Octobre 2006

LETTRE DU CHEF D'ETAT-MAJOR PHILIPPE MANGOU AU MINISTRE DE LA DEFENSE

Mardi 31 Octobre 2006

Mardi 31 octobre 2006 par
Le Colonel-Major Mangou Philippe,
Chef d’état-major des Armées

du même auteur
Mangou répond à Banny

Au cours de son intervention sanctionnant les assises du corps préfectoral et largement relayée par la presse nationale et internationale du 30 octobre 2006, Monsieur le Premier ministre du Gouvernement de transition a évoqué un chapitre de l’accord de Pretoria relatif à la Défense.
Chapitre sur lequel les Forces de Défense et de Sécurité voudraient effectuer la mise au point suivante :

PRIMO : De la mise à disposition d’unités des Forces de Défense et de Sécurité dans le cadre du Désarmement et du Démantèlement des Milices.

Comme le dit si justement Son Excellence, le chapitre stipule que “le président de la République, chef de l’Etat, chef suprême des Armées et président du Conseil Supérieurs de la Défense désignera à cet effet des unités des Forces de Défense et de Sécurité chargées d’assister le Premier ministre dans sa mission de Désarmement et de Démantèlement des Milices. .. ” Sur instruction du président de la République et sur ordre de Monsieur le ministre de la Défense, Monsieur René AMANI, ces unités, qui sont le Détachement Mobile d’Intervention Rapide (DMIR) et l’ensemble du Groupement Ouest ont été mises à la disposition de son Excellence Monsieur le Premier ministre via Monsieur le ministre de la Défense depuis le 29 avril 2005, comme l’atteste le document ci-joint. Il n’a donc jamais été question de la constitution d’une unité mais bien de la mise à disposition d’unités constituées ce qui été fait. La nuance est de taille et explique tout.

SECUNDO : De la nomination d’un Officier Supérieur. Les Forces de Défense et de Sécurité ont pris acte de l’Arrêté n° 156-14 Juillet 2006 relative à la nomination d’un Officier Supérieur “Chargé de diriger la nouvelle ( ?) Unité” Il est simplement utile de rappeler que ni le Commandant Supérieur de la Gendarmerie ni le Chef d’Etat-Major des Armées n’ont été associés à cette nomination que ne saurait du reste justifier les éléments en Primo.

CONCLUSION
A l’évidence, il se pose un véritable problème de liaison et d’information entre la Primature et la haute hiérarchie des Forces de Défense et de Sécurité.
Le Chef d’Etat-Major des Armées et le Commandant Supérieur de la Gendarmerie sont des militaires légalistes et républicains, maîtrisant parfaitement les rapports entre l’Armée et le pouvoir. Jamais il ne leur viendrait à l’idée de mettre en difficulté leurs supérieurs hiérarchiques que sont respectivement Monsieur le Ministre de la Défense, Monsieur le Premier ministre et Son Excellence Monsieur le Président de la République ; lesquels, peuvent en tout temps et en toute circonstance compter sur leur dévouement et leur disponibilité dans cette difficile quête de paix dont la Côte d’Ivoire a tant besoin.

Le colonel-major Phillipe Mangou Chef d’Etat-Major des Armées A Monsieur le Ministre de la Défense

OBJET : Désarmement et démantèlement des milices

Les parties signataires de l’accord de Prétoria se sont accordées pour procéder immédiatement au désarmement et au démantèlement des milices sur l’ensemble du territoire national.
Le Premier ministre du gouvernement de Réconciliation Nationale est chargé de conduire cette opération en élaborant un plan d’action ainsi que sa mise en oeuvre.
A cet.. effet, le Président de la République, son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo, chef de l’Etat, Chef suprême des Armées et Président du Conseil Supérieur de fa Défense désignera des unités des Force de Défense et de Sécurité (FOS) pour assister le Premier ministre dans cette mission. Les unités FDS mises à la disposition du Premier Ministre seront assistées des Forces impartiales. Corps d’élite, le Détachement Mobile d’Intervention’ Rapide (DMIR) pourrait assurer cette mission avec efficacité. Aussi, ai-je l’honneur de vous proposer cette unité pour le désarmement et le démantèlement des milices. Ce détachement travaillera en appui au Groupement Ouest.


AUDIENCE DU PRESIDENT GBAGBO AVEC L'AMBASSADEUR DE FRANCE

Vendredi 27 Octobre 2006

Vous sortez de l’audience avec Monsieur le Président de la République, pouvons-nous savoir ce dont vous avez parlé?

Nous sortons effectivement d’une longue audience comme vous l’avez constaté avec le chef de l’Etat. Tout s’est bien passé comme d’habitude et nous avons évoqué les principaux sujets d’actualités. Vous les connaissez vous autres, journalistes aussi bien sinon mieux que moi. Nous avons parlé entre autres des discussions qui se passent actuellement au Conseil de sécurité à propos de la Côte d’Ivoire.

Justement à propos de la Côte d’Ivoire, que pensez-vous de la résolution que la France a introduite ?

Moi je n’ai rien à penser du projet de résolution. Comme je le disais à Monsieur le Président, il y a une négociation qui est en cours et elle se conclura par l’adoption au consensus des quinze membres du Conseil de sécurité, d’une résolution. Mais je ne suis pas associé aux discussions.

Excellence, pourquoi la France tient tant à conduire une autre résolution alors que l’Union africaine a produit un communiqué final qui est très clair. Pourquoi outrepassé ce communiqué et produire un autre communiqué ou une autre résolution. Qu’est-ce que vous attendez en fait, du régime du Président GBAGBO ?

Sur la production d’une nouvelle résolution comme vous le dites, il me semble que sur le communiqué qui a été publié, le 17 Octobre à l’issu du Sommet du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, c’est écrit dessus, au Conseil de sécurité l’ONU. Cette instance doit donc aussi prendre une résolution. L’Union africaine a porté le dossier au Conseil de sécurité. Relisez le communiqué !

Excellence, que répondez-vous aux détracteurs de la Licorne qui disent qu’elle prépare quelque chose contre la Côte d’Ivoire ?

Je ne réponds même pas à ces arguments parce qu’ils sont tellement grossiers qu’ils ne méritent même pas que je perde du temps à parler de ça. L’immense majorité des Ivoiriens savent pourquoi la Licorne est là et tout le monde sait que la Licorne est maintenue dans son rôle, il est connu, on ne va pas le répéter et elle n’est pas là pour autre chose.

Pour vous, la solution à la crise, dépend-elle de la mise à l’écart du Président de la République ?

Bon non, mais d’abord ce n’est pas moi qui vais décider de la solution à la crise et personne ne dit cela.

Parce que vous représentez un Président qui fait des discours.
Moi je ne parle pas au nom de mon Président.

Qu’est-ce qui gène dans la Constitution ivoirienne pour que la France veuille sa suspension ?

Nulle part, il est écrit que la Constitution de la Côte d’Ivoire doit être suspendue.

C’est mentionné dans le projet de résolution !

Non, vous avez mal lu le projet de résolution. Il faut être sérieux, alors maintenant, j’arrête parce que nul part il n’est fait mention de suspension de la Constitution ivoirienne dans le projet de résolution. De toute façon pour l’instant c’est un projet qui est sur la table et qui est discuté par l’ensemble des membres du Conseil de sécurité. On verra d’ici la fin du mois, ce que les quinze membres à l’unanimité auront décidé.
Merci.


COMMUNIQUE DES FORCES NOUVELLES

Vendredi 27 Octobre 2006

Dans un communiqué publié le 24 octobre 2006, l’ONUCI, se disant préoccupée par des « déclarations incendiaires de certains dirigeants politiques ivoiriens», a interpellé « les dirigeants des Forces Nouvelles pour qu’ils veillent à ce que leurs sympathisants contribuent activement à la bonne poursuite du processus de paix » et qu’ils mettent « fin aux prises de positions sur le site Internet des Forces Nouvelles incitant à la violence et au dénigrement de la communauté internationale ».
La publication de ce communiqué ne manque pas de surprendre ! Car, la fâcheuse propension de l’ONUCI à donner dans l’équilibrisme entache le sérieux et le crédit qui devrait conduire ses rapports et ses propositions. Il faut s’étonner, en effet, qu’un tel communiqué soit produit et diffusé seulement à l’occasion de la publication sur le site Internet des Forces Nouvelles de propos et sentiments de la population, notamment leurs avis sur les recommandations du sommet de la CEDEAO, tenu le 6 octobre 2006 à Abuja au Nigeria. Et pourtant, depuis plusieurs mois et à longueur de journée, le FPI et le clan présidentiel ivoirien insultent, attaquent et invectivent la communauté internationale. Personne n’est dupe ! Si la sortie de l’ONUCI visait, sans doute, à faire peur, il y a urgence pour dénoncer ce qu’il faut considérer comme une maladresse de la part de ceux, qui ne font rien quand leur premier responsable, M. Kofi Annan et des Chefs d’Etats étrangers sont brocardés par la presse d’Etat et les journaux aux ordres, qui ne se gênent même plus pour donner dans la bassesse et les injures grossiers de tous genres. Que faut-il penser de l’ONUCI qui ouvre les antennes de sa radio à des auteurs d’attaques virulentes contre l’ONU et l’ensemble de la Communauté internationale ? L’ONUCI possède-t-elle des preuves irréfutables contre les responsables Forces Nouvelles appelées à « veiller à ce que leurs sympathisants contribuent activement à la bonne poursuite du processus de paix » ?
L’ONUCI dispose-t-elle de faits avérés de tentatives de mise à mal du processus de paix en Côte d’Ivoire par les sympathisants des Forces Nouvelles ? L’ONUCI voudrait-elle voir les Forces Nouvelles et leurs dirigeants entretenir la torpeur et la peur chez les populations qui devraient être interdites d’exprimer leurs positions quant à l’attitude du clan présidentiel ivoirien toujours pris sur les faits par le Secrétaire Général de l’ONU lui-même ? Les Forces Nouvelles rejettent énergiquement les accusations d’incitation à la violence portées contre leurs responsables et leurs sympathisants par l’ONUCI.
Les Forces Nouvelles font observer à l’ONUCI qu’elles ne mettront rien en œuvre pour s’opposer à la liberté d’expression sur un site Internet, qui a le mérite premier de ne donner que des informations.

Les Forces Nouvelles invitent l’ONUCI à mettre fin aux interventions des acteurs politiques, qui sur ONUCI FM (radio financée par les Nations Unies), incitent à la violence et dénigrent la communauté internationale.
Les Forces Nouvelles invitent enfin l’ONUCI à mettre fin aux pressions qu’elle fait subir aux membres de sa Cellule de Communication. En effet, il faut savoir que depuis quelques jours, la Cellule de Communication des Forces Nouvelles est victime d’énormes pressions de la part de responsables résidents de l’ONUCI à Bouaké, qui interviennent pour faire enlever du site Internet (www.fnci.info) un article publié le samedi 21 octobre 2006 à 12H51 et intitulé « Reconduction de Laurent Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire.
L’ONU veut-elle transformer la Côte d’Ivoire en un second Rwanda ? » Ce que les Forces Nouvelles refusent, c’est bien l’hypocrisie de l’ONUCI.

Fait à Bouaké,
Le jeudi 26 octobre 2006
POUR LES FORCES NOUVELLES
ALAIN LOBOGNON
LE DIRECTEUR DE
LA COMMUNICATION


COMMUNIQUE DU BUREAU POLITIQUE SUR LA SITUATION SOCIO POLITIQUE

Vendredi 27 Octobre 2006

Le Bureau politique du PDCI s'est réuni hier à la Maison du parti à Cocody.

Après trois heures de débats sur l'actualité politique de l'heure, le Bureau politique demande aux militants de rester en éveil afin de mettre un terme à la chienlit et à la tyrannie que prépare le parti au pouvoir.

Le Bureau Politique du PDCI-RDA s'est réuni ce jour, Jeudi 26 octobre 2006 de 16H 00 à 19H 00 à la Maison du Parti à Cocody à l'effet de se prononcer sur les recommandations de l'Union Africaine au Conseil de Sécurité de l'ONU en vue de la sortie de crise en Côte d'Ivoire.

Cette rencontre qui était présidée par le Secrétaire Général du Parti, le Professeur Alphonse DJEDJE MADY assurant l'intérim du Président du Parti, Son Excellence Henri KONAN BEDIE, faisait suite aux réunions du Conseil Politique et des Délégués Départementaux et Communaux, des 24, 25 octobre courant avec le même objet. Au terme de ses travaux, le Bureau Politique fait la déclaration qui suit : Le Bureau Politique du PDCI-RDA se félicite des efforts considérables déployés par les Chefs d'Etat de la CEDEAO et de l'Union Africaine, ainsi que le Secrétaire Général de l'ONU, S.E. KOFI ANNAN aux fins de permettre à la Côte d'Ivoire de renouer avec une paix durable ;

Le Bureau Politique du PDCI-RDA salue la volonté clairement exprimée par l'Union Africaine de permettre au Conseil de Sécurité de l'ONU, de tracer une dernière voie qui soit efficace pour le processus de sortie de crise en Côte d'Ivoire. Le Bureau Politique du PDCI-RDA Soutient l'action responsable et courageuse de son Président, le Président Henri KONAN BEDIE qui œuvre sans relâche, en liaison avec les autres leaders du RHDP, sur tous les fronts diplomatiques pour la résolution de la crise ivoirienne.

Dans cette perspective, le Bureau Politique du PDCI-RDA fait au Conseil de Sécurité de l'ONU les propositions ci-après, dont la prise en compte permettra de sauver notre pays, la Côte d'Ivoire.

PROPOSITIONS

1. Concernant la durée de la transition ne devant pas excéder 12 mois, le Bureau Politique du PDCI-RDA, en prend acte tout en recommandant qu'il en soit fait une évaluation trimestrielle qui soit sanctionnée par des décisions de l'ONU;

2. Concernant la Constitution, le Bureau Politique du PDCI-RDA en demande, avec insistance la suspension ou, à tout le moins, l'abrogation de certaines de ses dispositions, tant il est vrai que, 4 ans durant cette Constitution a été invoquée par le Président Gbagbo pour saper les efforts conjugués du peuple de Côte d'Ivoire et de la Communauté internationale et bloquer le processus de paix; Le Bureau Politique demande donc que la nouvelle résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU soit le seul Acte Juridique qui régisse la nouvelle transition;

3. Concernant le maintien du Président Gbagbo comme chef de l'Etat pendant la nouvelle transition, le Bureau Politique du PDCI-RDA se dit préoccupé car cette suggestion de l'UA et demande, afin d'éviter tout nouveau blocage du processus de paix et d'optimiser les importants sacrifices consentis par le peuple de Côte d'Ivoire, de mettre à l'écart, Monsieur Laurent Gbagbo de la gestion de la nouvelle transition ;

4. Concernant les pouvoirs renforcés à conférer au Premier Ministre, le Bureau Politique du PDCI-RDA demande au Conseil de Sécurité de l'ONU de préciser de manière claire et sans ambiguïté l'étendue et le mécanisme de dévolution desdits pouvoirs.

En d'autres termes, que la résolution précise tous les pouvoirs constitutionnels de l'Exécutif qui reviennent au Premier Ministre, notamment :
- Présider les Conseils des Ministres ;
- Signer les Ordonnances et les Décrets lois ;
- Nommer aux hautes fonctions civiles et militaires.

5. Concernant les Forces impartiales, à savoir l'ONUCI et les Forces de l'Opération LICORNE qui la soutiennent, le Bureau Politique du PDCI-RDA demande que la nouvelle Résolution réaffirme leur rôle de police au bénéfice des populations civiles et ce, conformément à la Résolution 1572/2004, ainsi que la transformation de leur mandat de maintien de la paix en mandat d'imposition de la paix.

EN CONCLUSION

Le Bureau Politique du PDCI-RDA se réjouit de la grande mobilisation du Parti, de la base au sommet, pour empêcher que la Côte d'Ivoire bascule dans une guerre civile.
Le Bureau Politique du PDCI-RDA recommande aux militants et sympathisants de maintenir cette mobilisation, de rester en éveil en attendant les mots d'ordre du Parti, tendant à mettre fin, à la confiscation du pouvoir d'Etat et à la dictature de la minorité FPI.
LE Bureau Politique du PDCI-RDA prévient le chef de l'Etat, Monsieur Laurent Gbagbo, qu'il sera personnellement responsable de toute décision ou entreprise qui mettrait en péril le pays avant et après le vote de la nouvelle résolution par le Conseil de Sécurité de l'ONU.

Le Bureau Politique du PDCI-RDA décide d'engager le cas échéant, toutes actions appropriées afin de faire face à l'arbitraire et à la chienlit. Le Bureau Politique du PDCI-RDA demande au peuple de Côte d'Ivoire épris de paix, de se dresser contre la tyrannie et le terrorisme d'Etat que veulent instaurer Monsieur Laurent Gbagbo et son Parti, le FPI. Le Bureau Politique du PDCI-RDA exhorte la CEDEAO, l'Union Africaine et le Conseil de Sécurité de L'ONU à persévérer dans leurs louables efforts au service du retour de la paix en Côte d'Ivoire.

Fait à Abidjan,
le 26 octobre 2006
Le Bureau Politique du PDCI-RDA


PROCESSUS DE PAIX EN COTE D'IVOIRE / PROJET DE RESOLUTION DE LA FRANCE AU CONSEIL DE SECURITE

Jeudi 26 Octobre 2006

Le Conseil de sécurité,
Rappelant ses résolutions antérieures et les déclarations de son président concernant la situation en Côte d'Ivoire,

Réaffirmant son ferme attachement au respect de la souveraineté, de l'indépendance, de l'intégrité territoriale et de l'unité de la Côte d’Ivoire, et rappelant l'importance des principes de bon voisinage, de non-ingérence et de coopération régionale,

Rappelant qu'il a entériné l'Accord signé par les forces politiques ivoiriennes à Linas-Marcoussis le 24 janvier 2003 S/2003/99) (1'Accord de Linas-Marcoussis), approuvé par la conférence des chefs d'Etat sur la Côte d'Ivoire qui s'est tenue à Paris les 25 et 26 janvier 2003, l'Accord signé le 30 juillet 2004 à Accra (1'Accord d'Accra III) et l'Accord signé le 6 avril 2005 à Pretoria (1'Accord de Pretoria), Félicitant l'Union africaine, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et les dirigeants de la région des efforts qu'ils continuent de déployer en vue de promouvoir la paix et la stabilité en Côte d'Ivoire, et leur renouvelant son plein soutien, Saluant les efforts continus du Représentant spécial du Secrétaire général, M, Pierre Schori, du Haut Représentant pour les Elections, M. Gérard Stoudmann, et du Groupe de Travail International (GTI), et leur réitérant son plein appui; Ayant pris note de la décision que le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, réuni au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, a adoptée à sa 64eme réunion, tenue le 17 octobre 2006 à Addis-Abeba (" la décision du Conseil de paix et de sécurité") (S/2006/XX),
Ayant pris note du rapport du Secrétaire général en date du 17 octobre 2006 (S/2006/821), en particulier ses paragraphes 68 à 80; Ayant à l'esprit que le mandat constitutionnel du Président Laurent Gbagbo a expiré le 30 octobre 2005,

Se déclarant vivement préoccupé par la persistance de la crise et la détérioration de la situation en Côte d'Ivoire, Condamnant à nouveau fermement toutes les violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire commises en Côte d'Ivoire,

Considérant que la situation en Côte d'Ivoire continue de mettre en péril la paix et la sécurité internationale dans la région, Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies.

1. Endosse le dixième communiqué final du GTI en date du 8 septembre 2006, et prend note de l'impossibilité d'organiser des élections, présidentielles et législatives, à la date prévue et de l'expiration le 31 octobre 2006 de la période de transition et des mandats du Président Laurent GBAGBO et du Premier ministre, M. Charles Konan Banny, tels que définis par la résolution 1633 (2005);

2. Rappelle les paragraphes 5 et 8 du dixième communiqué final du GTI en date du 8 septembre 2006, et affirme qu'en cas de divergence, 1es instruments internationaux qui définissent les modalités particulières de la transition en particulier les décisions du Conseil de sécurité fondées sur les décisions et les recommandations de la CEDEAO et de l'Union africaine, prévalent sur la Constitution ivoirienne et la législation du pays;

3. Souscrit à la décision du Conseil de paix et de sécurité selon laquelle le Président Laurent GBAGBO demeurera chef de 1 Etat à partir du 1er novembre 2006, dans les conditions fixées par la présente résolution, et pour une nouvelle et dernière période de transition n'excédant pas 12 mois;

4. Souscrit à la décision du Conseil de paix et de sécurité selon laquelle le mandat du Premier ministre, M. Charles Konan Banny, est prorogé à partir du 1er novembre 2006, dans les conditions fixées par la présente résolution, et pour une nouvelle et dernière période de transition n'excédant pas 12 mois;

5. Rappelle qu'il a fait sien le troisième communiqué final du GTI en date du 15 janvier 2006, qui a constaté l'expiration du mandat de l'ex-Assemblée nationale à la date du 16 décembre 2005;

6. Décide que le Premier ministre aura pour mandat de mettre en oeuvre toutes les dispositions de la feuille de route établie par le GTI et des accords conclus entre les parties ivoiriennes en vue de l'organisation d'élections libres, ouvertes, justes et transparentes d'ici au 31 octobre 2007 au plus tard avec l'appui de l'organisation des Nations Unies et des donateurs potentiels, et de conduire en particulier: - les opérations de désarmement et de démantèlement des milices, les processus d'identification de la population et d'enregistrement des électeurs visant à l'établissement de listes électorales crédibles, - le programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR), la restructuration des forces armées, la restauration de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire ivoirien, la préparation technique des élections;

7. Décide que le Premier ministre, pour l'exécution de son mandat mentionné au paragraphe 6 ci-dessus, disposera de tous les pouvoirs nécessaires, y compris de nommer aux emplois civils et militaires, de toutes les ressources financières, matérielles et humaines voulues et d'une autorité totale et sans entraves, et qu'il pourra prendre, en toutes matières, en Conseil des Ministres ou en Conseil de Gouvernement, les décisions nécessaires par ordonnances ou décrets-lois qu'il signera, et, dans un délai de 15 jours, promulguera;

8. Décide que le Premier ministre, pour l'exécution de son mandat mentionné au paragraphe 6 ci-dessus, aura autorité sur les Forces de Défense et de Sécurité de Côte d'Ivoire 9. Réaffirme les dispositions des paragraphes 6 et 7 de la résolution 1633 (20D5); et rappelle que le Premier ministre aura pleine autorité sur le Gouvernement qu'il constituera;

10. Exige la reprise immédiate du processus de désarmement et de démantèlement des milices sur l'ensemble du territoire ivoirien, et souligne la responsabilité personnelle des chefs de milices dans la pleine exécution de ce processus;

11. Réaffirme que les processus d'identification et de DDR doivent être conduits la façon concomitante, demande instamment au Premier ministre de les mettre en oeuvre sans délais, et exige de toutes les parties ivoiriennes qu'elles coopèrent pleinement avec lui à ce sujet;

12. Demande au Premier ministre de prendre immédiatement par voie d'ordonnances, dans les conditions mentionnées au paragraphe 7 ci-dessus, toutes les mesures appropriées en vue d'accélérer la délivrance des certificats de naissance et de nationalité dans le cadre du processus d'identification, dans un esprit d'équité et de transparence;

13. Exige de toutes les parties ivoiriennes concernées qu'elles participent pleinement et de bonne foi aux travaux de la commission quadripartite chargée de surveiller la mise en oeuvre du programme de DDR et des opérations de désarmement et de démantèlement des milices;

14. Demande au Premier ministre d'établir immédiatement, en liaison avec toutes les parties ivoiriennes, l'Opération des Nations Unies en Côte d Ivoire (ONUCI et les forces françaises qui la soutiennent, un groupe de travail chargé de lui soumettre un plan sur la restructuration des Forces de Défense et de Sécurité, en vue de refonder des Forces de Défense et de Sécurité attachées aux valeurs d'intégrité et de moralité républicaine;

15. Demande au Premier ministre d'établir immédiatement, en liaison notamment avec toutes les parties ivoiriennes concernées et le Haut Représentant pour les Elections, un groupe de travail chargé de l'aider à mettre en oeuvre le processus d'identification de la population et d'enregistrement des électeurs, en vue de garantir sa crédibilité et sa transparence;

16. Encourage le Premier ministre à confier en tant que de besoin un rôle actif à la société civile pour appuyer la mise en oeuvre du processus de paix;

17. Exige de toutes les parties ivoiriennes qu'elles mettent un terme à toutes les incitations à la violence et à la haine, à la radio, à la télévision et dans tous les autres médias, et demande au Premier ministre" d'établir et de mettre en oeuvre sans délais un code de bonne conduite pour les médias, conformément aux décisions prises à Yamoussoukro le 5 juillet 2006;
18. Renouvelle pour une durée de 12 mois le mandat du Haut Représentant pour les Elections défini au paragraphe 7 de la résolution 1603 (2005), et décide que, en sus de ce mandat, le Haut Représentant pour les Elections: - sera la seule autorité autorisée à rendre les arbitrages nécessaires en vue de prévenir ou résoudre toute difficulté ou contentieux liés au processus électoral; - devra certifier que chaque étape du processus électoral, y compris celles ayant trait au processus d'identification de la population à l'établissement des listes électorales et a la délivrance des cartes d'électeur, présente toutes les garanties nécessaires pour la tenue d'élections présidentielles et législatives ouvertes à tous, libres, justes et transparentes au regard des standards internationaux;
19. Demande à l'ONUCI d'assurer la protection du Haut Représentant pour les Elections, dans la limite de ses capacités et de ses zones de déploiement;

20. Décide que le dispositif de sécurité rapprochée du Premier ministre et de sécurisation des locaux de la primature sera assuré par des éléments des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d'Ivoire nommés par le Premier ministre et placés sous son autorité directe et exclusive, sans préjudice des dispositions du paragraphe 2 alinéa 1) de la résolution 1609 (2005);

21. Souscrit à la décision du Conseil de paix et de sécurité selon laquelle, pour éviter des médiations multiples et parallèles, le président de l'Union africaine dirigera les efforts de médiation, et souligne que son représentant en Côte d'Ivoire dirigera, en liaison avec le Représentant Spécial du Secrétaire Général, la médiation au quotidien;

22. Demande à l'Union africaine et à la CEDEAO de continuer d'évaluer, de contrôler et de suivre de près la mise en oeuvre du processus de paix, les invite à évaluer avant le 30 avril 2007 les progrès enregistrés, et si elles le jugent nécessaire; à réexaminer la situation après cette date et avant le 31 octobre 2007, et les prie de rendre compte au Conseil, par l'intermédiaire du Secrétaire général, de leur évaluation et, au besoin, de soumettre au Conseil toutes nouvelles recommandations;

23. Rappelle que le GTI a un rôle de garant et d'arbitre impartial du processus de paix, et demande au GTI de : - établir au plus vite, en liaison avec le Premier ministre, un échéancier précis de mise en oeuvre des principales étapes de la feuille de route, - évaluer, contrôler et suivre de près chaque mois les progrès réalisés dans la mise en oeuvre de la feuille de route, rendre compte au Conseil, par l'intermédiaire du Secrétaire général, de son évaluation à ce sujet et de tout obstacle rencontré par le Premier ministre dans l'exécution de son mandat défini au paragraphe 6 ci-dessus, - soumettre en tant que de besoin à toutes les parties ivoiriennes concernées et au Conseil toutes les recommandations qu'il jugera nécessaires;

24. Exige de toutes les parties ivoiriennes qu'elles s'abstiennent de tout recours à la force et à la violence, y compris contre les civils et les ressortissants étrangers, et de toutes formes de manifestations de rue de nature à créer des troubles;

25 Exige de toutes les parties ivoiriennes qu'elles garantissent la sécurité et la liberté de circulation sur T'ensemble du territoire de la Côte d'Ivoire de tout ressortissant ivoirien;

26. Exige de toutes les Parties ivoiriennes qu'elles coopèrent pleinement aux opérations de l'ONUCI et des forces françaises qui la soutiennent, ainsi que des agences des Nations unies et de leur personnel associe, notamment en garantissant la sécurité et fa liberté de circulation de leur personnel et du personnel associé sur tout le territoire de la Côte d'Ivoire, et réaffirme qu'aucune entrave à leur liberté de mouvement et à la pleine mise en œuvre de leur mandat ne sera tolérée;

27. Demande instamment aux pays voisins de la Côte d'Ivoire d'empêcher tout mouvement transfrontière de combattants ou d'armes vers la Côte d'Ivoire;

28. Se déclare à nouveau gravement préoccupé par toutes les violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire commises en Côte d'Ivoire, et demande instamment aux autorités ivoiriennes d'enquêter sans retard sur ces violations afin de mettre un terme à l'impunité;

de toutes les parties ivoiriennes, y compris des membres des forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire et quel que soit leur grade, dans la mise en oeuvre du processus de paix;

30. Souligne qu'il est totalement prêt à imposer sans délais des sanctions ciblées contre les personnes, désignées par le Comité établi par l'article 14 de la résolution 1572 2004), qui sont reconnues, entre autres choses comme faisant obstacle à la mise en oeuvre du processus de paix, y compris en attaquant ou en faisant obstacle à l'action de l'ONUCI, des forces françaises qui la soutiennent, du Haut Représentant pour les Elections ou du GTI comme responsables de violations graves des droits de l'homme et du droit international humanitaire perpétrées en Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre 2002, comme incitant publiquement à la haine et à la violence ou agissant en violation de l'embargo sur les armes, conformément aux résolutions 1572 (2004) et 1643 (2005);

31. Décide de demeurer activement saisi de la question.


COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES

Jeudi 26 Octobre 2006

Un Conseil des ministres s'est tenu ce mercredi 25 octobre de 12 heures à 14 heures, au palais de la présidence sous la présidence du Chef de l'Etat, son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo. Le Conseil des ministres a eu à examiner plusieurs projets de décrets ainsi que des communications, et autorisé l'organisation de réunions ainsi que des missions à l'étranger.

Projets de décrets

Sur présentation des ministres en charge des départements concernés et après délibération, le Président de la République a signé au titre des mesures générales deux (02) décrets.

Ministères d'Etat, ministère du Plan et du Développement

Un projet de décret portant organisation du Recensement décennal de la population et de l'habitation en Côte d'Ivoire pour 2008. Outre une meilleure connaissance de la dynamique démographique, nécessaire à la gestion de l'économie, le recensement projeté fournira des données précieuses pour l'élaboration des plans, stratégies et programmes de développement du pays. Ce recensement revêt par ailleurs une importance particulière en ce qui fournira des informations statistiques qui aideront à mieux percevoir l'impact de la crise sur les populations et sur l'économie.

Ministère délégué auprès du Premier ministre chargé de la Communication

Un projet de décret fixant les conditions de délivrance de la carte d'identité de journaliste professionnel, de professionnel de la communication et organisant la Commission paritaire d'attribution conformément à la loi n° 2004-643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse. La carte n'est délivrée qu'aux journalistes professionnels ou aux professionnels de la communication tels que définis par la loi précitée à savoir: " Toute personne physique qui, outre les conditions tenant à l'exercice régulier et à titre principal de la profession, justifie d'un diplôme supérieur délivré par une Ecole professionnelle de journalisme ou à défaut, d'une licence de l'enseignement supérieur assortie d'une formation professionnelle de deux ans ou à défaut d'une maîtrise de l'enseignement supérieur ou d'un diplôme équivalant, assorti d'une école agrée par l'Etat ou un stage professionnel reconnu. La carte est délivrée pour une année renouvelable dans les mêmes conditions. La commission paritaire d'attribution comprend 12 membres représentant le Conseil national de la presse, le Conseil national de la communication audiovisuelle et les organes d'auto-régulation. Les décisions de ladite Commission doivent être motivées et sont susceptibles de recours devant les organes de régulation siégeant en formation collégiale et le cas échéant devant les juridictions compétentes.

Communications

Le Conseil des ministres a ensuite entendu cinq communications présentées par les responsables chargés des départements concernés.

Ministère de l'Administration du territoire

Une communication relative à l'apurement de la dette liée au transport aérien et à l'hébergement des pèlerins, lors des éditions 2004 et 2005 du Hadj et dont le non paiement ne manque pas de ternir l'image de notre pays auprès des autorités saoudiennes. Cette dette trouve sa source dans le non acquittement par certains pèlerins de leurs frais d'hébergement (32. 349.000 CFA) et dans le manque à gagner de la compagnie Air Universal (84.000.000 CFA pour l'année 2004; 165 000 000 F CFA pour l'année 2005) lié d'autre part à une immobilisation de 48 heures pour retard de délivrance des visas en 2004, d'autre part à l'autorisation d'une deuxième compagnie en contravention au contrat d'exclusivité signé en 2005. Après délibération, le Conseil a donné son accord pour l'apurement de la dette. Toutefois les associations coupables de manquement seront poursuivies en vue du recouvrement des sommes dues et si besoin était se verront retirer leur agrément.

Ministère de la Fonction publique, de l'Emploi et de la Réforme administrative

Une communication relative au Programme de création d'emplois au profit des jeunes affectés par la crise et au lancement du premier programme expérimental (PRODIGE Ouest). Il s'agit d'une opération visant à permettre à des jeunes affectés par la crise, de développer sur tout le territoire national, dans lés chefs lieux comme dans les campagnes, des projets dans les domaines de la production, de la collecte et de la commercialisation de produits agricoles; de l'élevage; de la pêche; de l'artisanat de la petite transformation et des services divers ; de faisabilité en passant par la formation, le renforcement des capacités, l'acquisition des investissements, l'Installation et la gestion des projets. Sont associés à ce programme les organismes spécialisés tels que l'ANADER, l'AGEPE, l'AGEFOP ..., les structures de f1nancement décentralisées, les collectivités territoriales, les communautés de base concernées. Le Premier Programme expérimental concerne la région Ouest, allant de Bangolo à Zouan Houien et touchera 1500 Jeunes. Ce Programme a reçu l'appui du BIT.

Ministère de la Culture et de la Francophonie

Une communication relative à la prise en charge des frais occasionnés par les travaux de la commission technique tripartite sur la reforme des droits d'auteur et droits voisins en Côte d'Ivoire.

Ministère de la Production animale et des Ressources halieutiques

Une communication relative au contrôle de la grippe aviaire en Côte d'Ivoire. II ressort que: la grippe aviaire a été décelée en mai 2006. Les deux principaux foyers déclarés (District d'Abidjan, Département de San Pedro) sont aujourd'hui maîtrisés par la mise en œuvre de diverses mesures de police sanitaire à savoir : - l'abattage systématique et l'indemnisation des propriétaires, -la désinfection, la fermeture des marchés de volailles, - l'interdiction de mouvements de volailles entre régions, - l'organisation de la surveillance épidémiologique, - l'Interdiction d'exportation et d'importation de volailles. Aujourd'hui, suite à cette maîtrise de l'épizootie, les marchés ont été autorisés à rouvrir en juillet 2006 et l'interdiction d'importation a été levée en août 2006 avec cependant quelques restrictions touchant les pays affectés. Des programmes de vaccination d'élevages, de formation de vaccinateurs sont en cours; des comités départementaux de lutte contre la grippe aviaire ont été installés. La Côte d'Ivoire bénéficie de l'assistance technique et financière de la FAO, de l'OMS, de l'UE, de la BAD et de pays amis. Un budget global de lutte contre la grippe aviaire de 13 millions a été élaboré. Trois accords de partenariat ont été établis entre les acteurs nationaux de la lutte contre la grippe aviaire (FIRCA et IPRAVI ; FIRCA et CNLGA; ANADER et CNLGA). Par ailleurs, tenant compte de la période des fêtes de fin d'année et de la nécessité d'un approvisionnement approprié du marché de volailles, sans remettre en cause le principe de précaution, des dispositions sont envisagées en vue d'alléger les conditions d'importation de volailles en provenance de pays non affectés.

Ministère délégué auprès du Premier ministre chargé de l'Economie et des Finances

Un compte rendu du séminaire sur l'optimisation de la dépense publique, organisé du 23 au 26 août 2006 à Yamoussoukro et les conditions de mise en œuvre des résolutions adoptées. Celles-ci visent: à développer un modèle efficace de projection budgétaire et une meilleure rationalisation et observation des principes et procédures budgétaires tenant compte notamment de la réglementation communautaire;
- une plus grande maîtrise des recettes de services qui passe par leur parfaite identification et la définition d'un cadre institutionnel réglementaire et fonctionnel précis.
- une meilleure articulation des outils de gestion électronique des finances publiques (SIGFIP, ASTER, SIGMAP) et la vulgarisation dans l'administration du recours aux moyens électroniques ;
- l'inscription dans des délais, la mise en œuvre des actions d'exécution des finances publiques;
- la création d'un cadre de concertation entre les structures concernées par la gestion du personnel de l'administration et une plus grande responsabilisation des DAAF et DRH dans la gestion des dossiers des personnels avec la Fonction publique;
- un contrôle plus rigoureux sur les actes générateurs de dépense tels la consommation d'eau, d'électricité, de téléphone, les missions hors Côte d'Ivoire, le matériel mobilier et immobilier ;
- la vulgarisation du contrôle des dépenses par la création d'un corps de contrôleurs et le renforcement des contrôles interne et externe ainsi que la responsabilisation des acteurs clés de l'exécution de la dépense publique;

Le ministre délégué a demandé en conclusion, tenant compte de la situation actuelle des finances publiques qui appelle une plus grande rigueur dans leur gestion, l'autorisation pour la mise en œuvre sans délai des différentes résolutions. Après délibération, le Conseil des ministres a adopté les conclusions des différentes communications. Nominations et agréments Ministère des Affaires étrangères Sur présentation du ministre de la Défense assurant l'intérim du ministre en charge de ce département, le Président de la République, après délibération a signé plusieurs décrets portant nomination d'Ambassadeurs; extraordinaires et plénipotentiaires de la République de Côte d'Ivoire près:
- la République du Tchad avec résidence à N'Djamena,
- la République du Mali avec résidence à Bamako,
-la République du Sénégal avec résidence Dakar.

De même, après délibération le Conseil des ministres a donné son agrément pour la nomination:
- du représentant président de l'ONUDI en Côte d'Ivoire,
- d'un Ambassadeur extraordinaire plénipotentiaire du Royaume de Belgique près la République de Côte d'Ivoire avec résidence à Abidjan,
- d'un Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République fédérale et démocratique d'Ethiopie près la République de Côte d'Ivoire avec résidence à Abidjan.

Avant la levée de la séance, le Premier ministre a tenu au regard de la situation délétère observée il l'approche du 31 octobre 2006 et dans l'attente de la résolution du Conseil de sécurité sur la sortie de crise en Côte d'Ivoire à rassurer les Ivoiriens. Pour le Premier ministre, la situation est certes difficile, mais le Gouvernement demande aux populations de ne pas tomber dans l'angoisse et de ne pas céder à la panique. Il les a également Invité à la sérénité et à garder l'espoir d'une sortie de crise effective.

Le Ministre de la Fonction publique, de l'Emploi et de la Réforme administrative
Porte-parole du gouvernement
Pr Hubert Oulaye


COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES

Jeudi 26 Octobre 2006

Un Conseil des ministres s'est tenu ce mercredi 25 octobre de 12 heures à 14 heures, au palais de la présidence sous la présidence du Chef de l'Etat, son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo. Le Conseil des ministres a eu à examiner plusieurs projets de décrets ainsi que des communications, et autorisé l'organisation de réunions ainsi que des missions à l'étranger.

Projets de décrets

Sur présentation des ministres en charge des départements concernés et après délibération, le Président de la République a signé au titre des mesures générales deux (02) décrets.

Ministères d'Etat, ministère du Plan et du Développement

Un projet de décret portant organisation du Recensement décennal de la population et de l'habitation en Côte d'Ivoire pour 2008. Outre une meilleure connaissance de la dynamique démographique, nécessaire à la gestion de l'économie, le recensement projeté fournira des données précieuses pour l'élaboration des plans, stratégies et programmes de développement du pays. Ce recensement revêt par ailleurs une importance particulière en ce qui fournira des informations statistiques qui aideront à mieux percevoir l'impact de la crise sur les populations et sur l'économie.

Ministère délégué auprès du Premier ministre chargé de la Communication

Un projet de décret fixant les conditions de délivrance de la carte d'identité de journaliste professionnel, de professionnel de la communication et organisant la Commission paritaire d'attribution conformément à la loi n° 2004-643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse. La carte n'est délivrée qu'aux journalistes professionnels ou aux professionnels de la communication tels que définis par la loi précitée à savoir: " Toute personne physique qui, outre les conditions tenant à l'exercice régulier et à titre principal de la profession, justifie d'un diplôme supérieur délivré par une Ecole professionnelle de journalisme ou à défaut, d'une licence de l'enseignement supérieur assortie d'une formation professionnelle de deux ans ou à défaut d'une maîtrise de l'enseignement supérieur ou d'un diplôme équivalant, assorti d'une école agrée par l'Etat ou un stage professionnel reconnu. La carte est délivrée pour une année renouvelable dans les mêmes conditions. La commission paritaire d'attribution comprend 12 membres représentant le Conseil national de la presse, le Conseil national de la communication audiovisuelle et les organes d'auto-régulation. Les décisions de ladite Commission doivent être motivées et sont susceptibles de recours devant les organes de régulation siégeant en formation collégiale et le cas échéant devant les juridictions compétentes.

Communications

Le Conseil des ministres a ensuite entendu cinq communications présentées par les responsables chargés des départements concernés.

Ministère de l'Administration du territoire

Une communication relative à l'apurement de la dette liée au transport aérien et à l'hébergement des pèlerins, lors des éditions 2004 et 2005 du Hadj et dont le non paiement ne manque pas de ternir l'image de notre pays auprès des autorités saoudiennes. Cette dette trouve sa source dans le non acquittement par certains pèlerins de leurs frais d'hébergement (32. 349.000 CFA) et dans le manque à gagner de la compagnie Air Universal (84.000.000 CFA pour l'année 2004; 165 000 000 F CFA pour l'année 2005) lié d'autre part à une immobilisation de 48 heures pour retard de délivrance des visas en 2004, d'autre part à l'autorisation d'une deuxième compagnie en contravention au contrat d'exclusivité signé en 2005. Après délibération, le Conseil a donné son accord pour l'apurement de la dette. Toutefois les associations coupables de manquement seront poursuivies en vue du recouvrement des sommes dues et si besoin était se verront retirer leur agrément.

Ministère de la Fonction publique, de l'Emploi et de la Réforme administrative

Une communication relative au Programme de création d'emplois au profit des jeunes affectés par la crise et au lancement du premier programme expérimental (PRODIGE Ouest). Il s'agit d'une opération visant à permettre à des jeunes affectés par la crise, de développer sur tout le territoire national, dans lés chefs lieux comme dans les campagnes, des projets dans les domaines de la production, de la collecte et de la commercialisation de produits agricoles; de l'élevage; de la pêche; de l'artisanat de la petite transformation et des services divers ; de faisabilité en passant par la formation, le renforcement des capacités, l'acquisition des investissements, l'Installation et la gestion des projets. Sont associés à ce programme les organismes spécialisés tels que l'ANADER, l'AGEPE, l'AGEFOP ..., les structures de f1nancement décentralisées, les collectivités territoriales, les communautés de base concernées. Le Premier Programme expérimental concerne la région Ouest, allant de Bangolo à Zouan Houien et touchera 1500 Jeunes. Ce Programme a reçu l'appui du BIT.

Ministère de la Culture et de la Francophonie

Une communication relative à la prise en charge des frais occasionnés par les travaux de la commission technique tripartite sur la reforme des droits d'auteur et droits voisins en Côte d'Ivoire.

Ministère de la Production animale et des Ressources halieutiques

Une communication relative au contrôle de la grippe aviaire en Côte d'Ivoire. II ressort que: la grippe aviaire a été décelée en mai 2006. Les deux principaux foyers déclarés (District d'Abidjan, Département de San Pedro) sont aujourd'hui maîtrisés par la mise en œuvre de diverses mesures de police sanitaire à savoir : - l'abattage systématique et l'indemnisation des propriétaires, -la désinfection, la fermeture des marchés de volailles, - l'interdiction de mouvements de volailles entre régions, - l'organisation de la surveillance épidémiologique, - l'Interdiction d'exportation et d'importation de volailles. Aujourd'hui, suite à cette maîtrise de l'épizootie, les marchés ont été autorisés à rouvrir en juillet 2006 et l'interdiction d'importation a été levée en août 2006 avec cependant quelques restrictions touchant les pays affectés. Des programmes de vaccination d'élevages, de formation de vaccinateurs sont en cours; des comités départementaux de lutte contre la grippe aviaire ont été installés. La Côte d'Ivoire bénéficie de l'assistance technique et financière de la FAO, de l'OMS, de l'UE, de la BAD et de pays amis. Un budget global de lutte contre la grippe aviaire de 13 millions a été élaboré. Trois accords de partenariat ont été établis entre les acteurs nationaux de la lutte contre la grippe aviaire (FIRCA et IPRAVI ; FIRCA et CNLGA; ANADER et CNLGA). Par ailleurs, tenant compte de la période des fêtes de fin d'année et de la nécessité d'un approvisionnement approprié du marché de volailles, sans remettre en cause le principe de précaution, des dispositions sont envisagées en vue d'alléger les conditions d'importation de volailles en provenance de pays non affectés.

Ministère délégué auprès du Premier ministre chargé de l'Economie et des Finances

Un compte rendu du séminaire sur l'optimisation de la dépense publique, organisé du 23 au 26 août 2006 à Yamoussoukro et les conditions de mise en œuvre des résolutions adoptées. Celles-ci visent: à développer un modèle efficace de projection budgétaire et une meilleure rationalisation et observation des principes et procédures budgétaires tenant compte notamment de la réglementation communautaire;
- une plus grande maîtrise des recettes de services qui passe par leur parfaite identification et la définition d'un cadre institutionnel réglementaire et fonctionnel précis.
- une meilleure articulation des outils de gestion électronique des finances publiques (SIGFIP, ASTER, SIGMAP) et la vulgarisation dans l'administration du recours aux moyens électroniques ;
- l'inscription dans des délais, la mise en œuvre des actions d'exécution des finances publiques;
- la création d'un cadre de concertation entre les structures concernées par la gestion du personnel de l'administration et une plus grande responsabilisation des DAAF et DRH dans la gestion des dossiers des personnels avec la Fonction publique;
- un contrôle plus rigoureux sur les actes générateurs de dépense tels la consommation d'eau, d'électricité, de téléphone, les missions hors Côte d'Ivoire, le matériel mobilier et immobilier ;
- la vulgarisation du contrôle des dépenses par la création d'un corps de contrôleurs et le renforcement des contrôles interne et externe ainsi que la responsabilisation des acteurs clés de l'exécution de la dépense publique;

Le ministre délégué a demandé en conclusion, tenant compte de la situation actuelle des finances publiques qui appelle une plus grande rigueur dans leur gestion, l'autorisation pour la mise en œuvre sans délai des différentes résolutions. Après délibération, le Conseil des ministres a adopté les conclusions des différentes communications. Nominations et agréments Ministère des Affaires étrangères Sur présentation du ministre de la Défense assurant l'intérim du ministre en charge de ce département, le Président de la République, après délibération a signé plusieurs décrets portant nomination d'Ambassadeurs; extraordinaires et plénipotentiaires de la République de Côte d'Ivoire près:
- la République du Tchad avec résidence à N'Djamena,
- la République du Mali avec résidence à Bamako,
-la République du Sénégal avec résidence Dakar.

De même, après délibération le Conseil des ministres a donné son agrément pour la nomination:
- du représentant président de l'ONUDI en Côte d'Ivoire,
- d'un Ambassadeur extraordinaire plénipotentiaire du Royaume de Belgique près la République de Côte d'Ivoire avec résidence à Abidjan,
- d'un Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République fédérale et démocratique d'Ethiopie près la République de Côte d'Ivoire avec résidence à Abidjan.

Avant la levée de la séance, le Premier ministre a tenu au regard de la situation délétère observée il l'approche du 31 octobre 2006 et dans l'attente de la résolution du Conseil de sécurité sur la sortie de crise en Côte d'Ivoire à rassurer les Ivoiriens. Pour le Premier ministre, la situation est certes difficile, mais le Gouvernement demande aux populations de ne pas tomber dans l'angoisse et de ne pas céder à la panique. Il les a également Invité à la sérénité et à garder l'espoir d'une sortie de crise effective.

Le Ministre de la Fonction publique, de l'Emploi et de la Réforme administrative
Porte-parole du gouvernement
Pr Hubert Oulaye


DECLARATION DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN SUR LES RECOMMANDATIONS DE L'UNION AFRICAINE

Lundi 23 Octobre 2006

DECLARATION DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN: Que l’ONU n’aggrave pas la situation en Côte d’Ivoire
Depuis la publication du Communiqué de la 64ème réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (U.A.), une fièvre inqualifiable s'est emparée de l'opposition politico-militaire qui n'arrête pas de menacer de brûler la Côte d'Ivoire et de faire partir par la force le président Laurent Gbagbo du pouvoir, après le 31 octobre 2006, au cas où le Conseil de Sécurité de l'ONU ne suspendait pas la Constitution ivoirienne et ne dépouillait pas le président de la République de tous ses pouvoirs au profit du Premier ministre Charles Konan Banny. Pour le FPI, toutes ces menaces doivent dès à présent interpeller la communauté nationale etinternationale par rapport au danger que l'on veut faire courir à notre pays.
Le Front populaire ivoirien s'est, au demeurant, volontairement abstenu de tout commentaire du Communiqué de l'U.A., non parce qu'il s'en satisfait, mais tout simplement pour permettre à l'ONU, qui a déjà une expérience suffisante de la crise ivoirienne, de travailler dans la sérénité et la responsabilité.
Autrement, les décisions arrêtées par les chefs d'Etat africains comportent bien de zones d'ombre et surtout les questions extrêmement importantes relatives au désarmement, à la libre circulation des personnes sur toute l'étendue du territoire, à l'identification et à la confection des listes électorales sont loin d'avoir été traitées avec toute l'attention nécessaire. Mais, le FPI considère l'ensemble des propositions de l'Union africaine (U.A.) comme un ensemble de recommandations et espère que l'ONU en corrigera les faiblesses majeures au cours de sa prochaine réunion.
Dans cette perspective, le FPI reste profondément convaincu que l'ONU ne prendra pas le risque d'aggraver une situation socio-politique déjà précaire à travers une résolution impopulaire qui ne prendrait pas en compte l'essentiel des recommandations de l'U.A.
L'ONU ne cèdera pas à la pression des va-t-en guerre et des partisans de la prise du pouvoir par la force pour perpétrer un coup d'Etat dans l'un de ses pays membres, contrairement aux prescriptions de sa charte fondatrice. C'est pourquoi le FPI demande à toutes ses militantes et à tous ses militants, à tous les patriotes ivoiriens, ainsi qu'à tous les amis de la Côte d'Ivoire de demeurer sereins, mais vigilants et mobilisés.

Fait à Abidjan,
le 24 octobre 2006,
Pour le Front
populaire ivoirien (FPI),
Le Secrétaire général
Porte-parole du Parti


INTERVIEW DE M.SORO GUILLAUME SECRETAIRE GENERAL DES FORCES NOUVELLES SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE

Lundi 23 Octobre 2006

Invité de la télévision burkinabé samedi Guillaume Soro leader des forces nouvelles (ex-rebellion ivoirienne) a fait un large tour d’horizon de l’actualité politique nationale et internationale. L’intégralité d’une interview-vérité.

Q : A l’époque, il semble que vous étiez très proche de la famille Laurent Gbagbo. La FESCI, à un moment donné, était un mouvement affilié à l’opposition. Si cela est vrai, pourquoi avez-nous donc tourné le dos à cette famille.
GS : Disons qu’à l’époque, en 1991, il ne faut pas se cacher les choses, Laurent Gbagbo, en faisant intrusion sur la scène politique, s’était positionné comme l’homme du changement. Il venait comme un homme de gauche, défenseur des valeurs démocratiques. A l’époque, le mouvement étudiant épousait ce même idéal. Et c’est comme cela que nous nous sommes retrouvés ensemble dans la rue, pour revendiquer la démocratie. En son temps, c’était le président Félix Houphouët-Boigny qui était à la tête de l’Etat. Père fondateur de la Nation ivoirienne, il était déjà à sa quarantième année de gouvernance en Côte d’Ivoire. Et vous savez qu’à l’époque, il y avait le système des partis uniques. Déjà, à notre avis en 1999, il était inacceptable pour un pays comme le nôtre d’être dans le système du parti unique. Nous nous sommes battus ensemble. Je dois reconnaître qu’effectivement il y a eu une proximité entre Monsieur Gbagbo et moi-même. Nous avons été amenés, dans le cadre d’une plate-forme large de la gauche ivoirienne, à analyser la situation ivoirienne. Et nous avons été très proches. Malheureusement, je suis de ceux qui ont été totalement désillusionnés et choqués de voir que les valeurs de la gauche que nous avons défendues et réclamées ensemble sont foulées aux pieds par M. Laurent Gbagbo. Il s’est progressivement écarté de toutes ces valeurs que nous souhaitions voir réaliser sur le plan politique. Jusqu'au point où il embouche le discours de l’ivoirité. Pour nous, cela est totalement intolérable et inacceptable dans notre pays. C’est l’ivoirité qui nous a divisé.

Q : Nous reviendrons sur l’ivoirité. Mais, vous avez écrit un livre qui est intitulé : « Pourquoi je suis devenu rebelle : la Côte d’Ivoire au bord du gouffre». Dites-nous pourquoi un jeune étudiant comme vous se voit obligé de prendre les armes. Que s’est-il passé ?
GS : Il y a deux choses. D’abord le mot "rebelle". Ce mot ne m’échappe pas. Qu’on m’appelle "leader des Forces nouvelles" ou de la rébellion, tous ces termes me conviennent. C’est aujourd’hui qu’on essaie de galvauder le mot "rebelle". Le mot "rebelle" a son côté noble. Georges Washington, aux Etats-Unis, était appelé "rebelle", parce qu’il s’était rebellé contre l’empire mère qui était alors la Grande-Bretagne. La rébellion n’a donc pas forcement une connotation péjorative. Ce n’est donc pas un mot qui me choque. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai tenu à ce que le public retienne le titre de ce livre où j’ai expliqué, en partie, pourquoi je suis devenu rebelle. Pour venir à votre question, l’explication est toute simple. Un Etat est organisé de telle sorte que lorsque vous êtes victime d’une injustice, l’Etat répare cette injustice. Cela, à travers les juges et les juridictions. Quand une population est vexée ou frustrée, il y a des moyens légaux qui permettent, à la population, d’exprimer sa colère. Mais, quand dans un Etat, tous ces mécanismes et les rouages de l’Etat ne permettent plus l’expression démocratiques et la libre expression, cela pose un problème. Il se trouve malheureusement que, dans mon pays en Côte d’Ivoire, depuis la mort du président Houphouët, de nouveaux dirigeants qui voulaient confisquer le pouvoir d’Etat ont commencé à tirer en nous les vilains sentiments tels que la xénophobie, la discrimination, etc… De sorte que, du jour au lendemain, nous tous qui étions allés à l’école avec des jeunes bété, baoulé et autres, on a commencé à nous indexer par nos noms. Quand vous vous appelez par exemple "Ouattara Wossoro" en Côte d’Ivoire, vous devenez systématiquement un étranger. Et quand vous avez le malheur de porter un boubou, vous êtes taxé de musulman ou d’étranger. A partir de là, la situation de la Côte d’Ivoire, à l’évidence, ne pouvait que conduire à l’impasse actuelle. J’ai moi-même vécu une expérience que j’ai citée dans le livre. Je revenais, un soir, d’une visite amicale, lorsque j’ai été intercepté sur l’autoroute du pont De Gaulle à Abidjan. Le policier qui a arrêté le véhicule, dans lequel j’avais pris place avec un jeune ami d’ethnie bété, dès qu’il a vu ma carte, s’est tout de suite énervé. Et il a reproché au jeune bété de faire chemin avec un jeune étranger mossi. Des gens qui veulent venir arracher leur pays. A partir de là, j’ai compris que, dès l’instant où l’ivoirité n’était qu’un concept, et que du jour au lendemain, l’ivoirité avait sa réalité concrète, dans le fait que des hommes armés, des policiers, pouvaient taxer un citoyen du fait seulement de son nom, d’étranger ou de mossi ; j’ai compris alors que la situation était devenue grave et dangereuse. Quand les élections de 2000 ont été biaisées par feu le général Robert Guéi, qui a consacré l’exclusion de bon nombre de candidats surtout ceux du Nord, j’ai compris que malheureusement la Côte d’Ivoire s’était engagée dans une voie sans issue. Je peux même vous dire qu’à l’occasion de ces élections, quand Monsieur Laurent Gbagbo s’est proclamé président et que le peuple a voulu insister pour appliquer son droit le plus souverain qui était de choisir ses dirigeants, on a envoyé des gendarmes pour aller les massacrer. Dès lors, ma décision était prise. Il n’était plus question de sortir les gens dans les rues et de rencontrer des balles de Kalachnikovs. Il fallait aller à l’équilibre des rapports de forces sur le terrain. Je me suis dit que si d’aventure, on devrait demander, aux gens, d’aller marcher et que les gendarmes devraient tirer sur ces populations, il faut qu’elles soient en mesure de se défendre. Je pense que c’est dans ces environs qu’il faut tirer l’origine de ma décision d’entrer en rébellion contre un régime cynique qui veut s’accaparer du pouvoir.

Q : On a le cas du Congo (ex-Zaïre) où M. Etienne Tshisékédi a préféré, malgré les difficultés du moment, rester dans une opposition politique non armée. N’est-ce donc pas un raccourci que vous avez pris ?
GS : Je pense que cela dépend des options des uns et des autres. Que M. Tshisékédi soit resté dans l’opposition dite non armée, cela n’a pas empêché le Zaïre de connaître une rébellion. Ce qui est en cause, c’est de savoir si le principe démocratique est respecté dans notre pays. Malheureusement, quand vous avez en face un régime qui a pour programme de gouvernement la catégorisation des Ivoiriens, il faut dire qu’il y a un problème.

Q : La Côte d’Ivoire est divisée depuis 4 ans. Que ressentez-vous en voyant votre pays dans un tel état ?
GS : Personne ne peut se féliciter d’aller à la guerre. C’est l’ultime étape du désespoir d’un peuple. Et c’est ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire. Vous avez des jeunes Ivoiriens qui ont décidé de prendre des armes pour réclamer le droit de vivre sur la terre de leurs ancêtres. On peut ne pas avoir de l’argent, mais ce qu’on ne peut pas négocier, c’est sont identité. Et nous ne pouvons pas accepter d’entrer dans la compromission de notre identité. Ce que nous demandons, c’est de vivre sur le sol ivoirien qui nous appartient aussi. Il est vrai que la Côte d’Ivoire connaît une situation de partition depuis 2002 qui ne réjouit personne. C’est pourquoi nous, nous sommes inscrits dans la dynamique politique pour dire qu’il faut une solution pacifique à la crise que nous vivons. C’est ce qui fait que, par exemple, nous avons décidé de ne pas aller à la cessession. Nous n’avons pas décidé de nous retirer du "national" qui est la Côte d’Ivoire.
Cela est important car d’autres l’auraient fait. Bien que contrôlant 60% du territoire, nous avons continué à préserver l’intégrité du territoire et à demeurer dans la nation ivoirienne. L’hymne chanté à Abidjan est le même à Bouaké.

Q : Par votre position au Nord, on dit que vous avez des soutiens dans des pays voisins comme le Burkina et le Mali. On dit même que le président Compaoré est un de vos parrains.
GS : Ce sont des accusations fallacieuses qui ne sont pas fondées. Je me rappelle une tactique classique de tous les régimes. Quand ils sont face à des difficultés, le plus facile est de trouver des voisins coupables. Aujourd’hui, je suis surpris que Gbagbo, qui en ses temps d’opposition, était accusé d’être financé par Kadhafi, lui accuse aujourd’hui Blaise Compaoré d’être le parrain de la rébellion. Si la situation n’était pas aussi grave, on pouvait continuer d’en rire. Blaise Compaoré n’a pas besoin de dire, aux citoyens ivoiriens, que si on est en train de déchirer vos cartes d’identité, il faut vous battre. Il ne faut pas que les Ivoiriens attendent Blaise Compaoré pour leur donner ce conseil. Tantôt c’est Blaise Comparé ou c’est Wade ou encore Obasanjo. En fin de compte, ça frise le ridicule.

Q : Mais, comment financez-vous vos troupes ?
GS : Souvent, lorsque la volonté est là, vous n’avez pas besoin de milliards. La différence entre la rébellion ivoirienne et d’autres rébellions, c’est qu’elle n’est pas en quête du pouvoir pour le pouvoir. C’est en cela que la rébellion ivoirienne est, par exemple, différente de celle du Libéria et de bien d’autres. Nous, nous sommes venus pour revendiquer le droit d’être des citoyens libres dans notre pays. Et quand vous venez promouvoir de telles valeurs, vous avez le soutien des populations. Ces populations sachant la noblesse de notre combat nous ont beaucoup apporté leur soutien.

Q : On dit que les 60% que vous contrôlez sont une zone sinistrée.
GS : Je vais vous dire que la situation n’est pas facile. Je ne vais pas vous faire de la démagogie pour dire que, parce que la rébellion est dans le nord, alors c’est le luxe. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Mais, il faut aussi dire que nous, nous sommes organisés de telle sorte que le minimum soit assuré. Vous pouvez convenir, avec moi, que dans le Nord de la Côte d’Ivoire, il n’y a pas encore de famine déclarée. Cela veut dire au moins que les gens ont la pitance quotidienne. Il n’y a pas de longs fils pour aller prendre la nourriture que distribuerait les organisations ou organismes d’aide. Je veux dire qu’il y a un minimum qui est fait. C’est vrai qu’il y a beaucoup de difficultés. Surtout la fermeture des banques qui nous préoccupe énormément. Nous sommes en train de travailler dans ce sens. Et je peux vous assurer qu’un minimum est fait pour instaurer un équilibre économique et une certaine stabilité viable qui permette, aux populations, de continuer d’y vivre et de vaquer à leurs occupations de façon normale.

Q : La semaine dernière, il y a un opposant burkinabé qui disait, au cours de cette même émission, que les rebelles ivoiriens narguaient un peu les populations du Burkina, avec leurs belles voitures et leurs belles villas. Et qu’il y a même eu des moments où certains cortèges ont écrasé des civils. Quelles réactions ?
G.S. : Je pense qu’il n’ y a pas de commentaires particuliers. Il est évident qu’une situation de rébellion n’est pas aisée à gérer. Diriger un parti politique, c’est difficile. Mais diriger une rébellion, c’est mille fois difficile. Il est vrai qu’après le 19 septembre 2002, certaines brebis galeuses et des éléments incontrôlés, par des manœuvres peu tolérables, ont pu nuire à l’image de marque des Forces Nouvelles. C’est vrai qu’à un moment donné, on m’a signalé que certains de nos éléments étaient trop vus dans les capitales burkinabés et maliennes. Ce sont des choses à déplorer et à condamner. Et d’ailleurs, nous avons pris un certain nombre de mesures pour que ce genre de dérives n’arrive pas. Si nous sommes venus nous battre, pour la démocratie et pour des causes aussi nobles, il faudrait qu’on soit un exemple. Il est vrai aussi que, dans ce genre de situation, il y a des gens qui profitent par opportunisme. Cela est regrettable et je me bats contre ça. Les peuples burkinabé et maliens doivent comprendre le leadership des Forces nouvelles. Il ne faut pas que ce genre de dérives occulte l’idéal qui doit demeurer la volonté de combattre pour la démocratie en Côte d’Ivoire.

Q. : Mais avez-vous intérêt à ce que cette crise s’estompe ?
G.S. : Je suis très pressé à ce que la crise finisse. Parce que, dans ce combat, on m’a volé ma jeunesse. J’aurais bien voulu aussi être comme tous les jeunes, aller ça et là dans les cinéma et autres boîtes de nuit. Mais, je ne peux plus le faire. Et je vais vous dire qu’on ne se complait pas dans une telle situation. Je peux aussi vous dire qu’en tant que Guillaume Soro, je n’ai pas à donner la rébellion pour être une icône politique en Côte d’Ivoire. Quand j’étais à la tête du mouvement étudiant, j’avais déjà été élu "l’homme de l’année.
Bien au contraire, j’ai perdu les sympathies parce que je suis à la tête de la rébellion. Quand la guerre sera fini, chacun aura sa voie. C’est Gbagbo qui ne veut pas de la fin de la guerre. Il sait qu’il ne serait plus rien. Nous, par contre, nous avons notre avenir devant nous. Nous avons intérêt à aller vite à la paix.

Q : Parlant du fameux charnier de Yopougon et des violations des droits de l’Homme, dites-nous si tout cela relève du passé ?
G.S : Quand nous sommes venus, nous avons mis un point d’honneur au respect des droits de l’Homme. L’une des causes de la guerre en Côte d’Ivoire, est l’impunité. C’est parce que le charnier de Yopougon n’a pas été traité correctement et les responsables n’ont pas été punis que nous en sommes arrivés là. L’impunité a favorisé la recrudescence des violations des droits de l’Homme. Nous sommes venus en réaction à cela. Quand il y a la guerre, malheureusement, il y a des morts. Cela, nous le déplorons. Mais, entre la politique de planification des tueries des escadrons de la mort de Gbagbo et quelques dérapages qui ont pu avoir lieu au Nord, il n’y a pas de comparaison. Je suis celui qui collabore avec les Nations Unies chaque fois qu’il y a des cas de violation des droits de l’Homme dans nos zones. J’ai déjà dit que nous sommes responsables. Les récents rapports des Nations Unies montrent qu’il y a un effort au Nord plus qu’au Sud. Chacun répondra des actes posés en dehors du cadre de la guerre.

Q : Après le 30 octobre, que se passera-t-il en Côte d’Ivoire ?
G. S : Nous avons été clairs sur la question. Nous avons demandé et nous continuions de demander, à la communauté internationale, de prendre des mesures courageuses. Nos propositions sont de dire qu’il faut suspendre la Constitution ivoirienne. Elle est mauvaise. C’est elle qui est à l’origine de la guerre.

Q : Elle a pourtant été votée par l’ensemble des Ivoiriens ?
G. S : Je n’ai pas voté cette Constitution. Le peuple ivoirien n’a pas voté cette Constitution. Il y a eu 73% d’abstention lors du Référendum constitutionnel organisé en 2000 sous un régime militaire. Elle ne peut pas être consensuelle. A supposer même qu’elle fut consensuelle, mais le fait qu’elle regorge des articles confligènes, nous demandons qu’il faut la suspendre. Elle consacre l’ivoirité et la ségrégation entre les Ivoiriens. Ensuite, une Constitution qui a "fait" la guerre ne peut pas envoyer la paix. Entre temps, nous avons estimé qu’il fallait adopter un Acte constitutionnel de transition qui permette d’organiser les pouvoirs en Côte d’Ivoire. Ceci dit, nous considérons que Gbagbo ne peut pas continuer d’être le chef de l’Etat. Même la Constitution dont il se prévaut, ne le lui permet pas. Le peuple de Côte d’Ivoire est souverain et il élit le président de la République pour cinq ans. Pas plus. Le mandat électif de Gbagbo est arrivé à échéance le 31 octobre 2005. Dès lors qu’il n’est plus oint par les urnes, nous considérons qu’il doit être mis de côté. En plus, Gbagbo est candidat aux élections. Il doit être mis de côté pour que nous ayons une transition à la libérienne.

Q : Est-ce réaliste de mettre Laurent Gbagbo de côté ?
G.S : Bien sûr. Pensez-vous que si on avait demandé, à Charles Taylor, de quitter le pouvoir et qu’on attendait son humble avis, il l’aurait fait ? Non. Ou la communauté internationale choisit de protéger un individu ou elle choisit de mettre fin aux souffrances du peuple. Il s’agit de sauver le peuple ivoirien et non un individu. C’est pourquoi, nous avons fait cette proposition. La CEDEAO s’est réunie et selon ce que nous apprenons, elle aurait reconduit le mandat de Gbagbo (l’interview a été réalisée avant Abuja, ndlr).

Q : Vous êtes déçu de la CEDEAO ?
G.S : C’est un mot trop fort. Mais en même temps, je considère qu’il ne revient pas à la CEDEAO de venir enlever Gbagbo. C’est au peuple ivoirien de prendre ses responsabilités.

Q : Vous appelez à un soulèvement populaire ?
G.S : Cela ne doit pas vous surprendre de ma part. Quand quelqu’un a déjà pris les armes, ce n’est pas un soulèvement populaire qui serait une grosse affaire pour lui. Ce qu’il faut que les Ivoiriens comprennent, c’est que ni la CEDEAO, ni l’UA, ni l’ONU ne viendront résoudre les problèmes des Ivoiriens à leur place. Il est aussi vrai que, quand nous avons décidé de prendre nos responsabilités, le 19 septembre 2002, par la prise des armes, l’opinion internationale s’est invitée dans le débat. Ils étaient supposés apporter des solutions de paix. De toutes façons, Gbagbo s’arc-boute sur son prétendu mandat pour ne pas faire droit à la paix.

Q : Certains observateurs disent que Gbagbo est un homme rusé, malgré tout…
G.S : Si la ruse consiste à tromper ses partenaires et adversaires, alors je ne pense pas que ce soit une qualité à promouvoir. Laurent Gbagbo n’a pas su conduire les affaires en Côte d’Ivoire. En 1990, il y a eu une mutinerie de l’armée ivoirienne. Le Président Houphouët a appelé les jeunes mutins pour négocier avec eux. Plusieurs ministres avaient quitté le pays. Houphouët, malgré l’opposition de ses Généraux a rencontré les militaires, mu par l’esprit de la patience et de la sagesse. Houphouët a résolu leurs problèmes et ils sont sortis du Palais en scandant « Houphouët, Président ». En 2002, une mutinerie éclate à Abidjan. Gbagbo est en Italie. Les soldats sortent dans la rue, il y a des tirs. Les « Zinzin » et « Bahefoué » réclament d’être réintégrés dans l’armée. Depuis l’Italie, où il se trouvait, Gbagbo déclare la guerre aux militaires. Ils n’avaient pas d’autres choix que de se battre. C’est ce qui va conduire à la rébellion et à la partition de fait du pays. Deux situations similaires, deux chefs d’Etat qui n’ont pas la même approche et voilà que la Côte d’Ivoire est divisée en deux.

Q : Ne peut-on pas dire que la mainmise sur les FANCI est l’un des points forts du régime Gbagbo ?
G.S : Vous avez une armée qui n’en a jamais été véritablement. Depuis son arrivée au pouvoir, Gbagbo l’a tribalisée à outrance. L’armée, à mesure que le temps passe, s’est disloquée. Le Général Doué Mathias est aujourd’hui dans la clandestinité avec beaucoup d’autres officiers. Mangou Philippe est là, mais il est évident que Gbagbo ne compte que sur les miliciens et sur sa garde prétorienne. Je pense qu’il n’y a pas de cohérence dans cette armée. Quand les militaires sont dépossédés de leurs armes au profit de la frange tribale de l’armée, il est évident qu’il maîtrise l’armée alors qu’en réalité, elle est majoritairement contre la guerre.

Q : On a entendu Doué menacer de descendre sur Abidjan. Vous également, vous le dites au cas où la Licorne partirait ? Avez-vous les moyens de le faire ? N’est-ce pas de la surenchère ?
G.S : Nous sommes loin de faire de la surenchère. Surtout dans une situation aussi délétère. Le 4 novembre 2004, Gbagbo, avec la complicité active ou passive de la France, a eu l’accord d’attaquer le Nord de la Côte d’Ivoire. Le 4 novembre, alors qu’il avait une armée plus ou moins cohérente et qu’il avait une aviation, il lance les avions Sukhoï à l’assaut de Bouaké. Les troupes terrestres sont lancées. Nous réussissons à les contenir et à les repousser. Le 5 novembre, c’est le même scénario. Nous les repoussons au-delà de la ligne de confiance. Le 6, vous avez appris ce qui s’est passé. C’est ce que j’appelle une bataille à tuer les autres batailles. En réalité, quand les deux premiers jours, Gbagbo a échoué, il y a eu du découragement et la démobilisation au sein de ses troupes. Certaines mauvaises langues ont prétendu avoir vu des Français combattre aux côtés de la rébellion. Ce qui est totalement faux. C’est peut-être ce qui a incité les bombardements du camp militaire français. C’est pour vous dire qu’en 2004, Gbagbo nous a attaqués, il n’a pas pu prendre la suprématie. Même pas un centimètre carré. Ce n’est pas aujourd’hui où son armée est au plus mal et au plus bas qu’il pourrait nous battre.

Q : Il a eu le temps de s’armer, qui sait ?
G.S : Ah non ! En 2004, il avait une aviation. Maintenant, il n’en a plus. En 2004, il avait des officiers qui avaient du mérite. Il n’en a plus. Il avait des armes lourdes. Il n’en a plus. Et je sais de quoi je parle.

Q : Vous avez récusé la médiation sud africaine. Mbeki n’est plus crédible, à vous entendre.
G.S : Un médiateur ne peut conduire à bien sa mission que s’il bénéficie de la confiance de l’ensemble des acteurs. Thabo Mbeki ne nous inspire plus confiance. Il a un parti pris pour M. Laurent Gbagbo.

Q : Avez-vous des exemples précis ?
G.S : Il y en a plusieurs. Quand le 6 novembre 2004, l’armée française a détruit l’aviation de Laurent Gbagbo, Thabo Mbeki s’est rendu à Yamoussoukro et a versé des larmes en découvrant "les cadavres" des Sukhoï. Cela a choqué les Ivoiriens. Ces avions symbolisent, au Nord, la mort et la désolation. Etait-il indiqué d’aller verser des larmes et oublier la mémoire des Ivoiriens qui ont perdu leur vie par la faute de cette aviation ? Nous n’avons pas pu pardonner et admettre cela à Thabo Mbeki. Deuxièmement, quand nous sommes allés en Afrique du Sud pour entamer les négociations avec Mbeki, il nous a dit ceci : « Il y a un problème Ivoiro-ivoirien et il y a un problème entre la Côte d’Ivoire et la France ». Ce qui voulait dire qu’il s’était déjà laissé séduire par le discours opportuniste et démagogique de Gbagbo qui prétendait être un résistant panafricain qui combat l’impérialisme. Tout le monde sait par contre que Gbagbo a pris le pouvoir avec le soutien actif du gouvernement de Jospin. Gouvernement de gauche qui, à l’époque était avec lui dans l’Internationale socialiste. Gbagbo, jusqu’à ce jour, continue de concéder toute l’économie de Côte d’Ivoire à la France alors qu’il crie sur tous les toits qu’il est contre ce pays et qu’il demande son départ de la Côte d’Ivoire. Ceci est totalement ridicule.

Q : Mbeki a réussi, malgré tout, à faire accepter la candidature de Ouattara. C’est un point positif à mettre à son actif.
G.S : Je n’étais pas d’accord avec la façon dont la question de la candidature de M. Ouattara a été traitée par les accords de Pretoria. L’accord de Marcoussis était très clair. Il a dit que la Constitution ivoirienne était mauvaise et qu’il fallait la réviser. Entre notre proposition de suspendre la Constitution et celle de Gbagbo de la maintenir, Marcoussis a trouvé le compromis en préconisant qu’il fallait la réviser. En d’autres termes, qu’il fallait en réviser certains articles inacceptables. Et notamment, l’article 35 qui excluait de fait des citoyens Ivoiriens à la course à la présidentielle. Au lieu d’aller courageusement à la révision, M. Mbeki a proposé que Gbagbo use de l’article 48 de cette même constitution pour permettre à tous les signataires qui le désirent, d’être candidats. A première vue, c’est une avancée. Mais à mon avis, la question de la révision de la Constitution reste intacte. Notre problème à nous, Forces Nouvelles, n’était pas un problème de candidature. Mais plutôt d’Identité et de citoyenneté.

Q : N’êtes vous pas vous-même candidat ?
G.S : Nous sommes venus pour rectifier une situation. Je ne suis pas candidat pour des convictions personnelles. Si je suis candidat, je fausserais le jeu. Je ne peux pas profiter d’une situation alors que j’ai donné ma parole. Je ne reviendrai pas sur ma parole. Il faut montrer au peuple ivoirien qu’il y a des citoyens qui peuvent dire une chose et respecter leur parole. Il ne faut pas faire comme le Général Guéi qui est venu et qui était supposé balayer la maison et puis après, il a su tellement balayer qu’il a voulu rester. Vous avez vu les conséquences. Les Forces Nouvelles n’enverraient pas un candidat aux élections présidentielles.

Q : Une appréciation du travail que fait l’Union Africaine avec Sassou N’Guesso ?
G.S : J’ai rencontré le président de l’UA à plusieurs reprises. Il a vraiment la volonté de résoudre la crise ivoirienne. Il n’a pas d’agenda caché. Mais, il est victime des atermoiements et de la roublardise de Gbagbo qui, la nuit peut lui dire que « je suis d’accord avec ce que vous proposez » et le lendemain et dire que « je suis totalement contre ». A partir de là, on comprend bien que ça soit difficile pour le Président Sassou d’avancer. Je pense qu’il est aussi victime de la jalousie qui entoure en pareille circonstance la médiation africaine.

Q : Le président Bongo du Gabon a également sa proposition. Il parle de nommer Ouattara Vice-président et vous Premier ministre. Sont-ce des mesures qui vous conviennent ?
G.S : Notre problème n’est pas un problème de poste. La preuve, nous renonçons à faire acte de candidature.

Q : M. Bongo fait fausse route alors ?
G.S : Le mérite de sa proposition était de proposer en de termes clairs la question du cadre institutionnel en Côte d’Ivoire. Ensuite, il a parlé d’Assemblée constituante. Cela veut dire qu’il reconnaît que la Constitution ivoirienne actuelle ne peut être un facteur de progrès pour la sortie de crise. Sur les quatre grandes formations politiques en Côte d’Ivoire, trois avaient félicité Bongo d’avoir fait cette proposition. A notre avis, elle est bonne. On peut en discuter et l’améliorer.

Q : La RDC a opté pour le principe de 4+1, un Président et quatre Vice-présidents. Est-ce une option?
G.S : Le processus au Congo a connu un gros progrès. Ils iront au second tour des élections présidentielles dans quelques jours. C’est une proposition assez bonne. Cette proposition n’est pas assez loin de celle que nous faisons. Nous avons demandé un Président de la Transition avec deux vice-présidents.

Q : A l’avenir, serez-vous candidat à la magistrature suprême de votre pays ?
G.S : Je ne l’envisage pas pour l’instant. On a encore des années de combat politique devant nous. Ma candidature ne doit pas être vue comme une promotion personnelle. Le combat d’obtenir la démocratie pour la Côte d’Ivoire et de régler définitivement le problème des sans papier est une tâche lourde.

Q : Un mot sur votre existence actuelle… L’imaginiez-vous ainsi et comment la vivez vous ?
G.S : Ce n’est pas facile, la responsabilité que nous assumons. C’est extrêmement pénible. Diriger un mouvement armé, n’est pas chose aisée. Il y a des moments de doute. Quand vous êtes face à vous-même dans votre chambre, vous vous demandez si le combat que vous menez, valait la peine. Mais, quand vous sortez et que vous voyez les valeurs pour lesquelles vous vous battez et que les gens vous exhortent à ne pas baisser les bras, vous vous armez de courage pour assumer la responsabilité qui est la vôtre.

Q : Avez-vous peur de la mort ?
G.S : Tout citoyen a peur de la mort. A ce jour, nous avons échappé à tellement de situations périlleuses que nous nous disons que la mort est une constance avec laquelle il faut vivre. Je considère que les peuples Ivoiriens, Burkinabé et Maliens sont les mêmes. Fondamentalement, je suis panafricaniste convaincu. Je considère que l’Afrique n’aura son salut que dans l’intégration régionale. Cela me parait important. Je ne crois pas que le développement soit viable dans le cadre de nos micro-Etats.
(Source tnb)

Retranscrit par Diawara Samou


SENEGAL / INTERVIEW DE M.IDRISSA SECK ANCIEN PREMIER MINISTRE

Lundi 23 Octobre 2006

Idrissa Seck : «Wade est ligoté par sa famille » (Version transcrite de l'émission de la RFM)
Pendant près d'une heure l'ancien premier ministre Idrissa Seck s'est prêté aux questions de la radio Rfm à Dakar ce dimanche de 11 heures à midi. C'est la première grande interview de Seck depuis sa sortie du gouvernement. Il passe en revue l'ensemble des questions qui brûlent l'actualité et répond sans détours aux questions les plus sensibles. Nous vous proposons la version transcrite de cet entretien radiophonique.

Source : Rfm Transcription : Rewmi

Beaucoup d'observateurs ont du mal à croire que vous irez au bout de votre candidature. Pourquoi, en dépit de nombreuses dénégations, certains persistent-ils à penser qu'il y a eu un « deal » entre Abdoulaye Wade et vous ?

L'idée de deal est un fantasme du camp présidentiel.
Ce qui m'engage, ce sont les actes que je pose et les paroles que je prononce. Je ne peux pas avoir mobilisé mes réseaux au niveau international, activé toutes les associations qui me soutiennent dans le monde, impliqué tous mes compagnons politiques au Sénégal pour du bluff. Cela ne me ressemble pas.
Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais de deal entre le Président de la République et moi. Il m'a accusé de faits graves que la justice a réfutés un à un. L'idée de deal est étrangère à ma conception de l'éthique, de l'Etat et de la politique.
Sauf volonté divine contraire, entre Abdoulaye Wade et moi, toute entente politique est derrière nous.

Vos adversaires rappellent toujours une phrase que vous avez prononcée au cours d'un séminaire gouvernemental à Ziguinchor : « Je suis né pauvre et je suis devenu riche. » Vous êtes-vous enrichi à la faveur du pouvoir ?

Je voudrais d'abord rappeler le contexte de cette phrase.

J'avais lancé en 2004, la Stratégie de Croissance Accélérée (SCA) au séminaire de Ziguinchor, en y invitant des économistes de renom comme l'américain Michael Fairbank's de OTF (On The Frontiers)
Dans sa présentation liminaire, Michael Fairbanks, avait demandé aux élites sénégalaises de faire un choix entre l'ancien monde où les richesses et les privilèges étaient distribués à la naissance et figés à vie et le nouveau monde où les talents assurent cette distribution de richesses et de privilèges. Et où on peut naître pauvre et mourir riche et naître riche et mourir pauvre en fonction du mérite.
C'est en réaction à cette interpellation que j'avais formulé la phrase que vous rappelez.
Les seules ressources que mon passage au pouvoir a mis à ma disposition et qui renforcent mes moyens d'intervention politique et sociale sont les fonds politiques que le Président de la République lui-même m'a discrétionnairement alloués. J'ai indiqué le code qui a présidé à leur redistribution. Les proches, les orphelins, les indigents, les lourdement endettés, l'affranchissement des jougs, les voyageurs en détresse et ceux dont les cœurs sont à gagner à notre cause.

Le Livre m'a inspiré d'en dresser compte : “Et nous avons dénombré toute chose dans un registre explicite ”
Ce qui me préserve des oublis des mémoires affaiblies…

Vous êtes souvent décrit comme un personnage cassant voire arrogant… Que répondez-vous à cette rumeur qui brouille votre image ?

Le propre de la rumeur c'est de partir de rien pour gonfler, telle une bulle, et prendre injustement les allures d'une vérité. En l'occurrence, l'idée d'un Idrissa Seck arrogant et cassant est une pure caricature.

Le musulman que j'aspire à être connaît l'importance de l'humilité. Ma fréquentation des Psaumes m'a également enseigné que le Seigneur invite à être humble : « … afin que l'homme tiré de la terre cesse d'inspirer l'effroi » (Psaumes 10, V18)

Mais humilité ne veut pas dire légèreté, encore moins vulgarité. Nul ne peut revendiquer une position de pouvoir et ne pas adopter une posture qui impose le respect.

Dire le contraire c'est cautionner une banalisation de l'autorité publique, donc un affaissement de l'autorité et du prestige de l'Etat comme on l'observe aujourd'hui dans notre pays.

Vous avez quand même dit que vous êtes né pour être président. Ce qui n'est pas modeste

Ce n'est pas modeste du tout et c'est pour cela que je ne l'ai jamais dit. Cette rumeur est née du titre d'un journal de Princeton qui disait : « Idrissa will someday be President » (Idrissa sera un jour président). Nous nous limitons humblement à prier pour que ce jour soit proche.

Pourquoi mêlez-vous le Coran au discours politique ? Quel est votre rapport à la laïcité ?

Le Coran est ma référence. Il m'enseigne d'adopter aussi comme sources d'inspiration l'Evangile, la Thora et les Psaumes, de m'ouvrir aux merveilles du monde et à toutes ces cultures, de parler à chaque peuple sa langue. C'est à travers Tintin, Titeuf, Ducobu et jeux électroniques que j'enseigne à mes enfants le coran de façon fragmentée et graduelle comme l'a reçu le prophète (PSL) pendant 23ans.
Ceux qui veulent instituer un Etat Islamique où ne vivraient que des croyants méconnaissent le Livre. Le Coran fonde la laïcité en divers versets :
« C'est Lui qui vous a créé. Parmi vous il y a mécréant et croyant… » S64 V2. L'un ne peut pas éteindre l'autre. Songez au formidable dialogue entre Dieu et Iblis (Satan). Le premier choisit d'accorder un délai au second pour obstruer son chemin. (S7 V12-18)
« Nulle contrainte en religion » (S2 V256)
« La vérité émane de votre Seigneur, quiconque le veut qu'il croie et quiconque le veut qu'il mécroie » (S18 V29)
« Et par l'âme et Celui qui l'a harmonieusement façonnée »
« Et lui a alors inspiré son immoralité, de même que sa piété » (S91 V7 et 8)

J'accorde une importance fondamentale à la laïcité. Je ne peux avoir le parcours que j'ai eu et ne pas être ouvert sur les autres cultures et les autres sociétés. De St-Gabriel à Princeton en passant par Sciences-po Paris, je me suis fait des amis de toutes les religions, de toutes les civilisations et de tous les continents. Notre pays est un exemple réussi de cohabitation entre les religions. Je m'emploierai à préserver cet acquis essentiel si je suis en responsabilité. Premier ministre, j'ai pu d'ailleurs démontrer mon attachement à cet équilibre, à l'occasion de la polémique engagée par le président de la République contre le clergé en 2003.

Vous avez dit et répété que vous n'alliez jamais vous présenter contre Abdoulaye Wade. Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?

Abdoulaye Wade et moi étions liés par un pacte qu'il a rompu à la face du monde. Je ne parle même pas de la brutalité avec laquelle il m'a traité. Cela passe encore. Ce qui passe moins, c'est que plus le temps passait, plus les dérives se multipliaient, et plus il m'était difficile de me confiner dans une attitude de spectateur face à la déconstruction progressive des institutions, des avancées économiques et des acquis diplomatiques de notre pays. Le Abdoulaye Wade pour lequel j'entendais renoncer à me présenter n'est plus celui-ci. L'actuel Wade est pris dans un étau, ligoté par une stratégie familiale et pris en otage par un entourage destructeur. Et je ne suis pas le seul Sénégalais à ne plus reconnaître celui qui a été élu le 19 mars 2000.

Beaucoup d'observateurs estiment que vous ne rassurez pas, et que vous allez régler des comptes une fois au pouvoir. Avez-vous présenté une candidature de revanche ?


La revanche est une notion inconnue du musulman que j'aspire à être. Ma religion m'enseigne le pardon. Mon cursus intellectuel et mes idéaux politiques m'incitent à la tolérance. Après avoir échappé au complot de ses frères et obtenu sur eux la victoire, Joseph dit ceci à leur endroit : « Pas de récriminations contre vous aujourd'hui ! Qu'Allah vous pardonne. C'est Lui le plus Miséricordieux des Miséricordieux. »
Je ne peux, une fois élu, distraire mon temps et mon énergie à régler des comptes, au détriment de la satisfaction des problèmes urgents des Sénégalais.
Et puis, je ne peux pas poser le moindre acte de représailles à l'encontre d'Abdoulaye Wade. Les Sénégalais ne le comprendraient pas et je tiens à l'estime de mes compatriotes. Il y a des choses que je préfère subir de mon compagnon au lieu de les lui faire subir. Abdoulaye Wade peut me faire ce qu'il désire. Je convoite de Dieu un cœur large pour le subir.
Jamais je n'installerai le Sénégal dans un climat de règlement de comptes. L'Etat n'est pas un instrument pour assouvir des vengeances personnelles. J'en ai une bien plus haute idée.

Que proposez-vous de nouveau aux Sénégalais ? Avec quels hommes et femmes allez-vous le réaliser ?


Ce que j'espère, c'est que chaque sénégalaise et chaque sénégalais ressente dans son vécu quotidien la restauration de l'Etat de droit, le respect des Droits de l'homme, un panier de la ménagère garni et des opportunités d'emploi.

Les sénégalais ne souhaitent plus voir au Sénégal des journalistes envoyés à la DIC pour avoir exprimé leur opinion.
Les sénégalais ne souhaitent plus voir la manipulation des institutions judiciaires pour éliminer un adversaire politique gênant.
Ils souhaitent que la transparence irrigue tous les actes du gouvernement. Ce qui manque le plus aujourd'hui avec les modèles de gestion comme l'ANOCI
et la société AIBD (Aéroport Internationale Blaise Diagne)

Dans le premier cas, on fait croire aux sénégalais que c'est avec des dons que les travaux de l'ANOCI seraient réalisés, alors qu'en fait ces travaux sont exécutés avec des ressources publiques (Prés de 31 milliards auprès du fond Kowétien et de la BID. ) Pour la société de construction de l'aéroport, on ne sait pas sur quelle base le partenaire stratégique (actionnaire à 55% d'une société au capital de 100 millions de francs CFA) a été choisi. Ce partenaire apporte 55 millions de francs, ne prend aucun risque puisque l'emprunt est garanti par les redevances aéroportuaires, mais il devrait être le gestionnaire d'un aéroport dont le coup dépassera vraisemblablement 300 millions de dollars.

Les sénégalais souhaitent, également, que la croissance descende au niveau du panier de la ménagère.
Ils ne veulent plus d'un Sénégal où l'électricité est coupée régulièrement et où le Président leur demande de retourner à la bougie.
Quel était le cri de campagne du président en mars 2000, en direction de la jeunesse ? ‘Vous qui n'avez pas d'emploi, levez le bras.' Aujourd'hui, quand il devra refaire le tour du pays, ces mêmes jeunes lui diront : ‘Monsieur le Président, nous sommes dans l'émigration clandestine, nous prenons des barques, des pirogues de fortune, nous mourons dans la mer parce que nous ne trouvons pas d'emplois chez nous.
Ce que je ferai de nouveau, m'appuyant sur les efforts de tous, c'est également ceci :


Le conflit casamançais sera notre première préoccupation. Nous ne donnerons pas de délai mais nous allons mobiliser les moyens nécessaires pour faire revenir la paix dans cette belle région du Sénégal. Nous avons dans cette perspective un important projet dénommé Initiative pour le Développement Intégré de la Casamance ;


Décongestionner Dakar. 22 pour cent de la population et 80 pour cent de l'industrie ne peuvent pas être confinés sur 0,03 pour cent du territoire sénégalais. Le site de Dakar sera réservé en priorité aux services (Banque, assurance, nouvelles technologies). Il nous faudra aménager hors de Dakar d'autres pôles de développement, reliés au port de Dakar par rails et autoroute, disposant de ports secs ainsi que de vastes espaces viabilisés et équipés pour abriter des sites industriels, des villages artisanaux et des zones d'habitation. Fournir des facilités de financement aux meilleurs projets à délocaliser sur les dits sites. Un fond de 125 millions de dollars est déjà identifié à cet effet ;


Explorer les réponses populaires apportées aux besoins de santé, d'éducation afin de les moderniser et de les rendre plus efficaces ;

Un plan Job et Tiop centré sur les 3 secteurs fournisseurs de notre sécurité alimentaire : Agriculture, Elevage, Pêche. Mettre sur pied une politique de promotion économique des jeunes (Formation à l'entreprenariat, appui à l'accès au crédit, etc.) ;


Remplacer COUPELEC par une SENELEC performante scindée en deux. D'une part des IPP privés pour la production et une SENELEC publique pour la distribution et le transport. Restaurer la crédibilité financière de la SAR pour une réelle relance de ses activités industrielles, à l'exclusion des activités d'importation que les traders sont mieux à même d'accomplir ;


Soutenir sérieusement l'artisanat. A titre d'illustration, nous allons octroyer aux professionnels du bois les 18 Milliards de Chiffre d'Affaire que génère le mobilier national et une part substantielle des 35 milliards consacrés, chaque année, aux meubles importés ;


Toutes ces actions de notre programme de redressement national, je l'ai déjà dit, seront portées par les meilleurs d'entre nous, représentatifs des vertus et des compétences de notre pays.

Que répondez-vous à ceux qui prétendent qu'il n y a pas de compétences parmi les hommes et les femmes qui vous entourent ?

Nombreux sont les sénégalaises et les sénégalais qui, dans le caché comme dans le manifesté, appuient ma candidature et travaillent activement à la faire triompher. Jetez un coup d'œil sur les profils des membres de notre secrétariat national et dites moi si votre question se pose encore. En attendant de découvrir les sénégalaises et les sénégalais que les meilleures firmes et institutions mondiales s'arrachent et qui m'ont déjà donné leur engagement de venir servir le pays à mes cotés.

Mes collaborateurs ont en plus une autre chose qui me lie à eux : la solidarité forgée par les souffrances communes et le feu du combat. Quelqu'un peut tirer un trait sur tous ses compagnons d'hier et se refaire des amis d'aujourd'hui. Tandis que, pour moi, la loyauté, le passé commun et le compagnonnage de la première heure ont un sens que m'enseigne le Livre :
« On ne peut comparer cependant celui d'entre vous qui a donné ses biens et combattu avant la conquête… Ces derniers sont plus hauts en hiérarchie que ceux qui ont dépensé et ont combattu après.» (S57 V10)


Quels sont vos atouts et handicaps dans la course à la présidentielle ?

Je vous laisse, en tant qu'observateur, le soin de détecter les handicaps. Je crois que mon principal atout c'est ma foi. Foi en notre destin, foi en notre avenir.


Que vous inspire comme réflexion l'attitude de l'opposition à votre égard ? Ne vous êtes-vous pas fait trop d'ennemis parmi les opposants pour pouvoir faire alliance avec vous ?

Je n'ai jamais eu de problèmes personnels avec des leaders de parti. Chacun défend ses positions politiques et je défends les miennes. A titre d'exemple, lors des investitures de candidats aux élections locales, Landing voulait Bignona et Bathily, Bakel. Je m'y suis opposé. Car ils restent des concurrents potentiels pour l'avenir et il n'était pas rationnel de leur prêter la force du PDS pour conquérir les stations stratégiques de Monsieur Casamance pour l'un et Monsieur Sénégal oriental pour l'autre.
Mais je pense que les intérêts supérieurs du pays supplantent tout autre intérêt. C'est pourquoi j'ai demandé à rencontrer les leaders de la CPA.
J'ai également déclaré que je suis tout à fait disposé à m'aligner derrière celui que les suffrages auront désigné au premier tour comme étant le meilleur profil dans l'opposition.

Avez-vous détourné de l'argent dans les chantiers de Thiès ? N'est-ce pas là l'origine de la fortune que d'aucuns vous prêtent ?

Je l'avais dit et je le réitère : jusqu'à l'extinction du soleil, le détournement du moindre centime d'argent public ne pourra m'être imputé. Et les faits m'ont jusqu'ici donné raison. Malgré la mobilisation inédite de tous les instruments de répression et d'investigation de l'Etat, la justice a fini par reconnaître mon innocence.
La commission d'instruction a dit que je n'ai commis ni détournement de deniers publics ni surfacturations dans le cadre des chantiers de Thiès et que même si la responsabilité des entreprises était établie en matière de surfacturation, il resterait à prouver comment Idrissa Seck a pu bénéficier sciemment des produits des surfacturations. Comment aurais je pu détourner des fonds dont je n'avais ni la garde, ni la responsabilité du mouvement ? Ce mouvement est par ailleurs, clairement établi par des relevés bancaires, du trésor aux entreprises en passant par le PCRPE.
Les commissions rogatoires internationales n'ont rien trouvé et ne trouveront jamais rien parce qu'il n y'a rien. Tout ce que je possède a une origine licite. Mais en tout état de cause je suis disposé, à tout moment de la convenance d'un juge, à prouver que mes revenus justifient les biens dont je dispose.

Je comprends le désespoir de mes adversaires qui, faute de solution politique au problème Idrissa Seck, recourent à des faux fuyants juridiques. Malheureusement pour eux, ils ont lamentablement échoué sur cet autre terrain. Ils doivent revenir à une évidence : ils n'ont d'autre choix que de m'affronter par les urnes. Ils en ont une peur bleue qui les pousse à de nombreuses fautes.

Comment avez-vous vécu votre séjour carcéral ? Que vous a appris la prison ?

Vous connaissez sans doute ce proverbe du 14 ème siécle « Moult a appris qui bien connut ahan ». A beaucoup appris qui a bien peiné.

En prison j'ai beaucoup songé à mes devanciers dans la station de la détention. J'ai appris du plus illustre d'entre eux, une belle endurance ainsi que la protection contre l'affliction. J'ai songé à Mohamed (PSL) dans la grotte disant à son compagnon, « ne t'afflige pas, Allah est avec nous ». J'ai songé à Serigne Touba , isolé au Gabon, à Mandela dont les compagnons ont reçu l'urine de leurs geôliers comme boisson, à Napoléon au Port d'Antibes, soumettant sa conduite au seul tribunal de sa conscience tranquille, parce que innocente. A De Gaulle considérant sa captivité comme le temps des semailles et de la germination suivi plus tard par celui de la moisson. A Léopold Sédar Senghor envoyant du chocolat à son ami Pompidou, émerveillant son geôlier allemand par la qualité de son latin. A Abdoulaye Wade, m'écoutant avec énormément d'émotion, dans le bureau des avocats à Reubeus, lui rendre compte de l'entretien que j'ai eu avec Jean Collin alors tout puissant secrétaire général de la Présidence de la République qui a cherché à me débaucher et à qui j'ai répondu que s'il voulait m'avoir, il devait passer par Abdoulaye Wade.
A César enfin, dans le repaire des pirates de l'île de Pharmacuse qui l'ont arrêté avant d'exiger pour sa libération, une rançon…
Je me suis fait beaucoup d'amis parmi les détenus et les gardiens malgré un régime d'isolement complet.
J'ai beaucoup pensé à Coluche, sur l'homme politique qui investissait plus dans les prisons que dans les écoles et qui expliquait ce choix par le fait qu'il savait qu'il ne retournerait pas à l'école tandis que pour la prison… on ne sait jamais.
En prison, j'ai beaucoup écrit notamment sur les réformes du système judiciaire et de l'administration en général. J'ai écrit sur la promotion, chez les fonctionnaires, d'un comportement de dignité et de refus face aux ordres illégaux de leur hiérarchie politique.
Je ne me suis jamais autant amusé avec Koutia me décrivant avec une surprenante acuité mon émerveillement face aux parures et parfums de Ndéye Penda qui les renouvelle perpétuellement pour mon plaisir visuel et olfactif. La créativité de ma douce épouse en cette matière est le plus bel hommage qui m'ait été donné de voir et sentir pour ce beau verset de Rahman où Dieu dit : « Chaque jour, il accomplit une œuvre nouvelle ».

Craignez-vous une nouvelle inculpation avec la poursuite des commissions rogatoires internationales, comme l'a laissé entendre le ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy ?


Non seulement je ne crains rien, mais également je vais également siffler la fin de la récréation. J'ai pris les dispositions pour mettre un terme à ces allégations qui n'ont jamais été établies par un juge. Le Sénégal est d'ailleurs l'un des rares pays dits démocratiques où un chef d'Etat et des ministres se mêlent ouvertement d'affaires traitées par la justice. L'indépendance de la justice dicte tout à fait le contraire. C'est une question d'hygiène démocratique. Nous vivons actuellement dans ce pays une grave crise démocratique. Les institutions sont à vau-l'eau. Tous les principes sont foulés au pied. L'Etat est à genoux. La justice est transformée en un outil de règlement de comptes. La Dic interpelle de façon ininterrompue hommes politiques et journalistes. Le sens de ma candidature, c'est d'instaurer un nouveau système dans lequel ces graves dérives n'auront plus de place.

Imaginez-vous un seul instant être empêché d'élection pour cause de nouvelles poursuites ?
Absolument pas. Cette hypothèse fantaisiste n'existe que dans la tête de ceux à qui cela fait plaisir d'y croire. Je l'affirme solennellement : seul le verdict des urnes va, le cas échéant, m'empêcher d'accéder à la station présidentielle. Aucune diversion, aucun subterfuge juridique ni aucune manœuvre dilatoire ne peuvent m'empêcher de me soumettre au suffrage de mes compatriotes. Ceux qui ont peur de m'affronter n'ont qu'à renoncer à se présenter.


Si votre parti Rewmi n'est pas reconnu, allez-vous vers le bras de fer ou changer d'appellation ?


Le parti existe déjà. Il s'appelait FPJ. Il s'appelle maintenant Rewmi. La question ne porte pas sur l'existence légale du parti mais sur son droit à choisir le nom qu'il veut et en particulier Rewmi. Avons-nous le droit de nous appeler Samba ou Bathie ? C'est ça le débat. Sur cette question nous ne nous soumettrons qu'à une décision de justice et non à une injonction autoritaire et arbitraire d'un Premier Ministre ou de son Ministre de l'Intérieur
Que pouvez-vous changer que vous n'aviez pas pu quand vous étiez Premier ministre ?

D'abord, je suis très fier du bilan que j'ai réalisé au poste de Premier Ministre. Les faits sont têtus : à cette station, j'ai mené le Sénégal au point d'achèvement de l'initiative PPTE. Devant le Club de Paris, en 2003, nous avons récolté 840 millions de dollars – une performance qualifiée à l'époque d'historique par le Chef de l'Etat.
L'économie a connu un second souffle en 2003-2004. Le Sénégal était éligible au MCA sur la base des données de 2004 et les notations de l'Agence Internationale de Cotation Standard And Poor's nous conféraient la note B à court terme et B+ à long terme.
Le Sénégal était considéré comme solvable. Mieux, la Banque Mondiale considérait que nous avions le meilleur cadre macroéconomique en Afrique subsaharienne.
Si le Président de la République observe, aujourd'hui que je n'ai pas défendu ses grands projets dans mon discours de politique générale, c'est certainement pour me donner raison. Aucun des projets sur les délais de réalisation desquels j'avais refusé de m'engager n'est à ce jour réalisé (l'aéroport de Ndiass, le train à grand écartement, ville nouvelle, tramway …)
J'ai une conception de la parole politique. Autant on peut affirmer que le courant revient le 15 octobre pour aujourd'hui être démenti par les faits, autant je ne peux annoncer un engagement sans m'assurer au préalable de la disponibilité des moyens logistiques, financiers et humains nécessaires à sa réalisation.

Si vous êtes élu président, quel est le premier acte que vous allez poser ?


Prier.
Prier pour que Dieu nous protége contre les peines et les larmes que charrient les catastrophes comme celle du Joola ;

Prier pour qu'Il nous apporte des joies similaires à celles qu'a procuré l'épopée des lions au Japon ;

Prier pour que la voix de ceux d'en bas arrive à ceux d'en haut ;

Rendre grâce pour le bienfait dont Il m'a comblé ;

Convoiter de lui la force de faire une bonne œuvre qu'Il agrée ;

Prier pour qu'Il me fasse entrer par sa miséricorde, parmi les serviteurs vertueux ;

Me mettre au travail, entouré des meilleurs d'entre nous, représentatifs des vertus et des compétences de notre pays.

19) Le témoin annonce l'arrestation de Bara Tall et le populaire dit que les autorités ont retiré votre passeport diplomatique. Quelle est votre réaction

Je me fixe pour règle de ne pas réagir à des rumeurs mais seulement à des faits. Il s'y ajoute que ce que les magistrats ont déjà dit dans leur arrêt n° 4 du 7 février 2006 me met hors de portée des manipulations judiciaires de mes adversaires.

Pour le passeport diplomatique, j'ai introduit comme d'habitude, auprès du ministre des Affaires Etrangère, une demande de prorogation des passeports de ma sécurité, de ma famille et de moi-même. Après un délai inhabituel de traitement de ma demande, j'ai téléphoné à Madame Claude Absa Diallo, Secrétaire Général du ministère des affaires étrangères qui m'a généreusement et professionnellement informé des dispositions qui régissent ma requête. Dispositions selon lesquelles «peuvent également obtenir le passeport diplomatique, les anciens Chefs d'Etat, les anciens Chefs de Gouvernement et les anciens Ministres des Affaires Etrangères qui en font la demande, sur la décision du Chef de l'Etat, après avis du Ministre chargé des Affaires étrangères ».
Il s'agit donc d'une possibilité et non d'un droit. Me conformant, comme tout citoyen sénégalais aux lois et règlements de mon pays, j'ai adressé une lettre au Président de la République et suis en attente de sa réponse. J'ai en même temps entamé une procédure d'obtention d'un passeport ordinaire. Il n y'a donc pas de quoi s'alarmer.


CELEBRATION DE LA FETE DE L'AID-EL-FITR

Lundi 23 Octobre 2006

La communauté musulmane du monde entier célèbre en ce jour béni la fin du jeûne musulman.
A cette occasion de rupture du jeûne qui sacrifie aux prescriptions du Livre Saint , le CORAN , je souhaite à toute la communauté musulmane de passer une très belle fête dans la fraternité et l'espérance.
Qu'ALLAH dans sa miséricorde divine étende son manteau de grâce , de bonté et de paix sur le monde entier et particulièrement sur la Côte d'Ivoire.

D E W E N E T I
B O N N E
F E T E


SENEGAL / DEBAT GENERAL A LA TELEVISION DU PREMIER MINISTRE MACKY SALL SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE

Samedi 21 Octobre 2006

Le débat sur la suppression du deuxième tour est définitivement clos par Macky Sall, Premier ministre et non moins directeur de campagne de Me Abdoulaye Wade, président de la République.
Hier, à l’occasion d’une émission diffusée à la Rts, Macky Sall, qui répondait aux questions d’Ibrahima Souleymane Ndiaye (Rts), Abdoulaye Bamba Diallo de Nouvel horizon et Alioune Fall, directeur de publication de l’hebdomadaire Le Devoir, a déclaré qu’il n’a jamais été question pour le Parti démocratique sénégalais (Pds) de supprimer le deuxième tour des élections.
Pour lui, cette rumeur entre dans la campagne d’intoxication de l’opposition. «C’est une opposition, pas prête pour des élections, sentant avoir perdu d’avance les élections, qui cherche à faire reculer les élections ou à faire penser qu’il n’y aura pas d’élection», explique Macky Sall.

Il précise qu’il s’agit de la suppression du quart bloquant, et le projet de loi a été adopté en Conseil des ministres. Répondant toujours à l’opposition, Macky Sall a annoncé que l’Etat du Sénégal n’a pas encore reçu les 20 millions d’Euros de l’Espagne, concernant les émigrants. Donc, l’Etat n’a pas encore utilisé cet argent. Il explique cependant qu’il est prévu une redistribution de cet argent à travers des projets de jeunes, dans tout le Sénégal. Marquant l’anniversaire des deux années passées à la tête du gouvernement, Macky a profité de la tribune qui lui a été offerte, pour faire le bilan du régime de Me Wade. En commençant par comparer le temps qu’il a été Pm et le temps qui s’est écoulé avant lui. Pour lui, s’il y a eu autant de réalisations sous son règne à la tête du gouvernement, c’est parce qu’il «croit en la vision de Me Wade». Et ça a été le cas, même avant d’être Premier ministre. En plus de ça, il y a aussi le fait qu’il est «un bon chef d’orchestre, et un bon entraîneur d’équipe», contrairement à ses prédécesseurs.
Revenant sur la réalisation des grands projets de Me Wade, le Premier ministre a expliqué comment ces travaux ont des conséquences sociales et économiques sur la vie des Sénégalais.

Sur le plan de l’emploi, il rappelle que ce sont des fils du Sénégal qui travaillent dans ces projets et qui y gagnent leur vie.

Et sur le plan économique, ces infrastructures vont beaucoup apporter au Sénégal, car elles représentent la base du développement. La crise énergétique n’a pas été esquivée cette fois. Et pour M. Sall, elle découle de la vétusté du parc électrique du Sénégal. Mais le gouvernement de l’alternance est en train d’y remédier, en renforçant la production et en augmentant l’investissement dans ce secteur. Ce qui fait qu’aujourd’hui la production d’énergie, qui était de 305 Mégas Watt avant l’alternance, va passer à plus de 500 Mégas Watt avec deux nouvelles centrales et le renouvellement des anciennes centrales.

La question de l’émigration clandestine a aussi été abordée. Pour le Pm, la réponse à ce phénomène c’est le développement et l’emploi. Le Sénégal est en train d’y travailler. Mais le gouvernement ne peut pas détourner l’esprit des jeunes, qui veulent aller découvrir l’étranger. C’est d’ailleurs pourquoi l’Etat a signé des accords d’émigration légaux avec les pays d’accueil. Et chaque année il y aura maintenant un nombre défini de jeunes Sénégalais, qui iront travailler dans ces pays. C’est toujours dans cet ordre d’idées que le plan Retour vers l’agriculture (Reva) a été initié par Me Wade. Et à ce propos, Macky précise que Reva concerne plusieurs secteurs d’activité, y compris l’agriculture. Il explique que ce sont les secteurs qui peuvent aider le Sénégal, à résorber la question de l’emploi et du développement, qui sont déjà ciblés par le gouvernement. Et cette stratégie de croissance accélérée sera bientôt adoptée à l’Assemblée nationale, et va permettre au Sénégal de décoller et de rejoindre les pays émergents.

Pour conclure, Macky Sall explique que le premier mandat de Wade n’a été qu’un mandat de rattrapage et le prochain, si les Sénégalais lui font encore confiance, sera celui de la croissance et du décollage économique.


LETTRE OUVERTE AU PREMIER MINISTRE CHARLES KONAN BANNY

Samedi 21 Octobre 2006

La situation que nous vivons doit certainement te faire penser à Shakespeare parce que je sais que tu as fait tes humanités.
Mais là où tu penses certainement " to be or not to be, that's the question " (être ou ne pas être, voilà la question), l'homme du peuple que je suis ne peut s'empêcher de te poser brutalement cette question :

" On fait quoi maintenant ? " " On fait quoi maintenant ", telle est aujourd'hui la question qui se pose à la conscience dépitée de notre peuple gravement abusé par l'aventure criminelle des assaillants-rebelles.

Cher frère Président,
dans ma lettre ouverte in Le Temps du 23 septembre 2005, je t'apportais cette réponse citoyenne : " Tu dissoudras ce gouvernement de Kleber… tu composeras un gouvernement de Salut Public, majoritairement puisé dans la famille politique qui t'a porté à la cime du pouvoir et renforcé par des citoyens emportés par la fougue du combat libérateur " Soupçonnant te connaître, frère Président, j'ai l'intime conviction que tu le feras sans aucun sentimentalisme, avec des personnalités autres que celles que nous voyons dans tous les forums et dans toutes les manifestations depuis 2000. Si aujourd'hui plus que jamais, désarmer la rébellion est devenu une exigence prioritaire, désarmer les cœurs sera notre chemin de Damas… Tout peuple qui aspire à la liberté est conscient d'appartenir à une civilisation qui a ses propres règles et ses valeurs culturelles spécifiques. La France coloniale des temps nouveaux est son propre ennemie car au-delà de son espace géographique, elle ne cherche qu'à embastiller la Foi, la Vérité et la Liberté.
Frère Président,
il se fait tard. Le calme profond de la nuit africaine interpelle les grands destins et les appelle à se parler et à se révéler sans toutefois déranger la quiétude du sommeil, élément indispensable à l'équilibre de la famille… De grâce, prenons rendez-vous avec le Divin Comptable qui, " de toute chose garde trace dans son Registre Explicite. " Nous sommes en octobre 2006, Dieu merci, dans la Foi, la Vérité et la certitude du peuple ivoirien. En septembre 2006, il nous a été donné le sublime bonheur d'entendre le gourou de la rébellion dire qu'il est " désespéré. " La vérité et la résistance du peuple ivoirien le désespèrent au point de n'attendre son salut que de la forfaiture qui naîtrait de son concubinage notoire avec la CEDEAO. Dieu qui agrée notre attente fera en sorte que " le désespéré " rencontre l'expérience réarmée du Président de tous les Ivoiriens qui, avec loyauté, dira la vérité des Ivoiriens dans le temps de Dieu. Dieu merci, ton discours que tu assumes a eu un grand écho. Et ce, au point qu’Abdoulaye Wade a dû apostropher Charles, ton Premier Ministre, au travers d'une question lapidaire à laquelle notre frère n'a pu donner qu'une réponse suicidaire, parce que désarçonné : " Avez-vous des problèmes de pouvoirs monsieur le Premier Ministre ? ", lui a-t-il demandé. " Non ", a répondu le missionnaire du " désespéré. "
Frère Président,
l'uppercut du " Non " assommant de Charles Konan Banny a été donné au GTI, à charge pour lui de le transmettre à son " désespéré " de maître. Le " j'assume " de ton discours d'Abuja devient alors convaincant. Mais attention, il s'agit d'assumer par des faits et des actes concrets ; surtout maintenant, Inch Allah, avant le 27 octobre 2006. Avec humilité, ma question de septembre 2005, " on fait quoi maintenant ? ", demeure et devrait interpeller chacun de nous. Mieux, elle me permet de paraphraser le politologue sénégalais Babacar Justin N'diaye : " Gbagbo ou la stratégie de l'éléphant, moins je bouge, plus j'avance. "
Frère Président,
merci d'avoir défendu la médiation du Président Thabo Mbeki qui ne méritait pas d'être sacrifié à l'ingratitude puante de l'indignité. Hélas, nous vivons dans un pays où au lieu d'une opposition crédible, nous avons affaire à des intellectuels ivrognes qui voient tout " mélangé " à leurs pieds chancelants. Dans l'espoir de voir corrigé ce qui pose problème dans la mouture actuelle de notre Constitution et la gestion rigoureuse des ressources humaines, laisse-moi profiter de cette lettre qui, pourtant, t'est personnellement adressée, pour donner quelques conseils à notre frère Banny.
Charles, mon petit frère,
garde-toi de recevoir des pouvoirs usurpés. Sinon ne sois pas surpris de me voir à la tête de la force populaire qui a fait descendre le drapeau du gouverneur Péchoux. Le peuple Ivoirien n'est pas un article à cataloguer, ni un mafieux fond de commerce. Ne signe pas ta descente dans l'opprobre et le déshonneur. Viens " A l'ombre d'un soufi ", Inch'Allah, la Vérité nous accomplira dans la Grandeur et l'honorabilité.
Frère Président,
courage et foi, car Dieu est notre bouclier d'airain... De grâce, assumons-nous ! Car le Divin Comptable sera toujours la Caution et le Registre Explicite du peuple ivoirien, résolument engagé dans la défense de la liberté et de la dignité africaine -Inch Allah. Abidjan, le 17 octobre 2006

Amadou SYLLA
Auteur de " A l'ombre d'un soufi " (Vallesse)
Cel. : 05 06 12 93
Tel. : 21 24 09 09
Email : cheickays@yahoo.fr


SOMMET DE L'UNION AFRICAINE / ANALYSE DU JOURNALISTE CESAR ETOU DE NOTRE VOIE

Vendredi 20 Octobre 2006

64ème Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine à Addi-sAbeba: Au cœur de la réunion de toutes les magouilles


Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine a consacré, au siège de l'organisation continentale à Addis Abeba, sa 64ème réunion à la crise ivoirienne. Malgré les propositions réalistes et salvatrices faites par le président ivoirien pour une sortie de crise en douceur dans son pays, les décisions adoptées risquent, si elles sont transformées en résolution par l'ONU, de faire plus de mal que de bien à la Côte d'Ivoire. Même si elles restent une petite révolution africaine.

De retour d'Addis Abeba où il a exposé ses “plans” de sortie de la crise qui secoue son pays depuis septembre 2002, le président ivoirien, Laurent Gbagbo, a repris ce qu'il dit depuis toujours à ses concitoyens : “Je voudrais une fois de plus répéter qu'il ne faut pas que nous comptions sur l'extérieur, sur la communauté internationale pour ramener la paix en Côte d'Ivoire. Je l'ai déjà dit et je suis toujours dans cette disposition d'esprit. Parce que ceux qui ont fait au départ de mauvaises analyses ne sortent pas encore de leurs mauvaises analyses. Et quand on ne sort pas des mauvaises analyses, on propose de mauvaises solutions”, a-t-il déclaré, après avoir averti : “Je voudrais dire aux Ivoiriens que je suis de retour. Et que d'Abuja à Addis Abeba, le combat que nous menons continue”.
Le président GBAGBO livrait ainsi ses premières réactions suite au communiqué final de la 64ème réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) consacrée, le mardi 17 octobre 2006, au blocage du processus de sortie de crise en Côte d'Ivoire. Ces réactions étaient prévisibles. Car, le CPS a mis près de 24 heures, du mardi 17 à 20h au mercredi 18 octobre à 14h, pour arrêter un texte définitif. Au centre de cette longue attente, se trouvaient cinq brouillons de communiqués finaux, deux en anglais et trois en français. Ces “drafts” traduisaient les difficultés des dirigeants africains à s'entendre sur une position commune pour régler la crise ivoirienne. Produits par autant d'officines de complots, ces cinq projets de communiqué étaient tous autant différents, ridicules et dangereux les uns que les autres pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire. Ils ont circulé dans la salle du sommet, prônant chacun le coup d'Etat, la destitution de Laurent GBAGBO au profit de Charles Konan Banny dans des termes qui rivalisaient de laideur morale et de honte pour l'Afrique.

Au départ étaient les complots
C'est le Congolais Denis Sassou Nguesso qui, le premier, a donné un cachet officiel à ce complot. Mardi, aux environs de 23h, à la fin de la réunion du CPS, commentant on ne sait lequel de ces “communiqués”, le président en exercice de l'UA, qui a présidé le sommet en lieu et place du Camerounais Paul Biya, absent, a livré, sans faire distribuer le texte final, des bribes d'informations autant vraies que fausses. On a appris, par exemple, de sa bouche que le président GBAGBO demeurait à son poste, que Charles Konan Banny resterait Premier ministre pour une nouvelle transition n'excédant pas douze mois et que, durant cette “transition”, Banny “disposera de tous les pouvoirs et nommera aux emplois civils et militaires. C'est écrit dans le texte du communiqué”, précisa Sassou Nguesso, en répondant à la question d'un journaliste qui, apparemment, n'osait croire un traître mot d'une telle incongruité qui traduisait, cependant, l'état d'esprit de bon nombre de hauts responsables africains à cette réunion.
L'on a appris aussi que le médiateur Thabo Mbeki se retirait du dossier ivoirien, que la suppression de la zone de confiance réclamée par le président ivoirien n'a pas été acquise, etc. Peut-être, pour toutes ces raisons, le ministre congolais des Affaires étrangères, Rodolphe Adada, et le Suédois Pierre Schori, représentant spécial de Kofi Annan en Côte d'Ivoire, tous deux co-présidents du tristement célèbre GTI, se congratulaient de façon ostentatoire au moment même où Sassou Nguesso s'exprimait : “Dear Pierre Schori, we did it (Mon cher Pierre Schori, nous avons réussi)”, lança le premier au second, qui réagit,visiblement, heureux : “Yes, we've got him (Oui, nous l'avons eu) ”.

Le putsch unanimement rejeté
Certes, comme toujours, les comploteurs se sont trop vite réjouis. Car, à la lecture du vrai communiqué final, hormis le statu quo, avec Banny maintenu comme Premier ministre et des décisions visiblement inopérantes, la Constitution ivoirienne reste en vigueur. Mieux, quelques petits points de révolution ont été acquis.
Ainsi, là où le président ivoirien avait réclamé, lors de son exposé, la condamnation ferme des coups d'Etat, le CPS “réaffirme... son rejet total du recours à la force et de tout changement anticonstitutionnel de gouvernement” (voir point 4 du communiqué). C'en était ainsi fait de ceux qui réclamaient la dissolution de la Constitution et la mise à l'écart de Laurent GBAGBO pour accéder au pouvoir à travers un “conseil présidentiel”, une sorte de “quadriumvirat” anticonstitutionnel. Et si le CPS n'a pu condamner “ fermement” les putschistes, c'est simplement parce qu'Abdoulaye Wade, selon des sources, aurait fait croire qu'une telle position aurait effarouché les rebelles, qui ont été déjà faits ministres et qui refuseront d'adhérer au processus de paix s'ils sont rudoyés.

Le GTI supprimé, le gouvernement des partis hypothéqué
Qu'à cela ne tienne, pour espérer faire avaler cette autre pilule à Laurent GBAGBO, le CPS se contente “d'exprimer son appréciation pour le travail accompli par le Groupe de travail international (GTI)” (point 9) et ne lui assigne aucune nouvelle mission. En lieu et place, le CPS préfère “confier la poursuite de la médiation au président Denis Sassou Nguesso...en sa qualité de président de l'UA, en liaison avec le président de la Commission de l'UA et la CEDEAO”, etc. (point 16). Apparemment, le CPS a compris la nocivité du GTI créé par la résolution 1633 de l'ONU et qui a réclamé un nouveau cadre de négociation dans son 10ème communiqué, après avoir participé au blocage de la situation par ses prises de positions “impolies” dénoncées par le président GBAGBO. Ensuite, même sans répondre expressément au vœu du président ivoirien de former désormais son propre gouvernement pour discuter avec la rébellion, il ne lui est plus fait obligation de continuer à nommer des ministres par des quotas de postes attribués aux partis politiques. En effet, si le 6 octobre 2005, le CPS avai