tout en oeuvre pour assurer une coopération exemplaire et mutuellement avantageuse avec la République Populaire de Chine.

DAKAR, le 25 Octobre 2005

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COMMUNIQUÉ CONJOINT SUR LE
RÉTABLISSEMENT DES RELATIONS DIPLOMATIQUES
ENTRE LA RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL
ET LA RÉPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE.

I. Conformément aux intérêts et aux aspirations des peuples sénégalais et chinois, la République du Sénégal et la République Populaire de Chine ont décidé de rétablir leurs relations diplomatiques au niveau d’ambassadeurs à partir du 25 octobre 2005.

2. La République du Sénégal et la République Populaire de Chine sont convenues d’échanger de nouveau des ambassadeurs et de s’accorder, sur la base de la réciprocité, des facilités pour le fonctionnement de leurs ambassades respectives.

3. Le Gouvernement de la République Populaire de Chine soutient le Gouvernement de la République du Sénégal dans ses efforts déployés pour la sauvegarde de la souveraineté d’État et le développement de l’économie nationale. Le Gouvernement de la République du Sénégal reconnaît qu’il n’y a qu’une Chine dans le monde, que le Gouvernement de la République Populaire de Chine est l’unique gouvernement légal représentant toute la Chine et que Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois, Le Gouvernement de la République Populaire de Chine apprécie cette position du Gouvernement de la République du Sénégal.


DAKAR, le 25 Octobre 2005


SENEGAL / REUNION DE L'AEWA

Vendredi 28 Octobre 2005

La 3ème session de la Réunion des Parties Contractantes de l’Accord sur la Conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique –Eurasie (AEWA),s'est tenue à Dakar, du 23 au 27 octobre 2005.
Cette réunion a vu la participation d’environ 150 délégués de 68 pays, dont 40 contractants à l’Accord, des représentants des organisations intergouvernementales, des ONG nationales et internationales.
Les cérémonies d’ouverture et de clôture ont été présidées par le Ministre sénégalais de l’Environnement et de la Protection de la nature, M. Thierno LO en présence de nombreuses personnalités du monde politique , diplomatique et d'experts

L'Ambassade y a pris part activement à tous les travaux de groupe ou en séance plénière.
Madagascar a proposé d’abriter la 4ème session de la Réunion des Parties Contractantes de l’Accord en fin 2008, ce qui a été favorablement accueilli et adopté à l’unanimité par l’Assemblée.

A l’ordre du jour de la réunion ont aussi figuré
- la présentation du rapport des activités du Secrétariat de l’AEWA par le Secrétaire Exécutif, M. Bert LENSEN,
- l’examen de la mise en œuvre des Priorités internationales 2006-2008,
- la mise en oeuvre du projet FEM relatif à l'itinéraire de migration Afrique-Eurasie,
- le développement d'un partenariat international pour l'estimation des populations des oiseaux d'eau migrateurs.
Les discussions ont en outre porté sur
- la mise en œuvre de l’Accord et du plan d’action, les plans d’action internationaux par espèce, les dispositions institutionnelles et les questions financières et administratives. Une vingtaine de résolutions ainsi qu’une décision, ont été adoptées.

Une résolution sur la question de la grippe aviaire qui a fait l’objet d’une discussion nourrie, a aussi été adoptée par l'Assemblée.
Une réunion du groupe africain s’est également tenue et a abouti à l'adoption d'une résolution mettant l’accent sur la collaboration l’AEWA - Union africaine et volet Environnement du NEPAD.


COTE D'IVOIRE / DECLARATION DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN (FPI) SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE DE L'APRES 30 OCTOBRE 2005

Vendredi 28 Octobre 2005

Le Front Populaire Ivoirien, (FPI) en a certainement assez des élucubrations et autres menaces sur la paix sociale que la coalition politico-armée dite "G7", fait planer constamment sur la Côte d’Ivoire. En effet, par ses déclarations tendancieuses et pernicieuses sur l’après 30 octobre, le "G7" n’a eu de cesse d’effrayer les braves populations ivoiriennes qui n’aspirent qu’à la paix.
Ce vendredi 28 octobre 2005, au cours d’une conférence de presse tenue à son siège, le président du (FPI), monsieur Pascal Affi N’guessan est sorti de sa réserve pour mettre le holà à cette attitude belliqueuse du "G7"...
Quoiqu'habitué aux frasques, aux manœuvres dilatoires, aux revendications intempestives, à la surenchère et aux chantages éhontés de l'opposition politico-armée regroupée au sein du G7 (coalition de quatre (4) partis d'opposition et de trois (3) mouvements armés), le Front Populaire Ivoirien (FPI) avait néanmoins espéré qu'avec la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l'ONU qui vient d'entériner les décisions prises par les le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine (UA) le 06 Octobre 2005 à ADIS-ABEBA, le G7 se déciderait enfin à emprunter la voie de la sagesse, du dialogue républicain et de la paix pour abréger la souffrance des Populations ivoiriennes durement éprouvés depuis trois ans.

Hélas, le G7 a décidé de ne pas changer ni d'objectif, ni de ligne; de ne pas renoncer à la logique de la rébellion et de la violence verbale et physique.
Le G7 a décidé de persister dans la mauvaise foi, dans les positions irresponsables, incohérentes et contradictoires.

1- LES POSITIONS DU G7 SUR LA RESOLUTION 1633 DU CONSEIL DE SECURITE

A partir d'une interprétation fallacieuse de la Résolution de l'ONU, le G7 affirme dans sa déclaration du 25 Octobre 2005, « qu'à compter du 30 octobre 2005, le Président Laurent Gbagbo ne peut se prévaloir de la qualité de Président de la République ».
Le G7 réaffirme ensuite son opposition au fait que le Président Laurent Gbagbo demeure Chef de l'Etat et demande aux Ministres issus de ses rangs de boycotter le Conseil des Ministres à partir du 26 Octobre 2005.

Le G7 revendique « le pouvoir de désigner en son sein le nouveau Premier Ministre» et demande que la nomination de ce dernier « se fasse par une décision du Groupe International de Travail ».

Poursuivant dans la mauvaise foi, le G7 proclame que les Ministres seront exclusivement responsables devant le Premier Ministre et que celui-ci aura « à titre exclusif» les pouvoirs qui sont constitutionnellement dévolus au Président de la République, notamment les pouvoirs de nommer les membres du Gouvernement, de signer et promulguer les décrets et ordonnances, exécuter les lois et décisions de justice, accréditer les Ambassadeurs, nommer aux emplois civils et militaires, assurer les fonctions de Chef Suprême des Armées, présider le Conseil des Ministres et le Conseil Supérieur de la Magistrature, assurer la tutelle de l'Inspection Générale d'Etat, négocier et ratifier les traités et Accords internationaux, etc.

S'agissant de l'Assemblée Nationale, le G7 «propose» qu'elle «n'ait pas le pouvoir de légiférer» et qu'elle soit réduite « à une fonction consultative» après le 30 Octobre 2005.
En ce qui concerne le Conseil Constitutionnel «des mesures concrètes devraient être prises par le GIT» selon le G7 «pour empêcher cette Institution d'entraver le processus Electoral ».

Joignant l'acte à la parole, le G7 mène depuis plusieurs jours une véritable campagne d'intoxication de l'opinion, d'appel à la violence, de menace à l'ordre public, d'incitation à la haine et au meurtre.
Ses jeunes promettent l'enfer aux Ivoiriens le 30 Octobre 2005; ses femmes appellent à la désobéissance civile, la presse proche du G 7 se chargeant de véhiculer et d'amplifier tout ce qui concourt à l'exacerbation des tensions sociales, à la dégradation de l'environnement socio-politique, à la déstabilisation des Institutions de la République et à compromettre le processus de paix.

2 - POSITON DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN (FPI)

Le FPI s'indigne de ce comportement démoniaque et de la logique du 'pire dans laquelle le G 7 s'est enfermée; Le FPI est profondément attristé par l'attitude foncièrement violente, égoïste, anarchiste, anti-républicaine du G7.
Il condamne avec la dernière énergie les appels à la violence et au désordre;

Le FPI rappelle que la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l'ONU n'a ni modifié, ni suspendu, ni aboli la Constitution Ivoirienne.
La Côte d'Ivoire demeure un Etat indépendant et souverain.
Le point 4 de la décision du 06 Octobre 2005 du Conseil de Paix et de Sécurité de l'U.
A.
«réaffirme l'attachement de l'U.
A.
au respect de la souveraineté, de l'indépendance, de l'intégrité territoriale et de l'Unité de la Côte d'Ivoire ».
L'ONU adhère à cette position et s'est refusé à travers la Résolution 1633 à emprunter la voie des situations d'exception, la voie de la Transition, la voie du chaos exigée par le G7.

C'est en vertu de la Constitution Ivoirienne (art.
39) que le Président de la République Laurent Gbagbo «demeure Chef de l'Etat» jusqu'à l'élection d'un nouveau Président au plus tard le 31 Octobre 2006.
Cette Constitution est très explicite, notamment en ses articles 41 et 53 en ce qui concerne les rapports entre le Président de la République et le Premier Ministre:

-Le Président de la République est détenteur exclusif du pouvoir exécutif; il nomme le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, qui est responsable devant lui ;

-Le Président de la République peut, par décret, déléguer certains de ses pouvoirs au Premier Ministre et aux membres du Gouvernement.

C'est sur la base de ces dispositions qu'ont été bâtis tous les Accords de paix et toutes les Résolutions de l'ONU.
, notamment Accra II visé dans la Résolution 1633 et en particulier le décret n° 2004 - 384 du 9 Août 2004 qui ont définitivement réglé la question de la délégation de pouvoirs du Président de la République au Premier Ministre.

Il est par conséquent totalement farfelu et particulièrement affligeant de penser, d'écrire et de diffuser de telles absurdités, s'agissant des pouvoirs du Premier Ministre, de son mode de désignation et de nomination.
Le futur Premier Ministre sera une personnalité «acceptable pour tous» c'est à dire une personnalité d'ouverture et de dialogue, attachée aux valeurs de la République et de la Démocratie, respectueux des Institutions et de la légalité, engagée en faveur de la réunification du pays et de la réconciliation nationale, et disposant des capacités et de l'autorité nécessaires pour conduire efficacement sa mission.
Ce n'est pas dans la rébellion que la Côte d'Ivoire trouvera une telle personnalité.
L'expérience d'un Premier Ministre issu de la Rébellion a été un échec lamentable.

Non seulement le G7 n'aura pas le pouvoir de désigner en son sein le nouveau Premier Ministre, mais qu'il ne s'attende pas à envahir le futur gouvernement (qui devra être restreint), pour le désorganiser et le paralyser comme cela est le cas du Gouvernement actuel.

Le Front Populaire Ivoirien invite donc le G7 à s'inscrire dans la logique de la paix tracée par la Résolution 1633 de l'ONU, à renoncer à la logique de la violence et des épreuves de force pour mettre fin à une situation que d'aucuns qualifient d'incompréhensible et d'insensé, et pour redonner l'espoir aux populations ivoiriennes.

Avons-nous la force morale, l'intelligence politique, la religion de l'intérêt général, l'imagination créatrice, le sens du sacrifice et l'amour de la patrie pour sortir de la crise actuelle?

Le FPI répond oui à cette interpellation du Représentant Spécial du Secrétaire général de l'ONU, Monsieur Pierre Schori.
Il exprime sa gratitude au Secrétaire Général de l'ONU, aux membres du Conseil de Sécurité et du Conseil de Paix et de sécurité de l'Union Africaine, et leur demande de veiller à une stricte application de la résolution 1633, d'interpeller le G7 et de les contraindre dès maintenant à la paix, conformément à l'esprit de cette résolution prise sous l’égide du chapitre 7 de la charte des Nations Unis.

Le FPI re-itère ses sincères remerciements et ses chaleureuses félicitations à SEM THABO M'BEKI, Président de la République Sud-Africaine et Médiateur de l'Union Africaine pour sa disponibilité, son engagement et les avancées significatives du processus de paix qu'il a permises; au Président TANDJA, Président en exercice de la CEDEAO, à son Excellence OLUSEGUN OBASANJO, Président de l'Union Africaine, à qui le FPI présente par ailleurs ses condoléances les plus attristées, suite à la brutale disparition de Mme STELLA OBANSANJO et à la catastrophe aérienne qui a endeuillé des centaines de familles.

Le FPI salue le Chef de l'Etat, le Président Laurent Gbagbo pour son engagement en faveur de la paix et de la réconciliation nationale; lui réaffirme son soutien sans faille et sa détermination à l'accompagner dans sa mission.

Le FPI renouvelle aux Forces de Défense et de Sécurité son soutien et ses encouragements dans leur lourde et délicate mission de restauration de la paix dans notre pays;

Aux forces vives de la Nation, aux Jeunes, aux femmes, aux Populations des villes et des campagnes, le FPI lance un vibrant appel, afin qu'ils soutiennent dans la vigilance et dans la confiance l'application de la Résolution 1633 de l'ONU.
Il leur demande de garder leur sérénité face aux menaces de déstabilisation, le pays est gouverné et les institutions de la république veille sur leur sécurité.

Fait à Abidjan le 28 Octobre 2005
Pour le FPI,
Le Président,
Pascal AFFI N'GUESSAN


COTE D'IVOIRE / CONFERENCE DE PRESSE DE M.DJEDJE MADY PRESIDENT DU DIRECTOIRE DU G7 (OPPOSITION)

Jeudi 27 Octobre 2005

Le Patriote No. 1824 du Jeudi 27 Octobre 2005
Déclaration du directoire du G7 relative à la Résolution 1633/2005
du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Côte d’Ivoire

Le Directoire du G7 a pris connaissance, avec intérêt, de la Résolution 1633/2005 du Conseil de Sécurité de l’ONU du 21 octobre 2005 sur la situation en Côte d’Ivoire. Il voudrait, par la présente déclaration, donner son appréciation de ladite Résolution.
Pour le directoire du G7, cette résolution qui découle des réunions tenues par la CEDEAO, à Abuja, le 30 septembre 2005 et par le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine à Addis-Abeba, le 13 octobre, traduit la volonté de la Communauté Internationale de trouver une solution de sortie de crise pacifique pour la Côte d’Ivoire et le peuple ivoirien éprouvé et meurtri, par trois longues années de crise politico-militaire.
Le Directoire du G7 note que, le Conseil de Sécurité, a choisi, conformément au Communiqué final du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine, de s’appuyer sur les arrangements politiques initiés à Linas-Marcoussis pour prendre les décisions contenues dans cette résolution.
Quelle est la position du Directoire du G7 sur cette Résolution ?

Position du Directoire du G7

Concernant le mandat du Président Laurent Gbagbo
Le Directoire du G7 note, comme il l’a toujours soutenu, que la Résolution confirme l’expiration du mandat du Président Laurent Gbagbo le 30 octobre 2005. Ainsi donc, Monsieur Laurent Gbagbo ne peut, à compter de cette date, se prévaloir de la qualité de Président de la République élu.
En conséquence :
Le Président Gbagbo ne peut plus se référer à la Constitution ;
Le Président Laurent Gbagbo ayant prêté serment le 26 octobre 2000, le Directoire du G7 demande aux Ministres issus de ses rangs de ne participer à aucun Conseil des Ministres à compter du 26 octobre 2005.
Concernant le maintien de Monsieur Laurent Gbagbo comme Chef de l’Etat à partir du 31 octobre 205.
Le Directoire du G7 continue de récuser Monsieur Laurent Gbagbo comme chef de l’Etat pendant la Transition pour les raisons suivantes : l Monsieur Laurent Gbagbo est le principal auteur du blocage du processus de paix trois ans durant ; l Sa responsabilité est avérée dans les nombreuses violations des droits de l’homme, du droit international humanitaire, violations confirmées et dénoncées par l’ex-Chef d’Etat Major et l’ancien Porte-parole des Forces de Défense et de Sécurité ;
Il a également violé, à plusieurs reprises, le cessez-le-feu, notamment en juillet 2004 et le 4 novembre 2004 par son opération « Dignité », violation qu’il a publiquement revendiquée;
*De plus, Monsieur Laurent Gbagbo est candidat à l’élection présidentielle prochaine.
Concernant le choix et la nomination du nouveau Premier ministre
Le Directoire du G7 revendique le pouvoir de désigner en son sein le nouveau Premier ministre.
Le Directoire du G7 demande que la nomination du nouveau Premier ministre, se fasse par une décision du Groupe de Travail international, sous l’égide de l’ONU après consultation des parties signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis.
Concernant les pouvoirs du nouveau Premier ministre
Conformément à la Résolution 1633/2005, le Directoire du G7 affirme que le nouveau Premier ministre aura des prérogatives de l’Exécutif pour lui permettre de mener à bien la mission dévolue au Gouvernement de transition.
Le nouveau Premier ministre doté de tous les pouvoirs aura pleine autorité sur le Gouvernement et les Ministres seront responsables exclusivement devant lui.
Le nouveau Premier ministre de la Transition aura ainsi, à titre exclusif, les pleins pouvoirs suivants :
nommer les membres de son Gouvernement, sur proposition des parties signataires de l’Accord de Linas Marcoussis, déterminer leurs attributions et mettre fin à leurs fonctions dans les mêmes conditions ;
signer et promulguer les décrets et ordonnances ;
exécuter les lois et les décisions de justice ;
accréditer les Ambassadeurs et Envoyés extraordinaires à l’étranger, recevoir l’accréditation des Ambassadeurs et Envoyés extraordinaire des pays étrangers en Côte d’Ivoire ;
en sa qualité de Chef de l’Administration, nommer aux emplois civils et militaires ;
assumer les fonctions de Chef suprême des Armées ;
déterminer et conduire la politique nationale ;
présider le Conseil des ministres ;
Présider le Conseil supérieur de la Magistrature ;
Assurer la tutelle de l’Inspection Général d’Etat ;
faire des délégations de pouvoirs à ses ministres ;
négocier et ratifier les traités et accords internationaux.
Il disposera ainsi, de toutes les ressources financières, matérielles et humaines voulues, en particulier dans les domaines de la sécurité, de la Défense, des Finances et des affaires électorales, en vue de garantir la sécurité, le redéploiement de l’administration et des services publics sur l’ensemble du territoire ivoirien, de conduire le Désarmement, la Démobilisation, la Réinsertion des combattants, le démantèlement et le désarmement des milices.
Concernant le fonctionnement des Institutions après le 30 octobre 2005
S’agissant de l’Assemblée nationale
Le Directoire du G7 propose que pour respecter le parallélisme des formes, le Conseil de Sécurité ayant consacré l’existence d’un chef de l’Etat n’ayant pas les prérogatives de l’Exécutif, l’Assemblée nationale, si elle est maintenue, ou tout autre Institution Législative de la Transition, n’aura pas le pouvoir de légiférer et n’aura qu’une fonction consultative et ce, pour éviter les difficultés que cette Institution a rencontrées dans son fonctionnement normal trois années durant.
S’agissant du Conseil Constitutionnel
Les membres de cette Institution ayant été nommées unilatéralement par l’ancien Président de la République, le Directoire du G7 demande que des mesures concrètes soient prises par le Groupe de travail international pour empêcher cette Institution d’entraver le processus électoral.
Concernant les violations des droits de l’Homme
Le Directoire du G7 fait observer que nombre de ces violations ont déjà fait l’objet d’enquête de la part de l’ONU et dont les résultats sont connus.
Le Directoire du G7 demande en conséquence que les mesures individuelles prévues aux paragraphes 9 et 11 de la Résolution 1572/2004 soient appliquées sans délais.
Concernant le mandat de l’ONUCI
Le Directoire du G7 se félicite de la réponse du Conseil de Sécurité de réexaminer le mandat de l’ONUCI et le niveau de ses effectifs, à la lumière de la situation en Côte d’Ivoire, répondant ainsi à la demande qui lui a été adressée, en ce sens, par le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine.
Concernant le Groupe de Travail international et le Groupe de médiation
Le Directoire du G7 approuve leur création ainsi que leurs missions visant à assurer la tenue d’élections libres, régulières, ouvertes et transparentes.
Par ailleurs, le Directoire du G7 se félicite de voir ces structures coprésidées par le Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire.
Pour conclure, le Directoire du G7 exprime sa profonde reconnaissance à Son Excellence Kofi Annan, Secrétaire général de l’ONU, à Monsieur le Président de l’Union Africaine, son Excellence Oluségun Obasanjo, à Monsieur le Président de la CEDEAO, son Excellence Mamadou Tandja, pour tous les efforts qu’ils ne cessent de déployer depuis trois ans et particulièrement pour l’adoption de cette dernière Résolution du Conseil de Sécurité.
Le Directoire du G7 traduit également sa gratitude au Président de la République française, son Excellence Jacques Chirac et à la France, pour leur constante sollicitude.
Le Directoire du G7 exprime toute sa disponibilité à contribuer à la mise en œuvre des décisions annoncées et espère que leur application effective épargnera à notre pays et à la sous-région l’embrasement et le chaos.

Fait à Abidjan le 26 octobre 2005

Pour le Directoire
Le Président
Pr Alphonse Djédjé Mady


COTE D'IVOIRE / CONSEIL DE MINISTRES DU 27 OCTOBRE 2005

Jeudi 27 Octobre 2005

Un Conseil des Ministres s’est tenu ce jeudi 27 octobre 2005, de 11 heures à 15 heures au Palais de la Présidence, sous la présidence du Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO.
Abordant son ordre du jour, le Conseil a examiné et adopté plusieurs projets de lois et de décrets et entendu plusieurs communications :...

PROJETS DE LOIS ET DE DECRETS

Ministère d’Etat, Ministère de l’Economie et des Finances en liaison avec le Ministère d’Etat, Ministère des Mines et de l’Energie

Un Projet de décret portant approbation de l’Avenant N°5 à la Convention de Concession du Service Public National de Production, de transport, de distribution, d’exportation et d’importation de l’énergie électrique, signé le 12 Octobre 2005 entre l’Etat de Côte d’Ivoire et la Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE).

L’Avenant de renouvellement qui entrera en vigueur le 1er Novembre 2005 présente entre autres les points notables suivants :

1°- Un plan de développement du secteur de l’électricité comportant des investissements en matière de :
- maintenance des équipements
- extension, renforcement, fiabilisation de la distribution
- électrification rurale
- infrastructures de production et de transport d’électricité

2°- Un mécanisme de financement avec la création de 03 Fonds :
- Fonds de renouvellement et d’extension des investissements
- Fonds d’électrification rurale
- Fonds de développement du secteur de l’électricité

3°- De nouvelles règles de détermination des tarifs de vente prévoyant un mécanisme de concertation des partenaires.

4°- la constitution d’une garantie financière de bonne exécution ainsi que la domiciliation en Côte d’Ivoire des recettes d’exportation de l’énergie électrique.

5°- L’instauration d’un véritable partenariat entre les deux parties à travers :
- la prise de participation de l’Etat de Côte d’Ivoire au capital social à hauteur maximale de 18 %, ce qui ouvre à l’Etat une représentation au sein du Conseil d’administration.

- La gestion paritaire de certains volets du service concédé par le biais de plusieurs Comités :
• de suivi des flux énergétiques
• de suivi des flux financiers
• de gestion des Fonds d’Investissements et du Fonds de stabilisation

6°- La mise en place de mécanismes donnant la possibilité à l’Etat de Côte d’Ivoire d’assurer le contrôle de la gestion et de l’exploitation.

Le Président de la République a renouvelé sa satisfaction pour ce contrat et félicité les deux Ministres et leurs collaborateurs.

Ministère d’Etat, Ministère de la Santé et de la Population

Sur présentation du Ministre de la Construction et de l’Urbanisme, le Conseil a examiné et adopté un projet de loi autorisant le Président de la République a ratifier la Convention-Cadre de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour la lutte anti-tabac.

Notre pays a signé le 24 Juillet 2003 ladite convention qui met au point des stratégies visant à réglementer l’usage du tabac et à en réduire la demande et l’offre.

En Côte d’Ivoire, les données sur la prévalence tabagique montrent que l’épidémie tabagique est une réalité ; elle frappe particulièrement un adolescent sur trois, deux adultes sur cinq.
La consommation de tabac touche 20 % de la population ivoirienne entre 40 – 59 ans dont 52 % (180 000 sujets) sont des fumeurs réguliers.
La moitié de ces fumeurs réguliers décèdera dans les dix années à venir.
Il est d’ailleurs estimé que dans la période, 2004 – 2014, 9000 décès par an dans notre pays seront provoqués par le tabac.

La dépendance au tabac et l’exposition à la fumée du tabac ont une conséquence désastreuse sur la durée et la qualité de vie des populations.
Elles peuvent provoquer un retard de la croissance des plus jeunes et altérer les facultés mentales des enfants, réduire le niveau de productivité de l’ensemble de la population et augmenter le niveau de la morbidité et de la mortalité en Côte d’Ivoire.

La ratification de la Convention-Cadre fera de notre pays un membre à part entière et lui permettra d’être présent à la 1ère réunion de la Conférence Mondiale prévue pour Janvier 2006.

Ministère de la Défense

Un projet de loi portant interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et leur destruction.
La Côte d’Ivoire a adhéré le 18 Décembre 1995 à la Convention portant interdiction des armes chimiques.
Par la suite, la Côte d’Ivoire a crée le 03 Décembre 1997 une autorité dénommée la Commission pour l’interdiction des armes chimiques en Côte d’Ivoire (CIAC-CI).

Avec l’adoption d’une loi spécifique à cette matière notre pays aura rempli en ce qui le concerne, toutes les obligations incombant aux Etats parties telle que résultant de la Convention sus-citée.

COMMUNICATIONS

Ministère Chargé des Relations avec les Institutions de la République

Un compte rendu de la 2ème Conférence des Grandes Chancelleries de l’UEMOA qui s’est tenue à Dakar au Sénégal du 31 Mars au 05 Avril 2005.
Au nombre des recommandations de cette rencontre, on notera le souhait exprimé :
- d’introduire les valeurs notables des sociétés africaines dans les programmes d’enseignement et de formation.

- l’échange des médailles et des décorations entre pays membres de la Conférence en vue de la création de musées.

- la désignation de la Côte d’Ivoire pour abriter la 3ème Conférence des Grandes Chancelleries de l’UEMOA en au 1er semestre 2007.

Le Conseil a adopté les conclusions de cette communication.

MESURES INDIVIDUELLES

Ministère d’Etat, Ministère de l’Environnement

Le Président de la République a signé un décret portant nomination du Secrétaire Permanent de l’Agence Nationale du Développement Durable (ANDD).

Le Ministre de la Fonction Publique et de l’Emploi,
Porte-parole du Gouvernement
Prof.
OULAYE Hubert


COTE D'IVOIRE / ALLOCUTION DE S.E.LAURENT GBAGBO SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE A LA REUNION AVEC LES MILITAIRES ET L'ONUCI

Jeudi 27 Octobre 2005

Je voudrais d'abord saluer le personnel du l'ONU et toutes les forces étrangères qui sont ici pour nous aider.
Je salue le représentant du Secrétaire général de l'ONU qui est représenté ici par son adjoint ainsi que le représentant du secrétaire général pour les élections qui a ici son représentant.
Je salue M. Sokupa, représentant du médiateur, qui est là.
Je voudrais saluer les forces de l'ONUCI et de la Licorne, représentée ici par son chef, le général Irastorza.

Mais en les saluant, je voudrais ouvrir une petite parenthèse pour dire aux Ivoiriens que ceux qu'ils voient là sont venus nous aider.
Ils sont venus nous aider à régler la pagaille que les Ivoiriens eux-mêmes ont engendrée.
Ce n'est ni la Licorne ni l'ONUCI qui a créé la guerre civile en Côte d'Ivoire.
Ce sont des Ivoiriens qui, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, ont pris les armes pour attaquer leur propre pays.
Cela fait 3 ans que ça dure.
Je voudrais donc saluer tous ceux qui sont venus nous aider à nous en sortir.
Mais il faut que nous sachions nous-mêmes que détruire est facile, mais reconstruire est plus compliqué.
Je parie qu'aucun des jeunes gens qui ont pris les armes ne pensait qu'en 2005, ils auraient encore les armes en main.
Ils pensaient que ce serait fini au bout de deux ou trois jours.
Et que l'Etat de Côte d'Ivoire se serait effondré.
Mais l'Etat de Côte d'Ivoire tient debout.
Eh bien, l'Etat de Côte d'Ivoire est là.
Mais, ils ont perturbé son fonctionnement.
Je voudrais donc que les gens comprennent bien qu'on ne développera pas notre pays avec les fusils.
Ce n'est pas avec la guerre civile que nous allons développer notre pays.
C'est plutôt en respectant les lois que nous nous sommes données, que nous développerons notre pays.

Le général Philippe Mangou a parlé tout à l'heure d'erreur, c'est possible.
Les Latins disent “Erore Humanumes”, mais ils ont ajouté “Diabolicunes perseverare in erore”.
C'est-à-dire l'erreur est humaine, mais il est diabolique de persévérer dans l'erreur.
Celui qui a pris les armes du 18 au 19 septembre, on peut dire qu'il a fait une erreur.
Mais celui qui garde les armes jusqu'en octobre 2005, alors ce n'est plus une erreur, mais c'est diabolique.
Je voudrais donc remercier ceux qui sont venus nous aider.
Ce ne sont pas eux qui ont cassé la maison donc ce ne sont pas eux qui vont la reconstruire.
Ils sont venus simplement nous aider.
Si nous ne le comprenons pas, alors nous sommes perdus.
Si nous croyons que des gens de l'extérieur viendront construire notre pays à notre place, alors nous sommes dans l'erreur.
Réveillons-nous, ne soyons plus dans l'erreur.
Voilà ce que je voudrais dire concernant nos amis qui sont venus nous aider.

Maintenant concernant les Forces de défense et de sécurité (FDS), je vous salue.
Je vous remercie pour votre mobilisation et votre engagement.
Je suis fier de cette armée que nous moquions auparavant.
Parce qu'on disait que les Ivoiriens sont des frimeurs, qu'ils sont incapables de résister à une attaque.
Que la plupart sont dans l'armée parce qu'il n'y a pas de guerre.
La réalité du terrain nous a montré une armée debout, vaillante, qui a résisté.
Et contrairement à ce que certains ont écrit, le noyau de l'armée est là.
Nous avons eu quelques déperditions à la marche numériquement et qualitativement, mais l'armée est là.
Je voudrais vous remercier de faire votre travail, d'être présents là ou vous devez être.
Les FANCI, la Gendarmerie, la Police, la Douane, les Eaux et Forêts, hauts les cœurs, on y va!

Nous allons maintenant aborder un certain nombre de petits problèmes pour mettre de l'ordre dans la maison.
On l'attendait, elle est arrivée.
La résolution 1633.
C'est humain, c'est naturel, il y a eu beaucoup de spéculations, mais c'est maintenant du passé.
La résolution est rédigée, elle a été adoptée.
La Côte d'Ivoire, en tant que membre des Nations unies, respecte toutes les résolutions que les Nations unies adoptent.
Il y a des résolutions qui ne m'ont pas fait plaisir, mais nous les avons respectées.
Et toutes les résolutions prises par les Nations Unies dans le cadre de la crise en Côte d'Ivoire, nous les avons respectée.

Je voudrais dire encore haut et fort que depuis que la résolution 1572 a été adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies, ni le chef de l'Etat, ni le ministre de la Défense, ni le ministre de la Sécurité intérieure, ni le ministre des finances n'a acheté aucune arme.
Et je voudrais mettre quiconque au défi de prouver le contraire.

Nous l'avons fait par respect pour la résolution, parce que nous savions que la communauté internationale ouvrant grands les yeux allait reconnaître ce qui se passe en Côte d'Ivoire comme une guerre contre la légitimité et la souveraineté de la Côte d'Ivoire.
Nous avons respecté dans ses moindres détails la résolution 1572, même si au moment où elle a été votée, elle paraissait comme une punition de la Côte d'Ivoire.
La résolution 1633 est là, nous la respecterons également.
Elle pose quatre points principaux :

D'abord, il y a le désarmement comme le préalable à la paix et aux élections, puisque tous les autres points qui avaient été posés ont été réglés par nous-mêmes.
Aujourd'hui donc cette résolution 1633 pose comme point de départ le désarmement.
C'est dit clairement.

Monsieur le chef d'état-major,
Monsieur les responsables de la Police et de la Gendarmerie, il faudrait peut-être la distribuer dans les casernes, cette résolution pour que les forces de défense et de sécurité sachent bien de quoi il s'agit.

Le deuxième point, c'est le redéploiement de l'administration, c'est-à-dire la réunification du pays.
Dans notre cas, les deux termes sont synonymes.
Car si le pays est réunifié et que nous arrivons à affecter les préfets, les sous-préfets, les médecins, les enseignants sur l'ensemble du territoire, la vie culturelle, sociale et administrative reprendra de nouveau.

Troisièmement, recensement électoral et établissement des listes électorales et, quatrièmement, élection.
Voici les quatre étapes que pose la résolution 1633.
Pour ce faire, elle a dégagé un certain nombre de moyens.
La nomination d'un nouveau Premier ministre, la formation du gouvernement sont des moyens, des instruments de travail.
Mais ce n'est pas ça l'objectif de la résolution.
L'objectif, c'est qu'on puisse aller aux élections dans un délai de 12 mois au plus tard.

Je dis au plus tard parce que j'espère que nous parviendrons aux élections avant les 12 mois.
Nous sommes tous fatigués de cette crise ! Ceux qui sont venus de loin sont fatigués, nous sommes nous-mêmes fatigués ! La ville d'Abidjan est même physiquement fatiguée ! Il faut qu'on sorte de cette guerre.

Voilà le noyau de la résolution 1633.
Je vois bien que les gens ergotent beaucoup sur le Premier ministre et le gouvernement.
Mais ce ne sont que des instruments de travail.
Le plus important c'est qu'on fasse le désarmement, qu'on réunifie le pays, qu'on fasse le recensement électoral et qu'on aille aux élections.
J'ai écrit aux Nations unies et aux pays qui nous aident pour ne pas qu'ils créent des problèmes inutiles.
Je leur ai demandé de décaler toutes les élections pour autant que l'élection présidentielle est décalée.
C'est-à-dire si l'élection présidentielle est décalée de six mois, il faut aussi décaler les autres élections d'autant de temps pour que le rythme habituel des élections reste le même.
Voici le noyau.
Pour cela, il faut la sérénité.
C'est pourquoi j'ai accepté de vous rencontrer.

Car, j'estime que vous, plus que tout autre, avez besoin de sérénité.
Vous êtes aujourd'hui pour la paix sociale et civile comme le médecin qui doit opérer un malade.
Un médecin qui doit opérer un malade doit être serein et décontracté.
Sinon, s'il est crispé, il pourrait faire des bêtises.
Je parle sous le contrôle des médecins qui sont parmi nous.
C'est vous la paix dans cette situation délicate.
Je vous demande de préserver la paix civile.

La police et la Gendarmerie d'abord aux premières loges, l'armée ensuite en renfort.
Mais, la paix quotidienne c'est l'affaire de la police en ville et de la gendarmerie en raz campagne.
Je vous demande de nous garder un climat de calme.
C'est pourquoi j'ai accepté qu'on se parle aujourd'hui pour vous dire de faire mentir les oiseaux de mauvais augure.
Je voudrais profiter de ma rencontre avec vous pour dire aux Ivoiriens qu'il n'y aura rien après le 30 octobre.
La date du 30 octobre en Côte d'Ivoire m'amuse beaucoup parce que ça me rappelle tout ce qui a été écrit et dit sur le 1er janvier 2000.

On a dit que le 1er janvier 2000, il y aurait un big bang, que les ordinateurs vont s'arrêter.
Mais le 1er janvier 2000, nous étions tranquilles dans nos voitures.
Je suis allé saluer mes parents.
Il ne s'est rien passé.
Chers amis, chers compatriotes ivoiriens, il ne se passera rien ! Allez tranquillement vaquer à vos occupations, le matin du 31 octobre.
Rien ne vous arrivera.
Vous aurez la Police, la gendarmerie et les FANCI à vos côtés.
Et il n'y aura rien.
Il faut que les Ivoiriens le comprennent bien.
Et qu'ils aillent au travail, a l'école, au marché, à l'hôpital, etc.
Il faut que les Abidjanais qui aiment biens s'amuser, puissent aller en boîte de nuit.
Je voudrais leur dire que le temps des tempêtes est passé.
Avec cette résolution, qui, je l'espère, sera la dernière, le temps est venu d'attacher sa pirogue à un cocotier, de frire les poissons ajoutés à l'attiéké de madame, et de se délecter de la bonne cuisine avec le petit bandji qu'on a ramené de l'autre côté de la lagune.
Il faut que les Ivoiriens tuent en eux la peur, la crainte, et qu'ils vaquent tranquillement à leurs occupations.

Concernant les manifestations, je voudrais faire remarquer que les manifestations de rue sont interdites sur l'ensemble du district d'Abidjan depuis le 12 juin 2005.
J'ai signé un décret à cette date interdisant toute sorte de manifestation de rue.
Ce décret est encore valable puisqu'il interdit les marches jusqu'au 12 décembre 2005.
Si les élections n'ont pas encore lieu, nous prendrons un décret complémentaire pour le proroger.
C'est la première interdiction.
Et ensuite la résolution 1633 en son point 18 exige l'arrêt de toute manifestation.
Ce sont donc deux décisions que les Ivoiriens doivent connaître pour qu'ils comprennent que quiconque appelle à une manifestation publique, se met hors-la loi en Côte d'Ivoire.

Mais en plus, il va contre la décision de la communauté internationale, contre la décision de l'ONU, contre la décision du Conseil de sécurité.
Il est bon que les journalistes le fassent savoir.
Il est bon que nous tous nous le fassions savoir.
Comme le dirait tout chef d'Etat, je ne laisserai pas la chienlit prospérer en Côte d'Ivoire.
Donc il faut que tout le monde sache que les manifestations de rue sont interdites jusqu'à ce qu'on ait achevé la paix et les élections.
Et vous, chers amis, vous êtes chargés de faire appliquer cette double décision du chef de l'État et de l'ONU.
J'appelle donc au calme toute la société.
Mais surtout j'appelle la société toute entière à vaquer à ses occupations.
Il faut faire ce que vous avez l'habitude de faire quotidiennement sans crispation, sans peur.
Car la peur est mauvaise conseillère.

Je veux aussi dire un mot des primes et de l'avenir de nos jeunes appelés de la classe 2001.
Parce qu'il y a des gens qui, comme des vautours, passent la nuit dans les casernes, produisent des tracts pour dire beaucoup de choses.
D'abord, il faut savoir que nous payons régulièrement les primes.
Mais nous avons arrêté de les payer par quinzaine pour des raisons que je ne vais pas vous expliquer ici.
On a accumulé des retards sur certaines quinzaines.
Mais l'Etat de Côte d'Ivoire a une parole et il a les moyens d'honorer sa parole.

Pour ce qui concerne la quinzaine actuelle, nous finirons de tout régler aujourd'hui même (ndlr mercredi 26 octobre 2005) pour tous ceux qui ont droit à la prime, qu'on appelle “haut les cœurs”.
En écrivant dans mon livre.
“Pour une alternance démocratique” en 1983, la dernière phrase haut les cœurs, je ne savais pas que cette expression connaîtrait une telle fortune 20 ans plus tard.
Pour tous, ceux qui ont droit à cette prime, tout sera réglé aujourd'hui même.
Nous devrons encore des arriérés.
Je voudrais vous montrer un peu ce que nous payons.
Sur la période de 2004 à hier, nous devions des arriérés qui s'élèvent 137 251 822 938 FCFA.
Nous avons payé 121 867 363 000 FCFA.
Il nous reste donc à payer 15 milliards.
Celui qui a payé 121 milliards FCFA ne peut-il pas payer 15 milliards ? Nous payerons.
Mais ce n'est pas pour cela que des gens prendront les fusils pour tirer en l'air.
On vous a recrutés justement pour qu'on ne tire plus en l'air (Il s'adresse aux jeunes recrues).
Vous, je vous ai recrutés pour qu'il n'y ai plus de “gbangban”.
Et c'est vous qui voulez faire des “gbangban”.
Bon on va se voir.
(Rires et applaudissements dans la salle…).

Pour parler plus sérieusement, je voudrais dire que la Côte d'Ivoire a certes des problèmes, mais nous n'avons pas de problèmes pour payer 15 milliards FCFA.
Nous pourrons payer.
Maintenant sur le sort des jeunes gens, je voudrais dire ceci.
Linas-Marcoussis a demandé qu'on vous sorte de l'armée.
Il a suffi que certains disent que vous serez laissés pour compte au bord du chemin pour que vous vous énerviez.
Je vous avais dit pourtant le jour de votre recrutement que personne ne sera laissé au bord du chemin.
Je l'ai dit et c'est moi qui suis encore là.
Déjà plusieurs d'entre vous ont été sortis de l'armée et nous leur avons trouvé du travail.

C'est ce que nous continuons de faire.
Parce que nous voulons en même temps respecter l'accord de Marcoussis, mais aussi notre parole qui n'est pas de prendre des jeunes dans l'armée et les jeter à la rue après les avoir pressés.
Nous ne pouvons pas le faire, car c'est contraire à notre morale.
C'est contraire à la morale tout court.
Donc nous vous trouverons des postes de travail.
Pour ceux qui veulent continuer les études, nous leur trouverons des bourses.
Pour ceux qui veulent créer des petites entreprises, nous leur en donnerons les moyens.
Ne vous inquiétez donc pas.
Allez dire à vos amis que le président de la République fera ce qu'il a promis de faire.

Beaucoup de vos amis sont déjà casés, vous serez aussi casés.
Ceux qui veulent rester militaires, passeront le concours comme tous les autres.
Et ils resteront s'ils sont aptes.
Mais ne vous laissez pas monter la tête par des aventuriers sur un problème qui est déjà réglé avant même votre recrutement.
Sur un problème pour lequel le chef de l'Etat a déjà donné sa parole.
Voici les clarifications que je voudrais faire sur ce point.

Je voudrais saluer le colonel Guié Glogbo et ses hommes à l'Ouest parce que depuis que nous avons changé le commandement à l'Ouest, le calme est revenu.
Le ministre de l'Economie et des Finances se bat sur tous les fronts mais nous ferons des efforts pour vous équiper pour une mobilité plus grande à l'Ouest.
Mais la manière dont vous vous battez à l'Ouest, en vous mettant à trois et quatre dans les véhicules c'est déjà bon.
Vous avez créé un bon état d'esprit.
Vous avez réussi à ramener les populations dans les villages.
La communalisation a beaucoup aidé à cela.
En effet, beaucoup sont retournés au village dès qu'ils ont appris que leurs localités sont devenues des communes.
Continuez à aider les parents à retourner au village.
Apaisez-les, mais surtout protégez-les.
Parlant de la deuxième guerre mondiale, Jacques Chaban-Delmas disait que la guerre est une chose sale.
Des gens ont eu des comportements sales à l'Ouest.
Ils ont tué près de 150 paysans qui dormaient tranquillement.
J'ai discuté il y a trois jours avec le procureur de Daloa.
Il m'a dit que l'enquête préliminaire est achevée et donc le procès pourra commencer.
De même pour les attaques d'Anyama, Azaguié et Agboville, le procureur militaire m'a dit que le procès aura lieu dans un mois parce que l'enquête est bouclée là aussi.
Donc chacun fait son travail.

A l'Ouest, transmettez mes félicitations à tous vos camarades d'armes à l'Ouest : Toulepleu, Bloléquin, Guiglo et Duékoué.
Et à vous même qui êtes le coordonnateur de la sécurité dans cette zone.
Je vous remercie.
Ici même à Abidjan, nous avons créé le CECOS.
Mais que de critiques faciles.
On dit que le CECOS c'est la Gestapo de Gbagbo parce que certains ont toujours voulu que je sois un dictateur.
Mais puisque je ne le suis pas, alors, il faut qu'ils trouvent toujours quelque chose à dire.
Mais le CECOS travaille bien.
Colonel Guai Bi Poin, vous travaillez bien.

Continuez à travailler.
Abidjan est beaucoup plus difficile que tous les autres milieux.
Ce que je vous demande c'est de communiquer régulièrement.
Donnez les résultats de votre travail de sécurisation d'Abidjan.
Quand les citoyens abidjanais sauront le résultat de la baisse de la criminalité, comme nous le savons, alors ils comprendront que le CECOS n'a pas été créé pour rien.
Les Abidjanais ne voient pas que la criminalité baisse à Abidjan.
Lorsqu'ils sont informés du cambriolage d'un appartement aux II-Plateaux ou d'un magasin à Treichville, alors ils se disent que la criminalité grimpe.
Alors que nous voyons les chiffres.
Cambrioler un ou huit magasins n'a rien à voir avec la hausse de la criminalité.
On n'aura jamais la criminalité zéro.
Je ne connais pas de pays ou une agglomération aussi grande qu'Abidjan où nous avons la criminalité zéro.
Colonel Guai Bi Poin, je vous salue et je vous félicite vous et vos hommes.

Mes Généraux, mon Chef d'état-major, Monsieur le directeur général de la police, Monsieur le commandant supérieur de la gendarmerie, Monsieur le directeur général des Douanes, ce sont les quelques commentaires que je voulais faire.
Je voudrais que notre comportement rassure les populations.
Nous devons aller vers les autres pour leur dire qu'il n'y aura rien le 30 octobre.
Que les gens peuvent parler, qu'ils peuvent crier parce que justement je me suis battu pour qu'ils aient le droit à la parole.
Oui, parce que je ne savais pas où beaucoup d'entre eux se trouvaient au moment où je me battais.
Nous nous sommes battu pour qu'ils aient le droit à la parole.
Ce n’est pas nous qui leur retirons ce droit là.
Mais avoir le droit à la parole, c'est en même temps respecter les lois de la République et celles de la communauté internationale.
C'est ça la démocratie.
Je vous ordonne de veiller sur la sécurité des Ivoiriens… Je vous ordonne de veiller sur le calme des Ivoiriens.

C'est à vous que je demanderai des comptes si quiconque se met hors-la-loi.
Mais en même temps aux Ivoiriens, aux jeunes, aux femmes de toutes les conditions sociales de ne pas faire le travail des FDS.
Seuls les policiers, seuls les gendarmes et en renfort les militaires sont chargés de la sécurité et de la paix civile.
Il ne s'agit pas pour des groupes de jeunes ou de femmes de venir aider les FDS.
On ne les a pas appelés.
Chacun doit faire son travail au poste où il est placé.
Chacun devra rendre compte du travail qu'il a fait.
Je vous fais confiance.
Projetez-vous pour dissuader.
La médecine préventive a toujours été préférée à la médecine curative.
Faites de la dissuasion, c'est-à-dire prenez des dispositions dès aujourd'hui pour que rien n'arrive.
Même quand nous avons une Constitution robuste, on vaccine quand même.
On prend sa dose de vaccin au cas où.
Donc vaccinez le pays pour que la variole ne revienne pas.

Je voudrais terminer cette adresse comme je l'ai commencée en saluant nos amis qui sont venus de loin pour nous aider.
Je dis toujours aux Ivoiriens que c'est nous qui avons commencé notre guerre et donc c'est nous qui devons la terminer.
Eux, ils ne sont là que pour nous aider.
Ils peuvent retourner chez eux si nous ne voulons pas que notre pays sorte de la guerre.
C'est nous les premiers consommateurs de la paix chez nous.
Or, c'est nous qui avons pensé que nous pouvions régler des problèmes par la guerre.
Non seulement nous n'avons pas résolu les problèmes soulevés, mais nous avons multiplié nos problèmes par 30.
La guerre ne pourra régler aucun problème politique en Côte d'Ivoire.
Depuis 1999 jusqu'à ce jour, nous constatons que la guerre n'emmène personne au pouvoir.
Ni la guerre ni les coups d'Etat n'emmène quelqu'un au pouvoir.
Il nous faut en tirer les leçons.
Il revient aux Ivoiriens d'en prendre conscience et d'avoir une attitude conséquente.
La résolution 1633 nous recommande d'avoir un comportement pour aller à la paix.
Je crois que tout le monde ne l'a pas encore compris.
Mais tout le monde le comprendra.
La non paix ne dessert pas un groupe d'individus, mais tous les Ivoiriens.
Je voudrais terminer en saluant les forces impartiales, en leur disant merci.
Qu'elles continuent de nous aider.
Qu'elles continuent d'aider les populations à retourner dans les villages.
Qu'elles continuent d'appuyer les FDS.

Et pour nous tous, que Dieu nous bénisse et qu'il nous ramène la paix.
Qu'il nous ramène les élections pour que les Ivoiriens choisissent leur chef d'Etat.

Je vous remercie.


RENCONTRE DES FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE AVEC LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO / ALLOCUTION DE M.MANGOU PHILIPPE CHEF D'ETAT-MAJOR

Mercredi 26 Octobre 2005

Excellence Monsieur le Président de la République,

Je voudrais, avant tout propos et au nom de l’ensemble des personnels des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire, vous adresser tous nos remerciements pour la promptitude avec laquelle vous avez encore une fois, accepté de nous recevoir malgré vos lourdes obligations...

Excellence, notre visite de ce jour n’a d’autre objet que celui de vous faire partager nos convictions, notre vision de la Côte d'Ivoire, à un moment où d’aucuns lui prédisent le pire.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Depuis trois (03) ans, les Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire, creuset de la Nation, se battent pour le respect et la sauvegarde de l’Ordre Républicain.

Depuis trois (03) ans, les Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire se battent pour garantir les libertés individuelles et collectives des Ivoiriens et de tous ceux qui vivent sur ce sol de tolérance et de fraternité.

C’est en cela qu’il nous apparaît utile, au moment où certains Ivoiriens continuent de se faire l’écho des démons de la division, d’en appeler avec votre permission, Excellence, au sens de la responsabilité de chacun.

D’abord à notre jeunesse toutes tendances confondues - à celle-là même qui constitue le ferment de notre combat, nous demandons la plus grande vigilance.
Jeunes gens et jeunes filles de Côte d’Ivoire, nous nous battons et nous continuerons d’aller jusqu’au sacrifice suprême pour vous léguer en héritage un pays où le travail et la probité l’emportent sur l’usurpation, l’imposture, la méchanceté et la cupidité.

Restez soudés, et ne vous laissez pas manipuler par des marchands d’illusion.
Seul votre travail et votre honnêteté paieront, dans l’intérêt de vos familles et de votre pays.

A l’ensemble de notre classe politique dont le rêve n'est certainement pas de gouverner des cimetières, nous en appelons au bon sens et à la mesure.
Nous avons suffisamment fait honte à notre pays.
Il est donc temps, grand temps que nous le comprenions.
Ressaisissons-nous.

Arrêtons de nous faire peur, arrêtons de traumatiser nos populations et inscrivons-nous dans la logique du jeu démocratique vrai: Celui de l’argumentation, de la persuasion et des urnes - Nous n’en serons que plus grandis, notre pays n’en sera que plus fortifié.

Aux frères d'armes qui se sont laissés abuser, nous disons: "L'erreur est humaine ¬Revenez à la maison - Nous vous attendons pour poursuivre le seul combat qui vaille: Celui de la justice et de la liberté".

Aux vaillantes populations de Côte d'Ivoire qui chaque jour nous apportent aide et assistance, nous disons grand merci.
Chers parents et amis, merci pour votre courage et pardonnez-nous les quelques désagréments liés à l’exécution de la mission que vous nous avez confiée - Restez sereins et continuez de vaquer en toute tranquillité à vos occupations.
L’après 30 octobre ne sera pas l’apocalypse annoncé pour notre pays.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Je ne saurais mettre un terme à cette adresse sans une attention particulière à la Communauté internationale.
Merci à ces frères d’armes venus d’horizons aussi divers que lointains en abandonnant leurs familles pour nous aider à la reconstruction.
Merci donc à l’Union Africaine et à l’Organisation des Nations Unies dont les Forces de Défense et de Sécurité ne cesseront de louer les initiatives de paix et dont elles appuient sans réserve la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité.

En ce mercredi 26 octobre 2005, elles font notamment siennes le paragraphe 18 de ladite Résolution qui et je cite: "Exige de toutes les parties ivoiriennes qu'elles s'abstiennent de tout recours à la force et à la violence y compris contre les civils et les étrangers et de toute forme de manifestation de rue de manière à créer le trouble".
Fin de citation.

Totalement en phase avec cette recommandation, les Forces de Défense et de Sécurité ne sauraient par conséquent tolérer toute action de nature à mettre en péril les efforts déployés par la Communauté Internationale en vue de la restauration de la paix et de la stabilité dans notre pays.

En tout état de cause, Excellence Monsieur le Président de la République,
Les Forces de Défense et de Sécurité vous demandent de continuer à leur accorder votre confiance.
Elles ne vous remercieront jamais assez pour les efforts consentis en leur faveur en cette difficile période de récession économique.

Conformément à leur mission régalienne, elles se tiennent prêtes a assurer en tout temps et en toutes circonstances, la sécurité des personnes et des biens, ainsi que la défense et la protection des Institutions de la République.

Que Dieu vous bénisse
Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire.
Je vous remercie


COTE D'IVOIRE / DECLARATION DES FEMMES DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN (FPI)

Mercredi 26 Octobre 2005

Déclaration de l’Organisation des femmes du Front populaire ivoirien
L'OFFPI depuis 3 ans
- se dresse contre l'agression barbare que subit la Côte d'ivoire ;
- défend les institutions de la République ;
- soutient les victimes de guerre, notamment les veuves, les orphelins et
toutes les personnes meurtries.
Aujourd'hui, l'heure est à la décrispation et à l'apaisement.
C'est pourquoi l'OFFPI ne peut être associée à une quelconque manifestation de femmes dont les raisons inavouées ne sont connues que des initiatrices.
L'OFFPI rappelle que l'article 18 de la résolution 1633 condamne toute manifestation pouvant entraver le processus de paix en cours.
La médiation menée par son excellence Monsieur Thabo Mbeki, Président de l'Afrique du Sud, donne une lueur d'espoir quant à la fin de la crise.
L'OFFPI félicite et encourage le Président Thabo Mbeki, médiateur dans la
crise ivoirienne.
L'OFFPI rappelle que la seule voie de sortie de crise est l'organisation des élections en Côte d'Ivoire.
L'OFFPI exhorte toutes les femmes de Côte d'Ivoire à la sérénité et à la vigilance.
L'OFFPI prie toutes les militantes et sympathisantes du Front populaire ivoirien à rester à l'écoute de ses mots d'ordre.
Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !

Abidjan,
le 25 octobre 2005
Pour l'organisation des femmes du FPI
La Secrétaire nationale
Marie-Odette
Lorougnon


COTE D'IVOIRE / DECLARATION DES FORCES NOUVELLES SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE

Mercredi 26 Octobre 2005

Les Forces Nouvelles, après étude approfondie des recommandations du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine et de la résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l’ONU, sur le maintien de Monsieur Laurent Gbagbo, comme Chef de l’Etat ivoirien, font le constat suivant :
l 1- Le principe de la fin du mandat présidentiel de Monsieur Laurent Gbagbo a été unanimement et incontestablement admis par la constitution ivoirienne, par la classe politique ivoirienne, par la CEDEAO, par l’Union Africaine et par le Conseil de Sécurité de l’ONU.
2- En dehors de tout fondement légal, légitime et démocratique, la communauté internationale veut imposer Monsieur Laurent Gbagbo comme Chef de l’Etat pour une durée de douze (12) mois.
En conséquence,
les Forces Nouvelles :
3- à ce jour, récusent et rejettent cette proposition unilatérale et injustifiée de maintenir Monsieur Laurent Gbagbo comme Chef de l’Etat de Côte d’Ivoire.
4- rappellent à Monsieur Laurent Gbagbo que son mandat finit le 30 octobre 2005 à minuit et de ce fait, qu’il n’a ni droit, ni titre à se maintenir comme Chef de l’Etat de Côte d’Ivoire.
5- demandent tout simplement à Monsieur Laurent Gbagbo, personnellement, de se plier humblement au principe démocratique en se retirant du pouvoir à compter du 30 octobre 2005 à minuit.
6- Partant, ne reconnaîtront plus Monsieur Laurent Gbagbo ni comme Président, ni comme Chef de l’Etat de Côte d’Ivoire et le traiteront comme un putschiste s’il se maintient au pouvoir par quels que artifices que ce soit.
7- prennent à témoin l’opinion nationale et internationale qu’elles ne se déroberont pas de leur responsabilité historique à mettre fin à l’imposture, pour l’avènement d’un nouvel ordre politique en Côte d’Ivoire.

Fait à Bouaké, le mardi 25 octobre 2005

Pour les Forces Nouvelles
Le Porte-parole Konaté Sidiki


COTE D'IVOIRE / CONDOLEANCES DE GBAGBO AU PRESIDENT OBASANJO

Mardi 25 Octobre 2005

A Son Excellence
le Général Olusegun Obasanjo

Président de la République Fédérale du Nigeria

Abuja Monsieur le Président et cher frère, C’est avec une profonde consternation que j’ai appris le décès survenu en Espagne le dimanche 23 octobre 2005 de Stella Obasanjo, votre épouse.

En cette circonstance douloureuse, je voudrais, avec le peuple et le gouvernement ivoiriens exprimer à votre excellence et à votre famille, ainsi qu’au peuple nigérian frère, nos condoléances les plus sincères et les plus attristées.

Je voudrais m’incliner avec respect devant la mémoire inoubliable de l’illustre disparue et de tout ce qu’elle symbolisait d’engagement, de courage, de persévérance, de dignité et d’amour.

En vous renouvelant l’expression de ma profonde compassion, veuillez agréer, Monsieur le Président et cher frère, l’assurance de ma très haute considération.

Laurent Gbagbo,
Président de la République de Côte d’Ivoire


LOUANGE A DIEU

Mardi 25 Octobre 2005

La nuit du destin


Louange à Allah jour et nuit,

Et prière et salut sur le prophète béni.

Elle est élogieuse, unique et c'est ainsi,

Qu'Allah l'a glorifiée longtemps depuis.

Dans le Coran son nom est deux fois évoqué,

Et dans la sounna ses faveurs sont bien étalées,

Elle vaut mille mois de dévotion et de piété,

Et elle est jusqu'à l'aube paix et sérénité,

C'est la nuit du destin et du rappel,

Durant laquelle les anges couvrent de leurs ailes,

Toute âme priant Allah avec zèle,

Et en quête de pardon auprès de l'Eternel,

Ô, toi fils d'Adam le rebelle !

Qu'as-tu à ne pas entendre l'appel !

Et qu'as-tu à ne pas être fidèle !

Souviens-toi ingrat mortel,

Aujourd'hui, tu es vivant et cruel,

Et demain, parmi les morts ; ci-gît untel !

Hélas, te voilà maintenant tout seul !

Rien qu'un cadavre enseveli dans un linceul,

Et embaumé de lotus et de tilleul,

Sous la terre avec les aïeux et les aïeules !

Ô, toi petit homme et grand pécheur !

Saisis cette nuit, repens-toi et pleure,

Et hâte le pas vers le Seigneur,

En Lui vouant le culte avec ferveur.

Ô, Allah ! Toi le Vivant l'Immortel !

En cette nuit, oh combien elle est belle !

Et bénie, ainsi soit elle,

De l'enfer, affranchis tous les fidèles,

Et au paradis, réserve-nous un séjour éternel.

Amine...


DECES DU GENERAL CHEICK OUMAR DIARRA SECRETAIRE EXECUTIF ADJOINT DE LA CEDEAO

Lundi 24 Octobre 2005

C'est avec une grande consternation que nous avons appris le décès du Général Sécrétaire Exécutif de la CEDEAO , Cheick Oumar DIARRA , lors du crash de la compagnie aérienne BELLVIEW , le samedi 22 Octobre 2005 au NIGERIA.
Le Général DIARRA était un Grand ami qui a beaucoup oeuvré pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire et à ce titre il ne manqait aucun rendez-vous de concertation à DAKAR ou ailleurs .
C'était en outre un "féru" de la politique d'intégration africaine
En ces circonstances douloureuses , nous présentons nos condoléances les plus émues à sa famille éplorée , au peuple frère de la République du MALI , à la grande famille de la CEDEAO et à la République Fédérale du NIGERIA qui abrite le siège de cette Organisation communautaire de l'Afrique de l'Ouest.
Qu'ALLAH l'accueille dans son PARADIS !!!!!


DECES DE CHIEF MRS STELLA OBASANJO

Lundi 24 Octobre 2005

C'est avec une grande émotion que nous avons appris le décès de Chief MRS Stella OBASANJO , épouse du Chef de l'Etat de la République Fédérale du NIGERIA suite à une intervention chirurgicale à MALAGA en ESPAGNE.

TOUTES NOS CONDOLEANCES LES PLUS ATTRISTEES AU PRESIDENT OLUSEGUN OBASANJO , à la famille de la défunte , et au peuple frère éploré du Nigéria pour la cruelle disparution d'une Grande Dame de coeur dont l'oeuvre doit être perpétuée en faveur des deshérités et notamment des enfants pour lesquels elle s'est tant dévouée tout au long de son existence.
Que son âme repose en paix!!!!


LIMOGEAGE DU GENERAL PONCET ANCIEN COMMANDANT DE L'OPERATION LICORNE EN COTE D'IVOIRE

Mercredi 19 Octobre 2005

La justice militaire française ouvre une information judiciaire contre X pour «homicide volontaire» après la suspension de ses fonctions de l’ancien commandant de l’opération Licorne, le général Poncet, pour «manquements graves à la loi, aux règlements militaires et aux ordres».
La disgrâce du général quatre étoiles accompagne celle d’un sous-officier et d’un colonel, Eric Burgaud, chef de corps dans le dispositif français en Côte d’Ivoire au moment de la mort suspecte d’un Ivoirien, le 13 mai dernier.
Pour expliquer la gravité de la sanction, plutôt inusitée contre un si haut gradé, un général de corps d’armée formé aux opérations spéciales et en charge de Licorne pendant une période brûlante, la ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, invoque «l’image de nos armées».

La Grande Muette française n’a pas l’habitude de laver son linge sale en public. Et les tenants et les aboutissants de la suspension surprise du général Henri Poncet restent obscurs.
Les faits sont en tout cas «suffisamment importants», selon la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, pour qu’elle décide, dès lundi soir 20 heures, d’user de l'article 44 du statut général des militaires «en cas de faute grave commise par un militaire».
Quelques heures plus tard, la justice militaire se saisissait de l’affaire, Michèle Alliot-Marie expliquant qu’elle avait été «informée au milieu de la semaine dernière d'un certain nombre d'événements qui n'avaient pas été portés à connaissance, concernant la période de mai 2005».
Le porte-parole du ministère français de la Défense, Jean-François Bureau, indique qu’il est «en particulier établi qu'il n'a pas été rendu compte à l'époque des faits aujourd'hui mis au jour».
En clair, le général Poncet les aurait couverts.

Comme le rappelle le site internet du ministère de la Défense, le général Poncet commandait les forces de l’opération Licorne entre le 4 juin 2004 et le 14 juin 2005. Le 13 juillet dernier, il a été décoré par le président Jacques Chirac.
Jusqu’à lundi, il était affecté au commandement de la région «Terre Sud-Ouest» et basé à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France. Les faits qui lui sont aujourd’hui reprochés concernent la mort d’un Ivoirien, un certain Mahé, le 13 mai 2005, date à laquelle il commandait encore les forces de l’Opération Licorne.

Un «détachement de la force Licorne aurait concouru à la mort» d'un Ivoirien

Le 17 mai dernier, un communiqué du ministère de la Défense indiquait que le défunt Mahé était «connu comme le chef d'une bande de coupeurs de route recherché pour de nombreuses exactions perpétrés en avril».
Il lui attribuait «au moins 5 morts, 9 blessés et 4 viols» et évoquait une traque conduite dans la région troublée de Bangolo, un village largement peuplé de Guéré (la communauté du fameux Mahé), dans l’Ouest ivoirien. «Poursuivi et se voyant cerné, il a ouvert le feu en direction des éléments de la force Licorne», disait le communiqué, soulignant que, «en état de légitime défense, les soldats français ont riposté». «Blessé très grièvement, le suspect a été arrêté», poursuivait le texte avant de conclure: il «est mort des suites de ses blessures pendant son transfert au CHU de Man», la métropole régionale sous contrôle rebelle.

Une sanction plus tard, le ministère français de la Défense reprend seulement dans ce communiqué officiel du 17 mai la thèse d’un Ivoirien qui «avait commis à plusieurs reprises des crimes sur les populations civiles» et qui avait été «appréhendé par des militaires français».
Pour le reste, il reproche aujourd’hui au général Poncet d’avoir déformé la réalité.
Selon la nouvelle version de la mort de l’Ivoirien dont le tribunal aux armées de Paris (TAP) a été saisi, sur dénonciation, un «détachement de la force Licorne aurait concouru à sa mort, soit en ne lui portant pas assistance, soit par une action plus directe».

La procédure de dénonciation impose à la justice militaire de retenir la charge la plus lourde, en l’occurrence l’accusation d’homicide volontaire, à charge pour le tribunal de tirer l’affaire au clair sous quatre mois et de prononcer éventuellement une sanction appropriée, qui peut être inférieure à la suspension.
En cas d’innocence, il peut, bien sûr, rétablir le général Poncet «dans un emploi de son grade».
Toujours est-il qu’en prenant la décision - sans précédent - de sanctionner l’ancien patron de Licorne, la ministre de la Défense a aussi manifesté une volonté de transparence fracassante qui interroge.

«Le général Poncet est un militaire de grande valeur, que j'ai soutenu en novembre 2004 au moment où la Côte d'Ivoire vivait ses moments les plus dramatiques», assure Michèle Alliot-Marie. Mais, dit-elle, «il est de mon devoir lorsqu'il y a des manquements de prendre des mesures.
Il en va de l'image de nos armées». Celle-ci a en effet souffert de «bavures» plus ou moins brièvement mises sur la place publique, la mort d’un enfant ou d’un jardinier, par exemple, des attaques de banque à répétition aussi, en particulier à Man, où en septembre 2004, une douzaine de soldats français avaient été pris la main dans le sac d’une succursale de la Banque centrale de l’Afrique de l’Ouest qu’ils avaient mission de surveiller.
La hiérarchie militaire avait alors fait «son devoir» et des mesures disciplinaires avaient suivi.

Des crimes de guerre passibles de la justice internationale

La région de Man et de Bangolo, où est mort Mahé, et, plus largement, le Centre-Ouest ivoirien, sont une zone de très hautes turbulences traversées par la zone de confiance qui sépare loyalistes et ex-rebelles.
L’axe Duékoué-Logoualé-Man, en particulier, a enregistré entre avril et mai 2005 des attaques meurtrières qui ont chassé des milliers de villageois guéré et engendré des représailles le mois suivant, comme s’en inquiète le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, dans son rapport du 17 juin 2005.
Les exactions en tous genres commises dans cette région intéressent aussi le président du comité des sanctions des Nations unies pour la Côte d'Ivoire, le diplomate grec, Adamantios Vassilakis, arrivé mardi soir à Abidjan pour une visite de trois jours, au cours de laquelle il doit évaluer l’opportunité de rappeler à l’ordre l’un ou l’autre des anciens belligérants.
Exactions ou crimes de guerre peuvent également être passibles de la justice internationale, s’ils sont le fait d’un quelconque représentant des «forces impartiales» déployées en Côte d’Ivoire.

La présomption d’innocence est due au général Poncet comme à n’importe quel militaire ou civil. Il n’empêche que ce Saint-Cyrien de terrain, engagé au Liban ou au Kosovo, commandant des opérations spéciales (Cos) en février 2001 et habitué des bourbiers africains (celui du Rwanda, en 1994) ne sort pas indemne de celui de la Côte d’Ivoire. Et cela, même si, pour l’heure, il n’est pas question d’images montrant des hélicoptères français mitraillant les ponts sur la lagune d’Abidjan, ni de celles des corps effondrés ou même de la tête de femme éclatée, par un tir visiblement tendu, au pied de l’Hôtel Ivoire, en novembre 2004.

«Devant l'Hôtel Ivoire, le pouvoir a voulu provoquer un bain de sang... Nous n'étions pas dans une configuration type quartier Latin-mai 68, mais nous étions confrontés à de véritables opérations militaires», assurait alors, au Figaro, le commandant de l’opération Licorne, le général Poncet. Mais aujourd’hui, il est seulement question d’un certain Mahé présenté comme un malandrin de la brousse ivoirienne et qui serait mort, si l’on comprend bien, de ce que les tribunaux internationaux appelle une «exécution extrajudiciaire».


Monique Mas
Article publié le 19/10/2005
Dernière mise à jour le 19/10/2005 à 16:43 (heure de Paris)


COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 13 OCTOBRE 2005

Mardi 18 Octobre 2005

Un Conseil des ministres s'est tenu ce jeudi 13 octobre 2005, de 11 heures à 15 heures, au palais de la Présidence, sous la présidence du chef de l'Etat, son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo.

Avant d'aborder l'ordre du jour, le Président de la République a tenu à saluer la qualification de notre équipe nationale pour la CAN et le mondial 2006 et à féliciter les héros de cette performance historique pour notre pays. La reconnaissance de la nation et la République a été exprimée le lundi 10 octobre 2005 à nos valeureux athlètes.
Tous les sélectionnés ainsi que l'encadrement technique et les responsables de la FIF ont été distingués dans l'ordre national.
Chacun des joueurs recevra une villa d'une valeur de trente millions (30 000 000) FCFA.
En outre, le Président de la République a signé ce jour un décret élevant le président de la FIF, Monsieur Jacques Anouma au rang d'ambassadeur.
Le président de la République a ensuite informé le Conseil de la signature d'un contrat renouvelant pour une période de 15 ans la concession du service public d'électricité accordé au groupe Bouygues, à travers la CIE.
Le nouveau contrat prévoit, entre autres, l'entrée de l'Etat dans le capital et le Conseil d'administration de la CIE, des engagements significatifs de la société concessionnaire dans la promotion des programmes de développement de l'électrification villageoise.
Le président de la République a également annoncé la pose de la première pierre du mémorial du président Félix Houphouet-Boigny le 18 octobre 2005 à Abidjan.
Ce mémorial, selon le président de la République, est le premier élément de l'hommage à la mémoire du président Houphouet-Boigny. Cette réalisation artistique sera suivie de la construction du musée Houphouet-Boigny, premier Président de la Côte d'Ivoire indépendante.
Abordant son ordre du jour et sur présentation des ministres en charge des départements concernés, le conseil a entendu plusieurs communications.


POSE DE LA PREMIERE PIERRE DU MEMORIAL DEDIE A FEU FELIX HOUPHOUET-BOIGNY PERE FONDATEUR DE LA COTE D'IVOIRE MODERNE

Mardi 18 Octobre 2005

MÉMORIAL À ABIDJAN,
MUSÉE À YAMOUSSOUKRO
Gbagbo a posé la première pierre de l’édifice à la mémoire du premier Président au jardin de la Mairie du Plateau.
Le Chef de l’État a procédé symboliquement à la pose de la première pierre .
La cérémonie du centenaire de la naissance de Félix Houphouet-Boigny a été marquée, hier, par la pose de la première pierre du mémorial dédié au premier Président de la République de Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo n’a pas abandonné ce projet qui existait avant sa prise de fonction, le 26 octobre 2000.
Edifié par l’exemple américain où des édifices marquent le passage de chaque Président sur la terre, il s’est engagé à réaliser, en l’état, “cet édifice qu’une nation dresse pour rendre hommage à la mémoire d’Houphouet-Boigny”.
“Personnellement, je suis pour le mémorial parce que je pense que tous les hommes élus par leur peuple qui ont gouverné doivent avoir un souvenir qui symbolise leur passage parmi leurs concitoyens”, a-t-il déclaré.

Source "FRATMAT"


QUELQUES DATES HISTORIQUES SUR LES ACTIONS DE FEU FELIX HOUPHOUET-BOIGNY

Mardi 18 Octobre 2005

Le premier président de la cote d'ivoire a marqué son pays d'une empreinte indélébile.Retour sur les grandes dates et les grands actes qui ont marqué l'histoire de la terre d'eburnie qui se confond souvent avec celle de son père fondateur.

- 1945 : Houphouët-Boigny est élu député à l'Assemblée constituante française

- 9 avril 1946 : création du PDCI (Parti démocratique de Côte d'Ivoire) par 34 personnes, pour la plupart syndicalistes paysans, dans un bar de Treichville à Abidjan, l'Etoile du Sud.

- 1946 : Houphouët-Boigny est nommé ministre du gouvernement de la IVè république française

- 27 au 31 octobre 1947 : congrès constitutif du PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d'Ivoire Rassemblement démocratique africain), à Abidjan

- 1958 : référendum dans les colonies françaises d'Afrique. La Côte d'Ivoire vote pour le "oui" qui accorde aux anciennes colonies le statut de républiques au sein de la communauté française.

- 1959 : Houphouët-Boigny quitte son poste de ministre du gouvernement français et est nommé Premier ministre du gouvernement ivoirien

- 14 mars 1959 : le congrès constitutif du JRDA-CI (Jeunesse du Rassemblement démocratique africain- section Côte d'Ivoire), emmené par Amadou Koné, prend ses distances vis-à-vis d'Houphouët-Boigny.

Au 3ème Congrès du PDCI-RDA, les hommes d'Houphouët-Boigny, dont Auguste Denise sont mis en minorité. Jean-Baptiste Mockey, vice-Premier ministre, est élu secrétaire général du parti.

On trouve alors une tête de chat noir enterrée dans les jardins de la maison d'Houphouët à Yamoussoukro. Les procès en sorcellerie vont commencer

- 2 novembre 1959 : Jean-Baptiste Mockey est évincé de son poste de S.G. du PDCI, puis éjecté l'année suivante comme ambassadeur à Nicosie.

- 7 novembre 1959 : loi sur l'état d'urgence

- 7 août 1960 : Félix Houphouët-Boigny, 54 ans, alors Premier ministre, proclame l'indépendance de la Côte d'Ivoire, jusqu'ici membre de la Communauté franco-africaine créée par le général de Gaulle en 1958. .

- Janvier et août 1963 : Des mesures d'épuration sont prises à la suite de deux présumés complots contre le pouvoir. La prison spéciale d'Assabou est créée à Yamoussoukro, le village natal d'Houphouët-Boigny, pour accueillir les "comploteurs". Elle fera le plein jusqu'en 1967, et ne sera détruite qu'en 1969.

Au congrès du PDCI, en 1963, le jeune Konan Bédié est présenté comme un modèle à l'opposé des militants et autres intellectuels du JRDA-CI qui remplissent la prison d'Assabou.

Début janvier 1963, l'Assemblée vote une loi portant création d'une cour de sûreté de l'Etat.

Trois ministres (Joachim Bony, Charles Donwahi et Amadou Koné, le fondateur des JRDA-CI) sont relevés de leurs fonctions. Ils rejoindront quelques jours plus tard, plus de cent personnes dont cinq députés, à la prison de Yamoussoukro. Le "modèle" ivoirien" prend forme.

Philippe Yacé, secrétaire général du PDCI et président de l'Assemblée nationale se déchaîne contre les "fauteurs de troubles.).

Houphouët-Boigny rappelle Jean-Baptiste Mockey pour le nommer "président de la cour de sûreté de l'Etat".

Ernest Bocka, alors président de la cour suprême, démissionne pour protester contre ces multiples arrestations.

- 9 avril 1963 : 89 inculpés sont jugés par la cour de sûreté de l'Etat qui prononce cinq condamnations à mort (peines qui ne seront pas exécutées, du moins "officiellement").

- Fin 1963.

Obsédé par les complots, Houphouët-Boigny fait envoyer en prison beaucoup de monde : Ernest Bocka (mort sans explication), Jean-Baptiste Mockey , Germain Coffi Gadeau, Amadou Thiam, et bien d'autres.

- Décembre 1964 : la cour de sûreté qui juge 96 inculpés prononce six condamnations à mort, dont celle de Jean-Baptiste Mockey, qui sera gracié par la suite.

- 14 mai 1968 : La Côte d'Ivoire reconnaît le régime sécessionniste biafrais, lors de la guerre civile au Nigeria. Lagos rompt ses relations avec Abidjan (rétablies en 1971). En janvier 1970, le Général Ojukwu, ancien chef du Biafra, trouve refuge en Côte d'Ivoire.

- 1970 : le massacre du Guébié.

- 4 novembre 1970 : Houphouët-Boigny est le premier chef d'Etat noir à préconiser le dialogue avec l'Afrique du Sud. Cette politique de rapprochement aboutira à une rencontre historique, le 21 septembre 1974 à Yamoussoukro, entre le Premier ministre sud-africain John Vorster et le président ivoirien.

- 18-19 mars 1978 : Sommet de la réconciliation au Liberia entre la Côte d'Ivoire, le Sénégal et la Guinée. Dakar et Abidjan avaient refusé de livrer des Guinéens impliqués dans l'attaque contre Conakry en novembre 1970, menée par l'armée portugaise et des éléments hostiles au régime guinéen.

- 24 septembre 1979 : Après avoir accueilli à maintes reprises des chefs d'Etat renversés, la Côte d'Ivoire, accueille pendant quatre ans l'ancien empereur Bokassa de Centrafrique.

- 1er octobre 1980 : suppression du poste de secrétaire général du PDCI, détenu depuis 15 ans par Philippe Yacé.

- 9-13 juillet 1981 : Houphouët-Boigny est le premier chef d'Etat africain à être reçu à Paris par le président Mitterrand, nouvellement élu.

- 21 mars 1983 : Yamoussoukro, village natal d'Houphouët-Boigny, devient la capitale du pays.

- 12 octobre 1985 : le poste de vice-président, jamais pourvu, est supprimé. En cas de vacance du pouvoir, l'intérim sera désormais assuré par le président de l'Assemblée nationale.

- 7 février 1986 : Rétablissement des relations diplomatiques avec Israël, rompues depuis 1973.

- 25 mai 1987 : Abidjan annonce à ses créanciers la cessation du paiement de sa dette (estimée alors à plus de 8 milliards de dollars).. .

- De février à mai 1990 : La Côte d'Ivoire est le théâtre de manifestations estudiantines et de troubles sociaux.

- 3 mai 1990 : Houphouët-Boigny accepte l'instauration du multipartisme après trente années de pouvoir absolu du PDCI-RDA.

- 10 septembre 1990 : le pape Jean Paul II, lors de sa troisième visite dans le pays, consacre la Basilique de Yamoussoukro dont le coût est estimé à 40 milliards de FCFA d'avant d'évaluation (800 millions de FF).

- 28 octobre 1990 : Houphouët-Boigny est réélu pour un septième mandat lors de la première consultation à double candidature, face au candidat de l'opposition Laurent Gbagbo qui dénonce le poids du "vote des étrangers", ceux-ci représentant environ le quart du corps électoral6 novembre 1990 : Modification constitutionnelle : le président de l'Assemblée nationale (à ce moment, Henri Konan Bédié) terminera le mandat du chef de l'état en cas de décès, démission ou empêchement absolu.

- 7 novembre 1990 : Alassane Ouattara est nommé Premier ministre, poste nouvellement créé.

- 25 novembre 1990 : le PDCI, ex-parti unique, reste largement majoritaire aux élections législatives.

- 17-18 mai 1991 : Intervention de l'armée sur le campus universitaire après des affrontements entre policiers et étudiants.

- Septembre 1991 : la révolte étudiante est réprimée, avec notamment une expédition punitive des militaires, dans la cité étudiante de yopougon.

- 29-30 janvier 1992 : Flambée de violence dans les cités universitaires, au lendemain des déclarations du président Houphouët-Boigny, affirmant qu'il n'y aurait "aucune sanction" contre le chef d'état-major de l'armée, considéré comme principal responsable des exactions commises en mai 91, selon le rapport d'une commission d'enquête.

- 18 février 1992 : Arrestation de Laurent Gbagbo lors d'une violente manifestation de l'opposition. Il est condamné à deux ans de prison ainsi que huit autres dirigeants politiques ou syndicaux.. Ils seront libérés le 1er août.

- 7 avril 1992 : Premier pays africain à prendre cette initiative, la Côte d'Ivoire établit des relations diplomatiques avec l'Afrique du Sud. " .

- 19 novembre 1993 : Malade, après avoir été hospitalisé à Paris et séjourné à Genève, le président Houphouët-Boigny regagne la Côte d'Ivoire après 189 jours d'absence du pays.

- 7 décembre 1993 : Décès du président Houphouët-Boigny, après 33 ans d'un règne sans partage..

A.L.O "L'INTELLIGENT D'ABIDJAN"


FEU FELIX HOUPHOUET-BOIGNY PREMIER PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE / QUI EST-IL?

Mardi 18 Octobre 2005

Né le 18 octobre 1905 à Yamoussoukro dans une riche famille de chefs coutumiers, il se convertit au catholicisme à 11 ans.

Médecin de brousse il fonde, en 1944, le Syndicat agricole africain (SAA), puis le Parti démocratique de Côte-d'Ivoire (PDCI), et, en octobre 1946, le Rassemblement démocratique africain (RDA) qu'il préside.

Elu aux deux Assemblées constituantes (1945 et 1946), il fait adopter la suppression du travail forcé dans les colonies d'Afrique. Député de la Côte d'Ivoire jusqu'en 1959, il devient président du Grand Conseil de l'AOF de mai 1957 à mai 1958.

Cinq fois ministre du gouvernement français (de février 1956 à juillet 1959), président de l'Assemblée constituante de Côte d'Ivoire (décembre 58-mai 59), il est chef du gouvernement ivoirien de mai 1959 à mars 1960 et ministre conseiller de la Communauté (juillet 59-septembre 60), il est élu président de Côte d'Ivoire le 27 novembre 1960, après l'accession à l'indépendance. Constamment réélu de 1965 à 1990, il meurt le 7 décembre 1993.


COTE D'IVOIRE / CENTENAIRE DE LA NAISSANCE DU PRESIDENT FELIX HOUPHOUET-BOIGNY : 1905-2005

Mardi 18 Octobre 2005

HOUPHOUET AURAIT EU 100 ANS AUJOURD’HUI

18 octobre : de nombreuses manifestations marquent le centenaire du premier Président de la Côte d’Ivoire.

C’est aujourd’hui, mardi 18 octobre 2005, que sera posée la première pierre du Mémorial dédié au premier Président de la Côte d’Ivoire indépendante, Félix Houphouet-Boigny.

Cet acte de mémoire et d’hommage au “père de la Nation”, homme politique de droite, fondateur du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, section ivoirienne du Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), est l’œuvre d’un historien, homme politique de gauche, fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) et troisième successeur de Félix Houphouet-Boigny à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire. La cérémonie aura lieu dans les jardins de l’Hôtel du District d’Abidjan, sous la Présidence du Chef de l’Etat, le Président Laurent Gbagbo.
La République et les forces vives de la Nation y sont conviées à travers leurs illustres représentants, civils et militaires.

Panafricaniste convaincu, comme celui qui lui rend hommage aujourd’hui après l’avoir combattu pendant plus de vingt ans sur le terrain politique, Houphouet-Boigny a porté loin l’étendard de la Côte d’Ivoire.
De l’Afrique noire qu’il voulait fédérer autour de ses idées, en passant par l’Europe, l’Asie, l’Amérique, le monde arabe jusque sur la terre d’Israël, la Côte d’Ivoire était vue et reconnue à travers la grandeur, la mansuétude et la générosité de Félix Houphouet-Boigny.
Médiateur officiel ou officieux dans de nombreux conflits, son ardeur diplomatique en a ajouté à son prestige et à son rayonnement international. Houphouet-Boigny s’intéressait à tout, avait le regard sur tout et se mêlait de tout, pourrait-on dire.

Combattant de la liberté, aux heures chaudes de la lutte anti-coloniale; député et ministre de la France gaulliste; francophile avéré, après avoir été traqué par les colons; mystique, spirituel, chrétien catholique fervent et ouvert sur les autres religions; bâtisseur de temples aussi bien que de mosquées; attaché aux traditions africaines, Houphouet-Boigny fut celui qui a fait entrer la Côte d’Ivoire dans la modernité.
Néanmoins, les contingences politico-économiques, les amitiés versatiles mais aussi les effets du temps sur sa personne, ne lui ont pas permis d’achever son œuvre de construction d’une nation forte, moderne et économiquement indépendante.
A ses successeurs, il avait laissé le soin de poursuivre son œuvre gigantesque, bien que marquée du sceau de l’imperfection humaine.
Houphouet-Boigny a beaucoup donné à la Côte d’Ivoire qui le lui a bien rendu. Ce Mémorial ne sera donc pas de trop. Non seulement pour faire le lien avec les générations d’après indépendance; mais aussi, et surtout, pour fortifier une Côte d’Ivoire qui veut se construire sans rien renier de son passé, qu’elle devra assumer pleinement, en le regardant droit dans les yeux, pour en tirer le meilleur. Sans a priori d’aucune sorte.

Michèle PEPE
laurentgbagbo.net


PREMIERE CONFERENCE SUR L'EGALITE ET L'EQUITE DES FEMMES

Mardi 18 Octobre 2005

La 1ère Conférence de l’Union Africaine des ministres chargés de la Femme et du Genre s’est déroulée à Dakar, du 12 au 16 octobre 2005. Cette rencontre a vu la participation de 22 ministres et 180 experts gouvernementaux venant de 40 pays membres de l’Union Africaine, des représentants des ONG et organismes internationaux.
Elle a été marquée par la présence des Premières Dames du Sénégal, Madame Viviane Wade et de la Guinée, Madame Henriette Conté.

A la cérémonie d’ouverture, le Président sénégalais a proposé la création d’un Institut panafricain du genre qui sera chargé de faire des études d’identification des disparités entre hommes et femmes sur tout le continent.

La Conférence a été organisée en plusieurs réunions, à savoir, celles des experts et des Ministres de l’Union Africaine (UA), celles des experts et des Ministres de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations Unies, ainsi que le forum de la Société civile.

Les échanges ont, dans tous les cas, porté sur le cadre de la mise en œuvre de la déclaration solennelle des chefs d’Etat sur l’égalité entre les hommes et les femmes en Afrique et sur la stratégie de suivi pour la mise en œuvre des Résultats et Perspectives de l’évaluation décennale du programme d’action de Beijing. L’institutionnalisation de la collaboration entre la CEA et l’UA a été en outre examinée.

La Conférence a, entre autres, exhorté les Etats africains à procéder à la ratification du Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP) relatif aux droits des femmes, pour accélérer la promotion du Genre sur le Continent.

Concernant le renforcement du pouvoir économique des femmes, il a été recommandé, de renforcer les analyses sexospécifiques, d’intégrer l’égalité entre les sexes dans les politiques macroéconomiques, de renforcer les mécanismes de financements de proximité, tels que les micro–crédits, ainsi que les activités génératrices de revenus.

Concernant le volet Femmes et VIH/SIDA, les participants ont reconnu l’ampleur de la pandémie et recommandé le renforcement des politiques, stratégies et programmes en la matière, plus particulièrement, la protection des femmes et des filles contre les viols, la réduction de la transmission du virus de la mère à l’enfant.

Concernant le volet Santé des femmes – mortalité maternelle, la Conférence a souhaité le renforcement de la collaboration entre les gouvernements, les groupes de la société civile et le secteur privé. Les participants ont reconnu la nécessité des accouchements assistés et le renforcement des soins prénatals.

La violence à l’égard des femmes a retenu l’attention de tous. La révision des législations en vigueur a été recommandée en vue d’atteindre l’objectif « tolérance zéro à la violence à l’égard des femmes ». Des stratégies ont été proposées pour la sensibilisation, le renforcement des capacités des organes chargés de faire respecter la loi, la pénalisation des programmes sur Internet et dans les médias tendant à encourager la violence.

Parlant de la parité entre les hommes et les femmes, les participants ont reconnu la faible représentativité des femmes dans toutes les instances de décision politique, économique et sociale. A propos des droits fondamentaux des femmes, il a été entendu d’accélérer la ratification et la mise en œuvre par les Etats, des instruments internationaux et régionaux.

A propos de l’éducation et la formation des femmes, l’accent a été mis sur l’accélération de la mise en œuvre du programme « Education pour tous », la gratuité de la formation primaire, le renforcement des infrastructures et de l’environnement socio-éducatif, la facilitation de l’accès des filles à l’enseignement à tous les niveaux, plus particulièrement, à la formation professionnelle.


SENEGAL /1ERE CONFERENCE DE L'UNION AFRICAINE DES MINISTRES CHARGES DE LA FEMME ET DU GENRE

Dimanche 16 Octobre 2005

La première Conférence de l'Union africaine des Ministres chargés de la Femme et du Genre sur l'appropriation et la mise en oeuvre de la Déclaration de l'Union africaine sur l'Egalité et de l'Equité de Genre en Afrique s'est tenue à DAKAR du 12 au 16 Octobre 2005 en présence de plusieurs personnalités notamment S.E.Maître Abdoulaye WADE , Président de la République , les Premières Dames du Sénégal et de la Guinée , les Membres du Gouvernement , le Corps diplomatique , plusieurs Ministres en charge des Femmes du Continent , les Responsables féminines de la Commission de l'Union Africaine(UA) , de la Commission Economique pour l'Afrique (CEA) , des Organisations Internationales , du système des Nations-Unies et de la Société civile.
Après avoir planché sur les divers sujets relatifs à

- la STRATEGIE CONJOINTE de la CEA et de l'UA POUR LA MISE EN OEUVRE de LA DECLARATION SOLENNELLE sur le GENRE et le DEVELOPPEMENT en AFRIQUE et
- les RESULTATS issus de l'EVALUATION DECENNALE de la PLATEFORME de BEIJING ,

les experts ont également axé leurs débats sur

- la VALIDATION du PLAN d'ACTION et le CADRE de SUIVI de MISE en OEUVRE de la DECLARATION de l'UA pour la PROMOTION du GENRE .

Une exposition d'oeuvres produites par les Femmes a eu lieu en marge de la rencontre.
Une motion de Résolutions tendant à exhorter les pays membres de l'UA à signer et à ratifier la Charte de l'UA sur l'Egalté et l'Equité de Genre a été adressée aux Etats membres.

Dans son allocution d'ouverture , le Président du pays hôte , le Sénégal , S.E.MAITRE ABDOULAYE WADE a félicité et encouragé les Femmes pour leur courage dans la recherche de l'Egalité et l'Equité de Genre en les exhortant à faire montre de plus de détermination dans ce combat pour leurs droits et présenter des candidates à tous les postes électifs et notamment celui de Président de la République.
Maître WADE a également plaidé pour la création d'un CENTRE PANAFRICAIN DU GENRE que le Sénégal pourrait abriter en mettant à la disposition de l'UA , le cadre , les moyens logistiques etc...

La Côte d'Ivoire a été représentée à cette importante rencontre par une délégation conduite par Mme Jeanne PEUHMOND , Ministre de la Famille , de la Femme et de l'Enfant.
S.E.Madame Fatimata TANOE TOURE , AMBASSADEUR , a quant à elle , pris une part active aux travaux des Experts .
Un belle soirée de Gala offerte par le Président WADE en présence des Premières Dames du SENEGAL et de la GUINEE , Mesdames WADE et CONTE a mis fin à cette grande messe de l'intelligentsia féminine africaine.


COTE D'IVOIRE / CRISE SOCIO-POLITIQUE / LETTRE DE M.SRO GUILLAUME A M.KOFI ANNAN SECRETAIRE GENERAL DE L'ONU

Jeudi 13 Octobre 2005

A SON EXCELLENCE MONSIEUR KOFI ANNAN SECRETAIRE GENERAL DE L'ONU
NEW YORK - ETATS-UNIS D'AMERIQUE
Excellence, Monsieur le Secrétaire Général,
Le 27 août dernier, à la veille de la tenue de la centième (100ème) session de l'Assemblée Générale des Nations Unies, je m'étais fait le devoir de vous saisir pour exposer et évaluer le processus de paix en Côte d'Ivoire, dans la perspective d'attirer votre attention sur l'impossibilité de tenir les élections programmées le 30 octobre 2005.
Après avoir rappelé le cadre de la crise qui dure depuis plus de trois ans, j'invitais à envisager avec sérénité, une transition politique nécessaire pour le salut de la Côte d'Ivoire, non sans avoir demandé s'il était encore raisonnable de croire que le régime de Monsieur Laurent Gbagbo, qui n'a jamais voulu durant trois ans appliquer les accords de paix, le ferait en un mois.
En préconisant qu'il fallait avec courage aborder l'idée d'une transition politique en Côte d'Ivoire, je proposais que le sujet soit débattu dans un cadre beaucoup élargi que celui du seul médiateur Sud africain.
Aujourd'hui, à quelques heures de la tenue de la prochaine session du Conseil de Sécurité de l'ONU, je me permets par cette correspondance officielle de vous saisir, une nouvelle fois, pour exposer les observations et les propositions de nos différents mouvements (MPCI-MJP-MPIGO) à la lumière des recommandations de la dernière réunion du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine portant sur la prorogation du mandat de Monsieur Laurent Gbagbo.
Excellence Monsieur le Secrétaire Général, le processus de paix et de réconciliation dans notre pays se trouve dans une grave impasse susceptible de glisser au chaos.
En effet, le 30 Octobre 2005, le mandat présidentiel de Monsieur Laurent Gbagbo arrivera à son terme et débouchera sur un vide constitutionnel en Côte d'Ivoire.
C'est pour éviter cette situation que huit (8) des dix (10) forces politiques signataires de l'Accord de Linas Marcoussis continuent de réclamer l'instauration d'une transition politique.
C'est à cette importante préoccupation que la 40ème réunion du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine était chargée de répondre.

1. l'exclusion des débats de l'Union Africaine de l'autre partie belligérante.
En autorisant unilatéralement la seule participation du clan présidentiel alors qu'il y a deux parties au conflit ivoirien, la réunion de l'Union Africaine s'est volontairement privée de l'approche et de la contribution de l'opposition politique ivoirienne, dont le souci au-delà de laconiques plaidoiries était surtout d'informer largement la réunion des préoccupations et des enjeux de l'heure. Comment imaginer une sortie de crise si l'on n'est point imprégné des exigences de l'autre partie au conflit?
A toutes fins utiles, rappelons ici que la participation de tous les acteurs à une importante réunion d'Addis-Abeba, loin d'obstruer la voie de sortie de crise, aurait constitué leurs cautions à tout compromis résultant de leurs positions divergentes, comme ce fut le cas à Accra lorsque vous-même en avez pris l'initiative.
C'est pourquoi, nous déplorons et dénonçons les recommandations qui n'ont pas tenu compte de certaines préoccupations essentielles qui, si elles ne sont pas résolues, entraveront gravement le processus de résolution de la crise. Au demeurant, la présence des acteurs politiques ivoiriens de l'opposition aurait auréolé lesdites recommandations de la nécessaire onction de légitimité comme ce fut le cas pour les accords de Linas Marcoussis et d'Accra III.
La dernière session du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine, en ignorant cette vérité a, du coup, amputé les débats d'une part d'éclairage sans lequel les conclusions ne pouvaient qu'être confuses et erronées.
En effet, Excellence Monsieur le Secrétaire Général, il convient de faire observer que les millions d'Ivoiriens que nous représentons, pensent que les recommandations de l'Union Africaine ne sont pas d'une suffisante clarté. Car les nombreuses interprétations qui pourraient en découler les rendront inopérantes hélas.

2. La reconduction de Monsieur Thabo MBeki comme médiateur de l'Union Africaine
Excellence Monsieur le Secrétaire Général, l'Union Africaine a "réaffirmé" le Président Thabo MBeki comme médiateur dans la crise ivoirienne.
Un médiateur est avant tout un facilitateur crédible qui doit bénéficier de la confiance de tous les acteurs. Or à ce jour, sept (7) des dix (10) forces politiques signataires de l'Accord de Linas Marcoussis et le Premier Ministre Ivoirien lui ont retiré leur confiance sur la base d'éléments mettant en cause son impartialité.
La seule amitié de Monsieur Laurent Gbagbo suffit-elle pour qu'il soit maintenu comme médiateur?
Nous pensons que personne n'a le droit de risquer la paix en Côte d'Ivoire à ce prix.
L'on peut comprendre le souci d'équilibre auquel l'Union Africaine a dû faire face entre deux présidents de deux grands pays, mais la souffrance du peuple ivoirien imposée par une politique d'exclusion et de mépris ne saurait s'accommoder d'un tel arrangement politico diplomatique. La partialité flagrante du président Thabo MBeki ainsi que l'implication actuelle, sans nuance, d'hommes d'affaires sud¬africains dans l'économie ivoirienne le disqualifient.

3. La confirmation de la fin du mandat de Monsieur Laurent Gbagbo à la date du 30 Octobre 2005.
L'Union Africaine à l'instar des Chefs d'Etat de la CEDEAO, a fait le constat évident de la fin du mandat de Monsieur Laurent Gbagbo à l'échéance du 30 octobre 2005.
Si le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine a eu pour souci légitime, par le maintien à la tête de l'Etat ivoirien de Monsieur Laurent Gbagbo, de préserver l'équilibre, l'accalmie et la stabilité en Côte d'Ivoire; encore aurait-il fallu dès lors et comme l'exige la démocratie si chère à tous, obtenir de toute la classe politique Ivoirienne l'onction d'une nouvelle légitimité à accorder au président dont le mandat arrive à échéance.
A défaut d'avoir été consultée, notre intelligence, malgré notre bonne foi, n'a pas encore appréhendé les mécanismes qui ont permis à l'Union Africaine de transformer un citoyen en chef de l'Etat sans l'adhésion du peuple ivoirien et de sa classe politique.

4. La nécessité de mener à leur terme les reformes constitutionnelles et législatives
Au point 9 des recommandations du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine, en faisant le récapitulatif des questions restées en suspens, il semble qu'il ait échappé à l'Union Africaine qu'en l'état actuel de l'avancée du processus de Paix en Côte d'Ivoire, les reformes constitutionnelles (notamment l'article 35) et les reformes législatives, (notamment la Loi sur l'Identification) demeurent non conformes à l'esprit et à la lettre de l'Accord de Linas Marcoussis.
L'amendement de ces différents textes dans le sens de leur conformité avec ledit accord pourra permettre l'amorce d'un début de confiance concourant nécessairement à la facilitation du début du démantèlement et du désarmement des milices et du processus concomitant du DDR ; tout ceci participerait à l'apaisement des cœurs et des esprits, catalyseurs d'un environnement propice à l'organisation d'élections libres, démocratiques et transparentes.

5. Les pouvoirs exceptionnels du Premier Ministre de type nouveau
Au point 10, paragraphe 2 des recommandations de l'Union Africaine, il est question d'un nouveau Premier Ministre acceptable par toutes les parties.
Je fais remarquer que cette proposition est en contradiction flagrante avec les dispositions de l'Accord de Linas Marcoussis, socle pourtant de tous les Accords auxquels le Conseil de Paix et de Sécurité semble se référer.
En effet, l'Accord de Linas Marcoussis dispose que le Premier Ministre du Gouvernement de Réconciliation Nationale est inamovible jusqu'aux élections. C'est ce qui a d'ailleurs justifié l'interdiction faite au Premier Ministre du Gouvernement de Réconciliation Nationale de se porter candidat à une quelconque élection.
La bonne interrogation est de savoir si c'est la personnalité du Premier Ministre qui est en cause ou si ce sont ses pouvoirs et son autorité qui ont été insuffisants.
Pour la majorité des Ivoiriens, le diagnostic est clair: le Premier Ministre aussi bien que tous les autres ministres ont été défaillants parce qu'ils n'ont jamais eu de pouvoirs suffisants pour l'accomplissement de leur mission, conformément à l'accord de Linas Marcoussis. La raison: le Président Laurent Gbagbo s'est toujours abrité derrière la Constitution pour refuser une délégation de pouvoir respectueuse de l'esprit et de la lettre de Linas Marcoussis. Ce point a toujours constitué le blocage majeur dans l'application dudit accord.
En conséquence l'unique solution possible est que le Premier ministre de type nouveau doit exercer tout l'Exécutif et ce, d'autant plus qu'à la date du 30 octobre 2005, Monsieur Laurent Gbagbo ne sera plus le président élu et constitutionnel de la Côte d'Ivoire.
C'est la seule voie et la seule condition qui puissent garantir la stabilité et l'efficacité dans l'application des différents engagements.
La recommandation du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine stipulant que le nouveau Premier Ministre aura pleine autorité sur son gouvernement; que les ministres seront responsables devant lui, n'est assurément pas limpide. Dans un contexte où la mauvaise interprétation voire tendancieuse des textes a toujours été l'arme d'une des parties. Cette disposition de l'UA est un grave dépérissement des pouvoirs que l'accord de Marcoussis a voulu donner au premier ministre de transition mais qui ont été totalement altérés par des pratiques à fa fois pernicieuses et flagrantes de Monsieur Laurent Gbagbo.
L'Autorité du Premier Ministre sur le gouvernement telle qu'indiquée dans le communiqué de l'Union Africaine ne saurait être suffisante pour lui donner la responsabilité directe de préparer les élections, allouer les ressources publiques au bon fonctionnement de l'Etat, corriger les dysfonctionnements d'une administration partisane, encore moins démanteler les milices qui pullulent ou restructurer l'armée en même temps que procéder au désarmement, à la mobilisation et à la réinsertion des ex-combattants. Monsieur Laurent Gbagbo a sapé l'autorité du Premier Ministre au nom d'une légitimité qu'il n'aura plus le 30 octobre 2005.
La sérénité, l'impartialité, l'honnêteté et la transparence des élections exigent que le Premier Ministre de transition ait tous les pouvoirs exécutifs y compris ceux de chef suprême des armées.
Un réaménagement technique du gouvernement est nécessaire. Le Premier Ministre nommera les Ministres de l'Economie, de la Défense et de la Sécurité; ces postes ne devant pas être sous l'influence d'aucun parti politique, pour rester attachés à l'Etat et à la Nation Ivoiriens. Sinon que vaudra un premier ministre même renforcé s'il ne dispose des finances et des forces de défense et de sécurité?
Le Premier Ministre de type nouveau devra en outre présider les réunions des conseils de ministres, signer les décrets et les lois en exercice de la plénitude des pouvoirs de l'Exécutif.
Il est impératif que toutes ces mesures, jusque dans le moindre détail, soient écrites et arrêtées pour éviter la confusion, l'interprétation, de la part de tous ceux qui voudront se référer à une prétendue Constitution comme motif pour ne pas avancer pleinement dans le processus de réconciliation nationale.

6. Les questions du DDR et de la Sécurité du Gouvernement.
En vue de l'accélération du processus du DDR, il nous apparaît primordial de sortir les deux armées que compte aujourd'hui la Côte d'Ivoire (FAFN et FDS) du face à face perpétuel qui développe et entretient la méfiance, facteur bloquant du DDR.
Dans le cadre de la transition, le Premier Ministre doit avoir pour tâche urgente et prioritaire de réunifier l'armée. La mise en place d'un Etat-major intégré et d'un Commandement unique comprenant des officiers des deux ex-armées belligérantes, à savoir les Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) et les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) mettra définitivement fin à toute possibilité ou toute velléité de reprise des hostilités.
Ainsi, la perspective d'une nouvelle armée fondée sur des critères consensuels offrira aux militaires des deux camps des perspectives de carrière et facilitera leur adhésion pleine et entière au processus DDR.
Mais pour rendre viable tout ce processus et engager un début de confiance, la ville de Yamoussoukro, Capitale Politique de la Côte d'Ivoire devra être déclarée Ville Verte, dont la gestion sécuritaire sera exclusivement aux mains des forces impartiales (Licorne et ONUCI). La ville de Yamoussoukro abritera à la fois le siège de l'Etat Major intégré et le siège du Conseil des Ministres.
C'est seulement lorsque tous les acteurs de la crise ivoirienne se sentiront en sécurité dans leur propre pays, que l'on pourra réellement envisager la paix et la réconciliation.

7. La désignation du Premier Ministre de type nouveau.
Vous avez pris, monsieur le SG une importante part au consensus de Kléber relatif à la désignation du Premier Ministre et à la formation du Gouvernement de réconciliation nationale, ce jour là, 26 janvier 2003. J'avais moi-même indiqué que si l'Accord de Linas Marcoussis maintenait Monsieur Laurent Gbagbo comme Président de la République, il me revenait de droit de désigner le Premier Ministre. En votre qualité de secrétaire Général de l'ONU, vous m'aviez expliqué que Monsieur Laurent Gbagbo, se prévalant du titre de Président de la République, a exigé que je fasse le consensus autour de la personnalité du Premier Ministre qu'il me proposait. J'ai cédé à cet appel non seulement par respect pour vous mais aussi douloureusement, pour respecter une constitution qui porte les germes de la crise que nous vivons aujourd'hui.
Dans quelques jours alors qu'il ne sera plus un Président élu, vous conviendrez avec nous qu'il est d'un droit légitime que les Forces Nouvelles désignent le Premier Ministre de type nouveau.

8. La présence de la Guinée dans le Groupe international de travail.
Les Forces Nouvelles notent avec surprise, au Point 7 de la déclaration du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine, la présence de la Guinée au sein du groupe international de travail (GIT).
Or, nul n'ignore à ce jour que le régime guinéen abrite sur son territoire trois mille (3000) miliciens ivoiriens à la solde de Monsieur Laurent Gbagbo, armés, entraînés dans des camps de formation de l'armée guinéenne et prêts à lancer une offensive sur le flanc Nord¬ouest et Ouest de la Côte d'Ivoire, correspondant à la zone sous contrôle des Forces Nouvelles.
Tous les enquêteurs sérieux, parmi lesque1s l'ONG International Crisis Group, ont rapporté avec preuves à l'appui que dans la grave crise inter ivoirienne, la Guinée s'est comportée en belligérant de premier plan aux côtés de Monsieur Laurent Gbagbo, lui donnant des armes et toute une logistique de guerre. A preuve, la diplomatie guinéenne n'a jamais caché son aversion pour l'opposition politique et armée de Côte d'Ivoire. La présence de la Guinée jettera à priori un discrédit sur ce groupe international de travail (GIT),
Par conséquent, nous récusons sans ambages la Guinée et lui demandons de volontairement et courageusement se retirer du GIT.
Dans tous les cas de figure, jamais, nous ne siégerons avec ce pays dans une telle instance de régulation.

9. La présidence du suivi quotidien national du Groupe international de travail au quotidien confiée à l'Afrique du Sud.
Au point 8 des recommandations du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine, il est inscrit que la présidence du suivi quotidien national du Groupe international de travail, est de la responsabilité du représentant du président de l'Afrique du Sud.
Je rappelle une nouvelle fois que la médiation Sud africaine est récusée par sept (7) des dix (10) signataires de l'Accord de Linas Marcoussis (dont les Forces Nouvelles), en plus du Premier Ministre du Gouvernement de Réconciliation Nationale.
Par ailleurs, il y a lieu de s'interroger sur la motivation d'une telle décision au moment où le Secrétaire Général de l'ONU a en Côte d'Ivoire plusieurs Représentants spéciaux qui, pour l'occasion, sont aussi membres du groupe international de travail.
Pour les Forces Nouvelles, cette présidence Sud-africaine ne favorisera pas le dialogue et la confiance qui doivent prévaloir en de telles circonstances. Elle risque même d'engendrer le boycott surtout des Forces Nouvelles.

10. La tenue à Yamoussoukro en Côte d'Ivoire, d'un Forum de Dialogue sous la présidence de Monsieur Thabo MBeki.
Dans le point 11 de ses recommandations, le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine propose la tenue à Yamoussoukro en Côte d'Ivoire d'un Forum de Dialogue.
Si cette recommandation est saluée quant à sa pertinence, il convient de noter que pour les Forces Nouvelles, les conditions préalables qui apparaissent tout le long de cette lettre devront être remplies.
Le vrai forum de réconciliation, qui ne se fera pas sur fond de méfiance, de défiance et de haine, se tiendra après des élections crédibles qui ne seront possibles qu'aux conditions que nous vous avons ci-dessus indiquées.
Excellence Monsieur le Secrétaire Général,
Lorsque l'organisation des Nations Unies a été créée sur les chaudes cendres d'une guerre mondiale qui n'a épargné aucun continent, elle a donné l'espoir à tous les citoyens épris de paix et de justice que le spectre de la guerre et de la famine sera éloignée à jamais. En brave continuateur de l'œuvre de vos prédécesseurs, vous vous êtes attaché à cet idéal et cette vision. Le monde a changé et la nature des conflits a aussi changé.
Pour relever le défi de la prospérité des peuples, l'organisation que vous dirigez avec dignité et conséquence, doit demeurer plus que jamais entichée de la justice sans laquelle il n'y a ni paix, ni développement. Cela exige, vous le savez mieux que quiconque, un courage à tout instant pour que la vérité l'emporte sur le mensonge, la transparence sur la confusion, l'honnêteté sur la démagogie. Le peuple de Côte d'Ivoire qui souffre dans sa chair, depuis que les dérives d'exclusion ont commencé, n'oubliera jamais l'apport que la communauté internationale incarnée en premier chef par l'ONU aura fait pour le rétablissement de droits bafoués.
C'est au nom de cette espérance que je vous prie de transmettre cette lettre officielle au Conseil de Sécurité pour lui servir de document de travail lors de sa prochaine session.
Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Secrétaire Général, l'expression de ma très haute considération.

Pour le MPIGO
Le Colonel-Major
Sié Palé
Chef des opérations militaires

Pour le MJP
Le Colonel Déli Gaspard
Chef des opérations militaires

Pour le MPCI, au nom des Forces Nouvelles
Le Ministre d'Etat Guillaume SORO
Secrétaire Général


COTE D'IVOIRE / CRISE SOCIO-POLITIQUE / INTERVIEW DE M.ALLAH KOUADIO VICE-PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE

Mardi 11 Octobre 2005

Le Nouveau Réveil- 11/10/2005

Le communiqué final du sommet de l’Union Africaine à Addis Abeba, le 6 octobre dernier est l’objet d’interprétation de part et d’autres. Le député PDCI, Allah Kouadio Rémi, dans une interview qu’il a accordée à “La Voix d’Amérique” éclaire les militants de son parti.

Le représentant du Président Gbagbo au Sommet de l'UA, M. Fologo, affirme sur les média que le C.S.P a décidé conformément à la Constitution. Qu'en dites-vous?
J'ai entendu cela moi aussi et je suis surpris parce que le Communiqué final dit clairement ceci: " Le Conseil décide que les arrangements convenus dans les accords de Linas-Marcoussis se poursuivent à partir du 31 Octobre pour une période n'excédant pas 12 mois sur la base des modalités ci-après ". Pas une seule fois la Constitution n'a été évoquée dans le Communiqué.

Certainement dans la même logique, il dit que le président Gbagbo poursuit son mandat, choisira 1 premier ministre et nommera un gouvernement. Vos commentaires ?
Si tant est qu'il s'agit du même sommet, là encore, je suis désolé car le Communiqué final dit totalement autre chose: " un nouveau Premier Ministre accepté par toutes les parties signataires de l'accord sera nommé" . Sans d'autres précisions. Mieux, le Communiqué indique: "Le gouvernement sera composé de personnalités proposées par les parties ivoiriennes signataires de l'accord de Marcoussis. Les ministres seront responsables devant le Premier ministre qui aura pleine autorité sur le gouvernement". Il est donc clair que le futur gouvernement ne travaillera pas sous l'autorité du chef de l'Etat mais sous l'autorité exclusive du futur Premier ministre. Ensuite il est question de poursuite de mandat alors que le Communiqué est sans appel et dit ceci :" Le C.S.P fait sien le constat de la CEDEAO sur la fin du mandat du Président Gbagbo le 30/10/05 ainsi que l'impossibilité reconnue par toutes les parties d'organiser les élections à la date prévue ". La conséquence de ce constat est que après le 30 Octobre, faute d'élections, il n'y aura personne en Côte d'Ivoire qui incarne la fonction et l'institution dite " Président de la république" puisque l'élection présidentielle est indispensable pour se prévaloir de cette fonction et incarner cette institution. C'est pour le signifier clairement que le Conseil de Paix et Sécurité indique avec précision que M. Gbagbo demeure non plus Président de la république mais seulement chef de l'Etat qualité qu'il a déjà en tant que Président de la république jusqu'au 30 octobre 2005. D'où l'utilisation du terme "demeure ". Il faut savoir que si la Constitution proclame que le Président de la république est le chef de l'Etat, un chef de l'Etat n'est pas forcément président de la république. En Côte d'Ivoire, il n'y a pas de président de la République, s'il n'y a pas eu d'élection présidentielle. Que cela soit clair.

Y a-t-il transition ou non?
Le fait que le C.S.P, au lieu de parler de poursuite de mandat, affirme clairement que le mandat du président Gbagbo prend fin le 30 octobre 2005, que le C.S.P se réfère à l'accord de Linas Marcoussis et non à la Constitution, qu'il fixe une période de un (1) an maximum pour aller aux élections, que le C.S.P désigne M. Gbagbo comme chef de l'Etat et non plus comme Président de la République démontre de toute évidence qu'il y a vide constitutionnel et qu'il s'agit d'une transition civile même si pour ménager les susceptibilités le mot" transition" n'apparaît pas dans le Communiqué.

Vos conclusions, les Ivoiriens peuvent-ils espérer?
Au vu de ce Communiqué, je pense personnellement qu'il y a une avancée vers la solution qui peut ramener la paix parce que rassurant toutes les parties en présence à savoir: un gouvernement sous l'autorité exclusive d'un Premier ministre doté du pouvoir exécutif et indépendant du chef de l'Etat mais régulièrement suivi par une structure internationale de haut niveau et qui pourra ainsi, efficacement mettre en œuvre les accords de Paix.
Malheureusement les contre-vérité et les amalgames délibérément entretenus et diffusés dans les média proches du pouvoir actuel sont de nature à semer le trouble dans l'esprit des populations ivoiriennes.
Tout se passe comme si on voulait par une campagne de désinformation préalable, amener une partie de la population à réagir négativement aux prochaines résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Côte d'Ivoire; et ce faisant saboter cette énième chance de retrouver la paix que nous offre la Communauté internationale qui, je le répète, est parfaitement dans son rôle.
En effet si sur des points aussi clairs et explicites, on fait mine de comprendre autre chose qu'en sera-t-il des nombreux " non dits " qui découlent du Communiqué final du Conseil de Paix et de Sécurité de l'UA? Je pense par exemple aux questions de savoir qui nommera aux emplois civils et militaires? Qui signera les décrets ? etc... Questions qui devraient trouver leurs réponses dans l' affirmation de "la pleine Autorité du 1er Ministre sur le gouvernement" dans les propositions de l'UA. Le Conseil de Sécurité doit clairement exprimer ces "non-dits" pour lever toute équivoque et permettre ainsi aux Ivoiriens de sortir des polémiques inutiles.

Que vous inspire la qualification des Eléphants ?
C'est enfin la gloire! Une très très grande joie. Un immense bonheur parce que j'ai la conviction que la tendance vient de s'inverser pour notre pays. Nous passons d'une dynamique de déroute et de descente aux enfers à une dynamique de succès et de remontée vers l'excellence si chaque Ivoirien le veut et s'investit dans cette dynamique. Dans cette logique, j'invite les extrémistes de tous bords à sacrifier leurs positions personnelles pour aider leurs responsables à faire preuve d'humilité et de dépassement pour faire les concessions nécessaires à la paix.

Propos recueillis par P.Y.


COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DE M.HENRI KONAN BEDIE ANCIEN PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET CANDIDAT AUX PROCHAINES ELECTIONS

Mardi 11 Octobre 2005

55 questions pertinentes du journaliste Christophe Boisbouvier de RFI-JAI à l'ancien Président de la République Henri Konan Bédié, Président du PDCI-RDA , parti d'opposition ayant gouverné le pays pendant près de 40 ans et qui sans détours répond . Précision de taille: Cette interview a été réalisée avant la 40ème réunion du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine à Addis-Abeba.

Pourquoi pensez-vous que le maintien de Laurent Gbagbo à la présidence après le 30 octobre accentuera la crise ?

HKB
Tout simplement parce que personne n'est prêt à supporter un président non élu. M. Gbagbo est responsable des blocages. Si vous prenez les accords de Marcoussis point par point, c'est le camp présidentiel et lui-même qui ont refusé de les appliquer. Ils ont tout fait pour les saboter. En fait, ceux qui sont là entendent demeurer au pouvoir sans élections.

Laurent Gbagbo n'a-t-il pas fait une concession majeure en autorisant Alassane Ouattara à se présenter ?

HKB
Mais cela ne suffit pas ! Ce n'était que l'un des blocages. Regardez par exemple la Commission électorale indépendante. Elle n'est toujours pas installée. C'est seulement le 3 octobre que le président, me dit-on, a signé le décret portant sur sa composition. Passer cinq ans à la tête de l'État sans être capable de préparer les élections, c'est une honte ! Comme ce pouvoir n'a pas pris la peine d'identifier les électeurs, d'établir les listes électorales et de distribuer les cartes d'électeurs, il est disqualifié.

Quelle est la responsabilité du président ivoirien dans les violations des droits de l'homme ?

HKB
Elle est évidente. Le 25 mars 2004, c'est lui qui a réquisitionné l'armée pour tirer sur les manifestants. Selon l'ONU, il y a eu 120 morts. C'est plus que grave. C'est un crime.

Est-il impliqué dans l'existence d'éventuels escadrons de la mort?

HKB
Écoutez, ce sont ses propres officiers supérieurs qui le disent, comme le général Mathias Doué et le colonel Jules Yao Yao. D'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi la communauté internationale ne prête pas l'oreille à ces déclarations et ne s'engage pas dans des mesures répressives.

Le président Gbagbo et plusieurs chefs d'État proposent un simple report technique de l'élection présidentielle de quelques mois...

HKB
Non, c'est une chose qu'on ne peut pas marchander. La Constitution dit clairement que le mandat de président de la République est de cinq ans. La Constitution fixe un terme. On ne peut pas se permettre d'ajouter un jour de plus. Après le 30 octobre, nous entrerons dans une période où le président sera illégitime. Donc, il n'y a pas de report technique pour une fin de mandat. La Constitution ne prévoit pas de prolongation. Ce serait illégal. Gbagbo serait un usurpateur.

Le 2 octobre, le ministre français des Affaires étrangères a suggéré un report limité à quelques mois et une élection début 2006..

HKB
Si les futures personnes chargées de préparer l'élection peuvent être prêtes pour le début 2006, nous n'y voyons aucun inconvénient.

Mais vous n'y croyez guère...

HKB
Disons que mes amis de l'alliance houphouétiste et moi, nous pensons que les choses ne seront pas prêtes avant six mois ou un an parce que rien n'a été fait pour préparer l'élection. Il faut donner le temps à la Commission électorale indépendante de faire son travail proprement. Et pour que le scrutin soit transparent, il faut identifier les personnes, établir les listes électorales, distribuer les cartes et démanteler les milices.

Ne craignez-vous pas que le gouvernement français s'aligne sur la position de Laurent Gbagbo ?

HKB
Non. Début 2006, c'est vague. De toute façon, peu importe la durée. L'essentiel, c'est que les préparatifs soient terminés pour qu'il y ait une élection juste, honnête et transparente.

Préférez-vous retenir la déclaration de la ministre française de la Défense sur " le vide juridique au-delà du 30 octobre " ?

HKB
Cela, c'est une autre idée. Le vide juridique, il se constate, il est là. Et c'est pourquoi la transition s'impose. Qui doit conduire cette transition? Une équipe neutre, car aucun candidat potentiel ne peut diriger la transition. Les candidats sont égaux en droit. Ils doivent donc être placés dans l'égalité des chances pour faire campagne, et se tenir à l'écart de la transition. Le président actuel est candidat comme moi. Il ne peut pas être juge et partie.

L'actuel Premier ministre Seydou Diarra pourrait-il faire l'affaire ?

HKB
À l'issue des conférences de Marcoussis et de Kléber en 2003, nous avons nommé Seydou Diarra comme Premier ministre, et nous sommes convenus, par écrit, qu'il resterait en poste jusqu'à la fin des élections. Donc, je pense en effet que la solution la plus facile pour sortir de cette crise sans faire de nouvelle table ronde ou de nouvel arrangement difficile ce serait de respecter cet accord de Marcoussis. Mais il faudrait que Diarra ait tous les pouvoirs et qu'il n'ait plus sur lui cette chape de plomb qui l'étouffe et qui l'a empêché de travailler.

La communauté internationale ne réclame pas le départ du président Gbagbo. Cela n'affaiblit-il pas votre position ?

HKB
Attendez, nous ne sommes pas encore au 30 octobre. Et cette transition, tout le monde en parle désormais dans les chancelleries.

Quel bilan faites-vous de la médiation sud-africaine?

HKB
Le président Thabo Mbeki a fait du bon travail. Mais malheureusement, vers la fin, il y a eu du brouillage à cause des interventions de certains de ses ministres. Celui de la Défense a dit, par exemple, que M. Gbagbo avait fait tout le travail nécessaire à la tenue de l'élection avant le 30 octobre... Maintenant, c'est au président Olusegun Obasanjo du Nigeria, en tant que président en exercice de l'Union africaine, de veiller à ce que l'UA suive le dossier ivoirien.

Beaucoup de chefs d'État africains souhaitent un renforcement conséquent des forces de l'ONU en Côte d'Ivoire. Qu'en pensez-vous?

HKB
C'est une bonne chose. Actuellement, nous n'avons que 10000 Casques bleus environ. À côté, au Libéria, il y en a 15000. Au Kosovo, il a fallu 40000 hommes. Pendant l'élection, il faudra quadriller tout le territoire de façon serrée.

Faut-il envisager une mise sous tutelle de la Côte d'Ivoire par l'ONU?

HKB
Ce n'est pas d'actualité et nos partenaires ne sont pas arrivés à une telle idée.

L'ONU doit-elle infliger des sanctions à certains acteurs ivoiriens ?

HKB
Ecoutez, ça, c'est un principe qui a été décidé depuis longtemps. Il faut l'appliquer et puis c'est tout.

Faudrait-il sanctionner Gbagbo lui-même?

HKB
Je ne suis pas celui qui distribue les sanctions.

Si Laurent Gbagbo reste au palais après le 30 octobre, que ferez-vous?

HKB
Personne n'est prêt à accepter un président non élu et à lui obéir. Je ne peux pas imaginer qu'un chef d'Etat puisse dire " Je reste " sans un mandat du peuple. Qui va-t-il gouverner ? S'il reste au palais, ce sera seulement au nom de ses militants. Pas au nom du peuple ivoirien. Ce sera un usurpateur. Je ne sais pas à qui il pourra donner des ordres et par qui il pourra se faire obéir.

Est-ce un appel à la désobéissance civile ?

HKB
Ce n'est même pas un appel. Cela va de soi. Quand on se lève pour dire : " J'ai des patriotes et des milices avec moi, donc je suis président ", cela s'appelle une dictature ou une usurpation.

Allez-vous appeler à manifester?

HKB
Nous déciderons le moment venu.

Ne craignez-vous pas dans ce cas une violente répression comme celle du 25 mars 2004 ?

HKB
Je ne crois pas que l'on puisse longtemps gouverner avec les mains pleines de sang. Quand vous tirez sur des jeunes et des femmes, cela se retourne toujours contre vous.

Si vous ne faites rien le 30 octobre, les Ivoiriens ne risquent-ils pas de penser que vous parlez beaucoup mais que vous agissez peu ?

HKB
Ce que nous faisons est déjà suffisant à nos yeux. Et il ne s'agit pas pour nous d'ajouter une guerre à une guerre. Moi, je n'ai jamais fait couler le sang où que ce soit. Nous utilisons les armes de la démocratie, c'est-à-dire la parole et la mobilisation.

Quand la convention du PDCI qui vous désignera officiellement candidat aura-t-elle lieu?

HKB
Bientôt. Peut-être le 18 octobre à Yamoussoukro. Cela coïncidera avec le centième anniversaire de la naissance du président Houphouët-Boigny, mais ce sera avant tout l'investiture du candidat PDCI.

Ne craignez-vous pas de rester aux yeux de certains Ivoiriens comme l'homme qui a abandonné trop facilement le pouvoir aux militaires en décembre 1999, sans vraiment se battre contre les putschistes ?

HKB
Je crois que nous perdrions notre temps à vouloir revenir sur le passé. A ce moment-là, il faudrait expliquer les causes de ce coup d'État et tout ce qui s'est passé. Regardons l'avenir.

Vous êtes resté absent de Côte d'Ivoire pendant un an. Que répondez-vous aux partisans de Laurent Gbagbo qui affirment que vous représentez le "parti de l'étranger"?

HKB
Tout cela n'a aucun sens. J'ai été président de la Côte d'Ivoire. Je reviens. Je suis candidat à la nouvelle élection. Je ne vois pas pourquoi je serais LE candidat de l'étranger. Mon parti, le PDCI, est mieux implanté que jamais. Regardez les exactions, les violences, l'intolérance. L'interdiction des émissions de RFI par exemple. Le peuple est privé d'information. Sa déception est telle qu'il regrette l'ancien temps.

Depuis les affrontements meurtriers de novembre 2004, les soldats français ne sont pas très populaires à Abidjan. Ne craignez-vous pas que votre francophilie vous fasse perdre des voix?

HKB
Non, pas du tout. Le sentiment anti-français est propagé par un certain groupe de personnes, mais il n'est pas partagé par l'ensemble de la population. D'ailleurs, quelques Français sont restés et vaquent normalement à leurs occupations. En Côte d'Ivoire, nous n'avons pas de problèmes avec la France. Les Français sont nos plus importants partenaires en matière de développement.

Les images de tirs français sur des manifestants ivoiriens n'ont-elles pas choqué vos compatriotes ?

HKB
Je crois que bientôt ce sera du passé. Il ne faut pas toujours remuer le couteau dans la plaie. Et aujourd'hui, à tous les niveaux, chacun s'efforce d'oublier ces moments difficiles.

Les " patriotes " pro-Gbagbo disent que la colonisation de la Côte d'Ivoire par la France a duré jusqu'à la fin de votre présidence...

HKB
Écoutez, ceux-là disent beaucoup de choses. Il faut revenir à la réalité ivoirienne. Nous n'allons pas être des hommes à l'oreille cassée qui se penchent sur leur passé et la colonisation. Tous les peuples du monde ont été colonisés dans l'Histoire. La Côte d'Ivoire ne fait pas exception. C'est quand on échoue quelque part qu'on se réfugie dans ce genre d'argument.

Donc, vous ne croyez pas au concept de deuxième décolonisation...
Absolument pas.

Après votre alliance avec le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), ne craignez-vous pas de décevoir une partie de votre électorat traditionnel en pays akan?

HKB
On ne peut pas dire cela, car je viens d'être désigné à près de 98 % des suffrages exprimés au sein du PDCI. Û y a eu des campagnes d'explication partout dans le pays, et, aujourd'hui, il se passe le contraire de ce que vous dites. Les militants du parti auraient été déçus si nous n'avions pas fait une telle alliance.

Pourquoi?

HKB
Tout simplement parce que d'autres l'auraient proposée à leur place [rire].

Cette alliance est-elle nécessaire pour la conquête du pouvoir ?

HKB
Ce n'est pas tant l'alliance en elle-même, mais depuis que la Côte d'Ivoire s'est engagée dans la voie du chaos après le coup d'État de 1999, la seule politique qui vaille, c'est une politique de réconciliation pour la paix. De ce point de vue, cette alliance est une manifestation importante de la réconciliation entre les Ivoiriens.

Il y a eu beaucoup de renversements d'alliances depuis quinze ans. Pourquoi celle-ci serait-elle plus durable?

HKB
C'est vrai que le PDCI et moi-même avons eu quelques malentendus avec Ouattara, mais nous les avons réglés. Nous avons dépassé tout cela et maintenant nous sommes vraiment dans une alliance solide, car celle-ci fait l'économie des mésententes du passé. Nous avons procédé au pardon mutuel des offenses pour offrir un avenir de paix aux Ivoiriens.

Avez-vous crevé l'abcès lors de ce fameux dîner à votre appartement parisien l'an dernier?

HKB
Nous l'avons crevé avant le dîner, sinon il n'y aurait pas eu de dîner !

Laurent Dona Fologo a réuni près de 15 % des voix au dernier congrès du PDCI en 2002. Ne risque-t-il pas de profiter des inquiétudes que peut susciter cette alliance ?

HKB
En 2002, il a fait moins de 15 %, et aujourd'hui, il y a un seul maître à bord qui vient de recueillir 98 % des suffrages exprimés. Quant aux députés PDCI, ils sont restés en harmonie avec le parti et ont fait un travail extraordinaire.

Une éventuelle candidature de Charles Konan Banny, l'actuel gouverneur de la BCEAO, ne pourrait-elle pas vous gêner?

HKB
Nous ne nous en occupons pas dès lors que personne d'autre que moi n'a sollicité l'investiture du PDCI pour la présidentielle.

Et s'il se présente en candidat indépendant?

HKB
Nous ne pourrons rien y faire. Ce ne sera plus l'affaire du PDCI.

Charles Konan Banny reste-t-il à vos yeux un ami politique ou est-il désormais un adversaire ?

HKB
Mais c'est un frère ! Nous n'avons jamais eu à échanger quelque propos aigre que ce soit. C'est un frère.

Le 20 août dernier, l'ancien chef d'état-major Mathias Doué a lancé un appel au renversement de Laurent Gbagbo par tous les moyens. Quelle est votre réaction?

HKB
Je ne suis pas dans le registre des militaires. Par conséquent, je n'émets aucun commentaire là-dessus.

Est-ce à cause du mauvais souvenir du putsch de décembre 1999 ?

HKB
Non, ce n'est pas la question. Mais la philosophie de mon parti, ce n'est pas les coups d'État. Le PDCI n'a ni armée ni milice.

Êtes-vous particulièrement combatif parce que si l'on s'en tient à la Constitution, vous aurez dépassé la limite d'âge dans cinq ans et que c'est peut-être la dernière fois cette année que vous pouvez vous présenter?

HKB
Non, il ne s'agit pas de cela. D'abord, je suis loin des 75 ans. [NDLR: HKB est âgé de 71 ans.] Et puis, vous savez qu'à Marcoussis, nous avons supprimé le plafond des 75 ans.

Oui, mais c'est toujours la Constitution qui prévaut...

HKB
D'ici là, la Constitution aura le temps d'être révisée. Après les élections, quel que soit celui qui sera élu, la Constitution devra nécessairement connaître quelques retouches.

Dans votre entourage, certains espèrent qu'Alassane Ouattara vous aidera à gagner cette année en échange de votre aide à son élection dans cinq ans. Partagez-vous cet espoir?

HKB
Nos accords sont fermes. Au second tour, le mieux placé des candidats de l'alliance obtiendra l'appui de tous les autres. On vient de signer ce texte-là. Ce n'est pas le moment d'envisager de le modifier.

Il n'empêche, beaucoup disent qu'il y a un accord implicite entre vous deux et que vous êtes prioritaire cette année au nom du droit d'aînesse...

HKB
Non, il n'y a pas d'accord de ce genre. Mais si Ouattara veut procéder ainsi, qui peut le plus peut le moins [rire].

Ne regrettez-vous pas d'avoir introduit ce concept d'ivoirité qui a tant divisé les Ivoiriens ?

HKB
La façon dont il a été interprété ne dépend pas de moi. L'ivoirité n'a rien à voir avec la notion galvaudée que les gens brandissent à chaque fois. Il y a une ivoirité comme il y a une francité, une sénégalité ou une arabité. Tout le monde revendique une identité culturelle, et l'ivoirité est un concept fédérateur, pas un concept d'exclusion. Je vous mets au défi de citer une loi sur l'ivoirité, une carte nationale d'ivoirité ou un certificat d'ivoirité. Cela n'existe pas. C'est de la polémique politicienne !

Ne vous êtes-vous pas senti abandonné par votre ami français Jacques Chirac en 1999 ?

HKB
Pas du tout. Je n'ai pas ce sentiment et je n'ai pas de ressentiment. Je le considère toujours comme un ami et nous sommes demeurés dans les meilleurs termes.

Malgré le lâchage de décembre 1999 ?

HKB
Mais il n'y a pas eu lâchage ! Ceux qui ont empêché la France de respecter ses accords de sécurité et de coopération militaire avec la Côte d'Ivoire ne sont plus au pouvoir, malheureusement pour eux.

Vous visez les socialistes français. Ont-ils fait cela pour régler un compte avec Jaques Chirac ou par idéologie?

HKB
Posez la question aux intéressés. Moi, je suis mal placé pour y répondre !

Avez-vous perdu le contact avec certains chefs d'État africains pendant votre traversée du désert?

HKB
Non. J'ai gardé le contact avec chacun d'entre eux. La première année, sous la présidence Gueï, je me suis tenu à l'écart de tout, sauf des affaires de mon parti. Mais ensuite, à chaque fois que j'ai appelé un chef d'État, il m'a pris au téléphone.

Que pensez-vous des anciens amis ivoiriens qui vous ont laissé tomber en 1999 ?

HKB
Cela n'a pas d'importance. C'est leur affaire. Où sont-ils aujourd'hui? Ils sont l'ombre d'eux-mêmes.

Après celui de Nino Vieira à Bissau, votre retour au pouvoir est-il possible ?

HKB
Mais pourquoi pas ? L'exemple de mon ami Vieira prouve qu'on peut très bien sortir à la suite d'un coup d'État militaire qui n'a pas de justification, et revenir triomphalement au pouvoir. En tout cas, le PDCI ne néglige rien avec ses alliés pour reconquérir le pouvoir.

Pourquoi y croyez-vous ?

HKB
Parce que le pays est à l'abandon. Depuis le coup d'État de 1999 et l'arrivée au pouvoir des " refondateurs ", c'est-à-dire du président Gbagbo et de son équipe, le pays est dans un état de délabrement avancé. Quand je suis rentré à Abidjan le 11 septembre dernier, de l'aéroport à ma résidence de Cocody, j'ai traversé une ville qui m'a fait mal au cœur. Les rues sont dégradées, les bâtiments ne sont pas repeints. Et quand vous prolongez à l'intérieur, c'est la même scène de désolation. Pas de route ou de piste carrossable. Qu'est-ce que c'est que ce pays où presque tous les entrepreneurs et tous les consommateurs solvables ont été chassés? Combien de milliers d'emplois ont été perdus depuis ces événements? Qu'est-ce que c'est que ce pays où l'on corrompt la jeunesse, où les violences de rue sont légion ? Je ne sais pas si on peut gagner des élections en pratiquant une telle politique ! Voilà la triste réalité dont les Ivoiriens veulent sortir.

En 1999, beaucoup de gens disaient que vous étiez un homme fini...

HKB
Oui, mais ils se sont trompés. La preuve, je préside toujours aux destinées du PDCI.

Se sont-ils trompés parce que vous êtes un " dur à cuire"?

HKB
Non, je ne suis pas plus dur à cuire qu'un autre. Simplement je suis encore populaire en Côte d'Ivoire. Pas seulement au PDCI, mais dans le pays. C'est pourquoi j'espère pouvoir me mesurer à armes égales avec les autres candidats. Mais dans le cadre d'une élection honnête et transparente sans l'intrusion de milices ou de patriotes.

Propos recueillis par CHristophe Boisbouvier (pour J.A.I.)


COTE D'IVOIRE / DECLARATION LIMINAIRE DES HOUPHOUETISTES APRES LA RENCONTRE DE L'UNION AFRICAINE DU 06 OCTOBRE 2005

Lundi 10 Octobre 2005

Le Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) a tenu hier à la maison du PDCI-RDA de Cocody, une conférence de presse pour donner son avis sur le communiqué final qui a sanctionné les travaux d'Addis-Abeba. Par la voix de son Président Pr. Alphonse Djédjé Mady, le RHDP a récusé avec force le maintien de Laurent Gbagbo comme chef de l'Etat durant la transition de 12 mois. Ci-contre, l'intégralité de la déclaration liminaire.

Mesdames et messieurs les journalistes de la presse nationale et internationale, chers amis,

Je voudrais, aujourd'hui encore, au nom du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), vous saluer et vous remercier pour votre grande disponibilité et votre sollicitude.

C'est la troisième fois, en moins de deux semaines, que nous nous rencontrons. Notre dernière rencontre remonte au 27 septembre 2005.

Ainsi que vous le savez, la Côte d'Ivoire notre pays se trouve, depuis quelques jours, au cœur de rencontres africaines et internationales. Le 30 septembre 2005 se tenait la rencontre des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEDEAO à Abuja. Le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine vient de se réunir le 06 Octobre 2005 à Addis-Abeba. Le 13 octobre courant, est convoquée une réunion du Conseil de Sécurité de l'ONU sur la crise ivoirienne qui sera suivie de la visite, en Côte d'Ivoire, le 17 octobre, du Président de la commission des sanctions du Conseil de Sécurité de l'ONU.

Le RHDP se félicite des efforts des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Afrique de l'Ouest et de ceux de la Communauté Internationale en vue d'amener la Côte d'Ivoire à renouer avec une paix durable.

En attendant la tribune du 13 octobre 2005, nous voudrions ici vous livrer notre analyse et notre appréciation des propositions du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine.

Mesdames et Messieurs,

Après avoir pris connaissance du communiqué final sanctionnant la 40ième réunion du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) sur la situation de la Côte d'Ivoire tenue le 6 octobre 2005, le RHDP se sent conforté dans sa position d'un règlement pacifique de la crise, par la réaffirmation de l'option du dialogue comme unique solution de sortie de crise au lieu du recours à la force ou à toute action unilatérale.

Le RHDP prend acte de la reconnaissance par les chefs d'Etat:

u de l'expiration du mandat du Président Laurent GBAGBO au 30 Octobre 2005;

u de l'impossibilité d'organiser des élections avant cette date;

u de la nécessité de mettre en place une Transition en lieu et place d'un simple report technique, confirmant ainsi l'effectivité du vide constitutionnel.

Le RHDP prend également acte de l'élargissement de la médiation de l'Union Africaine à d'autres Institutions et responsables de la Communauté internationale.

Le RHDP note que certaines de ses suggestions ont été prises en compte dans le communiqué final du Conseil de Paix et Sécurité de l'Union Africaine.

En effet, les Chefs d'Etat et de Gouvernement ont reconnu:

u Le non respect de nombreux engagements pris dans les accords de paix de Linas-Marcoussis, d'Accra III et de Pretoria ;

uL'urgence d'accélérer le démantèlement et le désarmement des milices,

u La mise en œuvre du DDR

u La création de conditions nécessaires à la tenue d'élections libres, régulières et transparentes ;

u L'impérieuse nécessité d'appliquer strictement les Accords de Linas-Marcoussis, d'Accra III et de Pretoria ;

u L'octroi des pleins pouvoirs au Premier Ministre de la Transition

Toutefois le RHDP tient à exprimer ses préoccupations avant de faire ses recommandations quant aux modalités de cette Transition.

I. PREOCCUPATIONS

Le RHDP estime que nombre de questions n'ont pas été suffisamment élucidées par le communiqué du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine. Ces questions sont les suivantes:

1- Le sort réservé à la Constitution ;

2- les pouvoirs exécutifs et législatifs du Premier Ministre de la Transition ;

3- le mode de désignation du Premier Ministre de la Transition ;

4- le rôle d'un Chef d'Etat de la Transition;

5- le statut de l'Assemblée Nationale dont le mandat expire le 16 décembre 2005.

Si le RHDP se félicite de l'ouverture d'une Transition, à compter du 31 octobre 2005, sur une période qui ne doit pas excéder douze (12) mois, il s'étonne que paradoxalement, le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine propose Monsieur Laurent GBAGBO, dont le mandat expire le 30 octobre 2005, comme Chef d'Etat durant cette Transition, sans en indiquer le fondement.

Le RHDP s'interroge sur l'efficacité de cette option qui consacrerait l'impunité des crimes et violations perpétrés par le Président Laurent GBAGBO et son régime.

En effet, pour le RHDP, le maintien de Monsieur Laurent GBAGBO comme Chef de l'Etat n'est pas de nature à permettre de surmonter les blocages qu'a connus le Gouvernement de Réconciliation Nationale pendant trois ans et qui ont conduit à l'impasse actuelle.

Le Président Laurent GBAGBO reste le principal responsable du blocage du processus de paix.

Du fait de sa responsabilité avérée dans les violations successives du cessez - le feu en vigueur, ainsi que dans les multiples violations des Droits de l'Homme, le Président Laurent GBAGBO est disqualifié.

En conséquence, pour le RHDP, la Transition devra se faire sans le Président Laurent GBAGBO comme Chef d'Etat.

Le 30 octobre 2005, la Présidence de la République, en tant qu'institution, n'est plus fonctionnelle, de même que l'Assemblée Nationale à compter du 16 décembre 2005, date de la fin du mandat..

Cette situation de vide juridique affecte gravement le fonctionnement de l'ensemble des Institutions de la République.

C'est pourquoi, le RHDP exprime ses préoccupations quant à la détermination du contenu de la Transition et de ses institutions, la définition des pleins pouvoirs du Premier Ministre de la Transition, lesquels pouvoirs devraient, entre autres, le fonder à signer les décrets-lois et à nommer les Ministres proposés par les parties signataires.

Le RHDP a toujours appelé à un dialogue national pour ramener la paix. Toutefois, sur la base de l'expérience du Forum pour la Réconciliation Nationale, tenu d'octobre à décembre 2001, le RHDP est fondé à considérer que le Forum de Dialogue National préconisé par le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine ne peut constituer, pour des raisons évidentes d'efficacité, un cadre pouvant permettre des discussions sur la mise en œuvre des accords de paix dans la résolution de la crise ivoirienne.

Le RHDP suggère donc que l'engagement soit pris par tous les acteurs de la crise ivoirienne de se retrouver à l'issue des prochaines élections, autour des nouvelles Autorités, pour poser ensemble les premiers pas vers la réconciliation nationale effective.

Concernant les Missions de la Transition et le choix du Premier Ministre

Le Gouvernement de Transition devra exécuter le reste des engagements pris dans le cadre des accords de paix:

uL'achèvement des réformes législatives et constitutionnelles ;

u Le désarmement et le démantèlement des milices ;

u La sécurité des biens et des personnes;

u Le règlement des problèmes d'atteinte grave aux droits de l'homme ;

u La mise en œuvre du DDR ;

u la réforme de l'armée pour restaurer son caractère républicain ;

u La réunification du pays et le redéploiement de l'administration ;

u L'identification des populations ;

u La révision des listes électorales sur toute l'étendue du territoire national ;

u L'établissement des cartes d'électeurs ;

u L'organisation d'élections justes, transparentes et ouvertes à tous pour doter la Côte d'Ivoire d'institutions démocratiques et légitimes.

Le RHDP insiste sur le fait qu'il conviendra d'organiser la Transition en tirant les leçons des dysfonctionnements du Gouvernement de Réconciliation Nationale.

II. RECOMMANDATIONS

Le RHDP demande que le Conseil de Sécurité de l'ONU prenne une résolution appropriée pour pallier le vide constitutionnel et servir de charte fonctionnelle à la Transition.

Le RHDP recommande que Monsieur Laurent GBAGBO ne soit pas désigné comme Chef d'Etat de la Transition.

Le RHDP demande que ni le Chef d'Etat de la Transition, ni le Premier Ministre de la Transition ne puissent être candidats à l'élection Présidentielle à venir.

Le RHDP demande que soient effectivement transférées toutes les prérogatives de l'Exécutif au Premier Ministre de la Transition pour la gestion de la Transition.

Le choix du Premier Ministre de la Transition doit être opéré de façon diligente et concertée, à défaut de consensus, par la majorité des parties signataires de l'Accord Linas-Marcoussis, avant le 26 octobre 2005, sur la base d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le RHDP prend acte de la création du Groupe International de Travail (GIT). Toutefois, la médiation quotidienne, censée faciliter l'arbitrage entre les parties, doit être dirigée par le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l'ONU en Côte d'Ivoire.

Le RHDP demande au Conseil de Sécurité de prendre les dispositions nécessaires pour assurer l'exécution immédiate des présentes recommandations.

Le RHDP demande au Conseil de Sécurité de prendre des sanctions à l'encontre de tous les auteurs de violation des Droits de l'Homme et tous ceux qui feraient obstacle à la mise en œuvre des décisions issues du Conseil de Sécurité de l'ONU.

EN CONCLUSION

Le RHDP récuse avec force le Président Laurent GBAGBO comme Chef d'Etat de la Transition.

Le RHDP appuie fortement la demande de l'Union Africaine au Conseil de Sécurité de l'ONU de fournir à l'ONUCI tous les moyens nécessaires pour lui permettre d'exécuter efficacement sa mission et d'examiner la possibilité d'un accroissement substantiel de ses effectifs et d'un élargissement de son mandat.

Le RHDP, tout en saluant les avancées déjà obtenues, lance un appel au Conseil de Sécurité de l'ONU afin qu'aucune ambiguïté ne vienne entraver la mise en œuvre de ses décisions.

Le RHDP traduit, à nouveau, sa gratitude à la Communauté Internationale, notamment à la CEDEAO, à l'Union Africaine, au Conseil de Sécurité et au Secrétaire Général de l'ONU, Son Excellence Kofi Annan et leur demande de prendre des décisions salutaires conduisant à la paix en Côte d'Ivoire et dans la sous-région.

Le RHDP réaffirme sa disponibilité à contribuer résolument à la réussite de la Transition.

Le RHDP souhaite qu'une nouvelle feuille de route soit élaborée par le GIT en liaison avec les signataires de l'Accord de Linas-Marcoussis.

Le RHDP salue la visite en Côte d'Ivoire, le 17 octobre, du Président de la commission des sanctions du Conseil de Sécurité de l'ONU.

Le RHDP demande que la Délégation de Haut Niveau, annoncée en Côte d'Ivoire, s'y rende de toute urgence au lendemain de la réunion du Conseil de Sécurité de l'ONU, le 13 octobre 2005, afin d'accélérer la mise en œuvre de la Transition et éviter tout dérapage dommageable pour le pays et la sous-région.

Fait à Abidjan le 10 Octobre 2005
Pour le RHDP
Le Président
Professeur Alphonse DJEDJE MADY


COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DE S.E.LAURENT GBAGBO APRES LA VICTOIRE DE L'EQUIPE NATIONALE DE FOOTBALL POUR LE MONDIAL 2006

Lundi 10 Octobre 2005

Après la qualification des Eléphants/Laurent Gbagbo
"C`est la Côte d`Ivoire des “winners””

Juste après la qualification des Eléphants, le Président Laurent Gbagbo s’est exprimé à chaud sur les antennes de la radio télévision ivoirienne (RTI).

M. le Président pouvez-vous donner vos impressions après la victoire des Eléphants au Mondial 2006 ?

Et leur donne ce qui leur revient. Je crois que Dieu n'a pas voulu, que notre orgueil prenne le pas sur les autres considérations. Quand nous avons décidé de gagner, il y a un mois, il nous a montré que son temps n'est pas le notre. Je suis heureux de croire en lui. Ma joie est d'autant plus grande que pour la première fois, dans l'histoire de notre nation, et ce, malgré les temps difficiles, que notre jeunesse se soit défoncée pour gagner, donner un honneur aussi grand à toute la Côte d'Ivoire.

Racontez aux Ivoiriens. comment avez-vous vécu cette rencontre ?

Je n'ai pas regardé la rencontre, parce que je suis superstitieux et j'ai peur. Je suis effrayé à l'idée de suivre ce qui peut faire mal à la Côte d'Ivoire. Donc je n'ai même pas vu ce match.

Comment avez-vous su que la Côte d'Ivoire s'est qualifiée ?

J'étais en séance de travail avec des amis et des collaborateurs quand j'ai entendu un grand bruit et des cris venant de l'extérieur. dès que je suis sorti de mon bureau, ils se sont précipités pour me féliciter en me disant que le Cameroun venait de rater son penalty. j'ai compris que nous étions qualifiés. En même temps , j'ai reçu un coup de fil du Président Toumany Touré, du Mali me félicitant. Il m'a fait savoir que cette victoire était aussi la sienne, car Didier Drogba est marié à une Malienne.

Je voudrais vous dire qu'être en Coupe du Monde, pour une Nation comme la Côte d'Ivoire, que les gens croient tombée, c'est quelque chose de plus que le sport et la politique. C'est de montrer le destin de ce pays qui, dans la douleur, se forge un destin, économique, politique. Mais aussi que sa jeunesse est plus que vivante.

A vous entendre parler, on a l'impression que le sport est pour vous, plus que réunificateur et fédérateur ?

Mais aujourd'hui, le seul sujet sur lequel , tous les Ivoiriens sont d'accord, c'est le sport. Il est donc forcement unificateur. Je voudrais dire aux Ivoiriens d'être fiers, sans être orgueilleux. Je suis fier de cette jeunesse qui gagne. C'est cette Côte d'Ivoire de gagneurs que je veux et non celle des perdants. A Lusaka, j'avais dit que la Côte d'Ivoire "is back".

Pour la première fois, nous réussissions à placer un de nos compatriotes à la tête de l'Organisation continentale. Aujourd'hui nous sommes dans la guerre, en crise, c’est injuste. Mais je crois que l'histoire veut nous grandir en nous envoyant des épreuves. Mais dans cette guerre, nous avons des prouesses sur le plan économique, diplomatique et politique. Aujourd'hui, les jeunes Ivoiriens viennent de nous combler en nous montrant un visage d'unité. Nous avons même reçu des coups de fil de Ferkessédougou. Je voudrais donc dire aux jeunes de ce pays qu'ensemble, nous pouvons tout. Je voudrais attirer votre attention sur le fait que c'est Aruna qui nous offre la victoire. Il est d'un autre pays. C'est un enfant naturalisé. Mais ces buts ne sont pas xénophobes ni d'exclusion. Ce sont des buts ivoiriens qui nous qualifient. Cessons de nous distraire nous-même. Regardons l'essentiel. Que chacun joue au poste que la Nation lui a confié.

Propos retranscrits par Bamba Mafoumgbé


COTE D'IVOIRE / INTERVIEW DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO APRES LA VICTOIRE DE L'EQUIPE NATIONALE POUR LE MONDIAL 2006 EN ALLEMAGNE

Lundi 10 Octobre 2005

Après la qualification des Eléphants/Laurent Gbagbo
"C`est la Côte d`Ivoire des “winners””

Juste après la qualification des Eléphants, le Président Laurent Gbagbo s’est exprimé à chaud sur les antennes de la radio télévision ivoirienne (RTI).

M. le Président pouvez-vous donner vos impressions après la victoire des Eléphants au Mondial 2006 ?

Et leur donne ce qui leur revient. Je crois que Dieu n'a pas voulu, que notre orgueil prenne le pas sur les autres considérations. Quand nous avons décidé de gagner, il y a un mois, il nous a montré que son temps n'est pas le notre. Je suis heureux de croire en lui. Ma joie est d'autant plus grande que pour la première fois, dans l'histoire de notre nation, et ce, malgré les temps difficiles, que notre jeunesse se soit défoncée pour gagner, donner un honneur aussi grand à toute la Côte d'Ivoire.

Racontez aux Ivoiriens. comment avez-vous vécu cette rencontre ?

Je n'ai pas regardé la rencontre, parce que je suis superstitieux et j'ai peur. Je suis effrayé à l'idée de suivre ce qui peut faire mal à la Côte d'Ivoire. Donc je n'ai même pas vu ce match.

Comment avez-vous su que la Côte d'Ivoire s'est qualifiée ?

J'étais en séance de travail avec des amis et des collaborateurs quand j'ai entendu un grand bruit et des cris venant de l'extérieur. dès que je suis sorti de mon bureau, ils se sont précipités pour me féliciter en me disant que le Cameroun venait de rater son penalty. j'ai compris que nous étions qualifiés. En même temps , j'ai reçu un coup de fil du Président Toumany Touré, du Mali me félicitant. Il m'a fait savoir que cette victoire était aussi la sienne, car Didier Drogba est marié à une Malienne.

Je voudrais vous dire qu'être en Coupe du Monde, pour une Nation comme la Côte d'Ivoire, que les gens croient tombée, c'est quelque chose de plus que le sport et la politique. C'est de montrer le destin de ce pays qui, dans la douleur, se forge un destin, économique, politique. Mais aussi que sa jeunesse est plus que vivante.

A vous entendre parler, on a l'impression que le sport est pour vous, plus que réunificateur et fédérateur ?

Mais aujourd'hui, le seul sujet sur lequel , tous les Ivoiriens sont d'accord, c'est le sport. Il est donc forcement unificateur. Je voudrais dire aux Ivoiriens d'être fiers, sans être orgueilleux. Je suis fier de cette jeunesse qui gagne. C'est cette Côte d'Ivoire de gagneurs que je veux et non celle des perdants. A Lusaka, j'avais dit que la Côte d'Ivoire "is back".

Pour la première fois, nous réussissions à placer un de nos compatriotes à la tête de l'Organisation continentale. Aujourd'hui nous sommes dans la guerre, en crise, c’est injuste. Mais je crois que l'histoire veut nous grandir en nous envoyant des épreuves. Mais dans cette guerre, nous avons des prouesses sur le plan économique, diplomatique et politique. Aujourd'hui, les jeunes Ivoiriens viennent de nous combler en nous montrant un visage d'unité. Nous avons même reçu des coups de fil de Ferkessédougou.
Je voudrais donc dire aux jeunes de ce pays qu'ensemble, nous pouvons tout.
Je voudrais attirer votre attention sur le fait que c'est Aruna qui nous offre la victoire. Il est d'un autre pays. C'est un enfant naturalisé. Mais ces buts ne sont pas xénophobes ni d'exclusion. Ce sont des buts ivoiriens qui nous qualifient. Cessons de nous distraire nous-même. Regardons l'essentiel.
Que chacun joue au poste que la Nation lui a confié.

Propos retranscrits par Bamba Mafoumgbé


COTE D'IVOIRE -SOUDAN / MATCH ELIMINATOIRE POUR LE MONDIAL 2006 EN REPUBLIQUE FEDERALE D'ALLEMAGNE

Lundi 10 Octobre 2005

L'EQUIPE NATIONALE DE COTE D'IVOIRE S'EST QUALIFIEE A KHARTOUM AU SOUDAN

Après la qualification des Eléphants - Réactions

Mme Gbagbo : "Nous avons la meilleure équipe en ce moment"

C'est une grande joie pour la Côte d'Ivoire, nous sommes fiers. On sent que Dieu a décidé d'intervenir pour la victoire de la Côte d'Ivoire et coup sur coup, il nous donne deux victoires extrêmement importantes. Nous ne pouvons que lui rendre gloire, parce que c'est son œuvre. Aujourd'hui, nos joueurs sont qualifiés pour le Mondial 2006. Nous étions persuadés de ce que nous sommes. Nous avons la meilleure équipe, en ce moment, dans toute l'Afrique. Et nous espérons que c'est un début et qu'ils vont pouvoir nous apporter de plus grandes victoires encore. Mais pour l'instant, nous disons que Dieu les bénisse. Je suis fière de mon peuple, des Ivoiriens. Ils sont sortis sans qu'on ne les ait priés, sans qu'on ait organisé quoi que ce soit. Ils sont sortis parce qu'ils sont patriotes, Car ils sont fiers de leur pays et de la victoire que ces joueurs apportent à leur pays.

Drogba Didier : "On ne réalise pas encore cette qualification"

Je crois qu'il va nous falloir du temps pour réaliser qu'on est en Coupe du Monde. Car cela n'est jamais arrivé au peuple ivoirien. On se serait qualifié face au Cameroun, il y a quatre semaines, cela aurait été la même impression. Je pense qu'il aurait fallu du temps pour réaliser qu'on y est vraiment.

Aruna : "L'objectif était de rendre le sourire aux Ivoiriens"

On n'est content. L'objectif était de rendre le sourire à tous les ivoiriens et on a réussi à le faire. C'était un match assez spécial parce qu'on avait pas notre destin en mains. Mais le mot d'ordre était de gagner et on l'a fait.

Zokora Didier (Maestro) : "On a prié pour que le Cameroun fasse un match nul"

Je crois que ce soir, c'est plaisant. On a procuré de la joie au peuple ivoirien. Nous sommes partis à Khartoum sereins. Pour nous, il fallait à tout prix battre les Soudanais. Et au fur et à mesure qu'on jouait, l'entraîneur sur le banc de touche nous donnait le score du Cameroun. Donc à 3à 0 et lorsqu'on a su que le Cameroun était à égalité avec l'Egypte, on était tous contents. Après le match, on s'est mis à prier afin que le Cameroun fasse un match nul et je pense que notre vœu a été exaucé.

Kolo Abib : "L'Egypte a fait presque tout le boulot pour nous"

C'était une rencontre assez piège parce qu'il fallait quand même gagner le Soudan, ce n'était pas assez facile et on a eu aussi la chance, l'Egypte a fait presque tout le boulot pour nous. On devait juste gagner le Soudan, ce qu'on a bien fait. On remercie le Seigneur pour cela.

Jacques Anoma, pdt de la FIF

"Que cette qualification soit le début d'une Réconciliation entre les Ivoiriens"

Ceux qui croyaient encore en nos chances n'étaient pas nombreux. Mais je crois que ce qui vient de se réaliser c’est que Dieu a choisi le moment et l'heure pour pouvoir récompenser ses enfants. Il faut lui rendre gloire et avec ce que nous voyons, je crois que le peuple ivoirien est sorti très nombreux, à sa tête, la Première Dame que je voudrais remercier pour cet accueil et les membres du gouvernement. C'est comme un miracle, pour le moment, on ne réalise pas encore très bien que nous sommes qualifiés mais je crois que c'est le fruit d'un long travail qui vient de s'achever et qui a bénéficié aussi de l'appui total de tout un peuple, toutes les religions et toutes les races confondues. C'est d'abord la victoire de la Côte d'Ivoire et j'espère que cette qualification va permettre, comme nous l'avons souhaité, le début d'une vraie Réconciliation entre fils et filles de ce pays. C'est la déclaration que je voudrais faire pour l'instant.

Cyril Domoraud : "On s'est battu pour les Ivoiriens"

Je suis très heureux. On est parti de la Côte d'Ivoire avec beaucoup de….. et puis on y revient avec la qualification. On s'est battu pour les Ivoiriens. Par la grâce de Dieu, la qualification a été acquise à l'extérieur. La main de Dieu était sur nous et je remercie le peuple ivoirien qui a cru en nous.

Propos recueillis par Anne-Marie N.


COTE D'IVOIRE / REACTION DE M.DONA FOLOGO LAURENT APRES LE SOMMET DE L'UNION AFRICAINE SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE

Vendredi 7 Octobre 2005

Après la réunion de l’Union Africaine le 06 octobre 2005 en Ethiopie, consacrée à la crise ivoirienne, le président du Conseil Economique et Social (CES),Laurent Fologo a accepté de commenter les résolutions…

BBC
Monsieur le Président du Conseil Economique et Social, vous avez conduit la délégation ivoirienne à la réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine (UA) en Ethiopie.
Avant d’analyser le communiqué final, je voudrais vous demander qu’est-ce qui vous fait courir ? Lomé, Accra, Abuja, Washington ? Vous êtes sur tous les fronts créant même un mouvement de soutien à la médiation Mbeki : pourquoi toute cette débauche d’énergie ?

Laurent Dona Fologo :
Il y a des compatriotes et même des non ivoiriens qui utilisent le nom d’Houphouët Boigny pour faire du marketing politique, du commercial politique.
Moi j’utilise la philosophie de ce sage qui m’a formé, pour faire la politique comme il nous l’a enseignée.
C’est-à-dire condamner la violence, le désordre pour faire la promotion de la fraternité et l’amour, et surtout pour la paix qu’il nous a laissée en héritage.
C’est peut-être la raison profonde pour laquelle, bénéficiant de la confiance du Président de la République actuel, le Président Laurent Gbagbo, je cours derrière la paix depuis les premiers jours de cette crise.
Lorsque je suis revenu de Lomé, j’avais l’âme en peine.
Mais Dieu a son calendrier que les hommes ne connaissent pas.
Peut-être Dieu veut-il que je sois au début et ce fut le cas et que je sois aux côtés du Président Gbagbo à la fin.
Je ne cours que derrière la paix pour que la Côte d’Ivoire retrouve la paix, pour que nous nous rencontrions tous, que nous nous embrassons et que nous reprenions sur le chemin de la fraternité et du progrès.
C’est tout ce que je veux et c’est l’objet de ma course.

BBC
Et que vous puissiez aller à Sinématiali ?

Laurent Dona Fologo :
Vous savez c’est un cauchemar, un drame pour moi que d’être resté trois ans sans voir la tombe de ma mère qui est dans la cours à Péhékaha au cœur du grand Nord.
Il y en a qui parlent de la rébellion, de cette crise du bout des lèvres.
Ceux qui ne sont pas dans des zones occupées ne savent pas de quoi, ils parlent.
Moi, je vis la crise dans ma chair.
Je sais de quoi je parle et je vous dis qu’aujourd’hui, mes parents sont plus malheureux qu’ils ne l’étaient avant le début de cette crise.
J’ai des nouvelles tous les jours de leurs angoisses.
Et je vous assure que si je reprends un jour le chemin de mon village, je serai heureux.

BBC
Revenons à la réunion.
Il y a de nombreux points dans le communiqué mais ce qui frappe, c’est l’après 30 octobre, le point 10 du communiqué final.
Quel commentaire ?

Laurent Dona Fologo :
Ceux qui n’ont pas eu la chance comme moi, d’être ni à Abuja, ni à Addis-Abeba, peuvent comprendre peut-être partiellement, peut-être superficiellement les décisions prises ou les recommandations qui ont été faites.
Il a été décidé l’application de la constitution.
Si cela n’a pas été écrit noir sur blanc, c’est pour respecter une certaine logique, pour respecter tous ceux qui nous ont aidés depuis le début de cette crise.
Nous ne voulons humilier personne.
J’avais dit que dans cette affaire, je ne voulais être vainqueur, ni être vaincu, ce que je veux c’est la paix.
Mais en termes clairs.
La constitution de la Côte d’Ivoire est respectée en ses articles 38 et 39 qui prévoient qu’en cas d’évènement grave empêchant l’organisation des élections, le président de la République reste à son poste.
Il ne passe le flambeau qu’au nouveau président qui a prêté serment.
Donc je suis allé jusqu’à l’Assemblée pour lire l’exposé des motifs qui ont motivé la rédaction de ces articles.
C’est en 1997 que ces dispositions ont été rédigées, c’est-à-dire, lorsque nous étions nous au pouvoir, c’est nous qui avons, pour la continuité de l’Etat, écrit ces dispositions.
C’est donc notre constitution qui a été prise en compte.
Moi, j’étais dans la salle, je sais ce que j’ai dit, je sais aussi ce qui m’a été répondu.
C’est ce qui a été traduit en termes politiques, en termes diplomatiques.
Il faut que les ivoiriens le sachent et le comprennent.

BBC
Les termes du communiqué ressemblent aussi aux recommandations de l’accord de Linas-Marcoussis.
Notamment concernant le gouvernement, le premier ministre.

Laurent Dona Fologo :
Soyez tranquille.
Dans la salle pendant un moment.
J’ai exposé et je sais ce qu’on m’a répondu.
Le président de la République, Laurent Gbagbo va nommer un premier ministre de son choix.
C’est-à-dire librement.
C’est très important.
Il est écrit que le premier ministre soit accepté de tous.
Mais je vous ai dit qu’il faut respecter le parallélisme de forme et ne gêner personne.
C’est ce qui a été fait.
Mais on vous a aussi dit que les présidents Mbeki et Obasanjo vont rendre une visite à leur homologue de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo et qu’après cela, il y aura un grand rassemblement à Yamoussoukro avec toutes les forces vives, pour porter aux ivoiriens un grand message.
C’est cela qui va déclencher la vraie réconciliation dans les 12 mois qui nous serons donnés, peut-être peu avant, le pays va retrouver sa vraie physionomie.
C’est-à-dire débarrassé de tous les obstacles qui empêchent le retour à la fraternité et à la paix.

BBC
Justement Monsieur le Président, on parle encore de forum et les ivoiriens jubilent dans tous les camps.
Mais le désarmement dans tout ça ?

Laurent Dona Fologo :
Si les ivoiriens jubilent partout en Côte d’Ivoire à la lecture de ce communiqué final, moi, je ne peux être que content, parce que je fais la politique pour que les gens soient heureux.
Concernant le désarmement, ce n’est pas parce que le terme n’est pas écrit dans le communiqué qu’il faut vous en faire.

Mais lorsqu’on vous dit, vous avez 12 mois pour organiser les élections, ça implique que toutes les conditions seront remplies pour aller aux élections.
Pour que la communauté internationale décide cela, c’est qu’elle a prévu de lever tous les obstacles qui pourraient empêcher d’arriver à ce point.

Propos retranscrits par Armand Bohui


REACTIONS DE LEADERS POLITIQUES APRES LE SOMMET DE L'UNION AFRICAINE

Vendredi 7 Octobre 2005

Pascal Affi N’Guessan (Président du FPI)
“L’Afrique a fait la preuve de sa maturité”

Nous prenons acte des conclusions. Nous nous félicitons de la décision de nommer un nouveau Premier ministre. C’est une réunion qui a refusé de s’engager dans la voie de l’incertitude et qui a pris le pari de soutenir la médiation de Thabo Mbeki.
Ainsi, l’Afrique a fait la preuve de sa maturité et de sa capacité à résoudre les crises qui se déroulent sur le continent. Djédjé Mady (S.G. PDCI)“Je ne suis pas informé”

Je ne suis pas informé.
Je n’ai pas d’avis puisque c’est vous qui m’informez.

Alassane Salif N’Diaye (S.G. UDPCI)
“Si c’est une voie de la paix, l’UDPCI ne sera que partie prenante”

Je n’ai pas encore d’information. Je ne vois que les commentaires des journalistes et de Dona-Fologo sur RFI. Mais sur la base de l’information que vous me donnez, je puis dire que si de négociations en négociations nous sommes aujourd’hui sur une voie qui laisse entrevoir le retour de la paix, nous disons que c’est une bonne chose. L’UDPCI ne sera que partie prenante.
Toutefois, je ne me prononcerai que lorsque je serai en possession du communiqué final.


N’Guessan Joël (Vice-président du MFA)
“Pas contre si le Premier ministre a les pleins pouvoirs”

Nous sommes quelque peu surpris de cette orientation et nous nous demandons si les Chefs d’Etat ont tenu compte des Forces nouvelles. Si non, ce serait rééditer l’expérience de Marcoussis. Nous ne sommes pas contre s’il s’agit d’un Premier ministre qui a les pleins pouvoirs. Cependant, Laurent Gbagbo qui est candidat à l’élection présidentielle devrait s’éloigner de plus en plus de l’exécutif pour se consacrer à sa campagne électorale. Nous attendons le communiqué final du sommet pour savoir ce qu’il faut entendre par “un nouveau Premier ministre acceptable pour tous” et “aux pouvoirs renforcés”.
Je réserve donc mes avis définitifs lorsque j’aurai le communiqué et la réaction de la partie belligérante qui occupe 60% du territoire.


Kamaroko Yayoro (Président JRDR)
“C’est une transition avec Gbagbo”

Cette décision démontre que la communauté internationale n’a pas encore perçu la face cachée de Laurent Gbagbo. Elle met donc les Ivoiriens qui veulent la paix face à leurs responsabilités. L’UA a opté pour une transition avec Laurent Gbagbo sans pouvoirs véritables. Nous jeunes du RDR, nous restons mobilisés et à l’écoute de la direction.

Propos recueillis par
PAULIN N. ZOBO
Amadou Koné (Forces nouvelles)
“Cela ne donnera rien”

Le maintien à la présidence de Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo après le 30 octobre, proposé jeudi par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), “ne donnera rien”, a assuré Amadou Koné, un des responsables de la rébellion des Forces nouvelles (FN).
“Je pense qu’on est pas sorti de l’auberge. Cela ne donnera rien”, a déclaré à l’AFP M. Koné , directeur de cabinet du secrétaire général des FN, Guillaume Soro.
“Le problème fondamental, c’est le maintien de Gbagbo. Il devient (avec cette proposition) encore le maître du jeu. Gbagbo maître du jeu, ça n’aboutira à rien”, a ajouté M. Koné, affirmant ne pas être encore au courant de “tous les détails” des décisions du CPS, en début de soirée jeudi.

AFP


CRISE IVOIRIENNE / SOMMET DE L'UNION AFRICAINE A ADDIS-ABEBA / COMMUNIQUE FINAL

Vendredi 7 Octobre 2005

Le Conseil de Paix et Sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA), en sa 40éme réunion au niveau des chefs d'Etat et de Gouvernement, tenue le 6 octobre 2005, a adopté la décision qui suit sur la situation en Côte d'Ivoire...

Le Conseil,

1-Réitère sa préoccupation face à la persistance de la crise et à la détérioration de la situation en Côte d'Ivoire, Qui font peser de graves dangers sur la paix et la stabilité dans la région de l'Afrique de l'Ouest;

2-Rend hommage à la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et aux dirigeants de la région pour leurs efforts consentis en vue de la promotion de la paix et de la réconciliation en Côte d'Ivoire;

3- Rend également hommage au Président Thabo Mbeki d'Afrique du Sud pour ses efforts inlassables au service de la paix et de la réconciliation en Côte d'Ivoire et réaffirme son rôle comme Médiateur de l'UA, et le félicite pour les progrès réalisés dans la mise en oeuvre des dispositions pertinentes des Accords de Linas Marcoussis et d'Accra III, signés respectivement le 24 Janvier 2003 et le 30 juillet 2004;

4-Réaffirme l'attachement de l'UA au respect: de la souveraineté, de l'Indépendance, de l'Intégrité territoriale et de l'unité de la Côte d'Ivoire, Conformément aux principes pertinents énoncés dans l'acte constitutif de l'UA, ainsi que l'Impératif de la réunification rapide de la Côte d'Ivoire;

5-Souligne que la solution à la crise que connait la Côte d'Ivoire ne peut être trouvée que par la voie du dialogue et de la concertation, avec le soutien de la communauté internationale.

Le Conseil demande Instamment aux parties de faire preuve d'une extrême retenue et de s'abstenir de tout recours à la force et de toute action unilatérale qui ne feront que compliquer davantage toute recherche de solution;

6-Réaffirme que les Accords de Linas Marcoussis, d'Accra III et de Pretoria constituent le cadre approprié pour le règlement pacifique et durable de la crise en Côte d'Ivoire;

7-Demande au Gouvernement à toutes les autres les Ivoiriennes de tout mettre en oeuvre pour assurer la sécurité des personnes et des biens, y compris celles des ressortissants étrangères et des forces de maintien de la paix; , B-Prend note du rapport soumis par la CEDEAO à l'Issue du Sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de Gouvernement tenu à Abuja, le 30 septembre 2005, et des recommandations adoptées à cette occasion, et ce conformément à la décision adoptée par la 38ème réunion du CPS, tenue à New York le 14 septembre 2005

9-Note que des progrès significatifs ont été réalisés dans le processus de paix en Côte d'Ivoire à travers la mise en oeuvre des Accords de Linas Marcoussis, d'Accra III et de Pretoria et que des mesures additionnelles sont requises pour accélérer la mise en oeuvre des questions pendantes, en particulier le démantèlement et le désarmement des milices, le CDR et la création des conditions nécessaire à la tenue.

d'élections libres, régulières et transparentes, sur la base de la Feuille de route en vue des élections élaborée par le Médiateur de l'UA;

10-Fait sien le constat du Sommet extraordinaire de la CEDEAO sur la fin du mandat du Président Laurent Gbagbo le 30 octobre 2005, ainsi que de l'immobilité, reconnue par mutes les parties ivoiriennes, d'organiser les élections présidentielles à la date prévue.

En conséquence, le Conseil décide que les arrangements convenus dans l'Accord de Linas Marcoussis se poursuivront à partir du 31 octobre 2005 pour une période n'excédant pas douze (12) mois sur la base des modalités d'après:

(1)- le Président Gbagbo demeure chef de l'Etat au cours de la période mentionnée plus haut,

(2)- Un nouveau Premier Ministre acceptable pour toutes les parties signataires de l'Accord de Linas-Marcousis sera nommé.

Le Gouvernement qu'il dirigera sera composé de personnalités proposées par les parties Ivoiriennes signataires de l'Accord de Linas Marcoussis;

(3)- le Gouvernement continuera à assumer les responsabilités et tâches qui lui ont été assignés par les Accords de Linas Marcoussis d'Accra III.

Les Ministres seront responsables devant le Premier Ministre, qui aura pleine autorité sur son Gouvernement,

(4)- Le Premier Ministre ne sera pas éligible aux élections qui seront organisées, et ce, conformément à l'Accord de Linas Marcoussis,

(5)- en vue d'assister le Gouvernement dans la mise 'en oeuvre de son programme et aux fins de consolider et de renforcer les mécanismes de suivi existants, il est créé un Groupe international de travail (GIT) au niveau ministériel qui se réunira une fois par mois en Côte d'Ivoire pour évaluer, contrôler et suivre le processus de paix, y compris la feuille de route convenue à Pretoria et tous autres accords subséquents, en indiquant le degré de coopération des parties et autres acteurs concernés, le respect des engagements pris et, le cas échéant toute attitude de nature à entraver l'aboutissement du processus de paix et de réconciliation en Côte d'Ivoire, et faire les recommandations appropriées au Conseil de Paix et de Sécurité de l'UA et au Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Le GIT recevra des rapports réguliers du groupe de médiation mentionné au paragraphe 10 de la présente décision,

(6)- le GIT sera présidé par le Ministre des Affaires étrangères du Nigeria, en sa qualité de représentant du Président de l'UA.

Le bureau du Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations unies, le Représentant spécial du Secrétaire exécutif de la CEDEAO en Côte d'Ivoire et le Représentent spécial du Président de la Commission de l'UA en Côte d'Ivoire assureront le secrétariat.

Le Secrétariat sera coordonné par les Nations unies.

(7)- Le GIT sera composé comme suit:Bénin, Ghana, Guinée, Niger, Nigeria, Afrique du Sud, France, Royaume Uni, Etats-Unis, Nations Unies.

Union Africaine, CEDEAO Union européenne, Organisation Internationale de la Francophonie.

Banque Mondiale et le Fonds monétaire international, '.

(8)- la médiation quotidienne sera entreprise par les représentants suivants du GIT, à savoir le Représentant spécial du Secrétaire général des Nation Unies, le Haut Représentant du Secrétaire général des Nations Unies pour les élections en Côte d'Ivoire, l'Envoyé spécial de l'Afrique du Sud, le Représentant spécial du Secrétaire exécutif de la CEDEAO en Côte d'Ivoire et le Représentant spécial du Président de la Commission de l'UA en Côte d'Ivoire.

Ce groupe de médiation sera présidé par l'Envoyé spécial de l'Afrique du Sud, en sa qualité de représentant du Médiateur de l'UA,

11-Décide que les parties Ivoiriennes seront Invitées le plus tôt possible à un Forum de dialogue national à Yamoussoukro.

Cette réunion qui sera ouvert à la société civile y compris les notabilités et le secteur privé, sera présidé par le Président Olusegun Obasanjo du Nigeria et le Président Thabo Mbeki d'Afrique du Sud;

12-Réaffirme son appui aux mesures individuelles prévues aux paragraphes 9 et 11 de la résolution 1572 (2004) du Conseil de sécurité des Nations unies en date du 15 novembre 2004, ainsi qu'aux résolutions subséquentes relatives aux engagements pris par les parties ivoiriennes, et se félicite de la visite envisagée en Côte d'Ivoire du Président du Comité des sanctions du Conseil de sécurité

13-Affirme son soutien à l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) et demande au Conseil de Sécurité des Nations unies de fournir A l'ONUCI tous les moyens nécessaires pour lui permettre d'exécuter son mandat efficacement et d'examiner un accroissement substantiel de ses effectifs;

14-Décide de soumettre la présente décision au Conseil de sécurité des Nations unies pour recueillir son soutien et demande au Président de la Commission de prendre toutes les dispositions nécessaires à cet effet

15-Décide de dépêcher en Côte d'Ivoire une délégation dé haut niveau comprenant le Président Olusegun Obasanjo, Président de l'UA, et le Président Thabo Mbeki.
Médiateur de l'UA, en vue de rencontrer le Président Laurent Gbagbo et tes autres parties ivoiriennes au sujet de la mise en oeuvra de cette décision;

16-Décide de demeurer saisie de la question.

40ème Réunion du Conseil de sécurité et de paix de l'union africaine


SITUATION SOCIO-POLITIQUE / DECLARATION DES HOUPHOUETISTES

Jeudi 6 Octobre 2005

Hier, au siège du PDCI-RDA, les députés, les maires, les présidents de Conseils généraux du PDCI, du RDR, de l’UDPCI, du MFA ont analysé la situation socio-politique et appelé à une Transition à partir du 26 octobre prochain.

Face au blocage que connaît la mise en œuvre des accords de paix et au vu du processus d’évaluation mené par la CEDEAO, l’UA et l’ONU de l’exécution des engagements pris par les parties ivoiriennes, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix livre ici son analyse et donne sa position sur la nécessité de la mise en place d’une Transition après le 26 octobre 2005, date de la fin du mandat du Président Laurent Gbagbo.
Il convient de rappeler que le Rassemblement des houphouétistes, avec les partis politiques qui la composent (le PDCI-RDA, le RDR, l’UDPCI et le MFA) compte 121 députés, 33 présidents de Conseil général et Gouverneur de District, 162 maires, soit au total 319 Elus sur 473, c’est-à-dire les 2/3 des Elus nationaux et locaux de 1er rang de la Côte d’Ivoire.
C’est au nom d’au moins 80 % d’Ivoiriennes et d’Ivoiriens, de toutes les régions de Côte d’Ivoire, de toutes les ethnies et de toutes les conditions sociales qui leur ont accordé leur suffrage, que les Elus du RHDP se prononcent sur la situation actuelle et donnent leur point de vue sur la Transition.

Les blocages organisés par le camp présidentiel :
Depuis la signature de l’Accord de Linas Marcoussis, le chef de l’Etat et les députés du Groupe parlementaire FPI n’ont eu de cesse de susciter et d’entretenir les blocages et les dysfonctionnements dans la mise en œuvre effective des réformes qui en découlent. La stratégie du camp présidentiel et du FPI, a été le recours systématique à des méthodes dilatoires. Dans cette optique, plusieurs arguments leur ont servi de prétexte pour bloquer la mise en œuvre des accords de paix, à savoir :
la primauté de la Constitution sur les accords de paix ;
le mandat des députés n’étant pas impératif, selon la Constitution, on ne pouvait opposer les engagements pris en France aux députés;
l’accord de Linas Marcoussis n’ayant pas été signé par le Président de la République, le clan présidentiel ne se sentait pas lié par ledit accord ;
la nécessité d’organiser un référendum, dans un pays divisé en deux, sur l’amendement du Code foncier rural, du Code de la nationalité et la révision de l’article 35 de la Constitution se rapportant à l’éligibilité à la Présidence de la République a retardé le processus du retour de la paix, de janvier 2004 à juillet 2004.
Les dénaturations de lois, grâce à l’achat des consciences et au débauchage des députés et le refus d’appliquer les accords de paix ont conduit à leur non application dans l’esprit et la lettre et a donc conduit à l’impasse actuelle, malgré l’engagement des partis politiques, signataires des accords de paix et représentés à l’Assemblée nationale, de garantir le soutien de leurs députés à la mise en œuvre du programme gouvernemental issu dudit accord.
Déjà, au lendemain de la conférence des chefs d’Etat de Kléber, le 24 janvier 2003, qui a consacré l’accord de Linas Marcoussis, le chef de l’Etat a suscité des mouvements de rue visant à contester et à remettre en cause lesdits accords.
Les graves dysfonctionnements constatés dans les activités du gouvernement de réconciliation nationale résultent du refus du Président de la République de lui donner des prérogatives réelles à même de conduire à la paix.
Ces dysfonctionnements, doit-on le rappeler, se traduisent, notamment par :
les difficultés rencontrées par les ministres des forces politiques autres que ceux du parti du chef de l’Etat dans la nomination de leurs collaborateurs et des responsables des structures sous tutelle ;
l’insubordination caractérisée dans les services de l’Administration publique ;
le manque d’autorité de l’Etat ;
le développement du climat d’impunité ;
l’existence d’un gouvernement parallèle composé de ministres et de conseillers spéciaux FPI auprès du chef de l’Etat et qui ont la réalité du pouvoir.

La volonté affichée
d’utiliser la violence :
L’autre face hideuse de cette crise est le développement de l’impunité, la mauvaise gouvernance et l’insécurité grandissante par la crise elle-même et par :
les multiples violations des cessez-le-feu par le chef de l’Etat, dans sa volonté de résoudre la crise par la guerre, en violation de la déclaration de fin de guerre du 04 juillet 2003 par les forces belligérantes ;
le climat d’insécurité qui règne dans la zone sous contrôle gouvernemental du fait des milices aux ordres du chef de l’Etat ;
la terreur d’Etat instaurée à travers les dernières mesures sécuritaires prises par le chef de l’Etat ;
les menaces de confiscation du pouvoir ;
et les violations graves et massives des droits de l’Homme qui sont devenues le lot quotidien des populations vivant en Côte d’Ivoire étayées par les accusations précises de hauts responsables des Forces de défense et de sécurité.
C’est ainsi que la marche du 25 mars 2005 organisés par le G7 pour exiger la stricte application des différents accords a été réprimée dans le sang et a conduit à un massacre sans précédent : au moins 500 personnes sauvagement tuées avec des moyens de guerre, sans compter les blessés, ni les personnes disparues.

Les nombreux engagements non encore tenus
A moins de vingt jours de la fin du mandat du Président Laurent Gbagbo, beaucoup d’engagements pris dans les accords de paix n’ont pas encore été tenus. En effet :
l les réformes législatives et constitutionnelles restent discutables et sont donc à parfaire ;
l les milices ne sont pas effectivement désarmées ni démantelées ;
l le DDR est loin d’être bien engagé ;
l le pays n’est pas réunifié et l’Administration n’est pas redéployée ;
l l’identification des populations n’est pas faite sur toute l’étendue du territoire ivoirien ;
l Les listes électorales ne sont pas révisées.

Situation socio-économique détériorée
Il faut noter que la situation socio-économique s’est gravement détériorée. Les Elus du RHDP vivent, au Nord, au Centre, au Sud, à l’Est et à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, avec des populations le drame de la pauvreté et de la précarité grandissantes.
Aujourd’hui, il n’est un secret pour personne que notre pays a fait un grand bond en arrière depuis l’avènement des refondateurs à sa tête et toutes leurs promesses sont restées au stade des incantations :
l’école gratuite est restée un slogan;
l’AMU, quatre ans après l’adoption de la loi l’instituant, serait toujours en phase expérimentale et ses effets sont toujours attendus ;
les producteurs de café et cacao disent qu’ils n’ont jamais été autant sous-payés pour l’achat de leurs produits ;
la cherté de la vie et l’accroissement du chômage aggravent la paupérisation des Ivoiriennes et Ivoiriens de toutes conditions sociales ;
plus de 42 % d’Ivoiriens n’ont pas 500 F CFA par jour ;
malgré près de 1 000 milliards de francs CFA de crédits d’investissements consommés, il n’y a pas de nouvelles infrastructures, pis, toutes les infrastructures qui datent d’avant la refondation n’ont pas du tout été entretenues et sont totalement dégradées.
Face à la catastrophe humanitaire, aux problèmes d’insécurité et à la misère qui guettent notre pays et les risques réels d’une déstabilisation généralisée dans une sous région déjà fragilisée par plusieurs crises armées, il faut rapidement, radicalement et durablement résoudre la crise ivoirienne dans une Transition.

Vide constitutionnel
D’éminents constitutionnalistes et des rédacteurs de la Constitution actuelle reconnaissent le vide constitutionnel qui guette le pays le 26 octobre 2005, date de la fin du mandat du Président Laurent Gbagbo.
Il apparaît de plus en plus que cette lecture est largement partagée par tous ceux qui s’impliquent dans la résolution de la crise ivoirienne et, au surplus, huit (08) des dix (10) signataires des accords de paix proposent, pour remédier à ce vide juridique, la mise en place d’une Transition politique consensuelle.
Pour éviter la fuite en avant et mettre un terme aux souffrances des populations, il faut instaurer en Côte d’Ivoire une Transition politique consensuelle dont la présidence ne doit revenir ni au Président sortant, Laurent Gbagbo, ni à tous ceux qui seront candidats à la prochaine élection présidentielle.
En effet, les blocages initiés par le clan présidentiel, sa volonté affichée d’utiliser la violence et ses nombreuses atteintes aux droits de l’Homme discréditent et disqualifient le Président Gbagbo pour diriger la Transition.

La Transition
La Transition aura pour mission de permettre la réalisation de tous les engagements pris dans les accords de paix et l’organisation d’élections justes, transparentes et ouvertes.
Les engagements qui restent à être tenus sont les suivants :
achèvement des réformes législatives et constitutionnelles ;
réunification du pays et redéploiement de l’administration ;
restauration de la sécurité des biens et des personnes sur toute l’étendue du territoire, en faisant évoluer le mandat onusien ;
mise en œuvre du DDR ;
formation d’une nouvelle armée républicaine ;
instauration de l’Etat de Droit ;
identification des populations ;
révision des listings électoraux sur toute l’étendue du territoire ;
promotion de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale
et organisation d’élections justes, libres, transparentes, crédibles et ouvertes à tous.
Un consensus politique, placé sous l’égide de la communauté internationale devra permettre la mise en place d’un gouvernement de Transition dirigé par un chef d’Etat et composé d’une trentaine de membres responsables devant lui.
Compte tenu de la nature et de l’ampleur des tâches à accomplir, il faudra environ 14 mois pour arriver au terme de cette transition par la tenue, d’élections justes, transparentes et ouvertes.

Les appels

Au Président Laurent GBAGBO pour qu’il privilégie la survie de la Côte d’Ivoire, l’arrêt de tueries et permette à la Côte d’Ivoire, aujourd’hui au banc des nations, de reprendre sa place dans la sous-région et dans le monde.

Aux populations
ivoiriennes
Qu’elles ne se laissent pas abuser pour reprendre son destin en main et qu’elles revivent.
Rappeler au peuple de la Côte d’Ivoire son entière responsabilité dans la conduite de son destin et ne pas l’abandonner dans les mains d’affidés intéressés.


A la Communauté
internationale

L’ensemble des Elus du RHDP exige la mise en place d’une transition, pour éviter au pays de sombrer dans le chaos à la faveur de cette situation pleine d’incertitudes pour l’ensemble des populations ivoiriennes.
Il les invitent à ne pas se laisser abuser par les montages, les menaces de plonger la Côte d’Ivoire dans le chaos, si une personne, fut-elle Président sortant, n’était Président de la Transition. Les Elus du RHDP considère que le Chef de l’Etat, Monsieur Laurent Gbagbo, ne saurait conduire la transition.
Les Elus du RHDP remercient la Communauté internationale pour sa sollicitude vis-à-vis de la Côte d’Ivoire et lui demandent de soutenir la mise en place d’une transition susceptible de sortir définitivement la Côte d’Ivoire et la sous-région de cette grave crise.


PRIX FELIX HOUPHOUET-BOIGNY POUR LA RECHERCHE DE LA PAIX / HOMMAGE AU FONDATEUR DE CETTE DISTINCTION

Jeudi 6 Octobre 2005

Le Mardi 02 Octobre dernier , le Sénégal a rendu un vibrant hommage à feu Félix HOUPHOUET-BOIGNY lors d'une rencontre initiée par M.Bacar DIA , Ministre de l'Information et porte-parole du Gouvernement en présence des Ministres de la Culture et du Patrimoine Classée , du Ministre du Commerce , allié du Parti Démocratique Sénégalais dans le mouvement qui a porté le Président WADE au pouvoir et de S.E.Madame Fatimata TANOE TOURE , Ambassadeur.
Dans une introduction magistrale , l'éminent Professeur d'Histoire , M.Iba Der THIAM , après avoir fait comprendre à l'assistance venue nombreuse à cette rencontre que son intervention se faisait dans le cadre strict de sa qualité d'historien , le conférencier a donné des informations utiles à la compréhension , aux objectifs qui ont prévalu à la création d'un tel Prix par le Père fondateur de la Côte d'Ivoire moderne destiné à honorer toutes les personnes oeuvrant à la recherche et à la préservation de la paix dans le monde.
Ce fut des moments de témoignages très émouvants tant à l'endroit du crétaeur du Prix qu'au nouveau récipiendaire pour l'année 2005 , S.E.Maître Abdoulaye WADE , Président de la République du Sénégal .
Des contributions ont été entendues du Responsable de l'Organisation des droits humains à DAKAR , de nombreux journalistes , des Ministres et de S.E.Madame l'Ambassadeur qui a profité de cette tribune pour adresser les remerciements de la Cote d'Ivoire au Sénégal pour sa contribution à la recherche de la paix et particulièrement l'obtention du cessez-le-feu dès l'éclatement de la crise sans toutefois manquer de féliciter les organisateurs de cette rencontre pour l'opprotunité qu'ils donnent aux populations de mieux comprendre l'oeuvre du Président HOUPHOUET-BOIGNY pour l'instauration et la préservation de la paix en Afrique et dans le monde.


DECLARATION DU DIRECTEUR DE CABINET DES FORCES NOUVELLES

Mercredi 5 Octobre 2005

La situation de l’école se complique de plus en plus dans vos zones.

Pensez-vous que l’école peut être encore sauvée dans les zones des Forces Nouvelles avec le dernier report décidé par le ministre Amani N’Guessan ?

La question n’est pas si l’école peut être sauvée. Ce qu’il faut savoir c’est comment la sauver. Nous sommes obligés de faire en sorte que les enfants dans ces zones puissent bénéficier de l’éducation. C’est un droit pour eux et un devoir pour les responsables de l’Etat.
En premier lieu, le Chef de l’Etat mais également le gouvernement de Réconciliation Nationale. Pour ce qui nous concerne, nous avons tout mis en œuvre pour que l’école ne soit pas fermée.
Contrairement à ce que le Chef de l’Etat a déclaré récemment, depuis trois ans, les élèves vont effectivement à l’école.
Je pense que c’est pour cette raison que le gouvernement a autorisé la réouverture de l’université de Bouaké.
Il y a deux ans, une évaluation du système éducatif dans nos zones a été faite par l’Unesco.
Qui l’a validée. Par la suite le gouvernement a validé l’année scolaire.
Les conditions et le contexte étant le même nous ne comprenons pas pourquoi l’année dernière, il n’y a pas eu d’examens. Cette année encore malgré tous les efforts consentis, le ministre Amani refuse d’organiser les épreuves.
L’espoir qui pointait à l’horizon avec l’organisation des examens semble à nouveau ruiné. En tant que directeur de cabinet du Secrétaire Général des Forces Nouvelles, quel message allez-vous tenir aux populations pour éviter un soulèvement.

Avec cette nouvelle donnée ?

Nous nous opposerons à toute profanation de tombes dans nos zones. Que ce soit la tombe du père défunt du ministre ou de qui que ce soit.
Nous nous élevons contre cette attitude. Nous pensons que nos populations ne se soulèveront pas du fait que les examens ne sont pas encore organisés. En tout cas, si elles devraient se soulever, ça ne sera pas contre les Forces Nouvelles.
Elles manifesteront contre le ministre de l’Education nationale, le gouvernement, le président de la République et même contre la communauté internationale.
Ce sera une manière d’attirer l’attention de la communauté nationale et internationale. C’est une situation tout à fait condamnable. Nous n’excluons pas que notre société civile, les parents, les élèves et les enseignants dans nos zones portent plainte contre le ministre Amani.
Qui pour nous demeure le facteur bloquant. Il manœuvre pour ne pas que des centaines de milliers d’enfants, qui vont à l’école ne puissent pas passer les examens. L’objectif à l’avenir est de créer d’autres conflits.
La société civile est entrain de se préparer à cela.
Vous indiquiez récemment lors d’une conférence de presse, que vous prendrez vos responsabilités si le ministre de l’Education nationale n’organisait pas les examens de fin d’année.

Comment comptez-vous circonscrire le débat sur la valeur des diplômes que vous aurez à délivrer ?

La valeur des diplômes est en principe reconnue par l’Etat en premier lieu. S’il y a eu manque de responsabilité, nous ne pouvons pas rester là à croiser les bras pour assister à un génocide collectif des enfants.
Plusieurs solutions s’offrent à nous. Nous pouvons nous adosser à une académie d’un pays de la sous-région pour valider les cours et les examens.
La seconde solution.
Nous sommes dans un Gouvernement de Réconciliation Nationale.
Si le ministre Amani ne reconnaît pas ces diplômes, il n’est pas le Chef du Gouvernement.
Nous pensons qu’avec le 1er ministre, nous pouvons trouver des solutions aux problèmes des examens.
Amani N’Guessan peut de toute façon être contourné. L’école qui constitue un gage d’unité entre les peuples, est en passe de devenir un instrument majeur de pression, voire de chantage…

Il y a deux ans quand on organisait les examens, le désarmement était-il effectif ?

Malgré le non-dépôt des armes, les épreuves se sont déroulées correctement.
Les résultats ont été bons.
Le ministre, je crois a eu honte en comparant les résultats du Sud à ceux du Nord. Il a donné plusieurs raisons de la réussite scolaire des enfants dans le Nord.
Fraude massive, assassinat, séquestration, etc… tout ceci pour porter un coup à ces excellents résultats.
Nous ne nous inscrivons pas dans ce débat. Les choses se sont bien passés l’année dernière.
C’est étonnant que c’est deux ans après que Amani N’Guessan mette cela à la disposition des uns et des autres.
Il aurait été bon que le ministre dénonce tout cela au lendemain de l’organisation des examens et ne valide pas les épreuves qui se sont déroulées.
Mais le hic, c’est qu’il a validé, l’Etat a accepté, les résultats sont présentés à la communauté nationale et internationale. Et c’est deux ans après qu’il crie à la fraude.
Nous pensons que le ministre Amani et le FPI veulent coûte que coûte politiser l’école.
Il n’y a pas de doute là-dessus. L’école n’a rien à avoir avec la guerre. Ainsi que les banques qui sont fermées malgré toutes les démarches. La santé n’a rien à avoir avec la guerre.
C’est au vu de tout cela que la communauté internationale dégage d’importants moyens pour soutenir les pays en conflit.
Nous faisons des réflexions, des analyses.

Lesquelles ?

Nous sommes attristés de savoir que des gens ont décidé au nom d’une politique discriminatoire, au non d’une classification des Ivoiriens de faire en sorte qu’une partie soit sous éduquée que l’autre.
Ils veulent faire de façon bien organisée qu’une partie du peuple soit privée d’intellectuels et de cadres pour permettre le développement de ces régions.
Nous tendons de plus en plus à une décentralisation de l’administration, au rapprochement des populations à la gestion collective et locale de l’administration et des affaires.

Selon vous que vise une telle politique ?

La 1ère analyse est qu’on veut continuer de maintenir des régions entières du pays dans un sous développement pour aggraver les disparités régionales en Côte d’Ivoire.
Faire en sorte qu’une partie du pays soit toujours à la traîne. C’est une politique savamment préparée.
C’est quelque chose que nous n’admettons pas.
La 2e chose qui est un élément important c’est de vouloir se servir de l’école pour déstabiliser les Forces Nouvelles.
Ce que les gens doivent savoir.
Ce qu’il faut savoir, c’est que plus de 90% de nos combattants ne sont pas des militaires.
Ce sont des civiles.
Qui ont pris des armes pour réclamer une identité, une existence dans un pays auquel ils appartiennent. Un pays bâti par leurs parents. Ce n’est pas de cette façon qu’on pourra décourager ceux-là. On ne pourra pas les démotiver.
Le 19 novembre 2004, le ministre Amani dans le journal français le Figaro a dit qu’ils vont tout faire pour asphyxier la rébellion pour que la population se soulève.
Mais la communauté internationale, les organisations humanitaires les empêchent d’atteindre leurs objectifs.
Il est donc dans cette logique.
Mais il n’arrivera pas à nous déstabiliser parce que beaucoup de gens n’ont pas cru en nous ; beaucoup de gens n’ont pas pensé que les Forces Nouvelles pourraient résister ne serait-ce que trois mois dans les zones sous leur contrôle.
Cela fait trois ans que nous résistons. Le SG, plusieurs fois a répété et dit aux uns et aux autres que nous avons inscrit la crise dans la durée.
Nous nous sommes organisés pour continuer cette crise pour faire en sorte que le minimum soit préservé.
Et aujourd’hui, le monde vous le dira, la sécurité dans nos zones est meilleure à celle en zone gouvernementale.
Donc nous avons réussi à nous organiser et à faire en sorte que la vie quotidienne s’améliore et que les choses ne se dégradent pas davantage. Justement la question du DDR occupe presque toutes les conversations.

Quelle est votre position sur ce processus ?

Pour nous les choses sont claires ! C’est de la démagogie quand on affirme que les Forces Nouvelles ne désarment pas, ne respectent pas leurs engagements.
Le clan présidentiel utilise le DDR (Ndlr, démobilisation, désarmement, réinsertion) encore pour mobiliser.
Je ne sais pas en dehors du DDR quel autre sujet il aura pour mobiliser ses partisans.
Mais s’agissant du DDR, il faut que les gens le sachent une fois pour toute : le DDR est un processus qui a été élaboré déjà et qui est consigné ‘’processus élaboré’’ dans un programme national DDR. Ce programme a permis donc l’élaboration et la signature d’un chronogramme DDR.
Toutes les actions qui devront se faire dans le cadre du DDR sont clairement identifiées, bien ordonnées, les choses se faisant les unes après les autres. Pour que celles qui se font en amont permettent de consolider celles qui suivent.
Et que nous allions au désarmement, à la démobilisation et à la réinsertion des combattants aussi bien du Sud que du Nord.

Connaissant bien les différentes étapes, qu’est-ce qui bloque le dépôt des armes ?

Autant le clan présidentiel a toujours travaillé pour une application sélective et non en profondeur de l’accord de Marcoussis. Une partie des Forces de Défense et de Sécurité et le clan présidentiel veulent faire une mise en œuvre sélective de programme national DDR.
Chose que nous n’acceptons pas. C’est un tout qui est cohérent.
Qui se fait dans un certain ordre et qui devra respecter cette organisation.
Il faut pour aller au désarmement que les textes soient conformes. Que nous puissions avoir nos cartes d’identités. C’est la première raison pour laquelle qu’on se regroupe et qu’on ne vienne pas nous attaquer avec des miliciens.
Il faut les désarmer. Une fois que cela est fait nous commençons le pré-regroupement.
Il nous amènera au regroupement. Qui va permettre de préparer la réinsertion. La phase de regroupement doit coïncider avec la mise en place de la nouvelle armée. C’est ce qui est dit dans le chronogramme.
De sorte que les gens regroupés, viendront dans la nouvelle armée pour ceux qui en remplissent les critères au Sud comme au Nord.
Les autres seront démobilisés.
Voilà ce qui est dit. On ne saurait vous rencontrer sans parler de la rencontre des chefs d’Etat tenue récemment à Abuja au Nigeria. Une rencontre qui suscitait beaucoup d’espoirs. Le rideau est tombé sur ces assises, il y a environ quatre jours…
Les chefs d’Etat n’ont pas de façon publique rendu les conclusions de l’ensemble des points débattus à Abuja.
Pour l’instant, ce que nous, nous retenons, c’est qu’à partir de cette rencontre, les chefs d’Etat ont reconnu qu’à partir du 30 octobre, il y a un vide constitutionnel.
En clair, le mandat du président Gbagbo prend fin.
Qu’il faudra trouver une solution politique à l’après 30 octobre.
Ce principe-là est acquis. Il reste maintenant à travailler pour voir comment cette transition se fera et avec qui.
Quelles seront donc les différentes actions pour que nous arrivions à la Réconciliation.

Qui parle d’élections, parle des préparatifs, y compris les organes qui s’y rattachent ?

Des indiscrétions font état de votre volonté de diriger la commission électorale indépendante.
Quelles raisons fondent ce choix pour diriger, l’organe chargé d’organiser les élections. Nous sommes dans une organisation qui est le G7.
Nous sommes en train de nous efforcer pour avoir une candidature unique au sein du G7 pour diriger la présidence de la commission électorale indépendante (CEI).
La presse a fait état de ce que les Forces Nouvelles souhaitaient présenter un candidat.
Que le PDCI était intéressé par le poste de président de la CEI. Sans dévoiler les discussions que nous faisons à huis clos au sein du G7, je voudrais simplement dire ce qui est important, c’est de permettre la tenue d’élections sincères et crédibles. Le G7 et les Forces Nouvelles souhaitent que toutes les élections à venir permettent la réconciliation des Ivoiriens.
Je souhaite ne pas en dire plus. Si le choix du G7 se porte sur ma personne, j’en serais honoré dans un 1er temps, les Force Nouvelles également.
En ce qui me concerne, je travaillerai à faire en sorte que ces élections rassemblent les Ivoiriens.

Quels sont vos atouts en terme de compétence pour jouer un rôle si capital ?

Je n’ai pas dit que j’étais candidat.
Si d’aventure, le choix du G7 était porté sur notre personne… Je pense que si on me le confie c’est parce que j’ai des aptitudes.
Je me tiens à la disposition du G7 pour relever cet autre défi.
Qui est la réconciliation des Ivoiriens à travers des élections particulièrement suivies par la communauté nationale et internationale.
Je me ferai fort en ce qui me concerne, de faire en sorte que l’image de la Côte d’Ivoire soit quelque peu rehaussée. Contrairement à ce qui nous ai donné de constater aujourd’hui avec le comportement de certains responsables politiques dans le pays.
La Côte d’Ivoire connaît des périodes critiques depuis le déclenchement du conflit armé.

Quelle thérapeutie doit-on lui appliquer aujourd’hui pour qu’elle sorte du coma ?

La position des Forces Nouvelles est connue.
On a demandé une transition sans Laurent Gbagbo comme président de la République.
C’est une position qui est motivée.
Nous ne le disons pas parce que nous n’aimons pas Gbagbo. Nous pensons que pour nous c’est la seule façon de l’écarter du pouvoir. M. Laurent Gbagbo, président de la République même dépouillé de tous les moyens dont il a pu s’accaparer après la conférence de Kléber.
Qui lui demandait de céder une certaine partie de ses prérogatives pour que le Gouvernement puisse travailler. Si Laurent Gbagbo à une quelconque légitimité sans avoir le pouvoir de l’exécutif, il se transformera en chef de guerre.
Laurent Gbagbo a un système parallèle de défense et de sécurité qui existe.
Pour qu’il soit moins nocif pour la Côte d’Ivoire, il faut que ce soit un chef de guerre qui ne dispose d’aucune légitimité pour le faire.
Tant qu’il disposera d’une certaine légitimité, Gbagbo pourra nuire au processus de Marcoussis enclenché depuis Kléber. Qui ne s’est pas déroulé comme souhaité.
La meilleure solution pour aller vite et éviter les risques, c’est de faire en sorte que Gbagbo ne dispose d’aucune légitimité quelconque.
À partir du moment où il ne sera plus chef suprême des armées et où certains citoyens ne se reconnaîtront plus en lui en tant que chef de l’Etat, il sera suffisamment affaibli pour laisser le processus se dérouler.
Parce que la machine de l’Etat se mettre en œuvre pour faire en sorte que la guerre civile qu’il a promise à la Côte d’Ivoire ne soit pas une réalité.


COTE D'IVOIRE / PROCESSUS DE PAIX / DECLARATION DES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE

Mercredi 5 Octobre 2005

Depuis plusieurs semaines, la vie socio-politique nationale est rythmée par le débat sur le vide constitutionnel qui pointe à l’horizon le 30 octobre et surtout le dernier discours à la Nation du Président de la République, qui ne semble pas avoir apaisé les inquiétudes des populations.
Face à ce constat amer, nous, organisations de la société civile, réunies au sein du Forum des organisations de la société civile (FOSC):
- exprimons notre profonde indignation face à cet état de fait;
souhaitons très sincèrement que M Gbagbo s’en remette à l’ordre constitutionnel en démissionnant au soir du 30 octobre 2005, date de la fin de son mandat;
- appelons de tous nos vœux la formation d’un comité technique (sans Gbagbo Laurent) pour gérer la transition et organiser des élections sans ambages ni ombrage, dans un délai de maximal de 18 mois;
- demandons fermement à la Cedeao, à l’Union africaine et à l’ONU de prendre des mesures cœrcitives afin de préserver la paix et la sécurité des biens et des personnes dans notre pays exigeons de tous les signataires des accords de Linas Marcoussis des actions concrètes dans le sens de la restauration de la paix de la cohésion sociale, afin d’éviter le chaos à notre chère patrie;
exhortons incessamment M. le Premier ministre du Gouvernement de réconciliation nationale, les Forces nouvelles ainsi que tous les partenaires au développement, à se pencher sur les nombreux problèmes sociaux qui minent la zone ex-assiégée; entre autres, la non organisation des examens de fin d’année depuis 2 ans, le manque criard d’eau potable, la faiblesse voire l’inexistence des infrastructures sanitaires dans la zone.

Le Forum des organisations de la société civile


COTE D'IVOIRE / PROCESSUS DE PAIX / AUDIENCE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO AVEC M.AMATH DANSOKHO

Mercredi 5 Octobre 2005

Le Président Laurent GBAGBO a reçu M. Amath Dansokho, Député maire,vice-président de l'Assemblée nationale du Sénégal, membre du parlement de la CEDEAO.
A sa sortie d'audience, l'Honorable député s'est exprimé devant les journalistes sur la crise et le processus de paix.

Monsieur le Vice-président de l’Assemblée nationale vous venez de rencontrer le Président de la République de Côte d’Ivoire M Laurent Gbagbo de quoi avez-vous parlé ?

AMATH
Bien,comme d’habitude, nous avons procédé à un échange politique très large de la situation en Côte d’Ivoire naturellement mais aussi dans la sous région et sur d’autres sujets d’intérêts communs.
Et bien nous avons constaté notre accord total sur l’essentiel des questions abordées.
Sur la Côte d’Ivoire tout le monde connaît les liens d’amitié que j’ai avec le Président Gbagbo depuis de très longues années déjà.
Mais surtout, je suis connu pour partager entièrement le combat qu’il mène dans ce pays pour rétablir l’unité de cette république si importante dans la sous région et pour souhaiter que la paix revienne au plutôt possible.
Je pense que si on est objectif, on ne peut pas ne pas reconnaître le mérite de cet homme exceptionnel.
Je dis en pesant mes mots sans aucun goût de la flatterie.
Ceux qui me connaissent me savent parfaitement étranger à de tels sentiments.
Mais ce qui se passe ici est très grave : il a gagné des élections, reconnues par le monde entier, organisations -sous régionale, continentale, Onu.
Tout le monde, tous les Etats l’ont reconnu.
Et une tentative de coup d’Etat a échoué ici, des rebelles se sont repliés dans le nord, ont décidé de la partition du pays.
Cela a été solennellement condamné à la conférence d’Accra.
Mais c’est incompréhensible ce qui s’est passé par la suite. Les chefs d’Etat ont tourné le dos à la résolution, de désarmer les rebelles et rétablir l’unité de la Côte d’Ivoire.
Il faut dire que le Président Gbagbo a fait preuve de beaucoup de sagesse et de passion.
C’est pourquoi tous autant que nous sommes amis de la Côte d’Ivoire, comme vous tous ici dans ce pays, nous avons salué les démarches du Président Mbeki, qui sont objectives et qui ne recherchent rien d’autre que de rétablir ce pays dans ses droits en amenant la rébellion à déposer les armes pour que des élections aient lieu. Puisque le fondement de la République c’est le suffrage, le suffrage des citoyens.
Donc il faut aller aux élections.
Mais malheureusement tous les jours se sont des dilatoires.
Dès qu’on semble surmonter un obstacle, on crée un obstacle à côté pour compliquer les choses.

Est-ce que vous avez discuté des différentes prises de positions du Président sénégalais par rapport à la crise ivoirienne ?

AMATH
Oh mais ça c’est connu, celui-là vous savez c’est un personnage assez bizarre.
Je le dis et je ne suis pas le seul à le dire, tous les chefs d’Etat l’ont vérifié. Le fait est qu’il ne règle rien au sérieux.
Moi je croyais d’ailleurs qu’il était revenu de ses sentiments, qu’il a peut-être observé cette question avec un peu plus de sagesse ces derniers temps, puisque je ne l’entendais pas.
Mais le coup qu’il a fait encore une fois à Abuja, évidement est scandaleux ! Et je le dirai haut et fort.

Mais les élections n’auront pas lieu le 30 octobre comme prévu, est-ce que vous avez parlé de l’après 30 Octobre ?

AMATH
On a parlé de cela, pour lui ce qu’il avance c’est la voie de la paix et des élections.
Qu’on fasse des élections les citoyens sont là.
Qu’on désarme, parce que le problème aujourd’hui c’est qu’on tienne les populations du nord sous la terreur des armes et elle (la rébellion) ne veut pas évidemment que les élections se fassent, que des citoyens libres fassent des élections.
En fait cela n’a pas d’avenir et me semble-t-il et le Président a été conscient que tout cela c’est du dilatoire.
Et que de toute évidence le peuple ivoirien est souverain.
Et là il tient à sa souveraineté et il l’exercera en toute circonstance.

Source : laurentgbagbo.net


CRISE IVOIRIENNE / SOMMET DE L'UNION AFRICAINE / DINTERVIEW DU PRESIDENT DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL M. DONA-FOLOGO AVANT SON DEPART A ADDIS-ABEBA

Mercredi 5 Octobre 2005

Laurent Dona-Fologo, chef de la délégation ivoirienne à la réunion de demain, est confiant.

FRATMAT
Monsieur le président du Conseil économique et social, vous êtes désigné comme chef de délégation pour Addis-Abeba.
Quel sens donnez-vous à cette confiance que le Chef de l’Etat vous fait ?

LDF
Je mesure à sa portée la confiance du Président de la République. Les quatre partis politiques significatifs, à savoir le PDCI-RDA, le RDR, le FPI et le PIT, ont signé un document (un document que les gens ne connaissent pas assez mais qui est important) le 10 août 2000 à Yamoussoukro. Dans ce document, ils ont pris l’engagement de mettre un terme à la transition par des élections propres.
Dans ce même document, nous avons pris l’engagement de reconnaître le vainqueur de ces élections comme président de la République élu, et que les autres partis travaillent avec lui pour renforcer la paix sociale, la cohésion nationale et rattraper le temps perdu par le premier coup d’Etat militaire.
C’est moi qui ai signé ce document pour le compte du PDCI-RDA, avec Monsieur Alassane Ouattara, président du RDR, Monsieur Laurent Gbagbo, président du FPI et Monsieur Francis Wodié, pour le PIT.
Je tiens donc à honorer ma signature.
C’est en honorant cette signature qu’approché par le Président Gbagbo (car c’est lui qui a pris l’initiative), j’ai accepté de diriger une haute Institution de la République. Si donc malheureusement il a connu la guerre après deux ans de travail, j’ai pensé que ma loyauté et mon devoir m’appelaient à le soutenir dans ses actions.
Et je crois que c’est en suivant mes actions dans cet esprit-là, que le Président de la République me fait confiance aujourd’hui, pour le représenter là où il pense que je peux être utile.
Je pense que je peux être utile à certains endroits, mais pas à tous les endroits. Je ne manque pas d’atouts, parce que j’ai travaillé pendant longtemps auprès du Président Houphouët-Boigny, avec qui j’ai eu une petite expérience tout de même.
J’ai eu la chance de côtoyer la plupart des chefs d’Etat africains dans le sillage d’Houphouët-Boigny, et souvent comme son envoyé spécial aussi à l’époque. J’ai renforcé cette amitié avec le successeur du président Houphouët-Boigny, en continuant à fréquenter ces mêmes présidents.

FRATMAT
Il y a votre équation personnelle.

LDF
Je crois qu’il y a un atout que la modestie m’oblige à ne pas trop évoquer, mais qui est vrai, j’ai beaucoup de respect pour les présidents de la République.
Je les pratique avec humilité et courtoisie, je crois qu’ils sont sensibles à cela. Et lorsque le Président de la République de Côte d’Ivoire m’envoie, je sais m’envoyer moi aussi, en me mettant à ma place.
Je crois que nos chefs sont sensibles à tout cela ; et que c’est peut-être cela qui me vaut de réussir quelques missions et de continuer à bénéficier de la confiance du Président de la République.
Je dois vous dire qu’ici, j’ai dénoncé avec force le fait que des personnes entrent dans un gouvernement et travaillent contre le même gouvernement.
Le fait que des membres du gouvernement travaillent contre le Président de la République, le Chef de l’Etat, est incompréhensible pour moi.
Moi, si je ne veux pas entrer dans un cercle, je dis non.
Mais lorsque j’accepte d’y entrer, alors j’y vais totalement. C’est pourquoi j’ai dit que nous avons malheureusement un gouvernement de réconciliation qui n’existe que de nom. Un gouvernement où la moitié des ministres ne veut pas que le Président de la République ait un bilan positif, la moitié des ministres travaille pour leurs partis politiques ou pour eux-mêmes. Et leur plus grand souhait est que le Président ne soit pas réélu.
Je dis qu’un gouvernement, c’est une équipe. On entre dedans ou on en sort. Mais lorsqu’on y est, l’honnêteté nous oblige à travailler pour le gouvernement, pour la République et pour celui qui l’incarne le premier, c’est-à-dire le Président. C’est cela ma compréhension.

FRATMAT
Monsieur le président, vous avez été exclu à un moment donné, de la médiation alors que c’est vous qui avez conduit les premiers pourparlers au nom de l’Etat de Côte d’Ivoire à Lomé. Aujourd’hui, comme une sorte de revanche sur le sort, vous revenez au cœur de la crise ivoirienne.

LDF
Vous savez, le Président Houphouët-Boigny, mon maître, disait que le mensonge se lève très tôt, mais que la vérité, même en partant la dernière très tard, finit par le rattraper.
Depuis Lomé, vous le savez, j’ai même parlé de hold-up dans la négociation de la Capitale togolaise.
Personne ne nous a jamais retiré officiellement la négociation de Lomé. Les membres de la CEDEAO qui l’ont initiée ne nous ont même pas dit qu’elle est terminée.
Mais nous constatons qu’au même moment où nous étions autour du Président Eyadéma, négociant avec les rebelles, c’est-à-dire ceux qui ont les armes à la main, au moment où nous avions signé quelques accords avec eux, et que l’espoir était permis (car une négociation politique, personne ne peut en définir la durée), nous avons été surpris lorsqu’un communiqué est venu dire que les forces politiques de Côte d’Ivoire (je ne sais pas ce que ça veut dire) sont invitées à une table ronde en France. Grande a été notre surprise, le Président Eyadéma (paix à son âme), qui agissait au nom de la CEDEAO, a donc arrêté.
D’autant que nous avons vu la moitié de nos interlocuteurs prendre la route de Paris. Nous sommes donc restés, comme dirait Houphouêt-Boigny, sur le parvis de l’église avec nos fleurs fanées et nous avons rejoint la Côte d’Ivoire en ce qui nous concerne.
Je n’ai pas apprécié cette manière de faire.
Je pensais que ceux qui nous avaient mandatés, notamment la CEDEAO, auraient au moins demandé où on en était avant d’aller à une autre négociation. C’est pour cela que je dis que cette manière de faire a accouché d’un monstre. Je n’ai pas peur des mots.
Cela a accouché d’un monstre. La preuve est que après trois ans, on n’arrive pas à appliquer ces conclusions-là.
Je constate qu’au moment où nous sommes sur le seuil de la paix, ceux qui ont enfanté le dossier ivoirien (la première réunion sur le coup d’Etat ivoirien s’est tenu à Accra, le 26 septembre, soit quelques jours seulement après le coup d’Etat manqué, le premier cessez-le-feu a été signé par le représentant du Sénégal, le ministre des Affaires étrangères, Monsieur Gadio, au nom de la CEDEAO, à Yamoussoukro, le 17 octobre), reprennent service.
C’est la même CEDEAO qui a mis en place le groupe de contact de haut niveau, dirigé par le Président Eyadéma, qui a présidé les réunions de Lomé. Et puis, l’enfant nous a échappé, personne n’a levé le petit doigt. Il s’en est allé hors du continent.
Il est revenu ensuite sur le continent, Accra II , Accra III.
Pour atterrir enfin sur la pointe Sud du continent, en Afrique du Sud.

FRATMAT
Vous avez souvent dénoncé cette manière d’agir.

LDF
Vous savez que pendant tout ce temps, je n’ai pas arrêté de dénoncer ce que je considère comme les faiblesses inapplicables de Marcoussis. Je l’ai fait à Paris à l’Elysée, au Quai d’Orsay, je l’ai fait partout. Monsieur Mbeki a fait son travail. Tout le monde a dit qu’il était un bon arbitre, un bon médiateur.
Mais il a suffi qu’il siffle un seul coup contre l’un des camps, pour qu’il devienne mauvais aux yeux de ce camp-là. Cela s’appelle être mauvais joueur.
Mais ce que nous retenons est que les Nations unies ont accueilli favorablement le rapport du Président Mbeki le 31 août à qui ils ont même adressé leurs félicitations.
Ce que nous retenons, c’est que son ministre de la Défense a fait un discours sans équivoque, que son représentant à Abidjan a fait un rapport sans équivoque.
Nous avons donc estimé qu’à travers Monsieur Mbeki, l’Union africaine avait donc réussi la médiation. Il ne reste plus que peut-être un ou deux pas à faire pour aller aux élections et on a semblé revenir à Abuja vers la case départ.
Je ne veux pas juger les chefs d’Etat africains.
Mais je suis quand même à m’interroger sur le fait qu’ayant initié un projet, ils le laissent leur échapper, et au moment où on est près de sa conclusion, ils courent derrière ce qui leur appartenait : c’est ça Abuja finalement.
Mais, voyez-vous, Dieu ne dort pas comme on dit ici, les résultats n’ont pas été catastrophiques pour la Côte d’Ivoire. Je crois même que si on n’a pas fait un pas en avant à Abuja, on n’a pas reculé d’un iota. Nous attendons donc tous Addis-Abeba.

FRATMAT
Monsieur le président, le Chef de l’Etat disait le dimanche dernier à Agboville, à l’occasion de l’an trois de la résistance, que justement, la réunion d’Addis-Abeba était très importante. En quoi la réunion de ce 6 octobre est-elle si importante pour la Côte d’Ivoire ?

LDF
Je crois que cette réunion de l’Union africaine est effectivement importante pour notre pays. Il s’agit du Conseil de sécurité et de paix de l’Union africaine, lequel est chargé des conflits en Afrique. C’est cette Union qui avait mandaté, le Président Thabo Mbeki.
Il est donc normal que parvenu au stade où nous sommes, c’est-à-dire à quelques semaines de la date fatidique du 30 octobre, date normale des élections en Côte d’Ivoire, il est normal, dis-je, que cette institution africaine regarde un peu où nous en sommes.
Je crois que si l’Union africaine est logique, et si le Président Mbeki maintient son rapport (et tel que je le connais, il n’ y a aucune raison qu’il ne le maintienne pas), nous pensons qu’après cette rencontre d’Addis-Abeba, nous devons considérer la négociation comme terminée.
Il reste des décisions à prendre et des actions à mener. C’est pour cela que le Président Gbagbo a dit parfois : “J’ai fini de négocier”. Bon, mais c’est un président de la République. Il a du respect pour ses homologues.
Il avait dit cela avant Abuja, pourtant, il m’y a envoyé avec un mandat pour le représenter.
Je crois qu’il va les respecter encore à Addis-Abeba. Et notre espoir à tous, c’est qu’au lendemain d’Addis-Abeba, des décisions soient annoncées pour que la Côte d’Ivoire sorte de cette situation.
C’est pourquoi c’est une date importante.
Et je ne crois pas que les Nations unies, si on devrait y arriver, puissent être contre Monsieur Mbeki, parce qu’il les a tenus régulièrement informés de sa mission.
Je pense donc que nous allons vers une confirmation et non vers des inquiétudes.

FRATMAT
Ces derniers jours, des langues ont commencé à se délier, sur certains aspects du huis clos. Vous qui avez assisté aux travaux, est-ce que vous vous reconnaissez dans les grands titres de la presse actuellement ?

LDF
Vous savez, je m’efforce d’être un homme honnête. J’ai assisté à tous les travaux d’Abuja. Vous étiez là. Il n’y a pas eu une seule séance au niveau des Chefs d’Etat, à laquelle je n’ai pas assisté personnellement.
Mieux, en marge des travaux, pendant et après les déjeuners, beaucoup de chefs d’Etat m’ont reçu. Certains même se sont déplacés de leur table pour venir prendre une chaise et s’asseoir à côté de moi pour échanger avec moi, Cela est un grand honneur pour moi.
Vous le savez, je ne suis pas chef d’Etat.
Mais lorsqu’un chef d’Etat tire sa chaise, depuis sa place pour venir causer avec moi, je considère que c’est un honneur pour moi. Un autre m’a pris par la main, pour qu’on se retire dans un coin pour échanger davantage sur la situation en Côte d’Ivoire.
D’autres m’ont interpellé, j’ai répondu toujours avec beaucoup de politesse et de courtoisie, au point que l’un d’entre eux a dit : “Cette réunion, même si elle ne donne pas de résultats particuliers, elle nous aura permis de découvrir certains aspects de la crise que nous ignorions depuis trois ans”.
Pour moi, c’est une grande satisfaction.
Les titres des journaux, les supputations, c’est le travail des journalistes ; je ne veux pas critiquer vos confrères, mais depuis mon retour, je n’ai rencontré aucun journaliste, je n’ai eu aucun aparté, parce que j’ai pris l’engagement comme les Chefs d’Etat qui étaient à Abuja, et moi plus qu’eux, de respecter leurs consignes, c’est-à-dire le huis clos.
Les chefs d’Etat ont décidé de soumettre leurs suggestions, on les a même appelées “projets de déclarations”, ce sont donc des projets de suggestions qu’ils vont soumettre à la réunion d’Addis-Abeba.
Ils ont respecté la réunion du 6 octobre, sinon, à quoi elle aurait servi, si on prenait des décisions à six jours d’une aussi grande réunion? Evidemment, on aurait été un peu en porte-à-faux par rapport à l’Afrique.
J’ai donc apprécié ce travail-là, et je le respecte.
Tout ce qu’on dit ou écrit ne me concerne pas et ne vient pas de moi.
J’ai respecté le huis clos.
La seule chose que j’avais promise était de demander aux Ivoiriens d’arrêter de se faire peur, de demander aux Ivoiriens de ne pas se menacer les uns les autres, cela ne nous fait pas honneur.
Lorsque je vois des gens qui ont gouverné pendant 30 ans, qui ne semblent pas connaître la Constitution ivoirienne, je suis triste. Lorsque je vois des gens qui ont gouverné ce pays pendant 30 ans, qui prétendent l’avoir construit et qui décident un boycott économique, pour aggraver le chômage, pour aggraver les souffrances des Ivoiriens, je me demande si ces gens travaillent pour eux ou pour la République.
Je suis vraiment triste devant ce constat-là.
C’est pourquoi je m’en tiens strictement à ce qu’on a décidé ensemble.
Et j’attends avec beaucoup d’espoir la décision de la Communauté internationale, et je pense que le camp du Président de la République respectera ces décisions.

FRATMAT
M. le Président, quelle position allez-vous finalement défendre à Addis-Abebas au nom dela Côte d'Ivoire?

LDF
Je suivrai fidèlement les instructions du Président de la République, à savoir défendre et accepter les conclusions du médiateur.
Ces conclusions n’ont pas varié depuis le 31 août.
Le Président Thabo MBéki, après plusieurs séjours en Côte d’Ivoire, après avoir examiné notre situation en profondeur, a fait un rapport en son âme et conscience, juste après avoir écouté son ministre de la Défense ainsi que plusieurs missions qu’il a envoyées ici en Côte d’Ivoire.
Je considère que ces conclusions sont justes et respectables. On doit les respecter.
Mieux, après la dernière rencontre, Pretoria II, quand le Président de la République
de Côte d’Ivoire est revenu, il a été clair : il a dit que cette fois, c’est la dernière ! Non seulement nous avons accepté tout ce que le médiateur nous a demandé, mais nous avons accepté également la feuille de route.
Nous avons affirmé que nous sommes d’accord pour que les sanctions s’appliquent à tous ceux qui ne respecteront pas cette feuille de route.
Moyennant quoi, le Président de la République a fait un message à la nation et il a pris toutes les ordonnances qu’il avait refusées à Accra III. Souvenez-vous ! On dit que la manière de donner vaut mieux que ce que l’on donne, et moi j’ajoute que la manière de demander vaut mieux que ce que l’on demande.
On avait humilié le Président à Kléber.
On l’a obligé à signer le fameux décret de nomination de Premier ministre depuis l’ambassade de Côte d’Ivoire à Paris. Ce n’était pas de gaieté de cœur. On a voulu lui forcer la main à Accra III.
Il a été même obligé de reprendre les ministres qu’il avait renvoyés.

Interview réalisée par
Jean Baptiste Akrou
collaboration:
Pascal Soro et Kouame Alfred
FRATMAT


RAMADAN COTE D'IVOIRE / DON DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO A LA COMMUNAUTE MUSULMANE

Mercredi 5 Octobre 2005

La cérémonie de remise de dons aux communautés musulmanes se poursuit. Hier, M. Kane Ladji, représentant le Président de la République, s’est rendu respectivement dans les ambassades de la Mauritanie, du Nigeria, du Burkina Faso et du Mali.
A chacune d’elles, il a remis une remis une tonne de riz et une tonne de sucre.
Chaque bénéficiaire a témoigné toute sa reconnaissance au Président Laurent Gbagbo, et a indiqué qu’il prie quotidiennement pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire.
L’après-midi était consacrée à la Communauté musulmane de l’armée ivoirienne. M. Kane Ladji a offert aux soldats musulmans 200 sacs de pâtes alimentaires, 5 tonnes de riz et 7 tonnes de sucre.
Le don sera distribué à tous les corps des Forces de Défense et de Sécurité.
Tout en témoignant sa reconnaissance au Président de la République, le médecin colonel Mama Djima, porte-parole des militaires musulmans, a souhaité obtenir plus de moyens pour permettre à leur aumônier de parcourir les lignes de front. Il a également sollicité plus de places pour le Hadj 2006.
Le chef d’état-major de l’armée, le Général Philippe Mangou était présent. Selon lui, le vrai soldat, c’est celui qui respecte la religion. C’est pourquoi il s’est dit heureux et fier de ce don qui est l’expression de l’attention que le Président Gbagbo prête à toutes les religions.
Des prières de bénédictions ont meublé ces différentes cérémonies. Aujourd’hui, c’est le tour de l’AMCI, Al Coran, la Communauté nigérienne, l’Association des Sunnites et l’Appel mondial à l’Islam.

DJEZOU CASIMIR
Stagiaire


COTE D'IVOIRE / SITUATION POLITIQUE / INTERVIEW DE M.ZOUIN HONORE

Mercredi 5 Octobre 2005

Le capitaine de Vaisseau Zohin Honoré, membre de l’ex-Cnsp : « Laurent Gbagbo est lui le dénominateur commun du mal, nous allons le faire partir .»

Zohin Honoré, officier de la Marine nationale, ex-membre du CNSP, ex-ministre de la Construction et de l’Urbanisme et confident du général Robert Guéi, a décidé de sortir de sa réserve après cinq (5) années d’observation.
Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Zohin Honoré parle sans détour du vrai commanditaire du coup d’Etat de décembre 99, du deal entre l’actuel chef d’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo et le général Guéi, de ceux qui empêchent l’enterrement du père fondateur de l’Udpci.
Pour la première fois, l’officier de la Marine nationale a décidé de casser la baraque en rentrant en dissidence contre le régime de Laurent Gbagbo.

Question : M. Le ministre, vous êtes en exil depuis quelques années, depuis la fin de la transition. Alors qu’est-ce qui justifie ce statut ?

Réponse : Je me présente d’abord. Je suis le ministre Zoin Honoré et j’ai été membre du Comité national du salut public (CNSP). J’ai été président de la commission de contrôle du patrimoine de Côte d’Ivoire.

Q : Vous avez été également ministre ?

R : Oui, j’ai été aussi ministre de la Construction et de l’environnement et ministre de la Jeunesse et des sports pendant la transition militaire.

Q : Vous étiez proche du Général Guéi, est-ce son départ du pouvoir qui a occasionné votre exil aux Etats Unis?

R : Pas forcément son départ du pouvoir, mais c’est sa mort brutale, suite à laquelle des éléments sont allés tirer dans mon appartement aux II Plateaux. Et donc quand j’ai su que j’étais recherché pour être exécuté, j’ai pris la clé des champs et je suis parti d’Abidjan.

Q : Est-ce à dire que vous êtes parti après le coup d’Etat du 19 septembre 2002 ?

R : Oui, après le coup d’Etat du 19 septembre 2002 au cours duquel le général Guéi a trouvé la mort.

Q : Vous dites que vous étiez recherché. Vous étiez recherché par qui ?

R : Je ne sais pas, peut-être que par les escadrons de la mort. Ce qui est sûr, c’est que les gens sont allés tirer dans mon appartement sis aux Deux-Plateaux le même jour de l’assassinat du Général Guéï. Les traces de balle se trouvent encore sur les portes de l’appartement.

Q : Alors, aujourd’hui, quel est exactement votre statut là où vous êtes ?

R : Je ne voudrais pas trop m’étendre là-dessus, je voudrais plutôt qu’on passe, mais sachez que j’ai un statut de réfugié politique.

Q : Et où êtes-vous ?

R : Je suis aux Etats-Unis d’Amérique

Q : Revenons à l’actualité politique du pays. Aujourd’hui, on parle de plus en plus de transition en Côte d’Ivoire après le 30 octobre. Quelle est votre opinion sur la question. Il y a aussi le Général Doué Mathias et le Colonel Yao Yao Jules qui sont en exil comme vous. Avez-vous des contacts avec eux ?

R : Je suis en contact avec eux. Et la situation politique en Côte d’Ivoire, je la suis au quotidien. Mais je suis étonné des déclarations du Président Gbagbo sur la transition… Et je voudrais attirer votre attention pour dire que le dénominateur commun du mal en Côte d’Ivoire, c’est bien Laurent Gbagbo. Je vais m’expliquer pour dire pourquoi c’est lui le dénominateur commun du mal. Les mutineries de mai et de juin 1990, il avait pris des contacts avec des militaires pour faire un coup d’Etat.

Q : Vous pouvez donner des noms ?

R : De donner le nom de qui ?

Q : Des militaires qu’il aurait contactés pour faire le coup d’Etat.

R : Non, vous les journalistes, vous ne donnez pas vos sources. De la même manière, je ne donne pas mes sources.

Q : Mais peut-on avoir d’autres preuves ?

R : Pour les preuves, vous savez que lui-même, il a dit qu’il avait mis des militaires à Londres pour les faire venir…C’était au cours des élections de 1995. Donc il était en contact avec l’armée.

Q : Vous étiez en train de démontrer que le Président Gbagbo est le problème central. On vous suit toujours.

R : Il est le dénominateur commun du mal. Et en plus de cela, je peux vous dire qu’au mois de décembre 1999, nous les jeunes militaires, nous étions partis pour manifester contre notre ministre de la Défense dans les rues.
Et le Président Gbagbo nous a envoyé notamment Lida Kouassi, Boga Doudou, Odette Sauyet et Freedom Neruda dans la rue pour nous dire que la Côte d’Ivoire souffre depuis 40 ans avec le PDCI et que c’était une occasion rêvée.
Et que notre manifestation ne devrait pas être une simple manifestation de réclamation de primes et qu’on devrait faire en sorte qu’elle soit un coup d’Etat.
C’est donc sur leurs conseils que tout s’est concrétisé. Donc le Président Gbagbo a participé à ce coup d’Etat. Et lorsque ses envoyés échangeaient avec nous, ils étaient constamment en contact avec lui. Après ils sont venus nous rejoindre au camp Galliéni, sur la route conduisant à Akouédo, à la station d’essence où on se servait. Et à plusieurs reprises à Akouédo.
Quand le coup d’Etat a eu lieu, on est allé accueillir M. Gbagbo en fanfare à Yamoussoukro.
Pensant qu’il venait travailler avec nous puisque c’est sur ses conseils que ça s’est passé. Finalement il a décidé de ne pas travailler avec nous. Donc il a donné quatre ministres. En plus, ceux qui étaient venus nous dire de concrétiser le coup d’Etat ont été nommés.
Lida Kouassi a été nommé conseiller spécial du président Guéi, Odette Sauyet a été nommé directrice centrale de la télévision et Boga Doudou a été celui qui a introduit les articles litigieux dans la constitution actuelle. Donc, ils ont joué des rôles importants pendant la transition.

Q : M. le ministre, vous dites des choses assez graves, parce que celui qui a piloté le coup d’Etat n’est pas celui qui a été dans le fauteuil présidentiel. Alors qu’est-ce qui explique l’arrivée du général Robert Guéi ?

R : Nous avions pensé que c’est Laurent Gbagbo qui allait diriger l’affaire. Mais lui, il n’a pas voulu accepter et il a joué les seconds rôles afin de surprendre tout le monde.
Comme, il l’a toujours fait, et c’est pour cela qu’il n’a pas pris ses responsabilités.
Donc il ne faut pas qu’il fasse croire au peuple de Côte d’Ivoire qu’il ne savait pas qui organisait le coup d’Etat de 1999. Il était bien l’organisateur avec nous.
Je n’ai pas parlé pour observer la scène jusqu’aujourd’hui. Et je voulais dire au peuple de Côte d’Ivoire que c’est Laurent Gbagbo qui a aidé à faire ce coup d’Etat.
Et la nomination de certaines personnalités du FPI était une récompense par rapport à ça. Et par rapport au fait que lui-même, était constamment à nos côtés pour nous aider à faire ce qu’il y avait à faire, notamment la Constitution.
Dans laquelle il a introduit avec son ami Boga Doudou, les articles litigieux qui font problème aujourd’hui en Côte d’Ivoire.

Q : M. le ministre, vous étiez très proche du général Guéi et du Président Gbagbo. Qu’est-ce que vous savez exactement de leur rapport avant son assassinat ?

R : Avant son décès, je savais que Gbagbo était très proche du général Guéi. Et pendant la mise sur pied de la Constitution, il venait le voir régulièrement.

Q : Nuitamment ?

R : Il avait proposé que l’actuel président de la CEI, Camille Hoguié soit président de la commission électorale indépendante.

Q : C’est M. Gbagbo qui a proposé cela ?

R : Gbagbo a fait cette proposition à l’époque, sous la transition. Et c’est quand il est parti, que nous avons eu une réunion avec le Général. Et moi quelqu’un m’avait soufflé que Camille Hoguié a été celui qui a demandé à Houphouët-Boigny de sanctionner les militaires suite aux événements de Yopougon. Et c’est pour cela qu’il n’a pas été retenu.

Q : En tant qu’ancien membre du CNSP, vous avez été témoin du rejet de la candidature du Président Henri Konan Bédié et du Premier ministre Alassane Ouattara. Pouvez-vous nous en dire davantage pour éclairer l’opinion ivoirienne ?

R : Pour éclairer l’opinion ivoirienne, je veux dire que ça été toujours les manoeuvres du Président Gbagbo.
Parce que vous savez très bien que quand il est avec vous, il manœuvre pour autre chose. Par exemple pour le Et et le Ou, moi j’étais en tournée à l’intérieur du pays. Je suis arrivée à Gagnoa et Gbagbo a insisté auprès de moi pour que le ‘’Ou’’ soit changé en Et.
Le Président Guéi a dit non, je ne peux pas changer comme ça, il faut que je demande l’avis du peuple.
Quand je lui ai fait le point de ma mission, il a dit c’est quelqu’un qui est resté avec nous jusqu’aujourd’hui, on a tout fait ensemble. Je lui ai dit à l’époque d’annoncer déjà l’événement, il a dit qu’un chef ne déshabille pas un chef, on ne peut pas le dénoncer si lui-même ne se prononce pas. Et c’est comme ça déjà à l’époque qu’il a pu côtoyer et qu’on a changé des éléments dans la Constitution qui a été élaborée uniquement par Guéi, alors qu’il a été celui là qui a été à la base de son élaboration, surtout les éléments litigieux.
Rappelez-vous lors d’une réunion au palais de la présidence, pour justifier le Et et le Ou, on avait dû faire appel à tous les leaders politiques.
Et comme eux, ils travaillaient avec nous, Gbagbo a donné Boga Doudou ce jour-là qui a parlé de double nationalité des personnalités qui avait la nationalité comme M. Sydia Touré de Guinée qui est parti en Guinée pour devenir Premier ministre, comme une autre dame qui est partie au Mali pour devenir ministre…C’était pour justifier le fait que nous travaillons ensemble et que nous devions intervenir dans un certain nombre de choses. Et après, sa propre campagne présidentielle a été financée par le général Guéi. Le général Guéi lui a donné 200 millions pour faire sa campagne et la femme du général lui a donné 100 millions. Donc c’est vous dire qu’on était très proche.
Et parce que justement, il avait souhaité travailler avec le général Guéi dans les nouvelles structures après les élections. Et puis au dernier moment, il nous a trahis.

Q : M. le ministre, il est aussi dit que le Président Gbagbo a fait pression sur le général Guéi pour qu’il se présente candidat comme lui-même et sans les autres candidats. Avez-vous des informations à ce sujet ?

R : Je n’ai pas d’informations à ce sujet. Mais je sais qu’il est fortement intervenu pour que des amendements soient apportés pour écarter des candidats. Et qu’il ait affaire seul au général Guéi.

Q : M. Le ministre, qu’est-ce que vous savez de l’assassinat du général Guéi ?

R : A propos de sa mort, je n’en sais rien puisqu’au moment des événements, lorsque le général Guéi m’a joint le matin pour me dire de me cacher parce qu’il entend des tirs à Cocody, je suis parti et donc je n’ai pas pu suivre. Mais j’ai appris sa mort comme tout le monde.

Q : Mais il est dit que le corps qui est "stocké" à Ivosep de Treichville subit des pratiques cabalistiques. Qu’est-ce que vous en savez exactement ?

R : Certaines personnes m’auraient dit que le Président Laurent Gbagbo aurait transporté le corps au palais pour faire des cérémonies. Et que c’est suite à cela que ses marabouts lui ont recommandé de ne jamais enterré le général Guéi sinon son pouvoir tomberait. C’est ce que j’ai entendu dire.

Q : De personnes sûres ?

R : C’est ce que j’aurais entendu dire. Je n’ai pas de confirmation, je n’ai pas mené d’enquête pour vérifier ça.

Q : Mais M. le ministre, vous soutenez que le général a financé la campagne de Laurent Gabgbo à hauteur de 300 millions ?

R : Oui. 200 millions de la part du général et 100 millions de la part de sa femme. Il est venu chercher cet argent en tenue bleue ce jour-là.

Q : C’était la nuit ?

R : C’était vers le soir qu’il est venu chercher cet argent en tenue bleue.

Q : Dites-nous exactement, quel était le plan entre le général Guéi et Président Laurent Gbagbo. Qui devrait prendre le pouvoir et comment cela devait s’organiser ?

R : Vous voulez parler des élections ?

Q : Oui, qui devait être président à la suite des élections selon l’accord qui a été conclu entre eux ?

R : Pour les élections de 2000, le général devait être président et les élections de 2005 étaient réservées pour Laurent Gbagbo.

Q : Et comment expliquez-vous cette volte-face du Président Laurent Gbagbo ?

R : Parce qu’il a toujours fait volte-face. Aujourd’hui, il fait croire au peuple de Côte d’Ivoire qu’il n’était pas dans le coup d’Etat de 1999. Alors qu’il était partie prenante avec nous. Vous pensez que nous, on fait notre coup d’Etat, il n’a rien à avoir, il ne comprend rien et puis on lui donne les meilleurs postes. Le ministre de l’Economie et des Finances, des conseillers spéciaux au palais et on fait la Constitution ensemble.

Q : M. le ministre, on sait aussi que lorsque vous êtes arrivé au pouvoir, le président Gbagbo a critiqué que vous avez fait la part belle aux ministres du RDR. N’est-ce pas ce grincement de dents qui vous a fait changer d’option ?

R : Justement, dès le départ, il voulait nous opposer pour que les militaires aient problème entre eux pour qu’il en profite. Et il a réussi son coup à la fin parce qu’il avait des gens qui nous espionnaient à l’intérieur du CNSP. Mais je ne veux pas m’avancer plus.

Q : M. le ministre, il y a le général Doué qui est sorti de sa réserve, il y a eu également le Lieutenant colonel Jules Yao Yao, aujourd’hui il y a Adama Sidibé et puis on compte également Oulata qui est aussi aux Etats-Unis. Est-ce qu’on peut dire que le ministre Zouin Honoré est dans la dissidence ?

R : Absolument, je ne peux qu’être dans la dissidence parce que je ne peux pas faire autrement. Que quelqu’un avec qui on collabore depuis toujours. Avec qui on a eu à travailler ensemble fasse volte face, et qu’il y ait mort d’hommes et qu’il ne soit pas capable d’enterrer la personne avec laquelle il a travaillé. Et mieux, qu’il laisse ce genre de rumeurs fantaisistes sur son corps. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ?
Donc moi je prends corps avec le général Doué et Yao Yao Jules. Parce qu’ils ont compris que l’armée de la République a été utilisée abusivement depuis toujours par Gbagbo.
Parce que rappelez-vous durant tous ses meetings, il a toujours insulté l’armée. Et aujourd’hui vous savez que l’armée est utilisée comme des gardes de corps, des sans travail à Abidjan.

Q : Est-ce que vous êtes en contact avec ces officiers, vos collègues dissidents ?

R : Oui, nous sommes en contact.
Très en contact parce que comme Oulata l’a dit, le général Doué Mathias qui est un chef d’état-major a donné des ordres que chacun de nous doit exécuter à son niveau. Et il faut que Gbagbo parte, ce n’est pas une question de rester là et vouloir penser que la Constitution… la Constitution était là quand il a doublé tout le monde pour être président. De manière calamiteuse comme il l’a dit lui-même.
Jusqu’aujourd’hui, il ne veut pas respecter la Constitution. La Constitution n’a pas inscrit que les passeports diplomatiques soient distribués en ville comme il le fait. Donc il ne va pas nous faire croire qu’il respecte la Constitution.
La Constitution n’a pas dit qu’il faut prendre des militaires et les affecter à des gens qui n’ont jamais travaillé, la Constitution n’a jamais dit que les militaires de la République qui sont garants de l’intégrité du territoire, de l’indépendance de la nation et de la sécurité de cette nation là doivent être banalisés au profit des milices qu’il favorise lui-même actuellement.
Donc je ne peux que prendre pied avec des vaillants soldats que sont le général Doué et Yao Yao Jules parce que notre pays est en danger. Et quand le pays est en danger, c’est les militaires qui sont chargés de réguler la situation.

Q : M. le ministre jusqu’à quel degré vous êtes en contact avec eux ?

R : Je ne peux pas vous dire

Q : Mais vous annoncez des actions si la communauté internationale ne faisait pas entendre raison au Président Gbagbo. Quelques jours seulement de la fin de son mandat constitutionnel, on constate qu’il s’agrippe au pouvoir. Mieux, il dit qu’il reste au pouvoir après le 30 octobre, alors la population se demande bien quelle est la portée de votre action ?

R : Je vous renvoie à la déclaration du général Doué parce que l’armée est une symphonie et se joue avec un chef en tête. Le général Doué est le chef de cet orchestre là, il vous a dit ce qu’il doit être fait. Moi je ne pense qu’à la suggestion du général Doué. On a dit toujours qu’il faut que les ivoiriens règlent leur problème à l’ivoirienne. Il n’a pas parlé de violence, il n’a pas parlé de tueries, mais il a parlé de ce que le président Gbagbo doit quitter le pouvoir. Et immédiatement. Ce n’est pas négociable et ce n’est pas discutable.

Q : Mais qu’est-ce que vous ferez, vous officiers de l’armée ivoirienne si le 30 octobre, au soir le président confisquait le pouvoir ?

R : Je vous renvoie aussi à la déclaration du général Doué.

Q : Oui, la déclaration du général Doué, vous pouvez nous rafraîchir la mémoire

R : Il a déjà fait une déclaration en disant au Président Gbagbo de partir. Et à ceux qui aiment la Côte d’Ivoire de l’aider à partir car nous ne voulons pas verser le sang de nos compatriotes, car nous ne voulons pas qu’il y ait mort d’hommes en Côte d’Ivoire, car nous ne voulons pas qu’il y ait la guerre civile en Côte d’Ivoire.
Parce que si lui président de la République de Côte d’Ivoire, souhaite qu’il y ait une guerre civile en proclamant qu’elle doit se faire sur dix ans après son départ, nous nous sommes pas pour que le départ d’une tierce personne puisse occasionner la mort des centaines et des millions de morts pendant dix (10) ans.
Ce n’est pas le rôle d’un dirigeant, ce n’est pas le rôle d’un responsable.
Comme tel, l’armée, le général Doué et ses hommes comme nous sommes, on prendra nos responsabilités. Disons que nous sommes en train d’aider nos parents à ne pas subir le sort de quelqu’un qui veut les tuer.

Q : Dites nous, combien êtes-vous au total hors du pays ? Et est-ce que vous êtes en contact avec des officiers présentement en Côte d’Ivoire et qui sont en fonction ?

R : Je ne vous dirai rien non plus parce que ce serait faire la part belle à quelqu’un que de déclarer un certain nombre de choses. Je veux dire que nous prendrons nos responsabilités et nous savons comment nous allons les prendre.

Q : Le peuple aimerait être rassuré M. le ministre

R : Par rapport à quoi par exemple ?

Q : Le peuple souffre et en tout cas une bonne partie de la population estime que…

R : L’armée de la nation est chargée de la sécurité de cette nation. Elle est garante de la nation. Et nos amis qui sont dans les rangs actuellement, comme nous autres, comme ceux qui sont à Bouaké, nous ne sommes pas là pour verser le sang de nos compatriotes.
Et c’est parce que nous sommes contre que Gbagbo se comporte comme ça. Si nous étions de la même mentalité que lui, la guerre civile aurait déjà eu lieu. Sinon le général Doué ne ferait pas la déclaration pour prévenir pour dire qu’on arrive.
Pour quelqu’un qui veut tuer inutilement ou qui veut faire du mal, on ne prévient pas. On vient par surprise. C’est pour prévenir pour que M. Gbagbo soit aidé par ses amis à partir en douceur parce qu’il n’est plus crédible pour diriger la Côte d’Ivoire que le général Doué a lancé un message. Dites leur que les militaires ne feront rien, il n’ont rien contre leur compatriotes. Mais que nous aiderons M. Gbagbo à partir.

Q : C’est justement ce que nous voudrions savoir, comment allez-vous y prendre ?

R : Par tous les moyens, ça été dit. C’est le départ de lui et de lui seul, pas quelqu’un d’autre.

Q : M. le ministre, excusez-nous d’insister là-dessus, parce que vous en appelez à la communauté internationale, mais si telle est qu’elle ne réagit pas jusqu’au 30 octobre, qu’allez-vous faire au terme de cette date ?

R : La communauté internationale va réagir. La communauté internationale aime la Côte d’Ivoire. Vous voyez bien que la France est présente en Côte d’Ivoire. Vous voyez même que la France a perdu des compatriotes en Côte d’Ivoire, elle a perdu des journalistes en Côte d’Ivoire.
Vous voyez que l’ONU même a perdu des soldats en Côte d’Ivoire, vous voyez que les présidents africains sont au chevet de la Côte d’Ivoire qui est encore malade. Jamais ils ne pourront nous abandonner. Et donc, nous sommes là avec eux pour aider le président Laurent Gbagbo à partir.

Q : Et si malgré tout, la communauté internationale décide que Gbagbo continue après le 30 octobre ?

R : Elle ne pourra pas décider ça. La communauté internationale ne pourra pas décider ça.

Q : Et si c’était décidé ?

R : Non, elle ne peut pas décider à la place des Ivoiriens. La majorité des ivoiriens, la majorité pensante, pas ceux qui sont sous les bases des escadrons de la mort qui exécutent les populations.
Je parle de la majorité pensante qui a envie qu’il parte.
Il ne peut pas rester là parce qu’il a eu un mandat de cinq ans.
Le président Bédié a dit qu’il a eu un mandat de cinq ans, il ne peut pas outre passer son mandat en disant qu’il s’impose.
Mais s’il veut s’imposer par la force, lui, il n’a jamais fait l’armée. Il y a une force qui est naturelle, qui appartient à la Côte d’Ivoire. S’il veut utiliser la force, cette force là, lui diront non tu n’as pas la force et nous, nous sommes la force de la nation.

Q : M. le Ministre est ce que vous êtes en train de nous dire que la population pourrait demander de manière générale la démission du président Gbagbo si la communauté internationale demandait qu’il soit maintenu au pouvoir sans les pouvoirs de gouverner ?

R : Voilà ! La population demandera sa démission. La population de Côte d’Ivoire y compris les militaires ivoiriens. Ce que je dis ne concerne pas seulement les militaires ivoiriens, c’est la population dans son ensemble, dans sa globalité, dans sa totalité qui demandera à Gbagbo de partir. Parce qu’il ne peut que partir.
Vous savez très bien que les tueries qui ont eu lieu à l’Ouest, qui ont eu lieu à Abidjan… On ne peut pas être président de la République, gouverner la moitié d’une nation et penser qu’on va le laisser pour qu’il continue à tuer les gens et dire qu’il est président.
La communauté internationale voit très loin ça. Vous même, qui me parlez, vous êtes Ivoiriens, vous ne serez pas d’accord que Gbagbo soit président pour aller casser vos journaux, ce n’est pas possible.

Q : M. le ministre, là, vous en appeler à la communauté internationale, vous demandez aussi au peuple de prendre ses responsabilités. Ici à Abidjan, il y a beaucoup de personnes du côte du pouvoir qui pendant que vous faites plus un coup d’Etat médiatique que pragmatique. Qu’est-ce que vous répondez à ceux qui pensent que vous êtes des officiers félons comme ils le disent ?

R : Des officiers félons parce que nous n’avons pas envie de verser le sang de nos parents. Pourquoi ils disent ça ? Parce qu’ils pensent qu’on va rentrer à Abidjan, tirer à droite et à gauche, faire des milliers de morts et puis il va être content. C’est ce qu’il souhaite parce que lui, il tue déjà nos parents.
Il tue les personnalités là-bas et donc il veut qu’on tue, nous aussi. Mais nous, si on savait tuer, depuis le coup d’Etat de 1999, il n’y a pas eu une goutte de sang qui a été versée. Parce que nous, on était la manette du pouvoir.
Maintenant que lui il vient, il vaut tuer donc il a inféodé des gens pour ces gens là parlent de cette façon. Mais ce ne sont pas des gens libres qui parlent. C’est des gens qui sont sous les effets des escadrons de la mort à Abidjan. Vous savez très bien qu’à Abidjan, quand tu parles, si on ne te tue pas, on tue quelqu’un à côté. Donc ils sont sous les effets de ces actes de barbarie, c’est pour cela qu’ils parlent ainsi. Quelqu’un qui n’est pas à Abidjan ne peut pas parler comme ça.

Q : M. le Ministre, une dernière préoccupation, vous qui avez été un acteur principal du coup d’etat de 1999, après tout ce que la Côte d’Ivoire a connu, si c’était à refaire ?

R : Reprendre le coup d’Etat ? Le coup d’Etat, c’est Gbagbo qui le fait et c’est lui qui est là. S’il avait laissé les différents présidents de la République travailler correctement, parce que depuis Houphouët-Boigny, c’est lui qui remue tout en côte d’Ivoire. Et les gens pensaient que c’était quelqu’un de bien qui venait diriger correctement la Côte d’Ivoire.
On ne savait que c’était quelqu’un qui était plein de vengeance, qui venait faire les règlements de compte au palais de la République. Si jamais Gbagbo n’était pas en Côte d’Ivoire… Comme maintenant on connaît sa stratégie, je pense que les Ivoiriens dans leur totalité ne feraient pas attention à ce qu’il dit et à ce qu’il fait. C’est lui qui nous a opposé jusqu’aujourd’hui.
C’est pourquoi je vous disais que le dénominateur commun du mal en Côte d’Ivoire, c’est Laurent Gbagbo. Et c’est clair que s’il quitte la Côte d’Ivoire, le pays sera définitivement en paix parce que personne n’ira attaquer l’autre, n’ira attaquer le mandat de quelqu’un et attenter à la vie de quelqu’un.
Et c’est Gbagbo Laurent qui fait ça depuis toujours et tant qu’il est là, ça va être comme ça. Il faut qu’il parte pour que nous soyons définitivement en paix. Pour construire notre si beau pays.

Q : M. le Ministre, comment vivez-vous aux Etats-Unis, que faites-vous et quelles sont vos activités précisément ?

R : Je n’ai pas d’activité aux Etats-Unis.

Q : Vous étiez à l’Université le matin quand je vous ai eu au téléphone ?

R : Rire ! C’est personnel et je ne vais pas vous dire.

Q : D’accord. Vous rentrez quand à Abidjan, je présume après le 30 octobre.

R : Je ne sais pas. (Rire). Je réfléchis. Je vous ai dit tout à l’heure ce qu’il y a à faire. Il faut que Gbagbo Laurent parte.

Q : Vous avez un message pour la population ivoirienne ?

R : Je dirais à la population ivoirienne que la seule possibilité pour elle, de retrouver sa paix, sa cohésion, de retrouver ce que Houphouët-Boigny nous a laissé, la paix qu’il nous a enseigné, qui nous fait battre nos cœurs quand un Ivoirien a un problème, elle sera là quand Gbagbo sera parti.
J’ai lu dans le journal un jour que quand Gbagbo part, le lendemain ces rebelles sont désarmés. Effectivement quand Gbagbo va partir, le lendemain ils seront désarmés parce qu’actuellement leur problème, le désarmement des rebelles ne concerne pas les armes qu’ils ont. C’est un désarmement moral.
Et tant que leur moral sera enflé, sera en sang et sera dans la douleur, ils auront ces armes là. Parce que si Gbagbo est au palais, ça va les énerver et ça va énerver tout le monde. Dites vous qu’au départ, il était avec tous les partis politiques. Ils étaient en symbiose, les gens ont voulu accompagner son mandat.
Mais on a compris aujourd’hui qu’il n’était pas venu pour diriger la Côte d’Ivoire. Il était venu pour la disperser, pour semer la mort, la désolation, pour semer le chaos en Côte d’Ivoire. Et il faut qu’il parte que nous ayons la paix.

Q : Merci M. le Ministre

R : Merci. Je voudrais ajouter aussi que la plainte contre le ministre Adjoumani est une cabale honteuse. Il a fait le coup d’Etat et quand on le dit, ça le fait fâcher et il va porter plainte contre les gens.

Q : Merci pour le complément M. le Ministre.


COTE D'IVOIRE / ANALYSE DE LA SITUATION POLITIQUE PAR L'ECRIVAIN TIBURCE KOFFI

Mercredi 5 Octobre 2005

30 octobre 2005 : la redoutable échéance/
“La grosse erreur de Gbagbo”
Source "Le Nouveau Réveil"

Non, je n'aurais pas dû, ni pu me taire. Je ne peux pas me résoudre au silence quand mon pays souffre, car cette Côte d'Ivoire est mon pays et c'est pour elle que je prends encore la parole. Elle agacera certainement les uns et fera plaisir aux autres. Ce n'était pas mon objectif. Je voulais tout juste essayer de sauver mon pays.

les Ivoiriens, cette date n'est pas - et sans doute qu'elle ne le sera jamais plus - une date ordinaire, un jour banal, un 30 octobre comme tous les autres qu'ils avaient connus jusque-là. " Rassurez-vous, le 30 octobre, il n'y aura rien " a dit notre chef. Comme on aurait tant voulu se contenter de ces propos rassurants ! Mais comment être rassurés quand, à l'opposé, nous entendons d'autres paroles comme celles-ci : " Le 30 octobre, Gbagbo ne sera plus Président. " Et des journaux de l'opposition de marquer chaque jour à la une de leurs parutions " Jour J - X… ", faisant de ce 30 octobre, une date repère dans la vie des Ivoiriens, une date fatidique.
Lisez avec moi, entre autres aussi scandaleux que les autres, ces propos de KKB à propos du Président Laurent Gbagbo " : " Le fruit est mûr ! " Entendez : les cueilleurs (l'opposition) n'ont plus qu'à attendre au bas de l'arbre fruitier pour voir tomber entre leurs mains le fruit convoité ! On annonce ainsi la fin du règne d'un Chef d'Etat comme l'on annoncerait une prise de gibier lors d'une chasse à courre. Et les journaux rivaux de rivaliser en annonces prophétiques et apocalyptiques (c'est selon) à propos de cet énigmatique 30 octobre.
Sous nos soleils noirs, nos chefs connaissent toujours des fins de règnes tourmentées, angoissantes ; rares sont ceux qui quittent la scène politique en échappant aux huées humiliantes de la foule amnésique, aux quolibets imbéciles et traîtres du peuple manipulé. Zaïre, Congo, Haute-Volta puis Burkina Faso, Mali, Tunisie, Bénin, Ghana, Niger, Mauritanie, Somalie, Ouganda, Nigeria, etc., et même la Côte d'Ivoire sous Houphouët !
J'entends encore comme si cela ne datait que d'hier, les cris injurieux des adolescents manipulés, intoxiqués, hurlant dans les rues contre l'honorable homme : " Houphouët voleur ! Houphouët voleur ! " Le vaste outrage ! - Aimé Césaire. " Œuvre de tant de jours, en un jour, effacée " disait le tragédien français. Eh oui ! C'est cela, l'Afrique. L'Afrique des politiques tropicales, l'Afrique de tous les imbroglio, l'Afrique de toutes les absurdités : l'Afrique moderne. La société africaine ancienne a-t-elle jamais humilié ainsi ses chefs ? Comment cette société arrivait-elle à vider ses contentieux politiques dans la discrétion, en préservant l'honneur du chef et les intérêts de la communauté ? Interrogeons nos sociologues, ils nous le diront certainement…
La délicate problématique ici se pose en ces termes : comment partir honorablement, après avoir servi les siens ? Comment REMERCIER (dans les deux sens ambivalents) le chef qui nous a servis ? Car enfin, cet Houphouët que nous avons déshonoré, ce Bédié que nous avons conspué et lâché au moment où il n'avait besoin que de simples réflexes républicains de notre part, ce Robert Guéi que nous avons chassé comme un malfrat d'Abidjan un soir ensanglanté d'octobre 2000 (avec le soutien des medias ''chiraquiens'' acquis à la cause du FPI), ce Laurent Gbagbo que l'on traque aujourd'hui comme un gibier de soupe du soir, tous ont réellement été à des moments cruciaux de l'histoire nationale, des repères, des voies à suivre, des voix à entendre : des héros.
Que se passe t-il donc en Afrique, l'Afrique moderne, entre le peuple et le chef pour que les rapports s'altèrent toujours jusqu'à ce point ? Quelle perception a donc du chef la société africaine urbaine ? Quelle étrange symbolique prend, en Afrique, la chose politique, pour que nous en arrivions toujours à des divorces étonnants et retournants entre nos leaders et le peuple (ou une partie du peuple) ? C'est à autant de questions que notre intelligentsia devra chercher à répondre, afin que les solutions à nos crises nous paraissent plus lisibles, plus possibles. Mais ne nous égarons pas de notre souci du jour : ergoter sur la redoutable échéance du 30 octobre 2005.

Manque de vision prospective
S'il y a bien une chose qui caractérise la crise ivoirienne, c'est le manque de vision prospective et de lucidité de la part des animateurs de la scène politique (tous camps confondus). Il y a de cela près de huit mois, alors qu'aucun acteur politique ne posait la question de l'après octobre sans qu'il n'y ait eu la présidentielle, Abel Doualy de Fraternité Matin avait interpellé, dans un papier très avisé, toute la classe politique sur l'échéance du 30 d'octobre 2005. Venance Konan et moi l'avions particulièrement félicité ce jour-là pour le ''flair'' qu'il avait eu. Le vrai débat sur le vide ( ?) constitutionnel date de là, même s'il faut reconnaître que le Pr. Francis Wodié nous avait déjà alerté du danger qui nous guettait à louvoyer avec l'application des accords et engagements pris devant la Communauté internationale, compte tenu du vide constitutionnel qui nous attendait à la fin d'octobre, s'il ne s'y tenait pas les élections.
Le débat des juristes a eu lieu, grâce à cet article d'Abel Doualy qui avait sonné l'alarme. Mais ce fut un débat qui a dévoilé surtout les désirs des partisans du Président Laurent Gbagbo de voir continuer un règne (ils y gagnent) et ceux aussi de ses adversaires, tout aussi désireux de le voir ''partir'' (ils y gagnent).
Mon souci demeure : que gagnait la Côte d'Ivoire dans ces prises de position partisanes ? Où était l'intérêt du pays dans cette pauvre alternative - Laurent Gbagbo au pouvoir/ Laurent Gbagbo quittant le pouvoir ? Mon avis sur la question est que le problème a été très mal posé : Laurent Gbagbo n'est pas éternel, et il quittera de toutes les façons un jour le pouvoir.
Mais est-ce là la solution au mal ivoirien ? J'en doute... Pour sûr, le 30 octobre sera une date dans l'histoire de ce pays ; et même s'il ne se passe rien (tout dépend du contenu de ce ''rien''), cette date aura au moins cristallisé notre attention, nos attentes, nos peurs, nos espoirs, nos écoeurements surtout ; oui, écoeurements, à constater tout le gâchis que la classe politique actuelle a fait de ce pays. Gâchis de temps, gâchis en hommes, gâchis et gâchis… et nous ne sommes pas encore au bout de la folle course.
Lomé, Marcoussis, Kléber, Accra, Pretoria, etc. ; sans oublier les nombreuses consultations officieuses et les nombreux voyages du Chef de l'Etat à l'étranger en vue de, sans doute, trouver des moyens de sortie de crise : Lybie, USA, Guinée, Bénin, Burkina, Rwanda, etc. Trajet de pèlerin désespéré, à la recherche d'une aube d'espoir. D'autres lieux restent encore sans doute à visiter pour la recherche de la Paix, car il n'y a aura jamais suffisamment de sentiers parcourus pour la quête de la paix ; cette paix que nous tournions en dérision sous Houphouët, cette paix dont nous nous moquions parce que nous l'avions sous la main et avec nous, chaque jour. Et c'est Kaba Taïfour l'ami des grands moments de discussions enlevées qui avait raison : l'habitude de voir les grands hommes et les grandes choses leur ôte toute valeur.
La recherche de la paix ! Comme je suis content de découvrir aujourd'hui dans des journaux, des encarts émis par le Palais, appelant les Ivoiriens à la paix, les appelant à se pardonner. Comme c'est beau de lire et de voir tout cela : les concerts de la Paix, les appels à la paix, des discours sur la paix. Se pardonner, se parler, se tendre la main, apprendre à oublier, se sourire ! Or donc, cela était possible ! Or donc, nous pouvions produire et dire ce type de discours que Radio Jam et des messages de l'Unesco sous forme de spots télé, diffusent depuis deux ans. "Tendre la main à son ennemi, savoir pardonner, apprendre à oublier…".
On savait tout cela. Mais pourquoi donc, vous autres grands Conseillers Politiques Eclairés et incontestés du Palais, avez-vous fait croire à notre chef que la seule issue à notre crise, était la guerre ? La guerre pour la conquête de notre DIGNITE !? Ah, mes morts de Bouaké, d'Abidjan ! Ces poitrines de gamins déchiquetées, ces milliers de gosses sans autres repères que les discours belliqueux et irresponsables de dirigeants ivres de sang et de bruits d'obus ! Et ces mitraillettes françaises qui crachaient et crachaient, une nuit mauvaise de novembre de tous les cauchemars, des salves de plomb meurtriers dans la nuit dangereuse ! Tous ces morts, ces sacrifices anachroniques et vilains ! Cela valait bien la peine ! Quel gâchis ! Ah, Laurent, j'ai mal ! Où allons-nous ? Pourquoi sommes-nous restés sourds aux élans vers la paix aux moments où c'était encore possible ?
Je le répète : Pourquoi avons-nous hurlé d'indignation présidentielle à voir Bédié tendre la main et pardonner à Ouattara qui en a fait de même ? Koraï le jeune poète avait pourtant dit, dans sa sublime inspiration : " Si la paix et l'amour/ Sont ta lumière du jour/ Si le rêve d'unité/ Epouse tes idées/ Si malgré toutes ces peines/ Ton cœur est sans haine/ Si pour bâtir demain/ Tu sais tendre la main. Refrain : Patriote ! Ivoirien !/ Tous haut les cœurs/ !Ensemble on ira "
Et c'est un gamin de 17 ans qui nous donne cette leçon versifiée, que nous n'avons jamais su méditer.
Le gouvernement actuel s'appelle officiellement " Gouvernement de Réconciliation Nationale " ; et le Ministère qui porte ses espoirs et son programme essentiel est détenu par le Pr. Dano Djédjé, un Refondateur. C'est un homme connu pour son bon sens et ses dispositions intérieures à la Paix, car Djédjé est effectivement un homme doux au commerce facile et agréable, doublé d'un intellectuel honnête et compétent.
Pourquoi alors, l'Autorité ne l'a-t-il pas enjoint de se rendre à Paris pour encourager la réconciliation entre Ouattara et Bédié, ce qui fait partie de sa mission de réconciliateur ? A défaut de se rendre à Paris, pourquoi n'a-t-il pas fait de déclaration officielle pour saluer cet acte qui altère un tant soi peu le climat de méfiance et d'antagonisme entre ces deux pôles essentiels de la crise ivoirienne ? Si nous avions une société civile sérieuse et responsable, nous aurions aujourd'hui demandé au Ministre de la Réconciliation Nationale de nous faire le point des gens qu'il a réconciliés depuis trois ans de ministère bien payés par l'Etat.
A ma connaissance, il n'y avait pas beaucoup de personnes à réconcilier dans ce pays : il n'y en a que quatre ; quatre individus qui nous fatiguent - l'expression est à la mode : Bédié, Ouattara, Gbagbo et Diarra. C'est eux qu'il faut réconcilier et non nous du petit peuple ; nous qui nous croisons tous les jours, échangeons des poignées de mains bonhommes, devisons paisiblement autour de quelques misérables bouteilles de mauvaise bière, déplorons dans la bonne humeur l'insalubrité choquante et la puanteur d'Abidjan (qui ne semblent pas émouvoir Amondji), parlons de l'âpreté de nos femmes au gain : les femmes, toutes les femmes, c'est connu, aiment l'argent !…
Pourquoi donc, enfin, avoir attendu de cristalliser tant de rancoeurs, attendu d'arriver au bout du tunnel avant de dire cette parole sur la paix ? Pourquoi ? Pourquoi ? Trèves de regrets ! Prenons ces paroles et buvons à l'extase de ces notes d'invite à la paix…
On le voit donc : ces messages de dernière heure ne peuvent pas s'adresser au citoyen ivoirien de tous les jours, car les Ivoiriens ne sont nullement en guerre contre eux-mêmes.
Ce n'est pas le peuple ivoirien qui ne s'entend pas. L'exacerbation de la crise ivoirienne n'est pas le fait d'un peuple déchiré, en déficit de communication et d'entente. Non : aucun groupe ethnique n'est opposé à un autre en Côte d'Ivoire, aucune tribu ne hait une autre dans ce pays, aucune contradiction majeure de type antagoniste, ne sépare les différentes communautés de ce pays au point qu'un groupe social veuille prendre les armes contre une autre partie de la population. Oui, Ivoiriens, je pense que le temps est arrivé de désigner du doigt, le mal : le mal ivoirien actuel est le fait de trois personnes qui ne s'aiment pas, qui se vouent une haine stupide (comme toute haine) ; trois hommes qui ont décrété que leurs personnes sont plus importantes que la vie d'un peuple ; trois personnes que les Ivoiriens ont portées sur le dos durant ces dix dernières années autant comme des espoirs que comme des fardeaux : Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara. Entre ces trois personnes, se dresse, énigmatique, insaisissable, troublant et ondulant comme silure d'étang insalubre, Seydou Diarra, Monsieur-solution-miracle-surgi-de-nulle-part, Seydou Diarra, l'homme-de-toutes-les crises, l'homme de toutes les sauces politiques aussi !

La quadrature infernale
Quatre, quatre personnes, tout au plus ! Seulement quatre individus ! Quatre noms qui mettent en péril la vie de toute une nation, l'espoir d'une sous région africaine à la recherche de stabilité. Quatre personnes qui perturbent et compromettent depuis quelques années, la vie de 16 millions d'habitants de leur peuple et celle de centaines de millions de la sous région ouest africaine. Quatre personnes, chers concitoyens, seulement quatre : Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Seydou Diarra. Nous savons donc d'où vient une grande partie de notre problème ; mais nous rusons avec nous-mêmes, nous trichons chaque jour avec la Côte d'Ivoire, avec l'Afrique de l'Ouest, avec le monde entier, nous peuple petit, " si prompts à l'esquive " (Césaire), enfoncés dans nos méprisables mesquineries ; nous, beaux dans nos petits souliers de rats de Palais et des anti chambres du pouvoir, à la recherche de la générosité du Maître ou du Prince ; nous, liés par une solidarité tribo-ethnique malsaine : " Comment on va faire, c'est notre frère qui est au pouvoir, on ne peut pas le lâcher " ; ou bien : "C'est notre frère qui est en train de se battre pour prendre le pouvoir; il fait tout cela pour nous (entendez la tribu), soutenons-le…”
Bédié, Ouattara et Gbagbo traînent derrière eux, une armée infecte de fidèles baoulé, agni, dioula, mossi, bété, dida et que sais-je encore ? Leur univers social et psycho mental pue le tribal, l'ethnique, le régionalisme : ce sont déjà des intelligences politiques dépassées, des symboles sociopolitiques d'un autre âge : l'âge du clan. Regardez tout simplement les noms des chefs de guerre et responsables des Forces Rebelles et vous serez édifiés. Observez les noms des porte-parole de chacun de ces trois leaders et vous serez tout autant édifiés.
Observez les noms de leurs collaborateurs les plus proches, vous comprendrez à quel niveau de construction nationale on en est dans ce pays. Chaque chef d'Etat de ce pays (hormis Robert Guéi) a confié (à quelques variantes près) les ministères clé de l'Etat (la Défense, la Sécurité, l'Economie et les Finances, la Justice, l'Intérieur) à des membres de sa tribu ou de son groupe ethnique : Banny, Mbahia Blé, Bédié, Léon Konan Koffi (tous des baoulé, sous Houphouët) ; Bandama N'gatta, Niamien N'goran, Faustin Kouamé,… (tous baoulé et akan, sous Bédié) ; Bohoun Bouabré, Boga Doudou, Yao N'dré, Lida Kouassi, Kadet Bertin, (tous également membres du groupe ethnique du Président Laurent Gbagbo !)...
D'Houphouët à Laurent Gbagbo, la perception du pouvoir politique est donc restée la même avec des dominantes amusantes : le recours à la tribu et son utilisation comme ressort de l'action politique, le goût (très nègre) de l'autocélébration qui se traduit ici par : une culture infecte et antirépublicaine des actes d'allégeance et de louanges au chef, de visites folkloriques et ennuyeuses au Palais pour exprimer de la reconnaissance au roi, des largesses du Grand Chef aux tribus soumises, etc.). "C'est ridicule de faire défiler des populations chez un chef d'Etat afin qu'elles aillent lui dire merci pour avoir électrifié un village. C'est son travail de le faire, tout de même ! " Celui qui tenait ces propos merveilleux s'appelle Laurent Gbagbo. Il était, en ce temps-là, un opposant, et sa parole était belle et intelligente comme celle d'un guide éclairé. Il faut croire que le pouvoir politique ne rend fou que les Africains !
Bref, concluons sur ces points en retenant que la ''conscience technocratique'' n'existe pas encore dans l'esprit de nos chefs - qu'ils s'appellent Houphouët, Bédié ou Gbagbo. Ils n'en ont que l'intuition, la primitive prescience, mais pas la conviction scientifique ni la perception rationnelle. Et l'Afrique (Noire surtout) traîne sur elle, comme une malédiction des dieux austères, ces étranges chefs d'Etat qui ne font que la retarder sur le chemin du progrès et du développement… Mais je me suis encore égaré, revenons au sujet du jour : l'avenir du pays.

Sortir de la quadrature
maudite
Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Seydou Diarra. Négligeons pour le moment le dernier cité. Bédié, Ouattara, Gbagbo ! Trois noms, trois orages, trois ouragans et tempêtes ! Non point que ces hommes soient en eux-mêmes des âmes mauvaises, mais tout simplement parce que l'histoire a fait d'eux, des hommes charismatiques. Ils n'ont pas usurpé ce charisme ; leurs parcours sociopolitiques hors du commun des Ivoiriens, légitime ce charisme. Mais les hommes charismatiques sont des personnages dangereux, et les peuples devraient apprendre à s'en méfier. (…).
Bédié, Ouattara et Gbagbo n'ont pas cependant toujours été nocifs pour notre peuple. Une analyse objective et froide de leurs actions respectives pourrait aisément montrer tout le bien qu'ils ont d'ailleurs apporté à notre pays, chacun dans son registre politique et onirique.
Ce n'est pas ici le lieu de faire un exposé sur ces choses que nous examinons avec plus d'attention dans un ouvrage à paraître . Juste quelques mots sur cette question, cependant:
Henri Konan Bédié fut effectivement pour la Côte d'Ivoire une seconde chance, à la fin du règne d'Houphouët. Ses réalisations sont là, témoins indiscutables de sa vision (positive et belle) de la Côte d'Ivoire ; entre autres : l'aéroport - cet aéroport qui, s'il n'est pas Roissy, fait tout de même partie de notre fierté nationale et nous fait oublier le maigrichon aérogare que nous avait laissé Houphouët ; les centres sanitaires (dispensaires, infirmeries, hôpitaux - pour rendre possibles la santé et l'Assurance maladie pour tous), l'impressionnant Palais de la Culture, l'amélioration du réseau routier (désenclavement du pays abbê et du pays lobi), les Fonds sociaux (pour libérer la jeunesse par et dans le travail - ici l'initiative privée), la perspective de la construction du troisième pont, celle de la Technopole (une sorte de Cité des Sciences et des Arts) pour favoriser le génie scientifique et la recherche, l'ouverture du marché ivoirien à l'Asie (Japon, Chine, Corée, etc.) à l'Afrique du Sud (route déjà tracée par Houphouët), aux USA ; le tout couronné par une grande vision : faire de la Côte d'Ivoire, le moteur de l'économie de toute l'Afrique Noire en favorisant, en l'espace d'une génération (25 ans), l'émergence d'une race d'industriels ivoiriens, capables de transformer la matière première. (…). Oui, il y a eu des choses sous Bédié : un grand rêve, des réalisations ; et les récriminations (justifiées) que j'ai eu à faire contre sa gestion éthique et républicaine de la Cité (les lég'; return true;" onmouseout="window.status=''; return true;">légèretés de son équipe, les méchancetés et suffisances de son entourage, le tribalisme affiché du chef qu'il fut - observez la configuration de ses différentes équipes gouvernementales), et par-dessus tout, cette rapacité au gain qui avait pourri l'âme du peuple, etc., toutes ces tares ne peuvent taire les réalisations d'un chef qui aura tout de même marqué son temps par des œuvres fortes et durables. (…).
Mais Henri Konan Bédié avait surtout eu contre lui, outre un des plus minables services de Communication dont aucun chef d'Etat sérieux au monde ne se serait accommodé, une opposition enragée, intraitable, incivique, anti nationaliste même par moments (ils étaient contents quand le FMI et la Banque Mondiale sevraient la Côte d'Ivoire ; ils sont même allés jusqu'à démolir dans ses fondements mythologiques et oniriques, le concept de l'Eléphant d'Afrique… comme s'il y avait un mal à ce que la Côte d'Ivoire soit le pays le plus fort d'Afrique) ; c'était aussi une opposition rompue à l'art de l'insulte au chef, de la propagande nocive, et elle était habile à l'intoxication : les deux mères de Bédié, le refus de l'appeler Président , le scandale sur le Ministre Ezan Akélé, celui des 18 milliards de l'UE, entre autres.
C'était, enfin, une opposition farouchement décidée à " le chasser du pouvoir ". Le Prince, peu vigilant, fut déchu un jour de… fête ! Il a quitté le pays dans la honte et la disgrâce, en lançant au dernier moment (sans doute plus par orgueil que par conviction), un appel à la résistance ; un appel qu'il savait vain, car tout avait été déjà joué. Plus tard, j'ai redécouvert le sens caché de ces mots prémonitoires qu'il avait écrits dans " Les chemins de ma vie " que je cite de mémoire imparfaite : Le jour où je constaterai que ce peuple est devenu ingouvernable et que l'on ne veut plus de moi, je m'en irai sans problèmes. Et l'homme partit en effet ainsi, sans soulever aucune passion houleuse à même de compromettre l'équilibre fragile de la nation qu'il avait servie avec des maladresses certes, mais aussi avec des réussites incontestables …
Comment nous apparaît Laurent Gbagbo ?
Plus de deux décennies dans l'opposition. Semeur d'espoirs nouveaux et leader de poigne. Oui, l'homme l'est. (…). Communicatif à souhait, et d'une rare simplicité et sociabilité, Laurent Gbagbo est certainement un chef fascinant et déroutant, un personnage politique non actuel ni ancien : un atypique. La Côte d'Ivoire lui doit en très grande partie d'être sortie de l'univers sclérosant et nocif du parti unique. Quand en décembre 1993, à l'annonce du décès du Président Houphouët, il donne sa caution pour l'application de l'article 11 (très combattue par l'opposition, du vivant d'Houphouët), article 11 qui lui barrait pourtant la route du pouvoir, il fait montre de toute sa grandeur et sa clairvoyance de leader moderne ayant assimilé les règles de fonctionnement d'un Etat moderne. Un " non " de sa part aurait eu en effet des conséquences terribles pour le pays : l'accession de Bédié au pouvoir serait compromise, et Ouattara était à l'affût, sans oublier l'Armée.
Comment un démocrate apparemment affirmé comme lui, a-t-il cependant pu déclencher le boycott actif (empêcher d'autres citoyens d'aller voter) et à en revendiquer les conséquences ?
Comment un leader moderne, si instruit des donnes de la modernité politique, a-t-il pu se laisser aller à saluer un coup d'Etat saugrenu et franchement inapproprié ? Nous étions à 10 mois de l'élection présidentielle que le FPI aurait pu gagner, tant les Ivoiriens étaient las du règne impudique du PDCI et de la gestion de l'Etat par Bédié.
Comment un socialiste affirmé comme Laurent Gbagbo, membre de l'Internationale Socialiste qui proscrit le putsch militaire, a-t-il pu, sans gêne, revendiquer pour son Parti, des postes ministériels (les plus juteux), au sein d'une Transition militaire antirépublicaine et anticonstitutionnelle ? Le partage du butin du coup d'Etat (distribution des portefeuilles ministériels aux putschistes militaires comme civils) n'est-il pas la réplique de cet autre partage des postes ministériels à Marcoussis, quelque 36 mois après le drame de décembre 1999 ? L'histoire est rancunière, et les faits nous renvoient toujours à nos manquements éthiques. Le politiquement indécent et l'imposture ne datent pas de la rébellion ; ils ont un précédent: décembre 1999.
Le FPI devra l'admettre : la caution apportée au coup d'Etat de décembre 1999 fut une erreur politique monumentale dans l'histoire (pourtant glorieuse) de ce Parti ; un parti courageux qui n'avait pas besoin de cela pour accéder un jour au trône.
Mais hier comme aujourd'hui, je pressens que Laurent Gbagbo s'est fait et se fait tromper par l'état major du Front Populaire Ivoirien. L'homme a certainement cédé sous la pression de son élite (composée en grande majorité d'enseignants mal payés et nécessiteux) pressée de jouir des avantages du pouvoir politique que permet un poste ministériel. Mais le rêve, juste et beau, d'une resocialisation des richesses du pays, que proposaient Laurent Gbagbo et ses compagnons, était aussi merveilleux que celui de Bédié. On sait les piliers de ce programme social : la gratuité de l'Ecole (même si ce n'était pas un fait nouveau), l'AMU, la Décentralisation effective qui, sous les Refondateurs, ne fut pas une vaine incantation de Prince baoulé. Le concept de budget sécurisé, la soumission des régies financières à candidature sont deux réflexes de bonne gestion à mettre à l'actif du mandat de Laurent Gbagbo ; et la Côte d'Ivoire devrait institutionnaliser cette pratique saine pour éviter que des prédateurs économiques mettent à mal le pays. Au bout de cette quête de bonne gouvernance, la libération du pays des forces néo colonialistes : oui, ce point fait effectivement partie du programme de la Refondation.
Relisez leurs productions intellectuelles antérieures à la rébellion et vous verrez cela. L'idéal était donc beau ; mais la manière n'y est certainement pas : pourquoi veut-on libérer ce peuple du néo colonialisme français pour le livrer au vampirisme américain ? Quels sont ces libérateurs qui sont à la recherche de nouveaux maîtres pires que le premier : l'Amérique exploite, pille et ne laisse rien - voyez le Liberia, la Sierra Leone, la Somalie, les Antilles, etc. Les Français construisent au moins quelque chose : cas de la Côte d'Ivoire.
Mais le FPI et Laurent Gbagbo traînent surtout sur eux un lourd contentieux historique : la manière d'avoir accédé au pouvoir ! (…). C'est pourquoi leurs incessants appels au recours à la Constitution pour dénouer la crise actuelle, a peu de chances de recevoir des échos favorables à l'entendement de l'intelligentsia politique de ce pays, du moins la tranche la plus démocrate et républicaine de cette intelligentsia : la Constitution ivoirienne de la Première République ne prévoyait pas non plus de coup d'Etat, ni de Transition militaire, ni de prise du pouvoir par la rue, ni de prestation de serment dans les conditions chaotiques que nous savons, tous ; autant de choses antirépublicaines et anticonstitutionnelles qu'avaient pourtant admises le FPI et son grand allié d'hier le RDR de Ouattara. (…). Il nous a fallu pourtant ''faire avec'' ces incongruités, au nom de la sauvegarde de la paix et de la nation que nous voulions construire…
Alassane Ouattara.
Il y a beaucoup à dire sur cet autre ouragan politique. (…) La Côte d'Ivoire politique de l'après Houphouët doit s'en prendre à elle-même d'avoir créé cette redoutable machine politique (…). Ouattara est le produit d'un de ces regrettables tours du destin qui sanctionne toujours les peuples légers, après qu'une vaste folie s'est emparée d'eux. Me reviennent encore à la mémoire, les écrits injurieux, franchement xénophobes et décadents d'une certaine presse contre cet homme qui a servi la Côte d'Ivoire, et dont le crime fut de se réclamer de ce pays ou de vouloir être Ivoirien !
Et même moi qui écris actuellement ces lignes, je confesse que je n'étais pas arrivé, hier, à comprendre l'anxiété des gens du Nord qui avaient fini par identifier les souffrances de Ouattara aux leurs : les tracasseries policières, les cogitations désobligeantes sur les patronymes, les raideurs administratives à leur encontre, etc. ; par-dessus tout, ces mots orduriers d'un fameux journal appelé Le National : " Mossi Dramane ! " récemment encore, au Palais de la Présidence, lors des concertations que le Chef de l'Etat avait décidées entre lui et les populations pour recueillir leurs points de vue sur les Accords de Pretoria, j'ai entendu des voix mauvaises scander : " Mossi ! Mossi ! Mossi ! " Et cela se passait dans l'enceinte du Palais de la république de Côte d'Ivoire ! Et j'ai eu mal et honte pour ce pays, mon pays ! Mais en quoi le fait d'être Mossi devrait-il être pour les Ivoiriens d'aujourd'hui, une marque d'indignité ? Est-il impossible d'être Mossi et Ivoirien ? S'il est possible d'être bété, baoulé, attié et être Ivoiriens ou Américains ou Français, il est de même possible d'être Mossi et Ivoirien. La nationalité est un fait juridique et non un don des dieux condescendants. M. Philippe Troussier, Blanc bon teint, est ainsi Ivoirien, et cela ne peut choquer que les imbéciles de nos républiques nouvelles, hystériques et bêtisées par des leaders de partis fous. (…).
Bref, Ouattara est le produit de contradictions (au départ mineures) que notre société couvait ; contradictions que nous avons, par nos égarements aveugles (facilités en cela par des dirigeants peu clairvoyants), nourries sottement, jusqu'à en faire aujourd'hui une contradiction principale : la peur de l'Etranger. Nous peuple hier si ouvert, nous avons aujourd'hui peur de l'étranger..
Que perdrions-nous à faire de Ouattara un Ivoirien, s'il était même avéré qu'il ne l'était pas ? De grands pays comme les Etats-Unis, le Canada, la France, l'Allemagne, achètent les cerveaux, font la cour aux intelligences pour développer davantage leurs pays qui sont déjà développés ; et nous, nous nous offrons le luxe farfelu de pourchasser une intelligence avérée. Alpha Blondy'; return true;" onmouseout="window.status=''; return true;">Alpha Blondy disait à propos de la crise entre Bédié et Ouattara : "Houphouët a fait de Bédié la solution de l'intérieur, et de Ouattara la solution de l'extérieur. Bédié a réussi à faire de Ouattara, le problème de l'intérieur et de lui-même Bédié, le problème de l'extérieur. " Génial cher ami ! (…).
Alassane Ouattara n'aurait jamais eu d'ambitions présidentielles si la classe politique du PDCI, couarde et manquant de clairvoyance, avait refusé la proposition que lui avait faite Houphouët de le nommer Premier Ministre .
Ouattara n'aurait jamais eu l'audience actuelle qu'il a, si toute la classe politique de ce pays avait fait corps dans le refus de le voir accédé au trône. Il n'aurait jamais eu cette surface de sympathie si l'on n'avait pas fait de lui un martyre, un persécuté, et si l'opposition de gauche n'en avait fait un grand allié dans son combat (alors peu nationaliste ) contre Henri Konan Bédié. (…).
Au total, il aura été pour notre pays (qui est aussi le sien) un danger permanent, une source inépuisable d'ennuis ; car le combat politique (en réalité individuel et lyrique) qu'il a mené sous le manteau d'une quête identitaire collective, farouche et violente et dont la rébellion est l'expression majeure (oui, Ouattara est fortement impliqué dans cette rébellion), est un combat sans concession, dont les dégâts, énormes, laissent de fortes cicatrices sur le visage des peuples.
Cette histoire que nous vivons actuellement est une sale histoire et nous la porterons pendant longtemps en nous. Ouattara incarne, avec Laurent Gbagbo, les deux pôles aimantés de la violence que la Côte d'Ivoire actuelle porte en elle et sur elle. (…). J'avoue que je n'aime pas l'action de cet homme, ses méthodes de résolution des contradictions du pays. Je n'aime pas cette obsession du pouvoir qui l'habite, l'agite, le ''frénétise'', l'exaltation excessive et agaçante de cet ego destructeur.
Un seul mot de Ouattara à l'endroit de la rébellion, et ces fous désarmeront ; une mission de Ouattara, une seule à Bouaké et Korhogo, et nous obtiendrons ce que ni l'ONU, ni Mbeki, ni la CEDEAO et Marcoussis n'ont pu obtenir : la réunification du pays par le désarmement. Et c'est la Côte d'Ivoire, le pays, son pays, notre pays, qui gagnerait. Mais Ouattara ne le fera pas : la haine qu'il a contre Gbagbo l'aveugle ; la haine aussi de Gbagbo contre lui rend sourd, le fils de Mama. Gbagbo, Ouattara : deux " prisonniers d'une haine " féroce ! La Côte d'Ivoire et la communauté internationale perdent leur temps à vouloir concilier leurs ambitions et à les réconcilier : plus rien n'est possible entre eux ! (…) ; plus rien d'autre que la guerre. Or, nous devons refuser la voie de la guerre, car la guerre est la solution des fous. Nous devons refuser la guerre, car c'est le choix de la démence.
Nous devons surtout refuser cette guerre qui consistera essentiellement à aller tuer une partie des nôtres, pour asseoir un pouvoir. Je dis " NON ", non et non !
Il apparaît finalement que le phénomène ADO est le produit de notre histoire moderne. Rejeter l'homme serait non seulement impossible aujourd'hui, mais stupide : cette rébellion qui paralyse tout le pays depuis trois ans, en est la preuve vivante et alarmante (…). Dans tous les cas, Ouattara est aujourd'hui un homme politique aguerri et accompli.
Les performances électorales de son Parti sont là pour justifier nos propos. (…). Il est désormais un des nôtres ; un membre à part entière de notre communauté éburnéenne. Cela est et doit être ainsi parce que l'histoire de ces quinze dernières années de notre pays respire de l'odeur de ses frustrations, de ses tentatives donner à ce pays, la chance de se réaliser pleinement. Pour moi, cette grande heure s'annonce par l'imminence de la Transition qui s'offre à nous, qui s'impose même à nous.
Oui, nous devons aller à une transition ; y aller, non pas parce que nous n'avons pu faire des élections, mais y aller parce que la Transition, civile, que les événements actuels nous permettent d'entrevoir, nous offre une occasion exceptionnelle d'observer une pause. Une pause, une trêve. Oui, Ivoiriens, arrêtons-nous un peu ; arrêtons-nous et faisons le point de tout ce qui nous est arrivé, de tout ce qui nous arrive.
Nous devons observer cette trêve parce que nous avons trop marché ; et tout marcheur, fût-il grand marathonien, a besoin d'un moment de répit.
Nous devons observer cette trêve parce que nous sommes aux portes de l'enfer ; et la proximité avec l'enfer nous fait mieux apprécier la qualité du Paradis. Les combattants sont épuisés, les politiciens sont épuisés, les médiateurs et les médiations sont épuisés, le peuple est épuisé, même notre presse des charognards est épuisée, les armes, de même.
Nous avons épuisé tout notre venin, toute notre haine, tous nos poisons (même s'il en reste encore suffisamment pour paralyser les membres du pays). Nous avons épuisé la mauvaise foi, la démence, nous avons même épuisé la sottise.
Nous avons donc épuisé tout ce qu'il y a de mauvais en nous, et il ne nous reste (heureusement !) plus qu'une seule chose que nous n'avons pas encore épuisée, que nous n'avons même pas encore expérimentée : la RAISON, le BON SENS qui rationalisent l'instinct de conservation.
Et ce bon sens nous impose cette transition.
Moi aussi, comme sans doute de nombreux Ivoiriens, de nombreux observateurs de l'étranger, de nombreux spécialistes de la politique, j'ai cru à la voie des élections comme seul moyen de sortir de la crise. Même Mbeki-le-brave-descendant-de-Chaka-le-Zulu-éclairé-du-ciel, y a cru. C'était une erreur ; la même erreur que nous avons commise il y a cinq ans, quand nous croyions que des élections pour bouter du Palais Robert Guéi est ses militaires, était la voie royale de sortie de crise ; parce que, pour nous tous, l'essentiel était que les militaires quittent le pouvoir et qu'un civil (en l'occurrence Laurent Gbagbo - c'était en tout cas mon souhait et celui de nombreux Ivoiriens) prenne le pouvoir . (…). Un homme alors, un seul, un homme qui a souvent été seul dans ce " pays frappé de cécité ", a dit une parole autre, en nous avertissant en vain du danger qu'il y avait à focaliser notre attention sur l'élection présidentielle, alors qu'il y avait, selon lui, plus important que cela : la sécurité du pays, cette Constitution confligène qui, entre autres hérésies (qui nous paraissaient alors d'importance secondaire) qu'elle contenait, décrète l'impunité aux auteurs du coup d'Etat de 1999 !
Seul donc au-dessus de la huée des fanatisés, seul parmi les varans - ce peuple sourd que nous étions devenus - Bernard Zadi (oui, c'est lui) a pu émettre sur la question, un avis contraire et différent : " Il y a trop d'armes dehors, trop de treillis en vadrouille, trop de conflits qui couvent ; il y a trop de problèmes dans ce pays. Réglons-les d'abord, mettons le pays en sécurité avant d'aller aux élections ", s'est-il échiné à nous le dire, en substance. Personne ne l'a écouté, et les élections eurent lieu pour… porter au pouvoir Laurent Gbagbo, dans les conditions que nous savons tous. Où en sommes-nous aujourd'hui, dites-le moi, chers compatriotes, où en sommes-nous ? Quelle est la leçon à tirer de cette situation ? Elle est simple, cette leçon, et la voici : L'essentiel n'est pas d'installer le Prince sur le trône, mais la manière de le faire. Le tout ne réside pas dans le fait d'être élu pour s'asseoir dans un trône, mais dans la manière d'accéder au pouvoir. Il écrit ceci dans son merveilleux livre " Fer de Lance " : Et naïf si naïf ce peuple qui croyait comme les grenouilles / du bon La Fontaine, qu'il suffisait de vouloir un roi nouveau / pour forcer les portes du renouveau et briser toute / servitude et les chaînes entêtées. / Mon peuple ? Un peuple de varans.
Laurent Gbagbo est arrivé au pouvoir en 2000 sous nos applaudissements : nous venions de chasser Robert Guéi et ses compagnons.
Où en sommes-nous aujourd'hui dites-le moi, où en sommes-nous ?
Aujourd'hui, comme hier, nous sommes face à la même problématique, au même carrefour des choix décisifs. L'histoire semble se réécrire et nous inviter à corriger la grosse erreur que nous avions commise, hier. Et, comme des imbéciles incapables de tirer le moindre enseignement du passé, nous entonnons encore nos trompettes maudites de la mort pour jouer le même morceau funèbre : " Elections, élections ! Les élections ! Il nous faut aller aux élections ! " Mais qu'est-ce que ce peuple qui ne veut pas changer ? Ces dirigeants impossibles, sourds au bon sens ? Des élections pour quoi ? Pour vivre quel idéal, quel règne, que nous n'avons pas encore vu ? Des élections pour voir couler combien de litres de sang d'innocents, que nous n'avons pas encore vu couler ? Qui vous dit d'ailleurs que la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui a même besoin d'avoir un PRESIDENT ? Président ! Ce mot qui les rend frénétiques, les met en transe !
Le pouvoir, le pouvoir, rien que le pouvoir !!! N'avons-nous que ça à faire?....

Entre l'obsession du pouvoir et le bon sens
Ceux qui ne visent que les élections ne voient en effet que le pouvoir, ce pouvoir ! Or, il est grand temps que ce pays enlève du cerveau de ses hommes politiques, cette obsession du pouvoir. Des élections, oui, mais pour quel (s) enjeu (x) ?
Sommes-nous, en toute honnêteté, prêts à accepter le verdict de ces élections ? Les partisans de Laurent Gbagbo (ils sont nombreux) sont-ils prêts à entendre proclamer par la CEI, que le candidat qui a remporté les élections d'octobre 2005 s'appelle Alassane Dramane Ouattara ? Le RDR et sa structure militaire satellite (le MPCI), sont-ils prêt à accepter une victoire de Laurent Gbagbo ? Le peuple baoulé, hypocrite comme tous les Akans, est-il prêt à accepter que ces ''Djoulas'' qui ont massacré leurs enfants, violé leurs femmes, désacralisé leurs forêts, offensé leurs rois, sali la terre d'Abla Pokou-la-Reine, voler leurs dieux rituels et tutélaires, ces gens du Nord, prennent le pouvoir pour les narguer ?
Que faites-vous de mes morts de Guitrozon, des suppliciés de Monoko Zohi, des tués de mars 2004 ? Monsieur Henri Konan Bédié, s'il venait même à être élu président en octobre 2005, pourrait-il gérer un pays dont l'armée ne lui fait plus confiance et en laquelle, il ne peut, lui non plus, désormais faire confiance ?
Quel président, démocratiquement élu, pourra-t-il gouverner ce pays des milices vagabondes, des flics braqueurs, des déserteurs prêts à l'assaut final, ce pays sale physiquement et mentalement, ce pays désordonné, indiscipliné, paresseux, sans repères, ce pays où plus personne ne fait confiance aux politiciens, ce pays où tout est laissé aux mains des prophètes, des pasteurs menteurs, des gbasseurs, des géomanciens ? Ce pays sale, ce sale pays qui a besoin d'une grosse toilette purificatrice ?
Pourquoi se mentir, chers compatriotes : aucun des camps en conflit n'est prêt à accepter le résultat des urnes, et notre problème est sérieux, trop sérieux pour qu'on le ramène à une banale affaire d'élection pour choisir un Prince ! La Galaxie dite patriotique n'est pas prête à accepter une victoire de Ouattara dont les fanatiques ne sont pas non plus prêts à accepter une victoire de Laurent Gbagbo que les suiveurs du Sphinx (devenus eux aussi fanatiques - chaque Parti ayant ses fous - qui est fou ?) n'accepteront pas non plus.
A quoi servent donc des élections dont personne n'est prêt à accepter le verdict ? Nous savons tous cela, du fond de nos cœurs. Alors, pourquoi rusons-nous avec nous-mêmes ? Pourquoi nous mentons-nous, Ivoiriens ?
Mbeki est excusable : il n'a pas compris et il ne pouvait comprendre l'âme du conflit ivoirien. Ce conflit repose sur la rivalité haineuse entre trois personnes : Alassane, Gbagbo et Bédié ; et tant que ces trois personnes seront les seules à décider du destin de la Côte d'Ivoire, aucune élection, aussi transparente sera-t-elle, ne résoudrait le problème ivoirien.
Ces trois personnes ne peuvent plus se faire confiance parce qu'elles savent elles-mêmes les alliances obscures qu'elles ont tissées ici et là, les coups scélérats qu'elles se sont faits, les manquements éthiques, les injures graves, mais surtout ce sang ; ce flot de sang versé qui les sépare, qui les monte et remonte les uns contre les autres, ce sang versé, le sang humain qui lui, crie réparation du fond des tortures et des meurtrissures injustes du corps.
Oui, Ivoiriens, le mal fait à cette terre ivoirienne est immense, plus profond que vous ne le croyiez. Au-dessus de ce mal, plus honteux et plus grave que la haine entre ces trois personnes, l'injure faite au bâtisseur de ce pays : Félix Houphouët-Boigny que nous avons offensé. Oui, je suis croyant, et je crois au Repentir, au Pardon des offenses et au rachat des péchés ! La bouche hermétiquement fermée, le visage sévère et déçu de la dépouille mortelle d'Houphouët en route vers Ebro, nous interpellent chaque jour, Ivoiriens. Mais qui d'entre nous comprendrait ce message dont mon Maître Zadi m'a souvent entretenu ? Non, frères, ouvrez grands les yeux : des élections dans le contexte actuel (même s'il y a le désarmement) nous conduiraient à la catastrophe. Plus rien n'est possible entre Alassane, Gbagbo et Bédié. Ces trois hommes sont devenus des poisons pour la vie nationale, des dangers permanents qui planent sur nous. Or, il faut résoudre la crise ivoirienne, la résoudre une bonne fois pour toutes. La Transition nous offre cette possibilité.

Comment mener cette transition ?

Des hommes nouveaux pour une nouvelle alliance
Demander "une transition sans Gbagbo " comme le fait le G7, est irréaliste, suspect et peu honnête. Mon avis à moi est qu'aucune d'entre les figures conflictuelles et ''confligènes'' en présence (Bédié et le PDCI, Gbagbo et le FPI, Alassane et le RDR, Diarra et ses nombreux talibés, Seydou-plus-taciturne qu'un prêtre tibétain), aucun d'entre eux donc, n'est habilitée à conduire une transition. Le Gouvernement de Réconciliation Nationale fut une grosse erreur, une insulte au bon sens : c'est parce que vous ne pouvez pas vous entendre que vous vous faites la guerre, et on vous a mis ensemble au sein d'un Gouvernement pour travailler !
Un peu de bons sens, voyons : c'est parce que vous ne vous entendez pas, vous ne pouvez pas vous entendre, qu'il faut une transition. Le bon sens veut donc que cette transition se fasse sans aucun d'entre vous.
Je le répète : nous sommes au moins 16 millions d'habitants dans ce pays. La Côte d'Ivoire n'est pas réductible au G7, à Seydou Diarra et à Laurent Gbagbo. C'est donc le lieu de lancer un appel à tous les fils de ce pays, à tous ceux des nôtres qui aiment ce pays et veulent le sauver. Ne vous cachez plus, sortez de vos réserves, faites entendre et voir vos voix (voies), joignez vos paroles aux nôtres.
Il faut que le monde entier sache que ce pays a des compétences capables de le sauver et de l'aider à aller de l'avant. La Côte d'Ivoire n'appartient pas à Gbagbo, Bédié et Alassane ; ce ne sont pas eux qui l'ont construite. Ne leur permettons pas de la détruire pour satisfaire leurs ambitions personnelles, chétives, bancales et mauvaises. Ne donnons plus l'impression aux gens que, sans Alasanne, Gbagbo, Bédié et Diarra, il n'y a plus d'intelligences en Côte d'Ivoire.
Comme de nombreux Ivoiriens, j'adhère donc sans réserve à la thèse d'une transition, de type civil. Cette transition doit être conduite par des hommes nouveaux, des hommes qui n'ont pas été impliqués dans cette sale histoire, des hommes qui ne sont pas encore compromis dans la sale politique de ce pays plein de réserves intellectuelles, ce pays riche en technocrates.
Aucune des figures agissantes et symboliques de la crise actuelle (fût-elle du FPI, PIT, RDR, PDCI, MFA, UDCY, UDPCI, ou machin machin) ne peut et ne doit faire partie de cette transition.
Sur le plan pratique, comment procéder ?
- confier le choix et la composition des membres de cette transition à l'ONU, en passant par la médiation de l'Union Africaine ou de la CEDEAO ou du Bureau Exécutif de l'Association des chefs traditionnels de Côte d'Ivoire ;
- demander à ceux d'entre nous qui se sentiraient des compétences à conduire cette transition, de déposer auprès de la structure de médiation choisie, une demande motivée, un CV complet, des pièces administratives de références citoyennes : casier judiciaire, situation fiscale, évaluation du niveau de sociabilité du candidat : par exemple : a-t-il déjà eu à mener, ou à poser pour le pays des actes citoyens comme : diriger une association, parrainer quelque activité, attribuer des bourses à des élèves, des étudiants, faire des dons à quelque structure sociale ?…
- sélectionner, à l'issue de l'examen sévère de ces demandes, une quinzaine de personnes aux compétences affirmées et à la moralité acceptable (après enquête) et dont l'engagement à la cause du pays ne souffre d’aucun doute ;
- pour les candidats retenus et qui seraient membres déjà de quelque grande Institution Internationale, demandez leur mise à la disponibilité de la Côte d'Ivoire avec la garantie et l'assurance qu'ils pourront réintégrer le poste abandonné, après avoir accompli la mission d'intérêt national, et même extra national (vu que notre pays est en proie à des enjeux internationaux) ;
- leur imposer un cahier des charges précises, sans ambiguïtés juridiques ; entre autres, et les plus essentielles : le désarmement des rebelles, la sécurisation du pays, le redéploiement de l'Administration ;
- que chaque candidat recueille un minimum de 500 signatures pour valider la demande. Veillez à ce que les noms de membres de la tribu du candidat ne dépassent pas le quart des signatures, et que le nombre des membres de la famille du candidat, signataires, ne dépasse vingt personnes ;
- etc. Un article de journal ne saurait épuiser cette question…
Ces hommes de la transition ne seront pas des membres d'un Gouvernement de Réconciliation Nationale - nous n'allons pas reproduire Marcoussis.
Il ne s'agira pas ici de réconcilier des gens dont la haine qui les empoisonne doit être désormais comprise de nous tous comme étant une affaire individuelle, non une affaire nationale. Il faut dénationaliser cette haine et la réduire à son expression la plus ridicule. Après tout, Ouattara, Gbagbo et Bédié ne sont pas obligés de s'aimer ; ils aiment suffisamment et respectivement Dominique, Simone et Henriette qui elles, en retour, leur donnent suffisamment d'amour. Laissons-les donc à leurs haines et amours épiques, et construisons la Côte d'Ivoire. Rêvons ce pays dans sa splendeur d'antan corrompue par des politiciens irresponsables et peu sérieux. Rêvons la Côte d'Ivoire du respect, la Côte d'Ivoire respectée des gens sages, propres, élégants, civilisés, instruits, bien habillés : la merveilleuse Côte des Bonnes Gens, la Côte poétique des Ivoires fabuleux que, demain, devenu Grand-pépé à la pipe envoûtée, je voudrais pouvoir conter aux enfants de mes enfants.
Tournons résolument dos à cette Côte d'Ivoire présente des guérilleros, des rebelles, des milices, des dozos rigolos et farfelus, des patriotes fous et ensorcelés, ce pays des gens mal élevés, belliqueux, prétentieux, cette mauvaise Côte d'Ivoire inutilement orgueilleuse, prompte à la falsification, à l'accusation, cette Côte d'Ivoire des dirigeants sales et innocents qui n'ont jamais commis de fautes : le démon ici, n'est-ce pas, c'est les autres : le Burkina-Faso, la France et les Blancs. Non, je ne marche plus ! Et j'exige, de ma plume, une Côte d'Ivoire responsable et sérieuse. C'est pourquoi, il nous faut une transition, pour éviter que d'autres rebellions éclatent.
Je le répète : ne manquons pas le train de cette transition. C'est une chance que l'Histoire nous donne, une opportunité exceptionnelle qui ne s'offre pas facilement aux peuples déchirés. Oui, une transition, pour nous permettre de respirer, une transition civile pour conjurer le coup d'Etat sanglant qui s'annonce, qui va surgir si nous refusons d'anticiper ; une transition pour nous permettre de dissiper la brume et de voir un peu plus clair. Une transition, enfin, pour RENAITRE à notre beau pays d'hier !
En toute liberté de penser, de critiquer et de faire des propositions.

Tiburce KOFFI Kouadio
Enseignant et écrivain (je dis bien enseignant et écrivain)
07-91-79-66/ email : tiburce_koffi @ yahoo. fr
Tél : (00225) 22-44-26-39
Adresse postale : 08 bp 470 Abidjan 08.
PS: à l'endroit des responsables de rédaction : l'original de ce texte a été déposé chez un avocat et chez mon éditeur. Toute déformation (ajouts ou soustraction) sera considérée par son auteur comme un acte suspect, scélérat et frauduleux et donc passif de poursuite judiciaire. Même pour changer ou modifier les intertitres, en aviser d'abord l'auteur, avant publication.


SENEGAL / FETE DE LA RESISTANCE A AGBOVILLE / ALLOCUTION DE S.E.M.LAURENT GBAGBO PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Mardi 4 Octobre 2005

Je voudrais d'abord saluer Agboville pour ce qu'elle est.
La ville d'Agboville est un symbole de la résistance. D'abord la résistance anti-coloniale.
Les Abbey ont opposé à l'administration coloniale, une résistance farouche. Ils se sont battus des années contre l'occupation étrangère.
Mais Agboville c'est un esprit, on n'est pas Agbovillois en vain, moi-même je suis Agbovillois, puisque c'est ici que j'ai commencé l'école et je viens de visiter l'école régionale d'alors devenue EPP Plateau 1. Les temps changent, les noms aussi.
Mais on n'est pas Agbovillois pour rien. Quand les rebelles sont rentrés à Agboville, les musulmans de cette localité ont eu un comportement d'Agbovillois.
A Agboville, c'est comme ça on est. On dit on ne veut pas de la rébellion et ils n'en ont pas voulu.
Je souhaite que vous fassiez un ban pour nos frères musulmans et pour l'Imam d'Agboville. Je voudrais saluer les jeunes que vous êtes. Or, la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui, c'est 70% de jeunes qui ont moins de trente (30) ans.
La Côte d'Ivoire d'aujourd'hui, c'est une population de 47% qui a moins de 20 ans. C'est cela la Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire est un pays jeune aujourd'hui. Ceux qui veulent décider des choses dans des salons ailleurs ou même ici, sans compter avec les jeunes, se trompent.
Vous les jeunes de Côte d'Ivoire, c'est pour vous que je travaille aujourd’hui, c’est pour vous que je travaillerai demain. Applaudissez-vous vous même. Nous n'avons pas le droit de vendre ce pays aux enchères.
Sinon, quand les jeunes seront adultes, ils nous le reprocheront. Quand on dit toujours que l'histoire nous jugera, cela veut dire que les jeunes nous jugeront. Moi, je n'ai pas l'envie de laisser la réputation d'un chef d'Etat peureux, couard et fuyard.
J'ai l'intention de laisser la réputation d'un chef d'Etat qui défend les intérêts de son pays, qui défend l'avenir de son pays et qui croit que sans l’avenir de son pays, il n’y a pas de raison qu’il soit au pouvoir.
Je suis élu par les Ivoiriens, pour les Ivoiriens, pour la Côte d'Ivoire et je défendrai bec et ongles, la Côte d'Ivoire aujourd'hui et demain. Mes chers amis, en quels termes se posent les problèmes aujourd'hui ? Des problèmes que je n'ai pas créés.
Parce que quand même, cette guerre a une histoire ! Et l'histoire de cette guerre commence à la mort d'Houphouët-boigny en 1993, quand deux de ses héritiers ont commencé à faire la guerre, Ouattara et Bédié. C'est cela la vérité.
Dans cette guerre que se livraient Ouattara et Bédié, il y a un troisième fils d'Houphouët, Guéi, qui voyant que les deux autres se livraient la guerre devant un plat succulent, est venu prendre l'héritage et il est allé le manger dans un coin. Donc c'est une histoire de famille.
Ouattara ici, Bédié là et Guéi qui vient par derrière, la famille ainsi divisée, nous n'avons fait que lever la tête pour les écraser tous . C'est ce que nous avons fait. Je n'ai pas suscité la bataille, mais la voyant, j'en ai profité. Alors s'ils n'ont pas été capables de gérer l'héritage de leur père, pourquoi s'en prennent-ils à moi ? Je n'ai jamais dit que je suis de cette famille. C'est ça l'histoire de cette guerre. Donc je gagne. Mais une fois que je suis au pouvoir, ils se regardent et se rendent compte que l’enfant du village voisin a gagné.
Alors, ils prennent les fusils, ils viennent me faire la guerre. Non ce n'est pas la règle du jeu. Le fusil ne fait pas partie des règles du jeu. Laissez le fusil, nous allons jouer.
Maintenant que je suis au terrain avec le ballon je vous dis que vous ne pourrez plus me l’arracher. Donc cette guerre a une histoire. C’est l’histoire d’un héritage mal géré par eux-mêmes, c’est l’histoire d’une guerre qu’ils se sont livrée entre eux-mêmes.
Mais enfin !. Hier, J'ai dit à un ami d'Alassane Ouattara, dites-lui de venir me remercier. Parce que sous Bédié, Ouattara était pourchassé pour faux et usage de faux. Il y avait un mandat d'arrêt international contre lui. Est-ce que vous avez oublié cela.
Et sous Guéi Robert, il était interdit à Ouattara de prendre l'avion pour sortir de la Côte d'Ivoire. Je lui aï donné la liberté de voyager, je lui ai donné la nationalité. Je lui ai même donné l'éligibilité. Il doit faire une délégation pour venir me remercier à Mama. Au lieu de cela, il m'attaque. C’est pourquoi, il ne va jamais gagner. Parce que c'est injuste. Or, Dieu n'aime pas les choses injustes. Quant à mon frère de Daoukro, il vient me voir, il me dit « petit frère, comme on doit donner le prix Félix Houphouët-Boigny à Paris et que tu n'y vas pas, je suis venu te dire au revoir ». Je lui réponds « d'accord, tu as mes encouragements. Il faut y aller et tu reviens vite ».
Il arrive à Paris, il dit : "je suis en exil". Est-ce qu’on fait ça ? Ce n’est pas bien et c’est pourquoi lui aussi il ne va pas gagner parce que Dieu n’aime pas ça. C'est eux-mêmes qui créent les conditions de leur perte et de leur défaite politique, ce n'est pas moi. Quand la Côte d'Ivoire a été attaquée, vous avez bien compris que ce n'est pas Laurent Gbagbo qui a des difficultés mais que c'est vous. Que c'est votre avenir qu'on veut compromettre.
Parce que quand moi je dis qu’il faut faire l’école gratuite, ce n’est pas pour moi. Moi j’ai fini l’école. Quand je dis qu’il faut l’AMU c’est pour vous. Quand je dis qu’il faut un fonds de solidarité pour que les jeunes gens créent leurs entreprises, c’est pour vous.
Quand je dis donnons la filière Café-Cacao aux paysans pour qu’ils vendent eux-mêmes leurs produits, ce n’est pas pour moi.
Je ne suis pas planteur. Quand je dis créons les conseils généraux de départements pour que les gens eux-mêmes gèrent leurs départements, ce n’est pas pour moi. Donc vous savez que c’est vous qu’on a attaqué, et que c’est pour vous que je me bats. Parce qu'il y en a qui veulent devenir Président de la République pour avoir de l'argent. C'est leur problème.
Le poste de Président de la République, ce n'est pas un poste ou on gagne de l'argent. Donc si quelqu’un est à ce poste et qu’il dit avoir gagné de l’argent c’est que….. Quand on veut se faire de l’argent, la meilleure manière, c’est d’être chef d’entreprise, c’est à dire homme d’affaire. Je suis là dans le but de faire quelque chose pour mon pays.
Ce qu'on n'a jamais fait pour la Côte d'Ivoire en 45 ans, c'est ce que je veux faire.
Et c'est ce que je suis en train de faire. Je leur demande une seule chose à N'Zuéba and Co, Alassane and Co et aux autres compagnies : "Laissez-moi travailler, laissez-moi la paix, laissez-moi respirer pour que je travaille, et qu'on voit ce que je sais faire. C’est tout ! » Vous les jeunes, je vous remercie un million de fois. Parce que vous avez compris le sens de mon combat. Il ne peut pas s'agir d'un combat individuel pour arriver là où je suis.
Il s'agit d'un combat pour l'histoire. Je me bats pour laisser des traces dans l'histoire de la Côte d'Ivoire.
En Afrique, il y a souvent des problèmes parce que les gens arrivent au pouvoir et ils agissent comme des personnes ordinaires. Nous sommes 17 millions d'habitants.
Mais si c'est moi seul qui suis Président, ça signifie quelque chose spirituellement. Il faut donc se mettre à la hauteur de ce choix spirituel, à la hauteur de ce choix mystique et laisser les traces que le très haut attend de moi.
Je suis ne suis pas là pour chercher de l’argent. Je suis là pour les traces que le très haut qui m'a mis là attend que je laisse pour la Côte d'Ivoire et toute l'Afrique. C'est parce que ces traces sont importantes que le diable se débat comme il le fait actuellement.
Maïs nous nous battrons et nous gagnerons, parce que c’est nous qui avons raison.
Celui qui pense que Gbagbo va se décourager un jour et laisser le combat, se trompe.
A tous ceux qui croient que Gbagbo va céder au découragement et s'asseoir, je leur dis tranquillement mais sereinement que ce n'est pas de moi qu'ils parlent. Parce que je ne me découragerai pas, je ne laisserai pas tomber mon pays, je combattrai et je gagnerai.
Il faut que ces vérités élémentaires soient connues, il faut qu’elles soient claires, il faut qu’elles soient sues.
Et à partir de ce moment on pourra travailler.
Vous les jeunes, vous êtes le futur, vous êtes l'avenir, rentrez en brousse et préparez les élections. Il faut que dans tous les hameaux de Côte d'Ivoire, les élections soient préparées car coûte que coûte nous allons voter. Quand on se dit démocrate et fort, on ne recule pas lorsqu’on parle d’élection. Je vous le dis aujourd’hui et sachez-le, de toutes les façons, nous irons aux élections et nous gagnerons. Le trouble chez l'ennemi, est tellement fort, qu'il panique.
Et c'est ce qui va nous encourager. Vous les jeunes de tous les horizons, votre rôle aujourd’hui, c’est de vous préparer à ces élections.
Il faut que vous débusquiez tous ceux qui n'ont pas le droit de voter et que nos ennemis veulent absolument mettre sur les listes. C'est la mission nouvelle qui vous est assignée. Débusquez les fraudeurs, inscrivez les ivoiriens, inscrivez vous vous-même.
On va gagner, n'en doutez même pas une seconde.
La guerre est finie. Ceux que nous voyons, s'ils pouvaient encore faire la guerre, ils ne se comporteraient pas ainsi.
La guerre est finie, enterrons-là.
Je vous l’ai dit dans mon dernier discours. Ce qu'on me demandait de faire n’était pas bon. C’était même humiliant pour la Côte d'Ivoire. Mais je l'ai fait pour montrer à tous ceux qui me le demandait que je n'ai peur de rien, ni de personne.
Je l’ai fait parce qu’il fallait que la preuve soit apportée pour qu'après, la Côte d'Ivoire ait la paix.
Il fallait que je fasse comme David qui a mené toutes les guerres, même contre son fils Absalon afin que Salomon ait un règne tranquille et heureux.
Il fallait que pour la survie de la Côte d'Ivoire, je mène cette bataille, que je résiste pour que demain, les coups d'Etat ne soient plus de mode ni en Côte d'Ivoire, ni en Afrique.
Car regardez bien, après ce qui se passe en Côte d’Ivoire, quand ils auront tout essayé et qu’ils auront échoué, les gens désormais réfléchir longtemps avant faire un coup d’Etat en Afrique.
Ils vont se souvenir de la Côte d’Ivoire et de Laurent Gbagbo. Parce que nous travaillons pour la Côte d’Ivoire mais au-delà de notre petit pays, nous travaillons pour l’Afrique.
C'est pourquoi je vous appelle tous ici à être dignes de l'Afrique et à rester debout. C'est pourquoi j'appelle tous les dirigeants de l'Afrique libre, démocrate et progressiste à se dresser et à prendre position pour la Cote d'Ivoire .
Le Seigneur a commencé et doucement nous avançons. Nous avons une réunion importante le 6 octobre à Addis-Abeba et le 13 octobre à New York'; return true;" onmouseout="window.status=''; return true;">New York.
Et après ? Les rebelles n'auront plus de cartouches ! Parce que tout sera fini.
La tempête qui s'est levée contre le navire de Pierre sera tombée. Tenez bon ! Tenez encore quelques temps, le jour se lève, le jour s'est levé. Croyez en ce que Dieu dit toujours. Il dit : « j’ai vécu longtemps mais je n’ai jamais vu le juste mendier. Je n’ai jamais vu la postérité du juste mendiant son pain.» Soyons justes c'est-à-dire défendons notre pays. Défendons la vérité et combattons les menteurs.
La guerre est finie je vous le dis parce que ceux qui s’agitent maintenant le font pour essayé d’exister encore. Le jour se lève. Que Dieu vous bénisse, je vous remercie.


SENEGAL / 2EME CONFERENCE MINISTERIELLE DE L'UNION AFRICAINE ET DU NEPAD SUR LES SCIENCES ET LA TECHNOLOGIE

Dimanche 2 Octobre 2005

La deuxième conférence ministérielle de l’Union africaine et du Nepad sur les Sciences et la Technologie au service du développement de l’Afrique dont le thème est : « Un plan pour agir ensemble » s’est tenue à Dakar, du 27 au 30 septembre 2005. L'Ambassade a été représentée aux travaux par M.GNANZOU KOUTOUAN , chargé du service commercial .

Des ministres et experts, représentant les 53 pays membres de l’Union Africaine, ainsi que des représentants des organisations internationales, telles que l’Union Africaine, l’UNESCO et des pays partenaires, ont pris part aux travaux de la conférence.

La cérémonie d’ouverture, à laquelle L’Ambassadeur Fatimata TANOE TOURE a pris part, a été présidée par le chef de l’Etat sénégalais, Me Abdoulaye Wade.
Selon lui, l’Afrique gagnerait à tirer expérience de l’Asie pour son développement. Les Africains ne doivent pas être de simples consommateurs de science et de technologie, « mais des créateurs ». D’où la nécessité de préparer les ressources humaines pour répondre aux sollicitations du futur.
Le président Wade a par ailleurs invité les conférenciers à réfléchir sur cette mission consistant à faire du continent un foyer de recherche scientifique.
Ce qui suppose une implication du secteur privé, des jeunes et des femmes.

Le représentant de l’Union africaine a, quant à lui, appelé à développer les capacités à résoudre les problèmes africains pour une autonomie technologique.
Il a de même invité les dirigeants africains à assurer un financement de leur programme à partir du budget national de chaque pays et non grâce à l’assistance extérieure.

La rencontre a été l’occasion pour l’Afrique du Sud de passer le témoin de la présidence au Sénégal. Elle a aussi permis de renouveler la composition du bureau ministériel qui est désormais composé du Nigeria, Sénégal, Congo, Ethiopie, Zimbabwe, Egypte. De même, la composition du comité de pilotage a été renouvelée et Madagascar a été retenue pour en faire partie.

Les travaux de la Conférence ont porté surl’examen du Plan d’action africain consolidée sur les Sciences et la Technologie, ainsi que du projet de Facilité africaine pour les Sciences et l’Innovation.
Les déclarations des chefs de délégation des pays africains, ont mis en exergue la nécessité de renforcer les structures de recherches au niveau de chaque pays ainsi que le renforcement des réseaux de recherche en Afrique.
Des questions traitant du financement des recherches en Afrique, des difficultés de communication des travaux de recherche, des priorités en matière de recherche ont également été soulevées.
Il convient de rappeler également qu’au sommet de Johannesburg, la conférence des ministres avait adopté le plan d’action et pris l’engagement d’ «établir un espace politique approprié pour l’avancement scientifique et technologique » de l’Afrique.

Prenant la parole, au nom de la Côte d'Ivoire , le Ministre de la Recherche Scientifique , M.Mamadou KONE , , a évoqué le rôle joué par l'Afrique en matière de Sciences et Technologies . Il a présenté les activités entreprises au sein des 09 centres et instituts de recherche nationaux. Il a mis l’accent sur la capitalisation et la valorisation des acquis scientifiques et l'apport inestimable des chercheurs africains.


LETTRE DE LEADERS POLITIQUES IVOIRIENS AU PRESIDENT DE L'UNION AFRICAINE M. OBASANJO SUR L'APRES 30 OCTOBRE DATE DE LA FIN DU MANDAT DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

Samedi 1 Octobre 2005

Monsieur le Président de la République,

Au moment où va se tenir à Abuja, le 30 septembre 2005, un sommet de la CEDEAO consacré à la crise ivoirienne, nous voudrions, par la présente, vous faire part de notre analyse sur la situation en Côte d’Ivoire à l’expiration du mandat présidentiel fin Octobre 2005.

En effet, la Côte d’Ivoire se trouvera à trente jours du 30 octobre 2005, date limite pour la tenue du premier tour de l’élection présidentielle, conformément aux dispositions de l’article 36, 4ème alinéa de la Constitution.

Il est acquis, désormais, que cette échéance constitutionnelle ne pourra pas être respectée. Il nous suffira de rappeler, à cet égard, la déclaration faite, récemment, par le Secrétaire Général de l’ONU, Son Excellence KOFI ANNAN, où il a pris acte de «l’impossibilité de la tenue d’élections crédibles à la date constitutionnelle du 30 octobre 2005».

Cette prise de position du Secrétaire Général de l’ONU conforte les analyses que nous avions déjà faites dans notre correspondance en date du 8 septembre 2005, sur les retards constatés dans la mise en œuvre des différents accords de paix sur la Côte d’Ivoire.

Cette situation qui n’est pas prévue par la Constitution crée un vide juridique qui nécessite la mise en place d’une transition civile comme unique voie de sortie de crise.

1- Le problème de vide constitutionnel

L’article 35 de la Constitution dispose que le mandat du Président de la République est de 5 ans.

Selon l’article 36, «le premier tour du scrutin a lieu dans le courant du mois d’octobre de la cinquième année du mandat du Président de la République»

Le vide constitutionnel concerne la période qui court à compter du 1er novembre 2005 jusqu’à la tenue effective des prochaines élections dans les conditions acceptées par tous. Aucun des articles de la Constitution traitant de l’élection du Président de la République ou de son mandat ne peut s’appliquer à cette période. Ce sont essentiellement les articles 35, 36, 38, 39 et 40.

Si au cours du déroulement normal des élections ou de la proclamation des résultats, des événements ou circonstances graves (atteinte à l’intégrité du territoire, …) survenaient, l’article 38 autorise l’arrêt des opérations électorales ou la suspension de la proclamation des résultats et permet que le Président de la République demeure en fonction, pendant quatre-vingt dix (90) jours au maximum.

Vous noterez que l’article 38 s’applique uniquement lorsque :

les électeurs ont commencé à voter, effectivement, et que des événements viennent interrompre «le déroulement normal des élections» ;

«la proclamation des résultats» a démarré, quand des événements surviennent, pour l’interrompre.

Au 30 octobre 2005, aucune de ces deux hypothèses ne pourra se présenter. En conséquence l’article 38 ne pourra s’appliquer.

Lorsqu’il n’y a pas eu d’élection au terme du mandat du Président sortant, l’article 39 ne peut être appliqué. Il règle uniquement le conflit de compétence entre le Président sortant et le Président entrant ; les pouvoirs du premier prennent fin dès la prestation de serment du nouveau président.

En effet, cet article 39 ne peut s’appliquer que :

dans le cas où l’élection s’est déroulée, sans incident, à l’échéance constitutionnelle ;

lorsque des «événements ou des circonstances graves» ont interrompu «le déroulement normal des opérations électorales (…) ou la proclamation des résultats».

Par ailleurs, l’article 40 confie l’intérim du Président de la République au Président de l’Assemblée Nationale, en cas de vacance par décès, démission ou empêchement absolu. Mais, l’article 40 s’applique uniquement lorsque le mandat du Président de la République est en cours. Nous faisons observer qu’à l’expiration du mandat du Président de la République, le 30 octobre 2005, il ne saurait y avoir d’intérim à assurer.

2- La nécessité d’une transition civile

De notre point de vue, pour faire face à ce vide constitutionnel, une transition civile s’impose.

En effet, les nombreux blocages qui ont émaillé et ralenti le processus de paix, depuis trois ans, résultent des causes suivantes :

volonté clairement affichée par le Président de la République et le camp Présidentiel de recourir à la guerre comme unique solution de sortie crise, comme en témoignent les différentes violations directes ou indirecte de cessez le feu (M’bahiakro, Logoualé, Bouaké) ;

dénaturation délibérée par les députés membres du FPI, des textes de lois issus des accords ;

Aussi, nous tenons, expressément, le Chef de l’Etat, Monsieur Laurent Gbagbo et le camp présidentiel pour principaux responsables de ces blocages.

C’est pourquoi, nous estimons qu’un simple report technique ou une transition dans laquelle le Président Laurent Gbagbo demeurera Président ne fera qu’accentuer les blocages et aggraver les souffrances du peuple de Côte d’Ivoire.

Au surplus, nous tenons à relever les révélations graves et précises faites par des Officiers Généraux et des Officiers Supérieurs des FANCI, notamment l’ex Chef d’Etat Major des Armées et l’ex porte-parole des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire, sur l’existence effective des escadrons de la mort logés à la Présidence de la République et dont les membres nommément désignés sont recrutés dans l’entourage immédiat du couple présidentiel.

L’extrême gravité de ces révélations jette un discrédit total sur le Chef de l’Etat et le disqualifie, d’autant plus qu’il a violé le serment qu’il a prêté, en ces termes, lors de son investiture, sur la base de l’article 39 de la Constitution :

«Devant le peuple souverain de Côte d’Ivoire, je jure solennellement et sur l’honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution, de protéger les Droits et Libertés des citoyens, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans l’intérêt supérieur de la nation. Que le peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur des lois si je trahis mon serment».

Nous accusons directement le Chef de l’Etat, Monsieur Laurent Gbagbo, d’avoir trahi son serment sur la question des Droits de l’Homme, des Libertés Publiques et de l’intégrité du territoire, en raison de la partition du pays et des violations répétées des Droits de l’homme.

Nous considérons que le Chef de l’Etat, Monsieur Laurent Gbagbo, s’est discrédité et disqualifié pour conduire cette transition. La transition devra donc se faire sans Monsieur Laurent Gbagbo comme Président.

La nécessité d’une concertation politique pour la mise en place de la transition civile

D’une manière générale, les conditions et modalités de mise en place de la transition devront être discutées et arrêtées, de façon consensuelle, par l’ensemble de la classe politique, avec l’assistance de la Communauté Internationale.

Concernant particulièrement ses missions, elles visent toutes les réformes Constitutionnelles et législatives découlant de l’application des Accords de paix de Linas Marcoussis, d’Accra et de Pretoria, qui n’ont pas encore été effectivement mises en œuvre, à ce jour, à savoir :

L’achèvement des réformes Législatives et constitutionnelles ;

L’identification des populations ;

La révision des listings électoraux sur toute l’étendue du territoire ;

Le désarmement et le démantèlement des Milices ;

Le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des combattants ;

La réunification du pays ;

Le redéploiement de l’administration ;

La restauration de la sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire, en faisant évoluer le mandat onusien ;

Le rétablissement de l’intégrité territoriale ;

La formation d’une nouvelle armée républicaine ;

L’instauration de l’Etat de Droit ;

La promotion de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale ;

L’organisation d’élections justes, libres, transparentes, crédibles et ouvertes à tous, pour doter le pays d’Institutions Démocratiques et Légitimes.

Les problèmes matériels pour la tenue des élections

Il apparaît clairement que les élections ne peuvent se tenir sans un cadre technique adéquat et un environnement sécuritaire et démocratique rassurant.

Au plan technique, on note, notamment :

la non mise en place de la Commission Electorale Indépendante (CEI), le décret portant nomination de ses membres n’est toujours pas signé par le Chef de l’Etat, bien qu’il ait été adopté par le Conseil des Ministres;

les documents d’identification définitifs, en l’occurrence les cartes nationales d’identité, ne sont plus délivrés aux populations ivoiriennes depuis six ans ;

l’absence du recensement électoral depuis sept ans ;

l’indisponibilité du listing électoral, qui aurait dû être affiché depuis le 31 juillet 2005, soit trois mois au minimum avant le premier tour du scrutin présidentiel ;

l’impossibilité matérielle et financière de confectionner des cartes d’électeurs.

Au plan de la sécurité, la situation du pays se caractérise, particulièrement, par :

la prolifération des milices armées, qui opèrent en plein jour et en toute impunité, sur toute l’étendue de la zone sous contrôle gouvernemental;

un grave retard accusé dans le désarmement des forces belligérantes ;

un détournement massif des dotations officielles en armes de guerre vers les milices et groupes armés à la solde du Chef de l’Etat ;

la violation persistante et réitérée des Droits de l’Homme dans l’impunité la plus totale.

Enfin, au plan démocratique, nous nous contenterons de relever :

la partition de la Côte d’Ivoire en deux zones ;

la rupture de confiance entre les acteurs de la vie politique ;

le non redéploiement de l’administration ;

la militarisation de l’administration en zone sous contrôle gouvernemental ;

les atteintes aux libertés et aux principes démocratiques les plus élémentaires.

Conclusion

Nous restons convaincus que tant que le Président Laurent Gbagbo et le camp présidentiel demeureront les principaux gestionnaires de cette crise, les blocages ci-avant énumérés se perpétueront.

De notre point de vue, le retour à une paix durable en Côte d’Ivoire passe par une transition civile consensuelle et pacifique.

Nous nous réjouissons de la poursuite des efforts de la CEDEAO et de l’UNION AFRICAINE, en vue de la résolution de la crise ivoirienne et vous assurons de notre soutien.

Nous exprimons, à nouveau, notre gratitude à la communauté internationale, ainsi qu’au Secrétaire Général de l’Onu, Son Excellence Monsieur Kofi Annan, pour la constante sollicitude à l’égard du peuple de Côte d’Ivoire.

Nous vous renouvelons notre disponibilité à contribuer, de façon responsable et déterminante, à la mise en œuvre diligente de la transition civile et à sa gestion concertée et consensuelle, avec l’appui indispensable de la Communauté Internationale.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en l’assurance de notre très haute considération.

Abidjan, le 29 septembre 2005

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Les Forces nouvelles haussent le ton/ Amadou Koné (Dircab. de Guillaume Soro):

“Nous nous donnerons les moyens pour empêcher Gbagbo”

La question du vide juridique à partir du 30 octobre préoccupe énormément toutes les forces politiques ivoiriennes. Elles profitent de toutes les tribunes pour en parler. Les Forces nouvelles n’échappent à la règle.

Hier au Golf Hôtel, le Directeur de cabinet du secrétaire général des Forces nouvelles a animé une conférence de presse sur la situation de l’école dans les zones sous leur contrôle. Il avait à ses côtés M. Tokpa Mamadou, secrétaire national des Fn chargé de l’éducation, le Colonel-major Sinima Bamba, président du comité de pilotage Ecoles et examens et M. Aly Coulibaly, membre dudit comité. Après l’exposé liminaire d’Amadou Koné, le Colonel-major Bamba a pris la parole pour faire la genèse du blocage actuel des examens scolaires en zone Fn. Situation, dit-il, dont la responsabilité incombe au ministre de l’Education nationale, M. Amani N’Guessan. Très vite, après les exposés, l’actualité oblige, les échanges avec les journalistes ont porté sur la situation politique intérieure. Etablissant un lien entre le refus du ministre Amani d’organiser les examens en zone Forces nouvelles et l’actualité politique nationale marquée par le discours musclé du chef de l’Etat mardi dernier, Amadou Koné a été catégorique : « M. Laurent Gbagbo prépare un désordre dans notre zone ». Puis il a ajouté: « mais qu’il se dise que nous l’attendons sur ce terrain. Nous nous donnerons les moyens pour empêcher le désordre que Gbagbo prépare ». Le conférencier a dit qu’il ne comprend pas pourquoi c’est au lendemain du discours du chef de l’Etat que le ministre Amani a décidé d’annuler l’organisation des examens en zone Forces nouvelles. Pour M. Koné, cela est inadmissible. A propos de la transition politique que réclament les forces politiques regroupées au sein du G7, le directeur de cabinet de Guillaume Soro a fait savoir que « les propositions des Forces nouvelles sont prêtes ». En fin de compte, le conférencier a dit que face à cette prise en otage de l’école par le régime, les Forces nouvelles prendront leurs responsabilités en organisant les examens très prochainement dans leur zone.

Ibrahima Kamagaté


PROCESSUS DE PAIX EN COTE D'IVOIRE / SOMMET EXTRAORDINAIRE DE LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ETATS DE L'AFRIQUE DE L'OUEST (CEDEAO) / COMMUNIQUE FINAL

Samedi 1 Octobre 2005

1. Suite à la décision du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine sur la situation en Côte d’Ivoire, tenue à New York le 14 septembre 2005, et à l’initiative de Son Excellence Monsieur Mamadou Tandja, Président de la République du Niger, Président en exercice de la CEDEAO, une session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est tenue le 30 septembre 2005, au Siège du Secrétariat Exécutif de la CEDEAO à Abuja en République Fédérale du Nigeria.

2. Le Sommet a évalué la situation en Côte d’Ivoire, caractérisée par le blocage dans la mise en œuvre des différents accords et l’impossibilité de tenir les élections présidentielles.

3. Etaient présents, les Chefs d’Etat et de Gouvernement ou leurs représentants dûment accrédités :

Son Excellence Monsieur Mathieu KEREKOU, Président de la République du Bénin

Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso
Président du Conseil des Ministres

Son Excellence John Agyekum KUFUOR, Président de la République du Ghana

Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, Président de la République du Mali

Son Excellence Monsieur Mamadou TANDJA, Président de la République du Niger, Président en Exercice de la CEDEAO

Son Excellence Chief Olusegun OBASANJO, Président et Commandant en Chef des Forces Armées de la République Fédérale du Nigeria et Président en Exercice de l’Union Africaine

Son Excellence Monsieur
Abdoulaye WADE, Président de la République du Sénégal

Son Excellence Monsieur Alhaji Dr. Ahmad Tejan KABBAH, Président de la République de Sierra Leone

Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNANSSINGBÉ, Président de la République Togolaise

Son Excellence Madame Fatoumata SIDIBE-KABA, Ministre des Affaires Etrangères, représentant Son Excellence Monsieur Lansana CONTE, Président de la République de Guinée

Honorable Bala Musa GAYE,
Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères,représentant Son Excellence Alhaji Yahya A.J.J. Jammeh, Président de la République de la Gambie

Son Excellence Mr. Laurent Dona Fologo, Président du Conseil Economique et Social, représentant Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d’Ivoire

Monsieur Roland N. Bedell, Chargé d’Affaires de l’Ambassade du Libéria au Nigeria, représentant Son Excellence Gyude BRYANT,
Président du Gouvernement National de Transition du Libéria
4. Les hautes personnalités suivantes ont également pris part à cette session extraordinaire :

Dr Mohamed Ibn CHAMBAS
Secrétaire Exécutif de la CEDEAO

Son Excellence Ambassadeur
Saïd DJINNIT, Commissaire, Représentant Son Excellence Alpha Oumar KONARE, Président de la Commission de l’Union Africaine

Son Excellence Monsieur
PIERRE SCHORI, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d’Ivoire

Son Excellence ANTONIO
MONTEIRO, Haut Représentant des Nations Unies pour les Elections en Côte d’Ivoire

Son Excellence Monsieur Ahmedou OULD ABDALLAH Représentant pour l’Afrique de l’Ouest du Secrétaire Général des Nations Unies Son Excellence, l’Ambassadeur Raph UWECHUE Représentant Spécial du Secrétaire Exécutif de la CEDEAO en Côte d’Ivoire.

Situation en Côte d’Ivoire

5. Les Chefs d’Etats et de Gouvernement, après un examen approfondi des derniers développements de la situation en Côte d’Ivoire, ont exprimé leur profonde préoccupation face à la persistance et à la détérioration de la situation en Côte d’Ivoire avec, comme conséquences, des risques de déstabilisation de toute la sous région Ouest africaine.

6.Ils ont également exprimé leur profonde préoccupation devant les blocages de toute nature enregistrés qui entravent les progrès attendus pour la résolution de la crise ivoirienne et qui ont conduit à une situation où toutes les parties ont reconnu l’impossibilité de tenir les élections présidentielles à la date prévue.
7.Les Chefs d’Etat ont pris acte du rapport du Médiateur de l’Union Africaine et ont exprimé leur reconnaissance au Président Thabo Mbeki de l’Afrique du Sud, pour ses efforts inlassables qui ont permis d’accomplir des progrès significatifs dans la mise en œuvre des dispositions de l’Accord de Linas Marcoussis et d’Accra III.

8. Ils ont réitéré que l’Accord de Linas-Marcoussis et les Accords d’Accra III et de Prétoria constituent le cadre privilégié de règlement pacifique de la crise en Côte d’Ivoire.

9.Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont décidé de soumettre des recommandations au Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine qui doit se réunir le 6 octobre 2005 à Addis Abéba, en Ethiopie.

10. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement lancent un appel solennel à toutes les parties ivoiriennes et à l’ensemble de la population afin d’œuvrer au maintien de la paix, de la stabilité et de l’harmonie en Côte d’Ivoire. Ils les assurent du soutien et de la solidarité sans faille des dirigeants et des peuples de la sous-région et de leur engagement à appuyer le processus de paix et de réconciliation.

La situation au Libéria

11.Les chefs d’Etat ont pris note de la tenue des prochaines élections prévues au Libéria le 11 octobre 2005. Ils invitent les institutions de l’Etat, tous les acteurs politiques et la société civile au respect de la lettre et de l’esprit de l’Accord de Paix Global d’Accra, afin de garantir la tenue d’élections crédibles.

Les relations entre
le Sénégal et la Gambie

12.Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont exprimé leurs préoccupations devant la tension actuelle qui existe entre la Gambie et le Sénégal. Ils ont mandaté le Président Obasanjo du Nigeria pour qu’il use de ses bons offices pour œuvrer à la normalisation des relations entre ces deux pays frères

La situation
en Guinée Bissau

13.Les Chefs d’Etat et de Gouvernement se félicitent des progrès accomplis par la classe politique bissau-guinéenne dans la voie de la réconciliation et de l’investiture consensuelle du Président élu le 1er octobre 2005.

14.Ils exhortent la Communauté Internationale à tenir ses engagements de soutenir la Guinée Bissau au plan financier, technique et matériel.

Abuja, le 30 septembre 2005